La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1 août 1952, Août
[" ._____ MONTREAL, AOUT 19 5 2 il» IÀÆjFMÜF Ca Madone du Vitrail Roman d\u2019amour par ANNIE ET PIERRE HOT PER CON i 3 » ¦ m Comment préférez-vous votre standard on extra-ferme ?Il y a maintenant DEUX matelas BEAUTYREST vous assurant un confort parfait: 1.\tLe Standard (moelleux) 2.\tL\u2019Extra-ferme Choisissez l\u2019un ou l\u2019autre de ces deux matelas merveilleux.Chacun vous offre le confort BEAUTYREST\u2014le plus recherché et le meilleur au monde.Les deux modèles possèdent l\u2019incomparable agencement intérieur Beautyrest (à ressorts en spirale).Vous pouvez aussi vous procurer un sommier rembourré assorti.Allez voir ces Beautyrest chez votre marchand de meubles.AA A TCI AC ABIMKmnc AA A TCI AC ABIMKmnc MATELAS BEAUTYREST Appui parfait.En haut: le diachylon noir sur le dos du modèle indique comment l\u2019épine dorsale s\u2019incurve et s\u2019affaisse sur un matelas ordinaire.En bas: le diachylon demeure horizontal par rapport au matelas Beautyrest; l\u2019épine dorsale reste droite car elle obtient un appui parfait.MATELAS ORDINAIRE Aucun affaissement.Dans un matelas ordinaire, les ressorts sont liés entre eux.Appuyez sur l\u2019un d\u2019eux et les ressorts voisins s\u2019abaisseront également.Il n'en est pas ainsi du Beautyrest.Ses 837 ressorts sont indépendants.Un verre d\u2019eau ne bascule pas quand on appuie sur les ressorts voisins.Meilleure durée.Au cours d\u2019épreuves spéciales, le Beautyrest a été pilonné 740,744 fois de plus que les autres matelas.Il a résisté deux fois plus longtemps que le meilleur des autres matelas et de trois à quatre fois plus que les autres.t \u2022 1^ |f \u2022 ¦ \u2022 L.ISIS - «aifewi g ' WÊKÊKti Fabriqué seulement par S/MMO/V5 ÜM/râO Montréal Toronto \u2022 Winnipeg \u2022 Vancouver * Montréal, août 1952 3 ^ C0 qu'il yaé UN GALA DE CINEMA EN PLEIN AIR Pour la première fois on aura l\u2019occasion d\u2019assister dans la métropole canadienne, au cours du mois d\u2019août, à un Gala de Cinéma en plein air.C\u2019est dans l\u2019enceinte du Stade Molson que l\u2019on présentera en primeur, tous les lundis d\u2019août quelques-uns des chefs-d\u2019oeuvre du cinéma mondial.Ce Gala du Cinéma fait partie intégrante du programme offert au public par la Société des Festivals de Montréal.Le nouveau président des Festivals, M.Paul Gouin, a voulu cette année accorder une place spéciale au cinéma, cet art qui constitue le plus populaire des divertissements.Pour réaliser cette partie du programme des Festivals, M.Gouin a fait appel au concours de la Fédération Canadienne des Ciné-Clubs, association qui depuis trois ans accomplit un travail de géant pour assurer la diffusion des meilleurs films de la production mondiale.Grâce à la collaboration des distributeurs de films, les milliers de touristes et de citadins qui se rendront au Stade Molson pour le Gala du Cinéma auront l\u2019occasion de voir des films qui ont remporté les honneurs aux plus importants festivals du monde.Le 4 août, on donnera Jour de Fête qui a remporté le prix pour le meilleur scénario à la Biennale de Venise.Le 11 août, le grand succès du cinéma français, Un Grand Patron avec Pierre Fresnay, sera à l\u2019affiche.Ce film a obtenu le grand prix des spectateurs de France.Le 18 août c\u2019est le grand film italien Vivre en Paix que l\u2019on verra.Ce film a obtenu un premier prix au Festival de Locamo ainsi qu\u2019au Festival de Bruxelles.Au programme du 25 août on assistera à la première en version française de Nanouk, l\u2019Esquimau, de Flaherty, ainsi qu\u2019à The Emperor\u2019s Nightingale.Ce sont deux films de grande classe qui ont charmé partout les amateurs de cinéma.Comme on le sait, le Gala du Cinéma promet d\u2019apporter aux cinéphiles des heures agréables dans un cadre splendide.Il reste à souhaiter que la température soit favorable et que les Montréalais et les visiteurs viennent nombreux afin que ce premier Gala du Cinéma dans la métropole canadienne connaisse tout le succès que les directeurs des Festivals espèrent.SAVIEZ-VOUS QUE.?» Les Etats-Unis furent les premiers à faire atterrir (ou aponter) un aéroplane sur un porte-avion.\u2022\tLes violateurs de la Loi à Haïti peuvent choisir comme amende : payer en argent ou donner une transfusion de sang à la Croix-Rouge.?\tLa girafe est le plus grand des animaux et peut courir plus vite que le cheval.\u2022\tLes explorateurs proclament que, même s\u2019ils ne voient qu\u2019à cent verges en avant d\u2019eux, dans le continent arctique, leur voix peut être entendue à deux milles de distance.*\tLa plus haute température enregistrée aux Etats-Unis est de 134 degrés.La Vallée de la Mort (Death Valley), possède ce record de chaleur.o Autrefois, la coque des navires était construite en bois.Les Américains furent les premiers à construire des navires dont la coque était en fer.YARD L .\t» O F \u2022\tOn prétend que la plus grosse bombe qui ait frappé notre globe terrestre fut un météore qui tomba dans l\u2019Arizona il y a plusieurs siècles.Les savants ont calculé que cet aérolithe aurait complètement détruit une ville comme New-York.\u2022\tOn prétend que les éléphants ne se couchent jamais ; ils dorment à genoux.\u2022\tDans l\u2019immense région du pôle sud, pas un coin de terre n\u2019est visible et l\u2019on ne peut même pas apercevoir un ours blanc.\u2022\tIl y a douze millions de milles de câbles téléphoniques sous les rues de New-York.\u2022\tPresque tous les yeux des enfants naissants sont bleus ; ce n\u2019est que quelques semaines plus tard qu\u2019on peut voir leur couleur permanente.\u2022\tLe crabe est très friand d\u2019huîtres et il profite du moment où elles sont ouvertes pour introduire une patte.Malheureusement, l\u2019huître, en se refermant la lui coupe, mais cela ne l\u2019empêche pas de continuer son repas : elle repoussera.La Lavai.de est le parfum parfait sou forme solide.Elle est délicieusement féminine .elle conserve tout son arôme jusqu\u2019à sa dernière caresse vert-glace.Le nouvel étui à \"propulsion-répulsion\u201d vous permet d\u2019employer ja Lavande Solide Yardley pour le Sac à Main aussi aisément que votre rouge à lèvres! Seulement $1.50 EY LONDON \u2022\tTrois présidents des Etats-Unis furent assassinés durant la première année de leur mandat.Ce sont : Lincoln, Garfield et McKinley.Aucun des trois ne fut tué instantanément.Les trois étaient du parti républicain.\u2022\tUn caïphe du Caire en Egypte désira un jour manger des cerises de France.Pour satisfaire son caprice au plus tôt, on lui expédia six cents pigeons voyageurs.Chaque pigeon transportait une cerise rouge enveloppée dans un petit sac de soie attaché à une patte.lôjùfê m/m* * 4 La Revue Populaire Une voix du passé .Certains communiqués ne vieillissent jamais, parce que les vérités qu\u2019ils renferment sont inaltérables.Nous reproduisons ici, un de ces communiqués, qui parut, il y a trente ans passés, ce mois-ci.Ce communiqué fut la première annonce que la Metropolitan fit paraître sur l'hygiène.v«*î Le Royaume de l\u2019Avenir DANS la féerie de Maeterlinck, \u201cL\u2019oiseau Bleu\u201d, un des tableaux représente les salles du Palais d\u2019Azur, où tout est d\u2019un bleu vaporeux, et où d\u2019innombrables enfants attendent l\u2019heure de leur naissance.Lorsque l\u2019heure de chacun arrive, le Temps écarte les battants des portes du Palais qui s\u2019ouvrent sur la Vie.Les enfants montent sur la galère de l\u2019Aurore qui les emporte vers la Terre.Les enfants pleurent en quittant leurs doux et duveteux nids de nuages, ne sachant dans quel genre de nid terrestre ils seront déposés.Tous ne peuvent pas naître dans des foyers riches et trouver une chambrette hygiénique d\u2019une beauté comparable au Royaume féerique de l\u2019Avenir.Par contre, tout enfant a droit de naître dans un foyer propre et sanitaire où l\u2019Oiseau Bleu du Bonheur peut faire son nid.Avec chaque enfant qui naît, la société, la nation et le foyer s\u2019enrichissent, car, tout comme la sécurité d\u2019un édifice repose sur ses fondements de roc ou de béton, la sécurité de la race dépend de son fondement \u2014 l\u2019enfant.Et, tout comme il est inutile de réparer la superstructure d\u2019un édifice, si les fondements sont faibles, il est inutile d\u2019espérer fonder une civilisation solide, autrement qu\u2019en élevant des enfants bien portants et heureux.Des milliers d\u2019enfants meurent, sans raison, tous les ans.Des milliers de petits pieds rachitiques trébuchent dans le sentier de la Vie.Des milliers d\u2019yeux enfantins et tarés cherchent en vain une image claire des merveilles qui les entourent.Des milliers d\u2019oreilles défectueuses ne peuvent même pas entendre les berceuses que chantent les mères.Et des milliers d\u2019hommes et de femmes souffrent d\u2019une mauvaise santé qui les force de jouer des rôles inférieurs ou qui les font échouer dans la vie, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas eu la chance de naître dans un foyer sanitaire et protecteur.Où que l\u2019on porte le regard, le besoin de foyers meilleurs est manifeste et, partout, l\u2019on peut entendre des petites voix du Royaume de l\u2019Avenir réclamer de tels foyers.Ces voix sont entendues par les écoles et les universités qui instituent des cours de science domestique et des cours d\u2019hygiène pour les futures mamans; elles sont entendues par les infirmières d\u2019hygiène publique et les autres nobles femmes qui visitent le foyer des gens qui ont besoin d\u2019aide et d\u2019enseignements; par les hôpitaux qui donnent des consultations sur les soins à donner aux bébés.Ces voix sont aussi entendues des villes et des villages qui observent \u201cLa Semaine de Bébé\u201d et qui donnent des expositions d\u2019hygiène; elles sont encore entendues par les revues et les journaux qui publient des articles sur les soins prénataux.Tout cela n\u2019est qu\u2019un commencement.C\u2019est à peine si l\u2019on a défriché le terrain où seront jetés les seuls fondements sûrs de la nation : des enfants bien portants.Ces voix ne cesseront de se faire entendre que lorsque tous les parents et toute la société contribueront à améliorer les foyers afin d\u2019accueillir les petits visiteurs du Royaume de l\u2019Avenir.Les bébés de 1952 ont de bien meilleures chances de croître dans une ambiance qui leur permettra de développer leurs forces et de jouir d\u2019une bonne santé que ceux qui sont nés en 1922, l\u2019année où parut l\u2019annonce intitulée \u201cLe Royaume de l\u2019Avenir\u201d.Au fait, les grands progrès qui ont été réalisés dans le domaine de l\u2019hygiène infantile, grâce aux régimes alimentaires, aux immunisations et aux recherches sur la croissance et le développement de l\u2019enfant, constituent un des plus beaux triomphes de la médecine.Aujourd\u2019hui, le taux de mortalité infantile est décidément le plus bas qui ait jamais été constaté.La baisse dans le taux de la mortalité due à la grossesse est aussi des plus encourageantes.Actuellement, au Canada, les chances qu\u2019une mère survive à l\u2019accouchement sont au-delà de 999 sur 1000.Ces chiffres reflètent véritablement le progrès de l\u2019homme et de la société.COPYRIGHT CANADA.1»SI \u2014 METROPOLITAN LIEE INSURANCE COMPANY Metropolitan Life Insurance Company ( COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York\tDirection Générale au Canada: Ottawa MONTREAL, AOUT 1952 45e ANNEE No 8 SOMMAIRE Henry de Montherlant, par Jacqueline des Vareilles Ce dont on parle, par Lucette Robert.Le cachet canadien de l\u2019élégance automnale Nouvelle : Des pas, dans la nuit.par Léo Dartey Sur une querelle musicale d\u2019autrefois, par Gérard Morisset Comment se déroule un conclave 12-13 La chiropractie a ses adeptes enthousiastes, par J.H.Gilbert NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR LA MADONE DU VITRAIL 16-17 par Annie et Pierre Hot Les engoulevents, des \"gardiens de nuit\u2019 par Marcelle Lepage-Thibaudeau Mes recettes de cuisine, par Mme Rose Lacroix Modes Simplicity .Nos mots croisés .26-28 29-30 La broderie, par Mme L.de Bellefeuille NOTRE COUVERTURE : Kodochrome F.P.G LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'A.vsociation des Editeurs de Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9637-f( GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Chef du tirage .Odilon Riendeau Directeur artistique Raymond Roy Pages féminines : Mme Jules Fournier, Mme Lucette Robert, Mlle Simonne Daigneault.Cuisine - Mme Rose Lacroix Sciences naturelles: Mme M.L.Thibaudeau Cinéma .Mme L.Gilbert-Sauvage Broderie Mme L.de Bellefeuille ABONNEMENT Canada Etats-Unis .$1.50 .\t2.50 AU NUMERO: 20 CENTS $2.00 2 ans 2 ans U.S.A.Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième closes, Ministère des Pastes, Ottawa. Montréal, août 1952 5 Le vison demeure toujours la plus riche de nos fourrures .¦ canadiennes.Le manteau que >' voici est de coupe très ample et ses larges manches bouffantes ! se relèvent à volonté.Une I écharpe-ascot en fourrure se noue \u2022 négligemment à l\u2019encolure.I (1.Richer) Pour les sorties de grand soir, voici un ravissant manteau de broadtail russe, de teinte bronze iridescent.La souplesse de la fourrure permet une jupe à plis généreux.Le col et les manches sont bordés de revers de coupe fort originale.Une ceinture métallique marque la taille et ajoute une note d\u2019originalité.(Wiseman) Cette superbe cape enveloppante est en renard argenté platine disposé en lignes arrondies.Son poil soigneux et sa richesse de teinte lui ont mérité d\u2019être choisie par les experts du Canada pour être offerte à S.M.la reine Elizabeth II d\u2019Angleterre.D\u2019allure jeune et de coupe amincissante, voici un manteau de mouton de Perse gris, pleine longueur.Ses devants arrondis sont bordés de même fourrure et ses manches droites se terminent par de larges revers.Le col est généreux et les hanches sont soulignées de poches arrondies.'SXVp.*-!A#* ' Touted qaîfc u.a du boit powivôthe, bébé! r\tPABLUM esse0\"3 *#T J FolÙMt doVOVKS, PABLUM mm (autrefois Pabena) Faite d'avoine de choix accrue de vitamines et minéraux importants, la Farine d\u2019Avoine Pablum* aide à développer des corps solides et vigoureux.La vraie saveur de farine d'avoine, mise en valeur par l\u2019exclusif procédé Pablum, est un véritable régal pour les jeunes appétits.Précuite, comme toutes les céréales Pablum, la Farine d\u2019Avoine Pablum est facile à préparer.Le \u201cbec-à-verser\u201d s\u2019ouvre d\u2019un geste du doigt.Versez; ajoutez du lait chaud ou de l\u2019eau, et servez.Vous pouvez avoir confiance en la Farine d'Avoine Pablum.Les médecins ont prescrit les céréales Pablum pour des millions de bébés et d\u2019enfants depuis 20 ans.Procurez-vous la Farine d\u2019Avoine Pablum soit à la pharmacie ou à l\u2019épicerie.Un Bon Conseil\u2014La santé est le plus précieux trésor de votre enfant.Protégez sa santé en l\u2019emmenant régulièrement chez la médecin.MEAD JOHNSON & CO.0F CANADA, LTD., BELLEVILLE, ONT.cûtCûJk Pour la personne la plus précieuse dans votre vie \\ PABLUM *Pablum est la marque déposée de Mead Johnson pour ses céréales précuites pour bébé. 6 La Revue Populaire ùcmm à L Ml CÔWtjMMmtt Rendez-vous compte par vous-même pourquoi Modess est la serviette hygiénique la plus sûre, la plus douce, la meilleure que vous puissiez acheter! Plus confortable\u2014un surplus de coton sur les bords empêche vraiment l\u2019irritation.Plus sûre\u2014grâce à une triple gaze protectrice, Modess vous procure entière sécurité.Plus discrète\u2014s\u2019achète sans le moindre embarras ! La boîte transformée est non seulement plus discrète, mais les serviettes \u201crégulières\u201d (en boîte de 12) sont préenveloppées de papier brun et placées à votre portée.Les Modess sont offertes en trois absorptivités: \u201cRégulières\u201d\u2014 \u201cSuper\u201d\u2014\u201cJunior\u201d.Essayez la meilleure serviette hygiénique et vous économiserez quand même! Demandez les Modess Postez ce coupon dès aujourd'hui à Anne Gilbert, Personal Products Ltd., 660 ouest, rue Ste-Catherine, Montréal, Que.