La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 janvier 1955, Janvier
[" MONTRÉAL, JANVIER 1955 PER CON Notre roman d\u2019amour : Histoire de mon eoeur par José REYSSA HEINZ-Le plus 8P»«\u201c canadien d'aliments P' ,ffre une série complet de qualité, riches en «écialement préparées i a*9>ts Les médecins sont d\u2019avis que les viandes de qualité, riches en protéines, sont indispensables au régime des bébés.Leurs conseils ont suscite une demande considérable pour de tels produits.Heinz, toujours à l\u2019avant-garde des recherches dans le domaine de 1 alimentation des hébés, vous offre: boeuf, coeur de boeuf, veau, foie et bacon, foie de boeuf et d\u2019agneau\u2019 Vous les trouverez chez votre marchand, avec les céréales pour bebes, les purees et les aliments pour enfants et les biscuits pour la dentition.Les viandes Heinz pour bébés Que répondriez-vous ?.1\tQuelle est probablement la plus vieille science ?a)\tLa Biologie.b)\tL\u2019Astronomie.c)\tL'Art Vétérinaire.\u2022 \u2022 2\tQu\u2019est-ce que la «Houille Bleue » ?a)\tL\u2019énergie des marées.b)\tL\u2019énergie du vent.c)\tL\u2019énergie du soleil.\u2022 3\tA quel degré Fahrenheit l\u2019eau bout-elle ?a)\t154 degrés.b)\t212 degrés.c)\t300 degrés.4 \u2014 Comment est appelée la décomposition chimique par l\u2019action du courant électrique ?a)\tHydrolyse.b)\tElectrolyse.c)\tConductance.b Qu est-ce que l\u2019acide acétylsalicylique ?a)\tAmmoniaque.b)\tQuinine, c ) Aspirine.6 Quel est le textile qui tient la première place dans le monde ?a)\tSoie.b)\tCoton, c ) Lin.7 Quelle absence de vitamines peut entraîner la stérilité ?a)\tVitamines B.b)\tVitamines D.c)\tVitamines E.8\t\u2014 Combien de carats contient l\u2019or pur ?a)\tVingt.b)\tVingt-quatre.c)\tVingt-six.\u2022 9\t\u2014 Qu\u2019est-ce que l\u2019hirudiniculture ?a)\tL\u2019élevage des sangsues.b)\tL\u2019exploitation des hêtres.c)\tL\u2019élevage des escargots.\u2022 10 \u2014 Quelle est la plus grande raffinerie de pétrole du monde ?a)\tBaltimore (U.S.A.).b)\tAbadan (Iran).e) Batoum (U.R.S.S.).LITTERATURE \"L'ILE DES REVENANTS\" de ROGER VERCEL «L\u2019ILE DES REVENANTS» c\u2019est la Martinique, la plus belle et la moins connue des Antilles.Terre de mystère, où les traditions blanches et noires se heurtent et se melent dans une symphonie de contrastes.Pour nous faire découvrir cette île merveilleuse et unique, Roger Vercel a mis en oeuvre les moyens les plus subtils.Son incomparable talent de conteur, allié à la magie de son style éblouissant, lui ont permis de dissimu- ler, derrière une intrigue romanesque, un inoubliable reportage.Sous les dehors légers d\u2019un roman d\u2019ailleurs passionnant, derrière un de-cor exotique au charme puissant, Roger Vercel a écrit un livre fort et vrai, un livre enrichissant qui fait courageusement face aux problèmes si complexes \u2014 et si proches d\u2019ailleurs de ceux qui existent aux Etats-Unis \u2014 que provoque, à la Martinique, la coexistence de 200,000 Noirs ayant la force du nombre et, par conséquent, la puissance politique, avec 2,000 Blancs descendant de 1 aristocratie française qui gouverna l\u2019île si longtemps.Mais que Roger Vercel nous fasse assister à l\u2019assassinat d\u2019un « béké » par des grévistes, à un combat de mangouste contre un serpent, même à un tremblement de terre, ou au désarroi d\u2019une jeune Française qui a suivi son mari, un médecin mulâtre, au pays de ses ancêtres, ou même à une scène d\u2019amour entre le héros et la belle Bernardine, c\u2019est un enchantement continuel.« L ILE DES REVENANTS » est plus qu\u2019une étonnante réussite, c\u2019est l\u2019oeuvre parfaite d\u2019un magicien du style, d\u2019un des plus grands conteurs de notre temps.(Le Cercle du Livre de France).20 points : Vous êtes un « As ».De 14 à 18 : Parfait.De 10 à 14 : Vos connaissances sont appréciables.De 6 à 10 : Bien.Au-dessous de 6 :\tCherchez donc à élargir vos connaissances.REPONSES : (uujj) uvpvqy \u2014 Qi \u2014 ¦sansBuns sap aBvaaja(7 \u2014 g \u2014 3J.junb-j.6uiA \u2014 8 \u2014 qxiou \u2014 saaijo \u2014 U0SS3J3) ajwjnosnm 13 xnaaxau axqijinbaj juasixoavf inb g sammvjfA \u2014 l \u2014 uojoj 37 \u2014 9 \u2014 -aulx -idsv.l \u2014 S \u2014 asüjo.i}oa;g \u2014 p \u2014 -jiaq -uaxqvj saxBap ziz \u2014 g \u2014 saaJVÿji sap aiBxaug, 7 \u2014 g \u2014 -anuouoxjsy 7 \u2014 t Montréal, janvier 1955 3 l'W.TS m.« » Ld F/£ DE FAMILLE Corps cTAviqtion Royal Canadien les ailes de la liberté Chez nous, les droits de la famille sont sacrés.Notre système politique reconnaît le principe que la première autorité, après Dieu, dans un foyer, ce sont les parents.Parce qu\u2019il a le sens familial, le Canadien possède aussi le sens social.Le Corps d\u2019Aviation Royal Canadien est un gage puissant de la protection dont le Canada entoure ses familles.Et dans son rôle de protecteur de toutes nos libertés, le CARC offre à la jeunesse canadienne des situations modernes et hères au sein de ses équipages volants et il ouvre la voie vers une carrière fructueuse dans le domaine grandissant de l\u2019aéronautique.region VILLE CONDITIONS D\u2019ADMISSION: \u2022\tÂge\u2014au moins 17 ans et pas plus de 25.\u2022\tDegré d\u2019instruction\u20141 le scientifique de primaire supérieure, ou mieux.\u2022\tSanté\u2014satisfaire aux examens médicaux du CARC.Si vous pouvez répondre à ces exigences, n\u2019hésitez pas à consulter dès maintenant l\u2019officier d\u2019orientation du CARC dans votre Centres de recrutement du C.A.R.C.678 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal, P.Q.Tél.UN.6-2449 Edifice du Capitol, 146 rue St-Jean, Québec, P.Q.Tél.2-8527 49 rue Metcalfe, Ottawa, Ont.Tél.3-4039 159 est, rue Main, North Bay, Ont.Tél.3336 144, rue Union, St-Jean, N.B.Tél.2-1443 Veuillez m'envoyer, sans obligation de ma part, tous renseignements sur les conditions d\u2019enrôlement et les emplois actuellement disponibles dans le C.A.R.C.NOM (lettres MOULÉES) ADRESSE (DE FAMILLE) (DE BAPTÊME) PROVINCE DEGRÉ D\u2019INSTRUCTION(année et province).AGE CAF54-81 MF Ne servez pas de cible aux AFFECTIONS de l\u2019HIVER Les mois âpres et froids de l'hiver étaient autrefois redoutés à cause des dangers graves qu\u2019ils apportaient à la santé.La pneumonie, en particulier, était surtout redoutée.11 y a à peine quelques années, cette maladie était fatale à une de ses victimes sur trois.De nos jours, heureusement, le danger de la pneumonie est beaucoup moins grave, grâce aux sulfamides et aux antibiotiques qui sont si efficaces dans la plupart des cas.La pneumonie est encore dangereuse lorsqu\u2019on retarde à la traiter, ainsi qu\u2019une étude récente de 15.000 cas en a donné la preuve.Le taux de la mortalité a été deux fuis plus élevé dans le cas de patients qui avaient été traités après le quatrième jour de la maladie que dans le cas de ceux qu'on avait commencé à soigner plus tôt.C\u2019est pour cette raison que vous devez faire venir le médecin dès que vous soupçonnez la pneumonie.Lorsque la pneumonie est traitée de bonne heure, elle se guérit ordinairement en peu de temps.Quels moyens pouvez-vous prendre afin de ne pas devenir une cible pour la pneumonie?Une des plus sages mesures à prendre, c\u2019est de vous soigner lorsque vous avez un rhume.Neuf fois sur dix, la pneumonie est précédée d\u2019un rhume.Si vous venez à souffrir d\u2019un rhume, restez à la maison et reposez-vous au lit.Mangez légèrement et buvez beaucoup de liquide.Si le rhume persiste .et, surtout, si vous faites un peu de fièvre .appelez te médecin sans tarder.Une température élevée constitue la différence entre un \u201crhume banal\u201d et un \u201cgros rhume\u201d.C\u2019est que l\u2019élévation de la température est ordinairement attribuable à des complications.Si, en plus de la fièvre, vous éprouvez aussi des frissons, des accès de toux douloureux ou de la difficulté à respirer, rapportez immédiatement ces symptômes à votre médecin, car ils sont presque toujours ceux de la pneumonie.Maintenant que l\u2019hiver est arrivé, il importe que vous protégiez votre santé.Un bon moyen de le faire, c\u2019est de prendre tout le sommeil dont vous avez besoin, de suivre un régime alimentaire bien équilibré, et d\u2019éviter de vous exposer aux intempéries à moins d\u2019être convenablement vêtu.En outre, tenez-vous à l\u2019écart des personnes qui souffrent d\u2019affections des voies respiratoires.En protégeant votre santé, votre résistance aux rhumes, aux infections des virus et à la pneumonie, se trouvera accrue.Si vous venez à souffrir d\u2019une de ces affections, vous supporterez mieux l\u2019infection et vous vous rétablirez plus rapidement.Si vous désirez d\u2019autres renseignements pour vous aider à ne pas servir de cible à ces affections communes de l\u2019hiver, la Metropolitan se fera un plaisir de vous envoyer un exemplaire gratuit de sa brochure intitulée: \u201cMaladies des voies respiratoires\u201d.Pour obtenir un exemplaire de cette brochure, veuillez remplir le coupon ci-joint et nous l\u2019expédier.COPYRIGHT CANADA.1955- METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Metropolitan Life Insurance Company Direction Generale au Canada: (Dept H.W.) Ottawa 4.Canada.Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre brochure 15-Z, intitulée \u201cMaladiesdes voies respiratoires\u201d.Siège Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa Nom .Adresse.Localité\tProv.- /V/fW/ 48e ANNEE No 1 MONTREAL, JANVIER 1955 SOMMAIRE Une Canadienne au pays des Pharaons, par Yvonne bouchard Rockliffe, noble banlieue, par Raymond Robichaud Une aubaine, par Louis Fréchette .Ce dont on parle, par Lucette Robert La mode actuelle Jouets modernes, jouets de toujours Le bal du Musée des Beaux-Arts NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR: HISTOIRE DE MON COEUR par José Reyssa .14- 15 Pour élégance et confort Mes recettes de cuisine, par Mme Rose Lacroix .Le Code Civil et la femme, par Marcelle Lussier Nos mots croisés La culture physique, par Réjane Robert .Voyage aux Baléares, par Marie Panet-Raymond Mode Simplicity 32 La Direction et le Personnel de LA REVUE POPULAIRE souhaitent une BONNE et HEUREUSE ANNÉE à tous leurs lecteurs et lectrices, annonceurs et dépositaires.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magasines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9637«fc GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fî!s Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Chef du tirage .Pages féminines .Odilon Riendeau Mme Jules Fournier Ce dont on parle .Mme Lucette Robert Correspondante à Hollywood .Mme Louise Gilbert-Sauvage Cuisine .Mme Rose Lacroix 1 an ABONNEMENT A \"LA REVUE POPULAIRE\" Canada\tEtats-Unis $1.50 2 ans .2.50 AU NUMERO : 20 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vf.U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1379'.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa. Montréal, janvier 1955 5 UNE\t; AU PAYS DES PUAPAONS jia\\ yuoirne 13 tmcka^d (tE n\u2019était pas sans quelque appréhension que je m\u2019apprêtais à fouler pour la ' première fois le sol d\u2019Egypte.Nous étions aux premiers jours de février 1952 I et quelques semaines plus tôt, une émeute sanglante avait fait au Caire de J nombreuses victimes, et plus de 500 établissements européens avaient ete saccagés.Mais les agences de tourisme nous avaient formellement rassures e l\u2019entrée de notre bateau dans les eaux égyptiennes s effectuait en douceur.Accoudée au bastingage, je contemplais les blanches maisons d Alexandrie, le pa aïs de Ras-El-Tine, le vaste port grouillant d\u2019activité.Alexandrie est deux fois moins peuplée que le Caire mais d aspect beaucoup plus occidental.L\u2019hôtel Cecil, où nous descendons, n est séparé de la Mediterranée que par un large boulevard, « La Corniche ».Des palmiers lances ondulent sous la brise, formant une gracieuse couronne autour de la statue équestre de Méhémet-Ali, fondateur de la dynastie qui vient de finir.Notre guide, M.Ayad, nous dit que, de toutes les grandes villes de 1 An quité, Alexandrie, fondée par Alexandre le Grand, est la plus pauvre en monuments historiques, détruits par les invasions successives.C est aujourd hui une grande ville moderne, aux bâtiments élégants; le quartier résidentiel le long de la « Corniche », est une véritable Riviera, peuplée de ravissantes villas.La plupart des Alexandrins sont vêtus à l\u2019européenne ; les plus conservateurs portent encore leur ample tunique rayée et leur « tarbouche », coiffure de feutre rouge que je trouve très seyante.\t,,.