La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 mars 1934, Mars
[" Notre Roman Complet : Une Petite Fille Aima, par Paul Gervières Mars 1934 ER f) ç - | [ 2-234 q \u201cON Ad A a 27e ANNEE LISEZ : VOYAGE AUX ILES par Ernest Archambault LES INDISCRETIONS DU MICRO par Oscar Bastien LE SECRET DU MASQUE ANTILLAIS par Guy Jasmin Comédie en un acte : IL FAUT QUE FEMME CEDE par À.C.de la Lande Got plus niche\u2026et plus doux / SANS BOUILLAGE! QE racontez-vous là?\u2019\u2019, direz-vous.\u2018Un jambon si doux et si tendre que je n'ai même pas à le faire bouillir?Est-ce bien vrai?\u201d Certainement.Des milliers de ménagères l'ont prouvé d\u2019une manière concluante.Essayer, c\u2019est s\u2019en convaincre.Vozs en serez émerveillée! Ce jambon, c\u2019est le Premium Swift, Ovenized.Et ce genre de jambon tout particulier n'a pas besoin d\u2019être bouilli pour deux raisons.L'une est le célèbre traitement Premium.L'autre est l'Ovenizing.Cette façon spéciale de fumer les Jambons Premium dans des fours accentue leur douceur et leur confère en même temps une richesse de goût unique et une tendreté extraordinaire.Qu'il s'agisse d'une délicieuse tranche du milieu .comme dans la recette donnée à droite \u2014d\u2019un jambon entier ou demi, le bouillage est inutile! Vous pouvez donc dire adieu à une corvée ennuyeuse .tout en servant un jambon plus délicieux.Mais, n'allez pas vous tromper: le jambon doit être du genre Ovenized.Tout Jambon Premium Swift est Ovenized.Nul autre genre ne l\u2019est.Swift Canadian Co., Ltd.JAMBON PREMIUM SWIFT LE BACON PREMIUM SWIFT EST AUSSI OVENIZED PLUS TENDRE ENCORE « D'UN GOUT ENCORE PLUS RICHE Préparez-le de cette simple manière Faites griller ou frire une tranche du milieu d'un Jambon Premium Swift, sans bouillage.(Pour les rondelles accessoires: préparez une riche pâte de biscuit, épaisse de A pouce; étendez d'ananas écrasé et confiture fraises: roulez comme gâteau roulé à la gelée; tranchez et cuisez à four chaud, 20 minutes.) Pour cuire un Jambon Premium, entier ou demi Mettez dans rôtissoire, ajoutez 2 tasses d\u2019eau et couvrez.Cuisez à four lent (325°), 21 minutes par livre pour un gros jambon entier; 25 minutes par livre pour jambon plus petit Gusqu'à 12 livre) ou un demi-jambon.~~ Le jambon cuit, retirez-le AS du four.Enlevez la couenne Py et incisez-en la surface que LT fo 7 vous parsemez de clous de girofle etfrottez d'un mélange fait de 14 tasse cassonade et 1 c.à soupe farine.Faites brunir, à découvert, 20 min.à four modéré (400°).Remarquez que le Jambon 244 Premium Swift se recon- at $57 8 naît au pointillé brun qui =}; 2 se retrouve sur chaque tranche.À est Ovens LES FEMMES DE BANQUIERS TRAITENT-ELLES Leurs Ongles auCutex Corail Cardinal_Rubis ?CORAIL AVEC ZIBELINE Mme Charles Morgan New-York Cette élégante New-Yorkaise \u2014 Mme Charles Morgan \u2014 porte ses zibelines d\u2019un brun foncé avec des ongles Corail Cutex.\u2018Les polis les plus brillants sont très bien / portés\u2019\u2019, dit-elle.\u201cJen remarque partout de nos jours, plus encore que des teintes pales.\u201d An CARDINAL AVEC 5) BLEU PALE (7 Mme Ernest Kessler = Philadelphie La jeune et charmante Mme Kessler porte ici une robe \\ d'après-midi bleu pâle, signée Jessie Franklin Turner \u2014 avec des ongles Cardinal Cutex, un rouge magnifique.\u2018Je ne me sentirais pas tout à fait babillée sans la teinte de poli voulue.Et plus la teinte est riche, plus elle est chic.\u201d RUBIS AVEC VERT FONCE Mme D.A, de Menocal Boston Avec une chic robe vert foncé et un béret de Paris, Mme de Menocal teint ses ongles Rubis Cutex.\u201cL\u2019important est / \u2019 d\u2019accorder la teinte de vos \\ ongles à votre toilette,\u201d RS dit Mme de Menocal.\u2018\u2018C\u2019est la SN ès NW fagon la plus moderne d\u2019avoir I) j du chic.\u201d A la portée de tou- ) ; Gh = tes les femmes.li Liquide CUTEX _ seulomout 357 \u201cCERTAINEMENT\u201d répondent ces trois femmes en vue ES femmes de banquiers, chic jusqu\u2019au bout des doigts, représentent le bon ton et les bonnes manières dans la société américaine.Et maintenant que toutes les femmes de la société portent leurs ongles brillants, les plus timides d\u2019entre vous n\u2019ont plus aucune raison de résister à cette mode.Si donc vous rêvez depuis longtemps de teindre vos ongles Cardinal avec votre nouvelle toilette printanière bleu marine \u2014 allez-y ! Ou encore des ongles Corail avec votre nouvelle robe de chiffon gris.Mais n\u2019allez pas faire la folie d\u2019essayer des polis douteux et de qualité inférieure.Achetez un poli digne de confiance.Achetez le Cutex.Les 7 jolies et chic nuances Cutex sont l\u2019oeuvre de la plus grande autorité du monde en manucure.Le poli Cutex reste en place sans se fendre ni s\u2019écailler.Mais rappelez-vous bien que l\u2019important, en tout ceci, est la Variété.Examinez donc votre garde-robe du printemps et voyez à vous procurer la nuance de poli Cutex qui convient à chacune de vos toilettes.Vous feriez peut-être mieux d\u2019acheter toutes les teintes Cutex en une fois.Le tout est loin de coûter cher et, comme placement, vous verrez comme il vous rapportera ! éNaturel convient à toutes les toilettes, et surtout aux couseurs claires \u2014 rouge, bleu, vert, pourpre, orange, jaune, \u2018Rose teinte charmante avec robes rose pastel, mauve ou bleu.Elégante avec vert foncé, noir et brun.Corail une teinte parfaite avec robes des couleurs suivan- les: blanc, rose pâle, beige, gris et bleu.Aussi avec noir ou brun, Cardinal offre un agréable contraste avec robes noire, bianche, ou pastel.Aussi avec gris, beige ou bleu.Grenat très chic avec robes de nuances brûlées : brun, Loir, blanc, beige, gris ou orange brûlé.\u201cRubis (teinte nouvelle) Un vrai rouge rouge que vous pouvez porter avec n'importe quoi quand vous voulez être gaie.Pour le manucure complet, employez le Cuticle Remover & Nail Cleanser Cutex, le Polish Remover, Le Poli Liquide, le Blanc pour les Ongles (Crayon ou Crème), l\u2019Huile ou la Crème pour les Cuticules et la nouvelle Crème pour les Mains.NORTHAM WARREN \u2014 Montréal \u2014 New-York \u2014 Paris Une généreuse bouteille de Poli Liquide Cutex et la nouvelle Roue de Couleurs vous indiquant la couleur de poli à porter avec chaque toilette \u2014 seulement 10c NORTHAM WARREN, Dépt.48-3 Casier postal 2320, Montréal, Canada Ci-ipclus 106 pour la nouvelle Roue de Couleurs Cutex et une bouteille de bonne grosseur de Poli Liquide Cutex,.de la teinte indiquée par moi: D Naturel [ Rose [| Corail [7 Cardinal [] Rubis Fabriqué au Canada Les miettes marqueront l\u2019endroit où ce gâteau a été pose ! Disparu jusqu\u2019à la dernière miette, li, même devant vos yeux! C\u2019est ce qui arrivera quand vos gâteaux auront levé de la bonne façon, c'est-à-dire avec du lait sur et du Soda à Pâte \u201cCow Brand\u2019\u2019.Cette combinaison magique donne des résultats tellement supérieurs qu\u2019elle est partout le choix des cuisinières habiles pour gâteaux, biscuits, gaufres, \u201cmuffins\u201d et beignes.Si vous aimez ajouter toute une liste nouvelle de choses délicieuses à votre répertoire culinaire, envoyez le coupon ci-dessous donnant droit à un exemplaire gratuit du Livre de Cuisine du Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d.Chaque recette est éprouvée et elles sont toutes faciles à suivre.* Recouvrez Votre Entrain avec un Bain au Soda a Pate Rafraichissant, revigorant, apaisant, un bain chaud où vous aurez fait dissoudre un paquet d\u2019une demi-tivre de Soda à Pâte \u2018Cow Brand\" chasse votre lassitude et vous dispose à tout entreprendre \u2014 après vous avoir laissé la peau délicieusement douce et souple.Le Soda à Pâte \u201cCow Brand\u201d est du Bicarbonate de Soude pur et il est également bon pour fins médicinales et culinaires.Faites venir ces brochurettes GRATUITES ¥ DWIGHT LIMITED 2715, rue Reading, Montréal, P.Q.Veuillez m\u2019envoyer les brochu- CHURCH reètes gratuites décrivant les utilisations du Soda à Pâte \u201cCow Brand\u2019 pour fins médicinales et culinaires.Nom nen Adresse Lo semence _ METTEZ VOS NOMS ET ADRESSE R-11 EN IMPRIME 37F La Revue Populaire \u20ac TEA ET [92113 13 Vi re] [2] La Revue Populaire 27e année, No 3, \u2014 Montréal, Mars 1934 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE Directeur de la rédaction : JEAN CHAUVIN Entered March 23, 1908, at the Post Office of St.Albans, Vt, under the Act rof March 3rd.1879 U.S.A.,, as second matter LA REVUE POPULAIRE est expédiée ABONNEMENT par la poste entre le ler Canada et le 5 du mois Un an $1.50 Editeurs-Propriétaires Six mois \u2026 5 POIRIER, BESSETTE CIE, LIMITEE Etats-Uni 975, rue d= Bullion ats-tnis MONTREAL \u2014 CANADA Un an .$1.55 Tél.: LAncaster 5819 - 6002 Six mois -\u2026 .90 Page \u201c- Voyage aux îles, par Ernest Archambault.7 A qui la faute ?A la foule, par Henri Martin.8 La jeune chambre de commerce de Montréal, par Roland Prévost 9 Y a-t-il des vers dans le tombeau?par l\u2019abbé Provancher .10 Les Indiscrétions du Micro, par Oscar Bastien.11 Nouvelle canadienne : Le Secret du Masques Antillais, par Guy Jasmin 12 Le cinéma ooo ee eee ee an ee area re ea ee ea 14 Notre roman complet : par PAUL CERVIERES.15 Comment orner la tablette dune cheminée.27 L\u2019art des parfums, par Francine.28 Les plus belles mains de Londres.WT 29 La mode de Paris.re seen arr EEE 30 Notre comédie en un acte : par A.C.DE LA LANDE .30a Pour les soirées intimes à la maison.32 La femme et I\u2019exercice physique.33 Saviez-vous que ?0e ner ani ra areas nec cree rer ere ere 34 Comment on met la table 110 ee 44 La bonne cuisine.een ere ee 50 La chanson française.12100 eee Len cents enr 55 Les Mots Croisés.A a ee 58 Notre prochain roman d\u2019amour complet : LE COLLIER BRISE par CONCORDIA MERREL RAR A EE Mars 1934 \u201cHO! HO! TU N'ES PAS RAISONNABLE.\u2026 MAMAN VIENT TOUT JUSTE DE METTRE LA CHAMBRE EN ORDRE !\u201d ÉRIE,O = CHE Le va Tour CLIN D'OEIL 1 7, 4 LS a \u201cPour nettoyer facile ment et rapidement,\u201d dit M.W.A.Stead, directeur de l'Hôtel Royal Connaught, à Hamilton, \u2018notre Première Femme de Charge a recours aux Balais Mécaniques Bis- sell.Pour les nettoyages périodiques, nous avons des aspirateurs électriques, mais nous trouvons plus facile et plus expéditif d\u2019employer les balais Bissell pour le ménage quotidien ordinaire.Rien n\u2019est plus commode\u2026car ils pénètrent même sous les meubles.\u201cIl n'est ni économique ni commode d\u2019utiliser un aspirateur chaque fois qu\u2019un tapis doit être balayé.\u201cLe Bissell est silencieux \u2026et il ramasse n'importe quoi.Dans un hôtel ou un domicile particulier, je le trouve indispensable!\u201d Le nouveau Bissell est extrêmement léger.Il glisse sans bruit et sans effort.Mais \u2014 il ramassera les balayures de toutes sortes, grâce au Régleur Hi-Lo, exclusivement employé par Bissell, qui lève ou baisse automatiquement les brosses du balai, selon l\u2019épaisseur du tapis.Des brins de fil, etc.a Roulements à billes, brosses à poils fins, durabilité exceptionnelle\u2014quel contraste entre le Bissell et ces balais mécaniques de qualité médiocre qui ne se recommandent que par leur prix! Modele \u201c\u201cAppartement\u201d\u201d $5.75 ( dans l\u2019Ouest).autres modeles coûtent encore moins cher.Fabrication Canadienne Dans Tous les Bons Magasins * Demandez notre Brochure Gratuite Bissell Carpet Sweeper Co.of Canada Limited, iagara Falls, Ont.4F wi BISSEL Mars 1934 MOINS DE 1¢ DE \u201cMAGIC\u201d ASSURE LE SUCCES La Revue Populaire Ne risquez pas une poudre a pâte inférieure! NE recette de gâteau ordinaire ne demande que deux ou trois cuillerées à thé de poudre à pâte \u2014mais combien importante est cette petite quantité de poudre! Car si cet ingrédient fait défaut, vous aurez un gâteau médiocre .et peut-être même aurez-vous gaspillé tous vos autres ingrédients: lait, beurre et oeufs frais, farine, sucre et essence! Il ne faut donc pas s'étonner si les plus grandes autorités culinaires au Canada insistent autant sur l'importance d'employer la meilleure poudre à pite\u2014la \u201cMAGIC.\u201d L\u2019expérience et une infinité d'essais ont prouvé sans l'ombre d\u2019un doute que la \u2018\u2019Magic\u2019\u2019 donne invariablement des résultats supérieurs et qu\u2019elle est toujours uniforme.C'est pour cela que les experts l\u2019emploient et la recommandent exclusivement.A Ne risquez pas l'emploi d\u2019une poudre à pâte inférieure\u2014la \u2018\u201cMagic\u2019\u2019 est si peu coûteuse, Il vous en faut pour moins de 1 pour réussir un gros gâteau.Cette dépense infime vous assure chaque fois un gâteau savoureux et d\u2019une fine texture.Commandez aujourd'hui une boîte de \u2018\u2019Magic\u2019\u2019 et constatez vous aussi la supériorité de cette excellente poudre à pâte.Les recettes de tous ces délicieux gâteaux étagés se trouvent dans le LIVRE DE CUISINE \u201cMAGIC\u201d GATEAU LADY BALTIMORE.\u2019 voir page 9 GATEAU EPONGE A L\u2019ORANGE.voir page 12 GATEAU ACAJOU.voir page 10, et Givre de fudge page 14 GATEAU ETAGE AU CHOCOLAT.voir la recette du Gâteau étagé ordinaire, page 8, et celle du Glaçage au beurre et chocolat, page 13 GATEAU ETAGE \u201cDEVIL'S FOOD\u201d.voir page 10, et Givre bouill page 14 \u201cNE CONTIENT PAS D'ALUN.\" Cette déclaration sur chaque boîte est votre garantie que la Poudre à Pâte \u2018\u2018Magic\u2019\u201d ne contient ni alun ni aucun ingrédient nuisible.Fabriquée au nada rams no AV, VOTRE FiLL MARIE AIME MARIE, AS- OUI, J'ADORE CUIRE es A ÉTÉ BIEN BEAUCOUP TU FAIT TOI- LES PATISSERIES 9 GENTILLE DE RECEVOIR MÊME TOUS ET J'EMPLOIE TOU- LORSQUE VOUS CUIREZ À LA MAISON, vous ! - » % - I] 0.H Pd A SON THE DÉLICIEUX ?OURS LA POUDRE apprécierez l'utilité du nouveau Livre de Cuisine - \u2018Magic.& 1 contient toutes sortes de recettes de délicieux gâteaux, biscuits, pâtisseries: et autres choses appétissantes.Postez ce coupon.A PATE \"MAGIC\" GILLETT PRODUCTS, Fraser Avenue, Toronto 2 Veuillez m\u2019envoyer ma copie gratuite du fameux Livre de Cuisine \u2018\u2018Magic.\u2019\u2019 Prov UN GROS HUIT EN LIGNE .UN NOUVEAU SIX A BAS PRIX Plus spacieux, plus beau, pourvu de tous les grands perfectionnements qui font sensation en 1934.tous les raffinements qui constituent la suprématie de style.le nouvel Oldsmobile aérodynamique mérite votre considéra- Huit en Ligne tion si vous voulez la plus grande valeur à prix modéré .Les Roues Avant à Genou Mécanique abolissent les chocs et vous donnent un roulement vraiment flottant.Le Stabilisateur élimine le tangage et le balancement dans les courbes.La direction centralisée est stable et facile, sans vibration.La réunion de ces diverses caractéristiques vous donne LE ROULEMENT FLOTTANT.De gros freins super-hydrauliques d\u2019arrêt positif et les solides carrosseries Fisher prennent soin de votre sécurité.Votre confort est assuré par des intérieurs plus spacieux et par la Ventilation Fisher Sans Courants d'Air.Le puissant moteur Huit en Ligne de l'Oldsmobile a lui aussi reçu sa part de perfectionnements.Comme la carrosserie, il est monté sur du caoutchouc.Le ICI changement de tous les engrenages est silencieux.Comme toujours, l\u2019Oldsmobile est caractérisé par une performance splendide, par un rendement de confiance.Le modèle 1934 offre une foule de caractéristiques essentielles .Pourquoi pas vous accorder le plaisir de conduire ce modèle?Il est en montre chez votre plus proche marchand.BIENTOT \u2014 LE NOUVEL OLDSMOBILE SIX A BAS PRIX DC! quelques semaines, un nouvel Oldsmobile Six aura fait ses débuts dans le domaine des bas prix! Aux milliers d\u2019automobilistes qui connaissent la réputation prix! de l\u2019Oldsmobile, en fait de qualité, nous disons .Attendez le Nouvel Oldsmobile Six! Ce sera une révélation de valeur parmi les autos à bas Le village de l\u2019Ie-aur-Grues.Au premier plan, Mme Lavoie, femme du capitaine Hector Lavoie.Comme animaux de trait, le cheval et le chien.Photo prise à l'Ile-aur-Grues.A l\u2019Ie-aux-Coudres, on trouve encore beaucoup de ces charrettes tirées par un boeuf.La grève de l'Ile-aux-Grues, à la marée descendante, sert de pâturage auz animaux.Une croix du chemin, à l\u2019Ile-aur-Coudres.La Revue Populaire VOYAGE AUX ILES Par ERNEST ARCHAMBAULT UI dit Iles sous-entend, le plus souvent, les îles antillaises ou les Îles océanes, celles des Caraïbes ou celles, plus difficilement accessibles et plus miroitantes encore, de la Poly- nésie; celles-là même qu\u2019on appelle, avec du mystère et une sorte d\u2019émoi sacré dans la voix: les Iles du Sud.Mais il y en a d\u2019autres, tout proches de nous et qui, pour être si proches, n\u2019en sont pas moins aussi inconnues que les Iles-sous-le-Veat.Je veux parler des îles, ilots et ilettes qu\u2019un petit point noir, gros comme une tête d\u2019épingle.indique sur la carte du Saint-Laurent.L'Ile d'Orléans et l\u2019Ile-aux-Coudres sont connues, du moins des gens de Québec et des villégiateurs des Eboa- lements.Mais pourrait-on en dire autant de l\u2019île Réaux, de l\u2019île Patience, de l\u2019île Marguerite, de l\u2019île Madame, de l\u2019Ile- au-Canot, de l\u2019Ile-aux-Grues et de l\u2019Ile- aux-Oies qui ne sont qu\u2019à quelques heures de bateau de Québec et de Montmagny?Ou encore de l'ile Longue, des Petites Iles, de l\u2019Ilet-à-l\u2019Oignon, de l\u2019Ile-aux- Chevaux (gevaux) ou Pic Rond?Les unes sont habitées, les autres désertes.En face de l\u2019Ile-aux-Grues, la plus importante et la plus intéressante de l\u2019archipel, se trouve l\u2019Ile-au-Canot, lou- gue d\u2019une lieue, et qui appartient, depuis cent soixante-quinze ans environ, à la famille Lachance.Entouré de sa femme et de ses quinze enfants, M.Joseph La- chance règne sur cette île comme un seigneur d\u2019autrefoiss On y vil de culture, de pêche et de chasse.Tout est fait sur l\u2019ile: bateau, meubles (de beaux meubles anciens qui feraient la joie des collectionneurs!) vêtements, ces derniers tirés de la laine des moutons.Quant aux bottes, elles sont faites en cuir de boeuf ou de cheval qu\u2019on graisse à l\u2019huile de loup-marin.Comme tous les insulaires de la région, la famille dispose de deux moyens pour se rendre à la côte: la goélette en été, le canot-à-glace en hiver.Saint-Antoine de l\u2019Ile-aux-Grues est certainement l\u2019un des plus jolis villages de la province de Québec.Ses habitants, heureux, libres, sont fiers de leur petit pays et se suffisent à eux-mêmes.Ici, ni panneaux-réclames, ni hot-dogs, ni éventaires de marchands de catalognes, car on n\u2019y voit même pas de touristes, en aucune saison.Sur la batture de jones qui sépare l\u2019Ile-aux-Grues de l\u2019Ile- aux-Oies, s\u2019élèvent d\u2019énormes meules, seuls accidents du terrain.La beauté de ces deux îles est, en effet, une beauté calme et sereine qui jure avec I'héroique grandeur des monts laurentiens de la côte nord.Les gens y vivent dans l\u2019aisance et le confort.Tous sont à la fois cultivateurs et navigateurs, aussi attachés à la terre qu\u2019à la mer.Les jeunes gens, tout en étant les plus forts rameurs de la région, avec les Marsouins de I'lle-aux- Coudres, connaissent aussi bien les travaux des champs que la manoeuvre d\u2019un bateau.Le jour, les hommes sont aux battures ou sur le fleuve; les femmes à leurs besognes domestiques car, ici aussi on fait tout soi-même, beurre et pain compris; les animaux, vaches, cochons, oies, canards ely outardes domestiques, suivent la marée qui découvre la grève sur près d\u2019un mille, descendant et remontant avec elle.Le soir, a sept heures, les charrettes reviennent des battures, suivies des chevaux de labour, dételés comme des chiens.Puis.on n\u2019entend plus sur toute l\u2019île que le volète- ment feutré des oiseaux dans les peupliers.Le français qu\u2019on y parle est d\u2019une qualité et d\u2019un charme qui ne se retrouvent plus que dans le bas de Québec.On n\u2019a pas encore oublié que l'accent tonique est une chose qui existe en français, bien qu\u2019il soit moins prononcé qu\u2019en espagnol ou en italien.Les seuls anglicismes qu\u2019on entende sont d'importation récente; ils sont venus avec la machine.Les termes de marine, \"ar exemple, sont tous français, sauf un: Houle-House (Wheel- House), pour la timonerie.L\u2019emploi de l\u2019imparfait du subjonctif y est d\u2019usage courant (Ex: je voulais qu\u2019il fût), et les seuls mots d\u2019argot (comme: chic, épatant) qu\u2019on entende à l\u2019Ile-aux-Grues y ont été déposés par M.Léon Trépanier et recueillis par le capitaine Hector Lavoie, son hôte.On emploie encore des termes de marine pour désigner la distribution d\u2019une maison ou la position d\u2019un objet.C\u2019est ainsi qu\u2019on dira que telle pièce de la maison est au nord-è ou au seur-oi.Et voici, pour terminer, un bouquet d\u2019expressions locales: Air du salin, pieds de vent, moulin à capuche tournante, place venteuse, fraicheries (pour vantardises), grande brise (pour vent), hâvre aux caneçons (hâvre abrité où les navigateurs peuvent coucher déculottés), chiard de goélette, démouiller (pour lever l\u2019ancre).QrenaL pu Noup La Batlure LA DUNE | \u201c 2f a.® 2 Q & w I.ILE AUX GRUES 3 2.ILE AUX CANARDS a Neo 8 BArTUR 4.ILE AUX COENEILLES 5.ILE DU MILIEU 6.ILE LONGUE CHENAL DU Sub 7.ILE RONDE 8.LA MAISON BEIGNEURIALE ; ; z 3 \u2014 Milles: 1 z 3 \u2018 ê Une des plus anciennes cartes des iles du comté de Montmagny, au large de la rive sud, entre l'Ile d\u2019Orléans et l'Ile-aux-Coudres.On remarquera que l'Ile-au-Canot (2) est ici désignée sous le nom d'Ie-aux-Canards.Un petit port de l'Ile-aux-Coudres où viennent s'\u2019abriter les goélettes.Type des moulins, à bois et à farine, de l\u2019Ie-aux-Grues.Tous les habitants de cette ile font aux oiseaur des petites maisons de ce genre.Tous, ou à peu près, ont aussi leur four.Un motif de décoration particulier aux portes de l'Ile-aux-Grues.Photos de La Revue Populaire 8 CHRONIQUE SPORTIVE La Revue Populaire Mars 1934 A qui la Faute\u201d À la Foule\u2026 ORSQUE survint, au cours de la saison qui s\u2019achève, le malheureux incident Shore- Bailey, qui faillit coûter la vie à ce dernier, la presse américaine et la presse canadienne, désireuses de fixer les responsabilités, blamérent tour à tour les journaux mêmes, les joueurs, les arbitres, quoi encore ?Les journaux, les joueurs et les arbitres furent tous pour quelque chose dans cette célèbre rencontre Toronto-Boston dont l\u2019issue eût pu être fatale.Mais on a oublié un responsable : LA FOULE.La foule, au hockey comme ailleurs, est ce qu\u2019on peut imaginer de plus inhumain et de plus stupide.La foule aime les coups que d\u2019autres reçoivent; elle aime également voir couler le sang des autres.Elle en réclame même à grands cris, comme la foule des cirques romains.Je me permets de reproduire ici, à ce sujet, quelques extraits d\u2019un article que je publiai déjà, dans cette même revue, sur quelques vérités bonnes à dire au sujet du hockey: «Mon impassibilité relative et mon impartialité me permettent de voir les qualités et les \u2018Par Henri MARTIN défauts de notre jeu national, car comme tous les sports, il a des défauts.Je sais que certains chroniqueurs sportifs américains lui reprochent sa violence.Ce reproche, venant des Américains, est assez inattendu, eux qui ont fait du rugby un vrai jeu de massacre, le plus violent qui soit au monde.ll est certain que dans cette lutte corps-a-corps quest le hockey, il s\u2019échange des coups et des coups parfois assez rudes, mais ceux qui les re- coivent, sont des hommes 100% qui ne sont pas aussi faciles à démolir que le fameux Rosaire de la radio.D'ailleurs, les pumnitions sont sévères et, somme toute, les accidents graves sont excessivement rares.C\u2019est plutôt sur le chapitre des punitions que porterait mon premier reproche au hockey, alors qu\u2019on laisse trois joueurs aux prises avec cinq, chose qui ne se voit dans aucun autre sport; sur celui des séries de matches éliminatoires que porterait mon second; et sur celni de l\u2019antogonisme entre Maroons et Canadiens, mon troisième.Ne vous semble-t-il pas un peu ridicule que huit équipes s\u2019escriment furieusement pendani quatre mois pour en éliminer deux ?Une fois close la saison régulière, c\u2019est une autre saison qui commence, car les six des huit équipes qui restent en lice doivent encore livrer une vingtaine de combats avant que soit trouvée l\u2019équipe victorieuse.C\u2019est ainsi qu\u2019il peut arriver que les deux avant- derniers clubs de l\u2019année battent les deux premiers, pour peu que ces deux clubs soient fatigués ou qu\u2019ils aient perdu, a la suite d\u2019accidents ou de maladie, leurs meilleurs joueurs.C\u2019est ce qui advint, en 1932, aux Canadiens.Et, l\u2019année précédente, les Canadiens remportèrent le championnat en battant une équipe sur laquelle ils n\u2019avaient pu remporter une seule victoire pendant toute la saison régulière.Evidemment, ces parties éliminatoires font l\u2019affaire des partisans enthousiastes, des joueurs mêmes qui participent aux recettes, et des «Arenas», mais ils amoindrissent l\u2019intérêt que pourraient présenter les parties régulières si seules les deux équipes de tête se rencontraient en finale.que ambition d\u2019un club, somme toute, est L\u2019uni- de ne pas finir la saison en queue de sa ligue.Troisième, il a autant de chance que n\u2019importe quel autre de remporter le championnat et d\u2019anéantir ainsi, en quelques parties, tous les efforts du club qui s\u2019est maintenu en première place pendant quatre mois.Le club Canadiens, dont on veut faire à tout prix un club canadien-français à opposer au club des Maroons, essentiellement canadien- anglais, est en réalité un club bilingue.Son nom :prend ainsi tout son sens: Canadiens! Nos compatriotes de langue znglaiee sont aujour- d\u2019hui aussi fiers que nous-mêmes du titre de Canadien.Pour ma part, je préfère mille fois considérer mon club comme un club bilingue, c\u2019est-à-dire formé de joueurs appartenant aux deux grandes races du pays.Ce fut toujours d'ailleurs, comme l\u2019écrivait Frederick Edward: dans MacLean\u2019s Magazine, l\u2019idée de George Kennedy qui prétendait que la meilleure équipe de hockey du monde devait grouper des joueurs français et anglais Depuis Kennedy jusqu\u2019à Dandurand-Cattarinich-Létourneau et Cattarinich-Dandurand, la tradition s\u2019est maintenue, et c\u2019est ainsi que l\u2019on voit aujourd\u2019hui, sur l\u2019équipe des Canadiens, des Joliat, des Laro- chelle, des Lépine, des Gagnon et des Chabot mélés a des Burke, des Morenz, des Riley et des Carson.Si tout le monde voyait les Canadiens comme une équipe bilingue, ils attireraient évidemment moins de foule à Montréal, une foule avide de s\u2019injurier et de crier sa haine, mais ce serait une excellente chose pour l\u2019entente cordiale qui doit régner entre les deux races qui vivent côte à côte dans la métropole du Canada bilingue, et l\u2019on n\u2019entendrait pas cette foule applaudir quand l\u2019une des deux équipes de Montréal est battue par une équipe américaine !» AURELE JOLIAT, que la plupart des chroniqueurs sportifs, canadiens et américains, considèrent comme\u2019 le joueur le plus intelligent, le plus habile et le plus propre-de la ligue nationale.Joliat termine, cette année, sa douzième saison avec les \u201cCanadiens\u201d pour qui il joua plus de cinq cents parties.C\u2019est en 1922 qu\u2019il faisait son entrée au hockey professionnel, échangé contre \u201cNewsy\u201d Lalonde, son gérant actuel.En douze saisons, Joliat a compté plus de 200 buts et amassé une somme de plus de 350 points.Frank Calder, président de la ligue nationale, lui a rendu le témoignage suivant, aux premiers jours du mois dernier : \u201cSi j'avais besoin de constituer une équipe de hockey professionnelle, je considérerais comme un privilège qu'on me permit de la constituer uniquement d\u2019Aurèle Joliat! Je ne sais vraiment pas à quel joueur je pourrais le préférer.\u201d Mars 1934 M.Jacques Forget, de la maison Forget & Forget, agents de change, premier président de la Chambre de Commerce de Montréal, section junior.Pe de coopération fait de grands progrès chez les nôtres.On a si longtemps déploré l\u2019individualisme des Canadiens français que la nouvelle génération semble, dès son entrée dans la vie active, comprendre la nécessité de l\u2019union.C\u2019est ainsi que le jeune homme qui s\u2019intéresse au commerce, à la finance ou à l\u2019industrie devra étendre ses relations, s\u2019habituer à discuter avec étendre ses jeunes contemporains, enfin s\u2019efforcer à deve- des égaux les questions du jour, connaissances au contact de ses nir un homme d\u2019affaires accompli.C\u2019est dans ce but que, sous l\u2019instigation de MM.Charles Duquette et Groves Contant, respectivement ancien président et secrétaire de la Chambre de Commerce, fut fondée, il y a deux ans, la Chambre de Commerce junior de Montréal.Les premiers officiers de l'association comptaient parmi les jeunes hommes d\u2019affaires les plus connus dans la Métropole: M.Jacques Forget, président; MM.Paul Trudeau et Jean Chaput, vice-présidents; M.George Burdett, secrétaire; MM.Jean-Louis Bernadin, Léon Du- chaste] de Montrouge, Maurice Gariépy, Marcel Biron, Marc Jarry et Jacques Larue, conseillers.La Chambre de Commerce junior a maintenant traversé les difficultés inévitables du début.Elle groupe plus de cinq cents membres recrutés dans toutes les branches de l\u2019activité commerciale et industrielle et même dans les professions dites libérales.Chaque mois, depuis sa fondation, elle a convié ses adhérents à des dîners-causeries très intéressants ou à des visites dans les grandes industries.On y a entendu, entr\u2019autress, MM.Maurice Forget, Valmore Gratton, Esdras Minville et Victor Barbeau.La Revue Populaire La Jeune Chambre de Commerce de Montréal \u201cPar \u201cRoland \u201cPrévost Les membres de la Chambre de Commerce junior pourraient être beaucoup plus nombreux.En effet, on ne peut nier l\u2019opportunité d\u2019un tel groupement chez les Canadiens français, surtout quand des organisations similaires vivent et prospèrent parmi la population anglaise de Montréal.C\u2019est quand la lutte pour la vie est ardue qu\u2019il faut mettre en pratique la devise si méconnue: l\u2019union fait la force.Le nouveau président de la Chambre de Commerce section junior, fait appel à tous ceux que les questions économiques ne laissent pas indifférents.Tout jeune homme de vinzt à trente-cinq ans, homme d\u2019affaires ou professionnel, peut obtenir son admission moyennant une contribution, évidemment bien modeste, de $5.00.On exige cependant que chaque membre parle le français.La Chambre de Commerce Junior de Montréal est affiliée à la Junior Chamber of Commerce of Canada.Cet \u2018article était écrit lorsque nous avons appris la nomination du conseil d\u2019 administration pour l\u2019année 1934.Les nouveaux officiers sont: M.Maurice Trudeau, président; MM.Léon A.Duchastel et.Jacques Larue, vice-présidents; M.Gérard Gingras, secrétaire; M.J.-L.Berna- din, trésorier; MM.Marc Jarry, René Mongeau, Jules Dupré, René Therrien et Charles P.Dumas, directeurs des différents comités.L\u2019immeuble de la Chambre de Commerce de Montréal. 10 v o = = Qo 2 m= = OS cadavres après la mort de- viendront-ils la pâture des vers?Peu de nos lecteurs, nous présumons, refuseraient de prime abord de donner une réponse affirmative à cette question.Pourquoi?Parce qu\u2019il ont entendu cent fois répéter: nos corps sont dee victimes que nous engraissons pour les vers; la pourriture et les vers nous attendent dans le cimetière.Ecoutez ce prédicateur, s\u2019écriant dans la chaleur de la déclamation: Que verriez-vous si l\u2019on ouvrait en votre présence, le cercueil de cette jeune personne qu\u2019on a mise en terre, il y a trois, quatre semaines?Une fourmilière de vers \u2014 Erreur, préjugé, mon cher; il n\u2019en est rien; vous ne verriez rien de tout cela! Nous trouvant dans une réuniou de confrères, il y a quelques semaines, il arriva au prédicateur du jour de qualifier nos corps après la mort de pâture des vers, esca Plusieurs de ces conque nous vermium.frères, se rappelant La Revue Populaire avions déjà avancé qu\u2019il n\u2019y avait point de vers dans le tombeau, arguèrent de cette expression pour nous prouver que nous étions dans lerreur.\u2014 Mais doucement, mes amis, leur dimes-nous.Le prédicateur ne donnait pas là une leçon d'histoire naturelle.Si par esca vermium il a voulu dire que nos corps livrés à la décomposition ne seraient plus qu\u2019une pâture convenable au vers, il a eu parfaitement raison.Mais s\u2019il a voulu faire entendre que les vers rongent les cadavres dans les sépultures, telles que nous les pratiquons aujour- d\u2019hui, il sest tout simplement trompé.Sans admettre la génération spontanée, il est impossible que des vers puissent se montrer dans les cercueils.D\u2019où ces vers ti- reraient-ils leur origine ?Que les corps dans le tombeau soient dévorés par des vers, voila une de ces absurdités que chacun répète de confiance parce qu\u2019il l\u2019a entendu dire à d\u2019autres.De pieuses exagérations de certains prédicateurs n\u2019ont pas peu servi à confirmer ce préjugé.Parlant en termes trop peu précis de la destruction du cadavre qui s'opère à quelques pouces seulement de cette destruction que les vers (larves) exerceut sur la matière végétale, ils ont laissé croire que ces mêmes larves pouvaient pousser leurs ravages jusque dans le cercueil; mais ras- surons-nous, il n\u2019en peut être ainsi.Ce n\u2019est pas que nos corps ne soient une proie bien convenable aux vers, mais c\u2019est qu\u2019en les renfermant dans une bière, et les enfonçant dans la terre, nous mettons ceux-ci dans l\u2019impossibilité de les atteindre.Les larves carnivores vivent toutes à l\u2019air libre; celles qui vivent dans la terre ne se nourris- sont que de matière végétale.Quant aux lombrics (vers de terre) viendraient-ils à pénétrer dans un cercueil, ils ne toucheraient nullement au cadavre puisque leur nourriture se compose exclusivement de terre végétale.Non, nos corps dans le sein de la terre ne deviendront pas la pa- ture des vers, mais ils se décomposeront tout doucement, à l\u2019abrs du contact de tout étre vivant, et se réduiront en terreau puis en poussière, comme le dit la sainte écriture.Pour que des larves puissent se développer dans un cadavre il faudrait que les insectes parfaits auraient pu y aller déposer leurs oeufs.Or se cadavre ne fut-il recouvert que de quelques pouces seulement, ces insectes (mouches, nécrofores, sylphes, etc), ne pourraient pénétrer jusqu\u2019à lui.Ici, au Canada, l\u2019insecte le plus à redouter pour les viandes, est la mouche de la viande; mais cette mouche, de- pourvue de tout instrument pour fouir, ne saurait pénétrer seulement à quelques pouces dans une terre tant soit peu ferme.Les bouchers voient souvent eur leurs viandes, malgré le soin qu\u2019ils prennent d\u2019en écarter les mouches, non pas seulement les oeufs de ces mouches, mais leurs véritables larves, des vers tout grouillants.On donne généralement dans ce paye le nom de mouche à vers à la musca carnaria, par allusion, sans doute, a cette faculté dont elle jouit de mettre au monde des larves vivantes.C\u2019est eu égard à cette faculté de naître ainsi vivantes que ces larves, Mars 1934 Y a-t-il des Vers dans le Tombeau?Par M.l\u2019abbé PROVANCHER, naturaliste canadien quoique apodes (sans pieds), peuvent quelquefois pénétrer dans les chairs, où les mouches qui les ont déposées n\u2019auraient pu parvenir.Nous avons trouvé un grand nombre de ces larves dans la carcasse d\u2019un animal qu\u2019on avait recouvert de quelques pouces de terre, lorsque celle-ci était encore agglomérée en mottes par la gelée.La mouche attirée par l'odeur, avait déposé ses larves sur la terre, et celles-ci avaient pu, à travers les interstices laissées par les mottes.pénétrer jusqu\u2019à l\u2019animal.Un médecin avait enlevé un cancer à une femme, et l\u2019avait renfermé dans un flacon de verre rempli d'alcool.Il s\u2019aperçut après quelque temps que le flacon n\u2019étant pas suffisemment bouché, le liquide s\u2019évaporait.Ayant encore négligé d\u2019ajouter de l'alcool, il reconnut après quelques jours, que le morceau de chair, tout à fait privé de liquide et en décomposition, fourmillait de vers.Le bouchon remplissait encore toute la capacité du goulot et la plus petite mouche n\u2019aurait pu y pénétrer.Cependant, après un examen attentif, il en vint à reconnaître que la mouche, attirée par l\u2019odeur de la chair en décomposition, avait pu déposer ses oeufs sur le bouchon, et que les larves, au moyen de ces vides qu\u2019on trouve dans tous les lièges de qualité inférieure, avaient pu pénétrer dans l\u2019intérieur du flacon.Sans aucun doute qu\u2019il n\u2019en eut pas été ainsi, si le bouchon eut été en verre ou ciré par-dessus.Il arrive souvent dans les chaleurs de l\u2019été, que cette mouche attirée par l\u2019odeur cadavéreuse qu\u2019exhalent certaines plaies, vient déposer ses larves sur des êtres vivants; et alors dans quelques instants, on voit des essaims de vers grouiller dans ces plaies.En 1847, étant à la Grosse-Isle, pour offrir les secours du saint ministère aux malades que l\u2019immigration jetait alors, presque chaque jour, par milliers sur la quarantaine, nous trouvâmes us jour, à la porte d\u2019une tente, un des malheureux, la face contre terre, exposé à un soleil ardent, se roulant sur le sable, sous l\u2019étreinte des douleurs de la dysenterie.Nous le retournons pour lui voir la figure, et nous voyons s\u2019échapper de ses habits troués et à moitié pourris des centaines de larves de la mouche à vers. Mars 1934 ES lignes qui vont uivre ne furent pas écrites dans le but de provoquer une enquête, mais plutôt à titre de renseignements.Sait-on qu\u2019avec un petit poste d\u2019amateur, à ondes courtes, un radiophile non autorisé, c\u2019est- à-dire privé d\u2019une licence, soit du département de la marine, soit de la nouvelle Commission Canadienne de la Radiodiffusion peut, de connivence avec un ami au delà du 45e en liaison permanente, et par l\u2019alphabet Morse, aider aux organisations clandestines, telles que: contrebande d\u2019alcool, conspirations politiques, spéculations boursiéres frauduleuses, exemption du tarif postal, etc.?Comme annonceur d\u2019un poste de radio je guis venu en contact assez fréquemment avec des visiteurs du Canada et des Etats-Unis qui m\u2019ont communiqué leurs relations par sans-fil avec d\u2019autres personnes possédant un appareil d\u2019ondes courtes.J'ai tenu à me renseigner à différentes sources, j'ai recueilli des opinions auprès de divers amateurs auxquels ma discrétion, qui s'impose en cette matière, ne m\u2019a pas permis de demander s\u2019ils étaient autorisés ou non.Celui-ci demeurant dans l\u2019état de New- York communique avec un parent résidant quelque part dans le Minnesota, et ils se transmettent l\u2019un à l\u2019autre les nouvelles de la famille, comme passe-temps.Et celui-là qui, pendant deux ans, radiodiffusait le service religieux, La Revue Populaire \u201cPar Oscar \u201cBastien Annonceur du Poste CFCF de l\u2019église de Granby pour n\u2019être répé- ré par les inspecteurs du Gouvernement que longtemps après qu\u2019il eût cessé d\u2019opérer.Ces deux cas, en somme, sont très bénins.Mais supposons le cas où durant la prohibition aux Etats-Unis, un opérateur clandestin établi quelque part sur l\u2019Ile de Terreneuve on dans un endroit désert de St-Pierre-Miquelon, aurait averti un de ses corupères sur la côte de l\u2019Atlantique, soit en Nouvelle-Ecosse, ou encore sur le littoral américain, du départ d\u2019un chargement d\u2019alcool et de sa*destination.Il est immédiatement en contravention avec le\u2019 département des douanes et le 18e amendement (loi Volstead), vu qu\u2019il est complice des contrebandiers.Pour ce qui est d\u2019une conspiration politique, ne voyons-nous pas actue!lement la campagne des Nazis d\u2019Allemagne: ils se servent de la radio pour répandre leurs doctrines en Autriche.Eh bien, qu\u2019une installation radiophonique d\u2019ondes courtes au Canada reçoive d'un autre appareil aux Etats-Unis des rapports de partisans du communisme (et Dieu sait s\u2019il y en a dans la république voisine), alors quelles en seraient les conséquences?Le manipulateur es! très favorable aux confidences de toutes sortes, à plus forte raison lorsque nous surveillons étroitement l\u2019entrée au pays des pamphlets dont la 11 es Indiscrétions du Micro littérature peut parfois ébranler l\u2019équilibre social et religieux d\u2019un peuple par des doctrines subversives.Si nous avions des exilés politiques au Canada, le meilleur moyen de rester en rapports secrets et directs avec des compatriotes aux même idées révolutionnaires, se communiquant leurs espoirs et leurs inquiétudes, n\u2019est-ce pas un poste à ondes courtes entre des mains prudentes et expérimentées en la matière, et que rien ne permettrait de soupçonner?À présent, passons aux exemptions du tarif postal.Un opérateur aux environs de Montréal trouverait le moyen facile de gagner sa vie comme suit: il se mettrait en rapport avec divers commerçants ou manufacturiers des Etate-Unis et leur prouverait qu\u2019ils dépensent, chaque année un certain montant eu télégramme et courriers postaux.Or, son ami B .qui est dans leur voisinage, est en liaison constante avec lui par radio à ondes courtes; il passerait leur courrier, ce qui leur accorderait sur le tarif postal et télégraphique de gros avantages.Inutile d\u2019ajouter que ce poste de transmission ferait un travail très profitable à cause de ce marché illégal.Et conséquemment, quelle serait la perte (Suite à la page 45) 12 Nouvelle Canadienne La Revue Populaire Mars 1934 Le Secret du Masque Antillais ee E Gulf-Stream, il n\u2019y a que cela pour moi.J\u2019ai beau être né au Canada, y avoir vécu vingt années, hiver et été, son climat variable me fatigue, me paralyse, m\u2019empéche de vivre.Tandis qu\u2019ici sur mes goélettes, des Bermudes aux Antilles, je respire je ne sais quoi d\u2019enivrant qui fouette mes énergies et me rend capable de quelque chose.J\u2019entreprends tout avec une facilité remarquable; enfin mes affaires, puisque je suis dans les affaires, prennent ici un cours très favorable que je n\u2019aurais su leur imposer à Montréal ou à Québec.Et puis, et puis, il y a autre chose.Ces confidences monosyllabiques s\u2019égrenaient dans le bruit que faisait l\u2019étrave d\u2019un petit trois-mâts glissant sur une eau bleuâtre, tachée de lune, de l\u2019ombre des nuages et d'algues.La voilure s\u2019enflait par secousses et se dégonflait aussitôt, donnant au navire des élans intermittents; les mâts jetaient des craquements sourds.La mer conquérait à tribord ce qu\u2019elle perdait à bâbord et vice-versa par le jeu lent du roulis ur la carène remplie de fruits mûrissants.Rosaire Barrette, son armateur, se trouvait à bord, revenant de l'Île Montserrat en compagnie d\u2019un de ses camarades de collège, André Houle, instituteur à qui deux mois et demi de vacances avaient permis un voyage aux tropiques.Barrette, étendu paresseusement sur le pont se laissait entraîner dans une conversation par le maître d\u2019école qui, assis sur une grue-cabes- tan, regardait de temps à autre le sillage comme pour mieux mesurer la distance qui le séparait pendant six mois de cette lumière d'éclat qu\u2019il venait de connaître pour la première fois dans les îles parfumées à la canne à sucre, à la vanille, dans les archipels vù il s\u2019était nourri de mangues, de papayes, d'avocats, les fruits les plus savoureux du monde.Ainsi, dit-il, tu l\u2019aimes cette route maritime balisée d\u2019ilots coralliens, de palmes et de grosses touffes de goémon.Moi aussi je l\u2019aime et je ne sais ce qui me ramène au Canada.Instituteur, quel métier mesquin pour moi! Mais n\u2019allais- tu pas me continuer ce récit par brides que tu commençais tout à l\u2019heure ?Les feux, rouges à droite, verts à gauche, tiraient deux langues tremblotiantes sur le flot chaque côté de la «Rouville».«Eh! bien, oui, dit Barrette, en plus de cette force que je ne trouve qu\u2019ici, de cet air et de cette lumière qui restaurent mes facultées, il faut bien dire que les zombis \u2014 les loups-garous des superstitions locales dans certaines Antilles \u2014 ont été cause, je dirai même la cause principale de mon amour ineifable pour la mer caraïbe.Mais c\u2019est une histoire qui, en plus d\u2019être pénible à raconter, demande certains éclaircissements préalables.J\u2019ai trente ans, comme toi d\u2019ailleurs.En 1923, il y a dix ans, mon père qui faisait le commerce des bananes à Montréal, s\u2019avisa d\u2019introduire au Canada d\u2019autres fruits tropicaux.Les bénéfices seraient importants.Par Guy Fasmin À ceite époque, j'avais dejà été initié à ses af- - faires et il eurveillait avec intérêt l\u2019engouement que je manifestais pour le débit des fruits du sud.«Les exportateurs antillais comblaient mon père de cadeaux: coffres d\u2019acajou remplis de limettes; cigares d\u2019un arome particulier; plantes exotiques, boissons et tout un attirail de curiosités qui remplit une chambre où dans mon enfance j\u2019établis mes quartiers généraux.Je me suis même blessé un jour dans ce capharnaüm en essayant un vieux masque indien.«Le jour où mon père décida d\u2019importer des mangues, des grenades et des avocats, il me dit: «Rosaire, ton entrain remarquable pour le commerce m\u2019avertit que tu ferais, dans l'affaire que je projette, un excellent représentant de ma maison à l\u2019étranger.Acceptes-tu de te rendre à la Jamaïque et à la Trinité pour voir à l\u2019achat.des fruits, au navire propre à les transporter afin que je n\u2019y perde pas trop dans l'expérience que je veux tenter.«Si je voulais?Je lui donnai vivement ma réponse affirmative et je partis peu après.«Le premier poisson volant, la première palme, les requins, les plantations toutes en couleurs si variées, ce climat, ce soleil, me rendirent joyeux.Je: devins méme exultant et je vécus bientôt dans une perpétuelle euphorie.Je séjournai trois mois dans les paradis de la Jamaïque et de la Trinité, visitant les amis que mon père s\u2019était faits, subjugué par les parfums des épices, des essences, des fruits, des plantes.Il fallut revenir.Je m\u2019embarquai avec une petite cargaison des fruits commandés par mou père.Je fis à ce dernier un rapport enthousiaste de mon voyage, des possibilités d\u2019échange Mais trois jour plus tard, une faiblesse, une espèce de torpeur m\u2019enveloppa.Nous étions er mars.Montréal suintait la boue et se couvrait de temps à autre d\u2019une neige qui ressemblait bientôt à de la lèpre.Je sortis de cette torpeur pour constater que le plus amer dégoût avait succédé à mon extase du sud.Je me comparai à un poisson privé d\u2019eau.En trois ans je retournai plusieurs fois aux Antilles, mais je n\u2019étais pas aussitôt revenn que ce dégoût noir, inexprimable, me ressaisissait.Et pourtant, une fois rendu dans les zéphirs du midi, au milieu des vents chauds et des clapotis bleus, au sein des forêts équatoriales, dans les moments les plus intenses de ma faveur méridionale \u2014 que je ne comprenais guère et que je ne tentais nullement d\u2019analyser \u2014 une nostalgie du Canada s\u2019emparait de mon être, en faisait une loque.Instinctivement je revenais au foyer.Jen arrivai a me sentir misérable aux deux termes de mes aventures.» Barrette se frotta de la paume le sourcil droit, puis avisant le capitaine du navire qui allait descendre dans les quartiers de l\u2019équipage, 1l lui cria: «Dites-moi, capitaine Longpré, à quelle heure rentrons-nous a Nassau demain?\u2014Oh! pas avant cing heures du soir, monsieur Barrette.\u2014C\u2019est bien.Restez donc avec nous.Henriette doit nous apporter à l\u2019intant le jus d\u2019ananas .au rhum.Le capitaine Longpré s\u2019assit entre Rosaire et André.Henriette, une négresse martiniquaise, servit le «Jugo de Pina» en disant: «Il m\u2019a fallu prendre la glace dans les soutes aux fruits, monsieur Barrette.Vous feriez mieux de faire réparer votre système frigorifique, car les fruits pourriront avant d'arriver à destination, \u2014 Merci, Henriette, dit Rosaire.\u2014Elles sont bien aménagées tes goélettes, fit André en prenant son verre froid.Système frigorifique, la vapeur en cas d\u2019acalmie, capitaine et équipage français.\u2014Eh! bien, jen ai dix-huit qui portent toutes des noms et des équipages français.La plus grosse est partie de Sainte-Lucie pour Pernam- bouc au commencement de cette semaine.Ce qu\u2019il y a de plus commode, c\u2019est que l\u2019occupation que je me suis choisie cadre très bien avec le commerce paternel que tu sais être le plus formidable du genre dans la province de Québec.Je suis son seul fournisseur.» Le capitaine Longpré énuméra ensuite à André les bienfaits de son ami, qui, en organisant sa flotte, avait pensé à ces pauvres pilotes du fleuve Saint-Laurent, affectés par la crise.