Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue populaire : magazine littéraire illustré mensuel, 1951-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" mss s3®88$ NOTRE ROMAN COMPLET: Le Suprême Amour Par JACQUES GRANDCHAMP PER R-^M CON 1\t\"I MONTREAL, AVRIL 1951 WÊÊBÊÊ jit® nflk ».HÆMM > ¦siMam b \u2022 \u2022 # Quel miracle s\u2019était donc opéré ce jour-là! Une \u201cpetite Suzette\u201d qu\u2019une première robe de bal transforme soudain en une ravissante jeune fille! Mais plus étrange encore était l\u2019histoire de la robe que l\u2019on avait confectionnée à l\u2019aide d\u2019une machine toute nouvelle! C\u2019était une des premières machines à coudre SINGER*.Un peu \u201cbizarre\u201d peut-être vous aurait-elle parue, avec son ancien pédalier de bois, ses drôles de petites bobines et ce cabinet démodé qui servait à la remiser.Mais déjà, à ce moment-lâ, cette merveilleuse machine toute nouvelle ouvrait à la femme de nouveaux horizons en lui facilitant sa couture et en lui procurant ainsi plus de loisir.Aujourd\u2019hui, c\u2019est toujours aussi captivant de créer cette première robe de bal, ou toute autre toilette, grâce à la moderne et merveilleuse machine à coudre SINGER.Elle coud si facilement et si uniformément.Et quel splendide meuble!  voir l\u2019ancien et le nouveau, on ne dirait jamais la même \u201cmarque\u201d de machine.Cependant, depuis 1851 jusqu\u2019à nos jours .à travers un siècle de progrès et de service .les machines à coudre SINGER sont toutes parvenues au but fixé: bien coudre toujours pour épargner temps et argent.THE SINGER SEWING MACHINE COMPANY, à l\u2019occasion du centième anniversaire de la machine à coudre SINGER, a le plaisir d\u2019offrir à tous ses amis ses voeux les meilleurs et les plus sincères.CERCLES DE COUTURE SINGER \u2022Marque déposée de the singkh manufacturing company Copyright E.-U.d\u2019A., 1951 par the singer manufacturing company.Tous droits réservés pour tous les pays.A Montréal, avril 1951 3 «4» année Na 4\tMontréal, avril 1951 SOMMAIRE La Cité Universitaire de Québec se construit Ce dont on parle, par Lucette Robert\t8-9 Brise d\u2019avril\t10 Miss Mabel, nouvelle, par André Roger\t11 Les tulipes et leur compagnie, par AL Lepage-Thibaudeau\t12 Côte d\u2019Azur, Paradis des écrivains et des peintres, par Pierre Meunier .13 La femme doit sa liberté à la machine à écrire\t14 La valse, un vrai scandale, disait-on en 1820, par Geoffrey Williams\t15 NOTRE ROMAN D\u2019AMOUR : LE SUPREME AMOUR par Jacques Grandchamp 16- 17 Célibataire ?pourquoi pas ?par Simonne Daigneault\t18 Mes recettes de cuisine, par Mme Rose Lacroix 20-21 - 43 L\u2019éducation par le jeu\t55 La broderie, par Mme L.De Belief euille 64 Les mots croisés\t66 Modes Simplicity\t71-72 NOTRE COUVERTURE : Kodachrome F.P.G.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée Membres de l'A.B.C.i et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi LA REVUE POPULAIRE-Le Film 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.p.Tél.: PL.96373* FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN Directeur CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Sec.de la rédaction .GERALD DANIS Chef du tirage .ODILON RIENDEAU Directeur artistique .HECTOR BRAULT Pages\tMme JULES FOURNIER, féminines : Mme LUCETTE ROBERT, Mlle SIMONNE DAIGNEAULT.Cuisine .Mme ROSE LACROIX Sciences naturelles : Mme L.THIBAUDEAU Cinéma .Mme L.GILBERT-SAUVAGE Broderie .Mme L.DE BELLEFEUILLE \tABONNEMENTS\t \tCanada\tEtats-Unis\t 1 an\t\t $1.50 1 an \t\t$2.00 2 ans\t\t 2.50 2 ans \t\t3.50 \tAU NUMERO : 20 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Otfice of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes.Ottawa.Bande Liptex à la taille.Garnie de pointes d\u2019entre -deux en Cordtex*.Elle maintient mieux.Elle ne roule pas.f - \u2019 i »èîîi Bill.QDT8I[ AVEC ®rUtÿ[ Une autre création Dominion Corset Vous trouverez un confort permanent tissé à même la Voici la gaine Gothic.Choisissez-là à votre taille: petite, moyenne ou grande.Blanche, noire, bleu glace, maïs ou rose-thé.'\u2022'marque déposée extensible en tout sens! Rien d\u2019étonnant à ce que les autres gaines de tricot semblent démodées.La nouvelle Gothic, extensible en tout sens, parait toute petite; cependant elle s\u2019étire au point de vous mouler parfaitement! Jamais elle ne se démaille, est faite d\u2019élastique, de nylon et de rayonne indémaillables (Locknit*).'v '\t.Et surtout, quel bienfait, la nouvelle Gothic est munie des merveilleuses jarretelles Fabrilast* qui ne s\u2019arrachent jamais! 174478^5 mm 4 La Revue Populaire Vigilance plus grande .CAN CFA moins dangereux ftr« Bien que le cancer occupe le deuxième rang parmi les causes de décès, au pays, la lutte contre cette maladie va de l\u2019avant.Au fait, la science médicale fait tellement de progrès qu\u2019il y a quatre chances sur cinq de guérir certains genres de cancer, pourvu qu\u2019ils soient diagnostiqués à bonne heure et qu\u2019ils soient traités convenablement, dès le début.Une des raisons pour lesquelles s\u2019accroît l\u2019espoir de maîtriser le cancer, c\u2019est qu\u2019un nombre sans cesse croissant de gens affrontent bravement cette maladie.Ils apprennent quels sont ses \u201csignes précurseurs\u201d et ils vont consulter le médecin dès qu\u2019ils constatent l\u2019apparition d\u2019un de ces signes.Ces \u201csignes précurseurs\u201d ne sont pas nécessairement un indice de can- Voici les \u201csignes précurseurs\u201d du cancer 1.\tUne induration ou un épaississement, spécialement au sein, à la lèvre, ou à la langue.2.\tTout saignement ou écoulement irrégulier.3.\tUn \u201cbobo\u201d qui refuse de guérir, surtout à la langue, à la bouche, ou aux lèvres.4.\tUn changement perceptible dans la couleur ou la grosseur d\u2019une verrue, ou d\u2019un naevus.5.\tPerte d\u2019appétit ou indigestions répétées.6.\tTout enrouement, tout mal de gorge, ou toute difficulté à avaler.7.\tTout changement persistant dans le régime normal des selles.La douleur n\u2019est pas habituellement un symptôme précoce du cancer.cer.De fait, dans la plupart des cas, ils sont dus à d\u2019autres causes.Par contre, ils indiquent une irrégularité quelconque et qu\u2019un examen médical est à recommander tout de suite.Si le médecin découvre un cancer, ou des éléments prédisposants, il vous conseillera un traitement immédiat, ordinairement l\u2019ablation chirurgicale, la destruction au moyen de rayons-x ou de radium ou l\u2019une et l\u2019autre ensemble.Les moyens chirurgicaux sont constamment améliorés de sorte que les opérations contre le cancer peuvent être pratiquées avec le minimum de danger.Des appareils qui émettent des rayons-x d\u2019une puissance de pénétration plus grande, rendent ce genre de traitement des plus efficaces.Lasmédecine continue ses recherches en vüë de découvrir d\u2019autres moyens d\u2019attaquer le cancer.Par exemple, l\u2019hormonothérapie donne des résultats heureux avec certains genres de cancer, même lorsque la maladie est avancée.En outre, on s\u2019efforce de trouver des composés chimiques capables de détruire les cellules cancéreuses sans nuire aux cellules normales.On continue également des expertises pour le dépistage précoce du cancer.Bien que les chances de conquérir le cancer dans l\u2019avenir s\u2019améliorent d\u2019année en année, la vigilance de la part de chaque particulier est encore nécessaire pour aider à maîtriser le cancer.Aussi, les médecins recommandent-ils des soins médicaux rapides, dès les premiers signes de trouble, car le cancer peut-être guéri dans la plupart des cas, lorsqu\u2019il est dépisté et traité à bonne heure.COPYRIGHT CANADA, II» - METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY ( COMPAGNIE il FORME MUTUELLE) Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire, gratuit de la plaquette 41-Z ' intitulée \u201cLes devoirs qui s\u2019imposent à vous vis-à-vis du cancer\u201d Siège Social: New-York Nom Direction Générale au Canada: Ottawa Numéro et rue.Localité.La devoirs Qui l\u2019imposent k ¥QLS Vis-à-vij du Cancer J ^ PP SERVIETTES DE BAIN \u2022 ESSUIE-VAISSELLE \u2022 NAPPES \u2022 SERVIETTES OUVRÉES EN RELIEF \u2014 Nany ! appelle-t-il, haletant, qu\u2019allais-tu faire ?\u2014 Moi?.rien! qu'as-tu donc cru T espièglerie de plus dont elle se repentait certainement.\u2014 Alors qu\u2019elle me demande pardon, et je la tiens quitte de tout !.Autrement, le couvent ! Je serai inexorable.D\u2019ailleurs, nous allons nous expliquer à ce sujet ! «Eh bien?.» fit-il d\u2019un ton impatient au domestique qui revenait d\u2019un air penaud.Mademoiselle n\u2019est pas dans sa chambre.\u2014 Chez Mlle Marnier, alors ?\u2014 Non plus, Monsieur le comte.Nous avons cherché Mademoiselle et appelé de tous les côtés.Mademoiselle ne répond pas.\u2014 Bon ! nouvelle lubie.Elle se sera cachée pour nous faire enrager.C\u2019est bien, allez ! Et congédiant le serviteur d\u2019un geste, M.d\u2019Avricourt, s\u2019adressant à son neveu, dit : \u2014 Tu vois ?.Je suis sûr qu\u2019elle sait qu\u2019on la cherche, et elle se fait un malin plaisir de nous inquiéter.A dix-sept ans ! C\u2019est un enfantillage que je ne puis qualifier ! Eh bien ! nous jouerons au plus fin ! Que Nany fasse ce qu\u2019elle veut, je ne me soucie plus d\u2019elle.Saisissant un journal avec fureur, le comte s\u2019installa commodément dans un vaste fauteuil de cuir du fumoir, et, affectant une tranquillité d\u2019esprit qu\u2019il était bien loin de posséder, feignit de lire avec attention l\u2019article de tête.Pierre allait s\u2019éclipser.\u2014 Tu sors ?interrogea son oncle.\u2014 Oui, je vais me promener un peu dans le parc, avant de me coucher.\u2014 Bonsoir, mon ami.\u2014 Bonsoir, mon oncle.\u2014 Ah ! dis donc, Pierre.La main sur la poignée de la porte, le lieutenant se retourna.\u2014 Si tu rencontres ma prisonnière, ramène-la !.La voix de M.d\u2019Avricourt s\u2019étrangla, toute changée, et Pierre devina l\u2019angoisse qui l\u2019oppressait, sans qu\u2019il voulût en convenir.Soyez tranquille, comptez sur moi ! assura-t-il en essayant de rire.Au fond, il ressentait une crainte inexplicable à l\u2019idée de cette disparition de Nany.Il était convaincu, contrairement à ce que son oncle voulait se persuader a lui-meme, que Nany n\u2019était pas dans la maison.Mais par où s était-elle enfuie ?.Aux écuries ?.Il vit tout de suite que cette prévision était erronee.Dans le chalet de garde ?.Personne ne l\u2019y avait vue.Les filles de basse-cour, interrogées, affirmaient ne pas l\u2019avoir aperçue.De plus en plus inquiet, Pierre se dirigea vers la rivière.Que ne pouvait-on redouter de cette enfant au coeur ardent et passionné, téméraire, follement, dangereusement impulsive ?.Savait-on de quoi elle était capable ?.Mon Dieu ! si, trop effrayee de la colère de son père, elle avait voulu s\u2019y soustraire par.Pierre tressaillit devant le chemin fait par son imagination.Sous ces rayons bleutés tombant sur l\u2019ombre des arbres séculaires et sur l\u2019émeraude de la rivière, il s\u2019était figuré voir Nany passer toute blême au fil de l\u2019eau, nouvelle Ophélie, tuée non pour l\u2019amour d un Hamlet, mais par le courroux paternel.Soudain, il l\u2019aperçoit et retient une exclamation de surprise.Elle est debout sur la berge, au bord de l\u2019eau qu\u2019elle fixe avec une insistance étrange, les bras croisés sur la poitrine.Sa robe blanche, en mousseline brodée, l\u2019enveloppe comme une statue ; elle a l\u2019air d\u2019une fantastique apparition.Elle fait un pas en avant, Pierre s\u2019est précipité vers elle, éperdu ; il la retient-elle se retourne sans hâte.le reconnaît.pas demandé de permission pour être sûre qu\u2019on ne me la refusât pas.M.d\u2019Avricourt ne voulut rien entendre et, dans son courroux, dépassa la mesure.A vrai dire, depuis quelque temps, il éprouvait, vis-à-vis de Nany, un sentiment bizarre dont il ne se rendait pas bien compte lui-même ; sourde rancune qu\u2019elle fût, sans le savoir, un obstacle à l\u2019accomplissement de son rêve, secret énervement de voir se prolonger une situation incertaine, ennui de constater que Pierre ne se déclarait point, il entrait un peu de