L'union médicale du Canada, 1 avril 1914, Avril
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.PURBLIÉE PAR MM.R.BOULET, MM.EL.de L.HAREWOOP, M.A.Le SAGE, J.E.DURE, A.MARIEN.\u2014_\u2014\u2014 er #@æ- Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, Rédacteur en chef 46, Avenue Laval, Montréal.Vol.XLIII ler AVRIL 1914 No 4 MEMOIRES COURS DE PEDIATRIE \u2014 LEÇON D\u2019OUTERTURE (1) Par M.le Dr Raoul MAS=ON, Chargé du cours de Pédiatrie, Médecin de I\u2019 Hopital Sainte Justine, Messieurs, En prenant aujourd\u2019hui possesion du cours de pédiatrie, je ne puis me défendre d\u2019un sentiment d\u2019émotion bien compréhensible, et sincèrement je vous avouerai que j'ai un peu hésité a accepter l\u2019honneur que me faisait la corporation de la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval, en m\u2019appelant à me charger du cours de Pédiatrie.Sans faire allusion, par fausse modestie, à mon plus ou moins de qualifications pour mener à bonne fin la tâche què l\u2019on me confie, je ne puis pas ne pas voir la responsabilité qui m\u2019incombe, convaincu que je suis de toute importance qu\u2019il y a pour le médecin praticien à bien connaître cette spécialité si intéressante, qu\u2019est la médecine infantile, si nous voulons poursuivre avec succès la lutte commencée, déjà depuis quelques années, contre la mortalité infantile qui est une plaie nationale pour nous Canadiens-français.D\u2019un autre côté, au courant de cette opinion erronée, accréditée (1) Te mercredi, ler avril 1914. 140 MASSON encore malheureusement auprès d\u2019une très grande proportion de notre population, que les enfants ne peuvent pas être soignés, et imbu de l'idée que, cette opinion, souvent, a été presque encouragée, par la négligence ou l\u2019indifférence de certains médecins qui trop facilement, sous des examens plus ou moins plausibles se dérobent à leur devoir en médecine infantile, en laissant le champ libre à l\u2019impuissance, et à la médicamentation souvent dangereuse de vieilles femmes plus zélées que compétentes ; si c\u2019est à l\u2019œuvre qu\u2019on connaît l\u2019ouvrier, vous comprendrez messieurs, que le pauvre ouvrier que je suis, se soit senti quelque peu désemparé devant l'œuvre qu\u2019on lui confiait.Le problème de la mortalité infantile dont aujourd\u2019hui tous les pays civilisés s\u2019occupent d\u2019une façon intensive à trouver la solution, est peut-être pour nous Canadiens-français, une question plus importante encore que pour tout autre pays.Notre situation géographique qui nous tient éloignés du pays d\u2019où nous avons tiré notre origine, nous enlève l\u2019appoint d\u2019un voisinage dont notre nationalité pourrait bénéficier au point de vue de l\u2019augmentation de notre population, et par là de l\u2019influence de la race française en Amérique.Entourés comme nous le sommes d\u2019éléments étrangers, l\u2019immigration aidant, nous serions fatalement destinés à l\u2019engloutissement final si nous n\u2019avions pour nous la grande et intarrissable source de recrutement qu\u2019est la fécondité remarquable de nos femmes canadiennes.De tous les modes de repopulation la natalité d\u2019un peuple en est la plus désirable; de même pour nous, parce que nos enfants issus de notre race naissent avec nos aspirations et notre idéal, grandissent sous l\u2019égide de la famille, élevés dans le respect de notre foi, la pratique de nos mœurs et de nos coutumes, l\u2019amour de notre langue.Nous ne dépendons done, au point de vue national, que de notre natalité, et vous comprenez messieurs l\u2019importance vitale qu\u2019il y a pour nous de conserver nos petits enfants, et de combattre à outrance pour cette fin, la mortalité infantile qui chez nous, surtout dans nos grands centres est peut-être la plus considérable au monde entier.1l est prouvé de facon certaine que l\u2019ignorance est la cause première de cette mortalité excessive; ignorance autrefois excusable, L COURS DE PÉDIATRIE 141 mais qui demain deviendra coupable si ceux qui chaque jour invités à pénétrer dans les secrets les plus intimes des foyers, si ceux qui appelés à diriger, à instruire, à enseigner ne font pas leur part de travail, et n\u2019accomplissent pas leur devoir d\u2019éducateur envers les mères de famillles, si ceux-là manquent à leurs obligations, s\u2019ils se déchargent trop facilement de leurs ministères respectifs, ce seront eux les coupables et ils auront à porter la responsabilité de leur négligence \u2014 je veux parler du prêtre et du médecin.Rien ne sert d\u2019avoir un si grand nombre d\u2019enfants si nous ne savons pas les conserver ; ce n\u2019est pas par le nombre des naissances que s\u2019accroît la population autochtone d\u2019un pays, mais bien par la différence qu\u2019il y a entre le surplus des naissances sur le nombre des décès.Et c\u2019est par l\u2019éducation du peuple et surtout par l'éducation de la femme en général, et de la mère de famille en particulier, que nous arriverons à enrayer ce fléau qui, chaque année nous enlève des milliers de précieuses existences dont nous pourrions, pour le moins, sauver la moitié, si les mères étaient instruites et renseignées sur l\u2019art si difficile d\u2019élever les enfants, mieux encore qu\u2019elles ne le sont sur l\u2019art de tenir leur ménage.Depuis quelques années, grâce au zèle et au dévouement de quelques médecins éclairés, le clergé de nos villes a compris l\u2019importance de ce mouvement d\u2019éducation maternelle, et aussi voyons- nous, sur l\u2019invitation de l\u2019archevêque de Montréal, un certain nombre de curés organiser, dans chacune de leurs paroisses, des séries de conférences sur l\u2019hygiène, des gouttes de lait, des consultations de nourrissons pour venir en aide aux familles pauvres qui, par une faveur souvent mystérieuse, sont celles qui ont le plus grand nombre d\u2019enfants, mais aussi, chez lesquelles la mortalité infantile est la plus considérable.Ce mouvement éducationnel est un précieux appoint, mais encore trop peu répandu, et c\u2019est au médecin, que vous serez bientôt, qu\u2019il appartient de prendre l\u2019initiative, de mettre des œuvres en mouvement, de les créer même, en ayant comme réconfort et encouragement l\u2019idée que le travail fait dans le but de combattre la mortalité infantile, est un travail méritoire au point de vue humanitaire, social et national.J\u2019ai dit déjà que la mortalité excessive de nos enfants est une calamité nationale et je crois inutile d\u2019insister sur ce point, mais 142 MASSON Je voudrais vous démontrer qu\u2019au point de vue économie sociale la question se présente sous un jour peut-être plus frappant, parce qu'ici, c\u2019est l\u2019éloquence abstraite des chiffres qui s\u2019impose.La vie humaine a une valeur intrinsèque réelle qui est représentée par un montant d\u2019argent variant suivant l\u2019âge, la position sociale, l\u2019état de santé de chacun, mais qui a été ramenée par des compilateurs et des staticiens, à une moyenne générale variant entre $2,500 à $3,800, soit $3,150 pour chaque individu.Il est clairement prouvé que par l\u2019observance des lois de l\u2019hygiène nous pouvons abaisser le taux de la mortalité en général de près des 2/3, et épargner ainsi une déperdition de capital vital qui en valeur monétaire se chiffre par millions chaque année.Savez-vous messieurs que la vie d\u2019un enfant a une valeur monétaire réelle de $1,500 de la naissance à 5 ans, de $2,300 de 5 à 10 ans, et que les dernières statistiques nous démontrent que sur 1,000 enfants il en meurt environ 160 dans la première année, 50 dans la deuxième et 25 dans la troisième, savez-vous que la mortalité totale est de 22 pour 1000 personnes vivantes et qu\u2019elle n\u2019est que de 11 par 1000 pour les adultes de 40 ans! Si nous jetons un coup d\u2019œil sur nos statistiques municipales nous voyons qu\u2019au cours de l\u2019année 1911, 5,353 enfants âgés de moins de 5 ans sont morts dans la seule ville de Montréal, soit 14, de la mortalité totale.En évaluant au plus bas, soit à $1,500, la vie de chacun de ces enfants par un calcul élémentaire nous constatons que la société a fait une perte totale et réelle de $8,029,500 par la seule mortalité infantile de la ville de Montréal.Etendez cette étude à la seule province de Québec pour une décade seulement, et la somme d\u2019argent perdue au cours de cette période atteindra un montant quelque peu fantastique mais non moins réel.La valeur monétaire par laquelle est évaluée la vie humaine n\u2019est pas un paradoxe mais une réalité, comme l\u2019a si bien démontré M.le Professeur Valin dans un magistral travail sur les avantages économiques de l'hygiène publique; nous y voyons en effet que la vie humaine est un capital réel qui atteint sa plus value à l\u2019âge où l\u2019homme est à son maximum de productivité, et qui chez l\u2019enfant est un capital en puissance qui s\u2019accroît à mesure que l\u2019enfant grandit et se rapproche de l\u2019âge de capacité productive. L'UNION MÉDICALE DU CANADA MÉTAUX COLLOÏDAUX ÉLECTRIQUES A PETITS GRAINS \u2014 MAXIMUM D'ACTIVITÉ PHYSIOLOGIQUE et THÉRAPEUTIQUE en solutions stériles, stables et injectables ELECTRARGOL ARGENT COLLOIDAL ELECTRIQUE a PETITS GRAINS Flacons spéciaux stérilisés de5Occ.[JERS Ampoules de 5 CC.- Prix de la Botte de 6 amp.6° Pri£ du Flacon : 6 francs.Ampoules de 10 cc.-Prix de la Bolts de 3amp.er FlaCONS Spéciaux .stérihssde100 c Ampoules Compte-Gouttes de 10 cc.pour Collyres.Électroplatinol»», Électraurol-», Electropalladiol- Ampoules de 5 et de 10 cent.cubes.ELECTR-H Mercure colloidal électrique g Prix de la Boîte de 6 ampoules de 5 cc.: 5 francs.LABORATOIRES CLIN, comar « ¢*,20, Rue des Fossés-St-Jacques, PARIS.1305 ROUGIER FRERES, Dépositaires à Montréal.Plus efficace que la Teinture d\u2019Iode et les Préparations d\u2019Argent.SILVODIDE \u201cLA CREME D'ARGENT Une préparation liquide contenant en suspension parfaite et stable 6.5°/.d\u2019Argent et d\u2019Iode combinés.Un agent actif et curatif qui n\u2019irrite ni ne colore la peau.INDICATIONS: Urétrites, Blennorragies, Vulvo-Vaginites, Otorrhées, Fistules, Fissures, etc.SILVODIDE CHEMICAL CO., ALLENTOWN PA.Dépositaire: ANGLO-FRENCH IMPORTING CO., 232, rue Lemoine, MONTREAL XVI L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA ROBORGEN Les propriétés reconstituantes\u2014muscles et nerfs\u2014que possèdent certains éléments nutritifs, en particulier le phosphore qui en petites quantités, est une des découvertes qui ont le plus révolutionné les sciences modernes, ROBORGEN est une préparation tonique dont la composition a été établie après une étude sérieuse des lois qui gouvernent ces substances.ANALYSE: ALBUMINE \u2014 70% PHOSPHORE \u2014 13% EAU \u2014 12% HUILE \u2014 15% Le phosphore est à l\u2019état organique, facilement assimilable par le corps humain.ROBORGEN est indiqué tout particulièrement dans les cas de fatigue cérébrale, troubles nerveux,anémie, débilité, affections tuberculeuses,dyspepsie, typhoide, rachitisme etc.La pureté du ROBORGEN est garantie.Nous adresserons un échantillon valant 60 cts à tout médecin qui en fera la demande.ROBORGEN se vend à un prix convenable pour toutes les classes de la société.En demandant des échantillons, n\u2019oubliez pas de mentionner le nom du journal.Les Extraits Fluides constituent la médication la plus sûre et la plus recommandable pourvu qu'ils soient préparés convenablement 11 est plus facile d\u2019obtenir et de conserver les principes actifs dans les extraits que dans les teintures, les pilules, les infusions ou autres préparations.Les deux points importants sont : la bonne qualité de la matière première et l\u2019habilité dans la fabrication.Les \u2018* National pharmaceutical laboratories \u2019\u2019 ont gagné le droit d'affirmer la haute valeur de leurs Extraits Fluides.Aucune autre ligne de produits similaires n\u2019est supérieure aux NATIONAL FLUID EXTRACTS Les médecins qui prescrivent l\u2019ergot, la digitale, la noix vomique ou tout autre produit patenté peuvent en toute confiance prescrire les \u2018\u2018 National Fluid Extracts\u2019\u2019 de ces produits et compter sur leur action.Les témoignages de confiance dans L\u2019extrait fluide d\u2019ergot, \u201c National \u201d L\u2019extrait fluide de noix vomique, \u2018\u201c National \u201d L\u2019extrait fluide de digitale, \u2018\u201c National \u201d qui nous ont été adressés de la part des médecins des différentes parties du Canada, sont une garantie que les - : NATIONAL FLUID EXTRACTS , ontune valeur réelle.Ecrivez toujours \u2018* NATIONAL *\u2019 quand vous prescrirez des extraits fluides et vous serez sûrs, ainsi, d\u2019obtenir de bons résultats.NATIONAL DRUG & CHEMICAL CO.OF CANADA, Limiren Laboratoire Central de produits pharmaceutiques de MONTREAL. COURS DE PÉDIATRIE 143 Comme il est clairement démontré par de nombreuses statistiques, que les pertes de vie sont surtout nombreuses dans les premières années, et que le chiffre de la mortalité infantile est infiniment supérieure à celui rencontré à tous les autres âges, allant parfois pendant certaines saisons particulièrement redoutables jusqu\u2019à dépasser celui des naissances; il semble tout à fait logique que ce soit là où le mal est le plus grand qu\u2019il faille appliquer le remède ; c\u2019est ce que nous sommes appelés à chercher et à étudier ensemble.Nous devrons donc tout particulièrement insister sur cette question d\u2019une importance capitale, la mortalité infantile et les moyens à prendre pour l\u2019enrayer.C\u2019est le but que nous devons sans cesse avoir devant les yeux, ce sont les motifs qui devront nous faire trouver agréable notre travail réciproque, consistant pour nous à travailler courageusement à apprendre avec plaisir, pour moi à vous donner avec mon entier dévouement l\u2019enseignement théorique sur les maladies infantiles.LE PROFESSEUR LACHAPELLE J\u2019ai