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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Juillet
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1924-07, Collections de BAnQ.

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[" 4 GAZINE MENSUEL A ~~ = \u2014 cay w E 'STR iLL \u2014 2e - 27\" AEA PRE.JON EL Sen Loge.ELD ewe se DEAR SITTIN.its \u201cEERE ERP.CERNE a RESTES n ST SES EAC IR.aren TR ARE ITA TS MES MERE TC mes nm 0 ES ETES NET ST DE OP TS ve ee TETE GY eee = 2007 = : : Ê A RRL TL - ra ow ; Lie - 61 41 5 à Ÿ Là LÀ, à + 0 à 4 bk bo + à a à à æ ow a SE FAV UPR TR SVR RR rata EE ae ME ERLE, TY Juillet 1924 Se ENS pT pe ve Tw w od BIL TERE hat ale J a A ada \u2018 Le SIENNE OT ORE 7 WE FW SE ES SEE EN ASS ES IN = ES RENE ES ES SES EEE ame ey El PE 3 & 4 A : x « : St F - oo RYN So} TLE wo RR COMBAT ope Swot, i \u201c 1 4 CURIE gL Sable in TW SES SE WY TY PTY sty TY SE An .- | \u2014 \u2014\u2014 + a AE \u20ac RE = auf \" GLISSER.bannie sans retour, alors vous EMPLOYE DANS UN DOUBLE BUT 9 Premièrement: Le plus important - objet du PLAPAO-PAD est de conserver toujours appliqué aux muscles relâchés le remède appelé Plapao qui est de nature contractive, et dont le but à l\u2019aide des ingrédients de la masse , médicamenteuse, est d'augmenter la circulation du sang afin de revivifier pe les muscles.oy Deuxièmement: Adhérant de lui-même dans le but ; d\u2019empêcher le tampon de glisser, c'est une aide importante pour maintenir la hernie qui ne peut être cone par un bandage.; Des centaines de gens vieux et jeunes, ont affirmé sous serment devant um officier qualifié, que le PLA- PAO-PAD a guéri leur hernie-\u2014certains cas étant des plus graves et des plus anciens.ACTION CONTINUELLE NUIT ET JOUR Une condition frappante du traitement PLAPAO- PAD est le temps relativement court pour en obtenir des résultats.C'est parce que son action est continuelle\u2014nuit et jour pendant les 24 heures entières.Il n\u2019y à pas d\u2019inconvénient, pas de gêne, pas de aouleur.Cependant minute par minute\u2014pendant votre travail quotidien\u2014même pendant votre sommeil ce merveilleux remède infuse invisiblement une nouvelle vie et une nouvelle force dans vos muscles et les met en état de maintenir les intestins en place sans le support artificiel d\u2019un bandage ou de tout autre procédé.LE PLAPAO-PAD EXPLIQUE Le principe d\u2019après lequel le Plapao-Pad fonctionne peut être facilement démontré par la gravure cl-jointe ot la lecture de l'explication suivante: Le PLAPAO-PAD est fait d\u2019une partie forte et flexible \u201cE\u2019 qui s'adapte aux mouvements du corps et est parfaitement comfortable à porter.Sa surface intérieure est adhésive (comme um emplätre adhésif, bien que complètement différente) pour empêcher le on \u2018\u201cB\u2019 de glisser et de se déplacer.«A» estune extrémité élargie du PLAPAO-PAD que couvre les muscles atrophiés et affaiblis et les empêche de se déplacer plus loin, «\u201cB\" est un tampon convanablement fait pour fermer l\u2019ouverture herniaire et empêcher la saillie des intestins.En nsme temps, oe tampon forme réser- M BC counaitrez que votre hernie est guérie \u2014 et vous me remercierez sincèrement pour vous avoir conseillé sl fortement d'accepter MAINTENANT le merveilleux remère gratuit.Et \u201c GRATUIT \u2018\u2019 signifie GRATUIT \u2014 ce n\u2019est pas un envoi \u2018\u201c\u2018C.O.D.\u201d ou Un essai douteux.ECRIVEZ AUJOURD'HUI POUR L'ESSAI GRATUIT Acceptez cet \u2018\u201c\u2018Essai\u201d gratuit aujourd\u2019hui et vous serez heureux pendant Votre vie d\u2019avoir profité de cette opportunité: Ecrivez une carte postale ou ram- Dlissez le coupon aujourd'hui et par le retour de la malle, vous recevrez l'essai gratuit du Plapao avec un livre de M.Stuart sur la hernie contenant toute information au sujet de la méthode qui a eu un diplôme avec médaille d\u2019or à Rome et un diplôme avec Grand Prix à Paris.Ce livre devrait être dans les mains de tous les hernieux.Si vous avez des amis dans ce cas.parlez-leur de cette offre \u2018importante.10,000 lecteurs peuvent obtenir le traitement gra- tuft.Les réponses seront certainement considérables.ar pe viter un désappointement, écrivez MAINTE- 4 4 .[ \\ COUPON PLAPAO LABORATORIES, Inc, 2667 Stuart Bldg., St-Louis, Missouri, U.S.À.Monsieur\u2014Veuillez m'envoyer Plapao à l'essai et le Jivre de M.Stuart absolument gratis.csr ae $9 $00 000088 CCCI C0U C0 0000 Adresse REE EEE EEX EEF ER EERE EAR EASE A NE REE NX XN] Le retour de la malle apportera l'essai gratuit de Flapao.\\ \u2014t ba ABONNEMENT Canada et Etats-Unis: Un An .81.50 Six Mois.3c Montréal ct ban- Neue exceptés PARAIT TOUS LES MOIS Vol.17, No 7 La REVUE FTO- PULAIRE est ox- pédiée par la poste entre le ler et le 5 de chaque mois.POIRIER, BESSETTE & CIE, Edits.-Props., 181, rue Cadieux, Montréal.Montréal, juillet 1924 Tout renouvellement d'abonnement doit nous parvenir dans le mois même où 11 se termine, Nous ne garane tissons pas l\u2019envoi des numéros antérieurs, Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt, U.S., as second class matter under the Act of March 3rd 1879, LE TUTOIEMENT Dans la langue française, l\u2019emploi à bon escient du vous et du tu exprime des nuances infinies, déférence, respect, considération, d\u2019une part, intimité, familiarité, dédain, arrogance, d\u2019autre part.Presque toutes les langues ont répudié cet usage, sauf la langue française et quelques autres d\u2019origine latine où pourtant les choses se passent différemment.En thèse générale, le vouvoiement fut de rigueur sous la monarchie absolue, au siècle de Louis XIV, par exemple; la Révolution, dans son vaste programme d'égalité et.de fraternité, restaura le tutoiement, reprenant en cela la tradition classique, interrompue pendant quelques siècles.En effet, toutes ces distinctions parfois difficiles, ces gradations souvent insaisissables dans l\u2019emploi de la deuxième personne du pluriel ou de la deuxième personne du singulier, paraissent avoir été complètement ignorées des anciens.| L'habitude qu\u2019avaient les empereurs romains, dans leurs décrets, de substituer nous à je, pour donner au bon peuple et aux représentants du bon peuple, tribuns, censeurs et sénateurs, l'illusion d\u2019une étroite.collaboration avec l'autorité suprême, ne paraît pas être sortie du palais des césars.En somme, le tutoiement, dans les pays civilisés, s\u2019employait \u2018partout indifféremment.Les marques de res- ca EE BD pect étaient tout autres; on n\u2019hono= rait personne en le vouvoyant ! Au XVIe siècle, grand chambardement dans la langue française.Est-ce sous Henri III ?Est-ce sous Henri IV ?Nous ne le savons pas bien, mais vers 1560, nonobstant, à ce qu\u2019on raconte, les protestations indignées du plus grand jurisconsulte de l\u2019époque, Étienne Pasquier, le tutoiement ne fut plus de bon ton.Contrairement au présent usage de la bourgeoisie, on ne tutoyait plus que les domestiques.Les enfants \u201cportaient respect\u2019 à leurs parents; les époux de bonne condition n\u2019usaient entre eux, dans le monde comme au foyer, que de cette marque de politesse.Les auteurs dramatiques seuls, dans.leurs tragédies; les poètes-courtisans, dans leurs hymnes au Roi, employaient encore le tutoiement.De nos jours, le tutoiement et le veuvoiement sont dans les moeurs, mais l'emploi de l\u2019un et de l\u2019autre varie avec les milieux et les familles.Dans les grandes maisons, le mari ne tutoie jamais sa femme devant les gens.Ici, entre parents et enfants, le tutoiement est d'usage ; là, le vouvoiement est de rigueur.Il n'y à plus là qu\u2019une affaire d\u2019éducation et de délicatesse: un cas que chacun résout à sa fantaisie.Jules JOLICOEUR,. à gx i: Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 * Citron Inestimable pour garnir tartes, gâteaux, pâtisseries, elc.Oo OO - - GARNITURE DE TARTES Bonne jusqu\u2019à la dernière bouchée Si vous voulez savoir combien exquise et savoureuse peut être une tarte au citron, à l'orange ou à l'ananas, et combien leur pré- paratien est facile et peu compliquée, vous n'avez qu\u2019à commander aujourd'hui une boite de GARNITURE DE TARTES lMeadow- Sweet! (PIE FILLING) ~ \u2014 Orange \u2014 Ananas Une boîte de 15 centa donne assez de garniture pour 4 tartes.EN VENTE CHER TOUS LBS BPICIDRS LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Vol.17, No 7 A To wy Sz \u20ac ANRS / \\ en ladiat L\u2019origine des combats de gladiateurs.\u2014Esclaves ou libres, ils étaient les idoles du peuple, comme aujour= d\u2019hul en Espagne, les combattants dans les courses de taureaux.\u2014Le combat, les armes, les catégories de gladiateurs.\u2014 Armés comme les chevallers du moyen-âge, les gladiateurs équestres luttalent comme dans un tournoi, mals jusqu\u2019à la mort.\u2014\u2014\u2014ame C\u2019est dans les coutumes religieuses des Etrusques qu\u2019il faut chercher l\u2019origine des combats de gladiateurs, dont l'usage prit une grande extension sous l'empire romain, bien qu\u2019il n\u2019ait jamais pu s\u2019introduire en Grèce.Ainsi commence le chapitre consacré aux gladiateurs dans le magnifique ouvrage de MM.René Ménard et Claude Sauvageot, sur la \u2018Vie Privée des Anciens\u2019\u2019, qui nous fournit la ma- tiere de eet article.Chez les peuples primitifs, on immolait des prisonniers sur la tombe des héros morts en combattant et le sang des hommes qu\u2019on avait égorgés était comme un holocauste qu\u2019on offrait aux mânes de celui dont on voulait honorer la mémoire.On imagina bientôt de faire combattre entre eux ces prisonniers au lieu de les immoler simplement, et ces combats, qui se livraient près de le tombe du défunt, au milieu de tous ses amis, étaient considérés comme le plus bel hommage qu\u2019on pût rendre au souvenir d\u2019un guerrier illustre.Ces duels sont fréquemment représentés sur les monuments funéraires des Etrus- ques.| | Cependant, comme on n\u2019avait pas toujours des prisonniers sous la main pour honorer les morts, on imagina de les remplacer par des hommes faisant profession de combattre et ce fut là l\u2019origine des gladiateurs.Ces gladiateurs au début étaient presque toujours des étrangers, et ce ne fut qu\u2019assez tard qu'on vit des citoyens descendre eux-mêmes dans l\u2019arène.Mais le caractère funèbre des combats pri mitifs se perpétua très longtemps.On donnait des représentations de com= bats aux funérailles illustres, et les personnages opulents ordonnaient parfois sur leur testament les fêtes sanglantes qui devaient honorer leurs funérailles.: Le caractère funèbre des anciens combats de gladiateurs se perdit tout à fait à la fin de l\u2019empire et dès le Vol.17, No 7 LA\u2018 REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 prenaient leurs armes et s\u2019élançaient l\u2019un contre l\u2019autre.Quelquefois l\u2019un des deux adversaires était frappé à mort dès le premier coup: c\u2019est probablement ce qui arrive à celui qu\u2019on voit tomber en arrière sur son bouclier.après avoir reçu un coup en pleine poitrine.\u2019 Casque de gladiateur.Quand un gladiateur était blessé, il pouvait mettre bas les armes et se déclarer vaincu.Quelquefois le vainou fuyait pour échapper aux poursuites de son adversaire; le gladiateur vaincu a laissé tomber son bouclier et lève le bras pour demander sa grâce aux spectateurs.Pour demander sa grâce, le gladiateur met un genou en terre, en même temps que par son geste il implore le public, tandis que le vainqueur, posant le pied sur la lance de son adversaire, attend pour le laisser vivre ou pour le frapper la décision que vont prendre les spectateurs.; Lorsque les spectateurs levaient la main en abaissant le pouce, ils voulaient qu\u2019on fit grâce au vaineu ,mais quand ils levaient le pouce en le tournant vers les combattants, le malheureux était impitoyablement égorgé.\\ Les gladiateurs qui assistaient au combat de l\u2019arène, en attendant que leur tour arrivât d\u2019entrer dans la lutte, ne pouvaient en aucune façon prendre parti dans le combat qui avait lieu et regardaient sans \u2018s\u2019y mêler.Quand un gladiateur était mort, les valets du cirque venaient immédiatement enlever son corps, en le trainant sur le sable de l\u2019arène à l\u2019aide de crochets qu\u2019ils tiraient au moyen d\u2019une corde.