tout cela dans la façon acerbe dont il cingla, ce soir-là, les travers de sa fille.Comme il arrive en pareil cas, il profita de l\u2019occasion pour lui dire tout ce qu\u2019il avait sur le coeur : « Elle n\u2019était qu\u2019une enfant terriblement gâtée, une fille insupportable, l\u2019effroi de son entourage, la crainte de ceux qui lui portaient quelque intérêt, elle finirait mal, etc., etc.» Nany, peu endurante de son naturel, et peu habituée à de semblables reproches, se cabra, fut insolente, ce qui lui valut l\u2019ordre d\u2019avoir à remonter immédiatement chez elle.Elle était sortie en claquant les portes, au milieu du dîner, tandis que Mlle Marnier, désolée de la scène, et Pierre, très contrarié, devaient entendre les récriminations amères du comte.Celui-ci avait fini par se calmer légèrement ; toutefois, son humeur ne s\u2019était pas rassérénée, et il s\u2019ancrait dans son idée de revoir sa fille pour la tancer vertement.Par un assez singulier esprit de contradiction, plus il accablait Nany, plus Pierre avait envie de prendre la défense de sa cousine.Il s\u2019essayait à apaiser M.d\u2019Avricourt, à le persuader qu\u2019en somme la chose ne tirait pas à conséquence :\tNany n\u2019avait pas cru mal faire ! De sa part, ce n\u2019était qu\u2019une mmmmm en 18 couleurs d'une beauté florale! Cultivez la couleur avec Caldwell ! Fleurissez votre salle de bain d\u2019une beauté palpitante, avec Caldwell ! Choisissez parmi tout un jardin de couleurs, de pastels délicats comme des pétales, de nuances riches comme celles des fleurs.Voilà en effet ce que vous offrent les Serviettes Caldwell, si luxueuses, si épaisses et veloutées ! Elles sont pratiques autant que ravissantes, comme vous les aimez.Et si durables! Caldwell Towels Montréal, avril 1951 37 Il n\u2019ose lui avouer qu\u2019il s\u2019est élancé pour la sauver du suicide.Elle lève vers lui ses yeux tristes, sans larmes, mais si pathétiques.Alors, sans plus réfléchir davantage, il se pencha, prit dans ses bras le jeune corps tiède qui ne résista pas, et emprisonnant les deux mains de Nany en une ferme étreinte et la regardant, les yeux dans les yeux : \u2014 Nany, veux-tu être ma femme ?demanda-t-il d\u2019une voix profonde, presque solennelle.\u2014 Oh ! Pierre ! mon Pierre ! murmu-ra-t-elle avec une secrète ivresse, je t\u2019aime tant !.Des larmes chaudes inondèrent ses joues.Longuement il l\u2019embrassa ; puis, très sérieux, très grave : \u2014 Ecoute, Nany, ne t'engage pas à la légère.Je veux que tu connaisses mes conditions.Tu es très riche, ma petite cousine, et je ne suis pas un vil coureur de dot.Si je t\u2019épouse, je désire que tu ne m\u2019apportes qu\u2019une fortune minime ; le surplus sera laissé à ton père, qui en fera ce qui lui plaira.C\u2019est donc une existence peu brillante que je t\u2019offre.En outre, je puis me lasser de la vie de garnison en France et demander à être affecté en Syrie ou au Maroc, m\u2019y suivrais-tu ?\u2014 Où tu iras, j\u2019irai ! répondit-elle avec ferveur.L\u2019argent m\u2019importe peu, le monde pas davantage, c\u2019est toi seul qui seras tout pour moi.Oh ! Pierre ! nous serons si heureux ! \u2014 Nany, répète-moi que tu m\u2019aimes! commanda-t-il avec une sorte de violence.\u2014 Je t\u2019aime, Pierre ! répondit-elle, docile.Il baissa les paupières et se tut.Ce n\u2019était pas cet amour-là qu'il avait rêvé, ni même cette paix indicible dont la suavité l\u2019étonnait en un tel instant.Il eût voulu se sentir plus agité intérieurement, moins maître de lui, grisé en quelque sorte par la magie de l\u2019heure et le charme de la femme qu\u2019il venait de choisir.L\u2019amour vrai ne s\u2019analyse point, ne s\u2019étudie pas.Pierre se posait à lui-même un point d\u2019interrogation dont i! éluda bien vite la réponse.Et.tout haut : \u2014 Rentrons, ma chérie, il se fait tard.Au bras l\u2019un de l\u2019autre, lentement, ils regagnèrent le manoir.Sur le perron, dévoré d\u2019angoisse, le comte attendait.\u2014 Fiancés, papa ! s\u2019écria Nany, frémissante.Et pleurant de joie, elle s\u2019abattit sur la poitrine de son père qui, dans la surprise heureuse de la retrouver et de voir ses projets réalisés, oublia totalement la mercuriale qu\u2019il avait savamment préparée.\u2014 Ah ! mes chers enfants, quel bonheur!\tH ] Et Charles d\u2019Avricourt fut, ce soir-là, le plus ravi des trois ! XI Le comte du Laz d\u2019Avricourt, chevalier de la Légion d\u2019honneur, Croix de Guerre, a l\u2019honneur de vous faire part du mariage de Mademoiselle Anne du Laz d\u2019Avricourt, sa fille, avec Monsieur Pierre Villard-Lebreuil, lieutenant au 90e Dragons, chevalier de la Légion d\u2019honneur, Croix de guerre.Le contre-amiral baron Spiegel, commandeur de la Légion d\u2019honneur, commandant en chef des forces navales de l\u2019Atlantique, et la baronne Spiegel, ont l\u2019honneur de vous faire part du mariage de leur cousin, Monsieur Pierre Villard-Lebreuil, lieutenant au 90e Dragons, chevalier de la Légion d\u2019honneur, Croix de guerre, avec Mademoiselle Anne du Laz d\u2019Avricourt.Et vous prient d\u2019assister à la bénédiction nuptiale qui leur sera donnée, par Sa Grandeur Monseigneur l\u2019évêque de Quimper, en la chapelle du manoir de Kerlaz, le mercredi 2 octobre 19 .à onze heures très précises.Cric, crac ! les doigts secs de Marie-Aimée de Lorres déchirèrent en deux les feuillets de vélin, finement gravés, qu\u2019elle lança d\u2019un geste furieux dans la cheminée.Tout ce que sa vanité démesurée avait pu concevoir de flatteur eût donc été susceptible d\u2019être réalisé dans une union avec celui qu\u2019elle avait dédaigné! Etait-elle sotte, en fin de compte, d\u2019avoir repoussé le seul épouseur qui se fût présenté ! Car, si beaucoup d\u2019hommes lui faisaient volontiers la cour, pas un n\u2019avait encore aspiré formellement à sa main.Elle s\u2019était jouée du coeur de Villard-Lebreuil, elle avait espéré rencontrer l\u2019oiseau rare et écraser de son triomphe l'amoureux évincé, et c\u2019était lui qui, le premier, prenait cette revanche ! Et comme ç\u2019avait été rapide ! Dans une heure, tout serait fini ! Le colonel de Lorres aurait servi de second témoin à son jeune officier pendant que sa fille, demeurée à Nantes, dévorait sa rage en silence.Elle avait voulu lire encore une fois ce faire-part.C\u2019était retourner le poignard dans la plaie de son coeur orgueilleux, et, seule devant la cheminée, elle considérait d\u2019un oeil courroucé la flamme qui consumait les derniers vestiges du fatal papier.Maintenant elle échafaudait mille rêves extravagants ; Nany pouvait mourir ( nous sommes tous mortels ! ) ; un chaud et froid au sortir d\u2019un bal, un accident de cheval ou d\u2019auto, des couches difficiles.Elle laisserait, bien entendu, sa fortune entière à son mari, et celui-ci.devenu libre, accourrait vers Marie-Aimée.Evidemment, c\u2019était une solution toute trouvée.En l\u2019attendant, la jeune poétesse risquait fort de monter en graine, car, resplendissante de santé, au comble de ses voeux, Nany, ce jour-là, n\u2019avait pas l\u2019air le moins du monde de vouloir lui céder la place.Elle quittait l\u2019autel au bras de son mari, le front radieux sous le point d\u2019Angleterre de son voile qu\u2019entourait un mince cordon de lis et d\u2019oranger.Le majestueux manteau de cour allongeait sa silhouette ; elle paraissait très grande ainsi, dans ce somptueux lampas d\u2019un blanc étincelant lamé d\u2019argent, plus grande en réalité que Pierre, qu\u2019elle dépassait de la moitié de la tête.La faute en était, assurait-elle, à « ces perchoirs de talons » sur lesquels elle tenait en équilibre.Lorsqu\u2019elle était entrée dans la rhapelle inondée de lumière, petit bijou d\u2019art gothique dont les guirlandes de médéola, de jasmin et de myrte caressaient le dur granit, toute l\u2019assistance avait été soulevée par un murmure flatteur.Quel cadre d\u2019apothéose que ce sanctuaire du manoir ! Le soleil se jouait superbement sur les vitraux peints avec amour par ces admirables artistes que furent les verriers du XVIe siècle, sur les pierres précieuses des vases sacrés, la crosse et la mitre de l\u2019évêque, les soieries chatoyantes des ornements sacerdotaux, les ors des uniformes.Toute la foule des invités n\u2019avaif, pu entrer dans la chapelle, et beaucoup d\u2019entre eux durent rester sous le porche.Les camarades de Pierre, venus en grand nombre pour assister à la cérémonie, le congratulaient chaleureusement, chacun, en son for intérieur, souhaitant de l\u2019imiter.Et bientôt tous les invités furent réunis pour le déjeuner dans la vaste salle à manger et dans les salons y attenant.Assise à la place d\u2019honneur, Nany présidait.Pierre veillait sur elle avec un soin jaloux.Elle avait été si sage, si tranquille depuis quelques jours, qu\u2019il tremblait de voir se rompre ce calme inaccoutumé.pourvu qu\u2019elle ne s\u2019avisât pas de boire exagérément du PORTRAIT PAR PAUL CLEMENS (jrWpfl (L£u)hu ^âjîüjc^i^ // Su.- J ty!>\tf.\"Souples, enchanteurs de coloris, tenaces à l\u2019extrême, voilà les Rouges à Lèvres Avon,\u201d dit la dynamique Claudette Colbert, brillante étoile d\u2019Hollywood.\"Quant à l\u2019étui, il est aussi d\u2019un goût parfait \u201d Vous aussi, pouvez acheter chez vous vos produits Avon favoris, superbes de qualité, modiques de prix, grâce à votre Représentante Avon attitrée.Réservez-lui bon accueil ! AVON COSMETIQUES Accueillie par Mlle Colbert, Mme N elle Ginthner, sa Représentante Avon attitrée, l'aide à choisir ses cosmétiques Avon favoris.MONTREAL \u2022 NEW YORK \u2022 TORONTO \u2022 LONDON \u2022 QUEBEC WINNIPEG \u2022 HAMILTON \u2022 WINDSOR \u2022 VANCOUVER \u2022 EDMONTON 1 38 La Revue Populaire îwiiip) WW: ¦ P \u2014 ¦ i Notez l\u2019effet de marqueterie, agréable et reposant pour les yeux, créé par le sens alterné des \u201ctuiles\u201d de linoléum Jaspé; cette disposition offre aussi l\u2019avantage pratique de masquer les marques de poussière jusqu\u2019au prochain nettoyage.Ce parquet se compose de tuiles de linoléum Jaspé Dominion no J/722.Demandez à votre marchand nos dépliants illustrés contenant les indications relatives à la pose de ces tuiles.PARQUETERIE D\u2019ART.aè TUILES DE LINOLÉUM DOMINION Si vous combinez les avantages pratiques du linoléum et les mérites artistiques de carrelages aux dessins et couleurs harmonisés, qu\u2019obtiendrez-vous?Un parquet comme celui qu\u2019on voit ci-dessus \u2014 en \u201ctuiles\u201d de linoléum, Dominion, qui répond à toutes les exigences de la décoration moderne.La femme d\u2019aujourd\u2019hui ne recherche pas seulement de beaux parquets .elle veut aussi qu\u2019ils soient pratiques.Les tuiles de linoléum Jaspé Dominion sont la solution de ce problème.En effet, les planchers modernes, en plus d\u2019être esthétiques, doivent aussi \u201cfaire gagner du temps\u201d.Il faut qu\u2019ils soient souples sous les pieds et d\u2019entretien facile.Ce sont là deux des qualités des tuiles de linoléum Jaspé Dominion.Votre fournisseur vous en montrera un choix remarquable et il se fera un plaisir de vous démontrer combien il est facile de poser ces carrelages de linoléum Dominion.Le linoléum a fait ne» preuve»! Le choix des couleurs du linoléum Dominion et de ses agencements décoratifs augmente constam-ment, mais sa qualité de durabilité reste toujours immuable, prouvée par plus de 40 ans d'usage dans les maisons particulières, écoles, hôpitaux, magasins, édifices publics du Canada.LINOLEUM Les tuiles de linoléum Jaspé Dominion sont vendues en carrés ordinaires, ou taillées en triangles.Magnifique .souple.DURABLE En tuiles ou à la verge .un produit de DOMINION OILCLOTH & LINOLEUM COMPANY LIMITED \u2022 Montréal Maison fondée en 1872 champagne, ou de se griser par la conversation des uns et des autres ! La baronne Spiegel, cousine éloignée du lieutenant, qui lui avait servi de mère en la circonstance, s'amusait beaucoup des reparties de la jeune femme.Bien sûr, elle allait exciter Nany !.Cet idiot de petit d\u2019Hargery, un camarade de régiment, ne se mêlait-il pas aussi de se faire valoir aux yeux de la mariée, de jouer au bel esprit ! Elle lui répondit du tac au tac, et Pierre n\u2019était pas tranquille !.Décidément, son rôle de mari, ange gardien d\u2019une jolie femme, ne lui apparaissait pas comme une sinécure ! Enfin, on ne se mariait pas tous les jours, et la vie conjugale assagirait Nany.Pierre voulait en accepter l\u2019augure.Au dessert, il y eut des toasts échangés.Le colonel de Lorres, qui n\u2019épousait pas les rancunes de sa fille, souhaita gracieusement la bienvenue à la jeune femme, au nom du régiment ; puis, les invités se dispersèrent dans le parc pour jouir encore de la splendeur de ce bel après-midi d\u2019automne.Discrètement, les mariés s\u2019éclipsèrent pour aller changer de toilette.Une demi-heure plus tard, ils se retrouvèrent dans le petit salon du premier étage ; Pierre en civil, Nany en costume tailleur.