«Il n\u2019y a pas beaucoup de chômeurs dans notre métier, dit-il, mais nous travaillions plus souvent à la Pointe-au-Père, en ces derniers temps.M.Barrette demanda à certains d\u2019entre nous de passer nos brevets de pilote au cabotage, ajoutant qu\u2019une situation honorable nous attendait sur la route des Antilles.» André resta ébahi devant tout le travail qu\u2019avait liquidé son ami Barrette en si peu d\u2019années.Ce dernier, n\u2019aimant pas les compliments outre-mesure, interrompit tout à coup le cours de la conversation.«Comment aimez-vous ce jus d\u2019ananas, mes amis ?demanda-til.Cette Henriette vous prépare ça savamment, n\u2019est-ce pas ?» Puis on fuma en silence ces grosses cigarettes cubaines au tabac plus brun que la mélasse.Et le maître de la barque dit: «Excusez-moi, messieurs, mais nous entrons dans les eaux dangereuses.Les Lucayes sont toutes petites sur les \"cartes géographiques mais elles comprennent 4,000 îles et îlots.Il faut que je sois à la roue jusqu\u2019à l\u2019aube.Bonsoir !» , La féerie lunaire contizmait ses fantaisies sur la mer calme.La goélette «Rouville» filait très vite maintenant, bénéficiant du gros courant qui débouche du détroit de Floride; cinquante.milles à l\u2019ouest de là: le Gulf-Stream.L\u2019aileron d\u2019un requin dans le sillage capta la lumière argentée qui irradiait l\u2019Atlantique.\u2014 Voici, dit André en désignant cette apparition, est-ce là ce que tu appelles un zombi ?\u2014C\u2019est un requin, répondit Barrette.Le zombi c\u2019est quelques chose de plus terrifiant. Mars 1934 La Revue Populaire Je m'aperçois que iu tiens à ce que je finisse camarades venus pour boire dans mon histoire de tout à l\u2019heure.mon bar favori.Je dis à Menod et \u2014Tes traits ont trop changé depuis un ins- aux autres: «C'est une blessure tant, ton attitude m\u2019annonce tant d\u2019extraordi- que je m\u2019infligeai avec un masque naire, que je me tais en te réitérant ma deman- antillais quand j'étais petit garçon.de d\u2019aller jusqu\u2019au bout de ce récit.Parle, mon vieux, je suis ton ami plus que jamais en ce moment.\u2014Au cours de mon dernier voyage dans le sud, commença Barrette, je me rendis à Fort- de-France, Martinique, je me liai d\u2019amitié avec un personnage étrange, un pauvre planteur qui inspirait un respect mêlé de crainte à la popu- laton créole du pays.Ma qualité de Français avant celle de Canadien m'avait déjà rendu sympathique et j\u2019eus des amis.Mais que dire de ce Marcel Menod, pâle, grand et lugubre comme un fervent des sciences occultes?«On me le présenta comme un brave garçon dont il ne faut pas écouter toutes les idées qui lui passent par la tête.Menod me serra convulsivement la main, regarda avec une insistance presque impertinente la petite cicatrice que je porte au-dessus de l'oeil droit depuis l\u2019âge de douze ans et me demanda en la désignant: «Zombi ?» «J\u2019éclatai de rire avec les autres (Suite à la page 47) Barrette, étendu paresseusement sur le pont, se laissait entraîner dans une conversation par le maître d\u2019école qui, assis sur une gruecabestan regardait de temps à autre le sillage.13 14 La Revue Populaire Mars 1934 L TT., e nema a CL RR Aprés Anna Sten, Kathryn Sergava, deux actrices J russes dont Hollywood veut faire des rivales de Greta = Garbo et de Marlène Dietrich.La ressemblance de Kathryn Sergava (ci-dessus) avec Garbo est d\u2019ailleurs frappante.Joan Blondell dans une fraiche toilette printanière d\u2019un goût à la fois ancien et moderne.Cette jolie photo est l\u2019oeuvre de Ferenc, le photographe d'art viennois.Jean Howard, jeune étoile de la Metro-Gold- wyn-Mayer, dans une élégante robe du soir de crêpe blanc, avec diadème, encolure et manchettes de velours cramoisi.La Revue Populaire L\u2019Album de pag CHARLFS LAUGHTON Le grand artiste du Paramount dont les compositions n'ont d\u2019égales que celles de Jannir.gs et de Raimu.FREDRIC CLIVE MARCH Mars 1934 Notre Roman Complet \u2014Cher papa! \u2026 Adieu! \u2026 Adieu, mon cher petit papa! Avec des larmes, des larmes qui coulaient rapides ct serrées le long de ses joues pâles, Dolette gémissait, pour la dixième fois peut-être, ces mots, toujours les mêmes.\u2014Papa\u2026 Adieu, papa! \u2014Dolette! Eh bien, Dolette! Le ton, pour assourdi qu\u2019il fût, par un souci de bonne éducation, était sec comme un avertissement impatienté.La cousine Ursule redoutait par-dessus tout de se faire remarquer.Mais l\u2019enfant, toute à sa peine, ne le perçut même pas; de gros sanglots la secouaient.Alors Fanny, sa soeur aînée, lui prit doucement le bras: \u2014 Viens, fit-elle, allons-nous-en, Dolette! Celle-ci ne pleurait pas.Elle avait les yeux rouges, certes, mais son visage aux traits réguliers demeurait calme, nulle émotion ne semblait l\u2019agiter et, bien qu\u2019elle souffrit, sa douleur n\u2019affichait rien.Une auto les attendait à la porte du cimetière parisien où, un mois auparavant, Fanny et Dolette Blandin avaient conduit leur père, seul parent qui leur restât.Oui, seul parent! \u2026 Leur mère était morte alors que Dolette commençait à peine ses premiers pas, et la cousine Ursule, qui les recueillait aujourd\u2019hui, n\u2019était qu\u2019une petite cousine à la mode de Bretagne, et combien éloignée encore ! \u2026 Pourtant, elle promettait de les aimer, et c\u2019est chez elle, à son modeste foyer de vieille fille, que les deux enfants se rendaient et devaient vivre désormais.La Revue Populaire Orphelines! Dolette, dont le chagrin ne s\u2019apaisait pas, songeait tristement tandis que le taxi traversait Paris, pour les déposer rue du Champ-de- Mars, à l\u2019hôte1 du Rond-Point, où était descendue la cousine Ursule, Mlle Fay pour la nommer, laquelle, arrivée de la veille \u2014 elle habitait Meaux, où elle était née \u2014 se montrait pressée de repartir.\u201cCette fois, c\u2019est bien fini! pensait Dolette; la tombe même de mon cher papa, il faut l\u2019abandonner! \u2026 nous exiler à Meaux! Meaux, grande banlieue de Paris, à trente-cinq minutes de la capitale, par les directs, lui semblait, à cette heure de peine et d'émotion, à l\u2019autre bout de la France.De tous ses désirs, Dolette eût voulu conserver le coquet appartement de la rue Chalgrin \u2014 bien modeste, mais si ouaté de tendresse, où elle avait toujours vécu sous la protection de son cher papa! Mais non, il lui fallait partir; déjà l\u2019appartement était loué, la plus grande partie du mobilier vendue, et de là venaient les quelques centaines de francs qui, enterrement et frais de deuil payés, constituaient tout l\u2019avoir des orphelines.Argent de poche! avait décidé leur tuteur.A travers ses larmes elle apercevait Mlle Fay.Son visage en lame de couteau, son teint jaune, ses cheveux bien tirés sur les tempes, ne l\u2019enchantaient pas.Elle lui trouvait l\u2019air maussade et revêche, et les seize ans de Dolette ignorait les justes mesures.\u2014Elle est laide, je la déteste! Mais soudain Fanny questionna, s\u2019adressant à la cousine Ursule : \u2014Alors, nous allons le voir?Aujourd\u2019hui?Ce soir?Mlle Fay secoua la tête d\u2019un petit geste sec.\u2014Certes non, et moi pas plus que vous.Nous devons nous contenter de la visite de son fondé de pouvoir.M.de Massé est un trop grand personnage sans doute pour se déranger.Cependant, il me semble à moi que, comme tuteur, il se devait au moins de se faire connaître et, puisqu'il a su me trouver pour vous recueillir désormais, le moindre de ses devoirs était de se présenter à moi.Fanny, qui jetait un nuage de poudre de riz sur son fin visage, demanda : \u2014Est-il marié?\u2026 Je sais qu\u2019il est tout jeune.trente ans à peine.Père nous parlait de lui, la veille de sa mort encore\u2026 \u2014Ma chère, je n\u2019en sais pas plus long que vous, qui ne savez rien, à ce que je vois.Mais, vraiment, comment pouvez-vous ignorer à ce point ce jeune homme!\u2026 Presque votre frère \u2026 Cette fois, Dolette protesta : \u2014 Notre frère ?Allons donc ! Et d\u2019abord, je suis bien contente qu\u2019il ne se fasse pas connaître.Papa ne l\u2019aimait pas du tout, et, pour cela, je ne l\u2019aimerai jamais, moi! \u2014En attendant, il est votre tuteur, et n\u2019oubliez pas, ma petite, que s\u2019il est riche, très, très riche, vous ne 15 Une Petite Fille A ima Par Paul CERVIERES possédez aucune forturz, et que c\u2019est lui qui vous fait vivre! C\u2019est déjà bien beau! Mais ces paroles révoltèrent Dolette.\u2014Je voudrais travailler; ainsi, je n\u2019aurais pas eu besoin qu\u2019il paydt pour moi! C\u2019est lui qui n\u2019a pas voulu \u2026 \u2014 Travailler.\u2014 la bouche de la cousine Ursule se pinça dédaigneusement \u2014 en vérité, Dolette, je me demande à quoi ?\u2014Ne pouvais-je apprendre la sténo la dactylo?\u2014Quelle horreur!.Etes-vous folle, ma petite?\u2026 M.de Massé s\u2019est heureusement opposé à ce beau projet, pour moi qui si généreusement vous ouvre ma maison, je vous prie de respecter là-dessus mes idées.Une femme bien née ne travaille pas hors de chez elle.Dolette, dont la douleur n\u2019éteignait pas la fougue juvénile qui vivait en elle, demanda: \u2014Alors, une femme bien née est toujours riche ?\u2014Riche?Pourquoi riche ?Si elle a le malheur d\u2019être pauvre, ne peut-elle s\u2019occuper sans que nul ne le soupçonne?\u2014Ah! oui, de la broderie à deux francs le mètre! \u2026 Le taxi s\u2019arrêtait devant l\u2019hôtel du Rond-Point.Mlle Fay qui, fort heureusement, n\u2019avait pas entendu la réplique de la petite, en descendait: \u2014Venez donc, ma chère! dit-elle à Fanny.Et sans plus s\u2019occuper de Dolette, qui sauta légèrement derrière elle, elle entra dans l\u2019hôtel.\u2014 Mademoiselle, ce monsieur attend dans le grand salon.La femme de chambre tendait un bristol gravé.Mlle Fay y jeta les yeux.Elle lut tout haut: \u201cFrançois Lafont, fondé de pouvoir de la Maison de Massé et Briant.\u201d \u2014C\u2019est bien ça, le fondé de pouvoir! Allons, venez, mes enfants! François Lafont était un bomme de cinquante ans environ.À la vue de la cousine Ursule, il se leva et, avec la plus grande courtoisie, se présenta : \u2014Et tout de suite, mademoiselle, je vous exprime les regrets de M.de Massé qui, sovffrant, ne peut se rendre auprès de vous, auprès de ses pupilles.Souffrant! Déjà cette excuse qui avait servi, lors des obsèques de M.Blandin.Jean de Massé s\u2019était abstenu de paraître derrière le corbillard de celui qui avait été son beau-père et son tuteur.Oui, quinze ans auparavant, M.Blandin, veuf et père de deux fillettes \u2014 Fanny, quatre ans, et Odette, dite Dolette, un an \u2014 épousait en secondes noces Mme de Massé, veuve elle-même d\u2019un riche industriel, et mère d\u2019un grand garçon qui atteignait tout juste ses quatorze ans.Jean de Massé était un enfant généreux et tendre, merveilleusement doué, au moral comme au physique.Pourtant, M.Blandin, insensible à son charme, ne put jamais se défendre d\u2019une antipathie d\u2019autant plus tenace qu\u2019elle était instinctive et inexplicable.Véritable tyran, il opprima positivement le jeune garçon; aussi, lorsque, quatre ans plus tard, sa mère mourut, Jean de Massé qui, à peine âgé de dix-huit ans, venait d\u2019être admis à Polytechnique, quitta le domicile de son beau-père, bien décidé à n\u2019y revenir jamais.Non, jamais, pour un jour, pour une heure même, il ne franchit le seuil de la demeure où vivait celui qui était son beau-père et, dès lors, son tuteur.; À vingt et un ans, par l\u2019intermédiaire de son notaire, il sollicita des comptes; et, riche de plus de quatre 16 | FAUT plus qu\u2019un dentifrice ordinaire pour garder vos dents blanches et attrayantes.C\u2019est pour cela que les gens emploient plus de Colgate que jamais auparavant.Parce que le Colgate nettoie de deux manières distinctes: PREMIEREMENT : Il s\u2019infiltre dans ces petites crevasses que la brosse à dents ne peut atteindre \u2014 nettoie vos dents parfaitement.DEUXIEMEMENT : Ce n'est pas tout que le Colgate nettoie vos dents, il les polit également avec le même ingrédient sûr qu\u2019emploient les dentistes.Faites un bon essai du Colgate.Achetez- en un tube aujourd'hui.Employez-le pendant 10 jours seulement.Vous verrez ensuite que vos dents seront bien plus blanches et bien plus belles.Sans compter que la délicieuse saveur de menthe du Colgate gardera votre haleine pure et fraîche.\u201cCOLGATE\u201d SUR UN DENTIFRICE A LA MEME SIGNIFICATION QUE \u201cSTERLING\u2019 SUR L'ARGENT 3127-F ES Vous avez besoin de COLGATE pour garder vos dents blanches La Revue Populaire SPECIAL 21c Le Tube Colgate est aussi offert en poudre.Demandez la Poudre à Dents Colgate \u2014 25 cents.millions, il fonda avec son ami, son camarade d\u2019école.Jacques Briant, la moi- son de Massé-Briant, \u201cmoteurs et pompes électriques\u201d, dont le siège était à Paris, 217 ter, avenue de Villiers, et les suines à Melun.Seule, la mort de M.Blandin lui fit se souvenir des deux orphelines auprès desquelles, durant quatre années d\u2019enfance, il avait vécu.Elles étaient pauvres, sans ressources, car M.Blandin vivait et les faisait vivre de son travail uniquement.Généreusement, il accepta une tutelle qui n\u2019était, somme toute, qu\u2019une charge matérielle.Ses moyens le lui permettant, il assura l\u2019existence des orphelines, mais sans désirer les connaître.Il les avait quittées si jeunes \u2014 cinq ans et huit ans \u2014 qu\u2019à peine se les rappelait-il.11 chargea son fondé de pouvoir de les installer dans quelque famille honorable où elles pourraient vivre jusqu\u2019au jour où, dotées par ses soins, elles se marieraient et où il pourrait alors oublier, le nom même des Blandin.Après dix jours de recherches et de démarches, M.Lafont avait découvert .Mlle Ursule Fay, vieille fille de cinquante-cinq ans, qui vivait à Meaux, dans une demi-pauvreté dignement supportée.Quelle vie et quelle aisance allaient apporter à ce foyer désuet, austère et rapetissé, deux enfants à l\u2019aube de leur jeunesse, et dotées de bonnes rentes?C\u2019est le chiffre de cette pension que vient justement fixer M.Lafont, fondé de pouvoir.Deux mille francs mensuels pour le gite et le couvert! \u2026 Cependant, Mlle Fay insiste, à la fois curieuse de connaître ce généreux millionnaire, et blessée de son attitude, qu\u2019elle juge offensant pour sa personnalité, Elle questionne : \u2014Ainsi, monsieur, mes petites cousines quitteront Paris sans connaître M.de Massé?\u2026 Sans avoir pu le remercier même?M.Lafont assure doucement: \u2014M.de Massé, je vous le répète, mademoiselle, est souffrant, alité; il lui est aussi impossible d\u2019accourir ici que de vous recevoir aujourd\u2019hui.Cependant, croyez bien \u2026 D'ailleurs, Mlles Blandin peuvent écrire \u2026.Enfin, Meaux est si près de Paris! D\u2019autres occasions lui fourniront le prétexte d\u2019aller vous présenter ses hommages.de faire connaissance.\u2014Bien, monsieur, Fanny et Dolette écriront! Le ton est sec.Mlle Fay n\u2019est pas satisfaite.Elle accompagne M.Lafont jusqu\u2019à la porte du salon et revient auprès de Fanny, très occupée d\u2019un pli disgracieux de sa robe.\u2014 Voyons, mes enfants, nous allons goûter; ensuite, j'ai quelques achats à faire dans les grands magasins.\u2014Oui, oh! oui, dit Fanny, dont le visage s\u2019anime cette fois, je voudrais aussi un chapeau, des gants, des souliers de daim\u2026 Enfin, un tas de petites choses.Sa main, avidement, palpait l\u2019enveloppe que venait de lui remettre M.La- font, et qui renfermait un billet de mille francs.~\u2014Argent de poche, avait dit le fondé de pouvoir, en offrant aux orphelines ce petit pécule: mille francs pour les menues dépenses.Un chapeau, des souliers, des gants.Dolette, le coeur gros, demeurait dans sa peine.Ses visites journalières à la tombe de son père la laissaient pour de longues heures désemparée et muette.Fanny, cependant, essayait de la distraire.\u2014 Voyons, Dolette, ton thé refroidit\u2026 \u2014Je n\u2019ai pas faim! \u2014I faudra penser à t\u2019acheter des tabliers\u2026 La petite a un geste d\u2019indifférence.Alors Fanny, qui pense pour son propre compte, s\u2019adresse à Mlle Fay qui dévore positivement.\u2014Il est quatre heures, si nous partions?La cousine Ursule avale une dernière brioche.\u2014Oui, oui, et je veux aussi des bas fins! \u2026 .Elle se sent heureuse, légère comme une jeune fille.Elle vient de recevoir la première mensualité d\u2019une pension qui lui laissera des bénéfices; alors, elle peut se permettre quelques achats.Mars 1934 \u2014Allons, en route.Elle rit.Fanny, amusée, se hâte vers la sortie, mais Dolette suit, trop lentement à son gré.\u2014Viens done Dolette! Le métro est tout proche; en quelques instants, les voici devant le Printemps, a deux pas des Galeries.Il n\u2019y a plus trace de larmes sur le visage de Fanny.Enfiévrée, la jeune fille achète.C\u2019est la première fois qu\u2019une telle somme est à sa disposition! Mille francs! et M.Blan- din était pauvre.Il est six heures et demie lorsque, leurs achats terminés \u2014 avec quel regret \u2014 elles se retrouvent à l\u2019hôtel.Fanny vide son sac, cherche sa menue monnaie.Il lui reste en tout 116 fr.75, et les 400 francs qui lui sont revenus pour sa part, sur la vente de quelques objets ménagers, ne sont plus.\u2014Ce n\u2019est pas possible; j'ai perdu de l\u2019argent.Alors, elle fait son compte, additionne: \u201c150 francs une paire de souliers; cing paires de bas à 25 francs; deux paires de gants à 30 francs; un chapeau, 120 frs.; un amour de petite robe, 350 francs; une écharpe, 49 francs; un très joli sac, 175 francs; une boîte de poudre de riz, un flacon d\u2019essence patchouli, un sautoir et une paire de grosses perles grises pour les oreilles, le tout pour 87 francs; enfin, une coupe de vingt mètres de linon- chiffon \u2014 ça c\u2019est sérieux, elle se fera des chemises \u2014 pour 72 francs et quatre pelotes de laines, pour un sweater très, très chic, ceci pour 48 francs.Alors, alors, ça fait bien 1284 francs, et la somme qui lui reste est exacte: 116 frs.75.Elle n\u2019a rien perdu.\u201d D\u2019abord stupéfaite et ennuyée, Fanny se console vite.Elle a un regard pour l\u2019entassement des paquets sur son lit.Des paquets, il y en a 5.7.11.12.et C\u2019est charmant à voir, charmant à ouvrir.Puis, tandis qu\u2019elle déballe précieusement la robe de foulard noir, à petit, très petit col de erêpe blanc, elle pense, allégée soudain: \u2014Bah! Dolette me prêtera, elle n\u2019a presque rien acheté, elle! C\u2019est vrai; à côté de l\u2019amoncellement de ses achats, elle voit deux minces paquets\u2026 Rien.Un petit tablier, trois paires de bas de fil.Isolée dans sa peine, Dolette n\u2019a rien vu des élégances qui hypnotisaient positivement Fanny, et puis, à vrai dire, elle n\u2019est pas coquette, peut-être trop jeune et, d\u2019ailleurs, s\u2019ignorant au point de se juger laide, insignifiante au moins.Mais Fanny! Ah! Fanny la faisait s\u2019extasier.\u2014Elle est tellement belle que, tout comme pour Mme Récamier, les petits pâtissiers se retournent sur son passage.Fanny, grande, mince, avait des traits d\u2019une pureté toute classique, des yeux dont la teinte allait du bleu au plus beau vert, selon le temps; un nez fin et droit, une bouche d\u2019un dessin parfait.Une lumineuse chevelure, naturellement ondée, auréolait un front charmant, et il n\u2019était jusqu\u2019aux dents, d\u2019un pur émail, petites et bien rangées, jusqu\u2019au teint d\u2019une fraîcheur éblouissante, qui ne contribuassent à la perfection de cette beauté printanière.Et cependant, le charme manquait à ce beau visage, trop impassible, comme figé dans une expression un peu niaise, que sa grande jeunesse faisait nommer naïveté.Mais, à la vérité, si la bouche souriait sans qu\u2019un reflet même animât les traits si purs, c\u2019est que rien ne vibrait dans cette âme et ce coeur de vingt ana.Seuls les yeux, ces yeux bleus si largement fendus, un peu vagues et langon- reux, trahissaient, par instants, la plus tenace des volontés et une implacable dureté lorsque, sous l\u2019empire de la colère \u2014 Une colère sans éclat et qui modifiait à peine l\u2019expression du visage \u2014 ils devenaient presque noirs et d\u2019une incroyable fixeté.Combien différente était Dolette! Do.lette, sauvageonne de seize ans, brune comme une bohémienne, rose et dorée comme un beau fruit, avec une tignasse si frisée qu'elle y cassait tous ses peignes, et dont les yeux noirs, deux diamants sous des cils étonnamment longs et tonf- fus, étincelaient de vie, de gaieté et d\u2019intelligence.Et puis, quelle bonté révélait le sourire si franc, la bouche aux lèvres charnues; quelle tendresse, quelle confiance dans le regard! Mars 1934 \u2014Dolette!\u2026.Voyons, ma chérie! Dix fois par jour, M.Blandin doit rappeler au calme la fillette émancipée, exubérante et primesautière.Ah! celle-là ne savait rien dissimuler de ses sentiments.Son petit visage, miroir vivant de son âme, les reflétait tous.Ses colères éclataient en mots furieux, en gestes saccadés.Elle trépignait de rage, mais ses enthousiasmes la faisaient rire aux éclats, et sauter d\u2019allégresse, et puis, attendrie par quelques spectacles émouvants, Un récit, une belle lecture, elle avait des larmes lentes et des pleurs extasiés.Sensibles à toute détresse, elle était toujours prête à la charité.La mort de son père l\u2019avait si violemment bouleversée qu\u2019elle se remettait à peine d\u2019un accès de fièvre qui, durant huit jours, l\u2019avait fait délirer et inquiété sérieusement Fanny et la voisine charitable qui les avait recueillies le soir même du décès de M.Blandin.Maintenant encore, assommée à peine, Dolette se demandait, avec un étonnement enfantin, pourquoi une telle douleur l\u2019avait accablée; alors qu\u2019elle ne souhaitait le mal à personne, et au milieu du désarroi de son coeur, deux sentiments également violents \u2014 car sa jeunesse ignorait la modération \u2014 grandissaient: sa tendresse pour sa soeur, la très belle Fanny, et son aversion pour Jean de Massé, ce Jean de Massé que son père n\u2019aimait pas, n\u2019avait jamais aimé, ce Jean de Massé qui n\u2019était jamais venu, alors que, sentant sa fin prochaine, M.Blandin l\u2019avait fait appeler.Oh! cela, jamais, jamais elle ne le lui pardonnerait.\"Et voici de la part de votre tuteur, pour vos dépenses de deuil, avait dit M.Lafont, en tendant à chacune des fillettes une enveloppe fermée contenant mille francs.Mais la main de Dolette n\u2019était pas allée au-devant de celle de M.Lafont; ce que voyant, le fondé de pouvoir avait, de force presque, glissé l\u2019enveloppe dans les petits doigts crispés.Seulement, après son départ, l\u2019enfant, butée, avait jeté loin d\u2019elle ce qu\u2019elle nommait une charité.\u2014Je n\u2019en veux pas, non, je n\u2019en veux pas! Devançant le geste de Mlle Fay, Fanny avait ramassé le précieux billet, serré dans son sac.\u2014Tu réfléchiras, Dolette, je te le gare.Ah! Dolette savait bien que jamais, non, jamais, elle n\u2019userait de l\u2019argent de ce.de ce tigre!.Oui, de ce tigre si méchant que son cher papa n\u2019avait pu l\u2019aimer.\u201cDès que j'aurai le droit de vouloir, je travaillerai, pensait-elle encore, et je lui rendrai tout ce qu\u2019il aura dépensé pour moi.\u201d Et tandis que Fanny rangeait dans la haute malle ses derniers achats, Dolette, tristement, pliait le petit tablier de satinette noire, les bas de fils achetés sur son petit avoir, ce qui lui venait de son cher papa.\u2014Allons diner, nous prendrons le train de huit heures! Venez-vous, Fanny?Dolette suit.Déjà la cousine Ursule ne s\u2019occupe plus d\u2019elle.Elle a opté.Entre l\u2019enfant douloureuse, vibrante et sincère, et la belle jeune fille impassible, son choix est fait: Fanny l\u2019a conquise.Elle sera sa compagne, son hôte de choix et bientôt, sans doute, sa chérie.Mais qu\u2019importe à Dolette; d\u2019abord, de tont son coeur, elle aime sa soeur et applaudit aux amitiés qu'elle fait naître; ensuite, sa peine si vive l\u2019absorbe et l\u2019empêche de penser même.Et, déjà, sa pensée l\u2019emporte vers la grande gare.sur le quai ou, bientôt, le train de huit heures se formera.le train de huit heures qui, à toute vapeur, l\u2019emportera loin, loin! \u2014 Dolette le pense sérieusement \u2014 et dont chaque tour de roues l\u2019éloignera davantage d\u2019une tombe fraîchement ouverte, but de son pèlerinage quotidien.Chapitre II \u2014Bonjour, Bertrand, bonjour! Tenez, voici le bulletin; réclamez la malle, nous prenons les devants.\u2014Bien, mademoiselle.Bertrand, un vieux brave homme de soixante-dix ans, se tient, casquette à la main, sur le seuil de la gare.Il a amené la brouette, pour y charger les bagages.Mlle Ursule est une femme de tête, ses ordres sont précis et donnés en temps La Revue Populaire L7 voulu.Avant son départ pour Paris, elle a décidé du cérémonial de ce jour, ou plutôt de ce soir; en outre, les économies sont de règle dans sa maison, car ses ressources très réduites, depuis le krach financier dont elle fut l\u2019une des nombreuses victimes, l\u2019obligent à comp- ler près et juste.\u2014Par ici, mes petites, nous avons cinq minutes de marche, tout au plus, et pas d\u2019auto, bien entendu.A grandes enjambées, Fanny se hâte à ses côtés.Mais Dolette, nez au vent, regarde et s\u2019attarde.De la petite ville, elle ne voit rien; il fait nuit et la lumière y est peu généreusement distribuée.Cependant, elle pense: \u2014Les rues soni joliment étroites, et puis c\u2019est mal pavé\u2026 une ville très bête! Je ne me plairai pas ici, déjà je le sens! Pourtant, la rapidité du voyage l\u2019a agréablement surprise.\u2014Ce n\u2019est guère plus long que d\u2019aller de l\u2019Etoile à la Nation, se dit-elle encore, et de l\u2019Etoile à la Nation, c\u2019est tout droit, car, lorsqu\u2019il faut changer, ça n\u2019en finit plus.Alors, peut-être que la cousine Ursule me laissera aller à Paris toute seule, de temps en temps! \u2014-Nous voici arrivées! D\u2019un geste de maître, Mlle Fay presse sur le bouton électrique, fiché en plein mur.Une vieille femme vient ouvrir: C\u2019est Mariette, la servante.\u2014Bonjour, ma bonne, bonjour! Mariette, coeur tendre et désolée \u2014 elle a perdu en moins de deux ans sa fille et son petit-fils \u2014 toute sa famille, a pour les orphelines un regard mouillé.Elle joint les mains.\u2014Pauvres petites, les voilà donc! Va falloir les gâter, les chéries! Et ces simples paroles, dites d\u2019une voix que la compassion fait très tendre, amènent de nouvelles larmes dans les yeux de Dolette.Mais Mlle Ursule n\u2019aime pas les attendrissements, et sa façon de consoler est tout l\u2019opposé de celle de Mariette.\u2014Allons! allons! cessez ces larmes, Dolette; à chaque jour suffit sa peine! Il faut raisonner et discipliner sa douleur.Votre papa, ma pauvre petite, est mort, hélas! et vos soupirs ne le ressusciteront pas.N\u2019est-il pas plus sage de se résigner?Je suis sûre que vous serez très heureuse près de moi, si vous n\u2019étes pas trop exigeante, ni trop volontaire.Tenez, voici votre home! c\u2019est la chambre lilas.Mariette l\u2019a minutieusement nettoyée, et vos meubles, vos bibelots y sont déjà installés.Convenez qu\u2019elle est gaie et claire: la fenêtre s\u2019ouvre sur le jardin; au printemps, ce sera un parterre de fleurs.Pour vous, Fanny, j'ai désigné la chambre aux églantiness on la nomme ainsi à cause des tentures.Certes, elle est un peu plus grande, et donne sur la rue; il était juste qu\u2019elle fût pour vous, qui êtes l\u2019aînée.À présent, je vais tout de suite vous mettre au courant des habitudes de ma maison, habitudes que je ne saurais changer.Le premier déjeuner se prend à sept heures, très exactement, dans la salle à manger.Le grand repas à midi, et le diner est prêt pour huit heures.Je reçois mes amis tous les mercredis.Bien entendu, je respecte assez votre deuil pour excuser votre absence dans mon salon ce jour-là, si ces réceptions, bien modestes cependant, vous peinent et vous attristent.Toutefois, je ne saurais y renoncer.La bibliothèque du salon renferme de beaux et bons livres et je vous permets d\u2019y puiser, à condition que vous preniez grand soin des volumes.Vous raccommoderez et laverez seules votre menu linge; pour le reste, Mariette s\u2019en chargera.Mlle Fay prit le temps de respirer largement, posément; ensuite, elle reprit: \u2014Je vous recommande, mes enfants, la tenue la plus correcte, soit en promenade, soit en course par la ville.Je compte dans Meaux les relations les plus charmantes, les plus distinguées aussi; je ne puis donc accueillir à mon foyer que des parentes de choix.Un verbe trop haut, des manifestations extérieures trop bruyantes, voilà ce que condamne la bonne éducation.Voyons, Dolette, ce mouvement de pied est agaçant au possible, ne pouvez-vous demeurer sans remuer quelques instants ?Demeurer sans remuer, quand tout son être crie de douleur et de détresse! Ah! le doux foyer paternel, où est-il?Où est sa petite et claire salle à manger?son salon intime et le canapé bas devant est le signe d\u2019un Bon Savon A YEZ-YOUS confiance aux signes?Moi, j'y crois.Quand je vois une femme dont le teint est clair, frais et en santé, je sais qu\u2019elle est jeune, qu\u2019elle ait seize ou soixante ans.Je sais autre chose aussi, à son sujet; je sais qu\u2019elle a le bon sens de s'occuper de sa peau, la patience d'en prendre soin régulièrement, la sagesse de choisir le bon savon de toilette.Lorsque je vois une femme comme celle-là, je me dis en moi- même qu\u2019elle emploie le Palmolive \u2014 le Savon de Jeunesse.Car le secret mélange des huiles d\u2019olive et de palme du Palmolive donne exactement cette douceur de satin aux joues .cette belle texture de la peau .cette apparence propre et naturelle.Le Palmolive, vous savez, est um savon très extraordinaire.Nettoyant très doucement, il entraîne les accumulations d\u2019impuretés laissant la peau bien rafraichie.Cette action lui vient du fait qu\u2019il est un savon naturel, contenant une généreuse quantité d\u2019huile d\u2019olive \u2014 sans le moindre colorant artificiel.Essayez le Palmolive.Soir et matin, massez sa mousse caressante dans les pores de votre visage, de votre gorge et de vos épaules.Rincez- vous à l\u2019eau chaude puis à l\u2019eau froide.Après un mois seulement, vous verrez bien que la jeunesse de votre teint est un signe du savon que vous employez.RAPPELEZ-VOUS \u2014il entre une abondante quantité d'huile d\u2019olive dans chaque pain de Palmolive.: 7c LE PAIN FABRIQUE AU CANADA 18 lequel elle traînait le gros coussin de soie molle et bleue et s\u2019installait aux pieds de son chez papa?.Fanny, près de lui, brodait ou tricotait, on devisait gaiement.Que de jolies choses le père tendre savait leur conter, et combien doucement passaient les heures! Et puis, presque chaque soir, venait le temps de la musique.Fanny allait au piano et Do- lette, ravie, se saisissait de son violon.L\u2019archet vivait vraiment sous les petits doigts enfiévrés soudain.Ah! les bonnes, les douces soirées, la tendre intimité!\u2026 Hélas! rien n\u2019était plus de tout cela, rien ne demeurait, et si elles n\u2019étaient pas abandonnées, si un foyer leur était offert.un foyer?non.un asi le! \u2026 cette maison froide, austère comme un couvent, réglementée comme une prison, immuable dans ses habitudes, fermée à toute fantaisie, elle le devait à la générosité d\u2019un tuteur inconnu, déjà la voix sèche, brève de la maîtresse des céans, rappelait à l\u2019ordre une enfant désespérée, et, comme un devoir sacré à Phospitalité offerte, réclamait la résignation, l\u2019oubli d\u2019une douleur dont les manifestations troublaient sa quiétude égoïste.Ah! comme révoltée, Dolette, avidement, regardait la porte\u2026 Cette porte refermée sur elle comme celle d\u2019une volière sur un oiseau des îles.Comme elle voudrait fuir!\u2026 fuir n\u2019importe où, droit devant elle pour ne plus rien voir, ne plus rien entendre, que la peine qui gonfle son coeur et la tuera peut-être! Fuir, pyisqu\u2019en ce lieu, elle le sent, on ne l\u2019aimera jamais, on ne la comprendra pas davantage.\u2014Occupez-vous de la petite, Mariette; moi j\u2019installerai Fanny ! C\u2019est bien ça, le choix définitif; mais cette fois encore, il n\u2019est pas remarqué.Telle une automate, Dolette suit la vieille servante vers la chambre lilas.Nuit d\u2019insomnie et de fièvre, où elle grelotte entre ses draps trop froids.Sa somnolence est hantée de cauchemars pénibles.Dolette sursaute et gémit, la peur fait claquer ses dents.Où est-elle?Seule, abandonnée! Elle crit faiblement, se débat, appelle, et rien ne lui répond.Il n\u2019est pas six heures que déjà elle est debout; le jour est loin encore.Dolette va à sa fenêtre, l\u2019ouvre: un ciel étoilé l\u2019éblouit.Quelle splendeur! et malgré le froid qui la pique au visage, l\u2019enfant fiévreuse y demeure, rafraichit son front.L\u2019aube l\u2019y surprend.sous ses yeux le jardin s\u2019éveille; quelques poules y picorent, un coq important va et vient et, tout à coup, lance son cri de triomphe.Trop désespérée, la petite regarde sans voir presque; rien n'\u2019attire, ne retient, ne captive son attention, rien ne l\u2019intéresse.Mais, tout a coup, son regard las, levé sur la villa toute proche \u2014 seul, le jardin la sépare de la demeure de Mlle Ursule \u2014 rencontre deux yeux bruns, couleur de noisette mûre, deux yeux à la fois tristes, et doux, et qui la dévisagent au travers de la vitre sans rideau.Intéressée cette fois, Dolette, qui allait quitter la fenêtre, s\u2019y attarde.Les yeux bruns brillent dans un visage enfantin, sous une profusion de boucles blondes.\u2014 Bonjour, bonjour! fait Dolette, conquise par la joliesse des traits et la douceur du regard ingénu, bonjour! Intimidé sans doute par la spontanéité du salut de Dolette, l\u2019enfant, un gamin de six ans environ, déserte prestement la fenêtre et le rideau retombe mollement.\u201cIl est sauvage!\u201d pense la petite.A ce moment, Mariette frappe a la porte.\u2014Mademoiselle Dolette, le déjeuner est servi, sept heures est sonné.Sept heures! C\u2019est vrai! a-t-elle si vite oublié l'avertissement de la vieille, et que tout est ici réglé et presque machinal, dans la vie de Mlle Ursule Fay, petite renti¢re de Meaux?.Cette vie que Dolette aura tôt fait de qualifier de \u201ccinq molle à l\u2019an\u201d\u2026 cinq mille heures, bien entendu.Levée à six heures et demie en été, à sept heures en hiver, Mlle Fay ne prolongeait jamais la soirée au delà de neuf heures, sauf le dimanche, pour le thé musical et littéraire de Mme Calas, sa meilleure amie.Oui, levée à la même heure, oujours, quelles qu\u2019aient été les fatigues de la veille et, ce matin-là, déjà elle est habillée, tirée à quatre épingles, comme on dit; pas un.La Revue Populaire des cheveux de son maigre chignon ne dépassant l\u2019autre.\u2014Hâtez-vous, voyons, ne vous ai-je pas prévenue que le premier déjeuner était pour sept heures?La voix sèche, le mécontentement y perce.Dolette s\u2019empresse d\u2019approuver: \u2014Bien, ma cousine.\u2014Dès six heures et demie, Mariette dispose le couvert.En silence, la fillette, qui a repoussé les rôties, avale son café; et Mile Ursule, qui la regarde, décide tout à coup: \u2014D'\u2019ailleurs, désormais, je compte sur vous pour ce petit travail.\u2014Quel petit travail?\u2014Le couvert! J'imagine, ma chère, que vous saurez le disposer?Trois tasses, trois soucoupes, quelques rôties sur une assiette.Mariette vieillit, la maison est lourde et chacune de nous se doit de l\u2019aider.A qui parliez-vous donc tout à l'heure?_\u2014A un petit garçon de la ville voisine.\u2014Ah! bien! Cette villa, c\u2019est la villa des Clycines et, pour l'enfant, il se nom- ne Jean, mais je doute qu\u2019il vous aie répondu.\u2014ÎI s\u2019est sauvé, en effet, dit Dolette.Mlle Ursule prend le temps d\u2019avaler son café; puis, elle ajoute: \u2014Ce petit est muet! \u2014Muet ! Fanny s\u2019exclamait sans émotion; mais, attristée et stupéfaite, Dolette avidement questionne: sa chambre lui plaît; elle y a retrouvé son lit, son armoire, son petit bureau et tant de bibelots qui lui sont chers, car, du mobilier paternel, on n\u2019a vendu que le superflu à leurs besoins: la salle à manger d\u2019abord, qu\u2019en eût-on fait dans la maison si bien meublée de Mlle Ursule?et puis la salle de bains et tout ce qui composait la cuisine.Mais le piano de Fanny trône au beau milieu du salon, et Dolette caresse du regard son violon couché dans son écrin de velours bleu.\u2014Je vais faire ma chambre; ensuite, j\u2019écrirai à Mady \u2014 une amie de pension; enfin, j\u2019étudierai mon violon.Depuis quelque temps, bien avant la mort de son père, elle nourrissait l\u2019espoir de devenir une grande artiste.Ainsi, elle parcourrait le monde, partout acclamée, applaudie, fêtée et devenue célèbre et riche, elle assurerait la vieillesse de son cher papa, elle doterait Fanny.Elle.elle \u2026 Aujourd'hui, la puérilité de ces rêves s\u2019est assagie.Dolette se sent seule et dépourvue de fortune; de tout son coeur, elle souhaite de travailler, de s'affranchir d\u2019une générosité qui la révolte, qu\u2019elle voudrait repousser.Ce Jean de Massé, rien ne le lui fera aimer; bien plus, de le comprendre bon, pitoyable, généreux, sa rancune s\u2019est accrue.Elle le voudrait méchant, avare.Ainsi elle aurait des raisons de le haïr, de le mal juger.Et comme il n\u2019est rien de tout cela, elle se le dit tyranique, autoritaire.Ah! il ne lui per- _ EN AVRIL Un chef-d\u2019oeuvre de roman d\u2019amout : e e æ Le Collier Brisé par Concordia Merrel SANS AUCUNE EXAGERATION, L'\u2019UN DES ROMANS LES PLUS PASSIONNANTS QU\u2019AIT OFFERTS ; \u201cLA REVUE POPULAIRE\u201d A SES LECTEURS ET LECTRICES.3 .3 \u2014Muet! Oh! quel malheur! Il est si joli, si joli! \u2026 Muet!\u2026 muet tout à fait?\u2014Dame, quand on l\u2019est, habituellement, c\u2019est tout à fait! Cependant, en ce cas, votre question est moins saugrenue qu\u2019elle ne le paraît, car si l\u2019enfant est muet, et bien muet, il ne l\u2019est pas de naissance.C\u2019est sous le coup d\u2019une terrible émotion \u2014*un drame que j'ignore, que tous ignorent par ici, le fit brutalement orphelin \u2014 qu\u2019il perdit l\u2019usage de la parole.C\u2019est sa grand\u2019mère maternelle qui l\u2019élève, une vieille femme, une certaine Mme Delage, que vous apercevrez un prochain jour.Je dis: apercevrez, car si elle ne se cache pas positivement, du moins évite-t-elle les regards et fuit-elle le monde.Voici bientôt deux ans qu\u2019elle est ma voisine, et je n\u2019ai certes pas échangé dix paroles avec elle.Après tout, chacun ses affaires! \u2014Mais, dit Fanny, s\u2019il est muet par accident, il doit certainement entendre ?\u2014Mais oui, il entend, et je le crois même fort intelligent.\u2014Ah! fit Dolette, qui sembla respirer plus librement, pauvre petit, au moins son malheur n\u2019est pas sans espoir! \u2014Peuh! répliqua Mlle Ursule qui, repue, repoussa sa tasse vide, ceci n\u2019est pas notre affaire; la vieille Mme Delage ne m\u2019a confié ni ses secrets, ni ses chagrins.D'ailleurs, je n\u2019aime guère voisiner, Allons, il sied de ne pas nous attarder a table, nous avons de l\u2019ouvrage; pour vous, mon enfant, il faut faire votre chambre.Dolette n\u2019a garde de protester; d\u2019abord.met pas de s\u2019employer?Soit! Mais si, durant quelques années encore, il a des droits sur elle, sa majorité la libérera enfin.Oui, enfin! Et maintenant, dés ce jour même, avec ténacité, sans que rien ne la puisse distraire de la tâche qu\u2019elle s\u2019impose, elle travaillera, seule; elle s\u2019exercera à acquérir sur son violon la virtuosité, l\u2019ampleur, le talent qui lui font encore défaut.Ah! son violon! de quels regards passionnés elle le contemple, tandis qu\u2019elle s\u2019active à un ménage consciencieux.\u2014Deux heures chaque matin et deux heures chaque après-midi! Si, avec ça, je ne fais pas de progrès \u2026 Heureusement, j'ai beaucoup de musique.Le lit est fait, les tapis secoués; il lui reste maintenant à balayer, à essuyer, mais il lui manque balai et chiffon.Tout cela, elle le trouvera à la cuisine, sans nul doute.Doucement, elle s\u2019engage dans le couloir; des voix arrivent jusqu\u2019à elle.Fanny n\u2019a pas encore regagné sa chambre.Amicalement, elle cause avec Mlle Ursule, et la petite surprend un mot enthousiaste: \u2014Ne doutez pas ainsi de l\u2019avenir: jolie comme vous l\u2019êtes, vous vous marierez sûrement.Les jeunes gens ne manquent pas à Meaux, et tous ne sont pas de vils coureurs de dots.Est-ce l\u2019assurance qu\u2019elle a de trouver bientôt un mari de son choix qui réjouit Fanny?Mais elle rit.Ah! pour celle-ci du moins, le foyer de la cousine Ursule se fait accueillant et doux.Dolette chérit sa soeur et, tout comme Mars 1934 la cousine Ursule, elle ne doute pas qu\u2019un brillant mariage ne lui soit réservé.Alors, finie la charité de M.de Massé! Et, tout en s\u2019acheminant vers la cuisine, elle envoie à son adresse une grimace sans grâce.Allons, le balai, le plumeau, le chiffon.Mais, comme elle se penche a sa fenétre pour secouer ledit chiffon, à nouveau ses yeux rencontrent les yeux noisette.Accoudé à l'appui de bois, un enfant triste, trop pâle et trop songeur pour ses six ans, la regarde.\u2014Bonjour, Jean.Pas de réponse, mais Dolette n\u2019en attend pas.Elle sait qu\u2019il ne faut pas es pérer le miracle de la parole; ce qu\u2019elle guette, c\u2019est un sourire.\u2014Bonjour! bonjour! mon joli petit voisin! Il a compris et sa main s\u2019agite, en un signe de bienvenue, mais le visage demeure grave.Toute douleur émeut Dolette; mais, lorsque cette douleur atteint un enfant son coeur déjà maternel en demeure troublé, comme d\u2019un mal personnel.Pau- - vre petit! quelle précocité éloigne de lui l\u2019insouciance habituelle à son Âge?Pourquoi ne rit-il pas, alors qu\u2019elle lui sourit, qu\u2019elle veut le distraire, l\u2019amuser, le conquérir?Vite, elle va à son armoire, en tire un pierrot habillé de satin blanc \u2014 une poupée pour le divan du salon, qu\u2019elle confectionna un jour, pour la fête de son père \u2014 et faisant jouer les mains, elle mine une scène amusante.\u2014Vois-tu, il voudrait t\u2019embrasser, il te trouve gentil, très, très gentil! Attends, regarde, il est enrhumé.Atchoum!\u2026.at- choum! Allons, Pierrot, prenez votre mouchoir.De son carré de batiste bordé de noir, Dolette coiffe la main de Pierrot et le porte à son nez.\u2014Atchoum! atchoum! fait-elle, quel rhume, nom de petit bonhomme! Je vais mouiller un drap de lit! Toujours grave, l\u2019enfant tend cependant les mains vers le jouet convoité.A ce moment, une vieille dame couronnée de cheveux blancs paraît à la fenêtre.Elle salue Dolette et la remercie d\u2019un sourire.Elle est grande, très droite et distinguée.Ses traits sont de la plus grande douceur, mais ses yeux, d\u2019un bleu passé, comme décoloré par les larmes, reflètent l\u2019âpre douleur qui brisa son coeur, et la certaine angoisse qui l\u2019agite à certaines heures.Vite, elle passe et le petit Jean la suit.\u2014Dolette! Dolette! \u2014Voilà, ma cousine! La petite a reconnu la voix de Mlle Ursule.Elle accourt.\u2014Nous sommes trés en retard, dit la vieille demoiselle qui, en dépit des habitudes prises, est encore installée, face à Fanny, à la table desservie, je pense que votre chambre est faite, et que vous saurez très soigneusement essuyer les bibelots du salon?Ce n\u2019est ni fatiguant, ni malpropre, je puis donc me décharger sur vous de ce soin.Il y a un essuie- meubles spécial, vous le trouverez dans le placard de l'entrée.Et tandis que, sans répondre, Dolette se dirige vers le placard indiqué, elle entend la cousine Ursule qui ordonne: \u2014Mariette, avant de descendre \u2018aux provisions vous ferez chaque matin la chambre de Mlle Fanny! Chapitre 111 \u2014Oh! ce violon! Excédée, semble-t-il, Mlle Ursule lève les yeux au ciel et feint de se boucher les oreilles; et Mme Agnan, la femme du notaire; Mme Saintive, une doctoresse, depuis quelques mois seulement installée à Meaux, mais qui a déjà conquis tous les suffrages; et enfin l\u2019importante Mme de Souteyrat l\u2019imitent avec un ensemble touchant.\u2014C\u2019est vrai que ce violon.Alors Fanny, qui brode aux côtés de Mlles Jeanne, Camille et Marcelle Agnan, de Clotilde et Marie Saintive, les nièces de la doctoresse, tout en jacassant comme une pie, se lève, va à la chambre de Dolette, et, doucement: \u2014Ecoute, Dolette, cesse ce violon, on ne s\u2019entend plus au salon.D'abord soulevé d\u2019indignation car, chaque jour davantage, on écourte ses heures d\u2019études, Dolette, résignée, jette loin Mars 1934 sur le lit son archet et violon; puis, tête basse, elle prend son crochet.\u2014Pourquoi ne viens-tu pas travailler auprès de nous?questionne Fanny.Dolette ne répond pas; elle s\u2019installe près de la fenêtre.\u2014Viens donc! Il y a Jeanne, Camille et Marcelle Agnan, Clotilde et Marie Saintive, enfin les Souteyrat au complet.On ne s'ennuie pas: elles savent tous les potins de la ville.C\u2019est très amusant! Dolette a pour sa soeur un regard a la fois douloureux et méprisant.\u2014C\u2019est justement pour ça que je ne te suivrai pas, dit-elle d\u2019une petite voix qui tremble; ça ne m\u2019amuse pas du tout, moi, les potins de la ville, et je trouve bête et sans coeur de rire de la déconvenue de la fille du vétérinaire, que son fiancé a abandonnée.\u2014Tu t'isoles à plaisir, tu ne te feras pas d\u2019amies.Dolette a une affirmation nette: \u2014Eh bien! tant mieux! Des amies comme les tiennes, je n\u2019en voudrais pas, et je préfère demeurer dans ma chambre à jouer du violon.Il est vrai que même ça \u2014 je m\u2019enferme le plus que je peux cependant \u2014 arrive à vous ennuyer; alors.\u2014Aujourd\u2019hui, cousine Ursule reçoit, c\u2019est son jour, tu le sais.D\u2019ailleurs, pour: quoi étudies-tu l\u2019après-midi?\u2014FEt à quelle heure pourrais-je jouer le matin?Dolette braque son regard si franc dans les yeux de Fanny.\u2014Oui, quand?reprend-elle; le matin, je n\u2019ai plus une minute.Chaque jour, la cousine me trouve un nouveau travail; voila maintenant que je dois surveiller les repas, aider aux provisions, compter le linge de la lessive\u2026 Alors, je ne sais plus.-\u2014Tu vas si vite! dit Fanny, qui ne peut se défendre d\u2019un peu de honte devant cette détresse.\u2014J\u2019aimerais tant travailler mon violon! Fanny aime bien Dolette, et sa conscience n\u2019est pas sans reproche.Elle n\u2019ignore pas que, tandis qu\u2019elle est servie, en tous cas, déchargée de bien des besognes, sa soeur est certainement un peu accablée par Mlle Ursule, sans qu\u2019elle ait le courage d\u2019intervenir.Licheté?Basse flatterie?Silence intéressé?N'importe, elle ne dit mot et, cependant, je le répète, elle aime Dolette, et le chagrin qu\u2019elle lui comprend l\u2019attriste et la peine.Alors, elle suggère: \u2014Et pourquoi?pourquoi ne vas-tu pas faire de la musique chez la vieille Mme Delage?La vieille Mme Delage! La grand\u201d mère du petit Jean.Certes, Dolette est devenue pour elle la chère petite amie qu\u2019on accueille avec joie.Six mois à peine se sont écoulés depuis le jour où nouvelle .venue au foyer de Mlle Ursule, orpheline douloureuse, Dolette, s\u2019étant accoudée a sa fenêtre, apercut un enfant dont les yeux bruns, trop pensifs et trop graves, parlérent a sa peine.Six mois! \u2026 Mme Delage, la vieille dame, comme on l\u2019appelait par toute la ville, dont la hautaine réserve, le désir si marqué d\u2019une solitude sans concession, la froide politesse intriguaient jusqu\u2019à l\u2019énervement les dames de la petite sous- préfecture, avait spontanément ouvert sa porte à la fillette désemparée.Ah! sans cet accueil chaleureux et le refuge maternel des tendres bras de l\u2019aïeule en robe noire, dans quelle détresse eût vécu Dolette, sous la mesquine, austère et si hostile protection de Mlle Fay?La vieille Mme Delage! Dolette a retrouvé un foyer.Elle vit là, entre un enfant qu\u2019elle chérit, et dont elle s\u2019est faite l\u2019éducatrice patiente et gaie, et une maman indulgente, les meilleures heures de sa vie si active.Les \u201ccorvées\u201d dont la charge Mlle Ursule, elle les exécute le plus vite possible, pressée de retrouver le cadre familial où elle s\u2019épanouit, la petite salle à manger où elle goûte de lait et de pain frais, où elle joue aux dominos avec Jean, mais aussi où elle ouvre le grand alphabet colorié à l\u2019heure de la leçon du petit.\u2014Je t\u2019apprendrai à lire.Voici, ceci est un Â\u2014 et ceci un B! Dolette rêvait d\u2019un miracle qui lui rendit tout à cuup la parole.La Revue Populaire Aux côtés de Jean et de la vieille Mme Delage, elle brode, coud, étudie; et, pour la joie de l\u2019un et de l\u2019autre, pour son plus grand plaisir aussi, elle joue du violon, son cher violon qui la passionne.