La tribune, 27 février 2021, Cahier 3
[" I N F O G R A P H I E L E S O L E I L , S O U R C E 1 2 3 R F SANTÉ MENTALE ET JEUNES À CŒUR OUVERT ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air MORDRE DANS L\u2019HIVER AVEC BRIGITTE BOISJOLI + VINS Planète Vins CUVÉES POUR LA RELÂCHE ARTS MÉDIATIQUES Steve Heimbecker THOREAU DES TEMPS MODERNES + EN CUISINE Saveurs maritimes PRODUITS À DÉCOUVRIR SEMAINE DU 27 FÉVRIER AU 5 MARS 2021 SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M2 En remplacement de son camp artistique de la relâche, la galerie d\u2019art Foreman offre une programmation en ligne et gratuite d\u2019ateliers de création destinés aux 6 à 12 ans.Tous les matins dès 9 h, du 1er au 5 mars, une nouvelle vidéo préenregistrée sera publiée sur la page de l\u2019ArtLab et restera accessible toute la semaine, permettant aux enfants de programmer leur pause artistique au moment de leur choix.Les éducatrices se sont efforcées d\u2019utiliser des matériaux faciles à trouver, le plus possible naturels ou recyclés.Elles invitent également les enfants à faire preuve de créativité et à adapter les ateliers en fonction des matériaux dont ils disposent.Les activités proposées : jumelles en carton (lundi), terrarium (mardi), cabane et mangeoire d\u2019oiseaux (mercredi), poisson en plastique (jeudi) et journal de bord (vendredi).Les ateliers du mardi et du jeudi sont en anglais.Infos au foreman.ubishops.ca.STEVE BERGERON PlacART Exceptionnel ?Excellent ?Bon ?Passable ?À éviter?CHANSON DE CIRCONSTANCE BANGLA DESH George Harrison The Concert for Bangla Desh (1971) Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Acrophobie, Roxane Bruneau 2 Sitka, Andréanne A.Malette 3 Inscape, Alexandra Stréliski 4 Les antipodes, Les Cowboys fringants 5 Pianoscope, Alexandra Stréliski 6 Harmonium XLV \u2013 45e anniversaire, Harmonium 7 À tous les vents, 2Frères 8 Dubois solide, Claude Dubois 9 Country, Guylaine Tanguay 10 Dire combien je t\u2019aime, Luce Dufault \u203a NON FRANCOPHONE 1 Three Little Words, Dominique Fils-Aimé 2 Medicine at Midnight, Foo Fighters 3 Death by Rock and Roll, Pretty Reckless 4 Nostalgia, Marc Hervieux 5 The Highlights, The Weeknd 6 Stay Tuned!, Dominique Fils-Aimé 7 After Hours, The Weeknd 8 Windows in the Sky, Alex Henry Foster 9 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 10 Music (Songs From and Inspired by the Motion Picture), Sia \u2022 E X P O \u2022 S I T I O N S VOUS VOULEZ VOIR?Dominique Fils-Aimé \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND En 2014, l\u2019ONU a reconnu le 27 février comme la Journée mondiale des ONG (organisations non gouvernementales), saluant leur travail dans la défense des droits fondamentaux, parfois à leurs risques et périls dans certains pays.Voilà qui fait penser à toutes ces chansons humanitaires créées depuis un demi-siècle.On songe tout de suite à la famine de 1984-1985 en Éthiopie, qui nous avait donné le succès mondial We Are the World, mais aussi Tears Are Not Enough au Canada et Les yeux de la faim au Québec.Il semble toutefois que George Harrison et Ravi Shankar soient les précurseurs dans ce créneau, il y a justement 50 ans cette année.Pour amasser des fonds destinés aux réfugiés de la guerre d\u2019indépendance du Bangladesh (alors le Pakistan de l\u2019Est), le chanteur a lancé la chanson Bangla Desh et le duo a organisé deux concerts au Madison Square Garden.Un vinyle triple de l\u2019enregistrement du concert est paru en décembre de la même année.STEVE BERGERON Arts plastiques et relâche \u2014 PHOTO FOURNIE EXPO Transport imaginaire Ingénieur mécanicien de formation, Brani- mir Misic réalise des sculptures depuis plus de 30 ans.En combinant génie et arts, il a abouti à des robots, fabriqués à partir de métal recyclé et d\u2019objets métalliques réutilisés.Il les a exposés partout en Amérique du Nord et a remporté plusieurs prix.Le soin avec lequel il crée ses personnages donne à ceux-ci, malgré leur immobilité physique, une allure engageante.Les éléments qu\u2019il emploie le plus sont de vieilles horloges, des monocles, des clés, des ustensiles de cuisine et d\u2019autres pièces mécaniques.Les composantes sont vissées ensemble, sans soudure.Dans Transport imaginaire, une vingtaine de sculptures évoquent différentes catégories de transport, tantôt aérien, tantôt maritime ou terrestre.Au Musée Beaulne de Coaticook, jusqu\u2019au 18 avril.\u2014 PHOTO FOURNIE SHERBROOKE \u2014 Karine Vanasse prête sa voix au personnage de Morgäa dans le film d\u2019animation québécois Félix et le trésor de Morgäa, qui vient d\u2019arriver sur grand écran.« Je suis fascinée par le travail derrière un micro, par ce que la voix est capable d\u2019exprimer toute seule.C\u2019est un aspect du métier que j\u2019aime beaucoup, qui me permet de jouer autre chose.Dans ce nouveau long métrage d\u2019animation, j\u2019ai eu la chance de faire la voix en anglais et en français de ce personnage haut en couleur.Morgäa, c\u2019est une mégalomane, elle a un côté très égocentrique.C\u2019est chouette de pouvoir toucher à ça parce que c\u2019est le genre de personnage pour lequel on ne serait jamais venu me chercher si ça n\u2019avait pas été un film animé.Parce que, même si j\u2019ai la voix assez grave, j\u2019ai un visage plutôt doux.Quand on pense à moi pour une distribution \"en personne\", on ne me propose pas les mêmes choses.Lorsqu\u2019on fait appel à ma voix seulement, on m\u2019offre des trucs qui ont davantage de noirceur, on ose me projeter dans des rôles de filles qui ne sont pas si fines que ça.Ça m\u2019amène à explorer autre chose dans le jeu et j\u2019aime ça », exprime la comédienne estrienne.KARINE TREMBLAY Coupée au montage de l\u2019entrevue du 12 décembre 2020.Karine Vanasse \u2014 PHOTO FOURNIE, AUDIBLE RETAILLE D\u2019ENTREVUE laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M3 LIVRES KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 C\u2019est frappant tant c\u2019est inhabituel : Les forces vitales est tout entier écrit à l\u2019aide de petits bouts de phrases rapiécés.Retailles choisies et mots significatifs ont été découpés dans les pages de différents livres avant d\u2019être agencés et recollés pour former les phrases et les pages de l\u2019original recueil de poésie signé Sarah Bertrand-Savard.Avec sensibil i té et sens de l\u2019image, avec humour aussi parfois, les poèmes ainsi cousus racontent des mois difficiles et un parcours qui prend racine dans une tempête nommée cancer.Sarah avait 34 ans lorsque le plancher s\u2019est ouvert sous ses pieds.La masse palpée dans un sein n\u2019était finalement pas bénigne, a-t-elle appris après deux biopsies.Le crabe était agressif.Son ombre menaçait.« Du côté de ma mère, le cancer du sein avait déjà frappé plus d\u2019une fois, explique la Sherbrookoise.Ma grand-mère en est décédée à l\u2019âge de 49 ans, ma mère l\u2019a eu aussi à la fin de sa quarantaine.Alors pour moi, évidemment, ça a toujours été une hantise.Quand j\u2019ai eu le diagnostic, en 2017, les tests permettaient de voir si c\u2019était héréditaire. » Ça l\u2019était.Le cancer qui se logeait dans le corps de la jeune mère de famille était « méchant ».Il fallait agir vite.Les traitements à envisager étaient draconiens : chimio et chirurgie.« On m\u2019a d\u2019abord enlevé un premier sein, pour pouvoir tout de suite commencer une chimio intensive.J\u2019ai reçu un cocktail très fort, chaque semaine, pendant plus de six mois. » La jeune femme a perdu ses cheveux et ses cils au fil des traitements.Après, il fallait encore repasser sous le bistouri.« On m\u2019a enlevé l\u2019autre sein.La plus grande peur, avec un cancer comme celui que j\u2019avais, c\u2019est la récidive.Il fallait donc aussi retirer les ovaires.Et l\u2019utérus.Ça faisait pas mal de morceaux de moi qui partaient en pas grand temps! » Le souvenir est douloureux, mais l\u2019auteure le raconte avec détachement, en osant quelques traits d\u2019humour, même.Je la trouve forte, le lui dis.« Quatre ans ont passé, depuis, tu sais.Il y a tout un travail de deuil qui s\u2019est fait.Une reconstruction, aussi.Et la création m\u2019a aidée à passer au travers. » UNE AUTRE TEMPÊTE La jeune femme était en rémission quand le crachin est venu souffler à nouveau sur sa vie.« Je venais de traverser tout ça quand mon amoureux m\u2019a quittée.Cette séparation, je ne l\u2019avais pas vue venir.J\u2019étais anéantie par toutes ces pertes qui s\u2019additionnaient dans ma vie. » Le cap était difficile à maintenir.« Je suis allée creux dans le découragement.Je me rappelle que j\u2019étais suivie tous les trois mois par différents spécialistes et je m\u2019effondrais dans leur bureau.J\u2019allais bien physiquement, mais psychologiquement, c\u2019était vraiment difficile.La réaction des médecins m\u2019a chamboulée; ils m\u2019ont dit que les statistiques étaient évocatrices.Plusieurs amoureux quittaient le bateau après un cancer.En France, c\u2019est même plutôt systématique, peu importe l\u2019âge auquel le cancer frappe », raconte l\u2019auteure de 38 ans.C\u2019est à partir de ce moment-là qu\u2019elle a commencé à écrire avec des mots dégotés ici et là.« Du découpage, j\u2019ai toujours fait ça.J\u2019enseigne la littérature au cégep et à l\u2019université, mais j\u2019ai aussi une formation en arts visuels », expose celle qui a longtemps eu un atelier à La Fabrique de Sherbrooke.« Dans mes tableaux, j\u2019employais des techniques mixtes en intégrant des phrases avec différentes textures et couleurs. » Pour faire sortir le trop-plein, elle a repris papier, ciseaux et bâton de colle.« Je choisissais des livres que j\u2019aimais dans lesquels je trouvais des mots.Quand j\u2019en avais une cinquantaine, je me lançais et composais quatre ou cinq poèmes.C\u2019était de la création un peu improvisée, mais je me suis vite rendu compte que je me constituais un champ lexical.De façon un peu inconsciente, je découpais des mots qui allaient avec ce que j\u2019avais envie de dire. » BOUÉES ET AMITIÉS L\u2019auteure a rempli les pages de deux épais cahiers.En même temps qu\u2019elle bâtissait son recueil, elle se reconstruisait, collait des mots comme si elle recollait des petits bouts d\u2019elle-même.« Tout ça mis ensemble a été très important pour moi.C\u2019était une démarche métaphorique, mais ancrée dans le réel, aussi : je n\u2019avais plus de poitrine, mes cheveux étaient courts, je ne me reconnaissais pas.J\u2019ai réalisé à quel point notre féminité, tant qu\u2019on n\u2019en est pas privée, on ne se rend pas compte à quel point c\u2019est précieux.J\u2019étais jeune, féministe, et mon regard sur la chirurgie plastique était assez sévère.Tout ça est venu jouer dans mes certitudes.Pendant que je poursuivais mon processus créatif, je me suis fait poser des rallonges capillaires, j\u2019ai eu une reconstruction mammaire, j\u2019ai recommencé à avoir un semblant de corps.Ça m\u2019a aidée à avancer.Et j\u2019ai trouvé une force dans la créativité.La poésie, la littérature ont été de vraies bouées. » L\u2019amitié aussi.Précieuse comme on n\u2019en a pas idée.« La sororité m\u2019a tenu la tête hors de l\u2019eau.Mes amies, ces filles-là autour de moi, elles m\u2019ont sauvé la vie.Leur présence, tous ces mots et ces instants partagés, c\u2019est ce qui m\u2019a gardée en équilibre. » Sœurs d\u2019âme, femmes phares, elles ont éclairé le chemin et apporté de la lumière dans la nuit que traversait Sarah.« Femme désordre vous êtes parfaite, c\u2019est imprimé dans le recueil et c\u2019est une phrase que me disait souvent Marido (Marie-Domi- nique Billequey), ma grande amie, avec qui j\u2019organise les cabarets Littérature et autres niaiseries », note celle qui espère que son recueil touchera autant le milieu littéraire que d\u2019autres personnes qui ont vécu quelque chose de semblable.« Je pense que ça peut toucher différents publics.Parce qu\u2019il y a un propos personnel, ça part d\u2019un vécu intime, bien sûr, mais au-delà de ça, il y a une démarche très artistique. » Une démarche d\u2019ailleurs « exposée » : dans la foulée de la sortie du livre, la Librairie Appalaches de Sherbrooke accueille sur ses murs les textes originaux (et encadrés) de l\u2019auteure.La Sherbrookoise Sarah Bertrand- Savard signe Les forces vitales, un original premier recueil de poésie lancé mardi dernier.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MICHELLE BOULAY SARAH BERTRAND-SAVARD ÉCRIRE, SE RECONSTRUIRE SARAH BERTRAND-SAVARD Les forces vitales POÉSIE La Mèche 160 pages SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M4 PARFAITEMENT IMPARFAIT DE PRÉCIEUX TÉMOIGNAGES Les tabous qui entourent la santé mentale sont encore nombreux, en particulier quand il s\u2019agit des jeunes.Les 20 capsules de Parfaitement imparfait, diffusées sur Ici tou.tv dès le début de la relâche scolaire, s\u2019avèrent de précieux témoignages, à un moment opportun.Les journalistes de vos six quotidiens coopératifs ont discuté avec des jeunes et des personnalités qui ont eu le courage d\u2019en parler publiquement pour le bien commun.DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Quand P-A Méthot a rencontré Nicolas, son partenaire dans la série documentaire Parfaitement imparfait, il a constaté qu\u2019au pays de la bipolarité, l\u2019écart entre les générations n\u2019existe pas.Lui qui pourrait être son père a été frappé de voir à quel point les expériences de l\u2019un et de l\u2019autre étaient similaires.« C\u2019était extraordinaire! Chaque fois qu\u2019il me racontait de quoi, je disais : \"Moi aussi.\" Et inversement.Ça l\u2019a rassuré de voir un gars de 47 ans qui a une vie super normale, tandis que moi, je me suis revu à 22 ans.C\u2019est le moment où je commençais à l\u2019échapper », a relaté l\u2019humoriste au cours d\u2019une entrevue téléphonique.Le premier obstacle fut à la fois culturel et scientifique.Vivant à Chandler, en Gaspésie, le jeune Paul-André ne savait pas à quoi rimait la succession de highs et de downs qui balisait son existence.Il réalisait toutefois que dans son milieu, trouble de santé mentale rimait avec folie : « On disait : \"T\u2019es fou, tu vas aller au san\", en parlant du sanatorium Ross de Gaspé.» Pendant dix ans, il s\u2019est posé plein de questions, « mais pas les bonnes ».Croyant que le problème trouvait sa source dans l\u2019enfance, comme le suggérait Freud, il a accablé son paternel.L\u2019idée qu\u2019il pouvait être homosexuel est aussi apparue comme une explication crédible, jusqu\u2019à ce que la réalité reprenne le dessus.On devine que le diagnostic a été vécu comme une libération, même si le pire était à venir.Quand la médication a produit ses premiers effets tangibles, un autre piège s\u2019est ouvert devant lui.« Souvent, après six mois, les bipolaires se sentent invincibles.Ils se croient guéris et arrêtent tout.Et là, c\u2019est rough, assure P-A Méthot.Je l\u2019ai vécu deux fois et c\u2019était pire que les anciens downs.Une drop épouvantable.Un mois à vouloir mourir.» P-A MÉTHOT ET NICOLAS À UNE GÉNÉRATION DE DISTANCE, LE MÊME CHEMIN Au Québec, un jeune sur cinq souffre d\u2019un trouble de santé mentale et une personne sur quatre vivra un épisode d\u2019anxiété intense dans sa vie.Le taux de suicide chez les jeunes au Canada est le troisième plus élevé des pays industrialisés.On estime que 50 pour cent des maladies mentales se déclarent avant l\u2019âge de 14 ans et 75 pour cent avant l\u2019âge de 22 ans.Parmi les troubles les plus courants, l\u2019hyperanxiété touche QUELQUES CHIFFRES.Nicolas échange avec P-A Méthot dans le cadre de la série Parfaitement imparfait.Bien qu\u2019ils appartiennent à des générations différentes, ces personnes ayant la bipolarité en partage ont vécu des expériences similaires, rapporte l\u2019humoriste.\u2014 PHOTO FOURNIE laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M5 BALLOUNE ÉVITÉE Sauvé par l\u2019amour de ses parents et de ses amis, il s\u2019est également accroché à son rêve de faire carrière en humour.La progression a été lente.Le succès n\u2019est venu qu\u2019à l\u2019âge de 40 ans, ce qui fut une bonne chose, au final.« Avant ça, je n\u2019aurais pas survécu.Je serais parti sur une balloune de fou », laisse-t-il échapper au détour de la conversation.La franchise rugueuse de P-A Méthot peut sembler confondante, à une époque où tout est si policé.Or, cette attitude est liée à une forme d\u2019éthique.Parler de son état lui fait du bien, mais pas question d\u2019arrondir les coins.« Sur scène aussi, j\u2019ai ce devoir de transparence, explique l\u2019humoriste.Je peux partir dix minutes sur l\u2019idée que j\u2019ai failli mourir.Je me dis que si des gens s\u2019inspirent de moi, il ne faut pas que je sois dans le fake.» Et puis, il y a les sources de contentement, qui sont nombreuses.La réconciliation avec son père, qui leur a fait vivre douze belles années ensemble.La vie tranquille en marge du métier, jumelée avec la capacité de l\u2019apprécier.L\u2019échange avec des gens comme Nicolas, qui lui apportent autant que lui peut leur donner.La somme de tous ces bonheurs, c\u2019est un homme que même une pandémie n\u2019a pu déstabiliser.« J\u2019avais des économies et je me suis mis en mode vacances.Je me suis occupé de ma famille et aussi de mes collègues qui vont moins bien.Pour plusieurs, c\u2019est épouvantable », s\u2019émeut P-A Méthot.Il maintient également le contact avec Nicolas, dont l\u2019avenir lui inspire confiance : « S\u2019il fait les choses comme il le faut, il sait que ça va bien aller, son affaire.» ISABEL AUTHIER La Voix de l\u2019Est GRANBY \u2014 Hadrien Bédard était en voyage humanitaire en France lorsque la production de Parfaitement imparfait l\u2019a contacté pour l\u2019inviter à participer à la websérie.Bien que surpris, le jeune homme a accepté sans hésiter.Parce qu\u2019on peut faire son chemin sans complexe, malgré un TDAH, assure-t-il.«J\u2019ai eu beaucoup de difficultés durant mon enfance et mon adolescence.À cause de mon hype- ractivité, c\u2019était difficile pour moi de rester tranquille.J\u2019étais dans ma tête.Et j\u2019ai développé une sorte de complexe à cause de ma différence.Je ressentais un stress de performance immense.Je pensais que j\u2019étais seul à vivre ça et c\u2019était assez souffrant.Je veux dire aux jeunes comme moi que c\u2019est correct et qu\u2019on n\u2019est pas de moins bonnes personnes.Si j\u2019avais entendu quelqu\u2019un m\u2019en parler quand j\u2019étais plus jeune, ça m\u2019aurait fait beaucoup de bien », laisse entendre le Granbyen de 20 ans.Selon lui, c\u2019est une présentation orale qu\u2019il avait offerte à l\u2019époque du secondaire qui aurait attiré l\u2019attention de la production.« Je ne m\u2019attendais pas à ça », dit-il, encore étonné de l\u2019invitation.En apprenant qu\u2019il allait être jumelé à l\u2019humoriste Rosalie Vail- lancourt, qui souffre d\u2019un trouble de déficit de l\u2019attention (TDA), Hadrien a eu l\u2019impression que le « mariage » était parfait.« Je trouvais qu\u2019elle avait une énergie semblable à la mienne.On est tous les deux très actifs et on a peu d\u2019inhibitions.Ç\u2019a tout de suite cliqué.C\u2019était la première fois que je rencontrais une personnalité publique, mais je me suis vite senti à l\u2019aise avec elle », dit-il.RENCONTRE EN KARTING Tourné sur deux jours, l\u2019épisode d\u2019une dizaine de minutes se veut léger et ludique, sans se complaire dans la noirceur.Les échanges entre Rosalie et Hadrien sont libres et sans tabous, à l\u2019image de toute la série.On constate rapidement qu\u2019ils partagent plusieurs points communs.« Elle oublie des choses, elle est authentique, elle a aussi vécu un peu de rejet.On se rejoignait là-dedans.» Devant la caméra, ils ont jasé de leur condition, de médication, échangé quelques confidences, blagué et participé à une course de karting endiablée.