La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 août 1939, Août
[" Tm 32e année, No 8 UN ROMAN D'AMOUR COMPLET Août 1939 mde a Revue Populaire PER R-D3M Ee 4 CON v Montréal AE oe ke 14c plus taxe i af ie ii Ty ir 9 + ade 2 of a 4 mé % oc 35 es A 3 i.jé, > 4 A [i RE, 5 ai gd i A ~\u2014 NN i PS go i be, ny sis = 5 gS 9 Be di ow 5 , $ i arin 13 LE qu - # ro , Pa à fH Ed ji Ad uw dan es 3 4 sdf i 5 + j .gi hi à \\ + ie £ ih PR ÉTEE on AE hy ! À : Pa f Ë pr.ÿ 7 li ii = 2 % 7 Ve i 4 i want, Peu te, - 3 ! Æ \"ny Phe ay wiz NY re a [x Ey ~~ a a id \u2018e = % i, \u20ac Ww red # i # LX CAREY, >, vd > a | £5 x & A S 4 4 id va \\ ve. \u201c Je crois, Edith, que ce clair de lune donne \u2026 plus d'allant à mon auto \u201c Vraiment, Jacques, je crois parfois que tu t'intéresses plus a ton auto qu'à moi-même ! AR MES, PEUT-ON ÊTRE AMOUREUX DE SON AUTO ?ERT'ES, les jeunes filles n'ont pas à s'inquiéter, mais bras de vitesse.le régleur de l'allumage.C'est lui qui il est certain qu'un homme peut en quelque sorte contrôle le rendement du moteur.aimer une auto qui roule bien.tout comme il s'attache i ; .LL .Lorsque le mécanicien ajuste votre moteur, plus il avance à un bâton de golf, à une canne à pêche ou à un fusil.; l'allumage vers son maximum de rendement, plus votre mo- De même, un moteur bruyant.encrassé, peu énergique, 2, , ; ; ., © teur a de force.Mais il ne devra pas l'avancer au-delà des peut assurément influencer le caractère d\u2019un jeune homme.oo | ] ; _, LL 0 Co .propriétés anticognantes de votre gazoline.Sinon votre Voici donc un fait évident qui aidera votre homme à se A Lu Je\u201d tenir en bons termes avec son auto : moteur \u2018cogne ou renâcle \u201d, ce qui veut dire déperdition Meilleure est la gazoline \u2014 meilleur est le rendement ! de force et gaspillage.Pourquoi ?Parce que sous le capot de votre voiture se trouve un dispositif aussi important que le régulateur ou le VOUS AVEZ CES 3 RENDEMENTS D'AUTO AU CHOIX I y a différentes sortes de gazolines, votre moteur a donc plusieurs sortes de rendements ; voyez ci-dessous : LE MEILLEUR RENDEMENT \u2014 avec la gazolinc marquée \u2018 Ethyl\u2019 sur la pompe ou 1 globe.La p.as riche en propriétés anticognantes et qualités de toutes sortes.Contient assez de tétraétlhyle de plomb pour que le levier d'allumage puisse étre avancé à fond.donnant ainsi le maximum d'énergie et d'économie, sans \u2018cognement \u2019\u2019 ni détonnement ETHYL GASOLINE CORPORATION, /abricants des BON RENDEMENT \u2014 avec une gazoiine \u2018\u2018réguliére\u201d qui permet d'avancer sensiblement l\u2019allumage sans \u201c\u201ccognement \u2019 ou \u2018\u2018détonnement \u201d\u2019.La plupart des gazolines \u2018\u2018 régulières\u2019 contiennent maintenant du tétraéthyle de plomb, comme l'indique le mot \u2018Plomb\u2019 sur les pompes.fluides anticognants employés par les compagnies pétrolières pour améliorer la gazoline.RENDEMENT MEDIOCRE \u2014 avec gazoline médiocre, pauvre en propriétés anticognantes.L'énergie est perdue parce que l'allumage doit être retardé pour empêcher le cognement.Copyright 1939, Ethyl Gasoline Corporation Aoûr 1939 La Revue Populaire 32e année, No 8 Montréal, Août 1939 SOMMAIRE Le Concours de Photographie de \u201cLa Revue Populaire \u201d _ 4 Valdombre .et la Radio, par Germaine Plante \u2026 2.5 Antoine-Sébastien Falardeau (Peintre canadien, 1823-1889) _ LL 6 La \u201c Maison du Canada \u201d, par Gabrielle Roy 7 Reverrons-nous ceci ?par Fernand de Verneuil 8 Chez Mme Camille Mayran, par Juliette Cabana \u2026 .9 Nos omis, les arbres, par Marcelle Lepage 10 En marge du sport, par Oscar Major ._ 11 La chasse aux marsouins dans le fleuve Saint- Lourent, par Roland Prévost 12-13 NOTRE ROMAN COMPLET : Petite Source, par Léo Dartey .14 Poésie : Une simple maison, par Claude Selam \u2026 .16 Parlons de température _ _ 48 Les mots croisés de \u201c La Revue Populaire \u201d 50 Nos vieilles familles canadiennes, par Emile Falardeau .51 Pour s'amuser en société Le .52 La Société des Ecrivains canadiens, par Thérèse Fournier \u2026\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 53 L'Industrie des Bas de Soie .54 Littérature canadienne .\u2026 \u2026 58 Les conseils pratiques de Francine.60 Jeunes filles qu\u2019on épouse oo 61 Pour savoir nager, par Lucien Pilon .| 61 L'artisanat à l\u2019Île Sainte-Hélène, par Francine _ _ 62 \u201c La Bonne Chanson\u201d, par l\u2019abbé Charles-Emile Gadbois .62 NOTRE PROCHAIN ROMAN COMPLET : Je ne suis rien devant l\u2018\u2019amour, par Edouard de Keyser LA REVUE POPULAIRE Directeur Rs i Joan Chauvin TARIFS D'ABONNEMENTS acteur en che .Fernan e Verneui Ù .Secrétaire de la rédaction.Roland Prévost Canada : Un an: $1.50 \u2014 2 ans $2.00 Charles Sauriol Etets-Unis : Un an $1.75 \u2014 2 ans $2.50 Directeur artistique \u2026 Hector Braulit 975, rue de Bullion, Montréal, Pages féminines me Jules Fournier Tél.: PLATEAU 9638+ LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.Entered March 23 1908, at the Post Office of St Albans, Vt., U.S.A.as second cl + under the Act of March 3rd.1879.ond class matter Chef de la publicité.Canada Ce qu'on doit exiger DES CHAUSSURES D'ENFANTS Le maux de pieds, source de douleurs et d\u2019infirmités à l\u2019âge adulte.sont souvent le résultat du port de chaussures défectueuses ou de mauvaises habitudes dans la façon de marcher, pendant le jeune âge.Lorsque vous choisissez des chaussures pour votre garçonnet ou votre fillette en pleine croissance, prenez tout le temps nécessaire pour un essayage soigneux.Voici cinq points dont il vous faudra tenir compte lorsque vous achèterez des chaussures à vos enfants.La pointe intérieure de la chaussure dé- passe-t-elle le bout du pied d'un demi- pouce quand votre enfant se tient debout ?La chaussure laisse-t-elle suffisamment d'espace au-dessus des orteils, et est-elle, en même temps, bien ajustée au talon et sur le cou-de-pied ?Elle ne doit pas être pointue, ni avoir des talons hauts, ou des semelles minces.Le bord intérieur de la semelle est-il droit, et à l\u2019alignement du talon ?La chaussure est-elle souple ?Vous êtes-vous assurée que la semelle est bien plate, sous la plante du pied, et qu\u2019elle ne se relève pas sur les côtés.Introduisez la main dans la chaussure pour vous assurer qu\u2019il n\u2019y a ni bosses, ni rugosités.S'il y a, dans la famille, un enfant en bas âge, n'oubliez pas que ses petits pieds sont mous et flexibles.Ils peuvent être déformés pour le restant de ses jours, par la pression exercée par des chaussettes trop courtes ou même par des chaussons qui ont rétréci.Les chaussettes, tout comme les chaussures, doivent être légèrement plus longues que les orteils les plus longs ; elles doivent être suffisamment grandes pour permettre aux doigts de pied de remuer librement.Le jeune écolier a besoin, lui aussi, de chaussures et de bas offrant le plus de place possible, pour permettre à ses pieds de s'étendre.Les pieds des enfants grandissent vite.Dès que chaussures et bas sont devenus trop petits, il faudra s\u2019en débarrasser, même s'ils ne sont pas complètement usés.L'enfant devra apprendre à marcher correctement, en laissant porter le poids du corps sur le bord externe du pied, les doigts pointant droit en avant : il ne devra pas marcher avec les pieds \u2018\u2018en dehors\u2019, ni trop \u2018\u2018en dedans\u2019.La marche avec les pieds \u2018\u2018en dehors'\u2019 affaiblit les chevilles et les arcades, et c\u2019est là une source commune des maux des pieds.À mesure que l\u2019enfant avance en âge, il peut advenir que la surface plantaire de ses pieds s\u2019aplatisse, si ceux-ci ont été soumis à des efforts exagérés.Un des premiers symptômes de \u2018\u2018pieds plats\u2019\u2019 se traduit par une douleur qui surgit à la voûte plantaire, et qui s\u2019irradie vers le mollet.Un traitement approprié et des chaussures bien comprises rendront, en général, aux pieds leur fonctionnement normal.La Metropolitan publie une brochure intitulée \u2018Le Bon Maintien\u2019\u2019, qui vous indique ce qu\u2019il faut faire pour ménager les pieds de vos enfants et pour remédier à bien des maux de pieds à l\u2019âge adulte.Pour obtenir cette brochure, écrivez simplement une carte postale au Département des Brochures 8-Z-39, Direction Générale au Canada, Ottawa.Ne manquez pas de passer au stand de la Metropolitan à L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE NEW-YORK ET A L'EXPOSITION DE GOLDEN GATE A SAN-FRANCISCO Metropolitan Life Insurance Company NEW-YORK Président Conseil : FREDERICK H.ECKER Président : LEROY A.LINCOLN Direction Générale av Canada : Ottawa \u2014\u2014 4 AU SERVICE DU CANADA DEPUIS 1872 Pour faire comprendre aux concurrents ce que nous entendons par photo de détail, nous montrons ici une vue d'ensemble du Marché Bonsecours et une photo de détail (la colonaade).1! fout au moins deux photos de détail.Concours de Photographie de \" La Revue Populaire Notre concours est prolongé jusqu'au 30 novembre 1939, Tous nos lecteurs et lectrices \u2014 abonnés ou non \u2014 peuvent y participer.LES PHOTOS DOIVENT ETRE L'OEUVRE PERSONNELLE DU CONCURRENT.Veuillez lire attentivement les règlements du concours.Les concurrents ne sont pas obligés de s'abonner à La Revue Populaire ou de faire souscrire des abonnements.L'importance de ce concours et la valeur des prix doivent intéresser tous les lecteurs et lectrices de \u201d La Revue Populaire \u201c.LES JUGES DE NOTRE CONCOURS M.Marius Borbeou, ethnographe et écrivain, Ottawa.M.Victor Barbeaw, président de la Société des Ecrivains canadiens, Montréal M.Wilfrid Bovey, de l'Université McGill M.Raymond Caron, vice-président du Montréal Camera Club M.Jean Chauvin, directeur des Publications Poirier, Bessette Me G.C.Papineau-Couture, ex-président du Montreal Camera Club M.Clarence Gagnon, R.C.A., Montréal M.Williford A.Gagnon, architecte, Montréal Me Paul Gouin, avocat, Montréal M.Jean-Marie Montréal M.Henri Hébert, R.C.A.Montréal M.Gérard Morisset, directeur de l'enseignement du dessin dans la province de Québec, Québec M.Paul-E.Ostiguy, Montréal Gauvreau, directeur de l'Ecole du Meuble, x .Marcel Parizeau, architecte, Montréal = Aimé Plamondon, membre du Comité de l'Education et des Arts de l'Exposition provinciale, Québec z .Harvey Rivard, Trois-Riviéres .Léon Trépanier, directeur Centenaire de Montréal z général des fêtes du Ille IR \u20ac +\u2018>_ 22 REGLEMENTS DU CONCOURS 1.Peuvent participer à notre concours de photographie tous les citoyens canadiens, sauf les employés de la maison Poirier, Bessette & Cie.et leur famille.2.Les photos devront avoir été prises dans la province de Québec ; être l'œuvre personnelle du concurrent ; représenter des édifices ou parties d'édifices encore existants ou disparus.3.Le concurrent pourra envoyer autant de photos qu'il désire, mais pas moins de quatre, (dont deux photos de détail}.4.Les photos d'ensemble devront mesurer au moins 5\u201d x 7\u201d ; celles de détail, au moins 314\u201d x 514\u201d (format carte postale).5.Les photos ne devront pas être colorées.6.Tous les envois, primés ou non, resteront la propriété de la maison Poirier, Bessette & Cie.éditrice de La Revue Populaire.7.Ne seront acceptées que les photos illustrant l'intérieur ou l'extérieur des sujets suivants, qui devront être des spécimens anciens ou modernes de l'architecture canadienne d'autrefois : Palais de Justice Hôtels de Ville Forts Hôpitaux Collèges Couvents Monastères Eglises Chapelles de procession Moulins à eau Moulins à vent Manoirs Maisons 8.Par ordre d'importance, le jury rendra son verdict d'après : 1) La valeur documentaire au point de vue de l'architecture canadienne d'autrefois: 2) Les qualités techniques des photos.9.Le concurrent devra écrire au verso de chaque photo ses nom et adresse.10.Chaque concurrent n'a droit qu'à un seul prix.11.La décision du jury sera sans appel.12.Le concours se terminera le 30 novembre 1939.$525 en ARGENT 10 prix ainsi répartis: Premier prix $200 Deuxiéme prix 100 Troisième prix 50 7 prix de co.25 Veuillez adresser tous vos envois comme suit : Concours de Photographie La Revue Populaire, 975 rue De Bullion, Montréal.Le secrétaire du concours de La Revue Populaire accusera réception des envois.e En janvier prochain, une grande exposition publique groupera TOUTES LES PHOTOS soumises au concours de La Revue Populaire. Aoûr 1939 VALDOMBRE .ET LA RADIO RANCHEMENT, chers lecteurs et lectrices, 3: n'étais pas très brave dans l'automobile qui, par une somptueuse journée de printemps, m'emportait à toute allure vers le « Lion du Nord » : Valdombre, quz j'allais interviewer pou vous.C'est que « Valdombre », voyez-vous, est un nom qui, avec celui d'Olivar Asselin, brille d'un éclat fulgurant au ciel des lettres canadiennes ; « Valdombre », mais c'est la terreur des politiciens véreux, des exploiteurs de la paysannerie, des écrivains « bien pensants» qui ne sont, comme dit Francœur, que des « illisibles raseurs », des cuistres qui massacrent sans vergogne la belle et douce (et difficile) langue française, « Valdombre », c'est le nom qui fait blémir ces pontifes qui, du haut dz leur situation acquise à grand renfort de « rackets » et de compromissions, dictent des lois pour protéger notre vertu courant, paraît-il, de grands dangers, quand, en réalité, le seul danger que nous courrions c'est de sombrer dans l'imbécillité la plus indécrottable.« Valdombre », c'est l'auteur consciencieux dont les écrits, cinglants comme des coups de fouet, font plus pour le relèvement de la culture française en terre canadienne que le travail de tous ces crétins qui se congratulent avec enthousiasme.« Val- dombre », enfin c'est.mais il faut s'arrêter là, car on n'en finirait plus d'énumérer les hauts faits de la belle et utile carrière de cet écrivain remarquable, de ce pamphlétaire libre et indépendant.Je vous disais donc que je n'étais pas brave, eh bien ! j'avais tard.Valdombre est un homme des plus sympathiques.Son verbe coloré, ses yeux expressifs, son étonnante simplicité vous charment au premier abord.Aussi son accueil cordial et la grande amabilité de Mme Grignon, qui est pour son mari une précieuse collaboratrice, mz mirent immédiatement à l'aise, et comme j'étais venue interviewer l'écrivain radiophonique, la première question que je posai à Valdombre fut donc celle-ci.\u2014 Que pensez-vous de la radio ?Mon hôte me répondit à la manière des paysans normands, ses ancêtres : par Germaine Plante \u2014 J'en pense beaucoup de bien et bzaucoup de mal.J'exigeai quelques explications.\u2014 J'en pense bzaucoup de bien, reprit-il, parce que je crois que la radio est un instrument merveilleux pouvant et devant servir à l'éducation du peuple.Il faudrait pour cela que la radio d'Etat continuat à donner l'exemple, en disposant d'un comité de lecture, et d'artistes absolument libres à tous les points de vue, qui réaliseraient des programmes éducatifs et artistiques, sans avo.r à se soucier des commanditaires.En outre, la radio d'Etat devrait disposer d'un budget plus considérable lui permettant de toujours bien rémunérer se.artistes, ses auteurs et son personnel.Un budget d'environ dix millions de dollars serait-il exagéré\u2019 En tout cas il faut un budget purement de l'Etat.Alors et alors seulement, la radio rendrait de grands services au Canada français, tout comme au Canada anglais.\u2014 Ét le mal que vous pensez de la radio c'est ?.\u2014 .que les ondes sont trop à la merci des commanditaires, lesquels offrent souvent au public des programmes qui n'ont pas toujours leur raison d'être, des programmes stup'des et médiocres.Il est des réclames commerciales qui ne déshonorent pas la T.S.F.lorsqu'elles sont faites avec discrétion.Mais l'idéal serait que la radio fût absolument libre de toute publicité et ne fût mise qu'au service de l'art et de l'éducation.\u2014 En effet, ce serait là l'idéal.Dites-moi, M.Grignon, quelles raisons vous ont poussé à fair: l'adaptation radiophonique de votre conte « Le Déserteur » et y avait-il longtemps que vous y songiez ?\u2014 Je n'y songeais pas du tout.Quant aux raisons qui ont fixé mon choix, les voici : publié en 1935.ce livre, ayant pour cadre les Laurentides et pour sujet les paysans abandonnant la terre, eut un vif succès.Le gouvernement en acheta un bon nombre d'exemplaires pour les écoles.Or, en 1939 comme en 1935 le retour à la terre est toujours le sujet d'actualité, le chômage étant la suite logique de l'abandon de la terre et par le fait même du surpeuplement des villes.Aujourd'hui on ne pense guère à ça, il n'y a plus de passé! La langue française est devenue une chose abjecte.C'est pourquoi je décidai de venir à la radio, pour faire connaître la campagne, faire aimer la terre et le parler agreste des pays d'en haut, et enfin prêcher le retour à la paysannerie qui, seule, peut sauver les hommes.Mais je doute que les hommes fassent le sacrifice de se sauver.\u2014 Etes-vous satisfait de ces émissions ?\u2014 Très satisfait.J'ai reçu des lettres sympathiques de gens me remerciant de leur avoir fait connaître le vrai visage de la terre.L'une d'entre elles surtout m'a ému : celle d'une brave ouvrier, père de famille, qui à la suite de la dixième émission des « Belles histoires des pays d'en haut » est retourné à la terre.\u2014~ NY aurait-il que ce résultat, c'est déjà tr}s beau ! Ét maintenant que pensez-vous de la réalisation de votre pièce ?\u2014 Tous les artistes furent personnels et vivants.Mais je veux faire une mention particulière de Guy Mauffette, qui a si bien compris mon œuvre et l'a dirigée d'une façon remarquable.C'est un réalisa- teur-né.\u2014 Je ne doute donc pas.M.Grignon, qu'ainsi encouragé, vous nous reveniez de nouveau à la radio ?\u2014 Certainement, j'adapte pour les ondes mon roman qui a gagné le Prix David : « Un Homme et son Péché ».Je pourrais le faire durer longtemps ; j'ai de la matière pour deux ans au moins, mais si je n'aime pas le roman fleuve, j'aime encore moins le théâtre radiophonique-océan.La nouvelle série d'émissions ne durera donc qu'une saison à Radio- Canada, soit de septembre 1939 à mai 1940.(Lire la suite page 56) Valdombre, cigarette aux d lèvres, lit quelques lignes : d'un sketch au réalisateur Guy Mauffette.(Photo Robert Prévost) 6 La Revue POPULAIRE ANTOINE - SÉBASTIEN FALARDEAU PEINTRE CANADIEN (1823-1889) Autre photo du peintre, prise à Florence, en 1856.Une des meilleures copies du peintre Falardeou : Le Christ en croix, P Pp e, Pi re e de Guido Reni.Appartient & l'Université Lava! de Québec.Quelques œuvres, reproduites pour la première fois, du célèbre peintre québecois qui s\u2019illustra en Italie ou il passa presque toute sa vie, s'y maria et mourut.Emile Falardeau, notre collaborateur, lui a consacré un livre : \u201d Un maître de la peinture \u201d.Les grands bœufs de la campagne toscane.Un dessin au crayon de Falardeau exécuté à Florence en 1851, Aoûr 1939 La '' Maison du Canada '* occupe le côté ouest du célèbre Trafalgar Square dont voici deux photos, prises de la colonnade de la \u2018* National Gallery\".A gauche l\u2019église de Saint-Martin-des-champs (St, Martin\u2019s in the Fields), l'une des plus agréables de Londres.À droite, la colonne Nelson, élevée en 1841 ; av loin, la tour de l'horloge du Parlement où se trouve le \"\u2019 Big Ben *'.La Maison du Canada a été inaugurée par le roi George V en 1925.\u2014 (Photos exclusivité La Revue Populaire).A \u201cMAISON DU CANADA\" N A Eu a « Canada House », au cours de l'année dernière, une inspiration heureuse: celle de confier au constable Mc Dowell, de notre police montée, le soin d'accueilllir à l'entrée de la maison canadienne les visiteurs du Dominion.Droit, solide, bien à l'aise dans la fameuse jaquette couleur de feu que nous avons appris à associer à toutes sortes de valeureux exploits, le constable se tient, aux heures de visite, derrière la porte à lourds battants, saluant qui arrive avec une inclination de son grand chapeau et réconfortant les dépaysés avec son sourire de bon géant.C'est ainsi qu'en pénétrant dans le vaste hall, on a la sensation d'être encore un peu au Canada.Dans le salon destiné aux visiteurs, même impression.Des fauteuil rouges, subtantiels, des radiateurs à eau chaude, répandant un confort réel, tel que nous l'entendons mais qui n'empêche pas de goûter au rayonnement d'un grand feu de charbon très anglais, de larges peintures de nos montagnes Rocheuses, des revues canadiennes dans les deux langues, les quotidiens dz chez nous.N'étaient le jet d'eau et la mince colonne portant haut dans le ciel pâle l'emouvant buste de Nelson que livrent les fenêtres donnant sur Trafalgar Square, on pourrait vraiment se croire dans tel ou tel grand hôtel du Pacifique Canadien.« Canada House », à quel- par GABRIELLE ROY ques minutes de Piccadilly Circus, au cœur même de Londres, est, comme il le convient, un coin du Canada.Les intérêts de notre pays, comme on le sait, y sont bien servis.Ici fonctionnent les bureaux d'immigration, sous la direction de M.W.R.Little : les bureaux de publicité, sous celle de M.Keith : les bureaux de commerce, avec M.Frederick Hudd; celui de la Défense Nationale, de la marine, des douanes, du visa des passeports, etc, etc.La grande bâtisse abrite un petit monde de scribes, de dactylos et de fonctionnaires divers dont la tâche première est d'établir des liens solides et réllement amicaux entre le Canada et l'Angleterre.On s'aperçoit qu'un idéal de solidarité s'allie en effet aux exigences commerciales lorsqu'on voit régner sur toute l'Angleterre des slogans comme ceux-ci: « Canada calling London»: « Canada calling Birmingham ».Lancés par notre Ministère du Commerce fédéral, ces slogans ont tout l'air de développer en Angleterre un sens profond d'unité et de co-opération.Nous ne pourrons manquer d'en bénéficier.Le cœur, l'âme de « Canada House », si on peut ainsi s'exprimer, réside dans la frêle mais intense personne du Haut Commissaire, monsieur Vincent Massey.C'est lui qui spirituellement nous représente en Angleterre et qui, à nos yeux, lorsque nous sommes à Londres, résume l'idée de patrie, de nation, de famille.Le Canada français, s'il fournit aux différentes sections de l'administration de « Canada House » de nombreux subalternes dont les services sont fort appréciés, n'a malheureusement pas de représentant direct, comme on serait en droit de l'espérer.Que la grande province de Québec ne compte pas parmi le personnel de « Canada House » un seul chef me semble une grave lacune.Je la signale à mon tour en espérant qu'on y remédiera au plus tôt.UNE AUTRE MAISON CANADIENNE Je profite de cet article sur la « Canada House » pour dire tout le bien que je pense de Lady Francis Ryder que beaucoup d'étudiants canadiens ont eu le bonheur de connaître pendant leur séjour à Londres et dont ils ont conservé, sans doute, un souvenir ému.Ce n'est pas avec son entière approbation que je le fais car cette personne est d'une humilité complète et ne goûte pas du tout les louanges ; mais c'est quand même avec sa très gracieuse permission.Comme plusieurs dames de la soc'été anglaise, lady Francis Ryder se dévoua entièrement aux soldats à l'époque de la Grande Guerre.Elle y prit le goût de se dépenser absolument pour autrui.La guerre terminée, elle chercha (Lire la suite page 57) xe (bportont-nout co 2» par Fernand de Verneuil N PRINCIPE et par défin'tion, le chapeau est un acces- soirz de toilette et se porte sur la tête qu'il doit protéger mais les principes et les définitions sont des choses qui n'ont plus grande importance quand la fanta\u2019sie s'en mêle et surtout quand la mode vient dicter sa loi.Le chapeau féminin en est la meilleure preuve mais il y aurait pas mal à dire sur celui des homr?s.La paille semble détenir le record de l'anciennezé pour la fabrication des chapeaux de fz:mme : les damzs grecques d'il y a bien des siècles en portaient en paille de Tl'hessalie et, de nos jours, la paille de toute provenance n: suffisant plus, on l'imite avec plusieurs choses et surtout avec du bois.Les Japonaises trouvent le bambou de choix for: élégant mais les paysannes chinoises s'en tiennent encore à la simple paille qui a l'avantage d'être économique e: légère ; pour plus de commodité encore, elles percent le sommet du chapeau afin de donnzr à leur chignon ce que Hitler appelle de l'espace vital.Il paraît que le chapeau féminin ne date que de quelques siècles en France où ses débuts furent assez difficiles.Auparavant, dames et demoiselles portaient des capes, chap\u201d vu chaperons.lesquels n'étaient autres que la partie supérieure du manteau que l\u2019on avait Fni par détacher.La sœur de François ler, Marguerite, fit tout en son pouvoir pour donner de la vogue au chapeau ; on la suivit, par courtisanerie, dans cette mode, mais ce fut pour l'abandonner après elle\u2019 Néanmoins, la chapeau fin't par être adopté mais cc fut après que la plus belle moitié du genre humain eu: épuisé toute la série des extravagances en fait de coiffure: c'est du moins ce que nous affirment les chroniqueurs d2 l'époque.Au fond, je crois qu'on ergotait tout s'mplement su: les mots car on peut fort bien appeler chapeau une chos: qu'on se met sur la tête, quelles que soient sa forme et sa couleur.Au cours des temps et selon les pays, les femmes ont porté des toquets, capelines, cornettes, bagnolettes, rarabouts, hennins, bergèrzs, fanchons, béguins, capotes, escoffions, fontanges et je ne sais quoi encore ; eh bien, ma foi, tout cela pouvait fort bien s'appeler dès chapeaux.y compris les bonnets dont certains avaiznt des dimensions impressionnantes et des ornements mirifiques auprès dé desquels bien des petits « bibis » modernes feraient figure de parents pauvres.D'autre part, on éprouve quelque hésitation à donner le simple nom de chapeaux à ces œuvres d'art qui sorti- met'autrefois des ateliers des grandes modistes, principalement de celui de Rose Bertin qui avait le privilege tres rémunérateur de chapeauter la reine Marie-Antoinette.En ce temps-là parurent les Polonaises, la Poulette, I'Héroisme d'amour et d'autres beaux chapzaux encore, car c'en était, tout comme les Bonnets aux Soupirs étouffés.Voulez-vous savoir comment ils éta'ent faits ?voici la description d'un « Pouf aux Sentiments » lancé par une grande dame de ce temps : sur ce chapeau il y avait une femme dans un fauteuil et tenant un bébé, un perroquet mangeant des cerises, un petit nègre et des touffes de cheveux de personnes parentes ou amies.Un autre « Pouf » qui eut un grand succès représentait un lac avzc des canards, un chasseur à l'affût, un moulin avec la meunière et le meunier conduisant son âne.En ces temps de splendeurs il y avait aussi des bonnets « à l'Eslacavage brisé », aux « Plaintes amères » et des chapeaux à la « Belle Poule » ; on se demande avec une curic- sité un peu anxieuse de quoi ils pouvaient b'en être faits.Voulez-vous d'autres noms de chapeaux ou bonnets alors en faveur ?il n'en manque pas.Il y avait la calèche, la petite mère, le parterre galant, la pétulante, le débâcle, le chapeau tigre et la coiffure au chien couchant ; sans compter, bien entendu, des quantités d'autres et non moins drêles dont la liste serait trop longue.Un d'entre eux mérite pourtant quelques lignes de description, c'est le Pouf à l'inoculation.Cette coiffure comportait un soleil levant, un olivier avec ses fruits, un serpent qui s'enroulait autour d'une massue décorée de fleurs et des rubans à profusion.Le soleil levant représentait le jeune roi Louis XVI ; le serpent symbolisait la médecine et la massue le nouveau procédé grâce auquel avait abattu le monstre de la variole.Quant à l'olivier, c'était le symbole de la dans un filet.La Revue POPULAIRE douceur du procédé ainsi que de la paix qu'il procurait.Tant de choses dans un chapeau ! mais quel chapeau.En ces temps héroïques, les rubans et les étoffes de gaze n'étaient pas ménagés ; le coiffzur Léonard qui se rendit célèbre par son art de parer la tête des grandes dames leur fit entrer jusqu'à quarante pieds d'étoffe dans les cheveux.On ne peut vraiment pas dire, après cela, que les femmes i de cette époque luxueuse avaient la tête légère.Reverrons-nous un jour ces chapeaux symboliques ?II ne faudrait pas s\u2019en étonner outre mesure car la mode est fort capricieuse; elle a, de plus, le privilège.comme le phénix, de renaître de ses cendres ; elle vient d'en donner une nouvelle preuve par un essai, timide peut-être, mais qui n'en manifeste pas moins l'idée de revenir aux symboles des poufs majestueux d'autrefois.On a vu un audacieux chapeau de plage qui a remporté un joli succès de cur'osité qui prédit sans doute une bonne carrière à d'autres coiffures du même genre ; c'est le chapeau-homard, composé d'un de ces crustacés pris Ne désespérons pas de voir accommoder au même régime l'aéroplane, la locomotive aérodynamique, le sous-marin, la radio, la dictature et la société des nations ; l'histoire de notre époque ne se composera plus dans la tête des hommes mais s'écrira sur celle des femmzs et ce sera certainement d'une lecture beaucoup plus agréable.En fin de compte, mesdames, coiffez-vous comme vous l'entendrez, selon la fantaisie de votre imagination ou le caprice de la mode, si vous nous surprenez d'abord un peu, vous ne manquerez jamais ensuite de nous plaire beaucoup car, à tout prendre, le chapeau n'est qu\u2019un accessoire.Et le principal, c\u2019est le joli minois qui est dessous. Aoûr 1939 Chez Mme Camille Mayran par JULIETTE CABANA (Notre correspondante a Paris) La grande romancière de \u201d Dame en Noir \u201d vit dans sa provinciale retraite de Beauvais.