La tribune, 13 novembre 2021, Cahier 3
[" ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air À LA CHASSE AUX AURORES BORÉALES + VOYAGES Bourlingueur L\u2019ÈRE JURASSIQUE DE L\u2019ALBERTA + EN CUISINE Magazine ZOOM SUR LES RECETTES SEMAINE DU 13 AU 19 NOVEMBRE 2021 CINÉMA L\u2019arracheuse de temps À LA CROISÉE DU CONTE ET DU FANTASTIQUE DÉMULTIPLIER LE MYTHE DE MIDAS UNE FILLE EN OR DU THÉÂTRE DU DOUBLE SIGNE Sébastien David et Amélie Dallaire PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M2 PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE A LITTLE BIT LONGER Jonas Brothers A Little Bit Longer (2008) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?Si le 14 novembre a été choisi pour la Journée mondiale du diabète, c\u2019est parce qu\u2019il s\u2019agit de la date d\u2019anniversaire du découvreur de l\u2019insuline, le Torontois Frederick Banting, mais aussi celle où ses collègues et lui ont publié, en 1921, l\u2019article relatant les résultats de leurs recherches et expériences.Des milliers de personnes dans le monde souligneront le centenaire, dimanche, de cette importante innovation médicale qui a non seulement permis de sauver les personnes diabétiques d\u2019une mort à brève échéance, mais a valu le prix Nobel de médecine à Banting.Malheureusement, la maladie continue de progresser et recevoir un diagnostic de diabète demeure, de nos jours, une nouvelle difficile à encaisser, comme l\u2019a raconté Nick Jonas dans la chanson A Little Bit Longer des Jonas Brothers.STEVE BERGERON CHICOUTIMI \u2014 Hormis le compositeur Herbert Ruff (1918-1985), à qui il a consacré un album hommage jazz à la fin de l\u2019été (Ruff a signé les thèmes des plus célèbres émissions jeunesse radio-canadiennes, dont Fanfreluche, Sol et Gobelet, Grujot et Délicat, Le pirate Maboule et la Ribouldingue), Jean-Fernand Girard planche en ce moment sur un autre monument de la culture québécoise, bien vivant celui-là.Il s\u2019agit d\u2019Yvon Deschamps, dont les chansons seront reprises par la comédienne Guylaine Tremblay.Jean-Fernand Girard en réalisera les arrangements, en plus d\u2019accompagner l\u2019actrice sur scène.« Yvon Deschamps avait un gros band, alors que nous avons opté pour une formule intimiste : piano et contrebasse, avec une couleur jazz qui filtrera à travers mon jeu.Le spectacle comportera également un volet théâtral, puisque Guylaine racontera son histoire en s\u2019appuyant sur l\u2019œuvre de Deschamps », fait remarquer son proche collaborateur.L\u2019inconvénient de revisiter les chansons d\u2019un artiste vivant, c\u2019est qu\u2019un jour, celui-ci pourrait se trouver dans la salle.On serait nerveux à moins, sauf si la personne en question a pris soin de transmettre les bons messages.« J\u2019ai eu la chance de rencontrer Yvon Deschamps.Non seulement approuve- t-il le projet, mais il nous a donné carte blanche », souligne Jean-Fernand Girard.La tournée du spectacle J\u2019sais pas comment, j\u2019sais pas pourquoi s\u2019amorcera le 25 janvier à Gatineau.Elle fera halte à Lac-Mégantic le 25 mai et à Sherbrooke le 26 mai.DANIEL CÔTÉ, LE QUOTIDIEN Coupée au montage de l\u2019entrevue du 28 août 2021.Jean-Fernand Girard \u2014 PHOTO MARTINE DOUCET RETAILLE D\u2019ENTREVUE EXPO Oscar et Walter, une rencontre Né aux Açores, Tony De Melo détient un baccalauréat en beaux-arts de l\u2019Université Concordia.Pendant des années, il a enseigné les arts plastiques et l\u2019histoire de l\u2019art, notamment à l\u2019école des beaux-arts du Centre Saidye-Bronfman.La peinture et la photographie sont ses formes de création préférées.Il a participé à plus de quarante expositions collectives et solos à travers le Canada.Cette fois-ci, il a imaginé une rencontre entre les écrits d\u2019Oscar Wilde et les images d\u2019un de ses contemporains, l\u2019illustrateur de contes pour enfants Walter Crane.Malgré des carrières très divergentes, les deux artistes étaient plus près l\u2019un de l\u2019autre qu\u2019ils ne le paraissaient.À l\u2019aide d\u2019acryliques grand format, Tony de Melo a mis en scène un amalgame d\u2019images et de mots, une juxtaposition du passé et de notre ère moderne, sans le jugement et les condamnations vécues par Oscar Wilde à la fin de sa vie, à cause de son homosexualité.À la galerie Métissage de Lac-Mégantic, 6361, rue Salaberry, jusqu\u2019au 30 novembre.La galerie est ouverte du jeudi au dimanche.STEVE BERGERON \u2014 PHOTOS GALERIE MÉTISSAGE Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Où sera le monde, Marc Dupré 2 Isa, Zaz 3 Comme au premier rendez-vous, Mario Pelchat 4 Contre vents et marées, Paul Daraîche et Renée Martel 5 Le party beauceron vol.2, Maxime Landry 6 Noël beauceron, Maxime Landry 7 Gin à l\u2019eau salée, Salebarbes 8 Impossible à aimer, Cœur de Pirate 9 Dubois solide, Claude Dubois 10 Inscape, Alexandra Stréliski \u203a NON FRANCOPHONE 1 =, Ed Sheeran 2 Hushed and Grim, Mastodon 3 Momentary Lapse of Reason, Pink Floyd 4 The Lockdown Sessions, Elton John 5 I Don\u2019t Live Here Anymore, War On Drugs 6 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 7 Phœnix, Charlotte Cardin 8 A View from the Top of the World, Dream Theater 9 Let It Be, Beatles 10 Music of the Spheres, Coldplay Marc Dupré \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M3 LIVRES FRANÇOIS HOUDE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 En froid avec la création littéraire, Bryan Perro a retrouvé le plaisir du clavier en écrivant Eul\u2019blond, sorti en 2020.Ce plaisir se traduit aujourd\u2019hui par une nouvelle série de livres jeunesse, La légende Marvinienne, dont les deux premiers tomes ont paru le 11 novembre.Il est déjà acquis qu\u2019il s\u2019agira d\u2019une série, à raison, probablement, de deux tomes par année, un au printemps, un autre à l\u2019automne.Ultimement, l\u2019auteur calcule que son inspiration devrait le mener à huit, bien que l\u2019objectif pourrait être redéfini en cours de route.« Je sais comment l\u2019histoire commence et comment elle va finir. » Le roman autobiographique Eul\u2019Blond a pu faire penser que Perro allait s\u2019éloigner définitivement du créneau qui a fait son succès grâce à un certain Amos Dara- gon.« Je suis un auteur jeunesse », clame-t-il simplement aujourd\u2019hui pour justifier ce retour à la clientèle adolescente.Au départ de cette aventure, Perro a eu l\u2019idée d\u2019adapter la légende arthurienne pour le théâtre, un peu comme il l\u2019avait fait pour Moby Dick il y a quelques années.Le projet l\u2019enthousiasmait, mais en se plongeant dans la relecture de cette immense histoire qui l\u2019a passionné toute sa vie, il s\u2019est rendu à l\u2019évidence que c\u2019était un projet trop ambitieux, trop lourd, trop compliqué.Par contre, ce classique pouvait servir de base à un récit de nature fantastique s\u2019adressant aux jeunes.L\u2019idée de La légende Marvinienne, c\u2019est qu\u2019un jeune d\u2019aujourd\u2019hui soit transporté à l\u2019époque médiévale, avec les livres scolaires de son cartable, son manuel de survie des scouts, son BMX et un briquet.Sur cette base toute simple, une succession d\u2019aventures se dessineront, entraînant le héros dans une suite d\u2019aventures aussi invraisemblables qu\u2019elles sont savoureuses à lire.« On est dans l\u2018idée de refaire l\u2018histoire, explique l\u2019auteur.Si un garçon de notre époque provenant d\u2019un milieu multiethnique se retrouvait au Moyen Âge avec le bagage de connaissances qu\u2019il a, qu\u2019est-ce qu\u2019il deviendrait?Mon hypothèse, c\u2019est qu\u2019il deviendrait, aux yeux des autres, comme un puissant magicien. » « Aujourd\u2019hui, on voit resurgir une pensée moyenâgeuse avec les talibans ou d\u2019autres extrémistes qui posent des bombes et se tuent pour leur croyance en un Dieu unique.Je me suis mis à imaginer que, pour quelqu\u2019un de notre époque projeté dans le temps des croisades, l\u2019ennemi à combattre serait le roi Arthur, qui représentait, avec sa mission de répandre partout la foi chrétienne, la pensée unique.J\u2019ai donc imaginé mon personnage en ennemi du célèbre roi et de son propre magicien Merlin.Dans le contexte de l\u2019époque, c\u2019est notre héros qui devient le mal pour ces personnages qu\u2019il affronte. » CONFRONTER MODERNITÉ ET ARCHAÏSME Si la prémisse peut sembler diablement sérieuse et rigoureuse, le traitement que Perro lui réserve ne l\u2019est pas.L\u2019auteur émaille son récit d\u2019humour, d\u2019idées astucieuses, de reconstitutions d\u2019expériences scientifiques élémentaires, d\u2019anachronismes, et il prend un malin plaisir à confronter la langue moderne avec un français archaïque.« J\u2019ai tellement de fun à écrire ça, ça n\u2019a pas de bon sens! On se promène dans les notions du bien et du mal.Bien qu\u2019on l\u2019oublie parfois, ces notions changent selon les cultures, mais aussi selon les époques.Tuer des mécréants chez les talibans, c\u2019est faire le bien.Je traite donc finalement de choses sérieuses, en m\u2019assurant de rester en équilibre sur la ligne de ce qu\u2019on peut dire en littérature jeunesse, d\u2019une façon qui soit divertissante sans être bête.Je considère que j\u2019ai toute la liberté de parole souhaitée comme auteur, pourvu que je mesure bien les choses.Le fantastique a cet avantage de permettre de traiter des sujets très complexes et ambitieux d\u2019une façon divertissante. » Il aurait pu se lancer dans les mêmes thèmes avec des ouvrages destinés aux adultes, mais l\u2019envie de revenir aux livres jeunesse s\u2019est imposée.« Je suis un ancien prof », tente- t-il comme explication pour justifier cet incurable penchant pour la littérature offerte aux jeunes.« Il y a beaucoup de notions d\u2019éducation civique qui passent dans ce que j\u2019écris, beaucoup de valeurs de base.La forme que prend l\u2019imaginaire me convient davantage et, aspect essentiel, c\u2019est plus populaire.Ça me permet de rejoindre plus de monde et ça me plaît.Après tout, je n\u2019écris pas pour moi, mais pour les gens.Je ne dis pas que je ne reviendrai pas à la littérature pour adultes un jour, mais présentement, j\u2019ai envie de jeunesse. » DES AMATEURS DEVENUS ADULTES Curieusement, il estime qu\u2019il a plus de plaisir à écrire cette série en devenir qu\u2019il n\u2019en avait eu à raconter les aventures immensément populaires d\u2019Amos Daragon.« J\u2019ai eu du succès dans le passé, alors je ne sens plus tellement que j\u2019ai des choses à prouver.Je peux écrire pour le pur plaisir.J\u2019ai aussi, avec ADA, un éditeur extraordinaire qui ne me met pas de pression.On m\u2019y donne une très grande liberté.C\u2019est un partenaire de création extraordinaire.Ça fait que, chaque matin, j\u2019ai hâte de me replonger dans mon histoire. » Il est permis de se demander en quoi cette série diffère de celle qui l\u2019a fait connaître.« Cette fois, c\u2019est un personnage qui raconte l\u2018histoire et non un narrateur omniscient.La différence est importante.Le récit est présenté un peu comme un journal personnel, en somme.C\u2019est aussi un tout autre univers, la légende arthurienne, qui m\u2019a toujours fasciné.D\u2019ailleurs, je relis ces livres constamment. » La légende Marvinienne s\u2019adresse à un lectorat de dix ans et plus, sensiblement le même que celui que visait Amos Daragon.« Le public qui a dévoré Amos Daragon a vieilli et ce n\u2019est pas à lui que je m\u2019adresse d\u2019abord, mais beaucoup d\u2019entre eux demeurent des amateurs de fantastique qui vont y revenir.Les parents qui me connaissent vont d\u2019ailleurs peut-être inciter des jeunes à me lire. » « Les jeunes ont peut-être changé, mais le fantastique, et particulièrement le médiéval fantastique, demeure très populaire.On le voit bien au cinéma et à la télévision : ce sont des archétypes qui continuent de fasciner des publics de tous les âges. » Même les auteurs de 53 ans.BRYAN PERRO RETROUVER SA PLUME JEUNESSE En s\u2019attaquant à sa nouvelle série jeunesse La légende Marvinienne, Bryan Perro a retrouvé la littérature jeunesse et le pur plaisir d\u2019écrire.\u2014 PHOTO ÉDITIONS ADA BRYAN PERRO La légende Marvinienne T.1 : Le calcinateur entre en scène T.2 : La mission de Myrddin FANTASTIQUE JEUNESSE Édition ADA 160 pages SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 L\u2019univers du roi Midas intriguait déjà le cofondateur et directeur artistique du Double Signe Patrick Quintal avant qu\u2019il ne quitte sa troupe il y a trois ans.Lorsqu\u2019il a pris le relais, André Gélineau l\u2019a offert en carte blanche à l\u2019auteur et comédien Sébastien David.À quelques jours à peine de la première d\u2019Une fille en or, ce dernier l\u2019avoue d\u2019emblée : il n\u2019a trouvé que bien peu d\u2019intérêt dans ce mythe de Midas, si ce n\u2019est sa fille, transformée en or, comme tout ce que touchait son père.« Elle était plus intéressante que le vieux cupide.La fille qui arrive avec des fleurs et se retrouve changée en statue d\u2019or, ça m\u2019a donné envie d\u2019explorer les personnages féminins », explique celui qui a pigé dans les mythes nombreux de Midas, dont les Métamorphoses d\u2019Ovide, qui en offre une des plus anciennes versions.« Ce n\u2019était pas si intéressant, mais ça m\u2019a inspiré la création d\u2019autres personnages qui viennent s\u2019intercaler, grâce à la capacité de transformation d\u2019Amélie », précise Sébastien en se tournant avec complicité vers Amélie Dallaire, qu\u2019il qualifie de « bibitte » avec qui il avait envie de travailler, entre autres parce qu\u2019elle est aussi intuitive qu\u2019il est cérébral.Un mixage parfait pour un laboratoire de création comme celui vécu depuis trois ans, de façon intermittente, au Centre des arts de la scène Jean-Besré.OR, TERRE ET PIXELS.Contrairement aux pièces habituellement créées à partir du texte d\u2019un auteur, on a ici créé les personnages, costumes et éclairages autour de l\u2019improvisation d\u2019Amélie Dallaire sur les indications de Sébastien David.Du canevas d\u2019impro sont nées non seulement la Fille en or du titre, mais aussi la Fille en terre, la Fille en pixels et la Fille en double, avec lesquelles Sébastien David est reparti travailler les textes, seul chez lui, en pleine pandémie.« J\u2019ai poursuivi le travail plus traditionnel, la dramaturgie sous forme de conte, mais sans la morale de la fin.Je préfère permettre au spectateur de se créer ses propres feelings. » Ce retour au texte, lui, s\u2019est avéré un peu plus frustrant pour la comédienne, qui a apprécié la liberté totale de cette création.« Tu es complètement dans le jeu, pas du tout dans l\u2019intellectualisation ni dans l\u2019écriture.Ça te permet d\u2019être dans le moment présent sans te questionner, de te rendre très disponible. » Après, admet-elle, il faut bien changer de position et se reconnecter au texte jusqu\u2019à sa maîtrise totale.« Le posséder, ça permet de s\u2019en libérer à nouveau et de retourner vers quelque chose de ludique. » Le public, lui, sera invité dans un univers d\u2019une inquiétante étrangeté, dans lequel il pourra naviguer selon les codes à disponibilité.« On a exploré l\u2019esthétique, l\u2019étrangeté avec beaucoup de styles différents, note Sébastien David.Les personnages sont transformés par la voix, mais aussi par les changements de costumes à vue.Tout est très clair dans les univers aussi, même si on est dans l\u2019étrangeté. » UNE FILLE EN OR CRÉER DES FILLES C\u2019est par un processus d\u2019improvisation en laboratoire suivi du travail d\u2019écriture que l\u2019auteur et metteur en scène Sébastien David et la comédienne Amélie Dallaire ont créé la pièce Une fille en or présentée à compter du 17 novembre par le Double Signe.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca Vous voulez y aller?Une fille en or Du mercredi au samedi, 20 h Du 17 novembre au 4 décembre Théâtre Léonard-Saint-Laurent Entrée : 28 $ (tarifs réduits pour les étudiants et pour les moins de 35 ans) « Tu es complètement dans le jeu, pas du tout dans l\u2019intellectualisation ni dans l\u2019écriture.Ça te permet d\u2019être dans le moment présent sans te questionner, de te rendre très disponible. » \u2014 Amélie Dallaire laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M5 SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Lilie Bergeron sourit.Dans la petite salle qui sert de loge aux comédiens, au Théâtre Léonard-Saint-Laurent, elle cherche les bons mots pour résumer les derniers mois de la compagnie du Double Signe, de cette pandémie qui fige tout, des collaborateurs qui se réorientent, de l\u2019absence de public et de spectacles, du départ du directeur artistique André Gélineau jusqu\u2019à l\u2019arrivée inespérée de son remplaçant, Hubert Lemire, qui ajoute une codirection générale aux tâches de directeur artistique.« Cette transition nous a permis de faire une grande découverte.On a découvert que le Double Signe est plus grand que les gens qui la composent.Bien sûr, Patrick [Quintal] l\u2019a fait naître et grandir, puis André a poursuivi le travail.Ils font partie de son histoire, ils lèguent des choses importantes, et désormais l\u2019aventure va se poursuivre avec Hubert, dès maintenant, et pour les années à venir.Mais la reconnaissance de la compagnie va au- delà de ça, elle est solide, forte et plus grande que chaque individu. » Ce constat inclut Lilie Bergeron elle-même, associée au Double Signe depuis 34 ans.La directrice générale ne s\u2019en cache pas : elle souhaite éventuellement tirer sa révérence tout en assurant la pérennité du legs Quintal, et l\u2019arrivée de Hubert Lemire consolide ses espoirs.C\u2019est cette recherche de relève au cours de l\u2019été qui a permis cette révélation du tout plus grand que tout.Alors qu\u2019on avait, en 2018, tout naturellement fait passer le flambeau de Quintal entre les mains de l\u2019ancien Turc gobeur d\u2019opium André Gélineau, on a décidé cette fois-ci de procéder par appel de candidatures.Le poste a suscité l\u2019intérêt, beaucoup d\u2019intérêt, ici et ailleurs.« On a été ébahis par le nombre, mais aussi par la qualité des candidatures, répète Lilie Bergeron.Celle d\u2019Hubert sortait du lot.Il a un bagage et un réseau impressionnants, mais aussi une fine connaissance du milieu théâtral.Il arrive avec un regard neuf sur tout, une énergie nouvelle, un peu comme un Double Signe 2.0, et il s\u2019est aussi présenté avec une connaissance, une reconnaissance et un respect du Double Signe. » PAS DE 180 DEGRÉS Âgé de 38 ans, deux petites années de plus que le Double Signe, Hubert Lemire a plongé dans le théâtre à l\u2019adolescence, multiplié les projets pendant ses études et depuis sa sortie du Conservatoire en 2005, autant au théâtre qu\u2019en cinéma ou au petit écran, comme comédien, auteur ou metteur en scène.Membre du c.a.de l\u2019Association des compagnies de théâtre depuis 2013, il en est le président depuis 2016.Malgré sa feuille de route, il ne débarque pas tête baissée pour tout bousculer.