La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 mars 1912, Mars
[" Cee UE feo io .BOE ee le rg A ale te ye ait Addit LL Sota rut Hai al teeta Ly Gh let, Gell BLE Clot oh dete Lisa Ee pe ia) Nos DENTS sont très = == 4 -.belles naturelles, garan- E J 2 ties.Institut Dentaire, | À lit, Ey É Franco-Américain (Incor- A Wks sI vous | AA AN 162, St-Denis, Montréal.3 |r VOULEZ | hi | | : \u201c| Ÿ Passer d\u2019agréables instants, lire le magnifiques ro- 4 mans et vous instruire tout en vous amusant â dû 3 à MAGAZINE HEBDOMADAIRE ILLUSTRE 1 .40 PAGES 5 CENTS 40 PAGES | 5 ou $2.50 d\u2019abonnement par an i ; En vente chez tous les dapositaires ou chez les edits-proprietaires E , | Poirier Bessette & Cie., 200 Blvd.St Laurent, Montreal i Lf === = ; Err = 3 The Canadian Advertsing Lid AGENCE CANADIENNE DE PUBLICITE Place des Annonces dans tous les Journaux du Canada, aux prix les plus bas.Con- trôie l'insertion des annonces et ne soumet à ses clients que des factures accompagnées de feuilles justificatives d\u2019insertions.Ses clients comprennent le Haut Commerce Canadien et représentent un capital dépassant $10,000,000.00.Plans \u201cet Devis de Publicité au Canada gratis sur demande.Les Rédacteurs\u2014experts en Publicité et le personnel d\u2019Artistes attachés à l\u2019Agence s'occupent de la préparation des annonces, des illustrations adaptées aux goûts du public Canadien et les campagnes de publicité ainsi dirigées ont toujours donné les résultats les plus satisfaisants.Notre expérience et nos services sont à la disposition de toute maison désirant étendre pratiquement et judicieusement ses affaires au Canada.REFERENCES: LA BANQUE NATIONALE, MONTREAL.Avant de placer vos ordres d\u2019annonces, écrivez-nous \u2014 il y va de votre intérêt.VV VV VON rer reread Royal Trust Building, 107, St-Jacqies - Montreal, Can.47444000 300000 000004444444 8001000000 3 i.ASS AAA TE TE TE = Gah iathis Haat i ii cale EEE \u201car RAP EEE { CRG hie _ i se cé qe = 23 Es Le \u201cHE T4 * ee æ 8 = nf = = J om, A arate\u201d = ré SE hk 5 Te THR RF or 4 & AL Sa LS x 2 x fi ES TE $ > Hl # % © * FO Sign, > 3 sx a, = 5 Tr 9X: ie 3e ay) ae 3 yp 1 L } ir af 3 L Fi nu 2 Ri 7 4 7 a HT : Ds 5 tS f { nt.gen 17 115 19 g £4 2 a, Len > æ > 45 pa 20 ë pen 4 # % ei 7 ots, 2 i 4 © Fi, ar Le re 7, 7 er 4) Shs à Aa | ex a $ iA ov pad RE © dr iis rag ok ; $54 an 3 fi x a ax pe pe oh priya cy ww À JE = ig « su PS ap HE wy 7 3 ir, 7 fit i i 7 Hy, i 7 iH; poy 76 #.\u201cae A us De kit fe # x D, rn az JH A i nd 7, a] 9 Gal a ses {4 >, % Ls i 0k 4 1 Br i oi + 4 4 À BE wy sf Ga = Es PS ir oe = et = = de .de { I \"y Mey i = 5 \u201cul Men = B Ji ral, x _ ut x ii ti rl dba La Revue PARAIT TOUS LES MOIS ABONNEMENT : ¢ Canada et Etats-Unis: Un An: $1.00, - Six Mois: - - - - - 50 cts Montréal et Etranger: Un An: $1.50 - - Six Mois: - - - - 75 cts POIRIER, BESSETTE & Cie, Editeurs-Propritaires, 200, Boulv.St-Laurent, MONTREAL.Vol.5, No 3, Montréal, Mars 1912.Droit de Vie et de Mort N parcourant les journaux récemment, j'étais frappé du nombre sans cesse cro\u2018ssant des crimes ou attaques, à main armée de la propriété d'autrui.Je me demandais alors s\u2019il n'y a pas.dans certains pays, une sorte de complicité inconsciente de ia part du législateur trop porté à une fausse sensiblerie qui lui fait mitiger les rigueurs du châtiment pour les coupables.Un apache tue un honnête homme; \u2018I est certain que la peine capitale infl'gée au meurtrier ne ressuscitera pas la vieti- me, mais faut-il dorfe, par une application bizarre de la loi protectrice de la vie humaine, conserver cette vie à un crim\u2019nel parce qu\u2019il s\u2019est mis en dehors de Ja loi?On a beau dire, mais c\u2019est encore la crante du maitre qui est le commencement \u2018de la sagesse.Un bandit hésitera toujours à frapper le coup mortel s\u2019il réfléchit que son change l\u2019attend sous forme de couperet triangulaire, de solide cravate de chanvre ou de chaise métallique dans Diels dudatat Ladglyiadatitit bes tad lied tie se ta TROT Cron TRICK ta ILE OT UE EE SAT ph de plateta tot et thee hiyialibatsi tt htt thie bl, ; .« KRARENR RN tot eh intl ksh; Populaire taquelle circule un courant à haute tens'on.S', au ileu de cela, 11 n\u2019a que la perspective d\u2019un voyage en quelque lieu de déportation où il sera, logé, vêtu, nourri et chauffé l'hiver avec l\u2019argent des honnêtes gens, la crainte est évanouie bien vite et puis un pénitencier, si bien gardé soit-il est un endro't dont on peut toujours s\u2019échapper.\u2014T'ant qu\u2019il y a de le vie, il y a de l\u2019espoir, se dit le criminel.A quoi la loi a le devoir de lui répondre \u2014Le noeud coulant de la corde est un en\u2018lroit dont on ne s\u2019échappe pas; morte la bête, mort le venin.Ceux qui sont contre la peine de mort ne manquent pas de bonnes raisons à développer pour soutenir ieur thèse.Leur argument favor! est celui-ci: La Société n\u2019a pas le droit de supprimer une existence.Cela fait une phrase très Jolie, je l\u2019avoue, et peut produire son petit effet en réunion surtout si l\u2019on a le geste large, le verbe sonore et que dans l\u2019air flotte vne discrète odeur de havane parfumé.Mais je seras très curieux de voir la tête de l\u2019orateur au coin d\u2019une rue déserte à minu't, lorsqu\u2019en revenant de la conférence ou il aura recueilli de bruyants applandissements, il se trouvera face à face avec un bandit qui lui demandera la bourse ou la vie.Il y a gros à parier qu\u2019il sortira son revolver et abattra froïdement son agresseur en disant : La Société a le devoir de se défendre.Roger Francoeur.PSE EEE Mon Tieve Famitier Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D\u2019une femme inconnue, et que j'aime et qui m\u2019aime, Et qui n\u2019est chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m\u2019aime et me comprend.Car elle me ccmprend, et mon coeur transparent Pour elle, hélas! cesse d\u2019être un prcblème, Pour elle seule et les moiteurs de mon front blême, Elle seule sait les rafraîchir en pleurant.Est-elle brune, ou blonde, ou rousse?\u2014Je l\u2019ignore.Son nom?Je me souviens qu\u2019il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila.Son regard est pareil aux regards des statues, Et pour sa voix lointaine, et calme et grave, elle a L\u2019inflexion des voix chéres qui se sont tues.PAUL VERLAINE.RT WT pom a = Fae i La CS ve eg SSSR SE = A travers le Monde Dans L'Etat du Colorado LA MONTAGNE STE-CROIX Parmi les phénomènes naturels les plus curieux, on peut, a coup sir, placer celui dont nous donnons ici la photographie.La Montagne de la Ste-Croix doit son nom à l\u2019apparition.surtout lorsque le temps est \u2018bien clair, d\u2019une croix blanche gigantesque à son sommet.Cette montagne, située dans la chaîne des Rocheuses, état du Colorado, a la respectable hauteur de quatorze mille pieds, Comme la croix est à son extrémité supérieure, elle a d\u2019énormes dimensions pour apparaître dans des proportions aussi importantes.Son origine, qui paraît mystérieuse au premier abord, est due à de larges fissu- 5 GE ph Kg PRT eae LI ARR der A) HR : patte At res dans le roc.périeure, elle a d\u2019énormes dimensions pour apparaître dans des proportions aussi importantes.Son origine, qui paraît mystérieuse au Cette curiosité naturelle est une des multiples beautés de paysage que l\u2019on rencontre dans les Rocheuses.Ces montagnes.qui attirent déjà beaucoup les touristes, mériteraient d\u2019être davantage connues encore.Elles ne le cèdent, en effet, en rien aux autres chaînes célèbres du monde et um tour du globe sans les avoir visitées ne serait certainement pas un tour du monde \u2018\u201ccomplet.\u2019\u2019 CPC TR RIRE RE RES } RTS iti Li HE Ap ' Ut HOTTES Erm TUE I 4 .A travers le Monde 910 MN \u201cBI Vers les Regions Australiennes En Nouvelle-Guinée anglaise La nouvelle Guinée, appelée encore Pa- pouaste, est une grande île située au nord et non loin de l\u2019Australie.Elle appartient partie à l\u2019Angleterre, à l\u2019Allemagne et à la Hollande.D\u2019après la carte, sa forme rappelle un peu celle d\u2019un gigantesque oiseau et l\u2019on peut dire que, certains de ceux qui l\u2019habitent, en font autant.Regardez notre photographie, ne vous semble-t-il pas que ce sont, en effet, d\u2019étranges oiseaux au long bee que vous voyez?.Eh bien, ce sont tout bonnement des policemen Papous! Ils sont loin d\u2019avoir la superbe stature des policiers Londoniens.Montréalais ou New-Yorkais, mais leur rôle n\u2019est pas le même non plus.ls se bortent à chasser les mauvais esprits qui viendraient nuire à la qualité et à là quantité de la moisson.Ces fonctions ne semblent pas lbien difficiles mais elles ne sont pas sans mérite pour un Papou.Ces hommes doivent, en effet, s\u2019abste- pir rigourevsement de boire le lait de no x de coco et de chiquer le bétel.C\u2019est une véritable privation pour eux et il ne faut rien moins que l\u2019attrait d\u2019être un policeman de cette importance pour la leur- faire accepter.A joutons que ces gardiens masqués comme pour quelque bal de sorciers, se nomment en langage du pays du nom ehar- mant de \u2018\u2018Kaivauku\u201d\u2019.Le titre est aussi beau que l\u2019emploi ! += De LC Wy ddd CL 24a Catpdadat Stab et ecnraigeqte Aa re a idees titi La Tour de Silence a Bombay Dans le mystérieux pays des Indes où 1l y a tant à étudier, ce n\u2019est pas une chose des moins curieuses que la méthode d\u2019abandonner les morts patiquée par les Parsis.Les Parsis forment une des classes les pius riches et les plus industrieuses de la population de Bombay ; \u2018ls n\u2019ensevelissent pas leurs morts, mais, selon les préceptes de Zoroastre, les exposent \u2018\u2018dans des lieux élevés pour être dévorés par les o'\u2018seaux du ciel\u2019.Ces étranges lieux de sépuiture sont appelés à Bombay des \u2018\u2018Tours du Silence\u2019\u2019, Les corps y sont placés dans des cases recouvertes de larges grilles à travers lesquelles les vautours, préposés à cette sinistre besogne, les dépècent à leur aise.Rien n\u2019impressionne davantage l\u2019étranger qui visite ces singuliers monuments.C\u2019est, d\u2019ailleurs, une impression piutot désagréable que la vue de\u201cces corps décharnés et dékhiquetés sur lesquels s\u2019acharnent les o'\u2018seaux de proie.Ces bêtes sont si accoutumées à leur rôle qu\u2019elles daignent à peine remarquer le visiteur et ne s\u2019envolent qu\u2019à la dernière extrémité d\u2019un vol lourd et fatigué.Les \u2018\u2018Tours du Silence\u2019?sont loin d\u2019ê- tre l\u2019idéal au point de vue de l\u2019hygiène et lorsque, par exemple, sévit une épidémie de peste, ren n\u2019aside mieux À la pro- pagat on de la terrible maladie.On remarque alors que, dans des circonstances, les vautours abandonnent presque- feur répugnante fonction, soit que la pâture qui leur est offerte dépasse les limites de leur appétit, soit, à ce que pensent d\u2019autres, que leur instinct leur fasse repousser la chair des pestiférés.G A \u2019 rR i RE EE HER i Sth tA A travers le Monde Lorsque l'on cons:dère les progrés réalisés par les peuples civilisés, soit dans l\u2019architecture, l\u2019indutrie, vo\u2018re l\u2019art de la guerre\u2014si toutefois cette dernière chose est un progrès\u2014on a peine à croire qu\u2019il existe encore des êtres tels que ceux représentés ci-dessus.IT est vrai, que pour les voir, le voyage est un peu plus Tong que de Montréal à l\u2019He Ste-Hélène ou de New-York à Coney Island.Après une assez longue traversée sur l\u2019Atlantique, il y a une marche épuisante de plusieurs semaines à travers la brousse africaine et les sombres forêts vierges de latitudes équatoriales et ce voyage n\u2019est pas sans danger.L'Afrique Centrale est encore, en effet, le pays par excellence des peuples barbares, cruels et anthropophages à l\u2019oe- casion.Les gaillards qui habitent ces con- 10 AU COEUR DE L'AFRIQUE Les Mangonis trées aiment beaucoup les blancs étrangers.mais lorsqu'ils sont cuits à point.Nous représentons «deux spec'ment \u2018\u2018Mangonis\u2019\u2019 en petite tenue de ville; la canne est remplacée chez eux par des lances en fort bon état de service a laquelle s'ajoute un bouclier fa t d\u2019écorce, de fer ou de cuir.Quant au costume, il n\u2019est pas compliqué mais bien souvent les Mangonis le simplifient davantage encore.Simplement revêtus de leur pudeur, c\u2019est ainsi qu'on les voit le plus souvent.La coiffure, par exemple, est tout un poème ; elle rappeile.de loïn, l\u2019ancien bonnet des grenadiers et donne asile, cela va de soi, à des paras'tes aussi nombreux que les grains de sable sûr le bord de la mer et avec lesquels ils font bon ménage.Chacun son goût! n, ; ; + Le LE EU a + ; ary ER vty alah! IAA d A SEN vai st di 1 it ice vis 1 * disais ve ld i fehl Se plydaidet Th UE .pea Lattes rte ef dus ria BAL te nr ae sa LES VOIES DE L'AMOUR Comment Edison, Schumann, Byron ct Bismarek demandèrent leur femme en mariage.A manière d\u2019Edison devait être simple, nette, claire et rapide, et clle le fut.Un jour, le grand savant, non célèbre encore, traversa d\u2019un pas ferme et décidé nue des salles de travail de l\u2019usine qu\u2019il | dirigeait et s\u2019arréta auprés d'une jole jeune fille, maniant des éprouvettes, en longue blouse de toile.La préparatrice interrompit ses manipulations et, levant timidement les yeux vers lui, balbuta.\u2014Je savais que c\u2019était vous, monsieur Edison.Je sais toujours quand vous êtes pres de mo\u2019.A quoi le jeune homme répondit: \u2014Je pense beaucoup a vous depuis quelque temps, et si vous y consentez, je voudrais bien vous épouser.Un mois plus tard, la jolie employée commencait avec le grand inventeur une longue vie d'union et de dévouement.Quand Schumann, l\u201dllustre compositeur, s\u2019éprit de Clara Wieck, fille de son maitre de mus\u2018que, Herr Wieck se montra terrible aux projets des jeunes gens et il leur défendit de se voir et d\u2019entretenir les moindres relations.11 Mais l\u2019amour se rit des injonctions fa- miüliales, Le prétendant rejeté, qui ne pouvait même \u2018écrire à la flancée de ses rêves, trouva Je moyen de lui révéler toute son âme dans une série de \u2018\u2018Lettres à Clara\u2019, imprimées dans un journal musical dont 11 était l\u2019éditeur.Puis, un jour que le temps était venu d\u2019unir sa destinée à celle de la jeune fille, s\u2019étant mis au p'ano if lui fit une déclaration suprême, l\u2019implorant dans une éloquente et poétique improvisation.À son tour, la belle Clara s\u2019approcha de l\u2019harmonieux instrument où elle exprima un même aveu d\u2019amour.À la barbe même du vieux Herr Wieck, les deux jeunes gens s\u2019étaient fiancés sans retour.11 n\u2019y eut probablement jamais de fian- cailles plus étranges que celles qui préludèrent au malheureux mariage du grand poète anglais lord Byron avec miss Mil- banke.I] venait de recevoir le refus définitif d\u2019une jeune fille dont il avalït demandé la main, quand un de ses amis survenant, il fui dit: LEP ECO on Nés ed Be: La Revue Populaire \u2014Il me semble maintenant que ce soit miss Milbanke que je doive épouser.Je vais lui écrire.Bientôt après, il tendaït à son ami la \u2018élettre fatale\u2019.\u2014Quelle ravissante lettre, s\u2019écria l\u2019ami, après l\u2019avoir lue.Il serait vraiment dommage qu\u2019elle ne partit pas.\u2014Le sort en soit jeté! dit Byron.Pour cette valable raison, Byrôn commença un des chapitres les plus tragiques de sa triste vie.La force terrible de résolution de celui qu\u2019on nomma le chancelier de fer, Bismarck, ne reçut jamais de me\u201dlleure démonstration que le jour où il demanda sa femme en mariage.Dès sa première rencontre avec la jeune fille qui devait partager sa fortune pendant de si longwes années, il lui demanda si eile ne consentirait pas a 1\u2019épouser.La jeune fille ayant répondu affirmativement, Bismarck qui était jeune alors, et dont la situation n\u2019avait gudre de quoi séduire les parents plus prâtiques.se rendit dès le lendemain chez sa fiancée., Aux premiers mots de refus, il déclara qu\u2019 ne quitterait pas la maison que sa demande ne lui fût accordée.Devant cette preuve de caractère, les parents s\u2019inclinèrent et n\u2019eurent jamais à se repentir d\u2019avoir donné leur fille à celui qui devait un jour présider aux destinées de 1\u2019Allemagne.12 -\u2014 (ji Dai x Yi > Res.Hang {iy PERRIER AA LAINE ITU NII + td gt a ; A IRR Eg Ca CH eat yal dey ales Ceti i i i a guano! : Les Caribous de l\u2019Extreme Nord AIT-ON que nous possédons au nord de la frontière de notre province, dans l'immense territo/re 'désertique qui s\u2019étend du rivage occidental de la baie d\u2019Hudson au fleuve MacKenzie, une région merveïlleuse de chasse.une région qui a mérité d\u2019être appelée le paradis des chasseurs ?Tous les voyageurs, de même que les missionnaires, qui vivent dans les parages arctiques, sont d\u2019accord a dire que les car.bous pullulent en nombre incalculable dans cette région à peu près glacée.Thompson Seton l\u2019évalue à trente millions et prétend qu\u2019il pourrait êtré le double.| Chaque \u2018année, les Indiens, les Esquimaux et les baleiniers du nord en tuent peut-être une quarantaine de mille, nombre si petit qu\u2019il ne saurait avoir aucune influence sur l\u2019ensemble du troupeau.Les loups en dévorent bien, eux \u2018aussi, quelques-uns chaque année, mais l\u2019augmentation naturelle d\u2019une telle population doit être si considérable que les ravages causés par les hommes ou les loups n\u2019y paraissent pas.: On peut difficilement se faire une idée 13 du nombre des caribous réunis dans cette région.Un témoin oeulaire raconte s\u2019être tenu sur une colline de chaque côté de laquelle passaient les troupeaux se rendant dans leurs parages d\u2019hiver.D'un côté conime de l\u2019autre, ia vue embrassait une dizaine de milles, et tout ce terrain, état couvert de caribous.Jusqu\u2019où y en avait-il ains' ?Il l\u2019ignorait.Il compta en moyenne 100 caribous par acre, défilant à une allure de trois milles à l\u2019heure.Tout le monde visible ne semblait plus qu\u2019une masse mouvante de caribous.Nous avons une version analogue du R.P.Turquetil, qui vient d\u2019arriver à Prihce- Albert.Ce imissonnaire, reaonte que se trouvant, dans un voyage, à 300 milles au nord, il apercut, lui aussi, des milliers de caribous qui mirent près d\u2019un mois pour passer à un point déterminé.Le missionnaire ajoute qu\u2019il était presque impossible de dorm\u2019r la nuit à cause du bruit que faisaient ces animaux sur les champs rocailleux qu\u2019ils parcourent chaque année.En vérité voilà qui surpasse les armées + LE ei NE nisigétts tels dite) ste La Revue Populaire de buffles qu\u2019on vit autrefois dans les plaines de l\u2019Ouest.Des raïsons économiques ont justifié l\u2019extermination des buffles.Les plaines de l\u2019Ouest ne pouvaient produ\u2019re du bblé tout en fournissant la pâture à leurs troupeaux errants.Aucune raison de cette nature n\u2019excuserait la destruction des caribous du nord.Les terres arides ou ils paissent et se multiplient couvrent plus d\u2019un million de milles carrés.On n\u2019y voit point d\u2019arbre, mais le gazon abondant rappelle celui des prairies de la Nouvelle-Angleterre.Quoiqu\u2019il en soit, ces plaines arctiques ne nourriront jamais une population de laboureurs 14 at TEI et les hommes ne batiront jamais de villes sur les bords de ses rivieres et de ses lacs.Ils ne pourraient supporter les froids de ses hivers et les moustiques qui y abondent en été.Le caribou, lui, continuera à vivre dans ces régions lointaines.Le gouvernement canadien a*d\u2019ailleurs assumé la tâche de les protéger, et avec l\u2019a\u201cde de la police à cheval, il y réussira certainement.Cette réserve magnifique de gibier est un actif qui sera conservé aux générations futures, et procurera toujours un plaisir mérité aux sportsmen qui braveront la solitude de ces régions lointaines. 6 3 il DANS LE SILENCE DE LA TOMBE IEN des gens passent levr vie entière dans le travail.ne goûtant, par-ci par-ià, qu\u2019un court instant de repos, à peine de quoi reprendre cou-\u2026 rage pour la besogne du lendemain.Ils peinent sans trêve jusqu'au jour où ils se coucheront pour dormir de l'éternel sommeil.Ce jour-là, leurs yeux fermés ne verront plus le va et vient continuel des machines, leurs oreilles seront sourdes aux bruits du monde, l\u2019éternells nuit deseen- dra sur eux comme l'oubli se fera autour de leur nom.| C\u2019est le silence de a tombe qui pése définitivement sur le riche comme sur le pauvre, sur l\u2019humbl: ouvrier comure sur celui qui fut un puissant du monde.Et ce silence ne doit plus jamais être troublé.Pourtant, il l\u2019est, sinon fréquemment, du moins quelquefois.La eupidité humane et la rapidité des fativez osent tenter cela! Je lisais récemment dans les journaux le récit d\u2019une odieuse violation de sépulture.une jeune ot jolie actrice, bien connue à Paris sous le nom de Lantelme.après avoir vu la fortune et les lionneurs lui sourire, se noyait tragiquement an cours d\u2019un voyage.La charmante artiste ur enterrée avec les bijoux qu\u2019elle a'mait et qui était estimés a environ $15,000 M n\u2019en fallut pas plus pour décider d\u2019ignobles profanateurs à violer sa tombe, À briser son cercueil, pour vouloir s\u2019emparer des bijoux.La tombe n\u2019est plus ie refuge suprême! Dans d\u2019autres contrées, ies tomheaux sont exposés non aux violations d'êtres humains mais à celles des fauves qui cherchent à déterrer les cauavres pour s'en repaître.Ceci a suggéré un moyen de défense assez curieux à certains indigènes d'Australie qui ne veulent pas enfouir leurs morts dans la terre et veutent cependant les met tre à l\u2019abri de la dent des carnassiers.Une sorte de puits est creusé dans l\u2019un des parois duquel on ménage une cavité Une tombe australienne.suffisante pour recevoir nne personne ae- croupie.Le mort est placé dans cette cavité fermée ensuite par des planches, puis, sur l\u2019ouverture du puits, des branches disposées en forme de toit çn défendent l'accès.C\u2019est en somme moius lx maconnerie, quelque peu la disposition des caveaux que nous faisons construire dans nos cimetières.VIE TT CT AT ITR : Ah AGLI GRE pt ! HH Ci UE LA FETE DES BAISERS ANS la vieille ville de Helmagen, en Roumanie, se t'ent une foire annuelle le jour de la Saint-Théodore.A cette occasion toutes les jeunes femmes des villages environnants se rendent vers la ville.Les veuves ne prennent point part à cette fête et gardent la maison.Les jeunes commères, généralement ac- \u2018compagnées de leurs belles-mères, portent une cruche de vin enguirlandée de fleurs.Elies vont par la ville et tous ceux qui ont l'honneur de leur plaire recoivent une belle révérence et l'offre gracieuse de boïre une gorgée de vin délicieux.Tanlis que l\u2019heureux invité porte la cruche à ses lèvres, la jeune femme lui donne un baiser.Le passant ainsi favorité témoigne sa reconnaissance par un léger cadeau.On ne peut faire une pire insulte à une paysanne que de refuser le vin qu\u2019elle offre : aussi' sont-elles très prudentes et réservent-elles leurs faveurs à ceux qu'\u2019elles savent la désirer beaucoup.La fête du baiser se célèbre toute la journée, dans les rues, dans les maisons privées, dans les tavernes.L'origine de cette coutume se perd dans la nuit des temps.Dans plus'eurs villes hongroises, il existe des fêtes analogues à celles de Helma- gen.C\u2019est ainsi qu\u2019Hengerford est le théâtre d\u2019une petite fête locale assez amusante.Les autorités lèvent une sorte d\u2019impôt sur tous les habitants du pays.Les hommes paient une taxe de dix centimes, les femmes doivent acquitter leur dette par un baiser.\u2018 16 Mais, il n'est pas que les autorités mu- nicipaies qui bénéficient de l\u2019aimable coutume et il est entendu que les jeunes gens ont le dro't d\u2019embrasser toutes les jeunes filles qu\u2019ils rencontrent sur leur chemin.Ce joyeux carnaval se célèbre le premier mardi de Pâques.Ma's le \u2018\u201ctemps du baiser\u2019 mité qu\u2019à He'magen.est plus Hi- Après six heures du soir, il est tout à fait discourtois d\u2019effleurer la joue d\u2019une Jolie femme.En quelques villages et villes de Russie, cette coutume existe aussi, mais on a laissé une sorte de sauvegarde aux jeunes filles farouches qui redoutent les amoureux.Les adolescents qui se proposent d\u2019ê- tre entreprenants ont le devoir de piquer une plume a leur chapeau.Ces fêtes, dit-on, attirent toujours des foules considérables.beg mn A i 2 10 etienne aber a de Haiti lati tb hnt io fed id Ete ely olay yee \u2018 RH i Vi it Lt edit y Les Stations N À souvent écrit que notre siècle est celui de la vitesse.Rien n\u2019est plus juste et l\u2019on pourrait compléter en disant.de ïa vitesse raisonnée.Le bon La Fontaine l\u2019a dit il y a déjà longtemps: rïen ne sert \u2018de courir, il faut partir à point.Il ne sert à rien, en effet, d\u2019atteindre une allure folle, de marcher à 80 milies à l\u2019heure si, à chaque instant on dot perdre un temps précieux en arrêts, réparations, etc.En fin de compte, malgré la puissance et le rendement du moteur, on met tro's heures pour accomplir le parcours ce qui donne en définitive un piètre résuitat.C\u2019est \u2018de ce principe que se sont inspirées les grandes compagnies anglaises de \u201c chemins de fer.Un «dispositif très ingé- | nieux, quoique s'mple, permet de déposer délicatement les voyageur en route sans fs- § méme ralent\u2019r la vitesse de la locomotive.od Pour cela, il ne suffisait que d\u2019une idée, w et d\u2019un bon freïün.C\u2019est simple comme + l\u2019oeuf de Christophe Colomb! Imaginez vn train lancé à toute vapeur ; - si pour une cause ou pour une autre, un x des wagons se détache et que la voie ne soit pas en pente, aucun accident ne se k produira.Le wagon détaché continuera sa route pendant un certa\u2019n temps en ver- 17 Sans Arret tu de l\u2019impuision acquise puis il s\u2019arrêtera de lu\u2018-même.Maintenant, s\u2019il est muni d\u2019un frein quelconque, il s'arrêtera quar:d on voudra au lieu de parcourir encore pent-être cinq ou six cents verges ou plus.Voilà toute l\u2019invention.En pratique rien n\u2019est plus curieux et même amusant.Les voyageurs à destination d\u2019une station quelconque sont classés tous dans la même voiture.Le train s\u2019ébranie, augmente son allure.file comme une flèche à travers ia campagne.Sans ralent\u2019r il se rapproche de la station, passe comme une trombe dans un fracas assourdissant et une gerbe d\u2019étincelles et, subitement, un wagon s\u2019est détaché a roulé quelques verges à peine encore et s\u2019est immobilisé ; les voyageurs ont à peine eu :e temps d\u2019en descendre que l\u2019autre partie du train est déjà éva- nou e dans.le lointain.Quant au dispositif, ainsi que je l\u2019ai dit, c\u2019est l\u2019enfance de l\u2019art.En tête du \u2018\u2018wagon à lâcher\u2019, ex'ste DOUAI EIRE RENTE n gi Herm AR FIC NEE t La Revue Populaire Timbre avertisseur un timbre de large dimension, destiné à prévenir un employé lorsqu\u2019on arrive au point d'arrêt.Dès que le timbre retentit, cet employé actionne un levier qui, automat quement, détache le wagon et fait fonctionner un système de frein à air.La voiture est libre alors et s\u2019arrête b\u2018entôt sans secousse aucune.La question importante était celle du frein qui devait agir progressivement et cependant d\u2019une manière énergique.S\u2019!1 calait les roues instantanément, il en pourrait résulter les plus graves inconvénients pour la sécurité des voyageurs eu égard à la vitesse acquise et brusquement \u2018interrompue.L'action totue- fois \u2018devait être rapide.L'idéal du genre, comme frein, parait être atteint anjourd\u2019hui au moyen des systèmes \u201c\u201c\u2018continus\u2019\u2019 automatiques ou non et parmi les meilleures du genre on peut citer celui à air comprimé ou de Westinghouse et celui à vide, de Tremblay et Martin.Ils sont avantageusement connus au- Attention «ut lâchage! Le système d'accouplement.jourd'hui et leur emploi s\u2019est généralisé un peu partout.1] est dommage qu\u2019on ne puisse les adapter aux aéroplanes lorsqu'il prend à ceux-ci le caprice d'aandonner leur pi- \"4 L'arrêt d'un wagon indépendant.lote en route tout comme un vulgaire wagon, ce qui arrive, hélas, trop fréquemment! \u2014S\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 1c a. NO ROMAN COMPLET \u201c Par Frédéric Soulié.(L'histoire qu\u2019on va lire se passa quelque temps après la révolution de Naples de 1820- 1821.Si quelques lecteurs devinent les véri- ables noms des personnages de ce rtécit, nous les supplions de ne point les écrire en marge de l\u2019exemplaire qui sera dans leurs maine, comme nous l'avons vu faire souvent à propos de mémoires ou d'histoires contemporaines où l\u2019auteur n\u2018avait voulu mettre que des initiales.) un de ceux qui étaient couchés lui dit à L était nuit, une nuit étincelante et diaprée d\u2019étoiles, une brise molle, voix basse: une vague languissante» un murmure \u2014C\u2019est le canot, n\u2019est-ce pas, signor lent et infini, et c\u2019était sur une grève de Spaffa ?\u2014Oui, répondit celui-ci en désignant la la mer de Naples.Comme des phoques en- dormis sur le rivage» une douZaine d\u2019hem- mes étaient étendus sur le sable.Un seul était debout.Sans doute il veillait pour eux, mais il veillait aussi sans doute pour d\u2019autres; car son regard se portait avec inquiétude, tantôt vers la terre, tantôt vers la mer; rien ne paraissait à aucune des extrémités de l\u2019horizon, et cet homme debout était le seul point qui, dans l\u2019espace, fit rencontre au regard.Tout à coup, parmi les étoiles qui bordaient le ciel au- dessus de la mer, parait une lueur rouge et sanglante qui allume sur les vagues une longue traînée de reflets; et en face de cette lueur, du côté de la terre, une ombre noire et mouvante se dessine presque aussitôt.Un soupir de satisfaction s\u2019échappe de la poitrine de l\u2019homme qui veillait, et 10 mer, le canot là ; et là, ajouta-t-il en se retournant vers la terre.\u2014Le marquis?ajouta l\u2019autre.\u2014Je le crois, répondit Spaffa.A ce mot: \u2018\u2018le marquis,\u2019 tous ceux qui étaient couchés se levèrent simuwtané- ment et cherchèrent à pénétrer de leurs regards avides l\u2019obseurité de la nuît.Ils ne distinguèrent d\u2019abord qu\u2019une ombre sans forme qui s\u2019avançait vers l\u2019endroit ou ils se trouvaient; mais bientôt eprès, on put reconnaître que c\u2019était un groupe de plusieurs personnes; enfin on put les compter : il y en avait trois.\u2014Ce sont eux, murmurèrent plusieurs VOIX.Et le signor Spaffa ayant levé son chapeau en l\u2019air, et ce signal lui ayant été de ; i B, be pr Bi A ET TERRE La Revue Populaire reæda, il s\u2019avancça vers les arrivants.Tou- tofe:s il prit la précaution de s\u2019armer d\u2019ax pistolet et d\u2019un poignard, et l\u2019on put voir que, de part et d\u2019autre, on s\u2019abordait avec précaution.Bientôt les non- veaux venus et Spaffa étaient parmi ceux qui s\u2019étaient levés à leur approche.À l'instant même un canot aborda sur la grève, et un jeune homme s\u2019en élanra et s\u2019approcha du groupe.\u2014Eh bien! dit-il.tout le monde est-il arrivé?\u2014Oui, répondit Spaffa ; voici le marquis Faviani, madame la marquise et le brave Jaffarino.Au nom de la marquise, le jeune marin se découvrit.\u2014Eh bien! répondit-il.puisque tout le mende est prêt, embarquons-nous.Tout n\u2019est pas fini, répliqua Spaffa ; nous avons un «dernier adieu à faire au marquis.\u2014Hâtez-vous done, répondit le marin.Une légère hésitation se manifesta alors parmi le groupe ; on sembla se consulter à voix basse, et celui qui le premier avait parlé à Spaffa lui dit d\u2019un ton d\u2019humeur et «nr lui montrant le marin: \u2014Cet Anglais ne peut être témoin de ce qui Va se passer.Aussitôt Spaffa prit le marin en particu- ler et l\u2019emmena à quelques pas du groupe.\u2014#ir Henri, lui dit-il, l\u2019Italie n\u2019a pas eneore perdu toutes ses \u2018espérances de liberté, bien que ses meilleurs appuis lui mahquent désormais, car ceux qui ont échappé au gibet doivent mourir aux ga- léres.Mais il en reste encore assez pour essayer un nouvel effort.Le marin secoua la tête d\u2019un air d\u2019in- crédalité.Spaffa ajouta.\u2014Hi ne faut pas juger l\u2019avenir sur ce que nous avons tenté.Naples a manqué de courage pour soutenir ce qu\u2019elle a entrepris; mais elle l\u2019a entrepris: c\u2019est beau coup, croyez-moi, pour un peuple brisé à l\u2019esclavage ; et puis, la liberté n\u2019est pas la conquête d\u2019un jour, Il me semble que les italiens sont en face de leurs ma tres comme les Russes devant les soldats de Charles XII; il faut qu\u2019ils dépensent beaucoup de sang pour apprendre la liberté, comme les Russes pour apprendre la guerre ; mais ils l\u2019apprendront ; et, je vous le jure, les peuples seront aussi fertiles contre la ty- rannÿe que la Russie l\u2019a été contre la conquête.Nous jetterons beaucoup de tétes aux bourreaux, mais leur hache sera émoussée avant que la moisson soit finie; et alors notre heure de victoire sonnera.\u2014Que Dieu vous entende! répondit le marin ; mais n\u2019oubliez pas que le marais est une victime promise, et qu\u2019on peut s percevoir de son évasion.\u2014J'affarino, le concierge de la prison, à dû prendre toutes les précautions nécessaires, répondit Spaffa.\u2014Je le crois, reprit sir Henri; mais il faut que Faviani soit à bord de ma frégate avant une heure.En sauvant un pros- erit politique sur un vaisseau de l'amirauté, je me compromets assurément, et le roi de Naples aura droit de se plaindre justement.\u2014Ne devez-vous pas dire que vous l\u2019avez rencontré en mer, égaré sur une embarcation ! \u2014Sans doute, j\u2019arrangerai ce conte tant bien que mal; mais pour cela il ne faut pas attendre le grand jour pour arriver a bord, lorsque tout 1\u2019équipage sera sur le pont.\u2014Fh bien donc! dit Spaffa, éloignez- vous quelques minutes ; nous avons à confier à Faviani le secret de nos espérances et de celles de l'Italie.Ne vous offensez pas de ectte précaution ; elle est naturelle Nia L'Espionne ty | et juste chez des hommes qui ont subi de s?su 2 vo RANGE Te odieuses trahisons.Ce sera l\u2019affaire de quelques minutes.