La tribune, 30 avril 2022, Cahier 3
[" ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + CINÉMA Noémie dit oui VISAGES DE LA PROSTITUTION + PLEIN AIR Alexis Le Randonneur GUIDE DE RANDO 101 ARTS VISUELS Deux biennales à Sherbrooke REGARDS AUTOCHTONES, REGARDS ESTRIENS + COCKTAILS Patrice Plante UN GIN TONIQUE POUR MAI SEMAINE DU 30 AVRIL AU 6 MAI 2022 SÉBASTIEN LACOMBE P H O T O K A T Y A K O N I O U K H O V A REGARDER LA LUMIÈRE SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M2 SHERBROOKE \u2014 Lorsque Ariane Moffatt évoque la période précédant et suivant la sortie en 2002 de son premier album Aquanaute, il y a évidemment toute l\u2019effervescence de ses 20 ans, doublée de l\u2019excitation de nouvelles rencontres musicales et de la diffusion de ses premières chansons au grand public, mais également les bouleversements d\u2019une vie adulte naissante, surtout sur le plan amoureux.Ce sont ces émois qui ont alimenté plusieurs textes de son opus 1.« Maintenant, je suis plus le happy camper, mais j\u2019ai eu des moments de dépression, deux fois plutôt qu\u2019une, à l\u2019adolescence et au début de ma vie d\u2019adulte.Avec le succès d\u2019Aquanaute, j\u2019avais plutôt le réflexe de me sentir imposteure, j\u2019avais du mal à embrasser cette réussite.Ajoute l\u2019extrême intensité de ma vie amoureuse à l\u2019époque.Alors j\u2019ai vraiment mis mes tripes sur la table avec mes premières chansons : le sens de la vie, les impossibilités amoureuses, la souffrance dans ces relations-là. » Aujourd\u2019hui, Ariane Moffatt trouve qu\u2019elle n\u2019a pas vraiment dérogé de la direction donnée par Aquanaute, c\u2019est-à-dire de parler de choses très intimistes, mais souvent sur des musiques énergiques.« J\u2019ai l\u2019impression que tout était déjà là dans mon identité artistique, mais d\u2019une manière hyper-intense, comme on l\u2019est à cet âge-là. » STEVE BERGERON Coupée au montage de l\u2019entrevue du 9 avril 2022.PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE QUAND ÇA BALANCE Michel Legrand Michel Legrand chante et s\u2019accompagne (1964) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?RETAILLE D\u2019ENTREVUE Ariane Moffatt \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI Est-ce pour faire un pied de nez au temps des impôts si l\u2019UNESCO a choisi le 30 avril pour établir, en 2011, la Journée internationale du jazz?Évidemment pas, mais avouez que la coïncidence est très sympathique, soit de fêter le style de musique le plus libre qui soit en pleine frénésie des déclarations de revenus! Bien entendu, cette journée a été instituée d\u2019abord pour promouvoir le jazz comme outil éducatif ainsi que force de paix, d\u2019unité, de dialogue et de coopération.Mais on peut aussi en profiter pour envoyer paître tout ce qui est morne et ennuyeux.Un peu comme l\u2019ont fait des compositeurs français tels Claude Nougaro et Michel Le- grand, qui ont prouvé à tout le monde qu\u2019on pouvait très bien faire du jazz en français.Pourquoi se sentir complexé de traduire swing par balancer?STEVE BERGERON EXPO Forces sensibles Après une année d\u2019essais et d\u2019erreurs, de nouvelles expériences et d\u2019intérêts naissants, 21 finissants et finissantes du Certificat en arts visuels de l\u2019Université de Sherbrooke partagent avec le public peintures, dessins, photographies, vidéos et performances.Chacune de leurs réalisations traduit des aptitudes techniques, pratiques, théoriques et artistiques acquises tout au long de leur formation.Il y est question de la relation à soi, à l\u2019autre, à l\u2019environnement?; de la considération pour le corps, la santé mentale, le bien-être?; de la préoccupation pour nos origines, nos rituels et nos espaces sociaux.Forces sensibles est une coproduction avec le Département des arts, langues et littératures.À la galerie d\u2019art Antoine-Sirois de l\u2019Université de Sherbrooke, jusqu\u2019au 4 juin.STEVE BERGERON PHOTOS LA TRIBUNE, MAXIME PICARD Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Sous le même toit, 2Frères 2 Ginette à ma façon, Guylaine Tanguay 3 Aubades, Jean-Michel Blais 4 Multitude, Stromae 5 Chiac disco, Lisa LeBlanc 6 1969, 1969 Collective 7 Ludmilla, Ingrid Saint-Pierre 8 Gin à l\u2019eau salée, Salebarbes 9 On ira, William Cloutier 9 Où sera le monde, Marc Dupré \u203a NON FRANCOPHONE 1 Moving Pictures, Rush 2 Higher, Michael Bublé 3 Fear of the Dawn, Jack White 4 Unlimited Love, Red Hot Chili Peppers 5 30, Adele 6 Between Illness And Migration, Your Favorite Enemies 7 Standing under Bright Lights, Alex Henry Foster 8 Phœnix, Charlotte Cardin 9 Sour, Olivia Rodrigo 10 So Happy It Hurts, Bryan Adams Geddy Lee, chanteur de Rush.\u2014 PHOTO MATT BECKER, WIKIMEDIA COMMONS laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M3 TÉLÉVISION MARC-ANTOINE CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 La comédienne Josée Deschênes ne manque pas de raisons pour expliquer sa participation à la série Web Géolocali- ser l\u2019amour.La principale s\u2019appelle toutefois Simon Boulerice, pour qui elle a eu un « coup de foudre » professionnel ces dernières années, et dont la « lumière » a tendance à mettre en valeur tous ceux qui travaillent à ses côtés.« Quand il me demande quelque chose, c\u2019est presque oui avant d\u2019avoir lu ! » Cette fois-ci, en plus, elle avait lu d\u2019avance.Le livre sur lequel est appuyée la série, et qui partage le même titre, s\u2019était retrouvé dans sa bibliothèque bien avant qu\u2019on ne l\u2019approche pour incarner la mère de Simon Boulerice à l\u2019écran.Ce dernier tient lui-même le rôle principal dans cette adaptation pour le Web.Qui de mieux pour tenir à bout de bras ce récit, aux penchants d\u2019autofiction, où le personnage de Simon, un homosexuel dans la trentaine, vogue d\u2019application en application, à la recherche de l\u2019âme sœur, se voyant souvent « rabroué, ghosté ».Sa quête l\u2019amène aux quatre coins de Montréal, dans le lit de plusieurs amants, un lit jamais assez grand pour contenir toute sa solitude.Le sujet en est un important et touche plusieurs générations, croit Josée Deschênes, qui a elle-même connu son amoureux sur un site de rencontre, il y a près d\u2019une quinzaine d\u2019années.Cette fois-ci, le thème est abordé « frontale- ment », de façon assez crue, pour dépeindre un juste portrait de la réalité de ces gens dont la moitié reste à trouver.« Parfois, ce sont vraiment des affaires de cul, d\u2019autres fois, c\u2019est blessant.Simon traite de tous ces aspects-là.C\u2019est vraiment touchant aussi.Simon est capable d\u2019aller chercher les deux à la fois.J\u2019aimais ça aussi que la mère ne soit pas en train de le juger.Son fils est ainsi et elle aime ça ainsi.Elle l\u2019aide.C\u2019est une mère vraiment moderne. » PETIT TRAVERS FATIGANT Le personnage est bienveillant, mais il n\u2019a pas la langue dans sa poche.Par amour, cette maman affronte parfois son fils, lui pose les « vraies questions ».Elle peut même être intrusive, admet en riant la comédienne.« Ça pourrait être son petit travers fatigant. » Avec Luc Senay dans le rôle du père, à qui elle était jumelée pour la première fois dans un projet, les trois forment « un beau team », un « noyau familial improbable ».Et il est toujours agréable, pour les comédiens, d\u2019avoir l\u2019auteur à portée de main pour répondre à toutes leurs questions, bien que ledit auteur était très concentré sur sa tâche d\u2019acteur, avec laquelle il est moins familier que celle d\u2019auteur.« Il était content d\u2019être entouré de gens qu\u2019il aime et en qui il a confiance.C\u2019était très l\u2019fun de faire ces scènes mère-fils.Il y avait beaucoup de tendresse, et je pense que ça lui faisait du bien aussi que je sois là avec lui, parce que ça le rassurait comme acteur », note celle qui a apprécié le côté plus « artisanal » d\u2019un projet Web, à travers lequel elle a été ramenée à ses années de création collective à Québec.C e t t e c h i m i e e n t r e J o s é e Deschênes et Simon Boulerice n\u2019avait d\u2019ailleurs rien de forcé.Les deux se sont croisés ici et là ces dernières années, toujours avec bonheur, jusqu\u2019à ce qu\u2019un projet commun (autre que Géolocaliser l\u2019amour et qui pourrait déboucher prochainement) les rapproche davantage durant la pandémie.« On a eu une espèce de coup de foudre ensemble.C\u2019est vraiment quelqu\u2019un qui est dans la lumière et moi, je recherche ces énergies- là dans mes amitiés.Ç\u2019a cliqué très fort.Je trouve que c\u2019est dans sa génération, c\u2019est une tête forte.On va en entendre parler longtemps, il est là pour rester, Simon.Il est implanté là et son talent va se déployer sur toute une génération, sur toute une vie. » Preuve d\u2019un amour réciproque, Simon Boulerice a invité la comédienne à participer à une autre série qu\u2019il a écrite et dont le tournage devrait commencer sous peu.UN PRINTEMPS OCCUPÉ En attendant, Josée Deschênes ne manque pas de boulot.Jusqu\u2019au 7 mai, elle joue dans la pièce intitulée Ceux qui se sont évaporés au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Elle amorcera ensuite le tournage de la quatrième saison de Plan B.« Quelques jours aussi sur le projet de Simon et toutes sortes de belles affaires qui s\u2019en viennent.C\u2019est une belle période, c\u2019est très foisonnant.Après la pandémie, il y a beaucoup de projets qui ont débloqué, beaucoup de tournages en même temps. » La série Web Géolocaliser l\u2019amour, qui comprend 10 épisodes de 10 minutes, sera en ligne dès ce jeudi 5 mai sur Tou.tv extra.Elle est réalisée par Nicolas Legendre-Duplessis et met également en vedette Jocelyn Lebeau.GÉOLOCALISER L\u2019AMOUR L\u2019AMOUR AU TEMPS DES APPLICATIONS C\u2019était la première fois que Josée Deschênes et Luc Senay travaillaient ensemble à l\u2019écran.\u2014 PHOTO ROSALIE BOURGET La comédienne Josée Deschênes incarne la mère de Simon dans la série Web Géolocaliser l\u2019amour, qui sera offerte dès le 5 mai sur Tou.tv Extra.\u2014 PHOTO ROSALIE BOURGET « Quand il me demande quelque chose, c\u2019est presque oui avant d\u2019avoir lu?! » \u2014 Josée Deschênes SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 On connaît tous des gens doués pour le bonheur.Prenez Sébastien Lacombe.Avec tous les coups durs encaissés dans les dernières années, il pourrait facilement se laisser sombrer dans le verre à moitié vide.Ses parents ne sont déjà plus de ce monde.Pendant la pandémie, c\u2019est son frère aîné que le cancer est venu faucher, à seulement 52 ans.Les confinements à répétition et la fermeture des frontières ont coupé les ailes de son album en anglais Fly, qu\u2019il souhaitait faire déborder à l\u2019international et qu\u2019il s\u2019est résigné à lancer quand même en septembre 2020.Et tout ça, c\u2019était peu après avoir vu éclater son couple des vingt précédentes années (ce qui a inspiré l\u2019essentiel de Fly).Pourtant, le Montréalais arrive aujourd\u2019hui avec un opus 6 des plus lumineux, Le chemin des possibles, tourné vers l\u2019espoir, marqué par la foi envers l\u2019être humain et serti d\u2019émerveillement devant une vie qu\u2019il aime toujours, en dépit des coups durs.Ce serait toutefois l\u2019insulter de lui dire qu\u2019il a le bonheur facile.Le regard optimiste que Sébastien Lacombe parvient encore à jeter sur le monde est le fruit d\u2019un patient travail sur soi.« À mon dernier anniversaire, ma blonde [il partage maintenant la vie de la chanteuse Geneviève Toupin] a demandé à mes amis quelle était ma principale qualité.Plusieurs ont répondu la résilience.Quand on regarde mon chemin sur Terre, on voit beaucoup de fatalités et d\u2019obstacles.La mort et les accidents font partie de la vie, mais justement, c\u2019est quand on s\u2019en rend compte qu\u2019on décide de la savourer davantage, qu\u2019on s\u2019aperçoit que de vieillir en santé est un privilège.Avec les années, je suis capable d\u2019apprécier le bonheur quand il passe et j\u2019ai la complainte plus difficile. » « J\u2019essaie donc d\u2019être le plus zen possible, poursuit-il.C\u2019est certain que ce n\u2019est pas toujours facile, mais c\u2019est ce que je tente de partager dans mes chansons (sans pour autant faire la morale) : toujours se battre pour trouver un chemin vers une certaine lumière. » Et, facteur important dans l\u2019équation, il est père de deux garçons, à qui il dédie d\u2019ailleurs la dernière chanson, Avec ma guitare et mon harmonica.Entre la pandémie, la guerre en Ukraine et le réchauffement climatique, Sébastien Lacombe veut leur laisser un message d\u2019espoir.« Ce sont eux qui vont décider de l\u2019avenir dans lequel nous allons vivre, alors s\u2019ils arrivent la tête basse, quel courage va les guider?Leur mission sera probablement de sauver notre monde! Pour moi, l\u2019environnement est le plus grand combat que nous devrons livrer bientôt, mais j\u2019ai quand même confiance en l\u2019intelligence humaine.On entend surtout parler des catastrophes dans les médias, mais il y a encore des gens qui font de belles choses, des scientifiques qui travaillent fort pour régler le sort de la pollution.Bref, j\u2019ai encore beaucoup d\u2019espoir.J\u2019aime mieux regarder la lumière que la noirceur. » PROCHE AIDANT Les chansons du Chemin des possibles ont vu le jour en trois phases.Certaines sont nées dès 2019, notamment lors d\u2019une résidence de création d\u2019une dizaine de jours à la Maison SOCAN à Paris.Est arrivée ensuite la pandémie avec l\u2019annulation des spectacles de l\u2019album Fly et tout ce temps désormais libre pour écrire.Alors que le disque était avancé aux trois quarts, la récidive de cancer de son frangin Stéphane est venue brouiller les cartes.Sébastien s\u2019est même retrouvé principal proche aidant de son frère jusqu\u2019à ses derniers moments, en juin 2021.« Ça a été très intense.Je n\u2019ai pas eu le choix de prendre une pause et de vivre ce que j\u2019avais à vivre.Et comme l\u2019écriture est souvent pour moi un refuge et un exutoire après un grand choc, je n\u2019ai pas eu le choix de finir mon album avec ça.Ça avait du sens, d\u2019une certaine façon, car c\u2019est un disque où il est beaucoup question de deuil, malgré toute la lumière qu\u2019il y a aussi. » Trois chansons sont directement inspirées de ces mois d\u2019accompagnement : Bats-toi encore, Les étoiles et Nous les vivants.La première était une façon, pour Sébastien Lacombe, de « conjurer le mauvais sort et de donner des munitions spirituelles à [son] frère ».La seconde parle des derniers moments de sa vie : « Nous savions qu\u2019il ne restait que quelques jours à son passage sur Terre.J\u2019avais alors envie de me tourner vers les étoiles. » Nous les vivants, écrite dans les SÉBASTIEN LACOMBE APPRÉCIER LE BONHEUR QUAND IL PASSE Le sixième album de Seb Lacombe, Le chemin des possibles, s\u2019est écrit en trois temps: en automne 2019, notamment lors d\u2019une résidence à la Maison SOCAN de Paris, puis pendant la pandémie, et finalement à la suite de la récidive du cancer de son frère aîné.\u2014 PHOTO FRÉDÉRIQUE BÉRUBÉ « J\u2019essaie d\u2019être le plus zen possible.C\u2019est certain que ce n\u2019est pas toujours facile, mais c\u2019est ce que je tente de partager dans mes chansons (sans pour autant faire la morale) : toujours se battre pour trouver un chemin vers une certaine lumière. » \u2014 PHOTO FRÉDÉRIQUE BÉRUBÉ STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M5 SÉBASTIEN LACOMBE APPRÉCIER LE BONHEUR QUAND IL PASSE Sébastien Lacombe lors du lancement des Concerts de la Cité de Sherbrooke en 2017.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Discographie 2005 Comme au cinéma 2008 Impressions humaines 2012 Territoires 2016 Nous serons des milliers 2020 Fly 2022 Le chemin des possibles SHERBROOKE \u2014 La genèse du Chemin des possibles n\u2019a heureusement pas été parsemée que de revers et d\u2019affliction.Il y a eu plusieurs moments mémorables, notamment ce séjour à la Maison SOCAN de Paris, qui lui aura inspiré deux titres : Far West, premier extrait de l\u2019album, et Un murmure dans le décor, coécrite avec Clément NiLem Simounet.« J\u2019étais alors en pleine tournée du spectacle en hommage à Pink Floyd et à The Wall [il y tenait notamment le rôle de Pink], j\u2019avais un horaire totalement débile, mais je tenais à prendre ce temps d\u2019arrêt pour recommencer à écrire et jeter les bases de mes nouvelles chansons.J\u2019y ai aussi rencontré Clément, un auteur-compositeur français avec qui je me suis trouvé beaucoup d\u2019atomes crochus.Il m\u2019a proposé une belle musique pour ma chanson, un blues mandingue qui m\u2019a permis de faire un petit clin d\u2019œil à mes précédents albums [Territoires et Nous serons des milliers, truffés d\u2019influences africaines].C\u2019est sûr que j\u2019ai allumé très vite. » Un murmure dans le décor est née de sa rencontre avec un musicien du métro de Paris.« J\u2019étais dans le train de banlieue, j\u2019arrivais avec mes valises et il est entré.Ce sont souvent des gens très colorés.Évidemment, personne n\u2019écoutait.Moi, je l\u2019ai remarqué, il avait du talent, il jouait bien.et il m\u2019a inspiré cette chanson. » Pour son album, qu\u2019il a coréa- lisé avec Olaf Gundel, Sébastien Lacombe s\u2019est aussi offert, pour la première fois, des arrangements de cordes.« Avant de commencer à enregistrer, je pense toujours à des directions sonores.Michael Kiwanuka, un artiste que j\u2019adore, et Bleu pétrole de Bashung sont sortis.Pour la première fois, j\u2019entendais du violon dans une de mes chansons.J\u2019ai aussi poursuivi mon trip vocal amorcé sur Fly, en ajoutant un petit côté gospel que j\u2019adore.Avec Olaf, qui avait de très bonnes idées d\u2019arrangements de voix, et la collaboration de ma blonde Geneviève, j\u2019étais super bien entouré pour ça. » FAIRE VOLER FLY Sébastien Lacombe compte partir en tournée dès la fin de l\u2019été avec ses nouvelles chansons, mais aussi quelques-unes de Fly, qu\u2019il espère enfin apporter sur la scène.Cela dit, il n\u2019a pas encore lancé totalement la serviette pour faire rayonner son album en anglais.« Je ne crois pas qu\u2019il soit mort encore.Il est sur la glace.C\u2019est moi qui suis rendu ailleurs, parce qu\u2019on ne cesse jamais d\u2019avancer en tant qu\u2019artiste.Je n\u2019ai aucun regret d\u2019avoir lancé Fly, je sentais que je devais le faire de toute façon.Et je suis loin d\u2019être le seul à avoir vécu ça. » Artiste polyvalent, narrateur et comédien à ses heures \u2014 gageons que vous ne l\u2019aviez pas reconnu en sasquatch dans la pub de Toyota en 2017 \u2014, Sébastien Lacombe sera chanteur dans Perles, plus récente production de PPS Danse (Danse Lhasa Dance), qui doit également partir en tournée l\u2019automne prochain.Il s\u2019agit d\u2019un spectacle autour de la chanson québécoise, dont Pierre-Paul Savoie a eu le temps de lancer l\u2019idée avant son décès l\u2019an dernier.Six chorégraphes mettront en scène autant de danseurs, trois musiciens et quatre chanteurs : Bïa, Roxane Filion, JP Loignon et Sébastien.