Le droit, 26 février 2022, Cahier 2
[" leDroit ÉDITION MAGAZINE SEMAINE DU 26 FÉVRIER AU 4 MARS 2022 + SALON DU LIVRE LES POÈTES DU PROJET TERRE À L\u2019HONNEUR + VOYAGE UN DÉFI POLAIRE AU LAC MANICOUAGAN MUSIQUE LIVRES CINÉMA LE P\u2019TIT MAG BIÈRES C O U R T O I S I E C N A UN AIR DE RENOUVEAU À L\u2019OCNA Flip Fabrique JAMIE ADKINS ET LE SIXIÈME ÉLÉMENT Nouveau maestro SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M2 YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com Daniel Bartolomew-Poyser est devenu, au début du mois, le tout premier chef attitré de l\u2019Orchestre du Centre national des Arts (OCNA).Non, M.Bartolomew-Poyser ne remplace pas le maestro Alexander Shelley, actuel directeur artistique de l\u2019orchestre du CNA : il vient le seconder.Il est nommé en tant que chef des concerts jeunesse de l\u2019OC- NA, pour un mandat de trois ans, au cours duquel il agira aussi en tant que «partenaire créatif» de l\u2019orchestre.Détail apparemment anodin, la seconde partie de ce double mandat revêt pourtant une grande importance à ses yeux, car, au- delà du gage de confiance dont lui témoigne ainsi le CNA, ce statut de «partenaire créatif » l\u2019autorise à continuer d\u2019entrevoir le monde comme un gigantesque terrain de jeu.Ce qu\u2019il tient à faire au CNA, en jouant dans toutes les craques qu\u2019il trouvera.C\u2019est un peu dans les interstices que M.Bartho- lomew-Poyser tire une grande partie de son plaisir.Dans ce qu\u2019il appelle les «points d\u2019intersection» des différentes disciplines artistiques, un espace à remplir de toute sa créativité.DANIEL BARTOLOMEW-POYSER, PREMIER MAESTRO NOIR DE L\u2019OCNA TALENT PRIMAIRE, COULEUR SECONDAIRE Le nouveau chef des concerts jeunesse de l\u2019OCNA, Daniel Bartolomew-Poyser.\u2014 CENTRE NATIONAL DES ARTS leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M3 ARTS Cette notion de partenaire créatif, c\u2019est ça qui est excitant.«Avec ce mandat, on ne me dit pas seulement \u2018viens et dirige l\u2019orchestre\u2019, mais aussi \u2018va dans la communauté\u2019; je vais pouvoir travailler avec des professeurs, des historiens, ou des journalistes [spécialisés], des gens de milieux différents.Ce sont d\u2019autres intersections que je vais pouvoir explorer, et ça, c\u2019est fascinant.» Le jeune maestro \u2013 qui préfère taire son âge \u2022 \u2013 est né à Montréal d\u2019une mère originaire de Trinidad et Tobago et d\u2019un père jamaïcain de souche.De là son amour pour le reggae, genre musical qu\u2019il entend faire découvrir au fil de plusieurs initiatives, dont une série de capsules vidéo que le public pourra découvrir en mars.Il a toutefois grandi à Calgary \u2013 là où il a décroché son baccalauréat en musique (qu\u2019il complètera par une maîtrise en Philosophy in Performance obtenue à Manchester, en Angleterre).Et il est, à défaut d\u2019être parfaitement bilingue, très à l\u2019aise en français.Ou suffisamment, du moins, pour répondre dans la langue de Molière aux questions des journalistes.à quelques incartades près, lorsque sa pensée, rapide et féconde, devance sa maîtrise de la conjugaison.FILON PHILHARMONIQUE.FILON IDENTITAIRE Si on n\u2019a, jusque là, pas trop parlé de sa couleur de peau, c\u2019est voulu.Lui-même souhaiterait que ce détail demeure secondaire.«La qualité de l\u2019art et les projets qu\u2019on va faire, c\u2019est la première chose qui importe.Ça et l\u2019expérience [que peut en retirer] l\u2019audience.» Certes, au regard de la représentation de «la diversité» canadienne, il s\u2019agit d\u2019une nomination importante, de la part de la vénérable institution qu\u2019est le CNA.«C\u2019est avec une grande fierté et, surtout, une grande responsabilité que je prends le poste de premier chef noir de l\u2019OCNA », convient le maestro, très conscient que \u2014 même si le milieu classique s\u2019est quelque peu déridé en s\u2019ouvrant à la diversité \u2014 il fait encore partie des exceptions qui confirment la règle.«Un musicien de couleur qui dirige un orchestre, c\u2019est rare, on n\u2019est pas beaucoup.Ç\u2019a commencé à changer dans les 10 dernières années.Très lentement», dira-t-il sans forfanterie, mais sans montrer de signe qu\u2019il tient à exploiter le \u2018filon\u2019 identitaire.PRÉCURSEURS «Je suis le premier [au CNA] alors pourquoi ne pas le mentionner.mais je suis loin d\u2019être le premier au Canada.Avant moi, il y a eu Kwamé Ryan», glisse-t-il.Né à Toronto (en 1970), M.Ryan \u2013 qui comme lui partage des racines tri- nidadiennes \u2013 poursuit une brillante carrière en Europe.Le chef Rafael Payare, d\u2019origine vénézuélienne, qui a pris l\u2019an dernier, la direction musicale de l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal, s\u2019inscrit dans cette lente ouverture à la diversité.Idem pour Glass Marcano, une jeune cheffe originaire du Venezuela, qui est devenue le 8 février dernier la première femme noire à diriger un grand orchestre en France (l\u2019Opéra de Tours).Mais, quel que soit le teint de p eau, « le travai l reste le même», dit sagement Daniel Bartolomew-Poyser.«Si j\u2019étais le premier pilote de l\u2019air noir ou le premier chirurgien du cerveau, on dirait \u2018OK, c\u2019est super!\u2019, mais on voudrait surtout savoir si je suis capable de piloter convenablement ou d\u2019ouvrir une boîte crânienne sans faire de dégâts.» Bref, « Si la qualité du travail n\u2019est pas là, alors là, c\u2019est un problème», dit-il , façon de nous ramener au mérite plutôt qu\u2019à la couleur de l\u2019épiderme.RESPONSABILITÉS Si sa nomination à Ottawa (officialisée mercredi 23 février) est, évidemment, une «grande source de fierté», le maestro rappelle qu\u2019un tel mandat vient avec «de grandes responsabilités».qu\u2019il n\u2019entend pas prendre à la légère.Des responsabilités vis-à-vis de sa communauté \u2013 «J\u2019espère que ça peut encourager d\u2019autres personnes de couleurs à se lancer dans la musique orchestrale [.] et que ma nomination va leur ouvrir des portes» \u2013 que face à «tous les musiciens et la musique» elle-même.«Mon mandat, mon but, c\u2019est toujours de créer des programmes innovants et intéressants [à l\u2019attention des jeunes].et tant mieux» si ces deux dimensions se rejoignent.Son bagage ethnoculturel n\u2019intervient qu\u2019ensuite.«Parfois, j\u2019aurai l\u2019opportunité d\u2019apporter [dans mon travail] une partie de mon histoire, d\u2019autres fois j\u2019aurai peut- être \u2013 j\u2019espère \u2013 la chance de pouvoir agir un peu comme \u2018guide\u2019 pour les autres» responsables.«La qualité de l\u2019art et les projets qu\u2019on va faire, c\u2019est la première chose qui importe.Ça et l\u2019expérience [que peut en retirer] l\u2019audience.» \u2014 Daniel Bartolomew-Poyser YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com Daniel Bartolomew-Poyser ne se perçoit pas particulièrement comme un maestro «disruptif» (perturbateur), malgré le titre du film documentaire Disruptor Conductor (2019) que Sharon Lewis a réalisé à son sujet.«Il y a plein de chefs qui s\u2019évertuent à changer les choses et la façon [dont] on perçoit la musique symphonique.Oui, j\u2019ai donné des concerts qu\u2019on peut considérer disruptifs.Et d\u2019autres, pas du tout : des concerts très classiques, dans leur forme et leur approche.» Mais bousculer le statu quo ne doit pas être une fin en soi, ajoute-t-il : «L\u2019important, c\u2019est de toujours chercher à amener une expérience \u2013 artistique, esthétique, émotionnelle \u2013 pertinente».Le nouveau chef des concerts jeunesse de l\u2019OCNA préfère viser l\u2019harmonie et l\u2019efficacité, tout en s\u2019assurant, à chaque représentation, «que l\u2019audience est engagée avec l\u2019orchestre, et qu\u2019elle comprenne bien ce qui se passe sur scène».DANS 20 ANS.Divertir, c\u2019est bien, mais ce n\u2019est pas assez : encore faut-il réussir à susciter l\u2019émotion.Et la réflexion.Pour que M.B a r t o l o m e w - P o y s e r p u i s s e dire \u2018mission réussie\u2019 à l\u2019issue d\u2019un concert, ses jeunes auditeurs doivent en ressortir avec la conviction d\u2019avoir vécu un m o m e nt s i g n i f i cat i f , b e rc é s entre les émotions ressenties et l\u2019impression d\u2019avoir appris des choses.« Faire réfléchir les jeunes», voilà ce qui lui importe.Et, si possible, à leur insu, ajoute-t-il, le plus sérieusement du monde.Mais cet objectif immédiat en cache un autre.«Je sais bien qu\u2019ils ne se rappelleront pas de chaque chose que j\u2019ai dite pendant le concert, mais dans 20 ans, en entendant par hasard un air de musique qui va leur rappeler cette journée-là, ils vont se rappeler des émotions qu\u2019ils ont eues pendant le concert, même s\u2019ils ont oublié tout le contenu pédagogique.» Et c \u2019est é videmment « l \u2019ensemble de l\u2019expérience» qui importe à ses yeux.Entre la réflexion et l\u2019émotion Daniel Bartolomew-Poyser \u2014CENTRE NATIONAL DES ARTS SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M4 ARTS YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com Point d\u2019orgue des activités littéraires de ce 43e Salon du livre de l\u2019Outaouais (SLO), le spectacle Projet Terre, cri du cœur poétique où rimes et versification importent sans doute moins que l\u2019expression d\u2019une vive inquiétude autour de l\u2019avenir de la planète, retentira dimanche 27 février (à 19 h 30) sur les diverses vitrines virtuelles du SLO, où il sera accessible pour visionnement durant un mois (jusqu\u2019au 6 mars à minuit).Y retentiront les voix d\u2019un collectif de poètes canadiens qu\u2019avaient réunis les éditions David en 2021, lorsqu\u2019elles firent paraître l\u2019an dernier ce recueil éponyme.Autour du metteur en scène Jean- Marc Dalpé, une poignée d\u2019entre eux \u2013 les Ottaviens Véronique Sylvain, Éric Charlebois et Michel A.Thérien (lequel avait codirigé le collectif avec Nelson Charest); l\u2019invitée d\u2019Honneur du SLO Chloé LaDuchesse ; les voix autochtones Amber O\u2019Reilly et Maya Cousineau Mollen \u2013 partageront leurs angoisses live depuis la Salle Jean-Despréz.Les poètes ayant troqué le papier pour l\u2019oralité, leurs mots sont cette fois baignés de musiques et de projections visuelles créées par Marcel Aymar (ex-CANO) et Daniel Boivin, deux créateurs dont les noms sont associés de près à la fine fleur de la production théâtrale franco-ontarienne.Les autres membres du collectif se feront entendre au fil de diverses capsules vidéos (réalisées par Lévy L Marquis), courtes entrevues réalisées dans l\u2019esprit d\u2019un making of documentaire, et qui s\u2019entremêleront aux prestations scéniques en direct.Jean Marc Dalpé, qui avait été convié à signer quelques pages du recueil, s\u2019est fait un plaisir et un devoir de pousser plus loin sa contribution, en supervisant l\u2019adaptation scénique de Projet Terre.Projet qui, pour s\u2019adapter à la donne imposée par le variant omicron, a dû se rabattre sur un format virtuel.L\u2019homme de théâtre \u2013 mais auteur de trois recueils de poésie dans les années 80, a d\u2019emblée pensé à se faire seconder par son «vieux copain» et «partenaire de création» Marcel Aymar, pour s\u2019occuper de l\u2019environnement visuel et musical.Car le spectacle, quoique virtuel, se veut un collage «d\u2019expériences d\u2019écrans» et non une simple mise en lecture ni une vulgaire captation, précise Jean-Marc Dalpé.IDÉALISME SANS ILLUSIONS «Quand on m\u2019a demandé [de contribuer au recueil], j\u2019ai tout de suite dit oui! Oui, parce que la Crise [environnementale]; oui, parce que la Situation de la planète» l\u2019exige.Un «oui» dénué «d\u2019illusions» : «On peut toujours penser que c\u2019est un coup d\u2019épée dans l\u2019eau; je ne pense pas que [les politiciens se laisseront] influencer par ce simple petit recueil, mais c\u2019est un geste citoyen, un geste d\u2019artistes.qui fait du bien et qui va dans le sens de la cause», partage M.Dalpé, trois fois lauréat d\u2019un Prix du Gouverneur général.Bien qu\u2019il avait initialement pensé signer «un appel à la lutte» fidèle à l\u2019esprit de «Les murs de nos villages», avoue-t-il en riant, sa contribution à lui \u2013 une succession de «trois courts poèmes intitulée «Trois portraits en temps de paix» \u2013 s\u2019inspire finalement des premiers temps du confinement, quand la grande ville s\u2019est soudainement emmurée dans un silence assourdissant.«On nous avait renvoyés à la maison, tous, et [Montréal] était tellement silencieuse! Et un matin j\u2019entends le \u2018ratatatatata\u2019 d\u2019un pic- bois en pleine ville.Il y a toutes sortes d\u2019animaux dans le Mile-End, et je ne parle pas des \u2018hipsters\u2019 , mais bien des animaux sauvages.Ça m\u2019avait émerveillé.Alors, au lieu de travailler sur un appel à la Cause [ou de patauger dans l\u2019écoanxiété], j\u2019ai eu envie de parler de notre relation à la nature, aux arbres, à la vie, aux animaux.» Et notre relation aux autres, puisque tout écosystème repose sur l\u2019équilibre entre les individus qui le composent.POLYPHONIE La dimension polyphonique du spectacle cherche évidemment à ne pas trahir l\u2019essence plurielle de ce qu\u2019est un collectif.Et Jean-Marc Dalpé caresse de grands projets pour transformer progressivement ce spectacle en quelque chose de plus grand, de plus formidable et de plus durable, et ce grâce à la synergie du grand public et la force d\u2019Internet.Non pas qu\u2019évoquer le futur le rassure.Au plan écologique, l\u2019avenir lui apparaît «assez sombre», lâche-t-il entre un soupir et un râle grognon prolongé.Malgré le «grand consensus» au sein de la communauté scientifique et de la population civile qui «essaient de pousser le politique», les choses «bougent à peine, pas assez vite», estime-t-il.