L'union médicale du Canada, 1 octobre 1914, Octobre
[" L'UNION MEDICALE DU CANADA Revue meusuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.Le SAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBÉ, A.MARIEN.\u2014 0\" sw\" Tvuut ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, Rédacteur en cher, 46, Avenue Laval, Montréal.Vol.XLIII ler OCTOBRE 1914 No 10 BULLETIN LE FONDS PATRIOTIQUE ET LA PROFESSION MEDICALE DE MONTREAL Sous les auspices de la Société Médicale, les médecins de Montréal se sont réunis en assemblée plénière à l\u2019Université Laval, le mardi 15 septembre, dans le but d'étudier quels seraient pour eux les meilleurs movens de secourir les familles canadiennes, françaises et anglaises dont les chefs sont partis à la guerre.; Après délibération, tous les médecins présents, au nombre d\u2019une centaine environ, ont offert de donner gratuitement leurs services à tous les membres de ces familles éprouvées.Cette attitude ne surprendra personne, car le publie a l\u2019habitude de compter sur le zèle spontané de la profession médicale.D'ailleurs, cet épisode s\u2019ajoute à tant d\u2019autres que ce même public ne connaît pas ou feint d\u2019ignorer.Chaque jour les médecins donnent le meilleur de leur talent et de leur cœur dans les hôpitaux, dans les dispensaires publics et dans leurs quartiers respectifs en traitant gratuitement les pauvres qui s'adressent à eux.Nous en connaissons même qui fournissent les médicaments, le charbon, des aliments; et cet état de choses existait bien longtemps avant la guerre.Une statistique nous démontrait, il y a quelques jours, que les 416 L.médecins de Montréal donnent ainsi, chaque année, au delà de $250,000.Ce chiffre est probablement au-dessous de la réalité si on songe que, dans un seul dispensaire, en une année, quelques médecins ont contribué ainsi pour une somme de $28,000.Aussi, lorsque la guerre a éclaté, les médecins n\u2019ont-ils pas hésité à se grouper et à affirmer collectivement que leur concours était tout acquis aux différents comités qui s\u2019oceupent de secourir les familles des soldats canadiens, français et belges.Quelle sera cette contribution mise en regard de celles des millionnaires qui ont versé leur obole ?.Nous le saurons plus tard et nous le dirons.Elle sera magnifique, nous n\u2019en doutons pas.Le comité central demandera peut-être les noms: les voici en quelques mots: tous les médecins canadiens-français, sans cxcep- tion, après notre réunion de l\u2019autre soir, sont prêts à répondre à l\u2019appel qui leur sera fait.Il suffira de s\u2019adresser aux médecins qui résident dans les quartiers habités par ces différentes familles, pour qu\u2019elles soient seconrues.Le zèle de la profession s'est aussi manifesté sous une autre forme.Quelques-uns, parmi ceux qui ont étudié en France, ont proposé d'offrir au gouvernement français les services d\u2019un certain nombre de chirurgiens qui seraient très heureux d\u2019être attachés aux différentes ambulances sur le champ de bataille ou ailleurs.La question est posée, nous attendons une réponse.D\u2019autres ont proposé qu\u2019une souscription soit ouverte parmi les médecins qui ont fréquenté les hôpitaux et l\u2019Université de Paris, et que le produit en soit versé dans la caisse de la Croix-Ronge française.Le but de ces médecins est de profiter de l\u2019occasion qui leur est offerte de payer une dette de reconnaissance à la France médicale où ils ont puisé, sans compter, tout ce qu\u2019ils savent en médecine.En effet, comme le disait si éloquemment le Dr Boulet, à cette réunion mémorable : \u201c que serions-nous, que deviendrions-nous, si nous n\u2019avions pas puisé à cette source intarrissable, et si, par malheur le petit ruisseau qui nous alimente venait à manquer?\u201d .La réponse est sur toutes les lèvres.Dans cette guerre affrense où la France et l\u2019Angleterre luttent pour la civilisation contre la barbarie et l\u2019âge de fer, les mé- LE FONDS PATRIOTIQUE 417 decins auront fait leur part pour l\u2019une et pour l'autre.Peu importe la somme, Richepin l\u2019a dit excellemment dans deux vers: \u201cSi peu que vous donniez, | aumône que vous faites \u201c Est un pur diamant qui pare votre main.L.MEMOIRES LE TRAITEMENT DU RHUMATISME CHRONIQUE PAR L\u2019EXTRAIT DE GLANDE THYROIDE Par le Dr Albert LeSage Professeur de Pathologie Interne, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Lame, T1 y a quelques années, la Société Médicale de Montréal avait convoqué ses membres pour entendre un médecin étranger nous exposer ses vues sur les rapports qui existent entre le rhumatisme chronique et le glande thyroïde.Dans son exposé sommaire, il avait essayé d\u2019établir que,le rhumatisme chronique n\u2019est pas une entité parfaitement définie.Si nous observions mieux nos malades, nous nous apercevrions que ces douleurs erratiques aceusées par nos malades sont souvent accompagnées d\u2019autres troubles de nutrition qui indiquent un trouble sérieux des glandes endocrines dont les fonctions physiologiques sont plus importantes qu\u2019on le croit généralement.Il appuvait ses avancés d\u2019observations personnelles qui lui paraissaient démonstratives, et il prévoyait une orientation nouvelle dans le traitement quasi spécifique de ces troubles.Jose dire que les membres avaient accepté ses conclusions avec beaucoup de déférence mais avec une teinte de septicisme à peine dissimulée.Depuis, tout a changé.L\u2019étude des glandes endocrines et de leurs propriétés particulières nous a permis d\u2019établir des rapports très étroits entre leurs lésions et certains troubles qui ressemblent beaucoup au rhumatisme chronique.L\u2019opothérapie est venue justifier ces prétentions nouvelles et opérer des guérisons là où le vieux traitement classique avait constamment échoué.Depuis deux ans, j'ai eu l\u2019occasion d'observer quelques cas intéressants à ce point de vue. 418 LE SAGE Obs.I.\u2014 Rhumatisme aux deux genoux \u2014 syndrome hypo- [hyroïdien.Il s\u2019agit d\u2019une jeune femme, mère de trois enfants, qui souffre périodiquement de douleurs rhumatismales dans les genoux et aux pieds, en particulier aux talons.La voute plantaire est douloureuse au point d\u2019entraver la marche.En décembre elle dut s\u2019aliter durant cing semaines a cause de douleurs dans les genoux.Il n\u2019y a pas de fièvre.A l\u2019examen, on constate un affaissement de la voute plantaire (pied plat), une hypertrophie adipeuse des deux Jambes; une très légère projection des deux globes oculaires, une accélération du pouls, et une oppression légère an moindre exercice.La glande thyroïde est légèrement augmentée de volume par ses deux lobes latéraux.La malade se plaint constamment du froid, son état nerveux est très accentué.\u2018 Nous avons là le tableau de l\u2019hvpothyroïdie.Ce rhumatisme se rattachait vraisemblablement à un trouble de cette importante glande.Nous lui prescrivons des bains chauds répétés, des massages méthodiques, une diète appropriée, et surtout une cure alternative par l\u2019extrait de glande thyroïde.Peu à peu nous avons vu tous ces troubles s\u2019atténuer puis cesser.Six mois après, ce rhumatisme avait disparu.Elle pouvait marcher sans inconvénient et la glande thyroïde revenait sensiblement à ses dimensions normales.Les dernières nouvelles sont excellentes.Obs.II.\u2014 Crises rhumatismales sub-aiqués disséminées, arli- culaires \u2014 syndrome hypothyroïdien.Femme de 39 ans, mère de deux enfants.Depuis plusieurs mois elle se plaint de maux de tête qui ne cèdent à ancune médication.On aceuse la constipation qui est opiniâtre malgré un régime approprié.Bientôt apparaissent des névralgies tenaces qui se fixent tantôt dans les jambes, tantôt dans le territoire du trijumeau, donnant au médecin l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une dent cariée impossible = à découvrir.Plus tard, des douleurs apparaissent dans les pe- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA XV Métaux colloïdaux électriques à petits grains.Colloïdes électriques et chimiques de métalloïdes.\u2014\u2014\u2014 ' ELECTROCUPROL cry orcer.| ELECTRARGOL Ampoules de 5 cc.0 ee Tuberculose, A Toutes les Maladies ; 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Syphilis.Pommade (tube de 30 grammes).\u2014 ELECTROMARTIOL (rer) syna ELECTRAUROL (Or) Ampoules de 2 cc.(12 par or anémique, Ampoules de 5 cc.(6 par boîte).x ELECTROPLATINOL cr.) , : M ecrrancn, COLLOTHIOL (sourrs) lift 5 ELECTRARG ELECTROPALLADIOL (Po)lfstégalement Evicir \u2014 Ampoules de 2 cc, (laMéaication À Ampoules de 5 cc.(6 par boîte).\u20acMployé dans (6 par boite).