\u2014Oh! ma petite Dolette, encore, encore, reprenez cette sonate! Et comme la main de Jean supplie; ravie, enfiévrée, la fillette, à nouveau, joue, joue jusqu\u2019à la fatigue.Elle jouerait sans arrêt des heures entières, si l\u2019enfant, impressionnable, le petit muet qui entend et comprend, ne trahissait son émotion par des larmes, et des cris presque.Une belle histoire de Dolette le calme.\u2014 Surtout, a recommandé Mme Delage, je vous en prie, ma petite Dolette, qu\u2019il ne soit jamais question, dans vos contes, d'accidents arrivés à de jeunes enfants.Et la pauvre femme ajoute, d\u2019une voix où l\u2019on sent des larmes très proches: \u2014Il a vu mourir sa petite soeur\u2026 Un bébé de quelques mois.Alors.alors! Un frisson qui pâlit son front, et c\u2019est tout.Dolette ne saura rien de plus du drame qui bouleversa ces existences.\u2014 Vrai?Elle ne t\u2019a rien dit?interroge quelquefois Fanny, qui serait heureuse d'apporter du \u201cnouveau\u201d au jour de Mme Agnan, ou de Mme de Souteyrat, et tu dis que ce sont tes amis! Jolis amis, en vérité!\u2026.Les miens sont plus amusants et moins réservés avec moi! Des amis, Fanny en a beaucoup.Les trois filles aînées de la notairesse d\u2019abord.Il y en a encore quatre à la maison, et trois fils, dont le plus âgé \u2014 vingt-trois ans \u2014 travaille à l\u2019étude de sen père.Jeanne, Camille et Marcelle Agnan ne brillent ni par la beauté, ni par l\u2019intelligence, et, bien entendu, pas davantage par la générosité et l\u2019indulgence.Elles jalousent Fanny, à laquelle elles prodiguent cependant les marques d\u2019une amitié enthousiaste.Cette jalousie, Mme Agnan ne saurait la partager, attendu que fille d\u2019un riche, très riche fermier qui a cru atteindre au pinacle en faisant de son unique héritière une \u201cdame\u201d de la ville, elle connaît la valeur de l\u2019argent, et la présence d\u2019une aussi jolie personne que \u201cla petite Blandin\u201d, comme elle nomme Fanny, auprès de son trio peu brillant, ne l\u2019inquiète guère.Pensez done, une fille sans dot!\u2026 la pôvre! et les siennes.oh! les siennes auront chacune une fortune! Pour Clotilde et Marie Saintive, mieux douées physiquement, et fort intelligentes, elles affichent une indépendance d\u2019idées et de vie, qui suffoque les gens bien pensants de la société.Fardées malgré leurs vingt ans, cheveux coupés à la garçonne, elles circulent seules, bien entendu, car elles travaillent l\u2019une et l\u2019autre, en vue de leur doctorat, suivent les cours de l\u2019Ecole de Médecine, fréquentent les hôpitaux, les laboratoires, les salles d\u2019opération et les amphithéâtres.\u2014Peuh! fait la femme du notaire avec un mépris non dissimulé, \u201cça ne s\u2019_épouse pas, ça\u201d! Possible.En tous cas, on les reçoit sans contrainte, et si \u201cca ne s\u2019épouse pas\u201d, Léon Agnan \u2014 fils No 3 \u2014 ne cache guère sa vive admiration pour Clotilde.C\u2019est Philippe de Souteyrat, l\u2019un des fils du procureur \u2014 M.de Souteyrat, retiré à Meaux, sa ville natale, fut procureur de Melun \u2014 a affublé de numéros les dix enfants des Agnan.Mais comme l\u2019ancien procureur a lui-même une nombreuse progéniture \u2014 sept fils et cinq filles \u2014 ledit Léon a immédiatement dénommé \u201cLes Gracques\u201d toute la nichée des de Souteyrat.Dès son arrivée à Meaux, Fanny a fait sensation, Mlle Ursule a joui de ce succès comme d\u2019un hommage personnel.Le premier dimanche, à la messe de dix heures, bien des fidèles eurent des distractions et, sur la place de la cathédrale, que de chuchotements, que d\u2019apartés.7 Vous l\u2019avez vue?Elle est ravissante! \u2014Oh! pour ça, délicieuse! \u2014C\u2019est bien la petite cousine de Mlle Ursule?\u2014Mais oui! \u2014Flle ne lui ressemble guère; vrai?\u2014Ca, ma chére! \u2014Et de qui est-elle en deuil?\u2014De son père, à ce qu\u2019il paraît.pas 19 Comment les Blancs donnèrent la Carie des Dents aux Esquimaux La carie était inconnue avant l\u2019arrivée des blancs.Maintenant, l\u2019Esquimau mange des aliments qui ne conviennent pas, ne nettoie pas ses dents, a des habitudes civilisées et ses mauvaises dents en sont la rançon.VANT qu\u2019il eut commencé à manger les aliments que lui enseigna la civilisation, ali ments mous et riches en amidon, PEsquimau ne connaissait d\u2019autre mal de dents Une Africaine non civilisée qui lime ses dents en pointe pour que celui d\u2019une se faire belle.dent brisée par accident.Le mal de dents des races civilisées fit cependant son apparition après peu d\u2019années de civilisation.On découvrit qu\u2019il résultait de la carie ordinaire den dents.La science dentaire explique maintenant la cause de la carie de cette manière : L'alimentation moderne se compose surtout d\u2019aliments mous et collants.Il en reste entre les dents et sous les gencives.Les microbes portent la nourriture à se gâter et à former des acides qui disson- dent l\u2019émail des dents.Une fois l\u2019émail percé, le progrès de la carie est rapide et le nerf est atteint; toute la dent est minée.L\u2019Esquimau avait l\u2019habitude de manger une sorte de nourriture différente.Elle était rude et dure.Les dents étaient automatiquement nettoyées par le fait de la mastication.Mais les aliments modernes ont changé tout cela.Il n\u2019y a pas une personne sur dix mille dont les dents soient assez fortes pour résister aux acides qui causent la carie.C\u2019est ainsi que la science dentaire s\u2019est acharnée à trouver quelque moyen de combattre ces acides et les microbes qui en sont la cause.Ces microbes vivent et se multiplient dans une couche de film, ou plaque mucine, qui se forme sur les dents.La conception du mal d\u2019après un artiste du 17e siècle.Ce mal aurait bien pu être causé par un abcès dans une dent.(A gauche) L\u2019Esquimau moderne après un demi-sièele du luxe de la civilisation.Elle colle le film aux surfaces des dents, les abritant et les nourrissant.L\u2019enlèvement du film est alors le point important pour sauver les dents.On a fait récemment une découverte remarquable dans les laboratoires de la Compagnie Pepsodent.On a trouvé une substance de nettoyage révolutionnaire.Cette substance de nettoyage et de polissage est ce qui compte dans un dentifrice.Et c\u2019est la nouvelle substance découverte qui fait la différence entre le Nouveau Pepsodent et les marques ordinaires.Les agents de nettoyage sont pour la plupart durs et abrasifs au point d\u2019égratigner les dents, ou doux au point de ne pouvoir enlever le film et les taches.La nouvelle substance du Pepsodent est deux fois plus douce que celles ordinairement employées dans d\u2019autres pâtes, mais elle est remarquable dans son efficacité à enlever le film.Cette nouvelle découverte est contenue dans le Dentifrice Pepsodent, exclusivement.C\u2019est à cause de cela que l\u2019on considère le Pepsodent comme le plus sûr des dentifrices connus.Et puis le Pepsodent est dans une classe par lui-même en fait de nettoyage et de polissage des dents.es vor vas A Papsolel: nor TonoNTo 2* x COINS aint HE ERODE rR \u2018THE PEPSODENT co, Ë 4340-F Dépt 5103, 191 George Si.Toronto.Adressez un Tube Joreusez, de Pepsodent de 10 Nom Adresse Ville __.__020eenese recemment Ce coupon sera sans valeur après le 24 août 1934.Un seul tube par famille. 20 \u2014Ah! Ah! \u2026 Et la petite qui l\u2019accompagne?\u2014Je tiens de Mariette que c\u2019est sa soeur! \u2014 Vraiment; je ne l\u2019aurais pas pensé, aussi brune que l\u2019autre est blonde! D\u2019un coup, Mlle Ursule se vit.entourée, recherchée bien plus que de coutume; chacun voulait savoir.Malheureusement, le deuil si récent des petites Blandin ne permettait pas qu\u2019on accep- tit la moindre des invitations, pour le moment tout au moins; sans cela, quelle avalanche! Heureuse, certes, de l\u2019effet produit, mais impassible en apparence, Fanny jouissait de son succès.Elle rêvait d\u2019un brillant mariage, et l\u2019avait toujours espéré.Mais, à Paris, son père recevait peu; ses relations étant restreintes et, dans la grande ville, on s\u2019ignore souvent d\u2019un étage à l\u2019autre, tandis qu\u2019à Meaux.Six mois s\u2019étaient à peine écoulés qu\u2019un prétendant sérieux se présentait en la personne de Robert de Souteyrat, baptisé Tibérius par Léon Agnan.Robert de Souteyrat a vingt-cinq ans, il travaille chez son oncle, un avoué, en qualité de clerc, et comme les Ribber sont sans enfant, il est entendu que le neveu chéri reprendra l\u2019étude.Mais Mme Agnan est précise et logique: \u2014Avec quoi ?.Les Souteyrat ont douze enfants, et pas de fortune! \u2014Bah! il se mariera; la dot de sa femme paiera I'étude.part soi, Mme Agnan espére bien marier sa Jeanne au jeune Timérius.Ainsi, l\u2019étude serait vite acquise, mais elle hausse les épaules, lorsqu\u2019elle entend le jeune homme affirmer, avec le beau désintéressement de la jeunesse et un tendre regard pour Fanny: \u2014Moi, je ne veux pas faire un mariage d'argent; j\u2019épouserai celle que j\u2019aime, voila tout! Sérieusement, Fanny commençait à rêver de ce mariage, mais elle ne confiait à personne ses espoirs et ses inquiétudes.Aucune de ses chères amies ne lui inspirait assez de confiance et d\u2019estime pour qu\u2019elle goutât auprès d\u2019elles la détente d\u2019une sincérité sans réserve, et Mlle Ursule elle-même, pourtant si désintéressée lorsqu\u2019il s\u2019agissait de sa préférée, ne reçut aucune confidence.Non, Fanny vivait en elle, et pour elle.Mais, si elle livrait peu d\u2019elle- même, elle aimait à discourir sur les autres et tout ce qui était potins et papotages l\u2019émoustillait comme un vin nouveau.Fidèle aux jours des \u201cdames de la ville\u201d, elle transportait sa broderie de chez l\u2019une à l\u2019autre, aidait à servir le thé, se multipliait, souriant aux uns comme aux autres, neutre, amie de tous et recherchée par tous.\u2014Irez-vous jeudi à la musique?Interrogée, Mlle Ursule approuve.\u2014Oh! bien entendu, c\u2019est la seule distraction qui soit permise à mes petites cousines, et l\u2019ane et l\u2019autre sont tellement musiciennes.Vexée pour son numéro 7 \u2014 une fille, Blanche \u2014 à laquelle Dolette a franchement tourné le dos un jour qu\u2019elle se moquait de la vieille Mme Delage, Mme Agnan émet avec un sourire ironique: \u2014Pour Mlle Dolette, elle devient tout a fait invisible! \u2014Dites impossible, ma chére! Mlle Ursule lève les yeux an ciel, et ses épaules ont un mouvement de grande lassitude.\u2014Une vraie sauvageonne, ma pauvre amie! Jamais elle ne me témoigne la plus fugitive amitié, jamais un élan vers moi!\u2026 Nul ne l\u2019apprivoisera, c\u2019est certain.Pardon, j'oublie Mme Delage.Oh! celle-ci, notre Dolette l\u2019affectionne et elle fait sa société de ce petit muet.Clotilde dit avec un rire pointu: \u2014Du moins est-elle sûre de n'être pas contredite.Ils ne se disputeront pas! \u2014C\u2019est ce qui lui plait probablement.Quant à moi, je suis la cousine revêche et exigeante\u2026 Ah! elle ne m\u2019aime guère! En toute conscience, Mlle Ursule eiit dû convenir qu\u2019elle n\u2019avait rien fait pour obtenir cette affection que, publiquement, elle semblait regretter, et avouer également que, de son côté elle n\u2019éprouvait nulle sympathie pour la petite orpheline qui vivait à son foyer, plus éloignée d\u2019elle que si des lieues les eussent séparées; enfin, si, toute tendresse, La Revue Populaire tout dévouement pour sa soeur, Dolette, témoin des gâteries prodiguées à Fanny, n\u2019en gardait nulle jalousie, ne pouvait- elle pas éprouver quelque amertume devant cette préférence si nettement mar- uée ?Mais Mlle Ursule s\u2019admirait trop pour se juger avec clairvoyance.Pour elle, Dolette était une nature renfermée, maussade et envieuse, une mauvaise nature, qu\u2019il était nécessaire de mater sans faiblesse, tandis que Fanny.oh! Fanny._.Celle-là possède toutes les qualités; aimable, de bonne humeur toujours, et toujours prête à l\u2019accompagner dans ses visites, ou ses courses, et puis si jolie, si charmante! En toute sincérité, elle l\u2019admirait.Elle, dont la disgrâce physique avait longtemps été la plaie vive de son coeur, applaudissait à cette beauté printanière, qui resplendissait d\u2019un tel éclat que les plus indifférents en demeuraient charmés.\u2014Qu\u2019elle est jolie! qu'elle est jolie! .Fanny marche, élégante et correcte a son côté.On se retourne pour la regarder.Mlle Ursule voit tout ce qui se passe autour d\u2019elle.Ravie, elle jouit de l\u2019admiration née dans tous les yeux.\u2014Un morceau?Deux morceaux?Avec de gracieux mouvements, Fanny offre le thé.Elle s\u2019avance, tenant d\u2019une main le sucrier, de l\u2019autre un minuscule pot à crème.Et Léon et Allain Agnan, et Robert de Souteyrat, et bien d\u2019autres encore, en ont des distractions.\u2014Un morceau?Deux morceaux?La jeune fille interroge d\u2019une voix musicale, avec un sourire qui découvre de ravissantes petites dents.\u2014Ah! ce que l'argent m\u2019est égal! soupire Robert de Souteyrat qui, évidemment, pense tout haut et n\u2019est pas à la question, , Le numéro 3 des Agnan répond distraitement: \u2014Deux.heu!.non, quatre.c\u2019est- a-dire un seul morceau, mademoiselle.\u2014 Quelle est jolie! \u2014Oui, certes, Fanny est jolie et très belle, et que Jeanne Agnan, petite, jaune de teint et chevelure filasse \u2014 une motte de beurre, a dit Dolette \u2014 semble donc insignifiante, et que Marie Sainti- ve elle-même, jolie à l\u2019habitude, perd de son charme.Fanny les éclipse toutes, toutes! \u2014M.de Massé la dotera, c\u2019est certain, pensait Mlle Ursule; ainsi, elle fera le beau mariage, et je serai alliée à quelque grande famille du pays.Chapitre IV \u2014Mais, ma chère, on ne parle que de ça! \u2014Est-ce possible! Mlle Ursule écarquille ses yeux un peu ronds.En vérité, elle est stupéfaite.Et Mme Agnan, ravie de l\u2019effet produit, continue de plus belle : \u2014Un homme jeune encore, avec un fort accent anglais, s\u2019est renseigné à la gare, à la poste, puis chez les commerçants.Elle prend à témoin ses trois filles, lesquelles, tout aussi intéressées et avides de \u201csavoir\u201d que leur mère, ont des airs.oh des airs! à décrocher des gifles, dirait Dolette.\u2014 N'est-ce pas qu\u2019il a interrogé M.Templier?\u2026.Vous savez, le pâtissier de la place?.Le nouveau.Il allait fer mer sa boutique?\u2014Parce que huit heures sonnaient, dit Camille avec volubilité; alors, il a pris le temps de bien regarder cet homme qui.\u2014Ft il nous a dit qu\u2019il portait un complet à carreaux \u2026 Jeanne interrompt sans précaution, tant elle est pressée d\u2019apporter un renseignement à ce qui est l\u2019intérêt du jour.Mais Camille n\u2019entend pas se laisser ainsi \u201csouffler\u201d la parole, et elle achève: \u2014.Cet homme qui lui a paru assez suspect.Alors Jeanne hausse le ton, couvrant presque la voix de sa soeur: \u2014.Et une casquette, une casquette défraîchie \u2014FEt un vilain cache-nez, en soie végétale, dit à son tour Marcelle.\u2014Enfin, ma chère, partout, à toutes les portes, il a demandé, entendez bien ceci, il a demandé si la vieille Mme De- lage n\u2019habitait pas ici?Hein, qu\u2019en di- tes-vous ?Mlle Ursule n\u2019a pas le loisir d\u2019énoncer ce qu\u2019elle pense, attendu que Jeanne, Camille et Marcelle, parlant toutes les trois ensemble, l\u2019obligent à se taire.\u2014Bien sûr qu\u2019il médite quelque mauvais coup! \u2014C\u2019est sûrement à cause de lui que la vieille Mme Delage se cache.\u2014C\u2019est peut-être quelque évadé du bagne! \u2014Oh! peut enfin articuler Mlle Ursule, c\u2019est épouvantable pour la pauvre femme! Su Galerie Nationale du Canada.DEGAS.\u2014 Danseuses à la barre.Mars 1934 Mais elle dit ces mots comme elle dirait: Tiens, il pleut! c\u2019est ennuyeux pour sortir! Nulle émotion ne l\u2019étreint: seulement sa curiosité éveillée la fait questionner: \u2014Et ensuite, que sait-on ?Mme Aignan, qui se trouvait assise à trois mètres de Mlle Ursule, rapproche alors son fauteuil du sien, au point que ceux-ci se frôlent, et, confidentiellement, baissant la voix: \u2014Rien de plus! Seulement \u2026 \u2014Seulement?\u2014Ce matin, au marché, Mme de Sou- teyrat qui marchandait un poulet \u2014 vous savez le temps qu\u2019elle y met \u2014 a, tout à coup, remarqué un individu en casquette et en costume à carreaux qui se promenait les mains dans ses poches.Ma chère, c\u2019était \u201cLui\u201d.Alors, comme M.de Souteyrat venait au-devant d\u2019elle, il a pu le voir à son tour et longuement l\u2019observer.Eh bien! \u2026 \u2014Mon Dien! fait Mlle Ursule, qui halète \u2026 \u2014Eh bien! il l\u2019a presque reconnu, oui, ma chère! \u2026 Oh! il n\u2019a rien dit, on sait la discrétion du procureur, mais Mme de Souteyrat ne s\u2019y est pas trompée.Quand le procureur fronce le sourcil gauche, ça y est! le criminel ne lui échappe pas.Or, il a froncé le sourcil gauche.Ah! quelle émotion pour notre petite ville si paisible\u2026 Quel drame se prépare! Jeanne, Camille, et Marcelle soupirent en choeur; en elles-mêmes, elles sont ravies de l\u2019événement, et elles espèrent que \u201cça\u201d va se compliquer.Seule, dans le petit salon de Mlle Ursule ou Mariette a fait entrer les \u201cdames\u201d Agnan, Fanny demeure calme et sans curiosité, En vérité elle a bien assez à songer pour son propre compte.Avant-hier, à la musique, Robert de Souteyrat lui a fait l\u2019aveu de son amour, et dit son désir de l\u2019épouser.Seulement, ce qu\u2019il n\u2019a pu lui cacher, c\u2019est la mauvaise grâce avec laquelle Mme de Sou- teyrat a recueilli ses projets de fiançailles avec Fanny, et l\u2019objection sans réplique du procureur: \u2014Âvec quoi paieras-tu l\u2019étude de ton oncle?Fanny est demeurée songeuse, gravement préoccupée.Elle n\u2019ose encore se confier à MIlè Ursule.D'ailleurs, que pourrait celle-ci?\u2014Vous qui êtes si voisines, lui dit Clotilde, vous devez savoir! \u2014Savoir quoi?Fanny interroge de bonne foi; tout à coup se souvenant: \u2014Ah! oui, oui\u2026.Mme Delage! Mais savoir, savoir, ce n\u2019est pas facile: chez elle tout se passe en silence; elle est si mystérieuse, la vieille Mme Delage! \u2014Ça, c\u2019est vrai! reprend Mme Agnan, elle s\u2019est isolée à plaisir, et c\u2019est pain béni aujourd\u2019hui si personne ne Ia plaint! En voilà des façons de jouer à la mystérieuse, de ne frayer avec personne.On sent une fureur accumulée dans la voix de la bonne dame.Dès l\u2019arrivée à Meaux de Mme Delage, elle tenta l\u2019impossible pour frayer.Simple curiosité: elle eût dédaigné la vieille dame dévêtu du mystérieux secret.Deux ans se sont écoulés, et sa rancune persiste; son désir de savoir s\u2019est exaspéré; maintenant, elle n\u2019a plus d\u2019autres pensées, et lorsqu'elle quitte MIle Ursule, c\u2019est pour courir à la recherche de \u201cl\u2019individu en casquette, du bagnard\u201d! Mais tandis que, par la ville, courait un bruit singulier de drame tout proche, la petite villa des Glycines abritait les jours calmes, sinon sans tristesse, de Mme Delage et de son petit-fils.Dolette y apportait l\u2019éclat de ea jeunesse, et quelquefois aussi, de sa gaieté, car là on l\u2019aime, on la comprend.Le petit Jean surtout ne la voudrait jamais quitter.Il met avec une telle confiance sa main dans la sienne, et si gentiment l'écoute et se laisse câliner.\u2014Voyons, dit souvent Dolette, il faut étudier; tu es grand garçon, tu dois parler.B.A; ba.répète mon bon petit chéri! L'enfant fait A, mais c\u2019est un son étouffé, presque rauque, qui fait mal, et la vieille Mme Delage soupire.Cependant, de voir Dolette aussi maternelle avec son petit-fils, elle s\u2019est prise pour elle d\u2019une affection sincère et profonde, et le rôle de mère que Dolet- te joue auprès de Jean, elle essaie de le tenir auprès d\u2019elle.puis, Mars 1934 \u2014Ma chère pauvre petite fille, qu\u2019avez-vous?Vos yeux sont rouges.Sans cesse grondée, humiliée, la fillette a cependant la pudeur de son chagrin; elle n\u2019avoue pas, elle ment hé.roiquement: \u2014Je pense sans cesse à papa et il y a aujourd\u2019hui sept mois qu\u2019il est mort! Pourtant ma cousine, qui reçoit, n\u2019a pas permis que Fanny et moi nous nous rendions sur sa tombe.Comprenant sa peine, Jean est accourut; il porte à ses lèvres la main de sa grande amie, mais une telle détresse emplit ses yeux que, du coup, Dolette se- colle sa peine, se met à jouer.\u2014Regarde, Jean, je vais jongler avec tes balles! Assise près de l\u2019enfant que le jeu excite Mme Delage suit, anxieuse, l\u2019expression du visage enfantin.Dolette, d\u2019une seule main, a lancé les trois balles; elle les rattrappe et les lance à nouveau.Jean tend les mains, il veut l\u2019imiter, et parce qu\u2019il n\u2019y parvient pas, ses joues se couvrent d\u2019une vive rougeur, comme sous le coup d\u2019un rude effort.On dirait aussi que des mots vont jaillir de ses lèvres.Espoir fugitif .Dolette guette le miracle qui ne vient jamais.\u2014Mademoiselle Dolette, Mademoiselle vous fait demander! Dolette a une moue de mauvaise grâce.Si Mlle Ursule a besoin d\u2019elle, ce n\u2019est sûrement pas pour quelque chose d\u2019agréable, et elle jouait si bien avec Jean.Mais Mme Delage a surpris l\u2019hésitation de la fillette, et doucement elle insiste.\u2014 II faut y aller, ma petite enfant, vous reviendrez auprès de nous dès que cela vous sera possible.Sans gaieté, mais docile, Dolette suit Mariette.Devant le salon de Mlle Ursule, elle s'arrête stupéfaite.Des rires et des rires arrivent jusqu\u2019à elle, puis elle reconnaît la voix un peu nasillarde de Mme Agnan et le ton plus grave et plus trainard de Mme de Sauteyrat.\u201cPourquoi sont-elles tellement gaies, celles-là, pense la petite, et puis, qu\u2019est- ce qu\u2019elles ont toutes à jacasser comme des pies?Qu'est-ce qui se passe?\u201d Dolette ignorait quelle effervescence la venue du mystérieux visiteur de Mme Delage a apportée dans quelques familles amies.Surexcitée, Mme Agnan est venue aux nouvelles, traînant à ses trousses ses \u201cinséparables, celles qu\u2019il faut marier\u201d et qu\u2019on ne saurait trop sortir, et c\u2019est Mlle Ursule, si voisine de Mme Delage, et Mme Saintive, et Mme de Souteyrat, la femme de l\u2019ancien procureur, celui qui a \u201cpresque reconnu l\u2019individu à casquette\u201d.André et Suzanne de Souteyrat n\u2019ont, bien entendu, pas perdu l\u2019occasion de rencontrer Fanny, et de potiner un moment avec elle.\u2014Et vous n\u2019avez rien observé depuis hier ?\u2014Mais rien, rien, je vous assure! \u2014C\u2019est inconcevable! Mme de Souteyrat paraît accablé, comme s\u2019il s'agissait d\u2019une calamité publique.\u2014Inconcevable! Mais Mme Agnan insinue tout à coup: \u2014J\u2019y pense, votre Dolette ne fréquen- te-t-elle pas chez la vieille Mme Delage?Mlle Ursule hausse les épaules d\u2019un geste las.\u2014Si elle fréquente?\u2026 Mais, ma chère, c\u2019est-à-dire qu\u2019à part y coucher \u2026 \u2014Alors, elle doit savoir! \u2014Oh! croyez-vous?et puis, qu\u2019apprendre?\u2014Mais, ma chère, dit Mme Agnan, que l\u2019air détaché de Mlle Ursule ferait trépigner, ce que veut dire la venue de l\u2019homme en casquette dans notre ville, Oui, certes, elle doit savoir.Toujours calme, Mlle Ursule assure: \u2014C\u2019est possible; mais, en ce cas, je connais Dolette, elle ne parlera pas \u2014Par exemple! glapit Mlle Jeanne, elle est si discrète que ça, cette petite?\u2014Dolette aime beaucoup cette Mme Delage, dit à son tour Fanny.\u2014Sans doute, mais en présentant la chose sous couleur de grand intérêt porté à la vieille femme et à l'enfant.\u2014Laissez-moi faire, déclare soudain Mme Agnan, faites seulement venir la petite, ma chère; je vais l\u2019interroger et à moi elle répondra, elle dira tout.S\u2019il y a un drame caché, nous le connai- trons\u2026 tout entier! \u2014Tout entier?\u2014Tout entier! La Revue Populaire 21 C\u2019est ainsi que, mandée par Mariette, Dolette, la main sur le bouton de la porte du salon, hésitait, méfiante: \u201cQu\u2019est-ce qu\u2019elle veut\u2026 Qu\u2019est-ce qu\u2019elles veulent?\u201d Elle porte une robe noire très simple, sur laquelle se détache un petit tablier de foulard mauve.Sa chevelure trop épaisse, bouclée au point qu\u2019elle se sert d\u2019un peigne de fer pour ne pas en casser un chaque jour, est en désordre.Dolette a tant joué et fait la folle avec Jean \u2014 elle est chaussée de mauvaises pantoufles.\u2014Entrez, petite Mme Agnan désire vous voir.La fillette incline la tête, mais demeure silencieuse, et Mlle Ursule s\u2019impatiente: \u2014Eh bien ne pouvez-vous parler?Etes-vous devenue muette?Dolette sent tous les yeux fixés sur elle.Jeanne, Camille et Marcelle Agnan sont mises avec goût, Andrée et Suzanne de Souteyrat étrennent de jolis costumes tailleur, et, pour Fanny.Oh! Fanny est certainement plus élégante encore.Sa robe est charmante.une nouvelle robe, elle le parierait, car elle la voit pour la première fois! Alors, que parait-elle dans ce salon, avec sa robe noire, son tablier si simple et ses pantoufles raccommodées.Excédée, prise du besoin de s\u2019en aller, de disparaître, elle s\u2019irrite: \u2014Eh! que voulez-vous que je dise, puisque c\u2019est vous qui m\u2019avez fait appeler, c\u2019est à vous de parler.Mlle Ursule soupire: \u2014Quelle nature, mon Dieu! Puis, résignée semble-t-il : \u2014Vous pourriez au moins souhaiter le bonjour a.Bourrue, Dolette réplique: \u2014J\u2019ai salué tout le monde en entrant.Et comme des rires fusent à droite et à gauche \u2014 Marcelle Agnan, notamment, s\u2019étouffe positivement de rire \u2014 elle a pour les belles amies de Fanny un regard sans indulgence, et elle ajoute: \u2014Tout le monde, même les perruches qui sont ici! C\u2019est un scandale.Mlle Ursule se lève, indignée.\u2014Dolette! \u2026 Impertinente! \u2026 Vous ferez des excuses! Mais, à ces mots, la petite s\u2019est cabrée.Résolument, elle tient tête à l\u2019orage.\u2014Des excuses! Allons donc! \u2026 Des excuses à celles qui se moquent de moi! Vous voulez rire! \u2014Dolette, j\u2019exige que vous vous excusiez à l\u2019instant, pour le mot injurieux, oui, injurieux que vous avez osé prono\u201d cer.ce mot offensant pour de charmantes jeunes filles.A nouveau, Dolette ricane: \u2014Je ne m\u2019excuserai pas du tout pour un mot que je pense, un mot qui.\u2014Dussé-je vous traîner à genoux, se récrie Mlle Ursule, vous ferez Mais Mme Agnan intervient.La boutade de la petite ne l\u2019a pas du tout émue.Que Jeanne, Camille et Marcelle soient traitées de perruches, de compagnie avec Andrée et Suzanne de Souteyrat, lui importe peu.Entre elles, ces charmantes jeunes filles se traitent avec moins de mansuétude encore.Ce qui la préoccupe, c\u2019est la colère de Dolette.Si on la bute, cette petite folle est capable de ne rien vouloir dire, rien du tout de ce qu\u2019elle sait sur la vieille Mme Delage et de l\u2019in- divida qui.que.enfin de I'individu en casquette.Aussi, indulgente et la voix mieilleu- se, s\u2019adresse-t-elle à Mlle Ursule, dressée dans sa colère, telle la statue de la vengeance.\u2014Mais, chère amie, n\u2019insistez donc pas! Laissez cette mignonne et sa petite réflexion pas bien méchante.Les enfants doivent s'arranger entre eux.Voyons, mademoiselle Dolette, venez vous asseoir auprès de moi.Je vous trouve si charmante, petite sauvageonne, certes, vous ne me connaissez guère et je ne prétends pas au charme de Mme Delage.Pauvre femme! Vous avez raison de l\u2019aimer et de la plaindre, elle a tant de tourments, tant de malheurs! Pourvu que d\u2019autres ne l\u2019accablent pas encore! \u2026 Vous a-t-elle dit?\u2014 Quoi?Dolette braque si franchement ses yeux dans ceux de Mme Agnan que la bonne dame en perd un instant contenance.\u2014 Quoi?Mais tenez, ce petit Jean, votre ami, n\u2019est-ce pas?DOLLFUS-MIEG & C* SOCIÉTÉ ANONYME MAISON FONDÉE EN 1746 MULHOUSE - BELFORT - PARIS COTONS A BRODER D-M-C, COTONS PERLES.D-M-C 9 COTONS A COUDRE D-M-C, COTON À TRICOTER D-M-C COTON À REPRISER D-M-C, CORDONNETS.D-M-C SOIE À BRODER .D-M-C, FILS DE LIN.D-M-C SOIE ARTIFICIELLE D-M-C, LACETS DE COTON D-M-C PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D'M-C dans tous les magasins de mercerie et d'ouvrages de Dames \u2014\u2014 \u2014 DONNE SANTE ET FORCE 33-3FM Prescrit par les médecins depuis plus de 20 ans.Vendu dans toutes les pharmacies.QUERe POUR LES TOUX D'ENFANTS POUR ECHANTILLON GRATUIT Envoyez ncm et adresse, avec 4 (en timbres), à Pertussin Ltd, ave.Atlantique, Montréal, P.Q.POUR LA 1ère FOIS AU CANADA Nous avons le bonheur de pouvoir correspondre avec le MAGE SARKAN, un des plus CELEBRES ASTROLOGUES du monde entier, très connu dans les milieux scientifiques et parmi ies initiés pour sa science et SON POUVOIR QU'IL EXERCE MEME A DISTANCE.IL A FAIT VOEU de mettre ses dons extraordinaires de prévision au service de tous, et vous offre GRATUITEMENT une étude de votre HOROSCOPE.VENEZ A LUI, il vous consell- lera, vous dévoilera votre avenir et vous montrera la ROUTE DU BONHEUR.Il vous guérira en tout: AMOUR, ARGENT, APPFAI- RES, SANTE, et vous délivrera de vos timidités et de vos incertitudes.N'HESITEZ PAS; cette offre généreuse s'adresse à TOUS et à TOUTES.Envoyez vos noms (M., Mme ou Mile), date de naissance et adressez au MAGE SAREKAN, Dépt.195, P.R.P, 28 rue Saint-Augustin, PARIS, (Ze), et vous recevrez une étude précise de votre horoscope.(Prière de joindre 10 cents en timbre de votre Pays pour frais d'écriture et d'envoi). dés a.22 Pour toute réponse, encore sous le coup de son indignation, de sa colère, la fillette incline la tête; c\u2019est un acquiescement, somme toute, et Mme Agnan s\u2019en contente.\u2014Pauvre enfant! quel malheur que le sien! J\u2019y compatis de tout mon coeur de mère, d\u2019autant plus que je sais cette infirmité la conséquence d\u2019un drame affreux\u2026 N'est-ce pas cela?\u2014Je ne sais pas! \u2014Que si, vous savez, et Vous devez parler dans l\u2019intérêt même de ce pauvre enfant.A-t-il encore son père?Figurez- vous qu\u2019on dit par la ville que .Mme Delage se cache \u2026 et qu\u2019un homme Ja cherche.Vous voyez que je sais.D'abord, ce petit muet, comment l\u2019est-il devenu?Indignée de la ruse qu\u2019elle devine, comprenant la vilaine curiosité qui anime la verve de Mme la notairesse, Do- lette, cabrée, éclate: \u2014Il est devenue muet en perdant la parole, dit-elle, parodiant Molière sans s\u2019en douter même, et il est bien regrettable que ce malheur soit tombé sur lui, si gentil et si bon, alors que tant d\u2019indiscrètes et de bavardes méritaient si bien ce sort! Pâmée d\u2019indignation, Mme Agnan criait a l\u2019outrage, réclamait de l'air, des sels! Mlle Ursule, outrée, tremblait positivement de colère.Chapitre V Et maintenant, prisonnière, Dolette, non sans amertume, songe, songe.Elle revoit la scène vieille de vingt-quatre heures.Mlle Ursule a elle-même fermé à clé la chambre où s\u2019est réfugiée la petite.Au travers de la porte, elle lui a crié sa fureur indignée, la peine à laquelle elle la condamne: Dolette de- mevrera enfermée.Pour ce soir, elle di- nera de pain et d\u2019eau et, dès demain, son tuteur avisé, de sa conduite inqualifiable, décidera de son sort; car, pour elle, elle ne saurait lui conserver une place à son foyer.\u2014Tant mieux, a répondu Dolette; sans aménité.C\u2019est Fanny, qui ce matin, lui a apporté son repas de prisonnière.Elle est triste, Fanny! Certainement, elle aime sa soeur et, pourtant elle ne peut s\u2019empêcher de la blâmer un peu.\u2014II ne fallait pas répondre ainsi.Conviens, Dolette, que tu as manqué de patience.Ecoute, je t\u2019ai apporté une tablette de chocolat au lait et une banane.C\u2019est Mariette qui a pu les prendre pour toi! Dolette a repoussé le dessert: \u2014Je n\u2019en veux pas, je n\u2019ai pas faim du tout! \u2014Ne crie pas si fort, si ma cousine se doutait.Ah! j'ai bien du chagrin, pourvu qu\u2019elle ne te renvoie pas.Mais la petite ricane! \u2014Me renvoyer?Ah! tu peux être tranquille, ce serait trop beau pour moi! Non, elle préférera bien me garder.Je lui sers de bonne, et la pension que lui verse M.de Massé la fait trop bien vivre pour qu\u2019elle songe à s\u2019en priver.\u201cQuelle petite peste! pense à part soi Mlle Ursule, qui écoutait derrière la porte, selon une vieille habitude et qui n\u2019a rien perdu des paroles de Dolette.Fanny a tendrement embrassé sa soeur, ce qui l\u2019a un peu consolée.Pourtant, la petite n\u2019a pu dormir de la nuit; elle songe que, depuis la mort de son cher papa, elle n\u2019a plus connu un seul jour de bonheur, et que existence qui lui est faite chez la cousine Fay est bien dure! Tant d\u2019injustice à son adresse, tant d\u2019exigence dans le travail qu\u2019on lui impose, et tant de dédain ou d\u2019indifférence pour tout ce qui est sa vie, attriste et pèse à sa jeune âme.Amère, révoltée, Dolette se demande comment elle se sortira d\u2019une maison où on la supporte avec peine, et seulement pour la pension si généreusement payée! Que faire pour s\u2019en éloigner, s\u2019en éloigner au moins! et comment se libérer d\u2019un tel joug autrement que par le travail, un travail qui l\u2019appellerait au dehors?Ah! travailler! s'affranchir et d\u2019une générosité qui révolte son coeur parce que celui qui la lui fait, elle ne l\u2019aime, elle ne l'estime pas, aveuglée qu\u2019elle est par sa tendresse filiale, et d\u2019un foyer dont on lui fait le plus dur des pensionnats! Ah! travailler! travailler! gagner de l\u2019argent! \u2014Etes-vous décidée à exprimer à Mme Agnan vos plus humbles excuses?_ Aah oat sm dde La Revue Populaire Sur le seuil de la porte se tient Mlle Fay.dans une pose qu\u2019elle juge particulièrement noble et imposante.Perdue dans ses pensées, Dolette ne l\u2019a même pas entendue, ne l\u2019a pas vue entrer.Elle tressaille, mais, butée, ne répond.\u2014 Etes-vous décidée?répète la voix inexorable de la cousine Ursule, décidée à des excuses, à exprimer des ,regrets?\u2014Non! Une minute suffoquée, la vieille demoiselle se reprend, et sa voix s\u2019enfle de la sourde colère qui l\u2019anime: \u2014 Non?Vraiment, dans ce cas, ma lettre à votre tuteur partira dès ce soir, ne comptez sur aucune indulgence de ma part! \u2014Oh! je sais! Dolette a un geste qui indique qu\u2019elle n\u2019attend, en effet, ni indulgence, ni justice même, de celle qui assume auprès d\u2019elle un rôle tout maternel.Mais Mlle Fay, tout à sa colère, ne remarque pas le pitoyable sourire de la bouche enfantine et la lassitude des épaules; elle dicte ses volontés, elle impose, elle assure: \u2014 Votre tuteur saura tout, je lui ai écrit! \u2014Moi aussi, dit Dolette.\u2014Vous aussi?La stupéfaction cloue Mlle Ursule sur place.Quoi, cette petite a écrit?Sans doute ose-t-elle se plaindre et réclamer comme un bonheur, l\u2019internat dans quelque lycée?Ne s\u2019est-elle pas un jour vantée d\u2019en obtenir la faveur de son tuteur?Alors?.\u2026 alors?\u2026 supprimée, diminuée de moitié la pension, la rente qui si régulièrement, chaque mois, apporte l\u2019aisance dans son modeste intérieur \u2026 et supprimée aussi l\u2019aide appréciable que Dolette consent aux travaux de Mariette! Mariette vieille et si vite fatiguée.Ah! l\u2019audacieuse, l\u2019effrontée! qui a osé\u2026 Mais la menace de Mlle Fay n\u2019était que feinte.Ce qu\u2019elle voulait, c\u2019était apeurer la coupable, la forcer à la soumission, au respect.Loin de son esprit le projet d\u2019écriture à M.de Massé.Et voici que.maintenant.maintenant \u2026 Pâle de rage contenue, elle questionne: \u2014En vérité, vous avez écrit?Vous allez immédiatement me remettre cette lettre.Je veux voir de quels mensonges vous vous êtes servi, pour vous rendre intéressante, pour.\u2026 Dolette a pour sa vieille cousine un regard tout chargé de mépris: \u2014Vous savez bien que je ne mens jamais, dit-elle d\u2019une voix qui tremble.\u2014 Alors, qu\u2019aviez-vous besoin d\u2019écrire?\u2014Je veux travailler! Ah! oui, travailler, et le plutôt sera le mieux! \u2014Enfantillage! \u2014Nous verrons bien! \u2014En attendant, comme vous ne sortirez de cette chambre que pour faire des excuses.\u2014Je suis très bien dans ma chambre.\u2014En ce cas, restez-y ! Vlan, la porte s\u2019est refermée, et Do- lette à nouveau se trouve seule.Alors, une soudaine colère l\u2019anime et, avec une grimace dans la direction de la cousine Ursule, dont les talons résonnent encore sur les parquets bien cirés, elle murmure: \u2014Oh! -m\u2019en aller! ne plus la voir! Elle tire de son corsage d\u2019enfant une enveloppe bordée de noir, en sort un papier rayé d\u2019une longue écriture encore enfantine: c\u2019est la lettre écrite au matin.\u201cMonsieur mon tuteur, \u201cJe viens d\u2019avoir avec Mlle Ursule \u2014 jamais je ne nommerai plus cette méchante femme \u201cma cousine\u201d \u2014 une scène terrible.Pour avoir refusé de trahir une affection qui ne finira qu\u2019avec moi- même, refusé de satisfaire la malsaine curiosité d'une amie de Mlle Fay, je me suis va reprocher ma présence, menacée d\u2019une expulsion.Je comprends lui être odieuse, et comme je sais ne vous être qu\u2019une charge, vous admettrez aisément que j'aie le désir de vous libérer l\u2019un et l\u2019autre de ma présence et de mes besoins.Pour cela, je viens vous demander d\u2019admettre qu\u2019à mon âge je pense à travailler, à gagner ma vie! \u201cComment?direz-vous.Je vous réponds: a bien des choses! D\u2019abord, je joue passablement du violon, et je déchiffre à première vue.Il n\u2019y a pas bien longtemps, j'ai lu dans un journal qu\u2019on demandait des musiciens pour un grand cinéma.Je puis encore être vendeuse -\u2014 je parle anglais \u2014 et même dactylo, car je commençais à bien taper à la mort de mon cher papa.Enfin, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, je veux travailler.Permet- tez-le-moi, et poussez la générosité jusqu\u2019à m\u2019indiquer du travail, s\u2019il vous est possible de le faire.Ah! je puis encore garder les enfants, les soigner \u2014 j'ai des notions de puériculture, \u2014 ou servir de demoiselle de compagnie, à quelque vieille dame \u2014 je n\u2019ai pas beaucoup de patience, mais je vous jure que j'en acquerrai.Enfin un travail quelconque qui me permettra de quitter le foyer glacé pour moi de Mlle Ursule, de Mlle Ursule plus glacée encore que sa maison.Je vous avise, monsieur mon tuteur, que si vous me refusez ce droit de gagner ma vie, je me verrai forcée d\u2019entreprendre la grève de la faim, et ceci dès après-demain au matin.\u201cRecevez, monsieur mon tuteur, avec mes salutations, l\u2019assurance de ma considération distinguée.\u201cDolette.\u201d Dolette lut et relut ce court billet, sa- lisfaite d\u2019avoir si clairement exposé ses désirs, et bien sûre du petit effet qu\u2019il produirait.Elle espérait une prompte réponse.Cependant, avant tout, ne fal- lait-il pas la porter à la poste, l\u2019expédier \u2026 \u2014Comment sortir d\u2019ici?A ce moment, ses yeux se posent sur la porte que vient de claquer Mlle Ursule et, stupéfaite, elle s\u2019aperçoit qu\u2019elle n\u2019est même pas fermée.Trop violemment poussée, elle a rebondi sur ses gonds.\u2014Tiens ! tiens ! Dolette tire la porte à elle et s\u2019aventure dans le couloir.La voici devant la chambre aux églantines.Mlle Ursule y discute avec Fanny et, peinée tout de suite, la petite s\u2019immobilise, car elle a compris qu\u2019on se lamente, qu\u2019on pleure.\u2014M\u2019aimera-til assez pour imposer sa volonté?Et puis, il faut que la dot de sa femme paye l\u2019étude \u2026 Fanny a confessé son roman.Trop de peine, d'inquiétude pesaient sur son coeur.Son désir de ne rien dire a faibli.Elle veut être rassurée, consolée.Consolée ?Non qu\u2019elle aime assez Robert de Souteyrat pour souffrir.Non, non, sans doute il lui plaît, mais ce qu\u2019elle voit avant tout, dans ce projet, c\u2019est la brillante situation: un avoué, une personnalité de la ville.Elle aura son salon, qu\u2019elle veut des mieux fréquentés, et Robert de Souteyrat représente pour elle le beau mariage.\u2014Pourvu que ça se fasse! Elle si calme, sentait un peu de fièvre monter à ses joues.Un beau mariage!\u2026 Dès qu\u2019elle avait commencé d\u2019envisager l\u2019avenir, elle avait eu cet espoir: un beau mariage! On la trouvait jolie.A défaut de fortune, ne pouvait-elle escompter un amour qui passerait outre sa pauvreté ?\u2014Mais M.de Massé vous dotera, j'en ai la conviction ! Ravie d\u2019être mêlée à cette intrigue, Mlle Ursule parle d\u2019abondance.\u2014M.de Massé, un homme si riche! .Des millions!.Songez, ma petite, que quelques centaines de mille francs ne le ruineraient pas.\u2014Sans doute, mais nous sommes si peu pour lui! Quel intérêt peut-il prendre à notre bonheur?Nous ne le connaissons même pas encore! \u2014Le fait est que c\u2019est scandaleux! Oui, scandaleux.En vérité, cet homme se cache \u2026 Il nous fuit! Pourquoi?Perplexe, Mlle Ursule demeure silencieuse quelques minutes, les yeux fixés au plafond.Fanny tapote de son petit mouchoir roulé en boule, ses yeux parfaitement secs.Si seulement on pouvait le voir! L\u2019exclamation de la jeune fille fait sursauter Mlle Ursule.\u2014Si seulement on pouvait le voir?Mais, ma chérie, vous avez raison, il faut le voir! Il le faut! \u2026 C\u2019est une idée excellente.Tenez, allons à Paris, chez lui, nous nous présenterons à ses bureaux.\u2014 Vrai \u2026 vrai, cousine, vous voulez?\u2014Mignonne, séchez vos larmes \u2014 ordre inutile; Fanny, soulevée d\u2019espoir, montrait un visage radieux \u2014 à quoi bon se lamenter, mieux vaut agir.Nous Mars 1934 avons devant nous vingt bonnes minn- tes pour prendre le train de deux heures douze, ne le manquons pas: il est urgent qu\u2019une entrevue ait lieu entre votre tuteur et vous.Nous lui parlerons de ce parti si brillant qui vous est possible, et nous connaîtrons ses intentions.Allons donc! \u2014Ah! la bonne idée! Naturellement, Fanny approuve.Déjà elle est debout et marche vers la porte.D\u2019un bond, Dolette a regagné sa chambre.\u2014Mais, fait Mlle Ursule, figée soudain, qui donc préparera le repas de ce soir?Mariette est couchée et, pour le père Bertrand; il n\u2019y faut pas songer.Bah! je vais laisser sortir Dolette, ce sera sa punition que ce travail.Dolette! Do- lette! écoutez un peu, douterez-vous encore de mon indulgence.Certes, lorsque Mme Agnan viendra me voir, vous lui ferez des excuses, mais, pour ce soir, vous pouvez quitter votre chambre.Eh! bien, vous ne me remerciez pas?Dominant sa rancune, Dolette sourit et un éclair de malice anime ses yeux noirs.\u2014Je vous remercie, ma cousine, fait- elle, et j'attends la suite.\u2014La suite?quelle suite?\u2014 Naturellement, si vous me permettez de quitter ma chambre, c\u2019est que vous avez un travail 3 me donner.Mlle Ursule rougit, malgré son bel aplomb.\u2014Du tout, dit-elle d\u2019un ton bref, mais Fanny et moi nous sortons et jai scrupule de vous laisser sans air par ce temps magnifique.À propos, n\u2019oubliez pas le diner.\u2014Bien entendu, lade.\u2014 Il est de votre devoir de la remplacer! Je vous recommande seulement de ne pas laisser Bertrand s\u2019installer à vos côtés dans la cuisine comme vous l'avez permis l\u2019autre jour.Tant de familiarités ne sont pas de mise dans ma maison.Le ton tranchant de la vieille demoiselle agace Dolette hérissée tel un petit coq.\u2014A la maison, toute seule, je m\u2019ennuie! ; \u2014Vous n\u2019avez qu\u2019à penser à quelque chose de gai! \u2014Comme c\u2019est commode! \u2014 Quel caractère! soupire Mlle Fay, les yeux aux ciel, et quelle charge! Dolette manque de patience; et puis, s\u2019entendre toujours rappeler un sacrifice devient fastidieux.\u2014Je ne demande qu\u2019à ne vous être pas à charge! \u2014Oh! je sais, vous ne vous attachez a personne.de votre monde! Vous ne recherchez que les gens du commun! \u2026 Vous n\u2019aimez que les pauvres gens! La petite hausse les épaules.Cette allusion à la pauvreté si visible, et si dignement supportée de Mme Delage la crispe; mais, déjà, Mlle Ursule et Fanny s\u2019éloignent dans la direction de la gare et Dolette s\u2019accoude à la fenêtre et sourit au soleil éclatant.\u201cQu\u2019il fait beau! qu\u2019il fait doux! songe-t-elle.Et sa pensée la ramène à Ian passé.an passé où vivait son cher papa, où elle était heureuse, si heureu- ge! \u2014Î n\u2019y a guère plus d\u2019un an qu\u2019il est mort! Comme c\u2019est long! Une année! Le chagrin de Dolette, s\u2019est adouci.Certes, il n\u2019est pas de jour où elle n\u2019évoque l\u2019image chérie du cher disparu, et sa prière quotidienne monte toujours à lui; cependant, elle peut maintenant parler de lui sans larmes et sans soupirs.La bonne Mme Delage qui, si tendrement, a accueilli la fillette désemparée, est pour beaucoup dans cet apaisement.Elle a su convaincre et consoler, et Jean, que Dolette rêvait d\u2019égayer, a lui-même distrait la petite d\u2019une pensée trop grave, et qui l\u2019obsédait.Pour faire rire, elle a ri; pour amuser, elle a joué; autant de pris sur sa tristesse.Et puis, la vue d\u2019une douleur plus misérable encore que la sienne l\u2019a fait réfléchir.Un enfant infirme, si chétif.Une vieille femme sans grandes ressources, qui est, elle, si près de la tombe, toute sa protection.\u2014Si je venais à lui manquer! Quelle détresse! Comprenez-vous dans quel perpétuel souci je vis?Mon tout petit, que deviendrait-il ?\u2018 Enfiévrée de peine, Dolette a dit ce jour-là: Mariette étant ma- Mars 1934 \u2014 Madame Delage, je suis là maintenant; soyez tranquille, jamais je n\u2019abandonnerai Jean! \u2014Chère petite! Ah! que je vous aime, car je vous comprends, si sincère et si vibrante; mais, n\u2019avez-vous pas dix-sept ans?Dolette se trouvait très vieille.Dix- sept ans! Plus que quatre ans et elle serait majeure.\u2014 Maman s\u2019est mariée ayant à peine seize ans.Voyez, déjà je pourrais être une dame! Alors, je serais la maman de Jean., Ce petit Jean, elle ne l\u2019oubliait jamais, elle l\u2019associait à toute sa vie.Cm \u2014Il faut que j'aille mettre ma lettre à la porte; ensuite, j'irai là-bas ! Là-bas, c\u2019est la villa de Mme Delage.En hâte, Dolette se chausse, quitte son tablier, enfonce sur ses boucles un chapeau de grosse paille.Sur le seuil de la porte, elle s\u2019inspecte avec inquiétude.Ses chaussures manquent de fraîcheur et sa robe a quelques taches.C\u2019est qu\u2019en vérité, si pour Fanny les achats de loi- lette se multiplient, il n\u2019y a jamais d\u2019argent pour Dolette.Ses souliers ont été par deux fois ressemelés, et sa robe, une pauvre robe teinte, date de deux ans.On a défait le bas, mis un faux- ourlet.Fanny possède quatre paires de chaussures et, pour les robes, elles ne lui manquent pas.Cependant, à deux reprises différentes, Mlle Ursule lui a dit: \u2014 Votre tuteur a envoyé de l\u2019argent pour vos élégances \u2014 la vieille demoiselle s\u2019exprime en langage choisi \u2014 nous vous achèterons des bas et des pantoufles, et aussi un jupon de dessous.Quelques jours plus tard, Fanny étrennait une robe, un manteau.\u2014 Vous écrirez à votre tuteur pour le remercier de\u2026 des cinq cents francs qu\u2019il vous a envoyés.Dolette, révoltée, a riposté: \u2014Je le remercierai pour les pantoufles et les bas.\u2014Vous le remercierez pour l'argent remis en votre nom; chez moi, on fait ce que je veux.\u2014Chez elle! Oh! que je voudrais en être sortie! Dolette se décide à tirer la porte; elle se trouve dans la rue et, ma foi, elle court, court vers la gare, pour ne pas manquer le courrier de trois heures.\u2014Là, se dit-elle avec satisfaction, après qu\u2019elle a glissé sa lettre dans la boîte, maintenant, je n\u2019ai plus qu\u2019à attendre.A cet instant, elle croisa Robert de Souteyrat et la peine de Fanny toute présente à son esprit, fit quelle se retourna sur le jeune homme.II ne me plairait pas à moi, pas du tout, le fils Souteyrat, pense-t-elle, il a l\u2019air sot et poltron.Est-ce parce qu'il est avoué et que c\u2019est un métier \u201cchic\u201d, comme dit la cousine Ursule qu\u2019il plait à Fanny?Allons bon, voilà maintenant Mme Saintive.Qu\u2019est-ce qu\u2019elle va penser de me voir suivant des yeux le beau Robert?Bah! qu\u2019elle pense ce qu\u2019elle voudra; après tout, je m\u2019en moque! La doctoresse remarqua la tenue négligée de Dolette, ses mains sans gants, son chapeau sans fraîcheur, mais ce ne fut que pour un blâme à l\u2019adresse de ea chère amie Mlle Fay.\u2014Parbleu! elle en a fait sa servante et tout est pour la belle Fanny.Ou court-elle comme ça?Et pourquoi Robert de Souteyrat lui a-t-il donné rendezvous par ici?Tiens, tiens! Toute la soirée, Mme Saintive pensa à cette intrigue qu\u2019elle croyait avoir découverte; mais Dolette, à mille lieues de soupçonner quelle place elle occupait dans la pensée de la doctoresse, joua de bon coeur avec Jean et emplit de ses jeux et de ses rires le jardin de Mme Delage.