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Titre :
Le nouvelliste
Éditeur :
  • Trois-Rivières :Le nouvelliste,[1920]-
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le nouvelliste, 2021-10-16, Collections de BAnQ.

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[" + TÉLÉVISION Notre bulletin de mi-saison + LE BOURLINGUEUR Ne négligez pas Jasper SEMAINE DU 16 AU 22 OCTOBRE 2021 MATHIEU PELLETIER: DE SHAWINIGAN À BERLIN \u2014 P H O T O : C L A I R E S A B A T T I É WWW.OSTR.CA | 819 539-6444 DANSES FOLKLORIQUES Dimanche 17 octobre 2021 à 14 h 30 Centre des arts de Shawinigan Le concert d\u2019ouverture de la saison 2021-2022 amalgame avec audace une oeuvre enlevante du compositeur canadien John Estacio à une oeuvre dansante de Brahms et à la romantique œuvre pour violon et orchestre, la Fantaisie écossaise de Bruch portée par le jeune violoniste Blake Pouliot.Couronné par une symphonie de Dvorak, ce concert, porté par l\u2019excellence des musiciens de l\u2019OSTR et de son chef invité Jean-Marie Zeitouni, donne le ton à la nouvelle saison de l\u2019OSTR.Jean-Marie Zeitouni, direction | Blake Pouliot, violon Concert en distanciation SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E2 ARTS MAGAZINE FRANÇOIS HOUDE francois.houde@lenouvelliste.qc.ca Si la qualité de la ligne était variable, c\u2019est que l\u2019entrevue menée avec le comédien Mathieu Pelletier s\u2019est faite pendant qu\u2019il arpentait les rues animées du quartier qu\u2019il habite à Berlin.Le Shawiniganais d\u2019origine est établi dans la capitale allemande depuis une douzaine d\u2019années et sa carrière y fleurit.Remontons son parcours pour comprendre comment il a pu en arriver là.Il a vécu toute son enfance à Shawinigan, sa famille habitant successivement plusieurs secteurs de la ville.Après son passage au Séminaire Sainte-Marie, il a complété son cours collégial au Cégep de Trois-Rivières dans l\u2019option théâtre qu\u2019on y offre.I l a d\u2019ai l leurs compris assez tôt sa vocation puisqu\u2019il a fait des demandes d\u2019admission au Conservatoire d\u2019art dramatique de Montréal tout comme à l\u2019École nationale de théâtre du Canada, étant cependant refusé aux deux endroits.Il s\u2019est donc tourné vers un cours en enseignement à l\u2019Université de Montréal sans pour cela effacer de son esprit son option première.Il a poursuivi en parallèle des cours de théâtre.C\u2019est là qu\u2019on lui a parlé de la possibilité de faire son apprentissage du métier en Europe, ce qu\u2019il a fait en étant admis à l\u2019École internationale de théâtre Jacques Lecoq à Paris.Il n\u2019y a pas terminé son cours puisque quand, au terme d\u2019une première année, une opportunité s\u2019est présentée à lui d\u2019aller poursuivre ses études à Barcelone, il a sauté sur l\u2019occasion.Il y a étudié deux ans.Au terme de son cours, voyant les possibilités limitées qui s\u2019offraient à lui, il a suivi le conseil d\u2019une metteure en scène qui lui suggérait d\u2019aller en Allemagne.Une fois de plus, il a sauté dans le train comme si le destin avait pour lui un plan.«C\u2019est bizarre, fait- i l remarquer en racontant son parcours, parce que je ne me considère pas comme un aventurier de nature mais disons que dans ces circonstances, j\u2019étais prêt à prendre des risques.» Celui de s\u2019installer à Berlin sans même parler l\u2019allemand, par exemple.«J\u2019ai pris des cours intensifs d\u2019allemand pendant deux mois, un précieux cadeau que m\u2019a offert mon père.J\u2019ai travaillé comme serveur dans un cabaret où on présentait des spectacles de cirque et je me suis lié avec des artistes de la troupe.Au bout d\u2019un an, mon permis de travail ne me permettait plus de travailler comme serveur et j\u2019ai été forcé de me dénicher un boulot comme comédien.J\u2019en ai trouvé un dans le théâtre au sein duquel je travaille encore présentement.» Il s\u2019agit du ATZE Musiktheater, le plus grand théâtre musical pour enfants que compte l\u2019Allemagne.Ce qui nous amène à intégrer à cette histoire un détail qui n\u2019en est pas un  : Mathieu Pelletier est aussi musicien; une autre passion artistique datant de son adolescence.Guitariste, donc, il a trouvé sa place dans cette institution berlinoise de g ra n d e a mp l e u r pu i s q u \u2019e l l e abrite trois salles différentes et présente plusieurs productions différentes simultanément.SE SENTIR BIEN Mathieu Pelletier en témoigne, là-bas comme ici, les productions destinées aux enfants ne j ou i ss e nt pa s touj ou rs d\u2019u n \u2014 PHOTO: CLA IRE SABATTIÉ .MATHIEU PELLETIER: DE SHAWINIGAN À BERLIN Le théâtre pour enfant comme on le conçoit au ATZE Musiktheater est un divertissement de qualité pour jeune public.\u2014 PHOTO: JÖRG METZNER. leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E3 grand prestige dans l\u2019esprit du public.«Ce n\u2019est pas glamour du tout, résume l\u2019homme de 36 ans.J\u2019étais même parfois un peu gêné de dire à tout un chacun que c\u2019est comme ça que je gagnais ma vie.» «Avec le temps et, je peux bien le dire, une certaine maturité, j\u2019ai fini par accepter que c\u2019est tout simplement un domaine dans lequel je me sens bien.Dans la vingtaine, je me suis souvent demandé si ce que je faisais en tant que comédien était utile, nécessaire.Il m\u2019a fallu un certain temps pour comprendre que dans le théâtre pour enfants, ce que je fais est vraiment essentiel.Je sais que nos spectacles peuvent parfois faire une réelle différence dans leur vie; ça peut se graver dans leur tête pour très longtemps.Moi, c\u2019est tout jeune, en voyant des spectacles pour enfants, que j\u2019ai pris goût au théâtre et découvert ma passion.Aujourd\u2019hui, donc, je suis absolument convaincu que ce que je fais a du sens et est profondément utile.» L a ch o s e e st d\u2019au t a nt p l u s vraie qu\u2019il est père d\u2019une fillette de cinq ans et que celle-ci arrive donc à l\u2019âge d\u2019assister à ces spectacles.«Avec le théâtre destiné aux enfants, on est dans l\u2019essence même du théâtre, poursuit le comédien-musicien.C\u2019est un public vrai dont le jugement n\u2019est pas filtré par les conventions sociales.L\u2019enfant aime ou pas mais il est sincère.De plus, il n\u2019y a jamais deux représentations pareilles pour ce qui est de la réaction du public.C\u2019est très direct, très confrontant et très vrai.» SALTIMBANQUE Mathieu Pelletier travaille présentement sur une dizaine de pièces différentes présentées en parallèle au ATZE Musikthea- ter.On y apprécie son talent, sa polyvalence et son sérieux, apparemment.Il a d\u2019ailleurs suivi des cours de chant et appris à maîtriser différents instruments musicaux depuis qu\u2019il y travaille.Comme il soutient en vivre bien, financièrement parlant, il compte poursuivre cette aventure qui fait vibrer plusieurs cordes de ses passions pour quelques années encore.«Au moins jusqu\u2019à ce que ma fille soit trop vieille pour venir voir les spectacles.Présentement, j\u2019ai surtout besoin d\u2019être le père de ma fille.Plus tard, on verra.Je ne détesterais pas refaire de la tournée.» Je lui fais remarquer qu\u2019il y a encore chez lui quelque chose d\u2019un salt imbanque.I l r igole mais approuve.«Il y a quelques années, j\u2019ai travaillé pendant six mois comme comédien sur un bateau-théâtre, toujours en voyage.J\u2019ai beaucoup aimé ça.J\u2019ai de bons contacts avec une troupe allemande qui est constamment en tournée : j\u2019aimerais peut-être un jour me joindre à eux.» C\u2019est donc dire qu\u2019il aime bien sa vie allemande.«Oui, c\u2019est un endroit agréable à vivre mais avec ses qualités et ses défauts.Ici, on a une grande préoccupation pour les enfants : l\u2019éducation est d\u2019ailleurs gratuite, incluant l\u2019université.Il y a de magnifiques parcs super bien aménagés pour les enfants.Matériel lement, franchement, on vit bien.Les arts sont respectés et on leur donne une belle place.» Par contre, au niveau de la mentalité, le Shawiniganais se montre plus modéré.«Pendant la pandémie, j\u2019ai eu l\u2019occasion de réfléchir un peu à ma vie en Allemagne et j\u2019ai produit une série de capsules pour le web  : Les aventures du grand Math où j\u2019en parle sur un ton plutôt humoristique.Certains aspects de la vie ici sont plus embêtants.Il y a, par exemple, un esprit néolibéral qui prend de l\u2019ampleur et qui est un peu inquiétant, je trouve.Aussi, les gens ont un côté chialeux qui finit par être un peu pesant.Moi, je suis considéré comme spécial parce que je suis quelqu\u2019un de jovial qui cherche toujours le bon côté des choses.» Il illustre.« Au travail l\u2019autre jour, j\u2019étais de mauvais poil, irascible, un peu agressif.À la fin de la journée, on m\u2019a complimenté pour ça! Des gens m\u2019ont dit que c\u2019était bien que je manifeste du caractère.C\u2019est très allemand, ça.» Autre chose qui ne l\u2019enchante guère, ce sont les hivers berli- nois.«C\u2019est terrible, l\u2019hiver! C\u2019est constamment gris.En plus, les journées sont courtes alors, il n\u2019y a vraiment pas beaucoup de lumière.Je me souviens d\u2019un hiver où ç\u2019a été nuageux pendant 19 jours consécutifs.À la vingtième journée, on a eu 20 minutes de soleil et par la suite, on a eu dix autres journées de temps gris.Au Québec, il fait froid, mais l\u2019hiver est beau, tellement plus lumineux que ce qu\u2019on connaît ici.La conséquence, c\u2019est que l\u2019hiver, je travaille beaucoup et je pense que c\u2019est une des raisons pour lesquelles les Allemands travaillent tellement.» Avant une pandémie vécue là- bas dans des conditions similaires aux nôtres, le comédien revenait à Shawinigan deux fois par année : à Noël et en été.«À l\u2019avenir, j\u2019aimerais peut-être aller passer deux mois par année au Québec.J\u2019adore y retrouver la nature.Ma fille adore ça et je ne serais pas surpris que plus vieille, elle décide d\u2019émigrer au Québec.» Il n\u2019exclut pas de revenir s\u2019établir au Canada un jour.En même temps, il est fort bien installé en Allemagne et les possibilités de jouer, au théâtre comme au cinéma, sont peut-être plus grandes en Europe où il demeure à proximité des marchés francophones importants.«Depuis que ma fille est née, j\u2019ai davantage le sentiment d\u2019être un Allemand mais on vient d\u2019avoir les élections et ça m\u2019a rappelé un peu brutalement que je suis immigrant puisque je n\u2019avais pas droit de vote.Comme j\u2019ai quitté le Québec il y a plusieurs années, je me sens aussi un peu moins proche du Québec.Il reste que l\u2019enfance forge l\u2019individu et moi, je serai toujours profondément québécois.» Ni complètement Allemand, ni plus tout à fait Québécois et en même temps beaucoup des deux.Peut-on trancher en parlant de saltimbanque?«Avec le temps et, je peux bien le dire, une certaine maturité, j\u2019ai fini par accepter que c\u2019est tout simplement un domaine dans lequel je me sens bien.» SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E4 ARTS MAGAZINE ISABEL AUTHIER isabel.authier@lavoixdelest.ca Depuis son premier album En retard sur ma vie, il s\u2019est passé bien des choses dans la vie de Miro.Le chanteur revient sur disque deux ans plus tard avec Sablier, qu\u2019il décrit comme la suite logique du premier, dans la forme et dans le style.Quand on lui demande d\u2019entrée de jeu comment il se porte, le jeune homme confie qu\u2019il savoure l\u2019automne, sa saison préférée, et qu\u2019il profite de l\u2019effervescence entourant la sortie de ce second opus, dont les extraits Backdoor et Assez ont déjà été dévoilés.«Ça brasse pas mal et beaucoup de belles choses s\u2019en viennent», dit- il, en faisant notamment référence à son spectacle-lancement mon- tréalais qui se tiendra au MTELUS le 23 octobre.Mais nul besoin d\u2019être devin pour déceler à travers moult indices que Miro a connu une année parsemée de «péripéties personnelles», dont une peine de cœur.Ce n\u2019est probablement pas un hasard si la pochette de Sablier le montre attablé, les pieds dans l\u2019eau, en tête-à- tête avec lui-même.Il est aujourd\u2019hui de retour dans sa bulle créative à Montréal, après avoir passé beaucoup de temps dans sa bulle familiale à Granby, histoire de reprendre son souffle et son erre d\u2019aller.«On a été tellement en pause et en réflexion, maintenant, il faut que ça bouge.» LES GRANDES QUESTIONS La chanson Sablier , avec des paroles du genre Les saisons dans ma valise/Les années dans mes shoes/ Faut se laisser le temps/Le cycle va suivre son cours, représente bien l\u2019ambiance de ce nouvel album, affirme-t-il, d\u2019où la décision de l\u2019intituler ainsi.«C\u2019est un thème récurrent chez moi : l\u2019obsession du temps qui passe, le besoin de faire la paix avec le passé, de dealer avec ses bons coups, ses mauvais coups et ses regrets.» À 28 ans, Miro admet que oui, il se questionne beaucoup sur la vie.«Je ne suis pas une personne angoissée, mais comme bien du monde de mon âge, j\u2019ai des questions existentielles, surtout en temps de pandémie où tout devient un peu incertain.» Sa signature visuelle ludique, presque juvénile, et sa musique entraînante viennent toutefois adoucir le côté parfois plus sombre des textes qui habillent cette nouvelle offrande.Et même si les dix pièces de Sablier sont à son image, elles ne sont pas toutes nées de sa plume unique.C\u2019est dans l\u2019intimité de son cercle amical que tout a vu le jour.«Pour cet album, j\u2019ai pu déléguer.Cendre a écrit Pus de gaz et les autres chansons ont été coécrites avec mon ami Philippe Besner.Dans la vie, ce qui me fait triper, c\u2019est la composition musicale.Écrire les paroles n\u2019est pas l\u2019exercice que je préfère», laisse-t-il entendre.Au projet se sont aussi ajoutés ses copains Mike Clay (Assez), LeMind (Karma) et Georgette (Noyade).À la réalisation, l\u2019artiste a encore fait appel à Pierre-Luc Rioux et Chase Worell, avec pour résultat une écoute hautement décontractée, teintée de hip-hop et de musique urbaine, des styles qu\u2019il écoute beaucoup.Pourtant, sa passion des rythmes et des sons pourrait l\u2019amener ailleurs, lui qui rêve déjà à ce que sera son troisième opus.«Je pense que je vais avoir envie de le faire seul, tant à la musique qu\u2019à la réalisation, et en écrivant plus.J\u2019ai l\u2019impression que celui-là représentera un nouveau départ pour moi, parce que ce sera mon propre son», ajoute-t- il, en rappelant que c\u2019est la pop qui l\u2019habite depuis l\u2019enfance.Il a également envie de se rapprocher de plus en plus de la musique francophone, en mettant un peu de côté le franglais qui le caractérise et lui vient de façon naturelle.«Mon but, c\u2019est de ne plus faire de franglais.» Mais dans l\u2019ensemble, à quoi rêve Miro Belzil?«J\u2019adore ce que je fais en ce moment.Je vis un rêve si je repense au petit Miro qui rêvassait sur plein de choses.Mais on dirait qu\u2019à 28 ans, je commence tranquillement à être tanné de me voir à l\u2019avant-scène.«Bien sûr que j\u2019aimerais faire d\u2019autres albums et avoir une carrière florissante.Mais un côté de moi aimerait être dans l\u2019ombre, avoir une maison avec un beau studio dans le bois pour être en mode créatif, faire de la musique de film ou pour d\u2019autres artistes.Je me vois bien un jour faire ça!» MIRO L\u2019OBSESSION DU TEMPS QUI PASSE «C\u2019est un thème récurrent chez moi : l\u2019obsession du temps qui passe, le besoin de faire la paix avec le passé, de dealer avec ses bons coups, ses mauvais coups et ses regrets.» fait remarquer Miro.«Je ne suis pas une personne angoissée, mais comme bien du monde de mon âge, j\u2019ai des questions existentielles, surtout en temps de pandémie où tout devient un peu incertain» \u2014 Miro, 28 ans leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E5 De mémoire, je ne me souviens pas avoir connu une rentrée d\u2019automne aussi remplie en télé québécoise.Après une année de semi- disette, voici que TVA revient en force et que Noovo fait le plein de fictions originales.Un joyeux casse-tête pour tout amateur de télé qui ne veut rien manquer, d\u2019autant que, outre de rares exceptions, la qualité est au rendez-vous.\u203a RÉVOLUTION 10/10 TVA D\u2019abord, on s\u2019était ennuyé après un an d\u2019arrêt.Et puis, cette troisième saison, assurément la meilleure, atteint un tel niveau d\u2019excellence que seule une note parfaite lui convient.J\u2019ai du mal à identifier les performances qui m\u2019ont le plus ému tant il y en a.Y voir un Sébastien improviser un numéro sans musique, côtoyer un duo époustouflant de danse country, Marc et Sylvie, montre le vaste éventail proposé par cette émission qui ouvre les esprits.Quant aux juges, ils occupent le plateau comme jamais et leurs réactions en disent beaucoup sur la qualité de ce qu\u2019ils voient.Je suis ébahi.\u203a  EN DIRECT DE L\u2019UNIVERS 9,5/10 ICI TÉLÉ Encore de grands moments de télévision dans ce rendez-vous réconfortant.Il n\u2019y a que là qu\u2019on peut voir Howie des Backstreet Boys chanter la pomme à Sonia Benezra, Dany Turcotte se la faire chanter par son propre amoureux et Antoine Bertrand jouer les rappeurs et reprendre Sean Paul pour Hélène Bourgeois Leclerc.C\u2019est ce qu\u2019on peut appeler la bulle de bonheur du samedi soir.\u203a  INFOMAN 9,5/10 ICI TÉLÉ Juste à temps pour l\u2019élection fédérale et son concours Miss candidat, l\u2019émission de Jean-René Dufort est revenue en force.Bien au-delà de l\u2019humour, la spéciale sur les communautés autochtones donnait à réfléchir, soulignant mieux que bien des émissions dites sérieuses le caractère complètement dépassé de notre vision des peuples fondateurs.Elle devrait servir d\u2019exemple.NOTRE BULLETIN DE MI-SAISON Union QMDA dans Révolution \u2014 PHOTO OSA IMAGES 1 RICHARD THERRIEN CHRONIQUE rtherrien@lesoleil.com LIRE LA SUITE \u203a E6 ET E7 SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E6 ARTS MAGAZINE SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M10 ARTS \u203a ENTRE DEUX DRAPS 9,5/10 NOOVO Le couple formé de Carole et Jean- Pierre (Micheline Bernard et Martin Drainville), qui s\u2019est ajouté aux réguliers, est en voie de devenir mon préféré de la série.Une comédie à sketchs toujours efficace, drôle, dont chacune des scènes arrache à tout le moins un sourire.Pour moi un incontournable.\u203a LA TOUR 9/10 TVA PATRICK HUARD Cette émission mérite pleinement ses trois prix Gémeaux.On ne parle jamais pour ne rien dire dans ces rencontres chaleureuses auxquelles nous convie Patrick Huard.Ses souvenirs avec son partenaire de Bon Cop Bad Cop, Colm Feore, cette rencontre improbable entre trois générations, Hubert Lenoir, Guy Jodoin et Michelle Labrèche-Larouche, et cette franche discussion à l\u2019occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation font partie des moments uniques de ces demi- heures qui passent bien vite.\u203a .MOI NON PLUS! 9/10 NOOVO Dans la catégorie des émissions que j\u2019ai hâte de voir le mercredi soir.Pour l\u2019écriture intelligente et drôle des autrices, pour le duo que forme Catherine-Anne Toupin avec Vincent Leclerc, qui s\u2019avère très fort en comédie, et bien sûr, pour les lignes assassines de Christiane Pas- quier dans le rôle de la patronne.Acide par moments, très charmant à d\u2019autres.\u203a 100 GÉNIES 9/10 ICI TÉLÉ Ces génies ne cessent de m\u2019impressionner.et de me faire réaliser que je ne connais pas grand-chose! Leur enthousiasme et leur esprit de saine compétition sont contagieux.Certainement le jeu le plus enlevant de notre télé, animé par un Pierre-Yves Lord aussi efficace qu\u2019investi.\u203a LES MOMENTS PARFAITS 9/10 TVA Réjouissante surprise de ma rentrée, qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019esprit de Notre vie (This is Us).La preuve qu\u2019on peut être intéressant sans fusil ou poursuites policières.On se prend d\u2019affection pour la famille Thomas, parfaite dans ses imperfections.Catherine Trudeau y est formidable dans ce rôle d\u2019autrice peu sûre d\u2019elle-même.Mention spéciale à Marie-Thérèse Fortin, impayable dans son rôle de mère bourrue et accrochée au passé.Longue vie aux Moments parfaits.\u203a APRÈS 9/10 ICI TÉLÉ Pas totalement convaincu au départ, j\u2019ai été pris au cœur par la détresse des habitants de ce village, frappé par une tragédie.Karine Vanasse était encore une fois convaincante dans ce rôle plus carré et brut que ceux qu\u2019elle a interprétés par le passé.L\u2019ambiguïté entre son personnage et celui de David Boutin était bien exploitée.Impossible de ne pas se prendre d\u2019affection pour sa fille Danahée, interprétée avec un naturel désarmant par Camille Vincent.Un de mes personnages préférés demeure celui de la policière Suzanne Drouin (Alexa-Jeanne Dubé), à l\u2019humour surprenant, qui permettait au téléspectateur de respirer.\u203a SUR LES TRACES D\u2019UN TUEUR EN SÉRIE 9/10 CANAL D À mon avis la série de true crime la plus fouillée, jamais réalisée chez nous, sur les meurtres de jeunes femmes qui remontent aux années 70 et 80 et qui n\u2019ont jamais été résolus.Cette deuxième saison, aussi captivante que la première, mérite vraiment que vous vous y intéressiez.On sent toute la compassion et le désir de connaître la vérité du trio d\u2019enquêteurs formé de l\u2019expert Claude Sarrazin, de la journaliste à la recherche Sophie Charest et du spécialiste des crimes sériels Guillaume Louis.\u203a CHANTEURS MASQUÉS 9/10 TVA Je suis fou de cette adaptation d\u2019un concept coréen, éprouvé ailleurs dans le monde, même si je suis nul à deviner qui sont ces chanteurs masqués.Les décors sont impressionnants, les costumes, magnifiques, les chorégraphies, superbes.De l\u2019équipe d\u2019enquêteurs, c\u2019est Stéphane Rousseau qui me fait le plus rire en proposant des noms aussi saugrenus que ceux de Vladimir Poutine ou Raël! Le succès de l\u2019automne à TVA et ce n\u2019est pas pour rien.