\u2014Dépt RP Ci-inclus 10f!.Veuillez m\u2019expédier, sous pli ordinaire, 5 serviettes \u201crégulières\u201d Modess.Ecrire en lettres moulées t> Nom Adresse UN SEUL ENVOI EAR CLIENTE Ville L_________ Prov.I PETITES MANIES DE GRANDS HOMMES Avez-vous une manie, vous aussi, pour écrire ?Vous faut-il retirer un soulier, comme Chateaubriand, tripoter les boutons de votre veste comme lord Byron, ou écrire en plein jour à la lueur des bougies, comme Goethe et Zola ?S\u2019il est vrai que le génie confine parfois à la folie, on s\u2019expliquera sans peine les manies innocentes de la plupart de nos grands hommes, et notamment des écrivains célèbres.Malherbe, dictateur du beau langage, numérotait ses bas avec les lettres de l\u2019alphabet, de peur de n\u2019en pas mettre un compte égal à chaque jambe, car il en superposait toujours plusieurs paires même en été.L\u2019auteur dramatique Rotrou jetait l\u2019argent que lui rapportaient ses pièces, sur un tas de fagots.Quand il avait besoin d\u2019argent, il secouait ces fagots pour en faire tomber louis et pistoles, opération pénible qui le retenait de prendre tout son avoir d\u2019un seul coup.Le poète Robert Browning demeurait attaché à son bureau.Et cela n\u2019est point un vain mot : il n\u2019était inspiré qu\u2019après avoir passé le pied gauche dans un trou qu\u2019il avait fait à son tapis.Le romancier sir Gilbert Parker dictait ses romans et avait l\u2019habitude de nouer un foulard de soie sur ses yeux afin de pouvoir concentrer sa pensée.Cette idée lui aurait été donnée par Henry Irving.Il arrive souvent, d\u2019ailleurs, que les auteurs soient esclaves de leurs habitudes de travail : Cujas, pour écrire, s\u2019installait à plat ventre, et Montaigne se terrait dans une vieille tour où il était interdit à quiconque de pénétrer.Biaise Pascal revenait de la promenade les ongles chargés de caractères tracés avec une épingle, de peur d\u2019oublier ses pensées.Victorien Sardou n\u2019écrivait que sur un papier très épais et un peu rugueux, fabriqué exprès pour lui, et Alexandre Dumas père, avait, lui aussi, la superstition de son grand papier bleu quadrillé haut de quarante centimètres.Mi-gnet n\u2019a jamais écrit sur du papier blanc ; il fit partager cette manie à son ami Thiers.A Barbey d\u2019Aurevilly, il fallait à la fois de l\u2019encre noire, de la rouge, de la bleue, de la violette et de la verte, qu\u2019il employait en même temps sur un même manuscrit.Ce n\u2019étaient pas plusieurs encres, mais plusieurs pupitres qu\u2019il fallait à Voltaire : chaque oeuvre était posée sur un pupitre et il allait de l\u2019un à l\u2019autre.Personne n\u2019ignore que lord Byron était incapable d\u2019aligner un vers, s\u2019il ne pouvait torturer un bouton de son habit, et que Chateaubriand, en dictant une page à son secrétaire, marchait pieds nus sur le carreau de sa chambre.Balzac s\u2019enfermait dans sa chambre pour six semaines ou deux mois, volets fermés : il travaillait dix-huit heures par jour à la clarté de quatre bougies, vêtu d\u2019une large robe de chambre de cachemire blanc, taillée comme un froc, attachée à sa taille par une cordelière, et la tête couverte d\u2019une calotte de velours noir que sa mère seule savait lui confectionner, assurait-il.Littré ne commençait à écrire qu\u2019après son dîner et jusqu\u2019à quatre ou cinq heures du matin.Beaucoup d\u2019hommes et de femmes célèbres affectionnent le travail de nuit : George Sand, Carmen Sylva, Viviani étaient dans ce cas.Victor Hugo, dans la fièvre de la composition, marchait en maugréant, puis écrivait debout, en jetant les feuilles à terre.Les grands musiciens ont eu aussi leurs extravagances.Gluck faisait transporter son clavecin au milieu d\u2019un pré, parmi les pâquerettes, et composait en plein air.Beethoven avait pour habitude de consigner ses inspirations musicales tantôt sur de vieilles enveloppes cousues ensemble, tantôt sur des morceaux de journaux, dont il portait toujours une ample provision.Méhul mettait une tête de mort sur son piano.Paganini ne portait son archet sur son violon au\u2019après lui avoir fait parcourir un arc de cercle le bras tendu.Ambroise Thomas travaillait au lit, rideaux fermés.Descartes, Leibniz, Goethe et Zola écrivaient en plein jour à la lueur des bougies.Parmi les étrangers, relevons les originalités suivantes : Bjoemstjeme Bjo-emson se sentait le cerveau vide quand il n\u2019avait pas les poches remplies de semences qu\u2019il jetait en se promenant ; il lui fallait semer des graines pour pouvoir semer des idées.Balfour ne prononçait jamais un discours sans caresser dans son gousset une patte de taupe, et l\u2019orchidée de son collègue Chamberlain était célèbre en Grande-Bretagne.Remarquons enfin que beaucoup c/\u2019auteurs ont eu recours aux excitants intellectuels.Un des plus estimés est le café : Lortzing, Donizetti et Balzac en absorbaient des soupières en travaillant.D\u2019autres prennent de l\u2019alcool.Schubert, par exemple, ne composait ses belles sonates qu\u2019en avalant coup sur coup de grands verres de vin.Haendel ne composait, lui aussi, que dans l\u2019ivresse.Edgar Poe glissa de l\u2019ivrognerie à la folie.Là aussi ont abouti, poussés par d\u2019autres motifs, Nietzsche, Guy de Mau-passant, Schumann.Chez d\u2019autres on a vu apparaître le délire de la persécution.Le Tasse imaginait partout des embûches et veillait sur ses papiers avec un soin si jaloux que, pendant des semaines, il osait à peine quitter sa chambre.Jean-Jacques Rousseau, dès qu\u2019il était installé quelque part, se croyait en butte à un espionnage continuel.Serait-ce ici la rançon du génie ?Qu\u2019on ne le pense pas ; il est notoire que beaucoup de personnalités, et non des moindres ont su se garder de toute manie et rester jusqu\u2019à la fin de leurs jours les pures lumières vers lesquelles, avec joie, se tourne l\u2019humanité. Montréal, août 1952 7 ' *t -\t¦ ________________________________________: LE ROMANCIER QUI A LE PLUS ET LE MIEUX MEDIT DES FEMMES Hengy de Montheglant pan Saccfouetme clleà ^aneiHHeii Henry (Millon) de Montherlant est né à Paris en 1896.Il fit ses études au Collège Ste-Croix de Neuilly et subit de graves blessures à la guerre 14-18.On l\u2019a toujours connu fervent sportif et même un temps il sc passionna pour les courses de taureaux et se fit torero, d\u2019où, peut-être, cette remarquable précision qu\u2019il a acquise dans ses réflexes d\u2019attaque et de défense qu\u2019il s\u2019est fait un plaisir d\u2019exercer à Lendroit du beau sexe.Son premier maître fut Barres qu\u2019il a renié depuis.Après avoir longtemps exalté les nobles sentiments et la camaraderie entre combattants, il semble avoir sombré dans un désespoir entaché d\u2019orgueil.Ses oeuvres : La Relève du matin (1920), Le Songe (1922), Les Bestiaires (1926), La Petite Infante de Castille ( 1929 ), etc.Son théâtre : Le Maître de Santiago, La Reine morte, Celle qu\u2019on prend dans ses bras.L\u2019auteur des Célibataires semble préserver son intimité, comme une honnête fille sa vertu : après quatre ou cinq coups de téléphone, où, à chaque fois, une voix masculine vous avise que M.de Montherlant est à la campagne, à une répétition ou chez son éditeur, il arrive tout de même que résonne la Voix de son Maître.Un rendez-vous incisif tombe, comme le judas d\u2019une porte de cellule.Mais la porte reste close un bon moment, avant que dans un idiome balkanique, un vieux valet ne vous pilote sur un parquet glissant comme un parloir de couvent.Dans l\u2019austère salon souffle le génie du maître.Rien n\u2019engage à s\u2019attarder.Les têtes de bélier, de lion, d\u2019aigle qui ornent le mobilier Directoire, les torses de champions antiques, les mains puissantes, les masques impériaux, semblent se conjurer pour défendre contre l\u2019impure curiosité féminine, le secret d\u2019Hermès.L\u2019ensemble de bronze, de marbre et de bois atteste un dégoût souverain pour L\u2019Enfer de la Facilité.Le \"Oui\" est haïssable Dès le premier abord, M.de Montherlant ne ment pas, sous une sèche courtoisie, à l\u2019image qu\u2019il laisse complaisamment se répandre pour le plus grand bien de sa publicité : « Vous m\u2019avez fait, Seigneur, puissant et solitaire ».Une taille médiocre ne nuit aucunement chez lui au port négligemment solennel d\u2019une tête au beau modelage.Il est devant vous comme le Principal du collège, à l\u2019écoute, daps un détachement qui cache soigneusement l\u2019attente de la sonnerie libératrice.\u2014 De quoi s\u2019agit-il?.Hein?C\u2019est ridicule.Voyez Mme Sandelion qui vous édifiera en trois cents pages sur la nature et les raisons de mon célibat.Il écarte avec un sens inné de la contradiction un sujet qu\u2019il vous proposera lui-même en d\u2019autres temps, et passe à un ordre d\u2019idées, qui n\u2019a que des rapports lointains avec l\u2019ordre du jour.Il n\u2019est pas question de dialogue avec lui.Le monologue est de rigueur chez cet auteur de si brillantes reparties de théâtre.De sa dernière pièce, un Académicien a dit : « Le meilleur comédien, c\u2019est encore l\u2019auteur ».Dans quelle mesure l\u2019homme qui a le plus et le mieux médit des femmes, tout en peignant, parallèlement les plus touchants modèles d\u2019épouses, de mères, de jeunes filles, justifie-t-il ce mot par sa vie personnelle ?Sa misogynie a inspiré le romancier Chose remarquable, la majeure partie de sa critique (exhaustive) est aux mains de femmes, dont on assure qu\u2019elles ont servi de cobayes consentants pour la série Pitié pour les Femmes, véritable expérience de vivisection du deuxième sexe.Comme ces animaux familiers que les enfants tourmentent avec amour, et qui ne raffolent pas moins de leurs bourreaux, elles l\u2019entourent d\u2019une cour dévouée.Et lui, grand méchant loup de conte pour adultes, les aime pour les mieux déchirer.\u2014 Depuis que j\u2019existe, j\u2019ai été entouré, préservé, soutenu, vivifié par les femmes.C\u2019est en elles que je prends ma force et mon venin ! Il s\u2019est surtout mithridatisé contre le danger : les témoins de*son adolescence assurent en effet qu\u2019il ne pouvait surmonter sa timidité de jeune homme sage, devant ses compagnes de mondanités.De ce complexe d\u2019infériorité serait née la force du romancier.La femme confondue avec le taureau de ses premières passes de matador est, depuis, attaquée avec science.Face au mariage : un résistant Il avoue volontiers :\t« Mon premier mouvement devant toutes les jeunes filles a toujours été de les épouser ».Mais le second est le réflexe du nageur qui le ramène toujours en deçà de la ligne du danger.Un jour, pourtant, il a failli sombrer.Une partie de son roman Les Jeunes Filles repose en effet sur une aventure vécue : il eut un échange de correspondance avec une fiancée réelle.Après rupture de cet amour, la jeune fille prit une revanche en alimentant les sources de dénigrement du roman.L\u2019ex-fiancé ne riposta pas en produisant les documents historiques.«Par galanterie», prétend-il.Mais par mesure de représaille justificatrice, il se réserve une publication d\u2019outre-tombe.Les griffes commencent-elles à s'émousser ?Pour que ne meure pas la flamme des muses, il évite la profession de foi célibataire.\u2014 Je me marierai peut-être à soixante ans, avec une fille de seize».Car aux yeux de ce garçon quinquagénaire, dix-huit ans, c\u2019est une limite d\u2019âge, et vingt ans, l\u2019âge de la retraite pour une vierge.Si on s\u2019étonne, il a tôt fait d\u2019accumuler les exemples historiques.« Quinze ans », remarque-t-il, « ce n\u2019était pas aux grands siècles l\u2019apanage exclusif des Roméo ».Il a une conception médiévale des droits et devoirs conjugaux, et il se contenterait d\u2019aimer une de celles qu\u2019on prend dans ses bras, sans en être aimé.Par ailleurs, une sûreté sereine lui fait redouter, beaucoup moins d\u2019être trahi, que d\u2019avoir à trahir.Il préfère en tous les cas n\u2019être pas aimé, à l\u2019obligation de feindre l\u2019amour.A chaque candidate, il impose la lecture édifiante des confidences des époux Tolstoï sur leur ménage.Il ne manque pas d\u2019ajouter: «Vous trouverez là-dedans toutes les raisons que nous avons de ne pas vous épouser ».Le jour où il jouera au naturel le rôle d\u2019époux, il sera de l\u2019Académie Française ! 8 .'HHflfo François Rozet Ferdinand Biondi, (Photo Marantowl m m 4fontfui L\u2019inauguration officielle de la télévision aura lieu au mois de septembre prochain, mais Radio-Canada n\u2019en consacrera pas moins de deux heures par jour, dès ce mois-ci, à la présentation des programmes qui ont été préparés depuis quelques mois.J\u2019ai suivi ceux-ci à la moyenne d\u2019un par semaine, depuis deux mois, afin de constater les progrès étonnants faits par une équipe enthousiaste et dévorée du feu sacré de la découverte.Ce nouveau médium (qu\u2019il est encore trop tôt d\u2019appeler « le huitième art ») est une révélation aussi importante qu\u2019était le cinéma muet, au début du siècle.Les premières expériences en ont été tentées, il y a vingt ans, et si la guerre en a retardé le lancement, elle n\u2019a pas interrompu son évolution ni ses recherches.L\u2019organisation du premier poste de télévision au Canada a été confiée à M.Aurèle Séguin, à qui nous devons également la création du Radio-Collège.Né à Ottawa, d\u2019une famille canadienne-française, il termine ses études secondaires au collège Saint-Alexandre de Limbour, et s\u2019intéresse très tôt aux problèmes de la radio.Au studio de Hull, d Ottawa, de Québec et de Montréal, il est tour à tour, et pendant dix-sept ans, annonceur réalisateur, rédacteur et directeur.Après avoir fondé Radio-Collège, en 1940, l\u2019Université Queen\u2019s, de Kingston, le nomme, en 1945, directeur-associé de son premier Institut de Radio, dont il est le premier Canadien-français à remplir ces fonctions pour des étudiants de langue anglaise.En 1949, l\u2019Université Laval lui confie la fondation de son Institut de Radio, dont il est, pendant deux ans, le directeur, jusqu\u2019à ce que ses voyages d\u2019étude sur la télévision l\u2019éloignent temporairement du pays \u2022 \u2022 \u2022 Les grandes dates du Festival de Montréal sont (1) le 5 août :\tun concert d\u2019oeuvres canadiennes (Claude Champagne, Jean Vallerand, Pierre Mercure, Jean Papineau-Couture, Harry Somers et Alexander Brott dont Noël Brunet jouera le Concerto pour violon) dirigé par Roland Leduc, dont le travail remarquable comme chef d orchestre des Petites symphonies lui a donné la place qu\u2019il méritait depuis longtemps ;\t(2) le 8 août, l\u2019opéra de Gounod, Roméo et Juliette, pour lequel deux de nos compatriotes, Raoul Jobin, chevalier de la Légion d\u2019honneur et ténor de l\u2019Opéra de Paris, et Denis Harbour, basse chantante du Metropolitan Opera de New York, ont promis leur concours ; le 12 août, Beethoven, drame lyrique de René Fauchois, avec musique de Beethoven, jouée par un orchestre de cinquante musiciens et dirigée par Charles Houdret.Le comédien français, François Rozet, en fera la mise\u2014en\u2014 scene et jouera le role-titre de cette oeuvre qui fut reprise maintes fois à Paris comme à Vienne, Rome, Bruxelles, Genève et New York, dans une version anglaise \u2022 \u2022 \u2022 François Rozet reprend, chaque mardi soir, à 9 h.30, la lecture de textes français qu\u2019il avait faite il y a Quelques années.On ne peut assez louer Radio-Canada d\u2019avoir compris la Jpeauté et la nécessité de ce programme où l\u2019intelligent interprète choisit lui-même ses auteurs.Lyrique et grandiose avec Bossuet, et Lacordaire, sa voix tonne comme la fureur de Dieu; Hugo, dans La tristesse d\u2019Olympio, c\u2019est le rythme égal et puissant de la mer se brisant sur la falaise ; un ruisseau de montagne, cristallin et parfumé de Nina Dova, vedette internationale qu'on verra bientôt à la télévision canadienne (Photo Ânnette & Basil Zarovl ses rives, c\u2019est Alphonse Daudet, cependant que Rozet adopte la simplicité et l\u2019accent savoureux de la Provence pour nous parler de Giono ; l\u2019odeur des marronniers, les sabots sonores d\u2019un cheval de fiacre dans le silence de la nuit, un pas solitaire, c\u2019est Lafargus rentrant à l\u2019aube et dont Rozet nous lit la chronique de Paris.Autant d\u2019écrivains, autant de voix, mais un seul écho : celui d\u2019une langue si belle qu\u2019elle mérite la dévotion et le talent d\u2019un tel artiste \u2022\u2022 \u2022 Après Le Sagouin et La pierre d\u2019achoppement, le Cercle du Livre de France nous offre un des livres les plus puissants de François Mauriac, Galigai.Cette gouvernante de bonne famille, dont le visage ingrat reflète l\u2019esprit malsain, domine toute une famille, mais ne pourra vaincre (même par un chantage moral) la répugnance de Nicolas à son égard.Prêt à se sacrifier pour aider le mariage de son ami Gilles, il se reprend après avoir donné à celui-ci la preuve d\u2019un «sentiment intermédiaire entre l\u2019amitié et l\u2019amour », sentiment qui n\u2019a cependant rien de trouble et qui ressemble à l\u2019exaltation tendre de l\u2019adolescence, que Martin du Gard avait si bien comprise dans Les Thibault («Le cahier gris»).L\u2019atmosphère étouffante de la petite ville est magistralement décrite, comme le désespoir impuissant de Galigai devant l\u2019amour de Marie et de Gilles.L\u2019avenir de Nicolas Plassac est plus incertain, et l\u2019auteur nous laisse entrevoir qu\u2019il donnera à Dieu cet excès d\u2019amour qu\u2019il avait pour son camarade.La sélection de juin du Cercle du Livre de France est une édition de luxe, numérotée et illustrée par Lomer Gouin, dont l\u2019exposition de gouaches au Musée des Beaux-Arts, en 1949, fut fort remarquée, comme la pièce de théâtre Polichinelle, qu\u2019il fit jouer, l\u2019année suivante, au Gésu.Les dessins à l\u2019encre de Lomer Gouin, expriment la sécheresse des personnages par une ligne dépouillée qui les fige en statues de bois et dont le visage serait recouvert d\u2019un vernis craquelé.