L'itinéraire, 1 janvier 2020, Octobre
[" Volume XXVII, n?08 Montréal, octobre 2020 Comment déboulonner les théories du complot ?Page 28 Entente sur le logement social Page 23 Camelot n° 28 \u2022 Âge 62 ans Points de vente Complexes Desjardins et Guy-Favreau L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.À L\u2019Itinéraire comme au hockey, il y a des vétérans.Gilles Bélanger est de ceux-là.Gilles est camelot depuis 1997.Depuis l\u2019époque où l\u2019organisme logeait à l\u2019ancien emplacement sur la rue Ontario.Gilles a passé la majeure partie de sa vie dans l\u2019Est de Montréal.Né de parents handicapés, il a été placé dans une famille à Saint-Esprit dans Lanaudière.Il a fréquenté l\u2019école du village en plus d\u2019aider aux travaux de la ferme.Il a retrouvé sa maison et sa famille sur la rue Frontenac à l\u2019âge de 14 ans.Il a terminé ses études secondaires dans son quartier à la polyvalente Pierre-Dupuy.Peu après, il décide de voler de ses propres ailes.Il a souvent déménagé, mais toujours vécu dans le Centre-Sud.Pendant des années, il a gagné sa croûte en distribuant, de porte en porte, des menus de livraison pour les restaurants et des circulaires.Gilles n\u2019a presque jamais chômé sauf durant les six mois de confinement.Il a été confiné trois mois consécutifs sans pouvoir mettre le bout du nez hors de la résidence où il habite depuis peu.Gilles Bélanger est fort heureux d\u2019être de retour à son poste même si ses clients réguliers ne sont pas encore tous au rendez-vous.Même s\u2019il sent plus de méfiance chez les passants masqués qui le croisent sans sembler le reconnaître ni même le voir.Même s\u2019il ne voit plus leur sourire.Malgré cela, il est heureux d\u2019être de retour au travail entre les « deux tours ».La vente du magazine redémarre lentement mais sûrement, affirme-t-il.Comme avant son « chômage » forcé, il se rend chaque jour sur René-Lévesque, au coin de Jeanne-Mance, et ne prend qu\u2019une courte pause pour luncher.Par prudence, il achète moins d\u2019exemplaires qu\u2019à l\u2019habitude.Il préfère revenir en chercher à L\u2019Itinéraire les jours où les ventes sont meilleures.Gilles aime Montréal et son magazine grâce auquel il a noué de solides amitiés.Il parle des autres vétérans avec affection.De Michel, de Gabriel.De son grand ami Alder, chanteur à ses heures, décédé il y a déjà 16 ans.Même si L\u2019Itinéraire, habituellement bimensuel, n\u2019est publié qu\u2019une fois par mois jusqu\u2019à nouvel ordre, Gilles est optimiste.C\u2019est dans sa nature.Il souhaite que Valérie Plante, la mairesse de Montréal, continue d\u2019inciter les Montréalais à revenir au centre-ville.À revenir travailler et magasiner.Gilles arbore un sourire confiant.Il est convaincu que tout reviendra à la normale bientôt.Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Milton Fernandes Gilles Bélanger Embarquez en toute confi ance stm.info/coronavirus STM_201002_Itine?raire_Page_Generique_Conf.indd 1 ?2020-09-01 11:51 LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste-accompagnateur KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants MILTON FERNANDES Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur JUAN CARLOS JIMENEZ Webmestre bénévole CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, DANIELA ARANIBAR ET MICHEL JULIEN Bénévoles à la rédaction Photo de la une DAVID HIMBERT / HANS LUCAS ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social ISABELLE LACHARITÉ, GABRIELLE GODIN Intervenantes psychosociales PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projet \u2013 Distribution CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs MIVILLE TREMBLAY EMNA BRAHAM SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en di culté et ofert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes ain de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution inancière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019appui inancier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne relètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Depuis un mois, nos camelots ont recommencé à brandir le magazine dans les rues de Montréal.Après un intervalle numérique, nous sommes fiers de vous présenter à nouveau une édition imprimée de L\u2019Itinéraire.Bien que prudemment optimistes, les camelots comme toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire se réjouissent de cette reprise.Et, malgré qu\u2019elles soient un peu timides, les ventes dans la rue sont au rendez-vous.Souhaitons que nous puissions continuer sur cette envolée.Gardons l\u2019espoir que tout va finir par bien aller.Et merci de continuer de nous appuyer financièrement et moralement ! Depuis notre dernier numéro, il s\u2019en est passé des choses ! Confine, déconfine, reconfine partiellement, ouvre des écoles, ferme des classes, O.K.pour des réunions de 50 personnes, avis contre les partys de famille\u2026 c\u2019est à en perdre son latin.Puis, le système de gradation colorée de la situation covidienne a été mis en place.Nous sommes passés (dans la grande région de Montréal) du jaune à l\u2019orange, et, au moment d\u2019écrire ces lignes, on se dirigeait direct vers le rouge.Qui sait où nous en serons quand vous lirez ceci ?Toutes sortes de théories Face à ces informations qui changent de semaine en semaine, face à un virus dont on n\u2019a pas fini de découvrir les secrets, et face aux décisions prises en fonction des données qui se dévoilent petit à petit, la porte est ouverte à des gens qui exigent des certitudes.Leurs certitudes.Et on en a entendu des vertes et des pas mûres.Phénomène aussi surréaliste que inquiétant, les QAnon, ces complotistes qui avancent des théories plus farfelues les unes que les autres, ont gagné du terrain au Canada.Nous abordons le sujet dans ce numéro et cherchons à comprendre pourquoi les gens y adhèrent.À la une Personnalité bien connue qui s\u2019est révélée en début de pandémie, le Dr Horacio Arruda navigue dans la mer houleuse de l\u2019opinion publique.Véritable rock star pour certains, décrié par d\u2019autres, le bon docteur garde le cap et poursuit son travail face à l\u2019ennemi invisible.En réponse à notre demande d\u2019entrevue, il a insisté pour se rendre dans nos locaux afin de rencontrer notre camelot Yvon Massicotte.L\u2019article qui en découle nous fait découvrir l\u2019homme derrière le directeur national de la santé publique et les hauts et les bas de son travail.Une lecture fort intéressante.Merci Milton ! Toute l\u2019équipe a un pincement au cœur : notre collègue, notre ami, Milton Fernandes quitte L\u2019Itinéraire pour aller vers de nouveaux défis.Notre infographe, responsable de la création visuelle a laissé une empreinte indélébile dans le magazine qu\u2019il a transformé et dynamisé.Nous allons tous nous ennuyer de son immense créativité, de son talent et de ses jeux de mots tirés par les cheveux Bon vent Milton et merci pour tout ! Octobre 2020 Volume XXVII, no 08 GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Gardons espoir ! À la une Yvon Massicotte 8 Rond-point international 11 En toute liberté Une guerre idéologique Mathieu Thériault 20 Dans la tête des camelots Retour dans la rue 22 Comptes à rendre Qui va payer?Ianik Marcil 23 Logement social Enfin ! Laurent Soumis 28 Décryptage Comment déboulonner les théories du complot ?Alexandra Guellil 34 Entrevue Mois de l\u2019histoire des femmes Karine Bénézet 34 Bande dessinée Siou 44 Détente Octobre 2020 Volume XXVII, no 08 Mots de camelots Dr Horacio Arruda Entrevue 28 23 3 3 Zoom sur Gilles 9 Lynn Champagne 9 Jean-Claude Nault 9 Benoît Chartier 43 Linda Pelletier 43 Lucette Bélanger 43 Cécile Crevier 19 camelots ont participé à cette édition Merci pour tout ! Milton Fernandes Cela ne devait être qu\u2019une entrevue par visioconférence pour mieux connaître le personnage, l\u2019homme derrière le scientifique.Mais c\u2019était bien mal connaître Horacio Arruda.Le bon docteur a insisté pour que l\u2019entrevue se fasse dans les locaux de L\u2019Itinéraire, pour qu\u2019il puisse rencontrer des camelots, en plus de mesurer sur le terrain l\u2019action communautaire et l\u2019impact des mesures sanitaires décrétées à Québec.12 Le masque On entend tout au long de la journée qu\u2019il faut porter le masque.C\u2019est l\u2019une des principales directives données par la direction de la santé publique, non seulement au Québec, mais partout dans le monde.À ceux qui le font, je vous dis un gros merci ! Malgré tout, je remarque des gens qui ne le portent pas.Cela nous met tous à risque.Dans mon travail en cuisine à L\u2019Itinéraire, même si je trouve ça fatigant, je porte le masque, la visière et les gants.Je suis consciente de la valeur de la vie et je veux la protéger le plus possible pour tout le monde.Une petite anecdote : je suis étonnée par l\u2019histoire vécue par Rosalie Taillefer, la fille de René Simard, qui est sourde.Elle s\u2019est vu refuser l\u2019accès à un magasin car son masque n\u2019était pas « conforme ».Il y a une ouverture en plastique sur son masque pour permettre aux gens de lire sur ses lèvres.C\u2019est un masque de Belgique spécialement conçu pour aider les personnes sourdes à lire sur les lèvres.Qui, par ici, a pensé à ça ?Je lui lève mon chapeau.On provoque un problème de communication avec les masques traditionnels.Comment la société va-t-elle fonctionner si on empêche les gens de se comprendre ?Selon moi, c\u2019est injuste envers les malentendants.En plus, ces masques ne sont pas disponibles partout.L\u2019accès en est limité à ceux qui peuvent acheter sur internet.L\u2019accès devrait être libre à tout le monde.On devrait avoir le choix.Quand va-t-on arrêter de négliger des gens dans la société ?Quand se terminera cette forme d\u2019exclusion sociale ?Le prix de la COVID Je suis tellement tanné d\u2019être enfermé que ça me rend malade.J\u2019ai engraissé de 45 livres à ne rien faire.Depuis le déconfinement, et jusqu\u2019à maintenant, j\u2019ai réussi à perdre une douzaine de livres.Je m\u2019ennuie de ma clientèle, surtout de ceux avec qui je pouvais socialiser.En faisant mes courses, j\u2019ai rencontré une cliente.Elle m\u2019a donné des vêtements qui conviennent mieux à ma nouvelle taille.À la télé, j\u2019écoute toujours Salut, bonjour à TVA, mais je commence à être tanné.Aussi, c\u2019est toujours les mêmes films qui sont présentés.Heureusement, j\u2019ai enfin trouvé la perle rare de ma vie après 15 ans.Ça fait quelques mois que je la connais et elle va bientôt venir habiter chez moi.On se complète bien et j\u2019espère l\u2019épouser car elle fait bien à manger.LOL.(Je plaisante.) Jusqu\u2019à récemment, j\u2019avais les cheveux longs jusqu\u2019aux épaules et la barbe jusqu\u2019au tee-shirt.J\u2019ai tout rasé au clipper numéro 3.Je me sens mieux et j\u2019économise le shampooing.Salut à ma clientèle.Au plaisir de vous revoir.Mon confinement Quand j\u2019ai su qu\u2019on fermait L\u2019Itinéraire à cause de la pandémie, j\u2019ai eu peur que les camelots ne puissent plus vendre le magazine.J\u2019ai trouvé ça dur depuis.Je me suis senti prisonnier chez nous.Aucun magasin où j\u2019avais l\u2019habitude de faire mes achats n\u2019était ouvert.Je n\u2019avais nulle part où aller.