La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 novembre 1936, Novembre
[" RU Ww [yy ool » ue + dl > wl 5 A re = = 4 =e 1 ts Py = 3 JO A =.A 5 hb 2008 a ze $6 3 5.s.HAYS Re oy > Rs bac oN x A Lz = 21 4 & en 3 L 5.py 2 To A 5, A w \"2 pe Fy yi a.El : Vi © i, To \u201cr 4 = > i 4 = v ba 7 be 4 A ç v3 He: ag Eh PE à © Ie Xe; $ 4 0 + ve ars % Novembre 1936 c y & 24 i fn t A SEE .» LE a.A LP 720 {pa x 2 RY.° | \u201d a + i: \"28 æ 1 # 75 x, rf Jha 7 5 fF Re sr Keyser LS ed :â - I Fi?aE vr =, os nib TN A % dr \u201c3 ose se rk À 7h x se\u201d ses SI js aa me se io er 2 rot SE 25 = cé, eR, ae Le a., RN rl or te à / x.Ta i = ee 95s a = sain ¢ far i cs 2x ei 3 Ton ES i es a A À oh La Fe ey es fix Gow a 25 eX i # A su s A 2 He %.oe a par Edouard de an nt, a Eo 4 » A % ns ee > an \u201ca a i 4 a i % ry he i i, Cie a i 20 5 a Ay = = 5 ae a a mat 44 4 x % a \u2018 fes #5! *, Ze 2 ste + ne.= RE 22 ra om.7 oi or Cas py ag se as a LT PA a mr A Le = i ZN tA 220 4 (> as ve 4 a PES, Xo pL ss we a ha 2 ob rk I va oy a Shel} pra, a re x Car at dé at SB ve fn \u20ac oy ee ig [oye hep 5 SF > EB PA EE eg LE in z Rs vs \u2018var = ee Vi ges 3 op ig L'AMOUR L\u2019EMPORTE evie Popula A VIE vt a 1 X ] 2 ë sn e e 2 4 a AS bd co a se \u20ac { 5 dé No 11 al a ve = pad, 7 a dE R N a 1a Notre Roman [a 29e ANNEE, E O EK si ¢ P Cc £-334 ë é mails Lee Bo St *, sie ice CUT CES ; Li vous êtes tous / en paveu des PUREES HEINZ dites \u201cOut\u201d! Le vote est toujours unanime.Nous n'avons encore jamais entendu dire qu'aucun bébé n'ait voté avec enthousiasme pour les Purées Heinz dès la première fois qu'il y goûtait! Les mamans accueillent aussi chaleureusement cette manière sensée et commode d'ajouter des aliments semi- solides au régime alimentaire de leurs bébés.Elles savent que les Purées Heinz sont salutaires; premièrement, parce qu'elles portent la marque Heinz; deuxièmement, parce que les boîtes, émaillées à l'intérieur, ont été approuvées par la profession médicale.Les Purées Heinz offrent, toute l\u2019année, la fraîcheur et la saveur des légumes d'été \u2014qualités qu'aucun légume en conserves ne peut vous assurer à aucun prix.Elles sont riches en vitamines et en éléments naturels salutaires, 7 parce que les légumes sont cuits uniquement dans leur propre jus.Les * légumes cuits chez soi perdent de leur saveur et de leur valeur en vitamines parce qu'ils sont exposés à l'air pendant leur cuisson.Ey Les Purées Heinz sont cuites dans des récipients hermétiquement clos.Elles ne perdent rien de leur goût ni de leur valeur alimentaire.Les Purées Heinz sont préparées avec des légumes potagers strictement frais, dans les cuisines Heinz, à Leamington, centre d'une des meilleures régions du Canada pour la culture maraîchère.a Votre marchand les vend Choix de Purées Heinz: Pruncaux, Pois, Haricots Verts, Epinards, Carottes, Tomates, Betteraves, Céréale, Purée de Soupe aux Légumes.JU: \u201cQuestions et Réponses sur les Purées Heinz\u2019 vous disant comment elles sont préparées et quand les employer.Exemplaire envoyé gratuitement.S\u2019adresser 4 H.J.Heinz Company, Dépt.LR26, Montréal, Qué. Novembre 1936 Un mot à nos lecteurs .Nous prions nos nombreux et sympathiques lecteurs et lectrices de se reporter aux huit pages du centre de la présente revue.Ils y remarqueront que ces pages sont décorées de motifs en couleurs comme la chose se fait dans les plus luxueux magazines européens et américains.C'est là une innovation dont nous tenons à signaler l'importance aux lecteurs et lectrices qui suivent nos efforts et nous encouragent de leur sympathie depuis tant d'années.On a sans doute remarqué que nous n'avons pas la mauvaise habitude de parler constamment de nous-mêmes et des progrès que nous faisons, laissant à nos lecteurs et lectrices le soin de se rendre compte des changements qui s'opèrent constamment, depuis deux ou trois ans surtout, dans LA REVUE POPULAIRE.Mais cette fois, nous faisons exception à la règle, parce que cette innovation fera époque dans l'histoire de notre revue fondée il y a près de trente ans.Pour peu que nos lecteurs et lectrices continuent à nous encourager et à faire de la bonne propagande autour d'eux, LA REVUE POPULAIRE sera, dans peu de temps, la plus complète et la plus - luxueuse revue, non seulement du Canada français, mais du pays tout entier.Par sa présentation soignée ainsi que par sa tenue littéraire, elle pourra même se comparer aux plus célèbres revues du monde.Nous aurions voulu nous rendre agréables à certains lecteurs du comté des Deux-Montagnes qui nous ont demandé un article sur le patriote Chénier.Nous passerons cet article, illustré de documents intéressants, dans notre livraison du mois prochain.De nombreux lecteurs et lectrices nous ont écrit pour nous remercier de leur avoir donné un problème de mots croisés grand format.Nous savions leur faire plaisir en consacrant ainsi une page tout entière à ce jeu aussi instructif que divertissant.Si un certain nombre de nos lecteurs et lectrices en manifestent par écrit le désir, nous pourrions peut- être accorder une dizaine de prix à ceux et celles que le sort favoriserait.C'est ce que fait toutes les semaines Le SAMEDI.Il n'est peut-être pas inutile de dire ici que les deux autres magazines que publie notre maison, la plus grande maison d'édition canadienne-française, fondée, il y a près de cinquante ans sous la raison sociale de Poirier, Bessette & Cie, Limitée, marchent de pair avec LA REVUE POPULAIRE.Ces deux magazines : LE SAMEDI et LE FILM, ont également pris depuis quelques années un essor considérable.Vous les trouvez également dans tous les dépôts de journaux du Canada et de la Nou- velle-Angleterre.Si vous préférez vous y abonner que de les acheter au numéro, vous pouvez avoir ainsi les trois pour cing dollars par année, au Canada seulement.La Revue Populaire 29e année, No 11 Montréal, Novembre 1936 SOMMAIRE \u2018 ® Page UN RAID DEVANT VIMY par Jean d'Agraives.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.s 5 DÉBUTANTES ET JEUNES MARIÉES par Francine.6-7 Au Pays D'ÉLÉPHANTIDE par Fernand de Verneuil.8-9 L'INSTITUTION DES SOURDES-MUETTES par Thérèse Fournier.10 UNE VISITE CHEZ NOS EDITEURS par Béatrice Grenier.11 Notre roman complet : L\u2019AMOUR L\u2019EMPORTE par Edouard de Keyser.12 Poésie : AUTOMNE par Jacqueline Francœur.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026.26 Soyons PRATIQUES, MESDAMES par Denise Lemoyne.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026s 29 Joris Travaux DE BRODERIE ET DE TricoT 31-59 UN FOYER ANGLAIS.\u2026.\u2026.\u2026.rrcrcecnnesrerenarcce 32 LA MAISON D'UN EBCRIVAIN.33 CONSTELLATION .\u2026.\u2026.\u2026.rcerrcesrcacecare carre 34-35 La mode : TOILETTES, À LA pois CHic ET UtiLEs 36-37 38 LA MAISON DE DDEMAIN.\u2026.\u2026.\u2026\u2026rrrererarersancese 40 Mors Croisés (une page complète).44 LE PORT AVANT L'HIIVERNEMENT.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.46 Nos VieiLLes FamiLLes CANADIENNES par Emile Falardeau\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026e 52 CONSEILS AUX JEuNes Maris par Francine.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.rreenennmnennnnnnn 53 Propos sur LA LANGUE FRANÇAISE par Paul Morin.JEAN-PIERRE AUMONT.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.M.Louis FOREST, RELIEUR D'ART TIMBRES-POSTE ET PHILATELIE.GRAPHOLOGIE CÉLESTE.\u2026.\u2026.\u2026scerrerrrrrcrensererecrses LA CUISINE CANADIENNE par Hélène Chagnon\u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026 66 NOTRE PROCHAIN ROMAN LE PLUS BEAU ROLE par Edouard de Keyser LA REVUE POPULAIRE Editeurs-Propriétaires POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMIVEE 975, rue de Bullion, Montréal, Canada Tél.: PLATEAU 9638* ABONNEMENT : Canada : Un an $1.50 \u2014 Six mols .75 Etats-Unis: Un an $1.75 \u2014 Six mois .90 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de L\u2019A.B.C.Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt., U.S.A., as second class matter under the Act of March 3rd.1879. Robert, Lucie dit qu'elle reconnait que notre enthousiasme au sujet du Café Maxwell House est bien fonde.Nous faisons simplement des éloges bien mérités à un café de qualité dont le prix est à la portée de tous.ROBERT A RAISON ! DES MILLIONS DE PERSONNES PREFERENT LE MAXWELL HOUSE POUR SON MÉLANGE PARFAIT: ® SA FRAICHEUR TELLE QU'A LA SORTIE DU TORREFACTEUR ET SA SAVEUR TV SPLENDIDE (QUELLE QUE SOIT LA MÉTHODE EMPLOYEE J RESULTANT DE SA NOUVELLE MOUTURE PARFAITE.La mise en boîtes étant faite d\u2019après le procédé Vita-Fresh, toute la frai- cheur, originale est sauvegardée dans la boîte que vous devez ouvrir à l\u2019aide d\u2019une clef. Novembre 1936 L FAISAIT bon à l'intérieur de cette cagna souterraine, creusée, à six mètres du sol, dans le talus .de la tranchée, une tranchée de première ligne.en face de la côte de Vimy.De l'eau bouillait, en chantonnant, dans un vieux casque anglais noirci, sur une sorte de brasero, grand bidon de pétrole carré percé à coups de baïonnette.: La lueur fumeuse du foyer n'éclairait qu'assez vaguement les parois de glaise revêtues d'un treillage de fil de fer; accrochait des reflets ternis aux aciers d'une carabine et créait des effets curieux de clair-obscur sur les visages des quatre Canadiens français du 22e bataillon, locataires provisoires du lieu.Les hommes étaient de bonne humeur; la journée avait été calme, et l'on devait les relever quelques instants avant minuit.Pour l'heure, ils songeaient à manger.Decœur, assis sur une caisse, ouvrait de façon méthodique une boîte de bullybeef (1).Larose coupait du pain en tranches qu'il faisait griller patiemment à la pointe de son couteau.Corneloup tirait de sa musette une bouteille de vin cacheté.Prieur, lui, se débarbouillait, dévêtu jusqu'à la ceinture.C'était un beau gars, tout en muscles, type parfait d'athlète antique, une gloire sportive de son collège.foot-baller et boxeur vaillant.J'étais officier interprète à la deuxième division canadienne qui comportait un bataillon d'élite de Canadiens français, lesquels portaient à leur casquette, comme insigne, un Castor de bronze écussonné de fleurs-de-lis.Sur leur étendard s'étalait cette devise : \u201c Je me souviens \u2019 Ils avaient tenu à Zillebecke contre deux divisions teutonnes et avaient enfoncé la garde du kaiser a Courcelette avant de se couvrir de gloire a Thélus et devant Vimy.C'est un épisode d'une patrouille que je fis, une nuit, avec eux, que j'ai essayé d'évoquer à travers mes souvenirs de guerre.H s'était engagé sitôt qu'il avait eu l'âge exigé, malgré les instances de sa mère, et venait d'arriver en France avec les derniers renforts expédiés par.la division.Ses camarades |'aimaient déja pour son enthousiasme juvénile, sa gaité jamais démentie.Ils le surnommaient Sansonnet.La toile de tente caoutchoutée, masquant l'entrée de la cagna, fut soulevée; le sergent parut.\u2014 Eh bien, on espère la relève ?\u2014 Baptège, ça ne sera pas trop tot! \u2014 Eh ben, vous pouvez vous fouiller.On \u201craide Illustration de Saint-Loup Un Raid devant Vimy par Jean d'Agraives les tranchées ennemies, nouveaux ordres, à onze heures quarante.L'expression des quatre tommies {2) se modifia en un clin d'œil.Toute lassitude disparut.Sur les visages on ne lut plus qu'une ardeur.une ardeur sauvage.C'est qu'il n'était pour les Castors (3), dans la vie monotone du Front, de plus grand sport qu'un ,coup de main.\u2014 J'en suis! s'écria Corneloup.S'il s'agit de souquer la peau au vieux Fritz, j'y vais volontaire.\u2014 Vous en êtes tous, dit le sergent à l'exception de Sansonnet qu'est trop vert encore, (trop green!) \u2014 Mais je tiens à une chance aussi! protesta Prieur, véhément.Je veux prendre ma part de la danse.\u2014 Commence d'abord par obéir.On t'emmènera une autre fois lorsque tu seras plus aguerri.Le jeune Castor grinça des dents.Il se sentait très humilié.N'était-il pas aussi adroit, aussi souple que ses camarades ?Se défiait-on de son courage ?Il éprouva comme une rancœur.(Lire la suite page 56) (1) \u2018 Singe \u201d.(2) Sobriquet des soldats britanniques.(3) Ainsi désignait-on les Canadiens français. LA REVUE POPULAIRE ! a 5 = 4 Ge : Wh LA ROBE QUE TOUTES LES \u20ac JEUNES FILLES RÊVENT DE | PORTER AU GRAND MATIN DE LA VIE.NOUS AVONS ER GROUPÉ ICI QUELQUES MO- 4 bu DÈLES PORTÉS PAR DES VE- Ta DETTES DU CINÉMA AMÉ- du I?B RICAIN : CLAIRE DODD, Le Ca + ELEANORE WHITNEY, GAIL se oi ( \\ PATRICK ET FRANCES FARMER.1 = > | \u201c A rd ç np oA, = 5 2 LP Bt pot gr x ve 7 % N nn.s 6 Sel we oh AS 3H A Be LC, , ins 7 ba 0 ( | = br Es / 4 5 J vss de or 3 à $ hh # \u201cà = V £ js a ; 4 ig, ns vi si 4 fe * J i $ ong ww» Novembre 1936 Débutantes et Jeunes Mariées L EST important pour une débutante de ne faire aucun faux pas, au sens propre et au sens figuré.C'est pourquoi nous espérons que les quelques remarques suivantes seront utiles à celles qui, cet hiver, iront au bal pour la première fois.Si elles veulent être invitées, il faut bien qu'elles se résignent à une habitude d'invention assez rêcen- te, probablement d'origine américaine, et maintenant acceptée chez nous: il faut qu'elles annoncent leur début dans les journaux et laissent même publier leur portrait.Il y a deux bévues à éviter en rédigeant ce communiqué.Ne profitez pas de cette publicité pour faire de la réclame à votre grand- père.Ne dites pas que vous êtes la petite-fille d'un tel.Les noms de votre père et de votre mère suffisent pour vous présenter dans le monde.Si votre grand'père est un homme connu, il peut se passer de la réclame que vous vouliez lui faire.Si, au contraire, à son âge il est ignoré de tous, deux lignes dans un journal ne suffiront pas pour rémé- dier à cet état de choses.Et puis ne trouvez-vous pas qu'en vous drapant ainsi dans la réputation de votre grand-père, vous avez tout l'air d'avoir honte de votre père ?Si malheureusement, c'est le cas, il vous est superflu de le dire au public.Une autre habitude qui est de fort mauvais goût, c'est de remplacer son prénom par un diminutif ou un surnom.Qu'on vous nomme Loulou, Mimi ou Coucoune dans l'intimité familiale, c'est votre affaire.Ce n'est pas ainsi que de parfaits étrangers doivent vous appeler.Il n'y a vraiment que les actrices qui désirent passer à la postérité en joignant à leur nom patronymique un de ces surnoms un peu naïfs.Ces deux premiers écueils facilement évités, lais- sez-moi vous conseiller, si comme il est à prévoir vous comptez donner un bal ou une réception dans le courant de l'hiver, de vous arranger, autant que possible, pour le faire au début de la saison mondaine.C'est la meilleure manière de vous assurer un grand nombre d'invitations.Quand une débutante reçoit, qui doit-elle inviter puisqu'elle ne connaît encore que peu de monde ?D'abord, toutes les débutantes de l'année, qu'elle les connaisse ou non.Ensuite, si elle envoie un bon nombre d'invitations, celles de l'année précédente.Pour les jeunes gens, elle se renseignera afin de savoir quels sont ceux qui sortent volontiers dans le monde.Bien entendu, elle mettra en tête de sa liste les noms de ceux qu'elle a déjà rencontrés, ceux des fils des amies de sa mère et des frères de ses amies à elle.Il vaut toujours mieux inviter plus de jeunes gens que de jeunes filles, si l'on ne veut pas exposer ces dernières à faire tapisserie.On fait annoncer dans la chronique mondaine des journaux la date de la réception que l'on projette de donner, afin d'éviter que cette date ne soit également choisie par une autre débutante.Cela a toutefois l'inconvénient, auquel il faut bien se résigner, de s'attirer des requêtes d'une foule de fournisseurs et aussi, ce qui est plus ennuyeux encore, des demandes d'invitations.Comment faut-il répondre à ces dernières ?Si vous avez volontairement exclu de votre liste la personne qui désire être invitée, il faut avoir le courage de vous en tenir à votre première décision et répondre, aussi poliment que possible, que le nombre de vos invitations étant limité, vous avez le regret de ne pouvoir acquiescer à cette demande.Il ne faut pas avoir de scrupules à agir ainsi, car les personnes assez peu délicates pour s'imposer de la sorte ne méritent pas autre chose qu'un refus.I! n'y a qu'un cas où une pareille sollicitation est de mise : lorsque vous êtes vous- même invitée et qu'ayant une amie étrangère de passage chez vous, vous souhaitez qu'elle puisse vous accompagner.Les modes étant si variables, et ceci n'étant pas une chronique de modes, je ne m'arrêterai pas à la toilette, pourtant si charmante, de la débutante.Je.par FRANCINE me contenterai de remarquer qu'une robe blanche, comme il était autrefois de rigueur d'en porter, est certainement ce qui convient le mieux en pareille circonstance.Comme de nos jours chaque jeune fille a plusieurs robes de bal, il serait vraiment dommage qu'elle n'en eût pas une blanche.1 est peut-être plus utile d'indiquer à une débutante quelle conduite elle doit tenir pour se rendre populaire que de la conseiller sur sa toilette, car alors une coquetterie instinctive lui fait choisir ce qui lui convient le mieux.Il n'en est pas de même quand il s'agit de se diriger dans un monde assez nouveau pour elle et où de bonnes amies épient chacun de ses mouvements.Si une débutante désire plaire aux parents de ses amies, elle se montrera à la fois prévenante et réservée.Elle se lèvera quand une personne plus âgée lui parle, offrira sa chaise et au besoin en transportera.Elle saluera et remerciera la maîtresse de la maison à l'arrivée et au départ.Si elle veut être populaire parmi les jeunes filles, elle se montrera accueillante pour toutes, sans distinction.Elle n'aura pas le snobisme de se tenir dans un petit groupe, mais se mélera a tous, ce qui ne l'empêchera pas d'avoir des préférences.Elle sera loyale envers ses amies, tiendra fidèlement ses promesses, ne cherchera pas à les supplanter ou à les tenir dans l'ombre.Enfin, si elle veut avoir du succès auprès des jeunes gens, \u2014 n'est-ce pas l\u2019ambition légitime d'une débutante et le secret désir de sa mère ?\u2014 elle sera très causante avec les timides, silencieuse et approbative avec ceux qui aiment à s'écouter parler, d'une humeur égale avec tous.Les plus intelligents sont, tout comme les autres, sensibles à la flatterie, et il n'est même pas nécessaire que cette flatterie soit délicate et nuancée.Pour ma part, je n'ai pas encore rencontré l'homme qui trouvait exagéré un compliment qui s'adressait à lui.Loin de là, ils jugent souvent de l'intelligence d'une femme d'après l'admiration qu'elle leur témoigne.Voilà une vérité qu'il n'est pas permis à une débutante d'ignorer.Elle doit, en outre, ne pas se montrer trop exigeante.Autrefois les jeunes filles trouvaient tout naturel de monter dans un tramway ou d'aller à pied, même avec un compagnon.Maintenant elles ne circulent qu'en auto.Les jeunes gens propriétaires d'autos sont donc les plus populaires.Ce n'est pourtant pas une garantie comme quoi ils seront de meilleurs maris que leurs camarades moins fortunés.Il faut bien voir les choses telles qu'elles sont et admettre que toutes les dépenses faites par les parents à l'occasion du début de leurs filles ont pour unique but de les marier le plus tôt possible Pourquoi alors ne pas chercher à leur faire rencontrer des jeunes gens travailleurs et de bonne conduite, qu'ils aient ou non un auto ?Je n'ai jamais pu comprendre pourquoi deux jeunes filles ne pouvaient se rendre ensemble à un dîner donné avant un bal dans une maison amie.Voici l'itinéraire qu'on a imposé, l'hiver passé, à un jeune homme de ma connaissance { aller chercher, bien qu'il habite Outremont, une jeune fille qui demeure à Notre- Dame-de-Grâce et qu'on a choisie pour lui, la conduire à un dîner donné au Château, rue Sherbrooke ouest, puis au bal qui avait lieu au Hunt Club, enfin la reconduire chez elle à Notre-Dame-de- Grâce avant de rentrer chez lui à Outremont.Ce jeune homme qui était fort bien élevé n'a pas osé refuser; il n'est jamais retourné au bal depuis.Sa soirée lui avait coûté plus cher qu'un voyage à Québec, aller et retour.Avez-vous remarqué que les jeunes gens qui fréquentent les bals sont presque toujours des étudiants dont les parents paient les dépenses ?Aussitôt qu'ils ont une profession, qu'ils gagnent un peu d'argent, ils s'abstiennent de divertissements aussi coûteux.Ce sont les exigences et l'extravagance de ces demoiselles qui les ont éloignés des réunions mondaines.Maintenant que j'ai pris énergiquement la défense du sexe laid, je vais me permettre de lui glisser quelques recommandations, bien que cet article ne lui soit pas destiné.Que les jeunes gens s'abstiennent de transporter de la boisson et d'en verser dans le punch des jeunes filles pour le rendre plus fort.Ceux qui le font seraient peut-être les premiers à protester si on agissait de même à l'égard de leurs sœurs.Qu'ils se fassent présenter à la maîtresse de la maison dès qu'ils entrent dans un salon et qu'ils n'oublient pas de la remercier avant de partir.La timidité est une mauvaise excuse, S'ils sont trop gênés pour être polis, ils font beaucoup mieux de rester chez eux.Enfin, qu'ils s'occupent à servir les autres avant de commencer à manger.Qu'ils ne fassent pas comme certains jeunes gens qui s'étaient attaqués au buffet avant l'heure du réveillon.La dame qui les recevait les surprit dévorant ses provisions et leur dit : \u2018 Comme c'est dommage, messieurs, que vous ayez commencé à manger ! J'aurais eu tant de plaisir à vous faire moi- même les honneurs de ma table.\u2019 Ne vous exposez pas à encourir le même reproche, ni à éprouver la même honte que ces convives trop affamés.Quelques mots, maintenant, des petites économies que doivent apprendre à faire toutes les jeunes mariées.Je ne veux pas parler de ces économies qui mettent toute une famille sur les dents, ni de celles qu'une femme égoïste, \u2014 phénomène rare, je l'avoue, \u2014 impose à son mari et à ses enfants parce qu'elle les trouve moins pénibles à réaliser.Non, c'est aux économies qu'une femme courageuse et réfléchie peut accomplir sans que personne s'en doute, ni en souffre, que je pense.Chacune de mes lectrices peut aisément les découvrir, avec de la réflexion et de la bonne volonté.Les conditions matérielles ne sont pas les mêmes pour toutes.Certaines situations entraînent des frais de représentation.Toutes, cependant, nous devons économiser.À chacune de découvrir quelle manière est la moins difficile et la plus appropriée aux circonstances.L'économie n'est pas si dure qu'on le pense.On peut même, sans être avare mais seulement raisonnable, y prendre goût, surtout si l\u2019on songe que grâce à elle on pourra se permettre un petit voyage, une prolongation de vacances, l'achat de vêtements plus chauds pour, ses enfants.Puisque, comme en bien des choses, le plus difficile est encore d'y penser, essayons de le faire ensemble : il y en a tant parmi nous qui n'ont pas été habituées à compter et qui ne sont pas préparées à traverser la crise actuelle ?Une femme économe ne doit pas se contenter de donner ses commandes par téléphone : elle doit faire elle-même son marché.Le prix des aliments varie selon les saisons et si elle ne s'en informe pas en faisant ses achats, elle risque d'avoir une surprise désagréable lorsqu'elle recevra la facture.Si elle est raisonnable, elle évitera les primeures en se disant qu\u2019elle peut bien attendre encore deux ou trois semaines avant de goûter aux fraises ou aux asperges nouvelles.Le rôle des conserves et leur grande commodité est d'ajouter un plat de plus au menu s\u2019il survient de la visite, ou de simplifier, pour des campeurs, la préparation des aliments.De notre temps on veut aller vite, et encore plus vite.On se contente trop souvent d'un travail bâclé et d'aliments mal cuits.Cela ne vaut rien pour le caractère, ni pour l'estomac.Vous me direz que faire de la soupe prend du temps; c'est vrai, Procu- rez-vous votre viande la veille, épluchez d'avance vos légumes et mettez le tout au feu à l'heure du déjeuner.De la sorte, vous pourrez couler votre bouillon vers deux heures et vous serez alors libre de sortir.De même si vous devez prendre le thé chez une amie et qu'à cause de la distance vous craignez de rentrer tard, arrangez votre menu en conséquence.Un bifteck ou des côtelettes cuisent en quelques minutes, un dessert peut facilement être préparé d'avance, les légumes peuvent avoir été bouillis le matin et il n\u2019y aura plus qu'à les passer dans la poêle.Faites aussi vos gâteaux à la maison et, si possible, vos tartes.Vous réaliserez ainsi une sérieuse économie.Il en va de même pour les confitures pour lesquelles on peut, en saison, se procurer des fruits à si bon compte.Elles sont pour vos enfants un dessert très sain et nourrissant parce qu'il s'accompagne de tartines beurrées. AU PAYS D'ÉLÉPHANTIDE E CHERCHEZ pas le nom de ce pays sur la carte ni dans un atlas de géographie; vous ne le trouverez guère que dans La Fontaine.Le fabuliste qui a fait parler les bêtes ne pouvait manquer de donner un royaume, füt-il imaginaire, aux plus énormes et peut-être plus intelligentes d'entre elles.Il existe pourtant deux \u201c Eléphantides , l\u2019une africaine et l'autre asiatique; c'est dans celle d'Afrique qu'on trouve la plus belle qualité d'ivoire, aussi prévoit-on son dépeuplement à brève échéance.L'asiatique, représentée aujourd'hui, principalement aux Indes, fournit les sujets les plus dociles, se domestiquant très bien et rendant aux hommes d'immenses.services dans de multiples travaux.Si l'éléphant est appelé, d\u2019une part, à disparaître, d'autre part il est devenu citoyen du monde entier; bien peu de gens n'en ont jamais vu, grâce aux cirques ambulants qui en ont toujours plusieurs dans leurs troupes.Ceux qui voient ces gros pachydermes exécuter des tours de véritable adresse avec la bonhommie qui leur est particulière ne se doutent pas de toute la patience qu'il a fallu à leurs dresseurs pour en arriver là.Cela représente de longs mois, parfois des années de leçons au cours desquelles le dresseur a dû étudier soigneusement le caractère de l'animal dont il entreprenait l'éducation et agir en conséquence.L'éléphant, malgré son apparence de bon bougre paisible, n'est en effet pas toujours d\u2019une humeur facile; il a, comme tout le monde, ses petits accès d'ennui ou d'irritabilité; cela ne dure pas mais il faut éviter de le contrarier outre mesure dans ces moments-là.Comme ordinairement les gros bonshommes, il ne se fâche pas souvent, mais quand ça lui arrive, ça compte.Cette curieuse et très belle photographie a été prise au cœur de l'Afrique et montre un troupeau d'éléphants, vus d'un aéroplane alors qu'ils venaient de traverser une rivière.par Fernand de VERNEUIL Il serait préférable d'avoir affaire à un tigre ou à un lion en courroux car ces grands fauves ont toujours quelque crainte obscure de l'homme et ils reculent devant les coups de pistolet à blanc du dompteur ou le cinglement rude de son fouet à lanière de cuir souple.L'éléphant en colère ne connaît, lui, aucun obstacle et ne redoute aucun ennemi.Les coups de fouet ou de crochet de fer ne font que lirriter davantage et la seule chose à faire, c'est de le laisser se calmer tout seul.Il faut dire que ces accès de fureur sont plutôt rares, mais s'ils sont justifiés, s'ils ont été, par exemple, provoqués par la brutalité injuste d'un gardien; cet homme fait beaucoup mieux d'aller dorénavant soigner un autre animal et de ne plus se trouver en présence de celui qu'il à maltraité.L'éléphant a la rancune féroce et la mémoire longue; il se vengera un jour ou l'autre, dût-il attendre pendant des années le moment favorable.Il saisira son ennemi avec sa trompe, le projettera sur le sol et posera son énorme pied sur lui; en un instant l\u2019homme sera réduit en bouillie.\"Mme s'il est né d'animaux déjà domestiqués, l'éléphant garde en lui quelque chose de la vie d'autrefois alors qu'il était le maître incontesté de la forêt profonde ou des sollitudes immenses que LA REVUE POPULAIRE 4 l'homme ne parcourait que rarement.Il a comme le souvenir confus des luttes formidables avec d'autres grands animaux, parfois même avec ceux de son espèce dans certaines circonstances et cela peut réveiller en lui l'instinct primitif.A l'état de vie sauvage, il arrive que de vieux éléphants sont rejetés de leur troupeau par des mâles plus jeunes et ils mènent alors une vie solitaire au cours de laquelle leur caractère s'aigrit singulièrement.Ils finissent pas devenir véritablement enragés ou plutôt fous et leur rencontre est alors la plus dangereuse que puisse faire un homme, même bien armé, s'il n'a pas la chance de le tuer du premier coup par une balle bien placée.Or l'éfé- phant n'est pas facilement vulnérable.On en verra la preuve par le récit suivant.Un homme que l'amour des grandes chasses avait attiré au cœur de l'Afrique vit un jour son campement attaqué par un de ces vieux éléphants devenu littéralement enragé.L'alerte était à peine donnée qu'un des noirs de l'escorte avait été déjà cueilli comme un brin d'herbe par la trompe du gigantesque animal et foulé sous ses pieds; un autre allait subir le même sort quand le chef de cette expédition, ayant eu le temps de viser la naissance de la trompe de l'éléphant, lui envoya une balle de fort calibre et à pointe d'acier, Le projectile n'eut pour effet que d'irriter davantage l'animal car il avait glissé sur les os du front.Une deuxième, presque immédiatement, lui brisa un genou mais cela ne suffit pas pour l'arrêter et le chasseur se croyait déjà perdu quand il parvint à lui briser l'autre genou d\u2019une troisième balle, presque à bout portant.Cette fois l'animal s'écroula et, d'un quatrième coup de feu dans l'oreille, le combat fut enfin terminé.Si ce chasseur avait tant soit peu manqué de sang-froid ou s'il avait eu le coup d'œil moins juste c'était, en quelques instants seulement, la dévastation de son camp dont il ne serait resté que des débris informes et pas un seul être vivant.Détail assez curieux à noter.Dès que l'animal fut immobile, les nègres de l'escorte du chasseur, cette fois rassurés, se précipitèrent sur l'éléphant qu'ils arrivèrent à dépecer avec une adresse extraordinaire pour en enlever le cœur et le foie.Ils se partagèrent aussitôt cette viande sanglante et en mangèrent chacun un morceau.C'est, en effet, une de leurs croyances, que, s'ils peuvent manger le cœur ou le foie encore chaud \u2014_ PTT a Novembre 12,5 d'un éléphant, cela leur donne un peu de la force, du courage et de l'endurance de cet animal.Il est arrivé quelquefois à des grands cirques d'avoir à se débarrasser d\u2019un éléphant devenu irritable et dangereux; la chose, ordinairement, a été relativement facile mais elle a prouvé, une fois de plus, l'étonnante force de résistance de ces grands animaux.Généralement on leur donne un légume quelconque bourré d'une dose de poison violent suffisante pour tuer une centaine d'hommes et l'on y ajoute quelques balles de fort calibre que les tireurs peuvent placer aux bons endroits avec d'autant plus de chance que l'éléphant est enchaîné par les pieds à des pieux solides.Ce sont des exécutions assurément plus sensationnelles que celle d'un simple homme condamné par ses semblables.J'ai dit que le dressage d'un éléphant n'était pas chose rapide malgré l'intelligence de l'animal; la première chose qu'on lui apprend, c'est de suivre son maître, puis de s'arrêter et ensuite repartir au commandement.Si l'animal est destiné au travail, comme aux Indes, il s\u2018y accoutume progressivement et surtout par l'exemple des autres mais s'il doit devenir un sujet de cirque, son éducation comporte de nombreuses difficultés supplémentaires.On lui apprend à s'asseoir sur ses pieds de derrière, puis à se tenir en équilibre sur ceux de devant en prenant un troisième point d'appui sur la trompe.Îl est toutefois des sujets qui ne peuvent jamais réussir ce tour et, dans ce cas, il est mieux de ne pas insister pour ne pas décourager l'animal et lui donner des idées de révolte.On lui apprend aussi à danser; c'est évidemment une danse d'un rythme assez lent mais certains sujets font des progrès étonnants dans ce sens; ils arrivent très bien à suivre la mesure de la musique ou, du moins, à en donner l'illusion aux spectateurs.Ils ont, le plus souvent, un \u201c cornac \u201d, homme habitué à eux et qui les conduit, perché sur leur tête pour la circonstance et cet homme les guide dans leurs balancements par de petits coups frappés doucement sur les oreilles ou les épaules; il suffit même souvent d'une simple pression des pieds et les spectateurs ne peuvent alors pas remarquer la supercherie; ils ont tout lieu de croire que l'éléphant suit le mouvement de la musique et conforme ses gestes à la mesure.De toute façon, ce tour et les nombreux autres qu'on leur fait exécuter prouvent leur soumission à l'homme ainsi que leur intelligence et ce n'est certainement pas un spectacle anal que de voir cette énorme masse de muscles, pesant plusieurs tonnes, obéir avec tant de bonne volonté aux ordres d'un être qu'ils pourraient écraser comme l'homme le fait d'un insecte.Au fait, n'est-ce pas un phénomène de ce genre qu'on observe dans la vie de certains hommes avec leur aptitude à conduire les\u2019 masses ?En haut, à gauche, une éléphante et son petit, âgé de quelques mois.À droite, un éléphant sauvage et d'un caractère difficile se prépare à charger les chasseurs qu'il vient d\u2019apercevoir.Notez l'ampleur de ses oreilles.Ci-contre, des éléphants au repos dans la brousse.Et les masses populaires, si elles ont l'intelligence des éléphants n'ont peut-être pas toujours sa bonne volonté.Rappelons, en terminant, que cet utile auxiliaire de l'homme participe à son histoire ou à sa vie pour d'autres motifs que sa soumission.Qui se douterait, par exemple, que César et l'éléphant ne sont en réalité que la même chose ou plutôt le même mot ?Sur quelques anciennes médailles romaines, on voit, d'un côté la tête de l'empereur et, de l'autre un éléphant; or, en langue punique, l'éléphant était appelé \u201c kaisar \u2019, mot dont on a fait \u2018César\u2019 et si l'on a donné ce surnom aux empereurs, c'est que le kaisar ou éléphant représentait la force par sa masse et l'éternité par la grande durée de son existence.Les Arabes, eux, ont l'année de l'Eléphant, précédant celle de la naissance de Mahomet et au cours de laquelle ils s'emparèrent de la Mecque à l'aide d\u2019une armée bien pourvue d'éléphants.Il était donc tout naturel que le gros pachyderme fût classé par les hommes au nombre des animaux dont ils décorent leurs blasons ou dont ils font un titre décoratif.Au Danemark existe l'Ordre de l'Eléphant depuis plusieurs siècles et dont les dignitaires ont, pour les cérémonies officielles, droit à un beau costume composé d'un justaucorps avec culotte de satin blanc, d'un magnifique manteau de velours rouge et d'un chapeau à plume, également de velours rouge.Le royaume de Siam possède un Ordre du même genre, celui de l'Eléphant Blanc et le nom de Chaîne de l'Eléphant a été donné à une chaîne de montagnes qui ne représente d'ailleurs que très vaguement l'animal en question.En Afrique, plusieurs rivières portent ce nom et, dans la mer d'Oman, Asie méridionale, on trouve l\u2019île d'Eléphanta; elle doit ce nom à un gigantesque éléphant de pierre que les Portugais y trouvèrent quand ils la découvrirent.Enfin, pour beaucoup de personnes aujourd'hui.l'éléphant, minuscule il est vrai, est devenu un porte-bonheur très recherché. 10 Mme EDMOND BROSSARD PRÉSIDENTE D'HONNEUR \u2018EST en 1844 qu'une pieuse veuve, Mme Gamelin, née Emilie Tavernier, fondait a Montréal la communauté des Sceurs de la Providence, dans le but de visiter et de secourir les pauvres, et aussi d'hospitaliser les vieillards.Depuis cette lointaine époque, le nombre de ces charitables religieuses n'a fait que croître dans des proportions étonnantes et leurs œuvres se sont multipliées.L'une des plus importantes et aussi des plus nécessaires est celle des Sourdes-Muettes.Cette institution remonte à 1851 et prit naissance dans le village de la Longue-Pointe.Elle est due à l'initiative et à la charité de la vénérée Mère Gamelin.La première éducatrice des sourdes-muettes fut Sœur Marie de Bonsecours, née Albina Gadbois.Après Mme ALBERT DUPUIS PRÉSIDENTE L'Institution des Sourdes-Muettes par Thérèse Fournier Mère Gamelin, c\u2019est à elle que revient le mérite de cette œuvre qu'elle dirigea jusqu'à sa mort survenue en 1874.L'école devenue trop petite avait été transportée rue Saint-Denis, à l'endroit qu'elle occupe aujourd'hui et dont le terrain est un don généreux du patriote Côme-Séraphin Cherrier.La rue située au côté sud du couvent rappelle son souvenir.L'Institution a admis depuis sa fondation 1980 sourdes-muettes.Cette année le nombre des pensionnaires est de 344, réparties en quatre sections distinctes : 172 élèves s'instruisent par la parole et la lecture labiale, 43 par les signes manuels et l'écriture, 104 forment la section des anciennes, 25 infirmes et âgées occupent une salle séparée.Huit de ces dernières sont des sourdes-muettes aveugles.Cette œuvre n'est pas seulement régionale, ni même provinciale, mais s'étend à tout le Canada.Les deux seules conditions d'admission sont : être sourde-muette et avoir au moins neuf ans.Les bénéfices rapportés par les dames qui pensionnent au couvent et par les élèves qui fréquentent le Jardin de l'Enfance, aussi bien que la somme fournie annuellement par le gouvernement provincial, sont insuffisants pour rencontrer les dépenses d'une organisation aussi considérable.C'est dans le but de combler, autant que possible, les déficits, qu'une association de dames patronnesses a été fondée, en 1887, par Sœur Mathilde de la Providence qui en fut, pendant quarante ans, la zélée directrice.À cause de son grand âge, elle prenait sa retraite il y a huit ans.Elle est décédée l'été dernier.Sa digne remplaçante est Sœur Eugène de Florence.Mme EUGENE DESMARAIS PRESIDENTE DU COMITE DE RECEPTION Toutes les photos qui illustrent cette page nous viennent de La Photographie La Rose, rue Saint-Denis, à Montréal.LA REVUE POPULAIRE Mme HONORE MERCIER PRESIDENTE C'est dès 1888 qu'avait lieu le premier banquet aux huîtres.Mme François Pominville, première présidente des dames patronnesses, en était l'organisatrice.Elle était remplacée, l'année suivante, par Mme L.J.Forget dont le nom reste associé à tant de bonnes œuvres.Le comité actuellement chargé de l'organisation des deux soupers aux huîtres qui auront lieu les 4 et 6 novembre est composé comme suit : Présidentes : Mmes Albert Dupuis et Honoré Mercier; vice-présidentes : Mmes Maxime Raymond et L.-J.Tarte; secrétaires-archivistes : Mmes Tancrède Jo- doin et J.-O.Clément; secrétaires-correspondantes : Mmes S.-A.Baulne et Henri Fabien; secrétaire anglaise : Miss Adelaide Harrisson; présidente d'honneur : Mme Edmond Brossard; présidente du comité de réception : Mme Eugène Desmarais.Mme MAXIME RAYMOND VICE-PRESIDENTE Ma - © Hudnp haa add be Novembre 1936 Une Visite chez nos Editeurs par Béatrice Grenier - E SORT ayant attribué la courte paille aux \u2018Editions Albert Lévesque \u201d, c\u2019est là qu'est dirigée la chasse aux nouvelles ! Aux graves bureaux de la rue Saint-Denis, on parle beaucoup, en ce moment, de l'\u2018\u2019 Almanach de la langue française \u201d qui paraîtra plus tôt cette année, en novembre, probablement.Une enquête sur \u201c Les Canadiens français chez eux\u201d en occupera les pages au format imposant.La question, fouillée sous huit aspects différents, sera peut-être fertile en révélations de toute valeur, et \u2014 est-ce téméraire de l'espérer ?\u2014 pourra susciter une accorte polémique.Le monde intellectuel en est si privé! Ce qui est également rare au pays, c'est un ouvrage du type de celui que livrera bientôt au public monsieur Léon Gérin : \u201cDe l'anglais au français \u201d.Ce titre trop modeste résume un travail géant poursuivi durant les longues années où l'auteur était chef du Service de la traduction à la Chambre des Communes, à Ottawa.C'est un dic- tionnaire-lexique des expressions, des termes anglais particuliers au langage écrit ou parlé de l'Amérique du Nord.Ou devine l'intéret qui s'attachera au livre, quand on sait que les équivalents français s'y trouvent aussi.Pour satisfaire la visiteuse en mal d'indiscrétion, on lui annonce la prochaine publication d'un \u201cTraité de droit commercial \u2018\u2019 en deux tomes, signé d'une autorité en la matière, Me Antonio Perrault, C.R.\u201cLe droit commercial, dans la province de Québec n'est pas codifié, explique M.Lévesque.On en puise les principes, les règles, les interprétations à des sources diverses.\u201d L'auteur a eu l'ingénieuse idée de mettre à contribution sa profonde connaissance du sujet, pour \u2018\u2019 diviser, ordonner, classifier, analyser, établir les sources de notre droit commercial, ses principes, ses règles et ses interprétations.\" Comment douter du bien-fondé d'une telle œu- vre pour ceux qui ont à démêler des problèmes qui, de près ou de loin, touchent au droit commercial ?Quand paraîtront ces deux ouvrages, la librairie exposera depuis quelque temps déjà un livre de Monsieur Edouard Montpetit \u201c Le Front contre la Vitre \u201d et un autre de Monsieur Pierre Daviault \u201c L'expression juste en matière littéraire \u201d.À vous le plaisir d'en découper les feuillets, le maniement du coupe-papier est rarement traître aux lecteurs.D'ailleurs, il faut courir au Zodiaque où Monsieur Eugène Archard, après avoir annoncé le prochain livre \u2018 Honoré Mercier \u2019 par Monsieur Robert Rumilly, laisse à celui-ci le soin de présenter son œuvre.\u201cCe qui me pousse vers Mercier, veut bien expliquer l'auteur, c'est son patriotisme sincère, le pathétisme de son catholicisme crâne, audacieux, hardi.\u201d Il tardait à Monsieur Rumilly d'arracher à l'obscurité certains actes de la vie de Mercier, de demander à ceux qui, ayant vécu dans le sillage de cette vie, sont encore parmi nous, des détails peut-être oubliés de cette puissante figure.L'auteur étudiera aussi l'époque où vécut Mercier, cette période riche en hommes qui firent leur marque et où la tournure des événements permit au caractère national de percer \u2014 Monsieur Rumilly fait remarquer qu'il voit dans l'ascension prodigieuse de Mercier, puis dans sa chute si brusque et enfin dans sa survie glorieuse, de quoi satisfaire chez l'historien son goût obscur du roman! Il faut maintenant cesser ces manières indiscrètes et faire des révélations qui n'en sont plus pour personne.Ainsi, au Devoir, on vient de lancer le dernier ouvrage de Monsieur Léo-Paul Desrosiers \u201c Le Livre des Mystères \u2019.A Québec, la librairie Gar- neau qui, comme on le sait, a publié en juin dernier, conjointement sans doute avec MacMillan de Toronto, \u201cQuebec where ancient France lingers\u201d prépare la traduction française de cet ouvrage de Monsieur Marius Barbeau.Il atteindra ainsi le public qui lui revient de droit ! A l'instar du Totem toujours silencieux dans sa retraite, je ne parlerai pas de ce que la Maison Beauchemin prépare.Pour n'en rien révéler, notons que, entre autres livres, on publiera un recueil de Mémoires, et un ouvrage qui ne sera pas encore des vers, mais qui débordera de poésie ! Faut-il ajouter qu'on le devra à la plume d'une femme.J'allais oublier, chez Albert Lévesque encore, \u2018\u201c Canadien \u201d du colonel Wilfrid Bovey, dans sa traduction française; l'\u2018\u201c Enseignement de la philosophie thomiste au Canada \u2019, par Hermas Bastien et \u2018 Calixa Lavallée \u2019, par Eugène Lapierre.Et voilà terminée cette visite.Oublions un peu la fatigue qu'elle a pu causer en songeant aux perspectives qu'elle ouvre ! Songeons que, par les frileuses soirées d'automne, quand l'été aura \u201c filé à l'anglaise \", les écrivains nous conduiront, grâce à leurs reconstitutions historiques ou à leurs phrases toujours un peu magiques, vers ce pays où les saisons se rencontrent ! OPINIONS DE LA CRITIQUE FRANÇAISE ET CANADIENNE SUR LE \u201c LIVRE DES MYSTERES \u201d DE LÉO-PAUL DESROSIERS \u2018\u201c Laissez-moi vous dire que Léo-Paul Desrosiers a bien du talent, de la sorte la plus grave, la plus humaine, la plus pénétrante.Et par talent, j'entends la qualité sensible, celle qui nous met, sans faste de mots, au cœur du secret.Le Livre des Mystères (quel beau titre) accorde, selon le vœu de Barrès, le mystère et la lumière.J'admire cette qualité limpides, cette grâce concise, ces paysages presque aériens à force de sobriété, \u2014 et cette science des choses de l'homme, de la femme et du destin.Proust, sûrement, eut aimé des pages comme À vingt ans.Combien nous acroissent de tels livres, qui ajoutent leur qualité propre au patrimoine français.\u201d HENRI FocCILLON.\u201c.A côté des qualités littéraires que je vous connaissais déjà, je crois y découvrir des traits particuliers qui le placent dans un genre à part, et révèlent une face neuve de votre talent.Ni les faits, ni les lieux, ne vous ont retenu cette fois, bien que vous les placiez dans une lumière exacte.Vous avez voulu, il me semble, tracer avant tout des paysages d'âmes, et des péripéties naissant d'instincts et de conflits intimes.C'est avec une observation très aiguë, mêlée d'une belle sympathie, que vous nous déroulez ces drames intérieurs où se croisent les désirs, les tourments et les faiblesses de l'innombrable cœur humain, \u2014 drames où rien n'est heurté, violent, emporté, mais que composent surtout des instincts réprimés, des joies manquées et des demi-souffrances.Il fallait un art très habile pour rendre émouvants ces sentiments ténus, presque invisibles et forcer les lecteurs à les reconstituer avec vous.J'ai admiré comment vous en suivez les évolutions, et nous faites assister à leurs causes secrètes; avec quelle sûreté l'exposition nuancée et juste nous éclaire ces dédales psychologiques.Pourtant c'est la première et la deuxième de vos nouvelles que j'ai préférées aux autres parce que vous y creusez plus avant, il me semble, la tragédie des vies obscures et condamnées.J'ai bien aimé aussi la pensée sociale qui circule dans les pages d'incompatibilité.Votre livre est de ceux qu'on peut lire deux fois, parce qu'ils parlent à l'esprit et lui laissent quelque chose.J'ai prêché toute ma vie la littérature pensante, et suis heureux d'en découvrir un des rares exemples chez nous.Ceux qui reprochent tant à nos lettres leur médiocrité en auraient trouvé la vraie cause s'ils signalaient leur manque de substance mentale.Votre livre n'est pas médiocre parce qu'il a une moëlle d'idées Louis DANTIN \u201c M.Léo-Paul Desrosiers est un des meilleurs écrivains canadiens en même temps que des plus sympathiques.Il est l'auteur de ce \u201c Nord-Sud \u201d qui a soulevé l'attention générale.Il publie aujourd\u2019hui un recueil de nouvelles dont le point commun est de mettre en valeur ce qu'il y a de mystère dans les âmes et dans les vies.La première et la plus longue de ces nouvelles est quasi parfaite; elle confirme l'impression déjà donnée par \u201c Nord-Sud \u201d que Léo- Paul Desrosiers est peut-être, parmi les écrivains d'ici, celui qui a le plus de chance de publier un jour un très bon roman régionaliste, un grand bouquin .Il ne commence pas par mépriser les siens, 11 TA PIERRE DAVIAULT AUTEUR DE \u2018\u2018 L'EXPRESSION JUSTE EN MATIÈRE LITTERAIRE OUVRAGE NOUVELLEMENT EDITE PAR M.ALBERT LÉVESQUE.Photo Castonguay, Ottawa.ainsi qu'il est de mode en certains milieux.Un sentiment d'affection profonde pour ces hommes et ce pays anime son œuvre et lui confère sa noblesse, lui prête ses résonnances.C'est une œuvre de bonne volonté, et c'est aussi une œuvre de beauté \u201d.ROBERT Rumi.x.