La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 novembre 1955, Novembre
[" mum - \u2014 MONTREAL, NOVEMBRE 1955 20* Notre roman d\u2019amour Ca Princesse au je Violettes par LISE BLANCHET % aw ' ¦¦ m >.«S \"£4.^ % «h.*A AAA AT.f J.rJfc' o0«A!.DOWN YARDS HOttfTCAM G3 OiiARTEH D obai PLUS FRAÎCHES.PLUS DOUCES.LA SWEET CAP EST LA CIGARETTE DU JOUR! Pas de joie complète sans SWEET CAPS Bout de liège ou uni Montréal, novembre 1955 3 «RW m iiii Pour faire connaître le summum en enregistrements haute fidélité BACH Toccate et fugue en ré mineur A.Schreiner aux orgues du Tabernacle, Salt Lake City CHOPIN Fantaisie-Impromptu, Op.66 Robert Goldsand, pianiste DUKAS L\u2019Apprenti Sorcier Orchestre symphonique d'Utrecht, dirigé par Paul Hupperts BEETHOVEN Sonate pour piano No 24, en fa dièse, opus 78 Grant Johanne sen, pianiste MUSSORGSKY Une Nuit sur le Mont Chauve Orchestre philharmonique néerlandais, dirigé par Walter Goehr VIVALDI Concerto en ut pour deux trompettes et orchestre Orchestre philharmonique néerlandais, H.Sevenstern et F, Hausdoerfer, trompettes, dirigé par Otto Ackermann BRAHMS Le Festival Académique Orchestre symphonique d'Utrecht dirigé par Paul Hupperts MOZART Symphonie No 26, en mi bémol, K 184 Orchestre philharmonique néerlandais, dirigé par Otto Ackermann WAGNER Les Maîtres Chanteurs, Prélude, Acte 1 Orchestre Tonhalle de Zurich, dirigé par Otto Ackerfnann BERLIOZ Le Carnaval de Rome Orchestre philharmonique néerlandais, dirigé par Walter Goehr COMPLETS JUSQU'A LA DERNIERE NOTE ! Sur deux disques Microsillon EXT R A-longs et Haute Fidélité.Non pas de simples \"extraits\" ou \"condensations\", mais des oeuvres COMPLETES, telles que décrites ci-contre, à gauche.CE IM\u2019EST PAS UNE ATTRAPE ! Sans la moindre obligation d'acheter un disque de la Société \u2014 maintenant ou plus tard \u2014 vous jouirez de tous les avantages d\u2019un abonnement d\u2019essai.Vous pouvez commencer à vous constituer une collection complète de disques de haute fidélité sam risquer un sou.Recevez ces DIX grandes oeuvres \u2014 écoutez-les, pendant cinq jours entiers chez vous.Si vous décidez de les conserver après cet essai gratuit à domicile, payez NON PAS $1 chaque oeuvre \u2014 mais $1 pour LES DIX! Naturellement, ce prix n\u2019a aucun rapport avec la valeur des enregistrements.Il vous en coûterait plusieurs dollars aux prix de détail pour des enregistrements de qualité égale.Pourquoi nous faisons cette offre étonnante En fait nous sommes forcés de la faire pour deux raisons : (1)\tNous désirons que vous écoutiez ces exécutions incomparables.leurs interprétations sensibles.et l'étonnante haute fidélité de nos enregistrements ! Exécutés par des artistes de renommée internationale.reproduits avec une haute fidélité embrassant toute l'étendue de l'ouïe humaine, soit de 50 à 15,000 cycles ! 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Pensez au plaisir que donneront à toute votre famille \u2014 aujourd\u2019hui et pendant des années \u2014 ces trésors culturels obtenus pour une somme dérisoire ! POSTEZ LE COUPON MAINTENANT Il va de soi que nous ne pouvons \u201cprodiguer\u201d de si magnifiques enregistrements indéfiniment.Une fois notre liste d\u2019abonnés complète, laquelle est limitée par notre productivité, cette offre sera retirée.Evitez-vous donc une déception.Postez ce coupon aujourd'hui \u2014 sans argent \u2014 et procurez-vous DIX CHEFS-D\u2019OEUVRE pour SEULEMENT $1.00! THE MUSICAL MASTERPIECE SOCIETY, Üepr.LKP-4, 105, rue Bond, Toronto 2, Ontario.Postez ce coupon maintenant \u2014 sans argent Universellement applaudis ! \u201cCes enregistrements sont d\u2019une perfection telle que les artistes semblent jouer dans votre propre maison\u201d.\u2014 Glorious Sounds, Amsterdam, Holland.\u201cCes disques peuvent être recommandés sans réserve aux mélomanes\u201d.\u2014 L\u2019Action, Zurich, \"Excellent choix de disques\u201d.\u2014 The Saturday Review, New-York.\u201cL\u2019enregistrement de ces disques est tout à l\u2019honneur de la Société\u201d.\u2014 The Evening Post, Francfort, Allemagne de l\u2019Ouest.\u201cD\u2019une excellence rare, même en ces temps de perfection technique\u201d.\u2014 Los Angeles Examiner, Calif.LIMITE UN SEUL ENVOI PAR CLIENT Recevez tous les dix pour seulement ESSAI GRATUIT Ne payez pas un sou avant de les avoir entendus et approuvés.A vous GRATIS Un traité du célèbre critique musical Olin Downes.Un guide rempli d\u2019annotations musicales précieuses et des notes de programme \u2014 gratis avec chaque sélection.The Musical Masterpiece Society, Dept.LRP-4, 105, rue Bond, Toronto 2, Ontario.Veuillez m\u2019expédier au plus vite les 10 grandes oeuvres énumérées, pour un essai GRATUIT de cinq Jours, et abonnez-moi à titre d\u2019essai.Si, après les avoir écoutées je les conserve, je vous enverrai $1 SEULEMENT POUR LES DIX, plus quelques cents pour l\u2019expédition.Si je vous renvoie les disques dans les cinq jours, Je n\u2019aurai rien à débourser.Je ne m\u2019engage aucunement à acheter d\u2019autres disques de la Société.On me signalera à l\u2019avance les futures sélections du mois.Je puis contremander tout disque avant ou après l\u2019avoir reçu.Dorénavant, pour toute sélection que Je décide de garder \u2014 je ne paierai que le prix spécial d\u2019abonné de $1.75, plus quelques cents pour frais d\u2019expédition.une économie de 50% sur le prix de détail courant ! Limite : Un seul paquet d\u2019essai par client.Nom____________________________________________________ (En lettres moulées) Adresse________________________________________________ Ville_____________________________Prov_________________ Aux E.-U.: 43 West, 61 st St.New York 23.N.Y. 4 &33Ë .K : ' \u201c¦SMS La fin du charlatanisme .un message d\u2019espoir au sujet de l\u2019ARTHRITE Certains parmi nous se rappellent encore le charlatan d'autrefois, et la verve convaincante mais combien trompeuse de ce prétendu \"docteur\u201d.Les remèdes que celui-ci offrait étaient vraiment extraordinaires: il y en avait un, surtout, qui passait pour être \"tout à fait infaillible\u201d, pour guérir l'arthrite .ou plutôt le rhumatisme, comme on disait communément autrefois.Par bonheur, notre \u201cguérisseur\u201d des temps jadis et ses \u201cremèdes infaillibles\u201d sont en voie de disparaître.La plupart d\u2019entre nous savons maintenant comme il est peu sage de recourir à un traitement quelconque, pour le soulagement de l\u2019arthrite, plutôt qu\u2019à un traitement qui a été approuvé par des autorités compétentes.Il faut nous réjouir de cette façon éclairée de voir les choses.Pour enrayer l\u2019arthrite un diagnostic précis de la maladie devra être posé et chaque patient atteint de la maladie devra être traité selon ses besoins propres.Bien qu\u2019aucun remède spécifique n\u2019ait encore été trouvé, on peut faire beaucoup pour aider les quelque 500,000 personnes qui ont été reconnues comme souffrant d\u2019arthrite sous l\u2019une de ses formes diverses.Par exemple, l\u2019ostéo-arthrite, soit l\u2019une des affections articulaires dégénératives, cette forme de la maladie qui survient dans la vieillesse, n\u2019aura plus à causer d\u2019incapacité grave si on en diagnostique la nature dès le début, et si le patient suit les conseils de son médecin.Au fait, ce genre d\u2019arthrite répond habituellement bien au traitement qu\u2019on lui applique et qui consiste, pour le patient, à se reposer, à surveiller son poids, à prendre de légers exercices, et à éviter les facteurs mentaux et physiques qui risquent d'aggraver la maladie.Il existe une autre espèce commune d\u2019arthrite: c\u2019est l'arthrite rhumatoïde qui * est une maladie plus grave parce qu\u2019elle affecte non seulement les articulations, mais le corps tout entier.En outre, cette maladie ne survient pas uniquement dans le vieil âge.Elle s\u2019en prend aux gens de tous âges, le plus souvent aux jeunes personnes et aux adultes dans la force de l\u2019âge.Heureusement, certains extraits d'hormones et d\u2019autres médicaments apportent un grand soulagement à un bon nombre de ceux qui souffrent de ce genre d\u2019arthrite.On n\u2019a pas encore réussi, cependant, à déterminer la durée de l\u2019efficacité de ces traitements.Le plus grand bien à retirer d\u2019une méthode de traitement quelconque dans le cas de n\u2019importe quel genre d\u2019arthrite ne dépend pas du médecin seul, mais du patient également.Il importe donc que le patient collabore étroitement avec son médecin, plus particulièrement lorsqu\u2019il s\u2019agit de continuer le traitement aussi longtemps que son état l\u2019exige.En effet, si l\u2019arthrite rhumatoïde est diagnostiquée dès le début, et que le traitement soit suivi fidèlement, on peut dire qu\u2019au-delà de 50 pour 100 de ceux qui en sont atteints, éviteront d\u2019être frappés d\u2019incapacité grave et ressentiront une amélioration sensible dans leur état.La brochure de la Metropolitan intitulée \u201cL'Arthrite\u201d, vous donne un compte rendu de cette maladie, à la fois exact, utile et rassurant, et vous fait connaître les moyens à prendre pour vous prémunir contre cette affection.Vous n\u2019avez qu\u2019à nous faire parvenir le coupon ci-dessous pour obtenir un exemplaire gratuit de cette brochure.COPYRIGHT CANADA.1955-METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY Metropolitan Life Insurance Company t COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa Metropolitan Lite Insurance Company Direction Générale au Canada: (Dept.H.W.) Ottawa 4, Canada Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre brochure 115-Z, intitulée \u201c U Arthrite\" Nom Adresse Localité -1 Prov.48e ANNEE No 11 MONTREAL, NOVEMBRE 1955 SOMMAI RE Pages choisies de nos écrivains canadiens Quand la France voudra d\u2019un roi Ce dont on parle, par Lucette Robert La mode de Paris, New-York et Montréal Derrière le rideau de soie Le langage des fleurs par T.S.F.\"Je reste fidèle aux parfums qu'on m'offre\u201d par Suzanne Normand 13 NOTRE ROMAN D AMOUR LA PRINCESSE AUX VIOLETTES par Lise Blanchet 14- 15 Mes meilleures recettes, par Mme Armelle Brault-Massicolte Nos mots croisés Modes Simplicity LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE Er CIE, LTEE Membres de l'A.B.C\u201e et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.9\u201e Can.\u2014 Tel.: PL.9637+ GEORGES POIRIER GEORGES POIRIER, fill Président\tVice-président JEAN CHAUVIN\tCHARLES SAURIOL Directeur\tChef de la publicité Chef du tirage .Odilon Riendeau Pages féminines .Mme Jules Fournier Ce dont on parle .Mme Lucette Robert Correspondante à Hollywood .Mme Louise Gilbert*Sauvage Cuisine .Mme Rose Lacroix ABONNEMENT A \"LA REVUE POPULAIRE\"\t\t Canada\t\tEtats-Unis î fH\t- $1.50\t1 an \t \t $2.00 2 an\t-\t2.50\t AU\tNUMERO :\t20 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vf., Ü.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa, Montréal, novembre 1955 5 \\ \\ USTENSILES EN ACIER INOXYDABLE 'tfeat-CeaT \"A***p \u201e\t\\0'i jKVs.\u201eo.9\"ée .v)ne o0°\u201d TJ^e% Les fabricants du fameux cuiseur Presto introduisent les ustensiles en acier inoxydable les plus nouveaux et les plus modernes au Canada, avec une garantie pour la vie.Il s\u2019agit d'un assortiment complet\u2014 poêles à frire, casseroles, bains-marie et rôtissoire.Les ustensiles \"Heat-Seal\u201d à trois épaisseurs sont fabriqués du métal de la meilleure qualité.La structure complète de chaque ustensile, de même que la base est en métal en trois épaisseurs.Un revêtement intérieur fait circuler rapidement et irradie la chaleur à l\u2019intérieur, sur la profondeur complète de l\u2019ustensile.Avec Presto, vous obtenez des repas mieux cuits .et avec moins de chaleur employée.Le fini luisant des ustensiles Presto ajoute de l\u2019éclat dans une cuisine .son fini est fait pour durer et l\u2019ustensile est garantie pour la vie.Constatez ces caractéristiques à gauche\u2014comparez cette valeur Presto ! Poêlon Presto.Ce joli ustensile portatif avec chaleur contrôlée sert à frire, braiser, cuire et préparer des mets en casserole Fer Presto pour repasser à sec ou à vapeur avec préventif anti-roussissement et poignée de couleurs\u2014 jaune, rose, bleu, vert ou noir Cuisseur Presto.Un style ultra neuf très joli, qui donne une cuisson sûre, rapide et économique fabriqués au Canada par National Presto Industries of Canada Limited Wallaceburg, Ontario MEILLEURE VALEUR\u2014MEILLEURE QUALITE.LES PRODUITS PRESTO SONT VENDUS DANS TOUTES LES QUINCAILLERIES IMPORTANTES ET LES MAGASINS D'APPAREILS ÉLECTRIQUES ET D'APPAREILS MÉNAGERS.ECRIVEZ POUR RECEVOIR GRATIS DE JOLIS IMPRIMÉS DONNANT TOUS LES RENSEIGNEMENTS. 6 La Revue Populaire Ming au Riz Nouveau Genre Il est plus succulent encore qu'il n\u2019en a l\u2019air.Et ce nouveau dessert si crémeux est si facile à préparer ! La noix de coco lui donne une saveur exotique .et il est fait avec du Lait Carnation doublement riche, le lait qui se fouette! Z.;.-,.:;- ***** .àlaTrop*3 OW*vnoN title'®® ô \u2019hé ysj* « - de tas« de coco 'dP® '^conststUce 3set la pendant 30 cU\u2019re Æèrement ïTESÜ; .\t, .,T EVM\u20190RE a'e\\Donne 6 .\u201e Carn\u201d\u201910\"\tWl1 prépare 1 gross® b»\" toit E®oP\u201dr \"°\" dïo, 1\ttas^e d 2\toeuf* v» '°sse .JiVi 1/4 de cu.»er« Battre te If1 Sel, Va vantO Verser sur 1/4 de tasse d\u2019une capaj un Plat/ minutes» mais a to nutes de P recouvrir froidir et Votre cuisine est plus savoureuse quand elle est faite au Lait Evaporé Carnation \u2014 partout où il faut du lait ou de la crème.La raison en est que Carnation s\u2019incorpore mieux aux autres ingrédients que toute autre forme de lait.Et Carnation est doublement riche.Votre cuisine sera meilleure, plus délicieuse, si elle est faite au Carnation.POUR VOUS DIVERTIR, ECOUTEZ le \u201cQuart d\u2019Heure de Détente\u201d, tous les mardis et jeudis après-midi à 1 h.45, mettant en vedette vos chanteurs favoris du Québec.Consultez votre journal pour les postes.Voyez chez votre épicier l'étalage \"A la Tropicale\" EVAPORATED milk 0 INCREASED \"r/e Vaches Contentes\" Pages choisies de nos écrivains canadiens Faucher de Saint-Maurice (1844-1897) FAUCHER DE SAINT-MAURICE (Narcisse, Henri, Edouard), écrivain, journaliste, taire et député.Membre fondateur et premier vice-président de la Société royale du Canada en 1882.Né à Beaumont, le 18 avril 1844.Il fit la campagne du Mexique dans l\u2019armée française, comme capitaine au 2c bataillon d\u2019infanterie légère d\u2019Afrique.Il en revient, en juin 1865, blessé et décoré de la main même de Maximilien.En 1867, Faucher de Saint-Maurice épouse Joséphine Berthelot d\u2019Artigny.En 1881, il est élu député du comté de Bellechasse au Parlement de Québec.A sa mort, survenue en 1897, il laisse une vingtaine d\u2019ouvrages dont de nombreux contes et récits de voyages.L\u2019extrait qu\u2019on va lire est tiré d\u2019un recueil en deux volumes intitulé : De Québec à Mexico.\u2018 ¦ Le spectacle qui nous attendait au lever du soleil était vraiment admirable.Nous voyagions en plein coeur d* terre chaude.Par les stores soulevés de la voiture, les senteurs embaumées des forêts de manguiers, d acajou, de bananiers, de magnolias, de palmiers et de bois de rose nous arrivaient sur les ailes du vent.Autour de nous voltigeaient des myriades d\u2019oiseaux-mouches, de colibris, de perruches, de perroquets, d\u2019aras et de beefigues effrayés par les pirouettes fantastiques des singes du bois : sur notre tête, l\u2019azur du ciel des Tropiques, et devant nous, fier et immense, se dressait le premier chaînon des Cordillères.Nous étions tout yeux et tout oreilles pour écouter la voix tantôt suave, tantôt stridente ou ironique de l\u2019oiseau moqueur, pour contempler la marche nonchalante et pleine d\u2019ivresse du paon sauvage, pour suivre les bonds gracieux de la gazelle mexicaine qui fuyait, rapide comme la flèche, devant le bruit de la diligence ou le frôlement mystérieux des lianes et des vanilles dont les arabesques capricieuses étaient dérangées à tout moment par la brise qui passait.Des nuages de papillons couraient à travers tout cela, et rien de plus joli que de voir ces légers sylphes, nuancés de toutes les couleurs possibles, décrire par milliers leurs valses fantastiques, venir baiser amoureusement du bout de l\u2019aile les fleurs du tropique qui, les jalouses, luttent de coloris avec eux, puis tout à coup les quitter étourdiment pour aller s\u2019abattre autour d\u2019une mare stagnante, au milieu du chemin, s\u2019y rafraîchir un instant et disparaître encore aux yeux du touriste stupéfié, qui croit n\u2019avoir qu\u2019à tendre son chapeau pour y retenir prisonniers ces petits rois de l\u2019air.Tous ces parfums, ces chants d\u2019oiseaux, ces fleurs si suaves, ce soleil si pur, feraient de la terre chaude un Eden, si ces odoriférantes senteurs ne cachaient pas des poisons aussi subtils que ceux de la Borgia ; si ces pétales ravissants, blancs comme les perles que découvre le sourire d\u2019une coquette, ne couvraient le hideux scorpion, le venin foudroyant de cet imperceptible bijou, le serpent coral ; si enfin, ce ciel serein et poétique n\u2019emprisonnait sous sa coupole bleue, comme les dahlias mythologiques de l\u2019Inde, des miasmes terribles et des fièvres mortelles.Cette nature, qui donnait des rêves de feu au grand Humbolt, s\u2019étend jusqu\u2019aux pieds des Chiquihuites, et quand la lourde voiture a gravi les pentes escarpées de cette première artère des Andes, alors se déroule devant le touriste émerveillé un spectacle étourdissant.Il peut admirer, à ses pieds, tout ce qui l\u2019a étonné depuis le matin.Une partie de la terre chaude -est là dans cette vaste plaine qui, toute haletante sous les brûlantes caresses du tropique, court se baigner dans la baie de Campèche.La brise est plus tiède, et sa poitrine peut s\u2019emplir à volonté de ses fraîches émanations ; car bientôt la terre tempérée va venir donner une poignée de main à sa soeur, la « tierra caliente ».Si, fatigué par la vue de toutes ces forêts vierges dont les ombres épaisses sont tranchées, ici et là, d\u2019un rayon de soleil curieux sans doute de surprendre les mystérieuses amours du jaguar ou les haineuses délibérations du conseil de guerre des « guérilleros », il cherche quelque chose pour ne plus rêver à cette chatoyante poésie, il n\u2019a qu\u2019à promener ses regards sur les ravins et les abîmes qui l\u2019entourent, pour tomber dans le réalisme de l\u2019existence.Il y verra des canons de bronze de 32, abandonnés sur la route depuis fort longtemps, et des centaines de cloches décrochées des beffrois de leurs monastères et de leurs couvents par la main patriotique de Juarez, et que l\u2019intervention n\u2019a pas eu le temps de rendre à leurs vieux murs tout étonnés de n\u2019y plus entendre la voix argentine de l\u2019« Angélus ». ¦ * V> %: 1:' 11 ! - A~ Montréal, novembre 1955 Quand la France voudra d\u2019un roi.Elle en a un sous la main, tout trouvé, le comte de Paris, père de onze enfants.