\u2019 Le costume des gladiateurs présente une assez grande variété.On a retrouvé des armes de gladiateurs qui sont de la plus grande richesse décorative, Leurs casques étaient remarquables.Gertains casques connus, de grand luxe, appartenaient sans doute à-quel- ques gladiateurs célèbres et riches \u2018comme il y en avait sous l\u2019empire romain.Les armes sont toutes de fantaisie et n\u2019ont jamais été employées dans les armées.On y voit surtout la Gladiateurs équestres, préoccupation de préserver le visage des coups qui auraient pu le défigurer.Le masque métallique en forme de grillage avait en outre l'avantage de laisser passer facilement l\u2019air.Avec d\u2019autres casques, la respiration devait être plus pénible.Ils sont entièrement fermés sauf l'ouverture indispensable pour voir son adversaire.Encore les deux ouvertures ne sont pas pareilles vt O aed I) Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE des deux côtés et les raisons de cette différence sont difficiles à expliquer.Quelquefois le casque du gladiateur était surmonté d\u2019une aigrette ; s\u2019il tombait ou s\u2019il demandait grâce, le vainqueur enlevait cette aigrette et la montrait au peuple en signe de victoire.,Ç Les soldats romains ne portaient pas non plus ces magnifiques jambières des gladiateurs.Ils étaient généralement vêtus d\u2019après un uniforme réglementaire, tandis que les gladiateurs, étant moins astreints à la régularité, pouvaient apporter plus de luxe et de variété dans leurs armes.On a donné le nom d\u2019\u2018\u2018Ecole des gladiateurs\u2019\u201d à un édifice situé à Pom- péi, près des théâtres et dans lequel d\u2019autres archéologues ont vu simplement une caserne.Des armes, des casques, des cnémides ou bottines de bronze, qui ont appartenu à des gladiateurs et non à des soldats, ont été découverts en ce lieu, et c\u2019est ce qui a fait voir là un établissement destiné à des gladiateurs.Mais, suivant M.Breton.une ville aussi peu considérable que Pompéi n\u2019aurait pu entretenir une troupe de gladiateurs assez nombreuse pour exiger de si vastes logements, tandis que des gladiateurs de passage ont parfaitement pu loger à la caserne, ce qui expliquerait la présence des armes qu\u2019on a retrouvées.La plupart des gladiateurs appartenaient à des catégories combattant dans des modes différents; mais, en général, deux gladiateurs de la même espèce ne combattaient pas l\u2019un contre l\u2019autre, mais on donnait pour adversaire au gladiateur d\u2019une espèce un autre gladiateur appartenant à une autre série et portant des armes toutes différentes.Chaque série avait un Montréal.juillet 1924 nom particulier qui provenait soit du pays dont il était natif, soit de la nature spéciale de son équipement.Parmi les nombreuses espèces de gladiateurs, on distinguait: 10.les Thraces; 20, les samnites ;30 le mirmillon; 4o, le rétiaire, lequel est caractérisé par l\u2019absence totale «'armes défensives.Il n\u2019a d'autres armes que son harpon ou fourche et le filet dans lequel il cherche à envelopper son adversaire ; 50, l'hoplomaque, puissamment armé ; 60, les gladiateurs équestres, partant au même signal des deux extrémités de l\u2019arène et chargeant l\u2019un sur l\u2019autre au galop.Ils sont armés de la lance et du bouclier rond.Le mois prochain.nous parlerons du cirque romain.0 L\u2019INSTINCT DES OISEAUX En Birmanie, à la saison des nids, les arbres se couvrent de quantité de légères habitations aériennes en forme de cloches se balançant grac 'eu- ses,suspendues par une espèce de crochet à l\u2019extrémité des plus hautes branches.Ces nids, d\u2019aspect si curieux, sont ainsi fabriqués par leurs petits architectes ailés en vue de les préserver de la visite inopportune des oiseaux de proie et des serpents.Une porte masquant l\u2019ouverture en reste hermétiquement fermée tant que les oeufs ne sont pas éclos; seule, une minuscule.fente invisible permet à la maman de recevoir sa nourriture.Dès que la jeune couvée se sent apte à voler, le plus mutin de la bande donne un coup de bec a la suspension.le nid tombe.et tous les oiselets de prendre leur envolée dans l\u2019espace\u2026 DRE ae ne PRE RE NRA OT TOO A Ryo siti TRIER A RTE PI RO OO OR RIRE RYT RR RI RN CE RR RA HT] RARE HT is FINE 7; ts \" : pit 1 Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Cor TEE OT DT RF AE TE CEE TCT COT TTS TTT] CTT Tr ATE TE A ET CT TIT LES EXECUTIONS CAPITALES \u2018 Coran Ta Tori TT 2:07 Quelques savants européens prétendent que les victimes de l\u2019électrocution, pouvant revenir à elles, les .courants alternatifs n\u2019ayant qu\u2019une action momentanée, sont souvent enterrées vivantes.\u2014Les médecins de Sing-Sing citent 114 cas d\u2019électrocution pour démontrer l\u2019im=- possibilité d\u2019une résurrection.L'Europe et l\u2019Amérique poursuivent au sujet de l\u2019électrocution une discussion.vieille de plusieurs années.On n\u2019a jemais voulu admettre dans le monde savant européen que l\u2019élec- trocutior fût supérieure, comme mode d'exécution capitalé, à la guillotine.pas plus que dans le monde savant américrin.on n\u2019a décessé de considérer 1» guillotine comme une chose \u201cdisgustinæ\u2019.\u201cayant pas.pour l\u2019instant, à choisir pour notre propre compte un moyen do supplice .la question ne nous intéresse que d'assez loin; envisageons-la au seul point de vue scientifique et humain.L'\u2019électrocution est-elle un mode d\u2019exécution rapide et décisif?Y a-t- il des chances que la victime revienne à la vie?Aux Etats-Unis, on répond dans l\u2019affirmative ; en Europe, on a des doutes et des doutes sérieux.\u201c Dans cette controverse, les Européens accusent et les Américains s\u2019expliquent.Le docteur Jellinek, professeur et chef de l\u2019Institut Electro-Pathologi- que de Vienne, dit: \u2018\u2018L\u2019électricité ne tue jamais.Les plus forts courants ne déterminent qu\u2019un état cataleptique durant lequel le coeur cesse de battre.I] est toujours possible de ramener le corps à son état normal, après un certain temps.\u201d Il ajoute: \u2018\u201cLa chaise électrique n\u2019est pas une chaise de mort\u2014les criminels, condamnés à mort, qui y sont attachés sont assommés ou engourdis par un courant puissant, non pas tués.Il en est de même, en plusieurs cas, des personnes frappées par l'éclair ou électrocutées accidentellement, de quelque manière.\u201d : Ainsi donc, suivant ce professeur, l'électrocution.au lieu d\u2019éteindre la vie dans un être, instantanément, comme on le suppose communément, produirait simplement un état d\u2019insensibilité complète où les battements du coeur sont pratiquement imperceptibles.Etat si proche de celui de la mort que la science l\u2019a jusqu'ici confondu avec lui.Après une période de temps qu\u2019il ne peut fixer, et qui probablement varie avec chaque individu, au dire toujours du même professeur, les éleo- trocutés recouvrent l\u2019usage de leurs sens, reprennent connaissance.Mais quand ils reviennent ainsi à la vie, c\u2019est pour se voir cloués dans leur cercueil, envoûtés dans des tombes ou emprisonnés sous plusieurs pieds de terre.Si tout cela est vrai; si ce professeur a raison, l\u2019électrocution égqui- vaudrait en horreur et cruauté à un emmurement, tel qu\u2019il se pratiquait au temps de l\u2019Inquisition.Les Américains seraient loin de leur but, qui TARR CETTE i TEE \\ \u2018 TERI 4 ACEI Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 fut en inventant cette pratique.de supprimer la douleur, au moins de l'abréger le plus qu\u2019il est possible.Quoi qu'il en soit, cette révélation va fournir des arguments nouveaux aux adversaires de la peine de mort et, si elle est bien fondée, peut-être le £ouvernement américain songera-t-il à recourir à la guillotine ou à quelque autre mesure.Mais n\u2019allons pas trop vite.Les savants .américains, fiers sans doute de leur découverte, ne chantent pas le même air! Il s\u2019en trouve naturellement, et de nombreux, qui ne sont pas convaincus de l\u2019instantanéité de la mort par la décharge électrique; mais ceux-là ont réussi à faire adopter par les autorités judiciaires de plusieurs états, la mesure suivante dont la seule application prouve que la mort par l\u2019électrocution peut bien ne pas être instantanée: les médecins qui assistent à une exécution administrent à la victime, une fois enlevée de la chaise, l'exécution terminée, un poison susceptible de donner la mort.Dans une des prisons où les exécutions sont nombreuses, on donne à chaque victime une injection hypodermique de curare.Le curare est un poison végétal dont les Indiens de l\u2019'Amazone se servaient pour empoisonner leurs flèches.C\u2019est un poison violent quand il est mis en contact avec la circulation, car la mort survient alors en quelques minutes, par paralysie des muscles respiratoires.La conscience des exécuteurs et médecins de cette prison peut reposer tranquille, quand bien même le pro- fesséur Jellinek aurait raison.Mais, de toute façon, ce n\u2019est guère à la louange de l\u2019électrocution qu\u2019il lui faille, pour tuer un homme, l\u2019aide d\u2019un poison violent.Pourquoi pas simplement ce poison?Boire un poison, c'est boire la cigue; c'est très noble et pas douloureux.Nous nous sommes surtout attaché jusqu'ici à l\u2019opinion des savants européens, opinion formulée par M.Jellinek.Voyons ce que disent sur le même sujet les médecins américains.Citons avant tout le docteur Amos C.Squire, médecin attaché à la prison de Sing-Sing: \u2018\u2018Un homme électrocuté, dit-il, est un homme mort: aucune injection d\u2019Adrénaline ou d\u2019autre substance organique ne peut le ranimer.\u201d\u2019 (L\u2019adrénaline constitue le corps le plus vasoconstricteur connu.I! suffit de laisser en place pendant quelques minutes, un tampon imprégné de la solution pour obtenir l\u2019arrêt du sang).\u201cOn peut prétendre, continue le docteur ci-haut nommé, qu\u2019il y a des degrés dans la mort.Prenons, par exemple, deux hommes atteints par la foudre.On les retrouve inconscients tous deux, les battements du coeur sont imperceptibles, la respiration est négligeable.Ils sont morts apparemment.Le même restaurant est administré, mais un seul y répond.Le second résiste à toutes les tentatives de retour à la vie.Peut-on dire dans ce cas que des deux hommes, l\u2019un était plus mort que l\u2019autre?Naturellement, la question à quoi l'on ne peut répondre se pose : cet homme qui est revenu à la vie était-il réellement mort?Quant à moi, il n\u2019était pas mort.Il recouvra la vie parce qu'il avait plus de force de résistance que l\u2019autre, bien que, s\u2019il avait été plus longtemps négligé, il n\u2019eût pas repris l'usage de ses sens.I] y a autre: chose.Bien que les deux hommes aient été foudroyés au méme moment par le même éclair, ils ne reçurent Vol.17, No 7 pas le même voltage.Mais, pour ce qui est de la mort sur la chaise électrique, peut-on parler de degrés dans la mort, étant donné que tous les condamnés reçoivent le même voltage?J\u2019ai fait l\u2019autopsie de 114 électrocutés, a Sing-Sing, et je puis affirmer que la mort est déterminée par l\u2019ampère, ou intensité de l'électricité introduite dans le corps, plutôt que hd -n CIRE eee \u2018Un homme électrocuté, dit M.Squire, est un homme mort; aucune injection d'adrénaline me peut le ranimer.\u201d par son voltage.Il a été démontré qu\u2019un courant d'un ampère (l'intensité d\u2019une ampoule de 100 watts), traversant le cerveau ou quelque autre organe vital, pourrait entraîner la mort dans plusieurs cas.La résistance d\u2019un être humain est une affaire de sang et de peau.Par exemple, un homme dont le corps est LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 parfaitement sec supportera un voltage bien plus élevé que celui dont la peau est trempée par la transpiration.À Sing-Sing, pour les exécutions capitales, on donne 2,000 voltes pendant 10 secondes, on réduit ensuite à 250 voltes pendant 40 ou 50 secondes, on augmente davantage pendant | i Tg 31 5 autres secondes, puis on interrompt le courant.On calcule que 8 ou 10 ampères traversent le corps.Puis, on établit de nouveau le contact avec 3 ou 5 secondes, comme mesure de précaution, pour abolir les réflexes.Si un corps était soumis à un courant de 2,000 voltes et 10 ampères pendant 30 secondes, sa chair serait brûlée.Aussitôl après une applica- \u2014_ 13 \u2014 NTI Lees TRAITENT CEE, con Say Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 tion de 2,000 voltes, nous avons remarqué que les électrodes qui établissent le courant atteignent un degré de température assez élevé pour faire fondre le cuivre\u2014et l\u2019on ose après cela prétendre pouvoir ramener à la vie un électrocuté! Dans les trois heures qui suivent l\u2019exécution, le corps a la rigidité cadavérique (rigor mortis).Il arrive souvent que le cœur ait éclaté.Le sang est altéré.Sous le microscope, le sang prend une apparence granulaire, indiquant une dissolution électrolytique des corpuscu- : les rouges.Des bulles de gaz s\u2019aperçoivent dans les cellules ganglionnaires du cerveau.Il est inutile s'essayer même de ranimer un corps pareillement bouleversé.\u201d Donc, aucun danger, suivant ce médecin, que les électrocutés ne soient enterrés vivants.Qui croire?Plus de personnes qu'on ne croit sont enterrées vivantes.du nom de André Godard est parti en croisade contre prématuré.Dans les cas où des considérations religieuses interdiraient l\u2019incinération, il voudrait que la loi exigeât que les artères des poignets fussent coupées avant la sépulture.Godard prétend qu'une personne sur 200 est enterrée vivante.Ce percentage serait même plus élevé en France, où peu de cadavres sont embaumés et où peu de temps s'écoule entre la mort et la sépulture.(Au Canada, la loi porte \u2018\u2018qu'aucune inhumation ne peut être faite que vingt-quatre heures après le décès, et quiconque prend sciemment part à celle qui se fait avant ce temps, hors les cas prévus par les règlements de police, est passible d\u2019une amende de vingt piastres\u2019\u2019.) On pourrait et on devrait, au Canada, où sur ce chapitre c\u2019est la Un français l\u2019ensevelissement loi française qui nous régit, étendre ce terme à quarante-huit heures.M.Godard prétend que les apoplectiqués sont de ceux qui risquent le plus d\u2019ê- tre enterrés vivants.: Pour en revenir à l\u2019électrocution, elle est pratiquée dans treize des états américains.Dans tous les autres états où la peine capitale est appliquée, les criminels condamnés à mort sont pendus.Dans l'Utah, le condamné peut choisir entre la pendaison et le poteau pour être fusillé.Dans le Nevada, on use d\u2019un procédé des plus modernes, qui est un gaz mortel.D'ailleurs cette méthode ne date que de quelques mois.C\u2019est un Chinois qui en fit les honneurs.Il fut attaché solidement à un confortable fauteuil dans une pièce en pierre et \u2018Pair qu\u2019on lui donna à respirer était saturé d\u2019une solution mortelle.Le condamné s\u2019endormit commé un enfant sans la moindre douleur.D\u2019après son autopsie, il succomba au bout d'une minute.C\u2019est là certainement le supplice le plus humain qui soit.Il y a une chose à prévoir, c'est que dans quelques années, cinquante ans peut-être, la peine de mort sera complètement abolie en Amérique.0 Si un parvenu se souvient de son origine, on l\u2019oublie; s\u2019il l'oublie, on s\u2019en souvient.\u201c # * Le monde est ce qu'il doit être pour un être actif, c\u2019est-à-dire fertile en obstacles.