La terre de chez nous, 15 mars 2007, Supplément
[" VOLUME 7\t- MARS 2007 , , ^ producteur 510 LOG I QU E Supplément de U TERRE - mars 2007 DI CHII NOUI Innover trop tard ! Marc-Alain Soucy Rédacteur en chef par intérim Il ne se passe pas une semaine sans qu\u2019on nous rappelle que plus de 85 % des produits biologiques consommés dans La Belle Province viennent de l\u2019extérieur.Le plus grave c\u2019est que même si tout le monde admet que le bld a de plus en plus la faveur des consommateurs et qu\u2019on prévoit une croissance soutenue pour l\u2019alimentation bio, nos gouvernements ne semblent pas avoir compris l\u2019importance de venir en aide de façon efficace à ce secteur d'avenir.Malheureusement, les politiciens aiment mieux blâmer leurs prédécesseurs que de prendre des risques calculés et d\u2019être des avant-gardistes.Si les producteurs de lait blo du Québec n'avaient pas organisé leur production, il y a fort à parier que le marché des fromages bio québécois aurait été comblé par les producteurs de l\u2019Ontario et des États-Unis.Une fois qu'ils se seraient accaparé du marché, nos politiciens auraient unanimement décrié la situation en rendant les autres responsables des malheurs du bio québécois.Pourquoi les gouvernements qui se succèdent à Québec et à Ottawa sont-ils si frileux quand vient le moment d\u2019aider un secteur qui offre un potentiel de développement énorme ?Ce n\u2019est pas quand nous avons perdu la bataille qu'il faut se doter dé politiques de développement cohérentes pour le secteur, c'est quand il offre des potentiels de développement réalistes qu\u2019il faut le faire, c'est maintenanL À suivre la présente campagne électorale, on voit bien que les idées avant-gardistes pour le développent du bio ne sont pas légions.Si nos politiciens avaient quelques Idées pour le développent de ce secteur ce serait intéressant Faute d\u2019idées, si au moins ils étaient à l\u2019écoute de la filière ce serait plus encourageant.ERRATUM Dans le septième paragraphe de l\u2019article Comment protéger nos cultures biologiques?du numéro de La Bio-Terre de mars 2006.l\u2019auteur, Hubert Brochard, avait écrit que les trichogrammes pondaient leurs œufs dans les larves de la pyrale du maïs, alors qu\u2019en fait, les trichogrammes pondent leurs œufs dans les œufs de la pyrale du mais.Mille excuses à nos lecteurs et merci à Josée Boisclair, biologiste et entomologiste pour l\u2019IRDA et le Campus Macdonald de l'Université McGill.LA BIO-TERRE DE CHEZ NOUS Téléphone : (450) 679-8483 Télécopieur: (450) 670-4788 Site Web : www.laterre.ca Courriel rédaction : blo-terre@laterre.ca Courriel publicité : pub@latenre.ca Courriel abonnement : abonnement@laterre.ca Directeur : Loïc Hamon Rédacteur en chef par Intérim Marc-Alain Soucy, poste 7399 Chef de production : Carole Lalancette Secrétaire de producüon : Lorraine Trottier Infographie : Nancy Utjens Abonnements : Marie-Josée Rheault Publicité : poste 7275 Directeur des ventes de publicité : Jacques Long Téléphone : (905) 335-5700 Télécopieur : (905) 335-5001 Courriel : jlong@laterre.ca Représentants : Christian Guinard, Sylvain Joubert, Sylvain Lalonde, Réal Loiseau Photo page couverture : Marc-Alain Soucy Impression : Imprimerie Transmag Cette publication est un supplément en propriété exclusive de La Terre de chez nous et est éditée deux fois par année.la actualités Nouvelles de la FABQ et de ses syndicats affiliés Martine Labonté, secrétaire générale par intérim La mise en marché : préoccupation des producteurs de viandes biologiques L'assemblée générale annuelle du Syndicat des producteurs de viande biologique du Québec (SPVBQ) a eu lieu le 16 février dernier à Drummondville.Le SPVBQ y a présenté un plan d\u2019action qui met l\u2019accent sur la mise en marché des viandes biologiques en fonction des recommandations obtenues dans le cadre de l\u2019Étude de mise en marché des viandes biologiques du Québec.Le SPVBQ, le Syndicat des producteurs de lait du Québec (SPLBQ) et la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) travaillent actuellement à l'adaptation des outils de mise en marché collectifs développés par la FPBQ dans le secteur des bovins de réforme biologiques.Une résolution portant sur la mise en place