\u2014 Un grand patriote, respectueux des lois de la République, un démocrate et un homme d'une vaste culture.|t N philosophe expliquera peut-être un jour, doctement pourquoi le bon peuple de France si I I farouchement républicain dans ses sentiments politiques, manifeste, dans la vie quotidienne un tel engouement pour tout ce qui touche aux têtes couronnées, aux familles royales, régnantes ou non.Il ne se passe pas de semaine que tel ou tel journal français ne s\u2019intéresse aux déplacements de la reine Elisabeth, à la santé du roi de Norvège, aux flirts de la princesse Margaret, aux projets matrimoniaux de Baudouin de Belgique, aux chances de régner de Don Juan d\u2019Espagne ou aux exploits du petit Prince Charles.Et l\u2019on peut affirmer sans crainte de démenti que le visage de Philippe d\u2019Edimbourg est aussi familier aux midinettes parisiennes que celui de Gérard Philipe.Le Français, c\u2019est un fait, a le complexe de la royauté.Mais il n\u2019est pas besoin pour satisfaire ce goût de la chronique familiale royale de tourner constamment les yeux vers l\u2019étranger.Il a chez lui de quoi occuper les photographes et les chroniqueurs.La famille royale de France n\u2019a rien à envier à celles d\u2019Angleterre, d\u2019Espagne ou de Suède.Forte de ses treize membres, elle a de quoi tenter la curiosité des journalistes et satisfaire la soif de grandeur des midi-nettes.Conseiller et ami des chefs politiques républicains.C\u2019est un fait que lorsqu\u2019elle est au complet, la famille de France \u2014 un nom tout simple mais difficile à porter \u2014 est treize à table.S.A.R.le prince Henri d\u2019Orléans \u2014 Henri IV s\u2019il était appelé un jour à régner, \u2014 que le public connaît mieux sous son titre de comte de Paris, et sa femme, la princesse Isabelle, née Orléans et Bragance, ont eu onze enfants : la princesse Isabelle, l\u2019aînée (23 ans), le prince Henri, le dauphin (22 ans), la princesse Hélène (21 ans), le prince François (20 ans), la princesse Anne (17 ans), la princesse Diane (15 ans), les princes jumeaux Michel et Jacques (14 ans), Chantal (9 ans), et enfin le demier-né, le prince Thibault (7 ans).La famille de France, qui en est à sa trente-quatrième génération, n\u2019est pas près, on le voit, de s\u2019éteindre ! Le comte de Paris qui a trois soeurs, était l\u2019unique fils de Jean, duc de Guise, qui avait recueilli les droits au trône de son cousin Philippe, duc d\u2019Orléans, mort sans héritier.Depuis 1883, date de la mort du duc de Chambord (petit-fils de Charles X), le chef de la famille d\u2019Orléans se trouvait être le chef de la maison de France.Cette famille issue de Philippe d\u2019Orléans, frère de Louis XIV, descend en droite ligne de Henri IV, Saint Louis et Hugues Capet.Descendant des Capétiens, arrière-petit-fils de Louis-Philippe et dernier représentant de la branche des Orléans, les activités du comte de Paris sont multiples et ce n\u2019est pas un secret pour personne que l\u2019influence qu\u2019il exerce dans les milieux politiques, pour respectueuse qu\u2019elle soit des lois de la République, n\u2019en est pas moins considérable.Il ne se passe pas de semaine que quelque personnalité, quelque étoile de première grandeur au fir-nament politique, ne soit priée à dîner dans la propriété de Louveciennes, au manoir du Coeur-Volant, où depuis son retour en France la famille royale s\u2019est installée.Un homme riche et occupé.Le dernier de ces invités n\u2019était rien moins que M.Edgar Faure, le président du Conseil lui-même.Il est bien raré en fait que la famille de France soit réunie au complet dans la demeure de Louveciennes et c\u2019est sans doute ce qui explique son mépris de la superstition.Le comte de Paris a ses bureaux à Paris, rue de Constantine, et c\u2019est là que chaque jour il vient travailler avec ses collaborateurs directs, MM.de Long-ray\u2014Moutier et Longone.La seule administration de ses biens suffisait à occuper sa journée.Forêts de Haute-Marne et de l\u2019Aisne, château d\u2019Amboise, cent hectares de cultures à la Quinta do Anghiho, près l\u2019Estoril, au Portugal, \u2014 où la famille de France vivait en exil, -\u2014 immeubles et propriétés hérités en Amérique du Sud par la princesse Isabelle, propriétés de la famille de Guise, au Maroc, etc.Les occupations ne lui manquent pas.Le comte de Paris y ajoute cependant de nombreux entretiens avec des parlementaires, des journalistes, des chefs d\u2019entreprises, des économistes.Il s\u2019intéresse à une foulé d\u2019études de problèmes sociaux, agricoles, économiques, politiques.Il garde le contact avec l\u2019opinion publique au moyen d\u2019un bulletin qui est périodiquement adressé à une élite de correspondants choisis dans tous les milieux sociaux, dans toutes les professions.Ennemi des mondanités.Il accepte très rarement de participer à des réceptions purement mondaines mais multiplie par contre les contacts, les entretiens [ Lire la suite page 54 ] Le comte et la comtesse de Paris, accompagnés de deux de leurs filles, les princesses Isabelle et Hélène, quittent Paris par un avion d'Air France à destination de Lisbonne, Portugal, où l'héritier du trône de France possède un domaine.De gauche à droite : HELENE, le COMTE et la COMTESSE, ISABELLE.(Photo AGIR) 3\tLa Revue Populaire par Curette Kobert LOUIS MORISSET, écrivain-dramaturge.IPhoto Zarovl.Mme A.BOIVIN, fondatrice et présidente du \"Salon des jeudis artistiques et littéraires\" de Québec.s: * ¦Ton, \u2014 je ne vous dirai pas que les fleurs sont V flétries, les feuilles mortes et les oiseaux envolés.Il Chaque novembre me voit évoquer, dans cette chronique, des images de désolation et de mort, alors qu\u2019il faudrait trouver en soi-même ce que la nature nous ravit : le soleil, la couleur, les chansons.Pourquoi sommes-nous plus moroses que ce prisonnier qui, d\u2019une cellule solitaire, vient d\u2019écrire un Digest de cinq cents pages sur les maladies d\u2019oiseaux ?Il recueillit des moineaux abandonnés entre les barreaux de sa fenêtre, apprit l\u2019ornithologie à la bibliothèque de la prison pour les soigner, fabriqua lui-même ses instruments de laboratoire : joli travail pour un ignare qui avait laissé l\u2019école en troisième année.Nous ferons donc, tout au long de ces pages, la chasse aux oiseaux qui passent l\u2019hiver parmi nous : ceux des livres et des tableaux, des objets d\u2019art et des volières \u2022 \u2022 \u2022 Dufy les a mis quelquefois en cages dans ses toiles vibrantes des couleurs méditerranéennes, et les primitifs flamands ajoutaient à leurs natures-mortes un colibri ou une abeille ; l\u2019un d\u2019eux, Maître Blés, signait même ses oeuvres d\u2019une chouette.Notre amie, Marcelle Barthe (Lettre à une Canadienne, La langue bien pendue), garde sous ses yeux toute la douceur de l\u2019été avec un petit tableau de Mary Bouchard où deux hirondelles frappent de leur bec à une fenêtre, derrière laquelle fleurissent des rosiers \u2022 \u2022 \u2022 Les meilleurs chanteurs sont les oiseaux des climats tempérés, comme le merle, le rossignol, le pinson et l'alouette.L\u2019enregistrement de Birds oj the Forrest vient de valoir à Radio-Canada un 1er Prix au concours annuel des Etats-Unis, poulies meilleures réalisations de l\u2019année.Sous le nom, Oiseaux du Canada, M.Claude Melançon en a préparé les commentaires français pour la diffusion au Service international de la C.B.C.Il serait intéressant de faire suivre cette émission de la Symphonie de Messiaen sur le chant des oiseaux \u2022 \u2022 \u2022 Je ne puis ouvrir Rue Deschambault de Gabrielle Roy (paru récemment, à Paris, chez Flammarion) sans me rappeler ce jour d\u2019été où elle m\u2019en lut quelques pages \u2014 et souhaiter qu\u2019un réalisateur en fasse endisquer des chapitres pour un programme littéraire.Depuis le temps où elle faisait du théâtre avec le Cercle Molière de Winnipeg (et y remportait le trophée Bess-borough) Gabrielle fuit la foule, mais elle laisserait peut-être entendre sa voix \u2014 qui est fort belle \u2014 nous raconter les souvenirs de Rue Deschambault.Il entre dans ces pages le \u2022 charme attendri, l\u2019acuité d\u2019observation et l\u2019humour de La petite poule d\u2019eau, dont l\u2019action se passait également dans l\u2019ouest canadien.Vous n\u2019oublierez pas de sitôt la demoiselle asthmatique (en châle mauve !) qui se trouve un mari pour l\u2019amener vivre en Californie ; le premier voyage en chemin-de-fer d\u2019une petite fille, et l\u2019inondation qui ajoute un élément dramatique à cette randonnée mystérieuse ; la rivalité des deux voisines autour de leur pensionnaire noir.Un nouveau livre de Gabrielle Roy est un événement dans le monde littéraire, et celui-ci paraît en même temps qu\u2019une traduction anglaise de Alexandre Chènevert (The Cashier) chez Harcourt Brace de New-York, cependant que la traduction allemande du même roman sera lancée à Munich au début de 1956 \u2022 \u2022 \u2022 Gabriel Lucas vient d\u2019acquérir une merveilleuse boîte à musique dont la fabrication anglaise remonte à plus d\u2019un siècle.Ce coffret de laque, incrusté de nacre, recèle un rouleau mécanique de cuivre et d\u2019argent qui peut faire chanter six airs différents à ses deux oiseaux (nous y revoilà !) Vous tournez la manivelle (comme un simple musicien des rues) et les chanteurs surgissent de la boîte, sautillent en ouvrant le bec, et semblent faire admirer leur joli plumage émaillé de bleu et de vert.C\u2019est la plus jolie chose du monde \u2014 et propre Mlle LUCIE ROBITAILLE, présidente de la Société des Femmes Universitaires de Montréal.IPhoto Adolphel.à guérir de la mélancolie \u2022 \u2022 \u2022 Aux fêtes franco-canadiennes de La Rochelle et Brouage, en juillet dernier, Me Emile Colas représentait un de ses confrères, Me Jean Drapeau, dans ses fonctions de Maire de Montréal.Il s\u2019en acquitta avec une distinction et une culture qui justifièrent le titre accordé à Montréal de deuxième ville française du monde ; par l\u2019esprit comme par les statistiques.Je parlerai bientôt, dans cette revue, de la réception émouvante qui nous fut accordée lors du centenaire du voyage de La Capricieuse et de la reprise des accords commerciaux entre la France et le Canada, après sa conquête par les Anglais.Me E.Colas, président du Jeune Barreau, ancien Secrétaire de l\u2019Institut canadien des Affaires internationales, étudia le génie civil avant le droit.Il sut donc parler avec compétence d\u2019une ville où les travaux les plus modernes (le môle de La Ro-chelle-Pallice) s\u2019allient aux monuments anciens, comme l\u2019Hôtel de la Bourse (1760) la Porte de la Grosse Horloge (XHIe siècle) et l\u2019Hôtel de Ville (XVe siècle) sans parler des célèbres tours du vieux port, dont Rabelais parle dans ses écrits.Me Colas était, à La Rochelle, l\u2019invité du docteur Maronneaud, père de sa belle-soeur, Mme Henri Colas, de Montréal.Le docteur Maronneaud est un des premiers bibliophiles de France ; il possède entre autres la Bibliothèque personnelle du Cardinal de Rohan, des cartes géographiques anciennes (XVe et XVIe siècles) de la région Aunis-Saintonge et une collection unique de livres sur la natation dont le premier en latin et le premier en anglais écrits sur ce sport.Cette bibliothèque unique intéressa au plus haut point le directeur des Archives nationales de France, M.Charles Braibant, qui était venu à La Rochelle pour une exposition de livres, tableaux et documents concernant notre pays ; exposition qui s\u2019y tient encore en ce moment et que nous souhaiterions voir au Canada \u2022 \u2022 \u2022 Pour célébrer le cinquantenaire de la mort d\u2019Anton Tchekov, le Théâtre du Nouveau-Monde commence sa saison avec la première pièce écrite par cet auteur russe La Mouette.Marquée d\u2019un échec qui faillit arrêter sa carrière en 1895, la pièce fut reprise trois ans plus tard ; son succès fut si rententissant que le Théâtre artistique de Moscou prit la mouette pour emblème et joua, par la suite, Oncle Vania, La Cerisaie et Les trois soeurs du même écrivain.Au Théâtre de l\u2019Atelier, en juin dernier, Catherine Sellers tenait le rôle créé à Paris par Ludmilla Pitoeff, et elle sut imposer \u2014 même auprès de ceux qui se rappelaient encore l\u2019angoissant visage de Ludmilla, ses yeux expressifs, sa voix particulière et prenante.L\u2019intelligent directeur du T.N.M., M.Jean Gascon, a compris qu\u2019il était bon de choisir une débutante dont le nom resterait attaché à l\u2019oeuvre, et il a pris Dyne Mousso qui débutait, l\u2019an dernier, au Théâtre Amphytrion dans La leçon d\u2019Ionesco avec Jacques Mauclair, et cette année dans Passé antérieur d\u2019Hubert Aquin à la radio.Une distribution brillante entoure la jeune vedette : Jean Gascon dans le rôle de Trigorine, Antoinette Giroux dans celui d\u2019Arkadina, François Rozet dans celui de Sorine et Jean-Louis Roux, Gabriel Gascon, Georges Groulx, Charlotte Boisjoli.La Mouette sera jouée au Gésu du 10 novembre au 3 décembre \u2022 \u2022 \u2022 En Amérique du Nord, les garagistes donnent comme prime \u2014 ou comme appât \u2014 à leurs clients, de la vaisselle, des jouets, et même de la crème glacée.En France, on donne aux automobilistes un charmant magazine SHELL Madame, dont les collaborateurs sont André Maurois, de l\u2019Académie Française, Louise de Vilmorin, Edmonde Charles Roux et d\u2019autres de même valeur.Avec esprit et avec art (puisque la couverture est signée Jean Picard Le Doux) on y parle du sujet annoncé : le docteur O\u2019Grady ou Maurois défend la femme au volant et Jean Duché raconte à Juliette L\u2019histoire du pétrole.Faut-il en conclure que ces deux poids \u2014 deux mesures \u2014 nous avons celle que nous méritons ?\u2022 \u2022 \u2022 Musique ! Chan -sons .Charles Trenet vient diriger les Trois Castors où il donnera deux tours de chant chaque soir, et Montréal, novembre 1955 9 - Roberta (dont j\u2019annonçais prématurément la venue en 1947 ) peut enfin laisser son cabaret de Paris et venir à Québec et à Montréal \u2022 \u2022 « Après vous avoir parlé de Mme H.F.Reusing, présidente du Montreal Council of Women, je vous citerai le rapport d\u2019une des séances de cette organisation sociale dont chaque membre bénévole est animé du meilleur esprit civique et chrétien.Mme Reusing est présidente du comité de réforme pénitentiaire, coprésidente du comité du Travail féminin dans la province de Québec et membre du comité du Corps auxiliaire des Gardes-malades de la Croix-Rouge.Depuis ses soixante années d\u2019existence, le Montreal Council of Women s\u2019est dévoué inlassablement pour notre ville.Il a mis, à son programme d\u2019automne, la lutte contre les jouets dangereux pour enfants (particulièrement ceux qui imitent les engins de guerre ou de meurtre) et ceci à la demande expresse de l\u2019Institut national des aveugles.A sa séance annuelle de Tan dernier, il a été signalé que sur 48,000 enfants à l\u2019intelligence retardée, 3,000 seulement ont pu recevoir une instruction spéciale ; que le vaccin contre la diphtérie, appliqués aux enfants par la Croix-Rouge, a évité toute mort dans Tannée 1954 ; qu\u2019avec la collecte et la vente des timbres oblitérés, les membres de la Croix-Rouge ont pu acheter des appareils pour les enfants atteints de paralysie cérébrale ; de l\u2019aide aux familles d\u2019immigrants nécessiteux ; et surtout \u2014 et avant tout \u2014 des conditions effroyables faites aux aliénées dans certaines prisons de la ville.Autant de raisons, comme vous le voyez, pour aider les oeuvres du Montreal Council of Women \u2022 \u2022 \u2022 D\u2019après le commandant Charles Caron, du brise-glace D\u2019Iberville, l\u2019Arctique se réchauffe\u2019 de plus en plus et, naturellement, le St-Laurent dont la débâcle se fait fin-février ou début-de-mars, alors qu\u2019il y a vingt ans, notre fleuve restait dans son étau jusqu\u2019à la fin d\u2019avril.Et les oiseaux ?trouveront-ils le temps assez doux pour rester sur nos rives ?ou fuiront-ils avec l\u2019entêtement un peu bête que fait taire leurs chansons et leur fait croire à la nuit quand on couvre leurs cages ?