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Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
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Juin
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  • Revues
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chaque mois
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La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1912-06, Collections de BAnQ.

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[" (LS At reste ILE Er patate a As OA Ut GA LL AT CU EL ta Lee het, Nos DENTS sont très belles naturelles, garanties.Institut Dentaire, Franco-Américain (Incorporé).162, St-Denis, Montréal.(- \u2014 À TOURS DE MAGIE Envoyez 10 cents par la malle, rr mn SI VOUS VOULEZ i nous vous enverrons 200 tours de passer d\u2019agréables instants, lire de magnifi- magie blanche, avec rubans, cartes \u2018ques romans et vous instruire tout en ht! > sw - , + \u201c> 08 .vous amusant ft argent, chapeau, appareils pour man- | ' LISEZ > fi.ger du feu, et des centaines de tours i expliqués si clairement que vous \u2019 E pouvez tout de suite étonner le pu- Se ) : 7 blic et faire de l'argent.Catalogue 4 de magie et de nouveautés, 10c.Magazine Hebdomadaire Hlustré i 40 PAGES 5 CENTS 40 PAGES .pan UNIVERSAL MAGIC C0 ou $2.50 d'abonnement par an En vente chez tous les dépositaires ou chez - 1 les Edits-propriétaires, Poirier, Bessette Montmopeney Kast, Qué & Cie, 200 Blvd St-Laurent, Montréal RSR SLT, 444444 3144444 VOUS ne Adveriung Lid, AGENCE CANADIENNE DE PUBLICITE $ lace des Annonces dans tous les Journaux du Canada, aux prix les plus bas.Con- trôze l\u2019insertion des annonces et ne soumet à ses clients que des factures accompagnées de feuilles justificatives d\u2019insertions.Ses clients comprennent le Haut Commerce Canadien et représentent un capital dépassant $10,000,000.00.Plans et Devis de Publicité au Canada gratis sur demande.Les Rédacteurs\u2014experts en Publicité et le personnel d'Artistes attachés à l'Agence s'occupent de la préparation des annonces.des illustrations adaptées aux goûts dv public Canadien et les campagnes de publicité ainsi dirigées ont toujours donné les résultats les plus satisfaisants.Notre expérience et nos services sont à la disposition de toute maison désirant étendre pratiquement et judicieusement ses affaires au Canada.REFERENCES: LA BANQUE NATIONALE, MONTREAL.Avant de placer vos ordres d\u2019annonces, écrivez-nous \u2014 il y va de votre intérêt.M Trust Building, 107, St-Jacques - Montreal, Can.TITTTITIIIIIITITI SLITS & 4 Une Musicienne Quand votre main, suivant les papillons du rêve Et le caprice errant des grands musiciens, Court sur le piano, s\u2019y pose et se relève.Et fait chanter pour nous les sons aériens; Quand natre âme les suit dans les pays de l\u2019âme, Alors, vos deux beaux yeux rayonnent plus encor, Et vous êtes la Muse et vous n\u2019êtes plus femme, Et j'ose vous aimer, amant des rythmes d\u2019or.° L\u2019harmonie, ouragan de vie et de mystère, Vers l\u2019impossible azur me soulève emporté.Pourcuoi nous menez-vous si haut, si loin de terre Et si loin du réel, si haut vers la beauté?Et là, j'ai cru parfois, quand le clavecin tremble Et chante, obéissant, l\u2019amour, la vie et l\u2019art, Qu\u2019au fond des mêmes cieux nos coeurs battaient ensemble Et que nos yeux pleuraient unis dans un regard.Hélas! pourquoi faut-il qu\u2019il s\u2019achève, ce charme?.Quand le soupir final s\u2019éteint, comme un beau jour, Rien ne reste en mes yeux étonnés, qu\u2019une larme; Rien au\u2019un regret sans fin dans mon coeur sans amour.Jean AICARD. La Revue PARAIT TOUS LES MOIS ABONNEMENT : è Canada et Etats-Unis: Un An: $1.00, - Six Mois: - - - - - 50 cts Montréal et Etranger: Un An: $1.50 - - Six Mois: - - - - \"753 ets POIRIER, BESSETTE & Cie.Editeurs-Propritaires, 200, Boulv.St-Laurent, MONTREAL.Vol.5, No 6.Montréal, Juin 1912 Le Tourisme en Mer D VEC le mois de juin recommencent les promenades agréables sur l\u2019eau.les chaleurs en effet commencent à se faire sentir et on les fuit comme on peut.quand on en a le loisir.Je ne sais si les catastrophes maritimes qui viennent, par intervalles, jeter l\u2019effroi dans l\u2019âme des excursioinnistes refroidissent le zèle de ceux-ci; je ne le pense pas car on s\u2019habitue à tout, surtout au danger.Ce qui peut retenir davantage.à terre ceux qui feraient volontiers une promenade sur l\u2019Océan, c\u2019est plus souvent sans doute le prosaïque mal de mer.£0 A ceux-la je dirai\u2014si ce peut être une consolation pour eux\u2014que la plupart des êtres animés sont sujets à ce mal, c\u2019est-à- dire les animaux aussi bien que l\u2019homme.Ils se comportent différemment, voilà tout ! Le cheval lui, peut en mourir tout hon- Pop nement; le singe est atrocement malhen- reux et gémit comme un enfant mais on le calme en lui donnant un oignon.Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter! Si l\u2019on essayait ce remède sur l\u2019homme?Le tigre souffre plus que tout autre animal;'à peine à bord, il s\u2019affole, ne cesse de gémir et de se frotter le ventre avec sa patte; ne le plaignons pas car c\u2019est un fichu caraetère.Réservons plutôt nos sympathies à l\u2019éléphant ; cet animal déjà si doux le devient davantage encore malgré qu\u2019il souffre ; si l\u2019on veut lui tâter le pouls, il tend la patte et se réconforte avee quelques bons flacons de whiskey.Après tout, c\u2019est peut-être un truc éom- me un autre de la part du rusé animal pour se faire offrir, de temps en temps une petite féte.La girafe, par contre, paraît ignorer complètement le mal de mer; c\u2019est sans doute à cause de la longueur de son cou; son coeur aurait trop de chemin à faire pour remonter! és Parmi les animaux qui vovagent en le plus grand nombre sur mer, on peut citer le boeuf.Celui-là résiste à l'effet du roulis et du tangage avec un calme admirable; s\u2019il souffre personne n\u2019en sait rien ct n\u2019en peut rien deviner.C\u2019est un philosophe.Roger Francoeur.Qi is, BR : PT Tete Lo = Lire : LL Pe rl fi A Te 3 = > - Le 5 FP \u201cSCI I.ETES EST) ve 2) Ly ol RAY 2 x, 7 ae Sa es ae a y ee x 4 Hl ES a Es AL RY Me rl ce ust i, ef HE 5 ay FA is, 2 2 i, Ke x re ce 2 3 2 = = | i i LE HE 4 oR bo hii 4 4 a EE Frs, a Gi x La 70 se vx = i 30 LEE 2e 4, RS A i, RR SRE Foca 22 S qi Peu a St, SEAL TE, Vassigere it PS Sg £3 a i: ; AC Hh fr 7, ; Veer 2?7: Fou Ci 7; id 2 D fe 4 x 08 hE y ms 2 air La vate fi SRLS, 7; \u20ac w 7 RS Li, 5, % ik, / 7 I fy Le je 2e \u201cre 7 i 5 és FL oF La Revue Populaire frissonnant au souvenir des imprécations de leur victime.\u2014Cépendant, reprit Rice, si elle l\u2019avait entendu, elle ne serait pas partie sans faire plus d\u2019efforts pour savoir quelque chose.Je crois plutôt qu\u2019elle venait demander un renseignement oublié au cours de la soirée.NNe recevant plus de réponse, elle est sans doute retournée chez elle pour attendre le matin.\u2014Eh bien?demanda Fischer avec impatience.\u2014Une personne entendant l\u2019injuste interprétation de notre conduite proférée par Hopkins, devait naturellement penser que nous étions là pour lui faire violence.En ce cas, il serait plus difficile de donner une explication de la mort.Si, cependant, la scène n\u2019eut pas de témoin, nous pouvons nier toute connaissance de l\u2019affaire, à moins, bien entendu, messieurs, que vous ne désiriez faire connaître la vérité.\u2014Non ! répondirent Fischer, Gordon et Snyder.Rice ne put s\u2019empêcher de sourire de la rapidité avec laquelle ses compagnons, hommes absolument honorables, avaient roulé sur la pente du crime; car c\u2019était une pente criminelle que.de penser même à essayer de cacher toute connexion avec la mort d\u2019Hopkins.Si le cas leur avait été soumis hypothétiquement un jour plus tôt, il n\u2019en est pas un qui n\u2019eût conseillé une conscience nette, avec l\u2019assurance que la vérité ne nuit jamais.Cependant, en face de la situation présente, ils préféraient tous le subterfuge à la franchise.A ce moment la porte du bureau de Snyder s\u2019ouvrit et se referma.Les professeurs bondirent, glacés d\u2019une terreur coupable.| Ce devait être Ernesta Frost ! Gordon courut à la porte, l\u2019ouvrit.les 36 autres entendirent une voix de femme qui disait : \u2014Oh! excusez, Professeur ! je ne savais pas qu\u2019il y avait quelqu\u2019un.J\u2019allais nettoyer la pièce.Ils poussèrent un soupir de soulagement.Ce n\u2019était que Mrs Harms, la balayeuse, qui faisait sa ronde du soir.Mais ils n\u2019étaient pas en état de supporter un nouveau coup à en juger par leur tremblement, alors qu\u2019ils reprenaient leurs sièges.La présence de la balayeuse dans le ba- timent leur rappelait qu\u2019une action rapide était nécessaire, s\u2019ils voulaient en finir ce soir.Rice, comme toujours, prit la parole.\u2014Messieurs, dit-il, montrant pour la première fois de l\u2019impatience, il faut arriver a une conclusion.Qu\u2019allons-nous faire et dire?.Voyons, personne n\u2019a-t-il une idée?\u2014dJ\u2019en ai une, dit Fischer, et la voici: Le corps sera découvert le matin.Notre présence dans le bâtiment, ce soir, est dé- Jà connue.au moins de cette femme ! Nous ne pouvons lui demander le silence sans éveiller les soupçons.ainsi, il faut agir.Voice ce que nous dirons: Nous nous sommes réunis ici pour discuter des questions techniques; notre affaire est terminée, nous allions nous retirer quand nous avons entendu le bruit d\u2019une chute, venant du laboratoire.Nous en avons trouvé la porte ouverte et, à l\u2019intérieur, par terre, le corps!.C\u2019est tout! \u2014Sur quoi, dit Rice, reprenant la phraséologie de Fischer, nous donnons l\u2019alarme, et notre histoire est acceptée.\u2014C\u2019est cela, dit Fischer, et se tournant vers Gordon et Snyder restés silencieux, il demanda : \u2018\u2018Que pensez-vous de ce plan, messieurs ?\u201d\u201d Avant que l\u2019un ou l\u2019autre pût répon- rs EE Asa EE \u2014 ; A + =\u201d dre, un cri surhumain retentit dans le bâtiment vide.Les quatre professeurs se dressèrent, fous de terreur.Le cri se répéta; il venait sans erreur possible du second étage.Une seule interprétation s\u2019imposait: Ernesta Frost, revenue, avait trouvé le corps du professeur Hopkins et devancait les conspirateurs en donnant l\u2019alarme.D\u2019un bond, les quatre hommes franchirent l\u2019escalier ; les cris ne cessaient pas.La porte du laboratoire, qu\u2019ils avaient fermée, était grande ouverte.Ce n\u2019était pas Ernesta, mais Mrs Harms collée contre le mur, qui poussait ces cris percants.Fischer s\u2019élanca et lui mit la main sur la bouche tandis que de l\u2019autre il la soutenait pour l\u2019empêcher de tomber.Une nouvelle épouvante saisit les coupables.Qu\u2019avait vu cette femme?Les accuserait- elle?Un cri de Gordon attira leurs regards dans la direction du placard, à l\u2019autre bout de la pièce.Dans l\u2019ombre, une lueur étrange, pénétrante, surnaturelle, blafarde, percait les portes du placard dans lequel le corps était caché.\u2014Ce n\u2019est qu\u2019un produit chimique : balbutia Rice à l\u2019oreille de la femme.Pour l\u2019amour du ciel, tenez-vous tranquille! \u2014Chimique.\u2026 répéta-t-elle.Je pensais.je pensais.\u2014Quoi?demanda Gordon, redoutant la réponse.\u2014dJe.je ne sais pas.mais je vqudrais bien que le professeur Hopkins ne laisse pas ces choses-là pour effrayer une pauvre femme! \u2014Ce n\u2019est rien! dit Rice.Pourtant, puisque cela vous a effrayée, vous ferez mieux de partir.Nous fermerons la pièce et veillerons que tout soit en ordre.Il la poussa presque de la chambre et 37 Lumiére de Mort l\u2019accompagna jusqu\u2019au bas des escaliers.Quand il l\u2019eut vu franchir la grande por- Ei te et qu\u2019il eut fermé celle-ci sur elle, il re- B;- vint au trio resté sur le seuil du labora- Ë toire, ferma la porte sans savoir même ce qu\u2019il faisait, puis se retourna pour regarder le placard.Les portes toujours fermées déguisaient mais ne cachaient pas leur hideux secret.Tremblant, Rice les ouvrit d\u2019un mouvement brusque.Les quatre hommes reculèrent horrifiés.Sur le plancher, dans la position exacte où ils l\u2019avaient laissé, se voyait le corps du professeur Hopkins.Il était lumineux ! De toutes les parties de ce corps, irradiait une lumière si puissante, qu\u2019elle avait traversé le bois épais de l\u2019armoire si étincelante qu\u2019elle aveugla presque ceux qui la regardaient.terrifiés.Leurs yeux s\u2019accontumant peu a peu, ils distinguèrent le visage.Celui-ci les fixait de ses yeux grands ouverts, de ses yeux farouches, et à travers les lèvres en- tr\u2019ouvertes, une langue de feu semblait s\u2019élancer.\u2014Mein Gott! s\u2019écria Fischer.Que sa veuve ne le voie jamais en un tel état! VI LE DIAMANT LUMINEUX \u2014Quelqu\u2019un a-t-il vu Ernesta Frost ce soir?| Le détective Sullivan, à portée de voix d\u2019un groupe d\u2019étudiants, s\u2019efforca de ne trahir aucun intérêt à cette question posée par l\u2019un d\u2019eux, mais écouta néanmoins attentivement la réponse.\u2014Elle est probablement chez elle à ré- N eRe i T iH 6 J M, LEAHY HOSEN SRE soudre quelque problème pour le vieil Hopkins! \u2014Je ne sais pas ce qu\u2019Ernesta peut y trouver d\u2019intéressant, dit un troisiéme\u2014 une jeune fille \u2014Elle passe son temps ou dans le laboratoire ou dans sa chambre, à travailler.\u2014Je suppose qu\u2019Hopkins lui paie son travail?suggéra un autre.\u2014 Peut-être veut-elle en savoir assez pour aider le professeur Gordon quand ils seront mariés.A ces mots, les jeunes filles se mirent à ricaner, puis le groupe se dispersa.Le détective suivit deux des plus loquaces, espérant en apprendre davantage sur Ernesta, mais il en fut pour ses frais.Les étudiants entrèrent dans un boarding house au pied de la colline, sans s\u2019être livrés à d\u2019autres commentaires sur la jeune femme.Néanmoins, Sullivan avait entendu une phrase qui l\u2019avait surpris.\u2018\u2018Quand elle et le professeur Gordon seront mariés\u201d, avait dit un étudiant.Il y avait donc une autre complication, une affaire d\u2019amour, un engagement possible entre la jeune fille et un membre de la faculté?Mrs Hopkins ne lui en avait rien dit; sans doute 1\u2019ignorait-elle.Mais si cela existait, que signifiait la fuite avec le professeur Hopkins?Le détective avait quitté la maison très satisfait d\u2019avoir si facilement découvert l\u2019identité de la fugitive; il avait trouvé une raison plausible à la fuite, dans l\u2019attraction exercée sur une jeune femme plus qu\u2019agréable par un homme d\u2019un certain âge, mais doué de mérites intellectuels peu communs.Il semblait maintenant qu\u2019Hopkins ne fût pas le seul professeur ayant exercé cette séduction sur Ernesta.Il y avait aussi Gordon.Qui était ce Gordon?La Levue Populaire 38 Question facile à résoudre, pensait Sullivan en gravissant la route bordée d\u2019ormes qui conduit au collège.Il le saurait dès le matin, et s\u2019il pouvait approcher le professeur avec adresse, peut-être enten- drait-il parler d\u2019un dissentiment entre lui et Ernesta.La fuite avec Hopkins serait alors le résultat d\u2019une querelle d\u2019amoureux.\u2014Puisque le vieux fou a été assez désordonné pour laisser cette note où sa femme l\u2019a trouvée, se dit-il, qui sait s\u2019il n\u2019a pas oublié dans son laboratoire quelque chose qui me donnerait un indice ! Si le collège n\u2019est pas trop soigneusement gardé et que je puisse trouver le laboratoire dans l\u2019obscurité, je suis capable d\u2019avancer mes affaires ce soir! Comme il arrivait en face du collège, Sullivan entendit des pas venant d\u2019une direction opposée, accompagnés d\u2019un roulement assourdi qu\u2019il ne s\u2019expliqua pas.Eteignant en hâte son cigare, il se glissa derrière un arbre pour voir sans être vu.Les pas s\u2019approchaient.De derrière son arbre, le détective put distinguer les silhouettes vagues de trois hommes; l\u2019un d\u2019eux roulait une brouette.\u2014Des jardiniers, sans doute, se dit-il, qui font quelque travail autour du eol- lége; mais pourquoi n\u2019ont-ils pas du lumière ?Il tendit les yeux et les oreilles.Les ombres s\u2019approchaient, encore une minute, elles le dépasseraient.Il se recula pour leur permettre de passer sans être découvert, décidé à les suivre à courte distance, mais à sa grande surprise, ils ne passèrent pas, et le roulement de la brouette cessa soudain.Sullivan se pencha avec précaution.Les hommes étaient cachés par le bâtiment; il les entendait parler tout bas, trop loin malheureusement pour distin- guer les paroles.\u2014Des étudiants qui font quelque farce, Je le parierais, pensa-t-il.Il allait redescendre la colline quand il changea d\u2019idée en voyant un des personnages du groupe frotter une allumette qui projeta pour un moment une lueur rouge sur tous les visages.Ce n\u2019étaient pas des étudiants mais bien des hommes graves; l\u2019un d\u2019eux aux cheveux et à la barbe grise.Au même moment, un quatrième individu descendit les marches du collège et rejoignit le groupe.\u2014Imprudent! s\u2019écria une voix, et l\u2019allumette fut immédiatement éteinte, mais le détective avait eu le temps de remarquer que ce n\u2019étaient pas des étudiants, qu\u2019ils étaient en manches de chemise et, à en juger par les fronts mouillés de sueur que deux d\u2019entre eux essuyaient, qu\u2019ils avaient accompli un travail manuel quelconque.- Un des hommes roula la brouette sur un des côtés du bâtiment et revint vers ses compagnons; puis tous quatre descendirent vivement vers la ville.Comme ils passaient devant l\u2019arbre qui cachait le détective Sullivan, il entendit ces mots: \u2014Nous nous séparerons au pied de la colline.Il ne faut pas que nous traversions la ville ensemble.Prompt à prendre une résolution, Sullivan décida qu\u2019il ne gagnerait rien à suivre les uns ou les autres, sûr de les reconnaître.Il valait mieux examiner la brouette dont il pensait connaître la place, et voir si ces hommes avaient commis quelque méfait autoru du collège.Il attendit done qu\u2019ils se fussent éloignés, puis, suffisamment sûr que le chemin était libre, il se dirigea vers le coin du bâtiment.La brouette était là; dedans, se voyait Lumière de Mort 39 RECA I une pelle.Il en tâta le fond et le trouva sec et propre, mais la pelle lui donna sensation d\u2019avoir récemment servi.\u2014Elle est humide, dit Sullivan, tout bas.ls ont enterré quelque chose.Il projeta sur la pelle l\u2019éclair de sa lampe électrique de poche et fut étonné de voir que ce qu\u2019il avait pris pour de la terre était de la sciure.\u2014C\u2019est curieux! dit-il.Raclant la sciure qui avait adhéré après la pelle\u2014peut-être une poignée\u2014il la mit dans sa poche, regrettant presque maintenant de n\u2019avoir pas suivi les quatre hommes.Trop tard!.dans le bâtiment.\u2014De toute façon, se dit-il à lui-même en manière de consolation, je n\u2019ai à m\u2019occuper que de l\u2019affaire Hopkins! Il s\u2019attendait à trouver la porte fermée et se préparait à escalader une fenêtre quand elle céda obligeamment à sa première pression.Le détective avanca prudemment, cette circonstance insolite lui faisait craindre la présence d\u2019un veilleur de nuit.Rien ne bougeait.Il cherchait à tâtons l\u2019escalier et, dans l\u2019obscurité se dirigea vers le laboratoire.Sa lampe de nouveau allumée, il aperçut un avis épinglé a la porte.Au risque d\u2019éveiller 1\u2019attention par cette clarté, il examina soigneusement cette note sur laquelle il lut : \u2018\u201cLe professeur Hopkins a été appelé \u2018\u201cinopinément hors de la ville.\u2019 L\u2019habitude, la chance, ou le pressentiment le poussa à procéder à une investigation plus complète.Il passa légèrement son doigt sur l\u2019écriture.L\u2019encre encore humide indiquait que la note venait d\u2019é- tre écrite.\u2014C\u2019est singulier !\u2026.Particulièrement singulier! se dit Sullivan.Qui que ce soit qui ait mis là cette note, elle a été écrite Le mieux était d\u2019entrer et clouée, tandis que les autres étaient quelque part, près d\u2019ici.Si Hopkins lui- même l\u2019a écrite\u2014et très vraisemblablement il l\u2019a fait\u2014il devait être là-dedans, il y a quelques minutes!.Je verrai bien! Après avoir éteint sa lampe, il regarda par le trou de la serrure pour voir s\u2019il y avait de la lumière dans le laboratoire.Tout était sombre.Sullivan ouvrit la porte prudemment, s\u2019attendant presque à se trouver face à face avec le professeur Hopkins, mais un examen de la pièce à l\u2019aide de as lampe électrique, après avoir soigneusement fermé les rideaux intérieurs, le convainquit qu\u2019il était seul.Le placard fut l\u2019objet d\u2019une recherche ultérieure.Les portes en étaient ouvertes et sur le rayon supérieur, se trouvait le sa\u201d noir dont Mrs Hopkins avait parlé et que le détective reconnut d\u2019un coup d\u2019oeil.Il en vida sans cérémonie le contenu sur le sol, rassembla vivement tous les papiers et les mit dans sa poche pour un examen à venir.Aucun d\u2019eux ne semblait incriminable excepté la note d\u2019Er- resta, dont il connaissait déjà le contenu.Il ajouta celle-ci à sa collection et remit le sac sur la planche.\u2014Mrs Hopkins m\u2019a dit que son mari l\u2019emportait toujours avec lui, pensa Sullivan, cette fois pourtant, il ne l\u2019a pas fait.Hallo!.Qu\u2019est-ce que cela?C\u2019était un grand memorandum posé prés du sac.En tournant les pages, le détective se rendit compte que c\u2019était une sorte de journal tenu par le professeur Hopkins et, à sa profonde surprise, l\u2019é- eriture ne ressemblait nullement à celle de la note clouée sur la porte.\u2014Ah! dit Sullivan, si Hopkins n\u2019a pas écrit cette note, il a dû dire à quelqu\u2019un La Revue Populaire 40 qu\u2019il partait et le charger de le faire.Mais à qui?Il allait fermer le livre, quand ses yeux tombèrent sur la dernière ligne : \u2018\u2018Lundi, mai 18.Enfin!\u201d \u2014Mais c\u2019est aujourd\u2019hui! s\u2019écria le détective à haute voix.Alors il revint avec ardeur aux pages précédentes, espérant y trouver quelque indice.A la date du vendredi précédent, ces mots étaient écrits: \u2018\u2018Ernesta est prête à partir.\u201d Sullivan continua ses recherches.Encore plus avant, il lut ceci : \u2018\u2018Tout va bien.Je crois que mes craintes au sujet de Gordon sont sans fondement.Il ne sait rien.J\u2019en suis sûr!\u201d Sullivan jubilait.\u2014Je crois que Mrs Hopkins avait raison, se dit-il, il complotait une fuite avec la jeune fille et craignait que le professeur Gordon n\u2019eût vent de la chose.Il est malin le vieux gredin.mais il lui faudra encore plus de malice pour m\u2019empêcher de le dénicher! Le détective fit une nouvelle perquisition pour découvrir un indice qui pût indiquer où le professeur et Ernesta étaient partis, sans résultat aucun.Enfin il résolut de retourner à l\u2019hôtel pour prendre un repos bien gagné après le travail de la soirée.En se retrouvant à la porte, l\u2019incident de la brouette lui revint à l\u2019esprit.De plus en plus téméraire, il n\u2019hésita pas à examiner la terre avec sa lampe de poche, et vit clairement les marques faites par les quatre hommes.De ses investigations, il conclut qu\u2019ils avaient pris la brouette à sa place sur le \u2018côté du bâtiment et l\u2019avaient amenée au pied des marches où, très vraisemblablement, ils y avaient posé quelque chose de très lourd, car autant les traces de roue 9 0 étaient légères de sa place primitive aux marches, autant elles s\u2019enfonçaient profondément dans la terre molle dans l\u2019autre direction.Qu\u2019est-ce que ces hommes avaient pu transporter à cette heure de nuit?\u2014Tout est affaire de détective, se dit Sullivan, je peux bien suivre ces traces et voir où elles conduisent.Sa lanterne pointée dans la direction prise par la brouette, Sullivan examina les pas et conclut, après un minutieux examen, qu\u2019un homme marchait en tête, un autre roulait la brouette et les deux derniers se tenaient de chaque côté pour la maintenir.\u2014Ce qu\u2019ils portaient devaient être bien lourd, se dit le détective.Si le vieil Hopkins avait été assassiné, au lieu de s\u2019être enful, je croirais volontiers que ces quatre individus transportaient le corps pour l\u2019enterrer.\u2026 Je regrette presque qu\u2019il n\u2019v ait pas au meurtre; j'aurais là un bon point de départ.Les traces suivaient la route qui s\u2019éloigne du village, puis tournaient dans un chemin boisé où toute empreinte disparut bientôt.Sullivan suivit ce chemin en trébuchant, jusqu\u2019au moment où il se trouva dans un fourré épais, où l\u2019obseu- rité devenait complète.Pour comble de malheur, sa lanterne s\u2019éteignit ; la charge était sans doute épuisée.Dans l\u2019impossibilité de pousser plus loin ses investigations, il revint en tâtonnant sur ses pas, butant contre toutes les racines, se cognant dans tous les arbres.Tout à coup, il s\u2019arrêta en poussant une exclamation étouffée.L'ombre, en avant de lui, était traversée par une flèche de lumière.Supposant qu\u2019elle venait de derrière, il se retourna, le bras levé pour éviter le coup qui pouvait s\u2019abattre soudainement sur ses épaules.Il n\u2019y avait personne.Lumière de Mort 41 Sullivan sourit.\u2014Ma lampe se sera ranimée! se dit-il.Ë La lampe restait sans vie.La lumière venait du diamant que le détective portait À sa cravate.Comme un phare miniature, Bi \u201c# le bijou\u2014présent d\u2019un client reconnais-Ë sant\u2014projetait dans l\u2019ombre épaisse duË bois un jet lumineux plus brillant que [ tout ce qu\u2019il avait jamais vu, qui semblait Ë traverser les objets avec lesquels il en-Ë trait en contact, au lieu de les illuminer.Sullivan, pris d\u2019une terreur involontaire, mit sa main sur le diamant ; la lumière la traversa, mais au lieu de pointer en un seul jet, elle devint diffuse; il la sentit presque brûler ses doigts qu\u2019il retira en hâte.En courant pour échapper à cette hantise et retrouver la route, il perdit le chemin, tourna aveuglément dans le taillis at émergea enfin à l\u2019air libre, à cent mètres de l\u2019endroit où il était entré dans le bois.À mesure qu\u2019il s\u2019approchait de l\u2019espace découvert, la lueur s\u2019éteignait graduellement, et quand il eut atteint l\u2019hôtel, elle avait entièrement disparu.Pendant une heure, le détective resta assis dans sa chambre examinant le bijou à la lueur de la lampe.Il ne conservait aucune phosphorescence.\u2014C\u2019est stupéfiant! se disait Sullivan.C\u2019est surnaturel!.si je l\u2019ai réellement vu.et je jurerais que je l\u2019ai vu! VII L\u2019ANCIENNE GLACIERE Les quatre hommes dont les actions étranges avaient poussé le déteetive à suivre les traces de la brouette, ce qui avait eu pour lui de si singuliers résultats, | étaient les professeurs Snyder, Rice, Gor- don et Fischer.Après que les cris de la femme leur eussent fait découvrir le corps d\u2019Hopkins en de si terribles et de si lumineuses conditions, leurs actes avaient été incohérents, pour ne pas dire plus, et en tous points, contraires à la ligne de conduite ordinaire de membres de la faculté.Mais il faut se souvenir que leurs nerfs vibraient comme des cordes à violons, et que, quand ils se retrouvèrent chez Snyder, aucun d\u2019eux n\u2019était capable de raisonner.Pendant quelques minutes, ils restèrent silencieux ; Snyder avec un regard désespéré, Rice les sourcils crispés, s\u2019effor- cant de retrouver assez de sang-froid pour former la première équation nécessaire à la solution du problème; Gordon secoué par une multitude de soupcons troublants, et Fischer blème de rage contre lui et les autres qui l\u2019avaient attiré dans cette aventure.| Sur un seul point, leurs cerveaux travaillaient de concert: Mrs Hopkins ne devait pas voir le corps de son mari en cet état.Riee prit enfin la parole.Se tournant tout à coup vers ses collègues silencieux, il demanda : \u2014Et bien, allez-vous rester toute la nuit comme des muets?N\u2019avez-vous aucune idée?.Qu\u2019allons-nous faire?\u2014Je ne sais pas! balbutia le triste Snyder dont le malheureux espionnage avait causé tout le mal.Le docteur Fischer n\u2019a- t-il pas suggéré une histoire que nous devions dire peur expliquer la mort du professeur Hopkins?\u2014Aucune histoire ne prévaudrait contre l\u2019état de ce corps dit Fischer.Nous ne pouvons l\u2019expliquer.\u2014Lie docteur Fischer a tout à fait rai- fa Revue Populaire son, ajouta Rice.Comment justifierions- nous la condition lumineuse du corps ?Nous ne le pourrions pas et une enquête suivrait naturellement.Notre présence dans le bâtiment à cette heure \u2014 nous aurons encore à l\u2019expliquer chez nous \u2014 est connue de Mrs Harms.Peut-être notre expédition sur le toit et notre descente par le châssis se découvriraient-elles.Voyez- vous dans quelle position nous nous trouverions.Non, Messieurs, le corps ne doit pas être trouvé ici! Cette stupéfiante conclusion causa une profonde sensation.\u2014Je ne comprends pas! dit Gordon.\u2014C\u2019est assez clair pourtant.La balayeuse a vu la lumière qui émane\u2014je ne prétends pas savoir pourquoi\u2014du corps du professeur Hopkins.Si on découvre que ce corps était dans le placard, à ce moment, et que nous essayions de démentir cette femme, ne voudra-t-on pas connaître nos raisons?.Dans ce cas, qui donnera une explication satisfaisante ?\u2014La seule solution est celle que Rice propose, dit Fischer, sortir le corps du bâtiment, d\u2019abord, puis le cacher jusqu\u2019à ce que cette lumière spéciale disparaisse \u2014si elle disparaît jamais! Après cela\u2026 nous ne pouvons savoir ce qui arrivera, mais c\u2019est le mieux que nous puissions faire.\u2014Où le cacherons-nous?demanda Snyder.\u2014Dans le bois, derrière le collège, dit Rice.Prêts à tout accepter, à cette heure, ils se levèrent quand Rice se leva et quittèrent la classe de Snyder.Rice conduisit de nouveau la procession vers le laboratoire ; d\u2019une main tremblante il ouvrit la porte, les fit entrer sans la refermer.La pièce était emplie d\u2019une, lueur livide.Le corps était évidemment RESELL devenu plus lumineux encore car les portes du placard flamboyaient comme si un feu ardent brûlait derrière et qu\u2019elles fussent de verre translucide au lieu d\u2019être de chêne épais.Les portes ouvertes, le corps d\u2019Hopkins parut aux yeux des coupables comme une véritable torche humaine.Ils réculèrent avec horreur., \u2014Vous voyez, dit Rice, cela augmente d\u2019heure en heure.Cela peut mettre le feu au collège, ou.Dieu sait ce que cela peut faire!.Ne perdens pas de temps.Mais comment allons-nous 1\u2019emporter?\u2014I y a une brouette dehors, dit Gordon.Le jardinier l\u2019a laissée aujourd\u2019hui, \u2014Allez la chercher.Gordon s\u2019éloigna.\u2014Et maintenant, dit Rice avec une résolution désespérée, descendons-le à la grand\u2019porte.\u2014Comme.comme cela?balbutia Snyder.\u2014Non, dit Fischer, il faut l\u2019envelopper dans quelque chose.Rice vint encore à leur secours.Dans un cabinet du second laboratoire il trouva quelques grandes feuilles de papier bleu sensible, qu\u2019ils enroulèrent autour corps, essayant d\u2019éteindre toute trace de radiation; mais la lueur transperçait entre les feuilles et les plis du papier.