« J\u2019arrive avec beaucoup de respect pour ce qui a été fait, et il n\u2019est pas question d\u2019un 180 degrés dans les six prochains mois, assure-t-il.Avant de changer quoi que ce soit, on va prendre le temps de regarder ce qui a été fait, et la façon dont ç\u2019a été fait.J\u2019ai hâte de rencontrer tout le monde, de prendre le pouls. » « Dans notre processus, note Lilie Bergeron, il y avait un besoin de transfert de connaissances pour la suite des choses, et la question de pérennité, ça résonnait beaucoup chez Hubert.Son arrivée permet d\u2019établir un plan de départ clair en transférant des responsabilités, mais en l\u2019introduisant aussi dans la communauté et dans le milieu.Son arrivée nous permet de répondre à des questions fondamentales, de délimiter les besoins de la compagnie et d\u2019y répondre.Le moment venu, quand je vais sortir du bureau en sachant que le Double Signe sera encore là dans 15 ans, ce sera très satisfaisant. » DE LA GRANDEUR DU DOUBLE SIGNE À quelques mois d\u2019une retraite bien méritée, Lilie Bergeron se réjouit de constater que la compagnie de théâtre du Double Signe est plus grande que les individus qui la composent.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU SHERBROOKE \u2014 Hubert Lemire insiste : il n\u2019est pas de passage.Comme si le Montréalais craignait qu\u2019on le soupçonne de s\u2019offrir de courtes vacances en région avant de retourner dans la métropole.« Je me suis déjà pris un appartement, je veux me trouver une maison dès que je peux et devenir un Sherbrookois, un Estrien.Je veux m\u2019installer dans la communauté », lance le nouveau codirecteur général et directeur artistique du Théâtre du Double Signe, que Lilie Bergeron a rapidement envoyé « marcher la Well » à son arrivée.« J\u2019ai soif de découvrir la ville, mais aussi de rencontrer l\u2019arsenal d\u2019artistes de la région, de voir de quoi on se nourrit », confie celui qui arrive avec une feuille de route incluant des apparitions à la télévision, entre autres dans Ruptures et District 31, des rôles dans près d\u2019une dizaine de films, une longue liste de personnages interprétés sur scène et la cocréation du NoShow et de la pièce Le problème des artistes au Québec, qu\u2019il avait écrite avec une certaine Catherine Dorion.Durant ses études au Conservatoire d\u2019art dramatique et au cours des 16 années de métier qui ont suivi, Hubert Lemire a touché à tout, joué mille milliers de mots, multiplié les rencontres et les amitiés.« Éventuellement, je veux créer avec les gens d\u2019ici, mais aussi inviter à l\u2019occasion des amis de Montréal ou de Québec pour surprendre le public sherbrookois », annonce déjà le nouveau directeur artistique du Double Signe, qui apportera bien sûr sa touche au répertoire de la troupe estrienne.DES RÊVES DANS LE RÉEL « C\u2019est normal que la création d\u2019une compagnie change un peu quand arrive une nouvelle direction artistique, poursuit Lemire.J\u2019arrive avec mon bagage, mes obsessions, mes envies formelles.On repart à neuf chaque saison.Forcément, on change et on a envie de variété, on veut surprendre tous les publics, entre autres celui des ados.Moi, c\u2019est à ce moment que j\u2019ai rencontré le théâtre et ça a fait une différence énorme dans mon cheminement.C\u2019est là que j\u2019ai compris que les rêves, on pouvait les faire arriver dans le réel. » Si Hubert Lemire laisse belle place à Une fille en or de Sébastien David en ce début de saison, il espère cependant être en mesure d\u2019offrir une première proposition au public du Double Signe au cours de la prochaine année.« Peut-être quelque chose de plus sobre, peut-être de l\u2019ordre de l\u2019instantané et du festif, c\u2019est à voir. » Les ateliers et laboratoires du Double Signe, qui ont fait naître des passions autant chez le public que chez de jeunes comédiens en devenir, sont par ailleurs appelés à se poursuivre.« Je suis un acteur à la base.Il y a artistiquement tellement de choses qui m\u2019interpellent, fait valoir Hubert Lemire.Je nous espère actifs sur plusieurs plans, autant en ateliers, dans les labos du CASJB et de ses nombreuses ramifications, que dans des créations grand public.Je regarde tout ça, j\u2019aurais envie de tirer sur les fleurs pour les faire pousser plus vite, mais Lilie me dit : \"Wo! Wo! Prends le temps de connaître la communauté!\" Et elle a bien raison.C\u2019est ma nouvelle communauté, on va apprendre à se connaître\u2026 » SONIA BOLDUC Hubert Lemire et le désir d\u2019ancrage Le comédien, auteur et metteur en scène Hubert Lemire est depuis fin août le directeur artistique et codirecteur général de la compagnie de théâtre du Double Signe.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU « J\u2019arrive avec beaucoup de respect pour ce qui a été fait, et il n\u2019est pas question d\u2019un 180 degrés dans les six prochains mois.Avant de changer quoi que ce soit, on va prendre le temps de regarder ce qui a été fait, et la façon dont ç\u2019a été fait.J\u2019ai hâte de rencontrer tout le monde, de prendre le pouls. » \u2014 Hubert Lemire SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M6 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 La parution d\u2019un premier roman, le lancement d\u2019un microalbum, une tournée avec son spectacle Nui Pimuten \u2014 Je veux marcher, des présences dans les salons du livre : les prochaines semaines s\u2019annoncent occupées pour Natasha Kanapé Fontaine.Loin de se sentir débordée, la poète se dit surtout heureuse de voir tous ces projets arrivés à terme.Ils sont, pour elle, le résultat de tout ce qui l\u2019habite depuis les dernières années.Les récentes œuvres de Natasha Kanapé Fontaine ne sont pas aux antipodes les unes des autres.De près ou de loin, elles abordent toutes la question de l\u2019affirmation de soi et de ses racines.« C\u2019est ma quête.Moins identi- taire.C\u2019est plus l\u2019envie de vouloir me reconnecter à ma culture innue dans son essence », explique l\u2019artiste originaire de Pessamit, qui étudie en ce moment à la maîtrise et qui prépare un essai littéraire sur la philosophie innue dans le cadre de son projet de mémoire.L\u2019écrivaine souligne ainsi que son nouveau livre, sa tournée de spectacles et son microalbum représentent, en fait, une suite logique d\u2019événements : les œuvres illustrent en quelque sorte le chemin qu\u2019elle a parcouru dans la dernière décennie.CE QUE C\u2019EST D\u2019ÊTRE AUTOCHTONE Dans son tout premier roman à paraître, Nauetakuan, un silence pour un bruit, Natasha Kanapé Fontaine met notamment en scène une femme qui embrasse ce qu\u2019elle est grâce à l\u2019art.« Autant je partage ma quête iden- titaire personnelle, autant je sais qu\u2019il y a plusieurs personnes qui vivent quelque chose de semblable, donc j\u2019ai voulu raconter une histoire parmi d\u2019autres.Qu\u2019est-ce que c\u2019est que d\u2019être autochtone au Québec, au Canada?Comment on fait pour se retrouver? » La jeune femme a eu besoin de lire une panoplie de romans rédigés par des auteurs autochtones avant de se lancer dans ce genre qu\u2019elle n\u2019avait jamais expérimenté.La poète confie avoir rapidement retrouvé ses traces et affirme que le public retrouvera le même univers et la même vision que dans ses recueils.Celle qui a laissé aller sa prose et son esprit créatif estime ainsi partager dans l\u2019ouvrage « [ses] expériences et celles de [sa] génération ».Si son spectacle Nui Pimuten \u2014 Je veux marcher s\u2019enracine quant à lui dans un cheminement de réap- propriation culturelle, son premier album s\u2019insère lui aussi « dans cette continuité ».« Maintenant, j\u2019ai envie d\u2019aller dans le bois, de connaître la vie de mes ancêtres, leurs réflexions, les sensations qu\u2019ils éprouvaient en vivant comme ça.Quand je reviens en ville, je suis habitée de tout ça », ajoute celle qui préfère que son nom de scène soit Natasha Kanapé afin de rendre hommage à la tradition musicale innue et de s\u2019inscrire dans « une lignée de performeurs, de chanteurs et de compositeurs ».Alors que les musiciens lancent généralement leur album avant de partir en tournée, l\u2019amoureuse des mots a quant à elle décidé d\u2019emprunter le chemin inverse.Les six morceaux de Nui Pimuten, tirés de son spectacle, sont donc ceux dont le texte et la musique avaient atteint « une pleine maturité ».PRÉSERVER LA LANGUE Ceux qui suivent les différents projets de l\u2019artiste l\u2019auront remarqué : la langue innu-aimun prend de plus en plus de place dans sa carrière.Il s\u2019agit d\u2019une évolution lente, mais sûre pour celle qui aimerait créer des œuvres complètes dans sa langue maternelle afin que celle-ci demeure vivante.« Mon rêve, c\u2019est d\u2019écrire des pièces de théâtre toutes en innu-aimun et d\u2019un jour n\u2019écrire que des textes en innu-aimun. » Sur la bonne voie, l\u2019écrivaine sera de passage dans la capitale, dans le cadre du Salon du livre des Premières Nations, afin de faire une lecture de l\u2019essai biographique Je suis une maudite sauvagesse d\u2019An Antane Kapesh, un texte fort et important dans la littérature autochtone.Fière de présenter ce spectacle de 75 minutes en innu-aimun sous- titré en français, Natasha Kanapé Fontaine confie d\u2019ailleurs qu\u2019An Antane Kapesh représente un modèle pour elle.« C\u2019est elle qui m\u2019a donné la flamme revendicatrice, qui m\u2019a inspirée pour ne pas avoir peur de parler.J\u2019ai lu son livre à dix-sept ans et je me suis dit : \u201cSi une femme innue pense comme ça, je peux me permettre de le faire aussi.\u201d Pour dénoncer, mais surtout pour dire la vérité à propos de ce qui se passe dans les communautés », explique-t-elle.Pour l\u2019autrice, il est donc nécessaire de faire des efforts et de multiplier les espaces où les langues autochtones pourront être parlées : « On sait maintenant que nos enfants parlent juste français.Il y a un risque que la langue commence à s\u2019effriter d\u2019ici les dix prochaines années.Ça fait un peu peur.Pour moi donc, lire sur scène, pendant 75 minutes, un texte en innu- aimun, c\u2019est probablement l\u2019une des choses les plus fortes que je puisse accomplir. » À cinq jours d\u2019intervalle, Natasha Kanapé Fontaine lancera un mi- croalbum, comportant des chansons de son spectacle, ainsi que son premier roman.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN TREMBLAY NATASHA KANAPÉ FONTAINE Nauetakuan, un silence pour un bruit ROMAN XYZ 364 pages Un premier microalbum\u2026 Nui Pimuten est le premier microalbum de Natasha Kanapé Fontaine.Les six chansons tirées de son spectacle éponyme allient slam, chant et poésie, en français et en innu-aimun, sur des airs doux « entre le folk et la musique ambiante ».Comme sur scène, elle est ici accompagnée du multi-instrumentiste Manuel Gasse.Le microalbum sera offert en version numérique dès le 19 novembre.\u2026 Et un premier roman Avec Nauetakuan, un silence pour un bruit, l\u2019écri- vaine quitte momentanément la poésie pour se concentrer sur le roman.Dans cet ouvrage de 364 pages, Natasha Kanapé Fontaine met en scène M., une étudiante au baccalauréat en histoire de l\u2019art qui vient tout juste d\u2019abandonner son programme.En quête d\u2019elle-même, elle vit une épiphanie lorsqu\u2019elle rencontre les œuvres d\u2019une artiste issue des Premières Nations.Le livre sera offert en librairie à partir du 24 novembre.LÉA HARVEY, LE SOLEIL NATASHA KANAPÉ FONTAINE ANCRÉE DANS LE PRÉSENT, PRÊTE POUR L\u2019AVENIR laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M7 MUSIQUE YVES BERGERAS Le Droit GATINEAU \u2014 Radio Radio s\u2019offre un ultime disque physique : l\u2019album À la carte, paru le 12 novembre \u2013 six ans après leur parenthèse anglophone Light the Sky \u2013, sera la dernière aventure du duo acadien sur support physique.À la carte ne sonne toutefois pas le glas de Radio Radio.Jacques Alphonse Doucet (alias Jacobus) et Gabriel B.Malenfant continueront leur collaboration musicale, mais sous une autre forme, sans s\u2019assujettir aux vieilles habitudes ou aux diktats de l\u2019industrie, annonce Jacobus, en évoquant des simples numériques à venir, et d\u2019au moins « trois projets » ensemble.Mais c\u2019est un peu le début de la fin.« Comme c\u2019est le dernier album de Radio Radio, on voulait vraiment le vivre bien.Pourquoi sortir quelque chose si on ne peut pas le faire tourner? » soulève Jacques Alphonse Doucet.« On ne voulait pas brûler un album, surtout s\u2019il est bon, alors on a décidé d\u2019attendre la fin des restrictions », explique le chanteur.Radio Radio a entamé à Gati- neau (le 30 octobre) une série de spectacles à travers les petites salles du Québec, et lançait officiellement le disque au Club Soda le 12 novembre.Deux concerts donnés à guichets fermés, note Jacobus, ravi de constater l\u2019euphorie collective que provoquent ces retrouvailles avec le public.L\u2019envie de danser est plus forte que jamais.Pour son nouveau spectacle, qui se veut « haut en couleur et en grooves », le duo a cherché à « cristalliser l\u2019énergie » de Radio Radio, alignant pour moitié ses vieux succès, tout en accordant un espace très conséquent au nouveau matériel.Gabriel Malenfant est d\u2019ailleurs convaincu qu\u2019il s\u2019agit même de leur meilleur spectacle depuis dix ans.Leur tournée se prolonge jusqu\u2019à décembre, avec plusieurs arrêts déjà quasiment à guichets fermés (détails sur le compte Facebook du duo).En parallèle, les deux amis cherchent à prolonger le plaisir, en projetant une tournée en festivals, l\u2019été prochain.FESTIF ET RÉFLEXIF À la carte se veut un condensé de tout ce qu\u2019incarne le duo : du chiac, de l\u2019humour et des jeux de mots \u2014 en veux-tu?en voilà! \u2014, des mélodies énergiques bien sûr, mais aussi des pistes de réflexion qui poppent par-dessus la couche de vernis élec- tro hip hop ultra-dansant.Si l\u2019album prend garde de rester festif, sa ligne conductrice consistait, en catimini (ou par métaphores interposées), à susciter la réflexion autour de divers thèmes, suggère Jacobus.La chanson inaugurale, Ouvre les yeux, donne d\u2019ailleurs le ton : « Elle est là pour se mettre dans une bonne vibe », dans l\u2019optique de remettre deux ou trois choses en question.« À la carte, c\u2019est une réflexion sur ce monde où tout est disponible, tout de suite, maintenant.On peut se marier et divorcer en un clic! » résume Gabriel B.Malenfant.Le titre renvoie à la prolifération des choix, tant dans la restauration \u2014 « on est des foodies tous les deux; Gabriel avait ouvert un café à Montréal », rappelle Jacobus, qui a quant à lui failli ouvrir une micro- brasserie en Acadie.avant de se raviser \u2014 qu\u2019en terme de consommation de produits culturels.Mais le titre fait aussi référence à la carte de crédit, qui permet d\u2019« acheter ce que tu veux quand tu veux ».« Il n\u2019y a plus de limites à nos fantasmes.Tu peux pas te rendre au magasin à cause de la pandémie?Pas grave, tu peux encore tout acheter sur Amazon. » TROP POUR QUE CE SOIT DURABLE En cette ère post-COVID, son complice multiplie les questions existentielles, face à cette abondance de choix et d\u2019informations : « Somme-nous submergés?Sommes-nous mieux desservis? Nos besoins sont-ils comblés ou multipliés par toutes ces offres?Est-ce que le choix infini ne complique pas nos décisions?Est-ce que cela s\u2019aligne avec les valeurs d\u2019un monde durable? » Derrière l\u2019image de la bourse et de la finance, Bitcoin parle de « la vie qui fluctue ».Les deux extraits de l\u2019album, Over the Top et Autour du monde, décortiquent avec humour, l\u2019un, la course au succès, l\u2019autre le voyage immobile (virtuel ou méditatif), ou le fait de voyager léger, libéré du poids du matériel qui nous encombre, suggère Jacques Alphonse Doucet, qui, en 2008, a posé ses valises à Hawkesbury, où il élève depuis « deux enfants franco-ontariens ».L\u2019idée de la chanson Last Call, poursuit-il, « c\u2019est pas seulement [d\u2019encourager à] faire le party dans les bars, [mais de rappeler que] c\u2019est peut-être le dernier album de Radio Radio, et d\u2019en profiter pour réfléchir sur notre passé et sur ce qu\u2019on veut faire dans le futur », dit-il.D\u2019où la présence de Phoque avec son ballon, amusante allusion à cet accent acadien qui a fait l\u2019objet de 1001 questions médiatiques sans imagination : « Si vous n\u2019avez pas encore compris, après 15 ans de carrière.! C\u2019est la première fois qu\u2019on parle spécifiquement de notre accent dans une chanson.Et c\u2019était le fun de pouvoir répondre \"sur nos termes\" à cette question. » « PASSER À AUTRE CHOSE » Quant au futur.« C\u2019est sûr qu\u2019on aura d\u2019autres projets, mais.est- ce que c\u2019est la fin des albums, en général? » À l\u2019heure où un joueur comme François Pérusse, dont les Deux minutes du peuple caracolent pourtant en tête des ventes au Québec, décide de s\u2019épargner les contraintes d\u2019une sortie physique de son album, il y a lieu de se demander si le disque existera encore dans quelques années, estime Jacobus.« Est-ce qu\u2019on a encore besoin de sortir des albums, alors que [l\u2019essentiel] de la consommation de musique, aujourd\u2019hui, se fait par singles, sur des plateformes de streaming? » Pour Radio Radio, pourtant pas en retard au plan des ventes numériques, l\u2019heure est venue de « dire merci au public, merci pour le bon temps et les bonnes vues! » Un chant du cygne.Un dernier album digne de ce nom, « avec des chansons de trois à quatre minutes ».Avant de faire comme tout le monde.et de « passer à autre chose ».Depuis l\u2019avènement d\u2019Internet, « l\u2019attention des gens est limitée à cinq minutes ».Et le phénomène ne ralentira pas, croit-il.Ce futur n\u2019intéresse guère le duo.« On fait de la musique pour nos fans et pour la jouer en spectacle », et non pour s\u2019adapter au marché, recadre Jacques Alphonse Doucet.« On veut qu\u2019ils disent : \"Wow, ça c\u2019est le meilleur show que j\u2019ai vu depuis longtemps!\" » LE DÉBUT DE LA FIN DE RADIO RADIO Radio Radio (Gabriel Malenfant et Jacques Alphonse Doucet).\u2014 PHOTO FÉLIX RENAUD RADIO RADIO À la carte ÉLECTRO HIP HOP Bonsound Records SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M8 MUSIQUE VALÉRIE MARCOUX Le Soleil QUÉBEC \u2014 Après avoir fait la démonstration de son talent et de sa maturité artistique avec son premier album, Lou-Adriane Cassidy a eu l\u2019audace de bâtir son second projet musical autour du thème de la sexualité tout en basculant dans la pop.Cet opus 2, Lou-Adriane Cas- sidy vous dit : Bonsoir, est empreint d\u2019une grande liberté, de beaucoup de plaisir et d\u2019autant de finesse.En accompagnant d\u2019autres artistes en spectacle, Lou-Adriane Cassidy a découvert qu\u2019elle aime sauter sur scène et laisser libre cours à son énergie, à son petit côté fou.