«Oui, on pose de petits gestes au plan individuel», mais cela lui semble insignifiant au regard des «décisions collectives et macroéconomiques qui doivent être mises en marche».L\u2019urgence «de prendre la parole pour rappeler au quotidien le coût de l\u2019attentisme politique, le coût de notre inaction» demeure.Or, si le collectif d\u2019auteurs est pétri d\u2018écoan- xiété, il est aussi largement mû «par le désir d\u2019agir et de faire bouger les choses, l\u2019envie d\u2019être positif.On ne veut pas se suicider en masse; il faut continuer à aimer, à créer, et à devenir ce qu\u2019on a à devenir!» partage Jean-Marc Dalpé.L\u2019 INDIVIDU ET LE RÉSEAU Face à cet élan de solidarité, il ne peut s\u2019empêcher de glisser un aparté au sujet de la manifestation du Convoi de la liberté à Ottawa.M.Dalpé y perçoit «un discours libertarien individualiste» qui malgré les apparences s\u2019oppose à la solidarité \u2013 «Moi, je veux mon V.U.S.et je ne veux pas que l\u2019essence coûte trop cher, et c\u2019est mon droit, puis f**k l\u2019environnement!», image-t-il, grinçant.Cette tendance l\u2019«inquiète».Tout comme il «redoute la reprise économique à 100 mille à l\u2019heure», qui, dans l\u2019euphorie post-pandémique, risque fort d\u2019«effacer les petits gains qu\u2019on a pu observer» ces deux dernières années.«Il y a vraiment besoin de solidarité, sinon on s\u2019en va dans le mur.» Et chaque éclat de résistance compte.À commencer par le geste des poètes de Projet Terre, laisse-t-il entendre.«Ce recueil, c\u2019est l\u2019impulsion qui [mène à] l\u2019action solidaire.» Cet espace de ralliement «est peut- être moins efficace qu\u2019un rapport du GIEC \u2013 on peut difficilement pointer un poème qui a changé le monde \u2013 mais la fiction, la poésie et la musique, tout ça crée le réseau entre les êtres humains; c\u2019est ce qui qualifie la place de la culture dans la société», ce qui «agit sur des choses très concrètes», notamment en venant baliser la question de «comment on s\u2019organise» pour changer les choses.Billets : slo.qc.ca/le-salon-du-livre/ projet-terre ; LePointdevente.com (Aucune admission en personne.) LES POÈTES DE PROJET TERRE À L\u2019HONNEUR AU SALON DU LIVRE JEAN-MARC DALPÉ ET L\u2019URGENCE DE LA SOLIDARITÉ Jean-Marc Dalpé \u2014 RACHELLE BERGERON Le musicien Marcel Aymar \u2014 COURTOISIE SLO Le musicien et compositeur Daniel Boivin \u2014 COURTOISIE SLO Le vidéaste Lévy L.Marquis \u2014 COURTOISIE SLO leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M5 ARTS La poétesse Chloé LaDuchesse est l\u2019une des invités d\u2019honneur de la 43e édition du SLO.\u2014 BENNETT MALCOLMSON Michel A.Therien \u2014COURTOISIE SLO Véronique Sylvain \u2014 MIREILLE MESSIER Éric Charlebois \u2014 COURTOISIE SLO Amber O\u2019Reilly \u2014 SARAH LAMONTAGNE YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com Les sept poètes sur scène partageront les craintes et doléances de leurs collègues physiquement absents.«Pour faire écho à l\u2019idée du collectif, au fait que c\u2019est une parole de groupe, on va livrer les textes à plusieurs voix.Les poèmes sont d\u2019abord lus en solo, jusqu\u2019à ce que d\u2019autres voix apparaissent pour en soutenir les vers.« On veut faire des effets de choeur et de canons.Et parfois, ça devient plus théâtral», avance Jean-Marc Dalpé.«Il y a une volonté de parler ensemble, d\u2019agir ensemble et de livrer ensemble les textes de chacun», indique le metteur en scène de Projet Terre, qui voit dans cette approche polyphonique un élément «porteur d\u2019espoir» qui s\u2019oppose à «la thématique sombre», dans un acte de résistance.Ils seront neuf sur la scène Jean-Despréz, en comptant les deux musiciens, responsables de «faire ressortir les performances les plus puissantes ou pertinentes» en jouant live , par-dessus un habillage sonore préenregistré.) «Chaque texte a suscité des m u s i q u e s d i f f é re n t e s, c e r- taines plus rythmées, d\u2019autres plus vaporeuses.[.] Je suis en admiration avec ce qu\u2019ont créé Marcel et Daniel.» Tous deux ont aussi travaillé sur des sons ambiants naturels \u2013 le vent, la pluie, les vagues, etc.\u2013 qui viennentr soutenir les textes.«On commence avec ces sons; on part de la Vie» puis la musique et le verbe embarquent pour s\u2019épouser ou s\u2019entrechoquer, en fonction du poème, explique M.Dalpé.Malgré son thème susceptible de plomber l\u2019atmosphère, le spectacle se veut touchant, malgré tout.Voire souriant.« L\u2019 humour se p ointe » au détour de plusieurs des textes.« C\u2019est pas juste la tristesse et la colère, il y a une belle gamme d \u2019é m o t i o n s , d e s m o m e n t s d\u2019humanité», les concepteurs de Projet Terre ayant veillé à ce que la sélection de poèmes parvienne à explorer une «variété de couleurs émotionnelles».«C\u2019est parfois léger [ou] lumineux, parfois plus colérique.On a travaillé dans le même sens, pour la musique», avance le metteur en scène.Neuf «voix» sur scène.et davantage YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com On s\u2019étonne que peu de \u2018jeunes\u2019 poètes, parmi les membres du collectif, aient été invités à monter sur scène.Ne sont-ce pas eux qui, les premiers, incarnent la peur de l\u2019urgence climatique et l\u2019envie de changement?Certes, mais il a bien fallu réduire les effectifs sur scène, en raison des contingences sanitaires, s\u2019excuse Jean-Marc Dalpé, évidemment «navré» de cette réalité.«Mais ils ont tous l\u2019air jeune, quand moi je les regarde», esquive-t-il, sourire en coin.Leur absence peut aussi s\u2019expliquer par de «bêtes questions de budgets» qui se sont heurtées aux «idées de grandeur» de Jean-Marc Dalpé, convient-il en s\u2019esclaffant.Avec les assouplissements annoncés, M.Dalpé rêve déjà d\u2019une tournée, tout en envisageant la possibilité d\u2019une «saison deux», qui intégrerait les autres poètes membres du collectif.et pourquoi pas, plus tard ou en parallèle, d\u2019autres plumes, non professionnelles.« La crise ne sera pas résolue après le 27 février.On pourrait poursuivre sur notre lancée avec d\u2019autres capsules, d\u2019autres poètes, d\u2019autres narrations, et d\u2019autres gens (la société civile).Toutes les idées sont sur la table.» Il souhaite suggérer aux éditions David de chapeauter la création d\u2019un site Internet qui viendrait héberger poèmes et vidéos francophones, même humbles ou de facture artisanale, et qui fédérerait ainsi une prise de parole pro-environnementale.Il existe déjà quelques vitrines semblables, notamment en Angleterre et aux États-Unis, rappelle-t-il en citant pour l\u2019exemple les sites Moving Poems (movingpoems.com) et Motion Poems (motionpoems.org), qu\u2019il a récemment découvert.LA PROLIFÉRATION DES CONTES URBAINS «C\u2019est pas seulement sur la crise écologique, mais autour de la poésie en musique et en images (y compris en animation).Il y a des affaires formidables, sur ces sites-là.[.] Cette idée-là m\u2019inspire, en tant que modèle à développer.On pourrait cerner [le contenu] autour de la crise écologique, via la poésie.» Il estime en outre que les capsules à saveur documentaire qui ont été tournées, «c\u2019est un fabuleux outil pédagogique» pour les cours de français et de littérature.Il évoque aussi son envie de voir un réseau international de maisons d\u2019éditions se consacrant leurs énergies (ou une partie, du moins) à la cause environnementale.«Voilà mes idées de grandeur qui me reprennent, ha! ha! ha! C\u2019est un peu fou, bien sûr, comme projet,.mais en même temps, avec deux ou trois personnes de bonne volonté, c\u2019est tout à fait possible!» analyse-t-il en dressant un parallèle avec les Contes urbains.Lorsque, au début des années 90, le Montréalais Yvan Bienvenue a lancé l\u2019idée de proposer des contes urbains sous forme de petits spectacles collectifs, il ne se doutait pas que l\u2019idée allait rapidement essaimer jusqu\u2019à Paris, New York et ailleurs autour du globe.«Ça part d\u2019un concept simple, puis ça fait une vague, ça \u2018prend\u2019, ça \u2018pullule\u2019, ça prolifère.Et moi je vois plus grand qu\u2019Yvan.C\u2019est un concept facile que tout le monde peut adapter autour de réseau d\u2019amitié et de solidarité.» La planète est un grand terrain de jeux.DES IDÉES DE GRANDEUR SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M6 ARTS AMÉLIE HOULE amelie.houle@lenouvelliste.qc.ca Conférences, ateliers virtuels, nouvelles collaborations.L\u2019auteur François St-Martin et l\u2019illustrateur Marc Bruneau, que l\u2019on connaît notamment pour le succès de la série Dans la tête de François, n\u2019ont pas chômé au cours de la dernière année.Mais malgré toutes ces obligations professionnelles, cela n\u2019a toutefois pas empêché le duo de créer un tout nouvel univers pour les tout-petits avec le nouveau livre Animaux Rigolos publié aux éditions Dominique et compagnie.«Les carottes du jardin sont un festin pour le lapin.Dans l\u2019eau glaciale, le pingouin se régale.Et le lapingouin alors?Il adore les carottes surgelées!» «L\u2019alligator vit dans les marais du Sud.Le castor préfère les rivières du Nord.E t l \u2019a l l i c a s t o r a l o r s ?I l construit des barrages dans les marécages!» Le concept est en effet bien simple.Des petits textes très c o u r t s p o u r e x p l o i t e r a v e c humour les mots-valises.«Il y a un côté très amusant, car on fait des animaux drôles avec une blague, mais il y a aussi un côté pédagogique de travailler la créativité et d\u2019apprendre les syllabes.Et ce qui est nouveau, c\u2019est que c\u2019est une nouvelle clientèle qui s\u2019émerveille», précise l\u2019inst igateur du projet , François St-Martin.Le livre jeunesse qualifié de première lecture s\u2019adresse en effet à une toute nouvelle clientèle, soit les tout-petits âgés de 4 à 8 ans.Mais qu\u2019à cela ne tienne, les petits lecteurs en herbe retrouveront l\u2019univers propre du duo qui a l\u2019habitude d\u2019apporter une petite touche d\u2019humour à tout ce qu\u2019ils touchent.« I l n \u2019 y a p a s b e a u c o u p d e mots, mais chaque mot est très bien réfléchi.Il n\u2019y a pas de mot pour rien dans ce livre.Mais il y a toujours un niveau de difficulté de se mettre dans la peau d\u2019enfants de cet âge.Mais on est vraiment content d\u2019initier les enfants à la lecture, tout en jouant avec les mots», avoue François St-Martin.DES ATELIERS INSPIRANTS D\u2019ailleurs ce concept fort simple de contraction de deux animaux en y ajoutant une blague à la fin s\u2019est imposé de lui-même pour le duo qui avait l\u2019habitude de faire cette activité avec les jeunes du primaire lors d\u2019ateliers.«On fait beaucoup d\u2019ateliers dans les écoles et dans ces ateliers-là au primaire, on a toujours une petite activité qui consiste à s\u2019amuser à mélanger deux animaux et faire un petit jeu de mots avec ça et Marc dessine en direct l\u2019animal mélangé qu\u2019on a créé avec les jeunes.Ça faisait donc déjà partie de nos ateliers et ça réagissait vraiment très fort avec les jeunes, donc on s\u2019est dit pourquoi pas en faire un livre?» Il s\u2019agit d\u2019ailleurs du premier livre de François St-Martin et Marc Bru- neau qui sera publié dans une maison d\u2019édition qui n\u2019est pas la leur.«Quand on a vu que ça s\u2019adressait aux tout-petits, on avait le goût de mettre le projet dans les mains de quelqu\u2019un qui avait l\u2019expertise pour cette clientèle, donc on a envoyé une proposition et ils ont aimé ce qu\u2019on a fait, donc ils ont rapidement embarqué dans le projet», explique fièrement François.UNE SÉRIE À CRÉER Le nouveau livre du duo shawini- ganais ne devrait d\u2019ailleurs pas être le dernier, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un livre qui fait partie de la nouvelle collection Ani-mots des éditions Dominique et compagnie.«C\u2019est prévu qu\u2019on sorte d\u2019autres livres de la même collection, mais les thèmes vont changer au fil du temps.Il va toujours y avoir des animaux, mais on va s\u2019amuser à mélanger les animaux avec autre chose, comme des légumes ou des personnages par exemple.» Le deuxième tome de la série Ani-Mots paraîtra d\u2019ailleurs en mai prochain.François St-Martin et l\u2019illustrateur Marc Bruneau signent le tout nouveau livre jeunesse, Rigolos animaux.