\u2014-Il est temps de partir, dit le lieutenant.\u2014 Oh ! Pierre, est-ce absolument indispensable que nous partions tout de suite ?\u2014 Mais, Nany, nous ne pouvons nous éterniser ici ! Le train n\u2019attend pas ! Tendrement, le jeune officier attira sa femme contre lui.Elle se laissa faire avec une sorte de passivité ; puis, très bas, se dérobant : \u2014 Quitter Kerlaz ! Oh ! Pierre, je crois que je n\u2019en aurai jamais le courage ! \u2014 Il le faudra bien, pourtant ! Voyons, ma chérie, sois raisonnable ! Tu te réjouissais tant, ces jours derniers, de ce voyage à deux dont j\u2019ai voulu te cacher le but, et qui constituera pour toi, je te l\u2019assure, la plus agréable des surprises.\u2014 Oui.mais.les jours derniers, ce n\u2019était pas aujourd\u2019hui, et maintenant que le départ est là, tout près, je ne puis me faire à l\u2019idée de laisser papa, Mademoiselle, ma petite chambre, Stop, Rip, Origan, Jemmapes.\u2014 Et puis quoi encore ?Pierre commençait à s\u2019impatienter Nany s\u2019était assise sur sa valise, devant la cheminée, et ne semblait plus disposée à bouger.\u2014 Viens-tu, Nany ?\u2014 Je ne peux pas, Pierre ! Et de gros sanglots secouaient la poitrine de la jeune femme, qui répétait : \u2014 Je ne veux pas quitter Kerlaz ni papa, je ne veux pas m\u2019en aller.\u2014 Nany, il faut en finir ! Si tu n'es pas plus obéissante, je vais aller chercher ton père.\u2014 Ce n\u2019est pas ma faute, je te dis que je n\u2019ai pas de courage ! De guerre lasse, l\u2019officier laissa là l\u2019étrange enfant et, dégringolant l'escalier, se mit à la poursuite de M.d\u2019Avri-court, qu\u2019il découvrit sans peine sur la terrasse, au milieu d\u2019un cercle d\u2019amis, et, lui ayant adressé un signe d\u2019appel, attendit dans le vestibule qu\u2019il l\u2019eût rejoint.Craignant quelque catastrophe insoupçonnée, M.d\u2019Avricourt interrogea anxieusement : \u2014 Eh bien ?que se passe-t-il ?\u2014 Nany ne veut plus partir ! \u2014 Ah ! par exemple ! Nous allons bien voir ! Et le comte se précipita dans le petit salon.Toujours assise sur sa valise, Nany ressemblait à une épave.» \u2014 Que me dit Pierre, mon enfant ?Tu refuses de le suivre ?Cette scène est parfaitement ridicule ! \u2014 Je veux bien le suivre, mais je veux rester à Kerlaz ! fit Nany, toute en larmes.\u2014 C\u2019est de la démence ! Tu es mariée, ton devoir est d\u2019aller avec ton mari.Ne l\u2019aimes-tu donc plus ?\u2014 Si je ne l\u2019aime plus! je l'adore! Mais, papa, mon papa chéri, je vous aime aussi et, en quittant Kerlaz, je vous perds ! ¦\u2014 Tu me reverras, vous ne partez pas pour un voyage au long cours, que diable ! \u2014 Presque ! rectifia Pierre, sincère.Les paupières que Nany tenait obstinément baissées se relevèrent d\u2019un mouvement vif, et, curieuse : \u2014 Oh ! Pierre, dis-moi où tu voulais m\u2019emmener! supplia-t-elle.\u2014 Je t\u2019avais promis une surprise ; ce n\u2019en sera plus une si je te dévoile le but du voyage.\u2014 Ça ne fait rien chéri, dis quand même ! \u2014 Puisque tu l\u2019exiges, voici : le capitaine Lambertini, mon excellent camarade, est d\u2019origine corse.Très riche, il possède un yacht, ancré pour le moment dans la rade de Saint-Pierre-Qui-beron, où il vient de terminer une croisière sur les côtes de Bretagne.Ce yacht va rallier Ajaccio, son port d\u2019attache, et Lambertini l\u2019a mis à ma disposition.Je comptais m\u2019y embarquer avec toi ; nous serons seuls à bord, sauf l\u2019équipage, bien entendu.N\u2019est-ce pas le cadre le plus séduisant que l\u2019on puisse rêver pour une lune de miel ?.\u2014 Pierre adoré, tu es un amour ! Je n\u2019hésite plus, je pars ! Et Nany, se jetant au cou de son mari, l\u2019étouffait littéralement sous ses baisers impétueux.Il se dégagea avec un peu d\u2019ennui : \u2014 Finis donc, Nany, tu me décoiffes et tu déranges ma cravate ! Aussi disposée à partir qu\u2019elle l'était l\u2019instant auparavant à rester, la jeune femme ne l\u2019écouta pas.Prenant sa valise, elle se précipita dans l\u2019escalier, bientôt suivie de son père et de son mari.La perspective du beau voyage projeté irradiait son charmant visage.Elle allait lancer le frêle esquif de son bonheur sur les flots agités de l\u2019existence, sans autre boussole que sa jeune ardeur de vivre ou son bon plaisir, aveuglément confiante dans le pilote qu elle avait choisi, et qui, en cet instant même, la considérait d\u2019un oeil vaguement inquiet.L\u2019un et l\u2019autre croyaient se connaître.tous deux s\u2019étaient mépris.XII Ïue le décor avait changé, depuis que la Speranza, quittant la Côte de Granit pour relâcher sur la Côte d\u2019Azur, avait cinglé vers l\u2019île où naquit le conquérant du monde ! Que de splendeurs entrevues : somptueuses villas, palais royaux perdus dans un décor de palmiers ou de magnolias, montagnes imposantes qui prenaient tour à tour toutes les couleurs du prisme, et que baignait une mer de saphir, calme comme un beau lac.Oliviers gris, pins dentelés, orangers et caroalis, jardins pleins de roses, berceaux de jasmin ; pour la première fois, Nany faisait connaissance avec le Midi de la France et, prompte à l\u2019enthousiasme comme à la satiété, elle traduisait sa joie en des commentaires originaux.Depuis huit jours, Pierre et elle, débarquant de la Speranza, avaient planté leur tente à Porto-Vecchio.De là, ils rayonnèrent dans les environs, faisant des ascensions à pied ou à dos de mulet; le soir, ils se promenaient au crépuscule dans une vieille calèche emportée au galop fou de ces petits chevaux corses qui vont comme le vent.Cette vie vagabonde, agitée, pleine de décousu et d\u2019imprévu, convenait au tempérament casse-cou de Nany et la ravissait d\u2019aise.8664 Montréal, avril 1951 39 Elle perdait peu à peu cette légère teinte de sentimentalité que le mariage avait fait naître en elle dès les tout premiers jours de leur union et que Pierre avait espéré voir se dessiner avec plus de précision pour demeurer ensuite définitivement.Petit à petit, Nany redevenait l\u2019enfant rieuse, exubérante, parlant à tort et à travers de tout ce qui lui passait par la tête, la joyeuse gamine qu\u2019il connaissait depuis sa naissance et qu'il prenait assez difficilement au sérieux.Le lieutenant se refusait cependant à ne pas se croire heureux ; il faisait un louable effort pour se persuader qu\u2019il était le mortel le plus comblé que la terre eût jamais porté, mais, au fond, il se rendait bien compte qu\u2019il se mentait à lui-même.Il devait s\u2019avouer que Nany n\u2019était pas la femme qu\u2019il eût choisie s'il n\u2019y avait été en quelque sorte forcé par les événements et inspiré par l\u2019élan chevaleresque qu' l\u2019avait jeté vers elle pour la protéger.Elle ignorerait toujours que le dépit d\u2019un amour contrarié et la dette de reconnaissance dont il croyait être redevable envers son tuteur étaient les mobiles auxquels il avait obéi en l\u2019épousant.Ce matin-là, assis sur le banc de l\u2019hôtel où ils étaient descendus et qui dominait la mer par une vaste terrasse, il fumait rêveusement ; le temps était superbe, le port animé par un va-et-vient de barques, de pêcheurs, de marchands de poissons ; des enfants couraient le long du quai, en proposant, dans leur langue sonore, des fruits ou des fleurs aux touristes qui débarquaient.Une vie intense débordait de cette foule grouillante, bigarrée.Pierre se sentait très étranger à tout ce mouvement, très distant, perdu qu\u2019il était dans ses pensées.Sans façon, une main légère lui arracha la cigarette des lèvres, et une fraîche bouche se posa sur sa joue : \u2014 Bonjour, monsieur le vilain, qui ne voit même pas sa petite femme arriver ! Rieuse, Nany s\u2019asseyait sur les genoux de son mari.Elle était toute rose et blonde, par ce soleil d\u2019automne.Elle sentait bon la verveine du bain matinal, mais, plus persistant encore était ce parfum de jeunesse, de fraîcheur qui émanait de tout son être Involontairement, Pierre fut séduit : \u2014 Te voilà donc, chérie ! ie commençais à croire que tu ne te lèverais jamais ! reprocha-t-il, aimable.\u2014 C'est que, hier, nous avons fait une telle randonnée ! Moi qui ne connais guère la fatigue, j\u2019en avais plein les quilles.\u2014 Oh ! Nany ! \u2014 C\u2019est vrai, mon pauvre chou, tu n\u2019aimes pas que je parle argot ! Je ne le- ferai plus, je te le promets ! \u2014 Tu t\u2019engages peut-être imprudemment ! \u2014 Enfin, je veillerai sur ma conversation, tu verras ! Je meurs.oui, je meurs de faim.As-tu déjeuné ?\u2014 Non, je t\u2019attendais.\u2014 Alors, veux-tu appeler pour qu'on nous serve ?Cinq minutes plus tard, un garçon de l\u2019établissement apportait au jeune couple un plateau contenant, en outre du déjeuner, deux lettres arrivées par le dernier courrier.\u2014 Le facteur vient de passer, expliqua-t-il.Pierre s\u2019était emparé des enveloppes ; il les examina et en tendit une à Nany.\u2014 De papa! Veine!.chance! chance ! c\u2019est « chance » que je voulais dire, Pierre ! Oh, oh ! il y en a bien long ! Voyons un peu ce qu\u2019il raconte.Les yeux pleins de joie, Nany décachetait la missive.Tout à coup, Pierre la vit pâlir jusqu\u2019aux lèvres, se redresser brusquement, puis elle vint s'abattre contre sa poitrine comme un oiseau blessé, en murmurant d\u2019une voix enrouée de rauques sanglots : \u2014\tCe n\u2019est pas possible !.- ce serait trop affreux !.Son mari, devinant trop bien de quoi il s\u2019agissait, n\u2019osait l\u2019interroger.\u2014\tQu\u2019est-ce ?.risqua-t-il timide -ment.\u2014\tOh ! Pierre, papa qui oh ! mon Dieu ! qui se.se remarie ! Elle s'était littéralement effondrée dans les bras que son époux compatissant lui tendait.\u2014 Veux-tu rentrer, ma chérie ?\u2014\tOh ! c\u2019est inutile ! n\u2019importe où nous irions, ce serait la même chose ! Il n\u2019y a \"personne ici, et il me semble que je n\u2019ai plus d\u2019air !.j'étouffe ! Quelle atroce nouvelle ! Ses doigts se crispaient sur le vélin fin de la fatale missive, qu\u2019elle inonda de ses larmes.Elle était dans un te! état d\u2019énervement que Pierre, d\u2019autorité, la fit remonter dans sa chambre et l\u2019étendit sur le divan.Son coeur battait à coups précipités.Sur son visage décomposé se lisaient l\u2019effroi, la stupeur.\u2014\tJamais je n\u2019aurais pu supposer pareille chose ! Papa ! mon papa chéri ! Oh ! cette femme, je la hais ! je la maudis ! \u2014 Nany! ne t\u2019exalte pas ainsi, tu te fais mal et tu dis des choses que tu regretteras plus tard ! Calme-toi, je t\u2019en conjure.\u2014\tC\u2019est bientôt dit!.Comprends-tu, Pierre, que papa oublie à ce point ma pauvre maman, qu\u2019il se soit épris d\u2019une autre femme ?Bien sûr, elle ne l\u2019aime pas, cette Sabine, avec ses grands airs de princesse ! elle le rendra malheureux ! Elle l'épouse parce qu\u2019elle a peur de ne pas trouver mieux, ni aussi bien, et de rester vieille fille, mais c\u2019est la fortune de papa qui la tente ! \u2014 Tu n\u2019en sais rien, après tout, Nany; ne t\u2019agite pas ainsi ! Ton père est encore si jeune, si séduisant ; il n\u2019est pas surprenant qu\u2019il ait pu plaire et songer à refaire sa vie ! \u2014\tRefaire sa vie ! Ah ! tu es bien un homme, toi !.Comme si on pouvait aimer deux fois ! \u2014 Lorsque tu seras vieille, tu auras plus d\u2019indulgence.Il ne faut pas être égoïste, ma chérie.Ton père, sans toi eût été bien seul à Kerlaz.