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Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
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La tribune, 2021-10-02, Collections de BAnQ.

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[" ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air LA CÔTE- DE-BEAUPRÉ EN PLEINE NATURE + VOYAGES Bourlingueur BEAUTÉ ET POPULARITÉ DU LAC MORAINE + EN CUISINE Livres véganes DEUX NOUVEAUTÉS SIGNÉES LOOUNIE ET JEAN-PHILIPPE SEMAINE DU 2 AU 8 OCTOBRE 2021 ARTS Livres MICHEL TREMBLAY : INSPIRÉ ET INSPIRANT P H O T O L A P R E S S E , H U G O - S É B A S T I E N A U B E R T BIZ AFFRONTER LES LYNCHEURS SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M2 PlacART CHANSON DE CIRCONSTANCE CANNES Barbara Carlotti Les lys brisés (2003) \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?RETAILLE D\u2019ENTREVUE Vous serez peut-être surpris d\u2019apprendre qu\u2019il y a 75 ans, nous étions au cœur du tout premier Festival de Cannes.Ce n\u2019est en effet qu\u2019en 1951 que l\u2019événement, d\u2019abord automnal, a été déplacé en mai.L\u2019édition de 1946 était aussi la « deuxième première », car le festival devait naître en septembre 1939, jusqu\u2019à ce que la guerre en force l\u2019annulation.Ironiquement, le cinéma italien, pays membre des forces de l\u2019Axe et encore ennemi 18 mois auparavant, s\u2019est démarqué cette année-là, notamment grâce à Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini, une histoire de résistance campée dans la Ville éternelle.Le long métrage a remporté le Grand Prix (la Palme d\u2019or n\u2019est arrivée qu\u2019en 1955), avec une nuance : il était ex aequo avec dix autres films! Évidemment, le festival a bien changé en trois quarts de siècle, et le portrait qu\u2019en a fait Barbara Carlotti en 2003 n\u2019a plus rien à voir avec les débuts.STEVE BERGERON SHERBROOKE \u2014 Au début de juin, Patrice Michaud a annoncé qu\u2019il ne reprendrait pas le rôle d\u2019animateur de Star Académie en 2022, étant donné son album et sa tournée à venir, et ce, même si sa prestation aux commandes des galas dominicaux a été saluée l\u2019hiver dernier.Pour un artiste qui affectionne la scène comme lui, on pourrait croire que cette décision était une évidence.Mais le Gaspésien a quand même pris le temps d\u2019y réfléchir.« Ce qui était évident, c\u2019est que je ne pouvais pas faire les deux de front.Je sais désormais tout l\u2019investissement que demande une émission comme celle-là.La porte était ouverte pour que je fasse une deuxième saison.Mais comme ma passion dans la vie, c\u2019est de faire de la musique, d\u2019écrire des chansons et de les défendre, sur disque comme en spectacle, j\u2019ai eu assez rapidement cette conversation avec l\u2019équipe de Star Académie que je préférais mettre toutes mes énergies là-dedans. » « Je ne suis pas un bourreau de travail, poursuit-il.Je peux faire différentes choses en même temps, mais ça me demande tout mon petit change et surtout toute ma tête lorsque je fais un disque et que j\u2019essaie de monter le meilleur spectacle \u2014 parce que je me mêle de tout : les éclairages, le décor, mes interventions avec le public, mes interactions avec le groupe, les arrangements et réarrangements des chansons.Et c\u2019est la même chose pour le disque : je suis là pour toutes les décisions. » STEVE BERGERON Coupée au montage de l\u2019entrevue du 25 septembre 2021.Patrice Michaud \u2014 PHOTO ANDRÉANNE GAUTHIER EXPO Cultures croisées : l\u2019art, la terre et les racines Lancée en août 2020 par la Maison des arts Saint-Laurent de Compton et les Compto- nales, la deuxième cuvée du projet Cultures croisées associe à nouveau quatre producteurs agricoles avec des artistes qui se sont laissé inspirer par eux.Pendant plusieurs mois, les créatrices participantes ont donc sillonné les terres des maraîchers et éleveurs auxquels elles ont été jumelées, ont discuté avec eux et se sont imprégnées de l\u2019ambiance des lieux.Le fruit de cette rencontre se concrétise dans de nouvelles œuvres d\u2019art.Elles sont signées par Nátali de Mello (jumelée à la Ferme Ferland), Lucie Vincent (verger Le Gros Pierre), Nancy Roy (Ferme Lennon) et Regine Neumann en collectif avec ses trois étudiantes Faustine Gruninger, Chantal Lafond et Marie-Pierre Ranger (Ferme les Broussailles).À la Maison des arts Saint-Laurent de Compton, jusqu\u2019au 11 octobre.La Maison est ouverte la fin de semaine, de 10 h à 16, ainsi que le jour de l\u2019Action de grâce.STEVE BERGERON \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, SIMON RANCOURT Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Gin à l\u2019eau salée, Salebarbes 2 Petite nature, Émile Bilodeau 3 Mélodies country, René Turgeon 4 Le tour du grand bois, Édith Butler 5 Chaos, Artistes variés 6 Hemenetset, Jorane 7 Perséides, Cœur de Pirate 7 Pictura de ipse : musique directe, Hubert Lenoir 9 Inscape, Alexandra Stréliski 10 Live au Pas Perdus, Salebarbes \u203a NON FRANCOPHONE 1 Metallica, Metallica 2 Senjutsu, Iron Maiden 3 Phœnix, Charlotte Cardin 4 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 5 Montero, Lil Nax S 6 Mercury \u2014 Act 1, Imagine Dragons 7 Happier than Ever, Billie Eilish 8 Springtime in New York : The Bootleg Series Vol.16 (1980-1985), Bob Dylan 9 Seasons of Change, Half Moon Run 10 No More Tears, Ozzy Osbourne Émile Bilodeau \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M3 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Avec dorénavant dix- neuf romans derrière la cravate, Guillaume Musso n\u2019a plus besoin de présentation.Cet automne, l\u2019écrivain le plus lu en France depuis les dix dernières années nous revient avec L\u2019inconnue de la Seine.Un nouvel ouvrage qui transportera ses lecteurs au cœur d\u2019une folle enquête dans laquelle l\u2019auteur glisse une touche de mythologie et de fantastique.Fin XIXe siècle, une jeune femme aurait été retrouvée morte dans les eaux de la Seine.La légende veut qu\u2019un employé de la morgue, subjugué par sa beauté, ait réalisé un moulage de son visage.Au fil des ans, le masque mortuaire, dans lequel sont figés à jamais le petit sourire et les pommettes saillantes de la noyée anonyme, est reproduit en de multiples exemplaires.L\u2019histoire fascine bon nombre d\u2019artistes dont Louis Aragon, qui y fait référence dans son roman Aurélien.Si Guillaume Musso ne se laisse que récemment « prendre au jeu » de la mythologie grecque grâce aux ouvrages jeunesse que possèdent ses enfants, le fait divers de l\u2019inconnue de la Seine pique sa curiosité, dès l\u2019adolescence, lorsqu\u2019il parcourt l\u2019œuvre du poète français.« J\u2019ai été étonné par la beauté du masque mortuaire, la sérénité du visage face à la mort, son côté paisible », nous explique Guillaume Musso, au bout du fil.L\u2019auteur français pense donc à mettre sérieusement sur papier sa propre vision de cette anecdote depuis une douzaine d\u2019années.Avec son nouveau roman, il offre à ses lecteurs une version à sa sauce, bien enracinée dans notre époque : une jeune femme ayant perdu la mémoire est retrouvée nue et complètement désorientée dans les eaux du fleuve, près du Pont-Neuf.L\u2019histoire tombe rapidement entre les mains des enquêteurs et plus particulièrement dans celles de Roxane Montchrestien, une policière employée à la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) qui se voit rétrograder dans un secteur sous-financé et en voie d\u2019être fermé : le Bureau des affaires non conventionnelles.SOMBRE PARIS Si Guillaume Musso a tenu à ne pas parler de la COVID-19 dans son histoire, qui se déroule en 2020, le livre en est tout de même teinté.Rapidement campé dans un Paris sombre et un peu « glauque », le roman se forge autour d\u2019un univers triste et rempli de grisaille.Une ambiance qui évolue toutefois « vers davantage de lumière » puisque portée notamment par la passion de Roxane qui se donne pour mission de découvrir le mystère derrière l\u2019identité de la jeune femme.« Je n\u2019ai pas du tout écrit pendant le premier confinement.J\u2019ai plutôt pris du temps pour faire l\u2019école à la maison avec mes enfants.J\u2019ai enseigné dix ans avant d\u2019être auteur, donc j\u2019ai eu envie de le faire », raconte Guillaume Musso, pour qui l\u2019écriture est toutefois rapidement redevenue une échappatoire face aux énièmes vagues et conflits qui surgissaient alors dans l\u2019Hexagone.Pour le fervent amateur d\u2019enquête et surtout de suspense, il s\u2019agit donc ici d\u2019un retour au polar, ce « genre qui permet une immersion très forte » dans le roman.« Je crée toujours en essayant de me projeter moi-même ailleurs.Je me dis que si j\u2019y arrive, alors les lecteurs aussi le seront », estime l\u2019auteur, qui prend plaisir à écrire ou à lire « des histoires qui font un peu peur ».QUÉBEC \u2014 Si la célébrité et les nombreux succès littéraires collent à la peau de Guillaume Musso, Le Soleil joint pourtant au téléphone un auteur bien humble, passionné par le seul fait d\u2019écrire et de divertir ses lecteurs.Guillaume Musso l\u2019a souvent souligné en entrevue : la pression commerciale, les attentes du public ou la critique, il ne souhaite pas s\u2019en faire outre mesure.S\u2019il admet que ces enjeux sont pourtant indissociables du métier d\u2019écrivain d\u2019aujourd\u2019hui, il affirme toutefois ne pas être « dépendant du regard des autres ».Ses deux pieds sur terre, il les doit donc en premier lieu à son entourage : notamment ses enfants en bas âge et ses proches qui pratiquent des métiers tout à fait « normaux ».Mais aussi à son emploi du temps chargé qui fait en sorte que tout coule naturellement : dix mois de rédaction, un de vacances et un de promotion, puis c\u2019est reparti.« Vous savez, ce qu\u2019il y a d\u2019important dans la vie, c\u2019est l\u2019amour, votre santé et celle de votre famille, votre emploi, l\u2019avenir que vous projetez pour vos enfants\u2026 Le reste ne m\u2019atteint ni en bien ni en mal.Un commentaire positif ou négatif me réjouit ou m\u2019attriste quelques minutes seulement », précise l\u2019auteur dont les œuvres sont traduites dans une quarantaine de langues.DOUBLE CULTURE Pour l\u2019ancien enseignant, qui a connu son tout premier succès littéraire à 30 ans avec Et après\u2026, l\u2019éducation est peut-être aussi pour quelque chose.« J\u2019ai reçu une double culture », note-t-il.Si sa mère, bibliothécaire, l\u2019a rapidement guidé entre autres vers l\u2019art, son père, directeur financier, l\u2019a quant à lui poussé à s\u2019intéresser à l\u2019économie, à l\u2019actualité, etc.Avec des « centres d\u2019intérêt divers et variés », Guillaume Musso estime avoir un regard qui porte sur la société en général.Une question demeure tout de même : à quoi rêve-t-on une fois que notre nom est associé au titre de l\u2019écrivain le plus lu de France depuis les dix dernières années?En tant qu\u2019auteur, « à une belle série télévisée inspirée d\u2019un de nos romans », lance-t-il, le sourire dans la voix, sachant que ce souhait est en voie de se réaliser avec The Reunion, adaptée de son ouvrage La jeune fille et la nuit.Mais plus sérieusement, « en tant que père de famille et citoyen, on espère que les générations futures puissent grandir sur une planète qui sera viable », conclut-il.LÉA HARVEY, LE SOLEIL ÉCRIRE, LES DEUX PIEDS SUR TERRE Guillaume Musso \u2014 PHOTO EMANUELE SCORCELLETTI GUILLAUME MUSSO L\u2019inconnue de la Seine SUSPENSE POLICIER Calmann Lévy 423 pages RÉACTUALISER LES MYTHES, FAÇON MUSSO « Ce qu\u2019il y a d\u2019important dans la vie, c\u2019est l\u2019amour, votre santé et celle de votre famille, votre emploi, l\u2019avenir que vous projetez pour vos enfants.Le reste ne m\u2019atteint ni en bien ni en mal. » \u2014 Guillaume Musso SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M4 LIVRES ISABEL AUTHIER La Voix de l\u2019Est GRANBY \u2014 La scène vaut le détour : la comédienne et romancière Francine Ruel habillée en mou au milieu d\u2019un troupeau de chèvres, qu\u2019elle appelle affectueusement « les filles ».En ce petit matin gris et frisquet où nous avons rendez-vous, ni le décor ni les biquettes ne sont pourtant fortuits : ils composent la toile de fond du nouveau roman de l\u2019écrivaine, joliment intitulé Le promeneur de chèvres.Nous sommes à Sutton, chez Patrick Leimgruber, son agent littéraire, propriétaire d\u2019une terre où s\u2019ébrouent chiens, chats, poules, oies, chevaux et le petit cheptel caprin.Sur la galerie de la résidence du chemin Alderbrooke, Francine Ruel raconte la genèse de cet ouvrage inspiré de cet ami, qui est lui-même promeneur de chèvres.« Patrick va marcher avec ses chèvres deux fois par jour dans ses prés et il en a fait une activité touristique où il offre aux gens de l\u2019accompagner.Je me disais : quelle belle idée et quelle belle galerie de personnages ça ferait! Mais c\u2019était un peu mince comme histoire.Alors, je suis partie du roman Sous le soleil des Scorta de Laurent Gaudé, que j\u2019avais beaucoup aimé.C\u2019est une saga formidable de gens avec des secrets, qui ne parlent pas beaucoup et qui cachent leurs origines.Dans le roman, un des personnages réunit un jour tous les membres de sa famille et leur fait promettre d\u2019enfin parler, après s\u2019être longtemps tu, et de transmettre leur savoir.Ça m\u2019avait beaucoup touchée », dit- elle, en s\u2019attristant du peu de considération qu\u2019on accorde aujourd\u2019hui aux personnes âgées, malgré leur parcours extraordinaire et les mille choses qu\u2019elles ont encore à raconter.HENRI ET GILLES Mine de rien, elle détenait tous les éléments qu\u2019il lui fallait pour mettre au monde une belle histoire où il serait question de la rencontre de deux mondes, du retour à l\u2019essentiel, du destin qu\u2019on choisit, de filiation et surtout d\u2019héritage.Tout cela à travers Henri \u2014 alias Henri- quet ou Pachou \u2014, un vieux Basque d\u2019apparence ordinaire, mais pétri de culture et de connaissances, et son petit-fils Gilles, que la pandémie a laissé sans emploi, sans logement et sans repères.En arrachant Gillou, presque contre son gré, à la grande ville pour l\u2019amener dans sa petite ferme des Cantons-de-l\u2019Est, l\u2019aîné lui transmet ce qu\u2019il sait, l\u2019initie à son univers, apaise doucement son âme et lui redonne l\u2019envie des choses simples de la vie, notamment à travers les promenades avec les chèvres.« Un roman, ça se construit une fois qu\u2019on peut nourrir le premier flash.Quand j\u2019ai pu réunir les chèvres, le grand-père, le petit-fils et l\u2019idée de la passation du savoir, j\u2019avais un fil solide.C\u2019était très agréable à écrire », confie la résidente de Lac-Brome.Pour Gilles, globe-trotteur devant l\u2019éternel, ce nouveau voyage prend en effet une tournure intime, sous le sceau des retrouvailles, de l\u2019amour, de la simplicité et de la bonne chère.TABLÉES OÙ ON S\u2019ENGUEULE Au fil des pages, on reconnaît d\u2019ailleurs le penchant de Francine Ruel pour les grandes tablées estivales qu\u2019on voit au cinéma.« J\u2019aime beaucoup la France, où j\u2019ai déjà vécu.J\u2019aime ces grandes réunions familiales où on refait le monde autour d\u2019une table et où les gens s\u2019engueulent, comme dans les films Vincent, François, Paul et les autres ou Les choses de la vie de Claude Sautet. » Et au même titre que celle du Promeneur de chèvres, sa maison est aussi remplie de bouquins, « parce que vivre entourée de livres, c\u2019est pas mal », fait-elle remarquer en souriant.On ne dévoilera pas la fin de ce récit initiatique.Disons seulement que le vieux Henri a plus d\u2019un tour dans son sac pour surprendre son héritier.De cette conclusion, qui lui a demandé beaucoup de recherche \u2014 « j\u2019ai tricoté fort et j\u2019étais contente que ça marche! » \u2014, Francine Ruel est visiblement ravie.« J\u2019adore écrire des fins, quand tous les fils se rattachent, que tout se tient et que je ne laisse rien en plan.Pour ce livre, je me suis fait confiance.Et ça, c\u2019est le résultat de bien des années d\u2019écriture. » glisse-t-elle.FRANCINE RUEL Roman caprin Pour illustrer la trame de son nouveau roman, Francine Ruel a promené le troupeau de chèvres de son ami Patrick le temps d\u2019une séance de photos.\u2014 PHOTO LA VOIX DE L\u2019EST, ALAIN DION FRANCINE RUEL Le promeneur de chèvres ROMAN Libre Expression 280 pages En librairie le 6 octobre SON ACTUALITÉ GRANBY \u2014 Le roman de Francine Ruel, Anna et l\u2019en- fant-vieillard, qui a connu un beau succès critique et populaire, sera transposé en une série de huit épisodes diffusée en automne 2022 sur les ondes de TVA.« La série ne sera pas écrite par moi et c\u2019est voulu ainsi.C\u2019est l\u2019extraordinaire François Archambault qui l\u2019écrira.Le tournage aura lieu à la fin de l\u2019hiver et au début du printemps prochain », indique l\u2019auteure.Celle-ci participera par ailleurs aux Salons du livre de Montréal, de l\u2019Estrie et de Dieppe au Nouveau- Brunswick au cours des mois à venir.La comédienne apparaîtra également dans le rôle de la grand-mère de Gabrielle Roy dans la série Le monde de Gabrielle Roy, présentée prochainement sur Ici Tou.tv Extra.ISABEL AUTHIER, LA VOIX DE L\u2019EST laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M5 LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 On n\u2019aura peut-être jamais autant prononcé le mot « nuance » que lors de cet entretien avec Biz.Preuve qu\u2019avec son nouveau roman, L\u2019horizon des évé- nements, l\u2019écrivain souhaite avant tout créer un débat d\u2019idées sain à propos des excès entourant la cancel culture, les microagressions ou encore le choc entre générations.Le tout avec amour, humour\u2026 et nuance.Quatre ans après la publication de La chaleur des mammifères, Biz replonge ses lecteurs dans le même milieu universitaire.Cette fois-ci non pas dans la peau de René McKay, mais bien dans celle d\u2019Achille Santerre, un professeur dans la quarantaine, passionné par Louis-Ferdinand Céline et père de deux enfants qu\u2019il aime éperdument.Ce retour au département des littératures de l\u2019Université de Montréal au Québec (UMAQ) n\u2019est pas pour faire le bilan de la grève étudiante, mais bien pour prendre le pouls de ce milieu actuellement traversé par d\u2019importantes questions.Des débats sur le choix des corpus, sur la façon d\u2019échanger des idées, etc.