\u2014C\u2019est tout ce que nous pouvons faire, dit Rice à la fin.Venez.Ils levèrent leur fardeau et le descendirent jusqu\u2019à la porte où attendait la brouette, la stupéfiante lumière formant autour du corps un nimbe visible à quelques mêtres.En désespoir de cause Rice retira son paletot et l\u2019étendit sur le corps déposé dans la brouette; ses compagnons suivirent son exemple.Enfin, Snyder saisit les brancards et ils partirent.Rice en tête, Lumière de Mort fuite Dee Gordon et Fischer de chaque côté pour soutenir le fardeau.C\u2019est avec un profond sentiment de soulagement qu\u2019ils entrèrent sous bois.Jusque-là, Snyder n\u2019avait pas osé reposer ses muscles fatigués.Il posa la brouette pour respirer un peu.\u2014Où l\u2019enterrerons-nous?murmura-t-il.\u2014L\u2019enterrer! dit Rice.Un suicidé n\u2019a pas droit à des funérailles.Nous le cacherons simplement ! \u2014Je sais où, dit Fischer, à l\u2019ancienne glacière près de l\u2019étang de Bradley.Ils connaissaient tous l\u2019endroit.La glacière inutilisée depuis de nombreuses années, située sur le bord d\u2019un étang à l\u2019autre extrémité du chemin boisé, ne pouvait être découverte que par ceux qui la connaissaient.Fischer roula à son tour la brouette et Gordon prit la tête en soupirant.Ce chemin baptisé \u2018\u2018le sentier des amoureux\u201d faisait jaillir en foule, à son cerveau, des souvenirs qui emplissaient son âme d\u2019une torture délicieuse.La glacière atteinte, ils enlevèrent le corps de la brouette et le portèrent à l\u2019intérieur.Rice fit craquer une allumette pour éclairer la place, et avant qu\u2019elle s\u2019éteignit, ils avaient déposé leur fardeau dans un coin du bâtiment, sur le bord même de l\u2019étang.Ils entassèrent dessus quelques planches qu\u2019ils avaient trouvées par terre, et jetèrent quelques pelletées de sciure sur le tout.En revenant, Riee dit : \u2014C\u2019est fait!.Maintenant, quand per- mettrons-nous qu\u2019on découvre le corps?.Je veux dire qu\u2019il ne faut pas le laisser découvrir avant que la clarté qui s\u2019en échappe ait disparu.Ainsi nous devrons éloigner les recherches au moins pendant 24 heures.\u2014Comment ?demanda Snyder.Hopkins Perse manquera demain matin.\u2014I1 manque ce soir, dit Fischer, sa femme le cherehe, c\u2019est certain ! \u2014 Voici mon plan, ajouta Rice, il faut faire croire qu\u2019Hopkins est absent.Mettons une note sur la porte de son laboratoire disant qu\u2019il a été forcé de s\u2019absenter inopinément.\u2014dJe l\u2019écrirai, dit Snyder, sortant de sa poche un stylographe et une feuille de papier.Rice alluma une allumette, Snyder écrivit la note puis il courut en avant, entra dans le collège par derrière et cloua la note sur la porte du laboratoire.Comme ils tournaient le coin du bâtiment, Rice dit : \u2014Qu'\u2019est-ce qui ballote dans la brouette?\u2014La pelle, répondit Gordon.\u2014La pelle?Nous n\u2019en avons pas.\u2014Snyder en a trouvé une dans la glacière, dont il s\u2019est servi pour jeter de la sciure.\u2014L'idiot! s\u2019écria Fischer, et il alluma un cigare.Rice lui ordonna de l\u2019éteindre et recommanda le silence, s\u2019imaginant avoir entendu craquer une branche.Tls écoutèrent ; rien ne bougeait.Gordon remit la brouette en place, y laissant la pelle.Personne, pensait Rice, ne pouvait établir un rapport quelconque entre la disparition d\u2019Hopkins et cette brouette.Alors, après s\u2019être rapidement promis de ne rien dire à personne des événe- ments de la soirée, ils partirent pour regagner leurs demeures.Comme Gordon allumait sa lampe, ses yeux tombèrent sur une enveloppe posée sur sa toilette.Son coeur bondit à la vue de l\u2019écriture La Revue Populaire 44 familière ; il déchira l\u2019enveloppe en tremblant et lut : \u2018\u2018George, \u2018Quand vous recevrez ceci, je serai \u2018\u2018partie.Ne me cherchez pas, et si on \u2018\u2018vous demande si vous savez où je suis, \u2018\u201cdites que je me suis absentée pour af- \u2018\u2018faires.\u201cToujours votre, \u2018\u2018\u201cErnesta.\u2019\u2019 Lundi soir.VIII ACTIONS ETRANGES DU PROFESSEUR GORDON Gordon souffla vivement la lampe, descendit sans bruit l\u2019escalier et sortit, la lettre d\u2019Ernesta froissée dans sa main crispée.| \u2014Partie! murmura-t-il en se hâtant le long des rues sombres.Pour quelle raison?Est-ce parce que je lui ai reproché de passer trop de temps dans le laboratoire d\u2019Hopkins?.Non.Alors ?.Grand Dieu! saurait-elle ?Son espoir fut traversé de l\u2019horrible pensée qu\u2019Ernesta, au moment où elle était venue appeler le professeur Hopkins, avait découvert la présence des malheureux conspirateurs.peut-être avait- elle vu le quatuor coupable penché sur le corps de sa victime ?Pourquoi s\u2019enfuyait-elle?.dans un soudain délire de peur?pour éviter d\u2019a- oe 1° pe voir à témoigner contre eux, ou.pen- sait-il avec une touche de vanité.contre lui seul?Ce devait être quelque chose comme cela, autrement que signifierait ce départ précipité et mystérieux ?\u2014Elle doit savoir, se dit-il.Dieu la bénisse, s\u2019il en est ainsi.Mais elle ne partira pas si je peux l\u2019arrêter! .Un amour profond existait entre la jeune fille et le jeune professeur, dont l\u2019ascétisme n\u2019avait jamais permis jusque-là, à sa vie d\u2019étude, d\u2019être troublée par une affaire de coeur.En voyant Ernesta, il s\u2019était senti irrésistiblement attiré vers elle.Sa modestie, sa beauté, son ardeur, son charme éveillèrent l\u2019amour dans son coeur pour la première fois.: Malgré son esprit analytique, Gordon n\u2019avait pas compris tout d\u2019abord ;\u2014le mal d'amour lui étant jusque-là si étranger il ne pouvait s\u2019en croire atteint \u2014 quand, ayant lu clairement en lui-même, cependant, il comprit qu\u2019il était profondément épris de la jeune fille, il fut heureux ; mais timide et malhabile à faire connaître ses sentiments, il est probable qu\u2019il n\u2019aurait jamais fait plus que de soupirer et rêver à elle, sans l\u2019intuition que toute femme possède pour ces sortes de choses.Ernesta lui avait fait comprendre, sans manquer en rien à sa modestie innée, qu\u2019elle connaissait son amour et qu\u2019il n\u2019s- tait pas méconnu.Peu à peu, elle avait triomphé de la timidité du jeune homme et Gordon avait fait sa déclaration qui avait été accueillie avec joie.Leur pauvreté s\u2019opposait à un mariage immédiat, aussi attendaient-ils le jour où la position de Gordon améliorée, il pourrait faire vivre sa femme avec des appointements supérieurs à ceux d\u2019un jeune professeur de collège.Dernièrement leurs amours avaient été troublées.L\u2019intérêt d\u2019Ernesta aux tra- Lumière de Mort vaux du professeur Hopkins, ses soirées passées, soit dans le laboratoire avec le savant, soit seule dans sa chambre à travailler pour lui, avait d\u2019abord ennuyé, puis éveillé la jalousie de son ardent fiancé.Finalement, quand il lui avait demandé soit d\u2019abandonner le travail, soit de le convaincre que ce n\u2019était pas autre chose qui l\u2019éloignait de lui, Ernesta, prise d\u2019une juste indignation, s\u2019était tournée vers lui, et lui avait jeté à la figure l\u2019anneau de fiançailles qu\u2019il lui avait donné, en lui disant qu\u2019elle ne voulait pas d\u2019un amoureux aussi soupeconneux.Pendant quelques jours, les deux jeunes gens ne s\u2019étaient pas parlé, et le coeur de l\u2019homme était déchiré de regrets.Ajoutez à cela la scène où.quelques heures plus tôt, Gordon et ses collègues avaient vu Ernesta et Hopkins dans le laboratoire, et vous comprendrez qu\u2019après ces coups successifs, la réception de cette lettre lui laissät bien peu de calme.Gordon en parcourant les rues vides pour se rendre à la maison d\u2019Ernesta, passa devant l\u2019hôtel à la porte duquel un bec de gaz restait allumé.Le détective Sullivan, debout à sa fenêtre, le vit passer, et à la lueur du réverbère le reconnut pour un des quatre conspirateurs à la brouette.\u2014I1 se passe quelque chose, se dit Sullivan.Le camarade est épouvanté.Je le suivrai! | Quand Gordon atteignit la masion d\u2019Er- nesta située quelques mètres plus loin, il eut l\u2019intention de sonner pour s\u2019informer d\u2019elle; mais il réfléchit et s\u2019arrêta irréso- lument à la grille.Sullivan se tenait à vingt mètres derrière lui, se glissant d\u2019un arbre à l\u2019autre.Il vit le jeune professeur s\u2019agripper à la balustrade et regarder ardemment une fenêtre du second étage. \u2014Va-t-il escalader?Que compte-t-il faire?pensa le détective.Tout à coup Gordon tourna sur ses talons et reprit sa marche en passant de l\u2019autre côté des arbres derrière lesquels se cachait Sullivan.Celui-ci l\u2019entendit murmurer : \u2014Ernesta ! Oh, mon Ernesta ! \u2014C\u2019est Gordon, se dit Sullivan, en se rappelant la phrase entendue dans la soirée .Gordon descendit rapidement la rue, et le détective ne voulant pas le perdre de vue quitta sa cachette et le suivit ouvertement, sans craindre d\u2019être surpris, car le jeune professeur semblait n\u2019avoir qu\u2019une pensée: arriver où il allait aussi vite que ses pas pouvaient l\u2019y porter.Quant aux autres promeneurs.il était dix heures, et à cette heure tout Graydon est enfoui sous ses couvertures.La gare se trouvait au bout de la rue principale ; Gordon semblait s\u2019y rendre.\u2014Que va-t-il faire à la gare?se demanda Sullivan, le dernier train part à huit heures! La gare était bien le but du jeune homme que le détective vit bientôt en conversation avec le veilleur de nuit, le seul employé de l\u2019endroit.Il se placa de façon à entendre.\u2014Hallo ! Professeur Gordon, dit le gardien, que faites-vous dehors à cette heure- ci?\u2014Rien.rien.répondit Gordon cherchant si évidemment ce qu\u2019il allait dire, que Sullivan s\u2019étonna du peu de perspicacité du veilleur.Je me promène! \u2014Belle nuit, professeur ! \u2014Très belle!.Y avait-il.je veux dire, avez-vous eu beaucoup de passagers pour le dernier train du soir?\u2014Le train de huit heures?.Non.Professeur, il n\u2019y en avait qu\u2019un.La Revue Populaire 46 \u2014Etait-elle\u2026 \u2014Elle n\u2019était pas! dit en riant le gardien.C\u2019était le docteur Whitredge.Il allait a Hardwick pour un malade.Est-ce que vous croyiez que quelqu\u2019un devait partir?\u2014Non, dit Gordon, personne! Suivit une pause, comme s\u2019il se demandait comment finir la conversation.\u2014Bonne nuit! dit-il brusquement ; puis il remonta vivement la rue, atteignant bientôt la pile de bois derrière laquelle se trouvait Sullivan.Celui-ci, qui ne s\u2019attendait pas à un mouvement si rapide, n\u2019eut pas le temps de se reculer.En le voyant, Gordon s\u2019arrêta et le dévisagea.Malheureusement pour le détective, le seul réverbère allumé dans la rue n\u2019était pas à plus de trente pas de lui, et l\u2019éclairait en plein.Il fit cependant bonne contenance.\u2014 Bonsoir! dit-il.Avez-vous une allumette?J\u2019essayais d\u2019en faire craquer une mais le vent m\u2019a éteint ma dernière.\u2014Le vent?dit Gordon avec soupcon.La nuit était sans un souffle de brise.Le professeur continua son chemin ; Sullivan le suivit des yeux.Quand il l\u2019eut perdu de vue, il revint à son hôtel l\u2019oreille un peu basse.IX LE COMPTE COURANT EVANOUI \u2014Je regrette, mais ce chèque dépasse le compte de votre mari! Mrs Hopkins debout au guichet du caissier, à la banque de Graydon, se sentit défaillir.Elle ne put que jeter à l\u2019homme un regard suppliant, désespéré, muet.\u2014JI ne reste que 16 dollars 53 cents à son crédit, ajouta M.Fox, le caissier.Seu- lement 16 dollars 53 cents.Ceci se passait vers neuf heures le mardi matin.Mrs Hopkins avait envoyé de bonne heure les enfants à l\u2019école, et, sans procéder à ses devoirs domestiques, avait couru à la banque pour retirer l\u2019argent nécessaire pour s\u2019assurer les services du détective Sullivan.Elle avait rempli le chèque et le présentait au guichet avec un sourire qui voulait être aimable et cordial, ne se souciant pas de laisser deviner les tortures qui lui rongeaient le coeur et l\u2019avaient tenue éveillée pendant cette longue nuit.Le caissier, qui cumulait dans la petite banque, examina le chéque plus longuement que d\u2019habitude, pensa Mrs Hopkins, puis au lieu de la payer tout de suite, se rendit dans le bureau particulier ou il resta quelques minutes.ll revint vers le guichet pour prononcer la phrase qui avait glacé le sang de la pauvre femme.Ne recevant pas de réponse, 11 répéta les mots foudroyants.Alors, par un suprême effort, Mrs Hopkins put balbutier : \u2014Seize dollars et 53 cents?.Mais.il doit y avoir erreur, M.Fox.Nous.nous avions plus de cinq mille dollars hier! Le caissier sourit avec pitié.Il se doutait bien qu\u2019il se passait quelque chose de grave.\u2014Votre mari a retiré exactement cinq mille dollars hier matin.\u2014Cinq mille dollars! gémit la malheureuse femme.Ainsi, non content de l\u2019abandonner elle et ses enfants, le misérable avait pris leurs économies, toutes leurs économies, la laissant aux prises avec la pauvreté.Elle se tourna vers le caissier.\u2014Ah! ah! s\u2019écria-t-elle, Il l\u2019a retiré et Lumière de Mort 47 vous l\u2019avez laissé faire!.Vous n\u2019aviez pas le droit.Pourquoi l\u2019avez-vous fait?C\u2019était mon argent?Mon argent sauvé par sous et deniers!.Vous n\u2019aviez pas le droit! \u2014Pardon, l\u2019argent était déposé au nom de votre mari, et, légalement, il avait le droit de le retirer quand cela lui plaisait.\u2014Mais vous auriez dû savoir.Mrs Hopkins n\u2019alla pas plus loin.Elle comprit que ce serait se trahir, ce qu\u2019elle ne voulait à aucun prix.Il lui fallait néanmoins \u2018\u2019e quoi payer Sullivan.Elle se tourna de nouveau vers le caissier, s\u2019efforcant d\u2019être calme.\u2014Je ne savais pas, dit-elle, que le professeur Hopkins avait l\u2019intention de retirer tant d\u2019argent.Il a été inopinément appelé au loin.Il.il me faut cent dollars, aujourd\u2019hui.tout de suite.N\u2019y aurait-il pa; un moyen d\u2019arranger cela ?\u2014Je me demande pourquci elle veut cet argent?rensa le caissier ; mais en la voyant si troublée, il préféra ne pas poser la question.\u2014Si vous en avez réellement besoin, dit-il, je crois que nous pourrons nous arranger.Lie traitement du professeur est toujours payé le 20 ; si vous.me promettez de rembourser la somme promptement, nous pourrons vous avancer les cent dollars.Mrs Hopkins promit aveuglément Il lui fallait payer le détective, la nécessité était plus urgente que jamais.Elle prit donc les billets que lui tendait M.Fox, les mit dans sa bourse ct se hâta vers sa demeure.Elle avait à peine refermé sa porte, qu\u2019elle entendit sonner.Ce devait être le détective.Mrs Hopkins courut pour lui ouvrir, mais en traversant l\u2019antichambre, elle vit par une fenêtre de côté que c\u2019était un étudiant.Que voulait-il?La curiosité la poussait à le faire entrer, mais elle hésita.TI pouvait apporter un mot de son mari ; ce COO pouvait être également une chose sans importance.L\u2019époux infidèle ne lui enverrait sûrement aucun indice trahissant ses agissements.En outre, elle redoutait de ne pouvoir garder son calme devant un étranger, et ne voulait pas trahir ses sentiments comme elle avait été sur le point de le faire à la banque.Non.on pouvait sonner.elle garderait le silence! Après plusieurs tentatives infructueuses, elle eut la satisfaction de voir partir le messager.Pendant tout ceci, le détective ne perdait pas son temps; il s\u2019était levé de bonne heure et, suivant le fil fourni par la visite de Gordon à la gare, il voulut savoir s\u2019il n\u2019y avait pas pour sortir de Graydon d\u2019autre moyen que le chemin de fer.Il en avait eu l\u2019intention tout d\u2019abord, se rendant compte qu\u2019un homme aussi connu que le professeur Hopkins.s\u2019il désirait faire perdre ses traces, ne quitterait pas la ville par un chemin aussi fréquenté que la gare.s\u2019il y avait un autre moyen de le faire plus discrètement.La nouvelle Angleterre est sillonnée de lignes de trolleys.Sullivan découvrit que.tandis qu\u2019aucune ligne ne traverse les rues de Graydon, une grande ligne ne passe qu\u2019à deux milles de la ville.En marchant jusque-là.on peut prendre le trolley qui mène à une ou deux douzaines de villes, où il correspond avec la ligne de Boston.Si Ernesta et Hopkins étaient encore à Graydon, cssez tard le soir précédent, pour que Gordon se demandit s\u2019ils n\u2019étaient pas partis par le dernier train, il était plus que probable qu\u2019ils avaient atteint le trolley à la faveur de l\u2019obseurité et écarté ainsi les soupcons.Quant à la note fraîchement écrite.découverte par Sullivan sur la porte du laboratoire, puisqu'elle r\u2019avait pas été écrite par Hopkins, quelqu\u2019un devait savoir qu\u2019il était parti.Découvrir qui l\u2019avait écrite était son La Revue Populaire premier travail.En atteignant le bâtiment du collège, il remarqua avee satisfaction que la brouette et la pelle étaient encore où les quatre hommes les avaient laissées.I1 voulut y jeter un nouveau regard et s\u2019avanca.1l examinait attentivement les deux objets.quand une ombre s\u2019étendit sur son épaule.Sullivan leva la tête et vit, pendant la durée d\u2019un éclair, un visage terrifié qui le regardait d\u2019une fenêtre située au-dessus de lui.Le détective reconnut un des hommes qu\u2019il avait vus la nuit dernière à la lueur de l\u2019allumetta.\u2014Cette affaire me ménage des\u2018 surprises, se dit-il.si l\u2019enlèvement n\u2019était pas aussi évident, je serais disposé à croire\u2026 tout ! Il remarqua que la brouette portait la marque \u2018\u2018College Graydon\u2019\u2019 estampillée sur le côté, alors que la pelle n\u2019avait aucune indication.\u2014Je m\u2019en souviendrai.se dit-il.En vérité, je crois qu\u2019il sera bon de me souvenir de tout ce que j'ai vu ou entendu par lei.Il était neuf heures passées ; le doyen avait dispersé le rassemblement formé devant la porte du laboratoire et envoyé les messagers chez Mrs Hopkins et à la maison d\u2019Ernesta Frost.Le collège avait repris, à la surface, sor \u2018ealme habituel.Que ne se cachait-il pase sous ce calme % Le détective ne rencontra que quelques étudiants.dans sa course à travers le bâtiment vers la porte du laboratoire.Devant cette porte, se tenait un petit homme âgé, examinant la note encore épinglée.Sullivan s\u2019avança doucement derrière lui et dit : \u2014Je vous demande pardon, monseur ; seriez-vous le professeur Hopkins?Il savait parfaitement le contraire, mais ne l\u2019accostait ainsi que pour excuser sa présence.Alors, suivit sa conversation avec le doyen, et la complaisance de ce 2 professeur Snyder.C\u2019était le moment de l\u2019action.Sullivan enleva prestement la note de la porte, remercia le doyen pour sa bonté et s\u2019empressa de sortir du bâtiment.; Il se rendit directement chez Mrs Hopkins et fut bientdt assis près d\u2019elle dans le parloir.\\ \u2014Les avez-vous; trouvés?cette dernière.\u2014Pas tout à fait, mais je suis sur leurs traces.Ils ne peuvent échapper, j\u2019ai de forts indices.Maintenant, avant que J'aille plus loin, avez-vous?.çÇ \u2014Oui! dit Mrs Hopkins en lui mettant dans la main l\u2019argent qu\u2019elle avait obtenu de la banque.Après quoi elle raconta l\u2019hitoire du retrait des fonds de la famille par le professeur.\u2014Le misérable! s\u2019écria Sullivan.Par- donnez-moi, madame, de parler ainsi de votre mari.Et vous dites que ces cent dollars sont votre dernière ressource?\u2014Bien ris! sanglota Mrs Hopkins.Ils sont pris d\u2019avance sur le traitement non payé de ce mois, qui n\u2019est que de cert cin- -quante dollars.\u2014Reprenez cet argent, madame, diti Sullivan en le posant sur la table.Vous payerez quand le cas sera résclu.Je vais attra.Per le misérable et lui faire rendre l\u2019argent qu\u2019il a volé.Oui.volé! Il ne voulut pas écouter les protestations de Mrs Hopkins, obstinée à vouloir tenir sa parole.L'incident clos, le détective montra à 8a cliente la note qu\u2019il avait prise sur la Porte du laboratoire.Regardez ceci et dites-moi si vous reconnaissez l\u2019écriture?lui demanda Mrs Hopkins essuya ses yeux pour regarder la note dnt la lecture la bouleversa, sans remarquer, tout d\u2019abord, qu\u2019elle n\u2019était pas de la main de son mari.C\u2019était un mot de lui.pas à elle Lumière de Mort dernier pour lui indiquer le bureau du 49 c\u2019est vrai, mais de lui! Le détective reprit : \u2014Calmez-vous, madame.Ce n\u2019est pas l\u2019écriture de votre mari,n\u2019est-ce pas?\u2014Non.c\u2019est.\u2014De qui?\u2014Je ne.\u2014Réfléchissez ! Pensez à tous les professeurs du collège.Est-ce de Gordon ?\u2014 Attendez ! Mrs Hopkins vint à la table, sortit du tiroir un album d\u2019autographes dans lequel se trouvaient une ligne d\u2019écriture et la signature de presque tous les membres de la Faculté, et le tendit au détective qui en tourna rapidement les pages.Quand il arriva à celle où Snyder avait écrit ,il tressaillit.\u2014C\u2019est celui-là, dit-il.même.\u2014Je le croirais\u2026 Qu'est-ce que cela signifie?\u2014Simplement que le professeur Snyder a été prié par votre mari de mettre cette note sur la porte du laboratoire, ce qu\u201dil a fait à Oh.% passées, la nuit dernière.\u2014 Alors le professeur Snyder.\u2014Peut nous mettre sur la voie!.Lais- sez-moi faire, madame, il nous y mettra! Regardez vous- X DOYEN ET DETECTIVE Le mardi fut pour MM.Rice, Snyder, Fischer et Gordon, un jour d\u2019inexprimables tortures.Ils se glissérent dans le college comme des couvables, Snyder le premier, Fischer et Rice ensuite, et devant 1\u2019agitation causée jar l\u2019absence d\u2019Hopkins, devant les questions du Doyen, ils ne surent que murmurer une profession d\u2019ignorance.Comme Fischer, profondément troublé, préparait le travail du jour, il jeta machi- PE CETTE PIR RIT EE ETRE nalement un regard par la fenêtre au-dessous de laquelle se trouvait la brouette, et vit,avee épouvante, un homme, un étranger, qui l\u2019examinait comme s\u2019il soupcon- nait quelque chose.L\u2019homme leva,la téte et aperçut Fischer.Ce dernier se retira précipitamment.Que signifiait cet examen ?Il courut chez Gordon pour lui conter l\u2019aventure, lui décrire soigneusement l\u2019inquisiteur et déposer sur les épaules de son collègue une partie de son fardeau d\u2019épouvante.Gordon était arrivé tout inquiet de sa rencontre avec l\u2019individu de la soirée précédente.Quand le Doyen lui demanda s\u2019il pouvait expliquer la note d\u2019Hopkins, il perdit la tête, et ne comprit que plus tard la maladresse qu\u2019il avait éommise en lui conseillant de demander à Rice ou à Fischer.Il était trop tard pour se rétracter.Les conversations des étudiants au sujet d\u2019Ernesta Frost et d\u2019Hopkin; éloignèrent cette pensée.et, en entendant sortir de leurs lèvres ces deux noms réunis, il eut grand\u2019peine à résister à l\u2019envie de crier : \u2014C\u2019est un mensonge! Un infâme mensonge ! Hs ne se sont pas enfuis! Pour le Doyen ce jour fut également intéressant.Sans se lasser, il questionna le messager qui lui apportait la stupéfiante nouvelle de la disparition d\u2019Ernes- ta, sans pouvoir en tirer autre chose.Après lui avoir recommandé de garder le secret de cette disparition, il le congédia et se prit à réfléchir.Cet homme n\u2019était pas le vieux fou, ni I\u2019 aveugle qu\u2019on croyait ; il avait noté les commentaires des étudiants à la porte du laboratoire ; depuis longtemps il avait connaissance des soirées qu\u2019Hopkins passait en compagnie d\u2019Ernesta, et s\u2019était demandé s\u2019il devait permettre la continuation de pareille chose.La disparition simultanée du professeur et de la jeune fille était-elle le résultat de ces rencon- La Revue Populaire tres?.Cela semblait certainement mystérieux.\u2014D\u2019ailleurs, soliloquait le Doyen, s\u2019il n\u2019y a pas de mystère peurquoi Snyder, qui a écrit la note ne me dit il rien ?Pourquoi Rice et Fischer nient-ils toute connaissance des actions d\u2019Hopkins, et pourquoi Gordon dit-il qu\u2019ils sont au courant?Enfin, qu\u2019est devenue la note?Comme pour répondre à cette question, on frappa à la porte.Le Doyen cria : \u2014Entrez ! .Celui que le Doyen croyait un agent en librairie \u2014 Sullivan \u2014 entra.\u2014Le Doyen Quimby, je crois?\u2014Oui.répondit le Doyen avec brusquerie, car il se sentait en mauvaises dispositions vis-à-vis de l\u2019étranger qui avait volé, il le supposait du moins la seule preuve qui existât.C\u2019est moi.qui êtes-vous?\u2014Je me nomme Sullivan, et je viens vous voir au sujet du professeur Hopkins.\u2014Ah!.Et bien, M.Suilivan, je ne sais pas ce que le professeur Hopkins est pour vous, mais avant de vous parler de lui, j'aimerais vous demander ce que vous avez fait de la note.Oh! Avec un sourire, Sullivan tendait le bout de parier au doyen qui le prit.\u2014La note du professeur Hopkins.commenca-t-il, mais SuFivan l\u2019interrompit.\u2014La note du professeur Snyder, ,vou- lez-vous dire, Monsieur?Le Doyen fronça les sourcils.\u2014Comment le savez-vous?» \u2014C\u2019était mon devoir de le découvrir.7 je suis détective.Et maintenant.si vous pouvez m'\u2019assurer que nous sommes seuls, je vous poserai quelques questions et vous dirai différentes choses.En dix minutes Sullivan apprit beaucoup et dit ce qu\u2019il jugeait nécessaire.Ce que le Doyen luÿ raconta des dix- huit années d\u2019Hopkins à Graydon ne con- cordaiït pas avec les dernières actions du professeur, telles que Sullivan les inter- des ig fre prétait.È Ce qu\u2019il dit au Doyen concernait la mystérieux retrait des cinq mille dollars, la lettre d\u2019Ernesta interceptée par Mrs Hopkins et d\u2019autres faits analogues.\u2014C\u2019est curieux, très curieux!\u201d dit enfin le Doyen.Croyez-vous que le professeur Snyder ou quelqu\u2018un de ses collègues sache où est Hopkins?\u2014dJe suis sûr que Snyder et Gordon pourraient dire quelque chose.Voulez- vous leur demander, ou le ferais-je ?\u2014Que conseillez-vous?\u2014Et bien.chargez-vous de Snyder : je me réserve Gordon.Je.je le connais presque.\u2014 Quand comptez-vous commencer?\u2014Tout de suite.Avec votre permission, je verrai Gordon à sa première minute de liberté.Jusque-là je vais flâner aux environs ; peut-être aurez-vous obtenu quelque chose de Snyder, Sullivan se dirigea vers la porte.\u2014Ah! encore un mot.Je ne suppose Pas que vous connaissiez tout le matériel de l\u2019administration.mais pourriez-vous reconnaître une brouette ou une pelle ou un instrument quelconque appartenant au collège ?\u2014J\u2019en doute! dit le Doyen avec un sourire, mais tout ce qui est acheté pour le collège en fait d\u2019ustensiles et d\u2019instruments aratoires est marqué.\u2014Merci, d\u2019est tout ce que je voulais savoir.J'aurai de plus amples renseignements du jardinier ?S$ \u2014Oui, vous le trouverez quelque part aux alentours.Quand vous reverrai-je?\u2014Bientôt!.Dans l\u2019intervalle, si quel- qu\u2019un vous demande qui je suis; je vends des livres.disons.quelque chose qui intéresserait le professeur Hopkins ; par exemple.\u2014\u2018\u2018La Résolution finale des éléments chimiques,\u2019 suggéra le doyen.\u2014Parfait, répondit Sullivan, en s\u2019éloignant.Lumiere de Mort 51 Une longue recherche fut inutile pour trouver le jardinier ; celui-ci examinait justement les objets sur lesquels le détee- tive voulait enquêter ; la brouette et la pelle.Le jardinier leva un visage narquoig et satisfait à l\u2019approche de Sullivan.\u2014Bonjour! dit ce dernier, vous parsis- sez content.\u2014Pourquoi pas?.N\u2019seriez-vous pas content si quelqu\u2019un vous f'sait cadeau d\u2019une pelle juste an moment où vous pensiez en acheter une?\u2014 Quoi, dit Sullivan, essayant de cacher la joie que cette réflexion inattendue lui causait.Ce n\u2019est done pas votre pelle?\u2014Non ; elle ressemble à celles qui servaient à la glacière de Bradley quand j'y travaillais, J\u2019suppose qu\u2019un étudiant l\u2019aura trouvée et aura pensé que c'était la mienne.Et ben, elle est à moi à ¢\u2019t\u2019heure! _L Il souleva la brouette et la pelle.\u2014Attendez! dit Sullivan, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a sur la pelle?\u2014D\u2019la sciure! répondit le jardinier après examen.Par Dieu! ça vient dia glacière, y a pas d\u2019erreur! se trouve cette glaciére se dit le détee- tive comme le jardinier partait, mais je crois que je ferai mieux de m\u2019abstenir.Voyons si je peux trouver Gordon.Il avait atteint l\u2019arrière du bâtiment ; en se dirigeant vers une porte de service, il passa sous les fenêtres du bureau du Doyen.; Celui-ci fermait \u2018justement la porte sur un homme que Sullivan reconnut pour un des quatre conspirateurs à la brouette.Comme le détective entrait, l\u2019homme disparaissait dans le hall avec toutes les apparences de la hâte.Sullivan frappa à la porte du Doyen.\u2014Est-ce Snyder?demanda-t-il en en- * trant.\u2014Oui! lui fut-il répondu avec agitation.Et il sait, il sait! RRQ: du ROSE ET La Revue Poputaire \u2014Qu\u2019a-t-11 dit?\u2014Je lui ai demandé à brûle-pourpoint s\u2019il n\u2019était pas au courant du départ d\u2019Hopkins, et il a dû l\u2019admettre.Hop- Kins et lui se sont rencontrés ici, hier après-midi ; Hopkins lui a dit être appelé inopinément hors de ia ville, sans avoir le temps de m\u2019en prévenir.et lu a demandé de me faire la commission, ce qu\u2019il à d\u2019ailleurs oublié.Mais il a écrit Ja note qui était sur la porte \u2018du.laboratoire a la requête d\u2019Hopkins, et devait tout me raconter ce matin.\u2014Adh, il a dit ce'a?.À quelle heure a-t-il mis la note sur la porte?\u2014Vers cinq heures de l\u2019après-midi, hier, avant de retourner chez lui pour souper.Eist-ce la vérité?Que croyez- vous?Je ne crois pas.dit Sullivan.je sais!.L'histoire de Snyder est un mensonge du commencement à la fin.Et maintenant, au tour de Gordon! Mais le détective Sullivan re devait pas voir ce jour-là le professeur Gordon, car le jeune homme quitta préciritamment la ville par un train de la matinée, sans même prendre le temps d\u2019emporter une va- Lise.1 QUESTION DE VIE OU DE MORT ! Le collège de Graydon posséde un téléphone.Ce même mardi matin, où tant de choses s\u2019étaient passées à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur du vieux bâtiment, le professeur Gordon fut appelé au téléphone.11 s\u2019excusa et s\u2019empressa de répondre.\u2014Hallo! Professeur Gordon.Bien.C\u2019est le bureau télégraphique.Nous avons un télégramme pour vous.Attendrons- nous le courrier, ou devons-nous vous le transmettre dès maintenant?# 52 Il est d\u2019usage à Graydon, où les porteurs télégraphiques sont inconnus et où l\u2019opérateur est en même temps l\u2019agent postal, de garder un télégramme jusqu\u2019à la prochaine distribution, ou d\u2019en téléphoner le contenu au destinataire s\u2019il a un appareil à sa disposition.Gordon demanda done à l\u2019agent de 1§- péter le message.\u2014 Voici : il est daté de Boston et dit : _ \u201c% Venez immédiatement Sud Terminus ; \u2018\u201c suis dans situation terrible.Ne laissez \u2018\u2018 personne savoir, surtout H.