\u2014 PHOTO STÉPHANE LESSARD RIGOLOS ANIMAUX: UN LIVRE POUR APPRENDRE EN S\u2019AMUSANT «Il y a un côté très amusant, car on fait des animaux drôles avec une blague, mais il y a aussi un côté pédagogique de travailler la créativité et d\u2019apprendre les syllabes.Et ce qui est nouveau, c\u2019est que c\u2019est une nouvelle clientèle qui s\u2019émerveille.» leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M7 ARTS Cinq espoirs des Césars qui ont rempli leurs promesses 1 SOPHIE MARCEAU (1983), LA BOUM 2 Son personnage de Vic dans le film d\u2019ados La boum de Claude Pinoteau a lancé le parcours cinématographique de Sophie Marceau en 1980.La suite de ce grand succès populaire a valu à l\u2019actrice, alors âgée de 16 ans, un prix César pavant la voie à une carrière faste.GENEVIÈVE BOUCHARD 2 GASPARD ULLIEL (2005), UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES À sa troisième nomination, Gas- pard Ulliel remporte la statuette du meilleur espoir pour son rôle dans Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.Décédé en janvier 2022, le trentenaire laisse sa marque sur le cinéma français grâce à une brillante \u2014 bien que trop courte \u2014 carrière.LÉA HARVEY 3 CHARLOTTE GAINSBOURG (1986), L\u2019EFFRONTÉE En larmes, la fille de Serge Gains- bourg et Jane Birkin a du mal à prononcer un discours en recevant cette distinction, âgée d\u2019à peine 15 ans.Claude Berri l\u2019engagera de nouveau pour La petite voleuse, deux ans plus tard.RICHARD THERRIEN 4 AUDREY TAUTOU (2000), VÉNUS BEAUTÉ (INSTITUT) Avant de devenir la célèbre Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet ou le visage de Coco avant Chanel, Audrey Tautou a fait bonne figure aux côtés de Nathalie Baye dans Vénus Beauté (institut) de Tonie Marshall.Un premier rôle important salué d\u2019un César de circonstances.GENEVIÈVE BOUCHARD 5 MARC-ANDRÉ GRONDIN (2009), LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE Premier Québécois à recevoir cet honneur, l\u2019acteur vedette de C.R.A.Z.Y.était alors promis à une belle carrière en France, tournant là-bas une dizaine de films.Niels Schneider, qui a grandi au Québec, aura aussi droit à cette distinction en 2017.RICHARD THERRIEN 1 2 3 4 5 YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com Les personnages de Disney sont de retour sur la glace du Centre Canadian Tire (CCT).L\u2019aréna des Sénateurs s\u2019apprête à accueillir, du 3 au 6 mars, la production Mickey and Friends, de Disney On Ice.Et l\u2019une des quatre représentations \u2013 celle prévue le dimanche 6 mars à 15h \u2013 sera donnée en français.Pandémie oblige, les tournées Disney On Ice n\u2019avaient pas foulé la glace du CCT depuis 3 ans.Un petit événement en soi, car Mickey and Friends sera le tout premier événement artistique tenu «en personne» au CCT depuis le début de la pandémie \u2013 ainsi que le premier spectacle présenté à guichets fermés.Mickey et ses amis se présente comme un «voyage à travers les meilleurs souvenirs» de Mickey, à mesure que l\u2019emblématique souriceau disneyen croise Minnie, Donald, Goofie, etc., avec qui il partage quelques histoires, résume le producteur, Feld Entertainment.Le spectacle se veut interactif: un animateur \u2013 qui détient du matériel informatique appartenant à Mickey \u2013 encourage, du bout de son clavier tactile (le terme anglais «mouse pad» est plus pertinent ici), la foule à s\u2019impliquer dans un récit constitué de contes classiques de l\u2019univers Disney.Les protocoles sanitaires en vigueur en Ontario seront appliqués.Une preuve d\u2019identité et de vaccination sera exigée à l\u2019entrée pour les personnes âgées de 12 ans et plus.Canadiantirecentre.com ; Disneyonice.com ; Ticketmaster.ca Disney On Ice à Ottawa RUE NORTH C H .E A R D L E Y R U E B R O A D BOULEVARD DES ALLUMETTIÈRES B O U L .W I L F R I D L A V I G N E Bienvenue à la maison Réservez immédiatement votre visite guidée.NOMBRE LIMITÉ DE SUITES DISPONIBLES Suites Meublées Disponibles Bienvenue à Age-In-Place Living Vivre un mode de vie sans soucis 613.416.8630 255 rue North Gatineau (Aylmer), QC Où votre bien-être est notre priorité MC www.allseniorscare.com s s FIÈREMENT CANADIEN SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M8 ARTS DANS LE LIVRE BALDWIN, STYRON ET MOI LA QUESTION DE L\u2019IDENTITÉ VUE PAR MÉLIKAH ABDELMOUMEN affranchissement pour les siens, il a noué une amitié improbable avec une autre figure majeure de la littérature, William Styron.Bien que ses ancêtres à lui possédaient des esclaves, un dialogue entre eux s\u2019est engagé, dans les années 1960.« Ce n\u2019est pas une histoire facile, avec des réponses toutes faites, mais leur relation constitue un modèle.Ils ont eu raison de faire ce qu\u2019ils ont fait.Les controverses ne changent rien à ça », énonce Mélikah Abdelmoumen en référant à la décision de Styron d\u2019écrire au je le roman Les confessions de Nat Turner.À la suggestion de Baldwin, il s\u2019était mis dans la peau d\u2019un homme qui, en 1831, avait mené une révolte d\u2019esclaves au sud des États-Unis.Dix auteurs noirs ont accusé Styron d\u2019appropriation culturelle, tandis que le comédien Ossie Davis s\u2019est montré plus nuancé.Ce qui l\u2019avait heurté, c\u2019est le fait qu\u2019à ce jour, aucun membre de la communauté noire n\u2019avait donné une voix à Nat Turner.Pour lire à son sujet, il devait se procurer un best-seller écrit par un Blanc.« Nous devons reprendre le contrôle sur nos récits, notre culture, nos symboles », avait conclu Davis.PULVÉRISER LES PRÉJUGÉS Sans porter de jugement sur les uns et les autres, Mélikah Abdel- moumen voit dans la démarche initiée par Baldwin et Styron un exemple dont nous devrions nous inspirer.« Leur histoire à eux, c\u2019est la bonne manière de regarder le présent différemment.Nous, les écrivains, les gens de théâtre, nous avons la responsabilité d\u2019engager une conversation sur l\u2019appropriation culturelle », donne-t-elle en exemple.Sa façon d\u2019ajouter une brique à l\u2019édifice fut d\u2019aborder le thème de l\u2019identité en relatant son parcours.Fi l le d\u2019u n i m m ig ra nt tu n i- sien qui avait marié une Sague- néenne, la future autrice est née en 1972, à l\u2019hôpital de Chicou- timi.Elle a passé les quatre premières années de sa vie à La Baie, avant que ses parents déménagent à Montréal.Ce ne fut pas suffisant, toutefois, pour rompre les liens tissés avec sa terre d\u2019origine.Au fil de nombreux séjours dans la famille de sa mère, dont la figure de proue était sa grand- mère Olivette Lévesque Babin, une façon de voir le monde s\u2019est enracinée dans son âme.« Le simple fait que je puisse d i r e \" j e m\u2019a p p e l l e M é l i k a h Abdelmoumen et je viens du Saguenay\u2019\u2019, ça pulvérise tous les préjugés, tous les clichés qu\u2019on prête à cette région, souligne-t- elle.C\u2019est pour cette raison que Mélikah Abdelmoumen aborde le thème de l\u2019identité sous plusieurs angles, dans le livre Baldwin, Styron et moi.Elle fait notamment ressortir ses racines sague- néennes, qui sont également celles de sa mère.\u2014 PHOTO COURTOISIE DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com Peut-on définir une personne à partir de la couleur de sa peau, ou de son nom de famille, alors qu\u2019on ne connaît rien de son parcours, de la société qui l\u2019a façonnée, ni de la culture à laquelle elle s\u2019identifie?Les gens raisonnables diront que la réponse est non, mais puisque nous ne vivons pas à une époque raisonnable, ça prend une femme comme Mélikah Abdelmoumen pour remettre les pendules à l\u2019heure.C\u2019est ce qu\u2019elle accomplit dans son plus récent livre, un essai autobiographique intitulé Baldwin, Styron et moi.Le point de départ fut la fascination qu\u2019elle a développée pour l\u2019écrivain américain James Baldwin.Elle a aimé ses romans, mais aussi l\u2019homme tourmenté par l\u2019histoire de ce pays qui a fait de ses ancêtres des esclaves.Porteur d\u2019une exigence plus que centenaire, celle d\u2019un réel leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M9 ARTS DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com Entrer dans la tête d\u2019un personnage est déjà singulier, au point de frôler l\u2019indiscrétion.C\u2019est encore plus intrigant si l\u2019homme en question emménage pour quelques mois dans un village où il ne connaît personne.Ça lui importe d\u2019autant moins que son séjour a pour but d\u2019écrire de la musique en s\u2019inspirant des sons ambiants.Des chants d\u2019oiseaux, le ronronnement d\u2019un moteur, le clapotis de la mer: tout est bon pour noircir les pages du calepin qui l\u2019accompagne à toute heure du jour et de la nuit.Tout bien résumé, c\u2019est la proposition articulée par l\u2019écrivain islandais Gyr- dir Eliasson dans Requiem.Disponible en librairie depuis quelques jours, ce roman publié à la Peuplade complète une trilogie lancée par Au bord de la Sanda et La fenêtre au sud.Chaque histoire est centrée sur la création artistique, en lien avec la solitude.Dans ce cas-ci, l\u2019objet de notre attention est Jonas, un être à qui il arrive plus de choses qu\u2019on pourrait l\u2019imaginer.Rédacteur de slogans publicitaires à la ville, il se sent de moins en moins interpellé par ce métier qui constitue son gagne-pain.En parallèle, il y a la relation avec Anna, sa conjointe.À petites touches, on comprend qu\u2019ils ont vécu une épreuve qui ne les a pas laissés indemnes.Au lieu de les rapprocher, elle les a éloignés, de la même façon que cette escapade en province a réduit leurs échanges à une poignée de coups de fil.Ce que rend merveilleusement l\u2019auteur, c\u2019est la persistance de Jonas dans sa quête musicale.Il est constamment à l\u2019affût, d\u2019une manière qu\u2019on peut qualifier d\u2019obsessive.Critique envers lui- même, conscient que son œuvre est promise à la marginalité, il garde quand même le cap.On pourrait saluer sa qualité d\u2019engagement, mais cette manière d\u2019entrer en contact avec son environnement fait si intimement partie de son être qu\u2019il ne saurait y renoncer.Ce serait comme perdre l\u2019ouïe, ou l\u2019odorat.Ce qu\u2019on perçoit tout aussi bien, c\u2019est la maladresse de Jonas dans ses rapports avec autrui.Sans être désagréable, il ne trouve jamais la bonne façon de répondre à ses rares interlocuteurs.Chaque fois, pourtant, le monologue intérieur de cet homme témoigne de sa lucidité.Il sait ce qui a cloché, mais ne ressent pas le besoin de s\u2019amender.C\u2019est comme s\u2019il était heureux, au fond, de vivre dans ce village sans y vivre.Néanmoins, on s\u2019attache à lui.On aime se perdre dans ses pensées, même les plus prosaïques.Son sens de l\u2019autodérision donne lieu à des scènes amusantes, comme la fois où il répare une clôture, et c\u2019est un plaisir de le suivre dans ses réflexions musicales, qu\u2019elles découlent de ses recherches ou de ses lectures.Il s\u2019agit d\u2019un esprit en éveil, en même temps que d\u2019un homme arrivé à la croisée des chemins.On ne sait pas ce que la vie lui réserve, mais une chose est sûre, il sèmera toujours des notes dans son carnet.CRITIQUE DU ROMAN REQUIEM, DE GYRDIR ELIASSON Le voyage intérieur de Jonas mon éditeur, Rodney Saint-Éloi, a voulu que j\u2019explique ce qu\u2019est le Saguenay.Ce livre, c\u2019est un hommage que je voulais rendre à ma région.On y pratique une forme d\u2019accueil qui est naturelle, ce qui explique, entre autres, les taquineries adressées à mon chum qui vient de la France.» Cette France, elle y a vécu suffisamment longtemps pour voir la question de l\u2019identité sous un angle différent.« Le regard de l\u2019autre nous force à nous poser des questions qui, autrement, ne nous seraient pas venues à l\u2019esprit, indique l\u2019autrice.Là-bas, j\u2019étais identifiée soit comme une Québécoise en raison de mon accent, soit comme une Arabe, ce qui est horrible dans un pays arabophobe.» Trop souvent, ses traits hérités de la branche paternelle ont suffi pour la définir.UNE POUPÉE RUSSE L\u2019ironie est qu\u2019à son retour au Québec, où elle souhaitait se fondre dans le cocon affectif qui l\u2019enveloppait depuis l\u2019enfance, une autre réalité s\u2019est superposée, un brin troublante.Elle qui se sentait Saguenéenne, Québécoise, sans égard à la couleur de sa peau, est devenue une auteure de la diversité.« Je ne me sentais plus chez nous de la même façon, confie Mélikah Abdelmoumen.Par contre, on m\u2019a nommée rédactrice en chef de la revue Lettres québécoises.Dix ans plus tôt, je ne sais pas si ce serait arrivé.» Pour revenir au livre, il tient un peu de la poupée russe, eu égard à sa genèse.Tout a commencé avec un texte sur Baldwin publié dans le magazine Sp i ra l e , s u i v i p a r u n p ro j e t théâtral auquel a succédé l\u2019essai autobiographique que ses amis Frédéric Pierre et Émile Proulx- Cloutier appelaient de leurs vœux.Ils voulaient tout, Baldwin, Styron et aussi Mélikah Abdelmoumen, cette femme qui refuse d\u2019être réduite à un nom ou à la couleur de sa peau.Publié chez Mémoire d\u2019encrier, Baldwin, Styron et moi cache lui-même une autre poupée russe, puisqu\u2019il fera l\u2019objet d\u2019une lecture-spectacle à la fin de mai, au Lac-Brome.Quant à l\u2019autrice, elle reprendra la plume af in de rendre hommage à Olivette Lévesque Babin, sa grand-mère qui, malgré qu\u2019elle soit devenue veuve avec 14 enfants, a ouvert une maison pour femmes battues, est devenue la première conseillère municipale de sa région, en plus d\u2019écrire le livre Mâture, Voilure et Souvenance.