\u2022 \u2022 \u2022 C\u2019est par une migration d\u2019oiseaux que débute le livre de Georges Blond, La grande aventure des migrateurs (Cercle du Livre de France).Le premier chapitre est consacré aux oies cendrées à qui la nature joue un sale tour : la mue, qui se fait à l\u2019époque de la migration, leur fait perdre leurs grandes ramiges ; les ailes sont inutilisables et elles doivent commencer leur exode à pied.Vous imaginez-vous ces milliers d\u2019oiseaux qui n\u2019avancent qu\u2019à la nuit et que des chasseurs guettent \u2014 pour les tuer à coups de bâtons.Si vous avez lu La grande aventure des baleines du même auteur, le ton romanesque de certains épisodes ne vous étonnera pas (celle du jars Anser qui se laisse mourir de froid pour ne pas abandonner Anatis, sa compagne) et rend plus légère la lecture de pages scientifiques.La conclusion des savants : les oiseaux n\u2019ont pas besoin d\u2019avoir parcouru, même une seule fois, leur itinéraire pour suivre la bonne direction sans s\u2019égarer.Après les oiseaux, Georges Blond nous parle des lemmings, des poissons et des anguilles (dont le mystère vient d\u2019être éclairci après 23 siècles), des bisons, décimés de 70 millions à dix mille têtes en 1883, et des criquets pèlerins.C\u2019est dans le chapitre des poissons que j\u2019ai retrouvé l\u2019affirmation du commandant Caron faite, cette fois, par un savant, et dont l'importance n\u2019échappera à personne.« Les eaux et le climat de notre hémisphère ont commencé à refroidir au Vie siècle, et voilà que nous les voyons redevenir chauds » (comme au temps des voyages septentrionaux des Vikings) et l\u2019auteur ajoute : « Les conséquences en chaîne du phénomène cyclique peuvent être considérables » \u2022 \u2022 \u2022 Tous les Québécois \u2014 et un grand nombre de Montréalais \u2014 connaissent Tunique salon littéraire de la vieille capitale : celui où Madame A.A.Boivin organise depuis plus de quinze ans ses « Jeudis artistiques et littéraires ».Nous avons donc participé de coeur et d\u2019esprit à la fête qui fut donnée en son honneur à l\u2019Université Laval de Québec, sous la présidence de Mgr A.-Marie Parent et de M.Charles-Marie Boissonnault, président de la Société des Poètes canadiens-français.Elle reçut, à cette occasion, la médaille du Lieutenant-Gouverneur et un livre-souvenir de M.François Vial, consul général de France à Québec, ainsi que de nombreux témoignages de toutes les parties de la province.Parmi ceux qui lui furent décernés depuis la fondation des « Jeudis.» en 1939, citons le R.P.Georges Lévesque, o.p., M.Victor Barbeau, fondateur de l\u2019Académie ca-nadienne-française et le chanoine Victor Tremblay, président de la Société historique du Saguenay.Mme Adela Lessard-Boivin fit ses études chez RR.SS.Notre-Dame du Bon Conseil, à Tadoussac, et épousa un industriel de Québec, décédé en 1947.Elle s\u2019occupa non seulement d'oeuvres charitables comme l\u2019Aide aux combattants, le Sanatorium du Lac Edouard, l\u2019oeuvre de la crèche, les Filles d\u2019Isabelle mais apporta son concours à l\u2019Orchestre symphonique, au Club musical des Dames et au Cercle des Femmes canadiennes dont elle fut membre dès leur fondation.Elle étudia la sculpture à l\u2019Ecole des Beaux-Arts et le chant avec Jean Riddez ; fit même du journalisme au Soleil sous le\t[ Lire la suite page 52 j DYNE MOUSSO, jeune comédienne, interprétera le rôle tant convoité de \"La Mouette\" avec le T.N.M., au Gésu, le 10 novembre prochain.(Photo du peintre Mousseau).\u2014 Me EMILE COLAS, président du Jeune Barreau, représentait le Maire de Montréal aux fêtes Franco-Canadiennes de La Rochelle, en juillet dernier.(Photo Alex-Henry).: SÿSS.-: : , :\t, 2: \"'T Mme GABRIELLE ROY.(Prix Fémina 1947), dont le dernier roman, \"Rue Deschambault\", vient de paraître chez Flammarion de Paris et de Montréal.(Photo Zarovl.Mme H.F.REUSING, présidente du \"Montreal Council of Women\".I Photo Posen).wffsI m\u2014Ê\u2014Êm £## \\ : : Les fleurs d'hiver sont passées du jardin sur nos robes où elles jettent une note somptueuse.Celle-ci est en brocart de pure soie et satin rose avec un corsage qui se termine en pointe comme la bande ornée de noeuds du même tissu.Comment être frileuse avec une aussi jolie et confortable tenue d'intérieur ?Le chandail noir est boutonné haut en diagonale et l'emmanchure est de style kimono.Collection : Korrigan-Lesur.Robe de crêpe de soie noire de Suzy Perette dont le panneau à petits plis horizontaux est doublé de Pellon.Chapeau de Lily Daché.' Cette robe droite n'est coupée que d'un léger mouvement à l'arrière.Remarquez le petit col crénelé et la ceinture, piquée au corsage, qui se noue devant.Elle est en lainage ''Linzi\" de Lesur.Création de Nellie Rosenstein.Toque de cachemire soleil drapé autour d'une calotte de velours panne.Une plume de faisan est piquée de brillants, comme la voilette.Création : Reggi of Wilshire.|* m - I Pellon Corporation a choisi ce modèle pour prouver la souplesse et la résistance de son tissu à doublure.Cette robe en soie satinée henna est entièrement doublée de Pellon sans que son poids ne dépasse 2Va livres.Attention, voyageuses en avion ! Frances Nelkin a drapé de satin, ton sur ton, une cloche en velours rouge Dior qui emboîte bien la forme de la tête.Collection : Amy Hats.Ce bonnichon en velours \"tabac blond\" est fait en découpes qui sont soulignées d'un cordonnet de soie.Modèle Chesterfield.Le béret passe au rang des chapeaux élégants quand il est en faille vert saule garni de minoches beige et orange.Modèle original de Claude Saint-Cyr.(Photos N.Y.Institute et AG IPI Montréal, novembre 1955 11 Derrière le rideau de soie Deux fois Van, à Paris.les grands couturiers jouent leur renommée et défendent avec ténacité leur suprématie mondiale.- Les coulisses d\u2019une maison de couture parisienne.lors que le Parisien en vacances a abandonné sa ville aux touristes et que dans la Capitale la vie semble s\u2019endormir dans une demi-somnolence, la fièvre et l\u2019excitation des grands jours régnent dans les maisons de Haute Couture où se décide le sort de la mode nouvelle.Demain, « à la rentrée », suivant les tendances et les caractéristiques de la collection qui se prépare, les femmes du monde entier, de la princesse hindoue, de la milliardaire américaine à la midinette parisienne, donneront de l\u2019ampleur à leur corsage, porteront des formes floues ou entraveront leurs jupes, à tel point que chaque pas deviendra presque un problème d\u2019équilibre.Deux fois par an, en août et en février, lors de la présentation des collections d\u2019hiver et de printemps, se jouent la renommée et parfois la vie même des maisons de couture.Chaque fois, les grands maîtres de la couture passent le plus redoutable des concours devant l\u2019impitoyable jury de la presse et des acheteurs des quatre coins du globe dont le verdict décidera de leur succès.Le \"patron'\u2019 au travail.C\u2019est donc à un continuel renouvellement que doit obéir le génie créateur du « patron » qui préside aux destinées de chaque maison.Le secret de ce génie est à la fois impénétrable et simple : c\u2019est le secret de l\u2019inspiration, de la sensibilité, de l\u2019imagination et parfois de l\u2019audace.Certains s\u2019étonnent de voir les mêmes lignes apparaître dans la plupart des collections, les mêmes jeux se reproduire, les mêmes tendances s\u2019affirmer et concluent à un mouvement concerté entre les créateurs.Nous avens nous-même posé la question à plusieurs grands noms de la Haute Couture et leur avons demandé si, avant de réaliser leur collection, ils se réunissaient en un conseil de guerre pour arrêter, d\u2019un commun accord, les grandes lignes de la mode.Chaque fois, la même réponse nous fut donnée : « Non, il n\u2019existe aucun contact entre nous dans le domaine de la création.S\u2019il y a des similitudes, bien souvent exagérées par le public et les journalistes qui veulent à tout prix dégager des « tendances générales », il faut en chercher la cause dans ce je ne sais quoi d\u2019indéfinissable qui flotte dans l\u2019air et qui stimule dans le même sens notre inspiration.C\u2019est à la fois le message du vent, la symphonie des couleurs de la ville, de la brume qui se glisse sous les ponts de la Seine.tout ce que nous ressentons au fond de nous-mêmes et que nous traduisons souvent inconsciemment en créant nos modèles ».L\u2019inspiration, si elle procède des mêmes sources, se manifeste de façon souvent fort différente.Chacun a sa propre méthode de travail ; il faut aux uns le stimulant de réunions mondaines, aux autres le calme de la solitude.Christian Dior, par exemple, compose ses modèles dans son Moulin de Milly, près de Fontainebleau, Jean Dessès fait une retraite de six semaines dans son studio.La préparation d\u2019une collection constituant pour chaque maison un arrêt de l\u2019activité commerciale, il faut réduire le plus possible le temps qui lui est consacré.En général, cinq à six semaines suffisent aux grands maîtres pour effectuer des centaines de croquis, choisir de cent à deux cents modèles, les réaliser en toile et les faire exécuter par les ateliers.C\u2019est dire que pendant ces quelques semaines, si les vendeuses connaissent un peu de répit, réalisateurs et exécutants vivent véritablement sous pression, travaillant chaque jour jusqu\u2019à quinze heures et plus.Parfois seul, parfois assisté d\u2019un ou deux modélistes et des chefs d\u2019ateliers, le « patron », entouré de centaines de pièces de tissus, élabore ses modèles, jugeant d\u2019un regard critique l\u2019effet d\u2019un flou, donnant d\u2019un geste une ligne à un drapé, jouant avec les couleurs, rehaussant une taille.Pendant ces jours de création, il est à peine question de dormir et encore moins de prendre des repas ; quelques sandwiches, une salade ou une grillade apportée au studio constituent alors l\u2019ordinaire.Puis, après ce travail intensif, quand tous les modèles ont pris forme dans la toile, la collection passe de l\u2019état de maquette à l\u2019état de réalisation.Un artisanat moderne.Si dans la création tout n\u2019est que fantaisie, légèreté et inspiration, l\u2019exécution exige ordre et travail réalisé presque en chaîne de montage.Chaque modèle \"La Mode\" fit dernièrement son entrée en Sorbonne où le grand couturier Christian Dior prononça une conférence dans le grand Amphithéâtre (sous la forme d\u2019un dialogue avec Mme Menou, chargée de cours), avec présentation de mannequins.Slljteî Le prix \"Neuman-Marcus\" qui équivaut, dans la mode, à un Oscar du cinéma, fut décerné, aux Etats-Unis, en août dernier, au couturier parisien Pierre Balmain.IpFï ! \u2018 suit un circuit de fabrication bien déterminé ; soigneusement muni de sa fiche, il part de la salle de manutention sous forme de tissu, passe de cousette en cousette, de seconde main en première main, d\u2019atelier en atelier et, à chaque étape, franchit un pas de plus vers son élaboration finale qui l\u2019amènera sur le mannequin pour lequel il a été conçu.Puis les essayages se succèdent qui permettent de donner à la robe toute sa plénitude et sa perfection.A chaque atelier sa spécialité.Dans toutes les maisons de couture, nous trouvons des ateliers fourrure, car les couturiers sont aujourd\u2019hui devenus aussi fourreurs.Plus tard, lorsque viendront les commandes, elles seront exécutées suivant le même processus.Pour pouvoir survivre en ce temps de la machine, la haute couture, qui représente un des ultimes retranchements de l\u2019artisanat, a dû s\u2019armer des dernières méthodes de productivité.\t[ Lire la suite page 51 ] Dans la collection d'hiver 1955*56, présentée par Pierre Balmain, voici une veste ¥4 en astrakan noir.Des ballons se rétrécissant sur les hanches, manches larges, bouquet de violettes posé sur le revers.Toque en astrakan noir portée très en arrière, cachant les cheveux.Manchon aussi en astrakan noir.\tI Photos AGIP1. 12 La Revue Populaire * C'est au siège social de la F.T.D., à Détroit, que sont colligées et classées toutes les commandes de fleurs par TSF des 28,288 fleuristes-membres de l'Association.Un fleuriste de Montréal, membre de l'Interflora, est à exécuter une importante commande reçue par télégraphe d'une ville américaine.La monnaie d'échange est le fleurin.¦ mm *m ** ' ¦ gjr- tT Y* Le langage des fleurs par T.S.F.Comment sf expédient vos commandes de fleurs, de Montréal ou Québec à Paris, à Madrid ou à nos soldats cantonnés en Allemagne.\u2014 Un commerce \u201c florissant \u201d, basé uniquement sur la confiance réciproque.?: ¦ Plus de 43,000,000 de dollars de fleurs ont été, l\u2019an dernier, vendues et livrées par un service où l\u2019expéditeur ne voit pas les fleurs qu\u2019il envoie, non plus que le fleuriste qui en transmet et en exécute la commande.Ce commerce, basé uniquement sur la confiance, est l\u2019oeuvre de 28,288 fleuristes, tous membres de la « Florist Telegraph Delivery Association ».Les quartiers généraux de cette Association sont à Détroit (Michigan).La section internationale ou étrangère de la FTD compte 18,000 membres dans quatre-vingt-huit pays différents, ce qui permet à tous les peuples de la terre, hors du rideau de fer, d\u2019expédier des fleurs par télégraphe à quelque ville que ce soit des cinq continents.La question de la monnaie ou du change a été facilement résolue par l\u2019adoption d\u2019une devise monétaire propre à l\u2019Interflora (nom que porte la section internationale de cette Association de fleuristes).Cette unité monétaire est le fleurin, un terme dérivé du mot français fleur.La cote du fleurin repose sur celle du franc suisse et de la pièce américaine de vingt-cinq sous.Toutes les commandes de l\u2019Interflora sont transmises en fleurins et la commande transocéanique minimum est fixée à cinq dollars, soit vingt fleurins.La comptabilité s\u2019établit mensuellement dans divers comptoirs de compensation de Zurich (Suisse), Londres et Détroit.Voici, en résumé, comment fonctionne ce commerce unique au monde : un navire français, venu de l\u2019Amérique du Sud, fait escale à Montréal.On livre aussitôt aux hommes de l\u2019équipage leur courrier, leurs dépêches ou leurs colis.C\u2019est ainsi qu\u2019un des matelots apprend que sa femme vient de donner naissance à un fils à Nice, dans Un marin français dont le navire, venu de l\u2019Amérique du Sud, fait escale à Montréal vient d'apprendre que sa jeune femme, en France, a donné naissance à un fils.Celle-ci recevra, là-bas, en quelques heures, un bouquet tricolore semblable à celui qu'il admire ici.le Midi de la France.Ce dernier confie aussitôt une commande de fleurs à un fleuriste montréalais, membre de la FTD, et, quelques heures plus tard, des fleurs toutes fraîches seront livrées au domicile de la mère, en France.Des fleurs de toutes les variétés, de toutes les couleurs et de toutes les tailles sont ainsi livrées quotidiennement par les membres de l\u2019Association, à l\u2019occasion de naissances, mariages, décès, ou encore, pour la Fête des Pères ou des Mères.C\u2019est ainsi que, l\u2019an dernier, au jour de la Fête des Mères, des membres de la FTD eurent à livrer pour plus de $4,806,000 de fleurs, un chiffre absolument record.Les départs par bateau s\u2019accompagnent généralement d\u2019un envoi de fleurs des plus volumineux.Cette livraison est d\u2019autant plus compliquée que l\u2019expéditeur ignore la plupart du temps le numéro de la cabine du destinataire.Les militaires casernés dans diverses villes d\u2019Angleterre, de France, d\u2019Allemagne ou d\u2019ailleurs font aussi de fréquentes expéditions de fleurs à leurs parents du Canada.On s\u2019applique, pour eux comme pour tous les autres clients, à trouver exactement la fleur demandée pour telle ou telle personne.Aux quartiers généraux de Détroit, de nombreux appareils automatiques enregistrent toutes les transactions opérées par les membres de l\u2019Association, aux quatre coins du monde.De cette façon, le public peut être assuré que toutes ses commandes ont été remplies et que le prix exigé de chacune correspond exactement aux tarifs établis dans les divers pays.Tout fleuriste qui chercherait à tromper le client serait immédiatement expulsé de l\u2019Association.Et, le plus extraordinaire de ce commerce, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a aucunement besoin de se déplacer pour expédier, de Montréal, de Québec ou d\u2019ailleurs, les fleurs de son choix dans n\u2019importe quel pays du monde.Tout cela peut se faire, en quelques minutes, au téléphone. Montréal, novembre 1955 13 Vincent Roubert, le plus célèbre humeur de parfums de France, reconnaît les parfums à l'odeur, aussi sûrement que font les dégustateurs pour les boissons.Il en a également créé un très grand nombre.La fidélité à un parfum est une très vieille histoire.Jadis, l\u2019élégance, pour une femme, consistait à choisir un parfum et à ne jamais le quitter.Foin de ces attachements démodés.Une femme d\u2019esprit à qui l\u2019on demandait un jour quel était son parfum préféré répondit : « Je reste fidèle aux parfums qu\u2019on m\u2019offre ».Celle-là n\u2019avait pas, comme on dit, d\u2019idée arrêtée.Comment d\u2019ailleurs ne pas être tentée à longueur d\u2019année ?Non seulement les parfumeurs lancent constamment sur le marché des marques nouvelles, plus exquises les unes que les autres, mais tous les grands couturiers et tous les fourreurs ont leurs parfums.Et chaque naissance si l\u2019on peut ainsi dire, donne lieu à un « baptême » solennel.Partout dans l\u2019univers, certes, on fabrique des parfums.Toutefois ceux qui viennent de France continuent à être les plus cotés.A chaque pays sa spécialité.Rien ne vaut les appareils photographiques de l\u2019Allemagne, les réfrigérateurs de l\u2019Amérique, les cafés du Brésil.Mais de l\u2019avis du monde entier, l\u2019âme même de Paris est dans ses parfums.C\u2019est sous Catherine de Médicis que s\u2019ouvrit sur le pont aux Changes, une boutique où l\u2019on acquérait au choix parfums ou poisons.C\u2019est-à-dire le moyen de séduire et celui de se venger.Les Anciens connaissaient déjà tous les secrets de la parfumerie.En Egypte, Cléopâtre, en Perse Esther, on le sait, macéraient longuement dans les aromates lorsqu\u2019elles préparaient la grande scène de séduction de leur vie.En Grèce, à Rome, chaque partie du corps exhalait un arôme différent.Et tout laisse à penser que le mélange devait être enivrant.L\u2019art de la parfumerie est d\u2019ailleurs le plus fascinant qui soit.Son perfectionnement n\u2019a pas de limite.En 1848, 110 fabricants réalisaient 10 millions de chiffre d\u2019affaires.Aujourd\u2019hui, 400 fabricants em- \"Le plus grand nez de France\" travaille dans un immense laboratoire, au milieu de pipettes et de flacons d'essences.Il possède, grâce à sa sensibilité olfactive, une prodigieuse mémoire des arômes.fPhotos Miller).