Ça m\u2019a causé beaucoup de stress, de l\u2019insomnie.Est-ce que L\u2019Itinéraire va rouvrir ou pas ?J\u2019avais peur pour les autres camelots aussi, qu\u2019ils se retrouvent dans la rue.Pendant tout ce confinement, j\u2019ai fait une dépression et j\u2019ai pleuré souvent.Je ne savais pas où aller, je ne savais plus quoi faire.Comme si on était venu m\u2019enlever tout ce que j\u2019aime.Mais je n\u2019étais pas tout seul à la maison, par chance.Heureusement j\u2019ai fait des spectacles en direct sur Facebook, de chez moi, pour me désennuyer et désennuyer les gens tout seuls chez eux.J\u2019ai même eu des félicitations ! Pendant le confinement un de mes oncles du côté de ma mère est décédé le lendemain de ma fête, le 18 mai.Je n\u2019ai pas pu le voir.J\u2019ai trouvé ça encore plus dur.Quand L\u2019Itinéraire a rouvert ses portes pour les services : aide alimentaire et dîner, j\u2019ai découvert qu\u2019il y avait un espoir.J\u2019ai recommencé à avoir le moral.Quand j\u2019ai vu les camelots, je me suis senti rassuré.J\u2019ai vu qu\u2019ils étaient toujours là et qu\u2019ils n\u2019étaient pas retournés dans la rue.Ce qui a aidé beaucoup, ce sont les 50 $ sous forme de cartes cadeaux et tous les dons que les gens ont versé au fond d\u2019urgence.C\u2019est la preuve que le monde pense à nous autres.Cela m\u2019a touché.Je dis à mes clients : on va se revoir bientôt ! États-Unis Ce drapeau chargé de sens Pendant plus de trois mois, les rues de Portland ont été le théâtre des manifestations Black Lives Matter.Pour rappel, plusieurs dénonçaient les meurtres et violences commis par la police envers les personnes noires.Elles se battaient contre la déshumanisation et le racisme systémique auxquelles elles étaient confrontées.Le drapeau américain est une très forte symbolique dans ces manifestations.Parfois en feu, d\u2019autres fois mis à l\u2019envers, il ne passe pas inaperçu.Pour beaucoup, c\u2019est signe qu\u2019il est devenu le symbole le plus nationaliste d\u2019extrême droite.Mais souvenons-nous que sa politisation n\u2019est pas nouvelle.Selon Ted Kaye, secrétaire de la North American Vexillogical Association, il aurait été politisé pour la première fois pendant la Guerre civile avant d\u2019avoir été utilisé pendant les deux guerres mondiales pour mobiliser et susciter l\u2019enthousiasme dans le pays afin de pousser les Américains à faire des sacrifices.Si on voit des partisans tenir ces drapeaux, c\u2019est sous cette même bannière qu\u2019ils ont agressé les manifestants réclamant plus d\u2019égalité.Pas étonnant donc de les voir se réapproprier ce symbole le poing levé, pour lui redonner un autre sens.(Street Roots/INSP) E L L E N A R O S E N T H A L | S T R E E T R O O T S Liban Une cage dorée pour plusieurs Nigérianes « J\u2019ai besoin d\u2019aide en ce moment, mais je ne peux pas marcher correctement », témoignait Nkiru Obasi depuis son lit d\u2019hôpital dans une vidéo publiée en ligne.Blessée dans l\u2019explosion du 4 août à Beyrouth, elle reste au pays non pas en raison de ses blessures, mais plutôt parce qu\u2019elle y est retenue captive.Nkiru Obasi est l\u2019une des jeunes Nigérianes victime de la traite des personnes au Liban et détenue sous un système abusif, connu sous le nom de Kafala, qui interdit aux travailleurs migrants de retourner dans leur pays sans l\u2019autorisation de leur employeur.Selon le New Telegraph de Lagos (Nigéria), elles seraient un peu plus de 4500 à être concernées.De plus, certaines victimes seraient réduites en esclavage ou vendues comme esclaves.Pour de nombreux militants nigérians, ces dérives révèlent que le gouvernement nigérian devrait avant tout chercher à améliorer les conditions de vie locales pour empêcher leurs citoyens de chercher désespérément une vie meilleure ailleurs.(IPS/INSP) I P S Traduction Alexandra Guellil L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS BENOÎT CHARTIER CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA LYNN CHAMPAGNE CAMELOT MÉTRO PLACE-DES-ARTS TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Vivez l \u2019automne dans toute sa beauté en profitant de la chaleur réconfortante de nos savoureux cafés .LA BEAUTÉ DE L\u2019AUTOMNE, LE RÉCONFORT D\u2019UN CAFÉ .Fin septembre, on apprenait la fin tragique de deux jeunes de 19 et 21 ans, morts d\u2019overdose après avoir avalé littéralement des bonbons.En fait, l\u2019homme de 19 ans est mort, et la mère de la femme de 21 ans se demande à ce jour si elle doit débrancher son enfant qui est dans un état neurovégétatif.Pour moi, même si elles sont officiellement des adultes, ces deux personnes sont si jeunes que j\u2019ai du mal à les voir autrement que comme des kids.De fait, la drogue qui les a tués se présente comme des PEZ, du nom des bonbons dont tous les jeunes se sont empiffrés, qu\u2019on consomme dans un cylindre avec une tête funny qu\u2019il faut flipper vers l\u2019arrière pour avoir sa récompense.Sauf que dans le cas de ces deux malheureux, ils n\u2019ont pas souffert d\u2019une overdose de sucre à faire rager les dentistes, mais d\u2019une overdose de drogue cheap qui fait saliver les pushers.S\u2019il en fallait une autre, voici encore une nouvelle occasion de se questionner sur la pertinence de la guerre à la drogue.La guerre aux opiacés Les « bonbons » qui ont tué ces deux ados de banlieue contenaient probablement du xanax (un benzodiazépine de la même famille que le valium) contrefait, probablement boosté avec du fentanyl.Deux autres victimes de la crise des opiacés qui, rappelons-le, a tué plus de personnes en mai dernier en Colombie-Britannique que la COVID-19.La guerre à la drogue et la répression qui va avec sont une abomination.C\u2019est un terrorisme sans nom que je ne saurais jamais justifier.Je n\u2019encouragerai jamais la consommation excessive et problématique, mais dans un monde où n\u2019importe quel enfant de sept ou huit ans peut consommer toute la porno qu\u2019il veut, où tous les ados savent chez quel dépanneur aller pour ne pas se faire carter, où plusieurs ont vu leurs parents se bourrer d\u2019antidépresseurs, de café et d\u2019alcool, je me garderais une petite gêne avant de les sermonner sur leur consommation.Problématique ou non.L\u2019alcool, la pire de toutes Car quand on y réfléchit, il n\u2019y a que les jugements moraux qui nous permettent de statuer qu\u2019une dépendance est pire qu\u2019une autre ou plus problématique.Nous avons tous dans notre entourage \u2014 si ce n\u2019est nous-mêmes \u2014 quelqu\u2019un aux prises avec une dépendance.Que ce soit l\u2019alcool, la bouffe, le téléphone cellulaire ou l\u2019internet, le sexe, le travail, les pilules, le sport extrême, le jeu ou la loto : rares sont ceux qui peuvent dire qu\u2019ils n\u2019ont pas au moins un penchant exagéré pour ceci ou cela.Pourtant, si on me donnait le choix d\u2019être dans une pièce avec 50 personnes saoules ou 50 personnes gelées à l\u2019héroïne, j\u2019irais assurément dans la deuxième.L\u2019alcool est la première source d\u2019accident de la route, de violence conjugale, d\u2019agressions sexuelles et de partys qui finissent mal.L\u2019alcool est aussi la seule drogue, à haut volume, dont le sevrage peut être létal.Quant aux consommateurs d\u2019héroïne, on risque de tomber sur une bande de rêveurs, vaguement artistes ou poètes, certes pas très productifs, mais certainement pas dangereux ou agressifs.Pourtant, qui est le plus mal vu socialement ?Et quelle est la formule de politesse la plus généralisée pour socialiser un peu : « tu viens prendre un verre ou tu viens te faire un fix ?» Socialement acceptables On connaît tous la réponse, mais il faudrait un jour poser la question : pourquoi certaines dépendances sont-elles socialement acceptables alors que d\u2019autres sont taboues ?On me dira probablement que la légalisation de toutes les drogues créerait une société de « junkies- zombis » dans laquelle personne ne voudrait vivre.C\u2019est mal poser la question.La porno est ultra accessible et super banalisée.Devient-on maniaque sexuel pour autant ?L\u2019alcool est partout et définitivement la drogue la plus répandue et accessible.Tout le monde est-il alcoolique ?Le pot est légal au Canada depuis octobre 2018.Pour ma part, je n\u2019ai pas fumé un joint depuis, ni dans les 15 années précédentes.Je n\u2019aime pas ça, ce n\u2019est juste pas mon truc.Il serait vraiment temps d\u2019arrêter de classer les différentes dépendances selon une échelle judéo-chrétienne absurde et farfelue.Ce ne sera jamais tant la substance qui pose problème, que son accessibilité, son prix, sa rareté.Toutes des choses que produisent le marché noir, le crime organisé et la prohibition insensée.Une guerre idéologique Camelot Bernard/De L\u2019épée par Mathieu Thériault 11 itineraire.ca Octobre 2020 Dr Arruda, bienvenue à L\u2019Itinéraire.Pourquoi avez-vous accepté de venir chez nous pour rencontrer des camelots en personne ?Parce que je trouve important que le message que l\u2019on porte se rende à toutes les personnes.Les camelots ne sont pas nécessairement aux points de presse et le message qu\u2019on y passe est pour la population en général.Je voulais aussi vous entendre pour savoir comment vous vivez la pandémie.Vous avez déjà dit que personne n\u2019est à l\u2019abri de l\u2019itinérance.D\u2019où vous vient cette sensibilité envers les sans-abri et les personnes vulnérables ?Ça vient de mes parents.Ils m\u2019ont toujours dit que dans la vie, on n\u2019est pas tous chanceux de la même façon.On peut tout perdre.Pour toutes sortes de raisons, on peut se retrouver dans des chemins difficiles.Moi, j\u2019ai reçu beaucoup.Je dis souvent à mes enfants de prendre soin des gens autour de nous qui n\u2019ont pas eu la même chance.Et surtout de ne pas juger.C\u2019est important de ne pas juger.Et puis, c\u2019est dans mes fonctions officielles de m\u2019occuper de tout le monde.Je suis très touché par les inégalités de santé.Il faut adapter nos façons d\u2019intervenir et travailler avec les communautés et les organismes communautaires.Il faut rejoindre les populations les plus vulnérables, les itinérants, les personnes marginalisées, les utilisateurs de drogues, les gens qui vivent dans des conditions de pauvreté.À mon avis, il faut s\u2019occuper de ces populations encore plus que des autres.L\u2019entrevue a eu lieu le 25 août dernier avant l\u2019arrivée de la deuxième vague et l\u2019imposition de nouvelles consignes sanitaires à Montréal.Camelot métro Côte-des-Neiges par Yvon Massicotte D A V I D H I M B E R T | H A N S L U C A S Cela ne devait être qu\u2019une entrevue par visioconférence pour mieux connaître le personnage, l\u2019homme derrière le scientiique.Mais c\u2019était bien mal connaître Horacio Arruda.Le bon docteur a insisté pour que l\u2019entrevue se fasse dans les locaux de L\u2019Itinéraire, pour qu\u2019il puisse rencontrer des camelots, en plus de mesurer sur le terrain l\u2019action communautaire et l\u2019impact des mesures sanitaires décrétées à Québec.Lors de cette visite à domicile, le Dr Arruda a pu juger de visu si L\u2019Itinéraire respectait bien les consignes, du lavage des mains à la distanciation physique.Il a pu voir aussi tout le chemin parcouru depuis le déconinement.Son diagnostic : « Encore plus que jamais, on peut faire coniance aux camelots ».Laurent Soumis Journaliste accompagnateur Vous avez déjà confié que vous souhaitiez être comédien.Votre rêve était de jouer dans le Bye Bye avec Dominique Michel.Croyez-vous que vos talents de comédien vous ont été utiles au cours des derniers mois ?