« Si j e n \u2019ava i s pa s e u c e tte grand-mère, je ne serais pas la femme que je suis », résume Mélikah Abdelmoumen.MICHEL BARRETTE L\u2019HUMOUR DE MA VIE 27 FÉVRIER LUDOVICK BOURGEOIS QUE SERA MA VIE 28 FÉVRIER JEAN-MICHEL BLAIS AUBADES 1ER MARS MARIO PELCHAT COMME AU PREMIER RENDEZ-VOUS 2 ET 3 MARS CATHY GAUTHIER CLASSIQUE 4 MARS KEVIN PARENT D\u2019UNE RIVE À L\u2019AUTRE 4 MARS ALEX ROY DES CHOSES QUI ARRIVENT 5 MARS SYLVAIN COSSETTE LIVE! 6 MARS EN FÉVRIER ET MARS EMMANUEL BILODEAU DANS LE PÉTRIN 8 MARS SALLY FOLK Ô PSYCHOLOGUE 11 MARS PHILIPPE-AUDREY LARRUE-ST-JACQUES 12 MARS ÉTIENNE DANO INCOMPLET 15 MARS ÉMILE BILODEAU PETITE NATURE 16 MARS DOMINIC ET MARTIN DANS UN SPECTACLE TOUT NEUF 17 MARS SIMON MORIN 18 MARS POUR UNE HISTOIRE D\u2019UN SOIR 21 MARS BILLETTERIE : 819 243-2525 SALLEODYSSEE.CA LES SPECTACLES SONT DE RETOUR! SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M10 ARTS Entrevue avec le maître farceur Jamie Adkins VALÉRIE MARCOUX vmarcouxlesoleil.com Après une tournée aux États- Unis, le spectacle de cirque Six° sera présenté sur la scène du Diamant du 2 au 5 mars.On a posé six questions au cocréateur de cette 10e production de Flip Fabrique, l\u2019acrobate, jongleur et maître farceur Jamie Adkins.Q Peu après sa création en 2020, Six° a été présenté à Québec.Comment le spectacle a-t-il évolué depuis?R Un spectacle live est une chose vivante.Il évolue chaque fois que nous le faisons.Pour ma part \u2014 parce que je fais le clown \u2014, si je fais quelque chose de nouveau ou une erreur qui a le potentiel d\u2019ouvrir une porte sur une nouvelle blague, je l\u2019ajoute au prochain spectacle.Nous changeons toujours des petites choses afin de garder le spectacle frais pour nous aussi.Durant la période plus stricte de la COVID, nous avons performé devant une foule restreinte et distancée.Les spectateurs étaient plutôt silencieux et c\u2019était plus difficile d\u2019avoir une réaction authentique et viscérale.Maintenant que nous avons présenté le spectacle devant un plus large public, il est de plus en plus fluide et nous réglons les détails, car, vous savez, l\u2019art est dans les détails.Vous ne reconnaîtrez pas ce spectacle si vous l\u2019avez vu à l\u2019extérieur [en 2020].Il est fait pour être présenté à l\u2019intérieur.C\u2019est le même spectacle, mais il ne se ressemble pas et il ne se ressent pas de la même manière.Q À quoi fait référence le titre du spectacle?R Nous jouons avec l\u2019absence de quelqu\u2019un ou de quelque chose pour créer une présence sur scène.Nous sommes cinq personnages qui arrivons dans une pièce au milieu de la forêt.Six° réfère à la sixième personne qui n\u2019est pas là.Nous ne sommes pas certains de qui ou de quoi il s\u2019agit.Est-ce la maison?La pièce?Nous ne définissons pas vraiment ce qu\u2019est ce sixième élément manquant.Nous laissons en quelque sorte au public le soin de compléter certaines choses.Q Quel a été l\u2019un des principaux défis lors de la création de ce spectacle?R La réponse facile serait de dire que c\u2019était la COVID, mais je pense que le défi de tout spectacle de cirque est de ne pas seulement faire nos acrobaties et TADAM, voilà tout.Alors, on les ancre dans un scénario qui a une certaine profondeur.Nous tentons d\u2019être drôles et poétiques tout en gardant l\u2019énergie du spectacle à un certain niveau, car il s\u2019agit d\u2019une performance de cirque, alors à un certain point, quelqu\u2019un va lancer une chaise, sauter du mur ou quelque chose sera utilisé pour jongler.Nous ne pouvons pas donner un sens à tout.Dans une pièce de théâtre, vous n\u2019aurez pas un gars en train de jongler pendant trois minutes sans raison, mais au cirque, c\u2019est tout à fait justifié.Tout le monde s\u2019est entraîné pendant plusieurs années pour faire ces acrobaties.Même si elles défient la mort, c\u2019est, en fait, la partie facile.La partie difficile est de les inclure dans un scénario.Q Quel est votre moment préféré du spectacle?R Le début! J\u2019adore comment le spectacle commence.Nous sommes à des époques différentes, mais au même endroit.Nous ne nous voyons pas au début, mais nous nous découvrons au fil du spectacle.C\u2019était une idée du metteur en scène Olivier Lépine afin de travailler avec les restrictions de la pandémie, mais c\u2019est une excellente idée même sans pandémie.Si nous ne l\u2019aimions pas, nous l\u2019aurions changée.Q Qu\u2019est-ce qui vous impressionne le plus dans les performances de vos collègues de scène?R Les quatre sont impressionnants à leur manière.Tout le monde apporte son énergie qui lui est propre, son sens de l\u2019humour et sa poésie.Dylan [Herrera] est hilarant, un vrai clown! Il est d\u2019un grand soutien.Il aide toujours quelqu\u2019un à sauter ou à atterrir.Jacob [Grégoire] est un acrobate merveilleux et une vedette d\u2019Ins- tagram.Camille [Tremblay] est incroyable quand elle se tient sur ses mains.Je n\u2019ai jamais vu quelqu\u2019un d\u2019aussi stable et d\u2019aussi fort sur ses mains.Même sur une main, elle est solide comme une roche! Ils sont plus jeunes et ce qu\u2019ils font est vraiment incroyable.C\u2019est une joie de les regarder.Je suis plus vieux, alors je marche sur une corde et je jongle, des trucs comme ça, mais je ne fais plus de sauts et d\u2019atterrissages.Q En tant que maître farceur de ce spectacle présenté dans plusieurs pays, quels défis rencontrez-vous au niveau de l\u2019humour?R La comédie est culturelle.Une blague qui provoque une grande réaction dans une ville n\u2019en provoquera aucune dans la suivante.C\u2019est pourquoi il faut faire des choses qu\u2019on trouve personnellement drôles.Tout ce que je fais sur scène, je trouve ça drôle et je le partage avec le public qui me répond s\u2019il est d\u2019accord ou pas.Ce qui est difficile quand tu es un clown, c\u2019est que ton but est de faire rire les gens, mais si tu essaies de les faire rire, tu n\u2019y arriveras pas.Il n\u2019y a rien de pire que de regarder quelqu\u2019un qui tente d\u2019être drôle et il n\u2019y a rien de mieux que de regarder quelqu\u2019un qui est drôle.Ce que j\u2019ai découvert, c\u2019est qu\u2019il faut simplement être honnête et montrer qui l\u2019on est vraiment \u2014 sa vulnérabilité, ses peurs et ses angoisses \u2014 pour en rire plutôt que d\u2019en être effrayé.Puis, il faut le montrer d\u2019une manière physique, sans parler, afin que tout le monde puisse comprendre.Les réponses ont été éditées à des fins de clarté et de concision.SIX SUR SIX° Jamie Adkins, acrobate, jongleur et clown \u2014 LE DROIT, PATRICK WOODBURY leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M11 ARTS ISABEL AUTHIER isabel.authier@lavoixdelest.ca Lawrence Gowan n\u2019a pas l\u2019habitude de passer beaucoup de temps chez lui, à Toronto.Quand il n\u2019est pas occupé à parcourir la planète avec le groupe Styx, il se permet quelques concerts en solo, pour ne pas s\u2019oublier.C\u2019est le plaisir qu\u2019il s\u2019offrira prochainement, lors d\u2019une mini-tournée québécoise qui s\u2019arrêtera à Lac-Brome, Québec, Belœil et Repentigny.Le chanteur et pianiste, qui a fait la pluie et le beau temps dans les années 80 et 90, profitait lundi d\u2019une journée de congé après un début d\u2019année sur les chapeaux de roue avec Styx, ponctué d\u2019une série de spectacles à Las Vegas, d\u2019une première croisière thématique avec d\u2019autres légendes du rock et de quelques concerts en Floride, entre autres.La popularité du groupe \u2014 qu\u2019il a joint en 1999 pour remplacer Dennis DeYoung \u2014, étant encore et toujours au beau fixe, Gowan n\u2019aura donc pas l\u2019occasion de s\u2019attarder bien longtemps chez nous.«Pas cette fois.Après, je dois retourner aux États-Unis pour un spectacle de Styx sur Broadway!» Dans les six derniers mois de 2021, la formation a présenté pas moins de 70 spectacles à guichets fermés.En temps normal, avant que la Covid ne frappe, il estime que son groupe pouvait facilement frôler la centaine de concerts chaque année.On pourrait croire qu\u2019à 65 ans, le musicien en a un peu soupé de ce rythme d\u2019enfer, du tapage et du décalage horaire.Ce serait bien mal le connaître.«Pas du tout! La musique, c\u2019est la seule chose que je sais bien faire.Et cette chose qu\u2019on partage avec la foule, c\u2019est le meilleur feeling que j\u2019ai connu dans ma vie.Si je pouvais faire de la musique tous les jours, je le ferais.Mais oui, en 45 ans de carrière, j\u2019ai passé beaucoup de temps à dormir dans les bus de tournée!» Encore aujourd\u2019hui, après tout ce temps, il s\u2019émerveille de voir l\u2019importance que revêt la musique dans la vie des gens.«Aux États-Unis, le public était très excité de nous revoir après les fermetures de salles.Il y avait beaucoup d\u2019émotion sur le visage des spectateurs.C\u2019était à la fois très touchant et très gratifiant», dit-il, dans un français hésitant, mais rempli de bonne volonté.Ce qui lui plaît encore plus, c\u2019est de voir qu\u2019au milieu de ces foules en liesse, de plus en plus de jeunes visages font leur apparition.«Quand j\u2019ai commencé avec Styx, le public avait notre âge.Mais depuis une douzaine d\u2019années, on remarque qu\u2019il rajeunit.Hier soir, la moitié de l\u2019assistance avait moins de 40 ans.Ces gens n\u2019étaient même pas nés à l\u2019époque du \u2018\u2018classic rock\u2019\u2019 et ils le découvrent grâce à l\u2019internet et à la radio.J\u2019espère que ce sera la même chose pour mon public du Québec.» SEUL AU PIANO Car au-delà de Styx, il y a Gowan, l\u2019artiste.Celui qui a fait naître Moonlight Desires, Strange Animal, A Criminal Mind et autres mémorables vers d\u2019oreilles.Celui qui a enchaîné les prix Juno et les albums or et platine.Cette identité, il refuse de la voir s\u2019effacer derrière le succès de la formation.«C\u2019est très important pour moi.C\u2019est toujours dans mon âme et dans mon cœur.J\u2019aime être membre de Styx; c\u2019est vraiment l\u2019fun.Mais avant de joindre le groupe, ma vie en musique, c\u2019était moi seul et j\u2019en garde de merveilleux souvenirs.Et je ne veux jamais voir disparaître ce lien avec les gens du Québec, notamment», fait-il remarquer.Il est vrai que sa relation avec la Belle province ne s\u2019est jamais étiolée.«Lorsque j\u2019ai une pause de Styx, j\u2019essaie d\u2019y retourner le plus souvent possible.On dirait même que le lien est de plus en plus fort chaque fois», dit-il, en rappelant que 2022 marque le 25e anniversaire de son album live Gowan au Québec.Pour ces rendez-vous éphémères des prochains jours, il a choisi de se concentrer principalement sur ses albums des années 80, porteurs de ses plus grands succès au Québec.Il s\u2019annonçait seul au piano, or, il est fort possible qu\u2019un invité-surprise vienne mettre encore plus de mordant à son répertoire.À sa demande, on vous réserve la surprise.FRANCOPHILE Et même si son français est rouillé, par manque d\u2019occasions de le pratiquer, il se fera un point d\u2019honneur d\u2019en saupoudrer quelques phrases par-ci par-là.«Je l\u2019ai appris à l\u2019école, mais la meilleure leçon que j\u2019ai eue, c\u2019est lors d\u2019une tournée musicale de six semaines avec l\u2019ONU en 1996.Toute la gang était francophone sauf moi.Alors chaque jour, j\u2019avais de plus en plus confiance en moi pour le parler.» Quant à la possibilité d\u2019entendre un jour un nouvel album signé Gowan, le jour n\u2019est peut-être pas si loin.«J\u2019ai commencé à travailler sur un nouveau disque.il y a dix ans! Il est presque fini, mais le temps me manque.Si Styx fait une petite pause, je vais peut-être le lancer.» GOWAN, JUSTE POUR LE PLAISIR «J\u2019aime être membre de Styx; c\u2019est vraiment l\u2019fun.Mais avant de joindre le groupe, ma vie en musique, c\u2019était moi seul et j\u2019en garde de merveilleux souvenirs.Et je ne veux jamais voir disparaître ce lien avec les gens du Québec, notamment», fait remarquer Gowan.\u2014 ASH NEWELL Donner, un choix naturel SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M12 ACTUALITÉS GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com CRITIQUE La quête de gloire instantanée, l\u2019image qui surpasse le contenu, les fausses nouvelles qui font vendre, la vanité, l\u2019hypocrisie\u2026 Avec cette ambitieuse adaptation d\u2019Illusions perdues de Balzac, Xavier Giannoli met en exergue de manière aussi cynique que somptueuse des travers trouvant toujours un écho près de deux siècles plus tard.Chapitre marquant de La comédie humaine du romancier français, Illusions perdues gratte avec truculence le vernis d\u2019une société aristocratique superficielle et mesquine.L\u2019œuvre écorche au passage le mercantilisme qui étouffe à peu près tout : de la valeur artistique à la simple décence sociale.Celui qui verra ses rêves déçus s\u2019appelle Lucien (Benjamin Voisin).Poète talentueux, ambitieux, mais sans le sou, il quitte sa province pour Paris.Suivant sa douce baronne de maîtresse (Cécile de France) dans les salons, il espère accéder à la haute société et faire publier ses écrits.Voilà qui est plus facilement dit qu\u2019accompli dans un monde où le paraître et la réputation font foi de tout\u2026 Et où ce tout est justement vendu au plus offrant : les bonnes critiques (ou les mauvaises), les applaudissements ou les huées, etc.Suffit de nommer son prix.