(Ce dessin linéaire est même exagéré pour Nicolas qui perd, ici, la force et la densité de son caractère).M.Gouin est avocat, comme son père, le sénateur Léon Mercier-Gouin, et tient ses qualités artistiques de sa mère, Mme Yvette Mercier-Gouin.Né en 1921, d\u2019une famille qui compte deux Premiers Ministres, il n\u2019est pas étonnant de le retrouver dans le monde politique, où il est secrétaire particulier du chef libéral de la province de Québec, M.Georges Lapal-me \u2022 \u2022 \u2022 M.Georges-Marie Saint-Aude, directeur du Syndicat d\u2019initiative du Lamentin, deuxième ville de la Martinique, organise avec le concours du Service français du Tourisme, à Montréal, et la compagnie Air-France, un service régulier qui permettra aux Canadiens de langue française de visiter cette île enchanteresse des Antilles françaises, à partir d\u2019octobre prochain.Isolée de la France et de nous pendant la guerre, la Martinique reprend son attrait touristique qui devrait être deux fois plus fort chez le Canadien-Français, qui trouvera un pays de soleil pendant les mois d\u2019hiver, avec l\u2019attrait de l\u2019exotisme.et du change monétaire de 400 francs au dollar.Monsieur Saint-Aude qui porte l\u2019insigne scout de l\u2019Arc, à sa boutonnière, pilote, ce mois-ci, le voyage d\u2019une trentaine de scouts canadiens qui feront un séjour de trois semaines à la Martinique pour remettre aux scouts antillais leur visite de 1950.J\u2019ai lu, dans un journal de la Martinique, les impressions de nos visiteurs sur l\u2019île d\u2019Orléans, l\u2019Ordre du Bon Temps, la Compagnie du Masque, les terrains de jeux à Montréal, Québec et leur visite à Vaudreuil.Une compréhension si vive, 9 une amitié si chaude valent la peine d\u2019être cultivées.Je vous parlerai donc encore de la Martinique, département français ; de son folklore, de son artisanat, de sa cuisine créole et de ses produits.Une de nos compatriotes, Lucienne Letondal y amenait, le printemps dernier (sous le nom de Lucienne Real) une troupe de comédiens français, sous le patronage du Ministre des Beaux-Arts \u2022 \u2022 \u2022 De son vivant, George-Bernard Shaw avait refusé à la comédienne, Mme Patrick Campbell, la permission de publier les lettres d\u2019amour qu\u2019il lui écrivit de 1899 à 1939.Il l\u2019avait fait avec l\u2019esprit caustique qui était le sien («I refuse to play the horse to your Lady Godiva ») et de participer à ce dénudage de sentiments.Les cent-trente lettres viennent de rapporter plus de trois mille dollars, à une enchère, au petit-fils de l\u2019actrice \u2022 \u2022 \u2022 Une délégation de trente-huit membres des Nations-Unies visitera, au début du mois, le Centre d\u2019art de Saint-Adèle, après avoir été accueillie officiellement à Montréal par la directrice, Mlle Pauline Rochon.Ils assisteront, au Ste-Adele Lodge, au bal des Beaux-Arts dont le thème des costumes sera les cent .dernières années.Cette ecole de vacances attire autant de touristes américains que canadiens dans nos Laurentides.Les premiers suivent les cours de conversation française de M.Jean-Marie Laurence, et les seconds apprennent l\u2019anglais avec Donald (Don) B.McGill, de Radio-Canada, dont la connaissance du français fait toujours mon admiration.Les cours de peinture se donnent en plein air, et chaque classe a des élèves d\u2019autant plus enthousiastes que leur présence est volontaire \u2022 \u2022 \u2022 Nina Dova est une de ces artistes internationales dont le souple talent adopte la musique des pays qu\u2019elle visite.Et ceux-ci sont nombreux, depuis l\u2019Angleterre où elle est née ; les Etats-Unis ou elle fut élevée ; le Canada qu\u2019elle habita cinq ans ; l\u2019Afrique du Nord, le Labrador, le Groenland et la Terre de Baffin qu\u2019elle parcourut avec les troupes de l\u2019U.S.O.; l\u2019Amérique du Sud, la France et l\u2019Espagne où elle étudia et chanta professionnellement.Son public le plus intimidant fut celui des gitanes, dans les caves de Grenade, et le plus chaleureux, celui des Parisiens au cabaret, le « Night-Club ».Elle eut, en 1950, un programme de six mois a C.J.A.D., dans le folklore qu\u2019elle chante en six langues en s\u2019accompagnant de la guitare.Après avoir fait des programmes à la télévision française et américaine, elle chantera à la télévision canadienne, le 18 août prochain, et se félicite d\u2019avoir un réalisateur de la qualité de Pierre Mercure, dont les oeuvres furent jouées à la radio internationale et à Tanglewood, où il étudia 1 ete dernier.Nina Dova est entendue chaque soir, à la Maisonnette Carol, à Montréal, depuis juin dernier \u2022 \u2022 \u2022 Le premier gouverneur-général canadien, l\u2019Honorable Vincent Massey, redonne à Rideau-Hall l\u2019élégance qu\u2019elle avait connue sous Lord et Lady Bing of Vimy et un peu perdue pendant l\u2019inter-règne de leurs successeurs.Le chef français, qui a été, à Paris, celui du duc et de la duchesse de Windsor, rendra célèbre une table où les champagnes de France sont à l\u2019honneur \u2022 \u2022 \u2022 Les restaurants de luxe sont rares et ne font pas fortune à Ottawa.Aussi, la Canadian Women Historical Society n\u2019ouvrira-t-elle qu\u2019un « tea-room », dans son nouveau Musée qui est dans 1 historique maison du fondateur d\u2019Ottawa, le Colonel By (Bytown), propriété du Gouvernement \u2022 \u2022 \u2022 La fête de l\u2019Assomption a toujours été observée avec beaucoup de dévotion, en France.Je n\u2019oublierai jamais cette procession de coiffes et de voiles blancs qui s\u2019avançait dans les ruines de Saint-Malo, le 15 août 1946.Elle jetait une lumière sur ces murs déchiquetés, tenant à peine sur le sol crevassé ou béant.La longue file allait porter des fleurs à Notre-Dame de la Grande-Porte qui exauça leurs prières, car Saint-Malo fut reconstruit, sur le plan ancien, en moins de cinq ans.Mais les morts, mais les souvenirs \u2022 \u2022 \u2022 Les auditeurs de C.K.A.C.ont pu suivre le congrès [ Lire la suite page 54 ] ¦= J: : 1 .Mém De haut en bas : M.Aurèle Séguin, créateur de Radio-Collège et organisateur du premier poste de télévision au Canada.(Photo Jae-Guy) \u2014 Roland Leduc, chef d\u2019orchestre des \"Petites Symphonies\" de Radio-Canada (Ph.Conrad Poirier d'un dessin de Louise GadboisJ \u2014 Mlle Pauline Rochon, directrice du Centre d'Art de Ste-Adèle.I Photo Annette & Basil Zarovl \u2014 Ci-contre : la statue de l'Impératrice Joséphine à Fort-de-France, Martinique, île des Antilles françaises qu\u2019Air-France reliera bientôt à Montréal. 10 La Revue Populaire LE CACHET CANADIEN mm > WÊSBmmÈ: .-J La couture canadienne crée à notre intention une mode à la fois élégante et pratique, se prêtant à nos habitudes de vie.L\u2019ÉLÉGANCE AUTOMNALE Une note très originale qui consiste en une large bande froncée aux hanches et en un ourlet de type harem, anime cette robe très habillée en taffetas marine.TJn large décolleté en « V » et des manches dolman ajoutent à sa féminité.( Bill Mintz of Trend ) .- \t\t Le velours noir reste le choix des élégantes.Voici un charmant chapeau de velours noir, dont le bord relevé est orné de deux bijoux et d\u2019une voilette trois-quarts.(Piko) La petite robe pratique pour l\u2019automne est en jersey anglais dans une combinaison de deux tons, clair et foncé, soulignés d\u2019une bande de velours noir au corsage.Un motif de perles de jais jette une note brillante dans cette robe très simple.( Bill Mintz of Trend ) '-1 ' \u2019 yfr.1 il Blouse extrêmement élégante, en nylon et rayonne de viscose de teinte champagne.Un fil doré donne du relief au tissu.Un plissé généreux orne la bande boutonnée à l\u2019avant.\t( Acme ) \" \u2019 Un décolleté très nouveau en forme de demi-lune, garni d\u2019un col enveloppant, caractérise cette robe de cocktail en satin mat de te nte bleu nuit.La large jupe comporte deux poches coupées et une petite ceinture à la taille.\t(Bill Mintz of Trend) : Montréal, août 1952 11 i NOUVELLE DES PAS, IA NUIT pan «Ceo ïDantey Affectueux et rieur, Fred soutenait vigoureusement les jeunes épaules ployantes.Il la sentait à lui, bien à lui.Illustration de Ted H.il ¦ AcquoT ?Tu entends?* I \u2014 Quoi donc ?Tu m\u2019as saisie.\u2022J \u2014Des pas.Je te jure, on a marché dans ton jardin.Jacqueline haussa une épaule indifférente à l\u2019émoi visible de son amie et se mit à rire.\u2014 Ma pauvre chérie ! Si tu habitais ici tu piquerais une crise de nerfs pour un chat en mal de vagabondage.Nul ne peut marcher dans le jardin.La grille est fermée, les murs sont hauts.Mal rassurée l\u2019autre enfilait sa jaquette avec hâte.\u2014 Cela se saute des murs! Ah! Non, je n\u2019habiterai pas chez toi ! Cette villa si isolée, cet abandon de tout ! J\u2019y mourrai de peur ! Oh ! Ecoute ! Ecoute !.je t\u2019assure que ce n\u2019est pas une illusion, j\u2019ai entendu nettement des pas.La jeune femme s\u2019approcha de la fenêtre, paisible : \u2014 Qui veux-tu.\u2014 N\u2019y va pas ! hurla l\u2019autre, blême.Si on te tirait dessus.\u2014 Mais enfin, pourquoi veux-tu absolument créer ici une atmosphère de drame ?C\u2019est idiot.Pour quelques bourdonnements d\u2019oreille te voilà tout à l\u2019envers ! Voyons, voyons, ma petite Nette, il est temps que tu partes va ! La maison ne te réussit vraiment pas.Viens, je vais te raccompagner jusqu\u2019à la grille pour que tu n\u2019aies pas des palpitations à chaque coup de vent dans les massifs ! Mais sur le seuil du vestibule, en haut du perron l\u2019autre recula pleine d\u2019hésitation.\u2014 C\u2019est bête ! Je n\u2019ose pas ! Oh ! Jacquotte, Jac-quotte, si on nous guettait ! S\u2019il y avait quelqu\u2019un caché derrière les ocubas ?Pleine de décision, Jacqueline glissa son bras sous celui de la peureuse et l\u2019entraîna dans le jardin obscur.\u2014 Allons, voyons, trêve de sornettes ! Ne te suggestionne pas et tout ira bien.Le meilleur moyen pour ne pas avoir peur c\u2019est de ne pas y penser vois-tu.\u2014 Tu en as de la chance toi, de ne pas être peureuse ! \u2014 J\u2019aime le risque et l\u2019aventure, que veux-tu ! Petite-fille et fille d\u2019officiers, c\u2019est peut-être pour cela.Mais jamais l\u2019idée ne me vient de redouter un péril, surtout imaginaire.Je.je vais te l\u2019avouer parce que nous sommes bien seules toutes les deux, mais je regrette plutôt de ne pas en courir ! Rassurée par le bras qui la tenait solidement, Nette avançait sans hésitation entre les épais massifs de troènes qui accompagnaient l\u2019allée à peine dessinée par une lune hésitante.Elle admira.\u2014 Eh bien vrai ! Ce n\u2019est pas moi.\u2014 Evidemment, dit Jacquotte en riant, nous n\u2019avons pas du tout le même caractère.C\u2019est même pour cela que nous nous entendons si bien.Mais souviens-toi de mes rêves de lycéenne : ce n\u2019étaient que chevauchées, explorations, exploits policiers ! Rien des aspirations sentimentales de nos compagnes.Eh ! bien, au fond je suis demeurée la même.Et quelquefois, comme ce soir, je regrette.\u2014 Tu n\u2019es pas heureuse près de ton Fred ?Mais tu l\u2019adores ?\u2014 Oui, bien sûr.Seulement il me semble qu\u2019il y aurait autre chose dans la vie.Vois-tu Fred est si fort, si droit, si brave, on se sent tellement protégée, défendue, à l\u2019abri de tout, auprès de lui que.c\u2019en est un peu humiliant, agaçant, par instants !.\u2014 Parle pour toi ! Moi cette sécurité na serait pas pour me déplaire, je te le jure ! \u2014 Il m\u2019a fait ici une vie ouatée, très douce, sans heurts qui rendrait beaucoup d\u2019entre nous follement heureuses.Mais, moi, malgré tout l\u2019amour très tendre que j\u2019ai pour lui, j\u2019éprouve par moments une espèce de regret, de nostalgie.\u2014 La nostalgie du danger, de l\u2019aventure, du drame de tes rêves de petite fille.Eh ! bien, merci.Aaaah !\t[ Lire la suite page 39 ] 12 La Revue Populaire SUR UNE QUERELLE pan Qcnand fVKlonlÀ4£t PUr1'^ iiiiiai Depuis tantôt un demi-siècle, et à intervalles quasi réguliers, des critiques d\u2019occasion \u2014 plus critiques qu\u2019historiens, moins historiens que chroniqueurs des Lettres \u2014 affirment catégoriquement l\u2019inexistence d\u2019une littérature canadienne d\u2019expression française.Avec un luxe imposant de comparaisons boiteuses ou tirées par les cheveux, d\u2019expressions imprécises et d\u2019ingénieuses absences de mémoire, ils prétendent que les milliers d\u2019ouvrages qui ont été publiés chez nous depuis deux siècles ne sauraient raisonnablement former une littérature, qu\u2019il y faudrait un minimum d\u2019humanisme sérieux, de tenue littéraire et de syntaxe, que nos écrivains manquent singulièrement d\u2019aptitudes, tant du côté de l\u2019imagination que de celui de l\u2019expression littéraire, qu\u2019enfin il ne sert de rien de nous battre les flancs puisque la littérature française existe \u2014 merci quand même ! \u2014 et que nous n\u2019avons rien de mieux à faire que de nous en pénétrer profondément et de rester tranquilles dans notre coin.Car nous n\u2019atteindrons jamais, prédisent des esprits chagrins, ni à la hauteur ni à la perfection formelle des écrivains de la Mère-Patrie.Que ces éreintements périodiques, que ces violents procès unilatéraux de notre littérature n\u2019aient empêché jusqu\u2019ici aucun écrivain de chez nous de prendre la plume et de noircir consciencieusement du papier, le fait est peut-être regrettable, mais il est notoire ; s\u2019il ne prouve absolument rien en faveur de notre littérature ni contre elle, il semble bien cependant qu\u2019il montre l\u2019inanité foncière de ces accès d\u2019humeur critique, de ces excès d\u2019insulte au vitriol.Sans doute est-il bon, est-il souhaitable de battre sa coulpe \u2014 sur sa propre poitrine, bien entendu ; mais pas au point de se démolir.Le jeu de massacre, quand il n\u2019est pas enfantin, est odieux.A l\u2019instar des générations montantes, nous avons présentement une tendance fâcheuse à tout remettre en question, à recommencer indéfiniment, et avec un sadisme qui s\u2019ignore, le même procès : le procès des hommes qui nous ont immédiatement précédés, même des contemporains.Pour ma part, je n\u2019y verrais point d\u2019inconvénient grave ; j\u2019y verrais plutôt une saine vigilance de l\u2019esprit, à condition de ne pas prendre l\u2019affaire trop au tragique, même de ne pas la prendre au sérieux ; à condition aussi de considérer la chose jugée comme une simple expression d\u2019opinion, discutable \u2014 donc comme un non-lieu tout à fait probable.Des non-lieu de ce genre, l\u2019Histoire en a enregistré un certain nombre par siècle.L\u2019un des plus tapageurs est la longue querelle des Anciens et des Modernes, qui a dressé les uns contre les autres quelques-uns des écrivains les plus illus- tres du Grand Siècle et qui, en somme, a desservi quelque peu les Lettres par sa violence et ses mauvaises raisons.En Peinture, la querelle des Ruhénistes et des Poussinistes, à laquelle ni Rubens ni Poussin n\u2019ont pris part \u2014 et pour cause : ils étaient morts depuis longtemps \u2014, a peut-être fait couler moins d\u2019encre ; mais elle a eu des adversaires aussi redoutables et aussi astucieux les uns que les autres, elle n\u2019a pas manqué d\u2019épisodes grotesques, et elle a favorisé une pratique détestable, l\u2019imitation.En Musique, le XVIIIe siècle compte deux grandes querelles, qui d\u2019ailleurs sont liées, à un quart de siècle d\u2019intervalle, par le même fil : musique italienne contre musique française.La première est la Guerre des Bouffons ; la seconde, la querelle des Gluskistes et des Piccinistes.Seule la première m\u2019intéresse aujourd\u2019hui à cause de la date où elle a éclaté : 1752.R est souvent utile d\u2019évoquer les chicanes d\u2019autrefois, quand ce ne serait que pour en souligner l\u2019inutile violence et la déplorable inutilité.En tout cas, il n\u2019est pas hors de propos de rappeler aujourd\u2019hui ce que, il y a deux siècles cette année, Jean-Jacques Rousseau pensait de la musique française ; on verra tout à l\u2019heure qu\u2019il s\u2019est de bonne foi mais lourdement trompé, lui le philosophe, l\u2019écrivain et l\u2019homme de métier \u2014 car il était compositeur de musique à ses heures.A la lueur de ces faits, on pensera peut-être que se trompent également les critiques qui refusent toute existence ou toute qualité à la littérature canadienne, puisqu\u2019il leur manque la dimension même qui faisait défaut au citoyen de Genève : le recul du temps ; puisqu\u2019il leur manque encore la qualité que Jean-Jacques avait négligé d\u2019acquérir : la connaissance profonde du passé.L\u2019expression même de Guerre des Bouffons est impropre.Les Bouffons, dont il s\u2019agit, sont en réalité les chanteurs et acteurs italiens qui, dès les premières années de la Régence, donnent à Paris l\u2019opéra buffa alors en grande vogue dans ia péninsule \u2014 c\u2019est-à-dire l\u2019opérette comique, entremêlée de grands airs, de récitatifs et de dialogues parlés.Le 1er août de l\u2019année 1752, les Bouffons, puisqu\u2019il faut les appeler par leur nom, ont l\u2019excellente idée de faire leurs débuts sur la scène de l\u2019Académie royale de Musique en interprétant une oeuvrette qui avait obtenu un énorme succès à Naples vingt ans auparavant, la Serva Padrona \u2014 la Servante maîtresse \u2014 de Giovanni Battista Pergolesi.Cette bluette musicale, troussée avec beaucoup d\u2019esprit, de De haut en bas : Portrait de François COUPERIN, dit Couperin le Grand (Paris, 1668 \u2014 Paris, 1733), claveciniste, organiste et compositeur.Peinture de l'Ecole française conservée au Château de Versailles.