\u2014 Mais je me demande, observa Nany méfiante, s\u2019il n\u2019y a pas déjà longtemps que ça mijotait, cette histoire-là !~.Je me souviens, maintenant, que lorsque la belle Sabine est venue à la maison, il y a deux ans, papa la regardait avec des yeux ! Sur le moment, je n\u2019avais pas réfléchi davantage, mais aujourd\u2019hui.\u2014 Aujourd\u2019hui, tu vas être une bonne fille et écrire à ton père pour le rassurer.\u2014\tJamais de la vie ! Je n\u2019aime plus papa ! Oh ! mon papa chéri ! et je déteste cette femme ! Nany recommença à sangloter de plus belle, et son mari eut fort à faire pour la ramener au calme.Lui qui n\u2019avait rien ignoré des soucis, des angoisses du comte, il eût dû se réiouir de voir enfin son plus cher désir réalisé, mais il ne pouvait s\u2019empêcher de songer avec quelle amertume, que le bonheur de son tuteur se payait au sacrifice de sa liberté ! Il avait été si préoccupé de l\u2019attitude de sa femme qu\u2019il ne pensa pas à prendre connaissance de son propre courrier.Ce fut elle qui le lui rappela, par une de ses boutades saugrenues dont elle était coutumière.\u2014 Décachète donc ta lettre, mon chéri ! Ce n\u2019est pas ton père qui t\u2019annonce son mariage, à toi ! Tu n\u2019as rien à craindre ! Docile, Pierre ouvrit la feuille qui avait tout l\u2019air d\u2019un pli de service.11 [ Lire la suite page 41 ] Gaieté vous ENAMEL MPORTE N'IMPORTE QUA L'EXTERIEUR Lgayez votre loyer avec les couleurs vives de l'Email Effecto.A l'intérieur ou a l'extérieur,- n'im-porte où, n'importe quand, Effecto confère un fini lustré et durable a presque toute surface.D'une résistance surprenante aux taches et à l'écaillement, Effecto se rit de l'usure et des intempéries.Seize couleurs ravissantes.Chez les quincailliers, marchands de peinture et de matériaux de construction.Pratt & Lambert-lnc., Fort Erie, Ontario.L'INTERIEUR EFJAMEO [QUICK DRYING) F\" Exterior and Interior UN GRENADIER Employez Effecto sur AUTOMOBILES.BATEAUX.BICYCLETTES, MEUBLES, MACHINES; TOUTES SURFACES EN BOIS OU EN METAL.Protégez la surface et vous protégez le tout! PEINTURE PRATT & LAMBERT fyaïte fLon.led.jjoliAiccuvli âu Vernis \"Bl\" pour Planchers 40 La Revue Populaire J -A» POUR VOTRE NOUVEAU BEBE! «c#5 Ær Kern 0 t 1 m toô«*Bi a» *** / Heinz a lancé récemment la farine d\u2019orge pre-euitç Heinz pour bébés.Heinz vous offre donc maintenant trois céréales pour bébés, tontes aussi délicieuses mais de saveur différente.Elles sont tontes préparées selon une formule équilibrée qui assure aux tout-petits tous les éléments nutritifs essentiels à leur croissance.Les céréales pré-cuites Heinz sont préparées avec des grains entiers, choisis avec soin, de céréales cultivées au Canada.Le mélange de farine d\u2019avoine pré-cuit Heinz et la farine d\u2019orge pré-cuite Heinz ne contiennent qu\u2019une seule céréale, tandis que la céréale pré-cuite Heinz est un savant mélange de blé, de blé d\u2019Inde et d\u2019avoine.Les céréales Heinz sont légères, lisses et faciles à digérer, car les grains en sont finement moulus, cuits à point et tamisés avec soin.A ces grains, on a ajouté de généreuses quantités d\u2019autres elements nutritifs\u2014du 1er, pour assurer la richesse du sang de bébé, du calcium qui lui donnera des os solides et droits, des protéines et des minéraux qui l\u2019aideront à se développer, enfin d\u2019autres éléments importants des vitamines du complexe B.Si vous habituez votre bébé à différents aliments et à différentes saveurs, il sera plus facile à satisfaire durant toute son enfance.Offrez donc à bébé un régime varié.Servez-lui les trois céréales Heinz.Elles sont si faciles à préparer\u2014ajoutez un peu de lait tiède et mélangez! Et elles sont si bonnes! Vous savez qu\u2019elles sont bonnes parce que ce sont des produits Heinz! ALIMENTS HEINZ POUR BEBES III' «K Photo HEINZ BÉBÉ COMME SUB VOUS Durant sa première année, le bébé combat pour sa survivance.Pour aider ce petit être à s\u2019en tirer sain et sauf, on devrait, à intervalles réguliers, vérifier son poids et sa grosseur, pour savoir si son développement est normal.L\u2019immunisation contribuera à le protéger contre les maladies ennemies de la première enfance.Un examen régulier fait par un médecin, par une infirmière, ou dans une clinique pour bébés aidera les plus petits citoyens du Canada à traverser une période critique.\u2022 Ce n\u2019est pas le jouet le plus coûteux qui rend l\u2019enfant heureux.Des blocs de bois fabriqués à la maison, des boîtes de fer blanc aux couleurs vives, des boîtes de carton reliées par des bouts de ficelle pour en faire des trains lui procurent autant de plaisir.Les objets très compliqués peuvent amuser le papa, mais le petit aime des jouets simples.La plupart des parents peuvent fabriquer des jouets à bon marché avec des choses et des débris d\u2019objets qui traînent à 1 entour de la maison, ce qui amusera les enfants trop jeunes pour aller à l\u2019école, lorsqu ils gardent la maison parce qu\u2019ils sont malades ou en mauvaise santé.\u2022 Q.\u2014 Le lait est-il un aliment parfait susceptible d\u2019aider à la conservation d\u2019une bonne santé dentaire ?fl* Oui, très certainement, le lait et tous les produits lactés.\u2014 la crème, le beurre, la crème à la glace, tous les fromages, etc.sont de parfaits aliments devant obligatoirement faire partie d\u2019une diète bien balancée, chez la mère expectante, chez le bebe, chez l\u2019enfant, chez l\u2019adolescent.\u2014 aliments indispensables à la bonne formation des dents durant toute la période de calcification de l\u2019émail dentaire, ainsi que plus tard encore et pendant toute la vie en tant qu\u2019éléments essentiels d une diète rationnelle d\u2019entretien et de soutien.Mais il ne faut jamais oublier que le lait et tous les produits lactés, qui demeurent dans la bouche, sur les dents, sont une source d\u2019acide lactique qui attaque très vite l\u2019émail des dents.En conséquence, quand on a consommé du lait et des produits lactés, il faut donc se brosser très minutieusement les dents avec, si possible, un bon dentifrice alcalin, et se rincer soigneusement la bouche.Servez aux écoliers qui ont toujours faim des goûters composés de lait, de jus de fruits, de lait de beurre, de fruits ou de biscuits de farine d\u2019avoine.Mais ne leur donnez jamais rien qui puisse nuire à leurs repas réguliers.Les premières dents des enfants sont importantes et devraient être traitées avec soin.De mauvaises habitudes de table, des défauts de prononciation, des dents permanentes mal poussées sont la rançon de la perte prématurée des dents des enfants causée par la négligence.\u2022 Ne négligez pas les maux de gorge ou autres affections des voies respiratoires chez les enfants.S\u2019ils sont d\u2019origine streptocoque, ils peuvent provoquer la fièvre rhumatismale chez les enfants qui y sont enclins.\u2022 La petite vérole deviendra bientôt, dans notre pays, une maladie disparue.Elle a été éliminée par la vaccination.Mais elle peut se manifester de nouveau si on néglige la vaccination. Montréal, avril 1951 \u2022\t[ Suite de la page 39 ] la parcourut très vite, puis la referma, disant d\u2019un ton détaché : \u2014 Je suis muté au 2e chasseurs à Pontivy.\u2014 Ah ! par exemple ! Tu avais donc demandé ton changement ?\u2014 Dans le temps !.fit évasivement Pierre, s\u2019en voulant in petto de ce petit accroc à la vérité.En réalité, il avait cherché à permuter dès ses fiançailles, ne se souciant pas d\u2019amener Nany à Nantes, où elle serait en contact forcé avec Marie-Aimée de Lorres.Il ne tenait ni à retrouver la jeune fille, ni s\u2019exposer à la voir devenir une amie de sa femme.Le plus simple était d\u2019éviter ces occasions de rapprochement en allant planter sa tente sous d\u2019autres cieux.Cette stratégie, qu\u2019il croyait si habile, devrait avoir un résultat désastreux.Le plus sage eût été de rester dans le sillage de l'infidèle, moins dangereuse de près que de loin.La fuir, c\u2019était avouer le pouvoir qu\u2019elle avait sur son coeur et reconnaître qu\u2019il ne se sentait pas de force à lui résister.C\u2019était aussi laisser le champ libre à une imagination vagabonde qui parerait l\u2019absente de toutes les séductions, alors qu\u2019elle ne méritait ni l\u2019indulgence ni l\u2019intérêt que son ancien admirateur serait, dans la suite, trop disposé à lui accorder.Après la réception de ces deux lettres, Nany, qui, la veille, ne parlait rien moins que de rester et habiter la Corse, n\u2019eut de répit qu\u2019elle n\u2019eût décidé Pierre à partir.Elle voulait revoir son père, à tout prix, disait-elle, gardant le fol espoir de le faire abandonner une décision qui semblait irrévocable.Elle souffrait profondément, et Pierre l\u2019aima mieux ainsi, tout alanguie, prostrée dans une douleur qui n\u2019était pas feinte.Il lui semblait que lui seul en ce moment était capable de consoler ce grand chagrin, et il se disait en lui-même : « Mon sacrifice n\u2019aura pas été vain ; puissent des jours heureux m\u2019en récompenser ! » C\u2019est dans cet état d\u2019esprit qu\u2019il rentra en France.XIII Il 1 H ' P*erre \u2022 cest troP drôle ! Ma /I belle-mère qui est montée dans un avion allemand pendant la guerre ! Le lieutenant Villard-Lebreuil fixa des yeux interrogateurs sur sa femme qui rentrait en s\u2019esclaffant d\u2019un rire un peu forcé.\u2014 Dans un avion allemand.pendant la guerre.Comment cela ?Je ne te comprends pas ! \u2014 Voici.J\u2019étais en visite chez Mme Onfroy.Il y avait affluence de belles madames et de pimpants lieutenants.Arrive le commandant Saint-Galmier (tu sais.celui que tes camarades ont baptisé « Eau minérale ») qui a le mauvais goût, croyant me faire plaisir, de me parler du remariage de mon père ! Selon lui, Mlle de Ponty était la huitième merveille du monde ! Belle, intelligente, spirituelle, riche, et une place de choix dans le Gotha.Jusque là, j\u2019écoutais, muette, sans prendre aucune part, je te l\u2019avoue, à ces litanies, quand les derniers mots du commandant m\u2019ont fait sursauter.\u2014\tDans le Gotha ! Ah ! bien vrai ! elle a dû en massacrer des innocents, m\u2019écriai-je.« Je ne sais pas ce qu\u2019ils avaient tous, mais les voilà pris d\u2019un fou rire.Le commandant m\u2019a dit que j\u2019étais « exquisement jeune » ! Moi, qui ne croyais pas avoir fait preuve de tant d\u2019esprit, je riais aussi, mais je t\u2019assure que je n\u2019en reviens pas et que cette histoire me semble invraisemblable ! \u2014\tEncore une gaffe, ma pauvre Nany ! Décidément, tu t\u2019y abonnes ! fit Pierre, d\u2019un air soucieux et lassé à la fois.La jeune femme, qui, câlinement, s\u2019était installée sur ses genoux, le regarda, anxieuse.\u2014 Allons, bon ! qu\u2019est-ce que j\u2019ai fait encore ?demanda-t-elle avec une amusante petie moue.\u2014 Voyons, tu ne me feras pas croire que tu ignorais que l\u2019almanach de Gotha est un annuaire dans lequel figure la meilleure noblesse de France et d\u2019Europe ?.\u2014 C\u2019est toi qui me l\u2019apprends, mon cher ! Est-ce que je me suis jamais occupée de ces balivernes-là ! ça m\u2019est bien égal d\u2019avoir un nom qui se dévisse, comme disait papa, ou de m\u2019appeler Pipelet ou Tartempion ! La preuve, c\u2019est que je t\u2019ai épousé ! \u2014 Tu tiens à me dire des choses désagréables.