dit précédemment que plusieurs raisons m\u2019avaient fait hésiter à accepter l\u2019honneur d\u2019accepter la chaire de pédiatrie, et une des plus sérieuses était le souvenir encore si vivace de mon regretté maître et prédécesseur M.le professeur Séverin Lachapelle.Mêlé à tous les mouvements qui intéressaient les tout petits, le Dr Séverin Lachpaelle fut tour à tour conférencier agréable et disert, organisateur enthousiaste ; apôtre et soldat de la cause infantile, il a consacré une partie de son existence à prêcher par la parole et exemple le sauvetage de l\u2019enfance.Médecin de la crèche de la Miséricorde pendant plusieurs années, où son expérience me fut d\u2019un précieux secours, réorganisateur des gouttes de lait à Montréal, président de la section médicale lors de l\u2019exposition pour le bien-être de l\u2019enfance.Organisateur et président du premier congrès des Gouttes de Lait au Canada, le Dr Lachapelle a réalisé les espérances que promettait son ardeur juvénile depuis le moment où jeune homme encore, écolier même, il s\u2019enrôlait comme zouave, sous le drapeau -pontifical jusqu\u2019au jour où brusquement il fut enlevé à l\u2019affection, l\u2019estime et le respect de tous ceux qui l\u2019ont connu.Littérateur distingué, le Professeur Lachapelle a écrit de nom- 144 MASSON breuses chroniques dans les grands quotidiens dont les colonnes lni étaient toujours ouvertes, et toujours, ses sujets préférés étaient les enfants et l\u2019hygiène infantile.Auteur d\u2019un traité pratique très répandu, de médecine et de thérapeutique infantile, notre regretté maître avaient encore breveté un thermomètre maternel appelé à rendre des services inappréeia- bles et à la mère et au médecin.Le Professeur Lachapelle qui m\u2019honorait d\u2019une affection particulière me répétait souvent: \u201c\u201c j'ai fait un livre pour apprendre à soigner les enfants, j'ai inventé un thermomètre pour voir quand ils avaient besoin d\u2019être soignés, il me reste à réunir sous forme de bonbons agréables les médicaments les plus usuels à doses précises et proportionnées, puis ensuite je pourrai dire comme le vieillard Siméon, \u201c Seigneur, vous m\u2019aviez donné une petite âme blanche, Je vous la remets un peu ternie, mais en retour vous m\u2019aviez donné un petit corps et je vous en remets un gros.\u201d Sous son aspect un peu austère, avec ses longs cheveux jetés en arrière, l\u2019œil sévère, la voix forte et éclatante, le geste violent, il était la bonté et la gaieté réunies.Nul ne lui a connu qu\u2019une passion, la pêche à la ligne \u2014 passion bien anodine mais qui continuait l\u2019antithèse que l\u2019on rencontrait partout chez lui \u2014 douceur et bonté sous un aspect sévère et brusque, caractère impatient, emporté, et pour distraction l\u2019amusement où il faut le plus de patience.Ceux d\u2019entre vous messieurs qui avez eu l\u2019avantage de profiter des leçons du Professeur Lachapelle, se rappellent encore, j\u2019en suis convaincu, le charme de son enseignement, sa parole chaude, son éloquence intarrissable, la richesse de sa mémoire, sa voix puissante et ses connaissances profondes en faisaient un professeur toujours estimé ; doué en plus d\u2019un cœur de père, il fut toujours aimé de ses élèves qu\u2019il traitait en enfants gâtés.Vous comprenez messieurs, que j'aie hésité à accepter la chaire de pédiatrie, surtout pour y succéder au Dr Lachapelle.Je ne puis en effet prétendre égaler l\u2019éloquence ni le charme de mon prédécesseur, je ne puis pas même vous traiter en enfants, mais Je suis en mesure de vous dire, messieurs, que l'intérêt que Je vous porte, et l\u2019estime que j'ai pour vous tous sont pour le moins égaux, et que je suis tout disposé à voir en chacun de vous en particulier, un ami d\u2019aujourd\u2019hui, et un collaborateur de demain. COURS DE PÉDIATRIE 145 Il n\u2019y a pas si longtemps, Je me trouvais moi-même sur ces mêmes bancs dans cette même salle à peine modifiée, heureux étudiant, insouciant du lendemain, n\u2019ayant à mon horizon qu\u2019un nuage sombre, \u2018\u201c les examens,\u201d nuage redouté mais bienfaisant en réalité, car son ombre parfois nous protégeait contre les rayons trop violents de notre jeunesse ardente, en nous obligeant à défléchir à demain et à nous plonger dans nos bouquins, nos cahiers et nos dictionnaires.Plusieurs d\u2019entre vous arriveront sous peu au terme de leur cours universitaire, munis de vos diplômes, vous voyez l\u2019avenir s'ouvrir brillant devant vous, vous voyez la vie vous sourire.Je ne voudrais pour rien au monde déflorer la plus petite, la plus naïve de vos illusions, mais n\u2019oubliez pas que votre rôle de médecin ne se bornera pas à tracer des ordonnances, à palper des malades, à prescrire des traitements, surtout dans les questions que nous aurons l\u2019avantage d\u2019étudier ensemble, votre rôle sera un role d\u2019instituteur, mieux que cela, un rôle d\u2019apôtre, et vous ne devrez pas vous y dérober.Vous savez que notre mortalité infantile est formidable, vous savez qu\u2019il est de votre devoir de travailler à l\u2019enraver, vous savez que l'ignorance des mères est la principale cause de cette calamité nationale qui fait que pour deux berceaux qui se parent une tombe blanche se fleurit, eh bien, sachant tout cela apprenez encore messieurs, que c\u2019est sur vous que le pays doit compter pour enrayer ce fléau, vous, les favorisés, qui ayant l\u2019avantage d\u2019apprendre aurez le devoir d\u2019enseigner.Même au point de vue intérêt personnel il est important que vous instruisiez les mères qui vous feront l\u2019honneur de vous appeler, autrement vous vous priveriez d\u2019une source de revenus très légitime, si par exemple vous leur disiez que les enfants ne peuvent pas être soignés, et qu\u2019il faille laisser faire la nature, et encore faudrait-il au moins leur dire ce qu\u2019il conviendrait de faire ou plutôt de ne pas faire pour ne pas entraver la nature.Il peut vous paraître étrange, messieurs, que nous ayions réduit à 30 le nombre des leçons théoriques sur la pédiatrie, de 90 qu\u2019il était l\u2019an passé.Nous avons pris cette décision après réflexion et discussion du programme avec nos confrères qui seront chargés conjointement de suppléer aux leçons théori ques par des leçons pratiques. 146 MASSON Nous sommes en effet tous convaincus qu\u2019il faille donner un certain nombre de leçons théoriques et d\u2019explications didactiques sur la médecine infantile, mais nous croyons qu\u2019il est pour le moins aussi important de compléter ces leçons par des cliniques et des travaux pratiques, qui nous permettront d\u2019entrer en relations avec les enfants malades, d\u2019apprendre à les manipuler, les examiner, les approcher même, aussi nous rappelant que vous avez l\u2019avantage d\u2019être sous la loi des 5 années de cours, nous avons mis en réserve 60 leçons cliniques et même plus si possible, cliniques qui vous seront données dans les hôpitaux et dispensaires que les autorités mettront à votre disposition.Au sujet des 30 leçons que je suis chargé de vous donner cette année je dois dire de suite que je m\u2019efforcerai de les rendre aussi pratiques que possible, et à ce sujet messieurs, je vous prierais de ne pas vous étonner si je semble insister sur des détails qui pourraient vous paraître inutiles, si je répète souvent les mêmes conseils d'hygiène générale ou particulière, je me laisserai guider par l\u2019expérience acquise et je suis convaineu que peut-être un jour c\u2019est à l\u2019application d\u2019un de ces détails que vous devrez votre réputation de bon médecin d\u2019enfants, parce que si votre cure en elle- même n\u2019est pas miraculeuse, vous aurez peut-être ainsi gagné la confiance de la maman et ceci, dans certains milieux est presque miraculeux.Comme conclusion de cette entrée en matière peut-être un peu trop longue, si j'ai réussi à me bien faire comprendre, vous devez admettre l'importance que doit avoir le travail que nous sommes appelés a faire en commun.Le but que vous devez poursuivre n\u2019est pas seulement un but maériel visant au succès individuel, à la réussite d\u2019un examen ou l'obtention d\u2019un diplôme, mais surtout au but moral d\u2019un ordre plus élevé visant à l\u2019apport d\u2019une contribution effective au développement et à l\u2019épanouissement de notre pays en général et de notre race en particulier.Vous faites déjà partie dans l\u2019ordre social de cette classe supérieure, appelée classe dirigeante ; que votre ambition soit de mériter réellement cette supériorité; avez pour devise ce dicton séculaire \u201c Noblesse oblige,\u201d et vous saurez, j'en suis persuadé, faire honneur à vos maîtres, à votre université, à votre pays. L\u2019HYGIENE DANS L\u2019EDUCATION (1) Par le Dr Edmond LESAGE, Médecin-Inspecteur des Ecoles.Si l'hygiène a fait tant de progrès sous l'impulsion de Budin, de Pinard et de leurs élèves, il est juste de reconnaître que c\u2019est au magnifique épanouissement des méthodes pastoriennes qu\u2019elle les doit.| Elles nous ont appris ce que nous ignorions il n\u2019y a guère plus d'un siècle, l\u2019étiologie de la gastro-entérite et l\u2019athrepsie des nourrissons.Elles nous ont enseigné à stériliser le lait, à supprimer l\u2019ophtalmie purulente des nouveau-nés, et à éviter le tétanos de tout genre dans les circonstances ordinaires, sans que pour cela la vaccination fut mise en cause.Elles ont fait disparaître de nos \u2018\u201c Nursey\u201d l\u2019érysipèle et l'impétigo du cuir chevelu.- Elles ont définitivement écarté de nos regards le spectre parfois angoissant de la diphtérie, Leoffler, Klebs et Behring.Depuis, grace aux admirables découvertes de Schaudin, Metchnikoff, Wasserman, Erlich, elles nous permettent de conjurer les désastreux effets de la syphilis congénitale ou acei- dentelle.Et lorsqu\u2019on voudra se mettre courageusement et pratiquement à l\u2019œuvre, la tuberculose infantile pour ne traiter que de la première jeunesse sera raréfiée dans une large mesure, en attendant la victoire définitive de l'humanité sur le bacille.Que faut-il en effet pour cette première étape ?D\u2019abord intéresser et instruire les familles, non seulement celles que l\u2019abondance de bien favorise en toute occasion, mais surtout celles qu\u2019un milieu malsain détruit à petit feu, qu\u2019un logement encombré, mal ventilé ou peu éclairé prépare d\u2019avance à l\u2019accès facile de tous les germes que la nature cultive à profusion dans ces milieux contaminés: il faut leur apprendre comment le bal se propage et surtout comment on évite de le communiquer aux tout petits en supprimant entre autres les détestables habitudes que tant de mères ou de nourrices ont prises d\u2019embrasser leurs nourrissons sur la bouche, de goûter le biberon ou la bouillie, d\u2019essuyer les narines et les lèvres de l\u2019enfant avec ses doigts ou le tablier et autres ustensiles du même genre, de tolérer les jeux à quatre pattes sur le plant cher souillé de poussière et même de crachats sinon dangereux à (1) Communication à la Société Médicale de Montréal, séance du 17 Mars 1914 148 LESAGE toute éventualité mais toujours suspects au point de vue hygiénique.Enfin surveiller par l\u2019utilisation judicieuse des nouveaux procédés de diagnostic précoce de la tuberculose, l'apparition des premiers signes d\u2019infection.Et dès que ceux-ci sont constatés, isoler l\u2019enfant du milieu où il s\u2019est contaminé, le soustraire avec le plus grand soin à toute occasion de réinfection pendant les mois et s\u2019il le faut les années nécessaires à sa guérison complète.Celle-ci surviendra d\u2019autant plus sûrement et d'autant plus tôt que le diagnostic et l'isolement auront été précoces ; la clinique et l\u2019expérimentation sur les animaux sont d'accord pour l\u2019affirmer.L\u2019une et l\u2019autre attestent aussi que les jeunes sujets guéris de lésions tuberculeuses bénignes acquièrent par la suite une résistance extraordinaire aux nouvelles contagions, à tel point que l\u2019on est presque en droit de les considérer comme vaccinés.Il me semble que voilà des faits de nature à dicter aux parents, aux médecins d\u2019enfants ou hygiénistes et aux éducateurs de la jeunesse leurs devoirs.Malheureusement lorsqu\u2019il s\u2019agit des enfants du peuple, de multiples raisons: d\u2019ordre économique surtout, empêchent les uns et les autres de s\u2019y conformer.Il faut louer certes et encourager l'immense effort de nos contemporains \u201c tant théoriques que pra- liques \u201d qui multiplient les consultations de nourrissons, les gouttes de lait, les crèches et dernièrement même les Ecoles Maternelles encore à \u201c l\u2019embryon,\u201d mais ces œuvres ne sont pas assez nombreuses et le travail n\u2019est pas encore réalisé d\u2019une manière aussi parfaite peut-être qu\u2019on l\u2019avait conçu, l\u2019argent probablement et le concours généreux ensuite font défaut pour en créer davantage, et älteindre tout à fait le but idéal d\u2019une œuvre aussi humanitaire que philantropique._ Dans notre pays où l\u2019on \u201c meurt trop, bren que l'on narsse souvent,\u201d il en faudrait davantage; il faudrait que nos hommes d\u2019État, nos économistes et nos industriels et tous ceux enfin qui vent et doivent s\u2019intéresser à la chose publique et non seulement au développement mais surtout à la conservation de notre race se persuadent enfin que chaque mort prématurée d\u2019enfant est une perte pour notre capital social et que les sommes dépensées pour la IL HYGIENE DANS L\u2019EDUCATION 149 sauvegarde de ces jeunes existences constituent le plus avantageux des placements.Il serait naïf de penser que ces idées pourtant si simples et déjà tant de fois énoncées sont enfin près d\u2019être accueillies et mises en pratique, mais si nous jetons un regard en arrière, nous devons reconnaître que les progrès