« Depuis deux ans, on voit ce qui se passe dans les universités et ça me préoccupe beaucoup.Comme créateur, la liberté d\u2019expression est au cœur de mon métier et de ma réflexion.J\u2019ai moi-même réfléchi à ma propre liberté en écrivant le livre », affirme Biz, tout en soulignant son amour pour ce milieu qu\u2019il connaît bien.Même si, pour l\u2019auteur, la tension dans les établissements d\u2019enseignement supérieur ne s\u2019explique pas seulement par un choc entre générations, il s\u2019agit cependant de l\u2019une des questions qui traversent les 224 pages de son nouveau roman.« En tant que \"représentant\" de la \"génération X\" (une catégorie publicitaire à laquelle je crois plus ou moins), je me sens bien placé pour comprendre à la fois les bou- meurs et les milléniaux.Ce livre a un peu la vision de réconcilier du monde », explique l\u2019homme de 48 ans.Achille Santerre évolue donc aux côtés d\u2019une foule de personnages de tous âges et provenant de tous horizons, qui représentent divers cas de figure.LE POUVOIR REDISTRIBUÉ Biz tient à le rappeler : l\u2019université est une microsociété.Selon lui, les réflexions qui s\u2019y déroulent vont au-delà des campus.« À mon avis, on assiste en ce moment à une révolution sociale qui redistribue le pouvoir dans toutes les sphères de la société, y compris à l\u2019université, mais ça va bien au-delà de ça.C\u2019est dans la politique, le domaine culturel, le monde du travail », constate-t-il.Pour Biz, on doit réellement s\u2019interroger sur les excès liés à cette révolution qui décapite même les « modérés », notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit de « pertes d\u2019emploi et de menaces de mort  », lorsqu\u2019un groupe empêche volontairement l\u2019enseignement d\u2019un sujet précis ou qu\u2019on lynche un professeur à partir d\u2019une phrase citée hors contexte sur les réseaux sociaux.« Moi, ça m\u2019interpelle et je pense qu\u2019on va trop loin.La cause est bonne, mais on doit faire attention à la façon dont on mène les combats.Les \"bonshommes blancs\" vont devoir céder une partie de leur place.Mais aucun animal n\u2019est programmé pour se réjouir du rétrécissement de sa niche écologique », estime celui qui « ne conteste pas la nécessité d\u2019un rééquilibrage du pouvoir au profit des femmes et des minorités ».PATINER SUR DES ŒUFS Biz a réfléchi longuement avant, pendant et après l\u2019écriture de son roman.En tant qu\u2019homme blanc de 48 ans, il est tout à fait conscient, en rédigeant sur ce type d\u2019enjeux, de « patiner sur des œufs ».Or, L\u2019horizon des événements provient de réels questionnements qu\u2019il souhaitait aborder avec le plus de nuance possible.Ce livre, indique-t-il, est celui sur lequel il a mis le plus de temps.Pour peaufiner l\u2019aspect esthétique de l\u2019ouvrage, mais aussi pour « pallier » les flèches qu\u2019il décoche à ses personnages.Il « redistribue ainsi la critique ».Non pas par des insultes, mais bien en « relevant les mauvais et les bons coups de tout le monde ».« Je n\u2019allais pas faire le chant du bonhomme blanc qui se lamente à la taverne.Je donne une petite taloche à tout le monde, qui se termine avec une petite caresse.Je me moque des femmes, des hommes, des vieux, des jeunes, des étudiants, des profs, de Radio Bla Bla Bla, de Q Radio.La justice et la nuance sont là pour moi : tout le monde passe dans le tordeur », précise l\u2019auteur, tout en rappelant qu\u2019il a écrit cette « œuvre de fiction » non pas pour choquer volontairement ses lecteurs, mais bien pour les divertir.PASSION CÉLINE Au cœur de tout cela, on retrouve Louis-Ferdinand Céline.Passionné par cet auteur, Achille Santerre entretient un dialogue avec l\u2019écrivain français tout au long du roman.Au fil des pages, le professeur s\u2019interrogera notamment sur la nécessité de l\u2019enseigner à l\u2019université et les raisons qui ont poussé Céline à publier \u2014 et à ne pas renier \u2014 ses « ignobles » pamphlets antisémites.Les œuvres de Céline n\u2019accompagnent Biz que depuis deux ou trois ans, mais le membre de Loco Locass est rapidement tombé sous le charme de sa plume, de sa rythmique.« Céline est tellement sulfureux et polarisant que je me suis demandé ce qu\u2019il aurait à dire, lui, de notre époque.Je me suis dit  : soyons un peu baveux et provocateur.Je n\u2019aborde pas les enjeux actuels avec le détachement de Jean-Paul Sartre ou de Camus.Je m\u2019en vais dans un incendie avec une torche humaine.Mais je voulais justement savoir où ça allait m\u2019emmener », soutient Biz.Au milieu des noms de Claude Gauvreau, Gustave Flaubert et Léon Trotski, l\u2019auteur fait aussi référence à des artistes tels que Michel Houellebecq, Serge Gainsbourg ou encore Lars Von Trier.Comme pour Céline, Biz ne souhaitait ici que souligner le «  génie stylistique  » de ces créateurs.BIZ ENFLAMMER L\u2019INCENDIE P H O T O S A C H A B O U R Q U E BIZ L\u2019horizon des événements ROMAN Leméac 224 pages SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M6 LIVRES STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca RICHMOND \u2014 Michel Tremblay a maintenant 79 ans, mais l\u2019âge ne l\u2019arrête pas.et encore moins la pandémie.Un nouveau volet de ses souvenirs liés à l\u2019art paraîtra à la fin du mois, le même jour que le texte de sa pièce Coronava- rius.Parallèlement, une autre pièce, Cher Tchekhov, après avoir été le roman Le cœur en bandoulière (2019), sera montée au Théâtre du Nouveau Monde en mai 2022, avant de partir en tournée québécoise.Comme si ce n\u2019était pas assez, deux autres de ses pièces, Albertine en cinq temps et Messe solennelle pour une pleine lune d\u2019été, sont en cours d\u2019adaptation pour l\u2019opéra.« J\u2019ai dit oui tout de suite », dit-il à propos de ce que la musicienne Catherine Major projetait de créer avec son Albertine.« J\u2019adore déjà la musique de Catherine, et j\u2019aime qu\u2019on me brasse la cage, qu\u2019on essaie des choses avec ce que j\u2019ai fait.En même temps, je n\u2019étais pas trop inquiet : la pièce a déjà fait le tour du monde deux ou trois fois.J\u2019ai vu les 50 minutes d\u2019extraits en août dernier au Rideau vert et j\u2019ai adoré ça! C\u2019était magnifique.et c\u2019est un cadeau extraordinaire! » dit-il à propos de cette œuvre dont on annonce la version finale et une tournée pour 2022-2023.Michel Tremblay ne s\u2019en fait donc pas vraiment de ne pas avoir encore trouvé sur quoi il écrira lorsqu\u2019il retournera passer l\u2019hiver à Key West.« Je ne m\u2019inquiète pas trop : j\u2019ai écrit 22 livres en 22 ans.Il y a deux ans, j\u2019étais épuisé et j\u2019avais dit que je n\u2019écrirais pas.Finalement, je suis revenu avec Victoire! » L\u2019hiver  2020-2021 a donc été consacré à la rédaction de ses Offrandes musicales, un ouvrage qui se situe dans sa série « mémorielle », dont font partie Les vues animées, Douze coups de théâtre et Vingt- trois secrets bien gardés.Ce nouveau livre rassemble une douzaine de souvenirs musicaux (dont quelques déceptions) : Madame Butterfly de Puccini, Barbara, Un bal masqué de Verdi, Brahms, Le lac des cygnes de Tchaïkovski.jusqu\u2019à L\u2019offrande musicale de Bach.En prime, deux codas fictionnelles, dans lesquelles la Duchesse de Langeais assiste à un concert d\u2019Édith Piaf, puis au Boléro de Ravel à l\u2019auditorium Le Plateau du parc La Fontaine.LA VOIX AUX AÎNÉS Quant à Coronavarius, racontant la pandémie vécue par deux nonagénaires séparés par la maladie après 70 ans de vie commune, elle a aussi été augmentée.Comme la lecture du texte ne dure qu\u2019une demi- heure, l\u2019éditeur a ajouté à la fin la transcription de la conversation des comédiens, animée par Guylaine Tremblay, qui avait suivi l\u2019enregistrement audio.D\u2019abord présentée à Ici Première en décembre, la pièce avait ensuite été offerte en balado, avant de faire l\u2019objet d\u2019une lecture publique au Rideau vert en juin.« J\u2019ai écrit cette pièce parce que je trouvais qu\u2019on parlait sans cesse des personnes âgées au début de la pandémie sans les entendre elles- mêmes.Les journalistes nous racontaient leur situation, leurs enfants se plaignaient de ne plus être capables d\u2019aller voir leurs parents, mais elles, on ne les entendait pas.J\u2019ai donc essayé de m\u2019immiscer dans ce qu\u2019elles vivaient », rappelle l\u2019homme de lettres, qui a tout de suite pensé réunir Denise Filiatrault et Jacques Godin, pour qui il avait écrit le télé- théâtre Trois petits tours 50 ans plus tôt.« Denise a accepté tout de suite.Ça l\u2019a beaucoup touchée.Elle m\u2019a dit qu\u2019elle avait pleuré comme lorsqu\u2019elle avait lu les Belles-sœurs.Malheureusement, Jacques est décédé.C\u2019est Gilbert Sicotte qui l\u2019a remplacé. » HOMMAGE À TCHEKHOV Cher Tchekhov ne sera pas la première œuvre de Michel Tremblay qui passe par le roman avant d\u2019être adaptée pour la scène.Bonbons assortis et Conversations avec un enfant curieux (devenue Enfant insignifiant) ont emprunté le même chemin.Sa particularité, c\u2019est qu\u2019elle devait être au départ une pièce de théâtre en hommage à Tchekhov, un des auteurs favori de Michel Tremblay.Mais pour une des rares fois de sa carrière, l\u2019écrivain a été victime d\u2019un blocage.Il a ainsi laissé le texte macérer dans son ordinateur pendant quelques années.La lumière Michel Tremblay fera paraître le 27 octobre Offrandes musicales, nouveau volet de ses souvenirs liés aux arts.Après le cinéma, le théâtre et la littérature, au tour maintenant de la musique.Le texte de sa pièce Coranavarius, inspirée de la pandémie et lue à la radio puis au Rideau vert par Denise Filiatrault et Gilbert Sicotte, sera publié le même jour.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD RICHMOND \u2014 Pour un écrivain de toujours comme Michel Tremblay, la nouvelle que des livres avaient été brûlés en Ontario dans un but de réconciliation avec les autochtones a suscité une forme d\u2019affolement.L\u2019acte de brûler un livre est associé à des épisodes tellement sombres de l\u2019histoire humaine qu\u2019il n\u2019est désormais plus possible de l\u2019en dissocier, considère-t-il.« Je ne connais aucun écrivain ni personne du milieu du livre qui n\u2019a pas été choqué.Ça rappelle tellement les autodafés de 1933 par les nazis, ou ceux de l\u2019inquisiteur Torquemada au Moyen Âge espagnol.Mettre le feu à quelque chose comme geste d\u2019amitié envers quelqu\u2019un, ça n\u2019a aucun bon sens.Et, on l\u2019a vu, même les autochtones n\u2019étaient pas d\u2019accord. » L\u2019auteur a été d\u2019autant plus troublé que cette nouvelle est survenue presque en même temps que l\u2019adoption des nouvelles lois sur l\u2019avortement au DE TROUBLANTS AUTODAFÉS MICHEL TREMBLAY TOUJOURS INSPIRÉ, TOUJOURS INSPIRANT 14-17 OCT 2021 LE SALON DU LIVRE EN MODE FESTIVAL DANS DIFFÉRENTS LIEUX RÉSERVATIONS OBLIGATOIRES POUR TOUTES LES ACTIVITÉS (Dès le 1er oct.) PROGRAMMATION COMPLÈTE EN LIGNE 0077156 laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M7 LIVRES s\u2019est faite lorsqu\u2019il l\u2019a retrouvé : et si c\u2019était plutôt le blocage qui devenait le cœur de l\u2019histoire?Telle était donc le nœud du roman Le cœur en bandoulière (2019), qui est en quelque sorte la fin de la trilogie amorcée par Le cœur découvert et Le cœur éclaté.« Cela me permettait de montrer l\u2019éclosion d\u2019une œuvre dans la tête d\u2019un écrivain, le processus d\u2019écriture, les scènes et les répliques qu\u2019on réécrit une, deux ou trois fois.Bref, de permettre au lecteur d\u2019assister à la naissance d\u2019une pièce. » C\u2019est Gilles Renaud (le comédien qui a le plus souvent incarné son alter ego Jean-Marc) qui a téléphoné à Michel Tremblay pour lui demander, après la sortie du livre, pourquoi ne pas maintenant la présenter au théâtre.« Justement, j\u2019y pensais, a-t-il répondu.Nous sommes allés voir Lorraine Pintal [directrice artistique du TNM] et elle nous a dit \"oui! oui! oui!\" » Pourquoi cette admiration pour Tchekhov, la sienne mais aussi celle des gens de théâtre en général?«  C\u2019est vrai qu\u2019i l est moins Texas.« Le retour de ces idées- là est très affolant.On dirait qu\u2019on sort d\u2019une période tellement libérale qu\u2019on ne pouvait pas imaginer que ces idées-là puissent revenir un jour.On s\u2019aperçoit maintenant qu\u2019elles n\u2019ont probablement jamais disparu, mais que les personnes qui les pensaient ne s\u2019exprimaient pas.Elles ont profité de Trump pour sortir leur ran- cœur. » STEVE BERGERON MICHEL TREMBLAY Offrandes musicales RÉCITS Leméac 128 pages En librairie le 27 octobre MICHEL TREMBLAY Coronavarius THÉÂTRE Leméac 80 pages En librairie le 27 octobre populaire auprès du grand public, mais c\u2019est pour son humanité.Ses personnages ont des problèmes, de gros complexes, mais ça ne tombe jamais dans l\u2019hystérie ni dans l\u2019extrême, comme avec Tennessee Williams.On se tient toujours à l\u2019intérieur du plausible, on s\u2019intéresse à l\u2019intérieur de l\u2019âme.Avec Cher Tchekhov, j\u2019ai pu me mesurer à l\u2019écriture réaliste comme lui, mais avec une touche qui me ressemble. » Outre Gilles Renaud, la distribution montréalaise a été confiée à Anne-Marie Cadieux, Maude Gué- rin, Éric Bruneau, Gabriel Sabourin, Isabelle Vincent et Henri Chassé.Concert rock pour petits de 2 à 7 ans et leur famille ! À cheval sur le show rock et l\u2019installation vidéo immersive, Le Potager raconte en chansons et en images les mains qui sèment, qui arrosent et qui récoltent, l\u2019espoir que ça grandisse bien, le chemin des vers de terre et le plaisir de croquer, si la carotte le veut bien.Samedi 16 octobre à 11 h et 18 h 30 Dimanche 17 octobre à 11 h et 15 h Centre des arts de la scène Jean-Besré 250, rue du Dépôt, Sherbrooke Billetterie I 819 822-1313 I petittheatre.qc.ca Idéation, écritures et mise en scène Karine Sauvé et Érika Tremblay-Roy I Musique Guillaume Gilbert I Visuel peint et animation Élise Lafontaine et Jean- Philippe Thibault I Lumières Andréanne Deschênes IMagicien technique Samuel Thériault I Interprétation Simon Bergeron, Fred Giguère et Guillaume Gilbert Un spectacle signé 0077126 0077756 SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M8 TÉLÉVISION L\u2019épicerie : dans la famille depuis 20 ans L\u2019 épicerie entreprend cette semaine sa 20e saison, un exploit en télévision.Bon an, mal an, le magazine sur l\u2019alimentation reste pour plusieurs un incontournable du mercredi soir, un rendez-vous qui va de soi.Les médias en parlent rarement, mais on imagine mal la programmation d\u2019Ici Télé sans cette référence qui a rapidement conquis la confiance du public.L\u2019émission a même gagné des téléspectateurs à travers les années.Alors qu\u2019ils étaient en moyenne 525 000 en 2012, ce nombre est passé à 716 000 en 2021.L\u2019hiver dernier, selon les données confirmées de Nume- ris, l\u2019émission a dépassé certains soirs les 800 000 téléspectateurs, pourtant programmée contre Star Académie à TVA.C\u2019est fort.Comment expliquer ce succès dans la durée?Entre autres par ce ton rassurant, simple et convivial.« Nous en sommes à la deuxième génération de téléspectateurs, il y a beaucoup de jeunes dans la vingtaine qui nous disent qu\u2019ils regardent l\u2019émission et qui la suivaient déjà avec leurs parents quand ils étaient enfants.Certains nous disent : \u201cJ\u2019ai appris à cuisiner avec vous autres, j\u2019avais sept ou huit ans\u201d », raconte Jo- hane Despins, qui s\u2019est jointe à Denis Gagné après le départ de Marie-Josée Taillefer en 2007.Autre raison du succès de cette émission : L\u2019épicerie ne nous fait jamais la morale.« On vous dit comment sont faits vos aliments, ce qu\u2019ils peuvent contenir de controversé.Après ça, les téléspectateurs sont assez intelligents pour faire leurs choix », considère l\u2019animatrice.Denis Gagné, qui arrivait des 400 coûts à Télé-Québec, est là depuis la toute première émission, et même avant.« Nous avions tourné une émission pilote avec Josée di Stasio dans une cantine.Entre-temps, Josée a reçu l\u2019offre de Télé-Québec d\u2019avoir sa propre émission. » L\u2019animateur en a vu passer, des modes, en 20 ans.« Il y a eu la période des sans : sans gras trans, sans cholestérol, sans sucre, sans sel.Après ça, on a eu les avec : avec antioxydants, avec oméga-3.Là, on est dans la période \"liste courte des ingrédients\", qu\u2019on peut prononcer et qu\u2019on connaît, et \"achat local\". » LA RÉGLISSE SUR LE DESSUS Mais il y a des choses qui ne changent pas.Comme ces clients qui ne peuvent s\u2019empêcher de jeter un œil dans le panier d\u2019épicerie des animateurs.« Avec les années, c\u2019est devenu mon plaisir.Quand les gens ne regardent pas, je suis un peu triste! » raconte Denis Gagné.Transparent jusque dans son panier, il ne prend même pas la peine de cacher les friandises sous les produits santé.« Je fais exprès, je mets les sacs de chips et la réglisse rouge sur le dessus! Je suis une bibitte à sucre, je ne me gêne pas, j\u2019ai souvent des tartes et des beignes.Je mange du bacon, mais aussi beaucoup de poisson et moins de viande rouge. » Pour Denis Gagné, l\u2019impact des tests de produits à l\u2019émission est indéniable.