Le foyer canadien, 20 janvier 1874, mardi 20 janvier 1874
[" JOURNAL DE FAMILLE Vouumx IT.WORCESTER, MASS., 30 JANVIER 1874 Numêro 3, PHARMACIE FRANCAISE, No.172 RUE,FRONT, WORCESTER, MASS.VENTE EN GROS ET EN DETAIL.Achetant tous nos articles en grande quantité \u20ac; les payant toujours à nos fournisseurs argent comptant, nous avons à meilleur marché que la plupart des sutres pharmaciens, qui achètent à crédit, et Par conséquent, Nous pouvons Vendre à Prix modéres.Paume\" Nous avons constamment en mains un assortiment ehoîsi et complet de: Médecines «le toutes sortes, Toniques, Produits chimiques, Essences, Téeintures, ete, etc, etc.Les prescriptions médicales sont remplies avec le plusgrand soin.$2 LES MEILLEURS VINS {FET LIQUEURS IMPORTES, RW Pure et vendus à prix raisonnables.CIGARES ET TABAC DE CHOIX.Nos articles de toilette, tels que brosses à hardes, à cheveux, parfums, huiles pour les cheveux, restaurateurs de la chevelure, miroirs de poche, ete, ete, aont de première qualité et vendus au PLUS BAS PRIX POSSIBLE.\"MM.LES MARCHANDS Détailleurs qui voudront bien patronner uotre établissement, obtiendront une remise libérale sur leurs achats, ot noue avons l'assurance qu'ils ne regretteront pus d\u2019avoir commencé à acheter de nous, Le DOCTEUR JACQUES tient son bureau a cette Pharmacie, où il pent être cunsulté à toute heure du jour ou de la nuit.JACQUES & FARWELL, PROPRIÉTAIRES.NarorLBON Jacques, M.D: FRANE À FarwesL, Ind.FEUILLETON.LES FIANCES.CHAPITRE VI (Suite.) Le choc de la barque, en abordant, fit sortir Lucia de l\u2019espèce de sommeil dans lequel elle était plongée; elle cssuya ses yeux et se leva.Renzo sortit le premier, puis Agnès et sa fille, et tous trois remercièrent tristement le batelier.\u201c Ce n\u2019est rien, dit celui-ci, nous sommes pour nous aider les uns les autres,\u201d et il retira la main avec une espèce de mépris, lorsque Renzo voulut lui donner quelque argent.La voiture les attendait, le conducteur les salua, les fit monter, fouetta son cheval, et les voilà partis.Nosvoyageurs arrivèrent à Monza un peu après le lever du soleil: le conducteur alla À une hôtellerie qu\u2019il paraissait connaître, fit donner une chambre aux hôtes, et lui, comme le batelier, s\u2019échappa, lorsque Renzo voulut récompenser ses services.La fatigue du jour précédent et de la nuit fit que nos voyageurs goûtèrent mieux le charme de se trouver réunis loin du tyran qui les poursnivait, Leur bourse peu garnie ne leur permit de faire qu'un modeste souper, qui toutefois leur sembla bon; mais en songeant au banquet de fête ui avait été préparé, aux chapons qu\u2019 gnès avait engraissés puur ce jour-là, chacun fit un gros soupir.Renzo voulait passer la journée à Monza; mais les femmes s\u2019y opposèrent, parce que, disaient- elles, la séparation serait ensuite plus cryelle; que le monde parlerait; et puis, qu\u2019il fallait suivre en tout les conseils du père Cristoforo.Ils se séparèrent donc.Lucia versa d\u2019abondantes et sincères larmes; Renzo eut de la peine à retenir les siennes.Les pauvres femmes se seraient trouvées fort embarrassées sans le bon conducteur qui avait ordre de donner tous les renseignements nécessaires.Avec son escorte, elles arrivèrent au couvent peu éloigné de Monza.Le conducteur demanda le père gardien et lui remit la lettre.\u2014Oh ! c\u2019est du père Cristoforo, dit-il en reconnaissant l\u2019écriture; le ton de sa voix et l\u2019expression de son visage annonçaient clairement qu\u2019il prononçait le nom d\u2019un ami.Fra Cristofcro comme nous nous eu duutivns bien, avait recommandé avec chaleur ses protégées; car de temps en temps le père gardien levait les yeux au ciel; puis prenait l'air indigné en regardant les femmes, et surtout la jeune fille.Æt puis il disait: 11 n\u2019y a que la signora, si la signora veut.; Ensuite il prit Agnès à part; lui fit quelques questions auxquelles elle répondit; et puis, se tournant.vers Lucia, il leur dit à toutes doux: \u2014Ecoutez, je vais tâcher de vous trouver un asile sûr et honorable jusqu\u2019à ce que Dieu mette fin à vos peines.Venez avec moi au monastère de la signora.\u2014Et parlant ainsi, il pressa le pas; elles le suivirent.\u2014 Qu'est-ce donc que la signora?dirent- elles à leur guide.\u2014La signora, répondit celui-ci, est une religieuse, mais ce n\u2019est pas une religieuse commie les autres, non pas qu\u2019elle soit ni l\u2019abbesse ni la prieure; on dit même qu\u2019elle est fort jeune.Ses parens sont des grands d\u2019Espagne, ct on la nomme ainsi pour signifier que c\u2019est une grande dame.Au dehors, elle jouit d\u2019une grande considération, et dans le couvent elle fait à peu près la pluie et le bean temps.Aussi, si elle se charge de vous, vous pouvez être tranquilles; vous serez en sûreté comme sur l\u2019autel.Le gardien fit entrer la mère ct ln fille dans la première cour du monastère, les couduisit dans la chambre de l\u2019économe, à qui il les recommanda, ct s\u2019en alla seul faire sa demande.Peu d\u2019instans après, il revint avec l'air joyeux et leur dit de le snivre.1} arriva à temps, car la mère et la fillene savaient plus se tirer des questions pressantes de l\u2019économe.En traversant une seconde cour, le père gardien fit la leçon aux deux femmes sur la manière dont elles devaient être avec la signora.