\u2014 Mais non, je t\u2019assure, mon petit Pierre, que je serais désolée que tu puisses supposer un seul instant que j\u2019ai voulu te froisser ! Embrasse ta petite femme, et faisons la paix ! Nany tendait vers les lèvres de son mari son frais visage.Sans empressement, il obéit.La venue du ménage à Pontivy avait fait sensation.Nany y arrivait précédée d\u2019une réputation d\u2019originalité et de colossale fortune.De lui, on disait qu\u2019il avait épousé le sac.Les curieux s\u2019étonnèrent de voir ces jeunes gens mener dès le début une vie très simple, sans train de maison luxueux.Leur installation dans une jolie villa sur le quai de Presbourg était confortable, mais le personnel se bornait à une ordonnance et une cuisinière.Pierre, têtu, voulait que sa femme en passât par où il avait décidé, c\u2019est-à-dire que leur budget fût établi sur des chiffres relativement modestes, et qu elle dût se contenter du cinquième environ des revenus que son père avait compté lui servir.Chez la jeune femme, ce changement total d\u2019existence ne s\u2019opérait pas sans trouble.Il se doublait d\u2019ailleurs de la déroute apportée en son coeur et dans son esprit par la seconde union de son père.Lorsqu\u2019elle avait revu celui-ci, elle avait tout essayé pour le faire revenir sur une résolution qui la désespérait, mais qu\u2019elle reconnut bientôt comme inébranlable, et se heurta à un projet, arrêté depuis longtemps, contre lequel, désormais, elle ne pouvait rien.Ses larmes, ses supplications, son courroux même, n\u2019attendrirent pas le comte, que la perspective de voir enfin son rêve réalisé plongeait dans une intime jubilation.Son mariage avec Mlle de Ponty eut lieu au commencement de décembre, dans la chapelle du château des Fusellières.Nany refusa obstinément d\u2019y assister (on ne l\u2019avait d\u2019ailleurs pas invitée de façon très pressante) ; son mari s\u2019y rendit seul et, au retour, chercha à la convaincre que devant le fait accompli, il était de bonne diplomatie de l\u2019accepter sans récrimination.Selon lui, la nouvelle comtesse d\u2019Avricourt était animée envers sa belle-fille des meilleures intentions et désirait que la concorde régnât au sein de la famille.Boudeuse, Nany répétait à chaque nouvelle tentative de rapprochement : \u2014 J\u2019adore mon père, je ne cesserai pas de l\u2019aimer, mais je veux ignorer cette femme qui me l\u2019a pris ! Elle écrivait cependant de fréquentes lettres à ce père si tendrement chéri qui était tour à tour le plus généreux des banquiers ou le plus indulgent des conseillers, la comblant de cadeaux pour pallier ce dont la frustrait l\u2019intransigeance de Pierre.Baudouin de Ponty était dans le vrai, le jour où il affirmait à sa soeur que le seigneur de Kerlaz avait le coeur assez large pour y loger à la fois sa femme et sa fille.Le bonheur ne l\u2019avait EST À VOTRE PORTÉE ^OCCUPATION 4 QUEL % in ta véritable beauté Voilà une bonne nouvelle .et qui est vraie! Pour être plus belle que vous ne l\u2019auriez jamais rêvé, vous n\u2019avez qu'à remplir le coupon ci-dessous et à nous l\u2019adresser.Votre \"Beauty Counselor\u201d ira vous voir quand vous le voudrez.Dans l\u2019intimité de votre propre maison, en moins d\u2019une heure, vous deviendrez plus belle .quels que soient votre âge .votre teint .vos occupations.Bien entendu, cela n\u2019enrraîne aucune obligation.Publicité acceptée par le Canadian Medical Association Journal, OF CANADA LIMITED BEAUTY COUNSELORS OF CANADA LIMITED,\t101 WINDSOR, ONTARIO J'aimerais savoir ce que j\u2019achète avant de l\u2019acheter.Veuillez prier ma \"Beauty Counselor\" de passer me voir.J\u2019ai plus de 21 ans.LJ J'aimerais me renseigner davantage sur vos \"Beauty Counselors\u2019.\u2019 Veuillez me renseigner.o J'aimerais savoir comment je peux devenir \"Beauty Counselor.\" NOM.ADRESSE___________________________________TÉL._____ VILLE___________________________ PROVINCE________ 42 La Revue Populaire SUCCULENTE TRESSE FARCIE DE CONFITURE Jpr Faites cette exquise pâtisserie avec la nouvelle levure SÈCHE rapide! Voici un dessert succulent! N\u2019attendez pas d\u2019avoir des invités: faites-le tout de suite\u2014facilement, rapidement, avec la nouvelle Levure Sèche Fleischmann qui lève vite.Cette merveilleuse levure conserve toute sa vigueur dans votre armoire ! Imaginez la commodité! Finis ces gâteaux de levure qui se détériorent et perdent trop vite leur activité ! Plus besoin de garder la levure au réfrigérateur.La nouvelle Levure Sèche Fleischmann garde toute sa vigueur jusqu\u2019au moment de servir ! Vous verrez comme c\u2019est facile de cuire avec de la levure et comme vos résultats seront merveilleux.Achetez aujourd\u2019hui une douzaine d\u2019enveloppes de Levure Fleischmann qui lève vite et gardez-les dans votre armoire! SUCCULENTE TRESSE FARCIE DE CONFITURE (Recette pour deux grosses tresses) Portez au point d\u2019ébullition Va tasse lait Va tasse sucre granulé VA c.à thé sel 3 c.à soupe shortening Retirez du feu et laissez tiédir.Entre temps, mesurez dans un grand bol Vi tasse eau tiède 1 c.à thé sucre granulé et brassez jusqu\u2019à dissolution du sucre.Parsemez le contenu de 1 enveloppe de Levure Sèche Fleischman qui lève vite Laissez reposer 10 min., PUIS brassez bien.Incorporez-y le mélange refroidi de lait et sucre et 1\toeuf bien battu Incorporez 2\ttasses farine à pain tamisée une fois et battez lisse.Ajoutez 2Va tasses (environ) farine à pain Abattez la pâte, divisez-la en 2 portions égales et formez en boules lisses.Abaissez au rouleau chaque boule en un morceau de 10\" x 7\"; détachez la pâte.Badigeonnez chaque morceau de 2 c.à soupe de beurre mou et parsemez du mélange dans lequel entrent les avelines.Commençant sur le sens de la longueur, enroulez chaque morceau de f>âte à la manière d\u2019un gâteau roulé; fermez es bords et les bouts.Roulez maintenant en morceaux de forme oblongue mesurant 12\" x 6\"; détachez la pâte.Coupez chaque morceau en 3 bandes sur le sens de la longueur, jusqu\u2019à un pouce d\u2019un des bouts.Tressez ces bandes, fermez-en les bouts et repliez-les sous les tresses.Placez sur tôles graissées.Graissez le dessus, couvrez et laissez lever au double du volume.Cuisez à four modéré (375°F.) environ 2 5 minutes.Laissez refroidir et remplissez les interstices des tresses avec de la confiture épaisse ou de la crème de butterscotch.Glacez et parsemez d\u2019avelines hachées gros.tamisée une fois Versez la pâte sur une planche légèrement farinée et pétrissez-la lisse et élastique.Mettez-la dans un bol graissé; badigeon-nez-en le dessus de beurre fondu.Couvrez et laissez lever au double du volume dans un endroit chaud, à l\u2019abri des courants d\u2019air.Dans l\u2019intervalle, combinez ensemble 1\toeuf légèrement battu 2\tc.à soupe crème Va c.à thé vanille V/a tasse cassonade (légèrement pressée) Va tasse miettes de pain sec tamisées 1 tasse d\u2019avelines hachées fin Va tasse d'écorces confites hachées umtstm i wmiiml deposee fl I QUiiève mf .To, point rendu égoïste et, de tous ses voeux, il appelait l\u2019instant où Nany consentirait à revenir sous son toit.Pâques approchait ; la lande se couvrait de fleurs ; le mimosa, les violettes, embaumaient l\u2019air si doux ; comme le vieux manoir devait être rajeuni sous le soleil printanier ! Comme ce serait bon de gambader dans la campagne verte, de se jeter à travers champs au galop éperdu de son cheval, ou mener à fond de train la petite « ci-tro » le long des chemins rocailleux !.Pensivement, la jeune femme s\u2019était assise par terre, sur un coussin, devant la cheminée, et contemplait la flamme qui brillait entre les lourds landiers de fer forgé.Désoeuvrée, désorientée, la petite Mme Villard-Lebreuil, qui n\u2019avait jamais connu l\u2019ennui, trouvait les heures bien longues et monotones depuis son mariage.Pierre s\u2019était décidé à préparer l\u2019Ecole de guerre et prenait prétexte de ce surcroît de travail pour rester enfermé avec ses livres et ses cahiers.Gentiment, les premiers temps, Nany avait voulu lui tenir compagnie ; il dut lui avouer que sa présence le gênait, car elle ne savait guère demeurer tranquille, et dorénavant elle se tint dans un petit salon voisin du bureau de son mari.Elle errait lamentablement de la cave au grenier de sa maison qui lui semblait microscopique après son beau Kerlaz, vaste comme une caserne ! Pas de jardin, elle qui aimait tant les fleurs, les grands arbres ! plus de lapins à surveiller, de poules à gaver ! Finies les randonnées à cheval ou en auto : la « Citro » était restée à Kerlaz, et Pierre n\u2019autorisait sa femme à monter qu\u2019au manège ou, à de rares intervalles, à faire quelques promenades aux environs.Jusqu\u2019ici, Nany avait refusé deux invitations sur trois.Les distractions, cependant, ne manquaient pas : five-o\u2019clock, bridges, soirées, dîners, tennis, pique-niques, surprises-parties, la garnison tenait à soutenir sa réputation, mais rien, décidément, ne tentait cette trop jeune femme.Elle s\u2019étiolait un peu, avait maigri et perdu un soupçon de cette fraîcheur éblouissante qui, avec ses beaux yeux, constituaient sa principale séduction.On essaya de lui faire la cour, elle ne parut pas s\u2019en apercevoir.Elle avait encore, mais moins fréquemment, des éclats de robuste gaîté d\u2019enfant heureuse qui ignore tout de la vie.Maintenant, c\u2019était la vie qui la prenait entre ses griffes, et, peu à peu, Nany inclinait vers une troublante et incompréhensible mélancolie.Ce soir-là, donc, évoquant les gué-rets en fleurs, le doux ciel azuré de Kerlaz, songeant à tout ce qu\u2019elle avait laissé là-bas, Nany poussa un tel soupir que, de la pièce voisine, Pierre, qui venait de terminer une carte, se leva, la rejoignit et lui demanda, non sans ironie : \u2014 Qu\u2019as-tu donc, Nany ?.Coeur qui soupire n\u2019a pas ce qu\u2019il désire ! \u2014 C\u2019est bien vrai ! \u2014 Que manque-t-il à ton bonheur ?\u2014\tTout ! \u2014 C\u2019est beaucoup ! \u2014 Toi, d\u2019abord ! J\u2019avais cru, en t\u2019épousant, que nous ne serions guère séparés, et je ne te vois jamais ! \u2014 Que veux-tu, ma chère, l\u2019examen que je prépare a des exigences.\u2014 Je sais, je sais, mais même, matériellement, quand nous sommes réunis, nous sommes si loin l\u2019un de l\u2019autre.\u2014\tIl la regarda, feignant de ne pas comprendre.\u2014\tTu devines fort bien ce que je veux dire, Pierre, ne me cache pas la vérité ! Est-ce que je te rends heureux ?\u2014\tMais oui, ma petite, quelle idée te fais-tu donc ?.\u2014 Je ne me fais pas d'idée, je me demande seulement si je suis à la hauteur, et si tu n\u2019as pas honte de moi, si tu ne regrettes pas de t\u2019être marié.\u2014 Mais non, voyons.\u2014 C\u2019est que.Pierre, pardonne-moi de te dire cela.tu n\u2019es pas toujours très gentil avec moi.tu me brusques, tu me parles avec humeur.ainsi, ce soir encore, tu me traitais avec dédain.Nany s\u2019était levée et regardait Pierre dans les yeux.Il se sentait le cerveau en ébullition ; il avait besoin qu\u2019on le plaignît, qu\u2019on le dorlotât ! Cette belle jeune femme qui était à lui, dont le coeur n\u2019avait jamais battu pour un autre que lui, l\u2019interrogeait avec angoisse, il voulut la rassurer : \u2014 Nany, dit-il en riant, ton imagination te perdra ! \u2014 Tu m\u2019aimes, mon chéri ?.\u2014 Mais oui !.que veux-tu de plus ! Il l\u2019avait prise par les épaules et l\u2019embrassait avec une sorte de rudesse, visiblement pressé d\u2019en finir.La voix de Nany trembla : \u2014 Pierre.redis-le-moi.est-ce que je te rends heureux ?\u2014Certes ! Et moi ?\u2014 Toi aussi !.Ils se regardèrent encore, puis détournèrent les yeux.Ils venaient d\u2019éprouver l\u2019impression atroce de se mentir l\u2019un à l\u2019autre.XIV ne lettre pour toi, Nany ! Pierre rentrant du quartier, remit à sa femme le courrier qu\u2019il venait de recevoir et l\u2019embrassa distraitement.Insensiblement, chaque jour s\u2019élargissait la fissure créée entre leurs deux âmes.Ce n\u2019était rien : une nuance infime, un mot, un geste, un regard, mais déjà l\u2019intimité de leur vie conjugale n\u2019était plus qu\u2019apparente, et ils se sentaient, chaque jour, devenir l\u2019un pour l\u2019autre des étrangers.Pierre, sans en avoir pleinement conscience, manifestait envers Nany cette courtoisie froide, ces égards sans transport, cette politesse sans abandon que l\u2019on accorde par devoir à une femme que l\u2019on a des raisons de respecter, mais pas d\u2019aimer.Il se disait avec une sourde amertume : \u2014 Nany manque de féminité ! Elle est incapable de répondre à l\u2019élan qui m\u2019a jeté vers elle.Ma vie amoureuse est brisée ! Elle, comme une sensitive froissée, repliait ses corolles prêtes à s\u2019épanouir, et sous des apparences d\u2019insouciance, dut cacher désormais dans un coeur anxieux tout un trésor de tendresse inassouvie et méconnue.Ce matin-là, elle revenait d\u2019une promenade à cheval avec deux de ses amies.Elle avait eu juste le temps d\u2019enlever son amazone, lorsque Pierre lui remit la lettre, qu\u2019elle reçut sans em-piessement.La nouvelle comtesse d\u2019Avricourt faisait preuve, envers sa petite belle-fille, des plus louables efforts de concorde et de bonne entente.Elle lui écrivait souvent, l\u2019invitant à revenir à Kerlaz, ce à quoi Nany ne s\u2019était pas encore résignée.Elle affecta de ranger divers objets dans le studio, commença de lire le journal, puis, comme Pierre, poliment, demandait : \u2014\tTon père va bien ?Elle répondit ; \u2014\tAh! c\u2019est vrai, j\u2019oubliais cette lettre ! Et elle décacheta l\u2019enveloppe d\u2019un doigt nonchalant.Sans plus prendre garde à sa femme que si elle n\u2019existait pas, l\u2019officier ouvrit un gros traité de balistique, dans lequel il parut s\u2019absorber.Au bout d\u2019un instant, étonné de ne pas entendre [ Lire la suite page 46 ] Montréal, avril 19S1 A3 Glace maatseese 1\ttasse de sucre fin Ÿ4 de c.