\u2014 Pommade.sulfurée.Ampoules de 10 cc.-le traitement | 3 | re 10BLYSOL tne | Snes oules de ce.(1 r t , ELECTRORHODIOL (ao) \"sfhovtons AREA (Trisuitrs |.Cancer Ampoules de 5 cc.soptiques.TH IARSOL d'arsenic) Tuberculose, (Boîtes de 3 et 6 ampoules).; Ampoules de 1 cc.(12 par boîte).Tripanosomiases.À 139 B ROUGIER FRERES, Dépositaires à Montréal.Plus efficace que la Teinture d\u2019Iode et les Préparations d\u2019 Argent.SILVODIDE \u201cLA CREME D'ARGENT\u201d Une préparation liquide contenant en suspension parfaite et stable 6.5°/0 d\u2019Argent et d\u2019Iode combinés.Un agent actif et curatif qui n\u2019irrite ni ne colore la peau.INDICATIONS: Urétrites, Blennorragies, Vulvo-Vaginites, Otorrhées, Fistules, Fissures, etc.SILVODIDE CHEMICAL CO., ALLENTOWN PA.Dépesitaire: ANGLO-FRENCH IMPORTING CO., 232, rue Lemoine, MONTREAL XVI L'UNION MEDICALE DU CANADA Votre ANNONCE devrait être ICI Quotations sur demande Your AD Should be in This Space Rates Upon Application RHUMATISME CHRONIQUE ET OPOTHÉRAPIE 419 tites articulations des mains dont quelques-unes sont déformées et douloureuses par intervalle.La chute des cheveux se poursuit sans relâche ; on voit qu\u2019il manque de vie, de sève : il est petit, grèle, et se détache facilement du cuir chevelu.Les ongles des pieds \u2018et des mains sont firiables, se cassent facilement et sont parsemés de tâches blanchâtres qui indiquent une raréfaction des tissus.À certains jours, à certaines heures cette dame est prise d\u2019une lassitude inexplicable qui la cloue dans le lit ou sur un fauteuil.Elle se plaint constamment du froid, même en été, aux plus beaux jours.A d\u2019autres moments il y a des gonflements subits des pieds et des mains qui l\u2019empêchent de porter ses bagues et de chausser ses souliers.Le caractère est irrascible.A l\u2019examen, la pression artérielle est basse, la glande thyroïde semble diminuée de moitié comme volume, les globes oculaires sont légèrement populsés.Pour nous, tous ces symptômes relèvent d\u2019une seule et même cause: hypothyroïdie.Nous la soumettons aux mêmes prescriptions que la précédente, et nous avons le bonheur de constater que tous ces malaises s\u2019atténuent.Ils disparaîtront peu à peu.La malade est encore sous observation, clle prend régulièrement ses comprimés d'extrait de glande thy roide.Obs.III.\u2014 Douleurs erratiques rhumatismales et névralgiques \u2014 myxoedème fruste.I s\u2019agit d\u2019une femme de 58 ans.Elle vient nous consulter pour des douleurs dans les reins et de l\u2019essoufflement.\u2014 \u201c Je crois que c\u2019est mon âge, me dit-elle.\u201d \u2014 L'âge est nne merveilleuse planche de salut, quelquefois, pour le médecin embarrassé.A l'examen, la pression artérielle est basse, le cœur est plus gros que d'habitude, surtout le droit.L\u2019intestin est dilaté, l\u2019estomac aussi.Le foie déborde les fausses côtes, les reins sont à peine douloureux.Les urines sont rares, ne renferment ni albumine ni sucre. 420 LE SAGE La peau, sans être œdématiée, donne sous le doigt qui la pince, la sensation d\u2019une infiltration plus ou moins profonde, à peine perceptible à la vue.La figure présente un aspect particulier : forme lunaire : les joues sont volumineuses, les yeux cachés sous des paupières trop épaisses.Le nez a la forme d\u2019une massue ; bref nous avons, en raccourci, l\u2019aspect du myxœdémateux dans la forme la plus atténuée.Il y a de l\u2019ædème des jambes, surtout aux malléoles et sur la face antérieure des tibias.Comment étiquetter ce sujet.\u2014 Cardiaque ?\u2014 Rénale ?\u2014 Cardio-rénale * Cette dernière hypothèse était plausible et logique.Mais ces douleurs erratiques tenaces, cette constipation, cet aspect particulier de la figure nous faisait supposer que sous ce masque emprunté se cachait un état premier, cause de tout le mal.La glande thyroïde était manifestement diminuée de volume.Nous avions affaire à une des manifestations si variées et pourtant si typiques de l\u2019hypothyroïdie.\u2014 Nous ouvrons les émonctoires, nous fouettons le cœur, nous activons la diurèse, nous instituons une diète hypochlorurée afin de favoriser la résorption et la disparition des œdèmes ; puis, nous prescrivons, sans retard, le traitement thyroïdien.La malade est sous notre direction depuis neuf mois.Son poids, au début, était de 160 lbs.Aujourd\u2019hui elle pèse 139 lbs, tous ces troubles ont disparu, cette femme est véritableemnt transformée.Elle continue sa cure par la thyroïde avec des intervalles méthodiquement espacés.Obs.IV.\u2014 Rhumatisme \u2014 psychasténie \u2014 hypothyroidic.J'ajoute une dernière observation car elle offre un certain 1n- térêt au point de vue psychique., -~ 3 à A Il s\u2019agit d\u2019une femme de 42 ans, mariée et mere d\u2019une enfant.Elle a une histoire antérienre gvnécologique. RHUMATISME CHRONIQUE ET OPOTHÉRAPIE 421 Elle a été opérée il y a quelques années: on a fait une résection partielle d\u2019un ovaire.Depuis quelque temps, elle souffre de troubles psychiques intermittents.Durant ces heures critiques elle se plaint d\u2019insomnie.\"Si par bonheur elle réussit à s\u2019endormir elle fait des rêves terrifiants.La jalousie s'empare de son esprit.Elle imagine les pires combinaisons, elle poursuit son mari de ses invectives et elle profère des menaces de mort, sans réfléchir au scandale qu\u2019elle cause sous les yeux d\u2019une jeune fille de 15 ans.Les urines sont rares, foncées.À l\u2019examen, cette femme a l\u2019air bien portante, mais elle présente tous les caractères de l\u2019obésité.Sa taille est de 5 pieds 2 pouces et son poids 165 livres.Elle accuse habituellement des douleurs rhumatismales dans les petites et les grandes articulations: elle se plaint d\u2019essoufflement au moindre effort, la peau est sèche, les ongles se brisent facilement.La figure est plutôt boursoufflée, les veux semblent trop petits.Au cou la glande thyroïde a diminué de volume.Tous ces petits signes ont pour nous une signification partieu- lière, car son état mental suit la courbe des manifestations arli- culaires.En effet, nous affirme le mari, et son témoignage est corroboré par sa femme, \u2014 sitôl que les troubles psychiques apparaissent, les douleurs rhumatismales cessent.\u2014 Par contre, les troubles psychiques cessent-ils que les douleurs rhumatasmales réappararssent.N\u2019est-il pas curieux et intéressant de suivre l\u2019oscillation entre cet état rhumatisant et psychasténique ?.C\u2019est un cas typique d\u2019alternance morbide.Bref, nous la désintoxiquons par les médicaments et une diète appropriés et nous la soumettons au traitement par l'extrait de lande thyroïde.Je donne, en raccourci, le résultat.A la fin du premier mois son esprit demeurait lucide, sa nutrition s\u2019équilibrait peu a peu, les troubles trophiques disparaissaient, son état général devenait meilleur.Trois ois apres clle se disait guérie, tout en continuant son traitement et au mois de juillet elle partait pour faire un long voyage, satisfaite d\u2019elle- même et de tous. 422 \u201cLE SAGE La cure avait duré six mois.Son poids avait baissé à 145 lbs.Cette dame devra, néanmoins continuer pendant quelques mois l'usage de l\u2019extrait thyroïdien en suivant les règles établies dans ces cas.Voiei donc quelques faits pris au hasard, chez qui nous relevons des troubles\u201d autrefois attribués exclusivement au rhumatisme chronique, plus tard a l\u2019artériosclérose, enfin à un trouble des glandes endocrines, en particulier à la thyroïde.M.Léopold Lévi, de Paris, a consacré plusieurs travaux au rhumatisme chronique thyhroïdien et à son traitement.Quelques-unes de ses observations sont démonstratives, j'en cite : I.\u2014 Rhumatisme chronique grave, à poussées innombrables.Angines très nombreuses.Guérison depuis sept années par une cure thyroidienne de très courte durée.Un sujet de 41 ans (en 1905), serrurier électricien de la Ville de Paris, est atteint de rhumatisme héréditaire et familial, à forme articulaire, musculaire et névralgique.Il souffre depuis une vingtaine d'années (soigné 6 mois au régiment), et surtout depuis 10 ans, de poussées continuelles de rhumatisme.Plusieurs fois par am, il est alité pendant un mois, deux mois ou davantage pour des doulenrs dans I\u2019épaule, le genon, le sciatique.Une crise (avec fièvre à 40° et délire), l\u2019immobilisa 8 mois et 12 jours.Il y eut enflure générale des grosses et petites articulations.Il dut prendre sa retraite.Il se plaint en même temps, d\u2019angines à répétition, dont il eut une vingtaine.Le docteur Collinet porta le diagnostic d\u2019angines rhumatismales.On relève dans l\u2019enfance du sujet des migraines, de multiples caries dentaires (il ne lui reste que 6 dents a 14 ans).Actuellement, taille plutôt élevée, peu d\u2019embonpoint.Impatient, tachy- phage, nerveux, \u201c vif-argent, la poudre.