\u2014\u2014Elle est bien disposée pour vous, et peut vous faire beaucoup de bien.Way: ez humbles et respectueuses, répondez avec simplicité aux demandes qu\u2019il lui plaira de vous faire, et, quand elle ne vous interrogera pas, laissez-moi faire.Elles entrèrent dans une pièce du rez-de- chaussée par laquelle il fallait passer pour aller au parloir.Lucia, qui n'avait jamais vu de couvent, regardait de tous côtés dans le parloir pour faire la révérence à la signora; mais, ne voyant personne, elle resta en repos.Efin elle vit le gardicn et sa nière se diriger d\u2019un certain côté, ellelos suivit, et bientôt elle distingua un espèce de petite fenêtre grillée, derrière laquelle était une religieuse debout.Cette femme paraissait avoir vingt- cinq ans; sa figure était belle,mais on voyait que des chargrins avaient altéré cette beauté.Un long voile noir tombait de chaque côté de son visage, quif était ren: fermé entre nne bande de toile blanche ceignant son front, et deux handes semblables couvrant les cotés de sa figwe et venant se joindre sous Je menton.Sa contenance était fière et méprisante plutôt qu\u2019affable et compatissante.: \u2014Révérende et très illustre signora, dit le gardien en s'inclinant et en placant ane main sur «a poitrine, voici In panvre jeune fille pour qui vous ni\u2019aves fait espérer votre haute protection, et volei an mie.} ro a dar ppp a SI ae ES a LN Les deux présentées faisaient de grands saluts.La signora leur fit signe que c'était assez, et se retournant vers le père, lui dit :\u201cC\u2019est une bonne fortune pour moi, | * de pouvoir faire quelque chose qui oblige nos bons amis les péres capucins.Mais, continua-t-elle, dites-moi un pen plus clairement quelle est la position de cette jeune fille, afin que je sache mieux en quoi je peux l\u2019obliger.\u201d Pca rougit et Daissa la tête.\u2014Vous devez avoir, révérende mère\u2026 commençait à dire Agnès; mais le gardien lui lança un coup d\u2019æil qui immédiatenrent lui imposa silence, et il répondit lui-même: \u2014Cette jeune fille, très illustre signora, m\u2019est recommandée, comme je vous l\u2019ai dit, par un de mes consrères.Elle a été obligée de partirsecrètement de son pays pour se soustraire à de graves dangers, et elle a besoin, pour quelque temps, d\u2019un asile où elle puisse vivre ignorée.\u2014Quelsdangers?interrompit la signora.De grâce, père gardien, ne me dites pas la chose par énigme;vous savez que nous autres religieuses, nous.sommes avides de savoir les choses par le menu.\u2014 II suffit de dire, reprit le gardien, qu\u2019un seigneur puissant(car tous ne se servent pas de leurs richesses et de leur pouvoir pour la gloire de Dieu et le bonheur du prochain, comme fait la très illustre signo- Ta), qu\u2019un seigneur, dis-je, après avoir longttemps et vainement poursuivi cette jeune créature par ses paroles flatteuses, eut l\u2019audace de la poursuivre ouvertement, de sorte que la pauvre enfant est réduite à fuir de la maison.\u2014Approchez-vous, jeune fille, dit la signora à Lucia, en lui faisant signe avec le doigt; je sais que la vérité parle par la bouche du père gardien, mais personne ne peut être mieux informé de vos affaires que vous-même.Il faut que vous me disiez franchement si ce scigneur était odieux.Quant à s\u2019approcher, la chose était facile pour Lucia, mais répondre était une autre affaire.\u2014Signora.mére révérende.furent les seuls mots qu\u2019elle put prononcer.Alors Agnès, qui se croyait en droit, comme la mieux informée après sa fille, de prendre la parole commença ainsi: Très illustre signora, je peux vous assurer que ma fille a toujours eu autant d\u2019horreur pour cel cavalier que le diable pour l\u2019eau bénite.Excusez-moi, si je ne parle pas bien; nous autres, pauvres geus, nous sommes tels que le bon Dieu nous a faits.11 est de fait que cette pauvre fille était promise à un jeune homme qui a la crainte de Dieu,et qui est économe.\u2014 Vous êtes bien prompte à parler sans être interrogée, interrompit la signora d\u2019un air haut et méprisant qui donna une expression désagréable à son visage.Taisez- vous, je sais que les parens ont toujours des réponses prêtes pour leurs enfans: \u2014Révérende signora, dit Lucia, tout ce que ma mère a dit est l\u2019exacte vérité.J'aime le jeune homme à qui je suis fiancée (et ici elle devint couleur de pourpre), et ju préfèrerais mourir mille fois plutôt que de tomber au pouvoir de ce seigneur.Nous sommes de pauvres femmes bien malheureuses! que la volonté de Dieu soit faite! Si vous nous secourez, soyez sûre d'avance que personne ne priera pour vous de meillenr ©: ur que nous.\u2014Je vus
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