La tribune, 6 février 2021, Cahier 2
[" ARTS CINÉMA BIÈRES VINS EN CUISINE VOYAGES PLEIN AIR + VOYAGES Bourlingueur LA FACE CACHÉE DU VOLCAN + PLEIN AIR Sortie prendre l\u2019air MÉGANTIC, MON AMOUR LIVRES Elise Gravel ÉCRIRE COMME ON PARLE AUX ENFANTS + EN CUISINE Février sans alcool DES IDÉES POUR S\u2019INSPIRER SEMAINE DU 6 AU 12 FÉVRIER 2021 \u2014 PHOTO ANDRÉANNE GAUTHIER SOUL CONSOLABLE DOMINIQUE FILS-AIMÉ SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M2 PlacART Exceptionnel ?Excellent ?Bon ?Passable ?À éviter?CHANSON DE CIRCONSTANCE LE LIVRE DE LA SEMAINE BOLOKO Fatoumata Diawara Fatou (2011) ?ROMAN GRAPHIQUE L\u2019âge d\u2019or, tome 2 CYRIL PEDROSA, ROXANNE MOREIL Palmarès des ventes \u203a FRANCOPHONE 1 Inscape, Alexandra Stréliski 2 Acrophobie, Roxane Bruneau 3 L\u2019album du peuple tome XI, François Pérusse 4 Digital & Analogue, Total Gipsy 5 Pianoscope, Alexandra Stréliski 6 Deconstruction, Sef Lemelin 7 Sweet Montérégie, Alex Burger 8 J\u2019ai bu, Québec Redneck Bluegrass Project 9 Albert s\u2019est envolé mais il ne reviendra pas, Koko et ses Machines 10 Les cinq saisons, Harmonium \u203a NON FRANCOPHONE 1 Cowboy Bebop (b.o.f.), Seatbelts 2 Take Me to Your Leader, Cubby V 3 Only Tomorrow, Aniara\u2019s Dream 4 Windows in the Sky, Alex Henry Foster 5 Between Illness and Migration, Your Favorite Enemies 6 The Boxer Rebellion, 10After10 7 So Bloody Beautiful, Guerilla-Ha! 8 The Early Days (édition deluxe), Your Favorite Enemies 9 Kvitravn, Wardruna 10 Tales of Solace, Stephan Moccio Alex Burger \u2014 PHOTO LA PRESSE, ROBERT SKINNER Depuis 2012, le 6 février est la Journée internationale de tolérance zéro à l\u2019égard des mutilations génitales féminines (MGF), mieux connues sous le terme d\u2019« excision ».Proclamée par les Nations Unies, cette date s\u2019inscrit dans une stratégie pour mettre fin, d\u2019ici 2030, à cette pratique.Encore de nos jours, on estime que 4 millions de filles y sont exposées chaque année.Heureusement, près de 3 millions de personnes, surtout en Afrique et au Moyen-Orient, ont participé à des déclarations publiques d\u2019élimination des MGF, dont beaucoup de femmes, car ce sont souvent elles qui pratiquent la douloureuse opération.La chanteuse malienne Fatoumata Diawara est du nombre des militantes.Dans sa chanson Boloko (vous trouverez facilement en ligne la traduction des textes en bambara), c\u2019est justement sa mère qu\u2019une jeune fille supplie de ne pas « les laisser couper la fleur qui a fait d\u2019elle une femme ».STEVE BERGERON Je m\u2019appelle humain, documentaire de Kim O\u2019Bomsawin sur la poétesse innue Joséphine Bacon, sera diffusé gratuitement en ligne le mardi 9 février à 20 h par le Centre culturel de l\u2019Université de Sherbrooke, et sera suivi, en prime, par une rencontre virtuelle avec la cinéaste, soit vers 21 h 30.Dans ce long métrage lancé en novembre dernier, la réalisatrice a remonté le passé de l\u2019écrivaine, d\u2019abord dans les rues de Montréal où elle s\u2019est établie à la fin des années 1960, mais aussi dans le Nushimit, où elle a vu le jour.C\u2019est sur cette terre ancestrale de la Côte-Nord, près de Baie-Comeau, que Joséphine Bacon continue à puiser sa force vitale et la source de son inspiration.Notez que même si l\u2019activité est gratuite, il faut obligatoirement s\u2019inscrire, au plus tard le 8 février.Le lien se trouve sur le site internet du CCUS.CORALIE BEAUMONT Rencontre virtuelle avec Kim O\u2019Bomsawin La cinéaste Kim O\u2019Bomsawin \u2014 PHOTO ARCHIVE LA PRESSE, ALAIN ROBERGE Un peu plus de deux ans après le premier tome de cette fresque grandiose richement illustrée, voici la suite et la fin des péripéties de la princesse Tilda.Celle-ci tente de reprendre le pouvoir usurpé par son frère à la suite de la mort de leur père.On se croirait presque dans Le trône de fer, aspect fantastique en moins et noble mission en plus : les divers protagonistes cherchent le mythique livre de l\u2019âge d\u2019or qui relate un temps où hommes et femmes vivaient dans une société démocratique et juste.C\u2019est ce qui exerce un pouvoir de fascination redoutable chez le lecteur.Certes, la richesse visuelle, qui emprunte aux enluminures du Moyen Âge et aux techniques cinématographiques, s\u2019avère un pur ravissement.Mais, surtout, la quête se transpose facilement de nos jours, dans cette volonté que la richesse du un pour cent de nantis soit redistribuée équitablement et que le pouvoir soit pour et par le peuple.Il s\u2019agit d\u2019une œuvre tout simplement exceptionnelle.ÉRIC MOREAULT, LE SOLEIL SHERBROOKE \u2014 Lorsqu\u2019il a élaboré son plus récent monologue inspiré de la Deuxième Guerre mondiale et qu\u2019il a découvert l\u2019histoire du pilote Jean-Marie Desmarais, un jeune soldat sherbrookois mort en Angleterre dans l\u2019écrasement de son bombardier le 18 décembre 1944, Nicolas F.Paquin a obtenu également plusieurs détails sur l\u2019accident.L\u2019avion est tombé à peine 90 secondes après son décollage, alors qu\u2019il était encore en ligne droite avec la piste.« La thèse du tir ennemi a été complètement écartée, mais on n\u2019a jamais réussi à déterminer la véritable cause de l\u2019accident, qui est survenu en pleine nuit.Comme l\u2019avion était chargé de toutes ses bombes et de tout son carburant, l\u2019explosion a été incroyable.Les fenêtres des villages environnants ont éclaté et des toits se sont même soulevés.Ce fut une mort instantanée pour les huit membres d\u2019équipage à bord.On n\u2019a retrouvé qu\u2019un doigt et ce sont des cercueils remplis de sable qui ont été enterrés.» « Juste derrière l\u2019avion de Jean-Marie Des- marais, il y avait celui du Québécois Jean Cauchy, qui est toujours vivant (c\u2019est probablement un des derniers, sinon le dernier pilote de l\u2019escadron encore de ce monde).Je pense d\u2019ailleurs que c\u2019était son premier vol.Il a vu l\u2019avion de Jean-Marie Desmarais décoller, tomber et exploser.Psychologiquement, ça devait être assez difficile.» Nicolas F.Paquin poursuit jusqu\u2019au 8 février sa résidence de création artistique virtuelle devant public, tous les soirs à 20 h sur sa page Facebook.STEVE BERGERON Coupée au montage de l\u2019entrevue du 23 janvier 2021.Le conteur Nicolas F.Paquin.\u2014 PHOTO FACEBOOK RETAILLE D\u2019ENTREVUE laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M3 THÉÂTRE GENEVIÈVE BOUCHARD Le Soleil QUÉBEC \u2014 De la contrainte naît la créativité, dit-on.Comme bien des artistes, Robert Lepage a plus que jamais appliqué cette maxime pendant la pandémie.Si le travail s\u2019est fait davantage dans l\u2019ombre pendant les derniers mois, l\u2019homme de théâtre reprend virtuellement l\u2019avant-scène avec deux spectacles captés sur la scène du Diamant.« On n\u2019a pas été très actifs en ligne toute l\u2019année, reconnaît Robert Lepage.Il y a beaucoup de théâtres qui ont eu une grande présence en ligne.Nous, on était préoccupé par plein de projets qu\u2019il fallait développer et qui auraient dû se développer un ou deux ans plus tard.On les a ramenés en avant afin de garder la compagnie en vie et de continuer à créer.Là, on dirait que ça vient tout d\u2019un coup! » L\u2019auteur, metteur en scène et comédien évoque un nouveau spectacle solo et un projet « énorme » de création qui l\u2019ont tenu fort occupé pendant le confinement.« Je n\u2019ai pas chômé! » lance celui qui avait déjà ces pièces dans la mire.Comme tout le monde, sa compagnie, Ex Machina, s\u2019est retrouvée « sur pause » en mars.« Les tournées, les spectacles qu\u2019on faisait en Russie, les coproductions avec [le festival de] Stratford\u2026 Tout ça a été reporté aux calendes et on s\u2019est retrouvé devant un an vide », résume Robert Lepage.De là l\u2019idée de devancer ses projets, même si le flou entourant leur entrée en scène demeure.« Au théâtre, la date de diffusion est tellement déterminante dans ta façon de travailler, note-t-il.Une première, c\u2019est significatif.C\u2019est là que ça doit se passer.Ce n\u2019est pas comme au cinéma où les dates de sortie, c\u2019est toujours relatif.De ne pas avoir de date ou d\u2019avoir une date relative, au théâtre, c\u2019est très bizarre.Je n\u2019ai jamais vécu une chose comme ça.» L\u2019arrêt imposé par la pandémie n\u2019a toutefois pas eu que des aspects négatifs, nuance l\u2019homme de théâtre.Privé de voyages à l\u2019international, il dit avoir apprécié l\u2019occasion de reconnecter avec le milieu télévisuel d\u2019ici.« J\u2019ai fait de petits caméos dans des téléséries qu\u2019on va voir plus tard.C\u2019est toute une affaire de laquelle j\u2019étais débranché », avance Robert Lepage.Celui-ci ajoute avoir aussi savouré ce temps libre imposé pour documenter davantage ses prochaines créations.« Je n\u2019ai jamais fait autant de recherche, cite-t-il.Je n\u2019ai jamais vu autant de documentaires ni lu autant de livres.Je ne sais pas si ça va être de bons shows ou pas, mais les recherches ont été exhaustives! » À L\u2019ÉCRAN En attendant de pouvoir vraiment renouer avec le public en salle, Robert Lepage propose deux soirs de retrouvailles virtuelles.Il remontera d\u2019abord sur la scène du Diamant avec Yves Jacques le temps d\u2019une représentation en direct de La face cachée de la Lune, un solo devenu pour l\u2019occasion duo diffusé en direct le 6 février sur les ondes de Télé-Québec.Une aventure à la fois « casse-gueule » et grisante pour l\u2019artiste.« Je me souviens de la belle époque du Théâtre Alcan, raconte- t-il.C\u2019était diffusé aux Beaux dimanches à Radio-Canada.C\u2019était filmé en direct, c\u2019était du théâtre à la télé, avec les trois coups et tout.Je n\u2019avais jamais retrouvé ça avant que la Ligue nationale d\u2019improvisation (LNI) ne commence à présenter ses matchs live.L\u2019énergie de la télévision en direct, j\u2019ai adoré ça.» La proposition a bien sûr été un peu adaptée pour le format télévisuel.« Mais c\u2019est le même trac, précise Robert Lepage.Les gens de Télé-Québec sont très excités de pouvoir faire ça, parce que c\u2019est avec eux qu\u2019on faisait la LNI.Ils savent les risques que ça comporte, mais ils connaissent aussi la beauté de ces risques.» Conçu comme un spectacle solo, La face cachée de la Lune oppose deux frères qui se retrouvent après le décès de leur mère.Une dynamique qui a permis à Lepage et Jacques de se croiser pour la première fois sur scène.« Il va faire un frère, je vais faire l\u2019autre, en plus de quelques petits rôles tertiaires.Mais c\u2019est quand même Yves qui a le fardeau du rôle principal », décrit Robert Lepage.PASSATION DES POUVOIRS « Yves s\u2019est approprié le spectacle, reprend-il.Lui, c\u2019est un grand imitateur.Quand on a fait la passation des pouvoirs, il avait cette tendance à m\u2019imiter.Je lui disais que c\u2019était bien qu\u2019il essaie de marcher dans mes pas, mais qu\u2019à un moment donné, il devait s\u2019approprier la pièce.Il l\u2019a tellement jouée.Il a dû la faire 400 fois.C\u2019est devenu son show et il le fait très bien.C\u2019est pour ça que c\u2019est un peu étrange pour lui de me voir revenir dans le décor.» Un e s e m a i n e p l u s t a rd , l e 13 février, Robert Lepage célébrera la Saint-Valentin lors d\u2019une soirée- bénéfice virtuelle au profit du Diamant, l\u2019établissement de la place D\u2019Youville dont il est l\u2019instigateur.Pierre Lapointe, Guylaine Tremblay, Marc Labrèche, Marie-Josée Lord, Yves Jacques, Pierre Brassard, Sophie Faucher, Émily Bégin et Guillaume Lemay-Thivierge se joindront à lui pour célébrer la fête de l\u2019amour, mais aussi pour donner un coup de pouce au théâtre qui s\u2019est fait couper les ailes quelques mois après son inauguration.On nous promet « des envolées lyriques, poétiques, musicales, humoristiques, théâtrales et, pourquoi pas, sportives » pendant ce spectacle présenté en ligne au coût de 100 $ et déployé sous le thème Les coups de cœur de Robert Lepage.« C\u2019est aussi une façon de faire visiter le Diamant, renchérit celui-ci.Beaucoup de gens n\u2019ont pas encore eu l\u2019occasion de venir et ne connaissent pas tout le côté polyvalent et accueillant du lieu.Chaque recoin du Diamant est potentiellement un lieu de performance.» La pièce La face cachée de la Lune est diffusée en direct à Télé-Québec le 6 février à 20 h.Rediffusion le lendemain à 20 h 30.Les coups de cœur de Robert Lepage est diffusé virtuellement le 13 février à 20 h.Détails et billetterie au lediamant.ca.Après avoir joué séparément le rôle des deux frères dans la pièce La face cachée de la Lune, Yves Jacques et Robert Lepage se retrouveront ensemble sur scène pour jouer chacun des deux personnages de cette histoire, dans une diffusion en direct du spectacle, ce samedi 6 février à Télé-Québec.\u2014 PHOTO TÉLÉ-QUÉBEC Yves Jacques dans une scène de La face cachée de la Lune.\u2014 PHOTO TÉLÉ-QUÉBEC ROBERT LEPAGE «?JE N\u2019AI PAS CHÔMÉ?!?» «?Je n\u2019ai jamais fait autant de recherche.Je n\u2019ai jamais vu autant de documentaires ni lu autant de livres.Je ne sais pas si ça va être de bons shows ou pas, mais les recherches ont été exhaustives!?» \u2014 Robert Lepage SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M4 SHERBROOKE \u2014 Pour de plus en plus de mélomanes, Dominique Fils-Aimé n\u2019est plus seulement cette ancienne concurrente de La voix qui s\u2019est brillamment fait remarquer dans l\u2019équipe de Pierre Lapointe en 2015, se rendant jusqu\u2019à la demi-finale.Quand on regarde tout le cheminement de l\u2019artiste, on s\u2019aperçoit que le télé-crochet n\u2019aura été qu\u2019une courte parenthèse au milieu d\u2019une carrière d\u2019autrice-compositrice déjà entamée à l\u2019époque, et qui n\u2019a cessé de s\u2019épanouir depuis.« En fait, la première chose que j\u2019ai appris à faire, c\u2019est écrire et composer.Je n\u2019ai jamais vraiment été interprète.Avant La voix, je composais pour des courts métrages.Avec une amie, nous avions fondé une petite boîte de production, elle faisait de la vidéo et moi, je créais de la musique sur mesure.J\u2019avais donc commencé à développer cette corde à mon arc, que j\u2019ai décidé d\u2019exploiter davantage après La voix.C\u2019était même certain que je suivrais cette voie, et pas celle d\u2019interprète.Probablement parce que je ne sais pas faire autre chose », confie-t-elle.« Quand j\u2019interprète, c\u2019est toujours à ma manière, en changeant la mélodie de la voix ou des instruments, donc ça devient en quelque sorte de la composition, ajoute Dominique Fils-Aimé.J\u2019ai toujours eu besoin de chanter ce que je ressentais, avec mon émotion, même si c\u2019était le texte de quelqu\u2019un d\u2019autre. » La suite des événements ne lui a donné que raison.Révélation jazz de Radio-Canada en 2019- 2020, la Montréalaise aux racines haïtiennes a vu son disque Stay Tuned!, paru en 2019, remporter le Félix de l\u2019album jazz la même année, puis le Juno de l\u2019album de jazz vocal en 2020.Ce qui explique en partie pourquoi Three Little Words, le troisième volet de sa trilogie entamée en 2018 avec Nameless, n\u2019arrive que maintenant.« La réception de Stay Tuned! a été beaucoup plus ample que DOMINIQUE FILS-AIMÉ SUIVRE LA BONNE VOIE STEVE BERGERON steve.bergeron@latribune.qc.ca P H O T O A R C H I V E S L A P R E S S E , B E R N A R D B R A U L T P H O T O A N D R É A N N E G A U T H I E R laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M5 prévu, et comme nous avions plus de spectacles et plus de collaborateurs dans l\u2019équipe, mon gérant a décidé de repousser d\u2019un an la sortie du troisième disque.Et je me trouve très chanceuse, sinon Three Little Words aurait paru au début de la pandémie [au lieu du 12 février prochain].Je sais que, pour beaucoup de collègues artistes, ça a été très difficile de lancer un album à ce moment-là. » UN, DEUX, TROIS.En tant qu\u2019autrice-compositrice, Dominique Fils-Aimé a donné autant d\u2019ampleur à sa démarche artistique que de minutie à sa trilogie de disques.Chacun des opus porte ainsi une des couleurs primaires reflétant le répertoire qui l\u2019a inspiré.Le bleu de Nameless évoque les chants d\u2019esclaves à l\u2019origine du blues, l\u2019espoir dans l\u2019oppression.Le rouge de Stay Tuned! correspond à la révolution du jazz et à la brûlante lutte pour les droits civiques des Afro-Américains.Et maintenant le jaune de Three Little Words, brillant et lumineux, apaise et guérit, tels la liberté et le désir d\u2019harmonie qu\u2019inspirent la soul et le funk.Les mirettes encore plus averties remarqueront que, sur Nameless, hormis la première chanson Strange Fruit et la reprise de Feeling Good en clôture, tous les titres n\u2019ont qu\u2019un seul mot.Sur Stay Tuned!, deux ou quatre.Et sur Three Little Words, trois.« J\u2019ai des petits TOC avec la symétrie et les chiffres », reconnaît la chanteuse en pouffant de rire.Mais c\u2019est surtout la profondeur de la démarche qui impressionne chez Dominique Fils-Aimé, ce désir de retrouver les racines de ces musiques qui la font vibrer depuis qu\u2019elle est toute petite, et maintenant de porter le sort du peuple noir américain dans ses chansons, même s\u2019il y a des chapitres parfois lourds.« C\u2019est une histoire que j\u2019avais envie de raconter et c\u2019est ce dont j\u2019avais besoin comme autrice-com- positrice.Et le fait de l\u2019exprimer a pour moi un effet thérapeutique.J\u2019ai toujours été plus à l\u2019aise dans les situations ou avec les gens qui donnent le droit d\u2019exprimer des émotions, car c\u2019est, pour moi, la chose la plus humaine qui soit.Inutile de se cacher derrière un décorum.J\u2019ai ce besoin d\u2019authenticité, que ma musique me permet de vivre constamment.C\u2019est sûr qu\u2019il y a des chansons qui marquent plus, comme Strange Fruit, mais lorsqu\u2019on se retrouve dans la soul et la lumière, ça fait un bien fou! » MESSAGE D\u2019AMOUR C\u2019est justement sur ces plus récents territoires, ceux des années 1950 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, que Dominique Fils-Aimé est allée pour fermer la boucle.« J\u2019ai plongé dans tout ce qui est Motown, le doo-wop, le R&B, jusqu\u2019à la période récente », résume la chanteuse, qui cite dans ses influences la figure prépondérante d\u2019Aretha Franklin, mais aussi celle de Lauryn Hill et d\u2019autres artistes actuelles comme Sampa the Great et Seinabo Sey.Et avec le titre Three Little Words, elle fait un clin d\u2019œil à Three Little Birds de Bob Marley.« Je me rappelle, lorsque j\u2019ai découvert le Motown, que j\u2019étais tombée en bas de ma chaise.Tout comme Billie Holiday, Nina Simone ou B.B.King, Aretha Franklin est devenue très présente dans mon imaginaire musical.J\u2019ai tripé à fond.Et même si je ne parlais pas anglais à l\u2019époque, les émotions étaient claires et ressenties.Les artistes qui m\u2019ont le plus marquée sont justement ceux-là, qui arrivent à transcender le langage par leur voix, qui me confirment que la musique est une langue universelle. » De la même façon qu\u2019un titre comme Three Little Words fait penser, comme premier instinct, à I Love You ou je t\u2019aime, sans qu\u2019elle ait besoin de le préciser.