accomplis depuis nombre d\u2019années sont assez considérables peut-être pour encourager toutes nos espérances.En effet et dans un autre ordre d\u2019idées qui intéresse davantage I\u2019Hygiéniste Scolaire.Ce n\u2019est point peine perdue que d\u2019apprendre l\u2019hygiène à la jeunesse dans nos écoles.Elle commence à profiter de nos leçons: il suffirait aux hommes de mon âge de se rappeler ce qu\u2019étaient les écoles au temps de leur enfance et d\u2019entrer dans l\u2019école primaire d\u2019aujourd\u2019hui pour s\u2019en convaincre.Les résultats de notre propagande seraient encore plus brillants si les maîtres de l\u2019enseignement publie en comprenaient mieux l'importance et si nous avions moins à lutter contre la routine des programmes scolaires.Dans ces derniers, l\u2019hygiène n\u2019a pas encore la place qui lui revient de droit mais elle s\u2019y infiltre peu à peu sous la poussée de nos efforts communs, et sans ajouter au surmenage que redoutent seuls les paresseux, nous espérons qu\u2019elle fininra par se substituer au fatras de certaines connaissances inutiles dont on encombre le cerveau de nos fils et filles.Peut-être finirait-on par comprendre qu\u2019il leur serait aussi profitable en temps et lieux, d\u2019apprendre comment on doit se nourrir pour se bien porter et comment on peut se préserver de maladies évitables que de les saturer de poétiques et naïves légendes tirées de l\u2019histoire ancienne ou des premiers essais de l\u2019humanité.Puisqu\u2019il est entendu que les années d\u2019école servent à l\u2019enfant à prendre possession de lui-même, à s\u2019adapter au milieu dans lequel il est appelé à vivre, apprenons-lui à se connaître au physique comme au moral, enseignons-lui à se défendre contre les ennemis de son corps et de son esprit, à être un bon animal comme le dit Spencer, pour qu\u2019il devienne ensuite un bon citoyen.Les enfants et les tout jeunes gens s\u2019imaginent volontiers que, lorsqu\u2019ils seront grands, ils seront les maîtres du monde Ils ignorent tout de la vie et sont déjà orgueilleux au point de croire que le système planétaire gravite autour de leur personnalité, On leur rend service en leur enlevant de bonne heure quel- 150 LESAGE ques-unes de leurs illusions et, à mon avis rien n\u2019est plus capable de leur inculquer le juste sentiment de leur faiblesse et de leur ignorance, rien n\u2019est plus susceptible de leur faire comprendre en même temps la beauté et la puissance de la nature que l\u2019étude des infiniments petits.Il ne s\u2019agit point assurément de leur faire un cours de bactériologie, mais on pourrait leur parler de microbes comme on leur parle du soleil, de la lune et des étoiles.Les phénomènes de la phagocytose sont vraisemblablement tout aussi accessibles à leur intelligence que les lois d\u2019attraction qui régissent les marées ou la pesanteur et puisque les admirables livres de leçons de choses qu\u2019on met entre leurs mains exposent d\u2019une façon compréhensible pour eux les éléments de la Zoologie et de la Botanique, pourquoi n\u2019y ferait-on point une place convenable aux principaux parasites de l\u2019homme ?Et dans de justes proportions, n\u2019est-il pas aussi nécessaire à l'enfant du peuple d\u2019avoir quelques idées générales sur le rôle des microbes dans la nature, sur leurs dangers dans des milieux infectes qui les propagent sur place et bien au delà suivant leur virulence que de connaître méthodiquement pour un temps limité d\u2019ailleurs l\u2019histoire de Babylone, les statues de sel, autres faits divers qui ne sont plus à redouter.Demandons donc aux maîtres et aux maîtresses de nos Ecoles de faire dans leur enseignement et dans les devoirs qu\u2019ils donnent aux enfants une plus large place à ces notions vraiment essentielles, parce que ce sont celles dont on a le plus besoin dans la vie.Demandons-leur aussi de saisir toutes les occasions qui maintes fois chaque jour, s\u2019offrent à eux pour inculquer aux enfants dès le plus jeune âge la routine de la propreté.Ce sera chose facile s\u2019ils veulent bien leur donner l\u2019exemple, qui, trop souvent leur manque dans la maison paternelle, non pas seulement de la propreté superficielle des vêtements, mais de la propreté réelle du corps qui préserve la peau des souillures nocives.Réclamons aussi avec une instance méthodique et comme suggestion bientôt pratique je l\u2019espère, le lavage des mains à l\u2019entrée et à la sortie des classes, et avant chaque repas.C\u2019est le plus sûr moyen d\u2019éviter l\u2019introduction si périlleuse de germes infectieux particulièrement celle des bacilles de la tuberculose dans le tube digestif. L\u2019HYGIÈNE DANS L'ÉDUCATION 151 Actuellement dans presque toutes nos écoles, cette précaution si nécessaire ne fait pas encore partie du programme.Les enfants se déchaussent en entrant en classe, les mrcrobes pathogènes ramassés dans la rue passent des pieds aux mains, des mains à la bouche, il faudrait réellement un lavage des mains obligatoire dans nos écoles pour remédier à ce danger inévitable.Si l\u2019enfant du peuple était comme nous voulons qu\u2019il le soit, médicalement : c\u2019est-à-dire scientifiquement guidé, suivi et observé depuis sa naissance dans les divers milieux où son développement physique et moral s\u2019opère, jusqu\u2019à sa sortie de l\u2019école primaire, et si les œuvres postscolaires faisaient ensuite à l\u2019enseignement de l\u2019hygiène la place à laquelle elle a droit, l\u2019adolescent fille ou garçon, entrerait dans la vie solidement armé pour la lutte contre les causes de la mort prématurée.Alors, nous n\u2019aurions plus la tristesse de voir relever dans les statistiques démographiques, ces mortalités effrayantes chez les Jeunes enfants et chez les jeunes hommes ou même chez les jeunes femmes qui n\u2019ont fait qu\u2019occasionner des dépenses à la société sans avoir contribué encore à l\u2019accroissement de la richesse nationale.Notre patrie se doit à elle-même de ne point oublier que l\u2019hygiène et l'éducation, solidaires l\u2019un de l\u2019autre à tous les âges de la vie sont les vraies sources de la civilisation et du bien-être.LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE Par les Docteurs O.-E.DESJARDINS et J.-H.RAYMOND, De Sainte-Anastasie, de Lyster, P.O.Ce titre, prima facie, pourra sembler étrange à plus d\u2019un lecteur.Aussi est-il bon, avant d\u2019exposer en détail, nos vues à ce sujet, de donner les motifs qui nous ont déterminés à l\u2019écrire.Une expérience de quelques années nous a démontré qu\u2019il y a un certain nombre d\u2019opérationg que le médecin de campagne peut raisonnablement entreprendre et conduire à bonne fin avec toutes 152 DESJARDINS ET RAYMOND les sûretés morales de rendre service à son client et en ne l\u2019exposant à aucune suite fâcheuse.Et ici nous ne voulons pas parler de petites opérations, telles que: amputations de doigt, ouverture d\u2019abcès, ablation des amygdales ou des végétations adénoïdes, etc.Ces opérations devraient toujours être faites par un médecin de campagne.Nous avons en vue dans cet article des opérations un peu plus considérables, telles que: ablation des hémorroïdes, appendicectomie, cure radicale de la hernie, inguinale ou crurale, amputations de membres, etc.Nous avons surtout en vue d\u2019encourager les jeunes médecins, qui ont suivi avec attention les services hospitaliers ces dernières années, à mettre eux-mêmes en pratique les excellentes lecons qu'ils ont reçues.Les chirurgiens émérites trouveront peut-être téméraire notre conduite en lisant ces lignes.Mais il ne faut pas oublier le vieux proverbe: \u201c Fabricando, fit faber,\u201d et se rappeler qu\u2019il y a un commencement en toutes choses.Nous avouerons bien qu\u2019il y a ici une question de tempérament et que tous les médecins, bien qu\u2019ils aient fait leur stage à l\u2019hôpital, n\u2019ont pas cette maîtrise qu\u2019il faut pour manier le bistouri.Mais il est an contraire très certain que plusieurs médecins qui auraient des dispositions naturelles pour faire de la chirurgie, ne font pas couramment ces opérations par manque de confiance en eux-mêmes et aussi parce qu\u2019ils sont sous l\u2019impression qu\u2019il faut être dans une salle d\u2019opération pour mener à bonne fin une cure radicale de hernie, par exemple.Erreur! Et ici, laissez-nous vous raconter comment nous en sommes venus nous-mêmes à faire de ces opérations un peu considérables.Les premières années de notre pratique, à l'exemple de la grande masse des médecins, à chaque fois que nous avions un cas qui nécessitait une intervention, c\u2019était toujours le même refrain : Vous devez aller à l\u2019hôpital où un chirurgien vous opérera.Au bout de quelques années, ennuyés de voir ainsi les beaux cas prendre invariablement la route de l\u2019hôpital, nous avons tenté de faire faire chez nous ces interventions par des chirurgiens.Heureusement, de jeunes chirurgiens, justement de retour de leurs voyages d\u2019études en Europe, nous prêtèrent leur concours.C\u2019est alors que nous avons constaté combien, dans une certaine mesure, il était facile de s\u2019organiser pour certaines opérations.Nous avons acquis notre première expérience alors.L\u2019intervention était faite par un chirurgien ; nous aidions à l\u2019opéra- LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE 1583 tion.C\u2019est dire que nous voyions de plus près que nous ne l\u2019avions jamais fait à l\u2019hôpital, les différentes phases de l'intervention, et c\u2019est là que nous avons constaté que nous pouvions faire la même chose et surtout que nous avons mieux compris la description des techniques décrites aux cliniques ou dans les traités de chirurgie.C\u2019est ainsi que nous avons aidé à trois appendicectomies pour des cas sérieux.Un autre cas nous a donné l\u2019opportunité de voir de très près et par nous-mêmes l\u2019endocystoscopie, la séparation intra- vésicale des urines, le cathétérisme des urétères chez une malade atteinte d\u2019un immense sarcome du rein droit.Nous avons aidé à l\u2019ablation de cette tumeur.Ces quelques interventions que nous avons fait faire par des chirurgiens, outre qu\u2019elles nous donnaient l\u2019opportunité de voir de près et de suivre la technique opératoire, nous ont fourni l\u2019occasion et la charge assez lourde de mener seuls les suites opératoires.C\u2019était déjà entreprendre une chose importante, car il nous fallait travailler ferme à ne pas gâter ce qui était si bien commencé.Avec du travail et de l\u2019étude nous avons pleinement réussi.Ces quelques succès nous ont encouragés et un Jour nous nous sommes lancés dans la grande chirurgie.Mais pour faire de la chirurgie en campagne il faut en avoir l'opportunité.De nouveaux cas se présentent, mais.Ilya un mais.C\u2019est la course aux hôpitaux et la question des honoraires.(Dans le \u201c Bulletin Médical \u201d de Québec, livraison de Janvier 1900, page 283, vous trouverez sur ce sujet un bon article de M.le Docteur Constantin, de Roberval.) Nous traiterons un Jour cette question spéciale.Pour le moment, nous nous contenterons de dire qu\u2019il nous a fallu faire un travail énorme de persuasion pour arriver à décider nos malades à se faire opérer à domicile.En faisant nous-mêmes les opérations, cela nous donne l\u2019oe- casion de faire une pratique très intéressante et l\u2019on peut affirmer qu\u2019au point de vue honoraire, c\u2019est le mieux que l\u2019on puisse trouver pour se faire des revenus dignes d\u2019un homme de profession.x *% * Maintenant nous allons exposer ce que nous faisons pour nous organiser pour une opération.Ces quelques détails ne manqueront pas d\u2019intéresser les jeunes médecins de la campagne.La technique des opérations s\u2019apprend dans les traités: \u201c Chirurgie 154 DESJARDINS ET RAYMOND d\u2019urgence \u201d de Lejars, \u201c Technique chirurgicale \u201d de Marion.Des renseignements détaillés au sujet des suites opératoires se trouvent dans \u2018\u201c La période post-opératoire \u201d de S.Mercadé.Pour faire une opération, il faut plusieurs choses: gaze, com- presses-champ, ouate, liquides, instruments, drains, flls à ligatures et à sutures, ete.Un médecin qui veut faire de la chirurgie et être prêt à toute éventualité doit garder des compresseset des com- presses-champ stérilisées.On trouve dans les bonnes pharmacies gazes en paquet stérilisées d\u2019avance.Nous les avons vu employer par les chirurgiens.Tant qu\u2019a nous, nous les préparons nous- mêmes.Voici comment: nous achetons un rouleau de \u201c plain gaze.\u201d Nous découpons des lisières que nous replions pour en faire des compresses de plusieurs épaisseurs.Nous faisons ainsi vingt- quatre compresses que nous empilons et nous enveloppons le tout de trois linges, chaque linge étant attaché pour son propre compte.Nous mettons aussi en paquet une douzaine et demie de compres- ses-champ, faites de toile, ayant deux pieds carrés, avec aussi une grande compresse-champ de 2 x 4 pieds et ouverte à son centre d\u2019une fente d\u2019un pouce de largeur sur 6 à 8 pouces de longueur.Pour stériliser ces linges nous les faisons bouillir une heure durant dans des marmites contenant une solution à 2% de carbonate de soude.