\u2014 Et le dîner, je vous croyais cuisinière pour ce soir?\u2014Ah! mon Dieu! Il est six heures et demie.En hâte, la fillette regagne sa demeure et s\u2019active.Elle mettait la dernière main à une sauce bécamelle lorsque Mlle Ursule rentra, suivie de Fanny.L\u2019une et l\u2019autre semblaient contrariées.Un coup et Dolette comprit que l\u2019entrevue désirée n\u2019avait pas été ou n\u2019avait pas apporté le résultat attendu.\u2014 Allons, a table, ce court voyage m\u2019a épuisée, et quand je songe combien il était inutile.La Revue Populaire Fanny enlevait avec soin son chapeau de paille souple, ses gants très frais et elle dit en faisant bouffer ses cheveux ondés.\u2014Je trouve que ce M.Lafont est loin d\u2019être sympathique! \u2014Parce que nous le trouvons toujours en lieu et place de votre tuteur! \u2014Un singulier tuieur, nous ne coa- naissons de lui que son argent! Boudeuse, les traits durcis par sa contrariété, Fanny s\u2019est mise à table.Belle princesse, elle attend que Dolette apporte le potage.\u2014Vous pouvez servir, petite! crie Mlle Ursule.Peut-être fatiguée, maussade à coup sûr, elle mange à peine.Un peu de bouillon, pas de poisson, une cuillère de petits pois, mais elle parle, parle, ergote sur ce qui la préoccupe: \u2014Pour moi, je n\u2019ajoute pas foi à cette fable de voyage à Rouen.Soyez sûre, ma chère, qu\u2019il était là à son bureau, et qu\u2019il n\u2019a pas voulu nous recevoir.C\u2019est une attitude! .\u2014Il ne pourra pas toujours se dérober, dit Fanny avec logique, on revient de Rouen, j'imagine.\u2014Sans doute; mais, à présent, rien ne saurait modifier mon jugement: c\u2019est un homme sans éducation et je vous avoue, Fanny, que si j'ai un moment rêvé de vous le voir épouser, lui si riche, si riche.Fanny serra ses lèvres minces.\u2014Oh! je ne rêve pas si haut, fit-elle dépitée et agressive presque, ce qui trahissait une ambition lésée pour le moins, M.de Massé se trouve sans doute un bien trop grand personnage pour nous recevoir même; il n\u2019aurait donc jamais songé à m\u2019épouser.D'ailleurs, j'ai trouvé plus courtois, sinon aussi riche, et Robert de Souteyrat m\u2019aime et me le prouve assez pour que l\u2019ombre d\u2019un regret m\u2019effleure quant à M.de Massé.Seule une misérable question d\u2019argent\u2026 \u2014Bah! ça s\u2019arrangera.Mlle Ursule pelait lentement une belle pêche.\u2014Oui, ça s\u2019arrangera; tout s'arrange d\u2019ailleurs, et de plus grands obstacles que celui-là se sont tout à coup aplanis.Est-ce que M.Genevois n\u2019avait pas juré, bien juré, que sa fille n\u2019épouserait jamais un officier qui l\u2019emmènerait dès Le lendemain de ses noces, à l\u2019autre bout de la France?Et est-ce que Marguerite Genevois n\u2019épousera pas demain le capitaine Flomet en garnison à Alger?Alors?Chapitre VI Maintenant, presque chaque jour, Mlle Ursule s\u2019absente en compagnie de Fanny, et il ne saurait être question d\u2019emmener Dolette, cette sauvageonne qui fait fi des relations de sa vieille parente.Sa chambre lui plaît, la maison de Mme Delage lui est ouverte, elle possède en Jean un ami, tout est pour le mieux.Cependant, quelquefois, un vague remords assaille Fanny; de tant délaisser Dolette, elle éprouve une gêne et, pour apaiser sa conscience, elle questionne parfois: \u2014Puisque nous allons à Paris, Dolet- te, veux-tu que je te rapporte quelque chose ?\u2014Non, dit ce jour-là la petite, laconique; ce que je voudrais, tu n\u2019irais pas me le chercher.\u2014Comment, mais si.\u2014Je voudrais une fleur de la tombe de papa, reprend alors Dolette dont la voix tremble un peu, tu vois bien que ce n\u2019est pas possible! Fanny baisse les yeux, remuée sans doute, et gênée aussi par le regard voilé de larmes de sa soeur.Mais Mlle Ursule est réfractaire aux attendrissements.\u2014Ah! vous êtes bien l\u2019originale que nous connaissons, dit-elle d\u2019un air pincé.Une fleur de la tombe de votre père! \u2026 En vérité, ma petite, vous l\u2019irez cueillir vous-même.Cette fois, Dolette se révolte.\u2014Voilà seize mois que je suis ici, plus prisonnière que dans un pensionnat et jamais, jamais vous ne m\u2019avez permis d\u2019aller à Paris, jamais! \u2014Eh! vous irez, en voilà-t-il une histoire! Mariette vous y accompagnera.\u2014Bientôt ?\u2014Mais oui, bientôt! Ce bientôt était encore à venir, et les sorties de Fanny se multipliaient.23 420CO 420CO 420CO 420e9 SAA 420C0O 420CO PARIS COTONS A BRODER \u201c 420C0O 420C0O 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO 420CO \u201cdue CARTIER-BRÉSSON ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES www ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES U R D DERIK Ces ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES CURSSOLIDES, ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES ULEURSSOLIDES LEURSSOLIDES \\EURSSOLIDES Agent général pour le Canada: CHARLES E.BILLARD, 625, Burnside Place, Montréal, P.Q.Le Plus Nouvel Hotel de New-York 1000 Grandes Chaque chambre comport.che, radio.eau glacée c garde-robes, hautes \u201cSun-Ray Health\u2019, Solari glaces.AU COEUR DE TIMES SQUARE Chambres e baignoire, dou- ourante, grandes Lampes um sur le toit.restaurant ventilé à l\u2019air frais.CHAMBRES 52,50 par jour Garage en face de l\u2019hôtel Po UN ROMAN COMPLET DANS IEFTLM de MARS LA FENETRE GRILLEE Par Magali En vente dans tous les dépôts COUPON D\u2019ABONNEMENT Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au magazine LE FILM $1.00 pour 1 an 50 cents pour 6 mois.Adresse POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée, 975, rue de Bull FS eee eee eae SEE EN +\u201d 10 cents ion, Montréal, Canada.-d 24 \u2014Ma chère, j'ai décidé de forcer l\u2019incognito de M.de Massé.L'autre jour, il était à Rouen, avant-hier 2 Marseille, nous allons voir si aujourd\u2019hui nous parviendrons à le joindre.\u201cBon voyage!\u201d pensait Dolette en les regardant s\u2019éloigner.Elle attendait seulement qu\u2019elles aient traversé la rue pour déserter à son tour la maison, pour courir chez Mme Dela- ge.Il y a quatre jours que la lettre à son tuteur est partie, et elle n\u2019a pas encore de réponse.Quatre jours! Ses nuits en sont troublées, enfiévrées par une terrible crainte.Son audace d\u2019un instant l\u2019épouvante à présent et ses rêves tournent au cauchemar.Elle se voit seule, perdue en plein désert, condamnée à cette faim dont elle s\u2019est vantée de faire la grève.Quelquefois, M.de Massé arrivait sur elle avec une tête et des griffes de tigre, et, férocement, emprisonnait ses mains.Une nuit pourtant, elle rêva qu\u2019elle se trouvait dans son bureau, lequel n\u2019était autre que la gare de l'Est, et qu\u2019il l\u2019engageait pour conduire un train qui avançait à l\u2019aide de rames, et ceci aux appointements de mille francs par jour.Elle e\u2019éveilla réconfortée, voyant là un heureux présage.\u2014Bien sûr qu\u2019aujourd\u2019hui j'aurai une réponse! La réponse ne vint pas cependant.Le courrier apporta une lettre et des journaux pour MIle Ursule et, à deux heures, comme elle guettait le facteur, elle eut la désagréable surprise de se trouver nez à nez avec Mme Agnan, seule pour une fois.La bonne dame semblait fort courroucée et Mlle Ursule, tout de suite ahurie par un flot de paroles véhémentes, ne sachant trop que dire, avait pris Dolette par le bras, et la maintenait devant elle.\u2014Chère amie, vous me voyez ravie de vous voir.Voici ma petite sauvageonne qui va vous exprimer ses regrets et ses excuses.Mais Mme Agnan a bien d\u2019autres soucis que les excuses d\u2019une fillette indisciplinée.Occupée de maudire Clotilde et Marie Saintive, ces effrontées, qui.\u2014La plus belle boutique!.Entendez- vous! La boutique des éventails, juste a l\u2019entrée du parc.\u2014Une boutique?Pourquoi faire?\u2014Où êtes-vous, ma chère, je vous parle de la fête au profit des enfants pauvres, que nous donnons \u2014 le comité, bien entendu \u2014 le mois prochain.Mes filles devaient vendre.Il était convenu qu\u2019elles tiendraient deux boutiques.\u2014Ah! parfaitement! chère amie, Do- lette désire.\u2014Ft ces effrontées, ces.ces carabines.\u2014Carabines?\u2014Des filles qui suivent des cours de l\u2019Académie de médecine.Elles ont toutes les audaces.\u2014Dolette voudrait \u2026 \u2014Elles ont intrigué et obtenu la boutique des éventails.Ah! mais je le jure, Jeanne et Camille ne vendront pas.\u2014Sans doute, mais Dolette voudrait.\u2014 Et aucun de nous ne paraîtra à la fête \u2026 \u2014 Voici Dolette\u2026 \u2014.Et je refuserai sa souscription! \u2014Dolette ! Lassée, impuissante à capter une attention qui galope, emportée par l\u2019indignation, Mlle Ursule desserre son étreinte et Dolette, qui se sent libre, s\u2019enfuit du salon et, du coup, prend le large, comme on dit.La voici à la grille, qu\u2019elle tire a elle, pour courir à la petite villa de Mme Delage, mais d\u2019une auto, une Amilcar arrêtée devant elle, un jeune homme saute lestement.A la vue de Dolette, il salue et de- dande : \u2014Pardon, mademoiselle, est-ce bien ici chez Mlle Ursule Fay ?\u2014Oui, monsieur! ANGELE.vous pouvez aviver votre $ teint, stimuler votre appétit, vous soulager de vos faiblesses, étourdissements, fatigue au moindre effort, 3 maux de reins, périodes douloureuses ou irrégulières ou tout autre trouble interne spécial à la femme en prenant les PILULES ROUGES, le remède par excellence des femmes depuis 40 ans.La Revue Populaire \u2014Je suis M.André Marivaux, attaché aux usines Massé-Briant de Melun, et je suis chargé par M.Massé de remettre une lettre à Mlle Dolette Blandin! \u2014Dolette Blandin?C\u2019est moi, monsieur! \u2014En ce cas, mademoiselle \u2026 Il lui tendit une large enveloppe blanche, que la petite saisit avec empressement; puis, impatiente de lire ce qu\u2019elle comprenait une réponse à sa missive, elle eut pour le jeune homme un regard interrogateur qui clairement voulait dire: \u2014Eh bien vous ne partez pas?Puis, comme il ne bougeait toujours pas, et continuait de la regarder avec attention, elle questionna : Este que vous attendez une réponse?Il avoua franchement : \u2014Je ne crois pas; en tous cas, M.de Massé ne m\u2019a rien dit.Mais il continuait de regarder Dolet- te et, à la vérité, il n\u2019était pas difficile de deviner qu\u2019il la trouvait charmante.C\u2019était un grand jeune homme d\u2019une trentaine d\u2019années, aussi blond que Do- lette était brune.Sa physionomie était à la fois énergique et douce.Il était mis avec recherche et soigneusement ganté.une auto et ca m\u2019intéressait.Peut-être même que je saurais conduire.Mais, vous, vous ne m\u2019avez pas l\u2019air très expérimenté.Tl se mit à rire et convint.\u2014Non, il n\u2019y a guère plus de trois mois que je conduis.Alors, si vous étiez tout à fait gentille \u2026 \u2014Oui, je vais vous dire\u2026 Cette fois, Dolette ouvrit la porte de la voiture et se pencha.D\u2019un rapide regard, elle vérifia l\u2019ampère-mètre.\u2014Vous n\u2019êtes pas en décharge, fit- elle, cherchons ailleurs.Voulez-vous lever le capot?Pas de court-circuit, et le plomb témoin n\u2019a pas sauté.Il baissa le capot et, malicieusement: \u2014Mademoiselle, il me reste à vous remercier.Rassuré, je vais essayer au démarrage électrique.Eh! mais ça va fort bien.Encore une fois merci! Dolette sourit avec un signe d\u2019adieu.\u2014Merci?je ne sais pas de quoi.Je crois plutôt que vous venez de vous moquer de moi: votre voiture marchait fort bien et ce que vous avez fait.\u2014C\u2019était pour le plaisir de vous regarder quelques minutes de plus, mademoiselle.Ainsi, au revoir, je reviendrai demain chercher votre réponse pour M.de Massé, mon patron! Le rayon, sucre d\u2019or.$ 2 ve - Dolette, se voyant dévisagé, eut à nouveau pour le jeune homme un regard inquisiteur; puis, sans doute mise en confiance par les yeux si francs, elle éclata de rire: \u2014Et alors, monsieur, dit-elle.\u2014 Mademoiselle?\u2014 Voulez-vous me permettre de rentrer à la maison, pour y prendre connaissance de la lettre de M.de Massé.\u2014Certes, mademoiselle, je vous le permets de grand coeur; laissez-moi cependant vous faire un aveu: je ne peux plus démarrer.\u2014Comment vous ne pouvez plus démarrer ?\u2014Non, ma voiture refuse\u2026 \u2014Ah! ah! c\u2019est la panne, alors?\u2014Hélas! oui, et je ne comprends pas d\u2019où ça peut venir.\u2014Le moteur est calé ?\u2014II doit l\u2019être, il ne répond plus au démarrage électrique.\u2014Tournez à la manivelle.Avez-vous des aspirations ?\u2014A la manivelle, rien à faire.\u2014Âlors, vous êtes en décharge, regardez l\u2019ampère-mètre.Il eut un sifflement admiratif.\u2014Mâtin! vous êtes renseignée.\u2014Ah! ça oui, dit Dolette, papa avait Matin r \u201c= > Ça La He ; ; 3 ë >>: «a ; i stb \u201cou Rio ui dt ¥, = pes sz: shale 1 des wl TAILLEUR LAINAGE MARRON CREED BLOUSE ET CRAVATE EN FLANELLE, IMPRIMEES SUR FOND JAUNE Photos Scaioni, exclusives Mars 1934 SCENE I LUI.\u2014 ELLE.Elle \u2014Alors, tu refuses positivement de me donner cette bague que j\u2019envie depuis si longtemps ?Lui \u2014PO-SI-TI-VE-MENT \u2014 clair et net ?.Est-ce Elle \u2014Oui.mais bientôt le clair de mes yeux s\u2019obseurcira.je sens déjà que les larmes montent .\u2026.Lui-\u2014Natureliement que pour qu\u2019elles descendent, il est nécessaire qu\u2019elles montent d\u2019abord.C\u2019est vieux comme Hérode cela.Vraiment tu veux nous mettre sur la paille.nous faire mendier notre pain quotidien ?.Elle \u2014Qui donc te parle de mendier notre pain quotidien ?.Lui\u2014 Mais toi.toi-même.si je devais te payer cette bague, nous devrions nous restreindre sur tout, sur tout, et nous finirions dans une maison de refuge.Elle.\u2014Toujours des exagérations.ce que je vois de plus flagrant, c\u2019est que tu n\u2019aimes plus ta femme et que tu nas pas de coeur.Lui.(dramatique).\u2014 Quoi.je n\u2019aime plus ce morceau de petite femme?.Quoi.je n\u2019ai plus de coeur ?.\u2026.le vais te prouver illico que tu te mets le doigt dans l'oeil.je consens a.Elle.(vivement).\u2014Tu consens.Oh! amour de mari.Lui.\u2014Je consens à te mener ce soir au cinéma.Elle \u2014L\u2019imbécile \u2026 Lui\u2014Merci.Elle\u2014Il n\u2019y a pas de quoi.La Revue Populaire ; Lui\u2014Ca, je le sais.mais comme je suis poli, je te dis : MERCI, quoique je sache très bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de quoi.Elle.\u2014Il faut toujours que tu trouves quelque chose de TRES, TRES intelligent à répondre.Lui\u2014Dame .préférerais-tu avoir un mari muet comme une carpe ?.Elle.\u2014Parfois .Lui\u2014Ah.C\u2019est parfait, madame, vous aurez un mari qui n\u2019aura rien a envier à cet intéressant poisson.comme mutisme, bien entendu.Elle \u2014Tu crois avoir de l'esprit en disant cela .tu te trompes.Rappelle- toi que lorsqu\u2019on court après l\u2019esprit on attrape la sottise .Lui\u2014Eum.Hum.Elle\u2014C\u2019est un peu mieux.un pen plus expressif.mieux même que la carpe ne le peut faire.Hé bien, moi, je parlerai en ce cas.Tu veux m\u2019emmener souvent dans le monde, en soirée, et là, être fier de ta femme.Lui \u2014 HUM.Elle.\u2014 Il me faut donc une robe neuve, car tu n\u2019ignores pas que tout le monde connaît comme le loup blanc ma robe bleu-ciel .Lui\u2014Hum.hum.Elle\u2014Oui.hum.hum.tant que tu veux.le fait brutal est 13 devant tes yeux.Me faut-il oui ou non une robe ?Lui.(fait signe que non) \u2014Hum .hum.Elle\u2014Tu dis que non?.En ce cas, je ne me rendrai plus a aucune soirée ou réception où tu voudras me trainer.je mourrai entre ces quatre murailles.Comédie en 1 Acte 30a Par A.C.de la Lande Trois illustrations de Saint-Loup PERSONNAGES: L\u2019AMI DE LA FAMILLE La scène se passe dans le salon des époux Albert et Solange.moderne .profusion de fleurs.(La saynette peut très bien être donnée a la T.S.F.) Albert Solange Paul Ameublement je m\u2019étiolerai comme une fleur mise à l\u2019ombre.Lui\u2014Hu.m.hu.m.Elle.\u2014Cela te fait plaisir, hein?.Tu pourras flirter à ton aise.Et partout lon dira que monsieur Dumoulin n\u2019a pas l\u2019argent nécessaire pour payer à sa femme les robes dont elle a besoin.Lui.(signe: cela m\u2019est égal.)\u2014Hum.hum.Elle\u2014Oui.Cela t\u2019est bien égal.on dira que tu m\u2019enfermes .que tu me claquemures .Que tu me fais trépasser a petit feu.Lui.(trés long)\u2014H u m.Elle.\u2014Que je suis une martyre.une martyre de la vie conjugale .(silence) Mais parle donc.dis quelque chose, quand ce ne serait que \u201czut\u201d.Lui.(Magistral) \u2014Z UT.ENe.\u2014 Que tu as donc l'air niais, mon pauvre.Je commence vraiment à me demander si tu as toute la raison.Lui\u2014Hum.hum.Elle \u2014Non?.je m\u2019en doutais bien.Il doit y avoir une cellule vide dans ta boîte crânienne.Ecoute-moi bien.je ne reviendrai plus sur ce sujet.je te laisse, car j'ai à préparer le diner de monsieur, et je perds vraiment un temps précieux à entendre tes hum.hum.Veux-tu, oui ou non me payer une robe?.Une fois?Lui \u2014Hum .Elle \u2014Deux fois.Lui\u2014Hum.hum.Elle \u2014 Trois fois.Lui-Hum.hum.hum.ACCORDE.Elle.-\u2014Ah! il a enfin parlé.Tu me donnes une nouvelle robe.et naturellement les bas et les souliers assortis?.Viens que je Uembrasse.tu es un ange.je me sauve dans la cuisine.a tantôt, m\u2019amour.Lui\u2014A tantôt, tire-bouchon de mes soupirs.Elle.(elle va pour sortir et en ouvrant la porte se trouve nez à nez avec Paul).\u2014Tiens.tu ne t\u2019ennuieras pas.voilà justement notre ami qui vient te dire nn petit bonjour.Entrez done, cher ami.je suis à vous dans un instant.(elle sort.) SCENE II LUI.\u2014 PAUL Lui.(allant vers Paul)\u2014Bonjour, mon vieux.comment ça va ?Paul \u2014Comme sur des roulettes.Vous avez l\u2019air ravi tous les deux .oh!.ces amoureux.Lui\u2014Oui.nous sommes enchantés tous les deux l\u2019un et l\u2019autre, car elle vient de perdre une bataille qu\u2019elle croit avoir gagnée .De là notre mine réjouie a tous deux.Paul.\u2014Tu m\u2019intrigues, mon cher, ex- plique-moi donc cela.Lui\u2014Volontiers.Prends un siège et assieds-toi.Je vais tout te raconter en deux mots.Paul \u2014Je suis tout oreilles.Lui \u2014Vois-tu, Paul, dans la vie conjugale, il faut que le mari ait sans cesse devant les yeux le principe fondamental de la paix dans le ménage, et pour cela il est mécessaire qu\u2019il garde jalousement son autorité, tout en ayant l\u2019air, note bien le mot, AYANT L\u2019AIR de céder à sa moitié, alors qu\u2019en réalité ce doit être elle qui cède en toute occasion .Paul \u2014 Oui.mais ce n\u2019est pas toujours aisé, el c\u2019est plus facile à dire qu\u2019à faire.Lui\u2014Pas du tout.Rien n\u2019est plus simple.Et voici le principe mis en exemple: Ce matin, Solange m\u2019a demandé une bague qu\u2019elle a le plus grand désir de se procurer, mais dont je ne veux pas faire la dépense pour l\u2019instant\u2026 Que fais-je?je prépare, sans en avoir Pair, une petite scène de ménage .elle me fait les plus acerbes reproches de lui refuser la bague, et de là passe à une autre chose qu\u2019elle désire ardemment, dont elle a besoin, qui est moins couteuse et, je te l\u2019avouerai franchement, que je pensais lui donner à la première demande.Une robe de soirée.Elle se plaint.qu\u2019elle n\u2019a rien à se mettre.je refuse.elle augmente ses plaintes.les larmes viennent ou du moins me sont pas loin de couler à flots, car tu sais que nos chères compagnes (Suite à la page 30d) E CHRYSLER AIRFLOW est un genre d\u2019auto tout-à-fait L nouveau.Ce n\u2019est pas un s/yle nouveau appliqué à une voiture conventionnelle.Les lignes superlativement fuyantes du nouveau Chrysler AIRFLOW sont le résultat de nouvelles caractéristiques et de nouveaux avantages qui sont inhérents à lui.Sa beauté est l\u2019expression naturelle de qualités qui ne se trouvent dans aucun autre automobile \u2014le fruit du juste Concept d\u2019une fonction.Vous entrez dans le Chrysler AIRFLOW par une portière de la largeur d\u2019une porte de maison.Son intérieur a l\u2019étendue d\u2019un salon.Le siège avant est large comme un divan et celui d\u2019arrière est comme un davenport.Trois grosses personnes peuvent s\u2019asseoir dans l\u2019un ou l\u2019autre très confortablement.Un homme de six pieds peut s\u2019y étendre de tout son long.Les courants d\u2019air ne pénètrent pas dans ce salon \u201cvoyageur\u201d, où vous n\u2019êtes pas, non plus, étourdi par le ronflement du vent.Les glaces triplent votre champ de vision\u2014le pare-brise est aussi large qu\u2019une fenêtre en saillie.Vous pouvez lire votre journal ou écrire une lettre tout en roulant à grande vitesse sur un chemin sablé .dormir sur le siège arrière à 70 ou 80.La balance dynamique change complètement le carac- L\u2019Extérieur est Differen L\u2019Intérienr est Dif tère de la promenade.La distribution de la pesanteur est tout-à-fait différente.Le moteur est sur l\u2019essieu avant, non pas en arrière.Les occupants de la banquette artière sont assis 20 pouces en avant de l\u2019essieu arrière, non pas sur l\u2019essieu.Ils se trouvent ainsi près du \u201ccentre d\u2019oscillation\u201d, où le mouvement de haut en bas est le moins perceptible.Vous jouissez du même confort dans l\u2019un ou l\u2019autre siège.Le châssis du Chrysler AIRFLOW est en forme de pont.Vous êtes assis à l\u2019intérieur du châssis, non pas sur le châssis.Une partie du châssis se trouve, en réalité, audessus de votre tête.Résultat: plus de sécurité et moins de vibration.Tous ces avantages, attendus depuis longtemps, sont le résultat naturel et inévitable du dessin AIRFLOW.Imitant le dessin fuyant de la nature même et les lignes aérodynamiques des avions et des wagons de chemin de fer modernes, le Chrysler AIRFLOW donne le maximum d\u2019économie et de vitesse par c.v., offre les dimensions les plus spacieuses, et garantit un confort parfait tout en brillant par sa beauté éclatante.Toute personne roulant dans le nouveau Chrysler AIRFLOW reconnaitra que cet auto symbolise une nouvelle et meilleure méthode de voyager.> Nouveau Vocabulaire Automobiliste 1.AIRFLOW \u2014 Les lignes aérodynamiques sont d\u2019apri nature.Il ne peut y avoir de gaspillage d'énergie et voi n\u2019êtes pas étourdi par le ronflement du vent, .BALANCE DYNAMIQUE \u2014 La pesanteur étant di: tribuée dynamiquement, il en résulte une promenade pli douce.Plus de chocs ou de contrecoups.Avez-vous dé voyager dans un yacht sur un lac serein?CENTRE D'OSCILLATION\u2014C\u2019est là où les occupan sont assis dans le Chrysler AIRFLOW/; là où le mouvemes perpendiculaire est le moins perceptible; vous êtes \u201cau milie du navire\u201d.PROMENADE FLOTT ANTE \u2014 Les chocs de la rou disparaissent tout comme les vibrations du moteur ont di paru en raison du Pouvoir Flottant.CONCEPT DE FONCTION\u2014L\u2019apparence provient « concept de l\u2019utilité.L'auto tire ses lignes de la natu Voilà pourquoi son fonctionnement est parfait et sa beau insurpassable.6.PERIODICITE DU MOUVEMENT \u2014Les mouvemer de haut en bas de la carrosserie sont calculés de telle fag à réduire au minimum la tension sur le système nerveu *Nom breveté par la Chrysler Corporation of Canada, Limited. Lou Une nouvelle et mezslleure méthode de voyager PERFECTION AERODYNA- MIQUE \u2014 Voyez cette carrosserie.Quelle différence avec la carrosserie carrée d'antan, alors qu\u2019il vous en coutait 50% de votre pouvoir pour remorquer l\u2019air.L'oeil vous fait voir sa beauté; votre compte chez le vendeur d\u2019essence vous fera réaliser son économie.LA BEAUTE APPARAIT non seulement dans ces glaces parfaites.mais aussi dans les contours naturels du Chrysler AIRFLOW.Que n\u2019a-t-on pas dit de la théorie aérodynamique?La voici ici dans toute son expression.vent DES PORTIERES COMME DES PORTES.Combien de fois n\u2019avez- vous pas vu une dame salir une jolie robe de soirée ou de bal sur des ailes couvertes de boue, en s\u2019efforçant de sortir du siège arrière d\u2019un auto?Tout cela est du passé.Les portières du Chrysler Airflow sont larges comme une porte ordinaire de maison.COMPTEZ CES COLIS.Ces deux illustrations parlent par elles-mêmes.Le porte- * *e % bagages est derrière le siège arrière\u2014à l\u2019intérieur de la carrosserie\u2014et il est spa- cieux\u2014à l\u2019épreuve de la poussière.SIEGE AVANT COMME UN DIVAN \u2014siège arrière comme un davenport.Cette illustration démontre vividement le confort du Chrysler Airflow.Le siège arrière est placé 20 pouces en avant de Voici un tableau de bord qui vous dit exactement comment votre Vessieu arrière.machine fonctionne.Les manivelles que vous voyez servent à ouvrir le pare-brise, elles sont indépendantes l\u2019une de l\u2019autre.La locution SEDAN POUR SIX PERSONNES n\u2019est pas familière à des oreilles accoutumées à entendre: \u201cSedan Pour Cinq Personnes\u201d.Trois grosses personnes peuvent s\u2019asseoir confortablement dans l\u2019une ou l\u2019autre banquette .et un homme de six pieds peut s\u2019étendre de tout son long.Du confort tant que vous en voulez! 30d pleurent quand elles le désirent.Bref, la bague est oubliée et elle se croit victorieuse d\u2019avoir obtenu la robe qu\u2019elle s'imagine m\u2019avoir arrachée.Avec cela, je suis tranquille pour quelque temps et à l\u2019abri de nouvelles demandes.Tu vois bien que rien n\u2019est plus simple.il s\u2019agit seulement de trouver.Paul.\u2014En effet.C\u2019est très malin\u2026.je vais essaver la même chose pour mu femme .Tu es psychologue, mon cher, et je n\u2019ai pas perdu mon temps en venant te voir.Lui\u2014C\u2019est simple comme bonjour, et les femmes n\u2019y voient que du feu.Paul \u2014Oui.Ma femme veut préci- cément un collier.Lui\u2014Refuse carrément.elle pleurera.elle geindra.et finalement, tu lui accorderas.Paul.\u2014Une paire de soulier de bal.Mais dis-moi, quel est le meilleur moment à choisir pour provoquer la petite scène en question ?.Lui\u2014Pour ça, laisse la chose arriver naturellement.tiens, la première fois qu\u2019elle te reparlera du collier.Paul \u2014Mais elle m\u2019en parle chaque jour.Lui\u2014Hé bien, la première fois, saisis la balle au bond, refuse carrément, lui montrant la perspective de mourir dans le dénuement et sur la paille si tu fais cette dépense.Cela ira tout seul, tu verras.SCENE III LES MEMES.\u2014 ELLE Elle.(entrant.)\u2014Et voilà.Je suis à vous.Je suis sûre que vous cassiez La Revue Populaire IL FAUT QUE FEMME CEDE (Suite de la page 30a) tous deux du sucre sur le dos du sexe que vous appelez le sexe faible .Paul \u2014Nous .Ah! pardon, chère madame.loin de nous de si noires pensées .Nous parlions de vos charmes et de vos grâces.Elle \u2014N\u2019en jetez plus.lu maison en est pleine du grenier à la cave.Lui\u2014Je vous laisse potiner à deux pour un moment.jai à téléphoner à mon bureau.Paul, tu dines avec nous?Paul\u2014Je ne sais.Elle \u2014C\u2019est oui.quand il dit je ne sais, c\u2019est toujours oui.Lui\u2014Entendu.à (il sort).tantôt alors.SCENE IV ELLE.\u2014 PAUL Elle\u2014Hé bien, si vous n\u2019avez point cassé de sucre sur le dos de mon sexe en général, je suis bien certaine que mon mari vous aura raconté notre petite scène de ce matin.je sais qu\u2019il ne vous cache rien.Paul \u2014Votre histoire de ce matin?Je ne sais ce que vous voulez dire.Elle\u2014Ne faites donc pas l\u2019étonné.cela ne vous va pas du tout.Paul.\u2014Je vous affirme que.Elle.\u2014-N\u2019affirmez rien du tout.voire nez tourne.Paul \u2014Mon nez tourne?.je ne vois pas.Elle.\u2014Oui, quand vous ne dites pas la vérité, cela s= voit de suite.Je vous dis que votre nez tourne .Donc, il vous a raconté notre petite histoire, et naturellement, il s\u2019est proclamé victorieux de la lutte.Mais qui n\u2019entend qu\u2019une cloche, n\u2019entend qu\u2019un son.Vous avez entendu le bourdon, écoutez à présent la clochette.Paul \u2014Mais, chère madame, je vous assure.Elle \u2014Laissez-moi parler.vous vous ferez entendre après.Vous vous ima- cinez, vous autres, messieurs.nos maris, que lorsque nous avons quelque désir, quelque tentation pour un objet, nous vous l\u2019exprimons directement, comme Guillaume Tell visant la pomme qui se trouvait sur la tête de son fils?Quelle erreur est la vôtre, et que profonde elle est.Croyez bien, cher ami, que nous sommes aussi diplomates que vous.Paul.\u2014De cela, je n\u2019ai jamais douté, croyez-le bien.Elle\u2014Si donc nous envions quelque robe ou même quelqu\u2019autre objet, nous nous disons ceci: Si je demande à mon seigneur et maître telle ou telle chose, il jettera des hants cris el nous refusera, prenant le ciel à témoin que ses moyens ne lui permettent pas cette dépense, que cela mettrait tout le ménage sur la paille et que la seule perspective en ce cas serait l\u2019hospice ou la maison de refuge Enfin, tout le cliché habituel que vous connaissez aussi bien que moi .Paul \u2014Chère madame, vous m\u2019intéressez vivement .Elle \u2014Ah! je savais bien que je vous intéresserais.C\u2019est que vous vous reconnaissez dans le tableau que je brosse devant vos yeux.Donc, je suis le fil de mes idées, el vous mets à nu.Nous exposons alors à nos maris le désir que nous avons d\u2019un objet d\u2019un prix bien plus élevé que celui que nous désirons en réalité.cris.récriminations.refus de la port de l\u2019époux.plaintes, pleurs, gémissements de la part de l\u2019é- Mars 1934 pouse, laquelle.sans en avoir lair.notez bien le mot SANS EN AVOIR L\u2019AIR .cite la chose, robe, manteau.chapeau qu\u2019elle désire vraiment au fond d\u2019elle même .Finalement, le mari faiblit, donne toujours le petit objet, heureux de n\u2019avoir pas eu à payer le \u201cGROS objet\u201d.I] est fier et se croit victu- rieux.C\u2019est simple comme bonjour, mais encore, fallait-il le trouver.Il faut avoir l\u2019air de céder à son mari, alors qu\u2019en réalité, c\u2019est lui qui finit toujours par céder.Paul \u2014Tiens.tiens.Mais Alber me disait précisément la même chose il n\u2019y a pas cinq minutes.Elle.\u2014Ah! il vous a dit.Paul.\u2014C\u2019est-a-dire que.il a dû le penser.et.Elle\u2014Ah.vous voulez encore mentir et rattraper le mot.Inutile, mon cher ami.votre nez tourne, je vous dis.Paul \u2014Hé bien oui, je l\u2019avoue.mais de grâce, gardez-moi le secret.J'ai trahi sa confiance sans le vouloir.Elle\u2014Je garderai le secret.mais à une condition, c\u2019est que vous de votre côté, vous garderez pour vous ce que je vous ai dit, quoique vous voyiez ou entendez.Vous verrez, vous verrez.Je vous gage qu'avant dix minutes j'aurai la bague que je désire, et que je sais qu\u2019il peut me donner sans aucune gêne pour nous.Paul \u2014Cela.j'en doute.Elle \u2014Un pari?.Un fin diner pour le perdant chez Brébant.Paul.\u2014J)\u2019accepte.(ils se serrent la main.) Elle \u2014Voilà mon mari.pas un mot .(changeant de ton .) Oui, je (Suite à la page 54) En s\u2019aidant de cette illustration, le régisseur d\u2019une société d'amateurs 5 peut facilement monter une représentation de notre comédie en un acte: Il faut aue femme cède. ce \u2014 tes EEE da Baja ia EE EE ER remet PE eT Th Ee ST Re a ee £ AUGUSTA BERNARD ee rm A 20 # orme cire era 4 \\d oy a i a Si \u2014 oT se ir Joi Se = up = rss TE == a mr 4e rs es ee ee Se == = a = EE Ee rs EE PSE Fe = EN Ra = ee es Ea Pern SE ESS \u2014= Soy a -~ La Revue Populaire CHARME 1 PETITE ROBE EN CREPE DE CHINE VERT, D'UNE SIMPLI CITE QUI EN FAIT TOUT LE Mars 1934 à La Revue Populaire 32 La Revue Populaire Mars 1934 | Pour les soirées intimes à la maison Le chic n'a aucunement besoin d\u2019être extravagant.La femme, beaucoup plus facilement qu'autrefois, peut être-chic et porter les choses les plus à la mode sans grever spn budget.\u2018 Prenez par exemple ces deux toilettes du soir, blouses el jupes d\u2019une ligne impeccable et d\u2019un charme\u2018 discret et sûr.Ces deux jupes sont en velours: nair.La blouse du haut est froncée en avant.La ceinture, découpée à même le devant de la blouse, croise en aŸrière et revient former un noeud en avant.Ceci la rend seyante.pour toutes les tailles.i \u2018 La seconde est faite de dentelle couleur péche Qu écrue.Elle est d\u2019une grande simplicité, n\u2019ayant pour garnitures que les revers et un noeud de ruban de-satin._\u2026 « a He ¥ ¥ $ à Mars 1934 ie > ~ Tout le monde est d\u2019accord pour admettre que l\u2019exercice physique est une nécessité pour la femme et la jeune fille comme pour garçon.L'accord cesse quand il s\u2019agit de décider dans quelle mesure les femmes doivent user de cet exercice physique et, en particulier, se livrer aux sports.Une thèse récente de Mlle Bensidoun nous apporte, sur cette importante question, des opinions nouvellement émises qui sont in- l\u2019homme et le té1essantes à noter.De façon indéniable.la majorite des femmes, dans les villes tout au moins, ne foiit pour ainsi dire aucun exercice, cependant c\u2019est seulement par la mise en jeu du système musculaire qu\u2019on peut lutter contre l\u2019atrophie des muscles qui cause tant de troubles abdominaux, ptoses gastriques, troubles digestifs, troubles nerveux, contre les stages circulatoires et contre l\u2019obéaité.Mlle Bensidoun, dans sa thèse, passe en revue les principaux sys tèmes de culture physique: gymnastique aux agrès d\u2019Amoros, méthode suédoise de Peter Ling, méthode d\u2019Hébert, gymnastique rythmique, méthode sportive; elle résume les avantages et les inconvénients que l\u2019èxpérience a reconnus à chacune de ces méthodes et | qui sont exposés dans la plupart des manuels d\u2019éducation physique.De son travail, nous retiendrons (quelques points que nous citons presque in extenso et qui nous out paru le plus intéressant.Sport et Age L'éducation physique de ia femme se fera en trois cycles : jusqu\u2019à 10 ans, jeux traditionnels et quelques mouvements: de 12 à 15 ans, jeux sportifs et rythnu- ques; après 16 ans, sports et agrès.L\u2019âge mûr et la vieillesse bénéficieront aussi du sport.\u2014 «Après 30 ans, dit Mlle Bensidoun, commence pour l\u2019organisme une période de régressive.Tout les tissue La Revue Populaire = La femme et l\u2019exercice physique sont moins actifs, les échanges plus languissants: les muscles mins nourris s\u2019atrophient peu à peu, l\u2019élément conjonctif et la graisse augmentent en dépens de l'élément noble ou contractile.La force musculaire récroit, la vitesse et la souplesse diminuent.Seule, l\u2019endurance est une qualité de l\u2019âge mûr.Vers la cinquantaine, les mouvements perdent de leur étendue, ils sont comme alourdis du fait de raideurs articulaires.La nutrition devient plus paresseuse, le corps se décharne, ou bien évolue au contraire vers l\u2019adiposité.La femme de cet âge n\u2019est donc plus apte à l\u2019exercice vraiment sportif, et cependant, l\u2019abandon de toute Activité ne ferait que précipiter la déchéance.Sans doute, il n\u2019est plus question pour elle d\u2019établir des performances.Mais elle peut toujours continuer à pratiquer modérément un sport (tennis, par exemple) qu\u2019elle a l\u2019habitude de pratiquer.Les effets locaux de la Suédoise en chambre conviennent parfaitement à cet âge.Les mouvements seront lents, très amples pour combattre l\u2019ankylose, modérés, car il faut craindre de rompre des fibres musculaires moins élastiques ou d\u2019érailler une artériole soléreuse.Le simple maintien du volume et de la souplesse des muscles est le premier but a atteindre, la discrète stimulation générale d\u2019une marche au grand air ou d\u2019une partie de golf est suffisante.Ainei la femme peut arriver à la vieillesse, le teint encore frais, la taille encore droite, et les fonctions heureusement équilibrées.Mieux.l\u2019exercice ainsi compris, est capable d\u2019opérer un véritable rajeunissement en quelques mois.» Quels sports faut-il conseiller a la femme 7 \u2018 1° La marche est le sport le plus simple, le plus accessible; la simple promenade a, avant tout, l\u2019avantage de faire manger de lair; elle suractive doucement les fonctions.2° La course de vitesse pure est un sport parfait pour la femme, sur ces distances réduites.3° Le aimple entraînement au demi-fond est à recommander.4° Le saut, et surtout le saut en hauteur, a une vive action générale.(Suite a la page 48) 33 Un successeur moderne à l\u2019anneau de serviettes ETTE idée charmante et neuve d\u2019un service à lunch ou à déjeuner qui réserve à chacune des serviettes de la famille une place assignée nous vient d\u2019Angleterre.Le joli dessin de fleur appliquée qui orne chaque napperon oblong est en réalité une pochette, dans laquelle se glisse la serviette de table quand on n\u2019en a pas besoin.Si vous regardez attentivement, vous remarquerez que dans le coeur de la fleur est l\u2019initiale brodée de la personne qui s\u2019en sert.Ne trouvez-vous pas que c\u2019est une idée ingénieuse ?Malgré son apparence vraiment décorative, ce service est l\u2019une des choses les plus faciles que vous puissiez trouver à faire.Tout sou charme consiste dans la parfaite simplicité du modèle \u2014 la pochet- te-fleur appliquée et le bord ourlé à jour à la main qui est travaillé dans la même nuance que la broderie sur la fleur.Les serviettes portent le même dessin, comme vous le constaterez en regardant l\u2019illustration.Evidemment, la fleur apipliquée est beaucoup plus petite et est faite dans un but purement décoratif.Les napperons et les serviettes sont en toile «Oil Bleach» d'un jaune beurre pile, alors que le même tissu en une nuance rose sauvage est employé pour les dessins de fleurs.Parlons maintenant de l\u2019exécution de l\u2019un de ces jolis services.Vous commencez par tailler les napperons pour qu\u2019ils mesurent 14 pouces par 18 pouces et les serviettes, 1215 pouces carrés.Ceci fait, tirez quatre brins à environ 15 pouce du bord des napperons ct des serviettes, pour l\u2019ourlet à jour.Comptez environ 23 brins à partir des quatre brins tirés, vers le bord, et tirez un brin simple sur chaque côté.Pliez alors les bords tout le long des fils tirés simples, tournez les bords en dedans et faufilez avec soin tout le long du bord extérieur des quatre brins tirés, après quoi ils seront prêts à être ourlés à jour avec un brin simple du Coton en Brins «Anchor» de Clark, rose foncé, qui sera aussi employé pour la broderie des fleurs.L\u2019ourlet à jour est facile, vous le savez très bien si vous l\u2019avez déjà fait.Si vous ne l\u2019avez jamais {Suite à la page 48) 34 La Revue Populaire Mars 1934 SAVIEZ-VOUS QUE?.La plus haute écluse hydraulique du monde entier est celle du canal de Trent, près de Peterborough, Ontario.Dans notre série intitulée Saviez-vous que?.\u2026.nous avons déjà signalé un grand nombre de choses pour lesquelles le Canada, notre pays, l\u2019emporte sur tous les autres.Nous ne l'avons pas fait pour inspirer à nos compatriotes un nationalisme exagéré, mais tout simplement paur leur montrer que leur pays est aussi à la page que les plus modernes.Le Fort Anne, sur la Baie de Fundy, est l\u2019ancien Port Royal ainsi nommé par Champlain, en 1604.Durant les luttes contre Français et Anglais pour la possession de l\u2019Acadie, il a changé six fois de mains.Les ruines du fort actuel sont celles des troisièmes et dernières fortifications érigées par les Français.Le nom de Port Royal fut changé en celui de \u201cAnnapolis\u201d, en 1710.On voit ici la poudrière du vieux fort.Le Fort Beauséjour, dont les ruines se voient encore sur le petit isthme qui relie le Nouveau-Brunswick à la Nouvelle-Ecosse, porte le nom d\u2019un colon, Laurent Chadillon, surnommé Beauséjour.Sa construction fut commencée en 1750 et avant d\u2019être terminé, il subit un siège et tomba aux mains des Anglais.Ce siège coûta si pen de pertes qu\u2019on l\u2019appela le \u201csiège de velours\u201d.Beausé- jour devint Cumberland.Kingston, Ontario, fut d\u2019abord un poste de traite fondé par l\u2019explorateur Cavelier de la Salle et converti par le Gouverneur Frontenac en 1673 en un fort qui fut nommé Cataracoui.Les Anglais s\u2019emparèrent de ce fort en 1758.De 1841 à 1844 Kingston fut la capitale de l\u2019Union du Haut et du Bas-Canada.L'école militaire de Kingston est célèbre.Photos C.N.R. CER 0 Tema dare cr ay \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014- -\u2014 Mars 1934 Pourquoi Dolette, si peu intéressée à l\u2019ordinaire par la question de toilette et si intransigeante quant aux ressources offertes par M.de Massé, s\u2019informa-t-elle tout de suite: \u2014 Quelque argent?Est-ce que.est ce que je pourrai acheter une robe, une robe comme celle de Fanny?la neuve de ces jours-ci?\u2014 Une robe comme celle de Fanny?répéta Mlle Ursule.Non, certainement.Vous ne sortez pas, à quoi vous servi rait-elle?Vous aurez une robe, certes, mais plus simple; en outre, il faut du linge et des souliers.Et, pour tout cela, il ne nous a remis que mille france chacune de Cinq cents francs pour vous! - ; Dolette ne se rebiffa pas.Elle dit doucement: _ Dans ce cas, ma cousine, je préfère de beaucoup acheter du tissu et faire ma robe moi-même.Je sais suffisamment coudre, et Mme Delage, qui fait ses toilettes et les costumes de Jean, voudra bien m'aider.De cette façon, je pourrai avoir, non pas une, mais deux robes peut-être.La cousine Ursule ricana une seconde; mais sans plus discuter, approuva.\u2014Soit, achetez votre ou vos tissus ! Au reste, vous avez cinq cents francs à dépenser, je ne m\u2019occuperai que de cela, et puisque Mme Delage veut bien vous conseiller et vous aider, qu\u2019elle vous accompagne dans vos achats, je l\u2019en remercie à l\u2019avance.Lo Il \u2018n\u2019était pas possible de témoigner davantage son indifférence a l\u2019égard d\u2019une enfant, qui eût dû intéresser au même titre que Fanny; mais, loin de chagriner Dolette, cette liberté l\u2019enchanta, et elle n\u2019eut plus que le désir de se rendre auprès de sa vieille amie.Élle dut cependant attendre au lendemain.Le dîner se prolongea.Mlle Ursule qui s\u2019endormait quelquefois au sortir de la table, essayait de combattre ces somnolences en mangeant le plus lentement possible.Enfin Fanny discourait.Elles avaient fait le voyage du retour en compagnie des Agnan, rencontrées a la gare de l'Est; et, bien entendu, Mme Agnan, la plus mauvaise langue de la ville, n\u2019avait pas tari de potins.Il était près de neuf heures lorsque Mile Ursule se décida à quitter la table: tout reposait à la villa des Glycines.Dolette se coucha tout de suite, pensant que le temps passerait plus vite a dormir.Pourtant, le sommeil tardait a venir.Elle songeait à la robe qu\u2019elle voulait, en toile de soie, et une ou deux \u2014 elle en était si pauvre \u2014 en fileté, d\u2019une jolie forme très simple.\"Je me ferai aussi des tabliers, et, s\u2019il me reste un peu d'argent, j'achèterai un petit collier de perles, comme celui de Fanny.; Elle ne songea pas à s'étonner de sa coquetterie naissante; seulement, elle pensa tout à coup, et involontairement: \u2014C\u2019est dans cinq jours que M.Ma- rivaux sera le pensionnaire de Mme De- lage, il faut que je me dépêche; dès demain, je ferai mes achats! Chapitre IX Très volontiers, Mme Delage accompagna Dolette chez divers commerçants, et la conseilla sur le choix des tissus et\u2019 des garnitures.Ensuite, revenues à la villa des Glycines, elle discutèrent de la coupe, et la fillette se décida pour une forme très simple et très jeune, droite derrière, avec tablier plissé devant, et col arrondi.Heureuse, Dolette remercia sa vieille amie avec effusion.Il est juste de dire que si Mme Delage l\u2019aida dans le choix et l\u2019exécution de ses toilettes, qui allaient susciter l\u2019envie de Fanny, Fanny richement parée cependant, Dolette se multiplia quant aux soins du ménage de la petite villa.Élle frotta, astiqua, balaya la chambre du futur locataire, nettoya les marbres, fit les carreaux, battit matelas et sommier.Mme Delage y apporta sa propre descente de lit, mit des fleurs dans les vases, des livres eur la table.\u2014Ma mignonne, vous êtes ma petite fée, comment vous remercier?__Me remercier! quand je vous dois tant! Hâtivement, elle tirait l\u2019aiguille, insensible aux appels, sourde au vacarme, aux rires qui venaient du salon, car cé.tait justement le jour de Mlle Ursule et, La Revue Populaire bien entendu, il y avait là nombreuse compagnie.Fanny trônait.Elle portait une jolie robe garnie de marabout.Sans jalousie aucune, Dolette l'avait admirée deux heures auparavant, Elle n\u2019avait heureusement aucune idée de la valeur de l\u2019argent, sans cela, elle eût pu s'étonner que cette somme de cinq cents francs avec laquelle elle n\u2019avait pu, tissus, souliers et chapeau payés, s\u2019acheter le petit collier dont elle rêvait, eût suffi à l\u2019acquisition d\u2019une si belle robe, de chaussures fines et d\u2019une écharpe de gaze grise brodée.Mais, heureusement de son bien, elle tire l'aiguille sans plus de calcul.Jean devait venir goûter avec elle, afin de permettre à la bonne grand\u2019mère de terminer en toute tranquillité l\u2019arrangement de sa maison et Dolette, de temps en temps, jetait un regard satisfait sur la dinette \u2014 gâteaux et bananes \u2014 gentiment disposée sur son guéridon.Que son petit ami allait donc être content! Soudain, un éclat de rire, aigu comme un cri, la fit sursauter.\u2018Tiens, pensa-t-elle, Mme Saintive est là; je ne l\u2019ai même pas entendue entrer et, pourtant, elle est plutôt bruyante!\u201d Elle prêta l\u2019oreille, car son nom venait d\u2019être prononcé.\u2014 Alors, vrai, vous l\u2019avez vu, ce fameux tigre, comme dit Dolette.D\u2019un ton calme, Mlle Ursule assura: \u2014Mais oui, nous l\u2019avons vu et, en vérité, il n\u2019est ni beau, ni distingué.On la comprenait dépitée, malgré son souci de cacher sa désillusion.Mais Mme Agnan qui ne perdait jamais de vue son troupeau enjuponné, s\u2019informa : \u2014Tout de même.ma chérie, il est si riche! Et, est-ce qu\u2019il viendra par ici?\u2014Tci?je ne crois pas; et, d\u2019abord, qu\u2019y viendrait-il faire?\u2014 Mais, quand ça ne serait que pour vous rendre votre visite! D'un geste, MWe Ursule indiquait qu\u2019elle s\u2019en souciait peu; décidément, le maître des usines de Melun ne l\u2019intéressait guère, et comme Fanny ne semblait pas plus enthousiaste, Jeanne Agnan ne put s'empêcher de questionner: \u2014 Vrai, il ne vous a pas plu?Mais, par ici, on s\u2019accorde à le trouver fort bien.\u2014On s'accorde?mais qui donc le connaît?\u2014Oh! de réputation au moins! \u2014Eh bien! on se trompe, voilà tout! D\u2019autre part, comme tuteur, il est parfait, pas ennuyeux, et d\u2019un généreux! Elle montra sa jolie toilette, son écharpe, et conclut: Il ne discute jamais pour nos dépenses.Cousine Ursule lui a demandé mille francs pour Dolette et mille francs pour moi, il les lui a remis tout de suite.Il est vrai qu\u2019il est un peu notre frère et, à défaut de tendresse, il se montre généreux.Je vous avoue que je préfère ça! \u2014Bien entendu! On rit de l\u2019aveu.Dolette, elle, ne riait pas; elle haussa seulement les épaules.\u201cMille francs à chacune de nous! fit-elle à mi-voix; je ne sais pas pourquoi, mais je m\u2019en doutais.Oh! vaguement, et comme une sotte, je m\u2019en voulais presque de cette pensée!\u201d Tout de même, un peu d\u2019amertume lui vint au coeur.Elle sentait si bien qu\u2019elle n\u2019eût jamais agi ainsi, et pour la première fois peut-être, la sécheresse, l\u2019égoïsme de sa soeur lui apparurent.Elle voulait n\u2019y plus penser, et toujours elle y revenait, non pas pour regretter l\u2019argent qu\u2019on lui avait soustrait, mais parce que ce procédé révoltait sa loyauté.Heureusement, Jean vint très exactement pour l'heure du goûter, et ils firent une gentille dinette qui les amusa un moment; ils engageaient une partie de dames comme Fanny, assez mystérieusement, entra dans la chambre.\u2014Dolette, dit-elle, d\u2019une voix qui semblait émue, je viens te demander un service.La petite leva sur sa soeur ses yeux si droits et si francs.Fanny répéta : \u2014Oui, un service, je voudrais que tu guettes la venue de.de.Robert de.de Souteyrat, et que tu l\u2019empêches d\u2019arriver jusqu\u2019ici enfin, d\u2019entrer au salon.\u2014Le fils de Souteyrat?Au salon, pourquoi?dit Dolette, qui ne comprenait pas.\u2014Sa mère est ici, reprit Fanny, baissant encore la voix et, comme il lui a confessé qu\u2019il m\u2019aime, et qu\u2019elle s\u2019oppose à notre mariage, il vaut mieux qu\u2019ils ne se rencontrent pas ici.\u2014Ah! Dolette, d\u2019abord étonnée, reste songeuse, tout son petit visage, si mobile, se fait grave.Fanny insiste: \u2014Tu vas guetter, n\u2019est-ce pas ?\u2014Oui! \u2014Tu lui diras qu\u2019il revienne vers.enfin, après dîner, si cela est possible.\u2014Bien! L'air fermé, presque hostile, de la petite agace Fanny.Mécontente, elle laisse échapper un bref: \u2014Oh! je sais que tu ne l'aimes pas, toi Robert de Souteyrat! \u2014Non, dit Dolette, et aujourd\u2019hui, je le déteste ! \u2014Tu le détestes?Et pourquoi?reprend Fanny, agressive.Mais Dolette a un geste qui arrête net les paroles irritées.\u2014Je le déteste parce que je le méprise.