« On a à peu près un million de personnes qui nous attrapent sur les différentes pla- teformes.Si un demi de 1 pour cent de ceux-là s\u2019en vont acheter le grille-pain qui est numéro un de notre test, ce sont des milliers de grille-pains qui partent des magasins. » De tout temps, l\u2019émission a su conserver son indépendance éditoriale, même face à des entreprises qui achetaient de la publicité sur la chaîne.« Une compagnie québécoise nous avait remerciés après un test de produit qui n\u2019était vraiment pas flatteur, avant de congédier son directeur du développement technique! » L\u2019émission a d\u2019ailleurs évacué ses aubaines de fin d\u2019émission, devenues obsolètes avec le temps.« Les gens avaient l\u2019impression qu\u2019on était payés par les bannières, ce qui n\u2019a jamais été le cas. » DE LA CULTURE À L\u2019AGRICULTURE L\u2019épicerie est arrivée comme une surprise dans la vie de Johane Despins, jusque-là très identifiée au monde culturel.Alors qu\u2019elle coanime La fosse aux lionnes, elle apprend que Marie-Josée Taillefer quitte L\u2019épicerie après cinq ans.Toujours à la recherche d\u2019une successeure, le patron des affaires publiques l\u2019entend parler de son rapport à l\u2019alimentation à Des kiwis et des hommes et lui offre le poste sur-le-champ.« J\u2019ai toujours eu une passion pour le domaine de l\u2019alimentation.Il y a des similitudes avec le monde culturel : comme les artistes, ce sont des gens passionnés, qui travaillent comme des fous, qui n\u2019ont pas de moyens et se battent constamment », affirme l\u2019animatrice.Signe de succès, l\u2019émission a souvent fait l\u2019objet de parodies, qui ont toujours fait rire Denis Gagné.« Marc Labrèche nous a fait deux ou trois fois.Une de celles qui m\u2019ont fait le plus rire, c\u2019était L\u2019épaisserie par Les Épais Nouillis avec Marie-Nausée et Chose Pi- nouche », se souvient l\u2019animateur, bon joueur.Pour lancer la 20e saison, mercredi à 19 h 30, L\u2019épicerie réunira des collaborateurs de longue date sur la terrasse de la nouvelle Maison de Radio-Canada.Ce sera la première fois depuis le début de la pandémie que les animateurs se retrouveront en personne, séparés par un plexiglas.« Cette saison, on va revisi- ter des dossiers marquants des 20 dernières années pour voir si les choses ont évolué.Pour commencer, on se demande si on a remporté la guerre contre le sodium. » Pas besoin de boule de cristal pour deviner que la réponse est non.L\u2019équipe pourrait aussi revenir sur la malbouffe dans les écoles secondaires, révèle Denis Gagné.« Chaque fois qu\u2019on a l\u2019impression de répéter, on se rend compte que les produits ont changé, que la science évolue.On a tout fait et on va tout refaire, jamais de la même façon.C\u2019est pour ça que ça reste toujours intéressant. » Pour cette saison, les animateurs Denis Gagné et Johane Despins vont revisiter des dossiers marquants des 20 dernières années.\u2014 PHOTOS RADIO-CANADA RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M9 MUSIQUE VALÉRIE MARCOUX Le Soleil QUÉBEC \u2014 Le langage est un outil imparfait pour communiquer ses émotions et ses pensées, constate l\u2019artiste montréalaise Ada Lea alors qu\u2019elle lance son nouvel album, One Hand on the Steering Wheel The Other Sewing a Garden (une main sur le volant, l\u2019autre à coudre un jardin).Depuis son premier album What We Say in Private (2019), Alexandra Levy (de son vrai nom) dit avoir amélioré sa capacité à raconter des histoires.« J\u2019ai décidément travaillé là-dessus entre la fin de l\u2019écriture du premier album et celle du second.Je lis beaucoup plus et j\u2019écris beaucoup.Je ne suis pas passive dans le choix de mes mots  : je m\u2019assure que chaque chose que je veux dire l\u2019est de la façon dont je veux la dire », explique-t-elle.Parmi les lectures qui l\u2019ont inspirée, elle souligne les livres d\u2019Elena Ferrante, qu\u2019elle lisait alors qu\u2019elle était en tournée pour son premier album.Elle apprécie la manière dont l\u2019autrice aborde la violence, la figure de la mère, mais aussi l\u2019amitié entre femmes.Durant une résidence à Banff, une amie l\u2019a également encouragée à raconter des histoires plus douloureuses, entre fiction et réalité.« Une grande partie de son écriture tourne autour du passé, des traumatismes et des traumatismes sexuels.Je me souviens lui avoir dit : \u201cWow! tu es tellement courageuse de raconter ces histoires, je crois que ce serait trop pour moi.\u201d Et elle m\u2019a dit : \u201cPourquoi n\u2019essaies-tu pas?\u201d Alors j\u2019ai essayé. » Malgré des récits touchants qu\u2019on pourrait croire tristes, Ada Lea affirme que ses compositions sont empreintes d\u2019espoir et d\u2019un regard positif sur l\u2019avenir.« Pour être capable de dire ces choses, il faut atteindre un certain niveau d\u2019acceptation, soutient-elle.J\u2019ai l\u2019impression que, par rapport au premier album, il y a moins de tristesse et plus de solutions créatives ou de perspectives optimistes. » L\u2019AUTRE LANGAGE Les mots ne sont pas le seul langage avec lequel Alexandra Levy est à l\u2019aise.Dans plusieurs démos qui ont été utilisés pour créer cet album, elle joue de différents instruments, dont la basse, la guitare et la batterie.Elle s\u2019est engagée musicalement du début à la fin de ce projet, en plus d\u2019avoir misé sur des collaborateurs bien choisis, notamment Tasy Hudson, Burke Reid, Harrison Whitford et Marshall Vore.Les histoires qui composent cet album se déroulent au cours d\u2019une année.Pour faire sentir le passage du temps, Ada Lea représente chaque saison à travers ses chansons.«  Chaque chanson a soit une référence à la température, soit des indices sur le moment où elle se déroule dans la saison », indique l\u2019artiste, qui est très sensible à ce cycle.« Je souffre de troubles affectifs saisonniers de façon importante.Je viens enfin de réaliser que ça m\u2019arrive.En fait, quand je suis allée à Los Angeles cet hiver-là pour enregistrer avec Marshall [Vore], ce fut la seule année où je n\u2019ai pas été déprimée pendant l\u2019hiver.C\u2019était assez génial. » Montréal est l\u2019élément central de l\u2019univers proposé par Ada Lea.Ses personnages sont dans la métropole et, quand ils n\u2019y sont pas, ils pensent à cette ville.On sort aussi de la ville quand les narrateurs pensent à d\u2019autres individus qui n\u2019y sont pas, comme dans la pièce Saltsprings.« Le personnage est à Montréal et il reçoit un appel détaillant ce voyage qui a horriblement mal tourné.C\u2019est inspiré par mon ami qui était allé à Saltsprings [Colombie-Britannique] et qui m\u2019a appelé de la plage en disant qu\u2019il avait manqué le dernier ferry et qu\u2019il devait camper sur la plage », raconte celle qui est née dans la métropole et qui y réside toujours.LE « JUMEAU » DE LA COUR ARRIÈRE Le morceau Backyard est d\u2019ailleurs inspiré de son enfance à Montréal où se mélangent l\u2019envie d\u2019explorer le monde et celle de rester dans l\u2019univers qu\u2019on s\u2019est bâti.« Cette chanson a été écrite à propos d\u2019un ami d\u2019enfance avec qui je partageais une cour arrière connectée par un portail toujours ouvert.Nous voulions être jumeaux, nous voulions être liés d\u2019une manière profonde, alors nous avions créé des formules magiques pour nous connecter l\u2019un à l\u2019autre. » « Dans mon esprit, cette cour représente tant de créativité et d\u2019imagination, mais aussi cette idée, en grandissant, de vouloir quitter l\u2019endroit d\u2019où on vient.Puis, quand on a l\u2019occasion de le faire, on ne le fait pas.Ou on le fait et on réalise qu\u2019il y avait tant de magie là d\u2019où on vient », explique l\u2019artiste.Avec son nouvel album, la Montréa- laise Ada Lea estime avoir gagné de l\u2019aisance dans sa façon de s\u2019exprimer.\u2014 PHOTO NEXT DOOR RECORDS ADA LEA L\u2019ART DE COUDRE LES MOTS ADA LEA One Hand on the Steering Wheel the Other Sewing a Garden ROCK ANGLO Next Door Records vieuxclocher.com 819.847.0470 Nos spectacles débutent maintenant à 20h00 ouverture des portes à 18 h 45 RÉSERVEZ TÔT! LES PLACES sont LIMITÉES.élisabeth bossé ven.22 et sam.23 octobre evelyne brochu ven 29 octobre Jean-FranÇois Mercier venD.15 octobre briMbelle Dim.14 novembre reel country banD Dim.10 octobre Martin Petit ven.12 et sam.13 novembre 0077817 SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M10 EXPOSITIONS AUTOMNALES DU MBAS SONIA BOLDUC sonia.bolduc@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Nina Owens, Th é rèse Leco mte , J ea n n e Rhéaume, Madeleine Audette, Kittie Bruneau, Louisette Gau- thier-Mitchell, Louise Cimon-An- nett, Marisa Portolese, Pierrette Mondou, Dominique Valade.Les noms défilent sur les murs du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS), sous les tableaux, les sculptures et les œuvres textiles.Des noms sur lesquels on s\u2019attarde en admirant les œuvres auxquelles ils se rattachent, des noms que l\u2019on prend en note et que l\u2019on répète à voix haute pour se les inscrire dans la mémoire.Parce que des noms qu\u2019on veut garder dans sa mémoire personnelle, mais aussi graver bien profondément dans la mémoire collective.Des noms qui dorment dans les collections muséales, y compris celle du MBAS, et qu\u2019on a décidé de sortir de la réserve.Le temps de cette exposition automnale (Ce que racontent les collections : Les femmes et l\u2019art au Québec), assurément, mais beaucoup plus fréquemment encore, insiste la nouvelle conservatrice du MBAS, Frédérique Renaud.« Nous sommes en ce moment en révision de notre stratégie de diffusion et de mise en valeur de notre collection, et cette exposition s\u2019inscrit dans cette réflexion  », explique celle qui est également commissaire de l\u2019exposition.« Cette thématique de la place des femmes dans le monde des arts au Québec, c\u2019est une première au musée, mais certainement pas une dernière.Et il y aura d\u2019autres initiatives pour laisser de la place à des artistes qui en ont eu très peu au fil du temps et de l\u2019histoire. » LES BEAUX-ARTS COMME PASSE-TEMPS L\u2019exposition proposée ici l\u2019aborde dès le premier de ses quatre volets : le respect voué au travail des artistes féminines, au Québec comme ailleurs, a souffert longtemps du regard condescendant de leurs collègues masculins.Jusqu\u2019à l\u2019ouverture des écoles des beaux-arts de Montréal et Québec au début des années 1920, où les femmes ont été immédiatement admises, on considérait leur art comme un passe-temps pour bien paraître.« Ce n\u2019est pas un hasard si les femmes sont aussi sous-représen- tées dans toutes les collections, y compris la nôtre, remarque Frédérique Renaud.Sur les quelque 5500 œuvres du Musée, environ 20 pour cent sont signées par des femmes.C\u2019est très peu. » De ces œuvres, on en a sélectionné ici près d\u2019une trentaine sur quatre thèmes, en commençant par Déjouer le genre , un accrochage en hommage aux salons d\u2019époque bien tenus.Les artistes Louise Gadbois, Nina Owens, Thérèse Lecomte, Jeanne Rhéaume, Raymonde Gravel, Jori Smith et Agnès Lefort ont fait éclater à leur façon les codes du paysage et de la nature morte, où les femmes se voyaient souvent confinées.« Même si elles avaient leur place dans les écoles des beaux-arts, on ne leur conférait pas encore un rôle d\u2019artiste.Elles n\u2019avaient pas encore accès aux grands genres sociohistoriques.Mais cette entrée leur donne accès à la profession- nalisation, leur ouvre les portes de formations en Europe.Elles donnent un fini plus actuel aux sujets dits féminins, comme on le voit entre autres chez Lecomte et Owen. » FEMMES.EN PERDITION À ces avant-gardistes font échos les œuvres des automatistes dans L\u2019éclatement des pratiques, station montée autour du Refus global et du double standard quant au traitement auquel ont eu droit ses signataires, car la moitié était des femmes\u2026 en perdition.« C\u2019est un combat difficile qu\u2019ont mené Marcelle Ferron, Françoise Sullivan et les autres, note Frédérique Renaud.Mais ces femmes ont vraiment mis la multidiscipli- narité de l\u2019avant.Elles ont fait éclater les cloisons. » Comme un liant entre les thématiques, la majestueuse Terra de Louisette Gauthier-Mitchell a trouvé place entre les automatistes et les portraitistes qui ont changé l\u2019approche du genre.Dans Tirer le portrait, plus question de la femme-objet adulée ou regardée de haut.Autant Louise C i m o n -A n n e t t q u e Th é rè s e Lecomte ou Marisa Portolese ont des propositions qui vont ailleurs et sur tous les tons.« Les femmes reprennent là le contrôle, le corps devient tantôt un véhicule de revendication.On s\u2019en va tantôt dans l\u2019antithèse même de l\u2019art où le portrait ou l\u2019autoportrait n\u2019est pas du tout idéalisé », souligne la conservatrice du MBAS.Les deux expositions automnales du Musée des beaux-arts de Sherbrooke font belle place aux femmes, que ce soit en mettant en lumière le travail très contemporain de la photographe canadienne Jin-me Yoon ou en sortant de la réserve de la rue Dufferin des œuvres qui lancent un dialogue nécessaire sur la place des femmes dans l\u2019art au Québec.LES FEMMES SORTIES DE LEUR RÉSERVE Avec Ce que racontent les collections : Les femmes et l\u2019art au Québec, la nouvelle conservatrice du Musée des beaux-arts de Sherbrooke Frédérique Renaud propose une exposition entièrement consacrée aux artistes féminines, donnant ainsi le coup d\u2019envoi à une nouvelle façon de mettre en valeur la collection de l\u2019établissement muséal, afin de laisser plus de place à des artistes qui en ont eu très peu jusqu\u2019à maintenant.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, SIMON RANCOURT laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M11 EXPOSITIONS AUTOMNALES DU MBAS SHERBROOKE \u2014 La photographe Jin-me Yoon s\u2019interroge depuis le début de son parcours artistique sur l\u2019identité, l\u2019appartenance, le territoire.Des questions qui rebondissent sans cesse dans l\u2019actualité, d\u2019un océan à l\u2019autre, propulsées par les visions diverses du multiculturalisme et d\u2019une Histoire avec un grand H qui aurait grand besoin qu\u2019on la passe dedans, la hache.Aussi l\u2019exposition Jin-me Yoon - Temporalités depuis l\u2019ailleurs , créée il y a deux ans par le Musée d\u2019art de Joliette, arrive-t-elle toujours à point, peu importe où elle est présentée au pays, dont à Sherbrooke jusqu\u2019en janvier, à l\u2019étage du MBAS.« L\u2019exposition regroupe des séries de différentes époques, mais l\u2019identité, les stéréotypes culturels, l\u2019appartenance au groupe, la migration, la fragilité de la nature occupent toujours une grande place dans son travail », remarque la conservatrice du MBAS, Frédérique Renaud.Son travail vidéo comme ses séries photographiques, de Souvenirs of the Self où la photographe canadienne d\u2019origine coréenne s\u2019intègre dans des lieux touristiques de l\u2019Ouest canadien, jusqu\u2019au plus récent et très émouvant Long View, interpellent le spectateur sur l\u2019identité des personnages et des lieux, mais aussi sur la sienne propre, évidemment, et son rapport à l\u2019autre, à la culture partagée, à ce qui nous entoure.« Quand on regarde les grands formats de Souvenirs of the Self, on se demande si c\u2019est une touriste qui est au centre des photos.Ça ramène aux idées préconçues sur les Asiatiques », note Frédérique Renaud.« Mais c\u2019est aussi la recherche de sa place dans la culture et l\u2019histoire de son pays », ajoute-t-elle à propos de Jin-me Yoon.SONIA BOLDUC L\u2019artiste qui a l\u2019air d\u2019une touriste « Quand on regarde les grands formats de Souvenirs of the Self, on se demande si c\u2019est une touriste qui est au centre des photos.Ça ramène aux idées préconçues sur les Asiatiques », note la conservatrice Frédérique Renaud.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, SIMON RANCOURT Vous voulez y aller?Ce que racontent les collections \u2014 Les femmes et l\u2019art au Québec Jin-me Yoon \u2014 Temporalités depuis l\u2019ailleurs Jusqu\u2019au 9 janvier 2022 Musée des beaux-arts de Sherbrooke REVISITER L\u2019ART TEXTILE Et la thématique de l\u2019art textile abordée dans la section À grande échelle ne fait pas non plus dans le conventionnel.Longtemps confiné à l\u2019anonymat et au quotidien, l\u2019art textile est ici revisité par des Pier- rette Mondou et Dominique Valade qui travaillent le métal, l\u2019aluminium, le bronze, l\u2019acrylique, entre autres.« Les artistes se sont réapproprié les arts textiles pour les intégrer dans des œuvres monumentales comme celles de l\u2019exposition, sans limites quant aux sujets et aux formats.On doit ça beaucoup à la politique du 1 pour cent mise de l\u2019avant dans les années 1960.Cette façon d\u2019intégrer l\u2019art à l\u2019architecture avec du financement, ç\u2019a amené les artistes à repenser leur approche.