\"Je reste fidèle aux paÉms qu\u2019on m'offre\u201d \\ui\\\ttWirrumd ploient 18,000 salariés et le chiffre d\u2019affaire annuel atteint $133,000,000 de dollars.Aux fleurs de notre littoral méditerranéen : tube-reuses, roses de mai, lavande, distillées à Grasse, s\u2019ajoute désormais la riche moisson des essences de l\u2019Union française : ambre gris, canelle, bois de rose, géranium et tant d\u2019autres.Les petits ateliers d\u2019autrefois sont maintenant d\u2019importantes fabriques, où, à côté des laboratoires consacrés aux recherches, ronronnent les machines les plus modernes : presses automatiques, broyeurs, malaxeurs, etc.Mais que serait tout cela sans cet impondérable qui s\u2019appelle : le goût ?et qui fait du métier de parfumeur un métier de création et ajouterons-nous de création personnelle.Aujourd\u2019hui, la présentation des parfums atteint un raffinement sans cesse dépassé.Ecrins charmants ou luxueux, pour enfermer les flacons ingénieux ou précieux, gaines de daim, pour le vaporisateur de sac à main .Le contenant a autant d\u2019importance que le contenu.Ce qui revient à dire que le poète avait tort de dire : « Qu\u2019importe le flacon pourvu qu\u2019on ait l\u2019ivresse ».LE PLUS GRAND NEZ DE LA PARFUMERIE FRANÇAISE Vincent Roubert porte un titre qui ferait rougir de plaisir tout bon Français.On l\u2019appelle « Le plus grand nez de la parfumerie française ».Cette distinction assez singulière est pourtant d\u2019importance nationale en France, où l\u2019industrie des parfums occupe une place considérable.Le nombre des parfumeries à Paris, ces élégantes et discrètes boutiques, en témoigne éloquemment.Depuis plus de trente ans, Vincent Roubert crée des parfums.De formation scientifique, il n\u2019en conçoit pas moins son métier comme un art relevant de qualités artistiques certaines.Il est né dans le midi de la France, à Grasse, d\u2019où proviennent toutes les essences naturelles qui entrent dans la fabrication des parfums.Dans la lignée ascendante de ses pères et grands-pères, on n\u2019y trouve que des maîtres-humeurs de parfums.Vincent Roubert reconnaît les parfums comme d\u2019autres retiennent les thèmes musicaux ou perçoivent les teintes variées d\u2019une couleur.Un parfum nouveau lui est-il présenté, il le décomposera mentalement en ses divers éléments, y mêlera d\u2019autres essences qui le bonifieront ou en retirera certaines qui l\u2019altéreront profondément.Avant même l\u2019expérimentation scientifique, il prévoit les résultats aromatiques de ses combinaisons savantes.C\u2019est grâce à cette sensibilité olfactive et à sa « mémoire » des arômes que le monde lui doit des créations géniales.Pour un travail pourtant si délicat, Vincent Roubert dispose d\u2019un nez assez .important.Ses méthodes de travail sont simples.Un bureau, des flacons, des pipettes, des buvards.Et les combinaisons mentales se poursuivent, suivies d\u2019essais pratiques.Ceux-ci, qui se pratiquent sur dix personnes, constituent l\u2019étape concluante.Un parfum est enfin né.Ce maître-créateur conseille aux femmes, pour l\u2019utilisation des parfums, de légères vaporisations sur les vêtements plutôt que ces touches de parfum dans le cou et derrière l\u2019oreille.Car, estime-t-il, les parfums sont altérés au contact de la peau.Depuis les débuts de sa carrière, les parfums ont connu une évolution importante.Aujourd\u2019hui, ceux-ci doivent combattre des ennemis beaucoup plus violents que jadis : tabac, fumées industrielles des villes, essences de moteurs, aussi doivent-ils se faire plus violents.Ils ont plus de corps et perdent ainsi en délicatesse et en discrétion.Vincent Roubert vous le dira avec un certain regret tandis qu\u2019autour de lui, les parfums nous embaument suavement.mms i fut ¦ ¦ Lt Sailli *X4.* tldM \\oman danum\\ Jla Pn,i+tceA.4.e AUJOURD'HUI, la princesse Mariana entrera dans sa dix-huitième année\".En première page de tous les journaux du royaume on put voir, en ce matin de janvier, une délicieuse figure de la jeune fille.Un hebdomadaire avança sa date de parution pour montrer à ses lecteurs cette princesse Mariana.L'image, en couleurs, disait la blondeur des cheveux, le bleu de pervenche des yeux splendides, la bouche menue et rouge comme une griotte, le teint de perle.On s'arrachait les journaux dans les kiosques, et les vendeurs à la criée firent des affaires d'or.Des midinettes et de petits apprentis découpèrent ces images pour en orner leurs chambres ou leurs ateliers.Car chacun adorait la Princesse Mariana.Huit heures sonnèrent à la cathédrale Sainte-Ursule .Aussitôt les cloches à toute volée se mirent à chanter ; et de toutes les chapelles, de tous les béguinages, les carillons joyeux s'égrenèrent dans l'air glacé, où valsaient des flocons de neige.\u2014 Altesse, il est temps.Mariana bondit, légère comme une biche, au travers de sa chambre.Ses pieds nus s'enfonçaient avec délices dans les tapis de haute laine ; vite, elle regarda par la fenêtre, soulevant, à peine, un coin des rideaux de tulle.Déjà, dans la cour d'honneur, la garde se rangeait.Elle entendit les commandements brefs des officiers, le bruit des armes posées à terre.Au loin, les clairons et les trompettes s'exerçaient à jouer l'Hymne National ! Depuis un mois, chaque matin, Mariana entendait cet air ! \u2014 Ah ! Ils seraient impardonnables, les musiciens, s'ils s'avisaient de faire de fausses notes ! Ainsi songeait la princesse avec cet esprit plein d'humour et de gaieté qui la caractérisait.A la porte, sa fidèle Sophie continuait ses lamentations : \u2014 Altesse, il est temps ! \u2014 le le sais, Jérémie ! cria la jeune fille, sans ouvrir la porte.Elle se plaisait à nommer la brave nourrice du nom de ce prophète, en souvenir des lamentations.Comment eût-elle pu oublier que ce jour était celui de son anniversaire ?Et que de grandes fêtes se préparaient pour le célébrer ?En hâte, elle passa la robe de chambre en satin rose, molletonnée, ornée de fourrure blanche, chaussa les petites mules d'argent.\u2014 Entre, ma bonne, dit-elle en tournant le bouton de la porte.\u2014 Oh ! Altesse ! Que je sois au moins la première à vous souhaiter un joyeux anniversaire .Que le sentiment du devoir .Elle n'eut pas le temps d'achever, Mariana la saisit par le cou, l'embrassa sur ses joues ridées en disant : \u2014 Qui t'a appris cette phrase ?Dis-moi un peu qui te l'a apprise ?Le sentiment du devoir ?Il ne te manquait vraiment plus que de me faire la morale ! Elle fit faire à la vieille femme, étourdie, deux ou trois tours sur elle-même.Puis, elle dit en riant : \u2014 J'y suis ! C'est la comtesse de Meriden qui t'a recommandé de me parler du devoir.CU4JC VioletteA (vaY jCise 13E-[ Lire la suite page 18 ] Montréal, novembre 1955 17 TîkV»»-^.>: !î'»« .1 ËitlfilSB Voyez ce que peut faire pour vous le FER À VAPEUR G-f.'presser\" \u2014 habits, pantalons 'presser\" \u2014 coutures et plis 'presser\" \u2014 velours unis et côtelés Se transforme de la VAPEUR à SEC et vice versa \u2014 instantané-ment-au toucher d\u2019un repasser \u2014 rayonnes, cotons, lainages, toiles .la lingerie délicate N\u2019est-ce pas là le fer idéal à tous points de vue?.un fer repassant à la vapeur .combiné à un fer repassant à sec .donc deux fers dans un ! Les tissus légers peuvent être repassés à la vapeur sans les humecter .les habits et les jupes \"pressés\u201d rapidement et facilement.Pas d\u2019attente, dans le fer à vapeur G-E l\u2019eau se transforme immédiatement en vapeur .d\u2019une façon absolument sûre .goutte à goutte.Et puis, au toucher d\u2019un bouton, il devient un fer léger et totalement automatique servant aux repassages à sec.Nouveau bas prix (suggéré,) bouton o o o Remplir avec Peau ordinaire Formation rapide de la du robinet\tvapeur Facile à remplir .facile à L'eau se transforme instantané-vider.L'eau provenant du ro-\tment en vapeur, une goutte à binet peut être utilisée dans\tla fois-vous n'avez jamais à presque tous les endroits.(Voir attendre qu'elle bout, détails dans la brochurette d'instructions).Arrêt automatique de la vapeur La vapeur cesse automatique- ment dès que le fer est déposé sur son talon-support .elle recommence aussitôt que le fer est soulevé pour usage .sans aucune perte de vapeur.FER À VAPEUR GENERAL ELECTRIC CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED 18 La Revue Populaire Rien 5v$r£~ ne fait briller l'aluminium comme les -tampons saponifiée- BRI UO / / l \u2022 I V Les tampons métalliques Brillo® saponifiés sont résistants et font briller tout en nettoyant ! Ni trempage, ni récurage ! Vous n\u2019avez pas besoin de poudre à récurer, de brosse, de lavette.Brillo fait vite briller les casseroles ! Il y o du savon à polir dans chaque tampon saponifié BRILLO TAMPONS SAPONIFIÉS BRILLO (boite rouge) Tampons imprégnés de savon NETTOYANT BRILLO (boite verte) Tampons et savon à polir séparés soaP Pad PLUS ÉCONOMIQUES! boîtes de 5 et 12 tampons [ Suite de la paye 16 ] donne au Théâtre Léopold une soirée gratuite.Les gens se bousculent à l\u2019entrée.Tous les établissements affichent des bals publics.Les passants bien emmitouflés dans leurs fourrures musardent devant les vitrines.La fête continue, hors du palais, et la princesse Mariana n\u2019y prend aucune part.On n\u2019est pas gai tous les jours, dans la demeure royale ! La jeune fille a revetu ¦ sa robe de velours vert, au col d\u2019Irlande.Elle a l\u2019air d'une pensionnaire bien sage, qui attend l\u2019heure d\u2019aller se coucher.Elle a dîné d\u2019un potage, d\u2019un oeuf et de quelques fruits.Elle a un régime très strict.Au banquet de midi, alors que le champagne coulait dans les flûtes de cristal, elle sentait, posés sur elle, les yeux terribles de la comtesse de Merklen.Elle a, à peine, osé tremper ses lèvres roses dans le vin pétillant ! Pendant ce temps, à une autre table, Eric levait joyeusement son verre.Silva de Merklen et Stéphanie de Mell caquetaient et riaient.On leur faisait un peu la cour ! Et elle, la pauvre Mariana, drapée dans son titre royal comme dans un manteau, elle s\u2019ennuyait à mourir ! Elle a attendu beaucoup de cette journée ; or, elle ne lui a rien apporté.Elle a écouté avec une grande attention le premier discours :\tcelui du grand Chambellan.Avec un peu moins d\u2019intérêt le second : celui du cardinal-archevêque.Elle a, enfin, essayé sans toujours y parvenir, de ne pas entendre les autres nombreux discours.Ils n\u2019étaient, d\u2019ailleurs, que la copie des premiers.Dix heures viennent de sonner.On entend le pas des sentinelles qui veillent aux portes.Puis le cliquetis des armes qui saluent : la garde est relevée.Dix heures.La comtesse de Merklen va venir chercher la princesse, pour la conduire vers le roi.Ce dernier a manifesté le désir de lui parler.Pourquoi, justement, ce soir, où elle aurait une telle envie de rester seule, pour achever ce livre commencé : La tragédie de Mayerling ?Comme les princes sont parfois malheureux ! Ce pauvre archiduc Rodolphe ! La jeune fille s\u2019apitoie une seconde sur le sort du prince mort.Mais cela ne dure pas ! Il n\u2019avait qu\u2019à arranger autrement son existence ! Elle, elle sait bien ce qu\u2019elle aurait fait à sa place : on peut toujours abdiquer ! Les ouvriers, quand ils sont mécontents d\u2019un travail, d\u2019un emploi, le laissent.Alors, les rois, ces tout-puissants, peuvent bien en faire autant ! \u2014 Altesse ! Sa Majesté vous attend ! Allons toujours écouter les conseils du roi : il en est prodigue ! Mais, lui, la jeune fille l\u2019écoute : il est sa seule famille, le vieux souverain.Et Mariana guette avec effroi les signes de la décrépitude naître et se graver sur le visage de son aïeul.Elle fit en entrant une gracieuse révérence.Le roi, d\u2019un geste, l\u2019invita à s\u2019asseoir.Un fauteuil, rigide, mal commode lui était réservé, Mariana y prit place.Cela s\u2019annonçait mal :\tc\u2019était le fauteuil des mauvais jours : celui des réprimandes, des plaintes.Impossible de s\u2019y blottir, d\u2019y prendre des poses attendrissantes.Il faut s\u2019y tenir raide, compassé.D\u2019ailleurs, le roi n\u2019est pas seul ; le Grand Chambellan est assis à la table de travail ; il a l\u2019air de compulser des dossiers.Mariana sait bien qu\u2019il ne les lit même pas : il n\u2019a pas ses lunettes ! Mais c\u2019est une habitude qu\u2019il a.pour se donner de l\u2019importance.La comtesse de Merklen s\u2019installe sur un pouf devant la cheminée.Elle ressemble à une vieille petite fille.Le Ministre de l\u2019Intérieur va et vient sans bruit.On ne l\u2019entend jamais marcher ! Il a le don de surgir derrière vous à l\u2019impro-viste ! Il est toujours accueilli par un cri de surprise ou un mouvement effarouché ! Silva et Stéphanie sont là, également, posées sur la même banquette comme deux oiseaux au bout d\u2019une branche.Le roi éclaircit sa voix : ça y est, songe Mariana, il va aussi faire un discours : il est le seul à n\u2019en avoir pas fait aujourd\u2019hui ! \u2014 J\u2019ai voulu, Mariana, vous parler ce soir d\u2019une chose très grave.Demain, le parlement réuni statuera sur votre sort.On va augmenter votre liste civile.Le ministre de l\u2019Intérieur approuve d\u2019un signe de tête, et reprend sa marche.La comtesse de Merklen a voulu faire un geste, on ne sait lequel, elle a dû l\u2019arrêter à mi-chemin : sa situation, sur le pouf, est des plus précaires ; elle risque, pour peu qu\u2019elle remue, de tomber dans la cheminée ! \u2014 Remerciez sa Majesté, Altesse, souffle la comtesse.\u2014 Je vous remercie, grand-père.Il est doux, tout de même, de pouvoir nommer grand-père ce vieillard qui règne sur un peuple.\u2014 Ce n\u2019est pas tout.Vous avez dix-huit ans.Cela comporte des obligations.Le poids de ce royaume pèse lourd sur mes épaules.Mariana a beaucoup de peine pour s\u2019empêcher de rire ; elle vient de se souvenir à l\u2019instant de cette phrase de sa bonne Sophie :\t« Que ferez-vous quand vous aurez sur la tête le poids du royaume ?» Son grand-père, c\u2019est sur les épaules que le fardeau lui pèse ! Est-ce donc cela qui l\u2019a courbé et pâli ?\u2014 Il est temps pour vous de prendre le flambeau qui tremble dans mes mains débiles.« On lui a préparé ce discours », songe la jeune fille.Elle rejette loin de son âme et l\u2019émotion et la gaîté ; elle s\u2019applique à n\u2019être qu\u2019une élève attentive.\u2014 Le Parlement et nous, avons décidé de vous accorder encore un an.\u2014 Pourquoi un an ?\u2014 Pour vous chercher un mari.Il est nécessaire que vous ayez un époux lorsque vous me succéderez sur le trône.Vous n\u2019aurez qu\u2019à choisir parmi les cadets de familles régnantes.\u2014 Les cadets ?répète la princesse abasourdie.Voilà donc que la jeunesse est finie ! Ses dix-huit ans ne semblent plus si aimables à la pauvre Mariana.Un mari, un cadet de famille régnante ?Quel mal elle va avoir pour le dénicher.Ne sont-ils pas tous mariés ces cadets ?\u2014 Est-il vraiment indispensable qu\u2019il soit de famille régnante ?demande-t-elle.Elle vient de penser à Eric de Winter.Elle sait bien que malgré sa froideur, elle pourrait lui faire entendre raison.Elle n\u2019aurait qu\u2019à lui dire de l\u2019épouser, pour le bien de l\u2019Etat.Il consentirait tout de suite ! Il est si dévoué à la Couronne.Quand 'il serait son mari, elle retrouverait dans ses yeux sombres cette douceur, cette flamme qu\u2019elle y a vue si souvent aux jours d\u2019autrefois ! Elle ne serait plus jamais seule ! \u2014 Autant que possible, oui, répond le roi.Mais, en tout cas, il le faut de très grande noblesse.« Un petit officier » peut-il espérer devenir l\u2019époux de la reine ?Il faudrait vraiment qu\u2019elle n\u2019en trouve pas d\u2019autre.Jamais le Parlement et le roi ne consentiraient à pareille union.\u2014 Je ne veux pas me marier.Le ministre arrête sa promenade sans but à travers la pièce ; le grand Chambellan déchire presque une feuille de papier, tellement il est nerveux ; la comtesse de Merklen fait entendre un gloussement réprobateur : tout en elle est réprobateur ; les deux demoiselles d\u2019honneur ouvrent des yeux démesurés.Sans presque y prendre garde, Mariana a pensé tout haut.\u2014 Vous ne voulez pas vous marier, dit le roi.Mais malheureuse enfant, vous ne devez avoir d\u2019autre volonté que la nôtre.d\u2019autre volonté que celle du Parlement ! \u2014 Eh bien ! que le Parlement épouse ce cadet, s\u2019il nous en faut un à tout prix ! Moi, je n\u2019en veux pas ! \u2014 Je considère cet éclat comme un caprice dû à l\u2019énervement que vous a procuré cette journée.Vous avez un an devant vous.Dans un an, c\u2019est vous qui viendrez me dire votre désir d\u2019une protection.Même prince consort, votre époux vous protégera.Le roi se tourne alors vers la comtesse de Merklen dont le visage a pris toutes les couleurs de l\u2019arc-en-ciel, pour se stabiliser au jaune citron.\u2014 Je constate, Madame, que votre élève est assez indisciplinée.j\u2019aurais aimé que vous lui inculquiez davantage l\u2019esprit de soumission que doit avoir une future reine.\u2014 Mais, grand-père, dit Mariana, je ne désire que le bien de tous ! Je sais quels devoirs m\u2019attendent.Seulement, je voudrais bien être heureuse.\u2014 Qu\u2019entendez-vous par ce mot ?\u2014 J\u2019entends, d\u2019abord, épouser un homme que j\u2019aimerai, qui m\u2019aimera aussi.