« Parce que je voulais que cet album soit un message d\u2019amour. » \u2014 PHOTO LA PRESSE, MARTIN CHAMBERLAND Discographie 2015 The Red (microalbum) 2018 Nameless 2019 Stay Tuned! 2021 Three Little Words GROW MAMA GROW La pièce d\u2019ouverture de Three Little Words donne le ton majoritairement joyeux de l\u2019album, tel un encouragement à saisir l\u2019impulsion du moment.« C\u2019est un texte qui reconnaît aussi le sentiment de fatigue quand on a l\u2019impression que les choses n\u2019avancent pas assez vite (je précise que j\u2019ai écrit ça avant la pandémie).Mais ce n\u2019est pas parce qu\u2019on ne la voit pas pousser à l\u2019œil nu qu\u2019une plante ne grandit pas.On est toujours en train d\u2019évoluer, même quand on a le sentiment de stagner. » WHILE WE WAIT Typique des années 1950, le doo- wop est un sous-genre du rhythm and blues qui, pour Dominique Fils-Aimé, évoque une certaine forme de naïveté précédant la lutte pour les droits civiques.« C\u2019est une référence au monde d\u2019avant, à une société où on doit toujours sourire, offrir une image joyeuse, éviter les sujets tabous, parce que le changement implique des émotions lourdes.Cette chanson représente ce point de bascule, lorsqu\u2019on n\u2019essaie plus de cacher le côté brut de la réalité, qu\u2019on n\u2019en a plus peur et qu\u2019on reconnaît sa valeur pour aider le changement. » LOVE TAKE OVER Si le mot queendom laisse penser à une chanson féministe (Dominique Fils-Aimé confirme qu\u2019elle voulait présenter les femmes fortes qui l\u2019entourent et qui l\u2019ont beaucoup inspirée), cette pièce est un rappel, pour l\u2019artiste, que « l\u2019amour devrait être le point de départ et la direction de toute révolution ».« Si cela se fait dans l\u2019empathie, plus de gens seront inclus, les conversations seront meilleures, cela ne se fera pas dans l\u2019opposition ni d\u2019une façon défensive comme c\u2019est souvent le cas en ce moment.Le but n\u2019est pas de gagner individuellement mais tous ensemble. » YOU LEFT ME Une autre chanson très gaie sur un texte\u2026 de rupture.Du moins en apparence.« C\u2019est très présent, dans la musique soul et le R&B, de choisir une sonorité à l\u2019opposé des paroles.Mais j\u2019ai plutôt inventé ici une fausse histoire d\u2019amour.Il arrive parfois qu\u2019on s\u2019aperçoive que l\u2019ancien monde est en train de disparaître de lui-même, sans avoir besoin de le quitter, telle cette idée qu\u2019un passé lourd, patriarcal et non inclusif se détruit pour laisser la place à quelque chose de nouveau. » STAND BY ME Particularité : Dominique Fils- Aimé a transposé en mode mineur le premier couplet et le dernier refrain de ce classique.« Personne ne l\u2019avait encore remarqué, alors bravo! C\u2019est une manière de déstabiliser, de mettre une touche personnelle et de montrer qu\u2019on peut vivre dans cette chanson des émotions différentes.Terminer en mineur est aussi une façon de revenir à la première plage de Nameless, Strange Fruit, et de compléter le cycle, car j\u2019ai voulu que mes trois albums s\u2019emboîtent les uns dans les autres.Mais je souhaitais également envoyer un petit message aux gens de rester là, leur rappeler mon envie d\u2019être proche d\u2019eux. » STEVE BERGERON « Les artistes qui m\u2019ont le plus marquée sont justement ceux-là, qui arrivent à transcender le langage par leur voix, qui me confirment que la musique est une langue universelle. » \u2014 Dominique Fils-Aimé Vous voulez voir?Spectacle de lancement de Three Little Words Samedi 13 février, 15 h Page Bandcamp de Dominique Fils-Aimé Billets : 12,75 $ Note : il faut se créer un compte Bandcamp (gratuit) pour se procurer un accès.QUELQUES CHANSONS DOMINIQUE FILS-AIMÉ Three Little Words SOUL R&B ANGLO Ensoul Records Sortie le 12 février 2021 SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M6 LIVRES SHERBROOKE \u2014 Elise Gravel est une superstar de l\u2019édition jeunesse.Ses livres ludiques ravissent les enfants, ses affichettes engagées font le tour du web et de la planète, ses dessins de tous genres séduisent les tout petits comme les très grands et sa page Facebook compte plus de 117 000 abonnés.Superstar, c\u2019est le mot.Il fait sourire l\u2019illustratrice, dont chaque nouvel album est accueilli avec joie et multiples hourras.Son plus récent, Ollie (voir encadré) ne fait pas exception.« Là, ça roule tempête, mais avant ça, j\u2019ai été un long moment à manger du Kraft Dinner! J\u2019ai beaucoup de souvenirs de cette époque où, dans les salons du livre, j\u2019essayais d\u2019accrocher les gens. » Aujourd\u2019hui, les lecteurs font plutôt la file devant son kiosque.« Mais c\u2019est un milieu difficile.La plupart des gens ont de la misère à avoir un revenu décent, même ceux qui ont du succès.Pour moi, ça a été long avant que ça décolle.Je ne me suis jamais découragée parce que j\u2019avais du fun et j\u2019avais confiance que ce fun-là me mènerait quelque part. » Une fois que les choses se sont mises en place, tout s\u2019est enchaîné à la vitesse de la comète.« Tu sais, le graphique du bâton de hockey?C\u2019est à peu près ça.Dans les classes où on m\u2019invitait à donner des ateliers, je faisais rire les enfants.Je pense que le bouche-à-oreille a fait son œuvre. » Des profs ont parlé à d\u2019autres profs.Et puis le livre La patate à vélo est arrivé sur les rayons : succès canon.Cette popularité toujours grandissante a beaucoup à voir avec le ton unique de l\u2019auteure, qui entremêle avec brio fantaisie, sensibilité et humour joyeusement irrévérencieux.« Le ton.Je ne sais pas où je le trouve.Je pense que je suis immature, que je suis une enfant dans ma tête », dit celle qui compte des dizaines de livres à sa bibliographie.En français comme en anglais.« Je fais des livres qui ne sont pas éducatifs.La plupart de mes histoires, je les écris pour le fun, pour que les enfants aient du plaisir en lisant, parce que les livres, c\u2019est de la compagnie, c\u2019est un cocon.C\u2019est comme quelqu\u2019un qui te raconte quelque chose dans le creux de l\u2019oreille.En fait, je pense que c\u2019est ça, mon ton : j\u2019écris comme si je parlais aux enfants.Et ça fait en sorte qu\u2019il y a une communication réelle qui s\u2019installe. » IMAGES ENGAGÉES Cette approche décomplexée et toute personnelle plaît aussi aux adultes.Ils sont d\u2019ailleurs nombreux à suivre la Montréalaise sur ses réseaux sociaux et à relayer les affichettes engagées qu\u2019elle y dépose, de temps à autre.Les réfugiés, le courage, l\u2019autisme, les vêtements de bébé genrés sont quelques-uns des thèmes qu\u2019elle a décortiqués.Avec ouverture et grand souci de l\u2019autre, toujours.S e s m e s s a g e s e n images ont, chaque fois, fait beaucoup de millage.« La première, c\u2019était à propos de tout ce que les filles peuvent faire.J\u2019avais entendu une entrevue à la radio sur la difficulté qu\u2019ont souvent les filles à exprimer leur colère, pour différentes raisons.Ça m\u2019avait vraiment fait de la peine.Parce que j\u2019ai deux filles.Et parce que, moi aussi, je le ressentais, ce frein, ce message qu\u2019on nous envoie que ce n\u2019est pas correct d\u2019être fâchée. » Elle a pondu quelques cases bien pensées, bien dessinées, dans lesquelles elle rappelait que les filles pouvaient être grognonnes, fortes, fâchées, meneuses, ridicules, drôles, puantes.Entre autres.Le petit condensé de possibles a fait le tour de la toile.Et bien vite, des voix en ont réclamé KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 Ollie, c\u2019est un récit qu\u2019Elise Gravel avait raconté à son éditrice, il y a un certain temps déjà.Pour calmer l\u2019anxiété de ses deux filles lorsqu\u2019elles étaient petites, l\u2019auteure et illustratrice avait imaginé une histoire de petit chien fou qui s\u2019emballait parfois dans la tête de tout le monde, adultes compris.Les petits chiens fous, ça embête, parfois, mais c\u2019est possible à calmer.Suffit de savoir s\u2019y prendre, d\u2019y mettre le temps, une respiration à la fois.L\u2019éditrice avait insisté : cette vision joliment vulgarisée, il fallait la faire vivre sur papier.Une fois écrit et soumis, le manuscrit a d\u2019abord été refusé.Il a dormi sur une tablette jusqu\u2019au jour où une maison d\u2019édition anglaise a voulu le ELISE GRAVEL DES IMAGES, DES MOTS, DES IDÉAUX UN LIVRE POUR DOMPTER L\u2019ANXIÉTÉ une au masculin.« Ça a été plus long avant que j\u2019arrive avec quelque chose. » Pleurer, prendre soin des autres, être coquets, affectueux, créatifs ou avoir peur figurent sur la liste imagée de ce que peuvent les garçons.« Ça a vraiment explosé aussi.Il y avait beaucoup de gens fâchés, laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M7 LIVRES SHERBROOKE \u2014 Elise Gravel a la main en compote : depuis quelques jours, et vraisemblablement pour encore au moins une semaine, elle enchaîne les dessins de monstres personnalisés.« Je n\u2019avais pas prévu que ça allait fonctionner aussi fort! » dit l\u2019illustratrice qui a eu l\u2019idée d\u2019offrir des dessins faits main et dédicacés en échange de dons à la Mission Old Brewery, ressource précieuse et établie pour les personnes sans-abris.« J\u2019étais fâchée contre le gouvernement et attristée par la situation des sans-abris qui devaient composer avec un couvre-feu qui ne tenait pas compte de leur réalité.J\u2019ai pensé offrir des illustrations en échange de dons.C\u2019était une façon pour moi de faire du bénévolat, d\u2019aider une cause qui me tient à cœur. » Son élan spontané a fait boule de neige.Les demandes ont afflué nombreuses.L\u2019argent aussi.Plus de 15 000 $ sont venus garnir les coffres de l\u2019organisme.Pour encore quelques jours, Elise va dessiner des monstres sympas pour les généreux donateurs.« Pour moi, c\u2019est ce qui est le plus facile à faire, les monstres, parce que c\u2019est quelque chose que je dessine depuis tellement longtemps! Depuis les débuts, en fait. » Après avoir publié son Catalogue des gaspilleurs (Prix Lux 2003), la créative artiste se « pratiquait à devenir illustratrice ».Elle a noirci un plein carnet de monstres de tout acabit.Des poilus, dodus, hérissés, minuscules, rigolos, grognons, mignons, gourmands, tout ça.« Après, je me suis dit : tient, je vais leur inventer une personnalité. » C\u2019est comme ça qu\u2019est né J\u2019élève mon monstre, premier d\u2019une série de livres qui font la part belle aux monstrueuses (mais attachantes) créatures qui peuplent l\u2019imaginaire de l\u2019illustratrice.« Je trouve que les monstres, c\u2019est un bel univers.C\u2019est facile à imaginer et ça plaît vraiment aux enfants.En plus d\u2019être ludique, ça véhicule l\u2019empathie parce que ça montre qu\u2019on n\u2019est pas tous semblables.C\u2019est une chouette façon de parler de la différence. » KARINE TREMBLAY d\u2019autres qui saluaient le propos.Mon affiche s\u2019est mise à circuler partout, jusqu\u2019aux Philippines et en Argentine.Je l\u2019ai vue faire le tour du monde.Des femmes l\u2019envoyaient à leur amoureux.C\u2019était fou! Un peu plus, elle se rendait sur Saturne! Tout ça, ça dit que c\u2019est sans doute un message dont on avait besoin, collectivement. » RÊVER MIEUX Cette portée collective a beaucoup de bon.Et du moins heureux.« Il y a pas mal de monde qui me chicane sur l\u2019internet quand je publie des trucs plus politiques ou engagés.Je me dis alors que je vais prendre une pause des réseaux. » L\u2019auteure s\u2019est d\u2019ailleurs donné comme mandat de délaisser un peu le web pour se focaliser davantage sur la création de ses livres, cette année.« Mais bon, en même temps, je suis TDAH et je suis vraiment productive.C\u2019est toujours en ébullition dans ma tête, les idées me viennent naturellement.J\u2019ai beaucoup d\u2019énergie.et je ne respecte pas tout le temps les règlements que je m\u2019impose! » avoue celle qui, toute petite, agrafait ses histoires dessinées sur un paquet de feuilles volantes.Déjà à l\u2019époque, ce souci de l\u2019autre l\u2019habitait.« Chez nous, la justice sociale était importante.À la maison, avec mes parents, on parlait d\u2019inégalités, de féminisme, d\u2019humanisme.Et j\u2019ai toujours été très empathique.Je souffrais quand je voyais quelqu\u2019un souffrir, j\u2019avais de la peine pour le plancher quand je marchais dessus! » Rires dans le combiné.La phrase fait image.« Les projets comme les affiches me permettent de toucher à des sujets qui me tiennent à cœur, d\u2019en parler de la façon dont je l\u2019aurais compris lorsque j\u2019étais enfant.En tant que maman, et en tant que citoyenne, j\u2019ai vraiment le goût que la prochaine génération soit plus inclusive et pleine de compassion.J\u2019ai besoin de m\u2019exprimer à propos de sujets qui me peinent ou m\u2019interpellent.Ça me fait du bien à moi.Et j\u2019espère faire du bien autour, du même coup. » La créative auteure et illustratrice montréalaise Elise Gravel publie Ollie, un nouveau livre qui parle d\u2019anxiété, de méditation et de pleine conscience.\u2014 PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, ROBERT SKINNER publier.« Mon éditrice américaine a alors aussi levé la main. » Idem au Québec.Et c\u2019est comme ça qu\u2019en pleine pandémie, au moment où les grands comme les petits composent avec un stress ambiant depuis près d\u2019un an, le livre ancré à la pleine conscience est tout récemment arrivé en librairie.Ça tombe bien.« Oui, mais tu sais, ça tombe bien tout le temps, parler d\u2019anxiété.Ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on nomme souvent ou qu\u2019on reconnaît aisément, même lorsqu\u2019on est adultes.Moi, j\u2019en cause ouvertement : je suis très anxieuse.Et j\u2019en fais, de la méditation.J\u2019ai beaucoup de compassion pour l\u2019anxiété et la peur, j\u2019aimerais transmettre aux enfants que ce ne sont pas de mauvais sentiments.D\u2019où l\u2019image du petit chien qui n\u2019est pas un ennemi, mais plutôt un ami, qu\u2019on peut apaiser. » KARINE TREMBLAY ELISE GRAVEL Ollie \u2014 Un livre sur la pleine conscience JEUNESSE Scholastic 32 pages 15 000 $ POUR LES SANS-ABRIS SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M8 LIVRES LÉA HARVEY Le Soleil QUÉBEC \u2014 Greta et les géants, Milagro, La biodiversité ou Le brunissement des baleines blanches.Les titres pour enfants qui traitent des enjeux climatiques et écologiques sont abondants depuis quelques années.Mais, en parallèle, plusieurs psychologues disent observer une augmentation de l\u2019écoanxiété chez leurs petits patients.Dans ce contexte, la littérature jeunesse «?à saveur écologique?» est-elle bénéfique ou plutôt anxiogène?Le Soleil a posé la question à des experts du milieu.Ils sont plusieurs (écrivains, orthopédagogues, scientifiques, psychologues, pères ou mères) à avoir pris la plume pour raconter aux enfants l\u2019état de notre planète.Pour ces acteurs des milieux littéraire et environnemental, aucun doute ne persiste : le livre est un outil indispensable à l\u2019éducation citoyenne qui doit être faite quant à l\u2019environnement.Parce qu\u2019« il faut savoir pour avoir le goût de s\u2019impliquer », lance d\u2019entrée de jeu Boucar Diouf.L\u2019humoriste, aussi conteur et biologiste, a écrit dans la dernière année trois tomes de sa série Boucar raconte où il fait parler les animaux de leur réalité : Le brunissement des baleines blanches, Jo Groenland et la route du Nord et Jonathan Tenderbear et la sagesse du corbeau qui paraîtra au printemps.Sensible à la façon dont les jeunes pourraient recevoir ces récits, l\u2019auteur a choisi d\u2019opter pour le conte, une écriture entre la douceur et la didactique : « Quand j\u2019écris, il faut que l\u2019histoire touche les enfants de trois façons.Elle doit dilater la rate, stimuler l\u2019esprit et toucher le cœur.Ça prend un équilibre.Parce que si on ne leur dit rien, ils vont dire : \u201cTout va bien.\u201d Et si on leur dit de façon dramatique, ils vont répondre : \u201cIl n\u2019y a plus rien à faire.\u201d » À l\u2019 instar de Boucar Diouf, Christine Valois, une autrice et orthopédagogue de Québec, estime que l\u2019apprentissage des notions environnementales doit passer par « l\u2019humour, la magie et la féerie » pour ne pas trop créer de remous chez son jeune public.Dans Milagro, son roman portant sur les enjeux de la biodiver- sité marine, Mme Valois a introduit de multiples informations basées sur des faits scientifiques.Or, les noms des cétacés, la façon dont on vit sur un voilier ou l\u2019impact des humains sur l\u2019écosystème marin n\u2019éclipsent pas l\u2019épopée enle- vante d\u2019Americo, son personnage principal qui suit la migration des baleines à bosse de la Guadeloupe à Tadoussac.« Quand j\u2019ai commencé mon projet qui est devenu un livre, j\u2019ai fait des recherches sur le caractère de 30 cétacés, le lieu où ils nageaient, etc.Puis chaque élève s\u2019est associé à une baleine.On a vraiment eu du plaisir.À la fin, on s\u2019appelait presque par nos noms de baleine! » raconte l\u2019enseignante, qui a développé une trousse pédagogique sur cette thématique afin de créer un sentiment d\u2019attachement entre les enfants et les animaux marins.Selon Raymond Lemieux, directeur littéraire et éditeur aux Éditions MultiMondes, l\u2019anxiété persiste surtout dans l\u2019ignorance et non pas dans la connaissance : « La pire chose serait de ne pas avoir les outils pour réfléchir sur LITTÉRATURE JEUNESSE ÉCOLO UN CATALYSEUR POUR L\u2019ÉCOANXIÉTÉ?P H O T O 1 2 3 R F laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M9 LIVRES un phénomène qui occupe l\u2019ensemble de la société.Les jeunes ne sont pas indifférents aux questions que leurs parents se posent.» L\u2019ancien rédacteur en chef du magazine Québec Science rappelle que ce type de textes ne paraît pas sans vérification.S\u2019il affirme que l\u2019importance de l\u2019intérêt public est au cœur de ses critères de publication, M. Lemieux insiste aussi sur la nécessité d\u2019une écriture rigoureuse et appuyée par des faits scientifiques.Le journaliste précise d\u2019ailleurs que MultiMondes prépare actuellement un ouvrage sur l\u2019écoanxiété.Il y a deux ans, la maison d\u2019édition a également fait paraître Greta et les géants, une histoire dont la protagoniste est Greta Thunberg, cette jeune militante écologiste suédoise connue notamment pour son écoanxiété et ses discours poignants qui en découlent.D\u2019UN POINT DE VUE CLINIQUE Des propos inattendus tels que « de toute façon, on va probablement mourir des changements climatiques », Inês Lopez, spécialisée en psychologie de l\u2019éducation, en entend de plus en plus fréquemment lors de ses consultations.Pour cette experte, l\u2019équilibre dans le message du livre et la quantité d\u2019information donnée à l\u2019enfant demeurent deux points essentiels afin de ne pas trop stimuler la peur liée aux conséquences des enjeux climatiques.