\u203a DISTRICT 31  8,5/10 ICI TÉLÉ La mort de Stéphane Pouliot (Sébastien Delorme), le départ de Gabrielle Simard (Geneviève Brouillette) et la nomination d\u2019un nouveau lieutenant ont relancé l\u2019intérêt pour la série, qui s\u2019essoufflait un peu en début de saison.Reste à voir si ces décisions risquées de l\u2019auteur Luc Dionne sauront effectivement donner un nouvel élan à l\u2019histoire.Il fallait être de roc pour rester insensible à cette scène où Daniel Chias- son annonce à son équipe la mort de Poupou, sur la musique de Cold Water de Damien Rice.Certainement une des plus bouleversantes de la série à ce jour.\u203a 5e RANG 8,5/10 ICI TÉLÉ 5e rang, qu\u2019on peut maintenant qualifier sans se tromper de série policière, maintient l\u2019intérêt, saison après saison.Les différentes enquêtes y sont particulièrement bien ficelées et la naïveté (je reste gentil ici) de Jean-Michel (Frédéric Millaire-Zouvi) n\u2019a pas de limite! Dans le rôle de Marie-Luce, Maude Guérin parvient à rester attachante tout en maintenant l\u2019autorité inébranlable de son personnage, même devant la menaçante Tina (Brigitte Poupart).\u203a ENQUÊTE 8,5/10 ICI TÉLÉ L\u2019équipe de Marie-Maude Denis a proposé d\u2019excellents dossiers, sur la stérilisation non consentie de femmes autochtones ou racisées, sur Amazon et sur les Pandora Papers.Chez la concurrence à TVA, JE a surpris en suivant le ministre Christian Dubé dans sa préparation de la campagne de vaccination, nous faisant les témoins privilégiés d\u2019un moment historique.\u203a DANS LES MÉDIAS 8,5/10 TÉLÉ-QUÉBEC J\u2019aime particulièrement la première portion de l\u2019émission pour les entrevues de Marie-Louise Arsenault, qui pose franchement toutes les questions, surtout celles que d\u2019autres n\u2019oseraient pas poser.Avec «La une», une enrichissante incursion dans le travail d\u2019enquête des journalistes, on se rend compte que l\u2019analyse des médias n\u2019a jamais été aussi pertinente et nécessaire qu\u2019en 2021.1 3 2 4 leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E7 Soleil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 M11 RTS \u203a L\u2019HEURE BLEUE 8/10 TVA Ça sent la fin.Je vais suivre jusqu\u2019au bout ces personnages, qui font partie de la famille, en espérant qu\u2019Anne- Sophie (Céline Bonnier) finisse par sortir de son milieu de travail toxique et que Clara (Alice Morel Michaud) trouve enfin la paix.\u203a QUI SAIT CHANTER?8/10 NOOVO Sympathique rendez-vous du lundi soir.On se laisse prendre à deviner qui chante pour vrai et qui sonne en réalité comme une crécelle.Rita Baga et Roxane Bruneau font d\u2019excellents juges permanents.C\u2019est rigolo, léger, et ça ne prétend pas être autre chose.\u203a CETTE ANNÉE-LÀ 8/10 TÉLÉ-QUÉBEC Après En direct de l\u2019univers, je zappe invariablement à Télé-Québec pour faire un retour dans le passé avec Marc Labrèche et son équipe de passionnés.L\u2019animateur se dépasse chaque fois dans ses parodies, tout aussi absurdes que réalistes.En plus de redécouvrir des œuvres d\u2019avant, on en découvre de nouvelles.Les invités semblent toujours heureux d\u2019arriver sur ce plateau singulier.\u203a TOUTE LA VIE 8/10 ICI TÉLÉ Sans prendre de pincettes, Danielle Trottier a l\u2019audace d\u2019aborder des situations délicates dont vous n\u2019entendrez parler nulle part ailleurs.Toujours dans le but, comme elle l\u2019a toujours fait, d\u2019ouvrir les esprits, de nous faire aimer des personnages qu\u2019on aurait détestés autrement.Roy Dupuis se montre de plus en plus attachant dans le rôle de Christophe, même si l\u2019intrigue autour de sa sœur commence à s\u2019étirer.\u203a VIRAGE 7/10 NOOVO J\u2019aurais aimé m\u2019emballer davantage pour cette série sur l\u2019après-carrière d\u2019une patineuse de vitesse, pourtant bien campée par Charlotte Aubin.La déprime suivant la retraite de l\u2019Olympienne a hélas un peu teinté l\u2019intérêt de l\u2019œuvre.Reste la curiosité de savoir par où passera l\u2019héroïne pour trouver sa voie.\u203a CHAOS 6,5/10 TVA Enthousiaste au départ, j\u2019ai été plutôt déçu de la suite.Il faut être habile pour naviguer entre autant de personnages; les auteurs m\u2019ont un peu perdu.L\u2019abus de flashbacks d\u2019explosions finit par lasser.Christian Bégin excelle dans le rôle du père d\u2019INVO, anéanti par la mort de son autre fils.\u203a CLUB SOLY 6/10 NOOVO Faire de la parodie à la télé est une des choses les plus casse-gueule.Parlez-en à Véronic DiCaire.Il semble que l\u2019Arnaud Soly que j\u2019adore dans ses capsules Web devra prendre un certain temps pour adapter son humour au cadre télévisuel.Pour quelques bons sketchs, dont ces cours de comportements sur les réseaux sociaux dans le style des années 80, plusieurs autres s\u2019étiolent rapidement.Virginie Fortin et Marie-Ève Morency tirent bien leur épingle du jeu.Laissons la chance au coureur.\u203a NUIT BLANCHE 6/10 ICI TÉLÉ La série a beau être visuellement magnifique \u2014 les reconstitutions d\u2019époque sont réussies, d\u2019où la note de passage \u2014, l\u2019histoire n\u2019avance pas vite chez les héritiers de Loulou Hébert (France Castel).L\u2019image bleutée dans les scènes de bureau contribue à la froideur de l\u2019ambiance générale.J\u2019ai beau essayer, j\u2019ai du mal à m\u2019attacher aux personnages.J\u2019aime pourtant les soaps, mais celui-là ne me convainc pas.5 7 6 1 L\u2019animateur de La tour, Patrick Huard \u2014 PHOTO TVA 2 Pierre-Yves Lord anime 100 génies \u2014 PHOTO LUDOVIC ROLLAND-MARCOTTE 3 Karine Vanasse et Juliette Gariépy dans Après \u2014 PHOTO ÉRIC MYRE 4 L\u2019expert Claude Sarrazin participe aux enquêtes de Sur les traces d\u2019un tueur en série \u2014 PHOTO EVE B.LAVOIE 5 Le Gâteau dans Chanteurs masqués \u2014 PHOTO BERTRAND EXERTIER 6 Marc Labrèche et son invitée Marjo à Cette année-là \u2014 PHOTO TÉLÉ-QUÉBEC 7 Arnaud Soly fait des parodies dans son émission Club Soly \u2014 PHOTO NOOVO SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E8 ARTS MAGAZINE KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca Le nouveau recueil de Robert Lalonde est un bel ovni littéro- ferroviaire.Entendez par là qu\u2019il est traversé de trains pluriels.La voie ferrée trace un fil conducteur entre chacun des récits, qui nous promènent dans différentes locomotives et divers espaces-temps.Tantôt on revisite les souvenirs ferroviaires de l\u2019écrivain établi en Estrie.Tantôt on prend place sur une banquette avec Gabrielle R o y , P r o u s t , Ja c k Ke r o u a c , Gabriel Garcia Marquez, Viriginia Wolf, entre autres auteurs aimés de Lalonde.D\u2019un fragment à un autre, deux constantes se dessinent et se font écho : l\u2019amour de la littérature et le bonheur de voyager dans la bonne vieille machine à vapeur transparaissent dans tous les chapitres.«C\u2019est en effet un livre sur la poésie des voyages en train, mais aussi sur l\u2019écriture.» Les deux idées imbriquées vont de pair pour l\u2019acteur et auteur.Et depuis toujours, lui semble-t-il.«Parce que le train a toujours été pour moi le moyen de transport qui me mettait sur l\u2019élan de ROBERT LALONDE L\u2019ÉCRITURE COMME UN TRAIN EN MARCHE leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E9 l\u2019écriture.Beaucoup plus que le bus, d\u2019ailleurs.Sans doute parce que le bus circule sur la route, alors que le train défile dans le paysage.«Pendant plusieurs années, j\u2019ai donc pris le train, stylo et carnet en main.J\u2019allais parfois à Québec, d\u2019autres fois à Pointe-au-Pic.Et parfois, je n\u2019allais nulle part, en ce sens que la destination n\u2019avait pas d\u2019importance.J\u2019allais m\u2019asseoir dans un wagon parce que, avec le mouvement du train, ma pensée et mes idées se mettaient elles aussi en marche.» L\u2019imaginaire voyait un nouveau terrain où s\u2019exprimer.Et les manuscrits sur lesquels il avait l\u2019 impression de faire du surplace trouvaient une nouvelle direction.«L\u2019une des difficultés quand on écrit toujours à son bureau, c\u2019est qu\u2019on s\u2019ennuie un peu sur le texte, on a l\u2019impression qu\u2019on n\u2019avance pas.Alors très souvent, pour redonner du souffle à un écrit, j\u2019ai pris le train.«C\u2019était comme si , dans ce décor en action, je pouvais laisser aller librement mon écriture sans me soucier du résultat.Souvent, ça apportait beaucoup de vie à l\u2019histoire.J\u2019arrivais à quelque chose d\u2019inattendu, en dehors du plan prévu.Lorsque j\u2019enseignais la création littéraire, très souvent, je suggérais aux étudiants de prendre le train lorsqu\u2019ils étaient devant un projet qui piétinait.» DES AUTEURS DANS LE WAGON Pour mettre ses chapitres en chemin, le manieur de mots a cette fois eu l\u2019idée de faire le voyage avec d\u2019autres créateurs.«J\u2019ai amené plusieurs camarades écrivains avec moi dans la locomotive.J\u2019ai imaginé qu\u2019ils trouvaient comme moi un élan dans le mouvement, que celui- ci nourrissait leur plume.Je les ai mis en scène de la même façon que je le fais pour moi, en ancrant des moments importants de leur vie ou de leur œuvre dans le récit.«C\u2019était une posture de départ intéressante, qui me permettait au surplus de rendre hommage à tous ces auteurs qui ont été très importants pour moi au fil de mon parcours.» Cette originale plongée dans l\u2019univers des uns et des autres constitue aussi une invitation à la lecture.On referme Pas un jour sans train avec l\u2019envie de lire ou de relire James Baldwin, Rainer Maria Rilke, Emily Dickinson, Sim o n e d e B eauvo ir et t a nt d\u2019autres.«Si tous ces gens-là n\u2019avaient pas écrit avant moi, je ne pense pas que je serais devenu écrivain.J\u2019avais envie de montrer qu\u2019on se lance parce qu\u2019on a d\u2019abord plongé le nez dans les livres.Parce que d\u2019autres avant nous ont eu l\u2019audace et la témérité de poursuivre leur travail.Ils nous ont en quelque sorte permis d\u2019avancer sur ce sentier-là.«J\u2019ai d\u2019ailleurs toujours beaucoup lu en train.Et davantage encore depuis qu\u2019ils ont réglementé l\u2019usage des téléphones cellulaires!» expose en riant celui dont le premier voyage en convoi ferroviaire a pris la forme.d\u2019une fugue.DE L\u2019ÉVASION, DE L\u2019HORIZON «J\u2019avais envie et besoin, lorsque j\u2019étais adolescent, de quitter un peu le nid familial.Je me rendais déjà au collège en train.J\u2019avais ramassé un peu de sous pour tenter un autre itinéraire.» Dès ses toutes jeunes années, le train est devenu synonyme d\u2019évasion.«Il me donnait le sentiment qu\u2019existait un autre monde que ce village un peu étroit où je grandissais.Le pays s\u2019ouvrait, c\u2019était salutaire et ça me permettait une fuite où j\u2019allais à la rencontre de moi-même, en fait.» Les parents de Lalonde se sont d\u2019abord inquiétés des «disparitions ferroviaires» du jeune Robert, bien sûr.«Ils ont fini par comprendre que je faisais de petites fugues, mais que je revenais toujours à la maison.Ils ont consenti à voir que leur gars était appelé par le voyage, l\u2019horizon, le déplacement.Et ils ont même fini par m\u2019aider à financer un voyage vers Vancouver à l\u2019âge de 17 ans.» À peu près à la même époque, peut-être un peu avant, Lalonde a l u L e c h a n t d u m o n d e , d e J e a n G i o n o .E n t r a i n , évidemment.«C\u2019est le tout premier livre qui m\u2019a donné envie d\u2019écrire parce qu\u2019il montrait que c\u2019était possible de le faire avec ses sens bien plus qu\u2019avec sa tête, en s\u2019ancrant aux émotions et aux sensations liées à l\u2019imaginaire.Ça résonnait en moi parce que je pense qu\u2019on ne l it pas pour comprendre, en général.On lit pour vibrer à quelque chose.Pour apercevoir le monde autrement.«Les bons livres ne sont pas c e u x q u i n o u s d o n n e n t d e s leçons de vie, ce sont ceux signés par des explorateurs qui vont dans des dimensions où, tout à coup, on a la permission d\u2019aller nous aussi.Parce qu\u2019on voit qu\u2019eux le font.» Giono a donc été la première étincelle.«Il y en a eu plusieurs autres, ensuite.Marquez, par exemple.Avec Cent ans de solitude, il m\u2019a montré qu\u2019on pouvait évoquer des choses sans suivre une ligne logique.Tous ces grands que j\u2019ai croisés au fil des pages, ils ont pavé la voie.Pour rester dans la métaphore, je dirais qu\u2019ils ont mis mon écriture sur rails.» Pas un jour sans train, le nouveau recueil de Robert Lalonde, est «un livre sur la poésie des voyages en train, mais aussi sur l\u2019écriture».\u2014 PHOTO LA TRIBUNE, JESSICA GARNEAU Robert Lalonde ne sait plus combien de fois il a vu le film Il était une fois dans l\u2019Ouest.Il a perdu le compte.Mais il ne manque pas de saluer le chef-d\u2019œuvre cinématographique dans son recueil.«Le personnage que Leone fait du train est très évocateur.Et capital.En même temps qu\u2019il raconte son histoire, qui est magnifique, il parle aussi d\u2019autre chose.Il nous montre ce train qui défile dans de grandioses paysages en même temps qu\u2019on a affaire à des guerres, à d e l a c o n f u s i o n e t d u banditisme.«Ce train qui nous promène dans les plus beaux endroits du monde nous amène en même temps à vivre en conquérants davantage qu\u2019en habitants du pays.Les grandes voies ferrées sont venues uniformiser en quelque sorte le mode de vie à travers tout le pays alors que chaque partie avait auparavant sa façon de vivre.Et ça, le train de Leone nous le montre assez bien.» L\u2019écrivain y voit une représentation de l \u2019Amérique en mutation.«C\u2019est beaucoup plus qu\u2019une simple histoire de cowboys.Le cinéaste nous montre que c\u2019est un pays qui peut être merveilleux, mais qu\u2019à cause de la folie des conquêtes, et de la domination de l\u2019homme sur la nature, tout ce merveilleux se transforme en quelque chose de moche.» LA TRIBUNE LE TRAIN DE LEONE «L\u2019une des difficultés quand on écrit toujours à son bureau, c\u2019est qu\u2019on s\u2019ennuie un peu sur le texte, on a l\u2019impression qu\u2019on n\u2019avance pas.Alors très souvent, pour redonner du souffle à un écrit, j\u2019ai pris le train» \u2014 Robert Lalonde SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E10 ARTS MAGAZINE Les couleurs de l\u2019automne à l\u2019honneur 1 LA LUNE D\u2019AUTOMNE (1992), MICHEL RIVARD Des teintes de jeunesse et de souvenirs émanent de cette chanson de Michel Rivard, «ti-cul» du «nord d\u2019la ville d\u2019une ville du Nord» qui a encore la vie devant lui.On retient ce «cœur de pomme» qui rougit d\u2019espoir en cette saison de récoltes et de promesses.Chanson réconfortante s\u2019il en est une.GENEVIÈVE BOUCHARD 2 OCTOBER SONG (2003), AMY WINEHOUSE Cette pièce de jazz simple et entraînante où on apprécie la voix éraillée de la chanteuse britannique est étonnamment sereine.Pour la composer, Amy Winehouse s\u2019inspire du décès de son canari adoré, Ava.On dit qu\u2019elle l\u2019a enterré dans une boite à lunettes Chanel en interprétant Lullaby Of Birdland.VALÉRIE MARCOUX 3 LES CHŒURS DE L\u2019ARMÉE ROUGE Alors que les journées raccourcissent, rien de tel que les Chœurs de l\u2019Armée rouge pour se sentir enveloppé et soutenir le moral (des troupes)! Un des legs les plus facilement appréciables de la révolution d\u2019Octobre : au-delà des chants traditionnels militaires, la troupe interprète des airs folkloriques russes ainsi que des classiques d\u2019autres pays et même des chansons plus modernes.VALÉRIE MARCOUX 4 LES OIES SAUVAGES (2012), MES AÏEUX On songe au rouge ou à l\u2019orangé quand on parle des couleurs d\u2019automne.Le blanc fait aussi indéniablement partie du portrait, avec les nuées d\u2019oies qui font escale dans leur grand voyage vers le Sud.De quoi nous ramener à cette très rassembleuse pièce de Mes Aïeux, qui cite ces oiseaux en exemple de solidarité, de mobilisation et d\u2019effort collectif.GENEVIÈVE BOUCHARD 5 RIVIÈRE MALBAIE, BRUNO CÔTÉ Les montagnes de Charle- voix ont su charmer bon nombre de peintres au fil des ans, et ce, peu importe la saison.Mais lorsqu\u2019on pense à l\u2019automne et aux teintes vives de jaune, de rouge et d\u2019orange qui drapent les sommets de la région, on cherche d\u2019emblée les toiles du célèbre paysagiste québécois Bruno Côté.LÉA HARVEY DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com Chassez le surnaturel et il revient au galop.Quand il explore une époque depuis longtemps révolue, celle où vivaient les Templiers, par exemple, l\u2019auteur Hervé Gagnon aime ajouter une touche d\u2019ésotérisme à l\u2019intrigue.C\u2019est sa poudre de perlimpinpin, la part d\u2019irrationnel qui amène l\u2019histoire ailleurs, dans un espace mental où tout devient possible.Dans son nouveau roman, par contre, la distance n\u2019est pas la même.L\u2019action de Crossroads \u2014 La dernière chanson de Robert Johnson se situe en 2021, tout en renvoyant l\u2019écho pas si lointain de la fulgurante carrière du bluesman.Or, même si l\u2019un des protagonistes est un esprit rationnel, le voici confronté à des pratiques maléfiques à la faveur d\u2019une enquête menée dans le Deep South.«Je n\u2019allais pas me priver de ça», lance l\u2019écrivain, à l\u2019autre bout du fil imaginaire.Il faisait référence au hoodoo, l\u2019équivalent américain du vaudou haïtien et du candomblé brésilien.Dans les années 1930, celles où Robert Johnson est entré dans la légende avant de mourir empoisonné à l\u2019âge de 27 ans, il n\u2019était pas extraordinaire de croiser la route d\u2019un hoodoo doctor.Surtout dans le sud du pays.«C\u2019est le type même de la religion syncrétique, en ce sens qu\u2019elle intègre des références provenant de sources multiples, notamment africaines et HERVÉ GAGNON AU PAYS DU HOODOO «Dans le roman, je me sers de cet esprit magique pour m\u2019interroger sur la nature du mal.Existe- t-il en soi ou seulement lorsqu\u2019on y croit?» \u2014 Hervé Gagnon, en parlant du hoodoo, l\u2019équivalent américain du vaudou haïtien 1 3 4 2 leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E11 ch ré t i e n n e s, a d é c r i t He r vé Gagnon au cours d\u2019une entrevue accordée au Quotidien.Dans le roman, je me sers de cet esprit magique pour m\u2019interroger sur la nature du mal.Existe-t-il en soi ou seulement lorsqu\u2019on y croit?» Pour montrer de quoi il s\u2019agit, précisons que l\u2019esprit rationnel évoqué tantôt se nomme Donald Kane.Vivant dans le Maine, ce passionné de blues reçoit une lettre provenant d\u2019une femme qui possède une boîte en métal ayant appartenu à Johnson.Comme elle a écrit la même chose à l\u2019anthropologue Victoria Craft, les deux chercheurs se pointent à son domicile et constatent que la dame n\u2019avait pas menti.Ces esprits purs ne veulent pas s\u2019enrichir en vendant les reliques.Leur rêve consiste à révéler le fruit de leur cueillette extraordinaire, d\u2019autant que parmi les objets entrés en leur possession, on retrouve une chanson inédite, la 30e sur laquelle fantasment les amateurs de blues depuis la mort du guitariste.À partir de ce moment, toutefois, les choses se compliquent pour Kane et Craft.Des gens meurent.On jette des sorts.« En Haïti , si tu jettes un mauvais sort, ton ennemi doit le savoir.Sinon, ça ne donne rien», raconte l\u2019écrivain originaire de La Baie.Ceci laisse entendre que le mal n\u2019existe que si on y croit, sauf que dans le roman, Kane se retrouve avec un pied endolori.Ça le pince pour vrai, avant qu\u2019il ne réalise qu\u2019une poudre hoodoo est à l\u2019origine de ce phénomène.La conclusion, par conséquent, serait que le mal existe en soi.Même un sceptique peut le ressentir.«J\u2019avais le goût de soulever cette question ésotérique», p o u r s u i t H e r v é G a g n o n , pour qui ce projet d\u2019écriture a pris une couleur unique en mariant ses deux passions : l\u2019histoire et la musique.Le texte est né pendant que les chansons de Robert Johnson roulaient en boucle dans sa résidence des Cantons-de- l\u2019Est.Un répertoire qui tient dans deux CD, en incluant les prises multiples.« Les entendre aussi souvent m\u2019a ramené à ma propre humilité en tant que guitariste.Je peux écrire sur lui, mais je ne jouerai jamais comme lui», fait observer l\u2019écrivain, qui a également apprécié le fait de camper l\u2019action à notre époque.Pour une rare fois, il n\u2019a pas eu besoin de mener des recherches afin de savoir comment les gens mangeaient, s\u2019exprimaient et s\u2019habillaient, à quelques siècles de distance.«Je crois aussi que mon intérêt pour le sujet a rendu l\u2019écriture plus chaleureuse, plus sensible, que dans les romans pré cé- dents», avance-t-il.Loin de renier ceux-ci, toutefois, Hervé Gagnon prépare une série qui s\u2019inscrira dans le prolongement de La mort du Temple.Il publiera également un roman jeunesse au printemps 2022.Il a été inspiré par la cage de métal dans laquelle on avait enfermé la Corriveau sous le Régime anglais.HERVÉ GAGNON AU PAYS DU HOODOO Le nouveau roman d\u2019Hervé Gagnon, Crossroads \u2013 La dernière chanson de Robert Johnson porte la marque du blues teinté d\u2019une touche d\u2019ésotérisme. SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E12 ARTS MAGAZINE DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com «Nos destinations s\u2019écrivent en secret.Les rêves fécondent l\u2019instinct qui nous guide», écrit Laure Morali dans le récit intitulé En suivant Shimun.C\u2019est en faisant confiance à cette petite voix qu\u2019en janvier 1996, l\u2019écrivaine originaire de France a abouti à Mashteuiatsh.«Je m\u2019étais réveillée avec ce nom en tête.J\u2019ai travaillé à l\u2019auberge de jeunesse pendant un mois, puis je suis partie», a-t-elle indiqué lors d\u2019une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.Sa première idée avait été de se rendre sur la Côte-Nord.Fascinée par les Innus, souhaitant mieux connaître cette nation par l\u2019entremise de ses poètes et de ses conteurs, elle a filé à Mingan au cœur de l\u2019hiver.«Ce projet de recherche s\u2019est transformé en projet de vie», décrit Laure Morali, puisqu\u2019au bout de la route, il y avait un homme ayant beaucoup vécu, appartenant à la dernière génération d\u2019Amérindiens ayant connu le mode de vie propre aux nomades.Ce fut le lieu d\u2019une rencontre décisive.Le Shimun du titre, c\u2019est lui.Un sage qui préférait habiter en forêt, plutôt que de tuer le temps à la maison.Quand on possède une connaissance intime des bêtes qui peuplent la forêt boréale, ça rime à quoi de regarder un documentaire animalier à la télévision?Or, malgré leurs différences culturelles, une complicité s\u2019est développée entre lui et la visiteuse.C\u2019est ainsi qu\u2019est né le projet de l\u2019accompagner pendant trois mois sur son territoire, lequel se déploie à 250 kilomètres au nord de Mingan.