La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 juillet 1937, Juillet
[" a * aE i X fo x i Notre roman : LA arie de Ron nae UBEPIN NE BLANCHE, HE \u2026 JUILLET 1937 % 4 - LaR Po dire sie EE, No 7 PER Fis 3 A R-334 a CON ene sage vine, ane i i PR LR 43 ¥ x 348 et a \u20ac / iw / \u201cut oy Fe À 3 % di a 4 q i RE x » Oy KES Lu iF = Re pages #, ee Hé; à sn.> = a wn ei al on o & ro É % Se Ses pi e + a co # 3 Fp = \u201ci vg > \u2018 1 wi 2 peste BE.= # 4 5 WF iy = 4 : 5 «3 5 vw.£8 Sa 4 a ot at ay ét\" + fs i 5 y Fo / 7 # i - / $ / .w \"> 6 i i 4 5 A Zi py » | eG Sy Bi of + À Bi ss vous remboursera le Double de Votre Argent si ses Fèves Brun -Foncé ne sont pas les meilleures que vous ayez jamais goûtées ! Libby's vous REMBOURSERA LE DOUBLE DE VOTRE ARGENT si vous n'êtes pas d'accord que ces Fèves Brun-Foncé ont les meilleures que vous ayez jamais goûtées, à tous les points le vue : 1.Saveur ; 2.Texture ; 3.Couleur.Mais nous savons Jue vous aimerez les Fèves Brun-Foncé préparées d\u2019après la.1ouvelle méthode exclusive Libby's dite * Brun-Foncé \u201d.Nous avons que vous vous en régalerez.Les fèves dodues et saines sont si bien cuites \u2018\u2019 à point \u201d grâce à la ouvelle méthode de cuisson Libby's, que chacune d\u2019elles est brunie jusqu\u2019au entre, tout en restant ferme mais tendre, et délicieusement farineuse.HAQUE fève possède une saveur uniforme et plus riche.qui résulte l\u2019une cuisson parfaite, ni trop ni trop peu.juste \u2018à point \u2019.Et la auce \u2014 voilà qui ajoute à leur qualité gustative |! Le goût appétissant de omates écarlates auxquelles a été ajouté un assaisonnement parfait.Quatre ariétés délicieuses -\u2014 avec ou sans porc, avec porc et mélasse et, pour ceux ui les préfèrent, des Fèves Rognons avec porc.Essayez aujourd'hui les Fèves Brun-Foncé Libby's, Si vous ne trouvez as que les Fèves Brun-Foncé Libby's ont un goût plus savoureux \u2014 ne texture plus fine \u2014 et une couleur plus appétissante, écrivez-nous et ites-nous pourquoi, tout en nous envoyant l'étiquette avec vos nom | adresse, le nom de votre épicier et le prix d'achat \u2014 et Libby's vous :mboursera le double de votre argent.Vous n\u2019y pouvez rien perdre.Vous btenez un nouveau régal ou le remboursement de votre argent \u2014 doublé ! LIBBY, M a § Se 7 3 re »3 A) 1 Fa ; = 3 = xy St 5 ed vis 5 ie ~ i 3 \u201cie Ba ES * $ * LE 2 a ca = se 2 be hes \u201c vec Sy W > Sap - ¥ re ps £ x id \u20ac Es ds = 25% i Po i fi a oF ar 2 x, ta 2 \u201c8 we = i Sha a 5 7 Ry io pe 4 Ad i i $ a à Les 5 5 « » + Kay on Fed} i Fg # #5 aR > # Bo ae ES A #4 Len 3 Le ne LA DR ou 3 Ta bo \u20ac i = i i - % po & AA F Xe 5: 5 A a, Te 4 zi or 3 A ax} E) Pa = px i ¥ $ 13 2 es ts sé a ok oN À À > kn wl 2 = 9 dû an à Ty K % of # * H,.En Wm Œ FR Ie.a }.| \u201c+ av § 3 A > fv § i re fe # ot Vg = 55 MY 4 wh à X Rw $ $ = soa ra : + : 72e & iq x 73 = # = 4 fie + Lor! ! hy he Lid + = Le x 53 = KE 5 = = LE HE = % i 5 ny ER x a i ES T4 $ Le ane va 2 é, o Se ers DISSIMULE DERRIERE UNE TENTURE,' a IL NOMMAIT A MME ORGEVAL LES ¥ © GENS QU'IL RECONNAISSAIT DANS L'AUDITOIRE.5 x % 2 = pos int 2 at 2, og ses LE 2% 5 at * NS © BS 5 qd 6 ILLUSTRATION DE H.NEVILLE 5 - Ss = BR 16 # ve ie 7 i Aubepine Planche Roman Complet par Marie de Roncenne \u2018 Juillet 1937 CHAPITRE PREMIER FABIENNE ORGEVAL L Y A quarante ans, une jeune fille bien née ne faisait jamais son entrée dans le monde sans avoir passé deux ans en pension à l'étranger, ou tout au moins, dans une maison d'éducation en vogue.En cela, comme en toutes choses, c'était une question de mode, qui changeait suivant les caprices et les préjugés de la classe dirigeante ! Dans les petites villes de province, dès qu'une jeune fille de la haute bourgeoisie atteignait ses 15 ans, sa mère se mettait en campagne.Avec autant de discrétion que de tact et d'activité, elle s'informait des pensionnats les plus selects, les mieux réputés, où les « demoiselles de la société » avaient « terminé leur éducation ».Tel était le cas de Mme Orgeval, la femme la plus en vue dans le monde verviétois.Flevée chez les Dames du Sacré-Cœur, où elle avait été grand « Ruban Bleu », elle avait élu ses amies dans un cercle choisi, voire même parmi la noblesse.Elle avait épousé, à 20 ans, Maurice Orgeval, le fils d'un riche industriel de la ville.Ils avaient deux enfants : Raoul et Fabienne.Rien n'avait empêché Louise Orgeval de mener une vie toute de confort, de luxe même et de distractions mondaines.Entourée de ses ravissants enfants, quand elle avait le désir de les voir, débarrassée entre-temps de tout soin matériel par une précieuse gouvernante, elle jouissait de la vie, sans s'apercevoir que les années passaient avec une rapidité vertigineuse.Les cérémonies de la Première Communion de ses enfants, leurs succès annuels dans le pensionnat ou au collège n'avaient paru à la jeune femme que des occasions de faire une fête de plus en famille.Flle les accueillait souriante, comme on accueille un rayon de soleil plus ardent au milieu d'un jour déjà sans nuage.Fêtée partout, consciente de sa supériorité due à la situation de son mari, certes, mais aussi à la grâce et à la distinction de ses manières, Mme Orgeval avait conservé l'entrain, la jeunesse, la beauté de ses 20 ans.Son mari en était encore épris comme au premier jour.Aucun des deux ne se sentait vieillir Une femme n'est-elle pas, du reste, à 36 ans, dans la fleur de l'âge et au plus beau temps de sa maturité?Aussi se regardèrent-ils avec un réel étonnement, quand un soir, effeuillant le calendrier, Louise Orgeval s'écria : \u2014 Demain, 13 septembre !!! Mais c'est l'anniversaire de la naissance de Fabienne.Il va falloir mettre quinze bougies autour de son gâteau de fête.\u2014 Comment !.Cette petite va déjà avoir 15 ans?.\u2014 Evidemment !.Comme le temps passe, je n'en reviens pas, mon ami.\u2014 Tu es encore une si ravissante jeune femme, ma chérie.On te croirait la sœur aînée de ta fille.\u2014 Flatteur ! .reprit Louise persuadée pourtant de ce que disait son mari.Sais-tu qu'il va falloir songer à envoyer Fabienne en grande pension ?\u2014 Bah ! elle peut \u2018encore attendre.Si elle part l'année prochaine, elle nous reviendra à 18 ans et, certes, on ne se marie pas à cet âge.\u2014 Tu as raison.J'ai le temps de choisir à bon escient l'institut où notre grande fille sera le mieux.La question a son importance.Tout d'abord, je ne tiens pas à confier Fabienne à un couvent où l'on attire les jeunes à la vie religieuse.\u2014 Ah! par exemple, crois-tu que notre fille se laisserait circonvenir ?\u2014 Il n'y aurait pas à la circonvenir, mon ami, mais simplement à encourager, à exalter ses propres tendances.Je tiens aussi à ce que Fabienne reste dans notre monde.Le fait d'avoir côtoyé, au pensionnat de Verviers, les enfants des petits commerçants de la ville n'a aucune conséquence pour son avenir.Quand elle rentrera de pension, on l'aura perdue de vue pendant deux ans et elle ne sera plus, pour ses compagnes d'aujourd'hui, que Mlle Orge- val, la fille du grand industriel, à cent coudées au- dessus d'elles comme rang social.Tandis que les amies qu'elle se fera avant d'entrer dans le monde seront des relations à conserver, celles qui la classeront dans la société.\u2014 Tu parles d'or, ma mignonne; je m'en remets entièrement à toi.Savoir où Fabienne irait finir son éducation, était désormais la hantise de Louise Orgeval.Elle jubilait de se trouver un rôle à jouer.Fière de pouvoir donner une louable excuse à ses réunions mondaines, aux visites, qui occupaient tout son temps, elle allait les multiplier sous prétexte de remplir son devoir de mère.Ce devoir ne lui avait jamais été fort encombrant jusqu'ici, il lui devenait de plus en plus intéressant.Sa première enquête se ferait chez ses voisines d'en face : deux vieilles filles retraitées, connues dans toute la ville, chez qui arrivaient les échos de tous les potins de terroir : les demoiselles Duriez et Plantin.Anciennes institutrices de l'école moyenne, où ces demoiselles s'étaient liées d'amitié, elles avaient décidé de finir leurs jours ensemble.Jamais on n'apercevait Mlle Désirée sans son inséparable Léontine et Léontine ne paraissait jamais qu'accompagnée de Désirée.La nature semblait avoir prévu que la vieillesse en ferait des sœurs jumelles; toutes deux de petite taille, ne différant pas d'un pouce de hauteur, elles étaient minces et fluettes.Quand elles sortaient, habillées chacune d'un manteau de forme identique, taillé dans la même pièce de drap gris foncé, coiffées d'un chapeau à larges brides de soie à l'aigrette mesquine, on pouvait les confondre.Les deux sœurs siamoises trottinaient toujours côte à côte.On les comparaît volontiers à deux petites souris, furetant dans les coins de la la ville, pour se mettre en quête des dernières nouvelles et, au besoin, de quelque scandale.Ce n'est pas qu'elles eussent aimé les colporter, ces scan-\u2019 dales.A Dieu ne plaise ! .Ces demoiselles Duriez et Plantin étaient dévotes, sinon discrètes; et, quand leurs chastes lèvres se permettaient de chuchoter tout bas un fait-divers choquant à des oreilles aux aguets, elle ne le faisaient qu'en y ajoutant un blâme sévère : « Pensez donc, une belle aberration serait-elle possible ?.Dans une ville qui se respecte comme la nôtre !.Vous savez, je ne vous le donne que pour ce que cela vaut .», etc, etc.Les demoiselles Duriez et Plantin étaient très dévotes.Tous les matins, dès 6 heures, elles trottinaient vers la paroisse où chacune avait sa chaise velours rouge rembourrée et marquée à son nom.Aussitôt après la messe, où elles avaient remarqué que Mme de Paxert était absente, que Mme Pin- chart avait un rhume, que M.le curé avait longuement entretenu son vicaire, enfin où elles avaient, en somme, tout observé par le plus menu détail, elles rentraient se calfeutrer chez elles, dans une chambre du rez-de-chaussée donnant sur la rue.Léontine allumait le feu et faisait le café, pendant que Désirée époussetait les deux grands fauteuils qu'elles allaient occuper le reste de la journée.Ces fauteuils confortables, à hauts dossiers recouverts de toile cirée noire, étaient installés contre la fenêtre à hauteur des vitres, permettant ainsi aux deux amies d'inspecter, sans en perdre un iota, tout ce qui se passait dans la rue.Après le déjeuner, elles s'y installaient, en face l'une de l'autre, les pieds posés sur un tabouret en été et sur une bouillotte, en hiver.Cette chambre du rez-de-chaussée leur servait de cuisine, de salle à manger, de salon et même de salle de classe, car Léontine y donnait encore des leçons particulières aux enfants arriérés des bonnes familles bourgeoises qui préféraient ne pas fréquenter l'école.Pendant ces cours, l'inspection de la rue était laissée à Désirée, l'aînée.Celle-ci, aussi calme que sa compagne était nerveuse, devenait de plus en plus sourde, ce qui exaspérait l'autre.Leur amitié s'affirmait surtout par des discussions continuelles.« Qui se dispute, s'adore », dit le proverbe.Désirée et Léontine s\u2019adoraient donc, car le caractère acariâtre de la plus jeune se traduisait, à tout moment, par des remarques désagréables, des attaques directes, des ronchonnements perpétuels.Désirée n'en entendait que la moitié, bénéficiant de son heureuse surdité.Elle ne répondait pas à Léontine, se contentant de lever les yeux au ciel ou de faire un geste de la main, pour témoigner de la grande patience qu'elle apportait à leur bonne entente.Mme Orgeval était en odeur de sainteté chez les demoiselles Duriez et Plantin, car, friande de nouvelles, elle allait, chaque semaine, passer une heure avec les vieilles institutrices.Elle leur confiait Fa- bienne les après-midis du jeudi et du samedi, afin de revoir les matières où celle-ci n'avait pas eu les 9-10 des points au pensionnat.Par une sage diplomatie, Louise Orgeval s'attirait les bonnes grâces de ses deux voisines en leur envoyant, quand elle avait une réception de gala, une friandisc, un pâté de venaison ou tout autre plat fin.Cette attention valait à Fabienne et à sa mère une réputation idéale.Ces demoiselles chantaient leurs louanges à qui voulait les entendre.Ce matin-là, Léontine et Désirée venaient de s'installer chacune dans son fauteuil respectif, quand un coup de sonnette retentit : 17 \u2014 C'est la bonne de chez Mme Orgeval, murmura Désirée; je viens de la voir sortir, un petit récipient à la main.Va vite lui ouvrir, Léontine.C'est, sans doute, encore une gâterie de cette aimable dame.\u2014 Si tu me l'avais dit tout de suite, je n'aurais pas dû me déranger, répliqua l'autre déjà hargneuse.J'aurais ouvert la fenêtre et appelé la femme de chambre au passage, elle m'aurait remis le paquet.\u2014 C'\u2019eût été bien poli, remarqua Désirée ! \u2014 Heuh ! fit Léontine en se levant.Fille s'arrêta, un instant devant la grande glace dominant le poéle, sur lequel mijotait un haricot de mouton dans une minuscule casserole, fixa quelques mèches de cheveux roussâtres qui lui tombaient sur les oreilles et sur le nez, en disant : \u2014 On est absolument décoiffée dès le matin, à cause de ses chapeaux.Puis, elle se dirigea vers la porte d'entrée.Le temps de traverser l'étroit corridor et d'ouvrir à la visiteuse avait suffi à Léontine pour changer l'expression de son visage.D'un sourire qu'elle voulut être aimable, elle accueillit la femme de chambre : \u2014 Ah! c'est vous, Caroline ?Mme ou Mlle Or- geval ont-elles besoin de nous ?Aucune d'elles n'est souffrante, j'espère ?\u2014 Non, non, rassurez-vous, Mademoiselle, reprit la jeune fille qui n'arrivait pas à placer un mot.Madame m'envoie vous remettre ce petit plat et un morceau du gâteau d'anniversaire de Mademoiselle.Elle fait demander si elle pourrait venir vous voir dans une heure.\u2014 Comment donc! Mme Orgeval est toujours la bienvenue chez nous.Justement la fille de la comtesse Orion, à qui je devais donner une leçon ce matin, ne viendra pas parce qu'elle est grippée.Nous serons donc toutes à Mme Orgeval.Dites-le lui, ma fille, en la remerciant déjà de son gentil envoi.Une heure plus tard, on frappait familièrement à la fenêtre des vieilles demoiselles : \u2014 C'est moi, mes bonnes amies, passez-moi votre clef pour ne pas devoir vous lever.\u2014 Jamais de la vie, par exemple ! protesta Léon- tine en se dirigeant vers la porte.Je vais vous ouvrir.Quel plaisir de vous voir, chère Médème, fit-elle un peu obséquieuse en introduisant la visiteuse.(Elle disait : « Médème », la vieille Léontine, pour fignoler, croyant ainsi parler un meilleur français).«Installez-vous dans mon fauteuil, vous y serez mieux.Laissez-moi vous avancer le tabouret ?Eh bien ! quel bon vent vous amène ?» \u2014 Mon Dieu, Mesdemoiselles, reprit Louise Or- geval après s'être un peu défendue de céder aux attentions de Léontine, je venais vous consulter sur une question que nous aurons bientôt à résoudre.Figurez-vous que notre Fabienne a eu 15 ans hier | \u2014 Mais je le savais bien.Nous avons prié pour elle pendant là messe.Et moi qui ne vous remercie pas tout de suite de votre trop aimable envoi.Ce jeune pigeon aux petits pois va être un délice, corrobora Désirée.Je m'en régale d'avance.Et ce gâteau- progrès, macarons et crème au beurre, quel péché de gourmandise il va nous faire faire.\u2014 Surtout que vous l'accompagnerez d'un verre de champagne, déclara Louise Orgeval, en sortant de dessous sa mante, une demi-bouteille de Moët et Chandon.\u2014 Non, vraiment, c'est trop, beaucoup trop, chère Médème.Louise était radieuse; ses voisines allaient parler d'elles à deux lieues à la ronde, pendant bien des jours.\u2014 Voici ce qui nous occupe, chères amies : où enverrons-nous Fabienne finir son éducation, l'an prochain ?\u2014 Mais vous n'avez pas l'embarras du choix.Une si charmante enfant, qui a tout pour elle, ne peut qu'être accueillie à bras ouverts partout.\u2014 Oui, mais je désire qu'elle finisse dans un pensionnat select, où les religieuses soient distinguées.Je tiens à ce qu'elles puissent donner à ma fille, non seulement un bon accent, mais ce je ne sais quoi qui révèle la jeune fille du grand monde rien qu'à la façon dont elle se présente.C'est une sorte d'aisance naturelle et de bon aloi, une aménité qui se reflète dans le sourire et dans tout l'extérieur.: \u2014 Je comprends, je comprends ! Il ne manque pour cela à Fabienne que de vaincre sa timidité. 18 Vous ne songeriez pas à l'envoyer en Angleterre ?\u2014 Mile de Rancourt y est allée deux ans.À vrai dire, je n'aime pas son genre.Elle pose à la jeune fille émancipée.Elle a formé avec Mlle de Préat et Mlle de Brévert un clan qui affecte de ne parler que l'anglais, par snobisme.\u2014 La fille de la comtesse des Granges est autrement plus simple et plus distinguée, suggéra- Désirée.\u2014 En effet, surenchérit Louise Orgeval, dont la vanité caressait l'idée de mettre sa fille dans la même maison d'éducation que la comtesse des Granges.Et vous savez où elle a été élevée ?