© DU PETROLE par Victor Forbin , Tous les ouvrages consacrés jusqu'ici au pétrole s'adressaient exclusivement aux techniciens; aucun auteur ne s'était avisé, semble-t-il, que le sujet pouvait et devait intéresser le grand public, à une époque comme la nôtre où l'huile minérale et ses dérivés jouent un rôle de plus en plus important dans la vie des peuples comme dans celle des individus.Le livre que nous présentons ici comblera cette lacune.La principale difficulté qu'il fallait vaincre, pour qu'une pareille étude fût accessible à toutes les catégories de lecteurs, c'était de décrire en une langue claire, alégée de termes trop techniques, les opérations très compliquées dont s'accompagne l'industrie du pétrole, depuis la prospection et l'extraction jusqu'au raffinage.Collaborateur scientifique de maintes publications et, par surcroit, grand voyageur (ce qui lui permet de parler de gisements pétrolifères qu'il a vus dans diverses contrées).M.Victor Forbin s\u2019est brillamment acquitté de cette tâche.Il n'a pas dédaigné l'anecdote, ce dont il convient de le louer; un peu d'humour entre deux exposés d'une nature austère est une diversion bien accueillie.Et nous croyons que les techniciens eux- mêmes trouveront leur profit à lire les chapitres consacrés à l'antiquité du pétrole.Que de choses surprenantes l'on y apprend en quelques pages ?Et, au cours de l'ouvrage, que de mystères dévoilés (tels : l'étrange procédé du cracking: l'épouvantail des trusts) par une plume qui ne veut rien laisser d'incompris |! Ce volume, nous en avons la conviction, deviendra la source de références de tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent au PÉTROLE. 12 Notre Roman Complet once oR AR er si si FE oo IL SUIVAIT LAURE A TRAVERS LE FLOT DES DANSEURS : \u2014 POSSEDE CETTE SOUPLESSE DE HANCHES DES ANDALOUSES.LA REVUE POPULAIRE L'Amour l'Emporte Par Edouard de KEYSER \u2014 Illustrations de F.L.Nicolet ORSQU'ON a battu la savane et la brousse, vécu, par goût, en cow-boy, en gambucino, en explorateur, traversé les guérillas mexicaines et chassé l'hippopotame dans l'Ouban- ghi, l'on ne peut, sous peine d'être qualifié de sauvage, se soustraire au premier bal de la saison.Voici donc pourquoi Jean de Beaupré se trouvait chez la comtesse de Channers au lieu de classer ses documents, de jouer de l'orgue dans sa salle de musique, ou d'agrandir ses clichés équatoriaux.Absent depuis vingt mois, il ne connaissait plus la moitié des gens qui eficombraient les salons, et, dans le renfoncement complice d'une porte, il se faisait nommer les couples par la jolie Mme de Thorigné, au fait des noms et des histoires comme le plus fin des journalistes.De ses randonnées lointaines, il gardait le teint hâlé, toujours sans couleur, accentuant l'énergie d'un visage qui ressemblait à celui dont les dessinateurs parèrent les magazines d'outre-Manche : cheveux bruns rejetés en arrière en dégageant le front haut; regard vif, dont on devine qu'il se fait à volonté câlin ou terrible; maxillaires un peu carrés; bouche assez petite s'ouvrant sur des dents très blanches et presque trop régulières.Un homme fait pour l'amour, mais jeté dans des aventures de colonial et de batteur d'estrade, Il désigna une jeune femme mièvre qui dansait avec pétulance.\u2014 La petite Rioussac, n'est-ce pas ?\u2014 La petite Rioussac !.Si elle vous entendait ! Elle est mariée depuis un an ! \u2014 Sapristi!.Il faudra me souffler. \u20ac Novembre 1936 \u2014 Demandez.Et notez mes renseignements.\u2014 Inutile, la mémoire reste bonne.\u2014 Pauvre garçon ' Vous dites ça de l'air dont on avoue : c'est tout ce qui me reste.\u2014 Eh! Eh! Mes trente-trois ans.\u2014,La veillesse, quoi !.Ils rirent.Jean dit soudain, et trop haut, car plu- siqurs têtes se retournèrent : \u2014 En voilà d\u2019une autre !.Je vois ici trente jeunes gens qui n'ont pas de danseuse, et cette demoiselle a pris pour cavalier une vieille dame ?Son interlocutrice abrita sa gaîté derrière son éventail.\u2014 Pour l'amour du ciel! .On vous écoute ! .Je parie que Laure a entendu.\u2014 Laure ?.\u2014 Oui.Laure Desormes.\u2014 Avec qui danse-t-elle ?\u2014 Avec son ancienne institutrice, promue dame de compagnie .\u2014 Orpheline ?\u2014 Non.Sa mère est ici.Mais, à conduire toute seule une pareille nature, la pauvre femme serait déjà morte.Je vous certifie que ta position de la vieille demoiselle ne doit -pas être drôle.Les sourcils bas, Jean scrutait sa mémoire.\u2014 Je n'ai jamais entendu parler des Desormes.ls se sont installés à Paris cet été.Très \u2014_\u2014 \u2018riches.Le père avait d'importantes usines dans les Ardennes .On dit que Laure a été demandée en mariage dix-huit ou dix-neuf fois.\u2014 Sans succès ?\u2014 Et c'est heureux pour les prétendants! .\u2014 Oh!.Oh \u2014 Non!.Pas ce que vous croyez!.Simplement un caractère à part.indomptable.La voici de nouveau.Jean examinait plus attentivement la jeune fille.Mme de Thorigné souffla : \u2014 Je suis certaine qu'elle vous avait entendu.Elle vient de vous jeter un de ces regards! .Lui aussi avait vu la flamme de colère qui brillait dans les yeux sombres.\u2014 Elle est belle, murmura-t-il.Sa compagne happa les syllabes.\u2014 Une beauté d'étrangère, n'est-ce pas ?Vous avez dû rencontrer ce type aux Antilles.Le menton levé, il suivait Laure à travers le flot.\u2014 Oui.Une beauté de créole.Son corps parait admirable.Elle possède cette souplesse de hanches qui fait penser à une ascendance andalouse.Elle a raison de se coiffer à l'espagnole.Ses cheveux tirés en arrière font mieux ressortir la ligne pure de son front, la courbe imperceptible du nez, la longueur des yeux, le teint mat, légèrement ocré sans avoir besoin d'artifice.\u2014 Vous décrivez à merveille !.Continuez le portrait, je vous prie .\u2014 Oui, tout est créole dans cette jeune fille du Nord.ses pommettes un peu saillantes, sa bouche splendide (encore que ses lèvres soient peut- être un peu trop grosses .) et l'ovale du menton ! Tout, jusqu'au grand air de mépris qui lui sied à ravir.Mme de Thorigné fouilla les yeux de l'explorateur : \u2014 Seriez-vous le vingtième, par hasard ?\u2014 Le vingtième ?\u2014 Prétendant .Et prétendant évincé?.La musique finissait, quelques applaudissements la remirent en branle.~ Venez vous asseoir, dit-il soudain.Nous causerons de Mlle Desormes .Elle m'intéresse.«Dans un autre salon, ils trouvèrent deux fauteuils propices aux confidences.La jeune femme désigna une dame blanche, placide et grasse, conversant avec un monsieur à favoris qui aurait fait un remarquable maître d'hôtel s'il n'avait été président de cour d'assises.\u2014 Mme Desormes.\u2014 Bah!.Quelle différence!.C'est plutôt la Flamande que l'Ardennaise .Pourquoi sa fille a-t-elle ce type d'Hispano-Américaine ?\u2014 Son arrière-grand'mère arriva de Saint-Domin- gue, au temps de Toussaint Louverture .L'hérédité sommeille parfois durant plusieurs générations.\u2014 Le cas présent est fort curieux.\u2014 Ce qui l'est plus encore, c'est votre intérêt subit, riposta Mme de Thorigné en riant.\u2014 Vous en portez la faute .Vous m'avez parlé d'un caractère .à part.\u2014 C'est ça, uniquement ça.qui retient votre attention ?\u2014 Rien d'autre.\u2014 Alors, qu'il soit fait selon votre désir ! Vous avez lu \u201cLe Comte Kostia de Cherbuliez ?\u2014 Evidemment ! \u2014 Vous vous souvenez de cette jeune personne intraitable, cruelle, violente ?.Si l'on retranche l'empreinte slave, Laure est pareille.ou pire.Flle se montre rebelle à toute domination.Un semblant d'autorité la dresse aussitôt en ennemie.Elle = 13 prétend agir à sa guise, et \u2018\u2018 sa guise est en Senet le contraire de ce que veulent les autres.Elle ne céde qu'a sa mere, et encore!.La brave personne souffre d'une maladie de cœur, dont elle abuse un peu, je crois.Ce que Laure hait par dessus tout, c'est l'homme.On a dû le lui dépeindre comme un maître naturel (on a encore ces idées-là, dans les vieilles familles de province !.) De son ES JEAN PORTA LA JEUNE FEMME AU DIVAN ET S'AGENOUILLA DEVANT ELLE. 14 institutrice, elle a fait une sorte de serve, qui n'a d'autre rôle que d'obéir, Laure court les bois des Ardennes avec ce maigre chaperon .et avec un browning .Elle a défendu à sa mère de donner des réceptions, et aux rares goûters que se pérmet cette vieille dame docile, sa fille ne paraît pas.\u2014 Charmant! \u2026.\u2014 Elle est parfois très agréable {jamais quand il y a des hommes) .Artiste, elle peint .Ses tableaux reproduisent des sites étranges, tourmentés, comme on en rencontre dans le Grand-Duché de Luxembourg.Elle ferait des choses étonnantes si elle s'attaquait à l'Apocalypse !.Elle a une voix ravissante.\u2014 D'un ton un peu bas, je présume.\u2014 Et elle chante des \u2018\u2019 habaneras \u201d, des plaintes .Je l'ai entendue.Elle y est tragique.\u2014 Du cœur ?\u2014 Non.Du moins, je ne crois pas .De la révolte.Une défensive continuelle.La crainte de trouver dans ce qu'on lui dit, un semblant d'ordre, voire une suggestion.Ce que sa mère aura dù supplier pour la faire venir ici!.Ce qu'elle aura joué de sa maladie de ceeur!.Jean ne quittait pas des yeux les hautes portes par lesquelles il apercevait un coin du bal.\u2014 Elle vient ici, fit-il.Présen- tez-moi, voulez-vous ?CHAPITRE II Mlle Desormes portait une robe gris perle qui moulait la richesse de son buste, et dont les paniers élargissaient discrètement ses hanches.Mme de Thorigné tendit la main.\u2014 Ma chère Laure, je vous présente M.de Beaupré, un de mes bons amis.Jean s'inclina.Le visage de Laure devint plus ouvertement hostile.\u2014 Je suis très honoré de vous connaître, mademoiselle, prononça le jeune homme.Vous êtes des Ardennes, n'est-ce pas ?Comme elle restait muette, Mme de Thorigné précisa : \u2014 De Longwy.\u2014 J'ai quelques amis par la.Les Patrelle .\u2014 Celui qui a fait faillite ?La voix était celle qu'attendait Jean : grave, un peu dramatique, décelant en cette minute, avec de l'impatience, la satisfaction de lancer une pointe désagréable .\u2014 Mon Dieu! non! Pas celui-là.Son cousin.Vous le voyiez beaucoup ?\u2014 Je ne voyais personne, coupa sèchement Mlle Desormes.Mme de Thorigné crut habile d'intervenir.~M.de Beaupré est une nature que j'estime particulièrement.C\u2019est un grand voyageur, un explorateur apprécié.Il revient de chez les aborigènes du Haut-Amazone.\u2014 Je lui souhaite vivement d'y retourner un jour, fit Laure.Je vous quitte, chère madame, Mademoiselle me cherche.Et elle tourna les talons.Mme de Thorigné revint s'asseoir.\u2014 Etes-vous satisfait ?Avez-vous produit une impression définitive ?\u2014 Je ne crois pas.\u2014 Vous voilà guéri de vos curiosités, j'espère !.Maintenant parlons un peu de vous.Des projets ?\u2014 Qui n\u2019en a pas ?Vous-même .\u2026.\u2014 Les miens sont simples: Monte- Carlo, dans un mois .Mais les vôtres ?.Publié en vertu d'un traité 3 La Société des Gens de Lettes.\u2014 Vraiment je ne sais.Ce n'est pas que j'en manque !.q \u2014 Vous n'en avez guère l'habitue.\u2014 Mais ils se heurtent.Par instants, je voudrais repartir .aller plus loin que dans mes autres voyages.Puis je me surprends à désirer l'Europe, et des découvertes moins extraordinaires, \u2014 La Suissg, par exemple! .\u2014 Ne riez pas! C'est exact! On se lasse des pays à serpents et à flèches empoisonnées !.Je ne m'analyse pas bien.Ce que je ressens est si complexe que je me trouve un peu ridicule .Je voudrais pouvoir m'attacher à une œuvre longue, ardue \u2026.me donner la satisfaction d'une nouvelle victoire, mais sans traverser les mers.Mme de Thorigné éclata de rire.\u2014 Vous êtes mûr pour le mariage! Il secoua la tête.\u2014 Pour moi, ce serait vite la chaîne, la nostalgie des horizons enflammés, des ciels profonds où la nuit parle.la nostalgie des rapides qui empoignent la pirogue, et pendant la traversée desquels tous, jusqu'aux plus braves, suffoquent d'épouvante.on! Non! Je ne suis pas fait pour le mariage !.D'ailleurs ce n'est pas une victoire ! A moins que.\u2014 À moins que?.\u2014 Rien.\u2014 Un manque de confiance?.Avez-vous oublié ce que je veux comme amie ?.J'achéve donc moi- même votre phrase : à moins qu'on n'épouse une Laure Desormes.\u2014 En effet! L'entreprise est de taille! Modeler cette âme, la faire naître à l'amour, transformer la belle sauvage en un être doux et tendre, demanderait plus d'énergie, plus de persévérance que la traversée d'un désert sans points d'eau.Il se tut, ses yeux suivaient le dessin du tapis persan à fond bleu.De temps à autre, ils se levaient pour se poser sur Mme Desormes qui était seule et s'éventait avec nonchalance.\u2014 Ma vie aurait au moins un but, dit-il soudain.Un coureur d'aventures comme moi n'est-il pas l\u2019homme de toutes les démences ?\u2014 Vous plaisantez .\u2014 Pas le moins du monde!.Celui qui apprivoiserait Mlle Desor- mes tiendrait un beau gage de bonheur.Je désirerais la lutte!.Pourrais-je être mieux servi?.C'est un essai à tenter.Si je suis vaincu.\u2014 Si vous êtes vaincu, vous serez malheureux, parce que vous vous prendrez à votre propre jeu.que vous aimerez.\u2014 Ne craignez rien.Et menez- moi à Mme Desormes.\u2014 Mon devoir d'amie serait de refuser.Elle se leva pourtant, car elle connaissait la volonté opiniâtre de Beaupré.Elle ne croyait même plus à une boutade.Jean accueillait l'idée inattendue comme il eût, aux colonies, accepté une proposition de chasse.En dépit d\u2019un brin d'inquiétude, Mme Desormes parut enchantée de connaître l'explorateur dont parlaient les Annales de la Société de Géographie, et qui, si jeune, avait la rosette rouge.Elle demanda : \u2014 N'est-ce pas un Beaupré qui a épousé Germaine de Celles ?\u2014 Mon cousin, madame.\u2014 Ah!.Mais alors, vous seriez également cousin du maître de forges de Sedan, dont la sœur est devenue duchesse de Vouziers.' Il s'assit et la conversation quitta ces banalités.Mme Desormes attachait aux portes du grand salon un regard qui trahissait son angoisse naissante.Elle écoutait Jean, et sa paresse s'effarait devant les fatigues à supporter, les difficultés à vaincre dans le métier bizarre qu'avait adopté ce garçon riche, destiné à une existence de plaisirs, de repos et de nonchaloir.\u2014 Etre explorateur! Comme ça doit être éreintant ! soupira-t-elle.\u2014 Passionnant, voulez-vous dire ! On sent naître la fin du monde ! La voûte du ciel paraît faite pour soi.\u2026.rien que pour soi!.Et puis, on connait de temps en temps la sensation assez agréable d'étre utile.Avec un grand air de commisération, la bonne dame murmura : \u2014 C'est une maladie.La danse terminée, les couples revenaient.Dans une glace, Jean aperçut Laure et son institutrice.Ne les eût-il pas vues, que l'agitation subite de Mme Desormes aurait suffi à le renseigner.Il dit, un peu haut : \u2014 Jai un projet.\u2014 De l'industrie ?: \u2014 Un projet plus grave.geant tout mon avenir.Laure s'était arrêtée à un pas derrière le jeune homme.\u2014 Un mariage, je parie, fit Mme Desormes.\u2014 En effet!.Je voudrais me marier, \u2014 Je félicite d'avance celle que vous aurez choisie.C'est avec des caractères comme le vôtre qu'on bâtit le bonheur.Et vous devez plaire \u2026.\u2014 On ne sait jamais ! Le cœur est un petit organe délicat et capricieux ! \u2014 Je ne voudrais pas être indiscrète.Non! Mais je serais ravie de savoir qui vous avez distingué Rien ne vous empêche de nous le dire! Au contraire ! Il tourna la tête et se leva.\u2014 Excusez-moi, mademoiselle.Je ne vous savais pas près de nous.Mme Desormes voulut éclairer la situation : \u2014 Laure, c'est M.de Beaupré.Jean l'interrompit : \u2014 J'ai eu l'honneur d'être présenté à mademoiselle.\u2014 Ah!.vous vous connaissez ! Le regard de Laure appuya sur Jean son impassibilité dure et froide.La gross dame expliquait : \u2014 Figure-toi.M.de Beaupre, que ses explorations ont rendu presque célèbre, renonce à courir le monde.\u2014 J'ai entendu.\u2014 Et il allait me dire le nom de sa future fiancée.N'est-ce pas, monsieur ?\u2014 Mais oui, madame.\u2014 Et ce nom ?Il posa ses yeux énergiques sur ceux de la jeune fille, ce fut une lon- que minute, mesurant la valeur de l'adversaire, puis il répondit : \u2014 II s'agit de Mile Laure Desor- mes.Et je saisis cette occasion pour vous demander sa main.La phrase avait été prononcée sur un ton trop bas pour que d'autres invités l'entendissent, Bouleversée, Mme Desormes lâcha son éventail, appuya la main sur son cœur, en un geste que sa maladie et les luttes contre sa fille devaient lui avoir rendu familier, et balbutia : \u2014 Mais.monsieur.la surprise.Laure haussait les épaules.\u2014 Il est fou ! coupa-t-elle.Jean répondit avec placidité : \u2014 Je ne vois pas en quoi ma demande est un signe d'aliénation mentale.\u2014 Ou bien c\u2019est une gageure ! \u2014 Mais non ! intervint sa mère.M.de Beaupré ne se permettrait pas une telle plaisanterie ! \u2026\u2026.Laure n'écoutait plus.Elle jeta : \u2014 Venez, Nous partons.enga- LA REVUE POPULAIRE Elle inclina la tête vers Mme de Thorigné et sortit.\u2014 Excusez-la, bredouilla Mme De- sormes déjà toute tremblante\u201d Elle est parfois un peu fantasque.Jean et sa compagne.les regardèrent disparaître.: \u2014 Vous avez commis une sôOttise, mon ami, dit Mme de Thorigné.Et vous m'avez, je le crains, fait une ennemie.07 = \u2014 Oui, répondit-il.Mais sa co- lere était si belle! .1 CHAITRE III Dans la villa Saïd, Jean de Beaupré habitait un hôtel dont le premier étage était meublé selon le goût du XVIIe siècle.Mais le jeune homme préférait le rez-de-chaussée exotique, étrange assemblage de recoins persans, dous, égyptiens et chinois, reproduits avec le souci méticuleux de la vérité.À peine rassasié des porcelaines bleues, des jades, des statuettes d'améthyste, l'œil guettait un rideau de pure soie de Canton, que dix ouvrières avaient mis trente mois à broder.Cette tenture ouvrait la demeure d'un émir ou la chatoyante retraite d'une princesse de Grenade auxquelles des trouvailles d'éclairage restituaient les lumières d'Afri- ue, d'Andalousie et d'Extrême- rient, les unes troubles et inquiétantes, les autres généreuses, averses de feu ou embrasement de crépuscule.Les brouillards pouvaient noyer la villa Saïd ! Le soleil luisait à volonté sur les faïences marocaines et les laques pékinoises.Jean vivait là dans le souvenir perpétuel de ses voyages; il y dormait, s'entourant de couvertures thibétaines, sur un matelas démesuré que vêtaient les satins les plus doux et les plus harmonieux.Descendu de cheval à neuf heures, il avait pris la \u201c Vie du Père de Foucault \u201d, et s'était livré à la profondeur tiède d'un angle oriental.Mais son regard se perdait souvent sur les arabesques capricieuses des majoliques vertes qui remontaient authentiquement à l'époque des kalifes seldjoucides.Il repensait à la démarche irréfléchie, enfantine, qui avait provoqué l'irritation de Laure Desormes quatre jours plus tôt.Devait-il sourire d'une taquinerie ou rougir d'un manque de savoir- vivre?Sur le point d'envoyer une lettre d'excuses, il avait cru préférable de ne pas rouvrir cet incident tout à fait clos.À quoi avait-il obéi, lui, si maître de sa volonté et de son raisonnement ?Une suggestion secrète ?Une folie réelle, versée dans son cerveau par la musique démente qui entrai- ne nos danses modernes ?\u2014 Bah ! pensait-il, Mme Desormes aura pris ça pour un badinage.d'un goût douteux.Les hommes qui ont vécu sous l'équateur ont tous la tête un peu grillée !.Mais elle ?quelle fureur méprisante dans ses yeux.dans ses beaux yeux!.Car ils sont splendides!.Et cette admirable créature, faite pour donner le bonheur à un homme et de robustes enfants au pays, passera dans le monde, inutile, sans but, sans idéal, répandant son dédain et son mécontentement perpétuel !.H reprit sa lecture, mais une silhouette, encore imprécise, se profilait sur les dunes sahariennes; dans l'ermitage du Hoggar, la place du fougueux et mystique pionnier, il entrevoyait une femme en robe grise, coiffée à l'espagnole, et qui dansait avec une longue institutrice.De plus en plus, il abandonnait sa lecture (Lire la suite page ey \u201cA wv youl les éléments salutaires que renferment les Poissons, les Mollusques et les Crustacés Canadiens .protéines, pour la force et l\u2019énergie; vitamines À et D, pour la bonne santé; sels minéraux, pour des os et des dents solides; iode, sels-cuprifères et autres facteurs indispensables à la santé et à la vigueur des enfants en croissance ainsi qu\u2019au bien-être des adultes.Et ceux-ci ne représentent qu\u2019une partie des avantages fournis par le Poisson, en tant qu\u2019aliment.Celui-ci a un goût exquis et est aussi économique.Les Poissons, Mollusques et Crustacés Canadiens vous offrent un choix de saveurs et d\u2019espèces qui vous inspireront des douzaines de recettes succulentes .une chair ferme, délicieuse et facile à digérer, grâce à laquelle les Poissons, Mollusques et Crustacés 2 \u2014 POISSON POUR VOTRE SANTE Canadiens sont renommés dans le monde entier pour leur qualité et leur bon goût.Et rappelez- vous que nul autre aliment ne peut vous donner une nourriture aussi saine pour la valeur de chaque sou que vous déboursez.\u201cDu Poisson n\u2019importe quel jour.\u201d Servez plus fréquemment, dansle courant de 1a semaine, des Poissons, Mollusques et Crustacés Canadiens.Vous avez un choix illimité de saveurs .poissons de mer, coquillages, poissons d\u2019eau douce .frais, frigorifiés, en conserves, fumés, séchés ou marinés .chacun pouvant tenter les appétits les plus capricieux .et chacun pouvant s\u2019obtenir dans un état parfait .grâce aux facilités de transport moderne organisées par le Canada.MINISTÈRE DES PECHERIES, OTTAWA LE POISSON EST TOUJOURS DEMANDEZ es een LA BROCHURE A Ministère des GRATUITE y\u201d Pêcheries, Ottawa A Veuillez m'envoyer votre 7 brochure gratuite de 62 pages + contenant plus de 100 recettes 4 de Poisson appropriées et écono- / ,Mmiques, et intitulée \u201cDu Poisson nm Pa porte quel jour\u201d.\u201cLRP* 7 / NM2-F DE SAISON ot 16 Sa compagne de chambre suggéra .\u201cLA MAUVAISE HALEINE EST ORDINAIREMENT CAUSEE PAR LES DENTS!\u201d VOICI UN ARTICLE, ALICE, DISANT QUE LA MAUVAISE HALEINE EST ORDINAIREMENT CAUSEE PAR DES DEPOTS D'ALIMENTS EN DECOMPOSITION ENTRE LES DENTS! NE VEUX PAS ME HASARD?TU SORS ENCORE AVEC DONAT, ALICE?CEST SERIEUX } OUI, MAR ATAPI| NE PRE! Vérifiez vo I'Epreu © Prenez un c dents -INODOR vos dents.Ÿ trout traces d'aliments ?constatez une odeur à que vos dents ne son oyées comme il faut.Ces dépMP aliments, disent les dentistes, sont.\u2018une cause commune de mauvaise haleine et de carie dentaire.NETTOYEZ VOS DENTS SUIVANT LA METHODE COLGATE Brossez-vous soigneusement les dents avec de la Crème à Dents Colgate; les dents supérieures de haut en bas, les dents inférieures de bas en haut.Rincez-vous ensuite la bouche.Mettez après cela un peu de Colgate sur votre langue et prenez une autre gorgée d'eau.Gargarisez-vous bien le fond de la gorge, et faites passer l'eau entre les dents.Rincez-vous de nouveau a l'eau claire.C'est tout.A ceux qui la préfèrent.la Poudre à Dents Colgate donnera les mêmes résultats.\u201cMy, Grande boîte, 20c.POINTER PAR eZ (QR DIA LYLE BIEN, ESSAYEZ LA CREME A DENTS COLGATE.SA MOUSSE PENETRANTE NETTOIE TOUTES LES CREVASSES DE LA BOUCHE MARIE AVAIT DONC RAISON | MAIS QUE PUIS-JE FAIRE, DOCTEUR ?VOUS OBTENEZ CES RESULTATS DE COLGATE La mousse pénétrante du Colgate va dans toutes les petites crevasses, entre les dents et même où la brosse à dents ne peut atteindre.Elle dissout les dépôts capables de causer des odeurs et les fait disparaître.L'ingrédient de polissage du Colgate arde vos dents blanches et brillantes.La délicieuse saveur du Colgate laisse votre bouche fraîche et votre haleine parfumée.L'ingrédient est inoffensif et la saveur est de menthe.VOTRE ARGENT REMIS EN DOUBLE Employez un tube de Colgate.Après cela, si vos dents ne sont pas plus nettes, plus brillantes qu\u2019auparavant, retournez le tube vide à Colgate-Palm- olive-Peet Co., Limited, Toronto, Ont.Nous vous rembourserons deux fois son prix.M ee GRANDE voce 20° WS MODELE GEANT, Cc plus de deux fois aucant O9 TF (Suite de la page 14) pour cette évocation, lorsque le valet de chambre vint lui présenter une carte.\u2014 Au diable!.On n'est même plus tranquille avant le déjeuner ! maugréa Jean.Sans prendre le bristol, il jeta un coup d'œil sur le nom : \u201c Laure De- sormes \u2019.Il eut un tressaillement.Que venait-elle faire chez lui ?\u2014 Cette dame est dans le grand salon, monsieur.Il monta lentement, peut-être pour effacer chez son domestique l'impression de la hâte un peu fébrile avec laquelle il s'était levé, peut-être aussi pour avoir le temps de réfléchir, d'adopter une attitude.Cette visite- le surprenait profondément: si c'était pour lui reprocher ses paroles, Laure fat venue le lendemain du bal, et accompagnée.La jeune fille s'était assise.Elle se tenait raide, sans toucher les bras du fauteuil.Elle avait la tête baissée; une toque en petit-gris cachait son front.Sa robe bleue, réchauffée d'un grain violet, se mariait à ravir avec la chaleur attirante d'un renard argenté.Sur le seuil, Jean s'arrêta, courbant entre ses doigts la petite carte de visite : \u2014 Je suis très honoré, mademoiselle, de pouvdir vous présenter mes respects, chez moi\u2019.:.J'en suis également un peu surpris.Elle le regarda.Ses yeux brillaient d'un éclat métallique, plus dur encore qu'à leur première rencontre.\u2014 Je devais vous parler, dit-elle.D'abord, j'avais pensé le faire par téléphone, mais vous n'auriez peut- tre pas compris l'importance de ma demande.\u2014 Une demande, mademoiselle ?Serais-je assez heureux pour vous être utile ?\u2014 Vous devinez combien il m'est pénible de venir chez vous.\u2014 Du moment que vous croyez pouvoir réclamer un service, vous me considérez comme un ami.Elle relevait la lèvre supérieure.\u2014 Je vous exècre, fit-elle lentement.\u2014 Voilà au moins une façon imprévue de présenter une requête ! \u2014 Non, puisque cette requête découle de mon exécration.\u2014 Je ne saisis pas.~ Il ne peut s'agir entre nous que dune chose.\u2014 De ce que j'ai dit à Mme De- sormes ?\u2014 Vous avez cru faire de l'esprit.\u2014 Pas du tout !.J'étais fort sincère .Et si mon opinion a changé, confessez qu'il n'y a pas de ma faute.Des deux mains, Laure martyrisait son sac de cuir souris.\u2014 Vous ne pouviez pas être sincère ! \u2014 Depuis un quart d'heure, l'ambition de ma vie était de vous conquérir.\u2014 Epouser n'est pas conquérir | Pour qu'une conquête soit entière, il faut s'assurer la possession du cœur! \u2014Je comptais y travailler.Avec une nature comme la vôtre, je le sais, l'entreprise a de quoi faire reculer même des volontés tenaces.Mais justement, cette difficulté me tentait.\u2014 Je ne discute pas.Votre résolution a changé, c'est tout ce qui m'importe.\u2014 En quoi vous génait-elle ?\u2014 En ceci.Ma mère que le désir de me marier tracasse, s'est mis dans la tête que votre offre était sérieuse.Depuis cette nuit maudite, j'ai perdu ma tranquillité.\u201c autorité.Le LA REVUE POPULAIRE \u2014 Vous ne me semblez pas avoir accoutumé votre mère à vous importuner de ses justes récriminations.\u2014 Je ne l'ai pas non plus habituée à se rendre malade pour moi.Or, elle est atteinte d'une affection cardiaque.\u2026.\u2014 Et d'une part, l'obsession d'une idée .votre résistance de l'autre .\u2014 Elle s\u2019est alitée hier; j'ai.dû faire venir le médecin.| ~ De la piété filiale, mademoisel- el.\u2014 Ne persifflez pas.J'aime ma mère.\u2014 Et pour la guérir, vous venez m'accorder votre main ?\u2014 Je suis venue vous demander d'être un honnête homme.\u2014 Je m'étais toujours donné ce titre.\u2014 On se trompe quelquefois ! \u2014 Il faut alors réclamer les preuves.\u2014 Ecrivez à ma mère que vous lui avez dit une folie et que vous la priez de l'oublier.Ils parlaient vite, sans intervalle entre les répliques, pareils à deux escrimeurs de même force.Beaupré admirait son ennemie.Un feu ardent était peu à peu monté aux joues et dans les yeux de Laure.La statue s'animait, d'une beauté nouvelle, qui réveillait dans le jeune homme l'ivresse de la lutte.Ah ! trouver le défaut de cette armure implacable! Oui! C'était une entreprise dangereuse, que la splendeur de cette créature rendrait fatale au vaincu, et devant laquelle tout cefveau raisonnable devait reculer \u2026.mesure qu'elles naissaient, ces pensées se traduisaient sur le visage de Jean, et Laure ne s\u2019y trompait pas.Mais tout n'avait-il pas sans + cesse plié devant elle ?\u2014 Écrite à votre mère ?reprit-il.\u2014 Voyant qu'elle s'est trompée, elle n\u2019y pensera plus.\u2014 Vous me demandez, en somme toute, de passer pour une girouette.\u2014 Je vous requiers de rendre la santé à ma mère.\u2014 Elle ne le serait pas s'il vous avait plu de me répondre oui.blait.\u2014 Vous vouliez faite non seule- - ment mon malheur, mais le vôtre ! \u2026.\u2014 Ce dernier me regarde .Quant à votre infortune, je me porte garant.\u2014 Stupide fat!.Vous oubliez combien je vous déteste \u2026.\u2014 Et que le mari vous semble une rand mot; pour Mile Desormes !.Ecoutez-moi bien.Je ne suis ni mage, ni prophète.Je m'appuie simplement sur une expé- rence qui est un peu plus longue que la vôtre .Un jour, vous aimerez, et ce jour-là, vous serez aussi soumise que vous avez été rebelle ! Cet immense orgueil, qui veut renverser la loi de la nature, n'est que la honte d'avouer la faiblesse de la femme, d'avouer le besoin de deux bras qui enserrent.et qui proté- gent.\u2014 Finissons .Je ne tiens pas à rester chez vous plus longtemps.\u2014 Vous y êtes venu de votre plein gré, mademoiselle ! \u2014 Ecrirez-vous la lettre que je vous demande ?\u2014 Attendez-moi une minute.Il passa dans son bureau.La folle tentation de l'aventure s'était à nouveau emparée de lui.Il revint, tenant une feuille et une enveloppe.\u2014 Donnez ! \u2014 Ne voulez-vous pas que je lise?Elle se levait.\u2014 Je prendrai ce soin dans ma voiture.Elle eut un rire faux, qui trem- - © Novembre 1936 \u2014 Non pas ! Je tiens à vous lire moi-même.* Madame, vous rappelez-vous la demande que j'ai eu l'honneur de vous faire il y a quatre jours?Je n'ai reçu aucune réponse, et ceci me laisse l'espoir que Mlle Desor- mes n'a pas refusé net, qu'elle se consulte et réfléchit.Je vous supplie, madame, d'appuyer sur sa dé- \u201ccision avec toute la force de votre expérience et de votre amour maternel.\u201d Avant qu'il entamât la formule de politessé, Laure lui avait arraché la lettre, la déchirait, la lançait à travers le salon.\u2014 C'est une infamie \u2014 Vous luttez pour votre cause, moi, pour la mienne ! Les deux sont respectables, j'imagine .\u2014 Vous êtes lâche!.Vous m'avez laissé croire.\u2014 Que j'allais vous obéir?.Mais tout le monde vous obéit, mademoiselle ! .\u2014 Vous voulez donc la guerre ?\u2014 Oh ! La guerre d'amour! .Et j'ai l'intuition que je vaincrai .\u2026 Elle dit, sombre : \u2014 Si je connaissais en vous des sentiments religieux, je vous dirais : \u2018 Priez pour que ça n'arrive pas.\u201d \u2014 Serait-ce une telle catastrophe?.\u2014 Ce serait une folie dont vous vous repentiriez.\u2014 J'en ai fait tellement, dans mes voyages ! Elle rompit l'engagement.\u2014 Envoyez cette lettre, si ça vous plait.Je vous jure qu'elle n\u2019atteindra pas ma mere.Il réplique doucement, avec un sourire consolateur : \u2014 Vous avez raison, mademoiselle.Je suis certain que vous avez raison.Mais, escomptant le succès de votre démarche, vous n'avez pas songé à faire garder le téléphone.Avant que vous soyez dans votre automobile, j'aurai la communication.Un tel éclair de haine jaillit des prunelles que Jean connut tout l'enthousiasme de la première victoire.\u2014 Ne sachant pas que devenir à Paris, je veux tenter le mariage ! Et comme j'aime l'obstacle, je m'adresse à la seule personne qui prétende rester vieille fille.Je risque d'y perdre ma tranquillité, mes illusions \u2014 j'en ai encore beaucoup! \u2014 Mais je ne demande qu'à vous rendre heureuse ! Le mariage n'est-il pas la chose la plus naturelle du monde 7.Laure n'écoutait plus.D'un pas rapide, elle traversait le salon.Jean sourit et termina : \u2014 N'est-il pas la base de la so- cièté ?Il ouvrit lui-même la porte, puis il décrocha le récepteur téléphonique.CHAPITRE IV Par sa démarche, Laure avait été à l'encontre du but qu'elle poursuivait.Elle avait obéi à l'impulsion.Alarmée par l'état de sa mère, elle n'avait pas réfléchi que cet accès de sollicitude n'était pas le premier, et qu'il s'userait comme les précédents.Élle se sentait prête à pleurer de ra- e.Ce que cet homme avait dit, il allait le faire '.Elle reconnaissait qu'il était le maître.Si elle réussissait à couper cette communication, n'aurait-il pas, aussi souvent qu'il le voudrait, le loisir de recommencer ?L'automobile s'arrêtait.Laure se précipita chez Mme Desormes.La grôsse dame était blême et souffrait davantage.\u2014 Ma petite chérie, murmura-t- elle.tu ne sais pas .\u2026 Sa fille l'interrompit violemment: \u2014 Si.Je sais.Ce Beaupré t'a téléphoné.\u2014 À l'instant même .Si tu étais rentrée une seconde plus tôt, tu l'aurais entendu.\u2014 Je viens de chez lui.J'allais lui dire que je ne l'épouserais pas.Il a répondu par ce procédé indigne.Sa mère comprima son cœur à deux mains, ouvrit la bouche toute grande, comme si elle étouffait, puis elle prononça, en soupirant : \u2014 Ma chérie.téléphoner n'est pas.un procédé indigne.Une grande tristesse adoucit les yeux de Laure, Elle pensa : \u2014 Allons.C'est la lutte.Elle vit sa mère tellement pâle, qu'elle ne répliqua rien.\u201d Le soir même, l'état de la malade nécessita des pigûres.Laure venait la voir toutes les heures, sans lui parler.Farouchement, elle se concentrait, ramassait ses forces pour la résistance.Celle-ci dura plus d'un mois.Mme Desormes donnait de sérieuses inquiétudes.Son cœur se permettait des caprices extravagants et dangereux.Muette, le front têtu, partagée entre sa douleur et son irritation, Laure écoutait les objurgations maternelles.Tout affaissée qu'elle fût, la brave dame avait réussi à faire prendre des renseignements sur la famille, la conduite et la fortune de Jean de Beaupré.Ils furent tels, que l'espoir de cette union devint son idée fixe, et quand l'approche du sommeil poussait sur ses lèvres des paroles inconscientes, Laure et sa dame de compagnie y distinguaient les mots de sacristie.de lunch.de demoiselle d'honneur.Une fois, l'institutrice avait essayé de plaider la cause du mariage, avait insinué que peut-être.tout de même .Mais son ancienne élève lui avait répondu de telle façon qu'elle n'avait plus soufflé mot.Cependant, Mme Desormes devait triompher.Laure avait compris que la déception tuerait sa mère.Son consentement fut une menace : \u2014 Tant pis pour lui!.Déjà la grosse dame trouvait la force de téléphoner.Jean n'avait pas su l'acuité du drame intime et presque silencieux qui venait de se jouer, sans quoi il eût retiré sa candidature, car il n\u2019aimait pas Laure, bien qu'il en gardât dans l'esprit une image très vivante.D'ailleurs, au fond de lui-même, avait-il voulu espérer ?N'avait-il pas considéré cette histoire comme un jeu?N'était-ce pas une agacerie, méchante, d'ailleurs, qu'il avait imaginée pour exaspérer la jeune sauvage ?Il fallait maintenant donner la réponse définitive à laquelle en son for intérieur, il avait pensé n'être jamais contraint.Mais il était habitué aux décisions rapides.Comme un marin discerne en un instant par quelle manœuvre il tiendra tête à la tempête, il calcula le poids d'une telle union, envisagea son avenir, et conclut : \u2014 Bah ! j'aime mieux qu'elle m'apporte de l'antipathie que de l'indifférence !.Mme Desormes le teçut au lit.Elle montrait une drôle de figure, bouffie et amaigrie à la fois, où se combattaient les traces de son mal, les signes évidents d'une joie délirante et tout un fond de terreur mal surmonté.A son chevet, la dame de compagnie baissait les yeux, craintive, pré- te a tous les mensonges.Laure, en robe noire, paraissait tragique.Jean s'apitoya sur la santé de Mme Desormes, la remercia de sa bonté, et se tourna vers la jeune fille : \u2014 Mademoiselle veut bien m'accepter pour mari ?.Seulement, a-t- elle dit oui de son plein gré, avec un 17 der La pin de bu es ju melles Dionne n'emploient que le Patmorivigd le savon fait de Douce Huile d Olive ly, E qu\u2019elles sont adorables ! avec leurs ( grands yeux noirs, frangés de longs cils courbes.vermeilles ! Nul portrait ne saurait faire justice aux jumelles Dionne.Car une si grande partie de leur beauté vient de leur exquise peau de bébé.qui est gardée douce et veloutée, en hiver comme en été, par le doux soin protecteur du Palmolive ! Pourquoi on ne fait usage que de Palmolive, le savon fait à PPhuile d\u2019olive Ces fameuses petites filles étant nées prématurément, leur peau a toujours été extraordinairement sensible.C\u2019est pour cela que, pendant quelque temps aprés leur naissance, elles furent baignées dans l\u2019Huile d'Olive.Comme les médecins de partout, le Dr Dafoe savait qu\u2019il n\u2019y a rien de plus soulageant que l\u2019Huile d\u2019Olive douce pour uns peau délicate.Puis, quand vint le temps des bains an savon et à l\u2019eau, quelle ne fut pas I'om- portance du choix d\u2019un savon contenant les ingrédients les plus doux et les plus soulageants ! Et c\u2019est ainsi que le Dr Dafoe choisit le Palmolive, le savon fait i I'huile d\u2019olive, pour usage exclusif dans ces petites bouches Le Dr Dafoe dit : \u201cLors de leur naissance, et pendant quelque temps dans la suite, les jumelles Dionne furent balgnées dans l\u2019'Huile d\u2019Olive .- Lorsque vint le temps des bains au savons et à l\u2019eau, nous choisimes le Savon Palmolive exclusivement pour usage quotidien dans le bain de ces i bébés célèbres.\u201d 3 Photos Copyright Star News Service, 1936 le bain des jumelles qui ont la peau si tendre ! Quelle leçon pour toute femme ! Mère ! Devriez-vous risquer de baigner votre précieux bébé, ou n'importe lequel de vos enfants, avec un savon moins doux que celui qu\u2019on a choisi pour les petites Dionne ?Et vous aussi, belle dame.vous qui désirez garder au cours des années le charme enchanteur de votre peau ! Pourquoi pas donner à votre peau le soin de beauté que seul le mélange secret d'huiles d\u2019olive et de palme du Palmolive puisse donner ?Pourquoi pas faire usage du savon Palmolive pur, doux et inoffensif sur votre figure et dans votre bain.POUR GARDER VOTRE PEAU TOUJOURS BELLE.EMPLOYEZ CE SAVON DE BEAUTE CHOISI POUR LES JUMELLES _\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_ 18 peu de satisfaction ?Je n'oserais dire: avec un peu de bonheur ?\u2014 J'accepte, répondit Laure de sa voix glacée.Ça ne vous suffit donc pas ?\u2014 Ca me comble, mademoiselle ! Flle se tourna vers sa mère : \u2014 Il me reste à formuler certaines conditions.auxquelles j'espère que monsieur souscrira.Mme Desormes tendit la joue, mais sa fille ne remarqua pas le geste et elle sortit, raidie, les yeux oy certaine qu'elle n'était pas vaineue.\u2014 Fermez la porte, fit-elle, lorsqu'ils furent dans le boudoir.Il est inutile qu'on nous entende.Jean obéit, puis il demanda, tout de go : \u2014 À quelle date désirez-vous fixer la cérémonie ?\u2014 La date importe peu ! Subitement, elle s'adoucit, supplia: \u2014 Retirez votre demande .J'ai accepté pour ma mère.Elle était gravement malade .Mais vous.vous ne pouvez pas vouloir notre malheur \u2026.Il prit un air grave : \u2014 Ne me demandez pas ça, mademoiselle.C'est la seule promesse que je me suis juré de ne pas faire.Des lueurs sombres enflammèrent les pupilles.\u2014 Vous me contraignez, sans même avoir l'excuse de l'amour ! \u2014 À ceci, je pourrais vous répon- dres maintes choses, entre autres qu'il y a beaucoup de mariages sans amour, et que ce ne sont pas toujours les plus malheureux .Je considère l'amour comme la gare d'arrivée d'un rapide dans lequel on s'embarque et qui ne s'arrêtera pas avant son terminus.À la fin du trajet, on descend dans le pays où l'on aime.Jusqu'alors, on est seulement en marche.J'ai pris place dans ce train, je vous aimerai, et justement parce que le convoi, je le répète, n'a pas de stations intermédiaires, je puis dire, parlant pour le futur ©: \u201cJe vous aime\u2019.Vous ne voudriez pas, je suppose, me précipiter sur le ballast!.Elle marchait a travers le boudoir.Visiblement, elle cherchait quelque chose à détruire.Près de la fenêtre voilée par des rideaux bleu de roi qui conféraient à cette pièce une somptuosité lourde et mystérieuse, s'épanouissait l'énorme perruque d'un chrysanthème jaune, plein de fulgurances cuivrées.Ses mains le saisirent, l'écartelèrent, et quand elles s\u2019ouvrirent, il n'y avait plus, sur ie tapis, qu'un éparpillement de pétales longs, tendus, semblables à des larmes.Elle se rassit, un peu calmée.\u2014 Puisque vous êtes intraitable, dit-elle, et que la santé \u2014 la vie de ma mère, plutôt! \u2014 est en jeu, je cesse de vous implorer.Mais vous accepterez mes conditions.\u2014 Avant de vous répondre, laissez- moi les connaître.\u2014 Vous avez dans votre hôtel un étage inoccupé, je pense.Ce sera ma demeure.\u2014 Si vous le désirez.\u2014 Est-il séparé de l'escalier de service ?\u2014 Par une porte solide.\u2014 Vous en ferez mettre une autre, qui coupera le grand escalier.\u2014 Vous voulez être chez vous.complètement .\u2014 Et y rester seule maîtresse.Nos existences seront séparées.\u2014 Pourtant.Votre chambre.Elle désigna dans un angle une statuette de marbre le plus immaculé.\u2014 J'entends que notre mariage .\u2014 Soit blanc comme ce Carrare ?riposta Jean qui s'énervait.Soit!.C'est convenu! \u2014 Avec une arrièré-pensée ?.Non! Je veux votre serment.\u2014 Je vous jure qu'il sera fait, sur ce point, selon votre désir .Cependant, vos repas ?.\u2014 Je les prendrai avec vous.Je n'ai pas encore l'intention de vous rendre ridicule aux yeux de vos domestiques.\u2014 Pourrons-nous devenir de vrais amis ?Elle éclata d'un rire cruel.\u2014 Vous entrez dans ma vie par un acte inqualifiable, pour vous prouver votre force ou pour gagner un pari.\u2014 Mademoiselle ! \u2026.\u2014 Et vous voudriez que de l'amitié naquît entre nous ?Vous déraisonnez ! \u2014 Je tente un essai loyal .Faites de même ! Si vous constatez, au bout de quelque temps, que cette vie est impossible, que vous êtes née pour la solitude, j'accepterai la séparation.\u2014 Vous le jurez aussi ?\u2014 Je vous donne ma parole.\u2014 Combien de mois m'imposez- vous ?\u2014 Que vous êtes pressée ! .Je ne sais pas ! Pour être valable, il faut que l'expérience soit assez longue.Ils se levèrent.Avant de passer la porte, elle se retourna : \u2014 Si je n'aimais pas ma mère, je me rirais de vous.Mais vous me tenez.Je suis maintenant comme une esclave qu\u2019on achète! Pourtant, monsieur de Beaupré, ne chantez pas trop haut victoire ! Le jour où je sortirai de votre maison, je serai pareille à ce que je suis à cette heure, mais avec plus de haine, et l'espoir de la vengeance.\u2014 De la vengeance ?.Pour quel motif ?Je ne vous aurai causé aucun mal.Elle baissait les paupières.Il devina ce qu'elle pensait : me LE PLUS CHARMANT COUPLE DE L'ÉCRAN AMÉRICAIN : LORETTA YOUNG ET ROBERT TAYLOR \u2014 Parce que vous m'avez fait obéir.Il questionna : \u2014 Pourrai-je venir chez vous, jusqu'à notre mariage ?\u2014 Non.Ou du moins, pas quand je serai là.\u2014 11 serait utile que le monde nous vit ensemble.\u2014 Pour moi, cela n\u2019a, je vous l'assure, aucune importance.Quant a votre amour-propre d'homme, ne vous en prenez qu'à vous de ce qui lui arrivera.maintenant, et plus tard.\u2014 Je vous remercie de l'avertissement .Un mot encore .Viendrez- vous surveiller votre installation ?D'un geste, elle enveloppa l'ameublement.\u2014 J'emporterai tout ceci.Faites peindre les panneaux en conséquence.Il n'est pas nécessaire que ce soit tout à fait exact.Ça servira si peu de temps !.\u2014 Mais les autres pièces ?\u2014 Je vous enverrai mademoiselle.Vous vous entendrez là-dessus.\u2014 Nous n'avons décidé aucune date.\u2014 Dans deux mois : Tout Paris sera en Italie ou sur la Côte d'Azur.Votre folie passera plus inaperçue.Sur ces mots, elle ouvrit la porte d'une chambre et disparut, laissant son fiancé dans le hall.Un instant, il demeura abasourdi.Le congé était donné avec autant de sans-façon qu'à un commissionnaire.Mais, n\u2019était-ce pas naturel ?Laure ne se montrait-elle pas logique, en traitant de cette façon celui qui venait de la maîtriser par des moyens qui n'étaient pas tout à fait de bonne guerre ?Il remit son pardessus.Pendant qu'il descendait l'escalier de marbre ensanglanté de pourpre, une phrase revint sur ses lèvres : : \u2014 Quant à votre amour-propre d'homme, ne vous en prenez qu'à vous de ce qui lui arrivera.maintenant et plus tard.3 \u201c LA REVUE POPULAIRE Il faisait beau.Un soleil pâle enjolivait les avenues.Jean renvoya sa voiture et se dirigea vers la Porte- Dauphine.Il avait besoin de méditer et rien n'aide mieux la réflexion que de marcher, tout seul, dans l'air froid.Lorsqu'il rentra chez lui, il était souriant, bien en forme pour la lutte.\u2014 Nous verrons, se disait-il.On est parvenu à dresser des otaries, des zèbres, des tigres du Bengale.Cette demoiselle est-elle donc plus sauvage ou plus terrible encore-?\u201cCHAPITRE V Ce furent, en vérité, de singulières fiançailles.Pendant ces deux mois, Jean aperçut la jeune fille chaque dimanche lorsqu'elle sortait de Saint- Honoré d'Eylau avec sa dame de compagnie (tenant rigueur à sa mère, elle ne l'accompagnait même plus à la messe).Il se tenait discrètement sur l'autre trottoir ou dans sa voiture, mais il trouvait agréable \u2014 et utile \u2014 d'observer l'ennemi.Ses rencontres avec Mme Desor- mes n'étaient que des entrevues d'affaires, que ponctuaient des lamentations.Si elle avait osé, la bonne dame eût demandé de rompre ce projet de mariage, mais elle aurait été hoh- teuse et, dans son for intérieur, elle se disait que tout s'arrangerait, plus tard.Avec d'affreux soupirs, songeant à l'existence qui lui était faite elle ajoutait : : \u2014 Beaucoup plus tard.Jean de Beaupré n'allait chez elle que l'après-midi, et Laure était toujours sortie, Mme Desormes s'occupait seule du nouvel intérieur de sa fille, pour lequel celle-ci ne témoi- nait aucune préférence.Quoique aure ne cessât d'espérer un événement qui la libérerait, elle dut bien admettre, au bout d'un mois et demi, qu'elle serait Mme de Beaupré.Alors elle créa d'autres complications.Elle décida qu'elle ne se marierait pas eA Novembre 1936 dans la capitale, mais a Lougwy et dans l'intimité la plus stricte.Elle ne voulait que les témoins.Par l'entremise de Mme Desormes, Jean accepta.Avant de partir pour les Ardennes, \u201c elle étudia tous les cas d'annulätion, dont le mariage blanc qu'elle avait imposé était pourtant le plus sûr.Flle s'en alla comme on part pour la clinique chirurgicale.Jean souriait, mais il avait le cœur étreint.Il commençait à craindre, lui, de jouer sa vie.Mille Desormes se maria en costume tailleur.Il n'y eut qu'une messe basse, et pas même l'intolérable \u2018Marche , de Mendelssohn.L'aventure aurait fait les gorges chaudes de tout le département, si la feuille locale n'avait annoncé un don magnifique pour les pauvres, et dès lors, il n'y eut qu'une voix pour louer un tel exemple de simplicité.Toute secouée d'affres inconnues, Mme Desormes, sanglotante, avait supplié sa.fille de ne pas méditer de coup de théâtre et de ne pas faire d'esclandre, surtout quand le prêtre lui passerait l'anneau.Laure avait éclaté de rire : \u2014 Ce mariage donne vraiment de bien belles espérances!.La-dessus, la grosse dame courut avertir Jean.\u2014 Prenez garde, je ne sais pas ce que ma fille combine, mais elle a ses yeux des plus mauvais jours.\u2014 Rassurez-vous .Puisqu\u2019elle n'a pas dit non devant le maire, n\u2019estelle pas liée ?L'office se passa sans incident.Laure semblait absente; on eût dit qu'il s'agissait d\u2019une autre femme et qu'elle n'était là qu'en vertu d'une procuration.Au retour, elle ne desserra pas les lèvres, ce que les témoins mirent sur le compte d'une émotion légitime.En rentrant dans la grande maison provinciale, Jean demanda à sa femme si elle n'avait pas besoin de lui.\u2014 Non, répondit-elle.Je veux de la tranquillité.Et surtout, pas votre présence.