\u2014(Comme il vous plaira, répondit sir Henri.Il se replaça aussitôt dans son canot, et s\u2019écarta à quelque distance du rivage.Dès qu\u2019il fut assez loin pour ne plus entendre ce qu\u2019on pourrait dire, Spaña fit signe aux hommes de s\u2019approcher, et aussitôt ils formèrent un cercle autour de Faviani et de sa femme, qui, le corps enveloppé d\u2019un manteau et la tête couverte - d\u2019un voile, se tenait tremblante près de son mari.Jaffarino se mêla parmi ceux qui formaient le cercle; Spaffa demeura au centre, et c\u2019est lui qui prit la parcle.\u2014 Marquis de Faviani, dit-il, depuis longtemps Naples comptait sur toi : tes nobles idées sur la liberté, ton mépris des faveurs de la cour avaient appelé sur toi les regards des gens de bien; ton courage illustré en plus d\u2019une occasion, ton immense fortune et ton nom leur faisaient désirer ton concours pour imposer à la multitude, qui se laisse séduire plus aisément par les exemples venus de haut ; cependant ton extrême jeunesse, ton alliance avec les familles les plus serviles du royaume, retenaïent notre confiance.L\u2019adoption que mon bienfa:teur le comte de Pellic fit de toi, en te donnant sa fille, nous fut la plus formelle garantie que tu étais digne de nous comprendre.A ce moment la voix de Spaffa, grave et sonore pendant les premières paroles, devint presque tremblante, et en même temps des sanglots mal comprimés s\u2019échappèrent de la poitrine de la marquise.\u2014F'iavilla, lui dit doucement son mari ne pleure pas ainsi, nous le vengerons.\u2014Laisse-la pleurer, marquis, reprit Spaffa.Puis, se tournant vers la jeune femme, il ajouta: Pleurez et désolez-vous, 21 Madame, d\u2019avoir perdu le père le plus digne des larmes d'une fille.Quoique vons soyez parmi des hommes qui ont lié leur vie à une oeuvre de sang et de vengeam- ce, ils comprendront votre douleur, eux qui ont pleuré en lui le plus ardent ef le plus courageux ami de la liberté.Les tyrans l\u2019ont pendu à un gibet, et ont donné son corps en pâture aux corbeaux ; mais ils n\u2019ont pu trancher la vie secrète dont il a animé l\u2019Italie comme ils ont tué la sienne; ils n\u2019ont pu disperser le centre puissant auquel il & rattaché ses fidèles enfants» comme ils ont dispersé son cadavre : sa pensée lui survit, et c'est à elle que nous voulons associer celui qu\u2019il choisit pour son héritier.Il se fit un moment de silence, pemdant lequel tous les regards restèrent attachés sur la malheureuse Fiavilla.Spaffa reprit alors: - | \u2014Cependant, marquis, à l\u2019époque de ton mariage» tu partis pour visiter l\u2019Europe et le monde, avant que nous eussions pu te dire rien de ce que nous préparions en secret.Tu devais revenir bientôt; mais, avant ton retour, l\u2019Espagne nous donna le signal et nous y répondimes.Tu accourus du fond de l\u2019Inde à cette nouvelle; mais, à ton arrivée, le volcan était étouffé, et tu retrouvas le même peuple esclave que tu avais quitté ; et si ce n\u2019eût été le squelette de Pellico.flottant aux anneaux d\u2019une potence, tu aurais pu croire que rien ne s\u2019était passé dans la patrie du Vésuve, comme après une éruption de la montagne on ne saurait dire que des torrents de feu ont dévoré son pied, lorsque les pâtres ont relevé leurs cabanes et qu\u2019on a labouré la lave.Un autre avertissement t\u2019attendait: à peine arrivé, ta fus jeté dans une prison, non point pour ce que tu avais fait, toi absent de Naples, mais pour ce que tu aurais fait infailliblement si tu t'y fusses trouvé; on te jugea et tu fas condamné, non \u2018pas pour ton nom, quelque adoré qu\u2019il soit du peuple, mais pour celui de Pellico, ton beau-ppère.qu\u201d*ls tremblaiïent de voir revivre en toi.Eh bien! en ceci, les tyrans nous ont servis plus qu\u2019ils ne pensaient: ils nous ont montré, en te persécutant, ce que tu étais; ils ont arrêté nos irrésolutions; du doigt de leur bourreau, ils nous ont désigné notre chef, notre espérance, notre second PelHico.C\u2019est à ce prix que nous t\u2019avons fait offrir la liberté par Jaffarino, voué comme nous au salut de la patr'e; tu as 2æsepté : nous allons te dire à quelles conditions.Aussitôt il se fit un mouvement, et l\u2019un de ceux qui formaient le cercle, prenant la parole, arréta Spaffa au moment ou il allait continuer.\u2014La loi du carbonaro.dit-il, ne permet À amcune femme d\u2019être admise dans les seercw de l'association.\u2014La fille de Pellico n\u2019est point une femme ordina\u2019re, et, pour elle, on peut passer eur la rigidité des règlements, ré- pordft Jaffarino.\u2014On ne peut jamais, reprit le premier interlocuteur, confier un secret à qui n\u2019a pas juré de le garder, et je ne crois pas qu\u2019aucun de vous pense que la marquise puisse faire ni tenir le serment qui nous Spaffa ne répondit rien, mais Faviani se hata de dire: | \u2014Quel que soit ce serment, elle le fera et elle le tiendra ; je réponds d\u2019elle.\u2014Chacun ici répond pour soi, dit Spaf- fa.Marquis, que ta femme se retire.,\u2014Non, dt Faviani, ce n\u2019est pas un enfant sans courage qui ne sache pas accepter l'héritage de son père, quelque rude qu\u2019il soit à porter.Et puis, il ne faut pas que dans l\u2019exil il y ait une pensée pour TT La Revne Populaire 22 la patrie que nous ne puissions partager ensemble.\u2014Oui, oui, dit Fiavilla d\u2019une voix assurée, je veux rester; je prêterai le serment.\u2014Jurez done sur ce christ, ajouta Spaf- fa, que vous ne révélerez rien de ce que vous allez entendre, ni de ce que vous apprendrez plus tard des affaires de l\u2019association, ni de ce qu\u2019elle aura résolu ; jurez que vous gardereZ ce secret, partout et pour tous, dans les cachots devant les Juges, dans la confesson, sur l\u2019échafaud.\u2014Je le jure, répondirent ensemble Fa- viani et sa femme.\u2014dJurez aussi, reprit Spañfa en baissant la voix, que si, parmi les membres de l\u2019assoc'ation, il se trouvait un traître, vous le dénonceriez au tribunal secret des carbonari.\u2014Je le jure, redirent les mêmes voix.\u2014dJurez encore que, si le traitre est condamné par ce tribunal, vous exécuterez la sentence si vous êtes désigné pour cette exécution, quand il s\u2019agirait de la mort, et fallût-il frapper votre meilleur ami, votre frère, votre père, ou votre fils.La voix seule de Faviani répondit: Je le jure.Spatffa s\u2019approcha de la marquise et lui dit avec un léger accent de prière.\u2014Eh bien, puisque ce serment vous fait frémir, retirez-vous.\u2014 Non, dit Faviani ; ce sont les termes qui lui ont fait peur.Pauvre orpheline, sans autre familie que moi, a-t-elle à s\u2019épouvanter de ces terribles devoirs ! \u2014Quoi! s\u2019écria Fiavilla il faut jurer qu\u2019on osera tuer son frère, son père, son époux même!\u2026 \u2014Nous avions oublié cette clause, dit celui qui avait voulu le premier faire rec- tirer Fiavilla.Si Ia marquise veut rester, il faut qu\u2019elle jure en ces termes.re em x + ign ae A: ~ alates HEY RRNA HID pren Lo ER Ada LdC BL prie aa as rte La L'Espionne \u2018 \u2014Jurer que je tuerais mon époux! c\u2019est impossible, s\u2019écria Fiavilla.\u2014Ce n\u2019est pas le serment ordinaire, dit Spaffa; pourquoi le changer et y ajouter eneore\u2014 \u2014Lorsqu'on a fait jurer au fils de tuer son père, au père de tuer son fils, on a demandé davantage à la fidélité du ear- bonaro, reprit le même interlocuteur.Si l\u2019on n\u2019a parlé ni de ia femme ni du mari, c\u2019est parce qu\u2019il ne devait entrer que des hommes dans nos secrets.Il faut, puisque la règle a été violée.que le serment soit changé aussi.\u2014Oui, ou, murmura le cercle.\u2014Jure, F avi.la, reprit Faviani avec hauteur, jure que tu me tueras si je trahis mes sermonts ; je veux bien jurer, moi, que je te tuerai si tu trahis les tiens.\u2014Tu le peux, s\u2019écria Fiavilla, et je l\u2019aurai mérité ; mais toi.\u2014Âs-tu peur que je ne sois un traître?répondit aussitôt Fav'ani; vois, tu leur faïs douter de moi.\u2014Ah! si c\u2019est ainsi, répliqua la marquise.si c\u2019est ainsi.je le jure! Elle prononça ces derniers mots avec une terreur singulière, sans s\u2019apercevoir du regard de pit'é dont Spaffa la couvrait, tandis qu\u2019elle surmontait & grand\u2019- peine sa faïblesse de femme pour dire cette terrible parole.Aussitôt Spafla expliqua à Faviani le seeret des ramifications du carbonarisme : l\u2019organisation des conjurés en ventes ou assemblées de dix, qui avaient chacune un député à une vente supérieure, formée de dix députés de d'x ventes inférieures ; cette vente supérieure avait elle-même un seul député à une vente d\u2019un degré plus élevé, également composée de dix députés de ventes supérieures; de façon que d\u2019échelon en échelon, tout venait aboutir à ume vente suprême de dix personnes, AE qui tenait dans ses mains tous les fils de l\u2019asociation, sant que jamais aucun des carbonari piit connaitre plus de dix-huit de ses complices, c\u2019est-à-d're la vente dont il était député, et celle près de laquelle il était député.Après cette explication Spaffa donna à Faviani le nom des villes dans lesquelles on avait des intelligences, et le nombre d\u2019hommes sur lesquels on pouvait compter; il lui apprit ensuite les régiments où l\u2019on avait gagné des officiers ou des soldats; enfin il le fit pénétrer dans le secret de cette trame qui couvre l'Italie comme un réseau.\u2014Maintenant, dit Spaffa, te voilà arrivé du premier pas au centre de cette union qui doit sauver la patrie.Tu seras notre \u2018député vers nos frères de France.N\u2019oublie pas que, sur un de tes avis, l\u2019Italie peut se lever tout entière.Prépare- lui des appufs parm: les nations amies.Quant à nous, nous ferons de ton nom le signal de la résurrection de la liberté.Maintenant il te reste à connaître ceux parmi lesquels tu te trouves.À ce moment, et pour la première fois, Faviani remarqua les hommes qui l\u2019entouraient.Presque tous portaient le costume de pêcheurs ou «d'ouvriers; mais lorsque Spaffa les fit approcher l\u2019un après l\u2019autre pour leur faire échanger avec Fa- vlan les signes de reconnaissance des carbonari, au lieu des mains rudes et calleuses que celui-ci croyait presser, au lieu des noms obscurs qu\u2019il pensait entendre, il rencontra des mains qui attestaient l\u2019oisiveté et entendit des noms qui oceu- païent l\u2019attention de l\u2019Italie entière: des avocats célèbres.des poètes, des peintres des musiciens, des princes.Faviani comprit seulement alors toute l\u2019immensité du devoir qu\u2019il s\u2019était imposé et de la con- flance qu\u2019on lui avoit accordée.Il en fut La Revue Populaire #i profondément ému, qu\u2019il ne put s\u2019empêcher de s\u2019écrier : \u2014Ouli, Messieurs, oui je le jure! nous délivrerons la patrie; et périsse l\u2019infâme qui trahirait le serment qu\u2019il lui a fait entre vos mains! Presque aussitôt sir Henri fit entendre un léger signal, auquel Spaffa répondit sur-le-champ.Le canot s\u2019apptocha.Favia- ni, sa femme et Jeffarino y montèrent.La petite embarcation s\u2019éloigna du rivage, et les conspirateurs, après quelques paroles échangées entre eux, se dispersèrent et laisèrent Spaffa seul sur la grève.Il y demeura longtemps, immobile à regarder la mer.Peu à peu son regard, habituellement sévère, s\u2019adoucit; il se voila tente- ment dune expression de tristesse, et quelques larmes, qui ne passèrent pas la paupière, y parurent un moment suspendues.Maïs il sembla qu\u2019elles ne dussent pas s\u2019épancher, même dans la solitude ; il sembla qu\u2019elles fussent retombées sur son coeur, qu\u2019elles oppressaient péniblement : car ne voulant pas pleurer, il se mit à parler tout bas, comme s\u2019il eût craizt d\u2019ê- tre entendu.Il disait : Allez tous deux, allez, ma earrière est finie, L\u2019un m\u2019a pris mon bonheur et l\u2019autre mon génie.Je vous aimais, Madame, et vous fus destiné; Mais vous l\u2019aimiez, hélas! et je vous l\u2019ai donné.Jeune homme» votre nom agite Naple entière : J\u2019ai mis pour le hausser le mien dans la poussière.O vaisseau noble et grand qui les portez tous deux Au bord où les attend la vie et l\u2019espérance, Quand ils seront en paix aux rives de la France, Vous reprendrez encor votre vol hasardeux ! Ma's peut-être qu\u2019alors une mer hérissée Soufflettera vos flanes de sa lame pressée, Abattra votre mât si hautain et si fier, Dissoudra votre corps de madriers de fer; Votre nom si guerrier s\u2019oublira comme un réve, Et vos lambeaux iront pourrir sur quelque gréve; Et peut-être qu\u2019aussi, quand tous deux reviendront- Pour la belle couronne où j'ai voué leur front, Il ne restera rien de ma triste existence | Que quelques 0s sans nom au pied d\u2019une potence.Que pouvaient vouloir dire de #i singu- d\u2019un blond cendré.sa peau blanche et ro- eus à Lieres paroles?Voici la seule explication que nous en puissions donner.Spaffa était un beau jeune homme de vingt-cinq ans, \u2018élevé publiquement chez le comte Pellico, qui l\u2019avait ramené tout enfant d\u2019un de ses voyages à Rome; per- eonne ne.savait rien de sa famille, et ee- pendant, malgré son grand nom, on ne le eroyait pas Italien.Sa personne donnait de la probabilité à ce bruit; ses cheveux 24 sée, ses yeux bleus, autant que la retenue de ses manières et la discrétion de ses mouvements et de ses paroles, le mar quaient comme un \u2018étranger parmi «es compagnons de Naples, à la peau bruxe, aux cheveux noirs, a la voix haute et au geste pétulant.Spaffa cependant, nourri en Italie, l\u2019aimaït comme sa patrie, quoi- qu\u2019il n\u2019eût pas trouvé parmi ses eonei- toyens une seule âme en accord avec fa re i L'Espionne sienne.On peut dire qu\u2019il armait la terre, le ciel.la mer de Naples; il aimait son noms, sa gloire, sa liberté ; mais il n\u2019aimait pas les Italiens.Poète, il parlait la langue poétique de l\u2019Italie plus supérieurement que personne, mais non point pour dire les choses qui sont du génie \u2018de cette langue.A eet idiome sonore, souple, étincelant: plein de chant, de mollesse et de fanfare, il eenfiait des pensées graves, profondes, moroses: on efit dit un musicien forcé d\u2019exécuter un triste et lent adagio de violencelle sur la chanterelle criarde du violon.Aussi, par un instinet réciproque, ses eompagnons n\u2019avalent-ils pas pour lui cette bienveillance constante qui les jette si facilement à la tête les uns des autres.En politique, la fermeté, le courage de Spaffa lui avaient valu l\u2019estime générale de tous ceux qui partageaient ses opi- mions; mais eette estime manquait de l\u2019enthousiasme qu\u2019eût fait naître la plus misérable bravade sonnante et napolitaine.Aucun n\u2019eût cherché à nier qu\u2019il avait fait plus que personne, et aucun ne l\u2019eût choisi pour chef.I] menait les conseils se- orets \u2018des carbonari par l\u2019influence de sa raison supérieure.mais sans y être à la prexmaière place.Cette première place, il venait de la donner à un autre qui ne le valait ni pour la fertilité des moyens, ni pour la persévérance du courage; mais celwi-la \u2018était selon la plèbe italienne, il empanachait ses actions de paroles hautaines, de gestes héroiques, et devant ces peuples amoureux de spectacles, il savait se peser et se draper à leur manière ; aussi leur plaisait-il bien davantage que son simple et sévére rival: comme il arrive que les femmes et les enfants se plaisent à regarder un écuyer qui fait piaffer un flaseue et pompeux andalou, tandis qu\u2019ils laimseæt passer sans attention un vigoureux et fin cheval anglais qui court d\u2019un \u201c pas ferme et régulier.Mais pourquoi Spaffa avaït-il cédé.à Faviani ce rôle que lui seul était capable de remplir?C\u2019est que la vie de Spaffa n\u2019avait eu que deux espérances : sauver la patrie et être aimé d\u2019une femme.Pour cette seconde espérance, donné la prem:ère ; mais il eût voulu la réaliser seul, afin de paraître grand et honorable aux yeux de celle qu\u2019il aimait.Mais lorsque Fiavilla eut rencontré Fa- viani, il sentit mourir en lui l\u2019espoir de son propre bonheur, et, voué dès lors à la patrie toute seule, il chercha les meilleurs moyens de la servir.Pellico, l\u2019idole de Naples, n\u2019était plus; il fallait donner une idole nouvelle à la faveur populaire, et le gendre de Pellico sembla devoir être son successeur de toutes manières.D'ailleurs Faviani avait par lui-méme une grande autorité: il était beau, il était brave; il parlait avec hardiesse; il s\u2019enflammait à sa propre parole; il s\u2019exaltait sous ses pensées ; ses yeux flamboyaient ; il tordait ses bras, grinçait les dents, délirait; enfin c'était un véritable Italien.Ceux qui l\u2019écoutaient alors suivaient avec frénésie cette pétulante et fougueuse éloquence, dût-elle les mener dans quelque abîme.Spaffa, au contraire, en les enfermant dans le cercle inébranlable d\u2019une sévère logique» génait les élans de leur imagination; et s\u2019il finissait par les convainere, c\u2019était sans les persuader.On eût dit des Arabes témoins des avantages d\u2019une exacte discipline, et qui ne veulent suivre cependant que le chef qui les laisse se battre au hasard de leur caprice.Entre ces deux hommes, il en eût été de même au combat; Faviani y eût paru étincelant d\u2019or et d\u2019armes; Spaffa avec du fer bien trempé.Pour frapper un coup terrible, le premier eut levé en l\u2019air son large sabre il n\u2019eût pas aban- La Revue Populaire luisant, qui eût jeté un éclair et n\u2019eût fait qu\u2019une blessure, tandis que Spaffa eût poussé droit se courte épée, qui eût percé le coeur de son ennemi.Quant à Fiavilla, elle était l\u2019ardente et faible Italienne, l\u2019esclave et la souveraine de son mari, l\u2019adorant plus qu\u2019elle ne l\u2019aimait, et l\u2019adorant- non point de cet instinct de tendresse qui amollit deux coeurs et les fond l\u2019un dans l\u2019autre, mais de cet amour qui peut compter toutes les raisons de son exaltation, de cet amour qui s\u2019adresse à la beauté, au génie, au courage, et qui peut se perdre avec tout ee qui l\u2019a inspiré.Aussi n\u2019avait-elle jamais remarqué Spaffa, parce qu\u2019il n\u2019avait rien jeté de ses qualités à l\u2019admiration publique ; aussi ne se doutait-elle pas de son amour, parce qu\u2019il l\u2019avait aimée avec la fierté d\u2019une position inférieure.Elle sourit à la première parole de Faviani, et ne comprit pas les tristes regards de Spaffa.Celui-ci, que son étrangeté innée jetait mal à l\u2019aise dans le monde où il vivait, habitué à valoir mieux que les plus grands.pour obtenir moins que les plus petits, avait facilement désespéré de son amour, et s\u2019était résigné.Il eût aisément déterminé Pellico à lui donner sa fille, et il la fit marier à son rival, parce qu\u2019il avait vu que dans ce mariage était l\u2019amour et le bonheur de Fiavilla.Il avait placé F'aviani au poste le plus élevé du mauvement populaire, parce qu\u2019il avait cru que le salut de la patrie viendrait plutôt à sa voix, et il avait aisément abdiqué sa carrière lorsque la récompense qu\u2019il cherchaït lui eut échappé.Cependant le jour vint tandis qu\u2019il errait encore sur la grève de Naples.Bientôt il vit aceourir des sbires.Ce furent de toutes parts les recherches les plus subtiles pour découvrir le prisonnier évadé : , mais Faviani les avait toutes trompées d\u2019avance en se eachant dans la fufite.Quinze jours après, on apprit qu\u2019il était débarqué à Toulon avec Jaffarimo.On leur fit un nouveau procès, par lequel ils furent condamnés à être pendus.Jaffarino le concierge y gagna un peu de célébrité, et la popularité de Faviani s\u2019acerut en ratson de la pompe qu\u2019on mit à le faire exécuter en effigie.Le soir de cette exé- eution, le gouvernement apprit que, parmi les pêcheurs et les lazzaroni.cowrait une chanson en l'honneur de F'aviani; que dans quelques salons on avait récité ane ode sur Faviani.Il suivit assidûment les mille bruits qui se répandaient à propos de ce proscrit, et, sans pouvosr saisir nulle part cette conspiration d\u2019éloges qui voulait faire de Faviani un héros, il en vit le progrès avec effroi.Ce fut l\u2019occa- don de plusieurs conseils de cabinet; on n\u2019y parla rien moins que d\u2019une demande d\u2019extradition ; quelques avis, comme celui du poignard ou celui du poison, auraient trouvé des partisans, si quelqu\u2019un avait Osé les émettre; nrais, en résultat, on s\u2019en rapporta à la prudence d\u2019un homme d\u2019E- tat, qui promit de faire avorter le plan des patriotes.Il ne voulut dire à personne les moyens qu\u2019il comptait employer ; seulement il assura que tout se ferait sans bruit, sans nouvelles perséeutions ni contre le marquis ni contre ses amis; qu\u2019il n\u2019avait pour cela besoin ni de prisons, ni de tortures» ni de bourreaux.Cette pofiti- que parut merveilleuse aux gouvernants ; et si n\u2019eût été leur incapacité de faire taire tout un peuple, ils n\u2019auraient pas donné facilement leur assentiment à une marche qu\u2019ils ne connaissaient pas, mais qui leur semblait impossible.Force leur fut cependant d\u2019attendre les résultats.Nous ferons comme eux, et nous retournerons auprès de Faviani et de Fiavilla.Ils demeuraient à Paris, où ils avaient 2 ln vom py.L'Espionne pris un train de maison convenable.Sans étre opulent, il attestait une certaine aisance.Tous les biens de Faviani et de sa femme ayant été confisqués, il ne lui restait d'autre fortune que le peu de capitaux qu\u2019il avait pu faire passer en Fran- ee.Jaffarino était devenu l\u201d\u201c\u2019ommis ho- m0\u201d de la maison, un peu intendant, un peu domestique, un peu ami, mais par-dessus tout dévoué à Fiavilla comme un père à son enfant.Jaffarino était un homme de trente ans, qui avait servi sous Pellico durant le règne de Joachim Murat.C\u2019était par la protection de son ancien chef qu\u2019il était devenu l\u2019un des employés de da prison de Naæples- et c\u2019était en sauvant Faviani qu\u2019il avait commencé à prouver la reconnaissance et l\u2019espèce d\u2019idolâtrie qu\u2019il avait vouées à Pellico, et qu\u2019il reporta ensuite sur sa fille.La vie que Faviani menait à Paris était simple et honorablement occupée.Dès son arrivée, les meilleures maisons des libéraux français lui avaient été ouvertes avec empressement; lui-même les reeevait quelquefois chez lui, et offrait «ainsi uno distraction selon leurs goûts à quelques réfugiés italiens, auxquels aussi ses secours ne manquaient pas.Sa conduite digne et bienfaisante lui avait vala Vaffection de la plupart d\u2019entre eux; et lersqu\u2019ils parvenaient à faire pénétrer quelques lettres en Italie, aucun ne man- œuait de se répandre en éloges et en espérances sur le compte de Faviani.À Naples, ces lettres étaient habilement ex- plo tées, et la réputation du proscrit s\u2019y grandissait chaque jour, tandis que d'homme d'Etat dont nous avons parlé, en butte aux plaisanteries et aux alarmes de ses collègues, se contentait de répondre avec assurance.\u2014Laissez-moi faire.lais- sez-moi faire, je vous prie.Cependant rien ne paraissait annoncer qu\u2019il eût agi, car rien ne se passait à Paris qui attestât que Faviani fût l\u2019objet d'une surveillance ou d\u2019une trahison.Sa vie, en effet, demeurait toujours la même: habilement ménagé de moniére a ne point alarmer le gouvernement français, et à rester, cependant, génante pour l\u2019autorité napoli taine.En une seule occasion, peut-être, Faviani manqua de prudence et manifesta trop hautement la vivacité de ses opimions.Un jour qu\u2019il était à l\u2019Opéra dans une Joge du rez-de-chaussée, il se fit un grand mouvement dans le parterre, et tous les regards se portèrent vers une loge où venait d\u2019entrer une femme d\u2019une beauté et surtout d\u2019une élégance rare; elle était d\u2019une taille peu élevée et dont l\u2019apparence \u2018était frêle; son visage légèrement pâle était comme encadré dans un flot de cheveux noirs qui se répandaient jusque sur ses épaules; de longs et minces sourcils couronnaient ses yeux étincelants dont il semblait qu\u2019elle ne laissât percer l\u2019éclat qu\u2019à travers un voile de longs cils qui lorsque ses paupières étaient baissées, se dessinaient sur sa figure presque aussi noirs que ses sourcils; le rose incarnat de ses lèvres se détachait de même sur la pâ- *le blancheur de sa peau, et 1\u2019éma\u2018l de ses.dents, lorsqu\u2019elle souriait, brillait comme les diamantts qui ornaient ses oreilles; une croix en brillants et suspendue à un velours noir pendait à son cou; elle portait une robe rose d\u2019un tissu de cachemire, garnie partout de bandes noires qui trancha\u2018ent sur l\u2019ivoire de sa peau; ses bras étaient nus, délicats et serrés au poignet de bracelets de velours noir attachés par de longues boucles en diamants; ses mains resplendissaient de bagues; on devinait aisément que c\u2019était une étrangère.L\u2019attention de la salle entière était fixée sur la loge où cette femme, et la marquise 27 4 La Revue Populaire elle-même s\u2019était plusieurs fois penchée en dehors de la sienne pour admirer cette beauté surprenante, lorsque Faviani, entraîné par l\u2019exemple général, se décida à quitter sa place pour juger des éloges que sa Fiavilla, si belle elle-même» donnait à eette inconnue.Le mouvement de la marquise avait été remarqué, et avait appelé sur elle l'attention, de l\u2019étrangère; aussi quand Faviani s\u2019avanca pour regarder celle-ci, il vit ses yeux se fixer sur lui, et aussitôt un léger salut lui apprit qu\u2019il avait été reconnu.À ce signe, le visage de Faviani se rembrnuit, et il se retira vivement du devant de la loge, sans rendre eette légère salutation à celle qui la lui avait adressée.\u2014Vous connaisse\u201d cette belle personne ?Tux dit Fiavilla.-\u2014Et vous aussi, répondit Faviani.\u2014Moi, non certes, reprit la marquise en reportant ses regards vers la loge de l\u2019inconnue qu\u2019elle trouva attentive à la considérer; non, si jamais j\u2019avais vu ee visage il m\u2019eût assurément frappée assez pour ne point l\u2019oublier; non, vraiment, je ne la connais pas, répéta-t-elle en regardant encore l\u2019étrangère dont les yeux ne la quittaient pas.\u2014Peut-être, répliqua Faviani, ne l\u2019avez-vous jamais vue, mais certainement vous connaissez le nom de la comtesse de Palla.\u2014La belle Octavie! s\u2019éeria Fiavilla, e\u2019est donc elle?Et, entraînée par une eu- riosité invincible, elle voulut la voir encore, et la trouva encore occupée à contempler sa loge, comme si elle eût voulu y faire pénétrer son regard.Fiavilla se tourna alors vers son mari qui lisait attentivement un journal, et lui dit en souriant : \u2014 Vraiment, ami, vous n\u2019êtes pas juste ; à Naples, vous étiez le seul à me dire que 28 la comtesse n\u2019était point belle; ou veus n\u2019êtes pas frane, ou vous manques de goût.\u2014Fiavilla, lui répondit son mari avec un doux sourire, quelle femme peut-on trouver belle près de toi?et puis, ajouta- t-il avec une sorte de répugnance, ja comtesse me déplaît.Je ne puis séparer sa personne de sa vie, et c\u2019est assurément une mauvaise recommandation que la sienne.\u2014Spaffa m\u2019a souvent dit qu\u2019on l'avait beaucoup calomniée, dit la marquise.\u2014 Peut-être Spaffa avait-il besoin qu\u2019en le erût» répliqua Faviani en souriant: soit amour, soit vanité, on aïme à parer !\u2019idole à laquelle on sacrifie; mais la ruine de quelques-uns de nos plus riches kéri- tiers est un reproche dont elle ne saurait se défendre.| \u2014Mais vous-méme m\u2019'avez dit que nul d\u2019entre eux n\u2019avait le droit de s\u2019en plaindre, car elle n\u2019avait rien promis à ees brillants hommages, et elle ne leur avait rien donné.\u2014Sans doute, reprit Faviani; mais ee qu\u2019une coquette laisse espérer est souvent plus attrayant et plus perfide que sen amour.D'ailleurs.je crois qu'on en fait guère pour une femme que ce qu\u2019elle veut bien accepter, et qu\u2019elle est toujours maîtresse d\u2019empêcher les folies de ses adera- teurs.A ce moment, la loge de Faviani s\u2019eu- vrit, et un grand jeune homme blond, de là& mise la plus recherchée, s\u2019y présenta.\u2014Onh! la délicieuse créature ! s\u2019éeria-t-il en entrant; vous la connaissez.Faviani, vous me présenterez chez elle.C\u2019est en soulèvement d\u2019admiration, une ivresse universelle; tout le monde en parle; le foyer est obstrué ; j'en ai promis des neu- velles, car j'ai vu qu\u2019elle vous saluait.Kl- le est belle à faire frémir un saint.Qui = %.LS RCE est-elle?d\u2019où vient-elle ?comment se nom- me-t-elle?Et en disant ce flux de paroles, te jeune homme se penchait en dehors de la loge pour voir cette merveilleuse personne : elle regardait encore.\u2014Yraiment, sir Henri, lui dit la marquise en lui tendant la main, qu\u2019il serra avee ia familiarité d\u2019un ami, vous n'êtes pas de bon goût ce soir; vous entrez dans ma loge tout transporté, sans me dire bonjour, et pour me parler avec enthousiasme de la beauté d\u2019une femme, oubliant que je suis là, et que je puis avoir aussi des prétentions à paraître belle.\u2014De vous on le pense, mais on ne le dit pas, répondit sir Henri; votre destinée à vous est d\u2019être un ange, et non pas d\u2019être belle ; au lieu que cette femme, ajouta-t-il en reprenant sa gaieté, je.ne la connais pas; mais assurément c\u2019est sa vie que d\u2019ê- tre belle, c\u2019est son ambition, son but, c\u2019est son droit.Elle fait état d\u2019être belle, sa beauté t\u2019amuse et l\u2019oceupe, elle s\u2019en sert ; c\u2019est sa conversation, son esprit, son pouvoir; elle la choie.elle est son esclave, elle fui ekerche des hommages, elle aura les miens.Le marquis avait quitté son journal, et écoutait sir Henri en souriant.\u2014Vous avez bien jugé la comtesse, lui dit-il, et vous êtes comme elle entend les hommes; mais avec ces dispositions elle vous mènera loin.\u2014Ne vous inquiétez pas du chemin que mous ferons ensemble ; seulement, menez- moi jusqu\u2019à elle.Ne me forcez pas à aller quêter une présentation banale ; voyons, venez; je suis sûr qu\u2019elle vous attend.\u2014Tout, excepté ce que vous me demandez là, répondit Faviani: je veux voir ni receveïr la comtesse, et je ne ferais pas une démarche qui pourrait autoriser d\u2019elle à rous des visites, et plus tard peut- L\u2019Espionne être une liaison qui me déplairait.\u2014Oh! je vous en prie.dit aussitôt la marquise, présentez sir Henri à cette charmante femme ! Elle le rend déjà tout aimable.Voyez ce soir comme \u2018l est tout feu; il parle, il s\u2019exalte, il s\u2019italianise ; demain, il fera des folies, Je serai sa confidente ; et ce sera fort amusant.\u2014Fiavilla, répondit avec humeur Fa- viani, aucun rapport avec la comtesse, si éloigné qu\u2019il soit, ne vous convient.Sir Henri n\u2019insista pas en voyant le ton décidé de Faviani; seulement il se placa sur le devant de la loge pour pouvoir admirer à son aise la divine Italienne.Le marquis reprit sa lecture, et Fiavilla devint rêveuse.Un léger coup fut frappé à la porte de la loge, et un jeune Napolitain de l\u2019intimité de Faviani s\u2019y présenta.Après avoir salué la marquise, il dit à son mari: \u2014Pardon, si je trouble votre lecture, mais je viens ici en qualité d\u2019ambassadeur.Sir Henri se retourna et Fiavilla écoz- ta attentivement, \u2014La comtesse de Palla à reçu pour vous beaucoup de messages et de compliments à Naples; elle désirerait vous en faire part, et vous attend dans sa loge.\u2014Où je l\u2019accompagne, dit aussitôt sir Henri en se levant.\u2014Où je n\u2019irai pas, répliqua vivement le marquis.Chacun parut surpris de ce refus impoli; Mais Faviania continua en s\u2019animant pendant qu\u2019il parlait.Et s\u2019il faut vous en dire la vraie raison, ce n\u2019est ni sa légèreté, ni sa réputation qui m\u2019en empêchent, maïs une conviction profonde qu\u2019elle n\u2019est étrangère, ni aux malheurs de notre pays, ni aux trahisons qui ont perdu notre cause.\u2014Oh! quelle idée! s\u2019écria le jeune Napolitain; la comtesse de Palla- qu\u2019on ne 29 nommait que la foile Octavie quand on ne l\u2019appelait pas la belle Octavie?\u2014Elle ne quitte pas les salons de l\u2019ambassade, dit Faviani.\u2014Eile est parente de l\u2019ambassadeur, et son intervention a été plus d\u2019une fois utile à quelques-uns de nous qui ont obtenu, grâce à elle, de rentrer à Naples.\u2014Oui, je sais qu\u2019elle intrigue pour tout le monde, répondit Faviani.Le jeune Napolitain se leva à cette dernière réponse, ouvrit la porte de la loge, et saiua le marquis en lui disant : \u2014Je vois qu\u201dl est impossible de combattre une prévention aussi profonde que la vôtre.Je vous laisse ; je dirai à la comtesse le peu de succès de mon ambassade.\u2014Attendez, s\u2019écria vivement Fiavilla, c\u2019est se faire à plaisir une ennemie puissante.\u2014A ce titre; comme 3 tout autre, répondit Faviani à voix haute, je méprise la comtesse.Vous pouvez lui dire ce qu\u2019il vous plaira.A ces paroles, sir Henri tressaillit, car il venait d\u2019apercevoir, à travers la porte entr\u2019ouverte, Octavie qui se promenait au bras d\u2019un diplomate autrichien, et qui peut-être avait entendu Faviani ; il se hâta d\u2019arrêter le jeune Napolitain.\u2014Dites plutôt à cette belle des belles, s\u2019écria-t-il vivement, que le capitaine Henri de Lawton, ami du marquis Faviani, désire lui présenter ses hommages.Puis il ajouta tout bas en s\u2019adressant à Fiavil- la: J\u2019arrangerai tout cela.\u2014Alors: repartit le jeune Napolitain qui l\u2019avait entendu, venez sur-le-champ, c\u2019est une mission que je vous confie avec pla\u2018sir, car j'avoue que j\u2019en suis fort embarrassé.Tous deux sortirent de la loge et se présentèrent dans celle de la comtesse, où elle était déjà rentrée.Le spectacle fini, La Revue Populaire la comtesse était sous le péristyle de l\u2019Opéra, elle attendait sa voiture et eausait avec sir Henri.On se pressait autour d\u2019elle, et parmi les murmures qui couraient dans un cercle d\u2019élégants, elle pouvait entendre les hommages qu\u2019on jetait à sa beauté.Tout à coup l\u2019un de ses admirateurs, plus enthousiaste que les autres, s\u2019écria assez haut en s\u2019adressant à un jeune homme immobile au pied de l\u2019escalier.\u2014Venez donc vor, mon cher, la plus belle personne de la soirée!\u2026 Celui à qui on parlait ainsi répondit sans se déranger : \u2014La plus belle personne de la soirée.la voilà.