\t.Nous commençons par visiter la Colonne Pompee, dite de Dioclétien.C est un monument ancien de granit rouge poli, haut de 150 pieds et large de 25, vestige remarquable de l\u2019époque gréco-romaine, d\u2019une symetne parfaite.Pendant que nous échangeons nos impressions, nous sommes soudain assaillis par une bande de cireurs de bottes, aussi noirs que leur cirage, balançant à bout de bras une boite qui sert à la fois de tiroir à cirage et d\u2019appui pour le pied du client.Mon mari, par curiosité plutôt que par nécessite, accepte les services de l\u2019un d\u2019entre eux, qui baragouine un peu d anglais.Mon mari lui suggéré de parler en français.« Mais vous n\u2019êtes pas Français, retorque 1 autre ; la dame à vos côtés est Française, mais vous, vous êtes Américain; votre cravate vo souliers, américains ».Mon mari essaye de le convaincre du contraire, mais peine perdue.Finalement le garnement s\u2019exclame: « Très bien très b^\u2019^v^srtes Américain, alors moi je suis Irlandais!» Ce jeune impudent avait le don d observation : mon mari avait acheté à New-York sa cravate et ses souliers, peu avant notre départ.Nous visitons ensuite le Musée Gréco-Romain, compose des plus belles pieces trouvées sur place:\tstatues d\u2019Alexandre et de Marc-Aurele, mosaïques, émaux colliers, papyrus grecs, cartes anciennes, tapisseries.Nous voudrions nous attarder devant toutes ces belles choses, mais le temps presse et nou3 devons faire quelques achats avant notre départ pour le Caire.\t,,\t, Dans les boutiques où nous nous rendons, on nous offre invariablement du café turc Ce breuvage diffère beaucoup de celui que nous consommons en Ame-Je fait en parties égales de café finement pulvérisé, de sucre et d\u2019eau, il est énais et fort et se sert dans des tasses minuscules.\t.,\t,\t.\t,\t,\t.A la gare où nous nous rendons ensuite, je suis fascinée par la foule la_plus bariolée que j\u2019aie jamais vue.Par contre, les trains égyptiens ne different guère des nôtres.M.Ayad nous installe dans notre compartiment reserve, et nous VOllaUn servheu^ou^rsoufraghi » vient bientôt s\u2019enquérir de nos besoins.Il porte un long cafetan blanc, une ceinture rouge et l\u2019inévitable tarbouche Son service est impeccable et je me fais apporter une bouteille de biere «Stella», doree CaPiteNUousC\u2014s^qTÆeie panorama du Delta Cette région de l\u2019Egypte est faite de plaines verdoyantes à perte de vue et de champs de sorgho, cereal qui entre dans la composition du pain du fellah.Nous passons des agglome -tions de huttes en torchis; des familles entières se prélassent au beau milieu d la rue, qui semble être le salon et le parloir des villages du Moyen-Orient S Y >v gf Jk/ 'I ! P * A gauche : Des officiers de la marine canadienne, en escale à Alexandrie (H.M.C.S.Prince Henry), font en landau la découverte de la ville.\u2014 A droite: Le temps est loin où les femmes ne sortaient en Egypte que strictement voilées.En voici qui, enrégimentées dans la Garde Nationale, défilent, l\u2019arme à la bretelle devant les autorités militaires au Caire.EUS «S if.irT**3* -w* g La grande Pyramide, une des sept merveilles du monde, élevée à la gloire de Chéops (à droite).Les pyramides de Sakkarah, construites voici près de six mille ans, ne sont pas aussi imposantes que celles de Gizèh, au nombre de neuf.Les jardins et la piscine du dernier pharaon, le roi Farouk, détrôné et exilé par une junte militaire.Ce roi Farouk, encore vivant, fut peut-être le monarque le plus corrompu et le plus inutile de toute l\u2019histoire de son pays.\\m 6696 6 La Revue Populaire .fÉilli ' ¦' : > mm «bru g\t^ - ¦!.# I *\u2022' 0 0r ¦MR Les plus privilégiés des \"villageois\" de Roekliffe ont.de leurs larges verrières, cette vue de l'Outaouais et des collines de la Gatineau.» V ^ssijsyi ¦¦ L'hôtel particulier de M.Norman Wilson dont l'épouse, Cairine Wilson fut la première Canadienne à forcer les portes du Sénat canadien.NOBLE BANLIEUE ' '\tSf : S ; ; W.: ¦ % «/vt; W'S* -rrî|i '.K Chei Mme Frederic L.Bronson, 725, avenue des Acacias, Roekliffe.« y'îKSÇ- WÆ&C.\tx îSSPl % » %r A la hauteur d'Ottawa, l'Outaouais fait un coude tourné vers le nord.A l'intérieur de ce coude, dominant la rivière, se trouve le quartier le plus élégant de la capitale, sa banlieue aisée, son faubourg Saint-Germain, si on peut dire et si on s'en réfère, disent les méchantes langues, au contentement d'eux-mêmes de ses habitants.{uVi Raymond RoUckaud Rien de plus singulier que les diverses manifestations du patriotisme municipal, un peu partout dans le monde.On s\u2019expatrierait souvent plutôt que de consentir a changer de ville à l\u2019intérieur de son propre pays.Tel Montréalais envisagerait avec plus de calme la perspective de s\u2019exiler au Kamtchatka que daller tout bonnement habiter Trois-Rivières, par exemple.L\u2019attachement des Quebecop a leurs vieilles pierres est bien connu, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire et ce n est jamais sans serrement de coeur qu\u2019ils acceptent de quitter l\u2019ombre benite de leur citadelle .Et sans aller aussi loin de chez moi je ne con-nais rien de plus farouche, de plus castillan, si j\u2019ose dire, que l\u2019orgueil municipal et 1 esprit de clan de nos bons voisins de la ville de Hull, si ce n\u2019est, précisément, celui de nos voisins encore plus immédiats, les villageois de Rockliffe-Park (du point de vue municipal Roekliffe est, en effet, au regard de la loi ontarienne, un simple village).En outre, la fierté communale de ceux-ci prend-elle souvent un caractère assez défensif et assez soupçonneux, né du sentiment que leurs voisins outaouais nourrissent à leur endroit de noirs desseins d\u2019annexion.Le spectre d un anschluss ne cesse de hanter leur esprit.Peut-être, au fond, n\u2019ont-ils pas tout à fait tort car, à certains égards, l\u2019existence à côté (et même au beau milieu) dune grande ville comme Ottawa, d\u2019une petite municipalité comme Roekliffe ne laisse pas, parfois, de sembler un peu singulière.Il est certain, en tout cas, qu\u2019au point de vue de l\u2019entretien des chemins limitrophes, par exemple, cela ne va pas sans de sérieux inconvénients.Les Outaouais disent volontiers de Roekliffe que ce n\u2019est, en somme, qu\u2019un refuge fiscal et qu on ne va y habiter que pour échapper au poids trop lourd de 1 impôt foncier à Ottawa.Soit dit sans malveillance aucune, ce n\u2019est pas loin d\u2019être la pure vérité.\tA Mais il y a refuge fiscal et refuge fiscal.S\u2019est-on jamais avisé que les singularités de notre régime d\u2019imposition immobilière avaient pour résultat de favoriser, aux abords de nos grandes agglomérations, la création de petites municipalités indépendantes d\u2019un genre diamétralement opposé.En effet, si on veut f échapper à 1 impôt, c est generalement pour l\u2019une ou l\u2019autre de deux raisons : soit qu\u2019on veuille se soustraire à certaines servitudes de construction qui, en améliorant la qualité de la maison font en même temps augmenter le chiffre de 1 impôt, soit qu au contraire on veuille construire de très belles ou très grandes maisons qui seraient, dans les grandes villes, frappées de charges fiscales exagérément lourdes.C est ainsi qu\u2019on assiste, surtout depuis la guerre, à la création de banlieues vraiment trop modestes et appelées à se transformer tôt ou tard en zones insalubres, ou alors, par contre, au développement continu de nouveaux quartiers élégants, tels Ville Mont-Royal, à Montréal, par exemple, ou Rockliffe-Park à Ottawa.^ Cette derniere municipalité fait depuis quelque temps beaucoup parler d\u2019elle, non pas qu\u2019elle se soit signalée à l\u2019attention du monde par quelque haut fait, mais parce qu\u2019on s\u2019est soudain avisé qu\u2019il n\u2019y [ Lire la suite page 47 ] La résidence de l'Ambassadeur des Etats-Unis au Canada.La chancellerie, comme on sait, est tout à côté du Rideau Club, face au Parlement._____\t______ ________ _____ _______________lPhotos Maïak.OttawaI. Montréal, janvier 1955 7 ' f JQ JNfc~.f?F 1 J2 Je ¦ f£# V k S »«» Ml ¦k Notre conte du Nouvel An UNE AUBAINE \\ia\\ Haute JxéchetU* C\u2019est la veille de Noël, à Montréal.\t\u201e\t,, Le dos à moitié tourné à l\u2019unique fenetre dune modeste chambre d\u2019hôtel, sa palette d\u2019une main et son pinceau de l\u2019autre, un jeune artiste de bonne mine et de façons distinguées travaille fiévreusement devant un petit chevalet de campagne.A sa gauche, retenue par quatre épingles aux boiseries d\u2019une armoire à glace, pend une vieille toile d\u2019à peu près trois pieds sur deux, toute noircie, toute délabrée, au centre de laquelle, dans les tons embrumés du clair-obscur, on distingue les formes gracieuses et les chairs rosées d\u2019un Enfant-Jésus couche sur un coussin, et dont le front s\u2019auréole de vagues lueurs fondues dans les reflets de mille petites boucles blondes.De temps à autre, le peintre laisse retomber sa main droite sur son genou, fixe la vieille peinture avec une intensité de regard où perce un profond sentiment d\u2019admiration; puis il se remet à l\u2019ouvrage, son pinceau se jouant sur la mosaïque polychrome de la palette, et voyageant de celle-ci a la toile avec une sûreté de mouvements qui révèle un travailleur habile et expérimenté.Evidemment, il est en frais de copier le bel Enfant-Jésus.Mais pourquoi consulte-t-il si souvent la modeste montre en argent dont la chaîne démodée emerge de son gousset ?Pourquoi se presse-t-il autant dans son travail .C\u2019est ce que nous saurons bientôt.En attendant, contentons-nous de constater que son regard se dirige aussi de temps en temps, avec une expression triomphante vers quelques papiers epars a quelques pas de lui, sur la petite table en frene adossée à la cloison, et profitons du privilege des conteurs pour nous renseigner sur ce que ces papiers peuvent avoir d\u2019intéressant.Voici d\u2019abord une enveloppe jaunie, dont le cachet est brisé.Un peu chiffonnée, elle semble avoir ete ouverte plus d\u2019une fois.Elle a dû aussi faire un long voyage, car elle est frappée d\u2019un timbre canadien, et porte comme sus-cription : Monsieur Maurice Flavigny, Poste Restante, à Paris, France.Ouvrons et lisons ; Contrecoeur, 10 novembre 1871.Mon cher Maurice, - Un mot à la hâte pour te dire combien ta dernière lettre m\u2019a donné de bonheur en m\u2019annonçant ton prochain retour au pays.Hate-toi, cher enjant.Hélas! je ne pourrai te voir, mais je t\u2019entendrai, et je te presserai comme autrefois sur mon coeur de mère.Je suis encore l\u2019hôte de Mlle D\u2019Aubray, ma petite Suzanne, que j\u2019aime toujours comme ma fille, et qui me sert de secrétaire, depuis que Dieu m\u2019a pnvee de la vue.Viens vite, n\u2019est-ce pas ?Ta vieille mère qui brûle de t\u2019embrasser, SOPHIE FLAV1GNV.Ceci est une dépêche télégraphique : New York, 22 décembre 1871.A Monsieur Maurice Flavigny, Hôtel Great Western, Montréal, Canada.Si Murillo authentique et bien conservé, donnerons dix mille dollars, (voir agent Muller, 4 Petite rue Craig.)\tCORNHILL & GRANGER.A côté de cette dépêche, et portant la même signature avec la date du lendemain, dans un endroit bien en vue, s\u2019étalait une lettre constituant un crédit a Maurice Flavigny de dix mille dollars dans la Banque de Montréal, sur apostille de Victor Muller, agent de la maison Cornhill & Granger, de New York._ Cette lettre, le jeune artiste l\u2019avait laissée ouverte sur la table, à portée de son regard, comme s\u2019il eut eu besoin de se persuader à chaque instant qu il n était pas le jouet d\u2019une illusion.Dix mille dollars ! Une fortune pour lui.\t.La maison paternelle rachetée ; la bonne vieille mere à l\u2019abri du besoin ; et, plus que le pain sur la planche, l\u2019aisance honorable et douce, en attendant la reputation et ce qu\u2019elle apporte.Quel rêve ! Et à qui devait-il tout cela?A ce lambeau de toile brunie et racornie par les années, sur lequel un grand peintre avait imprimé le cachet de son génie, et que le plus capricieux des hasards avait fait tomber en sa possession.Il avait peine à en croire ses yeux.[ Lire la suite page 40 J \u2022 ce conte de Louis Fréchette est extrait de La Noel au Canada, édité à Toronto, chez George N.Morang & Cie, en 1900, et illustré par Frederic Simpson Coburn, un peintre montréalais très connu et qui vit encore. 8 La Revue Populaire si *\u201d nonneur, le Maire de Montréal.Me JEAN DRAPEAU, avec Madame DRAPEA et leurs enfants : PIERRE.MICHEL et FRANÇOIS.IPhoto Gérard A.Lofer Jèro Bonne et Heureuse Année!.Chaque année qui commence s\u2019ouvre comme une route d\u2019ombre sur laquelle vous êtes forcés d\u2019avancer, sans savoir \u201e ce conservez les couoons primes n\\*e ' O® Une demi-cuillerée n\u2019employez café de gélée de pétrole \u2018Vaseline\u2019 calmera l\u2019irritation.''