La terre de chez nous, 3 mars 2005, Supplément
[" REPORTAGE ÉRIC LORTIE DE SAINT-LIN-DES-LAURENTIDES La saine gestion des intrants Les secrets d\u2019un blé panifiable rentable Débat sur le REA Choisir les bonnes cultures m p www.f pccq .q c.ca SUPPLÉMENT DE LA TERRE DE CHEZ NOUS Desjardins&Cie C'est tout Desjardins qui appuie les entreprises.Ceci n\u2019est pas une belle récolte C'est une entreprise qui prospère.Vous produisez?Nous produisons nous aussi.Chez Desjardins, nous avons tous les outils, les conseils et le savoir-faire financier pour faire progresser vos affaires.Chaque année, nous appuyons plus d'entreprises agricoles que toute autre institution financière.Et avec près de 60 centres financiers aux entreprises partout en région et des directeurs de comptes spécialisés en agriculture, vous n'avez pas à aller bien loin pour aller plus loin.EU Desjardins Conjuguer avoirs et êtres 2 ?0 5 MARS 2005 MARS Supplément de La Terre de chez nous (TCN) ÉDITEUR Direction des publications Union des producteurs agricoles 555, boul.Roland-Therrien Longueuil (Québec) J4H 3Y9 Tel.: (450) 679-8483 Courriel : cultures@laterre.ca Site Web : www.laterre.ca ÉDITORIAL Un mirage nommé PCSRA REPDRTAGE Éric Lortie nous explique comment il gère les intrants pour augmenter ses bénéfices DIRECTEUR Daniel Boulanger RÉDACTEUR EN CHEF, DÉLÉGUÉ AUX MAGAZINES Michel Beaunoyer SECRÉTAIRE DE PRODUCTION Lorraine Trotlier COLLABORATEURS Amina Baba-Khelil, Rénald Bourgeois, Hélène Joliette.François Langevin, Thierry Larivière, Patrie Ménard.Marie-Hélène Parent, Stéphane Pouleur, Sylvie Rioux, Julie Rochon, Sylvain Rousseau CONCEPTION GRAPHIQUE Groupe Charest CHEF DE PRODUCTION Carole Lalancette ACTUALITÉS -\tLe REA, ce carcan qui se resserre -\tASRA -\tEnquête sur le coût de production -\tProgramme d'avance de crédit printanière -\tPaiements anticipés -\tMais et soya, lorsque l\u2019avenir se conjugue au passé -\tÉtats de la situation 2004-05 -\tPerspectives 2005-06 AGRDNDMIE Les secrets d'un blé panifiable rentable DÉBAT Le pour et le contre du REA (J»Clul> Consersol a realise une importante etude sut la culture de ble pamliable Page couverture: Éric Lortie de Les Fermes Lortie croit en une bonne gestion des intrants INFOGRAPHISTES Annie Bisaillon.Nancy Liljens IMPRESSION Imprimerie Solisco DIRECTRICE DE LA PUBLICITÉ - QUEBEC Chantal Rainville REPRESENTANTS PUBLICITAIRES Christian Guinard, Sylvain Joubert, Sylvain Lalonde, Réal Loiseau DIRECTEUR HORS QUEBEC Jacques Long Tél.: (905) 335-5700 Téléc.: (905) 335-5001 ADMINISTRATION Pascale Côté AGENTE DE PROMOTION Élise Hofer TIRAGE ET ABONNEMENTS Marie-Josée Rheault DÉPÔT LÉGAL Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0832-5634 MARCHÉ Les faits saillants AGRDNDMIE Notre journaliste Rénald Bourgeois explique comment faire un choix de cultures éclairé ASRA I?I Le prix moyen du marché INTERNATIONAL Comment intervient l'UPA DI dans le développement de l\u2019agriculture CHRONIQUE Un rappel sur les façons de réduire les risques de fusariose LE SAVIEZ-VDUS?Une chronique légère qui vous réserve quelques surprises te-, Le pour et le contre du RLA Comment faire un bon cljoix de cultures \"\t\" I1!'.Prochaine parution : 28 avril 2005 Date de tombée publicitaire : 31 mars 2005 Le niaganne - Grandes Cultures \u2022 parait emp lois par année Dans la présente publication, le générique masculin est emploie sans discrimination et uniquement dans le but d 'alléger le teste.PHOTO COUVERTURE : Michel Beaunoyer Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ) 555, boul.Roland-Therrien, bureau 505 Longueuil (Québec) J4H 4G4 Téléphone : (450) 679-0530 \u2022 Télécopie : (450) 679-6372 Courriel: fpccq@fpccq.qc.ca, Internet : http://www.fpccq.qc.ca Pour obtenir l'information et les commentaires sur le marché des grains Service de messagerie vocale (gratuit) 1-800-361-1345 \u2022 1-800-361-9736 \u2022 1-800-361-2095 (514) 521-1717 - Ligne de Montréal GRANDES CULTURES MARS 2005 3 ÉDITORIAL Au moment d\u2019écrire ces lignes, les prix au comptant du maïs pris à la ferme étaient sur le point de tomber sous le seuil psychologique des 100 $/tonne.Nos confrères ontariens subissaient les affres du marché encore plus violemment avec des prix sous la barre des 90 $/tonne.Devant des offres aussi dérisoires, les producteurs n'ont d'autres réflexes que de condamner le marché qui leur rit carrément au nez.Un mirage nommé PCSRA Igramme canadien i stabilisation des 'evenus agricoles PCSRA), dans ses ^amètres actuels, l\u2019a rien pour nous ouir et nous faire ¦er un réel baume is plaies que nous cause le marché.Car si ça continue comme ça, ce n\u2019est pas plus que 50 % du coût de production des producteurs québécois que les acheteurs de grains leur offriront.Si l'on s'arrête toutefois pendant quelques instants pour analyser la situation plus calmement, il faut reconnaître que les paramètres du marché ne sont pas les seuls à nous mener la vie dure.En effet, depuis les Fêtes, les prix au comptant se sont rapprochés considérablement des valeurs de remplacement et il s'est même passé des semaines où il y avait peu de raison de retenir la part de notre grain que l'on aurait vendu normalement.