| Et il désigna une femme qui descendait l\u2019escalier.Tous les yeux d'rigés par cette parole prononcée à voix haute se détournèrent d\u2019Octavie et se portèrent sur cette nouvelle beauté: c'était F'avilla au bras de son mari.L'\u2019attention fut aussitôt si empressée à la considérer, que sir Henri remarqua seul le regard irrité de la eom- tesse et 1\u2019expression cruelle qui passa sur son visage.Cette petite aventure n\u2019eut aucune suite; cependant il en fut question parmi les réfugiés italiens, et la p'upart, surtout parmi les plus rigides, surent gré à Fa- viani de ce qu\u2019il avait fait.Bientôt cependant on n\u2019en parla plus, et rien ne semblait même en devoir rappeler le souvenir, lorsque le hasard le plus simple amena une nouvelle rencontre ; ce ne fut point un de ces singuliers événements qui rapprochent si étrangement deux personnes qu\u2019elles doivent y faire attention et s\u2019en étonner ; ce ne fut point une de ces circonstances surprenantes qui jettent un air de prédestination dans la vie de certains êtres: ce fut une de ces mille choses qui se passent tous les jours sans qu\u2019on y prenne garde, et qui ne deviennent plus tard importan- ne tantes dans le souvenir que parce qu\u2019il en est résulté plus que l\u2019on en devait attendre.Une célèbre cantatrice italienne venait d\u2019être engagée au grand Opéra de Londres, son directeur, qui avait fait exprès pour elle le voyage de Naples, l\u2019accompagnait, et ils venaient d\u2019arr:ver à Paris où ils devaient passer quelques jours.À peine la nouvelle de cette arrivée fut-elle connue, que ce fut un concours de visites et d\u2019invitations pour la prima dona.Le directeur fit obst'nément refuser toutes les invitations, jaloux qu\u2019il était de sa conquête, et b'en appris que la plupart de ces politesses n\u2019avaient d'autre but que d\u2019organiser une soirée dansante où se serait par hasard trouvé un piano, et, par ha- sarl encore, le meilleur accompagnateur de Paris; puis, à côté du piano, les partitions du répertoire entier de la cantatrice, et enfin les amateurs les plus distingués» qui auraient laissé échapper un regret, puis témoigné un désir.Bientôt un voeu se serait formé; un moment après c\u2019eût été une sollicitation, d\u2019abord d\u2019un importun, ensuite d\u2019un grand seigneur ; puis des femmes qui implorent, un grand artiste qui se met à genoux, toute une société qui bat des mains, et la cantatrice séduite, entrai- née, fait entendre à une foule d\u2019oisifs une voix qui colite cent mille francs a son directeur.Or le directeur avait exactement inséré dans l\u2019engagement que la signora ne chanterait nulle part qu\u2019à Londres, sous quelque prétexte que ce pût être.Cependant, car ce mot de l\u2019exception se glisse toujours là d\u2019où il semble qu\u2019on ait voulu précisément le bann'r.cependant il arriva que la signora dut rendre visite à Paris à des amis d\u2019enfance, qu\u2019elle en re- \u2018eut une prière de dîner avec eux, et que c\u2019eût été barbarie de les refuser.De pau- L'Espionne vres réfugiés italiens, logés au haut de Belleville» vivant des secours du gouvernement français et de ceux de leurs eompa- triotes, auraient pu prendre un refus pour du mépris.\u2014Vous chanterez, s'nora, disait de directeur.\u2014Mais il n\u2019y a ni piano ni harpe chez ces pauvres gens, répondait !a eantatrice.\u2014Bah! on déterrera une vieille épinette, une guitare oubliée au grenier.que sais-je?vous chanterez devant deux cents personnes.\u2014Bravo ! bravo ! s\u2019écria la cantatrice en riant aux éclats; deux cents personnes dans un appartement de cent écus, avec un salon de dix p\u2018eds carrée et une chambre à coucher grande comme la main! \u2014Le salon n\u2019a que dix pieds?dit le directeur en prenant un air de bonhomie.\u2014Et 11 n'y a que six chaises pour s\u2019asseoir, reprit la cantatrice.\u2014En ce cas, répliqua le directeur après une mûre hésitation, je ne cro\u2018s pas qu\u2019il y ait grand danger ; d\u2019ailleurs, je ne veux pas vous empêcher de voir vos amis.Allez done, mais vous chanterez, j'en suis sûr.Et la cantatrice, riant avec délice de la peur du brave d'recteur, se mit à voca- Tiser et à semer sa vocalisation de fori- tures et de traits vigoureux et rapides qui ravirent le prudent empereur, qui se hita d\u2019aller fermer la fenétre maladroitement entr\u2019ouverte, pour prévenir.non pas un rhume, qu\u2019il aurait eu le temps de faire guérir avant les débuts, ma:s pour empé- cher que quelque vois n indiseret pût se vanter d\u2019avoir entendu une seule note de cette voix qui lui coûta\u2018t cent mille francs.Quelques jours avant ce singulier diner, le pauvre Italien qui avait obtenu ce qui avait été refusé aux plus grands noms de France crut avoir trouvé la seule ocea- sion de remercier Favian' de ses bienfaits ; A Gi k Ei Of 1 ge a La Revue Populaire > B® vint Tui faire part de sa bonne fortune, et le golliciter de passer la soirée chez lui.Faviani accepta, autant pour faire plaisir à ee brave homme que pour voir sa célèbre eompatriote, et tout fut arrangé.Ce jour-là même, sir Henri et quelques intimes de F'aviani étaient chez lui, et la conversation s\u2019engagea sur le désespoir où était toute la companie dilettante de voir passer ainsi la belle cantatrice sans recueillir une seule de ses suaves intonations.Faviani se vanta en riant d\u2019être plus heureux que tout Paris ; les visiteurs surpris voulurent savoir ce que voulait dire une pareille présomption ; la réserve fut extrême d\u2019un côté, la curiosité fut ardente de l\u2019autre.Enfin le marquis, après avoir laissé épuiser toutes les suppositions, après que l\u2019on eut pesé mûürement l\u2019influence politique ou artistique de toutes les notabilités de Paris.pour deviner celles qui avaient obtenu une si haute faveur, le marquis, disons-nous, avoua tout nai- vement 1\u2019higtoire du pauvre italien.\u2014Bah! s\u2019écria sir Henri, c\u2019est une fable; un pauvre Italien, dites-vous, qui se nomme.?\u201c+ Le marquis répandit ce nom.Tout Paris l\u2019a su pendant deux jours; tout Paris et moi l\u2019avons oublié.\u2014Un homme qui demeure au haut de Belleville, n'est-ce pas?\u2014Aw haut de Belleville, dépondit encore Paviani.\u2014C\u2019est impossible, reprit sir Henri ; c\u2019est une mauvaise plaisanterie.Et, sans ettendre de réponse» il sortit à instant même.Une demie-heure après, il \u2018était ehez la comtesse de Palla; une demi-heure encore après, il était chez la duchesse de B., et le woir, dix salons savaient l\u2019histoire du pauvre Italien ;et le jomdemain, 4 1\u2019heure ou les autres jours 32 les reines de tous ces salons ne se doutaient pas que le soleil fût levé, vingt équipages gravissaient la lonue rue de Belleville, et s\u2019arrêtaient à la porte du pauvre réfugié Ce fut un étourdissement inimaginable pour cet homme que cette affluence de grands noms qui le comblaient de politesses et qui achevaient tous leur gracieuse visite par une demande d\u2019invitation.Il en comprit bien le motif, et eut envie de refuser: mais il se laissa aller au petit orgueil d\u2019obliger tant de gens si haut placés, et ne rejeta avec mépris qu\u2019une seule so'licitation: ce fut celle d\u2019un gros agent de change qui eut l\u2019impudence financière de lui offrir de l\u2019argent.Le fameux jour arriva.Personne ne pourrait nous contester le droit de faire ici un tableau grotesque de cette singulière as- smblée; mais il faut à ces peintures une main leste et impitoyable, et ce n\u2019est point de notre nature: aussi nous n\u2019essayerons pas de montrer toutes ces femmes resplendissantes de diamants, sur de méchantes chaises de paille empruntées à tout le voisinage; de faire voir les quatre chandelles qui éclairaient la réunion, plantées sur leurs flambeaux de cuivre couronnés d\u2019une large frisure de papier.Ce serait un tableau tout entier que l\u2019entrée de chaque invité, gravement accueilli par le signor *#4 et \u2018\u201c\u2018la qua sposa\u2019\u2019, ne trouvant où se placer, trop heureux de se perdre dans une embrasure de fenêtre ou dans une ouverture de porte, tandis que quelque noble dame, après avoir beaucoup regardé autour d'elle, finissait pas g\u2019asseoir, mi-partie eur une moitié de chaise qu\u2019une amie pitoyable daignait lui offrir.Ce fut d\u2019abord un embarras étrange, puis un rire mal comprimé à chaque nouvel arrivant, puis une gaieté tout à fait folle, jusqu\u2019à ce qu\u2019enfin les manches gigantesques ayant été eondamnées à l\u2019aplatissement le ar «a rs £m ET he plus complet, les fleurs et les plumes des hautes coiffures aux rencontres les plus désastreuses, et le tout à la gêne la plus serrée, la société se trouva convenabie- ment \u2018\u2018tassée\u2019\u2019 dans le salon de dix pieds carrés.Nous n\u2019avons pas à raconter les triomphes de la prima \u2018dona, les délires des auditeurs, les accès de ravissement des dilettante et les emportements inouïs de leur furieuse admiration.Ce fut, comme \u2018dans un salon doré, la comédie si connue de toutes les soirées musicales, jouée à son plus haut degré d\u2019exaltation par des forcenés, où il se trouve des niais qui croient sentir ce qu\u2019ils expriment.Disons seulement qu\u2019à minuit sonné, toue le monde était saturé de musique, d\u2019admiration et de chaleur, et que l\u2019on songea à se retirer.Les amis du réfugié italien ne vouMirent pas ajouter à l\u2019encombrement du départ, et demeurèrent les derniers, en eausant debout; bientôt il ne resta plus dans le \u2019 modeste salon que le marquis, sa femme: la comtesse et sir Henri.On s\u2019en aperçut, et l\u2019on voulut se retirer; mais, à la grande surprise de Faviani, il n\u2019y avait à la porte d\u2019entrée que le domestique de la comtesse, tenant son manteau fourré, et l'imperceptible groom de sir Henri, qui, en portant sur son épaule la redingote de son maître, piiée en deux, avait grand\u2019- peine à empêcher le ccllet et les basques de trainer a terre.Faviani s\u2019enqu\u2019t; la voiture qui l\u2019avait amené était partie depuis longtemps» et il n\u2019y avait aucune chance d'en retrouver une à l\u2019heure qu\u2019il était.Un embarras pénible se peignit sur le visage de chacun, et le malencontreux Italien, croyant tout arranger pour le ieux, dit avec empressement : \u2014Mais madame la comtesse reconduira avec plaisir monsicur le marquis.\u2014Non, dit brusquement Faviani: e\u2019est i HIN, L\u2019Espionne 33 inutile.ee serait trop d\u2019indiscrétien.;.Le temps est beau.\u2019 la nuit n\u2019est pas très- avancée.; \u2014Vous êtes fou! s\u2019écria sir Hemri; al fait un vent d\u2019enfer, et il tombe une pluie glacée : c\u2019est tout au plus si je n\u2019en suis pas percé dans mon misérable eabriolet ; après la chaleur que nous avons supportée ici, il y a de quoi en mourir.Il y a un er- \u2018rangement tout simple: que madame la comtesse se charge de madame la marquise.moi, je vous amène avec moi.\u2014Je ne puis.je serais désolé de déranger Madame, reprit encore Faviani dont l\u2019embarras était au comble.La comtesse, pendant ce temps, avait gardé un complet silenee.Sir Henri haussait les épaules.et Fiavilla n\u2019osait parler.Tout à coup le visage d\u2019Octavie, sérieux jusqu\u2019à ce moment, changea d'expression ; elle s\u2019enveloppa vivement de son manteau, et dit à sir Henri en riant : \u2014Vous êtes, ce soir, d\u2019une maladresse achevée.Il y a un arrangement tout simple, et dont vous ne parlez pas: prenez- mol dans votre cabriolet, et ma voiture: restera à la disposition de madame ls.marquise, Faviani surpris de cette proposition s\u2019apprêtait à s\u2019excuser, lorsque la comtesse ajouta en riant : \u2014Oh ! laissez, laissez, monsieur le marquis; c\u2019est un service que je rends à sir Henri je l\u2019espère du moins; et sa reconnaissance me le payera plus cher qu\u2019il ne vaut, soyez-en sûr.Le marquis voulut absolument refüser.La comtesse redevint très sérieuse.\u2014Monsieur le marquis, lui dit-elle, je ne sais si vous désirez que je croie aux propos qu\u2019on vous a prêtés sur mon compte; Lisis songez qu\u2019un refus me serait une assurance du mépris dont on vous gratifie à mon égard.It RE Tat art O da La Revue Populaire Faviani, si nettement posé entre une injure grossière à adresser à une femme et un service léger à en recevoir, eût pent-être encore hésité, si Fiavilla, qui trouvait tout au moins bizarres les pré- vemtions de son mari, ne se fût hâtée de dire: \u2014Nous acceptons, Madame, nous accep- Ce mot fut à peine prononcé.que la comtesse descendit rapidement avec sir Hen ri.Faviani monta dans son équipage, presque triste et vivement contrarié de l\u2019obligation qu\u2019il avait contractée vis-à-vis de Ja comtesse, qui surprise parie froid en revenant de Belleville, était gravement indis- pesée.Cette nouvelle hâta la visite qne Faviani comptait faire à Octavie nour I+ remercier de sa politesse.II espéra que la maladie de la comstese le dispenserait d\u2019ê- tre reçu.Il se présenta le jour même chez elle; son désappointement fut grand, quand on lui apprit que madame de Palla était visible; il était imposible de reculer, il se fit annoncer.Il est au-delà de la puissance de la parole écrite de peindre ce qui se passa, sans deute, dans cette Entrevue.Quant à uous, news ne le hasarderons pas.Il est des ré- swltats qui arrïvent un jour si évidents, qu\u2019il est impossible de les méconnaître, seæs qu\u2019il soit donné à aucun oeil humain de suivre la route par où le oceur a passé peur les amener : ainsi.nous dirons que !g dédaigneux Faviani, si lontemps retranché dans son mépris pour Octavie, na fut pas plus tôt à portée de son regard et de sa parole, qu\u2019il demeura vaincu dans une hatte qu'il ne supposait pas même possible, À vrai dire, nous pourrions faire assister le lecteur à cette puissante et habile sé duction ; ma\u2018s pour espérer de la lui ren dre vraisemblable, il faudrait que le pou veir du style, multiplié et simultané à la 34 fois, pût reproduire et la parole elle mê me, et l\u2019accent profond dont elle est prononcée, et le geste qui lui vient en aide, le regard et le sourire qui f\u2019imprègnent d'amour et de volupté; il faudrait plonger le lecteur dans une atmosphère parfumée.respirant l\u2019ivresse, enveloppé d\u2019un Jour douteux ; il faudrait lui peindre chaque mouvement d\u2019une femme que F'aviani avait supposé folle, arrogante et amoureuse des plaisirs bruyants, et qu\u2019il trouva triste, humble et dégoûtée d\u2019une vie qu\u2019elle jetait à la dissipation, en faute d\u2019un coeur à qui la confier; il faudrait encore qu'après une longue conversation où l\u2019esprit du marquis, d\u2019abord intéressé par 1%- tonnement, se laissa aller a la pitié et en- traina le coeur avec lui; il faudrait, di- sons-nous, faire vibrer notre style d\u2019une suave et douce musique, laisser glisser notre phrase de notre plume, comme à notre insu» ainsi qu\u2019elle s\u2019échappa des 1lèvres pâles de la comtesse ; il faudrait qu\u2019à cette page on pût attacher le charme d\u2019un.regard douloureusement levé vers le ciel, qu\u2019on pût l\u2019empreindre de ces larmes humides qui voilent les yeux sans baigner le visage ; et alors le lecteur comprendrait peut-être de quel sentiment Faviani se laissa surprendre torsqu'\u2019elle lui dit : \u2014Et puis, ne vous y trompez pas, toute vie a uhe espérance qui soutient toutes les autres.Tant qu\u2019il reste au cceur la chance de la réaliser, on prend soin du Teste de sa vie, parce qu\u2019il se rattache à ce souverain espoir ; mais le jour où il tombe, tout s\u2019écroule avec Tui.J\u2019ai rêvé dans ma vie un rare bonheur, le seul, cependant qui puisse être permis à l\u2019ambition d\u2019une femme : j'eus payé d'une adoration d\u2019esclave l\u2019amour et le nom d\u2019un homme qui eût couvert ma faiblesse de femme de son illustre considération.Malheureusement, au lieu de laisser à ce voeu de mon coeur le vague d\u2019une espérance qui peut à tout moment rencontrer sa réalisation, j\u2019attachai cette espérance & un nom et à un homme.à un nom qu\u2019un autre partage, à un homme qui ne m\u2019a pas même apercue.Quand cette déception m\u2019arriva, je reconnus que tout l\u2019édifice que j'avais bâti à men avenir s\u2019était abîmé en un coup.Talents, beauté, hommages, tout ne me fut plus rien.H fallait que je me fisse reli- giense ou coquette.Ce n\u2019est pas moi qui ai ¢hoisi; ma fam'lle me donna au monde en me mariant au comte de Palla, et j'y suis restée, parce que jy étais; j\u2019y mène la vie commune, parce qu\u2019elle est toute tracée, et que je ne m'intéresse pas assez à moi-même pour en sortir et prendre une détermination qui me coûterais la peine d\u2019un effort.Vous me croyez heureuse, et Je me suis que résignée.La nouveauté de ces idées, de ce lan- gags, étomna et ravit Faviani.dont la nature italienne croyait que l\u2019expression extérieure était toujours la traduction de l'âme.Lui qui pensait que la ga\u2018eté ve- BRît de la joie, le calme uniforme du repas &e l\u2019âme, il prit en commisération cet- ts dévespérance qui s\u2019interdisait jusqu\u2019à la plainte.TH ne soupçonna pas d\u2019abord quel pouvait être celui à qui la comtesse stat ainsi destinée et sacrifiée en son cæeur; ce ne fut que longtemps après, et leræqu\u2019il tremblait déjà d\u2019apprendre un xèm étranger, qu\u2019il sut que c\u2019était lui qui avait été l\u2019objet de ce rêve.Bire que des visites assez rapprochées, pam plus assidues, et enfin continuelles, «uivirent ce premier entretien, ce serait aborder les fac'les conséquences d\u2019une vieteire, quand on a craint d \u2018attaquer eu fase la seule situation périlleuse; ce serait suivre le cours d\u2019une onde dont on n'a pu déterminer la source; ce serait peiadre le corps palpitant et mort d'Iphi- L'Espionne 85 a Bind atti ii \u2018 oy a 3e JR \u2018 Cee génie, quand on a voilé le visage d\u2019Agamemnon.Franchissons done tout an intervalle de six mois, et, laissant aux ailes de l\u2019imagination le temps et l\u2019espace à parcourir selon son caprice, abattons notre récit dans un salon de Naples, où se trouvent les conseillers du trône et l\u2019homme d\u2019Etat qui avait promis la destruction de Faviani.\u2014Ekh bien! disait-il à ses collègues, tes grèves et les cabarets retentissent-ils ton- jours de chansons en l\u2019honneur du proscrit?Lit-on encore dans les salons des odes qui en fassent un nouveau Brutus, on Guillaume Tell, un Rienzi?\u20141I1 est certain, répondit un des ministres, que 1\u2019enthousiasme tombe ; les lettres des exilés ne parlent plus de lui qu avee amertume; il paraît qu\u2019il seandalige Paris de sa liaison avec 1a comtesse de Palla.\u2014Et voici qui va lui porter le dernier coup, ajouta l\u2019homme d\u2019État en ouvrant un journal français dont il lut Partiele suivant : \u201cIl y a deux jours, une rencontre fata- \u2018le a eu lieu entre le marquis de F.\u201créfugié italien, et sir Henri de Lawton, \u2018capitaine anglais, qui a succombé.Ce \u201ccombat, auquel la politique est tout à \u2018fait étrangère, est né, dit-on.des propos \u2018tenus par sir Henri sur une dame, aux \u2018faveurs de laquelle il prétendait avoir \u2018autant de droits que le marquis de F.\u2018Ce qui jeta sur ce malheureux duel ure \u2018teinte fâcheuse pour le vainqueur, c\u2019est \u201cque sir Henri était l\u2019officier anglais qui \u2018avait sauvé le marquis lors de sa con- \u2018\u201cdamnation ; et que, le jour même de la \u2018\u201cquerelle, il avait généreusement prévenu \u2018\u2018l\u2019arrestation du marquis, en payant pour \u2018\u201clui des créanciers que celui-ci ne pouvait \u2018satisfaire.\u2018\u201cLe soir même, le marquis de F\u2026.s\u2019est \u2018montré chez l\u2019ambassadeur de Naples, où EER ste Ale ut ales ABEL bin LUBE Stitt tel dat y La Revue Populaire \u201c\u2018il accompagnait la comtesse de Palla.\u201d + Le conseil écouta avec joie cette lecture.L\u2019homme d\u2019Etat leur lut ensuite une dépêche s'gnée comtesse de Palla.dont l\u2019importance occupa le conseil plus de six heures.Le soir, l\u2019article, imprimé et répété dans tous les journaux de Naples, fut pendant huit jours le sujet de toutes les conversations, Maintenant, ramenons en- eore le lecteur aux lieux d\u2019où nous l\u2019avons un moment éloigné, et rentrons à Paris.Nous voici dans la maison de Faviani.Il y restait les s\u2018gnes certains de l\u2019ai- ! ne sance, mais d\u2019une aisance perdue.C'é- ta/ent encore les meubles somptueux d\u2019a- eajou et les larges tapis d\u2019Aubusson ; mais ee n\u2019était plus nulle part cette prefusion de petits objets d\u2019un grand prix qui attestent le luxe et le soin de la vie; ce n\u2019étaient plus, ni une étagère chargée de bronzes et d\u2019ivoires presque aussi pré- eieux que \u2018de L\u2019or, ni une coupe pleine à déborder de bijoux magnifiques.détachés le soir d\u2019une parure de bal; sur la toilette ne s\u2019ouvrait plus un écrin oublié ; les ehaînes d\u2019or, les bagues, les bracelets, ne pendaient plus au hasard aux clous ero- ehus et délicats des bords d\u2019une glace, ni aux épingles d\u2019une pelotte de dentelle.Un air d\u2019abandon régnait dans l\u2019arrangement des meubles, tout n\u2019y brillait plus de ee vernis de soin qui résulte d\u2019un service régulier.Pour un observateur maiavisé, c\u2019eût été un défaut de bonne tenue; un regard plus exercé y eût reconnu ia misère, il eût reconnu le désespoir, s\u2019il avait pénétré jusque dans la chambre de Fia- villa.Elle était assise près d'une fenêtre, l\u2019oeil ouvert devant elle, mais la pensée bien loin de son regard ; elle se tenait immobile, les bras croisés sur sa poitrine ; elle avait le i¢int have, les yeux briilés d\u2019insomnie; un frémissement imperceptible.agitait ses Jèvres; ses vêtements étaient ceux qu\u2019elle avait pris en se levant ou qu\u2019elle avait gardés de la veille ; ses cheveux étaient en désordre.À la voir seulement on eût pris pitié d\u2019elle.Tout à coup, elle tressaillit : la sonnette de son appartement avait vibré vivement.Fille se leva comme pour fuir, mais elle se rassit aussitôt en pensant que Jaffarine ne laisserait entrer personne.Cependant la porte du salon qui précédait la chambre s\u2019ouvrit presque aussitôt: la marquise devint tremblante, elle supposa quelque nouveau malheur, quelque insulte, -et, sans rien savoir de ce qui l\u2019attendait, elle se prit à pleurer.La porte de la chambre s\u2019ouvrit & son tour, et Spaffa se présenta, | En le voyant, elle poussa un eri et tomba sur un canapé, ou son ame déborda en sanglots déchirants.Jaffarino, qui avait accompagné Spaffa, la lui montra s'len- cieusement de la main.Spaffa lui fit signe de- s\u2019éloigner ; il s\u2019approcha lentement, en écoutant ces convulsions terribles de la douleur ; il posa son chapeau sur une table, avanca un siège, s\u2019assit à côté de Fia- villa sans lui parler; bientôt il lui prit doucement la main qu\u2019elle abandonna au serrement intime de celle de Spaffa; et enfin, lorsque celui-ci vit que les pleurs s\u2019apaisaient et que les sanglots se dissipaient de même, il lui dit a voix basse: \u2014Allons, Fiavilla, ne vous détournez pas de moi; je sais tout.Un amer sourire fut la seule répomse de la marquise.\u2014Oui, reprit Spaffa, je sais la folie et l\u2019abandon de Faviani ; je sais sa ruine\u2026 je sais.Il s\u2019arréta, car Fiavilla avait vivement saisi sa main ; elle avait attaché sur lui un regard désespéré ; elle secouait lentement la tête, \u2014Non, lui dit-elle, vous ne savez rien.ï JE oly x it: et taal tian tt thistle seit dpi W op t ; L\u2019Espionne Vous savez, comme tout 1&8 monde, ce qui ge montre à tous, ce qui s\u2019étale au dehors, vous avez vu les coups qu\u2019il m\u2019a portés; mais vous n\u2019avez pu mesurer quelles blessures il m\u2019a faites.\u2014Oh ! répondit Spaffa d\u2019une voix émue et en parcourant de l\u2019oeil ce visage jadis s! jeune et si vivant, et maintenant flétri et desséché; oh! je vois bien tout ce que vous avez souffert.\u2014Non, reprit-elle encore avec le même geste et le même regard, toutes mes douleurs ne sont pas écrites sur mon visage ; elles n\u2019ont pas toutes creusé leur sillon sur mes joues; toutes mes larmes ne sont pas venues jusqu\u2019à mes yeux pour les éteindre.Oh! si chacun de mes tourments eût fait sa ride, si chacune de mes souffrances eût jeté son cri, si un seul de mes cheveux fût tombé à chaque désespoir, je serais ehauve, je serais muette, je serais.morte.Quand on ne peut pas consoler, il faut plaindre.aussi une larme tomba de l\u2019oeil de Spaffa, et il baissa la tête en murmurant seulement : \u2014Pauvre Fiavilla! \u2014Oh! reprit-elle avec ardeur, voulez- vous m\u2019écouter! Il faut que je vous parle; il faut, ajouta-t-elle en laissant fuir toutes les larmes qu\u2019elle avait d\u2019abord repoussées dans son sein, il faut que je pleure avee vous; il y a si longtemps que je pleure toute seule! car maintenant je le méprise trop pour pleurer devant lui.\u2014Ah ! parlez! s\u2019écria Spaffa ; parle, Fia- villa ; je t\u2019écoute.\u2014 Eh bien! dit-elle en se rapprochant de Ini, l\u2019oeil sec, la voix assurée et avec l\u2019intonation d\u2019un enfant qui va commencer un récit, écoutez-moi.La première fois que cette douleur me vint au coeur, ce fut wn soir qu\u2019ils se regardèrent en se cachant de moi; ee regard ne fut que d\u2019un éclair, mais jy lus tout mon malheur.Ima- ginez-vous une retraite où repose un voyageur confiant, tout à coup éclairée d\u2019une lueur d\u2019orage qui la fait voir hideuse et peuplée de reptiles, lorsqu\u2019il la croyait pañsible et sûre: c\u2019est ainsi que m\u2019apparut ma vie, ma vie passée et ma vie future, où je me reposais avec tant de confiance, Mille soins depuis quelque temps oubliés par Faviani, et que je m\u2019expliquais par ses préoccupations politiques, me devinrent autant d\u2019indices de son abandon.Ses absences plus fréquentes, ses longues veilles hors de sa maison, pendant lesquelles je tremblais des dangers que je supposais qu\u2019il bravait; des réponses amères à mes représentations; cent choses, enfin, dont chacune m\u2019était restée obscure et sans importance, se réunirent et s\u2019éclai- rérent sous ce regard, pour m\u2019accabler tout d\u2019un coup d\u2019une effroyable convie- tion.Je ne me traînai pas longtemps à la suite de cette douleur sans prendre le parti de la détruire ou de l\u2019assurer en mon âme, Le soir même, j'en parlai à Fa- viani.Il essaya de me tromper.Je lui dois cette justice, il l\u2019essaya avec conviction ; et si vous pouviez comprendre l\u2019âme d\u2019un homme tel que F'aviani, il l\u2019essaya avec amour, Spaffa regarda Fiavilla avec surprise; il y avait aussi dans son regard de l\u2019attente et de l\u2019effroi.Fiavilla le comprit, et lui dit amèrement : \u2014Oh ! n'est-ce pas que cette parole vous semble inouïe et folle?et pourtant cela est vraie.Je ne vous l\u2019expliquerai pas, tout à l\u2019heure vous la comprendrez.Je vous disais qu\u2019il essaya de me tromper.Assurément i! y mit une grande générosité, car il s\u2019imposa les plus insultantes railleries contre la comtesse ; il se condamna à paraître se mépriser ; il salit de boue l\u2019idole secrète de son âme.Je doutai de La Revue Populaire mes soupçons.Plus tard, tant qu\u2019il était près de moi, sa présence m\u2019occupait assez pour fixer sur lui seul tout l\u2019essor de mon imagination; mais dès qu\u2019il sortait, mon esprit s\u2019attachaït à lui: je le suivais pas pas; je l© voyais s\u2019éloigner d'un air in- sou~iant de sa maison, puis hater =a course lorsqu\u2019il était hors de l\u2019étendue de mon regard ; je l\u2019apercevais entrant dans une maison où sa venue était si commune qu\u2019on n\u2019y pr@nait plus garde; avec lui je traversais les salons; avee lui j'entrais dang un boudoir; là je voyais la comtes se, je voyais le sourite don: elle l\u2019accueillait, j\u2019entendais leur eulretien, j\u2019épiais leurs gestes, je senials battre leur coeur, palpiter leurs désirs.se confondre leurs baisers; la jalousie furieuse m\u2019égarait ; je me levais, je m\u2019éeriais, je prenais un poignard; pus ma porte s\u2019ouvrait, et e\u2019était Jaffarino qui était venu à mes eris, et qui me retenait, haletante et brisée de cette horrible vision.La vérité ne pouvait être plus épouvantable ; je la vou- fus, je la cherchai, je la découvris.Je fouillai les papiers de mon mari, j'\u2019attendis son sommeil pour chércher dans ses vêtements, je brisai des serrures, je fis faire des elefs: je trouvai una correspondance.Spaffa fit un mouvement.\u2014Ecoutez, écoutez, s\u2019écria rapidement Fiavilla.Le soir il rentra, je l\u2019attendais.d\u2019avais étalé dans ma chambre les preuves de son erime une à une; sur chaque chaise, sur la cheminée, sur les tables, partout une lettre ouverte.On eût dit un jeu d\u2019enfant.I entra.Pour poser son elia- peau, il écarta une lettre sans y faire attention; pour s\u2019asseoir, il en releva une et y jeta les yeux; il la reconnut; il remarqua aussitôt tous ces papiers épars autour de lui; il les saisit un à un: de tous côtés l'écriture de la comtesse.D\u2019a 38 bord il fut supéfait, puis il devint pile de colére, puis fureux; il ramassa de toutes parts et avec rage ces pages dispersées ; il se taisait.Je les lui montrai du doigt, je les lui jetai du pied; il se taisait encore.Je m° sentis heureuse de mé vengeance.On ne peut s\u2019imaginer un plus poignant embarras que ceiw! d: Faviani.Cependant il n\u2019y pouvait rester; il failu* en sortir.Âvee tant de preuves évidentes, j'avais invineiblement barré le passage à un mensonge.Aussi n\u2019essaya-t-1l plus de me tromper ; et ne pouvant plus me voiier son crime, il s\u2019y établit inso:emment; il me d't qu\u2019il aimait la comtesse.1 s\u2019en vanta, il m\u2019exalta son bonneur, ie seul bonheur qu\u2019il eût éprouvé de sa vic ; il me dit qu\u2019elle était belle, enivrante, pure ; ( me dit qu\u2019elle était pure!.Oh! ce fut alors ma plus fatale douleur.Oh! que moi, si fière un instant avant de ma victorieuse \"accusation, j'eusse payé alors de mon sang \u2018un mensonge, une tromperie ! Oh! s\u2019il avait voulu me dire, devant cette \u2018résistible preuve.que ce n\u2019était pas vrai; s'il eût voulu me prouver qu- ce jour éclatant n\u2019était que ténèbres, je ne l\u2019eusse pas ern, sans doute, mais je l\u2019eusse remercié a genoux ; chacune de ses ment®uses paroles m\u2019eût sembié une assurance qu\u2019il eomp- tait ma douleur, sinon mon amour, pour quelque chose en son coeur.Mais rien, rien! Je l'avais poussé dans c®t étroit dê- filé, il en sortit en foulant mon coeur aux pieds; et pour me punir de 'a torture que ma vaine vengeance lui avait un moment infligée, il le frappa longtemps.il y trépigna il me conta son amour.ses craintes, ses espérances, ses délires; enlin, je tombai à ses pieds; je :v: demanda: grûce, je lui criai que je mourais, il se tut.Depuis ce jour, ce \u2018ut une lutie ouverte, qu\u2019il accepta hautement.Je n\u2019avais qu\u2019une arme pour lu: rendre les bicssures dont H me déchirait: c\u2019était l\u2019insulte contre la \u2018comtesse.Quand il me parlait de son eul- te pour elle, je raillais son idole, j\u2019inventais des mots cruels; je me metiais en quête de tout ce qu\u2019on en rapportait; je lui comptais les amants qui l\u2019avaient pris° et délaissée avant ini, ceux qui l\u2019avaient méprisée, et je le ravalais à être 1\u2019esclave moqué d\u2019une courtisane qui n'était plus que Je rebut des salons.Alors tout son orgueil frémissait en lui.alors il me rendait mes coups par d\u2019insolentes louanges d\u2019elle,.et d\u2019infâmes mépris de moi: c\u2019était un combat où chacun n\u2019avait souci que de frapper zu coeur de l'autre, sans penser à se défendre.Je dus y succomber.Je n\u2019avais que les instants rapides où la nécessité le ramenait dans sa maison.Le reste \u2018lu temps était pour lui, qui courait oublier mes reproches dans les bras de la comtesse; il était contre moi, qui demeurais seule à pleurer quel quefois mon impuissance, quelquefois aussi mon audace.C\u2019est alors, Spaffa.alors que je mesurai tout ce que j'avais perdu le jour ou je l\u2019empêshai de pouvoir me tromper.| \u2014Oh! s\u2019écria Spaffa, que n\u2019étais-je ici, près de vous! Au nom de votre père, de mon bienfaiteur, je vous eusse protégée, Fiavilla, je vous eusse sauvée.\u2014Pauvre Spaffa! reprit la marquise avec l\u2019accent d\u2019un coeur qui s\u2019irrite de n'être pas compris, vous m\u2019auriez protégée! contre qui?contre moi; car c\u2019est moi qui cherchais les querelles, qui allumais le combat.Il se taisait volontiers, lui; il m'\u2019eût laissé mourir À l\u2019aise si j'avais voulu; mais mo\u2019, je voulais en finir: doutenr pour douleur, je cherchais celle qu: éclatait en transports; eMe pouvait amener une chance de salut; il pouvait me tuer.I ne l\u2019a pas fait, le lâche ; il a préféré me traîner pas à pas, mépris à mépris, L'Espionne go dans l\u2019infamie où il vit maintenant, dans la dégradation qu\u2019il jette à son nom que je porte.Ce fut un jour où l\u2019on m'avait invitée à une fête.Depuis longtemps j\u2019avais oublié jusqu\u2019à l'idée des plaisirs; ce jour-là ils s\u2019associèrent à un espoir de vengeance, et je les accueillis avec joie.Je résolus d\u2019aller à cette fête où devait être la comtesse.Je me figurai l\u2019embarras de Faviani, et je jouis d\u2019avance des attentions que les convenances du monde le forceraient à me rendre.Oh! mon triomphe fut complet; mais ce ne fut pas celui que j'avais espéré.J\u2019arrivai dans le salon sous la protection de Lady Lawton, mère de sir Henri.Ce fut un mouvement général, une surprise attendrie de tous ceux qui me conma/ssaient.Faviani était près de la comtesse de Palla ; il pâlit de rage à non aspect.Il s\u2019avança vers moi, il eût voulu me chasser.Lady Lawton !e regarda fixement, et passa devant lui sans le saluer Alors commença une lutte infernale et éclatante.dont lui et moi ne fâmes plus que les patients, et non- pius les acteurs.Toute la noblesse jeune de ce salon, et je l\u2019en remercie quoiqu\u2019elle m'\u2019ait perdue, toute cette jeunesse protesta.par ses res- peets à mon égard, contre la conduite de mon époux.Jamais tant d\u2019empressement, ne m\u2019entoura, jamais plus d\u2019abandon n\u2019isola plus manifestement une fenume que ne le fut la comtesse.Pour moi, les soins, les invitations, les égards empressés ; pour eile, les dédains, les regards cavaliers, les \u2018propos haut tenus.Ah! elle dut soufirir atrocement; lui aussi.qui appelait de l'oeil une querelle qu\u2019on lui épargna par pitié peur moi.Mais la plus vive douleur ne m\u2019en resta pas moins; car je vis que j'avais brisé le dernier lien qui pouvait le ramener à moi, le respect du monde.Ainsi frappé dans son orgueil pair cette universelle désapprobation, il fit vis-à-vis La Revue Populaire de tous ce qu'il n\u2019avait osé faire que vie- û-vis de moi: il demeura près da la comtesse, sans la quitter d\u2019un instant; il lid parla bas, et sans cesse, et avec passion ; il me regarda froïdement, et sans colère ; H me désigna à elle du doigt en riant ; il m\u2019insulta au point de me regarder inso- femment 3 travers le verre d\u2019un lorgnon ; il eut l\u2019imfamie de lui dire en ricanant : *\u201c\u2018 Allons, avouez qu\u2019elle est encore assez passable!