à thé de crème de tartre 3 c.à tb.d\u2019eau froide X blanc d\u2019oeuf Mettre le tout dans un bain-marie et battre au moussoir jusqu\u2019à obtention d\u2019une belle mousse blanche et ferme.A l\u2019aide d\u2019une spatule, étendre sur le gâteau et couvrir de noix de coco râ-pé.\u2022 Cocktail au jus de tomates Cervelles de veau en croûtes Jambon rôti Sauce au raisin Pommes de terre rôties Petits pois sautés à la française Salade verte à la chiffonnade Tartelettes amandines Duchesses pralinées Cocktail au jus de tomates 2\ttasses de jus de tomates 2 c.à tb.de vinaigre de vin ou de cidre.1 c.à tb.de sucre 1\tpetite feuille de laurier 2\tc.à tb.de jus de citron 1 c.à tb.d\u2019oignon râpé ou haché finement.1 branche de céleri Mêler le tout et laisser macérer 1 heure.Couler et servir glacé avec une olive farcie et une petite branche de cresson.Mousse de saumon en gelée '* p a 2 c.à soupe de gélatine en poudre 2\ttasses d\u2019eau froide Vs de tasse de vinaigre 3\tc.à soupe de sucre granulé % c.à thé de sel Vs c.à thé de poivre % tasse de mayonnaise % tasse de céleri coupé en dés % de tasse de chou cru haché ou de concombre en dés 2 boîtes (environ % tb.chacune) de saumon, égoutté et déchiqueté Faire gonfler la gélatine dans une % tasse d\u2019eau.Verser 1% tasse d\u2019eau dans une casserole ; ajouter le vinaigre, le sucre, le sel et le poivre.Faire chauffer jusqu\u2019au point d\u2019ébullition et brasser jusqu\u2019à ce que le sucre soit fondu.Enlever du feu, ajouter la gélatine gonflée et brasse^ jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit fondue.Refroidir en agitant constamment jusqu\u2019à ce que le mélange commence à prendre.Incorporer la mayonnaise, le céleri, le chou ou le concombre et le saumon Verser dans un moule préalablement passé à l\u2019eau froide et légèrement graissé à l\u2019huile.Laisser prendre.Démouler et servir sur un plat décoré de légumes découpés.(8 portions) Couitoisie de Associated Salmon Canners of British Columbia.MES RECETTES DE CUISINE [Suite de la page 21] Cervelles de veau en croûtes 1\tpetite boîte de crevettes 2\tcervelles de veau 1 oeuf battu avec 1 c.à tb.de lait Chapelure fine, beurre et jus de citron.6 tranches de pain Faire dégorger les cervelles dans l\u2019eau froide % heure.Enlever toutes les ner- vures sanguines et faire bouillir doucement dans 4 tasses d\u2019eau à laquelle on ajoute 1 c.à thé de sel et 1 c.à thé de vinaigre.Laisser cuire jusqu\u2019à ce que tendre 8 à 10 minutes.Retirer du feu, égoutter, couper en morceaux d\u2019un pouce environ.Passer dans l\u2019oeuf battu puis dans la chapelure fine et faire frire à la poêle dans du beurre jusqu\u2019à ce que bien doré.D\u2019autre part, faire jeter un bouillon aux crevettes, enlever la petite ligne noire.Egoutter et tenir à la chaleur.Beurrer de minces tranches de pain, enlever la croûte et presser dans des moules à muffins pour en faire des cassolettes.Faire sécher et dorer au four de 350° F.Remplir ces cassolettes de cervelle frite et de crevettes passées dans du beurre fondu et du jus de citron.Garnir de persil frais Jambon rôti Mettre dans une grande marmite d\u2019eau bouillante 1 jambon de 10 à 12 livres.Ecoutez f \u201cL'ÉPERVIER\" W chaque lundi soir.CKVL et les postes de la Radio française du Québec itÙÊÈSÊ DANS CE PAQUET COMPACT EEANCffES parfaites .ET CHAQUE TRANCHE D'UNE SAVEUR EXQUISE/ Les plus belles tranches Ces tranches sont immédiatement enveloppées et scellées en un paquet compact\u2014elles sont protégées ainsi jusqu\u2019à votre cuisine.Goûtez ces Tranches de Luxe Kraft et constatez comme elles sont plus savoureuses que le fromage tranché ordinaire.Voyez aussi comme les tranches (8 au paquet) se séparent proprement, facilement (pas de bords brisés ni desséchés!).4 VARIETES.Ayez-en toujours à la maison \u2014 elles économisent temps et espace! TRANCHES a&KRAFT de fromage fondu sur le marché! Tranches coupées, enveloppées et scellées par Kraft.Le fromage fondu pasteurisé le plus moelleux, le plus délicieux que vous ayez jamais goûté, en tranches parfaites .les plus pratiques pour collations que vous ayez eues dans le réfrigérateur! Ce sont les fameuses Tranches de Luxe Kraft, qu\u2019une merveilleuse invention nouvelle a rendues possibles.Grâce à elle, le fromage fondu est coulé en tranches dès sa sortie des pasteurisateurs\u2014chaque tranche contient le maximum de saveur.aren' jel®r LES FROMAGES LES PLUS POPULAIRES AU MONDE SONT FABRIQUÉS PAR KRAFT 44 La Revue Populaire Laisser cuire 25 minutes à la livre au-dessous du point d\u2019ébullition.Retirer du feu, laisseï reposer si possible 1 heure dans l\u2019eau de cuisson.Mettre dans une lèchefrite sur un gril, enlever la couenne, carreler toute la partie grasse et saupoudrer du mélange suivant : V2 tasse de chapelure V2 tasse de cassonade 2 c.à thé de moutarde en poudre Piquer çà et là des clous de girofle et mettre au fonn de la lèchefrite 1 tasse d\u2019eau de cuisson du jambon et V2 tasse de vinaigre.Cuire à 400° F.jusqu\u2019à ce que toute la surface soit bien dorée et croustillante, 40 à 45 minutes environ.Servir avec une sauce au raisin.Sauce au raisin IV2 lasse d\u2019eau de cuisson du jambon V2 tasse de cassonade 3 c.à t'o.d\u2019amidon de maïs, (cornstarch) 2 c.à tb de vinaigre V2 tasse de raisin 1 citron tranché Mettre dans une casserole la cassonade et l\u2019amidon de maïs, délayer avec l\u2019eau de cuisson.Laisser cuire jusqu\u2019à épais- sissement.Ajouter tous les autres ingrédients et servir chaud avec le jambon.Pommes de terre rôties Peler des pommes de terre de grosseur uniforme et faire bouillir 10 minutes seulement.Retirer de l\u2019eau, égoutter et passer dans du beurre fondu.Faire rôtir au four en même temps que le jambon.Petits pois sautés à la française Vider une boîte de pois verts, bien égoutter.Faire chauffer dans une casse- Stleg WlMKWMt mtoT KK'EI mimtonouit* JUICE Westinghouse 11M1006F Les commandes seront remplies aussi vite que le permettra la production .consultez votre marchand Westinghouse.'Westinghouse présente' JOHN FISHER et le DON WRIGHT CHORUS, le dimanche soir, à 10.30 H.de i\u2019E., Réseau Dominion ce beau nouveau réfrigérateur Westinghouse de luxe assure plus de tout ce que vous avez toujours désiré .Il est agencé pour tirer le meilleur avantage de l\u2019espace disponible .avec \"Porte-Étagère\u201d commode pour emmagasinage à l\u2019avant-plan.Il assure 5 zones de froid .température et humidité appropriées à tous genres d\u2019aliments .aliments congelés .viande fraîche .lait et breuvages .légumes .emmagasinage général .tous protégés par le contrôle de froid exclusif \"True-Temp\u201d.Il est muni du grand, nouveau congélateur à \"Froid plus Froid\u201d Westinghouse .du garde-viande couvert .de l\u2019Humitiroir à couvercle de verre .Et, mieux que tout, il possède l\u2019Economiser Westinghouse, mécanisme sur-puissant et à toute épreuve, avec la \"Sentinelle à même\u201d exclusive .et tout ce que Westinghouse représente en fait de sûreté, d\u2019efficacité et de valeur durable! VJ1V role 2 c.à tb.de beurre et y faire blondir 1 c.à tb.d\u2019oignon haché finement.Quand les oignons sont transparents, y mettre les petits pois et faire sauter 5 minutes.Salade verte à la chiffonnade Mettre dans un plat à salade des feuilles de laitue, d\u2019endives et de chicorée.Ces feuilles devront avoir trempé dans de l\u2019eau très froide puis être épongées dans un linge sec.Parsemer sur ces feuilles de persil frais haché ou du cresson.Arroser de sauce chiffonnade.Sauce chiffonnade V2 tasse d\u2019huile 14 de tasse de vinaigre 1\tblanc d\u2019oeuf cuit dur haché finement 4 olives farcies hachées 2\tc.à tb.de cornichons sucrés hachés Mêler le tout et en arroser la salade.Servir bien froid.Tartelettes amandines 1 tasse de farine 4 c.à tb.de beurre 4 c.à tb.de sucre 1\tpincée de sel 2\tjaunes d\u2019oeufs Ramollir le beurre et le bien mélanger à la farine avec le sucre et le sel.Battre légèrement les jaunes d\u2019oeufs et à l\u2019aide d\u2019une fouchette, mélanger à la farine et au beurre pour obtenir une boule de pâte assez ferme.Laisser reposer au froid pour raffermir.Prendre un morceau de pâte et presser à l\u2019aide des doigts dans des assiettes à tartelettes.Mettre dans chaque assiette 1 c.à tb.de gelée ou de marmelade de framboises et garnir d\u2019une crème aux amandes.Crème d\u2019amandes V2 tasse d\u2019amandes mondées et râpées 3\tc.à tb.de sucre 2 c.à tb.de farine !4 de tasse d\u2019eau froide 2 oeufs 1\tc.à tb.de beurre fondu Mettre dans un bol les amandes, le sucre, la farine, puis délayer avec l\u2019eau.Battre les jaunes d\u2019oeufs et les ajouter au mélange.Continuer à battre quelques minutes.Incorporer le beurre fondu puis les blancs battus en mousse ferme.Mettre cette garniture sur les tartelettes et cuire à four moyen 350° F.20 à 25 minutes.Au sortir du four, badigeonner de marmelade d\u2019abricots.Duchesses pralinées Foncer des moules à tartelettes avec la pâte sucrée ci-haut mentionnée.Faire cuire à four moyen 350° F.La pâte doit simplement dorer sans brunir.Remplir de crème pâtissière et garnir de meringue faite avec les 2 blancs d\u2019oeufs et 4 c.à tb.de sucre.Faire dorer à four doux, 300° F.Au sortir du four saupoudrer de pralin.Remettre au four de nouveau pour faire fondre légèrement le pralin et dorer la meringue.Crème pâtissière au citron % de tasse de lait V2 tasse de sucre 2\tc.à tb.de farine 2 jaunes d\u2019oeufs le jus d\u2019un citron 1 c.à thé de zeste râpé Faire chauffer le lait et le verser sur les 1 aunes d\u2019oeufs préalablement travaillés avec le sucre.Faire prendre à feu doux au bain-marie Aromatiser avec le jus de citron et le zeste.Manière de préparer du pralin Faire fondre dans un poêlon I tasse de sucre et quand il commence à caraméliser, verser sur V4 de tasse d\u2019amandes.Laisser durcir et écraser avec un rouleau à pâte.CANADIAN WESTINGHOUSE COMPANY LIMITED \u2022 HAMILTON, CANADA Montréal, avril 1951 45 4>SVH CORN * Xlit- tHe COB : I _____ Comment servir le blé d'Inde en conserve : Faire chauffer à feu doux.Une trop longue cuisson durcit les grains et en amoindrit la saveur.Verser le contenu d'une boîte dans une casserole et y ajouter un bon morceau de beurre.Mettre chauffer à petit feu et remuer fréquemment.Quand le beurre est fondu, le blé d'Inde est à point (4 ou 5 minutes).Assaisonner de sel et de poivre et servir dans un plat préalablement chauffé.LA CUISSON A LA VAPEUR » la demande de plusieurs lectrices, il me fait plaisir de vous donner des exit plications bien détaillées sur la cuisson des poudings à la vapeur.