Évidemment, nous sommes tous très réticents à vendre dans une période d'une aussi grande morosité des marchés.Mais, au fait, posons-nous la question : avons-nous seulement affaire à la morosité des marchés ou à celle des programmes de soutien gouvernementaux?Le marché des grains en est un mondial dont les variations se déterminent par des facteurs en dehors de notre contrôle.Pensons au très fort soutien du gouvernement américain à ses producteurs de grains qui a mené ces derniers à ensemencer des superficies record de maïs en 2004.Pensons aussi à la décision de l'Europe, annoncée il y a quelques mois, de reprendre les subventions à l\u2019exportation dans la culture du blé.Ce sont ces gestes que nous qualifions de préjudices commerciaux et qui font si mal aux producteurs canadiens, beaucoup moins soutenus que les Américains et les Européens.Avec l\u2019aide de données en provenance d'AAE, les Producteurs de grains du Canada ont estimé ce préjudice à 1,3 milliard de dollars par année.Qu'est-ce que le gouvernement du Canada a donc à nous offrir pour contrer ce préjudice?Un mirage nommé PCSRA.Le Programme canadien de stabilisation des revenus agricoles (PCSRA), dans ses paramètres actuels, n\u2019a rien pour nous réjouir et nous faire espérer un réel baume sur les plaies que nous cause le marché.En stabilisant une marge de référence, laquelle est historiquement anémique dans le secteur des grains, le gouvernement du Canada ne fera guère plus que de stabiliser la précarité.Et pour ajouter l\u2019insulte à l'injure, le PCSRA requiert du producteur qu'il effectue un dépôt dans son compte de stabilisation s'il entend obtenir une compensation, si celle-ci devait arriver un jour.Or, plusieurs producteurs, sinon la plupart, devront emprunter pour effectuer ce dépôt.Il n'y a probablement pas d'autre mot que l\u2019indécence pour décrire cette illusion, ce faux programme qu'est le PCSRA.Avant la fin 2004, nous avions lancé sur cette même page un appel à Andy Mitchell, ministre de l\u2019Agriculture du Canada, pour qu'il se penche dans les plus brefs délais sur la problématique de la sécurité du revenu pour les producteurs de grains canadiens.Depuis, presque aucun signe d'ouverture dans le camp gouvernemental.Toutefois, les producteurs québécois, qui avaient, les premiers, monté aux barricades en avril 2004, pourraient bien trouver des renforts du côté de leurs confrères du reste du Canada.De plus en plus, des organisations de producteurs de grains des autres provinces canadiennes montrent de l'intérêt pour l'esprit de mobilisation entretenu au Québec.Les représentants de la FPCCQ continuent à inciter leurs confrères hors Québec à se joindre à eux dans une mobilisation qui aurait tellement plus d'impact si elle se mettait en branle à l\u2019échelle canadienne.La FPCCQ maintient aussi la pression sur les députés fédéraux alors que ses délégués, dès la fin janvier 2005, ont entamé une autre ronde de sensibilisation de ceux-ci sur la question.Il ne serait donc pas étonnant d'entendre le grondement des tracteurs ailleurs que dans les champs d'ici quelques semaines.DENIS COUTURE Président 4 GRANDES CULTURES MARS 2005 REPORTAGE .T- .9ÿgSSm ü#*i ¦**»*\u2022\" ***** SSk ¦ - i'-' - t'T//«v aiiVc\u2019 Snlnt-Lin Laurontld; /.i\u2019 /im> ci Ic fils, Roger rt Uric ionic, partenaires a /ions égales.I\u2019our assurer la pérennité tie la ferine.Eric mise sur an contrôle precis ties dépenses, notamment en matière d\u2019intrunts.GRANDES CULTURE MARS :\u20191)05 ÉRIC LORTIE DE S AI NT-Ll N - D ES-LAU R ENTID ES Gérer les intrants pour MICHEL BEAUNOYER « Nous n\u2019avons pas beaucoup de contrôle sur le prix qui nous est donné pour notre grain, explique Éric Lortie, producteur en grandes cultures à Saint-Lin-des-Laurentides.Par contre, nous pouvons avoir un contrôle réel sur les dépenses.Pour viser une meilleure rentabilité, nous gérons attentivement nos intrants.» Le jeune producteur, spécialisé dans la production de semence de soya et de petites céréales, est d\u2019une rigueur exemplaire à ce chapitre.Et ce soin qu'il apporte à tout ce qui touche sa production fait toute la différence.Si nous regardons plus précisément la question de la fertilisation des sols par l\u2019ajout d\u2019engrais minéraux, la démarche du producteur est on ne peut plus directe.II a engagé, il y a trois ans, un agronome privé qui analyse ses champs et peut lui présenter des recommandations précises.À tous les deux ans, en rotation, tous les sols sont analysés en parcelles de dix hectares.Mais une bonne partie du travail relève de sa propre responsabilité.« Je tiens un carnet de bord détaillé où j'écris ce que je fais dans chacun de mes champs, explique le producteur.J\u2019y inscris le type de culture, les engrais ajoutés en début de saison, les engrais verts d'automne, la quantité de lisier que j\u2019y épands et même le genre d'intervention sur le sol en fin de saison.Ce sont tous des éléments dont l\u2019agronome tiendra compte dans son analyse et ses recommandations.» En février, alors que l'on voudra planifier les cultures de la saison à venir, une rencontre avec l'agronome permet le partage de ces données.De plus, l\u2019avantage de transiger avec un conseiller qui connaît les conditions de production de la région permet au producteur d'être au fait des dernières nouveautés en matière d'enrichissement du sol.II faut mentionner d\u2019entrée de jeu qu\u2019Éric Lortie est conscient de la nécessité d'utiliser des engrais pour atteindre une productivité maximale dans ses champs.Mais ce rendement doit aussi tenircompteducoût des intrants.Bref, pas question de dépenser pour de l'engrais dont les effets bénéfiques seront trop marginaux.À l'opposé, le Plwtos : Michel Beaunoyer ¦vieille s il est consciencieux en nunièro/de dépenses, Eric Lortie ne croit pas dans la/ partage des équipements ou dans l'acltht en groupe.Je veux garder lecatitrolc de mes outils de travail et conserver mon pouvoir de négociation.» équipements nécessaires à la gestion de ses champs.Il possède ainsi son propre épandeur à engrais, ce qui lui évite d\u2019être dépendant d'un seul fournisseur.« En plus de ça, en ayant mon propre équipement je peux mieux contrôler son utilisation, réduisant le gaspillage au strict minimum.Ça va vite perdre une tonne d\u2019engrais », explique le producteur.