* % » HI y a plus de rhumes engendrés par l'abus des vêtements que par le froid.\u2014 14 \u2014= ER RAA RTE IT Vol.LA KEVUE POPULAIRB Montréal, juillet 1924 LES DANGERS DE LA CAMPAGNE | \u2014 - Lt, \u2018 pu Les serpents, les maringoulns, les coups de soleil, l\u2019Insolation, les étourdissements, l\u2019herbe à la puce: ses remèdes.\u2014li n\u2019y a pas dans nos campagnes de serpents venl= meux: le \u2018\u2018serpent jarretière\u201d\u201d des Laurentides.Vous avez besoin, avant de prendre vos vacances, de quelques conseils.Les vacances ne se peuvent prendre, pour être vraiment profitables, ailleurs qu\u2019à la campagne, mais la campagne a ses dangers.Dangers qu\u2019offrent les bois, les champs, l\u2019eau, le soleil.Tous ces dangers, nous vous les présentons comme ils nous viennent à l\u2019esprit, avec les moyens de les éviter ou d\u2019y remédier: LES SERPENTS Dans la plupart de nos campagnes, on ne trouve vraiment que des couleuvres, serpents non venimeux.Mais si l\u2019on s\u2019éloigne des grands centres, peut-être a-t-on chance de trouver, dans certains Etats américains et au Canada, des serpents à sonnettes, qui est un serpent commun à l\u2019Amérique, \u2014 15 \u2014 \u2018tème.Entailler la plaie, pour per- aux morsures de serpent en ceci qu\u2019il E.\u2026.des trigonocéphales et, pour les i Etats-Unis seulement, des vipères de i} Caroline.En général, rien à craindre des reptiles, dans notre province.Mais que faire contre la morsure d\u2019un i serpent?Se faire tout de suite un EE.tourniquet, destiné à comprimer les i.vaisseaux, avec un morceau d\u2019'étoffe quelconque, serré bien fort entre la E morsure et le coeur, pour empêcher Es le poison de se répandre dans le sys- | mettre au sang de s\u2019écouler et la su- | cer avec sa bouche.Desserrer le a tourniquet pour laisser passage au sang frais.Le whiskey sert d\u2019antidote i stimule les poumons et le coeur et fi secoue les nerfs, mais il ne faut pas FL en abuser, même dans des occasions EE comme celle-là! On trouve commu« ; M.nément dans les Laurentides, une espèce de reptile connue en anglais sous le nom de garter-snake, qu\u2019on traduit littéralement par \u2018\u2018 serpent jarretière\u201d\u2019.Il est de la famille des oo- lubridés, famille qui comprend les couleuvres et autres serpents non venimeux, à la tête séparée du tronc par un cou étroit, et garnie de plaques.Qe ET RRR LT EY i CATE Fy nab a SEER RATE SUR ER EE Vol.17, No 7 colubridé est simplement une couleuvre de grande taille.C\u2019est un auxiliaire de l\u2019homme, tout comme le crapaud.Il n\u2019est pas à craindre; les cultivateurs ne demandent pas mieux que d\u2019en voir dans leurs champs.LES MARINGOUINS Il n'y à que trois manières de se mettre à l'abri et se débarrasser des maringouins: s\u2019envelopper, soi-même ou son lit, de moustiquaire; s'appliquer sur la peau un onguent que leur dard ne peut traverser ou dont ils sont cloignés par l'odeur.Vous tendez dans vos portes el fenêtres des moustiquaires.Pour le plein air, cette protection est plus compliquée.Il faudrait se voiler dé moustiquaire ou Le dard d\u2019un maringouin.Vous ne pouvez échapper à ses pigiirés mais certains soins en diminuent le désagrément.porter des gants, ce qui ne fait guère \u201cchic\u2019\u2019 à la campagne.On préfère endurer.Quant aux onguents, ils sont très efficaces, mais en même temps ennuyeux pour la personne qui s\u2019en recouvre les bras, la figure et la poitrine.Leur odeur est le plus souvent incommodante.Ces-onguents, on peut se les faire.Ïls sont composés de trois onces de goudron d\u2019épinette, de deux onces d'huile de castor, d\u2019une once d\u2019huile de pouliot, espèce de menthe.Faites bouillir doucement au-dessus d\u2019un petit feu et embouteillez.L'huile de citronnelle peut aussi remplacer LA REVUE POPULAIRE Pz Montréal, juillet 1924 LES COUPS DE SOLEIL Il y a plusieurs choses à faire contre les coups de soleil ou les brulû- res par le soleil.Appliquer un onguent d\u2019abord.Du soda à pâte dissous dans de l'eau est une ciose très adoucis- NU Les coups de soleil ne font aucun bien à la peau, sante.Parmi les auires remèdes, il y a nommément la farine, la glaise, la pomme de terre, ct toute huile ou graisse ne contenant pas de sel, INSOLATION La personne frappée d\u2019insolation ou d\u2019un violent coup de soleil doit être couchée sur le dos, au frais, la tête Les rayons du soleil peuvent donner la mort; couvrez-vous.v légèrement élevée.La déshabiller ou du moins relâcher ses vêtements et lui verser de l\u2019eau froide sur la tête, sur le corps, les pieds et les mains.Mais si cette personne a le frisson, ce qui arrive dans certains cas, trai- tez-la à la chaleur.cette préparation.« 16 \u2014 Ro Voi.17, No 7 - ETOURDISSEMENT Les étourdissements se traitent comme l\u2019insolation.Il faut coucher la personne sur le dos, lui réchauffer l'estomac, les pieds et les mains, ainsi que lui verser de l\u2019eau froide sur la tête.Faire boire ensuite des boissons chaudes.HERBE À LA PUCE Tout le monde connaît les effets de l\u2019herbe à la puce (plus proprement l'herbe aux puces), mais rares sont ceux qui pourraient en décrire la plante.Interrogez cent habitants.Peut- être en trouverez-vous un, et encore! qui vous la montrera du doigt, sans y toucher, bien entendu ! En France, l'herbe aux puces, c\u2019est le plantin, c\u2019est l\u2019ortie aussi, de cette catégorie appelée l\u2019ortie brûlante, qui infeste les lieux cultivés, et l\u2019ortie dioique ou grande ortie, qui envahit les haies, les buissons et les décombres.Leur base renferme un liquide irritant, et dont la pointe, en se hrisant au contact de la peau, y déverse le liquide, d\u2019où une douleur cuisante et la production d\u2019ampoules.Pour être bien renseigné soi-même et renseigner aussi bien le lecteur, au sujet de l\u2019herbe aux puces, consultons les \u2018Cent Fleurs de mon Herbier\u2019, de M.E.Z.Massiecotle, au ti\u2014~e: \u201cSumac vénéneux, Herbe à la Puce\u201d.(Famille des térébinthacées.\u2014 Sumac vénéneux, \u2018\u2018Rhus toxicodendron\u201d\u2019.\u2014Lieux sablonneux, ombragés et humides).\u2018F\u2019herbe à la puce\u201d est un petit arbrisseau de un à trois pieds, de bonne apparence, et ses petites fleurs rosées en grappes particulées sont mêmes gracieuses.Elle n\u2019est cependant pas aussi commune que l\u2019on pense, parce que l\u2019a- LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 pocyn et la symphorine qui lui ressemblent beaucoup, font penser qu\u2019on la rencontre à chaque instant tandis qu'il n\u2019en est rien.= Le sumac vénéneux est originaire de l'Amérique du Nord et il a la réputation d\u2019être un des végétaux les plus délétères que l\u2019on connaisse.C\u2019est bien le cas de dire que les espèces dans les genres de plantes sont comme les enfants de certaines familles: les uns sont bons, les autres méchants.Ainsi, dans le genre sumac, nous avons le sumac amarante et le sumac _ glabre, dont les fruits servent à faire des liqueurs agréables, tandis que le sumac vernis et le sumac vénéneux renferment tous deux un poison qui peut causer de graves désordres.Le sumac vénéneux, appelé ujgairemant \u2018Pbherbe à la puce\", Ecoutons le savant Provancher 3 \u201cLe sumac vénéneux, de même que le sumae vernis, contient dans toutes ses parties up suc blanchâtre résineux, très âcre, renfermant un principe vénéneux d\u2019une extrême subtilité.Les émanations qui s'échappent de ces plantes occasionnent souvent des accidents asez graves.Il suffit parfois de s\u2019exposer seulement un instant à ces émanations, même sans toucher la plante, pour se voir, au bout de 48 heures, la figure, les mains et souvent tout le corps, couverts de petites am=- poules ou pustules, accompagnés d\u2019une inflammation de la peau considée m0 AG sid NET EEE OC EE Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 rable et très douloureuses On dit que c\u2019est au soleil et au milieu de l\u2019été que ces émanations sont le plus à craindre.Grand nombre de personnes toutefois, traitent de chimériques les craintes qu\u2019elles voient témoigner à l'approche de \u2018l\u2019herbe à puce\u2019 et n\u2019ajoutent aucune foi à sa malignité.Nous savons que pour nous-même, nous en avons mainte et mainte fois foulé aux pieds, froissé dans nos mains et mis dans notre bouche, sans jamais en ressentir le moindre effet.Mais les médecins peuvent sans doute nous dire sur cela, comme à l\u2019égard des maladies épidémiques, que le virus de la maladie qu'occasionnent les émanations de cette plante peut prendre sur une personne et non sur une autre, la chose dépendant des dispositions particulières de la personne.qui peuvent la rendre plus ou moins capable de résister à l\u2019influence pernicieuse à laquelle elle se trouve exposée.\u201d Mme Trail, dans ses études sur les plantes du Canada, nous raconte aussi qu\u2019elle en a cueilli plusieurs fois et qu\u2019elle n'en a ressenti aucun mal.Les botanistes sont peut-être réfractaires à cette maladie! N\u2019importe, pour la satisfaction de tous, nous signalons, un remède indiqué par l\u2019abbé Moyen, pour guérir ce mal bizarre.\u201cOn arrête le progrès du mal si l\u2019on a soin, dès le principe, de laver les organes atteints avec de l\u2019eau contenant de \u201cl\u2019Acétate de plomb\u201d ou \u2018Sucre de plomb\u201d.Et ce qui est bon aussi, c\u2019est le gros | savon et l'alcool.0 FETE - O Bois et mange avec ton ami, ne traite pas avec lui d\u2019affaires d\u2019intérêt.(Proverbe turc.) PAUL BOURGET ET LES MEDECINS \u2014F'aut-il rappeler, nous dit le docteur Cabanès, de quels célèbres médecins Paul Bourget a été ou est l\u2019ami?Pour ne parler que de ceux qui ne sont plus: Dupré, Poncet.Dieulafoy.L'écrivain a suivi le cours de pathologie interne que Dieulafoy professait à l\u2019Hôtel-Dieu.Il n'était pas moins assidu aux leçons de Dupré, données au Dépôt de la Préfecture de police.C\u2019est par ce maître qu\u2019il fut initié à la psychiatrie sur laquelle il possède des notions très complètes, et qu'il a d\u2019ailleurs fortifiées en écoutant à Ste-Anne G.Dumas et ses émules.Un jour ou le professeur Régis fut reçu par M.Paul Bourget, le grand psychiatre de Bordeaux demeura presque interdit\u2018quand lui fut mis sous les yeux un exemplaire de son précis \u2014 ce précis qui est devenu classique \u2014 entièrement annoté de la main du maître romancier.C\u2019est grâce à ces connaissances si précises que les romans de Paul Bour- get portent profondément l\u2019empreinte médicale, et\u2014contrairement aux productions de l\u2019école naturaliste \u2014pas- sent auprès des médecins les plus compétents pour des pages admirables de clinique où ils ne trouvent rien à reprendre.\u20140 LA TAILLE DES JAPONAIS Au cours d\u2019une conférence faite à Londres, à la Société du Japon, le professeur Wilden Hart déclara que, grâce aux sports, la stature moyenne des Japonais s\u2019était développée, durant ces vingt dernières années, d\u2019un demi-pouce environ, et que l\u2019état de .santé de la nation japonaise s'était amélioré de 49 pour 100. M ® Vol.17, No 7 - LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 p\u2014 NTC CF EE FY Cr CE rr TE EY Ted EY rr CR TT A CE CAT EU D EE TETE M ES DO rg) L'HISTOIRE DES ECRITURES Des écritures hiéroglyphique et cunéiforme à l\u2019alphabet moderne.Notre alphabet latin fut inventé par les Phéniciens.\u2014IIl comprenait à l\u2019origine vingt-deux lettres.\u2014Les premiers hommes représentaient toute idée par un signe ou une Image.Rien n\u2019est peut-étre plus caractéristique de la vie, des moeurs.des goûts, du degré de civilisation d\u2019un peuple que les caractères dont il use pour exprimer ses pensées.Une étude comparative des alphabets des différents peuples du monde jalonne ses progrès et sa marche vers la civilisa- pédition.tion.Les races les plus barbares ont les alphabets les plus grossiers tandis que les plus CO CTY TYREE TE PEC TTT EY TCE TAHT Ce EE CC CR FERRE EE TET AS Ty OT Ty SE TS TET TTI + (ACC POI ET TO TENTE TO TT CE TM TTC civilisés nous ont laissé des systémes d'écriture absolument intéressants.Tous les alphabets sont à base de diversdessins.Quand les hommes commencèrent d'écrire.ils devaient dessiner le signe de leur idée.l'image de la chose qu'ils voulaient exprimer.Ainsi.voulaient-ils dire qu\u2019ils avaient abattu une belle pièce de gibier au point du jour.ils sculptaient ou peignaient sur une pierre ou à même le mur deleur grotle un élan ou un renne et un soleil se levant derrière une colline.De ces représentations grossières d'une idée sont sortis graduellement les plus compliqués, les plus savants A droite, un exemple du système d'écriture des premiers indigènes Yd\u2019 Amérique.C'est l'histoire d\u2019une promenade en canot autour d\u2019un lac; il y a là cing canots.Les animaux représentés au bas sont des esprits qu\u2019on a invoqués pour le succès de l\u2019exe A gauche, biéroglyphes égyptiens.alphabets de nos jours; les images sont devenues des lettres et chaque lettre ne représente plus toute une idée mais simplement un son, et les linguistes peuvent retracer ces ima ges symboliques des premiers hom- * \u2014 419 \u2014 bra TE I RN NTI HLA TERT CORTE RIS UEC Vol.17, No 7 \u2014\u2014-smec et LA REVUE : POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Inscription en caractères cunéiformes sur un mur.Le cunéiforme servit pendant plusieurs siècles aux Babyloniens st Assyriens.Il y est question de la restauration du temple de Baal, la Tour de babel de la Bible.mes dans plusieurs des lettres que nous employons aujourd\u2019hui.Dans la numération écrite des Romains, par exemple, les lettres n\u2019épèlent pas les nombres mais les représentent par une image, un signe conventionnel.Le ! représente un doigt; le II deux doigts;le III trois doigts.Le V, qui en représente cinq, est sans aucun doute l\u2019image d\u2019une main ouverte.Dans le X, qui représente dix doigts, nous devons voir aussi incontestablement l\u2019image de deux mains réunies, doigts et pouces étendus.L\u2019alphabet, tel que nous lé connaissons, asété découvert ou du moins A gauche, l'écriture des anciens Crétois, dont certains caractères ressemblent déjà beaucoup à nos lettres.A droite, biéroglyphes chaldéens.nous fut transmis par les Phéniciens, peuple de marchands et de navigateurs, qui, de l\u2019an 1500 à 500 avant Jésus-Christ, vivait sur les bords de la Méditerranée.dans un royaume puissant et prospère.ar APT Ee CCT 6 Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Les Phéniciens n\u2019avaient de goût que pour le commerce (goût que sans doute ils abandonnèrent ensuite aux Juifs, lesquels l\u2019ont précieusement gardé et en tirent dans notre cher pays qu\u2019ils sont à recouvrir en entier des richesses considérables); ils inventèrent l'alphabet moderne, avons- nous dit?Entendons-nous.Ils en tire- rent habilement \"les éléments des écritures hiéroglyphiques et cunéiformes des Egyptiens, des Assyriens, des Mèdes et des Perses.Pour revenir aux Phéniciens, leur mérite fut de se débarrasser complètement de l\u2019idéographie, chose à laquelle n\u2019étaient pas arrivés les Egyp- tiens, et de composer un alphabet fixe dont tous les caractères avaient leur valeur propre, indépendante de tout signe ou image.C'est leur caractère de peuple essentiellement marchand qui a dû les porter de bonne heure à imaginer une écriture plus pratique que celle des Egyptiens, avec qui ils ont été longtemps en relations journalières.