\u2014 C\u2019est en France, dans le Nord, dit Désirée.Un pensionnat où il y a très peu d'élèves, tout au plus 30 à 40.Je ne m'en rappelle pas le nom pour le moment; mais cela me reviendra.N'est-ce pas malheureux d'avoir perdu la mémoire ! \u2014 Je pencherais pour cet institut, dit Louise.Là, au moins, je serais certaine que ce ne sera pas mêlé comme société ! \u2014 Comme vous avez raison, amplifia Léontine.On voit de tout, au jour d'aujourd\u2019hui ! Quand vous pensez que la fille du charcutier Bou- tard va finir au pensionnat des Rossignols, où l'on n'admettait même pas une fille de commerçant, il y a dix ans ! \u2014 C'est qu'il s\u2019est joliment enrichi, sais-tu, Léontine, ce charcutier ! \u2014 Et puis après?.rétorqua Léontine qui voulait lire dans le livre de Mme Orgeval.Elle ne sera jamais que Mlle Boutard du «Jambonneau » ou des « Andouillettes », n'est-ce pas, Médéme ?Elle assaisonnäit son trait d'esprit d'un petit rire : « Hi ! hi! hi!!» qui sonnait faux.\u2014 J'ai entendu parler des « Rossignols », répondit Louise en souriant.J'ignorais qu'on admit tout le mon- e, mais on m'avait prévenue que beaucoup de jeunes filles y entraient comme postulantes après y avoir été élèves.Cela aurait suffi pour rayer cette maison de ma liste.Vous savez combien peu il faudrait exercer de pression sur Fabienne pour qu'elle pensât à la vie religieuse ?.\u2014 C'est tout à son honneur, déclara Désirée.Le bon Dieu ne se choisit que les natures d'élite.\u2014 Oh! si j'étais certaine de son appel, jamais je ne voudrais contrecarrer une vraie vocation !.Mais je ne prétends pas qu'on influence ma fille plutôt dans ce sens que dans l'autre.Une abondance de vocations dans un même pensionnat me le rend suspect.\u2014 Dans ce cas, Médéme, rayez aussi de votre liste des Dames de Bethléem ainsi que les Filles du Christ Ressuscité, car elles ont la réputation de ne se\u2019 recruter que parmi leurs élèves.Chez les dernières, on assure que la Maîtresse générale est tellement prenante, qu'aucune des mieux douées ne résiste à sa direction mystique.\u2014 C'est sans doute la sainteté de cette religieuse qui attire les jeunes filles avides d'idéal, déclara Désirée, qui, au fond, était beaucoup plus pieuse que sa compagne.À votre place, chère Madame, je ne lutterais pas contre une vocation possible chez Fabienne.Le mariage est une telle loterie où l'on tire plus souvent un mauvais numéro quun bon!.\u2014 Mais elle n'a pas cette vocation, reprit Louise Orgeval un peu vertement en pinçant les lèvres, et je ne vois pas que le mariage.= Evidemment, interrompit Léon- tine qui sentait la jeune femme mécontente, Désirée est toujours ainsi ! Outre qu'elle n'entend que la moitié des choses, elle a l'esprit de contradiction ancré dans l'âme.On ne se doute pas de ce que la vie à deux a d'exerçant !.J'avoue que je suis vive, mais tout le mérite de notre bonne entente ne revient pas à Désirée.Vous pouvez en juger, Médé- me, Bien qu'habituée à ces fréquentes rises de bec entre les deux vieilles, ouise Orgeval se sentait mal à l'aise.Elle se demandait ce qu'elle allait répondre, quand une ravissante fillette entra : \u2014 C'est ainsi que vous laissez votre porte entr'ouverte, Mesdemoiselles, dit-elle ?Vous ne craignez pas les cambrioleurs ?\u2014 Que viendraient-ils prendre ici?reprit Léontine.Je ne savais pourtant pas que j'avais été si distraite.\u2014 Quand je suis rentrée de classe, Caroline m'a dit que maman était chez vous.je n'ai pas cru étre indiscrète.\u2014 Au contraire, Fabienne, nous sommes ravies de vous voir.As- seyez-vous donc; enlevez votre manteau.Il ne faut pas écourter la visite de Mme Orgeval.\u2014 Je m'en ferais scrupule; maman a tant de plaisir à bavarder un peu avec vous.Fabienne Orgeval ne ressemblait pas à sa mère; elle formait avec elle le plus parfait contraste.Autant celle-ci, blonde et mignonne, avait conservé les traits presque enfantins et le caractère superficiel d'une jolie femme gâtée par son mari et par la vie, autant Fabienne avait la taille svelte, élancée, les cheveux noirs, et le teint mat.L'expression aimable et douce de son sourire atténuait le reflet grave, un peu mélancolique de ses grands yeux noirs.L'accent chantant de Verviers avait, dans sa bouche, un charme spécial : accentuant fortement la première syllabe de certains mots, elle prononçait p«i»geon, «i»mage, comme elle aspirait aussi chaque «ha» muet qui se trouvai dans la phrase.: Fabienne ressemblait à son père, au physique comme au moral.Sans s'en rendre compte, elle souffrait dans l'intime, d'avoir une maman si jeune et si vaine à qui elle ne pouvait confier ses pensées.Quand, de rares fois, ellé s'y était hasardée, la petite Mme Orgeval lui avait répondu spontanément : \u2014 Mon Dieu, Fabienne, où donc vas-tu checher ces idées ?.Il ne faut pas tout approfondir !.Jouis des plaisirs de ton âge, sans scruter ainsi les choses.La fillette n'avait jamais plus offert la clef de son cœur à sa mère, se disant que celle-ci n'y pouvait pas lire.L'arrivée de sa fille chez les demoiselles Duriez et Plantin avait tari la verve de Louise Orgeval.Elle ne désirait pas que Fabienne fût au courant des tergiversations auxquelles donnerait lieu le choix d'un pensionnat.\u2014 J'ai raconté à ces demoiselles la petite fête d'hier pour tes 15 ans, ma chérie.\u2014 Oui, répondit Fabienne rêveuse, c'est une étape d'avoir 15 ans ! Cela passe si vite jusqu'au moment où l'on doit décider de sa viel.\u2014 Vous le voyez, chères amies, voilà comme elle est, ma grande fille.Au lieu de ne garder qu'un souvenir gai de son anniversaire, elle en voit le côté morose : Il va falloir décider de sa vie !.Mais cela se décide de soi-même, on rencontre un charmant jeune homme il s'éprend de vous, on lui donne tout son cœur.=) rm mm) mm) mm) mm mm SES Ted SE Il Etait un Petit Bateau I] était un petit bateau.Si beau.si blanc, si blanc, si beau, Il était un petit bateau Qui s'en allait au fil de l'eau.Une fille était à l'avant, Les blonds cheveux.les claires dents.Une fille était à l'avant Et qui reposait en révant.Un jour vint qu\u2019un prince passa.D'où venait-il, qui le dira ?Un jour vint qu'un prince passa Et la belle fille il aima.Lors, il suivit le blanc bateau Des jours, des mois, au fil de l'eau.Lors, il suivit le blanc bateau, N'ayant ni trêve ni repos.H le suivit durant des ans, Les bras lassés, le coeur tremblant, I le suivit durant des ans, Si bien qu'il eut les cheveux blancs.Et le jour vint de son trépas, S\u2019approchant a tout petits pas Et le jour vint de son trépas La blanc bateau voguait, là-bas.Et, soudain, le prince frémit, La belle fille avait souri; Et soudain le prince frémit Et, sans regret, il s'endormit .JEAN GILLET LA REVUE POPULAIRE On se marie, on est heureux.Franchement, y a-t-il là de quoi craindre l'avenir 7.\u2014 Oh!.ce n'est pas que je craigne l'avenir, mais j'y pense.C'est plus fort que moi! Je me dis.Non, non, au fait, vous avez raison, ma petite maman, vous voyez toujours tout en rose.Ce n'est pas moi qui voudrais jeter une ombre sur vos pensées.« N'est-ce pas qu'elle est jeune ma maman chérie ?>» demanda- t-elle en embrassant gentiment Mme Orgeval.Les deux vieilles demoiselles s'étaient regardées et comprises.Après quelques lieux communs, Louise s'écria : ~ Mais, il est plus de midi! Mes chères demoiselles, nous retardons votre dîner.Viens, Fabienne, il est l'heure de rentrer.Bon appétit, chères amies, à bientôt ! \u2014 À bientôt et merci encore ! .Nous allons boire ce nectar mousseux à votre santé, Fabienne, et à votre bonheur.Sur le seuil de la porte, Louise Orgevai se retourna vers Léontine et lui murmura à l'oreille : \u2014 Surtout, n'oubliez pas de retrouver le nom de ce pensionnat français.\u2014 Non, non, soyez sans crainte, Nous vous dirons cela un de ces jours.CHAPITRE I RETOUR SUR LE Passé |x FAIT froid, la pluie tombe en rafales, la rue est lavée et morne.Der- fière leurs rideaux de mousseline jaunie, les vieilles demoiselles regardent l'eau former des stries argentées, sur la surface poussiéreuse des vitres à l'extérieur.\u2014 Mme Orgeval ne viendra pas par ce mauvais temps, hasarda Désirée.\u2019 \u2014 Bah ! elle n'a que la rue a traverser et elle meurt d'envie de connaître le nom du pensionnat en question.\u2014 Heureusement qu'il m'est revenu à la mémoire.Léontine a déplié son journal.Tout à coup elle pousse un cri, jette les bras en l'air.Désirée la regarde ébahie : \u2014 Tiens lis!.dit Léontine en lui passant le « Courrier du Soir ».Le comte d'Anglade vient d'être dévoré par un de ses chiens.\u2014 Qui ¢a?.Le seigneur d'Ensi- val ?.Ft on ne donne pas plus de détails ?\u2014 Mais si.Lis, voyons.Désirée prend le journal, passe un- mouchoir de toile sur les verres de ses lunettes qu'elle a embués de sa chaude haleine, et, après les avoir assujetties, avec soin, sur son nez, elle lit à haute voix : « Une mort tragique \u2014 Le comte d'Anglade, dont la vue baissait au point d'être devenu presque aveugle, - a été trouvé, hier matin, râant près de son chenil.On suppose que, s'en étant approché de trop près, le comte a voulu prendre en mains un des jeunes de la récente nichée d'une chienne de race (on sait qu'il faisait l'élevage de chiens policiers).La bête furieuse, croyant qu'il en voulait à sa progéniture, se jeta sur le malheureux, le terrassa et le prit à la gorge.Le comte râlait, quand son garde- chasse arriva pour le délivrer.il vient de rendre le dernier soupir.» \u2014 Dieu ait son âme !.murmura Désirée.\u2014 Dis plutôt que le diable est venu la prendre, déclara Léontine aigre- (Lire la suite page 20) Fait plus que de vous nettoyer la 19 peau .il la TONIFIE! E rafraîchissement qui, avant une I soirée, fait plus que de vous nettoyer la peau.Il lui donne cet aspect superbe et étincelant que tout le monde admire.C\u2019est le rafraîchissement à la manière Pond\u2019s dont la renommée est mondiale! Les jeunes filles ont trouvé que cela tonifiait leur peau \u2014 gardait leur teint clair et resplendissant.Combattez les Defauts Cutanés avec des Traitements Stimulants Ceci est le fameux traitement stimulant Pond\u2019s.Il tonifie les glandes sébacées défectueuses qui sont la cause principale des boutons et des comédons (points noirs) .Anime la circulation .Ravive les tissus, de sorte que vous aurez le teint clair .la peau fine et impeccable.Commencez à l\u2019employer dès aujourd\u2019hui.Dans plus de 50 pays au monde, les jeunes filles, jolies et bien mises, suivent cette méthode: \u2014 Tous les soirs, étendez du Pond\u2019s Cold Cream sur votre peau.Au fur et à mesure qu\u2019il amollit la saleté, le maquillage et les sécrétions cutanées \u2014 essuyez-les.Ensuite, tapotez un peu plus de Pond\u2019s Cold Cream \u2014 vivement, jusqu\u2019à ce que la circulation se fasse sentir.Votre peau se sent tonifiée et rafraichie.Elle est plus douce \u2014 et tellement plus lisse! Tous les matins (et toujours avant de vous maquiller) répétez ce traitement au Pond\u2019s Cold Cream.Votre peau est fraîche, pleine de vie, et douce \u2014 vous pouvez vous poudrer! Essayez vous-même cette fameuse méthode.Voyez votre peau devenir chaque jour plus claire, plus douce \u2014 plus Jolie! Mary Augusta Biddle Quand elle se prépare pour une danse, une chevauchée ou une sortie matinale avec son épagneul, Miss Biddle commence toujours par un traitement Pond\u2019s.\u2018\u2018Un rafrai- chissement au Pond\u2019s fait plus que de me nettoyer la peau\u2019\u2019, dit-elle, \u2018\u2018cela me donne un teint clair et plein de vie.J'ai l\u2019habitude, avant de sortir, de toujours me rafraîchir la peau avec Pond\u2019s.Demandez le Tube Special Pour 9 Traitements et 3 autres Aides de Beauté Pond\u2019s Pond\u2019s Extract Company of Canada, Ltd., Dépt.Nom 98CG, Brock Ave, Toronto, Ontario.Veuillez m\u2019envoyer immédiatement le tube spécial de Pond\u2019s R Cold Cream suffisant pour 9 traitements, ainsi que = des échantillons de autres Crèmes Pond\u2019s et 5 nuances différentes de Toads Face Powder Ville Province (Poudre Faciale).Ci-inclus pour frais de port - Fabrication canadienne.Tous droits réservés ; : .ar Pond's E.et d\u2019emballage.Co.of Cunads, Ltd.par Pond's Extract 20 (Suite de la page 18) ment.Il n\u2019y avait pas au monde d'être plus antipathique que Gontran d'Anglade ! .Tiens, fit-elle en s'interrompant, voici Mme Orgeval et sa fille.Je cours leur ouvrir la porte.\u2014 Nous ne vous espérions pas par ce mauvais temps.Vous nous trouvez sous le coup d'une nouvelle qui va Jeter l'émoi à Verviers! mme les arrivantes l'interrogeaient des yeux : \u2014 Comment, vous ne savez pas ?dit Léontine.Le seigneur d'Ensival vient d'avoir une mort atroce : tué par un de ses chiens |.\u2014 Ce n'est pas possible 7.C'est le « Courrier du Soir » qui relate ce drame ?\u2014 Oui.Cela aura un fameux retentissement en ville : mais personne ne plaindra le comte d'Anglade |.Une telle mort a tout le cachet d'une vengeance divine.Il y a une Justice immanente pour les criminels qui échappent à la justice des hommes.\u2014 Que voulez-vous dire ?fit Louise Orgeval.\u2014 Mais, chère Médéme, vous n'êtes pas sans savoir la terrible accusation qui a pesé, il y a 25 ans, sur ce Gontran d'Anglade ?.Chacun a vu dans le malheur qui s'est abattu sur la famille de la Ferrovière, une indigne vengeance du comte; si bien qu'il est resté plusieurs années sans oser paraître dans la société.\u2014 Je me souviens vaguement de la chose, dit Louise Orgeval.N\u2019a-t-il pas été question d'un rapt d'enfant ?J'avais 12 ans à peine quand cela a bouleversé la ville.\u2014 Mais nous en avions quarante ! C'était l'année où nous avons quitté l'école normale ensemble, tu te rappelles, Désirée ?\u2014 Comment dohc ! Nous venions d'acheter notre maison.Tu étais l'amie de Marie Chardon qui avait élevé Mille de la Ferrovière.\u2014 Je vois encore cette pauvre Marie arriver ici toute en larmes nous raconter les choses dans leurs moindres détails.\u2014 Mais de quoi ce méchant seigneur voulait-il tirer vengeance et quel crime a-t-il commis?.\u2014 Ce serait trop long à vous raconter.Je craindrais d'importuner votre maman.\u2014 Mais, pas du tout !.Je voudrais être au courant de cette tragédie, assura Louise.Elle prévoyait ue la mort du comte Gontran allait aire les frais de la conversation de tous les salons et elle était avide de fournir, à ses thés mondains, des détails ignorés et intéressants sur le passé.\u2014 Il me faut remonter un peu loin, commença Léontine, pour que vous jugiez bien des choses.LE RéciT pe LÉONTINE [LA FAMILLE de la Ferrovière était alors une des mieux cotées dans le pays.Leur château ancestral se trouvait à Maugobroux.C'est la propriété qu'ont achetée les riches lainiers Formontel.M.et Mme Yves de la Ferrovière n'avaient qu'une fille qu'ils adoraient.C'est elle que mon amie a élevée.Elle nous en parlait comme d'une enfant d'élite, un cœur d'or, une âme éprise d'idéal, captivée par tout ce qui est noble et beau.ouvent, nous l'avons vue et nous avons toujours été subjuguées par son extérieur plein de charme.À 18 ans, Blanche de la Ferrovière était une beauté.On ne parlait que d'elle et, n'étaient sa rande réserve et son attitude un peu istante, tous les jeunes gens lui auraient fait une cour assidue.Etait-ce pour protester contre cet engouement général ?.Mlle de la Ferrovière, au grand désappointement de tous, refusait toute invitation aux bals et aux soirées mondaines.\u2014 Vous avez beau garder votre fille comme dans une tour d'ivoire, disait-on à son père, un prince charmant vous l'enlèvera plus tôt.que vous ne le voudrez.\u2014 Ma fille n'aime pas le monde, répondit-il, nous ne voulons pas la contrarier en l'y emmenant.Gontran d'Anglade avait alors plus de 30 ans.Orphelin de père et de mère, à la tête d'une immense fortune, le comte était un brillant cavalier.Il avait tous les défaut d\u2019un homme désœuvré.On le revoyait tous les ans à Spa, pendant la saison, fréquenter assidûment le Cercle du Casino où il avait la réputation d\u2019un joueur audacieux et passionné.Très connu dans le monde des sports, il se croyait irrésistible quand, monté sur son élégant cheval anglais, vêtu de l'habit rouge et de la culotte blanche, il sonnait l'hallali des chasses à courre qu'il organisait régulièrement dans les bois des environs.L'hiver, il | ne manquait aucune réunion mondaine.C'était lui qui ouvrait tous les cotillons: il avait conscience de faire grand honneur à la jeune fille qu'il invitait à danser avec lui!.Il fallait cependant tout le prestige de sa grande fortune et celui de - son titre, pour qu'il réunit les suffrages des demoiselles à marier, et les TINO ROSSI fit rêver à lui, car Gontran était loin d'être un charmeur.S'il avait le port élégant et distingué d'abord aisé du gentilhomme de race, ses pommettes saillantes, son grand nez de faucon, son menton fuyant, l'expression railleuse et méchante de ses yeux d'acier le rendaient peu sympathique dè le premier abord.On le disait violent, dur aux pauvres et capable de tout pour arriver \u2018à son but.Quand Gontran d'Anglade rencontra Mille de la Ferrovière, chez des amis communs, il s'en éprit éperdument.Chez ce jeune homme fougueux, volontaire, qui n'avait jamais rencontré d'obstacles à ses moindres désirs, l'amour que lui inspira la jeune fille devint bientôt une passion ardente et tyrannique.Il cherchait tous les prétextes pour la rencontrer, au grand émoi de Blanche de la Fer- rovière qui, dès la première entrevue, s'était senti une répulsion instinctive, une antipathie insurmontable pour lui.La froideur qu'elle affectait de lui témoigner, exaspérait la passion du comte en l'attisant davantage.Après une saison à Spa, où il avait multiplié ses assiduités auprès d'elle, au point que la rumeur publique se faisait l'écho de leurs prochaines fiançailles, Gontran d'Anglade demanda la main de Blanche.M.et Mme de la Ferrovière représentèrent à leur fille les avantages de cette union, mais celle-ci leur déclara toute en larmes : 7 CHANTEUR ET ARTISTE DE CINEMA TRES POPULAIRE CHEZ NOUS.