\"'WM kSSeline V f1'\"°r-E Améliorez votre apparence, jouissez vous aussi d\u2019une belle taille aux lignes harmonieuses.Les PILULES PERSANES donneront A votre poitrine cette rondeur et cette fermeté si recherchées.PILULES PERSANES $1.50 la boîte de 40 pilules, 3 boites pour $4.00.Dans toutes les bonnes pharmacies ou exDédlées franco par la malle, sur réception du prix./ 'VÆr3\" *\tn Montréal\tVf\" '\t. 28 La Revue Populaire .ep _l Quelques heureuses réalisations de nos ébénistes et ensembliers canadiens, dans le goût moderne.Le petit meuble d'angle où loger l'appareil de télévision est de la Dominion Electrohome, de Kitchener, et la chambre à coucher est signée Peppler's.Quant au meuble du Québec, il rivalise maintenant avec celui de l'Ontario et il a pris, depuis la fondation de l'Ecole du Meuble de Montréal, une expansion considérable.On trouve des fabriques de toutes sortes, grandes et petites, dans de nombreux centres de la province.¦ mm mmê Nix.1 a.; J m qu\u2019il s\u2019est vite repris.Tient-il donc à ce que je l\u2019approuve et redoute-t-il de moi « qui sais » un jugement peu favorable concernant son énergie morale ?En tout cas, il est libre de répondre à une invitation de ma soeur.L\u2019essentiel, c\u2019est qu\u2019il ne souffre pas trop de la voir mariée à un autre.Tous deux ont eu un aparté assez prolongé.Elle semblait lui expliquer des tas de choses et son joli visage révélait une joie intense.Peut-être, afin de tranquilliser son coeur inquiet, lui a-t-il demandé si elle était heureuse ?Orgueilleusement, elle a dû lui faire de sa vie un tableau merveilleux.Je ne m\u2019étais pas trompée.é Laure semble comblée ! me confia Georges un peu plus tard.Elle possède vraiment tout ce qu\u2019une femme peut rêver.Pourtant.Pourtant ?répétai-je, le coeur battant, car ce simple mot m\u2019ouvrait un horizon couleur de cendre.Sous son entrain, j\u2019ai cru deviner quelque tristesse.Savez-vous si Le-vallier s\u2019est bien efforcé de la comprendre ?\u2014 Se serait-elle plainte de lui près de vous ?\u2014 Non, mais il y a longtemps que je le connais.Ce n\u2019est pas un garçon précisément tendre.Il est capable de sacrifier beaucoup de choses à son ambition.Laure ne l\u2019a-t-elle pas choisi?répliquai*-je, fronçant le sourcil.Et n est-ce pas aussi son ambition personnelle qui l\u2019a poussée à faire ce mariage ?Jamais encore je n\u2019avais formulé cette pensée ; mais ces mots m\u2019étaient venus aux levres sans que j\u2019y prisse garde.Georges me contempla un ins-tant, stupéfait de cette révolte, la première que j\u2019eusse jamais laissée éclater.\u2014 Vous avez raison, murmura-t-il enfin.Elle a agi en toute connaissance de cause.En même temps que l\u2019amour, elle a cru gagner une place enviée dans le monde.C\u2019était beaucoup demander.\u2014 N\u2019a-t-elle pas les deux ?\u2014 En toute sincérité, je ne le crois pas.\u2014 Alors, tant pis pour elle ! J\u2019étais hors de moi.Sous l\u2019indifférence dont il voulait se cuirasser, je devinais de la pitié.Avec cette pers-picacité commune à tous ceux qui aiment, il avait tiré des propos en apparence insignifiants de Laure la vérité sur son cas.A présent, il savait comme moi qu\u2019elle avait été déçue, que le beau rêve doré qu\u2019elle avait fait avait révélé des imperfections, des lacunes qu\u2019elle ne pourrait jamais combler.Et il s\u2019intéressait à elle, cherchait les raisons qu\u2019elle avait de se plaindre ! Oubliait-il donc combien elle l\u2019avait fait souffrir ?N\u2019était-il donc pas capable de se défendre contre l\u2019amour insensé qui avait brisé son coeur, l\u2019avait poussé à l\u2019exil ?J ai pleuré longtemps, enfermée dans ma chambre.Tant qu\u2019il l\u2019aimera, je ne pourrai rien espérer de l\u2019avenir ! Us, se sont revus à plusieurs reprises, tantôt chez elle, tantôt chez nous et même chez marraine où Laure s\u2019est rendue sous divers prétextes.Elle semble prise d\u2019un regain d\u2019affection pour lui.Cherche-t-elle à lui faire oublier sa déception amoureuse en devenant pour lui une amie sincère ou s\u2019amuse-t-elle à trouver dans ses actes, dans ses paroles, la preuve qu\u2019il se souvient de son ancien amour ?Elle a volontairement accentué son attitude de belle délaissée.Nulle ne sait mieux qu\u2019elle s\u2019arrêter au milieu d\u2019une phrase, comme si une pensée mélancolique venait soudain l\u2019assaillir, ni songer, le regard perdu au loin, à des choses qu\u2019un mot dit en temps voulu laisse deviner.Je commence à comprendre Laure.Elle n\u2019est pas méchante, mais a besoin qu on 1 admire.Elle aime les hommages et ne peut s\u2019en passer.Sachant ce que valent ceux de Georges, elle les provoque sans calcul, parce que, pense-t-elle sans doute, ils lui sont dus.Que conclut-il de tout cela ?Quelles sont ses réactions secrètes ?S\u2019il l\u2019aime toujours, a-t-il compris que, désormais, aucune solution ne peut intervenir pour régler l\u2019avenir ?Dimanche dernier, nous étions allés faire un tour de promenade au Parc Monceau, si proche de notre demeure.Devançant maman et marraine, Georges et moi échangions de menus propos.Il me dit brusquement, comme nous atteignions l\u2019angle d\u2019un massif : N\u2019avez-vous pas l\u2019impression que Laure regrette de s\u2019être mariée ?Je cachai mon ennui sous un sourire de commande : \u2014 Non, dis-je vaguement.Je la crois fort satisfaite.\u2014 En tout cas, Levallier ne la gâte pas de sa présence.Qui vous a dit qu\u2019elle ne préfère pas qu\u2019il en soit ainsi ?\u2014 Tout de même, je crois que la solitude lui pèse.Depuis quelque temps, elle semble vouloir se rapprocher de vous, de ma mère.\u2014 Ce ne sont pourtant pas les amis qui lui manquent.Vous avez dû vous en apercevoir lors de ses dernières réceptions ! Mon ton lui revela-t-il que ce genre de conversation lui déplaisait?Quoi qu\u2019il en soit, il murmura : J aurais préféré la voir plus simplement heureuse ; mais nul ne peut modifier la situation en laquelle elle s\u2019est jetée.~ Àh ! Georges, m\u2019exclamai-je, je m étonne que vous puissiez réfléchir si calmement sur son cas.Même si elle s est trompée, vous, vous ne devez pas la plaindre.-, ^ aPPuyai sur le pronom, comme si 1 avais craint qu\u2019il ne comprît pas le fond de ma pensée.Mais il l\u2019avait parfaitement saisi et baissa la tête ainsi qu un coupable.Il eut ensuite un léger haussement d\u2019épaules, puis resta silencieux.Je me gardai bien de troubler sa rêverie.S\u2019il méditait sur mes paroles, il ne pouvait en résulter qu\u2019un bien pour lui.Son orgueil d\u2019homme n avait-il donc pas encore trouvé la force de so révolter contre les manoeuvres perfides d\u2019une femme ?Je n\u2019oublie point que cette femme est ma soeur, mais je ne puis oublier non plus que celui qu\u2019elle fit souffrir se nomme Georges Hébert et qu\u2019il est letre auquel j\u2019ai voué secrètement ma vie ! Hier soir, nous étions invitées à dîner chez Laure.Georges et sa mère avaient ete egalement priés.M.et Mme Le-vallier se trouvaient la, ainsi que deux ou trois couples amis et Jean Berliz.En tout une quinzaine de personnes.La table d acajou verni recouverte d une glace étincelait de cristaux.Chaque convive avait devant lui un napperon de dentelle sur lequel était dis-pose son couvert.Des guirlandes d oeillets pourpres dessinaient leurs arabesques parfumées autour des coupes où les plus beaux fruits s'entassant en Pyrami guide Ali-Baba et le constable Azmy.Le premier est musulman, comme la grande majorité de ses com- patriotes ; le second est Copte (un des sept ou huit rites chrétiens, catholiques ou schismatiques, qui sont professés en Egypte ; il y a très peu de Protestants).Nous comprenons indirectement que les Chrétiens, comme les Juifs, ne sont que tolérés dans ce pays.Nos montures nous attendent tout près de la plus haute Pyramide : « Canada Dry » et « Canadian Whisky », deux chameaux intelligents et aussi gracieux qu\u2019ils peuvent l\u2019être, recouverts d\u2019une selle arabe flamboyante, nous conduiront des Pyramides au Sphinx, pendant qu\u2019Ali-Baba montera un âne et le constable Azmy un superbe cheval arabe.Je suis affolée à l\u2019idée de monter « Canada Dry », mais devant le flegme de mon mari je réussis à faire bonne contenance ; mon chamelier m\u2019aide d\u2019ailleurs galamment à enfourcher ma monture, et nous voilà en route.Nous contournons la grande Pyramide, grandiose monument qui semble proclamer la puissance des Pharaons et qui a été rangé à juste titre parmi les sept merveilles du monde ; Chéops, qui 1 a fait élever à sa gloire, demeurera a jamais dans l\u2019Histoire et son oeuvre restera l\u2019emblème vivant du génie constructeur des anciens Egyptiens.Bien que les Pyramides de Sakkarah soient plus anciennes (près de 6,000 ans d\u2019existence), elles ne sont pas aussi imposantes que celles de Gizèh.Le Sphinx, autre monument colossal du passé, mesure 190 pieds de longueur ; ce monstre de pierre strié par l\u2019érosion a une tête humaine et un corps de lion ; son regard éternellement vigilant semble vouloir garder les secrets du désert et des pyramides dressées sur le ciel bleu.A Montréal nous avions fait la connaissance d\u2019une gentille Egyptienne qui nous avait priés de rendre visite à ses parents lors de notre passage au Caire.C\u2019est ce que nous faisons aujourd\u2019hui et nous sommes accueillis à bras ouverts par ces braves gens, qui nous retiennent à déjeuner et nous font goûter aux raffinements de la cuisine orientale.Ce sont d\u2019abord, en guise de trompe-la-faim, des dattes confites et des loucoums (pâte d\u2019amandes) ; puis les plats de résistance : « molokhiya » (sorte de bouillabaisse) et « kobeba » (viande de mouton pilée et blé concassé) ; comme fromage du « labné » blanc délicieux et comme dessert des « atayef » (crêpes farcies de noix) baignant dans un sirop épais ; et pour finir du café turc et des cigarettes égyptiennes capiteuses.La diffusion de la langue française en Egypte date de Bonaparte qui, après la conquête du pays, fonda l\u2019Institut d\u2019Egypte, société de savants illustres dont les travaux se poursuivent encore de nos jours.Les établissements scolaires français, surtout religieux, se répandirent grâce à la protection éclairée des différents souverains égyptiens.Et deux noms français resteront pour toujours la gloire de l\u2019égyptologie : Champollion et Mariette.Le premier déchiffra le secret des hiéroglyphes ; le second fonda le célèbre musée d\u2019antiquités de Boulac, que nous visitons en cette dernière journée de notre séjour au Caire.Il faudrait en réalité des semaines pour admirer tous ses trésors : sarcophages en or massif ou en argent ciselé, momies royales parfaitement conservées, coffrets précieux, statues de bois étonnamment vivantes, faïences, bijoux, mobilier de toute sorte.A elle seule, la salle de Tut-Ank-Ammon (14e siècle avant Jésus-Christ) renferme de l\u2019or pour plusieurs millions, compte non tenu de ses perfections artistiques.Hélas, le temps passe et nous devons dire adieu au Caire, ou au revoir comme nous le souhaitons de tout coeur.A 1 aérogare d\u2019Almazah, notre avion doit nous emmener à Port-Saïd, où nous attend le « Corfu » qui nous emportera vers les Indes .Voyage aux Baléares par MARIE PANET-RAYMOND LES BALEARES A Palma de Majorque Tout le monde est heureux ; On mange dans la rue Des sorbets au citron.Des fiacres, plus jolis Que des violoncelles, Vous attendent au port Pour vous mettre à l\u2019hôtel.JAi vécu à Palma de Mallorca deux semaines exquises de paix, deux semaines précieuses en souvenirs.Nous avons fait plusieurs excursions en dehors de Palma ; je vous entretiendrai d\u2019une de ces excursions à Valldemosa.Le trajet, en autocar, nous fait traverser des campagnes adorablement belles.Quel pays pour des peintres ! Nous arrivons à Valldemosa vers midi.Aussitôt nous nous dirigeons vers la Cartuja Valldemosa, qui fut, autrefois, la Chartreuse jusqu\u2019au moment où, abandonnée par les Chartreux, elle devint un endroit idéal de paix, de repos et de silence, propice au travail littéraire et artistique des grandes figures qui lui donnèrent son renom ; j\u2019ai nommé Frédéric Chopin et Georges Sand.Les écrits de Georges Sand sont conservés dans une vitrine.Son écriture fine, serrée, semble de multiples pattes de mouches.Son portrait peu sympathique comme sa triste personnalité me laissent indifférente.J\u2019avais tellement hâte d\u2019arriver aux « Celdas » (cellules) de Chopin.Il y en a deux.Dans la 1ère on aperçoit un piano à queue Pleyel qui n\u2019appartint pas à Chopin, mais qui sert aux grands artistes de concert, à qui on demande de jouer dans les lieux où Chopin a écrit beaucoup de ses oeuvres.Sur un tableau sont écrits les noms, et sur le mur sont appendus les portraits de ces grands artistes tels que : Cortot, Rubinstein, Vincent d\u2019Indy, Horowitz, Rachmaninoff, Manuel de Falla, etc .Dans la « Celda » 2 est vraiment le piano de travail de Chopin.Un tout petit piano sur lequel il me semblait impos- sible de jouer le Scherzo en si mineur.Je m\u2019imaginais manquer