\u201d\u2019 Tous les hommes qui étaient près de moi l\u2019entendirent.Vingt souhaitèrent un moment qu\u2019il n\u2019eût pas été mon mari.Sir Henri me dit, les dents serrées d\u2019indignation: \u2018Oh! si j\u2019étais votre fre- re!\u2019\u2019 Mais je n\u2019avais ni frère.ni père, ni personne qui eût le droit de dire à celni- fà qui m\u2019insultait: Vous êtes un lâche ! .Ce fut-done moi qui souffris le pius durant cette fête, durant ce triomphe qu\u2019on avait cru me faire.J\u2019abrégeai ie supplice, je rentrai chez moi.J\u2019avais gagné quelque chose à cette nouvelle torture, ¢ était l\u2019espérance d\u2019une nouvelle explication.Depuis longtemps nos querelies se traînaient sur le sol usé de son amour et de nos reproches, de ses éloges et de mes insultes pour elle.Ce jour, nous aborderions un nouveau terrain : le mépris du monde pour lui, le blâme qu\u2019on lui avait jeté à la face.Je ne désespéraiïi pas qu\u2019il n\u2019en pût naître une chance pour moi.d\u2019attendis Faviani.L'heure se passa, il ne vint pas.Je calculai la durée de la fête, le temps nécessaire pour ramener la comtesse chez elle, le temps qu\u2019il fallait pour revenir chez lui.Je marquai un espace de temps pour toutes ces choses.A mon eompte, il devait rentrer à quatre heures.T] en était trois.J\u2019attend's patiemment.Quatre heures sonnèrent, il n\u2019était pas encore arrivé; je pris encore patience.Je trouvai que j'avais mal caleulé les moments.Je donnai une heure de plus à un 40 dernier engagement, à l\u2019attente de sa voiture, à la lenteur des chevaux, à un acei- dent.que sais-je?Mais je mesurai bien qu\u2019à cinq heures il devait être rentré.Cinq heures vinrent aussi, il ne parut pas.Je me sentis atterrée, après cinq heures, cinq heures et demie ; après cinq heures et demie, six heures; après six heures, six heures un quart; après six heures un quart, six heures vingt; puis gx heures vingt et une, vingt-deux minutes ; mon attente s\u2019attacha à chaque pas de 1\u2019aiguille, 4 chaque mouvement du balancier.Je devins comme folle.Si quelqu\u2019un m\u2019eût demandé si je croyais que Faviani fût l\u2019amant d\u2019Octavie, j'aurais ri de la sottise de la question.J\u2019en étais assuré comme du jour: il me l'avait dit.Eh bien ! lorsque cette nuit s\u2019écoula tout entière sans qu\u2019il rentrât chez lui, cette conviction m\u2019entra au coeur comme nouvelle, comme inattendue, comme une féroce vengeance de Faviani.Je souffris tant, que je doutai si je ne l\u2019avais pas mérité, que je m\u2019accusai de m'être attiré ce nouveau désespoir pour avoir voulu le braver.De ce moment, je baissai la tête.H rentra dans la journée, je ne le vis pas; il revint le soir, je ne lui parlai pas.J\u2019étais brisée, j'étais perdue.J\u2019attendais la mort, je l\u2019attends encore.Cependant, à travers cette morne résignation, il se glissa encore quelques accès de douleur furieuse ; ce fut quand lez premières humiliations de la misère vinrent heurter à ma porte; ce fut quand l\u2019insulte des créanciers m\u2019arriva à moi, pauvre femme délaissée, tandis qu\u2019il jetait dans les profusions et les orgies les dernières ressources de notre existence ; ce fut la première fois qu\u2019il fallut commencer, pour vivre, le dépouillement honteux dont vous voyez les traces autour de vous, Une ou deux fois encore j\u2019attaquai Fa- tres Ca LE L\u2019Espionne fais plus de moi; je n\u2019invoquais plus que lui contre lui-même ; fl ne m\u2019entendit pas davantage.ma voix était un cri de remords qu\u2019il repoussaiît avec fureur; et puis, le vertige le tenait déjà, la folie le dominait.Maïntenant que le désespoir m'\u2019a rendue calme, je le regarde, et il me fait pitié : il est flétri sur son visage, flétri dans son esprit; il court en furieux devant lui ; il n'oserait aborder une heure de solitude ; il n\u2019a plus ni fierté, ni grâces, ni élégance : il est dégradé.Je ne sais si cette femme l\u2019aime; mais moi, je ne l\u2019aimerais pas ainsi.Imaginez-vous qu\u2019elle l\u2019a réduit, lui si enchaîné aux tempérances de la bonne compagnie, elle l\u2019a réduit à partager fes orgies nocturnes d\u2019un ramas de fameux débauchés; figurez-vous qu\u2019ils s\u2019en échappent la nuit avec des éclats de voix qui éveillent le voisinage : c\u2019est ici à deux pas que se passent ces dégoûtantes réunions; et ma fenêtre domine la rue qui mène de ce cloaque à la maïson de la com - tesse.Une nuit, une seule, Faviani se mêla à leur jactance; car ordinairement il passait silencieux ; j'étais à ma fenêtre, je les entendis venir; ils riaient aux éclats; toute ma rage se réveilla; il me prit un besoin de les insulter, d\u2019arrêter leur joyeuse humeur par quelque violen- ee inattendue: l\u2019idée de leur précipiter un meuble me passa dans la tête ; l\u2019idée, plus affreuse, de leur jeter mon cadavre m'\u2019illumina soudainement: je recuiai aa fond de ma chambre; j\u2019attendis qu\u2019ils fussent bien arrivés; je m\u2019élancail.une main de fer m\u2019arrêta : c'était Jaifarino qui me veillait à mon insu depuis plusieurs mois: ce fut le dernier effort de ma douleur.Depuis ce temps-là, je meurs chaque jour un peu; je n\u2019ai plus le courage du suicide; mais j'ai la misère et la faim en perspective pour me venir en aid.Voilà viani de ces nouvelles armes.je ne lui para4 mon espoir, voilà ma vie, veilà cé que Vous ne saviez pas.| Spaffa demeura longtemps silencieux après cette confidence Il semblait\u2019 qu'il eût aussi quelque chose à dire à Viaville et que son courage n\u2019osât l\u2019aborder.Etait- ce l\u2019aveu d\u2019un amour si longtemps comprimé?Non sans doute; ce n\u2019est pas lorsque le désespoir est arrivé à ces extrémités que l\u2019amour est une consolation à l\u2019amour; quelquefois il est une vengeance, avec Fiavilla il eût été une insulte ; aussi Spaffa se taisaït : enfin il fit sur lni-méme un violent effort, et dit à la marquise : \u2014Moi aussi, j'ai à vous parler; j'ai de terribles secrets à vous dire.\u2014Eh bien, je vous écoute à mon tonr, répondit Fiavilla accablé ; parlez.\u2014Iei, dit Spaffa en regardant autour de lui; ici, je ne le puis._Oh! nous sommes seuls, répliqua la marquise avec un amer sourire.Il est absent, absent comme toujours.\u2014Ce n\u2019est pas son oreille que je crains, reprit Spaffa ; c\u2019est un serment qu\u2019il faut que je tienne.Ces paroles que je vous apporte ne sont pas les miennes ; on me les a dictées soigneusement; on m\u2019a marqué l\u2019heure et la place où je dois vous les répéter.\u2014Que voulez-vous dire ?s\u2019éeria Fiavilla tirée de son accablement par la Surprise que lui causait le ton golennel et sombre de Spaffa.\u2014Dites-moi, Fiavilla, ajouta-t-il, con- naissez-vous, prés Paris, quelque espace immense où le regard puisse porter at veiller plus loin que la parole ne peut s'étendre, un endroit où vous puissiez ve- wir me trouver seule lorsque la muit sera fermée ?\u2014Pourquoi faire?mon Dieu! s\u2019écria la marquise.\u2014Pour m\u2019écouter, dit Spaffa; voila tout. La Revue Populaire Fiavilla le regarda.avee anxiété; car le visage de Spaffa était devenu pâle et ému d\u2019une pitié désespérée ; il sembla qu\u2019elle voudiit lire son secret dans ses yeux; mals H les détourna d\u2019elle.Elle lui saisit les mains et lui dit avec un geste de terreur : \u2014Spaffa, vous me faites peur! C\u2019est en- éore un nouveau malheur, n\u2019est-ce pas, un nouveau malheur?Voyons, soyez homme; pesez bien en votre âme si cette douleur est encore nécessaire ; prenez pitié de moi si vous pouvez.Voyons, faut-il que j\u2019aïlle vous écouter ?L\u2019Italien se tut.il paraissait améanti, tremblait comme un enfant, les yeux baissés sous le regard de Fiavilla.\u2014Au nom de mon père, votre bienfaiteur, dit celle-ci épouvantée du trouble de Spaffa; au nom de mon père, épargnez- moi, et dites sincèrement s\u201dl faut que j'aille où vous m\u2019appelez ?Le nom qu\u2019avait invoqué la marquise fut puissant comme elle l\u2019avait supposé.Le visage de Spaffa resta sombre, mais devint résigné.Il se leva et répondit d\u2019u- Re voix triste et ferme.\u2014Fille de Pellico, vous devez venir où je vous appelle.\u2019 La marquise baissa la tête.Ils choisirent un lieu de rendez-vous et se séparèrent.Le soir venu, Spaffa attendaït au milieu du Champ-de-Mars; il regardait le ciel brumeux, mal éclairé ca et 1a de quelques pâles étoiles; il écoutait le roulement tointain des voitures, les cris des cochers, teut ce bruit continu qui, près de notre grande cité, ne laisse pas une heure aux soupirs de la nature, à ses fraîches haleines, à ses doux murmures.Il s\u2019étonnait du fracas de cette civilisation que l\u2019orage devait pouvoir seul dominer, et il se rappelait sans doute Naples et son silence, où s\u2019entend la vague, où s\u2019entend la brise et 42 le chant des oiseaux: peut-être À comparaît cette nuit de Paris, où il veillait et attendait, à cette nuit de Naples où il attendait et veillait de même: à Naples, pour le salut; à Paris, pour quoi?Une \u201cfemme vient et s\u2019approche: c\u2019est Fiavil- la; elle va le savoir.Quand elle fut près de Spaffa, elle s'arrêta; et lui demeura immobile sans lui tendre la main, sans la plaindre d\u2019avoir été forcée de venir ainsi, sans s\u2019excuser: c\u2019est que Spaffa n\u2019avait trouvé dans son âme que tout juste ce qu\u2019il lui fallait de force pour prononcer les paroles qu\u2019on lui avait dites ; c\u2019est qu\u2019il sentait qu\u2019il ne devait pas laisser approcher cette femme de lui par aucun signe d\u2019affection ou de pitié, sous peine de voir s'échapper de ce côté tout ce qu\u2019il avait amassé de résolution.Fl ne salua ni ne toucha Fiavilla, et laissa entre eux deux une solennité terrible, comme une défense contre lui-même.Fiavilla aussi paraissait avoir quitté sa faiblesse et ses larmes; elle avait, pour ainsi dire, revêtu tout ce qui lui restait de courage contre le malheur.Cet entretien avait l'aspect d\u2019un combat: Spaffa, le plus faible des deux, se hâta d\u2019attaquer.\u2014Fiavilla, lui dit-il, as-tu souvenir de tous les serments que tu as prêtés ?\u2014Oui, répondit la marquise; j'ai juré en face du Seigneur d\u2019être fidèle à mon époux ; j'ai fait ce serment.je l\u2019ai tenu.\u2014Tiendras-tu l\u2019autre aussi saintement que celui-là ?reprit Spaffa.\u2014Quel autre?s\u2019écria Fiavilla ; quel autre serment ai-je done à tenir?\u2014T'u as done oublié la grève de Naples# répliqua sourdement Sapffa.\u2014La gréve de Naples?.répéta lentement la marquise, qui écarta péniblement de sa mémoire toutes les douleurs qui l\u2019avaient accablée, pour y chercher et rappe- ler à elle ce souvenir qu\u2019elle y avait enfoui comme une vaine parole, comme un impossible engagement; la grève de Naples?répéta-t-elle, tandis que ce qui s\u2019y était passé se Tevait peu 4 peu devant elle.\u2014Oui, ajouta Spaffa, la gréve de Naples, où tu as juré que tu garderais fidè- tement le secret des carbonari.\u2014Sans doute, répondit fièrement Fia- villa; et ce serment, je l\u2019ai tenu comme l'autre.\u2014La grève de Naples! continua Spaffa en élevant la voix comme un homme qui a peur d\u2019être interrompu; la grève de Naples! où tu as juré de livrer au tribu- mal des carbonari le traître qui vendrait leurs secrets.\u2014Et où j'ai juré, s\u2019éeria Fiavilla en arrachant tout entier ce serment de l\u2019oubli - qui l\u2019enveloppait dans son âme, où j'ai juré de donner la mort à ce traître, fût-ce mon frère, fût-ce mon père\u2026 \u2014Fût-ce ton époux! ajouta Spaffa, lorsqu\u2019il ta vit s\u2019arrêter épouvantée.Fiavilla fit un pas vers Spaffa, la main en avant et *% Un quart d\u2019heure après, j'étais prêt à m\u2019embarquer sur ce \u2018\u2018steamboat\u2019\u2019, à bord duquel se trouvaient près de deux cents amateurs armés de \u2018\u201c\u2018rifles\u2019\u2019 de toutes sortes et de tout calibre.C\u2019était le soir; le soleil, qui se couchait, empourprait l\u2019horizon au moment du départ.Une foule immense encombrait le \u2018\u201cwarf\u2019\u2019, lorsque nous = quittâmes la rive à toute vapeur.Du quai, on nous souhaitait un heureux.voyage et une bonne chance.Je n\u2019oublierai jamais de ma vie ce spectacle à la fois imposant et burlesque.Bientôt, les côtes s'amoindrirent, la nuit se fit et nous songeâmes au repos, Nous ne devions arriver au cap Cod qu\u2019à la pointe du jour.Chaque héros s\u2019arrangea de son mieux pour passer la nuit: les plus heureux dans un hamac ; ceux qui étaient arrivés les derniers sur les banquettes, sur le plancher \u2014où ils pouvaient.Mon camarade dormait depuis longtemps et m\u2019en \u2018donnait des preuves sonores, que j'étais encore éveillé, pensant au serpent de mer et à tous les Régulus américains qui allaient, dans quelques heures, me \u2018disputer l\u2019honneur d\u2019être le seul héros de la victoire.L\u2019aube me surprit encore plongé dans ces réflexions orgueilleuses.Ma toilette et celle de mon ami furent vite achevées, et nous étions les pre- m'ers sur le pont, notre rifle à la main, un télescope \u2018dans l\u2019autre, interrogeant l\u2019horizon à travers la brume qui nous en dérobait la vue.Peu à peu, le tillac se couvrit de tous les amateurs de ce sport d\u2019un nouveau genre ; il ne manquait que des dames pour rendre la fête complète et l\u2019on se serait eru, alors, à bord d\u2019un \u2018\u2018steamboat\u2019\u2019 parti pour une de ces excursions de pêche si célèbres aux Etats-Unis.Tous étaient prêts aux combats.Il s\u2019agissait de vainere ou de mourir.sous le ridicule.Deux heures se passérent dans une attente pleine d\u2019impatience.On désespérait déja de rencontrer le moindre cachalot, le plus petit marsouin, la plus mince bonite, lorsque, tout à coup, une voix s\u2019écria : \u2014\u201c\u201cGood God! I see him!\u201d Je l\u2019aperçois! Voyez! voyez! là-bas, vers le Nord, dans la \u2018direction du cap Cod! cette mas- Un animal fantastique se mouvante qui ressemble à une file de tonneaux attachés ensemble par chaque bout!.Voyez! Voyez! D'abord, je l\u2019avoue, je crus à une mystification.Les narrations fantastiques du \u2018\u201cConstitutionnel\u2019\u2019 et de plusieurs journaux américains me revinrent à la mémoire et obscurcirent ma myopie.Cependant, je voulais voir.Je cherchai à découvrir le monstre à l\u2019aide d\u2019un excellent binocle de Chevallier, qui ne m\u2019avait jamais quitté dans toutes mes excursions de chasse.Enfin, dans la direction indiquée par le chasseur aux yeux percants, j\u2019aperçus,conforme à la description qui en avait été donnée, un immense poisson se tordant comme un S sur une mer assez calme.À n\u2019en pas douter, c\u2019était un kraken, un serpent de mer.Le monstre n\u2019était pas un mythe, c\u2019était une horrible réalité.Notre capitaine dirigea le navire sur cette masse mouvante et fit faire force de vapeur.Un quart d\u2019heure après, nous avions gagné sur le serpent; nous pouvions mesurer approximativement sa longueur et distinguer ses formes, qui étaient celles d\u2019une anguille gigantesque, mais très large sur le milieu du corps, et pourvue de nageoires fort longues, pareilles à des bras.La tête seule disparaissait sous l\u2019eau, et, comme elle était la partie la plus éloignée de nous, il était impossible d\u2019en saisir la configuration.Nous n\u2019étions plus qu\u2019à une portée \u2018de caronade du monstrueux serpent, lorsque, tout à coup, un des chasseurs, qui se trouvait à l\u2019avent du \u2018\u201csteamboat\u2019\u2019 eut la mal- La Revae Populaire adresse de tirer son rifle sur lui.Ce mauvais exemple fut le signal d\u2019une fusillade générale ; mais, bien avant que chaeun de nous eût pu décharger son arme, le kraken disparaissait à tous les yeux, s\u2019enfonçant à la mer et ne laissant, derrière lui, qu\u2019un sillage qui s\u2019aplanissait dans moins de temps qu\u2019il ne m\u2019en a faïlu pour l'expliquer.Cinq heures durant, notre \u2018\u2018steamboat\u2019\u2019 gillonna la mer du cap Cod et suivit les méandres situés entre toutes les îles et les récifs de la côte du Massachusetts-State ; mais ce fut de la vapeur perdue en pure perte ; le serpent avait repris la route de ses vallées profondes, de ses algues touffues, où le calme règne toujours.Il nous fallut songer au retour, et nous tournâmes notre proue du côté de Newport, Honteux et confus, Et jurant, pour ma part, qu'on ne m'y [prendrait plus! Heureusement qu\u2019il était deux heures du matin lorsque notre navire arriva à quai.Grâce à la nuit, il fut facile, à chacun de nous, de regagner inaperçu notre domicile respectif.Quant à moi, je rentrai à l\u2019hôtel de l'Océan, j\u2019acquittai ma dépense, et.avant le lever des pensionnaires de M.Beaver, le landlord de ce caravansérail hospitalier, j\u2019étais sur le chemin de fer qui conduit de Boston à New-York, Là, du moins, j'étais sûr de ne pas avoir à subir des railleries sans fin, des plaisanteries amères pour celui qui l\u2019avait \u2018\u2018vu\u2019\u2019 le serpent de mer, mais qui ne l\u2019avait pas \u2018\u2018mis à terre\u2019.LE TEMPS PERDU Si pou d'oeuvres pour tant de fatigue et d\u2019ennui! De stériles soucis notre journée est pleine: Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine, Nous pousse, nous dévore, et l\u2019heure utile a fui.Demain! j'irai demain voir ce pauvre chez lui; Demain, je reprendrai ce livre ouvert à peine; Demain, je te dirai, mon âme, où je te mène; Demain je serai juste et fort.Pas aujourd\u2019hui.Aujourd'hui que de soins, de pas et de visites! Oh! l\u2019implacable essaim des devoirs parasites Qui pullulent autour de nos tasses de thé! Ainsi chôment le coeur, la pensée et le livre, Et pendant qu\u2019on se tue à différer de vivre, Le vrai devoir, dans l\u2019ombre, attend la volonté.- Sully PRUDHOMME. .gt \u201cir mr LE dde nse EERE yd cree eat a 211 a tait hited t Light Un Conseil Pratique A séborrhée, la séborrhée que toutle monde connait, est la principale cause dela calvitie, aussi bien chez la femme que chez l'homme.Sèche\u2014et c\u2019est ainsi qu\u2019elle débute \u2014 elle détache cette poussière de pellicules qui donnent à la chevelure un aspect gris sale et décorent si malencontreusement le : col de la blouse ou de la jaquette.On ne s\u2019en préoccupe guère, car à ce moment les cheveux restent encore solidement implantés et ne tombent pas.Cependant cet état de choses ne persiste pas longtemps.Bientôt, de\u2019 sèche qu\u2019elle était, la séborrhée devient humide, grasse.Et du coup la scène change.Il n\u2019y a plus de pellicules, ou plutôt, il y a toujours des pellicules, seulement elles restent collées au cuir chevelu par la graisse qui le recouvre.Mais ce sont maintenant les cheveux qui tombent.Sèche ou grasse, c\u2019est donc toujours la séborrhée qui fait tomber les cheveux.C\u2019est dire que si l\u2019on savait réellement guér'r cette affection, la calvitie, comme on dit en style pompeux, serait depuis longtemps guérie.Malheureusement, on ne possède pas encore le secret de cette guérison.En revanche, on sait d\u2019une façon 67 - .VE ag rrr seis ish eu ihe ea SE ae oth, © oe : petal hel \u201cétait lit nthe at a Sy ltd Bi'vcpiat as itt in Pour Avoir Une | Belle Chevelure précise que les lavages fréquents de la tête, les lavages au savon, arrêtent momentanément la chute des cheveux.On pense qu\u2019en pareil cas le savon agit en débarrassant le cuir chevelu de la graisse qui compromet la solidité et la vitalité des cheveux.Donc, mes chères lectrices\u2014car c\u2019est à vous que ce discours s\u2019adresse\u2014si, à vingt ans ou plus tard, vous constatez que vous avez des pellicules et que vos cheveux commencent à tomber, vous n\u2019avez qu\u2019une chose à faire, vous laver la tête au savon tous les huit jours.La chose vous paraît peut-être des plus simples.C\u2019est une erreur.Sachez donc que ces lavages ne réussissent qu\u2019à la condition d\u2019être faits suivant certaines règles établies par les médecins.Voici celles qui sont indiquées par un éminent docteur.Je les cite textuellement : \u201c\u2018On partage la chevelure en quatre ou six nattes qu\u2019on a soin de tresser à 6 pouces de la peau.On place ensuite dans cette petite auge remplie d\u2019eau de savon dont on se servira, et on frotte sur lui une brosse à dents.On brosse alors, avec cette brosse, le cuir chevelu, raie par raie, sur toute sa surface, même et surtout au-dessous de chaque natte, dans des intervalles qu'on pratique avec les doigts de la main gauche.Le savonnage fait, il ne reste qu\u2019à rincer les cheveux à l\u2019eau ordinaire et À les laisser sécher.\u2019 À eux seuls, les lavages au savon, si DOS EN a SALE Éd 2 La Revue Populaire bien faits qu\u2019ils soient, ne suffisent cependant pas à sauvegarder la chevelure.Il faut encore favoriser la croissance des cheveux qui repoussent.Les frictions, le massage à sec, les 1o- tions excitantes, tout ce qui ranime et ravive la circulation du cuir chevelu est bon a ce point de vue.Les meilleures lotions sont celles qui contiennent de 1\u2019alcool et une petite quantité d\u2019ammoniaque.Pour les appiliquer\u2014et on doit faire ces applications tous les deux ou trois jours \u2014la brosse demi-douce est l\u2019instrument de choix.C\u2019est avec une telle brosse qu\u2019on pratique des frictions lentes, très appuyées, ra'e par raie, les raies étant faites à un centimètre de distance les unes des autres.Comme le \u2018dit fort bien le docteur Sabouraud.\u2018\u2018Vingt raies, vingt minutes\u2019 est une formule facile à retenir.Se savonner la tête tous les huit jours et se frictionner tous les trois jours le cuir chevelu avec une lotion excitante, voilà ce que la médecine offre à celles qui sont en train de perdre leurs cheveux.Je sais bien que s\u2019assujettir à certaines règles, sans jamais s\u2019en départir est toujours fastid\u2019eux.Mais le myope qui porte des lunettes ou l\u2019individu qui a recours à un bandage n\u2019est-il pas dans le même cas?Une heure par semaine & consacrer 3 sa chevelure n\u2019est vraiment pas un bien grand sacrifice.Au reste, vous savez bien que pour étre belle il faut souffrir! i Tresors Caches et E pleurez pas, ne vous lamentez pas chaque fois que vous verrez tomber et s\u2019émietter une statuette à laquelle vous tenez peut-être infiniment, mais qui ne révélera toute sa valeur qu\u2019une fois en morceaux.fen cordate dy ee ue on oie gibt itil al a Se i Mendiants Riches Si extraordinaire que la chose paraisse, elle est attestée par quelques anecdotes singulières, mais authentiques.Un amateur d\u2019art de Kharkof, ville de Russie, possédait une statue de l\u2019Apollon de Belvédère qui lui semblait d\u2019un prix inestimable.Un jour, en jouant, ses enfants la bousculèrent et la firent rouler sur le plancher.Cris et rage du collectionneur devant le chef-d'oeuvre brisée.Après le premier moment de stupeur passé, les petits se blottissent autour de leur père qui examinait les pauvres membres disloqués, quand une jeune voix s\u2019écria : \u2018Tiens! il y a quelque chose dans cette jambe!\u201d et bientôt toute la famille reconnut avec joie que ce quelques chose était un petit rouleau \u2018de billets de banque russes d\u2019une valeur de 3,000 roubles! N\u2019est-ce pas un Parisien du nom de Boussigne qui eut la méme aubaine en voyant tomber aussi d\u2019un petit plâtre morcelé une joile somme de $2,200 avec une bague en brillants de la plus grande valeur?Ce qui rendit cette découverte plus sensationnelle, c\u2019est que la dite statuette n\u2019avait aucune beauté apparente et que son heureux possesseur s\u2019était bien 62 souvent demandé pourquoi il la gardait?.\u2026 Les mendiants sont en général très ingénieux pour cacher leurs économies.L\u2019un d\u2019eux, Walter Samuel Mott, meurt dans un hoépital de Londres.et que trouve-t-on en examinant sa jambe de bois qui a di apitoyer tant d\u2019âmes sensibles?Une petite cavité qui renferme un rouleau de dix pièces d\u2019or.Un autre du nom d'Antoine est un français.On le voit surtout près des églises, tout courbé, le pauvre homme! car il est bossu.Le jour où il meurt, ses neveux, qui se méfient, demandent qu\u2019on retarde l\u2019inhumation et, après u nexamen attentif du corps (de l\u2019oncle, infortuné, ils découvrent que sa bosse, sa grosse bosse était fausse et qu\u2019elle servait tout bonnement de tirelire au plus économe des miséreux, puisqu'il avait amassé durant une vie plus patiente encore que laborieuse près de $18,000! On ne peut plus compter toutes les richesses qu\u2019on a découvertes dans des oreillers d\u2019avares ou dans de vieux coussins tels que ceux de cette pauvre dame qui en avait toute une collection, dans sa chambre, pour lui servir de coffre-forts.Ce sont là des faits quotidiens.Elle sortait au contraire de la banalité, cette petite rentière que l\u2019on voyait partout, dans la rue, à la promenade, avec une misérable boîte remplie de paille de , : fer.Chacun s\u2019en moqualt, vous pensez La Revue Populatre bien, car tout le monde ignorait que cette pauvre boîte avait une valeur unique, renfermant plus de $13,000 en belle monnaie d\u2019or.La vieille matrone qui avait bourré son tabouret de p'ano avec des liasses de billets était presque aussi prudente puis- qu\u2019elle jouait du Schubert en restant assise sur sa fortune.D\u2019après tous ces exemples et tant d\u2019autres qu\u2019il serait facile de trouver, on voit que les gens qui entendent bien cacher leur cher argent ont recours aux objets les plus simples, les plus communs.pour les mieux ravir aux regards des curieux.- Mais sous ce rapport c\u2019est une vieille Roumaine qui semble avoir été tout à la fois la plus audacieuse et la plus sage.On la supposait très riche et quand elle mourut, on ne trouva pas chez elle le moindre trésor.Aussi vous pensez bien que ses bons héritiers, tout en séchant leurs larmes, faisaient déjà une longue figure; mais ils persévérèrent dans leurs recherches, furetèrent dans tous les coins, secouèrent toutes les hardes de la pauvre défunte et fin.rent par tomber sur un jupon qui les intrigua fort.En effet cet objet de dessous féminin était raide\u2014si raide qu\u2019il pouvait se tenir debout sans le secours d\u2019aucune main.On le sonda done avec une attention minutieuse et l\u2019on trouva, cousus entre les volants et un peu partout.à l\u2019ntér.eur, quelques bil'ets de banque qu' formaient la somme coquette de $40,000! Rien ne met en goût comme une parei.le trouvaille, et quand on eût \u201c\u201csecoué\u2019\u2019 tous les jvpons, on s\u2019aperçut que la fortune de Mme Balsach s\u2019élevait en réalité à près de trois millions! ChE ea.a ve ape) et Loh, ; » a © Se Les Fiancailles en Hongrie À certaines foires, les jeunes filles qui .3 veulent se marier arborent à leur corsage quelques brins de muguet.N'est-ce pas une aimab:e coutume ?Elles ont leur charme, ces présentations qui doivent préluder au mar'age.Une curieuse foire se tient en mai à Bo- dony, en Hongrie.On l\u2019appelle \u2018\u2018la foire aux jeunes filles\u201d\u2019.Dès le matin, les jeunes garçons et les jeunes filles.accompagnés de leurs parents, se rendent sur la place du marché.Les jeunes filles portent le costume nätional, robe \u2018de toile courte avee chaîne d\u2019argent autour du cou.Les jeunes garcons ont la redingote noire, des pantaions collants, des souliers brillants ; ils tiennent dans la main un roseau.De thaque côté de la grand\u2019rue et du marché se trouvent des tentes où l\u2019on vend des gâteaux.Les jeunes filles se promènent de long en large devant ces boutiques.De temps à autre elles s\u2019arrêtent et semblent voulo'r acheter une friandise.C\u2019est le moment choisi par le jeune homme pour s\u2019avancer vers la jeune fille qui lui plaît et lui offrir de payer un gâteau.Il lui demande en même temps où =\" elle demeure.La jeune fille répond.Le Jeune homme questionne: \u2018\u2018Voulez-vous être à moi?\u201d Si celui qui a posé la demande lui plaît, la jeune fille répond \u2018\u201cQue Dieu vous donne à moi!\u2019 Alors, les parents et alliés du jeune homme s\u2019approchent et dévisagent à qui mieux mieux celle qu\u2019il a choisie entre toutes ses compagnes.Puis, les jeunes gens marchent en se donnant le bras et traversent la foire.Ils déjeunent ensemble dans une petite boutique où l\u2019on vend \u2018du pore rôti et qui porte le nom \u2018de \u2018\u201cCuisine de Ladislas\u2019\u2019.Le roi Ladislas II était si pauvre.dit-on, qu'il se contentait pour ses repas de cette maigre chère dans un de ces pauvres restaurants,\u2014de là le nom de \u2018\u2018Cuisine de Ladislas\u2019\u2019 qui leur est resté.Ensuite, les flanées vont danser.Avant la séparation, le jeune homme embrasse la jeune fille et lui recommande de lui être fidèle.La fiancée s\u2019empresse de promettre une constance aibsolue.Et il est extrêmement rare que des fiancailles de ce genre ne se terminent pas par un prompt mariage. Les Blanchisseries Americaines Aux Etats-Unis, tout le monde est pressé et tout doit se faire vite ; les établissements industriels se ressentent de ce besoin de précipitation, et il en est ainsi en particulier des grandes blanchisseries.C\u2019est qu'elles ont des clients fort exigeants, qui n'aiment point à attendre et qui ne le pourraient d\u2019ailleurs pas ; les steamers de rivière, si nombreux sur les cours d\u2019eau américains, ont des lingeries admirablement montées et les services de table y constituent un luxe extraordinaire ; or ces bateaux arrivent à quai le matin et repartent le soir même; souvent leur linge est apporté à la blanchisserie à midi, et on doit le reprendre sec, calandré, plié, à 5 heures du soir.Il en est à peu près de même pour les grands transatlantiques qui donnent à blanchir à la fois, pendant une escale, jusqu\u2019à 20,000 et 25,000 pièces de linge.On comprend que, dans ces conditions, les grandes blanchisseries qui suffisent 4 de pareils travaux doivent posséder un outillage exceptionnel Aussitôt les pièces de linge reçues et comptées.on les entasse dans des machines à laver : ce sont d\u2019immenses cylindres contenant eux-mêmes un autre cylindre contenant eux-mêmes un autre cylindre tout percé de trous, qui tourne sur lui- même en baignant dans de l\u2019eau où l\u2019on a fait dissoudre du savon, de la soude, tout ce qui sert à laver le linge.On comprend que le linge, étant placé dans ce second cylindre, ce tambour intérieur, est brassé au milieu de l\u2019eau de savon, et commence à se laver immédiatement.À plusieurs reprises cette eau est changée, on la remplace ensuite par de l\u2018eau pure et par de l\u2019eau chaude.Le linge nettoyé, il s\u2019agit de le\u201csécher, et pour cela on le met dans des turbines essoreuses : ce sont simplement des ceylin- dres verticaux dont les parois sont percées d\u2019une infinité de trous.On leur donne un mouvement de rotation très rapide ; en vertu de ce qu\u2019on appelle la force centrifuge, toute l\u2019eau que contiennent les pièces qu\u2019on vient \u2018de laver.a une tendance à s\u2019échapper au loin, et elle profite, pour le faire, des passages qui s\u2019offrent à elle, c\u2019est-à-dire des trous ménagés dans les parois de l\u2019essoreuse.Bientôt tont le contenu se trouve complètement sec, tandis que les gouttes d\u2019eau se sont réunies sur une enveloppe métallique entourant l\u2019essoreuse et se sont écoulées dans une canalisation spéciale.Il ne reste qu\u2019à procéder au calandrage, au lissage et repassage.Pour la première de ces opérations on employait autrefois une sorte de chariot monté sur des rouleaux de pierre lisse qui comprimaient l\u2019étoffe; aujourd\u2019hui on adopte un système qui sèche en même temps qu\u2019il lisse.L'appareil est essentiel- cr Les Blanchisseries lement composé de rouleaux creux où circule constamment de la vapeur, et qui, par conséquent, sont constamment à une température assez élevée; ces rouleaux tournent tout près les uns des autres et à peu de distance d\u2019une table métallique chauffée elle-même assez fortement.On n\u2019a qu\u2019à insérer une pièce de linge entre les deux premiers rouleaux elle sera en- trainée par leur mouvement de rotation entre les suivants, puis entre ces rouleaux et la table, et l\u2019on comprend, sans que nous insistions sur les détails, qu\u2019elle arrivera au bout de son voyage sèche et ca- - Pensée RE EE A ARR NE pds ae dciataicda tt de eus aid tatata Mid tata tata ea et ETAT de te Ce LS Américaines landrée.Quant aux pièces trop grandes pour passer entre ces rouleaux, on les dispose dans d\u2019immenses séchoirs où circule toute une ramification de tuyaux de vapeur; il en est de même pour le linge qui doit recevoir un repassage soigné à la \u2018main.Enfin, pour bien faire saisir quelle puissance de travail ont ces usines de blanchissage, nous «dirons qu\u2019elles peuvent traiter par jour 100,000 pièces de linge: un machine à laver nettoie dans une seule opération 500 draps ou 1500 serviettes.