\u2014Ah! par exemple! La petite ajoute: \u2014C\u2019est un pleutre! \u2014Un pleutre! il n\u2019a que trop parlé.Sa mère, maintenant, est dressée contre moi.\u2014FEt alors, il ne se sent pas le courage de passer outre à cette fureur et u dis qu\u2019il t'aime! \u2014Tu n°es qu\u2019une sotte! crie Fanny, pâle de colère, garde donc tes réflexions pour toi, je ne te demande ni ce que tu penses, ni d\u2019ailleurs d\u2019aimer et d\u2019estimer mon fiancé.Enfin, sais-tu si je l\u2019accueillerais dépouillé de sa situation d\u2019avoué?\u2014Ah! fit Dolette, qui bâillait de stupeur.\u2014Mais sois tranquille, reprit Fanny, je ferai ce joli mariage, je serai Mme de Souteyrat, ce qui est un beau nom, et j'entrerai dans une famille riche et bien posée.Tâche seulement d\u2019en faire autant et de ne pas te contenter d\u2019un employé sans le sou.\u2014Sans le sou! Ça m\u2019est bien égal, pourvu qu\u2019il m\u2019aime et que je l\u2019aime! \u2014Bien entendu! L\u2019air en dessous, Fanny eut un sourire énigmatique qui échappa à Dolette.Déjà, elle était revenu à Jean et, tout en surveillant l\u2019arrivée de Tibérius, elle continuait la partie de dames, qui le charmait sans lui arracher un cri de joie, même lorsque le succès final lui demeura.\u2014Oh! mais qu\u2019est-ce que j'ai donc à jouer aussi sottement, pense Dolette, qui vient de se faire \u201csouffler\u201d deux dames, je suis distraite.Il est vrai que je dois surveiller l\u2019arrivée de Tibérius.A cet instant même, elle distingua le bruit d\u2019une porte qu\u2019on ouvre, puis des voix, des rires, des exclamations.Ciel! c\u2019est le numéro 3 des de Souteyrat, c\u2019est le beau Robert qu\u2019elle était chargée d\u2019arrêter au passage.Alors, elle s\u2019élance, bousculant Jean, mais trop tard: déjà la porte du salon s\u2019est refermée sur le jeune homme \u2026 et Mme de Souteyrat aperçoit son Tibérius, dans quelle attitude, Seigneur, plus pâle qu\u2019un pierrot, et sur le seuil plus figé qu\u2019une borne.Heureusement, Mlle Ursule ne manque ni de sang-froid, ni d\u2019à-propos.Elle accueille le jeune homme avec enjouement et d\u2019un air assez détaché: \u2014Bonjour, cher monsieur! Quelle rareté, vous voir à mon jour! vous, un jeune homme! On voit qu\u2019il y a ici de la jeunesse! Mesdemoiselles, une petite place pour M.Robert.Fanny, offrez une tasse de thé, mon enfant! Mme de Souteyrat a verdi de fureur.Elle n\u2019ose pas tancer d\u2019importance son gringalet de fils qui, pour son compte, tremble de peur, et bégaie ses bonjours, mais elle ne résiste pas à l\u2019apostropher.\u2014Comment, Robert, toi ici?Mais, et\u2026 et l\u2019étude?Robert voudrait rentrer sous terre, il ne sait plus quelle contenance tenir, d\u2019autant plus que Clotilde et Marie Saintive sourient \u2026 sourient.Ah! le malheureux, ce sourire l\u2019achève! \u2014L\u2019étude?\u2026 heu.heu! plus rien à faire! \u2014Par exemple! S\u2019intercalant entre la terrible femme et le jeune Tibérus, Fanny s\u2019avance, une tasse de thé à la main.\u2014Un sucre?Lait ou citron?Troublé, il accepte tout, sucre, lait et citron.Mais Mlle Ursule est une sûre et je n\u2019avais 35 Attention, c\u2019est la SAISON DANGEREUSE » 3 5 combattez le rhume de cette manière sûre et EPROUVEE Si votre enfant est enrhumé, ne faites pas d\u2019expériences! Nous sommes à l\u2019époque où les rhumes conduisent trop souvent à la grippe et à la pneumonie.Allez-y sûrement \u2014 adoptez le traitement dont la supériorité a été éprouvée par des millions et des millions de mères \u2014 servez-vous du Vicks VapoRub.Ce fameux remède de confiance soulage plus vite et plus sûrement à cause de son action double: vapeurs et cataplasme.A travers la peau, il \u201cextirpe\u201d le mal et l\u2019oppression.En méme temps, ses bienfaisantes vapeurs médicamentées sont portées directement, à chaque respiration, aux voies respiratoires irritées.Toute la nuit, le VapoRub opère le soulagement du rhume \u2014 et cela sûrement.Etant d'application externe, il évite les risques de l\u2019usage constant des drogues \u2014 qui si souvent dérangent la digestion délicate des enfants.VICKS VAPORUB LA NOUVELLE Maybelline NON-CUISANTE A L'EPREUVE DES LARMES Embellissez vos yeux de cette manière simple et nouvelle \u2014avec la NOUVELLE Maybelline.Assombrit instantanément les cils et les fait paraître naturellement longs et brillants.S\u2019applique uniment et facilement.Non cuisante et à l'épreuve des larmes.Noir ou brun.75c sux comptoirs d'articles de toilette.Distributeurs: Palmers, Ltd.Montréal.Essayez A ceux qui souffrent de maux de tête Les maux de tête se font sentir dans les régions de la tête À, B, C, D,E,F.Pour connaître leurs causes lisezattentivement lacir= culaire incluse dans chaque boîte.Pour soulager les douleurs périodiques, migraine, mal de dos, rhumes, grippe, etc., prenez les Capsules Antalgine.ANTALGIN l EN VENTE PARTOUT 25° J 36 puissante alliée.Mme de Souteyrat ne s\u2019appartient plus, elle l\u2019a accaparée.\u2014Ma chère, vous avez une toilette et un chic qui vous est personnel.et puis, vous conservez une taille qu\u2019une jeune fille vous envierait.Nous disions, l\u2019autre soir, que vous déteniez le secret de la jeunesse perpétuelle.Robert et Fanny peuvent échanger quelques mots en toute sécurité.\u2014J\u2019ai mis ma tante au courant de nos chers projets, dit le jeune homme qui, loin du terrible regard maternel, retrouve assurance et mémoire, et je m\u2019en suis fait une alliée.Les histoires romanesques l\u2019on toujours enthousiasmée; elle parlera à mon oncle, elle plaidera notre cause, d'autant plus volontiers qu\u2019elle m\u2019assure que ce cher oncle peut attendre.de bonnes et solides rentes le lui permettent.\u2014Ah! ce serait un tel bonheur, Robert! Fanny, vous n\u2019avez jamais été plus jolie, je vous aime! Il serre furtivement la douce main que Ini abandonne la jeune fille.Cependant, inquiète sur les sanctions que lui vaudrait son étourderie, Dolette tirait l\u2019aiguille.Sa robe, elle la voulait le plus vite possible.Voyons, pouvait- elle porter plus longtemps cette vieillerie de jersey teint, qui lui donnait un air si misérable?Elle avait l\u2019air d\u2019une bônniche, ainsi fagotée, et elle ne voulait pas qu\u2019il la jugeât négligée\u2026 qu\u2019il \u2026 Qui, il?\u2026 Elle ne s'émeut pas à cette pensée.Parbleu, oui, M.Marivaux.Durant tout un mois, il serait son voisin, fallait-il qu\u2019elle se montrât négligée dans sa mise?Non, certes, elle aurait deux robes neuves et charmantes, et des amours de tabliers, et des souliers gris.Jean était retourné auprès de sa grand\u2019 mère, mais Dolette se sentait l'âme en joie et, pour son propre plaisir, elle chanta.\u2014Eh bien! mademoiselle Dolette, fit soudain Mariette qui frappa à la porte; il est l\u2019heure de dîner.L'heure de dîner! Du coup, la fillette, avec la brusque pensée de Mlle Ureule, de Fanny, revint à son inquiétude.Que va-ton lui dire?Que de reproches en perspective! Elle se trompait cependant.Pas plus Fanny que Mlle Fay ne soufflèrent mot de l\u2019incident qui avait si heureusement tourné en leur faveur.Silencieuse ainsi qu\u2019à Phabitude, Do- lette entendit que priées à déjeuner par Mme Saintive, les deux cousines s\u2019absenteraient le lendemain dès onze heures.\u2014Vous déjeunerez avec Mariette, car vous êtes si sauvage que nul ne songe à vous inviter; voilà ce que vous gagnez à faire assaut de mysanthropie, dit Mlle Ursule, sans plus d\u2019explications.\u2014Mais je ne tiens nullement à déjeuner demain chez Mme Saintive, dit Do- lette avec vivacité, et je serai bien mieux avec Mariette.\u2014C\u2019est toute la ressource qui vous reste, à moins que Mme Delage ne venille vous recevoir.\u2014Je craindrais trop d\u2019être indiscrète, répliqua Dolette, son locataire doit arriver d\u2019un jour à l\u2019autre.\u2014Ah! ah! M.Marivaux à Meaux! Bientôt?\u2014Mais oui! Après-demain, je pense.Mlle Ursule conclut tout haut: \u2014Allons, tant mieux! Par lui, nous saurons sans doute beaucoup de choses sur M.de Massé, car j'imagine que ce garçon viendra me saluer\u2026 à cause de son de son patron, je l\u2019inviterai à revenir.Fanny eut à l\u2019adresse de Dolette ce petit sourire narquois qui devait, à la longue, tant agacer la petite.\u2014Bien sûr! Et puis, Suzanne Mangin le trouve gentil.Ce serait drôle qu\u2019il trouvât à se marier par ici! \u2014Suzanne le trouve gentil?Elle est sans fortune, cette petite! Eh! ma foi, LEA, vous pouvez aviver votre | teint, stimuler votre appétit, vous sou- ; lager de vos faiblesses, étourdisse- Ç ments, fatigue au moindre effort, maux de reins, périodes douloureuses ou irrégulières ou tout autre trouble interne spécial à la femme en prenant les PILULES ROUGES, le remède par excellence des femmes depuis 40 ans.La Revue Populaire ce ne serait pas impossible, fit Mlle Ursule sans plus de malice.Mais Fanny, qui gardait présentes a la mémoire les véhémentes paroles de Do- lette à l\u2019adresse de celui qu\u2019elle considérait comme son fiancé, insinua : \u2014Moi, je ne serais pas éloignée de croire que, s\u2019il est ici, c\u2019est qu\u2019il a remarqué quelque jeune fille dont il espère faire sa femme; et comment expliquer autrement cette idée de vacances à Meaux, une petite ville, alors qu\u2019il eût pu choisir la montagne ou la mer.Et, souvenez-vous, le jour que vous l\u2019avez reçu, il y avait ici les Agnan, Clotilde et Marie Saintive, les deux Buquet, la petite Mangin et Dolette.À son nom, Dolette releva sa tête frisée.\u2014Peuh! fit-elle avec un haussement d\u2019épaules, en voilà des idées! Mais elle était rouge jusqu\u2019aux oreilles, elle sentait une fureur subite monter en elle.Suzanne Mangin! M.Marivaux aurait remarqué cette pauvre fille dégingandée et stupide, avec ses gros yeux et son profil de mouton bélant! Allons donc! Ah! bien, elle l\u2019espérait d\u2019un goût plus délicat, plus raffiné, ce M.Marivaux élégant et distingué.Lui, se marier! Epou- ser ça! Ça, c\u2019était Suzanne Mangin.Elle lui était indifférente jusqu'à ce jour; jamais elle ne lui avait accordé une pensée même.À cette heure, elle détestait cette laide, cette sotte! Cette.cette\u2026 Chapitre X \u2014 Attention, gare au B.et le quatrié- me sur le P! Dolette sapplique, son petit front volontaire plissé par attention.Penché sur elle, M.Marivaux lui donne patiemment une leçon.La machine à écrire, ça s\u2019apprend en quinze leçons, a-t-il dit, et voici la troisième.\u2014Repos! Vous êtes une élève modèle.Un peu de sténo?M.de Massé n\u2019en croira pas ses yeux.Dolette sourit au compliment, et son sourire s\u2019accentue à la pensée que M.de Massé pourrait \u201cn\u2019en pas croire ses yeux\u201d.\u2014Vous savez, j'ai de l\u2019ambition, je veux qu\u2019il soit content, et qu\u2019il m\u2019augmente; j'ai de tels projets! \u2014En vérité! \u2026.Alors, ces grands projets?Une robe de brocart et d\u2019or?\u2014Vous n\u2019y êtes pas! C\u2019est beaucoup plus beau.\u2014Un joli bijou?La petite promène un regard inquisiteur par la salle à manger de Mme De- lage.La vieille dame n\u2019y est pas.Elle vient de les quitter.On l\u2019entend ailleurs qui fourgonne dans la cuisine et Jean, studieux, s\u2019applique sur une page d\u2019écriture.\u2014Oui, mieux que tout ça.Je rêve d\u2019aider ma vieille amie, confie-t-elle tout bas au jeune homme; je sais qu\u2019elle est très pauvre, et qu\u2019elle se prive du nécessaire souvent, pour ce petit.Alors.\u2014M.de Massé vous augmentera sûrement! Une aussi gentille secrétaire! Moi, savez-vous, si jétais lui.\u2014Si vous étiez lui?répète Dolette.\u2014Fh bien! je voudrais tout ce que vous voudriez, et c\u2019est vous qui fixeriez vos appointements et, puisque vous aimez Mme Delage, je l'aimerais et.Dolette se met a rire, mais un attendrissement la gagne.M.Marivaux doit être très bon, et sa joie de travailler serait sans mélange si, au lieu d\u2019approcher du tigre, elle demeurait sous la dépendance du jeune ingénieur.Mais le Tigre! Ah! le Tigre! \u2014Jai un peu peur, confie-t-elle.Il la rassura doucement.M.de Massé n\u2019est dépourvu ni de bonté, ni d\u2019indulgence, ni de générosité et puis, enfin, ne sera-l-il pas là, lui! \u2014Je croyais que vous demeuriez surtout à Melun?\u2026 aux usines?\u2014Oui, mais chaque jour je vois M.de Massé.\u2014 Alors, je vous verrai aussi?\u2014Naturellement! \u2014Quel bonheur! Rassurée, Dolette manifeste sa joie par cette exclamation puis, comme honteuse de s'être tant livrée, elle reprend son attitude d\u2019éléve attentive et, doucement: \u2014Puisque c\u2019est l\u2019heure de la sténo, voulez-vous dicter?Il lui semble, alors qu\u2019elle s'immobilise, yeux baissés, qu\u2019il la regarde longuement, longuement, et que son regard est doux.doux.\u2014 Voulez-vous dicter?répète la petite, qui n\u2019ose plus relever la tête, le livre est devant vous.André Marivaux ouvre le livre, lentement et comme à regret, au hasard de la page, il dicte.Depuis dix jours déjà, il est le locataire très soigné de Mme Delage.Depuis dix jours aussi, il vit dans le sillage continuel de Dolette, et il est trop franc avec lui-même pour ne pas sa vouer que la présence espérée de cette jolie jeune fille n\u2019a pas été sans l\u2019inflen- cer fortement dans le choix de sa villégiature ?Dix jours!.En Dolette, dont le charmant visage l\u2019a conquis, il découvre au- jourd\u2019hui les qualités si précieuses de bonté et de générosité.Cette enfant impulsive, violente certes, mais tout dévouement à ceux qu\u2019elle aime, d\u2019une sincérité qui lui fait détester le mensonge, il la juge encore loyale, parce que incapable de revenir sur une promesse, et généreuse, parce que toute douleur Pé- meut, soulève en elle le désir de consoler, de guérir, et c\u2019est cette enfant si vibrante et bonne, que l\u2019absurde antipathie de Mlle Ursule opprime! C\u2019est cette enfant jolie, délicate et fine qu\u2019elle ravale au rang de servante.Ah! s\u2019il peut un jour lui donner le merveilleux bonheur dont il rêve pour elle, dont il la comprend si digne.\u2014 Mademoiselle Dolette, Mlle Ursule m\u2019envoie vous prévenir qu\u2019il est temps de songer à vous habiller.Il est trois heures.\u2014C\u2019est bien, j\u2019y vais! Dolette a déjeuné chez Mme Delage, entre Jean et M.Marivaux; elle a passé des heures charmantes; seulement, au- jourd\u2019hui, il y a réunion chez Mme Agnan, et comme M.Marivaux a été prié par Mme la notairesse \u201cpour cette petite fête\u201d pour cela seulement, Dolette, de Galerie Nationale du Canada.KRIEGHOFF (1812-1872).\u2014 La ferme d\u2019un habitant canadien d\u2019autrefois.Mars 1934 bonne grâce, accompagnera Mlle Fay et sa soeur chez la bonne dame.\u2014A tout à lheure! lui dit-elle, en s\u2019éloignant avec Mariette.Mme Delage l\u2019embrasse tendrement.Mon Dieu, qu\u2019elle aime cette enfant! \u2014Un coeur d\u2019or, et déjà si durement traitée par la vie! \u2014Oui, la pauvre petite est loin d\u2019être heureuse chez sa vieille cousine.\u2014Tout y est pour cette Fanny égoïste! dit Mme Delage.\u2014Bah! il y a des revanches éclatantes, cette enfant aura son heure, assure le jeune homme qui, déja, ne songe plus qu\u2019à la rejoindre, car la maison qu\u2019éclaire de toute sa gaieté un soleil féerique lui semble à présent morne et sans joie.Il garde dans les yeux la silhouette mince et fine d\u2019une toute jeune fille qu\u2019une robe de fileté blanc à rayures noires suffisait à rendre élégante.Il parle pour lui seul, tandis que, dans sa chambre, il revêt un smoking impecéa- ble.\u2014\u2026 Elle est ravissante! Mais à qui res- semble-t-elle?A son père?Non, certes.Alors, à sa mère?Voyons, sa mère?.\u2026 Une minute, il demeure songeur; puis, brusquement, il murmure: \u2014Bah! mettons que ce soit à sa mère.Le principal, c\u2019est qu\u2019elle soit ce qu\u2019elle est, et au physique comme au moral, elle est très réussie.Quand André Marivaux franchit le seuil du salon de Mme la notairesse, il y a foule déjà.Il comprend tout de suite que \u201ccette petite fête\u201d \u2014 celle qui devait clôturer la série de ses réceptions \u2014 ainsi s\u2019était exprimée Mme Agnan, était bel et bien une grande fête.Il se félicite d\u2019avoir revêtu son smoking, malgré le condescendant avis de Fanny, laquelle ne pouvait pas le voir, et ne perdait jamais l\u2019occasion de lui témoigner son antipathie.Pensez donc, ce petit ingénieur\u2026 un pauvre diable! \u2014Le smoking n\u2019est pas de rigueur! Mme Agnan recoit aussi des gens de condition modeste, le complet-veston est tout indiqué.Elle eût été ravie que ce \u201cgarçon\u201d, qui avait le mauvais goût de lui préférer Dolette, se ridiculisit aux yeux de tous, en tous cas qu\u2019il affichât cette pan- vreté, objet de mépris pour elle! Elle en voulait d\u2019ailleurs à Mme Agnan de ce qu\u2019elle se montrât aimable avec lui.Mère préoccupée de \u201ccasser\u201d sa nombreuse progéniture, celle-ci avait repéré le petit ingénieur \u2014 un mari possible pour sa Marcelle, ou pour sa Blanche, à moins qu\u2019il préférât sa Clotilde -\u2014 et cherchait à l\u2019attirer chez elle.D'ailleurs, on commençait à prêter attention à ce grand et beau garçon, distingué, parlant bien, et sur l'avenir duquel les mères misaient avec générosité; aussi Mme de Souteyrat et, tout comme elle, Mme Saintive le disputaient-elles volontiers à Mme Agnan.\u2014Bien entendu, leurs filles sont si laides! disait avec dédain Fanny, et mal mises! \u2026 fagotées, pour tout dire! Aujourd\u2019hui, elle abordait une toilette de six cents francs et elle trônait au milieu d\u2019une dizaine de jeunes filles, qu\u2019elle écrasait de sa beauté éclatante, de sa réelle élégance.Reine parmi toutes, à peine daigna-t-elle répondre au salut de M.Marivaux, lequel se montra assez insouciant de cette piètre réception.Do- lette, en retard, et que Mlle Ursule avait tout simplement laissée \u201cvenir seule\u201d, entrait.Sa robe, qui ne lui avait pas coûté deux cents francs, était en crêpe de Chine d\u2019un mauve de fleur; décolletée à Vierge et ruchée d\u2019une gaze plus claire, elle faisait valoir la jolie ligne des épaules; ensuite, elle tombait droite sur les hanches et s\u2019agrémentait d\u2019un tablier plissée.Sa simplicité même faisait son élégance.On s\u2019est exclamé! Dolette est ravissante! Les yeux tout animés du plaisir d\u2019être belle! Un teint.Oh! un teint! une pêche en juin! et on devine la lourdeur de la chevelure frisée, et massée sur la nuque.\u201cTiens! tiens! cette petite! pensent à part soi Souteyrat no 2 et Agnan no 3, on l'avait mal vue\u201d.Fanny mord ses lèvres roses.Pourtant, elle est un peu rassurée quant à ses projets sentimentaux.Il paraît que la tante Riber ne désespère plus du tout d\u2019amener son mari et les Souteyrat à une solution rêvée. A dm Ce gage oe \u2014\u2014\u2014 ns em Mars 1934 Pour André Marivaux, déjà il a rejoint Dolette, mais c\u2019est en vain qu\u2019il escompte s\u2019occuper de sa petite amie, déjà le voici entouré.Mlle Ursule peut pérorer lorsqu'elle est seule entre Fanny, qui ne rêve que titre et fortune, et Dolette silencieuse, mais un jeune ingénieur est un parti acceptable, et on le lui prouve.Il a beaucoup voyagé, et il conte des choses si intéressantes que, bientôt, il capte toute l\u2019attention.Dolette se sent heureuse comme d\u2019un succès personnel.Jeanne Agnan, qui n\u2019a plus d\u2019illusions sur son mariage avec Tibérius, se montre tout yeux, tout oreilles.\u201cQuel jeu joue-t-elle?\u201d pense la petite avec étonnement.Elle n\u2019est pas sans remarquer, depuis quelque temps, les airs penchés de la jeune fille, ses sourires pour M.Mari- vaux.\u2014 Qu'est-ce qui lui prend?Une inquiétude mal définie, tandis que, candide et simple et si sincère, elle pense encore: \u201cEst-ce qu'elle l\u2019aimerait \u2026 qu\u2019elle l\u2019aimerait vraiment?\u201d Et, comme il narre un voyage qu\u2019il fit en Amérique du Nord, dans les solitudes glacées du Canada, et que Jeanne s\u2019écrie: \u2014Le Canada! Ah! que j'aurais voulu être avec vous! Elle la considère avec attention, cherchant la vérité dans ce cri.Mais la belle Fanny commence à donner des marques très visibles d\u2019agacement.L'attention qu\u2019on prête à ce \u201cpauvre garçon\u201d est autant de pris sur son propre triomphe.Habituée aux hommages, elle supporte mal que, près delle, un autre se défende avec succès.Aussi profite-t-elle du premier temps de repos du narrateur pour rappeler que Marcelle Agnan avait promis de chanter \u2026 Marcelle Agnan, dont la voix manquait de charme d\u2019ailleurs, l\u2019intéressait fort ce jour-là! Mais la jeune fille n\u2019ignorait pas que sa Voix n\u2019avait rien de bien remarquable et, inquiète de l\u2019insistance que témoignait Fanny à l\u2019entendre \u2014 elle qui jusqu\u2019alors avait prêté si peu d\u2019intérêt à ses vocalises, ses trilles et ses sons filés \u2014 elle n\u2019eut plus que le désir de se taire.D'ailleurs, le moment de servir le thé était venu.Jeanne et Camille Agnan, Clotilde et Marie Saintive, les cinq de Souteyrat circulérent alors par le salon, offrant thé giteaux, et créme.Bien entendu, Fanny, avec l\u2019aisance que donne l'habitude, se multipliait.Mais, pour Dolette, elle n\u2019osa pas quitter sa place.Jeanne minaudait, tendant à M.Mari- vaux une assiette de fours fins.\u2014 Vous avez accepté de Marie, allez- vous me refuser à moi?Sans grâce, Fanny, passant devant lui, proposa: \u2014Citron ou lait?I s\u2019inclina.\u2014Merci, mademoiselle, ni l\u2019un, ni l\u2019autre, j'aime le thé nature, pour lui- même.Elle le toisa: \u2014 Vous n\u2019aimez pas les choses compliquées, vous?\u2014Ah! non, certes! Leurs regards se croisérent: froids, hostiles presque d\u2019un côté, ironiques de l\u2019autre.\u2014J\u2019aime ce qui est simple et bon! \u2014 Vous n\u2019avez pas les mêmes goûts que votre patron.TI sourit, plus courtois toujours.\u2014Que si, ce sont nos goûts identiques qui nous ont faits amis.\u2014Oh! amis! M.de Massé m\u2019a semblé assez distant.\u2014Peut-être! Cependant, comme je ne suis pas tout à fait son valet de chambre.Cette fois, Fanny rougit de dépit, mais de géne aussi.Sans doute comprend-elle avoir été un peu trop loin, et vite elle ajoute: \u2014Oh! je dis cela parce que je connais M.de Massé.Il n\u2019a rien eu de cordial pour\u2026 pour moi, sa pupille cependant! André Marivaux continuait de sourire.\u2014I faut savoir lui plaire.Quand il aime, c\u2019est sans réserve.Lorsque Mlle Dolette travaillera près de lui, elle le pourra mieux juger, et moi qui le connais bien, je puis vous assurer que c\u2019est un charmant homme Oh! oui, un charmant homme! Ironique cette fois encore, il ajoute: \u2014Et puis si riche! si riche! \u2026 On es- Est-ce La Revue Populaire time sa fortune à plus de quinze millions! \u2014C\u2019est de M.Massé dont vous parlez?\u2014Oui, mademoiselle ! \u2014On dit qu\u2019il possède un château superbe, tout près de Melun ?\u2014A Moiseney, oui, mademoiselle! \u2014Ft un hôtel particulier à Paris?\u2014Avenue Portalis.\u2014C\u2019est un nabab que cet homme! La voix de Clotilde domina tous les cris; elle répéta: \u2014Un rajah! Chic alors, je veux entreprendre sa conquête! Et le choeur des jeunes filles supplia : \u2014Oh! monsieur, usez donc de votre influence auprès de M.de Massé, ame- nez-nous-le! Seule, Jeanne Agnan s\u2019abstint de réclamer le millionnaire, Jeanne Agnan et Dolette, toujours silencieuse, bien entendu.Il le remarqua, et s\u2019informa auprès de Jeanne d\u2019abord: \u2014Ft vous, mademoiselle, n\u2019avez-vous pas le désir de connaître ce héros des mille et une nuits ?Jeanne joue à la mélancolie, elle secoue son front trop bas et que voilent encore des mèches de cheveux blonds.\u2014Non, dit-elle avec un sourire, pour moi les millionnaires ne sauraient m\u2019intéresser parce qu\u2019ils sont millionnaires ; je recherche bien davantage la noblesse du coeur.Pauvre, mais généreux, intelligent et bon, voilà celui que j\u2019apprécierai.\u2014Ce sont là de nobles sentiments, dit M.Marivaux.Un pli moqueur relève imperceptiblement sa lèvres; mais Dolette lance à Jeanne des regards chargés à balle.\u201cElle est laide, laide, laide! et puis, si sotte, et puis quelle toilette! et ces yeux qu\u2019elle lui fait, c\u2019est trop bête \u2026 Ca fait trois fois qu\u2019elle le voit, et elle veut lui faire croire à un fol amour! Menteuse! menteuse! menteuse!.Suzanne Mangin est moins comédienne!\u201d Toute à son indignation, elle n\u2019entendit même pas qu\u2019il s\u2019adressait à elle, qu\u2019il lui parlait.On riait autour d\u2019elle.Alors il s\u2019approcha et, doucement: \u2014Voyons, mademoiselle Dolette, di- tes-moi si, pour vous plaire, je dois amener M.de Massé?\u2014Pour me plaire?Ah! Dieu non! Ce cri spontané le fit rire.\u2014C\u2019est à vous seule que j\u2019obéirai, dit- il presque bas.Que vous avez donc une jolie robe! Et je suis sûr que vous ne savez pas combien vous êtes la plus jolie parmi toutes ces jeunes filles! \u2014Ce n\u2019est pas possible, vous oubliez Fanny! \u2014Non, certes! Ah! mais non! Sans indulgence, il détaillait Fanny.Jolie fille, soit! mais ses yeux manquaient de douceur, sa bouche de sourire et son front d\u2019intelligence.Il la jugeait personnelle et sotte.De celle-ci, son regard va au jeune de Souteyrat, petit, étriqué dans son smoking de bonne coupe; du moins son visage exprime-t-il la plus grande bonté.Allons, Fanny épousera un bon garçon, et comme sa très petite intelligence à elle ne lui permettra pas de souffrir de la banalité intellectuelle de son mari, elle pourra être heureuse.Pour lui, c\u2019est une autre affaire.Mais M.Marivaux paraît s\u2019intéresser au bonheur de Fanny d\u2019abord.Et il murmure pour lui seul: \u2014Tout est pour le mieux, qu\u2019elle se marie! Alors, il revient à Dolette, que ses yeux découvrent à l\u2019autre bout du salon.Assise près de Mlle Ursule, elle demeure silencieuse, gênée.Ah! qu\u2019il est visible que rien, ni sympathie, ni confiance, ni habitude même ne l\u2019ont encore attachée au milieu où elle vit maintenant! Non, elle demeure une étrangère en laquelle il reconnaît à peine l\u2019enfant sensible et charmante dont il s\u2019éprend un peu plus chaque jour.Oui, dont il s\u2019éprend\u2026 C\u2019est pour elle, pour la juger de plus près, apprendre à la mieux connaître, lui qui, rebelle jusqu\u2019à ce jour au mariage, y pensa dès les premiers jours de leur rencontre, sans révolte, déjà charmé, qu\u2019il a pris pension chez la vieille Mme Delage.C\u2019est pour elle, pour ne pas perdre quelques heures de sa chère présence, qu\u2019il accepte les invitations de Mlle Ursule, et celles des \u201cdames\u201d de la ville, et pour le plaisir de la regarder, attentive et volontaire dans son désir de bien faire, qu\u2019il s\u2019est fait son professeur, qu\u2019il lui enseigne cette sténo, cette dactylo dont elle veut se servir pour gagner sa vie désormais, fierté d\u2019une petite âme vaillante, qui ne veut rien devoir à celui dont elle subit \u2014 hélas! n\u2019y est-elle pas forcée \u2014 ce qu\u2019elle nomme \u201cla charité\u201d, sans que l\u2019estime et la confiance la lui fassent douce et acceptable.La très belle Fanny n\u2019a pas de ces scrupules; facilement elle demanderait, si M.de Massé, très généreux, n\u2019allait le plus souvent au devant de ses désirs et de ses besoins.chère petite Dolette! De ses mains ouvrières, elle a créé la toilette qui l\u2019habille, une toilette bien simple, certes, mais charmante et dont la grâce simple sied si joliment à sa jeunesse, qu\u2019une ombre de jalousie passe dans les yeux de Fanny.Et cependant, que lui a-t-on remis des trois mille francs donnés par le tuteur?Cinq cents francs! L\u2019injuste tendresse de Mlle Ursule a commis cette indélicatesse.Mais qu\u2019importe, puisque Dolet- te en grandit encore dans son jugement et dans son coeur.\u2014Dolette, Mme Saintive vous entendre au violon.La petite a tressailli.Son violon, son grand ami, sa plus belle distraction! Ardemment tentée, elle hésite.Mme Sain- tive n\u2019est ni arrogante, ni hautaine avec elle.\u2014Allez donc chercher votre violon, il est resté dans le petit salon, dit Mme Agnan; en attendant, Fanny nous jouera sa symphonie de Grieg.Mais Fanny n\u2019est pas décidée, et puis, qu\u2019on l\u2019ait sollicitée après Dolette lui a déplu.Jeanne Agnan se lève alors.\u2014Puisqu\u2019on réclame de la musique, je vais vous faire entendre \u2026 tenez, du Mozart.ou du Schubert.Monsieur Ma- rivaux, du Mozart ou du Schubert?Dolette, qui allait sortir à la recherche de son violon, s\u2019arrête et écoute: \u2014Mademoiselle, pourquoi choisirais- je?Je vous remercie de votre amabilité, mais ces dames me jugeraient trés osé, de décider quoi que ce fût! Dolette sent son coeur bondir d\u2019allégresse.Cette Jeanne, elle la déteste ! Alors, Mme Agnan intervient, au secours de sa fille, laquelle, bras ballants, demeure interdite, comme devant un échec.\u2014 Mais, monsieur, puisqu\u2019on vous en prie, faites, faites, la jeunesse appelle la jeunesse.Décidez! \u2014Dans ce cas, je vous avoue, mademoiselle, que je suis féru de Mozart \u2014Moi de même.Nous voici déjà un goût commun! Tout le petit visage si mobile de Do- lette se crispe de peine.Tête basse, elle sort et ne revient pas.Jeanne, vraiment très bonne musicienne, applaudie et longuement félicitée, veut prolonger son succès.\u2014Puisque Dolette tarde a venir.Elle joue, joue, mais M.Marivaux, que l'absence de Dolette désespère, n\u2019écoute plus, les yeux braqués sur la porte; puis, la sonate terminée au milieu des bravos enthousiastes, MIle Ursule s\u2019inquiète, et Fanny ramène Dolette, une Dolette redressée soudain.\u2014Vous ne proposez rien, vous?dit Jeanne d\u2019un ton où perce un peu d\u2019ironie.Hérissée, la petite a un bref: \u2014Non! Mais déjà la mélodie l\u2019étreint, l\u2019archet chante sous ses doigts et tant de son âme, de son coeur, de son ardente jeunesse, et tout ce qu\u2019il y a en elle de pei- re, de regrets, d\u2019amertume et d\u2019incompris passe dans son jeu, et rend plus vibrante et plus humaine la sublime Réve- rie de Schumann, qu\u2019elle amène des larmes dans tous les yeux.\u2014Ah! que c\u2019est beau! Mme Saintive, que gagne une sincère émotion, essuie ses yeux de son mouchoir de batiste, et Mme Agnan, qui ne veut pas être en reste de sensibilité, avoue avec lyrisme : \u2014Cette petite.Ma foi, elle me fait pleurer! Toute fièvre tombée, Dolette est allée s\u2019asseoir à l\u2019autre bout du salon.C\u2019est là qu\u2019André Marivaux la rejoint.Comme il paraît ému et qu\u2019il est sincère lorsqu\u2019il lui assure: \u2014Mademoiselle Dolette, laissez-moi vous dire, c\u2019est trés beau.trés beau! Et, au milieu des félicitations qui tombent sur elle drues comme grêle, Dolet- désirerait 37 - La Gorge toujours prise Pharyngites \u2014 Laryngites Enrouements LE rhino-pharyngites, laryngites, sont toujours précédées d\u2019un rhume de cerveau qui s\u2019accompagne bientôt d\u2019enrouement, plus marqué le matin, de sensations de sécheresse, de picotements de la gorge, ete.Le timbre de la voix est plus bas, voilé, puis rauque.Les laryngites chroniques ont pour cause les répétitions des laryngites et des rhumes de cerveau, les catarrhes du nez et de l\u2019arrière-nez, etc.Puisque ces malaises ont tous une origine nasale, on ne peut les faire disparaître que par les soins du nez.Les malades sont immédiatement soulagés par la Nazinette, baume nasal composé d'essences végétales volatiles, qui assainit et dégage le nez, l'arrière-nez et la gorge, qui fait cesser les rhumes et préserve des maux de gorge, amygdalites, etc.nez, c'est dans le nez quil fautla vaincre.Procurez-vous un tube de 65c de Nazinetts ehez votre pharmacien ou écrivez à l'agent ganadien- G.A, Lapointe, 1690 blvd Saint- joseph, Montréal, 8p Achetez le Purgatif 5 préféré des ' femmes et des ~ jeunes filles ONADE PUR (ALM SATIVE aux sels de WVICHY Purgatif et laxatif très doux et agréable au goût.N\u2019irrite jamais l\u2019intestin.2 En vente dans les pharmacies 25C _\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 38 Un remède de Femme \u201cIl m\u2019a réellement rétablie\u201d De temps à autre, depuis 1919, j'ai pris le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.D\u2019abord, parce que j'étais épuisée, et maintenant pour l\u2019âge critique.Il m\u2019a rétablie assez pour me permettre de mieux faire ma besogne domestique.J'ai aussi à m\u2019occuper du jardin et du poulailler.\u201d\u2014Mme Frank P.Stone, Lacombe, Alberta.Ce remède prouve sa valeur, chez les jeunes comme chez les plus âgées.Prenez-en à la maturité et À la maternité, ainsi qu'à l\u2019âge moyen.700,000 femmes l\u2019ont recommandé.Le COMPOSE VEGETAL de LYDIA E.PINKHAM Employé depuis 60 ans, par les Femmes isage uné crème = passer SUT 16 Cle terminée.quel est perdre son temps.wr Appliquer de la Crème simon ue qu - me encore humide e ab \\ Epide rest lui conserver mature ont sa fraîcheur et son velo poux méthodes.eux \u20ac Deux résultats.Vous n'avez pas te choix.tez la se- Ace méthode, et la meilleure > des crèmes» lus saint gp a plus active, là POUDRE SON SAVON XJ Les Pastilles OXEASÉ, Elles soulagent vite Maux de Gorge, Toux, Rhumes, Enrouements, Irritation de la Gorge\u2014 calment les Toux de Bronchites.2 En vente dans les pharmacies 25¢ La Revue Populaire te, le coeur chaviré de joie et d\u2019orgueil, n\u2019entend plus que ces mots: \u2014C\u2019est très beau! De loin, Jeanne Agnan la regarde.Cinq mètres de surface et deux fauteuils séparent les deux jeunes filles, mais les regards franchissent tous les obstacles.Les yeux bleus de l\u2019une ont, sous l\u2019empire de la colère qui les anime, l\u2019éclat furtif et dur d\u2019une lame, mais les yeux noirs de l\u2019autre lancent des éclairs.Révolte d\u2019une âme inaccessible aux ruses, détresse d\u2019un amour qui se découvre et se croit menacé.Dolette se sent à la fois très lasse et très heureuse.La nuit, elle a mal et peu dormi et, dès le lendemain, elle doit subir les railleries et les méchants propos de Fanny.Mécontente du succès remporté par sa toilette et par son talent, celle-ci ne lui marchande pas les sarcasmes.\u2014C\u2019était pour M.Marivaux, cette belle toilette?\u2014C\u2019était pour moi, tout simplement! Et si cette toilette est une belle toilette, que dirais-je donc de la tienne qui vaut, certes, dix fois plus pour le moins.Fanny mord, de dépit, ses lèvres roses.\u2014Dix fois plus?Tu as vite fait de donner un prix aux choses.Et puis, moi, j'ai bientôt vingt-deux ans, et je vais me marier; mais, après tout, libre à toi de penser ce que tu veux! Mécontente, la belle Fanny se sentait diminuée par les succès de celle qu\u2019elle jugeait jusqu\u2019à ce jour tout juste bonne à la servir.Mais Dolette avait d\u2019autres soucis en tête.Elle-même souffrait d\u2019un terrible mal: la jalousie! Cette Jeanne Agnan, elle la détestait; sans se demander pourquoi, car rien ne la faisait s\u2019in- lerroger encore.Elle pensait seulement: \u201cQuelle effrontée! Comme elle l\u2019a accablé de ses attentions, de ses sourires, de sa présence.En voilà une qui a envie de se marier, et puis, elle a compris que Fanny lui a pris le fils de Souteyrat!\u201d Et le coeur serré, l\u2019âme en détresse, elle se répétait les paroles si simples et si catégoriques de la grosse Mme Agnan, paroles qu\u2019elle gardait présentes à la mémoire: \u2014Tiens, mais il est fort bien, ce garcon! et distingué, s\u2019il vous plaît! Un ingénieur, c\u2019est toujours quelqu\u2019un, ct qu'est-ce qui lui manque pour réussir tout comme son patron?L'argent \u2026 l\u2019argent seulement.Alors, de l'argent, qu\u2019il regarde autour de lui \u2026 des jeunes filles en ont.qu\u2019il se marie! Sans doute; et elle ne manquait ni de logique, ni de prévoyance, la grosse Mme Agnan; aussi ses déclarations étaient-elles toujours bien accueillies et faisaient loi.Depuis ce jour, Mme de Souteyrat n\u2019est que sourire pour André Marivaux.Bien que l\u2019argent n\u2019encombrât pas ses cinq filles, elle se disait que Suzanne et Blanche, les aînées, assez jolies, pouvaient faire un caprice, et il n\u2019était pas jusqu\u2019à Mme Saintive, désireuse de marier des nièces, vraiment trop modernes, et inquiétantes en définitive, jusqu\u2019à Mme Nollet, mère coquette et pressée de \u201ccaser\u201d une fille qui la vieillissait, sans oublier Mmes Lu- cinde et Callot, qui ne fissent assaut d\u2019amabilité au jeune homme ingénieur et distingué.Dolette en concevait une nervosité dont elle seule souffrait, car elle cachait jalousement ses accès de tristesse et ses larmes; mais, dans la solitude de sa chambre, quelle tempête, quelle explosion de chagrin puéril et violent.Maintenant, elle, si sauvage, acceptait les invitations, et suivait dans le \u201c\u2018monde\u201d Mlle Ursule et Fanny, elle y retrouvait M.Marivaux et, bien qu\u2019il fit, pour elle, attentionné comme un grand frére, la moindre attention à une autre, le moindre sourire répondant à quelque compliment, la laissait taciturne et prête aux larmes.Seule avec lui, chez la vieille Mme Delage, Jean jouant auprès d\u2019eux, elle devenait tout autre, détendue, confiante, si enfant et si gaie.À cet instant, elle avait l\u2019impression très nette qu\u2019il préférait sa présence à tout autre, à celle de Jeanne même, cette Jeanne détestée et ses cinq cent mille francs! Mais comment ne comprenait-elle pas encore combien elle lui était chère, combien il l\u2019aimait de tout son coeur, alors que Mme Dela- ge, depuis longtemps, connaissait le joli roman qui s\u2019ébauchait.\u2014Dolette, venez déjeuner avec nous, Jean sera si heureux.Elle ne se faisait jamais prier, et elle trouvait toujours à table le dessert qu\u2019elle aimait.\u2014Oh! je suis honteuse! chère, chère Mme Delage, il ne fallait pas acheter ce gâteau.\u2014 Mais, ma petite enfant, c\u2019est M.Ma- rivaux qui l\u2019a apporté dès qu\u2019il a su que vous acceptiez mon invitation.Rose de bonheur, Dolette s\u2019adressait alors au jeune homme.\u2014Pourquoi me gâtez-vous ainsi?il ne faut pas! \u2014Mais si, il faut.D\u2019abord, je veux tout ce que vous voulez.Et, ce jour-là, elle devait accompagner Mlle Ursule chez une \u201cdame\u201d de la ville, et son ennui n\u2019avait d\u2019égal que son humeur morose.Encouragée par cet aveu, Dolette osa questionner: \u2014Alors, bien vrai, vous voulez tout ce que je veux?Il sourit.\u2014Essayez, vous verrez ! \u2014Tout, bien vrai! \u2014Mais oui, que voulez-vous, ordonnez! \u2014FEh bien! fit la petite, hésitante et craintive, malgré la tendre invitation du jeune homme, je voudrais, si Mme Delage consent à nous accompagner, que vous me conduisiez au cimetière, sur la tombe de mon cher papa: il y a si longtemps que j'y suis allée, ma cousine ne m\u2019emmène jamais à Paris, et Mariette est trop vieille pour ce court voyage même.\u2014Mademoiselle Dolette, nous partons à l\u2019instant.Demandez à Mme Delage.\u2014De tout mon coeur, ma chère petite! Mle Ursule retapait une robe de dentelle noire, pour le soir méme; elle accorda la permission, pressée de reprendre son travail.Négligemment, Fanny demanda: \u2014Alors, tu ne seras pas de retour pour quatre heures ?\u2014Sans doute, mais ¢a m\u2019est égal! \u2014Et M.Marivaux ?\u2014Très probablement, il n\u2019y tient guère, puisqu\u2019il nous emmène à Paris.Mais, après tout, peut-être fera-t-il diligence, et sera-t-il à l\u2019heure chez Mme Saintive.\u2014La route est longue, espérons qu\u2019il n\u2019y parviendra pas ! Dolette ne releva pas l\u2019exclamation de sa soeur; elle n\u2019ignorait pas que le jeune ingénieur n\u2019était pas sympathique à Fanny et que celle-ci ne perdait jamais une occasion de le témoigner.Elle s\u2019éloigna done, quelques instants plus tard, \u2014 le temps d\u2019enfoncer sur ses cheveux frisés un petit chapeau de paille noire \u2014 elle s\u2019installait à côté de Mme Delage, dans la voiture de M.Marivaux.Jean, à l'avant, riait de plaisir.Le jeune homme conduisait de main de maître.À la porte du cimetière, Do- lette lui tendit la main.\u2014Venez, dit-elle, je voudrais que vous connaissiez la tombe de mon pauvre père, et c\u2019est près de lui que je veux vous remercier.C\u2019est tellement bon, ce que vous venez de faire.Il lui sembla qu\u2019il hésitait, mais ce fut l\u2019espace d\u2019une seconde.Résolument, il marcha à son côté.\u2014C\u2019est ici! Dolette s\u2019est agenouillée sur la simple pierre tombale qu\u2019elle fleurit d\u2019une botte de roses achetées, trente sous, tout ce qu\u2019elle possédait, à la porte du cimetière.Chapeau bas, il demeure auprès d\u2019elle Mme Delage prie.Sans doute pense-t-elle à ceux qu\u2019elle a perdus: un fils tué à la guerre, sa fille, la mère du petit Jean.Un grand silence.La journée est belle, le soleil brille, les oiseaux chantent, des fleurs partout, et pourtant une enfant pleure, reprise par sa douleur.\u2014Papa! cher papa, me voici, moi, ta petite fille.Tu vois, je t\u2019ai apporté des roses, il y en a bien peu, et tu les aimais tant, mais je vais travailler, bientôt \u2026 bientôt.Oh! alors, je fleurirai toujours ta tombe.Oh! mon petit papa, je pense à toi toujours, puisque tu me vois, tu sais bien que je dis vrai et regarde, je t\u2019ai amené des amis! André Marivaux ne se tenait plus près de Dolette; mais, toute a son triste entretien sans réponse, la petite ne voyait, n\u2019entendait rien; elle laissait parler son coeur gros de peine.Une pluie de roses qui, tout à coup s\u2019abattit sur la tombe, lui fit relever la tête.Les bras chargés de fleurs, M.Ma.Mars 1934 rivaux, à pleines mains, les dispersait sur la pierre, où brillaient les lettres d\u2019or : PIERRE BLANDIN 1868-1929 \u2014Oh! fit-elle, éperdue de reconnaissance.Il eut un geste charmant pour arrêter les remerciements et, tout bas: \u2014Puisqu\u2019il aimait tant les voyons ! roses, Chapitre XI \u2014Là, je le disais bien que tu préparais encore une toilette sensationnelle! Les lèvres serrées et les yeux durs, Fanny regarde Dolette.Cette toilette sensationnelle était une robe-chemise, en crêpe marocain gris très pâle, garnie de liberty d\u2019un ton plus foncé.C\u2019est Mme Delage qui, fouillant dans son armoire, a trouvé cette coupe de tissus, et lui en a fait présent, en remerciement de l\u2019affection que Dolette porte à Jean.Mais, en vérité, depuis quelque temps, Mme -Delage fouille volontiers dans ses armoires, et y découvre de charmantes choses.C\u2019est elle qui a donné à la fillette le petit collier de perles fines dont elle avait tant envie, et qu\u2019elle n\u2019avait pas encore pu s\u2019acheter.Fanny ne compte plus les sautoirs, les bagues et les bijoux de fantaisie que la générosité de M.de Massé lui permet\u2014générosité qui, pour Dolette, se réduit à une mince part.C\u2019est encore Mme Delage qui l\u2019a parée d\u2019une écharpe de crêpe de Chine et lui a donné un bracelet-montre \u2014 argent sur moire \u2014 la montre d\u2019une amie qui lui en a fait don, a-t-elle assuré à la petite, charmée.Dolette a beau être naïve, elle n\u2019est pas sans remarquer que les trouvailles de Mme Delage répondent singulièrement à ses souhaits, et que M.Marivaux vit en intime dans la villa de Mme De- lage.Alors.\u2014Chère madame, a-t-elle dit à la vieille dame, il ne faut pas gâter ainsi Dolette, elle est très jeune et peut attendre \u2014 une montre en or étincelait au bras de Fanny.Déjà vous la recevez à votre table et vous refusez cependant mes invitations; je ne puis tolérer plus longtemps que cette petite\u2026 Mme Delage a compris qu\u2019il lui fallait, sous peine qu\u2019on la séparât de Do- lette, accepter le diner en famille que lui offrait Mlle Ursule.Ce soir-là, M.Marivaux est également prié parmi les convives, assez réduits ceux-là, puisqu\u2019il faut seulement ajouter Mme Riquet, la vieille Mlle Clavier, et enfin Robert de Souteyrat.Jean, que tout changement dans sa vie tranquille et si régulière indispose et surexcite, a diné de bonne heure.Bertrand, le jardinier de Mlle Ursule, a accepté de demeurer auprès du petit, qui déjà repose, jusqu\u2019au retour de Mme Delage.Dîner simple, mais bien compris.Fanny n\u2019a pas daigné paraître à la cuisine, mais Dolette, en tablier bleu et manches retroussées jusqu\u2019aux coudes, s\u2019active, aide Mariette, dispose le couvert.C\u2019est dans cette tenue de petite ménagère qu\u2019elle-même ouvre la porte à Robert de Souteyrat, qui dès cinq heures est présent, en smoking dernier cri, correct et gourmé.Fanny, très belle, en robe de moire noire à bouquets mauves, un mauve qui tirerait beaucoup sur le rose, mais, à la lumière, l\u2019illusion est possible \u2026 En tout cas, cette toilette bien peu jeune fille est largement décolletée.\u201cUn diner simple\u201d, a dit Mlle Ursule, laquelle, en sévère robe marron, a plutôt l\u2019air d\u2019une femme de charge, aux côtés d\u2019une très jeune maîtresse de maison\u2026 Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019_étonnement très visible de Do- lette devant la toilette de Fanny lui a valu cette réplique: \u2014Dans quelques mois, je serai mariée; il est tout naturel, puisque je ne disposerai pas d\u2019un grand budget de toilette, que je choisisse dès maintenant mes robes pour jeune femme.\u201cElle a raison\u201d, a pensé Dolette, non sans tristesse cependant.Sans plus de critique, elle s\u2019est remise à son travail, c\u2019est-à-dire à son dîner, dont elle seule a composé le menu, selon les goûts de sa vieille amie et\u2026 un peu aussi, selon ceux de M.Marivaux. ame Shee ee rs AE re SR TI tT YIN ES TS pp 0e Ry eal Mars 1934 Il y avait un potage vert-pré, des soles au vin de Chablis \u2014 difficiles à réussir, mais elle avait, le matin même, acheté quatre soles de belle taille qui lui donnaient d\u2019épais filets, des poulets de grain en cocotte et des asperges à l\u2019étuvée; enfin, une bavaroise aux fraises qu\u2019elle réussissait à merveille.Ce n\u2019est pas qu\u2019à part soi Mlle Ursule ne rendit hommage à l\u2019aide appréciable que Dolette apportait à son rôle de mai- tresse de maison; Fanny n\u2019était là que pour briller; elle embellissait, elle rehaussait de sa présence le cadre un peu désuet de cet intérieur de vieille fille provinciale, mais, ceci fait, elle n\u2019existait plus, et elle eût été aussi incapable d\u2019édifier un menu que de cuire à point un poulet et de disposer une table.Ainsi, que deviendrait-elle, sans fortune, pourvue d\u2019un très mince budget, si Robert de Souteyrat, forçant la volonté paternelle, la mettait en demeure de diriger sa propre maison?Mlle Ursule n\u2019y songeait guère, et nos jeunes gens moins encore; ils en étaient à leurs rêves amoureux, et si le premier obstacle dressé à la réalisation de leur bonheur les avait l\u2019un et l\u2019autre inquiétés, l\u2019espoir du triomphe final les consolait aujourd\u2019hui.Impatient de contempler sa chère Fanny, et charmé de la trouver plus jolie que jamais, Robert de Souteyrat s\u2019isola avec elle, dans le salon; cependant que, pressée, Dolette dressait la table.- \u2014Est-ce que Marivaux n\u2019est pas des nôtres, ce soir?demanda soudain le futur avoué.\u2014Il me semble, dit Fanny, qui voulait toujours ignorer ce qui touchait à ce garçon qu\u2019elle détestait instinctivement, sans motif.\u2014Je viens de le croiser, dans la direction de Paris.\u2014Qu\u2019il y reste! je le trouve commun et trop bruyant, ce grand et fort garçon! Robert prit la réflexion pour un compliment à son adresse.Il n\u2019était, hélas! ni fort, ni grand.Il prit dans les siennes la main de sa chère Fanny: \u2014C\u2019est vrai qu\u2019il me déplait joliment à moi aussi; et puis, si peu de recherche dans sa tenue, sans doute n\u2019est-il pas riche; mais ses vêtements manquent d\u2019élégance, sinon de fraicheur! \u2014Tout est bien lorsqu\u2019il s\u2019agit de lui, c\u2019est un orgueilleux! \u2014Ah! ça! Robert de Souteyrat bombe sa poitrine étroite.\u2014Un orgueilleux, c\u2019est le mot.Un fend-l\u2019air! En paroles, il a toutes les audaces, tous les courages.Mais, bah! je Pattends, lui et sa valeur, en présence d\u2019un danger réel.Il a bien la tête du monsieur qui se dégonfle à la première alerte; et, sans faire de belles phrases, je suis d\u2019une autre race.Dolette, qui, je l\u2019ai dit, dressait le couvert, écoutait, soulevée d\u2019indignation, les paroles échangées.\u2019 Antipathique et vulgaire, M.Mari.vaux ! ! ! Quel mensonge, quelle mauvaise foi! Et ce gringalet qui osait s\u2019opposer à lui.Joli, l'homme du monde, le distingué de Souteyrat.Ce \u201cde\u201d n\u2019ajoutait rien à sa toute petite allure, ce \u201cde\u201d ne lui donnait ni prestance, ni esprit, et pour du courage \u2026 Ah! non, elle le jugeait d\u2019après sa conduite même, assez lâche et ami de la paix, pour laquelle il saerifiait volontiers ses opinions et ses sympathies mêmes.De temps en temps, passant devant la porte.laissée à dessein grande ouverte \u2014 Mlle Fay trouvait cela plus convenable\u2014- Dolette lançait dans la direction du tendre couple un furtif regard.Elle voyait Tibérius debout et pérorant, avec des des petits gestes étriqués et ses bras courts semblaient rouler dans les manches de son smoking.