« Mais, non, je ne danserai pas.Je ne suis pas particulièrement reconnu pour ma grâce », commente-t-il dans un rire.STEVE BERGERON L\u2019ENVERS DES REVERS SÉBASTIEN LACOMBE Le chemin des possibles FOLK FRANCO L-a Be Vous voulez y aller?Sébastien Lacombe Samedi 7 mai, 20 h BEAM, Saint-Adrien Entrée : 25 $ jours suivant le décès, est la plus rayonnante des trois : le chanteur a justement souhaité faire ressortir toute la beauté des humains qui continuent d\u2019avancer malgré l\u2019adversité, une marche qui peut avoir comme moteur la mémoire de tous ceux qui ont vécu.Sébastien Lacombe a mis, en quelque sorte, le point final en réécrivant complètement Tout est parfait, alors qu\u2019elle était une des premières à avoir vu le jour.C\u2019est d\u2019ailleurs d\u2019elle que vient le titre de l\u2019album.« C\u2019est une chanson centrale du disque, qui parle de nos trajectoires, des épreuves qui les accompagnent et de notre vie que nous construisons étape par étape afin d\u2019établir tant bien que mal notre propre petit paradis sur terre. » SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M6 LIVRES DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Plonger.C\u2019est ce que fait l\u2019adolescente aux contours flous qui apparaît sur la couverture de Musique, de Stéfanie Tremblay.Cheveux soulevés par le déplacement de l\u2019air, elle va s\u2019enfoncer dans ce récit poétique, celui d\u2019une Jonquiéroise attirée très tôt par la scène punk.Le verbe plonger s\u2019applique tout aussi bien à cet engouement qui, à vrai dire, ne s\u2019est jamais attiédi chez Stéfanie Tremblay.Si le désir de se laisser avaler, malaxer, brasser dans un mosh pit est devenu moins pressant au fil des ans, l\u2019autrice continue d\u2019enrichir sa collection de vinyles et de cassettes aux accents punk, tout en suivant le destin de ses anciens héros.Ceux, à tout le moins, qui sont toujours de ce monde.« J\u2019aime particulièrement le punk français, des groupes comme Les Wampas, La Souris Déglinguée, les Garçons Bouchers, Bérurier Noir et Parabellum.Je trouve que dans leurs textes, il y avait une belle poésie, une cert a i n e r i g u e u r dans la forme. » Plus près physiquement, il y avait les music i e n s q u i a n i - maient la scène locale au tournant du millénaire.Eux et les adolescents qui dansaient sur leurs compositions formaient une communauté tissée serrée.Entrer dans cette constellation n\u2019était pas simple, cependant.Surtout pour une fille qui ne jouait d\u2019aucun instrument et qui n\u2019avait pas l\u2019âme d\u2019une chanteuse.« Dans le livre, je décris ma première expérience de mosh pit, à l\u2019occasion du festival Polliwog.J\u2019avais trouvé ça stressant, mais ça fait partie de l\u2019expérience d\u2019un concert, même si ce n\u2019est pas toujours sécuritaire, reconnaît l\u2019autrice.J\u2019en ai mangé, des coups de poing. » NAISSANCE D\u2019UNE VOCATION Une autre stratégie pour « faire partie de la gang » fut de prendre des photos pendant et après les spectacles.Comme ça se passait dans l\u2019ancien temps, celui de la pellicule qu\u2019on faisait développer à la pharmacie, l\u2019adolescente montrait ses images deux ou trois semaines plus tard.« Tout le monde voulait les voir », se souvient Stéfa- nie Tremblay.Ce qu\u2019elle ne pouvait anticiper, c\u2019est que ce hobby déterminerait son choix de carrière, centré sur les arts visuels.C\u2019est d\u2019ailleurs une exposition présentée à Québec qui a donné naissance au texte que la Peuplade vient de publier.Il accompagnait une sélection de 200 photographies tirées de sa collection punk, qui en comprend 2000.« Ce que j\u2019ai trouvé tripant, c\u2019est le travail réalisé avec les collègues de la maison d\u2019édition.On a enlevé des trucs.J\u2019en ai rajouté.On a aussi regroupé des photos dans des pages roses, comme celles des fanzines que vendait le poète Frank Laliberté, se remémore Stéfanie Tremblay.La première fois que j\u2019en ai acheté un, c\u2019était à un concert de WD-40.Ça avait été une révélation.Après, moi aussi, j\u2019en ai fait. » D\u2019AMOUR ET D\u2019AMITIÉ Dans Musique, il y a quelque chose de ce côté lousse, spontané, des fanzines.On y trouve des textes épousant la forme de récits et d\u2019autres, très courts, tenant parfois à l\u2019intérieur d\u2019une phrase.La langue est crue, bien sûr, mais ce serait une erreur de se laisser obnubiler par le versant glauque de la mouvance punk.« Mon livre est triste à 10 pour cent seulement.À la base, c\u2019est un livre d\u2019amour et d\u2019amitié.L\u2019amour des autres et de la musique.L\u2019amour adolescent qui prend toute la place.Il n\u2019y a rien de laid, là-dedans.Juste de la beauté et de la poésie », assure Stéfanie Tremblay, qui se dit excitée à l\u2019idée d\u2019être publiée par une maison d\u2019édition reconnue.C\u2019était son plus grand rêve et comme il lui reste plein d\u2019expériences à évoquer, Musique pourrait devenir le point d\u2019ancrage d\u2019une trilogie.Couvrant les années 2005 à 2012, son deuxième récit poétique sera prêt à la fin de 2023.Il s\u2019appellera Drogue et pourrait être jumelé à un album de chansons originales.« Quand j\u2019aurai fini le troisième livre, je serai enfin une adulte », lance l\u2019autrice en souriant.MUSIQUE DE STÉFANIE TREMBLAY L\u2019ADOLESCENCE PUNK Récit poétique centré sur la scène punk, Musique témoigne de l\u2019attachement de Stéfanie Tremblay envers cette communauté où elle a su trouver sa place.\u2014 PHOTO LE PROGRÈS, JEANNOT LÉVESQUE Avant Musique, il y a eu les chansons du groupe français Les Wampas, chères au cœur de Stéfanie Tremblay, ainsi que le livre Sels de bain où, déjà, la scène punk montrait le bout de son nez.\u2014 PHOTO LE PROGRÈS, JEANNOT LÉVESQUE SAGUENAY \u2014 Quand elle s\u2019est initiée à la musique punk, Stéfanie Tremblay était trop jeune pour prendre conscience de la dimension politique du mouvement.Le ressentiment qu\u2019affichaient les jeunes issus des classes laborieuses, pour qui l\u2019avenir semblait irrémédiablement bouché, l\u2019adolescente n\u2019était pas outillée pour le comprendre.« Je trouvais ça beau, un écorché qui s\u2019exprimait de cette façon.Un musicien ou un membre du public.J\u2019étais impressionnée.Je voulais être ça, mais la réalité dans laquelle je vivais était différente, sou- ligne-t-elle.Je venais d\u2019un milieu à l\u2019aise, sans être riche.Quand on rentrait chez nous, il y avait de la soupe faite par ma mère.On était aimés, ce qui n\u2019était pas le cas de tout le monde. » Dans le livre Musique, l\u2019autrice revient plusieurs fois sur le rôle des mères, en lien avec la scène punk.Elles étaient nombreuses à montrer plus que de la tolérance, une véritable ouverture face aux choix effectués par leurs enfants.« Dans le punk, la figure de la mère était importante, très présente », confirme Stéfanie Tremblay.Quand des jeunes assistaient aux pratiques des groupes locaux, par exemple, il n\u2019était pas rare que la mère de l\u2019un des musiciens vienne offrir des croustilles.Quant aux lieux où se vivait la musique, ils ne se trouvaient pas toujours où on les imaginerait.Les pratiques se déroulaient fréquemment dans les parcs industriels, là où on pouvait libérer des tonnes de décibels sans déranger personne.C\u2019est là que les musiciens et leur entourage passaient le plus clair de leurs fins de semaine.« En ce qui touche les spectacles, ça se passait beaucoup dans les salles communautaires et les sous-sols d\u2019église.J\u2019ai fonctionné comme ça de 13 à 30 ans, soit jusqu\u2019au moment où les musiciens ont commencé à avoir des enfants », relate Sté- fanie Tremblay d\u2019un ton amusé.DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN LES MÈRES, FIGURES PUNK MÉCONNUES « Mon livre est triste à 10?pour cent seulement.À la base, c\u2019est un livre d\u2019amour et d\u2019amitié.L\u2019amour des autres et de la musique.L\u2019amour adolescent qui prend toute la place.Il n\u2019y a rien de laid, là-dedans.Juste de la beauté et de la poésie. » \u2014 Stéfanie Tremblay laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M7 MUSIQUE VALÉRIE MARCOUX Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le ciel est gris et la pluie menace de tomber à tout moment quand le photographe arrive au domicile de Jordane sur l\u2019île d\u2019Orléans.L\u2019artiste qui s\u2019est fait connaître à La voix est satisfaite du décor.Il évoque bien la puissance de la nature qu\u2019elle associe à celle des femmes dans son nouvel album, Reine de papier.Originaire des Escoumins, Jordane y réside depuis un an.« La proximité du fleuve est quelque chose qui me man- q ua i t b eau c ou p d epu i s q u e j\u2019habitais à Québec », admet l\u2019autrice-compositrice-interprète.En plus d\u2019être entouré par les eaux du Saint-Laurent, son nouveau domicile lui permet d\u2019être plus autosuffisante par rapport à son alimentation.« On s\u2019est lancé à fond dans ce projet.On fait pousser des légumes, des champignons, on élève des animaux.C\u2019est une belle place pour faire ça », affirme l\u2019artiste, qui partage l\u2019aventure avec son copain et sa belle-famille.Jordane a toujours été sensible à la force et à la fragilité de la nature.Son nouvel opus est d\u2019ailleurs rempli de références à celle-ci.Elle évoque la puissance des volcans, du vent et de la montagne pour déclencher une tempête d\u2019émotions.Au cœur de cet ouragan, la chanteuse aborde avec vulnérabilité des thèmes et des enjeux notamment féminins, dont plusieurs en lien avec le corps.« Le fait que la nature soit si forte et en même temps fragile, il y a quelque chose pour moi qui est très proche de la féminité », explique-t-elle.C\u2019est d\u2019ailleurs cette dualité qu\u2019elle avait en tête en intitulant son deuxième album Reine de papier.Ce titre évoque également que Jordane était la seule aux commandes de son projet.« Non seulement pour la création, mais aussi la production.C\u2019est un autre pas pour moi dans l\u2019industrie de la musique », précise-t-elle fièrement.Souveraine, elle a choisi de s\u2019entourer d\u2019une équipe hautement féminisée.Selon son expérience, il est plus commun d\u2019être la seule femme dans un groupe de musiciens que l\u2019inverse.En travaillant avec Éléonore Pitre (guitares acoustique et électrique), Béatrix Méthé (chœurs), Camille Gélinas (piano, synthétiseurs) et Fabienne Gilbert (basse électrique, basse Moog), l\u2019artiste agit concrètement pour renverser cette tendance et encourager la solidarité féminine.« On est toutes, un peu, des minorités qui se retrouvent.Toutes ces femmes ont vécu énormément de situations où elles étaient la seule femme à jouer avec une gang de gars.Il y a quelque chose qui est bien agréable dans le fait de se reconnaître et de se retrouver », souligne Jordane.L\u2019autrice-compositrice-interprète a également invité Caroline Savoie à chanter avec elle dans sa Forêt vierge.Il s\u2019agit de la première collaboration sur un de ses disques.UNE REINE EN SON ROYAUME Pour l\u2019enregistrement, Jordane a convié tous ses complices chez elle, sur l\u2019île d\u2019Orléans, dans son salon transformé en studio pour dix jours.« Il y avait des fils partout, c\u2019était vraiment intense, mais très l\u2019fun », raconte-t-elle.En son royaume, l\u2019artiste s\u2019est sentie assez à l\u2019aise et libre pour donner vie à ses textes aux allures de confidences.« Ça apporte quelque chose de différent d\u2019avoir autant de femmes dans le processus.C\u2019est un cercle dans lequel je me sens super bien », affirme la chanteuse.C\u2019est également dans ce lieu qu\u2019elle a réapprivoisé le piano sur lequel elle a composé les mélodies de ses onze nouvelles chansons.« J\u2019en jouais un peu quand j\u2019étais très petite, mais je n\u2019avais jamais peaufiné mon apprentissage jusqu\u2019à cette année », explique-t-elle.Il en découle un style moins folk, qu\u2019on pourrait plutôt qualifier d\u2019indie pop.« Avant, les compositions ne se faisaient pas nécessairement au piano et je pense que, quand la composition part de la guitare, le son est plus folk », observe-t-elle.Cette tendance culmine à la fin de l\u2019album avec Appels manqués.« Elle est vraiment pop! Honnêtement, c\u2019est la plus l\u2019fun à jouer », indique celle qui prépare présentement son spectacle de lancement qui aura lieu le 4 mai au Grand Théâtre de Québec.« C\u2019est vraiment le réalisateur Colin Savoie-Levac qui a proposé une version quasiment funk- disco.Je suis directement tombée en amour avec sa version.Il a beaucoup accéléré le tempo et ça amène complètement une autre interprétation », ajoute Jordane, qui a hâte de monter sur scène pour partager une musique plus à son image que jamais.Jordane a toujours été sensible à la force et à la fragilité de la nature.Son nouvel opus est d\u2019ailleurs rempli de références à celle-ci.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, PATRICE LAROCHE JORDANE Reine de papier POP-FOLK FRANCO Jordane Labrie JORDANE Puissance et vulnérabilité 0095465 vieuxclocher.com 819.847.0470 La culture pour nous rassembler et pour vivre de grands moments avec les artistes de chez nous ! Bienvenue! On est là pour vous.Simon DeliSle DIM.22 MAI JonAS TomAlTY VEN.6 MAI mArTin PeTiT VEN.20 Et SAM.21 MAI GuillAume PineAulT VEN.27 \u2013 SAM.28 MAI 2 FrÈreS SAM.30 AVRIL louiS-JeAnCormier SAM.4 juIN BillY Tellier VEN.3 juIN Alex roY VEND.10 juIN Ce Soir SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M8 ARTS VISUELS SHERBROOKE \u2014 Pour sa 10e édition, le Salon du printemps des artistes des Cantons-de- l\u2019Est (SPACE) fait peau neuve et devient la Biennale des artistes des Cantons-de-l\u2019Est, en plus de se prolonger pendant l\u2019été.Sur deux plages horaires consécutives, l\u2019exposition Le temps à l\u2019œuvre présentera, au Musée des beaux- arts de Sherbrooke, le travail de onze artistes de la région aux pratiques et parcours variés.« Cette nouvelle formule en deux temps nous permet de laisser plus d\u2019espace à chacun des artistes.Cette année, on a aussi imposé un thème, soit le temps », explique la conservatrice du MBAS et commissaire de l\u2019exposition, Frédérique Renaud.Du 28 avril au 26 juin, Johanne Bilodeau, Alexi-Martin Courte- manche, Francesca Penserini, Yvon Proulx, Lysanne Picard et Isabelle Renaud offriront leur vision respective sur la notion du temps : le temps de création, d\u2019exposition ou de conservation, la volonté de l\u2019immortaliser, de le ralentir ou de le revisiter.« Aussi, nous avons associé le travail de chacun des artistes à une œuvre de la collection permanente du musée.C\u2019est un clin d\u2019œil au passé pour démontrer que l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui est lié à l\u2019art du passé et à l\u2019art de demain », ajoute Mme Renaud, qui précise qu\u2019il s\u2019agit, pour tous les artistes sélectionnés cette année, d\u2019une première participation à cet évènement.Tout d\u2019abord, Johanne Bilodeau invite le visiteur dans une installation immersive qui représente la chambre-atelier.« Elle a créé un lieu intime, un peu fantastique, qui représente le temps de création.Normalement le visiteur n\u2019a pas accès à cet espace, c\u2019est un lieu secret.Johanne a peint sur les murs et présente de petits objets du quotidien, mais souvent de façon incongrue.Beaucoup d\u2019objets, comme la table découpée de motifs, sont inutilisables », note Frédérique Renaud, qui souligne chez l\u2019artiste le souci du détail et la répétition de certains motifs, ce qui peut représenter la répétition des jours.Dans le travail d\u2019Isabelle Renaud, les cycles du corps s\u2019accordent aux cycles de la nature et se mélangent.« Elle utilise plusieurs techniques différentes et s\u2019intéresse aux liens entre la nature et l\u2019humain.Par exemple, les nervures des feuilles d\u2019arbres sont représentées par des veines humaines.Dans une autre série, Isabelle s\u2019intéresse au cycle de la lune », mentionne la commissaire.Alexi-Martin Courtemanche se consacre à la peinture figurative, qui a plusieurs siècles d\u2019histoire.« Il peint principalement des paysages.Il s\u2019inscrit dans une tradition.Il utilise notamment la technique du sfumato, le flou atmosphérique dont parlait Léonard de Vinci.Ce qui est intéressant avec son travail, c\u2019est qu\u2019il brouille les frontières du temps, autant par sa technique que par ses encadrements qui jouent entre le moderne et l\u2019antique », explique Frédérique Renaud, ajoutant que les œuvres de cet artiste ont été jumelées avec une œuvre de Frederick Simpson Coburn.L\u2019EXPRESSION EST DANS LES DÉTAILS Lysanne Picard dessine, sur de grands formats, des espaces imaginaires qui représentent ses cauchemars d\u2019enfance, comme une manière pour l\u2019adulte d\u2019exorciser les monstres du passé.« Pourtant les œuvres ne sont pas sombres, elles sont très colorées, faites aux crayons de bois.Il y a beaucoup de petits détails dans lesquels on peut se perdre ou lire ce qu\u2019on veut.C\u2019est très riche », note la commissaire, précisant que l\u2019univers de Lysanne Picard a été jumelé à celui d\u2019Alfred Pellan et MÉLANIE NOËL melanie.noel@latribune.qc.ca 2 3 1 10E BIENNALE DES ARTISTES DES CANTONS-DE-L\u2019EST SIX REGARDS SUR LE TEMPS laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M9 ARTS VISUELS qu\u2019ils ont en commun un aspect fantasmagorique et coloré.L e s œ uv re s d\u2019 Yv o n P ro u l x gardent les traces du temps qui passe, mais aussi les traces du geste.« Il est principalement sculpteur et je trouve que ça paraît dans les pièces en 2D qu\u2019il présente au musée.Il a un souci de la forme et du relief qui est vraiment intéressant », résume la conservatrice.Finalement, avec le dessin, Francesca Penserini s\u2019attarde aux détails de motifs intemporels qu\u2019elle transcrit sur papier.« Elle est vraiment une dessinatrice traditionnelle qui met le dessin et le dessein de l\u2019avant dans son œuvre.Elle a sa série de tables lumineuses qui rappellent un peu les tables d\u2019architectes.Le fait de présenter des dessins de filage ou de nœuds dans des installations 3D fait écho au travail d\u2019Yvon, qui a parcouru le chemin inverse, c\u2019est-à-dire passer de la 3D à la 2D.Puis, il y a la série Linceuls qui traite de la mort et qui est exécutée avec une technique qui s\u2019approche de celle utilisée lors de la Renaissance italienne », résume la conservatrice.CINQ AUTRES ARTISTES Du 14 juillet au 11 septembre, ce seront les artistes Brigitte Dahan, Jacques Desruisseaux, Nadia Loria Legris, Amélie Pomerleau et Myriam Yates qui seront en vedette.« Nous exposons également une œuvre de chacun des onze artistes qui participent à la Biennale des artistes des Cantons-de-l\u2019Est dans le nouvel Espace Dialogue, l\u2019ancienne 1 L\u2019artiste Johanne Bilodeau invite le visiteur dans une installation immersive qui représente la chambre-atelier.L\u2019espace très intime est meublé de motifs, de détails, de répétitions et d\u2019objets utilitaires modifiés et embellis qui, finalement, deviennent inutilisables.