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Je vous en prie, ne me contraignez pas à épouser un homme que je déteste ! Tout, même le cloître, plutôt que la perspective de vivre à ses côtés.Interrompant Léontine, la petite Mme Orgeval insinua : \u2014 Je comprends que les parents aient insisté, car souvent les jeunes filles ont de ces antipathies irraisonnées.Cela leur fait refuser les partis les plus désirables.\u2014 H me semble qu'il n'est jamais désirable de se marier sans amour, déclara Fabienne.\u2014 Que de fois, cet amour naît après le mariage, riposta sa mère.andis que l'enthousiasme des fiançailles se change souvent en indifférence dès qu'on est en ménage.\u2014 Pour ma part, maman, je n'épouserai jamais personne si je ne l'aime d'un grand amour.\u2014 Tu es déjà romanesque, Fabien- ne ?\u2014 C'est de son âge, intervint Désirée, Mais Louise Orgeval insista : \u2014 Si le comte d'Anglade n\u2019était pas beau garçon, une grande fortune et un titre peuvent compenser un extérieur sans charme, à mon avis ' \u2014 Merci ! C'est une chose si grave de lier sa vie, qu'il est tout naturel de se montrer exigeante ! J'espère que M.de la Ferrovière n'a pas contrarié sa fille, dit Fabienne.\u2014 Il ne cherchait que son bonheur, continua Léontine.Aussi, étonné d'une telle aversion qu'il ne pouvait soupçonner, M.de la Ferrovière éconduisit le comte en lui disant que sa fille ne songeait pas encore à se marier.Autant pour la distraire que pour retarder son entrée officielle dans le monde, les parents de Blanche, après l'échec de ce prétendant assidu, emmenèrent leur fille passer l'hiver à la Côte d'Azur.Mon amie accompagna la famille de la Ferrovière.Je me rappelle encore, et toi aussi, n'est- ce pas, Désirée, les lettres enthousiastes qu'elle nous écrivait de là- bas?\u2014 Nous lui portions envie, quand elle nous décrivait le pays du soleil, la mer bleue, la végétation luxuriante de Nice.Elle y jouissait d'un printemps perpétuel, alors que, blotties contre un mauvais petit poêle, nous n'arrivions pas, ici, à nous réchauffer, au retour de l'école.Quel contraste entre les grandes avenues de palmiers, les champs d'orangers et de citronniers, la débauche de fleurs écloses dans le Midi et le triste spectacle d'un hiver à Verviers.Ce n'est pas sous le ciel gris de notre petite ville, à entendre pleurer le vent dans les grands arbres, et à regarder la neige tomber en rafales, que la joie de vivre aurait épanoui le cœur de Blanche de la Ferrovière.\u2014 L'image détestée de Gontran d'Anglade l'aurait poursuivie apeurée dans la pénombre du soir, reprit Léontine.La crainte de le rencontrer aurait hanté ses promenades, car elle savait le comte tenace dans ses projets.D'aucuns lui avaient rapporté, qu'il ne perdait pas l'espoir de la conquérir encore.\u2014 Vous auriez dû répondre par un refus catégorique, disait-elle à son père, et ne laisser à ce Monsieur aucune velléité de retour.\u2014 Que veux-tu, ma fille, il faut ménager la susceptibilité de chacun.Peu à peu, en ne te voyant pas cet hiver, cet amoureux transi t'oubliera et te libérera d'hommages que tu ne veux pas agréer.(Lire la suite page 22) Wt ime in tan; Autres pays, autres gens.Avec Ethyl pour guide Aux Etats-Unis et au Canada, plus de 100,000 dépositaires de gazoline déclarent : « Notre meilleur type de gazoline pour l'été est l'Ethyl, parce que.» 1 Vous obtenez plus de fluide anticognant (contenant du tétraéthyle de plomb) que dans la meilleure gazoline de type régulier.Votre moteur est donc plus frais.2 En prévenant les cognements et Je surchauffage, vous épargnez de l\u2019buile et de la gazoline.3 La compagnie pétrolière et l'Ethyl Gasoline Corporation vous garantissent une qualité constante \u2014 deux fois contrôlée.4 Votre moteur à haute compression vous donne 100% de son rendement. + 22 (Suite de la page 20) Séyour À Nick | \u2018AMBIANCE de clarté, de vie intense et heureuse qui l'entourait dans le Midi, avait peu à peu dissipé les ombres du passé et rendu à Blanche son sourire et son insouciante gaîté.Elle était dans l'admiration & la belle nature et faisait, avec Mille Chardon, de longues promenades au Mont Boron et dans tous les environs.La destinée tient souvent a un incident fortuit et banal.Un jour qu'elles s'étaient aventurées un peu loin dans la montagne, le crépuscule les surprit cherchant en vain la route du retour.\u2014 Nous avons marché si longtemps, Mademoiselle, dit Blanche, que même en sachant où nous diriger.nous ne rentrerons que bien tard.Papa et maman vont être anxieux à mon sujet.Une jolie villa, au jardin planté d'aloès, au balcon de bois.\u2014 Si nous nous présentions au propriétaire de ce cottage, Mademoiselle; il doit connaître le pays et nous indiquerait notre chemin ?Elles sonnèrent.\u2014 Si vous voulez entrer, Mesdames, leur dit une soubrette accorte et vive comme toutes les méridionales.Je vais prévenir Monsieur.Je tiens ces détails de Marie Chardon qui correspondait avec moi à cette époque, assura Léontine.Un instant plus tard, m'écrivait- elle, un jeune officier français était devant nous.D'un geste affable et distingué, il nous pria de nous asseoir et, dans un ravissant accent, il demanda : \u2014 Puis-je savoir, Mesdames, ce qui me vaut l'honneur de votre visite ?\u2014 Excusez-nous, Monsieur, dit Blanche toute troublée, mon amie et moi nous nous sommes égarées et nous voulions prier le propriétaire de cette villa de nous indiquer le plus court chemin pour retourner à Nice.\u2014 À Nice ! reprit-il étonné, à cette heure tardive?Mais savez-vous, Mesdames, que vous êtes ici près de Falicon, à plus d'une lieue de Nice.Vous ne pourrez y retourner à pied.e comprenais le trouble instantané de Blanche.Jamais je n'avais rencontré quelqu'un d'aussi séduisant que ce jeune officier.Très droit dans son uniforme bleu horizon aux galons brillants, il avait le teint frais, les joues roses d'un jouvenceau, une chevelure noire et opulente, des sourcils épais, un regard vif et enjoué.On sentait déborder en lui la jeunesse, l'enthousiasme d'une âme juvénile et pure.Il arrêta sur Blanche un regard franc, plein de bienveillant intérêt.Je le sentais subjugué, de son côté, par l'élégante et fraîche beauté de Blanche.LES « PAGEES » DE CLOTURE DE LA CAMPAGNE CANADIENNE.MAGNIFIQUE PHOTO D'ART DE NOTRE COLLABORATEUR, M.MARK AUGER, DE QUEBEC LA REVUE POPULAIRE \u2014 Je suis Mlle de la Ferrovière, expliqua-t-elle, Mademoiselle me tient compagnie.Mes parents sont venus passer l'hiver dans le Midi.Nous somme descendus à l'hôtel Splendide, à la Jetée Promenade.\u2014 Vous ne pouvez songer à y retourner à pied, Mesdames.Permettez que je fasse atteler ma voiture et que je vous reconduise à Nice.Il achevait à peine de parler qu'une jeune fille, coiffée d'un béret alpin, entra dans le salon.Interdite d\u2019y trouver son frère en téte-a-téte avec des inconnues, elle voulait se retirer mais il la retint : \u2014 Reste donc, Clairette, tu tiendras société à ces dames pendant que je vais faire préparer la voiture par mon ordonnance.A peine les deux jeunes filles s'étaient-elles dévisagés, qu'elles s\u2019écrièrent d'un élan spontané : \u2014 Comment, c'est vous, Blanche ?\u2014 Quel heureux hasard de vous trouver ici, ma chère Claire ! \u2026.Ebahi, le jeune homme ne revenait pas de son étonnement.Je vis, dans ses yeux passer un éclair heureux, quand sa sœur se tourna vers lui en disant : \u2014 Paul, laisse-moi te présenter à ma compagne de pension, mon émule au brevet supérieur, il y a deux ans.\u2014 Blanche, ajouta-t-elle, je ne dois pas vous présenter mon frère, Paul de St-Edme, puisque vous êtes déjà en pays de connaissance.Quelle bonne étoile vous a conduite ici ?Vous êtes à Nice, dites-vous ?Mais, nous allons nous voir souvent ! Nous venons passer tous les hivers dans le Midi, à cause de la santé de maman qui ne supporte pas le climat du Nord.« Mon amie de la Ferrovière est de Verviers, en Belgique, dit-elle à son frère ».Celui-ci détaillait avec un visible intérêt les traits de la déesse blonde, perdue dans les bois, qui venait de lui apparaître dans tout le charme de sa jeunesse et de sa beauté.Captivé par cette vision inattendue, il éprouvait un sentiment de délivrance, une joie intime de pouvoir s'abandonner à une admiration sans réserve.Cette jeune fille idéale n'était pas une inconnue, une dangereuse sirène dont il devait se méfier; elle était l'amie de sa sœur Claire.Flle ne passait pas dans sa vie comme une étoile brillante, qui, après avoir jeté sur sa route un rayon lumineux, disparaîtrait sans jamais revenir éclairer son ciel d'un instant de rêve.Il pourrait la revoir.la revoir souvent, sans qu'il dit chercher de prétextes.Claire ménagerait les réunions avec son amie, sans la moindre arrière-pensée.Quelle fée bienfaisante avait donc auréolé sa vie d'un coup de sa baguette magique 7.Absorbé dans ses pensées, le jeune homme sursauta quand sa sœur l'interpella : \u2014 Eh bien ! Paul, je croyais que tu allais donner des ordres à l'ordonnance ?.Pais donc atteler la victoria.Je ramènerai Blanche avec toi chez ses parents.\u2014 Que je suis confuse de vous occasionner cette peine ! \u2014 Une peine ?.Mais dites donc une joie, au contraire.Ma chère Blanche, si vous saviez ce que je suis heureuse de vous savoir ici.Cela changera toute ma vie.\u2014 Comme la mienne, remercia Blanche.Les lettres de Marie Chardon nous rajeunissaient l'âme à nous raconter les rencontres de plus en plus fréquentes des jeunes gens, les phases (Lire la suite page 24) Juillet 1937 ES MAISONS revêtent des couleurs gaies cette année.À la ville comme à la campagne les gens protègent leur placement.donnent un nouveau charme à leur entourage au moyen de la peinture.De nombreuses personnes savent qu'il est plus sûr et plus économique d'acheter la peinture exacte, faite POUR ENVIRON $1.00.© Peinturez votre salle de jeux vous-même au\u2018\"CILUX\"\" C-I-L, l'émail facile d'emploi à séchage rapide.Vous aimerez peut-être le mobilier Crème avec bordures en Bleu Hollandais.Demandez & un maître-peintre de vous coter un ou Suède et Cardinal.Pour prix sur le peinturage de votre maison cet été.les pièces auxquelles nn Vous serez probablement surpris comme son estimé donne un dur usage le sera modique.Et si vous considérexr la protection \u2018\"Cilux\u2019* est pratique et que donne la peinture, vous pouvez difficilement la VOUS POUVEZ PEINTURER UN CANOT Vous pouvez peinturer un grand nombre d\u2019articles vous-même pour embellit.compter comme une dépense ! moins ni Demandez conseil au mare chand C-I-L ainsi que des cartes de couleurs.CANADIAN INDUSTRIES LIMITED + DIVISION par des experts chimistes en peinture.Les facilités de recherches techniques et chimiques de Canadian Industries Limited sont sans égales.De ces recherches, réparties sur un grand nombre d'années, il est résulté un fini C-I-L qui convient exactement à chaque travail de peinture.Chaque peinture est éprouvée avant qu'elle vous soit livrée.Il vous sera profitable de spécifier les Peintures C-I-L sur l'estimé de votre maître-peintre.Demandez conseil au marchand C-I-L au sujet de vos problèmes de peinture et des travaux que vous désirez faire vous- même.DES PEINTURES ET VERNIS 23 24 (Suite de la page 22) poétiques de cette idylle où leurs cœurs s'ouvraient à l'amour comme les roses s\u2019épanouissaient sous le soleil, où leurs âmes de cristal chantaient l'hymne d'une tendresse idéale et pure comme les oiseaux chantent, en bâtissant leurs nids de mousse dans le secret de nos bois.Avant de revenir dans notre pays de \u2018brume, Blanche de la Ferrovière était fiancée à Paul de St-Edme.\u2014 Et elle s'établit à Nice ?.demanda Fabienne.\u2014 Non, non, non ! Les de St-Edme étaient du Nord de la France.Ils habitaient Lille où le père était un avocat distingué.Ils n'avaient que deux enfants : Paul qui avait choisi la carrière des armes et Claire, qui, peu après le mariage de son frère, entra en religion.Mais revenons à Blanche de la Ferrovière : L'AuUBEPINE BLANCHE Q YAND le comte d'Anglade apprit les fiançailles de Blanche avec un officier français, il entra dans une grande colère, se jurant qu'il ferait rompre ces accordailles.Dans sa méchanceté, il s'enquit, par une agence de renseignements, de tous les antécédents de la famille de St-Edme, des moindres détails de la vie du jeune officier.Il espérait pouvoir y découvrir, comme dans la sienne, de secrètes défaillances qu'il aurait eu la vi- lénie de dévoiler et d'exploiter pour arriver à ses fins.Mais rien dans l'honneur intact de la famille, ni dans la conduite exemplaire de Paul ne put servir ses machiavéliques projets.Plus il entendait chanter les louanges du jeune Français, plus il sentait grandir la haine qu'il lui avait vouée.~ Je me vengerai, murmura-t-il.Elle a bafoué mon amour.Elle ne sera pas heureuse avec un autre.H se terrait, comme un sauvage, dans son château d'Ensival.Son visage prenait une expression farouche.Il refusa de diriger les chasses à courre pendant la saison à Spa, mais il y joua d'une façon si effrénée que le bruit courut que le comte d Anglade se ruinait ou qu'il devenait ou.\u201cEn octobre eut lieu le mariage de Blanche.Jamais je n\u2019oublierai la munificence de cette cérémonie.Toute la ville formait une double haie autour du cortège nuptial.Quand, tout émue, la jeune fille, dans sa robe de satin blanc et de vraie dentelle, entra au bras de son père, un murmure d'admiration traversa la foule.On avait rarement vu d'aussi belle mariée.Après la cérémonie, j'invitai mon amie à passer une heure avec nous.En lui disant combien la jeune épousée était ravissante, j'ajoutai : \u2014 Une seule chose m'a étonnée, ce fut de voir Mlle Blanche si étrangement pâle, un jour qui n'est pourtant que bonheur pour elle.\u2014 Vous avez remarqué cela ?me dit Marie Chardon en refrénant ses larmes.Ah! si vous saviez l'angoisse intérieure qui, désormais viendra empoisonner toutes les joies de ma pauvre Blanche ! Figurez-vous que, ce matin, avant l'arrivée de son fiancé, alors qu'elle attendait la couturière de Liége qui devait lui apporter la robe nuptiale, on lui remit une boîte enveloppée de papier blanc.Elle portait l'inscription : « À remettre, en mains propres, à Mile de la Forrovière ».Dénouant joyeusement la ficelle dorée, Blanche ouvrit le colis.Jétais seule avec elle.\u2014 C'est un bouquet, dit-elle, un petit bouquet d'aubépines blanches ! Si j'étais superstitieuse, je dirais, comme le peuple trop crédule, que cette fleur porte malheur.Tout à coup, je la vis pâlir .Une carte était enfouie parmi les fleurs.Elle portait, en texte imprimé, ces simples mots : « La vengeance est un plat qui se mange froid ! » \u2014 Mon Dieu !.gémit la pauvre enfant.Elle me passa le sinistre message.J'ai cru qu'elle allait s'évanouir.\u2014 Il n'y a donc pas de bonheur possible en ce monde ?.soupira-t- elle.Bientôt, en un effort surhumain, elle se ressaisit, prit la carte, la déchira, en jeta les débris au feu et, me donnant le bouquet, elle me dit d'une voix ferme : \u2014 Surtout, Mademoiselle, pas un mot de ceci à mon cher Paul, à personne des miens.C'est la cruelle épine qui, enfoncée dans mon cœur, va me corrompre toute joie et empoisonner mon bonheur par la crainte constante de le perdre.Mais je dois, je saurai souffrir seule ! Je ne veux pas que mon Paul partage mes tristes pressentiments.Allez, je vous en prie, porter ces fleurs à la Piéta de notre église, afin que la Vierge au cœur blessé pardonne au traître le mal qu'il me fait et qu'elle nous préserve de toute vengeance.Des larmes brillaient dans ses yeux.Je pris la boîte maudite.Il était l'église.instinctivement, j'avais peur d'un drame de haine ou de folie.En entendant les -confidences de Marie Chardon, nous étions, désirée et moi, absolument sidérées.\u2014 Il faut que je vous quitte, nous dit-elle.Gardez-moi le secret de tout ceci et priez pour ma pauvre chère Blanche.Louise Orgeval interrompit Léon- tine : \u2014 Connaissance ce détail, Mademoiselle, comment n'avez-vous pas conseillé à votre amie de prévenir se- crétement la police 7.