« Deuil, abus sexuel\u2026 On met nos enfants en garde contre plein de choses dans la vie.Quand on leur parle d\u2019un sujet traumatique, on n\u2019est pas obligé de tout leur dire.On ne va pas dans les détails graphiques.Mais on ne doit pas mentir non plus », croit-elle, soulignant du coup l\u2019importance du juste milieu et du jugement parental.Selon celle qui est aussi conceptrice pédagogique en éducation relative à l\u2019environnement, il ne faut toutefois pas épargner le stress à outrance : « Oui, le livre sur l\u2019environnement peut causer de l\u2019anxiété.Comme le fait d\u2019en entendre parler aux nouvelles ou de faire un projet sur ce sujet à l\u2019école.Je pense qu\u2019en tant que société, on veut épargner le stress à tout prix alors que, selon moi, ce n\u2019est pas vraiment ça, l\u2019objectif.Il faut faire de la prévention sur certaines choses tout en étant capable de gérer notre stress.» À ce propos, Boucar Diouf est d\u2019avis qu\u2019on « maladise » peut-être trop les enfants qui posent des questions et qui osent se révolter contre le peu d\u2019actions politiques concrètes.« L\u2019anxiété n\u2019est pas total e m e n t n é g a t i v e p o u r l\u2019humain.La personne un peu anxieuse a toujours un coup en avant », tient à rappeler le biologiste, qui estime que ce sont peut-être « nos dirigeants qui sont un peu en manque d\u2019écoanxiété ».\u2026 ET PÉDAGOGIQUE Selon plusieurs sources, outre les contes et les histoires, le monde de l\u2019enseignement a un grand rôle à jouer dans l\u2019apprentissage des enjeux environnementaux.Ces notions, données dans un cadre scolaire, demeurent la clé d\u2019une conscientisation générale.« On doit en parler! Il vaut mieux être un peu stressé maintenant que beaucoup plus tard », insiste Mme Lopez, tout en mentionnant que plusieurs groupes dont le Centre de recherche en éducation et formation relative à l\u2019environnement et à l\u2019écocitoyenneté sollicite d\u2019ailleurs le ministère de l\u2019Éducation afin d\u2019intégrer ce type de sujets au cursus scolaire.« Ça ne va pas assez loin.L\u2019éducation qu\u2019on fait [à propos de l\u2019environnement], elle n\u2019est pas grande.Je pense qu\u2019il est important d\u2019aller plus loin que ce qu\u2019on sait déjà », déplore d\u2019ailleurs Mme Valois.Pour l\u2019enseignante, l\u2019école doit maintenant parler « d\u2019autre chose que du plastique ».Braconnage, réchauffement de l\u2019océan, l\u2019importance de la chaîne alimentaire : il est nécessaire de prendre en compte l\u2019environnement et ses défis dans leur globalité, poursuit-elle.En attendant, le livre demeurera quant à lui une porte d\u2019entrée ludique et capitale pour aborder les changements climatiques.Une option utile pour les parents qui devront répondre aux nombreux pourquoi de leur descendance, mais aussi un bon outil permettant aux jeunes « de ne pas trop être désemparés devant les enjeux de société qui nous occuperont dans le futur », conclut Raymond Lemieux, en soulignant le rôle essentiel que jouent également les parents dans l\u2019éducation scientifique de leurs enfants.L\u2019auteure Christine Valois a publié Milagro, un roman qui porte sur les enjeux de la biodiversité marine.\u2014 PHOTO LE SOLEIL ERICK LABBÉ Pour sa série de livre jeunesse, Boucar Diouf a choisi d\u2019opter pour le conte, une écriture entre la douceur et la didactique.\u2014 PHOTO FOURNIE Les Éditions MultiMondes, dont Raymond Lemieux est le directeur littéraire et éditeur, ont publié Greta et les géants, une histoire dont la protagoniste est Greta Thunberg.\u2014 PHOTO FOURNIE Pour Inês Lopez, spécialisée en psychologie de l\u2019éducation, l\u2019équilibre dans le message du livre et la quantité d\u2019information donnée à l\u2019enfant demeurent deux points essentiels afin de ne pas trop stimuler la peur liée aux conséquences des enjeux climatiques.\u2014 PHOTO FOURNIE L\u2019ÉCOANXIÉTÉ EN BREF L\u2019écoanxiété n\u2019est pas une maladie mentale formellement reconnue par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), un outil de référence publié par l\u2019Association américaine de psychiatrie (AAP).Bien que peu de données officielles aient donc été récoltées sur le sujet, bon nombre d\u2019experts soulignent voir une augmentation de ce phénomène chez leurs patients, qu\u2019ils soient jeunes ou vieux.LÉA HARVEY, LE SOLEIL «?Quand j\u2019écris, il faut que l\u2019histoire touche les enfants de trois façons.Elle doit dilater la rate, stimuler l\u2019esprit et toucher le cœur.Ça prend un équilibre.Parce que si on ne leur dit rien, ils vont dire : \u201cTout va bien.\u201d Et si on leur dit de façon dramatique, ils vont répondre : \u201cIl n\u2019y a plus rien à faire.\u201d?» \u2014 Boucar Diouf SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M10 MUSIQUE DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Une f i l le de Jonquière, un gars d\u2019Hébertville.Ils se connaissaient avant leur participation à Star Académie, en 2005, mais le fait d\u2019avoir vécu cette expérience jusqu\u2019à l\u2019étape ultime, la finale où ils étaient opposés sans l\u2019être, unira à jamais Audrey Gagnon et Marc-André Fortin dans la mémoire collective.Au moment où d\u2019autres artistes réactivent la franchise, voici comment les deux perçoivent ce qui, à leurs yeux, a constitué l\u2019aventure d\u2019une vie.Dans le cas d\u2019Audrey Gagnon, le parcours avait commencé par un faux départ, un an plus tôt.Elle s\u2019était inscrite dans l\u2019espoir de passer trois mois à Sainte-Adèle, dans la résidence mise à la disposition des académiciens.Lors du premier gala, cependant, la jeune femme a été mise en danger.Désormais, tout reposait sur la réaction du public, pour qui elle a repris, en vain, le succès de Whitney Houston, I Will Always Love You.« Le clash a été plus fort parce que je venais de loin.Au retour, j\u2019ai eu beaucoup de temps pour penser à ce qui était arrivé », raconte-t-elle.Un an plus tard, la blessure demeurait sensible, mais pas au point de renoncer.« J\u2019avais peur d\u2019avoir mal une deuxième fois, reconnaît Audrey.D\u2019un autre côté, j\u2019avais grandi.J\u2019étais plus prête parce que je me sentais mieux dans ma peau.» Autre source de réconfort : parmi les candidats retenus, il y avait Marc-André Fortin, un collègue qui, comme elle, travaillait fort pour que sa carrière prenne son envol.À force de participer à des concours et des spectacles, ils avaient développé des atomes crochus qui furent d\u2019un grand secours en 2005.« J\u2019ai été chanceuse parce que j\u2019avais des collègues comme Marc-André, sympathiques et gentils », note la chanteuse, à qui son camarade retourne le compliment.« C\u2019était une chance que de vivre ces neuf semaines avec Audrey.Un beau privilège.On a traversé ce concours main dans la main », énonce-t-il.DÉLIRE À LA BAIE Le Jeannois a remporté la finale, mais dans son esprit, les deux sont sortis gagnants.Dans les mois qui ont suivi, son amie et lui ont participé à l\u2019émission de télévision Demandes spéciales.Comme les enregistrements coïncidaient avec la tournée Star Académie, particulièrement intense lors de cette édition, ce contrat a accentué la force du tourbillon dans lequel les interprètes ont été avalés.« On préparait l\u2019émission le jour et, en soirée, on passait au spectacle.C\u2019est une période où on consultait notre agenda, une heure à la fois », se souvient Audrey.Ajoutez les entrevues, les activités promotionnelles en tout genre, et ça donne une idée du maelström dans lequel ont été plongés les finalistes.Eux et les autres académiciens vivaient sur un « high » perpétuel quand ils se sont pointés à La Baie afin de rencontrer les amateurs du Saguenay \u2014 Lac-Saint-Jean.Pendant une semaine, la tournée s\u2019était arrêtée au Théâtre du Palais municipal, toujours plein comme un œuf.« Nous avions donné six ou sept spectacles et je me rappelle de la frénésie dans la salle », souligne Marc-André avec un brin de nostalgie dans la voix.« Ça a été la plus belle partie de notre tournée, l\u2019endroit préféré de la gang en raison de l\u2019amour qu\u2019on a reçu, renchérit Audrey.En plus, il y avait nos jams à l\u2019Auberge des 21.» Une fois sorti du tourbillon Star Académie, Marc-André Fortin a éprouvé le sentiment de vide commun à tous les participants.L\u2019Hébertvillois a ensuite repris le fil de sa carrière, faite de projets collectifs et individuels.\u2014 PHOTO ARCHIVES LE PROGRÈS, GIMMY DESBIENS AUDREY GAGNON ET MARC-ANDRÉ FORTIN STAR ACADÉMIE?: L\u2019AVENTURE D\u2019UNE VIE laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M11 MUSIQUE LAS VEGAS Ce fut un moment aussi fort, quoique différent, que le voyage à Las Vegas survenu quelques mois plus tôt.« Un matin, René Angélil nous annonce que nous irons voir Céline au Ceasar\u2019s Palace (nous avons dormi dans sa suite).C\u2019était tellement grand qu\u2019on se perdait.Il y avait deux pianos, un balcon avec vue sur la ville et de la bouffe préparée par le chef de Tom Hanks », s\u2019émerveille la chanteuse.Le contact avec ses hôtes fut aussi mémorable.Ils ont été chaleureux, mais en toute simplicité, ce qui contrastait avec le décor.« René a été un amour, tandis que Céline nous a reçus dans sa loge après son spectacle, révèle Audrey.Elle a été super humaine, tellement que nous avions pu lui poser des questions.Je lui avais demandé si, maintenant qu\u2019elle était consciente de tout ce que ça implique, elle se lancerait quand même dans la chanson.Sa réponse avait été à la fois oui et non.» L\u2019inconvénient, lorsqu\u2019on est bombardé d\u2019images, de sensations et de rencontres improbables comme celle-ci, tient aux limites du cerveau humain.Trop de belles choses qui arrivent trop vite crée une saturation que les finalistes de 2005 ont pu mesurer à la fin de leur parcours.Les deux ont oublié des choses importantes, comme la fois où Luc Plamondon a rencontré les académiciens.« C\u2019est en voyant une photo que ce souvenir est revenu, la fois où j\u2019avais chanté devant lui », affirme Audrey.LA FIN DU RÊVE On a beau se dire qu\u2019il importe de savourer le moment, le temps manque pour y arriver et l\u2019inévitable se produit.Quand ce merveilleux cirque démonte son chapiteau, que chacun se retrouve à la maison, le corps et la tête ont besoin de temps pour se rétablir.« C\u2019est difficile.Après avoir été si longtemps sur l\u2019adrénaline, j\u2019ai passé des jours à dormir.Et puis, les activités que j\u2019appréciais avant, comme de souper avec des amis, me semblaient ternes », dépeint Audrey.« Moi, j\u2019ai vécu le clash deux ans plus tard, soit après ma tournée en solo.J\u2019avais sorti un disque et sur scène, j\u2019étais accompagné par de nombreux musiciens, ainsi que des choristes.C\u2019était une grosse affaire, mais ensuite, je me suis retrouvé sans contrat, sans gérant, dans cet entre-deux auquel personne n\u2019a échappé.Je ne regrette rien, cependant.Une expérience comme celle-là, à un tel niveau, ça n\u2019arrive qu\u2019une fois dans ta vie », estime Marc-André.C\u2019est aussi ce que ressent son amie, en mettant à l\u2019avant-plan les liens tissés par les académiciens.« Nous étions 14 qui pouvaient discuter de cette expérience et, aujourd\u2019hui encore, nous gardons le contact.C\u2019était tellement gros, ce que l\u2019organisation nous faisait vivre.Un énorme tourbillon qu\u2019on ne peut comprendre que si on se trouvait à l\u2019intérieur », résume Audrey.DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 C\u2019est en novembre qu\u2019Audrey Gagnon et Marc-An- dré Fortin ont été contactés par l\u2019équipe de Star Académie.On leur a proposé de chanter sur un album intitulé Nos retrouvailles, tout comme les huit autres finalistes du concours.Ils ont évidemment accepté de reprendre une pièce chacun, sélectionnée de concert avec eux.Pour Audrey Gagnon, il était opportun d\u2019exorciser un mauvais souvenir.Elle a donc renoué avec I Will Always Love You, une pièce popularisée par Whitney Houston.C\u2019est après l\u2019avoir offerte en 2004, à sa première participation, que la jeune femme avait été éliminée.« À l\u2019époque, je n\u2019avais peur de rien, mais cette fois, je l\u2019ai ramenée à sa plus simple expression, ce qui me convient davantage.J\u2019ai maintenant deux enfants, une fille âgée de sept ans et une autre qui est née il y a six mois.Je suis plus posée.Bien que ma voix soit restée la même, je ne ressens pas le besoin de chanter aussi fort qu\u2019avant », explique Audrey Gagnon.Vu les circonstances, l\u2019enregistrement a eu lieu en l\u2019absence de ses camarades.En revanche, cette expérience lui a permis d\u2019apprécier les nouveaux arrangements, ainsi que les interludes servant de traits d\u2019union entre les chansons.« C\u2019est une idée géniale.Grâce à ce concept, on a l\u2019impression de voyager dans le temps », fait-elle remarquer.La réalisation a été confiée à Joseph Marchand et Toby Gendron, alors que les passages instrumentaux sont signés Benoit Groulx.FAIRE À MA MANIÈRE À SA MANIÈRE « C\u2019était une évidence que de rassembler les dix finalistes.Il s\u2019agit d\u2019un cadeau pour les fans », avance Marc-André Fortin.Sa contribution à lui est une composition de Diane Juster, À ma manière.Elle faisait partie des choix qu\u2019il avait soumis à l\u2019équipe, qui lui a fait plaisir en retenant cette ballade popularisée par Ginette Reno.« J\u2019ai trouvé ça intéressant parce qu\u2019on l\u2019a moins entendue que Le clown et Tu m\u2019aimes-tu?, qu\u2019il m\u2019arrive de faire en spectacle.Les nouveaux arrangements lui ont donné un swing différent, avec la guitare à l\u2019avant-plan, ainsi que des percussions.Ce serait facile à recréer sur scène », laisse entrevoir le gagnant de l\u2019édition 2005.Appelé à commenter le retour de Star Académie après une parenthèse de neuf ans, il n\u2019y voit que du bon, surtout au cœur de la pandémie.« C\u2019est super le fun.Ça va amener un souffle de beauté, de positivisme, tout en mettant en valeur une nouvelle génération d\u2019auteurs-compositeurs.Il y aura une belle diversité, à la fois humaine et artistique.» Sur le plan personnel, il se souhaite de les rencontrer sur le plateau, même le temps d\u2019un clin d\u2019œil.« Ce serait cool de participer à un gala, admet le jeune vétéran.Cette émission a tellement marqué le monde.J\u2019ai d\u2019ailleurs hâte de voir comment ils vont mixer ça afin d\u2019atteindre tous les publics, les plus âgés et ceux, plus jeunes, qui consomment la musique différemment.» Un voyage dans le temps grâce à Nos retrouvailles «?Ce serait cool de participer à un gala.Cette émission a tellement marqué le monde.J\u2019ai d\u2019ailleurs hâte de voir comment ils vont mixer ça afin d\u2019atteindre tous les publics, les plus âgés et ceux, plus jeunes, qui consomment la musique différemment.» \u2014 Marc-André Fortin ARTISTES VARIÉS Nos retrouvailles POP FRANCO Musicor Audrey Gagnon au moment où elle a passé les auditions du concours Star Académie.C\u2019est à sa deuxième tentative que la Jonquiéroise a joint les rangs des académiciens.\u2014 PHOTO FOURNIE Un spectacle d\u2019Audrey Gagnon donné à La Baie.\u2014 PHOTO FOURNIE SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M12 ARTS DANIEL CÔTÉ Le Quotidien SAGUENAY \u2014 Ils ont le sens du marketing, les gars du groupe Drogue.À leur manière.Impossible, en effet, de ne pas remarquer ce nom évocateur de paradis artificiels et calamités en tous genres.C\u2019est pourtant une autre forme de plaisir que procure leur premier microalbum, offert depuis le 5 février.Pensez au rock carré des années 1970, quelque part entre Iggy Pop et Ted Nugent, mais avec des textes en français, et vous ne serez pas loin de la vérité.Ce projet fut d\u2019abord celui des guitaristes Jean-Sébastien Chouinard et Stéphane Papillon.Le groupe devait s\u2019appeler Truck lorsque le chanteur Ludwig Wax a été mis dans le coup en 2019.« Un jour, un gars a voulu savoir comment nous nous appelions.On a crié Truck, mais il a compris Drogue et c\u2019est resté de même.Mes enfants pis ma femme étaient pas trop sûrs.Moi, je trouve que c\u2019est pas grave », a raconté celui qui, à sa naissance, se nommait Louis Cyr.Il avait raison d\u2019être d\u2019humeur joyeuse lors de l\u2019entrevue : les cinq compositions tricotées par la formation ont le pouvoir de chasser les idées noires.Les guitares sont incisives, tandis que la voix de Ludwig Wax balance entre l\u2019ironie et l\u2019hommage discret aux grands disparus.Qu a n d o n l u i pa rl e d e s e s inflexions à la Elvis, par exemple, il répond en évoquant la mémoire du regretté Lux Interior, chanteur du groupe The Cramps, ainsi que de Jacques Higelin et d\u2019Alain Bas- hung.On a également une pensée pour le leader de Vent du Mont Schärr, Jean-Luc Bonspiel, qui, lui, est bien vivant.« Nous allons sortir un autre EP au printemps, mais comme il faudra ajouter du matériel pour les spectacles, j\u2019ai justement placé Vent du Mont Schärr en haut de ma liste.Un bon Sophie Stiquée, ça ferait la job », lance Ludwig Wax en riant de bon cœur.Et pourquoi ne pas inviter ces légendes du punk québécois à faire les premières parties de Drogue?Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que cette perspective lui sourit.LA FILIÈRE BLEUE Le son de Drogue, c\u2019est aussi sa rythmique, et là, on reconnaît deux membres de la filière bleue, Fred Fortin à la basse et Pierre Fortin à la batterie.« C\u2019est des amis de Jean-Sébas- tien qui ont travaillé sur les enregistrements, mais que je n\u2019ai pas eu la chance de rencontrer à cause de la COVID, fait observer Ludwig Wax.C\u2019est très beau, ce que Fred a fait, tandis que Pierre est un gros drummer.J\u2019ai tellement hâte qu\u2019on soit tous ensemble.» Parmi les sources d\u2019inspiration du quintette, il mentionne Michel Pagliaro pour le mariage du français et du rock.C\u2019est lui qui a montré la voie dans laquelle se glisse, sans coup férir, le parolier Jean- Philippe Roy.« Nous étions ensemble dans le groupe Le Nombre, qui a sorti trois disques en français.À cet égard, le nouveau projet s\u2019inscrit dans la continuité », énonce le chanteur.Lui-même réputé pour ses prestations énergiques, il brûle d\u2019envie de prendre la route avec ses camarades.On peut même affirmer qu\u2019il s\u2019agit de la raison d\u2019être de Drogue, puisque ses compositions sont conçues en fonction de l\u2019effet qu\u2019elles produiront sur les foules.Si le virus relâche son emprise, ça pourrait commencer dès cette année, en salle et sur le circuit des festivals.C\u2019est aussi à ce moment que le choix de faire du rock prendra tout son sens.Les esprits chagrins ont beau décréter que ce genre musical est bon pour le musée ou pire, il possède encore de beaux restes et Drogue entend le démontrer.« Ça demeure la chose la plus intéressante à voir, parce qu\u2019après 30 minutes, t\u2019es bouleversé, excité.Le rock est éternel », proclame Ludwig Wax.Le groupe Drogue, dont font partie les Jeannois Fred et Pierre Fortin, vient de sortir un microalbum fleurant bon le rock des années 1970.Chanteur au sein de la formation, Ludwig Wax, aussi connu de ses proches sous le nom de Louis Cyr, a hâte de prendre la route avec ses compositions énergiques.