^ La cuisson à la vapeur consiste à faire cuire les aliments par la seule action de la vapeur.Il se vend des marmites spéciales que je recommande fortement.Ces marmites se composent de 2 marmites-superposées l\u2019une sur l\u2019autre dont celle du haut est percée de trous qui laissent passer la vapeur.Les mets à cuire sont placés sur cette partie trouée et dans le cas des poudings, ces derniers doivent être couverts, soit avec des couvercles ou du papier.On peut aussi faire cuire du poisson, des légumes, un jambon sans couvrir ces aliments.Par extention, on peut cuire à la vapeur au four en mettant le ou les poudings dans une lèchefrite contenant 1 pouce d\u2019eau chaude.Ces poudings doivent être couverts.La cuisson à la vapeur peut aussi se faire directement sur le feu en mettant les poudings sur un treillis dans une marmite ordinaire contenant 2 ou 3 pouces d\u2019eau bouillante et bien couverts.J\u2019espère que ces explications seront suffisantes pour renseigner mes aimables lectrices à qui je souhaite bon succès.UNE FONDATION AU SERVICE DE LA SANTÉ PUBLIQUE « Nous bâtissons pour l\u2019avenir une génération de consommateurs de lait convaincue de la véracité d\u2019un principe d\u2019hygiène qui veut que le lait ajoute des années à la vie et de la vitalité aux années.Les dirigeants d\u2019organismes similaires au nôtre sont les premiers à reconnaître l\u2019ampleur de nos activités et les succès qui marquent déjà le travail que nous exécutons depuis 3 ans au service de la santé publique, » a déclaré le Major-Général C.B.Price, Président de la Fondation La Santé Par Le Lait Inc.au cours de l\u2019assemblée annuelle de cet organisme tenue à Montréal hier.Il a souligné comment cette Fondation, au moyen de publicité dans les journaux, les revues de jeunesse, les panneaux-réclames, ainsi que par la présentation de films, la distribution de littérature et les contacts directs d\u2019une Nutritioniste avec les enfants sur les terrains de jeux, les camps d\u2019été et à l\u2019école, a réussi à maintenir et à faire augmenter la consommation du lait per capita dans la région de Montréal alors que partout ailleurs dans les grands centres, le niveau de la consommation du lait est à la baisse.M.J.Beauchemin, cultivateur de Verchères, a été élu à la présidence de cet organisme pour la présente année et M.R.C.Cluff de Montréal accède à la vice-présidence.Les administrateurs élus sont les suivants : MM.Conrad Giguère, Laurent Poupart, J.M.English, C.B.Price de Montréal.MM.P.D.McArlhur de Howick, Adrien Angers de St-Césaire, Lucien Gendron de Beauharnois et John Dickson de Ormstown.Mlle Marcelle L.Godbout, B.Sc., N.a été confirmée dans les fonctions de nutritioniste attachée à la Fondation.MM.Léonard Roy de Montréal et W.D.Lowe de St-Lambert ont été réélus respectivement Secrétaire et Trésorier de cet organisme.La Fondation « La Santé Par Le Lait » a un programme chargé déjà en voie d\u2019exécution :\tproduction de films et de littérature éducatifs sur la valeur nutritive du lait ; expansion de ses activités dans diverses régions de la Province ; enquêtes sur les différents facteurs qui influent sur la consommation du lait ; dissémination de recettes et de conseils aux ménagères, etc.¦ vée ¦¦ ¦** ¦SU m lit .ILf» ÏXk #\u2022; J tl ,£#/ lOCCuW! cX.USTtMTDUMTIHPOUO«o PWDRE rende,U k pain riche et d^ciel'Xw\tLes protéines que ren- GRILLEES MEILLEURE\ttellement exquis! uniforme et son gou\tCuit dans le pain, le lait FRAÎCHEUR fINCO\u201crnAf*ver d\u2019humidité, sinon de fraîcheur EHfesSS^ft*3i SERVICE DES PRODUITS DU LAIT 1523 rue Drummond App.102 Montréal 25 LA FÉDÉRATION CANADIENNE DES PRODUCTEURS DE LAIT 46 ;V\\0>S'sseZ avise* \u2022*£*£*< jgSp^^gfr-JgSMF***£&& rasa; tfsw I» Mm .\t: y- 9 r ies o«rir en co\tve\\\\e gamme\tïes étuis a mUXAGCUfl POUDRIERS, PORTE-CIGARETTES, NÉCESSAIRES DE TOILETTE, BRIQUETS, PERLES La Revue Populaire \u2022\t[ Suite de la page 42 ] les réflexions mi aigres-douces, mi intéressées par lesquelles, en général, Nany accueillait les nouvelles du manoir, il risqua un coup d\u2019oeil dans sa direction : la tête dans ses mains, elle pleurait silencieusement.La bonté native du jeune homme se réveilla ; il s\u2019émut : \u2014 Qu\u2019y a-t-il, Nany ?.un malheur ?Sans rien répondre, elle lui tendit la lettre.Il lut : Kerlaz, ce 17 mai 19.Ma chère Nany, Votre père trouve que depuis quelque temps vous ne le gâtez pas précisément par une correspondance suivie et me charge de vous en faire très amicalement le reproche.Peut-être l\u2019heureuse nouvelle que je vais vous annoncer va-t-elle vous décider à nous donner enfin signe de vie.Je ne vous avais pas parlé plus tôt de mes récentes promesses de maternité, c\u2019était encore trop incertain ; mais, grâce au ciel, notre cher espoir à votre père et à moi devient certitude.La fin d\u2019octobre verra naître à Kerlaz un petit Français, que je désire beau et vigoureux comme son père.Je veux espérer, ma chère enfant, que vous vous réjouirez de notre joie, que vous aimerez ce petit être qui ne vous prendra rien, soyez-en assurée, de la tendresse de votre père, mais qui, au contraire, sera entre nous un lien vivant.Voudrez-vous me faire le grand plaisir d\u2019être la marraine du bébé, mon frère devant en être le parrain ?Je me porte très bien ,* votre père et moi nous nous unissons pour vous assurer, ainsi que votre mari, de notre profonde affection.PONTY-AVRICOURT.Silencieusement, Pierre replia la lettre.Ce simple geste fit bondir la bouillante Nany : \u2014 Tu as lu ?Oh ! cette femme ! elle a trop de chance ! Est-elle assez insolente dans son bonheur ! Un fils ! Tu vois ! elle ne doute même pas que ce soit un fils !.Et elle en aura un ! tout lui réussit ! Et moi ! moi, hélas !.Nany se remit à pleurer.La déception pour elle était doublement pénible.Elle eût voulu pouvoir répondre à la triomphante jeune femme par la même annonce victorieuse, mais, hélas ! pas le moindre espoir à ce sujet, et elle en ressentait une véritable humiliation.Puis, non sans jalousie, elle songea à cet enfant que son père chérirait autant qu\u2019il l\u2019avait chérie jadis, davantage même si c\u2019était un fils, comme l\u2019assurait orgueilleusement la comtesse ! \u2014 Pierre, j\u2019ai trop de chagrin ! gémit Nany.Instinctivement, elle s\u2019était rapprochée de son mari et se cacha la tête sur sa poitrine avec tout l\u2019abandon des premiers jours de leur union.Elle courait vers lui comme vers le refuge suprême, et il fut ému de sa faiblesse, touché de cette preuve de confiance.D\u2019un geste un peu maladroit, car il était déjà déshabitué aux caresses, il effleurait les beaux cheveux couleur d\u2019épi mûr : \u2014 Calme-toi, ma chère petite, je t\u2019en prie.\u2014 C\u2019est trop vexant ! Dire que j\u2019aurais tant désiré un petit enfant et qu\u2019« elle » en aura un avant moi ! J\u2019ai tant prié ! Je ne te l\u2019ai pas dit, Pierre, mais pendant que tu étais aux manoeuvres de cadre, au mois de janvier, j\u2019ai recommencé ce que j\u2019avais fait l\u2019été dernier.Je suis allée, pieds nus, en pèlerinage d\u2019Auray à Sainte-Anne.La route était cependant bien dure, les cailloux me déchiraient, puis, dans la basilique, les dalles étaient si froides sous mes pieds brûlants ! Pourquoi sainte Anne ne m\u2019a-t-elle pas écoutée.puisque la première fois elle m\u2019avait si vite exaucée ! Et comme il la regardait d\u2019un oeil interrogateur : \u2014 Tu sais, à Kerlaz, le jour où papa m\u2019avait tellement grondée parce que j\u2019étais partie seule dans ma petite « Ci-tro » ?Eh bien ! j\u2019avais été supplier « Santez-Anna » de me faire t\u2019épouser, sinon j\u2019entrais au couvent ! Le soir, tu me demandas d\u2019être ta femme.Mon Dieu ! comme c\u2019est loin déjà ! et tant de choses se sont passées depuis ! Papa ne m\u2019aimera plus quand il aura un fils ! Un fils !.Oh ! je suis sûre à l\u2019avance qu\u2019il sera affreux, ce petit ! \u2014 Voyons, ma pauvre Nany, tu retombes toujours dans tes exagérations ! Console-toi ! \u2014 Je me consolerai, fit Nany d\u2019un ton docte de vieux philosophe ; ça m\u2019avancerait à quoi de pleurer toutes les larmes de mon corps ?On ne dira pas, du moins, que nous ne sommes pas un ménage dernier cri : pas d\u2019amour, pas d\u2019enfant ! \u2014 Nany ! protesta Pierre, feignant l\u2019indignation.\u2014 Oui, je sais que c\u2019est très mal de dire cela, pardonne-moi, Pierre, mais en vérité, je suis si bouleversée ! Je voudrais redevenir la petite fille heureuse que j\u2019étais autrefois, il n\u2019y a pas bien longtemps encore ! Prends-moi dans tes bras, comme faisait papa lorsque j\u2019avais de la peine ; dis-moi de ces choses absurdes qui n\u2019ont pas de sens, mais qui guérissent ! Pierre ! Pierre ! ne m\u2019abandonne pas ?Troublé par son accent pathétique, il fit ce qu\u2019elle lui demandait.Il la serra contre son coeur.La grande glace brûlante au cadre d\u2019acajou reflétait leurs deux images, unies, confondues et charmantes.Etait-ce le bonheur qui revenait ?.Oiseau capricieux, volage, que leurs mains chercheraient désespérément à retenir.Soudain, Pierre détourna son regard.Dans la glace, au-dessus de la tête de Nany, inclinée sur son épaule, il avait cru voir apparaître la figure ricaneuse, ironique, de Marie-Aimée de Lorres.Pourquoi, depuis des jours, des semaines peut-être, songeait-il à elle ?Pourquoi le souvenir de la belle infidèle hantait-il son cerveau avec une netteté qui l\u2019obsédait, et pourquoi, surtout, ne tentait-il plus rien pour se débarrasser de cette image importune ?.XV e lieutenant Villard-Lebreuil est-il chez lui, Mademoiselle ?Le timbie de la porte d\u2019entrée venait de résonner sous la pression d\u2019un doigt énergique, et la camériste qui venait d\u2019ouvrir se trouva nez à nez avec le plus séduisant brigadier-fourrier que la terre eût jamais porté.Brun, avec de longs yeux d\u2019Arabe dans un visage régulier, de beaux cheveux, de belles dents, et la calme assurance de quelqu\u2019un conscient du prestige de son physique avantageux, de son nom sonore et de ses dix millions de dot, le brigadier de Rangerlac attendait en haut du perron que la jolie \u201cmaid\u201d répondît à sa question.Maîtrisant le fou rire provoqué chez elle par l\u2019inattendu et le comique de la situation, la jeune personne, se mettant soudain dans la peau de son rôle, dit cérémonieusement : \u2014 Entrez, Monsieur : le lieutenant ne va pas tarder à rentrer.Et, précédant le cavalier, elle le fit entrer dans le bureau.« Mâtin ; mon lieutenant se paye une bien jolie camériste ! » pensa le fourrier.Comme elle faisait mine de s\u2019en aller, il la rappela : \u2014 Voudriez-vous, mademoiselle, avoir l\u2019obligeance de me donner une feuille de papier ?En attendant le lieutenant, Montréal, avril 1951 47 je vais établir la liste des permissionnaires de mon peloton.\u2014\tVoici, monsieur.\u2014\tMerci, mademoiselle, vous êtes tout à fait aimable.Parisienne.je présume ?\u2014 Mon Dieu, non, Monsieur.\u2014 Vous n\u2019êtes pourtant pas de Pon-tivy ?\u2014 Non plus.\u2014 Alors vous êtes venue avec vos maîtres ici ?\u2014 C\u2019est cela.\u2014 Vous vous y plaisez ?\u2014 Oh ! vous savez, Monsieur, ici ou ailleurs, quand il faut gagner sa vie.\u2014 Vous n\u2019avez pas toujours été dans cette dure obligation ?