À l\u2019occasion, si son horaire le permet, il va aller chercher lui-même ses engrais chez son fournisseur local afin d'économiser sur les frais de livraison.« Je pense que la formule gagnante est une combinaison de tous ces éléments, précise Éric Lortie.Mais le plus important, c\u2019est de suivre son affaire et ne pas avoir peur de négocier et de prendre des décisions.» Une de ces décisions récentes, par exemple, est l\u2019abandon de la culture du maïs.« Pas cette année, le prix à la tonne n\u2019est pas assez élevé et avec la hausse prévue du coût des intrants, la rentabilité n'était tout simplement pas là.» Éric Lortie n'a pas froid aux yeux.Chaque année, lorsqu'il est temps de planifier les cultures, tout est remis en question, même la production de semence.Jamais à l\u2019aise dans des plans préétablis, le producteur prend froidement ses décisions dans un objectif de rentabilité optimale, en homme bien informé.producteur ne lésinera pas sur les engrais si la terre le réclame.Chaque culture demande son type de fertilisation particulier.Muni de son PAF et de son carnet de bord, le producteur peut doser cet apport d'engrais avec précision.Les 70 à 80 tonnes d\u2019engrais qu\u2019il met sur ses 300 hectares à chaque année sont dosées en conséquence.Moins d'azote là, plus de phosphore ici, ce n'est surtout pas une seule recette qui s\u2019appliquera sur toutes les superficies.Il a aussi réalisé les avantages d'un fractionnement de l'application de ses engrais.C'est plus de travail, certes, mais les résultats ne mentent pas.Et au bout de l'année, c\u2019est ce qui compte.Les rendements sont en effet probants.Le blé donne 1,75 tonne de semence par acre, l\u2019orge, en moyenne 1,25 tonne, tout comme l'avoine.Le rendement du soya variera de 1,1 à 1,25 tonne à l\u2019acre.Ce grain sera criblé et transformé au poste de conditionnement de la ferme, une autre façon d'ajouter de la valeur à la production.COMPRENDRE ET NÉGOCIER Éric Lortie comprend donc exactement ce qui se passe sur et dans ses terres.Cette maîtrise est complétée par un bon sens de la négociation.Il s'adresse ainsi à trois fournisseurs pour ses intrants.N'ayant pas besoin des services conseils offerts souvent avec les programmes des fournisseurs puisqu'il a son propre conseiller, il peut négocier ses engrais minéraux granulaires au plus bas.Étrangement, il n'achètera pas pour autant ses engrais en hiver, pour profiter des escomptes.Il a constaté que dans son cas, il pouvait obtenir une petite prime d'achat hâtif au mois de mars, alors que les prix sont souvent ajustés à la baisse.Même s'il s\u2019approvisionne auprès de plusieurs vendeurs, il arrive quand même à obtenir une réduction sur le volume.Pour ajouter encore aux outils lui permettant de contrôler ses dépenses, Éric Lortie s'est doté de tous les UBfis SMSgljS?: ^V\u2018V Sfcjy&w&E «W*ïS» atesaang i&fiâÉà Ça germe mieux AVEC DU BLEU! DES LITS DE SEMIS SUR MESURE ! Spécialement conçus pour le modèle ST250, les systèmes de nivelage évolué répartissent uniformément le sol et les résidus derrière le cultivateur pour donner un fini lisse et égal qui facilite l\u2019ensemencement.DE MEILLEURS LITS DE SEMENCES\t:^';r>s; S^siÈS-.Il est prouvé qu\u2019une croissance rapide après l\u2019ensemencement optimise le potentiel de rendement.Le cultivateur ST250 et le système de finition des lits de semis SG120 de New Holland font équipe pour créer le lit de semis idéal afin d\u2019augmenter le rendement et le potentiel de profits.Comment?\u2022 En créant un lit de semis ferme et égale qui assure un meilleur contact entre les semences et le sol pour favoriser la germination et une émergence uniforme des plantes partout dans le champs.\t\u2019.: POUR OPTIMISER LE RENDEMENT OPÉRATIONNEL ET AGRONOMIQUE, IL FAUT OBTENIR LE MEILLEUR DOSAGE ENTRE LA PRÉCISION DE LA DISTRIBUTION DES GRAINES, LES CONDITIONS DU LIT DE SEMENCE ET LA RAPIDITÉ DE FONCTIONNEMENT.L'EXCELLENCE EN MATIÈRE DE LEVÉE Les planteurs New Holland donnent un atout concurrentiel aux agriculteurs en accélérant la germination, ce qui entraîne une levée précoce et uniforme.synonyme d'un potentiel supérieur de rendement.La jauge de profondeur réglée à zéro assure des rangs précis et réguliers.Vous sauvez ainsi jusqu'à 70 pour cent du temps habituellement nécéssaire au réglage des autres planteurs.UN DYNAMISME PAS COMME LES AUTRES.CHEZ VDS CONCESSIONNAIRES DU QUEBEC Visitez le site web des concessionnaires du Québec ccnhq.com SP280 \u2022 8 rangs étroits et larges Le planteur à barre rigide assure une excellente maniabilité et une visibilité exceptionnelle.SP380 \u2022 8 rangs larges, 12 rangs étroits et larges Repliez et empilez les ailes pour un transport lapide et facile.SP480 \u2022 6 ou 8 rangs étroits Un planteur tracté à châssis pleine largeur; la configuration à 6 ou 8 rangs étroits est parfaite pour les exploitations qui comportent des plateaux ou de petits champs.SP580 À CHÂSSIS PIVOTANT .12 ou 16 rangs étroits Le planteur à châssis pivotant assure une conversion simple de la position d'ensemencement à celle de transport.Rangs divisés La solution à la fine pointe de la technologie pour les cultivateurs de maïs et de soya qui font la rotation entre des rangs de 30 et de 15 pouces et qui désirent semer plus d'acres chaque jour.