(*\u201c Technique chirurgicale,\u201d Marion, page -9.) Après ébullition, nous les retirons pour laisser refroidir.Nous les suspendons pour laisser écouler le liquide, puis nous comprimons les paquets pour en expurger tout le liquide.Enfin, les paquets étant toujours recouverts de leur triple enveloppe, sont mis dans le four du boulanger lorsqu\u2019il vient de retirer son pain.Là les linges se sèchent et rachèvent de se stériliser à la chaleur sèche à 180° Nons les y laissons un jour.Nous avons là des linges bien stérilisés et très propres pour les interventions, et l\u2019expérience nous a démontré que l\u2019on pouvait se fier à cette stérilisation.Pour faire une opération, il faut que les médecins revêtent une robe blanche et un bonnet.Les chirurgiens que nous avons vu opérer les portaient ; mais il n\u2019est pas nécessaire qu\u2019ils soient stérilisés, à condition, toutefois, qu\u2019ils soient bien propres.Nous stérilisons les instruments de la manière suivante: Les instruments voulus sont d\u2019abord passés à la flamme et mis dans 3 linges propres avec les brosses à ongles, drains en caoutchouc.Nous attachons chaque linge à son propre compte.Nous faisons LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE 155 une solution à 2% de carbonate de soude et nous faisons bouillir.Pendant l\u2019ébullition nous y plongeons les instruments.Nous laissons bouillir une heure.La stérilisation des instruments se fait juste avant l\u2019opération.Les fils de toutes sortes: catgut de différentes grosseurs, soies, fil de lin s\u2019achètent tout préparés.Nous avons donc ce qu\u2019il nous faut.Voic1 comment nous procédons pour la mise en œuvre.Nous nous rendons a domicile en apportant notre table d\u2019opération.On les achète pour un prix assez minime.En tout cas une table quelconque fait bien l\u2019office.A l\u2019arrivée à la maison il y a une précaution importante à prendre.On choisit une chambre convenable et bien éclairée et l\u2019on fait enlever tout ce qui peut nuire, mais il faut bien recommander aux gens d\u2019y aller tranquillement afin de ne pas soulever un flot de poussière qui ne manquerait pas de retomber dans la plaie que nous allons faire tout à l\u2019'heure.Nous avons dit déjà aux gens de la maison de faire bouillir une heure durant plusieurs marmites d\u2019eau propre et coulée.Nous avons insisté pour que l\u2019eau bouille bien durant une heure.Nous leur avons dit de retirer ensuite les vaisseaux sans lever le couvercle et, pour le moins, sans y plonger le doigt.Nous avons demandé trois bassins que nous faisons laver comme il faut.Nous disposons les bassins sur des chaises à notre portée.Nous faisons sortir autant de monde que possible et ne gardons qu\u2019une couple de personnes de sang-froid et antelli- gentes qui nous pourront aider.Nous recommandons à ces personnes de se tenir à distance respectueuse et surtout de ne rien toucher.Nous versons de l\u2019alcool dans chaque bassin et nous y mettons le feu pour les flamber en ayant soin de pencher les bassins en tous sens pour que la désinfection se fasse partout.Nous faisons verser l\u2019eau bouillie dans les trois bassins ; dans l\u2019un d\u2019eux nous faisons une solution de bichlorure de mercure.Nous mettons de chaque côté de la table d\u2019opération une petite table pour y déposer notre matériel.Nous enlevons la première enveloppe de nos paquets, laquelle est souillée, et sans y toucher nous les déposons sur les tables.Nous procédons à la stérilisation des mains.Une bonne pratique est de faire chez soi une première désinfection des mains, comme préliminaire à celle que nous faisons au moment de l\u2019opéra- 156 DESJARDINS ET RAYMOND tion.Pour cela lavage durant dix bonnes minutes à l\u2019eau bouillie chaude, brossage des mains avec la brosse stérilisée.Puis nous plongeons les mains dans la solution antiseptique, le temps de compter soixante, comme on nous l\u2019enseignait au cours d\u2019obstétrique.Puis nous nous faisons verser sur les mains (larga manu) par un aide, en lui expliquant de ne pas nous toucher, l\u2019alcool absolu; et enfin nous faisons la même manœuvre avec la teinture d\u2019Tode.Nous faisons détacher et entrouvrir les différents paquets par un aide et nous enlevons nous-mêmes la troisième enveloppe qui est restée stérile.Le chloroformisateur, durant ces préparatifs a commencé à anesthésier le patient.Si nous devions opérer dans une région couverte de poils, la partie a été rasée et lavée.Nous.désinfee- tons le champ opératoire à la Teinture d\u2019Iode en en versant plusieurs fois sur la peau et en frottant.Puis nous mettons nos com- presses-champ, nous voilà au point.| Une fois l'opération terminée, nous nettovons la plaie a alcool absolu et badigeonnons à l\u2019iode.Nous recouvrons de compresses stérilisées, nous mettons une bonne épaisseur de ouate et appliquons le bandage ou la bande.Nous reportons le malade dans son lit, que nous avons fait préparer selon nos recommandations.L\u2019opération est terminée ; nous rentrons dès lors dans la période post-opératoire.Pour la conduite de l\u2019opération nous suivons aussi scrupuleusement que faire se peut les données de \u201c La Technique Chirurgicale,\u201d de Marion, ou la \u201c Chirurgie d\u2019urgence,\u201d de Lejars.Nous observons fidèlement les règles de l\u2019asepsie, très bien connues aujourd\u2019hui.Le chloroformisateur surveille son malade avec attention ; s\u2019il y a alerte, nous y parons suivant les indications de chaque cas en nous conformant avec exactitude aux préceptes que l\u2019on trouve dans les traités sur ce sujet.En somme pour mener à bien certaines opérations, il faudra un bon diagnostic, qui est à la base de tout; bien posséder l\u2019anatomie de la région où l\u2019on va opérer ; suivre la technique recommandée en chaque cas; observer minutieusement les règles de l\u2019asepsie ; garder son sang-froid.Une dernière règle que nous nous sommes imposée : faire une sélection des cas à opérer, id est, ne consentir à faire l\u2019opération que des cas qui nous semblent favorables et diriger vers l'hôpital ceux qui pourraient paraître un peu hasardeux. LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE 157 * ¥ * L\u2019opération terminée, le malade remis dans son lit, le chloro- formisateur le surveille pendant son réveil et nous procédons à notre petit ménage.Puis le chloroformisateur et l\u2019aide quittent la maison.(Ces deux derniers n\u2019oublient pas qu\u2019ils ne sont là qu\u2019accidentellement et que la charge du cas incombe à celui qui a fait l\u2019opération \u2014 aussi se piquent-ils d\u2019une discrétion parfaite vis-à-vis de l\u2019entourage, laissant au médecin en titre le soin de dire ce qu\u2019il y a à dire et quand il doit le dire.) Le médecin en charge du cas se trouve maintenant seul et commence pour lui la série de soins post-opératoires.Il y a une condition importante pour celui qui entreprend une telle opération, c\u2019est d\u2019être prêt à consacrer toute son attention à ce malade en premier lieu sous peine ne refuser ses services à d\u2019autres patients quand viendra l\u2019heure où il devra revoir son opéré.Une condition de succès, c\u2019est dans ces cas, la ponctualité, car il peut survenir des complications sérieuses à tout moment et le médecin doit se mettre au service de son malade dut-il perdre ailleurs.Dans le traité \u201c La période post-opératoire,;\u201d de S.Marcadé, nous trouvons tous les renseignements voulus pour nous guider.Nous pouvons dire sans crainte que la période post-opératoire est très importante.En effet, tel malade qui aura bien supporté le choc opératoire, présentera les Jours suivants un état grave et nous devons tout mettre en œuvre pour le remonter.% x æ% Voiei maintenant l\u2019observation de quelques-uns de nos opérés : 1° F.B,, fille âgée de 19 ans.Le 22 octobre 1912, vers 7 h.am m., ressent une douleur assez vive dans le côté droit et en même temps elle a quelques vomissements.Nous la voyons pour la première fois vers les dix heures.Température 99°, pouls 65, douleur dans le côté droit, sensibilité assez aiguë au point de McBurney, vomissements légers.C\u2019est la seconde fois que notre malade ressent ces symptômes.Pour le moment nous faisons mettre de la glace sur le côté, nous prescrivons diète hydrique et repos absolu.Nous remettons la décision à l\u2019après-midi.A cinq heures nous revoyons la malade.Les symptômes sont plus prononcés.Nous parlons d\u2019intervention.La famille accepte et consent à nous en remettre la direction. 158 DESJARDINS ET RAYMOND Nous ne pouvions désirer mieux pour un premier cas.Jeune fille florissante de santé, un système nerveux inébranlable; avec cela maladie très au début.Nous avions sous la main un cas que nous escomptions opérer sans crainte de complications importantes et nous espérions avoir une guérison rapide et certaine.À onze heures du soir nous faisons l\u2019appendicectomie.L\u2019appendice est trouvé gros, allongé et turgescent.Le réveil chhloroformique se fait sans encombre.Les jours suivants, a part une constipation assez tenace que nous faisons céder par des injections de glycérine, tout va bien.Température, redevenue dès le lendemain à la normale, pouls très bon.Le septième jour la température commence à monter; la plaie ne révèle rien d\u2019étrange, ni rougeur, ni sensibilité.Nous incriminons le régime.Nous remettons la malade au lait.Le lendemain la température atteint 100°.5, la plaie se soulève et un peu de rougeur apparaît, nous enlevons un point, il ne sort qu\u2019un peu de sérosité sanguinolente.Deux jours après chute de la température; en enlevant le pansement, il sort une bonne quantité de pus.Bref, quelques Jours après, par un traitement approprié, cet abcès de la paroi est tari et la plaie en peu de jours achève de guérir.La malade se lève le 12 novembre.2° J.F., homme de 28 ans.Depuis deux mois souffre de hernie inguinale droite contractée à la suite de travaux très pénibles: ramasser de la roche.C\u2019est un solide gaillard.Il consent à se faire opérer par nous.Le 2 décembre 1912 nous lui faisons la cure radicale de sa hernie.Disons de suite que, sauf une période d\u2019excitation très forte au début de l'anesthésie, ce malade a été pour nous l\u2019occasion d\u2019un beau succes.Suites opératoires absolument normales, aucune douleur, une seule injection de glycérine pour faire fonctionner les intestins, température normale, seulement deux pansements, un au bout de quatre jours et l\u2019autre lorsque nous avons enlevé les fils.Lever au bout de quinze jours.Depuis cette date cet homme a repris avec son ardeur coutumière les durs travaux de la terre et des chantiers et la guérison se maintient.3° S.R., garçon âgé de 14 ans.Nous avons hésité un moment avant d\u2019opérer ce petit malade, car il n\u2019était pas très vigoureux ; mais, enhardi par nos deux premiers cas, nous nous sommes décidés à faire l\u2019opération.Le 29 février 1913, le midi, douleur subite dans le ventre, fiè- LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE 159 vre, vomissements.Le 23 au midi nous le voyons pour la pre- miére fois.Température 101°, pouls 120, vomissements, douleur dans le côté droit avec maximum d\u2019intensité au point de MacBur- ney.Nous parlons d\u2019intervention, les parents hésitent.Nous mettons de la glace sur le côté droit ; opium 44 gr.à toutes les cinq heures.diète hydrique et repos absolu.Nous devions le revoir le lendemain.De bonne heure le lendemain, le père vint nous dire qu\u2019il a amené son enfant chez un ami près de notre bureau.A dix heures nous faisons l\u2019appendicectomie.Nous trouvons l\u2019appendice très enflammé.Le petit malade a été assez malmené durant les deux premiers jours, douleur dans la plaie, calmée par quelques piqûres de morphine ; retention de gaz qui nécessita quelques injections de glycérine.Le second jour, le pouls semble vouloir faiblir; alors injections de caféine, huile camphrée et injections rectales de sérum-rhum.Au bout de deux jours, tout rentre dans l\u2019ordre et le 12 mars notre petit malade s\u2019en retourne chez lui guéri.4° A.P., enfant de 8 ans.Le 24 décembre 1913, nous le voyons pour la première fois.Depuis une quinzaine de jours il est fiévreux et abattu; depuis huit Jours douleurs vives dans le corps de ses deux tibias ; les jambes sont gonflées à la partie moyenne, douleur à la pression.Nous nous arrêtons à l\u2019idée d\u2019une ostéomyélite aiguë.Le lendemain consultation entre les trois confrères et confirmation du diagnostic.Nous opérons notre petit malade ; nous faisons une ouverture longue d\u2019un pouce à la gauge dans chaque tibia.Nous trouvons les tissus très enflammés et nous laissons en place des drains.Au point de vue de l\u2019état général les suites ont été bonnes; quant à l'état local, une suppuration abondante s\u2019est produite dès les premiers jours.Ce cas nous a valu une série de pansements de toutes sortes et de toute nature.Actuellement les plaies sont très bien guéries.La température s\u2019est maintenue élevée durant la première quinzaine, mais ensuite est redevenue normale pour y demeurer.5° Nous sommes appelés le 17 mars pour A.P., âgé de 12 ans.L'enfant se plaint de mal dans le ventre depuis la veille avec envie de vomir.Nous interrogeons l\u2019enfant et apprenons qu\u2019il a souvent de ces sortes d\u2019indigestions, comme il dit, et que le repos au lit et la diète ramènent tout. 160 DESJARDINS ET RAYMOND Aujourd\u2019hui l\u2019enfant se plaint d\u2019une douleur plus forte dans tout le ventre et de plus d\u2019un mal dans les jambes qu\u2019il n\u2019a pas coutume de ressentir.Température 100 1/5, pouls 84.A la palpation du ventre, l\u2019enfant accuse bien de la douleur, mais nous notons sur le champ même une sorte de sensibilité spéciale de la fosse iliaque droite qui éveille nos doutes sur l\u2019appendice.Le souvenir d\u2019avoir traité un an auparavant sa sœur aînée pour une crise d\u2019appendicite, la constipation habituelle chez notre malade, son apparence souffreteuse et mal en train nous font porter le diagnostic de crise légère aiguë, probablement sur un fond chronique.Nous prescrivons le premier jour: glace sur le ventre et diète absolue ; les symptômes s\u2019amendent, le malade devient moins énervé.Le lendemain nous donnons quelques petits morceaux de glace par la bouche et continuons la glace sur le ventre, aucune amélioration.Le 19 mars, nous donnons deux verres à vin d\u2019eau dans 24 heures pour toute nourriture.L\u2019enfant ne souffre pas moins, ne dort à peine que deux heures par nuit et reste énervé.Le 20 mars l'enfant passe des gaz mais pas de diminution aucune de la sensibilité a la palpation.L'enfant semble un peu plus abattu de ne pas dormir.La température étant normale depuis trois jours, le 21 matin, mais le pouls étant tombé de 84 à 60, nous prescrivons deux grains de caféine toutes les deux heures jusqu\u2019à huit grains dans la journée, puis, vu la faiblesse du pouls, nous augmentons un peu l\u2019alimentation consistant en un peu de café au lait durant le jour.Immédiatement la température remonte à 99 3/5.Nous faisons alors évacuer l\u2019intestin et pratiquons avec autant de soin que possible le toucher rectal.La main abdominale trouve bien encore la sensibilité spéciale de la région appendiculaire, mais le toucher rectal ne trouve rien pour expliquer l\u2019escension de la température.C\u2019est alors que l\u2019état de faiblesse du malade grandissant de Jour en jour chez un sujet déjà débilité, au teint terreux, puis l\u2019élévation de la température dès que nous voulons réalimen- ter un tant soit peu notre malade, nous font décider de conseiller l'opération qui est d\u2019autant mieux acceptée que le malade est à proximité de son médecin.