\u201d D\u2019autre part, on note de l\u2019œdème des paupières inférieures à la suite de la fatigue ; il aime la chaleur, recherche la place devant le feu.Tendance à la constipation.Soigné en décembre 1905 et janvier 1906 par 30 cachets de 0 gr.025 de corps thvroide, 32 de 0 gr.10, il est immédiatement RHUMATISME CHRONIQUE ET OPOTHÉRAPIE 423 amélioré ; et l\u2019amélioration persiste.Depuis 7 ans passés, il n\u2019a plus éprouvé de crises; à peine par-ci, par-là, une douleur qui a duré 6 ou 12 heures, sous l\u2019influence de la fatigue.De même il n\u2019a plus été alité pour des angines.Au début du traitement, l'appétit a été augmenté, l\u2019intestin s\u2019est réglé.Le malade a pu fonder une maison d\u2019électricité, qui est devenue très florissante.IT.\u2014 Rhumatisme articulaire à l\u2019âge de 7 ans.Poussées rhumatismales subintrantes de 17 à 54 ans.Deformation du genou gauche, du poignet droit, des cous-de-pied.Guérison par le traitement thyroïdien depuis 7 ans.Disparition lente des déformations.Un second cas concerne une malade de 34 ans ,en 1905, ayant été atteinte de douleurs articulaires à l\u2019âge de 7 ans.Elle était restée deux mois couchée.Une seconde crise était survenue, à l\u2019âge de 17 ans, qui avait nécessité deux mois de séjour au lit.A 19 ans, à la suite d\u2019un traumatisme, il s\u2019était produit une hydarthrose du genou gauche.Le genou demeura raide pendant 18 mois et resta plus gros que le genou opposé.A 23 ans, le rhumatisme se localisa aux pieds et à la colonne vertébrale.Depuis ce temps, elle ne restait guère un mois sans souffrir.Les douleurs étaient plus marquées en automne et au printemps.Elle fut prise d\u2019une crise violente ,en janvier 1905.Ce furent les pieds, les cous-de-pied, les coudes et les mains qui devinrent surtout le siège des douleurs et du gonflement.Les cous-de-pied restaient déformés en permanence, ainsi que le poignet droit.Le sujet était très frileux, avait eu fréquemment des maux de gorge, des rhumes de cerveau, avait perdu beaucoup de cheveux, ne transpirait pas, avait été soignéee pour de l\u2019arthritisme dentaire.Elle était nerveuse, pleurait, riait facilement, se sentait surtout énervée au moment des règles.Après avoir employé, comme médications, l\u2019aspirine, le pyra- midon, le salyeylate de soude, l\u2019antalgo], les pointes de feu qu'on répétait tous les 8 jours sur la colonne vertébrale, je commencai en 1905 le traitement thyroidien (cachets de 0,10 centigrammes de poudre thyroidienne).Déjà, après 15 cachets la malade pliait davantage les deux pieds.Au lieu de marcher sur les talons pour descendre les escaliers, elle fléchissait les pieds et remarquait que les douleurs 424 LE SAGE s\u2019atténuaient chaque jour.Elle nota en même temps qu\u2019elle avait moins froid.Après avoir absorbé 21 cachets, elle ne souffre plus des coudes.La main droite se dégonfle quand elle a ingéré 30 cachets, en particulier articulation de la 1ére et de la 2e phalanges du médius est moins tuméfiée.Elle peut se servir de sa main.Elle a pu travailler toute une après-midi sans fatigue.Les progrès vont en s\u2019accentuant; elle prend 2 ou 3 cachets par jour.À la fin de novembre, elle ne souffre plus ni le Jour ni la nuit.Elle sort par tous les temps.Elle plie son pied complètement.La main droite ne fatigue plus.Ses coudes vont bien.Elle est étonnée, on est étonné du changement de sa santé.Simultanément, elle cesse d\u2019être frileuse, elle a davantage d'appétit.Son intestin fonctionne régulièrement.Ses règles sont moins prolongées.L'état général est assez bon pour que la malade se marie en 1906.Elle a suspendu tout traitement.Je la revois en janvier 1907.Elle n\u2019a pas eu de nouvelle crise de rhumatisme et les époques, qui augmentaient les douleurs, n\u2019ont plus même inconvénient.Elle a été couched en mars 1906, pendant un mois, pour de la congestion pulmonaire, qui n\u2019a pas entraîné de suite fâcheuse.Elle nest plus frileuse.Ses cheveux ne tombent plus.Ses cous-de-pied sont restés dégonflés.La main droite est moins déformée qu\u2019elle ne était a la fin du traitement.Ses dents sont en bon état.Le sommeil s\u2019effectue normalement.De janvier à octobre 1907, elle a pris 72 cachets de 0,10 centigrammes de corps thyroïde.Elle n\u2019a plus souffert, se porte parfaitement bien, a pu remettre ses bottines pointues.Je revois la malade le 11 mars 1911.Elle est restée sans traitement depuis 3.ans.Dans cet intervalle, elle n\u2019a eu qu'une légère crise dans les reins, en août 1910.Revue le 6 juin 1913.Elle ne prend plus de cachets depuis 1908.Flle a souffert de douleurs lombaires pendant 8 jours, il v a 2 mois.Elle se porte à merveille, tant au point de vue des articulations que de l\u2019état général.Elle n\u2019a plus de troubles pilaires, ni dentaires.Le poignet droit et les cous-de-pied ont repris leur aspect normal.Le genou gauche n\u2019est plus différent \u2018du droit. RHUMATISME CHRONIQUE ET OPOTHÉRAPIE 425 111.\u2014 Rhumatisme chronique avec deux poussées.Déformations progressives ayant fait admettre le sujet comme incurable à l\u2019hospice d'Ivry.Cuérison avec séquelles, par le traitement thyroïdien.Sujet de 31 ans (en 1907) entré comme incurable à l\u2019hospice d\u2019Ivry.Rhumatisme héréditaire et familial.Le rhumatisme a débuté en 1900 par le pied gauche, puis gagna le genou droit, les épaules, les mâchoires.Cette atteinte de rhumatisme dura quatorze mois et s\u2019accompagna de fièvre.Il s\u2019en remit, mais boitait du genou gauche et ressentait des douleurs.Deuxième poussée en mai 1902, avec hydarthrose du genou droit, des déformations commencèrent dans les mains.En septembre 1908, le pied gauche est gonflé, le cou-de-pied est empâté, le genou droit est gros, dur, déformé.Les articulations métacarpophalangiennes sont ankylosées.À droite, l\u2019index et le médius sont le siège de déviations.A gauche, les trois derniers doigts sont déviés.Les poignets sont ankylosés, la radiocu- bitale est prise, surtout à droite.Il souffre presque continuellement, surtout la nuit, des diverses articulations malades, en particulier de la main droite.Il marche à l\u2019aide de deux cannes, courbé, pendant cinq à dix minutes : ne peut rester deux minutes en station verticale.Les mouvements sont limités.| Instabilité thyroidienne.Frilosité constipation paroxystiques, fatigue matutinale, hyporexie.Céphalée migranoïde (14, 15, 16 ans).Epistaxis.Peu de sommeil.Chute des cheveux.Nervo- sisme.Réaction vive a l\u2019épreuve de la tuberculine, tentée par MM.Souques et Cawadias.Le traitement thyroïdien (1907) fait disparaître les douleurs.Dès la première semaine du traitement, le médius et l\u2019annulaire droits, qui étaient infléchis dans la paume, sont devenus rectilignes.Les mouvements deviennent plus faciles.Il se redresse peu à peu, se passe de canne pour marcher, fait 4 kilomëtres à pied, est capable de courir, prend le métro, se retrouve, après 230 cachets de 0 gr.10 à sept ans en arrière.Ultérieurement, le sujet tout en restant pensionnaire à l\u2019hospice d\u2019Ivry, remplit l\u2019emploi de comptable à Paris.Puis en 1909, il quatte l'hospèice d\u2019Ivry, et sans avoir repris de cachets de 426 LE SAGE N corps thyroïde depuis 1908, il continue à se porter admirablement bien (avril 1913).Il a pu accomplir en 1911 une période: de territoriale.VII.