\u2014 N'oubliez pas le lunch, dans une demi-heure .Il ne faut pas faire attendre vos amis.Mais au moment de se mettre à table, on la chercha vainement.La vieille domestique vint parler à Mme Desormes, dont les mains montèrent instinctivement à la poitrine.Jean observait la scène.Il demanda à voix basse : \u2014 Il y a quelque chose, n'est-ce pas ?\u2014 Oui.Oui.On ne la trouve pas.Il sortit de la salle à manger, monta à la chambre de Laure.Plus de bagage.Un moteur ronflait devant la porte cochère, Il ouvrit la fenêtre et se pencha.C'était l'automobile de sa belle-mère qui rentrait.\u2014 De la gare, pensa-t-il.Deux minutes de conversation indifférente avec le chauffeur lui apprirent la vérité.Laure avait décidé de partir seule.À sa place, comme convive, elle plantait le Ridicule.Jean réfléchit une seconde, sourit: \u2014 Elle n\u2019a pas pensé que j'avais ma grosse voiture, et que les trains de Longwy ne vont pas bien vite.Je serai avant elle à Mézières.Il fit porter un billet à Mme De- sormes.De cette façon, le départ de Laure devenait une fuite à deux, et les invités n\u2019y verraient qu'une amusante dérobade des jeunes époux.Il ne conduisit pas lui-même; il avait besoin de réfléchir.Il aurait voulu doubler l'allure, déjà effroyable, arriver plus tôt à la gare d'embranchement, être sûr que sa femme rentrait bien à Paris.N\u2019avait-elle pas quitté le train au premier arrêt, loué une automobile et rejoint à Luxembourg la ligne d'Ostende à Bâle ?\u2014 Envisageons le pire, se disait- il.Si elle a pris la direction de la Suisse, elle peut aussi bien se diriger sur Venise ou sur Naples que sur la Riviera.Comment la retrouver, alors?Toutefois, la logique détruisit ces hypothèses.Pour se soustraire à ses engagements le jour même de la noce, elle aurait dû faire bon marché de la santé maternelle, et dans ce cas, ne se serait pas laissé imposer un mariage qu'elle maudissait.Que voulait-elle donc ?Donner une preuve immédiate d'indépendance ?Avertir une bonne fois son mari qu'il ne devait plus compter sur une soumission ?Il conclut : \u2014 Si elle se rend à la villa Saïd, il faut que j'y sois avant elle.Quand l'auto atteignit Mézières, Charleville, l\u2019express de Longwy n'était pas encore annoncé.Soucieux de ne pas être aperçu par sa femme, Jean prit un billet de seconde et envoya son porteur au-devant du train.Le trajet lui parut interminable.ll avait acheté pêle-mêle des journaux politiques et littéraires.À peine pro- mena-t-il les yeux sur quelques entées.Une incertitude le lancinait : \u201cLaure se trouvait-elle dans ce train ?N'était-elle pas déjà en Alsace ?À la gare de l'Est, il sauta dans le premier taxi, arriva chez lui en trombe, et donna l\u2019ordre de ne pas ouvrir quand on sonnerait.Le valet de chambre prit un air malin : \u2014 Je comprends .C\u2019est madame qui va arriver.\u2014 En effet.C'est madame.Il entra dans son Orient islamique, alluma toutes les lumières pour se donner l'impression du soleil, et se jeta sur les coussins.L'impatience le crispait.Allait-il épier la marche de l'aiguille, sur le cadran de sa montre ?.Il attira un narghilé, espérant que la fumée odorante, créatrice d'oubli, apaiserait ses nerfs.Par le diable ! Cette femme, il ne l\u2019aimait pas 1.Non! Il ne l'aimerait pas!.Mais dans le match que serait leur mariage, il fallait gagner cette premiére manche.\u2014 L\u2019amour-propre, murmura-t-il.Déjà\u2026 Dix minutes passèrent.Laure aurait di étre la.Sans doute n\u2019avait- elle pas trouvé de voiture; ou bien voulait-elle passer d'abord chez sa mère, pour y prendre certains souvenirs, qu'elle n'avait pas voulu confier aux déménageurs La sonnerie tinta.Jean sauta debout, passa machinalement les mains sur ses cheveux, tira les revers de sa jaquette qui étaient remontés, et alla ouvrir, en s'effaçant à dessein.Laure dit sans regarder : \u2014 Entrez mes bagages.\u2014 J'en donnerai l'ordre.Elle eut un reçul : \u2014 Vous!.,\u2014 N'était-ce pas le devoir d'un bon mari, de venir vous attendre ?Il montra la porte ouverte : \u2014 Entrez là, je vous en prie.Mais elle se dirigeait vers l'escalier : \u2014 Vous avez peur d'une explication ?Elle s'arrêta, analysa le sourire de l'homme et pénétra dans le salon de Bagdad.Jean soulevait la tenture qui célait une deuxième pièce.\u2014 Venez par ici, madame; vous seriez mal à l'aise sur ces coussins .auxquels les esclaves du harem sont seules habituées.Vous préférerez le divan circulaire de ce boudoir his- 19 Spécial .pour cette petite dame TRAITEMENT SPECIAL .SOINS SPECIAUX .MEME UN LAXATIF SPECIAL | OUS voyons ici une jeune personne en train de subir un examen dentaire.C\u2019est un soin spécial qu\u2019elle reçoit régulièrement, mais dont sa maman ne bénéficia probablement pas souvent dans sa jeunesse.Les enfants sont aujourd'hui l\u2019objet de beaucoup plus d\u2019attention qu\u2019il y a 20 ans: aliments, vêtements, jouets, toutes choses sont préparées spécialement pour eux.Il en est de même des laxatifs.Votre médecin vous dira qu\u2019un enfant ne doit jamais prendre autre chose qu\u2019un laxatif préparé spécialement pour lui .un laxatif qui ne peut nuire au système du bébé même le plus délicat.Et c\u2019est pourquoi tant de médecins recommandent le CASTORIA.C\u2019est un laxatif pour enfants, tout simplement.Nous ne le recommandons jamais pour autre chose.Il est bénin dans son effet, mais complet.Il agit principalement dans l\u2019intestin inférieur, et non pas dans l\u2019estomac.Il dégage l'intestin promptement et complètement, sans causer de coliques ni provoquer de dérangements digestifs, comme le font certains laxatifs violents.Le CASTORIA ne contient pas de drogues purgatives drastiques ni de narcotiques, rien qui puisse déranger le système digestif délicat d\u2019un bébé.Un spécialiste fameux des maladies d\u2019enfants a déjà dit qu\u2019il ne pourrait composer lui-même une meilleure prescription.Le CASTORIA a en outre bon goût, et \u201cles petits le prennent toujours de bonne grâce.Les médecins vous diront encore que cela a son importance, car forcer un enfant à prendre un laxatif qui lui répugne peut bouleverser complètement son système nerveux.Réfléchissez donc un peu, Madame, la prochaine fois que vous.achèterez un laxatif pour votre enfant; voyez à ce qu\u2019il remplisse ces deux conditions: (1) qu\u2019il soit fait spécialement pour les enfants; (2) qu\u2019il ait un goût agréable.Gardez toujours une bouteille de CASTORIA à la maison.Demandez la grosse bouteille de famille chez votre pharmacien: elle contient plus, dure plus longtemps et vous assure une valeur supérieure pour le prix.CASTORIA Le laxatif préparé spécialement pour les bébés et enfants en croissance 20 pano-mauresque, dans lequel, pour tout dire, je me sais mieux à l'abri des indiscrets.Elle le- toisait : \u2014 Vous êtes sans doute un grand voyageur, mais vous vous montrez un bien pauvre psychologue.\u2014 Expliquez-vous.\u2014 Vous avez pu supposer un seul instant que je reculerais devant une explication .\u2026.°\u2014 Tai employé ce moyen pour vous forcer à franchir le seuil de mon rez-de-chaussée.Avec la surprise que vous avez témoignée en me trouvant ici avant vous, je compte aujourd'hui deux légers succès.Il s'approcha : \u2014 Enlevez votre cape, madame.N'oubliez pas que, si je suis un étranger et un instrus au second éta- e, Vous êtes chez vous dans tout \u2018hôtel.Il fit un geste qui offrait son aide.\u2014 Je n'ai pas besoin de vous.Le manteau tomba autour d'elle sur le divan.Jean insista : \u2014 Votre chapeau aussi.Je vous répète que vous êtes dans votre maison.Elle l'enleva et haussa les épaules.Alors, il attira un pouf et s'assit.Longuement, il examina sa femme.Penchée en avant, elle tenait un genou enfermé dans ses mains, et contemplait les soies éclatantes qui bouffaient au pied d'une aiguière ancienne.Sous ses cheveux dérangés par le voyage, ressortaient mieux le teint mat, la pureté du front, la ligne allongée des cils très noirs.Elle redressa la tête.Le silence de son mari l'inquiétait.\u2014 Pourquoi ne parlez-vous pas?demanda-t-elle violemment.\u2014 Je pensais à l'étrangeté du sort.Nous voici mariés! Il faut que je me le redise, pour y croire! Mais puisque l'invraisemblable est réel, j'en accepte les responsabilités.avec vous.ou contre vous.Elle leva les paupières.Le regard de Jean demeurait aussi doux, aussi respectueux.ie n'accepte pas vos paroles, dit-elle.\u2014 Pardon, madame.Mes paroles sont au contraire la seule chose que je pourrai, que je devrai vous contraindre à accepter.Votre nature et votre caractère vous égarent.La conséquence en est que vous ne vérifiez pas opportunément la portée de vos actes.Aujourd'hui, par exemple, vous vous êtes montrée puérile et inconséquente.Si je n'y avais pris garde, vous détruisiez en une heure ce que vous aviez accepté pour votre mère.Je suis votre époux.Et un époux peut se montrer .le guide .Ne me regardez pas avec tant d'irritation ! Vous avez accepté un essai de plusieurs mois.Soyez certaine que, pour ma part, j'y apporterai toute la bonne volonté possible; mais dites-vous aussi que je ne tolérerai pas ce qui risquerait de jeter le moindre grain de poussière sur la blancheur de votre réputation \u2026.J'en suis responsable, maintenant.Et aujourd'hui, madame, vous avez mal agi, non pas vis-à-vis de moi, mais vis-à-vis de vous-même.Le compre- nez-vous ?Il avait débité sa mercuriale d'un accent presque paternel.Il s'adressait à la raison de la jeune femme, sachant que c'était le seul procédé qui permettrait à leurs cerveaux d'entrer en contact.\u2014 Je ne voulais pas revenir à Paris avec vous, dit-elle.Déjà mortifiée par cette phrase qu\u2019elle considérait aussitôt comme I'aveu d'un tort, elle se leva.\u2014 Ma place n'est pas ici.\u2014 Permettez-moi de vous montrer vos appartements.Il s'arrêta au premier étage : \u2014 Jai un salon de musique.avec un petit orgue.un Cavallié- Coll qui vous tentera.Je me suis permis de placer votre Gaveau à côté du mien.De cette façon, si vous avez le désir de faire un peu de musique d'ensemble .\u2014 Je ne ferai pas de musique chez vous.Et vous n'aviez pas le droit de m'enlever un de mes meubles.\u2014 Il vous sera rendu demain ma- Sur le palier suivant, il se retourna : \u2014 Voici la porte que vous désiriez.Vous voyez que je vous accorde aveuglément tout ce que vous demandez.\u2014 J'avais exigé, répliqua-t-elle avec sécheresse.Il redressa le front : \u2014 J'ai horreur de jouer sur les mots.Vous aviez exigé, soit ! Mais vous n'en aviez plus le droit.Vous aviez déjà dû accepter le mariage ! Nous nous valons, madame.Donc, pas de mesquinerie de l'un à l'autre.Elle s'était adossée à la rampe.L'argument la frappait par sa justesse, le ton par sa sévérité.\u2014 Soit, fit-elle.Je déteste également ce défaut.\u2014 Féminin .Il se penchait un peu : \u2014 Nous ne sommes encore jamais serré la main.Voulez-vous?\u2014 Non.Ce fut violent comme le cri d'un fauve.Il sourit et atteignit l'étage en sautant trois marches sur quatre.\u2014 Je ne suis pas entré dans ces chambres depuis qu'on a commencé à vous les arranger, dit-il.Vous aurez la surprise de l'ensemble; moi celle du mobilier.\u2014 On n'a jamais de quand on entre en prison.Dés le seuil, il put se convaincre que sa femme possédait un sens artistique très averti.Il admira discrètement les abat-jour de couleur nouvelles, par une porte entre-bâillée, il aperçut un lit très simple.\u2014 Votre femme de chambre dormira près de vous ?demanda-t-il.\u2014 Oui.\u2014 Vous aviez pourtant deux garanties aussi valables l'une que l'autre: ma parole et un solide verrou à la porte de l'escalier ! Il revenait au boudoir, s'attardait à contempler des vitrines dont il alluma les erses intérieures.\u2014 Vous aimez l'art chinois ?Nous avons donc une passion commune ?Avez-vous choisi vous-même ces objets ?Elle eut, pour répondre, un ton courtois de conversation qu'il ne lui avait pas encore entendu.\u2014 Les améthystes et les cristaux clorés viennent de mon grand-père.J'ai acheté le reste peu à peu.\u2014 J'envie vos petits vases de céladon craqueté.J'ai rapporté des porcelaines pareilles à celles-ci, en émail rose.Mais elles sont loin de surprise LES MIRACLES DU COIFFEUR LA REVUE POPULAIRE valoir les vôtres .Cette boîte lobée est une merveille.Moi aussi j'ai quelques ivoires .J'espère que vous me ferez l'honneur de regarder ma pauvre collection.Elle est dans une troisième pièce, qui fait suite au boudoir oriental ou nous avons parlé.Ne sont-ils pas de l'époque Ming, ces deux petits chiens ?\u2014 Oui.\u2014 Et ce Bouddha, en émail bleu et aubergine ?Vous êtes riche comme le musée Cernuschi.Elle se tenait près de la porte.Jean comprit.i \u2014 Devant l'art, on oublie facilement les minutes, dit-il.Je suis heureux d'avoir vu que la cage de ces quelques mois ne sera pas trop déplaisante .Je suis surtout satisfait de trouver un sujet de conversation pour nos repas.puisque vous m''avez promis de les prendre dans ja salle a manger.Comme il allait sortir, il avisa un service à thé sur une console italienne.\u2014 Bien entendu, mes appartements seront toujours à votre disposition quand vous désirerez recevoir.Flle répondit, sans tourner la tète : \u2014 Je recevrai mes amis chez moi et ne demanderai l'hospitalité de personne.CHAPITRE VI Les domestiques de Jean, qui n'en étaient pas à leur première place, avaient vu des maisons où les repas se traitaient au seul bruit des fourchettes et des couteaux; ils en avaient généralement conclu que le ménage n'offrait pas un modèle d'entente; mais comment expliquer le mutisme des jeures époux en pleine lune de miel?Le maître d'hôtel, qui s'était accoutumé à surprendre dans les conversations quelques secrets intimes, s'ennuyait à mourir, et dissimulait à grand'peine son envie de bâiller.Chez d'anciens maîtres, les détails de famille, pas toujours très propres, les haines secrètes, les arcanes de la cugidité, tout ce qu'on finissait par dévoiler devant l'inférieur dont on oubliait la présence, l'avaient passionné, Il s'était fait une joie de servir des Voici un bel exemple des transformations données à la physionomie par le changement de rôle d\u2019Angela sous trois aspect différents; on remarquera que le maquillage reste le même.de temps à autre l'expression de leur visage.Ces arrangements capillaires sont de Perc Westmore, spéci aliste des studios Warner Bros.à coiffure.Dans Anthony Adverse, Olivia de Havilland joue le Nos lectrices pourront s'inspirer de ces modèles pour varier ollywood. Novembre 1936 nouveaux mariés, car il se croyait, comme tous les larbins, une prédestination à la psychologie; l'office attendait ses narrations pour rire à l'aise des mines amoureuses, des serrements de mains furtifs, de la tendre mimique qui doit échapper à une jeune femme et à un mari fort beaux tous deux et partant fort épris.Le dîner du premier jour avait été consacré à la Chine; mais on ne peut pas causer toute sa vie de l'Ex- trême-Orient, surtout quand on le fait sur commande.Le lendemain, le silence fut complet, et aux repas qui - suivirent, les époux échangèrent deux où trois phrases banales, sur la température, ou sur la cuisson de la côtelette, et du ton que prennent, dans un wagon-restaurant, les voyageurs que le hasard a mis des deux côtés d'une même table.Laure lisait un livre de poésie, ou jouait avec son pain, l'air absent, comme si elle plongeait son esprit dans de profonds calculs.Lorsque son mari lui adressait la parole, elle ne le regardait pas et lui renvoyait une monosyllabe, Rapide, les yeux lointains, Jean contemplait sur les panneaux de tapisserie les phrases d'un rêve.Le domestique se disait : \u2014 II pense déjà à ses anthropophages .Mais il réfléchit aussitôt que c'était impossible; ses patrons sen- tendaient simplement à perfectionner l'hypocrisie ! Et il leur en voulait.\u2014 Ces têtes d'Espagnoles, affir- mait-il à la cuisine, ne cachent ja-' mais de la froideur ! .Devant nous, les tourtereaux se tiennent !.\u2014 Ils se rattrapent dès qu'ils sont seuls.Le fait que Laure et Jean faisaient étage à part ne lui apprenait goutte.Avec la manie de l'explorateur, de coucher en Thibétain dans une pièce matelassée, la chose était fatale.De guerre lasse, tous se rabattaient, pour leurs renseignements, sur la femme de chambre, et comme celle- ci ne savait rien, ils la traitaient de vendue, et voyaient en elle une intruse.La pauvre fille était cependant bien innocente : elle n'eût pas demandé mieux que de satisfaire leurs curiosités, mais que pouvait-elle conclure ?Laure ne l'appelait jamais pour sa toilette de nuit, et si elle voyait l'appartement tout garni de fleurs, elle ne pouvait pas deviner \u2018 que sa maîtresse les achetait elle- même, après avoir renvoyé, le lende- maint de ses noces, celles que lui offrait son mari.\u2014 La preuve qu'ils cachent leur jeu, affirmait le maître d'hôtel, c'est qu'ils ne sont pas allés en voyage.\u2014 Ft qu'ils ne sortent jamais le soir, surenchérit la cuisinière.Ils préfèrent le nid.\u2014 Parbleu!.\u2014 Ah! je comprends le patron ! avouait le chauffeur qui adorait le type créole, et appréciait un air tragique.Jean avait troqué sa vie active et très extérieure pour une existence solitaire.Il n'osait pas proposer le théâtre.Il redoutait, dans la loge, la phrase fatale qui dévoilerait les particularités qu'on ignorait toujours, car Mme de Thorigné, la seule qui fat au courant, possédait la vertu rare de la discrétion.D'autre part, il ne pouvait encore être question de sortir seul ! En somme, l'aventure de lutte et de dangers qu'il prévoyait \u2014 qu'il avait même appelée \u2014 se réduisait à un train plus réglé, et combien monotone ! H aurait voulu ouvrir le feu, forcer Laure à répondre, afin que leurs entêtements s'affrontassent.L'amour- propre le retenait.Que penserait-elle?Que le mutisme lui pesait ?Perdre son apparence détachée, arriver à composition, c'était abandonner du coup une grande force.Il devait donc attendre, malgré son impatient désir de mieux connaître ce caractère, dont une seule face se laissait voir.Le soir, il classait des documents, rédigeait des notes, étudiait de nouvelles contrées.\u2014 Dans un an, je serai loin!.se disait-il.Mais il y pensait sans enthousiasme.\u2018Mme Desormes venait souvent voir sa fille, car celle-ci ne la visitait guère.La bonne dame ne soupçonnait pas la nature intime de l'union qu'elle avait imposée.Quand elle pénétrait dans les pièces exotiques du rez-de-chaussée, c'était pour redire à son gendre des banalités aussi exaspérantes que naturelles.\u2014 Vous savez que j'attends mon titre de grand'mère .Je ne suis plus coquette, moi.je ne tiens pas à cacher mon âge !.Je veux des petits enfants autour de moi!.J'espère que vous ne me ferez pas trop languir.Elle l'importunait d'autant plus de cette question qu'elle n'osait en parler à Laure.Cette situation dura trois semaines au bout desquelles Jean, qui rencontrait chaque jour des amis, sut que le monde s'étonnait de ne pas voir les Beaupré au spectacle, aux courses et dans les réceptions.Pendant le dîner, il dit à sa femme : \u2014 Je vous prie de venir au salon, tout a l'heure.Elle releva le front.Les longs cils dévoilèrent les yeux magnifiques.\u2014 Vous pouvez me parler ici, puisque vous avez permis au maître d'hôtel de ne pas assister aux repas.\u2014 Ses allées et venues nous dérangeraient.Ce que j'ai à vous dire est très sérieux.\u2014 Soit.Flle reprit sa lecture.Lorsqu'ils se levèrent, Jean demanda : \u2014 Descendons, voulez-vous ?Je me sens plus à l'aise dans mes contrées lointaines.Elle n'objecta rien.Attentif, il lui prépara un coin du boudoir de Grenade et disposa près d'elle un brûle- parfum en cuivre-ciselé.\u2014 Jusqu'à notre séparation, com- mença-t-il sans préambule, il est désirable de paraître un ménage qui ne recherche pas l'excentricité.En- tendez-moi bien: je ne veux pas jouer au maître.Nous discuterons: vous serez certainement de mon avis, parce que j'ai longuement raisonné ce que je vais vous dire.\u2014 Vos paroles ont déjà l'air d'une menace.\u2014 J'ai réfléchi qu'il faut nous montrer ensemble.Nous avons tous deux des relations que nous ne pouvons pas abandonner.\u2014 Je ne délaisse pas les miennes ! \u2014 On ne nous aperçoit jamais nulle part.Que nous restions chez nous, c'est tout simple, puisque nous sommes en pleine lune de miel!.Et si vous avez tenu à donner au monde l'impression que vous ne pou- Vez pas vous passer de mon intimité.Elle coupa court : \u2014 Louez une loge pour demain, et pour chaque jour, si vous le croyez bon.\u2014 Vous m'accompagnerez ?\u2014 J'accepterai tout; plutôt que de laisser croire que nous nous aimons.\u2014 Je vous remercie .Et j'espère que votre attitude au théâtre, si elle est froide, ne sera pas hostile.Mais j'ai un autre désir.21 Cette Lotion adoucissante rendit à ses mains toute leur beauté ES CENTAINES de femmes D épouses, débutantes, ménagères et employées de bureau.ont récemment noté, au jour le jour, le nombre de fois qu'elles se lavaient les mains.Le résultat ?Non pas deux fois par jour, comme pour le visage, mais huit fois! Et, en plus de cela, elles se mouillaient les mains 8 autres fois ! Ce n'est pas étonnant que vos mains deviennent rouges, gercées et vilaines: surtout en cette saison ! L'eau et le froid enlèvent à la peau sa réserve naturelle d'huile préservatrice.Mais il y a un moyen facile d'éviter ces effets désastreux.Employez la Lotion Jergens six fois par jour ! La Jergens pénètre.atteint les cellules séchées, plus vite et mieux que n'importe quelle autre lotion mise à l'épreuve.Flle désaltère les cellules de la peau durcies et asséchées.Ses excellents émollients et deux ingrédients adoucissants restituent à vos mains les huiles naturelles et l'humidité dont elles ont besoin pour rester jeunes ! Gardez un flacon de Lotion Jergens partout où vous devez mettre vos mains dans l'eau \u2014 dans la salle de bain, à la cuisine, au bureau.Servez- vous-en chaque fois que vous vous mouillez les mains, \u2018avant et après les sorties au froid.La Jergens vous donnera, et conservera \u2014 les mains qui sauront toucher son cœur ! ergens Lotion GRATIS! ECHANTILLON SUFFISANT Constatez par vous-même comme la Jergens pénètre bien et vite dans la peau, conserve et restitue Jes huiles protectrices et l'humidité dont vos mains ont besoin! The Andrew Jergens Co., Ltd., 1223 rue Sherbrooke, Perth, Ontario, Canada.NOM es .En lettres moulées Adresse ~ Ville _.____.rence ere ssencee eee Province FABRICATION CANADIENNE 22 \u2014 Vous alliez dire : un ordre.\u2014 Un reproche tout au moins.Vous n'observez pas nos conventions, Laure ! Flle se dressa, les poings serrés.\u2014 Je vous défends de m'appeler par mon nom!.Je vous le défends ! .Vous n'êtes rien pour moi! Rien qu'un homme que je hais!.Il regarda sa femme avec une fer- 1neté douce : °\u2014 Au contraire, dit-il, il faut que vous vous habituiez à ce .désagrément .Vous concevez bien que, de- vans les étrangers, ce sera nécessaire.Ne vous insurgez pas .Votre raisonnement, que je crois plein de logique, détruirait, désapprouverait tout au moins, chacune de vos rébellions.Elle attendait, les yeux sombres, prête à l'attaque.\u2014 Je vous apprenais donc que vous ne teniez pas nos conventions.Et je suis certain que vous ne vous en doutiez pas .Lorsque vous avez accepté notre mariage, vous m'avez imposé deux choses: la première, que notre union fit.ce qu'elle est.la seconde, que vous auriez un étage de mon hétel, pour vous.J'ai scrupuleusement tenu ces deux premiéres romesses.Mais vous allez plus loin.Vous vivez a part.Je vous vois une demi-heure à chaque repas, et encore, vous lisez.J'ai troqué mon existence de garçon pour une vie de cloître.\u2014Qui vous empêche \u2018de sortir ?\u2014 Le souci que j'ai de vous.\u2014 Alors, ne vous plaignez pas.\u2014 Nous avons résolu que notre .folie .serait un essai.Il faut donc que vous partagiez un peu ma vie.Je vous veux chez moi, au moins une à deux heures par jour.\u2014 Vouloir est un mot qui sonne mal à mon oreille.Jean sourit.\u2014 Aussi n'est-il pas l'expression d'un commandement, mais la certitude que votre loyauté vous fera penser comme moi.Je veux vous connaître, Laure .Ma parole !.à vous voir me fuir avec cette obstination, je croirais, si j'étais fat, que vous avez peur de m'aimer!.\u2014 L'horreur que j'ai de vous a créé dans mon cerveau \u2018un moyen de me faire obéir .Si je fuyais votre présence, c'était, je vous l'assure pour votre bien.\u2014 Je ne crains pas le péril!.\u2014 Je vous prends à témoin que je ne vous attaquais pas, que je vous ménageais .\u2014 La trêve cesse ?\u2014 Puisque vous mettez vous-même les ennemis en présence !.\u2014 Je ne suis pas votre ennemi, Laure ! .Je vous admire, Vous êtes belle .très belle .Vous avez pour moi un charme spécial, que ne peuvent avoir les autres femmes: vous me rappelez des pays de soleil que j'ai aimés.Je ne puis pas être votre ennemi, puisque je vous vois un peu à travers le souvenir ! Elle se leva et sortit du boudoir sans répondre.Le rideau retomba lourdement.\u2014 C'est maintenant que la lutte va commencer, murmura l'explorateur.Pourvu que je sois assez fort ?e lendemain, ils allèrent à l'Opéra.Elle avait mis une toilette de velours cyclamen, créée par Cozèle, et qui laissait les épaules complètement nues.C'était la première fois que Jean la voyait ainsi décolletée.La robe qu'elle portait chez Mme de Channers était si sévère qu'il n'avait pu supposer tant de splendeur.La jeune femme fit d\u2019ailleurs sensation, et les visites affluèrent dans la loge dès le premier entr'acte.Laure ne sourit pas, mais on était habitué à sa mine froide et hautaine.Quelques amis, dont l'indiscrétion n'était pas le moindre défaut, firent allusion à l'éclipse du jeune ménage.Mme de Thorigné, seule, regarda Jean au fond des yeux, et elle lut la vérité.Laure avait apporté un manteau d'hermine.En le lui mettant, à la fin du spectacle, son mari la toucha, par mégarde.Crut-elle que ce contact était prémédité ?Elle jeta : \u2014 Dorénavant, vous me laisserez m'habiller seule.Dans l'automobile, Laure se tourna vers la glace, et regarda défiler les lumières dans la nuit morne.Jean s'était rencogné le plus loin possible, afin de ne pas lui donner de nou- .velles alarmes; mais à chaque bond de la voiture sur le pavé inégal, il sentait, à peine, l'appui de la hanche contre la sienne, et la sensation lui revenait, de l'épaule un instant frôlée.: Le silence pesait, créait chez l'homme une obsession mauvaise.Il dit, pour détourner le travail de son cerveau : \u2014 Cette soirée vous a-t-elle plu ?Elle répondit : \u2014 J'aime beaucoup la musique.quand je puis l'entendre seule.CHAPITRE VII Laure descendit.Jean la traita comme un camarade d'humeur maus- En Décembre Allait-il lentement connaître la défaite, alors que la lutte espérée ne commençait même pas ?De toute évidence, Laure refusait la bataille.Elle répondait à peine, laissait tomber systématiquement les conversations et se gardait de toute attaque qui eût fourni prétexte à riposte.Chaque matin, Jean se promettait d'engager le fer, seule façon de savoir lequel, en fin de compte, serait vainqueur, et chaque soir sa femme remontait chez elle sans qu'il eût réussi à placer une seule phrase.\u2014 Evidemment, si je lui laisse l'inertie, elle sera la plus forte ! pen- sait-il.Je n'ai pas cherché cette aventure pour y jouer un rôle de muet ! « Ce jour-la, il attendit que Laure eût ouvert son livre.Il vint à elle, le lui enleva, le déposa sur l'autre divan : \u2014 Pour lire vous avez toute la journée! Ça ne vous suffit donc pas ?.Je ne vous ai pas demandé de descendre pour rester toujours silencieuse.Il me faut une part vivante de votre compagnie.Sinon comment pourriez-vous savoir si vous n'êtes pas faite pour le mariage ?Elle ricana : \u2014 Vos promesses.\u2014 Je les tiens, je pense ! Et je les tiendrai jusqu'au bout.Mais je ne me suis pas engagé à ne pas vous Le Plus Beau Rôle Magnifique roman INEDIT et COMPLET par Edouard de Keyser sade et très ombrageux.Il prit garde de ne pas côtoyer un sujet qui pût lui déplaire, de ne pas prononcer un mot qui évoquât l'autorité ou l'amour.Elle s'installait dans la minuscule retraite hispano-mauresque; lorsque son mari avait voulu lui montrer les autres pièces du rez-de-chaussée exotique, elle avait refusé : \u2014 Inutile.Ceci me suffira.\u2014 C'est trop exigu! Vous vous ennuierez!.\u2014 Un cachot n'est jamais grand.Quoique leurs entretiens fussent toujours des modèles de banalité, elle y accédait rarement, préférant lire, de façon à oublier qu'elle était là, chez l'homme exécré.Souvent, lui, s'enfonçait dans un angle, et après avoir demandé la permission, il fumait le narghilé, dont le parfum de rose saturait l'air.Il se plaisait à admirer sa femme, la regardant comme une belle sculpture dont l'immobilité aidait à l'illusion.Un soir, il désira mettre les mains sur ses cheveux sombres, et il eut peur.Après la représentation de l'Opéra, il s'était sentit troublé bien plus profondément, et le lendemain il n'y avait plus pensé.Tandis qu'à présent, rien ne sollicitait ce geste tendre .\u2014 Mauvais signe, se dit-il.baiser la main.Ne protestez pas ! I1 est tout naturel qu'un galant homme baise la main de sa femme.Elle se leva, écarta la tenture.\u2014 Restez.Laure, continua-t-il en souriant.Vous me forceriez à vous toucher pour vous retenir.\u2014 Vous oseriez ?\u2014 Restez.Elle fit un pas, lâcha le brocard des Indes, mais déjà la main de Jean s'était placée sur la chair blanche, près du cou.Vainement, Laure se baissa pour échapper au contact; les doigts serraient, sans brutalité et cependant avec une invincible force.Elle se sentit dominée par cette opiniâtre douceur, logique comme un syllogisme.Elle rentra dans le bou- oir.Pour la premiére fois, Jean s'assit à son côté.\u2014 Vous êtes une enfant, Laure, et une enfant terrible.Le front bas, elle grondait : \u2014 Laisez-moi partir.Laissez- moi partir.\u2014 Pourquoi ?Nous allons bientôt diner.Causons !.Nous n'avons aucune raison de nous fuir.Nous sommes liés pour quelque temps.par ma faute, je vous l'accorde .et je m'en repens à certaines heures.Pourtant il ne faut pas me haïr.Somme toute, je ne vous ai fait aucun LA REVUE POPULAIRE mal ! Ne pouvez-vous pas avoir un peu d'amitié pour moi, comme si j'étais une femme ?.\u2026.\u2014 Laissez-moi partir.\u2014 Donnez-moi vos mains, Laure.\u2014 Jamais!.\u2014 Si vous ne me les donnez pas, je les prendrai.Elle ne fit pas un geste pour les cacher; cela lui avait semblé puéril, et elle voulait éviter à son attitude toute apparence de jeu.Mais sur son visage s'étendit la colère de l'impuissance.Jean saisit les poignets qui restaient posés sur les genoux.Ils tentèrent de se libérer d'un mouvement plein de répulsion, mais ils étaient captifs.Alors, secouée par la rage et par la honte de s'être laissée dompter, elle éclata en sanglots nerveux, entre lesquels revenait un même mot : \u2014 Lâche!.Läche!.Jean n'écoutait pas.Lorsqu'il les abandonna, elle s'en voila les yeux; elle continuait de pleurer,.comme si toute sa vie s'écroulait, comme si la violence subie la souillait d'une dégradation.Jean avait attiré un coussin, s'agenouillait.D'un mouvement câlin, presque paternel, il prit sa femme aux épaules, sans qu'elle tentât une résistance.Peut-être ne se rendait- elle pas compte de ce nouveau contact.Le visage du jeune homme était près du sien, un peu bas, et il n'aurait eu qu'à tendre les lèvres pour effleurer la bouche.Mais il n\u2019y pensait pas.Il comprenait la révolte de ce caractère, et qu'il fallait tâcher maintenant de panser une blessure.Il parla lentement, comme à une enfant dont on veut consoler un chagrin.\u2014 Calmez-vous, Laure.Je n\u2019ai pas voulu vous affliger, ni aggraver le différend qui nous sépare .Il est nécessaire que nous nous rapprochions un peu.Vous savez bien que je ne veux pas renier mes promesses.Mais réfléchissez.Est-ce une existence, de ne jamais vous confier à personne ?Sans sortir du rôle que j'ai accepté, ne Croyez-vous pas que je pourrais partager vos peines, vos déceptions, comprendre vos espoirs, votre but ?.Je ne demande aucune part à vos joies, si vous en avez, mais je voudrais que vous me sentiez prêt à vous rendre service.Il n'est pas bon de vivre isolée, comme vous le faites.Oui, je sais, vous avez Mlle Mathilde! Mais votre dame de compagnie peut-elle remplacer un mari .une affection protectrice?.Sans effort, il enleva les mains qui cachaient les yeux.\u2014 Est-il raisonnable, Laure, de vous mettre dans de pareils états, parce qu'on vous veut du bien?.Vous seriez laide, ainsi! Et il ne faut jamais accepter d'être laide.Ah! Si vous aviez une douleur !.\u2026.Mais non; c\u2019est là la colère.Elle vaut un geste de violence, une parole dure; elle ne vaut jamais qu'un beau regard qui s\u2019abime.D'un ton très bas, harassée par la lutte, elle redit : \u2014 Laisez-moi partir.Il se mit debout et lui prit la tête, appuyant ses paumes sur les cheveux plats.; \u2014 Laure, prononça-t-il, retenez bien que je ne veux pas vous sembler un maître.Je ne suis que le serviteur de vos désirs.Et vous êtes une enfant.Il lui rendait la liberté.Elle sortit et il ne sut pas si la rébellion restait aussi entière, simplement mieux dissimulée, ou si Laure avait été touchée par son raisonnement d'indulgence. Novembre 1936 Mais, elle disparue, la pièce fut - triste, et le ciboire de cuivre sans parfum.Deux jours durant, il ne vit pas sa femme; prétextant des malaises, elle prenait ses repas chez elle, et à chaque tentative pour monter au second étage, il avait trouvé la porte verrouillée.D'abord il n'avait pas été trop mécontent de cette conduite.Il estimait avoir remporté un succès réel, et il admettait que l'adversaire se recueillit avant la nouvelle ren- \u2018contre.Elle reparaîtrait sans doute avec une autre tactique.Il y aurait un second engagement.Voilà ce u'il voulait, ce qu'il avait prémédité! L'ennemi relevait ses blessés, regroupait ses troupes?Tant mieux! Il avait, lui, le loisir de la réflexion! Laure serait bien forcée d'abandonner son excuse, et de descendre à table.Toutefois, il gardait en lui des souvenirs destructifs, semblables à des flèches si petites, qu'elles ne peuverit inquiéter, mais dont la pointe répand dans les veines un poison ingie dieux.Ses doigts conservaient, présent matériel, le contact de l'épaule, et surtout de ces cheveux si doux, et si légers.Il se rappelait avoir, pendant qu'il fumait le tchi- bounk, souhaité les tenir sous ses mains.Sans qu'il s'en rendit compte, toute sa conduite, toutes ses paroles n'avaient-elle pas été commandées par l'obsession de ce désir ?; Tandis que, les yeux clos, il se figurait la scène, il avait encore la sensation de l'épaisseur souple, coulante, sous laquelle se sculptaient les tempes rondes.Il releva soudain les paupières.Il se demandait si réellement il avait eu l'avantage.Au bout de quarante-huit heures, l'absence de sa femme l'énerva;: il s'accusa de faiblesse.Lauré allait-elle de nouveau s'isoler, attendre patiemment que fût révolue la période nécessaire à leur séparation ?Les domestiques ne s'a ercevaient-ils pas que la porte de l'escalier restait interdite ?Ils ne seraient pas longs à en déduire la vérité, ou à forger une histoire pire.Il aurait pu ordonner à la femme de chambre d'aller lui tirer le verrou.\u2014 Non !.Ça tournerait au conte de Boccace ! Restait l'escalier de service.Îl épia l'heure où il serait certain de n'y rencontrer personne, et monta.La porte ouvrait sur la chambre de Laure.En peignoir saumon, la jeune femme travaillait à une broderie.Il fut près d'elle avant que, d'abord immobilisée de surprise, elle eût le temps de reprendre son sang-froid et de s'enfermer dans une autre pièce.\u2014 Êtes-vous mieux ?demanda-t-il d'un ton railleur.J'ai appris avec pel- ne que vous étiez souffrante depuis deux jours.J'aurais voulu prendre de vos nouvelles, mais vous aviez oublié de m'en fournir le moyen.Laure! .Laure !.À quel jeu vous vous plaisez !.Elle se ressaisit.\u2014 Venez, dit-elle.Il est inutile que vous redescendiez par où vous êtes venu.\u2014 Vous êtes bonne.\u2014 Ne raillez pas.\u2014 Je voulais vous poser une simple question.Savez-vous ce quon fait lorsque ayant donné une trompette à un enfant, on s'aperçoit qu il en abuse ?.Vous ne répondez pas?On la lui reprend.Elle éclata d'un rire forcé.\u2014 Vous adonnez-vous désormais à l'apologue ou a la parabole ?\u2014 Vous avez plusieurs jouets; il y a une porte qui barre l'escalier; il y a, un peu partout, des serrures et des verrous.Je m'aperçois que vous en faites un mauvais usage.Je vais donc les reprendre.Si vous n'êtes pas chez moi pour dîner, je vous enlève tout.Elle semblait fort calme, comme si elle oubliait que cet homme haï se trouvait là dans le refuge même de son intimité.Seule, son regard brillait d'une lueur plus inquiétante, presque meurtrière, en jetant les yeux sur la broderie, Jean s'aperçut qu'elle était maintenant en lambeaux.\u2014 Vous avez eu tort de monter, prononça-t-elle de sa voix méprisante.Je comptais être ce soir à votre table.A dessein, elle s'était placée devant la porte; rectiant peu à peu, et gardait son mari sous la pesanteur de ses pupilles, afin qu'il ne pût pas se retourner, voir le lit.\u2014 Descendez, fit-elle.Ici, vous n'êtes pas à votre place.Il alla s'enfermer dans la salle de musique, et s'assit devant l'orgue.Sur le pupitre, un cahier de Widor était ouvert.Il joua la page que le hasard lui indiquait, mais au bout de quelques mesures, il repoussa les registres, demeura immobile, tandis que la soufflerie continuait son travail avec un bruit de forge lointaine.Cette fois, il n'en pouvait douter, c'était lui qui battait en retraite.CHAPITRE VIII Laure reparut, différente; elle abandonnait ses agaçants monosyllabes, répondait par des bouts de phrases, prononçait de temps à autre un verbe, agençait même une incidente.Jean ne la reconnaissait plus.Le soir du jour où, relancée dans sa chambre, elle l'avait traité par son regard et son accent comme un rustre qu'on cravache, il l'avait examinée avec inquiétude.Que signifiait cette sociabilité surprenante, quoique très relative encore ?Sous la désagréable impression de la manière dont avait fini son petit coup de force, il avait été près de découvrir la vérité; mais dès le lendemain, il subit le charme de ses yeux moins durs.Un bonheur confus levait en lui.H ne s\u2019approchait plus de sa femme, parce qu'il craignait de détruire un songe, d'effacer un mirage.Il n'éprouvait plus la tentation de prendre ses mains, de toucher ses cheveux; une chaleur délicieuse courait dans ses artères, comme aux journées de printemps, quand l'âme se réveille d'une lourde torpeur.Aveuglé par le bandeau que l'amour naissant lui posait sur les yeux, il se disait : \u2014 La nature agit.Qui sait si Laure ne m'accordera pas un peu d'affection ?La semaine précédente, il aurait disséqué ses sentiments, et constaté leur démence.À présent, il était un nageur qui se laisse emporter par l'eau, sans penser à réagir.Un après-midi, en sortant de table, Laure demanda : \u2014 Faites-moi voir votre collection chinoise.Elle admira surtout les statuettes de jade ancien et les bronzes dorés du Thibet.Des potiches de porcelaine, avec réserves sur fonds cailloutés, retinrent également son attention.\u2014 Prenez-les.Vous me ferez plaisir, dit Jean.Moi, je retournerai sans doute dans ces pays,\" et j'en rapporterai d'autres.\u2014 Non.Il ne faut jamais se séparer des choses auxquelles on attache un souvenir.\u2014 Le seul qui puisse s'y lier, ce serait d'avoir été accepté par vous.Elle refusa encore, coupant net (Lire la suite page 25) UAND les soucis du jour place aux réunions non-officielles qu'agrémentent cocktails et bavardages, la Lavande de Yardley est le parfum approprié.Ses qualités de fraîcheur et de délicatesse apportent du charme et de la grâce en la circonstance et fournissent sa contribution odorante aux jouissances de l'heure.Lavande en bouteilles-aspersoires, bouteilles a bouchon de verre et flacons de poche, de 40¢ a $12.Il existe une série complète de préparations de beauté offrant la même odeur délicieuse, et qui comprennent : SAVON \u201cOLD ENGLISH\u201d, À LA LAVANDE (L'Aristocrate des Savons de Toilette).Sa mousse molle et veloutée nettoie et affine la peau.3 morceaux pour $1.00.CREME DE BEAUTÉ, ANGLAISE : complète le netioyage de la peau en amenant a la surface les impuretés qui s'accumulent dans les pores.Elle laisse la peau assouplie, affinée, embellie et constitue une base parfaite pour la poudre.$1.10.POUDRE DE RIZ, À LA LAVANDE.une poudre fine comme la bruine, en teintes s'adaptant à votre teint.$1.10.ROUGE POUR LES LÈVRES, $1.10 SELS POUR LE BAIN, $1.10 TALC, 40¢ & 85¢ LAVANDE de LONDRES + TORONTO L'Heure du Cocktail a Française est-elle Blonde?.oyez vous-même ! s ta, = Fe ES & & n + wr = spé .# æ z © / pd Le Bde Alsonia 2 2 MONA GOYA ALSONIA ér = > \u2018 + i 14 # fo SY 0 Le a fo a @ i Det A or V v i .à i 5 $ hil J 4 4 i [nai] a ANNABELLA JEANNE BOITEL tt Novembre 1936 (Suite de la page 23) toute insistance.Dans ses paroles, un seul instant, le jeune homme avait cru retrouver la trace des plus mauvais jours.Il ne s'y arrêta pas; la transformation s'avérait trop évidente.Laure était venue là spontanément.N'était-ce pas un indice capital ?Il se dit : \u2014 Je devrais trouver pour sa collection une pièce qui lui manquât, une de ces porcelaines blanches, datant de deux siècles, où les sujets colorés se détachent en relief.La prendrait-elle ?Je ne lui ai jamais rien donné.Elle a refusé la bague de fiançailles.Il tâcha de savoir s'il ne serait pas rebuté.Alors qu'il s'était promis de ne pas lui laisser de trêve, il faiblissait parce qu'elle ne lui fournissait aucune occasion de combattre; il se disait bien qu\u2019il aurait dû faire naître le différend, prendre au moins sa revanche de l'affront subi, mais en même temps, l'inhabituelle douceur de sa femme le trouvait sans défense.\u2014 En lui cherchant noise, je serais de mauvaise foi, pensait-il.Le vrai motif de son inertie morale était le charme que lui apportait cette nouvelle vie.Laure demeurait plus longtemps près de lui; ils devisaient, parfois cinq minutes entières, sur un sujet d'art ou de littérature, ne s'écartant pas de ces terrains neutres où les gens qui s'abhorrent peuvent courtoisement échanger des vues et des idées.11 s'enlisait, mais trouvait chaud et doux le sable qui allait l\u2019engloutir.Il acceptait.pour réelle la transformation de Laure, parce qu\u2019elle était la marche même de la nature et qu\u2019elle s'accordait si bien avec son souhait.D'elle-même, la jeune femme avait demandé de retourner au théâtre, et , elle ne s'était pas refusée à ce qu'il lui mit son manteau.Elle avait seulement eu un mouvement de recul, un jour qu'il lui avait effleuré le bras.Elle ne négligeait rien de ce qui pouvait toucher l'homme, par le cœur ou par les sens.Chaque soir, elle descendait en grand décolleté.Sans un mot, sans un regard qui pussent être invoqués plus tard par son mari, elle avait entrepris sa conquête, et il se laissait entraîner.En grandissant, l'amour \u2014 le vrai, celui qu'il ressentait pour la premiere fois \u2014 le trouvait faible comme un enfant.C'était si neuf pour lui, et si délicieux ! Il n'en était qu'au stade de l'espoir, d\u2019un espoir lointain et vague, pour lequel il se fiait à de minimes apparences qui pouvaient aussi bien déceler, chez Laure, la fatigue d'un rôle ennuyeux et trop long.Jean n'était plus l'explorateur qui regarde la vie en face, dévisage les hommes pour extraire de leurs yeux leurs pensées, calcule les chances et surtout les aléas de toute étape.Sa clarté de jugement?Disparue! .Son expérience ?Evanouie ! Il aimait.I] s'accrochait à une phrase, à une intonation, les dénaturant afin de les trouver plus favorables.Il revenait à sa pensée : \u2014 Si je lui offrais un objet rare pour sa collection chinoise, l'accep- terait-elle ?Plein d'ardeur, il courait les centes, fourrageait chez les antiquaires, sans trouver le vase plus beau, à peu près unique, qu'il convoitait.Un jour, en sortant d'un magasin du faubourg Saint-Martin, il rencontra l'ancienne institutrice de Laure.La vieille demoiselle n'avait pas repris d'élève; Mme de Beaupré lui avait dit, le lendemain de son mariage : \u2014 Tu es en demi-congé.Avait-elle compris ?Elle n'avait pas demandé d'explication.Jean ne l'avait vue qu'à de rares intervalles et lui avait peu parlé; mais cette brave personne lui était sympathique, et puis, il se trouvait dans de si bonnes dispositions.Il désira tout naturellement faire la même route que Mlle Mathilde.\u2014 Vous allez par la rue de l'Elysée ?dit-il.Moi aussi.Je vous accompagne.D'un commun accord, ils ralentirent le pas, dès qu'ils eurent quitté l'artère trop bruyante.Leur besoin mutuel de parler, de savoir, était aussi grand.L'explorateur attendait des révélations encourageantes; linstitutri- ce craignait ce qu'elle allait appren- re.\u2014 Avouez, dit-il brusquement, que vous avez eu peur pour moi, lorsque l'union Beaupré-Desormes fut décidée.Vous connaissiez le caractère de ma femme.La vieille fille avança la tête, regarda son interlocuteur dans les yeux.\u2014 Et vous ?répliqua-t-elle.Etes- vous certain de connaître Laure, au- jourd\u2019hui ?\u2014 Les premiers jours, je l'ai crue mauvaise .mais là, tout à fait mauvaise .cruelle, heureuse d'aiguiser ses griffes et de les essayer sur un épiderme.\u2014 Son cœur ?Il réfléchit : \u2014 Je ne sais pas .Je me suis souvent posé cette question.Je doute encore qu'elle en ait un.Mile Mathilde répondit avec vivacité: \u2014 Oui \u2026 elle a du cœur .Si l'on met à part ses côtés étranges, elle est infiniment bonne, secourable, accessible à toutes les générosités .Mais il faut que ce soit en dehors de l'obéissance .et du mariage.\u2014 Vous croyez?\u2014 Vous a-t-elle obéi?S'est-elle adoucie ?.Vous ne savez pas combien l'irrite l'idée de subir une domination, n'importe laquelle.Il dit plus lentement : \u2014 Laure m'a obéi.une fois.Mille Mathilde tressaillit.\u2014 Est-ce possible ?\u2014 Je vous l'affirme.\u2014 Vous aviez donc employé la contrainte ?\u2014 En peu, je le confesse.Elle marcha quelques secondes, en silence.Ce que venait de lui avouer le jeune homme lui apparaissait à coup sûr extraordinaire.\u2014 Vous la voyez souvent ?de- manda-t-il.\u2014 Je I'accompagnais tous les jours.Moins, ces derniers temps.Elle me donne un peu de liberté.\u2014 Ah! Il laissa tomber cette exclamation d'un accent déçu.Sans motif, cette phrase l'ennuyait.\u2014 Elle ne vous parle jamais de moi ?reprit-il.\u2014 Elle ne prononce pas Votre nom.Et vous la connaissez suffisamment pour savoir qu'on ne peut pas l'interroger.Il redit: Ah!.et d'un ton si particulier que l'institutrice demanda : \u2014 Ça vous étonne ?\u2014 Un peu, je l'avoue .Je croyais que vous étiez sa confidente.\u2014 Et même la seule.C'est sans doute qu'elle n'a rien à me raconter.\u2014 J'aurais cru.\u2014 Vous voulez me dire quelque chose.Pourquoi hésitez-vous ?\u2014 J'ai peur de paraître fat.Je n'aime pas du tout ce genre.\u2014 N'ayez pas une telle crainte ! Je sais ce que vous valez.25 Jum 0 EN MEUBLES MODERNES POUR LE VIVOIR A gauche\u2014table à cocktail.Au centre\u2014étagère à tablettes amovibles et tiroir.À droite \u2014table demi-lune.Le charme nouveau de ces meubles modernes Gibbard, en noyer massif, aux lignes gracieuses, n\u2019a d\u2019égal que leur utilité pratique.(Faciles à épousseter, par exemple).Ils s\u2019harmonisent à tous les genres d\u2019ameublement.Les prix modiques sont à la portée de tous.* * * * * * * * x Ces meubles garantis Gibbard sont construits par des x artistes, suivant une tradition qui, depuis 1835, a rendu * célèbre le nom Gibbard pour ses mobiliers de chambre à * coucher et de salle à manger.Si votre fournisseur n\u2019a pas * ce que vous désirez\u2014écrivez-nous.(Les meubles pour le vi- * voir se font aussi en érable blond ou antique et Lynnwood).* * * * * * * * * ME BLES GARANTIS Ci-dessous \u2014 Commode de vivoir HANNAH RE HR À Ci-dessous\u2014Table à lampe.Les meubles Gibbard sont garantis.Cherchez toujours le nom Gib- bard gravé sous chaque pièce.Le dessinateur Jim Douglas est un artiste Gibbard qui participe depuis 47 ans à notre tradition de tout un siècle.GIBBARD FURNITURE SHOPS NAPANEE, ONTARIO * x x Kk kk kk EE AH x * x x x x à à À AH 26 \u2014 Eh bien ! Laure a changé, depuis quelques jours.Oui, complètement changé .Vous ne vous en apercevez pas ?