\u2014 Petite nièce de Taine et fille de Mme Saint-René-Taillandier, Mme Camille Mayran fut, jeune I VOUS pouvez disposer d'une journée venez à Beauvais, m'avait écrit Madame Camille Mayran.C'est dans cette petite ville que j'ai situé mon dernier roman Dame en Noir et je crois que vous comprendrez mieux le sens de mon œuvre en me voyant chez moi.Je pris donc le chemin de Beauvais tout heureuse de connaître l'auteur de ce délicieux roman Dame en Noir qui m'avait tant enchantée.Avant même d'arriver j'avais deviné que Mme Mayran ne pouvait qu'habiter ce vieil hôtel entouré d'un parc.,Ç La sonnette tirée, je me sentis pleine d'appréhension.Imaginant à l'avance les êtres et leur cadre, je crains toujours d'être désappointée en les voyant.Rien de semblable ne m'attendait à Beauvais.Une bonne à l'allure provinciale me fit entrer dans un adorable salon Louis XV où la maîtresse de maison m'accueillit avec une simplicité et une affabilité dignes de Mme de la Houssoye, l'héroïne de Dame en Noir.Madame Camille Mayran est née un siècle trop tard.Tout chez elle respire la tradition, l'amour des belles choses patinées de souvenirs.Elle est là assise devant la fenêtre dans une bergère recouverte d'une vieille soierie.Lin rayon de soleil joue sur ses cheveux noirs et illumine tout un côté de son visage.Des effluves de lilas nous viennent du jardin et un gros bouquet de muguet embaume la pièce.Dans l'air sonore de ce début d'après-midi les cloches de la cathédrale appellent les fidèles aux vêpres.\u2014 Je ne pourrais pas vivre sans l'ombre d'une cathédrale et sans le son des cloches, dit Mme Mayran.\u2014 Je suppose que vous avez toujours vécu dans cette ville ?\u2014 Qu'est-ce qui vous fait croire cela ?\u2014 L'impression de sécurité provinciale qui se dégage de vos livres.On sent que vous avez toujours connu et aimé le même pays.\u2014 Quelle erreur! Je n'ai pas de pays, pas de maison.Ie suis une « déracinée » comme disait Maurice Barrès.Et c'est sans doute pour satisfaire ce besoin d'un pays, d'une maison, de terres et de gens bien à moi que j'écris.\u2014 Pour vos lecteurs canadiens, voulez-vous avoir l'obligeance, madame, de me raconter votre vie.\u2014 Mais très volontiers ! me répond l'auteur de Dame en Noir avec un fin sourire.\u2014 Mon père était diplomate.Je suis née à Munich mais je quittai cette ville alors que je n'avais que deux ans.Nous partimes pour Beyrouth où s'écoula mon enfance.Après quelques années passées en Syrie nous revinmes à Paris pour être envoyés au Maroc puis au Portugal.Ensuite j'étudiai à Oxford, en Angleterre, pendant quelque temps.C'est vous dire que pendant mon enfance et ma première jeunesse je connus différents cieux sans m'attacher à aucun et ayant toujours la nostalgie d'un pays qui aurait été et serait toujours le mien.J'éprouvais sans cesse un désir d'évasion ou plutôt une nostalgie d'un pays perdu au ciel tout bruissant de cloches, et où j'aurais vécu dans une vieille maison, parmi de vieux meubles, à l'ombre d'une cathédrale.J'étais une déracinée, et je le suis toujours d'ailleurs.\u2014 Est-ce alors que vous avez senti naître votre vocation littéraire ?\u2014 La naissance dz ma vocation fut lente et secrète.Jeune fille j'étais attirée vers les sciences et la philosophie.\u2014 Etait-ce l'influence du milieu où vous viviez ?\u2014 J'ai grandi dans une atmosphère on.ne peut plus littéraire et mes hérédités me portaient à la fille, la secrétaire de Paul Bourget.curiosité scientifique et philosophique.Jugez-en.Je suis la petite nièce de T'aine, la nièce d'André Chevrillon et surtout la fille de ma mère, Mme Saint-René-Taillandier.Tant de grands talents réunis autour de mon berceau m'interdisaient d'écrire \u2014 moi, indigne \u2014 malgré le goût inné que j'avais des belles lettres.\u2014 De tels exemples vous intimidaient ?\u2014 Îls me semblaient inégalables.Ma mère avait été élevée par Taine, son oncle.Toute sa vie ainsi que celle de son frère, André Chevrillon, devait porter l'empreinte d'une pareille éducation.T'aine n'avait qu\u2019un idéal : la pensée.Pour lui la réussite sociale ne comptait pas.Il devait en être de même de mon oncle, André Chevrillon.Vous comprendrez donc que de tels exemples ne m'engageaient pas, moi l'humble disciple \u2014 à songer à écrire et encore moins à publier.\u2014 Par quel miracle votre vocation littéraire s'estelle affirmée ?\u2014 Mes premières lignes naquirent d'une façon assez singulière.Paul Bourget était un très grand ami de mon père.I] m'avait vue naître et me portait une grande affection.Je l\u2019appelais « mon oncle ».Paul Bourget fut ravi quand après avoir suivi des cours de philosophie à la Sorbone pendant quelques années je décidai de m'occuper d'histoire naturelle.A chacune de ses visites je räcontais à Paul Bour- get mes dissections et ces récits l'intéressaient beaucoup.Il me poussa vivement à faire des études de médecine.Je finissais mon année préparatoire quand la guerre éclata.Mon père qui avait soixante-trois ans s'engagea.Mon beau-frère fut tué dans les premiers mois de la grande tourmente.J'étais infirmière dans un hôpital de l'arrière.Nous vivions dans cette atmosphère d'angoisse et de deuil lorsque Paul Bourget me demanda si je voulais blen lui servir de secrétaire.Il commençait un nouveau roman et il avait besoin, disait-il, de quelqu'un qui connût bien le milieu des hôpitaux.Trop heureuse de travailler avec un écrivain que j'aimais comme un parent et dont j'admirais passionnément l'œuvre j'acquiesçai avec enthousiasme.Tous les jours je me rendais chez lui et pendant plusieurs heures je prenais sous sa dictée des pages de ce magnifique roman qui est : Le Sens de la Mort.Quelquefois il me donnait un chapitre à préparer et le lendemain matin je lui rapportais.ce que j'avais écrit l'après- midi.Lorsque nous parlions de son roman qui était encore à l'état d'ébauche il avait une expression charmante pour désigner ce labeur.Il disait : «Nous allons fumer des cigarettes enchantées » (ce sont les seules que j'aie fumées dans ma vie).Un jour il me vint une irrésistible envie de noircir des pages pour mon propre compte.J'écrivis une nouvelle intitulée : Histoire de Gotton Conniloo et je déposai mon manuscrit sur la table de chevet de ma mère.\u2014 Votre mère écrivait-elle à ce moment ?\u2014 Elle ne faisait que commencer et la modest'e de ma mère qui était si superbement douée, m'an- néantissait.Toujours est-il que je passai une nuit d'insomnie atroce me répétant sans cesse : « Dire que j'ai pu écrire cela alors qu'il y a eu Tolstoï ! » Le lendemain matin maman entra dans ma chambre tout émue et me dit : « Je trouve cela très beau ».L'approbation de ma mère me donna l'audace de porter mes feuillets à Paul Bourget qui les prit d'un air sceptique.Mais le lendemain il m'accue'llit avec une visible joie : \u2014 C'est magnifique, me dit-il.Il faut l'envoyer à la Revue des Deux Mondes.Je suis sûr que René Doumic aimera cela.\u2014 La Revue des Deux Mondes publia aussitôt l'Histoire de Gotton suivie d'une seconde nouvelle.L'Oubliée qui, publiée en volume avec l'Histoire de Gotton, me valut le Prix du Roman de l'Académie Française en 1918.\u2014 Vous avez eu de magnifiques débuts.Qu'avez.vous écrit ensuite ?\u2014 Ensuite je fis un séjour dans la Nièvre, à la Charité, et c'est là que je terminai mon premier roman : L'Epreuve du Fils.\u2014 Est-ce un roman de guerre ?\u2014 Non.Il est tout à fait étranger à la guerre.C'est un roman paysan, son thème est d'ordre strictement moral.C'est le problème du pardon.Le roman est l'histoire d'une jeune prêtre paysan, J'ai toujours été attirée par la campagne, par la vie des gens simples et naïfs.Ce sont des caractères de ce genre que j'ai voulu peindre dans ce livre.\u2014 En quelle année ce livre parut-il en librairie ?\u2014 En 1921, Ce fut mon dernier travail de jeune fille.Je me mariai presque aussitôt après et je partis pour l'Alsace.\u2014 Et ce fut l'Alsace qui vous inspira certainement votre bel Hiver ?\u2014 Oui.C'est en effet le décor qui m'inspira le sujet et les personnages.J'ai voulu décrire ces paysages de rêve sous le givre, l'éblouissement d'une nuit de lune sur la neige.\u2014 Et c'est l'Alsace aussi qui vous inspira votre livre sur la Cathédrale de Strasbourg ?\u2014 Aspects de !a Cathédrale de Strasbourg est pour moi une évocation.J'ai écrit ce livre après avoir quitté le pays.J'avais tant aimé cette cathédrale que je voulus « sauver » mes souvenirs.\u2014 Avez-vous rencontré dans la vie les personnages de vos romans ?\u2014 Jamais.Tous mes personnages sont créés, imaginés.Ainsi pour mon dernier-né Dame en Noir l'idée de ce livre me vint alors que j'assistais à un mariage.À un mariage qui dans la réalité n'a aucun rapport avec celui de mon histoire.La chose se passait à Paris, or vous savez que toute l'action de Dame en Noir se déroule dans une petite ville de Province.\u2014 Beauvais ?\u2014 Beauvais ! \u2014 Quels furent les auteurs qui eurent sur vous une influence prépondérante ?\u2014 La grande influence que je subis fut celle de Bergson.Son livre : l'Evolution créatrice fut pour moi une révélation.Si j'ai eu beaucoup d'admiration pour maints auteurs, celui-là demeure pour moi le Maître.\u2014 Parmi les auteurs contemporains, puis-je vous demander ceux que vous préférez ?\u2014 Paul Claudel est le poète qui m'émezut le plus.Parmi les romanciers mon cœur va naturellement vers Henri Pourrat et Jean Giono.\u2014 Préparez-vous un autre roman ?\u2014 Non.Je travaille en ce moment en collaboration avec mon mari à un livre sur l'Alsace -ci: après avoir capturé un requin, on lui injecte un anesthésique au moyen d'un harpon hypodermique.\u2014 À moitié projeté hors de l'eau, un marsouin attend son petit déjeuner.\u2014 (Photos W.F.Gerecke, Marine Studios, Saint.Augustine, Floride.) Petite Source ELLO ! Jacques, Monne, Gilberte, qui rentre H avec moi?Je peux en déposer trois avec ma voiture, \u2014 Gil et moi, si tu veux bien, Miche : Nous sommes un peu pressées, ce soir.\u2014 En route, alors, et pleins gaz! La tête blonde, tout illuminée par le sourire de larges prunelles mauves, caressantes et malicieuses, se pencha à la portière pour un adieu amical.\u2014 Bonjour, les garçons ! À jeudi.Et la petite auto fila, quittant les abords de la fameuse piste glacée où, pendant quelques heures, toute cette joyeuse jeunesse avait patiné en plein air.Gaîment, icheline Brunot se tourna vers ses deux amies serrées sur l'unique siège voisin.\u2014 Si pressées que cela, ce soir, vous deux ?\u2014 Nous dînons chez les Moreuil, expliqua la blonde Monne.Il faut se faire une beauté, enfiler une robe.Et papa, qui est à l'ancienne mode, exige qu'on arrive toujours à.l'heure | \u2014 Avant l'heure, tu veux dire, rectifia Gilberte la brune, d'un air dédaigneux.C'est d'un bourgeois! Le rire sain, franc, éclatant, comme un beau fruit trop mûr sous le soleil, de Micheline, fusa, espiègle.\u2014 Tu oublies qu'on a dit : « L'exactitude est la politesse des rois!» Voilà une référence aristocratique pour M.ton Père ! \u2014 Shi naturellement, toi.tu prends toujours tout du bon côté! Ce que ça peut être agaçant ! Enfin, si c'était toi qu'on oblige à arriver avant tout le monde dans le salon de la bonne Mme Moreuil avec une robe neuve que personne ne remarquera.\u2014 Eh bien! moi, dit avec conviction Miche, j'aimerais encore mieux rater l'effet de ma robe qu'arriver une heure en retard et manger une bécasse brûlée et un soufflet aplati ! Seulement, moi, je suis gourmande ! \u2014 Comme tu dis cela ! On dirait que tu dégustes quelque chose de délicieux ! Rien que le mot te délecte ! \u2014 Oui, je suis gourmande ! J'aime tout ce qui est bon, et tout ce qui est beau .J'aime les petits plats, les grands crus, la belle musique, le soleil, la mer, Paris.le mouvement, la gaité, la vie!.Les lèvres pincées, Gilberte eut encore son sourire de dédain supérieur : \u2014 Quel éclectisme ! Tu as des goûts variés.Mais aucune préférence ?Micheline donna un grand coup de volant pour éviter un passant maladroit, dont l'intention bien arrêtée semblait être de se jeter sous les roues de la voiture, puis, redressant la direction, elle répondit après une brève réflexion : \u2014 Une préférence ?Peut-être, oui.pour la mer ! Mais pas la mer que tu connais : celle de Deauville, des planches, des concours de maillots, des cocktails et des pyjamas ! Non, celle du large ! Ah! que je l'aime! Mon rêve serait d'avoir un petit yacht tout blanc, rapide et léger, qui courrait sur les vagues d'émeraude crêtées d'autruche blanche, qui filerait vers le grand large comme une mouette .Un sifflement envieux, narquois, lui coupa la parole : \u2014 Un yacht ! Rien que ça! \u2026.L'auto arrivait devant l'immeuble de riche apparence où les jeunes filles occupaient avec leur famille un appartement au premier étage.Micheline serra les freins, haussa une épaule, comme pour se moquer d'elle-même, et s'excusa avec son beau sourire rayonnant qui semblait faire fête à la vie : On peut toujours rêver, n'est-ce pas ?\u2014 Bien sûr, affirma Monne en se glissant du siège sur le trottoir.À jeudi, si tu ne téléphones pas avant.\u2014 À jeudi, chérie, ponctua Gilberte en descendant derrière sa sœur.Et merci! D'un geste de la main elle saluait l'auto, déjà.repartait, filait légère, souple et silencieuse, mais, soudain, elle tourna vers sa sœur un visage serré, mauvais : \u2014 Elle finira bien par l'avoir, son yacht, siffla-t- elle, envieuse.Elle obtient tout ce qu'elle veut de son père et il est assez riche.Mais Monne secouait ses boucles blondes sous la petite cloche, marron.\u2014 Pas si sûr! Il est en difficulté pour le moment, tu sais, le père Brunot.J'ai entendu papa ire.Et les deux bonnes petites âmes s\u2019élancèrent dans l'ascenseur, mettant toute leur joie à supputer les chances que pouvait avoir « le père Brunot » d'être inquiété dans ses affaires et de ne pouvoir payer à sa fille Micheline le yacht de ses rêves.Sans souci du fiel distillé derrière elle, Miche appuyait sur l'accélérateur, lançait la petite voiture docile au plus fort des embarras dans la cohue des carrefours dangereux, jouant, la difficulté avec délices.C'était une enfant trépidante, vibrante, un peu exaltée peut-être, aventureuse sans doute, mais prudente certainement ! Rien qu\u2019à sa manière de conduire, on devinait chez elle la réflexion rapide qui corrige, empêche, prévient les plus folles entreprises.On comprenait surtout, en la voyant prendre les tournants à une allure folle mais en avertissant La RevuE POPULAIRE toujours, qu'elle avait le profond respect de la vie des autres si elle faisait bon marché de la sienne.Et on pouvait de cela déduire qu'elle devait être à la fois généreuse et folle, imprudente et sage, violente et recueillie .Arrivée devant le somptueux hotel dont la « Standard Naphte » occupait les deux premiers étages, elle stoppa net.L'appartement était situé au-dessus.Du troisième étage, il embrassait la vue de cet angle unique formé par le boulevard Haussmann et les grands bou - levards.En arrière, il donnait sur une de ces tranquilles petites rues, aristocratiques sous le deuxième Empire, qui avait conservé un jardin et, de sa chambre très moderne, aux bois précieux, aux murs nus et harmonieux, Miche pouvait se croire à la campagne, tandis que sous les fenêtres du salon vrombissait le perpétuel accent des autos déchaînées.Elle jaillit de l'auto, svelte et mince dans son tailleur de velours noir cravaté d'hermine, et, entrant dans l'ascenseur, eut un sourire pour le liftier bien connu.\u2014 Beau temps, mademoiselle.\u2014 Temps superbe, surtout pour patiner, Alphonse ! Vous n'avez pas encore « remonté » papa ?\u2014 Non, mademoiselle ! Du reste, il est trop tôt.Six heures et demie à peine.\u2014 C'est vrai, dit la jeune fille.J'arrive bonne première, ce soir ! Aoûr 1939 Elle en avait l'habitude, car souvent M.Brunot s'attardait dans les bureaux, même après leur fermeture, en travailleur infatigable qu'il était.Aussi pénétra-t-elle sans défiance, son beau sourire aux lèvres, dans l'appartement douillet et silencieux que ne peuplait aucun bruit encore.\u2014 Monsieur a téléphoné pour Mademoiselle tantôt, dit la femme de chambre en lui ouvrant la porte.\u2014 Ah! fit-elle, son clair sourire épanoui au nom chéri.Que me voulait-il, papa ?\u2014 Il fait demander à Mademoiselle de descendre le voir au bureau aussitôt qu'elle sera rentrée.Sans pénétrer plus avant dans l'antichambre, elle pirouetta sur ses hauts talons et, tenant encore en main son sac à patins, elle bondit dehors, dégringo - la l'escalier.En trombe joyeuse, elle s'élança dans l'austère salle d'attente qui précédait le bureau de son père.\u2014 Bonjour, Antoine ! dit-elle gentiment en venant se camper devant l'huissier qui trônait derrière une petite table au tapis vert.Papa m'a fait demander .Est-ce que je peux entrer ?Il eut un geste discret.\u2014 Obligé de vous faire attendre, mademoiselle.Monsieur est en conférence et puis il doit recevoir un monsieur qui avait rendez-vous à six heures.Elle fit une petite moue ennuyée, sans conviction.\u2014 C'est ennuyeux.parce que si c'est pour m'annoncer que nous dinons quelque part .j'aurai tout juste le temps de m'habiller, vous comprenez, Antoine ?Le vieil huissier qui, depuis quinze ans déjà.était doucement habitué à ce sourire, à cette confiance gentille, la regardait sans paraître pouvoir s'en lasser.Une douceur glissa dans la voix sèche du bureaucrate et il acquiesça avec autant de conviction que s'il se fût agi pour lui-même d'enfiler une robe décolletée : \u2014 Bien sûr, mademoiselle.Elle ne put s'empêcher de rire.\u2014 De quel ton vous dites cela, Antoine ! Ce n'est pas un drame, vous savez ! Toujours doucement approbateur, il répliqua.en suivant des yeux la silhouette élégante et gracile qui bondissait vers la grande table occupant le centre de la pièce : \u2014 Oh! non, mademoiselle Et parce qu'il craignait qu'elle s'ennuyât en sa seule société.il indiqua du doigt le tas de brochures emp'lées sur la table.Gaîment, elle éparpillait du bout du doigt les revues scientifiques et industrielles.\u2014 Phuu! Je les connais!.«L'Huile industrielle » et « Métaux Revue » et «l'Industrie métallurgique » et la « Cote Desfossés » et le « Cours des Métaux », et tutti quanti.\u2014 Ah! non, mademoiselle, fit le vieil huissier désolé, cette revue-la nous nz l'avons pas.Elle nous manque ! Du coup, le rire frais fusa en pluie, inonda la grande salle.\u2014 Il faudra vous la procurer, Antoine ! Dites- le à papa! Mais comme elle riait de plus belle, le vieil Antoine affolé osa, comme jadis quand elle voulait jouer à la marelle sur le tapis, rappeler à l'ordre cette trépidante jeunesse : \u2014 Mademoiselle ! Oh! mademoiselle.et la conférence ! Et ce monsieur qui attend! Chut! Chut ! Micheline pirouetta encore sur elle-même, faisant voler son sac à patins et alors, seulement, aperçut une silhouette masculine engloutie dans un des profonds fauteuils de cuir et à demi masquée par un journal déployé : \u2014 Oh! fit-elle faussement contrite, Antoine, je vous demande bien pardon d'avoir apporté le trouble dans votre correct domaine.Mais, juste à ce moment, une sonnerie connue retentit.Gravement, comme un pontife, Antoine dressa sa chétive personne, a laquelle une lohgue livrée verte donnait une vague allure académique et, allant s'incliner devant le monsieur au journal : \u2014 C'est le tour de Monsieur.Si Monsieur veut me suivre ?.Du coin de l'œil, Micheline vit une haute stature mince et robuste à la fois, un dos élégant, un port de tête distingué.Et, parce qu'elle n'avait pas eu le temps de voir autre chose, elle jugea l'homme sur la coupe de son costume.\u2014 Très chic, le visiteur de papa, dicida-t-elle.Chapitre II © VISITEUR de M.Brunot était en effet «très chic ».C'était de lui la première impression qu'on recevait en apercevant cette haute silhouette racée, bien prise dans le costume d'une élégance sobre mais sûre.en geyser, retomba La seconde ne mangua:t pas d'être généralement exprimée ainsi : \u2014 Ce doit être « quelqu'un » ! Et c'était « quelqu'un » en effet ! Riche à plusieurs millions, Jacques Aveline eût pu-se cententer d'être seulement un homme riche.Il avait voulu plus et mieux, être « quelqu'un » ! conquis une des premières places.Avocat adroit et subtil casuiste, il-avait enlevé brillamment quelques procès d'assises qui avaient construit sa renommée.Puis, brusquement, abandonant sans motif les causes criminelles, il s'était spécialisé dans les procès d'affaires.Grâce à ses nombreuses relations et à sa célébrité rapide, Jacques Aveline était, à trente ans, l'avocat le plus recherché par les grosses sociétés et les compagnies en difficultés.Très cultivé, musicien et littérateur, il avait une célébrité presque aussi grande dans les milieux artistiques.Ces divers titres, joints à sa grosse fortune personnelle, en faisaient une des personnalités parisiennes les plus en vue et les plus flatteusement connues.Aussi, malgré qu'il fût presque en âge d'être son fils, M.Brunot l'accueilit-il avec des marques de déférence sincères.\u2014 Je vous remercie.mon cher maître, d'avoir bien voulu vous déranger, je sais que vos minutes sont précieuses.Ms se dressaient en face l'un de l'autre, très grands, l'un robuste et large, l'autre élancé et fin : l'un blanc de tempes, mais l'œil vif, malicieux, rapide ; l'autre, au regard froid et calme sous l'aile bleutée des cheveux luisants.Tous deux cord'aux.corrects, presque amicaux, et nul, à les voir ainsi, n'eût pu se douter qu'ils représentaient deux clans ennemis.NOTRE ROMAN COMPLET par Léo DARTEY + Dessin de F.L.NICOLET Tout de suite, le jeune avocat avait répliqué, avec cette courtoisie exquise, un peu vieille France, qui séduisait : \u2014 Mais .pas plus que les vôtres, cher monsieur, j'en suis certain.Alors, brusquement, par une sorte de coquetterie d'homme d'affaires, M.Brunot voulut rétablir le dialogue dans son sens réel : \u2014 Oui, dit-il nettement, mes minutes ont la valeu: des dernières heures d'un condamné.Poliment.Jacques Aveline protesta : \u2014 Oh! n'exagérons rien! .\u2014 Laissez-moi finir : d'un condamné qui aurait le droit de pourvoir à sa défense, dz se sauver tout seul .de donner les preuves de son innocence dans un laps de temps défini.Rondement, il arrêta une nouvelle protestation de l'avocat : \u2014 Voyons ! C'est bien mon cas : Accusé par mes coactionnaires de les avoir trompés.ou tout au moins de m'être laissé tromper au sujet de l'achat de ces fameux terrains d'Atacama, j'ai obtenu d'eux un délai d'un an pour faire moi-même la preuve de ma complète innocence ! C'est leur assentiment, leur consentement, que vous, leur avocat, vous m'apportez aujourd'hui ?Toujours impass ble et froid, Aveline s'inclina : \u2014 Et j'en suis très heureux, monsieur.\u2014 Moi aussi! dit rondement l'industriel.Moi surtout, car cela prouve malgré tout, l'estime persistante dans laquelle me tiennent ces braves gens: Ce délai, c'est la plus éclatante preuve de confiance.J'espère bien l'employer à prouver que, non seulement je ne suis pas coupable, mais encore que je ne me suis pas « iaissé rouler » ! J'entends bien agir de façon à ce que, non seulement mon honneur 15 sorte de cette aventure indemne, mais ausi la fortune de mes actionnaires.Cela, je vous charge dz le leur affirmer de ma part.Gravement, Jacques Aveline s'inclina; la force que semblait recéler ce grand bonhommz énergique rayonnait de lui avec tant de puissance qu'on ne pouvait, en effet, s'empêcher de lui faire conf'ance.Doucement l'avocat murmura cependant : \u2014 Cette solution je la souhaite autant pour mes clients que pour vous.Tous y comptent d'ailleurs | Même les plus acharnés, même ceux qui craignent le plus pour leur bourse, sont persuadés quz vous saurez rétablir la situation.Mais, à un homme qui n'est pas aussi versé dans la partie industrielle, permettez une question : Que comptez-vous faire ?M.Brunot se leva, dressant sa haute et large stature et, d'un accent irrésistible : \u2014 Ce que je vais faire ?Mais, partir.\u2014 Partir là-bas ?En plein désert ?Et vos affaires ?\u2014 Je les laisse en toute confiance entre les mains de Durgar, mon fondé de pouvoir, et je vais aller prospecter moi-même, puisque les ingénieurs qu'on a envoyés là-bas sont incapables de trouver ces terrains de pétrole qui s'y trouvent certainement! Je vais partir, forer des puits, remuer la terre de cette cordillère ingrate et je vous jure bien que je le trouverai, moi, le pétrole qui se cache ! Je suis un ingénieur aussi, mais de la vielle école, celle que rien ne rebute ! Un peu sceptique, l'avocat objecta : \u2014 Et.s'il n'y en a pas?Un coup de poing, vigoureux ébranla le bureau - \u2014 Il y en aura ! Il ne peut pas en manquer ! Les données sur lesquelles j'ai acheté ces terrains, les documents, les procès-verbaux des premières fouilles sont irréfutables.Ce terrain, jusqu'ici surtout exploité pour ses mines de cuivre, de nitrate, possède une épaisse couche de naphte j'en suis certain ! Témoin le puis foré au début \u2014 Mais son débit est presque nul.D'autre part, il faut élever le pétrole avec des pompes, et ce moyen onéreux achève de grever les frais de l'entreprise .Vous êtes en déficit de plusieurs centaines de.\u2014 L'année prochaine, affirma M.Brunot, nous serons en bénéfices de millions.peut-être de milliards .si comme je le crois, comme j'en suis sûr, je parviens à découvrir sur nos terrains le point où la nappe de naphte affleure presque le sol .ll demeura unz seconde silencieux, ferma les yeux.et acheva très bas avec un geste las : \u2014 Ou alors.je serai ruiné ! Jacques Aveline eut un geste de protestat'on : \u2014 Mais il vous reste de nombreuses affaires indépendantes de celle-ci!.Votre fortune! \u2026.\u2014 Pardon, jeune homme, dit nettement M.Brunot avec un soupçon de dédain.Est-ce que vous croyez que je pourrais garder cette fortune, si je pensais que j'ai contribué à la ruine de pauvres gens qui me témoignèrent de la confiance ?Si je me suis trompé, je paierai tout, vous entendez ! Tout, intégralement ! La force de cet homme était si grande que le célèbre Aveline ne songea même pas à s'offenser qu'il pût l'appeler jeune homme.Il avait lui-même l'impression d'être si petit en face de cette puissance, de cette honnêteté intransigeante surtout ! Il ne put retenir un élan assez incompatible avec son habituelle froideur et son scepticisme de métier.\u2014 Monsieur, dit-il en lui tendant la main, je comprends mieux ce que vous me disiez tout à l'heure des dern'ères minutes du condamné.Ce que vous entreprenez là est grand et généreux ; mais téméraire peut-être ! Le climat est mauvais, la vie bien dire là-bas ! Sans y être entraîné .n2 craignez- vous pas?.Il haussa une de ses robustes épaules : \u2014 Bah! Avec de la volonté !.Non, la seule chose que je redoute, voyez-vous, n'est pas devant moi.\u2014 et soudain sa physionomie s'attendrit, se fit douce, sa voix sombra dans une inflexion caressante.\u2014 Non.je la laisserai derrière ! Il n'y a rien d'effrayant dans un départ si ce n'est de laisser seul un être bien-aimé.J'ai une fille, mon cher maître.Une fille unique a laquelle je tens lieu de tout : de pére, dz mere, de grands-parents.Il fit claquer ses doigts l'un contre l'autre : \u2014 Ah! la seule chose que je regrette, c'est que le climat ne me permette pas d'emmener cette petite là-bas ! C'est pour.elle que je redoute tout de cette séparation ; mais c'est d'elle aussi que j'attends tout.encouragement et réconfort ! Lorsque je lui aurai fait part, tout à l'heure, de ma résolution de départ.de son exil à elle en province pendant ce temps, le plus dur de ma tâche sera dépassé .De sa réaction j'attends le soutien et l'apaisement .Mais j'ai un peu peur tout de même .Vous ne 16 savez pas ce que c'est à votre âge, qu'un vieux papa qui trembz devant une enfant de vingt ans! Elle est courageuse et forte ; mais sait-on jamais ?Je l'ai tant gatée, cette enfant, tant géatée.Doucement, il reconduisait son visiteur vers la porte capitonnée.Ils échangèrent quelques précisions concernant l'accord établi entre les actionnaires mécontents et leur administrateur.Puis, sur le seuil, ils se ser- rêrent la main, chaleureusement cette fois.« Pauvre bonhomme ! songeait Me Aveline un peu sceptique par habitude.Souhaitons qu'il le trouve son pétrole ! Car si c'est de sa fille qu'il attend l2 réconfort.» Il avait deviné que c'était une élégante et trépidante petite personne qui, tout à l'heure, jacassait à tort et à travers avec Antoine, tout en agitant so.sac à patins.