\u2014 A quoi bon, Madame ?Le jeune ménage de St-Edme partait le soir même pour la Suisse et l'Italie.À leur retour de voyage de noces, ils devaient s'installer à Lomme, près de Lille, dans une propriété des beaux- parents de Blanche.\u2014 Mais alors, questionna Fabien- ne, cette vengeance ?.\u2014 J'y arrive, dit Léontine; laissez- moi d'abord vous parler un peu du court bonheur de nos héros; car ceci est roman palpitant bien qu'il fut vécu dans nos parages.Plus d'un an s'était écoulé depuis leur mariage.Rassurée par l'ambiance de bonheur et d'amour dans laquelle elle vivait, Blanche ne pensait plus au lugubre avertissement reçu.Tout lui souriait dans la vie.Adorée de son mari, dont la tendresse avait des raffinements de délicatesse et de prévenance, elle fut au comble de ses Le Mois Prochain Le Sport et Amour par O Jleves Grand roman d'amour, inédit et complet, dont l\u2019action se passe dans une élégante station de villégiature.temps.M.de St-Edme, le visage irradié de bonheur, venait saluer sa fiancée.J'admirai le courage stoïque de Blanche, dont les yeux n'exprimaient plus que la tendresse et la joie, dissimulant à l\u2019aimé toute son angoisse intime.\u2014 Les bouquets de roses blanches et de lys arrivent à foison, dit-il.J'ai hâte de vous voir au milieu de cette débauche de fleurs dont vous êtes la plus belle, mon adorée.J'apporte les alliances.Comme nous allons être heureux, ma Blanche chérie.\u2014 Si l'amour fait tout le bonheur, Paul, nous serons heureux, très heureux ! \u2014 Voilà, continua Marie Chardon, la cause de la pâleur de Blanche.Qu'aurait-elle pensé si, comme moi elle avait vu le comte d'Anglade assister à la cérémonie du mariage, se dissimulant derrière une des colonnes de marbre ?.Je suis peut- être seule à l'avoir aperçu.L'expression diabolique de cet homme m'a donné le frisson.Ses yeux verts lançaient des éclairs de haine, de rage concentrée ; le rictus désabusé de ses lèvres qu'augmentait le pli creusé entre ses épais sourcils, son teint bronzé, lui donnaient l'aspect d'un bandit prêt à se jeter sur sa victime.J'ai prié pour le voir quitter vœux quand elle mit au monde un fils.\u2014 II s'appellera Paul, comme vous, disait l'heureuse mère à son mari.Puisse notre cher trésor vous ressembler plus tard au moral, comme chacun m'assure qu\u2019il vous ressemble au physique.Je serai alors fière de lui.\u2014 Et je lui souhaite de rencontrer, dans la vie, une autre Blanche, répondait de St-Edme en embrassant sa jeune femme avec attendrissement.Rien ne manquait au bonheur de ce ménage idéal.De jour en jour plus éprise de son mari, dont elle admirait la noblesse d'âme, la droiture, l'intelligence brillante, le jugement et la bonté, Blanche s'était vouée complètement au soin de son cher bébé.Flle sentait son cœur se dilater, sa beauté s'épanouir entre ces deux grands amours qui, désormais, l'absorberaient tout entière.Quelqu'assujettissante que fût la tâche, elle voulut allaiter elle-même son fils, pour lui inculquer toutes les vertus de leur race.Donner à l'enfant une nourrice étrangère, comme cela se faisait communément alors, lui eût parut le sacrilège d'une mère qui mêle un sang impur, un germe de vice, au sang intact de son premier né.Rien n\u2019est comparable à la délectation muette d'une maman qui, tenant son bébé dans ses bras, centemple le LA REVUE POPULAIRE petit être aimé qu'elle allaite de sa propre substance, le presse sur son cœur en faisant pour lui des rêves d'avenir.À ses yeux rien n'est plus beau au monde que ce poupon, qui ressemble à tous les bébés, mais qui, pour sa maman, n'est comparable à aucun autre.Flle prend la moindre contraction de ses lèvres mignonnes pour un sourire, elle croit trouver des lueurs d'intelligence dans ses yeux encore incapables pourtant de refléter une pensée consciente.Quand Blanche de St-Edme contemplait son petit Paul, elle pouvait, sans illusion maternelle, reconnaître qu'il était vraiment un, bel enfant.Son joli minois, au teint rose, au nez petit et gracieux, aux lèvres vermeilles, était animé par de grands yeux noirs qu'estompaient de longs cils, sous des sourcils aussi noirs que sa chevelure bouclée.À 6 mois, le petit Paul avait deux dents; il gazouillait des sons joyeux où l'on devinait presque: «Ma.Ma.» «Pa.Pa.» Il avait doublé de poids; Blanche était donc une excellente maman-nourrice.Son mari et elle jubilaient en montrant, avec orgueil et amour leur beau grand garçon!.Il était temps que M.et Mme de la Ferrovière jouissent aussi de leur petit-fils.I1 fut décidé que les mois de décembre et janvier se passeraient en famille, à Maugombroux.\u2014 Pourquoi les grands-parents n'ont-ils pas plutôt été en France ?s'écria Fabienne intéressé au plus haut point par le récit de Léontine.Je pressens que la vengeance prédite Vä se réaliser pour cette pauvre Blanche.\u2014 Hélas !.si terrible que vous puissiez imaginer :cette vengeance, reprit la vieille demoiselle, vous resterez certainement bien au-dessou de la réalité.\u2014 Dites vite, Mademoiselle, je vous en prie, je brûle de savoir la fin.Et Léontine continua son récit : LE RarT | EST inutile de décrire la joie de M.et Mme de la Ferrovière à l'arrivée du jeune ménage au château familial.Il semblait qu'avec leur premier petit-fils, le bonheur revenait éclairer leur foyer assombri et esseulé par le départ de leur fille chérie.Petit Paul était fêté, choyé.C'était à qui le comblerait de caresses et de cadeaux.Le château ne désemplissait pas de parents, d'amis qui réclamaient le plaisir de voir Blanche, d'embrasser son beau bébé.Celui-ci avait été confié aux soins de Marie Chardon qui, ravie de décharger Blanche, entourait l'enfant d'une maternelle sollicitude.\u2014 Quel dommage, se disait-elle, que ce séjour tant désiré se fasse en hiver.C'eût été si bon de voir notre petit s'ébattre au soleil, sur le gazon.Heureusement, nous avons un mois de décembre exceptionnel.T'ant pis pour le printemps qui verra, sans doute, se réaliser l'adage : « Noël au balcon, Pâques au tison ! » Ce jour-là, le jeune ménage était parti pour Liége avec M.et Mme de la Ferrovière.Ils ne devaient rentrer que dans la nuit.Marie Chardon.avait, comme d'habitude, installé bébé endormi au grand air, bien emmitoufflé dans sa voiture d'enfant.Après avoir posé la bouillotte aux pieds du petit Paul, la nurse improvisée leva la capote de la voiture qu'elle amena près de la grande grille du parc.Un pâle soleil de décembre tombait sur l'enfant.- Elle assujettit avec soin les couvertures, s'assura que l'enfant était pro- Juillet 1937 fondément endormi et s'en revint au château prendre son repas de midi.Deux heures plus tard, elle préparait le biberon de lait chaud et le portait au cher petit, se félicitant de le voir faire un si long somme.Quelle ne fut pas sa surprise de trouver la voiture vide et les couvertures enlevées.\u2014 Je suis folle de m'inquiéter, se dit-elle aussitôt; bébé aura crié sans que je l'entende et la bonne est venue le prendre ne voulant pas me déranger.Elle courut à l'office, interrogea les domestiques.Personne n'avait sorti bébé de son lit mouvant.L'affolement de tous était inénarrable; Marie Chardon, les yeux dilatés, s'arrachait les cheveux.Elle pleurait, criait à tous les échos dans une course folle: «Paul!.Paul!.On a volé le petit Paul!.Mon Dieu!.Mon Dieu!.Que va dire sa maman ! .» \u2014 Calmez-vous, Mademoiselle, dit le valet de chambre.Avant ce soir, nous aurons retrouvé bébé.Le cocher est déjà sur la route de Verviers pour aller prévenir la police et le garde-chasse va fouiller les bois avec les rabatteurs habitués des grandes chosses.Hélas! à la nuit tombante un n'avait encore retrouvé aucune trace de l'enfant.Entouré de 300 hectares de bois et de prairies, le château de Maugom- broux se trouvait à une grande distance de tout village.Deux grand'- routes traversaient la propriété; l'une d'elle conduisait à la frontière allemande.Tout ce qu'on put obtenir comme indication, fut le passage d'une voiture à bâche de toile grise au travers du village de plus proche.C'était, sans doute, la carriole d'un marchand de fromage ambulant, comme ils s'en rencontre souvent dans le pays de Herve.On avait vu passer aussi une roulotte de bohémiens qui avait stationné pendant huit jours près du château.Les soupçons de la police tombèrent sur ces saltimbanques, mais elle ne put les accuser longtemps, car elle retrouva ces nomades, le soir même, campant à quelques lieues plus loin, tous leurs papiers étant en règle.\u2014 Je puis à peine m'imaginer le désespoir des parents à leur retour, s'écria Fabienne interrompant le récit.\u2014 Blanche accusa aussitôt le comte d'Anglade, dont elle avait pressenti autrefois la vengeance.Sans en rien dire, elle se promettait d'aller elle-même, dès le lendemain matin au château d'Ensival, obliger le misérable à faire des aveux, quand une circonstance inattendue, rendit l'espoir à chacun.En descendant, dès l'aube, le lendemain, pour aller explorer lui- même l'endroit où se trouvait la voiture de bébé, Paul de St-Edme aperçut un feuillet blanc glissé sous la porte d'entrée du château.À peine eût-il jeté les yeux sur ce billet, qu\u2019il poussa un soupir de soulagement, remonta à la hâte le grand escalier de chêne et entra radieux -dans la chambre de Blanche.\u2014 Essuie tes larmes, ma chérie, lui dit-il en l'embrassant.Tiens, lis ceci.notre Paul aimé va nous être rendu.Et Blanche lut avec autant d'émotion que d'effroi, les lignes suivantes : « Réduit à la misère noire, je n'ai enlevé votre enfant que pour pouvoir donner du pain aux miens.Par- donnez-moi!.Si M.de St-Edme veut avoir confiance et se rendre, dès ce soir, au bois des Halleux, près de la croix de pierre, un homme masqué lui remettra son fils.Ceci à la condition que 6,000 francs soient déposés avant midi, sous une grosse pierre au pied de cette même croix.Inutile d'essayer de mobiliser la police, car au cas où M.de St-Fdme ne viendrait pas lui-même et tenterait de me faire arrêter, son fils serait tué aussitôt.» \u2014 Dieu soit béni ! s'écria Blanche.Nous allons revoir bientôt notre trésor.Jamais je n'aurais osé espérer ce bonheur dès aujourd'hui! \u2014 Je vais aussitôt porter la somme requise sous la croix de pierre, déclara son mari.Il allait partir, quand Blanche l'arrêta, saisie d'un pressentiment sinistre : \u2014 N'y vas pas toi-même, Paul, je t'en prie.S'il y avait un guet-apens dans tout ceci.Envoie notre fidèle garde-chasse déposer les billets à la place indiquée.\u2014 Ce serait une lâcheté de ma part.Que pouvons-nous craindre ?Ceci peut être une façon malhonnête et classique de faire du chantage, mais je ne veux, pour rien au monde, risquer la vie de notre petit trésor.Je donnerais avec joie dix fois cette somme pour le tenir dans nos bras.Laisse-moi partir, ma Blanche aimée.J'ai hâte de donner satisfaction à ce bandit pour qu'il tienne sa promesse.\u2014 Tu vois, mon adorée, disait une heure plus tard Paul de St-Edme à sa femme, tu vois que je reviens sain et sauf de mon expédition.Les six billets sont à la disposition du ravisseur.S'il tient parole, nous aurons oublié, ce soir, nos mortelles angoisses et bébé sera près de nous, souriant dans son inconsciente ignorance.\u2014 Je n'ose l'espérer encore! .murmura Blanche.Tu n'as vu personne rôder autour de la croix?\u2014 Personne, je t'assure.L'endroit est absolument désert.La croix s'élève au milieu d'une clairière dans la forêt.Il y régnait un silence impressionnant que seul le vol lourd d'un corbeau a interrompu.Tandis que je déposais la rançon sous la pierre, son croassement sinistre m'a fait tressaillir.J'ai failli avoir peur et, d'instinct, j'ai porté la main sur mon revolver.\u2014 Tu n'iras plus seul ce soir, mon Paul !.Je t'en prie, laisse le garde t'accompagner.\u2014 Non, non.Voyant que nous sommes deux, l'homme masqué pourrait se dérober et s'enfuir avec notre enfant.Je dois aller seul au rendezvous, crois-moi.Mais je serai armé et j'avancerai avec prudence.LE CALVAIRE DE BLANC 3 \\ i [A GROSSE horloge du chad gén\" nait 5 heures, quand, après\u201davoir embrassé tendrement sa femme, Paul de St-Edme prenait le chemin de la forêt.Malgré les encouragements qu'il avait donnés à Blanche, le vaillant officier se sentait envahi par de tristes pensées.Le vent qui pleurait entre les arbres dénudés, la pénombre du soir enveloppant toutes choses d\u2019une voile de deuil, le grave silence des bois, tout autour de lui était lugubre.Il était arrivé à quelques pas de la croix de pierre, quand il perçut un bruissement dans le taillis.Serait- ce l\u2019homme masqué, se dit-il?.Mais son regard eut beau fouiller autour de lui, il ne vit personne.\u2014 Il est en retard, ou plutôt, je suis en avance de dix minutes.ANNETTE CECILE EMILIE MARIE YVONNE A CRÈME cHOISIT L OF Les JUMELLES DIONNE Creme 3 Dents Colgate POL \"elle nettoie avec us u \u2014 douceur ser les elles oi aiment très impor, pabitudes \u20ac À DENTS COLGATE ! AUSSI LA CREM .e 5 ps i .t ea eA \"MF GRAND _.elle ne c.tend GA MODELE 20c e .face rire plus brillant - - t Double modèle géant 36° votre sou de votre haleine douce ie ote 2 ar Sréprochable { Pro un tube -en 25 26 Il s'agenouilla sur la dalle que surmontait la croix, quand ses yeux rencontrèrent la pierre sous laquelle il avait réposé les billets de banque.Ceux-ci s\u2019y trouvaient encore.\u2014 Je suis joué, pensa-t-il.Que signifie ceci ?I prit son browning et voulut se lever pour inspecter les lieux, Au moment où il se redressait, une détonation retentit derrière lui.Paul de St-Edme, mortellement atteint, s'affaisait au pied de la croix.Il y avait deux heures que son mari avait quitté le château.Chaque minute qui prolongeait son attente, était une minute d'agonie pour la pauvre Blanche.de plus en plus inquiète, Enfin, n'y tenant plus, elle fit atteler la voiture pour aller au-devant de lui.M.de la Ferrovière, qui pressentait un malheur, voulut l'accompagner avec le garde-chasse.La voiture s'arrêta sur la grand'route, à 400 mètres de la clairière.L'obscurité était profonde.Le garde-chasse, une lanterne rouge à la main, guidait Blanche et son père qui se frayaient un passage au travers du taillis.Cette chevauchée dans la nuit avait quelque chose de macabre qui étreignait le cœur de Blanche.Tout à coup, le garde, arrivé avec eux à la clairière, poussa un cri d'épouvante.Il venait d'apercevoir le corps de son maître étendu sur le sol.Plus morte que vive, Blanche fit un suprême effort pour hater le pas.Un instant après elle sanglotait au pied de la croix, tenant sur ses genoux la tête pâle, presque exsangue de -son mari bien-âmé.\u2014 Ii vit encore.il y a de l'espoir, déclara M.de la Ferrovière, qui avait aussitôt ausculté le cœur.Puis, ouvrant une gourde contenant du cognac que le garde portait toujours dans son carnier, il en versa le contenu dans la bouche de son pauvre gendre.Celui-ci ouvrit les yeux, poussa un long gémissement et retomba dans sa torpeur.Avec mille précautions, les deux hommes prirent le corps du blessé et le transportèrent jusqu'à la voiture.La malheureuse Blanche les suivait comme une automate.Elle revivait la scène tragique du Calvaire où la Vierge Marie souffrait un indicible martyre en voyant son unique amour transporté au tombeau.Paul de St-Edme vécut deux jours encore.Il eut le temps de recevoir le \u2018sacrement qui fortifie ceux qui passent du temps à l'éternité.Il donna rendez-vous là-haut à sa Blanche aimée, après lui avoir narré les heures passées à la recherche de leur fils.\u2014 Les billets mis sous la pierre n'ont pas été enlevés, lui dit-il.J'ai été frappé par derrière, au moment où je remarquais la chose.Ma Blanche chérie, vis maintenant pour retrouver notre Paul et élève-le dans mon souvenir.Stoïque, Blanche espérait encore un miracle.mais le médecin avait prononcé l'arrêt de mort de son cher mari.Après 48 heures où chacun reprenait espoir l'embolie inévitable se produisit.Quand son Paul, la regardant avec compassion et tendresse, rendit le dernier soupir, Blanche se jeta à ge- nous au pied du lit.Voulant que sa prière aidât l'âme de son époux adoré dès le premier instant de son envol, elle s'écria : \u2014 Prions pour lui; Dieu le juge et le récompense ! \u2026.Elle était veuve et elle n'avait plus d'enfant ! .Le coup était trop rude pour -sa capacité de souffrance.Au moment -où l'on portait en terre celui qu'elle avait aimé plus que la vie, la malheureuse Blanche, tremblant de tous ses membres, tomba en syncope.Quand elle revint à elle un rire atroce s'échappa de ses lèvres : \u2014 Paul!.Paul!.s'écria-t- elle.Tu es là?.Mon petit, ce n'est pas vrai qu'ils t'ont enlevé.Ah! Ah! Ah! comme papa va être heureux de te voir.La pauvre femme avait perdu la raison.Léontine avait terminé son récit.Louise Orgeval et sa fille étaient sidérées.\u2014 C'est absolument épouvantable.déclara Fabienne.Cette histoire est plus tragique que le roman le plus dramatique.Avouez, maman, que, pour une jeune fillé, il y a de quoi trembler en songeant à l'avenir et que c'est légèreté de l'accueillir joyeuse, en se mariant.