& NEW HOLLAND www.newholland.com/na/ GRANDES CULTURES MARS 2005 AL I U ALI I bS Le REA, ce carcan qui se resserre Le 29 novembre dernier, le gouvernement du Québec a adopté par décret le Règlement modifiant le Règlement sur les exploitations agricoles (RMREA).Ce dernier épisode de la saga réglementaire en agroenvironnement au Québec a fait bondir les producteurs de grains qui ont reçu ce dernier règlement comme une gifle.Et il y a de quoi s\u2019indigner, car le règlement n\u2019impose rien de moins qu'un moratoire des cultures sur près de deux tiers du territoire agricole du Québec.La Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ) a réagi par communiqué le 31 janvier 2005 en plus d\u2019engager des actions concrètes pour protester contre cette réglementation.Dans son communiqué, la FPCCQ annonçait qu'elle exigeait l'abrogation pure et simple du RMREA.Aussi, elle faisait part à tous les intervenants qu\u2019elle cessait toute collaboration et tout partenariat dans tout projet à caractère agroenvironnemental.Le communiqué de la FPCCQ mentionnait enfin que celle-ci a exigé une rencontre d\u2019urgence avec Thomas Mulcair, ministre de l'Environnement du Québec, et Françoise Gauthier, ministre de l'Agriculture du Québec, pour traiter de cette question.Le présent numéro de Grandes cultures ex pose clairement les enjeux entourant le RMREA avec un débat entre un producteur de grandes cultures et un représentant du ministère de l'Environnement du Québec.Rappelons que le RMREA interdira d\u2019accroître les superficies en cultures dans plus de 560 municipalités par rapport au niveau de 2004.Ce règlement exigera aussi des producteurs de ces municipalités qu'ils déclarent leurs superficies en cultures.Tout comme l\u2019exigence des bilans phosphore, la FPCCQ est d\u2019avis que ces mesures ne sont pas propices à des progrès environnementaux puisqu'elles mettent l'accent sur la limitation des moyens à la disposition de producteurs plutôt que d\u2019élargir les opportunités quant à l'adoption de pratiques de conservation.ASRA Le détail des compensations et des versements à l'ASRA vous est présenté dans les tableaux 1 et 2.Année d'assurance 2003: paiement final Au moment d'écrire ces lignes, les producteurs venaient de recevoir le paiement final pour l\u2019année d\u2019assurance 2003.Ces montants sont présentés au tableau 2 qui résume les versements reçus et à recevoir.Ces montants incluent le solde de l'aide de transition, la première partie ayant été versée en novembre dernier.Cette aide globale de 250 M$ vient du fédéral afin d'assurer la transition vers l'application du Cadre stratégique agricole.Il s'agit de la 3' aide de transition, 2 tranches de 6000$ ayant été versées en 2001 et 2002.Année d\u2019assurance 2004 En ce qui concerne l\u2019année d\u2019assurance 2004, le prochain versement est prévu en avril 2005.Les prévisions de prix ont été revues à la baisse dans toutes les cultures.Les prévisions de compensations et de versements sont présentées aux tableaux let 2.Enquête sur le coût de production de 2005 L\u2019année 2005 marquera la mise à jour du coût de production dans le secteur des grandes cultures pour une application en 2007.L\u2019enquête sur les fermes pour établir ce nouveau coût de production a débuté en janvier par une première visite de la part des enquêteurs.Une rencontre du comité sectoriel, auquel la FPCCQ participe, devrait avoir lieu en mars afin de faire le suivi de l\u2019évolution de cette enquête.La FPCCQ a fait parvenir aux producteurs, dans le cadre de l\u2019envoi des relevés des contributions au Plan conjoint, une lettre informant les producteurs de la tenue de cette enquête.Il y était mentionné que pour cette enquête, la FPCCQ siège au sein du comité sectoriel qui supervise les travaux d\u2019enquête.Ce comité a développé un protocole de travail et d\u2019intervention qui permettra d\u2019offrir un encadrement des entreprises enquêtées.Toutefois, dans le but de rassurer davantage ces entreprises quant à la nature de leur tâche, la FPCCQ souhaitait par cette lettre leur rappeler qu\u2019elle est disponible afin de répondre à toute question concernant ce processus.De plus, la FPCCQ encourage fortement les entreprises enquêtées à lui transmettre leurs données d\u2019enquête afin qu\u2019elle puisse effectuer un meilleur suivi des coûts de production et de leur indexation au cours des années qui suivront.Les producteurs enquêtés peuvent communiquer en tout temps avec Marie-Hélène Parent, agente en économie à la FPCCQ au (450) 679-0540, poste 8468.Programme d\u2019avance de crédit printanière (PACP) 2005 Le PACP étant à nouveau offert par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) en 2005 sous les mêmes conditions que l\u2019année dernière, la Fédération est présentement en négociations avec les différents intervenants dans ce dossier pour tenter d\u2019offrir ce programme aux producteurs, à nouveau par l\u2019entremise de La Financière agricole du Québec (FADQ), selon un principe similaire à celui de l\u2019année dernière.Nous vous rappelons que le prêt maximum possible est de 50 000 $ sans intérêts, basé sur les superficies ensemencées, et que celui-ci doit être remboursé avant le 31 décembre 2005.Malgré qu\u2019il n\u2019y ait encore aucune signature TABLEAU t Avoine Blé fourrager Blé cons.hum.Maïs-grain\tOrge\tSoya\tCanola (3,2 t/ha) (3,3 t/ha) (3,1 t/ha) (7,2 t/ha) (3,5 t/ha) (3,0 t/ha) (2,3 t/ha) 2003\t2004* 2003\t2004* 2003\t2004* 2003\t2004* 2003\t2004* 2003\t2004*\t2003 2004* Revenu stabilisé après CSRA\t$/tm\t232,22\t235,64\t254,68\t258,55\t281,85\t286.98\t181,76\t185,44\t225,29\t229,54\t269,26\t281,75\t416.34 424,28 Prix du marché\t$/tm\t119.00\t114,00\t148.17\t128,00\t178.56\t170,00\t140.98\t120.00\t117,93\t112,00\t340,87\t265,00\t327.49 265.00 Compensation brute\tS/ha\t362,30\t389,25\t351,48\t430,82\t320,21\t362,64\t293,62\t471,17\t375,75\t411,39\t0,00\t50,25\t204,35 366,34 Cotisation nette\t$/ha\t103.97\t127,59\t77,06\t112,17\t50,55\t97,11\t97.51\t112,52\t94,43\t131,75\t26,28\t14,14\t30.05 52,53 Compensation nette\tS/ha\t258,33\t261,66\t274,42\t318,65\t269,66\t265,53\t196,11\t358,65\t281,32\t279,64\t-26,28\t36,11\t174,30 313,81 *Prévisions de la FPCCQ 8 GRANDES CULTURES MARS 2005 officielle de nos