| Le lendemain 22 mars, à 11 heures a lieu l\u2019opération.Nous pratiquons l\u2019incision de MacBurney, nous reconnaissons facilement les bandelettes iléo-coecales.Nous attirons doucement au dehors la partie inférieure et externe du cœcum et aussitôt nous 161 LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE apercevons l\u2019appendice se dirigeant en dehors et en arrière, libre non enflammé sur une logueur d\u2019un pouce et demi, puis entouré à son extrême bout inférieur d\u2019une coque graisseuse de la grosseur d'un moyen œuf de poule.Alors nous ligaturons la partie inférieure de la masse épiploïque renfermant l\u2019abcès, et nous enlevons l\u2019appendice en sectionnant très minutieusement au thermocautère.Nous évitons par là tout danger de répandre du pus dans la cavité péritonéale et nous mettons seulement pour plus de sûreté une mè- che de gaze iodoformée en refermant la plaie.Les suites de l\u2019opération furent tout à fait normales et apyrétiques, absolument comme un malade opéré dans les premières heures d\u2019une crise franche.Au bout d\u2019une semaine l\u2019enfant pouvait manger à peu près toutes sortes d\u2019aliments.Dans ce cas d\u2019inflammation chronique de l\u2019appendice avec légères poussées aiguës, il est très intéressant de constater par la pièce enlevée, quel travail de défense peut organiser localement Dame Bonne Nature pourvu qu\u2019on l\u2019aide un tant soit peu en ne faisant rien ou mieux en ne donnant aucun purgatif à l\u2019aveuglette pour un mal de ventre qui souvent se répète.Permettez-nous d\u2019ajouter que nous avons trouvé le bout inférieur de l\u2019appendice baignant sur une longueur d\u2019un pouce et demi dans une cuillerée à soupe de pus d\u2019odeur nauséabonde.D\u2019après la putréfaction de cette partie malade de l\u2019appendice baignant dans l\u2019abcès enkysté et surtout d\u2019après le degré d\u2019avancement du travail de défense nous pouvons conclure que l\u2019enfant souffrait d\u2019appendicite depuis des mois et peut-être des années.Les médecins qui assisteront au VIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l'Amérique du Nord pourront voir cette pièce spécimen à côté des pièces exhibits que montrera le comité chargé de la section de chirurgie.6° Le 7 mai 1913, J.M., garçon âgé de 15 ans, vient nous consulter pour un mal dans le ventre qui ne le laisse pas depuis huit jours.Voici ce que nous apprenons: il était au champ à aider son père à clore, quand il sentit soudainement une violente douleur dans le ventre qui ne le lacha pas et l\u2019obligea à revenir à la maison presque plié en deux.L'enfant n\u2019a pas vomi mais eut un grand frisson, puis le repos a fait cesser sa douleur.Comme début, ça ne peut être plus brusque.L'enfant continua de se lever chaque jour qui suivit l\u2019at- 2 162 DESJARDINS ET RAYMOND taque sans pouvoir toutefois aller au travail.Il se sentit frisson- neux, mais chose très curieuse, il continua de manger comme d\u2019habitude mais pas avec autant d\u2019appétit.Au moment où nous l\u2019examinons l\u2019enfant accuse une douleur très vive au point de Mac- Burney, son ventre est assez fortement tendu dans toute la région latérale droite.Il a une démarche soudée.L\u2019enfant répond aussi que ça lui fait mal chaque fois qu\u2019il urine depuis trois jours et c\u2019est surtout un point qui inquiète son père.Nous complétons l\u2019examen par le toucher rectal et l\u2019enfant accuse une douleur très nette dans la région prostatique, nous dirigeons l\u2019exploration vers la région appendiculaire et constatons encore une très vive douleur.Il est 5 heures du soir, le malade accuse une température de 101 3/5 avec un pouls de 78 encore bon.Nous posons le diagnos- tie de péritonite enkystée avec abcès pelvien péri-appendiculaire et proposons l\u2019opération pour le lendemain.C'était dire que nous acceptions un bien mauvais cas que celui de sauver un jeune homme en pleine intoxication depuis huit jours.Qu\u2019importe il restait au malade une seule chance sur cent de sauver sa vie et il fallait la lui donner.L\u2019opération fut pratiquée le lendemain.Nous fîmes l\u2019incision de Jalaquier et arrivâmes sur un gros abcès rempli d\u2019un pus d\u2019odeur d\u2019œufs pourris.La température redevint normale après l\u2019opération et le malade qui avait un faciès terreux, la figure émaciée, comme empoisonné, avant l\u2019opération, ne continua pas moins de montrer par son assoupissement continuel le haut degré d\u2019empoisonnement réel.Le 10 mai la température descendit à 93 2/, puis le pouls tomba à 44, même avec les injections stimulantes données régulièrement.Comme la seule chance qu\u2019avait notre opéré de réchapper semblait fuir, nous décidâmes de tà- cher d\u2019aider la désintoxication profonde en ne donnant rien par la bouche et en tâchant de faire un lavage du sang par le sérum artificiel.Nous répétämes 600 ce.le premier soir.Il n\u2019est pas nécessaire de dire qu\u2019il faut une certaine force de courage de la part du médecin de campagne pour faire accepter ce mode de traitement si dur.Il faut en plus trouver parmi les personnes de bonne volonté un aide intelligent pour permettre au médecin de mener à bonne fin cette opération qui requiert tant de soins d\u2019asepsie.Le lendemain 11 mai, même dépression.La faiblesse du pouls va toujours s\u2019accentuant et le pouls devient très lent à 36 et 42.Nouvelle injection de sérum artiliciel de 500 ce.Ce jour-là un LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE 163 symptôme nouveau vient assombrir le pronostic, l\u2019enfant passe des urines noires ; nous ajoutons au sérum-rhum, deux lavements alimentaires par jour.La température continue à varier de 97 à 98 pendant encore dix jours montrant le peu de force de défense du sujet, mais le pouls remonte peu à peu.Nous dûmes continuer l'emploi de tous les stimulants du cœur: huile camphrée à haute dose, spartéine et strychnine.Le 12 mai nous injectons 500 cc.de sérum artificiel, le 13, 700 cc., le 14, 600 cc.et le 15 pour la dernière fois nous injectons 700 cc.Durant tous ces jours enfant n\u2019a rien pris par la bouche et ne s\u2019est pas plaint du tout de la soif.Le 15 mai nous commençons à donner quelques cuillerées à thé d\u2019eau coupée de brandy, puis un petit peu de café au lait toutes les deux heures et cela jusqu\u2019au 18, alors que nous commengconus a donner du gruau.Le 20 mai, nous supprimons tous les lavements alimentaires qui furent toujours bien supportés, puis nous cessons les stimulants hypodermiques de strychnine et et continuons à les donner par la voie stomacale.Le 21 notre malade peut manger un œuf et biscuit.Nous augmentons alors la quantité alimentaire sans causer de trouble à la digestion, puis, le 24, nous permettons le steak et patates.L\u2019enfant est affamé.Il demande à manger très souvent.Le 31 nous permettons au malade de s'asseoir dans une grande chaise.Depuis l\u2019opération, notre malade a passé une quantité énorme de pus d\u2019odeur infecte nécessitant deux ou trois pansements par jour pendant près de trois semaines.Le 31 mai également nous enlevons un tube, et le 6 juin la suppuration ayant beoucoup diminué nous pouvons enlever le deuxième tube que nous remplacons par une mèche de gaze iodoformée afin d\u2019empêcher une fermeture hâtive de la plaie.À partir du ler juin notre malade s\u2019est levé tous les jours durant une à deux heures, et le 15 juin il était complètement guéri.Par le rapport de ce cas, l\u2019on peut voir qu\u2019à la campagne comme dans les hôpitaux des villes, on peut tenter avec autant de chances de succès la cure des plus grands intoxiqués par péritonite, mais il faut être bien décidés de ne pas remplir seulement que le rôle de chirurgien, mais aussi celui de garde-malade après l\u2019opération, comme dans ce cas où nous avons dû passer huit nuits consécutives auprès de notre opéré.Aujourd\u2019hui cependant nous ne regrettons pas notre rôle car ce jeune homme jouit d\u2019une très bonne santé et travaille sans ressentir aucune douleur. 164 DESJARDINS ET RAYMOND 7° Mademoiselle X R., âgée de 17 ans, accompagnée de sa mère vient nous consulter le 17 juillet dernier pour savoir si nous pouvions guérir son enfant qui souffre depuis près de six ans de deux plaies sur la cuisse droite, région trachantérienne et prostero-ex- terne.Elle a déjà subi plusieurs traitements par différents onguents mais sans jamais obtenir sa guérison.Nous faisons l\u2019examen et exploration de ces deux fistules d\u2019où s\u2019écoule à la pression un liquide, sanieux épais et jaunâtre.La malade accuse 103° de température et il est quatre heures p.m.Les deux fistules sont profondes de deux pouces et demi et nous acceptons de traiter la malade à condition de la guérir.Nous injectons de l'eau oxvgé- née dans une des fistules et nous apercevons que les deux fistules communiquent ensemble.Pendant quinze jours la malade recoit des pansements soit à l\u2019eau oxygénée, plus souvent à l\u2019éther iodo- formé, et quelquefois à la teinture d\u2019iode pure.La température oscille chaque jour entre 99 et la normale jusqu\u2019au 1er août où elle devient normale.C\u2019est alors qu\u2019en explorant les fistules avec un long probe nous sentons profondément et avons la perception qu\u2019un sequestre a pu se détacher autrefois, et qu\u2019il y entretient la sup- puratioi, tarie pour le moment mais qui recommencera dès que cesseront nos pansements désinfectants.Nous proposons done l\u2019intervention chirurgicale et le quatre août, après quare jours apyré- tiques, nous opérons la malade.Une incision profonde de deux pouces et demi sur 8 à 9 pouces de long est pratiquée sur la région antero-externe de la cuisse à environ un demi-pouce en dessous de la première fistule.L\u2019opération est sanglante et au lieu de rencontrer un sequestre nous arrivons sur plusieurs brides cicatricielles dont deux surtout sont d\u2019une dureté de tendon séché, raccorni.Partout dans l\u2019ouverture de l\u2019incision nous apercevons comme des couloirs communiquant entre eux dans l\u2019épais tissu adipeux graisseux sous-cutané et nous avons assez de difficulté à rompre les brides profondes qui nous conduisent comme à de petits puisards remplis de pus séreux.Après section complète de toutes ces brides communiquant, nous versons largement de l\u2019eau oxygénée pure et de l\u2019éther iodoformé.Que faire maintenant de l\u2019autre fisture postérieure ?Nous nous contentons de cureter le canal fistuleux et nous refermons la plaie en laissant deux mèches de gaz 10doformé.Les jours qui suivirent l\u2019opération la température ne dépassa 165 LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE jamais 100°.Nous donnâmes une bonne chambre bien éclairée et aérée constamment.Un seul point de suture céda sous une très légère suppuration et surtout par le changement de position de la malade dans le lit.Nous fimes sous anesthésie locale deux nouveaux points apres avivement des bords de la plaie et tout fut réparé avec succès.Le 15 septembre la malade était guérie de sa première fistule et le 15 novembre la maman ramenait chez elle sa jeune fille toute joyeuse d\u2019être complètement guérie.Il s'était écoulé quatre mois et le traitement chirurgical aidé du traitement médical iode et tannin durant les périodes apyrétiques avait fait que la malade de 150 livres qu\u2019elle pesait avant l\u2019opération avait atteint le joli poids de 171 livres.Evidemment le cas considéré Jusque là très rebelle avait bénéficié du traitement chirurgical.Il est vrai que le motif qui nous a guidé vers l\u2019intervention n\u2019a pas correspondu à nos croyances de présence d\u2019un séquestre, mais le débridement de nombreuses brides cicatricielles aboutissant à de petits cloaques remplis de pus prouve certainement qu\u2019ici, dans ce cas, le traitement exclusif du professeur Calot par les injections, ne nous eut certainement pas fourni un moyen aussi rapide de guérir cette malade.Voilà encore un cas d\u2019intervention largement sanglante pratiqué à la campagne avec pas plus de danger que dans les Hôpitaux des villes.Seulement, il importe bien d\u2019avoir l\u2019aide d\u2019une couple de personnes de sang-froid et de bonne volonté.8° Comme dernier cas très pratique nous vous présentons Monsieur M.L., cultivateur, âgé de 62 ans, mais en réalité plus vieux et plus usé que pour ses 62 ans.L\u2019individu est porteur d\u2019une hernie, depuis 25 ans.Jusqu\u2019aujourd\u2019hui sa hernie l\u2019a bien incommodé souvent et quelquefois aussi l\u2019a fait souffrir, puisqu\u2019il nous dit que souvent à l\u2019époque des durs travaux des champs, il s\u2019est vu forcé de se mettre tête en bas et pieds en l\u2019air appuyés sur la clôture pendant quelques minutes pour réussir à faire rentrer sa hernie.Aujour- d\u2019hui, notre malade, bronchitique depuis des années, a eu un léger accès de toux vers les neuf heures du matin et sa hernie est sortie et s\u2019est obstinée à ne pas vouloir rentrer.Le malade s\u2019est couché pieds en l\u2019air, insuccès.Il a tenté de la réduire, impossible.Il serait peut-être intéressant de noter que quatre jours auparavant nous avions été appelé pour monsieur souffrant d\u2019obstruction intestinale assez grave ! 