\u201c d'Hiver Tout ce qui dort en nous trouve un jour son réveil.A l'heure d\u2019espérance ou de mélancolie.Tout ce qui chante à l\u2019ombre ou rayonne au soleil, Les oiseaux qu\u2019on délaisse et les fleurs qu\u2019on oublie.Mais quelquefois, laissant les beaux jours un à un, Eteindre à l\u2019horizon leur clarté douce et rose, Les âmes bien longtemps gardent chant et parfum Dans le gosier muet, dans la corolle close.Pour les unes, la vie eut trop de beaux rayons Pour que la fleur d\u2019un rêve y put vivre ignorée; D'autres ont vu la neige emplir tous les sillons Où leur espoir semait quelque moisson dorée.Puis, la saison passée et le printempps éteints, En ces âmes les fleurs et les chansons tardives Eclatent tout à coup, mais aux pires destins Les rameaux sont sans force et les voix sont plaintives.Mme ALPHONSE DAUDET.RL - .Ys :.Bh Re Be Bi.i À ib I, fi + ERSONNE ne mentionne dans ses chroniques l\u2019endroit fameux qui s\u2019appelle Boudignac-les-Treilles et qui était, au temps jadis, une bien hilarante bourgade.Les soucis, les chagrins, la male humeur et autres misères qui sont le lot commun des populations sublunaires trouvaient à Boudignac-les-Treilles, un bouillon de culture rebelle à leur développement.À voir leurs trognes largement épanouies, leurs bedaines en demi sphères et leurs mines florissantes, on ne pouvait douter que les gens de ce pays fussent les gens les plus heureux de la terre.Ce bonheur était un produit du terroir, car les Bowdignaciens le eultivaient sous forme de vignes truculentes, lesquelles se transformaient en un petit vin, tout velours, rubis et soleil liquide 4 nul autre pareil.Bref, ils buvaient bien.Bien entendu, les joyeux vignerons de Boudignae, nés malins, vouaient les meilleures cuvées à leur usage personnel, celles de deuxième ordre s\u2019en allaient chez les gourmets de la ville prochaine où se débitaient contre beaux écus sonnants à l\u2019auberge de la \u2018\u2018Belle Etoile\u2019 que les connaisseurs fréquentaient de dix lieues à la ronde.Les Aventures d'un Franc Buveur L\u2019incolore et fade breuvage que Diogè- ne\u2014installé dans une futaille de Samos\u2014 recommandait cyniquement à ses disciples, jouissait à Boudignac, d\u2019une réputation détestable.Les Boudignaciens avaient l\u2019eau en horreur et c\u2019était au point qu\u2019ils ne pouvaient franchir le pont sur la rivière sans en éprouver d'écoeurantes nausées.Une ordonnance municipale défendait de prononcer l\u2019unique syllabe du mot abhorré.On avait été jusqu\u2019à proscrire des tables, les poissons, canards et autres mets aquatiques susceptibles de rappeler l\u2019élément honni.Les maladies étaient rares en ce pays de cocagne où jamais vendeur d\u2019ordonnances ni marchand de drogues n'avait fait ses affaires.Tout au plus y comptait- on un vieux savant, légèrement maniaque qui perpétrait la médecine pour avoir l\u2019air de faire quelque chose et qui traitait tous les maux de manière identique.Qu\u2019un Boudignacien ressentit les transes de la colique, les symptômes de la fièvre ou les titillements d\u2019un rhume de cerveau, l\u2019illustre morticolore ordonnait la même panacée : de la lie de vin appliquée en compresses, en sinapismes ou administrée de cette façon particulière qui fut longtemps un monopole de MM.les apothicaires du bon vieux temps.74 AVERITT Les aventures d\u2019un franc buveur Chose qui étonnera certainement les princes de la science moderne, les malades guérissaient.Hélas! en ce bas monde, tout passe et trépasse.- Les treilles des Boudignac sont mortes d\u2019anémie; le bon petit vin, tout velours, rubis et soleil liquide n\u2019est plus que souvenance.Boudignac est une bôurgade comme les - \u2014Je l\u2019aime! c\u2019est plus fort que moi.autres; ses habitants n\u2019ont plus de bedaine; ils ne font plus de vin et se sont résignés à boire de l\u2019eau.> Au bon vieux temps ou se placent les mirifiques événements qui vont suivre, les Boudignaciens étaient done de grands buveurs devant l\u2019Eternel.Mais le plus illustre d\u2019entre eux était, sans contredit, le sieur Martin Martinet, lequel cumulait à Boudignae les triples fonctions de menuisier, de fossoyeur et de sonneur de cloches, Su ab bid id A ME Rat I 4 het 48 re ef Te ARH Sans en paraître gêné, Martin pouvait tenir tête à une dizaine des plus rudes buveurs de l\u2019endroit, mais\u2014phénomène bi- zarre\u2014alors que ses confrères en soifferies étaient doués de la bedaine de rigueur, notre fossoyeur restait maigre comme un vendredi-saint.Mais ce qui lui manquait en bedaine, il le regagnait par le nez.Une merveille que ce nez! Qu\u2019on s\u2019imagine une sorte de tuyau carré, droit, long, aplpati vers le milieu, perpendiculaire à la ligre du facies, troué de deux excavations bordées de poils em- broussaïllés, irradié d'un perpétuel rayon d\u2019arc en ciel et chargé d\u2019une végétation aussi parasitaire que polychrome.Ce n\u2019était plus un homme ayant un nez, c\u2019était un nez qui avait un homme.Du reste, maître Martin n\u2019en était pas plus fier, il portait allègrement et modestement ce monumental appendice, se contentant de le piquer plus souvent qu\u2019à son tour.Au moral, notre héros était, à ses heures, ce qui peut s\u2019appeler une bonne pâte d\u2019homme.Mais avant de pouvoir développer dans toute leur ampleur les excellentes qualités qui composaient le fond de son caractère, il lui fallait se conformer à trois eondi- tions essentielles: avoir absorbé une dose de vin bien mesurée; avoir rossé Goton, son épouse, et querellé sa fille Babet.Ces devoirs scrupuleusement remplis, maître Martin devenait bon comme le pain, doux «comme le miel et serviable comme pas un.Jusqu\u2019au lendemain matin, il édifiait le voisinage par la pratique des plus belles vertus. Ce jour-là, il s\u2019était levé dès potron- he Cee an en eR Rp pq dette gif gl sd he a de a gd ttt ELLE le ES \\ ni \u2018 te RB ae 0 pu, u- Rt te pe hy La Revue Populaire jaquet et, les bras nus, il maniait le habot avec entrain.C\u2019est qu\u2019il avait hâte d\u2019achever son travail, un travail comme on n\u2019a pas souvent l\u2019occasion d\u2019en fournir à Boudignac ; il tapait \u2018dur et, de voir la besogne qui avançait, ça le réjouissait, et il chantait une vieïlle chanson qu\u2019il avait apprise autrefois en faisant son tour de France.La belle servante du voisin S\u2019est levée matin Elle prend son sac, son âne Litchaire, litchon Elle prend son sac, son ine La belle Marion.Le couplet fusait à plein gosier: mai- tre Martin ponctua la dernière rime d\u2019un formidable coup de mañllet; il lâcha un grognement de satisfaction: saisit une cruche largement pansue, lui donna une longue accolade et se mit à rassembler les différentes pièces qui, réunies.prirent la forme d\u2019une boîte longue et de respee- tables proportions.\u2014Ça val! ça va!.soliloquait-il.Messire Laripette, le très honorable bailli des Tourettes, recevra son dernier habit en temps utile.Un bel habit bien solide et qui, de longtemps, le préservera de la morsure de messeigneurs les vers.Ah!.la marchandise qui sort des mains de Martin Martinet est de bonne marchandise, un peu roide, un peu dure, mais bien utile tout de même.Tl se désaltéra de nouveau.\u2014iA la santé des morts! le vin est une bonne chose, et si Messire Laripette en avait pris un tantine davantage, de son vivant, il est à gager que maître Martinet ne serait pas encore à lui tailler une veste de chêne.De plus en plus réjoui, maître Martinet reprit sa chanson.Derrière le moulin, il y a un poirier Qui porte des poires en février Vas-y attacher ton âne Litchaire, Litchon.Vas-y attacher ton âne La belle Marion.Les outils semblaient voler au bout de son long bras et le cercueil prenait tournure.À ce moment, le visage d\u2019un jeune homme vint s\u2019encadrer dans l\u2019entrebâillement de la fenêtre.C\u2019est mon dernier mot! \u2014Hé! bonjour, maître Martin.En vérité, vous chantez comme un rossignol.\u2014Tiens! c\u2019est Colas! Ah! Ah! Te voilà sur le pavé de bien bonne heure, mon garcon: | \u2014Que voulez-vous, maître Martin, il fait si beau que je n\u2019ai pu résister à l\u2019envie.\u2014De venir me corner l\u2019ancienne antienne.Tu tombes mal, mon petit, je suis pressé d\u2019ouvrage et.Ihe iv i fl gt > bi . += EF Le grand garçon rougit comme une petite fille, mais il reprit : \u2014Vious savez, votre fille, je l\u2019aime ! que c\u2019est plus fort que moi! elle n\u2019est pas restée insensible à mes propos et je pense.\u2014Que vous êtes faits pour échanger des risettes! C\u2019est entendu et, même.je ne demande pas mieux que de commander les violons pour la noce, mais, voilà, mon garcon!.tu connais mes idées, et quand j'ai une idée 1a.Regarde bien cette boi- tel.Avant le coucher du soleil, je dois la livrer à Messire Laripette, le bailli des Tourettes! C\u2019est de sa faute s\u2019il s\u2019en va regarder pousser les vignes par les racines, celui-là ! Je l\u2019avais prévenu.\u2018\u2018M.le bailli\u2014me suis-je égositié à hui répéter\u2014le vin nous a été donné par le bon Dieu pour que nous en fassions usage, c\u2019est du soleil que nous buvons et le soleil ¢\u2019est 1a viel.Usez-en, sinon, ca tournera mal, vous ne guérirez jamais!.C'est moi Martin Martinet qui vous le dis :\u201d\u2014et ce que j\u2019ai prédit est arrivé, ami Colas! \u2014Messire Laripette allait toucher ses quatre-vingt-dix-neuf ans à l\u2019automne prochain; à dire vrai, il était d\u2019âge\u2026 \u2014Ta! ta! ta! il eût véeu le double s\u2019il avait suivi mon conseil!.A mon avis, un homme qui n\u2019a pas le culte du vin n\u2019est pas un homme! et c\u2019est votre cas, mon garçon! vous buvez trop d\u2019eau!.pouah! \u2014Que voulez-vous, maître ! Si mon estomac ne supporte pas le liquide qui vous est cher.\u2014Des fariboles, jeune homme! des fariboles et des sornettes!.Je le répète, je ne vous donnerai Babet et ses écus que le jour où vous me rendrez raison en m\u2019enterrant au fond d\u2019un pot.Pour ponctuer ce discours, maître Martin reprit sa bienheureuse cruche et, cambré sur ses longues jambes écartées comme les branches d\u2019un compas, la tête en arriè- por 6 - Les aventures d\u2019un franc buveur ai , ; ttl i) De ep rt te be eth tei ial at X| re, il laissa béatement le liquide dégouliner en son vaste gosier, \u2014Bonum vinum laetificat.a dit notre curé!.Moi je trouve que le curé a fameusement raison en disant ça! Le bon vin réjouit le coeur de l\u2019homme, fortifie son corps et lui donne l\u2019énergie.Donc, sans bon vin, l\u2019homme n\u2019est pas homme.Done, il est inapte à faire un bon père de famille, donc, il n\u2019est pas de force à conduire les femmes au doigt et à l\u2019oeil comme elles doivent toutes être conduites, done\u2026 \u2014Babet est un ange! \u2014Toutes les demoiselles sont des anges en attendant que le mariage leur coupe les ailes.Va en paix, mon garcon!.Tu n\u2019épouseras Babet que le jour ou le vin t\u2019aura \u2018donné la force d\u2019exercer le métier de mari qui\u2014je parle d\u2019expérience\u2014n'est pas facile : \u2014C\u2019est votre dernier mot?\u2014C\u2019est mon dernier mot.Et avec un geste de suprême dégoût : \u2014Je veux boire un coup à la rivière plutôt que de céder.À cette pensée, il ébaucha une pitoyable grimace; pour se rafraichir le sang, i} acheva la cruche et reprit sa chanson.Tandis que le moulin moulait, Que Marion parlait au meunier Litchaire, litchon.Le loup étrangle l\u2019âne Ah! pauvre Marion.L\u2019amoureux évincé eut un sourire triste.Longuement, il regarda le vieil ivrogne.Puis d\u2019une voix où perçait l\u2019émotion : \u2014Adieu! maître Martin.Et à pas lents, il s\u2019éloigna.4 > © La face illuminée, l\u2019oeil sémerillonné, La Revue Populaire les lippes entrebaillées d\u2019un sourire d\u2019une indicible béatitude, maitre Martin, poussant devant lui le cercueil de Messire La- ripette, chargé sur une brouette, suivait 1a route des Tourettes.Les libations du digne homme avaient dû être copieuses, car la lugubre marchandise dansait un chahut fantastique sur le véhicule dont la roue laissait, derriére elle, de capriciux zig-zags.Maître Martin s'en souciait médiocrement; il s\u2019en allait toujours de la même allure ballottante, s\u2019arrétant pour reprendre haleine ou pour s\u2019offrir un bon coup dans les auberges qui bordaient la route.Et à chaque station, l\u2019excellent ivrogne .bredouillait entre deux tournées: \u2014Vous ne savez pas!.¢\u2019est le dernier habit de Messire Laripette que je promène!.Ah! Ah!.s\u2019il n\u2019avait pas craché dans son verre, Messire Laripette vivrait encore!.On n\u2019enterre pas des baillis tous les jours de l\u2019année.À Noville-les-Bruyères, un hameau qui marquait le milieu du trajet, maître Martin fut heureux de rencontrer quelques soiffards de son acabit.\u2014Vous ne savez pas, c\u2019est le dernier habit.: Et l\u2019on trinqua, et l\u2019on s\u2019offrit des tournées qui n\u2019en finissaient pas et l\u2019on gémit en choeur sur le malheur de ce pauvre baëlli qui n\u2019avait pas employé le bon remède.Quand l\u2019ivrogne se remit en route, les arbres commençaient à tournoyer autour de lui, il demanda un soutien aux brancards de la brouette et tant bien que mal, plutôt mal que bien, il essaya de pousser plus loin son funèbre colis.Soudain, il sentit quelque chose d\u2019humide le frapper au visage; alors, il s\u2019arrêta et leva le nez.\u2014De l\u2019eau!\u2026.Ah! la sale affaire! 78 Et moi, qui suis encore à un bon quart de lieue des Tourettes!.Effectivement, avec les premiéres ombres vespérales, le ciel se couvrait de nuées; de larges gouttes de pluie tombaient.Autour de maitre Martin.la campagne s\u2019étendait immense et sans abri; le pauvre homme se lamentait, mais tout à coup, une idée fulgura sous son crâne; un bon sourire éclaira son facies.Avisant le cercueil, il le posa contre l\u2019aecotement, le cala solidement, s\u2019y coucha de toute sa longueur, ramena le couvercle, ne laissa qu\u2019une mince fissure pour respirer et se tint coi.attendant philosophiquement la fin de l\u2019ondée.Mais voici que se passa une chose qu\u2019il n\u2019avait pas prévue.| Les relents du bon vin lui montérent au cerveau, une grande torpeur 1\u2019envahit et il s\u2019endormit pendant que l\u2019averse, plan, plan, rataplan, faisait résonner la boîte comme trente-six tambours.> Il y avait déjà un bon petit moment que les écluses du ciel s\u2019étaient refermées.Calme, silencieuse, la lune promenait là-haut sa grosse face réjouie.Pas un souffle ne faisait vibrer l\u2019atmosphère ; et le silence étaït à peine troublé par le menu trottinement d\u2019un mulot courant le guilledou.par la chute de cent mille gouttelettes qui, dans les buissons, dégringolaient de feuille en feutile.Une sorte de frémissement passa dans l\u2019air, les feuilles s\u2019agitèrent, les mulots arrêtèrent leurs trottinements.Et de là-bas, tout au bout, derrière le massif qui cachait l\u2019église des Tourettes, arrivèrent lentement les douze coups de minuit. du Es rément grandies.troisième de noir et le quatrième, de violet.portaient au front une superbe paire de cornes et.à l'arrière de leur personne, un majestueux appendice caudal.A ces emblémes, il était facile de reconnaître quatre démons authentiques.Mais, chose étrange, ils parlaient le vieil idiôme que chacun parlait à Boudi- gnae-les-Treilles.His le chanta\u2018ent même, car l\u2019un d\u2019eux, le diable violet, disait un air du terroir: \u2014Ah! j\u2019ai vu, j'ai vu! \u2014Compère Lustucru.Qu\u2019as-tu vu?\u2014J\u2019ai vu une anguille Qui batta\u2019t sa fille Sur la pointe d\u2019un clocher.\u2014Ah! j'ai vu, j'ai vu! \u2014Compère Lustueru, Qu\u2019as-tu vu?\u2014J\u2019ai vu une ablette Poussant sa brouette Pour aller au marché.C\u2019étaient sans \u2018doute les démons du pays.Le diable rouge disait : \u2014Belle nuit, messeigneurs!.\u2026 C\u2019est une vraie bénédiction de se trouver sur les chemins par ce clair de lune.\u2014Oui! belle nuit! mais soirée plus belle encore! Mirifique idée qu\u2019a eue le baron de l\u2019Etrille de nous convier au bal costumé qu\u2019il a donné pour les épousailles de sa demoiselle.N'est-ce pas, camarade Colas?ie Les aventures d'un franc buveur Alors, d'un chemin de bifurcation, dé- bouchérent quatre personnages bizarres, projetant devant eux des ombres démesu- Des quatre survenants, le premier était habillé de rouge, le deuxième, de vert, le Tous avaient face humaine, mais tous Le diable vert soupira comme un diable peut soupirer.\u2014Hein ! Le compère Nicolas, malgré sa promesse, se serait-il remis à trituter du noir!.Est-ce que la dolente Babet et son gueux de père lui trotteraient par la cervelle! Ah! foin de l\u2019amour et des sots dont il trouble la quiétude.Le diable violet s\u2019arrêta en proférant une exclamation de surprise.\u2014Par mes cornes, Messeigneurs! ou le clair de lune me donne la berlue, ou voilà une drôle de rencontre.Et de la main, il désigna le cercueil dont le couvercle rejeté laissait échapper deux bras qui pendaient flasques comme des bras de mort.Un \u2018instant.les diables restèrent baba.Le diable rouge, le plus audacieux, s\u2019avança pour reconnaître le trépassé.Et s\u2019adressant au diable vert.\u2014Par ma foi, c'est ce vieil ivrogne dont Colas aspire à devenir le gendre.\u2014Et il est saoûl comme vingt barriques!.Ah! mes amis!.Voici l\u2019occasion de châtier ce méeréant qui ne veut pas d\u2019un bon chrétien comme époux de sa fille.Allons, compères.Aidez-moi à charrier ce vilain paquet.J'ai mon idée! On rajusta le couvercle, on placa le cercueil sur la brouette, et le satanique quatuor, véhiculant le dormeur, reprit le chemin de Boudignae.> Maître Martin faïsait un beau rêve.Il rêvait qu\u2019on était revenu À l\u2019époque où les fées ne dédaignaient pas la fréquentation des petites gens.Une de ces aimables dames, habillée de vert, des pampres à la ceinture et dans la chevelure, lui disait : Fi d esata aster La Revue Populaire \u2014 Maitre Martin, je te permets de formuler trois scuhaits.\u2014Ca tombe bien, car précisément, je ne suis pas content \u2018de mon lot, dit le vénérable soiffard.Il ébaucha une révérence et fit son premier souhait : \u2014Je voudrais que l\u2019eau de 1a rivière se changeât en vin.Et immédiatement, la rivière roula des flots rouges, Martin fut sermonné par sa femme.\u2014Je voudrais être poisson.Et Maître Martin devint poisson.\u2014dJe voudrais nager dans la rivière jusqu\u2019au jugement dernier.Et les nageoires battantes, la queue frétillante, la bouche ouverte, il se précipita.Mais le plongeon qu\u2019il pensait faire rompit le charme ; son beau rêve prit fin.Maître Martin se retrouva au bord de la rivière, mais dans sa forme naturelle et - dans la bière faconnée à l\u2019intention de Messire Laripette.\u2014Tiens! Je ne suis done pas devenu poisson ! pensa-t-il tout haut.Il risqua le nez au dehors et vit que la rivière charriait ce qu\u2019elle avait toujours charrié: de l\u2019eau.) 89 \u2014Quelle misére! gémit-il désappointé.Une voix l\u2019interrompit.\u2014Veux-tu bien te taire!.Quand on est mort, on n\u2019a plus le droit de parler.Alors, il aperçut quatre ombres diaboliques qui le regardaient de leurs grands yeux lesquels ne disaient rien de bon.11 sentit un petit frisson lui courir sous la derme ; les poils de son crâne et ceux \u2018de son nez s\u2019insurgèrent.\u2014Est-ce que réellement je serais mort.pensa-t-il derechef.Les démons tenaient conseil.\u2014Quelle mauvaise pratique m\u2019amenez- vous céans?demanda le diable rouge qui était le prince des diables.\u2014Ne vous trompez pas aux apparences, messire! C\u2019est une pratique de tout premier choix, \u2014Mais oui! il me semble le reconnaître.N\u2019est-ce pas maître Martin Martinet, le plus fieffé ivrogne de la terre?\u2014C\u2019est lui-même.\u2014Où allons-nous le loger \u2014En bonne place, messire.\u2014C'\u2019est que nous sommes fort encombrés en ce moment.Et puis j'estime que nos chaudières les plus brûlantes sont indignes de pareil personnage.Le chef des diables réfléchit un instant.Et montrant la rivière : \u2014 Martin Martmet, en punition de ton péché 'd\u2019ivrognerie, je te condamne au châtiment de l\u2019eau jusqu\u2019à la consommation des siècles.Maître Martin eut un hurlement \u2018de damné, mais les arrêts prononcés par le tribunal de Satan sont irrévocables.Un des démons s\u2019était éloigné dans la { direction du beffroi.Les autres refermèrent le cercueil, ancrèrent aux poignées deux chaînes destinées à l\u2019amarrage des péniches et, par | i he Ai bo trois fois, le descendirent au fond de la rivière.\u2018 \u2014Si ça va durer ainsi, M.le curé avait raison de dire que l\u2019enfer est une chose horrible! pensa encore le condamné qui 'éternuaït, crachait et, à chaque remontée, rendait le liquide maudit à pleine bouche.> Pendant ce temps, celui des exéeuteurs qui était allé au beffroi sonnait le tocsin à toute volée.| En un instant, les habitants furent de- Babet et Colas furent fiancés.bout; des groupes se formèrent sur la grand \u2018place.\u2014Qu\u2019est-ce que c\u2019est?demandaient les Boudignaciens très effrayés.Ils consultaient le ciel, cherchant à percevoir des lueurs d\u2019incendie et n\u2019y voyalent que la lune inondant le village de sa grande clarté.- Alors quatre hommes résolus décidèrent d\u2019aller au beffroi s\u2019enquérir des causes de l\u2019intempestive sonnerie, C\u2019était le mayeur, le seribe de la commune et deux autres héros dont l\u2019histoire Les aventures d'un franc buveur + ne nous a pas transmis les noms.Au seuil de l\u2019édifice, le mayeur rencontra le diable noir et le reconnut.\u2014Comment, gredin ! c\u2019est toi qui fais ce vacarme ?\u2014Oui, mon père! c\u2019est moi-même, Jean Collardin, votre cadet.\u2014Et que veut dire ce carillon?Es-tu devenu fou?\u2014Je suis très sain d\u2019esprit, mon père.\u2014Alors, il y a le feu quelque part ! Parle vite.\u2014Rien ne brûle à Boudignae.Nous faisons un mariage tout en châtiant un ivrogne.Mais nous perdons notre temps.Suivez-moi, vous allez voir quelque chose qui mérite d\u2019être vu.Tout le monde suivi le diable noir au bord de la rivière.La dame Goton et la demoiselle Babet étaient au premier rang, Précisément, l\u2019ivrogne venait de subir une nouvelle immersion.Le mayeur le reconnut à son nez.\u2014Ohé! Maître Martin.est-ce bien toi?-\u2014Mais oui, not\u2019mayeur! il paraît que c\u2019est moi, éternua le pauvre diable.-\u2014Et qu\u2019est-ce que tu fais dans cette boîte ?\u2014Hélas! not\u2019mayeur, je suis mort d\u2019une indigestion de vin.Sur l\u2019invite du diable violet, dame Goton et \u2018demoiselle Babet s\u2019étaient avancées.Le diable rouge reprenait : \u2014Martin, vous êtes mort en état de péché d\u2019ivrognerie et l\u2019eau éternelle sera votre châtiment.Mais vous pouvez adoucir votre damnation en consentant aux accordailles de Ba- bet avee Colas.le buveur \u2018d\u2019eau.Le mort eut un hochement de tête qui voulait dire oui.\u2014C\u2019est bien, Maitre Martin!.Je suis bon diable et puisque votre âme nous re- si La Revae Populaire viendra tôt ou tard, je veux vous laisser boire du vin quelques années encore.L\u2019ivrogne ne pouvait en croire ses oreilles.Mais comme tout le monde riait autour de lui, il comprit qu\u2019il ne rêvait plus.Et il était trop content pour se fâcher.Le diable vert lui avait remis la brouette.\u2014Alllez, dit-il, et n'oubliez pas que Messire Laripette attend son habit de bois qui .sèchera en route.Martin fut sermonné par sa femme.Babet et Colas furent fiancés et se marièrent six semaines plus tard.Mais Martin Martinet resta buveur impénitent.Le diable, le vrai, ne perdit rien à attendre.C\u2019est, du moins, ce qu\u2019on dit dans le pays où j\u2019ai glané cette joyeuse histoire. nm ARMI les animaux bizarres, il y a d\u2019abord la catégorie des \u2018\u2018cornus\u2019\u2019.Ceux-là sont légion et très variés.Dans nombre de genres Ie mâle possède de longues cornes alors que la femelle n\u2019en a pas ou n\u2019en porte que de rudimentaires ou tout ou moins différentes de celles de l\u2019autre sexe.Ces cornes paraissent être surtout utiles aux mâles pour se batre entre eux.Ma's, généralement, ce sont, en somme, des armes peu redoutables et dont ils ne se servent d\u2019ailleurs pas souvent.Chez le renne, les deux sexes possè- sins, les \u2018\u201cbois\u2019\u2019 sont caducs, c\u2019est-à-dire tombent tous les ans pour être remplacés par de nouveaux.La première année, il n\u2019y a qu\u2019une seule branche, un \u2018\u2018andouiller\u201d\u2019 comme on dit.La seconde année, le bois se ramifie et présente deux andouillers La troisième année, 3! en présente trois, la quatrième, quatre, etc.On peut ainsi connaître l\u2019âge d\u2019un cerf à la ramification de ses cornes.La forme de cornes est assez variée.Chez l\u2019élan ou orignal, elles peuvent peser jusqu\u2019à 45 Hivres.Ce sont de longues raquettes, très dentelées sur les bords, et portées par une tige courte.Les dentelures augmentent de nombre chaque année et, finalement, s\u2019élèvent à une vingtaine.Le mâle seul possède des bois.Chez le renne, les deux sexes possèdent des cornes, mais celles de la femelle sont sensiblement plus petites et moins d- visées que celles du mâle.Elles sont formées d\u2019une tige mince, s\u2019applatissant vers le haut.borate THY?Les Animaux Etranges a ; Là it, ar re seen it, es Sete Sd ts tt RE aa tit tribale a ta tt de ts de On a prétendu que les bois des rennes leur servalent en hiver à remuer la neige pour y trouver Tes végétaux dont ils se nourrissent, mais il n\u2019en est rien ; Ms fouillent avec leurs sabots de devant, eè qui, on l\u2019avouera, est bien plus commode.Citons encore, parmi les cornes caduques remarquables, eelles recourbées ea avant du caribou de Virginie, du daguet, qui porte seulement deux dagues courbes terminées par une pointe aiguë, LE SPHIGGURE.Un animal transformé en pelote d\u2019épingles.du cervule muntjae, qui ne porte qu\u2019un andouiller d\u2019oeil et dont la tige principale ne porte que deux andoutllers.> Les cornes sont constituées surtout par un axe osseux, peu ou pas recouvert de peau, ou seulement d\u2019une peau molle.T1 ex'ste d\u2019autres mammifères à cornes, La Revue Populaire mais Gelles-là fort différentes des premières.Elles ne tombent, en effet, jamais, et, de plus, l\u2019axe osseux est recouvrt d\u2019un épais étui corné : ce sont \u2018les cavicornes\u201d\u2019, qui comprennent les antilopes, les gazelles, tes chamois, les chèvres, les moutons, les \u2018boeufs, les bisons, etc.Chez eux, les cornes ont beaucoup plus que chez les cervidés la signification d\u2019armes de combat; ee sont de véritables gurriers, tandis que les autres ne sont que des soldats «d\u2019opéra-comique.trague des roseaux.; elles sont, au contraire, recourbées en arrière chez nombre d\u2019espéces, 1\u2019égocére bleu, 1\u2019antilope noire, ou elles ont plus de la moitié de la longueur du corps; le gnou, le bouquetin des Alpes, ou elles peuvent peser jusqu\u2019à 40 livres; les chèvres, les moutons, les chamois, ou elles n\u2019ont pas leurs pareilles pour faire des manches de parapluies ou de cannes, orgueil des alpinistes.Chez le buffle de la Cafrerie, le boeuf ' LE TAPIR A DOS BLANC.Une caricature de l\u2019éléphant, avec sa trompe presque ridicule, qui ne lui sert pas à grand\u2019 chose.Id serait trop long d\u2019en énumérer toutes les formes, qui varient à l\u2019infini avec les espèces.Contentons-nous de remarquer qu\u2019elles sont ordinairement simples, Le sphiggure mexicain est aussi a signaler pour ses piquiants.Lorsque l\u2019animal est au repos, on ne soupçonne pas en effet la présence de ceux-ci, tant ils sont bien recouverts par les poils qui les entourent.Mais vient-on à l\u2019exciter, les piquants se relèvent et apparaissent comme les baïonnettes d\u2019un régiment caché au milieu des blés et se hancant à l\u2019attaque.Comme tous les animaux épineux, c\u2019est d\u2019ailleurs un animal insignifiant et incapable de faire du mal à une mouche Citons encore comme an/maux épinéux, l\u2019athérure africain, le chétomys, l\u2019échidné épineux, qui, quoique mammifère, pond des oeufs, et enfin le hérisson trop connu par son habitude de se rouler en boule pour qu\u2019il soit nécessaire d\u2019en parler ici.Tous font plus de peur que de mal, et je ne comprendrai jamais pourquoi la nature, en les recouvrant de piqrauts, n\u2019a pos donné à ceux-ci une solidité suffisante pour en faire des armes vraiment sérieuses.> Après les \u2018\u201ccornus\u2019\u2019 et les \u2018\u2018pointus\u2019\u2019 leurs frères en bizarrerie sont les \u2018\u2018trompés\u201d\u2019, dont le nez s\u2019est allongé d\u2019une longueur plus ou moins grande L'\u2019éléphant en est l\u2019exemple le plus classique et trop connu pour que nous ayons à nous appesantir sur son cas.Mais il n\u2019est pas le seul.Ainsi le tapir est pourvu d\u2019une véritable petite trompe qui lui donne l\u2019air un peu godiche.Il n\u2019en est pas plus fier pour cela et, sans doute, honteux de son appendice nasal, ne sort que la nuit lorsque les autres habitants de la forét ne peuvent le goguenarder.Dès le crépus- eule on voit les tapirs se mettre en mar- Les animaux étranges che, avec la gravité de philosophes, et agiter continuellement leur trompe, qui leur sert à flarrer à droite et à gauche.Quand, le matin ou le soir, on descend les rivières silencieusement.on peut voir souvent des tapirs se baigner, pour se rafrai- chir ou pour se défendre contre les piqûres des insectes.Aucun animal ne sait mieux se débarrasser de ces parasites incommodes.I met à profit chaque ruisseau, chaque étang, chaque fleuve; aussi LE NASIQUE Son nez rappelle celui de certains hommes et Re contribue pas à l\u2019embellir.M lui donne même l'air \u2018\u201c\u2018navré\u201d.estHil presque toujours recouvert d\u2019une épaisse couche de vase.Ce sont des animaux timides qui s\u2019enfuient au moindre danger; en captivité, ils sont inoffensifs et se laissent bousculer de toutes les fa- coms; Ils expriment alors leur contentement par de petits grognements.Ils se nourrissent de matières végétales et mangent surtout des feuilles de palm 'ers; ils ne se font pas faute, quand ils sont bien seuls, de saccager d\u2019une manière lamentable tes plantations de cannes à sucre, de melons, de cocotiers.En Amérique.les tapirs sont d\u2019un gris brun noirâtre.Dans l\u2019Inde, on trouve une espèce, le tapir à dos blanc dont une partie du corps, depuis les pattes de devant jusqu\u2019à la partie postérieure, @ une teinte blanche d\u2019un fort bel éclat.Bien plus curieux encore est le macro- rhine éléphant que les noms de \u2018\u2018phoque- éléphant\u2019\u2019, de \u2018\u2018phoque a trompe\u2019\u2019, par lesquels les manns le désignent.dépeignent fort bien.Le mâle possède en effet une trompe de trente centimètres de long, qui, à la longueur près, rappelle celle de l\u2019éléphant ; de plus l\u2019animal peut la rentrer et la sortir à volonté.Le nez s\u2019allonge surtout lorsque l\u2019animal est excité.Les moeurs des macrorhines sont celles des \u2018autres phoques.Ils vivent en troupes; maladroits sur la terre, ls nagent fort bien dans l\u2019eau; on les trouve partout, surtout dans les pays chauds (Nou- velle-Zékande), mais ils descendent très loin au sud (Terre du Roi Georges).A l\u2019époque de la reproduction, les vieux mâles se livrent de violents combats : c\u2019est alors que les nez prennent des dimensions démesurées! Il est rare de voir des mâles dont le corps n\u2019est pas couvert le cicatrices; ils en sont peut-être aussi fiers que les étudiants allemands des leurs.D Le tamanoir à crinière n\u2019est pas moins curieux par son museau démesurément pointu et sa magnifique queue poilue.Incapable de mordre, il se contente de ré- coîter des fourmis en les prenant avec sa longue langue qui les englue.Il peut néanmoins se défendre énergiquement.Voici un récit concluant à ce sujet, fait par un témoin : Le 3 février, dans la soirée, sortant pour me promener avec le curé, j\u2019aperçus au > é IT TR fri i UT I Gao pn a 4 A \u2018 ih La Revue Populaire lein, dans la plaine, le petit pâtre qui était monté à cheval pour ramener les vaches au corral; il galopait vers nous en ehassant devant Toi à coups de fouet un tamanoir qu\u2019il avait trouvé un quart d\u2019heure auparavant fouillant une fourmi- fière.Lorsque nous aperçumes l'animal, il était déjà fatigué, et galopait presque à la manière d\u2019une vache.Je courus vers Jui, et, l\u2019ayant atteint, je le saisis par la queue, espérant T\u2019arrêter.Je n\u2019y aurais pas réussi, sans doute, mais je dus bientôt eesser mes efforts, en entendant le petit pâtre me crier d\u2019une voix effrayée que j'allais me faire tuer.LE CONDYLURE ETOILE C'est une sorte de taupe avec un groin de porc étalé en étoile d'une façon bizarre et dont on ne voit pas bien J\u2019ntilité.Quoique je ne visse pas bien en quoi pouvait consister le danger, comme déjà Je m\u2019étais attiré plus d\u2019une facheuse aventure pour n\u2019avoir pas voulu croire à l\u2019expérience des gens du pays, je cédai eette fois au premier avertissement, et je reconnus, au moment même, que l\u2019obstination m\u2019eût coûté cher.À peine avais-je lâché prise, que l\u2019animal, s\u2019arrêtant brusquement, se leva sur ses pieds.de derrié- re, comme l\u2019eût pu faire un ours, et, se retournant vers moi par un mouvement rapide, semblable à celui d\u2019un faucheur, traça dans l\u2019air, avec son bras étendu, un cercle dans lequel il s\u2019en fallut de bien peu que je me fusse compris; je vis passer à deux pouces de ma ceinture un ongle tranchant qui me parut alors long d\u2019un demi-pied, et qui, si j\u2019eusse fait un pas de plus, m\u2019aurait infailliblement ouvert le entre d\u2019un flanc à l\u2019autre.Un grondement de.colère, qui accompagnait cette démonstration déjà par elle-même assez significative, me fit comprendre qu\u2019il y aurait de la témérité & recommencer un engagement avec un ennemi dont les mains étaient beaucoup mieux armées que les miennes; je continuai done 1a ehas- se en simple spectateur.Le petit pâtre, qui maniait son cheval avee beaucoup d\u2019adresse, parvint à conduire le tamanoir jusqu\u2019au centre du vidlage ; arrivé là, le pauvre animal, qui ne pouvait presque plus courir, se réfugia sous le portique de l\u2019église; on apporta bientôt, des maisons voisines.plusieurs lassos au moyen desquels on s\u2019en rendit maître, et on 1\u2019amena, lié par la tête et les deux pattes de devant, au milieu de la place du village.Au bout de quelques instants, il parut avoir renoncé à toute résistance, et je profitai de ce moment pour en faire un dessin.Tant que je restais à une certaine distance, il se tenait complètement immobile.'S\u2019it m\u2019arrivait.au eontraire, de m\u2019approcher pour mieux voir quelque détail, il se mettait aussitôt en mesure de se défendre, non plus comme la première fois en se levant debout et cherchant à me frapper, maïs en se plaçant sur le dos et ouvrant ses bras pour me saisir.Cette attitude de défense, la meilleure peut-être que pût prendre l\u2019animai, eer- né de toutes parts comme il l\u2019était en ce moment.n\u2019est pas celle qu\u2019il choisit quand il n\u2019est menacé que d\u2019un seul côté : alors.au lieu de se renverser, il se contente de s\u2019assoir.et, faisant face à son ennemi, il le menace de ses terribles ongles. Les animaux étranges Mme captivité, les tamanoirs sont inof- fengéfe.J'en ai vu, dans un jardin zoologique.errer en liberté dans les \u2018allées et se laisser caresser par les enfants sans exprimer la moindre mauvaise humeur.