ententes au moment de rédiger ce texte, nous vous indiquons la procédure qui devrait fort probablement être appliquée pour rendre ce programme admissible aux producteurs de grains du Québec, soit une intervention en deux niveaux possibles : 1-\tTous les producteurs inscrits au régime d'assurance stabilisation en 2004 recevront automatiquement un paiement de la FADQ en mai 2005 en fonction des superficies assurées de 2004.Ensuite, un nouveau calcul sera effectué en fonction des superficies réelles ensemencées en 2005 et un deuxième paiement parviendra aux producteurs admissibles en août 2005.Aucune démarche n'est requise par ces producteurs pour recevoir ce montant d'argent.Notons également que cette avance équivaut à devancer celle que vous auriez normalement dû recevoir en décembre 2005 (première avance de compensation de l\u2019année 2005-2006).Ce montant prévu vous serait versé à 50% en mai 2005 et un autre 50% en août 2005.Au moment de rédiger ce texte, il est impossible de vous fournir les montants éventuels de compensation qui seront utilisés par hectare assuré pour chacun des grains.2-\tÉtant donné que le programme fédéral permet à la base un taux à l\u2019hectare plus élevé, les producteurs qui voudront obtenir un prêt additionnel pourront s\u2019inscrire tSmiÆ'P v ,.v./»- r Photo: Archives TCN BMP auprès de la Fédération, tout en considérant que le prêt maximum total global ne peut pas dépasser 50 000 $.Cependant, veuillez prendre note d'un élément très important à considérer : il est obligatoire que votre récolte soit assurée à l\u2019assurance récolte pour bénéficier de ce deuxième niveau d\u2019intervention.Celui-ci s'applique également aux producteurs de grains non couverts par le régime d\u2019assurance stabilisation.Pour ce deuxième niveau d'intervention, des frais d'administration devront être payés par le producteur participant.Paiements anticipés/ campagne 2004-2005 Nous vous rappelons l'obligation que vous avez de vendre votre récolte à un acheteur figurant sur notre « Liste des acheteurs autorisés » pour ne pas perdre votre privilège d'un prêt sans intérêts.Dès que vous vendez votre grain à un acheteur ne figurant pas sur cette liste, les directives de ce programme d'Agriculture et Agroalimentaire Canada nous obligent à vous facturer des intérêts, et ce, rétroactivement à la date où l'avance vous a été émise.Il peut vous être possible également de vendre à un producteur-consommateur ayant signé une entente avec nous.En cas de doute sur le statut de votre acheteur, veuillez communiquer avec nous au (450) 679-0540, poste 8588 ou 8230.De plus, nous vous rappelons que tout participant à ce programme a la responsabilité de mentionner à son acheteur de transmettre le paiement de toute vente de grains à la Fédération.Advenant le cas où l'acheteur vous retourne par erreur le paiement de votre transaction, vous devez endosser ce chèque et nous le faire parvenir accompagné des preuves de pesée dans les plus brefs délais.À défaut de ce faire, nous ne pourrons pas tenir compte des preuves de tonnage et le montant sera appliqué en remboursement direct avec intérêts.TABLEAU 2 \tSaison\tDate approx, du versement\tAvoine\tBlé fourrager\tBlé cons.humaine\tMaïs-grain\tOrge\tSoya\tCanola VERSEMENTS REÇUS 1'* avance\t\t\t\t\t\t\t\t\t Crédits printaniers (mai)\t2003-2004\t14 mai 2003\t25,00\t30,00\t10,00\t27,00\t30,00\t0,00\t0,00 Crédits printaniers (août)\t2003-2004\t22 août 2003\t25,00\t30,00\t10,00\t27,00\t30,00\t0,00\t0,00 Complément (décembre)\t2003-2004\t17 déc.2003\t38,94\t51,06\t57,83\t60,89\t40,14\t-11,78\t0,00 2'avance\t2003-2004\t30 avril 2004\t70,71\t75,83\t102,56\t41,84\t80.08\t-15,32\t107,03 1\" avance\t\t\t\t\t\t\t\t\t Crédits printaniers (mai)\t2004-2005\t13 mai 2004\t46,00\t46,00\t50,00\t35,00\t48,00\t-7,99\t29,00 Crédits printaniers (août)\t2004-2005\t23 août 2004\t46,00\t46,00\t50,00\t35,00\t48,00\t0,00\t29,00 Complément (décembre)\t2004-2005\t19 nov.2004\t19,98\t38,02\t16,70\t75,20\t25,12\t17,49\t57,34 Ajustement (aide de transition)\t2003-2004\t19 nov.2004\t2,35\t1,86\t1,33\t2,45\t2,19\t0,53\t0,61 Paiement final\t2003-2004\t7 fév.2005\t96,33\t85,66\t87,95\t36,93\t98,93\t0,29\t66,67 VERSEMENTS À VENIR\t\t\t\t\t\t\t\t\t 2' avance*\t2004-2005\tavril 2005\t71,18\t93,03\t69,17\t105,85\t74,63\t15,77\t104,33 Paiement final*\t2004-2005\tjanv.2006\t78,50\t95,59\t79,66\t107,59\t83,89\t10,83\t94,14 *Prévisions de la FPCCQ **Les montants sont présentés nets, c\u2019est-à-dire que la cotisation a déjà été soustraite.GRANDES CULTURES MARS 2005 9 I îpogn-e du Gioupe Syngenki mm 2P .( > nr ' Procurez-vous CallistoMC, l'herbicide révolutionnaire.Offre une excellente maîtrise de plusieurs mauvaises herbes à feuilles larges.Bénéficie d'une large fenêtre d'application de la prélevée jusqu'à tard en postlevée.Assure une sécurité exce| Combinez Primextra* Il Magnum® avec Callisto pour un désherbage sans pareil.+ S'appliquent de la prélevée au stade deux feuilles du maïs.4* Eliminent les graminées et les feuilles larges en un seul passage avant qu'elles ne nuisent.* Optimisent vos rendements.NfcMlCCMUSTO. MARCHÉ MAÏS ET SOYA Lorsque l\u2019avenir se conjugue au passé AMINA BABA-KHELIL* Il est toujours plus simple d\u2019expliquer le passé que de prévoir l'avenir.Le passé est censé être l\u2019histoire qui nous évite de refaire les mêmes erreurs.Le futur est cette équation que personne n\u2019a pu résoudre, mais que tout le monde voudrait connaître.Les maximes populaires empreignent toujours les peuples d\u2019un brin de sagesse pour rappeler que le passé est également une expérience.Celle qui prévaut le mieux dans ce cas-ci est la suivante « la seule chose que nous apprenons de l\u2019Histoire, c\u2019est que nous n\u2019apprenons rien de l\u2019Histoire.» Le présent article a pour but rte faire une rétrospective de l\u2019année 2003-04 et a pour ambition de mettre en exergue les éléments qui joueraient en faveur ou au contraire en défaveur des marchés des grains pour la prochaine année récolte.