« Encore un drôle de petit produit moderne ! songea-t-il, avec la légère animosité qui lui faisait suspecter ces êtres jeunes et compliqués produits par notre génération.Son père est bien capable de se dépouiller pour réparer une erreur de jugement ; mais ce que sera sa réaction à elle devant l'isolement et la ruine.cela, c'est assez imprévisible ! » Il fermait les yeux, cherchant à se remémorer exactement la silhouette entrevue, puisqu'il ne devait pas repasser par, la grande salle d'attente en sortant.Et il le regretta une seconde, car il ne pouvait parvenir à fixer dans son souvenir autre chose que l'éclat éblouissant d'un sourire et des yeux au ton dz perve.che humide parmi l'éclat ambré d> boucles d'or.Chapitre HI | ORsQuE M.Brunot eut refermé le lourd battant capitonné sur son visiteur, il se dirigea d'une allure rapide et un peu hésitante vers l'autre porte : celle qui donnait sur la salle d'attente.Mais avant de l'ouvrir il prit un iéger temps.Celui de redresser sa haute stature, d'affermir ses traits, de rendre souriant son visage assombri.Cet homme portait sa belle origine normande inscrite sur ses traits virils.Îl avait, de ses ancêtres conquérants.la stature solide, les épaules larges, le front puissant.On le sentait prêt aux plus rudes besognes : mais avec un entrain, une résolution pleine de bonne humeur qui excluaient l'idée de l'effort.Evidemment, c'était de lui que Micheline tenait ce sourire glorieux et confiant avec lequel elle accueillait la vie! Ce sourire, il en fut comme frappé, il le reçut en plein visage, dès que la porte eut livré passage à la jeune fille.Elle lui tendait comme un baiser en fleurs : \u2014 Papa chéri, tu m'as fait faire antichambre ! C'est très mal ! Et qui était le beau monsieur pour qui on m'a fait attendre en la compagnie lettrée d'Antoine ?Papa, figure-toi, je me suis amusée .Antoine qui ne connaît pas l'italien, m'a dit tout honteusement que vous ne receviez pas la revise Tutti Quanti.C'était à mourir.Parce que.Tout net eile s'arrêta, car il lui semblait voir poindre une émotion dans le sourire indulgent de son père.Sa tendresse infinie avait de ces presciences.Elle s'épouvanta : \u2014 Oh! mais, père.ce silence ?Qu'est-ce qu'il y a?Il la rassura d'un geste tendrz de la main sur l'épaule : \u2014 Mais rien, rien, ma petite fille ! \u2014 Bien vrai ?Ah! j'ai eu peur, je ne sais pourquoi, d'une catastrophe soudain devant ton visage changé.Montre tes yeux, mon papa ?.Oh! Tu as beau dire.Ils ne sont pas aussi clairs que les autres jours ! Tu as un souci?.\u2014 Oui, c'est plutôt cela! Cette catastrophe est un grand mot pour dépeindre la situation.Ecoute, ma petite .Elle eut un regard apeuré : \u2014 Oh! papa.C'est presque le ton que tu prenais quand je n'avais pas mon «tableau d'honneur\u2019 au lycée ! \u2014 Hé! Hé!.Il s'agit presque d'un tableau d'honneur, en effet: mais cette fois il faut t'y faire porter, ma grande, et avec la mention : «très bien», encore! Il s'approcha de sa fille, posa sur ses frèles épaules ses deux puissantes mains, et déclara nettement : \u2014 Entre nous, inutile d'user de phrases redondantes et de périodes préparatoires.La situation se résume ainsi: Ma chérie, ton père a fait une bêt:se ! Elle protesta de tout son cœur, de tout son être : \u2014 To1, papa ?Jamais ! \u2014 Cela peut arriver à tout le monde!.Tu sais, Michou, que j'ai ~ Oui.papa.Il la lâcha, revint au bureau : \u2014 Il ne faut pas que cela dure! I faut qu'on découvre -le point où la nappe de naphte affleure presque le sol, où elle alimentera sans difficulté la presque totalité des besoins de l'Europe.où elle paiera largement les intérêts de l'argent que mes actionnaires ont mis dans l'affaire.Et, revenant vers sa fille, il dit négligemment d'un ton léger, mais sans la perdre du regard : \u2014 Alors voilà.je vais là-bas.Je pars.Elle ne sursauta pas, ne voila méme pas son regard.\u2014 Je pars, reprit-il.Je vais aller moi-même prospecter, forer des puits, sonder la terre .et je reviendrai victorieux ! Simplement, elle demanda : \u2014 C'est de quel côté, tes terrains ?\u2014 Quelque part là-bas dans I'Amérique du Sud.Peu t'importe.\u2026.Tu ne connais pas le sud du Chili ?\u2014 Non, justement ! Pas autrement que sur les cartes, et encore.Tu sais que la géographie n'est pas mon fort! UNE SIMPLE MAISON Une simple maison, en bois, dans le feuillage, Loin d'une ville et même aussi loin d\u2019un village, Tel serait mon doux rêve et mon tendre désir.Je respire déjà le parfum de mes roses; J'entends le frais ruisseau pour qui mon âme éclose Conte ce que mon cœur voudrait tant contenir \u2026 Le Bonheur est entré par ma fenêtre ouverte, Il s\u2019est mis dans les fleurs dont la table est couverte, Et sy trouve si bien qu'il ne veut plus partir\u2026 Mon Réve était encor la-haut dans sa chimére, Mais revenu, bientôt, à la vie éphémère, I! sourit, maintenant, au frêle souvenir ! jusqu'ici créé, mis sur pied, lancé et fait prospérer pas mal d'affaires.la dernière va peut-être ruiner toutes les autres ! Je ne veux pas t'ennuyer avec des rapports techniques et cependant il me faut t'expliquer l'opé- tation en quelques mots.Voici : On m'a proposé l'achat de terrains recélant une nappe de pétrole presque intarissable et encore inconnue.L'at- faire était grandiose, elle m'a tentée.Les rapports, les plans, les données étaient d'une netteté encourageante.L'enquête que j'ai fait mener sur place fut favorable.En plus, il y avait surtout mon flair ! Ce flair du vieil homme d'affaires qui me disait celle-ci excellente.Pour exploiter il fallait des capitaux.Nous avons fondé une société, lancé des actions.Or, après deux ans d'efforts constants, les ingénieurs envoyés là-bas ne parviennent à faire débiter aux terrains d'Atacama qu'un rendement insignifiant ! Si cela dure.c'est la ruine, peut- être la faillite.tu comprends ?Un peu pâlie, les lèvres serrées sur I'éclatant sourire qui ne fleurissait plus, elle acquiesça : CLAUDE SELAM \u2014 Donc mes explications seraient inutiles, fit-il rapidement, redoutant par-dessus tout qu'elle puisse s'attarder aux dangers de l'aventure.Le sourire revint aux lèvres vermeilles - \u2014 Bon! Eh bien! c'est parfait, papa : on part ! Démonté, il eut un petit recul : \u2014 Comment «on part»?Mais non, ma pauvre petite enfant, tu m'as mal compris .tu n'as pas pu réellement songer à m'accompagner dans cette entreproises qui .dans ce pays où.Il se mordit les lèvres pour ne pas parler de tout ce qui pourrait alarmer cette tendresse vigilante et finit par déclarer net et sec : \u2014 Je pars seul, et il doit en être ainsi ! \u201cOh! le cri qui jaillit alors de la poitrine oppressée : \u2014 Papa ! Tu me quittes ?Oh ! Le torrent de larmes, les sanglots frénétiques qui soudain transformèrent ce jeune corps si joyeux tout à l'heure, M.Brunot les avait prévus, redoutés .il voulut les endiguer : La REvuE POPULAIRE \u2014 Mais, ma petite chérie, ce sont des choses qui arrivent journellement.Les hommes sont obligés à des voyages.Moi-même, bien souvent, je suis parti.\u2014 Mais tu m'emmenais toujours ! Papa, voyons, je te gênerai si peu, je sais être courageuse et forte, je te seconderai.\u2014 Non, dit-il durement, pour n'avoir pas à y revenir.C'est impossible.Je vais vivre dans un monde «a part», dans des conditions.\" .particulières.Ce n'est pas la place d'une femme.Inutile d'insister, ma chérie.\u2014 Mais je pourrais, papa, te suivre tout au moins jusqu'en Amérique .m'installer dans une ville à proximité du champ de tes recherches.ainsi nous serions moins séparés ! Comment expliquer à cette enfant inquiète la solitude du désert d'Atacama ?Il biaisa : \u2014 Te sentir isolée dans une vie cosmopolite, étrangère, me déplairait encore davantage ! \u2014 Mais alors, qu'est-ce que je vais devenir ?implora-t-elle à travers ses larmes.Doucement, presque douloureusement, M.Brunot dit : \u2014 Ce que tu vas devenir ?Je vais te le dire, ma chérie ! Et, pour la première fois peut-être, Micheline sentit passer dans la voix de son père ce souffle de volonté inexorable, de décision sans appel, qui fait courber la tête.\u2014 Voilà! J'ai tout arrangé, tout décidé.Mon absence n'ayant pas de durée définie et pouvant se prolonger .il importe que, pendant ce temps, je te place sous une protection naturelle et vigilante.J'ai pensé à ma sœur Valentin.\u2014 Elle va venir me tenir compagnie ?demanda poliment Miche avec une petite grimace de son nez mutin.\u2014 Non, mon Michou, dit toujours aussi fermement M.Brunot.C'est toi qui va te rendre chez elle pour y passer le temps de mon absence.D'un bond Micheline, qui s'était laissée tomber sur un fauteuil, fut debout, hérissée.\u2014 Moi?A Bellëême ?Chez tante Valentine ?\u2014 Parfaitement ! C'est la meilleure solution.C'est même la seule, dois- je dire.Du ton terrifié dont elle eût proféré: «Aux enfers ?», elle répéta : \u2014 À Bellême ?Oh! Papa! A Bel- lême ?\u2014 Oui, coupa-t-il nettement.A Belléme, dans mon pays natal, chez ma sœur, \u2014 Mais, papa, tu plaisantais toujours de ce petit trou de province ! Tu ne m'y as jamais emmenée \u2026.Une ombre glissa sur le puissant visage : \u2014 Cela prouve, encore une fois, dit-il avec tristesse, que l'axiome a raison.On ne se souvient de ses vrais amis que dans le malheur.Il faut que je me sente touché bien profondément, Micheline, pour que je songe à te confier à mon pays, à ma famille.Elle tressaillit, mais se défendit encore : \u2014 Ecoute, papa, c'est impossible ! Réfléchis, quelle vie aurais-je là-bas?Sans amis, sans distractions, sans confort.Lentement il répliqua : \u2014 Celle que tu es peut-être appelée à avoir toujours, désormais, mon enfant ! Oui, ne sursaute pas, ne te révolte pas.Ecoute-moi seulement.Mon absence sera peut-être courte, peut-être longue .de toutes façons, dans un an, il faut que nous soyons fixés sur la valeur des gisements d'Atacama.Mes actionnaires m'ont Aoûr 1939 accordé ce délai de grâce.Passé ce temps, si je ne puis prouver que j'avais raison, que le pétrole afflue dans ce sol infertile .je serai considéré par ces gens comme l'auteur de leur ruine ayant abusé de leur confiance, attaqué, poursuivi, condamné peut-être ?\u2014 Papa ! cria-t-elle comme on appelle au secours.\u2014 Non, dit-il avec un geste apaisant, cela ne sera pas, je te le promets, je te jure.Je suis assez riche, heureusement, pour pouvoir te léguer un nom sans tache.Si je ne rapporte de là-bas que la décevante certitude de mon erreur, je rembourserai intégralement tout, tu entends bien : tout, ce qui a été prêté à l'administrateur des terrains d'Atacama.J'en sortirai les mains nettes, mais vides ! Un élan redressa Micheline, la jeta au cou de son père : \u2014 Oh! c'est bien papa ! Que c'est bien ! Il sourit faiblement : \u2014 C'est le fameux tableau d'honneur dont je te parlais.Pour y êtr: portée à ton tour, ma petite enfant chérie, il faut, dès aujourd'hui, t'habituer à l'idée de notre ruine, la supporter vaillamment, l'apprivoiser en quelque sorte.Ou pourrais-tu mieux le faire qu'auprès de cette sainte dévouée qui est ma sœur?D'autre part, notre fortune, notre luxe me semblent, dès aujourd'hui, aliénés, hypothéqués .jusqu'au jour où il faudra peut-être les sacrifier sur l'autel de l'honneur .ou bien encore où ils nous seront rendus plus largemen: et généreusement par ceux qui ne pourront pas les calomnier.Tu comprends ?Elle redressa sa petite tête : \u2014 Je comprends, papa.Tu n'es pas certain de pouvoir garder notre fortune.Tu ne veux même pas en jouir tant que tu n'auras pas prouvé ta bonne foi.Comme toujours, tu as raison, papa.Elle réfléchit une seconde, mais acheva mutine avec une petite moue terrifiée : \u2014 Mais crois-tu que je ne pourrais pas vivre modestement à Paris ?Est- ce que tes actionnaires seront sensibles à la pénitence de Bellème ?Elle avait l'air si désolée, si désemparée, que son père hésita une minute.Ce sacrifice était-il vraiment nécessaire ?Mais oui, voyons .Il savait pour- guoi il l'avait décidé.Aucun des risques qu'il allait courir là-bas ne lui était inconnu.Il pouvait fort bien trouver la mort dans ces montagnes cruelles, sur ces plateaux désolés où règnent en maîtres la sécheresse et le vent torride.où les tremblements de terre sont si fréquents, où il pleut parfois un seul jour par an.Sa mort survenant dans ces conditions entraînerait la liquidation brutale de ses affaires, le dépouillement tota! de la pauvre enfant.Que deviendrait-elle à Paris, au milieu de la meute acharnée qui la poursuivrait, lui arracherait jusqu'au dernier lambeau de sa fortune passée ?Mieux valait, si l'événement fatal devait venir brutalement la terrasser, que ce fût là-bas, auprés d'une grande ame charitable et bonne, au cœur d'une province calme où les échos du scandale parviendraient à peine, où pendant quelques mois déjà, le cœur et l'esprit de Micheline s2 seraient accoutumés au renoncement, au grand silence, à la Un grand chapeau de feutre jaune orné de chiffon brun, un collier et un bracelet qui font la paire, tout cela donne beaucoup de chic à cette vedette RKO, Helen Wood résignation journalière de la province française où tout, les événements, les drames, les cœurs et les douleurs se mettent en veilleuse en face de l'unique et éternelle splendeur : la magie de la nature souveraine.Oui, le sacrifice suprême, s'il était démandé à son enfant, serait moins cruel, moins dur là-bas.Il hocha la tête : \u2014 Crois-moi.J'ai choisi, de toutes les épreuves, la moins dure pour toi! Tu auras du moins là-bas, la grande consolatrice qu'est la forêt, «ma forêt».C'est un peu à elle que je te confie, en même temps quà ma sœur.Tu verras quelle âme elles te referont ! prête à l'adversité s'il faut la subir.et, prête aussi au bonheur si, comme je l'espère, commz je le crois, il sort pour toi de l'aventure ! Incrédule, Micheline hochait la tête, Mais au ton de son père elle avait compris la gravité de sa situation.Elle tenta de lutter encore cependant.\u2014 Papa! Je t'en supplie, laisse- moi t'accompagner, te suivre.Je ne veux pas te laisser partir seul ! \u2014 Mon enfant chérie, j'ai besoin de toi! Oui, peut-être un jour com- prendras-tu mieux.Mais je t'affirme que tu me sers davantage en demeurant en France pendant que je m'expatrie.Il v a quelquefois autant d'héroïsme à demeurer sur place sous l= feu de la mitrailleuse qu'à s'élancer à l'assaut des lignes ennemies, tu sais, Michou ! C'est celui-là que je te demande, hélas, peut-être celui qui doit coûter plus que tout autre à ta nature : l'héroïsme de la résignation, de la patience, de la confiance.Sau- ras-tu ?Elle montra un front où, parmi les boucles blondes, la peine déjà cherchait à se cacher sous le sourire retrouvé.Le courageux sourire bleu pervenche, à peine nuancé de résignation.\u2014 Compris, papa ! Je saurai, je te le jure! lors, la rude poigne s'abattit sur la frêle épaule : \u2014 Ah! Je savais bien, je savais bien.que je pouvais compter sur toi! Merci, Michou!.Merci.Il se tut pour qu'elle n'entendit pas que, soudain, sa grosse voix d'homme d'affaires tremblait d'émotion.Puis, reprenant, lui aussi, le masque de la bonne humeur : \u2014 D'ailleurs.tu verras, petite ! L'attente ne sera pas si longue qu'elle use ta patience ! N'oublions pas que nous sommes de la race du Conquérant .Je suis sûr, vois-tu, que, comme le grand Guillaume, je ne reviendrai pas les mains vides d'au-delà des mers ! \u2014 Mais bien sûr, papa! dit-elle avec courage.Tant qu'elle fut devant lui, la même vaillance souriante para son chagrin qui se terrait au plus profond d'elle- même : mais, sitôt rentrée à l'appartement, elle se jeta sur le dictionnaire Larousse.Fébrilement elle feuilletait le pages.\u2014 Voyons .Bellegarde, Belle-Ile, Belle-Hélène .Ah! Bellême, voilà : « Chef-lieu du canton de l'Orne.2,599 habitants».2,599.Oh! Elle ne lut pas plus avant ! Que lui importait les détails concernant la minuscule ville.Seul ce chiffre inouï comptait à ses yeux : deux mille cinq cents quatre-vingt-dix-neuf.Une ville ?À peine un village \u2026.\u2014 Eh bien ! ça va être gai.Les larmes piquaient ses paupières.Pour.les empêcher de tomber elle feuilleta à nouveau le dictionnaire.\u2014 Atacama.C'est le nom que papa a dit.Atacama?Mon Dieu! « Atacama, vaste désert de sables.mouvants et arides, situé dans la ré- 17 gion la plus malsaine du Chili».Ah!.Cette fois, les larmes tombèrent.Atacama-Bellême .\u2014 Mon pauvre papa ! Mon pauvre papa!.Et dire que jai pu me plaindre.Quelle honte ! Au dîner, il la retrouva vaillante, sanglée de bonne humeur résolue.\u2014 Tu ne sais pas, papa, jai découvert quelque chose ?.Ils n'attendaient, que moi, à Bellême, pour être deux mille six cent habitants.Alors, je peux vraiment pas leur refuser ce plaisir! Chapitre IV Deux mille cinq cent quatre-vingt- dix-neuf! se répétait ironiquement Micheline, tout en passant sur l'accélérateur.Seigneur! Qu'est-ce que cela peut être ?D'ailleurs pour que papa ne m'y ait jamais emmenée.Elle roulait depuis deux heures et atteignait seulement la gracieuse campagne normande.Elle consulta encore la carte et murmura : \u2014 Décidément longue, la route de papa! Pourquoi ne pas avoir tout simplement traversé Nogent-le-Ro- trou ?C'était tellement plus direct !.Longuement, la veille, M.Brunot avait tracé l'itinéraire qu'il entendait indiquer à sa fille comme le meilleur chemin conduisant à sa ville natale.Il l'avait voulu, un peu plus long peut-être, mais tout accompagné de la grâce des pommiers en fleurs et abordant l'antique citadelle par le côté le plus séduisant, voilà pourquoi, au lieu de filer tout droit sur la route directe, Micheline flânait au gré des chemin neigeux dans l'adorable campagne percheronne.e départ s'était bâclé très vite.M.Brunot voulait prendre lui-même le premier paquebot en partance et, (Lire la suite page 21) 18 La Revue POPULAIRE MON COURS D'ART CULINAIRE par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI COMMENT ÉVITER LES MOISISSURES ES moisissures sont des micro- organismes qui s'attaquent à la plupart des aliments, particulièrement les sucres.Elles vivent surtout à la surface.Quand une fois elles sont pris naissance quelque part, le seul moyen de les détruire, c'est la stérilisation.Les moisissures se multiplient par spores et seule, l'ébullition prolongée les détruit.Un bocal peut sembler bien net tout en étant rempli de spores.Après quelque temps, des moisissures apparaissent à la surface.On accuse la confiture de n'être pas assez épaisse, ou encore de n'avoir pas fermé le boca! hermétiquement : la seule causz.c'est le développement des spores qui étaient restées dans le bocal.Une maîtresse de maison avertie ne doit pas ignorer ces connaissances qui lui permettent de mieux conserver les aliments.Lorsqu'un pot de confitures, de gelée ou dz marmelade commence à moisir.voici ce qu'il faut faire : Enlever soigneusement la pellicule qui recouvre le dessus du pot, vider le contenu, faire bouillir la confiture, stériliser parfaitement le bocal et le remplir de nouveau.La confiture se conservera comme si elle était fraîche parce que les spores auront été détruites.S! les ménagères comprenaient l'importance d'empêcher le développement des microbes, elle réaliseraient de grandes économies.Voici la manière de stériliser les bocaux : Les 1emplir d'eau froide et les faire houillir 20 minutes dans une grande casserole ou dans un four.Les sortir dz l'eau juste au moment de les remplir.Un autre moyen d'éviter les moisissures, c'est de laver soigneusement ou de blanchir à la chaux l'endroit où l'on conserve les confitures.Une couche de paraffine bouillante stérilisera également le dessus des pots et empêchera le développement des moisissures.Les partisans du moindre effort vous affirmeront que ces précautions sont inutiles ; suivez leurs conseils et vous aurez à l'année des moisissures qui s'attaqueront à tous vos aliments.Ici, à l'Ecole Ménagère provinciale où toutes les règles de l'hygiène des aliments sont observées.nous rencontrons peut-être un bocal sur cent qui moisit, et nous sommes certaines que cette moisissure est le produit de spores qui n'avaient pas été détruites.L'humidité est aussi un champ favorable au développement des microbes.Les caves humides et non aérées devraient être assainies pour y conserver sans danger de contamination les aliments.Un dernier mot pour terminer, les moisissures ne sont pas toxiques : elles communiquent un goût désagréable: quand on les enlève so\u2018gnzu- sement, il n'y a aucun danger à consommer les produits attaqués.LES PETITS GÂTEAUX FOURRÉS À L'ORANGE V3 tasse de végélatine Va tasse de sucre 1 œuf bien battu 1V2 tasse de farine 22 cuillerées à thé de poudre à pête Va tasse de lai} Va cuillerée à thé de sel Va cuillerée à thé de vanille Défaire en crème le beurre et le sucre et battre jusqu'à ce que le mélange soit très crémeux.Y joindre l'œuf bien battu et continuer de battre jusqu'à ce que ce soit bien léger.Ajouter la farine bien tamisée avec la poudre et le sel alternant avec le lait.Faire cuire dans de petits moules à gâteaux bien beurrés à 375° pendant {5 heure.Laisser refroidir au sortir du four.Enlever une rondelle sur ie dessus.Creuser, remplir de crème à l'orange, recouvrir de crème fouettée et décorer jôliment pour donner la forme de petits papillons.La rondelle de dessus séparée en 2 représentera les ailes.Crème à l'orange : V2 tasse de sucre 3 cuillerées à table de farine 13 tasse de jus d'orange 1 cuillerée à table de jus de citron 1 œuf légèrement battu 1 cuillerée à thé de beurre Mélanger tous les ingrédients dans l'ordre donné et cuire au bain-marie pendant 14 d'heure.LA BRIOCHE AUX RAISINS 1 tasse de lait Va de tasse de sucre Ya de tasse de beurre ou végétaline 27% de cuillerée à thé de sel 1 gâteau de levure 3 tasses de farine 1 œuf 2 cuillerée à thé de camnelle Va tasse de raisins 1 cuillerée à thé de zeste de citron Faire chauffer !e lait.Verser dans un bol avec le sucre et la végétaline et brasser pour faire dissoudre.Ecra- ser la levure et la délayer avec V4 de tasse d'eau tiède.Ajouter au premier mélange et laisser lever jusqu'à ce que ce soit léger, 14 heure environ.Ajouter l'œuf battu, sel et ra\u2019- sins préalablement gonflés avec Lj de tasse d'eau et cuits jusqu'au point d'ébullition.Battre dans cet appareil le reste de la farine et pétrir la pâte jusqu'à ce qu'elle soit lisse et élastique.Laisser lever au double du volume.Façonner en boules, mettre sur une tôle beurrée, laisser lever de nouveau et cuire à 425° 5 minutes.Réduire la chaleur à 375° et cuire 10 minutes de plus.Au sortir du four, couvrir de glace simple.Glace simple : 1 tasse de sucre à glacer, 1 cuillerée à thé de jus de citron, assez de lait pour faire une glace assez consistante tout en étant coulante.LA GUIMAUVE ROSE 2 tasses de sucre V2 tasse de sirop de maïs Va tasse d'eau chaude 4 cuillerées à table de gélatine 4 cuillerées à table d'eau froide 1 blanc d'œuf bien battu.1 cuillerée à thé de vanille 1 cuillerée à table de fécule de mals Faire un sirop avec le sucre, le sirop et l'eau et cuire jusu'à 240°.Retirer du feu, ajouter la gélatine gonflée dans l'eau froide, colorer le sirop en rose, Battre le mélange jusqu'à ce qu'il soit mousseux.Ajouter les blancs d'œufs et continuer de battre jusqu'à ce que ce soit bien épais.Ajouter vanille et fécule de maïs.Verser dans un moule saupoudré de sucre à glacer et laisser prendre.Couper en carrés.LE SUCRE À LA CRÈME 2 tasses de sucre 1 tasse de sirop d'érable 1 tasse de crème 1 tasse de noix Cuire le tout a 238° et travailler comme du fondant.Le menu d\u2019un bon diner SOUPE BRUNOISE 1V2 pinte de consommé Va tasse de céleri V2 tasse de poireaux Va tasse de navets Va tasse de carottes Tailler tous les légumes en petits dés et les faire cuire dans l'eau bouillantes salée.Couler et réserver l'eau de cuisson pour diluer la consommé de façon à obtenir 115 pinte de bouillon pour la quantité de légumes mentionnés.BIFTECK À LA MAÎTRE D HÔTEL 1 bifteck dans le filet 174 pouce d'épaisseur 1 cuillerée à table de beurre fondu 1 cuillerée à table de persil frais 2 cuillerées à table de jus de citron Faire chauffer le four 5 minutes environ.Parer le bifteck et le placer sur le gril bien chaud.Au bout de 5 minutes, le tourner et le faire cuire de l'autre côté.Saler et poivrer.Mettre le bifteck dans un plat chaud, disposer dessus les noisettes de beurre manié avec le persil et le jus de citron.MOUSSE À L'ORANGE 1V2 cuillerée à table de gélatine V3 de tasse d'eau froide V3 de tasse d'eau bouillante 1 tasse de sucre 3 cuillerées à toble de jus de citron 1 tasse de jus et de pulpe d'orange 3 blancs d'œufs 2 tasses de crème Tremper la gélatine à l'eau froide 5 minutes, ajouter l'eau bouillante, le sucre, le jus de citron et d'orange.Refroidir ce mélange.Quand il commence à prendre, le battre avec le moulin à battre les œufs jusqu'à ce qu'il mousse.Ajouter les blancs et !a crème battus.Garnir un moule avec des sections d'orange, y déposer la mousse et faire prendre au frais.GÂTEAU AU GINGEMBRE Va de tasse de crème ou de lait Va tasse de beurre V2 tasse de mélasse Ya de cuillerée à thé de bicarbonate de soude V2 tasse de cassonade 1/2 tasse de farine 1 cuillerée à table de gingembre 1 cuillerée à thé de clou 1 cuillerée à 1hé d'épices mélées 2 œufs Faire chauffer la crème ou le lait et y ajouter le beurre coupé en petits morceaux.Laisser fondre la mélasse à laquelle le soda aura été ajouté, puis la cassonade.Battre les jaunes d'œufs dans le mélange et y ajouter la farine, et battre 5 minutes.En dernier lieu les blancs battus et cuire dans des petits moules à muffins à 400° degrés.CONSOMMÉ MIMOSA 1 pinte de bon consommé, 1 cuillerée à table de tapioca pulvérisé, 1 jaune d'œuf.Faire chauffer le consommé, -ajouter la tapioca, laisser cuire une dizaine de minutes et saupoudrer de jaune d'œuf cuir dur avec quelques petites touffes de persil.PETITES MOUSSES DE POULET AUX CHAMPIGNONS 1 tasse de blanc de poulet cru Ya tasse de sauce Béchamelle épaisse Va tasse de crème épaisse 2 œufs, sel et poivre 2 cuillerées à table de beurre Ecraser finement le blanc de poulet déjà haché au mortier ou avec un pilon de bois, ajouter la sauce et la crème puis les œufs, l'un après l'autre en battant bien.Verser cet appareil dans de petits moules beurrés et cuire au four modéré 350°.Ces petits moules doivent être placés dans un plat d'eau chaude.Démouler au sortir du four et déposer sur de petites tartelettes garnies de champignons sautés au beurre, couvrir d'une sauce au fromage, saupoudrer de fromage râpé et passer rapidement à four chaud juste pour faire gratiner le fromage.® CHAMPIGNONS SAUTES AU BEURRE Laver des champignons et les couper en tranches minces ; n'utiliser que les têtes.Faire sauter au beurre 8 à 10 minutes.Mettre dans de petites tartelettes de pâte brisée fine.SAUCE AU FROMAGE 2 cuillerées à table de farine 1 tasse de lait Sel et poivre Ya tasse de fromage râpé Faire fondre le beurre doucement sans laisser brunir ; ajouter la farine, brasser jusqu'à ce que le tout soit bien crémeux puis mouiller avec le lait froid.Laisser cuire jusqu'à épaississement.Assaisonner, retirer du feu et ajouter le fromage qui fondra dans la sauce chaude.e CAROTTES GLACÉES AUX PETITS POIS Prendre des grosses carottes et les tailler en tronçons de 3 pouces.Les faire cuire jusqu'à ce que tendres mais bien fermes dans l'eau bouillante salée.Les séparer en deux sur la longueur et les creuser c'est-à-dire enlever le cœur.Remplir de petits pois verts sautés au beurre. CETTE SOUPE EST PRESQUE UN REPAS COMPLET ! Et les appétits robustes trouvent cette soupe aux 15 légumes aussi bonne au goût qu\u2019elle est nourrissante et fortifiante.A l'heure du souper, quand tout votre monde revien, affamé à la maison, servez, comme pièce de résistance.une bonne Soupe aux Légumes Campbell.\" ÇA, C'EST DE LA SOUPE ! \"\" Vovez avec quel sourire le papa attaque sa soupe Campbell ! C\u2019est à la table de famille, quand l\u2019appétit de tous est bien ouvert et qu'on a tout le temps voulu pour le calmer, qu'on se rend le mieux compte de la valeur d'un plat.Nos bonnes ménagères canadiennes servent, le plus souvent possible, cette soupe délicieuse parce qu'elles savent d'expérience que c'est celle-là que préfère leur famille.Cette soupe, disent-elles, avec son riche bouillon de bœuf et ses quinze différents légumes de jardin, constitue presque un repas complet.PREPAREE AU CANADA PAR LA CAMPBELL SC Vous ne pourriez vous-méme acheter de meilleurs légumes, et les chefs Campbell préparent la soupe comme vous le feriez à la maison \u2014\u2014 pour lui donner ce goût de chez soi qui plait à tous.