« Je me sentais un peu prise dans un carcan plus sérieux de la chanson française dans mon premier album », admet l\u2019auteure-compositrice-interprète, dont la deuxième rondelle contraste avec la première, sur le fond comme la forme.Lou-Adriane Cassidy avait l\u2019impression de s\u2019être éternisée dans certains passages des pièces de C\u2019est la fin du monde à tous les jours (2019) et revient avec une formule essentiellement pop, épurée et efficace.« J\u2019avais envie de faire un album concentré avec des chansons courtes qui ne se répétaient pas, mais en même temps qui étaient accrocheuses », explique l\u2019artiste, qui signe notamment une pièce instrumentale de 28 secondes, Bonjour, où elle joue du synthétiseur de cordes.« J\u2019ai joué quelques petits éléments sur l\u2019album : de la guitare acoustique, des synthétiseurs, des fois je fais des percussions », ajoute-t-elle.Accompagnée des musiciens Pierre-Emmanuel Beaudoin, Antoine Bourque, Jean-Étienne Collin-Marcoux, Vincent Gagnon, Thierry Larose, Alexandre Martel, Simon Pedneault et Ariane Roy, Lou-Adriane Cassidy est également fière d\u2019avoir réalisé les arrangements de cordes sur la chanson Alors.SENSUALITÉ DÉCONTRACTÉE Bien que certains des titres de ses compositions révèlent assez clairement leur sujet, Entre mes jambes par exemple, les paroles sont plus évocatrices qu\u2019explicites.« Presque toutes les chansons reviennent à la sexualité, à mon rapport au désir, à l\u2019orgasme, à la séduction, au regard des autres », confirme l\u2019artiste qui a coécrit tous les textes avec Alexandre Martel, hormis Les corps en mouvement, cadeau de Stéphane Lafleur.« J\u2019ai voulu faire quelque chose de coquin, sans être vulgaire », explique-t-elle.Lou-Adriane Cassidy aborde ce thème adulte avec finesse, mais sans se prendre trop au sérieux.Une certaine candeur se dégage de l\u2019album.Alexandre Martel l\u2019a encouragée à insérer des blagues dans cet univers sensuel.On entend même un rire d\u2019enfant à la fin de Je suis arrivée.« C\u2019est la fille d\u2019Alex.Elle était sur mon dos pendant qu\u2019on chantait et qu\u2019on enregistrait la chanson, raconte la chanteuse.C\u2019est important l\u2019art, mais c\u2019est aussi à travers la liberté et l\u2019humour qu\u2019on réussit à aller plus loin. » L\u2019interprète de Québec est fière d\u2019être allée au bout de son idée et d\u2019avoir capturé en musique ce portrait de cet instant de sa vie, sans peur qu\u2019il la définisse dans l\u2019absolu.LOU-ADRIANE CASSIDY Coquine sans être vulgaire Avec son deuxième album, Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir, Lou-Adriane Cassidy a voulu offrir un opus empreint d\u2019une grande liberté, de beaucoup de plaisir et d\u2019autant de finesse.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ PIANO SOLO À LA BELLE CHAPELLE Le pianiste Jean-Michel Dubé sera à l\u2019honneur lors du prochain concert de la Belle Chapelle, le dimanche 14 novembre à 15 h.Dans son récital intitulé Élans romantiques, le musicien interprétera des œuvres de Schubert, Liszt, Beethoven, Blumenfeld et Brahms.Jean-Michel Dubé a fait son entrée sur la scène internationale comme lauréat à la Compétition internationale de piano d\u2019Allemagne et comme finaliste au Concours Piana Del Cavaliere en Italie.Il est aussi grand lauréat du Tremplin international du Concours de musique du Cana- da-Canimex 2017 et lauréat du Prix d\u2019Europe.Sa discographie comprend trois albums consacrés au compositeur québécois André Mathieu et un album en piano 4 mains.Il est présentement pianiste en résidence à l\u2019Orchestre symphonique de Drummondville.Les spectateurs doivent présenter un passeport vaccinal et une pièce d\u2019identité, respecter la distanciation de deux mètres et le port du masque.La capacité d\u2019accueil de la Belle Chapelle est pour l\u2019instant de 60 personnes.Entrée : 25 $ (stationnement inclus).CHANSON ET POÉSIE À STANSTEAD Le week-end sera chanson et poésie à Stanstead, alors que l\u2019église Neverwas recevra les Honeysuckles Sisters dimanche à 15 het qu\u2019une lecture de poésie sera diffusée par le Centre des arts de Stanstead sur Zoom samedi.Les poètes estriennes Vanessa Cour- ville et Nathalie Watteyne feront en effet une lecture de leurs textes à compter de 16 h le 13 novembre.Le public est invité à se joindre à la lecture sur la page Facebook du Centre des arts (www.facebook.com/centreartss- tanstead) où le lien apparaîtra.Formé de Laura Barr, Almut Ellinghaus et Geneviève Lapen- sée, les Honeysuckles Sisters sillonnent l\u2019Estrie depuis plusieurs années.Les interprètes chantent l\u2019époque swing des années 1930 et 1940 à la manière des Andrews Sisters.Le trio sera accompagné de Michael Hynes aux claviers et aux voix, de Stanley Lake à la trompette et aux voix ainsi que de Kevin Sullivan à la batterie.Les billets pour ce spectacle sont en vente au Café le Sunshine, 680, rue Dufferin à Stanstead, au coût de 25 $, ou peuvent être réservés sur la page Facebook (www.facebook.com/ CentreArtsStanstead) ou encore en téléphonant au 819 571-7389.197 000 $ DE PLUS AUX MUSÉES DE SHERBROOKE ET DE COATICOOK Grâce à une bonification du gouvernement au programme d\u2019aide au fonctionnement pour les institutions muséales, lequel s\u2019inscrit dans le Plan de relance économique du milieu culturel lancé en juin 2020, le Musée Beaulne de Coaticook, la Société d\u2019histoire de Sherbrooke et le Musée des beaux-arts de Sherbrooke viennent d\u2019obtenir chacun un montant additionnel de 40 000 $.Quant au Musée de la nature et des sciences, il se voit accorder une bonification de 77 000 $.À travers le Québec, ce sont 112 établissements muséaux qui bénéficient de cette aide supplémentaire s\u2019élevant à près de 4,5 M$, alors que l\u2019aide totale qui leur est accordée en 2021-2022 totalise plus de 26 M$.STEVE BERGERON ARTS EN BREF Jean-Michel Dubé \u2014 PHOTO CRILA LAFOREST LOU-ADRIANE CASSIDY Lou - Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir POP FRANCO Bravo Musique laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M9 MUSIQUE KIM ALARIE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Alors que le froid et la neige sont à nos portes, le nouveau microalbum de Sonia Johnson, Airs givrés, propose une enveloppante interprétation jazz de la thématique hivernale.À défaut de réchauffer les joues, sa musique réchauffe le cœur.« Il y a quelque chose de magique dans cette saison.C\u2019est certain qu\u2019elle est longue, lance-t-elle en rigolant.Au début, on l\u2019apprécie peut-être plus et, à la fin, un peu moins.C\u2019est un peu ce qui est représenté sur cet enregistrement : les différentes énergies de l\u2019hiver », expose l\u2019artiste originaire de Saint-Alexis-des-Monts.Ce n\u2019est donc pas une œuvre propre au temps des Fêtes qu\u2019elle propose, mais plutôt un album qui s\u2019écoutera aussi bien en novembre qu\u2019en février, parce que les six reprises et les deux compositions ne tournent pas autour de l\u2019effervescence de décembre.Cette idée de chanter l\u2019hiver trottait depuis un bout dans la tête de Sonia Johnson.Elle a minutieusement construit une liste de reprises qui sont liées à différents aspects de cette saison, mais qui interpelleront également plusieurs générations.Les peaux de lièvres (Tricot Machine), J\u2019aimais l\u2019hiver (Beau Dommage), Jardin d\u2019hiver (popularisée par Henri Salvador) et Soir d\u2019hiver (inspirée de l\u2019interprétation de Monique Leyrac du populaire texte d\u2019Émile Nelligan) évoquent, chacune à leur façon, une époque et un aspect de la blanche saison.On y retrouve aussi deux créations : l\u2019une toute personnelle, C\u2019est l\u2019hiver de Vivaldi, et une réin- terprétation du texte de Véronique Bellemare-Brière Des diamants sur la ville, qui apparaissait sur son album Le cœur à l\u2019endroit (2014).L\u2019auteure-compositrice-inter- prète-musicienne aurait aimé faire un microalbum de chansons francophones et un autre avec ses meilleures sélections anglophones, mais des considérations financières l\u2019ont amenée à se limiter à un seul.Il fallait donc faire des choix.C\u2019est ainsi que Winter (Tori Amos) et Snowbird (une chanson de Gene MacLellan rendue populaire par Anne Murray et nul autre qu\u2019Elvis) se sont glissées parmi les chansons francophones.« Je tenais à les garder dans ma liste », souligne Sonia Johnson.COMPLICITÉ Au cœur de cet album, il y a la chaleur d\u2019une connivence sincère avec le pianiste Luc Beaugrand, qui a eu le mandat de faire les différents arrangements de l\u2019album.« Il y a une complicité qui est là, même si ça faisait dix ans qu\u2019on n\u2019avait pas travaillé ensemble, raconte Sonia Johnson.Je savais qu\u2019il m\u2019amènerait sur d\u2019autres chemins.Je suis compositrice, je peux écrire mes arrangements, mais parfois, c\u2019est juste le fun de laisser quelqu\u2019un te guider ailleurs. » Ça se ressent sur l\u2019album duquel émane une étroite relation entre la voix et le piano.« C\u2019est un type d\u2019accompagnement qui permet que ce soit la voix qui flotte au-dessus.C\u2019est un accompagnement qui est diffé- rent des pièces originales, mais qui reste simple.Ça devient enveloppant dans la façon qu\u2019il a de m\u2019accompagner. » « C\u2019est un enregistrement très intime avec plusieurs petites subtilités, choses qu\u2019on entend un peu moins de nos jours à la radio dans les chansons populaires qui sont très trafiquées avec les corrections et beaucoup de peaufinage.On a voulu garder une certaine authenticité. » EN ATTENDANT LA SCÈNE Si les occasions de se produire sur scène avec son album Chrysalis, sorti en 2019, ont été limitées, voire inexistantes, Sonia Johnson s\u2019attend à un retour plutôt graduel sur les planches.« Il y a comme une liste d\u2019attente chez les diffuseurs, avec tous les reports.Tous ceux qui ont produit des albums en 2019 ou 2020 sont retardés un peu dans le cycle de diffusion. » Il sera néanmoins possible de la voir à quelques reprises sur scène pour présenter Airs givrés.Elle aurait aimé avoir plus d\u2019occasions de présenter sa musique, mais elle se console en voyant le côté intemporel de son dernier né.« C\u2019est un projet sur l\u2019hiver et l\u2019hiver revient chaque année », sourit-elle.D\u2019ici là, la créatrice, elle, ne chôme pas et elle travaille sur un projet fort intrigant qui mettra en chanson le vécu de douze personnes aux origines différentes.« Je continue d\u2019écrire ce projet que je veux enregistrer au printemps.Avec ce microalbum d\u2019hiver, je me suis fait un cadeau, à moi et aux gens qui apprécient ma voix et ma musique pour avoir un petit quelque chose entre les deux [albums]. » Un cadeau qu\u2019on peut savourer tout l\u2019hiver.Sonia Johnson \u2014 PHOTO LA LUZ PORTRAITS SONIA JOHNSON LES DIFFÉRENTES ÉNERGIES DE L\u2019HIVER SONIA JOHNSON Airs givrés JAZZ Productions Sonia Johnson 0081245 vieuxclocher.com 819.847.0470 Nos spectacles débutent à 20h00 ouverture des portes à 18 h 45 RÉSERVEZ MAINTENANT / DE NOUVEAUX BILLETS mis EN VENTE.MARIO JEAN VEND.26 ET SAM.27 NOVEMBRE BRIMBELLE DiM.14 NOVEMBRE KEVIN PARENT 19 NOVEMBRE ARIANE MOFFATT 20 NOVEMBRE ROCK STORY VEND.10 DÉCEMBRE MUSIQUES À BOUCHES DiM.28 NOVEMBRE CE SOIR MARC HERVIEUX SAM.11 DEC.20H ET DiM.12 DÉC.15H MARTIN PETIT SAM.13 NOVEMBRE SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M10 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Au-delà du drame humain, les tragédies aériennes soulèvent inévitablement leur lot de questions, surtout pour le commun des mortels qui n\u2019en connaît pas nécessairement beaucoup sur le monde de l\u2019aviation.Avec Boîte noire, un film de fiction qui a nécessité un grand travail de recherche, le réalisateur français Yann Gozlan s\u2019est pris au jeu en cherchant lui-même des réponses.Une quête de vérité qui se transforme en un suspense captivant.Au lendemain de l\u2019écrasement d\u2019un avion qui a fait quelque 300 victimes, nous suivons les recherches de Mathieu (excellent Pierre Niney), expert du BEA, l\u2019équivalent français de notre Bureau de la sécurité des transports.C\u2019est lui qui sera chargé d\u2019écouter et d\u2019analyser le contenu de la boîte noire, témoin sonore des derniers moments vécus dans le poste de pilotage.Ce qui s\u2019apparente au premier abord à un attentat terroriste cachera une situation beaucoup plus complexe.Entre les constructeurs, les compagnies aériennes, les instances qui accordent les certifications et on en passe, une foule d\u2019intérêts s\u2019entrechoquent.Dans un contexte de changements technologiques et d\u2019automatisation des cockpits, plusieurs questions s\u2019imposent.Défaillance technique?Erreur humaine?Acte prémédité?Et si les cartes avaient été brouillées?Fa s c i n é p a r l e m o n d e d e l\u2019aviation (et plus précisément des catastrophes aériennes), Yann Gozlan brode ici une fiction qui pourrait bien être réelle.On sent le travail de documentation dans la démarche.Le résultat, enlevant, n\u2019en est pas lourd pour autant.On veut aussi connaître la vérité.Le suspense naît de l\u2019obsession du personnage principal, mais aussi de ses failles.Avec une fiévreuse intensité, Pierre Niney campe un enquêteur zélé, hyper doué mais imparfait.On adhère à sa quête, mais ses comportements compulsifs et une handicapante hypersensibilité auditive nous font douter.Notre homme est-il sur la bonne piste ou est-il simplement parano, complo- tiste?Surtout que son obsession s\u2019invite dans sa vie privée.Plusieurs fils seront appelés à se dénouer à travers le casque d\u2019é c o u t e d u p e r s o n n a g e d e Mathieu.Le travail sur le son s\u2019avère primordial dans le film de Yann Gozlan, qui ne rate pas son effet.En même temps que son (anti)héros, le spectateur tend intensément l\u2019oreille en espérant capter ce qui pourrait être une nouvelle pièce du casse-tête.L\u2019expérience n\u2019en devient que plus palpitante.BOÎTE NOIRE Fiévreuse enquête MARC-ANDRÉ LUSSIER La Presse CRITIQUE MONTRÉAL \u2014 Lauréat du très convoité prix du public au festival de Toronto, Belfast fait maintenant partie des favoris en vue de la prochaine saison des récompenses et pourrait bien tirer son épingle du jeu à la soirée des Oscars.Il est vrai que ce nouveau long métrage de Kenneth Branagh, puisé à même les souvenirs d\u2019enfance du scénariste et cinéaste, est attachant à plus d\u2019un titre.La trop mince mise en contexte sociale et politique risque cependant de faire perdre des spectateurs en cours de route.Même s\u2019il ne s\u2019agit pas du même conflit armé, on pourra facilement établir un lien entre Belfast et Hope and Glory, célèbre film de John Boorman dans lequel un gamin anglais découvre les joies de la vie alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage autour de lui.Kenneth Branagh, aussi célébré comme acteur, propose aujourd\u2019hui son film le plus personnel, sorte d\u2019hommage à sa ville natale et aux gens qui l\u2019habitent, coincés pendant deux décennies dans un conflit civil marqué par de violents attentats.Campé en 1969, au moment où les tensions sociales entre catholiques et protestants s\u2019aggravent en Irlande du Nord, le récit décrit le parcours de Buddy (Jude Hill, formidable), un jeune garçon de neuf ans (le même âge qu\u2019avait Branagh à l\u2019époque), et de sa famille.Tourné principalement en noir et blanc, Belfast relate, à travers les yeux d\u2019un enfant, un conflit au centre duquel se trouve cette famille protestante, qui habite un quartier où vivent également plusieurs catholiques.Les tensions sont vives au point où le père (Jamie Dornan, Nord-Irlan- dais d\u2019origine lui aussi), appelé à traverser souvent en Grande- Bretagne pour le travail, songe à entraîner là-bas les siens avec lui.UNE QUESTION D\u2019ENRACINEMENT Or, et c\u2019est là l\u2019une des qualités du scénario de Kenneth Branagh, l\u2019attachement des protagonistes à leur coin de pays est très bien évoqué, notamment grâce à la solidité des liens familiaux.Le couple de grands-parents (magnifiques Judi Dench et Ciarán Hinds) incarne justement cette volonté de continuité, malgré les écueils.Ce couple vieillissant est d\u2019ailleurs dépeint avec beaucoup d\u2019affection.Le personnage de la mère (Caitríona Balfe), femme bien enracinée à qui il ne viendra pas à l\u2019esprit non plus d\u2019aller s\u2019installer ailleurs, est aussi très solide.Il convient d\u2019ailleurs de souligner la qualité d\u2019ensemble d\u2019une distribution de toute première classe.Parsemé de quelques scènes puissantes, d\u2019autres plus étonnantes (la scène chantée et dansée entre les parents est très belle mais survient de façon plutôt inopinée), Belfast souffre néanmoins d\u2019une absence de vision plus large.On aurait pu mieux expliquer les tenants et aboutissants d\u2019un chapitre de l\u2019histoire de l\u2019Irlande du Nord qui risque d\u2019échapper à la compréhension du public international.À moins que vous ayez l\u2019oreille vraiment bien exercée à l\u2019accent irlandais, il est impératif de voir ce long métrage en version française.Malheureusement, Belfast n\u2019est pas offert en version originale sous-titrée au Québec.BELFAST Sincère et attachant, sans plus Pierre Niney et Lou de Laâge interprètent un couple qui sera mis à mal dans Boîte noire de Yann Gozlan.\u2014 PHOTO TVA-FILMS Judi Dench et Ciaràn Hinds incarnent les grands-parents du jeune Buddy (Jude Hill).\u2014 PHOTO ROB YOUNGSON, FOCUS FEATURES Au générique Cote : ?1/2?Titre : Boîte noire Genre : Drame Réalisateur : Yann Gozlan Acteurs : Pierre Niney, Lou de Laâge et André Dussolier Durée : 2 h 9 Au générique Cote : ?Titre : Belfast Genre : Drame Réalisateur : Kenneth Branagh Acteurs : Caitríona Balfe, Jamie Dornan et Jude Hill Durée : 1 h 38 laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M11 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Serge Thériault a passé une grande partie de sa carrière à nous dérider.Dans La petite vie, avec Ding et Dong ou dans Les Boys, le comédien a marqué le public d\u2019ici.Freiné par une grave dépression, l\u2019acteur vit reclus depuis des années.Avec le documentaire Dehors Serge dehors, en salle le 19 novembre, les cinéastes Martin Fournier et Pier- Luc Latulippe ont suivi sa trace\u2026 ou plutôt celle des proches qui veillent sur lui.La démarche a été lancée comme une main tendue.Curieux de ne plus le voir à l\u2019écran, le duo Fournier-Latulippe a mené l\u2019enquête.Une plante a été achetée comme offrande au moment d\u2019aller cogner à la porte du comédien.Serge n\u2019étant pas sorti de son domicile depuis six ans, c\u2019est plutôt sa compagne Anna qu\u2019ils ont trouvée sur leur chemin.