\u2014 PHOTO LAURENT GUÉRIN MONTRÉAL \u2014 Radio-Canada souligne de multiples façons le Mois de l\u2019histoire des Noirs.D\u2019abord, les abonnés de Tou.tv peuvent voir la série Esclaves, qui jette un regard sur 400 ans de commerce d\u2019Africains.Ceux pour qui la bourrasque est brutale peuvent y aller une heure à la fois en visionnant chacun des six épisodes les jeudis à 20 h aux Grand Reportages.RDI présente également l\u2019histoire unique et fascinante de Joséphine Baker.Née à St Louis, au Missouri, elle a quitté une Amérique ségrégationniste pour embrasser Paris et y devenir une vedette internationale.En compagnie de son époux musicien et chef d\u2019orchestre, la danseuse étoile de music-hall a ensuite adopté 12 enfants, provenant de presque autant de pays différents.Ses photos de famille sont un véritable portrait des Nations Unies?! Décédée il y a plus de 45 ans, elle suscite encore l\u2019espoir pour un monde plus inclusif et moins raciste.Ne manquez pas ce documentaire qui raconte sa vie sous le prisme de son éveil politique.Le samedi 6 février prochain à 22 h 30 sur RDI.DEUXIÈME CHANCE Marina Orisini et Monic Néron ne ratent jamais leur cible.Cette semaine à Deuxième chance, suivez l\u2019histoire unique de Sophie, qui souhaite refaire le parcours de son frère Yannick, décédé en Colom- bie-Britannique d\u2019une surdose de Fentanyl.Sur Ici Télé, également le 6 février, à 20 h.LES BEE GEES : LEUR HISTOIRE How Can You Mend a Broken Dans la prochaine émission de Deuxième chance, Sophie Leblanc retrace l\u2019histoire de son frère, mort d\u2019une surdose de fentanyl à Vancouver.\u2014 PHOTO ICI TÉLÉ COIN TÉLÉ DROGUE RISQUE DE DÉPENDANCE DROGUE Drogue ROCK FRANCO L-A be laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M13 ARTS YVES BERGERAS Le Droit OTTAWA \u2014 Après avoir transporté ses lecteurs au Mexique et dans les Rocheuses, le romancier Pierre- Luc Bélanger continue d\u2019arpenter le globe par ses écrits.Avec Dany à la dérive, son cinquième roman, lancé le 20 janvier dernier, le voyage est à la fois maritime et « intérieur », alors que Dany, adolescent torontois « tourmenté » et amateur de voile, embarqué comme matelot à bord du bateau Éole, fend l\u2019océan à travers les Caraïbes.en quête de paix intérieure et d\u2019horizons nouveaux.Lecture de confinement idéale, Dany à la dérive est l\u2019occasion de rêver de soleil.et de visiter, au fil des escales, les plages animées de Key West, les vieilles rues de La Havane ou les paysages sauvages de Porto Rico.Les vents caribéens, découvrira alors Dany en bravant tant les flots qui l\u2019entourent que son vague à l\u2019âme, le pousseront parfois dans le sillage d\u2019un autre grand marin à l\u2019ombrageuse réputation : Ernest Hemingway.Pierre-Luc Bélanger a « toujours aimé faire voyager, autant [ses] personnages que les lecteurs ».Les lieux décrits dans son roman, l\u2019Otta- vien les connaît bien, pour les avoir lui-même arpentés dans le passé.« Ce sont des endroits où il y a de la magie partout, dans tout ce qu\u2019on voit, qu\u2019on touche ou qu\u2019on mange, que ce soient les couleurs, les saveurs, l\u2019architecture.» se remé- more-t-il en partageant sa « hâte de reprendre les voyages », dès que la pandémie sera derrière nous.Enseignant de profession, Pierre- Luc Bélanger a, de livre en livre, exploré l\u2019adolescence sous de nombreuses coutures.Pour ce cinquième roman, il s\u2019était donné l\u2019objectif de creuser la tourmente existentielle d\u2019un jeune homme.Un roman où « l\u2019introspection du personnage » régnerait en maître.Dany, métis canado-haïtien, ne se sent plus à sa place nulle part, sauf sur l\u2019eau.C\u2019est un « ni-ni ».Ni Blanc ni Noir ; ni bollé ni idiot ; ni sportif ni nerd ; ni gentil ni bad boy ; ni drogué ni clean ; etc.Trop « ceci » aux yeux des uns ; pas assez « cela » pour les autres.Il s\u2019est conséquemment attribué un surnom : TOPA.acronyme de « Trop ou pas assez ».« Je voulais montrer que, des fois, il faut creuser un peu pour trouver trouver sa place, mais il y a toujours quelque chose qui nous rend heureux.» indique l\u2019auteur.« Dany se sent tourmenté à l\u2019intérieur.Ce qui le rend heureux, lui, c\u2019est la voile.» Et c\u2019est le vent et les vagues qui, poussant son navire, l\u2019aideront à trouver un cap à sa quête initiatique.RITES DE PASSAGE Une fois passées les premières sensations euphoriques qu\u2019il y a à « se laisser pousser par le vent », le matelot va découvrir la « puissance » des éléments.« Car oui, on a un certain contrôle, mais c\u2019est le vent qui va décider du chemin que l\u2019on peut prendre », rappelle Pierre- Luc Bélanger Dans sa « quête identitaire » à la recherche de qui il est, et du genre d\u2019adulte il veut devenir », Dany va devoir accepter de ne pas être toujours en contrôle, apprendre à lâcher du lest, pour commencer à composer avec son environnement : ce qui l\u2019entourent et ceux qui l\u2019entourent.« Il doit apprendre à gérer les situations en tenant compte du vent, du soleil et de l\u2019eau », mais aussi en acceptant à épargner les sensibilités, voire les secrets, de l\u2019équipage et des touristes invités à bord du navire.« Ne plus avoir le contrôle, ça mène à la liberté.Ça mène à la vie.Ou, dans certains cas, à la mort », ajoute-t-il, allusion à l\u2019une des péripéties de son livre.« Il y a des règlements à suivre, à bord de l\u2019Éole.Et devenir adulte, c\u2019est aussi accepter qu\u2019on est responsable de nos gestes, de nos choix et de nos paroles », mentionne l\u2019auteur.Dany apprendra que « l\u2019époque de l\u2019enfant roi [est révolue], qu\u2019il faut agir de façon responsable et respectueuse envers soi et les autres ».TATOUAGES D\u2019escale en écueil , une vie d\u2019adulte se dessine lentement, à mesure que le jeune homme, amateur de tatouages, se fera encrer \u2014 et ancrer \u2014 sur le corps, par des dessins métaphoriques, les leçons et apprentissages qu\u2019il en aura tirés.« Cette histoire montre que la vie est pleine de surprises.Et que naviguer en eaux calmes, ce n\u2019est pas ce qui fait un bon marin.Ce sont les tempêtes et les pannes sèches » qui, une fois la peur apprivoisée, permettront de révéler sa capacité à « surmonter les obstacles ».Pierre-Luc Bélanger est précis dans ses descriptions des manœuvres nautiques.Lui-même « fan de sports nautiques, surtout motorisés, et de kayak », il s\u2019est initié à la voile après maintes lectures du Trésor de Brion de Jean Lemieux, qu\u2019il a adoré.En s\u2019inscrivant au Britannia Yacht Club, son objectif était toutefois moins d\u2019obtenir une certification que de ressentir « les sensations, comprendre tout ce qu\u2019on ne peut pas trouver dans les guides de voile » », comme la force à exercer pour manier la voilure et diriger l\u2019embarcation.PIERRE-LUC BÉLANGER Apprendre à vivre avec les vagues L\u2019auteur Pierre-Luc Bélanger propose un nouveau roman d\u2019aventures à ses lecteurs.\u2014 PHOTO LE DROIT, ETIENNE RANGER Les Bee Gees en 1977 \u2014 PHOTO MICHAEL OCHS, FOURNIE PAR BELL MEDIA COIN TÉLÉ Heart?est le titre original de cette série signée Frank Marshall.Les trois frères Gibb ont popularisé plus de 1000 chansons et tenu la tête des palmarès sur près de cinq décennies \u2014 sans oublier Andy, qui faisait carrière solo et qui est décédé en 1988 à l\u2019âge de 30 ans.Le documentaire présente des entrevues posthumes avec les frères jumeaux (Maurice, décédé subitement en 2003, et Robin, mort des suites d\u2019un cancer en 2012), mais aussi des extraits de concerts et des entrevues avec Eric Clapton, Noel Gallagher et Nick Jonas.Touchant, aussi, de revoir Barry, le seul des frères encore vivant \u2014 il aura 75 ans en septembre prochain.Il produit encore de la musique avec ses enfants.Le son si particulier des Bee Gees a trouvé la gloire à partir du milieu des années 1960, à Brisbane en Australie, et des gens de toutes les générations réagissent encore à la moindre note.Voilà un documentaire à écouter en famille, pour les abonnés de Crave, dès le 11 février.JOSÉE LARIVÉE, LA PRESSE CANADIENNE PIERRE-LUC BÉLANGER Dany à la dérive ROMAN Édition David 214 pages SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M14 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Voici enfin venir Ammonite! Le très attendu deuxième long métrage de Francis Lee, en sélection officielle à Cannes 2020, a accumulé les annulations de festivals et obtenu une présence confidentielle en salles.Sa diffusion numérique empêche d\u2019en savourer les nuances visuelles, mais pas de profiter de cette histoire d\u2019amour interdit entre deux femmes, interprétées avec brio par Kate Winslet et Saoirse Ronan.Pour son drame sentimental, Lee s\u2019est très librement inspiré de la vie de la paléontologiste Mary Anning.Pionnière de la recherche de fossiles, l\u2019Anglaise fut largement snobée au XIXe siècle, certains « scientifiques » s\u2019appropriant même le fruit de ses réussites.Lorsque débute le récit d\u2019Ammonite, Mary (Winslet) a mis de côté son travail et son ressentiment pour recueillir des coquillages sur la plage.Ils sont vendus aux touristes afin d\u2019assurer sa subsistance et celle de sa mère souffrante (Gemma Jones).Son dur labeur monotone est interrompu un jour par un riche visiteur qui lui offre de prendre s o i n d e s a f e m m e p e n d a n t quelques semaines.Passionnée par sa tâche et introvertie, Mary ne sait que faire de cette Charlotte Murchison (Ronan), manifestement dépressive.Surtout qu\u2019un grand fossé les sépare : l\u2019âge, le vocabulaire, la classe sociale, le lieu de résidence \u2014 Mary habite un village de la côte sud de l\u2019Angleterre, Charlotte, Londres.Leur différence est accentuée par leur constitution, l\u2019une, façonnée par ses recherches très physiques et les épreuves, l\u2019autre, d\u2019une délicatesse de porcelaine.Il va pourtant se passer quelque chose d\u2019anodin, mais terriblement révélateur : elles vont commencer à (se) sourire.Malgré les tabous et les conventions, le désir va lentement frayer son chemin.INERTIE ET PASSION Ceux qui ont adoré Seule la terre (2017) ne seront pas dépaysés, tant sur le fond que sur la forme.Comme pour son premier essai, le réalisateur anglais propose un récit initiatique où un protagoniste découvre son homosexualité (refoulée), ce qui ne va pas sans difficulté.Cinématographiquement parlant, Ammonite joue aussi sur le climat austère et oppressant de l\u2019époque, renforcé par les éléments \u2014 il y a un magnifique travail sur le son de la mer et du vent.Lee oppose le gris du ciel et l\u2019aspect inerte des fossiles à la passion dont les tisons vont progressivement s\u2019enflammer.À l\u2019inverse de La vie d\u2019Adèle (Kechiche, 2013) et sensiblement comme Portrait de la jeune fille en feu (Céline Sciamma, 2019), dont Ammonite s\u2019avère très proche thé- matiquement, la caméra se veut extrêmement respectueuse dans les scènes d\u2019amour, renforçant du coup leur sensualité.Bref, pas de nudité gratuite.Le long métrage repose évidemment sur le jeu de Winslet et de Ronan.Puisque Lee préconise les non-dits et les regards pour traduire les sentiments conflictuels qui agitent les deux femmes, leur visage se doit d\u2019être extrêmement expressif.Et c\u2019est particulièrement réussi, surtout dans le cas de Winslet : quelle actrice! Sans son concours pour incarner cette femme semblable à un animal sauvage refusant de se laisser domestiquer, Ammonite serait tombé à plat.N\u2019empêche.Le sens du détail du cinéaste, notamment dans sa façon de filmer crustacés et insectes entre les scènes, l\u2019utilisation de la délicate trame sonore et sa retenue permettent de créer un climat en parfait accord l\u2019époque où se déroule récit.Un talent à surveiller.Ammonite est présenté sur la plateforme du cinéma Moderne.AMMONITE La passion interdite La réussite d\u2019Ammonite tient beaucoup au grand talent de Kate Winslet et de Saoirse Ronan.\u2014 PHOTO CINÉMA MODERNE Au générique Cote : ?1/2?Titre : Ammonite Genre : Drame Réalisateur : Francis Lee Actrices : Kate Winslet, Saoirse Ronan et Gemma Jones Durée : 1 h 50 ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Un homme, une femme.La nuit.Une longue dispute.Qui va dévoiler les failles de chacun \u2014 et de leur couple.Seulement, n\u2019est pas Bergman qui veut.Le film de Sam Levinson, par ailleurs un magnifique hommage au cinéma classique du XXe siècle, se révèle un exercice vain, qui tourne à vide.Malgré les efforts de John David Washington et Zendaya.Les deux acteurs incarnent Malcolm et Marie, un réalisateur et sa femme.Ils reviennent de la première projection de son long métrage \u2014 un triomphe.Il est euphorique, elle boude.Le récit de son film s\u2019inspire, de toute évidence, du passé de toxicomane de Marie et Malcolm a oublié de la remercier publiquement.On ne doit jamais se coucher sur un désaccord, semble-t-il : le duo va mettre la maxime à l\u2019épreuve.Il y aura des accalmies, même des instants de retrouvailles, mais leur conflit deviendra de plus en plus vicieux, chacun cherchant le point faible pour causer du tort et faire très mal.Mais comme un boxeur envoyé au plancher, Malcolm et Marie vont se relever alors qu\u2019on les croit bons pour le compte\u2026 C e r t a i n e s p a s s e s d \u2019a r m e s s\u2019avèrent des prétextes à aborder les thèmes du racisme, de l\u2019exclusion, de l\u2019anti-intellectualisme et du populisme ainsi que, bien sûr, ce qui cloche (ou pas) dans une relation amoureuse : rapport de domination, narcissisme, manque d\u2019écoute et de réciprocité, sexualité, etc.EFFET DE RÉPÉTITION L\u2019affrontement, qui respecte l\u2019unité de lieu, de temps et d\u2019action, apparaît empêtré dans ce cadre dramatique et sa théâtralité.Malcolm et Marie s\u2019avère beaucoup trop bavard pour son bien.Certains échanges tournent en rond et on n\u2019échappe pas à un effet de répétition.En fait, difficile de se sentir interpellé.Ne reste qu\u2019à admirer la performance de Washington qui, après Tenet, prouve hors de tout doute que la palette de son jeu s\u2019avère étendue et nuancée.Zen- daya convainc moins dans les moments qui demandaient plus de subtilités.On peut aussi admirer la maîtrise formelle de Sam Levinson, notamment dans son utilisation des travellings dans des plans-séquences filmés de l\u2019extérieur de la maison, très bien chorégraphiés.Ou dans son utilisation de chansons choisies successivement par le couple pour illustrer son point de vue.Si admirable soit-elle, l\u2019esthétique léchée de ce film en noir et blanc, tourné avec de la pellicule, ne réussit pas à nous faire avaler qu\u2019on assiste à une engueulade qui demeure non significative.Malcolm et Marie est présenté sur Netflix.MALCOLM ET MARIE Scènes de la vie conjugale John David Washington et Zendaya dans une scène de Malcolm et Marie.\u2014 DOMINIC MILLER, NETFLIX Au générique Cote : ?1/2?Titre : Malcom et Marie Genre : Drame Réalisateur : Sam Levinson Acteurs : John David Washington et Zendaya Durée : 1 h 45 laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M15 CINÉMA ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Viggo Mortensen a pris un beau risque pour son premier long métrage, en racontant une histoire en partie autobiographique sur la démence et en assumant le rôle principal.Sans surprise, l\u2019acteur livre une prestation sans faille.C\u2019est plutôt la poésie cinématographique et sa maîtrise de la mise en scène qui étonnent dans Chute libre (Falling).On aurait dû s\u2019en douter : après tout, l\u2019Américo-Danois pratique aussi la peinture et la photographie.Ce qui explique le soin accordé à ses images, en particulier les paysages du nord de l\u2019État de New York.C\u2019est à cet endroit que vit Willis Peterson (Lance Henriksen), dans une ferme isolée où ont grandi John (Mortensen) et sa sœur Sarah (Laura Linney).Le vieil homme a une santé déclinante et perd les pédales.Son fils veut donc l\u2019installer avec lui dans la maison qu\u2019il partage à Los Angeles avec son conjoint et leur petite fille.Tout les sépare en apparence : Willis est réactionnaire, raciste et homophobe (une obsession dans ce dernier cas), John est progressiste et gai.Bonjour, les dégâts.Ce qui explique les tirades sans filtre de Willis.Cet homme violent et autoritaire n\u2019a pas toujours été ainsi, laissent deviner certains retours en arrière.À moins que ce ne soient les souvenirs de John qui sont teintés par une certaine nostalgie?PARTICULIÈREMENT ODIEUX Mortensen joue habilement sur la question des perceptions et du point de vue, qui peuvent énormément différer d\u2019une personne à l\u2019autre.John a d\u2019ailleurs des difficultés à composer avec l\u2019état mental de son père, malgré tout ses efforts.Il faut dire que Willis s\u2019avère particulièrement odieux.C\u2019est une des grandes qualités de Chute libre : livrer un portrait sans fard d\u2019un homme atteint de démence qui semble vivre dans un univers parallèle, où le temps s\u2019est arrêté il y a un demi-siècle.Ce sont ces oppositions entre la ruralité et l\u2019urbanité, le traditionalisme et la modernité, la diversité et l\u2019intolérance qui alimentent le moteur narratif.Rien de révolutionnaire, mais un propos honnête.Mortensen a livré un film très personnel et authentique.On lui pardonne d\u2019autant plus facilement des redites, d\u2019autant qu\u2019elles contribuent à établir les marottes de Willis alors qu\u2019il perd la tête.Certains pourront être rebutés par les allers-retours temporels.Chute libre commande une grande attention, mais le jeu en vaut la chandelle.Parlant de jeu, il faut souligner l\u2019hallucinante performance de Lance Henriksen, qui livre un Willis inoubliable.Ses coups de gueule marquent autant que les scènes où transparaît la vulnérabilité d\u2019un homme qui sait sa dernière heure arrivée.Le personnage de John s\u2019avère plus lisse, mais le spectateur saura qu\u2019il refuse \u2014 cette fois \u2014 d\u2019affronter son père lorsqu\u2019il l\u2019abreuve d\u2019injures.Ceci explique cela\u2026 Ne reste plus qu\u2019à souhaiter que Viggo Mortensen trouve l\u2019inspiration pour un prochain long métrage.Celui-ci est vraiment réussi.Chute libre est présenté sur Apple TV, Telus et plusieurs autres plateformes de vidéo sur demande.CHUTE LIBRE Le beau risque de Viggo Mortensen La démence a transformé Willis (Lance Henriksen) en personnage odieux envers son fils gai John (Viggo Mortensen).