d\u2019une contribution obligatoire afin de financer les activités de la FABQ et de ses affiliés a été adoptée, de même qu'une résolution visant à amorcer une réflexion sur la détresse psychologique des producteurs.Un projet-pilote sera développé au cours de l\u2019année afin d\u2019en évaluer le potentiel.Cette initiative pourrait éventuellement être adoptée et profiter à l\u2019ensemble du secteur des viandes biologiques.La production laitière biologique poursuit son expansion Plusieurs nouveaux producteurs de lait ont obtenu leur certification en 2006.Ceux-ci étaient en grande partie localisés au Lac-Saint-Jean.Bien que le nombre de producteurs de lait biologique soit passé de 67 à 80 producteurs en 2006, l\u2019offre de lait biologique n\u2019arrive toujours pas à combler la demande des transformateurs.Le SPLBQ a envisagé différentes solutions pour intéresser de nouveaux producteurs, dont la réalisation de conférences sur la production laitière biologique lors des assemblées d\u2019infor- mation des syndicats régionaux de producteurs de lait La convention de mise en marché du lait biologique de février 2006 offre également des primes intéressantes pour cette production.Le SPLBQ a aussi négocié avec la FPLQ des mesures incitatives d\u2019augmentation de production de 23 % sans l\u2019obligation d\u2019achat de nouveaux quotas pour une période temporaire afin tie combler ce marché.En 2006, ces mesures ont permis de produire un million de litres de lait supplémentaires.Des projets novateurs dans le secteur des grains bio L'Assemblée générale annuelle des producteurs de grains biologiques a eu lieu le 16 février 2007.Les résultats de la saison 2006 des projets « rouleur-crêpeur et culture couvre-sol » et du protocole de production de semences biologiques à la ferme ont été présentés.Les producteurs ont aussi discuté du mode de financement à mettre en place afin d\u2019assurer le fonctionnement du Syndicat des producteurs de grain biologique du Québec (SPGBQ).J B2 - La bio-terre de chez nous Supplément de LA TERRE - mars 2007 PHOTOS : ARCHIVES/TCN actualités/* Un comité ad hoc du CRMQ a été créé, en collaboration avec la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec, le SPGBQ et le MAPAQ afin de développer des outils pour faciliter la cohabitation entre les producteurs biologiques et les producteurs conventionnels de grandes cultures.Ce projet donnera aux producteurs biologiques du Québec des outils pratiques de sensibilisation et de vulgarisation à la dérive des pesticides et des OGM, qu'ils pourront utiliser lors de rencontres avec leurs voisins.L\u2019expérimentation du protocole de production de semences biologiques à la ferme se poursuivra en 2007.Douze producteurs ont utilisé le protocole pour produire leurs semences en 2006.\tLa réalisation de ce projet est rendue possible grâce à l'appui financier de la Financière agricole du Québec (FADQ).La date limite pour s\u2019inscrire est le 1\" juin 2007.Le SPGBQ invite les producteurs biologiques à envoyer des échantillons de céréales et de maïs afin d\u2019effectuer un test de fusarium.Ces tests sont gratuits et permettront de constituer une base de données sur la qualité des grains biologiques.Votre collaboration est importante.Veuillez communiquer avec Bernard Estevez par courriel à b.estevez@svmpatlco.ca ou par téléphone au 514 356-1687.Le SPGBQ, en partenariat avec le Cégep de Victoriaville, a organisé un Voyage d'étude et de transfert de technologie en grandes cultures au Brésil, qui a eu lieu du 21 janvier au 6 février 2007.\tCe projet a permis à une trentaine de producteurs biologiques et à des intervenants oeuvrant dans le secteur biologique du Québec d\u2019acquérir une formation et des informations de pointe sur les pratiques de semis direct et de travail minimum qui sont très développées au Brésil.Ce projet est rendu possible grâce au soutien financier du MAPAQ et du Centre national recherche Canada.Sirop d'érabk La saison des sucres est commencée L'ensemble de la production de la saison 2006 a été écoulé dans la présente année de commercialisation.La FPAQ a également vendu une partie des stocks de sirop biologique accumulés en 2004 et 2005.Alain Rioux C\u2019est le temps de vous procurer les contenants