\u2014 Buste en terre cuite du chevalier Christophe-Willibalt Gluck (1774 -1787), compositeur et rénovateur de l'opéra en France.D'après une oeuvre de sculpteur Antoine Houdon, vers 1774.\u2014 Buste en marbre de Jean-Baptiste LULLI (Florence, 1633 \u2014 Paris, 1687), compositeur de musique et directeur de l'Opéra à Paris.Oeuvre d'Antoine Coysevox, conservée en l'église de Notre-Dame-des-Victoires, à Paris. Montréal, août 1952 13 MUSIULE D\u2019AUWOIS de Ha Société (Rosalie, du Canada vivacité et de sens mélodique, soulève aussitôt l\u2019enthousiasme des amateurs parisiens :\tà la scène, la Servante maîtresse n\u2019a que de fervents admirateurs.Car il y a deux siècles aussi bien qu\u2019aujourd\u2019hui, comment rester insensible à cette chaude bouffée de printemps, à cette mélodie souple et enlevante, à ce mouvement preste, ailé, où la basse chantante épouse, tout comme dans l\u2019histoire d\u2019ailleurs, la spirituelle légèreté de la soprane ?Comment n\u2019être pas ravi par tant de fraîcheur, de grâce et de subtilité ?Aussi bien, n\u2019est-ce pas sur l\u2019oeuvre même de Pergolèse que la discussion s\u2019élève ; c\u2019est sur les symbole qu\u2019elle représente.Oeuvre essentiellement italienne, elle semble faire pièce à l\u2019opéra bouffe de caractère français ; et au moment où Jean-Philippe Rameau, génie de son temps, commence à décliner et même à recevoir des coups\u2014 « De jour en jour, confie-t-il à son ami Chabanon, j\u2019acquiers du goût, mais je n\u2019ai plus de génie » \u2014 la Servante maîtresse apparaît comme une sorte de fontaine de jouvence, la source même du renouvellement de la musique française, un parfait modèle à imiter.Dans cette histoire, les hostilités s\u2019amorcent à la reprise d\u2019un opéra bouffe créé un demi-siècle auparavant, VOmphale du compositeur Destouches.Grimm exhale son italianisme délirant dans sa Lettre sur Omphale ; Jean-Jacques Rousseau renchérit dans sa Lettre à Monsieur Grimm.En affirmant sa préférence pour la musique italienne, Jean-Jacques en profite pour taquiner Rameau et lui prodiguer des compliments qui sont en même temps des coups d\u2019épingle.Deux ans se passent et, après le triomphe de la Servante maîtresse, l\u2019orage éclate ; Jean-Jacques prend à sa charge la gravure et la publication de l\u2019oeuvre de Pergolèse ; Grimm et ses amis bataillent contre l\u2019opéra bouffe français ; et Jean-Jacques Rousseau, après quelques mois de silence, lance dans le public une satire violente et sans nuances, sa Lettre sur la musique française.La querelle couvait depuis près de trois quarts de siècle.Autant par goût personnel que pour se faire bien voir de son protecteur Louis XIV, Jean-Baptiste Lulli l\u2019avait suscitée vers l\u2019année 1675 en prenant fait et cause pour la musique française contre la musique italienne.Celle-ci, toute puissante sous Mazarin, avait plié sous l\u2019action volontaire de Baptiste, surintendant de la Musique du Roi, dictateur des sons comme Charles Le Brun l\u2019était des couleurs.Ni Marc-Antoine Charpentier, en dépit de son immense talent et de la sincère admiration du roi, ni André Campra et ses amis italianisants \u2014 tel l\u2019érudit abbé Mathieu, curé de Saint-André-des-Arts à Paris, qui faisait concert dans sa maison \u2014 ni même le grand François Couperin, en dépit de son prestige et de la fraternelle protection de Corelli, n\u2019avaient pu remonter le courant ni réacclimater la musique italienne en France.Et le jour où Rameau entrait en scène avec Hippolyte et Aride, Castor et Pollux, surtout Dardanus, c\u2019était bien, malgré les récriminations peu fondées des Lullistes, la musique française qui se faisait applaudir à l\u2019Opéra, qui chantait sur toutes les lèvres et qui triomphait.Cependant ce triomphe ne fait pas long feu.La musique française trébuche sur une équivoque ; car, assurent ses ennemis, elle s\u2019écarte de la Nature.Est-il besoin de préciser que dans l\u2019esprit de Rameau, le mot nature n\u2019a pas le même sens que dans celui de ses détracteurs.Aux yeux de l\u2019ingénieux et savant théoricien de la musique, la nature, loin d\u2019être simple, est terriblement compliquée ; et le monde des sons et des rythmes, vaste univers de subtilités et de contradictions, comporte un si grand nombre de combinaisons et de solutions satisfaisantes, que le compositeur serait blâmable de ne pas les rechercher et de craindre de les mettre en oeuvre.Jean-Philippe Rameau a prêché d\u2019exemple jusqu\u2019à la fin de sa longue carrière ; et il a récolté, en plus des invectives de Grimm et de Rousseau, ces vers médiocres qu\u2019un médiocre esprit n\u2019a pu s\u2019empêcher d\u2019écrire : Si le difficile est beau, C\u2019est un grand homme que Rameau.Mais si le beau par aventure N\u2019était que la simple Nature, Quel petit homme que Rameau ! L\u2019on voit maintenant quel sens étriqué le mot Nature prend dans l\u2019esprit des premiers Romantiques, notamment dans celui de Jean-Jacques Rousseau ; quel sens conventionnel et confus.La nature, c\u2019est le paysage dépouillé de tous les ouvrages de l\u2019homme ; c\u2019est ce qui se fait naturellement, ce qui devrait se faire, ce qui se comprend sans fatigue, ce qui s\u2019imagine sans peine, ce qui s\u2019énonce sans contradiction ; ou encore, c\u2019est une sorte de conformisme sentimental : suivre la nature, c\u2019est se laisser aller aux bons sentiments, aux instincts généreux, c\u2019est vivre avec simplicité, c\u2019est imiter sur la toile avec des couleurs uniquement ce qu\u2019on voit, c\u2019est composer une mélodie facile et charmante que le premier venu peut assimiler en s\u2019en croyant peut-être l\u2019auteur.Bref, suivre la nature, c\u2019est retourner aux heures heureuses et lointaines de l\u2019humanité primitive.[ Lire la suite page 41 ] De haut en bai: Denis DIDEROT (1713 - 1784), écrivain et critique, l'un des fondateurs de l'Encyclopédie.Portrait par Honoré Fragonard, vers 1760.\u2014 Jean Philippe RAMEAU (Dijon, 1683 \u2014 Paris, 1764), compositeur.Buste en marbre par Jean-Jacques Caffieri, 1760.\u2014 Jean-Jacques ROUSSEAU (1712 - 1778), philosophe, écrivain et compositeur de musique.Buste de Houdon, collection de l'Institut de France.\u2014 Les illustrations de l'article de Gérard Morisset sont de l'Inventaire des Oeuvres d\u2019Art (P.Ç.).i # 5» rM U 14 La Revue Populaire Comment se déroule un conclave Pour la première fois dans l'histoire, le monde saura, par l'image, comment les cardinaux procèdent à l'élection d'un Pape.\u2014 La Chapelle Sixtine reconstruite en studio pour un film qui raconte la vie de Pie X Pour la première fois, dans l\u2019histoire du cinéma, un Conclave sera porté à l\u2019écran dans la vie de Pie X qui se tourne en ce moment à Rome.Deux conseillers du Vatican suivent de très près la réalisation du film pour laquelle la chapelle Sixtine elle-même a dû être reconstruite en studio, afin de ne pas abîmer les fresques de Michel-Ange.Les scènes du Conclave qui vit l\u2019élection de Pie X \u2014 Conclave auquel prirent part 63 cardinaux, \u2014 ont été notamment d\u2019une fidélité rigoureuse : de la robe des cardinaux aux 63 encriers qui servirent à remplir les bulletins électoraux eux-mêmes.Le choix des interprètes a été particulièrement difficile, les réalisateurs voulant que la ressemblance avec les personnages auxquels ils s\u2019identifiaient \u2014 et en particulier avec Papa Sarto, nom de Pie X, fût aussi parfaite que possible.Après de longues recherches, un acteur de théâtre de l\u2019Italie septentrionale, Enrico Vidon, assez peu connu, fut choisi pour incarner Pie X.Par ailleurs, le rôle du célèbre cardinal Merry del Val, Secrétaire d\u2019Etat au Vatican sous Pie X, fut confié à l\u2019acteur italo-américain Tullio Carminati.Isa Miranda prend également part au film sous les traits d\u2019une pécheresse qui implore le pardon du Pape.Le metteur en scène est Umberto Scarpelli, peu connu par le grand public, mais très apprécié dans les milieux cinématographiques pour avoir été l\u2019assistant de Camerini, Blasetti et De Sica.' » m m «ilia f ÏÏMM i v « \"HMintf fi I ¥ Une reproduction parfaite et grandeur nature de la chapelle Sixtine du Vatican, telle que reconstituée dans un studio de Rome.L'illusion, comme on le voit, est complète.Rien n'y manque, pas même les fresques de Michel-Ange.Aussitôt les intérieurs achevés, le film se transportera en extérieurs à Venise où Pie X fut Patriarche avant d\u2019être élu Souverain Pontife, et à Trévise où il passa une partie de sa jeunesse.C\u2019est grâce d\u2019ailleurs au concours d\u2019un groupe de financiers de Trévise \u2014 qui ont voulu honorer la mémoire de Pie X après sa cananisation \u2014 que « Les Hommes ne regardent pas le ciel », tel est le titre du film historique qui a pu être réalisé et que nous verrons au \u2019anada.: > Le régisseur (Umberto Scarpelli) dirige la scène du Conclave qui vit l'élection inattendue de Pie X.C'est le Vatican lui-même qui a réglé les moindres détails de Le Pape Pie X, tel qu'on le verra dans le film inspiré de sa vie.C'est la première cette scène, d'une exactitude rigoureuse.\tfois que le Vatican permet de porter à l'écran la vie d'un Pape. ¦SH Montréal, août 1952 LA (HIÜOPÜACTIE A SES ADEPTES ENTHOUSIASTES En France, bien qu interdite, la chiropractie a ses partisans et ses défenseurs, au même titre que les radiesthésistes et autres guérisseurs.Le neuroealomètre est un appareil extrêmement sensible permettant de déceler les plus légers écarts de température des nerfs.Dis que l'on tourne le dos à la médecine officielle, pour une raison ou pour une autre, l\u2019on se trouve en présence d\u2019une multitude de guérisseurs qui proclament à l\u2019envie que leur technique est la meilleure.On n\u2019a que l\u2019embarras du choix pour se faire soigner en dehors des méthodes routinières.Il faut bien le dire, n\u2019en déplaise à certains, beaucoup de ces guérisseurs ne sont que des charlatans exploitant à fond le crédulité humaine sous une forme peu élégante, pour ne pas dire plus.Tous ne sont cependant pas aussi dénués de scrupules.Il en est parmi eux, parmi ces « médecins-sans-diplôme » qui obtiennent des résultats probants là où la Faculté s\u2019est déclarée impuissante.Prenons, par exemple, la « chiropractie ».Cette méthode est approuvée dans certains pays, tolérée ou même tout simplement défendue dans d\u2019autres.Ils sont dix, en France, à pratiquer cette nouvelle science, et tous les dix connaissent une affluence considérable de malades qui mettent en eux leur dernier espoir.La « chiropractie » est une méthode spéciale de massage dont la technique consiste à effectuer des pressions manuelles sur les vertèbres afin de dégager, de « débloquer » plutôt, les nerfs rachidiens.Nous avons été rendre visite à l\u2019un de ces dix chiropracticiens, et bien entendu nous avons choisi le plus connu, le plus célèbre d\u2019entre eux aussi, M.Gaston Gross, qui pratique dans un quartier voisin de l\u2019Opéra, à Paris.La chiropractie est interdite en France, c\u2019est ce qui a valu à Gaston Gross de passer neuf fois déjà en correctionnelle, malgré les témoignages innombrables de patients qui attestent hautement leur guérison.Mais la loi est la loi, et en attendant le « Statut des guérisseurs » le chiropracticien attend la dixième convocation.En attendant ce jour il continue à pratiquer.Gaston Gross a découvert cette thérapeutique révolutionnaire en tant que patient.Malade depuis l\u2019enfance, nous a-t-il dit, je dois la santé à la Chiropractie.Il nous explique aimablement que ce nouveau moyen de guérir est en réalité connu depuis longtemps déjà, puisque c\u2019est en 1895 que l\u2019Américain Palmer, par le plus grand des hasards, fit sa découverte.Palmer habitait alors à Davenport dans l\u2019Iowa et avait à son service un domestique nègre atteint de surdité précoce.On ne sait trop comment mais il arriva à penser que l\u2019infirmité de son domestique provenait d\u2019un déplacement des vertèbres cervicales occasionnant le blocage des nerfs auditifs.Il essaya donc de redresser ces vertèbres par de simples pressions manuelles.Quelle ne fut pas sa stupéfaction en constatant quelques jours plus tard que sa thérapeutique avait pleinement réussi ! Dès lors Palmer entreprit expérience sur expérience.Il les vit pour la plupart couronnés de succès.Il baptisa sa découverte du nom de « chiropractie ».Depuis lors il a fait souche, puisqu\u2019à l\u2019heure actuelle il n\u2019y a pas moins de 25,000 chiropractors aux U.S.A.Ces chiropracticiens travaillent dans des cliniques équipées selon les derniers perfectionnements de la technique moderne.Dans certains Etats mêmes ils jouissent de l\u2019appui des autorités.La théorie des chiropracticiens est séduisante .La théorie des chiropracticiens est très simple et c\u2019est ce qui la rend, sans doute, aussi séduisante.Tout ce que le corps humain enregistre comme sensations, nous dit M.Gross, est retransmis au cerveau par les nerfs passant dans la moelle épinière.De ce fait, le moindre accident, la moindre lésion, survenant aux vertèbres risque de coincer l\u2019un de ces nerfs et provoque de ce fait des troubles dans l\u2019organisme.Suivant le nerf atteint, ce sera telle ou telle partie du corps qui en pâtira.Et c\u2019est ici qu\u2019intervient le chiropracticien.Il va tenter tout simplement de A l'aide d'un stéréoscope, le chiropracticien examine les radioscopies que lui soumettent ses clients.\u2014 Ci-contre : M.Gross photographié ici devant une autre photographie que l'on aperçoit au mur, souvenir d'une réunion de chiropracticiens aux E.-U.Ils y sont en nombre assez impressionnant, n'est-ce pas ?remettre la ou les vertèbres atteintes à leur place primitive par simple pression manuelle, donc sans opérations, piqûres, etc.Ce système, nous dit encore M.Gross, offre l\u2019avantage inappréciable d\u2019attaquer non pas le mal lui-même, mais l\u2019origine du mal.Pour procéder, le chiropractor commence par examiner à l\u2019aide d\u2019un stéréoscope, qui lui permet de voir en relief, les radiographies de la colonne vertébrale que lui soumet le patient et essaye de localiser l\u2019endroit où la vertèbre s\u2019est déplacée.Le malade se couche ensuite à plat ventre et le chiropracticien d\u2019un mouvement preste du poignet remet la vertèbre à la place qu\u2019elle n\u2019aurait jamais dû quitter.C\u2019est tout et, comme vous le voyez, c\u2019est très simple.La chiropractie n'est pas une panacée universelle.Le chiropracticien affirme aussi que la plupart des maladies connues dérivent tout simplement d\u2019une sub-luxation vertébrale.Il vous suffit de faire une chute malencontreuse, de recevoir un choc même léger pour occasionner la maladie.Bien entendu, nous dit M.Gross, il ne faut pas venir nous demander de guérir un eczéma parvenu au terme de son évolution, ou de faire repousser un membre amputé, il est des cas qui échappent forcément à notre action, mais ils sont rares, très rares même.J.H.Gilbert. du vitra I.ASSE-MOI LE PLAT qui est sur la desserte, Arsène.Tu dors, ou tu es sourd ?Ledit Arsène somnolait en effet, oubliant le réchaud d'argent qu'il avait pour mission de nettoyer.Il se dressa d'un bond, gêné d'avoir été pris en défaut.Cependant il protesta : \u2014 T'as pas besoin de crier comme ça.quoi que tu en dises, je ne suis pas sourd.Et remettant à sa femme la pièce demandée, il ajouta : \u2014 D'abord, tu vas bien finir toute seule ; j'ai à faire ailleurs.\u2014 Pas possible ! s'exclama Thérèse.Et le nettoyage, qui va l'achever ?Arsène passa son index sur la table au vernis impeccable de la salle à manger, et le montrant vierge de toute poussière, il répondit narquois : \u2014 Il n'y a pas besoin d'être deux, à moins qu'un de nous ne s'occupe à salir.Comme Thérèse allait protester, Arsène, décidément en forme ce jour-là, continua : \u2014 Tu ne trouves pas que c'est ridicule de faire un pareil truc chaque samedi, alors que tout brille ?\u2014 C'est l'habitude ici.