« C\u2019était tellement naturel que la conversation coulait bien.C\u2019était cool.Mais je ne m\u2019attendais pas à ce qu\u2019elle soit aussi compétitive que moi! » rigole-t-il.Cette rencontre a été pour lui une source d\u2019inspiration.« Rosalie est simple et intègre.Elle ne m\u2019a jamais regardé de haut, malgré son statut d\u2019humoriste connue.De voir qu\u2019elle a réussi malgré ses troubles, c\u2019est très motivant.» Aujourd\u2019hui, Hadrien semble avoir trouvé sa voie.À l\u2019emploi d\u2019un magasin de chaussures, ce grand sportif dit se sentir « à sa place », en y accomplissant des tâches variées, en bougeant, en côtoyant la mode et en comblant sa nature sociable.« Je ne suis pas l\u2019exemple parfait, mais mon vécu peut peut-être aider des gens à tracer leur propre chemin, sans se préoccuper du jugement des autres.» HADRIEN BÉDARD «?ON N\u2019EST PAS DE MOINS BONNES PERSONNES?» Rosalie Vaillancourt et Hadrien se sont rencontrés dans un centre de karting intérieur.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR MC2 COMMUNICATION MÉDIA Marie-Mai figure parmi les personnalités qui ont accepté de participer à Parfaitement imparfait.\u2014 PHOTO PATRICK HÉBERT 25 pour cent des filles de 12 à 14 ans, les troubles alimentaires représentent la troisième maladie mentale la plus fréquente chez les jeunes et l\u2019automutilation affecte de 10 à 20 pour cent des jeunes au Canada.LIRE MARIE-SOLEIL DION PERCE LA BULLE DES TABOUS \u203a M6 «?Sur scène aussi, j\u2019ai ce devoir de transparence.Je peux partir dix minutes sur l\u2019idée que j\u2019ai failli mourir.Je me dis que si des gens s\u2019inspirent de moi, il ne faut pas que je sois dans le fake.?» \u2014 P-A Méthot SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M6 PARFAITEMENT IMPARFAIT MARIO BOULIANNE Le Droit GATIENEAU \u2014 Un jour, espère la comédienne Marie-Soleil Dion, la santé mentale aura autant de ressources que la santé physique.C\u2019est le souhait qu\u2019elle fait dans le cadre de la websérie Parfaitement imparfait.Invitée à dévoiler au grand jour ses troubles de santé mentale, Marie-Soleil fait bien plus que ça.Elle porte un regard allumé et très lucide sur ce que les gens qui souffrent de maladies mentales vivent tous les jours.« L\u2019anxiété, les troubles alimentaires et l\u2019automutilation touchent de plus en plus de jeunes au Québec, explique-t-elle.Ce n\u2019est pas rien.Il faut en parler, il faut aller chercher de l\u2019aide, mais encore faut-il que les ressources soient accessibles.» Ce constat est également partagé par son binôme, Amanda, qui a été jumelée à la comédienne pour les besoins de l\u2019émission.Cette jeune femme de 23 ans vit avec des troubles d\u2019hyper-anxiété qui ont été dévastateurs pour elle.« Je vis bien maintenant avec mon état, mais ça n\u2019a pas toujours été le cas, confie-t-elle.Ça été un dur combat pour moi et aussi pour mes proches, car ce sont eux qui, les premiers, ont subi le contrecoup de ma condition, puisqu\u2019ils sont les premières ressources que nous avons à notre portée.» Tout au long de la série produite par MC2 Communication Média, des personnalités sont jumelées à des jeunes vivant avec des troubles de santé mentale.Les personnalités choisies ont aussi vécu les mêmes écueils à un moment donné de leur vie.Pour Marie-Soleil Dion, c\u2019est au cégep que se sont révélés ses troubles d\u2019anxiété, à peu près les mêmes vécus par Amanda.« Il faut se débarrasser de ces façons de penser qui s\u2019incrustent, par peur et par incompréhension, autour de la santé mentale », exprime Amanda en entrevue.DES OBSTACLES La websérie met donc en relief tous les obstacles que doivent surmonter les jeunes qui souffrent de troubles de santé mentale, mais aussi de la recherche de solutions.« Ce qui m\u2019intéressait le plus dans cette série, c\u2019est qu\u2019elle s\u2019adresse directement aux jeunes afin de trouver des solutions ensemble, ajoute Marie-Soleil.Il faut tenter de normaliser le plus possible ces troubles pour enlever la couche de honte et de tabous qui entoure tous ces problèmes-là.» « Ces chiffres font peur, mais ils sont aussi très révélateurs, ajoute Marie-Soleil.C\u2019est un wake-up call.Il faut offrir plus de ressources en santé mentale pour que, justement, ceux et celles qui en souffrent et qui demandent de l\u2019aide reçoivent les traitements adéquats dans des délais raisonnables.Si un jeune appelle à l\u2019aide et que rien ne se passe, on vient de le perdre.» MARIE-SOLEIL DION PERCE LA BULLE DES TABOUS Marie-Soleil Dion en grande conversation avec Amanda à propos de leurs troubles d\u2019anxiété.\u2014 PHOTO FOURNIE 0058848 CENTRE CULTUREL YVONNE L.BOMBARDIER Exposition en arts visuels valcourt centreculturelbombardier.com 1002 av.J.-a.-bombardier ENTRÉEGRATUITE Du 26 février au 11 avril 2021 Renée Carrier Marie-Josée Laframboise Caroline Hayeur | D.Kimm laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M7 PARFAITEMENT IMPARFAIT CORALIE BEAUMONT coralie.beaumont@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 «?Ce qui en ressort, c\u2019est qu\u2019on a le droit d\u2019en parler, qu\u2019il faut dédramatiser le sujet?», explique Antoine Desro- chers à propos de la nouvelle série documentaire Parfaitement imparfait , diffusée sur Ici tou.tv à partir du 2 mars, pour briser les tabous sur la santé mentale des jeunes.Jumelé lui aussi avec un jeune afin qu\u2019ils discutent ensemble de leur trouble commun de santé mentale, l\u2019acteur de 24 ans, qui souffre d\u2019anxiété, a fait la connaissance de Nathan, qui souffre du même problème.« C\u2019est vrai- m e n t u n trouble qui vient de la tête, c\u2019est la roue qui t o u r n e , tourne\u2026 et qui grossit de plus en plus en tournant ! J\u2019ai vraiment été touché de voir qu\u2019il vivait ça lui aussi », raconte-t-il.Conscient de son trouble, il explique avoir rapidement essayé de le gérer, notamment grâce à une routine faite de sport, de méditation et de yoga.« Mais une des solutions les plus concrètes que j\u2019ai trouvées pour gérer mon anxiété, c\u2019est d\u2019avoir un contact avec la nature.» Il invite d\u2019ailleurs quiconque avec un trouble de santé mentale à faire de même en cas de crise.« S\u2019assoir dos à un arbre et attendre de voir ce qu\u2019il va se passer\u2026 Dans mon cas, chaque fois, ma crise s\u2019est transformée.» Dans le cas de Nathan, l\u2019anxiété a ouvert la porte à des troubles alimentaires.« Il m\u2019a fait réaliser concrètement les dangers de l\u2019anxiété, que j\u2019ai réussi à éviter grâce à mon entourage, à mes habitudes de vie et aux solutions que j\u2019ai mises très tôt en pratique pour gérer ce problème », explique Antoine Desrochers.AGIR.EN ATTENDANT LE GOUVERNEMENT Antoine Desrochers pense qu\u2019il n\u2019y a rien à gagner de taire le sujet de la santé mentale.« Je crois que chaque personne vit des enjeux de santé mentale et chaque personne trouve des solutions très personnelles pour les gérer.Ouvrir la conversation, ça permet d\u2019échanger des solutions.C\u2019est une des clefs du bien-être : avoir le plus de solutions possible.» Il plaide pour que davantage de ressources publiques soient attribuées pour aider les personnes avec des troubles de santé mentale.« Mais est-ce que je vais attendre que le gouvernement le fasse pour changer ma vie?Non.Je pense qu\u2019on a le pouvoir de changer nos vies et d\u2019améliorer nos problèmes mentaux, au-delà de l\u2019attente qu\u2019un programme soit offert ».Membre de la distribution du film La déesse des mouches à feu, lequel vient de reprendre l\u2019affiche, Antoine Desrochers sera également visible lors d\u2019une campagne d\u2019affichage visant à encourager les jeunes, en collaboration avec Tel-jeunes.Les intervenants professionnels de cet organisme sont à l\u2019écoute des jeunes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, quel que soit le sujet qui les touchent.ANTOINE DESROCHERS PARLER POUR AVOIR LE PLUS DE SOLUTIONS POSSIBLE LIRE ALICIA LAVOIE : «?IL FAUT ACCEPTER?» \u203a M8 «?Mais une des solutions les plus concrètes que j\u2019ai trouvées pour gérer mon anxiété, c\u2019est d\u2019avoir un contact avec la nature.?» \u2014 Antoine Desrochers Nathan (à droite) a pu rencontrer Antoine Desrochers en compagnie de son chien Flynn.\u2014 PHOTO FOURNIE 0058674 MUSEEBOMBARD IER .COM 1001, av.J.-A.-Bombardier, Valcourt Semaine de relâche A C T I V I T É S À V E N I R Le Musée de l\u2019ingéniosité J.Armand Bombardier et le Centre culturel Yvonne L.Bombardier vous proposent une programmation numérique avec des activités différentes tous les jours! Impression 3D, introduction à la programmation, conception d'un véhicule à 4 roues et autres activités gratuites pour tous les goûts! De plus, le Musée est ouvert tous les jours.Places limitées.Réservez vos billets en ligne! musée de l\u2019ingéniosité j.armand bombardier 50 ans SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M8 PARFAITEMENT IMPARFAIT KIM ALARIE Le Nouvelliste TROIS-RIVIÈRES \u2014 Alicia Lavoie a 18 ans, mais la jeune femme a le discours plus sage que son âge pourrait le laisser supposer.L\u2019étudiante en sciences de la nature est atteinte d\u2019anxiété généralisée, une condition qui l\u2019a même menée à avoir des idées noires en plein cœur de l\u2019adolescence.C\u2019est avec beaucoup d\u2019aplomb et de douceur qu\u2019elle raconte son histoire dans la websérie Parfaitement imparfait où elle a pu jaser et faire de la poterie avec la comédienne Alice Morel-Michaud, qui vit également avec l\u2019anxiété.« En secondaire 1, ma mère et moi, on se chicanait beaucoup et on a décidé d\u2019aller voir une psy pour comprendre ce qui se passait.Finalement, j\u2019ai réalisé que c\u2019était peut-être moi, le problème.J\u2019avais beaucoup de misère à gérer mes émotions et ma mère ne comprenait pas pourquoi je réagissais de cette façon face à certaines petites choses », raconte calmement la jeune femme au bout du fil.« Quand tu commences à consulter, tu n\u2019apprends pas toujours de bonnes nouvelles.Tu réalises que ce que tu fais n\u2019est pas correct, que tu souffres de telle chose et qu\u2019il faut que tu ailles voir un autre médecin.Finalement, c\u2019est plus gros que tu pensais\u2026 » Puis est arrivé le fond du baril.La résidente de Sainte-Julie avait 15 ans.« Honnêtement, je ne m\u2019en suis pas vraiment rendu compte parce que tu es tellement là-dedans que tu finis par te convaincre que c\u2019est correct et qu\u2019il n\u2019y a pas de problème.C\u2019est quand j\u2019ai commencé à avoir de plus en plus d\u2019idées noires que j\u2019ai vraiment capoté! Je me demandais pourquoi je pensais à ça! J\u2019avais une bonne vie, des parents qui m\u2019aiment, je m\u2019entends bien avec mes frères, j\u2019avais des amis.À part ma maladie mentale\u2026 Il y en a qui vivent des affaires pires que les miennes et ils sont positifs! » « J\u2019avais un rendez-vous d\u2019urgence avec ma psychiatre et ils m\u2019ont sortie du bureau assez vite.Quand ils m\u2019ont fait revenir 30 minutes plus tard, ils signaient les papiers pour que je rentre à l\u2019hôpital.J\u2019étais abasourdie\u2026 Mon père pleurait\u2026 Je ne comprenais pas trop ce qui se passait.C\u2019était une grosse expérience, mais je le referais demain matin : aller à l\u2019hôpital, c\u2019est ça qui m\u2019a aidée.C\u2019est ce qu\u2019il me fallait pour accepter et comprendre comment je me traitais moi-même et surtout comment faire pour mieux me traiter.» HOSPITALISÉE Son séjour a duré un mois et demi.« Ils m\u2019ont mis en confrontation avec toutes mes peurs.Ils me faisaient faire ça tous les jours, alors je les haïssais! », rigole-t-elle avec le recul.Quand est venu le temps de sortir, les défis étaient nombreux, mais elle se sentait mieux outillée pour y faire face.« J\u2019ai toujours voulu montrer que j\u2019étais forte, mais après un mois et demi, les gens commencent à se poser des questions et il faut que tu l\u2019acceptes et que tu le dises.Cette période était bizarre : six semaines plus tôt, tu voulais mourir et là, tu vas bien, mais tu as peur de retomber facilement parce que tu te retrouves seule », raconte-t-elle, en ajoutant qu\u2019elle a toujours pu compter sur le soutien indéfectible de sa famille et de ses amis.L\u2019anxiété fait partie de sa vie, mais maintenant, elle sait comment y faire face.« Parfois, ça prend quelques minutes et tu es en grosse crise.Quand ça arrive, il faut comprendre que ça va augmenter.Il ne faut pas t\u2019en vouloir et accepter que ça se peut que tu aies une mauvaise journée et qu\u2019il faut que tu la vives quand même.Durant cette journée, tu vas faire des petites choses et tu vas moins sortir de ta zone de confort, sinon ça devient intolérable.» Alicia Lavoie (à droite) a fait de la poterie en compagnie d\u2019Alice Morel-Michaud.\u2014 PHOTO FOURNIE LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Discuter ouvertement de son anxiété, d\u2019une crise de panique ou de ses visites chez le psychologue est quelque chose de tout à fait normal pour Alice Morel-Michaud.Que ce soit en entrevue, sur les ré - seaux sociaux ou dans la vie, l\u2019actrice de 22 ans préfère être transparente et honnête envers son public, «?parce qu\u2019il n\u2019y a rien de honteux là-dedans?».Participer à Parfaitement imparfait était donc naturel pour la comédienne.«Pourquoi je cacherais ça?Tous ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent que j\u2019ai un trouble anxieux.Ça peut peut-être donner espoir à certains jeunes.Moi, au tout début, je me disais que ma vie serait définie par mon anxiété », explique Alice, qui assure aujourd\u2019hui maintenir un quotidien équilibré entre son travail, son amoureux, ses amis et sa famille.L\u2019actrice, que le public a déjà rencontrée dans Aurore, Frisson des collines, Kaboum, Destinées et plus récemment L\u2019heure bleue, a beaucoup apprécié le tournage de sa capsule pour l a q u e l l e elle a d\u2019ail- l e u r s é t é j u m e l é e à A l i c i a , une jeune d a n s e u s e s o u f f r a n t é g a l e m e n t d \u2019 a n x i é t é généralisée.Dans l\u2019épisode, les deux femmes discutent de leur « expérience similaire » autour d\u2019un atelier de poterie, puis d\u2019un café.Une « conversation tout à fait naturelle » lors de laquelle Alicia se confie notamment sur ses crises de panique et la honte, puis les idées noires qui en ont découlé.Si Alice nomme elle aussi les impacts négatifs de l\u2019anxiété sur son quotidien, elle témoigne également d\u2019astuces qui l\u2019ont aidée à accepter sa condition et à mieux la gérer.Leur solution commune?Leur passion pour l\u2019art.Expliquer ce qu\u2019est l\u2019anxiété, dédramatiser et normaliser le phénomène, Alice en a donc fait son cheval de bataille : « Je pense qu\u2019il faut briser des tabous.Il faut montrer que plein de gens vivent avec [des troubles de santé mentale].Ça peut être quelqu\u2019un que tu croises au secondaire autant qu\u2019un comédien à la télé.» L\u2019anxiété, la dépression ou n\u2019importe quels troubles doivent devenir des sujets de conversation normaux, « sans que ce soit lourd, intense ou épeurant », estime l\u2019actrice.UNE QUESTION DE SOCIÉTÉ Des séries comme Parfaitement imparfait sont « la preuve qu\u2019on est sur la bonne voie » et que nous avons collectivement « briser certaines barrières », croit celle qui a fait très tôt son entrée dans le paysage artistique québécois.Mais Alice se demande toutefois « pourquoi il y a autant de jeunes qui font de l\u2019anxiété ».Pour elle, la productivité, la pression de réussir, la rapidité à laquelle nous devons vivre, la performance et les réseaux sociaux sont certainement des pistes de réflexion.« On doit changer certaines choses à grande échelle.» Devant les propos de certains individus qui affirment que « les jeunes sont plus mous et plus faibles qu\u2019avant », Alice déplore le double discours.« Je peux garantir que les gens ne font pas ça pour le fun ni pour avoir de l\u2019attention.On ne tiendrait jamais des propos comme ceux-là en parlant d\u2019une maladie plus physique comme le cancer », insiste la jeune femme.ALICE MOREL-MICHAUD VIVRE AVEC UN TROUBLE D\u2019ANXIÉTÉ GÉNÉRALISÉE ALICIA LAVOIE : «?IL FAUT ACCEPTER?» laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M9 LIVRES STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 On pourrait qualifier le plus récent livre d\u2019Anthony Lacroix d\u2019ovni littéraire.L\u2019auteur de Les femmes que j\u2019aime ne font pas de bicyclette est d\u2019ailleurs le premier à le reconnaître.Ni prose ni poésie, la petite plaquette bleu poudre se compose majoritairement de courts textes (une vingtaine) qui ont plutôt, derrière leur mise en forme poétique, l\u2019essence de nouvelles littéraires, de fragments, d\u2019instantanés de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence.Mais arrivent les dix dernières pages où l\u2019on tombe sur Cette route de terre moite entre Saint-Claude et Windsor, un « essai/souvenir » tenant du récit autobiographique, dans lequel l\u2019écrivain nous explique d\u2019où il vient, jetant un peu plus de lumière sur ce qui précède.« Moi, je suis un poète.J\u2019ai fait du slam et je donne des ateliers de poésie dans les écoles secondaires.Mais pendant mon baccalauréat à l\u2019Université de Sherbrooke, je me suis le plus souvent retrouvé avec des professeurs qui demandaient des textes en prose.J\u2019ai donc essayé d\u2019écrire des nouvelles, mais c\u2019est ça qui est sorti.Tu connais l\u2019expression \"c\u2019est un dessert de cuisinier\"?Ben ça, c\u2019est des nouvelles de poète! » résume-t-il en pouffant de rire.Quant à la structure particulière du livre, Anthony Lacroix explique qu\u2019il a retravaillé son manuscrit avec son éditrice (Florence Falgueyret de la Maison en feu) afin de combler les trous.« C\u2019est comme ça que le dernier texte est né, pour fermer la boucle. » HOMME FORT AUX ONGLES VERNIS Lorsqu\u2019on tombe sur la photo de l\u2019écrivain, on a l\u2019impression de trouver la justification de cette œuvre atypique : avec sa carrure, Anthony Lacroix rappelle davantage un participant au Festival des hommes forts de Warwick.Jusqu\u2019à ce qu\u2019on remarque le vernis à ongles bleu.En conversation téléphonique depuis Rimouski, où il mène un doctorat de littérature dirigé conjointement par les universités de Rimouski et de la Sorbonne, l\u2019écrivain de 29 ans répond sans détour.« Oui, on peut parler d\u2019une affirmation identitaire.Disons que, dans ces moments d\u2019identité sexuelle un peu flous, je me considère comme non genré et bisexuel.J\u2019ai eu des relations avec des hommes par le passé.Maintenant, cela fait six ans que je suis avec une femme.Mais je ne veux pas nécessairement que le \"je\" de mon livre soit associé à un homme.Je crois avoir d\u2019ailleurs une narration assez fluctuante de ce rapport-là.Et j\u2019ai beau faire du sport et m\u2019entraîner beaucoup, je suis une personne artistique qui lit énormément.La littérature, c\u2019est un univers très féminin (j\u2019ai presque toujours été le seul homme dans mes cours).Disons que j\u2019aime ça, être le \"différent\". » « On peut aussi faire un lien avec le titre du livre, poursuit-il.Les femmes que j\u2019aime ne font pas de bicyclette, ça peut paraître problématique, mais c\u2019est une façon de ne pas avoir l\u2019air hétérosexuel et de ne pas figer une idée de la femme.Et puis, je trouve ça beau, du vernis à ongles! ajoute-t-il en riant.Je vois beaucoup de petits garçons de mes amis qui en portent et, plus jeune, j\u2019aurais voulu avoir des modèles qui m\u2019auraient dit que c\u2019était bien correct. » PLUS QU\u2019UN FOND DE VÉRITÉ L\u2019Anthony affirmé d\u2019aujourd\u2019hui tranche énormément avec l\u2019enfant et l\u2019adolescent mis en scène dans son livre.On présume, par le réalisme, que le terreau de ces récits a été vécu, mais que l\u2019écrivain s\u2019est permis de broder le reste.Entre le fantasme du gamin qui se voit en héros mais qui reçoit une raclée dans la vraie vie, qui rêve d\u2019avoir des amis mais se retrouve le plus souvent seul, on devine quand même qu\u2019il y a plus qu\u2019un fond de vérité.