\u2014 PHOTOS LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU 2 Lysanne Picard dessine, en grands formats, des espaces imaginaires qui représentent ses cauchemars d\u2019enfance, des oeuvres pourtant très colorées avec plein de petits détails laissant place à l\u2019interprétation du visiteur.3 En avant-plan, les dessins de l\u2019artiste Francesca Penserini, qui représentent des linceuls funéraires.Et à l\u2019arrière-plan, des paysages d\u2019Alexi-Martin Courte- manche, qui se consacre à la peinture figurative.4 Dans la série Motifs en fils, la trame du tissage est la piste d\u2019exploration de l\u2019artiste Yvon Proulx.L\u2019armure, soit la structure de tissage qui consolide la pièce, est retirée une fois le trempage terminé.Le médium pictural fige alors la composition qui autrement se serait déformée.5 L\u2019artiste multidisciplinaire Isabelle Renaud s\u2019intéresse notamment aux ressemblances entre le corps humain et la nature.Par exemple, dans cette série, elle se sert de l\u2019art pour interchanger les nervures des feuilles et des veines humaines.NOTRE VIDÉO DISPONIBLE SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA boutique du musée.Les œuvres de l\u2019Espace Dialogue sont mises en vente, ce qui nous permet de soutenir un peu plus les artistes de la cohorte de cette année », ajoute Frédérique Renaud.5 4 SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M10 ARTS VISUELS MÉLANIE NOËL melanie.noel@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS) présente l\u2019exposition Land Back jusqu\u2019au 26 juin à l\u2019occasion de la 6e Biennale d\u2019art contemporain autochtone (BACA).Les sculptures et photographies présentées dans la salle principale du musée ouvrent une fenêtre sur la beauté et l\u2019enchantement du Grand Nord tout en proposant une réflexion sur ses enjeux passés comme actuels.« La BACA est une façon de laisser les communautés artistiques autochtones mettre elles-mêmes en valeur leur travail plutôt que d\u2019avoir un discours qui serait institutionnalisé.C\u2019est tout un courant en muséologie en ce moment », explique la conser vatrice du MBAS, Frédérique Renaud, ajoutant que la BACA est présentée dans sept lieux cette année et que le MBAS est le seul à l\u2019extérieur de Montréal et Québec.L\u2019exposition de la BACA au MBAS compte des œuvres offrant une perspective nordique, avec la participation d\u2019une vingtaine d\u2019artistes autochtones qui proviennent du Grand Nord ou y travaillent.« Les communautés autochtones ont toujours un lien très puissant avec la nature, autant en matière de mythes, de croyances, de légendes et de mode de vie.Le territoire et sa réappropriation sont au centre de l\u2019exposition et le fait que le Grand Nord soit une des régions très affectées par les changements climatiques est très bien souligné », explique Mme Renaud.Par exemple, les photos de l\u2019artiste Camille Seaman dénoncent l\u2019effet du réchauffement de la planète sur les glaciers.Seaman considère « les images d\u2019icebergs comme des portraits d\u2019individus ».« Elle applique des stratégies de portrait pour saisir l\u2019évolution de l\u2019environnement naturel.Les photos de glaciers à la dérive sont à la fois mélancoliques, majestueuses et dramatiques.Elles portent un regard critique sur la situation.Son travail fusionne les domaines de la science et de l\u2019art », souligne la conservatrice.Camille Seaman est née en 1969 d\u2019un père amérindien de la tribu Shinnecock et d\u2019une mère afro- américaine.Ses photographies ont été publiées dans National Geographic Magazine, Italian Geo, German GEO, TIME, The New York Times, etc.Devant les portraits des glaciers trône la sculpture d\u2019un ours polaire.« C\u2019est intéressant, parce que les ours polaires sont une des espèces animales les plus touchées par le réchauffement climatique.Ils doivent tranquillement descendre vers le sud, car les glaciers fondent et leur territoire habitable disparait », ajoute-t-elle.Les sculptures en stéatite présentées dans Land Back sont un prêt de l\u2019organisme La Guilde, voué à la conservation et la diffusion de l\u2019art inuit.Quatre autres sculptures exposées font partie de la collection permanente du MBAS.ARTISTES INSPIRÉS DU PASSÉ ET DE L\u2019ACTUALITÉ Le mouvement Land Back vise à obtenir la gouvernance et le contrôle des terres ancestrales.Cet appel à l\u2019action dirigé par les autochtones a gagné du terrain ces dernières années avec l\u2019accumulation d\u2019événements relevant autant du passé que de l\u2019actualité : la Commission de vérité et réconciliation, l\u2019Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées, les manifestations canadiennes sur les pipelines et les chemins de fer de 2020, le 30e anniversaire de la crise d\u2019Oka, les avis d\u2019ébullition d\u2019eau potable toujours en cours et la pénurie de logements dans les communautés, la découverte des tombes anonymes des pensionnats canadiens et le déboulonnage des statues de John A.Macdonald à travers le pays.L\u2019artiste inuit du Nunatsiavut au Labrador Barry Pottle présente, pour sa part, une série photographique sur les médaillons d\u2019identification esquimaude, un système mis au point par le gouvernement du Canada dans les années 1940 comme un moyen d\u2019identifier les Inuits.D\u2019après la compréhension de l\u2019artiste, les Inuits de l\u2019est et de l\u2019ouest de l\u2019Arctique recevaient traditionnellement un nom (nommé d\u2019après un ancêtre), ce qui a semé la confusion chez les représentants du gouvernement.Les Inuits devaient mémoriser leur numéro d\u2019identification.« Les médaillons pour les Eskimos ont une ressemblance avec les médaillons pour animaux.Chacun devait avoir ce médaillon sur lui en tout temps et devait le présenter au besoin.Par exemple, on voit, ici, le médaillon de monsieur E61445.Cette série, presque documentaire, nous permet de réfléchir à la manière dont les Inuits ont été traités », relate Mme Renaud, notant le contraste avec certaines scènes de leur vie quotidienne traditionnelle représentées par certaines sculptures.La vingtaine d\u2019artistes autochtones exposés au MBAS sont Levi Amidlak, Makusi Q.Angutigirk, Shuvigar Eelee, Elijassiapik, Too- taluk Etchuk, Maureen Gruben, Tutuyea Ikidluak, Nuveeya Ipel- lie, Mattuisi Iyaituk, Olajuk Kigu- tikardjuk, Ooloopie Killiktee, Jkai Lucassi, Barry Pottle, Niap (Nancy Saunders), Camille Seaman, Lizzie Sheeg, Katherine Takpannie, Eva Aliktiluk Talooki, Therese P.Tugumiar.En plus du MBAS, la BACA est présentée à La Guilde, la galerie Art Mûr, la Galerie d\u2019art Stewart Hall, le Musée McCord, la Maison de la culture de Verdun \u2013 Quai 5160 et la Maison des Jésuites de Sillery.6E BIENNALE D\u2019ART CONTEMPORAIN AUTOCHTONE ENTRE MÉMOIRE ET DÉNONCIATION Des sculptures en pierre de savon représentant le mode de vie inuit sont exposées devant la série photographique sur les médaillons d\u2019identification esquimaude de l\u2019artiste inuit du Nunatsiavut au Labrador Barry Pottle.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Devant les portraits de glaciers à la dérive de l\u2019artiste Camille Seaman, la sculpture d\u2019un ours polaire, une des principales espèces touchées par le réchauffement climatique.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M11 TÉLÉVISION Diversité à la télé : un atout, pas un obstacle L a télé s\u2019ouvre à la diversité sous nos yeux.Lentement mais sûrement.Pas toujours habilement, mais au moins, on avance.C\u2019est l\u2019un des sujets qui animent l\u2019industrie de la télévision en ce moment : on en a fait l\u2019objet d\u2019une table ronde au congrès annuel de l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM), animée mercredi par Yolande James.En juin dernier, l\u2019ancienne ministre libérale a été nommée directrice générale de la diversité et de l\u2019inclusion à Radio-Canada.Après deux ans d\u2019interruption, le congrès particulièrement couru cette année a lieu les 27 et 28 avril au Hilton Lac-Leamy à Gatineau, avec comme grand thème Repenser l\u2019avenir.Freinée dans son élan par la pandémie, l\u2019industrie de la télévision cherche désespérément des moyens de retenir le public de plus en plus volatil, envoûté par le chant des sirènes des services de vidéo en ligne.Intéresser toutes les couches de la population dans toute sa diversité en la reflétant fidèlement à l\u2019écran est l\u2019un des moyens d\u2019y parvenir.Savoir s\u2019y prendre est un art.Il n\u2019y a rien de moins subtil que de voir soudainement surgir un tas de personnages secondaires issus de la diversité dans une série de manière artificielle.Comme si un producteur ou un diffuseur venait de se réveiller à la dernière minute avec l\u2019intention de remplir un mandat.De cocher des cases.« Le public n\u2019est pas dupe », affirme la directrice du développement et productrice Sarah Chate- lain, participante à la table ronde.Dans bien des cas, « l\u2019inclusion est arrivée à l\u2019étape Y du projet alors qu\u2019on aurait dû y penser dès le début, à la création », insiste-t-elle.Le réflexe n\u2019est pas encore naturel.Entre autres parce que l\u2019industrie est encore monochrome.DIVERSITÉ DERRIÈRE ET DEVANT LA CAMÉRA « Quand on se regarde entre nous aujourd\u2019hui, on ne peut pas dire qu\u2019on est un modèle en terme de diversité », poursuit Sarah Chatelain, en ciblant sa propre industrie.Car la diversité n\u2019est pas nécessaire que devant la lentille : elle l\u2019est aussi derrière.« Quand on dit qu\u2019on veut être le reflet de la société, c\u2019est dans ce qu\u2019on voit à l\u2019écran, mais aussi dans tout ce qu\u2019on fait, de la réceptionniste à la présidente », m\u2019a expliqué Yolande James, parlant précisément du diffuseur public.De son côté, Sarah Chatelain réclame notamment plus de moyens pour dénicher les perles rares, multiplier les stages sur les plateaux.Leur faire de la place, quoi.D\u2019origine haïtienne, Anderson Jean, qui avait somme toute peu d\u2019expérience comme scénariste et réalisateur, a eu l\u2019occasion de faire partie de l\u2019équipe d\u2019auteurs de la série jeunesse Le pacte, produite chez KOTV et actuellement diffusée à Télé-Québec.Et non, on ne l\u2019a pas engagé uniquement pour refléter la diversité dans le scénario, mais parce qu\u2019il est un auteur compétent, point.Anderson Jean, qui est le fils du comédien Fayolle Jean et le frère de Fayolle Jean jr, aussi acteur, se dit convaincu que le public est prêt depuis longtemps à voir une télé encore plus inclusive, comme il n\u2019a aucun malaise à voir des vedettes noires comme Denzel Washington au cinéma depuis des lunes.L\u2019inclusion ne doit surtout pas être considérée comme un boulet, mais comme un atout.« Il faut comprendre que ça prend un investissement, mais qu\u2019il y aura un retour sur cet investissement.Au bout de l\u2019affaire, ça va donner un produit excellent qui va rayonner.Il faut voir le potentiel de ce qu\u2019on peut faire », croit Yolande James, qui pressent dans la pénurie de main-d\u2019œuvre une occasion d\u2019inclusion pour de potentiels techniciens, auteurs, réalisateurs issus de la diversité.L\u2019EXEMPLE DE LA TÉLÉ JEUNESSE Marysol Charbonneau, directrice des contenus jeunesse et famille de Té- lé-Québec, qui était partie prenante de la nouvelle mouture plus inclusive de Passe-Partout, constate que la télé jeunesse a plus de facilité à s\u2019adapter.« Les enfants nous tirent vers ça.On ne peut pas aller contre la démographie et la réalité, sinon, on restera seul sur notre île déserte. » Pensons-y : c\u2019est quand même incroyable qu\u2019il n\u2019y ait pas plus de rôles-titres attribués à des personnes issues de la diversité.Il y a bien eu Jasmine, la policière noire en 1996 (!), plus récemment MED, personnage né d\u2019une mère arabe et d\u2019un père québécois joué par Mehdi Bousaidan, Cover Girl, sur l\u2019univers des drag queens.Mais encore?Tous les membres de la discussion disent se donner droit à l\u2019erreur quand ils abordent la question de l\u2019inclusion : mieux valent l\u2019authenticité et les maladresses que rien du tout.« Même plein de bonnes intentions, on peut se mettre à reproduire certains clichés et passer à côté de la cible.Ce n\u2019est pas tout d\u2019inclure des personnages : il faut aller à leur rencontre en amont », explique l\u2019autrice et productrice Marie-Hélène Lebeau-Taschereau.Dans son nouveau rôle à Ra- dio-Canada, Yolande James est consciente qu\u2019elle doit jongler avec des enjeux délicats.« C\u2019est sensible parce que les gens ont peur de perdre quelque chose.Je préfère parler d\u2019inclusion que de diversité.Quand les gens entendent diversité, ils ont parfois l\u2019impression qu\u2019ils ne font pas partie du clan.Mais le mot inclusion implique que tout le monde a une place à la table.On ne tasse pas qui que ce soit. » Scénariste et réalisateur, Anderson Jean et le fils et le frère des comédiens Fayolle Jean et Fayolle Jean jr.\u2014 PHOTO FACEBOOK Yolande James a été nommée directrice de la diversité et de l\u2019inclusion à Radio-Canada.\u2014 PHOTO MYRIAM BARIL-TESSIER RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M12 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Une mère monoparen- tale qui peine à joindre les deux bouts et dont le quotidien ressemble à une course folle.D\u2019une histoire en apparence banale, Éric Gravel a tiré un drame social enlevant avec À plein temps, où brille l\u2019actrice française Laure Calamy.L\u2019histoire racontée dans ce long métrage doublement récompensé à la Mostra de Venise se résume en grande partie à celle d\u2019une femme qui peine à se rendre au boulot.Le réalisateur Éric Gravel nous convie dans les tracas de Julie, somme toute communs, mais à la manière d\u2019un film d\u2019action.Là réside tout le génie de cette expérience cinématographique essoufflante, mettant en exergue une pression ordinaire que personne ne devrait avoir à endurer.Séparée du père de ses deux jeunes enfants, Julie (Laure Calamy) élève sa famille dans une jolie bourgade en périphérie de Paris, mais c\u2019est dans la capitale qu\u2019elle travaille comme femme de chambre, en attendant de se replacer dans son domaine.Des choix de vie qui viennent matin et soir avec un long trajet de train.Julie espère améliorer son sort en obtenant un autre emploi.Des démarches qui impliquent de s\u2019absenter de son travail actuel, ce qui n\u2019est pas simple.Et ses déplacements déjà lourds sont soudainement incroyablement compliqués par une grève dans les transports.Entre l\u2019argent qui manque, son ex qui ne répond pas au téléphone, sa patronne qui lui fait des problèmes et ces trains immobilisés, absolument tout semble s\u2019être ligué contre cette mère qui ne souhaite qu\u2019une vie plus paisible.CHAQUE JOUR, UNE ÉPOPÉE La lumineuse Laure Calamy porte ce film haletant de splendide manière.La patience, la résilience et l\u2019énergie de son personnage forcent l\u2019admiration.On est de son côté, on se dit qu\u2019avec la poisse qui lui colle à la peau, on aurait sans doute baissé les bras bien avant.Ou au moins sévèrement pété un plomb.La course à obstacles à laquelle cette Julie s\u2019astreint a aussi de quoi faire réfléchir sur la valeur du temps, sur notre rapport au travail et à la qualité de vie.Parce que c\u2019est aussi à ça que nous ramènent les mouvements sociaux comme cette grève qui complique tant la vie de ceux qui, comme Julie, la subissent.Évitant d\u2019aborder un ton moralisateur, Éric Gravel nous fait vivre cette course contre la montre somme toute anodine (arriver à l\u2019heure au boulot, répondre aux attentes de l\u2019employeur, revenir pour faire souper les enfants, passer du bon temps en famille, etc.) comme une épopée, une mission.Le montage est dynamique, la musique signée Irène Drésel accentue le sentiment d\u2019urgence.Et dans ce rôle de super-maman, Laure Calamy semble inébranlable, infatigable.Ça ne nous empêche pas de lui souhaiter enfin un répit.À PLEIN TEMPS Super-héroïne du quotidien Tout semble s\u2019acharner sur le personnage porté par Laure Calamy dans À plein temps.\u2014 PHOTO AXIA FILMS Au générique Cote : ?Titre : À plein temps Genre : Drame Réalisateur : Éric Gravel Acteurs : Laure Calamy, Anne Suarez et Geneviève Mnich Durée : 1 h 28 ANICÉE LEJEUNE Le Droit CRITIQUE GATINEAU \u2014 Avec son premier long métrage, la réalisatrice Geneviève Albert montre sans ménagement la prostitution juvénile.Noé- mie dit oui dérange, bouleverse, dégoûte.Il met les émotions à mal, mais n\u2019en est pas moins crucial.Malgré sa brutalité, le film est tout en subtilité, mettant sous les projecteurs ces clients on ne peut plus ordinaires qui défilent dans la chambre d\u2019hôtel.L\u2019histoire suit la descente aux enfers de Noémie (Kelly Depeault), une ado difficile de 15 ans placée en centre jeunesse depuis trois ans.Quand sa mère choisit de ne plus la reprendre, Noémie fugue.Elle retrouve sa meilleure amie Léa (Emi Chicoine), une ancienne du centre âgée d\u2019à peine 18 ans, qui la fera entrer dans sa bande.Une bande de jeunes proxénètes.Noémie tombe rapidement sous le charme du charismatique Zach (James-Edward Métayer).Jouant avec les émotions de Noé- mie, lui faisant miroiter monts et mer veilles, il réussira à la convaincre de se prostituer pendant les trois jours du Grand Prix de Formule 1 à Montréal.Kelly Depeault, éblouissante dans La déesse des mouches à feu, livre ici une performance si intense, si juste, si sensible, qu\u2019elle réussit à nous arracher nos premières larmes du film.Quand elle s\u2019amourache de Zach, Noémie est catégorique.Elle ne veut pas être escorte.Ni pour une heure ni pour trois jours du Grand Prix.Elle martèle qu\u2019elle n\u2019est pas une « pute ».Mais quand elle cède et dit oui, un ami de Zach débarque et la viole.Zach lui dira : « C\u2019est juste du cul, relaxe! » Une phrase qui frappera comme le ressac d\u2019une vague déferlante.Une déferlante d\u2019émotions qui submerge Noémie, mais aussi le spectateur.PERVERSITÉ ACCENTUÉE Si les scènes de sexe sont éprouvantes, les mots aussi sont troublants.Et accentuent toute la perversité qui se cache derrière ces pimps sympathiques qui manipulent les filles amoureuses pour les prostituer.Film-choc qui n\u2019épargne pas le spectateur, Noémie dit oui montre surtout du doigt les clients, ces grands absents quand on parle de prostitution.Alors, pour les scènes de sexe, Geneviève Albert a volontairement tourné sa caméra vers eux, les dévisageant, les mettant à nu au propre comme au figuré.Des hommes ordinaires sans scrupules qui viennent assouvir des fantasmes comme si de rien n\u2019était.Les scènes ont été énormément préparées et répétées.Aucune place à l\u2019improvisation.On ne voit d\u2019ailleurs jamais Noémie et un client dans la même prise de vue.Et même si tout a été tourné avec soin et sans brutalité, on ressent toute la violence vécue.Un film éprouvant qu\u2019il faut voir pour comprendre et briser le silence.NOÉMIE DIT OUI Difficile mais crucial Kelly Depeault et James-Edward Métayer dans Noémie dit oui.