| L\u2019alphabet phénicien primitif comprend vingt-deux lettres consonnes ou semi-voyelles, rangées dans un ordre qui a été conervé à peu près par tous les alphabets, pestérieurs: alef, beth, guimel, daleth, hé, vau, zain, heth, teth, iod, kaf, lamed, mem, nun, samech, ain, phé, çade, quof, resh, sin, tau.Les Grecs s\u2019approprièrent l\u2019alphabet phénicien et y ajoutèrent un système de voyelles tout à fait nouveau.Les Latins, après l'avoir reçu des Etrusques, le transformèrent à leur tour et nous le transmirent comme nous le connaissons.0 Celui qui a planté un arbre avant de mourir n\u2019a pas vécu*inutile.meer on nr et va LA FIN D\u2019UN HYPNOTISEUR Se souvient-on encore de Pick- mann, cet hypnotiseur-magnétiseur qui eut son heure de vogue et qui, par- ticuliéerement dans la transmission de la pensée, obtinl\u2014truc ou don véritable?\u2014des résultats assez troublants.Un jour, & Tunis, Pickmann fut re- ¢u par le bey Sadick, en présence de la Cour.\u2014Lis donc dans ma pensée! dit le souverain.Pickmann hésita quelques secondes, puis, d\u2019un geste brusque, saisit la barbe du souverain et la tira violemment.Déjà, les janissaires avaient dégainé pour punir l\u2019insolent quand le bey les arrêta d\u2019un geste : \u2014 Il a parfaitement deviné.Je pensais que si cet homme savait combien ses expériences me sont indifférentes il me tirerait la barbe! Mais, en vieillisant, le diable se fait ermite.Pickmann vient d\u2019éntrer dans un couvent où il compte achever ses jours.Il ne lira plus dans la pensée d'autrui, mais dans sa propre conscience.-0 UN AVEUGLE QUI REVOIT Le Dr Bonnefon, de Bordeaux, vient de pratiquer sur un aveugle de guerre une heureuse opération.M.Elie Carrier, demeurant 12, côte de l\u2019Ardenne, à Toulouse, avait reçu dans la tête un éclat d\u2019obus qui avait déterminé l\u2019aveuglement complet.Il avait été réformé, en 1920, pour cécité \u201ctotale et définitive\u201d avec atrophie de l'oeil droit.Le Dr Bonnefon, ayant constaté une modification des tissus, pratiqua sur M.Elie Carrier une délicate opération dont le résultat fut de rendre au patient la vue des deux yeux.1 \u2014 BL TE RENE Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 - Un père que rms réa: main, - 3 A Oa Be te Sa That albu hel Lek ne £3.Une fillette a les deux mains coupées par son propre père Devant un vieux magistrat qui, au cours de sa longue et pénible carrière, pareil en cela aux prêtres qui ont blanchi dans les confessionnaux, avait vu défiler par devers lui toute la procession des misères humaines, comparut un homme accusé d\u2019avoir roué sa femme de coups, taillé avec un rasoir les deux mains de son enfant et en plus attenté à ses jours.Le récit de crimes aussi odieux jeta le juge, les fonctionnaires du palais de justice d\u2019une petité circonscription judiciaire d\u2019Angleterre.et tous les assistants dans le plus profond dégoût.\u201cDepuis vingt-cinq ans que je juge, à cette place, mes semblables, dit le magistrat en prononçant sa sentence, je n\u2019ai entendu pareille abomination.Vous êtes un monstre, au-dessous de l\u2019humanité.Je ne comprends pas qu\u2019un époux et un père pût être à ce point dénaturé pour se venger de sa femme sur son enfant.et d\u2019une manière aussi barbare.La mort seule pourrait expier vos crimes, mais je ne puis vous la donner.Je vous condamne à la détention perpétuelle.dans la prison d'Etat.\u201d Ne pouvant se venger de sa femme, dont il avait été séparé par autorité de gites me es .PE grass - er ent td 3 fees See AVE.OS PS SE SE EI Rare À 5 3 xk: - nnd £ acl ay - 2a hn I.Fad dénaturé .ory ve justice, aprés que, pendant plusieurs années et sans qu\u2019elle se plaignit, il l\u2019eût rouée de coups et privée des choses les plus indispensables à la vie, John Whalley, un ferblantier de trente-cinq ans environ, décida de se venger de son épouse sur sa fillette, une enfant de cinq ans qu\u2019elle adorait et sur qui elle reportait toute l\u2019affection, tout le dévouement qu\u2019elle avait eus pour son mari.La mère et l\u2019enfant avaient été recueillis par une vieille femme ohari- table.Quant au mari, il logeait au hasard de ses courses.Il apprit un jour que sa femme et sa fille étaient seules à la maison.Il s\u2019y présenta et, comme on lui défendait la porte, il l\u2019enfonça.Exaspéré, il assaillit sa femme et la laissa pour morte sur le parquet, .couverte de blessures.Avisant alors \u201csa petite fille qui, de frayeur se tenait écrasée dans un coin de la pièce, il lui infligea le supplice que vous savez.L'enfant raconta devant le tribunal, son martyre.de la façon suivante: \u2014Quand ton père se présenta à la maison, (c\u2019est l\u2019avocat de la Couronne qui parle), as-tu appelé ta mère?\u2014Oui, j'ai crié: Maman.maman! \u2014Est-elle descendue?> \u2014 Oui.-\u2014Et qu'arriva-t-il à ce moment?\u2014_ 22 \u2014_ = Vol 17, No7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 PF em La pétrification du corps humain - ee nell ET ame, Fm ER 1 =.| .Faute de chaux, le corps humain peut être changé en statue.\u2014Les membres, un à un, sont remplacés par une substance pierreuse.\u2014 Deux exemples de sclérodermie\u2014 Les causes de ce phénomène.or est la seconde fois, à notre connaissance, que semblable phénomène se produit: la pétrification d\u2019un corps humain.Les jambes d\u2019un enfant nouveau-né furent graduellement rem- ; : placées par une substance pierreuse, jusqu\u2019à ce que le petit martyr en mourut, Ce phénomène qui intrigua tous les médecins de la province de \" Québec, vient de se répéter dans un petit village des Etats-Unis, mais avec quelque différence.Le premier en- \u2018fant ne vécut que quelques jours ; \u2018cette fois, il s\u2019agit d\u2019une petite fille \u2018de quatre ans, jusque-là en parfaite santé, qui tout à coup se transforma lentement en pierre, sè pétrifia.Personne encore, bien que le cas intéresse tous les savants du pays, ne peut déterminer la cause de ce phé- maladie dont se meurt cette enfant.IT y a de cela quelques mois, la petite était à jouer, sous les yeux de sa mère, avec quelques camarades de soi âge, quand se précipitant vers celle-ci, elle lui dit, en pleurant et en lui tendart ses petites mains: \u2018Bobo, bobo, mes mains fait mal, maman\u201d dans ce.délicieux langage de petit nègre que nous apprenons à nos enfants.En méme temps, la petite Hor- tense moritrait ses genoux potelés où 5-1 MINE AA MO EDITOR UT, CE OL UT DEL O EER Beil + ee se SSSR si ss ee Sets nomène, ni trouver de remède à la- elle disait éprouver aussi du malaise.La mère découvrit- les genoux de l'enfant et les examina.crovant cu\u2019elle s'était blessée en tombant.Mais ses genoux n'avaient la moindre égratignure.La peau en était tonte rose.Elle ne remarqua pas cependant aue ses genoux étaient froids.sans raison.Le lendemain, la fillette se plaignit de nouveau et de semaine en semiane, les genoux durcissaient.Or, un soir que la mère baignait son bébé, cn lui titant les genoux.elle s'aperçut qu\u2019ils étaient durs comme roche.En pressant davantage, elle remarqua que la trace de son doigt avait fait un petit trou comme l\u2019empreinte laissée dans du ciment sur le point de prendre.Ft la chair ne revint pas, la pression faite.Lo mère attendit ct il se passa bien une grosse heure avant que la chair revint à égalité du genou.On fit venir le médecin de l'endroit qui ne put que se gratter le crâne.Il n\u2019osait penser que l\u2019enfant donnät des signes de pétrification.Un peu plus tard, en portant 1'en= fant au lit, dans ses bras, la mère lui frappa l'un des genoux contre un meuble.Le coup, au lieu de faire un bleu sur le genou de la petite, lui enleva un éclat, comme lorsqu\u2019on frap= pe d\u2019un marteau une pierre.Et l'enfant n\u2019en éprouva aucune douleur: ne s\u2019en aperçut même pas! La mère eut la force de ramasser l\u2019éclat tombé du genou de son en= fant: c\u2019était de la pierre.Des chimistes examinèrent la cho= se; c'était de la pierre à chaux.- \u2014\u2014 29 \u2014 RTC TIRE TETE TEE ROUTE RAIL Ll I \u2018 Ï Vol.17, No 7 la glande thyroïde, logée dans la gorge, tout près du larynx, ou de la \u2018pomme d\u2019Adam\u2019\u201d\u2019.Toutes ces glandes sécrètent des substances dont l'importance dans la bonne santé de l'organisme humain commence à peine d\u2019être reconnue.Yer LA REVUE POPULAIRE SEE Montréal, juillet 1924 Le manque de chaux occasionne les maladies; c\u2019est à lui qu\u2019on attri- nue le rachitisni 20e cacomple: les vs ne reçoivent pas assez de chaux, pour se développèr.prendre de la consistance.La consomption, comme le rachitisme, peut aussi être attri- ot \u201cheer ec - »~ Le mari, démouant tout à coup cette étreinte.tout pâle, lui dit: \u201cMais qu'as-tu, tes mains sont de glace?\u201d La quantité de chaux nécessaire au corps est maintenue par ces sécrétions plus ou moins fortes.Presque tous les aliments que nous incorporons contiennent de la chaux, et de cette chaux, le corps \u2018doit garder juste ce qui lui faut, pas plus.buée au manque de chaux, la chaux offrant de la résistance aux germes de :à tuberculose.Maintenant, pour quelque raison, quand la chaux ne peut être neutralisée ou excrétée en quantités suffisantes, elle se dépose autour des articu- \u2014 81 \u2014 Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Er EE lations et c\u2019est ainsi que les articulations s\u2019ankylosent; les dépôts de chaux les cimentent de telle sorte qu\u2019elles ne peuvent plus jouer.L\u2019excédent de protoxvde de calcium.ou chaux, se dépose done dans les régions articulées du corps ; les.celiules sont rompues et à leur place se répand la chaux, formant une enveloppe calcaire.: Les deux subslances chimiques qui\u2019 contribuent le plus à la pétrification du corps humain sont l'\u2019oxyde de silicium et le protoxvde de calcium.Les bois sont pétrifiés de la même manière que les corps humains, mais c\u2019est là un sujet que nous ne traiterons pas cette fois.0 LES CONQUETES DE LA RADIOGRAPHIE C\u2019est en 1895 gue le savant allemand Roentgen, découvrit les fameux \u201cRayons X\u2019\u2019 et leur mystérieux pouvoir de \u2018\u2018voir à travers\u2019 le corps humain.Vous connaissez tous les services immenses que la radiographie rendit pendant la guerre pour le traitement des blessés.Il n\u2019est donc pas sans intérêt d'examiner ensemble les immenses progrès accomplis par cette science nouvelle, en un nombre d\u2019années si limité.En 1896, on considérait comme merveilleux de pouvoir, par exemple, photographier les os de la main après avoir soumis celle-ci pendant une demi-heure aux rayons X.À l'heure actuelle, on prend un instantané du coeur à un centième de seconde, on photographie l\u2019intérieur d\u2019une montre, sans même en ouvrir le boitier, et quelques minutes suffisent pour étudier, sans même prendre la peine de le démonter, la disposition et l'arrangement intérieur d\u2019uñ gros obus inconnu et de sa fusée.Il y a vingt ans, quelques faibles piles électriques, analogues à celles qu\u2019on emploie pour alimenter une lampe joujou, suffisaient au radiogra- phiste; à l'heure actuelle, une installation radiographique modernè emploie de puissantes dynamos qui nécessitent des moteurs de plus de 20 chevaux; et, afin de protéger l\u2019opérateur contre l\u2019action des rayons X, il travaille à l\u2019abri de \u201c\u201cboucliers\u2019\u201d\u2019 ou écrans de plomb dont le poids dépasse une tonne! : Si les rayons X sont d\u2019une valeur inestimable au point de vue scientifique pur et médical, il semble que leur champ d\u2019action soit plus encore illimité dans les sphéres commerciales et indutsrielles.La, leur application devient considérable.Grâce aux rayons X, à l'usine, on examine l'acier des parties vitales d\u2019une machine, après la fonte, pour voir si cet acier ne contient pas quelque \u2018\u2018paille\u2019.On soumet aux rayons X le bois des hélices d\u2019aéroplanes et tous les fils d\u2019acier dont la solidité a une importance si exceptionnelle en aviation.Les douaniers, eux-mémes, examinent, de la sorte, le contenu des caisses qu'on perdait jadis un temps précieux à ouvrir; les commerçants vérifient la qualité des marchandises livrées.À l\u2019usine, comme dans les magasins et les entrepôts, une installation radiographique est devenue au- jourd'hui aussi indispensable quel\u2019est, par exemple, la télégraphie sans fil à bord des navires.O Le jaloux est un martyr qui martyrise.