\u2014 Mais vous tenez un langage de midinette.Nous allons arrêter, pour ce soir, cette conversation.Vous savez, maintenant, ce que vous devez faire.Nous n\u2019y reviendrons pas.De la main, il la renvoie.Elle se lève, guindée, mécontente d\u2019elle-même et des autres ; elle fait une révérence.Mais au moment de quitter la pièce, elle se précipite vers son grand-grand-père, elle saisit sa main, elle y appuie ses lèvres dans un élan de tendresse.Elle peut voir, alors, un sourire très doux sur le visage fané du roi.Ill Le chat persan s\u2019est endormi devant la cheminée, où rougeoient encore quelques braises ; malgré le chauffage central, la princesse Mariana aime ces feux de cheminées, si gais, si vivants ! Le froid rigoureux, qui sévit dans le pays, permet d\u2019ailleurs de supporter et les uns et les autres.Minuit ! La jeune fille se tourne et se retourne dans son lit, sans parvenir à trouver le sommeil.Séparée d\u2019elle par un petit salon, la comtesse de Merklen dort à poings fermés.Tout à l\u2019heure, Mariana l\u2019entendait ronfler.Le vent s\u2019est élevé, à mesure que s\u2019avance la nuit : il rôde autour du palais.Il doit faire très froid car les sentinelles battent la semelle dans la cour.Sous les rideaux soyeux et le couvre-pieds en satin, bien fourré d\u2019ei-der, la jeune fille se sent bien, protégée, au chaud et à l\u2019abri des tempêtes.Las ! Que ne peut-elle être aussi abritée contre ces autres orages dont la menace apparaît dans sa jeune vie ! Le roi n\u2019a-t-il point voulu, dès aujourd\u2019hui et sans souci de ternir la clarté de sa dix-huitième année, la mettre en demeure de faire un mariage sans amour ! Car elle ne pourra faire qu\u2019un mariage sans amour si elle épouse un autre homme que le comte Eric de Winter ! Un jour, elle sera reine ; cette éventualité lui cause plus de peur que de joie : elle essaie de faire jouer le ressort de la vanité ! Elle comptera parmi les dirigeants des nations européennes ; elle aura son mot à dire sur les événements internationaux, sur les conflits à éviter, les colonies à accorder ! Mais non, tout cela ne pourra empêcher son malheur.Pourtant il n\u2019y a pas d\u2019autre alternative : elle est ®\t>\"[ Lire la suite page 20 ] ta résistance des contreplaqués de sapin Douglas permet de les employer à l\u2019extérieur comme à l\u2019intérieur.Le mur de contreplaqué ci-contre, au grain d\u2019une délicate beauté, se prolonge jusque dans le patio.Rien à craindre des intempéries: tous les contreplaqués de sapin sont reliés avec une colle absolument imperméable.Le coffre à bois est robuste et résistera à tous les coups.CONTREPLAQUE DE SAPIN aperçus de la vie urbaine moderne niMBBHj\t Hv L.M\t Ter \u2022\u2022 i\tÉ| Le contreplaqué de sapin a été employé à la construction de chaque pièce et de chaque meuble encastré de cette maison de ville pittoresque et moderne.La longue tablette derrière le divan rembourré de caoutchouc-mousse et les spacieux rayons de bibliothèque sont recouverts d\u2019une peinture à l\u2019huile appliquée avec essuyage.Les chants des rayons sont à découvert, ont été obturés, sablés et peints à l\u2019essuyage et font ressortir les extrémités foncées des placages.A ÜH Les couleurs et les lignes des placards de la cuisine harmonisent avec l\u2019ensemble de la salle à manger.Remarquez les tiroirs, les vastes surfaces faciles à entretenir: ce sont pour la cuisinière encore d\u2019autres avantages que lui valent les contreplaqués de sapin.IDENTIFIEZ CES MATERIAUX PAR LA MARQUE | PMBC EXTERIOR] COLLE IMPERMÉABLE CONTREPLAQUE DE SAPIN DOUGLAS Les buffets ci-dessus, faits sur commande, ont été peints en une couleur qui contraste avec la teinte naturelle du contreplaqué de sapin Douglas.On a posé sur les chants des armoires inférieures, finis à l\u2019essuyage en couleur rouge, et sur les placards couleur mate par-dessus le guichet de la cuisine, une moulure mince et blanche qui accentue l\u2019harmonie de l\u2019ensemble.Les colombages des murs de ce vivoir, commes des autres pièces, sont à découvert entre les panneaux de contreplaqué de sapin: peints en couleurs unies, les colombages forment un vif motif vertical.Le radio et la lampe originale sont encastrés dans les rayons dont les lignes géométriques contrastent avec les teintes chaudes et le motif délicat du grain du contreplaqué mural de sapin Douglas.PLYWOOD MANUFACTURERS ASSOCIATION OF BRITISH COLUMBIA \u2022\t550 BURRARD ST., VANCOUVER 1, B.C. 20 La Revue Populaire SP» Qui dit RITZ k J dit cliic ! Toute femme qui sait recevoir sait aussi que les biscuits Ritz sont de bon goût pour leurs goûters ou collations préparés avec le plus grand soin! De bon goût, les Ritz sont aussi délicieux.Oui, délicieusement salés, ces biscuits dorés ont une saveur de noix toute particulière.Servez des Ritz chaque fois que vous recevez \u2014 ou pour les goûters de famille à toute heure! Avec la crème glacée?Des Fig Newtons bien entendu! tout le monde aime les confiture de figues Fig Newtons de Christie 1 newtons Vous aurez l'approbation de vos invités si vous servez de délicieux Fig Newtons avec breuvages pétillants, fruits, tous rafraîchissements.Gâteau tendre et doré, fourré de ®-y [ Suite de la page 18 ] seule héritière du trône, depuis la mort de ses parents, enlevés tous deux dans la fleur de l\u2019âge, à quelques jours de distance, par une terrible épidémie de grippe.Si seulement le prince Karol avait vécu ! Et voilà l\u2019imagination de Mariana qui brode sur la disparition de son frère aîné une fantastique histoire.Puis, par un détour, elle revoit le passé, ou du moins ce qu\u2019elle en a pu voir, ce qu\u2019on lui en a dit.Elle joue dans le parc avec son frère Karol.Il a en ce temps-là quatre ou cinq ans, elle une année de moins.La comtesse de Merklen, de loin, les surveille.Elle a déjà son air revêche, son teint jaune, sa bouche acerbe.Elle a toujours été ainsi.Comment un homme a-t-il pu l\u2019aimer ?Eric se mêle à leurs jeux.Il fait partie des jours de l\u2019enfance de Mariana.Ils jouent à cache-cache, comme les fils des paysans.Chacun d\u2019eux à son tour se cache et les deux autres se mettent en poursuite.Mariana a donné bien du fil à retordre aux garçons ; elle est essoufflée, venant d\u2019échapper à leurs regards.Alors, pour leur faire une farce, au lieu de se montrer, elle s\u2019enfonce dans le bois.Bien que ce souvenir soit lointain, Mariana se revoit marchant dans l\u2019allée jusque vers la limite des prairies ; elle aperçoit la rivière ; puis un grand pré où trottent des chevaux.Elle s\u2019arrête un moment pour les contempler.L\u2019un d\u2019eux est pour elle : son grand-père doit le lui donner dès qu\u2019il sera dressé.Son frère Karol monte déjà comme un vrai cavalier ! L\u2019heure passe ; mais la petite fille, assise sur l\u2019herbe, n\u2019y prend point garde.Des cris l\u2019arrachent à son occupation : des cris terrifiants qui lui donnent la chair de poule.Elle voit accourir la oomtesse de Merklen, suivie d\u2019une femme de chambre.\u2014 Dieu soit loué ! dit cette dernière, voici au moins la princesse Mariana ! Cherchons le prince ! Une femme saisit la petite fille par la main et l\u2019entraîne sans ménagement vers le palais.Sophie, la nourrice, pleurait sur le perron.Les parents de Mariana cherchaient dans le parc.\u2014 Où est le prince Karol ?Comment la petite-fille aurait-elle pu dire où se trouvait son frère ?Elle s\u2019était cachée pour faire une farce aux deux garçons.C\u2019est tout ce qu\u2019elle pouvait donner comme explication.Le petit Eric ne put rien dire de plus.Tous deux, Karol et lui, s\u2019étaient mis à la recherche de Mariana.Durant toute la nuit le bois retentit des cris d\u2019appel.Les hommes du village, les soldats de la garde, le prince et sa femme, tous battirent la campagne alentour.En vain.Le petit prince Karol ne fut jamais retrouvé.La cour prit le deuil, car on retrouva sur la berge du lac un gant lui ayant appartenu.Des bohémiens furent aperçus quelques jours plus tard.Ils furent emprisonnés.Et depuis ce temps le territoire était interdit à ceux de leur race.Mariana, ce soir, cherche dans ses souvenirs.Comme tout cela est loin ! Mais les jours d\u2019autrefois ressuscitent : voici sa mère, languissante dans sa robe blanche, sa robe de deuil ; son père qui lui interdit désormais de sortir du petit jardin ; puis Eric qui partage ses jeux.La maladie emporte ses parents.Les jours passent avec une incroyable rapidité.Si Karol revenait.Souvent, la jeune fille a songé à ce qui adviendrait d\u2019elle si son frère, par miracle, leur était rendu.Elle, d\u2019abord, serait libre de diriger sa vie, de faire un mariage d\u2019amour.Karol serait roi ; elle, elle redeviendrait une simple jeune fille.Si Karol revenait.Mais à quoi va-t-elle songer là ?Il n\u2019y a aucune rai- son pour que se produise le miracle.« Un Cadet de famille régnante » a dit le roi.Mais ne sont-ils pas tous mariés ?Ils défilent devant son esprit.Trop jeune.Trop vieux.Trop gros.Marié.Si, pourtant, il en existe au moins un qui serait agréé par la Cour.Le prince Rodolphe, fils cadet d\u2019un roi voisin.Il est venu quelquefois au palais, en ami.Ses attentions ont frappé Mariana qui n\u2019y a vu que des gestes dictés par la politesse.Stéphanie a beaucoup vanté en sa présence les qualités du prince Rodolphe.Mais Silva se contentait, alors, de regarder Mariana d\u2019un petit air triste.Le roi a-t-il invité Rodolphe dans un but intéressé.Etait-ce pour lui faire connaître Mariana ?.Elle a vu dans des magazines étrangers leurs photographies étalées sur la même page- Rodolphe ?Peut-être accepterait-elle de devenir sa femme, si Eric n\u2019existait pas.L\u2019ami des jours d\u2019enfance.Car depuis deux ans le jeune homme est insupportable.Il feint de ne pas la voir, de ne pas l\u2019entendre.Il accorde sa préférence à Stéphanie.Ainsi, ce soir, au banquet, tandis qu\u2019elle s\u2019ennuyait à mourir, elle a vu Eric bavarder gaiement avec Stéphanie.Evidemment, la jeune fille est belle.Mais à la place d\u2019Eric, elle n\u2019en voudrait pas.Oh ! que les hommes ont parfois mauvais goût ! .Une heure.L\u2019horloge de Sainte-Ursule, inlassablement, sonne les heures.Voici la première d\u2019un nouveau jour.Plus que trois cent soixante-quatre.,, murmure Mariana.Demain, elle va commencer à apprendre son métier de reine.Elle a l\u2019impression que toute la clarté, toute la joie qu\u2019elle attendait de la vie et dont elle croyait, par instant, distinguer le reflet, s\u2019enfuient à jamais.IV vez-vous vu votre collier, Altesse ?Mariana se retourne subitement.Son collier ?Mais, la veille, en le quittant, elle Ta remis dans les mains de Silva de Merklen.Celle-ci a dû le ranger dans l\u2019écrin, ainsi qu\u2019elle fait habituellement des bijoux de la princesse.Silva met tout sens dessus dessous pour le trouver : elle est pâle comme une morte.Quelle responsabilité elle assume, avec ce service des bijoux.Comme pour elle-même, Stéphanie parle.Elle sait très bien que Mariana l\u2019écoute et s\u2019effraye.Ce collier, la pièce la plus précieuse de ses joyaux, elle y tient énormément : ce n\u2019est un secret pour personne.Vite, Mariana s\u2019élance.Dans la pièce à côté de sa chambre, elle voit Silva qui griffe de ses mains crispées la laine du tapis.Elle jette à la princesse un regard apeuré.¦\u2014 Altesse, il est peut-être ici, dit-elle.Vain espoir.Ce brillant collier ne peut se dissimuler parmi les larges fleurs brodées.On le verrait.\u2014 Ce matin, à mon réveil, j\u2019ai pensé tout d\u2019un coup à ce collier, dit Silva.L\u2019a vais-je ou non enfermé hier soir, après que vous l\u2019eûtes enlevé ?Telle était la question qui m\u2019inquiétait fort.Je me suis levée en hâte, je suis venue ; j\u2019ai ouvert l\u2019écrin.Le collier n\u2019y était pas.\u2014 Et les autres bijoux ?demanda Mariana.\u2014 Aucun autre ne manque.Oh ! Il ne s\u2019agit certainement pas d\u2019un vol.Mais où l\u2019ai-je mis ?On la sent absolument désemparée.Pourtant, Stéphanie, debout, la regarde, un peu moqueuse.\u2014 J\u2019ai bien vu, hier soir, ce collier Montréal, novembre 1955 21 Dans le Monde des üesserts I I*?\t-avec l~ICUnQJUs /O-AJX!&-rC __ ' dans vos mains, dit-elle.Ensuite, je ne sais plus.Je n\u2019ai point coutume de surveiller votre service.\u2014 Essayez de rappeler vos souvenirs, insiste Mariana.Quand elle eut mon collier, qu\u2019en fit-elle ?De quel côté s\u2019est-elle dirigée ?Stéphanie a un geste d\u2019ignorance.\u2014 Je ne sais pas, Altesse.Je ne sais pas.Mais cherchons encore.Au hasard, elle déplace un éventail, remue un fauteuil, inspecte derrière un paravent.\u2014 C\u2019est décourageant, dit-elle.\u2014 Voyons, dit Mariana.Ne perdons pas la tête : il est im-pos-si-ble.je dis bien im-pos-si-ble que ce collier soit égaré.Par la fenêtre ouverte toute la froide lumière de cette journée d\u2019hiver entre et s\u2019installe :\telle argente les beaux meubles anciens, les dorures fanées des cadres, les reliures rares, et ce renne naturalisé qui depuis des ans et des ans sert de pâture aux mites dans le coin le plus sombre de la pièce.Toute la colère de Mariana, tout son chagrin, son désarroi se retourne contre le pauvre animal, heureusement insensible.\u2014 Toujours dans ce coin! On ne peut pas faire un pas sans se cogner contre lui ! Des pas précipités : la comtesse de Merklen arrive en courant, à son habitude.La pâleur de sa fille ; la contrariété de la princesse ; le triomphe, pourtant caché de Stéphanie : rien ne lui échappe.\u2014 Que se passe-t-il, Altesse ?Sa voix \u2018se maintient à son diapason normal.Une seconde, Mariana hésite.Elle n\u2019aime pas la vieille gouvernante du palais, sans d\u2019ailleurs savoir pourquoi, mais elle répugne à lui causer du souci.Et quel souci elle aura si elle apprend que Silva a égaré le collier.\u2014 Rien, dit-elle.Et son regard en impose à Stéphanie qui s\u2019apprêtait à répondre.\u2014 Alors, que cherchent ces deux jeunes filles ?\u2014 Une bagatelle; j\u2019ai égaré un petit mouchoir sans valeur.Mais qu\u2019il n\u2019en soit plus question.Qu\u2019aviez-vous à me dire, Madame ?Votre empressement me laisse supposer que ce sont des choses d\u2019importance.\u2014 En effet, dit la comtesse en reprenant son souffle.Le prince Rodolphe a annoncé sa visite.\u2014 Déjà, murmure entre haut et bas la princesse.Malgré le chagrin, très réel, que lui cause la perte de son bijou, elle ne peut s\u2019empêcher d\u2019accorder aux événements de la minute la place qui leur revient.Or, la visite de Rodolphe mérite bien qu\u2019on s\u2019y arrête.On dirait que le jeune homme possède le don de double vue.Connaîtrait-il les désirs du roi ?Sait-il qu\u2019il a demandé, la veille, à sa petite-fille d\u2019épouser avant que l\u2019année soit écoulée, le fils cadet d\u2019une famille royale ?Rodolphe n\u2019est pas déplaisant.A première vue, il semble tout à fait l\u2019homme de la situation.Joli garçon, pas très intelligent, accommodant, ne manifestant jamais un mouvement de colère, beaucoup de jeunes filles l\u2019accepteraient comme fiancé.Devenu prince consort, il vivra dans le sillage de la reine, heureux peut-être.Oui, mais il ne sera pas seul en jeu : il y aura aussi sa femme.Sera-t-elle heureuse, elle ?Mariana secoue la tête d\u2019un air de doute.S\u2019il s\u2019agit d\u2019elle, la réponse est aisée.Jamais la jeune fille ne connaîtra le bonheur.Comme il est dur, à dix-huit ans, de faire le sacrifice de toute une vie sur l\u2019autel de la patrie ! Ne serait-il pas plus facile de mourir pour elle ?Le soldat qui meurt en combattant ne sait pas ces troubles, ces angoisses, ces larmes refoulées qui vont devenir l\u2019apanage de Mariana.Les ménagères de notre génération sont vraiment fortunées.Même au cours de nos journées les plus actives, nous n\u2019avons pas besoin de lésiner sur les desserts faits à la maison! Pas si nous avons toujours des mélanges pour poudings instantanés à portée de la main! Et même les enfants aiment préparer leurs propres desserts, si riches en lait, grâce au Pouding Jell-O Instantané.Ils trouvent magique de pouvoir apprêter pour la famille, en un clin d\u2019oeil, un dessert si velouté et si crémeux, qui fond dans la bouche! Evidemment, le Pouding lell-O Instantané est un ingrédient qui se prête à la préparation d\u2019autres desserts que les poudings.Par exemple, voici une délicieuse garniture pour gâteau blanc ou pain des anges, et pour des poudings cuits au four.GARNITURE AU CHOCOLAT ET À L'AMANDE 1 tasse de crème, froide 1 tasse de lait froid !4 de cuillerée à thé d\u2019essence d\u2019amande 1 paquet de Pouding Jell-O Instantané au Chocolat Versez la crème, le lait et l\u2019essence dans un bol à mélanger.Ajoutez le pouding et fouettez avec un batteur à oeufs pendant une minute, ou jusqu\u2019à mélange parfait.Laissez reposer jusqu\u2019à fermeté \u2014 environ 5 minutes.Vous pouvez garder cette délicieuse garniture, d\u2019une saveur riche, au réfrigérateur, dans un récipient couvert.Lorsque vous en avez besoin, brassez simplement jusqu\u2019à consistance crémeuse et servez.:Æ vsJÊSsËL Ah! mon Pouding Jell-O Instantané favori! Simple comme bonjour! Pas long à faire, je vous le dis! Et si bon que je goûte toujours la première! n\u2019importe qui peut préparer le dessert de la \u201cdernière minute\u201d Vanille Chocolat Butterscotch Caramel ¦WJWWE SAVEURS J© nourrissant, délicieux, agréable à manger! JELL-O Venez, tout le monde! C\u2019est prêt! Jell-O est une marque déposée, appartenant, au Canada, à General Foods, Limited P.S.Aimeriez-vous le Pouding Instantané Chocolat-Menthe?Servez du Pouding Jell-O Instantané à la Vanille avec une sauce au chocolat et une garniture de pastilles de menthe dures, pilées.V-I26MF Voici une autre de mes recettes au bon beurre: Choux à la crème Succès\" REDACTRICE CULINAIRE SERVICE DES PRODUITS DU LAIT .J 4.Quelle \u201e Pours'*gro!c/,SUccÈs\u201c v ^oux) » J?t '¦««sir1 « r >o fcscïïr^âb^., _ me/a^ C*ÈV1E 41.Saffre\t.fji°uter % dCrc'^e ^\u2018'V^S (teni/sé) â fasse h (asse dp u c.e Que le ®ra«er a* suCre e® beür Surü7n b'sse.a Ce que Jg\u201dî .yaftr, ë^j&ï»scUitsIais \"e,a^ dante f/bord à de Pâte^ f°mber Pendant 2^-utes, et *aud (425 »> n \u2019 ia,'«er ref nUtes- U\u2018te à fe Igÿfë?