\u2014 L'habitude ! Laisse-moi rire.On nettoie tous les jours de la semaine et tu veux remettre ça en plus grand le samedi.Moi, j'en ai assez.Ce disant, Arsène, dédaignant la discussion, se dirigea vers la cuisine, cependant que furieuse, Thérèse descendait de l'escabeau sur lequel elle était juchée pour mettre de l'ordre dans le buffet.Les protestations du vieux domestique étaient en réalité bien fondées, car dans la grande pièce aux murs lambrissés de chêne, il n'était pas un objet qui ne fût entretenu et reluisant, suivant toutes les règles d'une économie domestique bien organisée.C'était bien là un spécimen d'intérieur bourgeois traditionnel, dénotant par la recherche de son ameublement une fortune certaine, un milieu social élevé, mais aussi une absence de fantaisie et de gaîté qui rendait oppressante une atmosphère où la lumière était parcimonieusement mesurée, ne pénétrant qu'à travers une sorte de verrière en forme de « bow window » et tamisée encore par des rideaux de velours incomplètement écartés.Trois coups tintèrent à la vieille horloge.\u2014 Trois heures ! s'exclama Thérèse.Et la blanchisseuse qui n'arrive pas avec le linge ! M.Patrice va rentrer et il ne trouvera pas une seule chemise de soie.Il va crier ! \u2014 Eh bien ! il criera, riposta Arsène, très calme.Thérèse semblait avoir oublié son nettoyage.A cet instant, des coups sourds venant du côté de la cuisine interrompirent la discussion.\u2014 C'est à la porte de service, dit Arsène ; la sonnette ne marche pas.Ce doit être ta blanchisseuse.\u2014 Eh bien! va voir.Fais-la entrer ici et puisque tu veux te promener, va me chercher les oeufs que j'ai retenus chez Mme Charley ; je veux faire un entremets et je n'ai que le temps.Enchanté d'avoir une occasion d'aller prendre l'air, Arsène de son pas nonchalant, traversa l'office et vint ouvrir la porte donnant sur l'escalier de service.Il se trouva en face d'une jeune fille de vingt à vingt-deux ans, qui portait un panier rempli de linge.\u2014 Ah ! Lucienne ! dit-il.Vous arrivez bien.Thérèse se faisait déjà du mauvais sang.Elle vous attend dans la salle à manger.Vous m'excuserez, j'ai à sortir.\u2014 Je suis un peu en retard, c'est vrai.Pourtant, il n'est guère que deux heures et demie, répondit la jeune fille en entrant en coup de vent dans la salle à manger.Thérèse, qui achevait de ranger l'argenterie, l'accueillit par ces mots : \u2014 Deux heures et demie ! Tu peux dire trois heures passées.Où étais-tu encore ?Lucienne posa son panier à terre.Elle ne paraissait nullement troublée.C'était un beau brin de fille respirant santé et bonne humeur.\u2014 Pensez-vous, Madame Thérèse, que je vais vous raconter mes secrets.Le dimanche seulement, je suis en veine de confidences.et c'est aujourd'hui samedi.Elle riait, cherchant le regard de son interlocutrice.\u2014 Oui, répondit celle-ci, et d'abord je sais bien que ce n'est pas à une vieille comme moi que t'irais raconter tes petites histoires.\u2014 Vieille !.Mais vous n'êtes pas vieille, Madame Thérèse.\u2014 Dame ! je vais sur mes cinquante-six quand même ; ça compte.Et il va y avoir vingt-trois ans que je suis en service chez le conseiller Larsac, avec Arsène.C'est un bon bail.Elle campa ses poings sur ses hanches.Grande, douée d'un embonpoint qui menaçait de devenir excessif, elle dominait la frêle Lucienne dont les yeux se levaient vers elle avec quelque timidité.Cependant, Thérèse n'avait, en dépit de sa stature, rien d'une virago.Son visage aux traits irréguliers, aux joues rebondies et colorées, s'éclairait de deux yeux aux prunelles grises dont le regard exprimait la plus grande bonté.\t[ Lire la suite page 20 ] Le visage ne serait quun masque trompeur si les yeux ne s'avéraient le fidèle truchement de l'âme .Tfl.atne Hainan dTamaun pan ^fnnle et (Plenne J4at Illustration de Ted H. 18 La Revue Populaire LES ENGOULEVENTS, DES \u201cGARDIENS DE NUIT\u201d pan cVyianceHHe J2epacf.e - ^hibaudeau 4^* L'Engoulevent d'Amérique ne construit pas de nid.Ses petits naissent sur des rochers ou sur les toits.Quant à l'Engoulevent criard, il niche à terre dans les taillis ou sur le parterre de la forêt, au milieu des feuilles mortes.Photo Hugh M.Holliday, naturaliste canadien.sr.* ¦^4' U CREPUSCULE, quand les oiseaux qui ont rudement besogné tout le jour dans -les grands arbres, dans les taillis, sur les plantes, à la recherche de proies dont ils se nourrissent, eux et leurs nichées, rentrent au nid et que, fourbus mais satisfaits, ils adressent au Créateur, leur belle prière surprise un jour par un poète attentif : «.Dieu des petits oiseaux /.Merci de ce beau jour, de la source où nous bûmes Des grains qu'ont épluchés nos becs minutieux .» D autres oiseaux s élancent dans le ciel pour remplacer leurs frères dans la chasse abandonnée : ce sont les Engoulevents.Mystérieux personnages, ils se cachent durant le jour, mais à la brunante, ils s emparent de l'espace.Ont-ils été promus par le Créateur gardiens de nuit des jardins, des prairies et des bois ?Alors, ils s'acquittent de leur tâche avec une étonnante agilité, une extraordinaire vigueur, se partageant la campagne et la ville.Voici 1 Engoulevent d Amérique, le citadin.Il a commencé sa ronde et c'est pourquoi vous entendez ce cri guttural très caractéristique qui signale sa présence au-dessus des toits des maisons, de la cime des arbres des jardins et des parcs : « Pi-i-it, pi-i-it.».A cause du serein, il a enveloppe son corps menu dans une ample et très épaisse pelisse grise et blanche d'où émerge une opulente barbe.Vous l'avez aperçu peut-être déjà, mais vous l'avez pris pour une chauve-souris qui se promene egalement a la tombée du jour.Cependant la chauve- souris tournoie silencieusement au-dessus de nos têtes, tandis que notre personnage lui, est un bavard qui clame à tous moments son enthousiasme.Car elle est palpitante la chasse aux insectes dans les ciels d'été, et occasion de tant de bravades et de victoires.C'est par centaines que s'enfournent dans son bec largement fendu, garni de poils raides, véritable piège mouvant, hannetons, fourmis ailées, sca-rabés, papillons de nuit et maringouins.Parce que les maringouins constituent une partie importante de ses festins, on a surnommé l'Engoulevent le « mangeur de maringouins.Et, parce qu'il chasse en volant, tout comme les Hirondelles, on l'a aussi appelé « Hirondelle de nuit ».Mais d'où vient le nom d'Engoulevent ?Ce mot signifie « manger le vent ».Il arrive à cet oiseau d'avoir la fantaisie de se laisser descendre brusquement du haut -des airs, vers le sol comme un avion qui pique du nez, peut-être pour attraper une proie qui se dérobe.Cette chute produit un son mat et vibrant qu'autrefois on croyait causé par l'entrée du vent dans sa gorge béante.Aujourd'hui, on sait que ce bruit se fait plutôt dans les plumes des ailes.Les parents Engoulevents ne construisent pas de nid.La femelle dépose ses deux oeufs blancs tachetés de gris sur des rochers ou sur les toitures de gravier des maisons de nos villes.A cause de leur coloration, la couveuse et les oeufs, se confondent si bien avec les cailloux que bien malin celui, homme ou animal, qui peut les y déceler.C est la façon des Engoulevents de se protéger contre leurs ennemis.Dans cette famille on pratique depuis toujours l'art du camouflage.7 *\u2022\t.\t.v: tè m Wahsfja T- y jk ,/MIM %.\tWéMdÊÊÎ j?mm ^*3 mM, L'Engoulevent criard, cousin de l'Engoulevent d'Amérique, est un forestier, un campagnard.Il niche à terre dans les taillis ou sur le parterre de la forêt, au milieu des feuilles mortes, des aiguilles roussies des conifères.Déposés là, les oeufs blancs mouchetés brun, tachetés de jaune et de violet, sont aisément confondus et demeurent invisibles à tout regard.La femelle est-elle surprise par quelque indiscret, elle traîne de l'aile devant lui et, par son stratagème, entraîne le curieux loin du lieu où se trouve sa progéniture.Comme son cousin l\u2019Engoulevent d'Amérique, l'Engoulevent criard commence sa ronde au crépuscule en clamant son cri bizarre dans lequel les Anglais croient reconnaître les syllabes suivantes : « Whip-poor-will », et les Français, « Bois-pourri ».A cause de ses habitudes nocturnes et de sa présence autour des troupeaux, on a cru, naguère, qu'il tétait les chèvres.De la a l'appeler du nom suggéré par son prétendu méfait, il n'y avait qu'un pas.[ Lire la suite page 40 ] Le nom d'Engoulevent (manger le vent) lui vient du son que font ses ailes quand il descend en flèche vers le sol, tel un avion, pour attraper une proie.(Photo Holliday). in f jm - Ü ';r 'Mi: Toute la famille tient dans un \"T\u201d.Remarquez les portes coulissantes permettant de fermer chaque section.Les appareils sont ici du groupe \"Criterion\u201d.gfl L\u2019idée est simple et si logique! Le plan en \u201cT\u201d divise la pièce en trois \u2014 et résout le problème des \u201cembouteillages\u201d familiaux du matin.Pensez aux nombreuses applications de ce plan .à ses multiples possibilités décoratives! Mais, quels que soient vos plans \u2014 que vous songiez au plan en \u201cT\u201d ou que vous préfériez le plan ordinaire \u2014 la seule source sûre où vous procurer vos appareils reste la même: l\u2019assortiment CRANE.Vous y trouverez baignoires, w.-c.et lavabos de tous modèles, de tous genres et de tous prix, en un choix de couleurs pouvant s\u2019harmoniser avec votre décoration intérieure.Consultez un entrepreneur en plomberie et chauffage.Pour toute demeure.pour tout budget.CRANE .les appareils sanitaires préférés! Une idée nouvelle, pratique et sensationnelle.pourvue d\u2019appareils RANE brillânts.durâbles.d\u2019entretien facile CRANE LIMITÉE Siège social: 1170, square Beaver Hall, Montréal 6 usines et 18 succursales au Canada Voici trois autres applications du plan en \u201cT\".Vue du côté opposé à celle ci-dessous, montrant remplacement discret des w.-c.Salle de bain en \"T 20 La Revue Populaire ,, .Seute une cit peut être vraiment douce.Jumezdes KJ m M f\ti i § « >\t-f 1\tN\tCi \\ i I L\u2014m i u H\t, -\tË î \\\ti\t\t^ y JL\t».Ji O N h .elles sont toujours FRAÎCHES ! BOUT LIEGE ou UNI LA MADONE DU VITRAIL [ Suite de la page 16 ] Tout en parlant, les deux femmes tiraient des piles de linge.Au passage, Thérèse les examinait.\u2014 Ça y est.encore une chemise brûlée ! Il est terrible, ce garçon ! Pendant quelques minutes, ce fut le silence.Soudain, dans l\u2019antichambre proche, une sonnerie vibra et fit sursauter les deux femmes.\u2014 Allons, bon ! s\u2019exclama Thérèse, le téléphone, maintenant ! Et Arsène qui n\u2019est pas là.Continue à compter, je reviens.Elle se dirigea, en marmonnant vers le long couloir qui conduisait au bureau de Maître Etienne Larsac, conseiller à la Cour des Comptes.Quand elle eut décroché le récepteur, elle retrouva cependant une voix presque aimable pour signaler sa présence : \u2014 Allô ! oui.c\u2019est la cuisinière.oui, c\u2019est Thérèse.Qui est-ce qui parle ?.Oh ! vous !.Mais vous n\u2019êtes donc pas encore dans le train ?Non, on n\u2019a pas reçu de télégramme.Bien sûr, je comprends que vous ne rentrez pas .Mais oui, je suis seule.Attendez une minute.Et posant le récepteur sur le bureau, Thérèse alla fermer doucement la porte.Quand elle eut repris le contact, elle demanda : \u2014 Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019il y a?.Non, Arsène est sorti mais il va revenir tout de suite.Oui, j\u2019entends.Vous porter votre habit ?.Où ça ?.Rue Saint-Honoré ?.Mais alors, vous êtes à Paris ?.Non, personne ne m\u2019entend, puisque je suis toute seule.Je comprends, bien sûr, que vous êtes à Paris et que vous ne rentrerez que demain matin.Il faut qu\u2019Arsène vous prépare votre tenue de sortie et vous la porte chez votre tailleur, rue Saint-Honoré.Ah ! là, là, quelle manigance que vous me faites faire.Si Monsieur apprend ça.Eh ! je ne suis pas si sotte.Non, Mademoiselle est chez la générale Marchai, à Auteuil.Oui, oui, entendu.Vous serez là demain à midi ?.A huit heures du matin à bon.Vous avez fait télégraphier ?.Vous pensez à tout.Au revoir.Mais puisque je vous dis que c\u2019est entendu.Ayant de nouveau raccroché le récepteur, Thérèse secoua la tête.\u2014 Il a des tours pendables dans son sac, ce garçon.On le croit à Chartres, et il n\u2019a pas quitté Paris.Elle avait raison, la petite.Néanmoins, quand elle eut rejoint la jeune blanchisseuse, Thérèse s\u2019empressa d\u2019expliquer à sa manière : \u2014 C\u2019est un client de Monsieur.Comme s\u2019il ne pouvait pas téléphoner à un autre moment.Il me dit des choses auxquelles je ne comprends rien.Allons, as-tu tout contrôlé ?\u2014 Oui, il manque une taie d\u2019oreiller, mais je ne sais où elle est.Je vous l\u2019apporterai lundi.Debout près de la porte ouverte sur le grand salon, Lucienne jetait un coup d\u2019oeil admiratif sur les merveilles qui s\u2019offraient à ses yeux.Cette pièce, elle aussi, était un parfait échantillon du conventionnel style bourgeois.Très beau et très homogène, avec son ameublement Empire dont rien ne venait rompre l\u2019ensemble parfait.Mais là encore, les rayons lumineux dispensés par les trois fenêtres ne pénétraient qu\u2019à peine.Des stores et des rideaux de soierie raréfiaient encore ce que laissaient passer les hautes vitres divisées en petits carreaux.Si luxueux que fût ce salon, une impression glaciale s\u2019en dégageait.Il semblait que les voix dussent s\u2019y faire sourdes et les rires s\u2019arrêter au seuil.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu regardes?demanda Thérèse à la jeune blanchisseuse.\u2014 Tout ça, répondit celle-ci.C\u2019est magnifique.\u2014 Oui.Et tu voudrais bien vivre là-dedans.Lucienne se retourna d\u2019un bond.\u2014 Je vais sans doute vous surprendre, Madame Thérèse, mais ma réponse sera : non.Brr !! j\u2019en ai le frisson.C\u2019est beau, mais Dieu qu\u2019il fait sombre et triste ici ! Certes non, je ne voudrais pas y vivre ; j\u2019aime mieux ma petite chambre claire, au septième.Je me demande comment M.Patrice peut s\u2019y plaire, lui qui a l\u2019air si gai.Un court moment, Thérèse garda le silence.Peut-être ne s\u2019attendait-elle pas à une telle appréciation.Enfin elle avoua : \u2014 R ne nous dit pas s\u2019il se plaît, bien sûr.C\u2019est sa maison, il faut bien qu\u2019il y vive.Elle coupa aussitôt, comme si elle craignait de laisser échapper toutes les pensées qui, soudain, lui venaient à l\u2019esprit.\u2014\tDonne-moi ta note que je te règle.Je n\u2019aime pas mettre une semaine sur l\u2019autre.Ensemble, les deux femmes regagnèrent la cuisine.Thérèse avait hâte d\u2019être seule.Elle voulait exécuter les ordres de son jeune maître, et le temps pressait.Aussi eut-elle vite fait de verser entre les mains de la jeune blanchisseuse le montant de sa facture.Puis elle la reconduisit à la porte de service.Comme elle allait l\u2019ouvrir, Arlette la poussait du dehors.Il tenait à la main un télégramme.\u2014 Tiens, dit-il à sa femme, ce doit être de M.Patrice.Thérèse prit le petit bleu et machinalement jeta les yeux sur l\u2019adresse en disant : \u2014\tMa foi, ça se pourrait ; il a dû être retenu ce soir là-bas. Montréal, août 1952 21 Et prenant congé de la blanchisseuse, elle ajouta : \u2014 Au revoir, Lucienne, et à lundi.La porte à peine refermée, Arsène enchaîna : \u2014 J\u2019ai eu une douzaine d\u2019oeufs ; elle ne voulait m\u2019en donner que six, mais.Il s\u2019aperçut alors que sa femme ne l\u2019écoutait pas.Elle avait regagné la salle à manger.Au même moment, il s\u2019entendit appeler et la rejoignit.\u2014 C\u2019est sûrement un télégramme de M.Patrice, expliqua-t-elle.Il vient de me dire qu\u2019il ne rentrerait pas et qu\u2019il avait télégraphié.\u2014 Il \u20ac t\u2019a dit » ?\u2014 Oui, il a téléphoné tout à l\u2019heure.Il faut que tu lui portes son habit chez son tailleur, rue Saint-Honoré.Il l\u2019y fera prendre à six heures.Arsène regardait tour à tour sa femme et le télégramme.Devinant ses pensées, Thérèse précisa : \u2014 Oui, il est à Paris.\u2014 Ah ! je comprends, dit Arsène, il veut faire la fête avant de regagner la maison.\u2014 Il n\u2019est pas allé à Chartres, il a fait télégraphier par un ami.Il avait quelque chose à faire à Paris, qu\u2019il m\u2019a dit.Arsène ricana.\u2014 Oh ! sûr qu\u2019il a toujours quelque chose à faire à Paris, M.Patrice.Enfin, ça ne nous regarde point.Un quart d\u2019heure plus tard, Arsène s\u2019en allait portant la petite mallette, heureux au fond d\u2019être une fois de plus le complice de ce qu\u2019il appelait « les fantaisies » de M.Patrice.Seule, maintenant, Thérèse ruminait ses pensées, et dans son esprit se forgeait tout un roman.Pour elle, seule une femme devait retenir Patrice à Paris.Elle se remémorait les discussions entre le père et le fils : le premier, austère et froid, intransigeant sur la discipline, et le second toujours gai, tapageur, supportant malaisément la rigide tutelle paternelle.Patrice avait deux ans quand Thérèse épousa Arsène déjà valet de chambre chez les Larsac, et entra elle-même dans la maison comme cuisinière.Elle aimait les enfants et espérait bien qu\u2019un jour elle pourrait aussi avoir à chérir un bébé bien à elle.Hélas ! ce bonheur lui fut refusé.Aussi s\u2019attacha-t-elle chaque jour davantage à l\u2019enfant de ses maîtres.Patrice Larsac avait maintenant vingt-cinq ans.Jeune avocat ayant déjà obtenu quelques succès de prétoire, joli garçon, riche, intelligent, il avait tout pour être heureux.L\u2019était-il réellement ?Cette question tenailla Thérèse toute la soirée et toute la nuit.Elle ne I\tavait pas encore résolue le lendemain matin vers huit heures, lorsque l\u2019objet de son souci vint la surprendre, alors qu\u2019elle préparait le petit déjeuner.