métalliques auprès du Syndicat ABQ.Ils sont présentement en promotion au prix de 78 $ par caisse de 200 contenants.Le Syndicat acéricole biologique du Québec (FABQ) a aussi développé de nouveaux contenants de plastique pour le beurre d\u2019érable et la tire d\u2019érable biologiques afin d\u2019élargir la gamme de produits offerts.Ceux-ci sont disponibles dès maintenant auprès du SABQ.Ils sont offerts en format de 250 g et vendus au prix de 135 $ par boîte de 500 contenants pour les membres et de 185 $ pour les non-membres.Le secteur bio : tourné vers l'avenir! Lors de l'assemblée générale annuelle de la FABQ qui a eu lieu le 23 février 2007, la FABQ a réalisé un atelier de réflexion portant sur la Commission sur l\u2019avenir de l\u2019agriculture et l'agroalimentaire du Québec afin de définir les enjeux prioritaires du secteur.La mise en place d'un mode de financement auquel tous les producteurs biologiques contribueraient afin d'assurer le développement des activités de la FABQ a aussi été abordée.Les administrateurs ont reçu le mandat d\u2019étudier les différents modes de financement et de développer un projet sur sa mise en place pour le présenter lors de la prochaine AGA.Alain Rioux de la Table filière biologique nous a aussi présenté les préoccupations de la table face au règlement fédéral sur les produits biologiques.Laurent Pellerin était présent et a renchéri sur l\u2019importance pour les producteurs biologiques de supporter leur organisation syndicale afin d\u2019augmenter le poids de ses représentations auprès de différentes instances.Le regroupement des producteurs biologiques autour d\u2019objectifs communs est un gage de succès.Le potentiel du marché est énorme et une réflexion doit être amorcée sur les moyens à prendre pour y répondre, notamment au niveau du regroupement de l\u2019offre et de l'uniformité des produits offerts.Journée d\u2019information et d'échange Le 21 novembre dernier, la FABQ a réalisé une journée d'information et d\u2019échange sur la mise en marché des produits biologiques.Cette activité, financée en partie par le Programme de soutien au développement de l\u2019agriculture biologique du MAPAQ, a remporté un grand succès avec 141 participants au total.La journée d'information et d'échange contenait, en première partie, des informations sur le projet de Règlement fédéral sur les produits biologiques et les perceptions et attentes des consommateurs face aux produits biologiques.Par la suite, de courts exposés sur les défis et perspectives de mise en marché par secteur ont été réalisés par des producteurs, transformateurs, distributeurs et intervenants du milieu.Ainsi, les enjeux de mise en marché des secteurs de la production laitière, des viandes, des grains, de l\u2019horticulture et du sirop biologiques ont été abordés.Afin de toucher à tous les maillons de la chaîne, en fin de journée, Philippe Mollé nous a entretenus sur la place des produits biologiques dans la restauration.Développement d\u2019outils pratiques en agriculture biologique Grâce à l'appui financier du MAPAQ et du CDAQ, la FABQ a réalisé cinq trousses de transition en agriculture biologique en 2006.Ces trousses couvrent les secteurs suivants : Ces outils sont actuellement disponibles gratuitement auprès de la FABQ ou en format électronique sur www.aQrireseau.QC.ca sous la rubrique agriculture biologique.Refonte du site Internet de la FABQ La FABQ réalise présentement une refonte complète de son site Internet afin d\u2019en améliorer la convivialité.Le lancement du site Internet aura lieu cet été.Renouvellement de l'adhésion à la FABQ et aux syndicats affiliés pour 2007 Ce message s'adresse à tous les producteurs certifiés biologiques, c'est le temps de renouveler votre adhésion pour 2007, si ce n\u2019est pas déjà fait.Le formulaire d\u2019adhésion est disponible auprès de la FABQ au 450 679-0540, poste 8391.