166 DESJARDINS ET RAYMOND Nous voyons le malade vers 3 heures de l'après-midi, \u2014 après six heures de travail infructueux de sa part.Nous examinons le malade, la douleur est très forte au siège de l\u2019étranglement, le sac de la hernie est tendu et très dur.Une tentative très légère de taxis est empêchée par la douleur locale.Il ne reste plus qu\u2019à penser comme notre malade l\u2019a déjà deviné aux conséquences désastreuses d\u2019une hernie étranglée déjà depuis six heures et maintenant irréductible.Nous proposons sur le champ pour 5 heures et demie l\u2019opération qui est de suite acceptée.Il était trois heures de l\u2019après-midi et nous pensions pouvoir pratiquer l\u2019opération avec la lumière d\u2019une si belle journée ensoleillée du commencement de septembre.Mais l\u2019exécution des dernières volontés du malade \u201c pardevant notaire \u201d retardèrent beaucoup et fût que nous commençâmes l\u2019opération à la tombée du jour.Nous prévoyions bien l\u2019inconvénient qu\u2019il y aurait pour nons, éclairés par la lumière artificielle, de pratiquer une opération qui n\u2019allait pas manquer d\u2019offrir des difficultés et cela à cause de l\u2019ancienneté de la hernie et adhérences possibles.Qu\u2019importe ?Il fallait passer outre.Un aide fut chargé de tenir une lampe à proximité du champ opératoire.Nous eûmes quelque peu de difficulté à reconnaître le sac de la hernie des éléments avoisinants déjà très congestionnés, mais nous en eûmes davantage à libérer le sac de la hernie très adhérent et très mince sur toute sa paroi postérieure.Le sac déchirait trop facilement et à un certain moment il nous parut presqu\u2019impossible d\u2019opérer la fermeture du sac après avoir réduit l\u2019intestin étranglé depuis huit heures et qui avait une apparence rougeâtre.Nous parvinmes cependant à opérer la ligature du sac et par suite à faire la cure radicale de la hernie.Notre malade se porta bien jusqu\u2019au cinquième jour alors qu\u2019il fit une pneumonie lobaire gauche avec expectoration typique de crachats rouillés et visqueux.Le malade fut empêché de tousser par la douleur de répercussion dans la plaie, puis l\u2019artério-sclérose existant à un fort degré chez ce malade le cœur ne tarda pas à traduire par une arythmie fort inquiétante et une douleur précordiale a provoqua sa défaillance prochaine.L'huile camphrée et le cognac à haute dose pendant vingt-quatre heures réussirent à merveille à faire disparaître ces symptômes de mauvaise augure, pour la vie de notre opéré.\u2014 L\u2019évolution vers la guérison de sa pneumonie ne tarda pas de continuer et au bout d\u2019un mois le malade po il p fi \u2014_ æa pt es \u2014 167 LA CHIRURGIE A LA CAMPAGNE pouvait se lever.Il y a de cela six mois et notre opéré jouit d\u2019une santé plus florissante que jamais.Il a pris beaucoup d\u2019embonpoint et se compte heureux de n\u2019être plus l\u2019esclave du port d\u2019un bandage herniaire.Dans le rapport de ces cas d\u2019opérations graves pratiquées par des médecins de la campagne, nous pouvons dire que tous présentent un grand intérêt, surtout pour les médecins de campagne à qui nous voulons être utiles en rapportant la méthode suivie par nous pour de semblables opérations.Il est vrai que nous ne nous sommes pas servis de belles phrases de rhétorique pour rapporter ces faits chirurgicaux à la campagne, mais nous avons tenu à être très exacts d\u2019une façon simple et directe.Et pour conclure, disons que l\u2019harmonie entre confrères, jointe aux solides connaissances acquises dans les salles de dissection et dans les hôpitaux permettent à tout médecin probe et honnête de réaliser l\u2019idéal qu\u2019il doit avoir en vue dès le début de sa carrière : faire le plus de bien à ses malades par la médecine et par la chirurgie quand l\u2019occasion se présente.Il est donc permis et très équitable de révéler aux gens les capacités spéciales et la compétence que nos éminents professeurs de Laval et de l\u2019école moderne du XXe siècle, se sont efforcés de nous faire acquérir.Ils auront droit d\u2019en être fiers.Il est parfois facile de faire accepter l\u2019opération jugée nécessaire, mais souvent en essayant de faire plus pour le bien de nos patients, nous avons aussi plus de chances de travailler à notre propre bien en faisant progresses nos intérêts matériels.À l\u2019œuvre donc, messieurs les médecins de la campagne, qui vivez groupés dans des centres un peu éloignés des villes.Ne craignez pas de confesser vos capacités en chirurgie, unissez vos efforts et vos talents dans les limites de votre district.Prouvez la somme de vos connaissances et l\u2019étendue de votre éducation scientifique en chirurgie en travaillant de concert à sauver des vies.Vous ne sauriez croire toute la joie intime que vous ressentirez du bien que vous aurez pu faire.Ce sera aussi un moyen de compter au nombre des médecins qui travaillent à l\u2019embellissement de la profession.Ne craignez pas de suivre les progrès modernes de la chirurgie.Soyez bons médecins, très bien.Soyez bons chirurgiens, encore mieux.N\u2019ayez pas peur de travailler à faire disparaître le vieux dicton général à la campagne: \u201c Le Dr X c\u2019est un bon médecin, mais (c\u2019est de valeur) il n\u2019est pas chirurgien.Et nous Vous disons en terminant qu il n\u2019est pas permis de douter qu\u2019un beau succès couronnera très souvent vos efforts. CLINIQUE CLINIQUE CHIRURGICALE DE L\u2019HOTEL-DIEU Injections intraveineuses Dans la pratique hospitalière, nous obtenons souvent avec les injections intraveineuses salines ou médicamenteuses, de véritables résurrections.Tout dernièrement encore, un cas d\u2019appendicite aiguë avec péritonite généralisée, opérée d\u2019urgence à la 72ème heure de son attaque, aurait tout probablement succombé sans le secours opportun de multiples injections intraveineuses de sérum médicamenté.En trois jours ce jeune homme de 18 ans a reçu 7 litres de sérum introduit, un litre a la fois, dans les veines médianes-cépha- liques gauche et droite.L\u2019effet se fit rapidement sentir sur le pouls et releva bientôt le moribond de l\u2019hypothermie (97 degrés) où il était descendu.Quand d\u2019urgence, il faut par exemple, refaire le volume du sang comme dans un cas d\u2019hémorragie grave ou encore, lorsque dans un cas d\u2019empoisonnement on doit agir vite et faire absorber instanter un contre-poison comme le chloral dans l\u2019empoisonnement par une dose mortelle de strychnine, l\u2019injection intraveineuse est le moyen le plus rapide, le meilleur, le plus sûr.C\u2019est un procédé d\u2019une inocuité parfaite et sa technique est des plus simples ; mais il ne faudrait cependant pas oublier qu\u2019il exige une asepsie absolue et une grande lenteur dans l\u2019injection.Les excellents effets de l\u2019injection intraveineuse sont anjour- d'hui reconnus par tous et si en \u201c pratique générale \u201d on ne s\u2019en sert pas \u2018\u201c habituellement,\u201d c\u2019est que l\u2019on croit cette petite opération difficile et que l\u2019on ne tient pas à ajouter à la trousse indispensable, un instrument trop compliqué.Autrefois, il fallait, pour cette opération, un bistouri, une pince, une sonde cannelée, du catgut, des crins, une canule, un tube et un flacon fermé d\u2019un bouchon à deux tubulures, une pour l\u2019air et l\u2019autre pour l\u2019écoulement du sérum.Aujourd\u2019hui tout cet arsenal est relégué au second rang, éclipsé qu\u2019il est par la simple aiguille hypodermique accompagnée d\u2019un INJECTIONS INTRAVEINEUSES 169 bock laveur et de son tube.On n\u2019incise plus, excepté dans les cas rares où la veine refuse de se montrer sous la peau transparente ; on trouve plus rationnel d\u2019introduire directement l\u2019aiguille dans une veine du dos de la main, du coude, ou dans la saphène interne un peu en haut de la malléole \u201c sans incision préalable.\u201d Voici comment on procède : On prépare tout d\u2019abord le sérum.L\u2019eau est filtrée sur du coton puis additionnée d\u2019une cuillerée à dessert de sel fin par litre et bouillie pendant 30 minutes.Le sérum refroidi à température normale est prêt pour l\u2019injection.Stérilisation des instruments: On s\u2019assure que l\u2019aiguille et le caoutchouc s'adaptent bien ensemble, puis le bock et son tube subissent l\u2019ébullition pendant que l\u2019aiguille hypodermique ordinaire est immergée dans l'alcool à 90 degrés pendant 10 minutes.Une ligature constrictive est appliquée sur la racine du membre afin de rendre les veines saillantes en arrêtant la circulation veineuse sans nuire à la circulation artérielle.On prépare ensuite le champ opératoire par des frictions avec tampon et alcool à 90 degrés et tout est prêt pour l\u2019injection quand le bock a été suspendu à un mètre au-dessus du malade et le tube rempli de sérum.De la main gauche, on empaume le membre par en-dessous pour tendre la peau qui doit être parfaitement immobilisée.L\u2019aiguille est saisie solidement et introduite juste à côté de la veine dans une direction parallèle à celle-ci qui se voit très bien par transparence.Sitôt la peau traversée, la pointe de l\u2019aiguille est dirigée vers la veine qu\u2019elle doit aborder par le côté.Le sang qui s\u2019échappe de l\u2019extrémité de l\u2019aiguille vient bientôt prouver que la lumière du vaisseau est atteinte et il ne reste qu\u2019à adapter tube et aiguille et à enlever le lien constricteur.L\u2019injection se fait lentement; on l\u2019interrompt même avant que le bock ne soit complètement vide pour éviter l\u2019introduction de lair.L\u2019aiguille est retirée, un pansement simple et protecteur est appliqué et tout est dit.Si au contraire, on veut donner 5 ou 10 ou même 20 grammes d\u2019argent colloïdal, la seringue de verre ordinaire remplace le bock et l\u2019injection est poussée lentement dans la circulation.Grâce à la simplicité de l\u2019instrumentation et de la technique tous les praticiens peuvent aujourd\u2019hui pratiquer les injections intraveineuses et même les répéter au besoin ; car toutes les veines dorsales de la main et les saphènes internes par leur nombre et 170 SAINT-PIERRE souvent par leur volume, facilitent les injections multiples.Enfin comme l\u2019introduction de l\u2019aiguille et du liquide ne causent presque pas de douleur, on ne rencontre absolument aucune résistance de la part du client ou de son entourage.Les injections massives de sérum s\u2019emploient pour combattre -l\u2019hypotension, les infections, les intoxications, le choc traumatique ou opératoire, enfin, les hémorragies et la dépression qui les suit.Il est à remarquer que le liquide injecté ne séjourne pas longtemps dans l\u2019organisme car l\u2019élimination est parallèle à la pénétration.Dastre est Loye nous ont prouvé qu\u2019il sort autant d\u2019eau par les reins qu\u2019il en pénètre par les veines.C\u2019est simplement un lavage du sang.N\u2019oublions pas surtout qu\u2019il faut du sel car l\u2019eau simple ou distillée dissout l\u2019hémoglobine des globules rouges du sang et tue.L\u2019addition d\u2019un peu de chlorure de sodium rend l\u2019eau inoffensive pour les hématies.IL\u2019injection intraveineuse de sérum faible (7 grammes 50 au litre), est dépourvue de toute toxicité si les reins fonctionnent bien (Lejars) et que l\u2019injection ne soit pas faite trop rapidement.Un litre en 30 ou 40 minutes paraît une bonne moyenne; cependant, Bose et Vedel ont obtenu un succès, bien qu\u2019ils aient injecté un litre en 10 minutes.Lejars a injecté à l\u2019homme 26 litres en 9 Jours et 14 litres en 5 jours.Sachons donc profiter à loccasion d\u2019une thérapeutique si éminemment active et d\u2019une application si facile.Alexandre SAINT-PIERRE, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.COURS DE PATHOLOGIE INTERNE DES PLEURESIES Diagnostic de l'abondance du liquide.(1) Je réunis dans le tableau suivant les éléments qui nous guideront dans cette appréciation : (1) Cours théorique, Dr Lesage, d\u2019après Carrière.\u2018\u2018 Les maladies des voies respiratoires \u2019\u2019 Vigot Frères à Paris, 1908. PLÉURÉSIES 171 Respiration normale ; pas de voussure.ei Signes | Le cœur n\u2019est déplacé que très légèrement dans la == onctionnels position verticale.=: Abolition des vibrations vocales.re 7 Matité en croissant située dans la gouttiére costo- g 2 1 li ie, + diaphragmatique latérale.8 = lquidienne | Diminution du murmure vésiculaire.GE Ni souffle, ni égophonie.= Zone Très étendue, part de la 5e côte.\\ sus-liquidienne {s + V+ R -+ sauf congestion ou tuberculose.Signes Respiration du type mixte.fonctionnels Thorax oblique ovalaire.w Déplacement très appréciable du cœur \u20ac | Effacement de l\u2019aire de Traube.> Abaissement du foie.g _ Abolitions des vibrations vocales.2 Matité remontant à la 4e côte = 1.500 gr.8 \u2014_ \u2014 3e cote = 2.000 \u2014 £ 1 ¥™ Zone \u2014 \u2014 2e côte = 2.500 \u2014 = diquidienne \u2014 \u2014 _,, 1° côte = 3 litres.= L\u2019encoche paravertébrale va diminuant.3 Souffle.= Egophonie, pectoriloquie aphone, sou.Zone De plus en plus étroite.sus liquidienne \\g + V+ R Signes E Respiration costale supérieure.n fonctionnels Thorax oblique ovalaire très dilaté.= Déplacement énorme des organes.m © La matité déborde les fausses côtes gauches.2 g [Abolition des vibrations vocales.84 \u201c Zone Matité de tout l\u2019hémithorax.De \u2018liquidienne Abolition du murmure vésiculaire.