\u2014 Non.\u2014 Son caractère s'est adouci.On dirait qu'elle s'attache à me plaire.Après un choc .assez grave .oui, assez grave.elle m'est redescendue souriante.L'institutrice marchait tête basse, regardant l'asphalte.\u2014 Vous êtes certain de ne pas vous tromper ?\u2014 J'en ai cent preuves!.Une entre autres.Nous avons chacun une assez jolie collection d'œuvres d'art chinoise.\u2014 Je connais celle de Laure.\u2014 Je lui avait demandé de venir voir la mienne.Elle avait refusé.Ensuite, c'est elle-même qui me l'a proposé.\u2014 En effet.Ils atteignaient les Champs-Elysées.Troublée par ce qu'elle venait d'entendre, Mlle Mathilde désirait maintenant rester seule.Quand le jeune homme lui donna la main, elle la retint dans la sienne et prononça, avec hésitation, comme si elle voulait en même temps retenir ses paroles : \u2014 J'aime Laure .J'aime Laure.Mais je veux vous avertir.Je suis effrayée .Elle n'a jamais semblé aussi dangereuse, Elle le quitta vite, fuyant sa réponse.Jean descendit I'avenue en se répétant ces paroles.La conversation lui revenait tout entière, mais à rebours.Commençant par l'inquiétude que la vieille demoiselle avait voulu lui infuser, il retournait vers les premières phrases: elle reconnaissait que Laure était bonne, qu'elle avait du cœur, Là seulement elle voyait clair, s'appuyant sur la longue expérience de sa vie chez les Desormes ! Tandis que ses alarmes finales ne se basaient sur rien !.Sur rien! Lorsqu'il rentra villa Saïd, l'impression pénible, un moment ressentie, s'était complètement dissipée.CHAPITRE IX L'aspiration au bonheur, toujours latente en nous, s'anime parfois sous une sollicitation étrangère et nous jette hors de nous-mêmes.Une fièvre nous saisit.Nous sentons cruellement que nous étions nés pour être heureux, tout à fait heureux, et que le sort nous a tous écartés de la route.Jean de Beaupré se laissa prendre par son amour, et ne s'efforça plus de réfléchir.Il aimait avec toute la force de son tempérament, mais il ne descendait pas en lui-même et ne voulait ni analyser ni dompter sa passion.Il se plaisait dans cet état qui précède le sommeil, et ou notre cerveau, incapable d'un travail actif, enregistre, accepte et ne réagit pas.Il avait abandonné ses promenades à cheval, auxquelles les intempéries étaient d'ailleurs défavorables.Il ne sortait plus.Les bourrasques qui rappelaient novembre l\u2019auraient guetté en ennemies.Dans les retraites où il avait assemblé.eût-on dit, des parcelles volées au pays du soleil, il retrouvait la lumière, bien qu'artificielle, elle le transportait, s'adaptait à son humeur.Enfermé dans le petit salon de Grenade, il ne fumait plus de tchi- bouk et n'allumait plus de cône au fond du ciboire, parce que les volutes eussent détruit le parfum de Laure.Comme Mille Mathilde s'était trompée ! Elle l'avait averti dans une excellente intention, mais en subissant toujours l'influence du caractère entier, indomptable, qui avait bouleversé sa tâche de pédagogue.La transformation de la jeune femme s'affirmait de jour en jour.Un soir, en quittant l'orgue, il l'avait trouvée assise là, et sans le livre dont elle faisait son inséparable compagnon.\u2014 Vous jouez bien, avait-elle dit.Vous comprenez César Franck.Il croyait être sûr qu'elle ne refuserait pas son cadeau.Il ne lui en parlait pas.Ce serait une offre toute naturelle; il prendrait soin de ne pas avoir l'air d'y attacher l'idée de tendresse, ou la mémoire d\u2019une date.Il continuait ses recherches.I voulait que ce fût la pièce d'honneur de la collection.Une fois accepté, ce vase tomberait dans l'oubli; il n'en serait Il était superbe, ce vase, d'un blanc crémeux.grenu, ou plutôt guilloché, haut de trente centimètres, avec des sujets en relief, aux couleurs fines, légèrement passées.En spirales, douce, ils couraient autour du ventre et du col, représentant toute la vie rurale d'une province.Il y avait le jardinier, le cultivateur, les musiciens, le bonze, le mandarin, la rivière devänt les montagnes en pain de sucre.I le cacha sous les coussins.À faire cette surprise, il prenait une joie d'enfant.En sortant de table, il entraîna Laure dans le salon chinois : \u2014 J'ai assisté à une vente bien intéressante, aujourd'hui.Elle vous aurait passionnée.Photo de W.H.Boyes, Montréal.AUTOMNE Octobre.Par lambeaux, le ciel se décolore.Sur les bois où la sève, hier, coulait encore, Le charme langoureux de l'automne s'étend, Comme une belle écharpe aux larges plis flottants.Les arbres, que poursuit la caresse encor chaude D'un soleil attardé, quittent leurs émeraudes Pour être couronnés d'un diadème fier Où le rubis, dans l'or, enchässe son éclair.Dans cet immense écrin de rouges et de jaunes, Des immortels sapins, seuls, les rigides cônes Ont gardé leur verdure au sein de la fôrêt Qui, lente, se dépouille et meurt comme à regret.Aux Sources Claires Editions Albert Lévesque - plus jamais question.plus jamais.Mais le regardant, Laure serait bien forcée de penser à son mari.Les choses n'ont-elles pas une âme et un langage ?3a annonçait une vente de porcelaines laques et bronzes d'Extrême- Orient.Il y courut, ne put cacher sa joie en découvrant ce qu'il voulait, et dut tenir tête à la conspiration des antiquaires.Il paya son achat trois ou quatre mille francs de trop, et partit, plus heureux que s'il avait réalisé une occasion merveilleuse.Il ne doutait pas de la façon dont il serait accueilli.Froidement, mais avec une bonté qu'il devinait.Chez lui, en attendant le dîner, il examina son acquisition.JACQUELINE FRANCŒUR \u2014 La collection Motteville?Je croyais y aller.Il présente le vase.\u2014 Vous auriez certainement acheté ceci, n'est-ce pas ?Elle le prit à deux mains et l'étudia, le tenant loin d'elle.\u2014 Il est très beau .Très beau.\u2014 Permettez-moi de vous l'offrir, dit-il rapidement.J'ai pensé que vous I'aimeriez .Je n'ai mis des enchères que pour ce motif.Et vous n'avez, je vous l'assure, aucune excuse pour refuser.Elle releva lentement les yeux sur son mari, puis rabaissa les paupières, les lèvres serrées, comme si elle retenait ses paroles.Jean répéta : LA REVUE POPULAIRE \u2014 Gardez-le.Vous l'accepteriez d'un parent lointain.Alors ! Je ne vous demande qu'une chose, c'est d'oublier qu'il vient de moi.Je ne me souviens déjà plus que j'ai été à cette vente.Je n'ai pas beaucoup de distractions, ces temps-ci.Lais- sez-moi en saisir une quand elle se présente.\u2014 Hl fera aussi bien dans vos vitrines, remarquait-elle sans hostilité.\u2014 Comme vous vous trompez, Laure!.Regardez.Tout est plein! Il n'y a plus de place! Et ce.vase n'entre pas dans le genre d'objets que j'ai groupés.Il aurait l'air de faire bande à part.C'est comme si j'allais pendre une chasuble mérovingienne dans votre salon régence.Elle restait debout au milieu de la chambre dallée de vieilles céramiques.Elle continuait à regarder l'œuvre d'art, sans dissimuler son admiration.Jean ne parlait plus.Il était derrière Laure.Ses yeux ne quittaient plus le sillon du dos, que dévoilait assez bas la robe amplement échancrée.Des lanternes de soie, tombait une lumière tamisée, qui caressait la chair, l'armait d'une animation morbide.Qu\u2019y avait-il tout à coup de troublant, d'étrangement suggestif, dans ce salon de Pékin?Entre ces satins aux broderies si épaisses qu'elles semblaient \u2018de véritables fleurs et des animaux vivants, avait- on jadis un pouvoir malsain, Laure n'en était-elle pas, comme lui, la victime ?, \u2014 Prenez.redit-il d'une voix que tremblait.Emportez-le.Ne refusez pas.Il s'approchait encore.La blancheur laiteuse de l'épaule l'appelait avec une puissance fascinatrice.' \u2014 Soit, fit-elle.Je l'accepte.à condition que vous oubliiez, comme vous l'avez dit.comme je le ferai moi-même.\u2014 Vous avez ma parole.Elle retomba dans le silence, continua d'admirer le vase.Elle le voyait maintenant sous un autre aspect.C'était une chose à elle, venue directement de chez sa mère.Jean demeurait à la même place.Une force irrésistible le dominait.Sa tête tournait.\u2014 Oui.oui.tout ce qu'il avait autrefois rapporté de Chine, et dont il avait meublé cette pièce, avait gardé ses mystères, qui s'éveillaient soudain de leur catalepsie, qui agissaient sur ses nerfs et sur sa raison.De Laure, immobile, elle aussi, dans la certitude qu'elle affermissait son empire, il ne voyait plus que ce triangle dénudé, qui prenait, sous les lueurs diffuses, le ton bleuâtre des nuits de lune.Cette épaule attirait ses lèvres.Il n'eut pas une seconde l\u2019opinion que son cadeau autorisait un baiser ! Il ne pensait à rien ! Il subissait.Il était contre elle.L'obscure puissance qui le courbait fut victorieuse.Ses mains se fermèrent sur les bras de sa femme.Sa bouche toucha la nuque.Un cri, un fracas sur les dalles vernissées.Le vase gisait, en miettes, et Laure, instinctivement reculée contre la paroi tendue de satin, clamait son mépris.Dans le tréfonds d'elle- même, elle cherchait des insultes qui atteignissent l'homme avec plus de cruauté.Epuisée par la colère, elle répétait, d'une voix sifflante, qui ne s'évanouissait pas, flottait entre les murs, comme si toute les statuettes de Chinois tordus, tous les monstres, sculptés eussent redit les syllabes : \u2014 Goujat.Goujat\u2026.Il ne trouvait pas un mot d'excuses, tout au moins d'explication.Dans Novembre 1936 l'idée de la jeune femme, ce baiser, c'était le paiement de l'objet rare qu'il venait de lui offrir.Ce qu'il aurait pu dire aurait semblé une piètre excuse, et l'aurait encore ravalé.Du reste, il ne savait pas comment s'était accompli cet acte si contraire à tout ce qu'il voulait, à tout ce qu'il étudiait pour attirer Laure.Il ne uvait pas non plus invoquer l'amour.Les mots prononcés par elle dréssaient entre eux une barrière que le plaidoyer de la passion n'eût pas franchie.Il se tut.Et Laure s'en alla, claquant les portes.CHAPITRE X Le vrai fardeau que nous impose l'Amour est l'Illusion.Par la scène qui venait d'avoir lieu, Jean aurait dû être définitivement éclairé sur les sentiments de sa femme, et se rappeler avec fruit les paroles de l'ancienne institutrice.Quel sens clair prenait cette phrase : \u201c Elle ne m'a jamais semblé aussi dangereuse.\u201d Mais le poison versé peu à peu dans ses veines fut plus puissant que cet antidote.Il avait étudié Laure pendant des jours; comment ses observations eussent-elles été controuvées en une minute, et pour un acte dont il était coupable ?Pourquoi avait-il cédé à son désir ?Elle avait raison, en le traitant avec cette dureté.Accompli à tout autre moment, son geste n'aurait pas provoqué une réaction aussi grave, mais à l'heure où il venait de lui faire accepter un présent !.Elle était fondée à n'y voir qu'un honteux marchandage ! \u2026.Elle s'était révoltée ?Quoi de plus naturel ?S'il avait attendu quelques jours, au moins, et si cette caresse, qui lui appartenait, somnie toute, par son amour, par l'Eglise et par la loi, il l'avait osée sans que rien ne pût dénaturer son intention ! Son erreur continua par la volonté même de l'ennemie.Discernant fort bien ce qui se passait en son mari, elle refoulait sa rancune, et ne semblait pas lui tenir rigueur.Le lendemain, il ne fut pas question du vase, et elle accepta d'accompagner Jean à une vente de charité.Il n'en fallait pas plus pour aggraver le périlleux état d'esprit de l'explorateur.Son-baiser, qu'il avait d'abord voulu chasser de sa mémoire, il ne le reniait plus.Pour y repenser et pour en goûter l'exquise saveur, il s'enfonçait dans ses chauds recoins musulmans.Les yeux clos, il sentait encore la chair ronde du bras, la soyeuse obéissance de la chevelure, et l'épaule contre la naissance du cou.\u2014 Elle sourit, se disait-il .Si je lui disais ce que ressent mon cœur, elle m'écouterait.je lui parlerais doucement, avec soumission.Elle verrait bien que je suis à elle pour la vie.En moins de huit jours ce songe devint un projet bien arrêté.Aux égards de Laure, il conprenait qu'elle lisait dans son âme.N'attendait-elle, pas son aveu ?Mais quand ?Le soir 7.Non.Cette heure appellerait trop un souvenir qu'elle devait exécrer.Elle se méfierait aussi de ces chambres orientales, aux illuminations si peu naturelles.Il savait combien avaient de prise sur cette nature les impondérables et les jeux de l'ambiance.Mieux valait la saisir à son retour de promenade.Il la rejoindrait sur le palier de l'étage.Dans le grand salon classique, sous la vraie lumière française elle ne craindrait plus les surprises et les guet-apens que peut receler une déclaration.Laure n'avait qu'un essayage; elle revint avant quatre heures.Au moment où elle montait, Jean parut en haut de l'escalier.\u2014 Je vous attendais, dit-il.Je désire vous parler.Ne voulez-vous pas entrer chez moi ?Avant qu'elle répondit, ses yeux le scrutèrent.Arriverait-il au point exact où elle avait voulu le conduire?Elle vit ses yeux creusés, ses lèvres blanches.\u2014 Ne pouvez-vous pas remettre cet entretien jusqu'au dîner?deman- da-t-elle très naturellement.\u2014 J'aime mieux vous parler maintenant .Ne refusez pas.En entrant, elle se retourna : \u2014 Ce n'est pas une question d'intérêt, j'espère.Je n'y suis pas du tout disposée.\u2014 Rassurez-vous.Il fermait la porte, enlevait le manteau de la jeune femme, le déposait près d'elle, sur le canapé.Elle montra les roses saumon qui garnissaient des vases florentins : \u2014 Vous avez toujours de si belles fleurs ! \u2014 Moins belles que les vôtres.Laure.Je n'ai jamais vu pareil goût pour les arranger.\u2014 Je les aime tant.J'en fais presque mes seules compagnes.Il saisit l'occasion qu'elle créait : \u2014 Votre cœur éprouve le besoin de s'ouvrir.Vous le dépensez généreusement .Quoique vous en pensiez, vous possédez des trésors de tendresse.mais d'une tendresse confuse, qui ne s'est pas posée, qui tâtonne .\u2014 Ce n'est pas un errement que de chérir les fleurs.\u2014 Non.C'est une aspiration.Elles représentent tant de choses pour l'âme qui veut méditer!.Elle adoucit sa voix.\u2014 Et vous ?.\u2014 Durant mes voyages, ce sont elles qui m'ont le plus purement attiré.Dans les explorations, on reste souvent des jours sans en apercevoir.Quand on en découvre elles prennent un peu l'aspect symbolique du puits dans le désert.Flle étudiait les arabesques des tapis de Shiraz.\u2014Comme Paris doit vous peser, parfois!.murmura-t-elle.Il répliqua vivement : \u2014 Jadis,.Oui.Au bout de quelques mois, j'étais repris par la fièvre.C'est comme une maladie que nous avons en nous ! J'en arrivais à souhaiter de voir un train.un simple train, mais avec les longues voitures des rapides et des sleepings, un train qui porte une plaque, pour mieux tenter.Près des wagons qui s\u2019en iraient jusqu'en Turquie ou dans le sud de l'Espagne, m'arrivaient des paillettes de ces contrées.Je ne voyais plus la gare, mais des minarets, des dômes, des foules enturbannées, des arbres comme nous n'en soupçonnons pas, car dans nos Jardins d'Essai, nous n'en faisons pas pousser de semblables.Et quand je me trouvais devant des paquebots formidables, plus hauts que des cathédrales, et sans doute très laids .je les considérais comme le principe de la liberté!.Dans la coursive, je voyais passer un Hindou, un Chinois .j'aimais le port parce que je pouvais y admirer les monstres de la machinerie moderne.De retour ici, notre ville admirable, une des plus belles choses du monde, assurément me paraissait mesquine, pauvre, plongée dans un climat de purgatoire .\u2014 Maintenant ?.\u2014 Oh! Tout a changé.Tout! Je ne pense plus aux frontières, aux steamers, aux convois internationaux.Le XVIe arrondissement est plus grand que l'Univers.Ses paroles, râclées par l'émotion, Il est facile de prendre des photos LA NUIT L existe maintenant un moyen tout à fait nouveau d\u2019égayer vos réceptions .de passer beaucoup de bonnes soirées en famille, à la maison .de commencer un passe-temps fascinant.Vous n\u2019avez qu\u2019à sortir votre appareil photographique dès qu\u2019il fait nuit\u2014et le plaisir commence.Les nouveaux films rapides et les nouvelles ampoules permettent de prendre facilement des photos la nuit.Vous pouvez prendre des photos la nuit avec votre appareil actuel, s\u2019il peut prendre des \u201cposes\u201d; et s\u2019il est muni d\u2019un obturateur f.6.3 ou d\u2019un plus rapide, les instantanés la nuit sont alors très faciles.Vous n\u2019avez qu\u2019à charger votre appareil avec un Film Kodak \u201cSS\u201d ou un Film Verichrome Kodak et à employer les lampes Mazda Photoflood ou Photoflash.27 N\u2019acceptez rien autre que le film dans la boite jaune si connue.LIVRET GRATUIT Procurez-vous d\u2019abord, chez votre marchand, le livret GRATUIT sur les Photos la Nuit .et alors vous serez prêt à en prendre vous-même.Il explique tout ce qui concerne les photos prises la nuit .dit quel film employer .comment régler l'appareil .et suggère aussi tout un tas de photos à prendre.Au Canada, \u201cKodak\u201d est la marque de commerce déposée et la propriété exclusive de la Canadian Kodak Co., Limited, Toronto, Ontario. 28 s'émettaient mal, sonnaient rauquement.\u2014 J'ai changé, Laure .Tellement changé ! .Je porte en moi la possibilité de mon malheur.Et j'en ai I'épouvante .Elle ne livrait pas ses yeux.\u2014 Expliquez-vous, dit-elle assez bas.\u2014 Je ne voulais pas vous parler de moi, car nous sommes vis-à-vis l'un de l'autre dans une situation si spéciale .Je ne sais pas comment vous prendrez ce que je vais vous dire, mais il faut que je vous le dise.Ce secret me serre la gorge.Il est trop rand pour que je le porte en moi.Faure je vous aime.Il s'arrêta, attendant le mot d'indignation ou d'encouragement.Mais elle resta muette.\u2014 Dois-je poursuivre ?demanda-t- il.\u2014 Je vous écoute.\u2014 Vous êtes bonne, Laure.Vous savez que vous pourriez, en cet instant, me faire du mal.beaucoup de mal.Dans notre pacte, il est convenu que vous serez libre d'exiger la séparation, et quand cela arrivera, je ne sais pas ce que je deviendrai.Je ne pourrais plus vivre sans vous .Quoique je fasse à présent, mon existence a été coupée le jour où vous êtes entrée ici.Une autre vie, meilleure ou pire, commençait pour moi.\u2014 Continuez.- \u2014 Je mets tout mon espoir dans cet entretien.Vous le comprenez, n'est-ce pas ?.Je vous aime.Je vous aime avec toute la passion dont un homme est capable.Les moindres détails de notre vie commune.et tellement séparée, sont mes trésors, c'est par eux que je respire.Je ne vous demande pas d'amour.Si seulement j'étais sûr que cette confession n'excite pas vos moqueries.\u2014 C'est tout ?La voix restait bienveillante.Le cœur de Jean sauta dans sa poitrine, car le ton de cette réponse lui apportait la certitude.Il n'avait pas parlé en vain ! La bataille n'était pas perdue ! Il se leva.Il n'aurait pu rester en place.Ses mains tremblaient.Pourquoi des coups si violents battaient- ils sous son crâne, exalté, terrassé par la joie, lui qui ne l'avait jamais été par la peur.\u2014 Je vous aime, répétait-il.Vous ne savez pas combien vous êtes belle.Comment votre miroir, \u2014 ou les admirateurs en qui vous voyiez toujours des ennemis \u2014 vous l'auraient-ils exprimé.Vous êtes la beauté.Vos yeux, vos lèvres, votre grand air de dédain si fréquemment mêlé de souffrance .votre corps aussi, tout est la perfection .Voyez.Je suis faible devant vous .Je savais le jeu plein de périls, mais je ne soupçonnais pas qu'ils pussent être aussi graves.Il s'approcha : \u2014 Que me répondez-vous ?Elle se taisait encore sans relever la tête.Il s\u2019écria, soudain angoissé : \u2014 Répondez-moi.Je veux une réponse.Elle dit : \u2014 Asseyez-vous.Et quand il eut obéi, elle le regarda.Elle vit qu'il était sincère, qu'il n'avait rien exagéré .Il était à elle pour toujours.Elle avait bien fait réussir son plan.Ælle pouvait être satisfaite d'elle- même et se complimenter.Alors son visage changea.Ce fut le nuage noir qui passa sur le soleil.Elle éclata d'un rire bruyant, qui atteignit Jean comme un coup de sagaie.Elle ferma les poings et la tête avancée, elle clama son triomphe.\u2014 Vous m'aimez?.Vous m'aimez?.Oui, vous aviez raison ! Votre jeu était plein de périls !.Et vous avez cru à ma conversion! Vous n'avez pas vu que je jouais la comédie ! Lorsque nous nous sommes mariés, je vous détestais déjà .Mais maintenant, si vous saviez ce qui bout dans mon cœur !.Le jour où vous avez pris mes mains, celui où vous avez mis votre bouche sur mon cou, je m'étais juré que je me vengerais.Croyez-vous que j'ai tenu ma parole?.Vous m'aimez?.C'est parfait! Ca vous permettra de mieux me comprenlre.Ah! vous avez cru que vous me teniez, parce que la santé de ma mère me contraignait à ne pas refuser le mariage! Vous avez cru que vous étiez invincible, parce que vous m'avez obligée à descendre et à vous parler, parce que vous avez usé de la force pour me retenir près de vous!.Vous m'aimez ?.Je le sais bien !.J'ai suivi votre mal avec intérêt, parce que je l'avais voulu.L'auteur a toujours du plaisir à voir le succès de sa pièce !.Vous vous êtes brûlé ?.Je le regrette, mais je ne puis rien pour vous guérir ! .Fallait-il mettre vos mains dans le feu ?.Elle était debout.Elle saisit son manteau de fourrure, le jeta sur son bras, fit quelques pas dans la direction de la porte, se retourna encore, pour contempler sa victoire.Jean regardait sombrement, les yeux agrandis par un plaisir de fauve.À travers les phrases impitoyables, il entendait confusément les paroles de l'institutrice : \u2018Fille ne m'a jamais paru aussi dangereuse.I ne répondit pas.Il était même incapable d'un sursaut d'orgueil, d'une bravade.Elle riait de nouveau.Elle riait en une fois pour tout le temps oii, par la faute de cet homme, elle avait fermé son visage et adopté seulement l'expression du mépris, de la colère, de la lassitude.Elle riait pour racheter à ses propres yeux les quelques a sourires dont elle avait étayé tâche, et qui pesaient sur sa conscience à l'égal d'une compromission.\u2014 Vous vous demandez peut-être si je ne vais pas sceller ceci par une rupture immédiate ?L'occasion est belle de partir ce soir même et de commencer demain le procès en divorce et en annulation .Mais non, monsieur de Beaupré ! Je reste ! Je ne vous volerai pas un seul jour de ce que je vous ai accordé .Je suis bonne, vous le voyez; je ne vous prive pas de ma vue.Vous m'aimez.Que vous importe alors que je me moque de vous, que je vous haïsse sans cesse davantage, pourvu que je sois encore dans votre chambre mauresque ! Je lirai! Vous fumerez le narghilé !.J'attendais votre aveu depuis une semaine.Si vous vous étiez tu, vous m'auriez privée d'un grand plaisir.Elle s'interrompit, espérant une riposte.Flle mesurait le mal qu'elle venait de faire et elle en jouissait.Etait-il assez veule, à présent, l'homme d'énergie à qui rien n'avait résisté ! Elle avait besoin de parler encore.Elle s'enivrait de ses phrases.À son cerveau montait une fumée de crime.Elle ressemblait à ces meurtriers qui reculent dès le premier coup porté, mais qui n'arrêtent plus de frapper lorsqu'ils ont vu le sang.\u2014 Votre déclaration est la première que je permets.Vous rachetez là une grave faute: car vous aviez demandé ma main sans me donner votre amour ! Ce n'était pas généreux.Il murmura : \u2014 Et, pourtant, on dit que vous avez du cœur.Elle fit deux pas dans le salon :\u2014 \u2014 Oui, j'ai du cœur.Mais pas pour vous!.Pas pour wvous!.Vous allez m'accuser 7.Dites, est-ce moi qui vous ai cherché ?Vous ai-je prié de vous faire présenter, chez les Channers ?Vous ai-je supplié de me prendre pour femme?Suis-je responsable de votre folie ?Allez-vous me dénier, à présent, le droit de me défendre ?.J'ai voulu que vous m'aimiez.Pour atteindre ce but, j'ai foulé mes répugnances, mon amour-propre; j'ai su (au prix de quels efforts!) m'adoucir devant vous ! C'est une grande victoire.Voici que vous souffrez! et je ris de vous!.Je ris de vous! .I avait enfoncé sa tête dans ses mains, Il s'efforçait de ne pas écouter.Mais au bout d'une minute, n\u2019entendant plus les paroles coupantes, les éclats de gaîté qui l\u2019insultaient, il releva les yeux.Dans le grand salon, il n'y avait plus que lui, en face de son désespoir.CHAPITRE XI Après une heure d'anéantissement total, durant laquelle il ne chercha pas à remuer au fond du gouffre et ne se rendit pas compte de ce qui s'était passé, Jean revint à lui, comme renaît à la raison l'homme assommé par un coup de matraque.Vraiment, il avait oublié à qui était due sa souffrance; il s'y était absorbé, car c'est déjà un bien grand labeur de souffrir ! D'abord, il ne vit pas clair en lui-même, il sentit seulement qu'il avait mal.Puis la notion de la cause lui revint, avec sa déception mortelle, avec le brutal anéantissement d'un espoir bâti sur des fondations qui paraissaient solides et que Laure avait savamment minées.il revit ses yeux triomphants, il entendit sa voix rauque, abimée par la haine.Des coups qu'il avait reçus en une fois \u2014 et à la fin presque inconsciemment \u2014 il sentit les marques, put les compter.Il prononça à voix haute : \u2014 Comme je l'aimais ! Il croyait dire là une oraison funèbre.Mais ses paroles mêmes le blessèrent; il sut qu'il ne cesserait plus jamais de penser à elle, d'en garder fidèlement l'image dans son souvenir.Il ne descendit pas au rez-de- chaussée exotique.Pour se remettre, il lui fallait la saine ambiance d'une pièce bien française, qui le consolerait comme une mère, et le conseillerait comme un médecin.Il payait sa ridicule obstination, l'entêtement de son amour-propre.C'était juste ! Il ne pouvait pas s'en irriter ! Laure avait raison, quand elle l'accusait de l'avoir demandée sans même lui offrir de l'amour ! Avant de se défendre, ne l'avait-elle pas averti ?Aujourd'hui, elle se vengeait, et il soldait à la fois son dû pour ses mouvements d'autorité, pour ses gestes, pour toute sa folle expérience.Ah ! Elle aurait mieux fait de partir, de laisser derrière la maison vide, comme une demeure dont on vient d'enlever le cadavre.Mais non! .Elle restait ! Il ne souffrait pas assez! Flle voulait une revanche plus complète!.Il décida de quitter Paris, le soir même.À Monte-Carlo, la saison battait son plein.Il s\u2019étourdirait et Laure se lasserait la première de garder un logis que son cœur ne demandait qu'à fuir.Il consulta sa montre.Une heure et demie le séparait du diner.Il avait le temps d'arrêter ses projets LA REVUE POPULAIRE Sa femme viendrait-elle à table ?Lui- même aurait-il le courage de s'asseoir en face d'elle, de cacher ses sentiments pour donner le change aux domestiques ?.À quoi bon, d'ailleurs?Ils apprendraient tout le lendemain, lorsqu'il ne serait plus la.Mais on ne s\u2019est pas formé à l'école de la vie lointaine sans que, dans toutes les circonstances, la volonté se dresse, en combattante.l'idée du départ le heurtait.C'était la retraite ridicule, sous les rires! Laure ne manquerait pas de le mé= priser davantage.Peu à peu, sous l'influence de cette énergie qui était entrée en lui, jour par jour, comme une force qu'on ingurgite par médication, comme un phosphatage moral, la douleur du choc s'atténuait.Oui! Il valait mieux | que Laure fût devant lui! qu'importait sa haine, puisque ce n'était pas l'individu qu'elle -exécrait, mais l'Homme, le maitre ! ~ GE Il la verrait, et cexserait déjà un bonheur.Il la combattrait, pier rait de cette lutte .Les armes qu'il avaient employées étaient rouillées, ébréchées ?.Soit.Il en choisirait de nouvelles.Surtout.il se méfierait, douterait encore de plier cette nature.Ce qu'il savait par Mme Desormes, par l'institutrice, aussi par son observation propre, c'est que Laure pouvait être bonne, que sa voix, quand elle voulait bien lui laisser son timbre, chantait, séduisait, parlait à son insu d'un besoin d\u2019expansion, de dévouement, et, qui sait, de caresses.De ces déductions-là, il était certain, les ayant faitese par surprise, a des instants trés courts, quand l'attention de la jeune femme fléchissait, que la fatigue d'un rôle laissait voir tout à coup le visage sous sa véritable expression, ou que dans une circonstance quelconque, auprès des bébés, par exemple, elle jugeait pouvoir se donner un peu, s'épancher, laisser couler son âme.Autour de son cœur et de son cerveau, il y avait une cangue dure, aux fissures à peine perceptibles.Cette enveloppe pourrait-elle jamais être brisée, enievée, et laisser à nu une cencentration de tendresse, un besoin d'amour.de protection, de confidence ?Jusqu'à présent, rien ne permettait évidemment de le croire: mais certaines gens ne peuvent saisir un homard sans se faire pincer, ni s'approcher d'un chat sans recevoir un coup de griffe.Il y a moyen d'ouvrir impunément une figue de Barbarie, et le maladroit qui la cueiil> risque pour un jour entier la cuisson de ses piquants.Il était ce maladroit.Parce que le félin avait un moment caché ses ongles, il avait cru qu'ils étaient rognés.La leçon était bonne et méritait presque un remerciement.Sans cet accès de cruauté, jusqu'à quel point ce serait-il laissé endormir ?Il sortit; se fit conduire aux Boulevards.Il se perdit dans la foule, regardant et musant, surpris de trouver la vie si belle, quand il avait désespéré.Autour de lui passaient des sourires, des minois enfiévrés homériques! Quelle accumulation d'énergie! Quelle dépense de forces vives.entre six et sept heures, de l'Opéra à la Madeleine ! Et de cette fièvre, dé ce tumulte, de cet affairement, il attirait à lui des atomes, des radiations; il les accumulait .Lui aussi, il serait fort ! Et pour s'en convaincre, il serrait les poings, doucement, progressivement.Sa puissance morale serait aussi grande ! Il pouvait se présenter devant la lice!.Il trouva Laure à table.Elle y était venue plus tôt que d'habitude, persuadée qu'il y aurait du nouveau, et (Lire la suite page 30) Déjà.+ wr Novembre 1936 L'apparence même d\u2019une bonne salade stimule l'appétit! Ia verdure, propre et fraiche \u2014 le riche ton rouge des tomates et radis \u2014 la couleur plus foncée des betteraves, le blanc du céleri et des concombres.Et combien le god en est délicieux quand la sauce qui l'accompagne fait ressortir les saveurs de ces légumes \u2014 la pointe savoureuse de moutarde qui rend la salade piquante et appétissante.Voici une nouvelle sauce que vous aimerez: SAUCE À SALADE VELOUTÉE 1 de tasse de sucre blanc, 1 cuillerée à soupe de farine, 14 cuillerée à thé de Moutarde Keen, } tasse de vinaigre, 1 tasse de lait doux, 3 ou 4 jaunes d\u2019oeufs, 1 cuillerée à thé de beurre.Bien mélanger ensemble le sucre, la farine et la moutarde, puis, ajouter le vinaigre et brasser jusqu\u2019à lisse.Faire chauffer au bain-marie.Ajouter les jaunes d\u2019oeufs et lait battus ensemble.Lorsque cuit, ajouter le beurre.Brasser pendant la cuisson.La nouvelle brochurette Keen \u201cLes Délices de l'Hôtesse\u201d sera envoyée GRATUITEMENT par la poste.Ecrivez à Colman-Keen (Canada) Ltd., 1000, rue Amherst, Montréal La D.8.F.KEEN est faite des meilleures graines des plantations anglai- ges \u2014 elle donne aux mets un piquant qui rehausse le plus simple repas de famille \u2014 particulièrement dans les sauces à salades.Moutarde - 3 U0 \u201cMOUTARDE ENTIEREMENT PURE\" Découpez la recette pour vous en servir à l\u2019occasion.2F Soyons pratiques, Mesdames Quand vous faites cuire de la rhubarbe mettez dans votre eau une pincée de bicarbonate de soude.Vous diminuerez ainsi l'acidité naturelle de la rhubarbe et cela vous dipense- ra de mettre autant de sucre dans votre compote.La gelée, la confiture et le sirop bouillants sont plus brûlants que l'eau.Afin de ne pas briser les bocaux en verre dans lesquels vous les versez, mettez une cuiller ou une fourchette d'argent dans chaque bocal.Retirez-les au bout de quelques instants.Si vous confectionnez vous-même vos robes et vos mahteaux, le renseignement suivant vous sera très profitable.Lorsque viendra le moment de repasser bords, revers et coutures, enduisez-les d'abord de savon de ménage ordinaire.Vous ne tarderez pas à vous apercevoir que le repassage sera alors plus facile et plus satisfaisant.Un bon savonnage dans lequel vous versez quelques gouttes d'ammoniaque est encore le meilleur moyen de nettoyer les objets en cuivre.Rincez-les ensuite à l'eau chaude.Les taches de rouille sur du blanc peuvent être enlevées avec du sel de citron et de l\u2019eau bouillante.Frottez légèrement si c'est nécessaire.Quand ces taches sont dues non au fer mais à l'humidité, il faut les enlever au plus vite.Si un blanchissage ordinaire est insuffisant, mettez tremper l'étoffe dans du lait sûr, pendant plusieurs heures.Faites-la ensuite sécher au soleil, mais sans la rincer.Quand elle sera sèche, lavez-la comme il faut.On fait disparaître les marques de crayon indélébile en les épongeant avec de l'alcool méthylique, vulgairement appelé esprit de bois, qui a la propriété de dissoudre les couleurs.Pour les marques faites avec un crayon de mine ordinaire l'eau et le savon suffisent.Il arrive souvent que les bas soient salis par du cirage noir ou brun.Quelquefois ces taches disparaissent au blanchissage.Sinon, il faut tremper le bas dans une solution d'eau et de térébenthine, puis brosser vivement la tache avec une petite brosse aux poils raides et durs.Rincez ensuite dans de l'eau savonneuse.Si les taches proviennent de cirage blanc l'eau et le savon suffiront à les faire disparaître.L'eau laisse parfois un cerne sur les tissus de laine et surtout de soie.Le meilleur remède est alors de mouiller entièrement ce tissu et de le repasser sur-le-champ.Lorsqu'il s'agit d'eau de mer, lavez ou épongez l'étoffe avec de l'eau très chaude.Les taches de fruit doivent être enlevées quand elles sont encore fraîches.Il faut donc les laver sans retard avec de l'eau dans laquelle on aura mis de l'ammoniaque ou, mieux encore, du borax.L'ART DE FLEURIR SA MAISON Savoir disposer des fleurs, les grouper, les harmoniser est un art véritable que toute maîtresse de maison devrait apprendre.Il suffit de constater à quel point un vase de fleurs arrangé avec goût peut transformer un salon ou égayer la table Par Denise Lemoyne - sur laquelle on prend son repas, pour en être convaincu.Le premier principe à observer est le naturel.Les fleurs doivent être disposés de telle façon qu'elles donnent l'impression de n'avoir pas été coupées, mais être toujours vivantes dans un jardin.Pour qu'il en soit ainsi il ne faut pas cueillir seulement les fleurs épanouies.Prenez aussi les boutons encore fermés et du feuillage.En arrangeant des fleurs dans un vase il faut respecter les lois de la proportion et l'harmonie des couleurs.Il est inutile et pas joli du tout de tasser des fleurs en un gros bouquet qui se tient tout droit.Il ne faut pas non plus qu'elles soient groupées d'une façon symétrique, comme des fleurs en cire.Rappelons-nous que la nature est rarement symétrique et que les plus beaux jardins du monde sont des jardins anglais où tout pousse en liberté, ou du moins nous en donne l'illusion.Les tiges des fleurs peuvent être une fois et demie aussi hautes que le vase qui les contient, s'il est de forme élancée.Si c'est un bol large et bas, elles seront une fois et demie aussi longues que-le diamètre de ce vase.S'il est entendu que, prise séparément, chaque fleur a son charme, il ne convient pas pour la faire ressortir de mêler sans discernement, diverses espèces et diverses nuances.Il faut qu'une couleur domine toutes les autres et donne ainsi le ton au bouquet.S'il est composé de plusieurs nuances, la plus foncée doit être au milieu.S'il est d'une seule couleur, que les tiges les plus hautes soient au centre.Le choix du vase a aussi son importance.Des fleurs aux tiges fermes comme les zinnias, les soucis, les dahlias et les reines-marguerites doivent, de préférence, être mises dans un bol assez bas, tandis que les tulipes, les œillets et les coquelicots paraissent à leur avantage dans un vase long et étroit.Nous devons aimer les fleurs non seulement pour \u2018elles-mêmes, mais aussi pour l'embellissement qu'elles apportent à notre maison.Pour obtenir ce résultat, on ne doit pas les disposer indifféremment dans n'importe quelle chambre, ni dans un coin ou l\u2019autre d'une pièce.Des lys sont du plus bel effet dans une chambre aux meubles laqués blanc, et des fleurs rouges sont à leur place dans une pièce tapissée de vert.Les lys, les narcisses, les jonquilles et, en général, toutes les fleurs aux tiges élancées, devraient être placés près d'un mur ou devant un écran.Le meilleur temps pour cueillir les fleurs est avant neuf heures du matin, alors qu\u2019elles sont encore humectées de rosée.Cependant, les roses, les pivoines, les glaïeuls et les dahlias ne doivent être cueillis que le soir, après le coucher du soleil.Il ne faut pas casser, encore moins arracher les fleurs, mais les couper de biais et plutôt avec un couteau tranchant qu'avec un sécateur.Mettez-les ensuite dans une chambre obscure à tremper dans de l'eau froide.Pour conserver les fleurs plus longtemps leur donner chaque jour de l\u2019eau fraîche, légèrement salée, et couper un petit bout de leurs tiges.SUR LES VIANDES Les plats \u2018\u2018réchauffés\u2019\u201d\u2019 ont souvent meilleur goût que le rôti original lorsque la cuisinière sait faire agir l\u2019effet magnifique de la moutarde.Le goût savoureux de la moutarde pure est le secret qui fait ressortir la saveur et donne aux coupes de viande moins coûteuses et aux \u2018\u2018restes\u2019\u2019 un piquant qui tente l\u2019appétit.De fameux chefs couvrent de moutarde pure leurs rôtis avant de les faire cuire, et cela leur donne une saveur délicieuse.Ils se servent de la Keen dans nombre de leurs plus appétissants plats de viande.Voici une manière délicieuse d\u2019apprêter la viande froide: PATE CHASSEUR 2 tasses de bœuf ou de porc froids, 2 cuillerées à thé de Moutarde Keen, 2 cuillerées à thé de Sauce Worcestershire, 2 cuillerées à soupe de jus de viande froid, bouillon ou lait, 1 petit oignon, assaisonnements au goût.Mettre au fond d\u2019un plat allant au four du bœuf ou du porc émincés (2 tasses de viande pour 6 personnes) couvrir avec les autres ingrédients mélangés.Recouvrir avec des pommes de terre en purée et faire dorer au four une demi-heure ou plus.La nouvelle brochurette Keert \u201cLes Délices de l'Hôtesse\u201d sera envoyée GRATUITEMENT par la poste.Ecrivez à Colman-Keen (Canada) Ltd., 1000, rue Amherst, Montréal.+ Vous ne pouvez acheter meilleure moutarde que la Keen \u2014 faites des plus fines graines des plantations d\u2019Angleterre.COR Moutarde EA Uo \"MOUTARDE ENTIÈREMENT V3 La Meilleure Moutarde Fait les Meilleures Marinades. 30 'EST un moment de juste C fierté que celui où vous faites voir à vos amies l2s nouveaux vêtements d'automne que vous avez vous-même confectionnés.Pour avoir un fini véritablement professionnel, employez la Soie à Coudre célèbre pour sa 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intéressant.Le titre du roman : LE RAYON VERT par ALEK PLUNIAN Coupon d'abonnement Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au magazine de vues animées LE FILM : 50 cents pour 6 mois ou $1.00 pour 1 an.Nom Adresse __o.___ Ville Province POIRIER.BESSETTE & CIE, Limitée, 975 de Bullion, Montréal, Can.(Suite de la page 28) impatiente de revoir son ceuvre, de savourer son triomphe.A son grand dépit, elle eut devant elle un homme qui ne parlait pas, qui la regarda durant tout le diner avec des yeux lége- rement railleurs.Après les fruits, lorsque le maître d'hôtel disparut, Jean posa ses mains sur la nappe, et dit du ton le plus tranquille : \u2014 Ma chère Laure, tout à l'heure, dans le salon, vous avez parlé longuement, et même, vous avez parlé d'or.Vous m'avez démontré que je prenais un mauvais chemin, qu'il y faisait noir et que j'allais tomber dans une crevasse.Vous ne pouviez pas me rendre un meilleur service.Votre tirade méritait de clore un acte de notre pièce.Le rideau tombait avant que j'eusse le temps de répondre.En ce moment, ont vient de frapper les trois coups, et la toile se relève.La scène a changé .M'avez- vous compris ?Flle était pâle.À ses oreilles, le balancement des longues perles dénonçait un tremblement caché.\u2014 Je comprends une chose, dit-elle.Vous aviez menti une fois de plus.Vous amour n'existait pas; sinon, vous ne vous seriez pas rem's si vite du coup que je vous portais.\u2014 Mon Dieu, comme vous vous trompez ! Nous pouvons connaître la réaction que produira, en chimie, la rencontre de deux liquides, l'expansion formidable que donnera le mélange des acides, ou des gaz.Il n'en va pas de\u2018même pour le cœur de l'homme .ni le cerveau de la femme ! Le psychologue est un pauvre hère qui prend toujours le particulier pour le général.Il croit que notre âme a des réflexes mécaniques, comme les genoux ou les yeux d'un individu sain.Si l'on apprend à quel- qu'un une bonne nouvelle ou une catastrophe, devra-t-il témoigner sa joie ou son effondrement par une attitude, un geste conventionnels ?Nous serions alors de ridicules acteurs pour cinéma !.Or, notre âme est bien plus indépendante encore ! Pourquoi voulez-vous \u2014 sous prétexte que M.Bourget ou M.Prévost l'auront écrit dans un roman \u2014 que la femme trompée quitte toujours son mari?Cent voies s'ouvrent devant elle, qui dépendent de son tempérament, de son impulsivité, de sa résistance, de sa réflexion, de ses nerfs.Personne ne peut même dire : \u201c S'il m'arrivait ceci, j'agirais de telle façon \".Pour le savoir, il faut y être! Donc, si un auteur à la mode, un bon porte-plume qui se pique de psychologie, avait imaginé comme chapitre sensationnel la scène de cet après- midi, que m'aurait-il fait faire ?M'aurait-il condamné à la faiblesse, ou envoyé guérir mon mal en Pata- gonie ?.Moi, j'ai réfléchi.Je vous déclare poursuivre la lutte, avec autant d'amour.Seulement c'en est fini, des déclarations, des soupirs après votre départ!.Laure, nous redevenons deux pugilistes ! Vous avez gagné la première partie.Je continue le match.Voulez- vous ?Elle l'observait avec surprise.Alors qu'elle voulait découvrir dans ses yeux une diminution de tendresse, \u201cune froideur qui se fût bien alliée à ses paroles, elle trouvait intacte, au fond du regard, la passion qui l'avait si facilement vaincu.Cette volte-face, ce n'était pas l'indifférence, l'insouciance, filles de l'égoïsme masculin; procédant de plus haut, elle ne démentait aucune des paroles que le cœur avait dictées.Laure restait déroutée devant cette manifestation inattendue d'un sentiment vrai et profond.LA REVUE POPULAIRE \u2014 Soit ! dit-elle.J'accepte de reprendre le combat.\u2014 Prenez garde! A partir d'au- jourd'hui, je vous traite en enfant ! \u2014 N'ayez pas tant de confiance en vous-même ! Rappelez-vous parfois ce que vous feignez d'oublier trop vite ! \u2014 Vous ne pouvez devenir ni plus dangereuse, ni plus cruelle.\u2014 Je trouverai d'autres coups.Retenez ceci : je veux me venger ! Ce but rend toujours une femme forte.PS KE oF \u2019 Rg \u2014 Laure, que vous étes belle!.Je ne vous ai jamais tant aimée.\u2014 Ce sera votre punition.\u2014 Mais non! Comme je prends désormais la chose, ce sera du bonheur.momentané!.Puisque vous avez décidé vous-méme de ne pas quitter cette maison (et vous avez trop de fierté pour revenir sur | une menace), je veux que vous y changiez de vie.Pourquoi ne rece- vriez-vous pas ?Mes salons sont a vous.Je ne vous dérangerai jamais.D'autre part, je sais que votre mère souffre de l'éloignement auquel vous la condamnez, Redevenez pour elle ce que vous étiez autrefois.Le promettez-vous ?Elle lui lança un regard de défi : \u2014 Si je changeais ma décision ?Si je voulais partir ?Il sentit une brûlure à ses tempes, mais sa volonté fut plus puissante que la peur \u2014 Je ne vous retiendrais pas une seule minute, Laure, prononça-t-il; lentement.Les domestiques ne sont pas encore couchés Votre femme de chambre peut fort bien vous préparer une valise.La maison de votre mère vous recevra dès ce soir.Il alla sonner.\u2014 Dites à Augustine que madame a besoin d'elle, ordonna-t-il au maître d'hôtel.Et quand la porte fut close : \u2014 Vous voyez que je ne mentais pas.Pour moi, vos suggestions sont des ordres.Laure n'avait pas bougé.Ses longs cils voilaient ses yeux.La femme de chambre parut.\u2014 Madame désire ?Elle hésita une seconde.\u2014 Une tisane .j'ai la migraine, fit-elle enfin.Jean alla regarder des bibelots, afin qu'elle ne vit pas ses yeux.\u2014 Bonsoir.Tenant déjà la poignée, elle se retourna : \u2014 La tentation était grande, je l'avoue.Un instant.j'ai été prête à partir, à casser ma vengeance.Seulement, je veux vous donner raison : je ne reviens jamais sut une menace.Vous m'avez fait du mal.Pendant trois mois encore, je creuserai patiemment devant vous le fossé de la souffrance.Il marcha vers elle.Sans un geste pour se retirer, elle le laissa venir.Elle le regardait pardessus l'épaule.Sa lèvre se relevait, montrait les dents.La lumière jouait dans ses cheveux noirs.À ses oreilles, les longues perles luisaient.Ils se considéraient sans trouble et sans crainte.\u2014 Il est bien dommage que nous ne nous aimions pes, murmura Jean.Nous nous valons.Nous étibns vraiment fait l'un pour l'autre.CHAPITRE XII L'explorateur joua si bien son nouveau rôle que Laure ne parvint plus à distinguer si l'angoisse se terrait encore derrière ce masque de force tranquille, de douceur indulgente et de raisonnement serein.Lorsqu'elle (Lire la suite page 39) Novembre 1936 NAPPERON EXÉCUTÉ AVEC FILS \u2018\u2019 ANCHOR \" ROBES POUR FILLETTE Taille : REGENT SEA BEACH 2 pelotes Corail 1 pelote Bleu Bébé 1 jeu d'aiguilles REGENT No 9 +1 crochet fin REGENT 1 à 2 ans Tension: 9 m.\u20141 p.; 11 rangs\u20141 p.Point employé: ler rang et 2e rang: * Tri 1 m.end, 1 m.env.reprendre de *, terminer le rang 1 m.env.3e rang et 4e rang : * Tri | m.env, 1 m.end., reprendre de *, terminer le rang, 1 m.end.Ces quatre rangs comprennent l'exécution du point de riz double.Robe pour Fillette et j Gilet pour Bébé Devant : Utiliser le jeu d'aig.No 9 et la laine Corail, monter 116 m., tri au point de riz double pendant 20 rangs.Continuer le travail au point jersey pour atteindre une hauteur totale de 1114 pcs.Rang suivant : Tri 2 m.end., * tri 2m.ens., tri 1 m.end., reprendre de * et terminer le rang (78 m.restant sur l'aig.) Tri 1 rang à l'env., tri pendant 8 rangs au point de riz double.Emmanchure : Rabattre 2 m.au commencement des 2 rangs suivants, diminuer 1 m.chaque extrémité de l'aig.à tous les 2e rangs, 2 fois.Tri droit au point de riz double pendant 12 rangs.Rang suivant: Tri 11 m.chaque extrémité de l'aig.au point de riz double en utilisant la laine Corail.Jolis Travaux de Broderie et de Tricot Utiliser la laine bleue, tri au point jersey au centre du travail pendant 8 rangs.Rabattre 32 m.au centre du travail, tri pendant 25 rangs pour former l'épaule, tri 6 m.au point jersey en utilisant la laine bleue à l'encolure.Tri l'autre épaule semblable : Monter 32 m.à l'encolure du dos.Tri pendant 8 rangs en utilisant la laine bleue et la laine Corail.Tri pendant 14 rangs en utilisant la laine Corail.Emmanchure : Augmenter 1 m.à chaque extrémité de l'aig, 2 fois.Monter 3 m.au commencement des 2 rangs suivants.Tri pendant 8 autres rangs.Augmenter pour obtenir 116 m.sur l'aig.Continuer l'exécution du dos, suivant les mêmes instructions que pour le devant.Manches : Utiliser la laine bleue, monter 42 m., tri au point de riz double, tri 4 rangs laine bleue, 2 rangs laine \u2018Corail, 4 rangs laine bleue.Continuer le travail au point jersey en \u2018utilisant la laine corail, augmenter 21 m.au premier rang.* \"Iri 2 m.à l\u2019end., tri 2 m.dans la m.suivante, reprendre de * pendant tout le rang.Tri droit pour obtenir une hauteur totale de 3 pcs.Façonner le haut de la manche.Rabattre 3 m.au commencement de chaque rang pour obtenir 21 m.sur l'aig.Rabattre les m.restant sur l'aig.Froncer le haut de la manche avant de la coudre à l'emmanchure.Assembler la couture proprement.Utilser la laine corail et crocheter 1 rang s.c.à l'encolure.