(Sourires.) Je pense que l\u2019enjeu, c\u2019est la communication avec les gens.Je suis ce que je suis.Ce que vous voyez devant vous, c\u2019est moi.Je n\u2019ai pas la langue de bois.C\u2019est sûr que je pourrais jouer un rôle, vous faire une tirade de Shakespeare.Cependant, la communication me permet d\u2019avoir accès à la télévision.Mais, le rêve d\u2019y jouer avec Dominique Michel va toujours demeurer.Je lui souhaite d\u2019ailleurs une très, très, très longue vie.Qui sait, peut-être, on pourrait faire un petit Bye Bye ensemble ?Vous avez déjà dit que vous n\u2019aimiez pas beaucoup votre prénom, Horacio, qui rappelle les origines portugaises de vos parents.À partir de quel moment, avez- vous commencé à vous sentir Québécois à part entière ?Je me sens très, très Québécois.Des fois même plus Québécois que bien des Québécois, du moins j\u2019en ai l\u2019impression.Quand j\u2019étais jeune, à Sainte-Thérèse, il n\u2019y avait pas beaucoup d\u2019immigrants.Un prénom comme Horacio, ce n\u2019était pas tellement à la mode.Le professeur ne savait pas comment le prononcer.Moi, j\u2019étais très gêné.Je suis encore très timide malgré ce que les gens pensent.J\u2019en voulais à mes parents de m\u2019avoir donné ce prénom.J\u2019aurais voulu m\u2019appeler Jean-Pierre Tremblay.Déjà que je ne pouvais pas changer « Arruda ».Je trouvais que mes parents m\u2019avaient stigmatisé avec ça.Mais quand j\u2019ai vu tous les noms asiatiques apparaître dans les facultés de médecine, je me suis dit que le mien n\u2019était pas si pire.(Rires) Ce printemps, vous êtes rapidement devenu une vedette.On a composé des chansons en votre honneur.On a imprimé des tee-shirts à votre effigie.Vous êtes même devenu le super-héros d\u2019une bande dessinée.Et qui sait si, dans quelques mois, des bébés québécois porteront peut- être votre prénom.Pour vous, l\u2019affection du public reste toutefois une chose éphémère ?J\u2019en suis très conscient.Vous savez, j\u2019appelle ça le syndrome du micro-ondes.Quand on chauffe une soupe au four à micro-ondes, elle devient chaude bien vite, mais elle refroidit facilement.Quand vous voulez que ça dure longtemps, vaut mieux mettre ça au four lentement.Un pot-au-feu, ça reste chaud longtemps.Tout ce qui monte doit redescendre.Alors quand ça monte bien haut, ça redescend vite.Et ça peut faire encore plus mal.Moi ce qui m\u2019importe, c\u2019est que les gens aient confiance dans le message que je porte.Je ne suis pas tout seul.Il y a plein de gens derrière moi.Nous avons une très belle équipe de santé publique au Québec.Si la popularité peut servir à mieux faire comprendre le message et à expliquer les consignes, si ça sert à gagner la confiance, c\u2019est ça que je cherche.Mais tout cet amour-là, je le reçois et le partage avec toute la communauté de la santé publique.Vous avez fait votre médecine à l\u2019Université de Sherbrooke dans les années 1980.Vous avez étudié les pandémies, convaincu que ça ne vous servirait jamais.Pourquoi alors avoir choisi cette orientation ?J\u2019ai fait trois ans d\u2019ophtalmologie avant de faire de la santé publique.C\u2019est une très belle spécialité.Mais j\u2019ai considéré que j\u2019étais en train de rétrécir mon champ [de pratique].Je n\u2019étais pas particulièrement heureux.J\u2019ai aimé faire les années d\u2019études, mais pas nécessairement toute ma carrière.Avec l\u2019arrivée du sida dans les années 1970, les maladies infectieuses ont repris la pole et j\u2019ai enseigné les pandémies.C\u2019est l\u2019un des premiers cours que j\u2019ai donnés à des étudiants quand j\u2019étais [médecin] résidant en me disant que, peut-être, cela ne m\u2019arriverait jamais.Mais il y a eu plein d\u2019autres épidémies.Dans les faits, je suis très content de mon choix.15 itineraire.ca Octobre 2020 DAVID HIMBERT | HANS LUCAS Durant plusieurs semaines, vous avez empêché des millions de Québécois de visiter les membres de leur famille.Vous- même, êtes resté confiné dans votre condo à Québec sans pouvoir revenir à Montréal visiter votre femme Nicole et vos trois enfants.Comment avez-vous vécu cette séparation ?Écoutez, je disais que ma séparation était bien peu de choses par rapport à celle des gens qui avaient des parents malades dans les CHSLD.Je vous avoue que c\u2019est très difficile de voir ce qu\u2019on a vu.On n\u2019a pas confiné les gens pour le plaisir.Pour ma part, ma femme m\u2019a manqué énormément.Aussi, je suis quelqu\u2019un de très « toucheux », et ce qui m\u2019a manqué beaucoup, c\u2019est de ne pas pouvoir faire des hugs, de ne pas donner la main aux gens.J\u2019ai vraiment trouvé ça difficile, mais en même temps, je savais qu\u2019on ne pouvait pas le faire.Je me suis dit que ce serait un party quand on aura passé ça.J\u2019ai l\u2019impression que ça va être extraordinaire de pouvoir se refaire des hugs.Récemment, vous avez été l\u2019objet de menaces.On a publié votre adresse personnelle sur les réseaux sociaux.Vous êtes désormais protégé par des gardes du corps.Est-ce que l\u2019obligation du port du masque explique à elle seule cette polarisation ?J\u2019ai l\u2019impression que des gens ont une réaction lorsqu\u2019on les oblige à faire quelque chose.C\u2019est pour ça qu\u2019on essaie de ne pas avoir tout le temps des programmes obligatoires.On veut plutôt convaincre les gens.Le printemps dernier, on n\u2019a pas eu le choix du confinement, compte tenu des recommandations internationales.Je respecte les gens qui ne sont pas d\u2019accord.Mais on ne peut pas tolérer les gens qui utilisent la violence et qui font du grabuge.J\u2019ai porté plainte pour qu\u2019on comprenne qu\u2019on ne peut pas écrire n\u2019importe quoi sur les médias sociaux.Les réseaux sociaux sont merveilleux.Mais ils peuvent aider comme ils peuvent nuire.Il y a une limite qu\u2019il ne faut pas dépasser : celle de la violence et de l\u2019incitation à la violence.Les gens qui vous connaissent disent que vous êtes un boute-en-train.Au plus fort de la crise, il paraît que vous chantiez Coton ouaté et que vous n\u2019hésitiez pas à pousser quelques blagues en privé.L\u2019humour et la bonne humeur sont-ils utiles en situation de crise ?Oui, c\u2019est clair.Dans les faits, ça nous permet d\u2019éliminer notre stress d\u2019une autre façon.Moi, j\u2019utilise beaucoup la musique et la danse.Je ne suis pas tellement sportif.Mais faire des pas de danse ou écouter de la musique, ça vient changer le mood.S\u2019il fait gris et que j\u2019ai le goût du soleil, je peux mettre de la musique latine, et tout d\u2019un coup, je me sens à Cuba.J\u2019essaie de travailler mon moral avec ça.Il y en a pour qui c\u2019est le sport.Certains courent ; d\u2019autres pédalent.Chacun a sa façon de faire pour garder un équilibre.Dans la journée, il y a des périodes où on est très concentré, mais lorsque tout le monde est fatigué et stressé, c\u2019est bon de se laisser aller avec un bon rire.C\u2019est ce que j\u2019essaie d\u2019aller chercher dans mes équipes qui sont, d\u2019ailleurs, extraordinaires.À la mi-mars, chaque Québécois infecté contaminait plus de cinq autres personnes.Deux semaines après le confinement, le taux de contamination avait baissé de 80 %.Avez-vous le sentiment d\u2019avoir sauvé la vie de milliers de personnes en imposant cet isolement ?Oui, absolument.On n\u2019a pas sauvé tout le monde.On a vu ce qui s\u2019est passé dans des CHSLD.Le Québec a été très touché notamment, avec la semaine de relâche.Il y a plein de gens qui sont arrivés d\u2019Italie et de France.Si on n\u2019avait pas imposé le confinement, on aurait eu des problèmes de transmission [du virus] dans la communauté comme ceux rencontrés dans les CHSLD.Et plein de gens de tout âge se seraient retrouvés à l\u2019hôpital.Or c\u2019est sûr qu\u2019on ne pourra pas faire ça deux ou trois fois.Ce n\u2019est pas possible.Maintenant, les Québécois ont appris à être en déconfi- nement, à être libérés de façon conditionnelle en respectant les consignes.Regardez, nous sommes en entrevue.Vous êtes à plus de deux mètres de moi.Je peux enlever mon masque.Je me suis lavé les mains en entrant.Nous sommes dans une nouvelle façon de faire qu\u2019il faut maintenir tant et aussi longtemps qu\u2019on n\u2019aura pas un vaccin.Chaque fois qu\u2019on respecte ça, on sauve des vies.« Quand je me réveillais vers deux heures du matin pour compter les morts, je pensais à toutes ces familles impuissantes dont les parents étaient en CHSLD.» 16 Octobre 2020 itineraire.ca DAVID HIMBERT | HANS LUCAS Presque partout en Occident, les épidémiologistes ont la cote du public.Aux États-Unis, les deux tiers des Américains préfèrent croire le Dr Fauci plutôt que le président Trump.Dans sa lutte au virus, le Québec a-t-il profité de l\u2019apparente harmonie entre vous et le premier ministre ?Oui.Les gens vont dire que j\u2019étais trop proche du politique.Mais si je voulais influencer les décisions du premier ministre, il fallait être au cœur de l\u2019action.On suivait la situation d\u2019heure en heure.On était présent.Tous les conseillers du premier ministre venaient me voir lorsqu\u2019ils avaient des questions.Je tiens à vous dire que je n\u2019ai jamais accepté quelque chose avec laquelle je n\u2019étais pas d\u2019accord.Et ils le savent très bien.En plus d\u2019être sous-ministre adjoint, je suis surtout directeur national de la santé publique.Donc, c\u2019est mon avis professionnel.Le gouvernement pouvait prendre une décision différente.Cela lui appartenait.Ce sont eux les élus.Mais moi, j\u2019ai conservé ma ligne en santé publique.Et le gouvernement a respecté ce que je recommandais.Avant de retourner vendre le magazine dans la rue, nos camelots ont tous reçu une formation sur les règles d\u2019hygiène.Ils se lavent et se désinfectent les mains.Autant que possible, ils respectent la distance de deux mètres.En tout temps, ils portent le masque en présence des clients.Selon vous, la population peut-elle encourager nos camelots sans crainte ?Tout à fait.Les camelots sont des modèles.Ils ont été formés.Ils gardent la distanciation de deux mètres et se lavent les mains.Ils vont éviter des grippes et d\u2019autres virus cet automne.Je pense que les gens peuvent très bien acheter le magazine sans problème compte tenu des mesures prises.De toute façon, les clients devraient se laver les mains eux aussi, porter le masque et respecter le deux mètres.Dans le fond, et encore plus que jamais, on peut faire confiance aux camelots.18 Octobre 2020 itineraire.ca dans la rue Retrouver le contact D\u2019être de retour au boulot, ça m\u2019a remonté le moral.Depuis mardi, retrouver le contact avec le monde me fait du bien.Puis, je demande aux gens d\u2019être patients le temps que j\u2019applique tout le protocole avant de leur donner la revue.Ils trouvent ça vraiment bien ! Par contre, l\u2019achalandage dans les métros a vraiment baissé.