\u2014\tAh ! s\u2019exclama-t-elle, vous voilà enfin ! Patrice avait déposé à terre sa valise, et en guise de réponse il dit à voix basse : \u2014\tJ\u2019ai laissé ma petite mallette chez la concierge.Dis à Arsène d\u2019aller la prendre.J\u2019avais peur de tomber dans le paternel, tu comprends ?\u2014\tMonsieur n\u2019est pas encore sorti de sa chambre.\u2014\tEt tante Mathilde ?\u2014\tMademoiselle est à la messe.\u2014\tC\u2019est parfait.J\u2019ai faim ; peux-tu me servir tout de suite ?\u2014\tBien sûr.Vous allez peut-être vous reposer un peu- Patrice était déjà parti ; elle le rejoignit dans sa chambre, tout au fond d\u2019un long et sombre couloir.Au moment où Thérèse pénétrait dans la chambre, Patrice ouvrait la fenêtre.II\ts\u2019exclama : Woodbury Cb6/ C warn \u2014 Ah ! ma bonne Thérèse ! Aujourd\u2019hui va être un jour mémorable pour moi.Plus bas il ajouta : \u2014 Et pour d\u2019autres aussi.Il souriait.Et Thérèse, qui le connaissait, devinait qu\u2019il y avait quelque anguille sous roche.Pour elle, esprit simpliste volontiers romanesque, il ne pouvait s\u2019agir que d\u2019un mariage.\u2014 Pourvu, dit-elle, suivant son idée, que vous ne fassiez pas une bêtise.Patrice avait déjà commencé à se déshabiller ; il se retourna brusquement.\u2014 Une bêtise ! Pourquoi dis-tu cela ?\u2014 Dame ! si par hasard vous aviez l\u2019intention de vous marier.Il éclata de rire.\u2014 Tu deviens bien imaginative, ma vieille Thé.Où as-tu pris que j\u2019allais me marier ?Je suis si heureux comme ça ! Le visage de Thérèse s\u2019éclaira.\u2014 Vrai ?Vous êtes heureux ici ?L\u2019attitude de la vieille servante commençait à intriguer Patrice.Il s\u2019approcha d\u2019elle.\u2014 Quelle pensée te passe donc par la tête ?demanda-t-il.Thérèse, gênée, ne savait que répondre.\u2014 Je me demande parfois si cette maison n\u2019est pas triste pour un jeune homme de votre âge.Le soleil, pour ne parler que de cela, doit bien vous manquer.Emu au fond de cette nouvelle marque d\u2019affection, Patrice prit Thérèse aux épaules et l\u2019embrassa.\u2014 Ma bonne Thé, dit-il, oui le soleil m\u2019a beaucoup manqué ici.Et pourtant c\u2019est dans cette petite chambre sombre que s\u2019est peut-être décidé mon avenir.Tu sauras tout tantôt ; c\u2019est au déjeuner que je dois informer mon père de certains projets.Pour lui, ce sera une grosse déception.Aussi, soigne ton menu afin de le mieux disposer à m\u2019entendre.Comme il apercevait encore une ombre sur le visage de sa dévouée servante, il l\u2019embrassa de nouveau.\u2014 Va, dit-il, n\u2019aie aucune crainte.Si le soleil m\u2019a fait défaut dans cette maison, j\u2019ai su me le procurer ailleurs.Et sur cette phrase énigmatique il entra dans la salle de bains, laissant Thérèse plus intriguée que jamais.Il Le déjeuner s\u2019achevait et le service, toujours protocolaire chez les Larsac, avait dispensé Patrice de raconter son voyage.Le repas enfin terminé, on passa dans le bureau de M.Larsac, où selon la coutume Arsène venait d\u2019apporter le café.De plus en plus préoccupé, Patrice se laissa tomber dans un fauteuil, tandis que Mlle Mathilde remplissait les tasses.Tout en choisissant un cigare, Me Larsac interpella son fils : \u2014 Alors, mon enfant, as-tu gagné ton procès ?A cette question directe, le jeune homme eut un sursaut, comme s\u2019il venait de s\u2019évader d\u2019un rêve absorbant.Il eut un regard vers son père.Puis, faisant fi des préliminaires, soucieux avant tout d\u2019en finir, il déclara : \u2014 Je n\u2019ai pas plaidé.Je ne suis même pas allé à Chartres.Me Larsac tira une bouffée du cigare qu\u2019il venait d\u2019allumer et fixa son fils d\u2019un air sévère.Nul doute qu\u2019il ne prit cette réponse pour une plaisanterie tout au moins déplacée.Déjà Patrice continuait : \u2014 J\u2019ai beaucoup de choses à vous dire, père, mais il vous faudra avoir la patience de m\u2019écouter un peu longuement.Ce disant, incapable de maîtriser son énervement, il s\u2019était levé.Jamais encore le contraste n\u2019avait paru plus frappant entre le père et le fils, \u201cSecouez, votre beauté somnolente!\u201d dit Yvonne de Carlo \"Votre teint paraîtra plus jeune, plus vous serez,\tfrais\u201d, dit Yvonne de Carlo, vedette de \"SCARLET ANGEL\u201d, film U-I en techni-ravissante color.Essayez le Cold Cream Woodbury à base de Penaten! 23$, 45$, 78$, $1.15.(Fabrication Canadienne) Le Cold Cream Woodbury nettoie plus à fond Penaten agit par magie Grâce à Penaten, les riches huiles nettoyantes de Woodbury pénètrent plus profondément dans les pores que les autres crèmes.Votre papier-mouchoir enlève plus de saleté et votre épiderme devient tellement plus doux ! \"Tant de femmes ont une beauté naturelle .et qu\u2019en font-elles ?Elles la laissent sommeiller sous un vieux maquillage!\" dit Yvonne de Carlo.Il faut déloger saleté et maquillage.Un nettoyage ordinaire ne suffit pas, mais le Cold Cream Woodbury au Penaten y réussit ! 22 La Revue Populaire ^0 Le secret d\u2019une chic coiffure: RUBMR-TIPJ® 22 ***** ******* ^ **«**» «M BROCHES A CHEVEUX SOLO Les broches à cheveux SOLO*sont plus longues et tiennent mieux.Que vos cheveux soient courts ou longs, mouillés ou secs, ils resteront en place et ne vous causeront jamais d'ennuis.La \"prise\" des broches à cheveux SOLO, faites du meilleur acier flexible, peut durer indéfiniment.Pour faciliter votre mise en plis, exigez toujours les \"SOLO.\" 10# ou 25# la carte.Aux magasins à rayons, pharmacies, bazars.SOLO PRODUCTS LTD., 1820, rue Gilford Montréal, 34.Que.\u2022Trade Mark Reg.in Canada qu\u2019en cette minute où, face à face, ils s\u2019affrontaient.Me Larsac avait cinquante-cinq ans.Sa haute taille, sa large carrure, dégageaient une impression de force.Le visage, sans être laid à proprement parler, était fait de traits heurtés.Aucune chaleur ne se dégageait des yeux à demi recouverts de lourdes paupières et cerclés de limettes d\u2019écaille.Le moral chez Me Larsac répondait au physique.Eloigné de toute vie active, se complaisant uniquement dans ses fonctions sévères, dédaignant toute conversation superficielle, il demeurait la plupart du temps silencieux et taciturne.Ses rapports avec son fils lestaient donc toujours distants et aucune intimité véritable n\u2019existait entre ces deux êtres, habitant sous le même toit et dont chacun avait sa vie intérieure ignorée de l\u2019autre.Fort beau garçon, grand, musclé, le corps assoupli par la pratique des sports, élégant avec mesure et parfaitement distingué, il ne pouvait passer inaperçu et il était en effet très remarqué.Succès mérité, d\u2019ailleurs, par les qualités morales répondant aux séductions physiques.Elevé dans un milieu de haute respectabilité, surveillé par des éducateurs dignes de leurs fonctions, il avait appris très jeune ce que devait être un Larsac, c\u2019est-à-dire un homme honnête et juste, mettant au-dessus de tout l\u2019honneur et le devoir.Stagiaire chez un maître du barreau, Patrice avait plaidé avec succès quelques affaires lui donnant un avant-goût de la gloire dont il recueillait les miettes.Aussi Me Larsac passait-il sur ce qu\u2019il appelait les « fantaisies » de Patrice.Il ne s\u2019attardait pas au trouble de la surface, sachant le fond réellement sérieux, loyal et bâti sur le roc.Néanmoins ce jour-là il prenait soudain conscience que quelque chose de grave s\u2019était passé.Tout dans l\u2019attitude de son fils le faisait pressentir.Machinalement il se tourna vers sa soeur.Celle-ci, sa tasse de café à la main, semblait changée en statue de cire.Patrice avait pour elle une grande affection, mais savait pertinemment qu\u2019à cette heure grave de sa vie, il r.e trouverait en elle aucun appui.\u2014 Dois-je me retirer ?demanda-t-elle.\u2014 Pourquoi donc?répondit Patrice.Ce que j\u2019ai à dire n\u2019a rien de secret puisqu\u2019il s\u2019agit de la profession que j\u2019ai définitivement choisie.Mlle Mathilde soupira.Comme Thérèse, elle raisonnait en femme.Le fait que son neveu ne fût pas allé à Chartres lui avait semblé cacher quelque amourette dont, par avance, elle redoutait les conséquences possibles.Mais puisqu\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019affaires, tout était bien.Me Larsac gardait un visage impassible.Il dit simplement.C est sans doute cette profession qui t\u2019a retenu à Paris ?\u2014 Exactement, père.Un court instant, le jeune homme hésita à poursuivre.Puis, tout de go, pressé d\u2019en finir, il ajouta : \u2014 J\u2019ai obtenu cette semaine mon diplôme des Arts Décoratifs.Désormais je serai peintre verrier.S\u2019il avait escompté une surprise, il ne fut pas déçu.Me Larsac avait pâli et son regard, s\u2019accrochant à celui de son fils, exprimait une telle angoisse que celui-ci eut un instant le regret d\u2019avoir parlé.Mais, après tout, le coup était porté, il s\u2019agissait maintenant d\u2019en atténuer les effets.\u2014 Oh ! je sais, dit-il, quelle déconvenue je vous inflige en ce moment.Mais la destinée est souvent plus forte que la volonté.Je porte en moi, depuis mon enfance, le germe de cette vocation qui m\u2019entraîne irrésistiblement aujourd\u2019hui.La voix de Me Larsac s\u2019éleva, sèche et dure : \u2014 Dans notre famille de magistrats, l\u2019art n\u2019a jamais trouvé sa place et je me demande d\u2019où tu peux bien tenir ce que tu appelles « cette vocation ».Un moment déconcerté, Patrice précisa dans un dernier effort : \u2014 Père, c\u2019est justement ce milieu sévère dans lequel mon enfance s\u2019est déroulée qui m\u2019a orientée dans une voie bien différente.Peut-être n\u2019êtes-vous pas apte à me comprendre, pourtant je vais essayer de vous expliquer tout cela de mon mieux.Du reste, ma décision est prise.A mesure qu\u2019il parlait, le ton de sa voix montait.Il dut faire un effort pour revenir à un diapason plus convenable et poursuivit : \u2014 Vous avez souhaité \u2014 exigé même \u2014\tque je sois avocat.Convenez que je vous ai obéi.Pour vous complaire j\u2019ai fait mon droit, et ma licence obtenue, je me suis inscrit au barreau.Vous savez quelle y a été mon activité.Cependant, je n\u2019ai point renoncé à suivre mes propres goûts, et j\u2019ai mené de front les études que vous m\u2019imposiez et des cours à l\u2019école des Beaux-Arts et à l\u2019école des Arts Décoratifs.« Si vous avez pu juger que j\u2019ai assez bien réussi dans la première voie, je puis vous affirmer que j\u2019ai rencontré des satisfactions équivalentes dans la deuxième.Mon examen de sortie subi avec succès et dans un rang assez flatteur, mon diplôme obtenu, j\u2019ai très vite reçu la commande de deux vitraux : un très grand panneau pour l\u2019église en reconstruction de Guiville, dans l\u2019Eure, et un autre vitrail, une immense verrière pour un hôtel particulier d\u2019Auteuil.Mes maquettes sont commencées et .Il était emporté par son sujet.Un geste, une exclamation de Me Larsac \u2014\tet le ton était plein d\u2019ironie \u2014 ramenèrent Patrice à la réalité.\u2014 Un peintre verrier ! \u2014 Un artiste, père .et je veux devenir un grand artiste.Je vous en prie, laissez-moi faire connaître celui qui fut mon premier maître : Armand Vime -reux, le père de mon ami, Bernard.Deux exclamations jaillirent en même temps : \u2014 Armand Vimereux, l\u2019illustre peintre ?disait Mlle Mathilde.\u2014 Vimereux, membre de l\u2019Institut ! s'exclamait Me Larsac.\u2014 Lui-même, répondit Patrice.Il y eut soudain comme une détente.De toute évidence, le nom de ce grand artiste à la renommée mondiale avait fait impression.Voulant profiter de cet avantage, Patrice poursuivit : \u2014 Vous savez que je suis l\u2019intime ami de Bernard Vimereux, peintre lui-même.Nous occupons, boulevard Raspail, deux ateliers voisins.D\u2019autre part, j\u2019ai été souvent reçu dans sa famille et ce fut au cours de ces réunions, qu\u2019Ar-mand Vimereux découvrit que j\u2019avais en moi l\u2019étoffe d\u2019un peintre.Il voulut bien me conseiller.Or, sans doute est-ce toujours ce souvenir d\u2019enfance qui domine en moi ! J\u2019ai désiré peindre des vitraux et c\u2019est dans cette branche que je viens de réussir.Me Larsac gardait toujours le silence mais son attitude avait changé.Un revirement se faisait peu à peu dans le coeur de cet homme, dur peut-être, mais juste.\u2014 Je croyais, dit-il tristement, t\u2019avoir rendu heureux.Pardonne-moi, mon enfant.A ces mots si imprévus dans la bouche de son père, Patrice bondit vers lui, se pencha sur le visage soudain vieilli, et les mains aux épaules, les yeux dans les yeux : \u2014\tPère, dit-il d\u2019une voix assourdie par l\u2019émotion, je n\u2019ai pas voulu dire cela : vous avez été si bon ! Et c\u2019est la raison pour laquelle je n\u2019ai pas parlé plus tôt.Je savais que je vous aurais fait de ] j peine, j\u2019attendais et si je n\u2019avais pas réussi dans la voie que j\u2019avais choisie à votre insu, j\u2019aurais été avocat, uniquement.Maintenant, avocat ou peintre verrier, je serai toujours pour vous le bon fils que je crois avoir été.Vous n\u2019aurez jamais à rougir de moi, je vous en donne ma parole.Ill Ce matin de décembre, dès neuf heures, Patrice Larsac était au travail dans son coquet atelier situé au septième étage dans un immeuble du boulevard Raspail, près de la place Denfert-Rocheleau.Depuis cinq mois, il y menait enfin la vie qu\u2019il avait rêvée, et bien qu\u2019en principe rien ne fût changé dans ses rapports avec son père, c\u2019était dans cette vaste pièce ensoleillée qu\u2019il passait la meilleure part de son temps.Ce matin-là, Patrice travaillait avec son modèle, une petite fille aux traits réguliers mais dont le visage restait sans expression.Déjà plus de dix essais avaient convaincu l\u2019artiste qu\u2019il aurait du mal à personnifier, d\u2019après elle, la madone au vitrail qu\u2019il devait exécuter, et il commençait à se décourager.Patrice jeta un coup d\u2019oeil vers la ienêtre d\u2019où tombait un jour blafard.\u2014 Je crois, dit-il, que pour aujourd\u2019hui le travail est fini, mon petit.Tu reviendras demain, il fera meilleur, je 1 espère.Mais la jeune fille était réellement blessée.Tout en remettant son manteau, elle jeta : \u2014 Vous pouvez rire de moi, mais quand vous aurez besoin de mes services, vous ne me trouverez pas.\u2014 On se consolera, riposta Bernard.Patrice était réellement ennuyé.Bien que ce modèle ne lui donnât point entière satisfaction, il avait déjà fait du travail avec elle.Il tenait à la conserver.\u2014 Viens de bonne heure demain, lui dit-il.Je suis sûr que si le temps est favorable, nous avancerons notre ouvrage et tu auras cachet double.La jeune fille lança un regard de défi à Bernard.Prenant un air quelque peu condescendant, elle répondit : \u2014 Je viendrai, si nous pouvons travailler en paix.\u2014 Je te le promets, concéda Patrice.Resté seul avec son ami, il ne put dissimuler sa contrariété.\u2014 Avec tout cela, dit-il, tu m\u2019obliges à payer le double pour garder mon modèle.