\u201d\u2019 C\u2019est signé : \u2018\u2018Ern.\u201d \u2014C\u2019est bien, je sais! dit Gordon \u2018\u2019une voix tremblante.C\u2019est tout?\u2014C\u2019est tout.Gordon raccrocha machiralement les récepteurs.Ernesta était dans la peine et l\u2019appelait!.Bien entendu il irait.Il regarda sa montre, il était juste dix heures ; le premier train partait à dix heures trente.Il avait donc grandement le temps de le prendre, mais personne ne devait savoir qu\u2019il partait.De retour dans sa classe, les étudiants remarquèrent ses allures absorbées, et échangèrent des regards.Que lui était-il arrivé?Gordon fit un effort héroïque pour re- rrendre son cours où il l\u2019avait laissé, et questionner quelques élèves, ,mais il lui fut impossible de soutenir l\u2019effort plus de quelques minutes.À la première opportunité il s\u2019excusa de nouveau, en disant qu\u2019il se sentait mal à l\u2019aise et qu\u2019il! allait prendre l\u2019air pour se remettre, se rendit aussitôt\u2019 chez le doyen pour se faire dispenser pour ce jour-là, puis sortit.Une fois dehors il descendit en courant la colline, traversa le village et arriva à la gare pour attraper le train comme il partait.Le voyage sembla interminable à Gordon, car son imagination eut plein loisir d\u2019enfanter les hypothèses les plus épou- Lumière de Mort vantables ; cependant, il se rassurait un , peu en se disant qu\u2019Ernesta n\u2019avait pu souffrir d\u2019un mal physique, puisqu'elle l\u2019attendait sur le quai d\u2019une gare.Le train à peine arrêté il s\u2019élanca le premier, et franchit d\u2019un bond le long quai vers la grande salle d\u2019attente.Malgré la foule, ses yeux découvrirent instantanément Ernesta qui, 1\u2019apercevant presque en même temps, lui tendit des bras suppliants, Gordon bondit vers elle.\u2014Oh! s\u2019écria la jeune fille.Je suis si heureuse que vous soyez venu, si heureuse !\u2019\u201d \u2014Qu\u2019y a-t-il, Ernesta, que vous est-il arrivé?\u2014dJ\u2019ai été volée! gémit-elle, volée.de cinq mille dollars! \u2014Cinq mille dollars! , Gordon la regarda stupéfait.Ernesta devait être folle! Ce aui lui était arrivé avait sans doute dérangé son cerveau.Elle ne pouvait avoir une telle somme d\u2019argent.\u2014Ne me regardez pas comme cela ! s\u2019é- criart-elle.C\u2019est vrai, je vous dis que ¢\u2019est vrai! Je les avais.je ne les ai plus! Oh! que wais-je faire?Gordon la condiusit à un siège dans un coin éloigné de la salle d\u2019attente et tenta de la calmer, toujours convaineu qu\u2019elle souffrait de .quelque abberration d\u2019esprit.Tout était si extraordinaire : sa fuite de Graydon, sa lettre.son télégramme, et pour finir.\u2014Calmez-vous, petite fille, dit-il doucement, calmez-vous.Je suis là! \u2014Vous neime croyez pas! dit-elle.Je le vois bien George! Mais c\u2019est vrai, tout est vrai.Si je suis folle, ce n\u2019est pas comme vous le pensez.J\u2019avais cinq mille dollars, la.dans mon sac.J\u2019attendais le train de New-York.Je vis mon sac ouvert, je regardai.l\u2019argent n\u2019y était plus! Alors je vous 4&i télégraphié.Ah! qu\u2019est-ce que je vais faire?Son air de sincérité convainquit Gor- 53 i don, malgré l\u2019invraisemblance de toute l\u2019aventure.\u2014Quand cela s\u2019est-il passé?da-t-il, \u2014Ce matin à 7 heures et demie passées balbutia Ernesta.Je devais prendre le train de 7 h.45 pour New-York.Il aurait bien voulu lui demander pourquoi elle désirait aller à New-York et beaucoup d\u2019autres choses, mais ce n\u2019était pas le moment.Si elle avait eu réellement l\u2019argent et s\u2019il lui avait réellement été volé, la police devait être informée ; il fallait faire quelque chose pour le retrouver, Il se contenta donc de demander à la Jeune fille si elle pourrait identifier les voleurs, si elle avait remarqué des gens suspects dans la gare.Non répondit-elle en sanglotant.Elle ne pouvait dire autre chose que ceci®: l\u2019argent avait été dans son sec.il n\u2019y était plus! En vain Gordon essaya de la consoler ; elle ne s\u2019arrêtait de pleurer que pour tomber dans un sombre désespoir, jetant des regards affolés autour d\u2019elle.A hout de ressources, Gordon dit enfin : \u2014Eh bien.il n\u2019y a qu\u2019une chose à faire : Si vous avez perdu cette grosse somme d\u2019argent la police doit en être informée.Ernesta bondit.\u2014La police! répéta-t-elle.Oh, George.non, non, non! \u2014 Pourquoi ?\u2014Parce que.parce que.Je ne yeux pas vous le dire.mais la police ne doit pas savoir, personne ne doit savoir! \u2014Alors, comment pouvez-vous espérer retrouver cet argent?\u2014Je ne sais pas, je ne sais pas !.Mais la police.Jamais.Promettez-moï que vous ne direz rien.Ce serait dans les journaux.ce serait.non, c\u2019est impossible ! deman- La situation devenait de plus en plus mystérieuse et stupéfiante.Une jeune fille qui n\u2019avait jamais eu en sa possession cinq mille dollars, se plaignait d\u2019avoir perdu cette somme, et cependant refusait d\u2019informer la police parce que ce serait dans les journaux!.Qu\u2019y avait-il derrière tout cela?Soudain la pensée vaillit à l\u2019esprit de Gordon qu\u2019elle ne voulait pas rendre la @hose publique parce que quelqu\u2019un d\u2019autre saurait qu\u2019elle avait perdu l\u2019argent.\u2026 Quel autre?Hopkins! La scène de la fenêtre où ils avaient vu Hopkins donner de l\u2019argent à Ernesta se dressa devant ses veux.Tout était clair!.Gordon se rucula de la jeune fille avec horreur.\u2014Georges! Georges, qu\u2019y at-il?dit- elle.Pourquoi me regardez-vous ainsi?\u2014Ernesta, dit-il très lentement, d\u2019où venait cet argent?Qui vous l\u2019avait donné?Elle resta silenciense, le visage fegmé.\u2014Qui vous a donné cet argent?répéta Gordon.Dites.Est-ce le professeur Hopkins?\u2014Oh! s\u2019écria-t-elle.ne me le demandez pas ; je ne peux rien vous dire.Mais eroyez-moi, croyez en moi! Vous le saurez.pas maintenant.plus tard.Oui, je vous\u2019 le promets.mais ne me demandez rien.\u2014Je le dois!.Hopkirs?Ernesta se redressa.\u2014Monsieur Gordon, dit-elle, je vous ai prié de ne pas me questionner.J'ai eu cet argent pour.pour un but déterminé, je l'ai perdu.je pensais pouvoir vous appeler à mon secours.Si vous insistez pour connaître mon secret, je ne vous demanderai plus de faveur.Vous pouvez partir.Elle fit un pas pour s\u2019éloigner, mais Gordon la retint par le bras.\u2014Pardonnez-moi, Ernesta, dit-il.Je ne voulais pas vous faire de peine.Vous ne savez pas les doutes et les craintes qui m'\u2019assaillent depuis hier ; vous ne savez pas ce qui s\u2019est passé.Je vous crois.Ne me dites rien, mais si vous voulez re- répondez-moi.Est-ce La Nevue Populaire trouver cet Argent, laissez-moi faire quelque chose.\u2014Non, dit-elle, je suis sûre qu\u2019il est perdu sans retour.Mais il me faut une somme égale, et j'ai compté sur vous pour l\u2019avoir.\u2014Impossible! Vous savez bien que je ne l\u2019ai pas.\u2014Il faut l\u2019avoir! répliqua-t-elle froidement.Vous m\u2019avez dit une fois, quand vous m\u2019avez demandé d\u2019étre votre fem- ne que vous possédiez quelque propriété ici, à Boston.Il faut en tirer cinq mille dollars tout de suite.Oh! je sais ce que je demande.je sais que vous devez me croire folle.pis peut-étre.Mais je vous le dis.Georges.si je n\u2019ai pas cette somme au- jourd\u2019hui, je me tuerai.Oui.je me tuerai! \u2014t si.Ernesta.dites-moi tout! Di- tes-moi pourquoi vous la voulez ; dites- moi.Le professeur Hopkins a-t-il quelque chose à faire avec votre fuite de Graydon?La question était sortie de ses lévres avant que Gordon s\u2019en doutât.Il aurait ravalé les mots s\u2019il avait pu se douter de l\u2019effet qu\u2019ils devaient produire sur l# jeune fille.Elle s\u2019écria avec indigna*ion : \u2014Ainsi c\u2019est cela! J\u2019aurais dû le savoir!.Mon association avec le professeur, mes soirées dans le laboratoire, ont donné lieu à des commérages n\u2019est-ce pas?Et mon départ soudain a fait éclater le scandale!.Eh bien, si c\u2019est là ce qu\u2019on pense.ce que vous pensez.pourquoi ne l\u2019avez-vous pas demandé au professeur Hopkins avant de venir, en réponse à mon té\u201cégramme?.Oui, pourquoi ne lui avez-vous pas demandé?Gordon la regardait avec embarras.Il revit instantanément la chose inerte, gri- macante, irradiante qu\u2019ils enveloppaient de papier et recouvraient de leurs vêtements.I1 ne put répondre.\u2014Oh ! reprit Ernesta.Si on savait! si on Ema YT 3 a re 18. pouvait comprendre ! Mais on ne voudrait pas.De quoi vais-je m\u2019inquiéter?.Qu\u2019on pense tout ce qu\u2019on voudra je ne veux pas que vous me soupconniez.Je vous dis que vous ne le devez pas, et vous ne le ferez pas!.Quant à cet argent, me croi- rez-vous je vous dis que c\u2019est une question de vie ou de mort?.Oui de vie ou de mort! Oh! je le rendrai ; vous serez remboursé au centuple.Je ne parle pas au hasard, je sais ce que je dis.Si vous m\u2019aimez, si vousvoulez que je vive, ayez- moi cet argent.Voulez-vous?Gordon n\u2019aurait rien pu lui refuser en ee moment ; il l\u2019aurait crue contre 1\u2019évidence du monde.Il dit : \u2014Ernesta je ne comprends pas, mais venez.J\u2019essayerai d\u2019avoir cet argent pour vous.La reconnaissance d\u2019Ernesta fut belle.[Elle le regarda avec amour, et dans ce regard, le jeune homme ne vit que droiture et loyauté.Il sentit qu\u2019il pouvait eroire en elle, l\u2019ombre même du doute s\u2019enfuit, il ne voulait plus connaître son secret.Ils se levèrent.Tout a coup, en comprenant la bonté et la générosité du jeune homme, Ernesta lui entoura le cou de ses deux bras en disant : \u2014Mon bien-aimé!.Mon sauveur! Ceux qui virent ce mouvement durent rester bouche bée de stupéfaction.Gordon rougit et baissa la tête ; Ernes- ta, seule, ne fut pas embarrassée, Doucement il se dégagea de son étreinte et la.conduisit & un cab.Une minute plus tard ils roulaient vers la demeure d\u2019un homme d\u2019affaires.i A ) ss XII J L\u2019ETANG ENCHANTE H est défendu aux agents du télégraphe de divulguer le contenu d\u2019une dépê- Lumière de Mort che.Pourtant le détectiv Sullivan trouva le moyen de faire enlreindre la règle à l\u2019opérateur de Graydon qui jugea prudent de lai montrer le message qui avait provoqué le départ précipité du professeur Gordon.Sullivan ne manqua pas d\u2019éprouver une certaine stupéfaction en découvrant une complication nouvelle à laquelle il ne s\u2019attendait pas.Une jeune fille fuyant son fiancé en compagnie d\u2019un autre et télégraphiant à celui-ci pour qu\u2019il vienne a son aide! La situation n\u2019était-elle pas bizarre?\u2014Dans quel sorte d\u2019ennui peut-elle être?se dit le détective.Est-il possible que le vieil Hopkins ait pris peur et l\u2019ait abandonnée?.Peu probable.si tôt! Qu'est-ce que cela peut être alors, et qui est ce H.à qui Gordon ne doit pas parler?.Ça se complique d\u2019heure en heure! Immédiatement, il télégraphia à son bureau à Boston : \u2018\u201c Surveillez Sud-Terminus, pour belle \u2018* jeune femme blonde et homme, allures \u2018\u201c professeur de collège.Suivez-les.Prends \u2018\u201c train pour Boston.Cas des plus diffi- \u2018\u201c ciles.\u201d\u201d Le premier train en partance n\u2019avait lieu que tard dans l\u2019après-midi, mais Sullivan mettant * profit les renseignements recueillis le matin même, sur les lignes de trolley.courut chez un loueur et y prit une voiture et un cocker pour le conduire à la ville la plus proche située à deux milles de là, où il attraperait le trolley qui devait le mener à une des gares de la ligne, mieux desservie que Graydon.Il raconta au cocher qu\u2019il devait retourner en hâte à Boston pour une importante affaire de livres, et qu\u2019il serait bientôt de retour.: Avant de partir, il avait pris la précaution d\u2019amener le perplexe Doyen à tenir secrète cette dernière phase de la situation.\u2014Dites-leur que Gordon est parti pour Boston avee votre permission ; ne leur laissez pas croire qu\u2019il s\u2019est aussi sauvé, cela ferait bientôt le tour de la ville et les journaux en parleraient.Laissez croire ce qu\u2019on voudra, pas ce que vous savez.Et surtout surveillez Snyder et sa bande!.Je reviendrai demain, peut-étre ce soir.avec Hopkins.Le Doyen suivit ces instructions ; mais comme sa prétendue connaissance des faits et gestes du professeur Gordon ne semblait pas satisfaire la curiosité publique, il s\u2019adressa aux étudiants réunis en corps, les mettant en garde contre les bavardages concernant la malheureuse affaire des deux derniers jours et les assurant que tout rentrerait bientôt dans l\u2019ordre.\u2014I y a malheureusement erreur, dit-il, une série de coïncidences particulièrement inexplicables.qui s\u2019éclairciront d\u2019elles- mêmes avant qu\u2019il soit longtemps.Jus- que-la, je vous prie d\u2019arréter les cancana- ges, de déjouer les euriosités et d\u2019espérer en l'avenir, pour le bon renom de Gray- don ! L\u2019habile petit speech du Doyen améliora sensiblement la situation et les loyaux étudiants firent un énergique effort pour croire et faire croire aux autres que les disparitions du professeur Hopkins, d\u2019Ernesta Frost et du professeur Gordon, arrivées à quelques heures les unes des autres, n\u2019avaient rien de mystérieux.,( 7 Ce fut cependant un trio effrayé, tremblant.qui se rencontra dans la classe de Rice à l\u2019heure du lunch.Rice avait l\u2019air d\u2019un mathématicien qui a rencontré un problème insoluble.Snyder physiquement et moralement, était aplati comme une méduse, et Fischer tremblait comme un paralytique.\u2014(Gordon parti! ge répétaient-ils avec effroi.Parti.enfui!.Pourquoi?; \u201411 a recu un messag téléphonique, paraît-il, dit Rice, et instantanément il a La Revue Populaire pris son chapeau et s\u2019est sauvé.Il doit avoir pris le train.Qui a communiqué avec lui?Que dit-on?\u2014Il était épouvantablment effrayé ! dit Snyder.\u2014De quoi?demanda Fischer.Une seule chose peut nous effrayer.la découverte du corps d\u2019Hopkins.Quelqu\u2019un a-t-il été à la glacière pour voir s\u2019il est en sûreté?\u2014 Pas moi sûrement! répondit Rice.et je ne crois pas que le professeur Snyder y ait été! ajouta-t-il d\u2019un air railleur en regardant l\u2019être pitoyable écroulé dans un fauteuil.Je vous ai vus sortir du cabinet du Doyen, dit Fischer à Snyder.Que vou- lait-il ?\u2014Le Doyen a découvert que j\u2019ai écrit la note épinglée sur la porte du laboratoire, dit Snyder.Il le savait avant de m\u2019envoyer chercher, j'ai dû le reconnaître; et il m\u2019a demandé si j'avais connaissance du départ d\u2019Hopkins, Je lui ai dit qu\u2019Hopkins m\u2019en avait informé et que j'avais mis la note hier après-midi.\u2014Fou! grogna Fischer.Pourquoi n\u2019avoir pas dit la vérité?\u2014Pourquoi ne l\u2019avez-vous pas dite vous- même?riposta Snyder avee aigreur, quand le Doyen vous a demandé si vous saviez quelque chose au sujet d\u2019Hopkins, vous avez répondu non.\u2014Nous en étions convenus.\u2014Mais le Doyen soupconne quelque chose.Gordon a suggéré qu\u2019un de nous pou vait savoir.+\u2014Quoi?s\u2019écria Rice.Ah! je comprends tout!.C\u2019est pour cela que Gorden s\u2019est enfui, le lâche, le serpent, le traître!.Messieurs, nous sommes en mauvaise posture ! \u2014Oui! affirma Fischer, tout va de mal en pis.\u2014Que faire?\u2014Oh! s\u2019écria Snyder avec désespoir.Rétablissons les faits ; disons qu\u2019Hopkins \u20ac s\u2019est suicidé ; racontons l\u2019incident du corps lumineux ; disons que nous l\u2019avons porté dans la glacière.\u2014Oui, et soyons arrêtés pour meurtre! dit Fischer avec sarcasme.Snyder, vous parlez comme un sot ! \u2014Nous pouvons laisser découvrir le corps, proposa Rice et faire croire qu\u2019il est venu là pour se tuer.\u2014Les suicidés n\u2019entassent pas des planches et de la sciure sur eux!.En outre, il y a autre chose.Fischer raconta alors l\u2019incident de la pelle et de la brouette qu\u2019un étranger examinait sous la fenêtre de sa classe.\u2014Qu\u2019en pensez-vous?Snyder et Rice étaient sans voix ; ils éprouvaient la sensation de criminels autour desquels le filet se resserre de minute en minute ; la sueur froide roulait en perles sur le front de Rice; Snyder était plus flasque que jamais.\u2014 Messieurs, dit enfin Rice.ce moment exige les plus profondes réflexions ; un simple faux pas, et nous sommes perdus.Pis encore, nos vies sont en danger.Notre intrusion intempestive dans les affaires privées d\u2019Hopkins \u2014 il jeta un regard rapide à Snyder \u2014 nous a placés dans l\u2019ombre des geôles.T1 nous faut agir avec prudence ! À ce moment, le son de voix nombreuses frappa leurs oreille: Ils tressaillirent.Tout bruit inaccoutam\u201d suffisait maintenant pour faire vibrer leurs nerfs.Les voix étaient celles de jeunes garcons discutant avec le jardinier qui eumu- lait ces fonctions avec celles de gardien du bâtiment.\u2014Nous voulons voir le professeur Hopkins, disait une voix claire.Nous avons quelque chose pour lui.À cette déclaration, corroborée par, beaucoup d\u2019autres organes similaires, le jardinier affirma que le professeur Hopkins était absent.\u2014Que peuvent-ils vouloir à Hopkins?Lumière de Mort 57 dit Rice à ses compagnons.Nous ferions mieux de voir.; En temps d\u2019ordinaire, ils ne se seraient pas immiscés dans une affaire concernant un de leurs collègues absent, mais, vu les circonstances présentes, tout ce qui le touchait les intéressait au premier chef.Leur hésitation à intervenir fut bientôt vaincue par la suite du colloque.\u2014Que voulez-vous au professeur Hopkins?demandait le jardinier, et qu\u2019est-ce que vous avez dans ce pot?\u2014De l\u2019eau.On nous a dit de l\u2019apporter au professeur Hopkins, et qu\u2019il nous dirait ce qui se passe dedans.\u2014Qu'\u2019est-ce qui s\u2019passe?\u2014Nous n\u2019savons pas.c\u2019est amusant.on dirait qu\u2019c\u2019est plein d\u2019aiguilles ou d\u2019qué\u2019qu\u2019chose qui pique.\u2014Voyons, où avez-vous pris l\u2019eau?.\u2014Dans l\u2019étang de Bradlep.Snyder, Rice et Fischer se levèrent d\u2019un bond, ouvrirent la porte et se trouvèrent en face des enfants.\u2014Qu\u2019y a-t-i1?demanda Rice.Le jardinier expliqua ce qu\u2019ils avaient déjà entendu.\u2014Que disiez-vous qui .se passe dans l\u2019eau?Un des gamins tendit à Rice un pot de verre plein \u2018d\u2019eau.\u2014Tâtez-la, professeur ?Rice enleva le couvercle et enfonca sa main dans le récipient.Il la retira aussitôt, l\u2019étonnement peint sur le visage.\u2014Eh bien, dit-il.elle semble chargée d\u2019un sel minéral quelconque.C\u2019est une sensation étrange et forte! \u2014Nest-ce pas?s\u2019éeria le garconnet.Et, dites, il ne faudrait pas essayer de se baigner là-dedans.Moi et Jimmy nous avons découvert ca c\u2019matin.Nous allions à l\u2019étang pour prendre un bain.et quand nous avons mis nds pieds dans l\u2019eau, ils ont ccmmencé a nous picoter.Qu\u2019est-ce qui fait ca?\u2014dJe.je ne sais pas.Laissez-moi tn 4, peu d\u2019eau, je l'analyserai.Peut-être pour- rai-je vous le dire demain.Où dis-tu que vous avez pris cette eau?\u2014A l'étang de Bradley, répondit le choeur.\u2014 Mais à quel endroit de l\u2019étang?demanda Fischer.\u2014Partout, répondit un petit garçon.Mais où ca pique le plus, c\u2019est près de la vieille glacière ! Un gémissement de Snyder fut inter- prêté par les gamins comme une exclamation d\u2019incrédulité.Ils se tournérent vers lui : \u2014Vous ne le croyez pas!.eh bien, venez voir.Tout le monde est là.on vous l\u2019montrera!.V'nez vous autres.\u2014AÂvez-vous entendu?dit Rice, quand les enfants furent partis.Tout le monde est à l\u2019étang! Le corps sera découvert.\u2014Gott! s\u2019éeria Fischer.\u2014Et nous l\u2019avons couvert de planéhes et de sciure! murmura Snyder comme dans un songe.\u2014Croyez-vous, reprit Rice, qu\u2019il y a un rapport quelconque entre la présence du corps près de l\u2019eau et la condition de l\u2019eau elle-même?\u2014Très vraisemblablement, répondit Fischer, les récentes recherches d\u2019Hopkins visaient le radium ou les produits similaires.\u2014Peut-étre la solution fatale qu\u2019il a bue, et qui a renduson corps lumineux.a-t-elle affecté l\u2019eau?ajouta Snyder.\u2014Supposition; intéerssantes mais inutiles ! coupa Rice.Nous devons avant tout penser à nous garder contre la découverte du malheureux.\u2014Comment?railla Fischer.Mettrons- nous une pancarte avec ces mots : \u2018\u201c Attention!.Dangereux !\u201d \u2014Plaisanter avec la mort?dit Rice avec réprobation.Nous ne pouvons penser qu\u2019à une chose : visiter la place et neus rendre compte de la situation.Snyder et Fischer étant tous deux pris La Revue Populaire 58 par leurs classes aussitôt après le luneh, il fut décidé que Rice irait, au nom de tous, et ferait un rapport.Les gamins n\u2019avaient rien exagéré.Tous les habitants de Graydon qui avaient pu quitter leur; occupations journalières et quelques autre\u201c, étaient rassemblés sur les bords de l\u2019étang.Rice, comme disciple de la science, fut appelé par ceux qui le connaissaient, pour lui faire tâter l\u2019eau, la lui faire goûter \u2014 ce qu\u2019il fit le visage grimacant, 1\u2019estomac soulevé \u2014 et l\u2019accabler de questions.Il répondit \u2018d\u2019une facon vague, ne pouvant dire ce qui causait ce phénomène.Au droguiste du village qui déclarait que l'étang était devenu tout à coup une vaste fontaine d\u2019eau de seltz, il répondit que cela semblait très probable.\u2014 Vous savez.ajouta le droguiste dans un murmure professionnel.on fait de l'eau de Vichy artificielle avec de la poussière de marbre.Peut-être existe-t-il une ecar- rière souterraine quelque part, aux envi- reèus, dont la poussière filtre dans l\u2019étang.\u2014Très plausible, approuva Rice.Vous pouvez généralement mentionner ce fait.T1 trouvait bon de diriger l\u2019opinion publique dans une voie tout à fait opposée à la cause réelle.ou à ce qu\u2019il croyait fermement la cause réelle.Jonas Bradley, propriétaire de l\u2019étang, demanda à Rice ce qu\u2019il pensait dune opération financière qui aurait pour but d\u2019embouteiller l\u2019eau et de la vendre pour \u201ces propriétés médicales.Le professeur frissonna à cette pensée, conseilla d\u2019attendre pour voir si le phénomène se maintiendrait.Comme les enfants l\u2019avaient dit, l\u2019effet particulièrement piquant de l\u2019eau était plus fort près de la glacière.Rice atteignit ce point de la rivière, tremblant de crainte.Il remarqua un groupe engagé dans une conversation animée, à côté de la vieille bâtisse, et son coeur s\u2019arrêta de battre à l\u2019idée qu\u2019ils avaient \u2018découvert 3 Lumière de Mort le corps d\u2019Hopkins et diseutaient sur la terrible nature de leur découverte.Ses craintes étaient néanmoins fondement.A la première opportunité, il longea la glacière et s\u2019arrangea pour jeter un regard à l\u2019intérieur, à travers une fente du mur de planches.Un rayon de soleil entrant par une brèche du toit tombait directement sur le eom où ils avaient caché le corps.Tout d\u2019abord Rice fut épouvanté de cette illumination naturelle, mais une seconde pensée lui fit comprendre que c\u2019était au contraire une bonne fortune.\u2014T'ant que le soleil brille, se dit-il, la lominosité du corps, si elle ne s\u2019est pas éteinte, ne sera,pas perceptible.Il remarqua aussi avec satisfaction que rien ne se voyait ; les planches et la seiu- re cachaient entièrement l\u2019horrible secret.C\u2019était du travail bien fait ! Rice passa sur le bord de l\u2019étang tout le temps qu\u2019il put distraire de ses devoirs, et ne revint au collège qu\u2019au moment où sa présence était exigée.Après les classes les trois complices se réunirent de nouveau.\u2014Le corps n\u2019a pas été découvert! dit Rice, mais cela ne peut durer longtemps.Le vieux Bradley veut mettre l\u2019eau en bouteille et convertir en argent ce qu\u2019il considère comme un caprice de la nature.Très vraisemblablement, il utilisera la vieille glacière.Demain matin, si le Corps n'a pas été découvert d\u2019ici là, la foule sera plus grande, et il est absolument certain que quelqu\u2019un se butera sur Hopkins.\u2014I1 me semble, dit Fischer en se frottant le front, que ce n\u2019est pas demain que nous devons craindre, mais cette nuit, si le corps est toujours aussi lumineux.Il s\u2019arréta, interrogateur.,- \u2014La condition de l\u2019ean indique qu\u2019il sans B\u2019a perdu aucune de ses propriétés parti- eulières.\u2014Alors, si la foule se rend à l\u2019étang à 59 la nuit, si une seule personne y va, elle verra certainement l\u2019étrange lueur.\u2014I faut l\u2019empêcher!.Nous enlèverons le corps ce soir.Snyder grogna ; il ne goûtait pas ce projet.Fischer le regarda.\u2014 Quoi?demanda-t-il, vous faiblissez aussi?.Voyons, Snyder, je vous avertis que toute tentative de désertion de votre part vous sera funeste! Vous êtes cause de tout, vous irez jusqu\u2019au bout ! \u2014Je n\u2019ai pas l\u2019intention de me dérober, riposta Snyder, essayant de montrer une bravoure qu\u2019il était loin de ressentir, seulement cela me paraît si horrible! \u2014C\u2019est horrible! dit Rice, et nous devons empêcher que la situation devienne plus horrible encore.\u2014Alors, c\u2019est entendu.nous enlevons le corps ce soir?\u2014OQui.trouvons-nous ici, en face du bâtiment à dix heures.Si on ne l\u2019a pas encore trouvé en ce moment, nous le met- tron; ailleurs.\u2014Ou?demanda Snyder.Rice et Fischer réfléchirent.\u2014dJ'ai trouvé! dit Rice.Et, comprenant tout-à-coup que la prudence s\u2019imposait, il rapprocha de lui ses deux collègues et murmura quelques mots, si bas qu\u2019ils eurent peine.à l\u2019entendre.Ils firent un signe de tête approbatif.\u2014C\u2019est la vraie place! dit Snyder .J XIII A LA POURSUITE D\u2019ERNESTA Le détective Sullivan arriva à Boston vers deux heures de l\u2019après-midi.En descendant du train, il apercut un des hommes du bureau.\u2014Hallo, Murphy! cria-t-il.Le chef a eu mon message ?\u2014Sûr ! répondit Murphy.Krauss est sur la piste.Il a vu la jeune fille et le cama- oe, ie rade se rencontrer ici; alors il m\u2019a envoyé chercher.Il ne les a pas perdus de l\u2019oeil jusqu\u2019au moment où ils sont montés dans un cab.Il les a suivis, me laissant là pour vous attendre.\u2014Où sont-ils allés ?\u2014Krauss aura téléphoné au bureau.Nous allons le demander.De la communication avee le quartier général de l'agence de détectives Allen, il résulta que Sullivan bondit dans une voiture publique qui le mena rapidement numéro 6 Pemberton Square ; sur le trottoir, il trouva Krauss.\u2014Hallo, Krauss! ou en somms nous ?\u2014Ils sont là-haut; je lés ai à l\u2019oeil depuis le moment de leur rencontre au Sud Terminus.Tls ont parlé longtemps avec animation, mais je n\u2019ai pas osé m\u2019approcher assez pour entendre ce qu\u2019ils di- salent.Finalement, la jeune fille \u2014 elle va bien la jeune fille! \u2014 a jeté ses bras autour du cou du jeune homme devant tout le monde.Le pauvre diable, confus, l\u2019a conduite à un cab.Ils sont venus tout droit ici.J\u2019étais derrière eux et je guette depuis.Il n\u2019y a yas de sortie derrière ; il faudra donc qu\u2019ils repassent par ici.Qu\u2019est-ee qu\u2019ils cat fait?\u2014dJe ne sais pas exactement ; c\u2019est un cas compliqué.La jeune fille se sauvait.l\u2019homme.et bien je ne peux pas encore dire au juste.Il se faisait mystérieux pour paraitre plug instruit qu\u2019il ne 1\u2019était en réalité.\u2018Depuis combien de temps sont- ils là, et à quel étage?\u2019 \u2014Environ une heure.Il y a un avoué au second étage : je les ai vus à la fenêtre un peu avant que vous arriviez.Regardez! Voilà la jeune fille! Sullivan vit à une fenêtre du second étage de la vieille maison bourgeoise con- .vertie en bureaux d'affaires, une jeune femme qu\u2019il reconnut immédiatement pour Ernesta Frost, d\u2019après sa ressemblance avec la photographie examinée chez Mrs Hopkins, et fut frappé de sa beauté, illu- La Revue Populaire minée en ce moment par un heureux sourire et des yeux étincelants de satisfaction.Bientôt, elle fut rejointe par Gordon.Sullivan se dissimula, ne voulant pas être vu par le professeur.\u2014Oui, tout va bien ; \u2018dit le ,détective.Je ne veux pas vous tenir là plus longtemps, ajouta-t-il, vous pouvez partir si vous voulez.Dites au chef, cependant, de garder quelqu\u2019un au bureau au cas où je téléphonerais pour de l\u2019aide, et faites-lui savoir que je surveille le couple.J\u2019espère passer plus tard au bureau.» Brauss partit.Tout en surveillant la maison, Sullivan avait tout-le temps tenté d\u2019essayer de coordonner les faits et d\u2019émettre les théories fournies par ce cas remarquable.\u2014Elle a donné son congé à Hopkins, je le parierais! ne dit-il.Le télégramme n\u2019était probablement qu\u2019un bluff pour attirer Gordon.Ainsi, elle lui a jeté les bras autour du cou à la gare!.Cela semblerait indiquer qu\u2019elle l\u2019aime.Mais que vont-ils faire chez un avoué?Quelque affaire légale sans doute.de quel genre?J'aimerais être là-haut pour .le découvrir.Et où est le pauvre vieil Hopkins pendant tout ce temps?Pauvre diable abusé!.Je gagerais qu\u2019il rgrettee sa fugue.La jeune fille a-t-elle son argent?.Probablement, et elle va en profiter avec son amoureux.Pauvre vieil Hopkins!.Je voudrais qu\u2019ils sortent.Il regarda la fenêtre.Ernesta serrait la main à un personnage aux allures solennelles et Gordon mettait son chapeau sur sa tête.\u2014Les voilà! dit Sullivan.Il traversa vivement le square et s\u2019embusqua sous une porte d\u2019où il surveilla l\u2019entrée du No 6.Quelques minutes plus tard, Ernesta et Gordon descendaient les marches._ l n\u2019y avait pas de cab en vue ; les deux jeunes gens devraient descendre jusqu\u2019à sit MS Lumière de Mort Scollay Square.Ils tournèrent le coin ; Sullivan les suivit à courte distance.Comme ils atteignaient Tremont Row, Gordon regarda sa montre et dit quelque chose à sa compagne.Celle-ci prit son bras.Ils hâtèrent le pas, se dirigeant vers la station du métropolitain.Il est difficile de surveiller quelqu\u2019un dans un espace restreint où il faut se tenir si près les uns des autres; Sullivan laissa done les jeunes gens prendre un peu d'avance et attendit qu\u2019ils fussent sur le quai souterrain pour entrer à son tour.Il se tint prêt à descendre au premier signe d\u2019un train approchant ; alors, il bondit pour voir quelle voiture prenaient ses clients et sauta dans le car suivant de façon à les surveiller à son aise.Gordon, très nerveux, consultait continuellement sa montre ; Sullivan à son teur regarda la sienne : il était trois heures moins dix.