\" C'EST LA SOUPE QUE PREFERE TOUTE MA FAMILLE Les mamans d'enfants qui grandissent se communiquent l\u2019une à l\u2019autre tout le bien qu'elles pensent de la Soupe aux Légumes Campbell.C\u2019est à leur avis le plat le plus nourrissant et le moins lourd : celui qui donne aux enfants le plus d'énergie pour le travail et les jeux ; celui enfin qu'ils aiment le mieux et qui leur procure tous les exceptionnels avantages des bons légumes.Combien souvent servez-vous chez vous de la Soupe aux Légumes Campbell ?Si vous le faites très sou- VERIFIEZ L'ETIQUETTE ROUGE-ET-BLANCHE vent.vous savez que ce plat est chaque fois accueilli avec le même plaisir.Pourquoi n'en pas faire la pièce de résistance de votre souper de demain\u2014selon le menu indiqué ci-dessous ?Un repas qui requiert le minimum de temps \u2014 un plat qui remporte les suffrages de toute la maisonnée et qui fait dire à tous : \"\u201c SA VUE SEULE NOUS MET EN APPETIT | Soupe aux légumes Salade d'œufs tranchés, to-nates et rondelles de piment vert, sur laitue Poires en conserve Pain de gingembre Caté SOUPE AUX LÉGUMES G@724f.UP COMPANY LTD, 2 NEW TORONTO, ONTARIO La REvuE POPULAIRE arrivent las et sans appétit .servez un souper de poisson et vous verrez que l'appétit vient en mangeant.Sous forme de salade .avec légumes frais.nos poissons, mollusques et crustacés canadiens sont vraiment délicieux! Ils sont d\u2019ailleurs fort nourrissants .et merveilleux pour les enfants.Les petits aiment le changement .ils apprécient les nouveaux mets fascinants dont la préparation est si facile .ces collations ou sandwiches de poisson pour les pique-niques.Vous vous demanderez dans le monde où ils prennent leur appétit! Vous pouvez préparer une infinie variété des recettes d\u2019été fort appétissantes avec nos poissons, mollusques et crustacés canadiens dont il existe plus de 60 sortes comestibles.Servez-en souvent.car la famille aime vraiment le poisson! MINISTÈRE DES PECHERIES, OTTAWA.DEMANDEZ LA BROCHURE GRATUITE Ministère des Pêcheries, Ottawa.Veuillez m\u2019envoyer votre brochure de 52 pages intitulée \u201c100 Délicieuses Recettes de Poisson\u201d.mmm ee NN elle était Aoûr 1939 (Suite de la page 17) il ne l'eût pas fait le cœur tranquille avant de savoir sa fille bien installée à Bellême.Il n'avait pas voulu, cependant.l'y accompagner, par une dernière et subtile ruse stratégique.Peut-être pour laisser plus de liberté à la surprise émue de cette petite amazone moderne devant le chant magique de la nature qu'il comptait comme le meilleur atout dans son jeu ?Peut-être pour éviter les ultimes attendrissement ?Et Micheline roulait au volant de sa petite voiture dont il n'avait pas voulu qu'elle se séparât, seul luxe emporté par la jeune fille, avec son nécessaire précieux et ses toilettes sportives, nettes, mais du plus grand faiseur parisien.\u2014 Montagne-au-Perche, lut-elle sur une plague généreuse offerte par une fabrique de pneus anti-dérapants.Nous approchons, ma bonne petite, .plus que deux ou trois bonnes côtes à avaler.Allons, du courage ! Elle avait l'habitude d'abmonester, ainsi qu'une personne ou un animal familier, la petite voiture nerveuse si souple.Pour elle, c'était une vraie société et elle avait bondi de joie lorsque son père lui avait affirmé qu\u2019elle pouvait la garder sans scrupules, même si la ruine définitive arrivait, puisqu'elle avait toujours été comptée comme un objet appartenant personnellement à la jeune fille, tel un bijou ou une robe.Depuis le départ, Micheline lui parlait tout bas, lui confiant sa désespérance, son inquiétude concernant son père .l'espèce d'attente hostile, raidie, qu'elle éprouvait vis-à-vis de leur nouveau gîte.Belléme, ce Belléme inconnu lui apparaissait comme un désert presque aussi effrayant qu'Atacama! Pas de théâtre, pas de patinage, pas de couturier.pas d'expositions, pas de thé, pas de conférences.et deux mille cing cent quatre-vingt-dix-neuf habitants ! Tout cela assaisonné a la sauce Tante Valentine .De celle-ci, Micheline ne connais- saît que des photos rares et pâlies, où représentée comme une vieille dame avant l'âge.vêtue de noir à col montant, engoncée en d'invraisemblables empiècements à guipures, les cheveux ramassés dans un chignon préhistorique, les traits figés « dépersonnalisés » en quelque.sorte par une expresion anodine.Elle songeait à « Ces dames aux chapeaux verts » et tremblait de peur et de rire.\u2014 Il doit y avoir de petits paillassons individuels, comme papa me le racontait jadis, pour se promener d'une piéce a l'autre sans salir le parquet.il doit.Soudain, elle fut distraite de sa rêverie par une impression de fraichens surprenante par ce bel après-midi de maj.Elle leva les yeux et s'aperçut qu'après un val tout embroussaillé de buissons d'Espagne en fleurs comme des grappes d'or, elle venait d'entrer dans la forêt.La route, qui de Mortagne conduît à Bellême, s'encassait soudain entre les arbres séculaires aux troncs élancés et tremblants, tandis que, très haut par-dessus les têtes, les branches enlacées formaient une voûte de verdure toute neuve.Frênes et bouleaux se mariaient en une agréable charmille, faisaient la forêt non pas robutante et inquiète, Mais toute de douceur et gentillesse.Surprise, au lieu de rêvasser au volant, Micheline se distrayait à cet aspect nouveau pour elle.Elle sourit devant une côte plus haute, plus raide que toutes les autres qui, là-haut, barrait la vue.\u2014 Allons, hop ! ma petite Pimpin ; c\u2019est peut-être la dernière ?Comme si ce pouvait jamais être la dernière dans ce pays tortueux et montueux où on ne peut se flatter de cheminer plus de dix minutes en terrain pla: ?Et lorsque, d'un élan, la petite voiture eut avalé la côte, quand elle commenca à la digérer en une descente quasi rapide, ce fut brusquement, après une nouvelle trouée encombrée de genêts et de buissons d'Espagne .les sapins ! Les sapins de la forêt de Bellême.qui, accompagnant la route de leur grande ombre majestueuse et nordique, furent plantés, affirment certains, au temps de Louis XIV, lorsque le Roi venait prendre les eaux à !a fontaine de la Herse.De ce passé fastueux et peut-être légendaire, ils gardent une majesté, une grandeur émouvante et sublime Micheline, toute surprise, la ressentit vaguement à travers sa couche de modernisme et s'en étonna.\u2014 Des sapins, j'en ai vu d'autres, bien d'autres.Qu'ont donc ceux- ci de particulier ?.L'âge les grille déjà un peu au bout des branches.Oui, l'âge les grille déjà et pourtant quelle muraille ils dressent le long de cette route soudain plus recueillie et sévère.Lorsqu'elle les quitta, Micheline regretta l'impression ressentie.Elle se promit de venir les revoir ; mais, déjà, c'était l'accompagnement plus intime, plus amical des chênes et des bouleaux aux longs fûts blancs.L'enchantement des sous-bois mauves comme sur une toile futuriste.et puis, anrès un passage à niveau qui avait l'air d\u2019un joujou, dans une éclaircie brusque, la fin de la forêt et, sur ia gauche, campée sur la colline séculaire, Bellême, émergeant toute fière d'un moutonnement de verdure avec cette allure dominatrice et bien assise des antiques forteresses médiévales.Le soleil, en déclinant déjà sur la forêt, la touchait directement de son pinceau d'or enchanteur.Il dorait le clocher qui la dominait.peignait de rose les toits des maisons basses cerrées à son ombre, enjolivait précieusement le val sur lequel sa silhouette se découpait.Et cette vision lumineuse est si saisissante à cette heure de repos et de calme, au sortir de la forêt assombrie, que rarement un voyageur y résiste.M.Brunot avait eu raison de compter sur elle.Vue pour la première fois dans le soleil couchant, avec cette majesté accueillante de cité forte, elle donnait, la ville endormie sur ses fastes désuets, l'impression de réconfort.de protection qu'allaient jadis chercher, à l'ombre de ses remparts, les serfs terrifiés par l'approche de l'ennemi.Immobilisant la voiture pour jouir du spectacle, Micheline eut cette courte espérance : Je serai peut-être heureuse, là- haut ! En elle, une voix inconnue chantait : « Peut-être ! » Elle pressa à nouveau sur l'accélérateur : mais doucement.Et elle tentait d'analyser, de dénombrer les charmes du tableau offert a ses yeux.La-haut, sur la colline, a quelques trois cents pieds, la ville aux maisons aujourd'hui sans style et sans beauté, s'éployait encore avec toute la majesté de son passé presti- jeux qui fit d'elle la capitale du erche, et, dont elle ne garde hélas, que quelques pans de remparts, un donjon, un clocher et une vieille chapelle.Elle s'allongeait, s'étirait avec une grâce presque alanguie vers vne route qui, de l'autre côté abordait sa crête, et, Micheline s\u2019étonna.\u2014 Mais c'est beaucoup plus grand que je ne l'aurais cru.Tout de suite, au-dessous d'elle.commençait les pâturages, fameux herbages percherons dont l'émeraude semble presque irréelle sous les touches de soleil allumant une étincelle à chaque pointe d'herbe.Puis, c'était à mi-côté la couronne verdoyante d'un ancien chemin de ronde cheminant entre les platanes.Plus bas, au creux de la vallée, des peupliers effilés accompagnaient le cours d'une petite rivière.Et, il y avait, montant vers la ville, une route blonde sous son dôme de tilleuls frissonnants.Micheline y engagea sa voiture.Elle allait doucement, maintenant.Un charme descendait, de ce soir parfumé, sur elle, Elle franchit la rivière minuscule au lieu d'un vieux moulin encadré de longs peupliers tremblants, puis un autre, passage à niveau tout enche- vétré de roses.La montée semblait de celles qui conduisent à des lieux célestes.Quand elle arriva à mi-côté soudain, entre des arbres espacés, elle aper- cut, sur sa gauche, la vallée que bouchait au loin la grande ombre de la forêt.Mais, tout contre sa lisière, sur l'éminence qui relevait fièrement les bruyères à cet endroit, tout encadré de pins, un petit château, tout rose des lueurs du couchant, se profilait, adorable et fier, Micheline sourit.\u2014 Ca doit être le château de la Belle au Bois Dormant.A moins que ce ne soit celui de l'enchanteur Bah! qu'importe, il a sûrement un autre nom ; mais, pour moi, il restera toujours le « Château Rose » ! Elle ne vit pas une voiture puissante et silencieuse qui débouchait du carrefour situé en haut de la côte.Mais son conducteur la vit, lui.Et le visage du jeune homme exprima une telle surprise, il eut un tel sursaut d'étonnement en reconnaissant sur cette route cette blondeur, ce sourire.que perdant la direction un moment, il vint positivement se jeter sur elle ! Le choc fut léger grâce à l'allure modérée de \u2018Micheline, Il envoya simplement les deux véhicules chacun sur un talus où l'herbe ouata la secousse, enlisa les pneus dans la boue grasse de ce printemps normand.Saisie par cet accrochage imprévu, elle revint de sa surprise comme un buste mince, un visage pâli, émer- geajent de l'autre voiture.Ensemble ils se questionnèrent : \u2014 Pas de mal ?Et Micheline se mit à rire.Elle iiait naturellement, comme roucoulent les colombes et son sourire, dans ce soir printanier, avait la douceur d'un chant ailé.Le jeune homme en parut surpris.Ses yeux, anxieux tout à l'heure, s'adoucirent.\u2014 Je suis heureux, mademoiselle.de voir que ce stupide accident, dont je suis cause, n'a pas de conséquences graves pour vous.\u2014 Mais pas du tout, protesta Micheline, c'est de ma faute! On n'a pas idée de conduire en tournant la tête ! Seulement, voyez-vous, le vrai coupable c'est l'amour de petit château que je viens de découvrir là-bas.caché dans les pins ! Une lueur de plaisir et d'étonnement courut sur le visage assez froid de l'automobiliste.\u2014 Alors, c'est bien moi le responsable décidément, puisque je suis le propriétaire de cette maison.Micheline ouvrit de grands yeux pour mieux le voir.Vrai! Ce n'était pas ainsi qu'elle imaginait la Belle au Bois.Et elle repartit à rire.\u2014 Vraiment ?Eh bien ! monsieur, vous êtes un heureux mortel ! 21 Déconcerté par ce rire, il la regardait sans rien dire.Décidément, il avait le regard insistant cet inconnu .Micheline proposa, pour rompre le silence : \u2014 Avez-vous besoin d'un coup de main, ou d'un coup d'épaule pour désembourber votre voiture ?Et comme il protestait d'un geste, toujours absorbé dans sa contemplation : \u2014 Oh! je suis solide, vous savez ! Un glacial sourire courut sur les lèvres dédaigneuses du jeune homme.\u2014 Je n'en doute pas, mademoiselle Aujourd'hui, les jeunes filles ont su remplacer par des muscles solides et des biceps d'athlète la grâce plus tendre de leurs mères.Mais je suffirai seul ! Elle hocha la tête d'une petit air vexé et digne : \u2014 Parfait! Alors, bonsoir, monsieur.D'un bond elle était au\u2019 volant, pressait sur l'accélérateur ; mais la petite voiture, enlisée, ne bougeait pas.Et ce fut le jeune automobiliste qui s'approcha de la portière avec empressement et ironie.\u2014 Vous ne connaissez pas nos terres percheronnes ?.Jamais elle en partira comme cela ! Voulez-vous me laisser faire ?\u2014 Mais c'est inutile, fit-elle horriblement vexée.Je suffirai bien seule.Et parce qu'elle répétait ses propres paroles, elle ne put s'empêcher de se remettre à rire.\u2014 Décidément vous êtes gaie, mademoiselle ?fit-il d'un air de blâme un peu méprisant.De plus en plus vexée, elle riposta en le regardant de travers : \u2014 Ma foi, monsieur, je suis peut- être de l'avis du philosophe.Il vaut mieux se hater de rire des choses.\u2014 De peur d'être obligé d'en pleurer.acheva-t-il.Mais a votre âge on n'a pas souvent l'occasion de pleurer.On eut dit qu'une interrogation pasait dans son regard.Micheline ne la vit pas, car soudain le sourire pervenche s'était noyé dans une buée chaude.Mais courageusement, elle baissa les paupières sur cet aveu de détresse.\u2014 Bah! dit-elle tout bas.Sait-on jamais ! Et elle appuya de nouveau sur l accélérateur avec une telle violence que, subitement, d'un sursaut, la petite voiture s'enleva, s\u2019arracha de I'étreinte de boue, fila sous le nez ahuri du jeune homme qu'elle avait manqué renverser a terre.Il fronça les sourcils : \u2014 Décidément, je ne m'étais pas trompé, une insouciante péronnelle ! Mais quelle rencontre surprenante, vraimen\u201c ! Je ne m'attendais pas à la revoir jamais ; mais surtout sur cette route ! Où peut-elle bien aller ?Un instant il s'occupa à reconstituer le visage et la silhouette reconnus sans hésitation.Mais il dut constater avec regret qu'il ne parvenait à fixer dans son souvenir que l'éclat éblouissant d'un sourire au ton de pervenche humide parmi l'éclat ambré de boucles d'or, I! claqua des doigts, agacé : \u2014 Décidément, cette petite a quel- aue chose d'insaisissable, à part son sourire obsédant .Puis, une minute plus tard, agacé encore : \u2014 Qu'est-ce que cela peut me faire d'ailleurs ?Je ne la reverrai sans doute jamais.Elle traverse le pays par hasard.1 ne se doutait guère que, juste à ce moment-là.Micheline, arrêtant sa petite voiture trois cents pieds plus loin, devant une des vieilles maisons de la rue d'Alençon, sonnait à la 22 porte de tante Valentine en songeant : \u2014 Je suis bien fâchée que le Château Rouge appartienne à un ours pareil! C'est vraiment dommage ! Chapitre V « Mon cher papa, \\ TU AS raison, tu as raison! Tu as toujours cent fois raison! Depuis deux jours que j'habite la vieille maison de la rue d'Alençon, je comprends mieux ton intention en me faisant venir ici, et, je l\u2019admire ! Certes, j'y apprendrai la patience des longues attentes.Tante Valentine ne m'a-t-elle pas confié hier que, si elle était restée fille, c'était pour attendre le \u2018retour d'un fiancé parti il y a quelque trente ans vers les lointains pays de l'or?Papa, tu savais cela, sans doute ?Et tu as pensé que cette bonne tante saurait me prêcher d'exemple la résignation ?Seulement, seulement, papa, es-tu certain que la résignation fidèle s\u2019'habille de serge verdâtre et de lustrine ?Je voudrais bien, moi, que d'ici ton retour mon stock de robes de chez « Martial et Armand » ne soit pas épuisé ! Mais cela c'est un détail! J'aime tante Valentine ; mais oui, je l'aime déjà parce que nous avons de commun une grande tendresse : Toi! Quelle aînée elle a da être pendant vos jeux d'enfance ! On la sent si maternellement attendrie à ton sujet! Sais-tu qu'en parlant de toi elle dit encore parfois en s'oubliant : «Le Petit!».Vite, elle se reprend avec une rougeur de petite fille prise en faute sur son doux visage fané.Mais je suis sûre, moi, que c'est ainsi qu'elle te nomme toujours dans son cœur, quand elle converse avec elle-même ! Ce que je ne comprends pas, ce que je voudrais savoir.c'est pourquoi une sœur si tendrement attachée a pu se résigner à vivre loin de toi.Pourquoi elle ne t'a pas suivi à Paris.Pourquoi tu ne l'y as pas appelée ?Ne réponds pas, petit père, si je suis indiscrète .Le pays me semble positivement admirable - Il y a loin de tout ce que je conneissais, grandeur sauvage de la Bretagne, platitude des plages normandes, farouche isolement des pics savoyards, mondanité bleue de la côte d'azur, à cette douceur molle et reposante, à ce charme unique de la campagne percheronne, à la magie de la forêt, «ta» forêt! Et encore je la conna:s mal! Pour le premier jour j'ai dû suivre tante Valentine dans ses multiples visites en ville.Tu vois la corvée ?Mais c'est si simple de l'accomplir de bonne grâce ! La pauvre tante rayonne de m'exhiber aux notabilités de l'endroit.Et je n'ai guère eu le temps de revoir la forêt depuis ma traversée d'arrivée.T'ai-je dit hier que j'avais aperçu un ravissant petit château rose que tu dois bien connaître ! Il paraît, tante Valentine l'affirme avec le pe- sitivisme des gens sérieux, qu'il porte un autre nom ; mais je n'en veux pas, je le rejette.Pour moi il restera toujours le château rose des contes de fée et des enchantements .Papa! Je pense que c'est dans deux jours gue tu pars.et nous allons être si longtemps sans nouvelles l'un de l'autre ! Je te ferai passer un radio et ne m'oublie pas à chaque escale ! Malheureusement elles ne sont pas nombreuses .ni les courriers ! Mais, comme je ne veux pas me sentir séparée de toi, tous les soirs je griffonnerai le compte rendu de ma journée.Des pages, ou seulement quelques lignes, et je t'enverrai ainsi, à chaque paquebot, un vrai journal de ma vie.» Pauvre Micheline! Des pages, avait-elle dit?Bientôt elle devait s'apercevoir que deux lignes eussent suffi à résumer l'essentiel de sa vie bellémoise : « Fait aujourd'hui la même chose qu'hier! Aidé tante Valentine au ménage, a la couture.Je pense a toi et je m'ennuie, je m'ennuie, je m'ennuie .>» Mais pour rien au monde la courageuse petite n'eût fait à son père la décourageante confidence.Non, non, il valait mieux mentir.Il fallait mentir et son journal fut bientôt un tissu de mensonges merveilleux où la petite contait, en l'enjolivant encore, tout ce que son cœur en déroute eût souhaité trouver dans un pays de rêve.«Je m'intéresse beaucoup à tout ce qui fait la vie ici et le temps passe relativement vite.Tout le monde est charmant pour moi et m'accueille à bras ouverts.Deux mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf paires de bras, tu te rends compte, papa?Il y a presque de quoi perdre la tête.» Hélas ! autour d'elle le bruit avait transpiré de l'étrange position de son père.On la regardait plutôt de travers.On en voulait à Brunot, cet enfant du pays qui, après avoir porté au faite de la fortune le nom d'un Bellémois, allait peut-étre le trainer sur les bancs d'infamie.\u2026 «Ta forêt est une merveille, c'est ma grande, ma meilleure amie, vois- tu.» Pourquoi ne pouvait-elle dire « Mon unique amie»! ce qui était vrai ?Personne ici n'avait su lui témoigner cette indulgence compréhensive, cette affectueuse sollicitude que.nettement, elle sentait sourdre des sous-bois odorants.Là seulement elle se sentait redevenir elle-même, exubérante et tendre.Là seulement elle osait pleurer! Ah! Que de larmes avaient connués les troncs lisses des bouleaux compatissants pendant ces terribles premiers jours où, n'ayant pas encore percé la rude écorce provinciale pour découvrir le cœur plein de sève vivifiante, elle se sentait dessécher, taute d'une rosée de tendresse ! Elle s\u2019y enfuyait des heures entières, revenait apaisée, détendue, les nerfs mieux équilibrés, pour s'entendre invariablement demander par la voix pleine d'inquiétude de tante Valentine : \u2014 Comme tu es restée longtemps ! J'espère que tu n'as pas fait de mauvaise rencontres, mon enfant ?Quelquefois Micheline riait : \u2014 Si, tantine, j'ai rencontré le loup ! Celui de l'histoire qui croque les petites filles.seulement je me suis mise en travers et il n'a pas pu m'avaler ! La vieille demoiselle poignait les mains sur son tricot éternel.\u2014 Comment peux-tu plaisanter de choses pareilles?En forêt on peut toujours craindre.La forêt restait pour ces petites gens de la ville la grande épouvante, la ligne d'ombre qui barre l'horizon, d'où jadis montaient les loups, les malandrins et les orages.Micheline s'en étonnait ; mais très vite, docilement, elle s'asseyait devant tante Valentine avec, entre elles, la chaise aux raccommodages sur laquelle s'amoncelaient des lainages hétéroclites, des couleurs passées, qu'on ne mettrait jamais, autrement que sur les planches de la grande armoire du premier étage ; mais qu'il fallait repriser d'urgence pour l'honneur d'une maison bien tenue ! Cette morne grisaille dura presque une semaine ; mais le jeudi, pour la première fois, Micheline put permettre à sa plume d'être sincère : « 17 mai, jeudi.~ Papa.Jour de marché! Ici, c'est de bon ton d'aller faire le marché soi-même s\u2019il t'en souvient.On prend des gants, un chapeau, un air de dignité triste, et cn s'en va flairer du beurre, tâter des pommes, palper des volailles ! « Les volailles! Vois-tu ça, c'est mon cauchemar! Invariablement, tante me les confie après les avoir soupesées d'un air circonspect.Elle me les tend, attachées par leurs pattes souillées.« Vingt-six francs ?Hein, petite ! Qu'en penses-tu ?« Ce que j'en pense ?C'est que je vais les lâcher sûrement ! J'en ai peur, moi qui ne crains rien! Et les misérables le sentent.Elles devinent mon infériorité, alors elles en profitent, elles se rebiffent et elles choisissent le moment où tante marchande une livre de lotte \u2014 que je soupçonne être du vulgaire serpent de mer \u2014 pour se redresser sournoisement et me piquer rudement les doigts.« Saisie, je lâche le paquet qui se détache et redevient deux belles poules en quête de liberté ! «Je crie ! Tante se lamente \u2026.« \u2014 Cette petite ! Cette petite ! Ça ne sait seulement pas tenir des volailles.Comprends-moi, on glisse l'index entre les deux, on serre.« Mais je trouve plus urgent de courir après les fugitives.Elles ont juré de me faire mourir! Je bouscule des paniers, je pousse des fermiers, j'écrase des pieds, je manque m'éborgner sur des parapluies «aiguille » qu'on tient sous le bras .Mes poules fuient toujours.J'ai beau !es appeler, faire ma voix douce, mes gestes engageants.Comme cela a le caractère difficile une poule ! Rien à faire par persuasion.Essayons de la ruse.Je feins la désinvolture, je regarde ailleurs et j'exécute un mouvement tournant qui m'amène derrière l'étal sous lequel une des fugitives se blottit.Alors je me baisse et je tends brusquement les bras.Mais la terrible bête m'a compris et recule en battant des ailes avec une rapidité qui me déconcerte.Elle va donner du dos dans le bas du pantalon d'un acheteur immobile de l'autre côté de l'étal.« Je hurle : « \u2014 Attrapez-la ! Vite, vite ! « L'interpellé se baisse, saisi, et j'aperçois sa tête.Tiens! C'est le propriétaire du château rose ! Il tombe bien ! Et je réitère mon injonction, tandis qu\u2019il roule des yeux effarés de surprise à me retrouver là, accroupie entre deux tréteaux qui supportent des salades.« \u2014 Attrapez-la ! « Je ne jure pas qu'il comprend très bien ! Mais comme la poule se jette positivement dans ses bras, il les referme et serre, serre sur son bel imperméable beige, le paquet de plumes hérissées : £ «= Attention ! Vous allez l'étouf- er ! « Décidément, il a l'air idiot de surprise.Pourquoi me regarde-t-il ainsi comme si j'étais la dernière personne qu'il se fût attendu à rencontrer ici ?« Nous sommes toujours sous l'étal et il faut les supplications de la marchande pour me rendre à un plus juste sentiment des convenances.« \u2014 Mademoiselle, je vous en prie.ma clientèle réclame ! « \u2014 Evidemment nous la gênons, cette brave femme! Je me redresse un peu rouge, siirement ébouriffée, les gants boueux, et je ris en me retrouvant à côté du sauveteur de ma poule qui la tient solidement par les pattes maintenant.«Il est joliment chic, ce garçon ! Je ne sais pourquoi sa silhouette racée me rappelle vaguement quel- LA REvuE POPULAIRE.qu'un ?J'ai dû le rencontrer jadis.je ne sais où ! Peut-être croit-il aussi me reconnaître, car il murmure, perdant son air froid habituel : «\u2014 Quel hasard! Quelle étrange coïncidence ! « Je souris : « \u2014 Mais non, ce n'est pas une coïncidence extraordinaire, puisque tous les deux nous demeurons dans le pays! «Il semble saisi : « \u2014 Comment ?Mais alors ?Vous êtes donc «d'ici», mademoiselle ?« \u2014 D'ici, pas tout à fait.J'y suis de passage .mettons en vacances.« Il respire, rasséréné, et serre toujours la poule : « \u2014 Ah ! bon ! Je me disais aussi \u2026 il m'avait bien semblé vous reconnaître .« \u2014 Mais oui, c'est bien moi que vous avez tamponné la semaine dernière sur la route ! J'arrivais justement.«Et j'ajoute, plein d'une humilité souriante : « \u2014 Ce jour-là j'ai fait fi de votre aide ; mais aujourd'hui, j'ai été bien aise de la trouver ! Je vous remercie, monsieur, sans vous je perdais les deux poules de ma tante ! Et vraiment, une suffit largement ! «Un sourire glisse sur le visage froid et impassible : « \u2014 Voulez-vous que nous la cherchions ensemble ?« Mais, subitement, j'avise la tenue extrêmement élégante de mon automobiliste.La poule numéro un a déjà souillé de ses ailes boueuses le bel imperméable clair, de ses pattes les gants de peccari.c'est assez de dégâts comme cela.Je confie, navrée «\u2014 Ces bêtes ne m'aiment pas! Elles me fuient \u2026.«\u2014Et vous?demande-t-il moqueur.« \u2014 Oh! moi, je les préfère à la casserole, sans contredit ! «Et je tends la main sans conviction : «\u2014 Il faut tout de même que je vous débarrasse.« Mais mon homme chic ne semble pas gêné de sa poule sur ce marché extraordinaire où le célèbre romancier Martin du Gard n'hésite pas lui-même à se promener un panier au bras pour faire ses emplettes.Et il me propose aimablement : « \u2014 Puisque vous ne savez pas les tenir, voulez-vous me permettre de la déposer dans votre voiture ?« \u2014 C'est que je n'ai pas de voiture! Nous habitons dans la ville même, une des vieilles maisons de la rue d'Alencon .Je suis venue a pied et il n'y a que pour cinq minutes.Je fâcherai de la serrer davantage d'ici a.« Mais il ne semble pas disposé a me la rendre.Paisiblement, il se met à marcher à mes côtés.« \u2014 Conduisez-moi.Je la remettrai à votre cuisinière.« Evidemment, il veut savoir où je demeure.Pas très correct peut- être, surtout pour une vilie de province, notre façon de faire connaissance ?Mais, bah! Nous sommes de Paris tous les deux, cela s'entend à son accent.Bien des choses sont permises à des « pays » et je souris en marchant près de lui.Et puis, je suis tellement soulagée de ne pas avoir à porter la poule ! « Le chemin est si court de la place de l'église à notre maison que nous n'avons pas échangé troïs paroles lorsque tante nous rejoint devant la porte cloutée de fer.Elle s'empresse de débarrasser mon compagnon qui, devenu glacial et distant, s'excuse, se démène : b } Aoûr 1939 « \u2014 Monsieur, que de remerciements ! Présentez tous mes meilleurs souvenirs à Mme votre mère, et vraiment, excusez-nous ! Cette petite est d'une maladresse, d'un sans-géne.C'est inimaginable .«Et dans le vestibule ou elle me \u201c pousse avec son parapluie, comme une épée dans les reins, tante m inonde sous un déluge de reproches.«\u2014 C'est insensé, inouï!.Et sais-tu à qui tu fais porter une poule, petite malheureuse, le sais-tu ?« Mon ignorance se lit sur mon visage.Alors, tante Valentine déclame avec un grand geste qui affole la malheureuse poule dont les ailes battent : «\u2014 À une des gloires du barreau de Paris, mon enfant! Au célèbre avocat Aveline.Tu le connais bien, quand ça ne serait que de nom?Un multimillionnaire, et dont la mere est justement propriétaire de ton fameux château rose.« Crois-tu que c'est drôle, la vie, papa?.Un avocat parisien, bien connu certes, séjourne dans mon château de la Belle au Bois Dormant ! C'est égal, depuis que je le comnais mieux, je ne trouve plus ours, du tout, le propriétaire du château rose! Il est même plutôt gentil.» .Chapitre VI TANTINE, tu connais beaucoup Mme Aveline, la mère de mon avocat ?Tante Valentine s'agite sur sa chaise er tapisserie au dossier droit si incommode : \u2014 D'abord, ce n'est pas «ton» avocat.En voilà des manières ! Ces petites filles! Et pourquoi me de- mandes-tu cela ?\u2014 Parce que.pour remercier de la complaisance du fils, on aurait pu lui «envoyer quelques roses du jardin, il me semble ?\u2014 Parce que .reprend tante Valentine en se moquant, tu grilles tout simplement d'envie de voir de près ton Château Rose, et que tu sauterais sur l'occasion avec joie, n'est-ce pas?Micheline est franche, si franche qu'elle ne cherche pas à protester.\u2014 Peut-être.