\u2013 PHOTO K-FILMS AMÉRIQUE Au générique Cote : ?Titre : Noémie dit oui Genre : Drame Réalisatrice : Geneviève Albert Acteurs : Kelly Depeault, James-Edward Métayer et Emi Chicoine Durée : 1 h 56 laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M13 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Connue comme comédienne et chroniqueuse au petit écran, Rosalie Bonenfant fait son entrée au cinéma dans l\u2019univers sans compromis de la cinéaste Renée Beaulieu.Un défi que l\u2019actrice de 25 ans a accepté dans un mélange d\u2019abandon et d\u2019enthousiasme, confirme la principale intéressée.Dans Inès , Rosalie Bonenfant incarne une femme au début de la vingtaine en perte de repères.Entre l\u2019adolescence et l\u2019âge adulte, elle se détache tranquillement d\u2019une relation fusionnelle avec son père, interprété par Roy Dupuis.Une santé mentale fragile et des problèmes de consommation de drogues vont la propulser dans tout un tourbillon.« Elle a certains traumatismes, résume l\u2019actrice.Ça fait en sorte que sa descente aux enfers est d\u2019autant plus violente.Mais on sent qu\u2019il y a quand même une énergie vitale enfouie quelque part en dessous de toute cette souffrance.Il y a une part de lumière dans sa volonté de trouver quelque chose pour s\u2019accrocher dans ce tumulte. » Ce premier rôle au cinéma, Rosalie Bonenfant savait qu\u2019il était pour elle.L\u2019actrice raconte en avoir été persuadée avant même de passer son audition.« Je ne suis pas arrivée là avec de petits genoux tremblants.J\u2019étais tellement convaincue, je me suis dit que j\u2019allais convaincre Renée », explique celle qu\u2019on peut notamment voir dans l\u2019émission Deux hommes en or, aux côtés de Patrick Lagacé et Pierre- Yves Lord.« J\u2019étais contente, parce qu\u2019Inès est un personnage qui a une grande intériorité, ajoute Rosalie Bonenfant.Le début de ma carrière a été marqué par le fait que je suis une fille qui a des opinions et qui veut se faire entendre.Mais comme Inès, j\u2019ai aussi cette part de vulnérabilité, de fragilité, de doute.J\u2019étais contente de pouvoir mettre ça de l\u2019avant. » Avant d\u2019embarquer dans le bateau, la réalisatrice Renée Beaulieu a demandé à son actrice principale d\u2019aller revoir son film Les salopes ou le sucre naturel de la peau, qui explorait de manière directe la sexualité féminine.Aux côtés des troubles de santé mentale et de l\u2019abus de substances, le thème est aussi développé dans Inès par la réalisatrice.« Elle m\u2019a dit : \u201cSi tu embarques, ça doit être à 100 pour cent.Si tu n\u2019es pas prête à te lancer comme Brigitte Poupart s\u2019est l a n c é e d a n s L e s salopes, on va faire autre chose\u201d », cite Rosalie Bonenfant.Pour incarner cette Inès qui s\u2019émancipe, mais qui en même temps perd peu à peu l\u2019équilibre, celle-ci a misé sur la confiance et l\u2019abandon.« Je n\u2019avais rien d\u2019autre à faire que d\u2019être vraie, d\u2019être vulnérable, d\u2019être généreuse.Je pense que je n\u2019aurais pas pu faire ce projet en me regardant jouer et en essayant d\u2019être cute, observe-t-elle.Renée a une approche super rassurante en termes de responsabilisation.Je me suis toujours sentie sur le même pied que les gars avec qui je tournais des scènes plus difficiles. » PAS UNE VICTIME Cette idée de choix et de responsabilité, Renée Beaulieu l\u2019a justement mise au centre de son film Inès, dépeignant un moment crucial dans la vie de cette jeune femme.« C\u2019est quand même une étape importante ce passage de la vie adolescente à la vie adulte.Il y a cette prise de responsabilité.Je pense que c\u2019est assez commun de se sentir un peu perdu à ce moment-là.Ça ne prend pas grand-chose pour être encore plus perdu », indique la réalisatrice.Pour Renée Beaulieu, Inès n\u2019est toutefois pas une victime.Ni de son père, perçu par certains spectateurs comme abusif.Ni de ces hommes avec qui elle aura des relations sexuelles dans un état de grande vulnérabilité.« J\u2019aime marcher sur cette ligne délicate, un peu malaisante, si on veut.Je ne me positionne pas à la place de la pensée commune.La sexualité, on l\u2019évacue. » laisse tomber la cinéaste.« Pour moi, elle est juste à la recherche de l\u2019équilibre, reprend- elle.Elle retire du plaisir de ça.C\u2019est ce que j\u2019ai essayé de filmer.On a de la misère à voir ça autrement que comme de l\u2019abus.Mais c\u2019est ce qu\u2019elle veut.C\u2019est moins frontal que dans Les salopes, mais je l\u2019aborde. » Tout au long d\u2019Inès, la caméra suit de très près Rosalie Bonenfant.Les cinéphiles sont invités à partager, à ressentir le trouble qui habite son personnage.« On est collé sur elle.Soit on est derrière elle, soit on est face à elle.Et je pense qu\u2019on ne se rend pas compte quand on est entraîné dans son tourbillon, quand ses perceptions sont perturbées.On est avec elle là-dedans, on perd le nord un peu », décrit Renée Beaulieu.« C\u2019est dur de ne pas avoir d\u2019empathie pour Inès, estime Rosalie Bonenfant.Quand on est dans la jeune vingtaine, on a souvent très peu d\u2019empathie pour soi- même.De se retrouver avec un personnage qu\u2019on a envie de serrer dans ses bras, c\u2019est une belle expérience. » Inès sera présenté au cinéma dès le 6 mai.RENÉE BEAULIEU ET ROSALIE BONENFANT LES VERTIGES D\u2019INÈS L\u2019animatrice et comédienne Rosalie Bonenfant fait son entrée au cinéma avec le rôle principal du long métrage Inès, de Renée Beaulieu.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND Après Les salopes ou le sucre naturel de la peau, sur la sexualité féminine, la cinéaste Renée Beaulieu livre, avec Inès, l\u2019histoire d\u2019une jeune femme en perte de repères, entre l\u2019adolescence et la vie adulte.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M14 CINÉMA ANICÉE LEJEUNE Le Droit GATINEAU \u2014 Avec son premier long métrage, la réalisatrice Geneviève Albert voulait montrer, sans filtre, le visage de la prostitution juvénile.Et surtout celui des clients.Pendant 116 minutes, elle nous plonge dans une spirale infernale qui mènera Noémie (Kelly Depeault), 15 ans, à dire oui.Oui, à se prostituer pendant le Grand Prix de Formule 1, à Montréal.Un oui qui dit non, et qui en dit long sur l\u2019enfer que vivent ces filles qui se prostituent par dépit, par amour.Un amour ficelé par la manipulation.« Étrangement, on pointe rarement les clients comme étant à la source du problème.Pourtant, s\u2019il n\u2019y avait pas de clients, il n\u2019y aurait pas de prostitution, fait remarquer Geneviève Albert.Et, non seulement ils sont invisibles dans notre société, mais ils le sont aussi sur nos écrans.C\u2019est pour ça que j\u2019ai voulu leur donner un corps et un visage, et qu\u2019on ne puisse pas s\u2019en détourner.Pour qu\u2019on voie à quel point ils sont ordinaires. » Peu d\u2019acteurs se sont présentés pour auditionner pour le rôle des clients qui, selon la réalisatrice, demande « un certain courage ».Et il n\u2019était pas non plus question de prendre n\u2019importe qui.Après les auditions, Geneviève Albert les a rencontrés pour avoir « une discussion sur la prostitution ».Mais malgré ce passage au peigne fin, elle a appris, une fois le montage bouclé, qu\u2019un des acteurs était « un vrai client de la prostitution ».« Il n\u2019était pas question qu\u2019il se retrouve dans le film, par convictions, par respect pour Kelly, par respect pour la prostituée qui se l\u2019est tapé comme client », martèle Geneviève Albert.Alors, l\u2019équipe est retournée en montage pour retirer la scène.Le film raconte l\u2019histoire d\u2019une adolescente de 15 ans qui vit dans un centre jeunesse depuis trois ans.Quand sa mère décide de ne plus la récupérer, Noémie, abandonnée, fugue.Elle retrouve son amie Léa (Emi Chicoine), une ancienne du centre, qui l\u2019introduit à une bande de délinquants.Elle tombe rapidement amoureuse de Zach (James-Edward Métayer), qui, derrière ses airs amoureux, n\u2019est autre qu\u2019un proxénète.AMOUR PERVERS Noémie dit oui , ce sont sept années de travail où Geneviève Albert a fait des recherches, recueilli des témoignages, rencontré différents acteurs du milieu.Sept années où elle a baigné dans cet univers parallèle, pourtant bien réel.En passant plusieurs mois dans un centre jeunesse, la réalisatrice a entendu parler de « ces jeunes filles qui se faisaient recruter à même les centres pour se prostituer ».« La prostitution me touche depuis que je suis ado.C\u2019est un sujet tellement fort pour moi qu\u2019il s\u2019est imposé naturellement pour mon premier long métrage de fiction », confie la réalisatrice, qui s\u2019est appuyée sur le témoignage de jeunes escortes et de survivantes de la prostitution pour écrire les rôles de Noémie et Léa.Pour le personnage de Zach, la réalisatrice s\u2019est inspirée « d\u2019un jeune pimp de 17 ans », qui n\u2019avait rien de l\u2019image qu\u2019on se fait d\u2019un proxénète.Un visage de plus en plus fréquent dans la prostitution, où la manipulation subtile a remplacé la violence physique.« Il m\u2019a raconté ouvertement toute son histoire.Et il m\u2019a désarçonnée.Il était super sympa, intelligent, charismatique.Il était aimable! C\u2019est là que j\u2019ai compris toute la perversité. » KELLY DIT NON Même si elle n\u2019avait pas écrit le rôle de Noémie en pensant à Kelly Depeault, Geneviève Albert a été immédiatement conquise quand elle l\u2019a vue dans La Déesse des mouches à feu, film qui a consacré la jeune comédienne Révélation de l\u2019année au dernier Gala Québec Cinéma.« J\u2019ai vu tout le talent de cette jeune actrice qui a débarqué sur nos écrans comme un feu d\u2019artifice, se souvient la réalisatrice.Je n\u2019avais aucun doute que c\u2019était elle, et seulement elle, qui pouvait porter ce rôle sur ses épaules.Elle est d\u2019une justesse inouïe. » Mais quand Kelly Depeault reçoit le manuscrit, elle refuse.Sa simple lecture l\u2019a traumatisée.« C\u2019était très détaillé, très clair.Et sans la vision de la réalisatrice, c\u2019est assez lourd La prostitution juvénile est au cœur du film Noémie dit oui, de Geneviève Albert.Kelly Depeault, qui assume le rôle-titre, n\u2019est d\u2019ailleurs pas encore totalement remise de ce tournage très exigeant.\u2014 PHOTO LE DROIT, MARTIN ROY NOÉMIE DIT OUI LES VISAGES DE LA PROSTITUTION AU GRAND JOUR laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M15 CINÉMA GATINEAU \u2014 Si le choix de l\u2019actrice qui se glisserait dans la peau de Noémie s\u2019est imposé de lui-même pour la réalisatrice Geneviève Albert, trouver les acteurs qui allaient porter à l\u2019écran Slim (Maxime Gibeault), Léa (Emi Chicoine) et Zach (James-Edward Métayer) a été un long processus.« Dès que j\u2019ai vu Maxime Gibeault en audition, je me suis dit qu\u2019il sera [indétrônable] pour jouer Slim.Trouver Léa, ça m\u2019a pris du temps.Et pour chaque personnage, dès que j\u2019avais quatre ou cinq candidats, il y a eu des auditions mixtes pour voir la chimie avec Kelly », raconte Geneviève Albert.Dénicher l\u2019acteur qui incarnerait Zach, ce jeune sonteneur sympathique dont Noémie tomberait amoureuse n\u2019a pas été facile.Mais en rencontrant James- Edward Métayer, la réalisatrice a été captivée par ce que le jeune homme dégageait, malgré son peu d\u2019expérience.« Il y avait quelque chose de jovial dans son visage, une candeur, quelque chose qui ne s\u2019invente pas.Et comme je ne voulais pas tomber dans le stéréotype du bad boy qui joue le pimp. » James-Edward Métayer, 23 ans, décroche donc son premier rôle au cinéma et interprète un jeune proxénète.« Quand j\u2019ai joué ce personnage, c\u2019est venu me chercher.Mais c\u2019est important de le montrer et j\u2019ai essayé de l\u2019incarner du mieux que je pouvais. » Geneviève Albert avait une vision bien précise pour son premier film.Et pour être la plus proche de la réalité, la réalisatrice a beaucoup travaillé en amont du tournage.« Pour certaines scènes, elle nous racontait tout ce qu\u2019il y avait autour.On a regardé des vidéos, lu des articles.On a tellement été sensibilisés que ça nous a mis dans une bulle », explique Emi Chicoine (Plan B, Embrasse- moi comme tu m\u2019aimes).DES PERSONNAGES PAS L\u2019FUN Si toutes les scènes étaient répétées et très encadrées, les acteurs ont tout de même pu y apposer leurs couleurs et leurs personnalités.« On a eu beaucoup de répétitions où on a reformulé pour que ce soit plus jeune, plus trash, avec des mots qu\u2019on avait déjà entendus », se souvient Emi Chicoine.« S\u2019il n\u2019y avait pas beaucoup de latitude dans l\u2019intention, il y en avait beaucoup dans notre énergie, dans notre texte, ajoute Maxime Gibeault (Il était une fois les boys).Elle nous a fait confiance.On a eu beaucoup de liberté avec ce qu\u2019on disait. » Mais à l\u2019instar de Kelly Depeault, les trois acteurs se sentaient parfois comme des imposteurs en interprétant ces personnages fictifs, mais qui pourtant hors du plateau sont réels.« C\u2019est sûr que les personnages ne sont pas l\u2019fun, mais en même temps, c\u2019est notre job.Et le film n\u2019est rien en comparaison avec ce que ces filles vivent dans la vraie vie », lance Maxime Gibeault.Les trois acteurs s\u2019accordent pour dire que ce projet est important pour sensibiliser et faire avancer la cause.« Si on s\u2019en cache, on ne fera jamais les efforts nécessaires pour améliorer la situation », conclut James-Edward Métayer.ANICÉE LEJEUNE, LE DROIT Incarner les méchants James-Edward Métayer (Zach), Emi Chicoine (Léa), Maxime Gibeault (Slim) et Kelly Depeault (Noémie) partagent l\u2019affiche de Noémie dit oui.\u2014 PHOTO LE DROIT, MARTIN ROY Emi Chicoine et Maxime Gibeault dans une scène de Noémie dit oui.\u2014 PHOTO LOU SCAMBLE et intense, corporellement surtout », explique l\u2019actrice de 19 ans.Elle a accepté toutefois d\u2019aller prendre un café avec la réalisatrice.« Elle m\u2019a parlé de sa vision et de son désir de dénoncer la prostitution juvénile.Après notre rencontre, j\u2019étais partante parce qu\u2019elle voulait [axer son film] sur les hommes », raconte Kelly Depeault.DÉNONCER LES CLIENTS Même si elle a braqué sa caméra sur les clients, les montrant dans leur plus simple appareil, défilant impunément dans la coquette chambre d\u2019hôtel du centre-ville de Montréal, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019ils demeurent en position de dominants.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que veut dénoncer Geneviève Albert avec son film.« La prostitution, c\u2019est une relation de pouvoir, et en tournant ma caméra vers les clients je veux qu\u2019on se questionne sur cette relation d e p o u v o i r.Que ça fasse évoluer les consciences individuellement et polit iquement.Il faut que le silence collectif cesse. » Au Ca na da, l \u2019â g e m o y e n d\u2019entrée à la prostitution se situe entre 14 et 15 ans.Bien consciente qu\u2019elle n\u2019a fait que son métier, Kelly Depeault garde néanmoins, un an après le tournage, des séquelles.Et elle a dû « se réapproprier [son] corps » et éprouve encore de la difficulté quand on la touche ou avec sa sexualité.« Ça n\u2019égalera jamais ce que vivent les prostituées.Mais en tournant une semaine, en costume, quatorze heures par jour, avec juste des hommes, où tu comptes les coups, et que tu as l\u2019émotion à mettre en plus, c\u2019est facile, comme jeune femme, d\u2019imaginer se faire violer.Pendant le tournage, je faisais des cauchemars que je me faisais violer, confie Kelly Depeault.Et mon inconscient a fait en sorte que j\u2019ai cru que c\u2019était vrai.Je ne suis pas encore revenue à 100 pour cent. » Un traumatisme qui était difficile à anticiper aussi pour Geneviève Albert.« Kelly a joué un rôle, elle était en sécurité.Alors, on peut imaginer à quel point la prostitution est violente et que tu ne sors pas de là indemne.Cette violence j\u2019ai voulu la porter à l\u2019écran pour qu\u2019elle soit ressentie viscéralement par le public », insiste-t-elle.Noémie dit oui est présentement au cinéma.0095453 eiffel-lefilm.ca ROMAIN DURIS EMMA MACKEY UN FILM DE MART IN BOURBOULON E I F F E L PRÉSENTEMENT au cinéma HHHH PREMIERE HHHH PARIS MATCH SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M16 A lors que les sentiers sont envahis un peu partout, Alexis Nan- tel, mieux connu sous le nom d\u2019Alexis le Randonneur, fait paraître le Guide pratique de la rando, en collaboration avec Véronique Champagne.Pour l\u2019occasion, on a jasé de cette passion commune et de son bouquin.Entretien.Q De quelle façon ce sport a-t-il changé ta vie?R « Je n\u2019étais pas destiné à gagner ma vie avec ça.Quand je me suis mis à la rando en 2007, j\u2019étais dans une agence de publicité/ communication dans un rythme de vie complètement dingue.Quand j\u2019ai monté le Kilimandjaro, c\u2019était ma première expérience de trek d\u2019altitude.Ça m\u2019a fait beaucoup réfléchir.Quand on est en haute altitude, on marche pas à pas, centré sur soi, sur notre santé.On est très à l\u2019écoute de soi.Ça m\u2019a permis une grande introspection.Je me suis rendu compte que dans ma vie folle \u2014 j\u2019étais entrepreneur dans ce milieu-là \u2014 je me défonçais complètement, je travaillais beaucoup trop et je n\u2019avais que ça en tête.Je passais à côté de beaucoup de choses.À mon retour, ça m\u2019a permis de me dire : il faut que je ralentisse.Je regardais les gens autour de moi et je riais tout seul dans mon bureau, tellement qu\u2019il y avait un clash entre ce que j\u2019avais vécu là-bas et ce que je vivais au quotidien.Tranquillement, j\u2019ai pris un virage où j\u2019ai ralenti beaucoup et de deux, j\u2019ai mis la randonnée dans ma vie au moins une fois par semaine.Et avec le temps, j\u2019ai fini par me dire : pourquoi je ne lierais pas ma passion à mon boulot?C\u2019est là que j\u2019ai décidé de faire un changement de carrière en 2018 à la suite d\u2019une traversée en voilier dans l\u2019Atlantique. » Q Pourquoi avoir eu envie d\u2019écrire ce guide pratique?R « Dans mon parcours, je suis un gars de contenu.En faisant mes recherches, je voyais beaucoup de guides soient états-uniens, européens, mais rien à l\u2019échelle québécoise.On avait beaucoup de livres par contre sur les destinations et les sentiers, mais rien de base sur lequel les gens pourraient se fier et se construire comme ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR ALEXIS LE RANDONNEUR Guide tout terrain pour arpenter les sentiers laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M17 PLEIN AIR randonneurs.J\u2019ai vu ce trou-là et cette niche-là et j\u2019ai décidé de l\u2019emprunter (.) La première année de pandémie m\u2019a beaucoup éveillé à l\u2019éducation et ce que je devais faire en termes de contenu.Les gens se sont rués sur les sentiers, c\u2019est devenu le sport national tout d\u2019un coup.Il y avait bien des débordements à bien des niveaux et je pense qu\u2019il fallait qu\u2019on parle aux gens. » Q Quelle est l\u2019erreur la plus fréquente, selon toi, lorsque les gens s\u2019élancent sur les sentiers?R « La première erreur, parce que c\u2019est aussi la première étape avant de se lancer, c\u2019est la planification tout court.Je m\u2019en vais où, c\u2019est quoi le sentier, le dénivelé.Il y a quand même une certaine préparation à faire avant de quitter pour nous éviter toutes sortes de problèmes.