«SA BIBLIOTHÈQUE» «La rencontre avec Shimun m\u2019a amenée à privilégier cette amitié, plutôt que mon projet initial, et j\u2019ai eu raison de le faire.À travers lui, j\u2019avais l\u2019impression de vivre une période charnière, un temps qui, bientôt, n\u2019allait plus exister, soit le nomadisme pratiqué pendant des milliers d\u2019années.« Faisant corps avec la montagne, les animaux, cet homme possédait une connaissance absolue du territoire, s\u2019émerveille l\u2019écrivaine.Les arbres, c\u2019était sa bibliothèque.» En suivant Shimun regroupe t o u s l e s t e x t e s é v o q u a n t l a relation tissée avec son ami, ainsi que les membres de sa famille.Certains sont récents, alors que d\u2019autres ont déjà été diffusés.«Je ne me suis pas gênée pour améliorer certains passages», révèle l\u2019écrivaine en parlant des œuvres existantes.De nouvelles informations tirées de ses carnets ont aussi été ajoutées, histoire de couvrir un quart de siècle de liens privilégiés.Bien que Shimun soit décédé au début du millénaire, il est présent tout du long grâce à la magie du souvenir.Encore en 2017, à l\u2019occasion d\u2019une nouvelle visite sur son territoire, justifiée par le projet collectif Oùrs, Laure Morali entendait sa voix, le sentait à ses côtés.«Comme le livre rassemble différents textes, en diffusant la parole de Shimun, j\u2019ai eu l\u2019impression de refaire mes fondations», raconte l\u2019écrivaine.Ce qui ressort, entre autres, c\u2019est l\u2019humour qu\u2019elle et lui avaient en partage.Maintes fois, il a aidé à désamorcer des situations tendues, tout en aplanissant les différences culturelles entre la Française et l\u2019In- nu.«Dans un tel contexte, le rire est essentiel», avance Laure Morali.Elle ajoute que Shimun avait perçu le respect, la curiosité, l\u2019ouverture et l\u2019amitié qui émanaient de sa jeune amie venue de loin.Comme quoi, il est possible de tracer des ponts lorsqu\u2019on garde l\u2019humain à l\u2019avant-plan.«Shimun me rappelait l\u2019un de mes grands-pères, un peintre qui aimait travailler au bord de la mer.Il sera justement question de cet homme dans mon prochain roman, puisque je tente de retrouver son legs», annonce l\u2019écrivaine originaire de Bretagne.Fille de l\u2019eau devenue aussi une fille de la forêt, la Québécoise d\u2019adoption assume sereinement sa double allégeance.LAURE MORALI LE DERNIER DES NOMADES Fascinée par les Innus, Laure Morali a filé à Mingan au cœur de l\u2019hiver.«À travers Shimun, j\u2019avais l\u2019impression de vivre une période charnière, un temps qui, bientôt, n\u2019allait plus exister, soit le nomadisme pratiqué pendant des milliers d\u2019années» \u2014 Laure Morali leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E13 LÉA HARVEY lharvey@lesoleil.com Le 18 mai 2020, Sorj Chalandon fouille dans de vieilles boîtes en carton et tombe par hasard sur de précieux documents qui lui prouveront le passé nazi de son père, décédé six ans plus tôt.Dès lors, il se met à écrire Enfant de salaud.Avec comme cadre le procès de l\u2019ancien officier SS Klaus Barbie, l\u2019auteur français pose enfin des mots sur les actions de ce paternel mythomane qui a porté les uniformes ennemis comme alliés, sans ne jamais arborer celui de père.Q M.Chalandon, avez-vous débuté la rédaction du roman dès l\u2019instant où vous avez découvert ces papiers?L\u2019écriture s\u2019est présentée comme un geste instinctif?R Ce n\u2019est pas instinctif.Ça fait 69 ans que je me demande ce que mon père a fait pendant la Seconde Guerre mondiale.Enfin j\u2019ai la réponse.Mon frère avait dans ses affaires quelque chose que je n\u2019avais pas moi : deux pièces qui m\u2019ont permis de remonter jusqu\u2019à son dossier [de la Cour de justice de Lille].Un extrait de casier judiciaire, c\u2019est-à- dire un document qui expliquait à quoi mon père avait été condamné et un papier au sujet de sa sortie de prison.J\u2019y ai découvert que, contrairement à tout ce qu\u2019il m\u2019avait raconté, en mai 1945, il était derrière les barreaux dans le nord de la France.Avec ça, j\u2019avais enfin tout ce qu\u2019il me fallait pour mettre sur papier son histoire pendant la guerre.Q Vous aviez déjà abordé la figure du père \u2014 notamment mythomane \u2014 dans d\u2019autres romans.Avez-vous l\u2019impression, avec Enfant de salaud, de «faire la paix» avec ce passé?R Non.Je ne fais pas la paix, mais j\u2019ai terminé.Je ne reviendrai plus sur ce sujet.Profession du père portait sur ce qu\u2019il faisait et était lorsqu\u2019il était vivant, depuis ma naissance.Je ne savais pas ce qu\u2019il avait fait avant.Maintenant, je le sais.Ma quête du père, elle est finie.Je n\u2019ai pas fait la paix parce qu\u2019il n\u2019a pas demandé pardon, parce qu\u2019il n\u2019est plus là.C\u2019est difficile de faire la paix avec un mort.Je m\u2019attendais à découvrir des choses beaucoup plus lourdes, plus violentes, plus dures.Finalement, je ne tombe pas sur un homme qui a fait la guerre, mais sur un enfant qui a joué à la guerre.Porter cinq uniformes en quatre ans\u2026 Je pense que c\u2019est le seul en France, peut-être dans le monde! Que des gens portent un uniforme et un autre parce qu\u2019ils ont rejoint l\u2019ennemi, c\u2019est possible.Même trois uniformes en revenant dans le premier camp, mais changer de camp cinq fois, ça n\u2019existe pas.Q Réussit-on à se distancier d\u2019une telle histoire?R Non, parce que c\u2019est mon père et que, moi, je suis moi.En revanche, j\u2019ai pris une distance quand j\u2019ai rédigé Enfant de salaud.Parce que j\u2019ai écrit ce que moi je n\u2019ai pas pu vivre.Je n\u2019ai pas pu aller voir mon père et lui dire : \u201c Voilà, je sais.Je veux que tu t\u2019expliques\u201d.Mais je ne peux pas me séparer de cette histoire qui fait partie de mon socle.Et je ne souhaite pas m\u2019en séparer.Je vis avec et c\u2019est bien comme ça.Chaque fois que j\u2019en parle, dans des entrevues ou des rencontres, j\u2019ai toujours le même sentiment de tristesse.C\u2019est un rendez-vous manqué avec mon père.Ça, ça me hante beaucoup.C\u2019est quelque chose que je ne retrouverai jamais.Q Est-ce qu\u2019on crée ce genre d\u2019ouvrage pour se libérer alors?R Je sais qu\u2019il y a des gens qui le font pour se venger, pour en finir avec une histoire, pour «tuer le père» ou faire son procès.De mon côté, ce n\u2019est pas ça du tout.Moi, mes plaies, elles sont là.Elles restent ouvertes.Je n\u2019ai pas forcément envie qu\u2019elles se referment.Je n\u2019écris pas pour oublier ce qu\u2019il a fait, ce qu\u2019il a été, d\u2019où je viens.J\u2019écris pour partager.J\u2019aime beaucoup l\u2019idée que les gens se déplacent dans les salons du livre pour me parler de leur père, de leur famille.Quand j\u2019ai abordé le cancer, ils me parlaient de leur cancer.Même chose pour la traîtrise.Dans tous les cas, je le fais pour partager ce que j\u2019ai vécu, mais certainement pas pour guérir ni pour oublier.[\u2026] Je n\u2019aurais jamais simplement créé un roman sur la vie de mon père.Ce n\u2019est pas intéressant.En revanche, faire entrer en collision la grande et la petite histoire me semblait pertinent pour un public français.À des degrés divers, nous avons tous la même recherche du père et de la mère.Tout le monde se pose la question «D\u2019où et de qui je viens?» Moi, il se trouve que je viens de quelqu\u2019un qui était extrêmement étrange : mort en hôpital psychiatrique, bourreau, tyran domestique, menteur et qui, en plus, a porté cinq uniformes pendant la guerre.Mettre tout ça en place face à un criminel de guerre contre l\u2019humanité [Klaus Barbie] dont il a été à un moment de sa vie l\u2019un des complices, j\u2019ai trouvé que c\u2019était une manière d\u2019en finir avec le père et le procès Barbie.Q M.Chalandon, vous êtes toujours en lice, avec Enfant de salaud, pour le Prix Goncourt.En 2021, pour un écrivain français, est-ce que ce genre de récompense a encore un poids important?R Oui, bien sûr.Vous vendez un livre à 20 000 exemplaires, mais avec le Goncourt ça peut monter à un million.En France en tout cas, dès qu\u2019un roman est entouré d\u2019un bandeau de prix (Médicis, Goncourt, Académie française, etc.), il trouve sa place sous l\u2019arbre de Noël.[\u2026] Avant de recevoir le Prix Gon- court des lycéens pour Le quatrième mur, j\u2019avais un public plutôt âgé.Désormais, il est beaucoup plus jeune.Mes livres sont étudiés au lycée.Si je n\u2019avais pas eu un bandeau rouge sur la couverture, jamais un professeur ne l\u2019aurait choisi.[Ces récompenses] ne changent pas la vie de l\u2019écrivain, mais ça change la vie de l\u2019œuvre.Les œuvres finalistes au prix Goncourt seront annoncées le 26 octobre.Le grand gagnant sera connu le 3 novembre.SORJ CHALANDON DE QUI JE VIENS «SALAUD» Le mot est lâché par le grand- père de l\u2019auteur : «C\u2019est un enfant de salaud.» Le vieil homme lance l\u2019insulte parce qu\u2019il juge les actions que son fils a posées durant la guerre, notamment lorsqu\u2019il combat du côté de l\u2019ennemi.Mais Sorj Chalandon tient à le préciser : lui en veut au père et non pas au soldat.«Pour moi, le \u201csalaud\u201d, c\u2019est l\u2019homme qui m\u2019a menti toute sa vie et qui n\u2019a pas été un père.Ce n\u2019est pas celui qui était habillé en Allemand.Je n\u2019ai aucun droit de juger ce que quelqu\u2019un aurait fait pendant la guerre, il y a 70 ans», explique l\u2019auteur français, qui a été 34 ans journaliste pour Libération avant d\u2019écrire aujourd\u2019hui pour Le canard enchaîné.LÉA HARVEY CHALANDON ET LE QUÉBEC Depuis le début de sa carrière, Sorj Chalandon a donné bon nombre d\u2019entrevues à des médias québécois.Toujours touché d\u2019avoir reçu, en 2014, le Prix des libraires «catégorie hors Québec» pour son roman Le quatrième mur, l\u2019auteur confie se sentir redevable envers son public outre-mer.«Je trouve extrêmement fort et émouvant que mes livres soient lus par des francophones ailleurs.J\u2019aime bien l\u2019idée qu\u2019ils sortent du pays, de France et de Lyon [en ce qui concerne Enfant de salaud].Penser que ce nouveau livre puisse être lu par des gens à Québec comme à Trois-Rivières, ça me touche.J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il a une deuxième vie ailleurs, avec d\u2019autres paysages, d\u2019autres accents et d\u2019autres gens», affirme celui qui aborde des thèmes universels dans ses œuvres.LÉA HARVEY Sorj Chalandon offrira, le 19 octobre à 17h, un entretien virtuel dans le cadre de Québec en toutes lettres.Le festival littéraire est en cours jusqu\u2019au 24 octobre.«À des degrés divers, nous avons tous la même recherche du père et de la mère, constate Sorj Chalandon.Tout le monde se pose la question \u201cD\u2019où et de qui je viens?\u201d» \u2014 PHOTO GRASSET, JEAN-FRANÇOIS PAGA SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E14 ARTS MAGAZINE Vu, lu, entendu cette semaine LIVRE Les Pamal HHH 1/2 BANDE DESSINÉE ISABELLE VERDIER ET ENZO On a eu les nains de Blanche-Neige et les Monsieur Madame.À partir de maintenant, il y aura aussi Les Pamal qui se joindront à la troupe des bonshommes à l\u2019identité caractéristique.Avec sa bande dessinée jeunesse, Isabelle Verdier plonge dans l\u2019univers des défauts.Sans confronter ses petits et grands lecteurs, l\u2019autrice embrasse avec humour ces pans de nous qu\u2019on refuse d\u2019admettre et qui sont pourtant liés de près ou de loin à nos défauts.Aux côtés de l\u2019illustrateur Enzo, elle met ainsi en scène Pamal Tiboss, Pamal Spidé, Pamal Palà, Pamal Passur, Pamal Danlombre, Pamal Mèchcourte, Pamal Passouple et Pamal Ouijessé.Des petits personnages colorés et attachants qui font sourire\u2026 et auxquels on s\u2019identifie au fil des chapitres.LÉA HARVEY MUSIQUE Lionheart HHH 1/2 NÉO-CLASSIQUE STEPHAN MOCCIO On connaissait Stephan Moccio comme un musicien prolifique : à titre de compositeur, de réalisateur ou d\u2019arrangeur, il a notamment mis sa griffe sur de grands succès de Céline Dion, de Miley Cyrus ou de The Weeknd.Un parcours étoilé qui l\u2019a mené aux Grammy et aux Oscars.Soucieux de ralentir la cadence et de revenir à ses premières amours, le piano, le Canadien a lancé il y a tout juste un an le réconfortant album instrumental Tales of Solace.Le voilà déjà de retour avec Lionheart, impressionniste voyage musical (Moccio y signe d\u2019ailleurs un hommage à Monet) montrant tout le talent de mélodiste du compositeur.On est encore ici dans une douceur et un dépouillement qui permettent à l\u2019oreille de revenir à l\u2019essentiel.Dans le bruit ambiant, ça fait du bien.GENEVIÈVE BOUCHARD MUSIQUE A Beginner\u2019s Mind HHH 1/2 FOLK SUFJAN STEVEN & ANGELO DE AUGUSTINE A Beginner\u2019s Mind est inspiré par le cinéma populaire.Chaque chanson est liée à un film, ce qui nous permet d\u2019associer les pièces aux scènes que l\u2019on connaît.L\u2019exercice est plaisant.Surtout, les deux auteurs-com- positeurs-interprètes frappent dans le mille et nous transportent dans différents univers à chaque étape.De Mad Max à She\u2019s Gotta Have It en passant par Return to Oz, Point Break ou Clash of the Titans : la sélection de longs métrages est vaste, le résultat n\u2019en est que plus intéressant.La collection de chansons n\u2019est pas un ensemble de bandes sonores.On peut très bien se passer de l\u2019association aux différents films et apprécier l\u2019œuvre, qui maintient un ton cohérent.Les styles des deux musiciens, dont les voix s\u2019unissent à merveille, se rencontrent judicieusement.La proposition est accrocheuse, l\u2019exécution est à la hauteur.On imagine le plaisir qu\u2019ont dû prendre les deux musiciens à fabriquer cette collection.Un plaisir que l\u2019on partage à l\u2019écoute.LA PRESSE MUSIQUE TAO HHHH HIP-HOP SHAD Le rappeur torontois Shad, découvert notamment à la barre de la série documentaire Netflix Hip-Hop Evolution (2016), signe avec TAO un sixième album.D\u2019entrée de jeu, Out of Touch balance du lourd : chœur féminin R & B, trame vidéoludique up-tempo, jeux de silence.La chanson d\u2019ouverture sur la connexion et l\u2019intégrité amorce un cercle imaginé par Shadrach Kabango pour conceptualiser l\u2019album.Chaque morceau se veut un fragment de notre humanité, qui subit une force centrifuge et menace de céder.Épargnons-nous davantage d\u2019abstractions, mais vous aurez compris que TAO, qui fait autant référence à la philosophie chinoise qu\u2019à The Abolition of Man de CS Lewis, transpire l\u2019intellectualisme engagé.L\u2019écoute n\u2019est pas étouffante.Le hip-hop alternatif de Shad respire grâce à un flow incarné et énergique ainsi que des leitmotivs obsédants.La plume combative de Shad \u2013 qui trempe dans le racisme, le capitalisme, les dangers technologiques et la menace climatique \u2013 manque parfois de poésie, mais pas de précision ni d\u2019humour.LA PRESSE MUSIQUE Happy End HHHH INSTRU-MENTAL ALBIN DE LA SIMONE Depuis près de 20 ans, Albin de la Simone mène une carrière prolifique d\u2019auteur-compositeur- interprète \u2014 cinq albums studio depuis 2003.Mais bloqué dans son inspiration par la pandémie, celui qui a travaillé tant comme réalisateur auprès de Pierre Lapointe que comme musicien avec Vanessa Paradis a décidé après des mois de silence de faire un album instrumental, réalisé en quelques jours au printemps 2021.Malgré l\u2019abondance de choix, rien de surchargé dans cet album mélancolique aux mélodies extrêmement fortes.On est bien dans l\u2019univers créé par Albin de la Simone, espèce de cocon rassurant et ludique.En voilà un qui sait raconter des histoires, même sans paroles, et Happy End, album qui respire et qui adoucit, porte vraiment bien son nom en étant une source de joie et d\u2019apaisement d\u2019un bout à l\u2019autre.LA PRESSE LIVRE Une autre vie est possible HHH 1/2 ROMAN OLGA DUHAMEL-NOYER À la fin des années 1970, dans un appartement de la rue Bloomfield, à Montréal, Micheline organise des réunions du Parti communiste.Elle est chef de cellule, sérieuse sans être endoctrinée, et élève seule son fils Valéry.Pendant qu\u2019elle distribue des tracts dans le quartier, organise des blitz d\u2019affichage et discute de politique avec ses camarades, le garçon, toujours sur ses talons, espère lui aussi cette révolution riante et généreuse.Une autre vie est possible est un beau portrait de ces années, de la ferveur d\u2019une jeunesse qui a voyagé de l\u2019autre côté du rideau de fer et rêvait d\u2019égalité dans un esprit de solidarité, bien loin de la noirceur de la guerre froide.L\u2019enthousiasme de ces jeunes adultes, et celui de Micheline en particulier, en devient presque contagieux.Mais il se voit toutefois obscurci par la part d\u2019ombre que recèle la société et qui menace les femmes depuis toujours.Et qui, au bout du compte, force cette mère courageuse à mettre de côté ses idéaux pour vivre, tout simplement.LA PRESSE LIVRE Highlands HHH 1/2 ROMAN FANIE DEMEULE Highlands, c\u2019est un troisième livre cette année pour Fanie Demeule, après Mukbang, paru au printemps, et Bagels, qui a suivi en août.Un roman court, mais prenant, qui entreprend de sonder les motivations derrière le voyage de trois femmes qui se rendent dans cette région d\u2019Écosse.Trois histoires indépendantes qui se superposent, mais arrivent toutes à la même destination audacieuse et surprenante.Le roman explore de façon singulière la mythologie écossaise et la manière dont elle joue avec l\u2019esprit des voyageuses.L\u2019ambiance est glauque et inquiétante, alors que des phénomènes étranges se manifestent.Dans ces lieux peuplés par les ombres qui nous entraînent dans un univers de superstitions, on ne parvient plus à distinguer le réel du fruit de l\u2019imagination des personnages.Et par ces procédés habiles qui suscitent le doute chez le lecteur, Fanie Demeule réussit à maintenir une tension en crescendo qui ne nous quittera qu\u2019après avoir refermé le livre.LA PRESSE Exceptionnel HHHHH?Excellent HHHH Bon HHH Passable HH À éviter?H leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E15 LÉA HARVEY lharvey@lesoleil.com Benedict Cumberbatch et Claire Foy n\u2019en sont pas à leur premier rôle historique.Si on a déjà vu l\u2019interprète de Sherlock Holmes dans la peau du célèbre mathématicien Alan Turing, on se souviendra de la performance de l\u2019actrice britannique en tant qu\u2019Élisabeth II au sein de la série The Crown.Avec La vie extraordinaire de Louis Wain, le public les retrouve alors qu\u2019ils incarnent Louis Wain et Emily Richardson, un couple passionné d\u2019art et de beauté.Le nouveau long-métrage de Will Sharpe porte ainsi sur le parcours de l\u2019illustrateur anglais Louis Wain, reconnu notamment pour ses dessins de chats aux grands yeux et au comportement humain.En 111 minutes, le long-métrage aborde la vie adulte de l\u2019artiste jusqu\u2019à ses vieux jours, soit de la fin du 19e siècle à la moitié du 20e.Seul homme de sa famille, Louis Wain devra faire face à de nombreux défis au fil des ans, notamment puisqu\u2019il devra subvenir aux besoins de ses cinq sœurs et de sa mère.Le tout grâce ses illustrations.Le long métrage se veut un plongeon dans la passion dévorante de cet homme qui n\u2019avait qu\u2019une envie : saisir l\u2019électricité du monde qui l\u2019entoure.Si la fiction aborde de front cette vision créatrice propre à l\u2019artiste, elle ne nomme toutefois pas le terme schizophrénie posé à l\u2019époque sur son état psychologique.Un diagnostic aujourd\u2019hui contesté devant lequel on propose plutôt un trouble du spectre de l\u2019autisme.«Je n\u2019ai pas étudié la schizophrénie.Je l\u2019ai étudié lui.Je me suis plongé dans un espace [mental] isolé et dangereux pour ces scènes où Louis se retrouve déconnecté de la réalité.[\u2026] J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il y avait plusieurs circonstances liées à ces instants.L\u2019ère victorienne était une époque très rigide et contraignante où il devait suivre la voie de la bienséance.«[\u2026] Mais le film va bien au-delà de ça.J\u2019espère simplement que le projet réussira à faire comprendre aux gens qui se sentent différents ou qui expérimentent le monde d\u2019une façon qui n\u2019est pas considérée \u201cnormale\u201d qu\u2019il y a une place pour eux», explique, en rencontre de presse, Benedict Cumberbatch, à propos de la préparation pour son rôle.Touché par le courage et la bravoure de Louis Wain, l\u2019acteur britannique estime surtout s\u2019être reconnu dans l\u2019amour que le public lui portait à l\u2019époque.Ce ne sont toutefois pas que les admirateurs de Louis Wain qui permettront à l\u2019artiste d\u2019être «connecté à l\u2019amour».Au cœur du film, on retrouvera également sa relation avec Emily Richardson, la gouvernante de ses sœurs, pour qui il éprouve un coup de foudre dès le départ.« Jo u e r E m i l y é t a i t c o m m e prendre un bon bain chaud, particulièrement si on la compare à d\u2019autres personnages que j\u2019ai pu interpréter.[\u2026] C\u2019est une femme qui était intéressée par le monde qui l\u2019entourait.Elle réussit à voir la magie dans les petites choses.C\u2019est ce qui a fait d\u2019elle une aussi bonne professeure.Elle incarnait la magie et le plaisir auprès des autres.Ça a été un bonheur de plonger dans son univers», raconte de son côté Claire Foy.C\u2019est porté par la vision d\u2019Emily et inspiré par leur compagnon, Peter, un chaton trouvé sous la pluie, que Louis Wain réussira à marquer l\u2019histoire.Malgré tous les hauts et les bas qui composent sa vie.ODE AUX CHATS Des chats qui chantent, qui jouent au golf ou qui prennent le thé; certains habillés comme des humains, tristes ou riants, aux allures mesquines, incertaines ou même psychédéliques\u2026 Louis Wain a dessiné bon nombre de félins au cours de sa vie.Pour certains, c\u2019est cette fascination de l\u2019illustrateur qui a permis à la société anglaise du XIXe de découvrir le chat sous un nouveau jour.