«C\u2019est ça le progrès!» se réjouit-on.D\u2019abord rejeté par un éditeur aussi puissant qu\u2019illettré (Gérard Depar- dieu), le jeune scribe aura davantage de succès du côté d\u2019une presse sans scrupules.Exit la poésie, voilà que sa plume aiguisée sera trempée dans la mauvaise foi, la rumeur, le mensonge\u2026 On considère vrai «tout ce qui est probable».Tant que l\u2019image frappe.Se retrouvant vite étourdi par le tourbillon du succès \u2014 et du pouvoir qui vient avec \u2014, Lucien baissera sa garde aux côtés d\u2019une belle actrice.Issue des théâtres de boulevard, Coralie (Salomé Dewaels) aspire à l\u2019art, à un véritable acte de création.Comme son amoureux, elle connaîtra vite la rançon de la gloire dans cette capitale qui a oublié le sens des mots «honnêteté» ou «bienveillance».En marge de ces intrigues, un autre écrivain, Nathan (Xavier Dolan, également narrateur du film), a appris à naviguer dans ces eaux troubles.S\u2019il tente de faire profiter Lucien de son expérience, c\u2019est aussi lui, en voix hors champ, qui décrit avec un pas de recul le spectacle ridicule ou disgracieux qui s\u2019offre à nous.REGARD CINGLANT Cette relecture d\u2019Illusions perdues par Xavier Giannoli ne souffre pas d\u2019économie de moyens, bien au contraire.Distribution de fort calibre, costumes d\u2019époque, décors, abondance de figurants (le tournage a été bouclé juste avant la pandémie) : la reconstitution soignée de ce Paris du XIXe siècle fleure bon l\u2019abondance.Surligné par le réalisateur, le regard cinglant de Balzac n\u2019épargne pas grand monde dans cette vague d\u2019hypocrisie, de tromperie et de quête d\u2019opulence qui déferle joyeusement à l\u2019écran.On rit devant cette presse corrompue, ce milieu artistique qui se vend au plus offrant, ces subterfuges créés pour porter un spectacle aux nues ou assassiner une carrière.Il faut voir par exemple cette machine à applaudissements fabriquée pour organiser d\u2019avance un triomphe au théâtre.Bien sûr que l\u2019on voit là des parallèles avec des intérêts, comportements ou manigances qui ont traversé les années jusqu\u2019à notre époque d\u2019influenceurs et de «vérités» parfois alternatives véhiculées sur les réseaux sociaux.L\u2019appât du gain n\u2019a pas faibli en quelque 200 ans.Là où il y a de l\u2019homme, il y a de l\u2019hommerie, dit-on.En revisitant Balzac, Xavier Giannoli en offre un autre bel exemple.Illusions perdues est présenté au cinéma.ILLUSIONS PERDUES L\u2019ART DE LA CHUTE Au générique Cote : HHH1/2 Titre : Illusions perdues Genre : drame historique Réalisateur : Xavier Giannoli Acteurs : Benjamin Voisin, Xavier Dolan, Cécile de France Durée : 2h29 PRÉSENTEMENT AU CINÉMA « UN FILM QUI HONORE BALZAC EN LE MODERNISANT.» - Le Figaro - Paris Match 15 NOMINATIONS leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M13 ARTS I maginez un monde futuriste dans lequel des créatures d\u2019apparence humaine adoptent à leur gré les capacités les plus puissantes des animaux.C\u2019est l\u2019ADN même d\u2019une nouvelle série d\u2019animation jeunesse produite à Québec, Dex et les Humanimaux, dont les six premiers épisodes de 11 minutes seront disponibles le 1er mars dans la section gratuite d\u2019ICI Tou.tv.Derrière ce projet, le studio d\u2019animation 2D Loomi Animation, propriété de Epic Storywor- lds, qui a pignon sur rue dans le quartier Saint-Roch.Un des producteurs est Steve Couture, anciennement de l\u2019entreprise de divertissement numérique Frima.«Certains animaux ont des caractéristiques vraiment intéressantes à exploiter.Par exemple, une panthère a de gros muscles et peut courir vite.On se sert de ça pour créer un univers riche avec une diversité de personnages qui est infinie», explique le producteur, qui a de grandes ambitions pour cette nouvelle série d\u2019animation.Le personnage de Dex, qui a l\u2019apparence d\u2019un attachant petit garçon, a été créé en laboratoire avec des capacités de transformation extraordinaires, pouvant passer d\u2019un Humanimal à l\u2019autre.Le problème, c\u2019est qu\u2019il a été conçu comme une arme dangereuse, dans un but malveillant.C\u2019est là qu\u2019entre en scène une entité nommée Iris, «qui a comme objectif d\u2019éliminer tout ce qui est vivant et de créer le règne de l\u2019intelligence artificielle, en érigeant de grandes barrières électromagnétiques pour circonscrire la population».Dex découvre au premier épisode qu\u2019il n\u2019a pas de famille et cherche à connaître sa véritable identité.Dès lors, il se retourne contre ses créateurs.Raconté comme ça, le récit peut sembler grave et sombre, mais la série est au contraire parsemée d\u2019humour et d\u2019action.«C\u2019est d\u2019abord et avant tout une histoire d\u2019amitié, de famille, de résilience.» Contrairement à la grande majorité des séries d\u2019animation, dont les épisodes sont bouclés, l\u2019histoire de Dex et les Humanimaux se suit d\u2019épisode en épisode, comme une saga.Trop complexe pour des enfants de 7 à 11 ans, pensez-vous?Ils sont capables d\u2019en prendre, répond Steve Couture.«Nous avons été beaucoup influencés par les mangas et les grandes séries japonaises, qui présentent des histoires très élaborées, sophistiquées, pour capter un public qui en regarde déjà sur les réseaux américains et sur Netflix.» L\u2019idée originale provient de Raymond Boisvert, issu du milieu des affaires et ancien propriétaire du défunt magazine Québec Scope, qui n\u2019avait jamais créé de tels contenus.Il est arrivé il y a quatre ans avec un concept vraiment plus sombre et beaucoup trop adulte pour Steve Couture, qui produit du contenu jeunesse.Une contrainte que Boisvert a plutôt vue comme un défi, adaptant son histoire à un jeune public avec l\u2019auteur Paul Stoica.Le projet était lancé.Alors qu\u2019on voit beaucoup plus de 3D ces dernières années en animation, l\u2019équipe de Loomi Animation a plutôt opté pour la 2D, souvent associée à des histoires plus élaborées, qui touchent davantage ce groupe d\u2019âge.On prévoit déjà concevoir 46 autres épisodes pour constituer une première saison de 52.Dans ses rêves, Steve Couture souhaite voir évoluer Dex et l\u2019univers des Humanimaux durant plusieurs saisons, au même rythme que leur auditoire.«Radio-Canada a cru en nous et nous a appuyés dès le départ.On a déjà un coproducteur français impliqué pour les 46 autres épisodes.Pour les ventes à l\u2019international, ça nous prend une saison complète.Les diffuseurs demandent une bonne quantité de contenu», dit-il.Des rencontres sont prévues avec des diffuseurs canadiens anglais et un casting doit s\u2019enclencher pour trouver les comédiens anglophones.Trois ans après avoir quitté Frima, Steve Couture s\u2019est lancé dans la création de ce studio d\u2019animation en pleine pandémie.«Ça a été un gros défi de mettre une équipe en place avec des gens qui travaillaient à distance, dont des jeunes pour qui c\u2019était le premier emploi ou presque.» Environ 25 personnes œuvrent actuellement au studio d\u2019animation.Dans cette série jeunesse créée à Québec, des créatures d\u2019apparence humaine adoptent à leur gré les capacités les plus puissantes des animaux.\u2014 PHOTO EPIC STORYWORLDS De grandes ambitions pour Dex et les Humanimaux RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com C\u2019est d\u2019abord et avant tout une histoire d\u2019amitié, de famille, de résilience SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M14 ARTS VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com La pièce-documentaire Run de lait est le fruit d\u2019une enquête rigoureuse dont les résultats risquent d\u2019ébranler les consommateurs de produits laitiers du Québec ainsi que les acteurs de cette industrie outrageusement complexe.«Il y a des choses qu\u2019on cache au public», a découvert Justin Laramée, qui détient également une formation en journalisme.Toutes les informations sont vérifiées.Tout commence en 2016.Justin Laramée est jumelé à une scientifique afin de créer une œuvre sur la détresse psychologique des producteurs laitiers dans le cadre du festival d\u2019arts vivants OFFTA.Le résultat, une installation intitulée Avant de partir, je voulais te dire\u2026, s\u2019est promenée de ferme en ferme pendant deux ans.Durant cette période, le dramaturge rencontre plusieurs producteurs laitiers et continue de s\u2019intéresser à leur réalité.Le 23 mai 2018, on l\u2019informe que, pour la première fois en 25 ans, il y a une manifestation dans le stationnement de l\u2019UPA (l\u2019Union des producteurs agricoles).Justin Laramée s\u2019y rend afin de récolter des témoignages qui le lancent dans une enquête complexe de plusieurs années.«Tout part de là : j\u2019interviewe des gens dans ce stationnement et je tente de comprendre de quoi ils me parlent.[\u2026] Tout ça est vécu par le prisme d\u2019un citoyen-père-de-famille-artiste», explique le coproducteur qui assume également la mise en scène de sa pièce avec Olivier Normand.«Je vais rencontrer une personne qui va me suggérer la prochaine personne à rencontrer et je fais ma run comme ça, jusqu\u2019à ce que j\u2019arrive à comprendre et répondre à mes questions de dépar t , aj oute le comé dien.T ra n q u i l l e m e n t , j e d e v i e n s obnubilé par ce sujet parce que c\u2019est tellement complexe.» UNE ENQUÊTE THÉÂTRALISÉE Justin Laramée joue son propre rôle, tout comme son complice de la première heure Benoît Côté.Justin est un citadin père de famille et Benoît est un fils Justin Laramée est l\u2019auteur de la pièce-documentaire Run de lait.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET RUN DE LAIT ENQUÊTE-CHOC SUR L\u2019INDUSTRIE LAITIÈRE leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M15 ARTS d\u2019agriculteur un peu nerd.«Benoît est de mauvaise foi.Il trouve que mon personnage est trop à gauche.[\u2026] Cette dualité est importante», souligne l\u2019artiste.L e s d e u x a c t e u r s s o n t e n quelque sorte des caricatures d\u2019eux-mêmes afin d\u2019apporter une touche d\u2019humour à cette enquête dense présentée sous forme de comédie.Prenant pour point de départ la détresse psychologique des producteurs de lait du Québec, la pièce commence sur une note plutôt triste et évolue en comédie tout en offrant des moments profondément touchants.DES MILLIERS D\u2019HEURES D\u2019ENTREVUES Sur la scène, des boîtes de sons installées sur des trépieds évoqueront les di f férentes p er- sonnes rencontrées par l\u2019auteur q u i s e r a a u s s i a m e n é à l e s incarner par moments.El les di f fus eront des br ides d\u2019entrevue réalisées au fil de l\u2019enquête.Le régisseur Christian Garon a un beau défi devant lui.On entendra notamment Florence Scanvic, présidente de l\u2019Association végétarienne de Mont réal, mais également des m i n i s t r e s e t d e s d i r i g e a n t s d\u2019entreprises.«Agropur est le seul gros trans- f o r m a t e u r d u Q u é b e c q u i a accepté de participer au projet», révèle l\u2019artiste-enquêteur.Les informations qu\u2019il a réussi à dénicher et à confirmer ont déjà causé quelques peti tes tempêtes dans le milieu.L\u2019auteur de la pièce a même subi un peu d\u2019intimidation au fil de ses démarches.Ce qui sera dévoilé sur scène dès le 1er mars risque de créer d\u2019autres ondes de choc.«Ça ne fait que commencer», croit Justin Laramée, tout en précisant qu\u2019il est un artiste et non un spécialiste malgré son approche rigoureuse.Cette coproduction de VA arts vivants, réalisée en collaboration avec le Théâtre La Manufacture, le Théâtre Gilles-Vigneault, Valspec, Ville d\u2019Alma Spectacles, l\u2019Espace Le Vrai Monde?et le Théâtre de la Ville, visitera plusieurs régions du Québec après son passage au Trident du 1er au 26 mars.P H O T O A R C H I V E S L A P R E S S E , M A R T I N T R E M B L A Y Pourquoi est-ce que le lait est notre plus importante production agricole au Québec?Pourquoi est-ce que l\u2019homme le plus riche du Québec est un fromager?Pourquoi a-t-on perdu la moitié des fermes laitières en 20 ans?À travers cette enquête, on découvre aussi des liens entre l\u2019histoire du Québec, l\u2019identité québécoise et notre or blanc.«La gestion de l\u2019offre, c\u2019est notre identité, c\u2019est le lait.Aux États-Unis, ils font de la gestion de l\u2019offre dans le coton et dans le sucre, c\u2019est leur identité», fait valoir la dramaturge Justin Laramée.VALÉRIE MARCOUX NOS RACINES BAIGNENT DANS LE LAIT SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M16 LE MAG VERS LE ZÉRO DÉCHET VALÉRIE MARCOUX vmarcoux@lesoleil.com Il arrive souvent qu\u2019on associe les personnes engagées dans une démarche zéro déchet aux amateurs de DIY (do it yourself/fais-le toi-même).Ces tutoriels et recettes proposent de faire soi-même quelque chose au lieu de l\u2019acheter.Certes, ces deux univers se croisent souvent, mais pas toujours.Il faut être vigilant.Il faut particulièrement faire attention aux ensembles commerciaux qui proposent tous les ingrédients nécessaires dans des emballages individuels jetables et faits de matières polluantes.Les tutoriels les plus verts sont ceux qui permettent de valoriser une ou plusieurs matières que nous avons déjà à la maison.On peut aussi favoriser les recettes dont les ingrédients s\u2019achètent en vrac et qui, si possible, sont produits localement.VALORISER AVANT DE JETER Caféinomane notoire, j\u2019ai toujours du café sous la main.Cette denrée si commune a pourtant une empreinte écologique non négligeable.D\u2019abord parce qu\u2019elle vient de loin.Puis, parce que sa production et sa transformation nécessitent des quantités d\u2019eau et d\u2019énergie non négligeable, sans parler de l\u2019impact des monocultures et de la déforestation.En cherchant une manière de valoriser mon café, je suis tombée sur une recette d\u2019exfoliant proposée par Audrey Woods sur le site de la Fondation David Suzuki.Audrey Woods fait partie du trio de blogueuses Les Trappeuses, qui sont devenues Les Mauvaises Herbes au fil de leur professionnalisation.Maintenant, elles ont une boutique et publient des livres dans lesquels elles partagent des recettes pour faire soi-même ses cosmétiques et ses produits ménagers.Toutes leurs recettes ne valorisent pas des matières résiduelles, mais elles affirment que leur approche est moins dommageable pour l\u2019environnement que d\u2019acheter des produits commerciaux déjà faits.L\u2019enjeu est aussi de connaître tous les ingrédients des produits qu\u2019on applique sur son corps, fait valoir Audrey Woods.Les Mauvaises Herbes proposent également des ensembles clef en main de fabrication de cosmétiques maison.Les emballages sont faits de matières recyclées et sont recyclables, tandis que les pots sont réutilisables.