« Nous sommes de grands admirateurs de Serge.On se posait des questions comme tout le monde.En 2017, on est parti à sa recherche, un peu tout bonnement, sans trop savoir ce qui arriverait si on le rencontrait.Est-ce qu\u2019on ferait un projet avec lui? » évoque Pier-Luc Latulippe.La lentille des cinéastes a trouvé un nouveau sujet, tout juste à côté.Outre Anna, la conjointe de Serge Thériault depuis des années, il y a leur fille, Melina, présence lumineuse, mais plus discrète dans le film.Et il y a ces voisins, Robert et Jolande, qui veillent au grain.De la simplicité, une grande bienveillance et beaucoup de solidarité.Soutenu par famille et amis (quoique les rôles se rencontrent, ici), Serge n\u2019était pas seul pendant qu\u2019il était disparu de nos écrans.Ce sont ces aidants que les cinéastes ont voulu mettre de l\u2019avant dans Dehors Serge dehors.« C\u2019étaient des gens qu\u2019on trouvait bons, beaux, sensibles, lumineux.Ils se donnent beaucoup dans la vie, ils sont très généreux », souligne Martin Fournier.TOUCHANTE TRANSPARENCE Les cinéastes Martin Fournier et Pier-Luc Latulippe se sont approchés de l\u2019univers de Serge Thé- riault en toute délicatesse, dans un grand souci de préserver la dignité de ceux qui se sont ouverts à eux.La démarche qui a mené au film a duré des mois.Selon leurs dires, le projet est presque devenu secondaire, à un moment, tant le désir de garder le contact était grand.Avec la conjointe Anna, surtout, qui en avait lourd à porter avec la maladie de Serge.Elle se livre avec une touchante transparence dans le film.« Anna, elle est comme ça, c\u2019est une femme de cœur, exprime Pier- Luc Latulippe.Il y a aussi eu du temps.On n\u2019a pas commencé à tourner immédiatement avec Anna.Il y a un lien de confiance qui s\u2019est installé pendant un an et demi, deux ans avant de sortir une caméra.On était là pour lui apporter notre soutien, pour essayer de trouver des solutions pour qu\u2019elle puisse mieux fonctionner, pour qu\u2019elle puisse mieux aider sa famille. » Dehors Serge dehors s\u2019approche de la réalité de Serge Thériault sans la montrer directement.Pas question ici d\u2019entrer dans la bulle de l\u2019acteur, qui a donné son aval au projet, du moment qu\u2019il ne se retrouvait pas lui-même à l\u2019écran.On le verra pendant quelques instants.On entendra sa voix, aussi.Mais la parole est davantage à ceux qui ont son bien-être à cœur, qui souhaitent le voir sortir de chez lui et aller chercher de l\u2019aide médicale.Et à celle qui subit les contrecoups de cette longue dépression et qui semble parfois près de trébucher à son tour.« Anna, les voisins\u2026 Ce sont des gens qui avaient besoin d\u2019être entendus, exprime Martin Fournier.On a ressenti ça.Ce sont des gens qu\u2019on n\u2019entend pas.Ce sont des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires.Le sujet du film, ce sont les proches aidants. » Dehors Serge dehors est présenté au cinéma dès le 19 novembre.DEHORS SERGE DEHORS LES SENTINELLES DE SERGE THÉRIAULT Les réalisateurs du documentaire Dehors Serge dehors, Pier-Luc Latulippe et Martin Fournier.\u2014 PHOTO LA PRESSE, ALAIN ROBERGE Robert, voisin de Serge Thériault.\u2014 PHOTO CHEVAL FILMS Anna, conjointe de Serge Thériault.\u2014 PHOTO CHEVAL FILMS SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M12 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le réalisateur Francis Leclerc en parle comme du projet le plus ambitieux de sa carrière.Adaptation cinématographique d\u2019un conte très personnel de Fred Pellerin, L\u2019arracheuse de temps arrive sous peu sur les écrans, portée par une distribution étoilée, un goût pour le fantastique et une foule de références qui ont attisé l\u2019imaginaire de ses créateurs.Ce troisième long métrage inspiré de l\u2019univers de Pellerin \u2013 le premier réalisé par Francis Leclerc \u2014 transpose au cinéma son quatrième conte porté sur scène, écrit dans la foulée du décès de son père.La mort s\u2019y invite doublement et à deux époques : dans le patelin magnifié de Saint-Élie-de- Caxton en 1927 et dans la vie d\u2019un tout jeune Fred Pellerin, à la fin des années 80, alors qu\u2019il écoute les récits de sa chère grand-mère, dont la santé s\u2019étiole.Passionné de cinéma, Francis Leclerc ne se fait pas avare quand vient le temps de citer ses inspirations.Surtout devant un terrain de jeu tel que celui imaginé par Fred Pellerin avec L\u2019arracheuse de temps.Nous voilà dans un village pittoresque où des pommes peuvent vous empoisonner, où une femme a la capacité de vous dire quand vous allez trépasser ou même celle de déjouer la Mort elle-même.Mais elle rôde, la Faucheuse, n\u2019allez pas en douter.« Fred n\u2019est pas cinéaste, mais il est conteur, précise le réalisateur.Il se sert beaucoup des images et du son.En plus, il chante.Je me dis toujours que le spectacle sera toujours meilleur que ce que j\u2019aurais pu faire.Je ne me suis pas mis la barre plus haute.J\u2019adore Fred en spectacle.Mais je pense que ça vaut quand même la peine de plonger dans son univers pour faire des films.» Et pour plonger, Francis Leclerc a plongé.Même quand la pandémie lui mettait des bâtons dans les roues, il a gardé le cap, avec la collaboration de Pellerin, qui signe le scénario, de qui le film et ses artisans ne peuvent pas se dissocier.« C\u2019est d\u2019être dans les bottines de Fred, mais il marche à côté de toi.Comme il est là tout le temps, on a la référence numéro un », résume Francis Leclerc.« On a beaucoup parlé de films qu\u2019on a aimés quand on était jeune, ajoute le réalisateur.Dans ma tête, je suis plus proche de Terry Gilliam, des Monty Pythons ou de Tim Burton que de Harry Potter.Beaucoup de gens ont des références fantastiques récentes qui m\u2019intéressent moins.Pour Fred, Big Fish [de Tim Burton], c\u2019était une référence majeure.En fabriquant le film, je me suis rendu compte qu\u2019il y avait beaucoup de ça dans son scénario.» Francis Leclerc cite par ailleurs une fascination pour autre un réalisateur, qui partage son prénom (M.Ford Coppola, pour être plus précis\u2026).« Dracula, ç\u2019a été un film phare dans ma vie, tranche- t-il.J\u2019ai vu ça dans la vingtaine et j\u2019ai capoté.C\u2019était des effets mécaniques, il n\u2019y avait pas de CGI [images générées par ordinateur] dans le temps.Il y avait un côté mécanique et organique que je voulais dans la facture visuelle.Mais je voulais que ce soit précis et pas carton-pâte.Pour moi, c\u2019était très important.» FRANCIS LECLERC LA MORT LEUR VA SI BIEN «?Ça vaut quand même la peine de plonger dans l\u2019univers [de Fred Pellerin] pour faire des films.?» \u2014 Francis Leclerc laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M13 CINÉMA des images qui sont importantes pour moi, qui ont marqué ma jeunesse.J\u2019ai voulu les amener un peu dans l\u2019univers de Fred.C\u2019est le moment ou jamais.Quand est- ce que je vais pouvoir faire cet univers une autre fois?» À TEMPS Conte inspiré de la mort et alliant un monde fantastique à un passé plus récent, L\u2019arracheuse de temps est arrivé à point nommé dans le parcours de Francis Leclerc.« J\u2019ai perdu ma mère il y a trois ans, confie-t-il.Elle était très malade.Toute l\u2019histoire de la grand-mère malade, qui va mourir, j\u2019étais là-dedans avec ma mère, qui avait des petits-enfants aussi.Je pouvais prendre ce pro- jet-là, à mon âge, et dire que je le comprends, par le fondement même de ce qu\u2019il est : c\u2019est une grand-maman avec son petit-fils.C\u2019est ce rapport-là qui est important au bout de la ligne.» Tourné au fil d\u2019une année de pandémie, le film L\u2019arracheuse de temps a été source de quelques maux de tête pour l\u2019équipe.Mais les délais imposés se sont aussi montrés fructueux.« Les dernières scènes ont été celles du party chez Toussaint, raconte Francis Leclerc.Tout le monde était coude à coude.J\u2019ai exigé que tout le monde soit doublement vacciné.Je suis content d\u2019avoir pu le faire comme ça.On me l\u2019a permis.Ça coûte cher d\u2019arrêter un tournage pendant trois mois.Mais ça m\u2019a permis de dessiner chaque cadre qu\u2019on peut voir à l\u2019écran.Je l\u2019ai dessiné au de A à Z, ce film-là.Je pense que c\u2019est mon film le plus maîtrisé parce que j\u2019ai eu ce temps-là.» Revenant sur Terry Gilliam et son film Les Aventures du baron de Münchausen , notamment, Francis Leclerc ajoute : « Ce sont LIRE DEUX VISAGES DE BERNADETTE \u203a M14 Francis Leclerc réalise L\u2019arracheuse de temps, un film inspiré de l\u2019univers du conteur Fred Pellerin.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET FRANCIS LECLERC LA MORT LEUR VA SI BIEN Interprète du « curé neuf » dans L\u2019arracheuse de temps, Pier- Luc Funk associe le conteur Fred Pellerin à l\u2019une de ses premières expériences de spectateur.« Je trouve que c \u2019est un homme fascinant, tranche l\u2019acteur.Ça ressort aussi dans le film.Quand tu vas voir un show de Fred Pellerin, tu ne peux pas dire que c\u2019est de l\u2019humour ou du théâtre.Tu t\u2019en vas voir le gars et son énergie.Je capotais sur son univers.» L\u2019acteur pose la même étiquette ouverte sur le film L\u2019arracheuse de temps.Ce n\u2019est pas un drame, ce n\u2019est pas une comédie.C\u2019est un film fantastique, ça englobe plusieurs choses », résume-t-il.Affublé d\u2019une coiffure ridicule (on peut ici remercier le personnage de Méo, barbier ivrogne interprété cette fois par Marc Messier) et portant un personnage de religieux plutôt conservateur, Pier-Luc Funk s\u2019est laissé inspirer par le côté joliment étrange entourant les personnages de Fred Pellerin.« Ç\u2019a été du gros fun de création, mais ç\u2019a été beaucoup de travail, décrit-il.Il y a quelque chose de stressant à proposer quelque chose qui fitte dans la ligne imaginée par Francis [Leclerc].Si ça décale avec les autres comédiens, ça ne marche pas.Ce sont tous des personnages qui ont une folie.Il fallait trouver une folie différente, mais commune.» L\u2019acteur songe à cette scène, o ù i l s e p e r m e t u n p e t i t moment de kung-fu en soutane.Lui-même l\u2019avait fait pour rigoler, sans penser que ça se retrouverait dans le film.Le réalisateur l\u2019a encouragé à persévérer.On est dans un conte, dans l\u2019imaginaire, ici.Pourquoi ne pas oser?GENEVIÈVE BOUCHARD, LE SOLEIL PIER-LUC FUNK : OSER LA FOLIE «?Ce n\u2019est pas un drame, ce n\u2019est pas une comédie.C\u2019est un film fantastique, ça englobe plusieurs choses?», pense l\u2019acteur Pier-Luc Funk de L\u2019arracheuse de temps.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET NOTRE VIDÉO DISPONIBLE SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M14 CINÉMA samedi 13 novembre 021 leSoleil 2 arts Geneviève Bouchard gbouchard@lesoleil.com D\u2019un récit à l\u2019autre, Fred Pellerin nous a appris à connaître et à aimer sa grand-mère, qui l\u2019a justement initié à l\u2019univers du conte.Personnage plus grand que nature, l\u2019aïeule se fait narratrice des aventures spectaculaires des habitants de Saint-Élie-de-Caxton.Dans le film L\u2019arracheuse de temps de Francis Leclerc, voilà qu\u2019elle joue un rôle central.D e u x a c t r i c e s s e s o n t v u e s confier le mandat de prêter vie à cette femme, véritable pivot de l\u2019univers du conteur chouchou des Québécois.Jade Charbonneau incarne une Bernadette encore adolescente, en 1927, appelée à intervenir alors que la mort rôde dans le village.Michèle Deslauriers se glisse dans la peau de la grand- mère malade, qui raconte les péripéties fantastiques vécues dans son jeune temps à un petit Fred fasciné.une PLaCe PrimorDiaLe L e s c o m é d i e n n e s n \u2019o n t p a s p r i s l e u r t â c h e à l a l é g è r e , conscientes de la place primordiale que tient le personnage dans l\u2019œuvre \u2014 et dans le cœur \u2014 de Fred Pellerin.«Au début, j\u2019étais très anxieuse, confie Jade Charbonneau.Après avoir vu son spectacle, j\u2019ai compris à quel point c\u2019était quelqu\u2019un d\u2019important pour lui.Je faisais confiance à Francis [Leclerc], qui me guidait là-dedans.Mais quand Fred est venu sur le plateau, j\u2019ai vraiment pogné de quoi : il voyait l\u2019interprétation de sa grand-mère pour la première fois.Mais Fred est tellement facile d\u2019approche.C\u2019était très rassurant par rapport à la charge émotionnelle que mon personnage pouvait impliquer.» Michèle Deslauriers raconte de son côté s\u2019être reconnue dans cette grand-maman pétillante, qui a nourri l\u2019imagination et la fibre créatrice de son talentueux petit-fils.«Il a souligné que c\u2019est sa grand- mère qui l\u2019a init ié au conte, explique-t-elle.C\u2019est elle qui racontait.Ça m\u2019a beaucoup impressionnée.Moi, j\u2019ai toujours aimé raconter aux enfants.Quand j\u2019ai dit ça à ma fille, elle m\u2019a dit : \u201cc\u2019est tout à fait toi!\u201d J\u2019ai commencé à garder des enfants très jeunes.Ma sœur a eu douze enfants, j\u2019étais la gardienne officielle.J\u2019ai trouvé ça tellement le fun de faire ce rôle.C\u2019est comme si je bouclais la boucle avec ma jeunesse.» «une Femme Forte» Incarnant des époques différentes dans la vie de Bernadette, Jade Charbonneau et Michèle Deslauriers ont en quelque sorte travaillé en parallèle.La première a donné le ton dans les scènes campées en 1927, dans le patelin de Saint-Élie-de-Caxton recréé pour l\u2019occasion, au centre d\u2019une galerie de personnages mus par une belle folie.«C\u2019est une femme forte, résume la jeune actrice.On le voit dans la manière avec laquelle est présentée dans le conte.Le village est un peu niaiseux, dans le fond.Elle, c\u2019est une belle lumière.On sent qu\u2019elle est brillante, qu\u2019elle a un bon instinct.Elle n\u2019a pas peur.» «Elle a beaucoup d\u2019intuition, elle est perspicace, audacieuse», ajoute Michèle Deslauriers, qui a eu accès aux scènes tournées par sa consœur afin de créer sa propre version de Bernadette.Les comédiennes évoluent dans des univers bien différents, l\u2019une dans le fantastique, l\u2019autre dans le plus réaliste.Les points communs s\u2019expriment dans cette fougue qui anime le personnage dans sa jeunesse, mais aussi vers la fin de sa vie.Ou dans des détails plus physiques, comme cette manière, remarquée par Michèle, qu\u2019avait la B erna- dette de Jade de se replacer les cheveux.DanS L\u2019œiL De L\u2019enFant Dans son rôle de grand-maman du jeune Fred Pellerin, Michèle Deslauriers a été appelée à travailler étroitement avec le comédien recrue Oscar Desgagnés, qui interprète le conteur à l\u2019âge de 11 ans.«Il était tellement extraordinaire, observe la comédienne.C\u2019était son premier film.Il était très vrai, très spontané, très conscient.Il était vraiment dans le présent.Quand il devenait un peu fatigué, il disait à sa mère : \u201cest-ce qu\u2019on va courir?\u201d Il courait pour évacuer le stress, la fatigue.Ses parents sont acteurs, mais au-delà de ça, il savait exactement ce que ça prenait comme énergie.Il travaillait très bien.» Une présence naïve primordiale aux yeux de Michèle Deslauriers.Après tout, c\u2019est à travers les yeux du garçon que prend vie le monde fantastique raconté par sa grand- mère dans un moment de grande complicité, alors que leur temps ensemble est compté.«Ça part dans l\u2019imaginaire, mais il y a une très grande part de réalisme qui fait qu\u2019on glisse dans l\u2019imaginaire un peu sans s\u2019en rendre compte, reprend l\u2019actrice.Le film a cette qualité de nous ramener à cet état d\u2019enfant qui ne juge pas et qui se laisse aller dans le conte.» Michèle Deslauriers et JaDe charbonneau Deux visages De BernaDette céline Bonnier : dans les Bottes d\u2019une sorcière western elle se tient un peu à l\u2019écart.elle sait tenir la mort à distance.et elle a du style à la tonne.bienvenue chez La stroop, sorte de gentille sorcière née à mi-chemin entre les imaginaires du conteur Fred Pellerin et du cinéaste Francis Leclerc.L\u2019actrice Céline bonnier a eu le «délice» de se glisser dans les bottes du personnage, femme forte que Francis Leclerc a voulu créer à l\u2019image de\u2026 Clint eastwood, acteur américain qui a fait les belles années des westerns.«ils ont décidé d\u2019en faire un personnage qui est une sorcière contemporaine, décrit Céline bonnier.mais une sorcière dans le bon sens du terme.elle est instinctive, elle s\u2019organise seule.elle crée toutes sortes d\u2019affaires.J\u2019étais vraiment contente de faire partie de ce monde-là.C\u2019est un monde altéré.Tout est esthétiquement très travaillé.Tout est magnifié.» La frange bien taillée, la carabine brandie, La stroop de Céline bonnier aura plus que son mot à dire dans L\u2019arracheuse de temps.«on voit rarement un univers comme ça développé au Québec.on se sentait bien chanceux d\u2019être là», décrit la comédienne.Geneviève BouCharD Michèle Deslauriers et Jade charbonneau incarnent toutes deux le personnage de bernadette.\u2014 PhoTo Le soLeiL, Yan doubLeT laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M15 CINÉMA ARIANE AUBERT BONN aabonn@latribune.qc.ca Initiative de journalisme local SHERBROOKE \u2014 Avec son documentaire La coop de ma mère, la réalisatrice Ève Lamont livre un plaidoyer pour des logements accessibles.Dans son film, la cinéaste est allée à la rencontre des résidents de la coopérative d\u2019habitation Saint-Louis à Gati- neau, où vivent une quarantaine de personnes, dont une locataire particulière : sa propre mère, doyenne du complexe.La documentariste, qui tient aussi le rô l e d e ca m é - rawoman, part à la rencontre de cette microso- ciété où chacun a un rôle à jouer pour a s s u r e r u n c o û t ra i s o n - nable des loyers.È v e L a m o n t intègre à ses images le quotidien de cette communauté qui comprend des gens de provenances variées, dans des conditions tout aussi variées.Scènes du quotidien dans les appartements, moments communs et rassem- b l e m e n t s .Les locataires o u v r e n t l e u r s portes à celle qui capte leur réalité.« J\u2019ai un regard un peu anthropologique, dans le sens que j\u2019aime observer.Oui, j\u2019ai des idées en tête, mais je me colle au réel.Le final, c\u2019est ce que je réussis à voir dans la vie des gens que j\u2019ai filmés dans leur espace privé », dit Ève Lamont, dont l\u2019œuvre laisse beaucoup de place aux images du quotidien, sans retouches.La narration, très rare, laisse les scènes parler d\u2019elles-mêmes.