« La majorité des lieux sont réels \u2014 j\u2019ai grandi à Saint-Claude, j\u2019ai fini mon secondaire à Windsor (une ville qui a été très dure avec moi) et ma famille paternelle vient de l\u2019est de Sherbrooke.Mais j\u2019ai essayé d\u2019apporter un regard extérieur, presque nostalgique sur mon enfance, même si je ne peux pas dire que j\u2019étais très heureux.Sauf que certains éléments ont constitué la personne que je suis aujourd\u2019hui. » On a même parfois l\u2019impression que certains chapitres sont le fruit de l\u2019imagination du narrateur, qui idéalise la vie qu\u2019il a eue ou qu\u2019il aurait aimé avoir.Au point où, pour être certain qu\u2019il n\u2019avait pas eu la berlue, Anthony Lacroix a recontacté des camarades d\u2019enfance et d\u2019adolescence avant d\u2019écrire certains chapitres.« J\u2019ai réellement dû faire un travail de recherche dans mon passé », évoque-t-il sur le ton de celui qui sait que cela peut sembler invraisemblable.« Mais quand tu appelles d\u2019anciens amis, que tu leur demandes comment ils t\u2019ont connu, qu\u2019ils ne s\u2019en souviennent pas ou répondent que t\u2019étais juste là, tu te dis que, peut-être, non, ce n\u2019était pas vraiment de l\u2019amitié », raconte-t-il, avec le recul de celui qui ne s\u2019en fait plus.Si Anthony Lacroix a ajouté le mot « coquillages » en dessous du titre, c\u2019est par comparaison avec « une conque sur laquelle on colle l\u2019oreille pour entendre une voix qui nous semble à la fois proche et lointaine ».On pourrait aussi voir son recueil comme des coquilles disparates trouvées sur la grève et réunies en collier de souvenirs.GRÂCE À KEROUAC C\u2019est lorsqu\u2019un professeur du secondaire lui a tendu Sur la route de Jack Kerouac qu\u2019Anthony Lacroix a eu un coup de foudre pour la littérature.« Je me suis beaucoup identifié à son vécu de footballeur qui, après s\u2019être blessé au genou à l\u2019université, s\u2019est mis à écrire et à voyager.Pour moi, Kerouac, c\u2019est la liberté, c\u2019est une parole démocratisée, c\u2019est la magie de l\u2019enfance qu\u2019il essaie de garder, même s\u2019il ne voit autour de lui que des adultes qui ont oublié cette magie », explique le jeune auteur, qui cite, à ce propos, un extrait de The Town and The City dans son ouvrage.Pour Anthony Lacroix, Kerouac est également une autre preuve qu\u2019arts et sports peuvent se concilier, lui qui dit vivre avec un trouble de dysmorphie musculaire.« Mais certains des gars les plus grands et les plus musclés que je connaisse sont aussi parmi les plus grands lecteurs que je connaisse.J\u2019aimerais même écrire là-dessus, parce que je pense que ça pourrait faire tomber des préjugés. » Poète, slameur, doctorant en littérature et fondateur des éditions Fond\u2019tonne, Anthony Lacroix vient de publier son deuxième livre.\u2014 PHOTO FOURNIE ANTHONY LACROIX L\u2019ENFANT DANS LE COQUILLAGE ANTHONY LACROIX Les femmes que j\u2019aime ne font pas de bicyclette POÉSIE ET NOUVELLES La Maison en feu 128 pages « Mais quand tu appelles d\u2019anciens amis, que tu leur demandes comment ils t\u2019ont connu, qu\u2019ils ne s\u2019en souviennent pas ou répondent que t\u2019étais juste là, tu te dis que, peut-être, non, ce n\u2019était pas vraiment de l\u2019amitié. » \u2014 Anthony Lacroix SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M10 MUSIQUE MARIO BOULIANNE Le Droit OTTAWA \u2014 C\u2019est elle qui le dit : Angèle Dubeau carbure à la chair de poule.La violoniste, qui a lancé vendredi son 45e album, a encore beaucoup de musique à offrir à son public.Avec Immersion, un album enregistré avec l\u2019ensemble La Pietà, Angèle Dubeau a pris le temps d\u2019écouter et de découvrir de nouveaux compositeurs qu\u2019elle a eu envie de graver sur disque.« Avec la pause de tous mes projets artistiques, j\u2019ai pris le temps de parcourir le catalogue de nombreux compositeurs, confie l\u2019artiste en entrevue avec Le Droit.J\u2019ai redécouvert certaines musiques et j\u2019en ai surtout découvert de nouvelles.» C\u2019est d\u2019ailleurs cette grande curiosité qui a mené à l\u2019enregistrement d\u2019Immersion, un disque d\u2019une rare sobriété, qui puise sa raison d\u2019être dans les émotions et l\u2019instant présent.« C\u2019est vraiment un disque intime, près de mes émotions, avoue-t- elle.Dans mes recherches et mes nombreuses écoutes, j\u2019ai découvert Armand Amar.Ce fut le coup de foudre immédiat.J\u2019ai épluché tout son catalogue, ou presque, pour finalement mettre trois de ses œuvres sur l\u2019album : Human, Planet Ocean Suite et Inanna.» Encore aujourd\u2019hui, même après une carrière de 45 ans et autant d\u2019albums, Angèle Dubeau s\u2019émerveille encore devant les œuvres de ses compositeurs préférés et, bien évidemment, pour les découvertes qu\u2019elle fait.Et lorsqu\u2019il s\u2019agit de compositeurs vivants, elle n\u2019hésite pas à entrer en contact avec eux pour, dit- elle, prendre leur pouls et discuter de musique.« Dans le cas d\u2019Armand Amar, un compositeur arménien, je l\u2019ai contacté et, à ma grande surprise, il me connaissait, confie-t-elle.Le respect était réciproque et j\u2019ai reçu, dans les semaines qui ont suivi, de la musique, des partitions et de nombreux arrangements.J\u2019étais comblée.» Outre Amar, la violoniste a mis la main sur le travail d\u2019Uno Hel- mersson, pour qui elle a également eu un coup cœur et avec qui elle est aussi entrée en contact.« Comme tu vois, quand j\u2019ai un coup de cœur, je dois aller au bout, dit-elle.Ce sont les émotions ressenties en écoutant ces œuvres qui dictent mes choix.Je carbure carrément à la chair de poule.» PERCER LA BULLE L\u2019enregistrement de l\u2019album Immersion, qui d\u2019ailleurs sera suivi par deux autres albums d\u2019ici la fin de l\u2019année, ne s\u2019est pas fait sans heurt.Les premiers jours de répétition avec l\u2019ensemble La Pietà, qu\u2019elle a fondé en 1997, furent plutôt difficiles, voire inquiétants pour l\u2019artiste.« Quand on a débuté les répétitions, nous devions bien évidemment respecter les consignes sanitaires, donc on portait le masque et nous étions à deux mètres de distance les unes des autres, explique Mme Dubeau.Malgré la virtuosité des musiciennes et la qualité de leurs interprétations, il y avait quelque chose qui manquait.Une cohésion, qui en temps normal faisait la force de notre ensemble, était absente.» Au fil des heures et même des jours qui ont suivi, ce petit « je-ne- sais-quoi » qui manquait pendant les premières répétitions inquiétait grandement la musicienne, qui craignait même devoir reporter l\u2019enregistrement.« Nous étions à la fin de l\u2019automne et je voyais bien que cette pandémie allait perdurer encore des mois, se rappelle-t-elle.Je m\u2019inquiétais, mais comme ça, l\u2019après-midi du troisième jour de répétition, cet esprit de corps qui a toujours uni l\u2019ensemble est revenu.Et là, ce fut magnifique.La bulle était percée.» UN GROS CÂLIN Généreuse autant avec son public qu\u2019en entrevue, Mme Dubeau s\u2019est longuement penchée sur la qualité des œuvres qu\u2019elle a retenue pour ce nouvel opus.« Il est difficile de faire des choix quand on a accès à d\u2019aussi belles musiques que celles-là, dit-elle.Des compositeurs comme Philip Glass ou Steve Reich sont tellement prolifiques qu\u2019il me faudrait plus d\u2019une vie pour leur rendre hommage.Par contre, avec Immersion, j\u2019ai voulu graver un moment précis où je ressentais d\u2019intenses émotions.Un moment où j\u2019avais besoin d\u2019un gros câlin.C\u2019est comme ça que je peux le mieux décrire cet album : un gros câlin musical.Voilà.» Immersion a été enregistré en novembre dernier à l\u2019église Saint-Mathieu-de-Beloeil avec 12 musiciennes de La Pietà.Les arrangements des 14 pièces qui composent l\u2019album, sauf pour la Suite d\u2019Uno Helmersson et My Edward and I de Dario Marianel- li, sont l\u2019œuvre d\u2019Angèle Dubeau et de François Vallières, avec qui Mme Dubeau collabore depuis plus de 20 ans.La réalisation de l\u2019album a été confiée à Carl Talbot, un autre collaborateur de longue date.« Je suis une femme fidèle », dira la musicienne au sujet de ses coéquipiers.Comme elle nous l\u2019a annoncé, deux autres albums suivront celui lancé vendredi.Selon Mme Dubeau, il ne faut pas voir l\u2019exercice comme une trilogie, puisque les trois albums n\u2019auront pas de liens entre eux, sinon les artistes qui y apparaîtront.« Les deux autres albums que je prépare sont dans un tout autre registre, confie-t-elle.Autant Immersion était introspectif, autant les autres navigueront dans d\u2019autres univers.Je vous réserve de belles surprises.» Malgré les récompenses, la reconnaissance internationale et plus de 600 000 albums vendus, Angèle Dubeau est une artiste d\u2019exception qui a gardé cette capacité d\u2019émerveillement, laquelle, sans aucun doute, est un des facteurs de sa réussite.Récemment, on apprenait que son catalogue d\u2019enregistrements a franchi le plateau des 110 millions de diffusions sur les plateformes d\u2019écoute en continu.Des chiffres qui font d\u2019elle une des musiciennes classiques les plus écoutées du monde.ANGÈLE DUBEAU Le pouvoir d\u2019émouvoir Angèle Dubeau offre son 45e album, Immersion, qui sera suivi par deux autres au cours de l\u2019année.\u2014 PHOTO LUC ROBITAILLE ANGÈLE DUBEAU Immersion CLASSIQUE Analekta laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M11 TÉLÉVISION DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 «?Je ne sais pas encore toute la vérité, mais je sais le mensonge?», confie Michel Rivard dans le documentaire découlant du spectacle L\u2019origine de mes espèces.Cette réflexion témoigne de l\u2019état d\u2019esprit qui l\u2019anime, à l\u2019issue de son enquête étroitement maillée à une quête identitaire.Son père est-il son père?Et qui est cet homme dont la photographie a été conservée par l\u2019auteure de ses jours, publiée dans un vieux magazine?Tel est le propos de la pièce qui a été présentée 60 fois lorsque la pandémie lui a coupé les ailes, en mars 2020.Sa forme hybride, au carrefour du théâtre et de la chanson, en faisait une candidate idéale pour une carrière parallèle à la télévision.Quand Télé-Qué- bec et les Productions Déferlantes lui ont soumis cette proposition, cependant, le chanteur a imposé ses conditions.Souhaitant réactiver ce projet sur scène, il ne voulait pas qu\u2019on reproduise la pièce intégralement.Par ailleurs, il fallait que les compositions insérées au montage soient livrées dans leur entièreté.Ce n\u2019est donc pas une captation que le public découvrira le 5 mars à 22 h, à l\u2019antenne de Télé-Québec.Il y aura des chansons, des monologues, ainsi que des bouts d\u2019entrevues qui constitueront le principal élément de nouveauté.« Il ne s\u2019agit pas d\u2019un making-of.L\u2019entrevue, c\u2019est le moment où j\u2019explique pourquoi j\u2019ai effectué cette démarche.En ajoutant les extraits de monologues et les cinq ou six chansons, ça donne une bonne idée de ce que représente L\u2019origine de mes espèces, sans toutefois brû- ler le spectacle.» L\u2019OUTREMONT À LA RESCOUSSE Puisqu\u2019il n\u2019existait aucune version intégrale de cette production, Michel Rivard s\u2019est retrouvé sur la scène du Théâtre Outremont, entouré de cinq ou six caméras, afin de l\u2019immortaliser.L\u2019œuvre a été faite au complet, y compris les 50 minutes auxquelles les téléspectateurs n\u2019auront pas accès.Néanmoins, ils en verront suffisamment pour constater que la forme n\u2019est vraiment pas la même, si on compare aux tournées passées de Michel Rivard.« Pour l\u2019album, j\u2019ai travaillé avec Philippe Brault, qui a conçu les arrangements.Sur scène, je suis accompagné par Vincent Legault, qui fait partie des Dear Criminals.On l\u2019entend à la guitare et aux claviers, ce qui amène des sonorités différentes.Tant qu\u2019à briser le moule, je souhaitais m\u2019entourer de nouveaux collaborateurs, ce qui ne veut pas dire que je ne reviendrai pas un jour avec le Flybin Band », énonce-t-il en pensant à ses amis Rick Hayworth et Mario Légaré.Toujours à propos de la forme, elle avait commencé à bouger lors de la tournée d\u2019avant, celle de l\u2019album Roi de rien.Les interventions parlées étaient soigneusement calibrées, laissant filtrer un voile de légèreté sur fond de poésie.On était loin des improvisations joyeusement débridées qui ont émaillé ses premières sorties en solo.« Elles étaient beaucoup centrées sur l\u2019humour, alors qu\u2019au- jourd\u2019hui, l\u2019accent est davantage sur l\u2019esprit », analyse le chanteur.Il ajoute que la transition favorisée par Roi de rien fut un changement important, Or, les réactions positives l\u2019ont incité à pousser cette expérience un peu plus loin, ce dont témoigne L\u2019origine de mes espèces.« Cet enrobage est plus écrit, mais permet quand même de sourire.Il me ressemble davantage », fait valoir Michel Rivard.L\u2019ORIGINE DE MES ESPÈCES De la scène à l\u2019écran Michel Rivard apprécie le caractère distinctif du documentaire inspiré par le spectacle L\u2019origine de mes espèces.Il sera diffusé le 5 mars à 22?h, à l\u2019antenne de Télé-Québec.\u2014 PHOTO JEAN-CHARLES LABARRE vieuxclocher.com I 819.847.0470 LA RÉOUVERTURE des SALLES est IMMINENTE.LE VIEUX CLOCHER est PRÊT à vous ACCUEILLIR RÉSERVEZ TÔT! LES PLACES sont LIMITÉES.Réservations par téléphone ou sur le site web présente SAM BRETON 10 ET 11 MARS GUILLAUME PINEAULT 2 ET 24 AVRIL ALEXANDRE BARRETTE 12 ET 13 MARS GUY NANTEL 3 AVRIL ALEXANDRE POULIN 19 ET 20 MARS GUYLAINE TANGUAY 9 AVRIL BRIMBELLE 21 MARS MARC HERVIEUX 10 AVRIL ET 18 jUILLET 2FRÈRES 26 MARS, 22 MAI ET 1ER AOûT LES GRANDES CRUES 16 ET 17 AVRIL 14 ET 15 MAI QW4RTZ 27 MARS PHILIPPE BOND 30 AVRIL, 13 AU 17 jUILLET PHILIPPE LAPRISE 28 MARS OLIVIER MARTINEAU 1ER MAI 0058898 SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M12 ARTS MÉDIATIQUES SHERBROOKE \u2014 Même s\u2019il n\u2019avait pas du tout prédit ce qui allait se passer en 2020 et aurait amplement préféré que les musées ne ferment pas, Steve Heimbecker ne pourrait offrir une exposition plus à propos que celle qui est présentement installée au Musée des beaux-arts de Sherbrooke.Alors que, depuis un an, la nature est devenue le nouveau refuge des êtres humains (pour ne pas dire un des rares endroits où ils peuvent se rendre, hormis l\u2019école ou le travail), l\u2019exposition 16 latitudes invite à s\u2019immerger dans des panoramas naturels, un en Estrie et un au Nunavik, par le truchement (comble d\u2019ironie!) des écrans.« Cette reconnexion avec nos espaces naturels est probablement un des aspects les plus positifs qui est ressorti de ces temps difficiles.J\u2019espère que, lorsque nous retournerons à notre vie d\u2019avant, nous rapporterons un peu de cette nature, afin de ne pas reprendre un rythme aussi fou », commente l\u2019artiste saskatchewanais établi maintenant à Saint-Étienne-de-Bolton.« Je pense toutefois que la nature a apprécié cette période.J\u2019ai lu quelques histoires sur ce sujet, par exemple en Californie, où des scientifiques ont remarqué que le chant du moineau domestique était devenu plus musical pendant la pandémie.Ils ont vite compris que les moineaux n\u2019avaient simplement plus besoin de chanter aussi fort pour s\u2019entendre les uns les autres.Je trouve ça fascinant! » Pour 16 latitudes, Steve Heim- becker s\u2019est notamment inspiré du philosophe Henry David Thoreau et de son célèbre Walden ou La vie dans les bois.Dans ce livre publié en 1854, Thoreau suggère que la « vérité divine » et l\u2019indépendance individuelle peuvent être connues intuitivement par une immersion personnelle en nature, la méditation et la contemplation.C\u2019est un peu ce que Steve Heim- becker a essayé de faire ici, en recourant à des moyens modernes de captation d\u2019images et de sons, mais aussi de manipulation et de transformation de ce matériel audiovisuel \u2014 après 40 ans de pratique dans les arts médiatiques, il est devenu une sommité dans ce créneau.« Thoreau fait partie de ma réflexion depuis un certain temps.On pourrait dire que c\u2019est une sorte de collaboration naturelle entre lui et moi, car j\u2019ai passé la majorité de ma carrière à travailler à partir de la nature.Et je précise que je ne fais pas de distinction entre la nature sauvage et la nature urbaine, parce que j\u2019ai un jour décidé que, pour moi, l\u2019homme faisait partie de la nature. » DES CHIFFRES ET DES FORMES « Avant d\u2019écrire son livre, pour- suit-il, Thoreau s\u2019est immergé dans la nature pendant deux ans, deux mois et deux jours.Je pense qu\u2019il aimait beaucoup les chiffres, et il se trouve que moi aussi! » souligne Steve Heimbecker en riant.Effectivement, au fil de la conversation et en scrutant la démarche de Steve Heimbecker de près, on se rend compte que les chiffres (ce qui inclut la géométrie) orientent souvent ses choix, surtout lorsqu\u2019il déniche des correspondances et des coïncidences.C\u2019est ce qui s\u2019est produit avec le philosophe américain.« Au fil de ma pratique, je me suis intéressé au son ambiopho- nique [surround sound], lequel est une façon de réaliser un cercle.Or, l\u2019étang Walden, où se rendait Thoreau, était aussi circulaire.Parallèlement, 16 latitudes a pris naissance alors que je marchais dans la forêt près de chez moi pour aller au lac Libby, comme le faisait Thoreau pour se rendre à l\u2019étang.J\u2019ai découvert par la suite que le lac Libby s\u2019était déjà appelé Libby\u2019s Pond. » OBJECTIF CRATÈRE L\u2019exposition présentée jusqu\u2019au 18 avril comporte deux installations : Saisons de la forêt au mur de roche et Les 13 pointes de l\u2019étoile filante.C\u2019est en songeant à une réalisation précédente, avec laquelle il avait exploré l\u2019idée d\u2019un son urbain total capté à partir d\u2019un cercle, que Steve Heimbecker s\u2019est demandé s\u2019il n\u2019existait pas, aux antipodes de cette masse sonore citadine, un cercle silencieux, quelque part dans la nature.« Et c\u2019est en faisant des recherches que j\u2019ai découvert le cratère des Pingualuit. » Pour l\u2019Estrien d\u2019adoption, la révélation a été si forte qu\u2019il est parti en expédition au Nunavik pendant deux semaines, avec un assistant, pour y capter images et sons ambiants.Il s\u2019est servi d\u2019un trépied portant cinq caméras alignées verticalement, orientées tantôt vers le lac parfaitement rond, tantôt vers le paysage lunaire alentour.L\u2019artiste a successivement placé son trépied à douze points différents sur le pourtour de 17 kilomètres du lac (tels les douze chiffres du cadran d\u2019une horloge), plus un treizième directement au bord du lac.Il est donc revenu avec 65 enregistrements audiovisuels haute définition.« Le seul bruit environnant, c\u2019est le vent », mentionne celui qui avait trouvé son « cercle silencieux ».L\u2019artiste a par la suite retravaillé le son pour que celui-ci soit près de celui d\u2019un synthétiseur.Le son est retransmis par 26 canaux de haut en bas, pour amplifier l\u2019expérience d\u2019immersion.Une immersion dans la nature certes différente et plus moderne que celle que proposait Thoreau.