de notes.Pourtant c\u2019est bien là qu\u2019il composa beaucoup de ses chefs-d\u2019oeuvre.Je n\u2019ai pu résister au plaisir de poser silencieusement mes mains sur les notes du commencement d\u2019un nocturne composé là.Hélas ! un écriteau en espagnol dit : « Por favor, no tocar ».S\u2019il vous plaît ne pas jouer.Je comprends très bien que des mains profanes comme les miennes ne sont pas dignes d\u2019un tel honneur.Pourtant, en cachette, j\u2019en ai volé une parcelle, non de l\u2019honneur que je ne mérite pas, mais d\u2019un précieux souvenir pour ma vie.Pour être sûr qu\u2019aucun n\u2019enfreindrait l\u2019ordre, on dépose tous les jours, sur le milieu du clavier, une superbe rose naturelle, hommage sans cesse renouvelé à la mé-more du grand génie.Tout autour de son piano de travail sur les murs, sont des cadres remplis d\u2019ébauches, de fragments de phrases musicales, raturées, effacées ; mesures dans lesquelles je cherchais un thème comme d\u2019un nocturne, d\u2019une ballade, d\u2019un concerto, d\u2019une polonaise, mais hélas ! Il m\u2019eût fallu laisser mon groupe et le guide et demeurer en arrière pour avoir le temps de déchiffrer ces hiéroglyphes musicaux.Dans l\u2019autre partie de cette cellule se trouve un autre piano, petit aussi, mais bon, un Pleyel d\u2019apparence plus riche, de meilleur bois, avec bougeoirs de cuivre ciselés aux côtés du lutrin.C\u2019est le piano des « soirées musicales ».Ce piano repose sur un tapis de velours rouge, encerclé d\u2019un gros cordon de velours rouge également, afin d\u2019empêcher les gens d\u2019approcher.Une belle grosse rose s\u2019étale au centre du clavier.Je suis sortie tout impressionnée et rêveuse de cette visite : pendant quelques instants j\u2019avais senti flotter autour de moi, les mânes de ce grand Chopin pour qui je conserve tant d\u2019admiration.Ce souvenir est encore vivace, et quand je joue Chopin, d\u2019instinct je me reporte à Valldemosa que j\u2019ai eu l\u2019honneur de connaître, et qui m\u2019a fait aimer plus encore mon piano, si c\u2019est possible 1 35 Montréal, janvier 1955 _________________ f Suite de la page 33 ] cafés, place des Ternes.Aimez-vous le porto ?\u2014\tBien sûr, dis-je en riant.Lorsque nous fûmes installés, il me prit la main : \u2014\tAh ! Yane , chère petite amie (c\u2019est ainsi qu\u2019il m\u2019appelait souvent mais, cette fois, sa voix contenait une douceur nouvelle), combien je souhaiterais que toutes les femmes vous ressemblent! La vie en deviendrait meilleure, plus facile.Quand je pense à la façon dont vous comprenez les choses.\u2014 Pourquoi me dites-vous cela ! ____Parce que, sans doute, notre conversation d\u2019hier a bouleversé en moi certains préjugés.Ah ! Yane, vous m\u2019avez touché, ému plus que je ne saurais dire.__Je n\u2019ai rien fait d extraordinaire.Ayant beaucoup d\u2019affection pour vous, je cherche à vous le prouver dune façon intelligente.\t.\u2014 Mais c\u2019est cela qui est admirable ! Je ne supposais pas qu\u2019une telle chose fût possible.Il faut vraiment que votre affection soit d\u2019essence supérieure, pure comme un pur diamant.Ses doigts se crispèrent imperceptiblement sur les miens tandis qu il continuait, soudain plus grave : \u2014 Après avoir connu un tel sentiment, je ne pourrais plus m\u2019en passer.Dites-moi, Yane, pensez-vous qu il puisse disparaître un jour de votre coeur ?Pour moi, je ne le pense pas.Il est trop beau, trop vrai.Il revenait ainsi à son inquietude de la veille ; tout bas, je me félicitai de la réponse que je lui avais faite et qui servait si bien mes intérêts sentimentaux.Mais il insistait, se penchant vers moi.\u2014 Pourquoi ces essais d incursion vers un avenir que nous ne pouvons prévoir ni l\u2019un ni l\u2019autre ?murmurai-je en détournant la tête.Le présent doit vous suffire, Georges.Seriez-vous un éternel inquiet?Et me serais-je trompée sur vos qualités d\u2019équilibre, de bon sens ?\u2014 Vous devez avoir raison, fit-il, penaud.Excusez-moi de vous importuner ainsi.Les hommes ne sont jamais satisfaits.Nous bûmes notre porto en nous examinant mutuellement.Je me souviendrai toujours des regards ,pathétiques de Georges.Bien qu\u2019il m en coûtât, je demeurai sur mes positions.Dieu sait pourtant combien il m\u2019eût été doux de le rassurer, de lui affir-mer que mon coeur était bien a lui et cela.pour toujours ! Nous revînmes tranquillement rue Jouffroy.C\u2019était maintenant le spectacle de la rue qui fournissait un thème à nos propos faciles.Mais je comprenais que l\u2019esprit de Georges était plus loin, dans l\u2019absolu ou ü voulait trouver la vérité.Quant à moi, je me disais que ce beau dimanche tiendrait une grande place dans mes souvenirs.J'ai revu Laure à plusieurs reprises, durant les trois semaines qui viennent de s\u2019écouler.Elle est montée trois fois rue Jouffroy sans y rencontrer mon mari, parti à ses affaires.Lorsque, le soir, je lui apprenais sa visite, il ne paraissait pas trop regretter de n\u2019avoir point été là.Mais quand j\u2019ajoutais que Laure se plaignait de ne plus nous voir, il murmurait : \u2014 C\u2019est vrai.Il me semble que nous la délaissons un peu.\u2014 Rassurez-vous, elle ne se laissera pas oublier.Elle voulait que nous allions dîner chez elle après-demain, mais j\u2019ai répondu que nous étions pris.Mais oui, rappelez-vous.Vous m\u2019avez promis votre soirée.J\u2019avoue qu\u2019il m\u2019est arrivé d\u2019altérer la vérité.Mon mari en fut-il dupe ?Toujours est-il qu\u2019il n\u2019éleva jamais, la moindre objection.Enfin, sur une invitation plus pressante de ma soeur, je dus promettre que nous irions a son thé du vendredi.Jacques et elle devaient partir bientôt pour Deauville et ce serait, en somme, une réunion d\u2019adieu.Elle m\u2019avait reparle de son projet, mais j\u2019avais déclaré que, décidément, Georges et moi ne quitterions pas Paris.Maman avait approuvé et mon mari, questionné à ce sujet, avait répondu qu\u2019il s\u2019en remettait entièrement à moi.Aujourd\u2019hui encore, je suis stupéfaite de toutes ces victoires.Considérées avec du recul, mes initiatives m\u2019effraient un peu.Je me fais l\u2019effet d\u2019un être qui, sans le savoir, a couru un grand danger et qui, le comprenant plus tard, en éprouve une peur rétrospective.Vendredi donc, Laure nous reçut avec de grands témoignages d affection, nous combla d\u2019attentions, de prévenances.Douce, tendre et gaie, voilà telle qu\u2019elle nous apparut à nous trois.Maman s y laissa entièrement prendre.Pour moi, je n ai plus en Laure la confiance de jadis.Je sais .qu elle n\u2019agit pas par calcul mais par instinct.Hélas ! elle n\u2019en est pas moins dangereuse.A la dérobée, je considérais mon mari, me demandant quelles allaient être ses réactions devant un tel déploiement de charmes.A vrai dire, son attitude fut la.meme que précédemment :\til ne .résista pas au plaisir de parler seul à seule avec elle dans un coin du salon, tandis que maman, marraine et moi conversions avec M.et Mme Levallier.Puis mon beau-frère se montra, devançant de peu certains habitues des thés de Laure.Jean Berliz était parmi eux.Depuis son retour du Howald, ses visites rue Jouffroy s\u2019étaient faites plus rares.Je le lui reprochai affectueusement, tout en remarquant sa pâleur, l\u2019éclat plus fiévreux de ses yeux.\u2014 Je ne me sens pas très en train, avoua-t-il.Bientôt, j irai chercher près de vous la dose de courage dont j\u2019ai besoin.Elle est à peu près épuisée, acheva-t-il en souriant tristement.\u2014 Les vacances vont vous faire du bien.\u2014 Peut-être.ensuite, je serai malade à nouveau, je devrai repartir et la vie continuera ainsi jusqu\u2019à.____Oh ! Jean, vous si vaillant d\u2019ordinaire ! Eh bien, c\u2019est entendu, je vous attends.A nous deux, nous chasserons ces vilaines idées noires.Il me serra longuement la main, puis s\u2019en alla s\u2019incliner devant maman, qui l\u2019appelait.Je me tournai du côté de Georges ; il parlait toujours à Laure, mais je fut surprise de voir son regard fixé sur moi.Presque aussitôt, il détourna la tête, comme gêné.Peu après, ma soeur le quitta et il se rapprocha.Je feignis de ne point m\u2019apercevoir tout de suite de sa présence et poursuivis la cpnversation que je venais d\u2019engager avec Fred et Ginette Langlois.Tous deux me disaient combien ils regretteraient de ne pas nous voir à Deauville, car Laure les avait décidés à la suivre.\u2014 Toute notre petite bande se retrouvera là-bas.Il ne manquera que vous.\u2014 Nous avons d\u2019autres projets, dis-je d\u2019un air détaché.Mon mari s étaU engagé avant que Laure nous invitât.Pour la première fois, je m\u2019aperçus que je prononçais ces deux mots « mon mari » avec une certaine prétention.Sans le vouloir, j\u2019appuyais sur le possessif et les syllabes suivantes sortaient de mes lèvres avec une espèce d\u2019emphase dont, soudain j\u2019eus honte.\u2014 C\u2019est vraiment dommage ! murmura Ginette dont le regard se tournait vers Georges.\u2014 Marianne et moi n\u2019aimons pas beaucoup Deauville, déclara-t-il, en posant sa main sur mon épaule.Laure revenait vers nous ; elle vit ce geste et, durant l\u2019espace d\u2019une seconde, son visage se crispa bizarrement.Puis ses yeux cherchèrent ceux de mon mari :\t,\t, .__Vous avez là des maniérés bien petitement bourgeoises, semblait-elle dire.Je lisais aussi sur ses traits un certain étonnement.Mais, je le répété, cela fut bref comme un éclair.Tout de suite, le sourire reparut sur ses lèvres roses et sa voix avait 1 intonation qu\u2019il fallait lorsqu\u2019à son tour elle exprima ses regrets de n\u2019avoir pu nous convaincre.Cette fois, Georges ne répondit pas.Tout à l\u2019heure, durant leur aparté, ils devaient avoir épuisé ce sujet.Jusqu\u2019au moment de notre depart, Pour le thé, Mesdames ! \u2022» IM O cTo tflclo * O.td-'Ë \u2022> L *?\u2022 * d?¦> D ï® O O * S} -O No 4960 - Robe d\u2019une pièce pour demoiselle et dame.Tailles dans les demis .12% à 24%.Métrage requis pour grandeur 16% : 4V4 v.en 35\" ou 36 , v.en 39\"\" 3% v.en 44\" ou 45\", 2% v.en 54\".Entre-doublure : 1 v.en 25\", ,4 v.en 35 ou 36\".Prix 35/4 v.en 35 ou 36 , s \u2022 ,n 44\" ou 45\", 3y8 v.en 54\".Entre-doublure (filet ou marquisette) : k v.en 39 , ül'î V ETfl/i oUS ces \u2018s;Kss\\r,: rocurer ces patrons SIMPLICITY chez\tRevue Populaire\", Dominion Patterns ;rt^.:TiY^v!;uï^u^'V^toTo:idSi^sjab,tez^ Etats-Unis, adressez-vous i Simplicity Patterns.200 Madison Avenue, New York City, U.5.A. 36 La Revue Populaire Pour les plus jeunes SSliK 'tti/Xli mW îi zf*AS™?]Suÿiü * Æ**5« * 1 iStammv 'i;**-\u201c* \u2022»«if»\u2018j»V;ï:ï.No 4985 - Robe d\u2019une pièce pour fillette.Tailles 7 à 14.Métrage requis pou, grandeur 10: 2% v.en 35\u201d ou 36\u201d, 2% v.en 39\u201d.Contraste : % v.en 35\u201d, 36\u201d or 39 .Bordure de dentelle : 16% v.en %\" de largeur.Prix 35C No 4988 \u2014 Robe d\u2019une pièce pour enfant.Tailles grandeur 4 : 1% v.en 35\" ou 36\u201d, 1% v.en 39\".Col 36\u201d.Rick Rack : 7V* v.Prix 35f 1 à 6.Métrage requis pour contrastant : % v.en 35\" ou No 4989 \u2014 Robe pour enfant.Tailles 1 à 6.Métrage 2ys v.en 35\" ou 36\", 1% v, en 44- ou 45- prjx 35^ requis pour grandeur 6 : ï0,,4990^ ~,fa\"tal°n 61 Chemise \u201cWestern\u201d pour garçonnet.Applique comprise Tailles 4 a 12.Métrage requis pour grandeur 8, garniture au pantalon, à l\u2019empiècement et aux manches: 1% v.en 35\" ou 36\", 1% v.en 54\".Chemise et pocher du pantalon: 1% v.en 35\" ou 36\", 1% v.en 54\".Biais: % v.en 35\" ou 36\u201d.Cordon : 2% v.en Vs\" de largeur.Prix 35tf nfeî r/»V,y.VtlVv11111 m-!!:::; /}?\u2022,B ¦1 liilplii TOUS CES PATRONS SIMPLICITY SONT IMPRIMES EN FRANTaic «\u2022 procurer ces patrons SIMPLICITY chez le marrhnnd a ™aNÇAIS.Si vous ne pouvez vous montant requis, à ( adresse suivante Patrons de -l' 'o\t.\u2018°™a\u201ede2-les.a.ec le Co.Ltd., 74 Yorkvllle Avenu\" Toronto S Ont \u201e\u201e R?V\"* P°rula're ¦ Dominion Patterns à Simplicity Patterns.200 Modison Avenue, New* York \u2019cityMLS.A Et0*5'UniS' adresseI VOUS mon mari ne me quitta plus.Un instant, nous étant trouvés isolés, il me dit : Votre robe vous va à ravir.Ne trouvez-vous pas qu\u2019un collier dans le genre de celui de votre soeur l\u2019accompagnerait très bien ?\u2014\" Ea beauté de Laure s\u2019accommode de bijoux un peu voyants qui n\u2019iraient peut-être pas à la femme effacée que je suis ! \u2014 Vous avez tort de vous croire | moins jolie qu\u2019elle, Yane.Vous êtes différente, voilà, je l\u2019ai souvent dit à ma mère.Pour en revenir à ce collier.