«C\u2019est vraiment difficile de tourner un film avec des chats adultes.Je ne le recommande pas.Les chatons sont extraordinaires.Ils font ce qu\u2019on attend d\u2019eux avec le lait et les balles de laine.Tous les clichés sont véridiques.Mais ne vous attendez pas à ce que votre journée se déroule rondement si vous travaillez avec des chats», a lancé, sourire aux lèvres, Benedict Cumberbatch.Blague à part, l\u2019acteur affirme que ce long métrage lui a remémoré la complexité de ces bêtes «majestueuses»: «Cependant, à l\u2019extérieur d\u2019un plateau de tournage, je les adore.Ils sont magiques, mystiques et uniques.Parfois, ils sont très indépendants ou ont besoin d\u2019attention.Je crois qu\u2019ils nous rappellent tous l\u2019aspect sauvage de notre propre nature.[\u2026] Je pense que c\u2019est d\u2019ailleurs pour cela que Louis a autant connecté avec eux.Il les a utilisés pour explorer la condition humaine.» La vie extraordinaire de Louis Wain sortira au cinéma le 22 octobre.BENEDICT CUMBERBATCH ET CLAIRE FOY UN COUPLE PASSIONNÉ D\u2019ART ET DE BEAUTÉ 2Three Cats Singing.Gouache de Louis Wain, 1925/1939 \u2014 PHOTO, WELLCOME LIBRARY 1Benedict Cumberbatch et Claire Foy lors de la séance photo pour le film La vie électrique de Louis Wain \u2014 PHOTO AP, JOEL C RYAN 1 2 «Je n\u2019ai pas étudié la schizophrénie.Je l\u2019ai étudié lui.Je me suis plongé dans un espace [mental] isolé et dangereux pour ces scènes où Louis se retrouve déconnecté de la réalité.» \u2014 Benedict Cumberbatch, à propos de la préparation pour son rôle SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E16 ARTS MAGAZINE YVES BERGERAS ybergeras@ledroit.com CRITIQUE Ce récit de science-fiction étant des plus denses, de par son approche à la Game of Thrones, on vous épargne le synopsis de Dune, dans lequel une copieuse galerie de personnages s\u2019adonnent à toutes sortes de calculs diplomatiques et militaires, sur fond d\u2019intérêts politiques, économiques et religieux.Vous tenez au résumé ?Le livre, un phare de la SF moderne, date de 1965.David Lynch a donné vie une première fois à l\u2019univers de Frank Herbert en 1984; une version sérielle a vu le jour à la télé dans les années 90; et puis toute l\u2019industrie du Septième Art décortique cette sortie depuis au moins 3 ans.rendus là, faites vos devoirs! Pas eu le temps?OK! L\u2019intrigue est centrée autour de Paul Atréides, genre de «prince» héritier d\u2019une grande famille qui se voit confier l\u2019extraction et la gestion de l\u2019«épice», une ressource aussi rare que précieuse, et qu\u2019on ne trouve que sur Arakis, une dangereuse planète surnommée Dune.Point de départ du voyage des Atréides.Et de la quête initiatique de Paul.Bien que Denis Villeneuve ait eu la bonne idée de se cantonner au premier tome de ce diptyque littéraire pour «alléger» les choses \u2013 là où l\u2019adaptation de Lynch condensait les deux volets du roman \u2013 on reste sur sa faim.Surtout à la fin, qui souffre de l\u2019absence de cliffhanger et d\u2019une «résolution» sans véritable amplitude.Ne tournons pas autour du pot : ce n\u2019est qu\u2019une moitié de saga.D\u2019où cette sensation d\u2019inachevé.Certes, le résultat est visuellement spectaculaire, et ravira certainement la plupart de ceux qui découvriront l\u2019empire (l\u2019Imperium) de Herbert grâce à ses images.Pourtant, on en attendait plus de la part d\u2019un réalisateur deux fois candidat aux Oscars (pour Arrival et Blade Runner 2049) qui a su faire preuve d\u2019autant de maîtrise que d\u2019imagination au fil d\u2019un parcours cinématographique impressionnant.Avec Incendies et Sicario, en particulier, Villeneuve a prouvé qu\u2019il pouvait tirer des idées inattendues, des thèmes pertinents et réjouissants, de scénarios qui, eussent-ils été confiés à des tâcherons de la caméra, auraient moins d\u2019impact.Et c\u2019est au regard de ce parcours quasi sans faute que cette nouvelle mouture de Dune laisse un arrière- goût de déception, en ce qu\u2019elle ne se distingue pas assez, à nos yeux, de l\u2019adaptation Lynchéenne.ÉQUILIBRE ET EXPLOITATION Le sous-texte écolo, fil rouge de Herbert, est joliment mis en valeur.Plus adéquatement que chez Lynch, sans nul doute.Comme dans le bouquin, cette idée-force résonne, de façon plus large, à l\u2019intérieur du thème des rapports de force, de «l\u2019équilibre» (entre l\u2019homme et les ressources naturelles) et de l\u2019exploitation (de l\u2019homme par l\u2019homme, voire par le pouvoir politique ou religieux).Les femmes jouent d\u2019ailleurs dans ce récit filmé un rôle nettement plus prépondérant qu\u2019en 1984.Cela est dû, en grande partie, à la relation entre Paul et sa mère, que Villeneuve \u2013 contrairement à Lynch chez qui la féminité se confondait dans la dimension religieuse du récit \u2013 prend le temps de creuser.À y repenser, on n\u2019a pas grande récrimination à partager.Les costumes sont renversants; les décors nous happent très vite et nous projettent aux confins de cette exotique galaxie.La direction photo est saisissante et le jeu des comédiens, irréprochable (le contraire eut été étonnant, avec pareille distribution).À part une scène de bataille irritante (que certaines factions portent des costumes évoquant ceux des ninjas, à la limite, pourquoi pas ?mais que leurs acrobaties martiales ressemblent à des pirouettes d\u2019animé japonais, c\u2019est trop!) et une trame musicale \u2013 pourtant supervisée par Hans Zimmer) pas particulièrement inspirée, on n\u2019a pas beaucoup de raison objective d\u2019avoir accueilli si tièdement le film.UN BON (MAIS LONG) PRÉAMBULE On est malgré tout tenté d\u2019écrire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un bon film (et d\u2019une adaptation somme toute réussie), tout en n\u2019étant qu\u2019un Villeneuve «honnête».Un Villeneuve «assez moyen», en ce sens qu\u2019on espérait de sa part un regard plus personnel, une exploration plus osée de cet univers assez vaste pour qu\u2019il puisse se permettre.Et que le résultat n\u2019est pas à la hauteur de nos attentes.Lesquelles étaient certes très \u2013 et probablement trop \u2013 élevées.C\u2019est presque comme si ces 2 h 30 n\u2019étaient que le préambule nécessaire au véritable film qui doit suivre (du moins si les spectateurs sont au rendez-vous).La structure narrative, notamment, ne nous a pas semblé suffisamment éloignée de la version de Lynch.Alors, pourquoi proposer une nouvelle vision, si ce n\u2019est pour profiter d\u2019effets spéciaux plus au goût du jour (le «vieux» Dune ayant plutôt mal vieilli à ce chapitre)?DÉPASSÉ PAR LES ÉVÉNEMENTS Villeneuve passe plus d\u2019une heure à bombarder le jeune Paul (et le spectateur, du même souffle) de la colossale somme d\u2019informations qui lui permettront de reconstituer progressivement les enjeux (le décor du récit) qui s\u2019entremêlent autour de sa famille \u2013 et de son destin.Ce faisant, le réalisateur s\u2019arrange pour qu\u2019on se projette immédiatement dans ce protagoniste encore vert et naïf, d\u2019abord dépassé par les événements, silencieux mais stoïque, qui découvre tout des intrigues des «Grands» de ce monde.Et sa stratégie fonctionne : on est dépaysé, décoiffé, et parfois à bout de souffle, dans cette course explicative de «qui fait quoi».Mal nécessaire, ce jeu «d\u2019éclairage» auquel s\u2019adonne Villeneuve nous a semblé habilement s\u2019intégrer au sein de la structure narrative.C\u2019est correctement dosé, et on ne tombe dans la séquence explicative lourdement scolaire.Mais il faudra rester alerte, parce que ça va très vite.Oui, le guide touristique de cette expédition nous prend un peu par la main, mais Villeneuve ne répétera pas les informations-clefs; il faudra donc veiller à ne pas cligner des yeux trop souvent.Ou retourner voir Dun» une seconde fois.\u2014COURTOISIE WARNER BROS.ENTERTAINMENT INC.DUNE  UNE BONNE ADAPTATION, MAIS UN VILLENEUVE «MOYEN» \u2014COURTOISIE WARNER BROS.ENTERTAINMENT INC.Au générique : Cote : HHH Titre : Dune Genre : Science-fiction Réalisateur : Denis Villeneuve Acteurs : Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Josh Brolin, Stellan Skarsgård, Dave Bautista, Zendaya, Charlotte Rampling, Jason Momoa, Javier Bardem Durée : 2h35 leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E17 GENEVIÈVE BOUCHARD gbouchard@lesoleil.com CRITIQUE Digne représentant du Canada dans la course à l\u2019Oscar du meilleur film international, Les oiseaux ivres joue sur plusieurs tableaux et y trouve un magnifique équilibre.Entre la mafia mexicaine et des cultivateurs québécois; entre une épique quête d\u2019amour et la rudesse quotidienne du travail agricole; entre des cultures que tout semble opposer, mais qui se recoupent néanmoins.Il y a quelque chose d\u2019à la fois magique, énigmatique et très concret dans l\u2019œuvre signée par le Montréalais Ivan Grbovic.Le résultat fascine.L\u2019intrigue du film Les oiseaux ivres se déploie autour de (au moins!) deux univers.Le périple part du Mexique, où un contexte plus que périlleux force deux amoureux à se séparer.Mais Willy (Jorge Antonio Guerrero, qu\u2019on a pu voir dans Roma d\u2019Alfonso Cuarón) ne baissera pas les bras, dans une volonté de retrouver sa belle.La soupçonnant de s\u2019être réfugiée au Canada, il se dirige vers le nord, où il aboutira sur une ferme québécoise, parmi plusieurs de ses compatriotes, à titre de travailleur saisonnier.L\u2019exploitation maraîchère est tenue ici par un couple qui bat de l\u2019aile.Chaque année, Richard et Julie (Claude Legault et Hélène Florent) accueillent cette main- d\u2019œuvre étrangère comme de bons patrons.Ces visiteurs s\u2019avèrent essentiels à leur production, mais le sentiment d\u2019intrusion dans la bulle familiale demeure en arrière- plan.Un incident lié à la fille du couple (Marine Johnson) fera ressortir certains préjugés.Rien n\u2019est tout blanc ni tout noir dans le film d\u2019Ivan Grbovic, qui se décline au contraire dans une très sensible palette de nuances.Les oiseaux ivres se présente un peu comme un casse-tête où on laisse le soin au spectateur de replacer certains morceaux.Pas besoin de se faire prendre par la main, ici.Portées par une distribution très solide, les émotions parlent d\u2019elles- mêmes : celles du père à un cheveu de craquer, celles de la mère aux sentiments tiraillés, celles d\u2019un jeune amoureux mû par l\u2019idéalisme et la résilience.Visuellement, le cinéaste mon- tréalais et son équipe brossent des contrastes très évocateurs en filmant la vie agricole dans une superbe lumière naturelle qui vient magnifier le travail aux champs.Ou en appuyant les tensions qui s\u2019exacerbent \u2014 et remettent en exergue l\u2019épineuse question de la justice sociale \u2014 dans une nuit d\u2019orage où rien ne va plus.C\u2019est parfois dur, mais la poésie est partout.Les oiseaux ivres est présenté au cinéma.LES OISEAUX IVRES SAISISSANTS CONTRASTES Au générique Cote : HHHH Titre : Les oiseaux ivres Genre : drame Réalisateur : Ivan Grbovic Acteurs : Jorge Antonio Guerrero, Hélène Florent, Claude Legault, Marine Johnson Durée : 1h45 1 Hélène Florent en agricultrice embauchant des travailleurs étrangers saisonniers dans Les oiseaux ivres.\u2014 PHOTOS LES FILMS OPALE 2 Le personnage de Willy (Jorge Antonio Guerrero) entreprend dans le long métrage une quête qui ne sera pas de tout repos.1 2 «Un CHEF-D\u2019ŒUVRE! Une SPLENDEUR!» Sophie Durocher, Le Journal de Montréal «Un film MAJESTUEUX!» Anik Moulin, Radio-Canada «Le film est GRANDIOSE!» François Lévesque, Le Devoir «EXCEPTIONNEL! EXTRAORDINAIRE! [.] absolument MAGNIFIQUE!» Richard Martineau, QUB Radio LesOiseauxIvres.com PRÉSENTEMENT AU CINÉMA JORGE ANTONIO GUERRERO HÉLÈNE FLORENT CL AUDE LEGAULT MARINE JOHNSON UN FILM DE IVAN GRBOVIC REPRÉSENTANT DU CANADA AUX OSCARSMD MEILLEUR FILM INTERNATIONAL SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E18 ARTS MAGAZINE HORTICULTURE Aucun bulbe n\u2019est indigène dans des Pays-Bas, même si ce pays en est le premier producteur mondial.C\u2019est que le sol dans ce pays, essentiellement un vaste marais, est trop humide en été, période où les bulbes doivent dormir au sec.Ainsi, les bulbes doivent être déterrés à la fin du printemps et replantés à l\u2019automne.Toutes les variétés de bulbes actuellement cultivés aux Pays-Bas \u2014 y compris leurs fameuses tulipes! \u2014 ont été importées à l\u2019origine d\u2019autres pays.5 POUR CONSOMMER AVEC DISCERNEMENT Plusieurs bulbes sont comestibles.Les tulipes, les cannas, les alliums, les lis, les muscaris, les dahlias et les camassias sont des exemples de bulbes que vous pouvez manger si vous le souhaitez, bien que vous trouveriez sûrement que beaucoup nécessitent une certaine préparation avant d\u2019être très intéressants à déguster.N\u2019essayez pas n\u2019importe quel bulbe, toutefois, car plusieurs sont toxiques, dont les narcisses, les jacinthes, les amaryllis, et surtout le soi-disant «quamash de la mort» (Zigadenus venenosus).6 DES HÉROS EN TEMPS DE FAMINE Les bulbes de tulipe ont sauvé des millions de Néerlandais de la famine.Pendant l\u2019hiver 1944-1945, les nazis, qui occupaient encore la majeure partie du pays, y coupèrent les livraisons de nourriture.Plus de 4,5 millions de personnes furent touchées par cette famine et l\u2019on estime que plus de 22 000 sont mortes de malnutrition ou de causes connexes.Il n\u2019y avait pas de viande, pas de légumes, et très peu de farine disponible, mais il y avait des millions de tonnes de bulbes de tulipe dans les entrepôts et ces bulbes sont comestibles, alors le gouvernement néerlandais publia un guide expliquant comment les préparer.La recette la plus populaire était tout simplement de les réduire en farine pour faire du pain.Un prêtre a décrit ces pains LARRY HODGSON Collaboration spéciale V oici quelques informations surprenantes que vous ne saviez probablement pas sur les bulbes que nous plantons si abondamment à l\u2019automne.1 UNE PLANTE DÉJÀ TOUTE PRÊTE Quand vous plantez un bulbe de tulipe, narcisse, jacinthe, d\u2019amaryllis, etc., la fleur est déjà à l\u2019intérieur.Et les feuilles aussi, sous forme embryonnaire, prêtes à s\u2019épanouir.C\u2019est pour cela que les bulbes sont si faciles à cultiver.Il leur faut seulement un hiver froid et humide pour pousser.2 DES RACINES AUTONOMES Les bulbes se plantent eux-mêmes! La plupart ont des racines contractiles : au fur et à mesure de leur croissance, les racines descendent en profondeur, puis tirent le bulbe vers le bas.Ainsi, même si un semis de bulbe germe à la surface du sol, au bout de quelques années, le bulbe finit par atteindre la profondeur appropriée pour son espèce, selon les conditions.3 UN IMPORTANT PRODUCTEUR.Les Pays-Bas (la Hollande) sont le pays qui produit la plus grande quantité de bulbes, environ 93 % de l\u2019offre mondiale.Quelque 9 milliards de bulbes y sont cultivés chaque année, dont la moitié est exportée.Les bulbes néerlandais sont vendus à travers le monde.4 .À L\u2019ORIGINE IMPORTATEUR 10 FAITS ÉTONNANTS SUR LES BULBES! comme goûtant la sciure de bois, mais au moins ils contenaient des hydrates de carbone et des minéraux\u2026 et coupaient la faim.En mai 1945, des livraisons de farine sont enfin arrivées au pays, mettant fin à la famine.Mais les Néerlandais qui l\u2019ont vécu n\u2019oublieront jamais leur hiver de la faim ni les bulbes de tulipe qui les ont sauvés.7 UN RECORD TITANESQUE Le bulbe le plus pesant au monde est celui de l\u2019arum titan (Amor- phophallus titanum).Le record pour cet organe est tenu par un spécimen de 154 kg (340 lb) cultivé au Jardin botanique royal d\u2019Édimbourg en 2015.La plante est tout aussi gigantesque que son bulbe, son, unique feuille pouvant atteindre 7 m de hauteur et 5 m d\u2019envergure.Enfin, son inflorescence aussi est énorme, la plus grosse du monde végétal, et peut atteindre 3 m de hauteur.8 RÉFRIGÉRATION NÉCESSAIRE On ne peut pas cultiver des tulipes ou narcisses en Floride.Ou du moins, pas sans un effort spécial.Sans au moins 3 mois de froid, la plupart des bulbes du printemps ne fleuriront pas.Les Floridiens qui tiennent à faire fleurir des tulipes chez eux doivent les cultiver en réfrigérateur! 9 ÉTONNANTE SPÉCULATION Un bulbe de tulipe a déjà valu plus que son pesant d\u2019or.Durant une période appelée la Tulipomanie (1636\u20131637), la valeur des bulbes de tulipe grimpa à un niveau ahurissant aux Pays-Bas à cause de la spéculation.Un seul bulbe de tulipe pouvait valoir vingt fois le salaire annuel d\u2019un artisan.Le marché s\u2019est écrasé subitement le 5 février 1637, faisant perdre plusieurs fortunes, après qu\u2019on a découvert que la cause de la coloration bigarrée des tulipes les plus populaires était\u2026 une maladie facilement transmissible de bulbe en bulbe, le virus de la panachure! Encore au 21e siècle, la spéculation sur les bulbes est bannie aux Pays-Bas\u2026 et la culture des tulipes bigarrées viro- sées (appelées maintenant tulipes Rembrandt) aussi! 10 UN HYBRIDE QUI VOLE LA VEDETTE On ne vend aucune fleur de jonquille pendant la campagne du Mois de la jonquille de la Société canadienne du cancer qui a lieu tous les mois d\u2019avril.La jonquille (Narcissus jonquilla) est une espèce à petites fleurs jaunes, ainsi appelée parce que ses feuilles sont tubulaires, comme les feuilles d\u2019un jonc.Les «jonquilles» qu\u2019on nous offre, avec de grosses fleurs et des feuilles aplaties, sont en fait des narcisses trompettes, soit des hybrides de Narcissus lobularis.2 1 2 Une tulipe Rembrandt.Sa coloration bigarrée est causée par un virus transmissible, le virus de la panachure.Il est interdit d\u2019en cultiver aux Pays-Bas.\u2014 PHOTO WIKIMEDIA COMMONS, BEN SCHUMIN 1 La plus grosse inflorescence au monde est produite par le bulbe gigantesque de l\u2019arum titan.\u2014 PHOTO WIKIMEDIA COMMONS, MICHAEL NEUMANN  © W.BARTHLOTT leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E19 RÉPONSES À VOS QUESTIONS COMMENT HIVERNER LES TUBERCULES DE DAHLIA Q J\u2019ai acheté ce printemps un dahlia «nain», hauteur attendue de 40-60 cm, mais il fait maintenant 1,40 m environ avec une profusion de belles fleurs roses.Comment garder les tubercules dans nos maisons modernes où il n\u2019y a aucune pièce fraîche et humide?Bernard Poirier R Hiverner un tubercule de dahlia au froid n\u2019est pas une obligation, mais une suggestion.Voici comment faire.Après avoir déterré les racines tubéreuses et coupé les tiges à environ 10 à 15 cm au-dessus, lais- sez-les sécher une semaine ou deux à l\u2019abri du gel, peut-être dans un cabanon ou garage.Ensuite, faites tomber un maximum de terre séchée, puis placez les tubercules dans un sac ou contenant aéré, les couvrant de papier déchiqueté ou de vermiculite.À défaut de pouvoir offrir de la fraîcheur aux tubercules (habituellement, on les conserve à environ 6 à 10 °C), on peut remiser les tubercules à la température de la pièce.Le problème alors est qu\u2019ils risquent davantage de s\u2019assécher, ce qui peut entraîner leur mort.Dans ce cas, vérifiez mensuellement et si vous trouvez que les tubercules ont l\u2019air ratatinés, vaporisez-les tout simplement d\u2019un peu d\u2019eau.24 heures plus tard, ils seront dodus de nouveau.Ce n\u2019est pas plus compliqué que cela.En ce qui concerne l\u2019élévation surprenante de votre dahlia nain, il s\u2019agit sûrement d\u2019une erreur d\u2019étiquetage, car un dahlia vraiment nain restera toujours environ à la hauteur promise, même à la fin de l\u2019été.POMMES DE TERRE GALEUSES Q Je vous envoie une photo de mes pommes de terre marquées de gales.J\u2019avais acheté des patates de semences que je pensais traitées contre les maladies.Est-ce que l\u2019an prochain ce problème va revenir si je plante au même endroit?F.G.R Les tubercules de pomme de terre qu\u2019on achète pour la plantation ne sont pas traités contre la gale, une maladie bactérienne, mais «certifiés», c\u2019est-à-dire qu\u2019ils ont été vérifiés libres de maladies courantes à la source.Mais si vous plantez un tubercule certifié dans un sol contaminé, la plante qui en pousse peut très bien devenir malade.Logiquement, donc, il ne faudrait pas replanter au même endroit l\u2019an prochain.Il vaut mieux faire une rotation de cultures et ne pas replanter des pommes de terre ou d\u2019autres Sola- nacées (tomates, poivrons, cerises de terre, etc.) dans ce secteur du jardin avant au moins 4 ans.Il existe aussi des lignées de pommes de terre qui sont résistantes à la gale, comme \u2018Norland\u2019, \u2018Péribonka\u2019 et \u2018Russet Burbank\u2019, que vous pouvez essayer.Notez aussi que la bactérie de la gale fait peu de dégâts dans les sols acides et donc des traitements au soufre pour ramener le pH à moins de 6, même jusqu\u2019à 5, peuvent aider.N\u2019ajoutez pas non plus de compost ou de fumier frais au sol au printemps au moment de la plantation des tubercules, car ces deux produits peuvent nourrir les bactéries.Enfin, les pommes de terre galeuses sont quand même comestibles.Il s\u2019agit tout simplement de supprimer les petites gales en les épluchant.Des questions svp! Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinier paresseux@yahoo.com Par courrier à Le jardinier paresseux Le Soleil C.P.1547, succ.Terminus Québec (Québec) G1K 7J6 Tubercules de dahlia fraîchement déterrés.\u2014 PHOTO 123RF/BJOERN WYLEZICH ENTRETIEN HORTICOLE À FAIRE CETTE SEMAINE \u203a Récoltez et faites sécher des fleurs du jardin et des champs pour assurer un hiver fleuri dans votre demeure.\u203a Les cactus aiment passer l\u2019automne à l\u2019extérieur, mais à l\u2019abri de la pluie.Rentrez-les seulement quand le gel menace.\u203a Il est temps de rentrer les bulbes tendres (glaïeuls, dahlias, cannas, callas, bégonias tubéreux, etc.).On peut les nettoyer et les garder au sec à l\u2019intérieur dans un emplacement libre de gel.