\"\u201c-v C\u201c\u2019J ¦ \u2022.S';'rd,;i,\"j w ^$0 Se^'ce des ' 7/ Cst eeatud,au du *» 1\t- \u2019 'Vif.».r\t \t' 3»\\\ty.-\t\t\t Province\t\u2014 \t 1\t\t \t\t et des riches demeures.Seul, le palais royal échappait à leurs sollicitations.Des ordres très sévères donnés par le grand Chambellan leur en interdisaient l\u2019approche.Le mécontentement grondait.Mais le vieux roi, perdu dans le passé, éloigné du pouvoir par son âge et sa faiblesse, Mariana isolée par sa jeunesse et ses tracas du moment, n\u2019en savaient rien.On pouvait voir sortir furtivement de la cour d\u2019honneur, marchant de concert, Silva de Merklen et la vieille Sophie.De lourds paniers à leurs bras elles dirigeaient leurs pas vers les quartiers populeux de la ville.Elles, elles savaient la grande misère des humbles et la révolte qui germait dans leur âme farouche.C\u2019est l\u2019heure où s\u2019allument les lampes.Dans le salon particulier de Mariana, la jeune fille, lit une oeuvre philosophique, feint de la lire plutôt : elle se joue à elle-même la comédie.Les livres sévères ne l\u2019intéressent pas.Elle préférerait un roman d\u2019amour, un de ceux qui finissent bien : où l\u2019héroïne, belle comme une fée, épouse son prince charmant.Une revue est ouverte sur la tablette en citronnier, devant elle : on y voit un jeune homme vêtu d\u2019un costume de ski, avec des lunettes bleues : le prince Rodolphe, lit-on sous l\u2019image.Une figure, comme tant d\u2019autres : banale au possible, songe Mariana.Il vaut mieux, en tout cas, qu\u2019il soit ainsi : un joyeux luron, prêt à prendre la vie du bon côté.Les autres, ceux qui ont les yeux graves, ceux qui mettent le devoir avant tout, on sait ce qu\u2019ils sont capables de faire ! Ainsi pense Mariana.Des pas dans le vestibule.Ne serait-ce point ?.Non, que viendrait-il faire ?On s\u2019arrête à la porte, pourtant.Des coups sont frappés.\u2014 Entrez ! dit Mariana.Oh ! Er.Capitaine ! Que venez-vous faire ici ?Pourvu qu\u2019il ne s\u2019aperçoive pas de son trouble ! Mais il demeure immobile dans l\u2019encadrement de la porte ; il salue militairement.\u2014 Altesse, je viens vous dire de la part du roi que le prince Rodolphe arrive ce soir.Un télégramme l\u2019annonce.Un sourire erre sur les lèvres de la jeune fille.Un seul mot répond à Eric : \u2014 Bien.Le jeune capitaine fait demi-tour, il va prendre congé ; elle le rappelle : \u2014 Capitaine.Entrez un instant, je vous prie.Il fait trois pas, hésitant.Il referme la porte derrière lui.Voilà donc la petite fille avec laquelle il jouait, aux jours heureux de l\u2019enfance ! Elle s\u2019est levée et se tient appuyée au marbre de la cheminée.Elle est pâle, mais depuis quelque temps elle est toujours ainsi : lointaine, songeuse.\u2014 Vous pensiez trouver auprès de moi ma demoiselle d\u2019honneur :\tSilva de Merklen ?\u2014 Non.Elle a un rire amer.L\u2019uniforme de capitaine de la garde royale met en valeur la haute taille du jeune homme.Ses yeux bruns étincellent dans son visage mat, couronné par des cheveux bruns.Il est très beau.Rien d\u2019étonnant à ce que ces étourdies recherchent ses compliments ! Mais Silva ! Et que lui a-t-elle donné ?Est-ce le collier ?Sont-ils deux voleurs ces deux jeunes gens en qui elle avait confiance ?\u2014 Je suis sotte, dit-elle.Si vous voulez voir Silva vous pouvez la rencontrer ailleurs que chez moi.\u2014 Naturellement.Il répond à ses paroles d\u2019un ton détaché.Il semble impatient de partir.Bonne raison pour le garder un peu.\u2014 On m\u2019a dit que vous êtes parfois à faire les cent pas dans le corridor qui mène aux appartements de.U éclate de rire.Interloquée, elle le regarde.\u2014\tEh ! bien, qu\u2019y a-t-il d\u2019amusant à cela ?Est-ce vrai ou faux ?Etes-vous très lié avec Silva ?\u2014\tAssez lié, Altesse : elle est droite et charmante.\u2014\tTrès bien.Et.vous comptez l\u2019épouser ?C\u2019est lui, maintenant, qui paraît interloqué.\u2014\tL\u2019épouser ?Je n\u2019y ai jamais songé.elle non plus, je pense.Mais, si vous m\u2019en donniez l\u2019ordre.\u2014\tPas encore, capitaine.Pas encore.Un silence ; le vent hurle dans la vaste cheminée, refoule les flammes.Une poignée de neige s\u2019abat sur les vitres.Mariana frissonne.\u2014\tComme on est bien chez soi, dit-elle quand la froidure glace le monde.comme on est bien.Sans y prendre garde, elle a parlé haut ; elle a presque oublié Eric.Il l\u2019examine d\u2019un air moqueur.\u2014\tEst-ce là tout ce que vous aviez à me dire, Altesse ?Et m\u2019autorisez-vous à sortir ?Son sourire déchirant, il ne sait pas le lire.Il ne voit pas sa détresse.Et même qu\u2019y pourrait-il faire ?Cette adorable jeune fille, la plus belle, la plus pure du royaume est promise à un autre.Le monde entier parle déjà de son mariage avec le prince Rodolphe.Ils sont plus loin l\u2019un de l\u2019autre que si un grand mur les séparait.\u2014 C\u2019est tout ce que j\u2019avais à vous dire.Ah ! non, encore une chose.Ce n\u2019est pas demain que j\u2019autoriserai votre mariage avec Mlle de Merklen.La colère s\u2019allume sur le beau visage d\u2019Eric.Il croise les bras sur sa poitrine.Jamais ses yeux n\u2019ont paru si sombres.\u2014-Voici donc vos préoccupations à des heures si graves, dit-il d\u2019une voix vibrante.\u2014 Si graves, répète-t-elle d\u2019une voix changée.Elle ajoute, très douce : \u2014 Vous voulez parler de mon mariage ?\u2014 Eh ! N\u2019y a-t-il au monde que les mariages ?Ne savez-vous pas que toute une population souffre de la faim, du froid, se meurt de misère ?\u2014 De misère ?Mais ne fait-on rien pour eux ?Elle joint ses jolies mains blanches en un geste de prière.\u2014 Si.On leur jette quelques aumônes, de temps à autre.Mais la révolte couve.J\u2019ai vu dans certains quartiers des hommes enragés comme des loups affamés hurler des malédictions contre le palais royal.Un de ces jours, ils marcheront vers vous, avec des piques comme aux temps anciens dans d\u2019autres pays.Et vous ne pourrez rien contre eux.\u2014 Mais que leur ai-je fait?dit-elle.\u2014 Rien.C\u2019est pour cela peut-être.Ah ! Gouverner n\u2019est pas tâche facile ! Le roi.pardonnez-moi de vous dire cela ; mais le roi est trop vieux.Il se laisse mener.Et vous.Vous ne régnez pas encore., Et le peuple n\u2019a pas confiance en vous ! Sa fierté se réveille en entendant ces mots ; elle redresse sa tête blonde.\u2014 Je vais leur donner un maître, dit-elle les dents serrées.Comme pour donner raison à Eric un tumulte éclate dans la rue.Les chants révolutionnaires accompagnent des pas lourds.Des cris, des injures coupés d\u2019éclats de rire.Puis des chants encore plus tristes, plus effrayants que les cris.-r- Déjà, murmure Mariana.\u2014 Hélas, répond le jeune homme.\u2014 Vous saviez, n\u2019est-ce pas, qu\u2019ils devaient venir ce soir ?Qu\u2019ils devaient W->-[ Lire la suite page 26] Montréal, novembre 1955 25 VA R D l E Y LAVENDER LONDON ~TO»ONTO CONTENTS $ H.OIS.MNMMNMM StllÉlI [çtver^ mhP HNI Vous êtes jolie .parce que vous êtes ravie par l\u2019emploi de la Lavande Yard ley pour le ravissement le plus frais filVBnM Jtel Ai ariqlo.r*-\u2022> « \u2022.*- «\t< *\u2022 > ->\u2022\ts'- il s\u2019agit tellement plus qu\u2019une essence parfumée.La Lavande Yardley est un ravissement.Rien ne saurait mieux vous rafraîchir.Aucun autre arôme ne pourrait vous donner aussi longtemps la sensation de fraîcheur.Appréciez la Lavande Anglaise sous ses nombreuses formes.Lavande à partir de $1.25; Poudre pour le Bain, $2.00.J \u2018 et le plus jeune au monde 26 La Revue Populaire CUISSON AU FOUR ET COMME À LA BROCHE grace a ce ROTO-ROTISSEUR AVEC ARROSAGE AUTOMATIQUE DE LA VIANDE dans les poêles élettriques Admirai FLEX-f l-HEAT VOTRE FOYER MERITE LE MEILLEUR .et c est tauiours un ri: Modèle 3EH14C, 30\".fllustré.Voyez les autres poêles électriques Admirai de 30\" et 40\" chez votre marchand Admirai.Prix â partir de $289.95.Le roto-rôtisseur géant Admirai permet la préparation des repas les plus appétissants qui soient .la viande y cuit comme à la broche, est arrosée automatiquement tout en tournant.Régulateurs FLEX-O-HEAT ?Contrairement aux poêles dont les éléments du dessus ne comportent que 5 ou 7 intensités, Admirai Flex-O-Heat vous offre mille-et-une variations de la chaleur sur chaque élément du dessus .vous pouvez choisir le degré précis de température voulu, depuis le mijotement le plus doux jusqu\u2019à l\u2019ébullition la plus rapide.Nouveaux éléments microtube, ultra-rapides sur le dessus.Répartition égale de la chaleur du four.Pendulette sentinelle automatique.Lampe fluorescente sur toute la largeur.Gril à l\u2019infra-rouge.Tiroir pour casseroles.% quart de siècle Ce vin doré, pétillant et joyeux est le favori de toutes les réceptions, dîners et réunions.le doyen et le plus populaire des vins ROSÉS vendus au Canada.C\u2019est un pur ANJOU ROSÉ.®\t^ [ Suite de la page 24 ] prendre le palais à cette heure où nous sommes las du jour ?\u2014\tVous êtes lasse du jour ?dit-il ironique.Alors que doivent-ils être, eux ?Et pourtant comme ce peuple est sobre, sage, travailleur, aimant pardessus tout la paix.\u2014\tLa paix ?Ne l\u2019a-t-il pas ?Enfin, que veulent-ils ?Vous qui les connaissez si bien, dites-moi ce qu\u2019ils veulent.\u2014\tEtre gouvernés avec sagesse.On leur a mis de nouveaux impôts, juste à un moment où leurs revenus diminuent, où le froid les accable.Ah ! Si j\u2019étais roi ! \u2014\tVoilà! Vous voudriez être roi! Il bondit comme sous une insulte.-\u2014Si vous n\u2019étiez pas la princesse héritière, dit-il avec lenteur en pesant bien ses mots, je vous souffleté-rais avec joie ! Mais je risquerais d\u2019aller au bagne.Cela n\u2019en vaut vraiment pas la peine.Elle va ouvrir elle-même la porte, du doigt elle indique le vestibule où s\u2019insinue le vent.\u2014\tSortez, dit-elle.Allez retrouver votre complice ; vous vous valez l\u2019un et l\u2019autre.Discuter avec elle ?Cette enfant en colère lui fait pitié.Mais sans se retourner il quitte la pièce.De gros sanglots montent à la gorge de Mariana.Ils l\u2019étouffent.Et ces autres qui hurlent, dehors, leurs imprécations ! Elle n\u2019en peut plus ; ce métier ' de reine est trop lourd pour ses épaules ; elle n\u2019en peut plus.Par la porte restée entrouverte, la vieille Sophie entre ; elle se précipite vers la jeune fille en larmes.\u2014 Que vous a-t-on fait, mon pauvre agneau ?Ah ! Sophie est prête à bénir ces heures de tristesse qui lui rendent sa petite d\u2019autrefois ! \u2014 N\u2019entends-tu pas ?Ils sont malheureux, et ils croient que c\u2019est ma faute.Moi aussi, je suis malheureuse.Que faut-il faire ?Je ne sais plus.\u2014 Venez, petit oiseau.Il n\u2019y a qu\u2019un être au monde qui peut appeler « petit oiseau » la princesse Mariana, et c\u2019est l\u2019humble Sophie.\u2014 Venez, répète-t-elle en entraînant la jeune fille vers la fenêtre qu\u2019elle ouvre toute grande.Du balcon on voit la grille où s\u2019accrochent des centaines de mains, de dures mains abîmées par le labeur et le froid.Les soldats essayent de leur faire lâcher prise ; ils ont interdiction de faire usage de leurs armes.Mariana apparaît à la foule avec son visage tuméfié par les larmes.Le vent fait voler ses beaux cheveux blonds.Près d\u2019elle, Sophie est l\u2019image de la fidélité et du dévouement.Les gens connaissent bien la vieille femme ; elle fut la nourrice du petit prince Karol, de l\u2019enfant disparu.Puis de Mariana.La jeune fille suscite des mouvements divers.Les uns tendent le poing vers elle : dans quelques jours, dans quelques semaines ne va-t-elle pas épouser ce Rodolphe, un étranger qui passe le plus clair de son temps à s\u2019amuser ?Mais d\u2019autres, les plus nombreux, sont émus de la voir si fragile, si belle, si simple en même temps.C\u2019est elle la petite princesse aux violettes qu\u2019ils acclamaient au matin de ses dix-huit ans.Toutes ces mains tendues vers elle, pourra-t-elle les combler ?La jeune fille a le vertige.\u2014 Sophie.Je ne leur ai rien fait.Est-ce là langage de reine ?Mais jeune fille, elle n\u2019a que sa compassion, sa tendresse à donner, ses sourires mêlés de pleurs.Et c\u2019est cela, tout de même, qui eut raison de leur colère.Les mains levées ne furent plus menaçantes, mais presque amicales.Ils repartirent le long des rues noires.Ils chantaient l\u2019hymne national, où se retrouvaient encore des bribes de refrains révolutionnaires.VI Comme si l\u2019hiver avait eu conscience de sa dureté, il se fit plus clément.En quelques jours, on vit fondre les glaçons du fleuve.Le ciel d\u2019un bleu pur devint d\u2019un gris de tourterelle.La pluie tomba, mêlée à quelques flocons lourds qui s\u2019aplatissaient sur la terre, bien décidés à ne pas durer.En même temps se calmèrent les colères.Des subsides distribués aux plus nécessiteux, des impôts supprimés, l\u2019annonce de fêtes en l\u2019honneur du prince Rodolphe, qui venait enfin d\u2019arriver, tout concourut à ramener la paix., Au palais Mariana n\u2019a pas une minute pour rêver, pour regretter les jours enfuis ; elle s\u2019y complaisait un peu trop durant les derniers jours.Maintenant, elle a repris ses occupations : elle reçoit les invités nombreux ; elle met de belles robes, se pare, se montre près de son fiancé.A dire vrai, le prince Rodolphe n\u2019est pas encore son fiancé.La demande officielle n\u2019a pas été faite ; mais cela ne fait de doute pour personne : c\u2019est lui le futur éooux de la princesse.Il s\u2019accommode parfaitement d\u2019ailleurs de cet état de chose ; il semble se considérer comme chez lui au palais royal.Il parle des modifications qu\u2019il apportera à la disposition des appartement ; des voyages qu\u2019ils feront tous les deux : Mariana et lui.La jeune fille le laisse dire.Tout cela arrivera bien un jour, puisqu\u2019elle est destinée à devenir sa femme.Il est assez joli garçon ; il porte bien l\u2019habit.Il est riche : son royal père ne l\u2019envoie pas à la cour de son voisin sans fortune ; il se plaît beaucoup en la compagnie de Mariana ; il dit à qui veut l\u2019entendre qu\u2019il la trouve charmante.Des journaux étrangers parlent déjà d\u2019un mariage d\u2019amour.« Ils vont vite », songe Mariana qui est justement en train de lire l\u2019un de ces quotidiens.Son portrait sourit sur la feuille ; elle y est parée de sa robe aux violettes : la robe de ses dix-huit ans ! Rodolphe arrive.Il entre, l\u2019air heureux de vivre.Pourquoi ne le serait-il pas ?Rien ne lui manque ici-bas ! \u2014 Savez-vous que nous allons organiser une battue aux loups ?dit-il aussitôt à la jeune fille.Il paraît que ces maudites bêtes font des leurs en ce moment.Elle lui indique un siège.Elle se lève pour préparer du thé.\u2014 Quand allez-vous organiser cette chasse ?questionna-t-elle.\u2014 Bientôt, je pense.Nous dressons la liste des invités.Je ferai volontiers appel à vos officiers.Si votre père n\u2019y voit pas d\u2019inconvénient, bien entendu.Pour tout, je me réfère à lui : il est la sagesse même.La jeune fille est heureuse d\u2019entendre ces paroles sur son grand-père.Elles effacent les autres : celles d\u2019Eric.N\u2019a-t-il pas osé dire que le roi était trop vieux pour régner ! Ne l\u2019a-t-il pas menacée elle-même d\u2019un soufflet ?Quand elle songe à ces choses, la jeune fille rougit comme si réellement elle recevait une gifle ! Un simple officier a osé lui parler sur ce ton ! Oui, mais cet officier est Eric de Winter.Et elle revoit, la pauvre princesse, les clairs jours de l\u2019enfance ; les jeux d\u2019autrefois ; toute cette lumière, cette douceur de vivre, tout cela qui ne reviendra pas ! \u2014 Quelles sont vos occupations habituelles ?La voix de Rodolphe la fait sursau- Montréal, novembre 1955 27 ter ! Comme elle était loin de lui ! \u2014\tMes occupations ?Mais vous le voyez ! Rien de plus ! Rien de moins ! Oh ! Ce n\u2019est pas tous les jours amusant ! Au fond, j\u2019attends.J\u2019espère que cela va changer.Et, les vôtres, quelles sont-elles ?Il prend un .ir de suffisance.\u2014\tD\u2019abord, je voyage beaucoup.Chacun se dispute l\u2019honneur de me recevoir.Et puis., \u2014Je vois, dit-elle rieuse, que vous n\u2019avez pas beaucoup plus d\u2019obligations que moi.Nous sommes deux oisifs.On a beau dire que mon instruction est sans défaut.Si ! Si ! On le dit : je l\u2019ai lu quelque part ! Eh bien ! Elle en a des défauts ! Je connais quatre langues ! Mais si mal ! Je suis colonel de mon régiment ?Quelle fille ne serait ennuyée d\u2019avoir un tel grade dans l\u2019armée ?\u2014 Vous êtes difficile! Peste! Que vous faut-il ?\u2014 Si j\u2019avais à choisir ma vie.Je voudrais n\u2019être qu\u2019une petite femme toute simple à son foyer, uniquement attentive au bien-être des siens.\u2014 Mais c\u2019est ce qui vous attend.Les « vôtres » seront un peu plus nombreux que vous ne le pensiez :\tils seront tout un peuple.\u2014 Ah ! Ce ne sera pas pareil ! \u2014 Si.Presque.Vous vous déchargerez sur vos ministres des tracas de la couronne.Pas sur votre mari, surtout ! C\u2019est une chose que l\u2019on ne vous pardonnerait pas.Et, d\u2019ailleurs, il aura autres soucis en tête ! \u2014 Ah ! oui ?Lesquels ?Il s\u2019approche de la fenêtre.\u2014 Votre capitaine vient de lancer un coup d\u2019oeil terrible vers vous.\u2014 Vers moi?s\u2019écrie-t-elle.Puis aussitôt, elle ajoute : \u2014 De quel capitaine voulez-vous parler ?Il y en a plusieurs au palais.