\u2014 Rhumatisme chronique du bras et de la jambe gauches.Canitie précoce.Guärison du rhumalisme chronique par la thyroidothérapie.Migraine ophtalmique.Cr.e, âgé de 53 ans, cordonnier, venu consulter le 25 janvier 1911 pour des douleurs qui l\u2019ont pris en mai 1910 dans le bras (épaule, coude, poignet) et la jambe gauche (reins, hanche, genou) et qui sont persistantes.Pyramidon aspirine, salicylate de soude, liqueur des Chartreux, traitement électrique (pendant six mois) sans résultat.L'iodure de potassium a produit du gonflement parotidien au 6e jour .Canitie rapide depuis un an.Fatigue, crampes d'estomac, bé- gaicment.Syphilis, il y a 32 ans.Soumis au traitement thyroïdien, il est moins fatigué au bout de Æ cachets de 0 gr.10.Il a moins de douleur pour se servir de son bras (8 cachets).Il n\u2019a plus de crampes, souffre moins de fatigue cet de douleurs (13 cachets).Au commencement de mars, ayant absorbé 43 cachets de O0 gr.10, il a repris son travail, et continue à travailler, bien qu\u2019avec difficulté.En avril, il évalue les progrès à 50 p.100.Le mieux est surtout marqué dans les membres supérieurs.Au mois de juillet, il considère son bras comme guéri, mais il se plaint de sa jambe lorsqu\u2019il travaille, car, dans sa profession ,il est obligé de frapper sur elle.Au mois d\u2019octobre, le bras est tout à fait bien.Il nous fait la remarque qu\u2019alors que ses cheveux étaient tout à la neige, ils redeviennent noirs (150 cachets environ).En janvier 1912, les reins ni la hanche ne sont plus douloureux.Seule, la douleur du genou persiste.Applications locales d\u2019adrénaline.En mars 1902, le rhuimnatisme va on ne peut mieux.En avril 1913, il reste guéri de son rhumatisme, comme s\u2019il n\u2019en avait jamais ou.Il nous consulte pour une migraine ophtalmique accompagnée, avec hémianopsie continue.Le tout s\u2019atténue. RHUMATISME CHRONIQUE ET OPOTHÉRAPIE 427 De tout ce qui précède, nous pouvons conclure que dans toutes les manifestations rhumatismales tenaces il faut rechercher la cause intime loin des lésions apparentes : Que la glande thyroïde \u2014 qui est une glande à sécrétion interne \u2014 peut, en étant lésée de quelque manière, causer des troubles qui prennent le masque du rhumatisme, qui résistent à toute médication dite spécifique, mais qui disparaissent par un traitement prolongé et suffisant à l\u2019extrait de glande thyroïde.Dans les cas de ce genre, le traitement agit en modifiant l'état local articulaire.Mais il influence en même temps l\u2019état général.Et ce qui le prouve, c\u2019est l\u2019ensemble de la santé obtenue dans les cas que nous avons rapportés ci-dessus, c\u2019est la repousse, par exemple, des cheveux noirs dans le dernier de ces cas rapporté par Lévi.Le traitement thyroidien est donc capable de produire la guérison du rhumatisme chronique, pourvu que ces malades soient, autant que possible traités au début, et que les localisations ne soient pas marquées par des lésions anatomiques trop internes.Bref, chez cette catégorie de malades, ce traitement transforme peu à peu le terrain, et les accidents s\u2019atténuent ou disparaissent au fur et à mesure que s\u2019espacent ou cessent les crises d\u2019instabilité thyroïdienne.Ces faits méritent-ils de retenir attention ?Nous le croyons, à cause des résultats obtenus, et c\u2019est à ce titre que nous les communiquons à nos lecteurs.ACTUALITES ~ LE CYTO-DIAGNOSTIC DES MALADIES DE L\u2019ESTOMAC Voici un article qui offre un intérêt scientifique très considérable pour les praticiens.Il s\u2019agit d\u2019une méthode qui permet de soupconner le cancer d\u2019estomac à une époque où une intervention chirurgicale pourrait prolonger la vie ou même provoquer la guérison en excisant le point malade.M.Brelet fait une revue synthétique de la question dans la 428 REVUE \u201c Gazette des hôpitaux du mois du Mai 1914.\u201d Nous lui empruntons le chapitre suivant.\u2014 Dès 1882, Rosenbach avait pu diagnostiquer au microscope le cancer dans des fragments de muqueuse gastrique rejetés avec les vomissements ; Ewald, Riegel, Boas recherchèrent ensuite les éléments cellulaires dans les vomissements ou les liquides de rétention ; puis Cohnheim et Reineboth eurent l\u2019idée de pratiquer des lavages de l\u2019estomac pour examiner ce qui était ainsi extrait de la cavité gastrique.Tous ces travaux n\u2019avaient pas été beau coup poursuivis quand, en 1909, Marini rappela qu\u2019on pouvait trouver des cellules cancéreuses dans les liquides de lavage ; mais c\u2019est surtout à Læper et Binet que l\u2019on doit une série de recherches sur cette question.En 1911, ces auteurs publièrent un premier mémoire sur le cytodosage de l\u2019acidité.Simon et Caus- sade, qui emploient la technique de Leeper et Binet, font remarquer que, dans un estomac dilaté et atonique, le sérum tombe dans les bas-fonds sans humecter toute la cavité gastrique, il peut done laisser inexplorés certains points de la muqueuse gastrique ; aussi ces auteurs conseillent-ils, pour que toute la muqueuse stomacale soit lavée par le sérum, de faire asseoir et coucher le malade plusieurs fois de suite, de pratiquer même une malaxation prudente de l\u2019épigastre avant d\u2019extraire le sérum de l\u2019estomac.Voici donc le sérum recueilli dans un verre; on le laisse reposer de manière à ce que les particules alimentaires qui peuvent s\u2019y trouver en suspension se déposent au fond; puis, avee une pipette, on prélève dans la partie surnageant immédiatement le dépôt une quantité de liquide suffisante pour remplir un tube à centrifuger.Il ne faut pas prendre le liquide à la surface, car on y trouve de la salive dont la présence viendrait fausser les résultats ; avant de déposer le sérum dans le tube de centrifugation, on aura soin de porter l\u2019extrémité de la pipette sous un mince filet d'eau, pour enlever la salive qui pourrait s\u2019v trouver.On centrifuge pendant un quart d\u2019heure ; le culot est étalé sur lames, fixé par la chaleur et l\u2019alcool, examiné sans coloration et après coloration à l\u2019hématéine-éosine., Læper et Binet ont examiné ainsi des sujets normaux pour connaître leur formule eytologique; on ne voit sur les lames que de rares élémnets pavimenteux de la bouche et dé l\u2019æsophage, quelques novaux de chromatine et parfois quelques débris proto- CYTO-DIAGNOSTIC DÉS MALADIES DE L'ESTOMAC 429 plasmiques, quelques levures ou microbes.La muqueuse gastrique fonctionne donc à l\u2019état normal sans desquamation et sans hypergenèse cellulaire, sans hypersécrétion muqueuse, en un mot, sans aucune réaction cytologique appréciable.En cas de sialo- phagie, ce qui est fréquent chez les sujets normaux, le culot de centrifugation contient une quantité parfois considérable de cellules pavimenteuses provenant de la bouche et même de l\u2019æso- phage.Læper et Binet abordent ensuite l'étude cytologique des diverses affections de l\u2019estomac.Ils montrent que le cyto-diagnos- tic permet de différencier la dyspepsie pure des gastrites.Dans la dyspepsie, c\u2019est-à-dire dans l\u2019ensemble des troubles fonctionnels ne dépendant pas d\u2019une lésion organique de l\u2019estomac, l\u2019examen cytologique ne peut naturellement pas révéler d\u2019altérations de la muqueuse gastrique et en effet on ne constate alors que la formule cytologique' des sujets normaux.Au contraire, dans les gastrites, l\u2019examen du culot de centrifugation révèle soit de l\u2019hypergénèse muqueuse, soit de l\u2019hypergénèse cellulaire, soit de la leucocytose, avec ou sans globules rouges.La prédominance de l\u2019un de ces quatre éléments permet de distinguer, au point de vue cytologique, quatre variétés de gastrites.C\u2019est d\u2019abord la gastrite muqueuse caractérisée par l\u2019extrême abondance d\u2019une substance fortement colorable en rose par l\u2019éosine, en violet pâle par le violet de gentiane, substance nettement granuleuse renfermant quelques débris d\u2019un protoplasma cellulaire vacuolaire ou des cellules gastriques.Puls vient la gastrite hypergénétique et desquamative, avec une quantité tout à fait anormale d\u2019éléments cellulaires provenant de la muqueuse gastrique; il s\u2019agit d\u2019éléments arrondis ou polygonaux, à contours peu nets, à angles émoussés; teintés cn rose par l\u2019éosine, ils sont finement granuleux, paraissent peu épais, possèdent un noyau qui se colore bien.Leeper ct Binct n'ont jamais pu retrouver dans ces éléments la véritable cellule pordante ou la cellule principale décrites dans les traités d\u2019histologie.La troisième variété de gastrite est une gastrite diapé- détique, avec leucocytose prédominante ; les leucocytoses sont de trois ordres, polynucléaires, lymphocytes et éosinophiles.Dans certains cas enfin, la gastrite est congestive, caractérisée par la présence de globules rouges indiquant une fragilité spéciale de la muqueuse et une dilatation de ses capillaires, Il ressort des 430 REVUE recherches de Leper et Binet que les gastrites sont beaucoup plus fréquentes que les dyspepsies pures; le cyto-diagnostic permet de reconnaître une gastrite discrète, atténuée, dans un grand nombre de cas qualifiés dyspepsies.Par conséquent \u201cla cvto- logie tend à diminuer le nombre des dyspepsies pour accroître celui des gastrites; elle élargit la frontière\u2018 des gastrites.