\u2022\tacériculture biologique; \u2022\tproductions animales biologiques; \u2022\tgrandes cultures biologiques; \u2022\thorticulture biologique; \u2022\tproduction laitière biologique.Dates à retenir Rendez-vous du secteur biologique Journée d'information stratégique La Filière biologique du Québec vous convie à une journée d'information stratégique.Tous les secteurs de production, les différents maillons de l\u2019industrie, ainsi que les intervenants sont invités à y participer.Date : mardi 3 avril 2007 Heure : 9 h à 15 h 30 Lieu : Best Western Universel 915, rue Hains, Drummondville Inscription : alainrioux1@bellnet.ca ou téléphoner à Alain Rioux au 819 847-2676.Veuillez noter qu\u2019une rencontre similaire, avec des particularités régionales, sera organisée à Rlmouski le mardi 24 avril prochain.Colloque annuel de la Filière des plantes médicinales biologiques La mise en marché des plantes médicinales biologiques Des conférenciers des États-Unis, de l\u2019Ouest canadien et du Québec viendront partager leur expertise et leur vision de la mise en marché des plantes médicinales biologiques.Date: mercredi 18 avril 2007 Heure : 8 h 30 à 16 h Lieu : Auberge Estrimont 44, avenue de l\u2019Auberge, Magog Inscription : www.plantesmedicinales.ac.ca ou par téléphone, auprès de Camille Dufresne au 819 847-1862 La position de la FABQ face au règlement fédéral sur les produits biologiques Me taboulé Le 21 décembre 2006, le gouvernement fédéral publiait le Règlement sur les produits biologiques.Le règlement prévoit une entrée en vigueur progressive de certains articles.Cette période de transition s\u2019échelonnera sur deux ans.Même s\u2019il a été amélioré par rapport au projet de règlement déposé en septembre dernier, la FABQ considère que le règlement fédéral menace l'intégrité de l\u2019appellation biologique à plusieurs égards.Ce règlement dénote un manque d\u2019harmonisation avec les exigences internationales, tant au niveau des processus de certification et d\u2019accréditation que du contrôle de l\u2019appellation biologique.De plus, il y a plusieurs points sur lesquels la norme canadienne diffère de la norme québécoise et de la norme internationale de référence.La FABQ considère que cette situation pourrait causer des préjudices graves au secteur biologique québécois.L'utilisation de la marque de commerce « Biologique Canada » sur les produits importés est aussi un élément qui préoccupe grandement la FABQ.Bien que l\u2019ACIA ait prévu au règlement un article stipulant que les importateurs indiquent la provenance sur l\u2019étiquette, la FABQ considère que la présence de la marque de commerce sur les produits importés risque de confondre le consommateur.De l'avis de la FABQ, une réouverture majeure et en profondeur du règlement est à considérer afin de s\u2019assurer de l\u2019adéquation de la réglementation biologique avec les modèles québécois et international.La FABQ poursuivra, à ce sujet, ses représentations au cours des prochains mois auprès des différentes instances, et ce, en collaboration avec les membres de la filière biologique québécoise et de l\u2019Union des producteurs agricoles.Supplément de LATERRE - mars 2007 La bio-terre de chez nous - B3 NOUVELLE FERME LAITIÈRE BIOLOGIQUE /production laitière « La première livraison de lait bio, c\u2019est comme gagner un Oscar » - Daniel Beaudoin PHOTOS : PIERRE-YVON BÉG1N/TCN KJ*'*\u2022$***,.Les Beaudoin, Pauline, Steve et Daniel, ont choisi ensemble de faire le virage biologique.Début février, ils ont effectué leur première livraison de lait biologique, couronnement de plusieurs années d'efforts.« L'agriculture moderne, soutient Pauline, c\u2019est des raccourcis, comme les hormones de synchronisation des chaleurs.» Daniel illustre pour sa part la production biologique en disant que c\u2019est « un peu comme débarquer de son tracteur et d\u2019aller fouiller dans le sol ».Début février, la Ferme Beaudoin et Fils SENC effectuait sa première livraison de lait biologique.Propriétaires de cette ferme laitière, Daniel et Pauline Beaudoin, et leur fils, Steve, ont savouré cet instant comme l\u2019aboutissement des efforts consacrés depuis plus de dix ans.Pierre-Yvon Bégin « La première livraison de lait, c\u2019est comme un Oscar », illustre Daniel.Quand ils ont fait l\u2019acquisition de la ferme en 1995, ils disent s\u2019être tournés immédiatement vers une « agriculture durable », plus proche de leurs valeurs.C\u2019est que la ferme est située à proximité du village de Compton dans les Cantons-de-l'Est, à une vingtaine de kilomètres de Sherbrooke.Les nouveaux propriétaires tiennent à conserver d\u2019excellents rapports avec le voisinage, dont une vingtaine de voisins immédiats.La baisse de 10 $ l\u2019hectolitre de lait en Europe les persuade en 1999 d\u2019expérimenter la culture biologique.