\u201cEt c\u2019est lui, lui ce raté, qui discourt sur M.Marivaux! Il ne manque pas d\u2019audace, le fils de Soutevrat, c\u2019est même la seule audace qu\u2019il ait.Et puis, c\u2019est trop bête, assez pensé à lui.Le couvert est mis, je vais m\u2019habiller.Pourvu que M.Marivaux ne manque pas ce diner, il est gourmand de soles et j'ai si bien réussi celles de ce soir.Que faisait-il sur la route de Paris, cette après-midi?Je suis contente que la cousine n\u2019ait pas invité Jeanne Agnan.Ça m'aurait gâté tout mon plaisir.Tout en s\u2019habillant, Dolette songeait, sa pensée active allait, allait, et l\u2019empor- lait loin de l\u2019heure présente.Elle se La Revue Populaire revoyait maintenant, petite, du temps que son père vivait, et que Fanny l\u2019aimait bien.A présent, elle en était certaine, sa soeur ne l\u2019aimait plus du tout; et, triste de cette certitude, elle accusait le \u201craté\u201d de les avoir divisées, d\u2019avoir accaparé \u2014 pauvre innocente qui ne comprenait pas le monstrueux égoïsme de Fanny \u2014 tout le coeur de sa soeur.\u201cD'ailleurs, ils n\u2019aiment plus qu\u2019eux seuls.Est-ce donc ainsi quand on aime?\u201d Ensuite, tandis qu\u2019elle fermait sur son cou un petit collier de perles, elle pensa: \u201cEt qu'\u2019est-ce qui fait qu\u2019on vous aime ?\u201d : La beauté de Fanny lui assurait la conquête d\u2019un coeur.Mais lui, le raté ?Fanny paraissait l\u2019aimer\u2026 Alors?Pourquoi, à cet instant, le mâle et beau visage de M.Marivaux passa-t-il devant ses yeux ?\u201cAh! celui-là.\u201d Et, l\u2019âme chavirée de peine, elle pensa à Jeanne, Jeanne riche, éprise du jeune ingénieur.Une belle dot: cinq cent mille francs! Il était en droit d\u2019y prétendre, et cela lui permettrait d\u2019atteindre à la réussite, à la renommée, à la fortune \u2026 .\u2014Mademoiselle, Mme Delage traverse le jardin.\u2014Ah! mon Dieu! Du coup, Dolette se presse.La vieille Mme Delage arrivait, en effet, puis ce fut Mlle Clavier et, comme le timbre électrique résonnait pour la troisième fois, Dolette sentit son coeur battre plus fort: \u201cC\u2019est lui\u201d, pensa-t-elle alors.C\u2019était lui, en effet.MIle Ursule mi naude en lui tendant la main: \u2014Comme c\u2019est aimable à vous, cher monsieur.Fanny l'accueil d\u2019un signe de tête, et le raté, comme dit Dolette, lui tend une main molle qui tout de suite se dérobe.\u2014 Bonjour, restez donc assis.Robert ne s\u2019était pas levé et M.Ma- rivaux ironisait volontiers.Toutefois, sa potgnée de main franche et rude ébranle sur son siège le futur époux de Fanny.Il sourit, narquois, mais il apporte à Dolette un livre qu\u2019elle désirait: le Journal de Marguerite Plantin, de Jean Bertheroy.\u2014Où donc vous l\u2019êtes-vous procuré?questionne la vieille Mlle Clavier, il n\u2019est pas dans Meaux: j'ai dû le faire venir de chez l\u2019éditeur.\u2014Aussi n\u2019est-ce pas ici que je l'ai cherché; à Paris, je l\u2019ai eu tout de suite.A Paris, il est allé jusqu\u2019à Paris pour un livre qu\u2019elle désirait lire.Dolette rougit de plaisir; elle rougit davantage lorsque ses yeux rencontrent le regard un peu sournois et ironique de Fanny.Le dîner, très réussi, vaut à Mlle Ursule des compliments, des félicitations, qu\u2019elle garde pour elle seule, alors qu\u2019en vérité Dolette eût dû en recueillir la plus grande part.Mais ceux qu\u2019elle aime et pour lesquels elle a soigné \u201cses plats\u201d savent ce qu\u2019il en est.et cela lui paraît suffisant, et comme on est passé au salon pour le café, Mariette accourt: \u2014I1 y a là un monsieur qui demande Mme Delage.Elle n\u2019a pas le temps d\u2019en dire davantage; elle est violemment écartée de la porte et, dans l\u2019embrasure, un homme paraît, un homme dans lequelle Mlle Clavier reconnaît l\u2019homme à la casquette qui, le mois dernier.s\u2019informait de Padresse de la vieille Mme Delage.11 a l\u2019air arrogant et mauvais.Un rictus plisse sa bouche dure.\u2014Allons, fait-il sans paraître gêné par le décor nouveau pour lui et les convives qui tous le regardent, plus stupéfaits que charmés, est-re pour aujour- d\u2019hui on pour demain, j\u2019en ai assez d\u2019attendre?Plus blanche qu\u2019une morte, Mme De- lage semble de marbre sur son siège, seules ses mains, agitées d\u2019un frisson, révèlent son émotion.sa terreur.Il s\u2019avance et répète: \u2014Je vous l\u2019ai déjà dit, c\u2019est d\u2019l\u2019argent ou l\u2019gosse, à vous de choisir.\u2014Mon Dieu, protégez-moi, balbutie la pauvre femme.\u2014Cet et individu ici! Robert de Soutevrat fait preuve d\u2019un écoeurement si visible que l\u2019audace de l\u2019intrus s\u2019anime de fureur.\u2014De quoi?fait-il menaçant, en avan- cant d\u2019un pas dans la direction du jeune \u20ac homme qui, du coup, recule et semble chercher un abri derrière Fanny.Mais M.Marivaux s\u2019est levé et, apaisant d\u2019un geste la vieille Mme Delage, il s\u2019élance vers l\u2019homme et le mesurant du regard: \u2014Et d\u2019abord, chapeau bas, fait-il en lui envoyant sa casquette à deux pas de Tui et, ensuite, pas sur ce ton.Qu'est-ce qu\u2019il y a?\u2014Je veux parler à celle-là, je veux lui dire.\u2014Taisez-vous, crie d\u2019une voix mourante Mme Delage, comment avez-vous osé venir\u2026 venir jusqu\u2019ici?Comment.\u2014Hé! je suis d\u2019abord allé là-bas.Mais je n\u2019ai trouvé qu\u2019un vieux qui m\u2019a envoyé ici.Alors, comme je suis pressé.pas besoin de faire tant de chichis, passez-moi la galette, et je file.\u2014Je\u2026 je n\u2019ai\u2026 pas\u2026 je ne peux pas.L\u2019homme, furieux, menaça du poing.\u2014C\u2019est bon, j'aurai l\u2019gosse alors.La vieille Mme Delage était tombée à genoux.\u2014Non, non, supplia-t-elle.Non, allez- vous-en\u2026 Oh! c\u2019est assez de me torturer, me martyriser.C\u2019est assez.je ne veux pas.\u2014Je l\u2019aurai .je l\u2019aurai \u2026 pas Gordon pour rien \u2026 \u2014On vous a dit de sortir.Cette fois, d\u2019une poussée, André Ma- rivaux avait bousculé l\u2019intrus.Face à face une seconde, les deux hommes se mesurèrent, puis Gordon, animé de fureur, leva le poing.\u2014Aitention! cria Robert, il va vous tuer.Au secours! \u2014 Vous, là-bas, du calme; et pour vous, lPhomme, rentrez les poings, ou je sors les miens.c\u2019est dit: allons, hors d\u2019ici! \u2014Pas avant que vous sachiez qu\u2019elle me vole mon enfant! \u2014 Quelle honte! Dans les bras de Dolette, Mme Delage sanglotait.\u2014 Quelle honte! Ah! vous devez savoir: c\u2019est lui que je fuis, lui pour lequel je me cache, il me martyrisait.Mon petit Jean, le fils de ma fille, il veut me le prendre, et je suis si faible et si seule \u2026 le misérable! \u2014Elle me vole mon enfant! \u2014Allez-vous vous en aller, à la fin! Marivaux, furieux, prit l\u2019homme par les épaules.\u2014Et plus vite que ça encore! \u2014Ne me touchez pas ou je fais un malheur.Pour toute réponse, il l\u2019accula contre la porte.\u2014 Ah! le misérable, soupirait Mme Delage; oui, cet homme fut le mari de ma fille.Il la fit mourir de chagrin; par lui, sa fille, un bébé de quelques mois, trouva une mort tragique, un drame affreux.Jean fut le témoin terrifié, il y perdit la parole.Le tribunal a déchu cet homme de sa puissance paternelle et m\u2019a confié l\u2019enfant, mon petit Jean.Mais depuis, partout, partout, il me poursuit et me menace de m\u2019enlever l\u2019enfant, et s'enfuir avec lui.Alors, par faiblesse, je lui ai d'abord donné de l\u2019argent, espérant obtenir la paix.Mais non, toujours I] revient, toujours il me retrouve.Je me cache, je m\u2019isole; cet homme est le diable, il reparaît.Ah! c\u2019est affreux, c\u2019est affreux, je suis brisée.Cyniquement, l\u2019homme la brava.\u2014Eh bien! oui, de l\u2019argent, je veux de Pargent.\u2014Et vous n\u2019en aurez pas, vous n\u2019en aurez plus jamais, entendez-vous, c\u2019est moi qui vous le dis.Et maintenant, allez- vous-en, et ne revenez pas, ne revenez jamais, c\u2019est le conseil que je vous donne.Par ici, allons, par ici! \u2014Toi, attrape ça! Marivaux évita le poing de la brute.Mais alors, calme en apparence, car sa colère se devinait au frémissement de ses lèvres, il le ceintura brusquement puis, l\u2019enlevant avec autant d\u2019aisance qu\u2019il eût soulevé un enfant, semblait-il, il le porta jusqu\u2019à l\u2019entrée de la maison et, d\u2019une poussée, lui fit dégringoler les quatre marches du perron; enfin, dans le jardin où il le suivit, il lui administra, avant que l\u2019autre eût eu seulement repris ses esprits, une si magistrale volée que, pantelant, l\u2019homme suppliait: \u2014Assez!.Ah! assez! A la fois curieux et rassuré, Robert de Souteyrat avait suivi le groupe.Il trépignait d\u2019aise.je ne suis 39 Un couvre-pieds primé fait de sacs a grains | \" \\ y Dans une modeste demeure de l\u2019Ontario, il y a un couvre-pieds célèbre \u2014 un couvre-pieds si joli qu\u2019il a obtenu des prix dans plusieurs expositions.Et le plus étonnant c\u2019est qu\u2019il est fait de vulgaires sacs à grains.Mais laissons l'artisane, Mme S., en parler elle-même: \u2018Oui, je fais tous mes couvre-pieds et mes tapis crochetés avec des sacs à grains car je n'ai pas les moyens d'acheter du matériel neuf.Je les teins moi-même.Comment puis-je obtenir des couleurs aussi belles?En employant les meilleures teintures qui existent \u2014 les Teintures Diamond.Des teintures communes ne sont jamais économiques et seules les Diamond me donnent les couleurs artistiques que je désire Ün paquet de Diamond me fournit plusieurs teintes différentes; comme vous voyez, il est peu dispendieux.\u201d Selon Mme S., des teintures communes ne sont jamais économiques! Les Teintures Diamond contiennent plus que toute autre la plus belle qualité de colorant à l\u2019aniline.C\u2019est le secret de leur couleur riche et solide.Aucune tache, aucune partie terne; couleur uniforme partout.Couleurs lustrées, vives \u2014 comme dans les tissus neufs! Pour obtenir, par ébullition, d2 jolies couleurs permanentes, n\u2019employez que les Teintures Diamond.Et pour de belles teintes légères, sans ébullition, employez les Teintes Diamond \u2014 pour vos soieries de l'été.Rappelez-vous qu'aucun colorant n\u2019égale les Teintures Diamond et les Teintes Diamond! 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Quel individu, quelle audace! Il connaîtra comment je m'appelle.Dès demain, je ferai une déclaration au commissaire.\u2014Pas besoin de commissaire, dit Ma- rivaux qui, enfin calmé, arrêtait ses poings.Allez, debout et dehors.Une minute pour quitter la maison et un quart d\u2019heure pour fuir à jamais le pays.Passé ce délai, nous nous retrouverons.C\u2019est compris?Mariette accourait, rapportant la casquette de la brute.Marivaux la lui jeta, au delà de la grille.\u2014Tiens, ta loque, et souviens-toi.L'homme fuyait sans un mot, sans un regard, dompté sans nul doute.Marivaux rentra au salon.\u2014Soyez rassurée, chére madame, vous en voila définitivement débarrassée.\u2014 Vous avez été admirable, dit Mlle Ursule, vraiment émerveillée.\u2014Admirable! répéta la vieille demoiselle Clavier.\u2018 Pour Robert de Souteyrat, il s\u2019exclama convaincu: \u2014Sapristi, vous avez pris des leçons de boxe, vous! Il rit, très amusé: \u2014Moi, des leçons de boxe, je n\u2019en ai pas eu le temps! \u2014Tellement occupé?\u2014 Ah! certes, oui, ma jeunesse fut la plus sérieuse et la plus occupée des jeunesses.Contrairement a son habitude, Fanny n\u2019eut à l\u2019adresse du jeune homme ni sourire ironique, ni paroles acerbes.Silencieusement, à la dérobée, elle le regardait; elle subissait le charme de ce courage tranquille et fort, et elle se disait qu\u2019il serait doux à une femme d\u2019abriter près de lui sa faiblesse, son inexpérience.Certes, il devait être un maître autoritaire, mais tendre et doux, elle n\u2019en doutait pas et, involontairement, son regard allait à Robert, Robert sorti de l\u2019ombre avec le danger qui fuyait, Robert qui, tout à l\u2019heure, semblait presque lui demander protection.Ah! qu\u2019il perdait, à cet instant, non dans son coeur\u2014 Fanny n\u2019aimait qu\u2019elle \u2014 mais dans son esprit, dans son jugement, du prestige que M.Marivaux y gagnait.Pourtant, son ambition dissipa vite ce pénible malaise.Elle soupira: Robert était de noble et vieille famille, sa situation sociale suffisamment relevée.L'autre n\u2019était qu\u2019un petit bourgeois, un petit nom, un petit ingénieur, une petite aisance\u2026 il conviendrait à Dolette et ne saurait prétendre a sa main.3 sa main.Avee quel dédain elle eiit repoussé ses avances.Avec quel secret regret aussi peut- être.Bah! qu\u2019allait-elle penser?Son choix n\u2019était-il pas fait?Robert de Sou- teyrat représentait pour elle le mari inespéré.Quelle l\u2019eût préféré plus grand, plus courageux, plus homme en un mot, ne regardait qu\u2019elle, et le fond de son coeur.S\u2019adressant au jeune bomme, elle assura: \u2014Cet individu sentait le vin, c\u2019est écoeurant.Ouvrez la fenêtre, je vous prie.Brisée de honte et de chagrin, la vieille Mme Delage se levait.Dolette lui mit affectueusement les bras autour du cou: \u2014Ne pleurez plus, supplia-t-elle, qu\u2019avez-vous à craindre, maintenant que M.Marivaux est près de vous?Chagrin, émotion, amour qui éblouit peut-être.Sans même voir la main tendue de Marivaux qui prend congé, Do- lette s\u2019enfuit, avec une brusque montée de larmes.Chapitre XII Avec la mi-septembre, on rentre, on commence de rentrer, et la comtesse de Villefleur, de retour de Deauville, décide, d\u2019accord avec les dames du comité, de donner une féte de charité au profit de l\u2019oeuvre de \u201cla main ouverte\u201d, qu\u2019elle dirige avec un inlassable dévouement, etc., etc.Le parc de sa belle villa servira de cadre à cette fête, sur laquelle on discute en petit, puis en grand comité.Il y aura des comptoirs très variés, des manèges, des jeux, et même un théâtre.Enfin, une tombola, oh! une tombola superbe.Tous les dons, argent ou nature, seront acceptés avec reconnaissance, bien entendu.Bien entendu aussi, Fanny trônera à un comptoir, l\u2019un des plus intérez sants: celui de l\u2019alimentation.Payer cinquante francs un éventail de papier colorié ou un coupe-papier en bois laqué ou encore un couvre-Jlivre d\u2019un goût douteux hein! \u2026 quelle que soit la générosité désintéressée des visiteurs, c\u2019est, disons le mot, assez désagréable; tandis qu\u2019un kilogramme de café, une boîte de bonbons de chocolat, du homard en conserve ou de l\u2019ananas en tranches, on s\u2019y retrouve encore.Aussi Fanny, qui entend atteindre à la plus haute recette, a-t-elle sollicité et obtenu d\u2019emblée ce comptoir, où elle vendra en compagnie de Blanche et Colette Agnan, les numéros 7 et 8 de la famille, de Robert de Souteyrat et de Rikiki Lino, un infernal gamin de treize ans.Jeanne et Camille Agnan seront aux cigares et cigarettes, Andrée de Soutey- rat et Marie Saintive, aux objets de Paris, Suzanne de Souteyrat et deux de ses meilleures amies aux fleurs; pour Clotilde Saintive, elle vendra des ouvrages de dames, etc., etc.Personne n\u2019a pensé à Dolette, et Fanny, pas plus que Mlle Ursule, n\u2019a eu l\u2019idée que cette fête pût être une distraction pour cette enfant si sevrée de plaisirs.Avec une parfaite indifférence d\u2019ailleurs, la petite a écouté parler de la fête qui se préparait, en vanter l\u2019aménagement, nommer les vendeuses \u2026 Seulement, il y a quelques jours, Jeanne Agnan a eu pour M.Marivaux un regard, oh! un regard et des paroles tellement aimables qu\u2019elles ont soulevé une tempête dans le coeur de Dolete.CORNELIUS KRIEGHOFF (1812-1872).\u2014 Les Anciens Canadiens.Ce tableau appartient à la Galerie Nationale du Canada qui vient d'organiser une très intéressante exposition des oeuvres de ce peintre à Ottawa, Toronto et Montréal.Mars 1934 Monsieur Marivaux, je suis aux cigares, moi, je vendrai d\u2019exquis londrès, des havanes parfumés, et des cigarettes d\u2019Orient.J'espère que vous viendrez me faire une petite visite?André Marivaux s\u2019est incliné avec la plus grande courtoisie.\u2014 Mademoiselle, bien que je ne fume pas, je me ferai un devoir et un plaisir de vous demander quelques cigares pour mes amis.Sans même se dire qu\u2019ayant été reçu par Mme Agnan durant ces derniers mois, le jeune ingénieur ne pouvait pas décliner cette invitation, Dolette a rougi, puis pâli.Enfin, bouleversée et triste, car sa jalousie est sans mesure, elle s\u2019est renfermée dans un silence qu\u2019il n\u2019a pas été long à remarquer.\u2014Ft vous, mademoiselle Dolette, où devrai-je porter mon obole?Dolette ne sait pas encore discipliner ses chagrins.Sa peine l\u2019étouffe, elle ne peut plus parler.\u2014Dolette est bien trop jeune pour figurer à un comptoir, dit Mlle Ursule; dle vient d\u2019atteindre ses dix-sept ans, c\u2019est trop tôt pour faire figure dans le monde.\u2014Oh! une fête de charité! Cependant, pourquoi?Comment?on ne sait trop, la comtesse de Villefleur a tout à coup réclamé Dolette.Cette petite, qui est ravissante, cette petite qui\u2026 cette petite que\u2026 \u2014Ce sera la plus jolie de nos vendeuses, déclare la comtesse, il faut lui trouver un comptoir.\u2014Elle perd la tête, a dit, le soir, à la table familiale, Mlle Ursule, ça l\u2019a prise tout d\u2019un coup, cette tendresse pour Do- lette, et cette admiration, je vous demande un peu.Cependant, comment refuser?Ou peut lui faire savoir que vous n\u2019y tenez guère, Mais, cette fois, Dolette s\u2019est rebiffée.\u2014Je vous demande pardon, j'y tiens beaucoup, au contraire! \u2014Mais vous n\u2019avez pas de toilette.\u2014J\u2019en aurai une.Je sais bien que Fanny va demander de l\u2019argent à notre tuteur; s\u2019il envoie pour l\u2019une, il enverra pour l\u2019autre.Alors, Mlle Ursule ricane: \u2014Tiens, tiens, 4 ce que je vois, l\u2019argent de M.de Massé ne vous est plus odieux, a cette heure; en tous cas, comme il n\u2019est pas généreux, je ne sais pas si vous aurez de quoi vous acheter robe, chapeau, chaussures, gants, etc.; mais, après tout, pour l\u2019emploi qui vous est attribué, ce sera toujours assez bien, et libre à vous d\u2019accepter le role de.de.cuisinière.Vous vendrez des gaufres avec un chef venu exprès de Paris.Des gaufres! Une gaufre, ça vaut quinze sous\u2026 comment faire un chiffre d\u2019affaires avec des gaufres?Mais, après tout, qu\u2019importait à Dolette! le principal est qu\u2019elle tint boutique, qu\u2019elle pa- rût à la fête.Et tout en confessant sa joie à la bonne Mme Delage, elle s\u2019attristait cependant a la pensée que Fanny, que Jeanne \u2014 ah! que Fanny fit parée, elle s\u2019en souciait peu et Jeanne seule l\u2019inquiétait; mais, pour cacher son souci permanent, elles les nommait toutes \u2014 seraient élégantes, tandis qu\u2019elle.\u2014Ce n\u2019est pas que mon tuteur n\u2019envoie grandement ce qu\u2019il nous faut, di- sait-elle, mais ma cousine ne songe guère à moi, et garde les trois quarts de la somme pour Fanny.\u2014Ma pauvre petit fille, comme on est injuste et égoïste autour de vous! \u2014Oh! je n\u2019en souffre plus aujourd\u2019hui.il est même des moments où je m\u2019étonne du silence de mon coeur.J\u2019aimais tant Fanny autrefois, je la croyais si bonne.bonne; ah! non, elle n\u2019aime personne, pas méme son fiancé, tenez; ah! que c\u2019est mal tout cela, que c\u2019est mal! Une semaine plus tard, Dolette regut des mains de Mlle Ursule trois billets de cent francs.\u2014La moitié de la somme envoyée par M.de Massé, lui dit-elle avec aplomb.Voyez avec Mme Delage ce que vous pourrez faire; moi, j'aiderai Fanny, mais je ne puis faire davantage.Trois cents francs! Dolette, on le sait, n\u2019était pas dupe de ce mensonges d\u2019ailleurs, depuis la veille, elle savait, par M.Marivaux, que leur tuteur avait adressé deux mille francs à Mlle Fay.Trois cents francs!\u2026 Mis au courant du fait par Mme Delage, le jeune homme s\u2019indigna: Mars 1934 \u2014Laissez-moi parler à M.de Massé.dit-il à Dolette dès qu\u2019il la vit, laissez- moi lui apprendre.Mais la petite, navrée, que sa vieille amie eût parlé, supplia qu\u2019il n\u2019en fit rien.\u2014Si ça allait l\u2019indisposer contre Fanny, je ne veux pas.\u2014Vous êtes mille fois trop bonne.Le \u201chasard\u201d, d\u2019ailleurs, se chargea d\u2019arranger les choses.Les armoires de Mme Delage semblaient inépuisables; on eût dit qu\u2019une bonne fée se chargeait de les remplir à mesure qu\u2019elles se vidaient\u2026 de tout ce que désirait Dolette.En rangeant du linge, la grand\u2019mère du petit Jean découvrit une adorable toilette de tulle gris, sur un transparent argent.\u2014Une robe à ma fille, dit-elle \u2014 elle ne l\u2019a jamais portée \u2014 qui donc en eût douté à contempler sa fraîcheur, et sa.nouveauté \u2014 elle l\u2019avait achetée à la veille de la mort de mon pauvre fils, une mort tellement prématurée, hélas! Ma chère enfant avait exactement votre taille \u2014 le fait est que la robe allait à la petite comme un gant, \u2014 Dolette, faites- moi le plaisir de l\u2019accepter.\u2014Non, dit l\u2019enfant qui regardait émerveillée, sans songer à s\u2019étonner de ce merveilleux hasard, non, si j'avais pu vous Pacheter, sans doute l\u2019aurais-je fait, mais je n\u2019ai que trois cents francs.\u2014Eh bien! donnez-les moi, et nous achèterons cependant un chapeau.Pour les chaussures en lamé, les voici, je suis sûre qu\u2019elles vous iront comme un gant.Rien n\u2019était plus certain.Etourdie de bonheur, Dolette acceptait sans s\u2019étonner que tout se réalisäât selon son rêve, que la robe vieille de plusieurs années se trouvât être à la dernière mode, les souliers de la plus grande fraîcheur, les gants impeccables\u2026 Chez la modiste, elle choisit une capeline de tulle si bien assortie à celui de la robe qu\u2019on eût pu croire qu\u2019il venait de la même coupe.Mme Delage lui fit, avec de la mousseline de soie banche, un tablier de soubrette d\u2019opéra-comique.Ainsi parée, Dolete était ravissante et pas une des jeunes filles présentes à la fête ne pouvait rivaliser de beauté et d\u2019élégance avec elle.La très belle Fanny trônait cependant au milieu d\u2019une véritable cour d\u2019admirateurs, et bien que Robert de Souteyrat disparût presque derrière sa superbe prestance, chacun l\u2019enviait et le jalousait.Le comptoir des tabacs, tenu par Jeanne Agnan était des mieux aménagés, il écrasait par ses dimensions, sa décoration et son étalage, la modeste baraque où, près d\u2019une multitude de mignonnea assiettes roses, se tenait Dolette en tablier de mousseline de soie blanche.Pourtant, son succès dépassa toutes ses espérances; on faisait queue pour recevoir une gaufre de ses jolies mains, et sa recette, l\u2019une des plus brillantes, lui attira, après les compliments de la comtesse de Villefleur, une méchante ré flexion de Fanny.\u2014Parbleu, M.Marivaux a dû se saigner aux quatre veines pour te remettre une belle somme.\u2014Oh! ma plus belle obole ne vient pas de M.Marivaux, dit la petite, qui rayonmait; j'ai reçu dix mille franca d\u2019un seul visiteur.\u2014Quel visiteur ?\u2014IÏ est étranger au pays, car je ne le connais pas.\u2014Et comment était-il, je vous prie ?A la description de \u201cl\u2019étranger\u201d que fit Dolette Mlle Ursule pinça ses lèvres minces.\u2014II me semble que voilà tout le portrait de M.de Massé, dit-elle.Mais Fanny, révoltée, se récria: \u2014M.de Massé! \u2026 Mais pourquoi s\u2019en serait-il tenu à visiter le comptoir de Dolette?J'ai toutes les raisons de croire que je l\u2019intéresse au moins pareillement.\u2014Ça, ma chère, ne comprenez-vous pas que l\u2019influence de M.Marivaux le fera obliquer du côté de Dolette?\u2014Eh bien nous verrons.Fanny relevait, dans un geste de défi sa jolie tête blonde, et elle lançait à Dolette un regard tout chargé de jalousie.\u2014Vous n'avez pas été adroite avec ce garçon, assura Mlle Ursule, je vous l\u2019ai dit maintes et maintes fois; même s\u2019il vous était antipathique, il fallait forcer votre caractère.Certes, il me déplait au La Revue Populaire moins autant qu\u2019à vous, et je n\u2019en fait rien paraître cependant.\u2014Pour moi, ce n\u2019est pas possible, fit Fanny, la voix âpre.Ce M.Marivaux, je le déteste; il joue au héros de roman, il est comme les autres, après tout, un coureur de dot, voilà tout.Il n\u2019a pas quitté Jeanne Agnan de la soirée, et je lui ai entendu débiter plus de compliments en une heure que ne lui en fer1 jamais un fiancé.Mais, après tout, sont- ils fiancés depuis ce soir.Il se sera dit que quelques centaines de mille francs valent bien un visage pâle.Fanny eût pu parler longtemps encore, Dolette ne l\u2019écoutait plus, toute sa joie était tombée et les mots cruels de sa soeur, les mots mensongers que lui avait seulement dictés une jalousie aveugle, demeuraient seuls dans sa pensée.\u2014Cinq cent mille francs de dot! Jeanne Agnan! Ah! oui, et elle, Dolette, est si pauvre! elle n\u2019a rien, rien que son amour et sa vaillance! Réfugiée dans sa chambre, où elle s\u2019est enfermée à double tour, pour demeurer seule avec sa peine, sans témoin de ses larmes, Dolette, qui sait maintenant combien de tout son coeur, de toute son âme, elle est à M.Marivaux, gémit et sanglote.\u2014I1 ne m\u2019aime pas.il ne m'aime pas! Et puis, le souvenir des mots trés doux qu\u2019il a pour elle, des attentions dont il l\u2019entoure, des prévenances qu\u2019il lui prodigue, l\u2019éblouit.\u2014Pourtant \u2026 pourtant?Toute une espérance la pénètre.Hier, ce matin encore, de toute sa ferveur, elle croyait, elle attendait, l\u2019aveu lui semblait si proche; déjà, elle y répondait.Sa femme! Ah! que la question situation, argent, pesait peu à son âme.Dolette se sentait forte, elle travaillerait de tout son courage, ne voulait-elle pas le seconder?Le beau mariage de Fanny, la dot que M.de Massé donnerait peut-être la laissaient indifférente, mais que M.Mari- vaux l\u2019aimât comme elle l\u2019aimait, c\u2019était là le grand, l\u2019unique bonheur auquel elle aspirait.Cinq cent mille francs, premier apport pour établir l\u2019usine\u2026.Oh! ne plus penser, ne plus penser à rien.Une volonté d\u2019énergie a mis Do- lette debout.Allons, elle va travailler, s\u2019étourdir, ranger autour d\u2019elle.Tout est en désordre, ses souvenirs d\u2019abord.Là, dans cette commode, elle a des lettres d\u2019amies à répondre, des cartes postales à disposer dans son album, toute une enveloppe de timbres à ajouter à sa collection c\u2019est lui qui les lui a donnés \u2014 et puis aussi, classer sa musique.Tout est sens dessus dessous.Et, tirant à elle le premier tiroir de cette commode, Dolette découvre sa poupée, sa chère Blanchette, grande comme un bébé de deux ans habillée de soie rose et jolie avec ses cheveux blonds naturels frisés et souples.\u2014Ma chérie! Elle a dans la voix des intonations de jeune mère.Sa chère poupée, sa chérie, tout l\u2019amusement de son enfance si pro- - che.\u2014Et moi qui l\u2019oubliais.Elle la prend, la soulève, fait bouffer sa robe, peigne ses cheveux, et puis, apercevant soudain le petit Jean qui, dans le jardin joue sagement, trop sagement à 'a balle, la pensée lui vient de faire admirer sa \u201cfille\u201d.Un orgueil maternel la possède.Elle appelle: \u2014Jean, Jean, regarde, je vais te montrer mon enfant à moi, mon bébé; tu me diras si tu trouves beau.Vite, Dolette prend sa fille, la couche dans ses bras, se dirige vers la fenêtre, où Jean attend, les yeux levés vers elle, et comme elle va atteindre l\u2019appui, son pied se prend dans les franges d\u2019un devant de feu, et violemment projetée en avant les bras dans le vide, laissant choir sa poupée qui s\u2019écrase aux pieds de Jean.\u2014Ah! fait Dolette qui se redresse désolée, ma poupée! \u2026 ma fille! Mais un cri, un cri surhumain traverse l\u2019espace, arrive jusqu\u2019à elle.Pâle comme un mort, le petit Jean, si longtemps muré dans un silence rigide, Jean hurle, trépignant devant les débris d\u2019une poupée: I \u2014Maman.maman.Jeannine.la.a.Et puis, comme assommé, il s\u2019abat à terre, et c\u2019est un petit corps inerte que Mme Delage emporte dans la villa des Glyecines.fa Depuis deux jours, il délire et balbutie des mots sans suite, mais Mme Delage sait du moins, dans son désespoir, que, s\u2019il triomphe de cette crise, il parlera désormais.Toutefois, quelle angoisse groupe autour de son lit, la vieille femme désolée, Dolette qui s\u2019accable de reproches, mais qui donc autre qu\u2019elle songe à lui faire grief de sa maladresse involontaire \u2014 et le docteur, le bon vieux docteur Rabant, que M.Marivaux est allé chercher.Ah! M.Marivaux, quel réconfort sa calme raison, sa force persuasive, son incontestable autorité ont- elles apporté à leur douleur?Et tandis que l\u2019enfant se débat, dans un délire harassant, que son cerveau surexcité est la proie d\u2019une fièvre que rien n\u2019abat, il parle espoir, il apporte l\u2019apaisement, le calme \u2026 Puis, Mme Delage a parlé.Dolette, au- jourd\u2019hui, n\u2019ignore plus rien du drame que vécut son petit ami, dont il sortit infirme.Oui, le spectacle terrifiant d\u2019un bébé \u2014 sa petite soeur Jeannine précipitée dans le vide, et s\u2019écrasant à ses pieds, le laissa muet d\u2019épouvante, incapable d\u2019un cri.Sa jeune mère, la fille de Mme Delage, de sa fenêtre, faisait à Jean, partant pour la promenade des signes d\u2019adieu.Elle tenait sa fillette dans ses bras, lorsque son mari, duquel elle vivait séparée depuis quelques mois, entra brusquement dans la pièce où elle se trouvait et se précipita sur elle pour lui arracher le bébé.La terreur fit sursauter la pauvre femme, et ses bras s\u2019ouvrirent dans le vide, laissant choir le précieux fardeau.Terrifiée, Dolette priait, les mains jointes; elle offrait tant de sa vie pour conserver à la pauvre grand\u2019mère le seul être qui lui restât.Durant douze jours, nuit et jour, elle veilla, se prodiguant, sans souci de ses forces, si désolée que Mme Delage dut alors discuter ce que la pauvre petite appelait \u201csa faute\u201d.\u2014Je vous supplie, ma chère mignonne, ne vous accablez pas ainsi, quand vous n\u2019avez voulu que distraire mon petit Jean.\u2014Mais c\u2019est par moi qu\u2019il souffre au- jourd\u2019hui et je l\u2019aime tant.\u2014Qui donc en douterait?Vous l\u2019aimez comme il vous aime et comme moi je vous aime\u2026 Dolette, qui trouvait toujours de nouvelles larmes, soupirait: \u2014Je voudrais tant le savoir hors de danger.Et ceci fut un jour.Trois semaines s\u2019étaient écoulées, dans l\u2019angoisse et le chagrin.Trois semaines! Brusquement, la fièvre tomba, les bains froids, les sacs de glace sur le crâne devinrent inutiles, et un gazouillis d'oiseaux, la voix de l\u2019enfant s\u2019éleva, dit des mots, des phrases.et toute la douleur qui oppressait la maison entière se fit paix et joie.Mme De- lage et Dolette se reprirent à vivre.Marivaux avait pris part à leurs angoisses, d\u2019abord parce que le petit Jean l'intéressait pour sa joliesse et sa terrible infirmité, ensuite parce que le coeur douloureux de Mme Delage l\u2019emplissait de pitié, enfin parce que Dolette aimait la grand\u2019mère et le petit-fils, et que, pour Pamour d\u2019elle, il était prêt à aimer les plus indifférents.Aussi son temps, son auto, tout avait été mis à la disposition de la vieille dame.Aujourd\u2019hui, sur le lit du petit convalescent, il accumulait les cadeaux, de menus cadeaux il est vrai, mais ils faisaient battre les mains de Jean enthousiasmé, autant que s\u2019ils eussent été des jouets de prix.Bonbons, fleurs, jeux de patience, livres, soldats de plomb; quelle joie, quels rires accueillaient le jeune homme sur le seuil de la chambre enfantine.Jean criait, ravi: \u2014Le voila! le voila! Monsieur André, je ne veux plus que tu t\u2019en ailles.Car il parlait sans difficulté aucune, et à en fatiguer les oreilles On eût dit qu\u2019il voulait rattraper le temps, les années de silence.Cette exubérance ravissait Mme De- lage.Dolette souriait et, patiente, jouait de longues heures avec l'enfant; cependant, dès qu\u2019elle ne se surveillait plus, elle s\u2019aitristait si visiblement que Mme Delage finit par s'inquiéter de ce changement d\u2019humeur.Avec tendresse, elle interrogea.Dolette ne se déroba pas à 41 Trois mois au lait et aux biscuits TROUBLES DIGESTIFS D'UNE FEMME Toute personne sujette à des malaises de digestion devrait être mise au courant des expériences de cette femme, car ses conseils sont vraiment précieux.Elle écrit : \u201cJe souffrais de mauvaise digestion, de gastrite et constipation.J'étais si malade, que sur avis d\u2019un médecin, je dus pendant 3 mois vivre de lait et de biscuits au soda.Heureusement qu\u2019une amie me recommanda Kruschen, car je puis dire aujourd\u2019hui que mes malaises ont disparu.Je mange à ma faim sans craindre aucune conséquence fâcheuse, mon teint est plus clair et je ne souffre plus de constipation.Je n'hésite pas à recommander Kruschen à tous ceux qui peuvent avoir à se plaindre des mêmes troubles.\u201d \u2014 (Mme) M.R.L.L'effet immédiat des six sels contenus dans Kruschen est de promouvoir un afflux naturel des sucs digestifs et autres sucs essentiels du corps humain.Peu après avoir commencé à prendre Krus- chen vous constatez que vous pouvez manger sans craindre aucun malaise, et si vous persévérez avec la \u201cpetite dose quotidienne\u201d, vous vous apercevez que le soulagement est durable.GRIP-LAX Elles soulagent rapidement Grippe, Refroldissements, Rhumes de Cerveau, etc.1 N\u2019affectent pas le coeur.En vente dans les pharmacies 25¢ NE SOUFFREZ PLUS! Traitement Médical F.GUY C'est le mellleur remède connu contre toutes les maladies féminines, des milliers de femme mes ont, grâce à lui, victorieusement combate tu les déplacements, inflammations, périodes douloureuses, douleurs dans la tête, les retns ou les aines, ete.Envoyez 5 cents en timbres et nous vous enverrons GRATIS une brochure illustrée de trente-deuz poges avec échantillon du Traitement Médical F.Guy.Consultation : Jeudi et Samedi, de 2 heures à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL Boîte Postale 2353 \u2014 Dépt.2 5920, rue Durocher, près Bernard MONTREAL, CANADA. 42 Pexplication, elle parla de sa soeur, seule cause de son souci, car son mariage n\u2019aboutissait pas, la tante du jeune hon:- me se déclarait impuissante à faire accepter par son mari le paiement de l\u2019étude par annuités sur les bénéfices.Alors?alors?A nouveau, Robert de Sou- teyrat ne pouvait que se désespérer et pleurer.\u2014J\u2019ai beaucoup de chagrin, disait Do- lette.Mais, a elle seule, elle devait bien s\u2019avouer que si une peine très vive l\u2019oppressait, en effet, elle allait au delà des projets sentimentaux de Fanny.\u201cElle ne dit pas tout, pensait Mme De- lage attentive.Qu\u2019a-t-elle ?Ne com- prend-elle pas combien il l\u2019aime, et rêve qu\u2019elle le sache?\u201d Mais quelle confidence attendre de cette enfant qui se dérobait maintenant aux seuls mots: qu\u2019avez-vous?qui trouvait alors un sourire, une chanson et assurait avec une gaieté feinte: \u2014Je n\u2019ai rien! Rien?Il lui fallut bien cependant en arriver aux larmes, à l\u2019aveu et décharger son coeur gros de larmes.La veille, Jeanne Agnan s\u2019était vantée que M.Marivaux l\u2019aimât.Dolette avait fait bonne contenance, figée dans sa détresse, mais la nuit entière avait été sans sommeil; ensuite, obstinément, elle évita le jeune homme et, pour l\u2019éviter, eHe dut fuir le logis si accueillant de la bonne Mme Delage, le babil de Jean, son cher petit ami.ors, pour ainsi dire retirée dans sa chambre, Dolette connut la longueur des heures solitaires; mais là, au moins, nul ne remarquait sa tristesse, ni Fanny absorbée par son propre chagrin, ni Mlle Ursule, la pensée tendue vers le projet qui lui tenait au coeur, parce qu\u2019il comblait les désirs de sa chère Fanny; non, personne ne remarquait ses traits tirés par l\u2019insomnie, ses yeux rougis par les larmes.Pour Mlle Ursule, Dolette faisait partie du personnel et ses joies et ses peines importaient peu.Ainsi, vaillamment, la petite luttait pour fuir celui qu\u2019elle croyait aimer seule; c\u2019est en vain que Jean l\u2019appelait.Mais, ce soir-là, Mlle Ursule rentra fort en retard, contrairement a ses habitudes, pour le diner.Fanny, qui l\u2019attendait en brodant près de la fenêtre du salon, comprit, à son air à la fois mystérieux et vainqueur, qu\u2019elle était porteuse de quelque nouvelle sensationnelle.Et Fanny ne se trompait pas.\u2014Dolette, Dolette, faites servir, je meurs de faim.Huit heures sonnaient et le dîner attendait depuis un bon quart d\u2019heure; la petite n\u2019eut donc pas à presser Mariette et, dès le potage, la vieille demoiselle aborda le sujet qui la tourmentait: \u2014Figurez-vous que j'ai reçu les confidences de Mme Agnan.Jeanne aime M.Marivaux, et elle craint que le chiffre de sa dot, qui est important, vous le savez, ne l\u2019empêche de se déclarer.C\u2019est bien possible; alors, voilà ce que jai conçu: comme Mme Delage m'avait arrêtée pour me demander des nouvelles de Dolette .A propos \u2014 Mlle Ursule s\u2019adressa cette fois à Dolette toute pâle devant son assiette vide \u2014 qu\u2019est-ce qui vous prend de fuir ainsi son logis?Ah! vous avez eu trop à faire ces jours-ci?Après tout, libre à vous de délaisser vos meilleurs amis.Pour en revenir à nos projets, tandis que je parlais à Mme De- lage, M.Marivaux est passé près de moi et je l\u2019ai invité à venir prendre une tasse de thé ce soir même.\u2014Pourquoi?interrogea Fanny avec mauvaise humeur.Mlle Ursule eut un clignement d\u2019oeil malicieux.\u2014Hé ma chère, service pour service.Je lui dirai qu\u2019il peut demander Jeanne Agnan sans crainte d\u2019un refus, mais, en échange\u2026 \u2014En échange?dit Fanny.\u2014\u2026M.Marivaux est intime avec M.de Massé\u2026 La jeune fille ne perdit pas l\u2019occasion d\u2019une méchante parole à l\u2019adresse du petit ingénieur.\u2014Il le dit, tout au moins, dit-elle d\u2019un air souverainement détaché.Mais Mlle Ursule, qui échafaudait les plus vastes plans sur de fragiles espoirs, déclara avec autorité: \u2014Si, ma chère, intime; en tous cas, suffisamment pour le service que j\u2019attends de lui.La Revue Populaire Et répondant au regard interrogateur de Fanny elle se hâta d\u2019ajouter: \u201411 a accepté ma tasse de thé; ce soir, vous comprendrez.Raidie dans sa volonté de demeurer calfhe, Dolette écoutait en silence; seulement, le repas à peine terminé, prétextant une forte migraine, elle demanda à se retirer.intriguée par les airs entendus de Mlle Ursule, elle ne l\u2019attendait pas moins avec une certaine impatience et, à son coup de sonnette, elle tressaillit.\u2014Cher monsieur, soyez le bienvenu \u2026 Sur le seuil de son petit salon, la vieille cousine accueille le visiteur.Assise sur un tabouret bas, son éternelle broderie entre les mains, Fanny, toujours belle \u2014De tout mon coeur, ma Dolette.\u2014 Comme vous voudrez, dit Mlle Ursule, pressée d\u2019apporter quelque arrangement à sa toilette.Fanny demeura telle qu\u2019elle était.Ce petit ingénieur, qui ne faisait pas attention à elle, elle le détestait, et elle éprouvait de la déception qu\u2019il aurait à ne pas trouver Dolette, une joie mauvaise qui la faisait sourire.Seulement, tout de même dans sa simple robe de voile, le regarde venir, sans plus de frais d\u2019amabilité.Mais M.Marivaux ne perçut guère ce dédain.D\u2019un regard circulaire, ayant constaté l\u2019absence de Dolette, il n\u2019avait plus que la préoccupation de la voir apparaître.Seul l\u2019espoir de la joindre enfin l\u2019avait fait accepter l'invitation de Mlle Fay.Mars 1934 Aprés quelques instants de banale conversation, Mlle Ursule s\u2019adressa a Fanny: \"2 Voulez-vous nous offrir une tasse de thé, ma chère petite?Fanny se leva sans qu\u2019il remarquât le joli mouvement de hanche qu\u2019elle avait eu pour se retourner.Il questiohnait d\u2019ailleurs: \u2014MIle Dolette n\u2019est pas souffrante?\u2014Non, du tout, fit distraitement la cousine.Ah! mais si, vous me faites souvenir, une affreuse migraine.Enfin, cher monsieur, pour vous parler en toute sincérité, je vous dirai que j'attends de vous un vrai service.Voulez-vous me laisser vous confier, alors que Fanny est occupée, le chagrin de cette enfant?Il s\u2019inelina sans répondre.\u2014Flle aime, elle est aimée, et cependant \u2014 l\u2019émotion rendait lyrique Mlle Ursule \u2014 cependant cette petite fiancée qui devrait être en plein bonheur, pleure et souffre\u2026 \u2014Mon Dieu, mademoiselle, fit M.Ma- rivaux, un peu gêné par ce lyrique imprévu, vous me voyez désolé.En quoi puis-je vous être utile?Ce service que vous me demandez, je suis prêt à vous le rendre, mais veuillez me dire \u2026 \u2014T'aisons-nous une minute, voici Fanny qui revient, je dois ménager la susceptibilité de la chère petite.C\u2019est une sensitive, et si elle se doutait que je vous confie ce qui fait son chagrin.Marivaux eut pour Fanny un regard sans indulgence; cette sensitive, qu\u2019il jugeait personnelle, arrogante et jalouse, ne lui inspirait nulle sympathie et sa peine, puisque peine il y avait, ne le touchait guère.et cependant, Mlle Ursule bélait positivement d\u2019attendrissement.Elle prit des mains de Fanny la tasse tendue, y mit deux morceaux de sucre, une tranche de citron, puis, après que Marivaux eut accompli le même cérémonial, elle dit avec douceur: \u2014 Voyez donc, Fanny, comment se porte notre Dolette?La jeune fille, ayant compris, s\u2019éloigna.Alors, la cousine Ursule se pencha vers M.Marivaux: \u2014Fanny est sans fortune.Sans doute pensez-vous comme moi, qu\u2019elle est suffisamment jolie pour se passer de dot, et cependant, bien que sincèrement épris, son fiancé, M.de Souteyrat, se doit à des obligations souscrites bien avant de connaître Fanny.Sa très brillante situation l'oblige à exiger.Il est indispensable qu\u2019il \u2026 il doit payer son étude \u2014Avec la dot de sa femme, est-ce cela que vous voulez dire, mademoiselle?\u2014Oui \u2026 c\u2019est-à-dire.enfin, leur bean rêve est menacé.Mais un espoir, une lueur d\u2019espoir plutôt, m\u2019est venue.M.de Massé, tuteur de Fanny, est très riche très, très riche.On parle de quinze millions.\u2014Oh! fit-il doucement, c\u2019est certainement plus du double qu\u2019il possède.N\u2019est- il pas l\u2019un des plus grands industriels français?Ses moteurs sont célèbres par le monde entier.\u2014Raison de plus pour espérer que ce tuteur, jusqu\u2019ici tellement généreux, le sera jusqu\u2019à aplanir le seul obstacle au bonheur de cette enfant; il suffirait d\u2019une dote \u2026 certes Enfin une dot qui, pour d\u2019autres que lui, serait importante, mais enfin, Fanny est si charmante, elle peut l\u2019intéresser.Enfin, elle est sa pupille \u2026 il n\u2019a qu\u2019elle \u2026 \u2014Et Mlle Dolette.\u2014Oh! Dolette.Il fut indigné du geste d\u2019insouciance de la vieille demoiselle.Oh! Dolette, qu\u2019avait-on besoin de parler de celle-là?Une future employée, on pouvait l\u2019oublier: sa voie se dessinait déjà, humble et calme.Mécontent, les yeux dans les yeux de Mlle Ursule, il questionna : \u2014Et alors, mademoiselle?\u2014Alors?Introublée, n\u2019ayant rien vu de la soudaine colère du jeune homme, car si Do.lette ne l\u2019intéressait pas, ce n\u2019était ni voulu, ni caleulé, la vieille cousine se décida à l\u2019aveu: \u2014Alors, vous, monsieur, vous qui êtes l'ami de M.de Massé, ne pourriez-vous relater cette situation \u2026 si-\u2026 si émouvante, et lui suggérer, s\u2019il n\u2019y pense pas encore, l\u2019idée de \u2026 de doter Fanny?Voyons, ne voulez-vous pas?Maintenant, Marivaux souriait.Il assura, très courtois: \u2014Vous pouvez compter sur moi, ma Mars 1934 demoiselle, je verrai dès demain M.de Massé, je lui parlerai et il vous recevra.\u2014Merci, oh! merci.Les mains tendues, Mlle Ursule exprimait sa reconnaissance.Fanny qui rentrait tout comme si elle eût attendu la fin de l\u2019entretien, gênée par ces témoignages de gratitude, qu\u2019elle jugeait superflus, fit à nouveau un pas de retraite, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle se dirigea vers sa chambre.La santé de Dolette ne l\u2019intéressait guère, et elle n\u2019avait fait que s\u2019étirer et bâiller devant sa fenêtre.Dans le couloir qui conduisait du salon à sa chambre, elle parlait à part soi, et tout haut: \u2014Je le déteste, je le déteste.Elle était tellement absorbée dans ses pensées qu\u2019elle ne vit même pas Dolet- te.Encore debout malgré l\u2019heure tardive, la petite, réfugiée dans l\u2019ombre d\u2019un mur en retrait, demeurait a depuis Yar.rivée de M.Marivaux.En se penchant, elle l\u2019apercevait et elle ne perdait rien des paroles échangées entre Mlle Ursule et lui.\u2014Comme je l\u2019aime, soupirait-elle parfois, comme je l\u2019aime, mon Dieu! Mais soudain, elle tressaillit.Mlle Ursule s\u2019était penchée vers le jeune homme et, d\u2019une voix claire, elle assurait: \u2014Enfin, cher monsieür, service pour service, je suis heureuse de pouvoir vous rendre celui de vous apprendre que vous pouvez sans craindre d\u2019essuyer un refus faire votre demande à M.Agnan.\u2014Ma demande?\u2014Jeanne Agnan, malgré sa belle dot de cinq cent mille francs, est disposée à vous accorder sa main, si vous la sollicitez.Ainsi, ne différez pas davantage.\u2014Mais, mademoiselle, je n\u2019ai jamais songé à demander la main de Mlle Agnan.\u2014Votre modestie est superflue.Puisque je vous dis que Jeanne, qui a cinq cent mille francs.Il se leva pour prendre congé.\u2014C\u2019est beaucoup trop pour moi, mademoiselle; je suis pauvre, certes, mais mon ambition est d\u2019aimer ma femme, et d\u2019en être aimé, fût-elle aussi pauvre que moi.\u2014Mais Jeanne Agnan vous aime.\u2014Jen suis infiniment flatté, mademoiselle; cependant, comme moi je ne l\u2019aime pas sa fortune ne saurait peser sur ma décision.\u2014Se peut-il?Vous refusez une fortune.la possibilité d\u2019un brillant avenir.Il eut un geste de male autorité: \u2014La possibilité d\u2019un brillant avenir, dites-vous, mademoiselle?Cet avenir, tout homme, par le travail, peut l\u2019acquérir, et je ne saurais accepter de le devoir à ma femme.Ah! certes non, je laissé à d\u2019autres la puérilité des larmes et des craintes.Je ne suis pas de ceux qui gémissent sur les dures conditions imposées par des parents prévoyants, mais les acceptent sans courage pour affronter la rude misère des débuts.Mademoiselle.mes hommages; encore une fois, vous pouvez compter sur moi.Depuis un moment déjà, il s\u2019était retiré que, dans sa chambre, Dolette, les bras balants, revivait la scène.Ah! qu\u2019elle était heureuse, qu\u2019elle était heureuse! Il n\u2019aimait pas Jeanne Agnan, et si elle n\u2019osait pas songer qu\u2019il pût l\u2019aimer, elle, du moins, sa hantise.de ces derniers jours se dissipait.Il n\u2019aimait pas Jeanne Agnan et ses cinq cent mille francs le laissaient indifférent.Alors, il ne tenait pas à l\u2019argent.Alors si, tout de même, il l\u2019aimait, elle, Dolet- te, si pauvre, mais si décidée à l\u2019aider de tout son courage, de tout son travail, quelle félicité! \u2026 Certes, tout un espoir la possédait maintenant, mais elle doutait trop d\u2019elle- même pour que le doute ne s\u2019imposät pas en maître, et puis la raison lui conseillait l\u2019attente calme et digne.S\u2019il l\u2019aimait vraiment, il saurait bien venir à elle, et si, hélas, ce qu\u2019elle espérait, un bel amour! n\u2019était qu\u2019une amicale sympathie, elle garderait en soi cette passion si douce et si déchirante à la fois.Ah! souffrir en silence, et ne mériter jamais la raillerie et la pitie.Et jamais tant que depuis ce jour, la petite ne s\u2019isola.Elle ne venait plus a la villa des Glycines que lorsqu\u2019elle avait vu M.Marivaux s\u2019en éloigner.Jean boudait à son tour.Puisque Dolette ne l\u2019aimait plus comme avant, eh bien! il ne l\u2019aimerait pas davantage.Mais Mme De- lage parfois souriait.La Revue Populaire \u201cAllons, pensait l'excellente femme, il faudra décidément que je parle.À moi, elle avouera.\u201d M.Marivaux avait promis à Jean de l'emmener en promenade dans sa voiture, de le mettre au volant.Elle fit donc, par Mariette, savoir à Dolette que, devant être seule tout l\u2019après-midi, elle lui demandait de venir goûter avec elle.Ces heures passées auprès de sa vieille amie étaient autrefois le plaisir de la petite; aujourd\u2019hui, son coeur douloureux ne se complaisait plus que dans la solitude; pourtant, elle n\u2019osa pas refuser, et emportant avec elle son ouvrage de couture, elle arriva à la villa un quart d'heure après le départ de M.Marivaux et de Jean.