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO-CHAMP-DE-MARS On remonte la pente ! Ça va bien.Mais le monde était inquiet.Ils trouvaient long de ne pas avoir L\u2019Itinéraire et ils étaient contents de le retrouver.On remonte la pente ! Ça a été dur pendant six mois, moi j\u2019étais obligée de quêter\u2026 alors reprendre la vente, on ne peut pas demander mieux.En tout cas, ça reprend tranquillement, mais je suis patiente.FRANCE LAPOINTE SAQ MONT-ROYAL/DE MENTANA Après six mois En étant au métro Côte-des-Neiges, il y a deux sorties, donc je perds la moitié de mes clients.Mais la société est bien faite : les gens doivent manger, alors à l\u2019heure du déjeuner, je fais mes ventes.J\u2019étais un peu inquiet avant de reprendre.Quand tu ne vois pas tes clients régulièrement tu les perds, mais là, les gens étaient contents de me voir même après six mois.YVON MASSICOTTE CAMELOT MÉTRO CÔTE-DES-NEIGES Une peur présente Il me semble que le monde a peur de s\u2019approcher.Moi aussi d\u2019ailleurs j\u2019ai un peu peur.Ça fait longtemps que je suis dans la vente et je vois les réactions\u2026 Certains sont rassurés de me voir avec des gants et un masque, d\u2019autres pas.Beaucoup, par exemple, ne me donnent pas l\u2019argent du magazine directement dans les mains.BENOIT CHARTIER CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA Ça a bien été ! Les gens sont réceptifs et contents de voir que ça repart.Quelqu\u2019un m\u2019a dit « Il manquait de quoi sur Saint-Denis ».J\u2019étais un peu nerveux de reprendre, mais dès mon premier client, c\u2019était reparti ! J\u2019explique qu\u2019on a suivi une formation.Le monde trouve qu\u2019on est sur la coche ! Par contre, ça rentre au compte-gouttes parce qu\u2019il y a moins de foule.JEAN-PAUL LEBEL CAMELOT RUE SAINT-DENIS/ÉMERY Fébrile Le retour s\u2019est bien passé.Les gens étaient ouverts, contents de me voir.Je leur ai expliqué le protocole et ils voient qu\u2019on fait attention à leur santé.Mais je me sentais fébrile en reprenant.J\u2019imaginais les autres camelots aussi.Je ne devais pas être la seule à me sentir comme ça.CÉLINE MARCHAND CAMELOT PROMENADE MASSON Une reprise méditative Ma première journée était méditative.J\u2019avais ma musique, j\u2019ai marché 27 200 pas.Les gens étaient heureux, les enfants couraient partout, les chiens jappaient.C\u2019était merveilleux.Je voyais les vieux buildings du Plateau, où j\u2019ai grandi.Des fois, on se regarde et on se dit que ça ne va pas bien alors, ça m\u2019a fait prendre un grand recul.Comme je dis, une sorte de méditation.ANNE-MARIE CAMELOT MONT-ROYAL/FABRE Dure, mais bien Les 15 premières minutes, j\u2019étais comme gêné.Mais la reprise s\u2019est bien passée même si physiquement dure, à tel point que le lundi d\u2019après, j\u2019étais incapable de marcher.Ça s\u2019est amélioré au fil de la semaine.Je vends autant qu\u2019avant sauf que ça prend plus de temps.Par contre les gens sont beaucoup plus généreux.Puis, ils ont l\u2019air contents de nous revoir.Plusieurs se sont arrêtés pour jaser.Beaucoup étaient sensibles à notre situation.ROGER PERREAULT CAMELOT ÉPICERIE PA AVENUE DU PARC ET RACHEL BERRY RUE FLEURY Retour Depuis le mardi 8 septembre, les camelots sont de retour dans les rues et métros de Montréal.Teintée d\u2019appréhension pour certains, la reprise de la vente du magazine était attendue pour tous.On prend le pouls.21 itineraire.ca Octobre 2020 MILTON FERNANDES M A R I O A L B E R T O R E Y E S Z A M O R A Depuis plusieurs semaines, on commence dans l\u2019espace public à se poser la question : mais qui va payer pour les sommes colossales dépensées par les gouvernements pour soutenir l\u2019économie en pleine pandémie ?« Colossales » n\u2019est pas ici une figure de style.Hormis les épisodes des deux guerres mondiales, le niveau de dépenses du gouvernement est inédit.Comment donc ferons-nous pour rembourser ces centaines de milliards de dollars qui ont déferlé depuis le printemps dans l\u2019économie canadienne ?La question est légitime.Alors que cela fait plus de 40 ans qu\u2019on nous bassine avec l\u2019importance de l\u2019équilibre budgétaire et la menace que constituerait une importante dette publique, presque du jour au lendemain, les gouvernements (particulièrement à Ottawa), ont ouvert les vannes sans que personne, ou presque, ne s\u2019en formalise.Comment est-ce possible ?Les générations futures et la capacité d\u2019endettement L\u2019État n\u2019est pas comme vous et moi en ce qu\u2019il n\u2019a pas de cycle de vie.Typiquement, dans nos sociétés dites avancées, les individus n\u2019ont pas une situation économique stable tout au long de leur vie.De la naissance au jeune âge adulte, nous dépendons en grande partie, sinon totalement, de nos parents et de la collectivité.Nos parents s\u2019assurent de nous nourrir, de nous vêtir, que nous ayons un toit et que nous puissions avoir accès à des activités culturelles et sportives, par exemple.La collectivité, par le biais d\u2019institutions publiques, nous donne accès à de nombreux services et à de nombreuses infrastructures : enseignement, patinoires publiques, routes, système de santé.Tout cela est payé, bien évidemment, par nos taxes et nos impôts.Passés à l\u2019âge adulte, et devenant ainsi « économiquement actifs », nous allons contribuer à cette vie économique collective qui permettront à nouveau à des enfants de bénéficier de tout cela.Et plus tard encore, après notre retraite, nous allons à nouveau bénéficier de la force de frappe de cette vie économique active.Existe donc un cycle de dépendance et contribution à l\u2019économie.L\u2019État, lui, ne connaît pas ce cycle de vie.Il est, en quelque sorte, éternel.Contrairement à vous et moi, il survivra des dizaines et des dizaines d\u2019années avec les mêmes paramètres, mais il devra s\u2019ajuster au contexte.Ce qu\u2019il emprunte devra être payé par nos enfants et nos petits-enfants, comme le laissent croire les tenants de la droite ?Oui, bien sûr.Comme nous payons présentement ce qui a été investi il y a 30 ans.Mais c\u2019est là où il y a une ressemblance : vos parents ont payé leur maison pendant 25 ans et vous l\u2019ont léguée en héritage ?À nouveau, vous vous endettez pour la retaper ou pour lancer un projet d\u2019entreprise que vous léguerez à votre tour à vos enfants ?C\u2019est la continuité dans l\u2019activité économique.Oui, mais nous ?Au final, il n\u2019y a donc pas d\u2019inquiétude majeure à avoir de ces dépenses colossales si les paramètres sont bien connus.Le gouvernement donne un coup de barre présentement comme une famille s\u2019endette de manière importante en achetant une maison : on sait, dans les deux cas, que c\u2019est une décision à long terme.S\u2019endetter d\u2019année en année serait passablement plus inquiétant.La véritable question, donc, est de savoir si ces mesures sont sous contrôle et qu\u2019elles ne deviendront pas une mauvaise habitude \u2014 un peu comme le principe de payer l\u2019épicerie avec la carte de crédit semaine après semaine sans jamais rembourser le minimum.Une semaine où notre situation est un peu coincée, ça va.Après six mois, c\u2019est une autre histoire.C\u2019est un peu la même chose avec les mesures sanitaires que nous devons respecter : porter le couvre-visage, respecter la distanciation sociale, ne pas visiter grand-mère pour un moment, annuler probablement les fêtes de Noël.Tout cela serait aussi insupportable sur une longue période que le serait d\u2019un endettement public incontrôlé.Nous savons, avec la montée de la deuxième vague de la pandémie que nous devrons probablement prendre notre mal en patience pour encore des semaines, si ça n\u2019est des mois.Mais nous savons aussi que nous recommencerons à nous faire la bise dans pas si long, à l\u2019échelle de notre vie.C\u2019est un peu la même chose des dépenses et investissements de l\u2019État.C\u2019est un gros coup à donner, il faut s\u2019assurer que ça ne devienne pas chronique comme situation, mais qu\u2019à moyen et long terme, cela nous permettra de retrouver une certaine normalité.C\u2019est exactement l\u2019objectif de nos gouvernements; donner un grand coup, maintenant, pour que le plus rapidement possible nous puissions revenir à la normale.Rendus là, nous trouverons les moyens de payer la note.Qui va payer ?n° 153 ?Après trois ans d\u2019interminables palabres, Québec et Ottawa ont accouché le 17 septembre en soirée d\u2019une « entente de principe » sur le logement social dont les détails restaient encore inconnus au moment de mettre sous presse.C\u2019est ce qu\u2019ont annoncé sur leur compte Twitter les deux négociateurs au dossier : la ministre québécoise des Affaires municipales et de l\u2019Habitation, Andrée Laforest, et le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du développement social, Ahmed Hussen.Tous deux ont choisi la voie du réseau social pour annoncer à 19 heures, un jeudi soir, après les journaux télévisés, une entente historique dont on ne connaît toujours pas les tenants et aboutissants, mais qui est censée relancer la construction de logements sociaux au Québec et mettre un peu de baume sur la crise du logement abordable.Enfin ! Entente sur le logement social 23 itineraire.ca Octobre 2020 22 Octobre 2020 itineraire.ca ÉCONOMISTE INDÉPENDANT Laurent Soumis En octobre 2019, l\u2019Assemblée nationale avait adopté à l\u2019unanimité « une motion condamnant l\u2019 influence du gouvernement fédéral dans le domaine du logement et demandant à ce que les fonds associés à la Stratégie nationale du logement soient versés directement à la province ».À la veille d\u2019un discours du Trône où Justin Trudeau a annoncé de nouveaux investissements en logement social, la position fédérale devenait de plus en plus intenable.Au fil des budgets successifs, les promesses libérales sont passées de 11 à 55 milliards $.En trois ans, on a quintuplé la mise sans qu\u2019un seul sou ne soit versé au Québec.Le reste tient à un nouvel alignement des astres et surtout à l\u2019action citoyenne et aux sorties publiques de nombreuses personnalités politiques.Action citoyenne et pressions politiques Dès le début de l\u2019été, une dizaine \u2014 puis une cinquantaine \u2014 de citoyens ont choisi de planter leur tente sur le boulevard Notre- Dame, là même où furent rasés il y a 50 ans des dizaines de logements pour la construction de cette autoroute urbaine.Une priorité ?« L\u2019habitation a toujours été et sera une priorité de notre gouvernement, a fait valoir Andrée Laforest.C\u2019est le fruit d\u2019un travail intense qui sera bénéfique pour tous les Québécois.» « C\u2019est une entente gagnant-gagnant, a assuré de son côté.Ahmed Hussen.C\u2019est une excellente nouvelle pour les Québécois.» Selon toute vraisemblance, la conclusion de l\u2019entente n\u2019aurait pu se faire sans l\u2019intervention directe de deux ministres seniors des cabinets Legault et Trudeau; la présidente du Conseil du trésor du Québec et ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia Lebel, et le président du Conseil privé de la Reine et ministre fédéral responsable des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.« C\u2019est une excellente nouvelle pour le Québec », ont-il unanimement twitté peu après l\u2019annonce de l\u2019accord.La seule province canadienne Jusque-là, le Québec demeurait la seule province canadienne à ne pas avoir signé d\u2019entente avec le gouvernement fédéral.Et jusqu\u2019à la fin, Ottawa aurait voulu que le Québec se plie à des normes nationales.De son côté, le gouvernement québécois prétendait avoir une compétence exclusive en habitation.Dans les faits, l\u2019entente permettra de débloquer 1,4 milliard $ pour la construction de logements sociaux au Québec.Lors du dernier budget fédéral « pré-pandémie », les libéraux ont promis de construire 100 000 nouveaux logements et d\u2019en rénover 300 000 autres à travers le pays Trois maires unanimes Vingt-quatre heures après l\u2019annonce de l\u2019entente de principe, trois des maires des plus grandes villes québécoises ont commenté l\u2019entente.