\u2014Îls ne peuvent essayer d\u2019attraper un train, pensa le détective, ils n\u2019iraient pas de ce côté.J\u2019y suis! Ils craignent d\u2019arriver après la fermeture des banques, Gordon et Ernesta descendirent à Boylston street.Sullivan perdu dans la foule n\u2019eut pas de peine à les suivre.Bientôt ils entrèrent dans une banque et Sullivan poussa un soupir de satisfaction à la rectitude de ses déductions.Posté à une fenêtre de la banque il put suivre tous les mouvements d\u2019Ernesta et de Gordon.Ils se hâtèrent vers le guichet du caissier, qui connaissait sans doute Gordon, car il se pencha et lui serra la main ; puis suivit la présentation de la jeune fille.Celle-ci passa un chèque à travers le guichet et le caissier tira son tiroir à argent.Pendant qu\u2019il prenait la somme, le visage d\u2019Ernesta fournit au détective une étude intéressante.Il rayonnait d\u2019un bonheur mélangé d\u2019anxiété comme si elle craignait, au dernier moment, voir son attente trompée.Gordon froricait un soureil perplexe.Le caissier compta les billets qu\u2019Ernesta raämassait à mesure qu\u2019ils tombaient sur la tablette.Sullivan ne pouvait, bien entendu, en savoir le total, mais les billets jaunes et noirs prédominaient dans le tas et il y en avait tant, qu\u2019il émit un sifflement \u201c étonné.Puis Gordon remercia le caissier, Er- nesta étant apparemment trop occupée à mettre l\u2019argent dans sa bourse, et ils sortirent.Sullivan leur emboîta le pas, si près cette fois, qu\u2019il put entendre Gordon dire à sa compagne : \u2014Maintenant, chérie, faites attention ; cinq mille dollars ne poussent pas dans les buissons ! \u2014Oh! je serai prudente! répondit-elle avee ardeur ; puis, avec un regard de reconnaissance et d\u2019amour elle ajouta impulsivement : George cher, vous ne savez pas.si vous pouviez savoir.combien vous m\u2019avez rendue heureuse ! Gordon ne répondit pas, la tête penchée, les sourcils froncés.La jeune fille le remarqua et dit : \u2014George, vous ne doutez pas de moi?Vous me croyez, n\u2019est-ce pas?Il ne fit pas immédiatement la réponse qu\u2019Ernesta attendait avec impatience.Enfin, il leva la tête ; les rides anxieuses s\u2019effacèrent, il sembla triompher \u2018des sentiments mauvais contre lesquels il luttait et sourit.\u2014Oui, dit-il, je vous crois! Après quoi, il fit signe à un cab et aida la jeune fille à y monter.Sullivan ne chercha pas à entendre l'adresse donnée, mais s\u2019élanca dans une autre voiture en ordonnant au cocher de ne pas perdre de vue la premiére.Alors il se renversa pour réfléchir à ce qui venait de se passer.\u2014C\u2019est assez clair, se dit-il, le vieil Hopkins lui a donné un chèque de cinq mille dollars; elle s\u2019est sauvée et a essayé de le toucher, mais n\u2019a pas pu parce qu\u2019el- A D pe I ¢ It.FE i Ry EL + i Hl ht 4 1 ht Rp La Revue Populaire le n\u2019est connue a aucune banque.En désespoir de cause elle a fait venir Gordon qu\u2019elle sait connu à Boston.Il l\u2019a présentée à son banquier et elle a l\u2019argent.Mais où vont-ils maintenant ?Il n\u2019avrait jamais supposé que Gordon possédât une telle somme.Une pareille idée ne serait d\u2019ailleurs jamais entrée dans la tête de personne, sa position, ses habitudes d\u2019économie, toute sa vie le désignant comme un homme absolument dénué de fortune.L\u2019interprétation de Sullivan était donc des plus plausibles.Son cab s\u2019arréta tout a coup a la gare Terminus sud.\u2014Jls viennent d\u2019entrer, dit le cocher.Sullivan descendit, paya et s\u2019élanca dans la gare.Gordon était au guichet.Dès que les deux jeunes gens se furent dirigés vers le train, il vint lui-même au guichet et dit à l\u2019employé en lui présentant sa carte: \u2014Je suis détective; j\u2019al besoin de savoir pour quel endroit cet homme a pris des billets.\u2014Pour New-York ; train de trois heures et demie.\u2014Donnez-m\u2019en un.Le train partait dans une minute.Gordon et Ernesta n\u2019étaient plus sur le quai, ils devaient être montés.Tandis que la cloche sonnait et que l\u2019employé criait: \u2018\u2018Tout le monde à bord!\u201d Sullivan s\u2019élança dans un car, épongea son front en se demandant s\u2019il était dans la bonne voie.\u2014J\u2019en courrai la chance! se dit-il.XIV LE REVENANT DE LA COLLINE DU \u2018CHAMP DE REPOS\u201d \u2018\u201c\u201cDan\u2019\u2019, ainsi appelait-on Daniel Hawkins, le ménétrier aveugle de Graydon.Avant qu\u2019une salve d'artillerie ne l\u2019eût aveuglé sur le champ de fête, un 4 juillet, il était M.Hawkins.Mais avee la vue il avait perdu l\u2019amour-propre, et acceptait le diminutif de son nom, comme convenant à un musicien ambulant.Ce mardi soir, Dan avait été à Milltown, village manufacturier voisin de Graydon, pour jouer à une noce.La nuit était belle, tout embaumée par les pommiers en fleurs.Le ménétrier ne voyait pas, mais il pouvait jouir de la nature, et l\u2019absence de lune ne le troublait en aucune facon.Aussi, ayant fini sa journée vers dix heures et demie, il partit à travers bois pour regagner sa demeure, le chemin étant aussi familier pour lui la nuit que le jour.Ce qui lui arriva au cours de sa promenade, fut connu une demi-heure plus tard, alors qu\u2019il se précipitait dans le bar de l\u2019hôtel, tremblant d\u2019épouvante.Dans une main, il tenait ce qui restait de son violon ; celui-ci était brisé et le manche séparé du corps, ne tenait plus que par les cordes.Il fonca dans la porte, les mains en avant, et serait tombé si quelques consommateurs attardés et l\u2019hôtelier ne l\u2019avaient attrapé et èonduit à une chaise où il s\u2019assit frissonnant, gémissant, ses mains crispées sur les débris de son violon, battant 1\u2019air.\u2014Là, là! dit l\u2019hôtelier quand il put se faire entendre au milieu du tumulte causé par cette entrée sensationnelle.Là, Dan! parlez, qu\u2019est-ce que vous avez?\u2014Eloignez-le ! Eloignez-le! cria l\u2019aveugle.Il me tuera ! L\u2019hotelier lui saisit les poignets, tandis que les autres essayaient de tirer de lui quelque chose d\u2019intelligible.Ils lui offri- Ès fa + = &- ie .ptit tititieiaisiotes à Lumière de Mort rent de l'alcool, mais le propriétaire l\u2019éloigna de ses lèvres.\u2014Dan ne boit pas, dit-il.Voyons, Dan, voyons; qu\u2019est-ce qu\u2019il ya?Ne savez- vous pas où vous êtes?C\u2019est moi, Sloan, I\u2019hotelier.Tout va bien maintenant; on ne va pas vous attraper !.Voyons, qu\u2019est-ce que c\u2019est?Dan attira Sloan près de lui, leva la tête et la tourna dans toutes les diree- tions.N\u2019étaient ses yeux sans vie, on eût juré qu\u2019il cherchait à voir quelque chose ; ses prunelles mortes semblaient regarder, regarder, regarder!.Enfin, il dit, se tournant vers l\u2019hôtelier : \u2014Monsieur Sloan, j\u2019ai vu.j\u2019ai vu! \u2014Continuez Dan, dit Sloan, non sans remarquer l\u2019emphase avec laquelle Dan avait murmuré ces mots si peu à leur place dans la bouche d\u2019un aveugle.\u2014Ne me comprenez-vous pas?Je vous dis que j'ai vu!.Mes yeux ont percu quelque chose! \u2014Voulez-vous dire que vous avez recouvré la vué?Est-ce cé?\u2014Je le croyais.je le croyais! gémit l\u2019homme.Monsieur Sloan.\u2026 c\u2019était horrible.horrible! Il enterra son visage dans la manche de l\u2019hôtelier et sanglota.Tout à coup, il releva la tête, et, un peu calmé, continua : \u2014\u2014Je revenais à travers les bois \u2014 je connais le chemin\u2014j\u2019avais mon violon sous mon bras, et tâtais la route, parfaitement heureux.Je sentais les fleurs qui croissent tout autour de la colline du \u2018\u201cchamp de repos\u2019\u2019; aussi je savais juste où j'étais quand.quand c\u2019est arrivé!\u2026 Tout à coup j\u2019entendis un roulement; il semblait venir de la route.Vous savez, la route qui mène à la grille du cimetière\u2026 Je m\u2019arrétai parce que j'avais un peu peur.je ne sais pas au juste pourquoi, mais il était tard et l\u2019endroit était un peu 63 effrayant.D\u2019abord, je pensai aux résur- rectionnistes, car le roulement n\u2019était pas celui d\u2019une voiture, et je m\u2019imaginai que c\u2019était une brouette sur laquelle ils transportaient un cadavre comme ils l\u2019ont déjà fait une fois.Et bien, j\u2019attendis.je devais être caché par des buissons.Le roulement s\u2019approcha, s\u2019approcha, et alors.oh, mon Dieu!\u2026 J'ai vu! Vous ne savez pas ce que cela signifie pour moi, Messieurs; vous ne savez pas ce que c\u2019est que rester dans la nuit pendant tant d\u2019années avec l\u2019espoir que quelque jour le voile se lèvera!.Je pensais que cette minute était enfin venue et j'aurais crié de joie.mais c\u2019était comme si une lumière brillante venait vers moi; il me semblait la sentir aussi.Cela ne ressemblait à aucune des lumières dont je me souvenais, même pas à celle qui m\u2019a brûlé les yeux.Pourtant, la minute suivante j'étais contente de n\u2019avoir pas crié parce que ce que je vis.Monsieur Slon, c\u2019était un corps! Oui, je jure que c\u2019était un corps humain, et il était mort! Les assistants se regardèrent avec stupéfaction.\u2018 \u2014Continuez, murmura l\u2019hôtelier.\u2014D\u2019abord, je ne pus découvrir ce que ¢\u2019était; cela me semblait long et tout enveloppé.C\u2019était bien un caavre enveloppé d\u2019un linceul.Le visage était nettement visible.et il me regardait ! \u2014Etait-il.marchait-il?\u2014Non, il flottait à environ deux pieds de terre comme un revenant\u2026 Et j'ai entendu des voix; oui, j'ai entendu des voix! \u2014Vous dites que vous avez vu le visage?.L\u2019aviez-vous jamais vu avant?L\u2019aveugle saisit encore la manche de Sloan et l\u2019attira plus près de lui.\u2014Oui! murmura-t-il.J\u2019ai reconnu ce visage.C\u2019était le vieux professeur ii A Ey , it Net Bi.p gr fi 0 Bl Fi Hopkins! \u2014Silence ! dit l\u2019hôtelier, vous êtes fou! \u2014 Pensez ce que vous voudrez, Je vous dis que je l\u2019ai vu, aussi bien que vous me voyez maintenant.Oh! ne cherchez pas à me vonvainere d\u2019erreur, c\u2019est impossible! \u2014Eh bien je vous conduirai à quel- qu'un.\u2014Non! supplia Dan.Ne le dites à personne, on ne voudrait pas me croire.Je sais ce qu\u2019on pense du professeur Hopkins.Il serait parti avec Ernesta Frost ! Oh! oui, j'ai entendu tous ces commérages, mais je vous dis! M.Sloan, que je l\u2019ai vu.Si ce n\u2019est pas vrai, je veux perdre tout espoir de jamais revoir le jour! Malgré le ton convaincant de l\u2019aveugle, l'hôtelier ne pouvait le croire.11 aurait bien fait part aux assistants de cette partie de la conversation murmurée à son oreille, si Dan, ne l\u2019avait supplié de garder le silence.\u2014Ne vous inquiétez pas de ca, garçons, dit l\u2019hôtelier, c\u2019est un rêve de Dan ; je suppose que quelque chose lui a tapé dans l\u2019oeil!.Dan, il faudra voir un docteur.\u2014Ne riez pas! implora l\u2019aveugle.\u2014All right, Dan! dit Sloan en clignant de l\u2019oeil aux consommateurs, je ne ris pas! Puis à l\u2019un d\u2019eux il murmura : \u2018\u2018Ra- menez-le chez lui; je crois qu\u2019il n\u2019est pas dans son assiette\u2019.Le ménétrier fut conduit dehors, protestant vontre l\u2019escorte qu\u2019on lui imposait et répétant : \u2014Je vous dit que je l\u2019ai vu; je l\u2019ai vu, Je l\u2019ai visé avee mon violon et je l\u2019ai frappé.Regardez mon violon! Dan ne fut pas le seul habitant de Graydon qui vit des choses étranges.Le soir suivant, une personne non moins digne de foi qu\u2019un diacre de l\u2019église Anabaptiste, se mettant par hasard à la fe- La Revue Populaire nêtre de sa salle à manger, vers huit heures, observa dans le ciel, au-dessus de la colline di \u201cchamp de repos\u2019, située au sud-est de la ville, une lueur particulière.11 essuya ses lunettes et regarda encore.Le doute n'était pas possible.Le ciel s'éclairait d\u2019une clarté semblable à celle d\u2019une aurore boréale, phénomène qui se: produit parfois dans la Nouvelle-Angle- terre.Le diacre appela sa femme, mais apres avoir réfléehi qu\u2019une aurore boréale ne pouvait se produire au printemps, et en outre n\u2019apparaissait pas au sud-est, il lui demanda si elle voyait une lueur.\u2014 Miséricorde! s\u2019écria la bonne dame, il y a le feu quelque part! \u2014Non, dit le diacre, ce n\u2019est pas un incendie ; c\u2019est trop blane, je ne crois pas \u2018 avoir jamais rien vu de semblable.Je vais voir si le Doyen est déjà couché.Le Doyen demeuraït dans la maison contiguë.Le diacre le trouva dans son cabinet, rédigeant un rapport sur les faits étranges de cette semaine, en vue de déterminer quelles relations ils pouvaient avoir entre eux, et principalement avec le cas du professeur Hopkins.Il n\u2019aimait pas être dérangé, mais l\u2019insistance de son voisin le forca à sortir et à Jeter un regard vers la colline.Ce qu\u2019il vit le stupéfia.\u2014Mon Dieu! s\u2019écria-t-il, qu\u2019est-ce que cela peut-être?\u2014C\u2019est ce que je me demande, dit le diacre.Avez-vous jamais vu pareille lumière ?\u2014Jamais!.Descendons dans la ville et voyons si d\u2019autres personnes l\u2019ont aper- cue.Ils ne firent pas cent pas sans être convaincus que l\u2019étrange lueur, sujet de toutes les conversations, avait fait oublier la fuite d\u2019Hopkins.(Ù és Lumière de Mort \u2014C\u2019est une comète! affirma le droguiste.Je me souviens d\u2019en avoir vu une qui brillait tout à fait comme ca, avant que la guerre éclate.\u2014Et dans les derniers temps, il y aura des signes dans le ciel! cita le Diacre.\u2014C\u2019est un signe certain que quelque chose va arriver! disaient les femmes.De toutes les prophéties, celle-ci était sans contredit la plus juste.\u2014Pourquoi ne va-t-on pas voir ce que c\u2019est?avanca quelqu\u2019un.Inutile de dire qu\u2019il n\u2019ajouta pas: \u2018\u201cJe conduirai les investigations.\u2019 Personne dans Graydon ne se souciait de monter vers le cimetière à la nuit.La population de cette ville n\u2019est pas superstitieuse outre mesure, mais il est des choses devant lesquelles les gens les plus positifs reculent.Une excursion nocturne à un cimetière éloigné eft du nombre.Aussi Graydon se contenta de s\u2019étonner, de supputer et de prédire pendant la nuit ; le matin la lueur avait disparu Il en fut cependant parlé tout le jour et aux premiers signes du crépuscule, tous les yeux se tournèrent vers le cime tière, toutes les lèvres murmurèrent avec angoisse : \u2014Cela reviendra-t-il ?Et parmi les visages tournés vers la colline couronnée de cèdres, il en était trois plus anxieux que tous les autres ; ceux des collegues de Gordon, disparu, MM.Fischer, Rice et Snyder.~ XV DEJOUE Sullivan, moralement certain que Gordon et Ernesta n\u2019avaient pas le plus léger \\ \\ soupcon de sa surveillance, ne fut pourtant absolument sûr que ses déductions étaient justes que quand le train se fut arrêté à la première station, et en fut reparti.Une fois déjà, dans sa carrière.il avait été joué par un homme qu\u2019il filait exactement dans les mêmes conditions.\u2014S'\u2019ils n\u2019essaient pas de descendre ici, se dit-il, c\u2019est que tout va bien.À travers la porte de leur car, à l'arrêt, il les vit assis à peu près au milieu du wagon, engagés dans une conversation sérieuse.\u2014\u2014Je crois que je peux voyager à mon aise dans le compartiment des fumeurs, se dit le détective avec satisfaction en se dirigeant vers cette voiture.Durant les six heures du trajet, il eut plus de temps qu\u2019il ne lui en fallait pour réfléchir ; mais ces réflexions ne pouvaient l\u2019amener qu\u2019à des suppositions sur les motifs du voyage de Gordon et de la jeune fille.Il essaya de fixer son esprit sur le cas d\u2019Hopkins et tout ce qui s\u2019y rapportait; il acheta un livre, sans que sa lecture pût éveiller son intérêt.Tout à coup, il se souvint des papiers extraits du sac noir et du mémorandum qui se trouvaient toujours dans sa poche.C\u2019était la première fois qu\u2019il pouvait les étudier à loisir.Il les sortit done de son portefeuille et se mit en devoir de les examiner avec soin.I y avait là un tas de papiers divers; des notes qui ne signifiaient rien pour le détective Sullivan et qu\u2019il mit de côté, comme si c\u2019eût été du gree.et qui étaient en réalité des formules d\u2019 algèbre, intelligibles seulement pour leur auteur.Mais il se trouvait parmi ces hiéroglyphes quelques coupures de journaux, que le détective supposa devoir lui apprendre quelque chose.La lecture en fut aride cependant, et Be + une seule chose en ressortit clairement pour Sullivan.Toutes ces coupures portaient sur un seul sujet \u2014 expériences scientifiques, rapports, nouvelles et conférences sur le nouveau métal.dium.A la fin, Sullivan renonca à en tirer lui- même quelque chose, bien qu\u2019il conclût à l\u2019utilité de ces papiers.Il résolut de s\u2019adresser à quelqu'un de plus compétent et de résoudre le cas qui l\u2019occupait par -des moyens plus terre à terre, sans y mêler la science.le ra- \u2014Je montrerai ces papiers au doyen, quand je reviendrai à Graydon, pensa-t-il, c\u2019est-à-dire si c\u2019est nécessaire.Je n& suis pas sûr de ne pas avoir tout terminé avant de quitter New-York.Gordon et la Jeune fille n\u2019y ysont pas venus pour rien.et, quoi qu\u2019ils y' fassent, je jurerais qu\u2019Hopkins a à y voir quelque chose.M avait l\u2019idée que ce voyage à New- York débrouillerait les choses; non qu\u2019il s\u2019attendit a y trouver Hopkins, mais il espérait prendre Gordon et Ernesta, de telle facon qu\u2019ils fussent forcés de confesser ce qu\u2019il désirait savoir.Sullivan arriva mort de faim à New- York.Le wagon-restaurant était en avant de la voiture où avaient pris place les edux jeunes gens, et ce fait, qu\u2019il avait remarqué tout d\u2019abord avec satisfaction, comme lui permettant de ne pas être découvert par ceux qu\u2019il suivait, se trouva funeste pour son estomac car il le condamnait à une diète forcée.Il était done en de fort mauvaises dispositions d\u2019esprit quand le train s\u2019arrêta à la \u2018\u201cGrand central station\u2019.Sullivan vit Gordon et Ernesta descendre, se diriger vers l\u2019hôtel, de l\u2019autre côté de la rue, entrer dans le restaurant, en contre-bas du trottoir, et s\u2019asseoir près La Revue Populaire d\u2019un large pilier, et, se demandant si, par un moyen quelconque, il ne pourrait pas avoir une table près de la leur, il entra à son tour par la grand\u2019porte de l\u2019hôtel pour faire une reconnaissance.Après quelques investigations, il découvrit qu\u2019on pouvait passer par le café, et entrer dans le restaurant sans être vu.IL remarqua aussi avec joie qu\u2019une table était vide de l\u2019autre côté du pilier.Il y fut bientôt installé et commanda son diner.Puis il écouta, essayant de surprendre la conversation de ses voisins.Voici ce qu\u2019il entendit : \u2014Vous insistez positivement alors?C\u2019était Gordon qui parlait.\u2014Positivement ! Vous avez cru en moi jusque-là, pourquoi ne pas aller un peu plus loin?Plutôt que de vous dire la raison de ma venue à New-York, dans quel but j'avais cet argent et qui me l\u2019avait donné, j'aimerais mieux reprendre le train et retourner a Graydon.bien que cela dût certainement causer la mort de.quel- qu\u2019un qui s\u2019est fié à moi.Ne me croyez pas cruelle, ne vous méprenez pas.Je vous aime, George, et vous dirais tout ce que vous pourriez me demander, sauf cela.J\u2019ai donné ma parole, je la tiendrai ! Il y eut un court silence.\u2014Æh bien, Ernesta, dit enfin Gordon, il ne me reste qu\u2019à avoir confiance en vous.Puisque vous n\u2019avez cessé de me dire que je n\u2019aurais l\u2019explication de votre étrange conduite qu\u2019au moment opportun, il serait illogique d\u2019insister.Je dois donc continuer a croire en vous.savoir ! \u2014Il faut attendre! \u2014dJusqu\u2019a.jusqu\u2019à ce que nous soyons mariés ?mails je voudrais \u2014Oui.Quand nous serons mariés, je vous dirai tout, et vous ne regretterez rien.\u2014J'attendrai ! Pendant quelques minutes aucune parole ne fut échangée, au grand plaisir du détective qui put se consacrer à son repas; mais, quand la voix de Gordon s\u2019éleva de nouveau, il posa couteau et fourchette et tendit l\u2019oreille.Gordon balbutiait : \u2014Je ne sais pas ce que vous voulez dire! \u2014Réponse évidente à une question de la jeune fille, pensa Sullivan.; \u2014Oh! que si! Quelque chose pèse sur votre esprit ou sur votre conscience.Je vous ai vu plusieurs fois tressaillir, comme si vous aviez aperçu quelque chose ; vous agissez comme un homme qui a peur.je ne sais de quoi, mais je suis sûre qu\u2019il y a quelque chose.Ne voulez- vous pas me le dire?\u2014F'olie ! s\u2019écria Goron.Je n\u2019ai rien sur la conscience, rien! Il fit un effort pour rire, mais en vain.\u2014Sûrement, pensa le détective, quelque chose le tracasse.Ernesta insista.\u2014Je ne me trompe pas, George, dit- elle, je sais que vous me cachez quelque chose.Dites-moi.est-ce «au sujet des commérages occasionnés par mon départ précipité de Graydon?\u2014Ce n\u2019est rien qui vous concerne ! Cette réponse le convainquit de la justesse de ses suppositions.Si elle avait pu deviner la vérité! Si elle avait pu voir les peintures qui hantaient continuellement l\u2019esprit de Gordon.les peintures d\u2019Hopkins! .Dans quelques-unes il était étendu chuvert de planches et de sciure; dans d\u2019autres, il se levait et venait vers le groupe tremblant, un doigt accusateur Rt died LUE AC AO UE TASSE CAC rte) Lumière de Mort pointé vers lui, un sourire moqueur sur les lèvres.\u2014Très bien, reprit Ernesta après une pause, si vous ne voulez rien me dire, je ne peux vous y forcer.Quoi que ce soit, voulez-vous me promettre de me le dire quand.nous serons mariés ?\u2014Je vous le promets! dit Gordon ; et il ajouta pour changer de sujet: Ou avez- vous décidé de passer la nuit?La jeune fille nomma un hôtel bien connu des provinciaux.\u2014Et vous?dit-elle.\u2014Je n\u2019y ai pas songé.Je trouverai un hôtel dans les environs.Il faut d\u2019abord que j\u2019écrive au doyen Quimby avant la dernière levée, afin qu\u2019il entende parler de moi demain matin.Si vous voulez bien, je vous accompagnerai et je prendrai mes dispositions pour vous retrouver _ demain.\u2014Je ne sais pas exactement comment arranger la journée de demain.J'irai voir.les gens que je dois voir, aussitôt que possible, vers neuf heures probablement.Ma visite ne me prendra pas longtemps; aprés cela.\u2014Après cela, je pourrais vous retrouver, si vous voulez proposer un endroit.Que diriez-vous de ce restaurant?\u2014Non.\u2026.je crains.je préférerais que vous me retrouviez plus près.plus près de l\u2019endroit où je ferai mes affaires.\u2014À l\u2019endroit même si vous voulez.\u2014 Non! dit vivement Ernesta, non, pas là, mais.dans Madison-Square, près de la fontaine, à dix heures.Voulez-vous venir là?\u2014Partout où vous le désirez! répondit Gordon.Partons-nous?| ll avait déjà réglé l\u2019addition, il n\u2019y eut donc pas de délai.Sullivan ne s\u2019était pas demandé comment ils partiraient et quand ils contournèrent le pilier, il était trop La Revue Populaire tard pour se retirer du chemin.Gordon ne parut pas le remarquer, mais Ernesta le vit, et bien qu\u2019elle ne pût le reconnaître.ne l\u2019ayant jamais apercu.le détective ne put méconnaître le coup d\u2019oeil prévenu qu\u2019elle lui jeta en passant.\u2014Est-ce une ïdée.se dit-il.ou m\u2019a-t- elle vraiment regardé comme si elle m\u2019avait déja vu?Il ne se leva pas tout de suite.n\u2019ayant pas l\u2019intention de les suivre.Il savait où trouver la jeune fille et tant qu\u2019elle serait à New-York.Gordon n\u2019essaierait pas de se sauver.| Un quart d\u2019heure plus tard.Sullivan quitta le restaurant et flâna dans Broadway jusqu'au moment de gagner l\u2019hôtel nommé par Ernesta.Il entra et regarda !e registre.Le nom de la jeune fille y était tracé d\u2019une main féminine.Il sourit.\u2014Eh bien, dit-il, je crois que je peux me coucher.Cette maison me convient autant qu\u2019une autre.\u2014Il signa sur le livre: \u2018\u201cJohn MeCon- nell, Pittsbourg, Pen.\u201d \u2014Réveillez-moi à sept heures, dit-il, sans remarquer le numéro de la chambre qui lui était assignée.Une fois au lit il s\u2019endormit profondément, et se réveilla le matin, la tête lucide, le corps plein d\u2019énergie.Comme il quittait sa chambre, une jeune femme sortait de la sienne.En passant devant lui, elle le regarda furtivement et poussa un petit cri étouffé.Sullivan, occupé à arranger la serrure de sa porte; n\u2019entendit pas le eri, ne vit pas le visage, mais reconnut pourtant la silhouette fuyante.\u2014Le diable m\u2019emporte si nous n\u2019oceu- pions pas les deux chambres contiguës, se dit-il.Il eut peur d\u2019avoir été reconnu.Sûrement le regard qu\u2019Ernesta lui avait lancé SCE la veille au soir suffisait pour qu\u2019elle se souvint de sa figure.Le fait de le trouver là devait donc éveiller ses soupçons et lui faire craindre d\u2019être filée.Il fallait tout d\u2019abord renoncer à la suivre à Madison Square et se contenter de s\u2019y trouver vers dix heures pour assister à sa rencontre avec Gordon.Après avoir déjeûné, Sullivan se dirigea done vers le lieu du rendez-vous, et surveilla Madison-Square depuis 9 h.45 jusqu\u2019à près de 11 heures, sans voir ni Ernesta ni Gordon.À mesure que les minutes fuyaient, la confiance du détective dans leur ultime apparition commença à s\u2019évanouir.Bientôt il fut convaineu d\u2019avoir été dépisté.Ou ils se \u2018savaient écoutés la veille et l'avaient envoyé sur une fausse piste, ou la jeune fille en le voyant le matin avait conçu des soupçons et changé ses plans.Enfin, Sullivan, entièrement accablé et honteux de lui-même, quitta le square, revint à l\u2019hôtel et regarda partout.Pas d\u2019Ernesta, pas de Gordon! Il demanda si miss Frost avait quitté sa chambre, et découvrit que, comme elle était arrivée sans bagages, elle avait payé d\u2019avance et pour un seul jour.\u2014Je suis joué! pensa le détective.C\u2019est fini!.Mon voyage ne sert à rien et recule de plus en plus la solution du cas Hopkins.Je n\u2019oserai jamais retourner ni a Boston ni & Graydon! La journée ne lui apporta rien.Il fouilla toutes les rues sans trouver l\u2019homme ni la femme qu\u2019il cherchait.Après dîner, dans la soirée, il se demanda ce qu\u2019il allait faire.Peut-être Ernesta n\u2019avait-elle pas terminé ses affaires, et demeurait-elle un ay- tre jour?En tous cas, il resterait pour tenter la chance.De sa table, dans la salle à manger, il co pouvait surveiller l\u2019entrée de l\u2019hôtel.Au moment où il allait se lever, il vit Ernesta franchir la grand\u2019porte, suivie de Gordon.Sullivan aurait crié de joie.La jeune fille portait une valise neuve, qu\u2019elle avait évidemment achetée le jour même.elle s\u2019approcha du bureau, s\u2019ineri- vit sur le registre et donna sa valise à un groom qui la monta.Elle se détourna alors et sortit avec Gordon.Le détective ne fit aucun effort pour les suivre, trop satisfait de savoir qeu la jeune fille allait passer une autre nuit à New-York.Il surveilla l\u2019hôtel toute la soirée.Vers onze heures, peut-être plus, Er- nesta revint, accompagnée jusqu\u2019à la porte par Gordon, et monta directement à sa chambre.Le matin suivant, Sullivan qui avait demandé à être logé dans une partie de l'hôtel où la jeune fille ne pouvait le découvrir, se leva de bonne heure et surveilla la maison, dissimulé sous une porte, de l\u2019autre côté de la rue.Vers huit heures et demie, Ernesta sortit seule, à pied.Sullivan la suivit.Elle descendit Broadway, vers Madison Square, et le détective devina qu\u2019il était tombé juste.Elle allait faire une seconde visite à l\u2019endroit où elle traitait l\u2019affaire qui l\u2019avait amenée à New-York.Il la vit entrer dans un grand bâtiment de la vingt-deuxième rue et poussa un soupir de soulagement.Alors, il se mit à guetter Gordon, sachant qu\u2019il ne devait pas être bien loin.Un peu avant dix heures, il acheta un journal et s\u2019assit sur un banc pour le lire.| Au premier regard jeté sur la feuille, la stupéfaction qu\u2019éprouva Sullivan lui fit presque sortir les yeux de la tête.Voici ce qu\u2019il lut : Lumière de Mort \u2018\u201cBeadley, une paisible pièce d\u2019eau si- \u201ctuée sur la colline près du collège.L\u2019APPARITION DE GRAYDON L\u2019effrayante visite d\u2019un spectre bouleverse Ë une petite ville universitaire de la Nouvelle-Angleterre Graydon, Mass.\u2014 Mai, 20.\u201cCette ville possède un revenant ou \u201cquelque chose qui y ressemble de si près \u201cque les habitants sont absolument terri- \u2018\u201cfiés.Il a fait sa première apparition \u2018\u201chier, en ensorcelant l\u2019eau de l\u2019étang de \u2018\u201cDes gamins s\u2019aperçurent que l\u2019eau \u201cpossédait soudain yne propriété électri- \u2018\u201c\u2018que, et la ville se sentit alarmée de cette \u201cparticularité.\u2018\u201cLa nuit dernière, le revenant fut aper- \u2018\u201ceu, et cette fois.par un aveugle! Aussi \u2018\u201cétrange que cela puisse paraître, le fait \u2018\u201cest absolument exact.L\u2019homme, Dan \u2018\u201cHawkins, est un ménétrier qui a perdu \u2018\u201cla vue, il y a cinq ans, et dont la sobrié- \u201c\u201cté est connue de tous.Il revenait d\u2019un \u2018village voisin, quand il vit tout à coup, \u2018\u2018un corps humain à quelques pieds de \u201c\u201cterre.Incapable d\u2019en dire davantage \u2018dans le premier moment d\u2019épouvante, il \u2018\u201c\u201cdonnera plus de détails quand il sera \u201c\u201cremis du choc causé par cette apparition \u2018\u201csurnaturelle.\u2018\u201cLe point culminant de cette situation \u2018étrange, fut atteint ce soir, quand une \u2018\u2018lueur extraordinaire apparut sur la col- \u2018\u201cline du \u2018Champ de Repos\u2019\u2019, au-delà de \u201cla ville.Elle brille maintenant d\u2019une fa- \u2018\u201cçon spectrale et la population entière la \u2018regarde, se demandant ce qui peut la \u2018\u201ceauser.L\u2019un suggère une chose, d\u2019au- \u2018\u201ctres en avancent uncautre, sans arriver \u2018\u201cà une conclusion.\u2018\u201cEn l\u2019absence du professeur Hopkins, \u2018\u2018une autorité dans ces questions, tout \u2018\u2018\u201cGraydon en est réduit aux conjectures, \u2018\u201c\u2018et se sent impuissant à expliquer ces \u2018\u2018\u201cétranges manifestations.\u2019 Le détective venait de finir la lecture de l\u2019article quand une voix s\u2019écria : \u2014Regardez!.Le voilà! En relevant la tête, il vit Ernesta Frost et Goron.La première le montrait du doigt, Gordon s\u2019avancait vers lui.Mais quand leurs yeux se rencontrèrent, le professeur recula, livide d\u2019épouvante.\u2014Non, non! cria-t-il.Ce n\u2019est pas moi, ça n\u2019est pas ma faute! C\u2019est Snyyer, je vous dis!.Vous ne me toucherez pas.Je.je.Il s\u2019arrêta, regardant tour à tour Er- nesta et Sullivan, s\u2019écria : \u2018Venez!\u2019 saisit la jeune fille par le bras, et s\u2019élanca comme un fou à travers les pelouses, vers Broad ray.Les deux jeunes gens bondirent dans un cab.Ils étaient loin avant que Sullivan fût suffisamment revenu de sa stupéfaction pour sauter dans un second cab et courir après eux.Détective plus sombre et plus effaré ne suivit jamais un couple fugitif que Sullivan sautant dans un taxi-cab et disant au chauffeur d\u2019arriver avant eux, quel que fût l\u2019endroit où ils se rendaient.