\u2014 Cet exemple de malheurs inouïs vient encore à l'appui de tes théories pessimistes.Fabienne, pour t'éloigner du mariage.# Vous conviendrez au mons que si Blanche de la Ferrovière avait pu prévoir tout ce qui l'attendait, jamais elle n'aurait épousé Paul de St-Edme.\u2014 Qui sait, corrigea Désirée ?Le cœur humain a de tels mystères, qu'il choisirait parfois de souffrir avec celui qu'il aime, plutôt que d'éviter la douleur sans avoir jamais été à lui.\u2014 Cette pauvre vieille fille aurait- elle eu un chagrin d'amour, se demanda Fabienne, pour analyser notre cœur avec tant de psychologie ?«Pour en revenir au drame de Maugombroux, dit-elle tout haut, j'espère que l'assassin de Paui de St- Edme a été découvert et puni ?\u2014 Hélas ! il n'en fut rien.Bien que la rumeur publique, mise au courant de l'envoi du bouquet, ait vu, dans les événements, une vengeance probable \u2018du comte d'Anglade, celui-ci ne fut jamais traduit en justice, faute de preuves suffisantes.Il produisit un alibi en règle.\u2014 Comment, continua Fabienne.Il me semble qu'il eût suffi de rechercher l'auteur de la lettre promett à M.de St-Edme le retour de son\u201d fant ?.On aurait facilement coy taté si l'écriture était du comte Lu - de l'un de ses salariés.\u2014 Evidemment.Mais le malheur voulut que M.de St-Edme ait mis le billet compromettant dans son portefeuille, quand il est parti au rendezvous fatal.Ce billet avait disparu après l'attentat .Le meurtrier avait profité de la syncope de sa victime pour enlever cette lettre qui pouvait l'accuser.\u2014 Cette pauvre Blanche a-t-elle recouvré la raison ?Sait-on ce qu'est devenu l'enfant ?\u2014 M.et Mme de la Ferrovière sont morts quelques années après le drame, sans que leurs incessantes recherches aient ramené leur petit- fils.Quant à Blanche de St-Edme j'ai entendu dire qu'elle était guérie et était entrée dans un monastère.\u2014 Je n'aurais jamais cru un homme capable d'une telle œuvre de haine, dit la jeune fille.Quel compte ce misérable aura-t-il rendu à Dieu ?.Vous avez raison, Mademoiselle, sa mort est bien un châtiment.\u2014 Je ne m'attendais guère à entendre un tel récit en venant vous voir, chère Mademoiselle, déclara Louise Orgeval.Je ne pourrai plus rester que quelques minutes, pour apprendre le nom du pensionnat au sujet de Fabienne.Et voilà que nous avons pris deux heures de votre précieux temps.\u2014 Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons, chère Madame; nous sommes bien aises de passer un moment avec vous .Désirée, dis donc à Mme Orgeval dans quelle maison religieuse.a été élevée la comtesse des Granges.\u2014 C'est aux Annonciades, au pensionnat St-Exupère, près de Lille, dans le nord de la France, Madame.On dit grand bien de l'éducation qu'y reçoivent les jeunes filles.Vous n'êtes pas sans savoir que la congré- ation a été fondée par Jeanne de Valois, la fille de Louis XI, répudiée par son mari, à cause de sa laideur.\u2014 Elle était aussi sainte que disgracieuse, renchérit Léontine; aussi vais-je la prier pour qu'elle vous incline à confier Fabienne aux filles de son ordre, si c'est pour le bonheur de votre chère enfant.Au PENSIONNAT IEN ne donne mieux l'idée des petites zizanies, des mesquines jalousies de salon mondains, qu'une réunion entre les élèves des classes supérieures au pensionnat.Dans ce monde en miniature, on peut discerner, par avance, les femmes de devoir, les natures banales ou les vipères de la société de demain.C'est dans une ruche, bourdonnante de jeunes pensionnaires que nous retrouvons Fabienne Orgeval, peu de temps après son entrée chez les Dames de St-Exupère, près de Lille.Encore toute dépaysée, loin des siens qu'elle n'avait jamais quittés, le cœur étreint par un sentiment pénible de solitude intérieure, Fabien- ne voilait à tous, sous un gracieux sourire, la nostalgie qui la torturait.Dans ce pays étranger pour elle, au milieu de compagnes d'une mentalité forcément différente, Fabien- ne se sentait vraiment isolée.L'abord un peu cérémonieux des religieuses, leur distinction imposante, sous le long voile noir sous le manteau de cour qu'elles portaient au chœur, donnaient à Fabienne, malgré leur bonté acueillante, une impression d'exil.Tout était si différent des « bonnes Sœurs » qu'elle avait connues depuis sa plus tendre enfance.Les usages v aussi étaient changés : on ne dési- | gnait pas les classes par les dénomi- \u2018 nations habituelles, mais simplement par la couleur de la ceinture que portaient les élèves selon le cours suivi.Les petites avaient une ceinture violette, les moyennes une bleue, puis venaient les rouges, les blanches.Celles qui étaient en dernière année portaient une large ceinture de toutes les couleurs réunies.On les appelait les « Perfectionnées ».Si avancée que fût Fabienne dans ses études, elle avait été enrôlée parmi les « Blanches », à cause de quelques lacunes dans le programme qu'elle avait suivi jusque-là.Cette décision, à laquelle on ne s'attendait pas, fut, dès le début, la cause d'un accueil très froid de la part de ses compagnes.\u2014 Comment, avaient-elles chuchoté, la « nouvelle » est dans notre section ?.Elle que la maîtresse nous a annoncé comme une bûcheuse hors ligne, une rivale qui enlevait tous les prix dans son ancien pensionnat ?\u2014 Merci!.Cela me décourage d'avance, surenchérit une autre qui était depuis neuf ans à St-Exupère.Je ne ferai rien cette année.Je ne me bourrerai pas le crâne pour lutter avec elle.\u2014 Ni moi! \u2014 Ni moi!.\u2026.\u2014 Nous lui laisserons le triomphe facile.Personne ne bûchera, conclut la dernière.\u2014 Ne faites donc pas de mauvais esprit, conseilla une Enfant de Marie.Cette petite nouvelle semble gen- LA REVUE POPULAIRE tille; elle aurait de la peine, si elle se doutait du peu d'acceuil que vous lui faites.\u2014 On sait bien que votre ruban bleu vous oblige à nous faire la morale, répondait ironiquement la plus révoltée.Soyez sans crainte, nous somme des personnes polies et nous ne dirons rien qui puisse blesser la nouvelle.\u2014 C'est entendu, je l'espère.Elle pourrait souffrir d'une attitude peu aimable sinon hostile.Comme Française et comme chrétienne, je ne puis que vous inviter à l'accueillir de tout cœur.Nous devons mettre notre point d'honneur à faire aimer la France en notre personne.\u2014 Dites donc, Marguerite, vous avez manqué votre vocation.Vous - auriez dû étre prédicateur].\u2014 Amen !.corrobora la masse.Quoi d'étonnant que dans cette atmosphère malveillante, Fabienne se sentit désemparée, un peu gauche, bien qu'elle s'efforçât de réagir contre la mélancolie qui l'envahissait.De choyée qu'elle était à Verviers, elle personnifiait ici «la nouvelle », l'étrangère indésirable venant troubler la vie routinière des autres, aiguillonner leur zèlé à l'étude, au grand dam de celles qui triomphaient, jadis, sans devoir fournir d'efforts réels et persévérants.La jeune fille était trop fine pour ne pas soupçonner cette sourde cabale.Quelques allusions ou traits d'esprits mordants lui avaient ouvert des horizons sur la cause de cette jalousie latente de ses compagnes.Aussi, Fabienne évitait-elle, avec tact de damer le pion, pendant la classe à une ancienne prise de court devant une question difficile.Elle poussait parfois la condescendance jusqu'à feindre ignorer la réponse, pour laisser à sa concurrente le plaisir de donner la solution exacte.Elle n'en était souvent remerciée que par une réflexion ironique : \u2014 Pour une fois, Fabienne, ice point de diligence n'est pas à vous! Ce n'est pas malheureux !.La «nouvelle » souriait sans dire mot, mais elle triomphait dans son for intérieur, espérant, par sa ruse d'humilité, s'attacher, peu à peu, ses rébarbatives compagnes.Cette douceur qui ne se démentait pas depuis plusieurs semaines, lui gagnait les sympathies de quelques-unes.Celles- .ci tâchaient d'éviter à Fabienne, les petites persécutions malveillantes et recherchaient sa société pendant les récréations.Ces heures de délassement se passaient le plus souvent dans une allée ombragée du grand parc entourant le pensionnat.Après une demi- heure de rondes réglementaires, où les échos retentissaient des vieilles chansons françaises répétées avec entrain, par cette exubérante jeunes- ne, on leur accordait une autre demi- heure de conversation en arpentant, de long en large, une magnifique avenue du parc.Tandis que les pensionnaires donnaient libre cours au besoin d'expansion de leur âge, une surveillante se promenait entre les groupes, accueillant avec condescendance toute requête, se mêlant parfois à une conversation, suivant enfin discrètement tout ce qui se passait pendant cette heure.Cette surveillante ne portait pas le costume religieux.Une robe noire très simple, une pélerine tombant sur les épaules, une dentelle espagnole recouvrant sa chevelure, elle devait avoir une quarantaine d'années.Dès les premiers jours, Fabienne avait remarqué l'air d'infinie distinction de cette personne.Une secrète ee ee te rte MERE En dau Juillet 1937 attirance l'avait portée vers elle, tant elle avait deviné de mélancolie, de souffrance résignée dans l'expression de son regard et de son sourire aussi bien que dans la pâleur de ses traits.Quand elle avait demandé son nom à ses compagnes, l\u2019une d'elles avait répondu en riant : \u2014 Mme la Surveillante ?.C'est une religieuse manquée ! .Il y a des années que nous nous attendons à lui voir prendre le voile, mais nous la retrouvons telle à chaque année.Au début, nous l'avons prise pour une postulante.\u2018Mais elle soupire sans doute en vain après le costume religieux.Elle est seule de son espèce ici.Aussi l'appelons-nous : « Mme la Mystérieuse ou l'Eternelle postulante ».\u2014 L'an dernier, la classe des « Blancs liserés» l'avait baptisée : « La Face pâle ».Inutile de vous dire qu'elle s'est fait enlever par la Mai- tresse générale!.Ce fut un événement dans le pensionnat : \u2014 Mes enfants, a dit Mère Sainte- Rose, en réunion générale, je suis désolée de vous faire remarquer que vous n'avez aucun cœur et aucune éducation.Mme la Surveillante qui veut bi garder vos récréations, qui vous i gne a l'infirmerie et tient les or\u2019 à la chapelle, Mme la Surveillatke! * dis-je, aurait de la peine si elle savait, qu'en échange de son dévouement, vous ne trouvez qu'à lui donner un sobriquet.J'ai été très étonnée d'apprendre qu'entre vous, vous la surnommez : «La Face pâle ».Outre que c'est un manque complet de respect et de savoir-vivre, cela prouve bien peu de cœur de votre part.La pâleur d'une personne ne peut tenir qu'à une santé fragile, ou à des chagrins ignorés.Votre légèreté vous a empêchée d'approfondir les choses, sinon ce surnom serait l'indice de l'absence de toute charité chrétienne et de bonté d'âme.Naturellement la classe a été en grande retenue.Depuis lors, nous cherchons en vain quel pourrait être le chagrin intime de Mme la Surveillante et nous la nommons, in petto : «La Mystérieuse ».Cette confidence avait augmenté la sympathie compatissante de Fa- bienne pour celle en qui elle avait pressenti, dès l'abord, un douloureux secret.Une circonstance banale devait bientôt la rapprocher d'elle et amener une réelle intimité d'âme qui fut le charme de sa vie de pensionnaire.Très maîtresse d'elle-même, Fa- bienne avait pu, pendant deux mois.laisser passer inaperçues toutes les paroles blessantes de ses compagnes.Ce jour-là, la plus acerbe d'entre elles l'interpella, à brûle-pourpoint, disant : \u2014 Mais, au fait, Fabienne, quel âge avez-vous ?\u2014 Je vous l'ai déjà dit, répondit celle-ci.J'ai eu 16 ans le 13 septembre dernier.\u2014 Hem!.murmura l'autre en poussant du coude sa voisine.16 ans et les mois de nourrice, quoi! .Ce fut la goutte d'eau faisant déborder le vase.Toute rougissante, relevant la téte avec fierté, Fabien- ne répliqua d'un ton péremptoire et blessé : \u2014 Marguerite, j'ai bien des défauts, mais je ne mens jamais.\u2014 Oh! là làa!.Quelle mouche vous pique?reprit sa compagne jouissant d'avoir atteint son but.Je vous croyais incapable de vous fâcher.C'est la première fois qu'on vous voit sortir de vos gonds.Fabienne sentait les larmes lui monter aux yeux.Elle se leva et, voulant s'éloigner du groupe, elle se trouva en face de la surveillante.\u2014 Vous avez du chagrin, ma petite Fabienne, lui dit-elle avant qu'elle pût dissimuler son émotion.J'ai entendu cette courte discussion comme bien d'autres ct je ne veux pas que vous souffriez en silence.\u2014 Oh! ce n'est rien, Madame, Marguerite n'a pas voulu mal faire; c'est moi qui.Fabienne fut incapable de finir sa phrase ! Son cœur, gros de larmes, s'abandonnait à l'affection qui devinait sa lutte intime.Elle éclata en sanglots.La prenant\u2019 doucement à l'écart, la bonne surveillante eut les mots maternels qui touchent les fibres profondes de l'âme.\u2014 Depuis le jour de votre arrivée ici, dit-elle, je suis avec sollicitude les efforts que vous faites pour vous gagner la sympathie de vos compagnes.Je sens si bien ce que vous devez souffrir au-dedans, ma petite enfant.Aussi, sans avoir l\u2019occasion de vous encourager, j'ai toujours prié pour vous.\u2014 Oh! merci, Madame, vous êtes bien bonne.C'est grâce à vous, sans doute, que j'ai pu soutenir l'effort jusquà ma susceptibilité d'aujour- d'hui.J'ai eu tort.\u2014 Non, non.Ne vous accusez pas.Le bon Dieu, qui sourit à votre bonne volonté a ménagé ce petit incident pour me permettre de vous consoler.C'est si bon, n'est-ce pas, de savoir que quelqu'un vous comprend, et se rend compte de votre peine ?\u2014 En effet, Madame, on se sent moins seule.Je vous suis très reconnaissante.\u2014 Il ne me faut pas de reconnaissance, Fabienne.Rien qu'une prière, de temps en temps pour moi et un merci à Dieu qui vous a fait trouver dans la « Dame Mystérieuse », un cœur de maman à qui vous pouvez toujours avoir recours, quand le vôtre sera meurtri.Elle avait dit : la «Dame Mystérieuse » .alors, elle sait, se dit Fa- bienne, l'énigme qui pèse sur elle.Elle souffre, comme moi, de la légèreté moqueuse de son entourage ?La Surveillante continuait : \u2014 Je suis contente de voir que vous ne gardez pas rancune à vos compagnes.Elles agissent sans réflexion.Rappelez-vous, dit-elle en souriant, ce qu'en dit La Fontaine : « Cet âge est sans pitié », parce que superficiel et riant de tout.Vous souffrez parce que vous attachez trop d'importance à des boutades qu'elles ont oubliées à peine émises, tandis que, plus profonde, vous en entassez le souvenir au fond de vous-même.\u2014 Vous avez raison, Madame, c'est cela qui -me rend malheureuse.J'espère pourtant, de toutes manières, à leur faire plaisir.Ce n'est pas de ma faute si, dans certaines branches, je suis plus avancée qu'elles.J'aimerais mieux ne pas avoir les succès d'étude et gagner leur affection ! Mais maintenant que vous m'êtes si bonne, chère Madame, je sens que j'ai trouvé une maman ici et tous ces petits heurts ne m'atteindront plus autant.Je vais demander au bon Jésus de vous dire mon merci à sa divine manière.Fabienne aurait voulu ajouter : « Et vous-même, Madame, vous devez avoir beaucoup souffert, pour pouvoir si bien consoler.» Mais elle n'en osa rien faire.Le soir même, la surveillante frappait à la chambre de la Supérieure : \u2014 Jai eu un entretien avec Fa- bienne Orgeval, disait-elle.Cette petite a beaucoup de piété et de vertu, mais elle est l'objet d'une sourde ran- => dit Maggy Rouf En cette élégante robe du soir, Maggy Rouff associe, avec un art suprême, un tulle de soie orange pâle et un satin vert foncé.La taille Empire, les manches bouffantes et la jupe unie en font une création très originale.27 Célèbre couturière de Paris \u201cLes jolies jeunes filles qui servent de mannequins pour mes créations sont sveltes, fraiches, très grandes.Leur teint ressemble à un vivant pétale de rose, grâce surtout à la poudre Woodbury.\u201c* Qu'\u2019elles sont délicates et chic les nuances de cette poudre célèbre que les Canadiennes connaissent si bien ! Cependant, je ne recommande pas la Woodbury à mes mannequins uniquement pour la beauté.Ces jeunes filles n\u2019ont pas le droit d\u2019avoir des boutons.Et la poudre Woodbury est à l'abri des microbes* qui provoquent si souvent les affections de la peau.\u201d\u2019 La Poudre factale Woodbury se vend en sept charmantes nuances naturelles, l\u2019une d\u2019elles, la nouvelle Windsor Rose, que Maggy Rouff elle- même a créée.$1.00, 50¢, 25¢, 15¢.* Eprouvée avec 19 autres Poudre faciale Woodbury fut seule à microbes avant et après usage.WOODBURY\u201d'S POUDRE FACIALE à l'abri des microbes DEMANDEZ LE NECESSAIRE DE 10 ARTICLES Contient 7 paquets de Poudre faciale Woodbury; un Savon facial Woodbury, grandeur d\u2019hôte; des tubes de 2 Crèmes Woodbury à l'abri des microbes.Envoyez 10e pour frais d'expédition.Adressez: John H.Woodbury, Ltd, Dépt.1844, Perth, Ontario.marques connues, la l'abri des Nom + Adresse FABRICATION CANADIENNE 28 cune de la part de nos élèves.J'ai cru de mon devoir de vous prévenir pour le bien moral de ces jeunes filles qui, plus tard, feront souffrir dans le monde, faute de tact et de bonté.