« Ce n\u2019est pas rien, a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante.Après trois ans, ça débloque en 24 heures.Le fait que les maires de trois grandes villes du Québec se mobilisent a eu son effet.» « Rien n\u2019est signé, a-t-elle toutefois observé.On a hâte de voir si le diable se cache dans les détails.» « Comme je suis le plus vieux et le doyen [des trois maires], vous allez me permettre de me réjouir, a ironisé le maire de Québec, Régis Labaume.Mais avant d\u2019être hilare, je vais attendre que l\u2019encre sèche sur l\u2019entente.» « Il était temps, a observé de son côté le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.Mais l\u2019argent n\u2019est pas encore rendu sur le terrain.» Poussé dans les câbles L\u2019été 2020 aura finalement eu raison des réticences fédérales à conclure une entente et des nombreuses promesses faites depuis trois ans sur l\u2019imminence d\u2019un accord.Comme l\u2019indiquait L\u2019Itinéraire dans son édition numérique du 1er juillet dernier, Québec avait en main cette fois-ci « une autre proposition » qu\u2019il jugeait être « une bonne base de discussion ».des logements « abordables » sont en bonne voie de l\u2019être.Au cours de l\u2019été, la mairesse a reçu l\u2019appui de la communauté d\u2019affaires soucieuse de relancer l\u2019activité économique anémique de la métropole.« Partout au Canada, les autres provinces ont des ententes qui amènent des financements très élevés pour du logement social et abordable, et au Québec, on ne l\u2019a pas », a fait valoir Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Le tir groupé des oppositions En août, le Bloc québécois (principal concurrent des libéraux fédéraux au Québec) s\u2019est invité dans la danse en affirmant que le campement était devenu « la pointe de l\u2019 iceberg » du problème de l\u2019itinérance à Montréal.« Ottawa doit livrer ces fonds sans condition, a plaidé le député bloquiste de Longueuil\u2014Saint-Hubert, Denis Trudel.Il ne devrait pas y avoir de conditions.Le logement est de compétence provinciale au Québec.C\u2019est notre argent.» À Québec, deux des partis d\u2019opposition ont aussi rappelé au gouvernement Legault qu\u2019il se traînait les pieds.Durant toute la saison estivale, ce campement de fortune a rappelé que la pandémie avait exacerbé la gravité de la crise du logement abordable dans la métropole.« On n\u2019a plus le temps d\u2019attendre » a lancé la mairesse de Montréal dans un énième cri du cœur.« On a utilisé toutes les sommes disponibles.On n\u2019a plus d\u2019argent pour partir de nouveaux projets.» Depuis longtemps, on sait que près de 25 000 ménages montréalais attendent un logement social.Plusieurs dépensent plus du tiers de leurs revenus dans le marché locatif privé.« À Montréal, plus de 150 000 ménages n\u2019arrivent pas à se loger décemment », a rappelé la première magistrate.Un appui de la communauté d\u2019affaires En 2017, Projet Montréal avait promis de livrer 12 000 logements sociaux et abordables d\u2019ici la fin d\u2019un premier mandat.L\u2019automne approchant, il ne restait plus que quelques mois pour atteindre l\u2019objectif.Selon le dernier bilan de la mairesse, plus de 60 % des 12 000 logements promis sont en cours de réalisation.À peine 15 % des 6000 logements « sociaux » sont « sortis de terre ».Mais 90 % LAURENT SOUMIS 24 Octobre 2020 itineraire.ca SYLVAIN LÉGARÉ | COURTOISIE VILLE DE MONTRÉAL Chacun ses priorités À Montréal, Valérie Plante parle déjà « de nouvelles cibles pour le prochain mandat ».La Ville prévoit 50 millions $ pour acheter 300 lots en préemption et 150 millions $ pour réhabiliter des logements sociaux aujourd\u2019hui placardés.À Québec, Régis Labaume réserve ses 2300 unités « à des gens pour qui le marché libre ne peut rien faire ».Certaines iront aux itinérants.« On va racheter des maisons de chambre possédées par les voyous de l\u2019 immobilier.» D\u2019autres unités seront réservées « aux 200 jeunes qui sortent annuellement de la DPJ ou des familles d\u2019accueil ».Le reste sera partagé entre ceux qui vivent « des handicaps physiques ou psychologiques » et les personnes âgées seules qui ont « un début de perte d\u2019autonomie ».À Gatineau où un millier de citoyens patientent sur la liste d\u2019attente des HLM, Maxime Pedneaud-Jobin affirme que « 1200 unités peuvent lever de terre avec l\u2019argent qui vient dans le système ».Il ne s\u2019agit pas « de construire des maisons », mais « d\u2019aider des gens ».« C\u2019est fondamental pour améliorer leur niveau de vie.» « Le gouvernement a raison de réclamer l\u2019argent que le fédéral a pris en otage, mais compter sur la bonne foi d\u2019Ottawa n\u2019est pas une stratégie de financement du logement social, a soutenu Alexandre Leduc, député solidaire d\u2019Hochelaga-Maisonneuve.Avec la pandémie nous ne pouvons pas nous permettre un troisième budget [provincial] qui oublie la crise du logement.» Quelques jours plus tard, le porte-parole péquiste en matière de lutte contre la pauvreté, de solidarité sociale, de services sociaux et d\u2019habitation y a ajouté du sien.À l\u2019Assemblée nationale, le député de Rimouski Harold LeBel a déposé une motion déplorant « l\u2019entêtement du fédéral à ne pas signer d\u2019entente » et réclamant de Québec « l\u2019 inclusion du logement social dans son plan de relance économique post-pandémie ».Les 24 heures qui ont tout changé Le 16 septembre \u2014 24 heures avant l\u2019annonce de l\u2019entente \u2014 le premier ministre du Québec et le maire de Gatineau ont lancé les dernières salves qui ont fini d\u2019ébranler les certitudes fédérales.« Ça traine depuis des dizaines d\u2019années et c\u2019est un champ de compétence du Québec, a réaffirmé François Legault.Justin Trudeau s\u2019obstine à demander des redditions de compte exagérées.» Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s\u2019est fait encore plus cassant.« Ce qui était inacceptable il y a un an est rendu scandaleux et honteux.Nous avons une crise du logement et on n\u2019a jamais eu autant d\u2019 itinérants.La COVID a un effet dramatique et les besoins ont augmenté.» Les villes ont gain de cause En attendant de connaître tous les détails de l\u2019entente, la mairesse Valérie Plante affirme aujourd\u2019hui que « c\u2019est une victoire pour celles et ceux qui cherchent à se loger ».Au final, les villes ont obtenu gain de cause puisque les fonds fédéraux transiteront par AccèsLogis, « un programme québécois qui a fait ses preuves ».« Les fonctionnaires fédéraux voulaient changer le programme AccèsLogis qui fonctionne depuis 25 ans, explique le maire de Québec Régis Labaume.On voulait nous imposer des normes nationales.Or c\u2019est nous qui savons où sont les gens démunis dans nos communautés.On sait quoi faire parce qu\u2019on est sur le terrain.On connaît notre monde.Alors laissez-nous faire notre travail.» « Les fonds doivent aller aux programmes existants, abonde le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin.C\u2019est un système qui marche au Québec.Tout ce qui manquait, c\u2019était du gaz.Parce qu\u2019on est capable de cibler les projets qui répondent aux enjeux de nos communautés.» La balle est dans le camp de Legault Dans le milieu de l\u2019habitation communautaire, l\u2019Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ) félicite « les trois maires qui se battent pour les 305 590 ménages de locataires qui vivent présentement dans un logement inadéquat ».Le directeur général Éric Cimon rappelle que 80 villes et municipalités [représentant 35 % de la population] ont adopté une résolution demandant à Québec « de financer rapidement et adéquatement le programme AccèsLogis ».Dans ses cartons, l\u2019AGRTQ a 180 projets pour construire 10 000 logements « nécessaires » à travers la province.De son côté, le Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) soutient que « la balle est maintenant dans le camp du gouvernement Legault ».L\u2019entièreté des sommes doit servir au logement social, affirme la porte-parole Véronique Laflamme qui attend « le signal de départ d\u2019un grand chantier de 50 000 nouveaux logements sociaux ».« Comme je suis le plus vieux et le doyen [des trois maires], vous allez me permettre de me réjouir.Mais avant d\u2019être hilare, je vais attendre que l\u2019encre sèche sur l\u2019entente.» Le maire de Québec, Régis Labaume, la mairesse de Montréal, Valérie Plante et le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, 18 septembre 2020.27 itineraire.ca Octobre 2020 Régis Labaume Maire de Québec LEAH MILLIS | REUTERS Partisans lors du rassemblement électoral du 2 août 2018 en Pennsylvanie.L\u2019histoire commence en décembre 2016 à Washington, quand un homme armé s\u2019introduit dans un restaurant, persuadé qu\u2019il arrêtera un réseau de pédophiles.Utilisateur de forums en ligne, il était de ceux qui pensaient que John Podesta, l\u2019ancien directeur de campagne d\u2019Hillary Clinton, alors candidate à la présidence, faisait partie d\u2019un vaste réseau qui gardait captifs des enfants dans des restaurants.C\u2019est le Pizzagate.Le 28 octobre 2017, dans la section politique du forum 4chan, réputé pour être l\u2019un des épicentres de la droite alternative américaine, un anonyme poste un message crypté avec plusieurs interrogations portant sur la politique intérieure des États-Unis, le comportement du président et les engagements militaires du pays.Avec l\u2019effet boule de neige virtuel, d\u2019autres utilisateurs ripostent de la même façon.Ensemble, ils donnent naissance au mouvement « QAnon ».L\u2019anonyme au centre de cette conspiration, c\u2019est « Q ».Il s\u2019agirait d\u2019un agent secret affilié à l\u2019armée qui annonce une gigantesque opération d\u2019arrestations, ordonnée secrètement par le président Trump, dans les rangs de ses opposants politico-médiatiques et, Comment déboulonner les théories du complot ?par Alexandra Guellil Pas facile d\u2019expliquer les conspirations populaires en ces temps de pandémie.Dans leur plus simple expression, elles dénoncent un complot orchestré par la classe politique et médiatique et s\u2019abreuvent sur les réseaux sociaux.Mais, en grattant un peu, la logique et les faits leur font souvent défaut.De plus en plus bruyants et bien visibles, les adhérents de ces théories remettent en question la légitimité des mesures sanitaires.Une situation préoccupante qui révèle aussi un malaise social profond. R E B E C C A C O O K | R E U T E R S M A R A N I E S T A A B | R E U T E R S P A T R I C K F A L L O N | R E U T E R S Des hommes armés, dont l\u2019un avec une pancarte : « le Boogaloo est avec George Floyd », se rassemblent contre les violences policières.Photo prise à Détroit le 30 mai 2020.Une personne tient une pancarte « Save Our Children » qui fait référence à une théorie du complot QAnon lors d\u2019une manifestation contre l\u2019injustice raciale à Portland, dans l\u2019Oregon le 22 août 2020.Un homme dans la foule tient un panneau QAnon avec leur cri de ralliement « Où l\u2019un va, nous allons tous » lors du rassemblement en soutien à Donald Trump du 21 février 2020 à Las Vegas.Partage de désinformation Malgré les incohérences de Q, des personnes croient en son histoire.Elles sont actives sur les réseaux sociaux, partagent de la désinformation et cherchent à se mobiliser réellement.Et bien que Facebook ou Twitter tentent d\u2019agir, les fausses nouvelles se multiplient si bien qu\u2019elles font douter des médias traditionnels et du bien-fondé des directives de la santé publique.