- \u2014 Eh bien ! mon petit, c'est impossible ! \u2014 Tante Valentine rajuste sur son nez ses lunettes d'un petit geste comme s'il lui fallait voir plus clair.Et elle répète d'un ton sans réplique : \u2014 Impossible ! D'abord, ces gens- \u2018la n'ont nullement besoin de nos roses.Ils en ont dans leurs serres qui feraient pâlir nos modestes « Gloires de Dijon».Tu vois le ridicule ?Et puis.et puis vraiment, achève- t-elle d'un ton tranchant comme le bistouri, ce sont des gens trop riches! Enfin, ce ne sont pas des relations possibles pour nous ! Micheline, habituée à sa splendeur passée, ouvre la bouche pour protester : \u2014 À Paris, elle fréquente un monde tout aussi riche que.Mais à Paris, mais hier.est-ce comme aujourd'hui à Bellême ?« Et que demain.n'importe où ?» suggèrent les doux yeux pâlis de tante Valentine, levés derrière les verres des lunettes.Miche comprend.Demain, l'incertitude, le doute ?Peut-être riche, plus que jamais et considérée, recherchée, si son père réussit 7.Peut-être ruinée, déconsidérée, méprisée par ses anciennes relations, s'il échoue ! Pour la première fois, elle ressent nettement la fausseté de cette situation d'attente.Elle baisse la tête.\u2014 Ce n'est pas encore le moment de rechercher des amis trop fortunés vraiment, murmure la tante rêveuse, Courageuse, Micheline ravale une larme.Le sourire refleurit, mouillé comme les pervenches après la pluic.\u2014 J'ai compris, tante ! \u2014 Ecoute, petite, l'avenir peut avoir des surprises heureuses, certes; mais enfin, il vaut mieux envisager le pire et s\u2019y habituer tout doucement, tu comprends, s'y habituer.tout est là ! S'y habituer ! voilà, Miche a compris, il faut qu'elle s\u2019habitue à l'idée qu'elle peut devenir très pauvre bientôt.La sagesse de tante Valentine le veut.la sagesse des gens sages ! Mais le petit démon fantaisie, qui fait des gambades entre le cœur et l'esprit de la toute jeune créature qu'elle est encore, proteste.\u2014 S'habituer ?Ah ! ouiche ! Pourquoi faire puisque papa triomphera.\u2014 Evidemment, poursuit la tante toujours du même ton monocorde, il est possible, il faut espérer que le génie de mon pauvre frère ne sera pas encore égaré cette fois-ci! Mais alors, qu'auras-tu perdu à t'accoutumer lentement à l'idée de la catastrophe ?Rien du tout.La sagesse est de prévoir ! La sagesse, toujours la sagesse ! Allons, Miche n'ira pas au Château Rose.ces gens sont trop riches pour elle.Il faut s'habituer, s\u2019habituer.Miche s'habitue! Elle apprend stoiguement a savonner son linge fin, à repasser avec des raffinements de tuyautage ses cols et manchettes de linon.Elle veut aussi mettre la main à fa pâte quand la vieille bonne de tante Valentine est trop surchargée de besogne.Elle découvre que faire un lit est toute une science pour que les coins soient bien droits et le traversin bien rond, et, que, par contre-coup, la confection des plats qui lui semblaient très compliqués, comme par exemple le savoureux cog-au-vin ou les délicats ris-de-veau, devient un plaisir avec les excellentes recettes de province raffinées et subtiles.Elle coud.tricote, nettoie, range.il lui faut oublier que les lettres de papa sont rares et peu encourageantes, que le temps passe lourdement, que ses amies parisiennes ne lui donnent plus signe de vie, que le Château Rose lui est interdit tant de choses, tant d= choses.Mélancolique, elle regarde le bout de ses doigts piqués par l'aiguille et son vernis rose qui s'écaille.Et elle ferme très vite, le matin, la fenêtre qui donne sur le Château Rose.Il faut s'habituer, s'habituer.et les jours passent ! Une seule fois, elle a rencontré Me Aveline ; mais en voyant de loin sa silhouette élégante et svelte, son port de tête un peu altier, elle s'est souvenue promptement de l'avertissement de T'ante Valentine.\u2014 Ces gens-là sont beaucoup trop riches pour nous ! Alors, au lieu du beau sourire de pervenche, elle lui a adressé simplement un petit signe de tête hâtif, discret, retenu, comme elle a vu les demoiselles Durand en distribuer à la sortie de la messe.Et comme, tout surpris, il faisait mine de s'arrêter.elle a filé par une rue étroite, cahotante, qui menait droit dans la campagne.( Elle a erré longuement ce jour- là autour de la petite ville, prenant l'un après l'autre les sentiers encastrés dans les haies de noisetiers où l\u2019on se sent bien perdue, bien défendue de tous les regards.Quand elle est remontée, son sou- | rire vaillant fleurissait toujours la petite bouche, mais les yeux étaient cernés d'un halo bleuâtre.Ÿ EH BIEN TANTE MARIE AVAIT DIT QUE M.LEGROS ETAIT GENTIL- SEULEMENT QUIL DEVRAIT VOIR LE LA CREME A DENTS COLGATE COMBAT LA MAUVAISE HALEINE \u201cYJ A mousse pénétrante spéciale de Colgate pénètre dans les interstices des dents.elle aide votre brosse à dents à enlever les particules d'aliments en décompo- : sition et 3 mettre fin à I'odeur de la salive stagnante qui est une grande cause de la mauvaise haleine.L\u2019agent de polissage doux et inoffensif de Colgate nettoie l'émail et fait briller les dents.Employez toujours la Crème à Dents Colgate \u2014 régulièrement et fréquemment \u2014 il n\u2019y a pas d\u2019autre dentifrice exactement comme elle.\u201d PLUS TARD- GRÂCE A COLGATE MAINTENANT-LA MAUVAISE HALEINE NE GATE PLUS SON BRILLANT SOURIRE! RAY as NE RENDIT MES DENTS AUSSI NETTES ET BRILLANTES QUE COLGATE! 23 JEAN, DIS A MAMAN POURQUOI TU AS FAIT UNE CHOSE PAREILLE ?| DES ÉPREUVES INDIQUENT QUE LA MAUVAISE HALEINE EST ORDINAIREMENT CAUSÉE PAR DES DÉPÔTS DE NOURRITURE EN DÉCOMPOSITION DANS LES INTERSTICES DES DENTS MAL NETTOYÉES.JE RECOMMANDE LA CREME A DENTS COLGATE .SA MOUSSE PEMÉTRANE SPÉCIALE ENLEVE CES DEPOTS QUI ENGENDRENT DES ODEURS.ET C'EST POUR À MERCI M.LEGROS ! CE GANT EST PLUS BEAU QUE TOUS CEUX DE MES PETITS AMIS.JE SUIS CONTENT QUE VOUS ALLEZ ÊTRE MON ONCLE, M.LEGROS ! 230 mo e C Double modèle geant 35c Modèle moyen © À ceux qui la préfèrent, la Poudre à Dents Colgate donnera les mêmes résultats.Grande boîte, 20c. 24 \u2014 Tu te fatigues trop, petite, avec toutes ces promenades! a déclaré tante Valentine.Alors, Miche a renoncé brusquement à ses sorties, elle est demeurée des journées entières courbée sur la chaise aux raccommodages sans mettre le nez dehors.Mais un jour, une indiscrétion de Babette, la vieille bonne, lui a appris ue le jeune monsieur du Château ose était reparti pour Paris, ayant seulement pris quelques jours de repos.\u2014 Il ne reviendra plus avant les grandes vacances maintenant, déclare Babette sentencieuse.Un grand avocat comme ça, il ne peut pas se re- oser sur les deux pieds à la fois, Mademoiselle comprendra.Miche ne peut s'empêcher de rire.Cette comparaison lui fait soudain apparaître le jeune seigneur du Château Rose sous l'espèce d'un héron, perché sur une de ses longue pattes.Et de ce jour-là, elle recommence ses longues courses en forêt.Il semble qu'elle soit libérée d'une contrainte.Pendant des heures, des journées entières, elle arpente les bois en tous sens, elle cherche dans leur ombrage et leur paix l'encouragement nécessaire à sa nouvelle situation, la société qu'elle n'ose plus demander aux humains.« parce qu'ils sont trop tiches pour elle » ! Et chaque soir, la plume courageuse continue à mentir, à mentir généreusement pour que là-bas, le labeur écrasant du père soit allégé par cette pensée réconfortante que sa petitc fille est heureuse ! «Papa chéri, plus je vais, plus l'aime ton pays ! Les jours y coulent rapides et doux.» Cela est à demi vrai, car leur lenteur a quelque chose d'apaisant et d2 calme.«Et puis c'est si amusant cette nouvelle vie ! J'ai trouvé ici beaucoup de charmantes nouvelles amies .On est pour moi pleine de prévenances et d'attentions.Je ne me fais qu'un reproche, papa, c'est de pouvoir être encore si heureuse pendant que tu luttes et souffres peut-être ?Je voudrais être certaine, papa, que tu me dis bien la vérité ?Il le faut, vois-tu?Tante Valentine dit toujours qu'il n'est pas de pire malheur auquel on ne finisse par s'habituer à force de volonté et de patience.Prépare- moi au nôtre s'il doit venir ! Que disent tes puits ?Ah! ce pétrole, je le prends en haine, en aversion, au point de ne plus pouvoir sentir son odeur ! Et ici, on se sert encore beaucoup de pétrole, tu sais.même pour s'éclairer ! Ainsi, chez tante Valentine on a fait les frais insensés de l'installation électrique ; mais au rez-de-chaussée et au premier seulement ! Alors, moi qui habite chambre du second.» Aïe ! Ça, c'est une franchise bête ! Que pensera Papa de savoir sa petite fille si gâtée remisée sous les combles rar la prudence de tante Valentine qui affirme à tout moment qu'il faut la déshabituer, la « désintoxiquer » de ses habitudes de luxe inouï en prévision des surprises de l'avenir ?Et la petite plume du stylo d'or, encore un luxe que tantine ne peut digérer, s'empresse de corriger : « Cette chambre, figure-toi, c'est moi qui ai demandé à tantine de me la donner de préférence à toute autre! Tu comprends pourquoi ?Sa vue sur le revers de la maison qui embrasse toute la vallée entre Bellême et la forêt, m'enchante infiniment ! J'aime le soir à contempler, après le moutonnement doux de la verdure et la miroitante surface des prés sous nos pieds, la ligne sombre et majestueuse de la forêt qui barre l'horizon.À auche, c\u2019est le minuscule village de Saint-Martin, recueilli au pied de son église vétuste ; en face, les maisons de La Bruyère escaladent une des routes cui transpercent la forêt en remontant, comme le coup de poignard des Corses.Et puis, un peu plus a droite, sur la verdure sombre, parfois quelques lumières se détachent, nettes, comme des petites étoiles d'espérance.Les fenêtres du Château Rose ! la petite a rn gy 5 .A LA Revue PopPuLAIRE C'est si joli, la nuit tombée, ces lumières qui, du haut de leur colline, semblent suspendues entre le ciel et la terre dans l'encadrement des pins sévères ! On croirait des girandoles suspendues aux hautes branches des arbres, ou encore des lucioles haut perchées.peut-être les yeux de quelques oiseaux de nuit?Le fond de forêt est si sombre que le château ne se détache pas, ne se distingue pas.et devant ces lueurs mystérieuses, je peux rêver tout a mon aise que ce sont les aigrettes des sylphes scintillantes sous la lune, ou bien encore les lanternes des fées qui apportent le soir, un peu de bonheur sur la terre.» Chapitre VII A « désintoxication » était devenue l'idée fixe de Mile Valentine.Il fallait désintoxiquer Micheline qui serait une charmante enfant, certes, mais que son père avait ridiculement gâtée, habituée à une munificence qui défiait le bon sens et la raison .\u2026 \u2014 Babette, enfin, Babette, as-tu vu Son nécessaire ?Ce luxe pour une gamine ! C'est offenser le ciel ! .\u2014 Pour sûr que ça brille, mademoiselle.Plus que mes casseroles de cuivre, bien sûr! Ça serait de l'or que ça ne reluirait pas plus.L'excellent vieille fille lève au ciel des regards navrés : \u2014 Cela ne m'étonnerait pas encore trop de la démence de mon frère | Vois-tu, Babette, cette fortune inouie.disproportionnée qu'il a gagnée « la- bas » \u2014 et sa voix contient les ter- 1eurs sacrées de l'enfer \u2014 cette fortune que je n'ai jamais voulu partager, ne m'a jamais rien dit qui vaille ! C'est trop, ma bonne, beaucoup trop pour un seul homme ! Fatalement, cela ne peut durer et alors, c'est la chute, la déception, les rancœurs! Prévoyant, mon frère eut pensé à ces choses, il n'eut pas lancé son enfant dans un tourbillon de luxe et de richesse dont il va falloir, hélas ! l'arracher ! Qu'y laissera-t-elle de son cœur, de son esprit, la pauvre mignonne ?Je frémis d'y penser! Les mains jointes s'élèvent en supplication ardente vers le corsage bombé par les baleines d'une mode aui remonte à plus de trente années.\u2014 Mais heureusement, un éclair de bon sens est venu illuminer sa folie au moment de ce départ.Il a songé à me la confier.Je puis, pendant ces mois d'attente, redresser une partie des erreurs commises, préparer l'ave- pir .désintoxiquer cette enfant, la Mettre en armes pour la lutte ! Le premier effet de cette désintoxication était pour Mille Valentine de couper les ponts entre le passé et Miche.Presque toutes les cartes et les lettres qui arrivaient de Paris, adressées par ses amies mondaines, étaient interceptées habilement, jetées dans un tiroir profond.Certes, Mlle Valentine n\u2019eût pas voulu les ouvrir pour un empire ; mais MARSEILLE, Patrie de Marius Les films de Marcel Pagnol ont contribué plus que toute autre chose à faire connaître Marseille au Co- nada français.En voici une belle photo que nous devons à l'obligeance des Services Nationaux du Tourisme français.Cette ville très ancienne est le plus grand port de France et peut-être de toute la Méditerranée.Il y vient des navires de tous les pays du monde.Sa Population est d'environ 700,000 âmes.Cette photo, prise du transbordeur, nous montre tout au loin, au sommet d'une colline, la célèbre église de Notre-Dame-de-la-Garde. Aoûr 1939 il lui semblait juste et prudent d'empêcher une phrase maladroite, une missive, évocatrice, de rouvrir au cœur de sa nièce le regret des jours passés, du bonheur perdu.Peu à peu, aussi, elle s'ingérait à créer le vide autour de la jeune fille.Plusieurs invitations pour elle avaient été déclinées par la vieille fille inflexible.Et toujours la même raison était donnée à Micheline, surprise de ces défaites, sans en être vraiment contristée.\u2014 Tu comprends, il ne peut être question de vie mondaine pour toi maintenant ! Il faut te préparer.t'habituer .Car Mille Valentine avait aigu, tenace, le sentiment des malheurs qui attendaient sa nièce, Il était impossible que M.Brunot triomphât des évé- ments ! Il ne trouverait pas plus que les autres du pétrole dans un pays où nul jusqu'ici n'avait songé à en chercher.\u2014 Il s'est cru plus malin, le pauvre petit, disait-elle au cours de ses attendrissements brefs.Et le voilà puni pour sou orgueil ! Et il reviendrait dans un an fatigué, malade, appauvri définitivement .suspect pour certains d'avoir été trop habile, méprisé par d'autres de ne pas l'avoir été assez.honni de tous, obligé de recommencer sa vie lorsque d'autres la finissent.Souvent, Babette à laquelle se confiait en toute sincérité la vieille demoiselle, voyait dans le pâle regard s'étendre une sorte de buée triste.Tout bas, la voix chevrotante avouait l'ultime préoccupation, le souci constant.\u2014 Et s'il en revient encore.s'il revient ! Mais s'il ne revient pas ?Mlle Valentine n'avait jamais ressemblé à ce frère qu'elle aimait beaucoup sans parfaitement le comprendre.À l'optimisme volontaire et résolu de son cadet, elle avait toujours opposé un inlassable pessimisme.C'était lui encore qui, maintenant, lui faisait évoquer le terrifiant défilé des malheur qui s'abattraient sur sa nièce et par contre-coup sur elle.Si jamais il ne revenait pas ! Et c'était avec le spectre du dénuement, les tracasseries des hommes de loi, les poursuites, le déshonneur désormais sur un nom jusqu'ici sans tache.On lui prendrait tout à cette petite, on la dépouillerait sans vergogne pour le règlement de cette succession fâcheuse : il ne lui reste- tait que le droit de se cacher, de lutter, de se débattre pour vivre quand même.\u2014 Ah! elle les verra alors à l'œu- vre ses belles amies de Paris.Elle connaîtra la fidélité de ses soupirants de fille riche! Car je sais que piu- sieurs déjà avaient demandé sa petite main dorée ! Elle apprendra le monde et c'est dans cette rancœur, dans cette amertume qu'il lui faudra aussi apprendre à travailler, à servir les autres ! Pauvre enfant ! Le ciel l'en préserve ; mais tout au moins moi, j'aurai fait mon devoir.Je-l'aurai armée dans la mesure de mes moyens contre cette adversité qui la menace.Babette écoutait béante d'admiration et elle s'exaltait.\u2014 Vois-tu, dans certaines plaies il faut porter le fer rouge ! C'est cruel mais salutaire.Cette tâche douloureuse m'imcombe.Dès aujourd'hui j'opérerai ma pauvre Micheline de la dernière tumeur.Et le soir même : «Mon papa chéri, écrit la plume mensongère qui tremble un peu, tout s'arrange décidément pour le mieux dans ma nouvelle vie.Je vais avoir désormais une distraction fréquente.Ne crains surtout pas que ta petite fille puisse s'ennuyer.Tantine va m'introduire chez une de ses amies.la propriétaire justement de ce Château Rose que je grillais de connaître.» Micheline s'arrête d'écrire et rejette un peu la tête en arrière pour ce la larme qui tremble au bout d'un de ses longs cils ne tombe par sur le papier où elle ferait une tache révélatrice.Ce qui s\u2019est passé ?Oh! très sim- gle.Tante Valentine, ce matin, pendant le déjeuner, a demandé tout à coup de sa voix neutre, sans timbre : \u2014 Dis-moi, petite, si mon frère persiste dans son idée folle de s'appauvrir pour rembourser ses actionnaires, que feras-tu?Que comptes- tu faire ?Micheline a levé son beau sourire confiant qui fleurit toujours aux heures de bravade envers le sort : \u2014 Papa ne s'appauvrira pas, tante Valentine.Il reviendra triomphant.Je n'ai jamais vu papa vaincu.Mais Mille Valentine est insensible à cette désarmante confiance filiale.Elle hausse une épaule : \u2014 Pauvre petit ! il peut se tromper comme un autre cependant ! La preuve en est qu'il parle peu de succès dans ses lettres.Pour moi le pétrole d'Acatama est un mythe ! Ton pauvre père s'est fait voler en achetant ces terrains.\u2014 Ce n'est pas possible ! proteste encore l'enfant confiante.\u2014 Allons donc! Tu ne sens pas le découragement dans ses lettres\u2019 Il veut te cacher ses soucis.je ne sais par quelle aberration de son affection aveugle : mais moi, je me trouve le devoir de t'éclairer.Prépa- 1e-toi au pire, ma pauvre enfant ! Dans quelques mois il te faudra vivre dans le besoin.Micheline redresse une téte que I'adversité n'abat pas si vite.Elle jette fièrement : \u2014 Eh bien! je travaillerai, voila tout ! Je ne serai ni la première, ni la dernière \u2014 Ah! oui! Et à quoi?Du jour au lendemain comme cela, tu sauras te plier à une discipline, à une règle.à l\u2019obéissance et l'humilité ?Il faut un entraînement, tu sais.Moi, je vais te dire.à ta place, je commencerais maintenant pour m'habituer.S'habituer, encore ?Mais comment.dans ce trou perdu.\u2014 Ecoute, j'en ai parlé à mon ami le notaire qui de son côté a tâté le terrain chez quelques pratiques.Et voilà.toute la pauvre vie de Micheline est donnée en pâture aux bonnes langues du canton.quand elle passe, élégante dans ses costumes du bon faiseur, rapide dans sa petite voiture, chacun suppute les jours de liberté qui lui restent.les chances de bonheur.Implacable, tante Valentine poursuit : \u2014 Moi, ce que je veux, c'est te savoir moins malheureuse dans ta nouvelle condition.Je ne voudrais pas te livrer à des butors.Micheline a l'impression qu'on la conduit pieds et poings liés dans l'arène pour la livrer aux bêtes, tant Mlle Valentine a mis de vigueur dans ces quelques mots.\u2014 Alors.je crois qu'il faut sauter sur une situation inespérée, positivement inespérée .qui se présente! Tu es intelligente, cultivée .Tu saurais être aussi, j'en suis certaine.rleine de tact et de discrétion dans tes nouvelles fonctions.Micheline se voit, ombre grise réfugiée contre les rideaux dans les embrasures lorsque ses « patrons» reçoivent.Institutrice, certes, Mille Valentine n'a pu trouver mieux ?25 Elles charment les hommes après un Cocktail Facial Woodbury Pour ses débuts, cette jeune fille de Toronto portait une robe de crêpe blanc.Des gardénias fixés dans ses cheveux par le rehaussaient son teint magnifique encore ( oH Nadine Seardmoe Me Pa, .embelli Savon Facial Woodbury.Déclare CHOLLY KNICKERBOCKER.célébre chroniqueuse mondaine \u201cL'Amour a ses exigences.Les jeunes filles prennent un Cocktail de Beauté à 5 heures pour accentuer leur charme et séduire I' Amour.\u201d Que les hommes vous admirent ! Un Cocktail Facial Woodbury anime et adoucit admirablement la peau.L EST RIDICULE, disent les jeunes filles, d\u2019avoir une figure fatiguée, tendue, quand on va danser et que l\u2019on veut être vraiment séduisante.Il faut d'abord suivre le conseil des débutantes : donner de la vie au teint, le tonifier avec un Cocktail Facial Woodbury.le rafraîchir, Faites une mousse abondante du Savon Facial Woodbury, si bien parfumé.Eten- dez-la sur votre figure et laissez-la en place pendant quelques minutes avant de l'essuyer.Si votre peau est fatiguée elle deviendra aussi fraîche qu\u2019une rose.Les mères et les grand-mères des jeunes filles d'aujourd'hui employaient le Wood- bury.Pour conserver leur teint exquis, elles se servaient de cette célèbre formule de beauté à base d'huiles émollientes.Il y a maintenant dans le Woodbury une vitamine tonique-pour-la-peau qui aide encore plus à embellir la peau.Au dire d'un éminent dermatologue, cette vitamine accentue la vitalité de la peau.Dès aujourd\u2019hui, achetez plusieurs pains de Savon Facial Woodbury, en vente partout.Et ce soir, avant le souper, prenez ce bienfaisant Cocktail de Beauté.Prenez aussi ce Cocktail Facial avant de vous coucher.Vous dormirez mieux.oo À maintenant [() ¢ POSSEDE PEAU * * Produite par {irradiation d'ultra-violet \u2014 Brevet No 1676579 UNE VITAMINE FORTIFIANT LA (FABRICATION CANADIENNE) 26 \u2014 Voyons, parlons sérieusement.Tu es licenciée es-lettres, naturellement ?\u2014 Bachelière seulement, \u2018Tu te trompes d'un degré.\u2014A a! c'est curieux ! On m'avait affirmé au'à Paris toutes les jeunes filles faisaient leur licence .ou leur droit ! \u2014 Papa n'aime pas trop les pédantes, tu sais, tantine.Et puis j'aime autant les sports que l'étude.Enfin, Ça ne s'est pas trouvé, voilà tout ! Si j'avais prévu ! Les bras désolés invoquent le ciel : \u2014 Tu vois ! On doit toujours prévoir! Enfin, bachelière ça suffira peut-être.si tu sais le grec et le latin.Peste, c'est une institutrice pour élève poussée en graine qu'elle doit fournir tante Valentine ! Dommage, Micheline aimerait mieux une toute petite fille.\u2014 Mais il n'est pas question d'être institutrice, ma fille! Ah! ça.tu me crois donc bien dénuée de bon sens.Où cela te mènerait-il une place pareille ?Je te le demande?Non, non.ce qu'il faut c'est non Fas un gagne-pain rapide mais une préparation en vue de l'avenir.Voilà ce que je t'ai déniché \u2026.Situation de lectrice, demoiselle de com- Fagnie auprès d'une charmante vieille ame qui a peur pour se promener seule en forêt et à laquelle le docteur recommande la marche.De ce côté, cela rentre tout à fait dans tes aptitudes, n'est-ce pas ?Micheline hoche la tête, ahurie.Si c'est cela qu'elle appelle préparer l'avenir, tantine, la louer comme en- traineuse de « footing» pour vieille dame peureuse ?\u2014 Mais, écoute bien.la vieille dame a de nombreuses relations, elle a même dans sa famille quelqu'un qui, te connaissant et t'appréciant, pourrait soit t'employer comme secrétaire, soit t'introduire dans un monde très intéressant, littéraire et artistique à Paris.Tu me vois venir ?Ta petite sinécure d'été n\u2019est qu'un moyen de préparer, d'amorcer une situation plus intéressante et d'ave- Dir.car enfin, je sais bien que tu ne pourtas pas éternellement moisir ici.Micgheline bat des mains et s'é- merveillz tout bas.Comme elle possède un lucide bon sens, cette vieille demoiselle confinée dans sa province étroite, comme elle sait juger et évaluer, décider ! Voici que tout à coup la jeune fille découvre en elle les qualités maîtresses de son père : cette décision.ce sens des réalités, cette prévoyar- ce.qualités profondes de la race, de cette vieille souche percheronne qui tient tant de la Normandie pratique, sa voisine.Chère tantine! Son inexpérience de la vie ne l'a pas enfpêchée de trouver d'un seul coup la meilleure façon de tirer d'embarras sa nièce.Secrétaire, c'est déjà mieux qu'institutrice ! Ce serait parfait si vraiment le patron appartenait à cette aristocratie intellectuelle que promet tantine ! Satisfaite du contentement de sa n'èce, celle-ci poursuit, et son regard pâli a presque la décision des yeux de son frère, leur inflexible volonté.\u2014 Je pense que tu pourrais peut- être poursuivre tes études tout en ©Occupant une situation qui te la'sse- 1ait en somme assez libre.prépa- ier ton droit, par exemple.\u2014 Tantine, tu es géniale ! \u2014 Les relations que, de toutes faons, tu te ferais chez Mme Aveline, ma petite.\u2014 Comment dis-tu?Mme Aveli- re?Ce n'est \u2018pas elle que.\u2014 Mais si.\u2014 Et le regard pâle sourit derrière les lunettes.\u2014 C'est tantine.chez elle que tu vas entrer comme demoiselle de compagnie, petite.Voilà le moyen de connaître ton cher Château Rose ! Tous les bonheurs.En vérité, Micheline ne comprendra jamais pourquoi elle s\u2019est redressée en un sursaut farouche, soudain très pâle : \u2014 Oh ! cela, jamais, jamais ! \u2014 Qu'est-ce que tu dis ?fait tantine surprise.Tout à l'heure tu semblais enchantée de mon projet.Qu'y a-t-il de changé, voyons ?\u2014 1! y a.il y a.enfin, je veux bien être institutrice, lectrice, cecrétaire, tout ce que tu voudras.mais pas au Château Rose, pas là, pas la! Comme elle est véhémente, cette enfant ! Tantine la fixe d'un ceil perspicace, à travers les lunettes qui tremblent, \u2014 Et pourquoi ?articule lentement la voix froide.Peux-tu me donner une raison, une bonne ?Ni bonne ni mauvaise.Micheline ne peut en articuler aucune.Elle n'en trouvé pas, mêmé vis-à-vis d'elle- même ! Tout ce qu'elle sait, c'est que cefte situation subalterne chez ces « gens-là » lui sera plus odieuse que nulle part ailleurs, plus insupportable.plus pénible ! \u2014 Mais enfin, si tu penses cela, pourquoi ne pas me les faire connai- tre.Ils ne font pas partie de tes anciennes 1elations vis-à-vis desquelles je veux bien admettre que tu puisses te sentir vaguement humiliée .Enfin, ils sont les seuls qui, dans notre petit pays, puissent t'offrir des possibilités d'avenir.\u2014 Mais enfin, si tu penses cela pourquoi ne pas me les faire connaître autrement ?Puisqué tu es en relations avec Mme Aveline Froidement, tantine douche l'emportement de sa niéce : \u2014 Je te l'ai dit, je crois, ma petite.Parce qu'il n'est pas bon désormais de fréquenter sur le pied d'égalité des gens aussi fortunés et qui peuvent dans un avenir prochain prendre figure de supérieurs pour toi.Evidemment.Mais se présenter ainsi à eux sous ce jour d'employée, de salariée.Micheline baisse la tête.C'est la première, la pire des humiliations.Pourquoi ?Elle ne saurait toujours pas le dire! \u2014 Réfléchis, dit tranquillement tartine.Je te donne jusqu'à demain matin.Mais je voudrais bien que mes efforts et les démarches de Me Du- rand, si aimable, ne fussent pas inutiles tout à fait ! Et voilà.Miche a sañs doute réfléchi, puisque, sans attendre le lendemain matin, elle écrit à son père Gu'elle va entrer en relations suivies &vec la propriétaire de ce joli Chateau Rose.Elle dit la propriétaire, puisque tout à coup, elle s'est souvenue de l'affirmation de Babette.\u2014 Le jeune monsieur ne reviendra sûrcmenc pas avant les grandes vacances.Lzs grandes vacances, cela donne encore plus d'un mois de répit.D'ici a.Chapitre VII VA t'apprêter, a déclaré tantine sitôt le déjeuner terminé.Et surtout, n'oublie pas de te vêtir selon ta nouvelle condition ! Les lèvres serrées, le regard foncé, Micheline a escaladé ses deux étages.Nerveuse, elle fouille dans ses valises, dans l'armoire.Que mettre ?Que choisir ?Se vêtir selon sa nouvelle condition : voilà qui est vite dit, et elle a raison, tantine, mais comment décider ce qui est approprie.ce qui ne l'est pas?Tout cela est trop jeune, trop élégant, frais.Il faut s'habituer, n'est-ce pas, s'habituer .Elle repousse les robes légères, les tailleurs clairs.Enfin, elle pousse un soupir mi-désolé, mi-satis- fait.Cette petite robe brune, toute simple ! Evidemment, la coupe est parfaite! Mais si sombre, elle prend presque un air de deuil par ce temps radieux.Et puis, comme elle est d il y a deux ans, elle est devenue trop étroite et écrase la poitrine, élargit la taill& de la jeune fille élancée cu'est devenue Micheline.Rien que cela transforme une silhouette ! Et puis, on peut même découdre ce volant où une imperceptible broderie de corail met une note de luxe et de gaîté.Voilà! Ainsi, avec son encolure remontante, le corsage qui bride imperceptiblement sous le bras prend presque une allure monacale.Reste la coiffure ?Evidemment, il est difficile de paraître modeste avec des boucles de cet or insolent ! Alors, résolument, Micheline les prend à pleine main, les tord, les aplatit à grand renfort de brillantine, et dans sa rage de s'enlaidir, de s'appauvrit, elle parvient à en faire un petit chignon minable qui pend sur sa nuque avec un air piteux de s'excuser d'être si blond.Satisfaite, avec pourtant une larme de dépit au coin de l'œil, elle se regarde : \u2014 Voilà, c'est parfait ainsi! Ah! elle ne m'accusera pas, cette fois, de ne pas avoir le physique de l'emploi, tante Valentine! Cela vaut mieux d'ailleurs.Et rentrant avec une rage passion - née la dernière bouclette qui voltige encore sur son front : \u2014 C'est parfait ! Ces gens-là sont beaucoup trop riches pour moi, maintenant ! Ah ! je ne crois pas qu'il pourra me reconnaître comme cela! Les lunettes qu'elle place sur son petit nez achèvent la transformation.On ne peut pas dire que Micheline ressemble positivement à une institutrice de province; mais elle donne tout à fait l'impression de ces caricatures qu'en tracent des humoristes incompétents parce qu'ils n'ont jamais mis les pieds hors Paris.Rieuse soudain, malgré son cœur serré, Micheline se tire la langue dans \u2018la glace : Mais quel succès quand elle arrive en bas | \u2014 Malheureuse ! Pourquoi cet accoutrement ?Quelle invention saugrenue ?Pourquoi te travestir ainsi ?