\u2014 Vous avez bien fait, ma pauvre amie, lui répondit la religieuse.Je saurai mettre fin à cette petite cabale dont je me doutais aussi.D'ici- là, je vous confie Fabienne.Continuez à lui être maternelle; ce sera une consolation pour elle et pour vous-même.\u2014 Hélas !.ce m'est un supplice de voir souffrir un enfant qui est loin de sa mère, Je pense aussitôt aux mauvais traitements, aux méchancetés, dont, là-bas, on accable peut- être mon trésor ?La voix de la surveillante se faisait tremblante, des larmes perlèrent de ses yeux qu'une expression de douleur immense rendait presque hagards.\u201c \u2014 Voyons, ma chère amie, calmez- vous, interrompit la Supérieure avec douceur.Remettez, une fois de plus, toutes choses dans le cœur de Dieu qui nous aime.Acceptez aveuglément votre croix; tout regard jeté en arrière ne peut que troubler votre âme et vous enlever l'admirable paix dont Dieu récompense votre constante immolation à Sa Providence.Pleurez un peu, cela vous soulagera, mais allez verser ces larmes résignées au pied du Tabernacle, afin que, sous le regard du divin Crucifié, aucune âpreté ne se mêle à votre « Fiat» douloureux.Allez ma pauvre chérie.Après avoir embrassé celle qui pleurait, la Supérieure la regarda s'éloigner avec une affectueusé compassion et murmura : \u2014 Que vos desseins sont insondables, Seigneurs !.Par quel martyre doit passer une âme, quand elle s'est offerte pour en sauver une autre.Au bout de quelques mois les patients efforts de Fabienne lui avaient amené la sympathie de toute sa classe.Elle s\u2019en félicitait et redisait à sa chère « Dame Mystérieuse » : \u2014 Si vous saviez combien je me félicite d'avoir été, tout d'abord en butte aux vilenies de mes compagnes.Sans cette épreuve du début, je n'au- .rais jamais connu la joie, le réconfort et le bien spirituel que me donne votre affectueuse direction.\u2014 Vous me comprenez si bien, lui disait-elle un jour.Bien mieux que ma vraie maman, qui me fait pres- qu'un grief d'aller au fond des choses.Elle me reproche de ne pas être, comme elle-même, très jeune de caractère.\u2014 Mlle Orgeval n'a sans doute, jamais souffert, ma chère fille, Elle ne voit que le côté heureux et superficiel de la vie.Remerciez Dieu de vous avoir mûri le caractère avant l'âge, de vous avoir donné une âme profonde, parce que cette profondeur est la mesure dans laquelle Il se donne à nous.Plus notre cœur est vaste, plus Dieu peut l'envahir.C'est ainsi que, lorsqu'Il veut s'emparer d'une âme, Il y creuse des abîmes, füût-ce des abîmes de douleur, pour pouvoir les remplir de Lui-même.Quand Dieu y a remplacé toutes choses, l'âme nage dans la paix qui est la meilleure forme du bonheur.\u2014 D'un bonheur acheté bien cher, alors ?.demanda la jeune fille, \u2014 Sans doute.Mais tous ne sont pas poursuivis par la même jalousie divine.\u2014 Elle doit parler d'expérience, se disait Fabienne.Jamais elle ne s'entretenait avec la bonne Surveillante, sans se sentir élevée dans des sphères idéales et surnaturelles, sans mieux comprendre la beauté d\u2019une vie toute édifiée sur la foi.Aussi son affection grandissait de tout le respect et l'admiration que cette belle âme lui inspirait de plus en plus.Ce fut avec un vrai chagrin que, la première année scolaire terminée, Fabienne dut quitter son cher mentor pendant les vacances.\u2014 Si vous saviez, maman, disait- elle à Mme Orgeval, combien je suis plus heureuse au pensionnat, depuis que j'y ai cette vraie amie.Elle lit dans mon cœur comme dans un livre ouvert.Il faudra que vous la demandiez au parloir, le jour de la rentrée.Vous verrez que vous serez aussi toute émerveillée d'elle.Mme Orgeval, ravie de savoir sa fille contente au pensionnat, répondit en riant : \u2014 Du moment où cette dame ne t'entraîne pas au couvent, je me félicite, ma chérie, qu'elle rende agréable ton temps de pension.La DAME MYSTÉRIEUSE DENCHÉE avec sollicitude auprès du lit où, dans l'infirmerie du pensionnat, Fabienne reposait, pale et languissante, la « Dame Mystérieuse » guettait le réveil de sa chère malade.\u2014 Dieu soit béni, disait-elle, la fièvre est tombée; le bon docteur la déclare sauvée.Ce m'eût été un vrai chagrin de perdre cette charmante enfant à qui je me suis tant attachée depuis dix-huit mois.Je n'aurais pas cru pouvoir éprouver encore une aussi réelle affection, après le brisement total de mon cœur que je croyais, pour jamais, mort à toutes choses.Cette petite Fabienne est si profondément sensible et délicate !.Voici trois semaines que je la soigne nuit et jour, dans la fièvre typhoïde qu'elle a contractée en rentrant des vacances de Pâques.Il me semble qu'elle est mienne, depuis ces der- nièrs jours où je l'ai disputée à la mort.Qu'elle était touchante, avant- hier quand, apercevant près d'elle sa mère accourue sur l'annonce de son état grave, la chère enfant me regarda avec une reconnaissance émue et dit à Mme Orgeval : \u2014 Comme le bon Dieu me gâte, j'ai maintenant deux mamans ! Voyant que sa malade continuait à dormir, l'infirmière s'était assise à son chevet et laissait errer sa pensée : \u2014 Hélas ! se disait-elle, si je savais, qu'en échange de mon « Fiat », la Providence a envoyé aussi une maman à mon trésor .Si je savais qu\u2019il vit.qu'il est heureux.Cette complète ignorance sur son sort m'est une indicible torture.Je vous offre cette angoisse, mon Dieu, pour que vous le gardiez bon, pur et loyal comme je l'aurais gardé moi-même.Où est-il cet enfant chéri ?.Qu'est-il devenu ?.Puisse mon cruel martyre, mes larmes, mes longues insomnies, lui valoir d'être loin de moi, un honnête homme et un chrétien.Ayez pitié de moi, mon Dieu!.Ayez pitié de lui!.Malgré ma volonté, qui accepte pleinement la vôtre, la nature reprend à tout moment ses droits.Souvent encore, des cauchemars hantent mes nuits sans sommeil.Je le vois, alors, pauvre, misérable, voleur de grands chemins, peut- être !.Il tend les mains vers moi.Il m'appelle!.Allez à lui, mon Dieu !.Ce n'est pas de sa faute à ce pauvre petit, s'il est peut-être tombé très bas.si même, un jour, il mourait sur l'échafaud ! .Comment a-t-il été élevé?.Par qui?.Abandonné dans le vice ?.Oh! ce SUZY PRIM, ELEGANTE VEDETTE BLONDE DU CINEMA FRANÇAIS LA REVUE POPULAIRE n'est pas possible, Seigneur?.Ce serait trop terrible.Puissiez-vous l'avoir repris avant cette déchéance ! Deux larmes silencieuses tombaient sur les joues de l'infirmière.Les yeux clos, les mains jointes posées sur ses genoux, elle personnifiait la douleur à son paroxisme.À son insu, Fabienne venait de se réveiller.Anxieuse, elle contemplait le visage ravagé, l'expression navrée de sa « seconde maman » comme elle I'appelait.Une question, qu'elle aurait voulu poser depuis longtemps, lui brüla les lèvres, et, pour la première fois, Fabienne a l'envie de sonder le mystère douloureux qu'elle pressentait : \u2014 Ma petite mère, vous souffrez?murmura-t-elle doucement.Oh ! dites- moi pourquoi?.Son infirmière sursauta.D'un geste spontané, elle essuya furtivement les larmes révélatrices.Un gracieux sourire changea, comme par enchantement, sa face douloureuse.Elle se leva, embrassa tendrement Fabienne sur le front, et, passant la main sur la chevelure de sa chère malade, elle répondit avec calme : \u2014 Je vous le dirai un jour, parce que je vous aime bien.Vous serez la seule confidente de mon grand secret.Mais aujourd'hui, vous devez être bien sage et vous reposer sans vous tourmenter de moi.Dites-vous que votre affection me fait du bien, beaucoup de bien, ma petite Fabienne.Je suis même presque heureuse aujour- d'hui parce que le médecin nous a rassurés.Dans quelques jours, vous pourrez vous lever, vous serez bientôt guérie.) \u2014 Oh! tant mieux; mes deux mamans n'auront plus \u2018inquiétudes à mon sujet.Il y a longtemps que je vous ai devinée malheureuse, chère petite mère.Aussi ai-je mes maux de tête, tou\u201d pour que le bon Dieu \u2014 Merci, ma petite erM@nt, reprit l'infirmière émue.J'ai, en effet, une très lourde croix à porter, mais je ne suis pas malheureuse, au fond, parce que j'ai accepté la volonté crucifiante de Dieu.Il me soutient et je garde confiance en Lui.\u2014 Vous êtes une sainte, déclara Fabienne en la regardant avec admiration.Flle se rappelait l'effort héroïque qui avait ramené instantanément le sourire sur le visage désolé.Elle se disait : « Pour vaincre ainsi automatiquement la douleur, il faut une force de volonté rompue à la lutte et une maîtrise de soi peu commune.Quelle est donc la terrible épreuve qui fait de sa vie, un vrai calvaire, car c'est bien la Mère de douleur que j'ai vue, en elle, à mon réveil.» L'entrée de Mme Orgeval vint donner un autre cours à ses pensées.\u2014 Comment vas-tu?ma chérie, demanda sa mère en l'embrassant.La bonne Supérieure m'a téléphoné pour me dire que tu n'as plus de fièvre et que tu allais pouvoir t'alimenter doucement.\u2014 Je me sens mieux, en effet, chère maman; mais je suis encore trop faible pour marcher.\u2014 Marcher !.Tu n'y penses pas, Fabienne.Soyons heureuses que tout danger soit écarté et que la convalescence se fasse peu à peu.Je compte rester à Lille encore toute une semaine; je ne te quitterai que lorsque je te verrai en état de te lever quelques heures par jour.Après cela, je retournerai rassurée, car je n'aurais pu espérer, pour toi, des soins plus dévoués et plus délicats que ceux que tu reçois ici. Juillet 1937 « Vous ne vous doutez pas, Madame, ajouta-t-elle en s'adressant à l'infirmière, combien je vous garde de reconnaissance pour la sollicitude dont vous entourez Fabienne.» \u2014 Votre fille est si charmante, Maä- dame, j'ai eu si souvent l\u2019occasion d'apprécier son bon cœur, sa vraie piété, que j'ai réclamé de notre Mère la faveur de la soigner comme si elle était ma propre enfant.\u2014 Et vous vous êtes acquis notre affectueuse gratitude à tous.C'est grâce à vous que je partirai sans inquiétude.\u2014 Vous pouvez avoir tout apaisement, Madame, dit la garde-malade en se retirant.Je vous laisse avec Fabienne.Si vous voulez bien sonner deux fois au moment où vous la quitterez, je reviendrai aussitôt prendre ma place auprès d'elle.La visite de Mme Orgeval ne fut pas longue.Elle craignait de fatiguer sa fille, celle-ci ne pouvant pas encore supporter une conversation suivie.À chacune de ses visites sa mère la trouva, de jour en jour, plus forte.La veille de son départ, elle put lui consacrer l'après-midi tout entière.Fabienne avait repris son entrain et passait plusieurs heures sur la chaise | e.Discrètement, l'infirmière se it toujours à l'arrivée de Mr eval.Cesfour-là, lorsqu'elle voulut s'esquiver, comme de coutume, la mère de Fabienne s'écria : \u2014 Vous n'allez pas nous quitter ainsi, chère Madame ?C'est ma dernière visite et j'aimerais jouir de votre présence.\u2014 Mais certainement, restez donc avec nous, insista Fabienne, maman et moi nous n'avons aucune chose spéciale à nous dire.Du reste, il n'y a rien qui m'intéresse que vous ne puissiez savoir, chère petite mère.\u2014 Permettez, alors, que j'aille demander l'autorisation à notre Supérieure.Je reviendrai dès que je l'aurai reçue.\u2014 Eh bien! maman, raconte-moi cet après-midi, toutes les nouvelles de Verviers, demanda Fabienne.Que deviennent les demoiselles Duriez et Plantin ?.Raoul a-t-il bon espoir pour son dernier examen ?.As-tu encore été voir mes anciennes maîtresses 7.\u2014 Comment donc ?Elles sont toutes désolées de te savoir si souffrante.J'ai reçu, hier encore, une lettre de la Supérieure.Toute la communauté et les élèves vienent de terminer une neuvaine pour ta guérison.\u2014 Les voilà exaucées; tu iras le leur dire bientôt.\u2014 Certainement.Les deux vieilles demoiselles sont toujours les mêmes, passant leur vie à guetter le monde, derrière leurs rideaux de mousseline.Dernièrement, Léontine s'est foulé le poignet Il ne fallait rien moins que cela pour la rendre plus revêche.Au fond, je plains cette pauvre Désirée.C'est toujours elle qui reçoit les rebuffades et les horions.\u2014 Cela lui rend la vie plus méritoire, maman.\u2014 Quant à Raoul, il va passer en août son dernier examen.Il en sortira docteur en droit.\u2014 Et papa n'est plus si désolé à la pensée que son seul fils ne reprendra pas son industrie ?L'infirmière rentrait à ce moment: \u2014 Notre bonne Supérieure m'a permis de revenir, dit-elle.\u2014 Nous en sommes ravies, assura Mme Orgeval.Fabienne me demandait à l'instant si son père ne regrettait pas que son seul fils ne continuât pas à s'occuper de son affaire.Au fait, l'industrie de la laine ne plaît pas à Raoul.Il veut être avocat.Il rêve d'entrer dans la magistrature, plus tard.«Ton père, ma chère, continua-t- elle en s'adressant à Fabienne, ton père se console en pensant qu'il passera, un jour, son industrie à son gendre.\u2014 Oh! papa fait des châteaux en Espagne .Il prépare déjà les voies pour un avenir incertain Et si je ne me mariais pas, ma petite maman ?Mme Orgeval sursauta : \u2014 Comment ! .lu ne songes pas à la vie religieuse, au moins ?TI y avait une telle anxiété dans son regard, dans le ton effaré de sa demande, que Fabienne regarda son infirmière d'un air d intelligence.\u2014 Et si j'en avais le désir pourtant ?fit-elle malicieuse.\u2014 Ah! cela, non!.par exemple! ne me charge pas d'un tel message pour ton père.\u2014 Vous voyez bien l'accueil que je recevrais, si je disais que j'entre aux Annonciades, dit Fabienne rieuse à sa garde-malade.Je vous l'avais bien affirmé.Et se tournant vers sa mèrc : \u2014 N'ayez pas peur, ma petite maman.Votre Fabienne est assez armée de courage pour accepter de se marier un jour.\u2014 Assez armée de courage ! Elle a gardé ses mêmes idées.Comme si le mariage était une si terrible chose ! \u2014 Fabienne n'a pas tort, Madame.Dans cette voie on va au-devant d'un tel inconnu!.La route y semble parsemée de fleurs, mais en réalité, elle est couverte de ronces et d'épines.- \u2014 Oh! je n'ai pas peur de la vie, déclara Fabienne.Je demande seulement à Dieu, s'Il veut que je fonde un foyer, de mettre sur ma route, un jeune homme digne du grand amour que je veux lui donner.quelqu'un dont je sois fière et qui ne me déçoive pas.L'infirmière détourna la tête, voulant dissimuler l'émotion qui l'envahissait.\u2014 Nous prierons pour que vous trouviez ce guide sûr, ma petite enfant, dit-elle d'une voix assurée.\u2014 À la bonne heure, déclara Mme Orgeval, je suis heureuse de constater que vous encouragez Fabienne à devenir, plus tard, une bonne mère de famille.Je craignais, à cause de votre précédente réflexion, que vous ne l'engagiez à entrer au cloître.\u2014 Le plan de notre destinée à chacun, est tracé par Dieu, chère Madame.Nous ne nous sanctifions que dans la voie ou Il nous veut.\u2014 Vous avez raison, approuva, par politesse, Louise Orgeval.\u2014 Alors, il n'y a rien de nouveau à Verviers ?reprit Fabienne.\u2014 Oh! mais si.Et moi qui allais oublier de t'en parler !.Tu sais, le fameux château d'Ensival, qui est à vendre depuis deux ans, il vient enfin de trouver acquéreur.Au nom du château d'Ensival, celle qu'on appelait la « Dame Mystérieuse » ferma les yeux; un léger tremblement la saisit.Fabienne et sa mère ne s'en aperçurent pas.\u2014 Ce sont des Américains, continua Mme Orgeval, qui vont s'y installer sous peu.On les dit excessivement riches.Aussi est-ce un évêne- ment dans le pays.Cela fait du bruit dans Landerneau !.Ils sont descendus au Grand Hôtel pendant qu'on fait les transformations nécessaires à leur propriété.Raoul a fait dernièrement la connaisance de leur fils unique.C'est un jeune homme charmant.Ton frère a l'intention de s'en faire un ami dès son retour de l'université.29 L'a veine des nouveau - nés de 1937 CLINIQUES POUR ENFANTS SPÉCIALES \u2014 SOINS QUOTIDIENS SPÉCIAUX ET MÊME UN LAXATIF SPÉCIAL \u2026 RIEN D'ÉTONNANT QUE LES ENFANTS AIENT TOUT POUR EUX DE NOS JOURS! E nouveau-né de 1937 débute sous les plus heureux auspices.Rien n\u2019est épargné pour lui venir en aide et des cliniques spéciales veillent constamment sur son bien- être.Aliments spéciaux\u2014savons spé- ciaux\u2014jouets spéciaux\u2014tout en un mot est fabriqué et préparé expressément pour lui.Puisqu\u2019il en est ainsi, pourquoi n\u2019aurait-il pas également un laxatif spécial ?L'organisme de l\u2019enfant n\u2019est pas comme le nôtre.Il est beaucoup trop fragile pour absorber un laxatif d\u2019adulte.C\u2019est pour cette raison que tant de médecins recommandent le Castoria.C\u2019est, comme vous savez, un laxatif pour enfants\u2014préparé tout spécialement ef uniquement pour les enfants.Il ne contient aucun narcotique\u2014 ni rien de nocif pour eux qui pourrait causer des crampes, ou affecter le moindrement leur organisme délicat.Castoria agit surtout sur le gros intestin dont il active le mouvement musculaire.Bien qu\u2019efficace, il n\u2019offre aucun danger.Un célèbre spécialiste des maladies d\u2019enfants prétend qu\u2019il ne peut rien recommander de mieux que Castoria.Et Castoria a un goût agréable qui plait aux petits.Cela est très important, car on risque de détraquer le système nerveux d\u2019un enfant en le forçant à prendre un médicament dont le goût lui répugne.