« Avant la pandémie, on recevait entre trois et cinq messages par jour nous demandant de vérifier une nouvelle, partage Jeff Yates, journaliste pour les Décrypteurs à Radio-Canada.En avril et mai dernier, dans le pic de la pandémie, on en recevait entre 120 et 130 par jour.Beaucoup de choses circulaient parce que nous vivions une situation anxiogène et que les informations changeaient rapidement, surtout au début.» Le doute s\u2019est installé, des personnes se sont mises à se questionner sur l\u2019essai-erreur des mesures.« Quand on a peur ou que l\u2019on s\u2019 inquiète pour ses enfants, le sens critique est mis de côté et on finit par partager du contenu douteux.En six ans de couverture de désinformation, je n\u2019ai jamais rien vu de comparable.» Alors, pourquoi votre fil d\u2019actualité vous propose-t-il de cliquer sur de telles théories ?À cause des algorithmes, mais surtout de la popularité des influenceurs de QAnon.Du contenu est produit, partagé, remixé, adapté et repartagé, si bien que parfois, sans même le savoir, on diffuse du contenu douteux.Et les actions tardives de Facebook ou Twitter pour contrer cela ne sont pas suffisantes.« Ils ont compris qu\u2019 il ne fallait pas mettre QAnon dans le nom de groupe et usent d\u2019autres stratagèmes pour propager leurs idées.Certes un grand ménage a été fait, mais ça nous donne juste plus de misère à les trouver.» bien évidemment, démocrates.Ils feraient partie d\u2019une cabale satanique qui contrôle le gouvernement américain, voire le monde entier.Plusieurs d\u2019entre eux seraient accusés de corruption et de pédophilie.Selon Q, dans les jours et semaines à venir, Donald Trump livrera cette guerre clandestine et ses opposants seront appréhendés, traduits en justice, envoyés à Guantanamo ou exécutés.Sa prophétie ne s\u2019est pas réalisée.En novembre 2017, la théorie fait son chemin dans la culture grand public avec la publication at large et sans filtre des messages de Q via Google Drive, YouTube, Facebook, Twitter et autres.Si elle a fini par s\u2019inviter dans la campagne présidentielle américaine, dans les faits et trois ans après, la prophétie de Q tarde encore à s\u2019accomplir.La naissance d\u2019un culte ?À l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, Victor Bardou-Bourgeois suit de près cette nouvelle mouvance conspirationniste.« Ce qui est particulier avec QAnon, explique-t-il, c\u2019est qu\u2019on y fait de plus en plus référence au sein du parti républicain.On signale l\u2019approbation du mouvement, on partage du contenu produit sur internet, mais quand les journalistes posent des questions, on détourne le sujet.» Oui, dans les grandes lignes, l\u2019histoire est farfelue, mais n\u2019empêche qu\u2019il faudrait la prendre au sérieux.Elle vise les démocrates ou les Never Trump, ceux qui ont tourné le dos au président, avec d\u2019importantes incohérences.La première étant que le héros de l\u2019histoire fait lui-même partie de l\u2019élite américaine et la seconde, que tout est très centré vers la prochaine élection qui sonnera le glas de son mandat.« Toutes les fois où le président leur fait des clins d\u2019œil, c\u2019est du bonbon pour eux.Cette croyance est très biblique comme façon d\u2019 interpréter le monde.» Pour le chercheur, qu\u2019importe le résultat de l\u2019élection puisque les adhérents de QAnon y verront quelque chose qui légitime de toute façon leur croyance : si Joe Biden l\u2019emporte, ce sera la preuve qu\u2019il faut continuer à se battre contre « l\u2019État profond » et, s\u2019il perd, ce sera la preuve que le combat aura été efficace.Aujourd\u2019hui QAnon n\u2019est plus trop en marge de la société parce qu\u2019ils ont le don de rassembler d\u2019autres groupes, dont certains sont plus extrêmes que d\u2019autres, comme les Boogaloo ou les Proud Boys, et qui finissent tous par prêter allégeance à Q.« Ce qui est particulier avec QAnon, c\u2019est que c\u2019est un mouvement ouvert aux nouveaux adhérents sans restriction.Q promet à chaque individu de ne contribuer à rien de moins qu\u2019au renouveau de l\u2019Amérique en restant acteur, en faisant ses propres recherches », détaille M.Bardou-Bourgeois.Selon le Pew Research Center, environ les trois quarts des adultes américains (76 %) sont convaincus que rien n\u2019est vrai dans cette théorie.À l\u2019inverse, 23 % disent avoir entendu et beaucoup lu à ce sujet, alors que 33 % des personnes qui s\u2019identifient comme républicains croient que la théorie QAnon est généralement vraie.« C\u2019est comme si nous entamions un nouveau chapitre culturel : on ne s\u2019entend plus sur l\u2019 interprétation que l\u2019on fait du monde et cela devient inquiétant quand des milices armées se mettent à croire davantage à ces théories.» 30 Octobre 2020 itineraire.ca CARLOS BARRIA | REUTERS Les employés de Owens & Minor portent des casquettes au nom du président américain et des t-shirts à l\u2019eigie de QAnon le 14 mai 2020 à Allentown, Pennsylvanie.Pourquoi y croit-on ?Les personnes qui croient en ces théories ont des profils différents.On est souvent tenté d\u2019expliquer un manque d\u2019esprit critique par un problème de santé mentale, comme pour s\u2019en laver les mains.Mais, le Dr Pierre Lalonde, psychiatre à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal, soutient qu\u2019en vérité, le lien entre la santé mentale et la conspiration n\u2019est pas si évident.« On peut croire en ces théories sans être malade (et inversement) parce qu\u2019elles remettent en question des décisions et opinions d\u2019une autorité.Le problème c\u2019est la polarisation : on veut exclure d\u2019autres personnes parce qu\u2019elles ne sont pas du même avis que nous.» Dans les problèmes sévères de santé mentale, comme la schizophrénie ou la bipolarité, rares sont les personnes qui adhèrent La solution est donc de se rappeler que le mythe ne tient sur aucune base, que les messages de Q sont des mensonges publiés sur des plateformes non cryptées et peu sérieuses par quelqu\u2019un qui est tout sauf un agent secret.« Les jeunes avec Tik Tok, les mères de famille sensibles à tout ce qui touche aux enfants, avec le hashtag #SaveTheChildren, participent le plus souvent à la propagation et parfois même sans le savoir », explique M.Yates.« On a reçu des messages de personnes qui ont des proches qui sont tombés dans QAnon.Du jour au lendemain, leur frère ou leur grand-mère s\u2019est mis à déblatérer des monologues agressifs sur le trafic d\u2019enfant et cela a détruit leur relation.Les conspirations sont du domaine de la foi plus que de la logique, elles jouent sur l\u2019 isolement social.» seuls dans une époque où les moteurs de recherche vous réfèrent à la fois à des faussetés comme à des choses avérées.« L\u2019esprit humain a besoin de croire en quelque chose, vulgarise le Dr Lalonde.Si à l\u2019époque la religion était notre repère et nous permettait de trouver les réponses, aujourd\u2019hui, on finit par croire en d\u2019autres choses, et l\u2019esprit critique fait parfois défaut.Le changement de raisonnement est possible quand les personnes vivent une émotion qui les amène à se questionner et non par l\u2019argumentation scientifique qui crée plus de conflits.C\u2019est un peu la même chose avec les personnes qui ont des délires : rien ne sert de les contredire.Ce n\u2019est pas en s\u2019obstinant et en les contrecarrant violemment qu\u2019on réussit à les faire changer.C\u2019est en les amenant à réfléchir sur l\u2019 impact émotif.» Réhumaniser et accompagner Margaux Bennardi accompagne des personnes ou leurs proches qui adhèrent à des théories conspirationnistes.Au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence où elle travaille, dans la dernière année, plusieurs personnes ont demandé de l\u2019accompagnement.« L\u2019 isolement social, l\u2019anxiété, le stress, exacerbés pendant le confinement, sont les facteurs de vulnérabilité qui ont causé de la peur, indique-t-elle.Les médias et leur tendance à véhiculer l\u2019 inquiétude ont poussé des personnes à se détourner des sources officielles pour avoir des réponses à leurs doutes et questionnements.Certaines personnes n\u2019avaient personne à qui parler, s\u2019 isolaient ou se sentaient isolées.» Alors que le FBI a identifié QAnon comme une menace potentielle de terrorisme domestique, l\u2019intervenante rappelle que chaque profil est différent.Adhérer à une théorie complotiste ne signifie pas forcément que l\u2019on se radicalise.« Les adhérents ont passé des heures et des heures à se renseigner, à faire de la veille et à éplucher les contre-discours.Ça devient omniprésent au point de créer un sentiment d\u2019appartenance.Les ridiculiser n\u2019aide pas à tisser le lien de confiance.Il faut surtout éviter de les confronter tout en affirmant nos limites.» Elle prône donc une attitude de réduction des méfaits et d\u2019accompagnement comme proposer une activité loin des écrans et d\u2019internet ou semer le doute chez l\u2019adhérent en partageant du ressenti et nos inquiétudes.« L\u2019 idée c\u2019est de réhumaniser les actions, de rappeler que personne n\u2019a de vérité absolue.Bien souvent, ce n\u2019est pas l\u2019 individu qui adhère qui s\u2019 isole, mais le reste de la famille parce que c\u2019est trop lourd.Réinstaurer le dialogue avec les bons outils permet de ne pas couper le lien et de ne pas se sentir dépassé, marginalisé ou ridiculisé.» à ces théories.Selon le psychiatre, il y a surtout un certain nombre de personnes vindicatives plus que de malades qui vont manifester contre le port du masque.« À chaque fois que j\u2019 interroge mes patients qui ont pour la plupart un problème de psychose, ils acceptent de porter le masque ou de suivre les recommandations.Ils vivent en dehors de la réalité et font des erreurs de logique ou des hallucinations.Je crois que pour beaucoup, il s\u2019agit d\u2019un problème d\u2019anxiété ou d\u2019éco-anxiété excessive accentuée par les réseaux sociaux.» Les théories du complot vont souvent comme suit : on vous dit qu\u2019on vous fait croire à un certain nombre de choses, que c\u2019est faux et qu\u2019il existe une autre vérité.Ainsi sont renforcées les croyances non fondées sur la science.Vous êtes poussés à faire des recherches 32 Octobre 2020 itineraire.ca des femmes Mois N A T H A L I E S T - P I E R R E PHOTOMONTAGE | MILTON FERNANDES Pensez-vous que les femmes connaissent assez leur histoire ?Comme dans bien des pays, l\u2019histoire nationale est montrée du point de vue des hommes blancs, des conquérants, des hétérosexuels\u2026 Après, c\u2019est par choix qu\u2019on s\u2019intéresse à celle des femmes.C\u2019est sûr qu\u2019à travers le cursus scolaire on peut voir de grandes figures de femmes, de bâtisseuses, comme Jeanne Mance, mais par exemple, les premières esclaves noires qui se sont libérées, on n\u2019en parle pas.de l\u2019histoire « C\u2019est en apprenant leur histoire que les femmes vont comprendre les discriminations et les dominations qu\u2019elles subissent quotidiennement.» par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation Micheline Dumont Historienne féministe Radio-Canada, le 23 octobre 2017 Entrevue avec Mélissa Blais, professeure de sociologie au département des sciences sociales de l\u2019Université du Québec en Outaouais.Elle se passionne pour le féminisme et le masculinisme depuis que ses études, ses implications militantes et sa prise de conscience des conditions dans lesquelles évoluent les femmes lui ont fait l\u2019efet d\u2019un électrochoc.Dès lors, elle se penche sur ces mouvements de société en tant que femme militante et universitaire. W I K I P E D I A C R E A T I V E C O M M O N S WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS d\u2019une crise pour que les droits des femmes soient ébranlés.