ÉTAT DE LA SITUATION 2004-05 Au cours de l\u2019année 2003-04, le dollar canadien a poursuivi son envolée déjà entamée en 2002.Entre la mi-mai et le début décembre 2004, il a fait un saut vertigineux de 18 %.Cette hausse trouve son essence dans la dépréciation du dollar américain.Nous ne le répéterons jamais assez, lorsqu\u2019une monnaie s\u2019apprécie dans un pays, les exportations de ce dernier vers les pays tiers ou la monnaie est dépréciée (États-Unis par exemple) deviennent moins attractifs, car les produits sont plus dispendieux pour les clients.Or, les exportations constituent le point névralgique de toute l\u2019économie canadienne.Le ralentissement de celles-ci, causé par l'appréciation du Huard, peut avoir pour conséquence l\u2019affaiblissement du produit intérieur brut (PIB).À l'inverse, aux États-Unis, les économistes augurent plutôt une hausse du PIB.La frugalité des Américains serait alors soutenue par la création de nouveaux emplois.Selon plusieurs économistes (consultés par le journal Les Affaires), le dollar canadien varierait entre 0,83 et 0,79 $US au cours de l'année 2005.Pour ce qui est des marchés des grains, la récolte 2004 s'est caractérisée par l\u2019abondance de la production dans l\u2019ensemble des principaux pays producteurs.Les conditions climatiques plus clé- mentes en Europe et en Amérique du Nord se sont soldées par de nouveaux records.Aux États-Unis, l\u2019ensemble du maïs et du soya a connu des hausses jamais enregistrées dans l'histoire.Les niveaux respectifs de 11,8 et 3,1 milliards de boisseaux ont entraîné des augmentations des stocks de report de 105 % pour le maïs et de 310 % pour le soya par rapport à l'année antérieure.Suite à cela, les marchés boursiers ont connu une dégringolade assez spectaculaire.À Chicago, les contrats du maïs de décembre 2004 sont passés de 3,361/2 $US le 8 avril à 1,911/2 $US le 1\" décembre 2004.Les contrats du soya de novembre 2004 ont baissé de 7,83 le 24 mars à 5,02 $US le 8 novembre.Le déclin à Chicago s'est exprimé directement sur les prix aux producteurs.À titre indicatif, les prix du maïs aux producteurs américains passeraient selon les prévisions de 2,42 $US/bois-seau en 2003-04 à 1,95 $US/boisseau en moyenne en 2004-05.Depuis la découverte pour la première fois de plusieurs foyers de la rouille asiatique du soya aux États-Unis, les prix sur la bourse de Chicago ont connu quelques soubresauts en raison des inquiétudes et des incertitudes engendrées par la maladie.À l'heure où est écrit cet article (janvier 05) les craintes d'une potentielle sécheresse en Amérique du Sud sont réduites en raison des précipitations bénéfiques reçues au moment opportun.Il est fort à parier une récolte exceptionnelle au Brésil et en Argentine dans ces conditions.D\u2019ailleurs, le ministère de l\u2019Agriculture argentin a annoncé à la fin du mois de janvier une prévision de production de maïs de 18 à 19 millions de tonnes par rapport à 13,5 millions de tonnes produites en 2003-04.Ainsi, la production argentine risque de représenter un obstacle supplémentaire pour les exportations Évolution du contrat du maïs de décembre 2004 à Chicago (US$/boisseau) 12 GRANDES CULTURES MARS 2005 américaines dans un avenir proche.Pour résumer la situation : à moins d\u2019un printemps et d'un été catastrophiques sur l\u2019hémisphère Nord et d\u2019importants problèmes d'ordre fondamental, l\u2019avenir ne peut présager qu'une tendance baissière pour l'ensemble des prix des grains.Mais ceci n'est une nouveauté pour personne.La grande question est de savoir jusqu\u2019où peut aller cette baisse?Pensez-vous que quelqu\u2019un puisse répondre à une telle question?Lorsque l'an dernier, la tendance haussière avait été entamée sur les marchés, personne ne pouvait réellement estimer le pic.Apparemment, les extrêmes dans un sens comme dans l'autre atteignent toujours des limites qui n\u2019ont pu être anticipées.Il faut remarquer par ailleurs, qu'une hausse importante est généralement suivie d'une baisse tout aussi marquante.Pourquoi l'année 2005 symboliserait-elle l\u2019exception?Avec des stocks de report de maïs proches de deux milliards de boisseaux aux États-Unis, comment ce marché pourrait-il être requinqué?Le ratio stocks/utilisation pour le maïs a atteint 18,1 %, soit le niveau le plus élevé depuis cinq ans et cela en dépit du record de la demande domestique.Pour le soya, ce ratio est de 15,4 %, soit le niveau le plus élevé depuis 1990.Selon les calculs et les prévisions réalisés par les analystes, l\u2019objectif du contrat de mai serait à 4,28 $US/bois-seau.Cela peut paraître tout à fait incroyable.Cependant, sur une base historique, en janvier 2002 et en juillet 1999, les niveaux bas ont été de 4,151/2 et de 4,011/2 respectivement.Il faut noter que les facteurs fondamentaux qui prévalaient alors n'étaient pas aussi désastreux que ceux d\u2019aujourd\u2019hui.Comme nous l'avons mentionné plus haut, il est indéniable que cet objectif est appelé à être modifié si la rouille asiatique s'avérait plus destructrice en Amérique du Sud et si les conditions n'étaient pas réunies en Amérique du Nord.D\u2019autre part, l\u2019élément qui aurait pu donner un bon coup de pouce au prix est la demande à l\u2019exportation.Or, pendant que la demande chinoise demeure encore très forte, les exportations américaines de soya accusent un retard par rapport à l'année dernière.Les prévisions attendues par le DAA sont de plus d'un milliard de boisseaux, soit 14 % de plus que 2003-04.Il ne serait pas étonnant que ces anticipations ne soient pas atteintes.En date du 6 janvier, les achats de soya japonais en provenance des États-Unis sont en recul de 27,6 % par rapport à l'année précédente, ceux de Taiwan de 39 % et ceux d'autres pays asiatiques de 24 %.Toutefois, les ventes de soya à destination de la Chine ont connu une hausse de 19,2 % par rapport à 2003-04, et ce, malgré les incertitudes planant autour de la possibilité d'une nouvelle épidémie de la maladie aviaire dans les pays avoisinant la Chine.Photo: Archives KN PERSPECTIVES 2005-06 La demande mondiale de protéines et de matières grasses est loin d\u2019avoir atteint son optimum.L\u2019amélioration des niveaux de vie et des changements des habitudes alimentaires sur un plan planétaire augurent une augmentation de la consommation de produits à plus haute teneur calorifique.