Ça a permis aussi beaucoup aux femmes de prendre leur place. » Une place qui s\u2019est certes élargie, mais qui reste toujours à prendre, à conserver\u2026 et à sortir des réserves des musées.Une initiative du Groupe de travail sur la fréquentation des arts de la scène (GTFAS) La danse est bien vivante.Renouez avec le spectacle d\u2019ici et ses artisans.LaissezVousEblouir.ca 0074644 SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M12 EXPOSITION CHANTAL LAGACÉ Q Qu\u2019est-ce qui a inspiré votre création pour cette exposition?R Lorsqu\u2019un jour j\u2019ai effectué un vol en avion au-dessus de l\u2019Es- trie, j\u2019y ai vu le tableau La chaise cannée de Picasso, un collage de Georges Braque.Les champs esquissaient des formes géométriques, les routes et les rues traçaient des lignes et les maisons se présentaient comme des milliers de points sur un plan.Le paysage était magnifique, cependant j\u2019ai été saisie et bouleversée par l\u2019ampleur de l\u2019étalement urbain, par l\u2019empiètement sur les terres agricoles rurales limitrophes.C\u2019est pourquoi j\u2019ai intitulé mon projet Plan Ligne Point \u2013 Planer au-dessus de l\u2019effet de continuité, car je crois que la continuité de cet étalement est là pour rester.Oui, la nature est en danger.Mon installation se situe à la frontière de la maquette urbaine, de la carte géographique, du plan viaire et de la vue aérienne.J\u2019emploie des principes de répétition, d\u2019alignement et de succession pour exprimer les pressions, les forces et les tensions qui s\u2019exercent sur le territoire.On découvre au sol une série de blocs de bois alignés formant un boulevard, et, au mur, des cordes fixées et interreliées à des clous engendrant une grande carte géographique composée de rues, de routes, de villes autour d\u2019une rivière.Q Que représente une vitrine vide pour vous et quelles émotions fait-elle naître?R Elle représente à mes yeux un entre-deux, une position en attente.Une attente positive si la durée de cette vacance est courte, et négative si la situation perdure.J\u2019utiliserais la comparaison suivante : un quartier se donne à lire comme un texte, les rues sont des phrases et les immeubles (maisons) sont des mots.Une vitrine vide \u2014 un local vide sur une rue \u2014 est un mot inerte, sans poésie, qui n\u2019émet pas de vibrations donc ne produit pas d\u2019émotions.Cette exposition vient raviver ces mots inexpressifs dans ces phrases.Q Comment la pandémie a-t-elle changé votre regard sur votre pratique artistique?R U n e r o c h e t o m b é e e n plein milieu de la route de la productivité.Aujourd\u2019hui, mon questionnement personnel et artistique fait face plus que jamais à la notion de continuité.Comment continuer?Pourquoi?Je fais partie des privilégiés : l\u2019événement m\u2019a retenue dans le confort de ma maison et dans mon atelier pour éprouver, sentir et réfléchir, mais pendant des mois, je me suis questionnée sur l\u2019intérêt de ma pratique artistique dans ce contexte historique.Je me pose encore la question.Dois-je poser des gestes artistiques plus forts, plus réfléchis?Mais créer, fabriquer des œuvres n\u2019est-il pas également un geste inscrit dans la productivité humaine?Est-ce que mon travail fait le poids encore par rapport aux enjeux actuels?Je demeure bouleversée et je peine à reprendre place dans mon métier.DREW BARNETT Q Qu\u2019est-ce qui a inspiré votre création pour cette exposition?R Le thème de l\u2019événement, TRAMEÆ \u2014 L\u2019ART «?ENVITRINE?» LE CENTRO COMBLER LES VIDES Chantal Lagacé occupera la vitrine du 16, rue Wellington Nord.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU C\u2019est ce samedi 2 octobre que s\u2019amorce l\u2019exposition Trameæ \u2014 L\u2019art « envitrine » le centro, un projet de l\u2019organisme De cause à effets avec la collaboration de Commerce Sherbrooke, pour aider non seulement les artistes, mais aussi les commerçants à se remettre des impacts de la pandémie.Les 18 derniers mois ont en effet été très difficiles pour les créateurs en arts visuels, privés d\u2019espaces d\u2019exposition, et le commerce de détail, laissant, dans ce dernier cas, plusieurs locaux vacants au centre-ville.Mais dès aujourd\u2019hui et pour tout le mois d\u2019octobre, 14 artistes investissent les vitrines de locaux inoccupés.Objectif : donner autant de visibilité aux artistes qu\u2019aux propriétaires des espaces vacants à la recherche de nouveaux locataires.En prime, d\u2019autres artistes s\u2019installeront dans une quinzaine de vitrines de commerces toujours en activité pour le volet OFF de l\u2019événement.Pour souligner le coup d\u2019envoi, La Tribune donne la parole à trois des artistes participants pour qu\u2019ils nous parlent de leur création et de la façon dont ils ont traversé la pandémie.STEVE BERGERON laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M13 EXPOSITION Trameæ, m\u2019a été inspiré par le sentiment de me déplacer dans des espaces liminaires, puisque je découvre la région en tant qu\u2019étranger, et que j\u2019observe ses qualités et ses habitants.La géographie qui m\u2019a attiré dans la région est mon compagnon le plus fidèle.Cependant, il est difficile de réfléchir à notre relation avec notre environnement sans tenir compte de l\u2019impact quotidien que nous avons sur ses ressources.Pour mon projet d\u2019installation sonore, j\u2019ai gardé ces pensées à l\u2019esprit en observant comment nous nous déplaçons collectivement dans la région et comment nous exploitons certains aspects de notre environnement pour nos propres bénéfice et confort.Q Que représente une vitrine vide pour vous et quelles émotions fait-elle naître?R Une vitrine vide peut représenter beaucoup de choses, et son potentiel est empreint d\u2019un certain mystère.Si elle semble abandonnée et oubliée, elle peut évoquer une perte ou un manque de ressources.Une vieille devanture vide peut tomber en ruines et devenir un marqueur de l\u2019histoire, de ses liens qui s\u2019effilochent.Ou, à l\u2019inverse, une vitrine vide, sûre et bien entretenue, peut représenter l\u2019excès, le surplus et l\u2019autonomie.Pour moi, le potentiel réside dans son échelle, dans le fait qu\u2019elle est conçue principalement pour la contemplation, à une vitesse humaine, et qu\u2019elle exige littéralement la réflexion.Q Comment la pandémie a-t-elle changé votre regard sur votre pratique artistique?R Pour moi, la pandémie a débuté comme si elle pouvait me permettre de disposer d\u2019un peu plus de temps et d\u2019espace pour développer mon travail.Finalement, elle a été longue et difficile, elle a représenté d\u2019énormes changements dans ma vie et dans celle de mes amis et de ma famille.Je n\u2019ai pas eu le temps que j\u2019espérais, et après une année et demie ponctuée d\u2019adaptations, toute ma perspective sur la vie est différente, y compris ma pratique.J\u2019ai ressenti un plus grand sentiment d\u2019urgence à créer avec ce qui se trouve directement devant moi, au lieu d\u2019attendre que les conditions s\u2019améliorent (parce qu\u2019elles ne le feront peut-être pas).JÉRÉMIE SAINT-PIERRE Q Qu\u2019est-ce qui a inspiré votre création pour cette exposition?R Ma recherche propose un regard sur l\u2019actualité.Je m\u2019inspire d\u2019images médiatiques et d\u2019archives pour réaliser mes tableaux.Au début du projet, mon objectif était de proposer un survol de ma production artistique des dernières années, une série de tableaux récents et plus anciens.Le projet a toutefois dévié en cours de route.Dans l\u2019une des vitrines, j\u2019expose un grand format réalisé en 2019 et trois petits tableaux réalisés au cours des dernières semaines.Les petits formats s\u2019inspirent de l\u2019actualité médiatique et de l\u2019environnement immédiat de la rue Alexandre, c\u2019est-à-dire aux alentours du lieu d\u2019exposition.Dans la seconde vitrine, je propose une installation inspirée des dioramas.Elle porte un regard critique sur l\u2019actualité des vingt dernières années.Q Que représente une vitrine vide pour vous et quelles émotions fait-elle naître?R J\u2019ai commencé ma carrière avec une exposition dans un lieu à l\u2019abandon.J\u2019ai toujours eu une affection pour les lieux vides et décrépits.Ces lieux sont une source d\u2019inspiration depuis une dizaine d\u2019années.J\u2019ai proposé plusieurs expositions dans ce genre de lieu.Un endroit inoccupé porte une charge symbolique stimulante pour la création.Je trouvais le choix des vitrines adéquates et en symbiose avec ma démarche.Ces vitrines me font penser à l\u2019univers des dioramas, un univers riche dont j\u2019exploite les particularités esthétiques et symboliques depuis quelque temps.J\u2019y fais un parallèle entre l\u2019univers de la mode, de la mise en marché de produits de consommation et des différents dispositifs d\u2019exposition.Q Comment la pandémie a-t-elle changé votre regard sur votre pratique artistique?R J\u2019ai pratiquement arrêté de peindre durant la pandémie.Le dernier tableau que j\u2019ai produit avant cette exposition remontait à huit mois.Je n\u2019avais jamais cessé pendant une aussi longue période.La pandémie a eu un impact immédiat sur mon processus.J\u2019ai eu une longue remise en question sur ma pratique.Plusieurs projets sont tombés à l\u2019eau.C\u2019était très démoralisant et épuisant.Ma dernière exposition solo à Mont-Laurier fut interrompue à peine trois jours après le vernissage.J\u2019y exposais des tableaux avec des personnages masqués ou en combinaison « HAZMAT ».J\u2019y expliquais que l\u2019humanité avait atteint le point de bascule et que le monde dans lequel nous évoluons allait radicalement changer.Pour moi, il s\u2019agissait d\u2019un simple constat.Depuis, je me suis dit que je n\u2019allais plus masquer mes personnages dans mes tableaux\u2026 Cette résolution n\u2019a pas tenu.Je suis sur une nouvelle lancée et cela me fait grandement du bien.L\u2019installation sonore de Drew Barnett pourra être entendue au 30, rue Wellington Nord.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD Jérémie Saint-Pierre présentera notamment ses oeuvres au 365, rue Alexandre.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M14 CINÉMA LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Après avoir réalisé plusieurs courts métrages et présenté des expositions dans des musées et des galeries d\u2019art, Caroline Monnet verra bientôt son premier long métrage au grand écran.Avec Bootlegger, la créatrice multidisciplinaire, originaire de l\u2019Outaouais, aborde de front des enjeux délicats, dont celui de l\u2019alcool dans les communautés autochtones, mais aussi la question de l\u2019autodétermination.Si l\u2019histoire derrière Bootlegger est arrivée « un peu par hasard » dans l\u2019esprit de la cinéaste et de son cos- cénariste Daniel Watchcorn, l\u2019actualité a elle aussi inspiré les deux auteurs.« À l\u2019époque, on voyait beaucoup, dans les nouvelles, des communautés qui faisaient des référendums sur la légalisation d\u2019alcool sur leur territoire.On trouvait que c\u2019était un sujet de société intéressant.On voulait voir comment ces vieilles lois paternalistes affectent encore aujourd\u2019hui [les membres des Premières Nations] », raconte Caroline Monnet.L\u2019artiste met donc en scène l\u2019histoire de Mani, interprétée par Kawennahere Devery Jacobs.La jeune femme, étudiante en droit, sera amenée à retourner dans sa communauté natale secouée par un important débat : la nécessité d\u2019instaurer un référendum au sujet de la vente libre d\u2019alcool sur son territoire.« À la base, c\u2019était l\u2019État qui disait que les autochtones n\u2019avaient pas le droit de boire.[Avec Bootlegger], il y a une volonté d\u2019expliquer la loi, mais aussi toutes les autres politiques d\u2019assimilation qui sont venues avec.Trop peu de gens connaissent l\u2019histoire et surtout la façon dont on a traité les Premières Nations », souligne-t-elle.Consciente de marcher sur des oeufs, la cinéaste avait surtout envie de « crever l\u2019abcès » une fois pour toutes.Pour aborder toutes les sphères complexes de cet enjeu.« Il y a une volonté de démystifier tout ça.L\u2019alcool n\u2019est pas la cause [du problème].Ça vient de quelque chose de beaucoup plus profond.Je voulais faire comprendre d\u2019où viennent les traumatismes, le détachement, la dépossession.Encore aujourd\u2019hui, nous sommes sous la tutelle du gouvernement.Beaucoup de gens ne comprennent pas ça.» DÉTRUIRE LA VISION MONOLITHIQUE Alors que Mani milite activement contre la prohibition et pour l\u2019autodétermination des siens, l\u2019affaire n\u2019est pas aussi bien reçue de tous.Grâce à plusieurs personnages, Caroline Monnet illustre la division que crée un tel débat, mais tient également à cerner les différentes façons de penser au sein des membres de la communauté, groupe qu\u2019on a souvent tendance à présenter comme un bloc monolithique, déplore l\u2019artiste.Entre la grand-mère de Mani (Joséphine Bacon), le policier du village (Samian), la cheffe du conseil de bande (Dominique Pétin) ou encore la trafiquante d\u2019alcool sur le territoire (Pascale Bussières), les avis divergent.Au milieu des scènes charnières du film, Caroline Monnet met également en lumière le « territoire vivant » où gravitent ses personnages et qui prend presque, lui aussi, part au débat.« J\u2019avais envie de montrer la communauté de l\u2019intérieur et non pas La cinéaste Caroline Monnet présente son premier long métrage intitulé Bootlegger, sur une communauté autochtone que divise la gouvernance de la distribution d\u2019alcool sur son territoire.Le film prend l\u2019affiche le 8 octobre.\u2014 PHOTO LA PRESSE, MARCO CAMPANOZZI Joséphine Bacon et Kawennahere Devery Jacobs dans une scène de Bootlegger, de Caroline Monnet.\u2014 PHOTO MK2 MILE END CAROLINE MONNET MONTRER LA COMMUNAUTÉ DE L\u2019INTÉRIEUR COUREZ LA CHANCE D\u2019ASSISTER À LA PREMIÈRE DE LesOiseauxIvres.com Le concours a lieu du 1er au 6 octobre.Le tirage des 50 laissez-passer double aura lieu le 7 octobre.La valeur totale des prix est de 1 350 $.LE MERCREDI 13 OCTOBRE À 19H À LA MAISON DU CINÉMA PARTICIPEZ AU : lesfilmsopale.com/concours AU CINÉMA DÈS LE 15 OCTOBRE JORGE ANTONIO GUERRERO HÉLÈNE FLORENT CL AUDE LEGAULT MARINE JOHNSON UN FILM DE IVAN GRBOVIC 0075469 laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M15 CINÉMA GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Palme d\u2019or du dernier Festival de Cannes, Titane, n\u2019est certainement pas pour les âmes sensibles.Le classement de 16 ans et plus est à prendre en considération pour les cinéphiles attirés par le prestige de la récompense, sans savoir à quoi s\u2019attendre : meurtres, mutilations, effusions de sang (ou d\u2019huile à moteur), etc.Nous voilà néanmoins devant un intéressant point de vue sur la fluidité des genres et deux formidables prestations d\u2019acteurs livrées par Agathe Rousselle et Vincent Lindon.Deuxième film de la Française Julia Ducournau, Titane s\u2019est démarqué à Cannes, notamment parce que sa créatrice a été invitée à se joindre au club très sélect des femmes lauréates de la Palme d\u2019or : Jane Campion a dû s\u2019y sentir soudainement moins seule\u2026 Nous voilà de surcroît devant une production à laquelle on accole l\u2019étiquette du « film de genre », entre le drame psychologique, l\u2019horreur et la science-fiction.Titane se décline en deux temps.D\u2019une part, une fillette au tempérament pas nécessairement doux est victime d\u2019un accident de la route qui nécessitera l\u2019implant d\u2019une plaque de métal sur son crâne.Une fois adulte, son parcours trouble se poursuit (voilà un bel euphémisme\u2026) dans ce qui ressemble à un bain de sang.D\u2019autre part, un pompier vieillissant qui retrouve son fils disparu depuis 10 ans.Ou du moins, qui fait tout pour y croire.Pendant que la première partie du film donne dans la violence et le sexe \u2014 l\u2019hommage au film Crash de David Cronenberg est évident dans ces scènes de fétichisme automobile \u2014, la seconde glisse davantage dans la psychologie et la science-fiction.DÉTOURNER LE REGARD Campant deux êtres on ne peut plus tourmentés, chacun à sa manière, Agathe Rousselle et Vincent Lindon se livrent sans retenue devant la caméra crue et impudique de Julia Ducournau.Incarnant tantôt la sensualité, le gore ou une immense vulnérabilité, Rousselle crève particulièrement l\u2019écran\u2026 Même si on est parfois tenté de détourner le regard devant la folie de son personnage, qui en fait baver à autrui, mais qui ne se ménage pas non plus tandis que son corps est en proie à des transformations sur lesquelles elle n\u2019exerce aucun contrôle.Avec Titane, Julia Ducournau sert une sorte de célébration de l\u2019étrange, de la différence, du sombre, du monstrueux.Pour le meilleur ou pour le pire, la réalisatrice ne donne toutefois pas toutes les clés.On ressort de la salle de cinéma avec l\u2019impression d\u2019une certaine confusion par rapport à ce qu\u2019on vient de voir.Par où saisir cette histoire qui avance entre deux mondes?Une chose est certaine, ce flou intrigue et les émotions fortes sont indéniablement au rendez-vous.TITANE Célébrer le monstrueux Vincent Lindon en pompier vieillissant cherchant désespérément son fils dans Titane.\u2014 PHOTO ENTRACT FILMS Au générique Cote : ?Titre : Titane Genre : Suspense Réalisatrice : Julia Ducournau Acteurs : Agathe Rousselle et Vincent Lindon Durée : 1 h 48 de la même façon que les médias.Je souhaitais la présenter colorée, vibrante.Je voulais me détacher des clichés et des stéréotypes qu\u2019on associe souvent aux autochtones.Surtout par rapport à l\u2019alcool », explique celle qui a amené sa caméra dans la communauté où se trouvent ses racines, à Kitigan Zibi Anishinabeg, près de Maniwaki, et a ainsi montré au grand public les tableaux naturels de l\u2019Outaouais.DES QUESTIONS ESSENTIELLES Fidèle à elle-même, Caroline Monnet profite de ce projet cinématographique pour discuter d\u2019identité, un thème qui lui est cher.En plus d\u2019inclure des dialogues qui mélangent français, anglais et algonquin, la réalisatrice présente le déracinement, les barrières linguistiques et le jugement envers Mani puisqu\u2019elle vit désormais en ville.« C\u2019est un film sur la façon de trouver sa place à l\u2019intérieur d\u2019une communauté, mais aussi dans le monde », souligne celle qui décrit sa première expérience de long métrage comme « intense, mais enrichissante ».Bootlegger pose finalement la question du pouvoir et illustre des membres des Premières Nations qui souhaitent désormais en avoir sur eux-mêmes, mais aussi des gens en position d\u2019autorité qui préfèrent protéger le leur.