« Il y a certains arrosages d\u2019herbicides qui nous écoeuralent royalement, ajoute Daniel.Quand tu descends de ton tracteur et que tu le trouves tout couvert de jaune, ça fait réfléchir.Je sentais bien que j'étais aussi exposé à ces produits chimiques et ça ne se peut pas qu\u2019ils ne soient pas toxiques pour ma santé.Quand tu manipules un produit durant 20 ans, tu n\u2019appliques plus toutes les précautions.» « On se disait, enchérit Pauline, qu\u2019il y avait moyen de faire autrement.Le biologique répondait aussi à un idéal personnel, à une .GARANTIE Eoocert Canada/ enti^eprise/ québécoise/ (b votre/ yei'VLce/ deputy 1995 vous' office/ une/ ce4/ttflccitLov\\/ biologique/ reconnue/ ymyndécdesnont A usyO disponibles', les services' de/ contrôle/ de/ : -labels' erMü'OvwuwreAttcuMO \u2022 marquer et appeXLaticnv privées ou réservées -référemtiels spécifiques' (Eurepqap, If S.) Une seule adresse, toujours la même qualité Notre responsable clientèle se fera un plaisir de répondre à vos questions, contactez France Gravel Tel : (418) 838-6941 Fax : (418) 838-9823 Courriel : info@ecocertcanada.com ou passez nous voir au 71 St-Onésime à Lévis G6V 5Z4 B4 - La bio-terre de chez nous Supplément de LA TERRE - mars 2007 UK CHKK NOUK HH production laitière ÎT' Daniel et Pauline ont longuement sondé les Intérêts de leur fils Steve avant d\u2019opter pour la production de lait biologique.Étudiant du Centre de formation professionnelle et d\u2019éducation des adultes (CRIFA) à Coatlcook, Steve est associé à la ferme depuis août dernier, le mois de ses 18 ans.WRKB0 vision de l\u2019agriculture.Pour moi, c\u2019est une agriculture naturelle qui est au service des gens et qui répond aux besoins des consommateurs.C\u2019est aussi une agriculture respectueuse de l'environnement et de nous, les agriculteurs.C\u2019est une façon de cultiver plus normale, sans produits de synthèse qu\u2019on n\u2019a pas demandés et dont on n\u2019a pas besoin.» Descendre du tracteur Daniel relate qu\u2019il a suivi un cours d\u2019agriculture durable afin de se perfectionner dans la culture du sol.Il admet volontiers qu\u2019il est «moins un gars à vache » et qu\u2019il trouve davantage de plaisir « alentour ».Cette formation lui a fait réaliser qu'il descendait peu souvent de son tracteur.Il s\u2019amuse maintenant à demander aux jeunes stagiaires qu'il reçoit à la ferme depuis combien de temps ils n\u2019ont pas déterré un plant pour voir ses racines.« On est déconnecté du sol, affirme Daniel.On arrive dans le champ, on baisse la herse et on part.Mais, ce n\u2019est pas vrai que les herbicides sont indispensables; il y a d\u2019autres solutions, comme le désherbage.C\u2019est simple, tu déterres le plant, tu vois les racines et tu règles ta machine en fonction de ça.» D'ailleurs, les Beaudoin n'ont pas l\u2019impression d\u2019avoir effectué un pas en arrière en optant pour le biologique.Au contraire, ils ont acquis de la nouvelle machinerie, un planteur et un sarcleur à huit rangs, de sorte qu'ils ont l\u2019Impression que leur somme de travail se compare à la moyenne des fermes conventionnelles.Les Beaudoin ne se considèrent pas comme des purs et durs du biologique.Ils ont d'ailleurs le sentiment qu\u2019ils augmentent leurs chances de succès en continuant à profiter des conseils des experts de (\u2019agriculture traditionnelle, y compris les vétérinaires.Ils ont encore frais à la mémoire le cas d\u2019une vache atteinte de toxémie qu\u2019ils auraient sans doute perdue sans les soins de leur vétérinaire.