\u203a Faites une analyse de fin de saison de votre aménagement et notez les problèmes et les lacunes.Profitez des aubaines de fin de saison en jardinerie pour remplir quelques trous avec des plantes rustiques (vivaces, arbres, arbustes, etc.).CALENDRIER HORTICOLE Pour toute activité horticole, écrivez- nous à courrierjardinierparesseux@ yahoo.com.Radio CKIA et Facebook Live L\u2019émission radiophonique et virtuelle le Jardinier paresseux avec Larry Hodgson est offerte gratuitement les mercredis à 10h à CKIA-FM 88,3 et sur www.facebook.com/ JardinierParesseux.Deux formations en ligne pour mettre les récoltes en pots Lili Michaud présente la formation en ligne «La mise en conserve domestique».Une bonne façon de découvrir les pratiques sécuritaires pour faire des conserves.Coût  : 30 $ + taxes.La formation «La lactofermentation des légumes» est également disponible.Coût : 25 $ + taxes.Il s\u2019agit de formations que vous pourrez suivre au moment qui vous convient et à votre rythme.Information : lilimi- chaud.com SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E20 ARTS MAGAZINE main à la pâte (à pita!).Faire revivre un peu de la beauté de la Syrie.Ici.«C\u2019est toujours un plaisir de se réunir pour partager un repas, mais c\u2019en est aussi un de se retrouver pour cuisiner ensemble.Quand on est deux ou plusieurs à préparer un mets, on crée une ambiance, un partage.On passe du bon temps, on fabrique des souvenirs.» Chez les Filles Fattoush, entre la confection de labneh et l\u2019assemblage d\u2019épices à shawarma, on tisse aussi une solidarité.«La relation entre les femmes, chez nous, elle est vraiment magnifique, il y a un côté humain indissociable de notre compagnie.On apporte du positif dans la vie quotidienne des femmes qui viennent travailler chez nous.Parce que pour plusieurs d\u2019entre elles, c\u2019est difficile de trouver un emploi.Elles ne parlent pas encore la langue française, elles sont encore en adaptation.En venant œuvrer chez nous, elles sortent de leur maison, elles acquièrent une certaine indépendance financière.Elles partagent leur vécu et à travers la cuisine de leur enfance, elles créent un pont vers la société qui les accueille.» Une société dont elles ignoraient parfois tout avant de venir y trouver refuge.«Certains Syriens sont arrivés au Canada alors qu\u2019ils ne savaient pas où se trouvait ce pays ni quelles étaient ses particularités.Quand on dit que les réfugiés ont dû fuir, c\u2019est vraiment ça : fuir.Ils n\u2019avaient pas le choix.Leur maison était brûlée, peut-être.Leur quartier était détruit.Ils ne pouvaient tout simplement pas rester là.» Ils ont trouvé ailleurs une paix d\u2019esprit tout autant qu\u2019un environnement à apprivoiser.«La vie quotidienne se transforme complètement, pour les réfugiés.Tout est différent au Québec.Le métro, les autobus, les adresses postales, les cartes bancaires.Et le prêt-à-manger n\u2019existe pas en Syrie.C\u2019est pour ça que les femmes sont talentueuses et savent cuisiner.Leur mode de vie ne permet pas d\u2019autres raccourcis que celui de faire soi-même les choses.D\u2019une génération à une autre, le savoir-faire et les recettes familiales se transmettent.Les mets sont évidemment très authentiques.» Et s\u2019 i ls ravissent autant les papilles, c\u2019est peut-être parce qu\u2019ils viennent du cœur.«Les Filles Fattoush, c\u2019est beaucoup plus que de la cuisine syrienne.C\u2019est un partage de culture.Une humanité.Une entreprise de cœur, oui.Je suis mère de trois enfants, mais pour moi, cette entreprise, c\u2019est mon 4e bébé.J\u2019en prends soin, je l\u2019aime au quotidien.» RÉGAL KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca EN CUISINE L\u2019histoire derrière l\u2019entreprise Les Filles Fattoush est inspirante, aussi savoureuse que les plats qu\u2019elle signe et les épices qu\u2019elle commercialise.Intrigués?Retournons en 2017.Quand la belle idée initiée par la documentariste Josette Gauthier a cheminé dans la tête et le cœur de Geneviève Comeau et d\u2019Adelle Tarzibachi.Ensemble, elles ont mis sur pied un service de traiteur, de prêt-à-man- ger et de produits fins qui permet aux réfugiées syriennes du Québec d\u2019accéder au marché du travail.«Il y a un certain temps déjà, j\u2019avais créé Adeco Import, compagnie spécialisée dans l\u2019importation de produits artisanaux syriens.J\u2019étais déjà en contact avec des producteurs, dans mon pays d\u2019origine», explique Adelle.L\u2019entreprise sociale Les Filles Fat- toush a suivi il y a quatre ans.Alors que le Canada ouvrait les bras aux réfugiés syriens.En quatre tours de calendrier, une trentaine de femmes originaires de la Syrie y ont mis à profit leur savoir- faire culinaire.Ensemble, elles ont confectionné mezzé et kebbé, hom- mos et feuilles de vigne, baklawas et basbousé.Ensemble, elles ont apprivoisé une nouvelle culture et un pays neuf.Ensemble, elles ont ravivé souvenirs et mémoire culinaire ancrés à leur terre d\u2019origine.Ensemble.J\u2019insiste sur le mot parce qu\u2019il est au cœur du projet, qui a aussi donné vie à un superbe livre de cuisine, publié tout récemment chez KO Éditions.«Les Filles Fattoush, c\u2019est au pluriel parce que c\u2019est une équipe, une communauté.Certaines sont toujours avec nous, d\u2019autres ont trouvé un autre emploi.Mais toutes, elles font partie de notre grande famille», précise Adelle, qui a immigré à Montréal il y a près de 20 ans.Au fi l des chapitres, et des recettes ensoleillées, on découvre le visage de Rana, Wiam, Tamar, Gada, Amas, Seba, Maria, Nourma, Arpik.Sous leur photo, une parcelle de leur histoire.Lumineuse, la parcelle.«On souhaitait raconter une bribe du parcours de chacune et évoquer les particularités de leur cuisine.» Les déchirures et les cicatrices qu\u2019a laissées la guerre ont volontairement été mises de côté.«Quand on entend parler de la Syrie, c\u2019est tout le temps négatif : le sang qui coule, la violence du conflit, les traversées difficiles en bateau.On voulait montrer autre chose, on souhaitait mettre les femmes en lumière.» Ces femmes qui brillent dans l\u2019écrin des locaux Fattoush, où elles peuvent partager des souvenirs, des façons de faire.Raconter comment leur mère, leur tante ou leur grand- mère apprêtait tel plat, tel dessert.Échanger sur différents sujets, apprendre de nouveaux mots français, retrouver le plaisir de mettre la 3 Les feuilles de vigne sont une spécialité syrienne.Un endroit magnifique en Syrie?«Le souk.Comme ceux qu\u2019on trouve à Damas et Alep, et qu\u2019ils sont en train de reconstruire.Pour moi, le souk, c\u2019est là où tout a commencé, là où les marchands de toutes sortes se retrouvent.C\u2019est le lieu d\u2019avant les supermarchés, un monde de parfums, de saveurs et de couleurs où on peut faire mille découvertes.» KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) DES ÉPICES ET DE LA PATIENCE «La cuisine syrienne, c\u2019est une cuisine qui a besoin de patience, m\u2019explique Adelle Tarzibachi.Quelqu\u2019un qui veut cuisiner des mezzé ou un plat principal, il doit prendre le temps.Il y a de nombreux détails.Plusieurs recettes commandent qu\u2019on respecte certaines techniques, certaines méthodes.Si on n\u2019y met pas le temps qu\u2019il faut, le résultat ne sera pas là.» La table syrienne, elle, s\u2019articule autour du partage.«Oubliez le service à la française où chacun reçoit son assiette.En Syrie on met tous les mets au centre de la table et chacun fait circuler les plats vers son voisin.Ça crée un circuit, un échange constant entre les convives.» Mezzés froids, mezzés chauds et plats principaux se succèdent dans les assiettes.Tous ont en commun d\u2019être très parfumés.«Dès qu\u2019on met les pieds dans une cuisine syrienne, on remarque les bonnes odeurs des épices qui émanent des chaudrons.Le sumac, la cannelle, la douceur du gingembre, le cumin.KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) QUELQUES INGRÉDIENTS-CLÉS La cuisine syrienne est pétrie d\u2019épices.Pâte de piments, cannelle, clou de girofle, mastic, menthe, sumac, muscade et zaatar sont fréquemment rencontrés dans la liste d\u2019ingrédients des plats traditionnels.«Le piment d\u2019Alep, la coriandre et le cumin sont les trois épices qui se retrouvent généralement dans les plats végés, tandis que les viandes seront très souvent relevés par du sept- épices ou un mélange à shish-taouk.» Les noix et le tahini (fait de graines de sésame) se retrouvent également dans plusieurs recettes syriennes, comme dans d\u2019autres spécialités orientales, du reste (on n\u2019a qu\u2019à penser aux plats marocains ou libanais par exemple).Enfin, la mélasse de grenade brille aussi dans plusieurs plats.Les Filles Fattoush la commercialise, d\u2019ailleurs, tout comme plusieurs épices qu\u2019on trouve dans quelque 200 points de vente au Québec.«À cause de son nom, plusieurs pensent que c\u2019est un type de mélasse, mais ça n\u2019a rien à voir.La mélasse de grenade s\u2019apparente davantage à un vinaigre balsamique, elle apporte un goût sucré et acidulé tout à la fois.» KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) RECETTE Salade fattoush sur lesoleil.com et dans notre application LES FILLES FATTOUSH DES SAVEURS ET DU CŒUR Un plat incontournable de la cuisine syrienne?«Le kibbe nayé, un tartare de bœuf dans lequel on trouve entre autres de la pâte de piments.On ne peut pas penser faire une table festive sans en prévoir un parmi les plats.C\u2019est un essentiel des célébrations.» KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) 1 2 3 1 Une tablée de mezzé \u2014 PHOTOS MAUDE CHAUVIN 2 Cofondatrice de l\u2019entreprise sociale Les Filles Fattoush, Adelle Tarzibachi signe le très beau recueil de recettes du même nom (Les Filles Fattoush - La cuisine syrienne, une cuisine de cœur), dans lequel on trouve quelque 80 recettes et quantité d\u2019infos sur la cuisine syrienne. leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E21 main à la pâte (à pita!).Faire revivre un peu de la beauté de la Syrie.Ici.«C\u2019est toujours un plaisir de se réunir pour partager un repas, mais c\u2019en est aussi un de se retrouver pour cuisiner ensemble.Quand on est deux ou plusieurs à préparer un mets, on crée une ambiance, un partage.On passe du bon temps, on fabrique des souvenirs.» Chez les Filles Fattoush, entre la confection de labneh et l\u2019assemblage d\u2019épices à shawarma, on tisse aussi une solidarité.«La relation entre les femmes, chez nous, elle est vraiment magnifique, il y a un côté humain indissociable de notre compagnie.On apporte du positif dans la vie quotidienne des femmes qui viennent travailler chez nous.Parce que pour plusieurs d\u2019entre elles, c\u2019est difficile de trouver un emploi.Elles ne parlent pas encore la langue française, elles sont encore en adaptation.En venant œuvrer chez nous, elles sortent de leur maison, elles acquièrent une certaine indépendance financière.Elles partagent leur vécu et à travers la cuisine de leur enfance, elles créent un pont vers la société qui les accueille.» Une société dont elles ignoraient parfois tout avant de venir y trouver refuge.«Certains Syriens sont arrivés au Canada alors qu\u2019ils ne savaient pas où se trouvait ce pays ni quelles étaient ses particularités.Quand on dit que les réfugiés ont dû fuir, c\u2019est vraiment ça : fuir.Ils n\u2019avaient pas le choix.Leur maison était brûlée, peut-être.Leur quartier était détruit.Ils ne pouvaient tout simplement pas rester là.» Ils ont trouvé ailleurs une paix d\u2019esprit tout autant qu\u2019un environnement à apprivoiser.«La vie quotidienne se transforme complètement, pour les réfugiés.Tout est différent au Québec.Le métro, les autobus, les adresses postales, les cartes bancaires.Et le prêt-à-manger n\u2019existe pas en Syrie.C\u2019est pour ça que les femmes sont talentueuses et savent cuisiner.Leur mode de vie ne permet pas d\u2019autres raccourcis que celui de faire soi-même les choses.D\u2019une génération à une autre, le savoir-faire et les recettes familiales se transmettent.Les mets sont évidemment très authentiques.» Et s\u2019 i ls ravissent autant les papilles, c\u2019est peut-être parce qu\u2019ils viennent du cœur.«Les Filles Fattoush, c\u2019est beaucoup plus que de la cuisine syrienne.C\u2019est un partage de culture.Une humanité.Une entreprise de cœur, oui.Je suis mère de trois enfants, mais pour moi, cette entreprise, c\u2019est mon 4e bébé.J\u2019en prends soin, je l\u2019aime au quotidien.» RÉGAL KARINE TREMBLAY karine.tremblay@latribune.qc.ca EN CUISINE L\u2019histoire derrière l\u2019entreprise Les Filles Fattoush est inspirante, aussi savoureuse que les plats qu\u2019elle signe et les épices qu\u2019elle commercialise.Intrigués?Retournons en 2017.Quand la belle idée initiée par la documentariste Josette Gauthier a cheminé dans la tête et le cœur de Geneviève Comeau et d\u2019Adelle Tarzibachi.Ensemble, elles ont mis sur pied un service de traiteur, de prêt-à-man- ger et de produits fins qui permet aux réfugiées syriennes du Québec d\u2019accéder au marché du travail.«Il y a un certain temps déjà, j\u2019avais créé Adeco Import, compagnie spécialisée dans l\u2019importation de produits artisanaux syriens.J\u2019étais déjà en contact avec des producteurs, dans mon pays d\u2019origine», explique Adelle.L\u2019entreprise sociale Les Filles Fat- toush a suivi il y a quatre ans.Alors que le Canada ouvrait les bras aux réfugiés syriens.En quatre tours de calendrier, une trentaine de femmes originaires de la Syrie y ont mis à profit leur savoir- faire culinaire.Ensemble, elles ont confectionné mezzé et kebbé, hom- mos et feuilles de vigne, baklawas et basbousé.Ensemble, elles ont apprivoisé une nouvelle culture et un pays neuf.Ensemble, elles ont ravivé souvenirs et mémoire culinaire ancrés à leur terre d\u2019origine.Ensemble.J\u2019insiste sur le mot parce qu\u2019il est au cœur du projet, qui a aussi donné vie à un superbe livre de cuisine, publié tout récemment chez KO Éditions.«Les Filles Fattoush, c\u2019est au pluriel parce que c\u2019est une équipe, une communauté.Certaines sont toujours avec nous, d\u2019autres ont trouvé un autre emploi.Mais toutes, elles font partie de notre grande famille», précise Adelle, qui a immigré à Montréal il y a près de 20 ans.Au fi l des chapitres, et des recettes ensoleillées, on découvre le visage de Rana, Wiam, Tamar, Gada, Amas, Seba, Maria, Nourma, Arpik.Sous leur photo, une parcelle de leur histoire.Lumineuse, la parcelle.«On souhaitait raconter une bribe du parcours de chacune et évoquer les particularités de leur cuisine.» Les déchirures et les cicatrices qu\u2019a laissées la guerre ont volontairement été mises de côté.«Quand on entend parler de la Syrie, c\u2019est tout le temps négatif : le sang qui coule, la violence du conflit, les traversées difficiles en bateau.On voulait montrer autre chose, on souhaitait mettre les femmes en lumière.» Ces femmes qui brillent dans l\u2019écrin des locaux Fattoush, où elles peuvent partager des souvenirs, des façons de faire.Raconter comment leur mère, leur tante ou leur grand- mère apprêtait tel plat, tel dessert.Échanger sur différents sujets, apprendre de nouveaux mots français, retrouver le plaisir de mettre la 3 Les feuilles de vigne sont une spécialité syrienne.Un endroit magnifique en Syrie?«Le souk.Comme ceux qu\u2019on trouve à Damas et Alep, et qu\u2019ils sont en train de reconstruire.Pour moi, le souk, c\u2019est là où tout a commencé, là où les marchands de toutes sortes se retrouvent.C\u2019est le lieu d\u2019avant les supermarchés, un monde de parfums, de saveurs et de couleurs où on peut faire mille découvertes.» KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) DES ÉPICES ET DE LA PATIENCE «La cuisine syrienne, c\u2019est une cuisine qui a besoin de patience, m\u2019explique Adelle Tarzibachi.Quelqu\u2019un qui veut cuisiner des mezzé ou un plat principal, il doit prendre le temps.Il y a de nombreux détails.Plusieurs recettes commandent qu\u2019on respecte certaines techniques, certaines méthodes.Si on n\u2019y met pas le temps qu\u2019il faut, le résultat ne sera pas là.» La table syrienne, elle, s\u2019articule autour du partage.«Oubliez le service à la française où chacun reçoit son assiette.En Syrie on met tous les mets au centre de la table et chacun fait circuler les plats vers son voisin.Ça crée un circuit, un échange constant entre les convives.» Mezzés froids, mezzés chauds et plats principaux se succèdent dans les assiettes.Tous ont en commun d\u2019être très parfumés.«Dès qu\u2019on met les pieds dans une cuisine syrienne, on remarque les bonnes odeurs des épices qui émanent des chaudrons.Le sumac, la cannelle, la douceur du gingembre, le cumin.KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) QUELQUES INGRÉDIENTS-CLÉS La cuisine syrienne est pétrie d\u2019épices.Pâte de piments, cannelle, clou de girofle, mastic, menthe, sumac, muscade et zaatar sont fréquemment rencontrés dans la liste d\u2019ingrédients des plats traditionnels.«Le piment d\u2019Alep, la coriandre et le cumin sont les trois épices qui se retrouvent généralement dans les plats végés, tandis que les viandes seront très souvent relevés par du sept- épices ou un mélange à shish-taouk.» Les noix et le tahini (fait de graines de sésame) se retrouvent également dans plusieurs recettes syriennes, comme dans d\u2019autres spécialités orientales, du reste (on n\u2019a qu\u2019à penser aux plats marocains ou libanais par exemple).Enfin, la mélasse de grenade brille aussi dans plusieurs plats.Les Filles Fattoush la commercialise, d\u2019ailleurs, tout comme plusieurs épices qu\u2019on trouve dans quelque 200 points de vente au Québec.«À cause de son nom, plusieurs pensent que c\u2019est un type de mélasse, mais ça n\u2019a rien à voir.La mélasse de grenade s\u2019apparente davantage à un vinaigre balsamique, elle apporte un goût sucré et acidulé tout à la fois.» KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) RECETTE Salade fattoush sur lesoleil.com et dans notre application LES FILLES FATTOUSH DES SAVEURS ET DU CŒUR Un plat incontournable de la cuisine syrienne?«Le kibbe nayé, un tartare de bœuf dans lequel on trouve entre autres de la pâte de piments.On ne peut pas penser faire une table festive sans en prévoir un parmi les plats.C\u2019est un essentiel des célébrations.» KARINE TREMBLAY (LA TRIBUNE) 1 2 3 1 Une tablée de mezzé \u2014 PHOTOS MAUDE CHAUVIN 2 Cofondatrice de l\u2019entreprise sociale Les Filles Fattoush, Adelle Tarzibachi signe le très beau recueil de recettes du même nom (Les Filles Fattoush - La cuisine syrienne, une cuisine de cœur), dans lequel on trouve quelque 80 recettes et quantité d\u2019infos sur la cuisine syrienne. PROMOTION LA VITRINE AUTONOMIE ALIMENTAIRE SEMAINE DE LA COOPÉRATION DU 17AU 23OCTOBRE 2021 Célébrons la Semaine de la coopération Cetteannée, laSemainedela coopérationsetientdu17au 23octobrepartoutauQuébec.Cette semaine vise à promouvoir l\u2019apport des coopératives et des mutuelles enmettant en valeur les avantages de la coopération et de la mutualité et en faisant découvrir des entreprises qui contribuent activement au développement des collectivités.Le thème retenu cette année est « Pour un avenir coopératif qui nous ressemble et nous rassemble ».QU\u2019EST-CE QU\u2019UNE COOPÉRATIVE?L\u2019Alliance coopérative internationale (ACI), association qui représente et appuie les coopératives à l\u2019échelle mondiale, définit la coopérative comme une association autonome de personnes unies volontairement pour répondre à leurs besoins et aspirations économiques, sociaux et culturels communs par le biais d\u2019une entreprise détenue conjointement et contrôlée démocratiquement.Quand il est question du modèle coopératif, la première entreprise à laquelle on pense est bien sûr Desjardins, à plus forte raison puisque l\u2019important réseau de caisses populaires fait partie intégrale de la culture québécoise.Il est probable que cette notion vous rappelle également la petite coopérative de votre école, où vous achetiez jadis vos fournitures scolaires.Aujourd\u2019hui, 90 établissements d\u2019enseignement sont desservis par près de 60 coopératives opérant près de 200 points de vente dans le milieu scolaire québécois et ontarien, grâce au réseau COOPSCO.Vous aurez compris qu\u2019une coopérative peut prendre différentes formes, se retrouver dans pratiquement tous les secteurs de notre économie et, surtout, se développer pour faire concurrence à n\u2019importe quelle autre entreprise.Mais qu\u2019est- ce qui distingue un coop d\u2019une entreprise traditionnelle?Du point de vue organisationnel, la principale différence est que la coopérative possède deux structures.En plus de sa structure d\u2019entreprise qui, comme l\u2019entreprise privée traditionnelle, comporte une direction générale et des employés répartis dans différents services administratifs (comptabilité, production, vente, etc.), la coopérative possède une structure d\u2019association de personnes, qui fonctionne de façon démocratique par la tenue d\u2019une assemblée générale où sont élus les membres du conseil d\u2019administration par un vote des membres.Ces membres sont les actionnaires de la coopérative grâce à la part sociale, un montant symbolique d\u2019une valeur nominale qu\u2019ils détiennent ainsi qu\u2019aux parts privilégiées qu\u2019ils lui versent.La coopérative peut également émettre des parts privilégiées participatives à des non-membres, mais à certaines conditions.LES VALEURS COOPÉRATIVES L\u2019Alliance coopérative internationale a défini sept principes auxquels les coopératives adhèrent : \u2022 Adhésion volontaire et ouverte à tous \u2022 Contrôle démocratique exercé par les membres \u2022 Participation des membres aux aspects économiques \u2022 Autonomie et indépendance \u2022 Éducation, formation et information \u2022 Coopération entre les coopératives \u2022 Engagement envers la communauté Selon les plus récentes données du ministère de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation, les coopératives ont un taux de survie supérieur aux entreprises traditionnelles.En fait, on a souvent recours aumodèle coopératif pour sauver des entreprises qui sont menacées de fermeture en raison d\u2019une faillite ou d\u2019unmanque de relève.Vous trouverez à ce sujet un article fort intéressant sur le repre- neuriat collectif.Le modèle coopératif est plus pertinent que jamais et se retrouve au cœur de la relance socio-économique.Afin de vous outiller pour faire face au contexte actuel, nous vous invitons à participer à nos activités.Découvrez-les au desjardins.com/semainecoop Du 17 au 23 octobre 2021 S\u2019entraider, plus que jamais Semaine de la coopération SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E22 leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 E23 Plus on coopère, plus on récolte.Le symbole et le nom Sollio sont des marques de commerce de Sollio Groupe Coopératif.sollio.coop Profitons de la Semaine de la coopération pour célébrer les actions de collaboration qui contribuent aux succès collectifs de nos membres et de nos communautés d\u2019ici ! Ensemble, nourrissons l\u2019esprit de coopération.S E M A I NE D E L A C O O PÉ R ATI O N PROMOTION LA VITRINE AUTONOMIE ALIMENTAIRE SEMAINE DE LA COOPÉRATION L\u2019EFFETCOOP Quand l\u2019entrepreneuriat devient le repreneuriat collectif Desmilliersdepetites, moyennesetgrandesentre- prisesduQuébecsontou serontàcourt terme,ensitua- tiondetransfertversdenou- veauxpropriétaires.Plusieurs d\u2019entreellesdevrontenvisa- ger l\u2019optioncollectivepour assurerunetransition locale, adaptéeàlaréalitédeleurs milieux,pérenneetbénéfique pour leQuébec.Le repreneuriat collectif prend la relève de l\u2019entrepreneuriat qui a construit les régions du Québec moderne.Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) et le Chantier de l\u2019économie sociale font entendre leurs voix au nom d\u2019un écosystème performant en accompagnement et en financement de projets collectifs porteurs.Au Québec, il y aurait environ 248 000 entreprises, comptant majoritairement moins de 99 employés, qui se retrouveront en transfert potentiel de propriété.Leur avenir rapproché passe par un transfert à desmembres de la famille, par un rachat via des fonds d\u2019investissement, par une prise de contrôle de la concurrence ou pire, par une fin des opérations.Le repreneuriat collectif est une alternative qui a fait ses preuves, mais qui demeuremécon- nue dans l\u2019environnement d\u2019affaires québécois.L\u2019Effet COOP en optant pour le repreneuriat collectif, c\u2019est le maintien au Québec d\u2019un siège social ou d\u2019une composante stratégique d\u2019une chaîne de valeur globalisée.C\u2019est la victoire d\u2019une communauté engagée, de travailleurs dévoués, de clients loyaux, de producteurs motivés, d\u2019organisations compétentes en accompagnement ainsi que d\u2019institutions de financement face à la réalité économique dont les règles du jeu sont déshumanisées.C\u2019est une entreprise qui fait la fierté de son patelin, donc qui évite de se transformer en un site géolocalisé sur une carte dumonde.Cent vingt-cinq (125) reprises collectives ont été répertoriées sur 10 ans et une tendance à la hausse se dessine depuis le début de la crise sanitaire.Toutes les régions du Québec sont des terreaux fertiles dans plusieurs secteurs de l\u2019économie, dont notamment la fabrication, le commerce de détail, les soins de santé, les services et l\u2019agroalimentaire.Le développement ou la sauvegarde des entreprises reprises représentent principalement les facteurs moteurs qui ont mené à la conversion des cas étudiés.Maintenir les activités socio-économiques locales tout en préservant les services de proximité et les emplois sont souvent évoqués dans les médias, surtout dans les situations de reprise impliquant des entreprises de plus petite taille (CÉRSÉ, novembre 2020).L\u2019Effet COOP généré par le repre- neuriat collectif se manifeste ainsi sur le tissu social et économique local.Ces nouveaux employeurs, gouvernés collectivement, deviennent des vecteurs d\u2019enrichissement des communautés qui voient survivre une entreprise bien de chez elles.Le savoir-faire familial ou typique d\u2019unmilieu, transmis de génération en génération, fait la renommée de plusieurs régions et de grandes villes.Les défis de réussir un transfert en mode collectif amènent les cédants et le collectif de repreneurs à se respecter mutuellement, car les étapes à franchir sont spécifiques à ce modèle.Une première condition de succès consiste à s\u2019adjoindre des services-conseils d\u2019accompagnement reconnus.Grâce à ce partage d\u2019expertise, les programmes de soutien financier au repreneuriat collectif seront rapidement identifiés.L\u2019entrepreneuriat qui évolue vers le repreneuriat collectif doit sortir de l\u2019ombre dans notre société.Plusieurs organismes en parlent et il demeure tout de même méconnu.L\u2019Effet coop est pourtant remarquable par sa pérennité autant que par les leviers sociaux qu\u2019il procure.Marie-Josée Paquette, directrice générale, CQCM La participation des travailleurs ou de la communauté dans la reprise collective d\u2019une entreprise est à la fois la meilleure façon de maintenir les emplois auQuébec et une stratégie essentielle pour donner aux collectivités les moyens de répondre à leurs propres besoins.Béatrice Alain, directrice générale, Chantier de l\u2019économie sociale SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E24 leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 E25 Faites comme cette famille et vivez l\u2019Effet COOP au quotidien! Lorem ipsum Lorem ipsum Renouveler l\u2019abonnement au journal Le Nouvelliste 15e anniversaire avec Nico : Réserver un forfait chez Ôrigine artisans hôteliers Nico prendre RDV à la Coop de santé Val-Morin pour prise de sang Marché public de Shawinigan Café brûlerie St-Maurice, steak Boucherie J-G Nobert ail, aneth, aubergines, bettes à carde Appeler SSQ Assurance pour Charlotte Nico entrevue à la Coop Forestière du Haut St-Maurice Maryse cours de Yoga - Coop CODEme à 13:30 Acheter les fournitures scolaires COOPSCO Charlotte déposer ta candidature pour la présidence de la Jeune Coop La Kuisine Suivi arrangements funéraires de maman - Coop funéraire de la Mauricie 5 à 7 avec Julie - Microbrasserie Le Temps d\u2019une Pinte 09:41 Sam.16 oct.\u2039Notes Choses à faire .17 au 23 octobre L\u2019Effet COOP se définit selon plusieurs facettes de l\u2019action coopérative.Entre celles-ci, les dénominateurs communs sont nombreux, parmi lesquels on retrouve la volonté de participer aux changements de société, de contribuer à l\u2019économie du Québec par le levier social, de créer de la valeur collective et de l\u2019innovation ainsi que de prioriser l\u2019approvisionnement local de biens et d\u2019expertise.Les retombées sont multiples pour les communautés, auprès des travailleurs et chez les membres.Participez à l\u2019Effet COOP! Semaine de la coopération www.effet.coop SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E26 ARTS MAGAZINE 3 2 1 6 5 4 NATALIE RICHARD Collaboration spéciale natalierichardmedia@gmail.com C\u2019 est au Québec qu\u2019a lieu le concours de dégustation le plus important à l\u2019extérieur de l\u2019Europe, en termes de représentation de pays et de produits.Pour cette 28e édition, les Sélections Mondiales des Vins Canada, qui se déroulaient à l\u2019ITHQ (Institut de tourisme et d\u2019hôtellerie du Québec) la semaine dernière, ont reçu 1910 vins de 32 pays qui ont été dégustés attentivement par un jury professionnel sur une période de quatre jours.Les vins sont répartis en onze commissions composées d\u2019un minimum de cinq juges représentant une diversité de pays et qui sont des professionnels de l\u2019industrie vinicole.Les vins sont évalués dans les meilleures conditions et jugés selon les critères de l\u2019OIV, les mêmes que l\u2019on retrouve dans les compétitions internationales.Les pays qui se sont le plus démarqués cette année sont l\u2019Espagne et le Portugal, ainsi que l\u2019Italie, parmi les cinq pays les plus représentés avec la Moldavie et la France.Voici quelques-uns des vins disponibles à la SAQ et qui se sont démarqués dans la catégorie Grand Or, avec un pointage de 92 et 93 points.Bonne dégustation.1 VIGNOBLE DU MARATHONIEN VIDAL 2017 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % ? g/L Situé à Havelock, en Montérégie, le vignoble du Marathonien cumule les médailles pour ses vins liquoreux, notamment pour son vin Vendange Tardive, aussi disponible en SAQ.Ce vin de glace qui a remporté une médaille Grand Or cette année est un lauréat des concours depuis 1997.Élaboré à 100 % à partir de raisins vidal gelés, il présente des notes d\u2019abricot séché, de miel et de caramel.Une excellente douceur à s\u2019offrir avec le foie gras, le fromage bleu ou une tarte tatin aux pommes ou aux poires.2 JACQUART MOSAÏQUE BRUT ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % ? g/L Le champagne de la maison Jacquart qui a reçu les honneurs cette année au SMVC était millésimé 2008, une cuvée exceptionnelle il va sans dire, vu son éclat et sa constance dans la longévité.Malheureusement, ce millésime n\u2019est pas disponible en SAQ mais je vous invite à découvrir le Mosaïque Brut qui bénéficie de trois ans d\u2019élevage et qui s\u2019exprime tout en fraîcheur et en finesse.Aussi très apprécié de la critique avec 2 étoiles au Guide Hachette des Vins, 90 points au Wine Spectator et 16 points de Jancis Robinson.Franchement pour le prix, on ne devrait pas s\u2019en passer.3 RAVENSWOOD OLD VINE ZINFANDEL LODI 2018 ?,? $ \u2022 ? ?\u2022 ? % \u2022 ? g/L Un grand classique de la région de So- noma, produit par Joel Paterson que l\u2019on surnomme le «parrain du Zin».Une belle histoire qui a débuté un jour d\u2019automne de 1976, lors de ses toutes premières vendanges.Voyant venir les orages, Joel, travailla obstinément avec sa petite équipe pour réussir à rentrer au chai ses quatre mille kilos de raisins avant de tout perdre dans la tempête.Ils y sont arrivés de justesse, pendant que les corbeaux croassaient du haut de leurs branches, ce qui lui inspira le nom de Ravenswood pour son vignoble.4 UMBERTO CESARI TAULETO RUBICONE 2014 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ? % ? g/L Un excellent sangiovese de l\u2019Émi- lie-Romagne.Un vin puissant et concentré, élaboré seulement dans les années exceptionnelles.L\u2019année 2014 n\u2019a pourtant pas été un millésime remarquable en Europe, mais quelques grands vins ont tout de même été produits, dont celui-ci, toujours disponible dans le réseau.5 JOEL GOTT PINOT NOIR CALIFORNIE 2018 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % ?,? g/L Joel Gott est un vigneron bien connu de Californie qui produit aussi des vins en Oregon et dans l\u2019État de Washington.Vigneron de quatrième génération, il collabore à plusieurs projets dont Shatter et Three Thieves avec Charles Bieler, en plus d\u2019être aux commandes de son propre vignoble depuis 1996, un domaine qu\u2019il gère avec son épouse Sarah, et en partenariat avec Trin- chero Family Estate.Son pinot noir est bien californien avec des notes de cerise, de cèdre et d\u2019épices sur des tannins veloutés, témoins de son passage en barriques de chêne français, neuves à 10 %.6 VINCENTE FARIA GLORIA DOURO RESERVA 2019 ?,? $ \u2022 ? ? ?\u2022 ?,? % ?,? g/L Voilà qui prouve que les bons vins ne sont pas nécessairement les plus chers.Vincente Faria est vigneron de la septième génération d\u2019une famille de producteurs dans le Douro au Portugal qui produit aussi des portos.Ce vin puissant et épicé est élaboré avec 40 % de tinta roriz (tempranillo) et 30 % de touriga nacional et de touriga franca.Pour le top 50 et la liste complète des lauréats, visitez le site smvcanada.ca Pour des suggestions quotidiennes de vins, suivez-moi sur Instagram @nrartdevivre ou sur mon site natalierichard.com.VINS DU MONDE La ?e édition des Sélections Mondiales des Vins Canada se déroulait la semaine dernière à l\u2019ITHQ (Institut de tourisme et d\u2019hôtellerie du Québec).Le concours a reçu cette année ?vins de ?pays qui ont été dégustés attentivement par un jury professionnel sur une période de quatre jours.\u2014 PHOTO SÉLECTIONS MONDIALES DES VINS CANADA leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E27 P artie intégrante de la culture bière, les nombreux festivals qui se donnent comme mission de vous faire découvrir des brasseries et des bières ont dû jongler avec les mesures sanitaires.Alors que certains ont préféré passer leur tour cette année, d\u2019autres y sont allés d\u2019une formule différente.Est-ce un succès?Habitué des «sessions», nos voisins du Sud n\u2019ont pas eu trop de mal à profiter des nombreux festivals à capacité réduite en cette période estivale.Mais le Québec n\u2019avait pas encore tout à fait découvert le principe : une heure de début et de fin sur vos billets, vous invitant à profiter des installations sur place, à commander de la bière et à sortir gentiment afin de laisser la place à d\u2019autres festivaliers.Conditions sanitaires et capacité maximale obligent, les «sessions» sont donc devenues très populaires.DES ÉDITIONS LIMITÉES Mention spéciale au Festibière de Gatineau, qui a réussi à offrir une ambiance toute particulière et permettre à plusieurs de découvrir les bières du Québec.On pouvait également y faire du pédalo, embarquer dans la grande roue et profiter du choix musical.Si je me fie aux nombreux témoignages d\u2019habitués de l\u2019événement, cette cuvée 2021 risque d\u2019être étudiée pour les années futures.Même son de cloche du côté du Festibière de Repentigny, qui a offert un Okto en mode terrasse avec de la bière, bien sûr, mais surtout des activités et des spectacles d\u2019humour, se voulant donc plus un «party avec de la bière» qu\u2019un festival en tant que tel.Car rappelons que le but d\u2019un festival de bières est de mettre en relation les consommateurs et les brasseurs, dans un environnement agréable et de faire découvrir des bières, qu\u2019elles soient exclusives, originales ou non.C\u2019est à l\u2019événement Bière Garden que revient la palme cette année, avec un nouveau concept de festival «ambulant» et de lignes de fût exclusives ou presque.Quatre emplacements à travers le Québec ont reçu organisateurs et festivaliers, en partenariat avec quelques restaurateurs locaux.Seul bémol, le prix.Je comprends tout à fait qu\u2019il y ait des frais liés à l\u2019organisation d\u2019un événement ambulant, mais la psychologie du prix équivalent de la pinte en a freiné plusieurs.De toute façon, c\u2019était complet, signe que la formule intimiste plaît à pas mal de monde.Je serais donc peu surpris de les revoir l\u2019année prochaine.Par contre, déception du côté du Mondial de la bière cette année.Il y avait très peu de bières importées, même si l\u2019atout du Mondial est justement de pouvoir goûter des bières de partout dans le monde.Le service était défaillant, assez lent, mais surtout ne mettait pas la bière à l\u2019honneur, en la versant à l\u2019avance dans des verres en plastique\u2026 Une formule à revoir.Fort à parier qu\u2019on reverra plutôt le Mondial de la bière dans son ancienne formule.L\u2019AVENIR DE LA FORMULE «SESSION» La formule «session» est fort probablement là pour rester.Elle a beaucoup d\u2019avantages et permet de mieux contrôler les ventes et la variété de bières.Mais si vous désirez rencontrer le brasseur, celui- ci se fait de plus en plus rare.Le marché de la bière évolue et il est difficile d\u2019être présent à tous les événements.Mention spéciale à Foudres Unis de Frelighsburg.L\u2019événement, tant attendu par beaucoup d\u2019amateurs de bière, n\u2019a pas eu lieu cette année, mais la formule fonctionne et de nombreux brasseurs internationaux seront de la partie la prochaine fois.Même son de cloche du côté du festival Bières et Saveurs de Chambly, où les organisateurs ont préféré annuler l\u2019événement plutôt que de travailler sur une formule différente.Il faut dire que le festival est un succès chaque année et que c\u2019est le plus grand rassemblement de brasseurs.L\u2019année 2022 devrait donc être un retour à la normale\u2026 ou presque.MONSIEUR COCKTAIL PATRICE PLANTE Collaboration spéciale I l y a déjà sept ans que je rêve d\u2019une façon d\u2019aborder différemment le «moment cocktail».Engagé par une compagnie montréalaise pour créer des cocktails et des spiritueux sans alcool en 2014, j\u2019ai tout de suite été happé par les possibilités qui s\u2019offraient à moi lorsque le fruit de ce travail a été présenté lors d\u2019une conférence alimentaire à Las Vegas.La mixolo- gie étant affaire de cuisine liquide, j\u2019ai toujours adoré aborder l\u2019univers des nombreux produits sans alcool qui ont pris de l\u2019importance sur le marché dans les dernières années : la bière et le vin désal- coolisés, le pétillant de rhubarbe, le kombucha et, bien sûr, le spiritueux sans alcool.Nous sommes plus nombreux que jamais à rêver de moments de socialisation autour d\u2019un bon verre, qu\u2019il soit avec ou sans alcool.De plus en plus, la complexité et les saveurs s\u2019invitent dans notre verre.Tout comme, de plus en plus, que ce soit par choix personnel, pour des questions de santé, pour alterner avec nos consommations alcoolisées ou simplement pour de nouveaux objectifs de vie, le cocktail sans alcool s\u2019invite dans nos maisons.Pourquoi aime-t-on un bon cocktail froid à l\u2019apéro?Parce qu\u2019il explose de saveurs, tantôt aromatiques, tantôt sucrées, tantôt amères.C\u2019est dans cette optique que je vous propose cette semaine un apéro italien digne de ce nom, à la pomme et\u2026 sans alcool.Appelé «britz» en Grande-Bre- tagne, ce cocktail est un spritz allongé au cidre pétillant plutôt qu\u2019au vin mousseux.Cette version, faite avec le moût de pomme de votre cidrerie préférée et le nouvel apéritif spritz sans alcool de votre humble serviteur, deviendra assurément un grand coup de cœur automnal.Britz INGRÉDIENTS \u2022 1,5 oz de spritz sans alcool \u2022 1,5 oz de moût de pomme \u2022 1 oz d\u2019eau pétillante \u2022 1 tranche de pamplemousse (pour décorer) PRÉPARATION 1 Mélanger tous les ingrédients d a n s u n ver re à v i n rempl i de glace.2 D é c o r e r d \u2019 u n e t r a n c h e de pamplemousse.Santé! UN APÉRO PAS COMME LES AUTRES P H O T O M A Ë L L A L E P A G E PHILIPPE WOUTERS CHRONIQUE philippe.wouters@lescoops.ca Les festivals s\u2019en sont-ils bien sortis?PHOTO 123RF SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E28 ARTS MAGAZINE SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M60 RÉGAL leSoleil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 M61 RÉGAL P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , N O V E M B R E 2 0 2 1 , V O L .1 2 , N O .0 6 PRÉPARATION 1 Préchauffer le four à 190 °C (375 °F).2 Dans un bol, mélanger le bœuf haché avec le mélange à farce, la crème, l\u2019œuf et les échalotes.Saler et poivrer.3 Huiler légèrement huit alvéoles d\u2019un moule à muffins, puis y répartir la préparation.4 Cuire au four de 20 à 22 minutes, jusqu\u2019à ce que la chair de la viande ait perdu sa teinte rosée.5 Pendant ce temps, trancher les champignons.6 Dans une g rande poêle, chauffer un peu d\u2019huile d\u2019olive à feu moyen-élevé.Cuire les champignons de 2 à 3 minutes.7 Verser la sauce demi-glace dans la poêle.Porter à ébullition, puis laisser mijoter de 2 à 3 minutes à feu doux.8 Servir les pains de viande avec la sauce aux shiitakes.boutique.pratico-pratiques.com/ produits Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 20 minutes \u2022 Quantité : 4 portions (8 petits pains de viande) 2 MÉLANGE À FARCE POUR POULET DE TYPE STOVE TOP 125 ML (1/2 TASSE) 3 CRÈME À CUISSON 15 % 60 ML (1/4 DE TASSE) 4 CHAMPIGNONS SHIITAKE HAIKU RINCÉS ET ÉGOUTTÉS 1 BOÎTE DE 284 ML 5 SAUCE DEMI-GLACE 250 ML (1 TASSE) LA RECETTE DE LA SEMAINE PAIN DE VIANDE, SAUCE AUX SHIITAKES Prévoir aussi : \u2022 1 œuf \u2022 80 ml (1/3 de tasse) d\u2019échalotes sèches (françaises) hachées Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes; novembre 2021, Vol.12, No.06.Publié par Éditons Pratico- pratiques.INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES PAR PORTION Calories .387 Protéines .29 g Matières grasses .23 g Glucides .17 g Fibres .2 g Fer .3 mg Calcium .67 mg Sodium .532 mg P H O T O T I R É E D U L I V R E T A R T E S , P Â T É S E T C I E D E L A S É R I E L E S P L A I S I R S G O U R M A N D S D E C A T Y Préparation : 20 minutes Cuisson : 50 minutes Quantité : 8 portions INGRÉDIENTS \u2022 ½ recette de pâte à tarte \u2022 375 ml (1 ½ tasse) de purée de citrouille \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) de cannelle \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) de gingembre moulu \u2022 1,25 ml (1/4 de c.à thé) de muscade \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de sucre d\u2019érable \u2022 3 œufs \u2022 1 boîte de lait condensé sucré de 300 ml PRÉPARATION 1 Préchauffer le four à 180 °C (350 °F).2 Sur une surface légèrement farinée, abaisser la pâte en un cercle de 27,5 cm (11 po) de diamètre.Déposer l\u2019abaisse dans une assiette à tarte de 23 cm (9 po) de diamètre.3 Dans un autre bol, mélanger la purée de citrouille avec la cannelle, le gingembre, la muscade, le sucre d\u2019érable, les œufs et le lait condensé.4 Verser délicatement la préparation à la citrouille dans l\u2019abaisse.5 Cuire au four de 50 à 55 minutes, jusqu\u2019à ce que la préparation soit prise.Retirer du four et laisser tiédir.boutique.pratico-pratiques.com/ produits/ TARTE À LA CITROUILLE ET AUX ÉPICES Recette tirée du livre Tartes, pâtés et Cie de la série Les Plaisirs Gourmands de Caty.Publié par Éditoins Pratico- pratiques.J\u2019AIME AVEC\u2026 Crème fouettée aux épices À l\u2019aide du batteur électrique, fouetter 250 ml (1 tasse) de crème à fouetter 35 % jusqu\u2019à l\u2019obtention de pics mous.Ajouter 125 ml (1/2 tasse) de sucre à glacer, 1,25 ml (1/4 de c.à thé) de cannelle, 1,25 ml (1/4 de c.à thé) de muscade et 5 ml (1 c.à thé) d\u2019extrait de vanille.Fouetter jusqu\u2019à l\u2019obtention de pics PAR PORTION Calories .533 Protéines .9 g Matières grasses .13 g Glucides .85 g Fibres .2 g Fer .2 mg Calcium .227 mg Sodium .255 mg De 4 à 6 portions Préparation : 15 minutes Cuisson : 18 minutes Se congèle Sans noix ni arachides / Végé INGRÉDIENTS \u2022 5 ml (1 c.à thé) de poudre de cari \u2022 5 ml (1 c.