| \u2014 32 A Vo , RAL Vol.17, No 7 dos sitirit 104 O6 pre cui LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Les cures par la lumière selaire Les plus grands ennemis de la santé: brouillard et fumée.\u2014Les meil- \u2018leurs remèdes: soleii et grand air.\u2014Le peuple canadien, suivant un savant anglais, serait le plus sain et fe plus vigoureux du monde.\u2014 La tuberculose guérie par la lumière solaire./ \u2014\u2014\u2014\u2014 Soleil et grand air, fortifiant et salubre, teis sont les meilleurs remèdes; ce sont du moins les seuls que preserit le médecin le plus désintéressé que nous connaissions, le docteur C.W.Saleeby, de Londres.C\u2019est juillet; il n\u2019y a pas de meilleure épo- {fumée comme les grands centres eu- DR Be Eric.pr ght Be.8 Br les Canadiens sont 3 le peuple le plus 4 sain et le plus Bu vigoureux du E monde parce que le climat du Canada E n\u2019est pas trop chaud, que les campa- | gnes n\u2019y sont jamais enveloppées de brouillard ni les villes enduites de À ropéens ou américains.Les Cana- E diens.où qu\u2019ils se trouvent, ont du E soleil.L'étude de l'influence du so- E.leil sur les tissus cellulaires humains E a pris la vie entière de ce médecin F änglais.Il n\u2019affirme pas encore que E le soleil peut abolir les germes d\u2019une maladie, mais il a dans sa tonicité et \u201c+ que pour suivre pareil FegLme.Lee- ses propriétés reconstituantes la plus E.teurs.donnez-vous des bosses de so- grande confiance.a leil; gonflez-vous les poumons de.bon \u2018 | pi air, de préférence à la campagne, va Après avoir suivi le traitement des = sans dire.bains de soleil, le patient est dans bi Ces médicaments de la bonne ng- l'état d'un athlète entraîné, ses mus- El ture, soleil et grand air.ne font pas Cles sont fermes et bien développés, ; que guérir la tuberculose.le rachi- S& penu est souple.0 tisme et autres maladies, ils les pré- Les effets salutaires du soleil ne ï viennent.Suivant ce monsieur, et il doivent pas être attribués à sa cha- Eb y a la de quoi tirer quelque orgueil, leur.Ils ne se font surtout sentir, bien E \u2014 33 \u2014 9 4 Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 au contraire, que quand le temps est au froid.Le soleil et le froid sont indispensables à tout régime hygiénique sérieux.Que faire pour protéger la santé générale d\u2019un pays, d\u2019une ville?M.Saleeby expose dans un livre savant et profitable a tous, \u2018\u2018Le soleil et la santé\u2019 les mesures à prendre.Se débarrasser avant tout de la fumée; entre nous, c\u2019est beaucoup demander, à une ville industrielle surtout.Les maisons devraient être construites de telle sorte que le soleil y pénètre partout.Supprimons le plus possible rideaux, stores, carreaux mêmes.Notre chauffage central est à remanier; il donne trop de chaleur et de la chaleur malsaine.Ne porter que juste ce qu'il faut de vêtements pour ne pas offenser la pudeur de son prochain.La rachitisme qui affecte les enfants qui grandissent est dû bien plus au manque de soleil\u2019 qu\u2019à une insuffisance de nourriture.La tuberculose, les diverses affections bronchiales et l\u2019anémie qui se rencontrent si souvent dans les agglomérations, avec plus de soleil, seraient bientôt de l\u2019histoire ancienne.Le salut est dans l\u2019héliothérapie ou traitement des maladies par la lumière solaire.Le pouvoir désinfectant des rayons solaires est connu depuis les temps les plus reculés.Cette propriété est due à l\u2019action des rayons sur les microbes.La lumière solaire agit ainsi d\u2019une manière favorable sur les sujets atteints de tuberculose pulmonaire.Dans diverses institutions européennes, en Suisse notamment, où se donnent des cures solaires, les patients jouent dans la neige, vêtus seulerzen: d\u2019un petit caleçon, dans les froids les plus vifs.Tout leur corps est expcsé au froid et à la lumière du solvil.Encore qu\u2019on ne puisse dire que la cause de la tuberculose réside das le manque de lumière solaire, il reste que cette insuffisance de soleil l\u2019aggrave.On a découvert que les vaches qui vivent au soleil ne sont pas sujettes à la tuberculose et que leur lait est plus riche en vitamines.0 COMMENT FUT PESE LE GLOBE C\u2019est en Écosse et par un savant écossais que la terre fut, pour la première fois, pesée, environ \u2018l\u2019année 1774.Sur les penchants d\u2019une colline, dont le poids avait été préalablement déterminé par de soigneux forages et sondages, fut suspendu un fil à plomb.Attirés par la masse de la montagne, ces fils de plomb déviè- rent légèrement de leur première position verticale alors qu\u2019ils étaient dirigés vers le centre de la terre.En mesurant cette déviation, proportionnelle au poids de la colline comparativement au poids de la terre, il fut possible de calculer la pesanteur de la terre.- , ta Sf r L'officiant, à termina ses t occupé par une femme grande, mince, d\u2019une traits fins encadrés de hi \u201cmains rates, son vie oureuse, et, de: ses yeux: > fixait sur la Croix au- inst Près de fourrure pour fqr- idides nattes qui degcon- Par VIOTO'- FELI ments, des femmes tendres \u2018et recueillies et des \u2018hommes à l\u2019attitude énergique plier leurs genoux devant Dieu.C'était le banc de la famille Cal- veytrac, la famille des filateurs de Sant-Myr qui s'étaient succédé ici, chrétiens sincères, comme, en leur modeste usine, ils avaient fait lignée d\u2019hommes intègres à la réputation légendaire de probité intransigeanté, \u2018Le père de madame de la Rochetercy-\u2014a jeune femme seule à cette heure dans l\u2019église \u2014 monsieur Calveytrac, occupait aussi depuis quarante ans \u2018les fonctions de maire à Saint- Myr, après son père et son grand-père.Il stat resté veuf de bonne heure, avec deux petites filles, Jeanne et Mélite, qui épousèrent deux officiers, les lieutenants de la « Rochetercy, deux frères également, et les derniers \u201cdescendants d\u2019une vieille fami!le normande où la carrière militaire était de tradition.Venus en tou- \u2018ristés Visiter cette curieuse région du Midi, les officiers avaient séjourné dans le pittoresque vil lage de Saint-Myr et une fraiche matinée d'avril réunit par hasard les quatre jeunes gens, sur l'une des pentes grises fleurant le thym et le serpolet, à l'herbe courte et rare.si opposées aux pacages opulents de la Normandie.Admis chez le maira qui accueillit volontiers les beaux soldats blonds et gais, surtout loyaux et bons comme lui-même, les deux frères devinrent vite les fiangés des deux soeurs.L'amour avait jailli, irrésistibie, come une fleur inattendue, entre ces races si dissemi ables et monsieur Calveytrac, qui désirait cependant choisir ses gendres dans le milieu industriel qui: était le sien, n'eût qu\u2019à se réjouir d\u2019un événement aussi imprévu, Le bonheur des jeunes ménages ne dura que peu -d\u2019années; Jeanne, son mari et leur fille furent emportés en quelques jours par une terrible épidémie de diphtérie qui sévissait au régiment: elle épargna leur dernière née, un bébé de quelques mois - devenu la ravissante fillette, Suzanne de la Ro- hetercy, qui venait de quitter l\u2019église.Mélite opta avec amour l'enfant de sa soeur et l\u2019éleva oté de son fils Guy, de six ans plus âgé que sine; mais, un an plus tard, un autre malheur brisait la vie de la jeune femme: son mari Elle\u2019 était.rentrée, veuve et désolée, chez le vieux \u2018père, qui, sans mot dire, l\u2019avait longuement serrée s0 nc coeur \u20ac n une nouvelle \u2018adoption infiniment RE 4 di M ji Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Et la vie avait recommencé.Suzanne et Guy grandissaient ensemble dans la chaude tendresse de la mère et sous la ferme direction de monsieur Calveytrac.Les deux enfants étaient grands, beaux et blonds, vrais la Rochetercy; au physique, d\u2019une ressemblance frappante; au moral, très différents.Suzanne, d\u2019un dévouement, naïf mais passionné pour tous les siens, annonçait une nature toute vibrante d'affection et d\u2019une droiture exceptionnelle; Guy était devenu un superbe garçon, à ce moment, atteignant ses dix-huit ans, et demeuré câlin et doux comme un grand enfant, charmant de manières, mais léger, paresseux, déplorablement faux à l\u2019occasion, et, toujours, sé- Vèrement noté par ses professeurs.La soudaine évocation de ce tourment, en troublant sa prière, mit une telle anxiété.dans l\u2019âme de la mère qu\u2019elle dut s'asseoir, sous la secousse d\u2019un violent battement de coeur, avec un peu de suffocation et une fatigue intense qui pesait sur ses membres comme une chape de plomb.Madame de la Rochetercy souffrait depuis longtemps d'une affection cardiaque qui amenait souvent des crises semblables, graves parfois.Elle ferma les yeux et saccota, à moitié défaillante, dans l'angle du banc adossé au mur, puis elle perdit conscience du fémps qui s\u2019écoulait, et ne put remarquer l\u2019obscu- fité ai envahissait l\u2019église.En effet, au-dessus de la petite vallée proven- cale tout soleil avait disparu.Au contraire, un triste ciel gris et bas, paraissait descendre de minute en minute sur les montagnes arides qui en- sérraieht le vallon.Un vent violent se leva.Des Massés de feuilles, de brindilles, tourbillonnèrent de tous côtés tandis que les sinistres brumes de- Vendfent de plus en plus denses.: Courbée sous la rafale, l\u2019enfant courait, son visage délicat, rosé par la rapidité de la marche, était sans cesse fouetté par ses lourdes nattes u\u2019elle avait ramenées en avant.Elle les saisit lune main, et, bravement, continua de lutter con- tte le vent d\u2019orage et aussi contre la terreur qui Venait en elle.Bientôt au flanc de la montagne apparut une large fissure.Suzanne reprit courage et essaya d\u2019accélérer encore sa course éperdue pour arriver plus vite au ravin dans lequel elle s\u2019élanca blentôt.À peu de distance, un amas de terre glaise rappelait tant bien que mal un minuscule châ- let suisse, mais, déjà le mauvais vent avait produit quelques dégâts à l\u2019habitation enfantine.Le balcon en bois ajouré gisait à quelques pas, la porte battait désespérément sur ses gonds de fil & fer.Suzanne replaça en hâte le balcon, assujettit la porte et courut chercher de grosses pierres qu\u2019elle soulevait à grand\u2019peine et qu\u2019elle hissa sur le toit et accumula autour de la maisonnette.Un sourd roufement se fit entendre.La pauvre petite tressaillit et un léger tremblement l\u2019agita, mais elle voulait terminer sa tâche.Une large ardoîse va couronner et affermir la défense du châlet.Suzy l\u2019installe avec effort.Enfin, c\u2019est fini.L'orage peut éclater.La maison de Guy est sauvée! Guy, le cousin, ou plutôt le frère chéri de Suzanne, Guy, si bon, si gai, mais hélas! interné dans ce lointain lycée de Lyon qui paraît à la fillette une terrible geôle.Pendant les vacances, il avait construit le mignon châlet sous les yeux admiratifs de enfant a laquelle il l\u2019avait recom- - mandé en termes dominateurs, bien sûr d\u2019être scrupuleusement obéi e la petite fille toujours dévouée à la moindre de ses fantaisies.Suzanne se préc:pite hors du ravin et repart en courant dans la direct.on du vulage.Tout à coup une détonation épouvantable retentit.La fillette est jetée à terre violemment: des zigzags de feu se croisent de toutes parts; les crépitements de la grêle se mêlent aux sifflements du vent, la foudre éclate sans cesse.Un châtaigni-t, atteint par l'étincelle électrique vacille au-dessus du chemin.Il penche, penche, avec des craquements stridents, enfin le tronc se fend à grand bruit, l'arbre s'étend sur la route et l'extrémité de la mass= feu.l- Jue recouvre a moitié le corps gracile de l'enfant qui demeure immobile sous les grands bras bruns du châtaignier.Mais des appels se font entendre à travers l'ouragan.\u2014Suzy, ma Suzy, où es-tu?.C\u2019est une jeune fille revétue du joli costume arlésien qui apparaît sous la pluie et les nuées échevelées striées d\u2019éclairs aveuglants.Elle multiplie ses appels, affolée, regarde de toutes parts.Elle évoque, en exclamations hale-' tantes les saints familiers du pays: \u2014Sainte Marthe! Saint Lazare!.Elle arrive près de l'arbre qui paraît immense ainsi couché à terre et aperçoit la fillette.Avec un cri de terreur, elle se jette sur l\u2019amas de branches et de feuilles et soulève l\u2019enfant qui reprend connaissance sous les soins et les caresses de la jeune ille.\u2014C\u2019est toi, Lazaretter murmure Suzy.\u2014Oui, mon petit oiseau du bon Dieu! ma petite Sainte Vierge ! Mais où allais-tu avec ce temps?interrogea Lazarette qui tremblait d\u2019émotion.A mi-voix, comme a regret, dans la crainte d\u2019é- tre blamée, la fillette raconta son désir de sauver le petit châlet tant recommandé par Guy.\u2014Pauvre agneau, va! Toujours servir ce grand \u201croudaïré\u201d.(En langue provençale, rôdeur, paresseux.) \u2014Oh! Lazarette! Il est si gentil.Je l\u2019aime tant! Sans répondre, la jeune paysanne abritant la petite fille sous sa grande cape, l\u2019entraîna doucement vers le village.La maison de Lazarette était l'une des premières.Elles entrèrent vivement et la jeune fille s\u2019ingénia autour de l'enfant.\u2014Je vais t'arranger, te recoiffer pour que ta maman ne se fasse pas de mauvais sang quand elle te verra.Enfin lorsqu'elle eÂt remis de l\u2019ordre dans la toilette de Suzy, elle l\u2019installa devant un grand feu et sortit en disant: \u2014Je vais chercher ta maman.Arrivée à l\u2019église, Lazarette en ouvrit doucement la porte et s'avança à pas légers\u2019 vers le banc où madame de la Rochetercy était affaissée.À l'approche de la jeune fille, la malade se redressa péniblement et sourit: \u2014C'est toi, mon enfant?Je crois que j'ai été souffrante ou que je me suis endormie.Je ne sais.Lazarette savait, eile.et regardait avec effroi le visage livide aux lèvres bleuies, entr\u2019ouvertes dans un souffle saccadé.