> Remarquable aussi sous le rapport du nez est le singe nasique, bien que son appendice nasal ne soit pas une trompe.LE GALEOPITHEQUE.Un istermédiaire entre les mammifères ordi- @æaires et les chauves-souris.Dans ses évo- lations aériennes, son petit se cramponne welidement 3 elle.Une nourrice qui fait de la voltige.Mais celui-ci est presque identique à ce qu\u2019il est chez l\u2019homme, ce qui donne à l'animal une face un peu humaine.Chez les jeunes, le nez est aquilin; chez les vieux, il s\u2019allonge et devient plus gros.Ce n\u2019est pas tout à fait celui de l\u2019Apollon du Belvédère, ni celui de la Vénus de Milo.mais pour un singe.Le nasique habite 1\u2019ile de Bornéo.Il est très malin et c\u2019est le cas de dire qu\u2019il \u2018\u2018a du nez\u2019; aussi em a-t-on capturé rarement et manque- t-on wn peu de renseignements sur lui, > On trouve enfin des mammifères au nez allongé chez les insectivores.Ainsi est celui du tanree soyeux, du macroscélide type, de la taupe, du solénodon, du condy- lure étoilé où le museau est terminé par une couronne de petits prolongements cartalagineux, pointus et très mobiles.Chez la musaraigne, c\u2019est une véritable petite trompe.et chez le desman des Pyrénées.c\u2019en est une presque typique puis- qu\u2019il s\u2019en sert pour capturer les petits animaux et les porter à sa bouche.Un éléphant en miniature! > Passons.pour terminer, à un autre sujet.| Avec les chauves-souris, nous avons étudié les mammifères volants et se déplaçant dans l\u2019air, eh somme fort bien, \u2018sans cependant atteindre à la maîtrise des olseaux.Il estun certain nombre d\u2019espè- -ces qui peuvent se soutenir pendant un certain temps dans l\u2019air, à l\u2019aide d\u2019un parachute qui réunit les membres antérieurs et postérieurs: c\u2019est du vol plané plutôt que du vol proprement dit.Le plus bel exemple que l\u2019on en puisse citer est celui des galéopithèques intermédiaires quant 4 leur anatomie, entre leg lémuriens et les chauves-souris.Leur parachute est gigantesque: partant des côtés du cou.presque à l\u2019extrémité des phalanges des membres antérieurs.il réunit les membres antérieurs et postérieurs et s\u2019étend même jusqu\u2019au bout de la queue.En somme.tout le corps est palmé, sauf à la tête.Les galéopithèques sont très agiles; ils grimpent comme des chats au sommet des arbres.et.de là, se précipitent dans le vide en parcourant des 89 PAT EE HU : SMR Hie hh qu DCE OT cat, ve ! dé WE on La Revue Populaire eentaines de mètres.Ils passent sans dif- fieulté d\u2019un arbre à l\u2019autre, traversant des torrents ou des vallées entières.L\u2019a- mimal semble véritablement voler; mais ce n\u2019est là qu\u2019une apparence, puisqu\u2019en réalité il ne s\u2019élève pas dans l\u2019air.C\u2019est éependant une chose merveilleuse que de et la trajectoire presque horizontale qu'il arrive à parcourir du fait de sa chute dans le vide.Ajoutons que les galéopithèques sont nocturnes.Dans le jour.ils se réunissent parfo's en grand nombre sur des cîmes feuillues des arbres; ce n\u2019est que la nuit qu\u2019ils se servent de leur parachute.voir le parti qu\u2019il tire de son parachute Les Martyrs du Canada Où dormaient des wigwans des villes sont assises ; Là Québec et ses tours, gigantesques assises, Ont détrôné Stadacona ; Ici l\u2019oeil voit grandir Montréal la superbe Au lieu où jadis venait s\u2019asseoir dans l\u2019herbe Le conseil de l\u2019Agouhanna.Le mécanisme a pris les chutes pour vassales ; L'industrie a jeté vingt arches colossales Sur le fleuve tremblant de peur; Ft narguant désormais les sauvages colères, Le touriste franchit nos forêts séculaires Sur les ailes de la vapeur.Le progrès a partout remporté la victoire ; L\u2019humble bouleau flottant fait place à la bouilloire ; Le phare luit sur le rocher; | L\u2019étroit sentier des bois se cache gous nos rues; Et les derniers débris des races disparues Vivent à l\u2019ombre d\u2019un clocher.L\u2019indigène a mis bas l\u2019arme dévastatrice, Le baptême a versé l\u2019eau régénératrice Sur son front indocile et fier; Et le prêtre du Christ, dans mainte basilique, Annonce maintenant le verbe évangélique A tout un peuple né d\u2019hier.Fit j'allais demandant, en mes courses lointaines, Aux clameurs des torrents comme au chant des fontaines Aux tempêtes comme aux zéphirs, Quel germe avait produit ce changement immense ; Et tout m\u2019a répondu: \u2018\u2018La magique semence, C\u2019est le sang fécond des martyrs!\u2019 Achille FRECHETTE.99 Tm eed EET ST v \u201cA TPR PER LT Cr nr Ly ETRE RE RER AE EEE LA CHANSON MILITAIRE J OICI un intéressant article sur la V chanson militaire qui est bien d'ac- ® tualité & l\u2019heure où le fantôme d\u2019u- he guerre européenne apparaît si sombre et mi menaçant.De tout temps et en tous pays, la chanson militaire a tenu une place importante dans la vie des peuples.On a pu dire qu\u2019elle était \u2018\u2018l\u2019âÂme populaire\u2019.| En France, terre d\u2019idéal et sol fertile eù guerriers, la chanson a implanté des ragimes profondes et sa floraison a été superbe.Ia chanson française a parcouru le monde.Les soudards du Moyen âge l'ont premenée sur toutes les routes des vieilles provinces; les Oroisades, la guerre de Cent ans, les guerres d\u2019Italie, l\u2019Epopée reyale, l\u2019Epopée révolutionnaire, l\u2019Epo- pée napoléonienne, l'Epopée coloniale\u2019 ont fait retentir son rythmé, berceur et entraînant tour à tour, sur presque tous Yew points du: globe.Le chanson fut donc partie intégrante de f'h'stoire des armées et du passé natio- sal.Elle est en vogue, aujourd\u2019hui, dans tes milieux militaires pour le rôle qu\u2019elle a jeué \u2018\u2018hier\u2019\u2019 pour celui qu\u2019elle remplira \u201cdemain\u201d.Ce Musée de l\u2019armée, ayant pour mission de conserver les souvenirs intéressant l\u2019ammée, a jugé qu\u2019il importait, à côté des tableaux, des armures, dse \u2018archives, de d'ensemble admirable des multiples côflecthions -enfermées aux Invalides, de 01 créer une collection nouvelle, méthodiquement classée : celle de nos vieux airs militaires.L'oeuvre est même amorcée : une audition, donnée récemment aux Invalides, en a été la préface.I1 faut applaudir des deux mains à cette nouvelle création.Si le livre et les oeuvres d'art, en évoquant et en dressant devant nous le passé, nous de font percevoir par les yeux la musique aidera à sa plus complète reconstitution en nous la faisant percevoir par l\u2019oreille.Il ne nous suffira plus de \u2018\u2018voir\u2019\u2019 notre gloire : nous 1*\u201centendrons\u2019\u201d\u2019.En veut-on juger par le simple aperçu de quelques airs déjà classés ?Voici Jeanne d\u2019Arc, tête et bannière dressées vers le ciel, debout sur ses étriers qui entre en triomphatrice dans Orléans au son de la \u2018\u201cMarche de Robert Bruce\u201d, le chant guerrier écossais, francisé au début du quatorzième siècle, et promené de route en route depuis l\u2019époque des bandes de Philippe le Long jusqu\u2019à celle des mousquetaires de Louis XIII.\u2026 Un bruit de sabots martèle le gol : des cavaliers caracolent, superbement parés.C\u2019est la \u201cMarche des Dragons du Roi\u2019\u2019, le héros de \u2018\u2018la guerre en dentelles\u2019\u2019 si pittoresquement contée par Georges d\u2019Esparbès, héros qu\u2019applaudirent Mme de Pompadour et Marie-Antoinette.Un pas entraînant, redoublé, endiablé, c\u2019est la \u201cMarche des Bonnets à poils!\u201d Ran, tan, plan, tirelirelire, ran, plan ! ain- La Revue Populaire si qu\u2019il est noté danses cahiers du véri- die capitaine Coignet.Et devant nos yeux éblouis, dans le fracas de la bataille, se profilent les légendaires silhouettes des grognards de la vieille garde, défilant erâ- nement, T\u2019arme au bras, marchant à l\u2019assaut d\u2019un pas de parade, sous le soleil d\u2019Austerlitz! Brusquement une émotion nous étreint.C\u2019est la \u2018\u201cRetraite de la Crimée\u2019 qui sonne.Et du lointain de nos rêves, surgissent, blancs de givre et rayonnants de gloire, les soldats de Sébastapol\u2026 Succédant aux sonorités troublantes de tette harmonie guerrière, un motif plus alerte, très gai, nous fait redresser la tê- te.Au rêve a succédé Ta réalité.C\u2019est la chanson des capotes bleues d\u2019aujourd hui, la \u2018\u201cChanson du fantassin\u2019.Le sac au dos gardant la mine Du vrai troupier, Par tous les temps il s\u2019achemine Et marche à pied.Point de fatigue il ne redoute; - Toujours content, Le fantassin sur la grand\u2019route S\u2019en va ehantant.Oui, chante sur Ta route, soldat! Chante, fantassin, pour que le sac devienne léger à ton épaule; chante, cavalier, pour te tenir droit droit en selle et éviter le dodelinement ensommeillé qui blesserait ton cheval.Chantez, toupiers en manoeuvre, pour mieux \u2018\u2018marcher sur la route.\u2019\u2019 Chantez, soldats coloniaux, héreiques x pionniers de la, civilisation, pour omblier, § en chantant, que vos pieds saignent, que Ye soleil brutal, sur vos nuques, fait eeuler du plomb fondu.Chantez, chantez tous.Sonnez, elairons et trompettes.Battez, tambours.A vos mâles accords, à vos rudes battements, aujourd\u2019hui comme hier, s\u2019allumeraët la \u2018\u201cfuria.francese\u201d.Car si Thumanité a entrevu l\u2019idéal de la paix, si les peuples refrènent leurs ins- tinets de conquête, nos fils n\u2019en ont pas moins gardé, infusé au plus profond de leurs veines, le sang généreux des ancêtres, prêts comme autrefois, aux jeurs sombres de T\u2019invasion \u2018étrangère, à le verser pour la défense du sol. W3 savants se perdent en conjectures gur la façon dont beaucoup d\u2019animaux savent \u2018\u2018se retrouver\u2019\u201d\u2019, dans des circonstances où n\u2019importe quel humain \u2018\u201cse perdrait\u2019\u2019 sûrement.Même en supposant chez certaines bêtes un développement extraordinaire de la vue, de l\u2019ouïe, de l\u2019odorat et de la mémoire, on n\u2019arrive pas à expliquer ce phénomène, très fréqutnt, d\u2019un chien, par exemple, revenant à son ancien logis après que l\u2019on a tout imaginé pour qu\u2019il ne puisse plus s'orienter.I] y a là une espèce de mystère qui n\u2019est pas près d\u2019être démêlé.Sans parler des pigeons voyageurs, sur lesquels tout le monde est fixé, voici quelques faits absolument authentiques, observés gur des chiens.On emmène un chien chez des amis, à vingt milles d\u2019où habitent ses maîtres.Il est dans un panier clos, et le panier est sous la banquette d\u2019une voiture fermée : la bête ne peut done voir la route suivie.On laisse le chien à l\u2019attache plusieurs jours, puis on lui rend la liberté.La pre- mitre fois qu'il trouve la porte ouverte, HE i EE rer EL AER CORRE NG plc Whitin PSE VE TEE VE Fo?COMMENT LES ANIMAUX S\u2019ORIENTENT Ka il s\u2019enfuit, et une heure trois quarts après, il arrive à son premier logis.Or, par les renseignements que l\u2019on prit, on put établir qu\u2019au lieu de suivre la grande route, par laquelle il était déja passé, il s\u2019en était allé par le plus court, c\u2019est-à- dire en ligne droite, & travers les terres labourées, par-dessus les haies et les ruisseaux.Autre exemple.Un petit barbet n\u2019a vait pas quitté sa niche depuis sa naissance.Ses maîtres le donnèrent à un ami qui résidait dans un autre village éloigné.Le nouveau maître installe le chien sous la banquette de son char-à-banc, et part pour rentrer chez lui.C'était le soir ; l\u2019homme sortait de table, et il devait coucher chez d\u2019autres amis.Le lendemain, il repart.Et voilà qu\u2019à six milles, le barbet sort de dessous la banquette, saute sur la route, et disparaît dans la direction d\u2019où l\u2019on vient.Croyez- vous que c\u2019était pour rejoindre ses anciens maîtres?Non pas.Il faut croire qu\u2019il n\u2019avait pas été heureux dans son enfance, et qu\u2019il ne présageait rien de 23 I Ee AR, i HOG oN g La Revue Populaire bon de son nouveau propriétaire.Il se rendit chez tes personnes dans 1\u2019antichambre desquelles il venait de passer la nuit; il avait jugé que celles-là seraient préférables pour lui à tous autres patrons.Mais que «dites-vous de cette bête qui retrouve des gens qu\u2019elle n\u2019a vus que pendant quelques instants le soir, puis le matin suivant, \u2014jamais jusque-là elle ne les avait aperçus, \u2014et qui les retrouve au milieu d\u2019une ville qu\u2019elle vient de traverser pour la premiére fois, et sous une banquette de voiture?Troisième fait.Une chienne est menée en voiture à l\u2019autre bout d\u2019une ville.Pendant huit jours elle y reste enfermée dans une cour.Jamais, n\u2019oublions pas de le spécifier, elle n\u2019avait encore parcouru cette ville.Le neuvième soir, elle trouva moyen de déguerpir.C\u2019était en printemps, et il pleuvait dru.Les rues étaïent pleines de boue.La chienne s\u2019orienta sous l\u2019averse, à travers les passants et les voitures, et, une heure et demie après, elle jappait à la porte de son ancien logis.Elle avait mis juste le temps qu'il eût fallu à un fiacre.Les chats ne sont pas en arrière des chiens, pour le sens de 1\u2019orientation.Un chat est emporté dans un panier.Trois jours après, il reparaît à son premier logis, Il avait fallu qu\u2019il franchit un canal, qu\u2019il gravit.puis redescendit \u2018une montagne qu\u2019il longeât toute cette ville, et qu\u2019enfin, il traversât un fleave.Le fait le plus extraordinaire est sans doute celui-ci.Un chien de Birkdale, en Angleterre, est transporté à Huddersfield, à 200 milles, et en chemin de fer.Trois semaines plus tard.on le trouve à la porte de son premier domicile ; la fatigue et la faim l\u2019avaient réduit à l\u2019état de squelette.it; br L est certain que les premiers hommes ont porté la barbe telle que la Nature Ja leur avait donnée.Les anciens poètes nous représentent toujours les grands hommes des siècles héroïques fournis d\u2019une longue barbe.Le plus ancien conquérant dont il soit fait mention dans l\u2019histoire fabuleuse, Bae- chus, était barbu, de même qu\u2019Hercule.Homère nous parle souvent de la barbe d \"Ulysse, d\u2019Hector, de Dioméde, ete.Les Egyptiens, les Assyriens et les Perses ne se rasaient que lorsqu'ils étaient en deuil.| Sous le règne de la reine légendaire Sémiramis, qui voulait se faire passer pour un homme.on ne vit point de barbe chez les Assyriens.| Les Grees commencèrent à se raser dans le siècle d\u2019Alexandre.Ce conquérant, au moment de la bataille d\u2019Arbelles, se fit raser la barbe et :es cheveux, et commanda à ses soldats de suivre son exemple, afin de ne laisser aucune prise aux ennemis.A Rome, les jeunes gens ne pouvaient se couper la barbe qu\u2019à part/r de leur vingt et unième année.Cette époque était, pour eux, un jour de fête.Néron, dans cette occasion, offrit sa barbe dans un vase d\u2019or à Jupiter Capitolus.En France, la barbe a suivi des modes diverses.Les premiers rois portaient des cheveux longs et n\u2019avaient que des moustaches.La barbe ne s\u2019établit guère que sousu Clov's.Alain, roi des Wisigoths, craignant d\u2019être attaqué par ce roi, lui fit demander une entrevue pour \u2018\u2018toucher sa barbe\u2019\u2019, voulant témoigner ainsi de ses intentions pac'fiques.LA BARBE ETE M Are ae Horst UR RT SII IY RET TTR TY pind thE A Ly nnn SATE A EE CR AGH RAH get HORII + Bh BOOT * Mais on quitta bientôt la barbe, qui ne renaquit guère que sous François Ier.Le jour de la fête des Rois, en 1521, ce monarque ayant été blessé à la tête par un tison qu\u2019on avait jeté par mégarde d\u2019une fenêtre, fut obligé de se faire couper fes cheveux.Mais veraignant d\u2019avoir d'air d\u2019un moine avec le chaperon (espèce de capuchon), que l\u2019en portait en ce temps- là, it imagina de porter un chapeau et de laisser croître sa barbe.Toute la eour porta comme lui courts cheveux et longue barbe.Le Parlement pourtant continua de se raser.Et cette coutume était régie par une règle sévère, comme on va le voir, En l\u2019an 1536, François Olivier, qui depufs fut chancelier de France, ne put être reçu au Parlement qu\u2019à la condition de se faire couper la barbe.Henri IV, on le sait, avait une longue barbe en éventail arrondie et accompagnée de deux tongues moustaches.A oette époque de barbes en éventail, on les faisait tenir en cet état à l\u2019aide de cires préparées qui donnaient au poil une bonne odeur et la couleur qu\u2019on voulait.On ae- commodait sa barbe le soir, et pour qu'\u2019elle ne se dérangeât point pendant la rait, on l\u2019enfermait dans une espèce de bourse faite exprès, qui portait le nom de \u2018\u2018bi- gotelte\u2019\u2019.L'empereur de Russe Pierre te Grand, pour rétablir la réforme de la barbe, ent recours à un moyen bien simlpe.il la taxa! De nos jours, le surnom de \u2018\u2018Barbe blanche\u2019 est un titre d\u2019honneur pour beaucoup de chefs de nomades dez bords de 1a mer Caspienne.II taht, Les Animaux À Cuirasse ES tortues auraient dû, logiquement, être comprises parmi les \u2018\u2018cheva- Hers du moyen âge\u201d, puisqu'elles sont révêtues d\u2019une armure presque typique; mais elles méritent une étude spéciale, ear cette armure leur sert en même tetrips de maison.Les tortues sont encore remarquables par leur extrême vitalité ; ce sont des animaux qui ont la vie dure.Presque toutes sè traînent péniblement sur le sol.Leur force musculaire est cependant très grande.Une tortue de moyenne taille traîne facilement un enfant et même un homme.Quant aux tortues marines, il faut se mettre à plusieurs pour en venir à bout.Si l'on fait mordre un bâton à une tortue de marais, on peut la soulever: elle reste suspendue pendant plusieurs heures sans lâcher prise.Au point de vue intellectuel, les tortues sont peu intéressantes.Le seul trait à signaler est que les espèces élevées en captivité ne tardent pas à reconnaître leur maitre et à venir manger dans sa main au moindre appel.Quant aux espèces sauva- ÿes, la plupart mènent une vie de brute, ve contentant de manger les victuailles qu\u2019elles rencontrent.Cela n\u2019a rien d\u2019étonnant, étant donné la facilité aveè laquelle elles se défendent de leurs ennemis en rentrant tout simplement à l\u2019intérieur de leur carapace.Cette protection est, en effet, très efficace, mais il ne faudrait pas croire qu\u2019elle fût absolue C\u2019est ainsi que les jaguars et différents autres félins savent, à l\u2019aide de leurs griffes, extraire l\u2019animal de sa carapace pour la dévorer.On a vu 96 des bancs de tortues disparaître d\u2019îles où l\u2019on avait introduit des chats.Les pores mangent aussi, en les engloutissant d\u2019une seule bouchée, de petités tortues encore molles.Enfin, plusieurs oiseaux de prote, et notamment le vautour barbu, savent fort bien enlever dans les airs es tortues et les laisser tomber, pour les briser, sur des rochers.et parfois sur des crânes chauves qu\u2019ils prennent pour tels, à en croire certain auteur grec.Les tortues vivent dans trois lieux dif- TORTUES D'\u2019ABINGTON.férents, et dans chacun d'eux elles présentent des caractères particuliers : la terre, les eaux douces, la mer.> Les tortues terrestres sont surtout caractérisées par leur carapace trés bombée, et à l\u2019intérieur de laquelle la plupart peuvent rentrer entièrement, pattes et cou.They > - Cette espèce vit surtout de plantes et, en hiver, se cache dans la terre pour y dormir toute la saison froide.Elle est assez peu farouche et ne rentre dans sa maison que lorsqu\u2019on l\u2019agace fortement.A côté Les animaux à Cuirasse dantes aux Galapagos qu\u2019on appelait eel- les-ci \u201c\u201cles îles des tortues\u2019\u2019.Aujourd\u2019hui elles y sont presque rares.Elles comprennent plusieurs espèces: l\u2019une des plus intéressantes \u2018est la tortue d\u2019Abington re- w Pi a marquable par son long cou et sa eara- : > ; i pace de la consistance du carton, large- F + ment ouverte en avant.ka J'ai rencontré sur mea route, écrit un 2 i voyageur, deux grandes tortues qui de- E vaient peser chacune au moins cent kilo- 3 i grammes.L'une d\u2019elles, qui déchirait un 4 hi morceau de cactus, me regarda, lorsque E Aa J\u2019approchai et s\u2019éloigna tranquillement ; 3 Ci l\u2019autre fit entendre un sifflement profond p et rentra sa téte Ces énormes reptiles, | Le | entourés de laves noires, de buissons dé- 1 MATAMATA.9 A considérer la gravure, la béte semble jolie 3 à voir et agréable à manier.En réalité, b! elle est affreuse et puante, et produit un # effet repoussant.i d\u2019elle, parmi les tortues de petite taille, il 3 * faut citer la tortue bordée, la tortue étoi- J \"A lée, la tortue charbonnière, qui, à peu de ; chose près, ont les mêmes moeurs.D\u2019autres tortues terrestres sont remarquables par leur taille gigantesque et sont d\u2019autant plus intéressantes qu\u2019une chasse inconsidérée les a presque entièrement décimées, et que, comme le dodo et la rhytine, elles n\u2019existeront bientôt plus que comme souvenir.La plus connue est la tortue éléphantine qui pullulait jadis aux Mascareignes ; on l\u2019y rencontrait par troupes de deux à trois mille.Comme sa chair était exquise, on lui fit une chasse terrible : aujourd\u2019hui, il ne reste plus que les quelques individus protégés par le gouvernement.Sa chair est en effet comparable à celle du mouton, de même que le foie.On a rencontré des exemplaires pesant 400 Tivres.Tes tortues étaient autrefois si abon- 97 HYDROMEDUSE.Serpent par IR tête, toftue par la ocafapaee, c\u2019est un mélange qui étonne, de même que sa vivacité au réveil et la eurieuse mamière- dont elle \u2018\u2018s\u2019atrange\u2019\u201d\u2019 pour dormir.pourvus de feuilles et de cactus gigamtes- ques, me firent l\u2019effet de créatures antédiluviennes, a oe La Revues Populaire Ces animaux,.qu'on trouve probablement dans toutes les îles du groupe, se rencontrent certainement dans le plus grand nombre d\u2019entre elles.Ils vivent, de préférence, dans les endroits humides et élevés, mais ils visitent aussi les lieux bas et secs.Quelques-uns atteignent des dimensions énormes.TORTUE SERPENTINE La plus méchante et la plas cruelle des tortues.Quand les grandes tortues se mettent em marche pour se rendre vers les sour- vem, elles marchent nuit et jour et se transportent beaucoup plus rapidement qu'on ne le supposerait vers le but qu\u2019el- tes veulent atteindre.D'après des observations faites sur les lieux, les gens du pays affirment que ces tortues peuvent parcourir environ 8 milles en deux ou trois jours.Une grande tortue que j'ai été à même d\u2019observer, cheminait avec uas vitesse de 60 yards en 10 minutes, weit 360 aunes à l'heure, ce qui ferait 4 milles anglais par jour.On a remarqué que, la nuit, elles parais- seat gourdes et aveugles; les bruits les plus retentissants, les détonations même d\u2019une arme à feu ne produisent sur elles aucune impression.98 PHP Les tortues sont, en général, d\u2019un naturel palsible; mais ce n\u2019est pas Jà une règle générale.Ainsi la chélydre, appelée aussi serpentine, qui vit dans les fleuves des Etats-Unis, est très méchante et, par suite, très redoutée.\u2018\u2018 À peine a-t-on posé dans le canot une chélydre capturée, que l\u2019animal furieux s\u2019arc-boute sur ses membres de derrière, prend un formidable élan, fait un bond de plus de deux pieds et mord furieusement la rame qu\u2019on lui présente.\u2019\u2019 Et, tandis que l'oeil de la plupart des tortues dénote une sorte de bienveillance stupide, le regard de la serpentine brille de méchanceté; bien des gens rencontrant cette bête pour la première fois s\u2019en méfient immédiatement et l\u2019évitent.La serpentine ne vit d\u2019ailleurs que de proies vivantes, de poissons notamment.Elle ne se fait pas faut non plus d'aller à terre pour s\u2019emparer des canards et poulets appartenant aux riverains.Il lui arri- TORTUE PLATYSTERNE C\u2019st un animal à forte tête.ve souvent aussi de causer de cruelles blessures aux baigneurs qui viennent dans ses parages.L\u2019hydroméduse du Maximilien n\u2019est pas moins curieuse Son cou long et mo- bide ressemble plutôt à celui d\u2019un serpent.Au repos, L\u2019animal cache sa tête, non en la reirant, mais en la repliant, à gauche, dans une gouttière de la carapace.Quand elle aperçoit un ennemi ou une proie, elle darde sa tête sur lui avec une vitesse étonnante et lui fait une cruelle morsure.Si singulidre que soit l\u2019espèce précédente, elle l'est encore moins que la mata- mata qui vit dans l\u2019Amérique du Sud.Sa carapace est surmontée de bosses coniques et mom cou long et relevé porte des franges pendantes.Le museau est pointu.La matamata exhale une très mauvaise odeur; mais cela n\u2019empêche pas les Caraïbes de manger sa chair avec délices.lle vit dans les Guyanes, restant cons- tamanent enfoncée dans la vase des ma- rails et ne laissant émerger de-l\u2019eau que sa tête et une partie de son cou.Les membranes frisées qui garnissent ce dernier ser- veat d'appâts pour les poissons qui les preææent pour ides petits vers, la mata- mae en profite pour les capturer et les manger sans autre forme de procès.Nen moins bizarre est le platysterne à greme tête qui est excentrique dans toute l\u2019asception du mot, avec sa tête énorme, cuirassée, beaucoup trop volumineuse pour rentrer sous la carapace.Celle-ci est déprimée, aplatie comme si on l\u2019avait écrasée d\u2019un coup de pied.Quant à la queue garnie de fortes écailles imbri- Les antmaux à Cuirasse quées, sa longueur atteint celle du reste.du corps, soit environ 8 pouces.Le pla- tysterne se trouve au Siam et au sud de l\u2019Afrique, mais ses moeurs sont inconnues.| Ce qui caractérise surtout les tortues marines, c\u2019est le grand développement de leurs membres qui, au lieu de former des moignons arrondis, sont représentés par de larges palettes, sans doigts distincts, en un mot pare véritables nageoires.En outre, la carapace n\u2019est pas uniformément bombée, comme chez les espèces terrestres, mais très aplatie et plus élargie en avant qu\u2019en arrière, de manière à figurer un coeur.Cette\u2019 carapace est, par rapport au reste du corps, fort réduite ni les membres, ni la tête ne peuvent se cacher à son intérieur.| il LORIE } } Une victime de la coquetterie des femmes.et des hommes.On la chasse pour son écaille si brillante et dont on fait de si jolis objets.Ces animaux, quoique aquatiques, ne peuvent respirer que l\u2019air en nature.Quand ils veulent absorber de l'oxygène, ils sont obligés de venir à la surface.La provision une fois faite, ils replongent : les orifices externes de leurs narines sont pourvus d\u2019une soupape qui se rabat sur elles et ne permet pas à l\u2019eau de pénétrer .La Revue Populaire dans les poumons.\u201cua Quant à la tête, elle a une e forme toute spéciale.Les mächoires sont extrêmement robustes, mues par des museles puissants et garnies d\u2019un rebord corné, crochu en avant, qui les a fait comparer à un bec d\u2019oiseau de proie.Leur nourriture consiste surtout en herbes marines, ainsi qu\u2019en crustacés et mollusques.Les tortues marines vivent souvent par bandes, nageant en pleine mer et ne se rapprochant des côtes que pour y déposer leurs oeufs.On les rencontre parfois à plusieurs centaines de milles des côtes.Elles mangent non loin de la surface avec une grande vitesse.Lr La chasse des tortues marines est tres payante.Beaucoup d\u2019indigénes de la zone torride les recherchent pour leur chair, leur graisse, leurs oeufs, leur crapace et leur écaille.Quelquefois, 1ls vont les chasser en pleine mer, en les capturant à l\u2019aide de filets à larges mailles, désignés soug le nom de \u2018\u2018folles\u2019\u2019, ou en les harponnant quand elles viennent respirer a la surface de la mer.Plus souvent, on profite du moment où les femelles viennent pondre .à terre; Tes endroits et les époques sont connus depuis fort-longtemps.Les chasseurs se.cachent et quand les tortues ont suffisamment.pénétré dans les terres, ils sortent et se hatent de.les retourner sur le dos, à.l\u2019aide \u2018de leviers.Dans cette position, 1\u2019animal a beau s\u2019agiter, il ne peut-se sauver.Le lendemain, on les transporte sur les navires où on les laisse sur le dos, pendant une vingtaine de jours, en les arrosant de temps à autre avec de l\u2019eau de mer.Après quoi, on les dépose dans des parce pour les retrouver au besoin.On transporte les tortues vivantes, sur le dos, sans leur donner aucune nourriture.À l'arrivée, on leur coupe la tête et on laisse le sang s\u2019écouler ; elles sont dès lors bonne pour faire ces fameuses soupes à la tortue, si apppréciées des gourmets.De la graisse on retire une huile qui sert aux usages alimentaires ou à la prê- paration des cuirs.Enfin, la prineipale matière que l\u2019on extrait des tortues de mer est 1\u2019écaille qui fait l'objet d\u2019un commerce très important.1 Q derriere = On dit que les Chinois sont de fins gourmets, et je crois que leur réputation n\u2019est pas >% surfaite, car aucun peuple ne s\u2019oceupe avec un soin plus méticuleux de toutes des questions se rapportant à l\u2019art eulinaire.Les indigènes des tribus thaïs, mans ou meos qui vivent dans les hautes régions du Tonkin ne le cèdent en rien au point de vue gastronomique à leurs cousins ger- malins du Céleste Empire, et si la qualité de leurs mets de prédilection laisse parfois à désirer, la quantité d\u2019aliments qu\u2019ils peuvent absorber, aux jours de fête en particulier, prouve évidemment que la gourmandise est un péché que les Ocei- dentaux ne sont pas seuls à commettre.Parcourez en effet les villes importantes de la frontière nord du Tonkin, telles que Ha-Giang, Lao-Kay, Bac-Quang ou Cao-Bang, et vous resterez étonnés devant la multitude de cases transformées en auberges ou même de simples échoppes en pleih vent, d\u2019où s\u2019exhalent les parfums culinaires chers à tout odorat asiatique, mais où notre sens olfactif plus dé- ficat retrouve, hélas! les fades senteurs de l'huile rance, de la punaise ou du chou pourri.Nids d\u2019hirondelle.Nous savons tous qu\u2019un Céleste qui se respecte croirait manquer à toutes les règles du savoir-vivre s\u2019il n\u2019offraït à ses invités de marque quelques-uns de ces mets étrangers que nous ont vantés tous LES REPAS EXTRAORDINAIRE 101 ceux qui reviennent d\u2019Extrême-Orient.Nous n\u2019ignorons point que sur le menu de tout festfin chinois doivent figurer des nids d\u2019hirondelle, des ailerons de requin, des vessies de cachalot ou des ragofits de racines de ambou.Eh bien, dussé-je étre traité de barbare par les Brillat-Savarin du monde asiatique, j'avoue à ma grande honte, que, consciencieusement, ces fameux nids d\u2019hirondelle, exportés à grand frais des grottes de Hon-Chiou ou des îles du golfe de Siam, ne peuvent être mieux comparés qu\u2019à une vulgaire pâtée de colle forte ou de gélatine, où nageraient des cartilages et des tendons.Gymnastique d\u2019assouplissement Les Thaïs, les Mans, les Nhungs et les Meos font deux repas par jour: le premier, vers dix heures, qu'ils appellent le riz du matin, le second vers cing heures de l\u2019après-midi, dit riz du soleil couchant, car le riz rouge de la montagne est, chez ces indigènes la base de la nourriture des riches aussi bien que des pauvres.Le mode de préparation de cet aliment est des plus simple: le cuisinier choisit une tige de bambou de la grosseur de son bras ; il remplit de riz l\u2019intérieur de ce tube dont les deux orifices sont bouchés avec une poignée de feuilles ; cette marmite primitive est placée sur un foyer de pierres, et quand fa cuisson est jugée suffisante, notre maître-coq brise le bambou et retire son riz, dont il croque avec dé- pie La Revue Populaire Tices les grains à peine rissolés.C\u2019est simple et peu coûteux.Pendant les repas de cérémonie, chaque convive a devant lui deux baguettes en bois, en corne ou en ivoire, suivant la fortune du maître de céans.Ces deux \u2018instruments remplacent nos fourchettes et nos cuillers, et il faut l\u2019adresse que seule donne l\u2019expérience pour arriver à saisir les grains de riz, les morceaux de viande ou les débris de poisson, et les porter jus- \u2018qu\u2019à sa bouche.C\u2019est une gymnastique excellente que je recommande à ceux qui commencent à sentir au bout de leurs doigts les taquineries de la goutte.Quelques règles de bienséance.À ce propos, je tiens à s*gnaler deux règles de politesse et de bienséance, qui peuvent être utiles à ceux que les hasards de l\u2019existence conduisent au pays Man.Lorsque la grande théière en porcelaine contenant le thé bouillant est apportée sur la table en son panier d\u2019osier ouaté, le plus jeune des fils de la maison se lève, salue gravement les principaux invités, tire le couvercle du récipient et plonge son bras dans le liquide fumant, afin de prouver que la boisson n\u2019est pas trop chaude; c\u2019est une attention délicate s\u2019il en fut, mais qui parfois n\u2019est pas appréciée de ceux qui ont l\u2019indiscrétion de s\u2019apercevoir que l\u2019éphèbe n\u2019a pas eu soin de se laver les mains.Une autre coutume de politesse raffinée consiste, chez les indigènes des Hautes- Régions, à choisir dans son assiette un morceau fin, à le goûter, puis à porter ensuite, à l\u2019aide des bâtonnets, la portion ainsi entamée dans la bouche de l\u2019invité.Un étranger est toujours surpris, la première fois qu\u2019il reçoit cet hommage, mais si ce tour de passe-passe se renouvelle fréquemment, et si le voisin est quelque vieillard édenté, ou quelque manlarin cacochyme, l\u2019on comprend aisément pourquoi beaucoup d\u2019Européens se déclarent rassasiés dès le début d\u2019un repas chez les Mans.Déjeuners et dîners commencent tou jours par des sucreries ; la charcuterie se sert ensuite ; les légumes, le poisson et la viande sont les plats de résistance ; les hors-d\u2019oeuvre et de nombreux potages terminent le service.La pâtisserie des Mans et des Meos est à base de sucre, d\u2019huile et de graisse de porc; un palais as'\u2018atique seul peut trouver exquis un pareil mélange.Recette de l'oeuf à la Meo Le hors-d\u2019oeuvre le plus recherché par les indigènes Meos est l\u2019oeuf fermenté.Je ne puis rés ster au désir de vous livrer la recette de ce mets bien spécial.et je copie textuellement ici un vieux manus- erit trouvé chez le quan-huyen de Ha- Giang.