\u2014 Oui, mais il n\u2019y en a qu\u2019un qui ait cette tête-là ! S\u2019il voulait faire du cinéma.Je connais un metteur en scène qui lui signerait un contrat tout de suite.Il a un regard ! \u2014 Ce doit être le capitaine de Winter, murmure-t-elle comme si elle n\u2019avait pas compris tout de suite de qui il s\u2019agissait ! Quel autre lance sur ses fenêtres de méprisants regards ?Quel autre a parfois un rire amer lorsqu\u2019elle passe auprès de Rodolphe ?Ah ! pourquoi a-t-il tant changé ?Il est fourbe, cruel, voleur, peut-être.\u2014 Vous voilà bien songeuse, dit Rodolphe.avez-vous peur du capitaine de Winter ?Craignez-vous qu\u2019il n\u2019ait le mauvais oeil ?Il rit comme s\u2019il avait dit une plaisanterie très spirituelle.Mariana soupire.Toute la vie, elle aura à entendre ces mêmes phrases qui ne veulent rien dire.Toute la vie cet homme sera à ses côtés.Il reprend : \u2014 Je vais le faire inviter à cette chasse.ce sera amusant, ne croyez-vous pas ?Le grand Chambellan à qui j\u2019ai parlé de mes projets, a envie d\u2019inviter son secrétaire ; ce pauvre diable de Dillio ! La chose est, ma foi, assez plaisante ! Je voudrais bien voir, pour ma part, notre homme armé d\u2019un fusil ! \u2014 Pourquoi voulez-vous croire qu\u2019il serait maladroit avec une arme ?Parce qu\u2019il est pauvre ?\u2014 Ne prenez pas, déjà, votre air de reine.Il vous va très mal.Et vous êtes charmante, autrement.Vous avez une propension exagérée à soutenir la cause des misérables, sans savoir s\u2019ils méritent ou non votre indulgence.C\u2019est un genre que vous vous donnez.Soyez simple.Laissez-vous glisser au fil de la vie, sans effort.Riez lorsque vous en avez le désir.Ces conseils, Mariana songe qu\u2019ils pourraient aussi bien lui être donnés par Eric.Par l\u2019Eric d\u2019autrefois.Ce- \u2014% JAUNf HtOAUt l'émail inodore a base d'alkydes vous offre le choix de ut cmImuj.aoumû dû geàeîé/ 168 168 couleurs ravissantes pour renouveler le charme et la beauté de vos pièces.Les couleurs DÉCORATIVES C-I-L sont le fruit d'un relevé des préférences des Canadiens et sont approuvées par les meilleurs conseillers et experts en décoration intérieure.Ces 168 couleurs s'harmonisent dans le CILTONE mat, semi-lustré et lustré et dans le Speed-Easy Satin C-l-L.«fIF ¦a\u2014 lui qui l\u2019aidait à grimper aux arbres, à cueillir les fruits encore verts, qui lui montait une ligne pour pêcher les carpes dans l\u2019étang, celui qui l\u2019exerçait à chanter des cantiques en prenant, pour la faire rire, l\u2019allure d\u2019un vieux professeur.\u2014 Mais je ris lorsque j\u2019en ai le désir, répliqua-t-elle.\u2014 Ce n\u2019est pas souvent ! Vous étiez plus gaie, jadis.\u2014 On dirait à vous entendre, que j\u2019ai passé cent ans! Jadis! C\u2019est si loin, jadis ! Et cette fois, elle rit sans contrainte.Quelqu\u2019un remue dans la pièce à côté.Des pas, des tiroirs que l\u2019on ouvre et que l\u2019on referme, du linge que l\u2019on secoue et que l\u2019on replie.Mariana est habituée à ces menus bruits : c\u2019est Silva de Merklen qui cherche.Dès que son service lui laisse un moment de répit, la jeune fille furète dans les appartements de la princesse.Et le doute naît dans l\u2019âme de Mariana : si Mlle de Merklen était coupable, chercherait-elle avec autant de conviction ?Elle en perd la santé.Elle a maigri, un cerne agrandit ses yeux.Elle ne peut maîtriser des mouvements nerveux.\u2014\tQu\u2019entend-on ?demande Rodolphe.\u2014\tC\u2019est Silva.murmure Mariana.\u2014\tQue fait-elle ?questionne encore le jeune homme.\u2014\tElle range.Non, Mariana ne confiera pas à Rodolphe une partie de ses tourments.Il lui est trop étranger.A personne, d\u2019ailleurs, elle ne peut entièrement se confier.Il y a bien Sophie, sa bonne et fidèle Sophie.Mais que comprendrait-elle à cette affaire de bijou, elle qui n\u2019accorde aucune importance aux parures ?®->-[ Lire la suite page 32 ] 28 La Revue Populaire Be /\"onde raffole \"**1^ d?nne aux bis faA:er bait que , _*?grosseur du of° at dont tour \"C^n bouchée.Et b^ ^Xlro^\" P Baker reste ferme T enfendu, |ePf ?non«', PET\"S fOURS Auct^th^ * ^4 tasse de forin\t\u201cCHIPS' Pâtisserie .\"e ?\t' JJ '«m,sée '°S,$e* farine à \u201cfawr- Û \u2018\"'\u2022d* sucre Se\u2018 /4 tasse de b'-,aSs':ssonade A/.* oeuf ^ tasse de \"ri, (o la temn \u2022 nin«\" '°p/èce7Pera'Urede tes;-» \u2014 -ussee\t'Xhiptat 2 pouces entre ie i,en hissant un f Sur Une modéré (3750 pCf ^,lscoits.Faite***1 ?sPace de donne environ 5 jde\t10 à !2 m'C\u201clte à b°ur ^\t* SS c» Bon grâce au chocolat.Le meilleur grâce à Baker! !»* *, Wervedy ^ n'cbe « de«er?tUX Ve'°' S**\"» SS» *&2s£i£ nVTc do' ja/cer\tt0iar a/Outé r ÇOrnPlé \u2019 r,en en In Produits de General Foods BAKERS CHOCOLAT \"CHIPS\" CHOCOLAT NON-SUCRÉ Fabriqués au Québec '*K:i rî W : : V-1 Mme BRAULT-MASSICOTTE\t(Piioto Kalbl MB MEILLEURS ÜECEÏÏES par Mme BRAULT-MASSICOTTE Nouvelle chroniqueuse de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI MON COURRIER Une abonnée de Sherbrooke demande une recette de beignes au miel.Je vous donne cette recette avec plaisir.Ces beignets, chère madame, que l\u2019on appelle « beignets viennois » sont préparés avec une pâte à levain, analogue à celle de la brioche.Vous trouverez la recette dans cette chronique.\u2022 Madame Ovide Duhaime de Nicolet, désire une recette de cretons et demande la manière de réussir les cornichons sucrés.Je me demande, chère madame, si vous désirez la recette de cretons faits avec les résidus provenant de la fonte de la graisse de panne ou la recette de rillettes que l\u2019on appelle aussi « cretons français ».Je vous donne, ci-dessous, la recette de rillettes qui sont selon mes goûts, les meilleures.Quant à votre question concernant la préparation des cornichons sucrés, vous désirez savoir le secret pour conserver les cornichons bien verts comme ceux que l\u2019on achète.Malheureusement, nous ne pouvons obtenir ce résultat à la maison, ce sont des procédés commerciaux que nous n\u2019utilisons pas pour nos conserves domestiques.Je vous donne dans cette chronique une recette de cornichons sucrés qui demande peut-être un peu de travail, mais je vous la recommande fortement.Rose, de Laprairie, a fait la tarte au sucre à la crème et dit ne pas l\u2019avoir réussie parfaitement.La raison est que la garniture au sucre à la crème n\u2019était pas assez cuite.Chère madame, prenez bien soin de laisser bouillir le tout jusqu\u2019à consistance de crème très épaisse et vous réussirez.Pour votre autre question, concernant les mesures, il y a dans le commerce deux tasses à mesurer : la tasse pour les liquides et la tasse pour les solides.On obtient une mesure exacte en emplissant la tasse jusqu\u2019à la marque voulue, puis vous égalisez à la cuillère ou au couteau selon le genre de mesure que vous possédez.Vous demandez également si j\u2019approuve l\u2019addition du jus de citron dans la pâte brisée.Le jus de citron rend la pâte plus légère et lui enlève le goût de gras, mais n\u2019en ajoutez qu\u2019une petite quantité, soit 1 c.à thé pour 2 tasses de farine.Mlle Yvonne Prud\u2019homme prendra note que la recette de biscuits Tutti-Frutti exige 2 tasses de farine tout usage.\u2022 A TOUTES LES LECTRICES DE \"La Revue Populaire\".J\u2019ai pensé qu\u2019il vous ferait plaisir, mesdames, de vous donner dans la chronique de chaque mois, quelques petits secrets culinaires qui vous per- Montréal, novembre 1955 29 Après vingt ans de collaboration ininterrompue, Madame Rose Lacroix, ancienne directrice des Ecoles Ménagères Provinciales, se voit forcée, ati grand regret de la direction et de toutes les lectrices de La Revue Populaire, de renoncer à sa rubrique culinaire.Avant son départ pour l\u2019Europe, en septembre dernier, Mme Lacroix nous recommanda, pour occuper son poste, une de ses amies et collaboratrices, Mme Armelle Brault-Massicotte dont Voici la biographie et la première chronique culinaire composée, comme celles de Mme Lacroix, d\u2019un courrier et d\u2019un choix de recettes : \u2022 Madame Armelle Brault-Massicotte est technicienne en sciences ménagères, diplômée de l\u2019Ecole Ménagère Provinciale de Montréal.Elle a, de plus, fait un stage d\u2019études à l\u2019Ecole du Cordon Bleu, à New-York.Mme Brault-Massicotte a été professeur d\u2019art culinaire et d\u2019alimentation à l\u2019Ecole Ménagère Provinciale, pendant neuf ans.Au cours de ces années, elle a donné des cours publics et des cours de perfectionnement aux professeurs et aux élèves finissantes des écoles ménagères de la Province.A l\u2019occasion d\u2019une grande exposition avicole tenue à Montréal, le Gouvernement fédéral a eu recours aux talents et à la renommée de Mme Massicotte pour préparer un buffet à l\u2019hôtel Mont-Royal.Des professeurs de communautés religieuses ont aussi bénéficié de son enseignement à l\u2019occasion des cours d\u2019été.Il y a quelque temps, une compagnie de produits laitiers a confié à Mme Massicotte la rédaction et la préparation d\u2019un livre de recettes.Mme Massicotte est maintenant à l\u2019emploi d\u2019une grande société canadienne de meuniers de la farine, pour des démonstrations d\u2019art culinaire à travers la province.mettront de mieux réussir vos recettes.Voici donc, pour ce mois-ci, quelques conseils concernant la friture.La friture On désigne sous ce nom l\u2019opération ayant pour objet de cuire des aliments divers en les immergeant dans une bassine de graisse brûlante.L\u2019agent de cuisson pour la friture est la graisse ou l\u2019huile.Le saindoux provenant de la fonte de la panne de porc fournit également une excellente friture.L\u2019huile convient surtout bien, car elle a la propriété de pouvoir atteindre un très haut degré de chaleur sans brûler.La friture doit se faire dans de la graisse ou de l\u2019huile en abondance.Plus cette graisse sera abondante, moins grande sera la perte, car les mets mis à frire dedans ne se chargeront pas de graisse et friront bien, alors que dans un bain de graisse insuffisant, ils s\u2019imprégneraient de ce corps gras et resteraient mous.Posons comme principe pour les fritures, que, plus le mets est petit plus la friture doit être brûlante.Il faut éviter de plonger une trop grande quantité de mets dans la friture afin de ne pas refroidir celle-ci, on risquerait ainsi de donner des pièces bouillies et non frites.Les mets enrobés de farine ou de chapelure seront bien secoués pour faire tomber le surplus, car il n\u2019y a rien comme la farine et la chapelure pour salir la friture.La friture finie, laisser refroidir l\u2019huile ou la graisse durant 20 minutes pour éviter de se brûler, puis la passer dans un tamis recouvert d\u2019un coton mince.Cette précaution est indispensable, car les saletés se déposent au fond de la casserole et forment un dépôt qui sera le premier à brûler lorsqu\u2019on fera chauffer la friture pour un nouvel emploi.Pour clarifier la friture, jeter quelques tranches de pommes de terre crues et faire chauffer la friture jusqu\u2019à ce que les pommes de terre soient cuites.Voilà, donc, mesdames, une petite théorie sur la friture.MES RECETTES BEIGNETS VIENNOIS AU MIEL 1 enveloppe de levure granulée V-2.tasse d\u2019eau tiède 1\tc.à thé de sucre V2 tasse de lait tiède 4 tasses de farine tout usage % de tasse de sucre 2\toeufs bien battus V2 tasse de graisse ramollie V2 c.à thé de sel Levain Dissoudre la levure granulée dans l\u2019eau tiède et la cuillerée à thé de sucre.Laisser reposer durant 10 minutes.Puis y ajouter le lait tiède (80° F.), 2 tasses de farine et 2 c.à tb.de sucre, faire la détrempe et battre jusqu\u2019à ce que lisse.Couvrir le bol d\u2019un linge propre et placer à l\u2019abri des courants d\u2019air pour que, fermentant, le levain double de volume, durant environ 1 heure.La pâte Ajouter au levain les oeufs battus, la graisse ramollie, le sel et les balances de sucre et farine.Battre durant 10 minutes à la main ou durant 5 minutes au malaxeur électrique.Couvrir de nouveau le bol et laisser lever au double du volume (1 à 1V2 heure).Si la pâte ne peut être employée immédiatement, l\u2019abaisser en faisant dans la pâte, à l\u2019aide d\u2019un couteau, une incision en forme de croix, et la conserver au frais jusqu\u2019au moment de l\u2019employer.Découpage Abaisser à l\u2019aide d\u2019un rouleau la moitié de la pâte, à l\u2019épaisseur de Vt de pouce.Sur cette abaisse, placer à intervalles réguliers et assez distants les uns des autres, de la confiture (gros comme une noix).A l\u2019aide d\u2019un pinceau, mouiller d\u2019eau le tour de ces garnitures.Recouvrir d\u2019une deuxième abaisse de pâte de la même grandeur et de la même épaisseur que la première.Bien souder la Faites ce^psufjerbe fin comme seul peut l\u2019être un gâteau Swans Down! GÂTEAU MARGUERITE JAUNE SWANS DOWN (Vite fait: il n\u2019y a pas plus à battre que pour un mélange!) tasse de Farine à Gâteaux Swans Down tamisée 1 cuillerée à tire de bicarbonate de soude 1 cuillerée à the de sel 115 tasse de sucre 15 tasse de shortening 1 tasse de lait de beurre ou de lait sur 3 blancs d'oeufs, non battus 3 carres de Chocolat Baker non sucré, fondit Tamisez la Farine Swans Down une fois.Puis mesurez la quantité exacte dans un tamis.Ajoutez le bicarbonate de soude, le sel et le sucre.Remuez le shortening pour l'amollir.Tamisez-y le mélange à la larine.Ajoutez tasse de lait et mélangez jusqu'à ce que toute la farine soit humectée.Puis, battez 2 minutes au malaxeur électrique à petite vitesse, ou 300 coups vigoureux à la main.Ajoutez les blancs d\u2019oeufs, le chocolat fondu et le reste de lait.Battez encore une minute un malaxeur, ou 150 coups à la main.Glaçage à l'Orange\u2014 Crémez ensemble H tasse de beurre, 115 cuillerée à soupe de zeste d'orange râpé, 1 cuillerée à thé de zeste de citron râpé et % cuillerée à thé de sel.Ajoutez un jaune d'oeuf non battu et mélangez bien.Puis, ajoutez 315 tasses de sucre à glacer, tamisé, alternativement avec 1 cuillerée à soupe de jus d'orange et 2 cuillerées à thé de jus de citron, en battant bien après chaque addition.Etalez le glaçage entre les étages, sur le dessus et les côtés du gâteau.Les gâteaux Swans Down ont un goût si frais! Les gâteaux Swans Down sont si leve's! Un Autre Bon Produit de General Foods & IP'v Versez une couche de Hé pouce de pâte dans 2 moules à gâteaux étagés ronds de 9 ou de 8 pouces, dont les fonds ont été tapissés de papier.Faites cuire à four modéré (350°F.) pendant environ 30 minutes pour un gâteau de 9 pouces ou 40 minutes pour un gâteau de 8 pouces.Décorez le gâteau avec un motif de marguerites jaunes, employant de fines tranches d'orange pour les pétales et du Chocolate \u201cChips\" mi-sucré Baker pour le centre des fleurs. 20 La Revue Populaire / js Le \u201c Jackstraw\u201d à fond gris (No 809) je fait en 2, 3 et 4 verges de largeur.PLANCHERS À IA NOUVELLE MOPE j acksLraui LE NOUVEAU MOTIF \"SCEAU-OR\u201d Comme le motif \u201cJackstraw\u201d est gai et moderne! Et voyez comme il semble agrandir la pièce, tout en l\u2019embellissant! 11 convient à n\u2019importe quel plancher et ne coûte que quelques dollars.Seul le Congoleum offre une surface dont la résistance à l\u2019usure est égale à celle de 8 couches de peinture durcie à la chaleur et d\u2019émail cuit.Et il est vendu avec la fameuse garantie \u201csceau-or\u201d, gage de satisfaction totale! Allez voir sans tarder le \u201cJackstraw\u201d et les autres magnifiques modèles \u201csceau-or\u201d chez votre marchand de couvre-planchers.Sur demande, nous vous adresserons gratuitement une brochure contenant tous les motifs \u201csceau-or\u201d et de nombreux conseils sur la décoration intérieure.- Le \u201cJackstraw\u201d se fait en six couleurs de fond différentes: gris, beige (No 807), vert (No 810) \u2014 tous illustrés ci-dessus \u2014 en 2, 3 et 4 verges de largeur; rouge (No 811)t fusain (No 806) et bleu (No 808), en 2 et 3 verges de largeur.CONGOLEUM CONGOLEUM CANADA LIMITED 3700, rue St-Patrick, Montréal pâte de chaque beignet en appuyant avec la main.Détailler les beignets d\u2019un emporte-pièce rond ou d\u2019un verre.Les ranger sur un cabaret recouvert d\u2019un linge saupoudré de farine.Laisser lever dans un endroit tempéré pendant 30 minutes environ.Cuire ces beignets dans de la friture chauffée au degré 365° - 375° F.jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient bien développés et de belle couleur blonde.Durée de cuisson : 2 ou 3 minutes.Aussitôt cuits, les égoutter sur du papier et les plonger dans un sirop léger, chaud, parfumé au miel.Dès qu\u2019ils sont imbibés, les égoutter et les servir froids.SIROP LEGER AU MIEL 1\ttasse d\u2019eau 2\tc.à tb.de miel 1 tasse de sucre Bouillir le tout durant 5 minutes.BEIGNES DE GRAND-MERE 5 c.à tb.de beurre 1 tasse de sucre 4 oeufs battus 3\tà 4 tasses de farine tout usage 4\tc.à thé de poudre à pâte 1\tc.à thé de sel V2 tasse de lait V2 tasse de crème à 35% V2 c.à thé de vanille Tamiser de la farine, en mesurer 3 tasses et tamiser de nouveau avec la poudre à pâte et le sel.Crémer le beurre avec le sucre, ajouter les oeufs bien battus.Incorporer la farine en alternant avec le mélange lait et crème.Si la pâte est trop molle, ajouter % à 1 tasse de farine, mais pas plus.Aromatiser.Graisser un bol, y déposer la pâte et saupoudrer le tout avec un peu de farine.Laisser reposer au réfrigérateur durant toute la nuit.Quand la pâte est refroidie, l\u2019abaisser sur une planche avec un rouleau à l\u2019épaisseur de 14 de pouce.Si on n\u2019a pas d\u2019emporte-pièce, on peut détailler les beignes avec un verre à boire et avec un autre beaucoup plus petit, enlever le centre.Eviter de trop enfariner la planche en abaissant la pâte, car un surplus de farine rend les beignes moins légers et salit la friture.Chauffer la friture.Lorsque la friture semble à point, on peut en faire l\u2019essai de la façon suivante : plonger un morceau de pâte et si celui-ci revient presque aussitôt à la surface, la friture est prête pour la cuisson.On reconnaît que les beignes sont cuits, quand ils sont d\u2019une belle couleur uniforme et on ne les retourne qu\u2019une fois durant la cuisson.Les égoutter sur un papier pour enlever le surplus de gras.Les beignes, une fois refroidis, peuvent se geler.Pour les réchauffer Les mettre dans un sac de papier avec un peu de sucre.Passer l\u2019extérieur du sac sous le robinet d\u2019eau froide et déposer dans un four chauffé à 325° F., durant 20 minutes environ.LES RILLETTES OU CRETONS FRANÇAIS 2\trognons de porc 2\tlivres de porc dans l\u2019épaule IV2 livre de panne de porc 3\tgros oignons blancs tranchés le.