« Même après trente ans, les discussions sont les mêmes.Ça n\u2019a pas évolué.On dépense des millions ailleurs au lieu de s\u2019attaquer au vrai problème.C\u2019est un exemple tout con, mais on peut parler des élections.On est en pandémie, en crise.Il y a plusieurs problèmes sociaux à régler, dont l\u2019accès à l\u2019eau potable dans les communautés.Pourquoi aller dépenser autant de millions là- dedans alors qu\u2019on pourrait mettre cet argent-là ailleurs?», se demande Caroline Monnet, qui présente un extrait d\u2019un documentaire de l\u2019Office national du film du Canada au sujet du rapatriement de la Constitution canadienne.MARIACHAPDELAINE.COM /MARIACHAPDELAINE.LEFILM F L O R E N T M O N T P E T I T R I C A R D H É L È N E S A R A S É B A S T I E N #1 AU BOX-OFFICE QUÉBÉCOIS ! UN LARGE PUBLIC.» L\u2019ACTUALITÉ « UNE OEUVRE SOMPTUEUSE QUI A TOUT POUR PLAIRE À HHHH LA PRESSE HHHH LE DEVOIR HHHH LE JOURNAL DE MONTRÉAL PRÉSENTEMENT AU CINÉMA U N F I L M D E S É B A S T I E N P I L O T E PRODUIT PAR PIERRE EVEN ET SYLVAIN PROULX 0076699 SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M16 FRANCIS HIGGINS Le Soleil QUÉBEC \u2014 Quand Louise Landry et Maxime Leclerc, un couple en amour comme en affaires, ont décidé de bâtir des écocabines de glamping en Gaspésie, ils avaient un objectif en tête : un design qui offre une « expérience de proximité avec la nature si forte qu\u2019elle donne presque l\u2019impression de coucher dehors ».[ÈST] était né.Il y a un an à peine, le duo prenait la route vers la Gaspésie pour quelques jours de vacances.Pas comme la majorité des touristes, puisque Mme Landry est originaire de la région.Son père les avait invités à jeter un coup d\u2019œil à un grand terrain boisé qu\u2019il s\u2019apprêtait à mettre en vente, question de profiter des lieux une dernière fois.Les deux entrepreneurs habitaient Montréal depuis environ 15 ans, tenant chacun les rênes de leur propre compagnie.Jamais l\u2019idée de (presque) tout laisser tomber et de quitter la ville pour s\u2019installer à la campagne ne leur avait effleuré l\u2019esprit.Pas même si plusieurs autres ont eu ce réflexe pendant la pandémie.Pourtant\u2026 « Sur le terrain, il s\u2019est passé quelque chose.On a eu un gros coup de cœur pour l\u2019endroit, raconte la femme de 36 ans.On a vite vu un gros potentiel.On s\u2019est mis à y rêver et on a mis nos idées sur papier.» O n z e m o i s d \u2019e f f o r t s e t d e demandes de financement (accordées) plus tard, [ÈST] Éco-cabines lançait ses activités, à la mi-juillet 2021.Ce projet propose du glam- ping en pleine nature, le glamping étant la contraction de glamour et de camping.Du camping de luxe, en quelque sorte.Une activité devenue populaire auprès de la clientèle de plein air\u2026 dont Mme Landry et M.Leclerc.Le couple a vite compris que la clé du succès de leur nouveau bébé niché sur 11 acres à Miguasha \u2014 un hameau au bord de la Baie des Chaleurs, dans la municipalité de Nouvelle \u2014 résidait dans l\u2019originalité, la simplicité et la qualité de l\u2019hébergement.À la table à dessin, on a tracé les grandes lignes de ces cabines de rêve : petites, efficaces, bien rangées, disposant d\u2019une fenestration abondante.« Tout doit fonctionner dans un petit espace sans donner l\u2019impression d\u2019être coincé.Par exemple, on a placé la banquette dos au lit pour faire le mur », explique Maxime Leclerc, 41 ans, natif de Québec.Résultat : huit chics cabines qui se dressent désormais soit dans une cédrière, soit au bord d\u2019une falaise Que signifie [ÈST]?Cette trouvaille faite à l\u2019issue d\u2019un remue-méninges a plu aux propriétaires parce qu\u2019il était court, simple et évocateur.« J\u2019ai toujours aimé l\u2019aura autour de l\u2019appel du Nord, cette envie qu\u2019ont certains de remonter le territoire, dit Louise Landry.En toute humilité, on voulait choisir un nom qui crée aussi cet effet-là, qui rappelle l\u2019envie de visiter l\u2019est de la province.On a mis le nom entre crochets et avec un accent grave comme s\u2019il était écrit en phonétique; c\u2019est notre façon de rendre hommage à l\u2019accent gaspésien! » FRANCIS HIGGINS, LE SOLEIL TOUT EST DANS LE NOM 1 2 4 [ÈST] ÉCO-CABINES DU GLAMPING DANS LA BAIE DES CHALEURS «?Sur le terrain, il s\u2019est passé quelque chose.On a eu un gros coup de cœur pour l\u2019endroit.On a vite vu un gros potentiel.On s\u2019est mis à y rêver et on a mis nos idées sur papier.?» \u2014 Louise Landry laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M17 PLEIN AIR de 75 mètres (250 pieds).On imagine l\u2019ambiance et la vue.D\u2019abord, la Thuya.Mesurant 6,4 mètres par 2,7 m (21 x 9 pieds), elle peut héberger deux personnes.Les deux larges fenêtres autour du lit donnent « presque l\u2019impression de coucher dehors », assure-t-on.Ensuite, la Ublo.Faisant 7 m par 4,2 m (23 x 14 pieds), elle se destine aux petites familles ou aux groupes de quatre ou cinq personnes.La porte-fenêtre en façade et les fenêtres pour chacun des grands lits superposés offrent une vue sur la mer qu\u2019on promet « exceptionnelle ».« Nous sommes très fiers du design.C\u2019est quasiment contradictoire : du confort digne d\u2019un hôtel avec des éléments de camping.On a misé sur le gros luxe au niveau de la literie, des lits ultraconfor- tables, un frigo, une cuisine équipée, l\u2019électricité, l\u2019internet sans fil, dit Mme Landry.En même temps, on a un poêle à bois, pas d\u2019eau courante [un bidon de 10 litres d\u2019eau est fourni à l\u2019arrivée] et des toilettes au compost très technos et sans odeur à l\u2019intérieur de la cabine.» Côté look, on a choisi un style épuré.Dans un souci d\u2019écorespon- sabilité, on a préféré un bois clair dans toute la pièce, rehaussé de noir.Ainsi, le plancher est fait de bois franc, tout comme le comptoir et le mobilier.Tout le reste est d\u2019un noir classique : la porte, le poêle, la céramique, le petit réfrigérateur, même les couteaux! À l\u2019extérieur, un espace accueille un foyer et des chaises pour un feu de camp lors des soirées fraîches en forêt.Un peu plus loin, un bloc sanitaire dispose de toilettes conventionnelles.Dehors, c\u2019est peut-être le belvédère qui vole la vedette, d\u2019après le couple.« C\u2019est de là qu\u2019on voit les plus beaux couchers de soleil sur la baie.On peut aussi marcher dans les sentiers, il y aura la plage municipale l\u2019an prochain, une route panoramique pour vélos, etc.» indique Louise Landry, qui partira en congé de maternité en novembre.Comme quoi un grand projet n\u2019attend pas l\u2019autre! INFO [ÈST] Éco-cabines est-ecocabines.com Prix : jusqu\u2019à 179 $ pour la Thuya et 235 $ pour la Ublo, location minimale de deux nuits [ÈST] amorcera dans quelques jours la construction d\u2019un spa nordique, « question de compléter le volet quatre-saisons de l\u2019expérience ».« On veut s\u2019assurer d\u2019avoir une entreprise viable à l\u2019année.Et ce genre d\u2019expérience thermale pour quatre à six personnes avec spa, cuve froide, saunas chaud et sec, hammam [bain de vapeur à la turque], n\u2019est pas fréquent en Gaspésie, dit Louise Landry.Ce sera ouvert à tous, pour les gens de la place comme pour les clients. » La fin du chantier est prévue pour novembre, pour les Fêtes au plus tard.FRANCIS HIGGINS, LE SOLEIL UN SPA NORDIQUE DÈS L\u2019AUTOMNE 3 5 1 Le couple de fondateurs de [ÈST] : Maxime Leclerc et Louise Landry.2 L\u2019une des six écocabines de modèle Thuya, en plein cœur d\u2019une cédrière.3 et 5 Dans les écocabines, on a choisi un look fait de bois pâle naturel et de touches de noir, le tout entouré d\u2019une fenestration abondante.Ici, la Thuya.4 Deux cabines de modèle Ublo proposent de la place pour les petites familles et les groupes de quatre ou cinq personnes.\u2014 PHOTOS [ÈST] SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M18 PLEIN AIR E n mal de suggestions pour les couleurs?J\u2019ai rayonné, à la mi-septembre, dans le secteur de la Côte-de-Beaupré.On n\u2019y pense peut-être pas d\u2019emblée, mais la région a beaucoup à offrir aux amateurs de plein air, que ce soit pour les adeptes de vélo de montagne, la randonnée, l\u2019observation de la faune et la photographie.La destination a l\u2019avantage d\u2019être tout près de l\u2019île d\u2019Orléans, contrée des vignobles et des escales gourmandes.Je m\u2019étais promis d\u2019y passer et j\u2019ai manqué de temps.Ça aurait été une erreur d\u2019y débarquer en courant, alors que tout ce qu\u2019on souhaite c\u2019est de regarder le temps s\u2019échapper.D\u2019autant qu\u2019avec Québec sur mon chemin, l\u2019occasion était belle de marier sortie culturelle à mon envie de jouer dehors.De l\u2019exposition sur Picasso, c\u2019est finalement la portion sur la diversité corporelle qui m\u2019aura le plus fait réagir.Fin de la parenthèse sur cette expo maintenant terminée, à laquelle mon collègue chroniqueur Mickaël Bergeron a participé.Retour sur un week-end aussi ensoleillé que rempli.MONT-SAINT-ANNE Si vous avez un faible, comme moi, pour les décors mariant montagnes et étendues d\u2019eau, pas de doute que le sommet (800 mètres) du mont Sainte- Anne (MSA) offre l\u2019un des très beaux panoramas dans la province.Ce qui en fait toute sa singularité, c\u2019est cette occasion d\u2019admirer les îles devant nous.Parmi elles, l\u2019île d\u2019Orléans qui s\u2019impose tout en bas, et d\u2019autres dont je ne connaissais pas l\u2019existence, comme l\u2019île au Ruau, un petit îlot privé d\u2019environ 4 km qui a déjà appartenu à la famille Bombardier.Le sommet se découvre autant à la marche qu\u2019en vélo de montagne, le MSA étant reconnu pour cette activité.Ils étaient nombreux, les adeptes, à mon passage.Ceux-ci peuvent d\u2019ailleurs rouler sur la nouvelle grisante, une piste qui a été reconstruite à neuf.Les randonneurs peuvent choisir entre quelque 29 km de sentiers.J\u2019ai opté pour la Crête (2,9 km), un parcours de skieurs tout en dénivelé pour un maximum de points de vue en montant et en descendant.Pour les habitués du mont Orford, celle- ci rappelle un peu la Grande coulée.Lisa-Marie Lacasse, des communications au Mont-Sainte- Anne, me signale aussi que les gens apprécient beaucoup L\u2019Express et la Pichard, de même que les Pionniers, un classique.CANYON SAINTE-ANNE La journée étant trop belle pour m\u2019arrêter à une seule montée, j\u2019ai mis le cap vers le canyon situé ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Cap sur la Côte-de-Beaupré laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M19 PLEIN AIR tout près.On fait rapidement le tour du circuit touristique d\u2019environ trois kilomètres, mais les différents coups d\u2019œil sur la rivière en valent la peine, entre autres grâce aux belvédères et ponts suspendus qui sillonnent le parcours.Avec ses 75 mètres de haut, la chute Sainte-Anne a de quoi impressionner.La rivière Sainte- Anne-du-Nord atteint le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Beaupré, après avoir pris sa source dans plus d\u2019une trentaine de lacs situés dans la réserve faunique des Laurentides, nous apprend l\u2019un des panneaux d\u2019interprétation.Pour un coup d\u2019œil encore plus spectaculaire (ou pour avoir le vertige!), le site propose Airca- nyon, sorte de manège muni d\u2019un siège double qui permet de survoler le canyon à 50 km/h.MAGNIFIQUE CAP-TOURMENTE Je gardais le souvenir d\u2019un matin ensoleillé d\u2019octobre, datant de l\u2019époque où ma filleule était encore mini.Puis, celui d\u2019une visite pour voir les oies blanches, sur fond de grisaille.J\u2019ai décidé de retourner à la réserve nationale de faune du Cap- Tourmente avant de prendre la route\u2026 et ce fut un gros coup de cœur pour cette aire protégée.La lumière presque automnale semblait avoir transformé les champs en or, et en ce dimanche matin, on était bien loin des foules.Mine de rien, même s\u2019il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019une réserve, l\u2019endroit recense plusieurs km de sentiers, dont certains offrant de magnifiques points de vue sur la région.J\u2019étais trop tôt pour voir le spectacle des grandes oies blanches qui s\u2019y arrêtent à l\u2019automne, mais des ornithologues avaient néanmoins investi les lieux.À différents temps de l\u2019année, on peut entre autres y observer divers oiseaux de proie (faucons pèlerins, pygargues, balbuzards) et une foule d\u2019autres d\u2019espèces.La prochaine fois que je passerai par ce site de Saint-Joachim, j\u2019en profiterai pour faire un détour par la route de la Nouvelle- France.Parce qu\u2019après tout, ce qui compte ce n\u2019est pas la destination, mais le chemin que l\u2019on prend pour s\u2019y rendre\u2026 *La journaliste était l\u2019invitée de l\u2019hôtel Delta Marriott Mont-Sainte-Anne.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram à isabelle.pion 1 Mont-Sainte-Anne est reconnue pour ses pistes de vélo de montagne, soit une centaine de km de sentiers.\u2014 PHOTO FOURNIE, MSA, ÉTIENNE DIONNE Le sommet se découvre autant à la marche qu\u2019en vélo de montagne, le MSA étant reconnu pour cette activité.Ils étaient nombreux, les adeptes, à mon passage.\u2014 PHOTO FOURNIE, MSA, ÉTIENNE DIONNE 2 Avec ses 75 mètres de haut, la chute Sainte-Anne a de quoi impressionner.La rivière Sainte-Anne- du-Nord du même nom atteint le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Beaupré, après avoir pris sa source dans plus d\u2019une trentaine de lacs situés dans la réserve faunique des Laurentides nous apprend l\u2019un des panneaux d\u2019interprétation.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION Le Mont-Saint-Anne offre un parcours de disque-golf au pied de la montagne, deux parcours de six trous.De l\u2019équipement peut être loué au centre de location.Différentes activités sont organisées pendant la période des couleurs, on peut consulter le site du MSA pour plus d\u2019infos.Reconnu pour le ski alpin, l\u2019endroit compte aussi un centre de ski de fond, à environ sept kilomètres de la montagne.L\u2019endroit est assez vallonné et compte plusieurs km de pistes pour le pas de patin, me confirme Lisa-Marie Lacasse, chef de service aux communications au MSA.L\u2019hôtel Delta Marriott Mont- Sainte-Anne a ouvert ses portes le printemps dernier, après avoir fait peau neuve grâce à des investissements de 50 M$.L\u2019établissement de 211 chambres a l\u2019avantage d\u2019être sis au pied de la montagne, de sorte qu\u2019on peut y laisser son véhicule et s\u2019y rendre à pied si on y séjourne.Les adeptes de vélo de montagne ont aussi un accès direct, et les golfeurs sont à deux pas de deux parcours de 18 trous.Les clients peuvent entre autres opter pour des studios avec cuisinette ou des condos avec cuisine équipée.ISABELLE PION SAVIEZ-VOUS QUE\u2026 1 2 La prochaine fois que je passerai par ce site de Saint-Joachim, j\u2019en profiterai pour faire un détour par la route de la Nouvelle-France.Parce qu\u2019après tout, ce qui compte ce n\u2019est pas la destination, mais le chemin que l\u2019on prend pour s\u2019y rendre. SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M20 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune J\u2019 avais choisi l\u2019Alberta avec le seul objectif de contempler aussi longtemps que faire se peut les eaux turquoise du lac Louise.Mais étrangement, à Banff et au village de Lake Louise, on parlait surtout de la beauté du lac Moraine.C\u2019est qu\u2019il faut de la patience, un peu de chance, ou une bonne planification pour voir ce lac glaciaire sous son meilleur jour.Certains, dont je suis, doivent s\u2019y prendre deux ou trois fois avant d\u2019y accéder.D\u2019autres finissent par passer leur tour.« Je suis arrivé à 8 h du matin et le stationnement était plein », m\u2019a prévenu un touriste québécois encore un peu déçu de ne pas avoir été assez matinal.L\u2019été, il faut plutôt viser 6 h ou, avec un peu de chance, 6 h 30 pour voir le soleil se lever dans ce paysage de carte postale.Sinon, il faudra opter pour une navette.Le lac, dont les dernières glaces peuvent fondre aussi tard qu\u2019en juin, se trouve à 14 km du cœur du village de Lake Louise.L\u2019unique route qui s\u2019y rend, une séquence de courbes, d\u2019épingles et de lacets, est bloquée dès que le stationnement est rempli.Impossible de patienter au point d\u2019entrée qu\u2019un visiteur s\u2019en aille pour prendre sa place.On nous demande alors de revenir plus tard et de risquer une fois de plus de nous buter à une barrière close.Il ne faut pas penser pouvoir se stationner au lac voisin, le lac Louise, et monter à bord d\u2019une navette de Parcs Canada non plus.La seule façon de voir un des deux lacs avec une navette consiste à se stationner d\u2019abord au Park and Ride, un stationnement incitatif le long de l\u2019autoroute 93.Il importe d\u2019avoir réservé son siège, sans quoi plusieurs heures d\u2019attente pourraient être nécessaires.Le Park and Ride, c\u2019est un peu là que la spontanéité s\u2019arrête.Mais avec un passage aux 30 minutes, entre 8 h du matin et 20 h, il y a de quoi faire, pour les prévoyants.En parlant avec des préposés du stationnement, j\u2019ai toutefois débusqué un secret bien gardé.Après 19 h, les excursionnistes d\u2019un jour vont leur chemin, qui vers Banff, qui vers la région du lac Crystal en Colombie-Britannique.Conséquence : les futés qui passent la nuit à Lake Louise ont tout à coup accès aux plans d\u2019eau sans les foules du milieu de la journée.J\u2019ai même attendu 20 h, question de ne pas subir l\u2019affront de rebrousser chemin deux fois la même journée.Son de trompettes! La voie était libre.Plus de dix kilomètres à exulter dans la voiture, sachant que je pourrais enfin poser les yeux sur le lac Moraine.Déjà, la pile de roches, à une extrémité du cours d\u2019eau, est prise d\u2019assaut par les touristes attendant le coucher du soleil.Les plus téméraires l\u2019attaquent de front, malgré les pancartes les avertissant du danger.C\u2019est entre autres que des troncs d\u2019arbres, entraînés au bas des montagnes par des avalanches, flottent au pied du monticule.Les risques de chutes sont importants.Mieux vaut emprunter le court sentier balisé jusqu\u2019au sommet et, ensuite, jouer les détectives pour trouver un siège où la vue ne sera pas obstruée par d\u2019autres visiteurs.On trouve là la vue « à vingt dollars », soit le paysage qui a orné les billets verts canadiens de 1969 à 1979.On aimerait quelques secondes de silence pour s\u2019imprégner de l\u2019immensité.On ne les obtiendra probablement pas.Mais on arrive quand même à oublier, la plupart du temps, la centaine d\u2019autres âmes qui tournoient tout autour.C\u2019est que la surface du lac ne frémit pas le moins du monde.Même pas le début d\u2019une vague.Comme si le lac s\u2019était assoupi avant que le jour s\u2019en aille.