\u2014 Je préférerais que vous en choisissiez un selon votre goût personnel, dis-je en souriant.Je le porterais avec plaisir.Au moment de notre départ, Laure m\u2019embrassa distraitement.Par contre, elle garda la main de Georges dans les siennes un peu plus longtemps qu\u2019il n eut sans doute convenu.Elle continuait son jeu, l\u2019exagérait même.Peut-etre devinait-elle instinctivement que quelque chose était changé et que l\u2019avenir ne ressemblerait pas au passé.En tout cas, moi, je le sentais et j\u2019en éprouvais un pur bonheur que j\u2019avais toutes les peines du monde à cacher.Il était encore bien tôt pour me réjouir et je craignais à chaque instant de voir s évanouir le ravissant mirage apparu à mes yeux.Ce soir, ^Georges m\u2019a offert le collier promis.C\u2019est une simple fantaisie de jade dont je me suis parée.\u2014 Vous ne me saviez pas coquette! ai-je murmuré en quittant mon mi-I roir.\u2014 Mais vous devez l\u2019être ! répliqua-t-il.Ainsi, j\u2019aurai le plaisir de vous gâter un peu.\u2014 Je vous sais gré de vos intentions, mais n\u2019oubliez pas que nous devons etre raisonnables.Quand vous aurez trouvé une situation, je vous demanderai des tas de choses., J y compte bien.Au reste, j\u2019es-| pere que cela ne tardera plus.J\u2019ai rencontré tout à l\u2019heure un ancien camarade, Michel Froideau.Vous souvenez-vous de lui ?\u2014 Très bien.\u2014 Comme il m\u2019interrogeait, je lui exposai ma situation et il m\u2019affirma que c\u2019était le ciel qui m\u2019avait placé sur sa route.Son frère vient de monter une usine pour la construction de moteurs d\u2019avions, à Courbevoie.Il recherche des collaborateurs sûrs et capables.Michel m\u2019a donné un mot pour lui et je dois aller le voir dès demain matin.Fut-ce le souvenir de la sympathie que M.Froideau et moi éprouvions 1 un pour l\u2019autre qui, cette fois, força mon espoir ?Je ne puis le dire, mais je m écriai : Oh ! je sens que vous réussirez.Je n\u2019ose encore y croire.\u201e Quelque chose m\u2019affirme que vous etes dans la bonne voie ! Surtout, ne manquez , pas ce rendez-vous.-7\"! J?n aura* garde.Ah ! j\u2019oubliais.Michel avait appris notre mariage en revenant d\u2019un voyage qu\u2019il fit en Espagne.Il m\u2019en félicita avec une chaleur dont je fus tout surpris.Il vous avait beaucoup appréciée, je crois.Il me demanda de vos nouvelles, mais parut oublier complètement votre soeur.Cela n\u2019a pas beaucoup d\u2019importance, déclarai-je vivement.L\u2019essentiel est que son aide soit efficace et que vous en terminiez avec toutes ces recherches épuisantes.Or, je vous le répète, j\u2019ai beaucoup d\u2019espoir en la recommandation de M.Froideau.\u2022 Je ^ suis encore bouleversée de ce qui s\u2019est passé hier, après le départ de Jean qui, selon sa promesse, était venu me rendre visite.D abord, pendant le déjeuner, Georges^ nous avait conté, à maman et à moi, son entrevue avec le directeur de 1 usine de Courbevoie.M.Louis Froideau est un homme encore jeune qui après s\u2019être contenté de jouir des revenus d\u2019une fortune respectable, vient de se décider à monter cette affaire pour laquelle il se passionne.Tout de suite, mon mari et lui ont sympathisé et, des à présent, Georges peut se con- sidérer comme agréé.Il nous dit quelle joie il a éprouvée de ce succès et, sans attendre, j\u2019allai chercher marraine pour lui faire part de la bonne nouvelle.Vers trois heures, Georges est reparti pour Courbevoie ou M.Froideau réunissait ses futurs collaborateurs.Il voulait conférer avec eux, leur donner des directives générales, bref s\u2019assurer que tout le monde était d\u2019accord avec lui.Marraine demeura encore un instant près de nous ; puis elle nous quitta à son tour, ayant à faire.Comme à son habitude, maman passa dans sa chambre.A peine etais-je seule que Victorine vint m\u2019annoncer la venue de Jean.Je le rejoignis au salon.Il était encore plus pâle que lors de sa visite chez ma soeur.Ses yeux semblaient s\u2019être agrandis et tout son visage révélait une intime souffrance dont je fus bouleversée.Eh bien, mon ami Jean, comment allez-vous ?fis-je en m\u2019efforçant de cacher mon émoi.\u2014 Mal, répondit-il tristement.Ah ! Marianne, Dieu n\u2019a pas pitié de moi.Après m avoir fait espérer la guérison, il me replonge dans mes misères.Je tousse à nouveau et la fièvre m\u2019épuise.\u2014 N\u2019avez-vous pas fait quelque imprudence ?\u2014 Je vous assure que non.Je suis meme honteux de me soucier ainsi toujours de moi.Il ne se passe pas une heure où je ne me préoccupe d\u2019un médicament à prendre, d\u2019un vêtement a changer selon la température.Je ressemble à ces vieillards qui ne vivent plus que dans la crainte de la maladie.Allons Jean, ne désespérez pas ainsi.Je comprends qu\u2019à la fin, cela vous lasse.Mais vous savez bien qu\u2019en suivant les prescriptions des docteurs, vous obtenez toujours du mieux.Vous reagissez merveilleusement aux traitements.C\u2019est pour cela qu\u2019il vous faut reprendre courage.\u2014 Hélas ! je suis jeune, Yane, et c\u2019est la vie que je porte en moi qui dépasse mes possibilités.J\u2019ai besoin de me remuer, de me distraire et je ne le puis.J ai essayé de me créer des occupations calmes, paisibles.Je lis, j\u2019écris.Mais ce sont là des plaisirs négatifs qui ne m\u2019apportent pas le complet oubli auquel j\u2019aspire.Vous voyez, je ne parle même plus de bonheur.ache-va-t-il.et pourtant.je pense parfois a la femme que j\u2019aurais pu épouser.Comme je le regardais, n\u2019osant l\u2019interroger, il dut lire ma question dans mes yeux car il murmura après une courte hésitation : \u2014 Non, Marianne, je n\u2019ai pu oublier Laure.Mon pauvre Jean ! Ceci ajoute encore à vos souffrances.Peut-etre pas.Quand je la vois, u me semble être plus heureux.Si elle ne paraît guère faire attention à moi, j ai le souvenir d\u2019une conversation que nous avons eue tous les deux et au cours de laquelle elle se montra si bonne.C\u2019est toujours de là que partent mes rêves.Même si elle ne pensait pas ce qu\u2019elle m\u2019a affirmé, elle a bien fait de me le dire.C\u2019est à peu près le seul moment d\u2019enthousiasme de ma vie et je le dois à la femme que j aime.Ce sont de pauvres consolations, n\u2019est-ce pas ?Mais il faut bien que je m\u2019en contente.\u2014 A.h ! Jean, comme vous avez dû souffrir ! m exclamai-je comme malgré moi.,\t3e possède au moins ce souvenir repéta-t-il.Mais sa voix sombrait, sa pâleur s accentuait.Je ne sais comment cela se fit mais soudain, sa tête fut sur mon épaulé et il se prit à sangloter.Tout d abord, je le laissai faire, comprenant de quel poids les larmes pouvaient soulager son pauvre coeur.Puis je me mis à parler doucement, lui prodiguant les consolations que m\u2019inspiraient également l\u2019affection et la pitié.Il pleurait toujours, mais ma voix berçait sa peine et il demeurait là, blotti contre moi, ainsi qu\u2019un tout-petit qui se plaint et cherche un abri.Ce fut à ce moment que, sans frapper, Georges ouvrit la porte.Interdit, Jean se redressa.Quant à moi, tournant la tête, je fixai sur mon Montréal, janvier 1955 37 mari un regard surpris.Il eut une légère hésitation, puis entra et fit quelques pas vers nous.Déjà, Jean, refoulant ses larmes, lui tendait la main.\u2014\tBonjour, fit Georges en 1 effleurant.Eh bien, que se passe-t-il ?\u2014\tOh! une chose très simple, répondit Jean.Je racontais mes misères à Marianne et elle me consolait, comme cela lui arrive souvent.Il me sembla qu\u2019il n\u2019éprouvait aucune gêne ; en tout cas, celle-ci était très légère et il s\u2019efforçait de la dissimuler.Georges était mon mari, Jean l\u2019associait sans doute à moi dans sa pensée et jugeait qu\u2019il pouvait lui faire partager ses douloureux secrets.\u2014 Et.elle y a réussi ?questionna Georges d\u2019un ton que je trouvais plein de sécheresse.\u2014 Mais.à peu près, hésita Jean qui, sans doute, avait senti la nuance.Au reste, il poursuivit après une seconde de silence : vous trouvez peut-être que je ne suis guère courageux et que me plaindre manque un peu d\u2019allure.Vous avez raison, mais je vous avoue qu\u2019il est des jours où j\u2019ai vraiment besoin d\u2019un appui moral.Ma grand-mère est vieille et je m\u2019en voudrais de la tourmenter.D\u2019autre part beaucoup ne me comprendraient pas.Je suis donc seul, vraiment seul.Voilà pourquoi je viens quelquefois conter mes peines à Marianne.Mieux que personne, Georges, vous connaissez son coeur et savez combien elle peut être consolante.Lorsque je la quitte, il me semble avoir fait une provision de soleil.Il se tut ; à nouveau, son menton tremblait, ses lèvres se crispaient, des larmes montaient à ses yeux soudain cernés de mauve.Georges, qui s\u2019était laissé aller dans un fauteuil, alluma une cigarette : \u2014 Toutes ces explications sont superflues, mon cher Jean, répliqua-t-il en jetant le tison au fond d\u2019un cendrier.Marianne est libre de recevoir vos confidences.Je m\u2019excuse de vous avoir interrompus mais, en descendant tout à l\u2019heure, j\u2019ai trouvé un pneumatique de M.Louis Froideau, poursuivait-il, s\u2019adressant à moi cette fois.Il décommandait le rendez-vous qu il m\u2019avait fixé ce matin.Cette réunion n\u2019aura lieu que demain, à la même heure.« Mais j\u2019avais besoin de cigarettes ; je suis allé en chercher et, comme je revenais, j\u2019ai rencontré maman qui sortait d\u2019ici.Je l\u2019ai accompagnée jusque chez elle, nous avons un peu bavardé et me voilà.Il fait une joumee superbe et, me trouvant libre, j\u2019allais vous proposer de venir faire une pro-nenade.» Il parlait d\u2019une façon nerveuse, saccadée.J\u2019avais tout d\u2019abord supposé qu\u2019il avait été ennuyé par ce pneumatique mais, rapidement, j\u2019avais compris que je faisais fausse route.Quelque chose d\u2019autre avait déplu à Georges.Jean se retira bientôt en me remerciant encore une fois.Puis il serra la main de mon mari qui le reconduisait.Je restai seule une minute ; sans savoir pourquoi, je ne me sentais pas aussi calme que d\u2019habitude.L\u2019arrivée de mon mari, ses propos, son attitude avaient créé une ambiance qui m\u2019oppressait.Il rentra enfin et je m\u2019informai :\t, \u2014 Alors, je vais m\u2019habiller ?J en ai pour cinq minutes.\u2014 J\u2019ai changé d\u2019avis, Marianne, coupa-t-il.Si cela ne vous ennuie pas, nous resterons ici.J\u2019en profiterai pour finir une étude commencée hier soir et dont je pourrai avoir besoin dans mes nouvelles fonctions.\u2014 Très bien ! dis-je docilement.Peu après, nous nous retrouvions dans le bureau-bibliothèque, Georges assis devant la table de travail où il avait étalé ses documents, moi penchée sur une broderie, près de la fenêtre ensoleillée.A nous voir ainsi, on eût dit un couple parfaitement uni.Combien de fois, au cours de mes rêveries de jeune fille, avais-je imaginé ce tableau paisible.Il écrivait d\u2019une plume active, puis je l\u2019entendais tourner la page d\u2019un livre.Il fumait encore et cela me surprenait un peu car, d\u2019ordinaire, il ne faisait pas si grand usage de ciga-rettes.A la fin, il jeta son stylo et cela si brusquement que le petit objet roula à terre.J\u2019allai me lever pour le ramasser mais Georges me devança : \u2014 Merci, ne vous dérangez pas.Sa voix était brève, nerveuse.De l\u2019entendre me replongea instantanément dans l\u2019atmosphère bizarre qui, après le départ de Jean, m avait enveloppée un instant.Oui, quelque chose n\u2019allait pas ! Inquiète, mal à l\u2019aise, je tournai la tête vers mon mari.Son regard pesait sur moi, lourd, profond.\t.\u2014 Eh bien, Georges ?balbutiai-je, surprise.\tr , Sa bouche se contracta légèrement, puis il déclara : \u2014 Je crois que je suis revenu un peu tôt, tout à l\u2019heure.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Que j\u2019ai bien mal à propos interrompu votre petite scène.Je ne savais pas que vous étiez devenue la consolatrice de Berliz ! Il est vrai que vous avez toujours été de grands amis.Laure ne s\u2019était-elle pas imaginée que vous finiriez par vous marier, tous les deux ! Maintenant, je comprends pourquoi elle parlait ainsi.L\u2019amitié que vous témoignez à Jean permettait de faire cette supposition.\u2014 Nous avons toujours eu beaucoup d\u2019affection l\u2019un pour l\u2019autre, répliquai-je, déconcertée.Voyons, Georges, vous ne l\u2019ignorez pas ! \u2014 Bien entendu, il y a longtemps que j\u2019ai constaté combien vous sem-bliez heureux de vous retrouver.Tenez, vendredi dernier, je vous ai observés.Tandis que vous le regardiez, votre sourire se faisait si tendre.Quant à lui, il semblait boire vos paroles.Lorsqu\u2019il a dû se séparer de vous, il l\u2019a fait avec peine.Aujourd\u2019hui, il est parti plus désolé encore, ayant sans doute espéré un long moment de tête-à-tête.A l\u2019heure qu\u2019il est, il doit terriblement m\u2019en vouloir.\u2014 Vous parlez comme si vous ne connaissiez pas Jean, murmurai-je, n\u2019osant encore comprendre où il voulait en venir.Il serait resté davantage si vous n\u2019aviez pas annoncé que vous vouliez sortir.