(Lire la suite page 63) CI-DESSUS, DEUX ASPECTS DE LA NURSERY DONT TOUS LES DÉTAILS ONT ÉTÉ ÉTUDIÉS AVEC SOINS; LA PREMIÈRE QUALITÉ D'UNE NURSERY EST D'ÊTRE FACILE À NETTOYER.CI-DESSOUS, UNE CUISINE ANGLAISE TYPIQUE ET À DROITE, LA SALLE À MANGER BLANC- ET-NOIR D'UN PETIT APPARTEMENT LONDONIEN OÙ LE STYLE MODERNE EST ENCORE HÉSITANT.LA REVUE POPULAIRE oi Novembre 1936 33 hess Re Photos \u2018 The Bketch NE PTE a nT TT rm ry ETN A CFTR + $e UN COIN DE L'APPARTEMENT D'UN GRAND ÉCRIVAIN ANGLAIS.CE BOUDOIR EST UN HAVRE REPOSANT APRÈS UNE JOURNÉE ACTIVE : PRÈS DU FOYER, DE PROFONDS FAUTEUILS ET, À PORTÉE DE LA MAIN, DES RAYONS DE LIVRES; UN PETIT SECRETAIRE OCCUPE UN ANGLE DE LA PIECE.COMME ON LE VOIT, LA LUMIÈRE ENTRE À PROFUSION.ARRANGEMENT DE VERT PÂLE, D'ARGENT ET DE BLANC.ti 5 34 CI-DESSUS, UNE PHOTO ARTISTIQUE DE LA RAVISSANTE BARBARA STANWICK.À DROITE, VOUS AVEZ RECONNU BETTE DAVIS ET NORMA SHEARER, LA BLONDE ET LA BRUNE.LA REVUE POPULAIRE Constellation.TROIS ÉTOILES, TROIS TYPES D'HUMANITÉ : JANET GAYNOR, L'INGENUE AU REGARD CRAINTIF; MARGARET SULLAVAN, LA JEUNE FILLE MODERNE SANS PEUR ET SANS REPROCHE; MARLENE DIETRICH, AU REGARD FROID COMME L'ACIER, A LA BOUCHE CRUELLE.LA BEAUTE FEMININE A SES INTONATIONS, TOUT COMME LA MUSIQUE OU LA POESIE ! Novembre 1936 \u2014 DANS \u2018L'ABÉCÉDAIRE DU CINÉMA FRANGAIS LA j ¢ 4 74 7 ~~ § LISE DELAMARE, UNE AR- a\u201c \"\u201d 3 5 3 LETTRE D EST BRIL~ TISTE TROP PEU CONNUE LAMMENT REPRÉSENTÉE.AU CANADA.NOUS L'AVONS SURTOUT APPRÉCIÉE DANS \u2018\u2019 PENSION MIMOSAS ~'s Ê ; a,» Co F i ) DANIELLE DARRIEUX, a FL : ; # 5 3 MARIE VETSERA DE ORANE DEMAZIS ET : 8 : a SE ** MAYERLING COLETTE DARFEUIL.é LE aT de.PE À Éd 36 LA REVUE POPULAIRE L\u2019Usage du Collet comme Ornement 8344 \u2014 Jolie robe de dame, gr.43 à 46.Pour un 40 : 454 v.de 35\", 444 v.de 39\" ou 3 v.de 54\".Contrastant : 1 v.de 35\u201d ou 39\u201d.30 cents.2113 \u2014 Une belle toilette pour gr.32 à 42.Pour un 36 : 3% v.de 35\" à 39\u201d; la blouse : %4 v.de 35\u201d à 39\".Ceinture de votre choix.25 cents.2161 \u2014 Charmante robe pour jeune fille, gr.12 à 20.Pour un 16 : 334 v.de 35\u201d.LA v.de contrastant de 35\u201d à 39\u201d pour le foulard ascot.15 cents.2124 \u2014 Une robe d'une belle simplicité, gr.34 à 46.Pour un 38 : 444 v.de 35\u201d, 334 v.de 39\u201d ou 215 v.de 54\u201d.Contrastant : 14 v.de 35\" à 39\u201d.Si désiré, achetez une ceinture à votre goût.15 cents.2120 \u2014 Une robe élégante, gx 32 a 42.Pour un 38 : 445 v.de 35\", 374 v.de 39\u201d ou.215 v.de 54\u201d.Contrastant : 1 v.de 35\u201d à 39\u201d.15 cents.PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, commandez-les, avec votre remise, à l'adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département \u2018 P\u201d 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q. © Novembre 1936 Tout ce qu'il faut pour le Bureau 2129 \u2014 Robe bien sobre pour gr.32 à 42.Pour un 36 : 414 v.de 35\", 334 v.de 39\u201d ou 234 v.de 54\u201d.Ceinture de votre choix.15 cents.2163 \u2014 Costume trois-pièces pour gr.32 à 42.Pour un 36 : jupe et jaquette, 544 v.de 35\", 5 v.de 39\u201d ou 315 v.de 54\u201d.Doublure de la jaquette : 17 v.de 35\u201d ou 154 v.de 39\u201d; entredoublure : 114 v.de canevas de 24\u201d ou 34 v.de mousseline de 35\u201d.La blouse; 2 v.de 35\u201d, 17% v.de 39\u201d ou 134 v.de 54\u201d.Le patron de la jaquette, non Mustrée ici, est dans l'enveloppe.25 cents.37 2158 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.12 à 20.Pour un 16: 434 v.de 35\u201d.% v.de contrastant de 35\u201d à 39\u201d.15 cents.2107 \u2014 Jolie robe pour jeune fille, gr.12 à 20.Pour un 16 : 414 v.de 35\", 334 v.de 39\" ou 254 v.de 54\".LA v.de taffetas de 35\u201d.Ceinture et foulard de votre choix, si désiré.25 cents.2159 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.32 à 42.Pour un 36 : 234 v.de 54\u201d.Ceinture de votre choix.15 cents.5 PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, commandez-les, avec votre remise, à l'adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département \u201c P\u201d 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q. 38 LA REVUE POPULAIRE A la fois Chic et Utile .2162 \u2014 Une charmante robe d'intérieur, gr.32 à 42.Pour un 36 : 344 v.de 39\u201d Bordure du collet : 14 v.de 35\u201d à 39\" à 44\u201d.Ceinture de votre choix.15 cents.2157 \u2014 Jolie robe de jeune fille, gr.11 à 17.Pour un 14 : 314 v.de 39\" ou 214 v.de 54\".Foulard : 1 v.de ruban de 5\u201d, Si désiré, on peut acheter un foulard de son choix.15 cents.2152 \u2014 Une robe fort pratique, pour gr.11 à 17.Pour un 14: 37% v.de 35\u201d.Ceinture de votre choix.15 cents.1842 \u2014 Une élégante robe pour dame, gr.32 à 42.Pour un 36 : 414 v.de 35\u201d, 25 cents.1544 \u2014 Patron de tablier, gr.32 à 50.Pour un 36 : 2 v.de 32\u201d ou 154 v.de 36\".Environ 8 verges de ruban à border.15 cents.PATRONS SIMPLICITY \u2014 Si votre marchand ne peut vous les fournir, commandez-les, avec votre remise, à l'adresse suivante : PATRONS SIMPLICITY, Département \u201c P\u201d 8368, rue St-Denis, Montréal, P.Q. = \u201c1 Novembre 1936.L'Amour l'Emporte (Suite de la page 30) donnait un coup de griffe, elle n'en voyait même pas la trace rouge et s'en irritait.Élle accusait Jean de l'avoir contrainte, par ses paroles, à demeurer dans sa maison, et attendait maintenant, jour par jour, l'heure de la délivrance.Elle se disait : ~ 11 faut que j'en parle à maman.Je ne veux pas revenir chez elle sans qu'elle soit préparée.Pourtant.elle reculait la révélation, et la grosse dame vivait dans l'illusion facile que le jeune ménage, s'il n\u2019était pas un modèle d'union, valait, mon Dieu! autant que pas mal d'autres.Laure sortait, revoyait des amies, retournait dans les réceptions.Jean ne l'accompagnait guère.Certain de l'issue qu'aurait sa folle tentative, il préparait un nouveau voyage.* mont Everest, ce toit du monde, le tentait à son tour.Il se mettait en rapport avec des Clubs anglais et se ménageait des aides officielles aux Indes.Il \u2018ne pouvait manquer de voir l'état d'exaspération auquel marchait sa femme: il en analysait les motifs, en attendait les manifestations.A plusieurs reprises, il l'avait devinée aux aguets, épiant la minute favorable.Comme un épéiste, il se couvrait, déjouait l'attaque, et Laure se retirait plus ulcérée.Souvent, lorsqu'il était seul, il se laissait aller à la douleur.Elle avait eu raison de dire que sa présence serait pour lui une torture.Chaque jour il l'aimait davantage, et sa maîtrise sur lui-même avait des instants de faiblesse éperdue, où il aurait crié sa passion.Mais il se reprenait vite et ne présentait à l'ennemi qu'un visage empreint d'amitié, de dévouement, de sollicitude.Comme le dompteur qui, pour montrer son courage, agace les tigres et les incite à la riposte, il se plaisait à aiguiller leurs courts entretiens sur le sujet du caractère.Il disséquait celui de sa femme, discutait l\u2019avenir qu'il pouvait réserver.Lorsqu'il avait fini d'étaler sa précision mathématique, il voyait trembler les lèvres de Laure, ces lèvres un peu fortes et si parfaitement créoles.Comprenait-elle qu'il pouvait lui prédire du malheur avec tout le poids de l'assurance ?Savait-elle que c'était vrai.ce qu'il avait dépeint, et qu'elle était inéluctable, l'affreuse solitude finale ?Sentait-elle descendre sur son corps le suaire glacé de l'isolement ?Le poing à la joue, elle le regardait droit et longtemps.Dans ses pupilles luisait autant de terreur que de haine.Un soir, elle fut tellement exaspérée qu'elle chercha une revanche.Le boudoir de Grenade, où ils étaient revenus, elle par bravade, lui par la force des souvenirs, regorgeait de fleurs, il ne voulait pas qu'elle en -trouvât moins chez lui que dans l'appartement dont elle le bannissait.Il aimait la griserie de ces roses de Nice, orangées, blanches ou sanglantes, de-ces œillets immenses et serrés; il recherchait la chaleur sombre des iris gris et crépelés, se livrait a l'enté- tement des jacinthes hollandaises, y puisant une volupté, un oubli qui lui versait du bonheur factice.Les nerfs a bout, jetée dans une ivresse mauvaise.elle fut emportée par un besoin de destruction.Pour ne plus entendre la parole sèche de ce prophète terrible, elle aurait voulu s'enfuir, mais il l'arrêterait, il profiterait de cette victoire pour l'accabler davantage, et elle ne pourrait pas lui faire payer chèrement ses paroles.Ses mains se crispèrent.Elle saisit des roses, sans se soucier des épines, qui l'écorchaient; elle les écrasa, les arracha de leurs tiges, entières, sans les effeuiller, comme on écartèle.\u2014 Vous voyez que j'ai raison ! s'écria Jean.Vous vous sentez incapable d'aimer.Vous savez maintenant que vous marchez à un supplice qui soldera les souffrances des autres! Dans un angle, une azalée tendait le dôme de ses touffes roses, Sa splendeur attira la jeune femme.Lentement, avec une souplesse de félin, elle marcha vers lui; ses mains caressèrent l'immense boule de pétales soyeux, puis se refermèrent.Deux larges blessures noires trouèrent la coupole.\u2014 Vous croyez donc que je ne pourrais connaître l'amour ?ricana-t- elle, tandis que ses doigts se crispaient de nouveau sur l'arbuste.\u2014 Cela vous serait impossible ! Je vous ai étudiée.Je connais votre nature, maintenant.Vous avez parfois du cœur; mais vous n'aurez jamais \u2018un cœur\u2018! Elle éclata de rire.\u2014 Vous vous jugez psychologue, ma parole ! Et vous n'êtes que fat ! Parce que je ne vous ai pas aimé, je ne pourrais pas être amoureuse ?Etes-vous donc le criterium, la pierre de touche ?N'y a-t-il pas au monde d'homme aussi beau, cultivé, séduisant ?Vous vous croyez un phénomène, monsieur de Beaupré ! Quant à votre logique, elle vous égare! Vous avez récolté les insinuations de gens qui ne savent pas.Et vous avez tout cru ! Je ne voulais pas me marier parce que je n'aimerais jamais! Je détestais les hommes! Je haissais la domination ! Vous ne vous étes pas dit un seul instant que je me posais peut-être un masque !.Vous n'avez pas admis que je pouvais, moi aussi, avoir aimé ! CHAPITRE XIII Jean s'efforça de rire, mais ses ongles s'enfoncèrent dans la soie du divan.Elle se retourna d'une pièce : \u2014 Oui.Ecoutez-moi.Il est temps que je vous raconte.J'ai aimé ! Le cœur dont vous niez l'existence a vibré, et c'est pour ce souvenir, afin de le garder plus fidèlement en moi que je vous hais tous .tous!.Elle avança la tête, pour mieux voir la pâleur de son mari.\u2014 Ce n'est pas vrai! cria-t-il.\u2014 Naturellement.Ça trouble votre confiance en vous-même ! \u2014 Un nom! Je veux un nom!.Elle n'hésita pas.\u2014 J'aimais François Arnaud.\u2014 François Arnaud! .Celui qui est mort dans l'Ouganda ?\u2014 Où il chassait le buffle.\u2014 Vous avez aimé Arnaud ?Flle se pencha : \u2014 Près d'un an, je l'ai vu chaque jour.Il passait tous ses après-midi chez mes parents ou chez mes amies.Lentement, la passion est venue.Je l'ai aimé avec toute la force d'une âme vierge !.\u2014 Il le savait ?Laure murmura : \u2014 Je le lui ai dit\u2019 moi-même, la veille de son départ.Vous voilà renseigné, monsieur mon mari.Ah! Ah! Vous aviez fait le beau projet de prendre un cœur ?Mille regrets ! Il appartient à un autre, qui valait (Lire la suite page 41) \u201cJe m'en sers comme fond de teint .et le garde même la nuit\u201d Miss Nancy Whitney, fille de Mr.et Mes.Richard Whitney 39 LE FROID À LE DON DASSECHER ET DE RESSERRER LA PEAU LE\" VANISHING CREAM\"PONDS L'ADOUCIT EN UN RIEN DE TEMPS AINSI LA PEAU SÈCHE, RUDE, AUX PORES TROP SERRÉS | E bon froid qui vous incite à rester dehors pendant des heures ! Ce n'est pas étonnant que votre peau soit sèche et \u2018\u2018resserrée\u2019\u2019 quand vous rentrerz .et elle est rude au toucher.Il faut attribuer cela à l'assèchemen: plus rapide des cellules superficielles de la peau.Elles se mettent à tomber.Mais vous pouvez rendre votre peau douce et humide en un instant.Il suffit de dissoudre ces parcelles rudes \u2014 avec une crème Rératolytique ! Un dermatologiste nous dit pourquoi Un éminent dermatologiste l'explique clairement : \u2018\u2018Quand une crème kératolytique (Vanishing Cream) touche des cellules superficielles séchées, elle les fait fondre.On ne voit plus alors que les cellules jeunes et humides qui se trouvaient en-des- sous.La peau apparait aussitôt douce et fine.\u201d Comment la peau devient rude Une coupe de l'épiderme.Montrant comment les cellules superficielles sèchent, se détachent.durcissent la peau.Vous pouvez les faire fondre.C\u2019est pourquoi le Vanishing Cream Pond\u2019s adoucit si merveilleusement la peau ! Plus qu\u2019un fond parfait pour le maquillage, le Vanishing Cream Pond's, appliqué régulièrement deux fois par jour, vous prépare une peau saine et délicate.Un maquillage uni \u2014 Avant de vous poudrer, appliquez une couche de Vanishing Cream Pond\u2019s.Il dissout les cellules mortes.laisse une surface unie pour la poudre.Pour une peau plus douce encore \u2014 Chaque soir, après vous être lavée, étendez du Vanishing Cream Pond\u2019s.Il ne parait pas, et ne tache pas les oreillers.En fait, il est invisible \u2014 et toute la nuit il adoucit votre pean ! Pond's Extract Co.Paquet de [0750.50 Tid.Dept.L142, 167 avenue Brock, Toronto, 8 articles 1&7 ave Veuillez m\u2019envoyer le paquet d= 8 articles, contenant un tube spécial de Vanishing Cream Pond\u2019s, de boñs échantillons de 2 autres Crèmes Pond'\u2019s et 5 teintes différentes de Poudre faciale Pond\u2019s.Ci-joint 10£ pour l\u2019emballage et affranchissement.Nom Adresse Ville \u2026 Province \u2026 Fabrication Canadienne Tous droits réservés par Pond\u2019s Extract Co.of Canada, Ltd. 40 La Maison de Demain Avec une cuisine et un garde-manger tout électriques, la maîtresse de maison peut parfaitement se débrouiller toute seule.Dans cette cuisine, tout est automatique, depuis le poêle jusqu'au percolateur.: Ce n'est pas pour : rien que l'Institut Pasteur, de Paris, a choisi pour réfrigérateurs des es- .tinghouse.On en compte seize.Inutile d'insister sur les avantages du réfrigérateur doublement automatique dont se pourvoit au- jourd'hui toute maison vraiment moderne.Ce qui fait en somme le réfrigérateur, c'est son mécanisme.La forme et la robustesse du meuble y sont aussi pour quelque chose.A gauche, la facade de I'Institut Pasteur, de Paris, où les réfrigérateurs Westinghouse sont à l'honneur.Ces appareils y jouent un rôle de premier ordre dans les laboratoires.LA REVUE POPULAIRE + La \u2018\u2019 Maison de Demain \" se prévaut de son éclairage et de sa ventilation.La lumière ne doit jamais, dans une maison bien comprise, fatiguer la vue de ceux qui l'habitent.~ doa 4 + 4 z * ¢ - Novembre 1936 (Suite de la page 39) mieux que vous ! Dans ma pensée, je lul ai t&Sut donné .tout.Laissant sa victime, elle retourna aux fleurs.Elle n'avait pas fait suffi- .Samment de mal.Elle recommençait \u201cÀ détruire la superbe plante lorsque Jean lui dit, tout près d'elle, et d'un ton étrangement calme : .\u2014Pourquoi vous attaquez-vous à la beauté ?Vous ne comprenez donc pas que votre acte est un blasphème?.\u2014 Vous avez l'air d'un précepteur en train de faire la leçon à son élève ! \u2014 Je vous ai dit que je vous traiterais en enfant.Réfléchissez; vous vous rendrez compte qu'il y a un petit côté .odieux dans la mutilation à laquelle vous vous complaisez.Elle haussa les épaules et quitta le salon.Lorsqu'il fut seul, il se laissa choir, la face contre le divan, et il éclata en sanglots.CHAPITRE XIV : Trois jours, il traina cette révélation comme un carcan qui lui sciait le cou, comme un casque qui paralysait son cerveau.Il n'avait pas autant souffert .quand Laure lui avait jeté à la face toute sa rancune et toute sa haine.Il se trouvait alors devant une belle anormale.Elle n'aimerait jamais.Tandis qu'à pré- serit, il connaissait son secret et la torture de la jalousie impuissante, de \u2018la lutte inutile contre un mort, entrait éin lui.Devant elle, il parvenait encore à faire figure, à montrer une force factice ,mais dès qu'elle avait disparu, il se laissait aller, s'enfermait dans ses pièces exotiques, renâclait les phrases qui avaient martelé son crâne.Elles étaient restées dans ses oreilles.Il entendait la voix de Laure, une voix double, pour ainsi dire, où il avait distingué, sous la dureté vindicative, une chaleur émue et la tentation des larmes.Pendant qu'elle lui jetait son secret à la face, comme une insulte, et uniquement pour tuer son cœur, elle était reprise par la puissance du passé.Depuis la mort d'Arnaud, n'avait-elle pas, en imagination, appartenu à ce souvenir ?Par delà la tombe, ne lui avait-elle pas donné toutes ses pudeurs ?H lui prenait des envies furieuses de monter chez elle, de la questionner.Entendre les détails le guérirait peut-être.En cela.nous sommes tous lamentablement pareils, quand nous souffrons, au lieu d'éloigner la cause, nous nous y complaisons, nous la fouillons et nous restons stupéfaites de voir ensuite notre plaie approfondie, infectée.L'amour-propre l'empêcha de demander à Laure ce qu'il brûlait maladivement de savoir.N'apprendrait- il pas tout en interrogeant avec un peu d'adresse Mme Desormes ou l'ancienne institutrice, qui ne pourraient se méfier ?Sans doute, elles ne soupçonnaient même pas la passion qui avait ravagé l'existence de la jeune fille., Mlle Mathilde allait chaque dimanche à la messe de 11 heures, à la Madeleine.Jean se promena sous le .péristyle.Rien de plus banal et de plus naturel que cette rencontre.L'institutrice ne pouvait deviner que le jeune homme commençait une enquête.Ils montèrent ensemble le boulevard Malherbes.Quoiqu'il bralat d'impatience, il déblayait d'abord quelques sujets indifférents.\u2014 Vous restez à Paris tout l'hiver ?demanda-t-elle.\u2014 Nous n'avons encore aucun projet.\u2014 Les voyages ne vous manquent pas ?\u2014 Jy songe de temps en temps avec désir.L'Ouganda me tenterait surtout, j'aimerais ces grandes chasses.\u2014 Comme le président Roosevelt ! \u2014 Et François Arnaud.H se tut.En passant sur ses lèvres, ce nom lui laissait la douleur d'un fer rouge.- \u2014 C\u2019est vrai.François Arnaud est mort là-bas, répondit la vieille fille.II parvint à feindre la gaîté.\u2014 Moi, je vous le jure, je ne l'imiterai pas.Je n'ai pas envie d'étudier d'aussi près les cornes des buffles ! Au fait, puisque nous parlons d'Arnaud, je serais heureux d'avoir quelques éclaircissements sur sa fin.\u2014 Les journaux.\u2014 Justement, je ne sais que cela.Je voudrais des précisions.\u2014 Je n'en connais pas davantage, monsieur .\u2014 Vous m'étonnez.La famille Arnaud était cependant en relations assez étroites avec celle de ma femme.\u2014 Relations lointaines .Une visite par an!.\u2014 Vous deviez voir souvent Francois Arnaud, dans les Ardennes?\u2014 Pas du tout ! Vous savez combien notre intérieur était solitaire, par la faute de Laure.\u2014 Arnaud a fait dans votre département d'assez longs séjours.Il ne venait pas régulièrement chez Mme Desormes ?\u2014 Il est venu une seule fois.Oui.Une seule fois.\u2014 Comment était-il ?\u2014 Je ne sais pas.Je ne l'ai pas vu.Quand elle a su qu'il nous faisait visite, Laure, que sa mère aurait obligée à paraître, avait trouvé bon de m'emmener en automobile, sans avertir personne.Le sang monta aux tempes de Jean.Ce que racontait Mile Mathilde, était-ce la vérité?Ne cachait-elle pas ce qui pouvait créer une peine ?Il aurait voulu saisir ses deux bras, river au fond de ses yeux son regard ardent, habitué à la lutte et à l'imposition de sa volonté, lui dire : \u2014 Jurez-moi donc que \u2018Vous ne mentez-pas !.\u2026 Auprès d'eux passait le monde in- différent, flaneur et bête, des dimanches.Les boutiques scellées de leur devanture de fer attristaient Je boulevard.Tout était tellement morne, sous un ciel gris, sans relief, que Jean n'osait pas croire à du bonheur.\u2014 Alors interrogea-t-il d'une voix dont le tremblement devait être distinct, Laure ne connaissait pas François Arnaud ?\u2014 Rappelez-vous qu'elle vivait en sauvage.Ah! mon rôle n'était pas toujours commode !.Heureusement, d'après ce que vous m'avez dit, elle a changé.De côté, elle étudiait la mine du jeune homme.Elle aussi voulait savoir jusqu'à quel point il avait été sincère.Ils atteignaient la rue Roquépine.Jean prétexta une visite, héla un taxi, jeta au chauffeur une adresse de fantaisie qu'il rectifia après le premier virage.Avant de penser, il voulait voir sa belle-mère.Celle-là n'était pas de force à lui travestir la vérité.D'ailleurs, elle n'avait pas, à propos de son ménage, les soupçons qu'avouait l'institutrice.La grosse dame le reçut avec les mains sur le cœur, comme si son gendre ne pouvait apporter qu'une grande joie ou une nouvelle fatale.\u2014 Vous venez déjeuner?Vous m'amenez Laure ?.Pourquoi ne me l'a-t-elle pas téléphoné ?Je vois ce que c'est.Elle n'a pas eu la communication !.Ah! ces monopoles ! \u2014 Mais non, je vous assure.\u2014 Alors, c'est qu'on ne m'a pas avertie.On peut dire qu'on est servi, à présent !.Elle se précipitait à la sonnerie pour gourmander la femme de chambre.Jean l'arrêta : > \u2014 On ne vous a pas téléphoné.Je viens à l'improviste.Je passais dans le quartier.J'ai voulu vous voir, vous demander un renseignement.\u2014 Vous ne venez pas me dire que Laure est malade, au moins ?\u2014 Je crois qu'elle se porte à merveille.\u2014 Alors, je devine !.Inutile de prendre des ménagements ! La joie ne fait jamais de mal ! .Je vais être grand'mère, n'est-ce pas ?\u2014 Hélas ! non, pas encore.\u2014 Oh! La bonne dame comprima son cœur.La déception lui était funeste.\u2014 Je viens vous demander des détails qui m'intéressent sur la mort d'un de vos amis.J'ai l'intention d'écrire un article pour la Société de Géographie.Renseignez-moi sur l'accident qui a coûté la vie à François Arnaud.\u2014 Comment voulez-vous que j'en connaisse plus que vous-même ?\u2014 C'était une de vos relations assez intimes.\u2014 C'est-à-dire que j'avais connu sa mère et que nous continuions des échanges de politesse sans nous voit.Elle habitait Paris.Nous, les Ardennes.\u2014 Arnaud venait y chasser.\u2014 Oui.Il nous a même fait une visite.Je ne l'avais jamais vu.Un garçon qui n'annonçait pas le casse- cou qu'il était.Un physique quelconque.Des yeux pâles \u2026 .Je n'aime pas ces yeux-là .Très gentil, du reste.\u2014 Vous devez vous tromper .Il est venu plusieurs fois.Et vous êtes sévère dans votre appréciation.Laure le trouvait très bien, elle.\u2014 Laure !.Ah! Elle peut en parler !.Après le tour qu'elle nous a joué!.Quand on l'a cherchée, on a- appris qu'elle était partie en auto.J'ai dû conduire toute seule la conversation avec cet inconnu.Ce qu'il a dû s'ennuyer !.Autant que moi, sans doute .Il n'a plus donné signe de vie.Jean se mit à rire, neërveusement.\u2014 Par exemple !.Laure n'a jamais vu Arnaud ! \u2014 Jamais !.\u2014 Plus tard, elle ne l'a pas rencontré dans le monde ! \u2014 Il est parti en Afrique sans revenir dans les Ardennes.D'ailleurs.il ne devait pas avoir conservé un bon souvenir de ma réception.Le jeune homme se leva, saisit sa belle-mère, l'embrassa avec une telle fougue qu'elle en fut toute retournée.Le ciel n'était plus gris, le dimanche n'était plus odieux ! Laure avait menti! Cet amour pour François Arnaud, elle l'avait inventé pour qu'il souffrit davantage! Et elle n'avait pas deviné que la nouvelle blessure pourrait guérir instantanément, que la santé reviendrait plus belle et plus forte ! \u2014 Elle n'a jamais aimé ! répétait-il en marchant.Elle n'a jamais aimé!.Il la retrouvait incapable de ressentir une tendresse charnelle et il jouissait de la certitude qui l'eût accablé un mois plus tôt.Au moins ne serait- elle à personne ! Il médita de l'enlever, de l'emporter très loin, sur un yacht qu'il achèterait, la garderait sans qu'elle pût invoquer la fin de la désastreuse expérience.Le temps et la route vont vite lorsqu'on navigue sur les vagues de la @ Si vous avez 30 ans, ce Rasoir vous épargnera l'achat de 2,500 lames que vous émousseriez sur les poils raides de votre barbe pendant tout le reste de votre vie.cela ne vaut-il pas $6.95 (et plus) ?Parfaitement, disent les dizaines de milliers d'usagers du R 0 WA RASOIR® Monde M44F Aigulse et repasse automatiquement sa lame P.S.Môme st vdus concave.n'accordez pas d\u2019importance a I'économie, vous trouverez délidieux de vous raser avec un Rolls, Bols à barbe Rolls, $1.00 Savons de rechange, 604 NE SOUFFREZ PLUS cvs te ne Traitement Médical F.GUY C'est le meilleur remède connu contre toutes les maladies féminines, des milliers de femmes ont, grâce à lui, victorieusement combattu les déplacements, inflammations.périodes douloureuses, douleurs dans la téte, les reins ou les aines, etc.Envoyez 5 cents en timbres et nous vous enverrons GRATIS une brochure illustrée avec échantillon du Traitement F.Guy.CONSULTATION : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL Boîte Postale 2353 \u2014 Dépt.2 5920, rue Durocher, près Bernard MONTREAL, P.Q. 42 Le Poli qui Conserve les Chaussures comme\u201cNE UVES! / PS ve ES, { A Les chaussures [restent élégantes et - A , N comme neuves [lorsque polies régu- lierement| au Nugget.5°, = SNS VU = Nugget \u2018pénètre profondément ° dans le cuir qu\u2019il conserve ainsi souple et confortable.Il |l\u2019imperméabilise également l'empêche de se\u201cfendiller, en proton la durée.Employez Nugget, le poli chaussures de famille.\\ POLI A| CHAUSSURES Ni GET tne nuance de| Nugget .pour chaque genre de chaussure 177F Digestif Agréable Un verre de Cognac Courvoisier, avant et après le repas, est toujours recherché par les connaisseurs.COURVOISIER Aux magasins de la C.L@Q.26 oz.$3.65 GAGNEZ DE L'ARGENT DANS VOS SOIREES JOUEZ LA GUITARE HAWAIENNE APPRENEZ A JOUER la guitare hawalenne, par cor- ndance.ou! let, Méthode facile, Examen.\u201d a1\" GRATIS avec la première leçon.\u2018Termes de paiements faciles.Des mil- Uers de Jeunes gens et jeunes filles, diplômés recommandent no- von AUJOURD HUE ou er \u2019.ur plus de détails, pour LE CONSERVATOIRE DE MUSIQUE HAWAIENNE 251-t RUE ST-JOSEPH QUEBEC, P.Q.Cette Guitare Hausienre EMVOYEE AVEC LA PREMIÈRE LECOR ga chimere.Il fut chez lui sans s'apercevoir qu'il avait marché plus d'une demi-heure et qu'on l'attendait depuis un bon moment pour le déjeuner.\u2014 C'est vrai?Je suis en retard?demanda-t-il gaiement.Excusez-moi, Laure.Je viens de faire une promenade .une bonne promenade.\u2014 Vous êtes excusé.\u2014 Laissez-moi vous regarder.Cette robe noire vous va vraiment à ravir.Vous aimez le noir et le gris, n'est-ce pas ?.Comme vous avez raison !.Non! Ne vous asseyez pas encore.Je vous contemplerais toute la journée ! Est-ce que François Arnaud aimait aussi vos toilettes ?Un peu de pourpre anima les joues mates de la jeune femme.Son mensonge la blessait tout à coup.Elle était offensée aussi que Jean lui parlât de cet amour avec une telle désinvolture.Ne comprenait-il pas son manque de tact! Il s'était pourtant conduit en homme du monde, dans toutes les phases de leur singulière union ! H venait de détruire la seule chose dont elle lui sût gré.Elle s'en irritait, sans cause plausible du reste, car il lui était indifférent qu'il fût ou non un parfait gentilhomme.Peut-être n'y avait-il dans cette crispation qu'une écorchure d'amour- propre.Jean l'aimait-il moins qu'il le disait ?Ses derniers mots en étaient une preuve trop évidente .Alors ?Sa vengeance ?.Durant le repas, il ne cessa de parler.Laure ne laissait voir que le rideau de ses longs cils.La bonne humeur de son mari la heurtait.Devant ce gouffre d'égoïsme, pour la première fois elle se sentait faible et impuissante.Ah! Il en avait vite pris son parti, le remarquable amoureux ! Il plaisantait, racontait de bons mots cueillis au cercle, jugeait une exposition particulière dont le vernissage s'était fait devant un buffet copieux, aux sons du jazz-band.Elle le suivait au rez-de-chaussée sans qu'il le lui imposât ,par un besoin d'offensive immédiate, ignorant d'ailleurs comment elle pourrait attaquer cette cuirasse d'insouciance.\u2014 Vous voici de bien belle humeur ! lança-t-elle.\u2014 Je me sens joyeux comme si nous -étions au printemps au lieu de patauger dans un hiver interminable.Elle s'était assise, ouvrait un livre.Il se tenait debout devant elle, avec de folles envies de saisir sa tête, de l'emprisonner dans ses mains, de manger de baisers fous cette chevelure épaisse et souple qui tentait son désir.Elle s'inquiéta de ce mutisme et de cette immobilité.\u2014 Qu'attendez-vous ?voulez-vous ?La voix était lourde de rancunes nouvelles.\u2014 Ce que je veux, Laure ?Vous dire que je suis très content ! \u2014 Vous vous répêtez.\u2014 Et que c'est vous qui en êtes la cause!.\u2014 Moi?.\u2014 Oui.N'est-il pas juste que je vous remercie ?.Tenez, je sais que vous êtes menteuse, et je veux vous débarrasser de ce défaut .Ne vous dressez pas avec colère.Je le répète, vous avez menti.Vous prétendez avoir aimé ?Ce n'est pas vrai ! Vous n'avez aimé personne.Vous en êtes incapable! Et c'est pour cela que je Que me suis si heureux.Ne parlez pas; vous vous entêteriez dans le mensonge, et ce serait inutile.Vous avez menti.\u2014 Qu'en savez-vous ?\u2014 J'ai fait mon enquête.J'ai interrogé.François Arnaud n'est venu qu'une fois chez votre mère, et vous ne l'avez pas vu.Allons ! avouez que votre invention était assez enfantine .Et promettez de ne pas recommencer .Elle serrait les poings.\u2014 Oui, j'ai menti.prononça-t- elle sourdement.Je cherche toujours le moyen de vous frapper, plus cruellement .Prenez garde ! J'inventerai mieux ! \u2014 Mais non! Vous n'inventerez rien, parce que vous êtes au fond une très bonne âme, et que vous êtes souvérainement honnête .Il y a si peu de chose qu'une femme peut faire pour déchirer le cœur d'un homme ! Elle tombe si vite dans le mal! J'ai confiance en vous, Laure.Votre fierté est une égide.\u2014 Ne vous y fiez pas! \u2014 Vous savez quau besoin je vous protégerai contre vous-même.J'ai charge d'âme pendant quelques mois ! je ne me soucie pas de vos colères et votre haine me touche peu.Tant que vous serez sous mon toit, je ne permettrai rien qui puisse porter atteinte à votre honneur.TI s'était assis près d'elle, posait sa main sur le bras blanc et rond.Elle ne se défendait pas, elle réfléchissait au moyen de l'accabler.II éleva un peu le coude, posa ses lèvres dans le délicieux pli de la chair, et elle ne s'en aperçut pas.\u2014 Je vous aime, dit-il.Je n'ai pas renoncé à vous conquérir.Elle sourit.Ces mots lui rendaient la force qu'elle venait de croire perdue.CHAPITRE XV Dès le lendemain, Laure commença de sortir davantage et ne demanda plus à Mlle Mathilde de l'accompagner.Elle recevait quelques personnes chez elle, dédaignait les salons du premier étage que Jean avait voulu mettre à sa disposition.Son mari n\u2019était pas invité.Il ne sut même pas quelles gens elle réunissait.Etait-ce des relations communes ?Les échos de ces réceptions lui arriveraient sans doute par un de ses amis ou par ceux de Mme Desormes.Pourtant, un soir, comme il traversait le hall, il aperçut deux de ces invités.Il ne les connaissait pas.C'étaient des étrangers, Espagnols ou Américains du Sud.L'homme était séduisant, malgré son teint olivâtre et sa chevelure trop noire.La femme, vraiment belle, ne retenait pas l'admiration.Au regard du raffiné, le manque de distinction semble toujours une sorte de tare physique.Jean fut contrarié de voir ce couple inconnu.Il avait espéré que Laure s'entourerait uniquement du monde aristocratique de Paris, qui était le leur, à tous deux, et qui n'a son pareil en aucun endroit du globe.Et je ne veux pas parler ici de de l'aristocratie du blason, trop souvent polluée par des mariages qu'impose le souci de redorer des armoiries, mais de cette noblesse française de la race, de la pensée et du cœur.Chez nous seuls \u2014 nous pouvons le dire sans forfanterie \u2014 se trouve encore l'Ensemble, qu'on ne définit pas, qu'on sent d'instinct, comme on sait, sans le détailler, qu'un beau tableau du XVIIe est parfait, qu'il ravit l'œil par ses personnages, sa composition, son cadre, ses costumes, ses couleurs.Jean n'était certes ni chauvin dans le sens le plus étroit, ni imbu de l'idée puérile que tout est parfait en France.Chaque jour, par trop de preuves, nous nous voyons devancés dans l'application des découvertes, l'outillage, la technique ou les sim- LA REVUE POPULAIRE plifications méthodiques de la vie.Ses voyages lui avaient fait apprécier les qualités naturelles et les efforts de chaque peuple.Il ne refusait pas aux Chinois certaines supériorités; il eût simplement été peiné de nous les voir acquérir, parce qu'elles ne cadraient pas avec notre essence nationale.Il savait ce que vaut un An- glo-Saxon et un Yankee, et souvent \u2018il en tirait, en même temps qu'une juste admiration, un orgueil nouveau\u201d.d'être Français.Il fréquentait beaucoup d'étrangers, et pourtant la rencontre de ce couple exotique, trop impeccablement beau, trop minutieusement élégant, lui fut désagréable.1 se gourmanda.Laure était libre de recevoir les gens qui lui plai-, saient et notamment des Sud-Américains présentés à l'Interallié ou au polo de Bagatelle.Il ne lui demanderait certainement pas leurs noms et ne paraitrait pas un surveillarit.II songeait : \u2014 Paris est plein de gens très honorables qui arrivent de l'Espagne ou du'Brésil.Mais pourquoi Laure s'en entoure-t-elle ?.Est-ce son atavisme créole qui reprend le dessus ?Ce qu'il ne s'avouait pas, c'est que la jalousie le mordait, qu'il souffrait de n'être pas chez sa femme quand elle recevait d'autres hommes.I lui demanda des nouvelles de la réception.\u2014 Je me suis fort bien amusée, répondit-elle évasivement.Il n'en sut pas davantage et ceci l'obséda au point que, trois jours plus tard, lorsqu'on lui annonça Mme de Thorigné, il eut l'intuition que cette amie sûre venait lui parler de Laure et de ses visites.Pour ce motif, au lieu de la recevoir au salon de l'étage, il la fit introduire dans ses pièces exotiques.Après l'émerveillement que ces retraites précieuses causaient à tous ceux qui y pénétraient pour la première fois, Mme de Thorigné s'arrangea dans un coin du divan.\u2014 Je viens vous parler en secret, commença-t-elle.Je vous demande surtout de ne pas attacher à ma démarche un autre mobile que l'amitié que je vous porte.Vous la connaissez.\u2014 J'ai pu l'apprécier .Vous êtes peut-être la seule personne que je n'aie jamais entendue déchirer son prochain.\u2014 Merci.Vous me donnez la force de vous dire.J'ai bien hésité, croyez-le.Mais j'étais là, quand votre mariage s'est amorcé, quand cette idée .bizarre, vous est entrée dans le cerveau .J'en fus même un peu la cause, par mon bavardage.\u2014 C'est de Laure que vous voulez me parler ?\u2014 Vous ne le soupçonniez pas ?\u2014 J'en étais certain.\u2014 Est-ce un jugement ?\u2014 Non, mon amie.C'est l'assurance que vous venez pour mon bien.et pour celui de ma femme.\u2014 Je ne vous demande pas d'indiscrétion sur votre ménage.Je connais Laure, et je sais quel est votre caractère.À plusieurs reprises, j'ai pu vous observer tous deux.\u2014 Je savais aussi que nous étions devinés.Je l'ai lu dans vos yeux, au théâtre.Vous rappelez-vous ?\u2014 Je vous ai plaint.Car j'ai lu plus encore.\u2014 Quoi ?\u2014 Vous l'aimez, mon pauvre ami.Vous aimez votre femme qui ne pourra jamais donner un grain de tendresse et qui se servira de votre passion pour mieux se venger.Jean s'efforçait de rire.\u2014 Vous m'effrayez! Vous êtes pire qu'une sibylle ! em \u201c + * CM NIP ee ifs ba WSS pM Novembre 1936 \u2014 Les autres n'ont rien vu, parce qu'ils n'ont pas voulu regarder.Je vous avais averti de la folie que vous commettiez en obligeant ure a vous accorder sa main.\u2014 Aussi, j'espère que vous ne vous faites, sur ce point, aucun reproche.\u2014 Mais je me reprocherais au- jourd'hui de ne pas éclairer.Oh! Ce n'est rien de ce que vous crai- guez ! Laure est à l'abri de toutes les aiblesses.Elle me semble seulement inconséquente et elle m'étonne, car je sais avec quelle attention elle pèse chacun de ses actes.\u2014 Qu'a-t-elle fait ?\u2014 Vous ne l'accompagnez pas assez ! Elle se montre toujours dans les mêmes thés, avec les mêmes gens.Ceux-là sont dangereux pour sa réputation.Jean baissa la tête.Il avait honte de sa jalousie.\u2014 Des hommes seuls ?\u2014 Non! des ménages.Des métèques dont la vie n'est pas nette.On dirait qu\u2019elle les a choisis.Je les connais forcément, car ils couvrent Paris de leurs prodigalités excentriques.Et par mon mari, je sais ce qu'ils valent; une banque, n est-ce pas un confessionnal et un bureau de juge d'instruction ?\u2014 Des détails.\u2014 Il y a surtout un couple .Un \u2018très beau couple.Lui se fait appeler marquis del Rio Cortijo.C'est un Vénézuélien.Son vrai nom est Cardobal.L'an passé, il était croupier à Corfou.Il a réussi à voler des Grecs ! \u2014 Un virtuose ! \u2014 Plus que vous ne pouvez le croire ! Ils éblouissent Paris.La femme n\u2019est pas plus sérieuse.Cardobal a failli se faire arrêter, le mois dernier, pour une affaire de chèque sans provision.Il a pu s'en tirer en allé- gant un oubli et en apportant la somme, Par quel moyen se l'était-il procurée ?.Dans un de nos tripots les plus à la mode, il fut mis en carence.Affaire de tricherie, dont tout le monde fut certain, mais qu'on a tue parce qu'il n'était pas seul et que l'autre.Celui-là même qui porte si mal un grand nom, et que la rumeur publique accuse d'avoir volé les bijoux d'une dame également titrée.\u2014 Je sais.\u2014 Vous voyez ce que vaut le personnage.Quel but poursuit-il en s'ef- forcant par tous les moyens, de glisser sa complice dans l'intimité de plus en plus grande de Laure ?Et comment votre femme, si intelligente, si méfiante, ne s'aperçoit-elle de rien ?.Veulent-ils la compromettre ?Préparent-ils un petit vol si bien agencé qu'on ne portera pas plain- ted.Ils ont réussi à l'accaparer.Au Carlton, ils dansent tous les jours.Les langues ne seront pas longues à répandre leur venin.Voilà.Je vous avertis.M'en voulez-vous ?Jean serra vigoureusement les doigts gainés de peau noire a liserés blanc.~ Je vous remercie.Comme vous vous en doutez, c'est à elle que vous venez de rendre service.\u2014 Je vous avais bien dit que vous l'aimeriez ! \u2014 C'était écrit.\u2014 Ne jouez pas au fataliste ! Je lis de la souffrance dans vos yeux.Ce n'est pas encore pour cette fois que vous serez mûr pour l'islamisme.Elle hésitait.\u2014 Voulez-vous un mot de recommandation pour le préfet de police ?dit-elle.J'ai dîné plusieurs fois avec - lui.Il vous fera ouvrir le casier de cet homme.Je suis certaine qu'il vous édifiera.\u2014 Je connais le préfet.Je compte le voir dès demain.Lorsqu'elle fut partie, il tâcha de recomposer son masque de gaîté et de force.Devant la glace, il vit ses traits profondément altérés.Bien sûr, il n'y avait dans tout ceci que la menée criminelle d'une couple d'aventuriers qui préparait un chantage ou une escroquerie audacieuse.Pourquoi donc la jalousie le lan- cinait-elle ?Parce que, malgré la sauvagerie de Laure, ce Cardobal avait réussi (avec sa femme, il est vrai) à l'apprivoiser, à lui faire supporter sa compagnie quotidienne.HI eût donné la moitié de ses biens pour interroger Laure, et sa fortune entière pour tenir le chevalier d'industrie, seul à seul, dans un de ces lointains pays où l'on ne peut accuser de meurtre quand on a défendu sa vie, ou son bonheur.A la police judiciaire, il eut des renseignements très nets et très complets.Mme de Thorigné ne savait pas le quart de ce que la Sûreté avait déjà découvert.\u2018 \u2014 Hélas ! Nous ne pouvons rien, lui dit-on.Nous avons trop souvent les mains liées.Ce bandit s'attaque à des gens qui refusent de porter plainte.Il verse d'abord la honte, comme un chirurgien le chloroforme.Une victime pourrait peut-être recouvrer un collier de perles, mais elle perdrait son honneur, ses enfants, sa place dans la société; elle se tait donc, se contente de faire établir le mieux possible la copie du bijou.Et le marquis del Rio Cortijo continue à jouer, à danser, à fréquenter le polo, les courses, l'Opéra.Il nous nargue ! Si quelqu'un lui manquait de respect, il aurait vite fait d'invoquer nos lois, d'attaquer en diffamation ou de dénoncer le manque d'hospitalité française !.\u2026.Jean attendit avec fièvre la première réception que donnerait sa femme: Il aurait voulu aller au Carlton, voir avec qui elle dansait.Il recula; il avait peur d'étaler devant tous, la valeur de son ménage.Il ne sortait plus.Serait-ce l'après- midi ou le soir que les invités sonneraient à sa porte ?Laure n'avait pas l'habitude de l\u2019avertir et il eût été maladroit de la questionner.Du reste, il ne se faisait pas d\u2019illusion; elle était trop fine pour ne pas avoir percé à jour son faux masque d'insouciante.À table, il surprenait ses courts regards perçants, investigateurs.N'allait-elle pas le deviner, déjouer sa tactique ! Un jour, il entendit des automobiles s'arrêter devant 1'hdtel.Laure recevait.Il ne pouvait voir les arrivants sans se montrer.Il les compta.Au bout d'une heure, il en avait dénombré une trentaine.\u2014 Je puis monter, se dit-il.Dieu veuille que Cardobal soit là.Une femme chantait en espagnol.Il patienta jusqu'à la fin du morceau, puis il ouvrit la porte.Laure était tout près; elle l'aper- cut a l'instant même et rougit un peu.Les invités, dont la plupart ne connaissaient pas le mari, trouvaient tout naturel que Jean de Beaupré ne parût pas aux réceptions de sa femme.N'était-ce pas plus moderne et plus pratique ?Ils ne découvrirent donc pas sur le visage de Laure la surprise ou l'irritation.Jean souriait.\u2014 Ma chère amie, je ne viens pas vous déranger.Je désire simplement parler à M.Cardobal.\u2014 Ce monsieur n'est pas chez moi.Je ne le connais pas.Le regard de l'explorateur parcourait le salon.(Lire la suite page 45) 43 MARQUE DE FABRIQUE DEPOSEE Wy LI % LES GENERATIONS PASSENT-LA MARQUE D-M-C DEMEURE DÉBILITÉ FAIBLESSE : [A SIROP ANE rc Hémoglobine.\u2014 Régénérateur du Sang, prescrit par l'éllte médicale.Supérieur à la vlande crue et aux ferrugineux.\u2014 Admis dans les Hôpitaux de Paris.COUPON D\u2019ABONNEMENT La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75¢ pour 6 mols (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90c pour 8 mois) d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE.NOM \u2014\u2014 ADRESSE VILLE POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée., Prop.975, rue de Bullion MONTREAL 44 Les Mots Croisés de La Revue Populaire Grande Série No 1 SOLUTION DU PROBLEME DES MOTS CROISES PARU DANS LA REVUE POPULAIRE D'OCTOBRE 2 \u2014® mn 2 m 4 2 EAE GA wim come = m,æ m l æ< \u2014-I3joir +29 T mi \u2014 x30 |B = mica mee ain oO mL Bir 0 m{Qio m r= mano < =n >< EE a|z|ola'-l>'5 m © micajor eim m © misi-1C;N © \u201cDin mæ-0]z m3] 3m [er] =n Zor mo omic mio JC IN m|\u2014-|x miolmiza]z o = Lu oO \u2014-|3je 2 {mixm æ|m m Z {mom aI3m au ® 0 HORIZONTALEMENT 1\u2014Côté d'un navire frappé par le vent.\u2014 Particule provençale.\u2014 Fainéantise.\u2014 En les.\u2014 Réformateur persan (1820-1850).2\u2014 Petit personnage des contes de Perrault.\u2014 Moment d'arrêt.\u2014 Demeure triste (fig).3\u2014Auteur de \u2018\u201c Mon frère Yves\".Echange.\u2014 Ancienne capitale du Béarn.\u2014 Fardeau.\u2014 Sorte de citron.4\u2014Prière.\u2014 Echappement d'un gaz.\u2014 Calciner du plâtre.\u2014 Argile rouge.5\u2014Adv.\u2014 Portion de circonférence.\u2014 Petite prairie.\u2014 Figure héraldique.\u2014 Adresse.\u2014 Ruisselet.6~\u2014Tenir a distance.\u2014 Calotte turque.\u2014 Ouverture d'un volcan.7\u2014Pavé de nouveau.\u2014 Formation géologique.\u2014 Unité de mesure.\u2014 Croûte extérieure.8\u2014 Très petite écriture.\u2014 Planète.\u2014 Action de plier.9\u2014Rendu plus étroit.\u2014 Mise à sec.\u2014 Dégauchi.10\u2014Fleuve de Russie.\u2014 Intj.\u2014 Sans variété.\u2014 Partie du visage.\u2014 Caprice.\u2014 En les.\u2014 Conj.11\u2014Mari de Bethsabée.\u2014 Ridicule.\u2014 Gros perroquet.\u2014 Semblable.LA REVUE POPULAIRE IL 2.3 4 5 6 7 8 9 10, Il, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 2, 22 23 0®N MAN # WN 12\u2014Argile.\u2014 Nettoyer la carène d'un navire.\u2014 Se dit d'une rente.\u2014 Epoux de Fatime.13\u2014Esclave de Mahomet.\u2014 Poil.\u2014 Attaché.\u2014 Liquide amer.14\u2014Ch.-1 de c.(Marne).\u2014 Term.\u2014 Saison.\u2014 Extrémité d'une clarinette.\u2014 Patriarche.\u2014 Possessif.\u2014 Term.15\u2014Coupe.\u2014 Ecuelle en bois.\u2014 Qui appartient au nez (fém.).16\u2014Courant d'eau très fort.\u2014 Dressait les gladiateurs romains.\u2014 Plaie des arbres.17\u2014L'aîné (en ang.) \u2014 Tonneau.\u2014 Mammifère solipède.\u2014 Donner les couleurs de l'arc-en-ciel.18\u2014 Voiture russe.\u2014 Point cardinal.\u2014 Partie respirable de l'air.19\u2014Nom du soleil (Egypte).\u2014Cou- leur (ang.) \u2014 Liguide organique.\u2014 Evangéliste \u2014 Enlève: \u2014 Conj.20\u2014Vieillesse.\u2014 Oiseau des Îles Canaries.\u2014 Qualification.\u2014 Eclat de voix.21\u2014Insecte diptère.\u2014 Etres fantastiques \u2014 Employa.\u2014 Fils d'Isaac.\u2014 Qui est à lui.22\u2014 Coin le moins en vue.\u2014 Perpendiculaire.(géom).\u2014 Groupe d'abeilles, 23\u2014 Qui exprime l'idée de terre.\u2014 Préf.\u2014 Liqueur de noyaux.\u2014 Intj.\u2014 Roue à gorge.VERTICALEMENT 1\u2014Ramasser les restes.\u2014 Magot de carton porté par une boule.\u2014 Nom des chapitres du Coran.2\u2014En forme d'œuf.\u2014 Pron.pers.(inv.) \u2014 C.-1 de Meurthe-et- Moselle.\u2014 Ile de l'Atlantique.\u2014 Recueil.3\u2014Choisir entre plusieurs (part.passé).\u2014 Observé.\u2014 Rivière de l'Asie.\u2014 Préfixe.\u2014 Chef- lieu de canton des Landes.4\u2014Croyance en la fidélité.\u2014 Plante épineuse.\u2014 Fabricant de drap.\u2014 Nouveau.5\u2014Estampe.\u2014 Eprouver le dépérissement.6\u2014Préfixe.\u2014 Cime.\u2014 Plus léger que l'ai.\u2014 Fils d'Edouard l'Ancien.\u2014 Vertu théologale.7\u2014Mammifère ruminant.\u2014 Ancienne monnaie.\u2014 Epoque.\u2014 Ile sur la côte du Finistère.8\u2014Touffe de cheveux.\u2014 Animal à six pattes.\u2014 Autrefois soldat d'artillerie.9\u2014Nuage.\u2014 Pays de l'ancienne Asie Mineure.\u2014 Lumière faible (plu.).10\u2014Qui marque la joie.\u2014 Equerre.\u2014 Plat personnage.\u2014 Semblable.\u2014 Selle grossière.\u2014 Adv.de lieu.\u2014 Possessif.11\u2014Ustensilé de ménage.\u2014 Ecorce de chêne.\u2014 Proclamation.\u2014 Obscurité en général.12\u2014Roi d'Israël \u2014 Evaluer une quantité, \u2014 Produite de races \u2019 différentes.\u2014 Vieillesse (inv.) 13\u2014Enduit imitant le marbre.\u2014 Espèce de graminées.\u2014 Démonstratif \u2014 Sans blesser.14\u2014Pron.pers.\u2014 Note.\u2014 Homme entêté (fig) \u2014 Oignon.\u2014 Lettre grecque.\u2014 Mesure chinoise.\u2014 Conj.15\u2014 Voiture de place.\u2014 Semence.\u2014 Débarrassée des nœuds.16\u2014Garniture de perles.\u2014 Rejeton de la racine des arbres.\u2014 Motif pour se disculper.17\u2014 Ville des Etats-Unis.\u2014 Petite prairie.\u2014 Liquide incolore.\u2014 ruption érythémateuse.18\u2014 Nombre.\u2014 Singe américain.\u2014 Canton suisse.\u2014 Ville de l'Etat libre d'Irlande.\u2014 Affaibli.19\u2014Exacte.\u2014 Sacres mâles.20\u2014 Vase demi-sphérique.\u2014 Etui de médecin \u2014 Mammifère marin.\u2014 \u2018Titre anglais.21\u2014Plante ombellifère.\u2014 Manière d'aller.\u2014Enjoué.\u2014 Anneau de cordage.\u2014 Sommet.22\u2014Commune rurale de Russie.\u2014 Démonstratif.\u2014 Lieu vaste et couvert.\u2014 Deux fois la même voyelle.\u2014 Point de départ de chaque chronologie.23\u2014Habit (pop).\u2014 Instrument destiné à étirer en fils, des métaux.\u2014 Ftoffe de laine. Novembre 1936 (Suite de la page 43) \u2014 Mais si!.Le voilà!.\u2014 Vous vous trompez.C'est le marquis del Rio Cortijo.\u2014C'est justement lui que je cherche.\u2014 Voulez-vous que je vous présente l\u2019un à l'autre ?\u2014 Je vous remercie, ma chère Laure.Je n'aspire pas à cet honneur.Fort beau et très élégant, le Véné- zuélien flirtait avec une jeune Française.Son charme opérait.Jean marcha vers lui.