« Je voulais aussi montrer l\u2019alliance qui s\u2019opère entre ces gens-là, comment ils s\u2019organisent, comment ils gèrent ces bâtiments-là. » PARTAGER NOURRITURE, CONNAISSANCES, COMPÉTENCES Les locataires de tous âges, présentant parfois un handicap, vivant seuls ou en famille, se réunissent tous dans l\u2019objectif de gérer leur complexe d\u2019habitation.Ils organisent aussi des fêtes, tissent des liens, partagent nourriture, connaissances, compétences.« Ils ont choisi d\u2019opter pour des valeurs de solidarité.C\u2019est leur point commun.La formule coopérative en habitation, on réalise que ça favorise des liens, une mixité sociale » souligne Ève Lamont, en affirmant qu\u2019il y a une place pour les aînés, les personnes handicapées, la création de liens interculturels.« Le premier message que je voulais passer, même si je ne le dis pas dans le film, c\u2019est qu\u2019il faut une fois pour toutes trouver une solution à la crise du logement », dit Mme Lamont.Selon elle, il va de soi que, peu importe sa condition sociale, un logement digne et abordable est nécessaire pour tous.Rachel (à gauche), mère de la réalisatrice (à droite), est la doyenne des résidents de la coopérative d\u2019habitation.\u2014 PHOTO PRODUCTIONS DU RAPIDE-BLANC Ève Lamont La cinéaste a filmé le quotidien des résidents, dont les fêtes et rassemblements.\u2014 PHOTOS PRODUCTIONS DU RAPIDE-BLANC Vous voulez y aller?Projections spéciales de La coop de ma mère Samedi 4 décembre 14 h et 19 h P\u2019tit Bonheur de Saint-Camille Entrée : 6,14 $ La projection de 14 h se fera sous la forme d\u2019un atelier communautaire de 25 personnes ou moins.LA COOP DE MA MÈRE LE BONHEUR DE VIVRE ENSEMBLE La documentariste Ève Lamont a été nommée « Femme de mérite » par la Fondation Y des femmes en 2017.Témoin-captatrice de nombreux enjeux de société, elle amorce son aventure dans le monde du long métrage en 2001 avec Méchante job, portant sur l\u2019exploitation au travail.S\u2019ensuivent ses films SQUAT!, Pas de pays sans paysans, L\u2019imposture et Le commerce du sexe, dans lequel elle dresse un portrait de l\u2019industrie de la prostitution.Le chantier des possibles, paru en 2016, dresse le portrait de la mobilisation d\u2019un quartier contre des promoteurs immobiliers.Son dernier documentaire, La coop de ma mère, est produit par Amélie Lambert-Bou- chard et Sylvie Van Brabant pour La Pointe de vue inc.et distribué par les Productions du Rapide-Blanc.ARIANE AUBERT BONN À PROPOS D\u2019ÈVE LAMONT SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M16 M ais qu\u2019est-ce que vous faites là?C\u2019est ce que se demandaient des policiers qui ont aperçu ma collègue Ariane Aubert Bonn seule en pleine obscurité, dans la campagne estrienne à Cook- shire-Eaton.Cette amoureuse du ciel prenait des photos d\u2019un tableau aussi rare qu\u2019unique : les aurores boréales.J\u2019ai ouvert grand les yeux lorsque j\u2019ai vu ces reflets captés dans le cliché d\u2019Ariane.Et dire que j\u2019ai manqué ça! Un peu partout au Québec, la semaine dernière, des gens ont assisté à ce spectacle fascinant.Humble, Ariane me lance d\u2019entrée de jeu que cette photo est loin d\u2019être sa plus belle : en Gaspésie, sa région d\u2019adoption pendant 15 ans, le ciel se vrillait de vert beaucoup plus régulièrement.Elle n\u2019a pas encore ici trouvé « le » lieu parfait, accessible sans préavis en plein milieu de la nuit.« En Gaspésie, c\u2019est là que j\u2019ai découvert les aurores boréales.J\u2019ai des photos où il y en a avec des chevaux qui courent dans les champs, avec le rocher Percé (\u2026) Ce qui était merveilleux, c\u2019est que je pouvais les voir de ma cour, il n\u2019y avait pas de pollution lumineuse ou presque.Ici, il faut quand même que je fasse des efforts\u2026 » ARIANE COMME LA FUSÉE J\u2019ignorais que ma (nouvelle) collègue était une traqueuse d\u2019aurores.Un qualificatif qu\u2019Ariane garde pour de plus grands mordus qu\u2019elle, qui se rendent à l\u2019étranger pour voir danser l\u2019horizon.« Je vais voir les aurores à des heures qui me permettent de rentrer au travail en forme le lendemain », lance-t-elle en riant.Elle surveille néanmoins les sites de données spatiales et ne manque pas les éclipses ou les pluies de perséides.Quand même, ai-je fait remarquer, c\u2019est beaucoup plus que la moyenne des gens.« J\u2019ai grandi avec un papa chercheur en télédétection, qui travaillait dans l\u2019interprétation des images satellites.Il avait un intérêt pour l\u2019espace.Je m\u2019appelle Ariane à cause de la fusée.Quand j\u2019étais enfant, il y avait des autocollants d\u2019étoiles qui illuminaient dans le noir sur mon plafond de chambre.J\u2019ai grandi Traqueuse d\u2019aurores boréales ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR 1 2 laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M17 PLEIN AIR dans un univers comme ça, j\u2019ai été initiée jeune à m\u2019intéresser à ce qui se passait dans le ciel.Je suis loin d\u2019être une spécialiste, je suis purement amatrice. » Son père, Ferdinand Bonn, était titulaire de la Chaire en observation de la Terre à l\u2019Université de Sherbrooke.Il est décédé tragiquement en 2006, à la suite d\u2019un accident de voiture au Maroc dans le cadre de ses fonctions.Photographe de formation, Ariane ne fait pas qu\u2019observer les étoiles filantes ou les éclipses, elle les immortalise.« La photo, je l\u2019ai gardée pour les loisirs. » Des conseils à donner?« Les aurores, c\u2019est dur à observer quand tu ne le sais pas que c\u2019est ça.Tu peux apercevoir une lueur au loin et penser que c\u2019est de la pollution lumineuse.Tant que tes yeux ne sont pas complètement habitués à l\u2019obscurité, ils ne vont pas les discerner comme il faut. » D\u2019ailleurs, raconte-t-elle, les policiers qui sont allés à sa rencontre n\u2019arrivaient pas à apercevoir les aurores.Pourtant, elles étaient bien là, elle a pu leur montrer la preuve sur son appareil photo.« Ils trouvaient ça étonnant.Il ne faut pas que les yeux voient de lumière, sinon ils se déshabituent. » « Ce qui nous aide à savoir au premier regard si c\u2019est une aurore boréale, c\u2019est la lueur un peu verte.Il y a souvent des colonnes, des piliers lumineux, comme sur le toit des gratte-ciel à Montréal qui envoient la lumière vers le ciel.Mais ça bouge, ça change de place. » Pour l\u2019aider à surveiller ces phénomènes, elle utilise des applications comme Aurora ou Aurora Forecast.Les intéressés peuvent aussi s\u2019abonner à des groupes Facebook comme Aurores boréales de l\u2019Estrie ou Aurores du Québec.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : isabelle.pion 2 La Gaspésie est un amphithéâtre parfait pour observer les aurores boréales.Lorsqu\u2019elle y habitait, Ariane Aubert Bonn les voyait de sa cour.Ci-contre, une de ses photos avec ses chevaux.également spectateurs aux premières loges.\u2014 PHOTO FOURNIE, ARIANE AUBERT BONN 1 Ma collègue journaliste Ariane Aubert Bonn photographie les beautés du ciel, dont les étoiles filantes et les éclipses.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Les aurores boréales sont plus faciles à observer dans le nord, mais avec un peu de détermination et de chance, on peut en observer au sud du Québec également.Et si vous vous donnez cette peine, le souvenir sera « impérissable », assure Guillaume Poulin, garde- parc technicien spécialisé en astronomie au parc national du Mont-Mégantic.« Les aurores se produisent surtout près des pôles.On parle d\u2019aurores boréales, mais on peut parler généralement d\u2019aurores polaires, aux pôles Nord et Sud.Plus on se rapproche des pôles, plus on est près du lieu où elles vont se produire généralement », m\u2019explique-t-il.Clairement, on peut être jaloux des gens d\u2019Iqaluit, me fait d\u2019ailleurs remarquer ma collègue Ariane Aubert Bonn.L\u2019ABC D\u2019UNE AURORE BORÉALE Une spectaculaire aurore boréale prise le 13 septembre 2014 à l\u2019Observatoire populaire du Mont-Mégantic par le garde-parc spécialisé en astronomie Guillaume Poulin.\u2014 PHOTO FOURNIE, GUILLAUME POULIN, PNMM Vous voulez voir?Une autre suggestion d\u2019application pour se tenir au courant de l\u2019activité aurorale?SpaceWeatherLive, disponible dans l\u2019App Store et le Play Store Les chances de les observer au sud sont donc moindres, mais c\u2019est néanmoins possible.« J\u2019en ai vu souvent dans le sud du Québec.En termes de position, en latitude, en Estrie, on n\u2019est pas bien positionné parce qu\u2019on est très au sud.Par contre, ce qui nous aide, c\u2019est la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic (RI- CEMM).Les aurores boréales sont un phénomène lumineux pas si intense en termes de puissance lumineuse, ça prend un ciel noir pour réussir à les voir », explique Guillaume Pou- lin, qui en a observé de son côté le 12 octobre dernier.« Pour qu\u2019elles soient visibles dans le sud du Québec, ça va nécessiter des événements d\u2019intensité un peu plus forte, comme il y a eu la semaine dernière », dit celui qui a manqué ce spectacle\u2026 tout comme moi.UNE SUITE PROMETTEUSE Jusqu\u2019à quel point des activités aussi intenses se produisent-elles?« Il y a beaucoup de variations là-dedans.On parle souvent d\u2019orages magnétiques pour parler de ces phénomènes-là.Il y a plusieurs analogies à faire.Les orages sont difficiles à prévoir, ils vont se produire parfois localement.On peut parler de probabilité qu\u2019il y en ait, sans savoir exactement s\u2019ils vont se manifester et à quel moment.Les orages magnétiques vont se produire surtout dans les périodes d\u2019activités solaires plus importantes.Et ça, il y a une sorte de saison pour ça, c\u2019est ce qu\u2019on appelle un maximum solaire.C\u2019est une période où il y a plus d\u2019activité à la surface du Soleil, plus de taches solaires, plus d\u2019éruptions.Il y a plus de particules solaires qui sont envoyées vers la Terre à ce moment-là en général, donc il y a plus de chance d\u2019aurores boréales », vulgarise le garde-parc.Le prochain « maximum solaire » est prévu autour de 2024, ce qui n\u2019empêche pas que les aurores se produisent ou puissent se produire avant cela, m\u2019explique-t-il.On sort d\u2019ailleurs d\u2019un creux d\u2019activité solaire, et on note plus d\u2019activités que ce qui est prévu sur la courbe habituelle.« C\u2019est très intéressant pour la suite, c\u2019est prometteur. » L\u2019intensité des aurores va dépendre de l\u2019intensité des phénomènes à la surface du Soleil.« S\u2019il y a une énorme éruption qui envoie beaucoup de particules solaires vers la Terre, ça va perturber beaucoup le champ magnétique.Ces particules vont réussir à entrer un peu plus au sud et à danser au- dessus de nos régions. » Pas de doute, le phénomène fascine.« Quelqu\u2019un qui a vu une photo d\u2019aurore boréale une fois dans sa vie ou pour vrai, la première chose qui lui vient à l\u2019esprit, c\u2019est qu\u2019il veut en voir d\u2019autres.Il y a la beauté intrinsèque de ce phénomène-là, la puissance aussi (\u2026) C\u2019est tellement beau, tellement grand que ça ne peut pas laisser in- différent », lance celui qui en a même frissonné.ISABELLE PION SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M18 PLEIN AIR FRÉDÉRICK DUCHESNEAU La Presse MONTRÉAL \u2014 « La mort rôde toujours en expédition.» C\u2019est Vincent Colliard qui le dit.Dans le premier des six épisodes du documentaire consacré aux 63 jours du périple du couple dans le Nord norvégien, l\u2019hiver dernier.Une expédition de 1000 km, éprouvante à plusieurs égards.La plus rude qu\u2019ait faite Caroline Côté.« Le plus difficile était de ne jamais savoir ce qui allait se passer le lendemain.Si j\u2019allais réussir à avoir le désir de faire un pas de plus.Dans le quotidien, il fallait que je me décide à agir même si ça ne me tentait pas, raconte la native de Charlevoix.À la fin de la journée, je me disais qu\u2019il y en avait une de plus de faite.» À sa décharge, les pas sont moins légers lorsqu\u2019on tire des traîneaux totalisant 120 kg (265 lb).Pour lui, 180 kg (397 lb).Le 2 février, Caroline Côté et Vincent Colliard ont quitté Lon- gyearbyen pour se rendre à la pointe nord de l\u2019île de Spitzberg, la principale de l\u2019archipel du Svalbard.Leur objectif : de là, atteindre la pointe sud avant le 21 mars afin de devenir les premiers à réaliser la traversée en hiver, sans assistance, avant de remonter ensuite jusqu\u2019au point de départ, Longyearbyen.Leur périple a pris fin le 5 avril.Dans la souffrance.« Je suis vraiment allée loin dans le manque de nourriture et ça m\u2019a amenée à douter beaucoup.Le matin, quand je me réveillais, à cause de la faim, il y avait un niveau d\u2019anxiété qui était toujours présent », affirme Caroline Côté.« Ça m\u2019a permis de comprendre ce que c\u2019était d\u2019être en situation de famine et de ne pas pouvoir manger », ajoute-t-elle.Ce n\u2019est pas une sensation que tient à revivre celle que son conjoint français appelle « la louve ».Sans un appui de tous les instants de Vincent et de plusieurs collaborateurs, en amont ou à distance, l\u2019aventure n\u2019aurait pu se conclure positivement, affirme l\u2019exploratrice, cinéaste et ultramaratho- nienne en sentier.L\u2019ÉLOIGNEMENT QUI UNIT Sur le terrain, le couple n\u2019en était pas un, cela dit.« On s\u2019est dit que pendant l\u2019expédition, vu que ce serait très difficile, on ne pourrait pas vraiment être un couple.Il fallait mettre les émotions de côté parce qu\u2019on vivait un peu de la survie chaque jour », fait valoir Caroline Côté.Ils se sont rencontrés en Antarctique.Aventurier d\u2019expérience en milieu polaire, il guidait un groupe.Elle filmait l\u2019expédition de 30 jours.Depuis, ils habitent ensemble en Norvège, bien qu\u2019elle ait conservé un petit logement à Montréal.Avec un pied-à-terre en Scandi- navie, elle pourra préparer adéquatement ses futures escapades polaires, dont la prochaine, « sûrement en Antarctique ».« J\u2019ai vraiment envie de retourner là-bas.De faire une voie complexe et de la faire le plus rapidement possible.Ça va être un challenge mental, en solo », dévoile la Québécoise de 35 ans.Pour la prochaine année, elle se préparera donc à cette fin.Elle en discute avec des explorateurs, des Norvégiens maîtres skieurs.Mais un évènement important l\u2019attend à bien plus court terme.Elle repartait du Québec dimanche, puis Vincent et elle se marieront vendredi, dans un petit village norvégien.Au bout du compte, l\u2019adversité vécue pendant l\u2019expédition aura scellé le couple.Caroline Côté, exploratrice extrême, lance un documentaire sur sa plus récente expédition en Norvège.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION EN 2016, CAROLINE CÔTÉ A DÉMISSIONNÉ DE SON POSTE DE DIRECTRICE DES COMMUNICATIONS POUR VIVRE COMME ELLE L\u2019ENTENDAIT.SUR DEUX SKIS, HORS DES SENTIERS BATTUS.LE RÉSULTAT DE SA PLUS RÉCENTE AVENTURE, EN NORVÈGE, ACCOMPAGNÉE DE SON CONJOINT, VINCENT COLLIARD, FAIT L\u2019OBJET DU DOCUMENTAIRE LE DERNIER GLACIER.LE DERNIER GLACIER LA VIE SUR DEUX SKIS laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M19 PLEIN AIR LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Caroline Côté s\u2019exprime d\u2019une voix très calme et posée.Même lorsqu\u2019elle décrit les effets sans doute fort déstabilisants qu\u2019a eus l\u2019aventure après coup.« C\u2019est vraiment spécial parce que je pensais que ça allait être physiquement, le plus difficile.Ça m\u2019a pris deux, trois mois à vouloir reprendre mon quotidien de coureuse et participer à des évènements, mais en fait, le plus dur, c\u2019était le mental.» « Je n\u2019arrivais pas à me motiver.Je n\u2019avais plus envie de faire des efforts qui m\u2019amenaient, par exemple, à sortir au froid.Je me disais : \u201cAh non, pas aujourd\u2019hui\u201d », mentionne Caroline Côté.« J e m e s e n t a i s v r a i m e n t quelqu\u2019un d\u2019autre, ajoute-t-elle.Quelqu\u2019un qui n\u2019avait plus envie de vivre de défi.» Bref, son besoin de repos s\u2019est révélé beaucoup plus mental que physique.Elle compte faire des recherches au sujet de ces réactions d\u2019après-expédition.Mais le naturel a repris le dessus, évidemment.Et ce qui l\u2019anime, outre l\u2019aventure en soi, c\u2019est de mettre sa caméra au service de sujets auxquels elle souhaite contribuer positivement, qu\u2019ils soient culturels ou environnementaux.En revenant du Svalbard, ils sont allés rencontrer un glaciologue.« Cette personne nous a dit que les répercussions du réchauffement climatique se font vraiment plus sentir dans des endroits comme le Svalbard qu\u2019ailleurs dans le monde », indique Caroline Côté.Comme Mike Horn et Børge Ousland avant eux, ou encore Steve Backshall et Aldo Kane, de la série Explorations de l\u2019extrême, Caroline Côté et Vincent Colliard ont pu constater de visu à quel point la fonte des glaces s\u2019accélère.Par exemple, lorsque des gens les ont dirigés vers un endroit où ils affirmaient passer chaque année.« Et malheureusement, on s\u2019est fait refouler au milieu d\u2019un fjord qui était supposé être glacé.Pour nous, c\u2019est juste plate.Mais l\u2019enjeu est beaucoup plus gros que cette expédition », souligne la Québécoise.Ils ont finalement dû grimper le glacier pour passer.En d\u2019autres endroits, il n\u2019y avait tout simplement plus de neige.Au point qu\u2019ils se sont parfois demandé s\u2019ils devraient plutôt prendre les traîneaux sur leur dos et marcher.Quoi qu\u2019il en soit, Caroline Côté ne regrette pas son choix de 2016.La vie occidentale classique, de toute évidence, elle n\u2019y reviendrait pas.Mais ce n\u2019est pas tant par rejet d\u2019une certaine façon de vivre, comprend-on, qu\u2019en faveur d\u2019une autre qui l\u2019a appelée.« Mon quotidien, c\u2019est sur les skis avec le traîneau, dit-elle.C\u2019est là que je sens que tout a du sens.Je suis proche de l\u2019environnement, et l\u2019expédition, c\u2019est juste se rapprocher de ce qui est naturel.Pour moi, ce n\u2019est pas vivre de l\u2019extrême chaque jour.C\u2019est être à l\u2019extérieur et se sentir bien.» En 2016, Caroline Côté a démissionné de son poste de directrice des communications pour vivre comme elle l\u2019entendait.Sur deux skis, hors des sentiers battus.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION La plus récente aventure de Caroline Côté en Norvège, accompagnée de son conjoint, Vincent Colliard, fait l\u2019objet du documentaire Le dernier glacier.