À l\u2019horizon, les dix sommets (dix!) se sont nimbés d\u2019orange.Un peu à cause des feux de forêt qui avaient encore cours en Colombie-Britannique.Un peu aussi, je l\u2019espérais, à cause du ciel dégagé qui nous amènerait peut- être du beau temps le lendemain.C\u2019est fou comme il suffit de si peu, d\u2019une grosse pierre où s\u2019asseoir par exemple, et d\u2019une grande flaque bordée de conifères et de hautes montagnes, Des pieds et des mains pour le lac Moraine JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR 1 C\u2019est fou comme il suffit de si peu, d\u2019une grosse pierre où s\u2019asseoir par exemple, et d\u2019une grande flaque bordée de conifères et de hautes montagnes, pour perdre la notion du temps. laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M21 VOYAGES pour perdre la notion du temps.Il pourrait n\u2019y avoir rien d\u2019autre à faire ou à voir, au lac Moraine, que j\u2019aurais été rassasié.Je suis reparti, juste avant que la noirceur s\u2019installe, en me promettant de revenir aux aurores.Le lendemain matin, j\u2019arrivais au même endroit vers 5 h 50.Il ne restait qu\u2019une dizaine de cases de stationnement, preuve qu\u2019il faut être vraiment matinal pour s\u2019y tailler une place.C\u2019est aussi en arrivant tôt qu\u2019on peut voir tous les canots colorés encore attachés au quai.Ils sont photogéniques au point d\u2019être devenus une des images de marque de l\u2019endroit.Question d\u2019explorer un brin, le sentier du bord de lac, qu\u2019on parcourt en 45 minutes, aller-retour, est plat et facile.Ce matin-là, même sans prendre de l\u2019altitude, on sentait la fumée qui masquait la cime des montagnes.C\u2019est cette fumée-là qui m\u2019a fait croire qu\u2019une visite en soirée était, finalement, plus facile à organiser et beaucoup plus belle pour des photos.Malgré l\u2019envie de me lancer dans une des nombreuses randonnées au départ du lac Moraine, entre autres celle vers le lac Annette ou la vallée de Larch, les avertissements de la présence d\u2019ours et la recommandation de circuler à quatre randonneurs, au minimum, auront eu raison de mes ambitions.À noter que certains visiteurs partent tout de suite après le lever du soleil, ce qui peut permettre à quelques chanceux avec un karma pas trop mauvais de profiter d\u2019une brèche pour accéder au site en matinée.Enfin, contrairement au lac Louise, où le bloc sanitaire permet de remplir une bouteille d\u2019eau et de jouir de toilettes propres, au lac Moraine, on se bute à des toilettes rustiques dont la propreté laisse à désirer.2 Le lever du soleil est un des seuls moments pour voir tous les photogéniques canots au quai du lac Moraine.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 1 La pile de roches du lac Moraine est l\u2019endroit le plus populaire pour avoir une vue sur le plan d\u2019eau et les dix sommets qui l\u2019entourent.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU 2 SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS L\u2019 automne s\u2019installe tranquillement, c\u2019est le temps de cuisiner à la bière.Comme chaque année, j\u2019aime vous rappeler les meilleures pratiques de cuisine à la bière.Voici quelques conseils à retenir.LA BIÈRE C\u2019EST DE L\u2019EAU, ENFIN\u2026 PRESQUE Vous aimez cuisiner à la bière, vous suivez des recettes qui vous demandent d\u2019en ajouter?N\u2019oubliez pas qu\u2019une tasse de bière, c\u2019est principalement 94 à 96 % d\u2019eau.La différence est le taux d\u2019alcool.On ne veut donc pas forcément ajouter de l\u2019eau dans une recette, mais plutôt les saveurs de la boisson houblonnée.Voilà pourquoi je réduis mon liquide de plus de la moitié pour n\u2019en conserver que les saveurs et les arômes.Et en plus, on supprime une grande partie de l\u2019alcool par évaporation.L\u2019AMERTUME S\u2019ACCENTUE À LA CUISSON Plusieurs n\u2019aiment pas l\u2019amertume et encore moins dans un plat.Voilà pourquoi il est conseillé de faire très attention en choisissant vos bières amères pour vos recettes préférées.Vous adorez les arômes tropicaux de votre IPA préférée?Ceux- ci disparaîtront sous l\u2019amertume, une fois la bière cuisinée.Voilà pourquoi on préfère réaliser des recettes à froid \u2014 vinaigrettes ou autres \u2014 avec les produits brassi- coles les plus amers.L\u2019ACIDITÉ DE LA BIÈRE ADORE LES MIJOTÉS Vous avez des bières de type Oud Bruin, Old Ale ou toute autre bière avec une belle dose d\u2019acidité?Utilisez-les dans vos mijotés.L\u2019acidité de la bière diminuera pendant la cuisson, laissant place aux saveurs des malts et des levures, par exemple.Gardez un peu de votre bière de cuisson pour comparer à chaque bouchée; c\u2019est un accord si simple à réaliser.LA BIÈRE, C\u2019EST AUTRE CHOSE QUE DE LA COULEUR Bon nombre de recettes vous invitent à ajouter des bières « blondes », « rousses » ou « brunes ».C\u2019est comme si je vous invitais à ajouter des « épices vertes » dans votre recette préférée.Prenez le temps de découvrir les goûts et les arômes de chaque bière et de les intégrer dans vos recettes.Ce sont de très agréables exercices de dégustation à faire avec vos proches.Les mijotés d\u2019automne adorent la bière P H O T O 1 2 3 R F PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe@bieresetplaisirs.com MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale S oyons francs : si vous êtes nés avant 1985, existe- t-il souvenir d\u2019enfance plus puissant que ces fameuses cerises au marasquin rouges radioactives qui ornaient les sundaes, les gâteaux aux fruits et les mille et une création de vos grand-mamans?Et suis-je le seul à avoir connu l\u2019époque faste et alcoolisée des bons vieux cafés Chemineaud?C\u2019est armé de ces souvenirs que j\u2019ai eu envie de créer un cocktail simple en utilisant les premières canneberges au marasquin 100 % québécoises, macérées dans l\u2019amaretto Avril et le sirop d\u2019érable.Les canneberges au marasquin de l\u2019entreprise québécoise Nutra-Fruit \u2014 un produit dont j\u2019ai eu l\u2019honneur de participer à la conception \u2014 sont tout simplement décadentes.Elles se marient autant avec les gins forestiers, les spiritueux vieillis en fût comme le whisky et le brandy, mais se servent aussi en desserts ou dans le fameux Shirley Temple.Je vous présente donc un bon petit rafraîchissement québécois qui vous fera apprécier encore plus votre fin de semaine ensoleillée aux pommes.Il est inspiré d\u2019une recette classique du 19e siècle, le cobbler, qui consiste à ajouter des herbes ou des fruits de saison à votre drink.Bien que la récolte des canneberges soit récente, on s\u2019entend que des canneberges au marasquin, c\u2019est de saison à longueur d\u2019année! Maraschino cobbler INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz de brandy de pomme \u2022 0,5 oz de sirop de canneberge au marasquin Nutra-Fruit \u2022 4 canneberges au marasquin, pilées \u2022 1 rondelle de citron, pilée \u2022 Canneberges au marasquin (pour décorer) PRÉPARATION 1 Dans un shaker, piler les canne- berges et le citron dans le sirop.2 Ajouter le brandy de pomme, remplir de glace et mélanger.3 Filtrer au tamis fin dans un verre rempli de glace.4 Décorer de canneberges au marasquin.Santé! DU MARASQUIN D\u2019ICITTE! P H O T O M A Ë L L A L E P A G E laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M23 VINS D e l\u2019Italie au Portugal, en passant par l\u2019Espagne avec un beau détour au Chili, voici mes coups de cœur parmi les vins que j\u2019ai dégustés récemment.TENUTA LA CALCINAIE VERNACCIA DI SAN GIMIGNANO 2020 22,30 $ \u2022 14 546 311 \u2022 12 % \u2022 1,4 G/L \u2022 BIO Le vernaccia, c\u2019est LE blanc de la Toscane, celui qui s\u2019exprime à son meilleur spécifiquement sur les collines bucoliques de San Gimignano.La Calcinaie, c\u2019est le vignoble de Simone Santini, un vigneron passionné qui pratique la culture biologique depuis 1995.La parcelle dédiée au vernaccia comporte six hectares de vignes, âgées de 12 à 35 ans.Les arômes et les saveurs sont intenses et vives, sur des notes florales, la poire, l\u2019amande et une finale saline qui donne soif.C\u2019est un immense coup de cœur pour moi.Et si vous n\u2019êtes pas convaincus, ce vin a reçu la note de 90 des grands critiques de ce monde incluant Robert Parker, James Suckling et le Wine Spectator.ELENA WALCH SELEZIONE PINOT NERO ALTO ADIGE 2019 28,25 $ \u2022 14 057 067 \u2022 13 % \u2022 3,3 G/L En Italie, c\u2019est dans la région de l\u2019Alto Adige que les pinots sont les plus heureux et en voici un bel exemple.Le nez d\u2019une fraîcheur alpine aux effluves de terre et de champignons laisse place à un jus qui a de la matière.Un vin hyper frais et digeste avec une finale persistante sur le noyau de cerise et l\u2019amande.C\u2019est superbe.BODEGAS VOLVER QUINTA DEL 67 ALMANSA 2017 23,05 $ \u2022 14 308 188 \u2022 14,8 % \u2022 3,4 G/L Parce que je suis fan des vins de la gamme Volver, le vignoble du passionné œnologue Rafael Cañi- zares et de sa fille Sofia, parce que cette cuvée est absolument savoureuse et bien réussie, et parce que c\u2019est un hommage à la génération 67, l\u2019année de naissance du vigneron.Si vous êtes de cette décennie, vous apprécierez aussi son texte de la contre-étiquette qui se lit comme suit : « À tous ceux qui jouaient dehors étant enfants.À ceux dont la maison n\u2019avait pas de télévision et qui pouvaient s\u2019amuser avec tout et rien.À ceux qui sont venus au monde l\u2019année où le bikini est arrivé sur nos plages. » FONTANARIO DEL PEGOES PALMELA 2020 13,20 $ \u2022 10 432 376 \u2022 13,5 % \u2022 4,1 G/L Un beau millésime pour ce Palmela à 100 % castelao qui s\u2019exprime sur des notes de cassis comblées d\u2019épices douces sur un bel aromatique d\u2019herbes sauvages dans une douceur tannique fort agréable.Un vin à boire avec vos spécialités portugaises préférées, de préférence la pieuvre grillée.GÉRARD BERTRAND NATURAE CORBIÈRES 2019 21,10 $ \u2022 14 751 964 \u2022 14 % \u2022 1,2 G/L \u2022 BIO, SANS SULFITES AJOUTÉS Nouveauté! Ce petit dernier de la gamme des vins de Gérard Bertrand est très accessible et trop bon pour s\u2019en passer.Un vin de soleil, chaud et épicé, avec une bonne concentration de fruits noirs et de prune sur une finale de grenadine.Les tannins sont puissants, mais se traduisent dans une belle élégance.Un vin parfait pour nos braisés et mijotés d\u2019automne.ERASMO BARBERA GARNACHA VALLE DE MAULE 2017 17,35 $ \u2022 14 691 316 \u2022 14 % \u2022 5 G/L Ça fait longtemps que je n\u2019avais pas été épatée par un vin du Chili, sans doute le choix de cépages y est pour quelque chose, grenache et barbera.Le nez est très expressif sur le cassis et les épices.La bouche est pleine de fruits, toute en fraîcheur sur une finale saline où se déclinent de subtiles notes de torréfaction, café, tabac, mêlées d\u2019une douce amertume.James Suckling aussi l\u2019a adoré et lui a donné 90 points.Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Six vins coups de cœur 8E ÉDITION DU FESTIVAL INVASION COCKTAIL Du 6 au 16 octobre, Invasion Cocktail propose 3 ateliers cocktails virtuels rassembleurs lors desquels les participants apprendront à mixer comme des pros.En s\u2019inscrivant, chaque groupe de 8 personnes recevra à l\u2019adresse de son choix un kit prêt à shaker avec tous les ingrédients nécessaires pour l\u2019atelier virtuel, mené par un top mixologue qui vous guidera pour créer 3 délicieux cocktails.Le lien pour l\u2019atelier virtuel et le kit vous seront livrés 24 à 48 h avant la date de l\u2019atelier.Pour tous les détails visitez invasioncocktail.com \u2014 PHOTO FOURNIE, BODEGAS VOLVER SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M24 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine CAROLINE HUARD, ALIAS LOOUNIE Entre ses tournages pour la deuxième saison de l\u2019émission Moi j\u2019mange, ses collaborations au micro de Bien entendu et les plats traditionnels qu\u2019elle véganise sur la plateforme Mordu, la créatrice du « tofu magique » a trouvé le temps de concocter un nouvel éventail de recettes.Q Quelle a été ton approche pour ce second recueil?R Mon premier livre présentait mon parcours, comment j\u2019avais fait mes premiers pas en cuisine.Moi, je travaillais dans le domaine de la santé, j\u2019ai appris à cuisiner parce qu\u2019il n\u2019y avait pas beaucoup d\u2019alternatives, lorsque je suis devenue végane.Ce deuxième bouquin n\u2019est pas qu\u2019une collection de recettes, il est à l\u2019image de mes deux dernières années, qui ont été marquées par deux choses.D\u2019abord, ma vie professionnelle est désormais axée autour de la cuisine, à temps plein.J\u2019ai côtoyé des chefs et j\u2019ai beaucoup appris à leur côté, j\u2019ai engrangé du savoir culinaire.Je me suis également beaucoup intéressée à l\u2019alimentation intuitive.Tout ça teinte mon livre.Mon but, c\u2019est d\u2019outiller les gens à créer des repas végétaliens vraiment satisfaisants, d\u2019élever la cuisine végétale à un autre niveau, de donner envie aux lecteurs d\u2019intégrer un peu plus d\u2019ingrédients végétaux dans l\u2019assiette.Je leur donne des trucs, des astuces.Q Une recette que tu aimes particulièrement?R Le pâté royal, parce que c\u2019est un genre de pâté au poulet, mais sans poulet.C\u2019est vraiment un plat réconfortant, qui permet d\u2019apprivoiser plusieurs techniques culinaires qui peuvent servir pour d\u2019autres recettes.Faire rôtir les champignons et les légumes pour en décupler les arômes, créer une sauce béchamel, assembler une pâte brisée : tout ça peut être repris dans un autre plat.J\u2019aime donner des bases aux gens, parce que ce sont des outils qui permettent de gagner en confiance et en créativité dans la cuisine.Q Une particularité, lorsqu\u2019on cuisine des plats végétaliens?R Parce que la viande, les œufs et les fromages apportent des matières grasses aux plats, l\u2019une des grandes différences avec la cuisine plus traditionnelle, en cuisine végane, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup de matières grasses à la base.Le hic, c\u2019est que le gras est un vecteur de saveur.Mais il a mauvaise presse.On a été conditionnés à cuisiner sans.Si je fais rôtir une tranche de tofu dans la poêle, même si je mets des épices, il faut qu\u2019il y ait suffisamment d\u2019huile pour enrober le tout et faire ressortir les saveurs.Évidemment, il faut doser, le but n\u2019est pas de tout noyer dans l\u2019huile non plus.Apprendre à cuisiner adéquatement avec les matières grasses, c\u2019est l\u2019une de mes découvertes des dernières années.Avant, j\u2019avais tendance à toujours miser sur des beurres de noix.Maintenant, j\u2019élargis davantage ma palette.Q Une recette qui a été particulièrement ardue à développer?R Une recette de biscuits au beurre d\u2019arachide, au miso et au chocolat.Je voulais aller chercher un bel équilibre de saveurs, sans que ce soit trop sucré.J\u2019ai fait plusieurs essais-erreurs avant d\u2019arriver au parfait biscuit, à la fois goûteux, satisfaisant et complexe au niveau du goût.Q Vois-tu une différence quant à la perception des gens sur le véganisme?R Oui, je reçois beaucoup de commentaires et de questions sur les réseaux, et plusieurs d\u2019entre eux ne proviennent pas de gens qui sont véganes.Il y a une curiosité, une volonté d\u2019intégrer plus de végétaux au menu.Lorsque je mentionnais que j\u2019étais végane, il y a 10 ans, les gens se braquaient.Plus maintenant.J\u2019ai vu une différence à partir de l\u2019automne 2018, je dirais, lorsqu\u2019il y a eu Le Pacte (pour l\u2019environnement).Parce que l\u2019environnement, c\u2019est un élément qui motive beaucoup les gens à agir, à faire des changements.Les deux principales choses qu\u2019on peut faire pour diminuer notre empreinte écologique dans l\u2019assiette, c\u2019est de manger moins de viande et de gaspiller moins.Q Le tofu magique, qui est en quelque sorte ton plat signature, figure à nouveau dans ce livre.R Oui, on l\u2019a remis, avec différents accompagnements.C\u2019est un choix conscient parce qu\u2019il incarne toute ma vision de la cuisine végétale.Il est simple à faire et le résultat est délicieux.Pour moi, c\u2019est une base, comme l\u2019est un poulet de rôtisserie pour les omnivores.C\u2019est d\u2019ailleurs pour ça qu\u2019on a décidé de le commercialiser en épicerie.Avec ses assaisonnements vraiment neutres, on peut l\u2019employer dans une panoplie de recettes et il permet aux gens d\u2019avoir une alternative végé les jours où, pour une raison ou une autre, ils n\u2019ont pas le temps de cuisiner.Oui, c\u2019est un premier produit.