\u2014Où donc est Suzy?interrogea soudain mae +. My Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1974 dame de la Rochetercy avec inquiétude, Ahl je me souviens, Elle a voulu aller.\u2014Suzy est chez moi, Madame.Elle s\u2019était un peu mouillée dans sa course et se chauffe en vous attendant.Madame de la Rochetercy sortait peu à peu de .sa somnolence maladive.Avec effort elle put suivre la jeune fille et rejoindre Suzanne dans la petite demeure qu\u2019habitait Lazarette avec son père.Lazarette était la soeur de lait de Guy.Cela eût suffi pour justifier les relations amicales qui existaient entre elle et la famille de la Rocnetor- cy, mais la vive intelligence de la jeune paysanne, sa vie très pure et son inlassab:e dévouement pour son père, vieux provençal aussi fruste qu'elle était elle-même fine et délicate, les expliquaient pleinement.Madame de la Rochetercy avait pour Lazarette une sincère.affection, que celle-ci rendait à la mère et à la fille en culte passionné.L\u2019orage avait passé, et, un peu plus tard, Madame de la Rochetercy et Suzanne quittérent La- zarette et s\u2019engagèrent dans l\u2019une des ruelles qui montaient de la partie basse du village.Contre le Rec d\u2019or et autour de l\u2019église, s\u2019étalaient de banales maisons blanches aux volets gris, à côté d\u2019auberges et de boutiques ornementées d\u2019enseignes prétentieuses; mais un groupe d'anciennes demeures desservies par d\u2019étroites rues en casse- cou s\u2019échelonnaient sur la montagne jusqu\u2019à la cime couronnée de vastes ruines, celles d\u2019un château fort qui avait dominé en avant le petite vallée, en arrière la plaine provençale.Dans cette partie, se dessinait, originale et gracieuse, la maison dela famille Calveytrac.Elevée seulement de deux étages, l\u2019un des angles était flanqué d\u2019une énorme tour trapue, dépassant peine le toit tandis qu\u2019à l\u2019autre angle, lui faisait face un élégant campanile avec terrasse, belvédère et une flèche légère et dorée qui se dessinait finement sur le ciel.; La tour appartenait évidernment à l\u2019une des enceintes du château: des restes de remparts se re- - trouvaient de ci de là, quelques murs assez bien \u2018 conservés descendaient jusqu\u2019au Rec d\u2019or, au long duquel, les bâtiments de la filature montraient leurs toits de tuile rose et leurs hautes cheminées.| On devinait que le village avait pris naissance en haut sous la protection de la forteresse, les vieilles habitations aux pierres rousses brûlées de soleil, s'étaient perpétuées là, comme une signature de race, une attestation d\u2019antiquité.Puis vinrent des changements d\u2019existence, désirs de confort, et, tandis que s\u2019effritait le vieux nid d\u2019aigle, les paysans cossus s'en allaient aussi.C'est ainsi que le nouveau bourg prit naissance, maïs jamais les Calveytrac ne voulurent abandonner la partie haute de Saint-Myr.Fidèles à leur pittoresque quartier, i's avaient cependant remanié plusieurs fois leur maison, arrivée désormais à cet aspect étrange et charmant.Madame de la Rochetercy et Suzanne débouchèrent sur la place minuscule au-devant de la jolie demeure.La porte massive en était ouverte, et, debout sur le seuil, un vie.llard de haute taille à la barbe et aux cheveux tout blancs regardait avec persistance du côté de la petite rue.Une légère préoccupation se lisait sur sa physionomie, mais en apercevant sa fille et sa petite-fille ses Ne traits se détendirent et ce fut avec un sourire d'une infinie tendresse qu\u2019il serra contre lui Su- Zanne qui avait couru se jeter à son cou., \u2014Doù venez-vous donc, mes enfants?J'étais inquiet de votre absence prolongée.Suzanne ne répondit point, mais une teinte écarlate envahit son visage qu\u2019elle essaya de cacher dans les bras de son grand-père.Madame de la Rocheteréy, d\u2019une voix un peu tremblante, répondit: \u2014Père, nous avons attendu chez Lazarette la fin de l'orage., \u2014C\u2019est bien, dit M.Calveytrac.Ma \u201cseule crainte était que) vous eussiez été prise par une telle tempête en promenade.Me voilà rassuré.Et il se dirigea, d\u2019un pas toujours ferme, vers son bureau, une grande pièce au rez-de-chaussée ou quelques paysans l\u2019attendaient pour affaires de la commune.Madame de la Rochetercy se détourna, prit contre elle l\u2019enfant, et, tout bas, lui dit, à petits mots hésitants: \u2014Suzy, j'ai eu tort tout à l\u2019heure, mais je n'ai pas osé' avouer à grand-père ta course sous la pluie pour le châlet de Guy.J'ai eu peur d'attirer une fois de plus, sur ce pauvre petit des reproches de légèreté.\u2014Oui, oui, maman, répondit Suzanne de la .même voix étouffée qui décelait une complicité d'adoration pour l\u2019absent.Le soir, après le diner, M.Calveytrac dit avec doucedr a sa petite-fille : \u2014Suzanne, monte dans ta chambre, mon enfant.\u2019J'ai besoin de causer avec maman.La fillette courut embrasser madame de la Rochetercy et se retira pendant que son grand- pére ajoutait: \u2014Mélite, veux-tu venir dans mon cabinet?\u2014Oui, père.,Ç Madame de la Rochetercy suivit le vieillard et sassit auprès du grand byreau devant lequel il s'installait.Il ouvrit un tiroir et en retira plusieurs papiers qu\u2019il étala devant lui.Pendant quelques secondes, il parut les classer, enfin il leva les yeux sur sa fille et dit avec effort: -\u2014Ma pauvre Lite, il s\u2019agit encore et toujours! de ce malheufeux Guy!.Une exclamation étouffée lui répondit tandig qu'une voix tremblante interrogeait avec une ine dicible anxiété: \u2014Père, qu'est-ce?Qu\u2019y a-t-il?,\u2014Tout d\u2019abord, je t'en prie, ma fille, calme-tof si tu veux que nous puissions nous entretenir efficacement de ce qui nous préoccupe.Es-tu en état de m'écouter sans trop de trouble?Les derniers événements qui viennent de surgir au sujet de Guy me font un devoir d\u2019agir, de concert avec toi, de la manière la plus ferme.Un frisson secoua les épaules de la mère qui assura cependant courageusement : \u2014Père, je suis prête à vous entendre, mais surs tout à suivre en tous points vos conseils.Monsieur Calveytrac reprit les papiers qu\u2019il avait déposés devant lui.\u2014J'al eu ce soir le chagrin de recevoir deux réclamations au sujet de dettes contractées.par y.\u2014Mon Dieu, mon Dieu, murmura la pauvre femme atterrée, - : Vel 17, No ?| / _~\u2014Les sommes ne sont pas considérables, continua le vieillard et c\u2019est bisn moins là rembsr- sement qui me préoccupe que Œ fait d\u2019un enfant Qui se permet d'écrire à mon vieil ami Tillet \u2018il a joué à un de ses jours de sortie et perdu nq cents francs qu\u2019il n'ose me demander étant donné ma modeste situation de fortune, ce qui fait que ce brave Tillet m\u2019offre bonnement quel- ues billets de mille s\u2019ils me sont nécessaires!.e t'avoue que ceci m\u2019a été dur.Et j'avais à peine terminé de lire la lettre de Tillet que m'arrive Pontial, le conducteur de la diligence, m\u2019annoncer qu\u2019il avait prêté deux cents francs à Guy, un jour où ce dernier avait, paraît-il, perdu son porte-monnaie et tu peux imaginer que le madré compère se réjouissait, au fond, d\u2019avoir ainsi joué un bon tour à Monsieur le Maire, désormais en mauvaise posture devant lui.\u2014Père, je suis navrée, désespérée.Monsieur Calveytrac seçoua la tête: \u2014Non, il ne faut point te désespérer, Guy est assez jeune, heureusement, pour revenir de fautes Éncore peu graves, mais nous devons, mon enfant, téfléchir, tous deux au meilleur parti à prendre en Ce moment et veiller ensuite à exécuter sans faiblesse la résolution à laquelle nous serons arrê- 8.Guy a toujours été léger, paresseux, et souvent déloyal, hélas!\u2026 Tu ne le sais que trop, ma pauvre Lite, toi qui as tant essayé de le corriger de ses mensonges d'enfant.- \u2014Pére.\u2014Aujourd\u2019hui, ma fille, il entre dans la voie.fatale! de la tromperie voulue, calculée, et du manque de dignité.Ces tendances sont des plus dangereuses.S'il continuait, dans vingt ans d\u2019ici quelles larmes n\u2019aurais-tu pas versées, mon enfant, et je ne serai plus là pour te défendre! \u2014Oh! père, me défendre contre mon fils si bon, si doux! \u2014Oui, il est bon et doux, mais il n\u2019est ni droit ni vaillant et ce sont là, pourtant, les deux seules qualités qui font un homme.\u2014Lite, as-tu l\u2019idée de ce que nous devons faire pour préserver ce malheureux enfant de plus fu- Nestes erreurs dans l'avenir?\u2014Non, père, murmura Madame de la Roche- tercy.\u2014Tu sais, continua Monsieur Calveytrac, que je n\u2019ai point approuvé la rentrée de Guy au lycée ou il ne fait rien, sinon.des sottises! Je reviens donc à mon projet de le faire engager tout de suite.Après son service militaire, il rentrerait au- ès de nous, travailler à mes côtés afir d\u2019être en t, d'ici quelques années de prendre la direction de l'usine.: \u2014Mais, père, hasarda timidement Madame de la Rochetercy, vous savez combien je désire le voir entrer à Saint-Cyr.Le vieillard haussa les épaules.\u2014Il ne préparera jamais l\u2019examen te Saint-Cyr.Je t'ai dit aussi ma pensée au sujet de la carrière militaire pour lui.Toutes les tentations l\u2019assailliront dès son arrivée au corps, Le jeu, le luxe, les femmes! Or Guy n'est point en état de résister À ces tentations.S'il rentre ici, des dangers n\u2019existeront pas.Au contraire il pourra être sérieusement influencé dans l\u2019ambiance d'un pays où traditions et relations s\u2019ajouteraient à l'appui LA RAVUX POFULAIFE ms CLM Beh tl a en Pr a te mk aa -\u2014\u2014 - Montré,), juillet 1924 Cee 4 me 3 Aaa - de a famille.Nous le marierious et il serait -au,é.Je visage soucieux de Madame de la Rw cy s\u2019éclaita et elle dit vite: \u2014Père, je de la Rochetercy de plus en plus nerveuse.Tu l'as sur toi, j'en suis certa.ne, et je veux le voir.3 \u2014 Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 Guy se leva et prit sa mère dans ses bras, la couvrant de baisers: \u2014Assez! fit-elle en se dégageant, obéis, Guv.J'ai droit de savoir.Le lieutenant finit par tirer de sa poche un large papier plié en quatre qu'il passa d'abord à Suzanne.Mais la mère s\u2019en saisit avec autorité et lut à haute voix: \u201cLe lieutenant de la Rochetercy devra garder les arrêts de rigueur jusqu\u2019à sa comparution devant un conseil d\u2019enquête.Motifs de la punition: fautes graves contre l\u2019honneur, manquements graves à la discipline\u201d.Le papier glissa des mains agitées tout à coup d\u2019un tremblement convulsif et, tragique, Madame de la Rochetercy disait d'une voix rigide, désespérée: \u2014Fautes graves contre I'honneur!.Et c'est mon fils! le tien, Marcel, oui, vois-tu, notre enfant! Et elle Jevait ses mains jointes vers le portrait de son mari!\u2026 \u2014Meére, c'est une formule, je vous le jure, assurait Guy, fort ennuyé.Toutes les punitions portent ces mots.stupides! Suzanne, sans mot dire, avait passé son bras autour de la taille de sa mère dont elle baisait les cheveux blancs, les doigts brûlants, mais Madame de la Rochetercy la repoussa d'un geste fatigué.Elle marchait à pas inconscients dans sa chambre, se tordant les mains: \u2014Et c'est mon fils! oui mon fils! Une sorte de rire ironique, effrayant de douleur, siffla entre ses lèvres.Elle s'arrêta de nouveau devant le portrait du capitaine, le cher mari de sa jeunesse, qui souriait dans le cadre d'or.\u2014Pourtant, Marcel, tu sais bien, toi, que je l\u2019ai nourri de mon lait! et je te jure que je l\u2019ai nourri aussi et bien mieux, de tous les enseignements d'honneur intransigeant qui était dans le sens même de ma race, comme de la tienne! D\u2019où vient- il?Qu'est-ce que cette énigme?Je ne peux pas! je ne peux pas comprendre! Et elle pressait son front à deux mains, comme en un geste de folie.\u2014 Maman chérie, hasarda Guy, je vous assure encoré-Qque Yous vous trompez, ce n'est rien.Madame.de la Rochetercy se dressa devant lui: ola est rien! Oui, pour toi! Je le vois, et c\u2019est & qui fait-mon désespoir.Tu ne me comprends lusf M\u2019as-tu jamais comprise, seulement\u201d.Non.amais! Et c'est mon fils?Mon fils!.\u201c Mdäi# Soudain, ses bras battirent lair.elle va- eflla., Suzanne n\u2019eut que le temps de la conduire vers Un fauteuil dans lequel elle s'affaissa.En h3- te, la jeune femme, affolée, lui faisait resp:rer de l\u2019éther, lui en baignait les tempes et les poignets.tandis que Guy, debout, gêné, trouvait tout cela extrêmement désagréable.En ce moment, le colonel Vialane montait, pensif, l\u2019escalier du vieil hôtel dans lequel la famil'e de la Rochetercy occupait le deuxième étage.Il sonna: un soldat, l\u2019ordonnance du lieutenant, vint ouvrir, la mine basse, détournant les yeux, ré- ondant a mi-voix.Il introduisit le colonel au sa- on comme s\u2019il ouvrait les portes d\u2019une chapelle ardente et se retira sur la pointe des pieds, la.s- sant le visiteur péniblement impressionné.Quelques instants assez longs s'écoulèrent; puis une portière se souleva, et Suzanne apparut.Avec un effroi dans les yeux, elle s\u2019avançait, la main tendue, disant d'une voix tremblante: \u2014Merci d\u2019être venu, colonel.\u2018 \u2014C'est moi, Madame, qui vous remercie d'avoir bien voulu m\u2019erñ accorder la faveur, répondit-il, laissant tomber doucement les doigts glacés qu\u2019il venait de baiser.\u2014Nous sommes si malheureux, colonel! \u2014Je m\u2019en doute, Madame, dit-il avec bonté, mais j'aurai peut-être quelques moyens de vous être utile, et permettez-moi de vous assurer que rien ne pourra me rendre plus heureux.\u2014Nous sommes sous le coup d\u2019une nouvelle terrifiante\u2026.Mon mari est aux arrêts de rigueur en attendant sa comparution devant un conseil d'enquête.Que se passera-t-il?Est-ce que cela ne pourrait pas aboutir à une mise eh disponibilité?interrogeait la pauvre enfant, levant sur Vialane un regard éperdu.