\u2014 Comme vous devenez sauvage, ma petite fille, dit affectueusement la vieille dame.\u2014J\u2019ai tant à faire, soupira Dolette.Et elle énuméra les diverses besognes qui l'avaient accaparées depuis le matin.\u2014Oh! je sais bien que vous ne chômez guère chez Mlle Ursule; cependant, il n\u2019y a pas si longtemps que vous trouviez encore quelques bonnes heures a donner à vos amies.Jean est tout attristé de ce changement dans nos habitudes.\u2014 Jaime tendrement Jean, chére madame, vous le savez.\u2014Certes, et il vous le rend bien; aussi ne puis-je m\u2019empêcher de chercher ce qui vous éloigne de notre maison, et je ne vois que l'ennui que vous ressentez peut-être à y rencontrer trop souvent M.Marivaux.\u2014Moi!\u2026 M.Marivaux \u2026 Oh! madame.Dolette avait pâli, puis rougi violemment; maintenant interdite, elle demeurait muette, les yeux baissés.\u2014Oh! ce n\u2019est pas volontairement que je parle d\u2019antipathie, reprit alora Mme Delage, car je vous avoue, ma pè- tite amie, que j'avais tout d\u2019abord cru au contraire\u2026 Elle attendit une seconde, mais Dolet- te, les yeux baissés sur son ouvrage, figée, ne broncha pas.\u2014Oui, jai cru, au contraire, qu\u2019il.qu\u2019il vous était très, très\u2026 sympathique, plus que cela peut-être.\u2014Oh! madame \u2026 De grosses larmes tombaient une à une sur les mains fiévreuses de Dolette.Alors, Mme Delage attira à elle l\u2019enfant désolée.\u2014Vous l\u2019aimez, n\u2019est-ce pas, Dolette?Et, cette fois, ce fut I\u2019explosion d\u2019un lourd chagrin.Dolette pleurait, sanglotait, avouait son amour, sa peine sans refuge.\u2014 Ah! oui, je l\u2019aime\u2026 Elle soupirait ces mots, toute secouée de sanglots, tellement prise par sa douleur qu\u2019elle ne perçut même pas le bruit léger d\u2019une porte qu\u2019on tire, qu\u2019on referme, le craquement du parquet sous un pas viril.Mais, deux mains a la fois puissantes et douces enserraient ces épaules mais un visage se penchait vers le sien, en même lemps que des mots très tendres parvenaient à son oreille.\u2014Dolette, ma chérie, ma chère petite aimée, pourquoi pleurez-vous alors que je vous aime, et que je n\u2019ai plus que l\u2019espoir et l\u2019ambition que vous m\u2019aimiez vous aussi?\u2014Oh! est-ce possible?Dolette est passée des bras de Mme Delage a ceux de M.Marivaux; tant de bonheur l\u2019étourdit, la grise, elle rit et pleure à la fois, et elle parle.parle.\u2014Vous m\u2019aimez!.Et je désespérais cependant.Ah! que j'ai souffert, quelle angoisse et quelle jalousie me torturaient\u2026 et vous m\u2019aimez\u2026 Ah! je sais que désormais il n\u2019y a plus que du bonheur pour moi.Vous m\u2019aimez! Elle le regardait avec des yeux ravis, puis ses larmes coulaient a nouveau, tandis qu\u2019il tenait dans les siennes ses toutes petites mains qui tremblaient.Charmé, il assura: \u2014Jamais, jamais, ma chérie, vous ne pleurerez plus par moi.Ah! de cela Dolette était certaine.Alors, ils firent jusqu\u2019au soir d\u2019affolants projets d\u2019avenir.A quelle inépuisable source de félicité allaient-ils goûter?Une vie toute de travail, il est vrai, un budget modeste qui s\u2019élargirait peu à peu, il le garantissait, mais Dolette était prête à la plus sage des économies, à la plus simple des existences.Ils convinrent de ne pas révéler leur bonheur.Mlle Ursule \u2019 (Suite à la page 46) AUX EN PRESENCE DU PREMIER RHUME DE LEURS BEBES Deux générations de mères ont employé le Vicks VapoRub pour soulager les rhumes des enfants.Elles ont éprouvé sa valeur, et ont constaté, par des années d'usage, combien on peut se fier à lui.Les jeunes mères découvrent elles aussi tous les jours combien ce moyen externe moderne de traiter les rhumes est remarquablement efficace.Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles il est employé dans le monde entier.LE VAPORUB EST SUR Quand vous employez le VapoRub vous évitez tous les risques des dérangements digestifs qui se produisent si souvent en droguant constamment les petits estomacs délicats.Etant d'usage externe le VapoRub peut être AGIT DE 2 FAÇONS A LA FOIS Appliqué en simples frictions \u2018sur la gorge et la poitrine à l\u2019heure du coucher, le VapoRub agit à travers la peau à la manière des anciens cataplasmes ou emplâtres, extirpant doucement mais efficacement l\u2019oppression et la douleur.En même temps, il dégage des vapeurs médicamentées qui sont aspirées directement jusqu\u2019aux parties congestionnées des voies respiratoires.SOULAGE PLUS RAPIDEMENT Cette double action du VapoRub \u2014 par ses vapeurs et comme un emplitre \u2014 persiste toute la nuit.Le matin, presque toujours, le pire du rhume est passé.Il n\u2019y a pas de succédané au VapoRub.utilisé abondamment Rien de \u2018\u2018tout aussi et aussi souvent que ICKS bon\u2019 \u2014 ni pour les nécessaire, même chez A enfants ni pour les ; APORUB P les jeunes enfants.adultes.BUVEZ LA BIÈRE OLD STOCK PRIME PAR LA FORCE ET PAR LA QUALITE s7r COUPON D\u2019ABONNEMENT |e FTLM Ci-inclus le montant d\u2019un abonnement au magazine LE FILM, $1.00 pour 1 an ou 50 cents pour 6 mois.Nom Adresse Province ou Etat POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée, 975, rue de Bullion, Montréal, Can. La Revue Populaire COMMENT ON MET LA TABLE ET COMMENT ON LA DEBARRASSE NE table bien mise comprend: du linge propre, de la vaisselle bien nette, de l\u2019argenterie bien brillante; le tout disposé avec harmonie.Une table bien mise est une invitation à avoir bon appétit.En même temps que l\u2019on prépare la table, on doit disposer sur la desserte les assiettes de rechange, les assiettes à dessert, les tasses à café, le sucre, le petit pot de crème et même le dessert.Le service en est d\u2019autant facilité et plus rapide.Qui mettra la table et préparera la desserte?Autant que possible la personne qui ne préparera pas le repas.Dans la maison où il y a des enfants ce sont eux qui seront chargés de ce soin.Cependant, si pour une raison quelconque, elle devait faire l\u2019un et l\u2019autre, il serait sage de mettre le couvert assez tôt afin de ne pas se trouver dans l\u2019obligation de laisser à l\u2019abandon et au risque des coups de feu les mets qui se préparent.Un bon conseil: mettez ou faites mettre la table de bonne heure: la vue de la nappe blanche donne aux maris, lorsqu\u2019ils rentrent, l\u2019espoir que le repas est prêt; ce qui leur fait toujours plaisir.Lever la table semble Ja chose la plus insignifiante du monde, on peut cependant s\u2019y bien prendre ou s\u2019y mal prendre.Grouper ensemble les objets de même nature, ayant servi pour les mêmes mets, c\u2019est faciliter la tâche de la personne qui lavera la vaisselle.Aussi faut-il réunir l\u2019argenterie sur un même plateau, les couteaux dans un autre récipient, les verres ensemble, les assiettes ordinaires, par piles séparées.Les casseroles et les marmites réunies sur un coin du fourneau seront lavées seulement quand le reste de la vaisselle sera propre.En réalité, après le repas, et sans que les différents ustensiles ménagers aient été lavés, la cuisine doit produire une impression d\u2019ordre.+++ La manière de comprendre le service de table déperid en partie du personnel dont on dispose, de la compétence de ce personnel et de la disposition des lieux.Plus le personnel est ignorant et inexpérimenté, plus il faut réduire le service.Courtoisie Mars 1934 de Mitchell-Holland Limited, Montréal.Si la cuisine est éloignée de la salle à manger, c\u2019est une autre raison de grouper les allées et venues de la servante, de faire servir en même temps la viande et le légume, etc.Un panier bas, à rebords assez élevés cependant pour empêcher le glissement des plats, peut être de grande utilité plus encore pour desservir la salle à manger que pour äpporter les différents mets.+++ Tout ce qui touche à l\u2019alimentation doit être d\u2019une propreté parfaite; vaisselle, mains et vêtements de ceux qui manipulent les mets, atmosphère du milieu où on les absorbe.Il est donc indiqué de laisser la blouse de travail de ia ménagère ou de sa bonne au moment où l\u2019on se met à table et où l\u2019on sert le repas.Enseigner aux personnes qui sont chargées de la préparation et du service des mets l\u2019importance du silence; il empêche l\u2019ensemencement des mets et la propagation de nombreuses maladies infectieuses. Mars 1934 La Revue Populaire 45 LES INDISCRÉTIONS DU MICRO (Suite de la page 11) pour nos réseaux télégraphiques, et pour le ministère des Postes, s\u2019il y avait des appareils semblables dans diverses parties du Canada et des Etats-Unis?Ce que j'écris ici s\u2019applique, bien entendu, avec toute sa force, aux adeptes de l\u2019espionnage et des courses, et que sais-je encore?Savez-vous qu\u2019il est plus facile de correspondre avec les Provinces Maritimes qu\u2019avec la ville de Québec, si paradoxal que cela puisse vous sembler?Pourquoi faire ces réserves et pourquoi dire que Québec, par exemple, est plus difficile à joindre à travers l\u2019éther que Halifax.C\u2019est le mystère des ondes courtes, sur lequel discutent ingénieurs et savants.Il vous suffit de retenir ceci: pour certaines longueurs d\u2019ondes, il se produit autour du poste émetteur une zone de silence où personne ne peut déceler un signal.Cette zone peut être de l\u2019ordre de 1250 milles.Pensons un moment qu\u2019il y a, au bas mot, dans la république voisine, 20,000 amateurs d\u2019émission autorisés, et que ceux-ci ont créé un genre de société de liaison, supposons que 90 a 100 des membres travaillent pour des gangsters avec une installation que ne désavouerait pas la Commission Canadienne de la Radiodiffusion.N\u2019est- ce pas que cette organisation, si elle était aux mains de gens malhonnêtes, vivrait un vrai roman d\u2019aventures à travers l\u2019éther ?Ne croyez-vous pas qu\u2019en prévision du jour où cette forme de contrebande pourrait venir s\u2019établir au pays, nos autorités devraient prendre, dès maintenant, les moyens de la prévenir?Si l\u2019on peut aisément communiquer pour des fins éducationnelles en marge de la loi, on peut aussi poursuivre des buts parfois dangereux.Ces postes secrets, isolés, et au déplacement facile, dont les correspondants sont à l'étranger, deviendraient un péril véritable, car par leur action ils pourraient en certaines circonstances devenir extrêmement néfastes.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de chercher à alarmer inutilement l\u2019opinion, mais je pense toutefois qu\u2019il serait bon, dans ce domaine, d\u2019ouvrir les yeux vers ces horizons, en général, insoupçonnés.Ici une parenthèse s'impose.La question est de savoir comment ce manège a lieu; eh bien, voici la réponse: Deux postes qui communiquent ensemble adoptent chacun un » groupe de lettres (généralement deux ou trois, AOB par exemple).À l\u2019heure fixée, le poste «appelant» alerte son correspondant, en formant le nom de celui-ci, relié au sien propre par le mot «de».Au lieu de dire, comme au téléphone: «Allo, Paul, c\u2019est Pierre», on manipule, en Morse: «Paul, de Pierre».Ce préambule est répété plusieurs fois.L\u2019invitation à transmettre est simplement une lettre, soit L, ou encore C.Diverses notations conventionnelles abrègent ainsi la transmission.Gagner du temps, pour ces opérateurs de la «radio noire», est une affaire primordiale, vitale presque.En effet, une liaison rapide peut passer à travers les mailles d\u2019un service d\u2019écoute.Les habitués des concerts à la radio le comprendront aisément.Ne vous est-il pas arrivé, en cherchant, au hasard, un concert à votre goût, sur votre récepteur familier, que tout à coup un télégramme trans mis en quelques secondes vous fut pratiquement inaudible, et que pendant que vous tourniez le bouton de réglage les mots fugitifs s\u2019étaient déja évanouis?Cela arrive, hélas, aux écouteurs professionnels, qui malgré leur ténacité, restent souvent «bredouilles».C\u2019est qu\u2019il faut tenir compte des zones d\u2019évanouissement auxquelles je faisais allusion plus haut.Je ne veux pas exagérer et je ne crois pas que la «radio noire» puisse mettre un jour le régime actuel en danger, car, heureusement, il faut beaucoup d\u2019argent et beaucoup de techniciens.D\u2019ailleurs je crois que le pays serait en état de prévenir ce genre d\u2019organisations si elles tentaient de s\u2019établir au Canada.Et à cet égard je peux affirmer que les services compétents de la Commission Canadienne de la Radiodiffusion font de leur mieux.Ses ingénieurs forment un corps de spécialistes, bien armés contre les délinquants de l\u2019éther, s\u2019il s\u2019en trouve au Canada.Ce service devrait être solidement organisé, avec un sys tème de recoupements, pour veiller à ces frontières invisibles.[I pourrait étendre ses antennes mystérieuses et ses brigades vigilantes à l\u2019affût non seulement à travers le Dominion, mais avoir son prolongement aux Etats-Unis avec la coopération de la «Federal Radio Commission».Une station centrale contrôlerait toutes les émissions et serait aux écoutes jour et nut avec un puissant appareil pouvant capter à tout instant les messages, non seulement du Canada, mais aussi de l\u2019étranger.\u201cMimi, ma*chérie, tu n\u2019as pas joué une minute de la journée .Vraiment, .- - * bE) Madame Duval, je ne comprends pas pourquoi elle est si languissante.\u201cC\u2019est souvent la constipation qui affecte les enfants de cette manière, chère amie.Mon Pierre m\u2019a causé les mêmes inquiétudes, mais je lui ai .y TAS Jb donné un laxatif\u2014du Castoria\u2014et il se porte à ravir.\u201cChère Madame Duval, ma petite Mimi est gaie comme un pinson aujourd\u2019- hui.J\u2019ai suivi votre conseil et je lui ai donné du Castoria hier soir.\u201cQuelle bonne idée! Le Castoria est le laxatif tout indiqué pour les enfants.Préparé spécialement pour eux, son effet est bénin, mais efficace, et il ne contient aucune drogue.Ce sont ces substances nocives \u2014souvent même des narcotiques\u2014qui rendent certains purgatifs si dangereux pour les tout petits.Et, de plus, le Castoria a bon goiit!.\u201d Tous les mercredis, de 8 heures 30 à 9 heures p.m.(H.N.E.), syntonisez avec les postes CKAC (Montréal) et CFRB (Toronto), et entendez Albert Spalding et les excellents artistes auxquels est confié l\u2019intéressant programme radiophonique de la Marque CASTORIAI! CASTORIA Le Laxatif des Enfants de la petite enfance à la 11lième année Les mamans qui ont de tout petits bébés trouvent dans le Castoria un médicament souverain contre la colique causée par les gaz, la diarrhée entraînée par un régime imprudent, la flatulence, l'acidité et l\u2019aigreur stomacles.Et toutes les mères savent que, pour soigner un rhume, les médicins recommandent, avant tout, un laxatif! 26G 46 et Fanny apprendraient leurs fiançailles de la bouche même de M.de Massé.\u2014Je dois les emmener toutes deux à Paris, dès demain.Vous serez du voyage, il faut que M.de Massé vous connaisse, il est votre tuteur, mon directeur et ami.Je sais qu\u2019il m\u2019approuvera dans son choix, nous n\u2019avons rien à craindre de son autorité, demeurez calme et confiante.Complices bienheureux, ils se séparèrent à l\u2019heure du diner.Ne rien dire?.Le bonheur de Dolette illuminait ses traits, et, toute indifférente et préoc cupée que fût MIle Ursule, le visage épanoui de la petite la frappa.Elle ne sput s\u2019empécher de questionner: \u2014Qu\u2019est-ce qui arrive?.\u2014Mais rien, dit Dolette, dont le coeur bondissait follement dans sa poitrine.\u2014Rien?.Ce matin, vous sembliez porter le diable en terre, comme on dit et, ce soir, vous paraissez glorieuse comme si le fils du roi vous eût remarquée.La petite sourit.\u2014M.de Massé nous recevra toutes les trois demain.\u2014Ah! ah! qui vous a dit cela?\u2014M.Marivaux, a l'instant méme.Mlle Ursule hocha la tête.\u2014Allons, tant mieux, est.ce tout ce qu\u2019il a dit?\u2014Mais oui.\u2014Dame, il eût pu vous confier ses impressions puisqu\u2019il avait promis de parler à M.de Massé, ses impressions sur le résultat espéré.Mais sans doute a-t-il jugé que vous ne vous intéressez à rien\u2026 à rien de ce qui touche votre soeur.L\u2019injuste réflexion de la vieille demoiselle ne toucha guère Dolette; son bonheur l\u2019absorbait trop; enfin, elle s\u2019efforçait, depuis quelque temps déjà, d\u2019accepter sans y attacher trop d\u2019importancs les méchancetés dont on usait à son égard.\u2014Et, puis-je vous demander pourquoi il vous reçoit, vous?Interpellée, la petite répondit: \u2014Oubliez-vous, ma cousine, que nous voici au 26 septembre et que, dans quelques jours, j\u2019entrerai chez lui en qualité de dactylo-secrétaire ?\u2018 \u2014C\u2019est bon, c\u2019est bon, fit Mlle Ursule, qui abhorrait ce sujet, laissons cela, je vous prie.Et, pour elle seule, elle ajouta : \u2014Joli métier, en vérité.Chapitre XII Dès deux heures, André Marivaux se tint aux ordres de Mlle Fay.\u2014C\u2019est pour trois heures, cet entretien?\u2014Trois heures, en effet, nous n\u2019avons que le temps.Mais, comme Dolette paraissait à l\u2019entrée du salon, elle eut un moment de mauvaise humeur.\u2014C\u2019est exprès que vous vous êtes habillée ainsi?\u2014Comment, ainsi ?\u2014Vous êtes mise comme une mendiante.N\u2019avez-vous pas d\u2019autre manteau que cette vieillerie?Et ce chapeau.Dolette haussa les épaules: \u2014Vous le savez bien, ma cousine, je n\u2019ai rien d\u2019autre.\u2014C\u2019est bon, Fanny va vous prêter un manteau et un chapeau; mais, en vérité, vous feriez mieux de ne pas venir.L\u2019indignation de M.Marivaux faillit trahir leur secret.\u2014Ça, non, chère mademoiselle, M.de Massé désire absolument voir Mlle Do- lette, aujourd\u2019hui même, il est essentiel qu\u2019elle vous accompagne.\u2014Eh! qu\u2019elle vienne; seulement, ce n\u2019est guère agréable de présenter une enfant sans grâce, et si mal attiffée, malgré les sacrifices de M.de Massé.\u2014Les sacrifices de M.de Massé sont surtout allée à Fanny, ma cousine.Et comme celle-ci ébauchait un geste de colère, Dolette ajouta : \u2014D'\u2019ailleurs, je ne songe nullement à me plaindre; seulement, acceptez-moi telle que je suis.\u2014Oh! bien entendu; après tout, ça vous regarde.Déjà, Fanny s\u2019était installée à l'arrière de la voiture, Mlle Ursule s\u2019assit auprès d\u2019elle, et Dolette se trouva à côté de M.Marivaux.Ils ne parlaient pas; seulement, de temps en temps, ile échangeaient un regard où passaient toute la La Revue Populaire félicité, tout l\u2019amour de leurs jeunes coeurs.Fanny, très émue sans vouloir l\u2019avouer, feignait d\u2019ignorer le but de la démarche.\u2014 Mais pourquoi, ma cousine, M.de Massé nous reçoit-il aujourd\u2019hui?Et Mlle Ursule, complice maladroite, répondait : \u2014Ne devons-nous pas lui faire part de vos fiançailles, lui demander d\u2019y assister?Et puis, sa nervosité se trahissait par des gestes brusques et son émoi la faisait questionner: \u2014J\u2019espère qu\u2019il ne nous fera pas trop attendre, qu\u2019il nous recevra tout de suite.On les fit entrer dans un très coquet salon qui précédait le cabinet de travail de M.de Massé.Mais ce fut Dolette, et elle seule, qu\u2019on vint tout de suite chercher.\u201cJe vais voir le Tigre, pensait la petite, je vais voir le Tigre!\u201d M.Marivaux l'ayant quittée un moment, elle sentait une peur la gagner.Eperdument, elle l\u2019appelait à elle.Allait- 1i la laisser aborder seule le terrible tuteur?-\u2014Si Mademoiselle veut entrer\u2026 La porte, ouverte devant elle, découvrit une pièce très vaste, meublée richement; à terre, un superbe tapis persan; au fond, un bureau de dimensions impressionnantes et, à ce bureau, André Marivaux.I] se leva à son approche.\u2014Ma chérie, M.de Massé va venir; mais, avant de vous voir, il désire que je vous remette ceci.Dolette prit le papier que lui tendait le jeune homme; elle n\u2019eut qu\u2019à y jeter les yeux pour reconnaître l\u2019écriture de son père.\u2014Oh! mon cher papa, dit-elle.Le papier était une lettre de M.Blan- din à Jean de Massé.\u2014Lisez, Dolette, il le faut.Alors, à mi-voix, elle lut, ainsi qu\u2019il le lui demandait, elle lut sans défaillance: \u201cMon cher enfant.Me voici au seuil de la mort; dans quelques jours je ne serai plus.Oh! vous pour lequel je pus être, à la fois, si injuste et si dur, pardonnez- moi, c\u2019est ce pardon que je viens solli- eiter.Voilà dix ans que je l\u2019espère, sans oser un geste qui me rapprochera de vous.J'ai trop conscience du mal que j\u2019ai fait, je ne peux pas.Ah! si vous pouviez savoir quel remords harassant n\u2019a cessé de peser sur mon coeur, mon pauvre enfant, vous auriez pitié, car vous êtes bon, et tendre et généreux et j'ai pu méconnaître une si belle nature, vous opprimer, vous torturer.Oh! mon cher enfant, si mon dernier appel peut vous toucher, accourez, le peu de force que je conserve ne sera que pour me jeter à vos pieds et, humble et repentant, implorer votre pardon.Venez, venez.Je vais mourir.Mais si vous dédaignez mon repentir, soyez généreux cependant.Je laisse seules au monde, sans ressources et sans guide, deux enfants innocentes de ma cruauté.Je vous en prie, Jean, ayez pitié.\u201cLouis BLANDIN.\u201d Sans arrét et bien que son émotion fit des plus vives, Dolette avait achevé le court billet.Enfin, elle releva la téte, ses yeux étaient pleins de larmes.\u2014Je voudrais voir M.de Massé, dit.elle d\u2019une voix que l\u2019afflux de larmes rendait tremblante et, à mon tour, lui demander pardon.Je l\u2019ai jugé sur une erreur.Il nous fait vivre si généreusement, il s\u2019est chargé de nous.Je voudrais le voir.Tendrement, le jeune homme porta a ses lèvres les petites mains de Dolette.Puis, très doux: \u2014M.de Massé est devant vous, Dolet- te.\u2014Devant moi! \u2026 \u2014Oui.Sa stupeur ne dura qu\u2019un minute; elle balbutia: \u2014Vous.vous.\u2014Il faut me pardonner, ma chérie, ce\u2026 mensonge est le premier et le dernier que vous aurez à me reprocher.Jamais, Dolette jamais il n\u2019en existera plus entre nous; pour cela, il faut me pardonner et continuer à me chérir de tout votre coeur, comme je vous chéris.Voyez-vous, à tort ou à raison, je ne voulais pas vous connaître; la lettre de M.Blandin m\u2019avait touché, certes; je n\u2019ai pu accourir à son lit de mort, trop d\u2019amertume demeurait encore dans mon coeur, mais au moins déjà m°étais-je fait le serment de ne jamais vous abandonner.Seulement, je ne voulais pas vous connai- tre, je le répète; seule votre lettre, qui m\u2019a fait sourire, a modifié mes intentions.J\u2019ai voulu voir le petit phénomène qui parlait de faire la grève de la faim et qui, courageusement, revendiquait le droit de travailler, de se libérer d\u2019une générosité qu\u2019elle ne souhaitait pas.Alors, je suis venu, je vous ai vue et, dès lors, je n\u2019ai plus eu que le désir de vous revoir.Ensuite, comprenant combien déjà je vous adorais, l\u2019ambition m\u2019est venue d\u2019être aimée pour moi-même.J'ai conservé le nom de mon secrétaire, André Marivaux.Me pardonnez-vous, chérie, d\u2019être \u201cTigre\u201d et de vous aimer?\u2014Vous êtes le meilleur et le plus généreux.Je n\u2019ai rien à vous pardonner et mon amour pour vous finira qu\u2019avec moi-même.A ce moment, on frappa à la porte.\u2014MIle Fay rappelle que Monsieur lui avait fixé rendez-vous pour trois heures.\u2014C\u2019est exact, faites entrer.Asseyez-vous ma chérie, je ne vous garantis pas que Mlle Ursule.et Fanny moins encore, seront heureuses de notre bonheur; ceci est d\u2019ailleurs tellement secondaire.Et comme le garçon de bureau introduisait les visiteuses, il alla au-devant d\u2019elles et, très courtois, leur désigna des sièges.\u2014Mais, monsieur, dit Mlle Ursule, c\u2019est M.de Massé que nous sommes venues voir.I1 ne va pas, cette fois encore.Très doucement, il l\u2019interrompit: \u2014M.de Massé désire cette entrevue autant que vous-même, chère mademoiselle.Veuillez patienter quelques minutes seulement et me permettre de vous annoncer mes fiançailles avec.avec Do- lette.Pardon, les fiançailles de Mlle Dolette Blandin avec.Jean de Massé.\u2014Jean de Massé, qu\u2019est-ce que cela veut dire?Il vint s\u2019asseoir auprès des visiteuses.\u2014Cela veut dire, mademoiselle, et vous, Fanny, cela veut dire qu\u2019avant tout, il faut me pardonner, il n\u2019y a pas de André Marivaux, il n\u2019y a devant vous qu\u2019un tuteur très affectueux, un fiancé très épris, qui vous supplie d\u2019excuser sa petite supercherie.Dolette m\u2019a déjà pardonné.Je suis Jean de Massé, le futur époux de ma Dolette bien-aimée, votre frère, Fanny.\u2014Par exemple! C\u2019est très mal.Raidie, crispée, mordant ses lèvres minces, Mlle Ursule s\u2019était levée.Mais, Fanny, d\u2019abord stupéfaite, anéantie, renaissait et, plus furieuse que charmée, mais matée, bégayait: \u2014Jean de Massé\u2026 vous.vous.Clest incroyable.Alors.Alors?Il sourit et, généreusement, avec une discrétion d\u2019homme du monde, tout de suite, il dit les mots pour lesquels elle étail venue, ceux qui la devaient rassurer, lui donner quiétude et bonheur.\u2014Alors, tout est pour le mieux, ma chère Fanny.Vous désirez épouser M.de Souteyrat, n\u2019est-il pas vrai?Rien de ce qui vous inquiétait ne subsiste plus.C\u2019est nne question que vous réglerez avec ma petit Dolette, et Dolette vous chérit assez pour aller au delà de vos désirs.Je l\u2019en supplie d\u2019ailleurs.Ainsi assurée de votre bonheur ne soyez plus que gaieté ei bonté, tout ne vous sourit-il pas?Lais- sez-moi vous embrasser comme un bon frère que je veux être.\u2014Oh! bien volontiers, dit Fanny, mais elle manquait de voix, tant sa gorge était contractée par la colère.C\u2019est\u2026 c'est.Oh! Chapitre XIV \u2014Enfin, ma chère, cette petite vit un rêve merveilleux, un conte des mille et une nuits, pour tout dire.\u2014Le fait est que c\u2019est l\u2019événement de la saison; on ne parle pas d\u2019autre chose par tout Meaux.\u2014Et les environs.Quand on pense que cette petite a déjà sa femme de chambre qui vit auprès d\u2019elle, chez Ursule, afin de lui éviter toute fatigue.\u2014(Ça doit la changer.Entre nous, Ursule n\u2019était pas avare de sa peine.Mars 1934 Mais quelle revanche! Il la comble de tout, la bague des fiançailles est un anneau de platine orné d\u2019un saphir et d\u2019un diamant de toute beauté et elle possède déjà des solitaires gros comme des noisettes et d\u2019une pureté merveilleuse.\u2014On parle aussi d\u2019un collier de perles.\u2014On peut en parler, des perles d\u2019un crient incomparable, avec fermoir en brillant.Mais, attendez donc, on dit que le trousseau atteindra le prix de deux cent cinquante mille francs, rien que de la vraie dentelle, ma chère, et des fourrures\u2026 Un manteau de zibelline, une sortie de bal liberty et hermine.Enfin un luxe à tourner toutes les têtes\u2026.Mme Saintive prit le temps de respirer et Mme Agnan, suspendue à ses lèvres, comme on dit, reprit du souffle.Mais, emportée par son sujet, un sujet sur lequel, depuit huit jours, elle ergotait sans se lasser jamais, la bonne dame reprit bientôt: \u2014Et, pendant ce temps, notre belle Fanny, qui pourtant apporte cinq cent mille francs a Robert de Souteyrat \u2014 les Souteyrat exigeaient trois cent mille franes \u2014 doit se contenter d\u2019une bague de douze mille francs et d\u2019un trousseaa de vingt-cinq mille francs, mais elle a été si maladroite avec M.de Massé lors qu\u2019il n\u2019était que M.Marivaux.\u2014Dame, elle ne pouvait pas savoir.\u2014C\u2019est comme cette pauvre Ursals, elle paraît encore tout attrapée de l\u2019a venture, et puis elle ne gagne rien dans tout cela, bien au contraire.Dolette lui servait de servante et payait une grosse pension, elle s\u2019en va et Fanny, qu\u2019elle a tant gâté, semble lui faire grise mine maintenant que son mariage est décidé, et tellement proche.\u2014Mais à qui done la très belle Fanny prodigue-t-elle ses amabilités?Ce n\u2019est pas à ses futurs beaux-parents toujours, et Robert lui-même n\u2019échappe pas toujours à sa mauvaise humeur.\u2014Bah! ça s\u2019arrangera, elle est vexée du beau mariage que fait sa soeur, mais son voyage de noces, un superbe voyage, lui changera les idées.\u2014Et où vont-ils ?\u2014Fanny et Robert partiront pour l\u2019Italie le soir du mariage de M.de Massé et de Dolette, lequel aura lieu huit jours après le leur, mais, pour ceux-là, je ne sais pas où ils passeront leur lune de miel.\u2014Ils font du mystère Sans doute non.Dolette, pas plus que Jean de Massé ne cachaient leur commune intention de se rendre, le soir même de leur mariage, au château des Etangs, magnifique propriété que M.de Massé possédait dans la banlieue de melun.Ils avaient décidé d\u2019y passer les huit premiers jours de leur vie nouvelle; ensuite, ils devaient partir pour la Hollande, que Dolette révait de connaître.\u2014Comme je suis heureuse! soupirait la jeune fille vingt fois par jour.Oui, elle était heureuse, car elle aimait d\u2019un grand amour pur et désintéressé et elle se savait aimé comme elle avait souhaité de l\u2019être, et puis de sa soudaine fortune, elle avait déjà fait des heureux.Sa soeur richement dotée.Mme Delage et Jean désormais à l\u2019abri du misérable qui trop longtemps les a opprimés, à l'abri aussi des privations et de la misère.Car, au château des Etangs mé- me, un appartement leur a été réservé.Dolette, maîtresse de maison de dix-sept ans a réclamé auprès d\u2019elle le conseil si sage, la présence si rassurante de Mme Delage, le joyeux babil de son petit ami Jean.Ils seront, en l\u2019absence de M.de Massé, la sagesse et la gaieté de Dolette.La veille de son mariage, Dolette et son fiancé se sont rendus sur la tombe de M.Blandin.L'un et l\u2019autre portaient une gerbe dé roses, des roses rouges, comme il les aimait.\u2014Qa.mon cher papa, murmure Do- lette très émue, tu vois, je te l'amène.Et, aitirant son fiancé le plus près possible de la pierre tombale, elle ajouta: -Maintenant, Jean, je vous en prie, donnez-lui ce pardon qu\u2019il vous a de- fiandé.Près d\u2019elle il s\u2019est agenouillé et, tendrement, il assure: -\u2014De tout mon coeur, pour l\u2019amour de vous.ma Dolette.FIN TT TRIE ME Sethe RATE IE ES a id + \u201cSN Mars 1934 La Revue Populaire 47 LE SECRET DU MASQUE ANTILLAIS (Suite de la page 13) Mais l\u2019accident survint à Montréal, Canada.«Je le savais, répondit Menod.Il ajouta même que le masque était noir et portait trois poils blancs au menton.C\u2019était cela exactement.Je fus interloqué mais au moment où j'allais confirmez, Menod me regarda obliquement et je me tus.«Cette nuii-la, je ne dormais pas.Ma cicatrice fermée depuis longtemps me causait pour la première fois depuis le moment de l\u2019accident des douleurs atroces.À l\u2019aurore, la servante de mon garni gratta à ma porte et m\u2019avertit que quel- qu\u2019un m\u2019attendait dans la rue.«Je m\u2019habillai en hate.Menod, monté dans un vieux cabriolet, me salua, puis il demanda: «Venez- vous voir ma plantation?La journée sera radieuse.Il y a longtemps que vous m\u2019avez promis cette visite.D'ailleurs, je néglige mes affaires en ville.Il faut que je retourne chez moi.Vous venez, n\u2019est-ce pas ?» «Mécontent des allures énigmatiques de ma nouvelle connaissance, mais désoeuvré à Fort-de-Fran- ce, je saisis cette occasion de voir un peu de campagne et de me rapprocher d\u2019un homme qui m\u2019intriguait maintenant au plus haut point.Je l\u2019accompagnai.«La plantation Menod est située à l\u2019intérieur du pays, dans la vallée où coule la rivière Blanche.Le trajet pour s\u2019y rendre demande plusieurs heures de voiture, par des routes de montagne qui longent en pente douce d\u2019interminables champs de canne à sucre.Au fait, les plus beaux livres sur la Martinique ont été écrits par ce sympathique Américain Lafcadio Hearn.En parcourant l\u2019île, les lectures qui m\u2019avaient passionné à vingt-cinq ans, me revinrent en mémoire et j'en oubliai presque mon compagnon, occupé à gur- veiller les nombreux détours de la route.Beaucoup de nègres se rendaient en riant au travail et le cheval ne les évitait pas toujours.Mon ami pinçait les lèvres ou lançait de temps à autre une série de mots vifs dans le patois chantant des Antilles françaises.«Sa maison, le seul immeuble qui restait de l\u2019importante succession Menod, présentait une façade délabrée où ce qui restait d\u2019élégance architecturale s\u2019entourait de la pourriture des rebords de fenêtres pendants, du toit décrépit, de la peinture blanche s\u2019écaillant par l\u2019effet de la température.Les entours étaient envahis de végétation.Les quartiers des noirs désertés.Le tout prenait dans la féérie de cette journée un aspect lugubre qui m\u2019impressionna.Arrivés sous la porte cochère, Menod attacha son cheval et me fit l\u2019honneur de sa maison.En ouvrant, il appela : «Ochs! Ochs!> «Un petit homme chauve, espèce de monstre, descendit pesamment l'escalier intérieur et vint serrer la main à mon ami en disant.«Bonchour, fous afez vait un pon foyache ?» \u2014Excellent, répondit Marcel Menod.J\u2019amène un invité, M.Barrette.C\u2019est assez drôle, mais il s'appelle aussi Rosaire.Barrette, cher ami, voici le Dr Wolfgang Ochs, de Lu- bech, un spirite.\u2014Enjandé, me dit Ochs.Son visage, une fressure qui tombait à pic dans le gouffre d\u2019un goitre énorme pendant comme un sac rose, du menton à la poitrine, fit une grimace.Ses yeux devinrent vifs en considérant ma petite cicatrice, mais Menod, par délicatesse, sans doute, s\u2019interposa entre lui et moi et nous fîmes le tour des appartements vastes, sonores «t mal tenus.«De lourdes consoles en bois de palissandre, des tapis moelleux mais pleins d 'excréments d'oiseaux, des meubles d\u2019une grande beauté malgré leur état, disaient assez le faste qui avait régné dans cette demeure au temps du planteur Menod, l\u2019aïeul de Marcel.«La journée tirait à sa fin que je ne m\u2019en étais pas encore aperçu.À six heures, le coucher du soleil ne fut suivit d\u2019aucun crépuscule.Nous veillimes dans une grande salle sous la lampe à acétylène, affalés dans des fauteuils, chefs-d\u2019oeuvre d\u2019ébénisterie, mais poisseux et qui nous retemaient assis.«La chaleur était étouffante.Je me dévêtis un peu.Ochs ouvrit sa chemise.Au-dessous de son goître se trouvait un série de petites plaies purulentes, verdâtres et rouges.J'en frémis et je détournai les yeux.Menod n\u2019avait plus qu\u2019un pagne autour des reins, offrant aux regards un corps décharné d\u2019un blanc de cadavre.\u201cJe perdis l\u2019appétit malgré ma grande faim.Menod se plaignait qu\u2019il ne pouvait plus garder un seul serviteur dans la maison.Charcuterie et pâtisseries trai- naient sur la table, maculant de graisse les pages d\u2019un livre entr\u2019- ouvert.«La conversation se poursuivit quelque temps.Souvenirs de Frau- ce, du Canada et d\u2019Allemagne.Il avait été entendu, au cours de la (Suite à la page 48) Ghee Chocolat laps Toca Tend CHOCOLAT MAGIQUE 1-1/3 tasse (1 boîte) Lait Eagle Condensé Sucré 1 cuil.à soupe \u20acà ; ; -marie.fondre Je chocolat 2 pate mare.i nsé Sucre.j Lait Eagle Conde enue: ok en de l'eau bouillante Ca minutes, fus oa épaississe.(Imaginez! A le au.He ctaitement en 5 minutes!) 4 J Le Refroidissez le gâteau avant te le glace ke i isson lien Seulement Ours! Pe ni trop épaisse ni trop USS .Jd ! Caire! S\u2019étend en riches ondulatio! L vaporé on ne Elle exige le Lai venir du nom: GLACE AU 2 carrés chocolat non sucré .; ecette.UusSsiT cette Fr peut pas Te 11 suffit de vous 30% Condensé Sucré.; : Cis! Pr LES PLUS ETONNANIS RACE, feria étonnan ci .ouver i Découpez la recette ë te ces coupon à 1a vous-même.Puis dre une méthode de cuisiner entière men pe : to, Ont.ment nouvelle! Yardley House.Toron ,Ç Te ty Cocpédier dU RATIS le livret \u2018\u2019Les Plus u 017 Etonnants Raccourcis.PrOVINCE mmmennenrnmenmenns ment, en lettres moulé) Ville - (Ecrivez le nometl'adresse Pour réussir, il faut prévoir Le PROFESSEUR VICI, le plus réputé des ASTROLOGUES MODERNES, actuellement en Europe, vous offre une description GRATUITE de votre Vie.Grâce à sa connaissance approfondie de l\u2019Astrologie, 11 vous aidera à modtfier votre existence, et vous évitera LES ERREURS et les déceptions de toutes sortes.Il vous donnera des conseils relatifs à votre SANTE, à vos AFFAIRES, à vos AMOURS.Laissez-le être votre conseiller et ami: il vous fera connaître vos EPOQUES FAVORABLES ET VOS CHANCES A VENIR, VOUS SEREZ EMERVEILLE DE L'EXACTITUDE DE BEs REVELATIONS.Ecrivez sans tarder au PROFESSEUR VICI], Dépt.B.11, rue SAUVAL, PARIS ler, FRANCE, en lui indiquant vos NOMS (M., Mme ou Mlle), date de naissance complète et adresse: et vous recevrez sous pli fermé une Etude TRES PRECISE de votre Horoscope.(PRIERE DE JOINDRE 10 CENTS EN TIMBRES-POSTEs DE VOTRE PAYS POUR FRAIS DE BUREAU ET D'ENVOI.) +3 4 dd Coupon d\u2019Abonnement #BVamedl Ci-inclus veuillez trouver la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois on $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis: $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au magazine LE SAMEDI.Adressez comme suit : POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée, 975, rue de Bullion, MONTREAL, Can. 48 La Revue Populaire UN SUCCESSEUR MODERNE A L\u2019ANNEAU DE SERVIETTES (Suite de la page 33) essayé, vous réaliserez combien il est simple après avoir fait uu point ou deux.Travaillant de droite à gauche, prenez quatre brins avec votre aiguille, comme en vignette 1, tirez le brin serré et ramenez encore l'aiguille autour, prenant cette fois un point court dans le bord (vignette 2).Répétez cela tout le long de l\u2019espace, tenant le bord vers vous, L'autre côté est travaillé exactement de Ja même manière, en sens inverse seulement.L\u2019ourlet à jour fini, occupez-vous des motifs décoratifs.Dessinez d\u2019abord et taillez un patron de papier pour la grande et la petite fleur.du patron de papier sur votre toile rose avec un crayon de mine très molle et dessinez le centre et les pétales.Alors, avec le brin simple de Coton Perlé «Anchor» ou six brins de Coton en Brins «Anchor» de Clark, couvrez tous les contours avec un point-devant assez long.La grande a environ 5 pouces de diamètre et la petite environ 2 pouces.Tracez ensuite le contour prenant le moins possible de tissu chaque fois, afin que la quantité presque entière de ce fil soit gardée à l\u2019endroit.Avec trois brins de Coton en Brins «Anchor» rose foncé, finissez à points de boutonnière rapprochés tous les contours désignés dans le diagramme eui- vant.Remplissez le centre avec le Coton en Brins ou le Coton Perlé assorti à la toile jaune et alors travaillez par-dessus ceci l\u2019initiale désirée, au point de tige avec le Coton en Brins rose fonçé.Découpez le tissu du contour de la fleur et faufilez le motif solidement gur le coin du napperon.Finissez les bords qui restent au point de boutonnière, brodant ainsi deux fois à travers les deux morceaux de tissu et fixant ainsi la pochette.Le grand pétale de dessus terminé le premier, forme l'ouverture de la poche.Le petit motif est exécuté presque de la même manière, mais est découpé et faufilé sur la serviette quand le contour de fond est fait.Tout le travail de boutonnière esi fait à travers les tissus rose et jaune à la fois.Naturellement, ce thème peut avoir une foule de variations.Une quantité infinie de modèles peuvent être employés pour les motifs.Si vous trouvez la toile «Old Bleach> trop dispendieuse ou difficile à trouver, une bonne grosse toile de fil serait tout à fait convenable.Dans ce cas, nous vous conseillons de tirer seulement trois brins pour l\u2019ourlet à jour, la toile «crash» étant de texture plus grosse que la toile «Old Bleach».Il n\u2019est pas absolument nécessaire de mettre des initiales sur l\u2019une ou l\u2019autre, bien qu\u2019elles soient pratiques et jolies.Il est possible, également, d\u2019en faire avec initiales, et d\u2019autres sans initiales, pour les membres de la famille et les invités.Pourquoi n\u2019imagineriez-vous pas vous-même toutes ces variations ?C\u2019est très amusant ! LA FEMME ET L\u2019EXERCICE PHYSIQUE (Suite de la page 33) cependant son action brutale sur les organes féminins en interdit l'abus.5° Les lancers du disque et du javelot sont d\u2019excellents exercices de détente; le poids du disque devrait égaler le dixième du poids du corps.6° Le grimper est à recommander pour son action viscérale: c\u2019est un exercice fatiguant par excellence, par opposition à l'exercice essoufflant.LAURE.vous pouvez aviver votre teint, stimuler votre appétit, vous soulager de vos faiblesses, étourdissements, fatigue au moindre effort, maux de reins, périodes douloureuses ou irrégulières ou tout autre trouble interne spécial à la femme en prenant les PILULES ROUGES, le remède par excellence des femmes depuis 40 ans.7°La natation est le sport complet, idéal, celui qui met en jeu la plus grande masse de muscles, et qui utilise toutes les ressouces de l\u2019organisme; aussi conduit.dl trés vite à l\u2019easoufflement .Grâce à leur souplesse, les femmes nagent presque aussi vite que les hommes.8° L\u2019aviron, comme la natation, développe les muscles abdominaux et dorsaux; mais ce sport, très rude, soumet le coeur à un effort intense; on le prescrit trop à la légère.9° La bicyclette est très agréable, facilement dosable, utilitaire.Elle congestionne un peu les organes pelviens.10° Le hockey et le basket-ball sont trés recommandables.11° Le foot-ball (et le rugby a plus forte raison) n\u2019est pas ua sport féminin.12° Tous les jeux de raquette sont bons (tennis, volant, longue paume, badminton).Le tennis paraît avoir été inventé pour la femme, bien qu\u2019il puisse être un sport très rude, capable d\u2019épuiser le meilleur champion.I] demande du coup d\u2019oeil, des réflexes, il oblige à courir.Il a l\u2019inconvénient de ne développer qu\u2019un seul côté du corps.13° L\u2019escrime devrait être pratiquée davantage par la jeune fille; car elle fortifie les muscles du bassin.Mais, comme le tennis, elle peut créer des asymétries de développement et même des scolioses; de plus, elle entraîne une fatigue nerveuse excessive.Ni la boxe, ni la lutte, ne conviennent à la femme.Les rares rencontres féminines auxquelles elles ont donné lieu jusqu'ici n\u20195- taient que des prétextes à exhibitions pornographiques; numéros de music-hall et non pas exercices sportifs.Les effets de l\u2019exercice et du sport L'exercice apparaît en premier lieu comme le grand régulateur de la nutrition.Par la stimulation général qu\u2019il produit, il est utile à ceux qui n\u2019assimilent pas assez, aux chlorotiques, aux atrophiques, aux anémiés.Pour Boigey, l\u2019exercice a pour effet permanent un emmagasine- ment d'oxygène dans les tissus, d\u2019où il résulte un meilleur fonctionnement des sécrétions.Le nombre des globules rouges augmente.L'exercice est efficace contre les ptoses.\u2014 «Le traitement rationnel des ptoses, dit Mile Bensidoun, consiste à lutter contre la maigreur atrophique, à remuscler à la fois la paroi et les organes par la gymnastique abdominale.En vertu des synergies fonctionnelles, une bonne paroi bien musclée coexiste presque toujours avec un estomac tonique, un intestin tonique; dans ce cas, la fibre striée et la fibre lisse sont toutes deux de bonne qualité.On ne dira jamais assez l\u2019importance d\u2019une bonne sangle abdominale pour la femme.» L'exercice physique a d\u2019autres mérites: il tonifie la fibre cardiaque, il prévient les varices et les phlébites, il prévient les maladies respiratoires, les déviations vertébrales, il améliore les fonctions nerveuses.Enfin le sport favorise la croissance.Mars 1934 Le Secret du Masque Antillais (Suite de la page 47) journée, que je séjournerais ici le temps que je voudrais mais qu\u2019il conviendrait que je restasse au moins une semaine.«II y a de bonnes bicyclettes ici ; nous parcourerons les environs ensemble, me dit Marcel.C\u2019est ei ennuyeux pour moi sur ma plantation.Je me serais suicidé sans la présence du Dr Ochs qui est mon compagnon depuis six ans.Mais il lui faut garder la maison avec ses maladies.Il m\u2019a enseigné tant de choses, ajouta-t-il mystérieusement.«Mon hôte m\u2019accompagna à ma chambre, sortit des draps d\u2019un bahut et me fit un lit propre.Je me couchai, harrassé de fatigue et de chaleur.) «Je dormis quelques heures et je m\u2019éveillai au milieu de la nuit.Tout était silencieux.Je mis le nez à la fenêtre.Les étoiles, la Croix du Sud à l'horizon, étincelaieni, semblaient vivre intensément.J\u2019admirai à leur clarté les vallonnements voisins, les moires des feuilles de bananiers, les fleurs ardentes des flamboyants.Et, je me recouchai.«Instinctiveimemnt, je passai la main eur ma cicatrice en m\u2019étonnant soudain qu\u2019elle ne me fit plus wal, comme cela était arrivé la nuit dernière.Je n\u2019avais pas sitôt palpé ce petit relief de chair qu\u2019un cri déchirant s\u2019entendit dans l\u2019intérieur de la maison.J\u2019en fus glacé.«Un frisson affreux me saisit.Comme je n\u2019attribuais cependant pas encore ce cri au geste que je venais de faire, je touchai ma cicatrice car j'y sentais maintenant une piqûre atroce.Second cri plus angoissant que le premier.Cris humains, mais comme d\u2019outre-tombe.Je n'y tins plus.J\u2019allumai la lampe et je me considérai dans le miroir.J\u2019étais non seulement livide mais je constatai que ma cicatrice saignait maintenant.Je fus effrayé.En voulant éponger ce sang avec mon mouchoir, je dé- dlanchai un troisième cri qui fut suivi de hurlements immondes et c\u2019est alors que j\u2019entendis un branle-bas extraordinaire dans le passage où donnait ma porte de chambre.«Je compris qu\u2019un sens quelconque mais profondément mystérieux s\u2019attachait à la blessure que je m\u2019étais faite, enfant, avec ce masque dont mon hôte connaissait tous les détails avant même que je lui en eusse parlé.«Atterré, je n\u2019osais ouvrir la mn \u2014\u2014\u2014 = 27 EE ms am am em rr a me 0 -\u2014 Mars 1934 porte pour savoir ce qui se passait dans la maison.Le branle-bas de tout à l\u2019heure prenait la cadence d\u2019une parade de troupes, mais il s\u2019élevait des plaintes supra-terres- tres, qui de temps à autre sifflaient dans le trou de ma serrure.«Je fis un mouvement vers la fenêtre mais les jalousies venaient d\u2019en être fermées extérieurement sans que j'y prisse garde.«Je ne pouvais échapper, pen- sai-je, au sort infernal qui m\u2019attendait sans doute, pour avoir touché cette maudite cicatrice qui saignait abondamment.«Je suis assez brave de ma nature.J\u2019ai affronté beaucoup de périls depuis l\u2019âge de vingt ans, au cours de mes aventures.Mais celle- ci prenait une tournure particulière, surnaturelle.Je ne pouvais me raisonner.«Résolument, je m\u2019armai de mon revolver et j\u2019appliquai de la main gauche un mouchoir sur mon front pour arrêter ce sang.Je pressai même assez fortement et j'attendis, non pas impassible, mais tremblant par tout le corps.Ce ne fut pas un cri, mais mille cris que répercutait l'écho de \u2018a vieille demeure.Puis ce fut un assaut contre ma porte.«Pris soudain de tous les courages, je tournai le clef en reculant un peu pour faire face à la meute que je sentais là derrière.La porte tourna tranquillement et je ne vis rien.La lueur de ma lampe trouait l'ombre du couloir.Un silence sépulcral suivit.La peur me revenait par intermittences effroyables.Je criai: Menod ! Dr Ochs! Il n\u2019y avait rien.Je me hasardai dans ce couloir, mon mouchoir imbibé de sang à la main gauche, mon arme dans la main droite.Je me rendis à la chambre de Marcel que je trouvai déserte mais tournée sens dessus-dessous comme par l\u2019effet d\u2019une explosion.Je pensai que tout cela provenait de chez le Dr Ochs où se trouvait probablement Marcel.«J'allai donc dans la chambre du spirite.Je les trouvai tous deux penchés eur une forme hideuse qui n\u2019avait rien d\u2019humain.Il fallut les remuer pour attirer leur attention.«Docteur, dis-je, vite un baume pour cette plaie qui s\u2019est ouverte je ne sais mi pourquoi, ni comment, mais qui saigne trop, qui me torture trop.«\u2014T'aisez-vous, mon vieux, fit Marcel, impatienté.Tout cela est prévu.Le docteur a réussi à l\u2019aide des zombis à trouver Ie fameux élixir qu\u2019il recherche depuis tant d\u2019années.Elixir de vie! Et grâce a vous.«Je ne comprenais rien.Ochs La Revue Populaire saisit un cataplasme gluant, me le colla vivement au front et arréta le sang.\u2014Merci, dis-je Maintenant je veux fuir, n'importe comment mais tout de suite.Marcel avait saisi mon arme.\u2014Vous resterez ici jusqu'à ce que nous vous ordonnions de partir, somma-t-il en pointant le canon dans ma direction.\u2014C\u2019est bien, vous avez ma parole.Mais qu\u2019est-ce que cette mauvaise plaisanterie.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de me mêler des choses qui se sont passées dans cette maison.