\u2014Ne vous inquiétez pas des contraventions, cria-t-il.Marchez! Le chauffeur enfila la Cinquième avenue à toute vitesse, évitant les voitures, les automobiles et les piétons avec une maëstria qui aurait provoqué l\u2019amiration du détective, en d\u2019autres circonstances.Il gagnait sur le cab de Gordon, et quand la vingt-deuxième rue fut atteinte, Sullivan eut la satisfaction de voir le ro- fesseur debout dans sa voiture regarder derrière lui, dans la crainte de ne pouvoir échapper.La Revue Populaire 70 , \u2014Allez, allez! cria Sullivan.Vous les aurez! \u2014Sûr ! si les \u2018\u2018cops\u2019\u2019 ne m'ont pas avant ! répliqua le chauffeur.Sullivan fut retardé par un bâton blanc, au croisement de la trente-quatriè- me rue, et Gordon gagna une avance considérable.Mais une fois dégagée, l\u2019auto reprit sa vitesse et diminua la distance entre poursuiveur et poursuivis.Quand la machine de Gordon atteignit la quarante- deuxième rue, elle tourna à l\u2019est.\u2014Son objectif est le \u2018Grand Central\u2019 sûrement.Rattrapez-les, camarade.rat- trapez-les ! X Malgré la vitesse, cependant, quand ils atteignirent Vanderbils Avenue, et que Sullivan eut jeté au chauffeur un billet en lui disant de garder la monnaie, Gor- \u2018don et Ernesta s\u2019étalent évanouis.Le détective bondit dans la gare, momentanément déconcerté, mais nullement vaincu.Il vit Gordon quitter le guichet et se précipita à sa place.\u2014Boston! Vite! crit-t-il en jetant un billes de cinq dollars.\u2014Vous ferez bien de\u2019 courir, dit l\u2019employé.Sullivan n\u2019était pas léger, pourtant il vola presque à la porte de la salle d\u2019attente vers le quai.Comme Gordon poussait Ernesta à travers les portes battantes, Sullivan suivit, se glissant à travers l\u2019ouverture avant qu\u2019elles ne retombent.Il était si près des fugitifs que Gordon pouvait l\u2019entendre; en tous cas il se retourna et, tandis que le détective courait sur le quai, le poing du jeune professeur se détendit, l\u2019attrapant en plein dans la face.Sullivan entendit le eri d\u2019horreur d\u2019Er- nesta, chancela sous le coup et s\u2019étendit tout de son long sur l\u2019asphalte.Une demi-douzaine d\u2019hommes d\u2019équipe tent REESE SAI se précipitérent a son secours, était relevé avant qu\u2019ils l\u2019eussent atteint.\u2014Ca va bien! rugit-il.Ne me touchez pas! Malgré les efforts des gardiens pour examiner son billet, il franchit les grilles et tomba sur la plate-forme de la dernière voiture comme le train s\u2019ébranlait.Aussitôt sur ses pieds, il chercha son chapeau\u2014il n\u2019en avait plus \u2014mit sa main sur sa bouche, et la retira avec une grimace douloureuse.\u2014dJe lui ferai payer ca! murmura-t-il.Oui, et il va le payer tout de suite ! Tout le sang batailleur d\u2019une longue lignée d\u2019ancêtres irlandais bouillait dans les veines de Sullivan, tandis qu\u2019il parcourait les voitures examinant de près le visage de chaque passager.Car après car fut traversé, sans avoir trace de Gordon ou d\u2019Ernesta.Mais il les trouverait ! Ils ne pouvaient lui échapper ! Il essaya une autre porte ; elle ne s\u2019ouvrit pas.Un employé dit alors: \u2014On n\u2019entre pas; c\u2019est le wagon de la poste ! \u2014Eh bien, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a en avant?\u2014La locomotive.Le détective chancela, s\u2019accrocha à la barre d\u2019appui, et, comme l\u2019employé le faisait rentrer dans le car, il s\u2019affaissa, brisé, anéanti.XVI LE SECRET DU CAVEAU La femme du professeur Snyder différait de Mrs Hopkins en ceci, qu\u2019elle s\u2019intéressait profondément à tout ce qui touchait le collège et la profession de son mari.Trouver une excuse pour quitter la mais 1l | Lumière de Mort maison le, mardi soir n\u2019était chose facile.Pourtant, le professeur finit par convaincre Mrs Snyder qu\u2019il lui fallait absolument Joindre les professeurs Fischer et Rice au collège dans les environs de 10 heures, dans le but d\u2019examiner des phénomènes astronomiques qui devaient se produire à cette heure.Que Mrs Snyder crût ou non l\u2019histoire improvisée par son mari importe peu.Probablement la crut-elle, car il était devenu prodigieusement habile à dissimuler durant les dernières 48 heures.Une semaine plus tôt il n\u2019aurait pu dire un tel mensonge sans rougir ; à cette heure il le proférait, le regard assuré et l\u2019air nonchalant.° Rice et Fischer étaient déjà au rendezvous, le premier froid et composé, le dernier nerveux et sombre.Néanmoins, ils s\u2019étaient déjà procuré la brouette, celle qui avait servi la nuit précédente.et la pelle.Snyder vit quelque chose dans le fond de la brouette et frissonna visiblement.\u2014HEst-ce.L\u2019avez-vous déja enlevé de la glaciére?demanda-t-il.\u2014Non, grommela Fischer.Ce sont des couvertures pour l\u2019envelopper.Prenez les brancards.- Bon gré mal gré, Snyder se vit bientôt, roulant la brouette sur le même vieux chemin de la glacière ; Rice s\u2019avancait en tête, la pelle sur son épaule, Fischer marchait résolument à côté.Ils ne prononcèrent pas un mot durant le trajet.\u2014Là! murmura enfin Rice.vous.Snyder laissa tomber les brancards et suivit ses deux compagnons dans le bâtiment.Celui-ci était sombre, ou l\u2019aurait été plutôt, sans la lumière lugubre qui s\u2019é- donc pas Arrêtez- Jançait du coin où gisait le professeur 71 Hopkins.Au lieu de diminuer, l\u2019éclat avait augmenté depuis 24 heures.La lueur traversait maintenant le papier bleu, les planches et la sciure.\u2014Grand Dieu! s\u2019écria Rice.Il est heureux que nous soyons venus; demain matin, on l\u2019aurait vu même en plein jour! Vivement ils se mirent au travail, enlevèrent les planches, écartèrent la sciure ; puis ils traînèrent le corps sur le sol, le débarrassèrent du papier bleu et jetèrent dessus les couvertures, tout cela en détournant les yeux, et bien que celles-ci atténuassent l\u2019épouvantable iumière plus, efficacement que le papier, ils placèrent leur fardeau dans la brouette sans le regarder une seule fois.Alors Rice dit : \u2014 Maintenant, suivez-moi.Snyder se serait bien révolté contre ce métier de cheval de corbillard, mais su- bissart l\u2019autorité de ses deux collègues il se soumit.Les trois hommes contournèrent l\u2019étang, traversèrent un champ, descendirent à travers bois, la brouette buttant contre des racines, tombant dans des fondrières.Fischer aidait alors le malheureux Snyder à dégager le véhicule, mais Rice, marchait toujours en avant.A la fin on atteignit une route sans maisons, bordée d\u2019un côté par des arbres touffus, de l\u2019autre par un mur derrière lequel se voyait une haie épaisse d\u2019aubépine.L\u2019odeur qui s\u2019en dégageait fit frissonner Snyder.Elle lui rappelait le cimetière.C\u2019était bien en effet le cimetière, but de leur expédition.Bien que le chemin fût meilleur maintenant, Snyder était à bout de forces; ses bras refusaient de soutenir les brancards.Il dut les laisser tomber.\u2014 Allons! dit Rice brusquement.La Revue l\u2019opulaire \u2014Je ne peux pas! gémit le malheureux ° i Snyder.Je suis trop fatigué! \u2014Je vais vous remplacer! dit.Fischer qui prit sa placeê Le voyageur continua.Tout à coup, quelque chose que l\u2019obscurité les empêcha de distinguer, s\u2019élanca du bois à leur gauche, proféra un son guttural en s\u2019enfuyant, agita ses bras\u2014en admettant que ce fussent des bras\u2014et frappa Snyder sur la tête avec un objet que l\u2019apparition tenait dans une de ses mains\u2014en admettant que ce fussent des mains\u2014lui enfoncant son chapeau jusque sur les yeux.On entendit un bruit de bois brisé, puis.plus rien!.Il ne resta sur la route que trois hommes terrifiés, trop épouvantés pour courir.Leurs genoux ne les supportaient plus, et pendant un moment, ils ne purent même parler.Rice revint à lui le premier et murmura: \u2014Qu\u2019est-ce que c\u2019était.\u2014(Ça allait trop vite! dit Fischer.\u2014CÇa devait être un animal.une vache ou un cheval.\u2014 Non, protesta Snyder, on m\u2019a frappé! Voyez, mon chapeau est enfoncé sur mes oreilles! \u2014Impossible ! reprit Rice.Si c\u2019était un homme, il aurait parlé.Ça doit être une vache égarée.\u2014 Mais.balbutia Snyder.Mon chapeau.\u2014Sa queue vous aura attrapé.Venez! Fischer se baissa pour reprendre son fardeau mais Rice lui-même était trop effrayé pour continuer son chemin.\u2014Non, attendez! ordonna-t-il.Il faut être sûrs! \u2018 A ce moment se produisit une de ces choses fortuites, qui ne sont si improbables que pour prouver que l\u2019improbable seul arrive toujours.un faible meuglement se fit entendre. Un soupir d\u2019infini soulagement souleva simultanément les poitrines des trois complices.\u2014Merci, mon Dieu! C\u2019était une vache! s\u2019écria Rice.Sa voix avait repris son assurance en ajoutant: Continuons! Ils franchirent la grille du.vieux cimetière, parcoururent une allée pardée par ceux qu\u2019ils avaient connus et aimés, passèrent devant des monuments oceupés par des amis sur lesquels ils avaient répandu des pleurs, montant toujours, toujours, an point que l\u2019athlétique Fischer lui-même haletait sous la rigueur de la tâche.Enfin, ils atteignirent le sommet de la colline.Derrière eux s\u2019étendait la cité du repos ; en face d\u2019eux un mur de cédres; directement à leurs pieds s\u2019ouvrait un caveau couvert d\u2019un mausolée de pierre blanche.\u2014C\u2019est là! dit Rice.C\u2019est mon caveau.Il n\u2019y a personne.encore.Ils enlevèrent de la brouette le fardean enveloppé de couvertures et le mirent dans le caveau.La construction inachevée ne comportait pas de porte, mais 1\u2019ouverture opposée à la ville faisait face aux murs de cèdres sombres.Les trois professeurs ne dirent aucun requiem, ne murmurèrent aucune prière.Ils priérent cependant, en silence, mais pour eux, non pour l\u2019homme qu\u2019ils laissaient là.Silencieusement encore, ils reprirent le chemin du village; Fischer se proposa pour remettre la brouette en place.Au pied de la colline qui conduit au collège, ils se séparèrent, Snyder et Rice pour aller retrouver leurs femmes, Fischer pour rapporter le char funèbre improvisé.Mrs Snyder attendait son mari.\u2014Eh bien, demanda-t-elle dès qu\u2019il fut entré, les phénomènes astronomiques se sont-ils manifestés ?Lumière de Mort \u2014JLégèrement, ma chère, légèrement.\u2014Croyez-vous que la soirée de demain sera plus favorable ?\u2014Je ne peux le dire, ma chère, je ne peux le dire! Il espérait sincèrement qu\u2019elle ne le serait pas, mais ainsi que nous le savons, la nuit suivante fut fertile en phénomènes \u2014phénomènes qui se produisirent dans le ciel au-dessus de la colline du \u2018\u2018Champ de Repos\u2019\u2019,\u2014et que, parmi tous les témoins, le malheureux trio suivait avee le plus d\u2019intérêt.\u2014Mon cher, demanda Mrs Snyder quand après souper, son attention fut attirée par l\u2019étrange lueur du ciel.Mon cher, supposez-vous que èe soit le phénomène que vous examiniez la nuit dernière?\u2014Je ne voudrais pas être aussi affirmatif, répondit le professeur avec effort, je ne peux le dire; je.je vais aller me consulter avec Rice et Fischer.Il sortit en chancelant et se mit à la recherche de ses complices.Il trouva Rice debout dans la rue, haletant, les yeux tournés vers le cimetière.\u2014Rice, mon Dieu! s\u2019écria Snyder en s\u2019accrochant à lui.\u2018 \u2014Horrible! horrible!.Snyder, j'ai peur que nous n\u2019ayons commis une effroyable erreur.Nous avons agi comme des fous.Nous avons.Grand Dieu, ! qu\u2019avons-nous fait?Qui nous a poussés à cette folie?.Fischer les trouva là ; son visage basané trahissait sa crainte intérieure.\u2014Eh bien ?leur demanda-t-il.Eh bien ?répéta-t-il devant leur silenee.\u2014Je ne sais pas! murmura Rice.Leur angoisse s\u2019augmentait de l\u2019apparition de leurs connaissances qui en appelaient à eux pour avoir une explication de la lueur surnaturelle.Hs frissonnèrent en entendant quelqu\u2019un suggérer qu\u2019on devrait allez voir, craignant bien à tort qu\u2019un plus courageux fit le voyage.Ils ne rentrèrent chez eux que très tard et se levèrent fréquemment, durant la nuit, pour voir si la lueur brillait toujours.Le jour seul l\u2019éteignit.Avec le soleil, l\u2019espoir se releva temporairement, et quand ils se rencontrèrent au collège, ce fut dans un meilleur état d\u2019esprit, pour considérer la situation qui, de l\u2019avis unanime, était maintenant désespérée.XVII LA PHOTOGRAPHIE MYSTERIEUSE Messieurs, dit Rice, quand il put rencontrer ses deux collègues, j'ai beaucoup réfléchi depuis hier.Mes réflexions m'ont amené à conclure, et je suis certain que vous êtes de mon avis, que nous arrivons à une crise.Ai-je raison ?Fischer et Snyder approuvèrent silencieusement.Rice continua : \u2014D\u2019une facon ou d\u2019une autre, j'ai été poussé à prendre la direction de toutes choses concernant cette malheureuse affaire; je voudrais maintenant ne plus avoir voix délibérative\u2014non que je veuille éluder les responsabilités, je vous l\u2019assure, mais simplement parce que je crois mon jugement faux et que si nous devons trouver le moyen de sortir de nos tourments, un autre doit nous diriger.Avant de rentrer dans le rang, cependant, lais- sez-moi vous dire ceci: Nous en sommes à un point où il ne s\u2019agit plus de tergiverser ; ou le corps sera découvert ce soir, ou nous devons en disposer de facon à en faire disparaître toute trace \u2014 Snyder se FULT TRE La Revue Populaire remua avec malaise.\u2014 \u2018\u2018En dehors de cela, une seule voie est ouverte devant nous\u2019\u2019, continua Rice.Snyder reprit espoir.Rice avait-il résolu le problème?Pouvait-on espérer un rayon de soleil?.Les premiers mots du mathématicien le firent retomber dans les ténèbres.\u2014Nous pouvons nous rendre devant les autorités compétentes, confesser notre complicité dans le.le crime, et laisser la loi suivre son cours! Fischer grogna, Snyder tressaillit et regarda Rice avec épouvante.\u2014La loi?répéta-t-il.\u2014La loi! dit Riée froidement.Je ne suis pas versé dans les questions légales, mais e suis moralement certain que nous sommes coupables de crimes suffisants pour nous faire mettre en prison! \u2014Ou dans une maison de fous! dit Fischer.\u2014Ou dans une maison de fous.J\u2019ineli- ne à croire qu\u2019une cour entendant notre histoire conclurait immédiatement a la folie.Je ne doute nullement qué nous n\u2019en ayons été atteints depuis.depuis le commencement de cette épouvantable affaire.Je.\u2014Arrétez! s\u2019éeria Fischer avec impatience.Que nous soyons tous ou criminels importe peu; nous ne voulons pas être punis! Je jure pour ma part que je ne le serai pas si je peux l\u2019empêcher.Rice sourit.\u2014 Docteur Fischer, dit-il, je devine que vous avez une proposition à faire.En ce cas, je vous abandonne bien volontiers la direction.Il s\u2019assit d\u2019un ait résigné, et s\u2019apprêta à écouter l\u2019Allemand qui hésitait à parler.\u2014Eh bien, commenca Fischer.Voilà ! Vous disiez que le corps serait sûrement découvert ce soir.Il le sera si cette lueur PATA TCT pg - ne subsiste pas, et je ne crois pas qu\u2019elle subsiste.Aussi, qu\u2019y a-t-il à faire!.Ceci! Il se pencha, ses yeux bleus d\u2019acier fixés sur Rice et Snyder, une main levée de quelques pouces au-dessus du bureau placé près de lui, pour souligner chaque mot d\u2019un petit coup sec accentuant ainsi l\u2019intervalle dramatique qui séparait chacun de ses mots: .\u2014 II.faut.que.le.soit.découvert.par.nous! \u2014Comment?s\u2019écrièrent à l\u2019unisson Rice et Snyder.Ils avaient immédiatement saisi l\u2019idée de leur compagnon.\u2014Puisqu\u2019il faut que quelqu\u2019un le trouve, continua l\u2019Allemand, que ce soit nous.Dirigeons les recherches; en qualité d\u2019hommes de science, proposons-nous pour découvrir la cause de cette lueur étrange, et alors.Il agita les mains comme pour disperser les nuages qui assombrissaient l\u2019horizon, et retomba dans son fauteuil avec un soupir de satisfaction.\u2014Fiiscer, dit Rice, vous avez trouvé, vous avez résolu le problème! \u2014Vous nous avez sauvé la vie! déclara Snyder.\u2014 Messieurs! protesta Fischer avec une feinte modestie.Les choses ainsi conclues, ils reprirent leurs travaux le coeur plus léger qu\u2019ils ne l\u2019avaient senti depuis longtemps.Le Doyen Quimby, en remarquant le changement d\u2019allure de ses subordonnée, se perdit en conectures.Avaient-ils entendu parler d\u2019Hopkins?Le professeur revenait-il?Qu\u2019était-ce ?Il aurait voulu pouvoir en conférer avec Sullivan.Dans la ournée, il recut deux communications importantes.L'une, du professeur corps.Lumière de Mort Ur ts BEA courrier spécial, disait ceci : Mon cher Doyen, \u2018\u201cJe vous écris pour m\u2019excuser de mon \u201cdépart précipité.Il fut forcé, et bien \u201cque je ne puisse m\u2019expliquer clairement \u201cdans cette lettre, je vous assure qu\u2019il \u2018\u201cétait absolument nécessaire.Je vous en \u2018\u201cconvaincrai à mon retour.\u2018\u201cJe dis \u2018\u2018à mon retour\u2019 et pourtaît, je \u2018\u201cne sais pas si je reviendrai; tout au \u2018\u201cmoins, je ne puis dire avec une absolue \u201ccertitude quand il aura lieu.Je suis sous \u2018\u201cle coup de tortures mentales sur la na- \u2018\u201ctures desquelles je ne peux m\u2019appesan- \u2018tir.Quel en sera le résultat?Peut-être \u2018\u201cme ramèneront-elles aujourd\u2019hui; peut- \u2018\u201cêtre dans quelques jours; peut-être\u2014je \u2018\u201cne le crois cependant pas\u2014jamais! \u201cDans tous les cas, je vous supplie de \u2018\u201ceroire que tout ce que j'ai fait, tout ce \u2018\u201cque vous pouvez entendre dire, a été \u201cfait dans les meilleures intentions.\u2018\u201cEn outre, s\u2019il m\u2019est permis de parler \u201cpour une autre, laissez-moi vous assu- \u2018\u2018rer que les commérages malveillants \u2018\u201cconcernant une estimable jeune fille du \u2018\u201ccolléege et le professeur Ilopkins sont _\u201c\u201cabsolument sans fondement.\u2018\u201cJe vous demande pardon pour ces ef- \u2018\u2018fusions maladroites.je voudrais pouvoir \u2018\u201cvous dire ce que je sens.je ne peux \u201cpas! \u201cQuoi qu\u2019il en soit, Estimé Monsieur, \u2018\u201cje vous remercie de la bienveillance que \u201cvous m\u2019avez toujours témoignée, et vous \u2018\u201c prie de me permettre de me dire encore, ° Votre fidèle, George Gordon.Gordon, datée de New-York et venue par PET RTE REP EIRE FORCE f \u2018 qe PRES Gt 5 A * EAN XR Quand le Doyen eut lu et relu cette lettre une demi-douzaine de fois, il essuya les verres de son lorgnon et dit: \u2014Je voudrais bien que le détective fût ici! Quelques instants plus tard, il recevait un télégramme de Sullivan, ainsi coneu : \u2018\u201cAyez des échantillons de l\u2019eau de l\u2019é- \u201c\u2018tang; faites enquête sur l\u2019histoire Dan \u201cRice.Développements stupéfiants, cas \u2018\u201c\u2018Hopkins.Arriverai 6 h.45.\u2019 \u2014Dieu me bénisse! s\u2019écria le Doyen.Qu\u2019est-ce que cela veut dire?.Surveiller Snyder, Rice et Fischer! Grand Dieu, quel homme merveilleux pour avoir déja connaissance du changement survenu en eux depuis hier!.D\u2019ou vient le télégramme?.Stamford, Connecticut.Il doit avoir été plus loin qu\u2019il ne s\u2019y attendait.et la lettre de Gordon de New- York.Peut-étre Sullivan.Bah! je ne chercherai pas à démêler tout ceci, c\u2019est trop compliqué pour moi.Je voudrais seulement qu\u2019il fût arrivé! Pourtant, le Doyen sé conformant à la requête\u2014aux instructions de la dépêche, se fit donner tous les ouvrages sur le radium contenus dans la bibliothèque du collège, et demanda même à quelques-uns des professeurs s\u2019ils n\u2019en possédaient pas d\u2019autres.Quand il rencontra Snyder dans le hall et lui posa la même question, le Doyen fut surpris des allures de celui-ci.Snyder s\u2019approchait, l\u2019air tout à fait joyeux, en meilleur état d\u2019esprit qu\u2019il ne l\u2019avait certainement été depuis le commencement de la semaine.Il salua le Doyen d\u2019un cordial \u2018\u2018Bonjour!\u2019 et allait passer quand ce dernier lui dit : \u2014N\u2019auriez-vous pas d\u2019ouvrages sur le radium, professeur Snyder?Le visage du professeur prit instanta- La Revue Populaire nément la couleur du parchemin; il regarda le Doyen avec des yeux vitreux, balbutia des mots sans suite et se sauva, laissant le vieillard bouche bée.\u2014Surveiller Snyder! se dit le Doyen.Je crois qu\u2019il en a vraiment besoin! Ii est fou! Le jardinier ne fut pas surpris d\u2019étre envoyé à l\u2019étang pour remplir deux ou trois pots de verre; tout le monde avait pris de l\u2019eau, quoi de plus naturel que le Doyen, un homme de science, voulût en faire l\u2019analyse.Mais ce qui le surprit davantage, ce fut d\u2019être appelé dans le bureau du grand chef et de s\u2019entendre dire confidentiellement : \u2014Je voudrais que vous descendiez à l\u2019hôtel et que vous sachiez ce qu\u2019on raconte d\u2019un musicien aveugle \u2014Dan Hawkins \u2014qui aurait vu un revenant ou quelque chose de semblable.J\u2019ai besoin de le savoir.pour des raisons personnelles.\u2014Oul m\u2019sieur.Si j\u2019trouve Hawkins, faudra-t-y 1\u2019ram\u2019ner iei?\u2014Non.Pourtant, vous pouvez lui demander de passer chez moi ce soir, vers sept heures.Vous n\u2019avez pas besoin de dire pourquoi.et portez aussi l\u2019eau chez moi.Rien ne se produisit dans la journée ; le Doyen rentra à son heure habituelle, soupa, et se retira dans son cabinet pour attendre l\u2019arrivée du détective Sullivan.Le bureau du Doyen Quimby présentait ce soir-là un spectacle pittoresque et lunsité.Assis à sa table encombrée de lourds volumes qui, à en juger par leurs titres, traitaient tous du radium ou de produits similaires, il avait près de lui, sur le parquet, quelques bocaux et un grand seau remplis d\u2019une eau bourbeuse.En face de lui, Hawkins était assis, ses yeux sans vie fixés dans le vide, irrité du silence imposé par le Doyen qui l\u2019avait = 32 lm a es Lumiere de Mort empéché de raconter son histoire avant l\u2019arrivée d\u2019une personne attendue.De temps en temps, le Doyen regardait sa montre, se demandant ce qui pouvait retarder le détective: En réalité, Sullivan était à Graydon depuis quelque temps déjà.Quand il avait été capable de se reprendre assez pour raisonner clairement après avoir envoyé son télégramme de Stamford, il découvrit que le train ne s\u2019arrêtait pas à la jone- tion de la correspondance pour Graydon.Il lui faudrait done aller jusqu\u2019à Boston,g et, par conséquent, retarder de 24 heures son arrivée.C\u2019était impossible.En s\u2019informant auprès des employés, ii apprit qu\u2019il pouvait s\u2019arrêter à environ quatre milles de sa destination, et, par de savantes combinaisons de trolleys, atteindre Graydon non seulement aussi vite qu\u2019il pensait le faire par le chemin de fer, mais bien une heure plus tôt.Une promenade d\u2019un peu plus d\u2019un mille au bout du trajet, n\u2019avait rien qui pût l\u2019inquiéter.Un peu avant six heures, il s\u2019approchait done de Graydon, par un chemin opposé à la station, qui contournait le collège et descendait la colline jusqu\u2019au village.Le collège était silencieux.Sullivan regarda le bâtiment, et,les lèvres encore enflées du coup asséné par le jeune professeur, les yeux étincelants de haine sous les bords d\u2019un chapeau beaucoup trop large pour sa tête, emprunté à un garde- frein, il retrouva la fureur qui l\u2019avait envahi quand il avait découvert que Gordon et Ernesta n\u2019étaient pas dans le train.\u2014Je les aurai! je les aurai morts ou vifs! murmura-t-il.Et j\u2019éclaireirai tout ce soir! Un rayon de soleil couchant tombé sur le diamant de sa cravate lui fit croire un moment que le bijou se retrouvait sous Vinfluence de l\u2019étrange force qui l\u2019avait A iii dette Gr rt te ts Et fait briller dans les bois, le lundi soir, et quoiqu\u2019il comprit bien vite son erreur, l\u2019incident rappela à son esprit l\u2019étang dont il n\u2019était qu\u2019à quelques pas.Il résolut de s\u2019y rendre et d\u2019examiner sur place l\u2019eau dont il avai lu, le matin, l\u2019étrange propriété.Il tourna à gauche, traversa le bois et se trouva bientôt sur le bord de la pièce d\u2019eau près de la glacière.L\u2019herbe foulée, les bouteilles vides dispersées le long des berges disaient l\u2019histoire des événements des heures précédentes.Le détective remarqua tout et plongea la main dans l\u2019eau.Au\u201d toucher elle ne différait nullement de l\u2019eau ordinaire ; il ne put constater aucun picotement, aucun frémissement élee- trique.Le phénomène disparu, l\u2019étang de Bradley avait repris son calme d\u2019antan.Désappointé, mais plus impatient que jamais de trouver un indice qui l\u2019amènerait à la solution du mystère, Sullivan se releva et regarda autour de lui.La glacière attira son attention.La première chose qu\u2019il vit en entrant dans la vieille bâtisse fut, dans un coin, un tas de planches sur lesquelles était répandue une assez grande quantité de sciure.\u2014Ah, ah! dit-il en pensant aux quelques grains de même substance qui restaient encore dans la poche de son vestan.Derrière les planches qu\u2019il écarta, il trouva une certaine quantité de papier bleu et un paquet de cordes, nouées et emmêlées ayant évidemment servi à lier un grand colis.Sullivan étendit le papier sur lé sol et en défripa un morceau.Il faisait encore assez clair pour apercevoir sur le papier quelques marques floues et indistinctes, mais donnant l\u2019idée d\u2019une épreuve photographique, bien qu\u2019il fût impossible d\u2019en 97 La Revue Populaire découvrir le sujet.Tout à coup, un point du papier fit haleter le détective.Les marques dessinaient distinctement un oeil humain! Sullivan examina avec ardeur tous les autres morceaux et les trouva tous plus ou moins marqués des mêmes traits vagues.Il n\u2019aurait même pu dire ce qu\u2019il supposait, mais il avait la certitude que ces marques racontaient l\u2019histoire du mystère Hopkins.Ah! s\u2019il avait pu lire clairement cette histoire ! Le détective rassembla les feuilles de papier, roula les ficelles qu\u2019il mit dans sa poche, puis sortit précipitamment de la glacière, le papier dissimulé sous son paletot qu\u2019il boutonna étroitement.Au pied de la colline, il rencontra Mrs Hopkins.La pauvre femme marchait comme une somnambule, ses yeux enfoncés fixés devant elle sans rien voir.Ses traits amalgris, ses regards vagues dénotaient des nuits sans sommeil et des heures d\u2019agonie mentale.Tout d\u2019abord, elle n\u2019aperçut pas le détective et serait passée près de lui - sans s'arrêter s\u2019il ne lui avait parlé.Au son de sa voix elle tressaillit, le fixa d\u2019un regard absent, puis, le reconnaissant tout à coup, s\u2019élanca vers lui en poussant un eri.\u2014Oh! Monsieur Sullivan! s\u2019écria-t-elle.Où avez-vous été?Qu\u2019avez-vous découvert?Où est-il.oh! où est-il?\u2014Calmez-vous, Madame.Je me suis éloigné pour des raisons graves.Quant à votre mari.\u2014Dites.dites.! supplia-t-elle.\u2014Eh bien.je ne peux pas.c¢\u2019est-a- dire exactement.mais je vous assure, Madame, qu\u2019il n\u2019est pas trés loin, et que vous pouvez entendre parler de lui à toute minute.: 78 \u2014Oh! cria-t-elle avec ardeur: il revient! il revient! Je le reverrai! Toute trace de ressentiment, si cruelle ment que l\u2019eût traitée son mari, avait disparu.Elle ne désirait plus qu\u2019une chose, l\u2019avoir encore près d\u2019elle.Elle pardonnerait tout! La pauvre femme se décernait même tout le blâme pour cette -malheu- reuse affaire ; c\u2019était son manque d\u2019intérêt aux travaux du professeur, sa froideur, qui I\u2019avaient éioigné.Elle voulait étre une autre femme a partir de maintenant.Mais Sullivan pensait de son devoir de ne pas lui dire, de ne pas lui laisser croire qu\u2019elle reverrait jamais le professeur vivant.En réponse a son exclamation d\u2019espoir, il dit: \u2014 Eh bien, Madame, espérons, espérons!.quoi qu\u2019il en soit, je ne peux rien vous dire à présent.Je vous conseille de retourner chez vous et d\u2019attendre.Je vous verrai dans la soirée, et peut-être pourrons-nous tout éclaircir cette nuit.Seulement, préparez-vous.il allait ajouter, au pis, mais modifia ses paroles et dit: au désappointement! \u2014Je ne peux en éprouver beaucoup plus! répondit Mrs Hopkins avec un sourire amer.Sullivan la regarda s\u2019éloigner, puis courut chez le Doyen.Tout d\u2019abord, il entendit l\u2019histoire de Dan Hawkins, puis renvoya l\u2019aveugle en lui faisant jurer de ne raconter son aventure à personne, Une fois seuls, le Doyen et le détective se plongèrent dans l\u2019examen du mystère.\u2014J\u2019ai là, Je crois, dit Sullivan en sortant de sa poche les coupures de journaux examinées le veille.Il ressort de tous ces papiers que tous les savants sont plus ou moins fous d\u2019un produit nouveau qu\u2019ils appellent le \u2018\u201cradium\u2019\u2019, et je me suis lais- Ç > sé dire que le professeur Hopkins, lui aussi, en perdait le boire et le manger.Examinons ces bouts de, papier.Comme résultat de cet examen, et grace aux livres rassemblés sur la table, compulsés par les deux chercheurs, ils restèrent tous deux, en face l\u2019un de l\u2019autre, muets d\u2019étonnement.I] se trouvait parmi les coupure, le compte-rendu d\u2019une expérience faite par le docteur Emile Javal, un savant fran- çaiïs distingué, aveugle de naissance, qui avait réussi à faire voir les aveugles au moyen du radium.\u2014L'histoire de ce musicien n\u2019a-t-elle pas quelque analogie avec celle-ci?s\u2019écria Sullivan.| \u2014 Certainement ! Le radium produit d\u2019étranges phénomènes ; ses effets sur le diamant, par exemple.\u2014Lesquels?demanda le détective en mettant machinalement la main sur le bijou de sa cravate.: \u2014Un diamant placé dans un rayon de radium prend un éclat qui ne se rencontre, dans des cas trés rares, que dans certaines pierres.La lueur du diamant semble alors s\u2019élancer en rayons vifs et produit des effets très particuliers.\u2014Combien de temps durent ces effets ?\u2014Très peu de temps après que l\u2019influence des rayons radiographiques ne se fait plus sentir.Pourquoi?Sullivan raconta au Doyen l\u2019histoire qui lui était arrivée à lui-même.\u2014Vous avez dû approcher quelque substance radioactive, conclut le Doyen.Qu\u2019est-ce que cela pouvait être?\u2014Je le découvrirai, et avant qu\u2019il soit longtemps! dit Sullivan, un singulier regard dans les yeux.Et maintenant, monsieur le Doyen, voici autre chose.II tira de sous son vêtement les feuilles de papier trouvées dans la glacière.Lumière de Mort \u2014Quel est ce papier?demanda-t-il.S\u2019en É sert-on au college?\u2014Oui, c\u2019est du papier sensible, utilisé en photographie.D\u2019où le tenez-vous?\u2014Cela importe peu pour le moment.Ce que je veux savoir est, si dans ces découpures, il n\u2019est pas question de photographies faites à l\u2019aide du radium?\u2014Nous allons voir.Ah! voici: c\u2019est le rapport d\u2019un M.Skinner à la \u2018\u2018British Physical Society,\u201d\u2019 en juin 1907, concernant les rayons Becquerel.Le professeur Henry Becquerel, de Paris, plaça une mé- médaille d\u2019aluminium dans une enveloppe de papier noir et couvrit le tout avec une crate sur laquelle étaient dispersés quelques cristaux radioactifs.La carte était faite de papier sensible et l\u2019effet des cristaux fut d\u2019y imprimer, malgré l\u2019épaisseur du papier noir, une radiographie très distincte de la pièce.