«Notre approche se veut la plus écores- ponsable possible», m\u2019assure Audrey.S a r e c e t t e d \u2019e x f o l i a n t au café ne né cessite que quatre ingrédients qu\u2019on peut facilement se procurer en vrac.Ayant déjà du café et du sucre chez moi, je n\u2019ai eu qu\u2019à me procurer de l\u2019huile de noix de coco et de l\u2019huile essentielle.L\u2019huile essentielle est l\u2019ingrédient le plus dispendieux de cette recette.Faites attention si vous l\u2019achetez en vrac, le prix pourrait vous faire sursauter une fois rendu à la caisse.Aussi, vous pouvez en mettre moins que ce qui est suggéré.LE FAIRE SOI-MÊME POUR RÉDUIRE SES DÉCHETS Audrey Woods fait partie du trio de blogueuses Les Trappeuses, qui sont devenues Les Mauvaises Herbes au fil de leur professionnalisation.\u2014 PHOTO JACINTHE MORIN LES MAUVAISES HERBES À fleur de pots : cosmétiques maison simples ÉDITION DE L\u2019HOMME 224 PAGES leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M17 LE MAG «Le café est reconnu pour améliorer l\u2019aspect de la peau en la tonifiant, la lissant et en la raffermissant» \u2014 Audrey Woods, blogueuse RECETTES Déodorant simplissime Faites fondre l\u2019huile de coco dans un bain-marie.Puis, ajoutez quelques gouttes d\u2019huile essentielle, le bicarbonate de soude et la fécule de maïs.Mélangez bien le tout et versez la mixture dans un contenant.Placez-le au réfrigérateur quelques heures et le tour est joué! Conservez à température pièce et appliquez avec les doigts.\u2022 6 c.à soupe (90ml) d\u2019huile de coco \u2022 ¼ tasse de bicarbonate de soude \u2022 ¼ tasse de fécule de maïs \u2022 Environ 36 gouttes d\u2019huile essentielle Ce déodorant convient très bien à mes aisselles\u2026 pour l\u2019instant.Malheureusement, il commence à fondre à partir de 24° Celsius.Il ne sera pas optimal durant la période estivale.Les Mauvaises Herbes proposent donc une variante d\u2019été dont l\u2019ingrédient secret est la cire.On la fait fondre dans le bain-marie avec l\u2019huile de coco, puis on suit les mêmes instructions que pour le déo simplissime.\u2022 60 ml d\u2019huile de coco \u2022 30 ml de cire râpée (abeille ou tournesol) \u2022 60 ml de bicarbonate de soude \u2022 60 ml de fécule de maïs \u2022 Environ 36 gouttes d\u2019huile essentielle Les Mauvaises Herbes proposent aussi des recettes de déodorant pour les peaux sensibles sur leur blogue et dans leur livre.\u2014 PHOTOS VALÉRIE MARCOUX PHOTO 123RF/PROGRESSMAN Exfoliant au café Après avoir dégusté votre breu- vag e matinal préféré, fa i tes sécher le marc de café dans une assiette pendant quelques jours, jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit bien sec.Ensuite, il suffit d\u2019ajouter le sucre, l\u2019huile de coco, quelques gouttes d\u2019huile essentielle et de bien mélanger.Ce n\u2019est pas plus compliqué que ça! \u2022 1/3 tasse de marc de café sec \u2022 2 c.à soupe de sucre \u2022 4 c.à thé d\u2019huile de coco \u2022 12 gouttes d\u2019huile essentielle Dans son article, Audrey Woods recommande des huiles essentielles qui favorisent l\u2019élimination de la graisse emmagasinée qui produit la cellulite : verveine des Indes, pamplemousse (attendre quelques heures avant de s\u2019exposer au soleil), eucalyptus mentholé et cèdre Atlas (ces deux dernières sont déconseillées aux femmes enceintes et aux épileptiques).UTILISATION Votre exfoliant doit rester au sec.Si vous en faites une grosse quantité, n\u2019apportez pas tout votre contenant sous la douche.Savonnez votre peau avant de vous exfolier et évitez le visage, car le marc de café peut être abrasif et irritant.Hormis cela, le café est excellent pour votre peau! «Le café est reconnu pour améliorer l\u2019aspect de la peau en la tonifiant, la lissant et en la raffermissant, explique Audrey Woods.La caféine et l\u2019action mécanique du massage activent la circulation sanguine, et par le fait même, pourraient contribuer à réduire la cellulite.Le massage aide également à enlever les peaux mortes et à prévenir les varices.» TANT QU\u2019À Y ÊTRE! L\u2019huile de coco est un ingrédient de base pour plusieurs recettes de produits pour le corps.Tant q u \u2019à m\u2019e n ê t re p ro c u ré, j \u2019a i cherché une autre manière de l\u2019utiliser.Audrey Woods m\u2019a dirigée vers sa recette de déodorant simplissime qu\u2019on trouve notamment dans le livre À fleur de pots : cosmétiques maison simples.Encore une fois, celle-ci n\u2019utilise que quatre ingrédients, tous disponibles en vrac, et assez communs pour que vous les ayez peut-être déjà à la maison.Personnellement, j\u2019utilise la même huile essentielle que pour mon exfoliant, bien qu\u2019on recommande celles de palmarosa et/ou de sauge sclarée (toutes deux proscrites aux femmes enceintes ou qui allaitent).VOUS LE FAITES VOUS-MÊME?Vous avez des idées originales pour valoriser des matières résiduelles?Partagez vos bons coups avec moi : vmarcoux@lesoleil.com SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M18 Vous avez envie de prendre le large, mais êtes encore craintifs des risques posés par la COVID?Mathieu Blanchard et Loury Lag proposent de les suivre dans une folle aventure, de voyager par procuration là où le virus ne risque pas de se propager : dans le froid polaire d\u2019une expédition dans le cratère du lac Manicoua- gan.L\u2019aventure de 240 kilomètres, où le duo sera accompagné d\u2019un photographe, devait s\u2019amorcer le vendredi 25 février et finira autour du 7 mars.L\u2019expédition polaire Uapapunan, de son nom officiel, est d\u2019abord un défi pour ces deux athlètes de l\u2019extrême âgés dans la mi-trentaine.C\u2019est aussi une occasion de promouvoir le tourisme hivernal au Québec dans des endroits un p eu moins connus et de mettre en valeur la réserve mondiale UNESCO de la biosphère Manicouagan-Uapishka.«Au Québec, on pense souvent à la Gaspésie, à l\u2019Outaouais, à l\u2019Es- trie, mais au nord, quand on arrive à Tadoussac, on met le clignotant à gauche et on bifurque vers le Saguenay.Moi-même, je ne suis jamais allé au nord de Tadoussac, mais il y a des activités incroyables à faire là-haut », insiste Mathieu Blanchard, originaire de la France et installé au Québec depuis huit ans.Loury Lag est Français.Il a tenté une traversée du Canada par l\u2019océan Arctique, en 2020, mais a dû interrompre le périple quand la COVID est apparue dans le pays.Le Canada lui a demandé de rentrer à la maison.«C\u2019était un gros échec pour lui.Ce sera une occasion de renouer avec le Canada.Ce pays nous a tous les deux secoués, autant que la météorite qui a formé le lac Manicouagan», continue Mathieu.Loury possède une expertise du monde polaire.Il a traversé les plus grands glaciers d\u2019Europe.Mathieu est un ultramarathonien professionnel.Il a remporté des courses à Tahiti, au Guatemala, en Martinique et en Turquie, notamment.Il a aussi participé à la téléréalité Koh-Lanta, la version française de Survivor.Les deux acolytes se connaissent depuis environ un an.«Je suis allé dans des endroits chauds et humides, mais jamais dans les plus froids.Je n\u2019ai jamais dormi dans une tente sous les 10 degrés Celsius.C\u2019était volontaire de ma part de ne pas en apprendre davantage avant le départ.Loury m\u2019enseignera.Pour nous, sortir de notre zone de confort est vital.» L\u2019idée d\u2019une aventure dans le Nord québécois est apparue en plein désert du Sahara, où les journées les plus chaudes atteignaient 58 degrés.«Loury racontait ses expéditions polaires.Je lui ai dit qu\u2019il était temps d\u2019en faire une au Québec.» L\u2019idée, c\u2019est de relever un défi.De ramener des images, aussi, pour monter un film d\u2019aventure.«C\u2019est un défi.On devra tout faire avec des moufles et les batteries ne tiendront pas longtemps.On veut un film grand public pour encourager le tourisme d\u2019aventure hivernal.Pour que ce soit grand public, ça prenait quelqu\u2019un, comme moi, qui n\u2019y connaît rien.» DÉFI POLAIRE DANS LE CRATÈRE DU LAC MANICOUAGAN JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 1 Mathieu Blanchard s\u2019est entraîné à tirer sa pulka de 100 kilos, à Montréal, en prévision de son aventure polaire au lac Manicoua- gan.\u2014 PHOTO FOURNIE, JÉRÔME BINETTE leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M19 VOYAGES Les deux hommes voyageront à ski et tireront chacun une pulka, une sorte de traîneau d\u2019un mètre et demi de long, pesant 100 kilos.On y trouvera le matériel pour monter un abri et la nourriture pour la durée de l\u2019aventure.Il faut prévoir entre 6000 et 8000 calories par personne par jour.Les skis, dans la neige profonde, offrent une meilleure portance que les raquettes et peuvent servir d\u2019ancre pour la tente, affirme Mathieu.Au duo s\u2019ajoutera Benjamin Faure, photographe.«Pour qu\u2019il soit libre de ses mouvements et qu\u2019il arrive à prendre des photos, il ne tirera pas de pulka.Il sera au troisième rang, en raquettes, sur une neige qu\u2019on espère avoir tapée devant lui.Nous nous sommes entendus pour ne pas l\u2019utiliser pour monter le camp non plus.C\u2019est un projet expérimental.Nous ne savons pas si ça fonctionnera.» Le camp de base sera la station de Uapishka, une base de recherche scientifique où les copines des deux aventuriers resteront pendant tout le voyage pour assurer la logistique.Elles surveilleront entre autres les conditions météo pour alerter Mathieu et Loury en cas de tempête à l\u2019horizon.« Nous sommes des collectionneurs d\u2019histoires.Nous recevons beaucoup de commentaires positifs de ceux qui nous suivent.Ils nous disent qu\u2019on les éveille à l\u2019idée de sortir de chez eux.Ça nous motive à aller chercher de grandes histoires.Nous comptons nous arrêter dans le territoire autochtone de Pessamit pour deux jours.Nous voulons parler de la culture ancestrale pendant notre parcours.Nous aurons des panneaux solaires, de l\u2019équipement à la fine pointe, en goretex, en laine de mérinos, mais les peuples nomades survivaient avec peu de matériel.Nous sommes donc obligés de réussir, considérant les équipements que nous aurons.» Mathieu Blanchard et Loury Lag tenteront par le fait même d\u2019attirer l\u2019attention sur les recherches scientifiques associées au territoire qu\u2019ils exploreront, en plus de valoriser le tourisme d\u2019aventure et l\u2019écotourisme hivernal.S\u2019il s\u2019ennuyait un peu dans sa vie d\u2019urbain pendant la pandémie, Mathieu Blanchard aura un défi à sa hauteur.Il admet avoir un peu peur du froid.S\u2019il lui arrive de congeler par moins 30 sur le mont Royal, il sait qu\u2019il pourra toujours rentrer chez lui pour s\u2019emmailloter après un entraînement de ski de fond.«Là-bas, il faudra monter la tente à -30 en fin de journée et dormir à l\u2019intérieur avec la même température.Les peuples ancestraux l\u2019ont fait, donc c\u2019est possible.» La durée du voyage dépendra des conditions météorologiques.L\u2019objectif est d\u2019avancer à raison de 25 km par jour.Mais Mathieu Blanchard se souhaite quand même des journées difficiles.«Plus on surmonte des difficultés, plus on est fier à la ligne d\u2019arrivée. S\u2019ils arrivent à récupérer toutes les images souhaitées, les aventuriers espèrent présenter leur film dans un festival d\u2019aventure en août et organiser des projections privées tout l\u2019automne.L e u r s p u b l i c a t i o n s s e ro n t relayées sur les réseaux sociaux sur le compte instagram @bon- jourquebec, alors que l\u2019Alliance de l\u2019industrie touristique du Québec, Tourisme Côte-Nord et Tourisme Autochtone Québec se sont tous associés au projet.1 et 2 Mathieu Blanchard s\u2019est entraîné à tirer sa pulka de 100 kilos, à Montréal, en prévision de son aventure polaire au lac Manicouagan.\u2014 PHOTOS JÉRÔME BINETTE 3 Mathieu Blanchard et Loury Lag se lancent dans une expédition de 240 kilomètres au lac Manicouagan.\u2014 PHOTO FOURNIE, BENJAMIN FAURE 2 3 SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M20 Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante UNE SEMAINE D\u2019ACTU Comme tu le sais, le mois de février est le mois de l\u2019histoire des Noirs.Voici des livres qui te permettront de terminer ce mois en apprenant des choses tout en relaxant pendant ta relâche! \u203a NELSON MANDELA : UN PIONNIER EN MATIÈRE DE JUSTICE Nelson Mandela a passé 27 ans derrière les barreaux pour avoir réclamé l\u2019égalité entre les Noirs et les Blancs.Il est d\u2019ailleurs devenu le premier président noir de l\u2019Afrique du Sud en 1994.Décédé en 2013, il demeure une figure importante en matière de justice sociale.Son histoire est si fascinante que je te propose trois livres à son sujet.Le livre Connais-tu Nelson Mandela?te permettra de connaître les moments marquants de la vie de Nelson Mandela.Si tu souhaites en apprendre davantage sur celui qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1993, tu peux aussi consulter le court roman historique Non à l\u2019apartheid.Le magnifique album Grand-père Mandela te permettra quant à lui d\u2019en apprendre beaucoup sur l\u2019homme à travers de grandes pages illustrées.