\u2014 PHOTO METROPOLE FILMS ÉRIC MOREAULT Le Soleil CRITIQUE QUÉBEC \u2014 Aussi loin que remonte le cinéma \u2014 Le baiser, sorti en 1896, causa un énorme scandale \u2014, l\u2019amour occupe le centre de l\u2019écran.La passion et ses déclinaisons, contrariées ou non, s\u2019incarnent, la plupart du temps, en de jeunes acteurs sexy.Il fallait un culot monstre à Filippo Meneghetti pour montrer la relation secrète qu\u2019entretiennent deux femmes âgées.En résulte un film magnifique, bouleversant et profondément universel.Pour son premier long métrage, le réalisateur a situé le récit dans un village français.Nina (Barbara Sukowa) et Madeleine (Martine Chevallier) sont voisines de palier, mais vivent chez la deuxième, derrière des portes closes, au dernier étage d\u2019un petit immeuble.Principalement parce que Madeleine est terrifiée à l\u2019idée que ses deux enfants adultes apprennent qu\u2019elle entretient une liaison lesbienne \u2014 en particulier Anne (Léa Drucker), qui vient la visiter avec son petit-fils.Une dissimulation que Nina supporte de moins en moins.Parce que l\u2019Allemande d\u2019origine ne vit pas avec la contrainte du regard des autres et des conventions sociales.Les mensonges de Madeleine révèlent autant une forme de culpabilité et de honte, qui la bouleverse.Les septuagénaires veulent se réinventer une nouvelle vie en s\u2019établissant à Rome, lieu de leur coup de foudre lors d\u2019un voyage.Coup du sort : Madeleine est terrassée par un AVC qui la prive de la parole et la laisse physiquement diminuée.Le duo est soudainement séparé et vit une double solitude, déchirante.Mais la volontaire Nina n\u2019a pas dit son dernier mot.Le drame amoureux cède alors le pas à une forme de suspense adroitement mené par Filippo Meneghetti, qui profite au maximum des possibilités que lui offre ce presque huis clos, avec une caméra portée très agile aux moments voulus.CARCAN FAMILIAL L\u2019alternance entre les plans larges, magnifiquement composés, et les gros plans évoque le savoir- faire à la Hitchcock (il y a d\u2019ailleurs des piaillements récurrents d\u2019oiseaux).Mais le cinéaste italien se distingue aussi par le flou artistique de certaines scènes.Deux i l lustre les difficultés de vivre sa vie, pour emprunter à Godard, à n\u2019importe quel moment de son existence, nos appréhensions par rapport au regard des autres ainsi que l\u2019exclusion et la crainte de la différence.Surtout quand nous sommes contraints par un carcan familial.Ce que Deux évoque aussi lorsqu\u2019Anne s\u2019immisce dans la vie de sa mère et que les médecins assomment Madeleine avec une surmédication.Mais il démontre également une formidable forme de résilience dans l\u2019adversité.Intelligent, subtil, beau, évitant le piège du mélo et terriblement romantique (l\u2019utilisation de Chariot [Sul mio carro] de Betty Curtis est touchante), Deux a une portée universelle.La superbe fin ouverte provoque un fort moment d\u2019émotions.Reste qu\u2019un tel film ne pourrait exister sans deux interprètes hors pair.Sukowa, égérie de Fassbinder primée à Cannes pour sa performance dans Rosa Luxemburg (1986) de Margarethe von Trotta, et Chevalier, Molière 2007 et sociétaire de la Comédie-Française, y incarnent avec subtilité deux femmes qui s\u2019aiment.C\u2019est tout.Deux est présenté sur Apple TV, Cineplex et plusieurs autres plateformes de vidéo sur demande.DEUX S\u2019AIMER EN SECRET Madeleine (Martine Chevallier) et Nina (Barbara Sukowa) dans Deux.\u2014 PHOTO METROPOLE FILMS Au générique Cote : ?Titre : Deux Genre : Drame Réalisateur : Filippo Meneghetti Actrices : Barbara Sukowa, Martine Chevallier et Léa Drucker Durée : 1 h 35 Au générique Cote : ?1/2?Titre : Chute libre Genre : Drame Réalisateur : Viggo Mortensen Acteurs : Lance Henriksen, Viggo Mortensen et Laura Linney Durée : 1 h 52 SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M16 SUR LE WEB latribune.ca @LT_LaTribune facebook/ quotidienlatribune MARIE-JOËLLE CÔTÉ Le Soleil N amibie, Afrique australe.2 heures du matin.Annette Oelofse reçoit l\u2019appel de rangers d\u2019une réserve naturelle à la frontière de l\u2019Angola.Un bébé rhinocéros femelle d\u2019à peine quelques jours de vie, le cordon ombilical toujours visible, est découvert dans un état critique.Sa mère manque à l\u2019appel.Il est traumatisé, désorienté, déshydraté.Le braconnage ne dort jamais.Pire, il se produit le plus souvent la nuit, les malfaiteurs passant plus facilement inaperçus.La poudre de corne de rhinocéros se vend à des sommes exorbitantes sur le marché noir asiatique, de l\u2019ordre de 75 000 $/kg, pour ses prétendues vertus médicinales et aphrodisiaques.Aucune preuve scientifique n\u2019appuie ces croyances.Il ne s\u2019agit en fait que de kératine, matière organique qui compose aussi nos ongles et cheveux.Les braconniers convoitent tous les sujets adultes.Plus la corne sera «?MAMA RHINO?» L\u2019ARTISTE DE LA CONSERVATION laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M17 VOYAGES panachée, le mieux ce sera.Le petit naissant sans corne, donc sans intérêt pour les braconniers, est laissé à lui-même lors de ces opérations.Scène typique mais poignante, l\u2019orphelin pleure aux côtés de sa mère qui s\u2019est vidée de son sang devant ses yeux.Ses pleurs de détresse sont à fendre l\u2019âme.La petite orpheline qu\u2019Annette baptisera plus tard Tatuleki, « celle qui est frêle », a besoin d\u2019amour, de lait et de soins physiques.L\u2019équipe vétérinaire la transportera d\u2019urgence par hélicoptère jusqu\u2019à la pouponnière d\u2019Annette dans la journée.Si elle survit au traumatisme, elle sera nourrie au biberon plusieurs fois par jour pendant près de deux ans.Elle sera réhabilitée, puis relâchée par un processus lent et progressif dans la réserve sauvage, sous la surveillance intensive de l\u2019équipe anti-braconnage.Ce jour-là, nous avons fait une rencontre hors du commun, celle d\u2019Annette Oelofse et de ses protégés plus grands que nature.Portrait de « Mama Rhino », celle qui se livre à l\u2019art de la conservation des rhinocéros.Il était une fois, une époque où l\u2019on s\u2019aventurait à notre guise autour du globe.En 24 heures, déjà bien loin des intempéries hivernales, on s\u2019émer veil lait devant cet équilibre parfait de l\u2019écosystème africain.La conviction puissante qu\u2019une énergie plus grande que soi régit le monde, de l\u2019infiniment petit à l\u2019infiniment grand, s\u2019emparait alors de notre être devant l\u2019immensité.Ce continent unique dépasse l\u2019imaginaire, procure un enchantement grandiose, nous touche profondément, nous place devant notre propre finitude, et fait pleurer à chaudes larmes petits et grands devant tant de beauté.Derrière le rideau touristique cependant, l\u2019équilibre délicat est constamment rompu.D\u2019une part, le territoire des réserves naturelles protégées rétrécit en raison de l\u2019activité humaine.D\u2019autre part, l\u2019instabilité politique et économique augmente radicalement la pauvreté et, conséquemment, la criminalité.Pendant que le tourisme est sur pause, la voie est libre pour le braconnage.Les deux énormes mammifères acceptent la proximité d\u2019Annette, comme si elle faisait partie du troupeau.Elles lui témoignent même de l\u2019affection, en pleine confiance.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ COÛTS POUR LA RÉHABILITATION ET LA SURVEILLANCE DES RHINOCÉROS Le petit rhinocéros ingère 25 litres de lait et 1 kilogramme de glucose par jour pendant 14 mois, moment du début du sevrage, totalisant 35 000 $ par rhinocéros.Ces coûts ne tiennent pas compte du salaire des employés, des soins vétérinaires, des dispositifs et de l\u2019équipement de surveillance, ni de la formation et du déploiement d\u2019équipes anti-braconnage 24h/24.Pendant que le tourisme est sur pause, une part considérable des revenus annuels est en déficit.Le braconnage est en hausse.MARIE-JOËLLE CÔTÉ, LE SOLEIL LIRE LA SUITE \u203a M18 Le récit d\u2019Annette est interrompu par un bruit de ferraille; l\u2019une des deux géantes s\u2019amuse avec sa corne contre le pare-chocs de son véhicule.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M18 VOYAGES Lorsqu\u2019il est traqué par l\u2019homme, son unique véritable prédateur, une mort certaine attend le pacifique herbivore.Sa vue et son ouïe étant limités, il s\u2019agit d\u2019un animal relativement facile à surprendre.Les braconniers doivent faire vite avant d\u2019être repérés.Le carnage se déroule à froid.Aucune mesure n\u2019est prise pour anesthésier l\u2019animal.Avec les premières armes tranchantes accessibles, on s\u2019approprie sa corne, objet de convoitise, puis on le laisse à l\u2019agonie.L\u2019hémorragie de son crâne aura raison de sa vie dans les heures qui suivront.Heureusement, il y a ceux qui consacrent leur vie à rétablir et protéger cet équilibre en relevant tous les défis qui se présenteront sur leur chemin.Et Dieu sait qu\u2019ils ne manquent pas.Octobre 2019.Mount Etjo, Namibie.45 degrés, soleil de plomb.Le chauffeur nous conduit dans un endroit clandestin, où même la plupart des employés en ignorent l\u2019emplacement exact; il s\u2019agit d\u2019un endroit extrêmement protégé, discret et précieux.C\u2019est le sanctuaire des rhinos orphelins et de la vocation d\u2019Annette.Là où la magie s\u2019opère.Elle nous partage généreusement son histoire pour qu\u2019ensemble, nous éveillions la conscience collective sur l\u2019importance des efforts de conservation.Alors qu\u2019elle attend l\u2019arrivée de sa nouvelle protégée d\u2019une heure à l\u2019autre, Mama Rhino nous présente ses deux fiertés du moment, Girla « fille » et Chayka « la Vie ».Elles arrivent au terme de leur sevrage, elles sont autonomes émotionnel- lement et physiquement.Elles ont deux tempéraments bien distincts.L\u2019une, timide, a été très difficile à convaincre de faire confiance à l\u2019homme et d\u2019accepter le biberon.La seconde, plus téméraire et extravertie, explore toujours les lieux en premier.Leur amitié leur sera salutaire pour leur bien-être \u203a RHINOCÉROS BLANC CERATOTHERIUM SIMUM \u203a Se nourrit d\u2019herbe.\u203a Lèvre aplatie pour brouter.\u203a Tempérament pacifique; évite les conflits; utilise sa corne pour se défendre s\u2019il est attaqué.\u203a Le petit circule devant sa mère.\u203a RHINOCÉROS NOIR DICEROS BICORNIS \u203a Se nourrit du feuillage des buissons.\u203a Lèvre pointue pour en faciliter la préhension.\u203a Tempérament plus tumultueux, attaque parfois, territorial.\u203a La mère circule devant son petit.Rhinocéros blanc Ceratotherium simum.Se nourrit d\u2019herbe ; Lèvre aplatie pour brouter.Tempérament pacifique; évite les conflits; utilise sa corne pour se défendre s\u2019il est attaqué.Le petit circule devant sa mère.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ Rhinocéros noir Diceros bicornis.Se nourrit du feuillage des buissons.Lèvre pointue pour en faciliter la préhension.Tempérament plus tumultueux, attaque parfois, territorial.La mère circule devant son petit.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ SUITE L\u2019ARTISTE DE LA CONSERVATION Mama Rhino accompagne ses protégées pour leur bain de boue quotidien.\u2014 PHOTO LE SOLEIL, ERICK LABBÉ émotionnel, leur indépendance et leur survie à l\u2019état sauvage.À deux ans, les deux licornes préhistoriques sont plus lourdes et plus puissantes qu\u2019un cheval adulte.Annette protège l\u2019intégrité physique et psychologique des géantes bestioles atterries sous son aile.Ne la rencontre pas qui veut.Ne donne pas un biberon qui veut son selfie fièrement exposé sur les réseaux sociaux.Elle seule approche les bébés rhinocéros.Il est crucial de minimiser l\u2019intervention de l\u2019homme pour assurer leur survie.En tant que touristes pro- conservation, une telle attitude est rassurante et souhaitable; voilà le signe que le bien-être de l\u2019animal passe bien avant les dollars.Annette est crédible et véritablement engagée.Les montagnes de Mount Etjo, signifiant « refuge », ont été choisies pour accueillir ce qui constitue maintenant une réser ve protégée regroupant tout un écosystème composé de milliers d\u2019espèces.Nossie, le premier rhinocéros noir élevé et réhabilité par Annette à partir de 1995, circule maintenant librement parmi les 36 000 hectares de la réserve sauvage de Mount Etjo.Sa progéniture de neuf descendants fait honneur aux efforts de conservation d\u2019Annette et son défunt époux, Jan Oelofse.Nossie reconnaît l\u2019odeur de sa mère adoptive \u2014 les rhinos étant pratiquement aveugles \u2014 et vient immanquablement la saluer lorsqu\u2019elle parcourt la réserve en safari. laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M19 VOYAGES J\u2019 ai cette relation amour haine avec les volcans.Ils ont ce magnétisme, cette puissance qui commande indéniablement le respect.Même s\u2019ils ne fument pas, ne laissent échapper aucune furie, ils ont cette tendance à nous dominer par leur immensité et leur autorité.Je les aime pour leur mystère, pour leur puissance naturelle, pour leur tranquillité effrayante presque provocante.Je les déteste un peu parce que j\u2019ai toujours cette envie de les dompter, de prendre le risque calculé de les gravir.Sauf que les volcans, contrairement aux montagnes, ont la fâcheuse habitude de ne pas passer par quatre chemins : ça monte presque comme sur un mur d\u2019escalade.Presque, dans le sens de pas vraiment, mais l\u2019absence de végétation et de sentiers, comme la pierre volcanique glissante, nous oblige en général à redoubler d\u2019efforts pour atteindre les sommets.J\u2019ai passé tout droit au mont Tongariro, en Nouvelle-Zélande, faute de temps.J\u2019ai randonné sur les flancs de la bête, mais mon pas trop lent m\u2019a convaincu de ne pas chercher à atteindre le cratère.L\u2019écriteau « En cas d\u2019éruption, courez vers le bas de la montagne » ne m\u2019avait pas convaincu.Valait mieux espérer que le géant ne se reveille pas, mon meilleur temps aux 100 mètres n\u2019étant pas digne de mention.Le défi était beaucoup moins éreintant pour l\u2019Erta Ale, en Éthiopie, haut de seulement 613 mètres.Là, mon manque de cardio n\u2019était pas la raison de mes difficultés respiratoires.Les nuages de fumée toxique, près du magma en fusion, m\u2019ont privé d\u2019oxygène un instant.J\u2019ai réalisé le ridicule de m\u2019être trouvé dans un énorme nuage de fumée noire, au sommet d\u2019un volcan, quand on m\u2019a fourni un masque à gaz de fortune au sommet du volcan Villarica, au Chili, d\u2019où s\u2019échappait un timide fumet.Deux poids, deux mesures.Il fallait donc prévoir que mon incursion au Guatemala compterait au moins une de ces montagnes de feu.À Antigua, la rue de mon auberge était bien connue pour sa vue sur le volcan d\u2019Agua.Le monstre, qui domine la vieille ville de 2000 m et qui culmine à plus de 3700 m d\u2019altitude, est presque impossible à manquer.Sauf qu\u2019il se cachait dans un épais brouillard depuis mon arrivée.Ce sont toutefois deux autres volcans qu\u2019on m\u2019offrait de fouler : Pacaya et Acatenango.Pour le premier, il fallait prévoir une demi-journée.Pour le second, il est recommandé de passer une nuit pour voir le volcan Fuego en éruption et observer le lever du soleil.Cette fois-là, j\u2019ai choisi l\u2019option facile en suivant les recommandations des employés de l\u2019auberge : mieux vaut choisir la randonnée de matinée.Primo, le soleil a des tendances matinales.Secundo, quand il pleut, les sentiers sont boueux et plus difficilement praticables en après-midi.Va pour le matin vers le volcan Pacaya qui, depuis mon passage, a connu d\u2019importantes éruptions.Au moment de partir d\u2019Antigua, Agua était toujours emmailloté dans sa couette de brouillard.Rien à faire.La camionnette a fait la tournée de la vieille ville pour récupérer tous les passagers et nous a déposés au pied du sentier.Des villageois ont offert de louer des chevaux pour monter sans le moindre effort.Honnêtement, ce serait un luxe inutile à moins d\u2019avoir un amour inconditionnel pour l\u2019équitation.On peut aussi se procurer un bâton pour stabiliser les jambes encore un peu endormies.Et on s\u2019élance.Pacaya aura probablement été un des volcans les plus faciles à gravir de toutes mes expéditions.Là, le sentier traverse d\u2019abord une forêt avant le dernier droit, à découvert, exposé aux grands vents.Sur un petit belvédère, nous avons effectué une première pause.« Ici, normalement, la vue est magnifique sur le volcan d\u2019Agua », décline le guide.Nous ne voyions qu\u2019une énorme toile blanche.Toute la pluie s\u2019est mise à tomber.On repassera pour le soleil qui se pointe plus souvent en matinée.La courte randonnée vers le sommet nous menait dans un paysage lunaire : des rochers d\u2019un gris de déprime léchés par des nappes de brouillard vaporeuses.Même le cratère s\u2019était en partie dissimulé.Surprise : le guide avait amené, dans son sac à dos, un plein sac de guimauves à faire griller.Noircir des sucreries sous la pluie, au sommet d\u2019un volcan, c\u2019était une première pour moi.Invoquons la loi de Murphy ou le karma, le ciel s\u2019est dégagé sur le chemin de la descente.Au loin, on apercevait, incandescente, la traînée de lave que laissait échapper le volcan Fuego.Et la toile blanche qui cachait le sommeil du volcan Agua s\u2019est entrouverte pour qu\u2019on puisse au moins confirmer que notre guide n\u2019était pas un menteur.Aujourd\u2019hui, Pacaya est placé sous surveillance en raison des explosions qui y surviennent et des coulées de lave qui en émanent.Par ailleurs, la pluie cacherait une bonne partie du beau et de l\u2019inusité qu\u2019offre Antigua.En montant vers Vuelta Grande, on peut visiter Hobbitanengo, un village écoresponsable avec des logis troglodytes tout droit sortis du Seigneur des anneaux.Si le stationnement, en haut de la montagne, peut être atteint en voiture, il faut prendre une navette pour franchir les derniers mètres escarpés.Par temps dégagé, la vue sur la vallée de Panchoy est semble-t-il sublime.J\u2019ai un peu regretté de ne pas avoir prévu d\u2019y passer la nuit, en espérant chasser le mauvais temps.Ce jour-là, il a suffi que je me fende d\u2019un sourire jusqu\u2019aux oreilles d\u2019avoir atteint le sommet de la montagne pour que le brouillard s\u2019épaississe.encore.En moins de deux, on ne voyait plus dix mètres devant soi.Remarquez, le mystère engendré donnait presque le goût d\u2019écouter Bil- bon nous raconter une vieille fable à propos d\u2019un anneau magique.Avec ses trois petites maisons, le site demeure visiblement très intime, même si les touristes peuvent le visiter sans y dormir.Les derniers visiteurs doivent néanmoins partir avant la tombée de la nuit, ce que j\u2019ai fait à contrecœur en me promettant de revenir.Volcan et hobbits sous la pluie JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR Le volcan Pacaya, près du sommet, offre des paysages lunaires.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU Le petit village d\u2019Hobbitenango, au Guatemala, est un clin d\u2019œil écorespon- sable au Seigneur des anneaux.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M20 PLEIN AIR « Il est où le mont Mégantic?Et le mont Saint-Joseph? » Juste là, sous les nuages.Moi qui rêvais d\u2019observer les étoiles du haut du mont Saint-Joseph cette nuit-là, mes espoirs se dissipaient tandis que les amas nuageux, eux, semblaient s\u2019accrocher.Ciel gris et magnifiques fantômes de neige : ma dernière montée hivernale du mont Saint- Joseph avait exactement cet air-là, à l\u2019exception que j\u2019avais pu avoir un coup d\u2019œil sur l\u2019observatoire.Pas cette fois.Et cette fois-ci, nous passons la nuit dans le nouveau refuge juché au sommet du mont Saint-Joseph, où je me promettais depuis longtemps d\u2019aller dormir, et où l\u2019occasion s\u2019est présentée à l\u2019invitation de la Sépaq.Nous portons nos sacs à dos avec tout le nécessaire pour la nuit, et nous ne sommes pas encore maîtres dans l\u2019art de voyager léger, visiblement.