= Plus de 2,000,000 de mères ont appris à compter sur le Castoria.Pourquoi n\u2019en gardez-vous pas toujours une bouteille à la maison?On en trouve chez tous les pharmaciens.Demandez la grande bouteille, la plus économique.CASTORIA Le laxatif préparé expressément pour bébés et jeunes enfants Castoria, marque déposée au Canada Que pensez-vous de La Revue Populaire ?Questionnaire à l'usage de tous nos lecteurs et lectrices En retour du service que nous rendront les lecteurs et lectrices de LA REVUE POPULAIRE en répondant à ce questionnaire, nous tirerons au sort toutes les réponses reçues.Les vingt-trois premières réponses sortantes recevront, dans l\u2019ordre du tirage, les prix suivants : ler Prix \u2014 $15.00 2e Prix \u2014 $10.00 3e Prix \u2014 $5.00 et VINGT prix de $1.00 chacun Les réponses sont tout à fait confidentielles.Seuls les verront MM.Fred et Georges Poirier, président et vice-président de notre maison d'éditions, ainsi que le rédacteur en chef, M.Jean Chauvin.Les QUESTIONNAIRES doivent nous être retournés le 5 août, au plus tard.Les noms des gagnants paraîtront dans La Revue Populaire de septembre.QUESTIONNAIRE Répond:e OUI ou NON avec commentaires au besoin Aimez-vous nos romans ?à combien de personnes ?(c) La donnez-vous ?Len ee (d) La conservez-vous ?uns ne L'achetez-vous au numéro ?Etes-vous abonné ?LE BUT de cette enquête est de mieux connaître les goûts de nos lecteurs et lectrices.Veuillez adresser votre questionnaire, une fois rempli, au REDACTEUR EN CHEF \u2014 LA REVUE POPULAIRE 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Carñada \u2014 Maman, le château d'Ensival, c'est bien celui du fameux comte Gontran, qui, sous le poids d'une malédiction divine, est mort, il y a deux ans, dévoré par ses chiens 7.\u2014 En effet, ma chérie.A ce moment-là, la jeune fille voulant raconter à son infirmière le drame entendu naguère chez les demoiselles Duriez et Plantin, leva les yeux sur celle-ci.Elle la vit immobile, les yeux clos.son visage avait une pâleur de cire : \u2014 Mon Dieu ! qu'avez-vous donc, ma petite mère, s'écria Fabienne essayant de se lever pour aller à elle.\u2014 Ce n'est rien, mon enfant, balbutia la pauvre dame.Un léger arrêt du cœur auquel je suis parfois sujette.Ne vous inquiétez pas, cela passera.Je vous demanderai seulement la permission de me retirer à l'instant.Louise Orgeval voulut l'accompagner, mais la courageuse infirmière refusa et disparut.\u2014 Cette bonne petite mère s'est trop fatiguée à me soigner, dit Fa- bienne.Pourvu que ces nuits de veille n'aient pas ruiné sa santé.J'ignorais qu'elle eût le cœur si gravement atteint.\u2014 Tu me donneras de ses nouvelles en même temps que des tiennes, ma chérie ?Je suis désolée de n'avoir pu la remercier encore.BLANCHE ANDIS que Mme Orgeval conversait avec sa fille, la « Dame Mystérieuse » frappait a la porte de la supérieure.Quand elle parut sur le seuil, la figure exsangue, les traits rigides, tenant les mains sur son cœur qu'elle sentait éclater, la bonne Mère comprit qu'une chose grave venait de se passer.\u2014 Que vous est-il arrivé ?ma pauvre amie, demanda-t-elle, en tendant mbras à l'arrivante.Asseyez-vous.fpirez ces sels.lle lui bassinait les tempes à l'eau de Cologne, l'obligeait à s'étendre sur le canapé.\u2014 Ma Mère !.ma Mère !.Si vous saviez !.Dieu est juste.Il a puni le coupable, l'assassin de mon Paul, le ravisseur de mon fils!.Gontran d'Anglade, le misérable, est mort, il y a deux ans, dévoré par ses chiens.Blanche de St-Edme (car c'est elle que nous retrouvons ignorée du monde et comme ensevelie dans la maison des Annonciades), Blanche parlait avec exaltation.\u2014 Que dites-vous, ma chère fille ?s'exclama la Supérieure prise d'une émotion subite; que dites-vous?.Elle se demandait si Blanche ne délirait pas.si une nouvelle crise ne lui troublait pas, une seconde fois, la raison.Blanche comprit l'anxiété du regard posé sur elle : \u2014 Je ne divague pas, ma chère Claire, reprit-elle.Ne croyez pas que la folie me guette encore.Dieu m'en a sauvée à jamais, le jour où, en souvenir de votre frère tant aimé, vous avez recueilli sa malheureuse veuve dans votre cloître hospitalier.Dieu a ses vues!.Il vient de soulever, pour moi, un coin du voile.Ah! s'Il voulait me mettre sur la voie .m'éclairer sur le sort de mon cher petit Paul!.« Ma chère Claire, en donnant les nouvelles de Verviers à Fabienne, Mme Orgeval lui a annoncé que le château d'Ensival vient d'être vendu à des Américains et, par une permission de Dieu, Fabienne a parlé devant moi, de la mort terrible de ce misérable Gontran.J'ai bien cru que j'allais m'évanouir.Comment ai-je eu la force de ne pas me trahir?.» LA REVUE POPULAIRE \u2014 Je comprends votre émoi, ma pauvre Blanche, dit Claire de St- Edme aussi émue que sa belle-sœur.C'est la Providence qui, non seulement a envoyé Fabienne parmi nous, mais qui a permis que cet entretien eût lieu en votre présence.Croyez- moi, Blanche, laissons faire le bon Dieu.Il nous a montré, aujourd'hui, sa justice; espérons que bientôt, Il nous fera toucher du doigt sa bonté, sa sollicitude d'amour, puisque vous avez mis en Lui votre confiance.\u2014 Hélas ! je ne suis pas assez sou- .mise à ses desseins.Hier encore, dans une hallucination de veille je voyais mon pauvre enfant élevé dans le vice, devenu un bandit, un assassin, peut- être.La vengeance du comte aurait-elle été aussi diabolique que d'ordonner d'avance la perte morale de ce petit innocent ?.Je souhaiterais, plutôt, mille fois qu'il fût mort! \u2014 Reprenez courage, ma pauvre sœur.La lumière se fera, un jour, éclatante.La façon toute paternelle dont Dieu vous a conduite, me donne au cœur la ferme assurance qu'Il a veillé sur notre cher petit Paul comme ll a veillé sur vous.Cette rencontre fortuite de la famille Or- geval, par laquelle Il voulait vous apprendre la punition du coupable, est peut-être l'aurore d'une étape heureuse, « Tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu !» Méditez cela en paix et en action de grâce, ma Blanche chérie.A mesure que sa belle-sœur parlait, un rayonnement irradiait le front et le regard de Blanche de la Ferrovière.\u2014 Quel bien vous me faites, ma chère Claire, dit-elle émue.Je sens que, de là-haut, mon cher époux vous a donné la mission d'élever mon âme à la hauteur des vues divines.Vous avez le timbre de voix, les intonations et le talent persuasif de votre frère .Quand vous parlez, c'est lui que je crois entendre bercer ma douleur, adoucir mon angoisse.Quelle grâce j'ai eue de pouvoir vivre sous votre égide, car vous êtes la vraie mère de mon âme.\u2014 Ma plus grande consolation est de pouvoir vous aider à porter votre croix, reprit la Supérieure.Jamais vous ne soupçonnerez la douleur que j'éprouvais, quand au début de ma vie religieuse, j'appris la mort tragique de Paul et l'enlèvement de votre enfant bien-aimé.J'ai tant prié pour vous, quand l'épreuve a fait sombrer votre raison ! .Croyez-moi, il n'est pas de cœurs plus attachés à leur famille que celui des religieuses qui ont tout quitté pour Dieu.\u2014 Vous m'en êtes une preuve vivante, ma chère Claire.Jamais je n'oublierai l'affection avec laquelle vous m'avez tirée de la solitude atroce où je me suis trouvée, quand la lumière se fit enfin dans mon esprit.Personne au monde ne peut concevoir l'impression effarante qui envahit le pauvre insensé au moment où, reprenant sa personnalité, il mesure l'étendue du malheur qui l'a frappé.Aussi longtemps que, vivant d'une vie factice, dans l'institut où m'avaient placée mes chers parents, je n'avais plus conscience de moi-même, j'étais comme morte à la douleur.Je me mouvais dans l'irréel.dans un rêve enfantin.Des hallucinations me montraient mon\u2019 époux bien-aimé vivant auprès de moi.En caressant une poupée.je m'imaginais avoir mon enfant sur mes genoux.Ah! ma Sœur chérie, que de temps précieux j'ai perdu pour retrouver mon fils.« Dites-moi, répétez-moi encore que je ne suis pas responsable de ces années de démence.que cette folie (Lire la suite page 39) * Juillet 1937 : 31 Sy + Ce Lee i a) À La HOLLANDE, pays des 4° 1 et des moulins à vent, ne un pays stationnaire.LL cota.me partout ailleurs, les traditions, les costumes anciens : fuient rapidement devant le i » ; 3 \u201d modernisme.Mais on retrouve encore des coins du plus pur pittoresque.Volendam, aux .environs d'Amsterdam, est un petit village de pêcheurs qui a beaucoup souffert de la mévente de ses produits.Aussi le gouvernement hollandais s'ef- rorce-t-il d'enseigner aux jeunes filles les arts manuels.Photos Pix LEs photos de cette page nous montrent une école catholique où les délicates coiffes de dentelle sont portées fidèlement.Comme le faisait observer un célèbre voyageur, en Hollande on ne conserve pas les belles choses du passé dans le but d'épater le touriste, mais par simple attachement à l'âme du pays. 32 AvANT d'entreprendre un travail, les décorateurs s'occupent d'abord du cou- vre-plancher.Remarquez qu'ici, par exemple, c'est la carpette qui a déterminé le dessin et les couleurs du divan aussi bien que des tentures.Méthode logique et qui donnera toujours un intérieur harmonieux.Photos Congoleum Canada Limited LA REVUE POPULAIRE DEPurs quelque quinze années, la cuisine est devenue une des pièces les plus agréables de la maison : tout est clair, gai, propre, « appétissant » ; depuis la carpette aux tons vifs jusqu'au poêle et aux armoires immaculés.Le plus intéressant, c\u2019est qu'il n'en coûte pas plus pour faire beau et attrayant. Juillet 1937 33 Pour parodier un mot célèbre, à celle qui nous demanderait la recette de la beauté, nous répondrions : santé ! santé ! santé ! C'est ce que les spécialistes de Hollywood ont compris depuis longtemps : pas de beauté véritable sans un corps sain.Aussi, toutes les vedettes pratiquent systématiquement la culture physique et surveillent leur régime alimentaire.Les accessoires de beauté viennent ensuite accentuer le type ou protéger la peau contre le vent, la poussière, les intempéries.Mais, encore une fois, c'est par la culture physique bien ordonnée, avec en plus quelques soins particuliers, que l'on acquiert la véritable beauté et surtout que l'on peut la conserver.Cela ne suffit pas à certaines natures qui doivent surveiller davantage certaines parties de leur anatomie.À vous d'en juger ! 34 LA REVUE POPULAIRE fe COLETTE DARFEUIL TINO ROSSI dé \u20ac JOSETTE DAY Li CHARLES BOYER ES DANIELE PAROLA se 2 A ODETTE FLORELLE o> A 5 2 = a An Er * i / 5 P.7 4 i ac o> 20 0 1d i ial > NS $ ty es sé æ ot a ; = k v v : Re, ho) fi P Fe À =r Yi % sg Sy A 1 is © + nt bs 7) = any ; ie Ba = = ei TN 7 2 $i > _ sé dr É eo ur 7 A pe * ; \u201cpr Ri, # \u201cNE as IAD A AA wd .3 es.oN es En > À S - 3 sr of # Juillet 1937 35 { ~ DANIELLE DARRIEUX SIMONE SIMON = CLAUDE MAY A 4 FERNAND GRAVEY : HENRY CARAT v ith $e ie A * \u201ct + \u20ac \\¢ «9 ot, J ; LL | I i 4 ?By ot! pe # ae z / fe I > ) À 1 pect It.A AG ramçcals_ 8 H LA e* ÿ 36 2391 \u2014 Robe et bouffants, gr.2 à 8.Pour un 6: 214 v.de 27\u201d, 215 v.de 35\u201d ou 17% v.de 39\u201d.Contrastant : 3 v.de 357-39\u201d-44\u201d.Les bouffants : 74 v.de 357-39\u201d.15 cents.Une P yramide de Solies Petites Robes 2406 \u2014 Robe et bouffants, gr.1 à 6.Pour un 3 ans: 115 v.de 35\u201d-39\u201d ou 194 v.de 44\u201d.Contrastant : 15 v de 357-39\u201d ou 34 v.de 44\u201d.15 cents.1% v.de ruché.2420 \u2014 Jolie robe de fillette.gr.6 à 14.Pour un 10 : 3L4 v.de 35\u201d ou 3 v.de 39\u201d.2443 \u2014 Robe et bouffants, gr.4 à 10.Pour un 6 : 2 v.de 35\u201d ou 174 v.de 397-44\".Les bouffants : 7 v.de 35\u201d ou 34 v.de 39\u201d.114 v.de ruban de 34\u201d.Fermeture- éclair de 6\u201d.15 cents.Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité.LA REVUE POPULAIRE 2390 \u2014 Robe et bouffants, 1.1 à 6.Pour un 4 ans : 174 v.de 35\u201d ou 134 v.de 39\u201d.Les bouffants : 34 v.de 357-39\u201d.15 cents.2431 \u2014 Charmante robe pour gr.12 a 20.Pour un 12 : 315 v.de 35\u201d, 334 v.de 39\u201d ou 274 v.de 44\u201d.% v.de ruban de 1\u201d pour la boucle.114 v.de ruban de 5\u201d pour le ceinturon.20 cents. 'e + Juillet 1937 2397 \u2014 Robe élégante, gr.32 à 42.Pour un 34 : 34 v.de 35\u201d ou 3 v.de 39\u201d.17% v.de ruban de 215\u201d.20 cents.2427 \u2014 Robe pour dame ou jeune fille, gr.32 à 42.Pour un 34 : 354 v.de 35\u201d ou 344 v.de 39\u201d.74 v.de ruban de 3\u201d pour la ceinture.25 cents.Pour un bel apres - midi ensoleillé 2416 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.34 à 46.Pour un 38 : 3% v.de 35\u201d ou 344 v.de 39\u201d.115 v.de ruban de 415\u201d de largeur pour le ceinturon, 25 cents.2412 \u2014 Robe et dessous de robe (slip), gr.32 à 46.Pour 4 un 36 : 454 v.de 35\u201d ou 4 v./ § de 39\u201d pour la robe ; 234 v.Am., de 35\u201d-39\u201d pour le dessous.( .25 cents.- Py 2376 \u2014 Robe charmante, gr.12 à 40.Un 16 requiert : 314 v.de 35\u201d ou 3% v.de 39\u201d.Contrastant : 4 v.de 35\u201d ou 34 v.de 39\u201d.20 cents.Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité. Robes Fraiches et Chics 2445 \u2014 Jolie robe, pour gr.32 à 42.Pour un 34 : 3 v.de 35\u201d ou 234 v.de 39\u201d.34 v.de 357-39\u201d ou 14 v.de 44\u201d pour le ceinturon.25 cts.1938 \u2014 Robe aux manches amples, gr.14 à 40.Pour un 18 : 414 v.de 35\u201d ou 354 v.de 39\u201d.25 cents.2425 Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité.2419 2425 \u2014 Une toilette fraiche et élégante, gr.32 à 42.Pour un 34 : 354 v.de 35\u201d ou 35 v.de 39\u201d.LA REVUE POPULAIRE 2445 LD 2405 \u2014 Pour dame ou jeune fille, gr.32 à 42.Un 34 requiert : (Patron 1) 4% v.de 32\u201d 4 v.de 35\u201d ou 34 v.de 39\u201d.Ceinture de votre choix.(Patron 2) 334 v.de 35\u201d ou 3% v.de 39\u201d.Contrastant : % v.de 35\u201d ou 5 v.de 39\u201d.Environ 244 v.de bordure.20 cents.2419 \u2014.Robe amincissante, gr.34 a 46.Pour un 38: 415 v.de 35\u201d ou 324 v.de 39\u201d.L'enveloppe contient un patron de boléro.20 cents.7 Juillet 1937 : L'Hubépine Planche (Suite de la page 30) ne fut pas le châtiment de mon manque de résignation et de foi.\u2014 Je vais vous gronder! Blanche, si vous revenez sur ces craintes, ces scrupules insensés.Votre épreuve n'est venue que de la volonté de Dieu, car vous aviez été héroïque dans votre sacrifice.Tranquillisez-vous donc, toutes les recherches ont été poursuivies avec vigilance par vos parents et par les miens.\u2014 Vous me soulagez à me le répéter, Claire.Et dire que, sans vous, le jour où j'ai retrouvé la notion des choses, je me serais vue seule, toute seule au monde, ayant à pleurer la mort de tous les miens.Je ne veux plus penser à ces heures d'indescriptible ébranlement moral où j'ai trouvé,la guérison.Nul ne peut s'en faire une idée et je me demande comment il est possible de passer un tel supplice sans en mourir !.«Il y avait des années que j'étais à l'institut, quand, un jour, la directrice décida d'emener les moins atteintes de ses pensionnaires, faire un pèlerinage à Notre-Dame de Consolation.Nous partimes donc a pied, une dizaine de mes compagnes et moi.Nous allions arriver au sanctuaire.Sur la route, une magnifique aubépine apparut comme un énorme bouquet blanc au milieu de la verdure environnante.Je m'étais arrétée devant l'arbre; hypnotisée par la vue de ces fleurs néfases, je ressentis un choc intérieur de foudre qui ébranla tout mon être : \u2014 L'aubépine blanche! .m'écriai- je.L'aubépine blanche !.Le comte Gontran!.Paul, mon mari!!! mon fils! .Je me souviens.mon Dieu.mon Dieu.Oh! que je suis donc malheureuse ! .« On dut me transporter dans une auberge voisine.C'est là, qu'après avoir été menacé d'une fièvre cérébrale je vous trouvais à mon chevet, ma chère Claire, quand je pus verser des larmes conscientes sur l'immensité de mon malheur.Mais, pourquoi revivre ces stations de mon calvaire, sinon pour vous redire toute ma tendre reconnaissance.Vous avez été si bonne pour moi! C'est vous qui m'avez appris à marcher à grands pas dans la voie d'abandon à Dieu.Ah! si vous l'aviez voulu, si vous le vouliez encore, avec quel cœur je me donnerais toute au Seigneur, je Lui vouerais ma vie sous le voile des Annonciades.\u2014 Non, Blanche, dit la Supérieure un peu sévère.Ne me parlez plus jamais de désirs qui, si pieux qu'ils puissent paraître, sont en dehors du plan divin sur vous.Que feriez-vous dites-le-moi, si, ayant consacré par vœu votre vie au Seigneur, vous re- trôuviez votre cher fils 7\u201d.Quelle serait la torture de votre âme pârta- gée entre vos devoirs de mère et la parole donnée à Dieu ?.