\u2014 Mais je ne tenais pas du tout à ce qu\u2019il s\u2019incruste ici, déclara-t-il en se levant.Jamais je ne l\u2019avais vu ainsi.Il semblait hors de lui.Son visage crispé révélait que des sentiments l\u2019agitaient.Ses claires prunelles semblaient lancer des éclairs.Les mains au fond des poches, il commença une longue et silencieuse promenade à travers la pièce.J\u2019étais mal préparée à une semblable scène.Immobile, j\u2019étais sans voix et presque sans pensées.Enfin, il s\u2019arrêta devant moi : \u2014 Pourquoi ne me diriez-vous pas la vérité?lança-t-il.Vous 1 aimez ?\u2014 Qui, Jean ?Mais naturellement, balbutiai-je.\u2014 Alors, pourquoi m\u2019avez-vous épousé ?cria Georges en se remettant en marche.Vous auriez dû suivre le conseil de votre soeur ! \u2014 Je n\u2019ai jamais pensé à devenir la femme de Jean, protestai-je.Nous avons l\u2019un pour l\u2019autre une affection fraternelle, infiniment pure.Elle le console de bien des choses.Quant à moi, j\u2019avoue que, souvent, elle m a également réconfortée, achevai-je dans un souffle.\u2014 La mienne ne vous suffisait pas .fit Georges, sardonique.\tt \u2014 Pourquoi l\u2019une exclurait-elle l\u2019autre ?\u2014 Vous me mettez donc au meme rang que lui ?N\u2019avez-vous qu\u2019une qualité d\u2019affection à offrir à votre mari et à vos amis ?\u2014 Mon mari m\u2019a-t-il demande davantage ?répondis-je en me mettant debout à mon tour.Voyons, Georges, avez-vous vu en moi autre chose qu\u2019une amie, qu\u2019une confidente ?Jamais vous ne vous êtes occupé de ce que je pouvais penser ! \u2014 Je reconnais que j\u2019ai eu tort.Si je vous l\u2019avais demandé, vous m auriez sans doute répondu que j\u2019étais pour vous un ami comme d autres peuvent l\u2019être, comme Jean, par exemple ! Son ton, encore plus que ses paroles, me blessa jusqu\u2019au plus profond de moi-même.Peu à peu, une revolte, I une indignation inconnues montaient en j moi.Je répliquai, sans prendre le j temps de contrôler mes phrases : \u2014 Certainement, car tous deux, vous j avez sollicité de moi le même service.] Comme vous, Jean aimait Laure de tout son coeur, de toutes ses forces.Comme vous, le mariage de ma soeur l\u2019affligea cruellement.Comme lui, vous avez cherché refuge auprès de moi.Oh ! je l\u2019ai bien compris, allez.; Dans votre esprit, je n\u2019étais bonne qu\u2019à apaiser les souffrances qu\u2019une autre vous avait causées.Mais tandis que vous agissiez sans prendre la peine de de-viner mes véritables sentiments, Jean j s'efforçait de me comprendre.En devenant votre femme, je savais que vous | ne m\u2019aimiez pas, que vous ne m aimeriez jamais.Mais j\u2019estimais que ^ j e pouvais remplir près de vous un rôle plein de grandeur, vous être utile^ en un mot et c\u2019est Jean, Jean lui-meme qui, approuvant ma conduite, m\u2019engagea à accepter.Au contraire, Laure me fit entrevoir tous les risques d\u2019une pareille union.Mieux que personne, ,ielle savait que je ne serais guère heureuse, dans le sens où toute femme a le droit de l\u2019être.Si je vous épousais, ce serait tant pis pour moi car notre mariage ne l\u2019empecherait pas de cultiver l\u2019amour qu\u2019elle vous a inspire.Y a-t-il quelque chose dans tout ceci qui ne soit pas la vérité ?Vous ai-je jamais reproché de ne songer qu a Laure, tout en étant mon mari?Je me tus, hors d\u2019haleine.Georges me considérait avec stupeur.Sa colère brusquement tombée, je le voyais frémir à chacune de mes paroles.__Jean vous comprend donc mieux que moi ! \u2014 Je le crois.Son amour pour Laure égalait le vôtre, mais il a su parfois s\u2019en évader pour regarder autour de lui.Voilà pourquoi, tout à l\u2019heure, je vous disais que son affection m a parfois réconfortée.\u2014 Vous en aviez donc besoin ?demanda-t-il, amer.\u2014 Certainement.Le rôle que j\u2019assume auprès de vous est singulièrement ingrat, décevant.Vos progrès vers l\u2019oubli sont insignifiants.\u2014 Vous vous êtes plainte à Jean?.\u2014 Ne craignez rien de pareil.Mais il a deviné bien des choses.\u2014 Lesquelles, par exemple ?Il se penchait vers moi et son regard s\u2019appuyait sur le mien qui ne se détournait pas.Pourtant, j\u2019avais envie de fuir, de me retrouver seule pour pleurer à mon aise.Comme il insistait, je murmurai :\t.,\t, __Qu\u2019en vous épousant, j\u2019esperais trouver plus rapidement le chemin de votre coeur ; mais celui-ci est encore plein du souvenir de Laure et je n\u2019ai pu y tracer ma route.Brusquement, Georges me prit les mains, et m\u2019attirant à lui : \u2014 Le vôtre, Yane, de quels sentiments est-il habité ?\u2014 Des plus naturels.J\u2019ai toujours désiré arriver au bonheur par les voies les plus simples.\u2014 Expliquez-moi.\t., \u2014 Pas ce soir, Georges.Ayez pitié de moi, je suis brisée ! Il me regarda longuement puis, hochant la tête : \u2014 Pardonnez cette scène ridicule.En vous voyant si bonne pour ce malheureux Jean, je me suis senti jaloux de l\u2019affection que vous lui témoigniez.C\u2019est stupide, mais j\u2019ai eu la sensation que vous m\u2019en retiriez un peu pour lui en donner davantage.\u2014 N\u2019ayez pas de ces inquiétudes, fis-je tristement.Vous en avez encore plus besoin que lui et je sais ce que je vous dois ! \u2014 Ah ! Marianne, gémit-il, je suis bien à plaindre ! \u2014 Le suis-je moins ?Moi qui pensais posséder votre estime, voilà qu\u2019à présent, vous me soupçonnez de je ne sais quelle trahison ! Enfin, j\u2019espère que vous m\u2019avez comprise et que vous chasserez de votre esprit toutes ces pénibles choses.\u2014 Je vous en donne ma parole.\u2014 Merci.Maintenant, permettez que je vous laisse seul.Je veux réfléchir, me reprendre, tout cela était si inattendu.Il me lâcha comme à regret et je '°BLANC** £ °* PAN y.com1 EXIGEZ CHAQUE FOIS la marque \u2018Vaseline\u2019 1 Ne vous contentez pas d\u2019un succédané.La gelée de pétrole pure qu\u2019il vous faut porte toujours la marque de commerce Vaseline .Exigez-la! Aucune imitation ne vaut l\u2019original.DETECTIVES .Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE, Dépt.5, C.P.11.Station Delorimier Montréal, Qué.Un cadeau tout trouvé Inutile de se creuser la tête.Le (i cadeau d\u2019un abonnement de deux îf années à La Revue Populaire fera % la joie de tous vos parents et amis, jf l non pas une fois, mais 24 fois en % 2 ans.Remplissez le bulletin ci-dessous et la personne à qui vous * voulez faire plaisir recevra sa « Re- 1 j j vue Populaire » tous les mois.CM \u201cC* 38 §3§nai notre chambre ou je nVenfer\u2014 mai.\u2022 Paris s est vidé d\u2019un grand nombre de ses habitants.Laure et Jacques sont partis pour Deauville, entraînant a leur suite leur petite escorte.Maman se réjouit de vivre de longs jours de tranquillité, dans la pénombre de sa chambre close.Georges a pris son service à l\u2019usine de Courbevoie et se montre fort satisfait.Marraine vient nous voir souvent et me comble de gâteries.Elle pense que toutes les joies de mon mari viennent de moi et ne sait comment me prouver sa reconnaissance.Jean est revenu me voir deux fois.A la première de ses visites, il me semblait quelque peu préoccupé.Sans paraître m'en apercevoir, je lui contai le plus naturellement du monde combien Georges avait été impatient de conclure le contrat qui le liait maintenant à la firme de Courbevoie.Je lui expliquai que, pendant quelques jours, mon mari n\u2019avait pas été lui-même.\u2014 Je comprends, a murmuré Jean.Et son visage s\u2019est éclairé.Avant-hier, un mot de sa grand-mère nous a appris qu\u2019il avait dû s\u2019aliter.Pauvre Jean ! Quelles doivent être ses pensées à cette heure ! Si Georges y consent, nous irons le voir samedi après-midi, tous les deux.Il n\u2019a plus été question, entre mon mari et moi, de la scène qui nous a divises.Mais il se montre plus tendre, plus affectueux, comme s\u2019il voulait effacer de mon esprit tout souvenir pénible.Un matin, tandis que nous déjeunions, je ne sais à quel sujet la conversation tomba sur Laure : \u2014 Il y bien longtemps qu\u2019elle ne m a appelée « chrysalide », fis-je remarquer.Ce mot parut impatienter mon mari.Secouant énergiquement la tête, il riposta nettement : \u2014 Laissez donc Laure où elle est.Elle ne vous a jamais rendu justice, cela parce que vous ne lui ressemblez pas., Vous savez bien que pour elle, il n existe qu un seul genre de beauté, le sien ! Comme je le regardais, saisie, il poursuivit en riant : t ~ vous étonne ?Parce que je I\tai admirée longtemps, j\u2019ai l\u2019air de me renier moi-même ! Eh bien, je reconnais que je n\u2019étais alors qu\u2019un pauvre sot ; oui, je me suis conduit comme un collégien.Heureusement, j\u2019ai vieilli.\u2014 Tellement ?J ai surtout évolué.rectifia-t-il, pensif.Lorsque je songe à ce que j\u2019ai ete, j\u2019éprouve une stupeur.immense ! Comment ai-je pu m\u2019abuser à ce point ?\u2014 Auriez-vous écouté la voix de « ma » raison ?\u2014 De votre affection, surtout, Yane ! Cette fois encore, je n\u2019osais poursuivre mais je me sentais sur le bon chemin dont j avais si longtemps cherché le début.Hier, Georges m\u2019a annoncé que M.Louis_ Froideau avait décidé qu\u2019à tour de rôle, ses collaborateurs pourraient prendre une semaine de repos à partir de la mi-septembre.Où pourrions-nous passer ces huit jours ?Vous réfléchirez, n\u2019est-ce pas Yane ?\t\u2019 C est promis.Si vous le pouvez, choisissez octobre, ai-je ajouté.\u2014 Vous avez déjà une idée?\u2014 Peut-être.\u2014 Bien, je n\u2019insiste pas.Oui, j ai une idée.Octobre est encore loin et tant de choses peuvent advenir d\u2019ici là.\u2022 Qu\u2019allais-je écrire, hier soir, lorsque Georges s\u2019est montré ?Je ne m\u2019en souviens plus ! II\tétait beaucoup plus tôt que de coutume et, après avoir donné à Vic-to,r,'ne mes ordres pour le dîner, je m étais assise devant mon secrétaire, ce cahier ouvert devant moi.Mon mari ayant sa clef, je ne l\u2019entendis pas pénétrer daps l\u2019appartement.Pourquoi était-il ainsi en avance ?Je n\u2019eus pas le temps de le lui demander.Je l\u2019aperçus, poussai un cri, me levant vivement, fermai mon cahier que je glissai dans mon tiroir.Plus tard, trop tard, je réalisai combien tous ces gestes avaient été maladroits, inopportuns.Cependant, Georges s\u2019avançait.Il tenait un léger carton qu\u2019il m\u2019offrit en me souhaitant le bonsoir.\u2014 Encore une gâterie ! Vous allez vous ruiner pour moi ! plaisantai-je en ouvrant la boîte.Elle contenait un bouquet de violettes de Parme d\u2019un mauve atténué.Tout de suite, je fus enveloppée de leur parfum que décuplait la douceur de cette belle soirée.\u2014 Elles remplaceront ces oeillets fanes, déclara-t-il en s\u2019approchant de mon secrétaire.; N°n.non, je les garde encore! m exclamai-je vivement.Venez, je vais mettre les violettes sur votre table de travail.Il me suivit, non sans avoir jeté un regard curieux dans le tiroir imparfaitement repoussé.Je ne pus m\u2019empêcher de penser que les maris sont parfois bien indiscrets.Mais j\u2019espérais qu\u2019il oublierait vite ce cahier que je lui avais sottement signalé par ma maladresse.Tandis que j\u2019arrangeais les fleurs, il se mit à me considérer attentivement.Sous son regard, je me sentais perdre contenance ainsi qu\u2019une coupable.Pourtant, ma conscience était parfaitement tranquille ; seule, la façon dont il m\u2019examinait causait mon malaise.C\u2019est qu\u2019aussi, Georges ne semblait pas naturel et je finissais par le tiroir de ce bureau.Tenez, le voici.De sa main demeurée libre, il saisissait l\u2019agenda en question et l\u2019ouvrait à la page que marquait le buvard.Mes achats de la journée s\u2019y trouvaient détaillés et Georges les parcourut d\u2019un coup d\u2019oeil.Ah ! Marianne, fit-il en souriant, vous voici prise en flagrant délit.de dissimulation ! Vous avez un secret pour votre mari.Que peut bien contenir ce cahier?A vrai dire, il m\u2019intrigue depuis longtemps.\u2014 Vous connaissiez son existence ?