À plus court terme, les pays comme la Chine qui a connu une augmentation exponentielle des volumes de soya triturés continueront à accroître sa capacité de trituration.Agriculture Canada prévoit un volume trituré de 30 millions de tonnes pour l'année 2005-06 en Chine.En Amérique du Sud, les superficies ensemencées en soya devraient également poursuivre leur ascension pour l'année 2005-06.Aux États-Unis, selon certains analystes, les prévisions de production de soya pour 2005-06 sont légèrement à la baisse mais demeureraient toujours autour de trois milliards de boisseaux.Les incertitudes concernant la rouille asiatique ainsi que les niveaux bas des cours laissent présager un recul des superficies ensemencées passant ainsi de 75,2 à 74 millions d'acres.Le niveau de la production a été calculé sur la base d'un rendement moyen de 42 boisseaux/acre.Selon ce scénario, les stocks de report augmenteraient de 53% amenant le ratio stock/utilisation à 23,5 %.Le prix aux producteurs américains se situerait entre 4,25 et 4,90 $/t selon la même source.Cette fourchette correspondrait à 215 et 245 $/t chez les producteurs du Québec.Les mêmes analystes augurent une légère baisse de la production de maïs aux États-Unis qui atteindrait le niveau de 10,9 milliards de boisseaux.Avec les incertitudes concernant la rouille du soya, les superficies de maïs seraient revues à la hausse pour la prochaine saison.Elles passeraient de 80,9 à 82,7 millions d'acres.Les rendements moyens calculés sur une longue période sont estimés à 145 boisseaux/acre.Avec une demande intérieure et des exportations supérieures à celle de cette année, les stocks de report atteindraient le niveau de 1,75 milliard de boisseaux selon le scénario avancé par les analystes.La fourchette de prix aux producteurs américains oscillerait entre 1,80 et 2,25 $US/boisseau.Cette fourchette correspondrait de 110 à 130 $/t chez le producteur du Québec.*analyste de marché, FPCCQ Évolution du contrat du soja de novembre 2004 à Chicago (US$/boissoau) 5 mai 04 : 7,86 Va 8 Nov 04 : 5] GRANDES CULTURES MARS 2005 13 AGRDNDMIE LES PROBABILITÉS DE CLASSEMENT DU BLÉ EN FONCTION DU NIVEAU DE FERTILISATION Les secrets d\u2019un blé panifiable rentable THIERRY LA RIVIÉ R E Plusieurs producteurs de blé se demandent quel cultivar choisir et quel niveau de fertilisation azotée utiliser pour obtenir de bons rendements et un grain qui se classe bien auprès des acheteurs.C'est pour répondre à ces questions qu'une étude sur trois ans a été lancée, en 2002, par le Club Consersol Vert Cher, au moment où l\u2019engouement pour le blé était à sou plus fort.Les résultats montrent qu\u2019une fertilisation de 100 kg d'azote à l'hectare est optimale.Appliquer plus d'azote serait inutile puisque le rendement plafonne par la suite et la croissance du blé en hauteur augmente la verse.À l\u2019inverse, moins d'azote pourrait entraîner une diminution du taux de protéines.En fait, les deux agronomes responsables du projet, Simon Roy et Stéphanie Mathieu, ont constaté que le taux de protéine demeurait stable entre 60 kg et 90 kg d'azote (N).Tout se passe comme si la fertilisation azotée était utilisée d'abord pour la croissance de la plante et l'atteinte d\u2019un certain rendement, et c'est seulement ensuite que le taux de protéine du grain recommence à augmenter.I y a des sites qui performent beaucoup mieux », explique Simon Roy, qui se souvient de rendements de six tonnes à certains des 47 sites qui ont été comparés au cours du projet.Certains producteurs ont toutefois tendance à prendre leurs m oins b o n s champs pour le blé ce qui nuit aux rendements.Pas moins de 33 de ces parcelles se trouvaient en champ chez des producteurs de Montérégie et 14 autres étaient au Centre de recherche sur les grains (CÉROM) à Saint-Bruno.Des doses de 0, 60, 90, 120 et 150 kg d'azote ont été appliquées en deux passages sur cinq variétés de blé.La deuxième fraction épandue, de 30 unités d\u2019azote, se faisait au moment du tallage du blé.Notons le soutien de la Fédération des producteurs de cultures commerciales, du Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec, du ministère de l\u2019Agriculture du Québec et du CÉROM qui ont tous participé en temps ou en argent à la réalisation de ces essais et des analyses.QUEL CULTIVAR CHOISIR?L'étude permettait de comparer deux blés à pain (AC Barrie et AC Brio) avec trois blés à mélange (SS Blomidon, AC Drummond et Torka).Une évaluation des marges brutes par cultivar a été réalisée en tenant compte de la probabilité du cultivar de bien se classer et du rendement.Rappelons les principaux critères utilisés par l\u2019industrie pour doit dépasser 12,5 %, l\u2019indice de le mieux suivi par l\u2019AC Brio (73 %) et le SS Blomidon (53 %).Les deux autres font piètre figure avec moins de 25 % de chance de satisfaire les critères.Pour les rendements, c'est le SS Blomidon qui domine avec une moyenne de 4,48 tonnes à