\u201d Le cyto-diagnostic de l\u2019estomac fournit donc un argument très important en faveur de la théorie de Hayem sur les gastrites.En faisant lhistorique des gastrites, Hayem et Lion montrent combien l\u2019opinion médicale a varié sur la place que doivent occuper les gastrites dans la pathologie de l\u2019estomac ; la gastrite, écrivent- ils, est encore aujourd\u2019hui, suivant les auteurs, sacrifiée au profit de la dyspepsie ou placée au premier rang de la pathologie stomacale.D\u2019après Hayem, les troubles fonctionnels de l\u2019estomac correspondent, dans les cas les plus habituels, à des lésions ; les travaux de Læper et Binet confirment pleinement cette manière de voir.Leeper et Binet ont examiné douze cas d\u2019ulcère de l'estomac.La formule cytologique est toujours identique: petite quantité de cellules épithéliales en voie de digestion et de désintégration, orande quantité de leucocytes et proportion variable de globules rouges.Les variations de la formule suivent fidèlement l\u2019évolution de l\u2019ulcère ; quand la lésion se cicatrise, leucocytes, hématies et débris épithéliaux disparaissent progressivement.La cytologie permet encore de dépister, dans le groupe des dyspepsies, un grand nombre d\u2019ulcères latents ou dissimulés.Chez des malades considérés comme atteints d\u2019hypersthénie avec hyperchlorhvdrie, ou même d\u2019hyposthénie gastrique, Læper et Binet ont parfois retrouvé la formule de l\u2019ulcère et affirmé l\u2019origine ulcéreuse de l\u2019état morbide.Par contre, la cytologie ne fournit aucun renseignement quand il existe un ulcère haut situé de la petite courbure, car le lavage n\u2019atteint que difficilement l\u2019endroit où siège la lésion; il en est de même en cas d\u2019ulcère sous-pylorique, le sérum introduit dans l\u2019estomac ne pouvant pas pénétrer jusqu\u2019à la zone malade ; les résultats du cyto-diagnostic fournissent ainsi un élément de diagnostic différentiel entre l\u2019ulcère de l\u2019estomac et l\u2019ulcère du duodénum.La cytologie permet enfin de diagnostiquer le cancer de l'est.mac et même d\u2019en reconnaître la nature.Quelle que soit la va- CYTO-DIAGNOSTIC DES MALADIES DE L'ESTOMAC 431 riété du cancer, ce qui frappe d\u2019abord à l'examen microscopique Cest la présence d\u2019éléments nouveaux attirant immédiatement l\u2019attention ; ce sont des cellules de coloration foncée, à contours bien délimités, avec un noyau riche en grains chromatiques, présentant quelquefois des figures de kariokinèse, ou dédoublé ; ces cellules appartiennent au type polygonal petit ou grand, cylindrique ou vacuolaire.La cellule néoplasique ne se trouve pour ainsi dire jamais seule ; elle est toujours accompagnée d\u2019un grand nombre de leucocytes, polynucélaires pour la plupart, et de quelques globules rouges.Dans les cas où Læper et Binet ont pu pratiquer l\u2019examen direct de la tuemur gastrique à la suite d\u2019une intervention chirurgicale ou après autopsie, ils ont toujours retrouvé les mêmes éléments cellulaires que ceux qu\u2019ils avaient constatés par la \u20acy- tologie faite pendant la vie du malade.Le cyto-diagnostic de l\u2019estomac, tout comme le cyto-diagnostic des pleurésies ou des méningites, constitue done une véritable biopsie.Les observations de Simon et Caussade montrent bien quel parti on peut tirer de cette méthode d\u2019examen ; sur 25 cas de cancer stomacal confirmés par l\u2019opération ou l\u2019autopsie, le cyto-diagnostic avait permis 24 fois d\u2019affirmer le cancer; le seul résultat négatif tenait sans doute à ce que l\u2019examen cytologique n\u2019avait pas été bien fait.Dans 13 autres cas, où, de par l\u2019examen clinique, on pouvait penser au diagnostic de cancer, le cyto-diagnostic n\u2019avait pas révélé la formule habituelle du néoplasme; l\u2019évolution ultérieure ou l'intervention chirurgieale montrèrent qu\u2019il ne-s\u2019agissait pas de cancer.Il faut retenir toutefois que si un résultat positif impose le diagnostic de cancer, on ne doit pas, en cas de résultat négatif, éliminer ce diagnostic.Leeper et Binet ont trouvé le cyto-dia- gnostic en défaut dans deux circonstances; lorsqu'une tumeur linitique, fibreuse, non ulcérée, ne déverse pas d\u2019éléments cellulaires dans la cavité gastrique, l\u2019examen cytologique demeure négatif.D'autre part, quand les liquides de rétention sont très abondants, il devient presque impossible de vider entièrement l\u2019estomac et de retrouver, au milieu des débris alimentaires, quelques cellules néoplasiques éparses ct conservées ; dans ce cas d\u2019ailleurs, les acides de fermentation ont entraîné la digestion et par conséquent la disparition de tous les éléments cellulaires, qu\u2019ils soient cancéreux ou non. 432 REVUE Le cyto-diagnostie de l\u2019estomac n'est donc pas infaillible.Mais est-il un procédé d\u2019exploration médicale infaillible * En présence d\u2019un cas clinique difficile, il convient d'utiliser toutes les méthodes d'examen qui sont actnellement à notre disopsition, de vérifier les résultats de l\u2019une par les données de l\u2019autre.Pour ce qui est du cancer de l\u2019estomae, en particulier, les diverses recherches pouvant aider au diagnostie sont très nombreuses ; quel: ques-unes sont plus difficiles et plus compliquées\u2019 que le cytodiagnostic ; celui-ci mérite done d\u2019oceuper le \u201crang honorable que demandent pour lui Læper et Binet.TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE DE LA ROUGEOLE ET DE LA .SCARLATINE SANS ISOLEMENT PAR LA METHODE DE MILNE On parle beanconp en ce moment d\u2019une méthode inventée par le Dr Milne, médecin des \u201c Dr Bernado\u2019s Homes \u201d près d\u2019Aberdeen, et qui permet de réaliser, sans isolement, le traitement et la prophylaxie de la rougeole et de la scarlatine, aussi bien dans les familles que dans les collectivités.Le Dr Gaullieur l\u2019'Hardy, qui l\u2019a signalée en France il y a trois ans, a rappelé récemment, dans la Gazette des Hôpitaux (20 juin 1914), les principes de cette méthode.Dès que le diagnostic de scarlatine est posé ou soupçonné, car C\u2019est à la scarlatine que le procédé a tout d\u2019abord été appliqué.le malade est doucement frictionné du sommet de la tête à la plante des pieds, avec de l\u2019huile d\u2019encalvptus.Cette friction est répétée matin et soir pendant quatre jours, puis, à partir du cinquième jour jusqu\u2019au dixième, la friction n\u2019est plus pratiquée qu\u2019une fois par jour.| | En méme temps on badigeonne les amygdales et, le pharynx, en allant aussi haut et aussi bas que possible, avee un, tampon d\u2019ouate, monté sur pinçe.de préférence, et imbibé complètement d'huile phéniquée au dixième.Ces badigeonnages sont répétés toutes les deux heures pendant le premier nycthémère, et beaucoup plus rarement.par la suite.Le tampon doit avoir, pour chaque enfant, les dimensions de la dernière phalange de son pouce. PROPHYLAXIE DE LA ROUGEOLE ET DE LA SCARLATINE 433 Quand il s'agit de rougeole ,il est bon de prendre quelques 1ne- sures complémentaires.C\u2019est ainsi que, dès l\u2019apparition de l\u2019ex- authème, et si possible, dès que se manifeste le coryza ou que sont visibles les taches de Koplik, on procède au traitement ci- dessus décrit; mais, en outre, l\u2019enfant étant couché, on place au- dessus de sa tête et de sa poitrine une large armature recouverte d\u2019une lame de gaze sur laquelle on pulvérise de temps en temps de l\u2019essence d\u2019eucalyptus.On arrête et on détruit ainsi les germes pathogènes que la toux pourrait projeter à une grande distance.Les avantages de ce traitement seraient d\u2019éviter les infections secondaires et surtout d\u2019éviter toute précaution d\u2019isolement et de désinfection les malades pouvant frayer et cohabiter en toute sécurité avec des individus sains et promener leur desquamation dans le monde, s\u2019il s\u2019agit de scarlatine.Mme Nageotte-Whilbouchewitch a consacré à cette méthode un article dans la Presse Médicale (13 juin 1914).Elle préconise l\u2019emploi systématique de la méthode de Robert Milne, soit dans les familles, soit à l\u2019hôpital.\u201c Dans les salles de coquelucheux, dit-elle, il faudra prendre une mesure radicale, puisque la rougeole est la plaie de ces services ; il faudra traiter tous les entrants par la méthode de Milne, jusqu\u2019à ce que soit passée la période d\u2019incubation possible; les coquelucheux se trouvent fort bien de l\u2019usage des substances aromatiques et l\u2019on verra certainement la fin de la désolante situation actuelle.\u201d Elle constate aussi que, depuis 1911, l\u2019idée a fait du chemin en Angleterre, puisque le professeur Seaton, de l\u2019Université de Londres, s\u2019exprimait dernièrement ainsi dans une leçon sur les affections contagieuses déclarables: \u201c J\u2019ai vu l\u2019œuvre de M.Milne.Le temps est venu d\u2019autoriser les médecins inspecteurs d'hygiène à appliquer la méthode de Milne.Il faut que le Gouvernement local \u2018leur donne les pouvoirs nécessaires, et, si la loi s\u2019y oppose, il faut faire voter par le parlement un bill à cet effet.