« Nous avons choisi le biologique parce que nous croyons que c\u2019est ce qu\u2019il y a de mieux, affirme Pauline.C\u2019est sûr que nous sommes plus dépendants de la nature, mais on apprend à vivre avec le climat, les mauvaises herbes.C\u2019est notre choix et cela représente un bon défi.Steve apprend à travailler là-dedans et aujourd'hui, il a la chance d\u2019avoir de l\u2019aide.Le bio n\u2019est pas un retour en arrière, ça évolue dans un autre sens.» Bonne transition D'un commun accord, les Beaudoin ont pris tout leur temps pour effectuer leur transition vers le biologique.Ils admettent volontiers qu'ils n\u2019étaient pas pressés d'atteindre la production de lait biologique.La ferme, acquise en 1995 du père de Daniel, Denis Beaudoin, compte maintenant 200 hectares, incluant un boisé.Cette ferme a été achetée « morceau par morceau » depuis l\u2019établissement de Denis en 1958.Ils aiment à penser qu'ils cultivent maintenant « la terre de huit agriculteurs ».De fait, ils cultivent 143 hectares, dont une trentaine en location.Leur troupeau compte 69 vaches et autant de sujets de remplacement.À partir de 2002, ils obtiennent progressivement la certification de leurs champs.S'ils ont d\u2019abord vendu leurs récoltes parce que les prix étaient intéressants, ils les conservent depuis 2005.Malgré les baisses de rendement, autant dans les cultures que dans le lait, ils estiment qu\u2019ils n\u2019ont pas perdu au change.« Je m\u2019attendais à pire que ça, soutient Daniel.Une transition trop rapide, c'est dangereux.Il y'a eu des essais et des erreurs et nous avons appris à prioriser les bons travaux au bon moment.Il y a une période cruciale au printemps où tout arrive en même temps, semis, ensilage et sarclage.Nous étions avertis et nous étions prêts à vivre avec ça.Quand on prend la dernière ligne du bas (profits), c\u2019est quand même bien.Et puis, le bio, ce n'est pas irréversible.Dans le fond, il n\u2019y avait pas tant de risques que ça.» « On ne s\u2019en va pas dans le biologique si on n\u2019y croit pas », ajoute Pauline, pour bien marquer qu'elle vise toujours son objectif.« On ne le saura jamais si on ne l'essaie pas », dit pour sa part Steve.Il est enthousiaste à l\u2019idée de relever le défi de l'agriculture biologique.Longuement sondé par ses parents quant à ses intentions, il a toujours répondu qu\u2019il voulait vivre sur une petite ferme où il prendrait soin des vaches avec ce qui est produit à la ferme.Parce qu\u2019elle favorise autant la santé des consommateurs que la sienne, l'agriculture biologique correspond à son idéal.« Quand je vais sur les autres fermes, dit-il, ça ne ma tente plus de retourner là-dedans.» Quota Daniel Beaudoin suit attentivement les travaux de la Commission sur l\u2019avenir de l\u2019agriculture et de l'agroalimentaire québécois.Il dit qu\u2019il n\u2019a pas tellement apprécié les Interventions contre la gestion de l\u2019offre.A son avis, Il s'agit d'un excellent système et il croit que les producteurs de lait devraient saisir l\u2019occasion pour se tourner vers la production biologique.« Il n\u2019y a pas une réunion où je n\u2019entends pas les producteurs réclamer de nouveaux marchés, affirme-t-il.Le marché bio est ouvert et il serait dommage que le quota tombe à cause du biologique.Pour nous, la transition a été assez longue parce qu\u2019on voulait produire tout nous-mêmes.Quelqu\u2019un qui achète ses grains, pourrait faire une transition beaucoup plus rapide.Le gros de la production québécoise de grains biologiques est exporté aujourd\u2019hui.» LES ENGRAIS NATURELS McINNES depuis 1989 Stanstead (Québec) (819) 876-7355 Fax: (819) 876-1166 www.biobiz.ca \u2022 engrais@biobiz.ca Bio-çazon (8-3-3) Bio-jardin (4-3-6) Bio-roche (amendement, basalte) Os fossile (phosphate de roche, 0-13* Mica (amendement) Gluten de mats (10-0-0) SANS fumier, SANS boue d\u2019égout, SANS remplissage Supplément de UTERRE - mars 2007 DI CMC! MOUS La bio-terre de chez nous - B5 m là ÉCIAL Brésil Le monde à l\u2019envers ! PHOTO : MARC-ALAIN SOUCY/TCN Un groupe a une quarantaine de producteurs biologiques et de conseillers agricoles se sont rendus au Brésil pour étudier l'agriculture biologique et particulièrement le semis-direct Le voyage a été organisé par Denis La France du Cégep de Vlctorlavllle à la demande du Syndicat des producteurs de grains biologiques du Québec.«5~ -;v \tfc, i;.i \t \t \t* M '~Æ*WÈÈÊÊÊ.Au Québec, la principale préoccupation des producteurs de grandes cultures biologiques au printemps c\u2019est de permettre aux sols de se réchauffer le plus rapidement possible.Au Brésil, les producteurs ont le problème inverse, c\u2019est le monde à l\u2019envers.Les températures élevées obligent plutôt les producteurs à empêcher leur sol de se réchauffer.