À cette heure, nous ne croisons que quelques personnes qui redescendent.La lumière baisse tranquillement sur le parc national du Mont-Mégantic et c\u2019est avec bonheur que je retrouve notre nid pour la nuit.Le refuge ne ressemble en rien à ceux où j\u2019ai séjourné jusqu\u2019à maintenant.Le conteneur, placé en bordure de montagne, est abondamment fenestré.Table de cuisine, matelas double, poêle à bois : pas besoin de rien de plus.À l\u2019heure où on ne cesse de parler d\u2019achat local et de « fabriqué au Québec », il est intéressant de savoir que cette version moderne de refuge a été pensée par l\u2019architecte Marilène Blain-Sabourin, de Notre-Dame-des-Bois\u2026 juste en bas.Par temps clair, dans le paradis estrien du ciel étoilé, j\u2019aurais pu admirer la constellation d\u2019Orion.Celle-ci est toujours la vedette de l\u2019hiver, m\u2019avait expliqué gentiment le coordonnateur scientifique de l\u2019ASTROLab, Sébastien Giguère.En cette période hivernale, j\u2019aurais aussi pu jeter un œil sur Sirus, l\u2019étoile la plus brillante visible depuis la Terre.Vous le saurez si vous avez prévu y séjourner prochainement! On se contente d\u2019observer le ballet des nuages qui défilent devant nous.Ce n\u2019est peut-être pas la mosaïque d\u2019étoiles que je m\u2019étais imaginée, mais c\u2019est un spectacle charmant\u2026 à l\u2019effet calmant.Le lendemain, le soleil perce les nuages.Et là, la vue se dessine : la petite chapelle dans un décor givré, un mésangeai du Canada posé sur une branche enneigée\u2026 La journée s\u2019annonce pleine de possibilités : terminer la boucle des trois sommets (St-Joseph, Mégantic et Victoria, qu\u2019il me semble avoir déjà fait à l\u2019automne) ou redescendre tout simplement en passant par le mont Mégantic.Le thermomètre indique -15 degrés, et le vent est bien présent.Nous allons admirer la vue au pic des Crépuscules avant d\u2019amorcer le chemin du retour.En chemin, un panneau nous montre les quantités de neige reçues ces dernières années\u2026 un symbole rappelant l\u2019une des caractéristiques de ce parc que j\u2019aime tant.Finalement, au pied des montagnes, nous délaissons nos raquettes pour chausser nos skis de fond, question de voir le parc autrement.Après avoir effectué la boucle de Cassiopée la veille (environ 5,6 km), nous nous lançons dans les 8 km de la boucle des Pléiades, une piste intermédiaire où nous ne croisons à peu près personne\u2026 sauf un lièvre qu\u2019on fera dévier de sa trajectoire.UN NOUVEAU SOMMET Le lendemain, après avoir dormi dans un second refuge, le mercure me fait douter de mes envies de randonner et d\u2019aller grimper le mont Notre-Dame, un sommet jusque-là inexploré pour moi.Je songe aussi au mont Mégantic.On annonce -18 degrés\u2026 et un ressenti de -29 degrés.Le vent ne cesse de nous rappeler sa présence.Sauf que.Le temps est clair, très clair.Nous sommes bien habillés.Et nous allons tout simplement rentrer?Des randonneurs nous avisent que les employés les ont mis en garde : en haut du mont Mégan- tic, avec le vent qui souffle, c\u2019est à peu près l\u2019Arctique en ce moment.Par contre, la boucle du Mont-Notre-Dame (un parcours de 5 km accessible en hiver seulement), avec son couvert forestier, est beaucoup moins exposée.Je ISABELLE PION CHRONIQUE isabelle.pion@latribune.qc.ca SORTIE PRENDRE L\u2019AIR Une nuit au sommet Le pic des Crépuscules.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION En cette période hivernale, j\u2019aurais aussi pu jeter un œil sur Sirus, l\u2019étoile la plus brillante visible depuis la Terre.Vous le saurez si vous avez prévu y séjourner prochainement! On se contente d\u2019observer le ballet des nuages qui défilent devant nous.Ce n\u2019est peut-être pas la mosaïque d\u2019étoiles que je m\u2019étais imaginée, mais c\u2019est un spectacle charmant\u2026 à l\u2019effet calmant. laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M21 PLEIN AIR revérifie l\u2019information à l\u2019accueil, question de ne pas commettre d\u2019imprudence : le mont Notre- Dame est un bon choix, nous dit-on.La montée soutenue du sommet de 910 mètres, beaucoup moins fréquenté, s\u2019apparente un peu à celle de Saint-Joseph, mais le sentier est moins tapé.Rapidement, plus on monte, plus les arbres sont chargés de neige.Pour une raison que j\u2019ignore, je m\u2019attends à avoir une vue sur l\u2019AS- TROLab une fois arrivée.Je découvre plutôt un décor tout blanc, parsemé d\u2019arbres.où on n\u2019aura pas vraiment le loisir de s\u2019attarder compte tenu du froid.Vérification faite, le responsable à la conservation du parc, Ca- mille-Antoine Ouimet, ne sait pas lui non plus pourquoi j\u2019avais cette image en tête, celle d\u2019une vue sur l\u2019intérieur du parc.« Pour tout de suite, ce qu\u2019on aime bien au mont Notre- Dame, pour la raquette, c\u2019est que c\u2019est plus sauvage\u2026 Ça permet, sans être à l\u2019autre bout du monde, d\u2019avoir un sentiment d\u2019arrière-pays », me décrit-il.Vrai : en quelque 2 h 15, nous ne croisons personne.Pas de paysage à perte de vue à l\u2019arrivée, donc\u2026 Mais la sainte paix, oh que oui! Questions, suggestions, commentaires?Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : isabelle.pion Pour le moment, le mont Notre-Dame se découvre en hiver seulement.\u2014 PHOTO PARC NATIONAL DU MONT-MÉGANTIC Le refuge conteneur au sommet du mont Saint-Joseph.\u2014 PHOTO FOURNIE PAR LE PARC DU MONT-MÉGANTIC, MARIE-GEORGES BÉLANGER SAVIEZ-VOUS QUE\u2026 Le refuge (sans eau ni électricité) érigé au mont Saint- Joseph en 2019 avait été en lice pour les Prix d\u2019excellence en architecture en 2020.Le sentier qui y mène est d\u2019environ 3,2 km.On retrouve aussi un autre refuge à proximité.La chapelle a été construite en 1880.Elle est habituellement ouverte en période estivale pour célébrer quelques messes.Il est possible d\u2019effectuer la traversée du parc national du Mont-Mégantic, du secteur de l\u2019observatoire jusqu\u2019à Franceville.Près de 14 km dans l\u2019arrière-pays.Les refuges qu\u2019on y croise sont disponibles pour dormir (sur réservation), mais pas tous pour y arrêter de jour en raison de la COVID.Ainsi, le refuge du Col-des-trois-som- mets est inaccessible en journée, mais on peut y dormir sur réservation.Il peut être tentant de nourrir les mésangeais du Canada, mais il vaut mieux ne pas le faire pour leur rendre service.Un conseil qui ne s\u2019applique pas seulement qu\u2019à ces magnifiques corvidés, mais à l\u2019ensemble de la faune sauvage.Une vue sur la chapelle sur du mont St-Joseph, lors d\u2019un matin frisquet.Le sentier menant directement au nouveau refuge contourne le site de la chapelle.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, ISABELLE PION SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M22 BIÈRES/COCKTAILS IPA DU NORD-EST BORÉALE PRÉSENTATION Elle est tendance, elle est fruitée, elle est peu amère.Cette NEIPA à la mode québécoise est devenue une grande dame de la culture bière.On apprécie la force aromatique des houblons qui la caractérise et le plaisir d\u2019y plonger ses lèvres, sans tomber dans une amertume plus prononcée, habituellement réservée aux West Coast IPA.On la choisit pour ses houblons.ROUSSE RUISSEAU NOIR PRÉSENTATION Voilà une brasserie qui fait son petit bonhomme de chemin et qui présente une « rousse québécoise » comme on les aime : des notes subtiles de céréales caramélisées, une amertume douce et un équilibre pour offrir une expérience de dégustation satisfaisante.On la choisit pour le plaisir de découvrir les saveurs des malts et, fort probablement, le style de bière qui a changé le portrait de la consommation de bières de mi- crobrasseries il y a trente ans.On la choisit pour ses céréales.GOSEBUSTER TRÈFLE NOIR PRÉSENTATION La bière peut être acidulée, légèrement salée, avec des notes citronnées.C\u2019est le parfait exemple d\u2019une bière à découvrir pour le travail de l\u2019artisan.Il ne s\u2019agit pas uniquement de mélanger les ingrédients et d\u2019attendre la fin de la fermentation.Il s\u2019agit d\u2019un travail d\u2019équilibriste qui jongle avec ses ingrédients, son matériel de brassage et son talent.On la choisit pour son originalité.SAISON BRETT LES TROIS MOUSQUETAIRES PRÉSENTATION La bière, ce n\u2019est pas juste de l\u2019ale ou de la lager, c\u2019est un univers incroyable de saveurs, de goûts et de levures.Cette Saison Brett nous présente la levure la plus complexe dans le milieu de la bière.On y retrouve des notes fermières, campagnardes, parfois boisées, mais souvent originales.La bière à essayer avec un fromage à pâte semi-ferme, pour le plaisir de découvrir les accords bières et mets.On la choisit pour sa levure.MATINÉE EXTRA LIGHT RAS L\u2019BOCK PRÉSENTATION Quelle agréable surprise que cette IPA sans alcool que nous propose Ras l\u2019Bock.Tout y est ! L\u2019aromatique des houblons, l\u2019amertume en finale, le corps balancé pour équilibrer le tout.Cette bière sans alcool est, fort probablement, l\u2019une des meilleures bières du genre qu\u2019on peut retrouver sur le marché actuellement.Un coup de cœur.On la choisit pour sa faible teneur en alcool.MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale C omme bien des choses dans cette dernière année forte en adaptation, nous devrons vivre un Super Bowl différent, dimanche soir.Pas d\u2019ambiance électrisante au pub du coin, pas d\u2019effluves de popcorn au beurre dans l\u2019air, pas de pichets de bière ni d\u2019exclamations en chœur lors d\u2019une longue échappée.Il n\u2019y aura pas de rassemblements d\u2019amis ou de familles, pas de frère qui prépare sa fameuse marinade à ailes de poulet pendant que le beau-père, le manteau détaché sur le patio, laque ses précieuses côtes levées.Je ne suis pas un fervent amateur de sport en général, mais il y a quelque chose d\u2019électrisant et de stratégique dans le football qui vient me chercher davantage que les autres sports.Cela fait des années que je suis, comme plusieurs d\u2019entre vous, un irréductible du Super Bowl, autant pour le match que pour ce moment privilégié de retrouver la gang ou d\u2019échanger avec mon père autour de 15 saveurs de croustilles.Cette année, nous pourrons regarder le match en vidéoconférence, laisser le micro à Bob allumé afin qu\u2019il commente le match entre deux Cheetos et nous rappeler notre incroyable capacité de regorger d\u2019idées et de façons innovantes de vivre ce moment avec autant d\u2019intensité qu\u2019à l\u2019habitude.L\u2019une des meilleures façons de le faire sera de concocter un bloody pas comme les autres.Vous pouvez multiplier la recette pour vous préparer un mix prêt-à- boire que vous livrerez à la porte de vos amis et de votre famille, question de faire un « tchin » virtuel inoubliable.La recette proposée ici est sans alcool en l\u2019honneur de ceux qui réalisent le Défi 28 jours sans alcool, mais n\u2019hésitez pas à y ajouter 1,5 oz de vodka ou de whisky si vous le désirez.Bloody bacon (sans alcool)* INGRÉDIENTS \u2022 1 oz de mix à bloody Monsieur Cocktail \u2022 0,5 oz de jus de cornichon à l\u2019aneth \u2022 0,5 oz de votre sauce bbq préférée \u2022 1/2 c.à thé de liquide fumée (optionnel) \u2022 5 oz de Clamato \u2022 Sauce piquante, au goût \u2022 Bacon, branche de céleri et rim d\u2019épices à steak ou à poulet (pour décorer) PRÉPARATION 1 Passer un quartier de lime sur le contour extérieur d\u2019un verre haut.2 Tremper les rebords mouillés de jus de lime dans les épices à steak ou les épices à poulet.3 Ajouter tous les ingrédients et remplir le verre de glace.4 Mélanger à la baguette ou à la cuillère de bar jusqu\u2019à ce que vos doigts soient froids.5 Décorer d\u2019une tranche de bacon et d\u2019une branche de céleri frais.Santé! *Pour la version classique, faible en sucre ou avec alcool de cette recette, consultez le site monsieur-cocktail.com BRADY VS MAHOMES \u2014 PHOTO ANNIE FERLAND QUELLE BIÈRE OFFRIR À UN AMATEUR DE BIÈRES QUI DÉSIRE DÉCOUVRIR LA CULTURE BIÈRE DU QUÉBEC?LA RÉPONSE EST AUSSI VASTE QUE LE MARCHÉ, MAIS VOICI CINQ BIÈRES SÉLECTIONNÉES.ET JE VOUS EXPLIQUE POURQUOI.Cinq bières à offrir pour mieux comprendre PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@gcmedias.ca \u2014 PHOTOS TIRÉES DU WEB laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M23 VINS L es journées s\u2019allongent et voilà que notre soleil descend vers l\u2019horizon juste à temps pour l\u2019apé- ro, ce moment unique de notre journée qui marque la transition entre le jour et le soir, le travail et le repos.Une douce lumière met l\u2019ambiance et le pendule ralentit.C\u2019est le temps de relaxer, de fermer les dossiers de la journée et de profiter de la soirée à venir.Il faut dire que les soirées sont plutôt tranquilles ces jours-ci, mais ça ne nous empêche pas d\u2019en profiter pleinement et de nous offrir une pause détente autour d\u2019un apéro festif, méditatif ou dinatoire.Voici quelques inspirations pour créer votre moment privilégié.RECTORAL DO UMIA ABELLIO RIAS BAIXAS 2018 16,35 $ \u2022 13565385 \u2022 12,5 % \u2022 2,5 G/L Découvrez l\u2019albarino! Un cépage de bord de mer qu\u2019on cultive dans les Rias Baixas en Galice, sur la côte ouest de l\u2019Espagne.Il se définit par une expression minérale de granite et des effluves salines qui rappellent les coquillages.Celui-ci allume tous les sens, du visuel au palais avec de la fraîcheur et de la salinité qui s\u2019entrelacent avec le citron, la mandarine et leurs zestes dans une bonne longueur qui fait saliver.Superbe dans une ambiance de chants de marins avec des huîtres fraîches ou fumées.CARMEN PREMIER CHARDONNAY VALLE DEL COLCHAGUA 12,55 $ \u2022 522771 \u2022 13,5 % \u2022 2,6 G/L Dans une gamme de saveurs à l\u2019opposé du précédent, ce chardonnay de la plus ancienne maison de vin du Chili s\u2019annonce sur des arômes de caramel au beurre auxquelles s\u2019ajoutent des notes de tarte aux poires dans une bonne rondeur qui plaira aux amateurs de blancs aromatiques, d\u2019une acidité moyenne.Pour la thématique, faites jouer l\u2019opéra Carmen de Bizet comme trame sonore et vous serez transportés! DOMAINE RITT LE LIBERTIN 4,35 $ \u2022 14543137 \u2022 6,5 % \u2022 24 G/L \u2022 (335 ML) À Cap-St-Ignace, où on peut admirer les plus beaux couchers de soleil sur le fleuve, le verger la Pomme du St-Laurent est maintenant le domaine de la dynamique famille Ritt, qui a repris le flambeau de la famille Gagné en 2018.Ils produisent toujours dans l\u2019excellence, comme en témoigne ce cidre pétillant aérien et floral.Les amateurs seront comblés cette année, car le Mondial des Cidres aura lieu virtuellement pendant tout le mois de février.Cette édition spéciale regroupe 25 producteurs associés à un chef/restaurateur de leur région, avec qui ils ont développé l\u2019accord parfait mets et cidres, que vous pourrez commander en livraison ou à emporter.Ainsi, le Domaine Ritt s\u2019est jumelé avec le resto Le pied bleu de Québec, le Verger Hemming- ford avec l\u2019Impérial de Granby, le Domaine Cartier Potelle avec L\u2019Empreinte cuisine soignée de Sherbrooke.Pour trouver le restaurateur le plus près de chez vous et participer à l\u2019évènement, rendez-vous au www.mon- dialdescidres.com.CHÂTEAU LA TOUR DE BY 2016 26,50 $ \u2022 11571829 \u2022 13,5 % \u2022 1,6 G/L \u2022 HVE Un apéro classique, c\u2019est aussi une bonne bouteille de rouge qu\u2019on laisse respirer le temps de faire la cuisine, un verre de vin à la main.D\u2019un millésime à l\u2019autre, ce vin du Médoc demeure un de mes préférés.Il offre la fraîcheur souhaitée à l\u2019apéro et assez de matière pour accompagner le repas, dans une harmonie aromatique en symbiose avec d\u2019agréables tannins.2016 est considéré comme une excellente année à Bordeaux, donc un très bon investissement à savourer maintenant ou à oublier dans votre cellier quelques années.LELLO RESERVA 2017 18,20 $ \u2022 13202832 \u2022 13 % \u2022 2,4 G/L Pour ceux et celles qui préfèrent les vins chaleureux aux notes de fruits noirs et d\u2019épices, voilà un excellent rouge du Douro à déguster dans le cadre d\u2019un apéro de style dinatoire.La mûre, la prune et la figue fraîche se marient en bouche avec une pointe de cardamome sur des tannins puissants mais élégants qui feront la fête à un bon take out de grillades portugaises.CHÂTEAU SIGALAS RABAUD LIEUTENANT DE SIGALAS 2013 22 $ \u2022 13590425 \u2022 13 % \u2022 110 G/L \u2022 (375 ML) L\u2019apéro gourmand par excellence : un verre de Sauternes avec une bouchée de pâté de foie de volaille aux pistaches, suivi d\u2019un fromage persillé comme le superbe bleu d\u2019Éliza- beth.Dans les teintes dorées du soleil couchant, avec des notes de fleur de gingembre, abricot à l\u2019eau de rose\u2026 ça goûte le ciel comme dirait ma mère! L\u2019apéro au coucher du soleil Les journées s\u2019allongent et voilà que notre soleil descend vers l\u2019horizon juste à temps pour l\u2019apéro, ce moment unique de notre journée qui marque la transition entre le jour et le soir, le travail et le repos.\u2014 PHOTO FRÉDÉRIC BILODEAU NATALIE RICHARD PLANÈTE VINS Collaboration spéciale nrichard@gcmedias.ca SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M24 KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca @tremblayk facebook/quotidienlatribune en cuisine SHERBROOKE \u2014 Le Dry February vous faisait de l\u2019œil, vous vous êtes lancés dans le défi d\u2019un 28 jours sans alcool et après une semaine, vous ne savez plus comment jazzer votre jus ou votre eau plate?Pas de souci, la toute jeune entreprise Ô Sirop (dont je vous ai déjà parlé ici en décembre) a plus d\u2019une idée dans son verre.La bannière sher- brookoise, portée par les proprios du resto Ô Chevreuil, a même décidé de s\u2019associer à la bonne cause.La somme de 1,50 $ par bouteille vendue \u2014 et 6 $ par boîte de 4 \u2014 ira aux ateliers de prévention sur les risques associés aux toxicomanies chez les jeunes (qui sont offerts par la Fondation Jean Lapointe).Pour accompagner les valeureux dans leur sobriété au quotidien, les créatifs partagent chaque jour une nouvelle recette de mocktail sur leurs réseaux sociaux.La clé d\u2019un bon mocktail, en quelques trucs faciles?« Comme l\u2019alcool parfume excessivement un cocktail, c\u2019est assez difficile à remplacer », remarque d\u2019emblée le coproprio d\u2019Ô Chevreuil, Maxime Saumier Demers.Comprendre ici que juste retirer gin ou vodka de la liste d\u2019ingrédients ne donnera pas nécessairement un verre au goût équilibré.« Depuis peu, on voit quelques spiritueux sans alcool faire leur apparition sur le marché.Le goût est souvent beaucoup moins prononcé, mais il y a de beaux produits québécois.Le Noroit, par exemple, commercialise un gin et un rhum très intéressants.Le rhum, en particulier, est vraiment bien fait.Il est très épicé et parfumé. » Bref, les substituts d\u2019alcool peuvent parfois servir de base.« L\u2019ennui, c\u2019est souvent qu\u2019ils coûtent aussi cher qu\u2019une bouteille alcoolisée. » Dans cette optique, Maxime Sau- mier Demers préfère souvent se tourner vers d\u2019autres options.