À suivre : toujours la même ligne édi- to : rendre la cuisine végétale accessible.Et inspirer les gens.Q Un ingrédient chouchou?R Les champignons.Ce sont des aliments qui sont dans une classe à part, parce que ce ne sont pas des végétaux comme les légumes.Avec leur texture, leur petit goût terreux, leur saveur, leur côté umami, ils ajoutent beaucoup aux mets.Je constate aussi que les fermes de champignons « poussent » un peu partout au Québec.On pourrait dire qu\u2019ils ont contribué à changer le visage de la bouffe végane au Québec.En quelques années, Loounie (Caroline Huard) et Jean-Philippe Cyr ont fait leur nom et leur marque dans la sphère de la cuisine végétale.Chacun à sa façon, ils ont montré que non, ce n\u2019était pas compliqué de végétaliser l\u2019assiette et que oui, un plat sans ingrédients d\u2019origine animale, ça pouvait être vraiment délicieux.Entrevue avec chacun des créateurs culinaires qui lançaient tous deux un nouveau livre de recettes cette semaine.Le même jour, qui plus est.Les fameux biscuits au beurre d\u2019arachide, au miso et au chocolat de Loounie.\u2014 PHOTO SYLVIE LI Caroline Huard, alias Loounie \u2014 PHOTO SYLVIE LI NOUVEAUX CARNETS VÉGANES laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M25 EN CUISINE JEAN-PHILIPPE CYR Les blagues et les vidéos qu\u2019il dépose sur le web cartonnent autant que les deux livres de recettes qu\u2019il a déjà signés et des plats véganes qu\u2019il propose en épicerie.Jean- Philippe Cyr révèle d\u2019ailleurs que d\u2019autres spécialités de prêt-à-man- ger seront bientôt disponibles, dont une bûche de Noël.Q Quel serait l\u2019ADN de ce troisième livre?R Je me suis permis d\u2019intégrer des ingrédients qui ont fait leur apparition sur le marché ces dernières années, comme du fromage végé- talien ou des saucisses italiennes véganes, mais mon approche reste la même.Je véganise des classiques, je crée des recettes qui sont bonnes au goût.Un sondage, en 2019, montrait que 50 % des Canadiens souhaitaient réduire leur consommation de viande.Le hic, c\u2019est qu\u2019ils ne savent souvent pas comment faire ça.Ils se demandent s\u2019ils vont être obligés de manger du kale et de la luzerne à tous les repas.Et la luzerne, on s\u2019entend, ça n\u2019a jamais convaincu personne de devenir végé! Il faut donc arriver avec des plats qui sont l\u2019fun, qui sont savoureux et qu\u2019on a envie de refaire.C\u2019est ça mon moteur.Q Et comment tu t\u2019y prends?R Moi, je ne suis pas nutritionniste, j\u2019ai une formation en cuisine.Mon job, c\u2019était de faire manger le monde, c\u2019est ça que j\u2019essaie de faire encore aujourd\u2019hui.J\u2019adapte des recettes que ma mère cuisinait ou que je faisais dans les restos où j\u2019ai travaillé.Je mise sur des plats savoureux, qui plaisent à tout le monde.Il ne faut pas avoir l\u2019impression qu\u2019on se prive parce qu\u2019on mange un repas végane, au contraire, il faut que ce soit copieux, goûteux.Dans le livre, j\u2019ai une recette de « poulet » frit végane, une autre d\u2019ailes de chou- fleur Buffalo.Parce qu\u2019on le sait tous, ce qui est bon, dans les ailes Buffalo, ce n\u2019est pas le poulet, c\u2019est le Buffalo, c\u2019est l\u2019assaisonnement! Q Tu mises aussi beaucoup sur l\u2019accessibilité, non?R Oui, mes recettes se font avec des ingrédients qui se trouvent en épicerie.Il faut que ce soit simple, facile.Qu\u2019on ouvre l\u2019armoire et qu\u2019on ait déjà pas mal tout ce qu\u2019il faut pour préparer le souper.Parce que, quand même, c\u2019est plate de feuilleter un livre et de réaliser qu\u2019il faudrait que tu habites dans le quartier chinois de New York pour trouver tous les ingrédients nécessaires aux recettes.Ce que je propose depuis le début, en fait, c\u2019est du comfort food.Je ne changerai pas la formule.Après tout, si t\u2019aimes les Beatles, tu ne leur demanderas pas de faire du Rolling Stones.Q Constates-tu que notre conception collective de la cuisine végé a évolué?R Oui, beaucoup, comme la cuisine en général a évolué, d\u2019ailleurs.Quand j\u2019étais jeune, ma mère avait un livre de cuisine végétarienne.Juste à voir la photo de couverture, on se disait que l\u2019auteure avait fabriqué sa robe, c\u2019était certain.Dans ce temps-là, les assaisonnements pour le tofu, c\u2019était essentiellement de la sauce soya.Tout goûtait la sauce soya.On est ailleurs, maintenant.Q Tu utilises beaucoup l\u2019humour dans tes publications sur les réseaux sociaux.R Ça permet de rejoindre les gens, ils aiment quand je ris du tofu.Et après, ils trouvent aussi leur compte avec les recettes.Beaucoup de véganes ont une approche plus moralisatrice.Pas moi.Je ne suis pas là pour dire au monde quoi manger ou comment se comporter.Ça, personne n\u2019aime ça, de toute façon.Je ne me prends pas au sérieux, je donne des trucs aux gens pour qu\u2019ils apprennent à cuisiner.Q Un aliment qui risque de gagner en popularité, prochainement?R Je dirais le seitan, un substitut de viande qu\u2019on peut faire à la maison et qu\u2019on trouve de plus en plus dans les épiceries.C\u2019est très protéiné et ça goûte le bœuf ou le poulet, selon les épices que tu mets dedans.J\u2019en propose dans mes livres.Q Ta recette la plus populaire?R Sur le web, je peux voir les statistiques et c\u2019est vraiment le tofu général tao qui est le grand champion des recettes les plus consultées.Q Une recette dont tu es particulièrement fier, dans le livre?R La lasagne, qui contient un ricotta d\u2019amandes qu\u2019on mangerait à la cuillère tellement c\u2019est bon.Elle est recouverte d\u2019une sorte de ratatouille semblable à celle que faisait ma mère quand j\u2019étais petit.Ça ajoute une touche de fraîcheur et c\u2019est un plat très convivial.Ça prouve aussi qu\u2019on peut faire une bonne lasagne même sans fromage.Q Un ingrédient chouchou?R La levure alimentaire, à ne pas confondre avec la levure boulangère.C\u2019est un condiment, comme des petites paillettes jaunes qui goûtent le fromage et qui sont un peu salées.J\u2019en mets dans des pâtes, dans les sauces, dans toutes mes soupes, dans mes crèmes de légumes.Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine Les ailes de chou-fleur Buffalo de Jean-Philippe.\u2014 PHOTO DOMINIQUE LAFOND Comme dans ses précédents livres, Jean-Philippe Cyr n\u2019hésite pas à créer des mises en scène pour ajouter une touche humoristique, laquelle se décline aussi dans ses textes.\u2014 PHOTO DOMINIQUE LAFOND CAROLINE HUARD Loounie cuisine 2 KO ÉDITIONS 240 pages JEAN-PHILIPPE CYR Réconfort végane CARDINAL 192 pages SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M26 samedi 2 octobre 021 leSoleil 44 LE P\u2019TIT MAG tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le canal squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante L\u2019auteur jeunesse daniel brouil- lette est de retour avec son fameux quiz de vocabulaire! Pour apprendre un nouveau mot et rigoler un peu avec daniel, rends-toi dans la section jeunesse de nos plateformes! tu peux aussi proposer cette activité à ton enseignant.e qui aura sans doute beaucoup de plaisir à découvrir la capsule, chaque semaine, avec toute ta classe! dans cette nouvelle capsule vidéo, on te propose de découvrir un mot en lien avec l\u2019actualité de la semaine puisque le 10 octobre, on souligne la journée mondiale de la santé mentale.Petit indice, le mot de la semaine se termine par «phobie».À toi de jouer! LE quIz dE vocAbuLAIrE EsT dE rETour Une semaine d\u2019actU david aguilar est né sans avant- bras droit.Passionné de Lego depuis tout jeune, il s\u2019est fabriqué à 17 ans un nouveau bras en utilisant les petites briques de plastique.aujourd\u2019hui, il a 22 ans, et son invention a même changé le destin d\u2019un autre enfant né sans bras.\u203a Transformer des joueTs en roBoTs david aguilar vient d\u2019andorre, un tout petit état situé entre la France et l\u2019espagne.il est né avec le syndrome de Poland, une maladie rare qui perturbe le développement du haut de la poitrine et des bras.ainsi, david est né sans son avant-bras droit.au lieu de le démotiver, cette particularité physique l\u2019a poussé à créer.enfant, david était un fan de robots et de Lego.ado, il a continué à jouer aux Lego, pour oublier les moqueries qu\u2019il subissait à cause de sa différence.durant ces années de harcèlement, il a construit sa première prothèse\u2026 en Lego! Une «prothèse» est un dispositif artificiel qui remplace une partie du corps.david a construit son premier bras robotique à 17 ans et l\u2019a amélioré au cours des années.il en est rendu à sa cinquième version.Le jeune homme étudie d\u2019ailleurs en bio-ingénierie.ce domaine d\u2019étude vise à développer des technologies pour améliorer la santé du corps humain.\u203a une proThÈse pour Beknur Une prothèse, ça coûte très cher à produire.«depuis la fabrication de ma première prothèse, j\u2019ai réalisé que j\u2019avais le pouvoir d\u2019aider d\u2019autres personnes», explique david.comme le jeune beknur qui a 8 ans et qui est né sans bras.ce jeune garçon ne peut pas porter de prothèse classique, car elles sont trop lourdes pour lui et pourraient abîmer sa colonne vertébrale.sa maman a donc écrit à david pour lui expliquer la situation.david a alors imaginé une prothèse légère, en Lego, qui conviendrait à beknur.Fin août, beknur et sa maman se sont rendus en andorre pour essayer la prothèse.c\u2019était un succès! Le bras artificiel lui permet maintenant de saisir des objets ou bien de jouer à la balle avec son frère.«il a parcouru 1300 kilomètres pour tester la prothèse et je pense que le sourire qu\u2019il a eu en voyant qu\u2019elle pouvait fonctionner est le meilleur cadeau que j\u2019ai jamais reçu», dit david.Marius Gellner, journaliste staGiaire iL se crée Un noUveaU bras en Lego! P h o t o i n s t a g r a m d e d a v i d a g U i L a r @ h a n d s o L o 9 9 laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M27 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 2 octobre 20 1 45 en ce moment, instagram est seulement disponible pour les personnes âgées de 13 ans et plus.cependant, une version d\u2019instagram pour les enfants qui s\u2019appellerait «instagram kids» est en développement depuis quelque temps.\u203a Une application pas bienvenUe de toUs! L\u2019arrivée de cette application pour enfants est très contestée, car des experts pensent que cela pourrait en rendre les jeunes dépendants.aussi, une enquête de journalistes américains du Wall street Journal a démontré que l\u2019application instagram a des effets négatifs sur la santé mentale des adolescents, surtout les filles.instagram a donc décidé de reporter le lancement d\u2019«instagram kids».\u203a petit coUrs d\u2019instagram 101 instagram est un réseau social créé en 2010.on y partage essentiellement des photos.cette application appartient à la compagnie Facebook.en tout, un milliard de personnes dans le monde, ont un compte insta- gram.c\u2019est l\u2019équivalent d\u2019un être humain sur huit.Le terme instagram est une combinaison de deux mots, ce qu\u2019on appelle un mot-valise: insta pour appareil photo instantané et gram pour télégramme.Le télégramme, c\u2019est un peu l\u2019ancêtre du texto.c\u2019était une façon d\u2019envoyer des messages d\u2019une personne à une autre, inventée il y a près de 100 ans.\u203a poUrqUoi instagram a-t-il des effets négatifs sUr la santé mentale ?Pour énormément de personnes, instagram est une application bénéfique.elle permet d\u2019entrer en contact avec des amis par exemple.c\u2019est tout l\u2019inverse pour les adolescents.cette catégorie d\u2019âge est même susceptible de voir sa santé mentale se dégrader si elle utilise trop l\u2019application.Parmi les jeunes filles qui n\u2019aiment pas leur corps, 32% disent qu\u2019instagram empire la situation.comme les utilisateurs partagent des photos d\u2019eux-mêmes sur l\u2019application, nombreux sont ceux qui se comparent en voyant les photos des autres.trop se comparer peut affecter l\u2019estime de soi.ce qui est le plus choquant, c\u2019est que Facebook, qui possède ins- tagram, connait depuis au moins deux ans les effets néfastes du réseau social sur les adolescentes.La compagnie ne l\u2019a jamais dit au grand public.\u203acomment l\u2019a-t-on décoUvert?ce sont des journalistes qui ont travaillé très fort pour trouver ces informations.ils ont eu accès à toutes sortes de documents confidentiels qui appartiennent à Facebook.comment ont-ils fait?ils ont sûrement établi des liens de confiance avec des personnes qui travaillent chez Facebook et qui trouvaient ce problème très grave.Nous ne savons pas exactement comment les journalistes ont eu accès à ces informations.Nous savons cependant que leur travail est essentiel.sinon, les problèmes causés par instagram aux adolescentes seraient restés sous silence.Par PhiliPPe Julien-Bougie P h o t o L e N o u v e L L i s t e , s y L v a i N m a y e r À l\u2019école primaire Louis-de- France, en mauricie, les élèves apprennent à devenir agriculteurs! dans cette école, il y a un programme qui s\u2019appelle «l\u2019agroa- limentaire s\u2019invite à l\u2019école».L\u2019agroalimentaire, ça regroupe tous les produits cultivables.\u203a qU\u2019est-ce qUe le programme?chaque année, ce programme permet aux élèves de récolter beaucoup de fruits et légumes! dans leur cour d\u2019école, il y a une grande serre chauffée à l\u2019année, même en hiver! au printemps, ils s\u2019occupent de plusieurs jardins thématiques, comme le jardin des pollinisateurs, celui des plantes médicinales, les potagers et les jardins parfumés.en plus de semer les graines et récolter les fruits et les légumes, les élèves sont invités à cuisiner! une partie des aliments récoltés sont offerts au comptoir à salade de l\u2019école, et le reste est redistribué dans la communauté.Les jeudis, à l\u2019heure du midi, des élèves s\u2019occupent du petit marché où ils peuvent vendre leurs récoltes.ils pèsent eux-mêmes les légumes, calculent les prix et comptent l\u2019argent qu\u2019ils font avec les ventes! de plus, les enfants profitent d\u2019un pavillon où ils peuvent suivre des cours à l\u2019extérieur, et ce, été comme hiver.Le but est de profiter du plein air le plus possible! \u203a Une grande réUssite! c\u2019est maryse côté, la directrice de l\u2019École Louis-de-France, qui a eu l\u2019idée en 2016.aujourd\u2019hui, elle est très fière de ce qu\u2019est devenu le projet.Le projet a même été implanté dans d\u2019autres écoles du Québec! Les élèves de l\u2019école Notre-dame et de l\u2019école de l\u2019Énergie, à shawinigan, pourront bientôt cultiver des légumes, eux aussi! ce n\u2019est qu\u2019une question de temps avant que d\u2019autres écoles puissent joindre le mouvement! et toi, que dirais-tu de pouvoir cultiver des fruits et des légumes dans ta cour d\u2019école?Par lyndie Julien, selon un article de Brigitte trahan, le nouvelliste cuLtiver uN JardiN daNs sa cour d\u2019ÉcoLe La sortie d\u2019uNe versioN d\u2019iNstagram Pour Les eNFaNts est rePoussÉe P h o t o 1 2 3 r F / r v L s o F t SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M28 LE P\u2019TIT MAG samedi 2 octobre 2021 leSoleil 46 \u2019 I le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 un onglet du dossier de la dame 2 le col de la veste de l\u2019homme 3 la queue de cheval de la dame 4 des roulettes sous la valise 5 la fenêtre de gauche est ouverte 6 une partie de la robe est manquante 7 un reflet en moins dans la fenêtre de droite Les sciences t\u2019intéressent?Tu te poses des questions sur les animaux, les plantes, l\u2019espace ou n\u2019importe quelle autre partie du monde qui t\u2019entoure?C\u2019est bien normal : les sciences, ce n\u2019est pas que pour les adultes! Alors, envoie-les-moi à jfcliche@lesoleil.com.Je répondrai dans ces pages, aux questions que tu m\u2019envoies.des étoiles éteintes Q Comment les trous noirs se forment-ils?Arshia R À la fin de leur vie, quand elles n\u2019ont plus de «carburant» à brûler, les étoiles cessent de briller et se transforment.les étoiles de taille moyenne, comme notre soleil, vont refroidir et, comme tous les objets qui se refroidissent, elles vont se contracter, donc devenir plus petites, mais en gardant la même masse.la contraction, disons-le, va être pas mal extrême : leur densité va atteindre autour d\u2019une tonne par centimètre cube (cm3)! cela fait ce que les astronomes appellent des «naines blanches».Pour les étoiles plus grosses, c\u2019est autre chose.elles finissent dans d\u2019immenses explosions nommées supernovas, ne laissant derrière que leur noyau.si ce noyau «pèse» moins que 3-4 fois la masse du soleil, alors il devient une «étoile à neutrons», qui est encore plus dense qu\u2019une naine blanche : chaque centimètre cube d\u2019une étoile à neutron «pèse» quelque chose comme 100 millions de tonnes! oui oui, tu as bien lu : 100 millions de tonnes dans 1 cm³! et quand le noyau qui reste après la supernova a une masse de plus de 3-4 fois celle du soleil, alors là, il se passe quelque chose de vraiment, VraimeNt sPÉcial.il y a des lois de la physique qui font que les particules de matière (les protons et les neutrons dans le noyau des atomes, et les électrons qui «tournent» autour) se repoussent les unes les autres, si bien qu\u2019il y a des limites à la quantité de particules qu\u2019on peut faire entrer dans un même volume.comme on vient de le voir dans le cas des étoiles à neutrons, quand des forces extrêmes sont appliquées, on peut quand même en faire rentrer beaucoup dans un petit espace (des millions de tonnes dans 1 cm³!), mais il y a quand même des limites.sauf que quand le «restant de supernova» a une masse suffisante, sa gravité est tellement puissante qu\u2019elle parvient à enfreindre ces lois de la physique et à forcer les particules à se serrer encore plus les unes sur les autres.et à ce moment-là, l\u2019objet devient tellement dense qu\u2019absolument rien n\u2019échappe à sa gravité.même la lumière ne peut pas s\u2019en échapper : c\u2019est un trou noir qui vient de se former.RUBRIQUE PRÉPARÉE PAR JEAN-FRANÇOIS CLICHE Photo 123rF/scyther5 laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M29 ACTUALITÉS Trop excité pour décider D epuis quelques mois, j\u2019ai pris l\u2019habitude de faire l\u2019épicerie le vendredi, juste avant de souper.Mauvaise idée.  