Ça va aussi nous emmener à mieux préparer notre équipement, notre bouffe.Au Québec, il y a à mon avis encore de gros problèmes de signalisation des sentiers.Pas partout, mais il y a encore beaucoup de bogues de ce côté-là.Moi ça m\u2019est arrivé de m\u2019égarer.Ce n\u2019est pas avec le téléphone, sans réseau, qu\u2019on va régler le problème.C\u2019est vraiment une première étape super importante.Je vois aussi beaucoup de problèmes avec l\u2019équipement.Ça arrive beaucoup sur les sommets : les gens partent en t-shirt avec une bouteille d\u2019eau du commerce, ceux qui débutent surtout.Ils arrivent en haut, il fait froid, il vente.ça ne va pas bien, ils n\u2019en profitent pas complètement.Plus on monte en altitude, plus on risque d\u2019avoir des écarts de température.Ce que j\u2019ai fait comme erreur avec une montagne de ce type- là - le mont Albert en Gaspésie, mon premier gros sommet en 2007 - ç\u2019a été ça.Je suis parti avec une petite bouteille d\u2019eau.Une chance que le garde-parc m\u2019avait suggéré de louer des bâtons.J\u2019ai été rapidement sous-hydraté et j\u2019ai été chanceux de me rendre jusqu\u2019à la fin.Il faisait chaud, en haut je n\u2019avais pas de protection, il y avait des moustiques et il ventait.Je l\u2019ai vécu moi aussi. » Q Si tu n\u2019avais qu\u2019un seul principe Sans trace à recommander (même s\u2019il y en a plus qu\u2019un!), tu suggérerais quoi?R « Au-delà de ramasser ses papiers, qui est la base, je dirais qu\u2019un des plus gros problèmes que l\u2019on voit sur les sentiers les plus fréquentés, c\u2019est au niveau des besoins naturels.On voit beaucoup de recoins qui se retrouvent avec des selles et beaucoup de papier de toilette.Les gens vont tous à la même place.C\u2019est de sensibiliser les gens à aller à 70 pas du sentier dans un endroit peu fréquenté pour que ça aide à se décomposer.Cette année, pourquoi ne pas faire l\u2019achat d\u2019une petite truelle en plastique?Ça ne pèse rien, c\u2019est facile à transporter.Même pour les randonneurs habitués, c\u2019est quelque chose que les gens ne font pas.Ce serait vraiment un changement à adopter en 2022. » Q Ton meilleur conseil pour pratiquer cette activité avec les enfants?R « Ne pas les écœurer, lance-t-il en riant.C\u2019est la leçon que j\u2019en tire; j\u2019ai des enfants.On veut vraiment y aller en crescendo.Autant que tu commences tranquillement quand tu es adulte et que tu vas augmenter le kilométrage et le dénivelé, et que tu vas ajouter du matériel dans ton sac, c\u2019est la même chose avec les enfants.Moi, elles (NDLR : ses jumelles de 11 ans) ont commencé en ne traînant rien au départ, puis on a ajouté le sac à dos, leur bouteille d\u2019eau. » Q Tu as une volonté de déculpabiliser les parents avec les bonbons, si je me fie à un passage dans le livre?R « Je ne me suis jamais senti coupable de ça.Je l\u2019explique : de toute façon ils les brûlent en rando.C\u2019est juste une petite motivation additionnelle.Là où il faut faire attention, c\u2019est de ne pas dire : on va aller en rando et on va manger des bonbons.Il faut leur inculquer tout de suite que ce n\u2019est pas ça la récompense et le gros fun.C\u2019est un élément qui vient bonifier la randonnée.La récompense demeure l\u2019observation de la forêt, la contemplation et la vue si on monte une montagne.Il faut mettre l\u2019accent là et les occuper avec la faune et la flore.Moi, je leur fais beaucoup découvrir les essences d\u2019arbres, les plantes et tout ça. » Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram isabelle.pion L\u2019ascension du Kilimandjaro a servi de prise de conscience à Alexis Nantel, qui a fini par changer de carrière en alliant la passion de la randonnée à son boulot.\u2014 PHOTO FOURNIE Avec la pandémie et la prise d\u2019assaut des sentiers partout dans la province, Alexis le Randonneur estimait qu\u2019il fallait s\u2019adresser aux gens.Son Guide pratique de la rando est sorti récemment.\u2014 PHOTO FOURNIE, RICHARD MARDENS Le Guide pratique de la rando, écrit par Alexis Nantel et Véronique Champagne.Parmi ses randonnées coup de cœur, Alexis le Randonneur nomme le parc régional des Grandes Coulées, à Plessisville.\u2014 PHOTO FOURNIE Dans le parc national du Lac-Témiscouata.\u2014 PHOTO FOURNIE, RAPHAËL FORTIN SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M18 PLEIN AIR DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Toute sa vie, Guy Ménard a gagné sa croûte en écrivant.Après avoir rédigé des textes journalistiques pour la station de radio CJMT de Chicoutimi, le sexagénaire originaire de Chambord, au Lac-Saint-Jean, a pondu des communiqués de presse et des documents de travail pour les firmes Alcan et Olympe.Même à la retraite, le besoin de produire des textes spontanément, en abordant des thèmes de son choix, ne s\u2019était guère manifesté.Il aura fallu une pandémie, ainsi que le déclic offert par la course à pied, pour que naissent des chroniques au rayonnement imprévu.Elles ont pour titre Parti courir et c\u2019est également celui du livre dans lequel 77 vignettes ont été rassemblées.Diffusées entre le 18 mars 2020 et le 25 octobre 2021, sur la page Facebook de l\u2019auteur, puis sur le site internet de Courir Québec, elles ont invariablement la course comme point de départ.Entre cette prémisse et la ligne d\u2019arrivée, cependant, on voit se déployer un monde où cohabitent de grandes idées et de petites joies, ainsi que des souvenirs anciens et récents.Un monde qui n\u2019appartient qu\u2019à Guy Ménard, mais dans lequel il est facile de se reconnaître.« J\u2019ai commencé lorsque le premier ministre François Legault a annoncé que le Québec était sur pause, a-t-il raconté lors d\u2019une entrevue téléphonique accordée au Progrès.Voyant que je ne pouvais plus jouer au hockey ni faire du spinning, je me suis retrouvé en surplus de gaz.J\u2019ai donc décidé de faire de la course dans mon quartier et dès ma première sortie, j\u2019ai remarqué que les gens que je croisais semblaient sous le choc.L\u2019inquiétude se lisait sur leur visage, ce qui m\u2019a poussé à écrire un statut sur ma page Facebook. » Dès sa deuxième chronique, inspirée par une affiche sur laquelle étaient inscrits les mots Maman et Papa, accompagnés d\u2019un cœur et de deux X, son nouveau passe- temps a généré un surcroît de notoriété.Le fait que ce message était adressé à des personnes vivant dans une résidence pour aînés, à un moment où celles-ci étaient sous l\u2019emprise d\u2019un confinement strict, a touché le chroniqueur Patrick Lagacé.On devine la suite.Forte progression du lectorat, accompagnée du sentiment, chez l\u2019auteur, que ces chroniques avaient peut-être un avenir.THÈMES VARIÉS La forme n\u2019a guère bougé depuis.C\u2019est toujours 600 mots et les deux premiers restent les mêmes.En revanche, les thèmes se sont de plus en plus éloignés du monde de la course.Il vont de l\u2019expression Huit barré rencontrée dans une chanson de Daran à la disparition d\u2019un gros arbre, en passant par le comportement baveux des écureuils et l\u2019acquisition d\u2019Elton, la rutilante Triumph Spitfire de couleur jaune que l\u2019auteur aime conduire dans les rues de Chambly, sa communauté d\u2019adoption.Bref, c\u2019est comme si on entrait dans le cerveau de quelqu\u2019un, à son invitation.« C\u2019est devenu une plateforme pour parler de toutes sortes de choses et ce que j\u2019ai constaté, c\u2019est qu\u2019on ne sait jamais ce qui va résonner chez les gens », fait observer Guy Ménard.Il en veut pour preuve sa chronique rendant hommage à un illustre inconnu, Marius Sauvageau.C\u2019est le nom que porte le centre sportif de Chambord, celui d\u2019un bénévole qui préférait rendre service, plutôt que de chercher la lumière.Un autre texte qui a touché une corde sensible est celui où l\u2019auteur évoque la notion de cadeau en décrivant sa relation de longue durée avec un ours en peluche.L\u2019ironie est que malgré la qualité des textes, leur ton si convivial, même dans les mauvais jours, il aura fallu que sa fille, l\u2019animatrice Marie-Lyne Joncas, lui fasse cadeau d\u2019un livre rassemblant ses 40 premières chroniques pour allumer une cloche chez lui.« C\u2019est là que je me suis dit qu\u2019il y avait peut-être un livre dans ça, à la condition que ce projet soit au service d\u2019une cause et que tous s\u2019y engagent à titre bénévole », rapporte Guy Ménard.Puisqu\u2019il a été traité avec succès pour un myélome multiple, il y a cinq ans, les profits iront à la Chaire Myélome Canada de l\u2019Hôpital Maisonneuve Rosemont.C\u2019est dans cette institution qui a été lancé Parti courir le 26 avril.Pour se procurer le livre, qui n\u2019est disponible qu\u2019en version électronique, il suffit de contacter la maison d\u2019édition Victor et Anaïs à l\u2019adresse www.victoretanais.com.« Ce serait bien de se rendre à 1000 exemplaires.Après, on verra s\u2019il sera possible de sortir une édition papier.J\u2019espère aussi que je pourrai organiser des lancements à Chambord et Roberval, vu que je parle de ces municipalités dans mes chroniques, laisse entrevoir Guy Ménard.Peut-être que d\u2019ici au début de l\u2019été, ça va fonctionner. » Parti courir, le livre que Guy Ménard n\u2019a pas vu venir Dans le livre Parti courir, on retrouve les 77 premières chroniques écrites par Guy Ménard, au fil de la pandémie.Les profits découlant de la vente de ce recueil seront versés à la Chaire Myélome Canada de l\u2019Hôpital Maisonneuve Rosemont.\u2014 PHOTO FOURNIE C\u2019est en faisant de la course à pied que Guy Ménard a eu le goût de rédiger les chroniques contenues dans le livre Parti courir.Très tôt, cependant, cet homme féru de musique, de politique américaine, d\u2019histoire et de vieilles voitures anglaises a exploré d\u2019autres thèmes.\u2014 PHOTO FOURNIE, CAROLINE BERGERON laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M19 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune BIENVENUE À TOUS La sixième vague n\u2019aura pas freiné la volonté de certains pays d\u2019abolir toutes les restrictions à l\u2019endroit des voyageurs.Depuis quelques semaines, l\u2019Islande, le Royaume- Uni, l\u2019Irlande, la Norvège, la Suède, la Lettonie, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, le Monténégro et, plus récemment, la République tchèque ont abandonné toute exigence de test ou de vaccination.Le port du masque dans les lieux publics n\u2019est également plus obligatoire dans la majorité de ces pays.LA PREUVE VACCINALE SOUVENT EXIGÉE La preuve vaccinale reste la norme pour les pays qui n\u2019ont pas encore entièrement levé les restrictions.La plupart des pays européens accueillent les Canadiens pleinement vaccinés sans restriction supplémentaire, à condition de montrer une preuve de vaccination à l\u2019arrivée.À noter également que plusieurs pays demandent aux voyageurs de remplir un formulaire avant leur arrivée.De rares pays, comme la Suisse et l\u2019Espagne, refusent l\u2019entrée aux voyageurs canadiens non vaccinés.Les autres leur demandent de présenter les résultats d\u2019un test de dépistage négatif à la COVID-19, PCR ou antigène.Mais encore faudrait-il trouver un moyen de gagner l\u2019Europe sans avoir reçu ses doses puisqu\u2019une preuve vaccinale est exigée pour monter à bord d\u2019un avion au Canada, pour tous les passagers de plus de 12 ans et 4 mois, peu importe sa destination.UNE DOSE DE RAPPEL POUR LA FRANCE Le Canada figure actuellement dans la liste des pays définis en « zone verte » par la France.Ainsi, pour les voyageurs vaccinés, plus aucun test n\u2019est exigé pour entrer au pays.Ceux qui ne le sont pas doivent toujours présenter un test négatif pour se voir accorder le droit d\u2019entrée.Les enfants de moins de 12 ans ne sont pas soumis à cette exigence.À noter : depuis le 1er février, la France exige, pour les personnes de 18 ans et plus, une dose de rappel pour les vaccins à ARN messager « au plus tard neuf mois suivant l\u2019injection de la dernière dose requise ».La France, tout comme l\u2019Italie, demande toujours aux voyageurs de remplir au préalable le « formulaire de localisation des passagers » qui permet aux autorités de santé publique de les joindre en cas d\u2019exposition au virus.EN TRANSIT, QUELLES RÈGLES S\u2019APPLIQUENT ?Dans la plupart des cas, les passagers en transit ne pas sont assujettis aux exigences d\u2019entrée du pays où ils font une escale, mais il se peut que certains pays l\u2019exigent selon la fluctuation des cas et les mesures sanitaires en place, indique Marie-Christine Pouliot, porte-parole d\u2019Air Transat.Mieux vaut donc s\u2019informer avant le départ.EN CAS DE SYMPTÔMES DE LA COVID-19 Vous présentez des symptômes de la COVID-19?Vous ne pouvez monter à bord d\u2019un avion au départ ou à destination du Canada.Il en va de même si vous avez été atteint de la COVID-19 au cours des 10 jours précédant le départ.« Les voyageurs [malades] sont autorisés à embarquer à bord d\u2019un vol s\u2019ils sont en mesure de présenter un certificat médical attestant que leurs symptômes ne sont pas liés à la COVID-19 ou s\u2019ils disposent d\u2019un résultat de test de dépistage de la COVID-19 valide », précise Sau Sau Liu, conseillère principale en communications de Transports Canada.REVENIR AU CANADA Pour rentrer au Canada, les tests de dépistage ne sont plus obligatoires pour les voyageurs vaccinés.Des tests aléatoires peuvent cependant être effectués à l\u2019aéroport d\u2019arrivée, mais il n\u2019est pas exigé de s\u2019isoler en attendant les résultats.Toute personne entrant au pays doit remplir le formulaire ArriveCAN et en fournir la preuve avant l\u2019embarquement.OÙ S\u2019INFORMER ?Les exigences d\u2019entrée propres à chaque pays sont généralement présentées sur les sites gouvernementaux.L\u2019Association du transport aérien international (IATA) propose une carte interactive régulièrement mise à jour des diverses restrictions par pays (en anglais).Le comparateur de vols Kayak offre aussi un outil semblable, avec, en prime, le taux de vaccination dans chacun des pays.Les compagnies aériennes, dont Air Transat et Air Canada en français, offrent aussi des guides pratiques faciles d\u2019utilisation.VACCINS ET TESTS DE DÉPISTAGE DES EXIGENCES QUI VARIENT Depuis quelques semaines, des pays comme l\u2019Islande, le Royaume-Uni (notre photo), l\u2019Irlande, la Norvège, la Suède, la Lettonie, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, le Monténégro et, plus récemment, la République tchèque ont abandonné toute exigence de test ou de vaccination.\u2014 PHOTO 123RF Bien que les exigences d\u2019entrée aient été assouplies en Europe, comme ailleurs dans le monde, les preuves vaccinales, et parfois les tests de dépistage de la COVID-19, demeurent de mise dans de nombreux pays.Aperçu des mesures en vigueur, lesquelles, vous le savez, sont appelées à changer.VALÉRIE SIMARD, LA PRESSE SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M20 VOYAGES D ubaï n\u2019en finit plus de s\u2019étendre.Et ce n\u2019est pas parce qu\u2019on n\u2019emprunte pas la voie de la densification : les gratte-ciel poussent comme des champignons.Et à travers cette forêt de béton où je m\u2019imaginais avoir tout vu après 48 heures, il y a de quoi à faire si on s\u2019en donne la peine et qu\u2019on veut éviter de tout visiter en accéléré.À petits prix?Ça dépend des goûts! La bonne idée pour ne pas trop alléger le portefeuille, à Dubaï, c\u2019est le transport en commun.Le métro et le tramway relient plusieurs des points d\u2019intérêt, qui sont souvent regroupés.La carte Nol, un laissez-passer rechargeable, permet d\u2019économiser quelques dirhams par trajet par rapport au paiement en argent.On exige toutefois qu\u2019il reste toujours une dizaine de dirhams sur la carte au début de chaque trajet.Si, comme moi, vous l\u2019ignoriez, il faudra la recharger avant de pouvoir sortir de la station de métro.Ce n\u2019est pas très embêtant, sauf quand on essaie de liquider les fonds restants avant de quitter le pays.Un arrêt digne de mention qui figurait tout en haut de ma liste était le quartier historique d\u2019Al-Fahidi.On s\u2019y rend en descendant à la station du même nom.En posant le pied dehors, déjà, on arrive dans une ville complètement différente.C\u2019est comme une banlieue d\u2019Europe de l\u2019Est, un quartier résidentiel du Maghreb ou de Turquie.D\u2019un coup, on n\u2019aperçoit plus vraiment les grandes tours.On navigue à pied le long de boulevards tranquilles aux bâtiments de quatre ou cinq étages.Là, on sent qu\u2019une vie de quartier est encore possible.Si le quartier historique était une priorité, s\u2019y rendre en matinée n\u2019est pas forcément le meilleur choix, à moins de vouloir un silence presque complet pour explorer ses rues.Le vieux Dubaï, construit au début des années 1900, s\u2019anime vraisemblablement davantage quand le soleil décline.