=.Pas d\u2019égophonie, pas de pectoriloquie aphone.0 Zone | sus-liquidienne.(N'existe pas.Quelques conditions modifient les règles générales.Certaines d'entre elles peuvent faire croire à un épanchement plus considérable qu\u2019il ne l\u2019est en réalité.Les voici.L\u2019existence de fausses membranes au-dessus de l\u2019épanchement donne lieu à une matité qui se confond avec la matité pleurétique, vous les reconnaîtrez : 1° A l\u2019irrégularité et à la diffusion de la ligne de matité ; 2° A l'absence de dénivellement ; 3° A la simple diminution des vibrations vocales à ce mweau ; 4° À l\u2019absence du signe du sou dans la région correspondante.L\u2019induration du poumon peut aussi donner le change et ferait croire à un épanchement énorme.Nous la reconnaîtrons: ! A l\u2019irrég qularité et à la diffusion de la ligne de matité ; ° A l\u2019absence de dénivellement ; 172 SAINT-PIERRE 3° À l\u2019exagération des vibrations vocales dans la zone sus-li- quidienne ; 4° Dans cette région nous trouverons la respiration bronchique, un souffle tubaire, de la bronchophonie, des riles.L\u2019absence de refoulement du diaphragme chez les femmes enceintes, les sujets atteints de météorisme, d\u2019ascite ou de tumeurs abdominales, peut également induire en erreur.Il suffit d\u2019un peu d\u2019attention pour arriver à la vérité.Certaines conditions peuvent au contraire faire croire que l\u2019épanchement est moins abondant qu\u2019il ne l\u2019est en réalité.Telles sont les adhérences pleuro-pulmonaires, l'insuffisance de résistance de la coupole diaphragmatique.Il nous faudra essayer de reconnaître ces deux états: ce sera difficile parfois.NOUVELLES NOUVELLE CHAIRE A L'UNIVERSITE LAVAL LA RADIOLOGIE ET L\u2019ELECTROLOGIE Par le Dr PANNETON, titulaire de la chaire La création récente à l\u2019Université Laval, d\u2019une chaire de Radiologie et d\u2019Electrologie, réalise un progrès dont les amis de l\u2019institution, voire même ceux qui n\u2019en sont pas, ne manqueront pas de se réjouir.Depuis quelques années, en effet, grâce aux perfectionnements de technique et d\u2019instrumentation, grâce surtout au travail acharné de quelques chercheurs, la Radiologie et l\u2019Electrologie ont réalisé des progrès vraiment étonnants.Nous ne sommes pas très éloignés de l\u2019époque où, modestement, le bagage instrumental d\u2019agents physiques se réduisait à l\u2019antique bobine faradique, à la batterie de courants continus, à l\u2019appareil statique aux multiples caprices.À cette époque, la clinique savait et devait se passer de ces auxiliaires plutôt insuffisants sinon infidèles.Il n\u2019en est plus ainsi.Le diagnostic doit bien s'établir par les moyens habituels et avec les ressources connues de la clinique. NOUVELLES 173 Mais, quel précieux concours, quel contrôle souvent absolu ne vient-il pas s\u2019ajouter aux trouvailles du clinicien par les applications judicieuses autant qu\u2019élégantes de la Fée Electricité.Dans le seul champ de la médecine, combien de fois le praticien n\u2019est-il pas tout heureux et tout aise de contrôler son jugement, face au tube de Roentgen, l\u2019écran en main ou l\u2019épreuve photographique sous les yeux.Pour préciser davantage, J'en appelle à mes collègues, de la satisfaction qu\u2019ils ont maintes fois éprouvée, en présence d\u2019un beau cliché pulmonaire sur lequel, la tuberculose avait pour ainsi dire, contresigné leur jugement; ou encore, un pyo-pneumo-thorax agitant sous leurs yeux ses ondes révélatrices ; ou encore, une hypertrophie cardiaque, une dilatation aortique, une grappe de ganglions trachéo-bronchiques projetant sur l\u2019écran lcur ombre affirmative.Et le thorax n\u2019est pas l\u2019unique bénéficiaire de cette admirable méthode de recherche.L\u2019estomac et tout le tube digestif peuvent être soumis à l\u2019examen le plus sévère et souvent le plus démonstratif.Grâce à la bouillie \u201c bismuthée,\u201d les mouvements de la déglutition œsophagienne sont étudiés, les rétrécissements et les spasmes précisés ; la tonicité stomacale, la perméabilité du cardia et du pylore, les dilatations de l\u2019estomac, ses néoplasies, l\u2019activité ou la paresse du tube intestinal, tout cela apparaît, en quelque sorte au commandement, sur l\u2019écran ou la plaque radiographique.Il n\u2019est pas jusqu\u2019aux reins, dont la forme, le volume, le vagabondage, les calculs ne puissent être révélés en confirmation d\u2019un diagnostic clinique parfois simplement indiqué.La rate en seg dilatations, certains calculs biliaires exceptionnels, il est vrai, ceux également de la vessie peuvent devenir justiciables des rayons X.Du domaine médical, passons à la chirurgie.Cette dernière a été, Je crois, et semble encore être la mieux servie.Les fractures, les dislocations, les affections osseuses ou articulaires de tous genres, les corps étrangers, de toute nature ont recu, dès l\u2019abord, des radiographes, une attention de privilégiés.C\u2019est à l\u2019étude de ces diverses affections chirurgicales que ceux-ci se sont.en quelque sorte, rués avec un ensemble et une ténacité dont les résultats ont augmenté la pathologie externe d\u2019une foule de détails excessivement précieux.La radiologie n\u2019a pas toute seule évolué et progressé.L\u2019élec- tro-diagnostic et l\u2019électrothérapeutique ont également bénéficié du 174 PARIZEAU regain et l\u2019entrain des chercheurs.En outre des applications thérapeutiques des rayons X à certaines maladies de la peau, aux néoplasies superficielles et même à certaines formes de néoplasies profondes, la haute fréquence (d\u2019Arsonvalisation, diathermie, etc), ont apporté un soulagement indéniable, voire la guérison aux ar- tério-scléreuse et à certains rhumatisants.Je ne parle que pour mémoire des belles études en électro-dia- gnostic inaugurées, il y a déjà bien longtemps par Duchesne de Boulogne et que des perfectionnements d\u2019instrumentation ont permis de réaliser si élégamment.Bref, en présence de toutes ces réalisations, il est devenu indispensable de faire dans l\u2019enseignement de la médecine, une place convenable à la radiologie et à l\u2019électrologie.Notre Faculté de Médecine de Laval a voulu réaliser la chose dans la mesure de ses moyens.Elle s\u2019est adressée à l\u2019un de ceux qui par ses travaux préparatoires, ses études spéciales, sous des maîtres incontestés, le soin méticuleux de sa technique, enfin son extrême honnêteté scientifique, présente un maximum de qualités rares.J\u2019ai parlé de ses maîtres.Ils sont de la bonne école française.Ils ont nom Bé- clère, Guilleminot, Belot, Huet, Maingot, Jeangras.Ils font partie de cette phalange universelle que l\u2019immortelle découverte de Roentgen a lancée, Dieu sait avec quelle ardeur, vers la perfection scientifique à laquelle se sont entraînés tant de grands esprits de notre époque.Le Dr Panneton, leur élève, radiographe et électrothérapeute de l\u2019hôpital Notre-Dame, membre titulaire de la Société de Radiologie et d\u2019Electrologie de Paris, a été chargé par la Faculté de Médecine de Laval de l\u2019enseignement et de la démonstration de cette branche de la science médicale.Tant au point de vue de la fondation de cette chaire que du choix du professeur, on ne peut que féliciter chaudement notre Faculté francaise de l\u2019excellente initiative qu\u2019elle vient de prendre.T.PARIZEAU.Professeur de Pathologie externe. M.LE DR G.WILFRID DEROME À sa dernière séance, la Société Médicale de Montréal a appris la nouvelle de la nomination de M.le Dr G.Wilf.Derome comme médecin expert à la Morgue de Montréal, et directeur du laboratoire provincial de recherches médico-légales.Désigné a la con- flance du gouverenement, par les suffrages de ses collègues et la recommandation de ses maîtres, M.le Dr G.Wilf.Derome atteint, à un âge peu avancé, un des postes les plus honorables et une des situations les plus responsables qui puisse échoir à un médecin.On peut dire, sans conteste, que nulle faveur ne fut jamais mieux méritée ni établie sur des titres plus solides.M.le Dr G.Wilf.Derome naquit à Napierville, le 19 avril 1877.Il commença ses études classiques au Collège de Montréal et les termina à celui de Joliette, d\u2019où il sortit avec le titre de bachelier ès arts.Il fit ses études médicales à l\u2019Université Laval de Montréal et acquit en 1902, après quatre années de brillantes études, son diplôme de docteur en médecine avec la mention \u201c summa cum laude.\u201d M.le Dr G.Wilf.Derome fut, dans la suite, interne à l\u2019Hôpital Notre-Dame (1902-03); démonstrateur d\u2019histologie a la Faculté de médecine, sous la direction de MM.les Professeurs Marien et Boucher (1903-6-7); directeur du laboratoire de l\u2019Hôpital Notre-Dame (1907).En 1908, M le Dr G.Wilf.Dérome se rendit à Paris et en revint après deux années de travaux dans les laboratoires et à la Morgue, avec le titre de médecin légiste de l'Université de Paris, ayant subi brillamment les épreuves obligatoires du programme de l\u2019Institut de Médecine Légale de l\u2019Université de Paris.Le 5 octobre 1909, M.le Dr G.Wilf.Derome fut nommé agrégé sur présentation de ses titres et chargé du cours de médecine légale.Le 27 janvier 1910, M.le Dr G Wilfrid Derome reçut du gouvernement de la Province, sa nomination comme expert adjoint à la Morgue de Montréal.Depuis, M.le Dr G.Wilf.Derome devint, en novembre 1912, directeur du Laboratoire de l\u2019Institut Bruchési ; en décembre 1913, médecin consultant de l'Hôpital Saint-Jean de Dieu ; en 1912-13-14, secrétaire de la Société Médicale de Montréal ; enfin, comme couronnement durant le présent mois, expert titulaire à la 176 VILLENEUVE Morgue de Montréal et directeur du laboratoire provincial de recherches médico-légales.M.le Dr G.Wilf.Derome est de plus, membre correspondant de la Société de Médecine légale de France.M.le Dr G.Wilf.Derome a maintenant atteint le point culminant de sa carrière.Nous savons qu\u2019il saura lui donner toute l'ampleur que comporte l\u2019importante situation qu\u2019il occupe.TRAVAUX SCIENTIFIQUES 1\u2014 Janvier 1910.Le fonctionnement des expertises médico- légales en France.2 \u2014 Mars 1910.La loi sur les accidents du travail au Canada et le rôle du médecin.| 3 \u2014 Mai 1910.La simulation en médecine légale.4 \u2014 Juin 1910.L\u2019alcoolisme en médecine légale.5 \u2014 Août 1910.La mort est-elle le résultat de la submersion?6 \u2014 Octobre 1910.Période médico-légale de la paralysie générale.\u2014 Février 1911.Le sang en médecine légale.8 \u2014 Juillet 1911.A propos de la dernière pendaison (Chronique.) 9 \u2014 Décembre 1911.Police scientifique et empreintes dig1- tales.10 \u2014 Novembre 1912.Les anormaux psychiques à l\u2019école et le rôle du médecin.11 \u2014 Janvier 1913.Mesure de l\u2019activité rénale : Constante urémique et chlorurémique d\u2019Ambard.G.VILLENEUVE.REFERENDUM Depuis longtemps, je mène, ici et ailleurs, chaque fois que j'en ai l\u2019occasion, le bon combat pour obtenir que le nombre de nos gouverneurs soit réduit à un chiffre convenable.\u2014 Le Collège des Médecins a demandé l\u2019avis de la profession médicale sur ce point par voie d\u2018un referendum.Par un vote de 300 pour et 200 contre, la profession médicale se range à notre avis : diminuons le nombre de nos gouverneurs.\u2014 C\u2019est une belle victoire, et nous en félicitons la profession médicale. NOUVELLES 177 \u2014 Ceux qui ne pensent pas comme nous admettront bientôt que cette mesure est sage et que les médecins en retireront eux- mêmes de grands bénéfices au point de vue scientifique et professionnel.LESAGE.SOCIETES SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 3 Mars 1914.Présidence de M.le Dr À -D.AuBry.PRÉSENTATION DE PIÈCES.M.le Dr Zéphirin Rhéaume produit devant la Société, un instrument qu\u2019il a extrait de l\u2019utérus chez u ne femme enceinte, et qui, de l\u2019aveu de la femme elle-même, y avait été introduit dans le but de provoquer l\u2019avortement.Cet instrument est tout simplement une broche en fer recourbée en crochet à l\u2019une de ses extrémités.M.Rhéaume explique comment cette broche a pu être introduite assez facilement dans le col et pourquoi elle n\u2019a pu en être retirée : c\u2019est que, sous l\u2019effort de la traction, le crochet avait pénétré à travers la lèvre antérieure du col.La malade ne présentant aucun symptôme grave, M.Rhéaume s\u2019est contenté d\u2019enlever l\u2019instrument.M.le Dr Wilfrid Derome demande au rapporteur si cette femme avait déclaré s\u2019être introduit elle-même cet instrument, et il continue en énumérant les conditions qui permettent de contrôler la possibilité ou l\u2019impossibilité de l\u2019introduction d\u2019un instrument quelconque par la femme elle-même.PRÉSENTATION DE MALADES.M.le Dr Hingston présente un petit malade souffrant de myopathie primitive, maladie caractérisée par une atrophie progressive des muscles et dont il existe différents types, basés surtout sur les groupes de muscles.Les premiers atteints: celui d\u2019Erb, de Leyden-Moebius, de Landouzy, Déjérine, etc.L\u2019enfant a environ cinq ans, âge où, généralement apparaît l\u2019affection.Il aurait un petit frère chez lequel la maladie commencerait à apparaître: caractère familial sur lequel insistent tous les auteurs. 