\u2014 Ne t\u2019en fais donc pas.Des modèles comme Vivette, il n\u2019en manque pas.Je t\u2019enverrai celle de Prévat.C\u2019est une fille épatante, je pense qu\u2019elle te plaira.Elle est au moins intelligente.Celle-ci est bête à pleurer.Et comme Patrice demeurait soucieux, Bernard ajouta : \u2014 Pour ce matin, tu n\u2019as que le temps d\u2019être exact à ton rendez-vous chez Delavigne pour discuter de notre exposition.Il va être onze heures.Habitué aux facéties de son ami, Patrice se contenta de sourire et endossa son pardessus de ratine bleu marine.Bernard se leva, s\u2019étira, et finalement regagna son propre atelier, cependant que Patrice s\u2019en allait vers son rendez-vous.En fait, il s\u2019agissait d\u2019organiser une exposition de peinture dans le but de venir en aide aux artistes malheureux.M.Delavigne, avec lequel il avait pris rendez-vous, était un homme d\u2019affaires colossalement riche et très connu dans le monde des artistes pour sa générosité.Il avait promis de s\u2019intéresser à cette affaire, et comme le disait Bernard il ne s\u2019agissait pas de mécontenter ce mécène si bien dispos.M.Delavigne avait un bureau avenue des Champs-Elysées.Il était onze heures et quart lorsque Patrice s\u2019y présenta. Montréal, août 1952 23 \u2014 M.Delavigne, légèrement souffrant, ne viendra pas aujourd\u2019hui, lui dit la secrétaire.Il vous recevra chez lui, 8, rue de Berri, à onze heures et demie, ou ce soir à cinq heures.Patrice nota l\u2019adresse et décida de s\u2019y rendre sur-le-champ.En quelques minutes, il eut franchi la courte distance qui le séparait de la rue de Berri.Il pleuvait toujours.En pénétrant dans l\u2019immeuble dont M.Delavigne habitait le cinquième étage, Patrice chercha l\u2019ascenseur.Il le trouva à gauche de l\u2019escalier.L\u2019endroit était très sombre.Or, comme il y parvenait, une personne venait d\u2019entrer dans l\u2019étroite cabine et s\u2019apprêtait à refermer la porte.Patrice arrêta son geste et entra à son tour.A la lueur de l\u2019ampoule électrique, il aperçut une silhouette féminine.Galamment, il lui laissa le soin de désigner l\u2019étage où elle voulait s\u2019arrêter.L\u2019ascenseur se mit en marche.Soudain, le regard de Patrice se fixa intensément sur sa compagne.Elle portait un manteau de pluie blanc dont le capuchon, de forme spéciale, lui encadrait strictement le visage.Et ce visage était exquis.Il en émanait une telle douceur, une telle pureté, un tel charme un peu mystique, qu\u2019il eût été difficile en le voyant de n\u2019être pas saisi d\u2019un étonnement mêlé d\u2019admiration.Sous le capuchon à demi rejeté en arrière, on apercevait la blondeur des cheveux, tandis que les paupières bordées de longs cils recourbés, découvraient d\u2019admirables yeux d\u2019un bleu de saphir sombre.Et l\u2019expression sereine de ces yeux, illuminait tout le jeune visage dont aucun artifice ne venait altérer l\u2019harmonie.Les lèvres bien dessinées, un peu fortes peut-être \u2014 indice de bonté \u2014 ne devaient pas à un fard leur fraîche teinte d\u2019écarlate, et sur les joues dont rien ne rompait la rondeur juvénile, nulle trace de poudre n\u2019accentuait la matité rosée d\u2019une peau extrêmement fine.Quand un mouvement de la jeune fille permit à Patrice de voir son profil, il put en apprécier la ligne délicate.Un rayon de lumière qui caressait le nez droit aux narines mobiles, le menton arrondi, presque enfantin encore, mettait dans le regard levé une clarté plus vive et donnait véritablement à cet ensemble gracieux, quelque chose d\u2019émouvant, de céleste et presque d\u2019immatériel.Médusé, Patrice murmurait en lui-même.\u2014\tJe sais bien que je rêve et que ce rêve va s\u2019évanouir, mais faites, Seigneur, que j\u2019aie le temps de graver dans ma mémoire ce front si pur, ces yeux, reflets d\u2019une âme transparente, ces traits que je cherchais en vain et qui matérialisent ma Madone des Anges.Surprise et gênée de l\u2019attention dont elle se sentait l\u2019objet, la jeune inconnue s\u2019approcha de la porte, se tenant prête à sortir.Délibérément et sans savoir à quel étage elle devait descendre, Patrice appuya sur le bouton du septième, le terminus, puis s\u2019inclinant respectueusement : \u2014\tMadame, dit-il, malgré toute l\u2019incorrection de mon geste, je vous supplie de m\u2019entendre un instant.L\u2019inconnue le fixait d\u2019un air sévère, mais rien n\u2019aurait arrêté le jeune admirateur.\u2014 Permettez-moi d\u2019abord de me présenter : Patrice Larsac, fils du conseiller à la Cour des Comptes.Il avait volontairement exhibé le titre de son père.Cela sonnait mieux qu\u2019artiste peintre.L\u2019expression de la jeune femme s\u2019adoucit.Nul doute que cette présentation n\u2019eût atténué ses craintes.Entre-temps, l\u2019ascenseur ayant atteint la limite de sa course allait s\u2019arrêter.Patrice appuya sur le bouton de la descente, ce qui fit sourire la jeune fille.Ce sourire était si doux, si virginal que le désir de Patrice de ne pas perdre un tel modèle s\u2019exacerba.\u2014 Je suis peintre verrier, dit-il, et depuis plusieurs mois je cherche en vain un modèle pour le vitrail que je dois exécuter pour une église en reconstruction.Il représentera la Vierge, à laquelle est dédiée l\u2019église.Celle-ci est édifiée sous le vocable de Notre-Dame des Anges.Or vous personnifiez exactement mon idéal.Je ne vous connais pas, je vous vois pour la première fois, mais je suis frappé par votre visage.\u2014 Monsieur, je crois que bien d\u2019autres femmes sont capables de vous satisfaire.La voix, elle aussi, était douce et harmonieuse.\u2014\tDétrompez-vous.Je vous l\u2019ai dit, il s\u2019agit de représenter le visage, l\u2019âme d\u2019une madone.De nouveau, Patrice, s\u2019apercevant que l\u2019ascenseur allait s\u2019arrêter, le remit en marche.Ce manège semblait amuser l\u2019inconnue qui, d\u2019autre part, était visiblement intéressée sinon consentante.\u2014\tJe ne puis être, dit-elle, que très flattée de votre désir.Mais je vous l\u2019ai dit, bien des femmes peuvent, mieux que moi, vous servir de modèle.Mes traits.\u2014\tLes traits ne sont pas tout, coupa Patrice.Le visage ne serait qu'un masque trompeur si les yeux ne s\u2019avéraient le fidèle truchement de l\u2019âme.Lais-sez-moi au moins prendre du vôtre une simple esquisse.Tout en parlant, Patrice avait saisi son bloc et un crayon et fixait hâtivement les traits de l\u2019inconnue.\u2014\tJe vous en prie, Madame.\u2014\tMademoiselle, rectifia-t-elle.\u2014\tJe vous en prie, Mademoiselle, laissez-moi votre adresse.Permettez-moi de vous joindre.Ce serait me rendre un grand service.Mais il ne la sentait pas convaincue, et désespérant d\u2019arriver à son but il eut tout à coup une idée.L\u2019avant-veille, alors qu\u2019il prenait le thé chez son amie d\u2019enfance, Mme Monique Savignac, celle-ci lui avait vendu deux billets pour la soirée de bienfaisance donnée par leur amie commune lady Gloria Hackett.Tout de suite il proposa : \u2014\tIl y a encore un autre moyen.Je vois que vous hésitez et, dans le fond, je vous comprends et vous approuve.Je ne suis encore pour vous qu\u2019un homme fort mal élevé.Cependant, peut-être consentiriez-vous à me rencontrer dans le monde, ce qui serait, après tout, très naturel.Voici une invitation pour une soirée de bienfaisance organisée le 31 décembre par lady Gloria Hackett.Je connais celle-ci et ses soirées sont toujours fort réussies.Si quelqu\u2019un de votre famille veut vous accompagner, je peux même vous donner les deux billets que je viens d\u2019acheter.\u2014\tOh ! non, non.Un seul suffit.Dans son for intérieur, Patrice préférait cette solution.Aussi n\u2019insista-t-il pas.Il dit seulement en remettant le billet à la jeune fille : \u2014\tAlors, Mademoiselle, acceptez celui-ci et promettez-moi de venir.Il la sentait toujours hésitante et comme l\u2019ascenseur parvenait une fois de plus au septième étage, il le laissa s\u2019arrêter.\u2014 Ainsi je compte sur vous, conclut-il.C\u2019est à tous points de vue une bonne oeuvre que vous accomplirez.\u2014 Je ne peux pas vous promettre, ' .-k' : : ¦ 'Bon Am A \u2022\u2022\u2022 vite mais ctSjC ! M\u2019ABÎME JAMAIS! Le nettoyeur Bon Ami non sableux donnera un poli éclatant à votre baignoire\u2014tout en la nettoyant! Il supprime la graisse et fait reluire éviers, marmites et casseroles en un tournemain.Il n\u2019y a pas de nettoyeur aussi parfait! Essayez-le! DEUX FORMES COMMODES : EN POUDRE ET EN PAIN.EMPLOYEZ LES DEUX.\u2022m M'A 0e»ni4 BON AMI LE SEUL NETTOYEUR rapide qui una pas encore égratigné!\" 24 La Revue Populaire Quelques problèmes de vacances d\u2019intérêt féminin Que vous soyez une estivante \"pour la saison\u201d ou que vous preniez un jour ici et là et de longues fins de semaines, il vous faudra faire face à certains problèmes.Ces problèmes vous les connaissez .mais connaissez-vous un petit produit appelé Tampax (inventé par un médecin et très absorbant), à usage interne?En portant ce genre de protection au lieu des serviettes externes, vous ferez disparaître une foule de problèmes.Vous pouvez accepter des invitations de coeur léger et sans trop \"calculer\u201d\u2014si vous employez Tampax.Il vous procurera une liberté d\u2019action inconnue depuis votre tendre enfance, car il supprime ceintures et épingles qui vous font constamment sentir leur présence désagréable.Vous pouvez alléger vos bagages si vous voyagez par avion ou en voiture.Vous pouvez même faire un» randonnée à bicyclette car Tampax est plusieurs fois plus petit que les autres genres de protection mensuelle.Une provision d\u2019un mois se glisse dans votre sac à main, alors vous êtes toujours prête.Vous pouvez sourire à votre hôtesse en toute tranquillité car Tampax ne présente aucun problème\u2014 il est facile d\u2019en disposer même si la plomberie est rudimentaire, comme cela arrive dans bien des camps d\u2019été.Fait de ouate, surfine comprimée en de minces applicateurs, Tampax est propre, très féminin, très efficace.Vous pouvez prendre vos ébats à la plage dans un maillot de bain ajuste (sec ou mouillé), sans bourrelets ou plissements révélateurs qui trahissent votre état.Il en va de même sous les ensembles de jeu plutôt sommaires.Naturellement, Tampax se porte intérieurement et, pour cette raison, il supprime toute odeur ou irritation.Vous pouvez acheter Tampax aux pharmacies et comptoirs de produits sanitaires partout.N\u2019oubliez pas le nom \u2014 Tampax.Des millions de femmes s\u2019en servent tous les mois.Canadian Tampax Corporation Limited, Brampton, Ont.(ANNONCE) n\u2019étant pas certaine d\u2019être à Paris à cette époque.\u2014 Alors, voici ma carte.Convoquez-moi chez vous.Vous savez qui je suis et votre famille consentira sans doute à me recevoir.La jeune fille était rougissante, visiblement intimidée par le regard ad-miratif posé sur elle.Elle prit la carte, la mit dans son sac.\u2014Je ferai pour le mieux, dit-elle.Puis-je descendre maintenant ?Patrice ouvrit lui-même la porte.Elle sortit sans qu\u2019il fît un geste pour la suivre, bien qu\u2019il en eût le désir très vif.\u2014 C\u2019est promis ?insista-t-il une dernière fois.\u2014 Je vous l\u2019ai dit, je ferai mon possible.Elle appuya en souriant sur le bouton de descente et vit Patrice disparaître en la fixant d\u2019un regard ardent.\u2014 Pourvu qu\u2019elle vienne ! se disait-il.Il n\u2019avait plus aucune envie de voir M.Delavigne.Il était trop préoccupé, il reviendrait à cinq heures.Il s\u2019en alla directement rue de Luy-nes pour y déjeuner avec son père.Il n\u2019était pas attendu, mais Thérèse savait en toute occasion se tirer d\u2019affaire et ne s\u2019inquiétait pas d\u2019un convive de plus.IV Pour franchir l\u2019unique étage conduisant à l\u2019appartement familial, Patrice grimpa lestement le large escalier de marbre.Comme il pénétrait dans l\u2019antichambre, un rire cristallin lui parvint et le surprit.Qui donc se trouvait chez son père ?Désireux de se renseigner d\u2019abord, il redescendit, en empruntant l\u2019escalier de service, il alla frapper à la porte de la cuisine.Thérèse vint lui ouvrir.Elle allait extérioriser sa surprise, mais d\u2019un doigt sur les lèvres il la fit taire.\u2014 Je venais m\u2019inviter à déjeuner, dit-il à voix basse, mais en entrant j\u2019ai entendu un rire féminin.Qui est là?\u2014 Monsieur a essayé de vous joindre par téléphone tout à l\u2019heure, mais vous n\u2019étiez pas chez vous.Le comte de Sarcey, de passage à Paris, est venu avec sa fille rendre visite à Monsieur.Il les a retenus à déjeuner.\u2014 Sa fille ?La petite Catherine ?\u2014 Oh ! c\u2019est une belle jeune fille ! affirma Thérèse avec un sourire.\u2014 Je m\u2019en vais.Je ne suis pas d\u2019humeur à faire des frais de politesse aujourd\u2019hui.Thérèse paraissait ennuyée.\u2014 C\u2019est bien dommage, dit-elle.D\u2019abord j\u2019ai un bon déjeuner, et puis si Monsieur apprend.Arsène entra.Il était en veste blanche, prêt à faire le service.Lui aussi manifesta sa joie en même temps que sa surprise.\u2014 Monsieur Patrice ! Justement, Monsieur vient d\u2019essayer à nouveau de vous téléphoner.Patrice était perplexe.En fait, il ne voulait pas mécontenter son père.D\u2019autre part, le comte de Sarcey n\u2019était pas pour lui un inconnu.La propriété familiale des Sarcey était à quatre kilomètres de la Chaumière où Patrice passait toutes ses vacances chez son grand-père paternel.Le comte et Me Larsac étaient des amis d\u2019enfance et se tenaient en grande affection.Le comte de Sarcey, diplomate de carrière, était à ce titre absent de France depuis plusieurs années.Autant que Patrice s\u2019en souvenait, Catherine de Sarcey était, à leur dernière rencontre, une petite fille amusante et sympathique.\u2014 Je vais rester, décida-t-il.On est à table ?\u2014 Pas encore.Je viens de servir le porto dans le bureau de Monsieur.\u2014 Puis-je aller à ma chambre sans être vu ?\u2014 Oui, Monsieur Patrice.La porte du bureau est fermée.\u2014 Mets mon couvert, je déjeune.Cinq minutes plus tard, Patrice pénétrait dans le cabinet de Me Larsac.Il fut accueilli par deux cris de joie.\u2014 Enfin toi, s\u2019écria le conseiller.J\u2019ai essayé plusieurs fois de t\u2019avoir au bout du fil, mais.\u2014 J\u2019avais un rendez-vous ce matin.\u2014 Enchanté de te revoir, mon cher ami, dit à son tour le comte en serrant la main de Patrice.Il ajouta en souriant : \u2014 Tu reconnais, je pense, ma fille Catherine ?Patrice rencontra deux yeux rieurs qu\u2019il reconnut aussitôt, encore qu\u2019il eût de la peine à retrouver, sous les traits de cette belle brune extrêmement séduisante, le petit diable qui, huit années plus tôt était l\u2019âme de toutes leurs réunions et de toutes leurs espiègleries.\u2014 Mademoiselle, fit-il en s\u2019inclinant devant elle.Elle lui tendit la main en disant : \u2014 Oh ! moi, je suis moins cérémonieuse et je dis simplement : bonjour, Patrice, heureuse de vous revoir, très heureuse vraiment.Cet accueil dépourvu d\u2019artifice plut à Patrice.\u2014 Tu sais, précisa le comte, ma fille ne s\u2019attarde pas aux préliminaires.Elle est, paraît-il de son temps.Les deux jeunes gens échangèrent un regard amusé.L\u2019un et l\u2019autre, ils devinaient ce que contenaient ces derniers mots.« Etre de son temps » équivalait pour le comte comme pour Me Larsac, à une sorte de rébellion contre les usages convenus, rébellion qu\u2019ils avaient du mal à admettre.\u2014 Catherine a bien raison, approuva Patrice en prenant le verre de porto que son père venait de lui verser.La jeune fille, radieuse, se tourna vers son père.\u2014 Vous voyez, papa, je ne suis pas si originale que cela.Patrice pense comme moi et je suis sûre qu\u2019il ne me trouve pas tellement mal élevée.\u2014 Mal élevée, vous ?Qui donc peut proférer une telle calomnie ?s\u2019exclama Patrice, indigné.Catherine jubilait.Elle allait même développer sa pensée, mais Arsène, venant annoncer le déjeuner, interrompit la conversation.Placée à table près de Patrice, la jeune fille glissa à voix basse : \u2014 Merci de m\u2019avoir soutenue.Je ne suis plus une petite fille.J\u2019ai dix-sept ans, presque dix-huit.\u2014 Pas possible ! Qui croirait qu\u2019il pût y avoir tant de logique dans la tête d\u2019une jeune fille de « presque » dix-huit ans ! \u2014 Ne vous moquez pas de moi, nous ne serions plus amis comme autrefois.\u2014 C\u2019est vrai qu\u2019autrefois nous étions de bons amis, et pourtant autant qu\u2019il m\u2019en souvienne, vos espiègleries étaient légendaires.Catherine se servit des hors-d\u2019oeuvre que lui présentait Arsène, et répliqua : \u2014 J\u2019ai beaucoup changé et aujourd\u2019hui vous n\u2019auriez plus à craindre d\u2019être enfermé deux heures durant dans la chambre noire de l\u2019oncle Guillaume.A ce souvenir d\u2019enfance, les deux jeunes gens rirent aux éclats.De l\u2019autre côté de la table, le comte et Me Larsac interrompirent leur conversation.\u2014 Je vois, dit M.de Sarcey, que Catherine te conte quelques-unes de ses facéties.\u2014 Nous évoquons le passé, répondit celle-ci.Je rappelais à Patrice qu\u2019un jour, à Castel-Joli, je l\u2019avais enfermé dans la chambre noire de l\u2019oncle Guillaume.\u2014 Pauvre Guillaume, reprit le comte en riant.Il en a vu, lui aussi.A propos, je n\u2019ai pas encore eu le temps d\u2019aborder la question, mon cher Larsac ; nous avons, nous aussi, remué nos souvenirs.Guillaume songe à se retirer et il est décidé à céder son cabinet d\u2019avocat.H a pensé, comme successeur possible, à Patrice dont la réputation est venue jusqu\u2019à lui.A ces paroles du comte, Me Larsac et son fils se regardèrent.Dans les yeux du père il y avait comme un muet reproche, dans ceux du fils, une interrogation étonnée.Ce dernier comprenait sans peine que si le conseiller n\u2019avait pas annoncé à son ami le changement de situation de son fils, ce n\u2019était point faute d\u2019une occasion propice, mais bien parce que l\u2019aveu lui en avait paru cruel.Patrice se rendait compte à quel point la décision qu\u2019il avait prise était pénible à son père.Son acceptation n\u2019était que superficielle ; une gêne, une amertume lui restaient, et son orgueil même souffrait.Révéler lui-même à M.de Sarcey ce qui venait de modifier la destinée de son fils lui serait, à coup sûr, un déplaisir de plus.Aussi, voulant lui éviter ce désagrément, Patrice dit tout de go.