\u2018\u201c\u201cVous briilez en 1\u2019honneur des ancétres un carré de papier rouge.\u2018\u201c\u201cVous mélangez ensuite en parties égales, à la tombée de la nuit, de la cendre et de la chaux vive; vous jetez sur ce mélange trois pincées de sel et une de potasse ; si Bouddha le permet, vous obtenez une pâte, dans laquellà vous roulez un oeuf pondu le jour même par une poule blanche; au bout de cinq semaines, vous brisez le moule, vous retirez l\u2019oeuf, et vous dégustez un mets digne de l\u2019empereur d\u2019Annam.\u201d\u2019 Insectiphages ! Est également considéré par les monta- > 102 gnards de la frontière yunnannaise comme un hors-d\u2019oeuvre de choix, le ver palmiste sauté à la graisse de porc, et tous se font un régal dela crème blanche ex- taite de la larve de ce ver et lui trouvent le parfum et la saveur de la noisette fraîche.Les Meos mangent aussi avee un vif plaisir des hannetons, des sauterelles et même des vers de terre.Tous les goûts sont dans la nature.Le canard tapé au nuoc-mam.Le canard désossé, tapé et rôti est le grand régal des Thaïs; c\u2019est leur poule au pot nationale.Pas de restaurant, si infime soit-il, qui n\u2019en ait d\u2019aceroché à sa devanture ; pas de rôtisserie en plein air qui n\u2019en prépare plusieurs douzaines par Jour.Pour donner à ces animaux le vernis brillant, sans lequel un canard tapé ne serait plus qu\u2019un vulgaire canard, on nettoie le volatile à l\u2019intérieur avee grand so\u2019n, on perce sa peau de nombreux petits trous, puis on le met au four; dès qu\u2019il commence à prendre une teinte dorée, on le saupoudre d\u2019une mixture de froment et de farine de haricot.Quand la cuisson est terminée, le canard semble enduit d\u2019une laque brûlante, ce qui est le triomphe des cuisiniers thaïs.Le canard tapé serait un excellent mets, si les indigènes n\u2019avaient 1\u2019habitude de l\u2019assaisonner d\u2019une horrible sauce qu\u2019ils appellent le \u2018\u201c\u2018nuoe-mam\u201d\u2019; c\u2019est un liquide d\u2019aspect peu engageant 3 l\u2019odeur fétide, qui résulte de la fermentation de poissons salés.- 1 Vogt : .=\u201c .ve Ye ar CL Na Cea be at Ou qe Dakin : iy Coe atid oy Lo © Le ; , .Aya ete .pte at ety i tal, Lote Bh Cen ee CCR IN RON LISE Sag ARR I es hse A fed + (ARES 7 té, ih eth\u2019 Mk 8 Ny ; vel htt il 14 ti gutta dies dh fst pie state tan it i Tih iit at utah abhi atic ditagticat eds: Hh dd data Les repas extraordinaires =p Les Tonkinois des Hautes-Régions, comme leurs fréres ainés, les Annamites du Delta, d\u2019ailleurs, assaisonnent tout de nuoc-mam; ils en additionnent méme les fruits.Et je vous laisse à penser quelle peut être la saveur d\u2019une pastèque ou d\u2019une banane plongée dans de l\u2019eau de poisson pourri! Le chum-chum.Le thé est la boisson ordinaire des montagnards.Le \u2018\u201cchum-ehum\u2019\u2019 est leur vin de derrière les fagots.C\u2019est un alcool de riz de 25 à 30 degrés auquel un mode de distillation très primitif laisse um goût de paille très prononcé.Les raffins l\u2019aspirent au moyen de petits tubes de bambou, qui remplacent les pailles mises dans nos bars à la disposition des consomateurs du cocktail.Dans un dîner de cérémonie, l\u2019amphitryon tire avec gravité une gorgée de \u201c\u201cchum-chum\u2019\u2019 de son bambou, qu\u2019il passe ensuite entre les dents de l\u2019invité de marque.Celui-ci le cède au voisin.Le récipient circule de bouche en bouche, et l\u2019on conçoit combien l\u2019honneur d\u2019être servi le premier est justement apprécié en cette occurrence.En terminant cette petite étude gastre- nomique je dois ajouter que tous ces mets figurent surtout sur la table des riches.Quant aux indigents, il serait plus facile d\u2019énumérer ce qu\u2019ils ne mangent pas que d\u2019indiquer leurs aliments journaliers.Les pauvres ne craignent pas, en effet, de convertir en mets à leur usage les substances les plus hétéroclites et les plus dégoûtantes.Pe ROT TIN Or IN HT {fh H OTT fi ii Ye SAGE Lt i LE i Gime ati INI { dite bat SER iis Br pr +3 ki B uN Li a + QUELQUES LÉZARDS CURIEUX \u2014_ ~ \" N plus des camaléons et des orvets, E le groupe des lézards ou sauriens présente des types Carieux.Le dragon.volant et le ptychozoon ont fois détit la peati des flancs dilatée efi time large membrane qui réunit les pâttes.hice 4 cé parachute, ils peuvent s\u2019élan- tér d\u2019émi feu élévé et atterrir sur lé #01 #añs choc brusdties.Lé thlàémydosauré a le cou garni d\u2019uñe sorte de bouclier qu\u2019il étale pour se défendre.Le moloch bien dénommé \u2018\u2018 dia ble épineux \u201d, a un aspect encore plus étrange, avec son corps couvert de piquants assez analogues à ceux du rosier et simulant sur la tête des sortes de cornes.Dans la Nouvelle-Hollande où il vit, il s\u2019enfonce fréquemment dans le sable, à tine faible profondeur, et se chauffe du soleil.Malgré son aspect terrifiant, d\u2019ést th ânindal inoffensif qui se contenté de than ger des fourmis et ne se défend même Pas quand on cherche à le prendre.Ce gui protve, éntre paterithdses, qu'il hé faut pik 8 fier aux apparences.Leé phrynosomes, bien qu\u2019hérisséy 6ga- fémènt d'épines, soht moins horribles ; ils préseittent une particularité rematquablè.Ob à dit, il y a déjà plus de vingt ans, qué lés phrynosomes étaient doués de la éingulière propriété de faire jaillir du sang de leurs yeux.5 En certaines circonstances, dans un but évident de défense, le phrynosome - fait jaillir d\u2019un de ses yeux un jet liquide d\u2019un rouge éclatant, qui ressemble 3 s\u2019y méprendre à du sang.Mais le doute est venu à l\u2019esprit des hz- turalistes Ce phénoméne paraigsdit tellement extraordindire qu'on le mit en doute.Les yeux, au li¢u de sécréter des far- mes incolores, auraièñt bien dorné un l- quide rouge et pouvant être projeté au loin; considéré aihsi, 2e phéromène ne présentait plus rien d\u2019extraordinaire.Mais les observations récente# vont hous montret qu\u2019il faut en rabattre de cette Malgré son aspect de foudre de guerre, c'êst un timide qui; pour un riên, s'enfonce dans le sable, comme un poltron qu'il est.opinion.M.Hay, de Washington, ayant eu la curiosité de se procurer dti phryho- some, lé tfouvA un jour en trdik dé muer, e\u2019est-a-dire de changer de poe.Croyant activer l\u2019opétation, il plonigéad l\u2019animal dans l\u2019eau ét ne fut pas peñ étonné de voir l\u2019eau se couvrir de quat?é-vingt-dix taches, qu\u2019il examina au miéréscope: la présence de globules sanguisé indiquait que c\u2019étaït bien du sang.Il sortit l\u2019animal du bain, le laissa sécher, puis l\u2019excita vivement ; il vit de suite un jet de sang sortir de l\u2019oeil droit et venir ruisseler sur sa 104 LEA Feat La\u201d 3 - ; .t 4 : + NX a \u2018+ CU \u201cpe q teal Le SHEE a re ee be LE, ARE a AR da di eR À MAL a RU te dat tt EE EL TE LE ttt) st LE Quelques Lézards Curieux main.Deux observations analogues et aussi authentiques ont été recueillies en Ca- LE PHRYNOSOME Un étre qui a la propriété de projeter par les yeux du sang sur ses ennemis.Hfornie.Un fait curieux, c\u2019est que deux fois le jet de sang fut projeté dans l\u2019oeil de l'observateur, qui en fut légèrement enflammé.Est-ce un pur hasard, ou bien l\u2019animal avaît-il bien réellement visé ¢ S\u2019il en était ainsi, À aurait agi comme ces voleurs qui, se sentant poursuivis de près -par les policiers, leur jettent du poivre à la figure pour les aveugler momentanément.Quoi qu\u2019if en soit, il est un fait am- jourd'hui certain, c\u2019est que les phryno- somes peuvent faire jaillir de leurs yeux un jet de sang, de plus d\u2019une cuillerée à café parfois, et que très probablement ce phénomène est un moyen de défense.Citons encore, parmi les sauriens intéressants, l\u2019héloderme, dont la morsure est venïmeuse ; la chirote canaliculé, qui, allongé comme un serpent, présente deux toutes petites pattes antérieures ; et l\u2019amphisbène blanche, qui, elle, comme 1\u2019orvet, n\u2019a plus de pattes du tout.> Balls Au son des violons, tournez, mademoiselle, La danse et la beauté, pour vous, n\u2019auront qu\u2019un temps; \u2018Au cavalier choisi que votre charme appelle, Donnez à savourer la grâce, en son printemps.Enlacés, tous les deux, suivez la ritournelle, Grisez vous d\u2019harmonie et de propos galants; Murmurez à loisir, la chanson éternelle, La seule qui convienne aux lèvres de vingt ane.Oubliant un moment les sottises du monde, Abandonnez vos coeurs à l'ivresse profonde, De la valse entraînante et du rythme berceur.Ebauchez le roman d\u2019un idéal bonheur, Le roman qui n\u2019est beau qu\u2019en sa courte préface, Cur, un bal se termine, hélas, et l\u2019amour passe.105 let Ce ; LISE RETIRE CESR NN ER RE NT \u201cEIRE RAGE qe ES IE JEAN PLEMEUR.AT peg EE ù FE spe AP TR 1 te Ki Chaba thir of nan Gin RE EE TE EE ONE EE CES ES SE SE RRNA D'Ou Viennent Nos Eponges ES éponges, telles qu\u2019on les observe chez les particuliers.sont des masses plus ou moïns rondes composées d\u2019un tissu creux qui a la propriété de revenir à sa forme primitive après avoir été comprimé.comme s\u2019il était de caout- ehouc.Elles peuvent absorber une grande quantité d\u2019eau dans leurs mailles et la faisser écouler à la moindre pression : au- eune autre substance ne possède cette propriété à un aussi haut degré et c\u2019est ee qui rend les éponges si précieuses qu\u2019elles sont employées pour aissi dire dans Je monde entier; elles peuvent être utilisées à deux usages contraires, soit pour dessécher une surface humide.soit pour humecter une surface sèche.\u2018Très légères, elles sont composées d\u2019un tissu corné qui.malgré sa finesse.est d\u2019une souplesse et d\u2019une solidité remarquable.Entre les interstices de cette partie solide serpentent des canaux en quantité innombrable.depuis de très gros où Yon pourrait introduire le doigt, jusqu\u2019à de très fins que l\u2019on ne peut déceler qu\u2019à ta loupe.Tous ces canaux communiquent les uns avec les autres et finalement vien- ant s'ouvrir à la surface de l\u2019éponge par des orifices ordinairement arrondis.\u2018Dans l\u2019état naturel.les éponges se présentent avec le même aspect, mais toutes les mailles de leur tissu sont recouvertes d'une couche gélatineuse qui représente animal lui-même : la partie que l\u2019on uti- tise n\u2019en est que le squelette.Avant de pouvoir les utiliser, il faut \u2018\u2018préparer\u2019\u2019 les éponges.c\u2019est-à-dire enlever la partie gélatineuse qui ne tarderait pas à se corrompre et en autre enlèverait au squelette son pouvoir absorbant et sa flexibilité.Les éponges vivent dans la mer.à une profondeur plus ou moins grande, toujours fixées à un rocher par une faible partie de leur surface.Entièrement immobiles.elles se contentent d'\u2019absorber les matières \u2018alimentaires qui flottent dans l\u2019eau de mer.Quand elles ont atteint une taille suffisamment grande, les éponges échappent de petits gragments arrondis, qui nagent pendant quelque temps dans la mer, puis vont se fixer pour reproduire une »nou- veille éponge.On sait qu\u2019il y a de nombreuses formes d\u2019éponge.les unes fines.les autres grosses, certaines arrondies.etc.Elles correspondent à autant d\u2019espèces distinctes ou parfois à des variétés locales d\u2019une même espèce.Au point de vue commercial, on peut les diviser en trois groupes : les éponges destinées à la toilette.au ménage, à l\u2019industrie.Les premières, dites de toilette.viennent principalement des côtes de Syrie.Ce sont les plus belles, les plus fines et aussi les plus coûteuses.Elles comprennent trois variétés : la fine, la Venise et la fine-dure.La qualité fine vaut de 4 à 12 piastres la livre à Tripoli de Syrie ; la Venise.de $2.90 4 $3.00; 1a fine-dure, de $1 a $2.Les éponges de même qualité recueillies dans l'archipel grec se vendent à la pièce de 50 cents à $1.50.et celles de la Tripolitaine de 15 cents à 25 cents.Tes éponges se trouvent surtout dans 106 at Lee CR A ES la Méditerranée.On en pêche principaple- ment sur la côte de Syrie.de Jaffa à Alex- .andrette.dans 1\u2019archipel gree (Cyclades), P\u2019archipel ture (Sporades).la côte de Tri- politaine, du golfe de Bomba à Zarzis.et sur les cotes de Tunisie, du golfe de Ga- bès au golfe d Hammamet.On pêche aussi des éponges dans la mer des Antilles, notamment sur les côtes nord et sud de Cuba, aux îles Bahama et sur les eôtes de Ta Floride.Voici mainten@nt comment se fait la préparation industrielle de l\u2019éponge : Au sortir de l\u2019eau, l'éponge se présente sous la forme d\u2019une boule brune percée de trous verticaux et munie d\u2019une membrane qui l\u2019enveloppe presque complètement.Cette membrane ou pellicule est percée en face des trous.Enfin.toutes les eavités de l\u2019éponge sont garnies d\u2019une matière visqueuse et gluante qui s\u2019échappe dès que l\u2019éponge est sortie de l\u2019eau.La membrane de l\u2019éponge noircit et devient rapidement nauséabonde au contact de l\u2019air.aussi convient-il de l\u2019en débarrasser Par un lavage spécial sous peine de la voir se corrompre.Ce lavage doit suivre de près la pêche de l\u2019éponge et doit être continué jusqu\u2019à ce que les substances membraneuses soient complètement enlevées.C\u2019est ainsi que procèdent les pé- eheurs d\u2019éponges de la Méditerranée, mais ceux des Antilles ne lavent pas l\u2019éponge et s\u2019en remettent à l\u2019ardeur du soleil pour corrompre la membrane et en débarrasser le zoophyte.Lorsque l\u2019éponge est a\u2019nsi naturellement nettoyée.ils la jettent dansee qu\u2019ils appellent un \u2018\u2018coral\u201d\u2019.sorte de petit pare formé de piquets droits rapprochés de 1 à 2 pouces et plantés sur des fonds où il n\u2019y a que 2 ou 3 pieds d\u2019eau.Là, les éponges restent sou- Vent plusieurs semaïnes sous la garde des pélicans, perchés, immobiles, sur le som- EN EPONA POI FETE PO) a bebe He ate ht Ln D'où viennent nos éponges.107 BUG rare] FHA f itis fi à \" \u201cun t 4 = volé Ln Lodi pedis met des piquets.Puis, quand toutes les particules de l\u2019éponge sont putréfiées et dissoutes par l\u2019eau de mer, les éponges sont de nouveau exposées au soleil pour le séchage définitif.Enfin eiles sont emballées dans des s&cs et pressées à l\u2019aide d\u2019ap- pare'ls très puissants qui permettent d\u2019expédier sous un volume relativement restreint de grandes quantités d\u2019éponges.Souvent dans les endroits où les éponges sont vendues au poids et non à la pièce, les pêcheurs ont soin de remplir le squelette de sable pour augmenter son poids et obtenir un prix plus élevé.C\u2019est là une fraude comumne, bien connue des acheteurs, rappelant celle des nègres de Ta côte d\u2019Afrique, qui mettent des pierres et des morceaux de fer dans les boules de ca- outchoue.S\u2019il est facile de couper celles- ci pour déjouer la supercherie, il ne l\u2019est pas moins de plonger l\u2019_éponge dans une faible solution d\u2019acide chlorhydrique qui la débarrasse de \u2018toutes les substances étrangères adhérentes à son tisu.Le trois grands marchés sont: Paris, qui s\u2019occupe surtout des éponges ordinaires ; Londres, où l\u2019on va chercher les éponges fines; et Trieste, où abonde l\u2019éponge commune.> Les modes de péche varient beaucoup suivant les localités ; ils peuvent se ramener a quatre principaux.Le plus simple est celui des plongeurs.Ce sont à coup sûr les plongeurs les plus audacieux et les\u2019 plus habiles.Ils opèrent surtout sur les côtes de Syrie et voici comment ils s\u2019y prennent.Arrivés sur l\u2019emplacement choisi, ils attachent une corde à un bloc de marbre blanc carre ou rectangulaire, puis ils enroulent autour de leur poignet gauche une autre PETITE ETS IE HUE o i Reson eae eel État tete IRAN ly asin A INPUT La Revue Populaire corde qu\u2019ils attachent à la première un peu au-dessus de la pierre en fui laissant une longueur de quelques mètres.Ils se jettent à l\u2019eau, en tenant dans mains, les bras tendus ®u-dessus de la tê- te, Ie bloc de marbre, et se laisser couler au fond de l\u2019eau.Il n\u2019est pas rare de les voir plonger à des profondeurs de 100 à 120 pieds, et y rester près de deux minutes.Ils rayonnent autour de la pierre dont Y\u2019éclat leur sert de point de repère, entassent les éponges dans un filet suspendu au cou et, lorsqu\u2019ils sont à bout de Crocs pour pêcher \u2018\u2018à la foène\u201d.souffie, donnent un coup sec sur la corde et se font rapidement hisser jusqu\u2019à l\u2019embarcation.Les plus habiles, quand la chance les favorise, arrivent à ramasser à chaque plongeon leur douzaine d\u2019éponges, Ms payent quelquefois leur succès d\u2019un léger évanouissement, mais cette pêche au plongeon est moins dangereuse qu\u2019on le croit généralement.En outre, cette pêche ne se pratique que dans les endroits où les requins sont inconnus, et les plus désagréables que puisse faire le pêcheur au fend de l\u2019eau sont celles du chien de mer &ttiré par l\u2019éclat du marbre blanc.Un mouvement du bras suffit le plus souvent pour T\u2019écarter, Ce mode de pêche a malheureusement été essayé dans des localités où la présen- leurs ce des requins le rend impossible.C\u2019est ainsi qu\u2019en Floride, un Grece perdit 12 mille dollars en essayant de l\u2019introduire.Le gouvernement américaïn se vit même obligé d\u2019interdire ce procédé, quoique ce Grec n\u2019employât que des plongeurs qu\u2019il -avait fait venir du Levant, La pêche à la \u2018\u2018gangava est la plus barbare de toutes: c\u2019est un chalut que l\u2019on traîne au fond de la mer et dans le filet duquel s\u2019accumule tout ce qui dépasse le sol sous-marin.Cette gangava dévaste tout sur son passage et recueille aussi bien les petites éponges que les grosses.Or les premières ont inutilisables et auraient pu devenir grandes si on les avait laissées en place.En quelques années, les localités habitées par les éponges deviennent stériles.Cette pêche se pratique par exemple en Floride.Key-West est un des principaux ports floridiens ou l\u2019on arme pourla pêche des éponges ; pêche faite à la drague, par des matelots montés sur de petits schooners d\u2019une construction légère, peints de toutes les couleurs de l\u2019arc-en-ciel, ayant un mât de m'saine court et un beaupré.Partout on voit de ces navires à l\u2019est et à l\u2019ouest du cap Floride.Les meilleures éponges sont pêchées sur la côte ouest de Ia Floride, en face de Cedar Keys.Quoique Jes schooners des pêcheurs soient pas plus gros qu\u2019une chaloupe de grand navire et que des ouragans balaient souvent Te golfe du Mexique, jamais ils ne se perdent.Quand un schooner revient après une campagne de trois semaines, durée habituelle des expéditions, on devine de loin l\u2019importance de son chargement à l\u2019odeur plus ou moins forte émise par les éponges.La flottille de Key-West comprend trois cents emibarcations.Quelques-unes sont la propriété des marchands d\u2019éponges, mais la majeure partie appartient 108 re we BT ta = D'où viennent nos éponges.aux patrons pêcheurs.Les bâtiments les plus grands, pouvaut faire pêcher plus de monde, font généralement de meilleures affaires.Un schooner de cinq tonnes ayaut eomme équipage un patron et quatre matelots peut rapporter deux cents ballots d\u2019éponges d\u2019une campagne de trois semaines.La gangava ne peut s\u2019employer que sur les fonds unis.S\u2019i} ya des rochers, elle risque de s\u2019y accrocher et de briser son eâble, d\u2019où une perte très importante.Dans les loctlités où Tes éponges ne vivent pas à une grande profondeur, on peut s\u2019en emparer, tout en restant dans la barque, à l\u2019aide d\u2019un trident dont les branches se terminent par un petit harpon.Cet instrument est connu sous les poms de foéne, de kamaki, de garabato.La méthode cependant qui paraît devoir se généraliser est celle du scaphandre, c\u2019est en effet la plus productive et celle qui permet de choïsir seulement les plus belles éponges.- L'ETREINTE Une menotte vous serre La main dans l\u2019ombre en passant.Des cieux un aigle descend Et l\u2019on est tout dans sa serre.Ces petits doigts gracieux.Leur toucher furtif vous broie; L\u2019aigle, en déchirant sg proie, Remonte au gouffre des cieux.On tremble, en pâme, on suffoque Dans cet air qui va eoupant Le souffle, tandis qu\u2019on pend Inerte comme une loque.Sur les yeux clos passe un flux De nuit, de sang et de larmes.Le front est plein de vacarmes.Au coeur, rien! Il ne bat plus.Et c\u2019est d\u2019une douceur telle Dans l\u2019évanouissement, Qu\u2019on voudrait, de ce moment, Faire une mort immortelle.O sentiments surhumains, O trépas d\u2019apothéose, Qu\u2019on à pour si peu de chose, Pour l\u2019étreinte de deux mains! a A PR PE NP ET ICE Loi.PISE Wer ER PRCT A I I Ere nr ET RE On TART EN CRE An DEERE teh \u201c Jean RICHEPIN. que EEE =) L'HISTOIRE D'UN AMOUR était le \u2018\u2018roi de la publicité\u201d.Il avait des lunettes d\u2019écaille, une face d\u2019acajou ta/llée à coups de hache, des sourcils de coton blanc et trois dents en or massif.Il ne vivait que pour sa fille Lilian, aux yeux pailletés de vert et au visage de chérub\u2019n.Elle avait la démarche nette, un air libre et franc.Cette nwït-là, le militaire avait donné un grand bal.Tl était six heures du matin, et, comme une épée de lumière, le Jour avait glissé par la fente des rideaux.On entendait déjà les cloches assourdissantes des tramcars de New-York.Fatiguée, Lilian, avait fini par s\u2019isoler avec son \u2018\u201cflirt\u2019\u2019, le comte Pierre de Lus- sones, dans un grand salon admirable, tendu de tapisseries de Beauvais, où se dressait, en pied, un portrait de Mr Penbody par Chartran.Lilian le fit asseoir à côté d\u2019elle, sur un divan recouvert de peaux d\u2019ours blancs.Pierre de Lussones, le jeune aviateur, alluma une cigarette et ils causérent sur un ton léger, Elle le taquina.\u2014Vous êtes venu pour \u2018\u2018marier\u2019\u2019 une héritière ?Pierre sourit.\u2014\u2014Oh! vous savez, c\u2019est plutôt le syndi- M R.W.P.Penbody, de New-York, 110 cat de mes créanciers qui m\u2019a expédié.\u201cEt moi qui suis las de tout.j'ai accepté uniquement pour faire ce beau voyage.sans doute mon \u2019\u2019dernier voyage.\u201d \u2014On dit que vous épousez Annie Stan- gerson ?; \u2014Ce laideron?je ne pourrais pas, et d\u2019autres qui me plairaient en ont assez de redorer nos blasons.\u2014Mais que signifie votre phrase.\u2018\u2018Mon \u201cdernier voyage\u2019\u2019?\u2014Comme je vous trouve exquise, je vous répondrai nettement.\u2014 \u201cAll right!\u2019\u2019 j'aime cela.\u2014\u201cWell!\u201d\u201d J\u2019ai encore trois cent et quelques mille franes de dettes.Je suis infiniment dégoûté d\u2019une existence faite d\u2019expédients, assez méprisable, et je n\u2019ai plus guère le désir de vivre.On dit que je suis neurasthénique\u2026 J'ai des goûts de luxe, je dois l\u2019avouer, et je me sens lèche devant la misère.Enfin voilà, demain je vais essayer le record de la hauteur, et il se pourra\u2019t que je finisse d\u2019une manière poétique, que je m\u2019élève vers le ciel toujours plus haut, toujours.jusqu\u2019à ce que l\u2019air raréfié m\u2019engourdisse et m\u2019endorme a jamais.\u2014Suicide ?\u2014Peut-étre! Ce serait une belle fin, et TON vues dans ma famille on croira à un accident.Lilian devint rose, puis affecta un air enjoué.J'irai voir, j\u2019assisterai.Ce sera exciting | Lussones, vexé, répondit : \u2014Evidemment, si vous aimez les sensations fortes, vous serez servie.Puis À songea: \u2018\u2018Petit sauvage, va ! Ça n\u2019a pas de coeur, ces filles-là ! Mais qu\u2019elle est jolie!\u201d Lilian prit deux fleurs dans un vase.\u2014\u2014Ces orchidées sont fascinantes, n\u2019est- ce pas?De son doigt fin, a 1\u2019ongle brillant comme une agate, il désigna un bouquet 3 son corsage.\u2014Je préfère celles-ci.\u2014 Ah les \u2018\u201cforget-me-not\u201d\u2019, que vous appelez myosotis?Ici, quand on les donne à un jeune homme, cela veut dire qu\u2019on aimerait à être \u2018\u2018engagée\u2019\u2019 avec lui.Dans l\u2019encadrement de la porte, Mr.Penbody montra sa figure joviale.\u2014Hello! tous les deux seuls?\u2014H est tard, je vais partir.La jeune fille serra vigoureusement la main de Pierre.\u2014 Alors, & demain! Lilian arriva de bonne heure à l\u2019aérodrome.Elfe tenait un gros bouquet de catleyas.Pierre fumait nerveusement.Revétu d\u2019une \u2018\u2018combinaison\u2019\u2019, coiffé de son casque, il semblait un phoque guerrier.Pierre onbliait presque qu\u2019il allait voler à la reneontre de la mort, il ne pouvait s\u2019empêcher de vérifier m'nutieusement \u2018 son appareil.H songeait cependant : \u2018\u2018Pen im- L'histoire d'un amour.111 RE feniifartih { 4 AGE i Hi + porte qu\u2019un écrou soit desserré, puisque.\u2019 | On roula l'oiseau à la ligne de départ.Lilian marchait à ses côtés, silencieuse.Lui, pensait: \u2018\u201cMon dernier vol.\u201d Il grimpa lestement dans son biplan et tout de su'te, comme toujours se sentit délivré de l\u2019obscure angoisse qui précède l\u2019envolée.Une sensation de sécurité, une forte jole étaient en lui.T1 examinait ses commandes, la tête journée.Lilian, sur la pointe des pieds, lui parla : \u2014Tenez, Pierre (jamais elle ne l\u2019avait appelé par son petit nom et il en demeura sais\u2019), laisse-moi accrocher ce bouquet.Et elle le ficela solidement au fuselage.\u201cEh bien, il y aura des fleurs sur mon cercueil!\u201d\u201d pensa de Lussones.Mais Li- lan, gaiement, le regardait.Elle emprunta un crayon et écrivit sur la toïle blanche d\u2019une aile: \u2018\u2018Bon retour!\u201d L'\u2019av'a- teur, ému et navré, se disait : \u2018Il est im- poss'ble qu\u2019elle ait compris!\u201d Il se cala encore sur son siège.Le mécanicien arracha une poignée d\u2019herbe et se pendit à une pale de l\u2019hélice.Alors ce fut la mitrailleuse qui ronfle, un ouragan devenu l\u2019ennemi personnel de Pierre et qui l\u2019assaille, le gifle et le meurtrit.Calme, celui-ci écoute la cadence d\u2019une oreille attentive, puis, quand le chant des cylindres est aigu, la paume levée, donne le signal.Les hommes lâchent l\u2019oiseau qui se rue en avant, court et sautille.L\u2019aéroplane effleure le sol, Laussone tire doucement sur la cloche, la course trépidante et heurtée devient un glissement huilé: il a pris son essor! Il n\u2019a pas l\u2019impression que son 100 HP ronfle comme d\u2019habitude.11 donne des gaz jusqu\u2019au dernier cran du secteur.La chanson du moteur monte d\u2019un ton, et l\u2019appareil s\u2019élève encore.Il grimpe cette rampe aérienne, inlassablement.Cela va très vite au début ; les Re ENT RTE TE \u2018 î I ' CTI EUR FE RTE RS ve, dy LEE Si La 5 .\"a : + aa A EN ;i .2.Le 4 Cra is Pau nc ley 1e » A LX] +, \u201cor .xy .1 igh } + tt 1 fo.tata}, » + se Lyte ye Shi Ta ata a say ye ee RER st te sr El Sng ti ded Satya rat AES aR Er ai SLL Rb da ld 1s fal hl teil seh EL La Revue Populaire tribunes et les arbres semblent s\u2019écraser sous un coup de talon géant, leurs ombres au sol s\u2019allongent comme des fumées.Maintenant qu\u2019il n\u2019a plus de degrés de comparaison, il lui semble qu\u2019il n\u2019avance pas.Il a passé au travers des nuages, et sous lui, ce sont des montages irréelles, des quenouilles immenses, des paysages de rêve, toute une fantasmagorie, en blanc de neige, avec des teintes de sorbets roses.Le froid lui donne des coups de erocs ; il sent sa peau s\u2019empeser, ses mains sont comme endormies, et son vêtement le gêne au cou.It monte toujours.On a oublié de-frotter le verre du baromètre avec le crayon antibuée, il a peine à lire le chiffre de l\u2019altitude, et il voudrait savoir à quelle hauteur il se trouve.Plus il s\u2019élève, plus il est ébloui par une clarté polaire.IL a t\u2019impression d\u2019être suspendu dans le vide et son \u2018coeur bat à coups sourds.Seule sa volonté inconsciente lutte eontre sa carcasse.Lui laissera-t-elle faire le geste qui le précipitera dans le vide?La gerbe de Lilian, déchiquetée par le vent, s\u2019effeuille, et Lussones se dit : \u2014Ma vie aussi s\u2019en va, pétale par pétale ! ; Soudain, ses yeux regardent de toute leur intensité.Ils voient un point bleu, puis deux, puis trois.Sous les catleyas mauves qui s\u2019envolent au souffle de 1\u2019hélice, apparaît un bouquet de myosotis \u2014 fleurs de fiançailles, \u2018\u2018forget-me-not\u2019\u2019! Lussones est inondé de joie.\u2014Ah! 1a jolie idée! chère créature ! Comb\u2019en je l\u2019aïmerai ! Malgré le froid affreux, une goutte de sueur coule jusqu\u2019à ses lèvres racornies ; il saura plus tard que c\u2019est du sang.Il agit en automate et n\u2019en peut plus; mais il s\u2019acharne, car il veut à présent battre le Tecord indiscutablement, gagner le prix ; et dans un suprême effort, il s\u2019élève encore.Mais la défaillance commence à 1\u2019étreindre.Il faut descendre, et c\u2019est la partie la plus sournoise de sa tentative; il ne doit pas s\u2019abaïsser de plus de mille mètres en un quart d\u2019heure, pour éviter lle risque de la congestion qui eau- se la différence brusque des altitudes.C\u2019est un vrai supplice que cette envie affolée qui le tenaille d*\u2018en finir\u2019, d\u2019arriver coûte que coûte à terre.Et Lussones, rattaché à la vie par des liens qui lui semblent indestructibles, vole vers la terre, la joie et le bonheur, de toute sa prudence, de tout son sang-froid.L\u2019oiseau géant descend en vol plané, en cercles qui se rapetissent comme ceux d\u2019un rapace.Alors c\u2019est le sifflement du vent d'ans les tendeurs et le frou-frou des.ailes.le choc de l\u2019atterrissage, les secousses du sol et.l\u2019arrêt.Pierre se dresse, tremblant, en équilibre sur son fuselage.La foule hurle, il est recordman de la hauteur! Dix bras le happent et le portent en triomphe.Lilian est là, avec sa petite figure crispée par l\u2019émotion ; elle oublie tout, surtout qu\u2019elle est une jeune fille respectable, et d\u2019une ruée se jette à son cou.Elle sanglote en balbu- tant.\u2014Oh! \u2018\u201cdear!\u2019\u2019 que j'ai eu peur ! Je suis bien punie! Mais je veux vous l\u2019avouer à présent, même si vous n\u2019aviez pas.gagné la partie, je vous aurais épousé, ou je ne me serais jamais mariée\u2026 Pieusement Lussones recueille les quelques myosotis qui tiennent encore à l\u2019appareil.Enlacés, ils vont vers la limousine de Mr Penbody qui, discret, les attend.Et sur leur passage, la foule se découvre.112 to.Mi | ta { lay Qa, Une L était, une fois, une veuve qui \u2018avait deux filles: l\u2019aînée lui ressemblait si fort et d\u2019humeur et de visage, que qui la voyait voyait la mère.Elles étaient, toutes deux, si désagréables et si orgueilleuses.qu\u2019on ne pouvait vivre avee elles.La cadette, qui était Te vrai portrait de son père, pour la douceur et l\u2019honnêteté, était, avec cela, une des plus belles filles qu\u2019on eût pu voir.Comme on aime.naturellement, son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et, en même temps, avait une aversion effroyable pour la cadette.Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse.Il fallait, entre autres choses, que cette pauvre enfant allât, deux fois le jour, puiser de l\u2019eau à une grande demi-lieue du logis, et qu\u2019elle en apportât plein une grande cruche.Un: jour qu\u2019elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire.\u2014Oui-da, ma bonne mère, dit cette bel- 1e fille.Et, rincant sa cruche, elle puisa de l\u2019eau au plus bel endroit de la fontaine et la lui présenta, soutenant toujours la eruche, afin qu\u2019elle but plus aisément.La bonne femme, ayant bu, lui dit : \u2014Vous êtes si belle, si bonne et.si hon- néte, que je ne puis m\u2019empécher de vous faire un don (car c\u2019était une fée, qui avait pris la forme d\u2019une pauvre femme du village pour voir jusqu\u2019ou irait l\u2019honnêteté de cette jeune fille).Je vous donne pour don, poursuivit la fée, qu\u2019à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une fleur ou une pierre précieuse.IL ETAIT UNE FOIS.113 ane ; at tute, d'aietapatatetsd dig | patréetriqie es ét Hin 4 it druide Ode cran Lorsque cette fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine.| \u2014Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d\u2019avoir tardé si longtemps.Et, en disant ces mots, il lui sortit de la bouche, deux roses, deux perles et deux gros diamants.\u2014Que vois-je là ?dit sa mère tout étonnée; je crois qu\u2019il lui sort de la bouche des perles et des diamants?D\u2019où vient cela, ma fille ?Ce fut là la première fois qu\u2019elle l\u2019appela sa fille.La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une linfinité de diamants.\u2014Vraiment, dit la mère, il faut que j\u2019y envoie ma fille.Tenez, Fanchon, voyez ce - qui sort de la bouche.de votre soeur, quand elle parle; ne seriez-vous pas bien aise d\u2019avoir le même don?Vous n\u2019avez qu\u2019à aller puiser de l\u2019cau à la fontaine, et, quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement.\u2014 Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine! \u2014J veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l'heure.Elle y alla, mais toujours en grondant.Elle prit le plus beau flocon d\u2019argent qui fût dans le logis.Elle ne fut pas sitôt arrivée à la fontaine, qu\u2019elle vit sortir du bois une dame magnifiquement vêtue, qui vint lui demander à boire.C\u2019était la même fée qui avait apparu A sa soeur, mais qui avait pris l\u2019air et les habits d\u2019une 1 [PN RRIHAN REY huni La Revue Populatre princesse, pour voir jusqu\u2019où irait la mal- honnéteté de cette fille.