\u2014 Ce n'est pas un déguisement : C'est le costume qui sied à une petite employée qui doit perdre tout souci de plaire.\u2014 Tu deviens folle ?Tiens-tu absolument à dégoûter de toi les gens qui t'entoureront dans ta nouvelle vie ?Les yeux baissés, la voix modeste, Micheline sussure : \u2014 Cela n\u2019a aucune importance ! Je ne puis compter pour eux autrement que comme une machine, un rouage de leur vie! Mon physique ne peut les intéresser, n'est-ce pas?Ils sont frop riches pour moi.tu l'as dit toi-même.Tante Valentine se mord les lèvres.Elle paraît vexée d'avoir à présenter une nièce aussi peu décorative.Pourquoi ?Mais Micheline est inflexible.Elle tient à sa tête caricaturale, à sa silhouette déformée.Ah! on ne pourra pas l'accuser d'étre trop coquette, ainsi! Elle contemple avec une résignation presque monastique ses pieds écrasés dans les souliers de sport les plus plats, les plus lourds quelle a pu trouver.trop LA Revue PopuLArE \u2014 Tout est bien ainsi.En route, | tantine | Tantine n'ose même plus insinuer que, pou: cette première visite, on aurait pu prendre la petite voiture peut-être ?Elle se met à trottiner auprès de cette étrange personne presque sans sexe et sans âge qui lui semble étrangère, qui l'intimide un peu.Et, tout bas, elle murmure, pour elle : \u2014 Je ne comprends plus, je.ne comprends plus ! Micheline cligne ses trop beaux yeux derrière les lunettes.Est-ce pour le srendre plus petits ou pour masquer I'émoi qui s'y dévoile lorsqu'elle approche de son fam&ux Château Rose?Elle avait tant souhaité venir ici, prendre cette allée de tilleuls, traverser cette grande pelouse ronde oui occupe le centre de ce qui dut être sous Louis XIII la cour d'honneur et que les propriétaires actuels ont transformé en jardin à la française.Tout au fond, le large perron qui rehausse de quatre marches toute la façade de la maison et sur lequel donnent sept portes-fenêtres doucement arrondies, semble accueillant et aimable ävec ses fauteuils, ses tables blanches.On aimerait le gravir d\u2019un bond, en gambadant.Cependant, Micheline s'efforce à serrer les genoux, à faire de petits pas comme tantine.Lä-haut, une charmante vieille dame aux cheveux d'argent, mais délicieusement coiffée, s'est levée spontanément.Elle s'avance au bord des marches avec un sourire d'accueil très encourageant.\u2014 Mademoiselle Brunot, que vous êtes aimable de vous être dérangée Four conduire vous-même cette enfant \u2014 Chère madame, je suis heureuse de vous présenter ma nièce Micheline que vous voulez bien agréer comme.\u2014 Comme une agréable compagne dont j'ai le plus grand besoin, conclut la charmante femme.Mais ses yeux se sont posés sur Micheline et ils deviennent tout ronds de surprise et d'effarement.Quoi ?C'est cela?C'est.Elle balbutie presque en tendant vne main hésitante : \u2014 On m'a beaucoup parlé de vous, mad.Et se tournant soudain vers tantine : \u2014 Vous n'avez bien qu'une nièce, n'est-ce pas ?\u2014 Mais .mais oui, murmure piteusement Valentine qui perçoit bien la déception de cet accueil.\u2014 Ah! fait Mme Aveline interdite.Ah! Allons, il n'y a pas a dire, c'est Lien elle, la merveille des merveilles.cette petite bonne femme fagottée, mal chaussée, aux cheveux ternes, a I'eeil voilé! \u2014 Eh bien ! mademoiselle, fait-ell2 avec effort, je suis enchantée, enchantée Nous allons beaucoup nous promener ensemble.\u2014 Rien n\u2019est meilleur pour la santé, madame, opine Miche, en tenant toujours baissé son regard de pervenche qui ne serait peut-être pas tout à fait assez modzste pour une demoiselle de compagnie.Surprise de ce laconisme, tante Valentine aiguille l'entretien vers des sujets plus élevés.Elle questionne Micheline qui répond par monosylla- Les, modestement.Et tantine a l'air de plus en plus vexée, Mme Aveline de plus en plus surprise.Visiblement, l'une et l'autre.espéraient tout autre chose.Pourquoi ?Peut-être parce que soudain un pas vif et net retentit derrière elles dans la grande bibliothèque.Alors, brusquement, Mme Aveline déclare : Aoûr 1939 \u2014 Nous allons espérimenter vos talents de lectrice tout de suite, si vous le voulez bien, Mademoiselle ! Entrez donc dans cette pièce.Vous trouverez sur la table du milieu le roman que j'ai commencé.Docile, les yeux bas et la démarche étriquée, Micheline se dirige vers la bibliothèque.Quand elle y pénètre, un peu surprise par la douce pénombre qu'y maintiennent les rideaux à demi baissés, elle reste une seconde hésitante.Il y a trois grandes fenêtres er devant chacune d'elles une petite table, pour travailler sans doute.il y a des rayons, couverts de livres, qui courent sur les murs, il a.\u2014 Ah! mon Dieu ! Il est donc là ! Il y a, dressée devant ces rayons sur lesquels des mains longues cherchent un volume, la haute silhouette souple et élégante que Miche n'a pas vue plus de deux fois, mais qu'ell: reconnaîtrait entre mille.Et, naturellement, elle ne voit plus qu'elle ! Au léger bruit de ses pas sur la mosaïque, il s'est retourné.Sans l'avoir bien vue, comme s\u2019il s'attendait à sa venue, il a eu un élan souriant : \u2014 Ah ! vous voici! Puis, soudain, il s'arrête, comme sidéré par son nouvel aspect.D'un œil surpris et navré, il exa mine la silhouette étriquée, la coiffure de pensionnaire, les traits comme momifiés, dépersonnalisés par les lunettes rondes qui cachent le sourire.\u2014 Oh! fait-il impétueusement d'un ton désespéré.Oh! ma pauvre enfant ! Que vous est-il arrive?Miche sent à la fois sourdre en son cœur une désespérance infinie, unc sorte de contentement rageur et une conscience du ridicule qui la conduit au rire : \u2014 Rien du tout, fait-elle les yeux derrière les verres bombés.J'entre chez Mme votre mère comme demoiselle de compagnie, voilà tout ! \u2014 Voilà tout, répète-t-il sur un ton de stupeur incompréhensive.Mais ce n'est pas une raison pour.pour revêtir ce déguisement ?\u2014 Ce n'est pas un déguisement, dit Micheline très digne.C'est la tenue décente d'unz jeune fille qui n'attend plus rien du monde et ne doit y paraître qu'en modeste satellite ! Il la regarde toujours avec des yeux effarés, apitoyés, puis rieurs.Malgré lui, il revoit dans une grande salle d'attente parisienne une en- gan gaie et capricieuse, élégante jusque dans les plus petits détails de son costume et qui joue avec un sac à patins.Il croit entendre le timbre clair de la voix railleuse, sentir le parfum discret et précieux, voir le costume riche et les fourrures fines.Et il se dit que pour en arriver à un renoncement tel, il a fallu sans doute que cette petite passe par de terribles moments.Et puis, malgré lui, il se met à rire doucement d'ua ton apitoyé et attendri.\u2014 Ah! petite fille! petite fille ! Comme vous voici jeune dans votre précoce maturité, folle dans votre sagesse voulue ! Quelle révélation d'ingénuité 7e costume composé par vous dans un élan d'humilité ! Micheline reg'mbe, vexée horriblement - \u2014 Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de risible ! \u2014 Ah! vous ne voyez pas ?fait- il en la conduisant doucement vers une glace.Eh bien ! regardez ! Sans le vouloir, Micheline regarde.Elle aperçoit tout d'abord un visage mâle au teint mat, aux grands yeux impénétrables et moqueurs.Mais il semble que dans cette moquerie entre, aujourd'hui, beaucoup d'indulgence, un peu d'attendrissement et beaucoun, beaucoup d'amusement.Et puis, elle voit à côté son visage à elle qu'elle ne peut reconnaître, sa coiffure étrange, ses tempes dégarnies, les hublots de ses lunettes.Et soudain, elle ne peut retenir le rire qui monte à ses lèvres et qui fuse.haut, victorieux, irrésistible.À côté d'elle un rire plus bas répond en sourdine.Et une voix constate avec stupeur : \u2014 Vous voyez, vous voyez ! Soudain, Micheline prend conscience de l'incorrection qu'il y a pour elle à rire ainsi sans retenue avec son futur « patron ».Elle ne voudrait pas laisser croire qu'elle a voulu se moquer.Et elle explique piteusement : \u2014 Ce n'est pas ma faute ! J'ai voulu me fezire la téte de l'emploi.Je ne suis qu'une modeste lectrice.\u2014 Mais, malheureuse enfant, dit- il toujours souriant, où avez-vous pris votre modèle ?Dans Poil de Carotte, ou Ces Dames aux chapeaux verts ?Il retarde d'un bon demi-siècle, voyons |! Où avez-vous vu qu'il faille devenir laide parce qu'on est obligée de travailler?\u201d D'ailleurs, vous avez beau faire .Que va-t-il dire?Miche attend, mais la fin de la phrase ne vient pas.Elle ne viendra jamais.Evidemment.Il se contente de supplier : \u2014 Mais ôtez ces lunettes, par pitié, ôtez-les ! Non, non.Par exemple! Que penserait d'elle la charmante vieille dame qui l'a accueillie sur le perron tout à l'heure.Miche tient à sa tête.\u2014 Je regrette beaucoup, monsieur, mais ma nouvelle situation.D'un geste méthodique et digne, elle a pris sur la table le livre demandé et elle sort sous le regard surpris, amusé et.peut-être un peu admiratif aussi du célèbre avocat parisien.\u2014 Eh bien ! il attendait beaucoup de choses de sa fille, le pauvre Bru- not ; mais pas cela, certes, pas cela.Et les yeux vagues qui revoient pa.delà les verres bombés des modestes lunettes, son sourire, il murmure doucement : \u2014 Quelle enfant, Seigneur ! Quelle petite enfant ! Sur la terrasse, Miche a passé son examen de lectrice.À vrai dire, elle à fort mal lu, avalant les mots, bredouillant, tremblant, pensant constamment à autre chose.Mais on dirait que les deux vieille dames, qui ont dû beaucoup bavarder en son absence, pensent aussi à autre chose.Mme Aveline dodeline de la tête au ronronnement égal de !a lecture.Elle serait certes incapable de résumer ce chapitre palpitant.Mais son regard attendri ne quitte guère le profil pur que ne parviennent à enlaidir ni la coiffure disgracieuse, ni la robe monacale.Et soudain, comme conclusion, elle demande : \u2014 Dites-moi, mon enfant, pourquoi vous êtes vêtue d'aussi sombres couleurs pour venir me voir ?Cette fois, Micheline rougit jusqu'aux yeux.\u2014 Passe encore pour vos lunettes, ie les autoriserai pour les instants de lecture si réellement vous avez la vue basse .Il semble à Micheline, de plus en plus empourprée, qu'une ironie légère a glissé sur ces mots.\u2014 Mais, achève Mme Aveline, je vous avais vue dimanche à la messe sous de tout autres couleurs.et c'est ainsi que vous m'avez plu! Vous aviez alors des yeux, des cheveux, une taille.Qu'en avez-vous fait ?Je vous serai bien vivement reconnaissante de les retrouver d'ici demain et aussi le gentil costume clair aue vous portiez alors ! 27 \u201cRobert, je te défends bien de frapper cet enfant!\u201d Une mère moderne 4 CA adopte un moyen moderne \u2018 pour son enfant 5 4™ A \\ 1.Mais, Marie .J\u2019en ai assez des caprices de cet enfant: il a besoin d\u2019un laxatif et il va le prendre, même si c\u2019est de force! 3.Oh! je vois! Oui docteur .hein?COMMENT! Mais je ne savais pas ça .\u2026 je vais y voir immédiatement! Merci beaucoup, docteur.5.Il dit de lui donner un laxatif moderne, fait spécialement pour les enfants, MÊME QUANT AU GOUT.Il recommande donc le Castoria, qui goûte bon, est absolument sûr et ne cause pas de coliques.Je cours en acheter.J RY 2.Je te défends bien de faire ça! Il détesté ce remède répugnant et je crois que c\u2019est un crime que de le forcer à en prendre.Attends plutôt que j'appelle le docteur! 4.Il ne faut pas forcer Un enfant à prendre un laxatif qui lui répugne, dit le docteur.Il faut donner quelque chose qui a BON GOUT, mais pas un laxatif pour adultes .ça pourrait lui faire du mal.pour prendre son laxatif! Grâce au Castoria, il n\u2019y a maintenant plus de désaccord dans la famille! CASTORIA Le laxatif moderne\u2014 SÛR\u2014 fait spécialement et SEULEMENT pour les enfants 28 ON N\u2019INVITE PLUS MARIE BIEN TRISTE EST SA VIE Elle ne songe pas que l\u2019odeur de transpiration éloigne les hommes ! Marie est jolie, gaie, jeune \u2014 elle devrait être aussi populaire que ses amies.Et pourtant les hommes semblent l'éviter.Elle passe les beaux soirs d'été seule chez elle, pendant que ses amies sont invitées partout ! Il est bien regrettable que Marie ne comprenne pas l'insuffisance du bain à protéger contre l'odeur de transpiration des aisselles \u2014 et que les aisselles \u2014 doivent être traitées spécialement pour restér fraîches et agréables, et ne pas incommoder.Les jeunes filles prévenantes emploient Mum! Elles savent que le bain enlève la transpiration passée et que Mum empêche la transpiration de se produire.Pour ne pas risquer d'incommoder vos amis \u2014 servez- vous de Mum chaque jour, après chaque bain.Avec Mum, vous serez sûre de plaire; les hommes vous trouveront vraiment séduisante ! MUM EST RAPIDE! Mum est d'emploi facile.Il ne fait pas perdre de temps puisqu'il sèche très rapidement.Il n'y a qu'à en étendre un peu sous les bras ; c'est tout ! Pour que les hommes aiment à vous fréquenter, employez Mum chaque jour et après chaque bain.MUM EST FIABLE! Vous pouvez appliquer Mum même après vous être habillée.I] n'endommage pas les vêtements.MUM EST SUR! Mum n'arrête pas la transpiration naturelle mais l'odeur seulement ! Mum vous conservera vos amis parce que vous ne les incommoderez pas.MUM EST poux! Mum est aussi sir, aussi doux qu'une créme pour les mains.Il n'irrite pas même après le rasage des aisselles.MUM DURE TOUT LE JOUR! En appliquant du Mum le matin ou avant une soirée, vous reviendrez chez vous avec des aiselles aussi fraîches qu'avant le départ.LE BAIN NE SUFFIT PAS \u2014 IL FAUT MUM -JLE BAIN N'EST {PAS SUFFISANT \u201c| \u2014 C'EST POURQUOI JE ME SERS DE MUM ! Pour serviettes hygiéniques \u2014 Pas d'inquiétude ni d\u2019ennui quand vous employez Mum de cetle façon.Des milliers de femmes le font parce qu\u2019il est SUR.CHASSE L'ODEUR POUVOIR DANSER LONGTEMPS GRACE A LA PROTECTION DE EN ELLE-MEME\u2014 QUELLE JOIE ! DE MUM! Fabrication canadienne M14-F LA TRANSPIRATION Sa main se pose affectueuse et douce sur l'épaule ronde : \u2014 J'aime la jeunesse et la beauté, mon enfant, ne l'oubliez jamais et ne me frustez pas de la joie de votre sourire et de vos boucles blondes ! Ah! la bonne, la charmante, l'aimable femme ! Comme Miche l'aurait volontiers embrassée | Chapitre IX para chéri, la vie est belle, la vie est bonne ! Tu reviendras bientôt, heureux et récompensé de tes efforts, cela j'en suis certaine.Quant à ta petite fille, l'épreuve n'aura eu de cruel que notre séparation ! J'ai honte de le constater lorsque je te sais dans ve pays méchant, en butte à toutes les difficultés, à tous les soucis; mais ia vie est heureuse ici pour moi.Oui, «lle était heureuse depuis que, chaque après-midi, Miche de son allure rapide et souple se rendait au Château Rose.De plus en plus, elle s'attachait a Mme Aveline.La charmante femme possédait un caractère enjoué et délicieusement indulgent aui s'accordait à merveillz avec celui de la courageuse enfant.Tout de suite, elle avait compris ce qu'il y avait de résignation vaillante et de volonté tenace sous le masque souriant de Micheline et elie l'admirait un peu, tout en l'aimant beaucoup ! Son regard se plaisait à se poser sur le joli visage au sourire étincelant.Elle goûtait les causeries très vivantes qu'elles avaient pendant les longues promenades ordonnées par le docteur et au cours desquelles, ensemble, elles apprenaient la forêt et ses beautés.\u2014 Avant vous, petite, je sortais du parc et c'était vraiment dommage ! Nous ne connaissons pas assez les recoins de ces bois magnifiques qui savent concentrer sur quelques hectares les aspects les plus différents.Lorsque Jacques sera revenu pour les vacances, il faudra que nous l'emmenions avec nous! Comme il se plaira à ces randonnées.Car Jacques Aveline était reparti pour Paris deux jours après l'entrée en fonctions de Micheline.I! avait tout juste eu le temps de la féliciter gentiment lorsqu'il l'avait vu revenir, sur les ordres de Mme Aveline, cous son apparence normale, fraîche, jeune et jolie dans un tailleur simple et clair.\u2014 Croyez-vous que nous n'avons pas plus de plaisir à vous regarder ainsi, mademoiselle Micheline ?Qui Conc vous avait raconté que la vertu et le labeur avaient un disgracieux visage ?Il lui avait peu parlé ce soir-là et avait regogné Paris le soir même.Mais Miche vivait avec le souvenir de ces quelques mots et l'espoir des vacances.D'ailleurs, la pensée du jeune avocat ne pouvait guère la quitter.Tout le jour évoqué par sa mère admirative et attendrie, il venait encore présider au labeur qui, tous les soirs.la penchait sur des livres délaissés depuis longtemps et qu'elle avait fait venir de Paris.Ne voulait-elle pas un jour pouvoir devenir la secrétaire de Me Aveline?Ne fallait-il pas pour cela travailler beaucoup ?Réveiller ses connaissances un peu estompées par les années de plaisir?En acquérir d'autres.beaucoup d'autres ?Ainsi, à toutes minutes, le regard profond, ironique ou caressant, froid ou moqueur, poursuivait les songeries de Micheline.Elle ne l'oubliait que pour penser à son père .pauvre papa dont les lettres nz laissaient guère percer de contentement et d'espérances.pauvre papa dont le La RevuE POPULAIRE souvenir glaçait douloureusement les élans juvéniles de son petit cœur vers un avenir qu'elle pressentait heureux! Et comme elle travaillait, de tout son cœur, de tout son esprit vif et harmonieux, Micheline, afin de conquérir la place désirée, afin de pouvoir collaborer au travail de celui dont tantine, après Mme Aveline chantait religieusement les louanges.Mignonne, voici l\u2019avril.le soleil revient a'exil.Comme elle est gaie ce matin, Micheline.Toute la vieille maison de la rue d'Alençon est secouée, ébran- iée par cette joie jeune et ardente.Tout les nids sont en querelles.Et c'est vrai, tous les nids semblent chanter, se battre, pépier, roucouler dans la voix de la chanteuse.D'en bas, tantine gronde : \u2014 Plus bas, Micheline, ce n'est pas convenable ! Pas convenable ?Pas convenable d'être heureuse quand la veille au soir Mme Aveline a annoncé l'air triomphant : \u2014 Mon fils arrive demain, petite ! Et, cette fois, ce sont de vraies vacances, il vient pour un mois plein avec fous ses dossiers, ses papiers | \u2014 Me Aveline travaille toujours.mon enfant! Sa pensée est en continuelle effervescence ; mais il s'enferme chaque jour pendant plusieurs heures dans la bibliothèque avec ses maudites paperasses.Et cela, c'est le travail effectif.Travailler, copier sous sa dictée, traduire des lettres ?Micheline a revu son anglais et son allemand avec tant d'attention ces mois derniers ! Et c'est aujourd'hui qu'il arrive ; c'est tantôt qu'elle va le revoir ! \u2014 Tu comprends, tantine, je suis très contente.Notre but, n'est-ce pas, est d'intéreser à moi Me Aveline.Notre espoir, c'est qu'il puisse me prendre comme secrétaire un jour, quand il aura apprécié mes capacités.Voici venue le moment de me faire connaître ! Peut-être tante trouve-t-elle toute cette joie un peu exubérante et folle: mais elle commence à connaître sa nièce et elle sait que tant de sagesses résignée dort sous cette folie qu'elle ne peut s'empêcher de suspendre l'époussetage soigneux du salon, auquel elle procède tous les matins avec un petit plumeau vert, pour suivre en dodelinant les roulades câlines de la voix qui s'attardent sur le dernier couplet : Prends, pour que nous nous trouvions, Le chemin des papillons et des frêles demoiselles.Micheline le connaît ce chemin-là ! H grimpe derrière l'église de Saint- Martin vers le rond-point des Sept- Chênes.Tout accompagné de hautes fougères et de ronces, il longe d'un côté es buttes habillées de bouleaux, de l'autre un ravin au fond duquel coule une source.Chaque soir, quand le soleil tombe net derrière les arbres, que d'ailes y palpitent en palette - étincelante ! C'est là qu'il ferait bon retrouver Jacques Aveline aujourd'hui au hasard d'une promenade imprévue.Et la voix s'adoucit, prend un ton de confidence presque amoureuse pour murmurer : Viens, car tu sais qu'on t'attend, Sous le bois.prés de l'étang \u2026.Où vont boire les gazelles ! \u2014 Je n'aime pas cet air que tu chantes là, marmonne tantine qui a (Lire la suite page 37) AoûTr 1939 = SE AE KAY SAINT - GERMAIN Chanteuse de ballades à la radio et vedette de cinéma, fille, petite-fille et nièce de Canadiens français de Montréal, elle est ici présentée à nos lecteurs et lectrices par notre correspondante à Hollywood, Mme Louise Gilbert-Sauvage.Kay Saint-Germain est la fille de Léopold Saint-Germain, de Montréal et de Portland (Orégon), la petite-fille de Joseph Saint- Germain et de Philomène Gougeon, et la nièce d'une religieuse canadienne- française qui fut la meilleure amie de couvent de notre correspondante.La jolie star de ia National Broadcasting Company a vingt-trois ans, mesure cinq pieds cinq pouces et pèse 125 livres.C'est une brunette aux yeux noisette.Notre compatriote n\u2019a jamais pris de leçons de chant.29 La RevuE POPULAIRE ON 5 Gi F > ; $ 4 4 i ww \\ / i < pe Se 3 oy, a Os wh rs HE = # % # Ÿ 4; + \u201cmn, * il Ce i # i 2 % BF as 7 4 * # : =, 3 Q > BY ¥, fi 3 a & hy = hy ; ; È 3; + + 7 + 5 ii tete rr \u20ac ~~ 7 * ~ 7 OU A ) » theism ib + ik \u201ca Say : £ Ae # A ES Se Ces deux photos Scaioni, de Paris, que nous publions en a É ss exclusivité illustrent deux coif- & fures dont nous n'avons nul SN \u2014 ; J besoin d'expliquer toute la va grâce et la sobre beauté à ) & A of nos charmantes lectrices.- | i ¥ } \u2018 Aoûr 1939 31 HA | C4 \u2014 - EX à = \u2014 = y = XY Zz Tu Sof À 2 hie © 2 À 7 v C if CA CU 5 fn Tu TE J i) = GA ih AI 7 sf nm 7, Es FFE J HE \" 7 FE py, ste À LA 7 0 PF Ÿ 2% 4 = AA { 1 LA gs GY > oP i L £4 1/ 4 % + 4 pe LP 7 fl 1 hE th LS 7 M ie LS LS & py £ 4e Ces x I Ÿ \u201cor 2 /, 2 Ÿ 7 4 / 2 | I NA = I I Te I f Sa Ii; H Sa, gm cor , sé ms Il HI ; / 4 a PO 42 ow, p % 3 veus We Poe Le ex) x 45, 2 Ai GR X , te id Ce Ci es 2 Ye, ng CA fo ond 5 CC Wh ste HAH CC PRES CS Coon 1S AIRE QE \"0 Je, M 4d he ù [32e 2H 3 F543 se fe Ne 245 OEY LAL Gr AU, rite (hr) 247 23 7 fin (IH PEELE dit hed LO Rd 3 oe RR Fi + 0 My es Le, aids Me PL = bs Ÿ = RII 45 BEA a, 1 2 rise 7 CH vo \"J bed $23 +4 (HIS NSLS I NN Dee Qy, A ie * CECI .(RS 3 Ye * si Lt 4 = XN Cle ÈS ve Us, XD 1254 EN Le se Sis Le 2 Aad So Ye 5A \u201c.ON NH 2 1] CT Les MM NI 503 pa) CM 3 CE EAN ; To x © Ne et Loe Ch P rete XX (05 Ad Th) Rs vo WS Ee pe OJ (RRM Bi LR 20% / M\u20ac 4 aN we I~ 0 Li i ko La santé par le sport, et aussi la beauté.Les vedettes de cinéma en + sont la preuve, elles qui pratiquent \u2014 tous les ports.Ici : HELEN PARRISH, 2 4 \u201cik des New Universal Pictures, au court go y win de tennis et au golf : au centre, une ee iy ; baigneuse de RKO et, à bicyclette, EX EEE ANN RUTHERFORD, de la M.-G.-M. 32 La Revue POPULAIRE Photos Scaioni, Paris Ci-dessus : Robe d'été en crêpe de soie imprimé.Le reste, chapeau, gants, ceintures et accessoires, peut être une harmonie bleu-noir, ou vert-noir, au goût.Ci-contre : Petite robe en soie blanche et brune.Ceinture, boutons et cravate bruns. A CR 7 LE A } Aout 1939 5 a + tre +» > AN A = 5 wa > wp.x - < > ame >) LS = \u20ac 4 a a aii 4 of , ey ow a Stamens 7 NEUN \u201c> vent Ra ee NL, WM n,n, és ER \\ 2e ue ts R a du GEE v se 2 Pig, = ad a hors N wa ee Le l'es ert pe ae a.Noes \u2014 \u201c FeO LS a\u201d tee 5200 PE S + mue = wil +h LN EE A Py hth TN NO D 2, Ci-dessus ta ol Ea ah ee > =.- A 2 iy tO > sen we, EN = od >) AM SQ ii % % \\ LR me =.SP a ss = Lu ue, 4 a ae CT ri ra sh \u201c pA ft Ke RS el, a 2 = 5, même tissu > PSA NS Ru > >] organisé par la Poudre à Pâte \u2018Magic Félicitations aux heureux gagnants dont les réponses ont été choisies parmi des milliers comme les meilleures du récent Concours de le Poudre à Pâte \"Magic' ! Remerciements à vous tous qui avez participé à ce concours en nous exposant les raisons pour lesquelles la \u201cMagic\u201d est la poudre à pâte préférée de 3 ménagères canadiennes sur 4.Tous les gagnants ont été prévenus par la poste.Nous en donnons ci-dessous les noms : GAGNANTS DES 10 PREMIERS PRIX Un voyage gratuit a I'Exposition Universelle de New-York pour 2 personnes ou une somme en argent de $225.00.Mrs.B.Miller, General Delivery, Bralorne, B.C.; R.A.Meeks, Mannville, Alta; Mrs.A.F.Haney, Box 3, Carberry, Man.; Mrs.W.R.Patterson, Box 421, Indian llead, Sask.; Mrs.T.A.Strong, 63 Celebration St., Saint John, N.B.; Mrs.William Gillis, Gillisville, C.B., N.S.; Annie I.Hume, Lot 61, Brooklyn, P.E.1.; Mrs.J.Harvey Smith, St.George's, Nfld.; Mrs.A.Griffiths, 481 N.Mark St., Fort William, Ont.; Mrs.Elie Lapointe, 2061 rue Dorion, Montreal, Que.GAGNANTS DES 115 récompenses de $5.00 NEWFOUNDLAND Mrs.Ambrose English, Branch, via Placentia: Mrs.John Duff, Carbonear; Mrs.J.D.Geraghty, Box 22, Deer Lake; Mrs.Arthur Wiseman, Shoal Harbour; Miss K.Is, Ball, P.O.Box 520, St.John's, PRINCE EDWARD ISLAND\u2014\\irs.John Westaway, Lot 59, Albion Bay: Mrs.Archie McEachern, Cornwall; Mrs.Harold Laird, Kelvin Grove; Mrs.W.H.Mann, Kensington.NOVA TIA \u2014NIrs.M.E.Blges, Box 75, Amherst: Mrs, Claude Dennis, Barney's River, Pletou Co.; Miss E.M, Roy, Bedford; Miss Bessle MacNeil, Bi Pond Centre, C.B.; Mrs.H.Price, R.R.2, Canning; Mrs.Ellen A.Hird, Garland, Kings Co.; Hilda B.Dockrill, 1 Liverpool St., Halifax; Miss Gladys G.Salter, Hantsport, Hants Cn.; Annie McDougall, Lewis Bay West, Mira, C.B.; Mrs.Minnie Lowrey, Louisdale; Mrs, (Capt.) E.C.Glawson, Port Medway, Queens Co.; Mrs.Allen Jess, Port Williams, Kings Co.NEW BRUNSWICK Edith M.McMillan, R.R.2, Chamcook: Mr.Archie Huntington, Glen Levit; Mrs, W.Steadman Smith, Marysville; Mrs, Charles Burgess, Church St., Militown: F.M.Wheatley, c/o Dr.E.B, Ungar, Box 338, Moncton; Mrs.R.J.McDonald Walsh, River Charlo.QUEBEC Mrs.M.B.Boucher, R.M.I}.1, Bishopton; Dorothy D.Parker, Box 157, Buckingham; Annie L.F.Maxwell, Chateauguay Basin; Mrs.Michael Rooney, Douglastown, Gaspe Co.: Mr.Jack Heyes, 9 York St, East Angus; Mrs.Frank McCullough, Foster; Elsie McRae, Haldimand Fast, Gaspé; W.Holdam, Cadillae Gold Mines Ltd., Kewagama; Mrs.Florence McAnnery, Lytton; Mrs.Mary Thomson, R.R.1, Ramsay Rd., St.Félix de Valois; Miss Elizabeth Morin, St.Ludger, Riviere du Loup; Mrs.Sidney Prangley.Stanstead; Miss Lucienne Poulin, Beauceviile Quest, Beauce Co.; Miss Marcelle Brisson, 7 rue Frontenac, Berthierville; Miss Marie-Anna Dupont, Bureau Castelneau, L'Islet Co.: Mad.Odina Plante, 89 rue St.Joseph, Bienville, Lévis: Miss Marlette Bourdon, Chateauguay, Cha- teauguay Co.; Mr.Louis Roy, Estcourt, Temls.Co.: Mr.L, C.Rioux, Chief Cook, Franquelin, Cote Nord; Mrs, L.Clairoux, 24 Caron Ave., Hull; Léonne Viens, Marleville, Rouville Co.; Jacqueline Moquin, Mont Laurier, Labelle Co.; Mrs.Eugène Matteau, Notre Dame du Bon Conseil, Drummond Co.; Mrs.L.Beaulleu, 106 Crémazie, Quebec; Miss Luclenne Vézina, 66 Ave.Moncton, Quebec; Mrs.John Poulin, Casier 24, St.Ludger, Frontenac Co.; Mlle.M.Anna Falardeau, 84 rue Girouard, St Hyacinthe; Miss Marcelle Pinard, 23 rue St.Paul, Taschereau, Abitibi.ONT, O Mrs.Joseph Sheflield, Arnprior: Mrs.M.S.Row, 48 George St.Brockville: Mrs.Kenneth Cartledge, Box 58, Chippawa; Mrs.Harry Fisher, Cookstown: Mrs.Wm.Riddell, Desboro: Miss Opal Finley, Dunatord; Mrs.John Tobin, Durham; Mrs.Caroline I, Manning, 33 Homewood Ave., Hamilton: Mrs.W.Moody, Illderton P.O; Mrs, Frank Saunders, R.R.3, Jarvis: Mrs.George H.Thompson, 9th Concession of Arthur, Kenliworth; Mrs.C.G.Cookson, 58 Linwood St, London; Mrs.M.©.Patterson, R.R.2, Longwood : Mrs, John Moore, 472 McIntyre St.E., North Bay; Mrs.Ken.Fowlie, R.R.Merrickvilie; Sister Mildred, Convent of Mary Immaculate, Box 27, Pembroke; Miss Alice Coles, 417 Stewart St., Peterboro; Mrs.R.MeCuaig, 477 John St, Port Arthur; Mrs.Glenn G.Atlin, Ramore: Mrs.R.Taylor Milne, 153 Kohler St, Sault Ste.Marle; Mrs.Fred J.Bell, Box 162, Sioux Lookout; Mrs.Charles Kukkee, Stanley: Mrs.W.George Brown, Stella, Amherst Island: Mrs.J.G.Vining, R.R.4, Thames- ford: Geo.Sweet, Tlonaga; Norris S.Helnbuek, 5 Roseneath Gdns., Toronto: I.M.Naylor, 45 Rosemount Ave., Toronto: Mrs.Elmer J.Robb, Troy; Mrs.George Pickett, R.R.4, Uxbridge; Mrs.J.H.Knight, 84 Donwood Drive, York Mills.MANITOBA Mrs.M.E, Child, Box 49, Durban: Miss 8, Rampton, Box 34, Morden; Miss M.Leifer, Box 272, Russell; Miss NL.Meads, Stonewall; Mrs.Kd.Vander Graaf, RR.5 Winnipeg.SASKATCHEWAN Mrs.A.Macdonald, Edgeley; Mrs.A.B.Gray, Nipawin: Mrs.W.V.Holt, Pontelx; Mrs- Jack Lockhart, 403-25th St.W., Saskatoon: Susan Belcher, Shellbrook; Mrs.L.Robertson, Strasbourg; Mrs.Robert J.Johnston, Bax 28, Tisdale, ALBERTA\u2014Mrs.R.C.Mead, Cland-naid; Mrs.Robert H.Liggett, Coronation; Mrs.Mary Millar, Box 62, Crossfield; Dorothy Patterson, Grande Prairie; Mrs.EK.