\u2014 Oui, je l\u2019ai aperçu à plusieurs reprises.Oh ! sans le vouloir, croyez-le bien.Tenez, notamment un soir, pensant que je dormais, vous vous êtes levée et, sans bruit vous vous êtes installée devant votre secrétaire.Pendant dix minutes environ, vous avez écrit _ d\u2019une plume diligente.Ayant risqué un regard, je vous vis ensuite ranger ce cahier.Vous aviez, pour ce faire, les gestes d\u2019un avare qui cache son trésor.Cela me frappa mais à ce moment \u2014 c\u2019était au tout début de notre mariage \u2014 je n\u2019avais pas les memes curiosités que maintenant.Je ne vous affirmerai pas que je croyais vous connaître mais, pour une raison que vous n\u2019ignorez pas et dont j\u2019ai honte a présent, vous ne suscitiez pas chez moi l\u2019intérêt que je vous porte aujourd\u2019hui.Tout ceci pour vous expliquer pourquoi je ne vous posai aucune question concernant ce cahier.La Revue Populaire femme que j\u2019imaginais.Vous avez une vie intérieure intense.Vos poèmes doivent en être le reflet.Encore une fois je ne puis vous montrer ce cahier ! Pourquoi ne voulait-il pas comprendre .Non, je ne pouvais étaler sous ses yeux les secrets de ma jeunesse, cette histoire de mon coeur jetée sur le papier aux heures de découragement ou d\u2019espoir.Et puis, il y avait des choses que je désirais lui laisser igno-rer.toujours ! En se retrouvant tel qu il avait été, que je l\u2019avais vu, il pouvait en éprouver tant d\u2019humiliation ! Parfois, il avait été si loin du Georges réel.Non, je ne voulais pas qu il s en souvînt ! Tandis que ces pensées traversaient mon esprit, il réfléchissait, le visage serieux et ses yeux, ses yeux fascinants, ne me quittaient pas.~ Pourtant, il le faut, déclara-t-il enfin.\u2014 Je vous en prie, n\u2019insistez pas! Dois-je alors employer certains arguments que vous comprendrez facilement mais qui, peut-être, vous froisseront.Tout ce que vous direz ne me fera pas revenir sur ma décision.\u2014 Ecoutez-moi bien, Marianne.Ce cahier est la seule chose qui nous sépare encore.Je vous donne ma parole que tout le passé est aboli, que mon souvenir^ est libéré, que mon coeur est guéri.C est vous qui avez fait ce miracle.A votre contact, je suis devenu un autre homme.Nous sommes tous deux au seuil d\u2019une vie nouvelle.Mais ce cahier, lui, fait encore partie du passé.Quand un être jeune comme vous traduit en vers ce qu\u2019elle ressent, il commence fatalement par se raconter.\u2019On peut retrouver dans ses rimes les joies, les douleurs qu\u2019il a connues.Tandis que je vivais ainsi qu\u2019un égoïste, que pensiez-vous ?Quelles étaient vos réflexions ?Qu\u2019attendiez-vous enfin ?Voilà ce que je serais curieux de savoir.Tandis qu il parlait, je m\u2019étais laissée tomber dans le fauteuil de cuir placé devant la table ; enfin, j\u2019avais pu détacher mon regard du sien.Mais je le sentais penché sur moi et continuant à me contempler avidement.Je crus avoir trouvé le moyen de sortir de cette impasse : Ecoutez, Georges, vous avez dit une chose exacte en affirmant que ce cahier appartient au passé.Mais, comme d autre part, vous jugez celui-ci effacé, je vais vous proposer la seule solution qui me paraisse raisonnable.\u2014 Et c\u2019est ?\u2014 De détruire ce recueil qui, je ne le nie plus, contient ce que j\u2019appellerai « mes divagations de petite fille ».Je vous assure qu\u2019il est bien inutile que vous en preniez connaissance.Vous seriez très déçu.Je me faisais suppliante, persuasive.Aussi ne puis-je réprimer un soupir de soulagement en entendant Georges répondre au bout de quelques secondes : \u2014 Eh bien, soit, brûlons-le dès ce soir.Laissez-moi ce soin.Demain, ce sera fait.Pourquoi ne pas m\u2019accorder cette satisfaction dès maintenant ?Tenez, nous allons allumer du feu dans la cheminée.Vous voulez bien *?Comme tout à l\u2019heure, je le sentais buté, animé d\u2019une volonté encore plus forte que la mienne.Je cédai et déclarai en me levant : \u2014 C\u2019est entendu.Je vais le chercher.Déjà, il jetait quelques papiers dans la grille ; lorsque je revins, une flamme claire s\u2019élevait vers laquelle je marchai tout droit, Georges me regardait faire.Sans hésiter, je lançai mon cahier dans le brasier.Mais brusquement, mon mari étendit la main : \u2014 Oh! que faites-vous?Vous m\u2019aviez promis.\u2014\tRien, Marianne ! Ne m avez-vous donc pas comprise ?criai-je, éperdue.\u2014\tJ\u2019ai le droit de savoir.Non, non.Tout ce que j\u2019ai écrit la date du temps où vous n\u2019étiez pas mon mari.J\u2019étais libre de faire ce que je voulais, de penser ce qui me AIR FRANCE 166,467 milles de lignes aériennes sur lesquelles ont voyagé un million et demi de passagers, 205 escales réparties dans 73 pays et sur tous les continents : c est le reseau de la Compagnie Air France.Un P3™ C0I\"Prenant 70 quadrimoteurs qui comptent parmi les plus modernes et les plus réussies des réalisations de la technique aéronautique mtemanona e .Super-Constellation, Constellation, Douglas américains, flotte d\u2019Air FrencT™13lseurs anglais\u2019 Bré9uet-Provence français : c\u2019est la °cs ateliers d\u2019entretien et de révision, équipés des machines et des bancs d essai les plus perfectionnés, dont la valeur a été officiellement reconnue par la Civil Aeronautic Administration américaine : plus de 4 000 ingénieurs et techniciens y travaillant et ayant pour devise « Tout appareil t sT ^?nCaqU1 s envoIe est un appareil neuf » : ce sont les centres indus-triels d Air France.-\tnavigants\u2019 dont beaucoup ont dépassé les 5,000, 10,000 et meme 15,000 heures de vol, et qui, malgré leur valeur professionnelle, sont soumis régulièrement a des stages d\u2019entraînement et de perfectionnement à des épreuves et a des contrôles constants : ce sont les équipages d\u2019Air France Des agences de vente réparties dans le monde entier, un personnel commercial renomme pour son amabilité et sa compétence, des services adaptes aux exigences de toutes les catégories de passagers, des centres hôteliers assurant la préparation d\u2019une cuisine réputée, un personnel atten-tit et courtois : c est 1 organisation commerciale d\u2019Air France.Trente-cinq ans d\u2019expérience, d\u2019études méthodiques, de progrès commerciaux et techniques ont abouti à la création d\u2019une organisation mondiale qui offre pour le transport des passagers et fret des possibilités uniques : Air France me demander quelle bizarre pensée lui était passée par l\u2019esprit.\u2014 Eh bien, murmurai-je, vous ne dites rien ?\u2014 Je cherche à comprendre quelque chose, me répondit-il en me fixant intensément encore.Si vous vouliez satisfaire ma curiosité je vous en serais très reconnaissant.\u2014 Que voulez-vous savoir ?questionnai-je en emportant le vase que je venais de garnir vers la table de travail.Ainsi je m\u2019éloignais de lui et sans savoir pourquoi cela me fut un soulagement.Mais il me rejoignit et, me prenant la main : \u2014 Yane, dit-il avec hésitation, quand je suis entre, tout a l\u2019heure.vous écriviez ?\u2014 En effet.Je me sentais pâlir mais m\u2019efforçais de faire bonne contenance.Une fois de plus, je me reprochais ma précipitation à cacher ce maudit cahier.Vous faisiez votre correspondance ?\u2014 Non.\u2014 Alors, c\u2019était ?.\u2014- J inscrivais mes dépenses, affirmai-je, pensant avoir trouvé la bonne réponse.\u2014\tSur ce registre à couverture bleue ?\u2014\tMais oui.Je croyais que vous les portiez sur un agenda noir qui se trouve dans Depuis, j\u2019ai bien changé et j\u2019attendais avec assez d\u2019impatience l\u2019occasion de vous en parler.Ce soir, je me hasarde.,\u2014Mais ü n\u2019a aucune importance, m exclamai-je.\u2014 J\u2019aimerais cependant le voir, déclara mon mari avec entêtement.\u2014 Vous serez très déçu.\" Ea moindre de vos actions ne saurait me laisser indifférent.\u2014 Et si je refusais de vous le montrer ?Je renonçais brusquement à tergiverser car je sentais que Georges n\u2019abandonnerait pas facilement son idée.Je suis votre mari, murmura-t-il sans élever la voix.A ce titre, j\u2019ai le droit de savoir.\u2014 Vous exigeriez ?\u2014 Oui.\u2014 Mais vous êtes terrible ! Dois-je vous rendre compte de tout ce que je fais ?* Certainement.Allons, Marianne, ne faites pas 1 enfant.Au fond, je crois deviner ce que contient ce cahier.Jadis, Laure m\u2019a confié que vous taquiniez la muse.Si vous avez réuni vos productions sur ces pages, j\u2019aimerais les connaître.¦\u2014 Pour vous moquer de moi ?\t\u2022 \u2014 Non, Yane, répondit-il gravement.Votre personnalité m\u2019attire étrangement depuis quelque temps.J\u2019ai compris que vous n\u2019étiez pas tout à fait la Montréal, janvier 1955 39 semblait bon.Ah ! Georges, ce que vous faites est déloyal.Je cherchai à lui ravir mon bien mais il me repoussa avec violence : \u2014\tJugez-moi comme il vous plaira.Je veux savoir à « qui » vous consacriez vos pensées.Si j\u2019avais pu prévoir votre obstination, il y a longtemps que j\u2019aurais consulté ce cahier sans vous le dire.Cela nous aurait évité cette scène pénible.\u2014\tMais enfin, pourquoi voulez-vous savoir ?\u2014 Parce que je vous aime, Marianne, et que je suis jaloux, terriblement jaloux.Vous pouvez penser que je suis illogique et qu\u2019il est anormal de ressentir de la jalousie envers vous que j\u2019ai si longtemps méconnue.Mais c\u2019est ainsi et rien ne peut changer à ce qui m\u2019arrive.Voilà pourquoi je lirai ce cahier.J\u2019en souffrirai sans doute mais je saurai.Il posa mon journal sur le bureau et s\u2019assit en l\u2019ouvrant.Puis il se pencha et parcourut vivement les premières pages.Je n\u2019en pus voir davantage.Ainsi qu\u2019une folle, je quittai la bibliothèque et courus me jeter sur mon lit.J\u2019avais le cerveau vide mais mon coeur en révolte battait à tout rompre.Six heures sonnèrent.En pensant à ce que mon mari était en train de faire, j\u2019éprouvais une telle honte que j\u2019aurais voulu mourir.Comment oserais-je me retrouver maintenant en présence de Georges ?Qu\u2019allait-il penser de moi ?Comment avais-je eu l\u2019imprudence, l\u2019audace, d\u2019écrire certaines choses ! Ah ! si j\u2019avais pu prévoir.Hélas ! A quoi servaient mes regrets ?En ce moment même, Georges lisait ces pages que j\u2019avais tracées pour moi seule, qui contenaient mes pensées les plus intimes.Brusquement, je me mis debout.L\u2019idée de revoir mon mari me devenait insupportable, je venais de décider de sortir.Je m\u2019habillai silencieusement et, quittant notre chambre, passai dans le salon.Traversant la galerie sans faire le moindre bruit, j\u2019atteignis la porte d\u2019entrée lorsque la voix de Georges me fit sursauter : \u2014 Où allez-vous, Marianne ?Me retournant, je le vis debout, au seuil de la bibliothèque.Qui donc l\u2019avait averti de mon passage ?Comme je ne répondais pas, il fit quelques pas vers moi en répétant sa question : \u2014 Je sors, balbutiai-je.Un oubli à réparer.\u2014 Demain il sera temps.Je voudrais vous parler.Frissonnante je le vis s\u2019approcher jusqu\u2019à me toucher.Son visage était bouleversé et ses yeux illuminés de tendresse.\u2014 Voulez-vous venir ?mumura-t-il encore.Ma résistance était à bout.Je le suivis et la porte du bureau retomba derrière nous.Déjà il m\u2019entourait de ses bras et m\u2019attirait contre sa poitrine.\u2014 Marianne.Yane.Ah ! comme je vous aime ! Je tressaillis en me rappelant brusquement que c\u2019était la seconde fois qu\u2019il me l\u2019affirmait.Comment au milieu de mon désarroi avais-je pu oublier?.Je ne pouvais me l\u2019expliquer.Tout tournait autour de moi, sombrait dans un gouffre noir.Soudain, j\u2019éclatai en sanglots.\u2014 J\u2019ai été odieux, murmura à mon oreille la voix de mon mari.Je ne mérite pas de posséder un tel trésor-Marianne, vous êtes la plus délicieuse petite femme qui soit au monde.Et dire que je n\u2019avais rien vu, rien compris.Un insensé stupide et maladroit, voilà ce que je suis.Au milieu de mes sanglots, je balbutiai : \u2014 Avez-vous au moins brûlé ce cahier ?\u2014 Ce cahier ! s\u2019exclama-t-il.Mais je le garderai comme la plus belle preuve de votre amour et de ma folie ! C\u2019est lui qui m\u2019a révélé votre coeur et vous voudriez que je le détruise ?D\u2019abord, je n\u2019ai fait que le parcourir et, si vous vouliez me faire un grand plaisir.\u2014 Eh bien ?\u2014 Nous le lirions tous les deux.\u2014\tNon, non, j\u2019aurais trop honte ! , \u2014\tMais la tendresse que tu m\u2019as vouée est ce qu\u2019il y a de plus beau, de plus pur.Tu dois en être fière, au contraire, comme je suis fier de l\u2019avoir inspirée.Allons, Yane, ne pleure plus.et dis-moi que tu me pardonnes ! \u2014\tComment pourrais-je vous en vouloir ?Vous êtes mon mari, vous me l\u2019avez assez répété ! Je pleurais toujours et j\u2019entendais ma voix, une voix de fillette, résonner faiblement dans le silence de la chambre close.Les lèvres de Georges s\u2019appuyèrent longuement sur mes paupières.Silencieusement, avec une sorte de ferveur qui me bouleversait, il buvait mes larmes.\u2014 Et dire que, sans toi, j\u2019aurais pu passer à côté de ce grand bonheur ! soupira-t-il enfin.Un homme digne de ce nom se serait-il laissé entraîner à la poursuite de telles chimères, alors que, si près de lui, un petit être charmant attendait patiemment qu\u2019il daignât lui rendre justice ?Ah ! vraiment, nous pouvons être orgueilleux de notre sexe ! Le moindre petit bout de femme a plus de valeur dans son cinquième doigt que nous, dans toute notre personne ! Seulement, ajouta-t-il au bout d\u2019un instant, je parle d\u2019une vraie femme.comme toi.Ces mots achevaient de dépouiller sa pensée de ce qu\u2019elle avait encore de trouble, d\u2019indécis.Il avait enfin compris de quelles forces de tendresse je l\u2019avais entouré et combien il avait été imprudent en s\u2019hypnotisant sur un vain passé.Mais tout cela était bien fini et je pouvais avoir confiance.