\u203a TROIS FEMMES COURAGEUSES As-tu déjà entendu parler de Rosa Parks, cette femme noire qui a refusé, en 1955, de céder sa place d\u2019autobus à un blanc?L\u2019album Le bus de Rosa saura t\u2019émouvoir par la force tranquille et sereine de Rosa Parks.Le roman graphique Noire.La vie méconnue de Claudette Colvin te fera quant à lui découvrir une autre femme forte qui a vécu une situation semblable à celle de Rosa Parks.Même chose pour l\u2019album Voici Viola Desmond! Ces trois femmes \u2014 et plusieurs autres \u2014 méritent toute la lumière du monde.Pas étonnant que des pages entières leur soient consacrées.\u203a LE RACISME L\u2019injustice liée à la couleur de peau d\u2019une personne ou à son origine a un nom : le racisme.Pour mieux comprendre ce sujet, je te propose un petit album fort intéressant : Le racisme et l\u2019intolérance.\u203a L\u2019AVENIR APPARTIENT À TOUS Dans le livre I have a dream, tu découvriras le parcours inspirant de 52 icônes noires qui ont marqué l\u2019histoire, dont Martin Luther King, Mohamed Ali, Serena Williams, Beyoncé et Oprah.Tu réaliseras alors que comme les personnes inspirantes, les rêves n\u2019ont pas de couleurs.\u203a ÉCRIVONS ENSEMBLE LA SUITE DE L\u2019HISTOIRE Le mois de l\u2019histoire des Noirs nous rappelle les erreurs du passé et nous donne espoir en demain.Par contre, encore au- jourd\u2019hui, le racisme laisse des traces.Essayons ensemble d\u2019y mettre fin, une main tendue à la fois! MOIS DES NOIRS : DES LIVRES POUR FINIR EN BEAUTÉ leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M21 LE P\u2019TIT MAG P H O T O 1 2 3 R F Aujourd\u2019hui, on te parle des tensions non pas entre deux pays, mais entre une marque de croustilles et une chaîne d\u2019épicerie.\u203a POURQUOI CETTE CHICANE?C\u2019est la marque Frito-Lay qui a arrêté de livrer ses produits à l\u2019épicier Loblaw (qui est aussi propriétaire des épiceries Maxi et Provigo).Depuis quelques semaines, c\u2019est donc normal si toi ou tes parents avez constaté que la section «chips» était moins garnie qu\u2019à l\u2019habitude.Si tu es un amateur ou une ama- trice de chips, la marque Frito-Lay te dit peut-être quelque chose : c\u2019est elle qui produit les Cheetos, les Doritos, les Lays, les Ruffles et les Sunchips.Si Frito-Lay a demandé plus d\u2019argent à Loblaw pour lui permettre de vendre ses produits, l\u2019épicier a refusé la hausse des prix que demandait le fabricant de chips.C\u2019est la raison de la mésentente.Cette augmentation des coûts est due, selon la porte- parole de Frito-Lay, aux prix des ingrédients, à l\u2019emballage et au transport.Tous les coûts ont augmenté.On appelle ça l\u2019inflation.Frito-Lay affirme que ses chips coûtent plus cher à produire, et veut donc qu\u2019elles se vendent plus cher! Mais Loblaw refuse d\u2019accepter toute hausse de prix.\u203a LA FAUTE DE L\u2019INFLATION?C\u2019EST QUOI ÇA?L\u2019inflation, c\u2019est quand partout, le prix de tout augmente.C\u2019est en raison de ce phénomène que les coûts des produits d\u2019épicerie par exemple, sont plus élevés qu\u2019il y a 20, 30 ou 40 ans.Et que, sans surprise, ils continueront d\u2019augmenter avec les années.Certains et certaines soutiennent toutefois que les fabricants utilisent l\u2019inflation pour justifier des hausses de prix qui ne sont, selon eux, pas justifiées.Selon certains commerçants, il est arrivé par le passé que les fabricants aient demandé un prix plus grand que ce que représentait l\u2019inflation.Les épiciers essaient d\u2019éviter de grandes hausses de prix parce qu\u2019ils veulent garder le plus de clients possible.\u203a LA FACTURE DE L\u2019ÉPICERIE AUGMENTE! Cet enjeu, en apparence une simple guerre de croustilles, est plus compliqué et nuancé qu\u2019on le croit.Nous sommes actuellement confrontés à une hausse de prix généralisée qui rend nos paniers d\u2019épicerie de plus en plus chers.Plusieurs pensent que cette guerre des croustilles pourrait permettre des débats plus importants concernant la hausse des prix qu\u2019imposent les fabricants\u2026 C\u2019est une histoire croustillante à suivre! PAR ARIANE DUPUIS, JOURNALISTE STAGIAIRE C\u2019EST PAS LA GUERRE DES TUQUES.C\u2019EST LA GUERRE DES CROUSTILLES! P H O T O 1 2 3 R F / D E A G R E E Z E Les écoles primaires et secondaires du Québec, seront en relâche scolaire la semaine prochaine ou la suivante.Tu pourras alors te reposer en restant en pyjama et peut-être te lever plus tard que d\u2019habitude\u2026 Mais il y a aussi une foule d\u2019activités à faire pour ne pas s\u2019ennuyer! \u203a METS À PROFIT TES TALENTS D\u2019ARTISTE! As-tu une plume à faire frémir les âmes sensibles?Ou une imagination débordante qui aime inventer des histoires de chevaliers et de dragons?Ou encore, peut-être aimes-tu peindre, ou même bricoler, que dis-je, construire un meuble! Libère ton esprit créatif pendant la relâche, et lance-toi dans un projet artistique dont tu seras fière ou fier! \u203a FAIS UNE BONNE ACTION! Tu as toujours rêvé de changer le monde?Voici ta chance! Organise une collecte de vêtements pour les sans-abri, offre ton aide à un organisme près de chez toi, offre de déneiger les entrées de tes voisin.e.s\u2026 Les possibilités sont infinies! Et on se sent toujours bien après avoir rendu service.\u203a AMUSE-TOI DEHORS! Pourquoi ne pas profiter de ton temps libre pour jouer à l\u2019extérieur?Selon MétéoMédia, les températures devraient rester entre 0 °C et -10 °C toute la semaine prochaine (donc pas trop froid!) et le soleil sera au rendez-vous la majorité du temps.Alors sors ta luge, tes patins ou tes skis, et vas t\u2019amuser avec tes ami.e.s ou ta famille! \u203a CUISINE ET CRÉE TON ÉMISSION CULINAIRE! C\u2019est le temps de mettre la main à la pâte! Crêpes, gâteaux, biscuits, pâté chinois\u2026 Il y a tellement de possibilités! Si tu n\u2019as pas d\u2019inspiration, une multitude de sites Internet existent pour t\u2019en donner.Tu peux aussi demander à tes parents, ils seraient sûrement très enthousiastes à l\u2019idée de t\u2019aider! Tu peux même inviter un.e ami.e et installer une caméra sur le comptoir avec tous les ingrédients nécessaires à la recette, et\u2026 tada! Tu as maintenant une émission de cuisine! PAR LAURENT CÔTÉ, JOURNALISTE STAGIAIRE DES IDÉES POUR LA RELÂCHE! SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M22 LE P\u2019TIT MAG Les sciences t\u2019intéressent?Tu te poses des questions sur les animaux, les plantes, l\u2019espace ou n\u2019importe quelle autre partie du monde qui t\u2019entoure?C\u2019est bien normal : les sciences, ce n\u2019est pas que pour les adultes! Alors, envoie-les-moi à jfcliche@lesoleil.com.Une fois par mois, je répondrai à une ou deux questions que tu m\u2019envoies.LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 Les rayures de la tuque bleue 2 Une cheminée en moins 3 La pomme du bâton de hockey 4 Une quatrième pointe sur la tuque de la jeune fille 5 La fermeture éclair de l\u2019habit de neige de la jeune fille 6 La position de la balle 7 L\u2019épaulette jaune du garçon Voyant la fumée s\u2019échapper des longues cheminées de la raffinerie Valero de Saint-Romuald, mon petit-fils s\u2019écria : «Ah! C\u2019est ici qu\u2019ils fabriquent les nuages» \u2014 Olivier, 5 ans FAITES- NOUS RIRE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com Le cycle de l\u2019eau Q Comment se forme la pluie?Francis R Il y a toujours un peu de vapeur d\u2019eau dans l\u2019air qu\u2019on respire.Pas beaucoup, bien sûr, puisque la vapeur représente qu\u2019environ 0,4 % de tous les gaz de l\u2019atmosphère terrestre en moyenne.Mais il y en a.L\u2019air, cependant, ne peut pas toujours contenir toute la vapeur disponible : plus il faut froid, moins l\u2019air est capable de contenir de vapeur d\u2019eau.Par exemple, quand il fait 30°C, l\u2019air peut «garder» jusqu\u2019à environ 30 grammes d\u2019eau par mètre cube (g/m3), mais quand il fait 5°C, alors l\u2019air ne peut contenir plus de 7 g/m³.Quand l\u2019air refroidit, la vapeur d\u2019eau qu\u2019il contient «en trop» va se condenser, c\u2019est- à-dire qu\u2019elle va devenir de l\u2019eau liquide.Cela arrive d\u2019ailleurs presque chaque jour pendant l\u2019été : quand la température diminue pendant la nuit, la vapeur «en trop» se condense sur les surfaces pour former la rosée (les petites gouttes d\u2019eau que tu vois dans l\u2019herbe le matin).Mais la condensation peut arriver ailleurs aussi.Quand une masse d\u2019air chaud s\u2019élève dans le ciel, elle se refroidit et sa vapeur «en trop» se condense pour former de minuscules gouttelettes.C\u2019est alors que des nuages se forment.Plus la condensation se poursuit, plus les gouttelettes grossissent, jusqu\u2019à ce qu\u2019elles deviennent trop lourdes pour rester suspendues dans le nuage.C\u2019est à ce moment qu\u2019elles tombent en pluie.RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR JEAN-FRANÇOIS CLICHE PHOTOS 123RF/PHOTOGRAPHIEUNDMEHR, FIREWINGS leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 ACTUALITÉS M23 N\u2019 eût été ma nuitée à Petite-Rivière-Saint- François, j\u2019aurais probablement passé tout droit sur la 138 et filé là où le fleuve s\u2019ouvre devant nous.Vous savez, quand on arrive à Baie-Saint-Paul et que notre souffle se coupe toujours un peu.Non, vous ne savez pas?Vous manquez quelque chose.Ça aurait été bête, quand même, d\u2019omettre cet arrêt à Petite-Rivière-Saint-François.Je débarque chez Momentôm Refuges Nature un autre de ces matins froids, sans avoir réalisé que je devrai marcher environ un kilomètre pour me rendre à mon refuge, la valise bien pleine pour 10 jours d\u2019excursions.Une petite distance, mais lorsqu\u2019on ne voyage pas léger\u2026 La copropriétaire, Isabelle God- bout, m\u2019offre gentiment de m\u2019emmener en motoneige.Compte tenu de mes (nombreux) plans de la journée, j\u2019accepte, gênée, en amenant néanmoins juste un sac à dos.J\u2019ai bien l\u2019intention de revenir à pied, quand même! En parcourant le site sillonné de sentiers, je réalise que je vais manquer quelque chose si je ne prends pas le temps de découvrir l\u2019endroit que je dois quitter le lendemain.Je donne donc rendez-vous à ma cousine ici plutôt qu\u2019en ski de fond.Ensemble, on découvre le site bordé par la rivière du Sault, dont la mignonne bibliothèque en pleine nature.Ici , les unités de glamping comptent un foyer mural intérieur, un plancher radiant et un spa privé, pour ne nommer que ces éléments.Et surtout, on y trouve la sainte paix.De ma terrasse, les montagnes de Charlevoix se dessinent au loin.ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR BONHEUR ENNEIGÉ DANS CHARLEVOIX LIRE LA SUITE \u203a M24 1 2 SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M24 ACTUALITÉS 1 Le parc des Hautes- Gorges-de- la-Rivière-Malbaie est ouvert depuis environ trois ans en hiver.\u2014 PHOTO LA PRESSE, HUGO- SÉBASTIEN AUBERT 4 Le Centre de plein air Les Sources joyeuses à La Malbaie : un coup de coeur pour les fondeurs.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION 3 Un nouveau pavillon dans le secteur de l\u2019Équerre permet aux marcheurs de prendre une pause.Il s\u2019ouvrira à l\u2019hébergement en juin prochain.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION 2 Une des quatre unités chez Momentôm Refuges Nature.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION C\u2019est en voie de devenir une tradition.L\u2019été dernier, lorsque je suis revenue du Saguenay par Charlevoix, ma cousine m\u2019a reçue à souper avec une fondue au fromage du restaurant Ah La Vache.J\u2019ai pu lui rendre la pareille en janvier.Je garderai un souvenir gourmand de notre souper (presque) aussi fort que nos retrouvailles.Ça goûte le ciel, comme dirait celle qui a partagé mon repas, devenue Baie-Saint-Pauloise après avoir quitté Sherbrooke.Et on n\u2019est pas les seules à faire ce constat.Les miches de pain prêtes à mettre au four garnies de fromage fondu sont parfois expédiées dans d\u2019autres régions, jusqu\u2019à Sherbrooke et Saint- Denis-de-Brompton, me raconte Nicolas Bellon, le propriétaire d\u2019Ah La Vache.Le restaurant qui a pignon sur la rue Saint-Jean- Baptiste à Baie-Saint-Paul a lancé cette formule lorsque la pandémie a frappé.La journée est tout compte fait une parfaite entrée en matière pour une virée dans Charlevoix.LA SUITE Parce que tout un plat principal m\u2019attend, avec une expédition en canot à glace le lendemain, puis une visite du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière- Malbaie.Samedi matin, je file donc en direction du parc, à environ 27 km de Saint-Aimé-des-Lacs.