©.Acorn, Peers: Mrs.Margaret LD.Champion, Prid- is; Mrs.H.B.Jackem, Warner: Mrs.R.H.Grant, R.R.2, Westlock: Mrs.Geo.J.Welbourn, Winterburn.BRITISH COLUMBIA \u2014 Lawrence Payne, Coughlan; Mrs.Ralph Hardy.Box 87, Cranbrook; Mrs.A.H.Mudie, R.R.3, Kelowna; Ernest Poignant, Matsqui; Mrs.E.C.Johnson, Box 22, Nakusp; Mrs.Frank Drinkwater, Box 655, Penticton; Mrs.Ralph L.Clarke, Refuge Cove, Sidney Inlet P.O).West Coast, Vancouver Ix; Mrs.E.stride, 4984 Chester St.Vancouver: Mrs.G.KR.Hunter, Mt.Folmie P.O.Vletoria.DES MILLIERS de femmes PREFERENT la POUDRE A PATE \u201cMAGIC\u201d parce que \u2014 Elle donne des gâteaux légers et tendres ! Assure des résultats certains ! On peut toujours s\u2019y fier ! Elle est économique, coiitant moins de 1¢ la cuisson. 56 LA BEAUTE PHYSIQUE C'EST LA JOIE DE VIVRE Etes-vous déprimée?Nerveuse?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n'a-t-elle pour vous que des désagréments\u2019 Souffrez-vous de maigreur ?De vertiges?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C'est alors que vous avez le sang trop lourd.chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA\u201d élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront plus fermes, votre teint s'éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre produit SANO «A» CORRESPONDANCE STRICTEMENT CONFIDENTIELLE HEURES DE BUREAU Le samedi, de 3 heures à 6 heures rm rm \u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014\u2014 rt \u2014 Mme CLAIRE LUCE LES PRODUITS SANO ENRG 5920 Ave Durocher Casier Postal 2134 (Place d Armes) Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous Votre nom Vetre adresse [CONOMIQUE g |, LAO rt DURABLE # v J UT A0) TT COT LE LINGE (We AUX TRUE: PY J+J.CASH, INC 479 GRIER STREET \" BELLEVILLE, ONT NOS AMIS, LES ARBRES (Suite de la page 10) l'arbre a souvent la forme d'un immense cône arrondi au sommet.Les régions dites des «Bois francs» connaissent la magnificence des voi- tes de verdure formées par ces arbres splendides qui bordent les routes du paradis de l'Erable à sucre.Sa feuille est une grande feuille palmée, à lobes élargis séparés par des angles dont les sommets sont remarquablement arrondis.C'est là la différence caractéristique et suffisante qui ne permet pas de confondre cette feuille avec la feuille de l'Erable argenté.« Nos beaux Ormes » sont certainement les plus beaux arbres de la Laurentie.On les reconnaît, à distance, par la force et la majesté de leur port, la courbure harmonieuse de leurs rameaux.Quelquefois l'arbre s'élève tout entier vers la nue et l'on a comparé sa haute tête feuille à un grand parasol déployé sous les rayons du soleil.D'autres fois, il se ramifie à une certaine hauteur du sol, se divise en rameaux qui s'écartent un moment du tronc principal, se recourbent et gardent ensuite la ligne verticale.L'Orme ressemble alors à d'immenses amphores disséminées dans la campagne et portant leur feuillage décom- bant comme des gerbes gracieuses.Le fruit de l'Orme est une samare: une graine ailée sur tout son pourtour.Sa feuille longue d'environ quatre pouces, large de deux est acuminée au sommet, et est remarquable surtout par la dissymétrie des deux motiés séparées par la nervure centrale.Elle est rugeuse et dentée en scie.Les nervures secondaires sont régulières et nettement marquées, surtout sur la face inférieure de la feuille.I y a trois sortes d'Ormes en Lau- rentie.L'Orme d'Amérique appelé aussi 1'Orme blanc, 'Orme à grappes, et l'Orme rouge, Les deux derniers sont propres à certaines régions du Sud et de l'Ouest de la Province.Ils n'ont pas le port caractéristique que nous décrivons plus haut.Mais I'Orme d'Amérique est très répandu chez nous.Pour peu que l'on sache regarder on voit dans tous les paysages, les ormes profiler sur notre ciel leurs têtes d'aïeuls car les Ormes sont de vieux personnages respectés par la hache des colons.Ecoutons notre grand botaniste canadien-français, le Frère Marie- Victorin, nous dire « comme ils sont merveilleux à voir, du sommet des collines, promener au rythme lent du soleil sur le feutre vert des prés, sur le tapis fauve des champs moissonnés, de grands disques d'ombre, rous- selés par le pelage des vaches à la sieste.» Nous les aimons les grands Peupliers qui frissonnent sous la caresse du soleil, l'haleine tiède de nos soirs d'été, ou s'agitent convulsivement dans la rafale qui souffle du Nord- est.Ce sont des arbres qui atteignent tous une grande hauteur.Ils sont caractérisés par le comportement de leurs rameaux plus ou moins dressés et qui leur donnent l'aspect de fûts élancés.La mobilité constante des feuilles est due à l'aplatissement du pétiole dans le sens de la longueur.Les différentes espèces se dêter- minent par la forme de la feuille.Lächement festonnée chez le Peu- rlier blanc, qu'on a beaucoup planté autrefois, elle possède une dentelure grossière chez le Peuplier à grandes dents.Le Tremble qui croît spontanément partout, même dans les sols les plus pauvres, pourvu qu'il ait sa place au soleil, a une feuille arrondie à crêtes fines sur le pourtour.Le Peuplier baumier et le Peuplier noir ont des feuilles triangulaires à sommet très acuminé chez l'un, moins chez l'autre, et à base tronquée, pendant que la feuille du Peuplier taca- mahacca, est beaucoup plus étroite que celle de ses congénères.Le plus beau Peuplier est sans contredit le Peuplier beaumier ou le Liard.Il croît spontanément sur le bord des rivières, mais il est confiné à l'ouest et au sud du Québec.Les Peupliers qu'on voit partout le long de nos rues, dans nos parcs, ceux qui bordent les allées de nos parterres, marquent les limites de nos propriétés, sont le plus souvent des hybrides du Peuplier baumier et du Peuplier noir et qu'on appelle Peupliers de la Caroline ou Carolins.On trouve aussi dans la Province de nombreux et magnifiques Peupliers noirs, aussi nommés Peupliers d'Italie ou Peupliers de Lombardie.Ce sont des arbres exotiques introduits chez nous, et qui se multiplient par mode végétatif seulement, car tous nos Peupliers noirs sont des arbres mâles.Il est impossible de confondre cette espèce avec aucune autre.Ses rameaux secondaires accolés étroitement contre le tronc principal lui donnent un port unique au monde.Plantés sur les fermes près des habitations, ces arbres ont l'aspect rigide de \u2018sentinelles géantes wveil- lant sur les générations.Nos vieux Saules sont aussi des personnages qui ont leur originalité propre.Leur tronc massif est ramifié dès la base, à trois ou quatre pieds du sol.Les rameaux secondaires puissants et inclinés vers le sol, supportent un feuillage clair et léger : On dirait une fine mousseline verte ac- crorhée à de grands bras noirs levés vers la nue et prêts à retomber.Les Saules donnent par leur apparence une note mélancolique aux paysages : ils semblent -porter péni- biement le poids des années qu'ils ont traversées.Dans le frémissement de leurs feuilles pendantes, on perçoit des plaintes douces comme des caresses.Les vieux cœurs des Saules pleu- rent-ils lorsqu'ils racontent à la brise LA REevuE POPULAIRE le souvenir des faits dont ils ont été les témoirls muets et sympathiques ?Les lieux humides sont les endroits de prédilection des Saules.Ils croissent donc spontanément le long du fleuve, sur la berge des rivières, des ruisseaux, dans les terrains bas.Cependant, plantés même dans les lieux secs, ils s'adaptent facilement et croissent avec une grande rapidité.Ils se multiplient facilement par bouturage.: - Une branche de saule cassée et plantée produit des racines.Les feuilles de Saule sont des feuilles étroites dont la longueur et la largeur, de même que la denticu- lation varient selon les espèces.Il existe dans la province quatre espèces de grands Saules, et de multiples espèces de Saules arbustifs qui peuplent les marécages et les tourbières.Les grands Saules les plus généralement répandus sont le Saule blanc et le Saule fragile.Le Saule à feuilles de Pêcher et le Saule noir sont propres à l'Ouest du Québec.Parmi les nombreuses espèces de Saules arbustifs, le Saule discolore est peut-être le mieux connu.On cueille au printemps les rameaux qui portent les chatons soyeux pour en faire les gerbes qui décorent nos appartements.L'apparition hâtive de ces chatons qu'on appelle les « petits chats » est un des signes précurseurs du printemps.« Plus on connaît, plus on aime » a-t-on dit.Pour mieux aimer nos grands amis les arbres, désirons de les connaître davantage.Apprenons à mieux regarder toutes choses autour de nous, c'est une saine curiosité qui procure une grande joie, la joie que Pierre Termier, un grand géologue appelait, «la joie de connaître».Car- c'en est une que de chercher à percer les mystères dz la nature, les secrets de la terre et des eaux.Chacun peut éprouver en raccourci l'éblouissement qui inonde le chercheur lorsqu'il découvre une loi, un phénomène qui révolutionnera la science.Sachons nous procurer le bonheur facile et sûr « des découvertes ».Nos petites découvertes à nous sont bien ravissantes quelquefois.Valdombre et la Radio (Suite de la page 5) \u2014 Bravo ! Je ne doute pas que le récit du long martyre et de la mort de Donalda, cette belle fleur paysanne, victime de la cupidité infernale de Séraphin Poudrier, son mari, n'intéresse vivement le public canadien.Nous entendrons donc de nouveau ce parler si savoureux des paysans laurentiens, desquels vous avez une si profonde connaissance.\u2014 H faut vous dire que je connais des milliers de canadianismes.Il faut recueillir ces expressions de chez nous sur les lèvres mêmes des paysans, car nous n'avons pas de dictionnaire canadien.Il faut donc bzaucoup observer et surtout vivre à la campagne.Toujours.\u2014 Vous accomplissez là œuvre nationale, et nous devons une reconnaissance certaine, à vous et à vos émules, de nous conserver toutes ces riches expressions, lesquelles, autrement, seraient perdues pour la postérité! Avant de vous quitter je ne souhaite qu'une chose : qu'en dépit de toutes vos occupations, vous trouviez le temps d'écrire un livre sur la langue canadienne, avec toutes les expressions vivantes et pittoresques que vous avez recueillies . Acûr 1939 LA \u201cMAISON (Suite de donc autour d'elle pour voir à qui elle pourrait continuer à être le plus utile.C'est alors que le sort des étudiants des colonies britanniques à Londres attira son attention charitable ; elle pressentit leur isolement, s'apitoya \u2014 et fonda son club d'étudiants d'outre-mer.Il faut avoir vécu seul à Londres par un de ces hivers maussades et déprimants, dans ces horribles petites chambres de pension, qu'en argot on appelle si justement « diggs », pour apprécier la bienfaisante \u2018influence, d'un « home » où, qui que vous soyez, riche, pauvre, jeune, Veux, de la Nouvelle-Zélande, de l'Afrique-Sud, du Canada, vous êtes chaudement accueilli dans la grande famille de l'Empire, traité non pas en visiteur de passagz.mais en cousine ou cousin très rapproché et longuement attendu.Tous les jours de la semaine, sauf le samedi.lady Francis Ryder reçoit à l'heure du thé dans son « flat » de Cadogan Gardens, Sloane Square.Les étudiants des colonies connaissent aussi bien le chemin de ce « flat » que celui de leurs universités ou écoles respectives.Ils y viennent une fois par semaine, le jour qui leur convient le mieux.À quatre heures, quantités de tables garnies de choses appétissantes sont disposées dans le grand drawing room.À chacune préside une des hôtesses que s'adjoint lady Francis Ryder et à l'aide desquelles elle réussit à maintenir un contact surprenant avec cette multitude de jeunes gens qui viennent, arrivent, repartent et dont les noms doivent souvent sembler barbares aux oreilles anglaises.Ces hôtesses sont charmantes ; on les aime toutes, mais chacune pour une raison différente.L'une parce qu'elle obtient les invitations à déjeuner, a diner, les vacances a la campagne, l'autre parce qu'elle a toujours dans sa poche, des billets d- théâtre, de concert.Que voulez-vous?On garde longtemps sa mentalité dz petit.L'œuvre de lady Francis Ryder, comme on le voit.ne consiste pas seulement à grouper les étudiants chez elle.à leur ouvrir une salle de ping-pong ou de badmington, tout ça gratis.absolument gratis, et qui serait déjà plus que généreux, mais encore, grâce à une chaîne d'hôtesses dans la campagne, à leur procurer ici et là des séjours dont ils garderont longtemps le souvenir, car ce sera le plus souvent chez ce que la société anglaise compte de plus dis- DU CANADA\u201d la page 7) tingué, de plus affable et de plus hospitalier.Ces vacances dans les comtés de Devon, de Cornwall, de Monmouth, en Irlande, en Ecosse, so:t dans les charmants cottages, soit dans les manoirs du village, sont toute une édu- cat'on en soi.Bienheureux celui ou celle qui est parti avec sa petite valise, le cœur battant et quelque peu effrayé d'avoir à se présenter à un hôte absolument étranger, car alor il connaîtra la douceur d'une hospitalité extraordinaire, je dirais presque déconcertante.Beaucoup laissent ainsi derrière eux des amis pour la vie.Je me rappellerai toujours ce mot d'une hôtesse chez qui je passai deux semaines près de Bridgeport, sur la mer.Un jour, nous premenant en automobile, elle cessa de me détailler le paysage et me dit : « Tiens, j'y pense, vous êtes ma quatrième brebis cette annéc.- Nous roulions justement entre champs peuplés de moutons.Je crus naturellement qu\u2019elle voulait s\u2019amuser à mes dépens.Je riai avec elle, un peu.pas trop.Elle s'aperçut de mon étonnement.« Ah! mais, c'est vrai, vous ne pouvez pas savoir ; ce sont mes petites de lady Francis Ryder que j'appelle ainsi, My Lambs.» « Mais vous, quand vous partirez d'ici, » ajouta-t-elle, « vous passerez au rang des nièces.Les plus sages, les plus gentilles entrent dans la famille.» Et bonne tante, elle embrassa sa nouvelle nièce.Il n'est pas étonnant que le nom de lady Francis Ryder soit béni par tous ceux qui ont joui de pareilles vacances grâce à son intervention.Pour certains qui ont bénéficié d: tous les avantages du club, l'auteur même du mouvement, cependant, est restée une espèce de figure légenda'- re, un mythe ; car énormement occupée, ladv Francis n'est pas fréquemment visible, bien que sa générosité ne cesse pas pour cela de s'exercer Pour l'avoir vue une fois, cependant, on n'oublie pas de sitôt sa solide poignée de main, sa bonne e* forte carrure anglaise, ses mots si simples venant du cœur et traduisant l'amitié.L'esprit d'unité que règne entre ses protégés et aui contribnera si fortement à les retenir pour toujours attachés à l'Empire n'est pas près de faiblir tant cue persistera le souvenir de sa belle œuvre et de sa personnalité attirante.CONSEILS NETTOYAGE D'UN GLOBE OU D'UN VASE D'ALBÂTRE ÉGRATIGNÉ Frottez chaque égratignure avec le bout du pouce et une pâte faite d'oxyde d'étain ou de potée d'étain.Si les égratignures sont tenaces, employez de la térébenthine avec la potée d'étain.Lavez ensuite l'objet en question avec de l'eau tiède adoucie de borax.Rincez à l'eau froide mêlée de borax dans la proportion de deux onces par gallon d'eau, asséchez et brossez avec une brosse imprégnée de blanc d'Espagne.La lessive est une corvée fatigante ou coûteuse pour la ménagère ; il y a PRATIQUES de nos jours des moyens pratiques de la diminuer.La boîte à mouchoirs en papier cellulose, précieux pour les rhumes, est indispensable dans une chambre de bains, si vous ne voulez pas que vos essuie-mains soient tachés de rouge et de noir par vos invités.HUILE PARFUMÉE : Vous avez certainement l'occasion d'employer de l'huile, soit pour le massage du corps.soit pour le démaquillage.L'inconvénient est que, souvent, l'huile d'amandes, d'olive, de paraffine, ne sent pas bon; vous lui donnerez un délicieux parfum en y ajoutant quelques gouttes d'essence de lavande.57 AILLI TERMINER L'IDY JE CROYAIS QUE TU ALLAIS LUI DEMANDER SA MAIN CE SOIR.COMMENT?ELLE FAIT TOUT POUR M'EVITERI (ai TN: WY J M \\ ~ J'AI PRIS UN BAIN CE MATIN JE TE CONSEILLE DE PRENDRE UN BAIN AVANT DE SORTIR CE SOIR TU SAIS QUE JE SUIS TON MEILLEUR AMI, PUIS-JE TE DIRE QUELQUE CHOSE ?VAS-Y, MON VIEUX JACQUES, PRENDS-EN UN AU LIFEBUOY.SURTOUT PAR CES CHALEURS.SON EFFET RAFRAÎCHISSANT DURE \u2014 AUCUN SAVON ORDINAIRE N'ENRAYE L'*O.T.\" COMME LE LIFEBUOY POURQUOI COURIR DES : RISQUES?- = , Z | - COMME TOUT\u2014ET D'UNE PROPRETE IMMACULEE RIEN D'ÉTONNANT QU'IL BIEN VITE APRÈS - n PENSE: : CHANTE LES LOUANGES DU LIFEBUOY! JE ME SENS FRAIS ET DIRE QUE OCCUPERA LA BIENTÔT NOUS AURONS NOTRE CHEZ-NOUS PLACE D'HONNEURI PLUS JAMAIS JE NE RISQUERAI L'*\u201co.T.\u201d Maintenant, plus que jamais, cette protection contre l\"O.T.\u201d sx, est essentielle ES JOURNÉES ACCABLANTES! Des chaleurs suffocantes, écrasantes! Pourquoi vous sentir à bout?Pourquoi vous demander si vous blessez ou pas?Soyez sûr de vous! Une douche ou un bain au Lifebuoy chaque jour vous gardera frais comme tout \u2014 ultra propre! Car le Lifebuoy contient un ingrédient purifiant spécial qu\u2019aucun autre savon de toilette populaire n'a.Il est si rafraîchissant! Partout des millions aiment sa douce mousse abondante! Maintenant, plus que jamais, c\u2019est le moment de jouir du Lifebuoy! Essayez-le pour votre teint également; 1l le gardera clair et radieux! UN PRODUIT LEVER [ot (Odeur de Transpiration) Approuvé par le \u201cGood Housekeeping Bureau\u201d 58 EXCELLNT pous les éhidesmes tomdres L \"EPIDERME ravissant des bébés .aussi tendre et délicat qu\u2019un pétale.exige l'effet rafraichissant et purifiant du savon Baby's Own pour conserver sa beauté.Depuis des générations, les mères canadiennes ont recours à ce savon pur et fin pour conserver aux elles sont bébés cet héritage précieux : heureuses de payer quelques sous de plus pour obtenir cette protection qu\u2019il donne.Pour chasser les douleurs cuisantes de l'EXEMA personnes souffrant de cette maladie, après avoir essayé maints de nombreuses raitements, ont trouvé le soulagement dans un traitement de la TISANE des CHARTREUX de DURBON.base de plantes des Alpes Françaises, cette TISANE des CHARTREUX de DUR- BON tend à rendre à l'intestin son fonctionnement normal et à éliminer les toxines qui infectent le sang et à supprimer les malaises qui abattent notre énergie.Suivez donc sans tarder un traitement de cette préparation qui a bénéficié à tant d\u2019autres.Malgré.les désappointements que vous avez pu subir, ayez confiance et faites cet essai.TISANE des CHARTREUX de DURBON Votre pharmacien vous procurera cette préparation dont la renommée est répandue dans bien des pays.Demandez la TISANE des CHARTREUX de DURBON et insistez qu\u2019on vous donne la véritable.SUSSLURVUGUURUSDAON GS EE SW a Coupon d'abonnement LE SAMEDI Ci-inclus la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 8 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats- Onis : $5.00 pour 1 an.$2.50 pour 8 mois ou $1.25 pour 3 mois) d'abonnement au magazine LE SAMEDI.Nom _ _ Adresse Ville Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée 875, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada LE EE EE EE LE EEE EEE EE ray ca A la page 53, notre collaboratrice Mme Jules Fournier consacre un article à la Société des Ecrivains canadiens ui devait être illlustré de deux photos.es deux photos ayant été omises, nous les passons ici.Ci-dessus, Mme Germaine Guévremont, chef du secrétariat de la Société et journaliste très avantageusement connue.HISTOIRE DES PATRIOTES tome II par Gérard Filteau LE NATIONALISME CONTRE LE COLONIALISME Sans parti pris, soucieux d'exprimer des faits dont l'authenticité est reconnue, M.Filteau continue dans le tome II de son Histoire des Patriotes, le récit émouvant de l'épopée de 37.En lisant ces lignes qui décrivent, tout simplement, et font passer sous nos yeux les événements de cette époque orageuse, l'on envisage les causes avec plus de calme.On y retrouve les portraits aux caractères saillants de ceux qui ont combattu âprement pour leurs idées et leurs droits, pour leur idéal.Cette longue période d'agitation, d'émeutes, de rébellion y est relatée avec une sérénité étonnante.L'auteur nous convie, semble-t-il, à une exposition de tableaux racontant, dans leurs détails, les péripéties de ces luttes ardentes, soutenues par les « Patriotes », avec un courage et une énergie indomptables.Papineau, Viger, Morin, Duver- nay, Rodier, Perrault, tant d'autres qui pensent, agissent, vivent, et combien ardemment ! sous nos yeux.L'action de la presse ne fut pas la moindre dans ces manifestations, les deux partis, patriote et bureaucrate, usaient largement de leurs journaux respectifs, attaquant, déchirant, se défendant avec vigueur.L'auteur a su, dans sa calme impartialité, donner à son récit une verve et une allure pleines d'entrain.Chaque page, chaque ligne, fixe l'attention, éveille l'intérêt.Sans un instant de défaillance, M.Filteau nous dirige avec sûreté dans les milieux canadiens, français et anglais, de ces années mémorables.Il nous fait toucher du doigt l'enthousiasme des uns et l'angoisse des autres car, ne l'oublions pas, la cause canadienne- française ralliait les sympathies, non seulement chez les Américains et chez les Français, mais aussi celles du peuple anglais.Il ne faut pas croire que toute l'Angleterre désirait et demandait à grands cris l'asservissement des Canadiens français.Les injustices et les représailles que leur La Revue PopruLAIRE Littérature canadienne faisaient subir le despotisme et l'égoïsme d'un petit groupe, révoltaient les cœurs généreux et les esprits droits, à quelque milieu ou à quelque pays qu'ils appartinssent, Voilà ce que l'historien nous démontre clairement sans vouloir excuser ou amoindrir les torts des coupables.M.Filteau a donné à son récit, une ampleur, une précision et, disons-le, une chaleur remarquable.En vente chez l'éditeur : la Librairie d'Action Canadienne-Française, Ltée, 1206 est, rue Craig, Montréal.Prix : $1.00.L'AvENIR DE NOTRE BOURGEOISIE par MM.Minville, Barbeau & Groulx La bourgeoisie a, de tous temps, rempli un rôle d'une très grande importance dans tous les pays qui ont rayonné sur le monde.Mais il importe, cela va de soi, qu'elle ait conscience de ses responsabilités.Aussi est-ce un geste très significatif que celui des futurs bourgeois de la Jeunesse Indépendante Catholique qui ont demandé des directives à trois de nos chefs de file : Monsieur Esdras Minville, directeur de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, M.Victor Barbeau, président de la Société des Ecrivains, et Monsieur l'abbé Lionel Groulx, l'historien national.On sait quel retentissement ont obtenu les séances du Congrès de la J.LC.au Plateau, en février dernier.M.Minville a voulu étudier le problème de la bourgeoisie devant I'économique.Puisque son rôle en est un de direction, la bourgeoisie a d'abord le devoir de se renseigner sur l'économie nationale, afin de la développer suivant un plan logique et coordonné.Le laisser-aller, l'improvisation peuvent avoir sur le plan social de profondes et douloureuses réper- cusions.II importe donc a nos bourgeois d'envisager l'avenir en équilibrant leurs efforts pour que le commerce, l'industrie, l\u2019agriculture concourent harmonieusement à faire en sorte que notre province soit riche et prospère.Cela ne saurait être sans l'utilisation rationnelle des ressources de la science et sans la compréhension parfaite de nos aspirations et de nos aptitudes, puisque nous ne saurions réussir par une imitation servile des méthodes étrangères.M.Victor Barbeau examine les causes de notre infériorité intellectuelle et montre le rôle essentiel de l'éducateur à qui reviendra le soin de vivifier notre culture par une éducation mieux adaptée à nos besoins.Lorsque la bourgeoisie aura bien conscience de ses devoirs culturels, lorsqu'un climat favorable aura aidé à l'éclosion d'une littérature nationale et d\u2019un art national, c'est seulement là que nous pourrons espérer voir le Canada français sur la carte du monde.Car devant un peuple trop enclin à ne tenir compte que des valeurs matérielles, M.Barbeau a cru bon de rappeler que «la matiére est une base trop fragile pour vouloir y asseoir les nations.» M.l'abbé Lionel Groulx apporte les conclusions du Congrès en envisageant le problème national, dans ses rapports avec la bourgeoisie.Il sait qu'en dépit des snobs, des défaitistes, des indifférents, notre peuple possède assez de forces pour remonter le courant.Sans doute la bourgeoisie est asservie par les liens économiques qui l'attachent à l'étranger ; sans doute est-elle prisonnière des partis, mais M.Groulx affirme, que si pénible que soit la situation, elle justifie cependant la confiance en l'avenir.Il faut donc féliciter la Jeunesse Indépendante Catholique d'avoir eu l'heureuse idée de conserver pour le public ces textes importants, qui répandront partout les bienfaisants enseignements du Congrès et contribueront à parfaire la tâche de rénovation totale qu'elle a amorcée.L'Avenir de la Bourgeoisie, par MM.Esdras Minville, Victor Barbeau et M.l'abbé Lionel Groulx, se trouve en vente aux Editions Bernard Valiquette.4371, rue Saint-André, Montréal, aux Editions de l'ACF, 1206 est, rue Craig, Montréal, ainsi qu'à l'ACJC et dans les librairies bien assorties.Prix 75ç l'unité.LE SPECTRE DE LA TUBERCULOSE par le Dr Paul Dufaut La province de Québec détient un bien triste record : la plus haute mortalité par la tuberculose de tout le Canada.Quand on réfléchit que la terrible maladie tue trois mille pez- sonnes par année, on a vite fait d'approuver la campagne que le gouvernement provincial mène en ce moment contre la tuberculose, après avoir mis sur pied un comité de défense antituberculeuse.Cette campagne a inspiré au Dr Paul Dufaut, chef du service médical Mre FRANCOISE GAUDET-SMET, secrétaire du comité de la Société des Ecrivains canadiens et directrice de Paysana.\u2014 (Photo Harvey Rivard, Trois-Rivières.) du Rutland State Sanatorium, un livre intitulé Le Spectre de la Tuberculose, œuvre de vulgarisation scientifique et médicale destinée à éclairer la population sur le terrible mal qui décime nos familles.Ce livre présente d'abord l'historique de la terrible phtisie, dit ce qu'elle est et en indique les symptdmes, s'at- Aoûr 1939 59 GENEVOIX ET RINGUET.Un romancier du terroir français et un romancier du terroir canadien se retrouvèrent dernièrement devant un micro de Radio-Canada, ou poste CBF de Mortréal.C'est là que les surprit le photographe de La Revue Populaire.À gauche, Maurice Genevoix, le grand écrivain françois, qui fit dernièrement une randonnée de 2.000 rrilles dans la province de Québec, accompagné de M.l'abbé Albert Tessier, et parcourut ensuite le Canada tout entier.Lors de son passage à Montréal, M.Maurice Genevoix à prononcé plusieurs conférences, à la Société des Ecrivains canadiens, à l'Alliance Française, à la radio, etc.tarde aux traitements actifs et passifs qui s'y appliquent, insiste sur la nécessité du sanatorium pour sa guérison, possible dans la plupart des cas, et non pas impossible comme on le croit dans de trop nombreux milieux.Un chapitre particulièrement vigoureux met en garde contre les charlatans de tout acabit qui se dressent au côté de la profession médicale et prétendent guérir la maladie avec des remèdes de bonne femme.Le Dr Dufaut connaît, pour cause, le sujet traité de son livre est appelé à jeter de fortes lumières sur un sujet resté assez mystérieux jusqu'ici dans les familles même qui lui doivent tant de pertes.Plusieurs illustrations éclairent le texte et aident à le comprendre mieux.Le Spectre de la Tuberculose par le Dr Paul Dufaut, se trouve en vente chez le dépositaire général, les Editions Bernard Valiquette, 4371, rue St-André, Montréal, et dans toutes les librairies, au prix de $1.00 l'unité.e Les Sweet Caps ont pour but de vous aider à passer le temps plaisamment.C\u2019est le mélange soigneux de plusieurs types de feuilles virginiennes de choix, vieillies et mûries par le temps, qui les rend odorantes et douces comme une paisible journée au grand air \u2014 les cigarettes favorites du Canada.