Ça s\u2019est déjà vu.Les femmes ont perdu le droit de vote, le droit de porter les armes, à des époques où elles avaient des libertés.Ce sont des privilèges qu\u2019elles ont dû « re » conquérir.Vers 1800, au Canada, les personnes qui possédaient une certaine richesse pouvaient voter.En oubliant de préciser le sexe de ces personnes, quelques femmes se sont prémunies de ce droit.Or, ce sont les Patriotes, souvent célébrés comme de grands démocrates, qui leur ont enlevé le droit de vote en précisant la mention sexe.Au Moyen Âge aussi les femmes avaient le droit de vote.Le système politique n\u2019était pas le même, mais elles étaient dans les assemblées d\u2019habitants où se tenaient des délibérations et des décisions collectives sur les besoins de la communauté.Et là, les femmes votaient.Vu comme ça, la société ne semble pas être prête à changer profondément ses mentalités\u2026 La première vertu des féministes, c\u2019est la patience.Obtenir le droit de vote a pris entre 100 et 150 ans.Alors si on prend l\u2019exemple des mouvements de lutte contre les violences faites aux femmes qui ont débuté dans les années 1970, espérer des changements sur un sujet aussi complexe et profond, c\u2019est un peu tôt.Ça me semble impossible d\u2019en parler tant et aussi longtemps que l\u2019on sera pris dans cette idée que les hommes et les femmes sont différents par nature.Aujourd\u2019hui, les forces antiféministes se saisissent de théories pseudoscientifiques pour démontrer que les hommes et les femmes sont complémentaires.Cette conception dit que dans la complémentarité, il y a un travail d\u2019homme et un travail de femme.Si on analyse bien, on voit que celui des femmes est hiérarchiquement moins prestigieux, moins bien payé et qu\u2019il relève des mêmes dynamiques qu\u2019autrefois en les renvoyant au travail dans le domaine des soins.Justement, c\u2019est quoi l\u2019antiféminisme ?On amalgame souvent misogynie, sexisme et antiféminisme.Il y a de la misogynie dans l\u2019antiféminisme, mais dans le cas de l\u2019antiféminisme, on parle de forces organisées.Je pense qu\u2019on peut évoquer l\u2019antiféminisme à partir du moment où les femmes ont milité pour le suffrage.Il y avait des organisations antisuffrages aux États-Unis, en France au Canada.En Angleterre, certaines ont été frappées, des locaux ont été incendiés.Ce sont généralement des étudiants d\u2019universités qui se sont mobilisés contre les organisations de suffrage des femmes.À la différence, la misogynie ou le sexisme, c\u2019est plutôt quand mon mononcle tient des propos déplacés pendant un party de Noël.Mais il n\u2019est ni militant ni organisé.Puis, on découpe souvent l\u2019histoire selon la vision de l\u2019Occident ou de l\u2019Europe : Le Moyen Âge, la renaissance, la modernité\u2026 Mais cette façon de faire n\u2019est pas du tout pertinente.La Chine par exemple n\u2019a pas connu le Moyen Âge.Quant aux femmes, la Renaissance a été pour elles un véritablement backlash en Europe.Elles devaient désormais prendre le nom de leur mari alors que rien ne l\u2019imposait au mi-Moyen Âge.C\u2019est aussi l\u2019époque où l\u2019on oblige les sages-femmes à déclarer les accouchements, on se met à punir le travail de prostitution, les femmes que l\u2019on estime être adultères.On contraint les libertés des femmes.Et pendant ce temps, on parle de renaissance comme si nous quittions une grande noirceur.On constate que les conditions de vie des femmes ont quand même grandement évolué depuis les suffragettes.Mais tout le monde s\u2019accorde à dire qu\u2019il reste beaucoup de travail.Où en sommes-nous ?On ne dit plus aujourd\u2019hui que les femmes sont inégales.On ne plaide plus comme le faisait Henri Bourassa qui disait que les femmes sont inférieures intellectuellement.Et ça, c\u2019est grâce au féminisme.Mais concernant les avancées, j\u2019appellerai à la vigilance constante parce que, comme le disait Simone de Beauvoir, il suffit Backlash Féminisme Misogynie Portrait d\u2019une femme haïtienne, François Beaucourt,1786.Disponible au Musée McCord Emmeline Pankhurst, leader du mouvement des sufragettes anglaises arrêtée devant le palais de Buckingham alors qu\u2019elle essayait de présenter une pétition au roi George V en mai 1914.Le féminisme québécois raconté à Camille Micheline Dumont Remue-Ménage 2008, 248 p.Le boys club Martine Delvaux Remue-Ménage, 2019, 232 p.36 Octobre 2020 itineraire.ca Désigne les réactions antagonistes ayant lieu à la suite d\u2019actions féministes.C\u2019est donc un mouvement social antiféministe.Mouvement qui prône l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Mépris, voire haine, pour les femmes. WIKIPEDIA CREATIVE COMMONS On parle également de masculinisme.Quelle différence avec l\u2019antiféminisme ?L\u2019antiféminisme, c\u2019est une grande nébuleuse, comme une grande famille à l\u2019intérieur de laquelle on a des courants.On va par exemple avoir un antiféminisme conservateur.Celui-ci, on le retrouve à Ottawa.C\u2019est un antiféminisme qui milite contre l\u2019avortement.Au Canada, il est aussi contre le mouvement LGBTQ+ et le mariage entre personnes de même sexe.Ce sont leurs axes de luttes.Il y a également la vision d\u2019une autorité naturelle ou divine : Dieu a décidé que le rôle des femmes était aux soins et que celui des hommes à subvenir au besoin de la famille.Dans le mouvement masculiniste, beaucoup de courants se parlent tout en ayant ont leurs propres enjeux de luttes.Malgré tout, le masculinisme a en commun avec l\u2019antiféminisme conservateur cette idée de nature : un rôle de femme qui relève de la douceur, des compétences des soins ; celui des hommes, de la force, de l\u2019autorité.Le masculinisme va contester les questions de parité, d\u2019égalité en emploi.Ils vont, eux, axer leur bataille sur la question des droits des pères et sur une pensée globale qui prétend que les hommes sont en perdition parce que les féministes auraient permis aux femmes de contrôler les institutions scolaires, l\u2019État, etc.C\u2019est comme la théorie du grand remplacement, mais pour les hommes.Ces pères sont accusés d\u2019agressions et ont investi la question des violences faites aux femmes en disant qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un mensonge féministe, prétendent avoir été faussement accusés et disent être les victimes de violences psychologiques de la part de leurs conjointes.À quel point le masculinisme est-il une entrave à la lutte des femmes ?Au début des années 2000, on parlait d\u2019hommes, de militants d\u2019organisations virulentes, qui s\u2019en prenaient aux féministes, même physiquement, les menaçaient de mort\u2026 C\u2019est la période aussi où Fathers 4 Justice s\u2019est fait connaître par les grands médias.On était vraiment dans une période de perturbation des mouvements féministes.On est là dans un militantisme de l\u2019action directe ou de la virulence politique.Les femmes font aussi face à l\u2019intrusion d\u2019un discours de la crise de la masculinité à l\u2019intérieur d\u2019organisations communautaires telles que les tables de concertations où elles se retrouvent avec des groupes de pères qui réclament de revoir la définition de violence.Des actions comme le Printemps des pères en France ont permis d\u2019attirer une attention médiatique peu égalée.Tranquillement, les chroniqueurs et journalistes commencent à dire : oui c\u2019est vrai, pensons aux pères.Tout ça remet alors en question certains discours féministes et amène dans l\u2019agenda politique de nouveaux enjeux.On parle du suicide des hommes comme étant la conséquence d\u2019un féministe qui est allé trop loin.On cherche à mobiliser des ressources de l\u2019État, et ça fonctionne.Ce dernier investit pour la santé des hommes à partir du discours de la crise de la masculinité.Conséquemment, on a pris une partie de l\u2019argent destiné autrefois aux organisations féministes de lutte contre les violences pour les donner à des organisations antiféministes.Qu\u2019on se comprenne : il ne s\u2019agit pas de dire que la santé des hommes et des femmes ne devrait pas faire l\u2019objet d\u2019un budget supplémentaire.Mais où trouvent-on ces antiféministes ?Les antiféministes qui travaillaient avant dans des organisations très concrètes se déplacent vers le web et se multiplient depuis l\u2019arrivée de Facebook et d\u2019autres grands médias sociaux.On a une convergence de l\u2019antiféminisme en ligne.Se développe ce qu\u2019on a appelé la manosphère.Ça laisse la possibilité aux plus radicaux de menacer de mort les féministes, d\u2019héroïser davantage le tueur de polytechnique\u2026 Et ce que ça peut donner ?Des hommes prêts à tuer des femmes, des Alek Minassian à Toronto qui assassine au nom des incels [célibataires involontaires].LGBTQ+ Acronyme pour lesbiennes, gais, bisexuelles, transgenres, queer.Le symbole «+» englobe les termes intersexe, asexuel.Mines de rien : chroniques du sexisme ordinaire Isabelle Boisclair, Lucie Joubert, Lori Saint-Martin Remue-Ménage, 2015, 155 p.La crise de la masculinité : autopsie d\u2019un mythe tenace Francis Dupuis-Déry Remue-Ménage 2015, 155 p.Manosphère Familles Communauté de sites internet, forums et groupes en ligne dédiés aux homme En 2016, 75,1 % des familles monoparentales étaient dirigées par une femme et 83,7 % des familles homoparentales étaient dirigées par un couple féminin.Manif de Jour de père tenue à Londres à la Fête des pères en 2004.Source Le Conseil du statut de la femme, Portrait des Québécoises, 2018.Documentaire Bitch ! Une incursion dans la manosphère, Charles Gervais (réalisateur), Marc André Sabourin (journaliste à L\u2019Actualité), 2019.38 Octobre 2020 itineraire.ca Qu\u2019est-ce qui vous a le plus marqué de la lutte des femmes cette année ?L\u2019axe des violences sexuelles et la force des victimes qui les ont dénoncées.J\u2019étais à la manifestation de dénonciation de la culture du viol à Montréal.Voir ces jeunes femmes de 15, 16, 17 ans sortir dans les rues, emprunter aux féministes certains éléments de discours de dénonciations des violences et revendiquer, ça fait mal, mais c\u2019est extraordinaire.Voir aussi que dans leurs dénonciations, elles ne laissent pas passer l\u2019inconduite, le harcèlement de rue, c\u2019est magnifique.Elles dressent une limite et cherchent à faire entrer ces comportements dans l\u2019inacceptable, au même titre