\u2014 Je t\u2019aime, Marianne! Mon béret était tombé à terre ; des mèches folles roulaient sur mon visage et je me sentais toute menue dans ses bras.Je devais être bien jolie pour une femme à qui l\u2019on fait une première déclaration d\u2019amour ! \u2022 Mon mari a voulu que je relate cette dernière scène.J\u2019ai obéi, car je n\u2019ai plus d\u2019autre volonté que la sienne.Nous formons un ménage tendrement uni.Il me semble que nous commençons seulement à vivre.Que Dieu nous accorde encore de longues années.sinon nous n\u2019épuiserions jamais la joie que nous avons de nous revoir ! Comme Georges a voulu détruire les souvenirs du passé, il a banni de notre vocabulaire le mot « chrysalide » dont Laure m\u2019a gratifiée si souvent, jadis.\t* \u2014 Au soleil de notre amour, tu es devenue le plus joli des papillons, m\u2019a-t-il dit tout bas.Si tu savais de quelle beauté tu resplendis ! Peut-être ne devrais-je point écrire ces choses.Mais je me complais à penser qu\u2019elles lui sont inspirées par la tendresse infinie dont son coeur déborde.Une femme aimée est toujours belle pour son mari et je remercie Dieu d\u2019avoir créé pour les amoureux des lunettes roses ! \u2022 Je ne rouvrirai plus ce cahier.Georges veut l\u2019enfermer dans un tiroir secret de son bureau où il vieillira doucement, comme nous.A moins que je n\u2019utilise ses dernières pages pour inscrire les pesées journalières de notre premier bébé ?.\u2014 Ah ! celui-là, qu\u2019il est attendu avec impatience ! Notre ami Jean, qui nous écrit du Jura où il achève de se rétablir, demande quand il devra revenir pour tenir au-dessus des fonts baptismaux ce petit prodige que sera notre fils.En attendant, nous allons partir pour Fontainebleau.C\u2019est la vieille forêt que je désirais tant connaître, en automne.Georges peut y aller maintenant sans commettre d\u2019imprudence.Le gracieux fantôme, dont je craignais pour lui le souvenir, a fui bien loin des bois majestueux.Désormais, la sylve majestueuse est à nous seuls.Notre amour pourra s\u2019y épanouir et quelle joie sera la mienne lorsque je sentirai battre près du mien le coeur de celui que j\u2019aime.Huit jours de bonheur et puis.tant d\u2019autres qui suivront, perpétuel enchantement pour mon coeur de femme, de maman ! ] Oh ! non, Mademoiselle, vous ne l\u2019aviez pas vendu ; comme un bon ange que vous êtes, vous aviez sacrifié cette relique de famille qui vous était chère, pour venir au secours de ma pauvre mère malade et délaissée.Qu\u2019importe, monsieur ! Même en supposant un acte aussi charitable de ma Parb je ne puis m\u2019attribuer la propriété d\u2019un objet sur lequel j\u2019ai perdu tout droit de réclamation.\u2014\tMademoiselle.\u2014\tNon, Monsieur, je ne puis prendre cet argent, fit Suzanne en remettant l\u2019enveloppe au jeune homme.Il n\u2019est pas à moi.\u2014 Alors, tiens, mère ! fit Maurice en mettant la traite entre les mains de l\u2019aveugle ; donne-lui cela toi-même.puisqu\u2019elle ne veut rien accepter de moi.\u2014 Maurice, tu es digne de ton père! dit solennellement la pauvre aveugle.Et s\u2019adressant à Suzanne : Ma fille, dit-elle, Suzanne, mon enfant, accepte cette somme ; elle est à toi ; c\u2019est la prédiction de ta grand-maman qui s\u2019accomplit : tu te souviens, ce tableau devait te porter bonheur.Tu as pris soin de moi, tu m\u2019as soulagée dans ma détresse, tu as veillé à mon chevet, tu m\u2019as sauvé la vie ; Dieu t\u2019en récompense par la main de mon fils, et par l\u2019intermédiaire inconscient de l\u2019objet même dont ta charité s\u2019était servi.Prends cet argent.\u2014 Non, Madame, inutile d\u2019insister, fit Suzanne inébranlable.Cet argent n\u2019est pas à moi ! \u2014 Mais il t\u2019est dû.\u2014 Madame Flavigny, si j\u2019avais quelque titre à votre reconnaissance, ce ne serait pas une raison pour moi, n\u2019est-ce pas, d\u2019accepter le paiement d\u2019un service rendu ?\u2014 Et moi, Mademoiselle, intervint Maurice, je^ne saurais garder cet argent qui vous appartient.M\u2019enrichir au prix de votre sacrifice \u2014 à vous à qui je dois tant \u2014 ce serait une lâcheté qui me rendrait méprisable à mes propres LES 25 GAGNANTS DES MOTS CROISÉS La Revue Populaire\" de Décembre 1954 Mlle Marie-Claire Arcand, 712, rue Commerciale, La Tuque, Qué.Mlle Yvette Laquerre Rochon, 2007 est, rue Dorchester, Montréal, Qué.Mme Anita Pariseau, Apt, 3, 1885 est, Blvd St-Joseph, Montréal.Qué.Mlle Noëlla Tremblay, Ch.456, Sanatorium St-Michel, Roberval, Qué.M.Rodolphe Boucher, 303 Blvd.St-Joseph, Hull, Qué.M.Fernand Poirier, 46a rue Phipps, Sorel, Qué.Mlle Cécile Jarry, Casier 287, Farnham, Qué.Mme Octave Turcotte, 621f rue Scott, Drummondville, Qué.Mlle Anita Ross, 92 rue Cathédrale, Rimouski, Qué.M.Richard Hamel, 19 rue Fagot, Lauzon, Qué.Mme Hector Bolduc, 452 rue Joffre, La Tuque, Qué.M.Alain Levasseur, 849 rue Panneton, Trois-Rivières, Qué.Mme Léo Vachon, 62, Ave.St-Georges, Giffard, Qué.Mlle Pauline Boisvert, 12, rue Charlotte, Sorel, Qué.Mme J.T.Doyon, 153 est, rue St-Alphonse, Thetford-Mines, Qué.M.Emile Desrochers, 187, Ave.Ste-Agnès, Donnacona, Qué.Mme Gilles Hébert, 122, rue Rocheleau, Cap de la Madeleine, Qué.Mme Cécile Renauld, 781, Des Frênes Est, Québec, Qué.Mlle Simonne Beaumont, 97, rue Aberdeen, Québec, Qué.Mlle Carmen Cari, 41, rue Claire Fontaine, Québec, Qué.Mme Jeanne Diment, 6400, rue des Ecores, Montréal, Qué.M.Léo Gibeault, 327 est, rue Beaubien, Montréal, Qué.Mlle Marguerite Beauchamp, Apt.16, 421 rue Viger, Montréal, Qué.Mme G.Marc-Aurèle, 3705, rue Adam, Montréal, Qué.Mme Agnès Paquin, 5890, rue Chateaubriand, Montréal, Qué.Solution du mois de décembre La Revue Populaire yeux.Acceptez, je vous en prie.Suzanne ! dit-il.Et il s arrêta, tout bouleversé d\u2019avoir osé prononcer ces deux syllabes qui n\u2019avaient fait encore que monter de son coeur pour expirer sur ses lèvres.\u2014 Acceptez, insista-t-il, pour votre bonheur et le nôtre.\u2014 Impossible, monsieur Maurice, répondit la jeune fille, en se cachant la tête dans ses mains.Cet argent est à vous ; je ne l\u2019accepterai jamais.Maurice laissa tomber ses deux bras de découragement, et jeta les yeux autour de lui, comme pour demander conseil.Que faire ?\u2014 Voyons, monsieur le curé, parlez, supplia la pauvre aveugle.XII Les deux jeunes gens étaient debout, l\u2019un en face de l\u2019autre, les yeux baissés, confondus dans le même embarras, aussi perplexes qu\u2019affligés devant cette fortune inespérée qui leur tombait du ciel, et qu\u2019ils ne pouvaient toucher, ni l\u2019un ni l\u2019autre, sans capitulation de la conscience et du coeur.\u2014 Monsieur le curé, voyons.firent ensemble tous les assistants.\u2014 Dame, mes bons amis, dit le saint prêtre, le cas est bien embarrassant.Cependant, puisque Dieu leur envoie cette aubaine, il doit y avoir un moyen.mais.\u2014 Monsieur le curé, je vous comprends, interrompit joyeusement le jeune médecin.Vous l\u2019avez trouvé, le moyen ! Il n\u2019y en a point d\u2019autre.Et si Mme Flavigny avait par hasard la moindre velléité de me demander la main de ma cousine pour son fils, après ce que j\u2019ai remarqué chez moi, le long de la route et ici, je lui donne ma parole d\u2019honneur que j\u2019irais «mettre les bans à l\u2019église » avant la quinzaine.\u2014 Et je vous garantis que cela ne vous coûterait pas cher, dit le curé.\u2014 J\u2019en accepte votre parole, monsieur 1 abbé ; quant à moi, je n\u2019aurai qu\u2019une condition à imposer : c\u2019est que, pour éviter tout nouveau conflit d\u2019intérêt, les futurs époux soient en communauté de biens.\u2014 Bravo ! Noël ! Noël !.Les deux enfants étaient si confus qu\u2019ils n\u2019osaient pas lever les yeux l\u2019un sur l\u2019autre.L\u2019aveugle, toute tremblante, étendit les deux bras vers Suzanne, qui s\u2019y précipita en sanglotant.Lisette, Julie, « la Louise » et la petite bonne se passaient le tablier sur les yeux.Maurice mit un genou en terre, saisit la main de Suzanne et y déposa un long et ardent baiser.\u2014 Bénissez-les, monsieur le curé, disait la bonne mère en essuyant elle aussi ses pauvres yeux éteints.Bénissez-les, vous qui pouvez les voir ! Et, pendant que le vieux curé levait ses longues mains blanches au-dessus des deux jeunes fronts inclinés, le médecin \u2014 qui, à la dérobée, avait plus d\u2019une fois examiné les prunelles de la malade \u2014 s\u2019approcha d\u2019elle, et lui dit à l\u2019oreille : \u2014 Vous les verrez, vous aussi, dans quelques semaines, madame Flavigny, prenez-en ma parole ! Le petit tableau devait porter bonheur à tout le monde.Et si quelqu\u2019un eût, à ce moment-là, passé sur la route, en face de la vieille maison d\u2019école de Contrecoeur, il eût sans doute entendu, mêlées à de bien joyeux éclats de rire, des voix jeunes et vieilles, claires et sonores, qui criaient : \u2014 Noël ! Noël ! Nous en ferons un conseiller ! disait Philippe Gendreau.\u2014 Un maire ! s\u2019écriait Marcel Benoît, qui pour la première fois, se permettait de différer d\u2019opinion avec son ami.Louis Fréchette. Montréal, janvier 1955 45 LA PETITE HISTOIRE La Reine Victoria et son petit-fils.Au moment où il était encore étudiant, un petit-fils de la reine Victoria d\u2019Angleterre écrivit à son auguste grand-mère de bien vouloir lui expédier quelque argent.La Reine très sage répondit négativement expliquant, dans une longue missive, que même les princes doivent s\u2019habituer à l\u2019économie.La réponse vint par retour du courrier, ainsi conçue : « Chère grand-maman, je vous remercie infiniment de votre précieuse lettre, je l\u2019ai vendue pour six dollars cinquante ».Diplomatie.Benjamin Franklin, grand homme politique du siècle dernier, possédait le sens humoristique propre à l\u2019esprit américain.Et cela le servit en maintes occasions.Il se trouvait un jour à Paris et dînait en compagnie de l\u2019Ambassadeur d\u2019Angleterre et d\u2019un important personnage français.Au dessert, 1 ambassadeur anglais se leva et porta un toast de goût douteux en ces termes : \u2014 Je bois à l\u2019Angleterre, soleil autour duquel tourne le monde entier.Le haut fonctionnaire français leva son verre et non sans quelque ironie dit à son tour : \u2014 Je bois à la France, brillante lune dont les rayons dissipent les ténèbres de la nuit.C\u2019était à l\u2019Américain Franklin de porter un toast.Imperturbable il se leva et : \u2014 Je bois, dit-il, à la santé du Général George Washington, le Josué des temps modernes qui a ordonné au « Soleil » et à la « Lune » de s\u2019arrêter !.Prix du journal.James Gordon Bennett, décédé en 1872, fut un brillant journaliste et le fondateur-éditeur du journal américain « New-York Herald ».Une rumeur se répandit un jour voulant que Bennett, à ce moment-là en voyage à Paris, cherchât à vendre son journal.Randolph Hearst, sans vérifier la justesse de la rumeur, et désireux d\u2019acquérir le journal, télégraphia à Bennett : « Dites prix du Herald ».Le voyageur qui ne connaissait pas la fausse nouvelle répandue sur son compte, répondit par morse : « Herald, prix : deux sous jours de semaine et cinq sous le dimanche ».Vieille connaissance.Le géographe et naturaliste Guillaume Humboldt traversait vers 1840 un désert d\u2019Amérique.Rencontrant un Indien, il lui demanda : \u2014 As-tu connu l\u2019évêque de Lima ?\u2014 Si je l\u2019ai connu ?répond le cannibale, j\u2019y ai même goûté ! ! ! Sur les femmes.Arthur Schopenhauer, qu\u2019on a surnommé le philosophe du pessimisme, aime à dire des malices sur les femmes.Un de ces mots favoris est ainsi rapporté :\t« Les femmes ressemblent à certains mets que l\u2019on sait très indigestes mais qui n\u2019en font pas moins venir l\u2019eau à la bouche .» -K * * ANECDOTES ET PENSEES L\u2019éducation ne consiste pas seulement à orner la mémoire et a éclairer l\u2019entendement : elle doit surtout s\u2019occuper à éclairer la volonté.L\u2019amitié est une plante qui doit résister aux sécheresses.Quand mes amis sont borgnes je les regarde de profil.JOUBERT.(E D 0 M T ON P AD LE [ Suite de la page 9 ] MINIATURES DE MAITRES vous offrent une collection des chefs-d\u2019oeuvre de la peinture des plus grands musées mondiaux (Vatican, Louvre, National Gallery etc.) présentée dans une riche gamme d'encadrements qui trouvera sa place dans n\u2019importe quel fcqer.\tDimension moyenne 4Va\" x 5Va\" PRIX: $J.50 chacune MwifmBr plus 25* pour frais postaux.Distribué exclusivement par CONTINENTAL SUPPLY CO.\tL* Madone C.P.99 Station R Montréal.P.
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