\u2014Une radiographie est une photographie, n\u2019est-ce pas?\u2014Oui.\u2014Le radium ou quelque produit similaire peut-il faire une photographie sur ce papier sensible?Le Doyen fit un signe affirmatif.\u2014Alors, dit Sullivan, je jurerais que nous avons ici la solution du cas Hopkins.Il posa le papier sur le plancher et essaya d\u2019en raccorder les feuillets.Le Doyen le surveilla un moment en silence; à la fin, il demanda : \u2014 Puis-je savoir ce que vous voulez faire ?\u2014J\u2019ai trouvé ce papier dans la glacière; il a servi à envelopper quelque chose; très probablement ce qui a fait étinceler mon diamant.Si mes prévisions sont justes, les marques qui les illonnent peuvent dévoiler ce qu\u2019il recouvrait.Regardez ici.ne dirait-on pas un oeil humain ?Le Doyen examina le papier. \u2014Je crains de ne pas avoir votre imagination, dit-il.\u2014Eh bien, je garde ma conviction, et je suis sûr, si j'arrive à les ajuster exae- tement, que ces feuilles nous montreront un visage! Il continua sa tâche, arrangeant, dérangeant.les papiers, sans succès apparent.Tout à coup, il s\u2019arrêta en riant.\u2014J\u2019y suis! s\u2019écria-t-il, vous allez voir maintenant.Il venait de comprendre son erreur en ne tenant pas compte des bords des feuilles qui devaient se superposer tout naturellement si elles avaient, en effet, entouré quelque chose.Sur quelques-uns des morceaux, les marques étaient faibles, sur d\u2019autres beaucoup plus nettes; quelquefois une empreinte très forte s\u2019obseur- cissait au milieu d\u2019une feuille.Avec des épingles et de la colle, Sullivan raccorda les feuillets et les mit en place.Au bout d\u2019une demi-heure, il se releva et regarda le résultat.On voyait bien un dessin, mais rien, qu\u2019on pût reconnaître, ni qui se rapprochât d\u2019une figure humaine.Une idée lumineuse jaillit soudain à l\u2019esprit du détective.\u2014C'est cela, c\u2019est cela! s\u2019écria-t-il, c\u2019est, le dessin d\u2019un homme photographié de tous côtés à la fois.On a roulé le papier autour de lui; ne voyez-vous pas! Regardez! Il donna au papier la forme d\u2019un rouleau, puis il le tint ainsi, devant la lumière de telle sorte que l\u2019intérieur fût éclairé.\u2014Regardez! cria-t-il au Doyen en tenant le papier devant ses yeux étonnés.Celui-ci regarda le papier qui s\u2019agitait dans les mains tremblantes de Sullivan, et retomba sur son siège en s\u2019écriant d\u2019une voix rauque : La Revue Populaire \u2014Grand Dieu!.C\u2019est Hopkins! XVIII HISTOIRE DE LA FUITE D'ERNESTA Ernesta Frost, accrochée au bras de Gordon, le jeudi matin après sa seconde visite à la maison de Twenty-third street, était baignée de sourires.Pour la première fois depuis de nombreuses heures, la jeune fille se sentait complètement heureuse ; la terrible tension sous laquelle elle se débattait depuis plusieurs jours n\u2019existait plus; tension occasionnée non seulement par l\u2019importance de la mission qu\u2019elle avait à accomplir, mais par l\u2019obligation de la tenir cachée à celui qu\u2019elle aiamait.Bientôt, cependant, la vue d\u2019un homme assis sur un bane de Madison Squrae, le dos tourné vers eux et penché sur un journal dont la leteure paraissait la passionner, transforma ses sourires en une expression d\u2019horreur.Elle se retira avec un petit cri, et serra plus fortement le bras de son compagnon, comme pour implorer sa protection.\u2014Qu\u2019y a-t-il?demanda celui-ci.; \u2014Oh George! dépêchons-nous, dépê- chons-nous! s\u2019écria-t-elle en essayant d\u2019attirer Gordon dans une autre direction.Il résista, pensant que quelque chose avait terrifié Ernesta, que peut-être quel- qu\u2019un l\u2019avait insultée et s\u2019apprêtant à la défendre.\u2014Qu\u2019y a-t-11?répéta le jeune professeur.\u2014Un homme! balbutia la jeune fille.11 m\u2019a suivie dans Boston et., et ici! Involontairement ses yeux étaient fixés sur l\u2019inconscient Sullivan absorhé par la lecture des stupéfiantes nouvelles de Gray- don.Gordon suivit la direction du regard ATA AY \u2018de sa fiancée et s\u2019avanca les poings serrés vers l\u2019homme dont il ne voyait que le dos, insensible aux supplications d\u2019Ernesta qui voulait la retenir.; Quand il fut tout près du liseur, la jeune fille eria : \u2014Oui, c\u2019est lui! Gordon bondit, prêt à punir l\u2019insolent, quelque fût son crime.Tout à coup, com- imne il a été dit, son attitude changea, ses poings se desserrèrent, son regard belliqueux fit place à une expression d\u2019épouvante.Il avait reconnu Sullivan pour l\u2019étranger qu\u2019il avait rencontré à la gare de Graydon la nuit du lundi, et, l\u2019assimilant à l\u2019affaire Hopkins, il en venait tout droit à cette conclusion que sa disparition avait fait pointer vers lui le doigt de l\u2019accusation et qu\u2019on avait envoyé cet homme à sa recherche.Gordon n\u2019était pas lâche, mais terrifié.Les hommes les plus timides marchent vers la prison en souriant ; les plus braves tremblent et s\u2019y font traîner.Gordon n\u2019était plus un homme mais un eriminel traqué\u2014du moins le croyait-il\u2014 il n\u2019avait qu\u2019une idée : échapper! Il attrappa Ernesta par le poignet et s\u2019enfuit, se disant que s\u2019ils pouvaient distancer Sullivan qu\u2019il avait vu se disposer à les suivre, ils pourraient atteindre le train de Boston qui partait à 10h.Ls.Quand le taxi-cab du détective fut arrêté, le coeur de Gordon bondit de joie ; il se crut sauvé.Mais en quittant le guichet, il vit avec épouvante son ennemi entrer dans la gare.On sait déjà ce qui suivit: la poursuite du détective, le coup de poing magistral appliqué par Gordon, le cri d\u2019Ernesta.Après avoir poussé ce cri la Jeune fille s\u2019évanouit; Gordon abandonna le détective pour la soutenir, oubliant tout ce qui Lumière de Mort n\u2019était pas sa fiancée.Un employé apporta de l\u2019eau, lui baigna le visage.Enfin elle ouvrit les yeux.Gordon s\u2019écria : \u2014Venez, venez! le train!.Il faut l\u2019avoir! Il releva Ernesta et soutint sa marche chancelante jusqu\u2019a la grille.elle était fermée! \u2014Trop tard! dit le gardien impassible.Le camarade l\u2019a eu; mais vous-ne l\u2019aurez pas! Gordon ne fut pas long à agir.Il dégagea Ernesta de la foule de curieux qui les entourait, la fit monter dans un cab et tomba sur les coussins près de la jeune fille perdue d\u2019étonnement.Elle retrouva enfin la voix et demanda : \u2014George, George! qu\u2019est-ce que tout cela veut dire?Quel est cet homme?Où allons-nous?Il ne répondit pas; elle le secoua par le bras.Ce mouvement le tirant de sa torpeur, il dit au cocher: \u2014Hôtel de Ville! puis se tournant verg Ernesta : \u2018\u2018Nous allons nous marier!\u201d \u2014Nous marier! s\u2019écria-t-elle en rougissant.\u2014Oui.Parce que je veux tout vous dire.parce que je veux que vous me disiez tout ; et cela ne peut être que si nous sommes mari et femme! La loi américaine n\u2019exigeait pas encore de licence à cette époque.Gordon et Er- nesta se trouvèrent done bientôt les mains unies, devant un magistrat, répondant aux questions qui les faisaient époux, moins d\u2019une demi-heure après qu\u2019ils eurent quitté la gare.La voiture les attendait ; ils y remontèrent et seulement alors, Gordon revint complètement à lui.Il se tourna vers sa femme, l\u2019attira sur sa poitrine et l\u2019embrassa tendrement, puis il dit : \u2014Maintenant\u2026 La Revue Populaire Il parla le premier.Nous connaissons les faits.Quand il eut terminé, il ajouta ; \u2014Telle est ma confession ; Je vous prie de ne pas me juger encore; laissez-moi d\u2019abord entendre votre histoire ; nous déciderons ensuite ce que nous avons à faire.Si le récit de Gordon était fait pour étonner sa jeune femme, le sien n\u2019eut pas moins d\u2019effet sur lui.Voici ce qu\u2019elle lui raconta : \u2014Pendant ces six derniers mois, le professeur Hopkins fit des expériences sur le radium.Tout d\u2019abord, il ne voulut même pas me dire quelles étaient ses espérances.Quand je le questionnais, il se contentait de me répondre que s\u2019il réussissait, il serait non seulement le chimiste le plus fameux du monde, mais peut-être un des plus riches.Jour après jour, les classes finies, il me demandait de rester avec lui pour travailler ces formules abstraites, pour lire de longs rapports sur le résultat d\u2019expériences faites par divers savants, pour écrire sous sa dictée de longues lettres à différentes personnes, quelques-unes adressées à M.Curie à qui on doit la découverte du radium.J\u2019avais à prendre des notes, à lire des papiers, à préparer des appareils, et toujours avec une idée très vague du but auquel tout cela tendait.Au bout de quelque temps, le professeur en vint à me demander de revenir au laboratoire le soir; et alors, vous savez, George, ce que vous avez cru et comment nous nous sommes disputés.\u2014C\u2019est oublié, dit Gordon, continuez.\u2014Le professeur Hopkins avait obtenu de la courtoisie de M.Curie une petite quantité de radium.Ses diverses expériences, dont beaucoup ne réussirent pas, avaient épuisé cette provision et pendant quelques jours il fut profondément découragé.Il me dit, quand je lui demandai la raison de son abattement, que le radium 82 lui manquait juste au moment où il voyait le succès en face de lui.Je le suppliai de me mettre plus complètement dans sa confidence; il céda enfin à ma prière.Tout d\u2019abord, j\u2019eus des craintes pour sa raison.Certain que les rayons ou les émanations du radium pouvaient exercer sur la vie animale un effet auquel la science n\u2019avait jamais songé, il était sur le point, déclarait-il, de trouver une composition qui révolutionnerait le monde.Il m\u2019assura qu\u2019une découverte \u2018aussi merveilleuse n\u2019avait jamais été faite dans aucun champ de la science, et se refsua 3 m\u2019en dire plus, de crainte que je ne le crusse fou.À présent, dit-il, je vais vous demander votre assistance.J\u2019ai eu peur dernièrement que la nature de mes expériences n\u2019ait été connue ou soupeonnée par quelques membres de la faculté.J'ai vu le professeur Gordon me regarder étrangement dans plusieurs occasions.\u2014Vous savez pourquoi ?interrompit Gordon.Ernesta lui pressa la main et continua : \u201cJe n\u2019ose quitter mon laboratoire, ajouta le professeur Hopkins, dans la crainte qu\u2019on ne s\u2019y introduire pour voir ce que jy fait.Pourtant, il est absolument nécessaire que j\u2019ai une autre once de radium.\u2019\u2019 Je le regardai avec étonnement, sachant que le radium vaut quelques milliers de dollars l\u2019once, et qu\u2019il n\u2019y en a pas une telle quantité en Amérique.Il n\u2019en existe pas sept onces dans le monde d\u2019après les rapports officiels.Le professeur me devina.\u2014Je sais ce que vous pensez, dit-il, le radium vaut au moins cinq mille dollars l\u2019once.Que cela ne vous inquiète pas.J\u2019ai écrit au professeur Curie pour lui demander de m\u2019en procurer une once.Après beaucoup de persuasion, et seulement en lui révélant partiellement la nature de mes expériences, il a consenti à m\u2019en céder.Un de ses agents s\u2019est embarqué il y a quelques jours pour New- York, apportant le précieux métal ; ll arrivera le 20 mai.Je ne veux pas lui demander de venir ici, et je n\u2019ose pas aller à lui.En premier lieu mon absence donnerait naissance à des commentaires, \u2018en second lieu je ne veux pas interrompre mes expériences en ce moment ; je suis sur le point de les terminer avec succès.Je crois que même avee le matériel que je possède.elles peuvent réussir à tout moment, mais j'ai peur! Si j\u2019échouais maintenant faute d\u2019un peu de radium, cela me tuerait!.Ainsi, voulez-vous partir pour New-York et aller chercher le radium que l\u2019agent de Curie m\u2019apporte?\u2014 Mais, dis-je, l\u2019argent.les cinq mille dollars?\u2014Vous les aurez! lundi prochain.ici dans le laboratoire! je vous donnerai \u2018cinq mille dollars! J'\u2019hésitais, je ne voulais pas m\u2019éloigner de vous, George, pendant que nous étions fâchés ; je n\u2019aimais pas non plus la responsabilité que m\u2019imposait le professeur.Il me demanda d\u2019y penser et de lui donner ma réponse le jour suivant.Après réflexion, je crus devoir faire ce qu\u2019il me demandait ; il avait été si bon pour moi et in@stait avec tant d\u2019ardeur! Je lui envoyai donc un petit mot, lui disant que je consentais et qu\u2019il n\u2019avait aucune trainte à avoir au sujet de ma discrétion.J\u2019avais oublié la date à laquelle l\u2019agent de Paris devait arriver, aussi n\u2019étais-je pas préparée à partir de suite en venant le lundi soir chercher l\u2019argent: au laboratoire.Le professeur me rappela que je devais me mettre en route le soir même et que ja- vais à peine le temps d\u2019attraper le train de huit heures \u2014 je pris l\u2019argent \u2014 tout en billets \u2014 et partis.Tout à coup, je me rappelai qu\u2019il ne m\u2019avait pas donné l\u2019adresse de l\u2019agent à New-York.Je revins en courant au laboratoire.Il était fermé!.J\u2019appelai le professeur, pensant Lumière de Mort qu\u2019il devait être là.pas de réponse! Je regardai à travers la serrure, la pièce était sombre!.C\u2019est alors.\u2014Oui, dit Gordon frissonnant à ce souvenir.C\u2019est alors.\u2014Soudain je me rappelai que le professeur m'\u2019avait donné l\u2019argent enveloppé dans une feuille de papier.Je regardai, au moment de me rendre chez lui pour obtenir de plus amples informations.A ma grande satisfaction la feuille de papier contenait le nom de l\u2019agent et son adresse.Je courus a la gare ; le train était parti?.Je ne savais que faire, n\u2019osant.pas attendre jusqu\u2019au matin, quand un fermier passa dans sa charrette.Il allait à Hardwick.Je lui demandai de me laisser monter, pensant pouvoir, à l\u2019aide du Trolley, correspondre dans une ville queleon- que avec un train pour New-York.Le fermier consentit et eut la discrétion de ne ras me demander la raison de ma hâte.Je ne pus cependant pas trouver de train pour New-York, mais seulement pour Boston.Je passai done la nuit à Boston et me rendis de bonne heure à la gare.(\u201cest alors que je perdis l\u2019argent et vous télégraphiai.Vous savez le reste.J\u2019ail vu I\u2019homme de Madison-Square en regardant par la fenêtre, chez 1\u2019homme d\u2019affaires où vous vous procuriez l\u2019argent pour moi.Il occupait la chambre contiguë à la mienne mardi soir, et quand je l\u2019ai aperçu dans le pare aujourd\u2019hui, j'ai perdu tout sang-froid .\u2014Et maintenant que vous avez le radium, le professeur Hopkins est mort! s\u2019écria Gordon.C\u2019est horrible, horrible!.Oh! le pauvre vieillard, le pauvre vieillard!.Qu\u2019allons-nous faire?\u2014Attendre! \u2014Non! s\u2019écria Ernesta avec une déei- sion subite.Nous n\u2019attendrons pas, George, nous ferons ce que je vais vous dire Il faut.il faut retourner à Graydon immédiatement et.et tout dire! Oui, con- tinua-t-elle en voyant frissonner Gordon, La Revue c\u2019est le seul moyen.Vous êtes men mari, je ne veux pas qu\u2019une tache souille votre nom!.Vous retournez à Graydon.Dites au cocher de nous mener à la gare.nous partirons tout de suite! Gordon était d\u2019argile dans les mains de sa femme ; il lui obéit, et à une heure, tous deux quit\u2018aient New-York pour Boston.Etrange miel! commencement de lune de XIX RETOUR DU TOMBEAU Le jeudi soir trouva les consyirateurs endurcis dans un état d\u2019esprit désemparé.A mesure que le grand ballon rouge s\u2019en- foncait à l\u2019horizon, ils lancaient des regards furtifs vers le cimetière, osant - à peine respirer.Six mille regards étaient tournés dans la même direction et les professeurs se surprirent à désirer que la cécité frappât la populaticn entière, hormis eux, si la lueur s\u2019échappait encore \u2019r caveau.Non qu\u2019ils eussent changé d\u2019idée ; ils étaient ] rêts, en cas de nécessité, à se rendre sur la place du village, en face du droguiste.et d\u2019annoncer leur intention de conduire un détachement de chercheurs pour découvrir la cause de cette stupéfiante illumination.Mais.bien qu\u2019ils attendissent et que la nuit devint de plus en plus sombre, la lueur ne parut pas.\u2014Etes-vous sûr de ne rien voir ?demanda Snyder à Rice, qu\u2019il rencontra sur la rue.Vous avez de meilleurs yeux que moi.Regardez bien.\u2014I ny en a pas la moindre trace.pas la moindre! Mais attendons ! T devint bientôt évident que la lumière me se mentrerait pas cette nuit-là.Le -désap; ointement que Graydon ne se priva 84 Populaire pas de manifester ne fut naturellement pas partagé par les professeurs.La ville se sentait décue et, en grommelant, chacun rentra se coucher de bonne \u2018heure.\u2014 Que ferons-nous maintenant ?demanda Snyder quand il fut prouvé que l\u2019occasion de conduire les recherches s\u2019était évanouie en même temps que là lueur.Al- lons-nous le.le laisser là ?Rice regarda Fischer qui.dans ses nouvelle; fonctions de leader, était plongé dans des pensées prcfondes.Le professeur d\u2019allemand n\u2019aimait pas la facon dont tournzient les choses.Son plan lui avait semblé si bon qu\u2019il lui était pénible de le voir inutile.Il aurait presque désiré que la lumière fatale reparût comme la nuit précédente.\u2014 La situation se modifie, dit-il enfin.Evidemment les propriétés qui produisent cette lumière se sont épuisées d\u2019elles-mêmes ; mais le fait reste le même.Pour être invisible; le corps de notre ami n\u2019en est pas moins là-haut.Allons-nous l\u2019y laisser?.Il est certain que parmi tous les habitants de cette ville, il s\u2019en trouvera pour faire des recherches tôt ou tard.En outre.\u2014Regardez! s\u2019éeria Snyder avec effroi.En passant devant la maison du Doyén, ses regards avaient été attirés par la lumière du \u2018hall.Ce qu\u2019il y vit glaca fe sang dans ses veines, Près de la porte ouverte se tenait le Doyen.et à côté de lui, évidemment sur le point de sortir, le mystérieux étranger qu\u2019ils avaient vu rôder autour du collège le mardi matin, et qui avait disparu durant le jour.Les étrangers étaient rares à Graydon.surtout les étrangers qui visitaient le Doyen et passaient une heure avee lui dans sson cabinet aux heures d\u2019étude, à moins que ce ne fussent d\u2019 autres universitaires.Cet homme n\u2019aprartenait.pas à la faculté selen toute apparence.et quelqut chose dans ses allure; éveillait les soup- çons des trois conspirateurs.Sur l\u2019avertissement de Snyder, ils sarrêtèreut, et, cachés par les buissons de lilas plantés près de la grille, ils purent écouter sans être vus.Le Doyen et l\u2019étranger sortirent dans la cour.\u2014Par où faut-il passer pour arriver là ?demanda l\u2019étranger.\u2014Tournez à droite et suivez la route jusqu\u2019au bout, répondit le Doyen, puis à droite encore par les bois jusqu\u2019à ce que vous arriviez à deux routes.Prenez celle de draîte, bordée de buissons d\u2019aubépine : elle vous conduira directement a la grille; un chemin monte droit en haut de la colline.| * Merci, dit 1\u2019étranger.Tout à l\u2019heure, quand il y aura moins de danger d\u2019être vu, j'irai faire une enquête.Pour le moment.je vais me promener aux envirens.\u2014 Bonne chance! et n\u2019oubliez pas de me tenir au courant de tout ce qui peut arriver: Je ne me coucherai pas pour être, prêt à vous aider en cas de besoin.\u2014Bon!.Ah! j\u2019ai laissé quelques-uns de ces papiers dans votre bibliothèque.Le Doyen et l\u2019étranger rentrèrent dan: la maison; la porte se ferma.Le trio caché dans l\u2019ombre des lilas s\u2019éveilla de sa torreur.\u2014Âvez-vous entendu ?avez-vous entendu?murmura Snyder.\u2014Oui dit Rice, c\u2019est un détective.\u2014Oui, ajouta Fischer, et il ira au cimetière cette nuit mais il arrivera trop tard.Venez! * Il boutonna son vêtement, enfonca son chapeau sur ses yeux et partit d\u2019un tel pas que Rice et même Snyder avec ses longues jambes avaient peine à le suivre.Aucune parcle ne fut échangée jusqu\u2019à la route des aubépines qu\u2019ils avaient déjà parcourue en si lugubre compagnie.Alors, Snyder, poussé par la curiosité eut le courage de demander : \u2014Qu\u2019est-ce que nous allons faire?\u2014Nous allons le chercher dit Fischer.Lumière de Mort Nous allons rapporter le corps au collège \u2014Au collège ?\u2014Oui.C\u2019est la seule façon de sortir du bourbier.Ecoutez : le corps doit être trouvé, n\u2019est-ce pas?\u2014A moins., dit Rice.\u2014Oh! j'ai tout pesé.le précipiter au fond d\u2019une mare ne serait pas sûr.Cela peut laisser des traces.Laissons-le trouver, puisqu\u2019il le faut, mais dans des conditions naturelles.L\u2019observatoire du college n\u2019a pas été utilisé depuis quelques se- \u201c maines.Nous le mettrons là, avec les mor- 85 ceaux du verre gradué à côté de lui: celui qu\u2019il a brisé après en avoir bu le contenu.Snyder vous irez au laboratoire et ramasserez les morceaux.tout ce que vous pourrez trouver.\u2014Mais, objecta Rice, la note que Snyder a mise sur la porte du laboratoire?\u2014Cela n'a pas d'importance.Snyder a écrit la note parce qu\u2019Hopkins le lui a demandé.Iopkins désappointé jar l\u2019échec d\u2019une de ses expériences.s\u2019est sai- cidé, mais n\u2019ayant pas le courage de le- dire, a usé de subterfuge.[Vest hien dans la facon d\u2019être de Hopkins qui gardait tout pour lui.Ainsi, il a dit à Snyde# qu\u2019il partait lu a demardé de mettre la note sur la porte s\u2019est glissé dans l\u2019observatoire, et.c\u2019est là qu\u2019on le trouvera.\u2014Quand ?\u2014Comment puis-je le dire?.Ce n\u2019est pas mon affaire mais celle du détective.Dans leur état d\u2019esprit, Rice et Snyder auraient accepté un plan moins exécutable que celui-là, et la proposition de Fischer leur semblait très pratique.Ils s\u2019étonnaient seulement de ne pas y avoir pensé déjà.Les détails mêmes corroboraient bien l\u2019idée de suicide : la découverte du verre gradué à côté du mort.l\u2019analyse de son contenu comparée à l\u2019analyse de l\u2019estomac.tout était combiné et puissamment raisonné.Snyder seul fit une objection.I1 lui ré- RIL CECI 2, aC Jaan pugnait d'aller au laboratoire pour rassembler les morceaux de verre brisé, mais il dut se soumettre à la volonté de ses deux collègues, Ils n\u2019avaient pas de brouette cette fois.Quand ils atteignirent le caveau dans lequel était déposé le malheureux, cause de tant de tortures, ils se rendirent compte qu\u2019il leur faudrait le rapporter dans leurs bras, perspective peu agréable même pour le flegmatique Fischer.Il n\u2019y avait pourtant pas à reuler.Les trois hommes se mirent à l\u2019ouvrage.puis Fischer chargea le corps, revenu à l\u2019état normal, sur son épaule, et ils reprirent le chemin du collège, sans proférer Un mot.En approchant du but.Fischer dit seulement : \u2014Snyder, allez en avant.\u2014Je vous quitterai quand vous passerez devant le laboratoire, j\u2019entrerai, je ramasserai les fragments et j'irai vous re Joindre dans l\u2019observatoire, répondit Snyder, qui ne se souciait pas de rester seul plus qu\u2019il n\u2019était nécessaire.\u2014All right! grommela Fischer.Rice eut un rire méprisant pour la là- cheté de son compagnon.\u2014 Nous entrerons par la porte de derrière, reprit, Fischer, C\u2019est plus sûr.Derrière le collège se trouvait un espace découvert, encadré par les deux ailes de côté.La.porte par laquelle les professeurs se proposaient d\u2019entrer se trouvait à l\u2019intersection d\u2019une des alles et du bâtiment principal, et correspondait à l\u2019escalier du second étage.\u2018 Ils entrérent, transportèrent, avec beaucoup de peine, leur fardeau à travers les escaliers le long du hall.et enfin dans l\u2019étroit escalier qui menait à l\u2019observatoire.Snyder, s\u2019arrêtant en ce moment, ouvrit la porte du laboratoire à l\u2019aide de la clef restée dans la serrure depuis le mardi matin.11 n\u2019osa pas allumer l\u2019électricité et se contenta de frotter des allumettes à l\u2019aide La Revue Populaire desquelles il chercha les morceaux de verre.Il lui fallut longtemps pour les trouver.Quand il crut en avoir assez, il remonta vivement près de ses collègues.mais Fischer le renvoya pour rassembler tout ce qui pouvait exister de verre cassé.Il fallait tous les morceaux sans quoi la supercherie serait découverte.Enfin tout fut ramaissé ; les quelques parcelles trop petites pour être récoltées, balayées, les trois complices disposèrent les morceaux de verre de façon qu\u2019ils eussent bien l\u2019air de sêtre brisés en tombant ; ils arrangèrent Hopkins, débarrassé de ses couvertures et tel qu\u2019ils l\u2019avaient vy vivant pour la dernière fois.dans la position quils croyaient devoir être celle d\u2019un homme fcudroyé par le poison.Il leur suffisait pour cela de se rappeler la position du malheureux le soir fatal.Tout cela prit du temps.I se passa plus d\u2019une demi-heure avant qu\u2019ils redescendissent dans la classe de Fischer pour dissmuler les couvertures remettre leurs vêtements en ordre et faire disparaître toute trace de leur travail nocturne.\u2014Et hien, dit enfin Fischer, debout devant une glace.et brossant.ses cheveux rares à la lueur d\u2019une bougie seule lumière qu\u2019ils eussent osé se permettre.Et bien, messieurs, je crois que c\u2019est fini! Si on fait une enquête.il me semble que nous ne pouvons être mêlés en rien à l\u2019affaire.\u2019 \u2014Et G ordon ?demanda Rice.\u2014Personre ne croira un homme qui s\u2019est sauvé.En outre on n\u2019a pas trouvé Gordon.\u2014J\u2019espère qu\u2019on ne le trouvera pas! murmura Snyder.Il est tard, ajouta-t-il, ne croyez-vous pas que nous ferions mieux de rentrer chez nous?\u2014Je suis prêt, venez! Pour la première fois, depuis que de terribles circonstances les avaient faits inséparables Snyder prit la tête.À cette heure où l\u2019affaire paraissait toucher à sa fin, il voulait être le premier à en sortir.Aussi quand Rice ouvrit la porte, se glis- sa-t-il avant ses collègues.Tout n\u2019était pourtant pas fini pour eux ! Le détective Sullivan en quittant la maison du Doyen, ce qu\u2019il avait fait immédiatement après le départ (du professeur, sétait rendu chez Mrs Hopkins avee laquelle il avait eu une courte conversation où il l'avait d\u2019abord réconfortée.puis, par des allusions prudentes, avait essayé de la préparer au pire.\u2014Si votre mari était le mauvais homme que nous supposions, \u2018dit-il, il vaudrait mieux pour vous qu\u2019il fut mort, surtout s\u2019il avait contracté une assurance.\u2014Î l\u2019a fait.Voici la police.Je ne l'ai regardée qu\u2019aujourd\u2019hui.\u2026\u2014Femme pratique! pensa Sullivan.Peut-être la touchera-trelle plus tôt qu\u2019elle ne pense.L'heure venue de faire sa visite au cimetière il repassa devant la maison du Doyen sanes y entrer, et prit la route indiquée par :e dernier.Sullivan avait tourné dans le chmin des aubépines et s\u2019éloignait du village quand il crut entendre des pas.Il se dissimula sur un des côtés de la route et écouta.Le bruit de pas était accompagné d\u2019une respiration haletante.L\u2019ombre l\u2019empêchait de voir.mais il pouvait entendre.Enfin comme on passait devant lui \u2014 il y avait plus d\u2019une personne \u2014 une voix, celle de Flischer, dit : \u2014Snyder, allez en avant.\u2014Je vous quitterai, dit une autre voix, 4 la porte wu laboratoire ; j\u2019entrerai, je ramasserai les fragments et j'irai vous re- Joindre dans l\u2019observatoire.Le détective eut peur que ces hommes n\u2019entendissent les battements de son coeur.Mais une fois passés.il regarda de tous ses yeux et put voir que l\u2019un d\u2019eux, l\u2019ANemand, portait un lourd fardeau sur Lumière de Mort l\u2019épaule.Hopkins ! chose.Pourquoi le portaient-ils à l\u2019observatoire du collège?Sullivan ne s\u2019en inquiéta pas.Le point capital \u2018était qu\u2019ils lui four- nissalent ainsi l\u2019occasion de les prendre au piege.Il attendit un moment avant de les suivre, puis se glissa derrière eux dans l\u2019ombre, distinguant à peine leurs mouvements.Quand ils s\u2019éloignèrent par l\u2019étang vers la colline, le détective tourna à gauche et s\u2019élanca sur la route vers la maison du Doyen.\u2014Vivement! venez me retrouver au pied de la colline dans deux minutes! lui cria-t-il ; puis sortant aussi vite qu\u2019il était entré courut chez Mrs Hopkins.qu\u2019il trai- na sans chapeau hors de sa demeure, et au pied de la colline où le Doyen stupéfait, les attendait.\u2014Eh bien, Mrs Hopkins, dit ce dernier, qu'est-ce qu'il y a?\u2014Je ne sais pas! balbutia la pauvre femme.Ce ne pouvait être autre \u2014Ne le demandez pas! s\u2019écria Sullivan, qui, entre eux deux, les traînait presque.Mrs Hopkins, ajouta-t-il, les événements sont graves pour vous, et menacent de l\u2019être plus encore ; mais il est des chose qu\u2019on ne peut éviter ; celle-ci en est une! Soyez brave et restez assurée d\u2019une chose, c\u2019est que ce que vous allez voir, ce qui va Se passer, vous convainera que votre mari n'était pas le mauvais homme que nous pensions ! \u2014N\u2019était pas!!! s\u2019écria Mrs Hopkins, commençant à pressentir la vérité.\u2014Du courage! dit le Doyen.Ils étaient; tous trois hors d\u2019hateine en atteignant le collège.Sullivan les fit contourner le bâtiment et les mena derrière dans l\u2019espace découvert.\u2014Nous les surprendrons mieux par ici, dit-il.Tls font peut-être le guet, et ne pen.Seront pas à ce côté.e TAR STN RAR ET te quel parti prendre.Aucun signe de vie, aucune lumière ne sortait de l\u2019édifice.Tout était silencieux et calme.\u2014Attendez ici! dit-il au Doyen et à Mrs Hopkins.\u2014Oh! mon pauvre mari! gémit cette dernière.Regardez! elle désignait les fenêtres immédiatement au-dessus de l\u2019endroit où ils se trouvaient.Regardez les fe- nétres de son laberatoire! \u2014Silence! murmura le Doyen en la soutenant.Sullivan se dirigeait vers la porte sur la pointe des pieds.On l\u2019entendait à peine tant ses pas étaient prudents ; il semblait écouter.Enfin les deux t*moins muets entendirent la porte s\u2019ouvrir et purent voir le détective se reculer d\u2019un bond.Dans sa main quelque chose trillait.T1 s\u2019écria : \u2014ITalte! je vous tiens! Des gens qu\u2019on ne voyait pas roussè- rent un cri.puis le détective alluma sa lanterne de poche et en fit tomber les rayons sur les professeurs Rice, Snyder et Fischer, debout sur le seuil, les mains levées au-dessus de leur tête, car Sullivan braguait son revolver sur eux.\u2014DMaintenant, venz ici! Silencieusement.Rice, Fischer et Snyder obéirent.Le détective se recula, les tenant toujours en respect.Ils s\u2019avancèrent près de l\u2019er droit cù se tenaient pétrifiés, le Doyen et la femme de leur vie- time, sans voir ni l\u2019un ni l\u2019autre.leurs yeux énpouvantés, saillants, hypnotisés par un ccul objet : le canon du revolver! \u2014Halte! Ils s\u2019arrétérent avec un gémissement simultar®.Le détective tourna légérement la tête.