« Un cocktail, au fond, c\u2019est un peu comme une recette.Je prends l\u2019exemple d\u2019une sauce qu\u2019on peut concocter avec ou sans vin : oui, le vin apporte une touche unique, mais il y a toujours moyen d\u2019aller ajouter du goût et de la profondeur autrement. » DU FRAIS, DU SAVOUREUX Au premier rang des ingrédients auxquels on pense quand vient le temps de pimper nos breuvages, il y a les agrumes, précieux condensés de parfums et de fraîcheur, du moment qu\u2019on prend soin de presser soi-même les fruits, évidemment.Parce que le petit jus jaune acide dans une bouteille de plastique n\u2019apportera aucun charme à votre verre.« Avec nos quatre sirops originaux, c\u2019est certain qu\u2019on partait avec une bonne base, une belle toile de fond sur laquelle composer.Mais le truc, je pense, c\u2019est de miser sur des ingrédients frais, savoureux, les plus naturels possibles.Après ça, avec un peu d\u2019imagination, on peut vraiment créer des trucs intéressants. » Il suffit d\u2019avoir sous la main quelques éléments clés.« Un gin tonic s\u2019assemble en deux temps, trois mouvements et pas tant d\u2019ingrédients.Le mocktail nécessite un peu plus de préparation, parce qu\u2019il faut avoir sous la main les ingrédients qui vont élever le verre à un autre niveau. » Pour composer son menu à boire de février, Maxime Saumier Demers a expérimenté différentes associations de goût et garni le garde-manger d\u2019un éventail d\u2019aliments.Québécois, dans la mesure du possible.« On a ce parti pris de miser le plus possible sur des produits locaux. » A u c h a p i t r e d e s b o i s s o n s gazeuses, il a notamment expérimenté avec les bouteilles de Bull\u2019s Head et de 1642, deux bannières québécoises.« La boisson gazeuse au yuzu de 1642, par exemple, s\u2019apparente au Seven Up, mais elle est bien meilleure au goût parce qu\u2019elle est beaucoup moins sucrée, en plus de présenter un subtil goût poivré. » Côté bulles, Maxime Saumier Demers souligne les possibilités que permettent les vins mousseux sans alcool Krystale Royale, qu\u2019on trouve aisément en supermarchés.« Si on le boit tout seul, très franchement, ça ne remplace pas un mousseux avec de l\u2019alcool.Mais dans un drink sans alcool, combiné à d\u2019autres ingrédients, c\u2019est vraiment intéressant pour faire un Spritz sans alcool, par exemple. » Après ça, le bonheur est dans l\u2019expérimentation.À force d\u2019essai- erreur dans le shaker, on trouve le parfait mélange.« On a toujours proposé d\u2019attrayants cocktails sans alcool au resto, on trouve important d\u2019avoir cette offre-là, mais en poussant l\u2019idée davantage, cette année, et parce qu\u2019on a multiplié les tests de goût pour prendre part au Défi 28 jours, on arrive avec des résultats qui nous surprennent nous- mêmes.Après ça, nous, on donne des idées, mais ce qu\u2019on espère, c\u2019est que les gens vont s\u2019amuser à partir de ça. » Commentaires, questions, suggestions?Écrivez-moi : karine.tremblay@latribune.qc.ca Suivez-moi sur Instagram : karine.encuisine «?Un cocktail, au fond, c\u2019est un peu comme une recette.Je prends l\u2019exemple d\u2019une sauce qu\u2019on peut concocter avec ou sans vin : oui, le vin apporte une touche unique, mais il y a toujours moyen d\u2019aller ajouter du goût et de la profondeur autrement.?» \u2014 Maxime Saumier Demers, coproprio d\u2019Ô Chevreuil SANS ALCOOL, MAIS AVEC GOÛT P H O T O S 1 2 3 R F laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M25 EN CUISINE Un panaché qui a du panache.\u2014 PHOTO FOURNIE Le pollen d\u2019abeille peut ajouter un petit kick aux mocktails.\u2014 PHOTO FOURNIE SHERBROOKE \u2014 Je ne vous apprends rien en vous disant que les temps sont difficiles pour les restaurateurs.La fermeture prolongée des salles à manger fait mal à tous les joueurs du milieu.Partout dans la province, les créateurs de saveurs usent d\u2019imagination et multiplient les initiatives pour se maintenir à flot et traverser la tempête.Se réinventer, ils le font.Avec brio.Inventivité.Audace.C\u2019est pour leur donner un coup de pouce supplémentaire que Montréal en lumière et la SAQ ont lancé la campagne citoyenne de solidarité J\u2019adore mon resto, plus tôt en janvier.Si l\u2019initiative émane de Montréal (où divers intervenants plaident depuis un temps déjà pour qu\u2019on reconnaisse la gastronomie québécoise comme un élé- ment-clé de notre identité culturelle), elle s\u2019adresse à tout le Québec.Partout, chacun chez nous, on peut poser un petit geste pour appuyer nos adresses gourmandes de proximité.Pendant l\u2019événement, certes, mais aussi après celui-ci.L\u2019idée est inspirante en ce qu\u2019elle propose différentes façons de soutenir nos restaurateurs de semaine en semaine, au-delà du classique souper à emporter qu\u2019on va chercher un soir où on n\u2019a pas trop envie de cuisiner.Faire livrer un repas à un proche dans le besoin, offrir une carte-cadeau de resto, remplir le frigo de produits dérivés préparés par un restaurateur du quartier, orchestrer une soirée- resto virtuelle entre amis sont quelques-unes des idées pigées sur le site montrealenlumière.com/jadoremonresto.Et là, évidemment qu\u2019à l\u2019approche de la Saint-Valentin, on encourage le réflexe d\u2019éplucher les offres gastronomiques des bonnes adresses tout près.Des offres si nombreuses, en fait, qu\u2019elles donnent envie d\u2019étirer la fête et de souper en tête à tête cinq soirs plutôt qu\u2019un.Qu\u2019on s\u2019en tienne au classique 14 février, ou qu\u2019on décrète que Cupidon décoche du 12 au 16, cette année, l\u2019occasion est belle d\u2019envoyer une dose d\u2019amour à nos restaurants favoris.Au-delà des sous investis chez chacun, et au-delà du bonheur de nos papilles, il y a le geste qui compte.Ce geste qui, autant qu\u2019un mot doux, dit l\u2019attachement, le support, la solidarité.KARINE TREMBLAY PANACHÉ AU BASILIC (RECETTE DE Ô SIROP) 2 onces de boisson gazeuse 1642 yuzu Bière BockAle Berliner Sonne (sans alcool) Feuille de basilic 1 once Ô sirop argousier (optionnel) MANIPULATIONS Taper deux feuilles de basilic dans le fond du verre de votre choix Remplir le verre de glace Remplir au trois quarts avec la bière sans alcool Allonger avec la boisson gazeuse 1642 yuzu Décorer avec deux feuilles de basilic Note : Pour une touche plus acidulée, vous pouvez ajouter 1 once de Ô Sirop à l\u2019argousier.QUELQUES REHAUSSEURS DE SAVEURS Maxime Saumier Demers a multiplié les associations de saveurs dans son shaker.Il nous donne quelques pistes pour ajouter un peu de fantaisie à notre cocktail sans alcool.Les fines herbes variées : « romarin, basilic, menthe, thym et autres fines verdures peuvent venir ajouter une touche aromatique plus qu\u2019intéressante. » Du gelato aux différents parfums : « Ceux que font nos amis du Savo nous ont inspiré de belles idées. » Du cidre sans alcool Des boissons gazeuses artisanales, comme celles des compagnies 1642 et Bull\u2019s Head : « Elles sont plus délicates et moins sucrées que les boissons gazeuses conventionnelles, ce qui les rend plus faciles à marier avec autre chose. » Des jus variés : « Il y a, par exemple, le mix de Bloody Ceasar Walter, qui est canadien et qui est très bon. » Des pommes déshydratées Des bières sans alcool « pour faire des panachés. » Des fleurs séchées comestibles « pour ajouter une touche florale. » Des épices : « la cannelle et la cardamome, notamment, qui se prêtent bien aux mélanges plus hivernaux. » Des blancs d\u2019œufs pour faire des « sour » Du pollen de miel : « C\u2019est un peu plus niché, mais ça nous amène ailleurs au niveau gustatif. » J\u2019ADORE MON RESTO : DOSE D\u2019AMOUR POUR NOS RESTAURATEURS SHIRLEY TEMPLE (SANS ALCOOL) 101 Envie de vous bricoler un chouette breuvage sans y passer toute l\u2019heure de l\u2019apéro?Facile, dit Maxime Saumier Demers.Commencez par vous confectionner un sirop fruité.Il n\u2019y a pas plus simple.On mélange dans une casserole disons ¼ t.eau et ¼ t.sucre.On ajoute un fruit de son choix, des petites baies fraîches ou surgelées, par exemple.On amène le tout à ébullition pendant environ deux ou trois minutes et on laisse refroidir avant de filtrer.« Ça nous donne un sirop simple parfumé.On en glisse une once, une once et demie dans un verre auquel on ajoute une eau pétillante ou une boisson gazeuse blanche avec quelques glaçons et déjà, c\u2019est délicieux.Après, au goût, on peut ajouter un peu de jus de lime frais, des feuilles de basilic, ce qui nous plaît et ce qu\u2019on a sous la main », remarque Maxime. SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M26 samedi 6 février 021 leSoleil 42 Ève Tessier-Bouchard Coopérative nationale de l\u2019information indépendante T u te demandes peut-être pourquoi il existe un mois spécialement dédié à la communauté noire.En fait, c\u2019est l\u2019occasion de célébrer la façon dont les Canadiens noirs ont contribué à l\u2019histoire et à la culture de notre pays.C\u2019est aussi un moment pour se rappeler les injustices que les personnes noires ont vécues au cours de derniers siècles et d\u2019apprendre des erreurs du passé.Pendant longtemps, les personnes noires en Amérique du Nord ont été victimes d\u2019inégalités.C\u2019est pourquoi il existe aujourd\u2019hui un mois complet pour informer les gens de cette partie plus sombre de l\u2019histoire.Cela permet de mieux comprendre les défis actuels liés au racisme et à la discrimination.Et surtout, cela nous permet, au P\u2019tit Mag, d\u2019honorer des personnes noires qui ont contribué à notre société de façon très positive! TEXTES : JuliEn lachapEllE, MariE-SolEil BraulT ET ÉloïSE laMoThE, JournaliSTES STagiairES dominique anglade avant d\u2019arriver en politique, dominique anglade était une femme d\u2019affaires d\u2019expérience.elle est élue pour le Parti libéral du québec depuis 2015.en 2020, elle est devenue non seulement la première femme noire à être élue comme cheffe du parti libéral au québec, mais la première femme tout court à occuper le poste depuis la création du parti en 1867.régine laurent infirmière québécoise d\u2019origine haïtienne, régine laurent est devenue la première femme noire à devenir présidente de la fédération interprofessionnelle de la santé du québec.entre 2009 et 2017, elle a milité pour que les infirmières du québec puissent avoir accès à de meilleures conditions de travail.de plus, c\u2019est elle qui a été choisie l\u2019an dernier pour présider la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse mise en place pour trouver des solutions aux problèmes auxquels fait face la dPJ actuellement.dany laferrière Ce grand auteur québécois d\u2019origine haïtienne a écrit plusieurs livres qui ont marqué la littérature québécoise.de plus, dany laferrière est membre de l\u2019académie française depuis 2013.il est le premier Canadien à avoir cette nomination prestigieuse depuis la création de l\u2019académie.Cette académie a pour but d\u2019améliorer la langue française et de la mettre à jour chaque année.BouCar diouf d\u2019origine sénégalaise, Boucar diouf est l\u2019un de nos humoristes les plus appréciés.mais savais-tu qu\u2019il est aussi docteur en biologie?il a même déjà enseigné la biologie à l\u2019université du québec à rimouski au début des années 2000.Boucar diouf est un grand ambassadeur qui met de l\u2019avant l\u2019importance de la langue française et de la science au québec.P.K.suBBan il a été notre joueur de hockey préféré pendant des années.même s\u2019il n\u2019est plus à montréal, P.K.subban continue de s\u2019impliquer au sein de la communauté québécoise.on se souvient du don de 10 millions de dollars qu\u2019il a fait à la fondation de l\u2019Hôpital de montréal pour enfants en 2015.Ce don avait été fait avec sa fondation P.K.subban.il s\u2019agit du plus grand don fait par un athlète professionnel canadien.Cinq Personnalités noires du quéBeC! (Photo personnelle) P H o t o 1 2 3 r f / u l r i K e s C H a n z Février, le Mois de l\u2019histoire des Noirs PHotos / dominique anglade : assemBlée nationale, régine laurent : PHototHèque le soleil, dany laferrière : PHototHèque le soleil, yan douBlet, BouCar diouf : PHototHèque la triBune, P.K.suBBan : PHoto sHayne laverdière laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M27 LE P\u2019TIT MAG eSoleil samedi 6 février 20 1 43 le p\u2019tit mag archives associated Press Photo Wikimedia commons Photo tirée de tWitter en 2018, de nouveaux billets de 10 $ ont été mis en circulation au canada.ils ont une particularité, et pas des moindres : pour la première fois dans l\u2019histoire du canada, c\u2019est une femme noire, viola desmond, qui y figure.et ce n\u2019est pas par hasard : elle a été l\u2019une des premières activistes pour les droits des noirs au canada.son courage, son intelligence, sa détermination et sa force ont permis de faire évoluer les mentalités et la société tout entière.avec ce balado, découvre l\u2019histoire de cette grande dame?! voici le lien pour écouter son histoire racontée aux jeunes?: lpalo.com/podcasts/ portraits/ viola-desmond/ Un balado PoUr connaître Une militante imPortante! des Personnalités qUi vivent des Premières fois! nicholas Johnson Le premier étudiant noir à être nommé «?Meilleur élève de l\u2019année?», à l\u2019Université de Princeton.nicholas Johnson vient de montréal, et il a étudié à l\u2019Université de Princeton, aux états-Unis.en 2020, à seulement 22 ans, il a marqué l\u2019histoire de son école.il est devenu le premier étudiant noir à être nommé «?valedictorian?» depuis la fondation de l\u2019université il y a 274 ans?! recevoir ce titre est un très grand honneur.cela signifie qu\u2019il s\u2019est démarqué tout au long de ses études?! Pour nicholas, cette fierté est aussi très significative puisqu\u2019elle représente un changement important dans l\u2019histoire de son université qui a longtemps été associée à l\u2019esclavage des noirs.nicholas est le symbole d\u2019une belle évolution?! i l l U s t r a t i o n m a y l e e k e o Willie o\u2019ree, Le premier joueur noir de la LNH en 1958, Willie o\u2019ree, qui est né au nouveau- brunswick, a rejoint les bruins de boston sur la glace.cela a fait de lui le premier joueur de hockey noir à jouer dans la ligne nationale de hockey (lnh)?! il a également agi comme ambassadeur de la diversité pour la lnh.Puisqu\u2019il était la première personne noire à faire partie d\u2019une équipe de hockey dans la lnh, Willie o\u2019ree a pu inspirer plusieurs enfants et adolescents qui lui ressemblaient à poursuivre leurs rêves.mifflin Gibbs Le premier politicien noir élu du Canada en 1866, mifflin Gibbs a été élu conseiller municipal de la ville de victoria, en colombie-britannique, une province à l\u2019ouest du canada.il a été le premier politicien noir au canada?! au canada, c\u2019est en 1837 que les personnes noires ont obtenu le droit de voter.Par contre, il y avait encore du racisme, mais cela n\u2019a pas empêché mifflin de s\u2019impliquer dans la vie politique à son arrivée ici au canada.en 2016, la ville de victoria a décidé de nommer la journée du 19 novembre, la «?Journée mifflin Wistar Gibbs?» en l\u2019honneur de son parcours politique.yolande James La première personne noire à devenir ministre au Québec yolande James est née à montréal et elle a étudié le droit à l\u2019université.dès sa sortie de l\u2019école, elle s\u2019est impliquée en politique.elle a été élue députée de nelligan à plusieurs reprises?! en 2007, elle est officiellement nommée à la tête du ministère de l\u2019immigration et des communautés culturelles du québec.ce qui a fait d\u2019elle la plus jeune membre et la première personne noire à siéger au conseil des ministres.elle travaille maintenant comme avocate et commentatrice politique à la télévision.elle fait aussi des conférences sur l\u2019égalité des hommes et des femmes, sur l\u2019immigration et d\u2019autres sujets qui touchent la population.Photo lisa festa Université Princeton via la Presse canadienne SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M28 LE P\u2019TIT MAG samedi 6 février 021 leSoleil 44 Le P\u2019tit mag le jeu des 7 erreurs Ces deux CariCatures d\u2019andré-PhiliPPe Côté sont en aPParenCe identiques.en réalité, il y a 7 erreurs.Es-tu obsErvatEur?soLutIoN 1 la nageoire dorsale du poisson orange 2 les écailles d\u2019un poisson 3 la patte d\u2019un kangourou 4 les gouttes d\u2019eau 5 une partie d\u2019algue en moins 6 les rayures d\u2019un poisson blanc 7 une flamme en moins C\u2019Est pLatE.qu\u2019est-Ce qu\u2019on fait?Partagez les blagues et les phrases craquantes de vos enfants à lemag@lesoleil.com faItEs- Nous rIrE il y a longtemps, à la fin d\u2019un cours d\u2019éducation physique nous révisions les parties du visage.Un enfant l\u2019air très embêté me demande : «Claire, tu me dis que j\u2019ai des paupières!!!! Mon père prend la \u2018\u2019paupière Laporte\u2019\u2019 tous les matins, je ne comprends rien.explique-moi!!!!!» (Pont Pierre-Laporte) \u2014 garçon, 5-6 ans, à Charny, il y a près de 40 ans Amuse-toi au Carnaval! Pour bien commencer la fin de semaine, fais la grande tournée des magnifiques sculptures de glace et de neige qui ont été façonnées à l\u2019occasion du 67e Carnaval de Québec.jusqu\u2019au 14 février, tu pourras admirer une centaine de ces œuvres ainsi que des tours de glace de six mètres de hauteur.Tu en trouveras partout dans la ville de Québec en te guidant avec une carte interactive : app.carnaval.qc.ca Puis, le dimanche 7 février dès 7h du matin, tu pourras regarder le voyageur-chanson- nier arthur l\u2019aventurier raconter ses étonnantes histoires sur la chaîne YouTube du Carnaval.il racontera notamment comment il est parvenu à retracer Bonhomme quand il s\u2019était perdu dans le Grand Nord! À voir ici : youtube.com/user/carnavaldequebec Bon Carnaval! FrAnCis Higgins P h o T o s a u d e T P h o T o laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M29 ACTUALITÉS Jacinthe ne s\u2019ennuie pas de vous V ous savez, quand le ronron du frigo s\u2019arrête et que vous vous sentez étrangement soulagé?Eh bien, Jacinthe se sent comme ça en confinement.Après quatre mois de zone rouge, plusieurs paieraient cher pour aller boire du vin chez des amis, bruncher avec toute la famille à la maison ou trinquer dans un 5 à 7 avec les collègues.Pas Jacinthe.Au fil du confinement, elle a réalisé que les rassemblements ne lui manquaient aucunement.Avant la pandémie, je « faisais des plans ou j\u2019acceptais les invitations parce que j\u2019avais l\u2019impression que c\u2019était ce qu\u2019on attendait de moi », m\u2019explique-t-elle.Maintenant que personne ne peut l\u2019inviter à son party de fête, elle se sent libérée.Jacinthe est loin d\u2019être la seule à éprouver ce sentiment pendant le confinement.À des degrés différents, on est plusieurs à avoir ressenti la JOMO (pour joy of missing out, « joie de rater quelque chose »), antithèse de la FOMO (fear of missing out, « peur de rater quelque chose ») en zone rouge.Dans sa version la plus clichée, la FOMO renvoie à ces millé- naux qui saturent leur temps libre de rencontres superficielles, juste être sûrs de ne rien rater.Leurs téléphones bourdonnent de notifications sur les allées et venues de leurs amis.Quoi, Mat- teo et Myriam vont voir un artiste émergent dans un bar clandestin à l\u2019autre bout de la ville?! Moi aussi d\u2019abord! Vous ne vous reconnaissez peut- être pas là-dedans.Mais, à plus petite échelle, on est sûrement plus nombreux qu\u2019on pense à succomber aux sirènes du FOMO.On accepte des invitations à contrecœur par peur de décevoir, on remplit nos fins de semaine de la triade brunchs - 5 à 7 - soupers par crainte d\u2019être laissé de côté.