à thé) de thym séché \u2022 1 oignon haché \u2022 2 gousses d\u2019ail hachées \u2022 1 filet d\u2019huile (pour la cuisson) \u2022 1 poireau tranché (inclure les parties blanche et verte) \u2022 2 pommes Cortland coupées en cubes (avec pelure) \u2022 2 patates douces coupées en cubes \u2022 1 boîte de bouillon de poulet (ou de légumes) de 900 ml \u2022 Sel et poivre \u2022 80 ml (1/3 de tasse) de crème à cuisson 15 % Décoration (facultatif) : \u2022 4 filets de crème \u2022 Basilic frais \u2022 Persil frais PRÉPARATION 1 Da n s u ne c a s s e r ole à feu moyen, cuire la poudre de cari, le thym, l\u2019oignon et l\u2019ail dans un filet d\u2019huile durant 3 minutes.2 Ajouter le poireau, les pommes et les patates douces dans la casserole.Couvrir et cuire de 5 à 8 minutes, en brassant de temps en temps.3 Ajouter le reste des ingrédients et porter à ébullition.Réduire à feu doux, couvrir et laisser mijoter 10 minutes, ou jusqu\u2019à ce que les patates douces soient tendres.4 Dans le mélangeur électrique, r é du i r e le p ot a ge en pu r é e homogène.5 Répartir le potage dans des bols et décorer d \u2019u n f i let de crème et, si désiré, d \u2019 herbes fraîches.boutique.pratico-pratiques.com/ produits/ POTAGE AUX POMMES, POIREAUX ET PATATES DOUCES PHOTO TIRÉE DU LIVRE LAURENCE BERGERON - LIBRE DE MANGER Recette tirée du livre Laurence Bergeron - Libre de manger.Publié par Éditions Pratico- pratiques.1 BŒUF HACHÉ MI-MAIGRE 450 G (1 LB) Astuce Pour créer un joli motif dans le filet de crème, vous pouvez faire de petits tourbillons à l\u2019aide d\u2019un cure-dent. leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E29 SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M60 RÉGAL leSoleil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 M61 RÉGAL P H O T O T I R É E D U M A G A Z I N E 5 - 1 5 , N O V E M B R E 2 0 2 1 , V O L .1 2 , N O .0 6 PRÉPARATION 1 Préchauffer le four à 190 °C (375 °F).2 Dans un bol, mélanger le bœuf haché avec le mélange à farce, la crème, l\u2019œuf et les échalotes.Saler et poivrer.3 Huiler légèrement huit alvéoles d\u2019un moule à muffins, puis y répartir la préparation.4 Cuire au four de 20 à 22 minutes, jusqu\u2019à ce que la chair de la viande ait perdu sa teinte rosée.5 Pendant ce temps, trancher les champignons.6 Dans une g rande poêle, chauffer un peu d\u2019huile d\u2019olive à feu moyen-élevé.Cuire les champignons de 2 à 3 minutes.7 Verser la sauce demi-glace dans la poêle.Porter à ébullition, puis laisser mijoter de 2 à 3 minutes à feu doux.8 Servir les pains de viande avec la sauce aux shiitakes.boutique.pratico-pratiques.com/ produits Préparation : 15 minutes \u2022 Cuisson : 20 minutes \u2022 Quantité : 4 portions (8 petits pains de viande) 2 MÉLANGE À FARCE POUR POULET DE TYPE STOVE TOP 125 ML (1/2 TASSE) 3 CRÈME À CUISSON 15 % 60 ML (1/4 DE TASSE) 4 CHAMPIGNONS SHIITAKE HAIKU RINCÉS ET ÉGOUTTÉS 1 BOÎTE DE 284 ML 5 SAUCE DEMI-GLACE 250 ML (1 TASSE) LA RECETTE DE LA SEMAINE PAIN DE VIANDE, SAUCE AUX SHIITAKES Prévoir aussi : \u2022 1 œuf \u2022 80 ml (1/3 de tasse) d\u2019échalotes sèches (françaises) hachées Recette tirée du magazine 5 ingrédients, 15 minutes; novembre 2021, Vol.12, No.06.Publié par Éditons Pratico- pratiques.INGRÉDIENTS RECETTESPRATIQUES PAR PORTION Calories .387 Protéines .29 g Matières grasses .23 g Glucides .17 g Fibres .2 g Fer .3 mg Calcium .67 mg Sodium .532 mg P H O T O T I R É E D U L I V R E T A R T E S , P Â T É S E T C I E D E L A S É R I E L E S P L A I S I R S G O U R M A N D S D E C A T Y Préparation : 20 minutes Cuisson : 50 minutes Quantité : 8 portions INGRÉDIENTS \u2022 ½ recette de pâte à tarte \u2022 375 ml (1 ½ tasse) de purée de citrouille \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) de cannelle \u2022 2,5 ml (1/2 c.à thé) de gingembre moulu \u2022 1,25 ml (1/4 de c.à thé) de muscade \u2022 60 ml (1/4 de tasse) de sucre d\u2019érable \u2022 3 œufs \u2022 1 boîte de lait condensé sucré de 300 ml PRÉPARATION 1 Préchauffer le four à 180 °C (350 °F).2 Sur une surface légèrement farinée, abaisser la pâte en un cercle de 27,5 cm (11 po) de diamètre.Déposer l\u2019abaisse dans une assiette à tarte de 23 cm (9 po) de diamètre.3 Dans un autre bol, mélanger la purée de citrouille avec la cannelle, le gingembre, la muscade, le sucre d\u2019érable, les œufs et le lait condensé.4 Verser délicatement la préparation à la citrouille dans l\u2019abaisse.5 Cuire au four de 50 à 55 minutes, jusqu\u2019à ce que la préparation soit prise.Retirer du four et laisser tiédir.boutique.pratico-pratiques.com/ produits/ TARTE À LA CITROUILLE ET AUX ÉPICES Recette tirée du livre Tartes, pâtés et Cie de la série Les Plaisirs Gourmands de Caty.Publié par Éditoins Pratico- pratiques.J\u2019AIME AVEC\u2026 Crème fouettée aux épices À l\u2019aide du batteur électrique, fouetter 250 ml (1 tasse) de crème à fouetter 35 % jusqu\u2019à l\u2019obtention de pics mous.Ajouter 125 ml (1/2 tasse) de sucre à glacer, 1,25 ml (1/4 de c.à thé) de cannelle, 1,25 ml (1/4 de c.à thé) de muscade et 5 ml (1 c.à thé) d\u2019extrait de vanille.Fouetter jusqu\u2019à l\u2019obtention de pics PAR PORTION Calories .533 Protéines .9 g Matières grasses .13 g Glucides .85 g Fibres .2 g Fer .2 mg Calcium .227 mg Sodium .255 mg De 4 à 6 portions Préparation : 15 minutes Cuisson : 18 minutes Se congèle Sans noix ni arachides / Végé INGRÉDIENTS \u2022 5 ml (1 c.à thé) de poudre de cari \u2022 5 ml (1 c.à thé) de thym séché \u2022 1 oignon haché \u2022 2 gousses d\u2019ail hachées \u2022 1 filet d\u2019huile (pour la cuisson) \u2022 1 poireau tranché (inclure les parties blanche et verte) \u2022 2 pommes Cortland coupées en cubes (avec pelure) \u2022 2 patates douces coupées en cubes \u2022 1 boîte de bouillon de poulet (ou de légumes) de 900 ml \u2022 Sel et poivre \u2022 80 ml (1/3 de tasse) de crème à cuisson 15 % Décoration (facultatif) : \u2022 4 filets de crème \u2022 Basilic frais \u2022 Persil frais PRÉPARATION 1 Da n s u ne c a s s e r ole à feu moyen, cuire la poudre de cari, le thym, l\u2019oignon et l\u2019ail dans un filet d\u2019huile durant 3 minutes.2 Ajouter le poireau, les pommes et les patates douces dans la casserole.Couvrir et cuire de 5 à 8 minutes, en brassant de temps en temps.3 Ajouter le reste des ingrédients et porter à ébullition.Réduire à feu doux, couvrir et laisser mijoter 10 minutes, ou jusqu\u2019à ce que les patates douces soient tendres.4 Dans le mélangeur électrique, r é du i r e le p ot a ge en pu r é e homogène.5 Répartir le potage dans des bols et décorer d \u2019u n f i let de crème et, si désiré, d \u2019 herbes fraîches.boutique.pratico-pratiques.com/ produits/ POTAGE AUX POMMES, POIREAUX ET PATATES DOUCES PHOTO TIRÉE DU LIVRE LAURENCE BERGERON - LIBRE DE MANGER Recette tirée du livre Laurence Bergeron - Libre de manger.Publié par Éditions Pratico- pratiques.1 BŒUF HACHÉ MI-MAIGRE 450 G (1 LB) Astuce Pour créer un joli motif dans le filet de crème, vous pouvez faire de petits tourbillons à l\u2019aide d\u2019un cure-dent. SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E30 ARTS MAGAZINE SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M52 leSoleil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 M53 LE P\u2019TIT MAG Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Tu as sans doute vu des pancartes électorales apparaître dans les rues de ta ville.Il s\u2019agit de pancartes pour les élections municipales.Les prochaines élections municipales du Québec se dérouleront le 7 novembre 2021.Tous les Québécois de plus de 18 ans pourront voter pour le maire ou la mairesse de leur choix, ainsi que pour le poste de conseiller dans leur secteur.On a donc pensé à te faire un petit guide pour mieux comprendre les élections municipales.\u203aQU\u2019EST-CE QU\u2019UNE MUNICIPALITÉ?Concrètement, une municipalité, c\u2019est un bout de territoire comme une ville ou village.Il y a plus de 1100 municipalités au Québec qui ont toutes un maire ou une mairesse et un conseil municipal.Les municipalités sont toutes différentes.Il y en a des très grandes, des très petites, des très peuplées et des moins peuplées.Par exemple, Québec compte 530 000 habitants tandis que Granby en compte 70 000.\u203a LE CONSEIL MUNICIPAL : C\u2019EST QUOI?Ce ne sont pas que les maires qu\u2019on élit le 7 novembre, il y a aussi les conseillers municipaux.Un conseiller municipal, c\u2019est une personne qui représente la section de la ville dans laquelle tu habites.Le conseil municipal c\u2019est comme le parlement, mais à l\u2019échelle de ta ville.Des élus y travaillent ensemble pour faire avancer des règlements.Le nombre d\u2019habitants d\u2019une ville influence le nombre de conseillers municipaux.La ville de Montréal, la plus grande du Québec, compte 103 élus.\u203a À QUOI SERVENT LES CONSEILS MUNICIPAUX ?Les conseils municipaux travaillent sur des problématiques propres à ta ville.Ils s\u2019intéressent à l\u2019aménagement de la ville, aux services de transports, aux routes et aux logements.C\u2019est aussi souvent le conseil municipal qui gère les services de police et les pompiers.Le conseil a également des compétences par rapport au déve loppement économique de la ville et à la promotion de la culture et des loisirs.C\u2019est d\u2019ailleurs à l\u2019échelle de la ville qu\u2019on s\u2019occupe de la gestion des déchets et des eaux usées! Tu as peut-être aussi entendu parler du budget.C\u2019est une part importante de la mission du conseil municipal.Un budget prévoit par quel moyen l\u2019argent des citoyens sera redistribué.\u203aCOMMENT FONCTIONNE LE CONSEIL ?Le conseil municipal se réunit au moins une fois chaque mois pour représenter la population et décider des actions à réaliser.Les décisions doivent être votées par la majorité du conseil pour être adoptées.Les élus ne peuvent pas agir seuls.Le conseil municipal est une forme de démocratie très participative.C\u2019est-à-dire que les citoyens sont appelés à participer.Chaque mois, les citoyens sont invités à poser leurs questions aux conseillers municipaux.\u203a L\u2019UNION FAIT LA FORCE! Pour s\u2019entraider, les municipalités sont regroupées en municipalités régionales de comté (MRC).On met ensemble plusieurs municipalités voisines pour qu\u2019elles gèrent ensemble des questions qui dépassent l\u2019échelle locale.Ces questions peuvent concerner l\u2019aménagement du territoire (exemples: routes, forêts et ponts), le développement de l\u2019activité économique ou encore la gestion des déchets.Les politiciens municipaux s\u2019occupent des questions les plus proches du citoyen ou de la citoyenne.Ta ville ou ton village en doivent beaucoup aux décisions prises à l\u2019échelle municipale.C\u2019est donc important d\u2019y prêter attention, car ce qui se passe au niveau de la municipalité t\u2019affecte directement.Pourtant, la majorité des adultes ne votent pas aux élections municipales, comme quoi nous ne sommes pas assez sensibilisés à l\u2019importance des municipalités.PAR MARIUS GELLNER, JOURNALISTE STAGIAIRE PETIT GUIDE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES! P H O T O 1 2 3 R F Dans les dernières années, plusieurs élus municipaux ont été victimes d\u2019intimidation.Certains d\u2019entre eux ont même dû se rendre à la police tellement ils ne se sentaient plus en sécurité dans cette situation.Beaucoup d\u2019intimidation a lieu sur les réseaux sociaux.Derrière un écran, les gens oublient qu\u2019ils parlent à un être humain et non à un simple profil.Parfois, ils peuvent avoir des propos très méchants.Plusieurs élus ont pris la décision de quitter la politique parce qu\u2019ils étaient trop affectés par les propos des internautes.Laisse-nous te raconter l\u2019histoire de trois personnes élues dont la vie a été affectée négativement par l\u2019intimidation.\u203aDES COMMENTAIRES HOMOPHOBES\u2026 L\u2019ancien maire de Pierreville, Éric Descheneaux, a démissionné en 2020, après avoir reçu plusieurs commentaires homophobes sur Facebook.Il est marié avec un homme, et il était fier d\u2019annoncer la bonne nouvelle sur ses réseaux sociaux.Malheureusement, certaines personnes ont été méchantes envers lui\u2026 \u203a DES MENACES DE MORT\u2026 La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, quittera la politique en novembre.En 2020, la décision d\u2019abattre une quinzaine de cerfs au parc Michel-Chartrand a créé une controverse.La décision avait été prise avec l\u2019avis d\u2019experts pour lutter contre la surpopulation de cerfs dans le parc.Les cerfs, trop nombreux, nuisent à la biodiversi- té, donc à l\u2019environnement.Et les changer d\u2019endroit les aurait mis en danger selon des études.Des gens se sont mis en colère et certaines personnes ont envoyé des menaces de mort à Sylvie Parent.Elle craignait tellement pour sa sécurité qu\u2019elle a fait appel à la police pour la surveiller.Finalement, les cerfs n\u2019ont pas été abattus et le dossier n\u2019est toujours pas réglé.Envoyer des menaces de mort à une personne quand on milite pour garder des animaux vivants est tout de même difficile à comprendre.\u203a QUAND LES MENACES DEVIENNENT DES GESTES Benoit Proulx, le maire de Saint- Joseph-du-Lac, dans les Lauren- tides, a dû faire appel à la Sûreté du Québec.Son équipe a été la cible de plusieurs attaques.Dans la semaine du 13 septembre, la conjointe d\u2019un conseiller municipal a perdu une roue sur l\u2019autoroute.Après vérifications, ils ont constaté que les boulons avaient été dévissés et pour cette raison la roue est tombée.Cet incident aurait pu coû- ter la vie de la dame.Dans la nuit du 17 au 18 septembre, la voiture de la conjointe du directeur général a été incendiée.Toute la famille dormait dans la maison.Le feu s\u2019est propagé à une autre voiture et à leur tente- roulotte.La maison a été épargnée de justesse.Le 19 septembre au soir, c\u2019est le véhicule de la conseillère municipale Alexandra Lauzon qui a été incendié dans l\u2019entrée de sa résidence.Jean-Philippe Labbé, inspecteur de la division des enquêtes criminelles à la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes, a confirmé que les incendies seraient de nature criminelle.Malgré tout, Benoit Proulx se représentera aux élections de novembre pour conserver son poste à la mairie.Les élus ont un travail difficile.Nous avons le droit d\u2019être en désaccord avec leurs décisions.Cependant, l\u2019intimidation n\u2019est jamais une option! PAR LYNDIE JULIEN DES ÉLUS MUNICIPAUX VICTIMES D\u2019INTIMIDATION ET DE MENACES! PHOTO 123RF P H O T O A R C H I V E S L A V O I X D E L \u2019 E S T UNE SEMAINE D\u2019ACTU leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E31 SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M52 l S leil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 M53 LE P\u2019TIT MAG Tu veux toujours en savoir plus sur le monde qui t\u2019entoure?Chaque samedi, nous te présentons les nouvelles les plus intéressantes de la semaine, publiées par notre équipe sur le Canal Squat, un bulletin de nouvelles quotidien offert sur le site Web jeunesse de Télé-Québec.À lire et à voir dans le journal, dans l\u2019appli et sur notre site Web! ÈVE TESSIER-BOUCHARD Coopérative nationale de l\u2019information indépendante Tu as sans doute vu des pancartes électorales apparaître dans les rues de ta ville.Il s\u2019agit de pancartes pour les élections municipales.Les prochaines élections municipales du Québec se dérouleront le 7 novembre 2021.Tous les Québécois de plus de 18 ans pourront voter pour le maire ou la mairesse de leur choix, ainsi que pour le poste de conseiller dans leur secteur.On a donc pensé à te faire un petit guide pour mieux comprendre les élections municipales.\u203aQU\u2019EST-CE QU\u2019UNE MUNICIPALITÉ?Concrètement, une municipalité, c\u2019est un bout de territoire comme une ville ou village.Il y a plus de 1100 municipalités au Québec qui ont toutes un maire ou une mairesse et un conseil municipal.Les municipalités sont toutes différentes.Il y en a des très grandes, des très petites, des très peuplées et des moins peuplées.Par exemple, Québec compte 530 000 habitants tandis que Granby en compte 70 000.\u203a LE CONSEIL MUNICIPAL : C\u2019EST QUOI?Ce ne sont pas que les maires qu\u2019on élit le 7 novembre, il y a aussi les conseillers municipaux.Un conseiller municipal, c\u2019est une personne qui représente la section de la ville dans laquelle tu habites.Le conseil municipal c\u2019est comme le parlement, mais à l\u2019échelle de ta ville.Des élus y travaillent ensemble pour faire avancer des règlements.Le nombre d\u2019habitants d\u2019une ville influence le nombre de conseillers municipaux.La ville de Montréal, la plus grande du Québec, compte 103 élus.\u203a À QUOI SERVENT LES CONSEILS MUNICIPAUX ?Les conseils municipaux travaillent sur des problématiques propres à ta ville.Ils s\u2019intéressent à l\u2019aménagement de la ville, aux services de transports, aux routes et aux logements.C\u2019est aussi souvent le conseil municipal qui gère les services de police et les pompiers.Le conseil a également des compétences par rapport au déve loppement économique de la ville et à la promotion de la culture et des loisirs.C\u2019est d\u2019ailleurs à l\u2019échelle de la ville qu\u2019on s\u2019occupe de la gestion des déchets et des eaux usées! Tu as peut-être aussi entendu parler du budget.C\u2019est une part importante de la mission du conseil municipal.Un budget prévoit par quel moyen l\u2019argent des citoyens sera redistribué.\u203aCOMMENT FONCTIONNE LE CONSEIL ?Le conseil municipal se réunit au moins une fois chaque mois pour représenter la population et décider des actions à réaliser.Les décisions doivent être votées par la majorité du conseil pour être adoptées.Les élus ne peuvent pas agir seuls.Le conseil municipal est une forme de démocratie très participative.C\u2019est-à-dire que les citoyens sont appelés à participer.Chaque mois, les citoyens sont invités à poser leurs questions aux conseillers municipaux.\u203a L\u2019UNION FAIT LA FORCE! Pour s\u2019entraider, les municipalités sont regroupées en municipalités régionales de comté (MRC).On met ensemble plusieurs municipalités voisines pour qu\u2019elles gèrent ensemble des questions qui dépassent l\u2019échelle locale.Ces questions peuvent concerner l\u2019aménagement du territoire (exemples: routes, forêts et ponts), le développement de l\u2019activité économique ou encore la gestion des déchets.Les politiciens municipaux s\u2019occupent des questions les plus proches du citoyen ou de la citoyenne.Ta ville ou ton village en doivent beaucoup aux décisions prises à l\u2019échelle municipale.C\u2019est donc important d\u2019y prêter attention, car ce qui se passe au niveau de la municipalité t\u2019affecte directement.Pourtant, la majorité des adultes ne votent pas aux élections municipales, comme quoi nous ne sommes pas assez sensibilisés à l\u2019importance des municipalités.PAR MARIUS GELLNER, JOURNALISTE STAGIAIRE PETIT GUIDE DES ÉLECTIONS MUNICIPALES! P H O T O 1 2 3 R F Dans les dernières années, plusieurs élus municipaux ont été victimes d\u2019intimidation.Certains d\u2019entre eux ont même dû se rendre à la police tellement ils ne se sentaient plus en sécurité dans cette situation.Beaucoup d\u2019intimidation a lieu sur les réseaux sociaux.Derrière un écran, les gens oublient qu\u2019ils parlent à un être humain et non à un simple profil.Parfois, ils peuvent avoir des propos très méchants.Plusieurs élus ont pris la décision de quitter la politique parce qu\u2019ils étaient trop affectés par les propos des internautes.Laisse-nous te raconter l\u2019histoire de trois personnes élues dont la vie a été affectée négativement par l\u2019intimidation.\u203aDES COMMENTAIRES HOMOPHOBES\u2026 L\u2019ancien maire de Pierreville, Éric Descheneaux, a démissionné en 2020, après avoir reçu plusieurs commentaires homophobes sur Facebook.Il est marié avec un homme, et il était fier d\u2019annoncer la bonne nouvelle sur ses réseaux sociaux.Malheureusement, certaines personnes ont été méchantes envers lui\u2026 \u203a DES MENACES DE MORT\u2026 La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, quittera la politique en novembre.En 2020, la décision d\u2019abattre une quinzaine de cerfs au parc Michel-Chartrand a créé une controverse.La décision avait été prise avec l\u2019avis d\u2019experts pour lutter contre la surpopulation de cerfs dans le parc.Les cerfs, trop nombreux, nuisent à la biodiversi- té, donc à l\u2019environnement.Et les changer d\u2019endroit les aurait mis en danger selon des études.Des gens se sont mis en colère et certaines personnes ont envoyé des menaces de mort à Sylvie Parent.Elle craignait tellement pour sa sécurité qu\u2019elle a fait appel à la police pour la surveiller.Finalement, les cerfs n\u2019ont pas été abattus et le dossier n\u2019est toujours pas réglé.Envoyer des menaces de mort à une personne quand on milite pour garder des animaux vivants est tout de même difficile à comprendre.