\u2014Doyen Quimby! Mrs Hopkins! vous voyez qui je tiens là?dit-il en dirigeant les rayons électriques sur le trio tremblant.Regardez-les bien.je vais vous dire ce qu\u2019ils ont fait.Arrêtez! cria-t-il Le détective s\u2019arrêta, ne sachant au jus-, La Revue Populaire s8 tout à coup en voyant Snyder faire un mouvement en avant.Arrêtez ou je tire! \u2014Il est évanoui! C\u2019était la voix de Rice.froide, impassible, machinale! \u2014Bon! qu\u2019il reste là!.Maintenant, où est-il?.\u2019 Pas de réponse!.Oh! vous n\u2019avez pas besoin de répondre, je sais où il est.Il est dans l\u2019observatoire.Je vous accuse de l\u2019avoir mis là, je vous accuse de.Grand Dieu!!! Sullivan, seul, faisait face au bâtiment.En même temps qu\u2019il pcussait cette exclamation.le revolver tomba à terre, la main qui tenait la lanterne la laissait échapper.Mais une lumière inattendue permettait pourtant de voir son visage consterné, le regard d\u2019horreur de ses veux levés.Et cette lumière venait de la fenêtre du laboratoire.directement au-dessus du groupe.Lentement ils se retournèrent tous.Que virent-ils qui fit gémir les assistants, qui fit crier Mrs Hopkins?Debout, dans l\u2019encadrement de la fenêtre du laboratoire.tournant les commutateurs électriques.se tenait Josiah Hopkins!!! XX LA RESURRECTION D\u2019HOPKINS De tout le groupe, Rice conservait seul un certain sang-froid.Il regarda l\u2019homme qui se détachait sur la fenêtre.C\u2019était Hopkins, sans le moindre doute, Hoykins en chair et en os.Rice ne crovait pas aux revenants.+ Sans demander conseil au détective bouleversé, il bondit dans '\u2019escalier et se trouva bientôt dans le laboratoire.\u2014Hopkins! eria-t-il.Hopkins! L'homme se tourna.La vue de cet être aux vêtements souillés par la terre.aux traits tirés, décharnés, salïs, lui glaca le sang dans les veines.Mais il était vivant, « 3 Sorcier exorcisant accompagnés de violentes rafales, de tonnerre et d\u2019éclairs.On irrite Puluga de bien des manières.J'ai indiqué plus haut les principales.J\u2019ajouterai que mal dépecer un porc, en cuire au four ou en rôtir la chair, sont des eri- mes dignes de mort.Toutefois Puluga ne tue jamais les coupables.Il les désigne à une classe d\u2019esprits malfaisants, nommés \u2018\u201cechol\u2019\u2019, et aussitôt l\u2019un d\u2019eux les fait mourir.Puluga n\u2019est pas solitaire dans son palais.Il y vit avec une femme de couleur verte qu\u2019il a créée à son usage et qui a deux noms, dont l\u2019un signifie la mère-An- guille (Chanaawlola).D\u2019elle il a eu un fils (Pijcbor), qui vit avee ses parents et est leur premier ministre.Les filles sont trés nombreuses.Elles portent le nom d\u2019esprits du ciel (Morowin).Ce sont des espè- Les Croyances Singulières 107 ces d\u2019anges de couleur noire, qui s\u2019amusent à jeter dans les eaux douces ou salées des poissons et des crustacés pour la nourriture des hommes.A côté de Puluga, le dieu bienfaisant et juste, à côté de ses bons génies, les Min- copies ont placé de nombreux esprits du mal.Les plus redoutés sont Eremchaw- galo, Juruwin et Nila.Ceux-ci se sont créés eux-mêmes, et existent depuis un temps immémorial.Le premier est le démon des bois.Il a eu de sa femme Chana- bodgilola, de nombreux enfants des deux sexes.Pendant que la mere et les filles restent au logis, Eremchawgalo et ses fils errent dans la jungle, prêts à percer de leurs flèches invisibles quiconque reste dans l\u2019obseurité sans porter quelque tison, dont la clarté suffit pour écarter les esprits méchants.Les étoiles filantes, les météores sont autant de brandons enflammés qu\u2019Eremchawgalo lance dans les airs pour découvrir les malheureux qui peuvent se trouver dans son voisinage.Aussi, dès qu\u2019ils apercoivent quelqu\u2019un de ces feux du ciel, les Mincopies se cachent autant que possible, et restent quelque temps silencieux, avant de reprendre leurs oceu- pations interrompues.,Ç Juruwin est le démon de la mer.Lui aussi a une nombreuse famille.T1 possède plusieurs demeures sous-marines et va de l\u2019une à l\u2019autre, transportant dans un filet il se nourrit.Son arme est une lance.Tout les poissons ou les victimes humaines dont pêcheur qui est pris d\u2019une crampe ou qui éprouve quelque mal subit croit avoir été frappé par Juruwin.Nila est célibataire.Il habite les fourmilières; et quoique toujours armé d\u2019un couteau, il attaque rarement les êtres humains.Jamais il ne les tue pour en manger la chair, ca ril se nourrit de terre.Les \u2018\u2018ehol\u2019\u2019 que nous avons vus être les La levue Poputaire exécuteurs des vengeances de Puluga, ont une tout autre origine.Ils descendent d\u2019un ancêtre commun nommé Maiachal.Celui- Amulettes servant a Porto-Rico pour guérir diverses maladies.ci était un homme qui périt misérablement pour avolr dérobé un pore, tué par un de ses compatriotes.L\u2019esprit du voleur ne put pénétrer dans l\u2019hadès (paradis) et s\u2019arrêta sur le pont invisible qui y conduit.C\u2019est là qu\u2019il demeure avec ses descendants, qui, par ordre de Puluga, sont venus le rejoindre sous la forme d\u2019oiseaux noirs à longue queue.Le soleil (Chanabodo) est un personnage du sexe féminin.La lune (Maiaogar) est son mari.Les étoiles (Chato) sont bite près du palais de Puluga mais n\u2019y en- leurs enfants.Cette brillante famille ha- tre jamais.Les étoiles dorment pendant le jour.Le soleil et la lune, après nous avoir éclairés, passent sous la terre, et, tout en dormant, versent une douce lumière sur les malheureux esprits confinés dans l\u2019ha- dès (purgatoire).Les phases de la lune sont dues, selon les Mincopies, à l\u2019habitude qu\u2019à cet astre de se couvrir progressivement de nuages, comme eux-mêmes se couvrent de peintures.Les éclipses partielles ou totales sont de sa part un signe de mécontentement : mais elles les impressionnent peu.Les éclipses du soleil, au contraire, les frappent d\u2019une terreur pro- - fonde.* Le dieu supréme a défendu, sous peine de mort, d\u2019employer a cuire les tortues, le bois de l\u2019arbre dont l\u2019écorce fournit des fibres servant à faire des vêtements.Quand le crime est commis en plein jour, le soleil est l\u2019exécuteur; s\u2019il a eu lieu pendant la nuit, la lune est chargée d\u2019infliger la punition.Entre la première aurore et le lever du soleil, on ne doit se livrer à aucune occupation bruyante, sur tout on doit éviter de faire résonner la corde des arcs, car ce bruit irrite le soleil, qui se venge en produisant une éclipse, en soulevant une tempête, ete.Lorsque la lune est dans son troisième quartier et se lève au coucher du soleil, elle veut que l\u2019on s\u2019occupe d\u2019elle seule et est jalouse de toute clarté autre que la sienne.Aussi à ce moment, les Mincopies cessent toute occupation, font halte s\u2019ils sont en voyage et couvrent tous leurs feux.Quand l\u2019astre est à quelques degrés au-dessus de l\u2019horizon, ils se remettent au travail et raniment leurs foyers.+ 108 CNET a ES Le chaman (prêtre) appelé auprès d\u2019un malade dont il reconnait l\u2019état désespéré déclare qu\u2019aucune prière ne saurait obtenir de Puluga de lui rendre son esprit.On prie donc le dieu suprême dans certaines circonstances.En outre, au moment d\u2019une violente tempête, les Mincopies brûlent des feuilles de \u2018\u201cmimusops indica\u2019\u2019, persuadés que les crépitations de ces feuilles flattent l\u2019oreille de Puluga et calment sa fureur.Cette pratique a bien tous les caractères d\u2019une véritable offrande.> Souvent les idoles ou les amulettes n\u2019ont pas pour but de satisfaire le besoin de croyance qui anime la plupart des hommes; elles ont une utilité plus immédiate, par exemple, de guérir ou conjurer diverses maladies.C\u2019est là le cas des amd lettes représentées dans une de nos gravures, et qui proviennent de l\u2019île de Por- to-Rico, dans les Antilles.Quand un malheureux souffre d\u2019une af- fection-à la tête ou de migraines épouvantables, ce n\u2019est pas à l\u2019aide de l\u2019assistance d\u2019un médecin et de drogues plus ou moins connues qu\u2019il cherche à se soulager.Au lieu d\u2019aller chez le pharmacien, le pauvre Noir\u2014rappelons qu\u2019il a été importé d\u2019Afrique, du Congo en particulier \u2014le pauvre Noir va à la boutique (la ptateria) de l\u2019orfèvre le plus proche de chez lui, où il achète contre beaux deniers comptants l\u2019estampage d\u2019une petite tête en argent (fig.3}, qui lui est vendue trois ou quatre fois sa valeur.En possession de son amulette, car il s\u2019agit bien d\u2019une amulette, 1l se dirige tout droit vers l\u2019église pour y assister à l\u2019office si c\u2019est le matin; ou \u2018bien, dans l\u2019après-midi, il se contente de dire de nombreuses prières, accompagnées de gestes multipliés; puis Les Croyances Singulières 109 il fait bénir sa petite tête d\u2019argent et la place le plus près possible de la statue ou de l\u2019image d\u2019un saint quelconque qui doit le guérir.Cette médication s\u2019applique à toutes les maladies; aussi trouve-t-on chez les orfèvres du pays un assortiment complet d\u2019estampages des plus curieux, répondant a tous les maux qui peuvent aË- fliger notre pauvre espèce humaine.Parmi ces\u2019 objets, on voit des modèles d'oreilles (fig.6), des yeux généralement reliés ensemble par paires (fig.7); une mächoire (fig.10), qui est destinée à procurer la guérison des maladies de la bouche en général, pendant que pour une dent grincheuse et gâatée, l\u2019on se contente de sa Sorcier du Congo chassant les mauvais esprits.représentation en argent massif (fig.8).Si, après la tête, nous passons au reste du corps, dont les affections sont si nombreuses, hélas! nous trouvons, pour gué- - La Revue Pepulaire 3 rir les maladies de poitrine, caractérisées .par la maigreur excessive du torse qui laisse percer les côtes, une figure représentant ses effets (fig.1).Quant aux maladies des reins et du foie, un dos en argent (fig.2), doit, avec les bénédictions usitées, suffire amplement à la guérison.Les maladies de coeur représenté par sa forme consacrée, soit combattues de la même manière.Tous les membres malades ou blessés possèdent leur estampage particulier ; ainsi, pour un bras cassé, le patient ou sa famille se procure à bon compte celui figuré dans la gravure (fig.11).IL en est de meme pour lès jambes; quant à l\u2019éléphantiasis (maladie des pays chauds qui affecte particulièrement les membres inférieurs et les déforme) très fréquente aux Antilles, ce membre en argent, affectant la déformation que cause cette maladie (fig.%), sert à en procurer la guérison\u2019! Une panacée universelle, c\u2019est la bouteille émplie de certaines plantes et d\u2019huile d\u2019olive qu\u2019on voit suspendue au-dessus du seuil de beaucoup d\u2019habitations.pour empécher les maladies d\u2019entrer.Ces quelques exemples sont suffisants pour faire connaitre ces superstitions.Nous devons cependant ajouter pour être complet que ces usages ne se bornent pas seulement aux humains, mais s\u2019étendent également aux animaux domestiques, particuliére- ment aux chevaux (fig.4), pour lesquels les insulaires de Porto-Rico ont beaucoup de sollicitude.> Chez les Négritos de l\u2019Inde, la religion s'accompagne de sacrifices humains, destinés sans doute à calmer les dieux qui sont considérés comme malfaisants: mais\u2014les bons apôtres\u2014ces Négritos se contentent de mettre à mort des jeunes filles et des Jeunes garcons achetés aux tribus voisines.Il eut été, en effet, cruel aux pères de concourir à l\u2019égorgement de leurs enfants.Le cannibalisme lui-même a ses ae- cès d\u2019humanité et répète qu\u2019il ne faut pas faire bouillir le chevreau dans le lait de sa mère.La règle, aux villages, était d\u2019échanger les \u2018\u2018poussiahs\u2019\u2019, c\u2019est ainsi qu\u2019on nommait la progéniture mal \u2018chanceuse.Un djanni ou prêtre se présentait, emmenait les innocents comme le boucher emporte les veaux dans sa carwiole.Tout se passait donc convenablement ! Les poussiahs, futures \u2018\u2018mériahs\u2019\u2019 (vie- times), étaient les favoris de tous, les enfants privilégiés de la communauté, aux frais de laquelle ils étaient habillée et nourris, nourris même d\u2019aliments de choix, car on tenait à ce qu\u2019ils fussent gentils et bien venus.D\u2019ordinaire ils entraient dans les familles du chef et des notables ; car les héberger était considéré comme une source de prospérité; le seul fait de manger au même plat maintenait en santé ou guérissait les maladies.Cette vie idyllique avait un triste lendemain.Trois jours avant la féte, les orgies commencalent.Pendant ce temps, la vie- time, d\u2019abord lavée a grande eau, était soumise à un jeûne absolu; puis on l\u2019emmenait au fond de la forêt qu\u2019habitait la déesse Tari, et on l\u2019attachait à un arbre.Le moment du sacrifice venu, le djanni coupait les liens, car la \u2018\u201cmériah\u2019\u2019 était supposée mourir volontairement et de plein gré.Il l\u2019endormait au moyen d\u2019un narcotique et, avec sa \u2018hache, lui cassait les coudes et les genoux.L\u2019exécution faite, les assistants se précipitaient sur la victime pour s\u2019emparer de quelque morceau de son corps.Il fallait l\u2019enterrer au 110 plus tôt, dans un coin de champ ensemencé, où la suspendre de suite à une perche au-dessus d\u2019un ruisseau, pour que la déesse protégeat le mortel qui avait été assez heureux pour détacher un fragment de la malheureuse victime.Dès le soleil couché, la \u2018\u2018viande victimale\u2019\u2019 avait perdu son efficacité.Ces atrocités eurent des témoins dignes de foi.Les Anglais essayèrent d\u2019y mettre fin et, dit-on, la coutume a disparu.Mais qui pourrait affirmer que des sacrifices de ce genre n\u2019aient pas encore lieu dans quelques-uns de ces coins retirés où ne pénè- {rent guère les Européens?> La plupart des Nègres, ceux du Congo, par exemple, ont sans cesse recours à un sorcier ou magicien qui, lorsqu\u2019il s\u2019agit (le repousser un mauvais sort, s\u2019habille d'une manière spéciale et, au milieu du village, se livre à une danse échevelée, confinant à l\u2019épilepsie.La réputation de ces sorciers est telle que dans les pays où l'importation d'esclaves nègres a été con- sidérable\u2014aux Antilles, par exemple\u2014les paysans créoles, s\u2019ils se croient victimes d'un \u2018\u201csort\u2019\u2019, ne dédaignent pas d\u2019aller consulter les sorciers Noirs pour lesquels cependant ils ont un profond mépris.Si l\u2019on veut donner du courage aux guerriers, le grand féticheur leur frotte le dos et le front avec une pâte noire qui, d\u2019après eux, n\u2019a pas sa pareille.Mais ces Nègres savent aussi se passer des bons soins des sorciers, lesquels sont souvent onéreux.Quand il s\u2019agit,par exemple, d\u2019assurer un bon voyage à une pirogue, les femmes la frappent à l\u2019avant en prononçant un \u2018\u2018chut\u2019\u2019 prolongé et.crachent à son intérieur.Egalement, pour attirer tôute sorte de Les Croyances Singulières 111 bonheur sur la tête d\u2019un homme, on agite autour de lui une corde fétiche, puis on mâche une espèce d\u2019herbe et, en soufflant, on en crache les débris sur la personne qu\u2019il s\u2019agit de préserver de toute mésaventure.Pour éloigner la pluie, les Batékés agitent en l\u2019air leurs cornes d\u2019antilopes et crachent dans la direction des nuages me- nacants.Si la pluie n\u2019arrive pas, ils courent au village se vanter de leur succès ; mais, si quelques gouttes d\u2019eau viennent à tomber, ils cessent d\u2019agiter leur talisman, sous prétexte qu\u2019ils ont les bras fatigués, et donnent ainsi\u2019 à l\u2019orage la permission de venir.La salive, on le voit, joue un grand rô- le dans les sortilèges des Nègres du Congo.Même à la naissance d\u2019un enfant, on lui crache à la figure des herbes mâchées ; pour lui rendre la santé s\u2019il est malade, on renouvelle l\u2019opération ; enfin, si le mal persiste, on lui administre un poison destinée à tuer le mauvais esprit qui l\u2019habite : la conséquence la plus habituelle, c\u2019est que l\u2019enfant lui-même est empoisonné.>> A la naissance d\u2019un enfant, d\u2019ailleurs, on a souvent la coutume, en Afrique, de fabriquer ou de se procurer diverses idoles qui doivent protéger le nouveau-né.Quand ce sont des jumeaux qui viennent au monde, la mère fait l\u2019acquisition d\u2019une statuette à double face et la place dans une cour de la maison ; de temps à autre, elle lui offre des poules, des bananes et de l\u2019huile de palme, le tout dans le but d\u2019attirer sur la téte de ses nourrissons toutes les faveurs possibles et imaginables, ainsi que\u2014et surtout\u2014la connaissance de l\u2019avenir.Ces statues, on le voit, ne manquent pas de grotesque; mais, en somme, elles le sont moins que les objets disparates constituant le bosquet sacré dont nous donnons une gravure.C\u2019est un oratoire en plein vent où la superstition d\u2019un Nègre a accumulé tous les objets qui, d'après lui, doivent lui obtenir la protection des génies.Tout auprès du palmier est un \u201coho\u201d, sorte de Bacchus.Les Nègres l\u2019appellent encore \u2018\u201cbvha\u2019\u2019, démon : c\u2019est sous ce symbole qu\u2019ils adorent le mauvais esprit.A côté, une tête.d\u2019oiseau emmaillotée comme une momie est un autre syin- bole aqu'\u2019affectionne le dieu; plus la tête est hideuse, plus cela convient.Une tête de singe, celle d\u2019un animal sauvage peuvent avoir tout autant d\u2019importance.On voit encore un \u2018\u2018paloka\u2019\u2019 ou fourche dont se servent les féticheurs pour tenir immobile la tête de la victime quand ils l\u2019ont La Revue Populaire étendue par terre; un petit bâton court employé pour assommer la victime; une carafe fétiche placée près de l\u2019idole pour qu\u2019elle boive quand elle a soif; de petites assiettes pour lui offrir de la farine de maïs; de l\u2019huile de palme, ete.> Chez les Nègres du Mozambique.le magicien est caractérisé surtout par l\u2019épaisse couche de crasse qui revêt son corps.sans crasse, pas de sorcellerie possible.Les indigènes ont souvent recours à lui qui paraît exploiter hautement leur naïveté.Rien, pour ces Nègres, n\u2019arrive naturellement.Si un homme tombe malade, c'est que quelqu\u2019un lui a jeté un sort.Vite le magicien est appelé, d\u2019abord pour découvrir le coupable et le juger, ensuite pour donner ses soins au malade.Il débute invariablement par demander un comestible dont le choix est caleulé d\u2019après la fortune du client: il affirme.par exemple, qu\u2019il doit entrer une livre de grain dans les médicaments, ou qu'il est indispensable de tuer une chèvre dont la tête à la poitrine lui appartiendront.Vient ensuite le payement de ses honoraires, sans quoi pas d\u2019ordonnance.La chose réglée, il ne manque pas de déclarer que le malade a été empoisonné par un sorcier, et il désigne le coupable.L\u2019individu ainsi désigné est soumis à des épreuves qui décideront de sa culpabilité ou de son innocence.Dans l\u2019Ousoumbara, on plonge un fer rouge dans la bouche de l\u2019accusé ; chez les tribus méridionales, une espèce de grand clou, également rougi, lui est enfoncé dans les chairs à deux reprises diverses et à coups de maillet.Les Vouazaramos lui trempent la main dans l\u2019eau bouillante, les Vouagandas prennent SCIE fers «de l\u2019huile pour le même objet ; les Vouazé- gourais lui traversent l\u2019oreille avec des crins de gnou (espèce d\u2019antilope).Les Vouakouafis le gorgent de viande jusqu\u2019à ce qu\u2019il en meure.Dans la Terre de la Lune, on fait infuser une écorce vénéneuse, appelée \u2018\u2018mouavi\u2019\u2019, qu\u2019on a préalablement écrasée Entre deux pierres; l\u2019infusion est avalée par une poule qui représente l\u2019accusé ; mais si les parties ne sont pas satisfaites de l\u2019épreuve, la boisson mortelle est administrée au prévenu.Il est bien rare qu\u2019un individu aceusé de sorcellerie par le mganga ou devin soit déclaré innocent.On en voit, d\u2019ailleurs, qui avouent le prétendu crime qu\u2019on leur impute et s\u2019écrient en face du bûcher qu\u2019ils ont fait mourir un tel par leurs sortilèges, qu\u2019ils ont mis la maladie sur tel autre.Le coupable livré aux flammes, le devin exerce son rôle de médecin.Il chasse le diable que le sorcier a mis dans le corps du patient.Pour cela le sorcier prend de petits brins de bois, gros comme des allumettes.et les trempe dans une bouillie ocreuse.A l'aide de chacun d\u2019eux, il trace des marques sur le corps du patient, puis entonne un chant magique et jette le bois par terre; à chaque bâtonnet qui touche le sol, un esprit malfaisant s\u2019échappe du corps du possédé.Parfois des drogues répugnantes sont employées, et il ne craint pas, dans certaines circonstances, d\u2019avoir recours à la saignée et surtout aux ventouses.Le mganga, on le voit, est un personnage qui cumule les fonctions.Il faut noter que, dans beaucoup de légendes nègres, on retrouve divers faits des traditions bibliques, par exemple, l\u2019histoire de la création, du premier péché, de l\u2019arche de Noé, du déluge, ete.En voici une, par exemple, qui a cours chez Les Croyances Singulières 113 les Makonas, peuplade nègre des environs du Mozambique.\u2018\u2018Au commencement, le dieu Mouloun- gou fit deux ou trois ronds dans la terre ; de l\u2019un il sortit un homme, de l\u2019autre une femme.Puis il fit deux autres trous d\u2019où sortirent un singe et une guenon, auxquels il assigna les forêts et les lieux stériles pour séjour.À l\u2019homme et à la femme, il donna une terre cultivable, une pioche, une hache, une marmite, une assiette et du millet.Il leur dit de piocher la terre, d\u2019y semer le millet, de se construire une maison, d\u2019y faire cuire leur nourri-\u2019 ture.L\u2019homme et sa compagne, au lieu de lui obéir, mangent eru le millet, cassent .Un vieux magicien l\u2019assiette, répandent des ordures dans la marmite, jettent au loin leurs outils et vont chercher un abri dans les bois.Mou- loungou, Voyant cela, appelle le singe et TT TE nny Eid a bic EEE CIE ECO TE Th: LE \u2018 La Revue Populaire la guenon, leur donne les mêmes outils et les mêmes ustensiles, et leur ordonne de travailler.Ceux-ci piochent et plantent.se bâtissent une maison, cuisent et mangent le millet, nettoient et rangent l\u2019assiette et la marmite.Alors Mouloungou fut content.T1 coupa la queue qu\u2019il avait mise au singe et à la guenon et il leur dit : \u2018\u201cSoyez hommes\u201d\u2019, tandis qu\u2019il disait aux anciens hommes: \u2018\u2018Soyez singes\u2019.Au commencement les Africains étaient aussi blancs et aussi intelligents que les autres hommes, c\u2019est par leur faute qu\u2019ils sont devenus noirs et ignorants.Un jour Mou- loungou s\u2019étant enivré, était tombé dans le chemin, les vêtements en désordre.Les Africains qui passaient le raillèrent ; les de beaucoup d\u2019absurdités.Européens, au contraire, eurent honte et pitié de l\u2019état de Mouloungou.Ils cueillirent des feuilles et l\u2019en couvrirent respectueusement afin que d\u2019autres passants ne le vissent pas.Le dieu punit les Africains en leur ôtant leur esprit et en leur donnant une peau noire.\u201d , > Dans ces diverses croyances, on trouve un peu de bon sens comme on voit, à côté Par leur étrangeté même, elles sont intéressantes à étudier et nous font mieux comprendre la valeur et la haute morale de notre propre croyance, la seule vraie qui soit.La Petite Hmie Mimi.C\u2019est de tout temps que les tiens t\u2019ont donné Ce nom.O joli front de clarté couronné, O mains hier encor gentiment occupées À peigner tout le jour les têtes des poupées, Beaux rires, lumineux éclat des cheveux blonds, Rose blanche qui couvre à peine les talons! Tout à l'heure, effrayé de la trouver si belle, J\u2019ai décidé de t\u2019appeler \u2018\u2018 Mademoiselle \u2019\u2019.Surtout ne pense pas: C\u2019est lui qui le veut bien.J'ai peur; je sens, ce soir, ton coeur trop près du mien ; Je suis venu bien tard pour être ton grand frère.Nous sommes seuls; à mon bras tu frissonnes un peu; Mimi., ce nom trop tendre aurait l\u2019air d\u2019un aveu\u2026 Il ne faut pas.Mais quoi?vers ma tête ta tête S\u2019incline.Ce baiser.qu\u2019ai-je fait?.C\u2019était béte Aussi, d\u2019aller rôder sous le bois endormi Tout seuls.Tant pis pour nous.\u2018\u2018Je vous aime\u2026, Mimi.\u2019 Charles DERENNES.114 LES FUMEURS D'OPIUM Par F.de Verneuil.\u2018OPIUM est le sue d'une plante aux fleurs somptueuses et lourdes, ai feuillage glauque, que tout le monde connaît et qu\u2019on nomme le pavot.Plante \u2018\u2018fatale\u2019\u2019, fleur qui fait dormir, et ré- ver, mais aussi fleur qui tue, comme son frére le mancenillier, cet arbre légendaire sous lequel meurt l\u2019imprudent voyageur qui ferme les yeux à l\u2019abri délicieux de son ombre.Les pays qui fournissent ce produit redoutable sont principalement l\u2019Asie M1- neure, la Perse et l\u2019Inde.On sait que l\u2019opium provient du fruit du pavot, qu\u2019on ineise lorsqu\u2019il est mûr.On recueille le lendemain la liqueur sirupeuse qui en découle et qui, fermentant à l\u2019air, devient ce terrible poison.On use de l\u2019opium de trois façons.On peut le boire d\u2019abord sous la forme du laudanum, qui en dérive directement.Goutte à goutte, l\u2019on prend dans un flacon et l\u2019on verse avee un soin minutieux, à l\u2019aide d\u2019un compte-gouttes, la dangereuse liqueur ; car si l\u2019on peut, petit à petit, arriver à en absorber une grande quantité (jusqu\u2019à 8,000 gouttes par jour), la plus grande prudence est nécessaire lorsque l\u2019on commence à s\u2019adonner à ce vice.On peut ensuite manger l\u2019opium sous forme de petites boulettes et enfin.ce qui est le moyen le plus répandu, le fumer.Il ne faudrait pas croire que ce produit se prend à l\u2019aide des pipes ordinaires ; -\u2014 1- l\u2019attirail du fumeur d\u2019opium est divers et | compliqué, et il y a tout un art pour pré-ÿ parer, selon les règles, une pipe d\u2019opium.ge.Voyez sur ce plateau, où les sentences de Confucius s\u2019alignent en lettres de nacre, la fumerie d\u2019un mandarin ; la lampe § basse, avec un verre large à grands ou- | verture, la boîte en ivoire où la précieuse drogue se dessèche moins que dans les vul- : gaires étuis en corne de buffle ; l\u2019aiguille d\u2019argent qui sert à prendre l\u2019opium dans la boîte; la pipe, ce long tuyau de bam- \u2018bou incrusté d\u2019argent, au milieu duquel cette excroissance en forme de champignon représente le fourneau.Dans le nii- nuseule bahut, fleuri de nacre et d'ivoire, on serre les raclettes et les ciseaux de cuivre qui servent a \u2018\u2018moucher\u2019 la lampe.De la main gauche, le fumeur tient le bambou ; de la droite, il enlève une goutte d\u2019opium à l\u2019aide de l\u2019aiguille.Cette goutte, mise au-dessus de la lampe, cuit en grésillant ; puis, on la pose sur le fourneau de la pipe en la percant d\u2019un trou, qui fera cheminée, et l\u2019on ajoute d\u2019autres gouttelettes, traitées de la même facon, jusqu\u2019à ce qu\u2019il y ait, sur le fourneau, une boulette de la grosseur d\u2019un pois.Le fumeur, toujours allongé, alors le bambou à ses lèvres en maintenant le fourneau au-dessus de la flamme, et, tandis que l\u2019opium brûle, il avalera les portera OCR COR PRCODES ECS SES rrr CLR BU EGRET La Revue Populaire flocons blancs et odorants en une longue bouffée.On voit que le temps consacré à la préparation de la pipe dépasse de beaucoup celui que l\u2019on prend pour la fumer ; aussi, d\u2019habitude, un serviteur prompt et expert vous présente-t-il les pipes chargées.Il faut en fumer quelques-unes pour que l\u2019action de l\u2019opium se manifeste ; les fumeurs endurcis arrivent à en brûler un nombre considérable.Comme les alcooliques, ils sont les esclaves de leur vice, l\u2019effet de l\u2019opium ne se faisant sentir qu\u2019à condition d\u2019augmenter sans cesse la dose.Les femmes y sacrifient moins que les hommes, mais elles fument aussi.Au fond de sa barque, la batelière s\u2019allonge pour savourer son \u2018\u2018dross\u2019\u2019 (les déchets récoltés en raclant les pipes et vendus a vil prix) ; la femme chinoise fume dans l\u2019intérieur silencieux, où s\u2019écoule sa vie de recluse ; surtout dans les Cercles, les danseuses et les chanteuses, semblables à celle que représentent les photographies eci- contre, fument avec entrain.> Observons un homme qui s\u2019est voué à Une fumeuse d\u2019epium.L'ivresse de l\u2019opium n\u2019a pas de suites répugnantes; c'est une exaltation du cerveau.Les sens s\u2019affinent ; l'esprit s\u2019enñie- vre, toute douleur physique disparaît : l\u2019on se croirait, vraiment, transporté dans un paradis d\u2019où toute souffrance est exclue.Mais cette dépense de force nerveuse se paye par une dépression considérable, contre laquelle l'organisme, lenteinent \u2018usé, ne peut plus réagir.L\u2019excès d\u2019opium, \u2014et il est presque impossible au fumeur d\u2019éviter cet excès \u2014c\u2019est l\u2019abandon de la volonté, la vieillesse prématurée et Ja mort à brève échéance.ce poison.Il a la tête basse, il est maigre, il marche avec une lenteur hésitante : fréquemment il boîte, c\u2019est que la paralysie le guette.Il a l\u2019air trop gai ou trop sombre, avee des apparences de crétinisme.D\u2019abord la fumée de l\u2019opium produit des vomissements, des vertiges.La nature donne souvent ainsi des conseils que l\u2019on ferait bien de suivre.Ensuite, à des syncopes succède un sommeil sans aucun charme, un sommeil lourd, accablant.Tels sont, pendant les premiers mois, les effets ordinaires du poison.Dans une seconde période, ils sont différents.On 110 TT TRE A PE ERR RA éprouve une excitation morbide, accompagnée chez quelques-uns de sensations voluptueuses.Le patient (c\u2019est bien le terme qui convient) se met à suer abondamment, il est obligé de se coucher.Ses passions s\u2019exaspérent: le joueur, l\u2019avare, l\u2019ambitieux voient leurs songes se réaliser.À ce moment, il boit du thé pour calmer la soif qui le dévore.Enfin, il est plongé dans un sommeil dont il sort avec les pupilles dilatées, les membres las, les idées en désordre ! De plus en plus, il augmente le nombre de pipes qu\u2019il \u2018\u2018\u201cmalaxe\u2019\u2019 d\u2019un geste fébrile avec une impatience morbide.\u2026 Maintenant la constitution physique et mentale du fumeur est attaquée ; ses facultés sont entamées ou exacerbées.L\u2019excès de l\u2019opium amène une hilarité qui s\u2019accompagne d\u2019une incertitude quiétante dans les mouvements.les yeux brillent d\u2019un éclat particulier, la pupille est contractée.Des accès de délire se déclarent et puis c\u2019est la perte de la sensibilité.La mort causée par l\u2019opium est due à une congestion pulmonaire et cérébral-.Les cas d\u2019apoplexie sont fréquents.Brrr! C\u2019est gai.Mais aussi pourquoi fu- Pour quelques moments in- mer l\u2019opium?d\u2019oubli?L\u2019opium a des effets terribles; quand il Les fumeurs d\u2019Opium L\u2019attirail d\u2019un fumeur d\u2019opium.met sa griffe sur ses victimes il ne les là- che plus que dans la tombe.L\u2019Anglais Quincey qui, au commencement de ce siècle, a écrit les \u2018\u2018 Confessions d\u2019un fumeur d\u2019opium\u2019\u2019, nous a raconté tout au long ses impressions personnelles.D\u2019abord, il avait pris de l\u2019opijum comme remède contre des cruelles douleurs d\u2019estomac.Il en éprouva au début un soulagement, suivi de bizarres jouissances.Son esprit prenait des ailes.Des rêves lui représentaient les souvenirs de sa vie passée, l\u2019image des êtres chers qu\u2019il avait perdus, des héros qu\u2019il admirait.