\u2014 Un instant, monsieur Carbodal.Le rastoquouère pâlit un peu, mais se remit aussitôt.\u2014 Madame, dit-il à Laure qui s'avançait, monsieur se trompe.Je vous prie de me nommer.\u2014 Non, répliqua Jean d'une voix si haute que les conversations tombèrent.Non ! Monsieur Cardobal ! Peu m'importe le faux nom de marquis que vous portez.Je suis chez moi, et je n'y tolère pas la présence des aigrefins, des tricheurs et des escrocs.Laure s'interposait : \u2014 Jean !.Vous êtes fou!.Il l'écarta doucement.\u2014 Vous ne pouvez pas savoir.Cet homme est habile.Il a réussi à pénétrer dans notre monde .Ici, je veux épurer.Laissez-moi, Laure.Vous voyez bien qu'il est insensé ! Il me tend sa carte; comme si je me battais avec des repris de justice.\u2014 Ah! C'en est trop! s'écria le Vénézuélien qui s'élança, la main haute.Jean la saisit, la serra dans la sienne à la faire craquer.\u2014 Vous me rendrez raison, hurlait Carbodal livide de douleur.\u2014 Sortez ! \u2014 Je n'ai d'ordres à recevoir que de madame.Quant à vous, puisque vous refusez de vous battre, la justice saura vous faire payer vos insultes ! Tous ces gentilhommes sont témoins.\u2014 Sortez ! Comme il.faisait encore mine de résister, Jean l'empoigna par le col, le souleva de terre, le porta sur le palier et le lança en bas des marches.Puis il rentra dans le salon.\u2014 Ma chère amie, dit-il, je voudrais un verre d'orangeande.Cet individu m'a donné chaud.Tout à l'heure, faites donc l'inventaire de vos bibelots, car je pense que sa femme est encore ici.Il se tourna vers la porte.Rouge de honte et de fureur, la compagne du Vénézuélien s'éclipsait sans que personne pensât à la retenir.\u2014 Vous avez beaucoup de monde ue je ne connais pas, reprit Jean.\u2018est une belle occasion pour nous présenter tous.Elle n'osa refuser.Certains métèques, un peu gênés par le regard trop fouilleur de cet homme, balbutièrent une formule de congé et se retirèrent.La jeune femme ne parlait plus.La scène qui venait de se dérouler lui montrait, une fois de plus, qu'elle se trouvait en face d'une volonté que rien n'abattrait.Son mari était entré chez elle, malgré sa défense, et il avait imposé sa tyrannie.Pourtant, elle ne mit pas en doute les accusations qu'il avait lancées contre le marquis del Rio Cortijo.Elle le savait trop droit pour s'abaisser à un mensonge et trop prudent pour avancer en public ce dont il n'avait pas acquis la cetitude.Elle avait cru qu'il s'en irait après son éclat et que la réception continuerait plus intime; mais Jean s'installait, commençait des conversations, se montrait aussi courtois qu'il avait été brutal et cassant.Il veilla lui-même à ce que les invités ne partissent pas plus tôt qu'ils l'avaient projeté, sut être aimable avec tous, et ces gens, pour qui la psychologie était le moindre souci, vantèrent \u2018in petto \u2019 les qualités et l'harmonie de ce ménage.\u2014 Je vous prie de descendre chez moi, dit Jean lorsque la porte fut refermée sur le dernier couple.\u2014 Si je refusais ?\u2014 Vous ne refuserez pas.Je dois vous expliquer ma conduite.la justice, si vous préférez ce mot.Or, vos domestiques vont débarrasser le buffet.Nous ne serions pas tranquilles.Du reste, si vous refusiez, je crois que je vous porterais.Elle descendit sans répondre.En bas, Jean reprit, d'une voix brève : \u2014 Je ne sais quel fut votre but en vous entourant de cette société.pour le moins hétéroclite .Je crains que vous ne l'ayez fait pour m'être désagréable .et en cela, je l'avoue, vous avez réussi.mais vous vous êtes fait du tort et vous allez vous nuire plus gravement.Savez-vous ce que c'est que ce Carbodal ?Il lui donna, sans l'épargner, tous les renseignements qu'il devait à la police.\u2014 je ne vous compends pas, Laure.C'est si peu votre caractère, de vous lier avec des inconnus!.Vous n'aimez pas la société des hommes.Et même pas beaucoup celle des femmes.\u2014 Je fais ce qui me plait.\u2014 Jusqu'à un certain point.J'ai encore deux mois.Pendant ces soixante jours, vous êtes parfaitement libre, mais pour autant qu'il ne faille pas vous protéger.Je vous ai montré par un exemple que je mets à cette liberté quelques limites.C'est fort bien de vouloir faire à son mari, par tous les moyens, de la peine ou des affronts!.Remarquez cependant que vous avez déjà employé la plupart des procédés pratiques.Ceux qui restent ne sont pas dignes de vous.Je croyais vous avoir dit que je ne permettrais pas la moindre tache à votre réputation .tant que nous serons ensemble.Patientez deux mois, et vous irez danser avec tous les rastaquouères du monde ! Elle baissa la tête.\u2014 Ça ne m'intéressera plus.Comme il se taisait, elle murmura : \u2014 Oui.Vous êtes vraiment fort.CHAPITRE XVI Jean avait espéré qu'après cette scène, Laure recommencerait une vie très enfermée, entre ses livres, son piano et ses fleurs, n'était-elle pas un peu comme une enfant punie?.Elle refusa durement sa proposition d'aller au théâtre et elle continua de sortir autant, le matin et l'après-midi \u2014 Elle veut me tenir tête, se dit- il.Elle est capable d'aller chaque jour au Louvre plutôt que d'avouer le succès de mon intervention.Bah ! Flle se lassera ! Cependant, elle ne semblait pas prête à changer sa façon de vivre.Et Jean sentait fermenter en lui toutes les pensées mauvaises de la jalousie.Il avait beau se raisonner, il se torturait dès que sa femme sortait de la maison.Où allait-elle ?Retournait- elle dans les thés dansants ?L'amour l'égarait.Il eut la vilaine tentation de la faire suivre, mais sut y résister.Quand arrivaient cing heures, il ne pouvait plus travailler.Il sortait, rôdait aux Champs-Elysées, faisait de fausses entrées au Carlton et au Claridge, se perdait au Ritz, voyait à peine ses amis, leur répondait distraitement.Il espérait rencontrer Laure, et tremblait en même temps de se trouver en face d'elle et de découvrir qu'elle n'avait pas rompu avec aucune de ses relations indésirables.\u2014 Je veux savoir, pourtant ! se répétait-il.Possédé par cette idée fixe, il devait fatalement en arriver aux seuls moyens de la satisfaire.Dégoûté de lui-même, il finit par les employer et apprit que sa femme passait son temps à des cours et des conférences.La nouvelle lui apporta une joie immense, et courte comme le feu qui donne une trop belle flamme.Il venait d'être rassuré sur le passé immédiat; mais rien ne garantissait la tranquillité de son esprit pour le lendemain ! Ses terreurs et ses doutes le reprendraient.Les cours finis, les conférences arrivées à bout de souffle, où irait-elle ?Paris devint l'ennemi de son bonheur.Autour de lui, il voyait l'immense cité toute pleine de sournoises embiiches.Il ne serait apaisé qu'en éloignant Laure de la fournaise, en l'ayant près de lui, à toute heure.Pourquoi restèr là, quand il pleuvait, que la Seine allait déborder, qu'on pataugeait à la sortie de l'Opéra, même en attendant la voiture ?\u2014 ll y a des pays où le soleil ne se lasse pas, se dit-il.L'Italie!.Oui! L'Italie!.La côte de Gêë- nes.Un coin où je ne serai plus environné par de l'inconnu terrible.Sa décision fut vite prise.Le jour même, il dit à sa femme : \u2014 Je désire vous faire part d'un projet.pour nous deux.Jai peur \u2014 je vous l'avoue, j'ai peur ! \u2014 que pour me vaincre, ou simplement pour me faire souffrir, vous n'inventiez encore quelque.extravagance.Il faut que nous partions.Nous serons de retour une semaine avant la fin de notre essai.\u2014 Vous voulez aller à Cannes ?\u2014 C'est trop près.J'ai choisi un endroit ravissant, et pas très couru.Vous connaissez Portofino ?\u2014 Entre Gênes et la Spezia ?\u2014 Oui ! \u2014 Savez-vous s\u2019il me plaît d'aller en Italie ?\u2014 Qui ne l'aimerait, en cette saison ?\u2014 Seule, oui.ou avec quelqu'un qu'on, a choisi.\u2014 Vous viendrez, Laure, parce que vous sentez vous-même qu'il est bon de quitter Paris.\u2014 Vous croyez à l'emprise du ciel italien et des barcarolles?.Vous pensez donc que je pourrais changer ?\u2014 Il n'y a rien de ça dans ma résolution ! Je me dis uniquement que vous alliez faire des bêtises, un jour ou l'autre, par haine.Elle gardait le silence.Qu'advien- drait-il si elle refusait?Elle avait découvert une telle puissance de volonté dans cet homme, qu'elle le jugeait capable de la contraindre.\u2014 J'accepte, répondit-elle soudain.Aussi bien, je suis lasse de la lutte! Vous avez raison; pour vous faire regretter votre folie, j'ai employé à peu près tous les moyens.Les autres ne me conviennent pas.J'ai besoin de repos.J'accorde une trêve.Vous avez donc choisi Portofino ?\u2014 Oui.Vous connaissez ?\u2014 Des côtes italiennes, je n'ai vu que Venise et Naples.\u2014 Je vous ferai les honneurs de ce petit port de Moyen Age.Nous n'y serons pas dérangés.Il y a toujours peu de monde a Portofino.Les gens préfèrent Rapallo qui vaut cent fois moins !.Vous verrez.Ça vous enchantera.\u2014 Et vous désirez partir\u201d.\u2014 Aujourd'hui même, si c'était possible.Mais ce ne serait faisable (Lire la suite page 47) 45 VOUS POUVEZ ETRE FIERE D'UN Cabinet P.xopre Vous n'avez pas besoin de vous inquiéter d'un bol de cabinet qui est taché.Vous n'avez pas besoin de frotter ni de récurer pour le rendre brillant comme un neuf ! Achetez seulement une boîte de Sani-Flush.Saupoudrez un peu de cette poudre inodore dans le bol.(Mode d'emploi sur la boîte.) Quand vous tirez la chasse- d'eau, tout est nettoyé.La porcelaine devient luisante.Mauvaises odeurs et microbes disparaissent.Sani-Flush est fabriqué spécialement pour le nettoyage des cabinets.Il nettoie mieux.Il débarrasse du lavage ennuyeux des cabinets.Il ne peut endommager la tuyauterie.Sani-Flush nettoie aussi les radiateurs d'autos (mode d'emploi sur la boîte).En vente dans les épiceries, pharmacies, quincailleries et grands magasins \u2014 25c et 15c.Fabriqué au Canada.Concessionnaires : Harold F.Ritchie & Company, Ltd., Toronto, Ontario.ce, CAE.A a] Ps Ae IL ENSEIGNEMENT PAR CORRESPONDANCE ECOLE DE DESSIN POUR TOUS 59-G rue St.Joseph, Quebec En vente partout ACHETEZ.Le Film Magazine de vues animées 46 LA REVUE POPULAIRE Le Port Avant l\u2019'Hivernement wir + 0044 CT TI TUE Chaque année, les ports du Saint-Laurent s\u2019endorment pour de longs mois.Au sifflement et au grognement des sirènes, au bruit des grues et des locomotives, succède le seul crissement de la glace le long des quais.Comme les ours dans leur retraite hivernale, les bateaux conservent en leurs flancs un reste de chaleur.Vienne le soieil d'avril, et, des cinq continents, des paquebots, cargos ou simples tramp-boats partiront vers la métropole canadienne.PHOTOS ROGER VIAU we #4.=.a 2 MT AES a; HHITHISRAMINNGe NR HIDE NN FH Nous avons rassemblé dans cette page trois splendides photos de notre collaborateur Roger Viau.Il nous montre trois figures différentes des \u201c visiteurs\u201d du port de Montréal.À l'angle supérieur, un océanique et un bateau des Grands Lacs avec, comme arrière-plan des gratte- ciel et un élévateur à grains; ci-dessus, la navigation fluviale représentée par un bateau de la Canada Steamship Line; à gauche, les noirs charbonniers, prolétaires de la mer, qui servent de repoussoirs à des nuages d'un blanc immaculé ! Novembre 1936 (Suite de la page 45) que pour un homme.Vous avez un jour entier, et je n'en ai plus peur, puisque vous accordez une trêve et que je vous sais loyale .très loyale.CHAPITRE XVII Le voyage fut silencieux.Laure partagea son spleeping avec une Anglaise; Jean eut pour compagnon un jeune Milanais fumeur.Les époux ne se rencontrèrent qu'aux repas et à la douane.Chaque fois que la jeune femme descendait du train ou passait dans les couloirs, son mari sentait autour d'elle l'admiration des hommes, et, tout en s'irritant, il devait avouer que ceux-là avaient du goût, qui s'arrétaient sur son passage et se retournaient.Quel charme dans la démarche, quels trésors soupgonnés dans les lignes qu'à certains gestes dessinait hardiment la robe.Et quelle splendeur hautaine en ce visage très pâle, où les lèvres jamais touchées par le crayon, semblaient une blessure d'amour.\u2014 Vous parlez l'italien, je crois ?avait-elle demandé.\u2014 Oui.Cette mince science est à votre disposition pour lire et traduire, si vous le désirez, des romans et des poésies.\u2014 Je me suis fait envoyer les nouveautés françaises.Mais, dans le village, je vous demanderai peut-être votre truchement.Autant vous employer que m'embarrasser d'un guide.\u2014 On n'est ni plus aimable ni plus généreuse.Ils ne s'arrêtèrent pas à Gênes.Le rapide les emporta directement à Santa Margherita, où les attendait l'automobile.Dès la sortie de la gare, on respirait le parfum, un peu artificiel, qu'exhale l'hiver méditerranéen.Il ne faisait pas beau; sous un ciel gris blanc, moucheté de petits nuages à peine plus sombres, s'étalait une mer paresseuse, d'une décevante couleur d'ardoise.Laure jeta un rapide coup d'œil sur l'ensemble qu'elle dominait.Par des photographies, elle connaissait déjà cette rive bizarrement découpée en angles brutaux et comme dessinée par la main malhabile d\u2019un enfant; mais elle avait attendu plus de chaleur de ces collines que couvraient les jardins et les villas.Les fresques italiennes ne resplendissent que sous le soleil.Elle soupira.Un pareil voyage pouvait-il s'annoncer autrement?.Et elle ne regarda plus.~\u2014 Ne détestez pas tout de suite ce pays, dit-il.Vous verrez demain.Vous l'aimerez, malgré ma présence.Je ne serai pas auprès de vous.De cette manière, vous jouirez de la beauté .La mer a toujours sa grandeur, et il faut toujours la chérir.C'est une- capricieuse ! Elle est fantasque, cruelle et si admirable!.C'est un peu votre sœur.\u2014 Je le savais.La voiture roulait déjà sur la route qui suit les sinuosités de la pres- qu'île, au bord de la mer, et peut, à juste titre, compter parmi les plus remarquables de la péninsule.Tour à tour .se montrèrent l'ancien couvent avec le donjon où languit François ler, les roches abruptes, les pentes drapées de verdure grise, Jes villas à belvédère, la crique de Pa- raggi, puis l'avancée sombre qui protège Portofino, coiffée de bois et surmontée d'un castel.La voiture atteignait les premières maisons du port, passait sous un portail, montait les lacets d'une route privée.Jean demanda au portier de l'hôtel s'il y avait grande affluence.La réponse fut mélancolique.La hausse de la lire et l'accumulation des taxes éloignaient les étrangers.L'explorateur sourit.La solitude lui plaisait.II s\u2019enquit également d'une barque.\u2014 Vous voulez faire du rowing?demanda Laure.\u2014 J'adore ¢a!.Et comme je désire vous\u2019 laisser une liberté entière, ne pas vous obséder de ma présence.Le directeur de l'hôtel montra un appartement dont les deux chambres communiquaient par une simple tenture.Les yeux de Laure s'assombrirent.Son mari refusa, et elle lui adressa un regard où il y avait un remerciement.Elle put donc s'enfermer et poussa le verrou en faisant le plus de bruit qu'elle put, afin de bien établir qu'a toute heure elle entendait être aussi seule qu'à la villa Saïd.\u2014 Voulez-vous que je vous montre Portofino ?demanda Jean au déjeuner.\u2014 Votre présence me glacera.\u2014 Allez-y seule.Elle réfléchit un instant.\u2014 Non.Accompagnez-moi.On fait, je crois, de jolies dentelles, par ici.Vous serez mon interprète.\u2014 Vous savez bien que je reste à vos ordres.Le ciel s'était dégagé en une fois, chassant la bande de nuages vers les montagnes.Par un sentier qui suivait les gradins de terre rouge, Jean mena sa femme au chemin muletier venu des sommets, qu'on appela jusqu'à la guerre \u201c Portofino Kulm \u201d, et auquel on a donné maintenant le nom plus logique de \u201c Portofino Vetta \".Ils descendirent à côté de la petite église, dont l'étroit parvis étale une riante mosaïque.Des taches de soleil tombaient entre les branches et jouaient \u2018sur le dos des chevaux, sur les cuivres des automobiles, sur le jaune et le vermillon de la piteuse déligence.C'était riant et pittoresque.\u2014 Pour arriver à la place, nous n'avons que cette ruelle coudée, dit Jean.Le débouché était si surprenant.que Laure s'arrêta.Elle avait porté les mains à sa poitrine.Son visage s'enthousiasmait.Un espoir le traversa; peut-être l'Italie, immortelle magicienne, opé- rerait-elle un prodige.Le soleil s'inclinait, couvrait d'ombre la croupe verdoyante qui fermait la baie.À droite, les dernières maisons de cet incroyable décor, s'éteignaient, créant des contrastes brutaux.Mais la place elle-même, le port minuscule et la bourgade, à gauche, se doraient, éclataient de lumière.Laure suivit les dalles qui continuaient entre les cailloux ronds.Elle s'arrêta à l'endroit où elle pourrait le mieux jouir de l'ensemble.L'abri millénaire qui avait sauvé tant de nefs semblait un très petit lac.Sauf le long du quai gauche, où elle reflétait les hautes maisons, l'eau était assombrie par les bois du promontoire.Creusé comme une selle, celui- ci plongeait à pic ses pans de rocs et ses parois couvertes par une végétation exasgérée.Le château qui le dominait recevait encore la caresse du soleil sur sa tour ronde et ses poivrières.Deux pins parasols en abritaient la cour.Quelques toits rouges se poussaient entre les arbres.Tout près du rocher sommeillait une goélette grise, gréée de blanc.Au bout de gros cables, quatre petits avisos, couleur d'acier, restaient immobiles, comme des animaux qui se butent.Sur le quai, entre les barques et les bateliers fatalistes, gisait une énorme balise, qu'on venait de passer au minium.A droite, avant les bâtiments de la douane, une ancienne auberge, tout italienne, avec une entrée rebutante, une terrasse au second étage, une charmille sur Je toit.À gauche, le quai, bordé de constructions dont chaque lot offrant un angle à part, et semblait un portant de décor, comme si un peuple, d'instinct, avait voulu arranger là une scène à grand spectacle.Au-dessus des arcades en plein cintre, en demi-ogive, en arcs surbaissés, qui abritaient des réserves, des boutiques, des fontaines et des escaliers noirs, montaient les maisons étriquées, si bien ornées de fresques que chacune, de nouveau, donnait l'impression d'être peinte sur toile.La plupart de ces logis, ne possédant qu'une fenêtre par étage, semblaient des boyaux dressés; mais, pour compenser cette maigreur, on les avait enjolivés de plusieurs tons, en variant les motifs.Au-dessus des arcades, des panneaux rouges; plus haut, entre des amours, du jaune canari; sous le toit, du bleu entremêlé de guirlandes .La façade ne s'en était certes pas élargie, mais elle avait l'air d'être triple; elle premait de l'espace, accaparait l'œil, enrichissait d'illusion le propriétaire.Laure admira longtemps.Son mari conversait avec des pêcheurs, débattait le prix d'une course en barque jusqu'à San-Fruttuoso, coin perdu entre deux parois du mont Por- tofino.\u2014 Ne peindrez-vous pas ?deman- da-t-il en revenant près de sa femme.Je crois que vous faisiez de l\u2019aquarelle .\u2014 Ça me tentera peut-être.\u2014 Vous auriez ainsi une disrac- tion agréable.Moi, je vais m'adonner au sport.L'eau doit être bonne pour nager.La barque m'attend.La montagne est sauvage et périlleuse à souhait; on peut y faire de l'alpinisme et se tuer fort proprement.Je m'entraine pour mon prochain départ.\u2014 Vous avez choisi un pays à visiter ?demanda-t-elle du ton le plus indifférent.Il tressaillit.Malgré tout, il montrait encore sa souffrance.\u2014 J'irai n'importe où, J'ai songé à l'Himalaya.Tout me sera bon, pourvu que ce ne soit pas le lieu où vous serez.Je m'enfuirai .Soyez tranquille.Je reviendrai guéri.Elle ne répondit pas.Elle regardait le quai.Il s'incurvait, s'effaçait, faisait croire à du mystère; les bateaux semblaient descendre un fleuve caché par le promontoire.Les marchandes de dentelles s'approchèrent, vantant leurs nappes, leurs guimpes et leurs Cols.Files étalaient sur la main des pièces fines qui devaient tenter la coquetterie et le goût de la jeune femme.Celle-ci écoutait son mari converser en italien et marchander.Elle n'acheta rien.Rapporter ces dentelles, n'était-ce pas s'attacher un peu au souvenir de ce voyage ?Flle ne retourna pas à Portofino.De l'hôtel, des chemins bien entretenus suivaient horizontalement les étages rouges où se tordaient les oliviers.Epousant les caprices de la montagne, ils menaient à un vallon sauvage, du fond duquel montaient des ifs noirs, si élevés qu'être à la hauteur de leur cime donnait le vertige.Une abeille n'y aurait trouvé passage ni abri.\u2014 Ils sont pareils à votre cœur, Laure, dit Jean qui l'avait rejointe 47 La santé à pleine tasse LA SAVEUR exquise du cacao Fry fait les délices des garçons et fillettes de tous âges.Chaque goutte comporte des qualités fortifiantes et vivifiantes.Un médecin célèbre prétend que c\u2019est \u201cla nourriture par excellence\u201d.Le cacao contient des sources d\u2019énergie que les enfants réclament.Employez du cacao Fry non sucré en cubes séparés d\u2019une once, pour la pâte.Demandes notre livre de cecettes, Fry-Cadbury Ltd, Montréal, P.Q.PURE BREAKFAST co l'ANGLAIS l'espagnol, l'italien, l'allemand ou toute autre langue par le LINGUAPHONE méthode rapide, simple et pratique pour apprendre CHEZ-SOI A PARLER n'importe quelle langue étrangère\u2014comme une chanson \u2014 en écoutant | DEMANDEZ NOTRE LIVRET GRATUIT Ne.21-M LINGUAPHONE INSTITUTE OF CANADA PEUR A UNI AM LR PU LU TTNS 20 vgs d\u2019Étoffes à Robe: $2.98 Crêpe de soie, imprimé, broadcloth.Ecou- lement de manufacturiers.Longueur : 4 verges; 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il croisait, la voile tendue, le bordage incliné à embarquer les lames.Le temps n'était pas limpide, et c'était peut-être ce qui attirait Laure Elle allait s'asseoir loin de l'hôtel, en un point d'où elle découvrait le château de Paraggi planté sur une pointe de roc et badigeonné de sang.Cet espace immense lui plaisait, parce qu'il lui permettait d'étudier les caprices du ciel.Juste sur la li- que d'horizon, les bateaux de Santa- argherita, de Camogli, de Porto- fino, se disposaient, à égales distances, comme une frise peinte au pochoir, et leur voilure prenait l'aspect de cornemuses gonflées.Le firmament gris, violenté par le soleil, résistait aux rayons.La jeune femme contemplait son impuissance, quand tout à coup le crevait, s'infiltrait par la blessure et venait baiser le flot.Il y avait ainsi, sans attendre le crépuscule, des effets splendides de menace.Elle étudiait ces tourmentes célestes, ces combats des nuages contre la limpidité; elle y trouvait des analogies avec les luttes qui la dévoraient elle-même ! Oh! ces velums de plomb qui, à la ligne lointaine où ils se confondaient avec la mer, permettaient malgré tout des brumes semblables à des vapeurs de cuivre rouge, à des passepoils de braise!.Soudain, la nue se déchirait, déflorée, violée, et les rayons tombaient, nettement visibles, comme ceux que les illustrateurs naïfs dessinent sur les images de l'Histoire Sainte.D'autres fois, l'attaque était plus .brutale, et c'étaient les ciels les plus tourmentés qui faiblissaient et succombaient le plus vite.\u2014 Oui, se disait-elle, la résistance froide, égale, sans colère ni secousses, voilà la vraie force.Quand le voile est doux et uniforme comme un lavis, toute la violence de la lumière reste impuissante.Mais voici une accumulation de défenses; ces traînées sombres, entassées, paraissent invincibles.Pourtant, en une demi-heure, un large trou y est foré, l'or tombe et brûle l'eau.La blessure restera ouverte.N'ai-je pas, moi aussi, eu le tort de perdre le calme ?En cherchant des vengeances, en criant ma haine, ne préparais- je pas ma défaite ?.\u2014 Ma défaite?.Quelle folie ! Je suis victorieuse ! C'est lui qui souffre pour le mal qu'il m'a fait!.C'est lui qui souffre !.Et il souffre seul!.La boîte d'aquarelle n'était même pas déballée.Laure ne lisait pas, ne s'occupait pas.Elle pensait; les jours ne suffisaient pas à apaiser le bouillonnement de son cerveau, bien plus puissant que celui du soleil dans la mer.Jean ne la voyait qu'aux repas, quoiqu'il prit soin, chaque matin et chaque après-midi, de lui demander s'il ne pouvait pas lui être utile.Il la traitait toujours avec la même désinvolture respectueuse, gardait précieusement pour lui-même ses troubles et ses angoisses.Vis-à-vis de sa femme, il n'était que la force raisonnée, qui sait être indulgente, se faire bonne camarade.Le temps s'améliorait.Jean attendait la limpidité du ciel pour commencer ses excursions.La barque l\u2019attirerait moins lorsqu'elle n'apporterait plus de péril.Les petites embarcations de pêche reparurent près de la rive, sur une mare pâlie, toute plissée.À l'horizon, les voiles plus audacieuses n'étaient qu'une imperceptible dentelure.Les côtes perdaient leur netteté.Peu à peu la brume s'emparait d'elles, noyait les contours.Les montagnes de Chiavari furent un bloc d'onyx; les collines plus proches sombrèrent dans le gris perle, gris fer, le gris taupe.Le flot se calma au point que des maisons rouges, des pins et des blocs parvinrent à se mirer.Au ras de l'eau s'ammoncelait une écharpe de gaze.\u2014 Demain, il fera beau, dit Jean \u2014 Vous pourrez partir plus loin, dans votre barque.\u2014 Non.Il n'y aura plus de vent, et une heure de rame me suffit.Vous avez tort de ne pas m'accompagner.La vue sera merveilleuse.On ne se figure pas comme ces réveils de la nature sont splendides ! Il n'y a que l'Italie pour nous montrer de telles couleurs.Je commencerai donc mes excursions.Je ne parle pas de Rapallo, de Santa-Marghe- rita, sites réputés, et que pour cela même, je n'apprécie peut-être pas à leur valeur.Mais derrière le massif de Portofino, il y a le délicieux port de Camogli.On ne trouverait pas à s\u2019y loger, et c'est pourtant un des coins les plus pittoresques de la Riviera.Figurez-vous un rocher jeté dans la mer.Sur ce rocher, une église, compliquée comme un château du Moyen âge, des maisons entassées, des ruelles, des escaliers .Une darse, toute petite, entourée comme jamais peintre de décors ne l'imagina, bourrée de barques, de tartanes, de caravelles, sertie d'arcades, de maisons peintes, de boyaux tournants.Comme fond, le vaste amphithéâtre de Ruta, le mont Portofino, des villas blanches et roses jetées jusqu'aux sommets, devant les neiges de l'Apen- nin.\u2014 Ce sera un bonheur.Nous prendrons alors l'automobile pour Santa- Margherita.Il termina, sans moquerie : \u2014 Je vous en rapporterai des photos.Laure leva le front.\u2014 J'irai avec vous.\u2014 Vous comptiez donc vous rendre à pied à Camogli ?\u2014 Non.En barque .Mais cette côte déchiquetée est très mauvaise.\u2014 Je ne la crains pas plus que vous.\u2014 N'importe.Je refuse.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que je ne serais pas certain du retour .et que nous ne trouverions sans doute à l'ostéria de la petite ville qu'une chambre commune.\u2014 Vous avez raison.Je vous remercie d'y penser, Demain, où irez- vous ?\u2014 Si le soleil se met de la partie, je commencerai à battre la montagne.\u2014 Je vous accompagnerai.\u2014 Etes-vous bonne marcheuse ?\u2014 Je le crois.\u2014 Je vous avertis que les sentiers sont détestables et que, pour descendre à San-Fruttuoso, par exemple, autant dire qu'ils n'existent pas.Elle mettait de l'orgueil à ne pas se montrer plus faible que lui.\u2014 Je n'ai pas peur.Le beau temps resplendit le lendemain, comme si les nuages avaient disparu depuis un mois.C\u2019est un des charmes de la côte ligurienne que cette sérénité dans la lumière.Aucun effort; la pureté du ciel, le calme, la limpidité reviennent comme des mai- LA REVUE POPULAIRE tresses de maison qui rentrent de voyage et se trouvent tout de suite chez elles., Dans l'azur tendre, pas la plus infime trace de nuages.La mer, assez agitée, semblait une jonchée immense de jacinthes, de bleuets, de pervenches.Elle était plus violente qu'outre-mer, mais on la devinait sans méchanceté.Tout au plus une capricieuse qui a le bonheur un peu trop exubérant.Tout paraissait merveilleusement clair, orné de teintes pures, et il régnait une fraîcheur de printemps qui animait les joues.Laure voulut partir en excursion comme elle se serait promenée dans un jardin.Elle ne mit pas de chapeau, ne protégea même pas son visage sous une gaze.Elle se sentait fille des pays de soleil.Elle aspirait largement les senteurs qui montaient de la mer et se mélaient aux aromes de la montagne.Elle marchait sans prononcer une parole, comme si elle accompagnait un chevrier.Souvent, elle se retournait.Le sentier montait, tournait cour, longeait des maisons entourées de pergolas, coupait toujours d'autres gradins d'oliviers.Bientôt, après une dernière échappée, saisissante sur I'anse de Portofino assombrie par la verdure, le petit port disparut.Très haut, riaient \u2018encore des bicoques rouges, qui protégeaient les vignes.La baie de Paraggi se montra, toute bleue.L'eau pâlissait au loin jusqu'à la plongée du soleil qui la rendait aveuglante.Les falaises de Ciavari semblaient du corail déteint.Les massifs plus éloignés se devinaient à peine, par des plans de cristal mêlés d'un soupçon d'amarante.A 1\" ostéria dei olmi \u201d, une paysanne, aux pieds nus, jupe troussée sur des jambes nerveuses, regardait en souriant.Jean proposa de faire halte.La montée avait été dure.La cour de ce cabaret, ornée de deux tables, de bancs taillés dans un tronc d'arbre et de cordes où séchait du linge de couleur, devait sembler hospitalière au touriste fatigué.\u2014 Asseyons-nous, dit Laure.\u2014 Voulez-vous que nous parlions un peu ?\u2014 Non.Laissez-moi.N'abîmez pas cette journée.Il se mit à converser avec la paysanne, de ce ton familier que savent si bien prendre, sans l'affecter, les vrais seigneurs et les vrais savants.Malgré elle, Laure écoutait la musique de cette langue.La contadine riait, racontait une histoire, à grands gestes prenait la Madone à témoin qu'elle n'exagérait pas, et Jean fut bientôt au courant de tous les potins de la montagne.\u2014 Partons, fit Laure.Ils recommencérent à monter.Le massif devenait plus sauvage.Les oliviers disparus, ils entrèrent dans le taillis.\u2014 Voulez-vous toujours aller à San Fruttuoso ?demanda Jean avant de quitter le chemin muletier.Je vous avertis que c'est très fatigant.Il faut redescendre tout ce que nous avons gravi et, pour revenir faire la même ascension.\u2014 Ne vous occupez pas de moi.À travers le maquis en fleurs, il coupa une première dépression, qui montait une anse ourlée d'écume; Laure ne put retenir un cri d'admiration lorsqu'ils arrivèrent sur l'autre crete.Entre les pins parasols s'ouvrait une large coupure au fond de laquelle, cinq cents mètres plus bas, dormait un hameau.pas même ! Une église minuscule et quelques maisons de pêcheurs, Les rocs d'en face étaient d'un rose carminé, dolomitique.Par trois ressauts aigus, Novembre 1936 dont l'un portait une tour sémaphore.cette muraille descendait & la mer.& Îl n'existe pas de vrai sentier, remaïqua encore Jean.\u2014 Allez.Ne vous inquiétez pas.Suivre une piste aussi étroite que cèlle tracée dans un bois par un animal, et que côtoie de temps à \u2018autre un précipice, n'est rien pour le paysan, bien chaussé, toujours armé d'un bâton.Il en allait tout autrement pour une jeune femme partie avec des soutiers fins et les mains libres.N'eût été son entêtement, Laure aurait bien vite abandonné, mais elle fût morte plutôt que de s'avouer vaincue devant cette homme.Plusieurs fois, il dut lui offrir la main, car les parties rocheuses, faites d'un poudingue où se reflétait la lumière, glissaient traîtreusement.1 sentait alors le fin poignet très chaud.Il le serrait plus qu'il n'était nécessaire.Laure ne disait rien.File ne lui reprochait pas de lui faire mal.\u2014 Le sentier devient marchez devant moi.Il passa la main sur son front.Elle venait de le dominer par le ton le plus doux qu'elle avait pris.Il redevint, pendant le reste de l'excursion, le\u2018 compagnon attentif, prêt à aider, à éviter un effort ou un péril.Ils déjeunèrent à San-Fruttuo- so et durent se remettre imédiatement en route pour ne pas être surpris par la nuit.En redescendant les lacets du terrible chemin muletier de Portofino, Laure défaillait; au contraire, Jean se montrait aussi dispos que s'il avait fait, le long de la côte, une promenade de santé.Elle ne put s'empêcher d'admirer cette endurance et trouva un mot d'excuse pour dîner dans sa chambre.\u2014 N'êtes-vous pas la souveraine.tant que nous sommes ici ?répondit- il.Il endossa son smoking, vint seul à la salle à manger, se promena encore devant l'hôtel, après le repas, et feignit plus que jamais une désinvolture qui n'existait plus, Il s'accrochait, en réalité, aux plus légers indices.Il conservait dans l'oreille les tons que Laure avait pris pour dire certaines phrases.Il les comparait.Il montait vers l'espoir comme un alpiniste escalade le Cervin.Les jours suivants fortifièrent cette illusion.Laure, vite remise de sa fatigue, l\u2019accompagna dans de longues promenades.Îls allèrent à Camogli et elle parut s'enthousiasmer pour ce coin ravissant.Ils montèrent au sommet du Portofino, cueillirent des bruyères rouges et blanches.Dans la brise encore fraîche, qui invitait à la marche, Laure s'animait.Si elle ne parlait guère, elle souriait à la nature; elle livrait son visage et ses lourds cheveux au vent de la cime.Elle entr'ouvrait la bouche comme si elle attendait un baiser.Toutefois, revenue à l'hôtel, elle allait de nouveau s'asseoir seule, dans le coin le plus solitaire et le plus sauvage du parc.Son regard reprenait sa fixité désolante.Au bout d'une semaine, elle refusa de sortir.Tout ce que Jean avait relevé avec patience, comme témoignages favorables, disparut.Elle fut aussi hostile, aussi lointaine qu'à Paris.Pour ne pas montrer son trouble, il la quittait, reprenait la barque, et elle ne se doutait pas que s'il restait longtemps en mer, à la même place, sans tendre la voile ni manier les avirons, c'est parce qu'il la voyait, entre les oliviers.J'étais fou de croire qu'elle pourrait changer! se disait-il.Pourquoi continuer une désastreuse expérience ?Pour m'enfoncer plus inexorable- meilleur; ment dans l'abîme ?.Je serais faible et lâche si je prolongeais notre séjour.Il parla donc de rentrer à Paris.\u2014 Vous avez tout vu ce que le massif de Portofino a d'intéressant, et vous ne retournez même plus au port, dit-il.Vous ne lisez pas, vous n'avez pas pris un pinceau.Je souffre véritablement de vous voir demeurer ainsi tout le jour, ne vous intéressant à rien.Si vous étiez venue avec Mlle Mathilde, vous auriez trouvé des distractions, vous vous seriez, non pas passionnée, du moins occupée .Quel ennui doit être le vôtre, depuis le matin jusqu'au dîner ! \u2014 Je ne m'ennuie pas.Je pense.\u2014 Je n'ose même pas espérer que ces réflexions s'égarent sur moi.Elles seraient tellement à mon désavanta- el.Elle haussa les épaules : \u2014 Si vous voulez, repartons pour la France! \u2014 Vous me direz votre jour.\u2014 Tout m'est égal.\u2014 Après-demain ?\u2026.plaît-il ?\u2014 Parfaitement.\u2014 Laure, il restera une semaine pour finir notre expérience.Je vous demande de la passer encore sous mon toit.Il crut la voir un peu rougir.\u2014 Certainement ! Je n'ai pas l'intention de lésiner pour trois ou quatre jours ! Il hésitait : \u2014 Puis-je rester près de vous?\u2014 Non.Je vous en prie, lais- sez-moi.\u2014 Vous n'avez donc pas suffisamment pensé, aujourd\u2019hui ?.Voyons! Nous sommes dans un des plus beaux pays du monde.Daignez au moins le regarder! \u2014 Je regarde en moi-même.\u2014 C'est moins lumineux, dit-il, sans aménité.Pour peu que vous regardiez de près, vous ne trouverez en Votre cerveau que l'annonce de la solitude, de l'abandon final.Elle enfonça sa tête dans ses mains.\u2014 Allez-vous-en.Allez-vous- en!.Je ne veux plus vous entendre!.Jusqu'au départ, elle ne parla plus.Elle s'enfermait dans son orgueil.Jean ne lui avait jamais vu un regard aussi énigmatique, fait de dureté et parfois d'une exaltation pleine d'aurore.En débarquant à la gare de Lyon.il dit : \u2014 Nous venons mettre des scellés ! \u2014 Rien n\u2019est mort ! répliqua-t-elle farouchement.\u2014 Vous ne comptez donc pas mon amour ?Elle avança la tête pour mieux étudier ses yeux : \u2014 Je croyais qu'il vivait bien, celui-là!.\u2014 Je l'enterre, dit-il.C'est tout ce qu'il mérite.Cela vous CHAPITRE XVIII Durant la semaine que la loyduté de Laure la forçait à passer dans la maison de son mari, Jean se montra plus rieur que jamais, et plus dominateur.Quoiqu'il vît arriver le jour de la séparation comme le malade attend le matin de l'intervention chirurgicale, il plaisantait à table, parlait de ses voyages futurs, sortait beaucoup, et semblait presque léger de finir l'aventure.Ils savaient tous deux exactement quand ils se sépareraient, et ils n'en parlaient plus.Au déjeuner, il exalta l'exploration, la vie de la brousse.Il respirait largement, comme s\u2019il humait déjà l'air de la liberté.Il n\u2019y avait dans ses yeux aucun voile de tristesse.La porte du palier refermée sur eux, les époux ne se regardèrent pas.Laure montait à son appartement.Son mari descendait retrouver les souvenirs exotiques qui l'attendaient.Au bout de trois marches, cependant, il se retourna : \u2014 Viendrez-vous me dire adieu ?demanda-t-il.Laure s'arrêta, la main sur la rampe.\u2014 À quoi bon ?Nous nous rencontrerons encore.Les procédures en divorce et annulation religieuse nous remettront plusieurs fois face à face.\u2014 Je vous dis au revoir.Elle ne bougeait pas.\u2014 Vous avez fait une sottise, pro- nonça-t-elle.Il éclata de rire.\u2014 La sottise qui est passée ne compte plus ! Je redeviens un homme à marier.Je serai de nouveau très intéressant, dans les bals.Elle avait relevé la tête et le regardait, mesurant à quel point il cherchait à se leurrer lui-même.\u2014 Je n'emporterai avec moi que mon nécessaire et une valise, fit-elle enfin.\u2014 Je ferai emballer le reste.\u2014 Quand pourra-t-on venir le prendre ?\u2014 Après-demain.Elle rentra chez elle sans ajouter une parole.Elle ne sonna pas sa femme de chambre.Elle ferma les rideaux et s'assit sur un divan.Une ombre épaisse comme la nuit, s'était plaquée sur la pièce; mais Laure y voyait encore trop clair.Elle emprisonna ses yeux sous ses mains.Alors seulement, elle se livra à ses pensées.Etouffés, indistincts, lui arrivèrent les sons de l'orgue.Puis tout se tut.La maison parut morte.Dans le silence, Laure entendait les battements de son cœur.Les hâtives ténèbres d'hiver posèrent vite leur sceau sur l'obscurité artificielle.Laure ne sentait pas couler le temps.Lorsqu'elle entendit la pendule sonner quatre coups, elle tressaillit et parut se réveiller d\u2019un sommeil profond.Flle alla tourner un commutateur.Alors, elle vit que son chapeau et son manteau de fourrures étaient préparés.Elle ne se rappelait plus en avoir donné l'ordre.Flle les regarda un moment, comme si elle hésitait, et elle s'éloigna tout à coup, violemment, semblant fuir une tentation.Sur l'escalier, les tapis profonds avalaient tout bruit de pas.Au rez- de-chaussée, la porte des appartements était entr'ouverte.Elle traversa le premier salon.Un bruit de conversation lui parvint.Elle s'arrêta, fit un pas en arrière, s'arrêta de nouveau, indécise.Une femme parlait.La tenture ne pouvait effacer les phrases.Laure écouta.\u2014 Mme de Thorigné, pensa-t-elle.Elle revint, et, rigide, collée à l'étoffe, elle but les paroles.Jean répondait : \u2014 Je ne sais si elle est encore dans la maison .J'ai épié les bruits.Non.Je ne crois pas qu'elle soit déjà partie.\u2014 Vous souffrez, mon pauvre ami.\u2014 Bah!.Je l'ai voulu.\u2014 A-t-elle eu au moins un mot de consolation, d'amitié ?\u2014 Rien.\u2014 Si vous saviez combien je me suis reproché de vous avoir présenté, chez les Channers .\u2014 J'ai été le seul coupable .porte le poids.Je souffre.Après une pause, il termina : .J'en 49 LE LAC LOUISE \u2014 Photo CPR.Point de jolies vacances sans voyages Vous risquez votre vie en bateau ou en aéroplane (a J NL parce que seules de puissantes compagnies ont assez d\u2019expérience pour construire des machines qui donnent confiance.Pourquoi donc, lorsqu\u2019il s\u2019agit de votre prestige personnel, ne pas utiliser LES POUDRES, LES ESSENCES, LES LOTIONS Pompéia Fétiche Safranor Le Trèfle Créations de l\u2019une des plus vieilles parfumeries du monde PARIS, MONTREAL 1030, rue St-Alexandre md 50 .\u2014 Terriblement .Derrière la souple cloison qui l'abritait, Laure tressaillit et ses yeux eurent une flamme nouvelle.Au déjeuner, elle avait pu douter encore de la souffrance de cet homme, mais elle savait maintenant, par ce seul mot, qu'il n'avait pris son parti de rien, qu'il portait pour toujours un souvenir et un nom gravés dans la chair saignante de son cœur.\u2014 L'oublierez-vous ?demanda madame de Thorigné.\u2014Oh!.jamais! \u2026.Devant elle, j'ai pu crâner .Je crois sincèrement que, pendant les derniers jours, je ne lui ai plus laissé deviner ma douleur.\u2014 Son attitude aurait dû vous détacher d'elle.Vous entriez en ménage avec une grande force.\u2014 Oui.Je ne l'aimais pas.\u2014 Elle ne vous l'a jamais pardonné, je suppose.Et vous avez fait votre malheur vous-même !.\u2014 Je ne sais pas si je le regrette.\u2014 $ \u2014 J'ignorais ce qu'était l'amour.Dût-on en souffrir, dût-on en mourir \u2014 vous entendez : en mourir ! il faut encore remercier celle qui vous l'apprit.\u2014 Vous lui êtes reconnaissant ?\u2014 Je l'aime.Il y eut un silence.Laure avait levé le bras et fermé la main sur un pli de l'étoffe.\u2014 Flle s'apprête, dit Jean.C'est sans doute une question de minutes.Et puis ma porte, pour toujours, se refermera sur elle.\u2014 Quelle chose atroce et admirable que l'amour, murmura Mme de Thorigné.Deux êtres bien vivants se quittent, d'un commun accord, et je n'ai jamais vu maison mortuaire aussi étouffée sous l'angoisse et le désespoir, quand on emportait le cercueil.Dans cette conversation, chaque arrêt était angoissant, car il contenait ce qu'aucun ne voulait formuler à haute voix.\u2014 Vous n'osez pas pleurer, reprit Mme de Thorigné, au bout d'un instant.Votre fierté d'homme vous retient.Et les larmes vous seraient si douces.\u2014 Oui.Oui.Je sais, balbu- tia-t-il d'une voix rauque\u2019.Mais quand je serai seul.Laissez-moi, mon amie, Laissez-moi.La main de Laure froissait le brocard.La jeune femme était encore plus pâle qu'à l'ordinaire, mais sous ses lèvres, vierges de fard, courait un sang plus chaud, plus ardent.D'un geste brusque, elle écarta le rideau.CHAPITRE XIX La tête enfoncée dans les mains, Jean n'avait pas entendu.Des bruits extérieurs, un seul lui parlerait, celui du grand portail de ferme de Thorigné leva les yeux.Dans l'ouverture étroite, entre les longs plis, Laure demeurait immobile.\u2014 Votre femme, avertit l'amie.Il regarda.À l'instant même, il fut debout.Ils restaient tous trois muets, tragiquement.\u2014 Vient-elle l'achever ?se demandait Mme de Thorigné.Laure lui tendit la main.\u2014 Il faut que je sois seule avec lui, prononça-t-elle d'une voix basse, qui tremblait un peu.Flle écouta s'éloigner les pas, puis le battant retomber, avec son bruit de glaces et de métal.Jean s'était ressaisi.\u2014 Vous acceptez de me dire adieu ?fit-il d'une voix qu'il parvint à rendre froidement courtoise.C'est un geste dont je vous garderai une éternelle gratitude.\u2014 Je venais à vous, répondit-elle avec lenteur.Je vous ai entendu.Pas un mot ne m'a échappé.Il se mit à rire nerveusement.\u2014 Vous vous en irez donc plus satisfaite .Elle passa les doigts sur les bandeaux noirs qui cachaient ses tempes.\u2014 Je ne partirai pas, répétait Laure.Il la regardait sans répondre.Il s'était imaginé qu'elle quitterait sans lui faire encore du mal; il ne soupçonnait pas un tel entêtement dans la vengeance.\u2014 Quelle comédit nouvelle et indigne a-t-elle inventée ?se disait-il.Ne ferais-je pas mieux de la prendre par les poignets et de la reconduire dans le hall ?La manœuvre de sa femme était tellement inattendue qu'il avait pu en être démonté.Mais déjà, il redressait le front.Sa force et sa volonté le ressaisissaient.\u2014 Flle a volé mon aveu de souffrance, pensa-t-il.Je ne l'en laisserai pas profiter ! Tant pis, après tout, si elle suppose que je n'étais pas sincère en parlant à Mme de Thori- gné.\u2014 Vos yeux parlent pour vous, dit Laure.Vous me condamnez avant de m'entendre.Sans même ricaner, il répliqua : \u2014 Vous m'en avez appris la manière.Un peu de sang animait les joues de Laure.Après ce qu'elle avait en- tendt, elle ne croyait pas trouver en face d'elle cette résistance froide dont elle connaissait l'atroce puissance.\u2014 Ne m'interrompez pas.Lais- sez-moi la force de vous dire pourquoi je suis descendue .Je ne veux plus vous quitter.Ce n'est pas vous seul qui vous êtes pris au jeu.Moi aussi, Jean.Et j'ai rendu les armes.\u2014 Vous rendez les armes ?Je ne vous comprends pas.\u2014 J'étais venue à vous pour un aveu, dit-elle en hésitant.Il leva la main pour témoigner de son insouciance : \u2014 Cet aveu, vous l'avez entendu.Pensez-en ce que vous voudrez, qu'il était sincère, ou que je cherchais à me faire une auréole de douleur, qui va très bien aux hommes, en général.Elle ne faisait pas attention au sarcasme.\u2014 J'étais venue vous apporter.Elle hésitait.Etonné, il haussa les sourcils : \u2014 M'apporter?.Quoi?.\u2014 Mon cœur, acheva-t-elle, si bas qu'il dut avancer la tête pour accueillir les syllabes.Il passa la main sur son front.Pour se donner le tenrps de retrouver son sang-froid et de venir à la riposte, il traversa les boudoirs orientaux et alla fermer la porte du hall.\u2014 Vous n'avez pas réfléchi que votre trouvaille pouvait être pleine de risque ?prononça-t-il en revenant.Pensez donc, Laure !.Vous savez que je vous aime, que je vous désire! Je suis votre mari!.Personne ne pourrait trouver mal que j'use de mes droits! Au contraire, chacun rira si l'on parle, dans nos procédures, de non-consommation.Or, vous venez de dire que j'ai pris votre cœur.Quand on a reçu l'anneau, le cœur n'est qu'une façon pudique d'offrir son corps.YŸ aviez-vous réfléchi?.Si j'acceptais votre aveu?Si j'en prenais, malgré vous, les conséquences ?.Nous sommes seuls.Vous êtes ma femme, Qui donc s\u2019inquiéterait de vos cris?.On ne pense pas à tout, ma chère Laure.En échafaudant cette petite scène, assez machiavélique, je le reconnais, vous avez oublié que vous abandonniez le terrain sûr de votre appartement \u2026.Ici, vous êtes chez moi, et quand vous vous moquez d'une douleur, songez qu'il pourrait vous en coûter.ce à quoi une femme de votre sorte doit tenir le plus .Savez-vous que jai envie d'accepter cet aveu.avec ses conséquences ?.\u2014 Jean, vous avez le droit d'être cruel .Je suis coupable, puisque je suis la plus faible.\u2014 Vous jouez un rôle en or, comme disent les gens de théâtre ! \u2014 Ecoutez-moi !.Tant que j'ai pu, j'ai lutté.À Portofino encore, j'ai essayé d'étouffer ce qui naissait en mon âme .Jean ! croyez-moi!.Elle s'approcha davantage, mit les mains sur les épaules de son époux.Il voulut secouer l'emprise.\u2014 Vous croire ?Ma parole, Laure, vous auriez là un beau succès .Ou- bliez-vous donc que je vous ai crue quand vous disiez avoir aimé ?Vous rappelez-vous combien vos yeux m'encourageaient lorsque, moi, je vous ai avoué ma tendresse ?.Dites ?.Vous rappelez-vous.\u2014 Oh! fit-elle tristement, je n'oublie rien.Et je ne promets pas que mon cœur ne connaîtra plus de révolte.Mais vous avez une telle force .Il se dégagea.Il ne voulait pas que cet entretien durât plus longtemps.\u2014 Je vous remercie de votre démarche.Maintenant, allez continuer votre bagage.Elle secoua la tête.\u2014 Je resterai.Il gronda : \u2014 Vous trouvez que je n'ai pas souffert assez longtemps ?\u2014 Je vous aime .Je vous aime.dit-elle ardemment, les yeux mi-clos.\u2014 Vous mentez ! \u2014 Croyez-moi .Jean.Me voici vaincue .J'avoue que mon esprit se trompait, que nous devions toutes subir la loi commune.Je sens au fond de moi que ma rébellion constante était factice.J'aime ! Je sens le besoin de me blottir, de me faire petite, de ne plus penser, parce que vos bras me serreront, et que vous penserez pour moi.