« Mais je ne pense pas que cela dégrade sa vision.Comme beaucoup de mes œuvres précédentes, Les 13 pointes de l\u2019étoile filante invite à la contemplation et à la patience. » PRESQUE SUR LA MÊME LONGITUDE Imaginez maintenant la fébrilité de cet amant des chiffres quand il s\u2019est aperçu que son village et le cratère se situaient pratiquement sur la même longitude.« La différence longitudinale n\u2019est que de 60 kilomètres, souligne-t-il, alors que, du nord au sud, près 1800 kilomètres séparent les deux endroits. » Une distance qui équivaut exactement à 16 parallèles\u2026 « En utilisant un cadran d\u2019horloge, j\u2019ai tissé un lien entre l\u2019installation et le temps.Avec Saisons de la forêt au mur de roche, j\u2019ai fait la même chose, mais avec le Steve Heimbecker au milieu de son installation Les 13 pointes de l\u2019étoile filante.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Steve Heimbecker \u2014 PHOTO LAURIE DEZAINDE-DUBUC STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca STEVE HEIMBECKER THOREAU DES TEMPS MODERNES laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M13 ARTS MÉDIATIQUES calendrier et le changement des saisons », résume Steve Heimbe- cker, qui a enregistré 51 fois, de la dernière neige à la première, le même aller-retour dans un sentier forestier près de chez lui, tel un rituel méditatif.Chaque promenade débute dans une prairie et se termine à une ancienne paroi de pierres, laquelle faisait partie d\u2019une ferme « pionnière ».L\u2019artiste a ensuite sélectionné 36 allers-retours.Chaque présentoir est composé de six paires de vidéos (une pour l\u2019aller, l\u2019autre pour le retour) réalisées ensemble pour couvrir une période de six semaines.Encore une fois, le son ambiant a été retravaillé pour favoriser l\u2019immersion.Mais le visiteur peut aussi choisir de s\u2019attarder aux détails sur un des multiples écrans composant les deux installations, opine Steve Heimbecker.« J\u2019aime vraiment cet aspect, car j\u2019essaie toujours qu\u2019il y ait une profondeur dans mes installations.Si vous êtes pressé, vous raterez cet élément.Mais si vous vous donnez du temps, vous verrez les détails.Ce sera une sorte de récompense pour votre patience. » Le cratère des Pingualuit, au Nunavik.\u2014 PHOTO DENIS SARRAZIN, WIKIPEDIA Notes biographiques Né en Saskatchewan, diplômé en beaux-arts du Collège d\u2019art et de design de l\u2019Alberta, Steve Heimbe- cker est un pionnier de l\u2019art sonore au Canada depuis plus de 40 ans.Ses œuvres comptent parmi les collections du Musée national des beaux-arts du Québec et la Fondation des arts de l\u2019Alberta.Ses compositions en art sonore, ses installations ainsi que ses performances ont reçu des reconnaissances internationales.Il a reçu de nombreux prix et bourses pour son travail dans les médias et en art sonore, notamment deux mentions honorables pour les Prix Arts Electronica, en Autriche, et une bourse de la Fondation Daniel Langlois.0057588 SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M14 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Il devient évident, après avoir vu Chers camarades, que le Prix spécial du jury à la Mos- tra de Venise 2020 allait de soi.Avec un sens et un souci du détail, Andreï Kontchalovski recrée une des pages les plus noires de l\u2019Union soviétique : le massacre de Novot- cherkassk.Une superbe fresque historique qui pose un regard juste sur les idéaux trahis et le drame d\u2019une mère qui sent sa fille et sa foi dans le Parti communiste lui échapper.Le 1er juin 1962, à Novotcherkassk (petite ville du sud de l\u2019URSS), Lioudmila « Liouda » Siomina (Iou- lia Vyssotskaïa) vaque, au sein du comité municipal, à la propagation du communisme.Vétérane idéaliste de la Seconde Guerre mondiale (« nous vivons une époque formidable »), elle fait partie des radicaux \u2014 ce qui ne l\u2019empêche pas de profiter sans remords de ses privilèges d\u2019apparatchik alors que la population craint la famine.Les officiels locaux sont surpris par une grève à l\u2019usine ferroviaire.Le Parti envoie la cavalerie, le KGB et fait tourner la machine à propagande à plein régime.Le soir, dans son minuscule appartement, Liouda se dispute avec sa fille unique, sous le regard goguenard de son père (Sergueï Erlish), un nostalgique de l\u2019époque tsariste.Svetka (Youlia Bourova) travaille à l\u2019usine et appuie ses camarades avec la fougue de ses 18 ans.Le lendemain, les grévistes manifestent à l\u2019hôtel de ville, on tire sur la foule pacifique.Dans la panique qui s\u2019ensuit, Liouda cherche désespérément sa fille sur la place publique au milieu des morts et des blessés, puis à la morgue et à l\u2019hôpital\u2026 Le mur de ses certitudes commence à se lézarder.En désespoir de cause, Liouda s\u2019allie à un capitaine du KGB pour retrouver Svetka.SOMBRE ET LUMINEUX Andreï Kontchalovski a ici minutieusement recréé non seulement l\u2019époque, mais son esthétique.Chers camarades utilise le noir et blanc, dans le format « carré » 4:3 typique de la période.Les scènes de foule, un peu saccadées, sont aussi caractéristiques des films soviétiques des années 1960.Mais par contraste au propos très sombre, le réalisateur et son directeur photo ont choisi des plans très lumineux, souvent magnifiques, même dans leur banalité.Le drame historique repose sur les épaules sur la très juste Iou- lia Vyssotskaïa.L\u2019actrice interprète avec beaucoup d\u2019aplomb cette Soviétique convaincue qui découvre avec effarement la culture du secret et les dérives totalitaires d\u2019un régime qu\u2019elle présumait égalitaire.« Si on ne peut plus croire au communisme, que nous reste-t-il?» lance avec dépit cette nostalgique de Staline.Là réside toute la force d\u2019évocation de Kontchalovski.Le cinéaste ne juge pas, il illustre à quel point plusieurs croyaient réellement aux bienfaits d\u2019un régime qui mettait tout le monde sur un pied d\u2019égalité pour le bien commun.Chers camarades se termine sur une magnifique fin ouverte, qui place néanmoins le spectateur dans la position inconfortable de celui qui connaît l\u2019Histoire, et donc ce qu\u2019il advient ensuite en URSS.Chers camarades est présenté sur les plateformes des cinémas Beaubien, du Musée et du Parc.CHERS CAMARADES La culture du secret En juin 1962, la grève à l\u2019usine ferroviaire de Novotcherkassk a été réprimée dans le sang, l\u2019incident ayant ensuite été classé secret d\u2019État et ainsi effacé des documents officiels.\u2014 PHOTO EYESTEEL FILMS Au générique Cote : ?1/2?Titre : Chers camarades Genre : Drame historique Réalisateur : Andreï Kontchalovski Acteurs : Ioulia Vyssotskaïa, Sergueï Erlish et Youlia Bourova Durée : 2 h 1 MONTRÉAL \u2014 Passionnés d\u2019astronomie et d\u2019autres beautés de l\u2019univers, connaissez-vous l\u2019astrophoto- graphe Stéphane Simard, un type réputé pour avoir révolutionné la pratique?Celui-ci nous en met plein la vue dans cette série intitulée Chasseurs d\u2019étoiles.Accompagné du réalisateur Jimmy Larouche, Stéphane Simard part à la conquête de toutes sortes de phénomènes astronomiques, en couvrant un thème par semaine.Pour l\u2019épisode du 3 mars, il s\u2019attarde aux constellations, en nous emmenant au Lac- Saint-Jean, puis il nous fait voir les planètes, directement de Venise- en-Québec, puis du mont Royal.Six émissions d\u2019une demi-heure seront diffusées sur Ici Explora le mercredi dès 21 h, du 3 au 17 mars, à raison de deux par soir (rediffusion les dimanches suivants à 19 h).L\u2019équipe de tournage est également passée par l\u2019Astrolab du mont Mégantic en octobre dernier.JOSÉE LARIVÉE, LA PRESSE CANADIENNE COIN TÉLÉ P H O T O S T É P H A N E S I M A R D 0058878 laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M15 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Il y a plusieurs choses qu\u2019il faut saluer avec l\u2019arrivée d\u2019Errance sans retour au cinéma : le courage de réaliser d\u2019un long documentaire sur les réfugiés rohingyas, la persévérance de Mélanie Carrier et d\u2019Olivier Higgins, la superbe esthétique poétique qui traduit une vision singulière du sujet, l\u2019humanisme du propos\u2026 Ce qui fait du film une expérience immersive pertinente et touchante.Les Rohingyas, une minorité musulmane, ont fui les exactions au Myanmar (ex-Birmanie), majoritairement bouddhiste.Ils sont quelque 700 000 apatrides entassés sur 13 km2 dans le camp de réfugiés de Kutupalong, au Bangladesh, dans des conditions misérables et révoltantes.Cette lutte quotidienne pour la survie intéressait beaucoup plus les cinéastes que les problématiques sociopolitiques, économiques et historiques à l\u2019origine de cette tragédie humaine \u2014 le titre en révèle beaucoup sur le destin des Rohingyas.Pour nous illustrer la cruauté de ce destin collectif, le duo opte pour le microcosme, celui de la famille de Mohammed, hanté par les horreurs du génocide, lesquelles lui causent des terreurs nocturnes.Le film élargit ensuite le propos à tous ceux qui demeurent coincés dans cette prison à ciel ouvert où famine et promiscuité règnent.Mais le principal atout réside dans la collaboration de Kalam, un réfugié dont les très beaux poèmes en voix hors champ servent de colonne vertébrale à la narration (assurée par Mohammed Shofi).Son témoignage, empreint de réalisme, de douleur et, malgré tout, d\u2019espoir, ajoute une dimension supplémentaire au film, à l\u2019image de ces cerfs-volants qui parsèment le ciel du camp.En évitant le didactisme, le documentaire gagne en force d\u2019impact même s\u2019il aurait pu reposer sur une mise en contexte un peu plus approfondie, notamment sur le trafic humain qui terrorise les parents.N\u2019empêche.Le film prouve aussi que la beauté peut jaillir de la misère \u2014 les enfants en sont toujours un puissant vecteur.PAS DE PORNO DU MALHEUR Errance sans retour n\u2019aurait pas existé sans le travail photographique préliminaire de Renaud Philippe sur le terrain.Ce dernier a ensuite œuvré à la direction photo avec Olivier Higgins, ce qui a, par le fait même, teinté l\u2019esthétisme du long métrage.La poétique s\u2019inscrit dans une démarche proche du cinéma direct, ce qui va à l\u2019encontre des images léchées de la porno du malheur.Leur regard se pose sur les gens avec empathie.Il faut souligner à ce propos le riche environnement sonore qui contribue à nous transporter sur place.Que ce soit le but ou non, Errance sans retour arr ive à secouer notre apathie et à relativiser notre petit malheur de confinés.Quand vous vous entassez dans une cabane en bambou, que vous cuisinez votre maigre pitance sur un four à bois, que l\u2019éducation de vos enfants ne tient qu\u2019à trois fois rien et que votre horizon semble considérablement obscurci, le concept de liberté prend une tout autre dimension.Errance sans retour est présenté au cinéma et en vidéo sur demande.ERRANCE SANS RETOUR COURAGEUX, PERTINENT ET PROFONDÉMENT HUMAIN ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Les artisans de Félix et le trésor de Morgäa ne pouvaient rêver d\u2019un meilleur scénario pour la sortie de leur long métrage d\u2019animation, qui coïncide avec la réouverture des cinémas après plusieurs mois d\u2019inactivité.Les jeunes cinéphiles y trouveront un conte contemporain profondément enraciné dans notre réalité, malgré un récit abracadabrant.Le père de Félix est disparu au large des Îles-de-la-Madeleine depuis deux ans.Alors que sa mère profite de vacances bien méritées, le garçon tente de convaincre Tom, le vieux marin qui habite le phare de Cap-aux-Meules, de partir en expédition.Leur destination : l\u2019Île- de-la-Nuit-Éternelle, où aurait pu s\u2019échouer le paternel\u2026 Le duo navigue avec Quack, le perroquet pirate de Tom, et Ulysse, le chat de Félix qui se prend pour un chien.Une tempête va les précipiter sur les récifs de l\u2019île.Sur celle-ci, ils vont découvrir une cité souterraine où la mégalomane Morgäa convie ses disciples à une transformation qui s\u2019apparente au mirage de la fontaine de Jouvence.La folle équipée doit absolument trouver un moyen de s\u2019échapper.Les péripéties loufoques veulent évidemment divertir, mais elles suscitent aussi une réflexion sur le vieillissement, la peur de celui- ci chez certains, et l\u2019obsession de demeurer jeune à tout prix (la transformation que subissent les adeptes du culte de Morgäa fait directement référence à la chirurgie esthétique).JEUX VIDÉOS ET BOBOS FORTUNÉS D\u2019un budget qui n\u2019a rien à voir avec ceux des géants hollywoodiens, la réalisation de Nicola Lemay ne pâtit pas.Le cinéaste a la main heureuse en épousant le point de vue de Félix, adoptant des plans larges lorsque le jeune héros porte son regard sur le paysage et des gros plans lors des moments plus chargés en émotion.De la même façon, Lemay a su doser ses effets avec le rythme, laissant les scènes se développer lorsque requis et accélérant lorsqu\u2019il y a plus d\u2019action.On sera donc plus indulgent pour l\u2019animation saccadée.Et le rendu est plus cartoonesque que réaliste.Ce qui n\u2019empêche pas d\u2019aborder des thèmes actuels avec un certain sérieux.Max, l\u2019ami de Félix, est tellement dépendant aux jeux vidéos qu\u2019il ne sort jamais de sa chambre.De toute évidence, ses parents absents laissent le garçon à lui-même\u2026 Le film traite aussi par la bande de ces bobos fortunés qui se procurent des résidences de villégiature dans un but spéculatif sans respect pour les locaux.Bien qu\u2019abordé sous un trait humoristique, le portrait s\u2019avère assez juste.Le plus important demeure néanmoins le personnage de Félix, qui incarne une forme de résilience, certes, mais surtout de détermination et de débrouillardise.Le conte permet beaucoup de licence, mais on a tiré pas mal fort sur l\u2019élastique ici.Par exemple lorsque l\u2019intrépide Félix part seul en mer en zodiac et qu\u2019apparaît Tom pour le sauver de son naufrage.Mais c\u2019est toute l\u2019idée de cette cité souterraine qui ne résiste pas au filtre d\u2019une certaine crédibilité.Mais est-ce si grave ?On peut apprécier simplement le divertissement ludique.De toute évidence, ses créateurs n\u2019ont pas voulu se prendre trop au sérieux.En ce moment, ça peut faire beaucoup de bien.FÉLIX ET LE TRÉSOR DE MORGÄA L\u2019île mystérieuse Malgré un récit abracadabrant, Félix et le trésor de Morgäa offre un conte contemporain profondément enraciné dans notre réalité.\u2014 PHOTO PRODUCTIONS 10E AVE Au générique Cote : ?1/2?Titre : Errance sans retour Genre : Documentaire Réalisateurs : Mélanie Carrier et Olivier Higgins Durée : 1 h 27 Au générique Cote : ?Titre : Félix et le trésor de Morgäa Genre : Animation Réalisateur : Nicola Lemay Durée : 1 h 22 Errance sans retour se penche sur le sort des 700 000 réfugiés rohingyas.\u2014 PHOTO RENAUD PHILIPPE SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M16 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil QUÉBEC \u2014 Il y a un an presque jour pour jour, Philippe Falardeau présentait Mon année Salinger devant près de 5000 personnes en ouverture de la 70e Berlinale.«?Puis je suis revenu chez nous et la planète a fermé!?» Et retardé d\u2019autant la sortie de son huitième long métrage de fiction.Après bien des reports, le cinéaste s\u2019était résigné à présenter son œuvre en vidéo sur demande, puis, coup de bol, les cinémas québécois ont rouvert.Discussion avec le réalisateur sur ce long métrage qui met en vedette Sigourney Weaver et Margaret Qualley, et qui gravite autour d\u2019un géant littéraire.Q Si tu nous expliquais un peu la genèse de cette œuvre qui aborde par la bande l\u2019auteur de L\u2019attrape-cœurs.R J\u2019allais voir un film et je suis arrivé trop tôt.À la librairie à côté, je me suis mis à chercher des livres écrits par des femmes ou sur des femmes.Je suis tombé sur les mémoires de Joanna Rakoff, qui m\u2019intriguaient.Je connaissais la mythologie autour de Salinger.J\u2019ai lu et ça m\u2019a plu, pour deux raisons.Je me suis reconnu dans cette période de notre vie où on veut faire des choses et on est inquiet, écrasé par les poids de toutes les possibilités.Avec le recul, on se rend compte qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019an- nées-charnières qui ont eu une influence jusqu\u2019à ce jour.L\u2019autre chose, c\u2019était que Rakoff était responsable du courrier des admirateurs [de Salinger] et devait leur envoyer une réponse générique, mais qu\u2019elle avait l\u2019empathie d\u2019entrer en contact avec eux [malgré tout].Ça m\u2019a touché parce que, plus jeune, j\u2019écrivais à des auteurs, à des cinéastes qui, au début de ma carrière, m\u2019ont répondu.Et je pense que ç\u2019a fait une différence.Dans le cas de Bertrand Tavernier, il ne m\u2019a pas répondu, mais il a profité d\u2019un passage à Montréal pour m\u2019inviter à dîner.Je ne suis pas Salinger, mais j\u2019essaie de répondre aux gens.On fait des œuvres pour qu\u2019elles soient lues, vues, entendues, parce qu\u2019on pense que ça peut faire une différence.Et ça le fait.Q Entre réalité et fiction, est- ce que tu sentais que tu avais une certaine latitude pour ton adaptation?R Oui.Un livre peut faire tellement de choses de façon plus polyvalente et complexe.Je voulais aligner des moments qui correspondaient à une certaine émancipation amoureuse de Joanna et les faire arriver en même temps que son émancipation professionnelle, c\u2019est-à-dire que la relation de Joanna avec Salinger débloque [même si elle ne lui parle qu\u2019au téléphone].Pour ce faire, je devais jouer avec la chronologie.Après, c\u2019était d\u2019inventer des scènes qui auraient pu avoir lieu et qui cristallisaient l\u2019esprit de son livre.Q Quand as-tu cru que tu allais convaincre Sigourney Weaver de jouer l\u2019agente littéraire de Salinger et patronne de Joanna?R J\u2019étais très nerveux quand je suis allé la rencontrer.C\u2019est rare que je sois starstruck, mais là, oui.Alien, j\u2019avais 11 ans et ça m\u2019a marqué.Quand je suis nerveux, c\u2019est atroce, parce que je me mets à tout prévoir.C\u2019est l\u2019enfer.Elle est arrivée dans le café, très grande et élégante, et elle se met à me parler français.Wow! On a tout de suite parlé de plein de choses personnelles et ç\u2019a fait baisser la tension.On a ensuite discuté un peu du film et elle s\u2019est arrêtée pour me demander : « Est-ce que tu m\u2019offres ce rôle?» Elle a cette candeur de ne pas assumer que le rôle était à elle! Elle était ravie et je l\u2019étais qu\u2019elle ne le tienne pas pour acquis.Je cherchais quelqu\u2019un qui avait du charisme, du panache, mais aussi une certaine sensibilité au personnage.Elle était parfaite pour ça.En plus, elle connaît le milieu [littéraire] et habite le quartier où l\u2019agence était jusqu\u2019en 2018\u2026 Au début, on ne devait pas tourner avec elle parce que les contraintes de la coproduction m\u2019empêchaient d\u2019avoir Margaret Qualley [l\u2019interprète de Joanna] et une autre actrice américaine.Puis on a eu une dérogation.Je connaissais son agent, qui est le même que celui de Liev Schreiber qui joue dans mon film Chuck (2016).Je l\u2019ai appelé en lui disant : « Est-ce qu\u2019on perd mon temps, le tien et le sien, en lui envoyant un scénario?» Il m\u2019a dit : « Vas-y, c\u2019est sûr qu\u2019elle va le lire.» Q Et Margaret Qualley?R C\u2019était du bonbon.C\u2019est une fille réservée dans la vie, mais qui était parfaite dans le rôle.Elle a vu des choses dans le livre à travers son prisme de jeune femme.J\u2019ai réécrit le scénario.Pour moi, ça a été une motivation supplémentaire comme scénariste.Je l\u2019aime beaucoup comme actrice.Elle a une fourchette assez hallucinante, notamment ce qu\u2019elle a fait dans le film de Tarantino [Pussy dans Il était une fois\u2026 à Hollywood] ou encore dans Novitiate [de Margaret Betts, 2016] où elle incarne une jeune fille qui devient religieuse.Ou encore la pub de Kenzo réalisée par Spike Jonze : c\u2019est une danseuse incroyable.Q En terminant, je ne voudrais pas te laisser sans te demander où en est ton projet de documentaire sur la tragédie de Lac-Mégantic?R C\u2019est ralenti par tout ce qu\u2019on sait.J\u2019ai tourné un peu cet été des choses qui allaient changer.