\u2014 Hélas ! murmura Blanche, vous avez raison, ma chère.Je dois demeurer devant cet oasis de paix qu'est la vie du cloître, en respirer les parfums célestes sans pouvoir jamais y prétendre.Ma place, à moi, c'est sur la voie douloureuse, sur la grand'route aride, où l'on se blesse aux aspérités du chemin, laissant les lambeaux de son cœur aux épines qui le bordent de toutes parts.\u2014 Qu'importe, ma fille, si vous marchez le regard fixé sur le but, et si le divin Soleil vous éclaire et vous réchauffe le cœur ?\u2014 C'est vrai, soupira Blanche, comme je le dis souvent à Dieu : « Qu'importe Que, sur la route, je sois morte, Sans avoir, d\u2019aucun jardin, Sur terre, vu s'ouvrir la porte, Si tu m\u2019es l'Eternel Festin !.» \u2014 C'est bien !.Je vous retrouve là, chère fille de mon cœur, dit Claire de St-Edme, émue.Allez vite chanter votre « Fiat» aux orgues de la chapelle.Le salut va bientôt sonner.\u2014 Ma Mère, j'aurais encore une confession à vous faire, un conseil à vous demander : Dernièrement, de torturantes pensées m'accablaient au pied du lit de Fabienne Orgeval.Elle a deviné que je souffrais et, dans un moment d'expansion, je lui ai promis de lui dévoiler, un jour, le secret de mon martyre.Croyez-vous que, pour elle seule, je ferais bien de sortir de mon incognito ?Très perplexe, la Supérieure réfléchissait : \u2014 Croyez-moi, ma Sœur chérie, dit-elle enfin, ne mêlons pas notre action à l'action divine.Depuis le drame où a sombré votre bonheur, Blanche de St-Edme est morte pour tous.Ne la faisons pas revivre.Attendons, si elle doit venir, un jour, attendons l'heure de Dieu, celle ou vous pourrez dire a celui pour qui vous vivez et souffrez : « Mon Fils, embrasse ta Mère ! » Si cette heure ne doit jamais sonner, restez, pour toujours ensevelie avec mon frère, votre époux bien- aimé, avec notre petit Paul, qui est peut-être un Ange du Ciel.Demeurez cachée, silencieuse, avec la Mère des Douleurs attendant la Résurrection de Son Fils.» \u2014 Je suivrai votre conseil, ma chère Sœur et ma Mère, acquiesça Blanche.Revenir sur le passé.même pour en parler sans révolte avec Fabienne, ne pourrait que me troubler davantage.Au surplus.pourquoi montrer la vie sous un aspect aussi effrayant à cette chère petite ?Une telle épreuve n'est pas le lot de beaucoup.Son bon cœur en souffrirait sans pouvoir alléger ma torture.C'est ainsi que, jusqu'à la complète guérison croissante, sa Petite Mère ne remit jamais la conversation sur le passé.Elle éluda même avec soin, la moindre allusion de la jeune fille à son chagrin latent.Trop discrète pour insister, Fa- bienne comprit que la « Dame Mystérieuse » tenait à garder son secret et elle ne chercha plus à amener la mondre confidence.FIANÇAILLES | Y A trois semaines que Fabienne a dit adieu à la vie le pensionnaire.Sa peine fut grande de quitter son amie d'âme.Seule le pensée de lui écrire souvent, de la tenir au courant de tous les événements de sa vie a adouci la séparation.\u2014 Je pars, mais je vous demeure, thère petite Mère, avait dit Fabien- ne et Blanche de St-Edme avait envisagé, un instant, l'espoir d'une vocation idéale pour l'enfant de son cœur.\u2014 Je ferai chaque jour mon journal, décida la jeune fille, je l'enverrai à St-Exupère.De cette façon, mon cher mentor pourra toujours lire dans mon âme et me continuer sa sage direction.Déjà de longues pages sont venues apporter à Blanche la fidèle pensée de sa petite Fabienne.Elle la sent heureuse au milieu des siens mais encore imprégnée de la pieuse atmosphère respirée au pensionnat.ILY VA DU BONVEUR! NE BELLE peau satinée charme et captive.Evitez donc une Peau Cosmétiquée \u2014de minuscules flétrissures, des pores dilatés! Il est facile d\u2019éviter ce danger! Employez tous les cosmétiques que vous voulez.Mais avant de vous remaquiller \u2014 TOUJOURS avant d\u2019aller coucher \u2014employez le Savon de \u2018Toilette Lux.Sa mousse ACTIVE pénètre à fond, enlève tout vestige de cosmétiques fanés et de poussière qui pourraient boucher les pores.9 étoiles de l\u2019écran sur 10 emploient ; le Savon de Toilette Lux! J'EMPLOIE DES COSMETIQUES MAIS J'EVITE SOIGNEUSEMENT UNE PEAU COSMETIQUEE.J'EMPLOIE REGULIEREMENT LE SAVON DE TOILETTE LUX SN OBERG ETOILE DES SAMUEL GOLDWYN 40 Faites un voyage en mer cet été ! Croisière de 9 Jours a NEW-YORK _ et Retour \"70: Départs d MONTREAL 17-27 JUILLET 6-16 AOÛT ® Une magnifique croisiere de neuf jours sur le St-Laurent, le long des côtes des Maritimes et sur l\u2019Atlantique jusqu'à New- York.Une journée et une soirée dans cette ville avant le retour.DUCHESS of ATHOLL (30,000 tonnes) Ce luxueux paquebot sera votre hôtel flottant pendant les 9 jours du voyage.La cuisine, le confort et le service ne laissent rien à désirer.Ponts spacieux, gymnase, piscine de natation extérieure, musique de concert et de danse, cinéma parlant, sports, etc.Jamais un moment de monotonie.Faites ce beau voyage cet été.Tous renseignements de votre agence de voyage ou du Ce matin-là, dans sa jolie chambre tout embaumée du parfum des roses, où un gai soleil vient verser à flot l'exubérance de vie sous sa lumineuse clarté, Fabienne semble absorbée dans une méditation profonde.Assise devant son gracieux bureau d'acajou, le front dans la main, accoudée sur la tablette vernie, elle ferme les yeux pour mieux se recuillir.Devant elle, une page blanche encore doit recevoir les confidences de son âme pour les transmettre à sa « Petite Mère ».Pour la première fois, Fabienne hésite à faire courir sa plume.Elle se décide enfin à tracer ces lignes : lex septembre.J'espère avoir, aujourd'hui, plus de temps à causer avec vous que l'autre jour, où l'appel de Raoul m'a forcée à interrompre mon journal.Mais, pourquoi, me faut-il tant ré- fréchir ce matin avant de vous ouvrir mon âme ?.Une étrange perplexité arrête mon élan .Je ne puis définir exactement ce qui se passe en moi, Depuis quelques jours, il me semble que quelque choe y est changé.Oh! n'allez pas croire que, déjà, l'esprit du monde, la dissipätion, la tiédeur dans la piété s'y soit glissés.Au contraire, je déteste le monde.Je le trouve plus vain, plus haïssable à chacun des «thés» où ma gentille maman reçoit les « Dames de la Société ».Elles me font l'effet de guêpes malfaisantes, piquant l'autre de leur dard méchant.Parfois, parmi ces guêpes, se glissent de vulgaires mouches noires .J'ai horreur de cette atmosphère où l'on évente les scandales, où l\u2019on montre les tristes aspects de l'humanité, pour en rire et s'en amuser.Ecœurée de cette mentalité basse, je me réfugie au fond de moi-même pour éviter leur souillant contact.Leur néfaste passage peut laisser quelques points noirs sur la surface de ma lampe, mais la lumière intérieure y demeure claire et brillante.Il y a aussi des invitées qui ne sont ni guêpes, ni mouches, rien que de légers papillons ne s'arrêtant à approfondir aucune chose .des âmes creuses, en somme, dont les propos ne peuvent trouver écho en moi, tant ils sont futiles et vides.Combien rarement on rencontre, en ces réunions, une seule abeille chercheuse et productrice de miel bienfaisant.Vous le constatez, chère petite Mère, je ne suis pas entachée par l'esprit au monde, ni par la vaine dissipation; par la tiédeur non plus, car je n'ai jamais si bien prié, me semble-t-il, que depuis ces derniers jours.Et pourtant, quelque chose a changé en moi.Plus je veux m'analyser, plus je me perds dans un problème insoluble.Je voudrais tant vous exprimer cet état.En réalité, bien que je ne puisse le définir, ni en découvrir le motif, vous trouverez avec moi, petite Mère, que c'est un changement heureux.Votre Fabienne sent un je ne sais quoi s'épanouir en elle; on dirait que son cœur se dilate pour sourire à la vie, où tout lui apparaît sous un jour nouveau.Elle aime le soleil qui luit, les fleurs qui s'ouvrent, les oiseaux qui chantent, parce que quelque chose, en elle, semble s'épanouir et chanter avec eux.Je prie mieux aussi, parce que ma prière, au lieu d'être un « Miserere » est un perpétuel « Merci » a Dieu, dans la louange et dans la joie, pour tout ce qu'll nous donne.Est-ce le repos et la distraction des vacances qui, me ramenant à meilleure santé, ont une influence sur mon moral ?.J'en doute.Est-ce par ce que l'intimité d'âme rêvée avec ma chère maman, m'est LA REVUE POPULAIRE enfin donnée ?.Certes, non! Il semble, au contraire, que nous nous comprenons de moins en moins.Alors pourquoi, en regardant au fond de moi-même, dois-je retrouver une Fa- bienne tout autre que celle que vous connaissez ?Mystère ! Mystère, que je ne puis sonder et dont vous m'expliquerez, peut-être, le secret.Mais je me perds en vaines dissertations.Il faut que je vous dise ce qui a occupé mes journées.Je vous ai donc quittée, l'autre jour, pour répondre à l'appel de Raoul.Ce cher frère voulait me faire faire la connaissance de son ami.\u2014 Fabienne, me dit-il, dès que j'entrai au salon, je tiens à te présenter mon meilleur ami: Noël del Arco, dont je t'ai parlé souvent.\u2014 En effet, ai-je répondu.Je suis charmée, Monsieur, de vous connai- tre enfin.Raoul me disait tant de bien de vous.Je me trouvais devant un jeune homme svelte, au regard lumineux et franc.Il leva les yeux sur moi, et je crus y découvrir une surprise, un tressaillement satisfait.Avec beaucoup d'aisance, il s'avança vers moi, s'inclina et instinctivement, ébaucha le mouvement de me tendre la main, mais il s'arrêta.\u2014 C'était à moi de faire ce geste accueillant, me dis-je un peu morfondue de mon impair.\u2014 Soyez le bienvenu, ai-je repris en lui offrant la main.La glace était rompue.Mon accueil parut lui plaire, car un bon sourire éclaira sa physionomie intelligente.D'un vigoureux shake-hand, il sembla vouloir sceller, dès l'abord, notre amitié en disant : \u2014 J'espère, Mademoiselle, trouver en vous une jeune sœur, puisque Raoul est vraiment devenu un frère pour moi, malheureux fils unique.\u2014 Je te plains, en effet, mon cher, assura Raoul.Rièn n'est si bon que d'être le frère aimé d'une cadette aussi charmante que notre Fabiene.\u2014 Tais-toi donc, Raoul, tu vas me faire rougir.C'est très mal de me taquiner ainsi, dis-je vexée.\u2014 Je comprends si bien mon ami, Mademoiselle, et je me plains davantage encore de mon sort, depuis que je vous ai vue.Il y avait tant de franchise, de naïve simplicité dans toute son attitude, que, dès l'abord, je me sentis attirée vers lui.Je réponds tout naturellement : \u2014 Vous voilà moins à plaindre, maintenant, puisque nous allons être trois grands amis.Il répéta, avec une visible expression de joie : \u2014 Trois grands amis, comm® vous dites bien cela, Mademoiselle!.Alors, si vous le permettez, je me considèrerai ici comme en famille ?\u2014 Mais certainement.Vous ne serez jamais de trop dans nos promenades, dans nos jeux (car nous jouons encore comme de grands enfants), dans nos réunions, n'est-ce pas, Raoul ?\u2014 Oh! Merci, Mademoiselle.\u2014 Je te l'avais bien dit, reprit mon 5 frère, Fabienne est la personne la plus accommodante du monde.Figure- toi, petite sœur, que ce cher Noël a résisté jusqu'ici à l'envie de t'être présenté, tant il est timide.Il avait peur de.\u2014 Raoul, je t'interdis de faire ma confession à ta sœur.Je vous avouerai moi-même, Mademoiselle, que je redoutais un peu de me trouver devant une jeune fille hautaine, affectée, se drapant dans sa dignité.Et je vous ai trouvée si aimable, si naturelle, sans détour, comme les plus aimables de nos American Ladies.Je (Lire la suite page 43) Juillet 1937 Jos Vieilles Familles Canadiennes pax Emile Falardeau L'HEUREUX M.P.L., Montréal.L'origine des familles l'Heureux, de Québec et des alentours, est : Simon Lereau, né vers 1626, du mariage de René Lereau et de Marguerite Guillin, de la paroisse de Saint-Cosme-de-Vair, diocèse du Mans.(Département de la Sarthe).Simon Lereau arriva à Québec, durant la saison de navigation 1653, accompagnant quelques familles de Saint-Cosme, principalement les familles Bisson, dont l'un était marié à une demoiselle Lereau.Il se mariait à Québec, le 27 novembre 1655, avec Jacquette Jarous- sel, française, fille de Pierre Jarous- sel et de Jacquette Touraude, de la paroisse de Périgny, diocèse de aRochelle, en Aunis.Simon Lereau décéda avant février 1672.Sa veuve, Jacquette Jaroussel, épousait Robert Contard, le 9 février 1672.Le nom de Lereau a été d'abord changé en l'Héreault, puis est devenu l'Heureux., FAFARD M.Art.F., Montréal.Deux frères, d'origine normande, ayant fait souche au Canada, toutes les familles Fafard sont apparentées, les unes aux autres, par des degrés plus ou moins éloignés.Un autre membre de cette famille est inscrit dans le premier acte de mariage de Français célébré à Ville-Marie, (Montréal) en 1647.Dans les premières générations canadiennes, certains surnoms étaient attachés aux différentes familles de ce nom.Ces surnoms servaient à faire reconnaître les descendants, des deux différentes lignées collatérales, mais depuis environ cent ans, l'on semble avoir négligé les surnoms pour ne conserver que le nom principal : celui de Fafard.Ceux que nous avons rencontrés en ces derniers temps, ne se rappellent même pas avoir entendu mentionner les surnoms qui suivent : De Francheville; Delorme; Joinvil- le; Laframboise; Lafraynay; Lapa- vanne; Longval; Macouce.Il se peut très bien que plusieurs noms qui apparaissent dans cette liste aient eu pour origine, soit l'un ou l'autre des ancêtres suivants : Bertrand et François Fafard étaient les fils de Jean Fafard et d'Antoinette Le Verdier, de la paroisse d'Hotot- en-Auge, comprise dans le diocèse .d'Evreux, en Normandie (département du Calvados).1.Bertrand, sieur de la Framboise, naquit vers 1620.Il émigra au Canada en 1637, puis alla s'établir aux Trois-Rivières, bourgade fondée en 1634 par le sieur Laviolette.Le 21 décembre 1640, Bertrand passait un contrat de mariage avec Marie Sédillot.Ce mariage dit être célébré au commencement de l'année 1641.\u2014 Les premiers régistres des Trois-Rivières et du Cap-de-la-Ma- deleine sont disparus.Il est tout probable qu'ils ont dû être détruits par le feu, ce grand dévastateur de trésors artistiques et si funeste pour les anciens documents.\u2014 Son épouse : Marie Sédillot, Française, était la fille de Louis Sédillot et de Marie Charier, de la paroisse de Montreuil, en Picardie.Elle acompagna son père et sa belle-mère arrivés à Québec en 1637.De cette union naquirent cing enfants : trois garçons et deux filles.Deux garçons firent souche.Bertrand Fafard fut inhumé aux Trois-Rivières le 3 novembre 1660.Sa veuve : Marie Sédillot, convola en secondes noces avec René Bernard.2.François Fafard, naquit vers 1630.Il se maria deux fois.Le premier mariage fut célébré aux Trois- Rivières.Le 5 novembre 1656, il épousait Marie Richard, Française.Celle-ci était la fille de Siméon Richard et de Catherine Coutancineau, de l'Aunis, ancienne province du sud- ouest de la France, maintenant faisant partie du département de la Cha- rente-Inférieure.De ce mariage sont nés six enfants : Deux filles et quatre garçons qui tous firent souche.\u2014 Ceci explique que la descendance de François semble être plus nombreuse que celle de Bertrand.\u2014 François Bertrand décéda à Batiscan, où il fut inhumé le 26 décembre 1711.C'est à la demi-sœur des deux précédents que ,revient l'honneur d'avoir été la première femme française mariée à Ville-Marie, fondée par le sieur de Maisonneuve en mai 1642.Françoise Fafard, était la fille de Jean Fafard et d'Elizabeth Tibou, demeurant à Argences, paroisse située à environ trente kilomètres (18 milles) à vol d'oiseau, à l'est de la ville de Caen, dans le département du Calvados.Le 3 novembre 1647, elle épousait Mathurin LeMousnier (aussi inscrit par la suite : Meunier).Ce dernier était le fils de René LeMousnier et de Marie Leroux, de la paroisse de Clermont, évêché de la Flèche.Elle décéda à un âge très avancé, et fut inhumée à Sainte-Anne de Beaupré, le 13 janvier 1702.François LeMousnier et Françoise Fafard sont les ancêtres d'une lignée de famille canadiennes du nom de Meunier.TESSIER Mme S.T., Ottawa, Ont.Le nom de Tessier est tiré d'un métier; celui de Texier, ancien nom français remplacé par celui de tisserand, c'est-à-dire l'ouvrier qui tisse.Toutes les familles Tessier ne sont pas apparentées à Urbain Tessier dit Lavigne.Un surnom différent est attaché à chacune des familles.Vous trouverez une liste donnant les informations nécessaires pour bien vous reconnaître.Exemple : Bessier dit Tessier, etc.Chaumine; de la Tessonnière; Ha- ringue; Laforest; Laliberté; Laplan- te; Lavigne; Lespérance; Letellier; Nicole; St.Martin.GUERNON M.A.G., Montréal.Ce nom est une déformation due a une mauvaise prononciation.L'ancêtre de votre famille, Pierre Grenon, né vers 1645, du mariage de Pierre Grenon et de Marie Soseaux, de la aroisse de Marsais, diocèse de aRochelle, en Aunis, s'est marié à Québec le 16 février 1676, avec Marie de Lavoye, fille de Pierre de La- voye et de Jacquette Grinon.41 LE THÉ
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.