\u201cA la réforme, pensait lè colonel.Mais il reprit.d\u2019une voix encourageante : \u2014Nous allons essayer d\u2019arranger cela, Madame.Reprenez courage.Comment va Madame votre mère?\u2014Oh! si mal, si mal.Et la jeune femme éclata soudain en sanglots convulsifs.\u2014Pardon, colonel, pardon, disait-elle entre ses larmes, essayant de se calmer sans y parvenit.\u2014J'aurai donc toujours le triste privilège de me trouver auprès de vous en des heures aussi pénibles! murmura Vialane attristé.\u2014 Mais, oui, en effet.depuis notre première rencontre dans le parloir du lycée de Lyon, je ne vous ai entrevu que sous la forme d'un consoia- teur inespéré, disait la jeune femme haletante, cherchant à dompter sa désolation.\u2014Et me voici disposé plus que jamais à user de ce rôle providentiel, affirma en souriant le colonel.Ne pourrai-je voir Madame votre mère?\u2014J'allais vous le demander.Je vais voir comment elle se trouve.La jeune femme disparut, et René.le coeur se ré, ,parcourait du regard, distraitement, les détails du gracieux petit salon élégamment meublé.songeant avec mélancolie au problème éternel.jamais solutionné en ce monde: \u201cPourquoi les innocents sont-ils torturés par les fautes dés autres\u201d Suzanne rentra bientôt: \u2014Colonel.ma mère est heureuse de vous recevoir.dit-elle.- Une minute plus tard, Vialane, assis près du fauteul de Madame de la Rochetercy.causait ai- mabrment.mettant un réconfort et un espoir en chacune de ses paroles, recueillies axec avidité par la pauvre mère.Enfin, il en arriva à l\u2019invitation projetée que Madame de la Rochetercy acepta avé une vive émotion.\u2014Oh! mon Dieu y aurait-il done encore la pos- sib'lité d'une réhab litation?disait-elle.quelques instants plus tard à Suzanne.tendrement age- nouiliée à ss côtés après le départ du colonel.* * * Depuis trois mois, Madame de la Rochetercy et Sezanne étaient les hôtes affectueusement choyées de Madame Vialane.Dans un repos délicieux, à elles inconnu depuis bien des années, elles s\u2019étaient endormies un soir sous le to.t hospitalier \u2014 04 \u2014 LOS Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 - du Bulgarric, touchées jusqu'au fond du coeur de l'accueil qu\u2019elles venaient de recevoir.Les démarches du colonel avaient évité la réforme au lieutenant, lequel, en disponibilité seulement, écrivait de divers points, à la recherche, assurait-il, d\u2019un emploi lucratif.Mais quelle que fût leur préoccupation au sujet de cette existence dévoyée, un apaisement infini était en elles.I! avait été établi par Madame de la Roche- tercy, en arrivant au Bulgarric, qu'elles reprendraient le chemin de Saint-Myr dans les premiers jours d'octobre, sa santé ne lui permrettant pas de subir les froids rigoureux des Hauts plateaux aveyronnais.D'autre part, elle n\u2019osait prolonger davantage leur séjour dans la famille si hospitalière cependant; et, comme une enfant, Suzanne supputait le temps à passer encore dans le calme béni qui l\u2019entourait.Elle revoyait leur arrivée, un jour de mai, très clair.à la petite gare de Sévérac, où le colonel les attendait.Avec mille soins, il les avait installées dans son automobile, et l\u2019on s'était engagé dans.la campagne ruthénoise, faite de plateaux ondulés qui s'étendent à perte de vue.Soudain, la jeune femme avait poussé une exclamation admirative.Très loin encore, mais superbement posée à l'horizon.Rodez, la vieille capitale des Ruthé- nes, se détachait sur le ciel, et, au-dessus de l'a- moncéllemént des maisons, dominant tout ce qui existe à ses pieds, hommes et choses, monts et vallées, bois et plaines, s'élevait, merveilleuse, la tour de la cathédrale.Bientôt, les voyageurs mirent pied à terre, et la masse énorme de la vieille basilique se dressa devant eux, claire et sombre, tout à la fois, avec ce ton de pierre rose particulier aux roches du pays, adouci de la chaude patine des siècles écoulés.Le frontispice, ies tours carrées, les belles portes retinrent l\u2019attention de Suzanne; mais constamment ses veux se levaient vers la tour, la tour bâtie au seizième siècle par l\u2019évêque François d'Estaing, le saint.celui dont la pensée toujours tendue vers le ciel se traduisit sans doute par cette montée merveilleuse de dentelle de pierre: tourelles, galeries, baies rad.euses, coloniiettes; tout un monde d\u2019ornements aériens entourait les statues qui sem- biaient vivre là-haut, en ascension glorieuse, en abandoh des choses terrestres si bas au-dessous.Après une visite sommaire de la petite ville, ils partirent vers le Bulgartic, dans la campagne tranquille écla.rée des leurs douces d'un soleil apaisé.Dans le ciel tout rose, les martinets menaient grand bruit sur là tour du bienheureux, mais les saints de pierre, drapés dans leurs manteaux rigides, paraissaient ne s'émouvoir nu'le- ment du tapage des petites fleches noires.l'auto s\u2019éloigna au long des verdures fräîches.jalonnées de châteaux, coupées de bouquets d'arbres.À droite, les monts d\u2019Aubrac, \u201cLa Montagne\u201d.selon l'expression des Ruthènes; en face, les larges masses sombres des bois des Palanques.et.disparaissant à chaque instant, reparaissant à chaque clairière, la tour du saint se profilait comme le symbole de ce voyage de compassion au coeur du vieux pays avevronnais.Suzanne, réveuse, les veux au loin.demeurait silencieuse.Soudain, elle tressaiilit.Le colon:l disait : \u2019 SI me men ee agree \u2014Nous voici chez nous.Et il désignait une grande maison blanche, qui disparassait a moitié dans les feuillages.Sur le seuil de la porte d\u2019entrée, se tenait une femme âgée, souriante.Avec une grande douceur de manières et de langage, Madame Vialane accueillit ses visiteuses, les assurant avec une bonté pénétrante du plaisir qu\u2019elle ressentait de leur arrivée.Pendant que le colonel offrait son bras à Madame de la Rochetercy pour l'introduire dans la maison, la vieille mère, levant un bon regard sur la jeune femme, demandait: \u2014Voulez-vous me permettre de vous embrasser, mon enfant?\u2014Oh! oui, Madame.Et Suzanne, émue, s\u2019était jetée dans ses bras, scellant ainsi dès la première minute, une vive sympathie, transformée bientôt en la plus affectueuse intimité.Lorsque, reposée, réconfortée, madame de la Rochetercy sortit de la grande chambre, claire et agie qui devenait la sienne, elle alla directement au fauteuil de madame Vialane, installée, telle que l'avait vue le capitaine de Guébrard, et s'assit près.d\u2019elle, tandis que le colonel disait gaie ment à Suzanne: \u2014Voulez-vous me permettre, Madame, de commencer à vous initier aux mystères et aux délices du Belgarric?\u2014Volontiers, colonel.Et ils avaient parcouru la grande ferme, ruche active de travaux sains et paisibles, admiré le chène merveilleux, assisté à la rentrée des longs troupeaux dans la brume dorée du couchant.Le diner les réunit tous les quatre à la table hospitalière dont madame Vialane faisait les honneurs avec sa calme amabilité.Puis on revint au salon, et, au bout de quelques minutes, le colonel dit en souriant à Suzanne: \u2014Vous seriez peut-être intéressée, madame, devant l\u2019aspect, nouveau pour vous, sans doute, d\u2019un intérieur rural à cette heure, c'est-à-dire, au moment du repas?\u2014Mais, sûrement, colonel, répondit la jeune femme avec empressement, tandis que madame de la Rochctercy disait aussi: \u2014Je serais très aise de voir cela.\u2014De p'us, ces braves gens ont l'habitude que j'aille un instant auprès d'eux chaque soir, ce qui les ravit.\u201ct je ne veux point les priver de ce petit pla sir.ajouta le colonel.Madame Vialane se leva et ils se dirigèrent vers la cuisine.L'immense pièce, parfaitement éclairée.était emplic d'un bourdonnement joyeux.Sur deux banes, autour d'une longue table de bois blanc, tous les domestiques mâles de la ferme étaient assis tandis que les femmes allaient et venatent pour les servir.Dans l'âtre énorme brûlait un feu clair au-dessous d\u2019une série de marmites suspendues aux différentes branches d\u2019une crémaillère ancienne.au-devant d\u2019une admirable plaque de foyer.véritab'e objet d'art.De chaque côté, de bauts lend'ers sculptés, à crochets, soutenaient un fournebrocte monumental.Des bancs et des chaises étaient disposés à droite et a gauche dela chemné- à l'embre du \u2018arge bandeau fleurdelvsé.du très Cieille servante.à la coiffe blanche sous i entjue capote de paille noire des paysannes 45 _\u2014 Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 aveyronnaises, filait, assise sur l\u2019une des chaises basses; près d'elle, un jeune berger présentait à la chaleur bienfaisante du foyer un agnelet tout tremblant, nouvellement né aux champs.De l\u2019au- tré côté, un mendiant, assis sur l\u2019un des petits bancs, son pauvre sac de misère déposé près de lui, mangeait avidement une énorme assiettée de soupe que l'une des servantes vint renouveler paisiblement.Tcut au fond, étincelaient les cuivres, au-dessus des vaisselliers anciens, enfin, sous l'escalier montant au premier étage, de petits rideaux courts à carreaux rouges et blancs, voilaient l\u2019entrée d\u2019un lit, sorte d\u2019alcôve pouvant se clore par des panneaux sculptés.À l'entrée du colonel et de ses invités, les domestiques assis autour de la longue table avaient tous soulevé leurs chapeaux de feutre noir déteint, mais l\u2019un d\u2019eux, qui occupait la place du bout, s'était levé en même temps.\u2014Assieds-toi.Jean-Pierre, assieds-toi, et le colonel avait été poser familièrement la main sur l'épaule du domestique.\u2014Madame, je vous présente un très ancien et très cher serviteur, dit-il gaiement, le berger en chef du Bulgarric, ce qui est l\u2019une des fonctions les plus importantes de la ferme., \u2014Quel âge as-tu au juste, Jean-Pierre?\u2014Septante cinq ans pour Notre-Dame d'Août, Monsieur René.\u2014FEt il y a bien soixante-deux que tu es là?\u2014Il y en aura soixante-deux à la Saint-Michel, Monsieur René.\u2014Ah! mon brave Jean-Pierre, m\u2019as-tu assez trimballé sur tes épaules! M\u2019as-tu fait des jouets de toutes sortes ! Quelle fête c'était pour moi quand on me permettait de te suivre aux champs! \u201c Un large sourire égayait la face paisib'e du vieillard qui se remit tranquillement à manger sa soupe pendant que le colonel adressait une bonne parole à chacun des autres domestiques, d\u2019un ton : bienveillant, mais qui excluait, du reste, toute idée de familiarité.Tous trois rentrèrent au salon et madante de la Rochetercy et Suzanne faisaient part à madame Vialane de l'impression de calme qui saisissait dans l\u2019ensemble, si actif cependant, de la domesticité emplissant l'immense cuisine.\u2014C\u2019est bien cela! dit le colonel.Nos domestiques sont en paix ici.lls sont chez eux.Ils naissent parfo.s au Belgarric, y vivent, et y meurent presque toujours.Ils savent qu\u2019ils seront soignés dans leurs maladies, consolés dans leurs deuils, soutenus dans leurs détresses.Ils sont aussi intéressés pécuniairement dans leurs travaux.Au total, les étres douteux, sournois et défaillants ne font que passer ici, trop génés dans cette ambian- \u201c ce de droiture, car si tous nos domestiques ne sont pas dévoués comme Jean-Pierre, du moins, tous sont honnêtes.\u2014 Jean-Pierre est un ami, dit madame Vialane de sa voix paisible et ce mot affectueux qualifiant le vieux berger si fruste avait un charme de bonté et de simplicité exquises sur les lèvres, de Ja riche maîtresse de maison.\u2014Assurément, affirma le colonel.Un peu plus tard, un domestique entr'ouvrit {a porte et vint annoncer doucement: : ~Madame, on est prét pour la priére.RRR CCE TR \u2014Nous avons l'habitude de dire la prière du soir en commun avec tout le personnel de la ferme, dit madame Vial'ane.Voulez-vous être des nôtres ?: \u2014Certes! se hita de répondre madame de la Rochetercy, nous avions, du reste, les mêmes usages chez mon père.\u2014C\u2019était mon mari qui récitait la prière autrefois'\u2026 Depuis sa mort, en l\u2019absence de mes fils, c'est moi qui m'acquitte de cet office, mais lorsque l'un.d'entre eux est ici, il remplace son père comme chef de maison.Ti On ouvrit à deux battants les portes: dur salon.Dans le grand vestibule, tous les domestiques étaient réunis, les hommes, leurs chapeaux à la main, et quelques femmes déjà à genoux.Quand - les maîtres furent arrivés, chacun sagcnouia: le colonel commença de sa voix ferme la récitation de la prière à laquelle répondaient tous les assistants, et lorsque la mère et la fille se retrou- - vèrent dans leur chambre, une paix inaccoutumée v.nt les bercer doucement.Dès le lendemain, le colonel était reparti pour Paris et l'intimité des trois femmes n'avait fait que se resserrer.Une semaine après, il avait reparu et avait pu disposer d'une huitaine, pendant laquelle la vie.lle maison semblait renaître à ses impressions d\u2019activité nouvelle, de vie joyeuse.De plus en plus ses séjours s'étaient prolongé: enfin, depuis un mois, il n'avait pas quitté le Bel- - garric.Suzanne fut appelée par lui au plaisir de visiter la belle campagne ruthéno:se, tandis que madame- de la Rochetercy, toujours fatiguée.-et madame Vialane, occupée à de permanents travaux de surveillance, ne quittaient guère le logis Chaque soir, lorsque, rentrée dans sa chambre, la jeune femme ouvrait sa fenêtre pour contempler le ciel étoi'é ainsi qu\u2019elle avait toujours aimé à le faire, elle restait longtemps pensive, accoudée \u2018à la balustrade de pierre.