\u2014 Vous mentez! Vous jouez un jeu abominable ! Elle joignit les mains.\u2014 Vous m'aimez aussi.Jean.Il reculait horriblement pâle.\u2014 Vous ne savez pas combien vous êtes odieuse ! s'écria-t-il.Partez!.Laissez-moi ! Et comme elle demeurait immobile, il éclata de rire : \u2014 Après tout, je suis bien bête de ne pas prendre immédiatement ce qu'offre votre aveu ! Il s'attendait à être repoussé.La comédienne quitterait la scène.Il la reverrait telle qu'il en gardait l'image, quand elle était venue vers lui, après avoir entendu son humble déclaration.Il la saisit dans ses bras.Elle n'eut pas un geste de défense.Il embrassa ses yeux elle ne les ferma point.Un vertige le prit.\u2014 Vous poussez plus loin la comédie ! railla-t-il.Je vous félicite ! Vous êtes une artiste !.Elle secoua la tête.\u2014 Si je ne vous avais pas entendu, tout à l'heure, raconter votre souffrance, je croirais que votre amour s'est tu.que vous allez me chasser.Je n\u2019insisterais pas .Regardez mes yeux .Regardez-les.Que vous disent-ils 7.Je suis ici, moi, l\u2019orgueilleuse ! .Jean le bonheur est près de nous.Il espère que nous le LA REVUE POPULAIRE retiendrons.Allez-vous le\u2018 laisser partir ?II tremblait.Même mentéut, ces mots étaient si beaux !. ve fea oy Votre épicier vend les Biscuits Sunwheat en deux grandeurs de cartons, à prix modiques.Achetez- en pour vos enfants demain.FABRIQUES PAR MCCORMICK \u2014 FABRICANTS DE BISCUITS DE QUALITE DEPUIS PLUS DE 77 ANS 54 M.PAUL MORIN AVOCAT DE MONTRÉAL ET DOCTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS.Troisième Causerie Nous en étions, mercredi dernier, à mon troisième exemple d'incohérence.Savourez-le, mes chers auditeurs, dans toute sa baroque naïveté : \u201c Mais.souffrir de la faim, c'est terrible .c'est pire que la balle qui a traversé l'épaule parce que la blessure est à l'épaule et le cerveau souffre bien aussi parce que c\u2019est là que se répercute la douleur, mais souffrir de la faim ce doit être abominable pour un être sain, et sentir la vie s'en aller par l'estomac doit être aussi glorieux que de la sentir passer par une blessure ouverte au côté gauche.\u201d Pas de points, et très peu de virgules.Ouf! vous avez compris ?Moi \u2014 pas.Et il y a six ans que je cherche ce que cela peut bien vouloir dire.Souffrez, chères victimes, que je tire ici l'échelle.Ah, combien volontiers je donnerais toutes ces grandiloquences pour le style aisé, coulant, souvent moqueur, de certaines petites feuilles de nos campagnes, un brin narquoises et goguenardes, bien normandes à leurs heures, et où je puise mes plus pures joies ?Goûtez ceci : \u201c Notes locales (en titre) : M.Bélonie Bellemare vend ses petits X.(ici, le nom d'une marque d'automobiles) quatre fois plus vite qu'il peut les recevoir.Hâtez-vous de lui donner votre commande si vous ne voulez pas être désappointés.\"\u201d Quoi de plus sémillant, de plus dégourdi, de plus fringant 7.Et, surtout, quoi de plus clair ?2ième note locale : \u201c M.Léonidas Pilon, du Lac au Castor, a renversé avec son auto, dimanche, à Cabano.Ses passagers étaient Mlles Bibiane, Lucrèce et Bolexilde Galarneau.Heureusement, personne s'est fait mal (sic).Espérons qu'il fera plus attention a l'avenir.\u201d Oublions les petites maladresses -grammaticales qui déparent ce morceau d'anthologie, pour le trouver \u2014 tout bonnement \u2014 exquis.3ième note locale : \u2018M.et Mme Chrysologue Lamalice ont fait bap- Propos sur la Langue tiser une grosse fille sous les noms de Marie-Uranie-Yolande.Le parrain \u2014 le Rév.Philias Lamalice.La marraine \u2014 sa sœur, oncle et tante de la petite (?).La cérémonie fut des plus imposantes.Une fois terminée, la marraine s'en retourna bien tranquillement, au son des cloches et des chaudrons (ce tranquille au son des chaudrons n'est-il pas une merveille ?.), mais le parrain crut plus prudent de s'attarder un peu au presbytère.\u201d Ici, chers auditeurs, et pendant que M.le Curé s'attarde un peu au presbytère (serviette en main, sans doute), laissez que j'ouvre une parenthèse.Tous ceux qu'intéresse l'art d'écrire savent, ou devraient savoir, que, parmi les innombrables figures de rhétorique, il en est deux, la litote et la paralipse, d'une subtilité singulière et que ne réussit pas qui veut.La litote consiste à dire moins pour faire entendre plus, et la paralipse fixe l'attention sur un objet en feignant de le négliger .Cet arrêt prudent de'M.le Curé au presbytère, c'est une litote, et la paralipse nous est agréablement fournie par Yolande-Uranie, car (au \u2018cas: où vous ne l'auriez pas encore deviné), si M.le Curé a baptisé Yolande, la nouvelle catéchumène a évidemment renversé les rôles.De tout cela, je conclus que l'auteur de ce joli fait-divers est (peut-être sans le savoir) passé maître en l\u2019art d'écrire.Mais, continuons.\u201c Un magnifique dîner qui fut servi peu après en leur honneur a vite fait oublier les petits inconvénients qui se rencontrent toujours en pareilles circonstances.Dans l'après-midi, parrain et marraine (notez combien cette habile et certes inconsciente suppression de l'article allege la phrase ) reprirent le chemin de Sainte- Sabine, où disent-ils, la vie est beaucoup plus paisible.\" Voilà du bon français.Irréprochable?Non.Sans élégance ?Élle n'y aurait pas place.Pourtant, peu de lecteurs vraiment amoureux de la langue resteront insensibles à la valeur de l'étoffe et au pittoresque de la coupe, L'ai-je trouvé dans un grand journal d'une grande ville canadienne- francaise ?Point.De tels régals sont le menu quotidien des 400 lecteurs d'une toute petite feuille d'un tout petit village en bordure des Etats- Unis.Rougissons, mes chers compatriotes ! 4iéme, et dernière note locale : \u201c On nous apprend que les membres du chœur de l'orgue (j'aime assez \u2018chœur de l'orgue \u2019.) commenceront, dès cette semaine, à prendre des leçons pour le chant grégorien.Si cet essai n'a pas plus de succès que les années dernières, il se pourrait que nous en restions a nos vieilles amours .qui ne sont peut-être pas les si pires.\u201d Je me demande si ce littérateur qui écrit sans broncher : \u201cdes leçons pour le chant grégorien \"\u2019 dirait à son petit garçon, au sein de la famille : As- tu fini tes leçons pour la grammaire?\u201d Mais, quoi qu'il en soit, le morceau me paraît savoureux.Ces correspondants, ces échotiers rustiques écrivent, je le répète, un français beaucoup plus honnête que celui de nos gazetiers métropolitains.En une seule semaine, j'ai recueilli à par Paul MORIN votre intention, ici et là dans les journaux de nos grandes villes, une bonne centaine de joyaux dont chacun, analysé, disséqué comme il mérite, fournirait matière à d'interminables gloses.Que dire, par exemple, de ces \u2018pyramides vues en avion?Voilà certes de l'inattendu, et quelles merveilles la Science ne nous réser- ve-t-elle pas?Celui qui, négligemment, a écrit ces quatre mots, écri- rait-il de même : \u2018\u2019 pyramides vues à cheval \u201d ou \u2018pyramides vues en automobile \u201d ?Si je suis en bateau, disons en rade de Québec, vois-je la citadelle en bateau, ou du bateau ?Mais, si j'aperçois ma cousine en taxi, l'ai-je vue d\u2019un taxi?.Glissons sur ces vétilles et laissez que je vous offre, pour vous récompenser de votre indulgente attention, \u201cun service en porcelaine d'une riche nuance crémeuse \", service qui est, en même temps, \u201c une valeur magnétique (!).\u201d O traduction, voilà bien de tes coups, et voici certes de quoi rognonner longuement ! \"\u201c Crémeux \u201d veut dire : \u2018qui contient beaucoup de creme\u201d.du lait crémeux.un chocolat crémeux.Ce service serait- il déja garni de toutes les bonnes choses auxquelles il est destiné ?Myste- re.Mais ça ne l'empêche pas, parait- il, d'être \u201c magnétique \u201d.Or, que signifie le mot magnétique ?\u201c Magnétique \u2019, nous dit ce pince-sans-rire de Larousse, veut dire : \u201c qui a une influence puissante et mystérieuse \u201d \u2014 par exemple : le regard magnétique de cette enchanteresse \u2019.Il eût été si facile, si naturel, et plus court, d'écrire : \u201c Occasion\u201d.ou, \u201cA bon compte \u2014 service de porcelaine ivoirine \u201d.Mais, passons à autre chose, avant de sombrer, magnétisé dans la crème de ce saladier ou de galanti- ser la soupière .Le grand magasin qui nous a présenté cette merveille céramo-psychi- que \u2014 ou psycho-céramique \u2014 nous a, cette semaine, offert bien d'autres exemples de cette incohérence singulière qui rend si amusante, si pénible à la fois la teneur de bon nombre de nos journaux, et gratifiés de bien d'autres choses non moins curieuses \u2014 et non moins magnétiques.Analysons ensemble ces aimables trouvailles.Voici, pour vous convaincre, des \u201c gants de dames à rabais, de notre propre assortiment \u201d.Grands dieux, diront les prudes, où allons-nous ?Je partage, mesdames, votre émoi, et croyez bien que, si j'avais des dames à rabais dans mon assortiment, je ne le crierais pas sur les toits.Mais rassurez-vous.Il ne s'agit ici que de gants de chevreau de deux genres différents, le chevreau tout court, et le chevreau \u201c de fantaisie \u201d, ordre inconnu de la zoologie mais dont j'aime imaginer les juvéniles gambades.On nous offre aussi des gants de daine (on est puriste ou on ne l'est pas.), et dans cette daine, mes chers auditeurs, vous reconnaîtrez tous la soumise, mais provisoire, compagne de ce vieux daim dont M.de Buffon déplorait les instincts polygames.Sur ce, dûment gantés, vous, Madame, de daine, et moi de chevreau fantaisiste, souffrez que je vous escorte jusqu'au \u2018salon des tissus \u201d LA REVUE POPULAIRE Francaise - (pourquoi : \u201c salon \u201d?.puisqu'on n'y parle que le charabia ?), salon qui, m'apprend-on, présente \u2018\u2019l\u2019aspect d'un jardin anglais en fleurs\".Dans ce jardin, et anglais et en fleurs, qu'achèterons-nous ?Je vous recommande une \u201c toile résistant à la froissure , mais, comme une froissure est l'impression dont reste affecté un corps qui a déjà été froissé, je ne vois pas très bien comment cette toile peut résister à ce qui est déjà arrivé.Ce tissu miraculeux est \u201cde deux pesanteurs dans le Crépuscule Rose et l'Ecaille d'Oeuf \u2019.Ces attributs bizarres me semblent séduisants et je me demande in petto si l'homme de lettres qui a commis cette limpide description commande, au restaurant, un œuf dans son écaille ou une huître sur sa coquille .Mais, soyons sérieux, et dites-moi, Madame, si, à cette toile que, comme certains grands hommes, rien ne peut froisser, vous ne préféreriez pas des \u2018\u2019 crêpes tournés imprimés \u201d?Non?Vous avez bien raison.Cela, en effet, a un certain remugle de cuisine .littéraire.Alors \u2014 un \u2018linon brodé de Suisse à broderies en patrons de pois, fleurs et œillets \u201d ?Tiens, tiens ! Les œillets ne sont-ils plus des fleurs ?Ah, les temps ont bien changé ! Et ce * patron de pois\"! J'ai eu, moi qui vous parle, bien des patrons qui ne valaient pas leur pesant de pois, ni méme de foin .mais, chassons ces souvenirs mélancoliques, et retrouvons plutôt, ici, l'insidieux pattern, vieille et dangereuse connaissance, et récif sur lequel, fatalement, échouera le traducteur de second plan.Tous ces légumes brodés ne vous disent rien?Vous êtes bien difficile.Mais voici autre chose, chère petite madame dont les aïeules se paraient, tout uniment, de soies de Lyon, de gros de Tours et de toile de Cambrai.C'est un *\u201c broadcloth sanforisé, quadrillé, rétréci au préalable \u201d et tout indiqué, sauf votre respect, pour vos \u2018\u2019 pantalons courts\".Je suis perplexe.Pantalons courts ?.S'agirait-il de ces shorts inqualifiables dont j'envisage avec effroi le retour estival ?Impossible.La bonne plume qui a rédigé cette annonce aurait écrit culotte, puisque la culotte, par définition, ne couvre que de la ceinture aux genoux.Alors quoi ?Pantalon voulant dire \u201c vêtement d'homme, qui va de la ceinture aux pieds \u2018, ça n'est pas encore ça, car je ne me vois pas (même pour vous faire plaisir) enfilant un pantalon de broadcloth sanforisé, \u2018quadrillé et, surtout, rétréci au préalable, qu'il me faudrait subséquemment, tel M.Guillotin, raccourcir de plusieurs centimètres .Mais je vous vois venir avec vos gros sabots, vous, chère maman, qui savez par cœur tous les dictionnaires.\u2018\u201c Grand innocent, \u201d me soufflez-vous à l'oreille, \u2018\u2019 pantalon veut aussi dire : \u2018 vêtement de lingerie, pour femme, s'arrêtant au genou \u2019 et, conséquemment, vous donnez du bâton dans l'eau.\u201d Vraiment ?Alors, s'il s'arrête au genou, pourquoi notre journaliste a-t-il écrit: pantalon court ? Novembre 1936 LIVRES & REVUES CONTES DE NOEL par Louis Dantin C'est une heureuse initiative de \u2018l'éditeur Albert Lévesque que cette a \u201cté réédition, pour la jeunesse, des meilleurs Contes de Noël de Louis Dan- tin.On se souvient de l'accueil unanime que reçurent les contes intitulés La Vie en Rêve.La critique s'entendit pour en magnifier le charme, la poésie.Car, quoi qu'il fasse, Louis Dantin reste toujours, et avant tout, un poète.C'est ce qui donne à chacun de ces petits récits, d'une touche délicate, où l'atmosphère est habilement composée, grâce à un harmonieux dosage de réalisme et de féerie, le séduction d'un art achevé.Peu d'écrivains de chez nous ont à leur actif des petits chefs-d'œuvre comme Cistus, La Messe de Florent Létourneau, Réri, La Comète et Le Noël de Caroline, qui composent ses Contes de Noël.Les Contes de Noël de Louis Dan- tin, publiés dans la série des Contes et récits canadiens des Editions Albert Lévesque, sont en vente au prix de 40c l'unité, chez l'éditeur, 1735, rue St-Denis, Montréal, et dans toutes les librairies bien assorties.BONAPARTE EN EGYPTE par Jacques Bainville, (Ernest Flammarion, éditeur ) La conquête de l'Egypte c'est l'aube glorieuse de la vie du grand Napoléon, les prémisses d'un génie qui s'imposera à la France d'abord, au reste du monde ensuite.Bonaparte n'a que vingt-neuf ans, mais il rêve de marcher sur les traces d'Alexandre et qui sait, de l'éclip- POLITESSE Ce titre vous fait sourire?On nous a tant rabâché les oreilles, quand nous étions jeunes, avec la politesse française dont nous devions conserver les traditions, qu'elle seule nous semble authentique.Cette prétendue politesse appartient maintenant à la légende si l'on parle, non de la société française, mais des fonctionnaires et des gens du peuple.En Angleterre, c'est autre chose.La courtoisie des policemen london- niens est célèbre le monde entier.Tous les récits de voyages en font mention, et avec raison, bien que leur politesse et leur obligeance ne soient pas des phénomènes exceptionnels sous le ciel brumeux de la vieille Angleterre.Rappelons-nous les portefaix, les chauffeurs, les conducteurs d'autobus, les commis, les garçons de table ou d'ascenseur qui nous remercient après nous avoir rendu service et le passant inconnu qui nous met dans le bon chemin.serait de l'ingratitude de ne pas leur garder, tout comme aux policemen, un souvenir reconnaissant.Si chez nous, les gens emploient moins souvent une formule de remerciement, nous pouvons quand même nous dire obligeants et hospitaliers.Nous avons tous vu des conducteurs de tramways descendre des mioches dans leurs bras, des gens se mettre en dehors de leur route pour indiquer à un étranger le chemin qu'il doit prendre.L'an passé, quand nous avons eu, au début de janvier, cette terrible tempête de neige, j'ai vu des messieurs descendre de leur auto et venir, sans en avoir été sollicités, aider le chauffeur de l'autobus dans ser.D'autre part, il entend organiser ses conquêtes et il se fait suivre en Egypte de savants, d'artistes, d'ingénieurs, de naturalistes, de juristes, de tout l'attirail d'une civilisation solide.Ce conquérant était au fond un grand colonisateur et l'on peut se demander aujourd'hui si l'ambition et la politique n'ont pas dévoyé son génie.Un Napoléon constructeur à la façon d'un Lyautey aurait-il été moins grand ?Il est permis d'en douter.C'est le doute que nous laisse ce livre, si clair, si solidement charpenté, du maître de l'Histoire : Jacques Bainville, C.M.UN AUTEUR À SUCCES JEAN NARRACHE Le succès du livre de Jean Nar- rache, \u2018Quand j'parl' tout seul\u201d, n'est pas près de s'éteindre.L'éditeur Albert Lévesque nous fait tenir un exemplaire du \u2018Sixième Mille\u201d de cet excellent recueil de poésies populaires.Il ne faut pas s'étonner qu'un tel ouvrage ait rencontré chez nous un accueil aussi chaleureux : son inspiration, son humour, son gros bon sens, son souci du détail pittoresque et vrai, en font un livre unique dans notre littérature.Cette réédition de \u201c Quand j'parl\u2019 tout seul\u2019 est très soignée : son format élégant, souple, ses illustrations hors-texte, de l'artiste canadien Jean Palardy, etc, en font un ouvrage vraiment artistique à un prix populaire.En vente au prix de 75c franco, aux Editions Albert Lévesque, 1735, rue Saint-Denis, Montréal, et dans toutes les bonnes librairies.ANGLAISE lequel je me trouvais à sortir sa voiture prise dans un banc de neige.Il y a quelques années, alors que tout le monde était riche, j'ai fait un voyage de trois mois en Italie, en France et en Angleterre.Le lendemain de mon retour à Montréal, j'étais debout dans un tramway de la rue Sainte-Catherine lorsqu'un respectable clergyman d'au moins 70 ans se leva pour me donner son siège.J'hésitais à le prendre quand la personne qui l'accompagnait et que je supposai être sa fille me fit signe d'accepter, sans doute parce que ce petit acte de courtoisie était agréable au vieux monsieur et lui faisait, pour un moment, oublier son âge.Dans l'après-midi du même jour, je dus faire venir un serrurier pour ouvrir une de mes malles.Or j'habite un deuxième.Cependant, quand I'ouvrier eut fini son travail, il me dit : \u201cJe suppose que cette malle-là vous allez la mettre dans la cave?\u201d \u201cEn effet\u201d, dis-je, \u2018je n'en ai pas besoin en haut\u201d.\u2014 \u201cDans ce cas, je vais vous la descendre \u201d.Et sans plus de complication, il la prit sur ses épaules et descendit allègrement les trois escaliers qui menaient à la cave.Ces deux petits faits, insignifiants en apparence, m'enchantèrent.Je n'avais rien vu de semblable de l\u2019autre côté de l'océan, et je me disais : \u201cTant qu'il y aura chez nous des Anglais bien élevés et des Canadiens français obligeants, comme il fera bon y vivre!\u201d Et aujourd'hui j'ajoute : \u201csurtout que nous n'avons pas de révolution \u201d.La paix n'est-elle pas le plus grand de tous les biens ?55 VOIT LE FISTON DE MME.LEGROS REPANDRE DE LA SCIURE SUR LE TAPIS.CROIT QUE MME.L.VA SORTIR SON ASPIRATEUR.p1 Te] S'ÉTONNE, DE LA VOIR APPORTER.UNE LEGERE BISSELLET _.ENLEVER TOUT LA SALETE , 13 CONSTATE AVEC SURPRISE QU'ELLE NETTOIE JUSQUE SOUS LES MEUBLES BAS.SANS RISQUE D'ÉGRATIGNURE, GRACE AUX AMORTISSEURS.rr EN UN TOURNEMAIN: 4 pa » MME.L.EXPLIQUER COMMEN LA BISSELL NETTOIE BIEN TOUS LES TAPIS, GRÂCE À LA BROSSE RÉGLABLE HI-LO.LES PETITS NETTOYAGES RAPIDS, QUITTE À GARDER L'ASPIRATEUR POUR LES GRANDS MÉNAGES.DÉCIDE D'ACHETER UNE BISSILL POUR BISSELL La balayeuse vraiment supérieure NIAGARA FALLS, ONT.ET MME.LEGROS EXPLIQUE ENCORE \u201cJ'emploie ma Bissell pour les petits nettoyages, gardant mon aspira- Hi-Lo automatique s\u2019ajuste parfaitement selon l'épaisseur des tapis.Vous devriez voir les nouveaux modèles!\u201d Modèles de $4.75 à 37.45 BON MARCHÉ et DISTRAYAN .ce que nos charmantes lectrices nous réclament depuis longtemps: de quoi faire de la broderie et du piqué, - Il nous fait plaisir de pouvoir offrir cette aubaine à toutes les lectrices de La Revue Populaire \u2014 à toutes sans distinction, abonnées ou non.Une boîte de 800 PATRONS de broderie de tous les genres imaginables, pour 44 cents, \u2014 plus 12 cents pour emballage et les frais d'expédition par la poste dans toutes les provinces du Canada.Un procédé tout nouveau de patrons décalquables à l\u2019eau\u2014 et non pas au fer chaud Tout ce que vous avez à faire, c\u2019est d'appliquer sur votre tissu le dessin que vous voulez décalquer, d\u2019humecter un linge avec une petite éponge et de l'appliquer sur le dos du patron ; ensuite de passer sur ce linge avec le dos d\u2019une cuiller en argent.Le dessin ou motif se reproduit immédiatement sur votre tissu.Les patrons ordinaires ne servent généralement qu\u2019une fois.Ceux-ci peuvent durer très longtemps et vous servir plusieurs fois.Ces 800 patrons sont présentés sur de grandes feuilles de 24 par 36 pouces.Nous recommandons tout particulièrement à nos lectrices d'acheter, pour leurs travaux de broderie, les fils à broder et tous autres produits des annonceurs de La Revue Populaire.PROCUREZ-VOUS SANS TARDER VOS 800 PATRONS par la poste ou à nos bureaux C'est pour répondre aux demandes pressantes de ses lectrices que La Revue Populaire a décidé de se procurer ces patrons et de les mettre à la portée de toutes, à un prix vraiment exceptionnel.Découpez le coupon ci-dessous, que vous présenterez à nos bureaux ou nous expédierez par la poste, avec l'argent.COUPON A PRESENTER J'accepte avec plaisir votre offre spéciale d\u2019un étui merveilleux contenant plus de 800 Patrons de Broderie, décalquables à l'eau.Cet étui me coûtera 44 cents si je passe le prendre à vos bureaux, avec ce coupon.NOM ADRESSE LOCALITE Aux personnes qui ne peuvent passer à nos bureaux, nous expédierons ces 800 patrons par la poste, sur réception du présent coupon et de 56 cents, \u2014 44 cents pour les Patrons et 12 cents pour les frais d'emballage et d'expédition, POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada. 56 GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE Toutes les femmes doivent être belles et vigoureuses, et toutes peuvent l'être grâce au Traitement Myrriam Dubreuil Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir votre sang avec le Traitement Myrriam Du- breuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l'action bienfaisante du Traitement.Il mérite la plus entière confance, car il est le résultat de longues études consciencieuses.Le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL est un tonique reconstituant et possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine en même temps que sous son action se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune 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Allons ! prends patience, Sansonnet, et passe nous une de tes \u201c Capstan \u201d.Prieur produisit son étui, puis passa du feu à la ronde.La même allumette lui servit pour enflammer successivement les cigarettes de Larose, de Corneloup et la sienne propre.\u2014 L'diable me sacre ! s'écria De- cœur.Il s\u2019est allumé lui, le troisième.Il y eut un léger silence de consternation manifeste.\u2014 Ça porte malheur, grogna La- rose.Tu t'rappelles ce pauvre Cor- bacques ?\u2014 Tais-toi donc, oiseau de maugu- re (mauvais augure).\u2014 Je ne suis pas superstitieux.Ne vous tracassez pas pour moi.C'est un fabricant d\u2019allumettes qui a dû inventer l'histoire.Le sergent rentrait, apportant une gamelle débordante de suie.\u2014 Tu vas pouvoir v'nir, Sansonnet.Y'a un fieu du raiding-party (patrouille) qui s'est fait toucher à la seconde.Transformez-vous en nègres, garçons, la figure et les mains, s'entend et.prenez vos pots d'confiture, six grenades par tête.c'est compris?Un quart d'heure plus tard quarante hommes déguisés en \u2018 buissons qui marchent \u201d comme au cinquième acte de Macbeth, franchissaient silencieusement le parapet de la tranchée, s'enfonçaient dans le no-man\u2019s land (\u201cLa terre de Personne \u2019 L'espace compris entre les tranchées ennemies).Derrière son fagot, qu'il poussait, Prieur rampait avec l'adresse consommée d'un Indien Sioux.Larose, Corneloup l'encadraient, le premier à droite, l'autre à gauche.Le sergent qui les précédait, de quatre ou cinq mètres environ, s'arrêta, se laissa rejoindre et chuchota : \u2014 Egaillez-vous.Vous êtes trop les uns sur les autres.Et dépê- chons-nous.Faites passer ! Un murmure presque imperceptible courut tout le long de la ligne, les patrouilleurs se déployèrent en précipitant leur allure.Comme on était à mi-chemin, quelques fusées boches rayèrent l'ombre et leurs parachutes lumineux flotte- rent, un instant, sur la brise.Le Sansonnet eut l'impression qu'un faisceau électrique se trouvait dirigé sur lui, illusion assez commune aux patrouilleurs encore novices.Mais les ténèbres redevinrent denses.L'ennemi n'avait rien dû voir.Ses mitrailleuses se taisaient.Prieur écoute le silence.Que la nuit était calme et belle.Il régnait une paix de cimetière.Il lui sembla que des effluves, annonciateurs du printemps proche, montaient de la terre bouleversée et retournée par les obus, de cette terre du Vieux-Pays, où avaient vécu ses ancêtres, de cette terre qui se faisait douce à son corps, caressante même.Il se sentit las brusquement.Qu'il ferait bon dormir ici, dormir comme ce soldat tué qui gisait si près.à deux mètres, bras en croix et genoux en l'air.(Suite de la page 5) La lune, qui se levait à peine, et qui montait son disque rouge par delà la crête de Thélus, lui révéla qu'une araignée avait tissé sa toile soyeuse entre les deux genoux du mort.\u2014 Viens-t'en, lui souffla le sergent.Faudrait se hâter de rentrer.Îl fera trop clair dans vingt minutes.Profitant d'un pli de terrain, les hommes coururent, courbés en deux, puis se rejetèrent, à plat ventre, devant les réseaux barbelés, par endroits à peu près intacts, en dépit du bombardement de la semaine précédente.Les cisailles entrèrent en jeu.Prieur, plus souple, fut le premier à se faufiler à travers l'enchevêtrement des poteaux et des ronces artificielles.Collé au sol, il progressait par glissements imperceptibles derrière son buissons de fagots.Le renflement du parapet se crénelait de sacs de sable, qui se silhouettaient sur le ciel, bizarrement amoncelés, en des positions cocasses, pareils à ces soldats de zinc qui couronnent les forts de carton avec lesquels les enfants jouent.Un culot d'obus émergeait au rebord d'un petit cratère.Des boîtes de conserve vidées parsemaient la pente du terrain.Une voix de basse, bien timbrée, s'éleva de la tranchée boche.Ce furent les accents tristes d'un lied qui disait le découragement, la mélancolie, la sehnsucht.Prieur oublia d'avancer, empoigné par la tristesse grave, la beauté du chant mélodieux.Une forte odeur de bois brûlé lui emplit soudain les narines.Son sergent l'avait dépassé.lt fut rattrapé par Larose et puis Decœur lui souffla : \u2014 Quand l'sous-off agitera ses branches, il faudra bondir en avant et lancer tes grenades dare dare ! S'agit de n'pas moisir longtemps, mais faut tâcher d'placer tes coups ! Dès cet instant le Sansonnet ne fut plus qu'un sportif alerte.Il redevenait le beau joueur des journées de match à Québec, où son coup d'œil et son sang-froid faisaient triompher son équipe.Cette fois encore il importait de gagner la partie finale.Il étreignit convulsivement la pomme rugueuse de la mills-bomb.(Grenade en usage dans l'armée anglaise.) Le sergent leva son fagot, se dressa, imité par les quarante hommes, qui se portèrent d'un seul élan jusqu'au rebord de la tranchée.Il y eut une explosion, une autre.une autre encore.et puis une autre.Les Allemands, pris à l'improviste, cherchaient à fuir, par les boyaux, à s'engouffrer par l'ouverture des cagnas, des chambres souterraines.Mais les Castors visaient trop juste, comme à l'exercice, froidement.La mort se trouvait déchaînée.Les Feld-gaus tourbillonnants tombaient, hurlaient leur agonie avec des coutorsions étranges de pantins aux ressorts cassés.Prieur en boula au moins cinq, excité par l'action nouvelle, puis il resta le bras levé, incapable de tuer, cette fois, la pauvre être dégénéré à face de lièvre, aux yeux hagards, qui, blotti contre le parados, élevait des mains suppliantes.Un trille vif de coups de sifflet mit fin à sa perplexité.LA REVUE POPULAIRE UN RAID SUR VIMY C'était l\u2019ordre de battre en retraite.Il lança sa \u2018bombe\u2019 au hasard, puis suivant les instructions, il courut, de toute sa vitesse, vers l'issue pratiquée naguère dans le réseau de barbelés.: Decœur haletait coude à coude.Larose, Corneloup échangeaient des plaisanteries, sur leurs talons, enchantés qu'ils étaient, au fond, du succès de leur entreprise.Des balles sifflèrent.Decœur chut, puis se releva aussitôt.\u2014 C'est rien! l'pied m'a manqué.J'm'ai croché dans une sacrée ronce ! Prieur trébucha à son tour, sans perdre l'équilibre, toutefois.Ils continuèrent en silence.Trente mêtres plus loin, le Sansonnet s'aplatit rudement, de son long, avec un petit sanglot rauque, tout contre un cadavre de soldat, bras en croix, jambes repliées, entre les deux genoux duquel une araignée tissait sa toile.\u2014 T'es touché, petit ?fit Larose.Mais Prieur ne répondit pas.Il dormait pour toujours, niché dans un creux de terre maternelle, la terre du Vieux-Pays de France, où ses ancêtres avaient jadis reposé du dernier sommeil.\u2014 J'savais qu'ça finirait comme ça, à cause d'cette maudite cigarette: murmura Larose attristé, cependant que les patrouilleurs montaient au repos vers l'arrière.et qu'en tête de la colonne quelquun entonnait, sur un air ancien, le chant quasi national : Vive la Canadienne.Vole, mon cœur vole, Vive la Canadienne Et ses jolis yeux doux doux, doux Et ses jolis yeux doux ! \u2014\u20140\u2014\u2014 Comment conserver sa beauté \u2018 Crempack \u2018 est un des articles de toilettes le plus original; il est fabriqué par l'un des plus anciens manufacturiers de produits de beauté, c'est-à-dire par Potter & Moore, distillateurs de lavande à Mitcham (Surrey, Angleterre).depuis près de deux siècles.Les fabricants présentent \u2018 Crem- pack \u2019 comme un maquillage complet car il est a-la fois poudre faciale et \u2018 Vanishing cream \u201d.On n'a qu'à l'appliquer comme n'importe quelle autre crème, avec le bout des doigts; la crème pénètre dans la peau et il reste une poudre mate et bien adhérente.* Crempack \u2019 se vend dans un poudrier avec miroir à l'extérieur.Ce délicieux produit est parfumé à la véritable lavande de Mitcham; on peut se le procurer dans toutes les teintes de poudre.Crempack \u201d est le plus populaire article de toilette chez les dames de la société anglaise; en fait, c'est lui qui se vend le plus en Grande-Breta- gne.Plus de trente vedettes de cinéma d'Hollywood et de Londres s'en servent régulièrement.À Novembre 193\u20ac JEAN-PIERRE AUMONT Le jeune premier le plus populaire de l'écran français.Depuis Marie Chapdelaine surtout, il est le préféré des jeunes Canadiennes françaises .et des moins jeunes ! Né à Paris le 5 janvier 1911, Jean-Pierre Aumont a fait presque tous les lycées de Paris.Puis, au Conservatoire, il est le compagnon d'Edwige Feuillère, Janine Crispin, Annie Ducaux .Puis débute au Français, dans les petits rôles.Re-Conservatoire.Entre temps, il joue avec Jouvet.En dépit de ses premiers succès au théâtre, il est refusé au Conservatoire ! Tournées à travers l'Europe.Pour la première fois, il apparaît dans un film, tourné en Italie : Eve cherche un père.Viennent ensuite Dans les rues, La tragédie de Lourdes, Jean de la Lune, Lac-aux-Dames, Maria Chapdelaine, Tarass Boulba et beaucoup d'autres qu'il serait trop long d'énumérer ici.Jean-Pierre Aumont est très sportif, mentalement et physiquement.Nageur, tennisman, alpiniste, il aime toutes les formes d'activité.C'est pourquoi il n'oublie pas les bons moments passés au Lac Saint-Jean pour tourner Maria Chapdelaine.Il devint Canadien de tout cœur ?Son adresse : 195, boulevard Malesherbes, Paris.; 57 HOLLYWOOD APPROUVE POTTER & MOORES POUDRE ET CREME EN UN ROSALIND RUSSELL Etoile de la Metro-Goldwyn-Mayer, dit : \u201cLe Crémpact de Potter & Moore vous émerveillera la première fois que vous l\u2019emploierez.C\u2019est l'article de beauté que vous avez souhaité depuis longtemps \u2014 si doux, si durable, si naturel et si séduisant.\u201d POUDRE ¢# CREME en UN - Crémpact est une combinaison de poudre et cré- me en un, pratique, pouvant se porter dans le sac à main, et permettant aux jeunes filles et aux dames de garder constamment leur teint frais et charmant endant toute la journée.Des millions de femmes l'emploient.Une \u2018\u201cretoughe \u2019\u2019 assure une appa- Le Crémpact est muni d\u2019un rence agréable.miroir à l'extérieur \u2014 50c.i AU i N Employez aussi le Rouge (Blush Cream) Potter and Moore's PARFUMÉ À LA LAVANDE ORIGINALE Potter ENMoore\u2019s MITCHAM LAVENDER Agents : N.8, Wright & Co.Ltd.Toronto Querre BEAUTÉ CONFÈRE e AUX YEUX! Des yeux frangés de longs cils, brillants et bien fournis! Un regard vif et profond \u2014 avec le mascara Maybelline, solide ou en creme.Inoffensif.A l'épreuve des larmes et de l'irritation.Ni cireux, ni perlé, ni gommeux.S'applique un ment et a l'air naturel.10,000,000 de femmes usent régulièrement du mascara Maybelline.Noir.3 brun, bleu.75¢ seulement, partout.Vous tenez 1a vrai secret du charme.Ne manquez pas d'acheter LE SAMEDI Magazine hebdomadaire En vente partout .10 cents 58 La charmante simplicité du dessin Deauville, Community Plate, est bien caractéristique de l\u2019art moderne tel qu\u2019appliqué aux modèles d\u2019argenterie.Les fabricants de l\u2019Argenterie Community recommandent SILVO pour conserver à votre argenterie toute sa beauté.L'ARGENTERIE, tout comme la fine toile et la dentelle ancienne, est un bien d\u2019une nature telle qu'elle nous le rend on ne peut plus cher.Votre argenterie\u2019 mérite des soins affectueux.Il n\u2019y a aucune raison, toutefois, pour que vous ne vous en serviez pas tous les jours.Avec Silvo sous la main, il est facile de conserver à l'argenterie son lustre éclatant.La surface brillante, qui est pour vous un sujet de juste fierté, restera toujours fraîche et comme NEUVE.Silvo est un poli d\u2019action douce, toujours plein d\u2019égards pour la beauté dont il a le culte.Vous pouvez compter sur Silvo pour conserver à toute votre argenterie sa beauté.ASE LIQUIDE POUR ARGENTERIE RECKITTS (OVERSEA) LIMITED, 1004, RUE AMHERST, MONTREAL LA REVUE POPULAIRE SALONS DE BEAUTE Nous aurions tort de croire qu'ils ressemblent tous à ceux de notre rue Sainte-Catherine.Au contraire, ils sont fort variés, tant par leur installation que par la manière dont on y accueille la clientèle.En voici quelques exemples trouvés au hasard des lectures.À Pittsburgh, un salon de beauté est installé sur un camion-automobile qui va de porte en porte offrir ses services.Depuis quelques temps il y en a un à Tahiti et il est très achalandé.Au grand ébahissement des naturels, les jeunes tahitiennes ont maintenant des ongles rouges, des sourcils épilés et des ondulations permanentes.Un autre a beaucoup de succès en Alaska où les femmes esquimaux ont toujours consacré beaucoup de temps à leur coiffure.Elles se servent maintenant de rouge et de poudre, mais les crèmes de beauté leur déplaisent.En Mandchourie, en Chine et en Russie, les barbiers et les coiffeuses s'installent sur une plateforme et opèrent en plein air.Éhacun peut donc assister à une coupe de cheveux, à une ondulation ou à un manucure.La clientèle est quelquefois si nombreuse, surtout en Russie, qu'elle doit faire queue le long du trottoir.Aux Indes, les salons de beauté sont installés sur des bateaux qui font le service le long des riviéres.Dans les salons de beauté de New- York on rivalise pour plaire aux clientes.Dans l'un on sert un verre de sherry, dans l'autre du jus de carotte, dans un troisième du thé à la glace, car les boissons rafraîchissantes sont particulièrement appréciées de ces dames incommodées par la chaleurs -des sécheuses.Mais l'innovation la plus audacieuse est peut-être celle de ce coiffeur qui a installé dans son établissement un appareil de vues animées.Des actualités mondiales et des comédies sont quotidiennement projetées sur son écran.La chambre devant naturellement être obscure, on escorte chaque cliente à sa chaise, avec une lumière de poche.Elle pourra ainsi se renseigner sur les événe- ments de quelque importance ou rire des mésaventures de Laurel et Hardy pendant qu'on lui assèche les cheveux.Toutes les clientes de la maison sont cordialement invitées à ces représentations, même si elles n\u2019ont pas besoin des services du coiffeur ce jour-là.n vous a peut-être dit, mesdames, que les longues heures que vous passiez chez le coiffeur étaient du temps perdu.Il n'en est certainement pas ainsi dans certains salons de beauté de la 5e Avenue.L'un d'eux offre aux clientes qui suivent un traitement des professeurs de langues étrangé- res et de théorie musicale.Il n'y a qu'à téléphoner pour retenir le professeur de son choix en même temps que son coiffeur.Un autre met un professeur de badmington à la disposition de ses clientes.Les parties ont lieu sur le toit.Sur ce même toit hospitalier on peut jouer à la balle au mur, au tennis ou s'exercer au golf.O réclame ! que d'entreprises ne fait-on pas en ton nom! FIDELITE DES ANIMAUX Un crapaud habitait depuis assez longtemps certain jardin de Wake- field, dans le Massachusetts.Son maître, en quête d'expériences, eut l'idée de lui attacher une étiquette portant son nom et son adresse.Il le transporta dans une boîte jusqu'à la gare voisine, monta dans le train et le déposa dans une gare située à dix milles de Wakefield.Il était alors 11 heures du soir.Le lendemain, a 6 heures 15 du soir, Teddy, c'était le nom du crapaud, couvert de poussière et portant toujours son étiquette, faisait son apparition dans le jardin de son maître.Un fermier achketa un jour un canard et l'emporta chez lui, \u2014 il habitait à trois milles de la, \u2014 dans un sac bien fermé.À son arrivée, il le mit dans une cage où se trouvaient déjà deux canes.Durant quatre jours ce canard refusa toute nourriture et se tint aussi éloigné que possible de ses deux compagnes.Son nouveau maître se décida à le sortir de sa prison et à le laisser agir à sa guise.Sans hésitation, il se dirigea vers la grande route et refit en sens inverse le même trajet qu'il avait parcouru cinq jours plus tôt, alors qu'il était dans un sac complètement fermé.Un homme vendit un jeune cochon à un fermier qui habitait de l'autre côté du lac.Il le transporta en camion sur un chemin qui contournait le lac.La distance parcourue était d'environ sept milles, Le lendemain matin le goret avait retrouvé sa mère, et pour y parvenir il avait dû traverser à la nage.Deux jeunes mineurs qui travaillaient dans une mine du Colorado s'emparèrent un jour d'un couple de tortues et les emportèrent à leur camp.Afin de les reconnaître, ils firent quelques trous dans leurs carapaces.Quelque temps après, ils décidèrent de retourner dans leur pays, à San Bernardino, c'est-à-dire à 175 milles de leur mine.Ils mirent les tortues dans deux sacs faits de tissus de laine épais et serrés.Peu après leur arrivée à San Bernardino une des tortues disparut.Plusieurs semaines plus tard ils la retrouvèrent les devançant sur le chemin du retour.Le naturaliste Fabre, alors qu'il étudiait l'instinct familial chez les guêpes, peintura de pigment blanc l'abdomen de douze d'entre elles.Il plaça chaque insecte dans un petit cornet de papier et les transporta à deux milles de leur nid.Il leur rendit la liberté et elles s'envolèrent dans des directions opposées.Cinq heures plus tard, Fabre trouva quatre de ses guépes revenues au logis.Les autres ne tardérent pas a les rejoindre.Mais l'animal qui a fait tout seul le plus long voyage est le chien collie Bobbie.Lorsqu'il était âgé de deux ans son maître quitta avec lui Silverton, dans l'Orégon, pour se rendre à Wolcott, dans l'Indiana.La, on attacha Bobbie à un poteau et des chiens ennemis vinrent rôder autour de lui.C\u2019est dire qu'il se trouva fort malheureux.Aussi s'enfuit-il bientôt.Il parcourut, en plein hiver, la région accidentée des Rocheuses, traversa, tantôt sur la glace et tantôt à la nage, plusieurs rivières.Quand ses forces le trahissaient ou qu'il était trop affamé, il demandait l'hospitalité dans les fermes qu'il rencontrait.Plusieurs de ceux qui le reçurent cherchèrent à le retenir mais sans succès.ll s'enfuyait toujours.Ce sont ces gens qui ont témoigné lorsqu'on fit une enquête au sujet de cet incroyable voyage de 3,000 milles, qui dura six mois et se termina à la ferme de Silverton d'où Bobbie était parti avec son maître. - \u201d Novembre 1936 Fournitures pour les Chaussettes.l- pelote de 50 grammes Alsatia D.M.C No 15 ou 1 écheveau de 50 grammes Retors spécial pour mercerie D.M.C No 15 ou 1 pelote de 50 grammes Coton perlé D.M.C No 5, en Blanc-Neige.Exécution: Ces chaussettes sont faites \u2018 pour une taille moyenne de femme ou pour de grands enfants - c'est la pointure appelée par les commerçants \u201c petite femme\".On travaille avec des aiguilles de 114 milli- mêtre de diamètre.Chaussettes : Le revers No 3, employé pour les chaussettes, est monté sur 75 m.et se travaille en bande.Faire encore une hauteur de 37 aiguilles en Alsatia blanc, après la deuxième rayure foncée.Répartir les mailles sur 4 aiguilles, de façon à avoir respectivement 20, 18, 18 et 19 m.Rabattre la première m.de la lre aiguilie sur la dernière m.de la 4e aiguille.Réunir les lisières du revers par une couture et tricoter en rond 20 tours à l'endroit.On a 38 m.pour le talon; faire 12 coutures en hauteur.Après avoir fait les diminutions nécessaires, il reste 18 m.sur chacune des aiguilles.Continuer à tricoter 64 tours à l'endroit pour le pied.La pointe est faite d'après la fig.405 de l'Encyclopédie.Nous donnons trois modèles de revers façonnés pour chaussettes.Si l'on fait plusieurs paires de chaussettes, on prendra de l'Alsatia D.M.C No 15 ou du Retors spécial pour mercerie D.M.C No 15 en couleur pour les rayures, mais si l\u2019on ne fait qu'une paire de chaussettes, quel que soit le fil employé pour le tricot du corps de la chaussette elle-même, il sera plus pratique de prendre des pelotes de 10 grammes de Coton perlé D.M.C No 5 en couleur, pour les rayures tricotées des revers.REvers FAçoNNÉ No 1.Fourniture : Alsatia D.M.C No 15, Retors spécial pour mercerie D.M.C No 15 ou Coton perlé D.M.C No 5, Bleu-Indigo 336 et 334.Monter un nombre de mailles divisible par 2 plus 2 mailles pour les bords.Employer des aiguilles fines pour les parties façonnées et des aiguilles de grosseur moyenne pour les parties à l'endroit et à l'envers.lre aiguille : Avec le fil blanc \u2014 1 m.à l'endroit, * 1 jeté, glisser 1 m.(introduire l'aiguille par derrière comme pour former une maille à l'envers), 1 m.à l'endroit; reprendre de *, 1 m.à l'endroit.2e à 16e aiguille : glisser 1 m., * 1 jeté, glisser 1 m.(voir ci-dessus), 1 diminution à l'endroit; reprendre de *, 1 m.à l'endroit.17e aiguille : Avec le fil bleu foncé \u2014 glisser 1 m., * 1 m.à l'endroit, 1 diminution à l'endroit: reprendre de *, 1 m.à l'endroit.18e aiguille : glisser 1 m., à l'endroit.19e aiguille : glisser 1 m., à l'envers et la dernière m.à l'endroit.20e aiguille : Avec le fil bleu clair \u2014 glisser 1 m., à l'envers et la dernière m.à l'endroit.21e aiguille : pareille à la le aiguille.22e à 30e aiguille : pareilles à la 2e aiguille.3le aiguille : Avec le fil bleu foncé \u2014 pareille à la 17e aiguille.32e et 33e aiguille : pareilles à la 18e et à la 19e aiguille.34e aiguille : Avec le fil blanc \u2014 pareille à la 20e aiguille.35e aiguille : pareille à la le aiguille.Continuer le fond façonné jusqu'à la longueur voulue, puis réunir les deux lisières par une couture et commencer à tricoter le mollet en rond et tout à l'endroit, en observant que le ler tour doit être travaillé comme la 17e aiguille.Revers Faconng No 2.Fourniture : Alsatia D.M.C No 15, Retors spécial pour mercerie D.M.C No 15 ou Coton perlé D.M.C No 5, Blanc-Neige et Mouliné spécial D.M.C No 25, Bleu de France 797 et Vert-Emeraude 954.Monter un nombre de mailles divisible par 2 plus 2 mailles pour les bords.Employez des aiguilles de grosseur moyenne pour les parties pleines et des aiguilles fines pour les parties ajourées.lre à 10e, 19e à 22e et 31e aiguille: Avec les aiguilles\u2019moyennes \u2014 glisser | m., * 1 m.à l'endroit, 1 m.à l'envers; reprendre de *, 1 m.a l'endroit.lle et 15e aiguille : Avec les aiguilles fines \u2014 glisser 1 m, 1 m.à l'endroit, * 1 jeté, rabattre 1 m.; reprendre de *.12e, 14e, 16e, 24e, 26e, 28e, et 30e aiguille : glisser 1 m., à l'envers et la dernière m.à l'endroit.13e et 17e aiguille : glisser 1 m., * 1 jeté, rabattre 1 m.; reprendre de *, 1 m.à l'endroit.Avec les ai- 23e et 27e aiguille : guilles fines \u2014 glisser 1 m., * 1 diminution à l'endroit, 1 jeté; reprendre de *, 1 m.à l'endroit.25e et 29e aiguille : glisser 1 m., 1 m.à l'endroit, 1 diminution a l'endroit, 1 jeté; reprendre de *, 2 m.à l'endroit.Continuer le fond façonné jusqu'à la longueur voulue, puis réunir les deux lisières par une couture et commencer à tricoter le mollet en rond et tout à l'endroit.Broder les rayures au point de reprise avec du Mouliné spécial D.M.C No 25, et Bleu de France 797 et Vert-Emeraude 954.REvers FAÇONNÉ No 3.Fourniture : Alsatia D.M.C No 15, Retors spécial pour mercerie D.M.C No 15 ou Coton perlé D.M.C No 5, Blanc-Neige et Coton perlé D.M.C No 5, Rouge-Turc 321.Monter un nombre de mailles divisible par 4 plus 3 mailles pour les bords.Employer des aiguilles de grosseur moyenne.Ire a 10e, 18e à 20e aiguille : Avec le fil blanc \u2014 glisser 1 m, * 2 m.à l'endroit, 2 m.à l'envers; reprendre de *, 2 m.à l'endroit.Île et 2le aiguille : Avec le fil rouge \u2014 glisser 1 m., à l'endroit.12e à 16e, 22e à 26e aiguille : Avec le fil rouge \u2014 pareilles à la Ire à 10e aiguille.17e et 27e aiguille : Avec le fil blanc \u2014 glisser 1 m., à l'endroit.Continuer le fond façonné jusqu'à la longueur voulue, puis réunir les deux lisières par une couture et commencer à tricoter le mollet en rond et tout à l'endroit.H nous fait plaisir d'annoncer à nos lectrices que nous reproduirons ainsi, tous les mois, quelques patrons illustrés de \u201c D.M.C.\u201d.Nous espérons que ces divers patrons, toujours appropriés à la saison, sauront plaire à nos lectrices.On peut se procurer les fils D.M.C.dans les bons magasins du Canada.Modernisez votre Home par de Fraiches Couleurs! \u2014 Votre salon est-il sombre et morne?Des coussins, des housses, des carpettes de nuances vives lui redonneront sa gaîté.Vos rideaux, vos draperies sont-ils fanés et défraîchis?Ravivez leur éclat en les teignant.Solution élégante de ce problème, les Teintures Diamond (à très peu de frais) produisent immanquablement le résultat rêvé, parce qu\u2019elles contiennent une plus forte quantité des meilleurs colorants.Les Teintures Diamond apporteront à votre foyer un cachet nouveau d'art et de beauté! 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j'avais aussi dessiné quatre aquarelles en hors- texte.Inutile de dire que j'étais très filer de ce travail longuement fignolé!\u201d Lorsque Philippe Beaudoin revint d'Europe, Louis Forest fut admis dans son atelier; c'était assurément la meilleure école de reliure qu'il pouvait trouver au Canada.Puis, avec ses économies, il partit à son tour pour la France.Tout à fait par hasard, il découvrit un vieux relieur du Quartier Latin; au troisième étage d'une vieille maison de la rue Jean-de-Beauvais, l'artiste Ambiehl et ses apprentis exécutaient des petits chefs-d'œuvre pour les grandes librairies et pour des bibliophiles célèbres; le travail se faisait dans le chant des oiseaux dont les cages couvraient tout un pan du mur.Milieu favorable à l'inspiration: Mais il fallut trop vite se résigner La Photographie La Rose, Montréal.aux réalités de la vie; les fonds s'épuisaient rapidement et le jeune Canadien dut s'embarquer pour son pays, pauvre d'argent mais un peu plus riche de connaissances.Quelques mois à la librairie Beau- chemin l'aidèrent à se perfectionner encore.En 1929, après concours, il fut nommé instructeur relieur au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul.De sa maisonnette, on voit la rivière des Prairies couler ses eaux troubles; autour, beaucoup de fleurs.Le petit salon où Louis Forest et sa charmante femme me reçoivent contient évidemment une bibliothèque; œuvres canadiennes en très grande partie, dont chaque reliure représente des heures,\u2019 des semaines de travail; aux murs, des bois gravés de Duguay, le grand artiste de Nico- let; et une belle horloge en mosaïque de cuir et de cuivre.La plupart des meubles sont en bois canadien, dans le style moderne.En savourant les délicieux gâteaux de Mme Forest, nous parlons relieurs et reliures.