\u203a QUAND LES MENACES DEVIENNENT DES GESTES Benoit Proulx, le maire de Saint- Joseph-du-Lac, dans les Lauren- tides, a dû faire appel à la Sûreté du Québec.Son équipe a été la cible de plusieurs attaques.Dans la semaine du 13 septembre, la conjointe d\u2019un conseiller municipal a perdu une roue sur l\u2019autoroute.Après vérifications, ils ont constaté que les boulons avaient été dévissés et pour cette raison la roue est tombée.Cet incident aurait pu coû- ter la vie de la dame.Dans la nuit du 17 au 18 septembre, la voiture de la conjointe du directeur général a été incendiée.Toute la famille dormait dans la maison.Le feu s\u2019est propagé à une autre voiture et à leur tente- roulotte.La maison a été épargnée de justesse.Le 19 septembre au soir, c\u2019est le véhicule de la conseillère municipale Alexandra Lauzon qui a été incendié dans l\u2019entrée de sa résidence.Jean-Philippe Labbé, inspecteur de la division des enquêtes criminelles à la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes, a confirmé que les incendies seraient de nature criminelle.Malgré tout, Benoit Proulx se représentera aux élections de novembre pour conserver son poste à la mairie.Les élus ont un travail difficile.Nous avons le droit d\u2019être en désaccord avec leurs décisions.Cependant, l\u2019intimidation n\u2019est jamais une option! PAR LYNDIE JULIEN DES ÉLUS MUNICIPAUX VICTIMES D\u2019INTIMIDATION ET DE MENACES! PHOTO 123RF P H O T O A R C H I V E S L A V O I X D E L \u2019 E S T UNE SEMAINE D\u2019ACTU SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E32 ARTS MAGAZINE Voici pour vous, jeunes mordus de lecture, une sélection de livres qui vous donneront la chair de poule jusqu\u2019à l\u2019Halloween! LE JEU DES 7 ERREURS CES DEUX CARICATURES D\u2019ANDRÉ-PHILIPPE CÔTÉ SONT EN APPARENCE IDENTIQUES.EN RÉALITÉ, IL Y A 7 ERREURS.ES-TU OBSERVATEUR?SOLUTION 1 La poignée de porte 2 Un motif du tapis 3 La pointe du mât du drapeau 4 La poignée du seau 5 La montre de M.Trudeau 6 La moulure du mur de droite 7 La mèche de cheveux ÉCRIVEZ- NOUS Envoyez-nous des photos de vos enfants costumés dans les dernières années, en indiquant leur nom et leur âge, à lemag@lesoleil.com.Nous en publierons une sélection dans les prochaines semaines.COSTUMES D\u2019HALLOWEEN! L\u2019Halloween approche, et les petits monstres songent déjà au costume qu\u2019ils revêtiront pour effrayer les maisonnées du quartier! Histoire de les inspirer, nous voulons partager vos souvenirs d\u2019Halloween.Il se passe beaucoup de choses dans une école.Bien normal qu\u2019on y rencontre quelques mystères, petits et grands! Disparitions, vols, métamorphoses et autres phénomènes inexpliqués peuplent les 14 nouvelles du recueil Les petits mystères à l\u2019école.Concoctées par autant d\u2019auteurs différents, elles surprennent par leur variété et leur inventivité, même si elles ont toutes en commun de se dérouler à l\u2019école.Pour l\u2019occasion, l\u2019endroit devient sombre et peuplé d\u2019ombres menaçantes.Tantôt drôles, touchantes ou effrayantes, ces histoires courtes et rythmées te feront chaque fois découvrir un nouvel univers et passer par toutes les émotions.Parions que tu ne regarderas plus les corridors de ton école de la même façon\u2026 Sophie Loiselle Bibliothécaire à la Bibliothèque de Québec Les petits mystères à l\u2019école (à partir de 8 ans) RICHARD MIGNEAULT ET AUTRES DRUIDE Bienvenue à Valmort, le seul endroit au monde où l\u2019automne est éternel.Dans ce village en camaïeu orangé vivent les jumeaux Esmeralda et Atticus Flair.Ces deux jeunes enfants possèdent un don assez particulier  : ils peuvent retrouver les animaux domestiques égarés.Lorsqu\u2019un ancien avis de recherche concernant un chien disparu les conduit à une mystérieuse maison isolée, les jumeaux font une découverte glaçante.À l\u2019intérieur de cette bâtisse chambranlante se dissimule un passage vers un monde où les monstres mythiques ne sont plus enfermés dans les livres.Prisonniers de cet univers terrifiant, Esmeralda et Atticus devront tout tenter pour sauver leur peau et réussir à remettre pieds dans leur univers.Vicky Sanfaçon Librairie Pantoute Chroniques de l\u2019Outre-monde tome 1 : créatures des ténèbres (à partir de 8 ans) RUBRIQUE ASSEMBLÉE PAR FRANCIS HIGGINS ANTOINE DOLE (ALIAS MR.TAN) CASTERMAN Un grand changement s\u2019est opéré dans la vie d\u2019Elliot  : il a déménagé! Par contre, ses parents, toujours absents, causent encore le désespoir de leur garçon.Mais ce dernier découvre bien assez vite qu\u2019il aura de nouveaux amis pour lui tenir compagnie\u2026 éternellement.Ceux-ci ont entre autres la capacité de faire fuir les nounous et de passer à travers les murs.Arrive un jour une nounou très spéciale, qui n\u2019aime pas les enfants et qui regarde dans chaque coin de la maison pour trouver quelque chose, mais quoi?Ou qui?Cette jolie petite bande dessinée illustrée par Yomgui Dumont est assez courte et facile à lire.Les illustrations \u2014 toujours en bleu, mais de plusieurs tons \u2014 sont belles et rigolotes.Je vous conseille ce livre, car j\u2019ai aimé l\u2019histoire et la manière dont elle est racontée.Rose-Marie Cantin Lectrice de 12 ans 109, rue des Soupirs tome 1 : fantômes à domicile (à partir de 7 ans) DEREK FRIDOLFS SCHOLASTIC leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E33 GESTUELLE TOUTE FÉMININE « Une fleur est un symbole de beauté parfaite, de pureté, de jeunesse et de brièveté fragile», indique la photographe russe Yulia Artemyeva.Si les femmes sont comparées aux fleurs de façon romantique, la féminité se traduit dans la lentille de l\u2019artiste par la ressemblance entre le geste d\u2019une ballerine et la forme d\u2019une fleur.Mme Artemyeva souligne que le choix de l\u2019angle pour capturer la beauté de la nature demande beaucoup d\u2019efforts.«Le geste d\u2019une ballerine, si rapide en réalité, devient aussi durable que l\u2019angle d\u2019une fleur, qui aurait pu passer inaperçu sans l\u2019attention d\u2019une caméra», décrit la photographe qui signe cette série intitulée tout simplement Ballerina & Flowers.Pour en voir davantage : yulia-artemyeva.com et @yulia_artemyeva sur Instagram RAPHAËLLE PLANTE « PHOTOS YULIA ARTEMYEVA SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E34 ARTS MAGAZINE SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M6 LE MAG leSoleil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 LE MAG M7 6 «Marienplatz au centre de Munich, très tôt le matin.» 7 «Du snowboard de printemps à Sankt Anton, en Autriche.» 3 «Dans une pièce du château de Nymphen- bourg, situé à moins de deux kilomètres de notre appartement.» 8 «Je me déplace à vélo pour faire les courses et aller au travail.On trouve des pistes cyclables partout dans la ville.» 2 «Dans un parcours de tir à l\u2019arc à Ehrwald, à la frontière autrichienne.» 4 «Le marché fermier hebdomadaire dans notre quartier.» FRANCIS HIGGINS fhiggins@lesoleil.com NOM : Kim Paquin ÂGE : 44 ans PROFESSION : cuisinière et traiteuse VILLE D\u2019ORIGINE : Shawinigan VILLE D\u2019ADOPTION : Munich, en Allemagne PARTIE DEPUIS : 2010 MA TRAJECTOIRE\u2026 « À 19 ans, mon mari et moi sommes partis en Europe pour quelques mois [avec] notre tente, nos sacs à dos, des maps, des livres.Nous n\u2019avions pas de cellulaire, à l\u2019époque, seulement l\u2019envie de découvrir de nouveaux pays, de rencontrer des gens.On s\u2019était dit : un jour, on reviendra! Deux ans plus tard, après mon cours de cuisine, je suis revenue seule pour faire un stage en France.Puis un autre stage dans un hôtel en Tunisie.Diplômes en poche, avec chacun notre boulot, nous avons acheté notre première maison, ensuite [est venue] la naissance de notre fille, la routine\u2026 Quelques années plus tard, nous avons déménagé dans la belle ville d\u2019Halifax, en Nouvelle-Écosse, pour y vivre pendant sept ans.Après ce contrat de travail, nous avons tout vendu et avons déménagé en Europe!» LA RAISON DE MON DÉPART\u2026 «C\u2019est le hockey qui nous a ramenés sur le Vieux Continent.Mon mari [Patrick Dallaire], qui est entraîneur professionnel, a eu une offre à Salzbourg, en Autriche.Nous y sommes restés cinq ans.Il y a huit ans, il a été transféré à Munich.Il est entraîneur dans la ligue professionnelle de hockey en Allemagne, ainsi que pour l\u2019équipe nationale allemande.» MA PLUS GRANDE SURPRISE\u2026 «Tout est fermé ici le dimanche, un peu comme dans les années 80 au Québec.Quelques pharmacies d\u2019urgence, c\u2019est tout! Le dimanche, c\u2019est la journée pour passer du temps avec la famille, les copains.Je suis aussi surprise que beaucoup de mamans travaillent à mi- temps pour s\u2019occuper des enfants, car l\u2019école primaire se termine vers midi ici.» LE PLUS DUR À APPRIVOISER\u2026 «Définitivement la langue! Même après toutes ces années, je n\u2019arrive pas à la maîtriser parfaitement.» JE VIS COMME UNE ALLEMANDE\u2026 «Parce que je me déplace à vélo la plupart du temps, je fais mon marché quotidiennement et j\u2019ai le pied un peu pesant sur l\u2019autoroute!» JE TRAVAILLE\u2026 «Comme cuisinière dans un pop- up restaurant de crêpes soufflées de style japonais.Sinon, j\u2019ai travaillé dans des kindergartens francophones et anglophones comme cuisinière et aide-éducatrice ces 12 dernières années.» JE MANGE\u2026 «Le bretzel au petit-déjeuner.On fait la pause café et gâteau (kaf- fee und kuchen) en après-midi.Les produits frais et locaux que je trouve au marché font partie de notre menu quotidien.Le bio est très accessible et abordable ici, même dans les supermarchés.Après toutes ces années, j\u2019en ai marre des saucisses et de la choucroute!» UN BON COUP DE MA VILLE D\u2019ADOPTION QUE JE RAPPORTERAIS AU QUÉBEC\u2026 «Les marchés de Noël, les marchés fermiers et notre médecin de famille!» UN BON COUP DU QUÉBEC QUE J\u2019APPORTERAIS DANS MA VILLE D\u2019ADOPTION\u2026 «100 % la gentillesse des Québécois, leur accueil chaleureux!» LA FAMILLE À L\u2019ÉTRANGER\u2026 «Quand nous sommes arrivés ici, notre fille avait neuf ans.Il y a deux ans, elle a décidé de retourner au Canada pour faire ses études universitaires.Depuis, il ne reste que mon mari et moi.Notre fille a eu la chance d\u2019apprendre la langue très jeune; elle a fait son école primaire et secondaire en allemand.Elle maîtrise parfaitement l\u2019anglais, le français et l\u2019allemand.Ce fut un beau cadeau que nous lui avons fait en nous expatriant ici.» JE REVIENDRAIS VIVRE AU QUÉBEC OU PAS?«C\u2019est certain que nous reviendrons vivre au Québec lorsque le contrat sera terminé.Nous n\u2019étions venus que pour un an de toute façon!» VOTRE CONSEIL POUR UN QUÉBÉCOIS QUI SONGE À VIVRE À L\u2019ÉTRANGER?«Allez-y! La vie est courte et la vie, c\u2019est maintenant!» UNE ANECDOTE DE VOTRE VILLE D\u2019ADOPTION\u2026 «Même après plus de dix ans en Europe, je n\u2019arrive toujours pas à comprendre pourquoi les gens roulent si vite sur l\u2019autoroute [dans les zones sans limite de vitesse]! Quand notre fille a appris à conduire ici, elle devait rouler sur l\u2019autoroute à 150 km/h sur plusieurs kilomètres, dans toutes les conditions météorologiques.Les gens savent conduire, ils ont des voitures pour rouler et les routes sont impeccables et sans nids-de-poule!» Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre à l\u2019autre bout du monde.Pour le travail, par amour ou juste pour voir si l\u2019herbe y est plus verte.Le Mag présente ces expatriés qui racontent leur nouvelle vie à l\u2019étranger.SKI, BRETZEL ET\u2026 CONGÉ LE DIMANCHE! «Parfois, lorsque nous avons plusieurs journées de congé, c\u2019est vers l\u2019Autriche, l\u2019Italie, la France ou la Suisse que nous passons nos journées de congé pour recharger nos batteries! J\u2019adore l\u2019Europe pour la proximité entre les pays» \u2014 Kim Paquin MUNICH (ALLEMAGNE) 1 «Ma famille [Patrick Dal- laire, Sarakim Dallaire et Kim Paquin] lors la célèbre fête de la bière, l\u2019Oktoberfest, en 2019.» \u2014 PHOTOS KIM PAQUIN 5 «Le marché de Noël sur la Marienplatz.» 6 5 7 2 1 3 4 8 leNouvelliste SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 ARTS MAGAZINE E35 SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leSoleil M6 LE MAG l Soleil SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 LE MAG M7 6 «Marienplatz au centre de Munich, très tôt le matin.» 7 «Du snowboard de printemps à Sankt Anton, en Autriche.» 3 «Dans une pièce du château de Nymphen- bourg, situé à moins de deux kilomètres de notre appartement.» 8 «Je me déplace à vélo pour faire les courses et aller au travail.On trouve des pistes cyclables partout dans la ville.» 2 «Dans un parcours de tir à l\u2019arc à Ehrwald, à la frontière autrichienne.» 4 «Le marché fermier hebdomadaire dans notre quartier.» FRANCIS HIGGINS fhiggins@lesoleil.com NOM : Kim Paquin ÂGE : 44 ans PROFESSION : cuisinière et traiteuse VILLE D\u2019ORIGINE : Shawinigan VILLE D\u2019ADOPTION : Munich, en Allemagne PARTIE DEPUIS : 2010 MA TRAJECTOIRE\u2026 « À 19 ans, mon mari et moi sommes partis en Europe pour quelques mois [avec] notre tente, nos sacs à dos, des maps, des livres.Nous n\u2019avions pas de cellulaire, à l\u2019époque, seulement l\u2019envie de découvrir de nouveaux pays, de rencontrer des gens.On s\u2019était dit : un jour, on reviendra! Deux ans plus tard, après mon cours de cuisine, je suis revenue seule pour faire un stage en France.Puis un autre stage dans un hôtel en Tunisie.Diplômes en poche, avec chacun notre boulot, nous avons acheté notre première maison, ensuite [est venue] la naissance de notre fille, la routine\u2026 Quelques années plus tard, nous avons déménagé dans la belle ville d\u2019Halifax, en Nouvelle-Écosse, pour y vivre pendant sept ans.Après ce contrat de travail, nous avons tout vendu et avons déménagé en Europe!» LA RAISON DE MON DÉPART\u2026 «C\u2019est le hockey qui nous a ramenés sur le Vieux Continent.Mon mari [Patrick Dallaire], qui est entraîneur professionnel, a eu une offre à Salzbourg, en Autriche.Nous y sommes restés cinq ans.Il y a huit ans, il a été transféré à Munich.Il est entraîneur dans la ligue professionnelle de hockey en Allemagne, ainsi que pour l\u2019équipe nationale allemande.» MA PLUS GRANDE SURPRISE\u2026 «Tout est fermé ici le dimanche, un peu comme dans les années 80 au Québec.Quelques pharmacies d\u2019urgence, c\u2019est tout! Le dimanche, c\u2019est la journée pour passer du temps avec la famille, les copains.Je suis aussi surprise que beaucoup de mamans travaillent à mi- temps pour s\u2019occuper des enfants, car l\u2019école primaire se termine vers midi ici.» LE PLUS DUR À APPRIVOISER\u2026 «Définitivement la langue! Même après toutes ces années, je n\u2019arrive pas à la maîtriser parfaitement.» JE VIS COMME UNE ALLEMANDE\u2026 «Parce que je me déplace à vélo la plupart du temps, je fais mon marché quotidiennement et j\u2019ai le pied un peu pesant sur l\u2019autoroute!» JE TRAVAILLE\u2026 «Comme cuisinière dans un pop- up restaurant de crêpes soufflées de style japonais.Sinon, j\u2019ai travaillé dans des kindergartens francophones et anglophones comme cuisinière et aide-éducatrice ces 12 dernières années.» JE MANGE\u2026 «Le bretzel au petit-déjeuner.On fait la pause café et gâteau (kaf- fee und kuchen) en après-midi.Les produits frais et locaux que je trouve au marché font partie de notre menu quotidien.Le bio est très accessible et abordable ici, même dans les supermarchés.Après toutes ces années, j\u2019en ai marre des saucisses et de la choucroute!» UN BON COUP DE MA VILLE D\u2019ADOPTION QUE JE RAPPORTERAIS AU QUÉBEC\u2026 «Les marchés de Noël, les marchés fermiers et notre médecin de famille!» UN BON COUP DU QUÉBEC QUE J\u2019APPORTERAIS DANS MA VILLE D\u2019ADOPTION\u2026 «100 % la gentillesse des Québécois, leur accueil chaleureux!» LA FAMILLE À L\u2019ÉTRANGER\u2026 «Quand nous sommes arrivés ici, notre fille avait neuf ans.Il y a deux ans, elle a décidé de retourner au Canada pour faire ses études universitaires.Depuis, il ne reste que mon mari et moi.Notre fille a eu la chance d\u2019apprendre la langue très jeune; elle a fait son école primaire et secondaire en allemand.Elle maîtrise parfaitement l\u2019anglais, le français et l\u2019allemand.Ce fut un beau cadeau que nous lui avons fait en nous expatriant ici.» JE REVIENDRAIS VIVRE AU QUÉBEC OU PAS?«C\u2019est certain que nous reviendrons vivre au Québec lorsque le contrat sera terminé.Nous n\u2019étions venus que pour un an de toute façon!» VOTRE CONSEIL POUR UN QUÉBÉCOIS QUI SONGE À VIVRE À L\u2019ÉTRANGER?«Allez-y! La vie est courte et la vie, c\u2019est maintenant!» UNE ANECDOTE DE VOTRE VILLE D\u2019ADOPTION\u2026 «Même après plus de dix ans en Europe, je n\u2019arrive toujours pas à comprendre pourquoi les gens roulent si vite sur l\u2019autoroute [dans les zones sans limite de vitesse]! Quand notre fille a appris à conduire ici, elle devait rouler sur l\u2019autoroute à 150 km/h sur plusieurs kilomètres, dans toutes les conditions météorologiques.Les gens savent conduire, ils ont des voitures pour rouler et les routes sont impeccables et sans nids-de-poule!» Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre à l\u2019autre bout du monde.Pour le travail, par amour ou juste pour voir si l\u2019herbe y est plus verte.Le Mag présente ces expatriés qui racontent leur nouvelle vie à l\u2019étranger.SKI, BRETZEL ET\u2026 CONGÉ LE DIMANCHE! «Parfois, lorsque nous avons plusieurs journées de congé, c\u2019est vers l\u2019Autriche, l\u2019Italie, la France ou la Suisse que nous passons nos journées de congé pour recharger nos batteries! J\u2019adore l\u2019Europe pour la proximité entre les pays» \u2014 Kim Paquin MUNICH (ALLEMAGNE) 1 «Ma famille [Patrick Dal- laire, Sarakim Dallaire et Kim Paquin] lors la célèbre fête de la bière, l\u2019Oktoberfest, en 2019.» \u2014 PHOTOS KIM PAQUIN 5 «Le marché de Noël sur la Marienplatz.» 6 5 7 2 1 3 4 8 SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 leNouvelliste E36 ARTS MAGAZINE D es fois je me garde la surprise.Je planifie le voyage de façon serrée pour m\u2019assurer de célébrer mes incontournables, mais je néglige les recherches et modère mes attentes pour quelques extra, pour des villes, des quartiers dont je ne connais rien.Tantôt, c\u2019est en gardant une troisième journée pour une ville où on n\u2019en recommande que deux.C\u2019est le vertige contrôlé de ne pas savoir si ça en vaudra la chandelle.Tantôt, c\u2019est en prévoyant une nuit à Jasper, en Alberta, sans avoir la moindre idée de ce que j\u2019y ferais.Jasper, c\u2019est le bout de la promenade des Glaciers.C\u2019est aussi la ville principale du parc national du même nom.Comme Banff.Personne ne me reprochera donc d\u2019avoir rapidement tiré des conclusions, d\u2019avoir imaginé la ville du nord comme celle plus au sud : de gros hôtels, de la villégiature, une ville qui puise ses couleurs dans l\u2019industrie touristique.Des fois, j \u2019aime bien qu\u2019on réfute mes conclusions hâtives.Jasper, c\u2019est tout petit.On n\u2019y trouve pas de grands hôtels en bois rond à tous les coins de rue, même si la quantité de restaurants et de boutiques de souvenirs n\u2019est de toute évidence pas destinée aux quelque 4800 habitants.Connaught Drive, la rue principale quand on s\u2019écarte de la grand-route, est bordée de ces restaurants qui débordent de la présence des étrangers.On peut sans doute s\u2019en lasser rapidement.Il reste qu\u2019en arrivant à Jasper, j\u2019ai eu l\u2019impression d\u2019une ville hors du temps.D\u2019abord un poste de traite de fourrure, la ville a connu un essor en raison de sa position géographique.Les étrangers cherchant un pied à terre pour poursuivre leur aventure dans les Rocheuses et l\u2019ouverture de la promenade des Glaciers ont fait grimper le nombre de visiteurs.Ceux recherchant la villégiature optent pour le Fairmont Jasper Lodge, un hôtel composé de plusieurs chalets en bordure d\u2019un lac.Le côté vieillot de la ville, lui, il vient peut-être de la vieille caserne de pompiers, transformée en bureau d\u2019information touristique.Ou de l\u2019hôtel mythique où j\u2019ai trouvé la chambre la moins chère de Jasper ce soir-là.L\u2019hôtel Athabasca, ouvert en 1929, a gardé sa touche d\u2019époque.On comprend que tout le décor a été rafraîchi pour garder des références à un autre siècle.Les bustes d\u2019animaux accrochés dans le vestibule, les moquettes épaisses dans les corridors et le mobilier imitant des antiquités nous transportent à l\u2019époque où, semble-t-il, les Bing Crosby et Marilyn Monroe y séjournaient.On est probablement loin de ce qu\u2019offrent les établissements luxueux, mais cet hôtel en plein cœur de la ville vaut le détour pour son cachet.De là, j\u2019ai surtout aimé traverser la rue pour fréquenter le petit parc, en face, où les fleurs rendent très photogénique le lieu historique national du Centre-d\u2019Accueil-du- Parc-Jasper, un bâtiment de pierre et de bois qui sert, comme son nom l\u2019indique, de centre d\u2019information.La beauté se trouve souvent dans les petites choses.Quand on n\u2019est que de passage, les stationnements publics, si on se montre le moindrement attentif, peuvent être gratuits.Ce n\u2019est pas le cas directement dans la rue, mais la ville est si petite que les parcs de stationnement ne sont jamais bien loin.Et à distance de marche, on ralliera facilement Connaught Drive, où se trouvent la gare patrimoniale et une vieille locomotive à vapeur en mode exposition.Jasper demeure d\u2019ailleurs une ville de transit, le trafic ferroviaire y étant constant lors de ma visite.Après deux heures, on a fait le tour, à pied s\u2019il vous plaît, du minuscule centre-ville.Pourtant, je me suis pris à vouloir rester encore.C\u2019est qu\u2019on compte plusieurs adresses gastronomiques prisées des touristes, entre autres des microbrasseries.Plusieurs restaurants offrent un effort soutenu pour présenter un menu qui se démarque.Les fins gastronomes savent pointer les cuisines les plus en vue, mais le nombre limité de tables pourrait vous forcer à vous rabattre sur des options moins originales.L\u2019heure tardive de mon arrivée m\u2019a permis de décrocher un siège au Raven Bistro, visiblement toujours plein, où l\u2019originalité et le mélange des saveurs sont de mise.Les trois pharaons, un mélange de bœuf, de poulet et d\u2019agneau, constitue son plat signature, même si on dit beaucoup de bien de la casserole de fruits de mer au coco.Dans le «centre-sud- ouest» de l\u2019Alberta, on est pourtant encore bien loin de la mer.Je me suis pris à vouloir rester.J\u2019ai plutôt pris la route au nord de la ville, celle menant au lac Pyramide.Le plan d\u2019eau de 1,2 km2 permet de courtes excursions en canot ou en pédalo.Cela dit, le pédalo risque d\u2019amoindrir le plaisir et de jeter un peu d\u2019ombre sur la beauté du paysage.Foi de celui qu\u2019on ne reprendra pas sur un pédalo.Une plage et des sentiers de randonnée se trouvent aussi autour du lac.Dans un itinéraire serré, il est probable qu\u2019on néglige Jasper.Ce serait pourtant une erreur à laquelle je suis heureux d\u2019avoir échappé.Le centre-ville de Jasper est particulièrement photogénique avec ses bâtiments historiques et les montagnes en arrière-plan.\u2014 PHOTOS LA TRIBUNE, JONATHAN CUSTEAU NE NÉGLIGEZ PAS JASPER JONATHAN CUSTEAU CHRONIQUE jonathan.custeau@latribune.qc.ca LE BOURLINGUEUR "]
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