Avec le ventre qui gargouille, je m\u2019arrête au IGA avec mes deux filles et ma blonde pour faire le plein de bouffe pour la fin de semaine.On succombe aux supplications des enfants, on gâte les parents, et voilà que le panier se remplit de croustilles, de friandises glacées et de bières de micro-brasseries.  Manipulés par la faim, on finit toujours par déborder de notre liste d\u2019épicerie.La facture explose.C\u2019est souvent comme ça dans la vie. Nos actions trahissent nos intentions.  On prévoit aller au gym, mais on reste assis sur le divan à gloutonner une série télé.On veut perdre du poids, mais on craque devant l\u2019irrésistible attrait des croustilles à saveur de cornichons à l\u2019aneth épicés. On veut se protéger des ITSS, mais on fait l\u2019amour sans condom.  Avec le recul, on ne comprend pas.Mais qu\u2019est-ce qui nous a pris?  Dans la nouvelle édition anglophone du livre à succès Nudge : la méthode douce pour inspirer la bonne décision, le lauréat du prix Nobel d\u2019économie en 2017, Richard H.Thaler, et son collègue juriste Cass R.Sunstein nous rappellent qu\u2019on devrait parfois se méfier de notre niveau d\u2019excitation.  Grossièrement, expliquent Thaler et Sunstein, les gens oscillent entre deux états : chaud et froid.On se trouve dans un état chaud lorsqu\u2019on est excité.Si on a envie de dévorer une poutine au Ash- ton, d\u2019acheter tous les vêtements dans la boutique ou de s\u2019envoyer en l\u2019air avec une maîtresse ou un amant, c\u2019est un bon indice d\u2019état chaud. À l\u2019inverse, lorsqu\u2019on pense à ces désirs de manière abstraite, loin de la tentation, on se trouve dans un état froid.La plupart des gens réalisent que les tentations existent et trouvent des moyens d\u2019y résister, notent Thaler et Sunstein.Ils s\u2019obligent à suivre une liste d\u2019épicerie ou se fixent un budget de magasinage, par exemple.  Ces stratégies fonctionnent dans la mesure où on est capable d\u2019anticiper le risque de flancher.Le hic, a découvert l\u2019économiste comportemental George Loewenstein, c\u2019est qu\u2019on sous-estime souvent la force de l\u2019excitation sur notre capacité à prendre la bonne décision.Loewenstein a nommé poétiquement ce phénomène le « fossé d\u2019empathie chaud-froid ».   Dans une étude publiée en 2005, George Loewenstein et son collègue Dan Ariely ont par exemple demandé à 35 étudiants de se soumettre à un questionnaire d\u2019ordre sexuel.Certains d\u2019entre eux devaient juste répondre aux questions sur un ordinateur alors qu\u2019ils étaient calmes.Puis, d\u2019autres devaient répondre après avoir atteint un certain niveau d\u2019excitation sexuelle « sous-orgasmique » en se masturbant devant un film porno.  Les résultats suggèrent que le cerveau des masturbateurs était en quelque sorte kidnappé par l\u2019excitation.Lorsqu\u2019ils étaient excités, les jeunes hommes devenaient attirés par des attraits qui leur apparaissent normalement rebutants, étaient plus disposés à s\u2019engager dans un comportement moralement douteux pour obtenir des relations sexuelles et étaient plus susceptibles de ne pas se protéger.La leçon de cette étude?On ne peut pas prédire le comportement d\u2019un jeune homme \u2014 ou de n\u2019importe qui d\u2019autre \u2014 en s\u2019appuyant sur ses promesses à tête froide.Même s\u2019il vous jure qu\u2019il ne conduirait jamais en état d\u2019ébriété, il se pourrait qu\u2019à tête chaude, il prenne quand même le volant après quelques verres en fin de soirée.Ceux qui réalisent qu\u2019en eux- mêmes se trouvent un Docteur Jekyll et un M. Hyde seront plus disposés à prendre des moyens pour se protéger d\u2019eux-mêmes, soulignait Dan Ariely dans une vidéo à propos de son étude.Par exemple, ceux qui remarquent leur tendance à pro- crastiner se fixeront eux-mêmes des échéanciers.Ceux qui vont festoyer dans un bar confieront leurs clés à un ami.Et pour ceux qui constatent que l\u2019épicerie leur coûte plus cher le ventre creux?Facile, ils s\u2019y rendront juste après avoir mangé.Quand on a faim à l\u2019épicerie, il est plus difficile de s\u2019en tenir à une liste.\u2014 PHOTO 123RF/NAPATCHA MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS Le hic, a découvert l\u2019économiste comportemental George Loewenstein, c\u2019est qu\u2019on sous-estime souvent la force de l\u2019excitation sur notre capacité à prendre la bonne décision.Loewenstein a nommé poétiquement ce phénomène le «fossé d\u2019empathie chaud-froid».   SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS L a matière rocheuse s\u2019est invitée au moins deux fois durant la campagne électorale.Tout le monde a vu Justin Trudeau et son entourage, au moment de remonter dans l\u2019autocar, se faire lancer des « petites roches » (tel est le terme employé par un journaliste dans les premières diffusions de la scène).La deuxième fois, c\u2019était lors du discours d\u2019Erin O\u2019Toole après le scrutin.Au moment de remercier son épouse, le chef conservateur a déclaré : « You are my rock. » Et le traducteur d\u2019échapper un « tu es ma roche ».Une faute qui a évidemment été captée par Infoman.N\u2019empêche, cela m\u2019a rappelé que, chez nous, beaucoup de gens n\u2019ont que le mot roche aux lèvres, dont quelques collègues de mon métier, même si, souvent, des synonymes plus précis siéraient à la situation.Oui, je sais, quand on est petit, on apprend à ne pas tirer de roches.Mais quand on est grand, on apprend à varier son vocabulaire! Usito reconnaît tout de même comme québécisme l\u2019emploi de roche au sens de « petite pierre » ou de « fragment de pierre ».Est-ce à cause de l\u2019influence de l\u2019anglais rock?Il semble que non : le Petit Robert mentionne que cet usage se rencontre également dans les Antilles et à Saint-Pierre-et-Miquelon.Une chose est sûre : du côté de la France, le mot roche sert à désigner soit un « bloc important de matière minérale dure » (rien à voir avec ce qui a été lancé au premier ministre), soit la matière minérale elle-même.C\u2019est aussi le terme privilégié en géologie pour parler des différents types de cette matière.Le dynamitage a permis de dégager une grande quantité de roches de la carrière.Il a fallu creuser ce tunnel dans la roche.Les géologues ont rapporté toutes sortes de roches, surtout du quartz.Dans le reportage que j\u2019ai vu sur l\u2019agression envers le premier ministre, j\u2019ai été surpris que le journaliste n\u2019ait pas recouru aux mots caillou ou pierre.Le premier désigne spécifiquement un fragment de roche de petite taille.Quant au second, il a plusieurs sens, mais celui de « fragment de taille variable de cette matière, que l\u2019on peut déplacer, porter et même lancer [Usito] » fait partie des définitions acceptées.Tout comme roche, le mot pierre est également employé quand il est question de la matière rocheuse.C\u2019est même lui qu\u2019on privilégie dans un contexte de construction, raison pour laquelle on parle d\u2019une maison de pierre et non d\u2019une maison de roche, et que pierre reste le plus souvent au singulier dans ce domaine.GRAVIER ET GRAVELLE Aurait-on pu dire ou écrire que le premier ministre s\u2019est fait lancer du gravier?Tout dépend de l\u2019endroit où le présumé agresseur a pris ses cailloux, car on peut désigner ceux-ci comme gravier à partir du moment où ils sont employés comme revêtement de sol, que ce soit pour une route, une entrée ou une allée.Le mot peut aussi faire référence à une « roche détritique d\u2019origine fluviale ou littorale ».Faisons une parenthèse sur le mot gravelle, critiqué chez nous au sens de gravier, parce qu\u2019on l\u2019utilise à cause de l\u2019influence de l\u2019anglais gravel.Ce qu\u2019on ne nous dit pas, c\u2019est que gravel a été emprunté à l\u2019ancien français et qu\u2019il existe toujours dans certains dialectes de l\u2019est et du centre de la France.Il finira peut-être par être accepté, vu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un vieil usage que nous gardons vivant, même s\u2019il est passé par l\u2019anglais.Terminons avec les mots roc et rocher, lesquels peuvent eux aussi servir à désigner la matière ainsi qu\u2019une grande masse minérale dure.Roc est évidemment le mot qu\u2019aurait dû employer le traducteur lorsqu\u2019Erin O\u2019Toole parlait de son épouse, car on y recourt le plus souvent dans un contexte littéraire.Pensons à des tournures comme « taillé dans le roc », « solide comme un roc », « ancré dans le roc », « bâtir sur le roc ».Le mot rocher, selon moi, ne laisse aucune équivoque pour la plupart des locuteurs : on s\u2019en sert pour nommer une grande masse minérale dure, formant une éminence généralement escarpée (merci à notre rocher Percé de nous le rappeler).Mais il peut s\u2019employer aussi pour désigner des masses rocheuses plus petites, tel le rocher que Sisyphe doit constamment faire rouler au sommet d\u2019une montagne, ou des rochers à fleur d\u2019eau près des côtes.MONTER D\u2019UN CRAN SUR LE CRAN Finalement, je m\u2019en voudrais de ne pas aborder le mot cran, encore très courant chez nous (notamment dans plusieurs toponymes), mais malheureusement trop peu répertorié.Et je suis persuadé que la plupart d\u2019entre vous savent que je parle d\u2019un gigantesque rocher dénudé qui émerge du sol, le plus souvent dans la plaine ou dans la forêt.Je me serais attendu à une mention dans Usito, mais non.J\u2019en ai d\u2019abord trouvé des traces dans le Dictionnaire général de la langue française au Canada de Louis- Alexandre Bélisle, qui le définit comme une « roche stratifiée », puis (j\u2019en ai un peu honte) dans le Wiktionnaire, qui affirme que ce mot vient du pré-roman kranno-, qui signifie « pierre, rocher ».Cette information est issue du Dictionnaire étymologique du français de Walther von Warburg, lequel est considéré comme la bible de l\u2019étymologie du français.On y découvre la mention de plusieurs sens voisins, tels caillou en Normandie, tuf en Lorraine et gravier en Bourgogne.Bref, le mot cran n\u2019est pas un anglicisme.Il entre plutôt, lui aussi, dans la catégorie des vieux mots français que nous avons préservés.Ça mérite qu\u2019on lui fasse une petite place, non?En attendant, les mots roc et rocher peuvent le remplacer dans un texte de niveau soutenu.PERLES DE LA SEMAINE C\u2019est le risque des examens sur les découvertes et les inventions : les élèves en inventent beaucoup.Le principe de la roue a été inventé par des bœufs attelés à des charrettes.De grandes découvertes ont été faites dans les hôpitaux parisiens, comme la salle Pétrière (Salpêtrière).Pendant la dernière guerre, il y avait déjà la télé, mais elle marchait au charbon.L\u2019ancêtre du lecteur DVD s\u2019appelait télescope (magnétoscope).Avant les textos, on s\u2019envoyait des télégrammes par téléphone.Source : Le sottisier du bac, Philippe Mignaval, Hors Collection, 2007 Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Chronique minéralogique STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Grâce au rocher Percé, la plupart des Québécois savent que le mot rocher désigne une énorme masse de pierre.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, HUGO-SÉBASTIEN AUBERT laTribune SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 M31 SARAH-MYRIAM MARTIN-BRÛLÉ santé/éducation ISABELLE PION isabelle.pion@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Comme bien des jeunes, Sarah-Myriam Martin- Brûlé a un jour rêvé de changer le monde.Elle s\u2019est toutefois vite rendu compte que pour le changer, on devait mieux le connaître.C\u2019est ce que la professeure de Bishop\u2019s s\u2019efforce de faire en le parcourant, en prenant part à des missions de paix et en s\u2019efforçant de transmettre à ses étudiants toute la complexité de notre planète.La professeure agrégée au département de politiques et d\u2019études internationales le souligne elle- m ê m e   : e l l e e st u n e f e m m e blanche, privilégiée, provenant d\u2019une famille aimante.Comment est-elle venue à s\u2019intéresser à la résolution de conflits mondiaux, elle qui a grandi à des années- lumière de la guerre?Certes, il y avait cette envie de changer le monde, mais elle se souvient aussi très clairement de cette image de soldats américains débarquant sur une plage de Mogadiscio, en Somalie.Ce clash entre l\u2019eau turquoise et l\u2019image des enfants affamés, armés.Depuis, Sarah-Myriam Martin- Brûlé cherche à comprendre : comment les gens peuvent-ils faire la guerre?Ou décident-ils d\u2019arrêter?Dans le cadre de son doctorat à l\u2019Université McGill, elle s\u2019est penchée sur le rôle de la dissuasion dans les opérations de la paix.«  C\u2019est un peu là que tout a commencé.J\u2019ai fait un terrain de recherches dans plusieurs pays d\u2019Afrique pour comprendre ce qui faisait en sorte que les belligérants écoutaient les consignes de l\u2019ONU, qu\u2019ils arrêtaient de se battre, d\u2019attaquer les civils.Pour ça, je suis allée sur le terrain rencontrer des seigneurs de guerre et des gens présents pendant certaines guerres.J\u2019ai étudié le cas de la Sierra Leone, du Liberia et de la Somalie.J\u2019ai rencontré un seigneur de guerre libérien pour essayer de comprendre ce qui le motivait à continuer d\u2019attaquer, mais aussi ce qui pouvait l\u2019arrêter\u2026 » Elle rencontre aussi des réfugiés somaliens, qui ont vécu la guerre au début des années 90.Ces rencontres ébranlent des idées préconçues.« Par exemple, cette entrevue avec le seigneur de guerre : c\u2019était un homme très élégant, poli, attachant même.Du même coup, il m\u2019avouait \u2013 en fait, c\u2019était documenté \u2014 et m\u2019offrait des rapports faits sur ses massacres; il avait ordonné le viol systématique de 150  000  personnes.C\u2019était cette espèce de paradoxe entre l\u2019homme poli et charmant qui discutait de choses aberrantes, monstrueuses\u2026 C\u2019était difficile de réconcilier l\u2019image de cet homme- là, papa de plusieurs enfants.Tout le côté humain du monstre, c\u2019est extrêmement troublant.Ça a été une première confrontation avec des zones extrêmement grises\u2026 » « J\u2019ai réalisé à quel point je ne connaissais pas le monde que je voulais changer.Ça a été un gros coup d\u2019humilité, de dire peut-être que je devrais être plus curieuse, p l u s hu mb l e, e t d e l e c o m - prendre avant de dire que je vais le changer. » Après être devenue maman, elle se tourne vers l\u2019ONU et des intervenants.« Je me suis mise à m\u2019intéresser à des cellules d\u2019analyse intégrée conjointe des JMAC (Joint Mission Analysis Centrer) pour voir comment on fait l\u2019analyse dans les missions de paix, comment on donne un sens aux risques et aux menaces, comment on l\u2019évalue. » Elle a par la suite rédigé le premier manuel JMAC de l\u2019ONU.Dans ce cadre-là, elle assiste à cinq grandes missions de paix, en Côte d\u2019Ivoire, en Centrafrique, au Mali, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud.La chercheuse souligne toute la complexité des enjeux dans lequel nous vivons et plaide l\u2019importance de la faire connaître.Elle estime que se mettre dans la peau de quelqu\u2019un \u2013 en devenant un dictateur ou un chef extrémiste quelques instants \u2014 est une bonne façon de faire ressortir les différents enjeux.« Je fais beaucoup de simulation et de jeux avec mes étudiants », raconte-t-elle en soulignant que cette façon de faire a plus d\u2019effet qu\u2019un simple PowerPoint.Elle a d\u2019ailleurs appliqué la même méthode pour former des femmes cadres pressenties dans des opérations de la paix.« J\u2019ai fait ça pendant trois ans en Ouganda. » Le scénario présenté en était alors un de\u2026 pandémie.Elle a aussi travaillé avec des femmes du G5 Sahel impliquées dans leur milieu afin de mieux les intégrer dans le processus de paix.« Souvent les femmes sont marginalisées dans les processus de paix, que ce soit avant ou même après que la paix soit signée. » La professeure participe à un premier podcast francophone sur les enjeux de sécurité avec Thomas Juneau, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa, intitulé Conseils de sécurité.Comprendre le monde pour le changer \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU REPÈRES Directrice adjointe au réseau de Recherche sur les opérations de la paix Chercheuse non étudiante à l\u2019International Peace Institute de New York Responsable de l\u2019axe de recherche sur les organisations internationales avec le Réseau d\u2019analyse stratégique Récipiendaire du Prix national 3M d\u2019excellence en enseignement et d\u2019une bourse Fulbright Née à Montréal, mère de deux filles de 8 et 10 ans PARTENAIRES COMMANDITAIRES ViVement le retour s\u2019entretient avec la personnalité du Mérite estrien dès 15h regardez la capsule du Mérite estrien au téléjournal estrie 18h 0057510 SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 laTribune M32 0076286 Une nouvelle ressource pour encourager l\u2019achat local et pour économiser! O\u2019 Chevreuil ZoneRabais.ca réunit sur un même site les offres intéressantes de plusieurs commerçants de Sherbrooke et de l\u2019Estrie.En quelques clics, faites de belles découvertes et économisez! Des rabais alléchants sont offerts dans divers secteurs d\u2019activités: restauration, hôtellerie, soins, spectacles, déco, etc.Vous êtes abonné à LaTribune?Vous avez droit à un rabais additionnel! Allez voir notre portail transactionnel! "]
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