À tel point que la présence d'un important paillis végétal au sol qui varie de 6 à 12 tonnes à l\u2019hectare est nécessaire dans le cas du maïs afin d\u2019empêcher le sol de devenir trop chaud.Évidemment, un tel paillis oblige à beaucoup d\u2019adaptation pour la pratique du semis-direct.Mirc-AlàSoucy Ce n\u2019est là qu'un petit échantillon des surprises qui attendaient un groupe d\u2019une quarantaine de producteurs agricoles et de conseillers bio du Québec qui se sont rendu dans le sud du Brésil du 21 janvier au 6 février pour y étudier l\u2019agriculture biologique et plus particulièrement le semis direct, une technique largement utilisée au Brésil comme solution aux problèmes d'érosion de ses sols.Biologique Même si le Brésil peut se targuer de posséder la plus grande superficie en production biologique au monde, il faut nuancer les chiffres officiels puisque ces derniers incluent la cueillette sauvage qui se fait en forêt amazonienne.Une grande région du nord du pays qui couvre de 4,5 à 5 millions de kilomètres carrés.On estime que de 20 000 à 22 000 kilomètres carrés de ces forêts disparaissent chaque année.C\u2019est un exemple qui illustre la difficulté rencontrée au cours du voyage d\u2019obtenir des statistiques précises sur l'importance du biologique dans le pays.Si on se fie à, Ricardo Trippia dos Guimarées Peixoto, chercheur à EMBRAPA (le ministère de l\u2019Agriculture du Brésil), il y aurait 30 000 fermes certifiées biologiques dans le pays et elle exporterait 85 % de leur production à l\u2019étranger.Une valeur d\u2019environ 225 M $ US.Selon lui, le marché intérieur (15%) serait en croissance rapide, surtout dans les grands centres où se retrouve davantage la clientèle des mieux nantis.Le chercheur qui déplore que son gouvernement investisse peu dans la recherche en biologique admet tout de même que ce secteur est considéré par les dirigeants du pays comme un moyen d\u2019aider les producteurs à retirer un meilleur revenu de leurs petites exploitations à cause de la valeur ajoutée de leur production.Une façon de compenser pour l'injustice sociale faite à ceux qui ne sont pas nés grands propriétaires.Là-bas, le bio a aussi une vocation sociale.On sait que le Brésil a hérité d\u2019une tradition coloniale qui a permis à de grands propriétaires terriens, des aristocrates portugais, de s\u2019approprier une bonne partie de l\u2019agriculture du pays.Plusieurs sources rapportent qu\u2019en 2005, aussi peu que 1 % des propriétaires terriens possédaient 54 % des'terres cultivables.Une situation qui explique, du moins en partie, la naissance du plus grand mouvement social d\u2019Amérique du Sud, le MST (Mouvement des Sans-Terre) qui grâce au support de jésuites et de l\u2019aile, dite progressiste de l\u2019Église catholique brésilienne, tente de reprendre des terres obtenues illégalement ou non exploitées par les grands propriétaires pour les remettre à des familles de travailleurs agricoles.La guerre qui se livre se joue sur fond de violences, parfois de meurtres et de batailles juridiques.Une situation que plusieurs comparent au « Far West ».Selon le MST plus de 40 millions, des 185 millions d\u2019habitants du Brésil souffrent de la faim.Des écarts qui prédisposent à la violence et une situation peu enviable pour une grande puissance mondiale au niveau des exportations agroalimentaires.L\u2019Institut de développement économique et social de l\u2019État du Parana au Brésil (IPARDES) concluait en 2003.« Notre plus grand défi consiste à changer le modèle de développement qui nous a permis d\u2019être très efficace pour augmenter la production agricole, mais qui n\u2019a pas réussi à sortir la population rurale de la pau- vreté» Le bio contribuerait-il à ce nouveau modèle ?Bio pur et mou ! Plusieurs participants au voyage ont constaté que les règles de certification biologiques ne semblaient pas aussi scrupuleusement respectées au Brésil qu\u2019ici au Québec où la réglementation est bien établie et surveillée.Comme dans beaucoup de secteurs au Brésil, les intentions des autorités sont louables, mais les moyens de faire respecter la réglementation sont limités.Il faut dire que le secteur du bio est naissant dans ce pays et que les