178 DEROME Les muscles de la ceinture pelvienne et de la ceinture scapulo- humérale semblent bien avoir été, ici, les premiers touchés ; c\u2019est dans tous les cas, à ces deux niveaux que les mouvements sont le plus difficiles.En discussion, M.le Dr Albert Prévost déclare que la myopathie est ici due à une altération primitive de la fibre musculaire elle-même et non, à une affection de la moëlle comme il arrive dans d\u2019autres atrophies.Il croit que le traitement galvanique appliqué dès le début, peut, sans cependant Jamais amener la guérison de cette maladie, en retarder beaucoup l\u2019évolution.M.le Professeur Villeneuve ne partage pas tout à fait les vues optimistes de son Jeune collègue sur la valeur des traitements jusqu\u2019ici employés ou préconisés; il déclare n\u2019avoir rencontré que quatre cas seulement de myopathie primitive dans sa déjà longue carrière.M.le Dr R.Masson a en mémoire trois cas de ce genre, qu\u2019il nous décrit brièvement et qu\u2019il a observés à l\u2019Hôpital Ste-Justine dans le cours de l\u2019année dernière.Il espère pouvoir les retracer et promet de les présenter, quelque jour, a la Société.LECTURE DE TRAVAUX M.Stephen Langevin.(Ce travail sera publié bientôt.) Extrait hypophisaire (pituitrin) en obstétrique.AVIS DE MOTIONS \u2014 MOTIONS Création d\u2019un laboratoire de médecine légale à la Morgue de Montréal.M.le professeur Villeneuve : Je suis chargé de vous faire une communication; comme il est question de notre digne secrétaire, M.le docteur Derome en est empéché par la modestie de vrai savant qui le caractérise.Je désire vous apprendre que Sir Lomer Gouin, premier ministre et procureur-général a décidé la création d\u2019un laboratoire de médecine légale à la Morgue de Montréal.Or, ces jours derniers, M.le docteur Derome a reçu de Sir Lomer Gouin lui-même, l\u2019assurance de sa nomination comme directeur de ce laboratoire et comme remplacant, à titre de médecin expert, du regretté Dr Dugas.Nous devons nous réjouir de cet heureux événement à plusieurs points de vue.Premièrement, le désir de la profession médicale canadienne-française, exprimé par la voix de son orgune le plus SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL 179 autorisé, c\u2019est-à-dire, la Société Médicale de Montréal, a été exaucé.Deuxièmement, cette nomination est allée au mérite; on s\u2019est occupé uniquement du caractère et des titres scientifiques du récipiendaire; ce qui est un précieux encouragement, le science est définitivement établie à la Morgue.Il n'y a pas longtemps que la science est entrée à la Morgue.Elle s\u2019y est introduite il y a quelque vingt ans avec monsieur le docteur Wyatt Johnston.C\u2019était un savant distingué, rompu à toutes les méthodes de laboratoire et un esprit ingénieux prompt à saisir et à appliquer toutes les nouvelles méthodes.Je fus nommé son adjoint et ensemble, nous avons fait plusieurs travaux originaux que nous avons publiés.Lorsque j\u2019ai été nommé surintendant médical de l\u2019Hôpital Saint-Jean de Dieu, j J'ai compris que les obligations cliniques d\u2019un service aussi vaste ne me permettraient plus de donner aux travaux de laboratoire un temps suffisant et J'ai demandé à être remplacé.Monsieur le docteur Dugas a été nommé.Mon successeur appartenait à la vieille école et ne s\u2019était pas familiarisé avec la micrographie; mais il acquit très vite un sens médico-légal très avisé qui le guida sûrement dans ses expertises.C\u2019était un homme intègre, consciencieux et qui eut toujours pour ses collègues la plus grande considération.Je désire rendre ce témoignage à sa mémoire.Pour M.le docteur De- rome, son passé est plein de promesses pour l\u2019avenir ; l\u2019orientation scientifique de la Morgue se trouve donc assurée.Désigné par les suffrages de ses collègues et la recommandation de ses maîtres, M.le docteur Derome est au début d\u2019une belle carrière ; nous lui souhaitons bonne chance et succès.Il nous reste un devoir, celui d\u2019adresser nos remerciements à Sir Lomer Gouin et à ses honorables collègues du Conseil Exécutif pour cet heureux événement ; les paroles sympathiques prononcées par l\u2019honorable Jérémie Décarie à notre dernier banquet annuel nous en avait fait entrevoir la réalisation.Sir Lomer Gouin a déjà fait beaucoup pour le corps médical, en créant les postes d\u2019inspecteurs sanitaires régionaux.Nous sommes persuadés que Sir Lomer ne s\u2019arrêtera pas en si bonne voie et que nous pouvons nous attendre à d\u2019autres preuves de sa sollicitude pour notre profession.J'ai donc l\u2019honneur de proposer, appuyé par monsieur le docteur Jean Décarie, la motion suivante : Résolu, que la Société médicale a appris avec satisfaction la nouvelle de la création d\u2019un laboratoire de médecine légale à la Morgue de Montréal et la nomination de monsieur le docteur G.Wilfrid Derome comme chef de ce laboratoire.Résolu que des remerciements soient offerts à Sir Lomer Gouin et à ses honorables collègues du Conseil Exécutif.Cette motion est adoptée à l\u2019unanimité. Séance du 17 Mars 1914.Présidence de M.le Dr A.-D.AuBry.PRÉSENTATION DE MALADES M.le Dr J.P.Décarie présente à la Société un petit malade âgé de quelques mois et porteur d\u2019une affection cutanée qu\u2019il hésite à classer parmi les groupes nosologiques connus.La face, les avant-bras et les mains, les jambes, présentent un assez grand nombre de grosses papules dont quelques-unes végé- tantes.Si on les ouvre, on trouve, dit M.Décarie, qu\u2019elles sont constituées par un certain nombre de logettes contenant les unes du pus, les autres, un liquide épais mais clair.Elles guérissent en laissant une légère cicatrice comme ferait la variole.L\u2019éruption apparaît après deux ou trois jours d\u2019une fièvre assez élevée, ce qui semble bien indiquer le caractère infectieux de la maladie.Mais celle-ci ne paraît pas être contagieuse parce que cet enfant vit au contact de sept ou huit de ses jeunes frères et sœurs qui sont bien portants.Le père et la mère sont sains ; aucune histoire d\u2019avortement chez celle-ci, non plus que de spécificité.; Quant au traitement, la pommade au calomel aurait parfaitement réussi dans les quatre cas que le rapporteur a eu l\u2019occasion d'observer.En discussion, M.le Dr Gustave Archambault paraît hésiter entre le rupia syphilitique et le pemphigus et conseille au rapporteur de faire faire une réaction de Wassermann.M.le Dr Alphonse Mercier élimine pour sa part le rupia syphilitique qui est, dit-il, une manifestation tertiaire d\u2019une svphilis très maligne et opine en faveur du pemphigus.LECTURE DE TRAVAUX M.J E.LeSage.haut.) L'IHygiène dans l'éducation.(Voir plus | Le secrétaire, G.Wilfrid DEROME. BIBLIOGRAPHIE Le numéro du 7 mars 1914 de Paris Médical, publié par le professeur Gilbert à la librairie J.-B.Baillière et fils, 19, rue Haute- feuille, à Paris, est entièrement consacré à la Dermatologie.Voice le sommaire : La Dermatologie en 1914, par les Drs Milian et Burnier.\u2014 Nouvelle cure de la gale, par le Dr Ehlers.\u2014 Etiologie et prophylaxie de la lèpre, par le Dr Marchoux.\u2014 L\u2019impétigo et son traitement, par le Dr Bodin.\u2014 Traitement du chancre mou, par le Dr Louis Jullien.\u2014 Sociétés savantes.\u2014 L\u2019enseignement d\u2019Ali- bert, par le Dr Brodier.\u2014 La syphilis de Benvenuto Cellini, par ie prof.A.Gilbert.\u2014J Socrate hérédo-syphilitique, par le Dr Mi- lian.\u2014 La chasse aux ribaudes, par le Dr Roshem.\u2014 Diététique et Formules thérapeutiques.\u2014 Revue de la Presse française et étrangere.\u2014 Revue des Revues mensuelles.\u2014 Revue des Sociétés de province.\u2014 Revue des Sociétés mensuelles.\u2014 Curiosités.\u2014 Nouvelles.\u2014 La vie médicale.\u2014 Cours.\u2014 Thèses.Envoi france de ce numéro de 128 pages in-4 avec figures contre 1 franc en timbres-poste de tous pays, adressés à la librairie Bail- lière et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.L\u2019hystérie et son traitement, par le Docteur Paul SoLLIER, ancien interne des hôpitaux de Paris, médecin du Sanatorium de Boulogne-sur-Seine.Deuxième édition, revue.1 volume in-16 de la Collection médicale, cartonné à l\u2019anglaise, 4 fr.(Librairie Félix Alcan.) Cet ouvrage est le complément clinique et thérapeutique des recherches théoriques et expérimentales de l\u2019auteur publiées antérieurement sous le titre: Genèse et Nature de l\u2019Hystérie.La théorie nouvelle qui en est l\u2019aboutissant, dite \u201c Théorie physiologique,\u201d entraînait comme conséquence pratique une thérapeutique nouvelle.C\u2019est cette thérapeutique qui confirme elle-même la théorie par les résultats qu\u2019elle permet d\u2019obtenir dans les cas où toutes les autres méthodes ont échoué, qui fait l\u2019objet de cet ouvrage.Mais comme ce traitement est basé sur la pathogénie de l\u2019hystérie, l\u2019auteur a commencé par exposer celle-ci, non seulement en proposant sa conception, mais en faisant un examen critique des principales théories en cours sur la nature de l\u2019hystérie.Toute cette partie a été complètement remaniée et mise au point dans cette seconde édition, et l\u2019auteur a précisé encore davantage les indications gnérales et spéciales du traitement des hystériques. 182 UNION MÉDICALE DU CANADA Les praticiens trouveront donc dans ce véritable manuel de l\u2019hystérie, à côté des éclaircissements théoriques nécessaires à la compréhension de ce traitement, la réponse à toutes les questions pratiques que la clinique peut soulever, et que l\u2019expérience consommée et déjà vieille de l\u2019auteur lui permet de résoudre avec une compétence et une autorité spéciales.Formulaire de thérapeutique clinique, par le Dr L.PRON, Membre de la Société de Thérapeutique, avec la collaboration du Dr A.CANTONNET, Ophtalmologiste des Hôpitaux de Parts.Deuxième édition refondue et augmentée: 1 vol.in-16, 544 pages, reliure toile souple, tête dorée (1914); librairie Ma- loine, Paris.Prix: 6 francs.La plupart des formulaires destinés aux médecins conviennent fout aussi bien, et même mieux, aux pharmaciens.Ils sont, en effet, des recueils de formules dérivées d\u2019un médicament donné, ot ils n\u2019ont trait qu\u2019accessoirement à la thérapeutique.Or, c\u2019est précisément de l\u2019inverse qu\u2019a besoin le praticien.Celui-ci a affaire aux malades, et, devant une affection diagnostiquée, il demande à avoir un exposé net et complet des divers moyens à mettre en œuvre.Ce n\u2019est qu\u2019à titre secondaire qu\u2019il désire quelques détails de pharmacologie.Le formulaire du Dr Pron répond entièrement à ce but.Les deux tiers de l\u2019ouvrage sont constitués par des consultations, qui embrassent toute la pathologie médicale et qui contiennent un mallher de formules.A signaler surtout la partie oculistique, traitée de haute main, par le Dr Cantonnet, Ophtalmologiste des Hôpitaux de Paris.La fin est occupée par la pharmacologie, qui ne figurait pas dans la première édition.Toutes les propriétés des médicaments, leur posologie, leurs indications et contre-indications sont nettement exposées.On trouvera là des renseignements sur les médications les plus nouvelles, telles que les antrarts, l\u2019émétine, le fer colloïdal, la poudre d'acomitine, la poudre de strophantine, le néosalvarsan, ete.Avec les chapitres consacrés aux régimes alimentaires, aux analyses diverses : urine, matières fécales, suc gastrique \u2014 aux em- SUPPIL,MRENT 183 poisonnements, aux eaux minérales, aux stations climatiques et à la vaccinothérapie, cette deuxième édition constitue un manuel complet de thérapeutique clinique, qui sera vivement apprécié par les praticiens.SUPPLEMENT A vendre.Une belle petite pharmacie, dans une très bonne localité, où 1l y a un vaste champ pour une clientèle, dans la banlieue de Montréal.Il pourrait en même temps pratiquer et faire de la pharmacie, ce qui est très agréable.Sur demande je fournirai plus d\u2019informations.T.VALIQUETTE, Adm.de l\u2019Union Médicale du Canada.CONGRES DE L\u2019ASSOCIATION INTERNATIONALE DE THALASSO- THERAPIE Réunion de Cannes \u2014 14-20 avril 1914.Questions à l\u2019ordre du jour.Trois questions ne seront pas l\u2019objet de rapports, ce sont : I.Les Myopathies.\u2014 II.Les Ptoses.\u2014 III.Roles des divers agents physiques et plus particulièrement du mouvement dans les Psychastêmies.| Trois autres questions donneront lieu aux rapports suivants : 1° Les agents physiques dans lu Goutte.2° Les agents physt- ques dans les Ankyloses.3° Les agents physiques dans le Lupus vulgarre.4° Une Conférence sur \u201c Les conceptons modernes de l'anatomie pathologique et de l\u2019électrophystiologie des myopathies\u201d sera faite durant le Congrès par M.le Docteur Bourguignon, chef- adjoint du Laboratoire d\u2019Electrothérapie de la Salpêtrière.Parmi les membres actifs du bureau du Comité d\u2019organisation, nous signalons le nom du Dr L.Gagnier, de la rue St-Denis, à Montréal. UNION MÉDICALE DU CANADA LE SUCCES DU MEDECIN J\u2019ai mis ma confiance dans les produits de \u201c Cie Abbott Alco- loïdal,\u201d parce qu\u2019ils ne m\u2019ont jamais trompé.J'ai prescrit une grande quantité de H - M-C, No 1 Utérine et Sédative et Ner- vine Anticonstipation (Abbott), Buckley\u2019s Uterine Tonic Vaginal Antiseptic and Vaginal Suppositories, de fait je prescris exclusivement ces produits.Ces remèdes font le succès du praticien s\u2019il en a les nécessités requises.\u201c Savoir comment?\u201d \u201c savoir quand ?\u201c savoir pourquoi.\u201d A.D.HILTON, M.DAVIS (1) CONSEIL MEDICAL DU CANADA Les prochains examens auront lieu probablement au mois d\u2019octobre.La date en sera fixée à la prochaine réunion du Conseil-le 16 de juin, à Ottawa.On peut obtenir tous les renseignements à ce sujet en s\u2019adressant au Dr R.W.Powell, 180, rue Cooper, Ottawa.PHARMACOLOGIE Pour calmer cette toux: Teinture d\u2019aconit.te Gasanoes Gansaren sncsese0e cecacacnce c gouttes Eau de laurier-C@riS®.re esocesenses sacs cencnonee 50 grammes Sirop de TOlU \u2026\u2026\u2026.\u2026cccuoorsecse-acocsacacosssccsoc0c0-000e 300 \u2014 Puis, au bout de quelques jours, on aura recours aux expectorants, benzoate de soude, chlorhydrate d\u2019ammoniaque.(1) Nons conseillons à nos jeunes étudiants ou confrères d\u2019exiger des \u201c formules\u201d en français ainsi que tous les renseignements dont ils auront besoin, c\u2019est leur droit et leur devoir.La Rédaction."]
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