\u201cMais petit a petit, nous raconte Ar- vède Barine dans l\u2019article qu\u2019elle lui a consacré dans son intéressant volume su» les Névrosés, son estomac se détraqua tandis que son organisme réclamait des doses croissantes du poison.Voilà maintenant que son sommeil se peuple de fantômes, interminables processions grima- cantes.Tout devient spectre hideux; il a l\u2019impression perpétuelle de descendre, sans fin, dans des gouffres noirs, d\u2019éternels escaliers, comme dans ces cauchemars d\u2019un instant que chacun connaît.Il voit d\u2019immenses océans roulant dans leurs flots des figures humaines, des faces désespérées et furieuses, qui de chaque vague surgissent en Rurlant.\u2019 SATA A HRN TT Hii ry Crete init Hid EE CCR DA tete as re EEE La Revue l\u2019opulaire \u2018\u201cUn voile épais s\u2019était étendu sur son intelligence ; tout travail, tout effort d\u2019attention était impossible a son cerveau.C\u2019était presque de l\u2019imbécilité; il voyait très nettement ce qu\u2019il aurait fallu faire ou ne pas faire, mais cela n\u2019avait plus aucune influence sur sa conduite.La conscience avait gardé son activité, elle avait même redoublé d\u2019acuité; la volonté, supplice effroyable, était devenue inerte.Autour de lui son bonheur s\u2019écroulait ; la misère était entré dans la maison ; il voyait sa femme et ses enfants souffrir et pleurer, mais il était le paralytique qui \u2018\u2018ne peut pas\u201d.Acculé au suicide, il fit un effort.\u2018\u2018C\u2019est alors qu\u2019il connut l\u2019étendue de son malheur et le poids de ses chaînes.L\u2019opium est un tyran impitoyayble, acharné à faire souffrir qui essaye de lui échapper.Il eut beau procéder par degrés, il endura des tortures qui le précipitèrent de rechute en rechute.Chaque fois il sentait le joug de la \u2018\u201cnoire idole\u2019\u2019 s\u2019appesantir.Cela dura des années\u201d.Tels sont les troubles cérébraux que produit l\u2019opium.Avec Quincey dont la nature ne fut jamais parfaitement équilibrée, nous en avons ce qu\u2019on pourrait appeler un exemple aigu.L'effet est différent chez les gens d\u2019un système nerveux plus calme.Ceux-là, leur vice les conduit à l\u2019idiotie passive, à l\u2019abrutissement pur et simple.C\u2019est le cas des diz ou douze millions d\u2019Orientaux qui fument l\u2019opium.118 = WES po RIRE | Hit} I PACRIPEGE | | al {i I I LES MERVEILLES DU SIECLE REDWUCFIR Every thing Below Cost Price BBSURD Ty | a if LA 3 A, \\ Wy | 4 \u2018 TY [FUR KEY fl CARPETS ox MEA A) 5 6\u201d 276,83 8 A 7: 4 g : 2 Aujourd\u2019hui, il y a la télégraphie sans fil, la voiture sans chevaux, on dit même qu\u2019il existe des laitiers qui vendent du lait sans eau; nous verrons sans doute alors, comme ci-dessus des ventes sans bousculades un jour de \u2018\u2018bargain\u2019\u2019.inde i aly Sha RT GRATES NICE EI TT Cit CG « AU FOND DES MERS E naufrage du \u2018\u2018Titanic\u2019\u2019 survenu en avril dernier est venu augmenter la liste douloureuse de ceux qui périssent en mer et la richesse fabuleuse des bas fonds sous-marins, richesse aceu- mulée par quarante siècles de naufrages.Quand la profondeur n\u2019est pas trop considérable, de hardis scaphandriers tentent de ramener à la surface quelques- uns des trésors engloutis; la chose en vaut la peine pour qui peut l\u2019accomplir, car un plongeur vraiment hardi a parfois une part splendide dans les trésors qu\u2019il ramène au sein des flots.> Dur et dangereux métier! A chaque descente un plongeur.resté bon chrétien, doit faire sa dernière prière et jamais on n\u2019a vu une compagnie d\u2019assurance sur la vie signer le moindre contrat avee un homme qui s\u2019immerge ainsi volontairement ; c\u2019est tout au plus si au bout d\u2019un certain nombre d\u2019années le sort de sa veuve et de ses enfants peut être à peu près assuré ! Mais la profession a bien aussi quelques \u201cbeaux côtés et un plongeur célèbre, Hau Lefton, a éprouvé de ces émotions ou fait de ces coups splendides qui suffisent à remplir une vie d\u2019homme.Un jour il se vit entouré dans les profondeurs par une troupe de requins qui l\u2019examinèrent avec une attention inquiétante: Lefton véeut une de ces petites minutes qui ne s\u2019oublient pas, mais il comprit que s\u2019il se faisait remonter, c\u2019en était fait de lui selon RRR SOU LAE 1 thst 1 iit 3 EE A Er ' toute apparence et, demeurant immobile, il eut l\u2019ineffable plaisir de voir s\u2019éloigner les mangeurs d\u2019hommes.La scène se passait dans les eaux de Cuba et le hardi scaphandrier l\u2019a cent fois racontée.Un autre jour, tandis qu\u2019il assujettissait des plaques de cuivre sur la quille d\u2019un steamer, et que par en dessous il gagnait l\u2019autre bord du bâtiment, un brusque reflux fit légèrement s\u2019enfoncer le navire, ce qui produisit une terrible pression d\u2019air.Par bonheur quelques secondes plus tard la lourde masse remontait et Lefton échappait à la mort comme par miracle.\u2018 Pour faire oublier de telles angoisses, il y a beaucoup d\u2019admirables choses à voir dans les régions sous-marines, et les jolies fleurs de mer, les palmes splendides, les visions roses du corail, les prodigieuses manifestations de la vie aquatique détournent la pensée de tous ces disparus que les plongeurs ont la douloureuse mission de rechercher et de ramener pour quelques heures à la lumière du jour.re parole fut: \u2018\u2018A-t-on remonter le filet ?lourde ramature.\u2026 Et puis il y a le coup de fortune! On sait que les trésors depuis longtemps enfouis dans les flanes de navires naufragés dépassent tous ceux des \u2018\u2018 Mille et une Nuits.\u201d\u201d\u2019 En 1885 c\u2019est \u2018\u2018l\u2019Orégon \u2019\u2019 qui sombre en emportant avec lui cinq beaux millions en or; en 1895 c\u2019est \u2018\u2018l\u2019Erié\u2019\u2019 qui 120 ial tits RON script 9 i} eer AEE Gee Au fond des Mers engloutit une colossale fortune.Malheureusement ces deux navires se trouvaient à de trop grandes profondeurs et les compagnies d\u2019assurance, malgré les très grosses primes qu\u2019elles offraient, ne purent déterminer aucun plongeur à s\u2019aventurer.150 pieds semblent l\u2019extrême limite où le scaphandrier peut descendre avec quelque assurance de remonter sain et sauf, mais Lefton plongea jusqu\u2019à près de 240 pieds.Le \u201c\u201c\u2018Rio-de-Janeiro\u2019\u2019, d\u2019où il retira pour lui-même une petite fortune, était à 170 pieds environ et rien ne saurait être imaginé de plus émouvant que le récit de son \u2018\u201ccoup de filet\u2019\u2019.A cette profondeur, 121 renflouer un sous-marin échoué.ê * LS T Th i X 1 UL [SE 0 un plongeur ne peut songer à demeurer sous l\u2019eau plus de dix minutes et Lefton devait tenir ses yeux grands ouverts et ne point perdre de temps! Durant sa première descente, il ne put même pas préciser l\u2019endroit où l\u2019on se & trouvait, mais il y parvint à son second voyage.Le trésor lui apparut derrière la cabine même du capitaine et, faisant un puissant effort il grava dans sa mémoire, comme sur une planche, les précieux points de repére.Et il redescendit.Il prit trois des dix minutes si strictement comptées pour se diriger droit sur le trésor, puis cinq autres pour charger les devait être remonté séparément à l\u2019aide d\u2019un gros cable, et enfin il consacra les deux minutes suprêmes à l\u2019inspection du dit filet vivement éclairé par sa lampe électrique.Dépassa-t-il de quelques secondes le temps permis par les inexorables lois de la nature?Ses mouvements, pourtant si fébriles, n\u2019avaient-ils pas encore été assez rapides?On peut le supposer car, lorsqu\u2019il eut téléphoné aux compagnons d\u2019en haut: \u2018\u2018Remontez le filet doucement, mais moi au plus vite!\u201d il était déjà à moitié mort et ce fut à l\u2019état de masse inerte qu\u2019il fut dépouillé de la lourde armature.Le lendemain, il revenait à lui, dans un lit blane dont la tiédeur dut lui proeu- rer une sensation délicieuse, et sa première parole fut: \u2018\u2018A-t-on remonté le filet ?\u2014Oui, lui répondit-on \u2014Et que contenait- \u2018il?.\u2019\u201d On eut le tort de lui dire tout de suite: \u2018\u2018240 mille dollars!\u201d\u201d car Lefton eut vite fait de caleuler que sa commission de 10 p.\u20ac.représentait la jolie somme de 24 mille dollars\u2014et de nouveau il perdit connaissance!\u2026 Quelques jours après, l\u2019agent de la La Nevue Populaire boîtes pleines d\u2019or dans nn solide filet qui 122 Compagnie d\u2019assurance qui avait fait opérer les recherches lui apportait les 24,000 piastres en bel or monnayé et le courageux plongeur, tout à fait remis sur pied, disait en riant: \u2018\u201cJ\u2019ai gagné de jolies rentes en dix minutes et si vous trouvez un dentiste qui ait gagné aussi vite une telle pile de dollars, montrez-le-moi!\u201d\u201d Seulement, il demanda une petite semaine de repos avant de recommencer.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de remonter à la surface de la mer des objets d\u2019un poids énorme, les procédés employés sont plus compliqués.Il est arrivé\u2014et le fait se produira malheureusement sans doute encore\u2014que des sous-marins ont sombré par suite d\u2019une défectuosité de leur construction, d\u2019une fausse manoeuvre ou d\u2019une collision.Lorsque le naufrage se produit par un fond que les scaphandriers peuvent atteindre, ces hommes passent sous le navire des cordages excessivement solides et auxquels sont fixés \u2018des réservoirs pliants que l\u2019on gonfle d\u2019air une fois qu\u2019ils sont sous l\u2019eau.Ces réservoirs agissent alors comme une véritable ceinture de sauvetage et, si leur capacité a été convenablement caleu- lée, ils remontent rapidement et sans difficulté le sous-marin sombré.Mais, malgré tous les progrès accomplis dans les méthodes de sauvetage, bien des trésors et des navires resteront éternellement au fond de la mer.Il est des profondeurs énormes, des abîmes effrayants qui ne rendront jamais leur proie.moy A l\u2019époque déjà lointaine où il n\u2019existait pas de chemins de fer au Canada, on se servait pour le transport des marchandises, et le voyage des personnes, des voies fluviales, ces \u2018\u2018chemins qui marchent\u2019\u2019 comme on l\u2019a dit si justement.Pour relier entre elles nos voies navigables il fallait créer des canaux.On créa d\u2019abord le canal Lachine, puis en 1820, on creusa le canal Welland.À cette époque, on eut peut-être le tort de ne pas prévoir l\u2019avenir.On construisit nos canaux en rapport avec le gabarit moyen des navires dont on escomptait le passage par nos canaux.Si bien que peu à peu notre marine se développant comme toutes choses au Canada, nos canaux devinrent insuffisants.Mais à ce moment, le Canada n\u2019était pas très riche, il n\u2019était guère connu sur le marché du monde et son crédit n\u2019était pas ce qu\u2019il est devenu plus tard : de tout premier ordre.Nous avions besoin d\u2019argent pour creuser nos canaux et les élargir, car le tonnage des navires et leur nombre augmentaient d\u2019année en année.Nous ne pouvions en trouver qu\u2019en Angleterre et encore fallait-il avoir recours au ministre des Colonies qui intervenaäit auprès de son collègue des Finances.L'INDEMNITE DU GOUVERNEUR- | GENERAL En 1843, le gouvernement canadien eut besoin d\u2019un million de dollars pour agrandir le canal Welland, et il s\u2019adressa aux autorités métropolitaines, lesquelles s\u2019empressèrent, ainsi qu\u2019il convenait, de consentir un prêt dont l\u2019emploi devait être affecté au développement des richesses naturelles de sa colonie de l\u2019Amérique-Bri- tannique du Nord.Le gouvernement de Grande-Bretagne nous consentit même ce prêt à cinq pour cent d\u2019intérêt par an.C\u2019était un prêt consenti à des conditions exceptionnellement avantageuses, étant donnés les taux de l\u2019époque.Vers 1840, les autorités impériales faisaient parvenir chaque trimestre à notre gouverneur-général son indemnité de résidence.On salt qu\u2019alors les paquebots ne sillonnaient pas l\u2019Atlantique.Les \u2018\u2018Lévriers de la Mer\u2019\u2019 ne traversaient pas en cinq jours de Liverpool & Rimouski.Expédier de l\u2019argent était toute une affaire.\u201cBref, le ministre anglais des Finances recut un bon matin du gouvernement canadien la somme représentant les intéréts d\u2019un trimestre du prêt d\u2019un million de piastres consenti pour l\u2019agrandissement du canal Welland.Le ministre, après avoir compté le contenu du paquet regret- TN CI RCE AC TE PES I ER ù SEE EEE ta de l\u2019avoir déficelé, et tout en le reficelant donna instruction de l\u2019expédier par le plus prochain voilier en partance, au gouverneur-général du Canada.Puis 1l songea qu\u2019il serait bien plus simple de donner instruction au gouvernement canadien de verser au gouverneur-général, à titre d\u2019indemnité de séjour, l\u2019intérêt du prêt du canal Welland.Depuis ce temps, les choses continuent à se passer de la même facon exactement, bien que les gouverneurs et les ministres La Revue Populaire Colloque Sentimental Dans le vieux parc solitaire et glacé se solent succédé les uns aux autres, selon le rythme mystérieux et irrégulier du balancier qui bat la mesure des événements politiques.Ainsi donc, le gouvernement canadien verse au Gouverneur-Général son indemnité de séjour avec de l\u2019argent qui, en réalité, ne nous appartient pas.Les foules ne respectent que les gouvernements forts.Le mépris du faible a toujours été leur loi \u2014 Gustave Le Bou.Deux formes ont tout à l\u2019heure passé.Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles, Et l\u2019on entend à peine leurs paroles.Dans le vieux parc solitaire et glacé Deux spectres ont invoqué le passé.\u2014Te souvient-il de notre extase ancienne?\u2014Pourquoi voulez-vous donc qu\u2019il m\u2019en souvienne?\u2014Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?\u201cToujours vois-tu mon ame en réve?\u2014Non.\u2014Ah! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignons nos bouches !\u2014C\u2019est possible.\u2014Qu\u2019il était bleu, le ciel, et grand, l\u2019espoir! \u2014L\u2019espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles.Paul VERLAINE. OICI les très intéressantes déclarations d\u2019un aveugle de naissance.\u2018\u201cNous avons une certaine notion de la forme, plutôt que de la dimension.En fait de couleur, nous nous faisons une idée de blane, noir et rouge, d\u2019une manière difficile à expliquer et qui ne ressemble certainement pas à la vôtre, puisque nous avons toujours été privés du sens de la vue et que nous sommes forcés d\u2019imaginer, certainement à faux; mais j'ai des raisons de penser que peu d\u2019entre nous se représentent les autres couleurs du prisme.\u2018\u2018Nous nous faisons une image du soleil, comme d\u2019une immense masse, envoyant des rayons rouges tout autour d\u2019elle, et de la lumière du jour comme d\u2019une infinité de flèches blanches flottant au-dessus de la terre.| \u2018\u2018Quand un aveugle rêve, ses rêves ne ressemblent pas aux vôtres: ils consistent presque entièrement en sensations de sons.Il ne peut pas rêver de scènes, spectacles et lieux, pour le motif qu\u2019il n\u2019en a jamais vu.Ainsi, quand nous rêvons de nos amis, nous rêvons que nous entendons leur voix.Les sensations de sons et de Touchantes Revelations d'Un Aveugle mouvements prennent, dans les rêves des aveugles, la place des objets qui apparaissent pendant le sommeil à l\u2019oeil intérieur des autres hommes.\u2018\u201cJe parle là de ceux qui ont toujours été aveugles; car, pour ceux qui ont joui de la vue, ne fiit-ce que pendant un court espace de temps, leurs songes peuvent être alimentés par les images des lieux et des êtres qu\u2019ils ont vus, et de ceux que la mémoire leur permet d\u2019imaginer et de construire avec les matériaux irréels dont le sens de la vue a autrefois rempli leur cerveau.Quant à celui qui est aveugle de naissance, il ne rêve jamais de voir, pour la raison qu\u2019il ignore ce qu\u2019est la sensation de la vue; et son domaine nocturne est par là même limité comme son domaine diurne.\u201d Rien que ces paroles: \u2018\u2018\u201cQuand un aveugle réve, ses réves ne ressemblent pas aux votres\u2019\u2019, suffisent pour nous ouvrir, à nous autres qui pouvons jouir de la lumière du jour, de la beauté des êtres et des choses, comme des horizons nouveaux faits de pitié humaine pour ceux qui ne voient pas et demeurent à jamais les prisonniers de la nuit. = pe hy LAGU F7 27 yA) ARES 4 Fs FAITS ET ANECDOTES UN FAIT HISTORIQUE En 1885, nous étions a Régina pour y défendre Riel, le chef des Métis.Lors de ma première entrevue avec Riel, dans les casernes militaires, je vis, distribués autour de ces casernes, nombre de tentes cù étaient détenus comme prisonniers, sous la garde de soldats armés, tous les métis et sauvages capturés à la suite de l\u2019insurrection.Ces prisonniers attendaient leur procès qui devait s\u2019instruire après celui de, Riel.Entre ces tentes, il y'avait un sentier qui permettait de circuler.Pendant que je causais avee Riel, je vis un jeune homme marcher de long en large, tenant dans sa main une boule à laquelle était rivée une chaîne, prise avec un anneau à la \u2018cheville de son pied.Il se dirigea sous la caserne où j\u2019étais.Je demandai à Riel quel était ce jeune homme?Est-il un prisonnier de guerre?\u2014Non, me dit-il, ce garcon est étranger au pays.Il vient de Leipsig; son nom est Connors.Il a été condamné à être pendu pour avoir, dans un moment d\u2019ivresse, assassiné une vieille femme, avec intention de la voler, et son exécution est fixée pour demain matin, a sept heures.Je ne pus m\u2019empécher d\u2019avoir un profond regard de pitié pour ce pauvre garcon, âgé de 21 ans, à l\u2019air presque hautain et martial, bel homme, plein de santé, loin des siens, privé de toute consolation et qui, à pareille heure, le lendemain, serait couché dans un cercueil entre quatre planches.Nos regards se rencontrèrent, et arrivé au pied de ma fenêtre, il devina probablement mon émotion, car il me fit un léger salut, que je lui rendis par un autre salut plus accentué.Cette marque d\u2019attention de ma part parut le toucher.Ce condamné avait refusé la visite et les consolations de tout prêtre, et, montant sur l\u2019échafaud, il dit sur un ton fanfaron, qu\u2019il allait dîner avee le diable! Le shérif Chapleau, frère de Sir Adolphe Chapleau, au moment de faire jouer la trappe fatale, lui dit \u2014Connors, n\u2019avez-vous pas quelque message à faire parvenir à des êtres qui vous seraient chers?chers?A quoi Connors répondit, avec un sanglot qu\u2019il ne put réprimer: Ma mère, ma pauvre mère! Si je vous avais écoutée, je ne mourrais pas de la mort infâme du pendu! Le père André, ce courageux missionnaire qui assista Riel, dans ses derniers instants, se tenait alors sur l\u2019échafaud, et profitant de ce moment de repentir apparent, il lui dit avec onction et bonté : Connors, je vous bénis et je vous absous! A quoi Connors répondit: Amen.Et l\u2019instant d\u2019après, le meurtrier s\u2019agitait au bout d\u2019une corde dans les affres de l\u2019agonie du pendu.Dieu avait peut-être pardonné à ce malheureux ivrogne.F.X.Lemieux, juge.OU LE JOUR CHANGE-T-IL ?Il paraît que la ligne où le jour change se trouve dans le Pacifique.Elle serait correctement indiqué sur toutes les bonnes cartes géographiques.Seulement il est assez difficile de déter- 126 ' Sb eT Ge ARETE A TTY TA ES PAUSE fus X rm aca Peas ie 7 ve PROF LA VOIH Maison fondee en 1860 Toujours en mains un assortiment complet de Perruques, Toupets, Tresses et Boucles en cheveux naturels.Importateur direct de Paris, Londres et New-York.Perruquier Perruques et Toupets pour Dames et SPECIALITE Cheveux couleurs, et Soirées.coiffures pour Bals Messieurs.teints de toutes les Aussi genres pour cheveux, articles de toilettes marques pour des Satisfaction Assuree Peignes et Ornements de tous ainsi que les l\u2019Embellissement du Teint et Conservation de la Cheve- SEER meilleures {i | are S, Rue Notre-Dame Ouest, lure.Montreal, Can.a Le Lait Homogénéisé Laurentia La question du lait pur, complet, stérilisé et à l\u2019ordre du jour de la Profession Médicale et du Public.Le lait \u2018\u201cLaurentia\u2019\u201d, stérilisé, homogénéisé est le lait par excellence, pur et complet, divisé mécaniquement et à haute pression, ce qui le rend facile à digérer, sans sacrifier ses propriétés nutritives.Il est à l'épreuve des microbes et des fraudeurs; il se conserve indéfiniment comme du vin en bouteilles\u2014c\u2019est le résultat de l\u2019homogénéisation \u2014 procédé.précieux, merveilleux, qui répond à toutes les exigences des hygiénistes et des médecins.De- mandez-le à votre épicier, c\u2019est la Cie.Canadienne de Produits Agricoles Limitée qui le prépare avec les soins les plus méticuleux à son usine de Lacolle, P.Q.S Seule double voie ferrée entre Montréal, Toronto, Hamilton, Niagara Falls, Detroit et Chicago.A TORONTO En 715 Heures par \u2018l\u2019International Limité\u201d Le train le plus beau et le plus rapide du Canada quitte MONTREAL à 9.00 a.m., tous les jours.Quatre Trains Express par Jour MONTREAL, TORONTO et L\u2019OUEST 9 a.m.9.45 a.m.7.30 p.m., 10.30 p.m.Wagons-buffets, salon et bibliothéque sur les trains du jour; wagons-lits Pullman éclairés à Vl'électricité, avee lampes pour lire dans les lits, sur les trains de nuit.MONTREAL\u2014NEW-YORK, via D.& H.Co.\u2014a8.45 a.m., b3.00 p.m., a7.00 p.m., a8.10 p.m.MONTREAL\u2014BOSTON \u2014 SPRINGFIELD via C.V.Ry.\u2014a8.31 a.m., a8.30 p.m.MONTREAL\u2014OTTAWA\u2014a8.30 a.m., b3.55 p.m., a8.00 p.m.MONTREAL\u2014SHERBROOKE\u2014 LENNOX VILLE.\u2014a8.00 a.m., b4.16 p.m., a8.15 p.m.aTous les jours.bTous les jours excepté le dimanche. ia ee de - Tee La Revue Populaire miner si, sur certains points de cette 4i- gne, la date du changement se trouve réglée suivant les.données de 1\u2019Orient ou celles de l\u2019Occident.Nous empruntons d\u2019un rapport du bureau d\u2019hydrographie des Etats-Unis, les assertions suivantes.Ce fut de l\u2019Orient que Magellan aborda les îles Philippines, et jusqu\u2019en 1845, ce fut le temps de la ligne du Pacifique qui y prévalut.Le commerce des îles se faisait surtout avee Mexico.Célèbes, île de l\u2019océanie, dans la Malaisie hollandaise, est\u2019 au même degré de longitude-est, savoir 120 degrés, que Lu- con ou Manille, la plus grande des Îles Philippines, et en tient pour la date asiatique.En 1844, les autorités à Manille biffèrent le 31 décembre de leur calendrier, et appelèrent le ler janvier 1845 le jour suivant le 30 décembre; ce fut du coup l\u2019adoption du temps de l\u2019orient qui, au- jourd\u2019hui encore, est en cours par toutes les îles.Avant l'achat de l\u2019Alaska en 1867, on s\u2019en rapporta toujours à la date asiatique.Aujourd\u2019hui c\u2019est celle du Pacifique que l\u2019on suit dans l\u2019Alaska, l\u2019ile Saint- Laurent, les îles Aléoutiennes, aussi bien qu\u2019a 1\u2019ile Morrell, aux îles Samoa ou archipel des Navigateurs.Pour ce dernier pays, le changement se fit le 4 juillet 1892.La villel de St-Augustin.en Floride, avant de la date américaine, est en honneur en Sibérie, dans le Kamcahtka, l\u2019Ile de Cuivre, l\u2019iÎle Komandorski, les îles Marshal, Gilhert, Ellice et Fiji, la Nouvelle- Zélande et 1\u2019ile Chatham.La plupart des navires changent leur date à 180 degrés de Greenwich, mais les marins francais opèrent ce changement à 180 degrés du méridien de Paris, c\u2019est- a-dire a 1770 40 secondes-ouest de Greenwich, et les Espagnols, eux effectuent cette modification a 1800 de San Fernando ou 1730 et 46 secondes-est de Greenwich.\u2014 0 \u2014\u2014 Vin trouble ne brise mas les dents.LA PLUS VIEILLE MAISON D\u2019AME- RIQUE La ville de Ste-Augustine, en Floride, possède et s\u2019en montre très fière, la plus vieille maison en Amérique.Cet édifice historique se trouve près du centre de la cité.Il a été édifié en 1564, par les moines de l\u2019ordre de Saint-François, et quand sir Francis Drake saccagea et brûla la ville, ce fut la seule maison qu\u2019il laissa debout.Un cocotier planté par les religieux.se dresse au-dessus du toit comme une sentinelle.Et quant aux matériaux qui ont servi à la construction, très solide comme on le voit, puisqu\u2019elle a déjà tenu trois siècles, c\u2019est un assemblage de coquillages marins et de mortier dont on usait fort au début de l\u2019occupation espagnole, et qui est encore connue sous le nom de \u2018\u201ccoquina\u2019\u201d.L\u2019ANNEXION DE L'UNGAVA L\u2019Ungava est définitivement annexée à la province de Québec.Cette annexion a eu lieu à la suite de pourparlers entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de Québec.Le premier-ministre de la province, l\u2019honorable Sir Lomer Gouin, a fait ala derniére session de la législature de Que- bee, le récit complet des négociations qui ont eu lieu entre les deux gouvernements pour en arriver à une entente.Ces négociations datent de 1907.Ce que le premier ministre de la province de Québec regrette et ce que nous: regrettons également, c\u2019est que cette annexion ne comporte pas les îles qui géographiquement font partie de l\u2019Ungava, les îles Button et ces autres groupes d\u2019i- les appelées \u2018\u2018\u201cOttawa, Sleepers.Bakers, Dozen, Belchers, King George, Mansfield, Chares, ete.\u201d Il est hors de doute qu\u2019en placant ces îles sous une juridiction distincte, on entrave quelque peu la bonne administration de la terre ferme.Il ne devrait exister en pratique qu\u2019un seul régime d'adnu- nistration pour des territoires qui se touchent.128 it i | < ABONNEZ - VOUS LA REVUE EDEL LA MODE Le Seul Journal de Mode en Francais POUR 50 ets par an.VOUS AVEZ DROIT à 12 Cahiers de Mode en couleur, grand format 14 x 10.20 pages illustrées, 40 à 50 modèles de nouveaux patrons chaque mois.Renseignements sur la Mode.Cours pratique de Coupe, Musique, Coiffure, Chapeaux, Recettes de Cuisine.Les abonnées seulement ont droit pour chaque achat de patrons à un COUPON PRIME id\u2019une valeur ide 5 cents à échanger contre des arti- icles ide fantaisie.(Catalogue \u2018de Prime adressé gratis.) A LIRE ATTENTIVEMENT Sur réception de 5 cents dil est adressé un No.Spécimen de la Re- VUE DE LA MODE à toute personne nous en faisant la demande.ADRESSEZ VOS COMMANDES LA REVUE POPULAIRE, DEPARTEMENT DES PATRONS, 200.BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL.COUPON-MODE \u2018REVUE POPULAIRE\u201d Ci-inclus veuillez trouver la somme de 50 cts pour un an d\u2019abonnement à La Revue de la Mode.L'abonnement commence le mois suivant celui ou l\u2019ordre est envoyé.| | | | | | | | | | AVIS IMPORTANT | | | | | | | | | | | | | | | | \u2014# AE > > EP \u2014#-#\u2014 -«-«a#\u2014-«a#-«#\u2014 #2 \" > Nom ° Adresse »> >>> > > >> > > > >> J La Revue Populaire Quoiqu'il en soit, le cadeau que l\u2019on fait vaut la peine qu\u2019on le mentionne puisqu\u2019il double du coup l\u2019étendue de la province de Québec.SI nous prenons les chiffres produits à la Chambre des Communes du Canada, en mars 1912, par l\u2019honorable M.Borden, ce territoire embrasse une étendue de 456,- 000 milles carrés, dont 180,000 en eau et le reste en terre.; La superficie de la province de Québec étant jusqu\u2019ici de 346,875 milles, la nouvelle annexion porte cette superficie à 802,875 milles, soit au-delà de 500 millions d\u2019acres.Il n\u2019y a pas beaucoup de royaumes en Europe\u2014en exceptant la Russie\u2014qui disposent d\u2019aussi larges espaces.Par contre, ces nouveaux territoires que nous venons d\u2019acquérir sont à peu près inhabités.On y compte à peine une population de 1172 habitants, dont huit Anglais, deux Ecossais, 453 Esquimaux, 663 sauvages et 46 Métis.| Quant aux ressources que peut offrir I\u2019'Ungava et a sa description topographique.nous n\u2019avons qu\u2019à renvoyer le lecteur à l\u2019étude si documentée qui a paru dans le \u2018\u2018Bulletin\u2019\u2019 de mai 1910, sous la signature de M.A.T.Genest, ingénieur civil d\u2019Ottawa.Nous ferons pourtant cette remarque que tout est à organiser dans cet immense territoire.Les seules explorations faites jusqu\u2019ici l\u2019ont été par la Commission Géologique du Canada et encore ces explorations sont-elles tout à fait partielles.Il y a aussi cet autre fait à noter que la plupart des cours d\u2019eau relevés par la Commission Géologique portent des noms esquimaux.Nous osons espérer que ce n\u2019est pas l\u2019intention des pouvoirs publies d\u2019accepter \u2018\u2018in toto\u2019\u2019 cette nomenclature géographique indigène.Lay a mieux à faire qu\u2019àe conserver des dénominations barbares qui ne peuvent que rendre nos cartes inintelligibles.Eug.Rouillard.LE PREMIER BATEAU À QUEBEC Le premier bateau à vapeur bâti en Canada, portait le nom de l\u2019*\u2018\u2018Acecommo- dation\u2019\u2019.Il arriva à Québee le 6 Novembre 1804 à 8 heures du matin avee 10 passagers.Il était parti de Montréal le 27 octobre à 2 heures de l\u2019après-midi; le trajet avait donc duré 66 heures.Le prix du passage était de $8.00 pour descendre et de $9.00 pour monter.La longueur du bateau était de 85 pieds.avec une force de 4 chevaux.Il avait été bâti à Montréal par John Molson.LA RIVIERE MANOUAN Cette rivière est le principal tributaire de la rivière Péribonka.Elle a été explorée une première fois en 1889 par l\u2019arpenteur P.H.Dumais et en dernier lieu, en 1911 par un autre ar- penteur-géomètre, M.Geo.Leclerc.Ce cours d\u2019eau est assez considérable, bien que sa largeur ne dépasse pas quatre cents pieds et pourrait, paraît-il, être aménagé assez aisément pour le flottage du bois.On a relevé, il est vrai, plusieurs rapides, mais ceux-ci ne peuvent nuire en aucune façon au passage du bois.Sa longueur totale est portée à 175 milles.Au printemps, cette rivière monte de huit à dix pieds, et l\u2019arpenteur Leclere estime, d\u2019après des caleuls approximatifs, qu\u2019elle peut donner alors un million et demi de pieds d\u2019au à la minute.Les bords de cette-rivière sont montagneux et même assez escarpés en certain endroits.Les dernières explorations ont démontré en outre que toute cette région montagneuse arrosée par la Manouan constituait un excellent pays de chasse.Les animaux que l\u2019on y rencontre le plus souyent sont l\u2019ours, le loup-cervier, le ca- ribu, le pékan, le renard, le rat musqué.La perdrix et le lièvre y sont aussi en grande abondance.Quant à la formation géologique du terrain arrosé par ce cours d\u2019eau, M.l\u2019arpenteur Leclerc nous apprend qu\u2019il n\u2019est composé que de gros cailloux ronds mélangés de sable,et le tout recouvert d\u2019une couche de mousse d\u2019environ deux pieds d\u2019épaisseur.130 "]
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