organismes de certifications semblent craindre de décourager des producteurs qui tentent l\u2019aventure.L\u2019exemple de l\u2019utilisation d\u2019un herbicide prétendument biologique, « dessicant », dans lequel on aurait retrouvé des traces de glyphosate illustre bien ce flou tout à fait brésilien (voir article page B 10).Ajoutons à cela que les possibilités d\u2019exportation pourraient ajouter un peu de pression pour tourner les coins ronds au moment d\u2019appliquer à la lettre les normes de certains des 27 organismes de certification que compte le pays.Même le représentant de l\u2019Institut de biody-namie (IBD), le seul organisme de certification brésilien reconnu internationalement, a eu de la difficulté à répondre aux questions incisives des Québécois sur le strict respect des rotations des cultures et ce fameux « dessicant ».Les Brésiliens rencontrés comptent beaucoup sur la signature imminente d\u2019une loi par le gouvernement qui devrait mieux encadrer le secteur biologique.B6 - La bio-terre de chez nous Supplément de LA TERRE - mars 2007 DK CNII MOUS SPÉCIAL Brésil SOYA BIOLOGIQUE A la fe s\u2019adapte 'W& y -i.PHOTO : MARC-ALAIN SOUCY/TCN À la ferme Primel, le producteur estime avoir un rendement équivalent à celui obtenu en production conventionnelle.mm- mmm yr\u2019: TÊf-' A Le Brésil est en voie de devenir le premier producteur mondial de soya.Le groupe québécois d\u2019études sur les grandes cultures biologiques a traversé des régions où le soya était omniprésent, sur un relief ondulé qui rappelait les vertes collines des Cantons-de-l\u2019Est (qui étaient blanches à notre départi).Jean Michel Valiqnette et Marc-Alain Soucy Une des techniques mises au point pour parvenir à produire du soya à cette échelle est le semis direct.Sur la ferme bio Primel que nous avons visitée, le taux de semis est de 70 à 90 kilogrammes/ha et les rendements de trois tonnes/ha.Le producteur estime avoir un rendement équivalent à celui obtenu en production conventionnelle.Cela a nécessité l'adaptation du semoir pour parvenir à passer à travers l\u2019épaisse couche de paillis végétal laissé au sol.En effet, un des buts visés par l\u2019établissement du \u2022paillis végétal est d\u2019empêcher le sol de devenir trop chaud.La difficulté au Québec est, au contraire, de réchaDffer le sol rapidement au printemps.Au Brésil, on veut également protéger le sol de l\u2019érosion et éviter le lessivage des éléments nutritifs.Si au Québec, on connaît de fortes précipitations de neige, au Brésil de fortes averses peuvent bouleverser le sol (35 mm d\u2019eau en une heure).Dans ce pays, l\u2019avantage est que le producteur peut cependant retourner au champ rapidement, grâce à un excellent drainage de surface et une grande évaporation.On sème l\u2019engrais vert avec les espèces suivantes : vesce velue, avoine, seigle, blé.À la récolte de la céréale, on étend la paille et on sème le soya à travers.On peut passer un rouleau pour coucher la paille ou pulvériser un herbicide-dessicant sur la paille, mais dont la certification en production biologique soulève de nombreuses questions.Un mois et demi plus tard, on procède au sarclage de chaque ligne avec des pattes d'oie de 12 cm de large.Après le passage du sarcleur, on procède au sarclage manuel, avec une pioche qui ne soulève pas le paillis.Les espèces utilisées pour le couvert végétai incluent la vesce velue qui est une légu-mineuse d'hiver.On sème la vesce en mélange avec l\u2019avoine dans une proportion de 60/40.L\u2019avoine servira de tuteur pour la vesce.Le rapport carbone/azote (C/N) de ' pour les m wm.m '* B\u201cl tmuuiu iniuoiî / muaui « ¦ BIOTECH jSBgv ¦ \u2022> -J mm mm 4 Wk \u201c'\u201c\u2018KS ra» VRtUffl KUUWîS* DU tSÏUW r«« Mue* omen soi inaw r« cov ae® unuont annula m m MamiBio F-31 : ! solution d'avant-garde Approuvé pour ogiiculture biologique par Ecocert Canada ¦ Traitement ¦ externe contre la mammite Facile à utiliser (vaporisateur) Sans retrait de lait ¦ Issue d'un savant dosage d'ingrédients naturels I -877-947-2020 Courriel : info@lancelotbiotech.ca Supplément de U TERRE - mars 2007 O * CHU MOU» La bio-terre de chez nous - B7 0069 ^SPÉCIAL Brésil ¦£*mi ¦ft!*.;'Ï?- mm
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