À mon départ de La Malbaie, ma voiture indique -21, -25, -29\u2026 et pas nécessairement dans l\u2019ordre.J\u2019espère seulement que le thermomètre fait fausse route.Mon plan de match : prendre la navette qui me conduira dans le secteur de l\u2019Équerre du parc (à environ 7,5 km), où j\u2019irai faire une courte randonnée pour ensuite revenir en vélo d\u2019hiver.Or, à mon arrivée, avec la météo polaire, la navette refuse de démarrer.J\u2019hésite entre le vélo d\u2019hiver et marcher.et préfère la seconde option.C\u2019est un tout autre parc, découpé par des parois glacées, que je découvre en pleine saison hivernale.Après l\u2019avoir vu à deux reprises des hauteurs de l\u2019Acropole-des-Draveurs, je le découvre de l\u2019intérieur, tout aussi magnifique.Peut-être même encore plus.La Sépaq ouvre ce parc en période hivernale depuis environ trois ans.J\u2019opte pour le sentier multi- fonctionnel à l\u2019aller, question de demeurer à l\u2019abri du vent.J\u2019y trouverai un premier refuge chauffé.Au bout, je découvre le pavillon de l\u2019Équerre, où l\u2019on peut se réchauffer.L\u2019édifice, qui permet d\u2019admirer la vallée, sera ouvert pour l\u2019hébergement à compter de juin 2022.Il pourra accueillir huit personnes et compte quatre chambres.À un kilomètre de là, je vais admirer la chute du Ruisseau- Blanc, bien figée dans la glace.Moi qui ne suis pas friande des cours d\u2019eau glacés, je reviens par la rivière.La Sépaq a balisé un parcours pour les marcheurs et les fat- bikes.C\u2019est vraiment à cet endroit que tu te sentiras immergée, m\u2019avait conseillé Nathalie Saint-Pierre, coordonnatrice à la Sépaq.Vrai.En m\u2019enfonçant vers le chemin du retour, je me sens toute petite dans cette haute vallée.La glace craque parfois.Un véritable tableau de glace noire se trouve sous mes pieds.Une patinoire a aussi été réalisée à côté du centre de services des Draveurs, et on peut même y glisser en tube.Avec 15 km au compteur et le vent qui s\u2019est levé, ce sera pour une prochaine fois.J\u2019ai déjà une bonne idée des petits bonheurs que peut procurer ce lieu.La chroniqueuse était l\u2019invitée de Tourisme Charlevoix.4 3 leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 ACTUALITÉS M25 MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS 1 3 4 2 J uché sur une souche, les pieds gelés, Jean-Si- mon Bégin espérait que la chouette lapone se retourne vers lui.C\u2019était l\u2019heure bleue, le ciel était couvert et une fine neige tombait sur la forêt.Le décor était parfait.Et là, durant un magnifique instant, la tête de la chouette a f a i t u n e r o t a t i o n d e 2 7 0 degrés, comme pour saluer le photographe.L\u2019 hy pn ot i sante v i d é o q u e M.Bégin a en a tiré traduit bien à quel point il a été émerveillé à la vue de la plus grosse chouette du Québec, perchée devant lui dans un parc naturel de la Mauricie.Cet art de l\u2019émerveillement, Jean-Simon Bégin, 31 ans, l\u2019aiguise au quotidien.«C\u2019est un métier contemplatif, dit-il.On est presque en méditation : plus on est en fusion avec le moment présent, plus on est à même de bien le capter.» Quand il était gamin, à Cap- Rouge, Jean-Simon Bégin pouvait passer des heures à admirer les insectes et à les photographier.Il en faisait aussi une grosse collection, à laquelle il a ensuite mis fin pour ne plus avoir à les tuer.«C\u2019était une façon naïve pour moi de dire : regardez comment c\u2019est L\u2019ART DE CONTEMPLER L\u2019HIVER beau!» M.Bégin se souvient d\u2019avoir pris sa première photo animalière vers l\u2019âge de 12 ans, celle d\u2019un canard colvert en plein vol.Il se rappelle aussi à quel point son appareil photo était hyperactif lorsqu\u2019il allait voir Papillons en Fête au Jardin Hamel, à L\u2019Ancienne-Lorette.Quand il a eu son permis de conduire, Jean-Simon Bégin prenait la route tôt le matin avec un ami pour être sûr d\u2019arriver avant le lever du soleil au Parc national de la Jacques-Cartier, à Stoneham.Il photographiait des orignaux, des renards, des castors, captivé par ce moment d\u2019intimité que des animaux partageaient avec lui.M.Bégin, qui est aussi peintre, a longtemps dû travailler en restauration avant de pouvoir SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M26 ACTUALITÉS 5 vivre uniquement de la photo.Maintenant, il est un des rares photographes à gagner sa vie en braquant son objectif sur la faune québécoise.En décembre 2021, Jean-Simon.Bégin a été élu photographe de l\u2019année par Canadian Geographic, un magazine qui met en valeur le travail des photographes canadiens.Les éditeurs de la revue ont notamment été conquis par ses photos prises lors de deux expéditions au Nunavik, dans le Grand Nord québécois, en septembre dernier.Quand il revient sur sa carrière, Jean-Simon Bégin voit un fil conducteur.«J\u2019ai toujours eu une fascination pour la nature, une espèce de curiosité sans borne de toujours arriver devant l\u2019inconnu, devant le formidable, dit-il.Cette fascination que j\u2019avais de m\u2019ébahir devant des papillons et des bibittes, de l\u2019aie encore aujourd\u2019hui.J\u2019ai toujours cultivé ça.C\u2019est une des choses les plus précieuses que j\u2019aie en moi».EXERCER L\u2019ÉMERVEILLEMENT Comme Jean-Simon Bégin, on a tous la capacité de s\u2019émerveiller.Cette aptitude est peut-être enfouie depuis longtemps, ramollie par des années de vie effrénée.Ou peut-être qu\u2019elle s\u2019est réveillée avec des balades en forêts durant la pandémie.Dans tous les cas, elle est là.Elle demande juste à faire un peu d\u2019exercice.P o u r l e s c y n i q u e s , l\u2019émer veillement est un truc ré s e r v é a u x e n f a n t s o u a u x adultes un peu gagas qui persistent à se pâmer devant des banalités : hon, regarde les belles fleurs! Mais ce que la science constate depuis une vingtaine d\u2019années \u2014 et que des religions et la philosophie avaient deviné longtemps avant \u2014, c\u2019est que l\u2019émerveillement fait partie des grandes émotions positives qui infusent le quotidien de l\u2019être humain, comme la joie, l\u2019amour, l\u2019espoir ou la fierté, par exemple.Dans son l ivre Mieux vivre grâce à la pensée positive, publié l\u2019an dernier en français, la psychologue Barbara Fredrickson, considérée comme une pionnière de l\u2019étude des émotions positives, décrit l\u2019émerveillement* comme ce qui se produit lorsque vous «êtes momentanément cloué sur place» et que «vous avez accès à quelque chose de plus grand que vous-mêmes».On ressent tous de l\u2019émerveillement de temps en temps, le plus souvent quand on est happé par la beauté de la nature \u2014 une forêt majestueuse, un coucher de soleil derrière une montagne, des vagues qui se brisent sur le rivage.Mais on peut aussi s\u2019émerveiller en contemplant une toile de Riopelle, le Château Frontenac, Maxence Parrot qui s\u2019élance au grand saut aux JO ou une vidéo d\u2019une chouette lapone qui tourne la tête à 270 degrés.S e l o n u n e é t u d e , o n e s t émerveillé environ une fois par trois jours.Mais on pourrait faire beaucoup mieux que ça.En fait, on devrait, parce que l\u2019émerveillement peut donner un gros coup de pouce à notre bien-être.MATHÉMATIQUE DU BONHEUR La recherche a montré notamment que lorsqu\u2019on est émerveillé par quelque chose de plus grand que soi, on se sent plus humble, moins individualiste et moins matérialiste.Mais le bienfait le plus évident \u2014 et peut-être le plus important \u2014 de l\u2019émerveillement est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une émotion positive.Lorsque vous ressentez une émotion positive, les niveaux d\u2019hormones du bien-être \u2014 dopamine, sérotonine, endorphines et ocytocine \u2014 augmentent dans votre cerveau.Et que se passe-t-il?Vous vous sentez bien, vous sentez que la vie est belle.Et plus vous baignez souvent dans cet état, plus vous êtes heureux.Le bonheur est, d\u2019une certaine façon, mathématique.C\u2019est un peu comme si une montre intelligente pouvait calculer votre ratio d\u2019émotions positives par rapport à votre niveau d\u2019émotions négatives et qu\u2019à la fin de la journée elle vous envoyait un message : «Bravo! Aujourd\u2019hui, vous avez atteint un ratio de 4 émotions positives pour 1 émotion négative.» Ou : «Dure journée! Vous avez atteint un ratio de 5 émotions négatives pour 1 émotion positive».Bien sûr, le bonheur est plus compliqué que ça.L\u2019indice le plus couramment utilisé pour mesurer le bonheur est notre niveau de satisfaction à propos de notre vie \u2014 et cet indice exige une perspective plus large que le bilan des sourires et des sourcils froncés.Il nous demande si on a accompli ce qu\u2019on voulait à notre âge et si notre vie a un sens.Mais selon le psychologue Daniel Kahneman, prix Nobel en 2002, on ne devrait pas sous-estimer l\u2019importance du bonheur qu\u2019on expérimente d\u2019heure en heure, celui est tissé d\u2019une succession d\u2019émotions positives et négatives.Pour Kahneman, on peut augmenter le bonheur «expérientiel» de façon relativement simple : en passant moins de temps à faire des activités déplaisantes, comme être dans le trafic, et plus de temps à faire des activités plaisantes, comme faire de l\u2019exercice ou socialiser.Rattaché à l\u2019émerveillement, ce principe signifie qu\u2019on aurait avantage à émailler notre horaire d\u2019activités susceptibles de nous émerveiller.1 Flocons 2 Trahison au sommet 5 Nebulosa \u2014 PHOTOS JEAN-SIMON BÉGIN 3 Givre errance 4 Pour Jean-Simon Bégin, le métier de photographe en est un de contemplation.\u2014 PHOTO ANNE ROUSSEAU leDroit SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 M27 LE MAG P etite brasserie artisanale du quartier Limoilou à Québec, La Souche est devenue une brasserie régionale qui se donne les moyens de distribuer de plus en plus de bières et de faire profiter le plus de consommateurs possible de son expertise.Connaissez-vous La Souche ?En cette année 2022, La Souche fête son 10e anniversaire.Je me souviens de ma première visite aux installations de Limoilou, un broue- pub austère, avec une carte de bières qui suivait les tendances \u2014 tout en s\u2019affirmant derrière des valeurs prônant la promotion des produits régionaux \u2014 et qui développait des bières aux saveurs multiples, mais justes.Il a fallu attendre quelques mois après l\u2019ouverture, que les premiers équipements de brassage soient livrés, pour voir évoluer les recettes de la brasserie et profiter de l\u2019imagination débordante de l\u2019équipe de brassage.En 2016, La Souche Stone- ham a vu le jour ; c\u2019est l\u2019usine qui permet aujourd\u2019hui de brasser et de distribuer les bières partout au Québec.Depuis cinq ans, la brasserie a réussi à se positionner avec pertinence sur les tablettes des détaillants.La Souche, c\u2019est la petite brasserie qui grandit chaque année, sans trop se faire remarquer, préférant gagner chaque part de marché par une approche axée sur les relations humaines.Une approche qui porte ses fruits et qui lui permet aujourd\u2019hui d\u2019être considérée comme une brasserie d\u2019envergure provinciale.Les consommateurs apprécient cette image de brasserie à taille humaine qui respire dans ses produits.Mais La Souche, c\u2019est aussi une brasserie qui participe activement à la culture bière du Québec et qui n\u2019hésite pas à proposer des bières avant-gardistes pour l\u2019époque.Voici quatre bières à essayer : GROS PIN Une des premières bières sorties des cuves de La Souche Limoilou.Derrière sa robe rousse se cache une bière douce, aux notes agréables de malt et de pain rôti.Inspirée d\u2019une Irish Red, c\u2019est une bière sans trop d\u2019amertume, sur l\u2019équilibre des céréales et au taux d\u2019alcool dans la moyenne.LIMOILOU BEACH Les bières sures, il y a plusieurs années, étaient beaucoup moins populaires qu\u2019au- jourd\u2019hui.L\u2019équipe de brassage de La Souche a toujours aimé brasser des bières acidulées, en utilisant diverses levures et mélanges de bactéries.La Limoilou Beach est l\u2019une des cuvées acidulées que les clients appréciaient au pub, et qui est devenue l\u2019une des bières les plus vendues dans le portefeuille de produits, permettant à plusieurs d\u2019entre vous de se familiariser avec l\u2019acidité dans la bière.Au nez, des notes de cassis et de yogourt.En bouche, l\u2019acidité vient appuyer la fraîcheur du fruit.CRISE EXISTENTIELLE Une IPA sure ! On en trouve beaucoup aujourd\u2019hui, mais encore une fois, l\u2019équipe de brassage de La Souche, en offrant cette bière saisonnière il y a quelques années, prenait le pari de proposer une bière qui méritait explication et apprentissage auprès des consommateurs.Aujourd\u2019hui, je la considère comme la référence lorsqu\u2019il s\u2019agit de parler du goût amer et acidulé d\u2019une bière.Vous aimez les houblons contemporains ?Vous aimerez cette bière qui présente de belles notes aromatiques de houblon, sur une acidité tranchante.PETITE MÛRE J\u2019aime les bières affinées et assemblées qui profitent du savoir-faire d\u2019assemblage et de la recherche de l\u2019équilibre des goûts.Cette Petite Mûre propose des notes agréables de mûre, bien évidemment, mais aussi d\u2019un nez complexe de levures et de bactéries.C\u2019est une dégustation fort agréable, car elle vous plonge dans des souvenirs olfactifs qui vous rappellent d\u2019autres bières.Le genre de dégustation qui se transforme en discussion avec le/la maître de chai.La Souche, la petite brasserie qui fait son chemin \u2014 LA SOUCHE PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca SAMEDI 26 FÉVRIER 2022 leDroit M28 L\u2019infolettre Inscris-toi www.ledroit.com/infolettres/inscriptions Mmm."]
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