\u2014Ce n\u2019est rien, cher ami, fit Marcel en me remettant mon revolver.Des zombis dont ils nous faut le concours pour parachever une oeuvre dont vous serez le premier à bénéficier.«Vous êtes indispensable dans cette affaire, c\u2019est-à-dire votre cicatrice plutôt.Mais nous vous expliquerons cela plus tard.Où en êtes-vous, Dr Ochs ?«Ochs soutirait de dessous un drap des liquides et des membranes visqueuses qui se mariaient étrangement avec les plaies qu\u2019il portait sur le corps.Le spirite ruisselait de sang.Je devins exaspéré devant cette scène mais je me sentis tout à coup impuissant.Le docteur répondit gravement: «Il me manque encore un brincibe a ce liquide.Le zombi ne veut pas le lâcher.Il vaudra regommencer mais cette fois ce sera afec suzzés.» On me jeta dans un fauteuil.Le spirite s\u2019approcha de moi, me considéra un moment, me montra une fiole et me dit avec quelque chose d\u2019insolite dans la voix: «Ça ne tu- rera pas, monsieur Paredde.Une seule kotte de ce preufache vera de fous un gonquérant.» J'articulai difficilement: «Lais- sez-moi partir, maintenants.D\u2019un geste brusque, inattendu, le docteur toucha ma cicatrice.De dessous le drap, étendu sur une masse de forme humaine où Ochs et Me- nod opéraient à mon arrivée dans cette chambre, partit un cri sinistre qui m\u2019arracha presque le tympan.L\u2019appel désespéré d'un homme enterré vivant.Oh! la terrible épreuve sur mes facultés déjà ébranlées par cette nuit indescriptible! Une secousse nerveuse ébranla tout mon être.Le drap ou le suaire se gonflait maintenant comme si de la vie se manifestait dans la forme qu\u2019il cachait.«Cela grossit a vue d'oeil et j\u2019eus l'impression d\u2019un mort qui sort du tombeau.La masse s\u2019était levée.Six pieds de haut sur la table, mais le drap, encore sur la tête, masquait tout.«Qu\u2019est-ce que c\u2019est cela, demandai-je en me blottissant âpé d'un Ci Zeste râpe $ cuil, a thé essen Mêlez le Lait Ea et le zeste rape tout comme 2 une CROUTE DE 3/4 tasse à l'ordinaire.ous aures al GIQUE A LA CREME D ce de citron « gle Condensé Suctés la cuisson, en © ite.lisse) ee ante de Miettes non cuit Jw *me fouettée avec froid avant de servir.MIETTES NO n aufres va ei de miettes.deux et garnisé ce moule avec stices entre les & iture insi une garniture, 10 ee coule Jos s ne préparerés rf 1 El po aite rte au citron @ ancienne Jag à de ta r on as T r cel recette Elle extB e iL te ec .1 © Lait Condensé pas éussir \u20ac Sucre.n + de vous souvenir du nom: Lait Eagle.ss NANTS GRATIS! \u201cLES PLUS ETO is.Eprouve 49 agnifique-Tacteau Gtron àchroïd.! E CITRON j citron jus de ; 1j, tasse crème à fouette 2 cuil.à soupe sucr aus Croûte de miettes DO le jus de citron (Le mélange épaîssit, une superbe crèm 3 tarte de huit pouces, en Couvrez au le sucre à glacer.Mettez 1/, tasse d'un citron.n moule Z des gaufre v en s anillées » EF les inter\u201d issez-en emplissez Sent les miettes et ¥ re aufres.Versez la le tart it touj é \u2018+ jamais trop: of what; de garniture poste, afin d'apprendre \u2018oronto, Ont.s Plus Etonnants Province pre n lettres mouléeed visiblement , \u20ac contre Menod qui paraissait calme.\u2014Un zombi, dit-il.\u2014Lâche ton segret, commanda Ochs au zombi, ou je te tordure dafantache.Aucun geste.Le spirite, enragé, s\u2019approcha vivement de moi, détourna mon attention avec un instrument nikelé qu\u2019il tenait dans la main gauche, porta sa droite à mon front et toucha ma cicatrice de nouveau mais plus durement.Ce fut une détente chez le zombi.Des fumées entrèrent par la fenêtre ouverte qui donnait dans la nuit.: «La chambre s\u2019emplissait de murmures confus et le tapage infernal de tout à l\u2019heure recommença dans toute son ampleur.Le drap disparut soudain et l\u2019être qu\u2019il recouvrait apparut, horrible, spectral, homme diaphane, dont on voyait toutes les parties à nu.Le visage était quelque chose d\u2019effrayant, de charcuté.Mû par la curiosité cette fois, je me touchai le front.Un tremblement convulsif ébranla le spectre mais il cria faiblement.Ses deux mains translucides se portèrent à sa figure, palpant les orbites, la ligne incurvée du menton.Un liquide comme du métal en fusion s\u2019échappa de sa bouche, puis le zombi disparut.Le Dr Ochs accourut avec un vase.Il recueillit cette lave à temps et me regarda d\u2019un air de triomphe.«Je chancelais mais, me ressaisissant, je courus à la fenêtre par où était parti le zombi.Je ne vis que des fumées qui se dissipaient très vite.L\u2019horrible apparition se découvrit encore dans le lointain, plus effarante cette fois, avec un rictus amer sur une face qui m\u2019était maintenant extraordinairement familière.«Comme si l\u2019âme me sortait par la blessure que je m\u2019étais infligée jeune, je ressentis à la tête ce (Suite à la page 52) 50 S OULEVEZ les bords de l\u2019omeleite avec un couteau, pendant que se fait l\u2019omelette.Faites bien réchauffer votre plat que vous servez immédiatement.La Revue Populaire Mars 1934 NE omelette espanole réussie est une chose délicieuse, qui vous change des omelettes ordinaires.Elle requiert évidemment plus de travail.ÇCASSEZ vos oeufs dans un bol et voyez s\u2019ils sont bien frais.Battez légèrement et ajoutez l\u2019eau.ID ECOUPEZ et émincez le piment.Faites chauffer et pelez deux tomates et coupez-les fin.UIS incorporez en baitant les tomates hachées, le piment et les pois dans les oeufs battus et l\u2019eau.Assaisonnez uu goût avec poivre, sel et paprika.En faisant une omelette de ce genre, battez légèrement vos oeufs, juste assez pour qu\u2019ils se mélangent bien avec l\u2019eau.OUS trouverez ci-dessous la liste des ingrédients qui entrent dans la préparation d\u2019une bonne omelette espagnole.Comment F aire UNE OMELETTE Espagnole Ingrédients 3 oeufs frais 2 c.à soupe 1% ce.à soupe de d\u2019eau pois cuits 1e.à soupe de 1% e.à soupe de piment émincé tomate hachée 14 c.a s.beurre Poivre, sel et paprika au goût OUS pouvez encore, en utilisant une autre méthode, séparer vos oeufs et incorporer les blancs battus en neige dans les jaunes d\u2019oeufs et les autres ingrédients.FAITES fondre le beurre dans la poêle jusqu'à ce qu\u2019il soit très chaud ou qu\u2019il brunisse légèrement.ERSEZ votre mélange dans la poêle, et faites-le cuire rapidement jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit légèrement gratiné au- dessous.UAND le dessus de l\u2019omelette est encore humide, glissez-la sur un plat chaud au moyen d\u2019une spatule.Repliez- la en deux et servez-la tout de suite, garnie de persil.Vous avez là un plat appétissant dont se régale la famille. À.SUN < ++ j SAVE E Adoptez cette idée ingénieuse par Joséphine Gibson L *\u2019HOTESSE qui sait recevoir, présente et dispose ses mets de façon à exciter l\u2019appétit de ses invités.Pour arriver à ce résultat, elle met en oeuvre toute l\u2019ingéniosité dont elle est capable.Cependant, il arrive parfois, parce que les goûts ne sont pas tous les mêmes, qu\u2019elle n\u2019obtient pas tout le succès qu\u2019elle aurait désiré.Même dans une famille, cette variété dans les goûts \u2018peut très bien exister.Et cela ne se produit pas seulement chez les jeunes, mais le père de famille lui-même, lorsqu\u2019il rentre de son travail fatigué et impatient, a de petits caprices que la maman bien avisée fait bien de respecter.Evite de \u201cpasser les choses\u201d Le moyen de satisfaire tout le monde, à mon avis, est de fournir à chacun ce qu\u2019il lui faut pour relever à sa façon le goût des mets qui lui sont présentés.La chose est facile à l\u2019aide de ce commode plateau tournant auquel, en Angleterre, on a donné le nom curieux de \u201cLazy Susan\u201d, parce qu\u2019il élimine la nécessité de \u201cpasser\u201d autour de la table les sauces, condiments et marinades dont on doit avoir soin de le gamir abondamment.De cette manière, chacun peut choisir la sauce ou le produit qui lui plaît particulièrement, selon les plats qui sont servis.Mais la variété est le secret du succès de ce plateau tournant sur votre table, car n\u2019oubliez pas que vous avez à satisfaire toutes sortes de goûts.Correctement garni, le \u201cLazy Susan\u201d doit comprendre le ketchup aux tomates Heinz, la sauce Chili Heinz, la sauce Worcestershire Heinz, la moutarde préparée Heinz, du vinaigre et de l'huile d\u2019olive importée Heinz, la sauce à bifteck Heinz et le raifort Heinz (horse radish).Chacun de ces différents produits relève à sa façon la saveur de mets différents.C\u2019est la saveur qui importe Tous les produits que j'ai mentionnés appartiennent à l\u2019assortiment des 57 variétés.Beaucoup d\u2019hommes \u2014 et de femmes aussi \u2014 reconnaissent que ces sauces et condiments Heinz ne sont pas ordinaires.C\u2019est parce qu\u2019à la Compagnie Heinz, ce qui importe surtout et avant tout, c\u2019est la saveur, la pureté et la valeur reconstituante des produits fabriqués.Ainsi, par exemple, dans les jardins où sont cultivées les tomates de choix Heinz, ces fruits succulents sont cueillis au point de parfaite maturité, puis dans l\u2019espace de quelques heures, sont convertis en délicieux ketchup.Toute humidité inutile est évaporée dans de grandes mammites découvertes.Un sucre granulé pur est ajouté, en même temps que de fines épices orientales, puis l\u2019épaisse sauce savoureuse est versée chaude dans les bouteilles et cachetée.C\u2019est ainsi qu\u2019est préparé le meilleur ketchup au monde ! Mettez des sauces sur la table Adoptez cette idée ingénieuse du plateau tournant garni de sauces et condiments et vous provoquerez les commentaires élogieux de tous les membres de votre famille.Et votre mari, rentrant à la maison après une journée bien remplie, saura apprécier ces produits permettant d\u2019obtenir toute une variété d\u2019appétissantes saveurs.Pour les convives inattendus Sur votre \u201ctablette d\u2019urgence\u201d, dans votre garde-manger, ayez soin de toujours avoir un assortiment de soupes Heinz, de jus de tomates Heinz, de spaghetti cuit Heinz et des quatre variétés de fèves cuites au four Heinz.De cette façon, vous serez toujours prête à servir un repas à la dernière minute.Avec les 57 variétés Heinz, vous pouvez servir des L'idée de grouper ainsi sur la table, sauces, condiments et marinades, nous vient d\u2019Angleterre, où l\u2019on a imaginé ce commode plateau tournant auquel on donne le nom de \u201cLazy Suzan\u201d, parce qu\u2019il élimine la nécessité de \u201cpasser\u201d ces choses d\u2019un convive à l\u2019autre.Quand il est bien garni, ce plateau fait très bon effet sur la table et incite les convives à essayer les produits délicieux qui y sont étalés.=.wipe ON AIME TOUS LA SOUPE ! Vous pouvez servir de délicieuses soupes Heinz différentes pendant des jours et des jours.des soupes exquises comme celles préparées a la maison.et cela en faisant simplement chauffer la boite avant de mettre sur la table: Créme de Champignons, Créme de Tomates, Crème de Pois Verts, Crème de Céleri, Crème d\u2019Asperges, Légumes (comprenant 13 sortes de légumes), Bouillon de Boeuf, Nouilles avec Poulet, Tête de Veau (Mock Turtle) et Bouillon de Mouton.APPETISSANTE SALADE DE LEGUMES Avec un peu de laitue, vos restes de légumes peuvent être transformés en une succulente salade et servis avec ne sauce préparée ainsi: mélangez ensemble L, c.à thé de sel, 1 c.à thé de sucre et 4 de c.à thé de paprika; repas plus attrayants.Fabriquées à Leamington, Canada,g Cjoutez ensuite 14 de tasse de vinaigre Heinz et \\L tasse par la H.J.Heinz Company.d'huile d\u2019olive Heinz, puis battez à fond. a 2 | Maman a Rrison a BENSONS La Revue Populaire LE SECRET DU MASQUE ANTILLAIS (Suite de la page 49) \u2014 eee.TR eee \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 EE \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 x estle moilleur nowt?NEAL.GUUS.Prick: W a art Re aan.wy dna Nom Adresse Ville BENSON The Canada Starch Co., Limited.Montréal.Veuillez m\u2019envoyer votre livre de recettes.Ci-inclus 10c pour couvrir les frais de poste.EPUIS plus de 70 années, le Corn Starch Benson est le préféré des ménagères canadiennes.Ce fameux Corn Starch, dans le même paquet jaune, est le vieil ami de confiance si bien connu dans presque toutes les cuisines.Depuis bien des générations, les ménagères proclament le Benson absolument indispensable à la préparation de crèmes cuites au four, sauces de toutes sortes et desserts délicieux.Naturellement, la jeune mariée de nos jours, sachant que les substituts ne sont pas aussi bons, se sert de cette marque connue et prouvée.Un tel succès n\u2019est pas sans imitations, et de façon à ne pas être désappointée, insistez sur le Benson\u2019s Prepared Corn quand vous voulez le meilleur Corn Starch.The CANADA STARCH COMPANY, Limited Ce livre de recettes primées vous sera expédié sur réception de 10c.Remplissez le coupon.qu\u2019on ne peut humainement supporter.J'en fus foudroyé et je m\u2019étendis de tout mon long, écrasant les cornues du Dr Ochs.«Le lendemain en m\u2019éveillant, j'étais désespéré.Une fièvre maligne parcourait tout mon corps.Mes dents claquaient malgré le so- leil-matinal qui inondait ma chambre.Marcel entra portant des jus de fruits.; «Je le reconnaissais à peine.Sa prunelle était rieuse, sa démarche très assurée et ses gestes n\u2019avaient plus ces saccades, ces tics que j'avais notés en faisant sa connaissance.L\u2019inquiétude était bannie de son front.étaient soignés.\u2014Comment Ses vêtements allez-vous, cher ami?me demanda-t-il.\u2014J\u2019en mourrai, répondis-je.\u2014 C\u2019est ce que nous allons voir.Tenez, vous devez avoir soif?Prenez ceci.«Je bus le jus d\u2019oranges d\u2019un trait, puis le jus de raisins.L'effet de ce léger réconfort fut plus foudroyant pour moi que tout ce qui s\u2019était passé au cours de la nuit.Je me levai d\u2019un bond et je voulus manger.J\u2019allai à la fenêtre, je pleurai de joie sur le spectacle de la riche nature qui se déployait à mes pieds.Je fus inondé de voluptés rares, divines.Mon sang bouillonnait dans mes veines.Je regardais partout l\u2019assurance d\u2019un pauvre ambitieux qui vient de découvrir un trésor.J\u2019exultais.Je ne trouvais rien de comparable à ce changement subit qui venait de s\u2019opérer en moi avec l\u2019instantanéité de la foudre.Rien.Mince, l\u2019euphorie que j'avais connue plus tôt à mon premier voyage aux avec Antilles, à côté du monde que j\u2019entrevoyais maintenant.Tout m\u2019apparaissait sous un jour nouvead.Mille combinaisons me trottaient en téte.Je devenais capable de tout surmonter.Qui, la vie me serait désormais un paradis, un perpétuel enchantement.J\u2019étais incendié d\u2019extase.«Je me tournai vers mon sauveur, l\u2019homme que je maudissais il y avait exactement deux minutes.\u2014Marcel, quel est ce jus qui a pu faire ce miracle?Quelle heureuse idée vous avez eue de m\u2019en donner, m\u2019exclamai-je.Apprenez- moi le nom de l\u2019arbre qui produit cet élixir.«Je parlais en mêlant mes phrases comme un homme qui a trop bu d'un vin capiteux.Mars 1934 \u2014C\u2019est Ochs et moi-même qui vous remercions, cher Barrette.Vous nous avez ressuscités en nous servant d\u2019intermédiaire vis-à-vis du zombi Stringor, dit Marcel.\u2014Je suis ressuscité moi-méme, que ce soit grace a Stringor, a Ochs ou a vous, Marcel.Mais que suis-je dans cette affaire?demandai-je.\u2014Déjeunons d\u2019abord, fit Marcel en m\u2019introduisant dans une petite salle où des provisions toutes fraîches s\u2019étalaient sur une nappe propre.Cela, dans un coin de la maison remis à neuf comme par enchantement.«Je dis enchantement.Toute cette aventure sortait tellement des bornes de l\u2019ordinaire que je me voyais mraintenant transporté comme dans un féérie de Shakespeare.On agissait près de moi comme des héros du Songe d\u2019une nuit d'été, avec des intentions tout autres que la veille.Une servante créole nous servit à déjeuner.Marcel me conta qu\u2019il s\u2019était rendu de bonne heure au village voisin, qu\u2019il avait pu per- guader quelques-uns des anciens employés de la plantation Menod à revenir travailler chez lui.On entendait dans la vaste maison le rythme des coups de marteau, des grincements de balai.Il s\u2019accomplissait là, apparemment, une métamorphose qui avait déjà commencé dans la personne même du propriétaire.«J'ai aussi amené le médecin du village, murmura mon hôte.C\u2019est pour Ochs qui a la certitude de guérir de ses plaies et de son goître.Nous irons à sa chambre tout à l\u2019heure.> «Par la fenêtre, j'observai plusieurs noirs en train d\u2019huiler les instruments aratoires avec lesquels ils se remettraient bientôt à la conquête de vastes champs frappés de stérilité, depuis la mort du père de Marcel.Tout renaissait.Il y avait quelqu\u2019un ou quelque chose, manifestement, à qui on devait ce merveilleux regain de vie.À table, nous étions comme deux personnes qui ont raté un suicide et qui constatent au terme de leur convalescence, après avoir passé à deux doigts de la mort, que l\u2019existence n\u2019est pas si dépourvue d\u2019attraits.La comparaison est trop mince encore; c'était plutôt une espèce de Pentecôte où tout se révélait sous des dehors nouveaux, éclatants .«Nous fames bientét dans la chambre du spirite.Lave, pansé par le médecin martiniquais, Ochs apparaissait transfiguré malgré ses chairs meurtries par le bistouri.1 déclara: «Je n\u2019en ai pas pour long- demps a resder ainzi imbodent.Guand je me reléferai, le monte Mars 1934 sera à moi.Merci à fous, me dit-il.Il me serra la main.«Mais allais-je avoir la clef de ce mystère, à la fin?\u2014Je ne suis pas superstitieux, commengai-je, mais qu\u2019est-ce que jai eu a faire la-dedans et quelle est cette étrange apparition que Marcel appelle Stringor et qui, malgré son caractère surnaturel, n\u2019en laisse pas moins des traces de bien-être matériel parmi nous ?\u2014Le Dr Ochs, en sa qualité de spirite, expliqua Marcel, vint un jour à Fort-de-France à la recherche de plus d\u2019éclaircissements sur les zombis dont il avait entendu souvent parler au cours de ses voyages.Son intention était de faire des expériences concluantes.d\u2019approcher les habitants du pays pour s'informer des manifestations surnaturelles de ces esprits daus l\u2019île, d\u2019en écrire des traités.I] y a de ça six ans.À cette époque, j'avais vu des zombis et j'y croyais fermement mais je ne possédais pas encore l\u2019art de les emprisonner et d\u2019en tirer des secrets.Je rencontrai un soir le Dr Oche à l\u2019ombre de la montagne Pélée, eur les ruines de Saint-Pierre, terre de zombis, que nous appelons revenants en France.Je lui dis l\u2019objet de mes recherches; il me révéla le aien.De là date notre amitié.Nous nous mimes en quête d'expériences fructueuses.Il y a trois ans, le Stringor apparut.Ochs remarquant quelques anomalies dans ce revenant, fit tout son possible pour le retenir.Il l\u2019iu- terrogea, le força à avouer que sa dépouille avait été violée par des zombi nous chercheurs de masques en peau, et que tout le derme facial lui avait été enlevé.pliquer, cher Barrette, je n\u2019ose vous appeler Rosaire, que des indigènes assez peu sorupuleux, faisaient une véritable industrie de se tailler à même le visage d\u2019un mort de quoi tanner des masques utilisés dans des cérémonies burlesques empreintes de religiosité.Des amateurs de curiosité vinrent a la Martinique et achetèrent un grand nombre de ces masques.On en voit déjà dans les musées d\u2019histoire naturelle des grandes villes du monde entier.Stringor nous expli- Il faut vous ex- qua clairement que son masque avait été envoyé dans une région nordique et qu\u2019un enfant s'était blessé un jour en l\u2019essayant.Un zombi ne parle pas mais ses gestes s\u2019interprètent et Ochs possédait à fond cette science de déchiffrer les signes des êtres surnaturels.11 est licencié de l\u2019Institut de nécrophilie de Stuttgart.\u2014Quelle horreur, m\u2019éclamai-je, mais passons! La Revue Populaire «Nous répétames nos entrevues avec Stringor, poursuivit Meno.Il se révélait intéressant.Il voulait son masque qui gelait là-bas.Il le décrivit au Dr Ochs et promit en retour un liquide dont nous tirerions des avantages peu communs, propres a nous distinguer du reste des mortels.C\u2019était, pa- raît-il, un vieux secret de l\u2019âge d\u2019or des Caraïbes.Sur ces entrefaites, vous arrivâtes à Fort-de- France.«Stringor nous en avertit en déclarant que l'enfant n\u2019était pas loin qui avait éclaboussé de son sang, jadis, sa propre peau parcheminée.«Inutile de vous expliquer avec quel joie secrete je fis votre connaissance.Je me disais, a ce moment: «Nous arracherons le secret du zombi au moyen de ce garçon.Ochs saura comment procéder.» \u2014Voila une histoire qui tient a peine debout, déclarai-je, mais tout s'enchaîne logiquement pour moi et je suis bien forcé d\u2019y croire.J'ai été témoin de trop de choses la nuit dernière.Personne d\u2019autres que nous n\u2019y croira, cependant.\u2014Oh! les spinites croient à ces choses-là.Pour les vrais initiés ce ne sont pas des contes, observa mon interlocuteur.\u2014Eh! bien, vous n\u2019avez pas fini, repris-je.Comment se faitil que pendant la fuite de Stringor, \u2014 personnage d\u2019opéra manqué\u2014j'aie reconnu sur sa figure des traits ressemblant, ressemblant à.un moment, s\u2019il vous plaît, j'ai déja vu cette personne-là une fois dans ma vie.\u2014Je crois bien, s\u2019exclama mon hôte.C\u2019est votre masque antillais qui est revenu.Le Dr Ochs s\u2019est assuré du secret de Stringor mais il a tenu promesse.ll a rendu son masque à ce pauvre zombi défigu- Il l\u2019a dirigé par des courants spirituels jusqu'au Canada.\u2014 C\u2019est ce que je constaterai en retournant chez moi, fis-je inter- loqueé.\u2014Ne restez pas trop longtemps là-bas, conseilla Ochs qui se relevait sur ses oreillers, après avoir avec intérêt l\u2019explication qu\u2019on me donnait.«L\u2019élixir ne faut que tans la zone dite antillaise, reprit-il.Mais dans cette zone, il est inaldéraple pour la vie.Croyez- moi, établissez-vous ici.D'ailleurs je fous donne inutilement zet afis.Fous gonsdaderez fous-même que la fie gonstamment merfeilleuse ici, plus qu'augun vilosove n\u2019est cabaple de la zentir, zera éternellement endachée de nosdalchies boignandes si fous fous addartez eu «exil».suivi (Suite à la page 58) 53 Si Votre Enfant Manque d\u2019 Appétit \u2014Voici un Moyen Etonnamment Simple de Susciter Chez Lui une Faim Naturelle, Méme de Légumes et de Lait .Une Découverte qui Fait que les Enfants Mangent Plus Volontiers des Aliments Sains comme les Epinards, la Laitue et les Carottes.Ajoutant Souvent Ainsi une Livre par Semaine à Leur Poids.OICI un moyen très simple d'amener les \u2018faibles mangeurs\u2019\u201d\u2019 à MANGER \u2014 sans les presser ni les commander! Un moyen de faire qu'un enfant se régale de toute nourriture saine, normale, même des légumes et du lait.Ce résultat remarquable devient possible grâce à une nourriture concentrée d\u2019un genre unique \u2014 appelée Ovaltine \u2014 qui procède d'aliments naturels, et possède des propriétés diététiques qui ont attiré l\u2019attention du monde entier.Vous la servez mélangée simplement avec du lait et les enfants en aiment le goût! Comment Elle Agit Premièrement : Ovaltine est une riche source de cette Vitamine B excitatrice d'appétit et qui fait défaut dans beaucoup d\u2019aliments quotidiens.Deuxièmement: Ovaltine est non seulement nourrissante par elle-même, mais se digère aussi si facilement qu\u2019elle n'impose à l'estomac qu\u2019une tâche minimum, contribuant ainst à alléger les fonctions digestives réclamées d\u2019un estomac surtaxé ou \u2018\u2018lent\u2019\u201d\u2019.Ces caractéristiques d'Ovaltine sont importantes; et les spécialistes vous diront que l'enfant dont la digestion est défectueuse u \u2018\u2018lente\u2019\u2019 est habituellement celui qui ne veut pas manger, qui écarte les légumes et refuse de boire du lait.Mais une fois que l\u2019on a, par procédé scientifique, stimulé l'appétit et produit la sensation naturelle de la faim, un changement radical s'effectue.L'ancienne hostilité aux aliments de chaque jour disparaît graduellement et la faim même de légumes se fait sentir chaque jour de plus en plus et de façon naturelle.Constatez Par Vous-même Pour l'amour de votre enfant, nous vous prions instamment d'essayer Ovaltine.Remarquez la différence presque immédiate dans l\u2019appétit de votre enfant et la façon dont il se comportera aux repas.Notez aussi l'accroissement de poids, d'équilibre nerveux et de vigueur.Vous pouvez vous procurer Ovaltine à n'importe quelle pharmacie ou épicerie.Ou, si vous le désirez, envoyez le coupon ci-dessous donnant droit à un approvisionnement d'essai.REMARQUE : Des milliers de personnes nerveuses, hommes et femmes, font usage d'Ovaltine Four recouvrer leur vitalité quand elles sont fatiguées.Les médecins la recommandent fortement aussi contre l\u2019insomnie\u2014 et comme aliment fortifiant pour les mères qui nourrissent, les convalescents et les personnes âgées.\u2014 | METTEZ A LA POSTE POUR | | RECEVOIR UN APPROVISIONNE.| | MENT D'ESSAI | A.WANDER Ltd., Elmwood Park, Peterboro, Ont.Dept.L.R.P.-3 Le Gobelet; d\u2019Annie l\u2019Orpheline Avec illustrations en couleurs d'Annie pheline et de son chien Sandy.let d\u2019Annie l'Orpheline et paquet échan- | tillon, 25c.| Envoyez-moi votre paquet échantillon d'Ovaltine.J\u2019inclus 10c pour couvrir les frais d\u2019empaquetage et de poste.(Ou 25c pour l'offre spéciale à droite.) Nom et nes me | (Ecrivez vos mom et adresse en moulé | bien lisible) Adresse RSS | ville ._ - Prov.- 1 (Un paquet par personne) | | VA TINE Le Breuvage-Aliment Idéal | \u2014 \u2014_ | La Revue Populaire Crèmes Pasteurisées: nouveau secret > ny de la beauté JL MPLOYEZ une fois la célèbre Crème de visage Pasteurisée de Helena Rubinstein et vous ne voudrez plus entendre parler d\u2019autre chose ! Plusieurs crèmes en une seule, un traitement rapide et concentré pour faire et refaire la beauté.Elle moule les contours; revivifie et nettoie.Votre peau brillera d\u2019une beauté nouvelle chaque fois que vous l\u2019appliquerez sur votre visage, votre gorge et vos mains.1.00.Pour les peaux sèches et sensibles, Helena Rubinstein a créé la Crème de visage Pasteurisée Spéciale, merveilleuse pour réagir contre les lignes et les rides qu\u2019amène une peau sèche.1.00 Et que votre peau soit normale, huileuse ou sèche, il n\u2019y a rien comme la crème végétale \u201cYouthifying Tissue Cream\u201d pour rajeunir et nourrir votre peau.Elle pénètre très avant dans la peau; rafraîchit et stimule les tissus: corrige et prévient lignes, rides et pattes d\u2019oie.2.00.Pour vous faire un maquillage au meilleur goût du jour et pour que votre visage s\u2019harmonise avec vos plus nouvelles toilettes, adoptez les poudres, rouges et bâtons pour les lèvres de Helena Rubinstein, dans les plus nouvelles 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l\u2019incorporation, excèdent $165,681,289, y compris $54,582,681 en dividendes.En vous assurant, choisissez cette Compagnie qui est mutuelle depuis son incorporation, en 1869, et a su démontrer, au cours des 64 dernières années, la valeur pratique de la mutualité.Siège social : Waterloo, Ont.Mars 1934 Il Faut que Femme Cade.(Suite de la page 30d) suis de votre avis, on a fait de grands progrès dans l\u2019automobile depuis ces dernières années.SCENE V LES MEMES.\u2014 LUI Lui.(entrant).\u2014Vous voilà encore avec votre éternelle discussion sur les autos?Elle \u2014Oui.je venais précisément de dire à notre ami que jamais je ne puis faire de sortie qu\u2019en tramway ou en in- fame taxi.alors que si nous avions une auto, nous pourrions aller ensemble prendre l\u2019air à la campagne et je ne deviendrais pas anémique comme je le suis actuellement .Je m\u2019affaiblis chaque jour, faute d\u2019air vif et vivifiant de campagne.Lui.\u2014Quelle est cette nouvelle lubie ?Paul.(a part).\u2014Cela devient amusant.Elle \u2014Lubie.comment oses-tu parler de lubie?.Tu m\u2019avoueras, mon ami, que pour une femme que tu veux voir tenir dans le monde un certain rang, il n\u2019y a pas de bon sens a la voir descendre d\u2019un tramway ou d\u2019un vulgaire taxi en robe de bal ou de soirée.Lui\u2014Où veux-tu en venir ?\u2026 Elle \u2014A ceci: c\u2019est qu\u2019il nous faut une limousine.Lui\u2014Quoi .Une limousine .nous faire mendier notre pain ?.Une limousine?Elle\u2014Oni.une LI-MOU.SINE.Que sont quelques mille dollars de plus ou de moins ?Lui.\u2014Une fortune.une fortune .Vous l\u2019entendez, Paul?Ces femmes, elles ne douteni de rien .Paul.(à part) \u2014Elle va perdre son pari.Lui\u2014Mais où prendrais-je l\u2019argent pour la payer ?Elle \u2014Où tu voudras .garde .Lui.(exaspéré).\u2014Une limousine .Mais faites-lui donc entendre raison, mon ami .Elle perd la tête .Elle \u2014Dis-moi .tu préfères voir ta femme humiliée devant tes amis ?Tu préfères la voir perdre ses couleurs et mourir d\u2019inanition et d\u2019air ?.Mais .cela te re- tu es un bourreau .Tout cela pour épargner quelques mille .Que dites- vous, mon ami de cette tyrannie ?.(elle pleure).Je suis bien malheureuse, allez .Lui.(conciliant) \u2014Allons, ma petite, tu sais très bien que je ne puis actuellement faire cette dépense .Mais écoute, je vais mettre un baume à tes chagrins .à condition que ces beaux yeux ne versent plus de larmes .Elle \u2014Rien ne pourra me consoler, je le sens .Lui\u2014Si.si.écoutemoi .Paul.(a part).\u2014Je vais perdre mon pari.Lui\u2014Je vais te donner ta robe .tes souliers .tes bas .et .Elle \u2014Et quoi ?.une auto ?Lui\u2014Non .mais je vais te donner la bague que tu désires tant .Elle \u2014Et mon auto ?.Lui\u2014Je te promets que dans un an à cette date, jour pour jour, tu trouveras devant notre porte une limousine .Es-tu satisfaite ?.Elle \u2014 Vrai ?.Lui\u2014Vrai de vrai .Paul.(à part) \u2014 J'ai perdu mon diner.Lui\u2014Paul, je vous prends à témoin de ma promesse .Paul.\u2014Entendu .cela.Elle \u2014Tiens, tu es un amour de mari.Tu es si gentil qu\u2019il faut toujours 1e céder en tout .on ne peut faire autrement .Lui\u2014FEt comme preuve de ma sincérité, je vais surle-champ te signer le chèque de ta bague .je reviens à l\u2019instant.(il sort).SCENE VI LES MEMES.MOINS LUI .je me rappellerai Elle.(riant) \u2014Hé bien .qu\u2019en dites- vous ?J\u2019ai la bague et une auto dans un an .Et en plus, un fin diner que vous nous offrirez .Ah ! .nous autres pauvres femmes, nous devons toujours céder .Paul\u2014Oui .madame.vous l\u2019avez dit, chère KIDEAU Mars 1934 LA CHANSON FRANÇAISE Le Samedi et Le Film publient également des textes de chansons françaises.Pourquoi se quitter quand on s'aime ?(Peguy-Koger-Scotto) Disque Pathé, No 94304, par Simone Cerdan.I Ainsi tu pars.mais c\u2019est folie Pour une erreur sans lendemain.+ Viens pres de moi.donne ta main + Et ne brise pas notre vie.| Refrain A Pourquoi se quitter quand on s\u2019aime?Pourquoi chercher un autre abri?Va, lorsque le coeur est épris Se dire vous est un blasphème.Les fleurs, l\u2019azur, les oiseaux même Chantent l\u2019oubli des trahisons.Ecoute-les, ils ont raison Pourquoi se quitter quand on s'aime?II De ton esprit, chasse le doute Nous revivrons des jours meilleurs, Et sur le chemin du bonheur Ensemble nous ferons la route.Disque, $1.00; musique, 45c Le cœur de Paris (Piercefont-Flament) Disque Pathé, No 94224, par Jean Cyrano.I Dans la pampa Ti, ohi, ohi, oho! C'est cet air-là Que chantent tous les gauchos.L\u2019accordéon Se fait amoroso Pour lancer son Ti, ohi, ohi, oho! Le soir la brise répète à tous les échos Cette mélodie que modulent les oiseaux.Il III Sur l'océan Loin du pays Un jour de San Benito Du soleil, des fandangos Un vent violent Cet air me suit Nous a transmis ce sanglot Et m\u2019obsède le cerveau.Bientôt partout Le souvenir Se répétèrent ces mots D\u2019un chant près de mon berceau Ces mots très doux Pour m\u2019endormir Ti, ohi, ohi, oho! ; Ti, ohi, ohi, oho! Quand la nuit étend son voile sur C\u2019est la plainte des enfants et [les flots bleus [des amoureux Sur la côte on entend un refrain Qui évoquent les larmes ou les [langoureux.[jours heureux.Disque, $1.00; musique, 45c Refrain C\u2019est la tendre java De la Pampa Dont les accents séducteurs Captivent les coeurs.Ecoutez donc Ti, ohi, ohi, cho! Dans les vallons Ti, ohi, ohi, oho! Courant les monts Ti, ohi, ohi, oho! Cette chanson Ti, ohi, ohi, oho! Vous pouvez vous procurer ces chansons.paroles et musique, sur disque ou en feuille, chez les marchands de musique de votre localité.La Revue Populaire 55 Le fromage à dessert favori du Canada V ous aimerez certainement le Roquefort à la Crème ! La saveur délicieuse de la Crème de Roquefort semble être faite sur commande pour ceux qui recherchent un régal vraiment différent en ce qui concerne les fromages.Ce fromage est juste à point! \u2014 doux et cependant piquant \u2014 d\u2019une richesse crémeuse qui donne un goût nouveau au goût familier du roquefort.Réga- lez-vous avec ce nouveau fromage à dessert, fait par les producteurs de Chateau.Chateau Cheese Co.Limited, Ottawa, Canada.L\u2019Aristocrate de la famille des fromages (rrrovssesr COUPON D\u2019ABONNEMENT LA REVUE POPULAIRE over 4 Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (Etats-Unis: $1.75 pour 1 an ou 90 cents pour 6 mois) d\u2019abonnement a La Revue Populaire.Nom ACTESSE eee en 1267) ETC Province ou Etat nan cernes seras cerner een creer cm Poirier, Bessette Cie, Ltée, 975 de Bullion, Montréal, Canada. 56 L\u2019auto conventionnel à\u2019 cheval et du buggy.gesss Les pionniers remplacèrent le cheval par une longue capote et firent quelques autres changements.En dépit des perfectionnements mécaniques le concept du cheval et du buggy se maintint pendant 30 ans.tra l\u2019inefficacité des dessins ordinaires.Toute trace de la voiture sans cheval disparait nouveau De Soto AIRFLOW.Il y a cinq ans passés, le style aérofuyant De Soto démon- dans le Ÿ La Revue Populaire Mars 1934 e | VOITURESSANSENEVA C\u2019est un Nouveau Genre de Voiture .Vraiment Aérodynamique .avec \u201cPromenade Flottante\u201d .et à un Prix Populaire, parcequ\u2019il est Trés Modique L y a des mois que le public canadien entend parler d\u2019un nouveau genre d\u2019automobile .le De Soto AIRFLOW.Eh bien, ce nouvel auto est\u2018\u2018arrivé\u201d! On l\u2019a vuaux grandes Expositions d\u2019 Automobiles 3 Montréal et 2 Toronto.C\u2019est un réalité.Vous serez frappé de voir ce qui a été accompli .» .de voir combien cette voiture diffère des autres .de constater tous les avantages uniques qu\u2019elle apporte aux automobilistes.Nouvelle Conception de la Beauté Ce qui vous frappera surtout c\u2019est la ressemblance du De Soto AIRFLOW aux avions et wagons de chemin de fer les plus modernes.Il en a les mêmes lignes extra-fuyantes .les vrais principes aérodynamiques sont défitivement appliqués.Ouvrez ses larges portières.Vous verrez un intérieur moderne au superlatif .banquettes profondes enchâssées dans du chromium brillant\u2014des lampions en des couleurs qui s\u2019harmonisent .des appuis-bras perfectionnés .et un tableau de bord d\u2019un chic inconnu.Nouvelle Conception de la Promenade Oui, le De Soto airFLow est différent dans son dessin.Mais vous ne comprendrez pas tout le raf- folement qu\u2019il a causé tant que vous n\u2019en aurez fait l\u2019essai, Faites un tour dans le De Soto AIRFLOW et vous réaliserez ensuite pourquoi les autos conven= tionnels paraissent démodés et surannés, D\u2019abord, tous les occupants sont assis aœ milieu de l\u2019auto.Vous ne verrez pas de cordons dans le De Soto, parceque vous n\u2019en avez pas besoin.Pour la première fois vous pouvez jouir d\u2019un délassement parfait.Vous ne sauriez que vous êtes en mouvement si ce n\u2019était la vue du paysage.Vous pouvez lire votre journal tout en roulant à 80 milles sur les chemins les plus raboteux.C\u2019est aussi facile d\u2019écrire une lettre que dans un Pullman.Nouvelle Conception de la Sécurité Voilà l\u2019auto qui vous donne le plus de sécurité.Sa carrosserie tout-acier, son châssis construit en acier renforcé par de l\u2019acier vous donne une voiture 40 fois plus forte que les voitures ordinaires.Sans compter que le champ de vision du conducteur est augmenté de 25%.Les freins hydrauliques sont plus puissants que dans les modèles qui l\u2019ont précédé.Le bras de direction est placé de façon à vous donner plus d\u2019aise.Le centre de gravité rend les coins de rues aussi faciles à prendre que la route directe, Mais ce ne sont là que quelques-uns des avantages que vous trouverez dans le De Soto.Ce que devez faire c\u2019est de consulter votre agent local.Il vous fera faire un tour dans cet auto merveilleux.C\u2019est de cette manière que vous apprécierez ses caractéristiques uniques, Dans les autos conventionnels le châssis et la carrosserie sont deux parties distinetes.Dans le De Soto ces deux parties forment une unité qui embrasse tout l'auto. SP ves Mars 1934 = NOUVELLES CARACTERISTIQUES Ventilation automatique à toutes les températures pour tous les occupants.Compartiment à colis hermétique; Carrosserie cintrée tout-acier à l\u2019épreuve du bruit; Roues pneumatiques; Champ de vision élargi; Ressorts plus longs; Moteur 100 c.v.avec tête en aluminium; montage du moteur avec Pouvoir Flottant; Embrayage automatique; Roulement libre; Freins hydrauliques; Transmission silencieuse; Phares à rayons réflexes; bouton du starter sur le tableau.Trois Modèles De Soto AIRFLOW Sedan 4 portières, Six Personnes; Brougham, 2 portières, 6 Personnes; Coupé, 2 portières, 5 Personnes.Voyez cette photographie.Il y a autant d'espace dans le siège avant que dans celui d\u2019arrière.Trois personnes peuvent s\u2019y asseoir aussi confortablement que deux.il.Il perce un trou dans l'air 2.Il file a 80 milles a I'heure La Revue Populaire 3.Pouvoir Flottant et Promenade Flottante 4, Carrosserie cintrée type-pont tout-acier PLUS D\u2019ACCROCHEMENT AUX CORDONS .Voici comment vous êtes assis dans un auto conventionnel .l'occupant est juché sur l\u2019essieu.Toutes nos sympathies! Et voyez maintenant comment chaque personne se trouve \u201cau milieu du navire\u201d dans le De Soto AIRFLOW.57 *Nom breveté par la Chrysler Corporation of Canada, Limited, Avez-vous déjà vu un auto qui vous donne d\u2019espaceŸ Derrière la banquette arrière il y à compartiment à colis très spacieux qui est très accessible. 58 La cuiller d'argent dont on se servait couramment au dix- septième siècle.MODERNE une cuiller d\u2019argent de nos jours, qui répond au meilleur goût moderne en ar- genterte.SILVO \u2014 le poli liquide à argenterie qui nettoie toujours rapidement et à fond, mais sans rudesse.Quelques gouttes de Silvo sur un chiffon doux avec lequel vous frottez légè- Tement et l\u2019argent brille aussitôt.Vous pouvez toujours confier vos précieuses argenteries aux bons soins du Silvo.Pouvuns-nous vous envoyer un échantillon gratuit de ce poli à argenterie doux et efficace ?Ecrivez à : ] GE Ar RECKITTS (Oversea) LIMITED J Perfection dans la Protection Mortuaire Rien n\u2019exprime mieux le respect qu\u2019on doit aux siens et le pieux souvenir qu\u2019on en garde que la protection de leurs restes dans une tombe Galt.Inattaquable et permanente, faite d\u2019un métal à l\u2019épreuve de la rouille, la tombe dite \u201c Crypte Galt \u201d est le plus digne tribut qu\u2019on puisse rendre à ceux et celles qui nous furent chers.À la portée de tout le monde.Ecrivez pour recevoir la brochure : \u201cThe Ultimote in Burial Protection \u201d.THE GALT ART METAL CO.LTD.Galt, Ontario Û Galt Crypt MADE IN CANADA \u2018 La Revue Populaire QUINZE PRIX À GAG Pour permettre à plus de lecteurs et offrirons pendant quelque temps QUINZE NER CHAQUE MOIS de lettrices de gagner des prix, nous prix au lieu de CINQ.Ces quinze prix seront sous la forme de beaux jeux de cartes.Nous commençons ce mois-ci une nouvelle série de Mots Croisés exécutés pa votre solution sur le carrelage ci-dessous, d\u2019i r un spécialiste en la matière.Envoyez ci le 15 mars inclusivement, Adressez :\u2014 Les Mots Croisés, 975, rue de Bullion, Montréal.010 0 Ju R|R us SOLUTION RE DU E E PROBLEME M No 26 A 7 RE |M [3 |2 [M 0.0/10 A|R \u20ac LES QUINZE gagnants du Concours No février, sont : 8 0 3 4 0 Cc y PARU DANS î LA REVUE / POPULAIRE > DE FEVRIER E s N 0 \u20ac \u20ac clo E 26, paru dans La Revue Populaire de Mme J.P.H.Massicotte, 144, rue Notre-Dame, Victoriaville, P.Q.Mme Fernand Brunelle, 8326, rue St-Denis, Montréal, P.Q.Mme H.Lavoie, 33214, 3e Avenue, Québec, Mlle P.Q.Béatrice Gamache, Boite Postale, 114, Montmagny, P.Q.Mlle Jeanne Gauthier, 925, rue Cherrier, Montréal, P.Q.Mlle Marguerite Canty, 1450, rue Sherbrooke Est, Montréal, P.Q.Mlle Flore Chagnon, 4295, Blvd.Gouin Est, Montréal-Nord.P.Q.Mlle Pauline Langlais, 6896, rue De St-Valier, Montréal, P.Q.Mlle Aurore Leduc, C.P.310, Trois-Rivières, P.Q.Mlle Gabrielle Lefebvre, 289, rue Nelson, Ottawa, Ont.Mlle Andrée LaVictoire, Rigaud, P.Q.Mlle Marie Joseph Chevrier, C.P.129, Ca sselman, Ont.Mlle Marcelle Beaudoin, St-Henri Co.Lévis.P.Q.Mlle Marcelle Tremblay, 138, rue de la Couronne, Québec, P.Q.M.Alph.Bergeron, 219, rue Short, Sherbrooke, P.Q.LES MOTS CROISES DE \u201cLA REVUE POPULAIRE\u201d \u2014 PROBLEME NO 27 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 4 15 : - a A \u2019 1 ) / .y / o Z 2 { } hl 3 \u2018If \u2018 AM 4 ; | 7 5 - LA JA JE 6 / T 7 8 ~ iy 0 / J|- | \u20ac | ; - \u2018 nf LE fc 74 ~ , J - 12 Lu 4 AN Vos 8; D S ~ 14j Æ / A BELLA N | .A NOM .\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026.w\u2026cocorssrenrranreneentarsrarerceseraneensenenepenvasrenerssenaesesenese cents esone sera rene ena bebe eases ACIESSG \u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026rerereraserrerenverseneea sn ecereer csaners es career eee eee ee ea neers HORIZONTALEMENT VERTICALEMENT 1\u2014Femmes habitant le Canada.\u2014 Titre 1\u2014Fondateur de Québec, en 1608.\u2014 Fonda- donné aux religieux bénédictins.teur du Séminaire de Québec (1663).2\u2014Du verbe avoir.\u2018 3\u2014Lettres d\u2019appel du poste de la Commis- 3\u2014Pron.dém.pcur cela.\u2014 Deux lettrew de sion Canadienne de la Radio a Montréal.ive, \u2014 Publication de mariage.a pires mminaison, des verbes de Ja Lere conj.\u2014 re.ee Ee ny oe fampour.lier Re.6 Donn rouge.LS Genre de Dinstitution que u .\u2014_ .2 ; parties du discours.fondérent Jeanne Mance et Mme de Bul 5\u2014Conseiller du Roi (abr.) \u2014 Méme que le 8\u2014Venir au monde, voir le jour.\u2014 Adj.pos.ler 4 horiz.\u2014 Arme servant à lancer des em.flèches.9\u2014Egalité de rang.\u2014 Qui a une saveur ru- 6\u2014Du verbe avoir.; 8\u2014Espace de terre entouré d'eau.mônier d\u2019un couvent.10\u2014En les.\u2014 Petite vallée.\u2014 Temps pendant lequel le soleil éclaire l\u2019horizon.11\u2014Pron.pers.pour moi.\u2014 Manière d\u2019aller.12\u2014Conjonction.\u2014 Fils de Noé.\u2014 Principe de la vie (plur.) 13\u2014Petit ruisseau.\u2014 Perroquet de l'Amérique du Sud.\u2014 Venues au monde.15\u2014Ville de la prov.de Québec en face de Québec.\u2014 Drap pour vêtement d'hiver (M).\u2014 Au- e.10\u2014Père Jésuite martyrisé par les Iroquois en 1649.11\u2014Fut abattu, mourut.12\u2014Apôtre qui assista à l\u2019agonie de Jésus sur le Calvaire.13\u2014Carte à jouer.\u2014 Grands arbres qui servent à border les routes.14\u2014Qui est au bon air.\u2014 Substance azotée, 15\u2014Marquis commandant des forces de la N.France blessé mortellement à la bataille des plaines d\u2019Abraham.\u2014 Retour violent des vagues sur elles-mêmes.Mars 1934 Le Secret du Masque Antillais (Suite de la page 53) «Je séjournai trois semaines a la plantation Menod.Tous les noirs y étaient revenus à la longue.Marcel obtint des crédits de la banque, se lança dans l\u2019exploitation intensive de la canne à sucre, de mélasse et de rhum des Antilles.Son commerce est formidable.«Le Dr Ochs a tracé d\u2019une main habile toute l\u2019histoire des tribus caraïbes depuis les plus anciennes origines.À Lübeck, sa ville natale, il a érigé l\u2019un des plus beaux musées d\u2019histoire naturelle du monde entier.Mais il opère, tantôt à Haïti, tantôt aux Grenades, un peu partout.Il ne sort pas souvent de ses Antilles.Les documents qui manquaient, il les a trouvés, lui, Dieu sait comment! «Lorsque je revins au Canada.j'arrangeai avec mon père la réalisation du projet de cette flotte qui se développe rapidement.Un soir que nous causions dans le salon où des amis d\u2019enfance s'étaient réunis pour fêter mon départ presque définitif, j\u2019appris que le même jour où j'avais reçu l\u2019espèce de viatique dont je t\u2019ai parlé tantôt, il y avait eu un tumulte formidable dans l'appartement encombré des curiosités antillaises.J\u2019y courus, un peu gêné.Je n\u2019y ai jamais trouvé le masque qui devait réellement appartenir au zombi, après tout> Henriette, la négresse, était assise depuis longtemps près de Rosaire et André, tenant un cabaret où deux verres et une carafe de jus d\u2019ananas attendaient les deux amis.\u2014Merci, chère Henriette, dit Rosaire.Vous êtes une fille prévenante.M.Houle a certainement soif et moi aussi.Mais regardant son bracelet- montre: «Sapristi! reprit-il, est-il bien deux heures?» André lui confirma l\u2019heure.\u2014Comment se fait-il, Henriette, que vous ne soyez pas couchée.\u2014Oh! monsieur Barrette, j'aime tellement cette histoire de zombis.Mais vous m\u2019avez fait peur.Mon coeur bat tres vite.\u2014C\u2019est tout ce qui vous retenait ici?demanda le jeune armateur.\u2014Je voulais aussi vous répéter que les fruits se giteront si vous ne faites pas réparer votre système frigorifique.AGENTS DEMANDES pour vendre des cravates de soie pour nous.Nous vous vendrons à un prix qui vous permet de faire 100% de commus- sion.Ecrivez-nous aujourd\u2019hui pour échantillons et renseignements.Ontario Neckwear Co, Dépt.561, Toronto 8, Ontario. G''UDEBAKER emprunte son nouveau dessin de 1934 des avions-transport.Mais l'apparence distinctive de ces nouveaux Studebaker n\u2019a rien de capricieux.Au contraire, elle est du meilleur goût.Ceci, ajouté à la modicité du prix pour 1934, explique l'accroissement des ventes du Studebaker dans toutes les parties du Dominion.Ces Studebaker style-avion ne sont pas seulement les plus jolis que Studebaker ait iii DE L\u2019AUTODROME VIENT LEUR RESISTANCE jusqu\u2019à présent mis sur le marché, mais aussi les mieux construits, les plus économiques, et ceux dont la performance donne le plus de satisfaction.Leur résistance est le résultat d\u2019un succès sensationnel à l\u2019autodrome d\u2019Indianapolis, en concurrence avec les meilleurs autos de course du monde entier.Ils sont faits au Canada par des ouvriers canadiens.Voyez, aujourd\u2019hui même, ces Les Nouveaux STUDEBAHERS*%e \u20181934 DE L\u2019AVION VIENT LEUR ELEGANCE A L'USINE DICTATOR .$ 895 COMMANDER .$1225 PRESIDENT .$1510 Prix basiques, à l\u2019usine.Pare-chocs, taxes et équipement spécial en plus.\u201cEn raison du coût montant des matériaux, les prix ne sont pas garantis.\u201d nouveaux Studebaker atyle-avion, et mettez- vous au volant.Vous aurez une agréable sensation. LA NOUVELLE FORD V-8 1934 LE DESSIN DU MOTEUR V-8 EST LE SECRET DE SA MEILLEURE PERFORMANCE Le moteur est la partie la plus importante d\u2019une automobile.Cent autres choses peuvent ajouter à vos aises et être d\u2019une extrême utilité, mais, somme toute, sans moteur votre voiture ne marcherait pas! La performance, la durabilité, le fonctionnement sûr et précis et le caractère économique du véhicule\u2014tout cela dépend du mécanisme essentiel caché sous le capot .La Nouvelle Ford de 1934 est une automobile exceptionnelle parce que son moteur est exceptionnel.Les millions de milles parcourus par nos clients démontrent éloquemment l\u2019efficience de l\u2019agencement en V de ses 8 cylindres.Sa supériorité définitive sur la route, dans les montées, dans l\u2019encombrement fiévreux de la circulation urbaine, est l\u2019indice mathématique de la perfection technique incorporée dans chacune de ses parties.La Nouvelle Ford de 1934 est la seule automobile de moins de $4000 qui ait un moteur à huit cylindres en Y.On y trouve aussi plusieurs dispositifs dis- tinetifs qu\u2019on ne voit d'ordinaire que dans les voitures de grand prix\u2014cu- lasses de cylindres en aluminium; pièces spéciales, traitées à chaud, insérées dans les sièges des soupapes; vilebrequin intégralement contre-équilibré, en acier forgé; blocs de cylindres, conduits d\u2019échappement et carter tous venus de fonte en une pièce.Le carburateur double et le double collecteur d\u2019admission des gaz augmentent la puissance et la rapidité, procurent des reprises plus nerveuses, accentuent la souplesse, facilitent le démarrage aux basses températures, et économisent notablement le carburant à toutes les vitesses.II n'existe pas d'automobile dont le fone- tionnement et l\u2019entretien coûtent moins cher que coux de la Ford V-8 de 1934."]
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