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION « Je suis vraiment allée loin dans le manque de nourriture et ça m\u2019a amenée à douter beaucoup.Le matin, quand je me réveillais, à cause de la faim, il y avait un niveau d\u2019anxiété qui était toujours présent.» \u2014 Caroline Côté SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M20 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune J e suis de la génération qui a grandi avec les films de la série Parc Jurassique.Petit, j\u2019avais visité une exposition de dinosaures robots au Zoo de Granby.C\u2019était LA plus grosse attraction estivale en région.On m\u2019aurait dit qu\u2019il était hors de question d\u2019y aller que j\u2019aurais pu faire le bacon pendant plusieurs jours sans me fatiguer.J\u2019y tenais! J\u2019ai grandi.Je m\u2019extasie moins qu\u2019avant devant des reptiles géants d\u2019un autre temps.Mais il était tout aussi hors de question de me rendre en Alberta sans visiter au moins un peu un territoire reconnu pour avoir été foulé par des dinosaures.La région des Badlands, entre autres Drumheller, est reconnue comme un des sites d\u2019importance dans le monde de la paléontologie.Ce n\u2019est pas par hasard que le Musée royal Tyrrell de paléontologie y a été construit.Aucune forme de hasard, non plus, que l\u2019établissement ait été ajouté à mon itinéraire de voyage.Le Musée royal Tyrrell est le seul musée canadien consacré exclusivement à l\u2019étude de la vie des dinosaures et il renferme l\u2019une des plus importantes collections de fossiles et d\u2019ossements de dinosaures de toute la planète.Déjà, c\u2019est signe qu\u2019il faut s\u2019y arrêter.On y trouve 800 fossiles exposés en permanence.Il doit son nom à l\u2019explorateur Joseph Tyrrell, qui a découvert en 1884 les restes d\u2019un dinosaure dans la région où le musée a ouvert ses portes une centaine d\u2019années plus tard.L\u2019établissement moderne tranche avec la facture vieillotte de la ville de Drumheller.L\u2019achalandage y est important, même pendant la pandémie, si bien qu\u2019il peut être intéressant d\u2019acheter ses billets en ligne quelques jours avant la visite.À voir toutes les familles converger vers l\u2019entrée, j\u2019ai constaté qu\u2019il y avait très peu d\u2019adultes sans enfant qui s\u2019aventuraient au musée.Comme si les dinosaures et l\u2019histoire de l\u2019évolution ne pouvaient intéresser que les plus petits.Il y a pourtant de quoi faire sourciller même les plus vieux, surtout que le musée devait à l\u2019origine servir principalement pour les besoins de la science.Il compte une collection de plusieurs dizaines de milliers de spécimens, qui ne sont évidemment pas tous soumis au regard des visiteurs.La majorité des ossements exposés ont été retrouvés en Alberta et ont entre 55 et 80 millions d\u2019années.Si ça ne suffit pas à vous tailler un ou deux plis dans le front, vous êtes un public difficile.Les reconstitutions d\u2019environnements préhistoriques me sont apparues plus réalistes que les dinosaures du Zoo de Granby, Sur les traces des dinosaures albertains JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 1 laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M21 VOYAGES circa 1990.Mais outre les grosses bêtes menaçantes aux dents acérées, il y a aussi l\u2019histoire de ceux qui travaillent minutieusement à faire parler le roc comme si c\u2019était un livre d\u2019histoire.Une vidéo pas tout à fait à jour nous présente des paléontologues et des techniciens, en plus des projets sur lesquels ils planchent.Munis de tout petits marteaux, de minuscules foreuses et d\u2019autres outils ultraspécialisés, ces techniciens font éclater la pierre quelques millimètres à la fois pour dégager les ossements qui y sont restés emprisonnés.Cinq ans! C\u2019est le temps qu\u2019il y a fallu à Mark Mitchell, jour après jour, pour nettoyer un seul fossile.Cinq années de minutie, parfois à regarder à travers une loupe, pour ne pas abîmer un vieux témoin d\u2019une époque largement révolue.Entre 2011 et 2016, l\u2019homme a passé 7000 heures pour exposer le borealopelta, un membre de la famille des nodosaures.Le spécimen albertain serait le plus vieux dinosaure trouvé dans la province et aussi le spécimen d\u2019un dinosaure à armure le mieux préservé de la planète.Là, je suis resté longtemps le nez contre la vitrine du laboratoire de préparation à admirer le travail en direct, dans la pièce d\u2019à côté, de ces patients techniciens.Assurément, je ne pourrais pas rester concentré comme eux pour une aussi longue période.J\u2019ai eu beaucoup d\u2019intérêt aussi pour les récits racontant comment, au hasard d\u2019un forage ou d\u2019une excavation, des travailleurs de la construction avaient frappé ce qui semblait être de très vieux ossements.Les grandes découvertes sont souvent le fruit du hasard.D\u2019ailleurs, l\u2019Alberta a implanté des lois très strictes pour la protection des fossiles.Il est par exemple illégal de déterrer soi- même un de ces spécimens une fois qu\u2019on l\u2019a repérer.Par-dessus le marché, le Musée royal Tyrrell est détenteur de cinq records Guinness pour sa collection, une nouvelle annoncée au début du mois de novembre.Son albertonectes de 72 M d\u2019années est le fossile avec le plus long cou alors que son fossile d\u2019ornithomi- midae est le plus complet en son genre.Dans le même sens, le fossile de gorgosaurus, une espèce de la famille des tyrannosaures, est le plus complet au monde.Ce sont ces records-là, cette capacité de reconstituer des squelettes presque en entier et de déterminer le mode de vie de ces créatures préhistoriques, qui m\u2019ont le plus impressionné.En traversant les salles représentant différentes époques préhistoriques, j\u2019ai aussi été surpris de constater que certains dinosaures n\u2019avaient jamais coexisté.Il y en aurait pour des heures et des heures, au Musée Tyrrell, pour quiconque est suffisamment passionné par la paléontologie.L\u2019enfant en moi s\u2019étant un peu endormi, j\u2019ai eu suffisamment de quoi me contenter en une demi-journée.Si le Musée royal Tyrrell en est un d\u2019exception, vaut mieux prévoir quelques autres activités dans les Badlands pour justifier une escapade à partir de Calgary.La route est un peu longue et on finit par avoir envie d\u2019autre chose que des omniprésents dinosaures.3 Le Musée royal Tyrrell offre des reconstitutions réalistes en plus de dizaines de fossiles.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 1 Le Musée royal Tyrrell, à Dru- mheller en Alberta, a ouvert ses portes en 1985 et reçoit plus de 400 000 visiteurs annuellement.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 2 Ce fossile de borealopelta serait le plus vieux découvert en Alberta.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 2 3 Je suis de la génération qui a grandi avec les films de la série Parc Jurassique.Petit, j\u2019avais visité une exposition de dinosaures robots au Zoo de Granby.C\u2019était LA plus grosse attraction estivale en région.On m\u2019aurait dit qu\u2019il était hors de question d\u2019y aller que j\u2019aurais pu faire le bacon pendant plusieurs jours sans me fatiguer.J\u2019y tenais! SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS S\u2019 il y a bien une recette que je ne m\u2019attendais pas à découvrir ces dernières années, c\u2019est le mélange de poivre dans une bière.Et s\u2019il y a bien un type de bière que je ne m\u2019attendais pas à apprécier, c\u2019est la bière au poivre\u2026 Le poivre est une épice connue dans le monde de la gastronomie; il n\u2019est jamais bien loin du sel.Alors que le sel est un rehaus- seur de saveurs, le poivre a plutôt tendance à nous offrir des notes épicées et variées, en fonction du type de poivre utilisé.Le fameux poivre noir est le plus utilisé, mais il se divise en de nombreuses sous-catégories, d\u2019appellations différentes et d\u2019origines multiples.Dans le monde de la bière, les brasseurs s\u2019amusent à utiliser du poivre pour rehausser les notes épicées de la levure, par exemple, ou celles du seigle, le plus souvent.On y trouve donc autant de styles différents que de poivres différents.Il y a cependant une tendance qui veut que les bières de type saison ou rousses soient les plus utilisées.Historiquement, certaines bières se sont démarquées dans le marché au Québec.Mention spéciale à la Route des Épices de Dieu du Ciel!, une bière de seigle avec ajout de poivre noir et de poivre vert pendant le brassage.Elle présente de belles notes poivrées et une finale sur le piquant, sans tomber dans l\u2019excès.La saison Voatsiperifery, du nom du même poivre, brassée par Brouhaha dans les installations de la coopérative MaBras- serie, est également reconnue au Québec comme l\u2019une des premières à avoir démocratisé les bières au poivre.Le fameux poivre sauvage de Madagascar apporte une complexité en bouche qui n\u2019a d\u2019égal que l\u2019incroyable buvabilité de la bière.À l\u2019époque, c\u2019était ce que j\u2019appelle un OVNI brassicole, une bière qui propulse la culture bière ailleurs.Aujourd\u2019hui, des bières aux poivres, il y en a bien plus.Si on se réfère au nombre de nouveautés disponibles chaque année, c\u2019est tout à fait normal que ce type de bière si particulier soit également en hausse.\u203a POIVRE BRASSERIE MENAUD Menaud a pour habitude de présenter des bières avec une touche particulière sur le terroir local et cette bière de seigle n\u2019y échappe pas, en vous proposant une touche poivrée provenant du poivre d\u2019Aulne de Charlevoix.Qu\u2019est-ce que du poivre d\u2019Aulne?C\u2019est tout simplement le fameux poivre des dunes de plus en plus populaire dans la cuisine gastronomique québécoise.\u203a ROUSSE POIVRÉE RUISSEAU NOIR Cette bière basée sur une recette un peu plus anglaise est appuyée par une belle assise de malts caramélisés, et le poivre vert utilisé est importé d\u2019Inde.Il est intéressant de voir que de nombreuses brasseries sont heureuses de travailler avec du poivre vert plutôt qu\u2019un poivre noir, par exemple.Dans ce cas-ci, la bière présente des notes d\u2019épices, certes, mais ne tombe pas dans l\u2019excès du piquant en fin de bouche.\u203a PALE ALE AU POIVRE LES TROIS MOUSQUETAIRES Prenez une Pale Ale américaine et son amertume bien soutenue et ajoutez-y une belle dose de poivre.Vous voilà face à une des rares bières amères qui présentent également des notes épicées, bien balancées en finale.L\u2019idée est intéressante, car l\u2019amertume et le piquant, c\u2019est une idée d\u2019accord de contraste très souvent appliquée par les amateurs de bière.Cette bière réunit les deux.On mange quoi avec des bières au poivre?Des plats épicés bien sûr, pour apprécier la résonnance de l\u2019accord.Mais pourquoi ne pas inverser le principe d\u2019accord de contraste en présentant un plat sucré \u2014 mijoté par exemple \u2014 devant une bière au poivre qui rehaussera le tout?Bière et poivre Les brasseurs s\u2019amusent à utiliser du poivre pour rehausser les notes épicées de la levure, par exemple, ou celles du seigle, le plus souvent.\u2014 PHOTO 123RF MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale I l y a parfois des spiritueux qui réconfortent plus que d\u2019autres, qui s\u2019invitent agréablement bien dans notre verre lorsque les premiers flocons commencent à flotter dans l\u2019air.Le gin québécois Wendigo, créé par Jean-Philippe Doyon de l\u2019Absintherie des Cantons, à Granby, en fait définitivement partie.Jean-Philippe est l\u2019un des premiers distillateurs québécois que j\u2019ai eu l\u2019honneur de rencontrer à sa distillerie.Bien qu\u2019il soit d\u2019abord connu pour son absinthe, il propose aussi un gin à l\u2019argousier et à la cardamome qui est un charme que je redécouvre année après année.Lorsque l\u2019air se refroidit, les gins aux épices offrent une chaleur bienvenue.C\u2019est la chaleur fraîche et citronnée de la cardamome verte, omniprésente dans les notes du gin Wendigo, qui en fait une base de choix pour des cocktails forts comme le dry martini et le negroni, mais aussi avec des cocktails acidulés.Son aspect sec m\u2019a donné l\u2019idée de réaliser un martini aux notes d\u2019érable et de citron pour apprécier les notes de gin avec douceur.Le rhume ne quitte pas votre maisonnée?N\u2019ayez pas peur d\u2019essayer le Wendigo ou votre gin aux épices préféré « en mode ponce », avec de l\u2019eau chaude, mais aussi avec votre thé vert ou noir favori.Bonne semaine à tous et à toutes! Martini à l\u2019érable INGRÉDIENTS \u2022 2,25 oz de gin Wendigo \u2022 0,5 oz de liqueur d\u2019érable (ou de vermouth) \u2022 0,25 oz de sirop de citron \u2022 Zeste de citron (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un verre à mélanger, ajouter tous les ingrédients, remplir de glace et mélanger à la cuillère jusqu\u2019à ce que vos doigts soient froids.2 Filtrer au tamis fin dans un verre à martini ou dans une coupe préalablement refroidie.3 Décorer d\u2019un zeste de citron.Santé! UN PEU D\u2019ÉRABLE ET D\u2019ÉPICES P H O T O A N N I E F E R L A N D PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe@bieresetplaisirs.com laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M23 VINS J\u2019 aime tellement cette région que je me permets de l\u2019appeler par son petit nom.Le Beaujolais est un terroir de vignerons artisans aux sols si variés qu\u2019avec un seul cépage, le gamay, on réussit à produire des vins qui peuvent atteindre une envergure incomparable tout en se déclinant en divers caractères, vu la diversité géologique de son territoire.Je vous invite à déguster le Beaujolais et à savourer les subtilités du gamay de différents domaines, et d\u2019une région à l\u2019autre.À votre santé! JEAN-PAUL BRUN BEAUJOLAIS CHARDONNAY 2020 26,85 $ \u2022 713495 \u2022 12 % \u2022 1,8 G/L On commence avec le seul cépage blanc du Beaujolais, le chardonnay.Comme il s\u2019en produit très peu, on n\u2019en reçoit pas beaucoup, alors il faut vivement en profiter pendant qu\u2019il passe.Celui-ci du vigneron Jean-Paul Brun est issu de vignes plantées en 1983 sur les sols calcaires du terroir unique des Pierres Dorées.Il est vinifié en bio avec ses levures indigènes et à la façon bourguignonne.Un grand vin à boire maintenant ou à garder au cellier jusqu\u2019en 2025.La région des Pierres Dorées est spectaculaire.C\u2019est la porte d\u2019entrée sud de la route des vins du Beaujolais.On l\u2019appelle ainsi parce que le sous-sol est teinté par de l\u2019oxyde de fer qui donne une lumineuse couleur dorée aux villages de la région, entièrement construits avec ces pierres dorées.FAMILLE CHASSELAY BEAUJOLAIS QUATRE SAISONS 2020 20,50 $ \u2022 14559921 \u2022 12,5 % \u2022 3,8 G/L \u2022 BIO, NATURE Toujours sur le terroir des pierres dorées, la famille Chasselay, vignerons depuis 1464, nous offre périodiquement d\u2019excellents vins certifiés bio depuis 2006.La cuvée Quatre Saisons est issue de vignes de 45 ans du Lieu-dit Les grandes terres.Elle rend hommage au travail de la vigne qui suit les saisons et demande « exigence, rigueur et une parfaite connaissance du vivant ».Ça donne une robe rouge violacée et une explosion de fruits en bouche, du fruit pur, sur des notes de cerise et de raisin.Du vrai bon jus, naturel et frais.STÉPHANE AVIRON CÔTE DE BROUILLY VIEILLES VIGNES 2019 22,15 $ \u2022 14015094 \u2022 13,5 % \u2022 2,7 G/L Les appellations Côte de Brouilly et Brouilly comptent parmi les 10 crus du Beaujolais.La différence entre les deux est que la Côte de Brouilly est un ancien volcan, les sols reçoivent plus de chaleur et offrent un meilleur drainage que les plaines environnantes du Brouilly.Les raisins issus du Mont Brouilly donnent un jus généralement plus concentré et apte à se bonifier avec le temps, comme pour ce vin fruité.Un produit super bien structuré prêt à boire maintenant, mais qu\u2019on pourra garder jusqu\u2019en 2025.GEORGES DESCOMBES BROUILLY 2018 29,20 $ \u2022 12494028 \u2022 12,5 % \u2022 1,5 G/L Bien que ce ne soit pas indiqué sur l\u2019habillage, Georges Des- combes travaille en agriculture biologique depuis 1988 et il vinifie sans intrant, avec très peu de sulfites.Son gamay de Brouilly a grandi sur des sols de granite et a reposé en barriques usagées pendant environ neuf mois avant d\u2019être relâché, ce qui donne de la profondeur au fruit en plus d\u2019une texture étoffée, à la fois soyeuse et élégante.À déguster avec attention si vous pensiez qu\u2019un Brouilly était nécessairement léger et ne pouvait pas bien évoluer dans le temps.JEAN-FRANÇOIS MÉRIEAU LE BOIS JACOU GAMAY 2019 20,80 $ \u2022 12572858 \u2022 12 % \u2022 2,4 G/L \u2022 BIO Un gamay de Touraine pour comparer le même cépage issu d\u2019une autre région de France, la Loire.Dans sa robe violacée et presque noire, on trouve un vin gourmand à la fois concentré et frais sur des notes de cerise, d\u2019une longueur complexe et une finale veloutée qui donne envie d\u2019une autre gorgée.Un beau millésime, plus solaire que le précédent, ce qui lui apporte encore plus de gourmandise.BACHELDER GAMAY WISMER FOXCROFT VINEYARD 2019 30,25 $ \u2022 13993822 \u2022 12,5 % \u2022 1,9 G/L Parlons accords : le gamay est super polyvalent.On le suggère souvent à l\u2019apéro avec un plateau de charcuteries, mais il peut aller bien au-delà et s\u2019accorder autant avec un steak qu\u2019avec du poisson grillé.J\u2019ai justement vécu l\u2019expérience dernièrement en partageant ce superbe gamay canadien de Bachelder autour d\u2019un steak sur le grill et d\u2019un tataki de thon, accompagné de sushi.C\u2019était divin.Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com Vive le Beaujo! La région des Pierres Dorées est spectaculaire.C\u2019est la porte d\u2019entrée sud de la route des vins du Beaujolais et on l\u2019appelle ainsi parce que le sous-sol est teinté par de l\u2019oxyde de fer qui donne une couleur dorée aux villages de la région, entièrement construits avec ces lumineuses pierres.dorées.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, NATALIE RICHARD NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca LE BEAUJOLAIS NOUVEAU Bien que ce ne soit plus chez nous le même engouement qu\u2019à une certaine époque, la tradition du Beaujolais Nouveau se célèbre encore dans le monde entier.Historiquement, il s\u2019agit d\u2019un vin de primeur, qui selon la législation de 1951, est autorisé à être libéré à midi précisément, le troisième jeudi de novembre.Ce sera donc cette semaine, le jeudi 18 novembre. SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M24 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine SHERBROOKE \u2014 On les consulte dans les recueils ou sur le web, on les suit à la lettre, ou alors pas du tout, ça dépend de notre tempérament en cuisine.et du type de cuistot qu\u2019on est! Dans tout ça, il y a une constante : les recettes nous accompagnent au quotidien.Quand j\u2019ai vu que le très beau magazine Caribou consacrait tout un numéro à cette thématique, j\u2019ai eu envie d\u2019en jaser avec la coéditrice de la publication, Geneviève Vézina-Montplaisir.« C\u2019est notre 14e numéro, et si on a déjà touché aux recettes dans le passé, c\u2019est la première fois qu\u2019on consacre toute une édition à cette thématique », expose-t-elle.Le sujet est riche.Et il dépasse la simple liste des ingrédients et des indications à suivre.