à tb.d\u2019épices à marinades Sel et poivre Diviser les rognons en deux dans le sens de l\u2019épaisseur, à l\u2019aide d\u2019un cou- teau ou de ciseaux enlever tous les conduits de l\u2019urine.Les faire tremper durant Yz heure, dans de l\u2019eau froide additionnée d\u2019un peu de vinaigre.D\u2019autre part, couper le porc en gros cubes.Débarrasser la panne des filets de sang et de la peau qui la recouvre.La couper en gros morceaux.Couvrir le fond d\u2019une casserole épaisse d\u2019un rang de panne, jouter le porc, les rognons coupés en quatre et les rouelles d\u2019oignons.Enfermer les épices dans un coton à fromage préalablement mouillé et tordu.Déposer ce petit sac sur les oignons, couvrir ensuite le tout avec le reste de la panne.Assaisonner.Mettre le couvercle sur la casserole et cuire sur un feu très doux durant 3 ou 4 heures, ne pas ajouter d\u2019eau.La cuisson terminée, enlever le sac d\u2019épices et laisser refroidir jusqu\u2019au lendemain.Passer le tout au hache-viande.Mouler dans des moules passés à l\u2019eau froide.Les rillettes se font geler et se conservent ainsi très longtemps.CORNICHONS SUCRES 6 pintes de cornichons IV2 tasse de gros sel 3 à 4 pintes d\u2019eau Laver les cornichons et les déposer dans un grand bassin.Préparer la saumure de la façon suivante : fondre le sel dans une pinte d\u2019eau bouillante et ajouter le reste de l\u2019eau qui doit être froide.Verser cette saumure sur les cornichons, oignons ou chou-fleur.Placer une pesée sur les légumes et conserver au frais durant 7 jours.8e journée.Egoutter.Jeter la saumure et couvrir avec un gallon d\u2019eau bouillante.Remettre la pesée.9e journée.Egoutter.Dissoudre 1 c.à tb.d\u2019alun dans un gallon d\u2019eau bouillante.Verser sur les légumes.Remettre la pesée.10e journée.Egoutter.Couvrir de nouveau avec 1 gallon d\u2019eau bouillante.Remettre la pesée.Ile journée.Egoutter.Préparer un sirop fait avec 2 pintes de vinaigre, 4 tasses de sucre, Y2 once de graines de céleri, Yz once de allspice, Yz once de cannelle en bâtons ; amener le tout au point d\u2019ébullition et laisser bouillir durant 2 minutes.Verser ce sirop sur les cornichons.12e et 13e journées.Egoutter et conserver le sirop.Ajouter à ce sirop 1 tasse de sucre, amener au point d\u2019ébullition et verser sur les légumes.14e journée.Egoutter et chauffer de nouveau le sirop.Déposer les cornichons dans des bocaux stérilisés et remplir ces derniers avec le sirop bouillant.Fermer les bocaux.Cette recette donne 6 pintes de cornichons.On peut doubler ou tripler la recette.PATE DE FOIE GRAS 2 livres de foie de porc ou de veau IV2 livre de lard frais non salé 1 petit oignon émincé finement Yz livre de champignons frais 1\toeuf 2\tgousses d\u2019ail tranchées Vs c.à thé de thym 1 petite feuille laurier Sel et poivre Essuyer le foie avec un linge humide.A l\u2019aide d\u2019un couteau enlever la peau qui le recouvre.Passer plusieurs fois, au hache-viande le foie et le lard.Vous pouvez demander à votre boucher de le faire pour vous.Couper l\u2019oignon très finement et le faire revenir dans 1 c.à tb.de beurre, juste tB->-[ Lire la suite page 53 ] Montréal, novembre 1955 31 Le mode de vie moderne exige les.accessoires électriques G'E ¦¦¦ ; ; .\u2022.¦ LE GRILLE-PAIN A UTOMA TIQUE G-E .fait des rôties toujours à votre goût LA BOUILLOIRE G-E fait bouillir l'eau en un rien de temps Le cadeau parfait, quelle que soit l\u2019occasion, mariages ou anniversaires.La bouilloire G-E sert à peu près partout\u2014à la maison, à la campagne, au bureau.Elle peut contenir quatre chopines d\u2019eau et en fait bouillir une chopine en quelque 2V2 minutes.Son superbe fini chrome est facile à nettoyer .elle est munie d\u2019un fil électrique détachable de 6 pieds.\telement totalement IMMERGE \u2014 L'élément Calrod G-E est scellé hermétiquement dans une gaine de cuivre totalement immergée de sorte que l\u2019eau bénéficie de toute la chaleur générée.La façon la plus agréable de commencer la journée .est de déguster d\u2019excellentes rôties toujours à votre goût.Aucun danger de se brûler les doigts car le pain rôti \"remonte\u201d très haut ! Fini chrome étincellant .cabaret amovible pour les miettes .poignées et base en plastique toujours fraîche au toucher .n\u2019égratignant pas le dessus des table.RÉGULATEUR DE LA COULEUR\u2014Ce régulateur d\u2019emploi facile, règle la durée du rôtissage .quelle que soit la couleur brune préférée .pâle ou foncée.LE FER POIDS-PLUME totalement automatique repasse plus rapidement ABREGE LA DUREE DU REPASSAGE \u2014 L\u2019extragrande semelle à chaleur contrôlée couvre une plus grande superficie à chaque coup de fer .épargnant, ainsi, temps et travaill Actuellement, le fer Poids-Plume G-E abrège du tiers la durée du repassage.Son poids n\u2019est que de trois livres .sa poignée refroidie à l\u2019air fut créée spécialement pour un parfait équilibre.Placé à l\u2019avant de la poignée, le cadran régulateur donne et maintient l\u2019exacte température appropriée à tous genres de tissus.ACCESSOIRES GENERAL ELECTRIC 32 La Revue Populaire Un seul savon contient 7 HUILES DE CRÈME DE BEAUTÉ.C\u2019est le nouveau SAVON WOODBURY.Un vrai savon de beauté.Les dermatologistes qui le fabriquent savent que ses huiles et émollients aident à remplacer les huiles naturelles.(Ces huiles qui conservent à l\u2019épiderme sa douceur et sa fraîcheur.) Maintenant, vous savez pourquoi la riche mousse du nouveau Woodbury assouplit la peau.Employez Woodbury sur votre visage et pour le bain.C\u2019est le fameux savon qui vous donne \u201cune peau douce au toucher.\u201d (Fabrication Canadienne) WOODBURY J&r têm\tta '¦vf, ' LA PRINCESSE AUX VIOLETTES [ Suite de la page 27 ] .Ce fut, pourtant, au soir de ce jour que la princesse Mariana parla à Sophie de son collier volé.La brave femme l\u2019écouta avec une satisfaction soutenue.Mariana ne lui cacha pas ses doutes : on avait vu Silva donner un objet à Eric de Winter.Ce dernier surpris par l\u2019arrivée de Stéphanie avait vivement enfoui dans son dolman l\u2019objet en question.\u2014 Que penses-tu de tout cela, ma bonne ?La vieille hocha la tête ; ses petits yeux brillèrent de malice.\u2014 Eh! Que voulez-vous que j\u2019en pense ?Puisque vous avez déjà une idée bien arrêtée derrière ce joli front.\u2014 Une idée qui me torture, tu peux le croire.Les deux êtres en qui j\u2019avais le plus confiance, me tromper ainsi ! Elle frappa du pied, comme une enfant boudeuse.\u2014 Qui vous a rapporté ces faits ?\u2014 Stéphanie.Tu le comprends bien.Elle a cru bien faire.Je n\u2019ai encore rien dit à personne.L\u2019autre jour le roi s\u2019est étonné de voir que je ne portais pas mon collier au dîner de l\u2019ambassadeur des Pays-Bas.Je lui ai dit que je préférais ma chaîne d\u2019or.\u2014\tChaîne d\u2019or ou collier, c\u2019est tout du même, dit la vieille femme en souriant.C\u2019est-à-dire : rien du tout ! \u2014\tOh ! Je savais que tu allais me dire ça! Tu ne peux ignorer pourtant que ce collier a paré le cou de ma mère : c\u2019est pour cela qu\u2019il m\u2019est si cher ! \u2014 Oui, je sais, pauvre agneau.Mais si votre maman était encore là, elle vous dirait de ne pas faire de jugement hâtif.N\u2019accusez pas.Silva et le comte de Winter sont peut-être innocents du forfait dont vous les croyez capables.Pour moi, ils le sont : tel est le fond de mon idée.Réfléchissez un peu.D\u2019abord pourquoi auraient-ils volé votre collier ?.Vous pensez, si j\u2019ai bien compris, que Silva a volé le bijou et l\u2019a remis au capitaine.C\u2019est une série d\u2019actes insensés : ils sont trop intelligents l\u2019un et l\u2019autre pour les avoir commis.\u2014 Mais Silva est pauvre ! s\u2019écrie Mariana.Sa mère ne s\u2019est point enrichie au palais ! \u2014 Ça plaide en sa faveur ! Il y en a assez qui y font fortune.\u2014 Eric de Winter aime peut-être Silva, dit Mariana d\u2019une voix plaintive.Lui aussi est pauvre.\u2014 Et vous croyez que ces deux amoureux pauvres n\u2019ont rien trouvé de mieux que de votre collier pour assurer leur bonheur ?Quel mauvais calcul ils auraient fait là ! \u2014 Sophie, ma bonne, ne dis pas : ces deux amoureux en parlant du capitaine et de Silva ; cela me fait mal.\u2014 Pauvre agneau, répéta la vieille femme.Contre ce chagrin de « sa petite », chagrin plutôt deviné qu\u2019avoué, Sophie ne trouvait aucun remède.Cette fille de roi se devait à son peuple : elle ne pouvait agir que selon les lois.Et si son coeur saignait, tant pis ! Elle seule devait en souffrir.La jeune fille se leva ; elle vint sous la lumière de la lampe qui dora ses beaux cheveux : « Oui, songeait Sophie, cette jeune tête est bien faite pour porter une couronne ».\u2014 Que me disais-tu ?Que tu crois Silva incapable de voler ?\u2014 Absolument.\u2014 Ah ! \u2014 Voulez-vous, Altesse, que je vous conte une aventure qui m\u2019advint lorsque j\u2019étais jeune ?Dans des temps si lointains.\u2014 Quelle aventure ?demande Mariana.\u2014 Asseyez-vous, Altesse.Il me semble, lorsque je vous vois debout, que vous êtes pressée.-Sera-t-elle longue ton histoire?dit encore la jeune fille.\u2014 Non.Mais je ne peux m\u2019empêcher de faire un rapprochement.Moi aussi j\u2019ai douté de quelqu\u2019un.Oh! Il ne s\u2019agissait pas d\u2019un bijou : je n\u2019en ai jamais eu.J\u2019avais en ce temps-là une amie très chère.Nous avions ete à l\u2019école ensemble ; nos mères peinaient sur les memes durs metiers, nous commencions toutes deux à gagner notre vie, en aidant des dames à tenir leur ménage.Quelle joie lorsque je touchai mon premier salaire ; une somme dérisoire.Je mis, dans ma poche, cet argent qui devait faire reculer un peu la misère, la gueuse : elle était depuis tant de jours installée à notre foyer ! C\u2019était bien son tour de céder la place.En arrivant à la maison, je bondis joyeuse dans les escaliers ; je frappai contre la porte vermsulue.Ma mère vint m\u2019ouvrir.Voilà ! Voilà ! m\u2019écriai-je, tout ce que j\u2019apporte ! Dans un mois, il y en aura autant ! Peut-être davantage ! Las ! Plus d\u2019argent! Il n\u2019y avait plus rien dans la poche de mon tablier! Je songeai, soudain, que mon amie avait déposé son propre salaire avec le mien.Elle avait dû, en reprenant possession, s\u2019emparer du mien, par inadvertance.Tout de suite, je courus chez elle.Je croyais que déjà elle s\u2019était rendue compte de son erreur ! Mais, pas .du tout : elle eut même l\u2019air très étonnée quand je lui contai mon histoire.Elle avait bel et bien laissé mon argent Montréal, novembre 1955 33 dans mon vêtement.J\u2019eus beaucoup de peine à la croire.Puis, cela me devint impossible.J\u2019eus la ferme conviction qu\u2019elle avait dérobé mon bien.Je m\u2019éloignai d\u2019elle.Je ne la revis jamais.Six mois plus tard, cette affaire eut son dénouement.La personne chez qui j\u2019étais employée fit des réparations dans sa demeure : papiers de tenture neufs, peintures, boiseries ! Enfin, toute la gamme : sous une plinthe, un ouvrier trouva le mince billet de banque qui faisait l\u2019objet de toute cette histoire.Comment se trouvait-il là ?Probablement l\u2019avais-je fait tomber moi-même de ma poche ?Je voulus retrouver mon amie.Mais c\u2019était trop tard : une mauvaise fièvre l\u2019avait emportée.C\u2019est un des grands regrets de ma vie.C\u2019est pourquoi je vous demande de ne pas faire de jugements hâtifs.Moi, je crois que vous retrouverez votre collier.A moins que.\u2014 Ah ! Madame de la Palisse ! dit Mariana qui ne put s\u2019empêcher de rire.Il y a, en effet, que deux alternatives : le retrouver ou non.Pourtant elle devint subitement songeuse.\u2014 Sophie, ce collier, je l\u2019ai remis à mon cou, une fois seule dans ma chambre.Je me souviens maintenant : Silva l\u2019a remis dans son écrin.Et moi, je l\u2019ai repris.Elle se précipite vers la penderie.Voici, bien alignées, toutes les robes ; les sévères en lainage sombre qui lui donnent l\u2019air d\u2019une pensionnaire ; celles de toile et le foulard qu\u2019elle porte durant le court été ; les beaux manteaux de fourrures : la chaude zibeline, l\u2019hermine immaculée, la loutre brillante, le renard bleu.Voici la robe aérienne de ses dix-huit ans.Quelques violettes desséchées y demeurent suspendues.Mariana décroche de leur cintre toutes ces toilettes.Le collier est introuvable.Et soudain, d\u2019une écharpe de vison, il se détache.\u2014 C\u2019est.C\u2019est incroyable, dit-elle.Comment a-t-il pu échapper aux recherches de Silva si longtemps ?C\u2019est fou ! Il était là ; comme si un esprit malin l\u2019y avait accroché.J\u2019ai dû, tombant de sommeil, l\u2019enlever en même temps que ma robe.Non, cette explication ne tient pas.J\u2019ai dû, plutôt, mal ajuster le fermoir, et me promenant dans la penderie le laisser glisser.Il se sera réfugié dans cette écharpe.L\u2019essentiel c\u2019est que je sois de nouveau en sa possession ! Oh ! Je vais vite avertir Silva.L\u2019appartement des demoiselles d\u2019honneur était situé dans l\u2019aile gauche du palais.Pour s\u2019y rendre, Mariana emprunta le grand vestibule garni de glace, qui voulait copier, un peu, la galerie de Versailles.Elle arriva sans avoir rencontré d\u2019autres personnes que les domestiques qui vaquaient à leurs occupations, vers la chambre de Silva.Elle allait frapper, mais une voix, la voix bien connue d\u2019Eric, l\u2019en empêcha.\u2014 Je ne pourrai jamais oublier, disait le jeune homme.Et la voix compatissante et douce, tellement douce de Silva : \u2014 Je comprends votre peine, allez! Mais je ne puis que vous dire : courage.Peut-être, un jour, connaîtrons-nous le bonheur.\u2014 Que le ciel vous entende, ma chère, ma tendre amie.Mariana horriblement pâle frappa.Un grand silence succéda aux paroles dans la chambre de Silva ; puis des pas se rapprochèrent, la porte s\u2019ouvrit.\u2014 Altesse! C\u2019est vous?Le capitaine de Winter se figea dans un garde-à-vous très réglementaire.Puis il salua et sortit, en voyant que les deux jeunes filles demeuraient muettes.Dès qu\u2019il fut hors de la pièce, la princesse prit la parole.\u2014 Je venais, tout d\u2019abord, vous dire que mon collier est retrouvé.Vous pourrez donc cesser vos recherches.\u2014 Quel bonheur ! s\u2019écria Silva.Oh ! J\u2019étais sûre qu\u2019on le retrouverait ! Elle ajouta : \u2014 Où était-il ?Sévèrement, Mariana répondit : \u2014 Qu\u2019importe.Ceci ne vous regarde pas.C\u2019est moi qui l\u2019ai trouvé.Maintenant, je dois vous dire autre chose : je ne suis pas très contente de votre conduite.Pourriez-vous me dire ce que vient faire chez vous le capitaine de Winter ?Il vous fait la cour, je crois ?Les derniers mots furent dits d\u2019un petit ton plein de désinvolture qui cachait l\u2019angoisse bien réelle de la princesse.\u2014 Il me fait la cour ?A moi ?s\u2019écria encore une fois Silva.Non, Altesse ; il ne me fait pas la cour.La dénégation spontanée n\u2019apporta pas l\u2019allégement que Mariana attendait.\u2014 Vous lui faites des cadeaux.Enfin, que lui avez-vous remis un soir ?Lorsqu\u2019il vit venir Stéphanie de Mell, il eut l\u2019air très embarrassé.Silva rougit jusqu\u2019à la pointe de ses cheveux.\u2014 Je ne me souviens pas, dit-elle en tremblant.Je ne me souviens plus.Non, vraiment.\u2014 Cela suffit, dit Mariana avec hauteur.Mais je dois me séparer de vous.Ainsi que de votre mère.Le grand Chambellan vous dira, demain, mes intentions Silva se jeta aux genoux de la jeune fille : \u2014 Je vous en supplie, dit-elle.Ne renvoyez pas ma mère.Moi, je partirai, si tel est votre plaisir ! Mais, elle, que fera-t-elle?Elle a toujours vécu ici.Une phrase méchante erra sur les lèvres de Mariana : elle parvint à la taire.\u2014 Cela suffit, dit-elle.J\u2019agirai pour le mieux.Quand elle revint chez elle, elle trouva Sophie qui l\u2019attendait à sa porte.La vieille femme ne la questionna pas, mais devant sa figure pâle et défaite, elle soupira.\u2014 Sophie, ma bonne, dit Mariana.Comment être juste avec les gens que l\u2019on n\u2019aime pas ?\u2014 Il n\u2019y a qu\u2019une sorte de justice.\u2014 Quelle sagesse.Où as-tu appris ces choses, ma pauvre Sophie ?\u2014 Eh, tout le long de la vie.VII Rodolphe préparait avec entrain la chasse qu\u2019il voulait splendide et grandiose :\til voulait ressusciter les fêtes d\u2019autrefois avec leur incomparable éclat.On le voyait en conciliabule avec les piqueurs, les valets, les officiers de la maison royale.Au fond, il s\u2019ennuyait.Mariana lui montrait une telle indifférence qu\u2019il envisageait, pour l\u2019avenir, pour le temps où il serait son époux, de nombreuses distractions.Toute la Cour se transporta au château de Landgeen, la maison d\u2019été du roi.Mariana, plus que tout, aimait cette vieille demeure, où l\u2019on mettait l\u2019étiquette en vacance.Elle y retrouvait avec un plaisir neuf le grand parc où verdoyaient les sapins givrés, les séances de patinage sur l\u2019étang glacé : le même où voguait sa barque durant les jours d\u2019été.Très rarement, le roi venait y vivre pendant la mauvaise saison : ses devoirs, d\u2019abord, le retenaient dans la capitale.Et puis il n\u2019aimait pas beaucoup la campagne.Il fallut pour le décider l\u2019insistance de Rodolphe.Ce dernier tenait absolument à organiser une grande battue ; une chasse à courre ; enfin quelque chose dont on parlerait ! 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