À l\u2019exception de quelques cafés, dont un Starbucks bien dissimulé dans une maison historique en terre, la plupart des boutiques et des restaurants étaient déserts.Le Centre culturel Cheikh Mohammed offre des visites guidées et des repas, à l\u2019occasion, et il se trouve quelques musées de petite taille, comme le musée de la monnaie.Il y a de quoi marcher longtemps vers l\u2019est, le long du canal Khor Dubaï, mais l\u2019ombre s\u2019y fait rare.La chaleur frappe.Et quand vient le temps de choisir à boire, on s\u2019étonne que le menu des bars à jus répertorie des mojitos.jusqu\u2019à ce qu\u2019on réalise qu\u2019en terre musulmane, l\u2019alcool n\u2019est pas offert partout.Mojito signifie donc parfois un jus agrémenté de menthe sans le rhum habituellement ajouté aux cocktails.Plus à l\u2019ouest, le Musée de Du- baï raconte habituellement l\u2019évolution de la ville, passée de village de pêcheur à centre international du commerce, de l\u2019innovation et du tourisme.Il s\u2019agirait du plus vieil édifice de Dubaï encore debout.Il était toutefois fermé, lors de mon passage, en raison de la pandémie.DES SOUKS ET UN CADRE GÉANT Je me suis donc rabattu sur le souk de Bur Dubaï, où l\u2019on ne déambule pas sans se faire interpeller au moins 400 fois.Les vendeurs sont insistants, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.L\u2019encens est partout, comme les tissus, les pantalons et les t-shirts, à travers d\u2019autres babioles.Le plus vieux souk de la ville constitue un passage d\u2019intérêt si on aime faire les emplettes et qu\u2019on sait négocier.Des étals semblables auront peut-être un intérêt plus grand pour les simples badauds de l\u2019autre côté du canal, au souk aux épices ou au souk de l\u2019or.Dans le premier, on trouvera du safran.Beaucoup de safran.C\u2019est l\u2019épice qu\u2019on tentera le plus souvent de nous refiler.La Du vieux Dubaï au Burj Khalifa JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 1 laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M21 VOYAGES cardamome, les noix, les fruits séchés et les brûleurs d\u2019encens y sont aussi légion.Dans le second, c\u2019est le paradis du bling-bling.De la plus grosse bague en or aux colliers, on trouvera aussi des boucles d\u2019oreille, des plastrons et d\u2019autres bizarreries.Pour atteindre ces deux marchés, on ose s\u2019offrir une courte promenade en boutre, ces bateaux de bois rudimentaires qui font la navette entre les deux rives de Khor Dubaï.Il n\u2019en coûte qu\u2019un dirham pour une traversée de moins de cinq minutes.Du quartier historique, que j\u2019aurais sans doute préféré en soirée, il suffit de quelques stations de métro pour atteindre le Dubaï Frame, un cadre géant inauguré en 2018 dans le parc Zabeel.Haut de 150 mètres, il offre une vue sur toute la ville, étant construit stratégiquement entre la vieille ville et la modernité.Il est toutefois plus intéressant vu de loin que de l\u2019intérieur.C\u2019est qu\u2019il faut une bonne marche pour contourner presque tout le parc avant de pouvoir acheter son billet pour un peu moins de 20 $.Une galerie y présente l\u2019histoire de Dubaï succinctement au premier étage avant d\u2019arriver aux ascenseurs qui nous entraînent dans les hauteurs en 47 secondes.Sur la passerelle, on trouve le désormais traditionnel plancher de verre, sur lequel on peut marcher, et une vue à 360 degrés.Le smog peut toutefois jouer les trouble-fête.On aime la vue, mais on se dirige néanmoins rapidement vers la sortie.Il semble par ailleurs que les architectes concepteurs aient choisi un rectangle avec des proportions dites idéales pour déterminer la taille du bâtiment.Conclusion : mieux vaut s\u2019offrir une photo de l\u2019extérieur du cadre géant que de dépenser temps et argent pour grimper sur sa passerelle.Après tout, c\u2019est bien ce qu\u2019on souhaite : un portrait devant l\u2019impressionnant bâtiment.INCONTOURNABLE BURJ KHALIFA Enfin, mon choix d\u2019économiser m\u2019a convaincu d\u2019appliquer mon propre conseil au fameux Burj Khalifa, le gratte-ciel le plus haut du monde qui culmine à 828 mètres.La merveille architecturale peut toutefois coûter les deux bras et la peau des dents, selon l\u2019heure à laquelle on souhaite s\u2019y rendre.Le droit d\u2019accès peut varier de 70 à plus de 160 $.Non merci! J\u2019ai préféré traverser l\u2019énorme centre commercial qu\u2019est le Dubaï Mall pour aller admirer la fontaine au pied de l\u2019immense tour.Un spectacle de jets d\u2019eau y est présenté toutes les 30 minutes.On peut y passer la soirée et ne pas voir le même spectacle deux fois.Impressionnant.Une fois la nuit tombée, on ajoute au plaisir avec des projections sur la tour du Burj Khalifa.S\u2019il se trouve autour de la fontaine des tonnes de restaurants, du fast-food au plus dispendieux, j\u2019ai craqué pour le Time Out Market, avec sa grande galerie de tables partagées, avec vue sur la fontaine, et ses concessions alimentaires d\u2019une douzaine de pays.L\u2019endroit est idéal pour rencontrer des gens de partout et goûter des plats du monde sans trop se ruiner.De la galerie, on peut admirer les différents spectacles à condition de se lever de table pour s\u2019installer en façade.Mine de rien, il faut étirer la journée pour arriver à faire tout ça dans les mêmes 24 h.Si on a mal aux pieds, que le soleil nous a épuisés et qu\u2019on combat le sommeil alors que le métro dodeline des wagons sans arrêt, la Ville, elle, donne l\u2019impression de ne jamais dormir.Le journaliste était l\u2019invité de Turkish Airlines.Du vieux Dubaï au Burj Khalifa 1 La plus haute tour du monde, le Burj Khalifa, agit comme un écran pour un spectacle lumineux une fois la nuit tombée.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 2 Le Dubaï Frame est plus impressionnant de l\u2019extérieur que de l\u2019intérieur.Pour économiser, on peut simplement s\u2019offrir une séance photo à partir du parc Zabeel.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 2 36 places disponibles 36 places disponibles 1499$ par pers., occ.double Rabais RéseRvez-tôt inclus de 100$ jusqu\u2019au 31 mai 2022 GASPÉSIE 29 AOÛT AU 3 SEPTEMBRE 2022 6 JOURS ET 5 NUITS | HÔTEL 3* Incluant : transport en autocar VIP EXCLUSIF: Internet sans fil gratuit; guide-accompagnateur; 5 nuits d\u2019hôtel (3*); 13 repas; croisière en direction du parc de l\u2019Île- Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, visite du Centre d\u2019Art Marcel Gagnon, des Jardins de Métis, du parc national de Forillon, du Centre d\u2019interprétation de Percé, du parc national de Miguasha; taxes et FICAV.ÎLES-DE-LA-MADELEINE 17 AU 23 SEPTEMBRE | 7 JOURS ET 6 NUITS Incluant : transport en autocar VIP EXCLUSIF : Internet sans fil gratuit; traversier aller-retour vers les Îles-de-la-Madeleine et vers l\u2019Île-du-Prince-Édouard; guide-accompagnateur et guide local aux Îles-de-la Madeleine; 6 nuits d\u2019hôtel (3* et 4*), dont 4 nuits au Château Madelinot; 16 repas; au programme: visite et dégustation à l\u2019usine de fabrication de croustilles Covered Bridge, visites guidées avec un guide local de Havre-Aubert (visites du Musée de la Mer, de l\u2019Anse-à-la-Cabane, de Millerand), de Cap-aux- Meules (visites de sa poissonnerie, de L\u2019Étang-du- Nord et des magnifiques falaises de Belle-Anse), de Havre-aux-Maisons (visite de l\u2019Écono musée du Fumoir d\u2019antan, temps libre à la plage de la Dune du Sud), du Centre d\u2019interprétation des cultures du large (mariculture), de Grosse-Île, de Old Harry, de l\u2019Église de Fatima, du rocher du Corps-Mort et plus encore; taxes et FICAV.31 places disponibles Rabais RéseRvez-tôt inclus de 100$ jusqu\u2019au 19 juin 2022 2129$ par pers., occ.double SAGUENAY, HISTOIRE D\u2019UN ROYAUME 13 AU 15 JUILLET 2022 | 3 JOURS ET 2 NUITS | HÔTEL 4* Incluant : transport en autocar de luxe; guide-accompagnateur professionnel; 2 nuits d\u2019hôtel (3,5*); 6 repas; au programme : temps libre à Val-Jalbert, entrée au Zoo sauvage de Saint-Félicien, visite du Centre d\u2019interprétation de Cristal du Lac, spectacle La Fabuleuse Histoire d\u2019un Royaume au Théâtre du Palais municipal, croisière sur le fjord du Saguenay à bord du Fjord Sague- nay II et temps libre à l\u2019Anse-Saint-Jean; taxes et FICAV.45 places disponibles 699$ par pers., occ.double QUÉBEC : MOSAÏCULTURES ET ÎLE D\u2019ORLÉANS 28 AU 30 JUIN 2022 - 3 JOURS ET 2 NUITS | HÔTEL 4* Incluant : transport en autocar de luxe; 2 nuits d\u2019hôtel au Manoir du Lac Delage (3,5*) avec accès gratuit aux bains, piscines, kayak, sentiers pédestres, sauna et plus encore; 7 repas; au programme : visite des Mosaï- cultures, temps libre dans le Vieux-Québec, ascension du téléphérique au parc de la chute Montmorency visite guidée du parc, excursion d\u2019une journée sur la Côte de Beaupré et l\u2019île d\u2019Orléans avec un guide local incluant un arrêt à la chocolaterie de l\u2019île, visite et dégustation dans un vignoble et dîner dans un restaurant champêtre de l\u2019île d\u2019Orléans.Finalement, visite de site traditionnel Huron à Wendake et dîner inclus sur place; taxes et FICAV.41 places disponibles 759$ par pers., occ.double La saison touristique bat son plein! Découvrez nos circuits canadiens comme Niagara Falls, la Baie Georgienne et notre tout nouveau circuit Voir l\u2019Ontario autrement! Ou laissez-vous tenter par nos circuits américains comme New York, Boston, Washington et les Amish et Chicago.Amateurs de casinos?Nous avons plusieurs nouvelles destinations! Découvrez tous ces voyages et plus encore sur www.expressionvoyages.com Réservez dès maintenant: 819 868-1421 Expression Voyages 2694, rue Sherbrooke, Magog QC J1X 4G1 (Permis du Québec) SUIVEZ-NOUS SUR LES PRIX AFFICHÉS SONT DÉJÀ RÉDUITS Spécialistes en voyages de gr oupes SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale M ai, c\u2019est le mois de la fête des Mères, le mois où l\u2019on se sent enfin revivre après un hiver toujours trop long.C\u2019est le mois où l\u2019on rêve aux vacances d\u2019été, à tous ses festivals et aux soirées qui s\u2019allongent sans fin au coin du feu.C\u2019est donc invariablement un mois qui doit être célébré avec un cocktail passionné, celui qui est devenu en quelques années seulement le plus adoré des Québécois : j\u2019ai nommé le gin tonique.Il est apparu dans les années 1700, lorsque les premiers officiers de la marine anglaise ont mélangé l\u2019écorce de quinine d\u2019Amérique du Sud avec du sucre et des agrumes afin de se prémunir de la malaria.Il n\u2019a pas fallu longtemps pour que certains marins décident de mélanger ce traitement médical avec leur ration quotidienne\u2026 de gin.Vénéré en Espagne et souvent servi dans une coupe à vin, sans garnitures ou mélangé avec une foule de saveurs de toniques en bouteille ou en sirop, le gin tonique existe en milliers de combinaisons différentes, en fonction des saisons, de la température et de vos goûts.Je vous propose ici une version herbacée à l\u2019hibiscus et aux agrumes.Mélangé avec votre gin préféré (avec ou sans alcool), ce gin tonique est une belle façon de crier « santé! » au mois de mai et à l\u2019été qui approche.Santé! Love & Tonic INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz de gin (ou de gin sans alcool Monsieur Cocktail) \u2022 0,75 oz de sirop Love tonic \u2022 3 oz d\u2019eau pétillante \u2022 Orange et sauge (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un verre rempli de glace, ajouter le gin et le sirop, puis mélanger à la cuillère jusqu\u2019à ce que vos doigts deviennent froids.2 Compléter à l\u2019eau pétillante.3 Décorer d\u2019un quartier d\u2019orange et de sauge fraîche.LE COCKTAIL PARFAIT POUR MAI P H O T O A N N I E F E R L A N D L e domaine de la production d\u2019alcool au Québec n\u2019a pas cessé de faire parler de lui cette semaine.En début de semaine, on apprenait la création d\u2019une grande consultation publique auprès de la filière des boissons alcooliques du Québec, commandée par l\u2019ITHQ et l\u2019ITAQ, puis la construction d\u2019une malterie à Bécancour par Innomalt.UN NOUVEAU LIEU DE FORMATION AU QUÉBEC?L\u2019ITHQ \u2014 reconnu pour ses programmes de formation en tourisme et en hôtellerie \u2014 et l\u2019ITAQ \u2014 l\u2019institut de formation en lien avec les métiers de l\u2019agroa- limentaire \u2014 ont invité toute la filière des boissons alcooliques à une grande consultation publique dans le but de mieux exprimer ses besoins et partager sa vision de l\u2019avenir afin de développer un lieu de collaboration qui puisse répondre à ses objectifs.Un comité d\u2019experts a été créé et étudiera les mémoires déposés par l\u2019ensemble de l\u2019industrie.Il présentera son rapport en août au ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec.Si on s\u2019intéresse aux documents de références déposés dans le cadre de cette consultation publique et qu\u2019on s\u2019arrête sur les défis et enjeux présentés à titre d\u2019étude, la motivation de cette consultation publique est la création d\u2019une entité de formation et d\u2019excellence dans le domaine des boissons alcooliques.Il y a cependant une curieuse démarche derrière ce projet, les délais de dépôt des mémoires et du rapport final étant très courts.Il y a donc un sentiment d\u2019urgence.Depuis deux ans, les métiers de l\u2019hôtellerie et de la restauration n\u2019ont plus vraiment la cote.Cela se voit également dans les demandes d\u2019admission aux programmes d\u2019hôtellerie.Même son de cloche du côté des programmes en agroalimentaire.Cette consultation publique va permettre de motiver le changement de mission des institutions qui l\u2019ont commandée.Ce n\u2019est pas une mauvaise chose en soi, car le Québec a bien besoin d\u2019une vision d\u2019excellence et de formation structurée en production d\u2019alcool.Il y a cependant un sentiment d\u2019incrédulité qui circule dans le milieu en ce moment; les courts délais de dépôt laissent croire que les prochaines étapes sont déjà sur la table et que le rapport motivera les décisions prises.Il existe déjà des offres de formation en production de bière, à Jonquière par exemple, mais il existe également des lacunes dans d\u2019autres secteurs.Souhaitons un mandat inclusif qui tient vraiment compte de la volonté de développer l\u2019excellence au Québec, pas uniquement de motiver le changement de mission de deux institutions gouvernementales.INNOMALT S\u2019INSTALLE À BÉCANCOUR En 2023, l\u2019entreprise Innomalt installera sa nouvelle usine dans le parc industriel de Bécancour.Une très bonne nouvelle pour la filière bière au Québec.Innomalt a réussi, en quelques années, à se positionner comme concurrent sérieux des malteries européennes qui ont plus d\u2019un siècle d\u2019expérience.Brasser de la bière demande du malt d\u2019orge.Chaque recette contient du malt de base et du malt de spécialité.Le malt de base permet de créer du sucre qui sera transformé en alcool, alors que le malt de spécialité est souvent lié à une recette de bière en particulier.Vienna Malt, Caramalt ou Special B ne sont que quelques malts utilisés en brasserie pour réaliser des bières d\u2019inspiration allemande, anglaise ou belge.Innomalt augmentera la production de sa gamme de malts de base \u2014 utilisée par l\u2019ensemble de la filière bière \u2014 et développera des malts de spécialité.Une excellente nouvelle pour la filière bière québécoise, puisque l\u2019orge utilisée est québécoise.La bière québécoise sera donc encore plus québécoise! Une consultation publique et une nouvelle malterie Innomalt augmentera la production de sa gamme de malts de base, utilisée par l\u2019ensemble de la filière bière, et développera des malts de spécialité.\u2014 PHOTO 123RF PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M23 VINS A près une carrière fulgurante comme joueur de rugby, notamment en tant que capitaine de l\u2019équipe parisienne Stade Français, Gérard Bertrand fait un retour aux sources dans son Languedoc natal pour poursuivre l\u2019œuvre de son père Georges, décédé accidentellement en 1987.En prenant les rênes de l\u2019entreprise familiale qui l\u2019a vu grandir, c\u2019est avec ferveur que cet homme bionique choisira l\u2019univers biodynamique comme méthode d\u2019agriculture.Aujourd\u2019hui, avec seize domaines certifiés Demeter, et d\u2019autres en conversion, il a su démontrer que la biodynamie n\u2019est pas réservée qu\u2019aux petits volumes.« Nous avons débuté avec deux hectares et sommes maintenant à 900, c\u2019est un changement qui s\u2019échelonne sur de nombreuses années.Au début, nous ne vendions pas beaucoup de vin, c\u2019est un long processus », explique Gérard Bertrand de passage au Québec pour le lancement de son nouveau livre La nature au cœur, publié aux éditions Albin Michel.LE CHANGEMENT, UNE DYNAMIE EN SOI Lors de sa conférence, Gérard Bertrand explique que le plus important est d\u2019avoir des sols vivants.Et pour avoir des sols vivants, il faut travailler en harmonie avec la nature, et tous les gestes sont importants.Il partage les mots sages de son père qui disait qu\u2019on ne plante pas de la vigne pour ses enfants, mais pour ses petits-enfants.« Ma grand-mère est née le 1er janvier 1900 et a planté ses premières vignes en 1920 », raconte Gérard qui est aussi un homme d\u2019affaires engagé.Avec tout le travail accompli et le chemin parcouru par son petit-fils, mamie Bertrand peut être fière d\u2019un pari familial réussi, aujourd\u2019hui et pour les générations futures.GÉRARD BERTRAND COTE DES ROSES 2020 18,60 $ \u2022 13845791 \u2022 13 % \u2022 1,4 G/L Un rosé floral avec des notes fruitées comme la groseille et les petites fraises des champs, sur une finale saline typique des meilleurs rosés du sud de la France.La bouteille est aussi magnifique à offrir, surtout qu\u2019on peut la choisir dans plusieurs formats selon l\u2019occasion, en petite bouteille de 375 ml ou la grande de 1,5 litre.GÉRARD BERTRAND PAYS D\u2019OC SOLENSIS 2018 20,10 $ \u2022 13231465 \u2022 13 % \u2022 5 G/L \u2022 BIO La cuvée Solensis est un hommage au soleil et c\u2019est en effet un vin ensoleillé riche et puissant sur des notes de cassis et de mûre, légèrement poivrées, avec de la réglisse et quelques effluves d\u2019épices douces.Un assemblage de syrah (60 %) et de grenache (40 %) qui fera le bonheur de vos viandes cuisinées sur le grill.GÉRARD BERTRAND CIGALUS 2019 45,75 $ \u2022 IMPORTATION PRIVÉE \u2022 14,5 % \u2022 BIO, BIODYNAMIE Cigalus fut le premier domaine transformé en biodynamie, il y a de cela vingt millésimes.C\u2019est un vin complexe et très aromatique avec des notes de violette et de cacao, d\u2019une ampleur profonde avec une longue finale épicée.L\u2019assemblage comprend cabernet sauvignon, cabernet franc, merlot, syrah, grenache, caladoc et carignan.Un vin qui se déguste déjà bien, mais qu\u2019on pourra garder au moins jusqu\u2019en 2030.Pour commander ce vin, contactez l\u2019agence Southern Glazer\u2019s via bianca.theriault@sgws.com GÉRARD BERTRAND CHÂTEAU L\u2019HOSPITALET GRAND VIN LA CLAPE 2018 45,75 $ \u2022 IMPORTATION PRIVÉE \u2022 15 % \u2022 BIO, BIODYNAMIE Situées en bordure de la Méditerranée, les vignes du Château l\u2019Hospitalet surplombent la mer et évoluent dans des conditions climatiques idéales pour développer une complexité aromatique optimale.Il y a aussi des sols exceptionnels sur ce terroir de La Clape, reconnue comme une AOC en 2015.Le Grand Vin est complexe, charnu et offre plusieurs niveaux de flaveurs allant de la violette au cassis, des épices à une douce amertume en finale.Pour les accolades, le magazine Decanter lui a octroyé 95 points.À déguster maintenant ou à garder au cellier jusqu\u2019en 2030.Pour commander ce vin, contactez l\u2019agence Southern Glazer\u2019s via bianca.Theriault@sgws.com GÉRARD BERTRAND CHÂTEAU L\u2019HOSPITALET GRAND VIN BLANC LA CLAPE 2019 45,50 $ \u2022 IMPORTATION PRIVÉE \u2022 13,5 % \u2022 BIO, BIODYNAMIE Et pour les amateurs de blancs, toujours sur le terroir de La Clape, celui-ci en est un de gastronomie, délicat et floral.En bouche, la fleur de miel est doublée de légères notes de thym et de romarin, voire même de la citronnelle en finale, qui s\u2019exprime sur une certaine salinité.Un vin pour accompagner les pétoncles poêlés et les poissons gras comme un bar rayé au confit de fenouil.L\u2019assemblage est composé de grenache blanc, bourboulenc et ver- mentino.