« Au chapitre sociologique et historique, les recettes sont un peu le reflet de qui on est, et où on est rendus.Ils racontent certains chapitres de notre histoire, d\u2019une certaine façon. » Dans les anné es 1950, par exemple, les plats étaient quantifiés pour de grandes tablées où se réunissaient les familles nombreuses de l\u2019époque.« Disons qu\u2019on était alors à l\u2019autre bout du spectre d\u2019aujourd\u2019hui, où on trouve des recettes de brownies dans une tasse pour une seule personne! » Les ingrédients varient aussi selon les époques et témoignent des tendances alimentaires du moment.« C\u2019est intéressant de voir que certains items, comme le beurre, ont été bannis un temps, mais retrouvent aujourd\u2019hui leurs lettres de noblesse. » D\u2019autres aliments ont fait leur niche en supermarchés et dans nos garde-manger au gré des changements dans la société.L\u2019ouverture sur le monde, l\u2019immigration et le courant végé ont jazzé nos assiettes, où se sont invités tofu, tempeh et épices variées.À côté de tous les courants alimentaires qui se faufilent dans nos menus, il y a les incontournables recettes doudous de notre enfance, celles qu\u2019on a retranscrites à la main dans un carnet à spirales, en notant bien les secrets de notre mère ou grand-mère pour ne pas rater la béchamel.Ou le sucre à la crème.J\u2019ai quitté la maison avec un précieux petit calepin où étaient notés en belles lettres cursives les classiques de ma maman et de ma grand-maman.Je l\u2019ai encore.Certaines pages sont déchirées, d\u2019autres affichent des notes à l\u2019encre délavée.Pas grave.Je connais les recettes à peu près par cœur, de toute façon.Et ma mère a eu la bonne idée de nous offrir en cadeau, un certain Noël, un recueil maison dans lequel sont imprimées toutes les recettes qui ont fait partie de nos traditions familiales.Ces pages qui évoquent des saveurs de nos premières années réveillent aussi quantité de souvenirs qui goûtent bon les moments passés ensemble.« L\u2019héritage culinaire » est justement le sujet du grand reportage de Caribou.« On en a fait un sujet principal parce qu\u2019on trouvait qu\u2019il y avait quelque chose de très réconfortant dans cette transmission des recettes familiales.Quelque chose de très humain, aussi.On mange tous les jours, donc forcément, on cuisine aussi tous les jours.Et on entretient un lien affectif avec les mets qui ont bercé notre enfance.Hélène Laurendeau, qui signe le mot de la fin, raconte comment elle s\u2019est fait un devoir de rassembler les recettes de sa famille.Elle a bonifié les infos avec des précisions, des repères que sa mère lui a donnés de vive voix. » À côté de ces carnets maison de grande valeur sentimentale, il y a Geneviève Vézina-Montplaisir, coéditrice du magazine Caribou.\u2014 PHOTO FOURNIE L\u2019ABC DES RECETTES laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M25 EN CUISINE aussi tous les bouquins de cuisine qui essaiment en librairie.Et qui trouvent preneurs, en dépit de la popularité des blogues et sites web culinaires.Même si toutes les recettes du monde se trouvent désormais à un clic, la mort du bouquin de cuisine papier, ce n\u2019est vraiment pas pour demain.« Les recueils de la section culinaire comptent encore parmi les ouvrages très populaires en librairie.On a fait un petit encadré où on répertorie certains chiffres et dans celui-ci, on rappelle que 32 % des livres vendus au Québec, ce sont des ouvrages qui se trouvent dans la section \u2018\u2018santé, forme et livres de cuisine\u2019\u2019.C\u2019est beaucoup.Ça ne s\u2019essouffle pas probablement parce qu\u2019on aime le côté « beaux livres » des ouvrages culinaires d\u2019aujourd\u2019hui », note Geneviève.C\u2019est vrai qu\u2019on s\u2019inspire en butinant d\u2019un livre à un autre.Et que le temps d\u2019arrêt passé à bouquiner dans les pages ne se compare pas à celui qu\u2019on consacre à ouvrir des onglets sur les sites gourmands.Dans tout ça, l\u2019un et l\u2019autre cohabitent dans nos habitudes.Et vont continuer de coexister, sans doute.« Parce que même si on a déjà plein de recettes, on a toujours besoin de nouvelles inspirations pour la simple et bonne raison qu\u2019on ne s\u2019en sort pas.Dans toutes les maisons, chaque jour, se pose la même question : qu\u2019est-ce qu\u2019on mange? » Questions, commentaires, suggestions?Envie de partager votre recette favorite?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine Certaines pages des livres d\u2019antan font sourire et témoignent d\u2019une époque révolue, comme cette recette (signée Janette Bertrand) d\u2019un saumon cuit dans.La Presse! \u2014 PHOTOS ARCHIVES LA TRIBUNE Caribou a réuni le chef végane Jean-Philippe Cyr et les nutritionnistes Geneviève O\u2019Gleman et Annie Ferland (du blogue Science & Fourchette) pour jaser avec eux de ce qui fait le succès d\u2019une recette.« Tous les trois faisaient le même constat : les recettes les plus populaires, ce sont souvent les plus simples.Le côté facile et accessible est toujours prisé », résume Geneviève Vézina-Montplaisir.Après ça, il y a aussi les mouvements de société qui teintent les choix des uns et des autres.« On s\u2019est demandé ce qui intéressait les jeunes, en cuisine, et l\u2019enjeu environnemental pèse dans la balance.On remarque que s\u2019ils cherchent eux aussi les recettes accessibles, ils se tournent quand même davantage vers la cuisine végane et vers les aliments locaux. » KARINE TREMBLAY Au chapitre des livres de cuisine, on a tous notre palmarès personnel, nos titres favoris, les essentiels vers lesquels on revient inlassablement.Mais au-delà de ces préférences, il y a des racines communes, une histoire partagée.Parce que certains volumes ont laissé une empreinte forte dans notre histoire culinaire collective.« C\u2019est intéressant de savoir qu\u2019au départ, lorsque les premiers livres de cuisine ont fait leur apparition, en avoir chez soi, c\u2019était un signe de bourgeoisie. » Intéressant, aussi, de constater que les premières recettes consigné es étaient avares d\u2019indications.« Parce que les auteurs savaient qu\u2019ils s\u2019adressaient à un public qui avait déjà certaines connaissances en cuisine.Ils n\u2019avaient pas besoin de noter autre chose qu\u2019une liste d\u2019ingrédients et quelques consignes sommaires.C\u2019était sous-entendu que le lecteur allait savoir quoi faire.Aujourd\u2019hui, c\u2019est le contraire.On prend les gens par la main, il faut que ce soit super clair.On ne peut pas se contenter d\u2019écrire qu\u2019il faut caraméliser les oignons, par exemple, il faut aussi préciser que c\u2019est à feu moyen vif. » Au gré des décennies, plusieurs livres ont connu un succès retentissant.Dans ces joyaux de notre patrimoine, «c\u2019est sûr qu\u2019on ne peut pas passer à côté de Jehane Benoît et de son Encyclopédie de la cuisine, souligne Geneviève.« C\u2019est une auteure qui a été présente dans la sphère gourmande pendant des années.Et qui a suivi les courants, aussi : elle a quand même signé un livre sur la cuisine au micro-ondes. » Bien avant que n\u2019arrive en librairie la collection du Cercle des fermières (les classiques Qu\u2019est- ce qu\u2019on mange?), La cuisine raisonnée des sœurs de la congrégation de Notre- Dame a fait époque.Il a d\u2019ailleurs été réédité, ces dernières années.« L\u2019Expo 67 et la mondialisation ont plus tard changé la face de notre répertoire de recettes.Les gens voulaient savoir comment faire de la cuisine indienne ou comment réaliser un tajine.On a vu arriver en librairie des livres de cuisine du monde.Et quand on feuillette les ouvrages qui paraissent aujourd\u2019hui, on voit qu\u2019ils sont teintés de toutes ces influences.Après ça, parmi les ouvrages qui ont beaucoup rayonné au fil des décennies, il y a eu ceux de Paul Martin, des Taillefer, de Daniel Pinard.Évidemment, il y a aussi eu les bouquins de Ricardo et de Josée di Stasio, qui sont des incontournables. » KARINE TREMBLAY CARIBOU, EN QUELQUES MOTS Propulsé par l\u2019idée de mettre l\u2019achat local à l\u2019avant-scène, le magazine Caribou est né il y a sept ans.« On trouvait qu\u2019il y avait une effervescence autour de l\u2019alimentation, mais que le sujet était toujours traité sous l\u2019angle des recettes ou via des critiques de restos.On se disait qu\u2019il y avait de l\u2019espace pour une réflexion plus fouillée quant à tout ce qui touche à l\u2019assiette.Il y avait matière à faire un beau magazine papier en mettant en lumière les artisans de l\u2019agroalimentaire », explique Geneviève Vézina- Montplaisir, qui a plongé dans le monde de l\u2019édition avec Audrey Lavoie (coéditrice) et Véronique Leduc (corédactrice en chef).À l\u2019heure où tout le monde répétait que le papier était mort, ou presque, c\u2019était un projet audacieux.« Il y a eu de beaux défis sur le parcours, mais sept ans plus tard, on est encore là, et il se passe tellement de choses dans le créneau alimentaire, au Québec, qu\u2019on ne manque vraiment pas d\u2019idées pour les sujets à traiter. » Les trois actionnaires sont aussi derrière la bannière Cervidés Médias, qui signe du contenu spécialisé en agroalimentaire pour différentes plateformes.KARINE TREMBLAY \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE QUELQUES LIVRES DE RECETTES QUI ONT FAIT ÉPOQUE\u2026 SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M26 samedi 13 novembre 021 leSoleil 44 Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Une semaine d\u2019actU en juillet dernier, les joueuses de l\u2019équipe norvégienne de handball féminin ont reçu une amende pour avoir joué en shorts plutôt qu\u2019en bikinis.C\u2019était lors du Championnat d\u2019europe de handball de plage.Cette affaire avait soulevé l\u2019indignation dans le milieu du sport et partout dans le monde.or, au début du mois d\u2019octobre, la Fédération internationale de handball a mis à jour ses règlements.Les joueuses peuvent désormais jouer en shorts! \u203a une acTion symBolique C\u2019est le 25 juillet que les norvégiennes sont arrivées aux Championnats d\u2019europe de handball de plage avec des shorts.elles souhaitaient ainsi dénoncer les inégalités entre les hommes et les femmes dans la pratique de leur sport.Le règlement stipulait alors clairement que la tenue des joueuses se composait d\u2019un haut et d\u2019un bas de bikini, ce qui mettait leur ventre et une partie de leurs fesses à nu.de leur côté, les hommes jouent en camisoles avec des shorts qui ne doivent surtout pas être trop courts.Les joueuses norvégiennes trouvaient le bikini inconfortable et dégradant.en refusant de se conformer au règlement, l\u2019équipe s\u2019exposait donc à une sanction.C\u2019est ce qui est arrivé.elles ont reçu une amende de 2150 $.Par la suite, de nombreuses personnes du milieu sportif et les autorités de plusieurs pays se sont rangées du côté des joueuses.La chanteuse P!nk a d\u2019ailleurs payé l\u2019amende de l\u2019équipe afin de soutenir la cause des athlètes.\u203a une nouvelle vicToire conTre le sexisme Tu l\u2019as peut-être remarqué, mais il y a souvent une différence de tenue entre les hommes et les femmes dans le milieu sportif.Le nouveau règlement est donc une victoire pour la lutte contre le sexisme.Les joueuses de handball pourront désormais concentrer leur énergie à marquer des buts au lieu de se battre contre les inégalités hommes/femmes.Le règlement qui a été modifié il y a quelques semaines sera en vigueur dès janvier 2022.Par Marius Gellner, journaliste staGiaire Fini Les bikinis! Les joueuses de handbaLL PeuvenT désormais PorTer des shorTs P h o T o , a g e n C e F r a n C e - P r e s s e laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M27 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 13 novembre 20 1 45 LE P\u2019TIT Cette semaine, tu as sans doute entendu parler de la CoP26.il s\u2019agit d\u2019une conférence très importante, portant sur les changements climatiques.197 nations y sont présentes et environ 30 000 personnes y participent.Greta Thunberg y était avec d\u2019autres jeunes militants.Le premier ministre du Canada s\u2019y est rendu, accompagné par le ministre de l\u2019environnement steven Guilbeault.Le premier ministre du Québec, François Legault, y est allé également.L\u2019acronyme CoP veut dire Conférence des parties.Le nombre 26 signifie quant à lui qu\u2019il s\u2019agit de la 26e conférence.La première a eu lieu à berlin en 1995.Cette année, la CoP26 a débuté le 1er novembre.elle a lieu à Glasgow, en Écosse.\u203aDe très gros Défis sur lesquels il faut s\u2019entenDre.même si les dirigeants s\u2019entendent pour dire qu\u2019il faut protéger la planète, il leur est difficile de tous se mettre d\u2019accord sur les actions à prendre.Les enjeux ne sont pas simples.Par exemple, les pays les plus riches polluent plus.mais sont-ils prêts à payer plus pour des mesures antipollution?il faut aussi que les pays plus riches acceptent de partager des milliards de dollars pour aider les pays les plus pauvres à faire face aux conséquences du changement climatique.on considère que la Chine sera responsable en 2030, d\u2019environ un quart des émissions totales de Co2 sur la planète, suivie par les États-Unis et l\u2019inde.Comment faire pour les obliger à assumer une part plus grande dans la lutte aux changements climatiques?Certains types de consommation comme les voyages dans l\u2019espace, les yachts de luxe devraient être visés.il faudrait faire payer plus de taxes sur ces activités polluantes.mais cela prend du courage de la part des dirigeants pour instaurer de telles mesures.Tu devines que les discussions doivent être intenses! \u203a que peux-tu faire?dans les prochaines années, il faudra faire de gros efforts pour réduire les gaz à effet de serre et éviter le réchauffement climatique.Comme les jeunes sont très sensibles à cet enjeu et à la santé de notre planète, tu sauras poser des gestes significatifs, on n\u2019en doute pas.Comme acheter une voiture électrique, consommer moins et mieux et prendre soin des ressources en ne gaspillant pas l\u2019eau par exemple.et tu pourras également voter pour un parti qui s\u2019engage à protéger la Terre! Pour cela, tu dois te garder bien informé.e! Par Kim NuNès, jourNaliste P h o T o , F o n d a T i o n C a n a d i e n n e d e s F e m m e s .Une jeune américaine de 16 ans qui était portée disparue a été sauvée en reproduisant un geste silencieux de détresse popularisé sur l\u2019application TikTok.\u203ale pire a été évité La semaine dernière, des parents de la Caroline du nord ont signalé la disparition de leur fille aux autorités.deux jours plus tard, elle a été retrouvée saine et sauve grâce à un automobiliste qui a reconnu le geste de son appel à l\u2019aide sur une autoroute du Kentucky.Celui-ci a appelé le 911.Le conducteur a suivi la voiture jusqu\u2019à ce que les policiers soient en mesure d\u2019intervenir.Le kidnappeur de 61 ans a été arrêté pour enlèvement avant de prendre le chemin de la prison.\u203aun geste qui sauve Des vies Le geste qui a permis à l\u2019adolescente d \u2019être secourue consiste à montrer la paume d\u2019une de ses mains ouverte, à replier son pouce et à rabattre les quatre autres doigts pardessus le pouce.Ce geste a été élaboré par la Fondation canadienne des femmes.son objectif principal est d\u2019aider les femmes victimes de violence conjugale.Ce signe permet en effet d\u2019envoyer un message de détresse silencieux lors d\u2019un appel vidéo, par exemple.il est pratique, car il ne laisse aucune trace écrite.La Fondation canadienne des femmes a imaginé ce code secret alors que la pandémie rendait les victimes de violence conjugale encore plus vulnérables et isolées.il permet de demander de l\u2019aide de façon sécuritaire, même lorsque la victime est confinée avec son agresseur.\u203aConnu grâCe à tiktok C\u2019est grâce à TikTok que ce signe est devenu populaire.de nombreuses personnes ont partagé l\u2019information et l\u2019initiative est rapidement devenue virale.si une personne utilise ce signe, il s\u2019agit d\u2019un appel à l\u2019aide.il est donc important que tu appelles le 911 rapidement.Par marius GellNer, jourNaliste staGiaire Une adoLesCenTe saUvÉe Par Un GesTe aPPris sUr TiKToK! i L L U s T r a T i o n 1 2 3 r F / n o r m a a L s La CoP26 : Une ConFÉrenCe imPorTanTe PoUr La PLanèTe! SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M28 LE P\u2019TIT MAG samedi 13 novembre 2021 leSoleil 46 LE P\u2019TIT MAG voici pour toi, jeune mordu de lecture, une sélection de livres choisis par des gens qui s\u2019y connaissent! Ce livre nous présente plusieurs religions, dont le christianisme, le judaïsme ainsi que l\u2019islam.