\u201d Il serait bon qu\u2019on fit un ample essai de cette méthode, qui.si elle donne, comme on doit le croire, les brillants résultats annoncés par le Dr Milne et d\u2019autres médecins du Royaume-Uni, est appelée à simplifier grandement les problèmes thérapeutique et prophylactiques que pose tout cas de fièvre érmptive. LA PROPHYLAXIE ET LE TRAITEMENT ABORTIF DE LA BLENNORRAGIE CHEZ L\u2019HOMME (1) \u2019ertains malades sont plus exposés que d\u2019autres à infection blennorragique.Le gonocoque semble avoir¥en effet, une prédilection marquée pour les prépuces longs ct étroits, les méats larges et irréguliers, les hvpospades.Tous les malades de cette catégorie devront donc s\u2019entourer de toutes les précautions prophylactiques après un contact suspect.À ce point de vue, toute prostituée, ct même toute demi-pros- tituée, sera considérée comme infectée et possédant en permanence des gonocoques, lesquels pourront d\u2019ailleurs être peu dangereux quand les femmes se tiennent très propres.Mais il faut, avec Janet, regarder comme particulièrement dangereuses : 1° Toute femme nouvelle ; 2° Toute femme pendant ou aussitôt la période menstruelle, époque à laquelle les porteuses de gonocoques chroniques redeviennent contagieuses ; 3° Toute femme non préparée au coït par une large ablution et une miction préalables (le matin au réveil, par exemple) ; 4° Et surtout la femme au-dessus de tout soupçon, sous le fallacieux prétexte qu\u2019elle est chère, qu\u2019elle est mariée ou qu\u2019elle est la maîtresse d\u2019un ami.Cette femme de toute confiance est la grande dispensatrice du gonocoque, par cela même qu\u2019on ne la craint pas; 5° En général, les femmes jetines qui n\u2019ont pas encore subi les effets bienfaisants de l\u2019auto-vaceination gonococeique.Pour conjurer pratiquement le danger une fois connu, Janet recommande les quelques précautions \u2018suivantes : Si possible, remplir le méat de vaseline avant le coit; Après le coït, uriner en frottant entre les doigts le gland pendant le passage de l\u2019urine, pour bien absterger le méat et la fosse naviculaire ; Se laver soigneusement 4 l'eau savonneuse; Instiller avec 2 gouttes de protargol ou d\u2019argvrol à 20 pour 2 P © te P 7 (1) La Presse Médicale, Samedi, 24 janvier 1914 TRAITEMENT DE LA BLENNORRAGIE 435 100 dans la fosse naviculaire, en enfonçant à fond le bec de l\u2019instrument dans le méat.Ressortir l\u2019appareil et badigeonner avec une autre goutte les lèvres du méat et les rainures du filet.Tout cela le plus tôt possible après le coït et après chaque coit s\u2019ils sont multiples.Si, malgré ces précautions, écoulement apparaît, il faut inviter les malades à revenir consulter dès la première goutte, vingt- quatre ou rtente-six heures an plus tard après le début, car, à ce moment, on peut tenter un traitement abortif.Les méthodes employées dans ce but sont très nombreuses.C\u2019est Janet qui préconisa le premier le traitement abortif de la blennorragie aiguë avec des lavages de l\u2019urêtre an prrmanga- nate de potasse.En cas d\u2019urétrite antérieure seule, il fait, le premier jour, à l'heure de la visite, un lavage avec une solution de 1/1000 à 1/4000, suivant l'acuité de l\u2019affection, et, à 9 heures du soir, avec une solution à 1/4000.Le deuxième jour, injection à 9 heures du matin avee une solution à 1/2000 et à 9 heures du soir à 1/4000.Le troisième jour, injection à 2 heures du soir avec une solution à 1/2000.Le quatrième jour, injection à 9 heures du matin avec un esolution à 1/2000 et à 9 heures du soir à 1/4000.Le cinquième jour ,à 2 heures du soir, injection avec une solution à 1/2000.Les sixième et septième jours, injection heures du soir avec une solution a 1/1000.Le huitième jour, injection i 2 heures du soir avec une solution a 1/500.Quand il y a une urétrite postérieure, Janet ajoute à chaque lavage un ou deux remplissages de la vessie pour\u2019agir sur l\u2019urètre postérieur., Desnos limite l\u2019action du permanganate à l'urètre antérieur.T1 emploie, dès les premières heures, une solution de permanganate a 1/500, dont il fait passer + à 500 gr.seulement, en maintenant le méat ouvert.Ce lavage est renouvelé douze heures apres.Le lendemain, il emploie une solution à 1/1000, ou plus faible si la réaction a été trop vive.Les troisième, quatrième et cinquième jours, il a recours à une solution an 1/5000.Lebreton fait, pendant les quatre premiers jours, deux grands lavages urétro-vésieaux avec une solution faible (1/5000 à 1/10000) à intervalles égaux autant que possib'e, et le malade se fait lui-même deux ou trois séries de petites injections. 436 REVUE Pendant les quatre jours suivants, un grand lavage et deux séries de petites injections par jour.Le nitrate d\u2019argent semble agir plus rapidement que le permanganate, mais c\u2019est une méthode douloureuse qui peut donner lieu à de vifs phénomènes réactionnels.Engelbrecht l\u2019emploie cependant avec avantage de la facon suivante : Il injecte dans l\u2019urètre antérieur, avec le bock, sous une pression de 1 m.à 1 m.25, 500 à 600 gr.d\u2019une solution à 0,50 pour 100, a 37°, et sans cocaïniser le canal.En outre, il cantérise la muqueuse de la fosse naviculaire avec une solution à 3 pour 100.Quatre heures après, avec une cocainisation de 1'urétre, il fait un deuxitme lavage avee une solution à 20 p.100 et le traitement est terminé.La guérison est ordinairement obtenue en une demi-journée à deux journées.Diverses substances moins irritantes que le nitrate d'argent ont été proposées.Le protargol a été vanté par Neisser, qui prescrit des solutions à 0.25, puis à 0,50 et 1 pour 100 en injections faites trois fois par jour dès le début de la maladie, les deux premières étant gardées cinq minutes et la troisième trente minutes.Carle emploie aussi le protargol en injections dans l\u2019urètre antérieur à la dose de 1 à 2 pour 100, suivant la réaction de la muqueuse ; le malade se fait trois injections par jour, les deux premières étant gardées deux ou trois minutes et la troisième trois à dix minutes pendant douze jours consécutifs.L\u2019argyrol a été préconisé par de Sard, qui l\u2019emploie en injections biquotidiennes.de 10 em3 d\u2019une solution à 10 pour 100 que le malade garde pendant cinq à six minutes.Janet a employé également l\u2019argyrol en lavages sous pression de l\u2019urêtre antérieur à la dose de 2 à 4 pour 1,000, suivis d\u2019in- Jeetions à dose de 5 à 20 pour 100, sauf s\u2019il v a urétrite totale qui nécessite alors le lavage des deux urètres.Le traitement dure cing a sept jours.Les lavages sont faits deux fois par jour pendant les deux ou trois premiers jours, une fois seulement ensuite pendant deux à six jours.Certains auteurs ont recours à des méthodes mixtes.C\u2019est ainsi que Motz fait, dès la première visite de malade, une injection de 3 à 4 emm de nitrate d\u2019argent à 2 pour 100, à TRAITEMENT DFE LA BLENNORRAGIE 437 garder deux minutes dans l\u2019urètre antérieur ; douze heures après, il fait un grand lavage de l\u2019urètre antérieur avec une solution de permanganate de potasse à 1/1000.Les trois jours suivants, dans la matinée, on fait un lavage de l\u2019urètre antérieur au permanganate à 1/2000; le soir, aprés cocainisation de I'urétre, on fait un grand lavage urétro-vésical avec une solution a 1/2000 ou 1/3000.Le cinquième jour et les jours suivants, on fait un seul lavage des deux urètres au permanganate au 1/2000 ou au 1/3000 et on continue jusqu\u2019à la gnérison définitive.SOCIETES ASSOCIATION MEDICO-CHIRURGICALE DU DISTRICT DE JOLIETTE Séance: 14 septembre, à Joliette.Monsieur le Docteur J.Marion préside.Docteur A.Laurendeau remercie ses confrères pour l'honneur qu\u2019ils lui ont fait en le choisissant comme gouverneur, aux élections qui viennent d'avoir lieu.Proposé par M.le Docteur G.Desrosiers, secondé par M.le Docteur A.Peltier : Que les membres de l\u2019Association Médico-chirurgicale du district de Joliette, chargent leur représentant d\u2019appuver auprès du nouveau Bureau, les propositions qui suivent: étant d'opinion que les mesures projetées par ces propositions sont opportunes, d'intérêt général pour la profession médicale et réalisables à bref délai : 1° Que le nombre des gouverneurs soit réduit, conformément aux vœux d\u2019une forte majorité, exprimée'à la suite du referendum sur ce sujet, au printemps dernier ; 2° Que l\u2019art.4941 (statuts refondus) obligeant les médecins étrangers à faire une année d'étude dans l\u2019une de nos universités, avant d\u2019avoir droit à la licence provinciale, soit abrogé et remplacé par un art.moins draconien ; 3° Que l'art.4938 soit modifié comme suit: © Sans vouloir restreindre la signification des mots, exercer la médecine, pratiquer 438 .LAURENDEAU des accouchements, traiter des affections chwurgicales, prescrire ou délivrer des médicaments, prendre part habituellement et par une direction suivie au traitement des maladies où affections quelconques, soit en administrant des médicaments, soit en faisant usage de procédés mécaniques, physiques ou chimiques, ou de radiothérapie ou de rayons X, constituent l\u2019exercice de la médecine \u201d ; | 4° Que le Bureau fasse des efforts pour faire modifier l\u2019art.4956, définissant ce qui constitue des actes dérogatoires à l\u2019honneur professionnel, en y ajoutant: \u201cle fait de vendre des boissons alcooliques, sans licence \u201d ; le fait d\u2019annoncer dans les journaux et d\u2019offrir en vente des remèdes dont la formule est cachée ou de promettre la guérison de maladies, par des procédés secrets.