\u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\u201d.TTT a Distillé et emboutelllé au Canada sous la surveillance directe de JOHN de KUYPER & SON, Distillateurs, Rotterdaw, Hollande.MAISON FONDÉE EN 1695 FLACON ÉCONOMIQUE CON POUR i MAISON 10 onces 26 onces 40 onces 90c $2.00 $2.80 Le vrai goût de Hollande a toujours distingué ce vieux gin bienfaisant et les vrais Canadiens l\u2018ont toujours préféré depuis plus de cent ans! NE MANQUEZ PAS D'ACHETER LE FILM Magazine de cinéma, qui en plus renferme un roman complet.La Société des Ecrivains canadiens a aussi reçu, \u2014 ce qui est rare chez nous, \u2014 Un écrivain de l'Amérique du Sud, M.Enrique Amorim, romancier, conteur, poète et journaliste argentin.Un de ses livres vient d'être traduit en français, sous le titre de Présentation de Buenos-Aires.Cette photo a été prise par le photographe de La Revue Populaire chez M.Victor Barbeau, président de la Société des Ecrivains canadiens.En vente partout 10 cents LONGINES Ce Quand J faut 3 SN.LU FT ptés par tout TT CA officie vo v t les Montres \u2018 Lu grandes campagni pr cuite PRE TE ETS pe en quête de A grind RS PE) eHes choisissent Lbngines.Deputs 4 pri tout wilssievrs of dames a'la recheiche d\u2019 ntre perfectionnée, ont EERE ON $35 jguau's ER les tres Longinepsont vente chez les bijoutiers autorisés \u2018par Longines Ecrivez rent\u201d qe 1 A LULILIS co LUI w | Baule + La RevuEr PopuULAIRE Les Conseils Pratiques de Francine T'ACHES DE PEINTURE À L'HUILE SUR LES VÊTEMENTS : Elles s'enlèvent : assez facilement quand elles sont fraiches.On emploie a cet effet: la benzine, l'essence de térébenthine, le tétrachlorure de carbone, l'acétate d'anyle, etc.Si les taches sont anciennes, il est beaucoup plus difficile de les enlever.Les recouvrir de saindoux, laisser en contact toute une journée, puis les frotter et les imprégner d'essence de térébenthine.Pour RECONNAÎTRE LA QUALITÉ DU CHOCOLAT : Beaucoup de consommateurs, après avoir constaté que le chocolat est d'aspect dur, lisse, sans trous, que sa cassure est nette, pensent être certains de la pureté dudit chocolat.Il y a mieux et l'on peut s'assurer de cette pureté en faisant tomber sur une pelle rougie une pincée de chocolat râpé ; si des cendres rougeâtres s'exhale une odeur balsamique, c'est que le chocolat contient de loxyde de fer et est de qualité douteuse ; par contre, cette qualité est de premier ordre lorsque les cendres sont jaunâtres ou blanchâtres.L'emploi de la teinture d'iode sert également à dépister les falsifications du chocolat : délayez une tablette de chocolat fondue dans une peinte d'eau que vous filtrez et à laquelle vous ajoutez une cuillerée à café de teinture l'idole.L'eau devient-elle bleuâtre ou violacée ?Elle contient de la fécule.Demeure-t-elle vert clair ?Le chocolat n'est point falsifié.UNE NOUVELLE BLOUSE : Une de mes amies avait une blouse de gros tulle, ornée d'un jabot devant.Elle était lasse de la porter ainsi.Je lui ai conseillé de supprimer le jabot et de garnir le devant de velours \u2018étroits ou de biais de satin posés en forme de plastron.Au bas des manches, quatre petites bandes formant des nœuds rappellent ce plastron.Petit nœud également à l'encolure.Pour LE sOIR : Le marabout, si longtemps oublié, a réapparu : on en fait de charmantes petites vestes, et j'ai même remarqué un long manteau de marabout blanc.Une touffe de cyclamens fermait à la taille.C'est une parure d'une extrême féminité, douillette et légère à la fois, et qui se fait dans les coloris les plus délicats CASSEROLES : Quelles ménagères ne se sont désolées de voir leurs casseroles marquées par une couche de calcaire, qui ne peut s'enlever par les moyens du nettoyage habituels ?Pourtant, rien de plus simple.Passez ces casserolles ou bouilloires à l'eau vinaigrée.Laissez le vinaigre travailler pendant deux jours ; ensuite, les morceaux se détacheront d'eux- mêmes.Une belle batterie de cuisine, aux ustensiles impeccables de netteté, quoique usagés, fait toujours l'orgueil d'une bonne ménagère, orgueil qui lui coûte parfois beaucoup de travail.Mais il arrive qu'on laisse brûler une soupe, un ragoût, une purée.Le mal sera réparable si, dès que vous décelez l'odeur et le goût du brûlé, vous plongez dans l'eau froide le récipient où vous faites cuire le plat.Si le mal est trop avancé, videz délicatement votre casserole, et ne la nettoyez pas a l'eau de cristaux.Employez un gros sel de cuisine.Laissez le sel et l'eau travailler pendant trois à quatre jours.puis mettez à feu doux.Le malheur sera réparé.LA CROISSANCE : Une des époques de la vie particulièrement pénibles à traverser est celle de l'adolescence.On voit alors des jeunes gens et des jeunes fille, jusque-là bien portants, se plaindre de maux de tête.de névralgies, d'essouflement.Ils manquent d'appétit, répugnent à tout effort physique ou intellectuel.Le teint est pâle, le caractère chagrin.Le médecin, consulté, ne relève cependant aucune maladie grave.Il y a simplement anémie.Il faut du repos, la vie au grand air, quelques médicaments à base de fer et d'arsenic, une alimentation riche en sucre et viande; mais cette dernière provoque souvent le dégoût du malade.On se rabattra sur les féculents et farines qui s'accommodent facilement au sucre.Comme en d'autres cas, il faut considérer ici le sucre comme un véritable médicament, autant par son pouvoir nutritif que par sa facile assimilation.Bientôt alors les symptômes d'anémie disparaîtront.La vie normale reprendra son cours.Carké : Vous n'ignorez pas que l'ébullition modifie désagréablement le goût du café.S'il vous arrive de laisser bouillir par inadvertance le précieux liquide, ne désespérez pas.Retirez-le du feu tout bouillant encore, et ajoutez-y aussitôt un peu d'eau froide.Votre café reprendra son goût primitif.Ne vous plaignez- vous jamais que le filtre servant à faire votre café laisse passer tron vite l'eau versée sur la poudre, et risque ainsi de ne vous donner qu'un résultat médiocre ?Un remède bien simple est à votre portée : sur le café moulu et mis dans le filtre, versez un peu d'eau froide, et ne commencez à passer l'eau bouillante que lorsque l'eau froide aura imbibé toute la poudre.UN JOLI MENTON : Pour éviter le double menton, rejetez la tête en arrière le plus loin possible ; ensuite, ouvrez et fermez la bouche aussi vite que vous le pourrez.C'est un peu fatigant, mais très efficace.Cet exercice, vous le constaterez en le pratiquant, est très bon pour conserver votre poitrine ferme.JOURNÉE EN PLEIN AIR : Vous avez, après une journée passée en plein air, la peau rou- PR ge et sensible : Hy faites infuser une poignée d'aiguil- ; les de pin et une pomme de vin dans une pinte d'eau bouillante.Penchez votre vi- Lan! N sagz environ cinq | \\ AN minutes au-dessus +; aN - d'un bassin contenant cette infusion, en vous couvrant la tête d'une grande serviette pour concentrer la vapeur.Cette précaution vous permettra d'affronter les intempéries.RÉVEILLEZ VOS JAMBES : Pensez à ne jamais sortir de votre lit sans avoir rejeté les couvertures brusquement et courageusement d'un mouvement des deux pieds.Puis élevez ces deux pieds en l'air et secouez-les en faisant légèrement trembloter la jambe.POUR RENDRE INOFFENSIF L'EMPLOI DU CHLORE DANS LE BLANCHISSAGE : Cet emploi trop fréquent, hélas! a pour principaux inconvénients une persistante et désagréable odeur et une action nocive sur le linge ; aussi est-il indispensable de débarrasser les fibres du tissu de ce produit caustique en rinçant la pièce dans de l'eau, puis en la trempant dans de l'eau additionnée d'ammoniaque.Pour OBTENIR DU CELERI BLANC : Le plonger, avant cuisson, pendant trois heures, dans de l'eau fortement vinaigrée.e Pour LA PLUIE : Dans la poche de de votre manteau de pluie, vous pouvez toujours avoir, cela tient si peu de place, un de ces amusants petits capuchons de soie huilée que l'on offre à notre coquietterie depuis \u201ceu, emboi- tant parfaitement la tête, se posant sur les cheveux ou sur le chapeau, se nouant sous le cou, ils luttent, par leur coloris brillant, contre la tristesse de la pluie.UNE JOLIE voIX : Qu'y a-t-il de plus laid qu'une voix éraillée ?Pour les hommes et encore beaucoup plus pour les femmes, cette calamité enlève tout le charme que peut avoir la conversation, sans compter la fatigue et la souffrance que peut provoquer le mauvais état des cordes vocales.Les gargarismes ne suffisent pas toujours.Il est un procédé, à la portée de tout le monde, qui consiste à boire, matin et soir, une ou deux cuillerées de sirop de sucre qui passent sur les cordes vocales au moment de la déglutition.Le sucre, en effet, ainsi qu'il est bien connu, est un remarquable désinfectant et un adoucissant.Il peut vous aider à avoir une jolie voix.«Dessins de Rachel Julien.) ' Aoar 1939 JEUNES FILLES QU'ON EPOUSE Je crois qu'il faut d'abord prendre pour acquit que les \u2019 coups dz foudre de l'amour .sont de plus ; en plus rares.SF; sans doute à | WY \\ cause de la ca- oD .maraderie qui règne entre les { deux sexes et a de toutes les facilités qu'ils ont de se fréquenter.Quand, par hasard, quelque romantique attardé ressent ce choc foudroyant, cela ne l tire pas à conséquence et la flambée * de son bel enthousiasme ne tarde pas | à s'éteindre avec les lustres des premiers bals.Les fiançailles et les mariages que nous annoncent quotidiennement les journaux sont donc plus.souvent la conclusion d\u2019une fervente amitié que d'un emballement soudain et irraison- } né, et je pense que c'est là la meilleure garantie d'un bonheur durable.Quand un jeune étudiant a papillonné pendant une couple d'années.aux frais de son papa, autour des demoiselles de la société, il éprouve le désir de faire un choix et de restreindre le nombre de ses relations.Il est non seulement lassé par la banalité de certaines réceptions, mais il maugrée à cause du temps et de l'argent qu'elles exigent.On peut supposer que dans l'intervalle il a été reçu ingénieur ou avocat, qu'il fait parti d'une grande compagnie ou d'un bureau légal.Fini de se lever tard et de recevoir son argent de poche sans avoir à le gagner.Maintenant chaque heure a son prix, chaque dollar sa valeur précise.C'est alors que, le plus souvent à son insu, le jeune homme se dirige vers les jeunes filles susceptibles de lui être utiles.Ne vous récriez pas, chères lectrices, je pense comme vous que nos compatriotes sont parfaitement désintéressés et que c'est avant tout l'amour qu'ils recherchent dans le mariage.Ils ne se marieront pas sans amour, c'est entendu.Mais, ils épouseront des jeunes filles auxquelles ils se seront attachés peu à peu parce qu'ils les auront souvent rencontrées, tandis qu'ils en auront instinctivement mis d'dutres de côté.Nous en arrivons maintenant à rechercher les principaux motifs de cette sélection.Quelques-uns sont négatifs, d'autres positifs.Il est à peu près certain que les jeunes gens modernes, devenus à cause de la difficulté à se créer une situation, non pas intéressés, mais pratiques tiendront à distance les jeunes filles trop gâtées, aux goûts extravagants, ou qui ne savent rien faire de leurs dix doigts.Il arrive, d'ailleurs, que cette appréciation soit erronée.Beaucoup de jeunes filles gaspillent parce qu'on ne les a pas habituées à équilibrer un budget.Quand elles tiendront elles-mêmes les cordons de la bourse, il est fort possible qu'elles ne les desserrent pas facilement.Par contre, les candidats au mariage se rapprocheront tout naturellement des jeunes filles dont le père exerce la même profession qu'eux et peut à l'occasion leur donner une recommandation ou même leur fournir un emploi.Ils ne seront pas non plus indifférents aux relations d'affaires que peut leur procurer le milieu social dans lequel vit telle ou telle jeune fille.Encore une fois, ce serait du H - a pharisaisme de notre part que de les condamner.Chacun de nous, quand ii examine loyalement se conscience, ne s'aperçoit-il pas que les motifs les plus divers et les plus mêlés sont le point de départ des meilleurs de ses actes ?Si les jeunes gens d'aujour- d'hui raisonnent tant c'est qu'il se marient plus tard que leurs aînés et que, la plupart du temps, ils ne peuvent le faire sans l'aide de leurs parents.Il est donc naturel que cet appui ils le cherchent aussi en partie dans la famille de leur fiancée et, Jusqu'à un certain point, chez cette dernière.Voila pourquoi ils souhaitent qu'elle soit jolie, élégante, soignée dans sa mise.C'est-à-dire qu'elle doit pouvoir mettre en valeur les toilettes les plus simples et être assez ingénieuse pour les faire durer en les transformant.Elle doit savoir tenir maison et recevoir sans pour cela s'endetter, et aussi coudre, repriser, cuisiner.Mais il faut aussi qu'elle sache causer avec tact et intelligence, même avec les personnes qu'elle rencontre pour la première fois.Et voici qui nous conduit insensiblement au chapitre des devoirs.Ftre une maman pleine de tendresse et de sollicitude ne doit pas empêcher d'être une bonne épouse.Je sais qu'il est parfois tentant de prétexter que les enfants ont besoin de nous pour se dispenser d'accompagner son mari dans quelque visite ennuyeuse ou à un spectacle dont on n'a pas envie.Les enfants sont si gentils, si caressants, et le mari si souvent d'humeur maussade.Il faut le suivre, pourtant.Il a besoin de votre compagnie.Savez- vous ce qui est plus nécessaire au mari moderne ?Une associée.Bien entendu, il est trop orgueilleux pour l'admettre.Comme elle semble loin l'époque de nos grand'mères, alors que la pius grande qualité requise d'une femme était l'obéissance passive et un peu bornée.À nos mères, on a accordé plus d'initiative personnelle dans la direction de la maison, à condition d'en sortir le moins possible.La femme d'aujourd'hui jouit d'une liberté que sa grand'mère et sa mère n'ont jamais rêvée.Elle aurait tort dz conclure que ses obligations envers son mari en sont le moins du monde diminuées.Elles sont transposées, voilà tout.Il est assez difficile d'entrer dans des précisions.Disons, d'une manière générale, que la conduite d'une bonne épouse lui sera dictée par sa générosité naturelle guidée de gros bon sens.Il faut avant tout qu'elle sache s'oublier complètement pour ne penser qu'à son mari.Il est souvent absent durant de lpn- gues heures.Sa pensée doit alors le suivre pendant son travail, chercher à deviner ses occupations sans toutefois les interrompre.Pas de lamentations, surtout.Ne téléphonez pas pour dire que le plombier n'est pas venu ou que bébé a été désobéissant.Et quand, fatigué de sa journée, votre mari rentre à la maison.ne l'accueillez pas en lui annonçant une mauvaise nouvelle, en lui racontant vos petits ennuis domestiques, ou en réclamant de l'argent avec insistance.Laissez-le d'abord dîner tranquille.Puis, dites-vous qu'il y a une cause à ce front soucieux et ayez à cœur de le dérider.Vous ne pouvez savoir jusqu'à quel point il peut être pénible d'obéir à un chef arrogant ou d'avoir sous \u2018ses ordres des subalternes négligents qui semblent prendre plaisir à annuler vos efforts.61 Pour Savoir Nager par Lucien Pilon Maître nageur et moniteur de culture physique au gymnase de Notre-Dame-de-Grâce.La nage de côté La nage dit \"\u2019 en chien \u2018' est le plus naturelle, celle qui vient instinctivement dès que l'on tente de se mouvoir dans l'eau.La nage de côté s'apprend assez rapidement, bien qu'elle exic> un synchronisme plus parfait qu'avec la nage '' en chien ''.Certaines personnes nagent plus aisément sur le côté droit ; d'autres sur le côté gauche.Dans un ces comme dans l'autre, les mouvements sont identiques.L'idéal est évidemment de pouvoir nager sur les deux côtés, pour éviter la fatigue et la monutonie.Pour cette leçon, prenons la nage sur le côté gauche.Les pieds font le geste de repousssr l'eau, la jambe supérieure \u2014 dans ce cas-ci la jambe droite \u2014 allant naturellement plus loin que l'autre.La main gauche \u2014 les doigts bien accolés \u2014 \"' va chercher \"\" l'eau le plus loin possible et, le bras restant tendu, elle descend vers le fond pour aider le corps à bien fletter tout en facilifant l'avancement.Quant av bras droit, il reste courbé et le plus près du corps possible.Pendant que vous allongez le bras gouche en avant, la main droite repousse l'eau en longeant la poitrine et les jambes donnent leur poussée vers l'arrière.Il s\u2019acÿt de synchroniser les mouvements de façon à ce que le corps ne cesse jamais d'avancer : bras droit et jambes travaillent simultanément et ils reviennent en position pendant que la main gauche opère son double mouvement de descente et de halage.(Photos La Revue Populaire) \u20ac2 La REvuE POPULAIRE L'ARTISANAT À L'ILE SAINTE-HELENE par FRANCINE C HÈRE île Sainte-Hélène ! si vivante il y a quarante ans, alors qu'elle était le lieu d'amusement des petits Montréalais, et qu'on avait un peu abandonnée depuis.Nos parents nous expliquaient qu'elle doit son nom à Hélène Boullé, la toute jeune épouse de Champlain.Sans oser les contredire ouvertement, nous pensions qu'ils se trompaient et cherchions, en dépit du bon sens et des enseignements de l'histoire, à rapprocher la destinée de cette île et celle de Napoléon.On s\u2019y rendait de bonne heure le matin, en portant force provisions et parfois un hamac.Une pleine journée n'était pas trop pour explorer ce domaine qui nous paraissait immense.Les paniers et les paquets déposés, c'était une course folle à travers des sentiers où l'on avait l'espoir de s'égarer, mais qui finissaient toujours par nous ramener à notre mère, gardienne vigilante des victuailles déposées sur la table de pique-nique.Flle n'avait pas seulement à les protéger contre l'indiscrétion des passants, mais plus encore contre l'appétit des enfants qui, dès onze heures, se déclaraient prêts à dîner.Pour les plus jeunes, l'événement de la journée était d'enfourcher, au son d'une musique entraînante les chevaux de bois du carrousel.Seuls, les aînés avaient la permission de se baigner.À certains jours, il y avait des concours de natation.Les vainqueurs recevaient des prix pas toujours appropriés.Je me souviens d'un garçonnet d'une douzaine d'années qui revint triomphalement chez lui avec une bouteille de parfum en verre taille.Il installa le précieux trophée sur la commode de sa chambre, contrairement à ce que ferait un enfant de nos jours qui n'aurait rien de plus pressé que de la vendre à sa maman.Si les organisateurs des concours d'autrefois avaient eu sous les \u201ceux les objets variés et artistiques que nous présentait à l'île Sainte-Hélène, en juin dernier, l'artisanat canadien, leurs récompenses auraient été mieux choisies, bien que ce choix eût été certainement fort embarrassant.C'est dix-huit kiosques, en effet, qu'il leur aurait fallu parcourir avant de prendre une décision.Ces kiosques sont abrités dans les anciennes casernes récemment restaurées.Une foule nombreuse s'y presse et ne cesse de grossir d'instant en instant.Un temps lourd, précurseur d'un orage qui ne devait pas tarder à se déclarer, nous oppresse.Je vais quand même essayer de rapporter de mon mieux ce que j'ai vu durant cette trop courte visite.Mon intention, en le faisant, est de n'oublier personne, mais une omission est toujours possible, et je prie à l'avance ceux qui en seraient victimes de me la pardonner.Les établissements les plus rapprochés de la porte d'entrée sont tenus ar MM.Hutchison et Clochard.ans cette Maîtrise d'Art on fabrique de la poterie et de la céramique.Vient ensuite l'Ecole des Arts domestiques de la Province qui expose des lainages tissés au métier, de la laine filée au rouet, des tapis crochetés, un tissu garni d'un point boutonné exécuté à l'aide de grosses aiguilles d'acier et dont la démonstration, nouvelle pour moi, me paraît intéressante.À l'étalage de la Reliure d'Art on expose des travaux provenant de L'Ecole Technique, de l'Université McGill et de l'atelier de M.Philippe Beaudoin.Les Rouets qui chantent se spécialisent dans les costumes de sport tandis que leur voisine, Mille Karen Bülow, nous présente surtout des draperies, des écharpes et des cravates.M.Eugène Leclerc de Saint- Jean-Port-Joli et M.Denis ont fabriqué des merveilles de bateaux : goélettes et baleiniers.L'Ecole du Meuble, sous la direction de M.Jean- Marie Gauvreau, expose des statues en bois sculpté et des plateaux de bois avec incrustations.MM.Bour- geault et M.Allary sculptent des types de paysans et des animaux.Les élèves de l'Ecole de Sainte-Made- leine exécutent au crochet-chiffon des pièces murales, font des travaux de tissage, des tapis.Les Arts Féminins, dont la directrice est Mile Léonie La- plante, se spécialisent dans le tissage de la laine et du lin.On voit à leur comptoir des pièces de tissus, des écharpes, des cravates, des sacs à ouvrages en tissus de laine, ainsi que des nappes, des serviettes et des coussins en toile.Mlle Matte de Saint- Basile est l'auteur de nombreux portraits peints à l'aiguille, en lin ou en soie.La Canadian Handicraft expose surtout des lainages, des couvre- pieds piqués et de la catalogne.Un magnifique lapin angora vivant nous rappelle la provenance de la laine la plus douce et la plus souple qui soit.Les Tricots de Fanchette Lambert méritent certainement une place d'honneur à cause de l'originalité des modèles choisis et du soin minutieux apporté à leur exécution.On admire à cet étalage des costumes en tricot, des chandails, des écharpes, des sacs à ouvrages, de petits vêtements d'enfants.Les travaux d'art exécutés par Mlle Marguerite Lemieux et Berthe Prévost ont une certaine similitude.Ce sont des objets en cuivre ou en étain : plaquettes décoratives, vases, assiettes, coffrets, appuis-livres, boîtes de cigarettes, bijoux de fantaisie; en cuir: buvards, sacoches, sous- mains, liseuses, ceintures.Chez Mlle Lemieux, cependant, je remarque aussi des bois pyrogravés tandis qu'à l'étalage de Mlle Prévost je vois des dessous de théières et des plaquettes en plâtre émaillé.J'y admire aussi plus particulièrement une.station du Chemin de la Croix en cuivre repoussé et une magnifque lampe dont le pied en bois est incrusté de feuilles d'érable en cuivre.À l'atelier des Frères Lebrun et à celui de M.Gilles Beaugrand on voit de la ferronnerie et de l'orfèvrerie d'art : lampes, guéridons, et le reste.M.G.Lamartine est un décorateur qui se spécialise en décoration murale, laque de Chine, peinture et sculpture sur bois.Enfin, je ne voudrais pas terminer cette longue énumération sans mentionner les photos d'art qui décorent les murs des casernes et dont la plupart sont signées : T'avi, pseudonyme, m'assure-t-on, de l'abbé Aibert Tessier, supérieur du séminaire de Trois-Rivières.Mais le temps devient de plus en plus sombre et je ne puis que jeter un coup d'œil sur les deux restaurants: A la Bonne Franquette et la Vieille Marmite.Ce dernier, pourtant, avec ses deux immenses cheminées où flambent de beaux feux, ses petites tables aux nappes rouges et blanches, semble fort invitant.\u201cLA BONNE CHANSON \u201c\u201d par L'ABBE CHARLES-EMILE GADBOIS du Séminaire de Saint-Hyacinthe SON ORIGINE Q UELQUE temps avant le Congrès de la Langue française de Québec, en juin 1937, Mgr Camille Roy donnait au Séminaire de St-Hyacin- the une conférence sur l'esprit français.«L'un des meilleurs moyens, disait-il, de conserver et de cultiver l'esprit français dans notre pays, c'est de chanter, de faire chanter le plus possible nos belles chansons canadiennes et françaises.» Au sortir de la conférence, il me dit: « Vous devriez faire quelque chose pour propager nos belles chansons ; vous feriez là une œuvre magnifique.» Je lui promis de faire mon possible.SON BUT Mon but, c'était de moraliser la chanson en fournissant à nos jeunes un répertoire de chansons qu'ils aiment et qu'il n'ont pas honte de chanter devant leurs parents ou devant une personne distinguée et respectable.C'est un fait: nos enfants aiment a chanter, et il est grand temps de leur fournir un beau et bon répertoire ; sinon, c'est la Radio qui se chargera de leur fausser le goût (pour n'en pas dire davantage) en leur enseignant les chansonnettes de cafés-concert, de cabarets ou de lieux moins recommandables, chansonnettes qui ne manqueront pas d'avoir de très mauvais effets sur notre jeunese et finiront par fausser sa mentalité, C'est donc avant tout dans une idée d'apostolat que je commençai, au mois de novembre 1937, à imprimer quelques chansons, les plus connues, en commençant par O Canada.LES DÉVELOPPEMENTS Les premières chansons étaient destinées aux seuls élèves du Séminaire.Elles furent bientôt demandées dans les écoles de la ville, puis dans tout le diocèse de St-Hyacinthe, et au commencement de mars 1938, toutes les institutions d'enseignement de la Province de Québec connaissaient «La Bonne Chanson ».L'entreprise avait commencé bien modestement : un miméographe mû à la main, dans un petit coin de ma chambre.La machinerie et les locaux ont dû être changés plusieurs fois, pour satisfaire aux demandes.Au- jourd'hui, «La Bonne Chanson » possède un équipement photo-litho- graphique moderne et occupe une partie du sous-sol de la chapelle du Séminaire, soit 20 pieds de largeur par 110 de longueur, comprenant 5 pièces : bureau, atelier, chambre photographique, chambre noire et magasin.Sans être à l\u2019étroit, il n'y a aucun recoin qui ne soit utilisé.L'œuvre n'a pas encore deux ans d'existence.A date, au-delà d'un millions et demi de chansons ont été imprimées ; 25,000 personnes se sont procuré un albunm de « La Bonne Chanson ».Les commandes viennent d'Halifax aux Rocheuses, et de la Nouvelle-Angleterre à la Louisiane.Le développement si rapide de cette œuvre indique bien qu'elle répond à un réel besoin.Il n'y a qu'à lire les témoignages d'appréciation des supérieurs et directeurs des maisons d'enseignement pour s'en convaincre.Les élèves attendent toujours avec grande hâte les nouvelles chansons.e répertoire des écoliers s'agrandit et l'enseignement du chant en est bien facilité.C'est pourquoi « La Bonne Chanson » fut approuvée et recommandée par le Comité catholique du Conseil de l'Instruction publique de la Province de Québec, en octobre 1938.De très hautes personnalités du monde religieux, intellectuel et musical n'ont pas manqué de donner à «La Bonne chanson » de très flatteurs témoignages d'appréciation.Le directeur de la Société Radio-Canada M.Augustin Frigon, y a trouvé matière à un intéressant programme radiophonique, et c'est à sa demande que nous avons organisé, de concert avec Radio-Canada, le « Quart d'Heure de la Bonne Chanson », une émission qui passe tous les jeudis soir.à 7.45 heures.«La Bonne Chanson » comprend actuellement 100 chansons choisies avec soin, parmi les plus belles de tout le répertoire canadien et français.Chaque chanson est ornée d'un titre illustré, fait à la main, de façon tout à fait artistique et attrayante.Ceux qui aiment à chanter peuvent difficilement se passer de la « Bonne Chanson ».$525 à gagner Le plus grand concours de photographie qu\u2019ait jamais lancé une publication canadienne.Un concours à la portée de tous nos lecteurs et lectrices.Lisez-en les règlements à la page 4 du présent numéro. Les beaux instantanés N'acceptez rien d'autre que le film dont la boîte porte la marque déposée KODAK.FAIT AU CANADA Pourquoi le Film VERICHROME?Il existe un genre de Film Kodak pour chaque genre de photos, depuis le film sur lequel la plupart des vues animées d\u2019Hollywood sont prises jusqu\u2019à la petite bobine dont on charge un Brownie.Si vous êtes Un amaleur, ayant un appareil ordinaire, le Film Verichrome Kodak vous assurera tout le temps les meilleurs résultats.Il atténue les petites erreurs de pose.11 fait un travail excellent, méme quand le temps n\u2019est pas propice.Grâce à lui, tout appareil devient un meilleur appareil, Demandez le\u201cFilm Verichrome\u201d par son nom.sont faits sur le FILM KODAK UX YEUX DE BEBE, songez a ce qu'un animal quelconque peut inspirer de mystère et de crainte \u2014 même les animaux favoris de la famille.En réalité\u2014pour un bébé, toute la vie n\u2019est que surprises et aventures.Croquez un bébé n'importe quand, n'importe où \u2014 et vous êtes presque certain de prendre une scène dramatique.Aujourd\u2019hui, dans tout le pays\u2014les parents prennent de merveilleuses photos de leurs enfants, en chargeant simplement leurs caméras avec le Film Kodak, puis en visant et en croquant toutes les scènes intéressantes qui se présentent.Vous pouvez le faire aussi.Vous n\u2019avez besoin de rien d'autre que d\u2019un hébé avec un petit chat ou un petit chien .vous n\u2019avez pas besoin d\u2019aller plus loin que votre jardin.pour prendre un bel instantané.Mais soyez sûr de votre film.Employez le film sur lequel vous pouvez toujours compter\u2014le Verichrome Kodak\u2014le film qui prend les beaux instantanés.Au Canada, KODAK est la marque de commerce déposée et la propriété exclusive de Canadian Kodak Co., Limited, Toronto, Ontario. DOW | STOCK LA BIERE DE N trouve dans la Bière Old Stock quelque chose de plus que sa saveur délicieuse; on y découvre à la première gorgée qu\u2019elle provient d\u2019ingrédients de haute qualité et qu\u2019elle est brassée scientifiquement, avec soin, dans une brasserie d\u2019une propreté impeccable ct bien administrée.A compter du moment où le brassage commence dans la Brasserie Dow jusqu\u2019à celui où la bière est envoyée à la salle d\u2019expédition, elle Ce dah BON GOUT subit un nombre de procédés ingénieux dont le plus important est la maturation.Chaque brassage de cette bière exceptionnelle doit attendre des mois pour atteindre le summum de maturité qui lui permettra de vous être servie, Sa qualité est toujours la même et sa saveur toujours rafraîchissante.Voilà pourquoi un gi grand nombre de gens adoptent la Dow\u2014\u201cLa Bière de Bon Goût\u2019 A "]
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