Étroit et haut, il est composé comme un immeuble : chaque étage est un petit cahier en soi qui regroupe les quatre saisons dans une religion.Il y a donc plusieurs façons de lire ce livre, soit à l\u2019envers, par saison, de bas en haut, par religion, etc.Chaque religion est expliquée d\u2019une façon très claire et simple, facilement compréhensible pour un enfant.Il y a aussi de magnifiques illustrations pour chacune des pages, illustrant très bien la vie d\u2019une famille religieuse ou encore celle d\u2019un épicier et de ses clients aux multiples origines ethniques.J\u2019ai beaucoup aimé ce livre, car les voisins se rendent visite entre eux et sont amis, démontrant bien qu\u2019avoir des religions différentes n\u2019est pas une barrière à l\u2019amitié.Rose-Marie Cantin Lectrice de 12 ans Cité Babel : le grand livre des religions (à partir de 7 ans) Pascale Hédelin Éditions des ÉlÉphants Que tu sois un peu ou complètement fasciné par les dinosaures, les minéraux ou les volcans, tu trouveras de quoi satisfaire ta curiosité dans La préhistoire du Québec.Cette série documentaire en trois tomes est une mine d\u2019informations captivantes.Tu y découvriras comment les glaciers ont réduit en poudre les fossiles de dinosaures au Québec, comment les météorites et les collisions des continents ont formé nos montagnes et nos vallées.Ces livres révèlent toutes sortes d\u2019anecdotes surprenantes, comme le fait que des champignons géants de huit mètres ont poussé ici, il y a 420 millions d\u2019années.Une série illustrée avec humour et accessible à tous.Jolyne Rodrigue Bibliothécaire au Centre de services scolaire des Appalaches La préhistoire du Québec (à partir de 7 ans) Nish : mot innu qui signifie deux.Un titre bien trouvé pour ce roman qui met en scène la vie de jumeaux, Léon et Éloïse, au sein de la communauté innue de Matimekush.Un quotidien tranquille ponctué par l\u2019école, les voyages de chasse, les virées en motoneige et les nombreuses parties de hockey.Mais voilà que leur vie bascule lorsque deux drames viennent les frapper de plein fouet : une étrange disparition qui remet en question leur sentiment de sécurité ainsi qu\u2019un diagnostic de cancer qui oblige leur père à se rendre à Wendake pour quelques mois.En plus d\u2019être un périple littéraire entre le Nord et le Sud du Québec qui permet au lecteur de peaufiner sa compréhension du territoire et des gens qui y habitent, ce roman est également un condensé d\u2019émotions fortes à vivre pour deux ados confrontés à des vérités qui changeront leur vision du monde.Vicky Sanfaçon Librairie Pantoute Nish \u2014 Le Nord et le Sud tome 1 (à partir de 9 ans) RubRique assemblée PaR FRancis Higgins le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 la poignée de la valise de l\u2019homme à l\u2019hôtel 2 le dossier du siège de la calèche 3 la serviette plus étroite 4 la moustache du masseur 5 la casquette de l\u2019homme au resto 6 un rayon de la roue de la calèche 7 la manche de la robe de la dame à l\u2019hôtel PatRick coutuRe Éditions Fides isabelle PicaRd Éditions les malins «saterlibobette!» \u2014 Isaac, 3 1/2 ans faItEs- Nous rIrE Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M29 ACTUALITÉS E n vacances dans un tout inclus sur une île hawaïenne, Quinn Mossbacher, un ado timide, dort dans une garde-robe. Il est censé partager une chambre avec sa sœur aînée et l\u2019amie de celle-ci.Mais sa soeur ne veut rien savoir et le condamne à installer son matelas dans une étroite pièce sans fenêtres.Quinn se soumet.De toute façon, il est ailleurs.Il passe son temps avec sa tablette, son téléphone et son Nintendo portatif.Le paradis hawaïen où il a accosté ne fait pas le poids contre ses jeux vidéo.Une nuit, pour protester contre l\u2019indifférence de sa soeur, il va dormir sur une chaise longue à la plage.Il laisse ses appareils électroniques à côté de lui et s\u2019endort en oubliant que la marée monte.En se réveillant, il découvre que tous ses écrans sont brisés. « Et maintenant, qu\u2019est-ce que je suis censé faire ?», beugle-t-il à ses parents. Eh bien \u2014 attention, alerte au divulgachage ! \u2014, en lâchant son cel, il va découvrir qu\u2019il peut se faire des amis.Un matin, une bande de jeunes hawaïens l\u2019invite à monter à bord d\u2019un Hokule\u2019a, une grande pirogue traditionnelle locale.Il leur manque un rameur dans l\u2019équipe. Cette invitation va changer la vie de Quinn, au point où il ne voudra plus rentrer à la maison. Quinn est un des personnages secondaires de la fabuleuse comédie satirique de HBO Le lotus blanc, disponible depuis cet été sur Crave (et qui met en vedette la musique hypnotisante du montréalais Cristobal Tapia de Veer).Son histoire n\u2019est pas l\u2019intrigue principale de la série.Mais c\u2019est une des plus palpitantes parce qu\u2019elle met le doigt sur un sentiment qu\u2019on a tous éprouvé : le besoin d\u2019appartenance.Vous vous souvenez de cette bonne vieille pyramide de Mas- low qu\u2019on enseigne dans les cours d\u2019intro à la psycho?Dans les années 60, le psychologue humaniste Abraham Maslow avait estimé que les humains avaient cinq besoins fondamentaux : 1) des besoins physiologiques 2 ) de sécurité 3) d\u2019appartenance 4) d\u2019estime et 5) d\u2019auto-accomplissement. Au troisième étage de sa pyramide, il y avait donc l\u2019appartenance, qu\u2019il définissait comme le besoin de sentir qu\u2019on appartient à des groupes de personnes \u2014 une famille, des amis, des collègues ou des coéquipiers, par exemple.Pour Maslow, qui est mort à la fin des années 70, ces petites tribus auxquelles on appartient étaient essentielles au bien-être. Plus on est exclu, plus on se sent vide.Plus on est inclus, plus on se sent plus comblé. Quinn, lui, est un ado sans amis avec pour seul intérêt les jeux vidéo.« À la maison, je n\u2019ai pas de vie », dit-il à ses parents.Et là, à Hawaï, enfin, il est intégré à une tribu avec des gars de son âge.Devinez pourquoi il ne veut plus repartir! Bien sûr, le pouvoir motiva- tionnel de l\u2019appartenance ne s\u2019applique pas juste aux ados en quête d\u2019amitié.Plus notre sentiment d\u2019appartenance à un groupe est fort, plus on ira dans les coins pour récupérer la rondelle, plus on voudra aller à l\u2019école, plus on donnera un coup de main à nos collègues, plus on participera aux fêtes de famille. Le sentiment d\u2019appartenance naît quand on a la conviction de faire partie de la « gang » et d\u2019y jouer un rôle important.Il se construit quand on traverse ensemble des obstacles, quand on partage des souvenirs, des traditions, des rituels. Mais ce sentiment peut diminuer si on ne l\u2019alimente pas.C\u2019est peut-être un des plus gros désavantages du télétravail. Jennifer Moss, une collaboratrice du Globe and Mail spécialisée dans le bien-être au boulot, rapportait récemment que son équipe de recherche avait mesuré l\u2019ampleur du problème : 85 % des répondants ont déclaré que leur bien-être avait diminué pendant la pandémie et environ 40 % des personnes interrogées ont déclaré avoir du mal à se sentir aussi déconnectées de leurs collègues.Avec le retour partiel du travail au bureau dans certaines organisations, j\u2019ai comme l\u2019impression que plusieurs travailleurs réaliseront à quel point les jasettes à la machine à café leur manquaient. Oui, Zoom et Teams, c\u2019est bien pratique, mais ce n\u2019est pas comme ça comme qu\u2019on soude une tribu. MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS Où sont vos tribus ? Dans Le lotus Blanc (HBO), Quinn, 16 ans, découvre les bienfaits du sentiment d\u2019appartenance.\u2014 PHOTO MARIO PEREZ/HBO Plus on est exclu, plus on se sent vide.Plus on est inclus, plus on se sent plus comblé. SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS D ans sa chanson « Les gens de mon pays », Gilles Vigneault nous parle de son « hiver si longue ».Se pourrait-il que le mot « hiver » soit féminin en certaines circonstances?Claude Migneault Québec Il y a un certain nombre de mots « trans » dans la langue française.Certains sont passés du masculin au féminin.D\u2019autres ont fait le chemin inverse.Un petit groupe possède les deux genres en toutes circonstances, alors que quelques-uns changent de genre seulement dans des contextes particuliers.Mais malheureusement, hiver n\u2019entre pas dans cette catégorie.D\u2019ailleurs, s\u2019il vous arrive d\u2019entendre ou d\u2019échapper des tournures comme « une été chaude », « une belle automne » ou « une longue hiver », tenez-le-vous pour dit, ou alors faites circuler l\u2019information autour de vous : les noms des saisons sont TOUS masculins.Dans sa chanson, Gilles Vi- gneault, comme il l\u2019a fait dans plusieurs de ses textes et poèmes, a voulu simplement rendre hommage à la parlure québécoise, notamment au fait que beaucoup de Québécois emploient les noms de saisons au féminin (hormis printemps).Maintenant, est-ce parce que ces mots ont effectivement déjà été féminins autrefois?L\u2019hypothèse n\u2019est pas farfelue : quand on scrute l\u2019évolution du genre des mots, on s\u2019aperçoit qu\u2019au fil des siècles, plusieurs sont passés du féminin au masculin, ou vice-versa.Le plus bel exemple, c\u2019est le mot argent.Quand vous entendez des gens parler de « grosse argent », de « toute leur argent », d\u2019« argent canadienne, américaine », c\u2019est à la fois une faute, mais aussi un résidu de l\u2019ancien français, datant de l\u2019époque où ce mot était féminin.La Banque de dépannage linguistique (BDL) comporte d\u2019ailleurs une fiche sur ce sujet.Revenons à nos saisons.Le mot hiver a-t-il déjà été féminin?Je n\u2019en ai pas trouvé de trace ni pour été non plus.Mais pour automne, oui! Le Dictionnaire Littré (1872- 1877) cite plusieurs auteurs qui emploient le féminin.« Je me représente cette automne-là délicieuse » chez Madame de Sévigné (XVIIe siècle).« Il est vrai, Monsieur, que j\u2019allai à Bruxelles l\u2019automne dernière » chez Féne- lon.Dans les grammaires de l\u2019époque, note Littré, on retrouve même des règles où l\u2019on dit que l\u2019adjectif doit être masculin s\u2019il est placé tout de suite avant (un bel automne), et féminin dans le cas où il est placé après (l\u2019automne passée).Ces règles n\u2019ont plus cours aujourd\u2019hui.UNE VRAIE POISON Si vous fouillez sur la toile, vous tomberez probablement sur un intéressant article du Figaro publié l\u2019an dernier et s\u2019attardant sur quatre mots qui ont effectué un changement de genre dans leur trajectoire : poison, horloge, auto et squelette.Dans le cas de poison, je m\u2019en doutais un peu, car le folkloriste Michel Faubert chante un air intitulé La poison sur un de ses albums.On s\u2019est même déjà servi de ce mot pour injurier une femme détestée (« c\u2019est une vraie poison! »).Dans le cas d\u2019auto, l\u2019auteur de l\u2019article du Figaro nous rappelle que le mot automobile a d\u2019abord été un adjectif permettant de qualifier ce qui se meut par lui- même (« véhicule automobile », « voiture automobile »).L\u2019adjectif s\u2019est par la suite substantivé, c\u2019est- à-dire qu\u2019il a muté en nom.Or, quand on transforme un adjectif en nom, on le fait généralement au masculin (« une chose essentielle » devient « l\u2019essentiel », « un sujet politique » devient « le politique », etc.).Il y a un peu plus de cent ans, il était donc courant d\u2019entendre « un auto ».Cette tournure est restée vivante dans la langue familière et populaire.Finalement, vous êtes peut- être déjà tombé sur ce texte qui inonde les réseaux sociaux et qui nous affirme que squelette est le seul mot masculin se terminant en « -ette » en français (ce qui est faux, car il y a les mots quartette, magnétocassette et plusieurs autres, dont des mots composés comme bal-musette).L\u2019article nous apprend toutefois que squelette était employé au féminin au XVIe siècle, et que l\u2019on écrivait même « une esquelete », comme beaucoup de gens disent encore ici.EN SANDWICH ENTRE MASCULIN ET FÉMININ Citons, parmi les autres mots qui ont changé de genre, « la sandwich », qui a abandonné le féminin pour le masculin (bien qu\u2019« une sandwich » soit encore très répandu au Québec dans la langue populaire), « le date », « le dent », « le steppe », « un alvéole », « une synopsis ».On a même déjà employé pamplemousse avec les deux genres.Aujourd\u2019hui, il reste une poignée de mots qui sont acceptés dans les deux genres : après-midi, perce-neige, météorite, enzyme, trampoline, palabre, éphémère (l\u2019insecte), country.Dans certains cas, il y a un genre qui est plus fréquent (« une trampoline », par exemple), mais opter pour le moins courant n\u2019est pas fautif.Finalement, vous avez probablement déjà entendu parler d\u2019amour, délice et orgue, qui sont censés devenir féminins lorsqu\u2019ils sont au pluriel.Mais ce n\u2019est pas automatique.Ainsi, dans le cas du mot orgue, il faut faire référence à « un seul instrument d\u2019impressionnantes dimensions », nous rappelle la BDL, pas à de petits orgues de sous-sol.Quant à délice, il doit désigner un « plaisir exaltant ou qui enivre », pas un simple plaisir gustatif.Je pourrais aussi vous parler des règles entourant gens et œuvre\u2026 mais il me faudrait 1000 mots de plus pour vous les résumer.Je vais plutôt vous recommander d\u2019aller fouiller dans la BDL : des heures de plaisir (ou de découragement) vous y attendent! PERLES DE LA SEMAINE Encore des perles de petites annonces récoltées par Infoman.Connaissez-vous le site et l\u2019application Letgo?C\u2019est ce qu\u2019on a envie de faire quand on tombe sur certaines orthographes.À vendre : chaise et ricaniez (récamier) 2006 Ford Mustang décapitable Terminal enrichistreur Micafateur à vendre, 30 $ (humidificateur) Oreiller pour tête plate Sechausse Samsung, achetée en 2019, fonctionne très bien.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Les mots trans STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Même si plusieurs Québécois emploient les noms des saisons au féminin (hormis printemps), ceux-ci sont tous masculins.Mais automne a déjà eu les deux genres.\u2014 PHOTO 123RF laTribune SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 M31 FERNAND JALBERT personnalité ANTHONY OUELLET aouellet@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Un éternel avant- gardiste : voilà ce qui peut définir le mieux possible Fernand Jalbert.Celui qui a célébré son demi-siècle à titre d\u2019ingénieur biomédical en juin 2021 est en effet l\u2019un des pionniers de cette profession au Québec et il n\u2019est pas prêt de quitter.C\u2019est bien humblement que l\u2019homme de 73 ans se décrit comme « le deuxième ingénieur biomédical certifié en génie clinique » de l\u2019histoire du Québec.Il exerce cet emploi depuis 1971.Notons qu\u2019un ingénieur biomédical est responsable de la conception des machines, alors que ceux qui sont certifiés en génie clinique travaillent auprès des patients, choisissent quelles machines acheter et évaluent les besoins du personnel clinique pour les guider dans leurs choix technologiques.Celui qui travaille depuis 2019 à titre de spécialiste en sciences biologiques et physiques au CIUSSS de l\u2019Estrie-CHUS note d\u2019ailleurs que ses débuts dans ce milieu, alors qu\u2019il était l\u2019un des rares à s\u2019y spécialiser, n\u2019ont pas toujours été faciles.« Il y a eu au début des doutes de certains médecins, entre autres, par rapport à des méthodes que j\u2019amenais et c\u2019était normal, je devais gagner leur confiance.Ce qui était dur aussi, c\u2019était d\u2019être seul.Quand je suis arrivé en Estrie de Montréal en 1980, on m\u2019appelait de Drummondville, de Lac- Mégantic, de Magog.Tous les problèmes me tombaient dessus et c\u2019était une grande solitude, car je n\u2019avais pas de collègue à appeler », relate-t-il.Notons que le CIUSSS de l\u2019Estrie-CHUS compte a u j o u r d\u2019 h u i u n e q u i n z a i n e d\u2019ingénieurs biomédicaux certifiés en génie clinique.Fernand Jalbert se souvient d\u2019ailleurs d\u2019un événement en particulier dans ses premières années où un gynécologue lui avait demandé de déclarer mort un fœtus.Après que M. Jalbert eut utilisé sa technologie, qui était à l\u2019époque nouvelle, de monitorage fœtal, il a découvert que le bébé était encore en vie, mais qu\u2019il avait un rythme cardiaque très élevé.« J \u2019ai dû m\u2019obstiner avec le gynécologue pour qu\u2019il fasse accoucher la mère par césarienne », se souvient-il.Finalement, ce bébé à qui aucun médecin ne donnait de chances de naître aura vécu quatre ans.« Ç\u2019a prouvé que ma science était utile.Ç\u2019a marqué le début de mon emploi », souligne M. Jalbert.TOUJOURS À L\u2019AVANT-GARDE Étant un pionnier de la profession au Québec, Fernard Jalbert a contribué à plusieurs avancées en génie biomédical.« J\u2019aime ça faire des choses qui font plaisir, qui servent.C\u2019est sûr que construire un pont, c\u2019est noble aussi, mais quand ça touche le corps humain, c\u2019est tangible.J\u2019ai inventé des instruments de chirurgie, j\u2019ai des brevets pour des machines et je suis très content de voir que tout ça sert dans des opérations », affirme-t-il.Ce statut de pionnier, il vient pour Fernand Jalbert avec une responsabilité d\u2019aider ses jeunes collègues dans leur apprentissage.« Ils m\u2019interpellent beaucoup et ça me fait plaisir.Je leur dis d\u2019abuser de moi s\u2019il faut même.Je suis parmi les plus vieux du Québec, j\u2019ai l\u2019historique et le métier, je me dois d\u2019aider », estime M. Jalbert.Loin de considérer qu\u2019il a la vérité absolue, Fernand Jalbert indique qu\u2019il continue à apprendre chaque jour.« C\u2019est ce qui fait que j\u2019aime toujours ça, même après 50 ans.Je ne suis pas prêt à arrêter, je suis en santé et j\u2019aime ce que je fais », confie-t-il.« Le mot retraite pour moi, conti- nue-t-il, ne veut rien dire.Ce n\u2019est pas difficile pour moi de transmettre mes connaissances et de les appliquer. » BOULIMIE Le travail n\u2019empêche pas Fernand Jalbert d\u2019avoir une liste impressionnante de passions et de passe- temps pour meubler son temps libre, loin de là.Musique, couture, photographie, pilotage de drones, voyage, pêche au saumon : M. Jalbert se définit lui-même comme un « boulimique » de la vie.« La vraie retraite, pour moi, c\u2019est de voyager le plus possible en continuant mon travail », explique celui qui quittera bientôt pour un périple de six mois aux Territoires du Nord-Ouest.Malgré cet amour pour son travail et sa volonté incessante de transmettre son savoir, Fernand Jalbert a été très heureux de voir son labeur récompensé par un Mérite estrien.« J\u2019ai été bouleversé que les gens reconnaissent que j\u2019ai contribué à ce métier-là, ça m\u2019a fait quelque chose », a-t-il lâché.50 ans plus tard, toujours prêt à aider \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JEAN ROY REPÈRES Natif de Shawinigan Habite à Sherbrooke depuis 1980 Père de deux enfants et grand-père par alliance de six petits enfants et une arrière-petite-fille Diplômé en génie physique de l\u2019Université Laval en 1971 PARTENAIRES COMMANDITAIRES ViVement le retour s\u2019entretient avec la personnalité du Mérite estrien dès 15h regardez la capsule du Mérite estrien au téléjournal estrie 18h 0057510 SAMEDI 13 NOVEMBRE 2021 laTribune M32 NUMÉR IQUE Local.De calibre mondial.Abonnez-vous sans tarder sur latribune.ca DONNÉES PERSONNELLES PROTÉGÉES.AUCUNEOBLIGATIONÀ LONG TERME.Un abonnement facile, rapide et sécurisé Bienquecette édition impriméeduweek-end soitmaintenue, votre médiapréféréest dorénavantdisponible en formulenumériquepayante.Abonnez-vouspour accéder, chaque jour, à cette informationdeproximité crédible et rigoureusequi a toujours éténotremarque.\u2022 Accès aux sites Web des six médias membres des coops de l\u2019information \u2022 Accès aux applications mobiles iOS et Android des six médias \u2022 Accès simultanés autorisés LE NUMÉRIQUE ET PAPIER TOUT COMPRIS LE NUMÉRIQUE TOUT COMPRIS 9,95$/mois 16,95$/mois 4 semaines gratuites 4 semaines gratuites 4 semaines gratuites L\u2019ESSENTIEL NUMÉRIQUE Besoin d\u2019en discuter avec nous?Notre service à la clientèle est là pour vous.1 888 711-2624 Des questions en tête?Consultez notre foire auxquestions www.monsamedi.com/faq Cliquez pour tourner la page Tous les avantages du plan «L\u2019essentiel numérique», plus un accès aux éditions magazines du week-end en format intégral électronique (disponibles dans les applications mobiles le samedi).Un abonnement.Six médias.Tous les avantages du plan «Le numérique tout compris», plus l\u2019édition imprimée du samedi de votre média préféré, livrée à domicile (si disponible dans votre secteur).+ TAXES + TAXES 12,95$/mois + TAXES Local.De calibre mondial.0079199 "]
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