\u2014Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous don- ver à boire?Justement, j'ai apporté un flacon d\u2019argent tout exprès pour donner à boire à madame ; j\u2019en suis d\u2019avis: buvez à même, si vous voulez.\u2014Vous n\u2019êtes guère honnête, reprit la fée sans se mettre en colère.Eh bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu\u2019à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche un serpent ou un crapaud.D'abord que sa mère l\u2019aperçut, elle Cria : \u2014Eh b'en! ma fille?\u2014Eh bien! ma mère?lui répondit la brutale, en jetant deux vipères et deux erapauds.\u2014O ciel! s\u2019écria la mère.que vois-le là! C\u2019est sa soeur qui en est la cause .elle me le payera.Et, aussitôt, elle courut pour la battre.La pauvre enfant s\u2019enfuit dans la forêt prochaine.Le fils du roi.qui revenait de la chasse, la rencontra, et, la voyant si belle, lui demanda ce qu\u2019elle faisait 1a toute seule, et ce qu\u2019elle avait à pleurer.\u2014Hélas! monsieur.c\u2019est ma mère qui m'\u2019a ichassée du logis.Le fils du roi.qui vit sortir de sa bouche cinq ou six perles et autant de diamants.la pria de lui dire d\u2019où cela venait.Elie lui raconta toute son aventure.Le fils du roi en devint amoureux.et, considérant qu\u2019un tel don valait mieux que tout ce qu\u2019on pouvait donner en marrage à une autre, l\u2019emmena au palais du roi son père.où il l\u2019épousa.Pour sa soeur, elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa de chez elle; et la malheureuse, après avoir bien ceuru sans trouver personne qui voulit la recevoir, alia mourir au coin d\u2019un bois.Moralité: L\u2019honnéteté cofite des soins, Et veut un peu de complaisance ; Mais, tôt ou tard, elle a sa récompense, Et souvent dans le temps qu\u2019on y pense [le moins.Les d'amants et les pistoles Peuvent beaucoup sur les esprits; Cependant, les douces paroles Ont encor plus de force et sont d\u2019un plus [grand prix. qu di ut, Le Ni i K n: at ff\" Re OUS qui tenons tant au \u2018\u2018confortable\u2019\u2019 de notre home, nous nous imaginons difficilement que les peu- bles puissent vivre dans des huttes in- sompletement fermées, \u2018des tentes que le noindre vent fait choir, ou même toute eur vie à la belle étoile, c\u2019est-à-dire en lein air.C\u2019est pourtant là le cas le plus b'énéral, surtout chez les peuplades non ci- rilisées.Certains Négritos de Malacca ne se onstruisent aucune habitation; quand la wit arrive, ils dorment sous un arbre ou lèvent rapidement un abri de feuillage.ze n\u2019est d\u2019ailleurs pas là une règle géné- ale, car d\u2019autres individus des mêmes Peuplades savent fort bien construire des LES MAISONS CHEZ DIFFERENTS PEUPLES huttes en bambou au milieu des bois.Certains même ont un plancher élevé de deux pieds au-dessus du sol pour éviter le contact de la terre nue.ze Jens 4e 2e ee ue oe - Parmi les individus les plus dépourvus d\u2019intelligence, il faut compter les Ved- dahs, qui se trouvent encore en petit nombre dans l\u2019île de Ceylan.Ils n\u2019ont aucune sorte d\u2019habitation et passent leur vie à errer en plein air, cherchant contre la tempête un abri sous des rochers ou dans le creux des arbres.Ils se nourrissent de miel, ide lézards, de singes, de daims et de sangliers.Leurs armes sont l\u2019are et la flèche, et ils sont aidés à la chasse par des chiens qui sont leurs Hutte indienne en bois 115 - b Re 1 i Bt.Rt., La Revue Populaire seuls animaux domestiquues.Leur physionomie est absolument privée de toute expression d\u2019intelligence, et l\u2019excessive négligence de leur personne leur donne l\u2019air Habitation sur pilotis des Papous de la Nouvelle Guinée de la plus complète barbarie.Les Ved- dahs n\u2019ont pas de mots pour rendre les idées de couleur et de nombre, et ils ne savent pas compter sur leurs doigts.Un des plus intelligents de ces hommes avait entièrement oublié le nom de son père et de sa mère qui étaient morts, et il avait la plus grande difficulté à se rappeler le nom de sa femme qu\u2019il n'avait pas vue depuis trois jours.Quand un Veddah meurt, on enveloppe son corps dans des peaux et les hommes 1\u2019emterrnt dans une fosse creusée avec leurs haches.On ne met rien sur la tombe et on ne visite jamais l\u2019endroit de la sépulture.Chez les Négritos de l\u2019Inde, l\u2019habitation est presque réduite à sa plus simple expression Nomades, ils se construisent des cabanes qui ne durent qu\u2019un jour ou deux et qu\u2019ils abandonnent pour aller en un autre lieu.Quelquefois cependant ils cherchent à rester stationmaires et à se livrer à l\u2019agriculture.Dans ce cas, le sauvage commence par abattre des arbres auxquels il met le fe dès qu\u2019ils sont à demi secs.Puis il sème ou plante au milieu du fouillis des troncs enchevêtrés, du grain, des patates.Quand les broussailles repoussent, 1l aban donne sa hutte, faite de légers clayonna ges et couverte de feuilles et va recom mencer ailleurs.Un chien, quelquespo les, des pores, vivent comme \u2018ls peuven sur ces défrichements imparfaits.La chas se, la pêche, les racines et les fruits sa vages semblent d\u2019ailleurs constituer le principales ressources ide ces populations \u201c> Les huttes des habitants de la Terre de Feu sont aussi très sommaires.Ce sont de simples abris faits en troncs d\u2019arbres ef en branchages.Les indigènes s\u2019y entas sent pêle-mêle autour du feu qui en ec cupe le centre.Il n\u2019est pas rare de voix une cinquantaine d'individus tenir dans une cabane de 15 pieds de largeur.Maison de bois en Finlande > Les Négritos-Papous construisent su pilotis des cases non groupées en villagef 116 mais disséminées au milieu des bois et des montagnes.Les murs et le plancher sont faits en écorces fixées par des lattes qui s\u2019entrecroisent ; le tout est en feuilles de sagoutier.L'intérieur de ces demeures est sim- TE Ui \"I Cabanes d\u2019Esquimaux \"00 bre, la lumière n\u2019y pénétrant que par les fentes et par deux ouvertures qui servent de portes.Pour y atteindre, les Karous [c\u2019est le nom qu\u2019on donne encore à ces peuplaides) placent devant la porte un trone d'arbre avee de grandes entailies qui servent, d\u2019échelons.Chaque case n\u2019est bâtie que pour huit habitants en moyenne, mais d\u2019ordinaire on y trouve de 60 à 100 personnes \u2018de passage.La disposition intérieure des maisons est toujours Ia même ; elles sont divisées en trois compartiments par des cloisons.Le milieu sert de corridor et les côtés logent les habitants Le grand feu qu\u2019on y entretient constamment permet d\u2019apercevoir, pendus aux cloisons, des arcs, des flèches, des piques et des amulettes.Comme il n\u2019existe pas de cheminée, tout est noirci par la fumée.De lits, pas \u2018de trace; les Karous couchent par terre.Si le temps est froid, ils se couvrent d\u2019écorces.Chiens et pores habitent avec les gens et se vautrent avec \u201d 11 I TN ET NIT RG: TERT TONY bi Les maisons chez différents peuples les enfants dans les ordures qui n\u2019y fg: .à cut à .4 Clie tigi! a Dati D OU CL pi fate) ihe! Bat Ed etal BRERA Th LL (A Lo pas défaut.Les Papous qui habitent au bord de mer construisent dans l\u2019eau même B habitations sur pilotis réunies à la gre E par une jetée supportée par des pieuk Cette jetée est rompue à la moindre all te, ce qui protège les habitants de lef! ennemis.Lorsqu\u2019ils se voient dans la cessité de s\u2019isoler dans ces forteresses, È ont soin d\u2019envoyer au préalable, qual: ils le peuvent, les femmes, les enfants Une tente chez les Peaux-Rouges KE: les objets précieux au fond des bois.L demeures de l\u2019intérieur des terres soË aussi des huttes élevées sur des pilot ayant environ la hauteur d\u2019un homme.| Quelquefois, les habitations sont si plement établies sur un arbre surploif Maison faite en mottes de terre (habitation Aléoutienne) nt un lac ou une rivière.Elles sont si.En Finlande il y a \u2018deux genres d\u2019ha- nples et si touffues qu\u2019elles font penser bitations: des maisons de bois, assez bien Ævolontairement aux nids des o'seaux.construites et d\u2019un confortable relatif et j des tentes sommaires appeiées \u2018\u2018kotas\u2019\u2019.J > Ces kotas appartiennent non seulement Huttes de terre dans la val 1ée de Sacramento (Brésil) 118 .Metteur ä ran 8 SEs TTR fi) LER eT BLE Cod aux familles pauvres, maïs encore à des fermiers assez riches, qui savent s\u2019en contenter.Ce sont de simples perches enfoncées dans le sol inclinées de manière à se courber au sommet, où se trouve une ouverture pour le passage de la fumée.On remplit l\u2019intervalle des pieux avec des branchages, de la mousse ou \u2018des lattes.Le foyer se compose uniquement de quelques grosses pierres posées sur le sol.Les Ostiacks perfectionnent la kota en' l\u2019enveloppant d\u2019une couverture.# ¥ > Les maisons chez différents peuples \u2018que par la porte et la coupole; en soi ages D .Ariat .AER test hat tt italie Lal ta datstat eet in a tt ee ds esl YL hE AE pati à un linteau en bois.La lumière n\u2019enif qu\u2019il fait sombre dans la \u2018\u2018iourte\u2019\u2019, log que l\u2019une et l\u2019autre sont fermées.Le plaË cher est remplacé par du feutre.Les met bles consistent en caisses, sacs, pots, chat dières, ete.Ce ne sont que les riches qf se permettent le luxe d\u2019un lit de bol d\u2019une table, ete.La couche est représel tée par des feutres, des fourrures, gros coussins et des couvertures doublé: d\u2019ouate.k De loin, ces tentes ressemblent à dE meules \u2018de foin.Quand les troupeaux qE accompagnent les Kirghises et -les Ke 2 mouks ont brouté toute l\u2019herbe de la rf\" rigide rier ie shill ie Un village sur pilotis chez les Dayaks verft:que des tentes en feutre, fait en laine de mouton et de chameau.La carcasse de la tente ressemble à une cage et consiste en une claie de perches que l\u2019on peut ouvrir et plier à volonté.Du côté extérieur, la carcasse se couvre de grandes pièces de feutre.En haut, c\u2019est- à-dire la coupole de la cage, il reste une ouverture ronde qui, par le mauvais temps, se couvre aussi de feutre suspendu 119 gion où ils se sont fixés momentanément ïls déménagent sur des chameaux, et voi: s\u2019établir dans une autre contrée plus fe.tile.> Maintenant que nous avons fait coi naissance avec les types d\u2019habitations Li : plus primitives, il est intéressant d\u2019étudie \u2018\u201cl\u2019évolution\u2019\u2019 de ces constructions et cH Pri i MR A A RIRE NO ITR in Pen AAT RnR TT, ty AHA ERATOR TOL HUE G: Se .LS on POP Es La Revue Populaire | envisager d\u2019une manière un peu plus diérale.| | .es abris naturels, cavernes, roches sur- @mbantes, trous dans le sol feuillages Miffus, trones d\u2019arbres creux, ete, ont # être utilisés par l\u2019homme primitif com- demeure.Mais lequel de ces abris a @ vi de modèle aux premières habitations Mrificilles?Ce n\u2019est pas la caverne, car tuellement encore elle est utilisée telic Melle par des populations civilisées, en Biine, en Tunisie, en Afghanistan.D'ail- Mrs, sauf peut-être les cabanes d\u2019Esqui- tux à moitié souterraines et recouvertes Sun dôme de glace, on ne trouve guère de Ænstructions proprement dites, plus in- Æltes.Ce sont les matières végétales qui Wt été utilisées les premieres pour les ha- Stations fixes, et les matières d\u2019origine imale pour les habitations transporta- Wes.| La \u2018\u2018hutte\u2019\u2019, qui est le prototype de Miabitation fixe, dérive probablement du Bparavent\u2019\u2019 formé d\u2019une série de bran- Bics fichées dans la terre comme on en it encore chez les Australiens Parfois #- paravent est construit en branches ou @\\ larges feuilles de palmiers appuyées.à suffi de disposer en cercle ou sur deux ngs parallèles les branches feuillues de #s paravents, de réunir leurs sommets, de \u201cMpucher les interstices avec de l\u2019herbe, de A mousse, de l\u2019écorce, pour transformer @ fragile abri en une hutte plus résistante, 4 wrantissant mieux contre les intempéries.@ Cherchant à se garantir encore mieux 3 e la pluie, du vent et du soleil, les pre- Miers constructeurs ont dû creuser la 3 rre au-dessous de la hutte, comme le i ynt encore aujourd\u2019hui les Aïnos, les @ choutches, les Kamtchaldales.Ce travail pu donner l\u2019idée, comme le dit Tylor, de @rolonger les parois verticales au-dessus We la terre.Les jones, les petites tiges, les mottes de terre glaise ou de gazon employés d\u2019abord pour boucher les trous ont fini par former des murs, et l\u2019ancienne hutte soulevée se transforma en demeure un peu plus confortable ayant toit et murs.C\u2019est probablement ainsi que prirent naissance les cabanes des Cafres Zou- lous en forme de ruche et les cabanes cylindriques, recouvertes d\u2019un toit conique, Une maison aérienne chez les Négritos-Papous des Ovampos et des Gaulois du temps de César.La paille entrant comme matière principale dans la construction du toit et parfois méme du corps de ces habitations, on peut les qualifier de \u2018\u2018paillottes\u2019\u2019 ou \u2018\u201cchaumières\u2019\u2019.Depuis le moment où le chasseur primitif s\u2019endormit la nuit sous la peau d\u2019une bête étalée sur deux ou trois perches et 129 PTR a Ce RC SPI CSE REE TEL ETRE a Rh #4 LJ * rR Ne rth a Er ly ai des Se tly natale à Red odd Les maisons chez différents peuples ransporta le lendemain cette peau a une >jlutre place, \u2018\u201cla tente\u2019\u201d a été inventée.Ues peaux sont restées les meilleurs maté- raux pour sa construction jusqu\u2019à l\u2019invention du feutre et \u2018des étoffes tressées pu tissées, suffisamment larges.L\u2019écorce l\u2019arbres n\u2019est employée qu\u2019exceptionnellement à cet usage, en\u2018Sibérie par exem ple, et pour les tentes d\u2019été seulement.Dès que la vie sociale se complique un peu, on voit apparaître à côté de l\u2019habitation proprement dite d'autres construe- tions : greniers et magasins ordinairement édifiés sur des piliers ou sur des supports en argile, en bois, etc., pour les protéger contre des attaques des bêtes.On y accède, comme aux maisons sur pilotis, par des échelles rudimentaires: une série d\u2019encoches dans un tronc d\u2019arbre.D\u2019autres constructions, paillottes légères sur les arbres, servent ide refuge en cas d\u2019attaque et d\u2019observatoire pour surveiller les mouvements de l\u2019ennemi.C\u2019est aussi l\u2019idée de défense qui suggère le groupement des maisons en village > Aujourd\u2019hui, on est loin de tous ces genres de construction, tentes ou constructions sur pilotis ne sont plus guère en usage que (dans certains cas spéciaux et ce sont maintenant des maisons qui ont parfois quarante étages que l\u2019homme élève pour son usage.Todt iin elidel nt NEN dt RE Le Barbier de l'Empereur Le record du rasoir.- 60 barbes en 27 minutes N Allemagne, l\u2019Empereur attache de l\u2019importance aux moindres choses de la vie, se montre tres fier de posséder le premier barbier du monde.Becker, le Figaro en question, est sans rival, affirme-t-on à Berlin, pour la rapidité et la légèreté de la main.Mais il a un grand défaut aux yeux de Guillaume II.Tandis que la savonnette ou le rasoir courent sur les joues et le menton de son auguste client avec une rapidité que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019électrique, sa langue ne va pas moins vite: il dit tout ce qui lui passe par la tête.L\u2019empereur lui dit souvent : \u2014Mon ami, je voudrais vous voir un peu plus de gravité allemande.Un jour, Becker rapporta à l\u2019empereur un pari fait en Angleterre au commencement du siècle dernier.Un fameux barbier de Ham- mersmith, près de Londres, s\u2019était engagé à raser soixante person- nes en une heure, et en 43 minutes sa besogne était terminée.\u2014Eh bien, Sire, quoique ce soit un remarquable tour de force, je suis persuadé que je ferais mieux encore et accomplirais la même besogne en une demi-heure.\u2014Vous êtes .vantard comme un Français, Becker; je vous parie le contraire.\u2014Oh! je n\u2019oserais tenir un pari contre mon souverain ; mais contre toute autre personne, je risquerais ce que l\u2019on voudrait comme enjeu.\u2014Je vous parie mille thalers contre votre silence ; cela vous va- t-il?\u2014Mon silence ?\u2014Oui.C\u2019est-à-dire que si vous perdez, il vous sera défendu de.prononcer une parole pendant que vous me raserez.Becker se mit à rire: \u2014J\u2019accepte, Sire.Le lendemain, soixante grenadiers, choisis parmi les plus barbus du régiment de Poméranie, étaient assis alignés dans une salle du Palais impérial, et Becker, suivi de deux garçons, l\u2019un portant une cuvette pleine de mousse de savon, l\u2019autre soixante rasoirs soigneusement affilés, attendait que oy SUR PRN) Eds ed eis ta ie da attire ptite ste et FE e i FOR EE IEEE MR RTE pu AL SE RU rl Lalit Tel te bt bat sto Ltt Le Barbier de I\u2019Empereur l\u2019empereur donnât le signal du commencement de 1\u2019opération.L\u2019impératrice et une partie de la cour assistaient à ce singulier spectacle.Enfin Guillaume, qui tenait les yeux fixés sur son chronomètre, prononca la phrase sacramentelle : \u2014Quand vous voudrez ! Les flocons de mousse blanche voltigèrent au menton des soldats; les barbes brunes, rousses, blondes, se voilèrent d\u2019une épaisse couche savonneuse, et bientôt, tels les épis tombant sous les dents de la .moissonneuse, on vit disparaître progressivement tout ce système pileux sous le rasoir alerte du barbier.Cependant, malgré la rapidité vertigi- neuse de son travail, Becker ne demeurait pas coi.C\u2019était la première fois qu\u2019il avait l\u2019honneur de se trouver dans la société de l\u2019impératrice et il en profitait pour se faire connaître d\u2019elle.A son qua- rante-sizième menton, il lui avait dit son enfance d\u2019orphelin, son apprentissage, sa rencontre de Mme Becker, et la souveraine n\u2019ignorait plus aucune des particularités des quatre petites Becker.\u2014Vingt-sept minutès dix-huit secondes, vous avez gagné, «déclara l\u2019empereur, lorsque le dernier menton y eut passé.Et, souriant, il ajouta : \u2014Vous voyez, madame, que je ne vous ai pas trompée en vous disant que Becker est le plus grand raseur du monde.PIE TE CRTC OT TITI Te ; AEDT Se CO GE ET RY: Le Pays des Coups de Baton Evidemmment, pour qu\u2019une administration marche bien, il faut qu\u2019elle soit menée par une main de fer qui n\u2019a méme pas besoin d\u2019étre gantée de velours.Dans l\u2019Empire du Matin calme, cette vérité semble fondamentale et si les fonctionnaires n\u2019obéissent pas au doigt et à l\u2019oeil, s\u2019ils sont négligents dans l\u2019accomplissement de leur devoir, c\u2019est qu\u2019ils ont l\u2019échine assez souple et les reins assez résistants pour pouvoir braver n\u2019importe quelle bastonnade.On en jugera par la lecture de ces quelques articles extraits du Code pénal coréen.Tout d\u2019abord, les fonctionnaires ont tout intérêt à bien comprendre ce qu\u2019on leur enjoint de faire, car: \u2018\u2018 Art.202.\u2014Sera puni de 100 coups de bâton tout fonctionnaire qui contreviendra à un ordre écrit qu\u2019il aura reçu de l\u2019empereur.\u2019 Les serviteurs de l\u2019Etat ne devront pas être de simples macines, capables de commettre quelques gaffes grossières comme celles signalées dans l\u2019article suivant : \u2018\u2018 Art.216 \u2014Sera puni de 80 coups de bâton tout fonctionnaire qui osera prononcer de vive voix ou écrire dans un mémoire le nom de Sa Majesté ou celui d\u2019un des ancêtres impériaux.\u2014 Sera puni de 100 coups tout individu qui, dans la construction de son nom, adoptera le nom de Sa Majesté ou celui d\u2019un des ancêtres impériaux.\u201d La dernière partie de cet article nous laisse supposer que le plus ignare des Coréens est au moins ferré à glace sur la généatogie des souverains de son pays, à 124 moins que chacun n'ait chez soi un petit tableau des \u2018\u2018noms à ne pas prendre\u2019, comme nous avons celui des pièces \u2018\u2018à ne pas recevoir\u2019\u2019! Point n\u2019est besoin sans doute de recommander à messieurs les policemen de Seoul d\u2019avoir toujours un oeil ouvert et de marcher droit.En effet : Art.224 \u2014Sera puni de 50 coups de bâton tout gardien qui aura laissé des animaux pénétrer dans le cortège de Sa Majesté.\u201d\u2019 Si les intrus à deux ou quatre pattes osent franchir la porte du Palais, la peine est portée à 100 coups, pour faire un nombre rond.Sa Majesté est d\u2019ailleurs très susceptible, car, d\u2019après un autre article, est puni de la strangulation, ni plus ni moins, tout individu qui a détérioré ou détruit le \u2018\u2018Portrait du Palais\u2019\u2019, c\u2019est-à-dire l\u2019effigie lu bon empereur que n\u2019importe quel Coréen doit avoir dans sa case.Ah! messieurs les médecins du bureau de bienfaisance, vous qui vous vous rendez parfois coupables de quelques négligences dans votre service, comme vous auriez la vie dure et les reins malales dans cet empire qui ne vous semblerait pas du tout mériter son nom (Matin calme) ! Ecoute plutôt : \u2018\u201c Art.234 \u2014Sera puni de 50 coups de bâton le médecin officiel, payé par l\u2019Etat, qui, appelé auprès d\u2019un malade, aura négligé d\u2019aller le voir.La peine sera de 100 ocups si l\u2019incurie du médecin a occasionné la mort du malade.\u2019 Voilà des châtiments qui valent mieux peut-être que des semonces vrebales ou cade puné de pis man ad prot dans ment une 4101 nto gilli cont hie 1 Bes: à d'a oo lic; les de (; og ly i gh a tite LUE dits ET TOO A AIRE | Le pays des Coups de Bâton rps.Mais que dire des 15 ans de tra- WŸ forcés \u2018\u2018pour avoir oublié de fermer rte du palais\u2019\u2019?.Depuis l\u2019assassi- dle 1a dernière reine, les princes co- of aiment évidemment à être bien chez Ÿ code coréen semble avoir prévu coup de choses, même la simple pa- des gens en place.Ecoutez.rt.259.\u2014Tout fonctionnaire chargé $52 Majesté de donner à quelqu\u2019un padeaux, s\u2019il les confie à une autre pnne pour leg remettre au destinatai- u Yieu de s\u2019acquitter lui-même de la nission, sera puni de 100 coups.\u2019 mandarin qui opprime ses adminis- a droit à 3 ans de travaux forcés, ce gprouve qu\u2019il y a une ombre de jus- dans le lointain empire, et tous les ments ne se teminent pas d\u2019ailleurs une \u2018\u2018volonté de bois vert\u2019\u2019; mais avons voulu seulement montrer que Pnctionnaire coréen doit, par profes- |, avoir bon dos et que s\u2019il ne veut pas contraint de se frotter un endroit ible une fois par semaine, il lui est spensable de bien connaître une cen- J d\u2019articles qui le touchent de plus j'emière remarque.En Occident, les arques disent.\u2018\u2018Nous voulons\u2019, mais v de Corée dit: \u2018\u2018Je veux\u2019, puisque, près l\u2019article 35, l\u2019empereur se sert, 125 en parlant de lui-même, du mot: \u2018\u2018Moi.\u2019\u201d\u2019 Pauvre prince! Durant quelques mois, entre les fusiliers japonais et les Cosaques du Don, voilà un mot qu\u2019il va sans doute un peu oublier!.Parions qu'il se rappellera surtout avee quelque amertume l\u2019article de son gode, si sévère pour les \u2018\u201cmécréants\u2019\u2019 qui entrent dans son pa- laïs ou qui en sortent sans avoir soin d\u2019en fermer la porte! D\u2019aïleurs, il n\u2019est que juste d\u2019ajouter que la justice coréenne est tout aussi impitoyable envers geux qui ne pratiquent pas comme il convient le culte des Esprits.Briilez-vous de l\u2019encens la nuit dans une maison privée, en invoquant l\u2019étoile polaire% Vous êtes sûr de recevoir vos 30 coups bien comptés, car \u2018\u2018 vous manifestez ainsi votre irrévérence à l\u2019égard des Esprits\u2019\u2019.Et malheur à vous si, dans une bonzerie ou dans un temple qui leur est consacré, vous brilez des parfums ou faites des invocations pour obtenir la réussite de vos affaires et le bonheur de votre famille!.Dans le sanctuaire des Bsprits, il ne faut penser qu\u2019aux Esprits.Sinon, l\u2019on s\u2019expose à endosser 100 coups qui sont toute la félicité qu\u2019on obtient.La lecture de ces diverses dispositions pénales donnera-t-elle à nos lecteurs l\u2019envie d\u2019aller s\u2019établir là-bas?Nous doutons un peu que leur amour de la bastonnade aille jusque-là.| REE NT IT rn CRG + ee tl ERs SEE er CRE St ES data ls sides. FAITS ET ANECDOTES UN DUEL IL Y A CINQUANTE ANS A tort ou à raison, on a l\u2019habitude de dire que les Français sont très sensibles au point d\u2019honneur; quand ils se croient lésés dans leur dignité, ils provoquent aussitôt l\u2019insulteur en combat singulier, et quelque soit le vaincu, fut-il même l\u2019insulté, on considère que l\u2019honneur est vengé.Nous, Canadiens-Francais, descendant des anciens colons qui ont fondé Ie pays, nous avons conservé, à travers les siècles.un peu du caractère et des habitudes de nos pères.Comme eux, nous sommes d\u2019une sensibilité excessive quand il s\u2019agit d\u2019une injure: cette injure, est-elle grave, que nous sommes tentés de faire comme les Français d\u2019outre-mer, et de provoquer en duel celui que l\u2019on appelle volontiers un vil calomniateur.À vrai dire, la froide raison en pareille circonstance, nous dit et nous convainc la plupart du temps, que le duel est illicite, absurde, ridicule, même immoral, et qu\u2019un homme d'esprit doit revendiquer son honneur autrement que par l\u2019épée, la bayonnette ou le pistolet.C\u2019est probablement grâce à ce salutaire empire de la raison sur notre iraseible nation, que l\u2019on voit devant nos cours de ustice, \u2014 au grand contentement de messieurs les avo- cats\u2014un si grand nombre d\u201d\u2018actions en dommages\u2019, au montant de cent quatre- ji \u2019 vingt-dix-neuf piastres et quatre-ving .dix-neuf centins.Mais il fut un temps] on ne raisonnaït pas de cette manière! \\ L\u2019on se rappelle, en effet, cet émouw duei qui eut lieu dans notre pays il ÿ une cinquantaine d\u2019années.C\u2019était pe temps où M.Michel Vidal, à peine s ka des murs du collège, redigeait le \u2018\u201cJ@«: nal de Québec\u201d.g, À la même \u2018époque, Son Honneur le ge Fournier, de la Cour Suprême, Honneur le juge Plamondon, de la Ç Supérieure, et M.Pierre Huot, a membre du Parlement pour la divi St-Roch de Québec, pratiquaient con avocats dans la vieille cité de Champla i Or, un jour parut dans le \u2018\u2018JournaË Québec\u2019\u2019 un article non signé et fort | lent, au cours duquel, MM.Fournier, À u: mondon et Huot étaient loin d\u2019être Sy tés en douceurs.be Li Rien de plus pressé, pour eux, on le Qt coit, que de chercher l\u2019auteur de cet 8 rs cle qu\u2019ils considéraient comme \u2018nsult Ai et diffamatoire.pe M.Vidal en prit courageusemen fe responsabilité, se faisant fort de pro, tout ce qu\u2019il avait écrit.re Les conséquences furent qu\u2019un tri matin, il recut un cartel des trois avo oo qu\u2019il avait insultés, qui exigeaient hi ly compte très sévères des remarques oh cées contre eux dans le journal ig.* miné.126 ae = SE : { | { a j - = æ aison fondee en 1860 P\u2019erruquier Satisfaction Assuree Perruques et Toupets pour Dames et Messieurs.SPECIALITE Cheveux teints de toutes les | couleurs, coiffures pour Bals et Soirées.E.n SANS : AVEC i \u201c.ffoujours en mains un assortiment { ~ 3 Aussi Peignes et Ornements de tous KE » gmplet de Perruques, Toupets, genres pour cheveux, ainsi que les io ;, Fesses et Boucles en cheveux natu- articles de toilettes des meilleures i ws.; ° marques pour l\u2019Embellissement du fu (Importateur direct de Paris, Lon- fr SES Teint et Conservation de la Cheve- is: @>s et New-York.; lure.E- 8, Rue Notre-Dame Ouest, Montreal, Can.| E CR oe Tae _ in - Wa py de] a i = EN RE = = E ° BL = Le Lait | | H \u2019 re PF 34 | Homogeneisé i i + y br: on \u2018 a U x © pot t 1 a } Seule double voie ferrée entre Montréal, b .Toronto, Hamilton, Niagara Falls, Detroit p.«M La question du lait pur, complet, et Chicago.fi \u2026 @térilisé et à l\u2019ordre du jour de la A TORONTO E.ci Le on Médicale ot Ju.publie En 71 Heures par § © \u2018alt \u201csaurentia , stérilisé, 0- \u2018l\u2019International Limité\u2019 , p .gmogénéisé est le lait par excellence, Le train le plus beau et le plus rapide du fi \u201c\"Epur et complet, divisé mécanique- Canada quitte MONTREAL\" à 9.00 a.m., É «Pment et à haute pression, ce qui le ( tous les jours.- rend facile à digérer, sans sacrifier Quatre Trains Express par Jour % a) : - Pd * ° Fay ; .Ripes propriétés nutritive.Il oo a MONTREAL, TORONTO et L'OUEST i.épreuve «des microbes et des frau- 9 a.m., 9.45 a.m., 7.30 p.m.10.30 p.m.5 deurs; il se conserve indéfiniment Wagons-buffets, salon et bibliothèque sur les % \u2018comme du vin en bouteilles\u2014c\u2019est trains du jour; wagons-lits Pullman éclai- kb.qs 2.ps .rés à l\u2019électricitéé avec lampes pour lire Rt mg! 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Vidal, et M.Campbell Wilson, pour Fournier.L\u2019on mit ensuite les antagonistes en fa l\u2019un de l\u2019autre, et ils n\u2019attendaient le signal pour faire feu.Les spectate suivaient avec angoisse cette scène éme vante.et au moment où le capitaine K be achevait de prononcer lentement 1 gnal convenu.\u2018\u2018Un, deux, trois!\u2019\u2019 coups de feu partirent simultanément Les témoins étaient préts 4 s\u2019élancer! secours des combattants, mais pas un § ne tomba:: nul n\u2019étant blessé.M.Fournier et ses amis se déclard sat sfaits de l\u2019épreuve ; l\u2019on se donnz bonne poignée de mains: l\u2019honneur vengé ; et l\u2019on repartit pour Québec.Mais, pendant que les choses s\u2019ad geaient si bien là-bas, c\u2019était une tou tre histoire à Québec.Toutes espèces freuses rumeurs cireulaient.L\u2019on avait appris, avec une sorte froi, que les adversaires avaient ré tromper la vigilance des autorités et le duel avait eu l'eu.Lie cruit courait me que M.Fournier avait été tué pat Vidal.Le plus beau de l\u2019affaire, c\u2019est qu amis de M.Fournier se préparaient à re une très vilaine réception au prêté vainqueur.Le peuple s\u2019était assemblg les places publiques; des protestat énergiques s\u2019étaient fait entendre, e voulait ni plus ni moins \u2018\u2018lynchee M dal, lorsqu\u2019il arriverait à Québec.Le où M.Vidal devait être à bord du ba venant de Montréal, une foule consie 128 CRE hg REE 10 \u2014 uleur, grand format 14 x 10.20 pages illustrées, 40 a 50 modéles de nouveaux patrons chaque mois.Renseignements sur la Mode.Cours pratique de Coupe, Musique, Coiffure, Chapeaux, Recettes de Cuisine.AVIS IMPORTANT Les abonnées seulement ont droit pour ichamue achat de patrons à un COUPON PRIME id\u2019une valeur ide 5 icentis à échanger contre des articles ide fantaisie.(Catalogue de Prime adressé gratis.) A LIRE ATTENTIVEMENT .Sur réception ide 5 cents id est adressé un No.Spécimen de la Re- VUE DE LA MODE à toute personne nous en faisant la demande.ADRESSEZ VOS COMMANDES LA REVUE POPULAIRE, DEPARTEMENT DES PATRONS, 200, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL.COUPON-MODE \u2018REVUE POPULAIRE\u2019 Ci-inclus veuillez trouver la somme de 50 cts pour un an d\u2019abonnement à La Revue de la Mode.Nom Adresse 2 aus - - Sela .1 .yy Lt Ce Ce Le LEE a ite aie CEE sa eas Fe Ve SA at CR OÙ Stage AN lb Ey at lati big i ares ord ide genni Sit itd did rei slides elated ttle ir da Sd rt rente Le La Revue Populaire \u2018\u201cprête à le ble s\u2019était réuni sur le quai recevoir\u2019.Heureusement pour notre pauvre jour naliste l\u2019on séjourna quarante-huit heures à Montréal avant de faire route pour Québec ; et dans l\u2019intervalle, M.Fournier envoya messages sur messages afin d\u2019avertir ses amis qu\u2019il était sain et sauf et que son adversaire s\u2019était conduit envers lui comme un gentilhomme.M.Fournier, comme on le sait, s\u2019est fait un nom dans l\u2019exercice de sa profession, est devenu un politicien distingué, membre du gouvernement McKenzie et en dernier lieu, juge de la Cour Suprême.Quant à M.Vidal, il émigra À la Louisiane, où il ne tarda pas à acquérir de l\u2019influence dans les rangs du parti républicain.Il siégea pendant deux sessions au Congrés, fut chargé par le gouvernement américain de plusieurs missions importante, et résida à Tripoli.M.Vidal demeurait à Ottawa depuis quelques années, quand M.Beaugrand, en 1889 ou 1890, le prit à son service, comme rédacteur de \u2018\u2018La Patrie\u2019\u2019, position qu\u2019il occupa quelque temps.Thomas Côté.\u2014_\u2014 QO \u2014\u2014\u2014\u2014 ILS N'AVAIENT JAMAIS VU UN CHEVAL Le cheval nous est un animal si familier qu\u2019il est étrange d\u2019entendre parler des gens qui n\u2019en ont jamais vu et n\u2019ont aucune notion de sa forme et de son aspect.Un explorateur qui voyage en Alaska raconte qu\u2019étant à cheval, il entra dans une région encore inexplorée.Le premier Indien qu\u2019il rencontra témoigna d\u2019une surprise extraordinaire en apercevant sa monture.Il courut aussitôt vers son village, dont il ramena tous les habitants à sa suite pour admirer cet étrange animal jusqu\u2019alors inconnu.Le fait qui les frappait le plus était de voir l\u2019animal manger de l\u2019herbe.Ils au raient voulu lui donner de la viande.Les indigènes de certaines îles de 1\u2019O céanie furent aussi extrêmement surpris à l\u2019apparition des premiers chevaux, ils les appelaient les \u2018\u2018cochons porteurs d\u2019hommes\u2019\u2019.\u2014_ 0 \u2014 TABLETTE HISTORIQUE En octobre dernier, on a posé dans l\u2019église du \u2018village huron de Lorette, une tablette commémorative en l'honneur de Louis d\u2019Ailleboust de Coulonge et d\u2019Argentenay, troisième gouverneur de la Nouvelle - France, qui, en 1657, sauva d\u2019un complet anéantissement les familles huronnes échappées à la cruauté iroquoise et réfugiées à l\u2019Ile d\u2019Orléans, en leur permettant die se fixer en permanence à Québec même, à proximité du château Saint-Louis.M.Alyre Prévost, professeur à l\u2019Ecole des Arts, a fait le modèle de cette tablette historique, qui a été exécutée en marbre blane du Vermont par MM.Laforce et Frère, marbriers, de Saint Roch de Québec.Louis d\u2019Ailleboust, \u2018\u201cl\u2019ami et le proteec- teru des Hurons\u2019\u2019, naquit à Ancy-le- Franc, province de Champagne, en 1612, et mourut au fort de Ville-Marie, à Montréal, le 31 mai 1660, quelques jours seulement après l\u2019holocauste du Long-Saut.130 2 & "]
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