À votre santé! Pour commander ce vin, contactez l\u2019agence Southern Glazer\u2019s via bianca.Theriault@sgws.com Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com Gérard Bertrand, l\u2019homme bio-dynamique ! NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Gérard Bertrand dans ses vignes du Languedoc.En prenant les rênes de l\u2019entreprise familiale qui l\u2019a vu grandir, il se consacre avec ferveur à l\u2019agriculture biodynamique.» \u2014 PHOTO MARIE ORMIÈRES SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M24 RÉGAL RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le chef propriétaire du restaurant ARVI, Julien Masia, et sa conjointe Ariel Pinsonneault ont pris la relève du Vignoble Domaine Bel-Chas et commencent leur première saison à titre de nouveaux propriétaires et vignerons.« Pour nous, c\u2019est un projet familial.On a acheté plus qu\u2019une e n t re p r i s e.O n a a c h e t é u n vignoble, mais aussi une terre, une maison, un milieu de vie.C\u2019est aussi pour nos enfants », mentionne Julien Masia.Le chef et sa conjointe ont quitté l\u2019île d\u2019Orléans pour emménager à Saint-Charles-de-Bellechasse ave c leurs deux f i l les, dans une résidence vieille de plus de 250 ans située à l\u2019entrée du domaine.« C \u2019e st i n c royab l e c o m m e mais on, e l le est sup er bien entretenue! » souligne Ariel Pin- sonneault.Le couple y a fait quelques rénos à l\u2019étage à son arrivée en début d\u2019année.Ces jours-ci, les nouveaux vignerons se préparent à la taille des vignes, qui marque le début de leur saison.« C\u2019est une des étapes les plus importantes parce que c\u2019est là où tu définis la montée de la vigne.C\u2019est un peu la base de tout », explique Mme Pinsonneault.Au cours des six prochains mois, les précieux plants seront entretenus quotidiennement pour s\u2019assurer d\u2019une récolte fructueuse à la fin de l\u2019été \u2014 si dame Nature coopère, comme ce fut le cas l\u2019an dernier.« Le millésime 2021 au Québec devrait être exceptionnel », signale Julien Masia.Que la clientèle du ARVI se rassure, le chef sera toujours aux commandes du réputé restaurant du quartier Limoilou.Mais un peu moins en saison estivale.« J\u2019ai mis en élaboration un clone pour me remplacer! blague-t-il.Déjà, je suis là quatre jours par semaine.Je pense que pour l\u2019été ce sera peut-être plus trois jours.Ça va bien au ARVI et je suis confiant avec l\u2019équipe en place.C\u2019est plus l\u2019aspect création en cuisine que je ne suis pas encore prêt à lâcher\u2026 » Dès la mi-juin, Julien Masia sera davantage à la boutique du vignoble pour accueillir les visiteurs du jeudi au dimanche.« Ariel va davantage s\u2019occuper du champ, et on va se rejoindre pour la vinification.C\u2019est la partie le fun dont on va s\u2019occuper ensemble, faire les vins », indique-t-il.NOUVELLE IDENTITÉ VISUELLE Le Vignoble Domaine Bel-Chas sera renommé le Domaine ARVI, mais seulement lorsque la première cuvée faite par les nouveaux propriétaires sera mise en vente, probablement au cours de 2023.« Au départ, on ne voulait pas dévoiler tout de suite le nouveau nom, mais stratégiquement parlant, je pense que c\u2019est mieux de dire où on s\u2019en va », note Julien Masia.Les 15 000 à 20 000 bouteilles qui sont prêtes à être mises en marché arboreront donc toujours le nom du Domaine Bel-Chas \u2014 un clin d\u2019œil à la région et aux noms de famille des fondateurs Marielle Béland et Louis Chassé \u2014 DOMAINE ARVI LE PROJET D\u2019UNE VIE 1 « Pour nous, c\u2019est un projet familial.On a acheté plus qu\u2019une entreprise.On a acheté un vignoble, mais aussi une terre, une maison, un milieu de vie.C\u2019est aussi pour nos enfants. » \u2014 Julien Masia laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M25 RÉGAL mais avec une nouvelle identité visuelle.Les propriétaires s\u2019apprêtaient à recevoir les nouvelles étiquettes lorsque Le Mag les a rencontrés la semaine dernière.Parmi les priorités du couple, on compte la transition vers une culture biologique.« On va déjà faire comme si on était bio, mais ça prend environ deux ans pour avoir la certification biologique », souligne Ariel Pinsonneault.Pour acquérir de l\u2019expérience dans le domaine, Mme Pinson- neault a travaillé deux ans à la Seigneurie de Liret, un vignoble de l\u2019île d\u2019Orléans dont les vins sont certifiés biologiques.« Je suis aussi allée à l\u2019école pendant un an en production horticole.C\u2019est un cours condensé qui m\u2019a vraiment servi, avec plusieurs stages en entreprises.Ça m\u2019a donné un bagage pour la production en serre et en champ », mentionne-t-elle.De son côté, Julien Masia a passé près d\u2019une année avec les anciens propriétaires pour bien comprendre les rouages du vignoble avant que l\u2019achat se concrétise en janvier.Il a pris part aux vendanges l\u2019automne dernier \u2014 lorsque Le Mag s\u2019y était rendu pour un reportage \u2014 et a suivi avec attention les étapes de la vinification.« Hormis le travail sur la vigne, sur la terre, on ne se rend peut- être pas compte mais il y a énormément d\u2019entretien de bâtiment, de machinerie.Il y a toujours des questions », souligne le chef et vigneron, précisant que les anciens propriétaires les accompagnent dans la transition.Le couple se réjouit d\u2019être bien entouré, tant pour obtenir un coup de main au vignoble que pour recevoir des conseils.« J \u2019avais des quest ions par exemple sur de l\u2019équipement.Tout le monde est ouvert à répondre, à aider, au lieu de garder les informations pour soi », mentionne Ariel Pinsonneault, ravie de cet esprit de communauté dans le milieu viticole.1 Julien Masia et Ariel Pinson- neault, les nouveaux propriétaires du Vignoble Domaine Bel- Chas.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET 2 Julien Masia lors des vendanges au Vignoble Domaine Bel-Chas, le 4 octobre 2021.\u2014 PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL, YAN DOUBLET «?ON NE MANQUE PAS DE PROJETS?» Avec un nouveau terrain de jeux de plus de 4 hectares où sont cultivées 10 000 vignes, Ariel Pinsonneault et Julien Masia ne manquent pas d\u2019idées et ont déjà plusieurs projets en cours.Si les vins actuellement produits au domaine sont des assemblages de plusieurs cépages \u2014 le vignoble en compte une douzaine \u2014 le couple entend profiter de cette diversité pour essayer de nouvelles recettes et même tester des vins monocépages.« On veut s\u2019éclater et apprendre à travers tout ça », confie Julien Masia.Plusieurs pommiers se trouvent aussi sur le domaine, ce qui a donné envie aux propriétaires de produire du cidre.« On aimerait explorer ça dès cette année, si on a le temps.Ça fait partie de nos objectifs », indique le chef, qui avait lancé l\u2019été dernier un cidre en collaboration avec la Cidrerie Le Somnambule pour le ARVI.Le couple aimerait aussi aménager un potager sur son vaste terrain.« Mais une chose à la fois! On cherche à amener une certaine diversité au vignoble, à tendre vers l\u2019autosuffisance et amener de l\u2019eau au moulin pour le restaurant.On ne manque pas de projets », note le vigneron.L\u2019apiculture en fait partie : les ruches que possèdent les propriétaires depuis quelques années sont déménagées au vignoble et leur petite production de miel sert à approvisionner le ARVI et d\u2019autres restaurants.Quelques pots pourront aussi être vendus sur place.COLLABORATIONS Plusieurs collaborations sont aussi en développement.« On travaille avec la Fromagerie des Grondines pour proposer un fromage fait avec nos produits, et aussi avec la ferme Turlo pour une charcuterie.L\u2019idée est d\u2019offrir quelque chose à manger avec le vin.On n\u2019a pas de permis de restauration au vignoble, mais on peut vendre des produits déjà transformés », indique Julien Masia.Le chef aimerait-il amener le ARVI au vignoble, y proposer une table champêtre?« Peut- être un jour, mais pas tout de suite! » laisse-t-il tomber.« Peut- être plus sous la forme d\u2019événement », renchérit sa conjointe.« Ça fait partie des objectifs de l\u2019année de faire un événement dans l\u2019été avec peut-être un autre resto.On est du genre assez actifs, mais tout est une question de temps », ajoute Julien Masia.On comprend que tout dépendra du genre de saison qu\u2019ils auront au vignoble.« C\u2019est un bon projet pour nous.On est les deux des entrepreneurs qui ont des projets sans arrêt, mais quand tu es en agriculture, tu es tout le temps en remise en question.Ton projet est toujours nouveau, en évolution, chaque saison est nouvelle\u2026 on n\u2019a pas le temps de s\u2019emmerder! » confie Ariel Pinsonneault.En plus de la boutique du vignoble et du restaurant ARVI, on retrouve les vins du Domaine Bel- Chas dans de nombreux points de vente de la Chaudière-Appa- laches et de la région de Québec, ainsi qu\u2019ailleurs en province.RAPHAËLLE PLANTE, LE SOLEIL Info : domainebel-chas.com 2 SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M26 LE MAG LARRY HODGSON Collaboration spéciale U n des aspects de la culture des plantes d\u2019intérieur est qu\u2019il faut les rempoter de temps en autre.Non pas que c\u2019est compliqué à faire, mais si l\u2019on retarde trop, cela peut endommager ou même tuer votre plante.Et comme le printemps est la meilleure période de l\u2019année pour l\u2019accomplir, voici un résumé de la technique.EST-CE QUE MA PLANTE A BESOIN D\u2019ÊTRE REMPOTÉE?Voici les principales raisons pour lesquelles il vaut la peine de rempoter votre plante.\u203aLa plante est dans un pot sans trou de drainage.On en voit fréquemment en magasin depuis quelque temps.Tristement, ces plantes vivent rarement très longtemps dans la maison.Rempotez- les dans un pot plus approprié dès l\u2019achat.\u203aLa plante sèche seulement quelques jours après un bon arrosage.C\u2019est signe que son terreau est rempli de racines et ainsi l\u2019eau appliquée est vite épuisée.Il lui faut plus d\u2019espace pour ses racines.\u203a Une croûte blanchâtre ou jaunâtre se forme sur les parois intérieures du pot.Il s\u2019agit de calcaire et signale que le terreau est trop riche en sels minéraux venant des arrosages et fertilisations passées.Ces sels deviennent toxiques aux racines à la longue.Dans ce cas, lors du rempotage, faites tomber un maximum de terreau contaminé pour le remplacer par du frais.\u203aLa plante ne tient plus debout.Elle est trop lourde du haut.Rempotez-la dans un pot plus gros et plus lourd.\u203a Des racines sortent des trous de drainage, une indication claire qu\u2019elles cherchent plus d\u2019espace.\u203aLe pot éclate ou est déformé.Il y a tellement de racines qu\u2019elles créent une pression sur le pot! \u203a La plante est dans le même pot depuis plus de 2 ans (5 ans dans le cas de succulentes).Il est toujours sage de rempoter une plante avant que les problèmes précédents n\u2019apparaissent! LA TECHNIQUE Assurez-vous d\u2019avoir sous la main un pot de taille appropriée, normalement 2,5 à 5 cm plus gros que le précédent.La matière dont le pot est composé a peu d\u2019importance (plastique, fibre de verre, terre cuite, etc.), mais il est vital qu\u2019il ait un ou plusieurs trous de drainage.Un pot sans trou peut toutefois servir de cache-pot.Il faut aussi du terreau.Un terreau d\u2019empotage commercial d\u2019une marque connue est habituellement un excellent choix, plus encore s\u2019il contient des mycorhizes (champignons bénéfiques).Un terreau pour semis peut aussi convenir.Évitez les terres à jardin, toutefois.Pour les orchidées, il faut un terreau spécial, identifié comme tel, à particules très grossières.Il existe aussi des terreaux pour cactées et autres succulentes, mais habituellement, elles réussissent très bien dans un terreau d\u2019empotage ordinaire.Aussi, idéalement vous aurez arrosé la plante 1 ou 2 jours à l\u2019avance.Ainsi, ses racines s\u2019agripperont moins au pot.VOICI COMMENT FAIRE Préparez du terreau dans un bol ou seau.Mélangez-y de l\u2019eau tiède et remuez avec une cuillère.Vous voulez la consistance d\u2019une éponge essorée.Certains jardiniers aiment bien aussi mélanger un peu d\u2019engrais tout usage au mélange.Sortez la plante de son pot.Pour ce faire, tenant solidement la base de la plante entre vos doigts, inversez le pot et frappez solidement sur le fond avec la paume de votre main.La motte de racines devrait alors s\u2019enlever facilement.Placez un filtre au fond du nouveau pot (un morceau de papier journal ou un filtre à café, par exemple).Ainsi, lors de l\u2019arrosage, le surplus d\u2019eau peut sortir, mais pas le terreau.Contrairement à la croyance REMPOTEZ VOS PLANTES D\u2019INTÉRIEUR SANS PEINE laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M27 LE MAG populaire, aucune couche de drainage (de gravier, de tessons, etc.) n\u2019est nécessaire.Elle est même fortement déconseillée.Faites tomber environ 1/3 de l\u2019ancien terreau.(Presque tout le terreau s\u2019il est contaminé aux sels minéraux.) Utilisez à cette fin vos doigts, une baguette ou un crayon.S\u2019il y a des racines qui recouvrent le fond du pot ou qui en font le tour, coupez-les.Ce sont des racines d\u2019ancrage, nullement utiles à une plante qui pousse en pot.Versez du terreau humide dans le fond du pot, assez pour que la motte soit au même niveau dans le nouveau pot que dans l\u2019ancien.Centrez la motte sur la nouvelle couche de terreau.Ajoutez du terreau tout autour de la motte et au travers les racines, puis tassez légèrement.Arrosez bien.Placez la plante à l\u2019abri du soleil direct pendant une semaine ou deux, le temps qu\u2019elle s\u2019acclimate au changement.Retournez la plante à son emplacement d\u2019origine.Votre travail est fait! SOINS SPÉCIAUX POUR LES CACTÉES ET SUCCULENTES Ces plantes de milieu aride préfèrent un milieu plutôt sec et leurs racines tendent à pourrir dans un terreau humide.Rempo- tez-les alors dans un terreau sec et ne les arrosez pas avant 2 ou 3 semaines, le temps que toute blessure aux racines guérisse.Et voilà! Rempoter une plante n\u2019est pas plus compliqué que cela! 2 Les longues racines qui tournent autour du pot sont inutiles à la plante.Supprimez-les au sécateur.\u2014 PHOTO 123RF/ANDRII ZORII 3 Ne remplissez pas le pot jusqu\u2019au bord comme dans cette photo.Laissez un espace d\u2019environ 2 à 5 cm libre de terreau en surface pour faciliter l\u2019arrosage.\u2014 PHOTO 123RF/TATIANA FOXY 1 Rempoter une plante est un véritable jeu d\u2019enfants! Essayez et vous verrez! \u2014 PHOTO 123RF/ LARISA ILINA PEUT-ON CULTIVER UNE KUMATO?Q Est-ce que la kumato est cultivable dans nos potagers?Jean Demers R Non.Ce fruit au nom mystérieux est tout simplement une tomate hybride (So- lanum lycoperiscum \u2018Olmeca\u2019).C\u2019est une sélection espagnole aux fruits brun vert de taille moyenne souvent utilisée dans les restaurants chics ou vendue dans les supermarchés haut de gamme.Elle est plus riche en fructose que la plupart des autres tomates, ce qui lui donne un goût un peu différent.Son épiderme robuste et épais fait qu\u2019elle peut facilement voyager sans dommage et résiste longtemps sur les tablettes.Par contre, si l\u2019on peut cultiver d\u2019autres tomates dans le potager domestique ordinaire, pourquoi ne peut-on pas cultiver une tomate Ku- mato?C\u2019est n\u2019est pas parce que ce cultivar est de culture difficile ou limitée à un certain climat.C\u2019est plutôt parce que la plante est protégée par un brevet.Or, son propriétaire, la société agroalimentaire suisse Sygenta, conserve jalousement les droits de multiplication.Seulement un nombre très limité de producteurs serricoles soigneusement choisis à travers le monde sont autorisés d\u2019en produire.D\u2019ailleurs, toute la chaîne de production est fortement surveillée pour que la plante ne tombe pas dans les mains des compétiteurs.Si quelqu\u2019un avait accès à une branche, il pourrait facilement la bouturer.Cependant, seules les personnes autorisées peuvent même approcher la plante.Évidemment, Sygenta n\u2019a pas le contrôle sur les semences trouvées dans le fruit et quand vous trouvez une Kumato dans votre assiette au restaurant, rien ne vous empêche d\u2019en récolter une graine ou deux pour semer chez vous.Cependant, Kumato est un hybride.Si vous semez des graines, ils ne seront pas «?fidèles au type?» (ne seront pas exactement identique à l\u2019original).Ainsi, Sygenta peut demander un tarif exorbitant pour un fruit qui ne devrait pas valoir plus cher que toute autre tomate et les restaurants et épiceries haut de gamme jouent le jeu.Et c\u2019est le consommateur qui paie le prix de cette arrogance horticole.RÉPONSES À VOS QUESTIONS La Kumato est tout simplement un cultivar spécifique de tomate brune.\u2014 PHOTO 123RF/ANDREY STAROSTIN ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE \u203a Quand vous éclaircissez les semis de légumes, sachez que la plupart des plantules supprimées \u2014 laitue, oignon, chou, bette à carde, etc.\u2014 sont comestibles et constitueront votre première récolte.\u203a Voici quelques semis à faire cette semaine ou la semaine prochaine : aneth, chou frisé, coréopsis, dahlia nain, giroflée des jardins, marjolaine, muflier, persil, tomates.\u203a Récoltez des tiges de chatons de saule pour donner un effet printanier à votre logement.\u203a Si des pucerons apparaissent sur une plante d\u2019intérieur, donnez-lui une bonne douche hebdomadaire jusqu\u2019à ce qu\u2019ils disparaissent.Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil, C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec)?G1K 7J6 SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M28 samedi 30 avril 022 leSoleil 3 Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante dimanche se tenait le second tour des élections présidentielles en France, et c\u2019est emmanuel macron qui a été réélu, avec 58,5 % des voix.son adversaire, marine le Pen, a récolté 41,5 % des voix.