[lle revoyait le regard sér.eux et bon qui I'avait suivie tout le long du jour, elle entendait les récits colorés faisant surgir devant elle les paysages d'Extréme-Orient, les visions presque irréelles de contrées lointaines, baignées de lumière, parfumées de senteurs capiteuses, parées de fleurs étranges.mieux que cela, avec quel intérêt passionné d\u2019une âme \u2018neïve et - droite, avait-elle écouté les paroles vivifiantes du chrétien et du français qu'était le colonel.Quel que fût le début de leurs entretiens, infailliblement, le soldat en arrivait à laisser appa- raitre ses espoirs brûlants d\u2019une France régénérée de toutes façons, précédant les autres nations dans les grandes voix religieuses et héroïques.Il s'excusait ensuite, riant de ses \u201cmanies\u201d disait-il, mais Suzanne gardait en son ime le souvenir de ses accents pénétrants, de la flamme de ce regard, de la fermeté de ces gestes brefs qui disaient une volonté formelle, raisonnée et très haute, et lorsque, quelques heures plus tard, elle voyait humblement agenouillé parmi des simples cet homme | véritablement né pour commander, une impression profonde d\u2019admiration se fondait en elle avec une gratitude sans borne pour la délicate bonté dont il l\u2019entourait.Avec un espoir, elle refermait la fenêtre et Jongtemps encore, pendant que tout paraissait.dormir autour d\u2019elie, son coeur lassé par tant de \u2014 56 \u2014 + a bly Vol.17, Na 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 souffrances s'en allait irrésistiblement vers le repos de cette noble amitié.L'été passait avec ses splendeurs et ses charmes divers: aubes claires, midis rayonnants, longues soirées tièdes, berceuses.\u2019 \u2014Quelle est I\u2019heure qui n\u2019est point ici pleine de douceurs, répondait pensivement Suzanne à une exclamation admirative du colonel devant la nuit pure de juillet qui descendait peu à peu sur la campagne.Les trois femmes étaient assises dans le jardin qui s\u2019étendait derriére la maison, en avant du parc.Le colonel se promenait a pas ents aupres du petit groupe et s'arrêta en entendant la réponse de Suzanne.Brièvement, il interrogea: Alors, fotre \u201chome\u201d vous plaît décidément, Madame?Et.penché vers elle, il prêtait l'oreille, anxieux semblait-il.\u2014Oh! colonel, répondit-eile de cette même voix lente.comme perdue dans une pensée lointaine, mais c'est une halte de paradis.> Une flamme joyeuse passa sur les traits du colonel qui se redressa vivement.Avec une verve brillante, il parlait maintenant, des nuits admirables de l'autre hémisphère et Suzanne, les yeux levés vers lui, vivait des infinis de rêves lumineux; mais la voix de madame de la Rochetercy s\u2019éleva.un pfu émue: \u2014Colonel, ne nous enchantez point trop.Que deviendrons-nous dans deux mois à Saint-Myr, toutes seules?Suzanne tressaillit: Saint-Myr! Seules! Ses lèvres s'entr\u2019ouvrirent pour une exclamation désolée, mais elles ne laissèrent échapper aucun mot.Seulement, ses mains se joignirent sur ses genoux en un geste de suprême fatigue.Doucement, madame Vialane disait: \u2014N\u2019évoquons point de visions attristantes.Tu devrais plutôt, René, nous renseigner sur les étoiles que nous voyons là au-dessus de nos têtes, au leu de nous entretenir de celles que nous ne verrons jamais.Ah\"! ces étoiles! la passion de son enfance et de ses années de collège! As-tu montré les vestiges.de ton observatoire à madame Suzy?\u2014-Non, dit vivement le colonel, et c'est justement une heure parfaite pour cela.Je vais vous y conduire, Madame.\u2014Où donc?demanda Suzanne.\u2014Au bout du parc, répondit madame Vialane; sur une pétite hauteur naturelle, couronnée d'un rocher, il avait, tout enfant encore, construit une tour, portant lui-même les matériaux, pierres et sables, gâchant la mortier.\u2014Et quelle fête, continua son fils, lorsque, ma \u2018tour\u2019 terminée, je pus un jour installer la lunette prômise, et enfin donnée par mon père! Quelles heures \u2018délicieuses ai-je passées là!\u2026.Mais je vais présenter à votre admiration les vestiges de \u201ccette oeuvre d'art\u2019, Madamel.\u2014N\u2019est-ce pas bien tard ?dit madame de la Rochetercy.\u2014Au contraire, car si la lunette n'existe plus, et je vous avoue quelle ne pouvait faire que la joie d\u2019un collégien\u2026 nous aurons une fort belle vue du ciel par cette nuit snlendide.Suzanne prit un léger châle blanc et s'engagea, à la suite du colomel, sous les massifs des arbres.mer am ce sms ver = due = meer sent = 10 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ?ASA Mi te Sov © | aoe + \u2014-Prenez mon bras, fit-il au bout de quelques pas, le chemin n\u2019est pas bon ici.Silencieusement elle accepta, et ils parcoururent encore quelques mètres sous les fourrés, sans mot dure.A une clairière, le colonel s'arrêta, et penché vers la jeune femme, il murmura: \u2014V'ous êtes triste, ce soir\u2026 Elle leva les yeux vers lui.Une ombre de sourire vint flotter sur ses lèvres et d'une voix lassée, un \u2018souffle : \u2014\u2014Je pensais au vers de Botrel, dit-elle: \u2018Mon cceur est las de tant de peines!\u201d Il serra un peu le bras léger qui sappuyait au sien.\u2014Ah! que ne puis-je vous aider mieux! Suzanne tressaillit comme au sortir d\u2019un rêve.-\u2014Que dites-vous 7 Que n\u2019avez-vous fait pour moi, pour nous, deux inconnues en somme! ajou- ta-t-elle avec effort.Lentement, René disait: \u2014Est-il possible qu\u2019il y ait eu une époque de ma vie où vous ayez été pour moi une inccnnue?.\u2026 Ils s'étaient remis en marche sous les feniliages sombres et plus un mot ne venait entre eux.Tout' à coup ils eurent, l\u2019un et l'autre.l'irapres- sion d'une détresse en leurs coeurs honnêtes, en leurs âmes fiéres.René pressa le pas énergiquement, et bientôt ils arrivèrent à une clairière fermée d\u2019une sorte de petite colline.Suzanne, très calme, \u201cayant repris son âme entre ses mains\u201d sourit à la vue dune maçonnerie en ruines tout en haut du rocher: \u2014C\u2019était là votre observatoire?\u2014Mais oui, dit-il avec gaieté, et je vais vousen faire les honneurs.Agilement, la jeune femme le suivit et ils arrivèrent au sommet, dans l\u2019étroite enceinte de la tour à moitié détruite.\u2014Ma'heureusement la lunette nous manque, remarqua René plaisamment, mais son aide eût été bien iliusoire ce soir, avec un tel firmament.-Que c'est beau! d,sait Suzanne.Les yeux levés vers le ciel, les mains jointes d\u2019admiration, la tête légèrement rejetée en arrière, toute drapée de blanc sousla mousse d'or des cheveux, elle paraissait.l\u2019incarnation de quelque adorable divinité: Grâce, beauté, jeunesse.Un peu plus bas, sur la première marche de l\u2019escalier en ruines, René, immobile, lèvres closes, contemplait l\u2019apparition, inconscient des minutes qui s\u2019écoulaient\u2026 Soudain, il tressaillit : \u2014Mais je manque à tous les devoirs d'un vieil astronome recevant en son observatoire! s'écria- t-il, et il désigna à Suzanne les principales constellations qui endiamantaient la voûte céleste.les étoiles uniques qui scintillaient de-ci delà.les groupes, semblables à des écharpes de gaze brodées de perles translucides.Une étoile filante passa rapidement, flèche d\u2019or.Suzanne murmura pensivement : \u2014C\u2019est une impression toujours émouvante que me produit la vision fugitive de cette.courss d'étoiles! Où donc va-t-elle ainsi?D\u2019un monde à un autre monde?A-t-elle une mission?Est\u201d \u201cOui, et je t'assure que je bénis le jour où elle est venue à mon secours pour m'aider et me donner de bons conseils.Si elle n'avait pas connu la Nourriture du Dr Chase pour les Nerfs, j'étais perdue.\u201d 60 pilules, 60 sous, chez tous les marchands.\u2014 12 La < Vol.17, No 7 une grenouille qui s\u2019ébat dans l\u2019eau, mais il ne saurait renouveler cet exploit à ccup sûr sans quelques procédés st une série de précautions pré- dlables.Supposons que l\u2019on veuille, sans quitter le rivage, photographier un poisson en train de frayer.La première condition indispensable est que l'eau dans laquelle se meut cet animal, loin d\u2019être trouble, soit au contraire d\u2019une clarté nette et transparente; il faut aussi que la surface de cette eau soit parfaitemet unie et sans rides.Que survienne, en effet, un froncement, l\u2019image se détruit pendant la prise du cliché et l\u2019on n'obtient aucun résultat.De même, et cela se conçoit aisément, la surface ne doit rien réfléchir du ciel, ni des lieux environnants.Comme de telles conditions idéales ne s'offrent que très rarement, l\u2019amateur doit empêcher la réflexion par l\u2019interposition d\u2019un écran entre la surface de l\u2019eau et le ciel.Get écran peut être constitué par une toile ou par une planche; il projettera son ombre sur la partie de l\u2019eau à photographier.Le miroitement est supprimé ; sans doute, l'espace liquide à observer paraît-il noyé d\u2019ombres, vous n'en remarquerez pas moins que tous les détails et les cailloux du fond apparaissent avec une netteté qui ne se rencontre pas en dehors de l\u2019ombre portée par l'écran.\u2014 Il n'y a plus dès lors qu\u2019à opérer.Cependant une autre difficulté peut se présenter: sous l'effet du vent, des rides ou de petites vagues agitent Ponde dent la surface n\u2019est pas entièrement lisse.IÏ suffit, pour vainore cet obstacle, de recourir à l'emploi d\u2019un châssis en bois qui encadre une large vitre.Le châssis, dont les dimensions sont réglées par les résultats que l\u2019on veut obtenir, nage sur l'eau.LA REVUE POPULAIRE ma ae + 2 one vu mere vo et 0 0 a 88 meet = am Montréal, juillet 1924 Entre les parties rectangulaires de son «rmature, l\u2019eau devient unie comme à miracle et la vision est nette.Toutefois, un certain miroitement peut se produire sur sa partie- vitrée.On le supprimera au moyen d\u2019un écran fixé sur un des côtés du châssis.Si l\u2019amateur devait demeurer sans cesse rivé au bord, la série de ses travaux serait monotone et vite épuisée.Certains poissons ne hantent guère les rives: il faut à tout prix entrer dans l\u2019eau pour suivre leurs faits et gestes.Un appareil photographique d\u2019une construction spéciale, répond à cette nécessité.Ses pieds à coulisse doivent être susceptibles de s\u2019al- \u2018longer de plusieurs mètres, car cette longueur est souvent indispensables au support pour qu\u2019il trouve, à travers les vases du fond, un appui stable.La partie supérieure du \u2018\u2018pied\u201d\u2019 est construite de manière à permettre à l'appareil des évolutions en tous sens.| Get appareil supprime l\u2019emploi du châssis que nous décrivions précédemment.Il comporte en lui-même, en effet, les moyens d\u2019obvier au miroitement et aux rides de la surface de l'eau.Presque entièrement immergé, y compris l\u2019objectif, cela va sans dire, il photographie directement l\u2019objet voulu.La glace réfléchissante est placée dans une boîte étanche et de forme rectangulaire qui seule sort à moitié de l\u2019eau.C\u2019est par là que l\u2019opérateur surveille le fond.prêt à presser le déclic.Malgré ces ingénieux expédients, la photographie sous l\u2019eau est fort difficile et demande de nombreuses précautions.Pendant que l\u2019opérateur dresse son appareil dans l\u2019eau, il trouble plus ou moins celle-ci et effarouche les poissons et autres animaux du \u201c LL 196 ee ya > ER ee TE DE a SEE à ae TN ET OO OR APIA HM AR) ae a à ae ae ee a lee ga nat ae Ca ee HO en EE .An ; pepe! Spit Céles ; DPI og Cail alti effi g get to ; dite ttc dti i van pa id A g # F E Vol.17, No 7 LA REVUE POPULAIRE Montréal, juillet 1924 E LC ue en EB voisinage.Force est donc d\u2019attendre, | apres le placement de 'appareil, que | l\u2019eau ait repris sa limpidité première A et, ensuite, que les poissons, familia- Eb risés avec sa présence, soient revenus 4 à leur quiétude et aient regagné leur E; logis un moment abandonné.Or, tout - ceci semble peu de chose: cela repré- | | sente en réalité une longue patience A de souvent plus d\u2019une heure, pendant bl laquelle, sous peine de tout compro- i: mettre à nouveau, il faut s\u2019abstenir _ Ne risquez pas Pempoisonnement du ih du moindre mouvement.sang en rognant un cor.Appliquez Blue- i jay, le procédé scientifique qui met fin Er Ajoutons que malgré les plus grands aux cors.La douleur disparaît instanta- i efforts de l\u2019opérateur l\u2019eau n\u2019en reste nément.Puis le cor se déracine et s\u2019en- É pas moins soumise à une légère agi- lève.Procurez-vous Blue-jay chez votre # tation, et cela, grâce à des accidents pharmacien.f inépendants de la volonté du photo- i graphe.Qui dit vie dit mouvement et Bl _ S E, tout est vie sous la masse liquide.UE) ay Soumises aux fluctuations impercepti- a bles de l\u2019eau, les plantes aquatiques .s\u2019agitent çà et là, se déroulent com- ji | me des serpents et reprennent leur 7 | immobilité comme la feuille après que ; bila brise a soufflé.De même, les ani- i maux passent el disparaissent ; le i grondin le plus immobile en apparence Journal officiel des grandes compagnies de à s\u2019agite, se maintient dans sa position cinema E par des mouvements incessants de ses 10 CENTS L'EXEMPLAIRE BH nageoires et de sa queue.Il en résul- \u2014 Li te, et c'est une -conclusion découra- COUPON D'ABONNEMENT bp geante pour qui n'a pas la Foi tenace, Ci-inclus veuillez trouver la somme de EL qu\u2019on ne peut espérer des instantanés bi .aa , $1.00 pour un an ou 50 cents pour 6 mois Bi clairs et satisfaisants que tout à fait té Montréal et banlieue) d'ab Ji exceptionnellement.D\u2019ailleurs, les of- (excep F onireat ef bantieue/ abonne- pi fets de lumière sous l\u2019eau sont beau- ment au FILM.| coup moins favorables qu\u2019en plein air NOM corres, # et vous savez que la lumière s\u2019affaiblit (M., Mme ou Mlle.Spéotfies votre qualité, E à mesure que l\u2019on descend davantage Rue sessoncc0unt60OCOUONDOSUOSUUS0ODOBS 054000110000 000a0S pi.vers le fond.Méme par le plus brillant Localité .\u2026.sssensesssesssarensrrrersrscssen scan ce il soleil elle devient souvent insuffisante Adressez comme suit : \u2019 E au moment de l'opération et cette in- POIRIER, BESSETTE & CIE # suffisance oblige, avec les procédés 131.rue Cadieux, Montréal EF sommaires que nous venons d\u2019exposer, |.fi \u2014 127 = | Disparue cette censation de fatigue, cet énervement, cotte toux saccadée} Flus de lasgitude, plus d'incomanie plus d'iaquié
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