Ça avance tranquillement pas vite, Margaret Qualley dans une scène de My Salinger Year, racontant l\u2019histoire de l\u2019employée qui devait répondre au courrier des admirateurs de l\u2019écrivain reclus J.D.Salinger.\u2014 PHOTO MONGREL PHILIPPE FALARDEAU SON ANNÉE EN PANDÉMIE laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M17 CINÉMA mais c\u2019est un monstre tentaculaire.Il y a tellement de ramifications que c\u2019est étourdissant.Mais ça vaut la peine de prendre mon temps.On m\u2019a souvent demandé si j\u2019allais refaire du documentaire.Je répondais tout le temps : « Ça dépend quoi.» Là, l\u2019appel a été très fort.D\u2019autant que tout ce que je pensais savoir était faux.J\u2019espère pouvoir conférer ça au public.Il n\u2019y a pas grand-chose qui a changé et j\u2019ai hâte d\u2019interpeller les pouvoirs publics pour savoir pourquoi c\u2019est si long.Les dilemmes dans lesquels on se retrouve quand il s\u2019agit de vie ou de mort quand il s\u2019agit d\u2019individus, ce sont des questions hypercomplexes où il n\u2019y a rien de blanc ni de noir.Si je fais bien ma job, les gens vont pouvoir y trouver un corollaire dans d\u2019autres sphères que la sécurité ferroviaire.Mon année Salinger prend l\u2019affiche le 5 mars.QUÉBEC \u2014 Philippe Falardeau, qui en a quand même vu d\u2019autres, avoue qu\u2019il se sentait extrêmement nerveux quand il s\u2019est assis avec Sigourney Weaver pour lui proposer le rôle de l\u2019agente littéraire de J.D.Salinger.Le réalisateur québécois a été séduit par la simplicité, l\u2019affabilité et la vivacité d\u2019esprit de la grande actrice \u2014 au sens propre (1,82 m) et au figuré.Le coup de foudre artistique fut mutuel.Le Soleil s\u2019est entretenu avec la charmante femme de 71 ans à propos du long métrage, de son amour du cinéma et de la qualité de son\u2026 français! Nerveux, on le serait à moins.L\u2019Américaine peut compter sur une imposante filmographie, qui se démarque par sa diversité et un remarquable flair, d\u2019Alien à Avatar en passant par The Ice Storm.Sigourney Weaver a interprété des personnages marquants, iconiques dans le cas de Ripley pour la saga des Alien.« Pourtant, je ne choisis pas mes rôles, mais des scénarios.J\u2019y cherche la structure et une histoire plus grande que les personnages qui s\u2019y trouvent.Ce sont ceux qu\u2019on veut revoir.Ensuite, le réalisateur et leur direction.En dernier lieu, le rôle.» « Mais peu importe qu\u2019il soit petit ou grand si j\u2019ai foi dans l\u2019histoire et que je veux faire partie de cette équipe.C\u2019est facile pour un acteur de tomber amoureuse d\u2019un rôle, mais il faut plus : trouver un bon rôle dans une histoire qui a une force d\u2019impact.» LETTRE D\u2019AMOUR AUX ASPIRANTS AUTEURS Il faut croire que celle de Mon année Salinger \u2014 My Salinger Year, adaptée du livre du même nom de Joanna Rakoff \u2014 lui est tombée dans l\u2019œil.Ce qu\u2019elle confirme : « J\u2019ai lu le scénario, que j\u2019ai adoré.C\u2019était comme une lettre d\u2019amour aux jeunes qui rêvent d\u2019être auteurs ou artistes.Il y avait tellement d\u2019éléments que j\u2019aimais.» L\u2019actrice s\u2019est ensuite familiarisée avec l\u2019œuvre de Philippe Falardeau.Elle a apprécié ce qu\u2019elle a vu.« On dirait qu\u2019il ne se répète jamais, qu\u2019il a toujours un point de vue original.Et il ne tombe jamais dans la sentimentalité.» Dans Mon année Salinger, Sigour- ney Weaver se glisse dans la peau de Margaret, une femme intimidante avec une poigne de fer qui fait la pluie et le beau temps dans le petit monde littéraire de New York.Elle embauche Joanna (Margaret Qualley) pour que la jeune universitaire traite le volumineux courrier de Salinger, un reclus notoire, avec une réponse générique.Sauf que Joanna se prend au jeu d\u2019écrire des épitres de son cru\u2026 Ce qui ne plait pas du tout à sa patronne! « Le personnage de Margaret est plus grand que nature.À une époque, j\u2019ai connu beaucoup de ces femmes, avec beaucoup de panache, qui étaient capables de vous faire rouler sous la table \u2014 à moins que vous ne soyez Ernest Hemingway! Ces femmes de carrière avaient ce genre de courage et de détermination », souligne l\u2019actrice.Un personnage unidimensionnel n\u2019aurait pas obtenu ses faveurs.Or, on pressent dans le film que l\u2019attitude de Margaret dissimule des lignes de faiblesse et qu\u2019elle endosse une armure pour que les gens ne devinent pas sa vulnérabilité.« Je suis d\u2019accord.» Le contexte a aussi séduit la New- Yorkaise, qui habite à proximité de l\u2019endroit où était située jusqu\u2019à récemment l\u2019agence littéraire (Harold Ober Associates) où travaille Margaret (mentionnons que, ironiquement, Mon année Salinger fut tourné à Montréal).« Je me souviens de l\u2019époque où les auteurs se réunissaient dans des cafés pour discuter.» D\u2019autant que lors de son séjour universitaire, Weaver a caressé un temps le rêve d\u2019être écrivaine.« Avide lectrice » au secondaire, elle a d\u2019ailleurs étudié en littérature à Stanford.Mais son désir de devenir actrice a pris le dessus, même si l\u2019obtention de sa maîtrise à Yale ne fut pas de tout repos.«?BUTINER TEL UN COLIBRI?» Après une apparition dans Annie Hall (Woody Allen, 1977), sa carrière est devenue stratosphérique avec Alien (1979), un rôle féminin fort, dans un film d\u2019action, une rareté à l\u2019époque.D\u2019aucunes auraient été heureuses de s\u2019y cantonner, mais pas Weaver.L\u2019actrice explique aimer « butiner tel un colibri » d\u2019un genre à l\u2019autre, en alternant entre les grosses productions et les films d\u2019auteur comme Mon année Salinger qu\u2019elle considère comme une œuvre « classique » et dont elle garde d\u2019excellents souvenirs du tournage.« Philippe a cette capacité de créer une atmosphère relax sur le plateau.Il est merveilleusement cabotin : il pouvait se cacher en dessous d\u2019une table ou dans la cheminée, se déguiser\u2026 Son sens de l\u2019humour et sa chaleur humaine font partie des raisons pour lesquelles j\u2019aimerais retravailler avec lui.Et ça ne l\u2019empêche pas de livrer la marchandise! » Mais avant, Sigourney Weaver a deux projets avec des réalisatrices, ce qui la réjouit au plus haut point.« J\u2019ai attendu longtemps [rires] pour que le cinéma soit plus inclusif.Je suis vraiment impatiente parce que, je crois, les femmes offrent une perspective et des histoires différentes », dit- elle en soulignant qu\u2019elle aimerait bien se retrouver devant l\u2019objectif de Sophie Letourneur (Gaby Baby Doll, Énorme).Ce qui voudrait dire jouer en français \u2014 ce qu\u2019elle a fait dans Une femme ou deux (1985) avec Depardieu.« Ça dépendrait du rôle.Je serais plus à l\u2019aise avec une comédie.C\u2019est plus proche de moi.Je ne suis pas très dramatique dans la vie.Je pourrais, avec un bon entraîneur », soutient celle qui passait ses étés sur la Côte d\u2019Azur avec ses parents lorsqu\u2019elle était enfant.On profite de l\u2019occasion pour demander à cette cinéphile avertie si elle croit que les cinémas vont se remettre de l\u2019interruption mondiale imposée par la COVID-19.« C\u2019est une grande partie de la culture [occidentale].Voir un film avec d\u2019autres personnes change complètement l\u2019expérience.Je suis prudemment sûre qu\u2019après la pandémie, les gens voudront retourner en salle.Mais ça prendra plus de temps qu\u2019on le croit.» ÉRIC MOREAULT, LE SOLEIL SIGOURNEY WEAVER COUP DE FOUDRE MUTUEL Dans Mon année Salinger, Sigourney Weaver se glisse dans la peau de Margaret, une femme intimidante avec une poigne de fer qui fait la pluie et le beau temps dans le petit monde littéraire de New York.\u2014 PHOTO PHILIPPE BOSSE Philippe Falardeau \u2014 PHOTO JULIE ARTACHO SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M18 RAPHAËLLE PLANTE Le Soleil QUÉBEC \u2014 Contemplation.Ce n\u2019est probablement pas le premier mot qui vous vient en tête lorsqu\u2019on évoque le canot à glace\u2026 c\u2019est pourtant celui qui résume le mieux l\u2019expérience que Le Mag a vécue récemment.Bien sûr, il s\u2019agit avant tout d\u2019une activité sportive qui vous en fait suer un coup! Mais le clou de cette sortie sur le fleuve est sans contredit le panorama à couper le souffle qu\u2019offrent les glaces qui défilent, contrastant avec le bleu du ciel et du cours d\u2019eau.UNIQUE AU MONDE Retour sur une expérience unique au monde, qu\u2019on ne peut vivre qu\u2019ici, au Québec.Le 17 février dernier, Le Mag était invité par l\u2019entreprise Canot à glace expérience à vivre le « baptême des glaces », une initiation d\u2019une demi-journée proposée au grand public.« On peut accueillir des participants dès l\u2019âge de 12 ans, mais ça va dépendre de la grandeur du jeune et de son aisance », précise Julien Harvey, fondateur et directeur général de l\u2019entreprise.Le canoteur d\u2019expérience sera notre guide pour une sortie d\u2019environ 90 minutes sur le fleuve, tout comme Marc-Olivier (Marco) Côté qui nous explique les rudiments du sport avant de mettre l\u2019embarcation à l\u2019eau.Rendez-vous à l\u2019anse au Foulon, où le photographe du Soleil Yan Doublet et moi rejoignons les deux guides ainsi qu\u2019un autre journaliste qui fera partie de l\u2019aventure.Derrière le grand bâtiment de Tennis Montcalm, une petite roulotte chauffée nous permet de se préparer pendant que Julien Harvey donne les détails du déroulement de l\u2019activité.Premier secret d\u2019une sortie réussie : l\u2019habillement.Pas trop chaud, même si c\u2019est l\u2019hiver et qu\u2019il vente sur le fleuve.Mieux vaut avoir des « pelures d\u2019oignon » qu\u2019un manteau ultra-chaud en duvet qu\u2019on risque de regretter \u2014 on suggère des vêtements équivalents à ce qu\u2019on porte en ski de fond.Parole de fille frileuse, je n\u2019ai pas eu froid\u2026 même avec les pieds dans l\u2019eau! Canot à glace expérience fournit bas et bottes en néoprène (le même matériau qu\u2019une combinaison de plongée) qui gardent les pieds au chaud malgré l\u2019humidité.On protège nos tibias et genoux avec des jambières \u2014 on LE FLEUVE COMME TERRAIN DE JEU 2 laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M19 PLEIN AIR les cognera inévitablement sur le bord du canot.L\u2019équipement est complété par de bonnes mitaines et des crampons, essentiels pour se promener sur les glaces.TRAVAIL D\u2019ÉQUIPE Après nous avoir présenté un bref historique sur le canot à glace, Julien nous invite à rejoindre Marco à l\u2019extérieur pour nous expliquer les principales manœuvres que nous aurons à faire sur le fleuve.Il s\u2019agit essentiellement de passer de la position de rameur à celle de la trottinette.Vous savez, quand les canoteurs ont une jambe en dehors de l\u2019embarcation pour la faire avancer sur les glaces! Fins prêts, nous descendons le canot à l\u2019eau; le travail d\u2019équipe c o m m e n c e .L e s p r e m i è r e s manœuvres s\u2019effectuent près de la rive \u2014 nos guides doivent évaluer si on s\u2019en sort bien.Premiers coups de rame, qu\u2019on tente de donner au même rythme, puis un petit tour dans la baie recouverte de glaces.À un endroit, la couche de glace est si mince qu\u2019on la brise lors de notre passage, se retrouvant le pied dans l\u2019eau.Nous ramons vers le large puis faisons à nouveau cap vers la rive.Devant nous, le Yatch Club de Québec et tous ses bateaux remisés pour l\u2019hiver.Comme nous ramons à contre-courant, nos guides n\u2019hésitent pas à nous faire prendre des pauses à l\u2019abri du vent.Le soleil est radieux, nos rames se font aller à l\u2019unisson jusqu\u2019à a t t e i n d re u n e g l a c e v e r s l e milieu du fleuve.Là, Julien sort le chocolat chaud pendant qu\u2019on contemple le spectacle saisissant autour de nous.On se sent immobile sur notre petite île éphémère; pourtant, c\u2019est bien elle qui se laisse porter par le courant et non la rive qui défile devant nous.Le ballet des glaces est tout simplement majestueux.PARTAGER UNE PASSION Pas de gros bateaux croisés cette journée-là, mais l\u2019hélicoptère de la Garde côtière survolait le fleuve.« Il vérifie l\u2019état des glaces au moins deux fois par jour », m\u2019explique Marco, pour s\u2019assurer que la voie demeure navigable.Chaque sortie en canot à glace doit d\u2019ailleurs être autorisée par l\u2019organisme fédéral.J\u2019apprends que le canot que nous utilisons servait encore à faire des courses l\u2019année précédente.Si Julien Harvey a arrêté la compétition, ce n\u2019est pas le cas de Marco qui regrettait l\u2019annulation des courses cet hiver en raison de vous-savez-quoi.Il se console en pouvant à tout le moins faire découvrir son sport à des novices comme moi.D\u2019ailleurs, tous les guides embauchés par Canot à glace expérience sont des canoteurs chevronnés.Dans une embarcation comptant cinq places, ils sont toujours deux ou trois avec les apprentis du jour.Ils s\u2019adaptent ainsi à leur rythme.C\u2019est aussi l\u2019occasion d\u2019en apprendre davantage sur leur discipline unique : Julien et Marco nous ont généreusement partagé plusieurs anecdotes! 2 Par-dessus les bottes de néo- prène, les crampons sont essentiels pour faire de la trotinette et se tenir sur les glaces de façon sécuritaire.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET 1 À l\u2019arrière, Julien occupe la position de barreur et dirige le canot lorsque nous sommes à la rame.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET 5 Avant d\u2019entamer le retour, une petite pause chocolat chaud au milieu du fleuve est la bienvenue! \u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET 4 Petit arrêt loin de la rive, sur un amoncellement de glaces assez épais pour y poser les deux pieds.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET 3 Il faut se méfier des glaces lorsque nous sommes à la rame : c\u2019est le rôle du barreur de les signaler.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, YAN DOUBLET TANT QUE LES CONDITIONS LE PERMETTENT Canot à glace expérience propose des sorties sur le fleuve tous les jours, le matin et en début d\u2019après-midi, tant que les conditions météo le permettent.Une sortie au coucher du soleil devrait s\u2019ajouter bientôt.Comme la formation des glaces a été tardive cet hiver, l\u2019entreprise a repris ses opérations seulement au début de février.Son fondateur Julien Harvey espère pouvoir poursuivre ses activités au moins jusqu\u2019à la mi-mars, si dame Nature coopère.La tarification pour l\u2019activité «?baptême des glaces?» est de 195 $ pour un adulte (prix spécial COVID cette saison), et de 145 $ pour un adolescent de 12 à 17 ans (taxes en sus).Le prix inclut le prêt d\u2019équipement, une collation ainsi que des photos et vidéos souvenir.Info : canotaglaceexperience.ca.1 3 4 5 SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M20 PLEIN AIR L\u2019hiver n\u2019a pas dit son dernier mot.Il est encore temps de se plonger dans les activités de plein air.Justement, le parc de la Gorge de Coaticook offre une variété d\u2019activités hivernales qui permettent de profiter de chaque instant.MARIE TISON, LA PRESSE S\u2019INITIER DOUCEMENT AU CAMPING D\u2019HIVER Il faut monter la tente avant la tombée de la nuit.La nuit vient de tomber.Tout à côté du terrain de camping, la rivière Coaticook coule doucement et poursuit son chemin sous un pont couvert illuminé par de petites lumières rouges.Un croissant de lune fait discrètement reluire la neige.À côté de la table de pique-nique, un bon feu crépite.Le camping d\u2019hiver a ses attraits.Encore faut-il l\u2019apprivoiser doucement.Le parc de la Gorge de Coaticook est justement un bon endroit pour s\u2019initier à cette activité.Le camping du parc offre des refuges, des tentes en « prêt- à-camper » et des emplacements pour les braves qui apportent leur propre équipement.Ces emplacements comprennent un endroit pour faire un feu de camp et une table de pique-nique.Quand on commence le camping d\u2019hiver, on n\u2019est pas nécessairement prêt à s\u2019asseoir directement dans la neige pour préparer le repas.C\u2019est quand même une bonne idée d\u2019étaler un matelas mousse sur le banc de la table de pique-nique avant de s\u2019asseoir, histoire de garder les fesses au chaud.Le bloc sanitaire est tout près, à une centaine de mètres seulement.On y trouve de l\u2019eau et des douches bien chaudes.C\u2019est un autre petit confort que le nouveau campeur d\u2019hiver peut apprécier.Démarrer le réchaud, c\u2019est une opération délicate en plein hiver.L\u2019auto est garée à côté de l\u2019emplacement, ce qui peut rassurer.Ainsi, si le réchaud refuse obstinément de fonctionner, on peut toujours aller se chercher un petit souper dans un restaurant de Coaticook.Il faut évidemment revenir au campement avant le couvre-feu.Petit détail qui a son importance : le sol des emplacements de camping est très dur, et il est pratiquement impossible d\u2019y planter les piquets de tente.Il faut donc prévoir quelque chose de lourd pour maintenir au sol les sangles de la tente.Les sacs de bois de foyer que le parc vend sont énormes : on peut donc y piger quelques bûches pour fixer la tente.Mais ça veut dire quelques bûches en moins pour le feu du soir : dilemme, dilemme.Pour avoir une agréable expérience de camping d\u2019hiver, il y a quelques règles d\u2019or à respecter.Ainsi, en arrivant au camp, surtout après une activité de plein air comme la raquette, c\u2019est une bonne idée d\u2019enlever ses vêtements humides et de mettre des vêtements bien secs.Prendre une petite collation permet d\u2019aller chercher de l\u2019énergie supplémentaire en attendant le souper.Il peut être utile d\u2019apporter des gants très minces : ça permet de préparer le repas sans avoir à se débattre avec de grosses mitaines et sans avoir à tout faire les mains nues.Le secret pour une bonne nuit de sommeil, c\u2019est évidemment d\u2019avoir un très bon sac de couchage d\u2019hiver.Pour une seule nuit, on peut toujours se débrouiller en utilisant deux sacs de couchage trois saisons.Ça risque évidemment d\u2019être un peu compliqué pour y entrer et en ressortir.Un bon matelas est indispensable.En mettre deux, c\u2019est encore mieux.Finalement, le secret du bonheur en camping d\u2019hiver, c\u2019est une bouillotte d\u2019eau chaude.On met de l\u2019eau bouillante dans une bouteille de type Nalgene, on s\u2019assure à deux ou trois reprises que le bouchon est bien vissé, on la glisse dans un isolant à bouteille ou dans un chandail épais et on la place dans le fond du sac de couchage.Mmmmm.Consultez le site du parc de la Gorge de Coaticook https://gorgedecoaticook.qc.ca/ Plusieurs parcs de la Sépaq offrent également la possibilité de faire du camping d\u2019hiver.L\u2019AVENTURE DE L\u2019ESCALADE DE GLACE S\u2019initier à l\u2019escalade de glace, en soi, c\u2019est déjà une aventure.Au parc de la Gorge de Coaticook, l\u2019aventure est particulièrement intense.On s\u2019engouffre dans un bois, on descend quelques pas entre les arbres, on s\u2019arrête pile : on se retrouve perché sur le bord d\u2019une falaise.Tout en bas, la rivière Coa- ticook fait son chemin entre de gros blocs de glace.Et il faut descendre là?