\u203a une semi-vicToire pour emmanuel macron emmanuel macron est le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans! et pourtant, ce n\u2019est pas une victoire franche, car beaucoup de Français ont voté pour «le moins pire» plutôt que «pour le meilleur».Pour comprendre, il faut décortiquer les votes.les voies qu\u2019emmanuel macron a reçues peuvent être divisées en deux parties.d\u2019un côté, il y a ce qu\u2019on appelle les «votes d\u2019adhésion».Ce sont les personnes qui votent pour m. macron, dont les idées sont plutôt de centre- droite, car ils le soutiennent lui et son projet.son parti est historiquement plus en faveur de programmes pour aider les groupes moins favorisés et de l\u2019immigration par exemple.de l\u2019autre côté, il y a les votes contre marine le Pen.en effet, beaucoup de gens ont voté pour emmanuel macron au second tour pour empêcher madame le Pen d\u2019être présidente.marine le Pen est considérée par beaucoup comme d\u2019extrême droite, c\u2019est-à-dire que ses idées sont conservatrices et contraires aux valeurs de la démocratie.malgré cela, c\u2019est la première fois que son parti obtient autant de voix aux élections présidentielles.Ces chiffres ne prennent pas en compte l\u2019abstention et les votes nuls, qui représentent 28 % et 8,6 % des voix.lorsqu\u2019on parle d\u2019abstention, on fait référence aux gens qui ne sont pas allés voter.et un vote est nul lorsque quelqu\u2019un vote pour plus d\u2019une personne, puisque c\u2019est contre les règles, ce vote-là ne comptera pas.Ces deux pourcentages révèlent la colère des Français, et leur désir de ne voter ni pour emmanuel macron ni pour marine le Pen.Beaucoup de citoyens français ont été très déçus du premier mandat de m. macron, mais refusent de voter pour un parti radical.son objectif le plus important de macron pour l\u2019instant est de regagner le soutien des Français, et surtout de les convaincre qu\u2019il va utiliser sa deuxième chance à bon escient.On lui souhaite donc bonne chance pour ce second mandat! Cheyenne OgOyard emmanuel maCrOn gagne les éleCTiOns en FranCe! Une semaine d\u2019actU P h O T O F l i C k r PhOTO 123rF/sezerOzger laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M29 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 30 avril 20 2 3 e \u2019tit ag il a été annoncé la semaine dernière que Guy lafleur, ancien joueur étoile des Canadiens de montréal \u2014 et, selon certains, meilleur joueur de tous les temps \u2014 est décédé à 70 ans d\u2019un cancer du poumon.Tu es trop jeune pour l\u2019avoir vu jouer, mais il est important que tu connaisses celui qu\u2019on surnommait le «démon blond», car il a une grande place dans la culture québécoise.On te le présente.\u203a Un joUeUr d\u2019Un calibre inégalé Né en 1951 à Thurso, en Ou- taouais, c\u2019est un jeune Guy la- fleur de 19 ans qui est repêché par les Canadiens et qui fait ses débuts dans la ligue nationale.il y jouera pendant une vingtaine d\u2019années, entre 1971 et 1991.durant cette période, il inscrira 560 buts et 793 passes pour un total de 1353 points, dont la grande majorité sous l\u2019uniforme des Canadiens de montréal.il demeure encore à ce jour le meilleur pointeur de l\u2019histoire de l\u2019équipe! le Québécois aidera le tricolore à remporter cinq coupes stanley, dont quatre consécutives (1976, 1977, 1978 et 1979).il sera aussi le récipiendaire de sept trophées molson.Un trophée molson est une récompense qui est remise chaque saison au joueur ayant récolté le plus de points au système des trois étoiles d\u2019après- match.selon ce système, la troisième étoile donne un point, la deuxiè me étoile donne trois points et la première étoile donne cinq points.en 1985, le chandail numéro 10 est retiré en l\u2019honneur de Guy lafleur.Ce que ça veut dire, c\u2019est qu\u2019aucun autre joueur de l\u2019équipe ne pourra porter ce numéro sur son chandail lors d\u2019un match.Finalement, Guy lafleur sera admis au Temple de la renommée en 1988.\u203a le QUébec toUt entier en deUil le premier ministre québécois, François legault, a annoncé que des funérailles nationales auront lieu le 3 mai prochain pour célébrer la mémoire de Guy lafleur.il s\u2019agit d\u2019un grand hommage, car ce privilège n\u2019est accordé qu\u2019à très peu de personnes.en effet, pour recevoir des funérailles nationales, il faut avoir «joué un rôle majeur» au sein de la société en ayant marqué son domaine d\u2019activité.\u203a les fans aUssi font leUrs adieUx dimanche, à l\u2019occasion d\u2019un match au Centre Bell opposant les Canadiens aux Bruins de Boston, les partisans ont aussi voulu dire au revoir à leur héros\u2026 à leur manière.durant plus de neuf minutes et de façon ininterrompue, on a pu entendre des milliers de personnes scander «Guy! Guy! Guy!» à tue-tête.la foule était tellement bruyante que l\u2019annonceur a dû s\u2019y prendre à trois fois pour reprendre le contrôle de l\u2019aréna et continuer avec la cérémonie d\u2019avant-match! disons-lui donc merci et souhai- tons-lui un bon repos! Laurent Côté le hérOs dU hOCkey GUy laFleUr s\u2019éTeiNT voici Patron (Cartouche, en ukrainien), un petit Jack russell Terrier qui est devenu un héros ukrainien! du haut de ses courtes pattes, Patron a peut-être sauvé bien des vies depuis le début du conflit entre la russie et l\u2019Ukraine.Patron est un chien renifleur de deux ans.sa spécialité est de pouvoir sentir les bombes et de prévenir son équipe.équipé de sa veste de protection, il renifle le sol et reconnaît les odeurs d\u2019explosifs.le petit chien travaille avec une équipe de déminage dans la ville de Tchernihiv.Cette ville du nord du pays a été assiégée par les forces armées russes durant un mois et a vécu beaucoup de destruction.Patron a permis de neutraliser 90 explosifs depuis le début de l\u2019invasion russe! heureusement, Patron est bien récompensé pour tous ses efforts.ses collègues lui donnent de la nourriture, surtout du fromage, à chaque bon coup.mais ne t\u2019inquiète pas, ce n\u2019est pas un métier dangereux pour l\u2019animal puisque les mines antipersonnel ne se déclenchent qu\u2019avec un poids supérieur à 5 kilos.et Patron en fait 4! des photos et vidéos du Jack russell ont fait le tour du monde.Plusieurs artistes ont créé des illustrations du brave chien pour honorer l\u2019importance de son travail.il est même suivi par 120 000 personnes sur instagram! \u203a comment Un chien peUt- il sentir des bombes?les chiens ont un odorat très développé, beaucoup plus que nous.ils peuvent donc sentir des odeurs très subtiles, les différencier et les reconnaître.les chiens renifleurs sont entraînés dès leur jeune âge à reconnaître des odeurs imperceptibles pour les êtres humains.en fait, l\u2019utilisation du flair des chiens est une des méthodes les plus efficaces pour déceler les bombes malgré toutes les nouvelles technologies! les chiens ont 300 millions de cellules qui détectent les odeurs dans leur museau.en comparaison, nous n\u2019en avons que 6 millions.et ce sont les chiens au museau plus long qui ont le meilleur odorat, comme Patron.Patron démontre qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019être bien gros pour faire une différence.Une compagnie de communication ukrainienne a partagé sur Twitter que, un jour, l\u2019histoire de ce héros à quatre pattes devrait être tournée en film! LyLou niCastro, journaListe stagiaire ON Te PréseNTe PaTrON, le hérOs de l\u2019UkraiNe! PhOTO Tirée de la PaGe iNsTaGram de l\u2019aNimal : PaTrON_dsNs PhOTO arChives aP, Bill kOsTrOUN SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M30 LE MAG P ourquoi dit-on « serrer quelque chose quelque part » au lieu de « ranger »?Étrange comme usage! Jacqueline Simard Québec Le québécisme serrer au sens de ranger est tellement bien implanté ici que les dictionnaires français n\u2019ont pas eu le choix de le faire entrer.Il s\u2019agit d\u2019un vieil usage que nous avons conservé (on le relève également dans les Antilles françaises), pendant qu\u2019en Europe francophone, il a presque disparu, laissant le champ libre à la définition la plus courante aujourd\u2019hui, celle de « tenir fermement, étreindre, presser ».Mais en réalité, le sens de ce québécisme est plus près de celui d\u2019origine, raison pour laquelle cette définition vient en premier dans le Petit Robert.En bas latin, serare voulait dire « fermer avec une barre ».Il était lui-même dérivé de sera, un mot pouvant signifier serrure, verrou, cadenas.Il y avait donc au départ une notion d\u2019enfer- mement, toujours présente dans l\u2019usage québécois, mais qui s\u2019est transformée en « maintien ferme » dans la signification plus courante.Bref, ce n\u2019est pas un usage si étrange que ça.Aujourd\u2019hui, on tente d\u2019éviter le verbe serrer au sens de ranger dans la langue soutenue, non pas parce qu\u2019il est erroné, mais à cause de la confusion qu\u2019il pourrait susciter.Serrer a évidemment de multiples autres définitions, dont au moins une comporte également une différence entre le Québec et la France.Je vais toujours me rappeler mon premier GPS, acquis il y a une quinzaine d\u2019années (avant l\u2019émergence des téléphones intelligents), et du jour où j\u2019ai modifié le réglage « français (Québec) » pour « français (France) ».C\u2019est à ce moment que j\u2019ai entendu pour la première fois la tournure « serrer à gauche, à droite », alors que, dans la version dite québécoise, on utilisait plutôt l\u2019anglicisme « garder la gauche, la droite » (« keep left, keep right »).Serrer peut en effet signifier « rapprocher » ou « mettre près l\u2019un de l\u2019autre », comme dans « serrer les rangs », « serrer les dents », « se serrer les coudes », « se serrer contre quelqu\u2019un ou quelque chose ».Je pressens votre prochaine question : est-ce que les expressions québécoises « tissé serré » et « tricoté serré » sont acceptables?Même si elles proviennent de l\u2019anglais « close knit » et « close weave », elles sont claires, justes et ne concurrencent aucune autre expression française, raisons pour lesquelles la Banque de dépannage linguistique les autorise.Et vous avez le choix de considérer serré comme un adverbe (donc de le laisser invariable), soit comme un adjectif (donc de l\u2019accorder).C\u2019est une famille tricotée serrée (ou serré).En lisant récemment qu\u2019un troupeau de volailles était peut-être touché par la grippe aviaire, j\u2019ai été très surprise de voir qu\u2019on pouvait utiliser ce terme pour des volatiles.J\u2019ai toujours cru qu\u2019un troupeau était constitué de bœufs, de vaches, de moutons, mais pas de poules.J\u2019ai fait plusieurs recherches pour trouver comment nommer un groupe de volailles, en vain.Pourriez-vous m\u2019éclairer?France Rousseau Sherbrooke Je crois savoir d\u2019où provient votre malaise.Le problème n\u2019est pas de recourir à troupeau pour parler de volatiles, mais bien de l\u2019utiliser précisément avec le mot volaille.Lorsqu\u2019on examine la définition du mot troupeau dans le Petit Robert, on peut lire ceci : « Réunion d\u2019animaux domestiques qu\u2019on élève, nourrit ensemble. » Aucune mention d\u2019exclusivité d\u2019emploi pour le bétail.Même que, si vous regardez un peu plus loin, vous trouverez dans les exemples « troupeau d\u2019oies ».Toutefois, lorsqu\u2019on jette un coup d\u2019œil au mot volaille dans le dictionnaire, on tombe sur ceci : « Ensemble des oiseaux qu\u2019on élève pour leurs œufs ou pour leur chair. » Autrement dit, le mot volaille contient déjà la notion de groupe, de troupeau.Quand on dit « la volaille », on parle la plupart du temps d\u2019un ensemble.Un troupeau de volailles, c\u2019est comme dire « un troupeau d\u2019un ensemble d\u2019oiseaux ».Le sens collectif est présent deux fois.Il y a donc pléonasme.Maintenant, si on regarde plus loin dans la définition de volaille, on s\u2019aperçoit qu\u2019on peut quand même dire « une volaille » pour désigner un oiseau de basse-cour.Cela peut légitimer « troupeau de volailles ».Mais il est normal que le malaise persiste, étant donné que ce mot est le plus souvent utilisé au sens collectif.Une façon d\u2019être moins indisposé par cette tournure serait de remplacer troupeau par élevage.Étant donné que poulets, dindons, pintades, canards et oies domestiques n\u2019ont pas la capacité de voler, on ne peut évidemment pas employer les mots vol ni volée, et encore moins nuée.Je connais une version de votre énigme d\u2019il y a deux semaines [celle du cavalier sot portant un seau et un sceau] qui se résout autrement.Il faut la faire oralement.Il est question d\u2019un chevalier sot, grand et mince (donc étroit).À la chute (dans tous les sens du terme), on mentionne que « l\u2019étroit sot tombe ».Michel Harnois Sherbrooke Bien joué! Voilà qui est beaucoup plus sensé comme réponse.Mais comme vous le mentionnez, il faut poser l\u2019énigme d\u2019une manière vraiment très précise.Quand on perd les détails, on peut en venir à chercher erronément une façon d\u2019écrire « les trois [so] », ce qui est impossible.PERLES DE LA SEMAINE Merci à Mylène Alarie, du Centre de services scolaire des Mille-Îles, pour l\u2019envoi de ces mots d\u2019enfants.« Comment s\u2019appelle le métier de la personne qui prend des photos?\u2014 Un photographrier! » « Qu\u2019est-ce qui a fait couler le Titanic?\u2014 Un ice pack! » « Comment s\u2019appelle le tuyau qui est dans la gorge par lequel passe l\u2019air pour se rendre dans les poumons?\u2014 La tranchée! » « Ma grand-mère est née dans les années 40-600. » « On est allés faire du ski à Saint-Terrebonne. » Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Serrer les dents ou ranger son dentier ?STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Serrer les dents, ce n\u2019est pas ranger un dentier.\u2014 PHOTO 123RF laTribune SAMEDI 30 AVRIL 2022 M31 LE MAG D ans le premier épisode de la nouvelle série française intitulée Drôle, sur Netflix, une Québécoise déclenche la chute d\u2019un homme adulé.Yolaine, c\u2019est son prénom, assiste à un cabaret d\u2019humour dans un comédie club de Paris.Sur scène, Bling, un humoriste qui a taquiné la gloire après son passage dans un film populaire, mais qui a du mal à retrouver l\u2019inspiration comique, improvise un numéro.À court d\u2019idées, il commence à se moquer des spectateurs et apostrophe Yolaine, comparant son prénom à une marque de lessive et lui demandant si elle porte des « strings mouton ».Alors qu\u2019il s\u2019enfonce encore plus avec un gag de mauvais goût, Yolaine crie : « suivant! » \u2014 Qu\u2019est-ce que t\u2019as Yolaine?Tu veux le micro?C\u2019est ton spectacle?Il y avait ton nom sur l\u2019affiche?lui crie Bling.\u2014 Eh, non.Mais moi je fais pas semblant d\u2019être humoriste, rétorque Yolaine.L\u2019altercation verbale continue de plus belle, Bling gueulant à la Québécoise de sortir du club, et Yolaine le traitant de « gros misogyne de merde » qui ne fait rire personne.« Casse-toi, vas-y, on comprend rien quand tu parles! » l\u2019insulte Bling, avant qu\u2019elle lui jette sa bière au visage.Évidemment, dans la foule, un spectateur a filmé la scène, qui déferle ensuite sur les médias sociaux.C\u2019est le début de la débandade de Bling.Durant une bonne partie de la série, l\u2019humoriste tente désespérément de regagner son étoile, embauchant son ami comme scripteur fantôme et se gelant la fraise pour calmer ses angoisses.Dans un moment de candeur dans un autre épisode, Bling raconte qu\u2019après son fameux rôle dans le film, il a fait beaucoup de fric, se faisait reconnaître dans la rue et draguer par les femmes dans les bars.Après ce succès, Bling a ouvert avec sa sœur un comédie club.« J\u2019ai fait jouer les autres, raconte-t-il à Nezir, son ami humoriste.Et d\u2019un coup, je n\u2019ai pas compris comment ça s\u2019était passé, genre, je me suis réveillé et vous étiez tous meilleurs que moi. » Comme la drogue, le succès peut-être addictif.Ceux qui touchent ses privilèges scintillants et les perdent ensuite ont du mal à s\u2019en remettre.Parfois, ils passent le reste de leur vie à chercher en vain l\u2019exaltation de leurs triomphes professionnels passés.Dans son récent livre From Stren- ght to Strenght (De force en force), Arthur C.Brooks, professeur à la Harvard Business School et auteur d\u2019une fascinante chronique sur le bonheur dans le magazine The Atlantic, se penche sur ce phénomène qu\u2019il surnomme la « malédiction du fonceur ».Dans la première moitié de leur vie, explique-t-il, les fonceurs, pétris d\u2019ambition, épousent une formule assez simple pour atteindre le succès : ils focalisent sur leur carrière, sacrifient leur vie personnelle, travaillent avec acharnement et montent dans la hiérarchie sociale.Après le succès, ils découvrent qu\u2019il ne reste plus grand-chose passé la jubilation initiale.Ils ne sont pas devenus vraiment plus heureux, finalement.Alors, ils repartent en quête d\u2019une nouvelle injection de succès.Mais parfois, leurs efforts ne fonctionnent plus.En fait, plus on vieillit, plus notre déclin professionnel devient inévitable, souligne Brooks, études à l\u2019appui.Les chimistes tendent à plafonner vers 46 ans; les physiciens vers 50 ans; les écrivains entre 40 et 45 ans; les professionnels de la finance entre 36 et 40 ans.Les humoristes?Aucune idée.Ces chiffres sont des moyennes, bien sûr, et il y a des exceptions notoires.Mais l\u2019intelligence brute qui nous permet d\u2019innover et de pondre des chefs-d\u2019œuvre à un âge relativement jeune baisse inexorablement à mesure que notre cerveau encaisse les décennies.Pour ne pas se laisser abattre par le déclin, dit Brooks, il faut apprendre à mettre à profit un autre type d\u2019intelligence, une intelligence forgée par l\u2019expérience : la sagesse.Et il faut trouver un moyen d\u2019en faire profiter les autres.L\u2019auteur donne l\u2019exemple de Jean-Sébastien Bach.Tôt dans sa carrière, il a été considéré comme le meilleur musicien de tous les temps.Mais même pour Bach, la célébrité et la gloire n\u2019ont pas duré.Quand le courant préclassique a pris le pas sur le baroque, Jean- Sébastien s\u2019est fait voler la vedette par son propre fils, Carl Philipp Emanuel Bach.Mais au lieu de devenir aigri d\u2019avoir perdu son trône, Jean-Sé- bastien Bach s\u2019est réjoui des succès de son fils et est passé d\u2019innovateur musical à maître de l\u2019enseignement, souligne Brooks.Il a consacré la dernière décennie de sa vie à son chef-d\u2019œuvre ultime, L\u2019art de la fugue, destiné à enseigner les techniques de composition du baroque.En général, note Brooks, plus on atteint un niveau élevé de succès, plus on tombe de haut.Mais, encore là, il y a des exceptions.Et Bach pourrait donner une leçon à Bling sur la manière de surmonter le déclin professionnel avec grâce.La malédiction du fonceur n\u2019est peut-être pas éternelle.MARC ALLARD CHRONIQUE Le Soleil NOUS, LES HUMAINS La malédiction du fonceur Plus on atteint un niveau élevé de succès, plus on tombe de haut.Durant une bonne partie de la nouvelle série Drôle, sur Netflix, l\u2019humoriste Bling tente désespérément de regagner son étoile.\u2014 PHOTO MIKA COTELLON, NETFLIX SAMEDI 30 AVRIL 2022 laTribune M32 0093444 Votre média au service de la communauté La Tribune du monde Quoi de mieux que la lecture d\u2019un média régional pour mieux comprendre ce qui se passe dans sa communauté et avoir le goût d\u2019y contribuer?Merci à Nos parteNaires Pour des nouveaux arrivants, cela peut même les aider à mieux s\u2019intégrer dans leur terre d\u2019accueil.Grâce au projet LaTribune du monde élaboré en collaboration avec Actions interculturelles, plusieurs immigrants ont désormais un accès illimité aux versions numériques de LaTribune.Pour offrir ces abonnements aux personnes immigrantes, des appuis financiers sont nécessaires.Un grand merci à nos partenaires qui croient en La Tribune comme outil d\u2019inclusion."]
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