À force de s\u2019éparpiller comme ça, certains réalisent qu\u2019ils ont du mal à s\u2019engager dans les relations qui comptent vraiment pour eux, à commencer par leur couple, leurs enfants, leurs parents.Ils prennent aussi conscience qu\u2019ils ont plein d\u2019amis avec qui aller prendre un verre, mais personne pour les aider à déménager.Avant la pandémie, Jacinthe avait déjà amorcé un ralentissement social.« J\u2019avais une vie sociale moyennement active, genre un souper amical occasionnel, peut-être une fois par mois, m\u2019a-t-elle décrit.Plus jeune j\u2019étais beaucoup plus active socialement, mais ça s\u2019est calmé graduellement. » Avec le confinement, elle s\u2019est rendu compte qu\u2019elle ne s\u2019ennuyait même pas de ces soupers occasionnels.Elle était comblée par sa bulle, bien contente de passer son temps libre avec son fiancé, ses deux ados et elle-même.Non, Jacinthe n\u2019est pas une ermite qui tardait à sortir du placard.Elle aime les gens, mais pas en groupe.Quand elle va dans un souper d\u2019amis, elle sent monter son anxiété sociale.Elle craint le jugement des autres.En revenant à la maison, elle finit toujours par ruminer ses déclarations : ah! j\u2019aurais pas du dire ça, j\u2019ai eu l\u2019air conne.« Avec comme résultat que je consommais pratiquement toujours trop d\u2019alcool en situation sociale pour étouffer mon malaise, et que je traînais des doutes et des angoisses les heures et les jours suivants ces événements », m\u2019a expliqué Jacinthe.Jacinthe, vous l\u2019aurez compris, est une introvertie, comme 30 à 50 % de la population.Elle a une préférence pour les environnements faiblement stimulants.Elle puise son énergie non pas dans le contact avec les autres, mais dans le calme et l\u2019introspection.Mais être introverti n\u2019est pas synonyme d\u2019anxiété sociale.Il y a un grand nombre d\u2019extravertis qui sont aussi anxieux socialement.Cela dit, il est courant que les introvertis soient aux prises avec un certain niveau d\u2019anxiété sociale, comme Jacinthe.Dans la pièce Huis clos, de Jean-Paul Sartre, l\u2019un des trois personnages de la pièce dit à la fin : « Tous ces regards qui me mangent.[\u2026] Pas besoin de gril, l\u2019enfer c\u2019est les autres ».En confinement, l\u2019enfer ne brûle pas, il crépite.Et c\u2019est peut-être pour ça qu\u2019il semble si apaisant pour les gens qui préfèrent se soustraire au regard des autres.Alors oui, Jacinthe profite du JOMO ces temps-ci.Mais un jour ou l\u2019autre, la vie normale va reprendre.Et quand l\u2019enfer va brûler de nouveau, que fera-t-elle?Je lui en reparlerai à ce moment.Mais je me demande si elle ne devrait pas en profiter pour apprendre à atténuer son anxiété sociale.On a tous besoin d\u2019amis en dehors de notre bulle.Et les amis sont contents qu\u2019on soit là à leur fête, même si on leur dit qu\u2019on va se reprendre en tête-à-tête.En même temps, si Jacinthe ressort du confinement avec plus de JOMO et moins de FOMO, tant mieux.Comme elle, plusieurs choisiront peut-être leurs rassemblements avec plus de parcimonie après la pandémie.Ou ils seront peut-être moins girouettes.Et ça, qui s\u2019en plaindra?Jacinthe puise son énergie dans le calme et l\u2019introspection.\u2014 PHOTO 123RF/IVAN KRUK MARC ALLARD CHRONIQUE mallard@lesoleil.com NOUS, LES HUMAINS CLAUDE PLANTE claude.plante@latribune.qc.ca MAGOG \u2014 Les amateurs de plein air sont invités à utiliser un nouveau réseau de quatre kilomètres de pistes de ski de fond entretenues au parc de la Rivière-aux-Ce- rises à Orford.Les fondeurs peuvent skier dans un décor enchanteur hivernal, promet la municipalité d\u2019Orford.Travaillés mécaniquement, ces sentiers de ski de fond sont de niveaux facile et intermédiaire.Il s\u2019agit d\u2019une offre supplémentaire dans la région pour cette activité qui connaît un engouement cet hiver.Les marcheurs sont invités à suivre les pistes pour le ski de fond, mais en se déplaçant de façon à ne pas les endommager.On demande de respecter les normes de distanciation et d\u2019hygiène en vigueur en tout temps.La municipalité souligne que le projet a été réalisé avec la participation de l\u2019organisme Orford 3.0 et grâce au droit de passage accordé par les propriétaires des terrains privés utilisés.Il est possible de louer des équipements de ski de fond pour une période de randonnée sur les sentiers.L\u2019accès aux sentiers de ski de fond dépend des conditions de la météo et de la quantité de neige au sol.La municipalité d\u2019Orford invite les fondeurs La municipalité d\u2019Orford inaugure un nouveau réseau de quatre kilomètres de pistes de ski de fond entretenues à partir du parc de la Rivière-aux-Cerises.\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, MAXIME PICARD SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M30 ACTUALITÉS P ourquoi s\u2019évertue-t-on à dire « acheter local » plutôt qu\u2019« acheter localement »?Maurice Marcotte Saint-Raymond-de-Portneuf « Acheter local » n\u2019est effectivement pas une locution qui suit les règles de grammaire usuelles.Nous avons ici un adjectif (local) qui semble être accidentellement utilisé comme un adverbe, ce que la Banque de dépannage linguistique (BDL) considère comme familier.Voici d\u2019autres exemples qu\u2019elle déconseille.Après le travail, Hélène se rend direct (plutôt que directement) à la maison.Quand je joue à ce jeu vidéo, je récolte facile (plutôt que facilement) cent mille points.Ses trois enfants, Jean les aime tous pareil (plutôt que pareillement).Mais précisons tout de suite qu\u2019employer un adjectif comme adverbe n\u2019est pas fondamentalement mauvais.Il y a de multiples cas qui sont acceptés.« Voir grand », « parler bas », « chanter fort », « coûter cher », « sauter haut » en sont des exemples.C\u2019est lorsqu\u2019on s\u2019écarte de ces formules consacrées que la BDL met un feu jaune.Autrement dit, on ne peut pas faire ça avec n\u2019importe quel adjectif.Je fais toutefois une parenthèse ici pour souligner qu\u2019en publicité, on recourt souvent à ce procédé.Pensez aux célèbres slogans « Roulez électrique » et « Roulez vert ».Cette petite entorse aux règles de syntaxe permet de sortir du lot, et c\u2019est justement ce que souhaitent les publicitaires.À ce titre, on pourrait d\u2019ailleurs considérer qu\u2019« acheter local » est une sorte de slogan de la cause environnementale.J\u2019ai fait une rapide recherche dans les archives des médias québécois, et cette tournure a fait son apparition à peu près en même temps que le principe d\u2019achat local, c\u2019est-à-dire au début des années 1990.C\u2019est au cours de la décennie 2000-2010 qu\u2019elle s\u2019est ancrée dans l\u2019usage.VRAI LOCAL ET FAUX LOCAL Mais je vous avoue douter que local soit adjectif ici, parce que, dans le concept d\u2019achat local, ce qui importe le plus, c\u2019est l\u2019endroit où le produit a été fabriqué, et non le fait qu\u2019il a été acheté localement.Autrement dit, si vous achetez une bouilloire faite en Chine dans la quincaillerie en face de chez vous, vous pourriez très bien affirmer que vous avez « acheté localement ».Mais vous aurez perdu une partie de l\u2019esprit de départ : ce n\u2019est pas tant l\u2019endroit où vous avez acheté qui compte, mais le fait que l\u2019objet de votre achat doit avoir parcouru le moins de distance possible entre son lieu de production et vous.Je fais encore une parenthèse : la pandémie ayant beaucoup affecté le commerce de proximité, plusieurs personnes incluent désormais les marchands locaux dans l\u2019achat local, sans égard à l\u2019origine des produits vendus, ce que d\u2019autres perçoivent comme une dérive.SUBSTANTIQUOI?En somme, j\u2019ai plutôt tendance à croire qu\u2019acheter local, c\u2019est acheter « du » local, l\u2019adjectif étant devenu, en quelque sorte, un nom désignant des produits fabriqués localement.Au lieu de toujours dire « acheter des produits locaux », on s\u2019est tourné vers une formule allégée.J\u2019entends déjà votre prochaine question : et est-ce qu\u2019on a le droit de faire ça, transformer un adjectif en nom?Tellement! C\u2019est une pratique extrêmement répandue dans la langue française.En termes précis, on parle de « substantivation d\u2019un adjectif ».Voici des exemples de phrases où des adjectifs sont employés comme noms.L\u2019important, c\u2019est de ne pas multiplier les contacts trop vite.L\u2019essentiel, c\u2019est d\u2019être aimé.Il y a du beau et du bon dans cette histoire.Comment distinguer le vrai du faux dans cette affaire?Dans de nombreux cas, cette utilisation de l\u2019adjectif comme nom est devenue tellement courante que l\u2019usage a fini par entrer dans les dictionnaires.Lorsque la définition d\u2019un mot en tant qu\u2019adjectif arrive avant celle en tant que nom, c\u2019est généralement signe que le mot existait d\u2019abord comme adjectif.Mais pas besoin de la caution des dictionnaires pour recourir à ce procédé.Par exemple, si l\u2019envie vous prend d\u2019écrire que « les intolérants, dans ce débat, ce sont justement ceux qui accusent les autres d\u2019intolérance », inutile d\u2019aller d\u2019abord vérifier dans un Larousse si intolérant est accepté comme nom.TOURNURE ELLIPTIQUE Vous vous demandez où est passé l\u2019article, le « du »?On entre ici dans le territoire de la figure de style, plus précisément de l\u2019ellipse : on omet volontairement une partie du texte pour dynamiser la phrase.Cela crée un effet original, dans ce cas-ci un nom qui donne l\u2019impression d\u2019être employé comme adverbe.Cette formule est également utilisée en poésie et.en publicité (ce qui nous ramène à l\u2019idée qu\u2019« acheter local » nous vient peut-être de ce domaine).Le 24 septembre, votez Parti vert (au lieu de votez pour le Parti vert).Dégât d\u2019eau?Pensez Qua- lipropre (au lieu de pensez à Qualipropre).« Elle marchait combat, le miel au bout des doigts [\u2026], elle roulait colosse, les creux et les bosses (extrait de Nelly, chanson de Bori, texte de Mélanie Noël). » WHAT ABOUT ENGLIGH?Dernière hypothèse : se pour- rait-il qu\u2019« acheter local » soit tout simplement le calque de l\u2019anglais « buying local »?C\u2019est très probable, sauf que « buying local » n\u2019est pas une construction normale en anglais non plus, par rapport, par exemple, à « local purchasing ».Dans cette langue aussi, « buying local » est considérée comme une formule abrégée, l\u2019adjectif conventionnel étant plutôt « locally ».En tout cas, je n\u2019ai trouvé aucune source fiable donnant des exemples d\u2019emplois de local comme adverbe.PERLES DE LA SEMAINE Les parents d\u2019enfants rois nous offrent aussi des perles royales lorsqu\u2019ils envoient des mots d\u2019excuse.Il donnait des coups de pied pour s\u2019amuser quand la tête d\u2019un camarade est venue à sa rencontre.Mon fils n\u2019a jamais été un drogué et, en plus, il a fait une cure de désintoxication.Il a bien blessé son camarade, mais en faisant attention de ne pas lui faire mal.Mon fils s\u2019est trompé de jour pour reprendre la classe, mais c\u2019est pas étonnant, puisque vous ne leur apprenez pas à compter.Ma fille se tracasse beaucoup, car elle a peur de ne pas avoir son bac à lauréat.Source : Le sottisier du bac, Philippe Mignaval, Hors Collection, 2007.Questions ou commentaires?Steve.bergeron@latribune.qc.ca STEVE BERGERON SÉANCE D\u2019ORTHOGRAPHE steve.bergeron@latribune.qc.ca Acheter local ou localement ?\u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, FRÉDÉRIC CÔTÉ laTribune SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 M31 AMAR FARKOUH jeunesse ISABELLE PION isabelle.pion@latribune.qc.ca SHERBROOKE \u2014 « Sherbrooke, je considère que c\u2019est la ville qui m\u2019a donné naissance au Québec, au Canada. » Si cette terre d\u2019accueil a donné une seconde vie à Amar Farkouh, l\u2019étudiant a de son côté fait rayonner le Cégep de Sherbrooke, en devenant le tout premier lauréat de la bourse Loran au sein de cette institution.Il y a cinq ans, Amar Farkouh fuyait la Syrie, devenue trop dangereuse, avec ses parents et son frère aîné.« En raison de la guerre, on a dû partir.Le Canada a quand même été généreux de nous accepter », souligne-t-il.Les réfugiés ont dû laisser leur famille derrière eux.« C\u2019est quelque chose qui est encore difficile pour nous, parce qu\u2019on est les seuls à être partis.Tous mes oncles, mes tantes, mes grands-parents, mes amis, mes cousins sont encore là.Ils nous expliquent la situation et là-bas c\u2019est encore plus difficile avec la pandémie.C\u2019est un double stress qui s\u2019ajoute, pour nous et pour eux, qui vivent dans cette situation.On garde le contact avec eux. » Arrivé dans sa ville d\u2019adoption en février 2016, le cadet de la famille a entrepris sa scolarisation en mars, dans une classe d\u2019accueil à La Montée.Pour pouvoir poursuivre sa formation en classe régulière et entamer son quatrième secondaire l\u2019année suivante, Amar Farkouh a bûché fort, très fort.Il savait que la suite dépendait grandement de sa capacité à maîtriser sa langue d\u2019adoption, dont il connaissait peu de choses lorsque l\u2019église Saint- Éphrem l\u2019a accueilli avec sa famille.« Ça a été vraiment difficile pour la langue.On parlait l\u2019arabe, un peu anglais », se remémorait-il lors d\u2019une première entrevue.Le nouvel arrivant s\u2019investit aussi dans sa communauté, notamment auprès de l\u2019église Saint-Éphrem comme coordonnateur d\u2019activités pour les enfants.Il est également bénévole pour SAFRIE (Soutien aux familles réfugiées et immigrantes de l\u2019Estrie).Pari réussi : Amar termine son parcours au secondaire comme s\u2019il l\u2019avait entrepris ici.La rencontre avec des étudiants de médecine en classe sera déterminante pour la suite des choses : ce rendez-vous crée une étincelle pour Amar.En 2019, alors âgé de 20 ans et étudiant en sciences de la nature au Cégep de Sherbrooke, Amar Farkouh obient une bourse Loran d\u2019une valeur de 100 000 $, qui lui permettra de financer ses études universitaires en médecine.Son dossier a été choisi parmi plus de 5000 candidatures.Les 36 lauréats, dont Amar, sont choisis pour leur détermination, leur volonté de rendre service à la communauté et leur leadership, entre autres.L e s c r i t è r e s d e l a b o u r s e demandent toutefois à ce que l\u2019établissement d\u2019enseignement ne soit pas dans la ville où il réside.Le jeune homme de 21 ans mène actuellement sa première année d\u2019étude à l\u2019Université de Montréal.en ligne dans la métropole.« Un des critères, c\u2019était de s\u2019éloigner pour s\u2019exposer à un nouveau défi. » Ses parents ont décidé de s\u2019y installer avec lui.Et son grand frère aîné, qui devait réaliser ses études à l\u2019Université de Colombie-Britannique, le fait.à partir de Montréal.La pandémie n\u2019aura pas eu que des effets négatifs, convient Amar, qui raconte au bout du fil à quel point le quatuor est tissé serré.DU TEMPS POUR S\u2019INVESTIR Le futur médecin souhaite aussi s\u2019engager dans sa nouvelle communauté.« Je pense qu\u2019avec l\u2019organisation du temps, on peut toujours en trouver pour s\u2019investir.Même à distance, j\u2019essaie de m\u2019impliquer dans des groupes d\u2019étudiants, qui visent par exemple à promouvoir la santé des enfants, qui s\u2019intéressent au contexte de la pandémie et ses effets sur la santé mentale des enfants à travers les conférences que l\u2019on organise. » Il aimerait aussi s\u2019impliquer auprès d\u2019un organisme qui s\u2019apparente à SAFRIE, notamment avec de l\u2019aide aux devoirs.Amar Farkouh ne sait pas encore quelle voie il prendra en médecine et n\u2019exclut aucune option à ce moment-ci.Il démontre notamment un intérêt pour la santé publique.Il voit dans son passé de réfugié des similitudes avec la réalité que connaissent les personnes autochtones, qui vivent pourtant dans un pays développé.Parmi les enjeux, l\u2019accès à l\u2019eau potable, que des citoyens n\u2019ont pourtant pas le luxe de tenir pour acquis.« Je trouve ça contradictoire de voir des gens qui habitent sur un même territoire, mais avec des réalités différentes.L\u2019accès à leur eau potable est vraiment difficile dans le nord du Québec et du Canada (.).On vivait la même difficulté dans mon pays.C\u2019est axé sur des besoins primaires.On ne parle pas d\u2019avoir accès à un téléphone cellulaire, ce sont des besoins de base, auxquels on ne répond pas. » Pourtant, on ne pourrait concevoir que les citoyens n\u2019aient pas accès à l\u2019eau à Montréal ou à Sherbrooke, par exemple.À Damas, il fut une période où sa famille et lui pouvaient avoir de l\u2019eau du robinet une fois par semaine.« Tu dois remplir des réservoirs, parfois te réveiller à 2 h du matin parce que c\u2019est à cette heure-là que l\u2019eau doit arriver.C\u2019était un processus compliqué.À la fin, l\u2019humain s\u2019adapte pour survivre, mais c\u2019est difficile de constater la disparité entre les populations. » Redonner à sa communauté \u2014 PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE, ANDRÉ VUILLEMIN REPÈRES Étudiant en médecine à l\u2019Université de Montréal Arrivé à Sherbrooke le 11 février 2016 Premier lauréat de la Bourse Loran au Cégep de Sherbrooke Aujourd\u2019hui citoyen canadien PARTENAIRES COMMANDITAIRES ÉCOUTEZ L\u2019ESTRIE S\u2019ENTRETIENT AVEC LA PERSONNALITÉ DU MÉRITE ESTRIEN DÈS 15H30 REGARDEZ LA CAPSULE DU MÉRITE ESTRIEN AU TÉLÉJOURNAL ESTRIE 18H 0056260 SAMEDI 6 FÉVRIER 2021 laTribune M32 ON VOUS OFFRE UN PROJET SUR MESURE POUR VOTRE ENTREPRISE.CAHIER PROMOTIONNEL PAPIER MOBILE WEB TABLETTE MANDAT Mettre en valeur ce qui distingue votre entreprise : ses gens, ses produits et ses valeurs, a?n de mieux la faire connaître auprès de clients ou de fournisseurs potentiels, ou encore dans un objectif de recrutement de main-d\u2019œuvre.STRATÉGIE Entrevues réalisées auprès de personnes-clés de votre organisation et reportages sur vos réalisations, vos produits et vos services.Mise en pages personnalisée pour le cahier en version papier distribué à tous les abonnés, et aussi accessible sur le Web.Textes disponibles également sur le site latribune.ca et sur notre application tablette et mobile.RÉSULTATS Un cahier promotionnel qui inspire et qui se distingue dans son environnement.Des milliers de lecteurs exposés à vos produits et services sur nos différentes plateformes.CE TYPE DE PROJET VOUS INTÉRESSE?CONTACTEZ-NOUS! 819 564-5450 1 800 567-6955 Vous célébrez bientôt un anniversaire?Votre organisation vient de franchir une étape importante?Nous vous offrons de multiples vitrines pour en parler.UN CAHIER PERSONNALISÉ, DÉCLINÉ SUR TOUTES NOS PLATEFORMES! "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.