\u2014 C\u2019eût été avec infiniment de plaisir, car pour moi votre frère est un peu aussi l\u2019oncle Guillaume, mais depuis cinq mois j\u2019ai abandonné le barreau pour la peinture.Je suis peintre verrier.\u2014 Toi, peintre verrier ! s\u2019écria le comte.Cependant que Catherine, à son tour, exprimait sa surprise.\u2014 Çà alors ! Ah ! que je suis contente.Patrice enregistra les deux réflexes et leur donna un sens bien différent.Me Larsac se taisait et ce silence était plus significatif que tous les reproches.Il était inévitable qu\u2019il attendait anxieusement l\u2019avis du comte.Brusquement, Patrice eut l\u2019intuition que la visite du comte de Sarcey n\u2019était pas absolument fortuite.Un mariage devait avoir été combiné.A cette pensée venant heurter sa volonté d\u2019indépendance, son visage se durcit et il regretta d\u2019être resté.Pendant tout le déjeuner, maints symptômes vinrent corroborer ses soupçons.Les deux hommes conversaient entre eux, laissant le champ libre aux jeunes gens.Pour Patrice, le charme était rompu.Néanmoins, très homme du monde, il s\u2019efforça de remplir son rôle.Catherine, d\u2019ailleurs, ne témoignait d\u2019aucune coquetterie.Elle décrivait son dernier séjour au Canada avec infiniment d\u2019humour.Malgré lui, Patrice devait convenir qu\u2019elle était non seulement intelligente, cultivée, mais aussi douée d\u2019un caractère enjoué, en un mot sympathique.En cet instant même, un autre visage s\u2019imposa à lui : celui de la jeune fille de l\u2019ascenseur, son inconnue.Bien sûr, il ne pouvait être amoureux d\u2019une femme entrevue pendant cinq minutes ; toutefois, ses traits étaient restés gravés dans sa mémoire et il sentait que cette jeune fille jouerait dans sa vie d\u2019artiste ou d\u2019homme, un rôle important.Patrice était tellement plongé dans ses pensées, que ce fut machinalement qu\u2019il suivit son père et les invités dans le salon pour y prendre le café.Catherine s\u2019offrit à jouer le rôle de maîtresse de maison et s\u2019en acquitta avec une grâce charmante.Elle servit d\u2019abord Me Larsac et son père puis en tendant une tasse à Patrice, elle lui dit : \u2014\tTout à l\u2019heure, vous parliez des photos de nos vacances à Castel-Joli, En avez-vous ?\u2014\tMais oui, et beaucoup.[ Lire la suite page 30 ] 25 Montréal, août 1952 ïnt-'Ü \u2014* ¦ & HA^«i ».* * Pour Za joie de vivre ! Ce beau sedan 2 portières de luxe est votre billet de première classe pour toute destination.La Gaspésie pittoresque.Bien aimée de ceux qui recherchent les routes côtières.La Chevrolet avec Power-glide* est d\u2019une douceur merveilleuse dans la rue ou sur la grande route.\t Lac des bois.Le style distinctif et l\u2019apparence racée de la Chevrolet sont admirés en tout lieu, à proximité des voitures les plus coûteuse.| Égn>nsk 4 Parc Stanley, C.-B.De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, la Chevrolet se vend plus que toute autre voiture.C\u2019est une voiture à laquelle on s\u2019attache le plus en plus dans l\u2019usage.Comment Maintenir vos Degrés dTExcelIenee Tout en Réduisant vos Frais d\u2019Auto Nous aimerions à hasarder quelques conjectures au sujet de ce que vous voulez dans une automobile.Nous supposons que vous êtes actif, que vous aimez la vivacité.Dans ce cas, la vive performance du moteur Chevrolet à soupapes en tête sera pour vous une source de grande satisfaction.La nouvelle puissance \u201cCentrepoise\u201d est tout ce qu\u2019il y a de plus doux .la vibration du moteur étant écartée, isolée du conducteur et des passagers.Nous supposons que vous aimez les beaux endroits.Vous serez fier de l\u2019élégance et de la beauté de la carrosserie Fisher dont l\u2019aménagement et les moin- II se vend plus de Chevrolet que de toute autre voiture! ?L\u2019ensemble de la transmission automatique Power-glide et du moteur à soupapes en tête plus puissant est facultatif à coût additionnel dans tous les modèles de luxe.dres détails sont marqués au coin de la qualité.Les couleurs harmonieuses des intérieurs ne manqueront pas de vous plaire.Nous supposons que vous aimez un solide confort.La suspension à genoux mécaniques de la Chevrolet est plus douce que jamais cette année.Les amortisseurs sont plus efficaces.Vous apprécierez la tenue de route qui résulte de la large voie arrière \u2014 vous éprouverez un réel confort dans la Chevrolet.Vous feriez bien de découvrir la pleine mesure d\u2019agrément que vous offre la Chevrolet.moyennant un coût inférieur.Voyez la moins chère des bonnes voitures chez votre marchand Chevrolet.UNE VALEUR GENERAL MOTORS leâ/fu&â famuuoCÙmf À si bas prix! 26 La Revue Populaire s DEMANDEZ A VOTRE MÉDECIN Pourquoi le lait Carnation est-il si bon pour les bébés?' gÜ7*\\^ evaporated MILK ©nation #1® ¦ DOUBLEMENT RICHE en éléments nutritifs du lait complet Chaque Fois que vous pèserez votre bébé .et quand vous surveillerez fièrement ses premiers pas .vous serez contente de l\u2019avoir nourri au Lait Evaporé Carnation.Car le Carnation fait grandir et grossir bébé .l\u2019aide à avoir des jambes droites et solides.Carnation est du lait complet nourrissant sous sa forme la plus sûre, la plus digestible.Et vous pouvez vous fier à ce que le lait Carnation soit toujours uniforme, ce qui est si important pour le développement sain de bébé.Tout le Lait Carnation est traité dans les condenseries Carnation, sous un contrôle des plus rigides.Aucun autre lait au monde n\u2019est plus strictement protégé.Depuis des Générations, le Carnation a été recommandé par d\u2019éminents spécialistes pour bébés et employé dans les principaux hôpitaux.Dans l\u2019intérêt de bébé .pour votre propre tranquillité d\u2019esprit .renseignez-vous auprès de votre médecin au sujet du lait Carnation.C\u2019est le lait que tout médecin connaît.\"de Vaches Contentes\" 2\t, FORTIFIE avec 480 unités de vitamine D par chopine RAFFINE SELON UN PROCÉDÉ THERMIQUE pour être plus digestible , 4\t, STERILISE dans la boîte scellée pour être complètement sûr GRATIS \u2014Aux mamans et aux infirmières: \"Votre Bébé Content\u201d est un nouveau manuel de conseils complet sur les soins à donner aux bébés, écrit par un très bon spécialiste pour bébés.Demandez votre exemplaire à Carnation Company Limited, Dept 29, Toronto.Le Lait que Tout Médecin Connaît DE CU/SJNE par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE SUGGESTIONS POUR LES SALADES D'ETE L\u2019été nous apporte une variété de légumes et de fruits qu\u2019il faut utiliser généreusement.La ménagère avisée profitera de ces merveilles pour organiser ses menus.Les recettes que je vous donne ce mois-ci vous aideront à tenter les appétits les plus rebelles.Si vos gens ne sont pas encore habitués aux salades, ce serait le temps de tenter l\u2019expérience et je suis certaine que personne ne résistera devant une assiette éclatante de coloris et de fraîcheur et reflétant toutes les merveilles estivales.Les légumes et les fruits sont aussi des pourvoyeurs de vitamines ; substance reconnue indispensable à l\u2019assimilation des autres aliments.A l\u2019oeuvre donc mes chères lectrices.Liguez-vous pour faire apprécier davantage les beaux légumes de chez nous.Salade de légumes au fromage 3 tasses de chou haché 1 tasse de carottes râpées V4 de tasse de piment vert 1 paquet de fromage à la crème V4 de tasse de lait Sel et poivre Hacher finement le chou, râper des carottes et couper très finement le pi- ment vert.Mettre dans un bol.D\u2019autre part, défaire en crème le fromage, ajouter le lait et battre au moussoir jusqu\u2019à consistance de crème fouettée.Bien mélanger avec les légumes.Mettre dans un grand plat à salade sur un lit de laitue croquante et saupoudrer sur le tout du chou-fleur râpé.Le chou-fleur cru et râpé donne un goût très fin aux salades.Entourer le [ Lire la suite page 28 ] Choisir un grand bol de bois, de faience ou de verre, mais de préférence un bol de bois.Frotter le fond avec une gousse d\u2019ail.Remplir le bol avec une variété de salades vertes, bien égouttées et défaites en petits morceaux.Ajouter du persil ou de la ciboulette finement hachés, des rondelles d\u2019oignons ou des échalotes.Agiter la vinaigrette, en verser une petite quantité sur la salade et brasser le tout légèrement avec une fourchette et une cuillère jusqu\u2019à ce que le vert brille d\u2019huile.Goûter et ajouter des assaisonnements, si nécessaire.Servir sans délai.Vinaigrette 1 tasse d\u2019huile à salade Mazola \u2014 V& de tasse de vinaigre \u2014 1 c.à thé de sucre \u2014 1% c.à thé de sel \u2014 % c.à thé de paprika \u2014 % c.à thé de moutarde sèche \u2014 1 gousse d\u2019ail Mesurer tous les ingrédients dans un pot de verre ou une bouteille.Bien fermer et brasser vigoureusement.Mettre au frais plusieurs heures et enlever l\u2019ail.Bien brasser avant de servir.Rendement : 1V3 tasse.Variations : Utiliser % de tasse de vinaigrette pour préparer les variations qui suivent : Vinaigrette chiffonnade : Ajouter 2 c.à table d\u2019oeuf cuit dur, haché, 1 c.à table de piment vert haché fin, 1 c.à table de pimento haché, 1 c.à thé de persil haché fin et % de c.à thé de jus d\u2019oignon.Vinaigrette Chutney : A % de tasse de vinaigrette, ajouter 2 c.à table de Chutney.; Comment faire une salade brassée Montréal, août 1952 27 STERED OUNCES CONTENTS 3Z Mit** t*l * SALAD OU FROM CORN EXCLUENT for COOKIW RECETTES GRATUITES! Pour autres recettes MAZOLA, écrivez à JANE ASHLEY, The Canada Starch Company Limited, C.P.129, Montréal, P.Q.Voilà pourquoi MAZOLA est l'ingrédient le plus populaire au Canada pour l\u2019apprêt des fines vinaigrettes et des sauces à salade, ainsi que des meilleures mayonnaises faites chez soi.15 VINAIGRETTE tasse d\u2019huile à salade MAZOLA Vz tasse de vinaigre 1 c.à thé de sucre 1V2 c.à thé de sel V2 c.à thé de paprika V2 c.à thé de moutarde sèche 1 gousse d\u2019ail (si désiré) MESURER tous les ingrédients dans une bouteille ou un pot de verre.COUVRIR hermétiquement, bien brasser.METTRE AU FRAIS pendant plusieurs heures, puis enlever l\u2019ail.BRASSER vigoureusement avant de servir.Rendement: 1 tasse.Vinaigrette au fromage:\tAjouter Va de tasse de fromage \u201ccottage\u201d.VINAIGRETTE à la Soupe 1 boîte de 10 onces de soupe aux tomates condensée (1 tasse environ) % tasse d\u2019huile à salade MAZOLA V3 tasse de vinaigre de cidre METTRE tous les pot de verre.COUVRIR METTRE AU FRAIS BRASSER Rendement: 2 tasses.aux Tomates 1\tc.à thé de sauce Worchestershire 2\tc.à table de sucre 1 c.à thé de moutarde sèche 1 c.à thé de paprika 1 c.à thé de sel 1 gousse d\u2019ail (si désiré) ingrédients dans une bouteille ou un hermétiquement et bien brasser.plusieurs heures, puis enlever l\u2019ail, vigoureusement avant de servir. 28 La Revue Populaire fy'm&tlb kraft Salade de Pommes delêrre de luxe !\u2022 Préparez 4 tasses pommes de terre cuites et coupées en dés, 1 tasse céleri en dés, 2 c.à table piment haché, 2 c.à table oignon haché et 4 c.à table marinades hachées.2» Mesurez 2 c.à table jus de marinades.Incorporez-y sel et poivre au goût et tasse Miracle Whip.Mélangez avec la salade.Disposez de la laitue dans une assiette.3» Dressez la salade au milieu de la laitue; garnissez d'oeufs farcis.Roulez en cônes des tranches de saucisson de Bologne; remplissez de \u201crelish\u201d et placez autour de la salade.Wadtymyûfltl, 'NAlRtClPt' kraft Fo°DS UMITIO MONTKt* VOUS GOUTEREZ LA DIFFÉRENCE AVEC LA Vraiment la \"seule et unique1 * * * * * 7 La seule et unique parce qu\u2019aucune autre sauce à salades ne possède ce goût fin et vif de la Miracle Whip.Préparée d\u2019après une recette secrète de Kraft, elle réunit les qualités de la piquante sauce bouillie et de la mayonnaise crémeuse.Essayez-ia et voyez pourquoi des millions préfèrent la MIRACLE WI11P.plat de concombres et de tomates.Servir avec une viande froide.Salade aux oeufs farcis 6 oeufs cuits durs Vz tasse de viande cuite (jambon, porc ou veau) Yz c.à thé de moutarde 1 c.à thé de sauce piquante Mayonnaise Laitue, céleri, concombre et persil frais Mettre des oeufs dans une casserole remplie d\u2019eau froide.Porter à l\u2019ébullition, retirer la casserole du feu et laisser pocher les oeufs 30 minutes.Reti- rer de l\u2019eau chaude et plonger immédiatement dans l\u2019eau froide ayant soin de briser la coquille.Ecaller.Séparer en deux, enlever les jaunes, mettre dans un bol, écraser, ajouter la viande cuite, passée au hache viande, la moutarde et la sauce piquante, remplir de nouveau les blancs avec cette préparation.Garnir d\u2019une petite touffe de persil, déposer sur des feuilles de laitue croquantes et garnir de légumes frais, céleri, tomates, concombres, radis.Tomates farcies 3 grosses tomates 1\ttasse de céleri coupé finement 2\toeufs cuits durs 1 tasse de concombres coupés en petits dés Yz tasse de mayonnaise Sel et poivre Séparer en deux des grosses tomates.Retirer toute la pulpe prenant bien soin de ne pas briser les tomates.Mettre de côté les graines et réserver la pulpe.Couper en petits morceaux.Ajouter le céleri et le concombre, prendre le blanc des oeufs cuits durs et le couper finement.Bien mélanger le tout avec la mayonnaise et en farcir les tomates.Passer le jaune d\u2019oeuf au tamis et saupoudrer sur le dessus.Garnir de fleurettes de persil tout autour et servir très froid.Les tomates farcies accompagnent bien un aspic au poulet.Salade fleurie Tailler en tranches d\u2019un quart de pouce de la laitue pommée.Découper une tomate en 7 ou 8 pétales et enlever toute la pulpe.Mettre la tomate à plat sur la laitue imitant des pétales de fleur.Au centre, garnir d\u2019une rosace de fromage à la crème et saupoudrer le fromage de piment vert ou de persil frais haché finement.Salade moulée aux tomates et aux légumes avec crevettes Une enveloppe de gélatine ou 1 c.à table Yt de tasse d\u2019eau froide 1% tasse de jus de tomates 1 c.à thé de jus d\u2019oignon 1 c.à thé de sauce piquante V2 c.à thé de sel 1 tasse de concombres coupés en dés finement Vt de tasse d\u2019olives mûres hachées Yi de tasse de piment vert haché 1 tasse de crevettes en conserve Faire gonfler la gélatine dans l\u2019eau froide.Chauffer 1 tasse de jus de tomates, retirer du feu, ajouter le jus d\u2019oignon, la gélatine gonflée, la sauce piquante et le sel.Brasser pour dissoudre parfaitement la gélatine.Ajouter le reste du jus de tomates et laisser refroidir jusqu\u2019à consistance de sirop épais.Incorporer le reste des ingrédients.Verser dans des moules individuels et laisser prendre bien ferme.Démouler sur des feuilles de laitue verte et servir avec une mayonnaise au choix.Aspic de tomates au poulet 3\ttasses de tomates 1 oignon piqué de 3 clous de girofle 1 feuille de laurier, 2 c.à tb.de gélatine 1 c.à tb.de vinaigre 6 c.à tb.d\u2019eau froide 1 tasse de poulet cuit et coupé en dés Yz tasse de riz ou de macaroni cuit (coudes) Yz tasse de pois verts Faire cuire les tomates avec l\u2019oignon et la feuille de laurier, 15 minutes.Passer en purée et y ajouter la gélatine préalablement dissoute dans l\u2019eau froide, 5 minutes puis le vinaigre.Laisser prendre à demi et y incorporer tous les autres ingrédients.Verser dans un moule préalablement huilé et passé à l\u2019eau froide, et laisser prendre bien ferme.Démouler, garnir de persil frais et servir avec de la mayonnaise.Salade surprise individuelle Tailler des tranches de pain d\u2019un Vt de pouce d\u2019épaisseur, et découper en rouelles ou en carrés d\u2019un pouce.Beurrer la première tranche et garnir de jambon haché et bien assaisonner de moutarde.Couvrir d\u2019une autre tranche, beurrer et garnir d\u2019oeufs durs hachés et assaisonnés de mayonnaise.Couvrir d\u2019une 3e tranche, presser légèrement, garnir le tour de fromage à la crème, passer dans du persil frais haché finement.Garnir le dessus de fromage et de rouelles d\u2019olives.Servir sur feuilles de laitue, entouré de tranches de tomates et de concombre.Cette salade surprise ressemble à un petit gâteau et constitue un repas complet ; pain, beurre, viande et légumes.Salade italienne 2 tasses de macaroni cuit (coudes) Yz tasse de céleri taillé en filets Yz tasse de carottes cuites coupées en dés Yz tasse de pois verts égouttés Yz tasse de haricots jaunes coupés en bouts de Yz pouce [ Lire la suite page 55 ] Montréal, août 1952 29 j&S =S S L'Après-midi ou le Soir No 3948 \u2014 En toutes circonstances, vous vous sentirez élégante si vous portez cette robe à devants festonnés et boutonnée à l\u2019avant par d\u2019amusants boutons.Grandeurs 12 à 20.Métrage requis pour taille 12 : 4% v.en 35\", 4% v.en 39\", 2Vi v.en 54\".Prix 35é No 3951 \u2014 Pour le dîner en ville, voici une robe-manteau très appropriée.Grandeurs 12 à 20.Métrage requis pour taille 14 : 4% v.en 35\", 4v.en 39\", 3% v.en 44\", 3% v.en 54\".Prix 35é 3951 CES PATRONS SONT IMPRIMES EN FRANÇAIS.Si vous ne pouvez vous procurer ces patrons SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à P adresse suivante : Patrons de \u201cLa Revue Populaire\u201d, Dominion Patterns Co.74 Yorkville Avenue, Toronto 5, Ont.Si v
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.