Ça prend évidemment un expert.Pour s\u2019initier à l\u2019escalade de glace au parc de la Gorge de Coati- cook, il faut réserver d\u2019avance une séance avec l\u2019école d\u2019escalade Chamox.« Normalement, quand on fait de l\u2019escalade, on se rend au pied de la paroi et on commence à monter, explique Charles Laliberté, formateur chez Chamox.Nous, ici, on arrive en haut et il faut penser à descendre.L\u2019aventure commence immédiatement. » Il y a bien moyen de faire une marche d\u2019approche par le bas, mais elle présente ses propres défis.Il faut traverser la rivière, qui n\u2019est pas toujours totalement gelée.En outre, le niveau d\u2019eau peut varier en raison de la présence d\u2019un barrage.« On n\u2019a pas le contrôle.S\u2019ils décident d\u2019ouvrir les vannes, on ne peut pas traverser.Ou encore, on a traversé le matin, on ne peut plus revenir sur ses pas l\u2019après-midi », explique le formateur.C\u2019est donc plus simple, et plutôt excitant, de faire descendre les clients en rappel.Une fois en bas, ceux-ci doivent suivre les directives des moniteurs : ils ont testé le terrain, ils savent où il est possible de marcher sur la neige et la glace sans tomber dans un trou d\u2019eau.L\u2019emplacement est particulièrement spectaculaire, au fond de la gorge, devant de belles colonnes de glace, alors que la rivière glougloute derrière soi.Le matin, le soleil se rend jusqu\u2019au bas des parois.Il faut prévoir des vêtements très chauds lorsque la journée avance et que le soleil s\u2019efface.Un bon thermos de thé ou de chocolat chaud fait toute la différence.Les voies de glace se forment différemment d\u2019une année à l\u2019autre.Cette année, la voie nommée Lola est bien fournie, ce qui en fait une belle voie pour les débutants.L\u2019un après l\u2019autre, munis de harnais, de casques, de bottes, de piolets et de crampons (fournis par Chamox), ils peuvent évacuer les frustrations du confinement en frappant gaiement la surface de glace.Ils s\u2019élèvent peu à peu, étonnés de voir à quel point ils peuvent se fier aux pointes de leurs piolets et de leurs crampons.L\u2019aventure ne se termine pas là.« À la fin de la journée d\u2019escalade, il faut qu\u2019ils ressortent de la gorge », rappelle Charles Laliberté.Les moniteurs installent une corde fixe pour permettre aux clients de remonter par une voie plus facile, un champ de neige qui ne présente aucune difficulté technique, mais qu\u2019il faut quand même gravir.« Ça fait une journée complète », lance Charles Laliberté.Il est possible de s\u2019initier à l\u2019escalade de glace dans d\u2019autres régions du Québec.Voici quelques entreprises qui se feront un plaisir de vous mettre des piolets dans les mains.Consultez le site de La Liberté Nord- Sud, Montagne d\u2019argent, La Conception, Laurentides https://lalibertenordsud.com/ Consultez le site d\u2019Attitude Montagne, Saint-Adolphe-d\u2019Howard https://attitudemontagne.com/ Consultez le site d\u2019AventureX (Roc Gyms), Québec https://aventurex.ca/ Consultez le site de Chamox, Sherbrooke http://wp.chamox.com/ Pour d\u2019autres écoles d\u2019escalade, il y a le site de la Fédération québécoise de la montagne et de l\u2019escalade Consultez le site de la FQME https://fqme.qc.ca Les experts fréquentent également le site d\u2019escalade de glace du parc de la Gorge de Coaticook.Ici, Jean-Pierre Graillon, moniteur en escalade de glace, effectue une session de re-certification avec Chamox.\u2014 PHOTO LA PRESSE, HUGO-SÉBASTIEN AUBERT AVENTURES HIVERNALES AU PARC DE LA GORGE DE COATICOOK laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M21 PLEIN AIR O n connaît Brigitte Boisjoli comme chanteuse à la voix puissante et à l\u2019énergie débordante sur scène.Avec l\u2019émission Attache ta tuque, on découvre une nouvelle facette de cette maniaque de plein air, pour qui l\u2019amour de la nature se transmet de mère en fille.« Le plein air, c\u2019est depuis toujours.Ma mère est une femme d\u2019extérieur.Elle nous a élevées, ma sœur et moi, dehors.On jouait dans le bois jusqu\u2019à ce qu\u2019il fasse noir.J\u2019élève ma fille exactement comme ça, on joue beaucoup dehors.Je suis dans le bois souvent, si ce n\u2019est pas tous les jours. » C\u2019est en sol drummondvil- lois que la chanteuse s\u2019est ancrée, là qu\u2019elle souhaite que sa puce de trois ans et demi développe ses racines.« J\u2019adore ça, je suis née là.Je suis une fille très familiale.Avant c\u2019était pour moi (que j\u2019y habitais), et maintenant, c\u2019est pour les racines de ma fille.À Drum- mondville, tout le monde se connaît », dit celle qui a fait ses débuts sur scène enfant, dans le spectacle Les légendes fantastiques.Les promenades et la randonnée en raquettes deviennent, avec sa fille, « la forêt enchantée ».« Les jours où elle est un peu bougonne, qu\u2019elle a ses mauvaises journées comme tout le monde, on s\u2019en va dans le bois et elle ressort avec les joues toutes rouges.Elle a du fun, sa bonne humeur revient.C\u2019est exactement pareil pour les adultes : c\u2019est une thérapie en soi », raconte la maman.Elle ne se laisse surtout pas freiner par l\u2019humeur parfois variable de sa petite Charlie.« C\u2019est sûr que des fois, les enfants, ça ne leur tente pas beaucoup.J\u2019essaie de rendre ça magique.Au pire, on amène des figurines et des poupées, on les assoit dans le traîneau.Il faut trouver quelque chose pour les motiver. » Le décor se transforme aussi en espace de répétition : « J\u2019ai toujours appris mes textes de chanson dans le bois.En joggant, je répétais mes tounes », lance-t-elle au bout du fil.« J\u2019en ai appris tellement comme ça.Parfois, des tounes plus rapides, je me dis que si je suis capable de chanter en courant, je ne serai pas essoufflée en dansant sur scène.Tu sais, moi, je bouge beaucoup! On ne dirait pas, mais ça prend un bon cardio, par exemple, pour interpréter Oxygène de Diane Dufresne.Ça fait partie de mon métier. » PASSIONS HIVERNALES Aux yeux de la Drum- mondvilloise, chaque saison amène ses petits bonheurs.Pas question de chialer contre l\u2019hiver, elle adore.Le 17 février, elle a terminé le tournage d\u2019Attache ta tuque, une production de Trio Orange, en collaboration avec Québecor contenu.Pour nous, elle tente le fatbike sur une plage à Sainte- Anne-des-Monts, cueille le chaga, redevient une fondeuse, pêche sur la glace.L\u2019émission l\u2019a amenée quelques fois à sortir de sa zone de confort, comme cette journée où elle a fait de l\u2019escalade de glace.« J\u2019ai fait des choses qui ont dépassé mes limites.J\u2019ai de la misère à dire non (.) Je suis une fille d\u2019équipe, je suis une persévérante, je me donne comme s\u2019il n\u2019y avait pas de lendemain », raconte celle qui se décrit aussi comme une « fille de moteur ».Elle précise qu\u2019avant de se lancer, elle n\u2019avait parfois que quelques minutes d\u2019explications.« J\u2019ai une candeur.Je ne me pose pas énormément de questions.C\u2019est après que je me dis que j\u2019aurais pu me faire mal. » Le tournage a été intense, concentré principalement en janvier et en février.L\u2019équipe passait parfois une dizaine d\u2019heures à l\u2019extérieur, mais ce n\u2019est pas elle qui va s\u2019en plaindre.On sent que l\u2019animatrice termine ce projet habitée par les rencontres qu\u2019elle y a faites et imprégnée des images du Québec.« Cette émission-là est aussi beaucoup basée sur la rencontre d\u2019êtres humains passionnés.J\u2019ai rencontré des gens qui ont des parcours extraordinaires.Ça m\u2019a fait réfléchir à ce que je veux dans la vie, à ce que je veux offrir comme environnement à ma fille.Il y a des gens qui partaient d\u2019une vie très urbaine, avec des gros commerces, des business, qui ont tout laissé, et qui sont partis en campagne élever leurs enfants pour la qualité de vie.J\u2019ai entendu des histoires qui m\u2019ont renversée, j\u2019ai vécu des rencontres avec des animaux.Je suis vraiment allée à la rencontre de la nature dans tous ses volets. » Au retour de l\u2019aventure, l\u2019animatrice a pris quelques jours de repos.Dans la nature.« Je suis allée séjourner dans une Coolbox, on est allé faire de la luge autrichienne.Je voulais faire vivre ça à Charlie.J\u2019ai relaxé avec elle. » Suggestions, questions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : isabelle.pion La passion hivernale contagieuse de Brigitte Boisjoli La chanteuse Brigitte Boisjoli nous transmet son amour de l\u2019hiver dans l\u2019émission Attache ta tuque.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR TVA ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Vous voulez voir?Attache ta tuque est présentée les lundis à 21 h à Évasion, jusqu\u2019au 19 avril.NOTRE VIDÉO DISPONIBLE SUR L\u2019APPLICATION \u2022 LATRIBUNE.CA En 2021, Brigitte Boisjoli devait être en tournée pour son tout nouveau spectacle, WOMEN, un hommage aux légendes féminines du country américain.« J\u2019ai une répétition de band le 1er mars et je capote de rejouer de la musique.Ce show-là n\u2019est jamais parti.Il y a un an, je l\u2019ai monté, répété, on ne l\u2019a jamais fait.donc moi, je ne m\u2019en souviens plus pantoute! Il faut que je réapprenne mes propres chansons! » Si tout va bien, le spectacle pourrait être présenté en zones oranges, avance-t-elle en soulignant qu\u2019une date est sur la table à Rivière-du-Loup.ISABELLE PION SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS et un taux d\u2019alcool plus élevé de quelques degrés (8,5 % alc/vol) que les habituelles NEIPA sur le marché.Un nez expressif de fruits tropicaux et de mangue.Dépêchez-vous d\u2019y goûter, elle est très populaire.P\u2019TITE TRANQUILLE MICROBRASSERIE CHARLEVOIX Une India Red Session Lager, en d\u2019autres mots, une bière houblonnée, aux malts caramélisés, faible en alcool et de fermentation basse.Au nez, le caramel s\u2019exprime doucement, laissant place à des notes légèrement terreuses du houblon.En bouche, le faible taux d\u2019alcool ne dérange pas trop le corps de la bière.À boire sans tomber dans l\u2019excès, car c\u2019est justement le but.TOUCAN L\u2019OCTANT Cette brasserie de Rimouski distribue dorénavant partout au Québec.Le prétexte parfait pour plonger ses lèvres dans cette NEIPA que je trouve légèrement plus amère que ses consœurs.Elle offre une expérience de dégustation moins sucrée et, personnellement, plus agréable.En aromatique, les houblons utilisés offrent un doux mélange de fruits tropicaux et d\u2019agrumes.D\u2019ailleurs, dès que vous sentez un peu les agrumes, attendez- vous à un peu plus d\u2019amertume.IMPERIAL CHOCO-PIMENT CHIPOTLE BEAUREGARD BRASSERIE DISTILLERIE Rares sont les bières au piment chipotle qui m\u2019ont laissé un beau souvenir.Par contre, je me souviens de quelques dégustations intéressantes dans le sud des États-Unis, là où se trouve la culture tex-mex.Le chipotle est déjà un ingrédient assez particulier, le mélanger à un Stout bien chocolaté et sucré demande un peu plus de savoir-faire que d\u2019ouvrir la cuve et les plonger dans le liquide.Cette Imperial Choco-pi- ment réussit son mandat : je me sens voyager à chaque gorgée.AZA-RILL-AHO, SÉRIE PROGRESSION LE CASTOR On y découvre les houblons Azacca, Amarillo et Idaho 7.Un nez très aromatique sur une base un peu plus houblonnée que certaines cousines du même genre.La série Progression met l\u2019accent sur des bières expérimentales de la brasserie.N\u2019hésitez pas à acheter la série au complet, c\u2019est un excellent motivateur pour mieux comprendre l\u2019influence des houblons.TOURBILLON POLAIRE BORÉALE ET MESSOREM BRASSITORIUM Une Double Dry Hop (DDH) India Pale Ale brassée en collaboration avec Boréale \u2014 dans sa gamme Épisode \u2014 et Messorem Brassitorium.Une bombe de houblons (Citra, Mosaic et Vic Secret) sur un corps assez rond P H O T O A N N I E F E R L A N D MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale C\u2019 est lorsque l\u2019hiver est à son plus froid que l\u2019envie de me replonger dans les cocktails chauds renaît.Étant un passionné du rhum et de sa riche histoire, c\u2019est souvent le grog qui atterrit dans ma tasse.Beaucoup moins connu que la fameuse ponce de gin, le grog est en fait la source et l\u2019origine de la mixologie.En effet, c\u2019est la première fois dans l\u2019histoire qu\u2019on osa mélanger les quatre composantes élémentaires d\u2019un cocktail : le spiritueux, le sucre, l\u2019acide et l\u2019eau (souvent sous forme de glace).L\u2019histoire de cette boisson chaude remonte au 21 août 1740, lorsque le vice-amiral Edward Vernon de la marine britannique, voulant éviter l\u2019état d\u2019ébriété des membres de ses équipages, décréta que la ration de rhum traditionnelle devait être diluée à un ratio d\u2019un quart de rhum pour trois quarts d\u2019eau chaude.Rappelons-nous qu\u2019à cette époque, travailler sur les bateaux était une besogne atrocement exigeante, que l\u2019on récompensait par une ration quotidienne équivalant aujourd\u2019hui à presque 700 ml de spiritueux.Avant l\u2019idée géniale de Vernon de diluer cette ration, disons que la performance des équipages n\u2019était pas toujours au rendez-vous! Les agrumes et le sucre étant monnaie courante dans la cale des bateaux, il n\u2019en fallut pas plus pour ajouter le jus de lime et le sucre dans le rhum dilué et, par le fait même, créer la base de la mixolo- gie contemporaine! Et le mot grog, lui?Il s\u2019inspire du surnom de Vernon, qui portait une tunique de gros-grain faite d\u2019un mélange de soie, de mohair et de laine.Il se trouve que gros-grain, en anglais, se nomme grogram\u2026 Voici donc ma version préférée du grog à base de miel, qui rehausse encore plus les notes de vanille et de mélasse du rhum.Grog Version classique* INGRÉDIENTS \u2022 1 oz de rhum ambré \u2022 0,5 oz de jus de lime \u2022 1 c.à soupe de miel \u2022 4 oz d\u2019eau chaude \u2022 Rondelle de citron, cannelle et clou de girofle (pour décorer) PRÉPARATION 1 Réchauffer une tasse avec de l\u2019eau bouillante puis jeter l\u2019eau au moment de servir.2 Ajouter tous les ingrédients dans la tasse chaude et mélanger à la cuillère.3 Décorer d\u2019une rondelle de citron piquée de clou de girofle et d\u2019un bâton de cannelle.Santé! * Pour la version simple et rapide, faible en sucre ou avec alcool de cette recette, consultez le site monsieur-cocktail.com L\u2019ORIGINE Quelques nouveautés sur le marché PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@gcmedias.ca Cette semaine, je vous présente cinq bières à découvrir.N\u2019hésitez pas à les demander à votre conseiller en bière.P H O T O S T I R É E S D U W E B laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M23 VINS C\u2019 est la semaine de relâche pour tous, aussi pour les parents qui ont envie de bien boire et bien manger sans trop se casser la tête ni passer des heures devant les chaudrons.Alors, allons-y avec des suggestions savoureuses, en accord avec une cuisine festive et des vins de partage, en toute simplicité.DOMAINE PELCHAT LEMAÎTRE- AUGER L\u2019ÉPOUSE 2019 19 $ \u2022 ÉPICERIES SPÉCIALISÉES ET AU VIGNOBLE \u2022 12 % \u2022 1,6 G/L On adore Mario Pelchat le chanteur, mais saviez-vous qu\u2019il est aussi producteur de vin?Un projet d\u2019envergure qu\u2019il bâtit corps et âme avec son épouse Claire depuis une douzaine d\u2019années : leur vignoble de Saint-Joseph- du-Lac dans les Laurentides.Une aventure de longue haleine qui porte fruit dans une gamme de vins fort bien réalisés et balancés, avec l\u2019expertise d\u2019un nouveau chef de production, le vigneron Jérôme Zammit qui a fait ses classes dans le Mâconnais, puis au spectaculaire Château de Pibarnon à Ban- dol, en plus de sept ans dans le Languedoc.J\u2019ai dégusté L\u2019Épouse, un assemblage de seyval, vidal et frontenac blanc, frais et vif avec d\u2019agréables notes herbacées en finale.Le vin parfait pour accompagner un plateau de fromages et saucissons du Québec.Une formule fort satisfaisante quand on débarque au chalet ou après une longue journée de sport.Les vins sont disponibles à la boutique du vignoble qui ouvrira ses portes au printemps et dans les épiceries spécialisées.Visitez DomainePel- chatLemaitreAu- ger sur Facebook pour connaître les points de vente.TOM GORE SAUVIGNON BLANC CALIFORNIE 2019 19,95 $ \u2022 13544921 \u2022 13,5 % \u2022 2,8 G/L Un sauvignon tout en fraîcheur et sans exagération aromatique.D\u2019une bonne acidité sur des notes de citron et d\u2019herbes fraîches.Un vin de Tom Gore qui dès son plus jeune âge voulait être agriculteur.« L\u2019agriculture est le travail de ma vie et ma plus grande joie ».Avec une telle philosophie, on ne peut que trouver du bonheur dans ses vins.Lors de son récent passage au Québec, il m\u2019a confié que c\u2019est lui qui cuisine à la maison.Et que préfère-t-il cuisiner pour accompagner ce vin?Sans hésitation, un poulet rôti avec des légumes du jardin.Le plat réconfort par excellence qui prend 10 minutes à préparer et qui cuit au four pendant qu\u2019on prend l\u2019apéro! JEAN-CLAUDE MAS VIGNOBLES PAUL MAS GRENACHE DE GRENACHE 11,90 $ \u2022 12990742 \u2022 13 % \u2022 2,5 G/L Ce n\u2019est pas une nouveauté, mais une découverte.J\u2019aime beaucoup le grenache dans toutes ses couleurs, c\u2019est un cépage riche et ensoleillé.En gris et blanc, comme pour cet assemblage, il est velouté, d\u2019une acidité moyenne sur des notes de pêche blanche et de zeste de mandarine.D\u2019un rapport qualité plaisir exceptionnel et le match parfait des pastas aux fruits de mer.TEDESCHI LUCCHINE VALPOLICELLA CLASSICO 2019 18 $ \u2022 13897339 \u2022 13 % \u2022 2,6 G/L Un autre vin coup de cœur qui m\u2019a séduit par sa fraîcheur et ses notes de cerise et de framboise noire qui se fondent dans des effluves de thym, de cannelle et de chocolat noir en finale.Un vin qui procure beaucoup de plaisir et que je servirais avec une pizza méditerranéenne, aux olives noires et artichauts.Comme dans une soirée pizza maison, avec pains nans et plein d\u2019ingrédients à ajouter selon la créativité de chacun.LES VIGNERONS DU BRULHOIS LE VIN NOIR 2016 19,60 $ \u2022 11154822 \u2022 14 % \u2022 2 G/L Le Québec est leur premier marché d\u2019exportation et bien que l\u2019on connaisse peu cette coopérative dynamique et « confidentielle » du sud-ouest de la France, nous buvons leurs vins depuis une vingtaine d\u2019années.Les Vignerons du Bruhlois comprend 22 membres qui travaillent leurs vins cuve par cuve et priorisent une polyculture qui inclue légumineuses et arbres fruitiers, en particulier les pruneaux.Leurs vins rouges ont été surnommés Vin Noir, car ils sont charnus et généreux avec des notes de mûre, de cassis et d\u2019épices douces, merveilleux pour accompagner le confit ou magret de canard.Es- sayez-le en fin de repas avec une tomme de brebis, comme celle de Kamouraska et du chocolat noir, c\u2019est divin.VINA LAGUNA TERRA ROSSA 2017 17,45 $ \u2022 13111068 \u2022 13 % \u2022 1,3 G/L En Croatie, la péninsule d\u2019Istrie située face à Venise, sur la côte nord de la mer Adriatique.La vigne y pousse sur une terre rouge et riche en fer, une caractéristique minérale qui se transpose dans ce vin à base de teran, qu\u2019on appelle terranno du côté italien.En bouche, une forte concentration de petits fruits comme le cassis et la griotte, métissés de genièvre, réglisse et thym sur des tannins robustes, en font un bon allié des viandes rouges et du gibier, façon fondue chinoise.NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca Six accords mets et vins simples et festifs Vins et fromages du Québec : une formule fort satisfaisante quand on débarque au chalet ou après une longue journée de sport.