l\u2019hectare et PAC Barrie avec 3,93 tonnes.Le Blomidon est toutefois le plus faible en ce qui concerne l\u2019indice de chute dépassant à peine la valeur minimum en moyenne.Les gagnants de la protéine sont le Barrie et le Brio avec 14 % ou légèrement plus, suivi de Blomidon à 13,2 % et du Drummond à 12,8 %.Malgré tout, le principal facteur de déclassement est la présence de vomitoxine dans 75 % des cas, suivi par le taux de protéines trop bas (54 %) et l\u2019indice de chute inférieur au critère de 250 secondes (19 %).Les cultivars les moins risqués du point de vue de la vomitoxine sont le Barrie (0,6 ppm en moyenne), le Blomidon (0,7 ppm) et le Brio (1,1 ppm).Le taux moyen de vomitoxine des deux autres cultivars est plus haut que le critère de l\u2019industrie.En tenant compte de tous ces facteurs, d'un prix de l'azote à 1,40 $ l\u2019unité et d'un prix de vente du blé variant entre 150 $ et 195 $ la tonne en fonction du taux de protéine, les deux jeunes chercheurs en arrivent à la conclu- secondes et vomitoxine f Stephanie Mathieu et Simon Roy tla Chili Consersol Vert Cher ont realist nue ini/iortnnte etude sur la culture du hic iHinifiahle.14 grandes eut runes mars ;>cxiii herbicide Ultim Total Une dort jamais.Il s\u2019attaque auxgraminées et aux mauvaises herbes à feuilles larges en un seul passage \u2022 Élimination des mauvaises herbes de plus grande taille et des vivaces rebelles comme le chiendent \u2022 Agit au contact et de façon résiduelle pour des champs propres tout au long de la saison \u2022 4 ingrédients actifs appartenant à 3 différents groupes d\u2019herbicides (2, 4, 19) pour gérer la résistance chez les mauvaises herbes Des questions?Adressez-vous à votre détaillant, composez le 1 800 667-3925 ou visitez www.dupont.ca/ag/maïs vft'/md/mc Marquos déposôos/do commerce do E I du Pont de Nemours and Company, dont DuPont Canada est un usager licencié\t\u20221^1\t.Membre de CropLdo Canada Comme avec tout produit de protection des cultures, suivre attentivement les instructions sur l'étiquette.\tL6S fTiirOCICS U6 10 SCI6HC6 Un des champs de blé de l'étude.W' cvfHPi & I7.:/ \u2022v s ; sion que le Blomidon, le Barrie et le Brio sont les grands gagnants avec des marges brutes respectivement de 609 $,566 $ et de 571 $ à l\u2019hectare.Les différences entre les trois ne sont pas jugées significatives.Les deux autres oscillent autour de 450$ à l\u2019hectare.LE SPECTRE DE LA FUSAR10SE Le principal problème lié à la culture du blé est la fusariose et c\u2019est d\u2019ailleurs la principale cause d\u2019une certaine déprime de ce secteur en 2004.La précision des tests de détection des vomi-toxines cause toujours des inquiétudes.« Il y a du ménage à faire », commente Stéphanie Mathieu.L\u2019étude des agronomes du Club Consersol Vert Cher a comparé les méthodes rapides et longues.Or, 13 des 19 échantillons étaient surestimés en moyenne de 31 % avec la méthode ELISA.Pire encore, sur cinq tests différents (le bâtonnet QuickOON, ELISA, GC, HPLC) aucun n\u2019était capable de détecter à coup sûr la présence de toxines à un taux inférieur à deux ppm ou moins.La chromatographie gazeuse, la méthode la plus scientifique utilisée par le ministère de l\u2019Agriculture du Québec, passe le test dans dix cas sur douze.Seul l\u2019ELISA, calibré en laboratoire, donne aussi des résultats relativement fiables avec huit réussites sur douze.Pour les autres techniques, il s\u2019agit en fait d\u2019un coup de dés puisque le taux de réussite est de 50 % ou moins.La combinaison de l\u2019incertitude de la méthode et des erreurs possibles d\u2019échantillonnage peut donc faire toute la différence.Plusieurs conseils peuvent aider à minimiser la présence de la fusariose dans le grain.Le choix d\u2019une variété plus résistante est primordial de même que le précédent cultural.Il faut donc éviter de semer sur un retour de maïs ou d\u2019une autre graminée.Selon une récente étude de Sylvie Rioux du Centre de recherche sur les grains (CÉROM), les principales cultures qui ne sont pas hôtes du champignon indésirable sont le lin, la betterave à sucre, le soya et la luzerne.La spécialiste estime qu\u2019il est plus prudent de cultiver de ces espèces pendant deux ou même trois ans, particulièrement en travail réduit du sol, avant de revenir avec du blé.Il faut aussi éviter la verse et récolter tôt, quitte à devoir sécher, pour éviter le développement de la toxine lorsque le blé est à maturité.Nous reviendrons plus en détail sur cette question dans une prochaine édition de Grandes Cultures.i Achat et vente de grains et sous-produits Crains avoine mais orge sarrasin soya Semences mm p r o v a I c i d > w w w pr&valdd NOTRE PARTICIPATION A VOTRE ALIMENTATION 4572, boul.Marie-Victorin, Varennes (Québec) Canada J3X 1P7 Tél.: (450) 652-3916 Sans frais: 1 877 652-3916 Fax:(450) 652-7959 inc.blé canola Sous-produits il ' i.- Services: sechage, criblage, entreposage - v, , 1 'Mise en marché: au comptant et à terme.16 GRANDES CULTURES MARS 2005 MUNI DE RENDEMENT KTRfl \u2018 Il MAGNUM *?**»***?* 4 »* * ***»*»4** COMBINEZ CAUISTO* ET * * * * Ils s'appliquent de la prélevée au stade 2 feuilles du maïs.(?) Ils éliminent les graminées et les feuilles larges en un seul passage, avant qu'elles ne nuisent.Ils offrent une sécurité exceptionnelle afin d'obtenir des rendements accrus.Faites le mélange en réservoir du nouveau Callisto avec Primextra II Magnum et obtenez une réduction de 9 $ par acre.DEMANDEHES à votre détaillant.181SYNGENTA (1811964-3682) WWW.SYNGEN1A.CA rallistO Primextra II MAGNUM\u2019 l\u2019offre de 9 $/ocre es» basée suc le Kju» dufclsahon en prêlevee et en posile.êe de 1.41 de Pnme»tra H Magnum el de 120 ml de CoIrA) par ocre I
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