que les agressions sexuelles.Bien sûr, ça n\u2019a pas plu à bien des commentateurs qui ont dit : « il faut faire la différence\u2026 » Certes, mais ça reste de la violence contre les femmes.Selon vous, quels sont les grands défis à venir pour les femmes ?Il y a toujours à renouveler, de la part des majoritaires dont je fais partie, c\u2019est-à-dire des femmes blanches, l\u2019écoute envers ce que vivent les minoritaires à l\u2019intérieur des organisations et des mouvements féministes, et d\u2019être leurs complices ; ne pas laisser passer de propos racistes et des comportements excluants.Un autre défi, c\u2019est la loi 21 [ndlr: Loi sur la laïcité de l\u2019État].C\u2019est vraiment problématique pour les femmes qui portent le foulard.C\u2019est une belle catastrophe qui s\u2019inscrit dans une droite décomplexée.Je crains des mouvements d\u2019exclusion en emploi, des restrictions de liberté de choix et d\u2019accomplissement de certaines femmes.Le défi d\u2019être à l\u2019écoute des minorisées devient dans ce cas d\u2019autant plus important.Manuel de résistance féminine Marie-Eve Surprenant Remue-Ménage 2015, 186 p.Juge, activistes, journalistes, législatrices, féministes, écrivaines, réformatrices.Emily Murphy, Nellie McClung, Louise McKinney, Irene Parlby, et Henrietta Muir Edwards forment le groupe des Famous Five.En 1927, elles porteront l\u2019afaire « personne » devant la Cour suprême du Canada avec une demande : celle d\u2019expliciter l\u2019article 24 de la Loi sur l\u2019Amérique du Nord britannique de 1867 qui déinit qui, de la population, peut être élu sénateur.Si l\u2019énoncé de l\u2019article ne stipule aucun genre dans la notion de « personne », les gouvernements remplacent aisément ce mot par « homme » dans l\u2019interprétation de la loi, balayant du revers de la main les femmes d\u2019une partie de la sphère politique.Cinq semaines après le dépôt de l\u2019afaire par les Famous Five en Cour suprême, le couperet tombe : au sens du droit, les femmes ne sont pas des personnes.Un coup dur pour ces militantes scandalisées qui décident alors de monter au créneau, jusqu\u2019à faire appel auprès du Comité judiciaire du Conseil privé, à Londres, la plus haute instance en place de l\u2019époque.Ce dernier tranchera à son tour et mettra un terme au débat en annulant la décision de la Cour suprême.Le 18 octobre 1929, la bataille est gagnée.Son dénouement accordera légalement aux Canadiennes le statut de « personne ».Aujourd\u2019hui, ce tour de force est célébré depuis près de 20 ans chaque 18 octobre par la remise de Prix du Gouverneur Général à des femmes méritantes.Revenu Éducation Violences Travail En 2017, le salaire horaire moyen des femmes représente 89,8 % de celui des hommes En 2016, dans la population âgée de 25 à 64 ans, 28,0 % des femmes et 23,0 % des hommes étaient titulaires d\u2019un grade universitaire.En 2015, parmi les victimes de violence conjugale et d\u2019agressions sexuelles, 78 % étaient des femmes.En 2017, dans la population âgée de 15 ans ou plus, le taux d\u2019emploi est de 57,4 % chez les femmes et de 64,5 % chez les hommes.Source Le Conseil du statut de la femme, Portrait des Québécoises, 2018.Les Famous Five Nous sommes tous des féministes Chimamanda Ngozi Adichie Folio, 2015, 96 p.41 itineraire.ca Octobre 2020 Les propos ont été édités pour en faciliter la lecture TROIS DES FAMOUS FIVE ARCHIVES DE LA VILLE D\u2019EDMONTON Les femmes sont des personnes ! BD SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX Éloge de la musique Quand j\u2019écoute la musique, une énergie profonde se répand en moi.Je suis comme une enfant, je reprends mon élan.La musique me fait vibrer de tout mon être.Je suis comme une étoile qui se promène d\u2019une galaxie à l\u2019autre, décrochant sur son passage la Voie lactée.Même avant ma naissance, je la sentais m\u2019imprégner d\u2019une immense tendresse.Avec elle, je suis une poussière qui s\u2019envole à travers le soleil.La musique me fait oublier tous mes tracas et mes inquiétudes.Elle me donne des ailes pour mieux m\u2019envoler dans l\u2019univers et partager mon paroxysme infini.Je suis folle de la musique et je veux le crier en chantant au monde entier toute la liberté qu\u2019elle m\u2019apporte.Je ne suis pas une personne, je suis jumelle de la musique parce que j\u2019ai pénétré à l\u2019intérieur.La musique me chatouille les émotions, comme si j\u2019entendais un violon.La musique est rose bonbon, parce que c\u2019est si bon.Elle me donne des frissons psychédéliques.Je m\u2019assois sur une note de musique qui me fait balancer sur ces étoiles de toutes les couleurs.Je côtoie la musique à toutes les fractions de seconde.La musique me sort de partout, parce que j\u2019en mange beaucoup.Elle est tout pour moi.Elle est mon seul chemin constructif et envoûtant, d\u2019où je peux développer mes talents.La musique est ma reine qui m\u2019aide à me redonner du cran, de l\u2019audace, de la confiance, du pep, de l\u2019amour et du soleil dans mon quotidien.La musique me porte un million de bienfaits chaque jour et chaque nuit.Je flotte sur son image cosmique qui me rappelle mon enfance exubérante et sans limites.La musique acoustique résonne dans ma tête et me donne des secousses sismiques.La musique m\u2019apporte des sensations enivrantes et veloutées.La musique ensoleille ma vie d\u2019un bonheur immense.Comment j\u2019ai vécu le confinement Moi, je suis une solitaire.J\u2019ai des amies et amis, mais très peu.On peut les compter sur les doigts d\u2019une main.Dès le début du confinement, disons que j\u2019y étais préparée depuis plusieurs années ! Sauf qu\u2019autrefois, quand c\u2019était une merveilleuse journée d\u2019été, avant la pandémie, je ne sortais pas plus, mais j\u2019avais un sentiment de culpabilité.Alors, lorsqu\u2019on nous a demandé de rester chez soi, j\u2019ai fais mon devoir de citoyenne et je ne me suis pas sentie coupable.Moi, je n\u2019aime pas mon embonpoint.Mais au début du confinement, je me faisais livrer des gros sacs de chips que je mangeais en guise de repas ! Je me disais : Bof ! On verra après le confinement.Bien sûr, j\u2019ai pris du poids et je m\u2019en veux en même temps.Je m\u2019en veux de m\u2019en faire pour des choses aussi futiles, alors que les gens meurent par centaines par jour autour de moi.Et puis, j\u2019ai toujours fumé du cannabis, mais après le travail.Car vendre L\u2019Itinéraire, c\u2019est un travail.Quand je rentrais chez moi, je nourrissais ma chatte, je mangeais et après je fumais un joint.Durant le confinement, j\u2019ai commencé à fumer vers midi.Ça calmait beaucoup mon stress, car je suis une personne très anxieuse.Je prends d\u2019ailleurs des médicaments pour l\u2019anxiété, mais un petit joint, c\u2019est plus trip- pant.Ensuite je joue à des jeux sur mon téléphone en écoutant de la musique.Puis, vers cinq ou six heures je regarde la télé.Et à tous les jours je ne peux m\u2019empêcher de me dire quelle inutile personne je suis ! Comme j\u2019ai hâte de revendre L\u2019Itinéraire ! Même si j\u2019en vendai peut-être beaucoup moins, ce n\u2019est pas grave car j\u2019ai tellement envie de revoir mes clients, de sortir de chez moi, d\u2019avoir un travail et de cesser de me sentir inutile ! Par respect pour mes clients Pour moi, l\u2019être humain passe avant tout.Il se doit d\u2019agir en humain, d\u2019être intelligent, de ne pas porter de jugement sur les autres humains et de les respecter.Comme tout le monde, j\u2019ai fait des erreurs dans ma vie, mais aussi de belles choses.J\u2019ai toujours travaillé fort et fait mon possible.Je suis tombée, mais je me suis relevée.Des étrangers et surtout des « amis » du passé que je croise encore parfois me regardent de haut et de travers.Ils me jugent et me font une réputation.Ils m\u2019accusent de boire encore.Je pense que ces gens sont jaloux de me voir vivre une meilleure vie à 58 ans et qu\u2019ils cherchent à briser ce que je réussis à bâtir.Je pense qu\u2019on ne devrait pas porter de jugement sur une personne sans la connaître et surtout sans lui avoir parlé.On ne devrait surtout pas chercher à faire tomber à nouveau une personne qui s\u2019est relevée.Je suis très heureuse de retourner vendre L\u2019Itinéraire après six mois d\u2019arrêt de travail.Les camelots ont reçu une formation avant de recommencer à travailler afin que la vente du magazine soit sécuritaire pour les clients et pour les camelots.Tous les humains doivent être solidaires et respecter les consignes de sécurité.Le métier de camelot est public alors on doit montrer l\u2019exemple, respecter le code d\u2019éthique de L\u2019Itinéraire ainsi que les consignes pour nous protéger de la COVID.J\u2019adore mon métier et les clients que je rencontre.Quand je ne travaille pas j\u2019ai parfois peur de retomber.De retour au travail, j\u2019aurai plus d\u2019argent et j\u2019ai bien l\u2019intention de ma gâter.Je vais m\u2019acheter des beaux jeans pour l\u2019automne.?C h i e n s d é p i s t e u r s d e C O V I D LUCETTE BÉLANGER CAMELOT STATION PIE-IX CÉCILE CREVIER CAMELOT ÉPICERIE MORGAN LINDA PELLETIER CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! Grille numéro : 72655 6 9 4 3 5 8 7 5 6 3 1 6 7 2 7 1 7 8 3 2 3 7 9 2 2 9 4 4 5 7 1 6 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solutions dans le prochain numéro Tisses de nouveau Flopée A la forme d\u2019une nacelle D\u2019un petit bois Dieu Salve Oxyde de cuivre Omnipraticiens Hissa Rouge Monnaie Pomme Musique Manche Métal Gaillard Infamies Raides Infusées Arbre Phase Nous rendrons Lettre grecque Contesteras À elle Sétif Âge Éroder horizontalement 1.Nous nous servirions de quelque chose comme d\u2019une épée (nous nous \u2026).2.Alimenteraient.3.Cuvette.- Allures.- Vache sacrée.4.Coup martial.- Débit de viande.5.Ici.- Place.- Argon.- Pascal.6.Mesures de capacité valant 12 onces chacune.- Touchés.7.École d\u2019administration.- Remorquera.8.Chaîne.- Contestée.- Existes.9.Fleuve italien.- Affluent du Danube.- Secte.10.Tamiser.- An.verticalement 1.Souilleras.2.Maintiendra.3.Dé.- Paluches.4.Route rurale.- Deux mille un.- Fémur.5.Se rendraient.6.Mille deux.- Flétrir.7.Rôde.- Salubre.8.Rastafari.- Victoire napoléonienne.9.Deux.- Étendue sableuse.10.Organe de la vue.- Pronom.- Pronom indéfini.11.Aire de vent.- Intégrité.12.Saint.- Coupasse.Filtrée Agirai Répudiée Abattement Bourbier Cuvette Lâchaient des vents Intact Monstruosité acéphale Garnit de branchages Obéir Saison Puis Greffé Bondées Boisson Parti Dégoûtée Hume Trois À toi Fin de prière Poisson Nazi Colère Intérieur Célèbre A C P F E F T E E T E I N T R E N E L B E N I N E S A M E N S S H T E T E A P L E N I E S E R B U E T E C A Q I I I N E C A A B N A E C O T U E R N I A L E T R E 5 7 2 4 7 5 9 6 2 1 3 8 2 9 8 1 7 3 4 6 5 6 1 3 4 5 8 7 2 9 7 6 4 8 3 1 9 5 2 5 2 1 6 4 9 8 7 3 8 3 9 5 2 7 6 1 4 3 4 6 7 8 5 2 9 1 9 8 2 3 1 6 5 4 7 1 5 7 2 9 4 3 8 6 - Septembre 2020 Merci pour tout ! Milton Fernandes détente DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vériication de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019ofre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : 2 0 - C O M - 9 8 Infolettre de Ville-Marie Pour tout savoir sur les collectes, entre autres.Abonnez-vous : bit.ly/infolettrevillemarie 30 fois bravo, les Québécois ! 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