\u2014 PHOTO COLLABORATION SPÉCIALE, NATALIE RICHARD SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M24 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine SHERBROOKE \u2014 J\u2019avais 10 ans, peut-être 11.On avait beau dire autour de moi que le lac Saint-Jean était une mer intérieure, à part de la truite et des brochets, on n\u2019y pêchait pas grand- chose qui pouvait prétendre au titre de délice océanique.Les fruits de mer nous apparaissaient donc comme des aliments vaguement exotiques.Chaque mois, un poissonnier ambulant (lire ici : un camion rempli de « produits de la mer ») faisait sa tournée dans les rues du quartier et s\u2019arrêtait chez les « abonnés ».On était du nombre.M e s p a r e n t s a c h e t a i e n t pétoncles, crevettes, saumon et « scampies » (langoustines, à l\u2019époque, ça n\u2019existait pas dans notre vocabulaire jeannois).Après ça, le congélo débordait de produits maritimes en sacs, qu\u2019on entassait quelque part entre les petits pois, les bleuets et les pâtés de poulet.C\u2019était alors pas mal les plus frais produits marins qu\u2019on pouvait trouver par chez nous.Ça a beaucoup changé, depuis.C\u2019est ce que je me d is en m e b ra n - chant sur Z o om pour une conférence virtuelle animée par Colombe Saint-Pierre.La réputée cheffe s\u2019 implique depuis t r o i s a n s a u p r è s de Manger notre St- Laurent, regroupement qui milite pour une plus grande accessibilité aux aliments qui viennent de l\u2019océan.Mais là, ce soir, c\u2019est pour l\u2019initiative La bouffe de notre mer qu\u2019elle prend parole.Un concept (et un concours bientôt lancé sur que- becmaritime.ca) qui s\u2019inscrit dans la continuité de ce qu\u2019elle prône dans sa pratique autant que dans ses engagements : inviter les Québécois à (re)découvrir l\u2019est de la province à travers des escapades gourmandes ou des aliments maritimes plus souvent mis au menu.Installée devant son impressionnante « armoire à assiettes », la chef-proprio de Chez Saint-Pierre en a long à dire et à raconter.Son Québec mari- t i m e , e l l e l \u2019a i m e d\u2019amour.C\u2019est après avoir beaucoup voyagé à l\u2019étranger qu\u2019elle a ressenti le besoin de venir s\u2019enraciner au cœur des paysages qui l\u2019ont vue grandir.À travers sa langue colorée et spontanée, on voyage.Phares, bateaux, airs salins et vents marins évoqués nous font rêver aux horizons côtiers qu\u2019on pourra peut-être découvrir cet été.D\u2019ici là, on peut toujours se dépayser un brin via l\u2019assiette.En quatre haltes guidées par Colombe Saint-Pierre sur différentes berges de la côte maritime, regard sur quatre produits marins qu\u2019on connaît un peu moins que les crevettes de Matane et le homard des Îles.1er ARRÊT LA CÔTE NORD (aussi appelée route des baleines) « C\u2019est un coin à découvrir, vraiment.Pour moi, c\u2019est la région qui m\u2019a le plus impressionnée, comme Québécoise.On y trouve un côté sauvage, des paysages presque théâtraux, de l\u2019immensité.C\u2019est le roadtrip que je conseille à tout le monde », résume Colombe.PRODUIT VEDETTE : LES MACTRES DE STIMPSON MISES EN CONSERVE PAR LES CRABIERS DU NORD (PORTNEUF-SUR-MER) Vous vous demandez ce que c\u2019est, une mactre?Normal, répond la cheffe.« Elle présente une texture et un goût intéressant, mais elle est extrêmement méconnue au Québec.C\u2019est un produit à s\u2019approprier, parce qu\u2019il ne fait pas partie de nos habitudes.Même ma grand-mère ne m\u2019a jamais fait de pâté ou de chowder de mactre! » Comprenez par là que même aux abords du fleuve, le mollusque ne faisait pas partie des habitudes à table.« C\u2019est une palourde de bonne dimension.Grosse comme ma tête, à peu près.Je dis ça pour vous donner une idée de sa dimension.Même la palourde royale est gênée, à côté! » Pour la mettre en boîte, les Crabiers la découpent, évidemment.« Elle est déjà cuite, alors il ne faut pas l\u2019ajouter trop tôt dans nos plats.Un peu comme la crevette de Matane, qu\u2019on ne traitera pas de la même façon qu\u2019une grosse crevette tigrée. » En chaudrée, sur de la pizza, en lasagne, ou dans des pâtes fraîches, elle fera merveille, assure Colombe.La cheffe et restauratrice Colombe Saint-Pierre \u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE LA MER AU MENU VISITER L\u2019EST DU QUÉBEC PARCE QUE.« C\u2019est juste hallucinant qu\u2019on ne le fasse pas davantage, souligne Colombe.Il y a tant de beauté et de grandeur à découvrir sur notre territoire! Et cette connaissance-là est une richesse en soi parce qu\u2019elle génère ensuite un souci plus grand.Ce qu\u2019on connaît, on en est fier, on a envie de le protéger, d\u2019en prendre soin, de le préserver.C\u2019est pour tout ça qu\u2019on invite les Québécois à venir nous visiter.Ce faisant, ils découvriront les trésors culinaires que recèlent nos régions, ils auront sans doute davantage le réflexe de les mettre à leur menu. » laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M25 EN CUISINE Fait intéressant : les Crabiers du Nord prônent une pêche à petite échelle, plus respectueuse de l\u2019environnement, un peu à l\u2019image de ce que font les fermes à dimension humaine.2e ARRÊT LE BAS- SAINT-LAURENT « Je suis née ici, alors j\u2019ai un rapport émotif avec ce territoire.Les paysages sont partout magnifiques et l\u2019offre gourmande s\u2019est vraiment développée.Restaurants, boulangeries, auberges, chocolateries : on trouve vraiment de tout. » PRODUIT VEDETTE : LE SEL AU PLANTAIN PIQUANT DES JARDINS DE LA MER (ST-GERMAIN- DE-KAMOURASKA) « La salicorne est probablement la première chose qu\u2019on nomme quand on pense à ce qu\u2019on peut cueillir en bordure de l\u2019eau, mais il y a plus d\u2019une cinquantaine de plantes sauvages maritimes qu\u2019on peut déguster. » Ne les cueille pas qui veut, cependant.« Il y a une méthode, un moment, un savoir à respecter pour bien faire les choses.Aux Jardins de la mer, ils ont ce grand souci de préserver les ressources. » Ce qui nous ramène au sel de plantain, qui contient aussi goémon (une algue), piment fort et piment d\u2019Espelette.« Il sera très bon dans une mayonnaise ou une huile aromatique.On peut aussi s\u2019en servir sur du poisson frais, qu\u2019on fait griller ou qu\u2019on cuit à la vapeur. » En gravlax, dans une salade ou sur des légumes, il sera tout aussi délicieux.Dans un tempura, des fish and chips, autant que dans un bouillon, une soupe ou une omelette, il va venir ajouter un petit kick, assure Colombe Saint-Pierre.Si on devait résumer, on dirait que c\u2019est un grand polyvalent.3e ARRÊT LA GASPÉSIE « Là, je pense phares, ports de pêche, plages, homards, huitres.Quand on défile dans la vallée de la Matapédia, on a l\u2019impression d\u2019être dans un film », image la restauratrice.Elle insiste : il faut aussi oser découvrir le superbe panorama en dehors de la saison touristique de pointe.« En mai ou en juin, c\u2019est beau aussi, la Gaspésie.Même chose à l\u2019automne.Et ici, comme ailleurs au Québec, l\u2019été s\u2019étire.Septembre en bikini, on a vu ça. » PRODUITS VEDETTES : LES ALGUES CUEILLIES PAR OCÉAN DE SAVEURS (GASPÉSIE) « C\u2019est un aliment qui est vraiment intégré en Chine et au Japon, par exemple, mais qu\u2019on doit encore découvrir ici.Et on a tout intérêt à le faire parce que c\u2019est vraiment un superaliment, bon pour la santé.Moi, j\u2019adore les algues, je les utilise beaucoup. » Reste que c\u2019est un goût à apprivoiser.Une astuce pour le faire?Utiliser le pouvoir attractif du maïs soufflé! « C\u2019est comme ça que j\u2019ai réussi à en faire manger à mes enfants.C\u2019est tout simple, en plus : tu fais éclater des grains à la casserole, tu rajoutes du beurre fondu et tu saupoudres d\u2019algues séchées en poudre. » L\u2019idée, c\u2019est d\u2019oser en intégrer peu à peu en dosant les quantités.C\u2019est aussi de commencer avec des algues aux saveurs plus douces, pour graduellement habituer papilles et palais.La laitue de mer d\u2019Atlantique, par exemple, est plus amère et forte en goût que le bacon de mer (dulse), souligne Colombe.Pour faire briller ces joyaux marins, on peut les intégrer à des recettes de terrines, de vinaigrettes ou de bouillons.« On peut aussi les mixer dans des condiments.Moi, j\u2019aime beaucoup faire ce que j\u2019appelle une tapenalgue! » 4e ARRÊT LES ÎLES-DE- LA-MADELEINE « Les Îles, c\u2019est un monde à part », remarque Colombe.Tous ceux qui y ont mis les pieds vous le diront : le paysage insulaire en est un d\u2019exception où le dépaysement est grand.Et l\u2019enchantement aussi.PRODUIT VEDETTE : LE HARENG FUMÉ TRANSFORMÉ PAR LE FUMOIR D\u2019ANTAN (HAVRE-AUX-MAISONS) « Je compare ça à un jerky.C\u2019est le genre d\u2019aliment que tu peux amener en camping ou déguster sur la route, comme ça, sans autre préparation. » C\u2019est aussi un ingrédient qui peut être ajouté à différents plats.« Avec du poisson fumé, on peut vraiment faire plusieurs choses, car il va agir comme un rehaus- seur de saveurs. » Première idée : une vinaigrette césar maison dans laquelle on pourrait remplacer les anchois par du hareng séché.« Dans les œufs mimosas ou dans une salade de pommes de terre, c\u2019est aussi très bon. » Si on veut l\u2019employer séché, on peut le râper sur du poisson frais ou dans une mayonnaise.Po u r l e c u i s i n e r, i l f a u t l e réhydrater.« Parce que sinon, c\u2019est assez dur à couper.Pour lui redonner de la souplesse, on le met tout simplement dans une poêle dans laquelle on a fait bouillir de l\u2019eau. » Le poisson, plus malléable, pourra être haché au mélangeur avant d\u2019entrer dans la composition d\u2019une mayonnaise, par exemple.Questions, commentaires, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine En cuisine fera relâche samedi prochain.Je vous souhaite une savoureuse semaine et je vous retrouve ici en mars.« C\u2019est une palourde de bonne dimension.Grosse comme ma tête, à peu près.Je dis ça pour vous donner une idée de sa dimension.Même la palourde royale est gênée, à côté! » \u2014 Colombe Saint-Pierre P H O T O 1 2 3 R F \u2014 PHOTOS LA TRIBUNE, KARINE TREMBLAY SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M26 samedi 27 février 2021 leSoleil 42 SPÉCIAL L\u2019équipe du Mag aiMe teLLeMent Lire vos phrases craquantes qu\u2019eLLe vous offre un spéciaL iLLustré en pLein pour La reLâche.Bonne Lecture! Au restaurant : «Maman, est-ce que tu prends les œufs \u201cbénédingding\u201d?» «Maman! On s\u2019assoit sur la \u201cbanquise\u201d!» Dans la voiture : «Maman, du haut du \u201cpont Pierre Lapointe\u201d, on peut apercevoir la \u201cpromenade Samuel de Shampoing\u201d!» Pendant une panne d\u2019électricité : «Elle est où la \u201clampe de peur\u201d?» À table : «Miam! Un bon potage à la \u201ccourge musclée\u201d!» \u2014 Laura et Gabrielle alors âgées de 5 et 6 ans «Pourquoi les girafes n\u2019existent pas?C\u2019est un coup monté!» \u2014 Noé Savard, 9 ans Éli n\u2019aime pas les champignons.Quand sa grand-tante lui a dit : «Moi, j\u2019adore les champignons», Éli lui a répondu du tac au tac : «Moi, je pasdore les champignons» \u2014 Éli, 2 ans Au retour d\u2019une promenade à vélo, la maman d\u2019Henry lui dit : «ZUT.on avait oublié de mettre de la crème solaire».ll lui répond : «Ce n\u2019est pas grave, j\u2019ai pédalé tellement vite que le soleil, n\u2019a pas pu m\u2019attraper» \u2014 Henry, 5 ans «Regarde papa, une caverne de pompier!» \u2014 Angeline, 6 ans, en passant devant une caserne de pompier i n f o g r a p h i e L e s o L e i L , s o u r c e 1 2 3 r f laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M27 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 27 février 20 1 43 En regardant une photo, je dis à Louis : «T\u2019étais pas vieux dans ce temps-là!» Et il me répond : «J\u2019étais neuf?» \u2014 Louis, 4 ans «Maman, veux-tu essuyer mes gouttes de peine?» \u2014 Gabriel, 4 ans, en parlant à sa maman Charles : «Maman, c\u2019est pour se faire maquiller ici?» Maman : «Oui et c\u2019est aussi un coiffeur» Charles : «Tu devrais y aller!» \u2014 Charles, 3 ans p\u2019 i a faites- nous rire Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants à lemag@lesoleil.com SPÉCIAL «Maman, pourquoi tu caches ta fenêtre dans la porte de la voiture?» \u2014 antoine, 3 ans, quand sa maman a descendu sa fenêtre d\u2019auto pour la première fois de l\u2019été il était midi et ma petite de 3 ans entend les cloches de l\u2019église (l\u2019angélus).Elle m\u2019appelle et me dit : «Écoute maman, ça cloche» \u2014 Fillette, 3 ans Un matin légèrement frisquet, anne demande à sa maman en entrant dans l\u2019auto : «Maman, j\u2019ai froid, peux-tu mettre l\u2019air climatisé chaude, pour que je me réchauffe?» \u2014 anne, 6 1/2 ans Éloi s\u2019arrête devant une affiche de l\u2019exposition d\u2019alberto Giacometti illustrée par sa sculpture L\u2019homme qui marche.Éloi : «Qu\u2019est-ce que c\u2019est maman?» Ma fille : «C\u2019est l\u2019affiche pour l\u2019exposition d\u2019Alberto Giacometti» Éloi, embarrassé : «Est-ce que c\u2019est une maladie?» \u2014 Éloi, 7 ans Émile, notre petit-fils, nous a demandé pourquoi un pêcheur se tient maigre : «Parce qu\u2019il surveille sa ligne» \u2014 Émile, 10 ans Camille demande à sa grand-maman : «Quand on a des plis, est-ce que ça fait mal?» \u2014 Camille, 5 ans \u2014 «Maman, dis \u201csirène\u201d» \u2014 «Sirène» \u2014 «Maman, les \u201csi\u201d n\u2019aiment pas les \u201crè\u201d!» \u2014 Léa-Florence, 5 ans, apprentie prof de français Léa, qui voit des travaux d\u2019un plafond très haut d\u2019un centre d\u2019achat : «Maman regarde, il répare le ciel» \u2014 Léa, 3 ans SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M28 ACTUALITÉS ISABELLE PION isabelle.pion@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Alors que la majorité des Québécois sont déjà en mode planification des vacances, l\u2019offre de camping et de prêt-à- camper s\u2019étend à l\u2019échelle de la province, avec l\u2019ajout de nouveaux emplacements et de chalets par la Sépaq.La Société des établissements de plein air du Québec a dévoilé plusieurs nouveautés, dont un tout nouveau camping de 80 emplacements au parc national de la Pointe-Taillon, aux abords du lac Saint-Jean.Le secteur traversé par la Vélo- route des Bleuets autorisera la présence de chiens sur 25 emplacements et sera accessible en voiture.Comme La Tribune l\u2019écrivait samedi, le camping de Franceville du parc national du Mont-Mégan- tic s\u2019agrandit, avec l\u2019ajout de 39 nouveaux emplacements, dont 17 sans service, 8 avec l\u2019électricité et 14 avec eau et électricité.Le parc national de la Jacques- Cartier, dans la région de Québec, ouvre le camping baptisé l\u2019Escarpement, qui compte 47 emplacements.Il se trouve à proximité du centre de découverte et de services, d\u2019un centre de location nautique et de sentiers de randonnée pédestre.Les amoureux de la Jacques-Cartier peuvent aussi séjourner dans le tout nouveau refuge Sautauriski.DE NOUVEAUX HÉBERGEMENTS Les visiteurs pourront séjourner dans de nouveaux chalets Horizon dans les réserves fauniques de Port- neuf et de Rimouski.L\u2019ajout de ce type d\u2019hébergement est aussi planifié du côté de la réserve faunique d\u2019Ashuap- mushuan, au nord-ouest du lac Saint-Jean.Aux abords du lac Saint-Joseph à la Station touristique Duchesnay, 14 chalets Oxygène font leur apparition, remplaçant du même coup les anciens.Les chalets sont prévus en modèles de 2, 3 ou 4 chambres, avec une capacité d\u2019accueil de 4 à 16 personnes.Ils prennent place à quelques pas du nouveau pôle nautique de la station, qui regroupera notamment un terrain de volleyball, des aires de jeux pour enfants et un centre d\u2019équipement de location.Les gens pourront du même coup découvrir un camion de cuisine de rue.Le lancement des réservations pour les séjours estivaux a eu lieu le 10 février.Sur l\u2019île d\u2019Anticosti, l\u2019auberge de Port-Menier sera complétée avec 16 nouvelles chambres offrant chacune une vue sur la mer.Une navette permettra d\u2019explorer les attraits du parc national d\u2019Anti- costi en présence d\u2019un guide, dont la chute Vauréal.L\u2019exploration des environs de Port-Menier pourra aussi se faire en vélos électriques.L\u2019auberge avait été la proie d\u2019un incendie, en 2011, rappelle le responsable des relations avec les médias, Simon Boivin.La Sépaq a d\u2019abord reconstruit l\u2019accueil et le restaurant au cours d\u2019une première phase.« Les 16 nouvelles chambres viennent compléter l\u2019offre. » L\u2019an dernier, au parc national du Mont-Orford, les clients ont pu tester la tente Nova, composée d\u2019une structure de bois étanchéifiée par une toile.Cette version simplifiée du prêt-à- camper Étoile comprend 2 grands lits, du chauffage et de l\u2019éclairage d\u2019appoint, et a pour particularité que l\u2019espace cuisine est à l\u2019extérieur sous un auvent.Selon Simon Boivin, les deux prototypes ont connu d\u2019excellents taux d\u2019occupation l\u2019été dernier et seront toujours offerts cette année, avec quelques améliorations.L\u2019offre du vélo de montagne sera doublée cet été, avec l\u2019ajout de pistes pour les adeptes qui recherchent des sentiers intermédiaires et experts.Les tronçons de cette deuxième phase de développement seront disponibles autour de la mi-mai.(voir autre texte) POUR LES MARCHEURS\u2026 Un nouveau parcours de halte découverte bonifie l\u2019offre du parc national des Îles-de-Boucherville.Des haltes construites principalement de bois et de métal présenteront des lieux de repos.Certains des plus beaux secteurs du parc seront mis en valeur dans le cadre du parcours immersif et interactif.À la chute Montmorency, la Sépaq prévoit que la majeure partie du circuit aménagé au bas du site patrimonial du Parc-de-la-Chute Montmorency sera complétée.Trois portions du parcours déambulatoire seront terminées et permettront aux visiteurs d\u2019admirer la chute.La Sépaq présente ses nouveautés estivales ISABELLE PION isabelle.pion@latribune.qc.ca Les adeptes de vélo de montagne auront accès à de nouvelles pistes intermédiaires et difficiles au parc national du Mont-Orford (PNMO), qui double sa superficie de sentiers.Cette deuxième phase de sentiers dédiés exclusivement au vélo de montagne (singletrack) sera accessible autour de la mi-mai.Le terrain de jeu passe ainsi de 12 km à 25 km répartis dans 13 sentiers différents.« La Sanguinaire, la Chaga, ce sont des sentiers plus difficiles pour compléter notre offre.On vient s\u2019assurer d\u2019avoir plus de sentiers difficiles et intermédiaires.Dans la première phase, il y a beaucoup de sentiers faciles », décrit le directeur par intérim du PNMO, Mario Landry.En raison de la pandémie, les travaux ont été un peu plus lents que prévu.La direction aurait aimé ouvrir les sentiers cet automne, mais l\u2019ouverture officielle aura plutôt lieu ce printemps.Quelques cyclistes ont toutefois pu essayer les nouveaux tronçons pendant environ une semaine en octobre et donner leurs commentaires.La Sépaq décrit les parcours comme « plus difficiles, plus techniques, avec un aménagement plus musclé qui compte davantage de virages inclinés et de passages sur des affleurements rocheux ou des ponts et des passerelles enjambant des ruisseaux.» « Certains sentiers ont été conçus d\u2019abord pour ravir les conducteurs les plus expérimentés », décrit la Société des établissements de plein air du Québec.Une nouvelle station de lavage des vélos a été prévue.Les investissements nécessaires à cette deuxième phase sont estimés à 400 000 $.DES BILLETS EN LIGNE?La Sépaq travaille actuellement à ce que les adeptes de vélo de montagne puissent acheter leur billet en ligne, comme c\u2019est le cas en ce moment pour les accès à la randonnée et le ski de fond.ORFORD L\u2019offre de vélo de montagne double L\u2019Auberge Jodoin du parc national d\u2019Opémican, un des plus vieux bâtiments encore debout en Abitibi-Témiscamingue, a été l\u2019objet d\u2019une restauration importante.