\u201d Et que de plus, la Législature accorde à notre Conseil la discipline, le pouvoir de définir lui-même ce qui est dérogatoire à l'honneur professionnel, par règlement, tout tel règlement devant obtenir l\u2019approbation du Lieutenant Gouverneur en conseil, avant que de devenir exécutoire ; 5° Que le Bureau insiste auprès du gouvernement fédéral, pour faire modifier la loi des.brevets et marques de commerce, afin d\u2019obliger tous les fabricants de remèdes brevetés à fournir à la face même du médicament la formule entière des éléments qui entrent dans la composition du dit médicament ; 6° Que le Bureau emploie toute son influence dans le but de faire modifier la loi provinciale 1909 sur les accidents, afin de donner recours au médecin, à la fois contre l\u2019accidenté et le patron, à l\u2019instar des lois de tous les autres pays ; 7° Que le Bureau, de concert avec les autorités médicales des autres provinces, continue a travailler en faveur de la création d\u2019un ministère d\u2019hygiène public à Ottawa afin de pouvoir centraliser toutes les questions hygiéniques d\u2019ordre général ; 8° Que le Bureau s\u2019adresse à la Législature pour faire adopter une loi créant des experts médicaux officiels pour assister les tribunaux criminels ; | 9° Que le Bureau prenne tous les moyens à sa disposition pour encourager, stimuler les sociétés médicales de notre province ; 10° Que le ureau accorde son assistance morale et même matérielle \u2014 après avoir été autorisé par la loi, \u2014 à la création d\u2019une maison de refuge, pour les médecins nécessiteux, âgés, infirmes, etc, incapables de subvenir à leurs besoins ; 11° Que l\u2019art.4962 soit modifié en ce sens: que le dépôt accompagnant toute plainte faite au régistraire sera de dix dollars au lieu de vingt-cinq.Adopté. ASSOCIATION MÉDICO-CHIRURGICALE DE JOLIETTE 489 Le secrétaire-trésorier fait rapport que l\u2019Association a actuellement en banque trois cents soixante-huit piastres et vingt-trois centins.On procède ensuite aux élections des officiers : Président: Monsieur le Docteur P.Laporte de Joliette.Vice-président: Monsieur le Docteur G.Desiosiers, St-Félix de Valois.Secrétaire-trésorier: Monsieur le Docteur A.Laurendeau, St- Gabriel de Brandon.Comité de régie: Messieurs les Docteurs Charles Bernard et A.Geoffroy de Joliette.Comité de déontologie: MM.les Docteurs G.Desrosiers, J.Shepperd, A.Barolet et A.Peltier.Comité re charlatans: Charles Bernard, J.Shepperd, et A.Geoffroy.Et la séance est ajourné au second lundi de décembre à Joliette.Albert LavrexprAU, Sec.-T'rés.CHRONIQUE LE SPLEEN Monsieur Raoul Lecoutour écrit, dans le Progrès Médical, une petite romance en prose sur \u201cle spleen.\u201d C\u2019est une maladie à la mode chez nos évaporées en rupture de grèves, à la campagne, où elles ont semé dans leurs sables mouvants les derniers espoirs d\u2019une jeunesse en mal de vieillir._Relisons cette page qui évoque un grand nom dans le romantisme du siècle dernier, et de petites gens, bien souvent, dans les temps présents.\u2014 Qui n\u2019a jamais dit en bâillant jusqu\u2019au sternum: \u201c Dai le spléen!.\u201d Cependant ce mot charmant qui signifierait bien peu de chose s'il n\u2019était pas toute musique et s\u2019il n\u2019exprimait pas comme elle l\u2019inexprimable, ce mot, dis-je, perd de sa vogue.Il n'est pas jusqu\u2019aux mondains les plus huppés qui ne l\u2019aient depuis longtemps remplacé par un mot qui, lui, ne signifie rien du tout et dont la sonorité pâteuse n\u2019exprime bien qu\u2019une forme de 440 CHRONIQUE l\u2019ennui: l'ennui après boire.C\u2019est peu si l\u2019on songe à la classification de M.Tardieu.Vous connaissez ce mot pour avoir été dit quelquefois d'une voix brève dans les minutes énergiques._ Nous, passe encore, nos aicux n\u2019étaient-ils pas barbiers?Mais les gens du monde.où l'on s\u2019ennuie, fi done!.Pourtant il en est encore, heureusement, qui n\u2019ont pas désappris le beau langage et qui ne bâillent pas en disant: \u201c Je me b.\u201d mais: \u201c J\u2019ai le spleen\u201d.Ah! ce spleen, il me rappelle un couple parfaitement aristocratique.C\u2019était un soir d\u2019août dans un joli castel des bords de la Loire, tandis que nous buvions de délicieuses boissons glacées \u2014 excusez ces chers souvenirs d\u2019un remplaçant fourbu par une journée de voiture en plein soleil \u2014 J'étais l\u2019hôte d\u2019un couple jeune, bien portant, sans soucis matériels, l\u2019esprit largement ouvert au monde des idées et des arts.Eh, bien cet homme et cette femme jeunes m\u2019avouaient souffrir parfois d\u2019un spleen violent.C\u2019était comme un dégoût profond de tout et d\u2019eux-mêmes, un ennui morne que rien, sem- ble-t-il, n\u2019était capable dans l\u2019instant de soulager.Je n'avais jamais rencontré de tels malades \u2014 je m\u2019empresse d\u2019ajouter qu\u2019ils ne me consultaient point pour cela, mais pour un accident sans importance.N\u2019avant moi-même jusqu\u2019ici jamais eu le loisir de m\u2019ennuyer pareillement je ne pouvais recourir à ma propre observation.Je me rappelai alors la correspondance de Flaubert, les images vivantes et colorées que son génie hanté par le mal lui inspire.Cette auto-observation de toute une vie est le plus beau cours sur le spleen qu\u2019on puisse écrire.Je me rappelai aussi un camarade de lycée, un individu d\u2019élite, un jeune philosophe de génie \u2014 dont les parents sont multi millionnaires \u2014 et qui s\u2019était suicidé d\u2019ennui sous mes yeux.Ceux-là, oui, étaient des malades.On ne s\u2019ennuie pas pendant cinquante ans, à jet continu \u2014 comme Flaubert; on ne se suicide pas, comme mon camarade, à vingt ans alors qu\u2019on se sent possesseur d\u2019une intellivence dominatrice; on n\u2019est pas à ce point anormal sans être frappé d\u2019une façon profonde dans ses organes ou sans porter une lourde charge héréditaire.Ceux-là, oui, ne se trompaient pas quand ils disaient qu\u2019ils avaiertt le spleen.Le spleen, bête de légende qui les poursuivait comme un sort, griffe de la dégénérescence à laquelle ils ne pouvaient échapper.Hérédité nerveuse, alcoolique, syphilitique ou tubereuleuse?On la combat, LE SPLEEN 441 an croit l\u2019avoir vaincue, jusqu\u2019au jour où la loi qu\u2019on amusait, reprend son sérieux pour accomplir dans sa rigueur sa destinée de mal métaphysique.Eh! bien, le couple dont je vous parlais tout à l\u2019heure était, lui, sain dans ses organes \u2014 sinon j'aime mieux croire que nous sommes tous détraqués.Son spleen n\u2019avait pas ce caractère de continuité, de désespoir, cette marque morbide qui m\u2019avait tant frappé chez Flaubert et chez mon camarade.Ils n\u2019avaient pas le spleen, mais l\u2019ennui banal, ennui que nous connaissons tous et dont les modalités varient avec chacun.Beaucoup de ces simples ennuyés qui se croient atteints de spleen reprochent constamment à la vie d\u2019être inutile parce qu\u2019ils ne sont pas utilisés.Is oublient de vivre à se demander pourquoi ils vivent.Les intellectuels d\u2019entre eux arrivent à se griser de ce mot spleen qu\u2019ils ont aux lèvres comme une pipe d\u2019opium.Il s'impose un jour à eux comme un leitmotiv lugubre qui semble contenir tout le mystère et qui n\u2019est en vérité que la trébuchante mélopée de la vie végétative.Ils croient leur ennui supérieur alors qu\u2019il n\u2019est un peu comparable à celui de la bête ou de l\u2019homme des bois.C\u2019est l\u2019ennui normal exaspéré que l\u2019homme à su vaincre en développant, en exerçant ses facultés.C'est ennui curable par le gai travail et la gaie science.Mais ce n\u2019est, à coup sûr, pas le spleen, conséquence d\u2019une tare qui aboutit souvent au suil- cide.On a écrit des volumes sur ennui.On s\u2019est montré plus sobre à l\u2019égard du spleen.Notre confrèrs le docteur Le Savoureux vient de lui consacrer sa thèse inaugurals.Il l\u2019a fait brillamment, complètement.Son travail est le fruit de longues lectures et de précieuses méditations.11 n\u2019est pas seulement celui d\u2019un médecin, mais d\u2019un philosophe et d'un lettré.C\u2019est que pour faire au spleen la place qu\u2019il n\u2019a pas dans la littérature médicale, il lui a surtout fallu chercher des matériaux chez les phi losophes et les écrivains, et les soumettre ensuite à notre point de vue critique si particulier.