\u2014 J'ai constaté que l'exposition de reliures tenue l'an dernier à la Bibliothèque municipale avait obtenu un très grand succès.C'est une forme d'art qui ne laisse donc pas notre public indifférent.\u2014 Il est venu plus de cinq mille personnes en une semaine, à cette exposition, ce qui est très encourageant.Auparavant, nous avions eu, en 1932, celle de ia Bibliothèque St- Sulpice; j'y avais présenté En guettant les ours, Vieux manoirs et vieilles maisons, L'ile d'Orléans et plusieurs autres reliures.\u2014 Vous oubliez l'exposition de la Canadian Handicraft à la Galerie des Arts, en 1930, je crois, où vous avez obtenu le premier prix.' \u2014 Je n'ai certes pas oublié ce premier succès, pas plus que je n'ai ou- LA REVUE POPULAIRE blié le premier prix à l'exposition de la Canadian Handicraft de 1932, de 1933 et 1934.Je n'ai trouvé à ces récompenses qu'un encouragement à travailler davantage, à faire mieux, car, sincèrement, je suis encore loin de la perfection.Qui, d'ailleurs, peut se vanter de réaliser son rêve ?\u201cDepuis plusieurs mois, je suis admis à participer à l'Exposition internationale de Paris, en 1937.En plus de quelques reliures qui ont déjà figuré à quelques expositions, j'enverrai Un homme et son péché, Canada chanté, Pierre Radisson, A l'ombre de l\u2019Orford, Katéri Téka- kouita, et d'autres.\u201cCe sera ma réponse à M.René Dard, un maître de la reliure en Fran- se, qui m'écrivait : \u201cLa France a toujours considéré le Canada comme une seconde patrie et c'est avec joie qu'un relieur français cherche à rendre service à un relieur canadien\u201d.\u201cM.Dard, en effet, professeur d'enseignement technique dans une grande maison de reliure, a bien voulu me donner la recette de la dorure sur tranche, recette absolument inconnue au Canada jusqu'aujourd'hui.Dire que je lui en suis reconnaissant serait bien insuffisant ! \u2014 Pouvez-vous résumer en quelques mots pour nos lecteurs, les multiples opérations de la reliure ?\u2014 Pour faire de la reliure d'art, il faut, en plus d'une minutieuse prê- paration technique, un tempérament d'artiste, une certaine culture pour bien comprendre le caractère, l'esprit de l'œuvre à habiller.\u201cLe premier travail du relieur est donc la lecture attentive du livre pour en découvrir l'idée maîtresse.L'artisan fait ensuite plusieurs croquis au crayon, dans les dimensions du livre.Quand il a choisi son dessin, il s'attaque au livre; il le\u2019 débroche, en ayant soin de conserver la couverture et le dos pour avoir le livre au complet sous la reliure; seule la tête est rognée pour faire une tranche dorée ou marbrée.Après avoir recousu le livre, on arrondit le dos et l'on pose les plats de carton.La couvrure consiste en l'application sur les plats et le dos de peaux de chagrin ou de maroquin; au moyen de lettres en cuivre chauffées, on imprime le titre en or; la dernière opération est la finissure : dorure, composition en mosaïque, polissage, garde en soie, etc.Pour empêcher le livre de gondoler, on le met sous presse avec des feuilles de zinc, d'argent ou de cuivre, pendant un mois; la presse est véritablement le médecin du livre!\u201d Dans une brochure qu'il publiait en 1933, M.Forest nous donne un bref historique de la reliure d'art au Canada.Vers 1890, deux Québecois, Victor La France et Télesphore Le- mieux, sont déjà célèbres; le premier, surtout, fils d'un relieur, a laissé des œuvres remarquables dont quelques- unes ont obtenu des prix à l'Exposition Universelle de Paris.Il ayait forme plusieurs élèves qui furent dignes de lui: Aimé Dorion, Siméon Côté, Chabot et d'autres.Mais ce ne fut pas avant 1923 qu'un relieur canadien put aller se former en France, Cette année-là, M.Philippe Beaudoin obtenait du gouvernement provincial une bourse de reliure.Désormais, nous pouvons espérer un style canadien en reliure.Avec des ouvriers compétents, avec un traitement plus savant des cuirs canadiens, nous ne dépendons plus de l'étranger pour habiller richement, artistiquement, les œuvres du Canada français.Nos bibliophiles les plus exigeants le savent. Novembre 1936 LA FEMME SAIT-ELLE GARDER UN SECRET?C'est bien à tort qu'on a accusé les femmes de ne pouvoir garder un secret, Encore une calomnie sur leur compte, les pauvres.Essayons de la détruire.Les femmes raffolent des secrets et des mystères.Ce sont elles qui ont inventé le tête-à-tête.Elles éprouvent toujours le besoin de baisser la voix, de fermer les portes et de vous parler les yeux dans les yeux.Vous vous attendez, chez monsieur, à une révélation sensationnelle, ou peut- être si, par hasard, vous possédez quelques onces de vanité, à une déclaration d'amour.Comme vous connaissez mal les femmes ! Votre interlocutrice vous entretiendra des sujets les plus anodins et les moins personnels.Les hommes, eux, n'ont pas de secrets, ou du moins ils n'ont que des secrets collectifs et d'un intérêt général : conspirations politiques, entreprises économiques, et le reste.Ils ont été dotés par la nature d\u2019une voix beaucoup plus puissante que celle de la femme et ils s'en servent pour discourir, de toute la force de leurs poumons, du haut d'une plate- forme, pour révéler au public les malversations et les iniquités que leur ont apprises des enquêtes secrètes.Dans un bureau où travaillent plusieurs associés, on remarque que la porte de chacun est rarement tout à fait fermée.Ces messieurs s'entretiennent à haute voix, sans quitter leur fauteuil, et se fournissent ainsi mutuellement des informations, sans paraître songer que les clients qui attendent dans la salle d'entrée pourraient fort bien en faire leur profit.Rares sont les hommes qui n\u2019aiment pas à pérorer, à s'écouter parler avec complaisance et à vouloir que les autres en fassent autant.C'est pourquoi on peut dire que trois hommes réunis composent un auditoire, tandis que deux femmes qui causent ensemble forment une société secrète.Si les femmes ne sont pas, comme on le voit, des modèles de discrétion, elles ont le désir, et quelquefois l'illusion de l'être, Elles ont le sens et la notion du secret, même pour des sujets qui ne méritent pas tant de précautions.Il arrive qu'à l'occasion et dans les grandes circonstances, elles se montrent discrètes.Toutes les espionnes, agents incomparables du Service Secret, n'en sont-elles pas la preuve?Hâtons-nous d'ajouter que si c'est là une manière dangereuse de servir son pays, les femmes n'ont pas raison d'en être trop fières, et que, pour ma part, je leur souhaite d'utiliser autrement leur faculté d'oserva- tion et leur discrétion.LA PREMIERE FABRIQUE DU GENRE AU CANADA La confiance en l'avenir de la cité et le progrès de l'industrie se montrent par l'adjonction d'un bâtiment d'une valeur d\u2019un quart de million aux bâtiments de la fabrique de I'Imperial Tobacco Company of Canada Limited, à Montréal; la construction vient de commencer.Le nouveau bâtiment se composera d'un sous-sol et de cinq étages, et servira principalement à l'emmagasinage et au séchage des tabacs.La surface du bâtiment sera de 211 pieds de long par 66 pieds de large.La principale innovation consistera en l'emploi de briques de verre au lieu de fenêtres -aux trois étages supérieurs.Les briques de verre sont manu- fecturées en verre ordinaire coulé de façon à laisser à l\u2019intérieur un vide partiel.La question du travail des femmes est une des plus délicates qui se puissent aborder, surtout dans notre province.C'est ainsi qu'il y a un an environ, une délégation de jeunes ens allaient se plaindre au Premier- inistre de ce que trop de femmes travaillaient dans les bureaux du gou- « vernement.Après avoir énuméré quelques-unes de ces situations, ils en vinrent à la conclusion que toutes leurs revenaient de droit et qu'ils .n'abandonnaient aux femmes que celle de femme de ménage, d'où l'on peut conclure que ces messieurs ne censentent à se mettre à quatre pattes que moralement.Au lieu de passer en revue tous les clichés que le sujet a inspirés aux orateurs, examinons plutôt la situation des femmes qui gagnent leur vie et les résultats apportés par leur travail.C'est à nos voisins les Américains que nous empruntons des exemples.Si l'on se promène dans un auto- «bus new-yorkais, vers cinq heures de l'après-midi, on ne peut s'empêcher de remarquer la quantité prodigieuse de femmes et de jeunes filles qu'on voit sortant des bureaux et des magasins leur journée de travail terminée.Quelques statistiques nous renseigneront sur le nombre de ces fourmis laborieuses.(Surtout, n'allez pas croire que cette dernière expression est un pléonasme.Je viens de lire dans les \u201c Fables de mon Jardin de M.Georges Duhamel, qu'il existe Les parois de la brique sont côtelées à l'intérieur et de cette façon elles ne sont pas transparentes mais diaphanes et laissent pénétrer 859 de la lumère en comparaison.de la vitre ordinaire.Les briques sont posées comme les briques ordinaires dans un mortier au ciment avec des joints de 3/16 de pouce.Les briques de verre encaissées dans leur ciment empêchent l'infiltration de l'air et il n'y aura pas d'ouvertures.Les salles seront automatiquement ventilées et aérées pour permettre d'entretenir une température et une humidité uniformes, conditions indispensables à la propre préparation des tabacs.n a choisi les briques en verre pour remplacer les fenêtres, non seulement pour obtenir le réglage de la TRAVAIL FEMININ des fourmis paresseuses et que dans les fourmillières, comme chez les humains, ce sont les mêmes qui font tout le travail).Mais revenons aux chiffres.D'après le recensement de 1930, 2,000,000 de femmes sont employées dans des bureaux en qualité de secrétaires, dactylographes, téléphonistes ou comptables.C'est la leur plus vaste champ d'action.95% des dactylographes et 949, des téléphonistes sont des femmes.63%, des caissiers et des comptables, 94%, des gardes-malades le sont également.y a aux Etats-Unis, 706,000 vendeuses, 113,000 coiffeuses et manucures, 57,000 gérantes d'hôtels et 3,276 femmes missionnaires.Les seize Américaines qui ont eu le plus de succès dans leur carrière, exercent toutes des professions fort diverses, ce qui prouve la variété des compétences féminines.L'une d'elles travaille dans une mine de charbon, une autre fabrique de la gélatine, deux sont banquières, une ingénieur, une autre est un agent de publicité tout à fait remarquable, une autre couturière et une autre encore présidente d'une compagnie d'utilités publiques.Il est à peine besoin d'ajouter que c'est celle-ci qui gagne davantage.Ses affaires atteignent le chiffre respectable de $3,000,000 par année.Les femmes ont toujours eu des aptitudes pour l'enseignement, sans doute parce que beaucoup d'entre elles, qui ne se sont pas mariées, con- chaleur et de l'humidité, mais aussi pour obvier aux désagréments et aux dépenses consécutives à l'entretien des fenêtres dans une industrie \u2014 on évite ainsi l'emploi des stores, la casse, le nettoyage à la main qui pourrait être fait avec des tuyaux d'arrosage), la peinture et l'usure.Au premier étage au-dessus du sol il y aura une plateforme pour les marchandises, de 10 pieds de largeur, bâtie sous forme de retrait dans toute la longueur du bâtiment et qui servira à la réception et à l'envoi des marchandises par wagons sur une nouvelle voie de garage.Le bâtiment qui occupe environ 500 ouvriers à sa construction doit être terminé à la fin de l'année.La totalité du travail est entre les mains de Anglin Norcross Quebec Limited, entrepreneurs.sidèrent leurs élèves un peu comme leurs enfants.Il n'est donc pas étonnant que 60% de celles qui ont choisi des carrières dites libérales soient dans l'enseignement Tous ces messieurs galants et sensibles qui s'objectent au travail de la femme à cause de la délicatesse de sa constitution doivent tout de même s'apercevoir que c'est justement dans le monde des machines que cet etre gracieux et fragile réussit le mieux : machines à tisser, a carder, à coudre, et tant d\u2019autres dont j'ignore les-noms, mâchines à écrire et à additionner, tableaux téléphonistes, presses à imprimer .Mais je m'arrête dans cette énumération pour ne pas m'entendre dire que nous travaillons plus vite avec nos doigts qu'avec notre cerveau.Examinons maintenant un autre point de vue.Si les femmes gagnent de l'argent, elles en dépensent aussi beaucoup.Que ferait le commerce sans elles?Celles qui restent au foyer et n'ont pas à se préoccuper du pain quotidien, aident leurs sœurs dans la lutte pour la vie.La femme moderne veut être belle et jeune; elle veut aussi avoir une maison meublée et décorée avec goût.Elle aime le changement ct toutes les nouveautés l'enchantent.La souveraineté reconnue de la mode est encore la manière la plus ingénieuse que les commerçants ont trouvée pour faire circuler l'argent.one =\u201d \u2014\u2014\u2014 \"Se 61 RHUMATISANT PENDANT 25 ANS Ne pouvait plus se servir de ses bras La première attaque de rhumatisme le surprit il y a 25 ans environ.Un jour vint où il ne put même plus se lever les bras.Mais il fut soulagé \u2014 comme on verra par sa lettre ci- dessous : \u201cJe fus frappé, il y a environ 25 ans, de ma première attaque de rhumatisme, au bras et à l'épaule.Un peu plus tard, ce fut le lumbago.Le mal empira, aux bras et aux reins.Je ne pouvais même plus soulever un pot d'eau au bout du bras.J'achetai il y a 12 mois une bouteille de Sels Kruschen qui me soulagea avant d'être vidée.J'en achetai une autre et toutes mes douleurs disparurent pour ne plus revenir.\u201d \u2014 T, R: Des dépôts d'acide urique dans les muscles et les articulations causent souvent les douleurs et raideurs du rhumatisme.Les sels minéraux de Kruschen aident à activer et régulariser le fonctionnement des organes et à les débarrasser de tout excès d'acide urique.FEMMES MALADES Vous résigner à souffrir ne vous profitera en rien car la maladie fera des progrès qui vous forceront à recourir à une opération coûteuse et souvent fatale.N\u2019est-il pas plus sage d\u2019employer sans tarder les PILULES FEMOL qui depuis plus d\u2019un quart de siècle ont assuré la santé à des milliers de femmes malades ?Procurez-vous-en une boîte aujourd\u2019hui mêmie.LES PILULES FEMOL se vendent partout.Toutes les femmes qui souffrent du beau- mal devraient les employer.De y PILULES FEMOL Notre brochure médicale vous sera expédiée gratuitement sur demande.INSTITUT CAZO \u2014 Dept.R.Place Royale, Montréal Contre 7?Maux delête Névralgies La Grippe Douleurs Achetez une boîte de Capsules Antalgine.Elles sonttrès faciles à prendre, préviennent les rhumes et soulagent vite les douleurs.ANTALGINE EN VENTE PARTOUT 25° RHUMES BRONCHITES LA GRIPPE CASSE LA TOUX \u2018\u2019Lumières-Action!\u201d Le.cinéma exige les deux et les obtient du \u2014 - i Au cours d'une scene dramatique ou d'une conversation entre gens du monde surgit tout à coup ur.RONSON.\u201cAPPUYEZ \u2014 if s'allume! 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une lettre.La jeune fille de la maison se précipita, prit la lettre, l'examina attentivement.À l'époque, nous l'avons dit, c'était le destinataire qui payait le prix du port, aussi le facteur réclama-til un shilling.\u2014 Un shilling, s'écria la demoiselle, nous sommes trop pauvres pour vous payer.Je suis donc obligée de vous rendre la lettre.Sir Rowland Hill était riche, il s'offrit à verser le shilling en question, mais la jeune fille s\u2018y opposa obstinément.Le facteur disparu, elle confia à sir Rowland Hill un ingénieux stratagème qui lui permettait de correspondre gratuitement avec un de ses frères qui habitait une contrée éloignée.Dans la suscription, son frère traçait plusieurs signes en un style convenu.Ainsi sa famille pouvait savoir sans bôurse délier \u2014 c'est-à-dire rien qu'en regardant l'enveloppe en quel état de santé il se trouvait.Ce subterfuge, même avoué en rougissant par une jolie jeune fille, n'en était pas moins une fraude.Rentré à Londres, sir Rowland Hill dont l'attention avait été éveillée, se livra à une enquête portant sur la façon dont étaient rédigées les adresses des lettres refusées.Il conclut aisément que la jeune Ecossaise n'était pas la seule à frustrer la poste de son pays.PROJET DE RÉFORME POSTALE Il fallait donc remédier, sans retard, au système frauduleux qui risquait d'aggraver encore les déficits de la poste anglaise.Deux ans après, le 13 février 1837, sir Rowland Hill qui, outre ses qualités de mathématicien, était un dilettante de l'invention, présentait aux autorités anglaises, un rapport qui avait pour titre \u201c La réforme postale.Son importance et ses possibilités .L'auteur préconisait le paiment de la taxe postale par l'expéditeur, afin d'éviter, non seulement la tromperie, mais aussi une comptabilité inextricable provoquée par les recouvrements des taxes et les refus des destinataires.Ensuite il proposait la création d'un petit carré de papier de grandeur suffisante pour recueillir le sceau postal et enduit, au verso, de colle afin qu'on put le fixer sur l'enveloppe.Le prix, uniforme pour toute l'Angleterre, serait de 1 penny (12 centimes environ).C'était tout simplement le principe du timbre-poste qui venait d'être inventé.L'initiative de sir Rowland Hill bouleversait complètement la vieille administration postale, aussi ne le réalisa-t-on pas immédiatement.On créa d'abord \u201cl'enveloppe postale\u201d qui comportait une première réforme puisque c'était l'expéditeur qui devait la payer.C'était une enveloppe ordinaire sur laquelle on avait imprimé, tout autour, en laissant une partie blanche pour l'adresse, un ensemble symbolique dû au célèbre peintre William Mulready.Le dessin représentait, au centre et en haut, une femme personnifiant l'Angleterre, et devant laquelle sommeillait un lion.Les bras étendus, elle venait de là- cher des messages ailés qui allaient s'envoler vers les pays désignés par un emblème, à droite et à gauche.L'enveloppe postale qui coûtait relativement très cher n'eut pas le succès qu'on attendait.On dut en abandonner l'usage et en passer des milliers d'exemplaires au pilon.LA NaissANcE Du TIMBRE À son arrivée au pouvoir, le 7 mai 1839, lord Melbourne décida d'adopter le projet de sir Rowland Hill qu'il avait trouvé très intéressant, Il le mit à l'ordre du jour des Chambres.Quelques adversaires \u2014 il y en a toujours, pour toute transformation sociale même d'un intérêt indiscutable, \u2014 s'élevèrent avec véhémence contre cette innovation qu'ils jugeaient ruineuse.Néanmoins, lorsqu'il fut mis aux voix le projet fut voté avec une majorité écrasante.Son auteur fut nommé aux hautes fonction de \u2018\u2019 post-master \u201d général.Peu de temps après, le 10 janvier 1840, le premier timbre-poste, le \u201cblack penny'\u2019 (douze centimes et demi) à l'effigie de la reine Victoria, faisait son apparition.L'année suivante il devint rouge, en 1854 il fut perforé aux quatre côtés.En 1860, les recettes de la poste anglaise étaient cent fois plus importantes qu'en 1840.Cette même année, sir Rowland Hill, bienfaiteur réformateur, fut fait commandeur.Un autre inventeur anglais, sir Archer qui, en 1853 await eu l'idée de denteler les timbres, reçut un don de 100,000 francs.En 1864, presque septuagénaire, il se retira.Pour lui témoigner sa gratitude, le gouvernement lui fit voter un don de 500,000 francs et le maintien de son traitement de directeur général des Postes.Le 27 août 1879, sir Rowland Hill à Hampstead, glorieux vénéré de ses contemporains, mourait après avoir vu triompher dans le monde entier sa magnifique invention.Son tombeau fut celui des Grands Anglais : l'abbaye de Westminster.Enfin, en 1882, on lui élevait une statue dans la ville de Londres, devant le Stock Exchange.Songeons-nous jamais, lorsque nous postons\u2019 le courrier, à ce grand bienfaiteur de l'humanité que fuË sir Rowland Hill ?Les DéauTs DE LA PHILATELIE Une dizaine d'années après la création du timbre-poste, des collectionneurs désintéressés, appartenant à toutes les classes de la société, séduits surtout par la grande diversité des vignettes utilisées dans les différents pays du monde, confectionnèrent de petits albums où ils réunirent, un à un, des timbres qu'ils avaient glanés par-ci par-la.Une science nouvelle était née: la philatélie.Les premières éditions de timbres épuisées, on en imprima d'autres qui comportaient souvent un perfectionnement dans le tirage et dans la forme, ou un changement dans la couleur.Lors, les nouveaux collectionneurs recherchèrent les figurines qu'ils ne possédaient pas et qu'ils ne pouvaient (Lire la suite page 64) Novembre 1936 Jolis travaux de broderie et de tricot (Suite de la page 31) * GILET POUR BEBE Taille : 1 an REGENT SEA GULL i 1 jeu d\u2019aiguilles REGENT No 9 1 crochet REGENT moyen Tension: 7 m.\u20141 p.; 10 rangs\u20141 p.Ce gilet se travaille au point de riz.Dos : Sur le jeu d'aig.No 9 monter 54 m.Travailler droit pendant 66 rangs.Monter 30 m.au commencement des 2 rangs suivants pour former les manches.Travailler droit pendant \u201834 rangs.* Rang suivant: Tri 46 m., rabattre 22 m.pour former l'encolure, tri pour terminer le rang.Tri 6 rangs pour former les épaules, monter 14 m.à l'encolure.Tri pendant 28 rangs.Rabattre les 30 m.qui forment la manche.Tri pendant 66 rangs.Rabattre toutes les m.Exécuter l'autre côté du devant suivant les mêmes instructions.Coudre les 2 côtés.Tri 1 rang s.c.tout autour du gilet.Exécuter une boutonnière sur le côté droit du devant à peu près à 3% de pce de l'encolure, ch.6, sauter 5 m., 1 s.c, dans la m.suivante.Tri 3 s.c.dans les m.du coin.Terminer au point de picot, 1 s.c.dans chacune des 4 m.suivantes, ch.5, 1 m.glissée dans le dernier s.c.Terminer les manches de la même façon.Ce que nos annonceurs pensent de leurs produits Nous passerons tous les mois, dans notre revue, un court article ainsi intitulé sur ce que les annonceurs de LA REVUE POPULAIRE pensent de leurs produits.Nombreux sont les renseignements ques les annonceurs ne peuvent donner dans leurs annonces proprement dites.Cette petite chronique leur permettra, à tour de rôle, de renseigner davantage notre clientèle féminine et masculine sur les multiples avantages des choses qu'ils fabriquent.Ainsi, cette fois, nous reproduisons deux photos de la célèbre lotion Jergen's.Toutes nos lectrices savent par expérience que l'eau rend à la longue la peau sèche et rude.C'est un fait indiscutable.Aussi, les fabricants de la lotion Jergen's recommandent avec raison d'en garder un flacon dans la cuisine aussi bien que dans la salle de bains.Après vous être mouillé les mains, disent-ils, humectez-les d'un peu de, cette lotion pour les garder douces et blanches.Notre seconde photo représente deux jeunes filles qui se touchent des doigts le front et la main.La peau des mains est plus sèche et moins huileuse que celle du reste du corps.Ce qui veut dire que, pour que les mains vieillissent moins vite, il faut les adoucir fréquemment avec une lotion aussi recommandée que la lotion Jergen's.63 LE PLOMBIER: \u201cIl fallait que j'oublie mes Sweet Caporals.\u201d CIGARETTES SWEET CAPORAL \u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé.\u201d*\u201d\u2014 Lancet POLICE de \"5000 pour quelques sous par jour ! OUS pouvez avoir une Police d\u2019As- surance-Vie de $1,000 avec Primes payables pendant 20 Ans pour moins de 10 sous par jour si vous avez moins de 40 ans, et pour de plus grosses sommes en proportion.(Passé 40 ans, le taux augmente légèrement.) Il y a aussi d\u2019autres modes d\u2019assurance qui vous conviennent peut-être mieux, et qui n\u2019exigent que de modestes versements.Prenez les pièces de cinq et dix sous que vous avez dépensées la semaine dernière \u2014vous souvenez-vous a quoi elles ont passé?Absolument pas! Et pourtant, ces sommes minimes placées dans des polices de la Mutual Life of Canada grossiront considérablement au cours des années.Dans la Mutual Life of Canada P\u2019argent rapporte.La Compagnie est la propriété des assurés.Une fois propriétaire d\u2019une police de la Mutual Life vous participez à tous les bénéfices La compagnie a distribué $66,000,000 de bénéfices en dividendes, a payé plus de $200,000,000 aux bénéficiaires et a un avoir de plus de $156,000,000.Cela vaut la peine d\u2019être approfondi\u2014une façon facile et intéressante d\u2019épargner, plus la protection qu\u2019une assurance-vie offre pour votre famille! 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de bienfaisance; surtaxe; de la poste aérienne; des journaux et imprimés; lettres en retard, des lettres par exprès; des pneumatiques; de la correspondance officielle; de la franchise (pour sociétés et établissements importants) de l'insuffisance d'affranchissement; du recouvrement pour valeur impayée; de la taxe pour journaux; de la taxe téelegraphique; de l'impôt de guerre (taxe en sus pour période) à des colis, des timbres locaux (en usage exclusivement pour une région); les timbres-fiscaux- postaux (timbres fiscaux employés exceptionnellement par la poste).Dans le monde entier, on compte environ 61,056 modèles différents de timbres-poste.Le Nicaragua, considéré comme le pays le plus riche en timbres, a émis 1,340 modèles : la Colombie, 1,067.Quant au pays de sir Rowland Hill, c'est lui qui en a le moins.On le voit, les collectionneurs consciencieux ont de quoi s'occuper ?Souvent lorsqu'on annonce de nouvelles émissions, les gazettes terminent ainsi leur information : \u2018\u201c Voilà qui fera plaisir aux philatélistes .C'est une erreur, car les philatélistes ne souhaitent pas de nouveautés : ils ont bien assez de difficultés à se pro- |.curer les timbres qui existent déjà | Il n'y a pas longtemps, la vente du timbre anti-tuberculeux permit, grâce à l'immense générosité du public, de recueillir 20 millions de Fes.avec lesquels des sanatorias furent crées pour nos petits malades.DIVERSES SORTES DE COLLECTIONS Il existe une dizaine de façons de collectionner les timbres-poste.Chacun opte pour l'une ou l'autre, suivant sa préférence, ses facilités d'obtention, ses moyens pécuniaires.- On distingue tout d'abord la \u201c Collection générale complète\u201d.\u2018Très rare, parce que fort onéreuse, elle réunit tous les genres de timbres et toutes leurs variétés.\u201cLa Collection générale limitée \u201d, assez rare aussi, ne groupe que les principales variétés de timbres dentelés ou non, les principaux filigranes, les surcharges et les types.\u201cLa Collection générale simple\u201d, est la plus répandue.Elle n'est composée que des types seuls, sans variétés des nuances, de filigrane, de dentelure et de papier.\u201cLa collection arrétée à date déterminée \u2018, s'adresse particulièrement aux dilettantes qui désirent exclusivement les timbres se rapportant à une seule époque.La \u2018 Collection limitée est consacrée à une partie du monde; la \u201c collection spécialisée \u2018, spécialisée à plusieurs nations.br Certains pour éviter la trofpetie, composent une \u201c collection de timbres sur lettres .Les enveloppes ont pour eux presque autant d'importance que le timbre lui-même.La \u2018 Collection historique relativement coûteuse est aussi d'un vif intérêt puisqu'elle \u2018groupe les vignettes nées d'événements importants.(Collection de la guerre 1870- 1871 et d'Alsace Lorraine, par exemple.) Enfin la \u201c Collection de gent peu répandue, est réservée aux\u201d si jets que représentent les timbres : portraits, faune, flore, navires, avions, sujets religieux, chemins de fer, armoiries, etc.La \u2018Collection générale simple \u201d est la plus en faveur auprès de nos petits écoliers car elle leur apprend la géographie tout en les amusant, Les GRANDS COLLECTIONNEURS, De nos jours le nombre des philatélistes est évalué dans le monde à 20 millions environ.En France, il s'élève à plus de 800,000.On accorde volontiers le titre de \u201c premier collectionneur \u201d en date à M.Legras.Ce parisien commença sa collection en 1850, c'est-à-dire un an après l'apparition du timbre-poste en France.Lors de la première vente aux enchères d'une collection de timbres, le 29 décembre 1865 à l'hôtel Drouot, à Paris, il fut l'un des principaux acquéreurs des vignettes qui composaient l'album ayant appartenu à M.Elbé.Actuellement les collections les plus complètes et les plus riches sont ête- nues par des souverains et des richissimes du monde entier.Celle du feu roi d'Angleterre Georges V, par exemple, est évaluée à plusieurs millions de francs.Celle du roi d Egypte, de l'empereur du Japon, de la reine d'Espagne, du roi de Suède, du roi Carol de Roumanie, de la reine de Belgique, de la reine d'Italie, du prince de Monaco, de plusieurs maharajah indous, sont uniques.ManrieL TRAVERS.\" Vous le Machez LA REVUE POPULAIRE 3 raisons pour lesquelles vous devriez : essayer ce LAXATIF MODERNE J] ACREABLE A PRENDRE.Possède la saveur d\u2019une délicieuse, gomme à mâcher aromatisée 34 \u2018la Menthe; aucun goût de remède.ST \u2018 2 ACTION DOUCE.Quand on mâche, le laxatif se mêle à la salive.TI entre graduellement, naturellement, et s'étend également et doucement dans le sys- e.te ¢ ABSOLUMENT RECOMMANDABLE.Vous pouvez compter sur Feen-a-mint.Son action assure des résultats complets, sans effet violent et-sans dérangements.- Meilleur parce que Agents demandés pour vendre des cravates pour hommes.Avec nos\u2019 prix.vous pouvez faire une commission de 100%.Demandez aujourd\u2019hui.des échantillons gratuits et un territoire.exclusif.Ontario Neckwear Company, Dépt: 561, Toronto.Offre Spéciale d'abonnement La Revue Populaire Pour le Canada seulement.- $2.00 pour 2 ans Tarif régulier: $1.50 pour une année COUPON D'ABONNEMENT D'OFFRE SPECIALE Poirier, Bessette & Cie Limitée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Ci-joint veuillez trouver $2.00 pour un abonnement de DEUX ans à LA REVUE POPULAIRE (Pour le Canada seulement) Nom .Adresse Ville . vembre 1936 À peut améliorer son sort si on Jmait ses moyens d'action et si Mn sait utiliser les forces qui Jsont en soi et autour de soi.CONDITIONS INDISPENSABLES 1sera Tépondu à 1 question, par voie de \u2018Revue, moyennant 25 sous pour frais de erches, \u2014 Mentionnez années, mois et 1 de naissance, mariage, veuvage.de chap des personnes en cause.\u2018@ 3 questions à 50 sous ainsi que le au complet des influences d\u2019une année, TeL00 seront envoyés directement.Une loppe adressée et affranchie est exigée.\u2018Nos prévisions ne dépassent pas l'année.fous continuons aussi notre service gra- fiogique (étude du caractère par l'écritu- aux prix réduits de l\u2019été, soit 10 sous uw abrégé publié dans la Revue et 50 1 pour analyse détaillée.; Toute consultation eu remise d\u2019argent doit #faite à ] 1 LAURE DE PALMA La Revue Populaire 975, de Bullion, Montréal.cab.S.: Reverrai-je bientôt celle ejaime ?\u2014 Chances en suspens, jique peu défavorables.L'indéci- À vous éloigne du but que vous nivoitez, et en plus, le faible indice Yslérien vous destine au célibat.ute affaire sentimentale doit être LElée avec prudence et maintenue nu'à des temps meilleurs sans for- la main des.dieux.Bobette : Mes chances en amour {vous plait?\u2014 Peu.Cela dépend qui vous êtes courtisée, il m'eut fu aussi les dates de naissance de te ami.Personnellement, vous au- 1des rivalités à combattre, certains sacles venant de votre famille.fume (le gâte-sauce) est dans te chemin.Le ciel s'éclaircira vers fn de janvier.(Voir nos condi- Is présentes s.v.p.).! Pas Prime : Ayant décidé dans ma esse, de rester célibataire, peut-il eiiver qu\u2019on me force à en sortir ?\u2014 xitrologie vous contredit : elle dit de les Marsiens épousent toujours.ndigré votre esprit combatif et in- fpendant, arrivera un jour où pour Issi, vous devrez tenter l'associa- n Le temps est proche : 1937 vous \u2014fia au moins une occasion.Les minis : types à fossettes vous avan- L beize ans: Irai-je en Californie onto avec mes parents, et pour y meurer 7 \u2014 Les.dates envoyées t insuffisantes ; il faut celles du Xo et autres aussi.Tout de même eux vous dire que si ce voyage tentrepris en vue de position il est s que probable qu'il s'accomplira ila fin de novembre; sinon il sera is indéfiniment, car passé ce ps, votre père aura plus d'avanta- ka rester ici.IM.G.: Ai-je déjà sorti avec celui ke marierai ?\u2014 Impossible de ré- dre directement à cette question, il me faudrait faire un relevé de Iseurs années pour voir vos in- tnces en ce sens.Cependant vous wuserez sûrement un homme d'un ys éloigné du lieu ou vous habite- alors.Vous êtes même destinée me seconde union.Guy: Le journalisme est-il ma mche ?\u2014 Que non ! Les gibiers à is et à plumes ne sont jamais nés Neptune.Vos dispositions natu- ks vous destinent aux positions ides.L'encre pourrait l'être si elle rontenait, en ce moment le venin Saturne.Liqueurs, marine, navi- jlon, aqueduc, autant de sugges- \u2018is qui vous rendraient la vie plus &æ et plus confortable.Phélix : D'où vient ma guigne ?\u2014 2 jours pairs vous êtes en ama- «;, dit votre oracle, les impairs en GRAPHOLOGIE CELESTE cristal \u201d Puisque cela ne va pas selon l'oracle, essayez de renverser les valeurs.N'allez déclarer votre flamme que les 3 et 5, du mois, et cédez les jours pairs \u2014 qui pour vous sont malchanceux \u2014 à vos rivaux.Je vois par les dates de naissance de la jeune fille en question qu\u2019elle ne sera disposée durant ces prochains mois, qu'un jour sur deux; alors il s\u2019agit de tomber sur le favorable, mon ami.Floramy : Le caractère de cet homme s.v,p.\u2014 Se crée à plaisir des embarras, mais s'en tire sans trop s\u2019écorcher.Tenace, bon contrôle.Fera honneur à sa profession (surtout si en médecine ou en sciences) Type de mari normal.Ne doit pas se marier avant trente-cing ans, sans quoi ses influences diminueront./ Anna : Mon mari qui chéme trou- vera-t-il à se placer sous peu?\u2014 Il me faudrait les dates de naissance de votre mari, s.v.p., dire aussi a quel travail il est employé ordinairement.Si folle : Dites-moi quelque chose.\u2014 Une femme qui a déjà été un obstacle revient sur votre route.Votre sensibilité en sera affectée.Tout de même, Neptune (de par votre naissance au début de mars) vous a dotée de bonnes nageoires: vous saurez éviter les écueils et votre amour surnagera.Parfait triomphe sur elle, en mars prochain.Rikiki: Quelle tactique employer pour empêcher ce que je prévois?\u2014 Les choses vous sont plus favorables que les gens vous sont sympathiques.Inutile de chercher un appui, ni vous épuiser à faire face aux arguments.Le silence est votre arme, en ce moment; et d'abord que vous ne les discuterez pas, les éléments vous obéiront: Louisette et Simon: Mon mari sera-t-il chanceux dans cette transaction?\u2014 L'année promet d'être laborieuse, mais d'apporter des succès provenant de contracts signés ou de salaire à retirer.Bonne chance de progrès aussi si la transaction est faite entre parents ou amis.Mais dans le commerce de bois, il est conseillé de surveiller les conditions signées avec soin \u2014 toutes les clauses.\u2014 (Graphologie :) Nature franche, réservée.Intelligence systématique, qui souvent s'encombre de détails.Ingénieuse dans sa maison.Prudente en face du public; contrôle ses impressions.Merveilleuse associée : dévouée, adroite et généreuse : sait employer à propos ses facultés.Madeleine B.: Y aura-t-il changement dans ma maladie ?\u2014 Si votre maladie n'est pas localisée, la fin de novembre ou décembre apportera un soudain résultat.Conseil est donné d\u2019avoir recours aux Rayons X si vous souffrez de l'estomac ou de désordres de la, circulation, car ces maux sont ceux qui répondent à vos dispositions astrologiques.De toute façon c'est juillet et octobre qui étaient fatals pour votre santé; de mars à votre prochain anniversaire, vous remonterez rapidement la pente.Maryse : Croÿez-vous que j'aurai un ami bientôt?\u2014 Avant vous aurez un ennemi : quelqu'un vous attaquera.La compensation viendra aussitôt, ou presqu'en même temps.Durant un voyage ou à l'étranger, rencontre d'un ami d'enfance, à propos de deuil (vous ou lui) \u2014 Je ne puis rien dire de plus sur votre bonheur vu que vous n'avez droit qu'à une question, pour ce prix.Ce Traitement Externe Sür Aide à ARRETER un RHUME plus vite! L Massage de 3 Minutos au UspoRub Massez avec du VapoRub, la gorge, la poitrine et le dos (entre les épaules et au-dessous).Puis appliquez-en une couche épaisse sur la poitrine, et recouvrez d\u2019un linge chaud.Avant même que vous ayez fini de \u201c frictionner, le VapoRub commence à soulager le rhume de deux façons à la fois\u2014deux façons directes: \u20181, A Travers la Peau.Le VapoRub agit directement à travers la peau comme un cataplasme ou un emplâtre.2.Vapeurs Médicamentées.En même temps, ses vapeurs médicamentées, dégagées à la chaleur du corps, sont inhalées pendant des heures \u2014I8 fois par minute\u2014directe- ment dans les voies respiratoires irritées.Cette action combinée \u2018\u2018cataplasme- et-vapeurs\u201d\u2019 détache les mucosités\u2014 soulage l\u2019irritation\u2014aide à dissiper la congestion.Tandis que le petit malade s\u2019endort paisiblement, le VapoRub continue à agir.Souvent, au réveil, le pire du rhume est passé.\u2018 Evite le Risque de Déranger l\u2019Estomac Ce traitement externe sûr, ne peut pas déranger l\u2019estomac, comme a tendance à le faire l\u2019absorption constante de drogues internes.On peut l\u2019employer librement, aussi souvent qu\u2019il est nécessaire, même pour l\u2019enfant en bas âge.VICKS \u2014 Vous trouverez dans votre paquet de VapoRub, I'intéressante histoire du\u2019 Systéme Vicks Pour Mieux Maîtriser les Rhumes chez soi.Au cours d'essais cliniques pratiqués sur 17.353 personnes, ce Système a réduit de plus de moitié les malaises dus aux rhumes.Suivez le Système Vicks Pour Mieux Maîtriser les Rhumes i 66 LA REVUE POPULAR La Cuisine Canadienn par Héléne Chagnon Directrice de l\u2019Ecole Moderne des Sciences Domestiques CHRONIQUEUSE CULINAIRE DE \u201cLA REVUE POPULAIRE \u201d ET DU \u201c SAMEDI \u201d Mlle Hélène Chagnon, directrice de l'Ecole Moderne des Sciences Domestiques et directrice culinaire de notre revue; a eu l'heureuse idée d'initier nos lectrices à la cuisine des divers pays du monde.Elle leur donnera ainsi, chaque mois, les recettes des plats nationaux les plus délectables et les plus faciles à préparer.Comme il se doit, Mile Chagnon inaugure cette \u201c croisière culinaire \u201d par la cuisine canadienne-française.Viendront ensuite les cuisines française, italienne, américaine, anglaise, scandinave, hongroise, russe etc, SOUPE AUX POIS 4 tasses de pois 2 livres de lard salé 12 tasses d'eau 1 cuillerée à thé de .bicarbonate de soude 2 petits oignons Sel et poivre Persil et sarriette Ciboulette Faites tremper les pois pendant toute une nuit dans de l'eau froide additionnée d'une cuillerée à thé de bicarbonate de soude.Jetez cette eau et faites cuire les pois à l'eau froide.Ajoutez le lard salé, les oignons et les assaisonnements et faites cuire, pendant 4 heures, dans une marmite couverte, RAGOUT DE PATTES 2 pattes 2 oignons 2 pintes d'eau froide Clous ronds 2 tasses de farine grillée Sel et poivre Grattez les pattes et faites griller les poils au-dessus de la flamme.Placez dans l'eau, ajoutez les oignons et les assaisonnements et faites cuire jusqu'à ce que la viande soit bien tendre.Une demi-heure avant de servir ajoutez la farine grillée, passée au tamis, délayée avec de l'eau froide.Servez chaud.ŒUFS CUITS DANS LE SIROP D'ERABLE Sirop d'érable Oeufs Faites bouillir le sirop d'érable et ajoutez les œufs légèrement battus.Laissez cuire quelques minutes seulement et servez avec le sirop qui a servi à la cuisson.RAGOUT DE BOULETTES 5-6 livres de porc Ail ou oignon Sel et poivre Fau Faites cuire le rôti sans enlever la couenne afin qu'elle donne de la gélatine à la graisse de rôti.Piquez la viande avec de l'ail ou omettez l'ail et ajoutez 1-2 oignons, eau, sel et poivre et faites cuire allouant 15 \u201cheure par livre de viande.Quand le V4 est cuit enlevez-le et faites re- froidir le jus.Enlevez la couche de graisse à la surface, ajoutez de l'eau selon la quantité de sauce que vous désirez obtenir et faites bouillir.x persil haché, sel et poivre.Façonnez des boulettes, roulez-les dans la farine et faites-les cuire dans le ragoût préalablement épaissi avec de la fa- DANS PLUSIEURS RÉGIONS DU QUÉBEC, LA MÉNAGÈRE FAIT ELLE-MÊME SON PAIN.BOULETTES DE PORC 2 livres de porc 1 oignon haché menu Persil haché Farine grillée Sel et poivre Hachez la viande au moulin, ajoutez l'oignon haché menu ainsi que le rine grillée\u2019 délayée avec de l'eau froide.Servez chaud.BEIGNES 6 œufs 15 livre de beurre frais 1 tasse de lait 2 tasses de sucre QUELQUES-UNS DES MEILLEURS PLATS DE LA CUISINE CANADIENNE SONT À BASE DE SIROP OU DE SUCRE D'ÉRABLE.Photo C.N.R.8 tasses de farine 5 cuillerées a thé de poudre a pate 14 cuillerée à thé de muscade Défaites le beurre en crème, ajoi tez graduellement le sucre puis le jaunes d'œufs, le lait, les blanc d'œufs battus en neige et la farin tamisée avec la poudre à pâte ef | muscade.Etendez la pâte 14 pouc d'épaisseur, découpez à l'emporte pièce et faites cuire dans la grand friture.TOURTIERES 4 livres de porc-frais 3 oignons moyens hachés Eau Persil haché Thym Sel et poivre Pâte brisée Hachez la viande et faites-la cuir avec les oignons, un peu de thym, d persil, sel et poivre.Ajoutez un pet d'eau et faites cuire en brassant fré quemment, Après cuisson de la vian de, placez-la, dans la pâte brisée, re couvrez avec une autre pâte et faite: cuire à fourneau chaud.GRANDS-PERES CANADIENS 2 œufs 4 tasses de sirop d'érable 1%, tasse de lait 115 tasse de farine i 1 cuillerée à thé de poudre à pâte 15 cuillerée à thé de sel Tamisez la farine avec la pouds à pâte et le sel.Battez bien les œuf ajoutez le lait puis incorporez la £ rine.Faites chauffer le sirop et lor qu'il est bouillant laissez tomber | pâte épaisse, par cuillerées.Laissel cuire.Si le sirop diminue trop ajo tez-en autant que requis.Servez avej le sirop qui a servi à la cuisson.CRETONS 4 livres de panne Eau Enlevez la peau de la panne, cof pez la graisse en petits morcea et faites cuire sur un feu doux jusg ce que la graisse soit toute fond et que les résidus soient croustillan Coulez la graisse, faites refroidir 1 résidus après les avoir passés petit moulin et assaisonnés de sel poivre. a ELLES OBTIENNENT UN GRAND SUCCES DANS LE MONDE \u2014ces dnowelles leintes dOngles Smoky A\u201d plus grandes réunions mondaines de cet automne, les nouvelles teintes d'ongles \u2018\u201cSmoky\u2019\u2019 de Cutex firent toute une sensation.Les plus élégantes débutantes de la saison se sont empressées d'adopter ces teintes plus douces et plus subtiles.\u2018Elles font paraître bien quelconques en comparaison les brillants à ongles d\u2019un seul ton.\u201d \u201cElles sont aussi flatteuses que chics.\u2019 et \u201celles s'adaptent à toutes les couleurs imaginables.\u201d Les teintes d'ongles \u201cSmoky\u201d sont, en effet, le dernier mot de la mode ! VIEUX ROSE est une teinte subtile, essentiellement féminine \u2014 un rose des plus charmants, du ton fumeux à la mode.Absolument irrésistible avec pastels du soir et fait expressément pour les nouvelles nuances vin ! ROBIN RED (Rouge-gorge) est un nouveau rouge plus doux \u2014 si doux qu'il plait même aux hommes ! Cette nuance se porte avec n'importe quoi.avec par exemple les nouveaux bruns et verts d'automne.ou encore avec le noir et le blanc.ROUILLE CUTEX est une couleur différente de toutzs autres, d'un rose délicatement fumé qui prend aussi un léger ton brun.Elle embellit les mains encore hâlées et se prête à la sombre élégance des velours.Voulez-vous que vos ongles brillent longtemps ?Adoptez n'importe quelle couleur Cutex.La nouvelle formule est meilleure que jamais.Créée par une autorité mondiale en manucure, elle refuse absolument de ternir \u2014 elle ne s\u2019épaissit jamais \u2014 et se garde jusqu\u2019à la toute dernière goutte du flacon ! Vous n\u2019avez pas du tout besoin de porter des robes de Paris pour que ces nuances d'ongles \u201cSmoky\u201d vous donnent du chic! Toutes sont à votre portée \u2014 ne colitant que 35¢ la bouteille chez votre fournisseur.Northam Warren, Montréal, New-York, Londres.Paris w Mauve FABRICATION CANADIENNE Un rose lavande nuageux, Parfait avec les bleus, gris et couleurs pales.Rouille Rose avec un ton brun \u2014 pour porter avec les couleurs feuilles d\u2019automne.Rouille claire Une rouille plus ,pâle 4 avec un joli ton d'or.Tout à fait chic.i Vieux rose Un rose sombre d'un i charme tout féminin.Charmant avec tons pastels.Wy Robin Red Un nouveau rouge plus doux que toutes peuvent porter, S\u2019adapte à tout.Pour faire connaître Cutex \u2014 Nécessaire contenant vos 2 nuances préférées de Poli Liquide Cutex, \u201cOily Polish Remover\u201d Cutex et le nouvel enlève-cuticules oléagineux Cutex (Oily Cuticle Remover) pour 16¢.Northam Warren Limited, Dépt.6A-11 980, rue St-Antoine, Montréal, Canada.Ci-inclus 18¢ pour empaquetage et affranchissement du Nécessaire de présentation Cutex, contenant 2 nuances de Poli Liquide Cutex, tel qu\u2019indiqué.Mauve [] Rouille [] Rouille claire [J Robin Red [J] Vieux Rose [] Nom ee an ce Adresse RE Ville Le etic.Province | wall BICHESSE DE TON grâce à des perfectionnements encore jamais utilisés en radio J, mxrackomiae richesse de timbre, la pureté de son et la merveilleuse fidélité de reproduction qui font l'enchantement de tous ceux qui entendent les nouveaux Croiseurs Universels de Westinghouse ne sont pas le résultat de simples découvertes au hasard.Elles sont I'aboutissant des patientes recherches d'ingénieurs en radio qui ont donné au monde des perfectionnements radiophoniques qu'aucun appareil, quels qu'en soient le prix et les dimensions, n'avait jamais encore possédés, Haut-parleur curviligne tout nouveau, moulé avec une extraordinaire précision.Chambre de son orthocoustique syntonisée tout comme des tuyaux de grandes orgues.Condensateurs tubulaires à alignement permanent.Nouveaux transformateurs F.l.à noyau de magnétite.Voilà quelques-uns seulement des perfectionnements extraordinaires qui assurent la suprématie des airs aux nouveaux Croiseurs Universels de Westinghouse.Votre fournisseur se fera un plaisir de vous donner une démonstration.Vingt modèles au choix fonctionnant avec ou sans batteries.Marqués a partir de $42.50.(Un peu plus pour l'ouest).CANADIAN WESTINGHOUSE COMPANY, LTD.® MONTREAL, HAMILTON, CAN.CROISEUR UNIVERSEL WESTINGHOUSE \"Pilote de Ÿ Air\" AVEC TRANSFORMATEUR FI.À NOYAU DE MAGNÉTITE COMMANDE DE L\u2019ÉCHELLE D'ONDES bee = HAUT-PARLEUR DYNAMIQUE CURVILIGNE RAYON SYNTONISATEUR CATHODIQUE \\ sa Sélectivité augmentée \u2014 is0- lement parfait de postes adjacents sur l'échelle des ondes.Cadran toutes-ondes.calibré et éclairé en couleurs, avec vernier précis.équivalant à, 9 pieds d\u2019échelle vernier.- w Rayon syntonisateur catho- - dique trés sensible simple fiant le repérage des postes.« + Nouveau haut-parleur dynamique curviligne reprodul- sant avec une haute fidélité et une grande richesse de sou: 4 + + Chambre de son ox s- tique munie de crpocte [> résonnance syntonisés.Bobines et » tommutateur ajustés en permanence assurant une performance uniforme parfaite.Radiotrons tout métalliques Westinghouse, y compris la nouvelle lampe à rayon concentré.Procédé de repérage \u201cPilote de l\u2019air\u2019 exclusif donnant à un cheveu près la position de tous les postes à ondes courtes.Compensation automatique du ton qui reste juste a n\u2019importe quel volume.Fabrication Westinghouse.précision Westinghouse."]
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