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LA SÉPAQ L\u2019Aquarium du Québec présente maintenant un nouvel habitat pour les ours blancs.Le pensionnaire Eddy ne sera plus seul, puisque deux ours du zoo de Saint-Félicien, Kinuk et Shouka, élisent domicile avec lui.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LA SÉPAQ «?Certains sentiers ont été conçus d\u2019abord pour ravir les conducteurs les plus expérimentés.?» \u2014 Sépaq laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M29 ACTUALITÉS ORFORD L\u2019offre de vélo de montagne double La deuxième phase de sentiers dédiés exclusivement au vélo de montagne au parc national du Mont-Orford sera accessible autour de la mi-mai.Le terrain de jeu passe ainsi de 12 km à 25 km répartis dans 13 sentiers différents.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LA SÉPAQ Le Wolf Bike Park (WBP), à Mansonville, en sera à sa toute première saison officielle.Le projet mené par Simon Drouin et Alexandre Duquette a accueilli ses premiers adeptes la saison dernière, en mode préouverture.Les nouvelles installations s\u2019adressent principalement aux adeptes intermédiaires et experts.« Il faut voir ça comme un centre d\u2019entraînement », indique Simon Drouin, en soulignant que le parcours d\u2019habiletés met beaucoup l\u2019accent sur les descentes, les montées, les bosses et les virages.« Toutes les étapes sont en place pour qu\u2019un intermédiaire puisse devenir expert. » Le WBP doit commencer sa saison en juin, mais la programmation sera connue à la mi-mars.Plusieurs formules seront offertes : des plages horaires libres, des modules d\u2019apprentissage encadrés pour les parents-enfants, des formules de groupe et de coaching.Il faudra réserver en ligne, y compris pour les plages horaires libres.« Il faut réserver les billets parce qu\u2019il y a un nombre limite de places », souligne-t-il.La naissance du projet reflète sans aucun doute l\u2019attrait pour ce sport.L\u2019initiative a vu le jour avec l\u2019aide de deux campagnes de sociofinancement : l\u2019une réalisée en 2019, qui a permis d\u2019amasser entre 13 000 $ et 15 000 $ (si on inclut les commanditaires), et celle de 2020 a permis de recueillir 23 000 $.ISABELLE PION DES ADEPTES ATTENDUS À MANSONVILLE « En théorie, on devrait être capable d\u2019acheter en ligne au printemps.On a fait beaucoup de recommandations », note M. Landry en soulignant que ce volet repose sur le siège social.Cette façon de faire permettrait du même coup de mettre en place des quotas comme c\u2019est le cas pour la randonnée et le ski de fond.Comme bon nombres d\u2019activités en plein air, la pratique du vélo de montagne est en hausse.« Ce qu\u2019on offre, c\u2019est complémentaire à ce qui se fait en région », note M. Landry, en soulignant que les deux phases se sont développées sous la gouverne de sa collègue Brigitte Marchand, TAUX DE 1,29% MOIS 27 PENDANT 995$ D\u2019ACOMPTE /MOIS 559$ Location à ou 5 000$ DE RABAIS À L\u2019ACHAT TAUX DE 0,49% MOIS 27 PENDANT 995$ D\u2019ACOMPTE /MOIS 559$ Location à ou 8 000$ DE RABAIS À L\u2019ACHAT PRIMES HIVERNALES ÉCONOMISEZ JUSQU\u2019À 8 000$ 0057225 SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS J\u2019 aimerais savoir ce que vous pensez de l\u2019emploi du mot « sinon » dans l\u2019exemple qui suit : « L\u2019Estrie a perdu 106 garderies en milieu familial en 2020.L\u2019hémorragie se poursuit en ce début de 2021.Sinon, avec 48 nouveaux cas confirmés de COVID-19 vendredi, le bilan continue de se stabiliser en Estrie. » Cela ne me semble pas indiqué, étant donné qu\u2019il n\u2019existe aucun lien entre les deux sujets.Denis Bachand Sherbrooke Votre question me ramène à un souvenir très précis d\u2019il y a une trentaine d\u2019années.C\u2019était l\u2019époque où les adolescents avaient des correspondants à l\u2019étranger, quand ils écrivaient encore des lettres et devaient attendre quelques semaines, voire quelques mois avant d\u2019avoir une réponse.J\u2019avais deux correspondantes en France (d\u2019ailleurs, vous me faites penser que je devrais peut-être essayer de les retrouver sur Facebook) et, pour nous initier à la musique de nos pays respectifs, nous nous étions envoyé des cassettes comportant des chansons de différents artistes alors en vogue en France et au Québec.J\u2019avais pris l\u2019initiative d\u2019amorcer mon enregistrement par un message vocal.Ma correspondante avait fait de même sur la cassette qu\u2019elle m\u2019avait fait parvenir.Et je me souviens encore d\u2019avoir froncé les sourcils en l\u2019entendant dire : « J\u2019ai fait ceci.Sinon, le mois prochain, je vais me rendre à tel endroit.Sinon, il y a ma mère qui m\u2019a aidée à\u2026 » Normalement, la conjonction sinon s\u2019emploie lorsqu\u2019on souhaite exprimer une conséquence négative, advenant que la proposition principale ne se réaliserait pas.Dans ce contexte, sinon est synonyme de « dans le cas contraire, faute de quoi, autrement ».Commence à étudier tout de suite, sinon tu ne seras pas prêt pour ton examen.Mais dans le cas de ma correspondante et de celui que vous citez (et qu\u2019on entend de plus en plus ici aussi), on se sert de sinon pour changer de sujet.Le mot devient synonyme de « par ailleurs, d\u2019autre part ».Cet emploi est abusif.Le hic : l\u2019unique source que j\u2019ai trouvée qui souligne ce détournement de sens, c\u2019est le dictionnaire de l\u2019Académie française.Pas une seule ligne dans la Banque de dépannage linguistique ni dans les principaux ouvrages de difficultés du français.Pourtant, c\u2019est une faute que j\u2019entends régulièrement, même si elle semble encore plus répandue en France qu\u2019ici.Maintenant, d\u2019où peut bien provenir cette dérive?Je n\u2019ai trouvé aucune source pour me l\u2019affirmer explicitement.Je ne peux formuler que des hypothèses.Parmi les autres sens que l\u2019on peut exprimer avec sinon, il y a l\u2019exception.Le mot devient alors synonyme de « sauf, si ce n\u2019est, exception faite, en dehors de, hormis, à part ».Voyez.Il n\u2019a absolument pas bronché, sinon [sauf] esquissé un sourire timide.Que penses-tu obtenir de cette façon, sinon [si ce n\u2019est] envenimer la situation?Se pourrait-il que les gens qui utilisent sinon au sens de « par ailleurs » fassent un rapprochement avec « en dehors de cela, à part cela, hormis cela »?Je trouve que c\u2019est plausible.J\u2019ai eu de bons résultats à mes examens.En dehors de ça [au lieu de sinon], mes parents vont bien.Deuxième possibilité : un amalgame avec l\u2019adverbe autrement.Mon Bon usage cite une variante populaire relevée par le Robert 2001, avec un exemple de Marcel Aymé : « J\u2019ai mis un complet neuf parce que je vais voir des amis, autrement que ça [en dehors de ça], je travaille tous les jours. » Le bon usage cite également le dictionnaire Wartburg (Dictionnaire étymologique du français), qui relève cette tournure dans le parler angevin (ma correspondante vivait à Orléans, ce qui n\u2019est pas très loin de l\u2019Anjou).Se pour- rait-il qu\u2019il y ait eu une fusion de sens entre l\u2019usage angevin d\u2019autrement et sinon?Mystère et boule de gomme pour l\u2019instant.Parmi les autres sens que l\u2019on peut exprimer avec sinon, il y a le surenchérissement.Le mot est alors synonyme de « voire, peut- être même ».Elle est une des meilleures, sinon [voire] la meilleure chanteuse de sa génération.PERLES DE LA SEMAINE Quand les gens s\u2019emportent sur les réseaux sociaux, ça donne parfois de très belles perles dans les commentaires.« Toute cette controverse pour une histoire de popcorn et de nourriture, qui génèrent des profits exorbitants, faits sur le dos des clients.Il est là, le mât qui blesse [bât]. » « Je me fiais au système! Quelle fumesterie! » « Je pense m\u2019encrer de plus en plus du côté complotiste avec tout cet acharnement [ancrer]. » « Même Legault commence à patiner.L\u2019heure est à la réédition des comptes. » « Bonjour, je travaille cette nuit et demain à Victoriaville.Qui pourrait me recevoir à dormir?Je vous remercie d\u2019avance de votre hospitalisation. » Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca Sinon quoi ?STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca CORALIE BEAUMONT coralie.beaumont@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Un grand serpent lumineux juché dans les arbres attire les regards au parc Algé- ric-Bussière, situé à l\u2019intersection des rues McManamy et Belvédère.Fruit de l\u2019imagination des artistes estriens Pierre «Pino» Noël et Steve Saint-Pierre, l\u2019œuvre prend toute son ampleur le soir venu.Cette pièce intitulée « SKOK à la rescousse de Gaïa », composée de 80 pour cent de matériaux recyclés, est suspendue à près de 5 mètres du sol.« Steve a travaillé le concept d\u2019un grand personnage, un serpent de 12 mètres de long, raconte Pierre Noël.De mon côté, j\u2019ai élaboré une sphère d\u2019un mètre et demi de diamètre.» Une représentation qui n\u2019est pas sans évoquer la forme terrestre.Mais les deux artistes confient que le projet a évolué en cours de route.« On n\u2019a pas vraiment intellectualisé notre action », explique Pierre « Pino » Noël.Steve Saint-Pierre a d\u2019abord évalué tous les matériaux recyclés à sa disposition et construit quelques prototypes en coude.C\u2019est ainsi qu\u2019est née l\u2019idée d\u2019un serpent.« Quand Pierre a pensé à la Terre, ça a donné un serpent autour de la Terre\u2026 Un serpent à la rescousse de Gaïa », résume Steve Saint-Pierre.Le nom « SKOK » signifie « serpent » en langue abénakise et « Gaïa » est identifié à la « Déesse mère ».Une pancarte explicative de l\u2019œuvre informe notamment que le serpent est un symbole protecteur dans plusieurs civilisations.On le retrouve d\u2019ailleurs dans le logos des pharmacies au Québec.Cette œuvre allégorique s\u2019inscrit dans le projet de la Ville de Sherbrooke de créer des sentiers lumineux, notamment avec l\u2019aide du Carrefour Accès Loisir.UNE COMPLÉMENTARITÉ QUI ACCROCHE Les deux artistes disent partager des « atomes crochus » et une complémentarité dans leur travail et leur démarche artistique.« Le serpent est vraiment fait de plastiques de couleurs vives.Ce sont des pièces usinées auxquelles je trouve une nouvelle nature.Pierre, lui, travaille plutôt avec de la matière organique comme le bois.Il y a vraiment un contraste entre nos deux techniques, ce qui crée une complémentarité intéressante », mentionne Steve Saint-Pierre.Son partenaire explique qu\u2019il aime beaucoup le partage des forces qu\u2019offre le travail en équipe.Par exemple, son expérience d\u2019organisateur culturel a aidé à façonner l\u2019histoire de l\u2019œuvre et à organiser sa réalisation.« Steve s\u2019occupe aussi du côté vidéo et c\u2019est tant mieux! Je serais très embêté de me charger de ça », confie-t-il.M. Saint-Pierre prépare en effet une vidéo d\u2019une dizaine de minutes qui sera mise en ligne sur la page Facebook du Carrefour Accès Loisirs , habillée de l\u2019univers sonore de Robert Daignault, afin de montrer le processus final d\u2019accrochage de l\u2019œuvre.« C\u2019était quand même un casse- tête! » confie Pierre « Pino » Noël.Il a en effet fallu une équipe de huit personnes pour procéder à l\u2019installation de l\u2019œuvre dans les arbres.« Ç\u2019a été un travail d\u2019équipe exceptionnel, dans la joie, l\u2019allégresse et le sourire », précise-t-il.Il sera possible de voir cette œuvre au moins jusqu\u2019à la mi-mars.Ensuite, les artistes espèrent trouver un nouvel hôte pour leur imposante créature.« On ne peut pas la ranger dans une garde-robe\u2026 On va trouver une place de choix.Ce ne sont pas les parcs et les arbres qui manquent à Sherbrooke! » fait remarquer Pierre « Pino » Noël.Un serpent lumineux dans le ciel de Sherbrooke L\u2019œuvre «Skok à la rescousse de Gaïa» a été créée par Steve Saint- Pierre et Pierre «Pino» Noël artistes sherbrookois.Sa réalisation a été rendue possible grâce à l\u2019initiative de la Ville de Sherbrooke avec son programme «Bordée de plaisirs » et le Carrefour Accès Loisirs.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU laTribune SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 M31 NORMAND ROY affaires/développement JASMINE RONDEAU Initiative de journalisme local La Tribune SHERBROOKE \u2014 S\u2019il y a une chose qui a toujours donné de grandes ambitions à Normand Roy, c\u2019est bien l\u2019agriculture.Depuis son élevage de lapins à l\u2019âge de 10 ans au sein de la ferme familiale de Saint- Malo, jusqu\u2019à la mise sur pied de la plus grande ferme piscicole du Québec, cette flamme qui le pousse à nourrir toujours plus et à mettre la main à la pâte ne s\u2019est jamais éteinte.« Ce qui me motive comme personne, c\u2019est l\u2019amour du travail, je pense.Je suis un bourreau du travail, et quand on aime le travail, ça nous prend des projets.Après ça, on a besoin d\u2019une vision », dit celui qui déjà jeune, démontrait des qualités de leader et d\u2019entrepreneur, notamment comme président de sa classe au Collège du Mont-Saint-Anne.Aujourd\u2019hui à la tête de la Ferme piscicole des Bobines avec sa femme Doris, son fils et sa belle- fille, M. Roy peut confirmer que cette vision qu\u2019il a choisi de suivre, soit de contribuer à l\u2019autosuffisance alimentaire du Québec avec ses truites arc-en-ciel, a été la bonne.« Mon père préconisait beaucoup les produits et les achats locaux.Jusqu\u2019au moment où il a quitté St- Malo à 83 ans, il a toujours fait son épicerie dans la petite épicerie- dépanneur du village.Je n\u2019ai peut- être pas de mérite, j\u2019en ai hérité », note celui qui croit qu\u2019un certain travail reste à faire pour que les Québécois remplissent leur frigo de produits locaux.Et en 70 ans, Normand Roy a toujours réussi à trouver le temps de faire une différence autour de lui.Que ce soit comme citoyen de la MRC de Coaticook, comme président des Aquaculteurs du Québec ou comme spécialiste envoyé en renfort.au Sénégal ! En effet, en 2018 et 2019, M. Roy s\u2019est envolé pour l\u2019Afrique en compagnie de son ami Lars Hansen, décédé depuis peu, dans le cadre d\u2019un projet de la division Développement international de l\u2019Union des producteurs agricoles.Les deux spécialistes de l\u2019aquaculture ont aidé les communautés de Kas- sack Sud et Kassack Nord à s\u2019auto- suffire davantage, en implantant sur place un élevage de tilapias.« C\u2019était une belle expérience, se souvient M. Roy.Un jour, avant d\u2019être trop vieux, je veux y retourner avec mon épouse, revoir les gens que j\u2019ai connus là-bas et leur porter une assistance technique ou financière. » Le producteur est d\u2019ailleurs toujours en contact avec les responsables de la communauté, qui lui ont eux-mêmes rendu visite en 2019 pour parfaire leurs connaissances.500 TRUITES POUR LA RIVIÈRE COATICOOK Certains se rappelleront aussi de Normand Roy comme la voix qui a su défendre ses semblables en période de crise, l\u2019an dernier.Alors que d\u2019importantes baisses de ventes causées par la pandémie ont créé un entassement des poissons dans les bassins du Québec, Normand Roy a pris son rôle de président de la Table filière de l\u2019aquaculture en eau douce du Québec au sérieux en militant pour que les gouvernements financent sa solution : ensemencer les surplus dans nos lacs et rivières pour en faire de véritables « garde- manger vivants ».Le temps que l\u2019aide gouvernementale arrive, 32 tonnes de poisson avaient déjà péri dans les bassins en raison de la chaleur et de l\u2019entassement, tandis que les ventes reprenaient tranquillement dans les pourvoiries.Ainsi, les producteurs n\u2019ont finalement pas profité de cette aide, mais M. Roy tenait à donner vie au projet.Même si sa ferme n\u2019était sujette à aucune perte ou surplus, celui-ci a décidé de faire don de 500 truites à la région afin d\u2019ensemencer la rivière Coaticook.« C\u2019est un geste qu\u2019on peut faire pour remercier la population, qui nous soutient beaucoup », dit-il.TROUVER SA VOIE M. Roy peut aujourd\u2019hui servir d\u2019exemple, mais son parcours a pourtant été assez sinueux.« J\u2019étais très bon à l\u2019école jusqu\u2019en secondaire 3.Après ça, je me demandais qu\u2019est-ce que j\u2019allais faire dans ma vie.Mes notes ont diminué et j\u2019ai manqué mon année.Mon père connaissait quelqu\u2019un qui connaissait dans la laiterie Leclerc de Lawrenceville.J\u2019y suis allé et j\u2019aimais vraiment mon travail.Tellement que j\u2019ai décidé d\u2019aller à Ste-Hyacinthe pour suivre un cours de technique laitière.Aujourd\u2019hui, je comprends les jeunes qui n\u2019ont pas de motivation et qui ne savent pas toujours où ils s\u2019en vont.Je l\u2019ai vécu. » Après cinq ans, M. Roy a poursuivi comme technicien laitier pour l\u2019UPA de la région de Sherbrooke durant quatre ans.« J\u2019étais toujours en contact avec des producteurs, et c\u2019est là que j\u2019ai connu un producteur laitier qui faisait l\u2019élevage du poisson aussi.Je suis revenu à la maison et j\u2019ai dit à ma femme : \u201cça y est, Doris, je sais ce que je vais faire dans la vie\u201d.» Mais plutôt que de fournir le marché de la pêche récréative, il paverait la voie du marché de consommation.Après les premières truites dans des piscines pour enfant au sous- sol, puis une première ferme à Saint-Edwidge-de-Clifton et finalement une ferme bâtie et transformée à East Hereford, M. Roy peut aujourd\u2019hui se vanter de remplir de nombreux ventres au Québec.Lorsqu\u2019il a débuté, en 1975, la production piscicole québécoise était de l\u2019ordre de 40 tonnes.Aujourd\u2019hui, la ferme des Bobines produit 210 tonnes et a déjà amorcé une expansion qui la mènera à 460 tonnes dans les prochaines années.Dans cette transition, la ferme a d\u2019ailleurs déjà réduit de plus de huit fois ses émissions de phosphore et continue de se tourner vers les avenues les plus vertes qui se présentent à elle, comme l\u2019utilisation de panneaux solaires.Nourrir le Québec: la quête d\u2019une vie REPÈRES A fondé la Ferme piscicole des Bobines (aujourd\u2019hui située à East Hereford) en 1975 A occupé les rôles soit de président ou de vice-président de l\u2019Association des aquacul- teurs du Québec, en plus de président de la Table filière de l\u2019aquaculture en eau douce du Québec entre 2001 et 2020 Originaire de Saint-Malo S\u2019est rendu au Sénégal en 2018 et 2019 pour démarrer des élevages de tilapias Père de 4 enfants Marié à Doris Brodeur depuis 48 ans \u2014 PHOTO LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ PARTENAIRES COMMANDITAIRES ÉCOUTEZ L\u2019ESTRIE S\u2019ENTRETIENT AVEC LA PERSONNALITÉ DU MÉRITE ESTRIEN DÈS 15H30 REGARDEZ LA CAPSULE DU MÉRITE ESTRIEN AU TÉLÉJOURNAL ESTRIE 18H 0057510 SAMEDI 27 FÉVRIER 2021 laTribune M32 0054459 Coop d\u2019Alentour 510, rue Jean-Paul-Perrault Sherbrooke IGA 775, rue Galt Ouest Sherbrooke 3950, rue King Ouest Sherbrooke 265, rue Child Coaticook CAfé Hubert SAInt-JeAn 1627, rue King Ouest Sherbrooke 4797, boul.Bourque Sherbrooke en ligne : cafehubertsaintjean.ca Offrez-vous un café bien de chez nous.provIGo 55, boul.Jacques-Cartier Sherbrooke 2185, rue Galt Ouest Sherbrooke 169, rue Queen Sherbrooke en vente CHez : MArCHé proSpeCt AXep 1124, rue Prospect Sherbrooke Pour chaque achat de café, un montant sera versé à la coopérative LaTribune.Merci de contribuer à maintenir l\u2019information locale! 100% ArAbICA - 454 g Un mélange classique, corsé et équilibré, aux arômes de noixgrillées etdechocolat noir.Fraîchement torréfié, vous le trouverez savoureux en filtre, en espresso ou en café latté."]
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