| | On trouve dans sa thèse l'histoire du spleen avec toutes les observations déjà publiées, une importante collection d\u2019observations personnelles, nn magistral parallèle de l\u2019ennui normal ct de l'ennui morbide qui n\u2019est autre que le spleen; enfin, un important portrait du spleenique.Le docteur Le Savoureux a fait plus qu\u2019une thèse il vient de créer un chapitre de psychiatrie. 442 CHRONIQUE Car à quelle autre affection rattacher ce spleen qu'il définit ainsi : \u201c Le spleen est une affection mentale essentiellement constituée par la perte du goût de la vie et le désir de la mort.11 est toujours accompagné de tendances au suicide.Celles-ci n\u2019ont pas le caractère des obsessions ou des impulsions; elles ne sont pas déterminées par des troubles délirants ou sensoriels, ni par des phénomènes d\u2019anxiété ou de douleur proprement dite.Elles découlent uniquement d\u2019un sentiment d\u2019ennui chronique et le plus souvent constitutionnel.\u201d \u201cSon originalité consiste dans l\u2019intégrité des facultés physiques et mentales et particulièrement, dans la parfaite conservation de l\u2019énergie et de l\u2019activité.\u201d Le docteur Le Savoureux a eu l\u2019idée de recueillir l'auto-obser- vation de Flaubert en rassemblant les morceaux de ces curieuses confessions éparpillés dans quatre volumes de lettres.Il faut lire cela pour avoir une idée complète du spleen.I! faut le faire lire à ceux qui s\u2019en croient atteints Combien trouveront alors leur pauvre ennui ridicule.Quant à celui qui, après cette lecture, dira: © Je suis comme lui, j'ai le spleen\u201d; il ne faudra pas rire s\u2019il écrit avec Flaubert :\u201c Il me semble que je traverse une solitude sans fin pour aller je ne sais où.Et c\u2019est moi qui suis tout à la fois le désert, le voyageur et le chameau.\u201d \u2014 Done chassons l\u2019ennui et gare au spleen.Le remède ?me direz-vous.Mais.le travail, parbleu.BIBLIOGRAPHIE Les caractères médicaux dans l'écriture chinoise, par Je Dr lecien- Gravx.Un volume in-8° : prix 4 francs.A.Maloine, édr- teur, 25 et 27, rue de l\u2019Ecole de Médecine, PARIS.Ce fort curieux ouvrage a le mérite plutôt rare de nous initier à des connaissances inédites pour nous jusqu\u2019à ce jour, et suffisamment élucidées, \u2018néanmoins, pour que nous puissions en déchiffrer la clé première, en nous familiarisant du même coup avec ce génie graphique des Chinois qui intervient dans le moindre caractère tracé par leur pinceau.Le livre du docteur Lucien-Graux jette une clarté aussi vive que nouvelle sur tout un domaine de pensées où les médecins de BIBLIOGRAPHIE 443 l'Europe seront heureux de pénétrer, sans tatonner, pour marcher de surprises en stupeurs, d\u2019étonnements en émerveillements, sur les traces d\u2019un auteur qui ne s'inquiète d\u2019aucun obstacle, sait pénétrer toutes les obscurités et déchiffrer tous les secrets d\u2019une langue élaborée par d'innombrables générations de scribes, fantaisistes, arbitraires, amateurs ou philosophes profonds.Les Caractères médicaux dans l\u2019Ecriture chinoise instruisent assurément, mais ils amusent davantage encore.Ingénieux et artistiques, ils subordonnent la désignation de toutes les maladies, par les moyens de l\u2019écriture, à l\u2019utilisation fondamentale d\u2019un radical commun.À côté de ce radical, viennent se ranger tour à tour des éléments descriptifs qui qualifient, expliquent, mettent, pour ainsi dire, en image, le mal, l\u2019affection qu\u2019il s\u2019agit de désigner.Parler dans la stricte mesure d\u2019un articulet bibliographique, de cette algèbre charmante et pittoresque, de ce jeu de dessins souples et étonnamment inventés par le peuple le plus imaginatif de la terre, c\u2019est là une besogne où, fatalement, le chroniqueur doit échouer.Pour donner idée de cette fabrication de signes parlants, il faudrait être un peu Chinois soi-même, ou pour le moins peintre et graveur, poète et conteur, calligraphe et liseur de rébus.Le péril est tel que nous ne nous y exposerons pas ici.Il nous suffira de dire que rarement nous avons rencontré, sous les apparences d\u2019un volume qui, de prime abord, peut paraître \u2018 rébarbatif, plus d\u2019agrément dans l\u2019analyse, plus d\u2019impréva dans le curieux et le cocasse, plus de chatoyans dans le contour spirituel de devinettes qui semblent, en la plupart des cas, infiniment supérieures en sagacité à toutes les énigmes que donnait à deviner, à notre pitoyable Œdipe, le Sphinx fléau des campagnes thébaines.À lire ces pages alertes, dont chacune réserve à qui les consulte l\u2019occasion d\u2019un sourire d\u2019admiration ou d\u2019une exclamation de surprise \u2014 que l\u2019on nous permette de mentionner à nouveau ce sentiment d\u2019étonnement qui se dégage d\u2019un si curieux recueil \u2014 on voit se lever l\u2019Orient le lourd rideau de mystère qui nous en sépare.L\u2019Asie au cerveau ambigu se rapproche de l\u2019ouest épris de certitude et de froide vérité, et le contact sympthique s'établit sur le thème de ces misères communes aux hommes jaunes comme aux hommes blancs, et près du lit des malades qui là-bas comme chez nous connaissent les mêmes douleurs, les mêmes infirmités, les mêmes movens, hélas: de mourir.Mais cette fois, et à l\u2019encontre du langage äprement hérissé de grec et de latin qu\u2019adoptèrent nos thérapeutes pour identifier nos maladies ,la médecine chinoise apparaît sous les dehors de cette écriture quasi-dansante, humoristique : et la jaunisse fait rire par le dessin qu\u2019elle affecte sous les pinceaux des C'élestes, et la calvitie y est suprêmement 444 UNION MÉDICALE DU CANADA comique, et la diarrhée, et l'obésité, et la gale, et le choléra n\u2019y sont plus, semble-t-il, que des traits d\u2019esprit.Les médecins liront les Caractères médicaux dans l\u2019Ecriture chinoise.Les intellectuels ne liront pas moins cet ouvrage, si neuf et qu on peut dire sans précédent parmi nous.Au résumé, voilà une véritable curiosité bibliographique, digne en tous points de l'intérêt du grand publie et, par suite, du plus légitime succès.Leçons d'hygiène à l\u2019usage des gardes-malades de l\u2019Hôtel-Dieu, par le Dr Alexandre Sr-lrerre.Professeur agrégé, chirurgien de l\u2019Iôtel-Dieu.Nous accusons réception d\u2019un opuseule de 34 pages, publié par un de nos directeurs le Dr Alexandre St-Pierre.Ce sont six leçons d'hygiène à l\u2019usage des gardes-malades de l\u2019Hôtel-Dien.Dans ces quelques pages, nous trouvons, condensé, tout ce qu\u2019une garde-malade doit savoir pour traiter avec intelligence les malades, en ville ou à hopital.J\u2019ose ajouter que les médecins, en le lisant, en feraient aussi leur profit.L\u2019exposé en est clair, la lecture en cest facile et les chiffres à retenir sont de ceux qu\u2019on n\u2019oublie pas.Voici quels sont les chapitres: air; le ventilation ; l\u2019eau ; l\u2019hygiène alimentaire qui comprend l\u2019étude sommaire des aliments inorganiques, des substances minérales et des aliments organiques; l'hygiène du logement, de l\u2019école et de l\u2019hôpital avec une étude sommaire sur les matériaux de construction au Canada ; enfin la sixième lecon étudie les maladies infectieuses avec quelques mots de l'hygiène personnelle.Nous félicitons le Dr St-Pierre de son heureuse initiative et nous conseillons à toutes les gardes-malades et même aux médecins de lire cette plaquette instructive.I.SUPPLEMENT LE NEURASTHENIQUE INVALIDE Rien ne vaut le Pepto-Mangan (Gude) pour relever les forces annihilées du neurasthénique qui cherche partout un appui a sa faiblesse habituelle.Parce que le Pepto-Mangan stimule les propriétés phagocytaires du sang, lutteurs contre les états déprimants et restitue a ces malades les forces perdues ct l\u2019espoir déçu."]
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