\u2014 Hélas ! \u2014 Je l\u2019aurais parié! Ah! la vie est bizarre, et je vous plains de tout mon coeur ! c\u2019est si dur de servir les autres ! Ainsi, moi qui vous parle, j\u2019ai été presque ravalé au rang d\u2019ordonnance par un adjudant-chef, une vraie brute qui voulait me brimer et me forçait à lui cirer ses bottes ou à astiquer son harnachement ! \u2014 Est-il possible ! Bientôt le fourrier se mit à conter ses malheurs, patiemment écouté par la \u201cmaid\u201d qui coupait son récit d\u2019interjections apitoyées ; brusquement, elle s\u2019échappa : la sonnette venait de retentir.Le petit bonnet vite arraché, le tablier enlevé, une écharpe de soie décrochée en hâte qu\u2019on jette sur les épaules, et Nany, sérieuse, impassible, ouvrit la porte.Cette fois, pas de fausse alerte : c\u2019était bien Pierre ! Ils se dirent un « bonjour » indifférent, puis la jeune femme ajouta : \u2014 Ton fourrier t\u2019attend dans le bureau pour te faire signer des pièces Elle disparut dans les profondeurs de sa cuisine.Là, elle donna libre cours à la crise d\u2019hilarité qu\u2019elle refoulait depuis un quart d\u2019heure.Prise d\u2019un de ses accès d\u2019ancienne gaîté, elle avait voulu faire une farce à son mari.L\u2019ordonnance était partie depuis l\u2019avant-veille en permission de fenaison ; la cuisinière, recevant le matin une dépêche l\u2019appelant au chevet de sa mère malade, avait pris le premier train en partance, et Nany, dépourvue de tout son personnel, n\u2019avait rien trouvé de mieux que de s\u2019habiller en soubrette de comédie, et ainsi vêtue, d\u2019aller ouvrir à Pierre qui ne soupçonnait rien de ses embarras domestiques.Au lieu du mari qu\u2019elle attendait, ce fut le brigadier auquel elle ne songeait guère qui se présenta.Prise au jeu, elle continua la supercherie dont l\u2019équivoque l\u2019amusait follement ! Faire des conquêtes quand elle était Mlle d\u2019Avricourt ou, plus récemment, Mme Villard-Lebreuil, cela n\u2019avait rien de méritoire ; mais, déguisée en servante, retenir l\u2019attention d\u2019un cavalier vraiment sympathique, à la bonne heure ! « Au moins, celui-là m\u2019admire pour moi-même ! décréta la jeune femme.Ce serait impayable de prolonger cette bouffonnerie.Il ne manquerait plus que ça se termine par une demande en mariage !.Tableau ! » Et dans son esprit germa aussitôt l\u2019idée de continuer la plaisanterie.Heureuse, absorbée par ses devoirs, Nany n\u2019eût probablement jamais songé à ébaucher pareil projet, mais le désoeuvrement, l\u2019ennui, les déceptions, l\u2019incitaient à rechercher des distractions inédites.Le lendemain, ayant appris incidemment par Pierre que Ran-gerlac reviendrait « communiquer » à six heures, elle s\u2019arrangea de façon à l\u2019introduire.Ce marivaudage dura trois jours.Le quatrième, le brigadier eut l\u2019imprudence d\u2019esquisser un geste trop tendre qui amena incontinent sur sa joue la claque la mieux appliquée qu\u2019eût jamais lancée une petite main dure comme fer ! L\u2019oreille basse, il s\u2019échappa au plus vite.Nany riait encore de l\u2019exécution à laquelle elle venait de procéder, lorsque son mari rentra.En veine de confidence, elle se mit en devoir de lui narrer l\u2019aventure, avec les termes drôles dont elle usait volontiers.Elle avait espéré amuser Pierre ; contrairement à son attente, le résultat fut désastreux.Le lieutenant, en proie à une fureur qu\u2019il semblait incapable de refréner, se répandit en exclamations véhémentes : \u2014 Mais tu es folle!.folle à lier! Descendre assez bas pour nouer une intrigue avec l\u2019un de mes subordonnés ! Je vais être la fable, la risée du régiment ! Tu penses bien que Ran-gerlac ne va pas garder l\u2019aventure secrète, et qu\u2019elle est déjà colportée aux quatre coins de la ville ! \u2014 Il ignore qui je suis ! \u2014 Il ne l\u2019ignorera pas longtemps, s\u2019il est vrai qu\u2019il ne soupçonne rien, D\u2019ailleurs, qui me dit que vous n\u2019étiez pas de connivence tous les deux ?\u2014 Oh ! Pierre ! protesta Nany, suffoquée.\u2014 Quelle confiance veux-tu que j\u2019aie en toi ! Ne me bemes-tu pas avec cette histoire idiote et extravagante ?Quelle sécurité pourrai-je avoir désormais quand je te laisserai seule à la maison ?Je ne serai jamais tranquille, je redouterai toujours quelque nouvelle excentricité, puisque tu n\u2019es même pas capable de respecter le nom que je t\u2019ai donné, que tu livres au ridicule ! \u2014 Oh ! Pierre ! Que d'histoires pour si peu de chose ! \u2014 Si peu de chose ! C\u2019est mon honneur d\u2019officier, de mari, que tu traites avec cette désinvolture ! Ah ! Nany ! je commence à croire que tu n\u2019as pas de sens commun ! Et, avec une amertume, qui n\u2019avait d\u2019égale que son ressentiment, Pierre prononça le plus effarant réquisitoire qu\u2019eût jamais entendu une innocente présumée coupable.Tout ce que son coeur contenait d\u2019illusions manquées, d\u2019espoirs déçus, de chagrins réels ou imaginaires, déborda soudain en un torrent tumultueux.Les reproches tombèrent de ses lèvres sévères et, ainsi qu\u2019il arrive toujours en pareil cas, dépassèrent la mesure.Au début, Nany, abasourdie par ce flot de récriminations, ne hasarda que de timides protestations.Puis à son tour, elle riposta ; des mots acerbes, des paroles blessantes, furent échangées, et comme Nany, le teint enflammé, les yeux chargés d\u2019éclairs, se défendait désespérément sans y parvenir, elle changea tout à coup de tactique et frappant les portes, disparut brusquement.Un peu calmé par la fuite de son adversaire et n\u2019ayant plus rien à dire, le lieutenant, s\u2019effondrant dans un fauteuil, se prit à gémir sur son triste sort.Pourquoi avait-il lié sa destinée à celle de cette fille insupportable, de ce garçon manqué dont les inconséquences lui réservaient toutes les avanies ?Parce qu\u2019elle était jeune, elle se croyait tout permis.Jeune ! Ah ! certes, beaucoup trop jeune ! Quelle folie d\u2019avoir épousé cette enfant ! Combien une femme plus mûrie, plus avertie, eût su mieux le comprendre ! Là était tout le mal, un mal, hélas ! irréparable.Et le dangereux fantôme, évoqué aux heures de doute et de spleen apparut parce qu\u2019il se savait appelé, désiré ! Et les prunelles de saphir de Nany, auxquelles Pierre ne voulait plus découvrir aucun charme, s\u2019évanouirent pour faire place à de pervers yeux de jais ! La beauté blonde disparut et il ne resta plus dans le cerveau enfiévré du lieutenant qu\u2019une image qu\u2019il ne repoussait point : celle de Marie-Aimée de Lorres ! Il la parait de toutes les vertus corn- dCS\t, Oeufs Brouilles Carnation supprime l ean \u2014 pour vous donner du lait qui se fouette Oeuto ou°càrno''on \"Cf®0'eS v&V&s.\"°n a,'ué \\ /b eo»\"er®f la»' ^°rje be«rre\t1 VÇnttS&srç-ss* cTssel0lf:0eub.\ten\tpas i ce O»* port>on*;e^elve'«eUùstee moi«« * I\tdu e11* ET SEULE L'EAU a été retirée du Lait Carnation.(Seule de la vitamine D y est ajoutée.) Donc, ce fameux lait \u201cde Vaches Contentes\u201d a deux fois la valeur nutritive du lait ordinaire ! POUR GARNITURES FOUETTEES .pour \u201cCrémer\u201d votre café, et pour la plupart des autres usages de la crème, laissez le Carnation non dilué.Il est épais et bon comme de la crème riche et par conséquent facile à fouetter.pour la CUISINE .et pour tous les usages ordinaires du lait, ajoutez-y simplement la quantité d\u2019eau qui en a été retirée.Même dilué avec une quantité égale d\u2019eau, Carnation est riche, lisse et nourrissant.Employez Carnation régulièrement, pour épargner de l\u2019argent sur le lait et la crème tous les jours.e'cOUTEZ \u201cLe Quart d\u2019Heure de Détente\u201d Carnation tous les Mardis et Jeudis après-midi à 1 h.45.Consultez votre journal pour le poste.\"de Vaches Contentes\" EVAPORATED1 milk .foue\"ée GOrnCor^;°\"\" \u201c°\" \u2018\u2018\"°* de toi» de\tcl\u201eon A MOütel _ Ae t°ÜC à C.onù°J cUtoo.\u2022 B le l\"s d \"Livre \u201c\u201c de GfcM'V-\trnatif?pépt- m nat«£ recett?lW\"1 m »eu*v»on SI Toronto- ____________.toitures fouettées 48 La Revue Populaire PLAISIR DE LIRE DURE TOUTE L\u2019ANNÉE Lire n'est ni un travail, ni une corvée : c'est un agrément .et pour toute la famille, il ne saurait y avoir plus bel agrément que la lecture de nos trois magazines.LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Cela ne coûte que S5.50 et vous avez l'assurance que, toute 1 année durant, la personne en question recevra avec la régularité du calendrier, sinon avec celle de l'horloge, soixante-seize magazines qui seront autant de preuves tangibles de l'amitié que vous entendez lui témoigner.Il n'y a pas d'hésitation possible, LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM ne sauraient manquer de plaire à tous, de quelque âge, ou de quelque condition sociale qu'ils soient.Ceci, croyons-nous, est un excellent tuyau.REMPLISSEZ CE COUPON D\u2019ABONNEMENT SELON VOTRE CHOIX ?\tLES 3 MAGAZINES LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 1 a« .(Canada seulement) $5.50 OU Can.E.-U.O LE SAMEDI .$3.50\t$5.00 pour 1\tan O LA REVUE POPULAIRE .1.50\t2.00 .?\tLE FILM .1.00\t1.00 \" \u2022*\t¦¦ Veuillez trouver ci-inclus la somme de S.pour l'abonnement Indiqué d'un (X) CU IMPORTANT :\tVeuillez indiquer d'une croiz s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse .Ville 975-985, rut d« Bullion POIRIER.BESSETTE 1 CIE.LTEE 18.P.9 me jadis il lui attribuait toutes les séductions, oubliant tout ce qu\u2019elle lui avait fait souffrir.Fatigué déjà par avance rien qu\u2019à en envisager la perspective, il ne songeait pas sans ennui à la nouvelle scène de larmes, de désespoir que Nany ne manquerait pas de lui faire tout à l\u2019heure.Décidément, la situation devenait intenable.Il fallait que sa femme entendît raison, qu\u2019elle s\u2019amendât, se corrigeât même, sinon.Sinon ?.A cette interrogation qu\u2019il se posait in petto, Pierre restait perplexe.Convertir Nany, la ramener à une plus juste conception du devoir, lui semblait au-dessus de ses forces.Il se dit avec lassitude : « Elle va revenir m\u2019étouffer sous ses baisers, me demander pardon, et puis dans deux jours, si l\u2019occasion s\u2019en présente, elle recommencera.» Il s\u2019étonnait déjà de ne pas l\u2019avoir revue.Sept heures allaient sonner.Elle préparait sans doute le dîner, puisque la domestique n\u2019était pas de retour, à moins que, ayant lamentablement échoué dans ses élucubrations culinaires, elle ne vînt déclarer, selon son habitude, que le festin n\u2019était pas mangeable et qu\u2019il fallait aller dîner à l\u2019hôtel.Le temps passait.« Ah ! elle boude ! murmura Pierre, se confinant dans une attitude renfrognée.Eh bien ! moi aussi ! » Après toutes les émotions de la soirée, il n\u2019avait pas très faim.Il alla dans la salle à manger déserte, y découvrit du porto, un reste de pâté en croûte, quelques gâteaux secs, des fruits qui lui fournirent le réconfort suffisant.A huit heures, il lut ; à neuf heures, il écrivit ; à dix, il commença de trouver que la bouderie se prolongeait au delà des limites permises et jugea dans sa masculine sagesse que, puisque la montagne ne se décidait pas à venir à Mahomet, celui-ci devait se diriger vers elle.Il monta.Dans leur chambre, pas de lumière ; la nuit était tombée cependant depuis longtemps.« Elle dort », pensa-t-il.Mais, s\u2019approchant plus près, il vit que le lit était vide et n\u2019avait pas été défait.L\u2019armoire, grande ouverte, restait en ordre, mais on voyait qu\u2019une main fébrile avait déplacé différents objets.Le sac à bijoux n\u2019est plus à sa place habituelle ; toutefois, les écrins sont restés sur la tablette.Une petite miniature de la mère de Nany a disparu, de même que la photographie de son père, celle de son mari.Pierre s\u2019avance lentement.Il a peur de comprendre.Son coeur bat à coups précipités.une idée affreuse se fait jour péniblement dans son esprit : « Nany est partie ! » Il court dans le cabinet de toilette ; le manteau de voyage n\u2019y est pas, et un chapeau trotteur qu\u2019il connaît bien manque à la collection alignée en haut du placard.Il cherche partout, bouleverse tout ; peut-être a-t-elle laissé une lettre, un mot d\u2019explication.Rien ! Alors il appelle dans la maison vide : \u2014 Nany ! Cent idées confuses germent dans le cerveau du mari délaissé ; il va faire chercher une auto, courir à la poursuite de la fugitive, ou bien prendre l\u2019express qui part dès l\u2019aube et la rejoindre à Quimper.Mais il se heurte à des impossibilités matérielles.Pour s\u2019éloigner de la garnison, il lui faut une autorisation du colonel ; il ne peut le faire sans permission régulière.A cette heure tardive, inutile de songer à aborder le grand chef ! Quel motif donnerait-il, d\u2019ailleurs, à ce départ précipité ?La santé de sa femme ?Tout le monde l\u2019a vue bien portante la veille ! Un deuil, un accident, une affaire d\u2019intérêt ?Après réflexion, Pierre s\u2019arrête à ce dernier prétexte.Demain, à la première heure, il se fera établir une permission à destination de Quimper.Les tempes lui battent douloureusement, mais un calme relatif renaît en lui dès qu\u2019il a eu pris la décision qui lui semble la plus opportune.Comme cette maison lui paraît vide, triste, sans la présence de celle qui en était le sourire ! Jamais il n\u2019eût pensé que Nany tînt autant de place dans sa vie et dans son coeur.Il se couche, s\u2019endort d\u2019un sommeil agité d\u2019où le chasse bientôt un cauchemar.Se redressant, palpitant, l\u2019oreille aux aguets, il écoute.Il a cru entendre dans l\u2019escalier le pas ferme et décidé de Nany.mais non, ce n\u2019était que le bruit de son coeur battant, affolé.Incapable de se rendormir, il se lève et se plonge dans la contemplation d\u2019objets ayant appartenu à sa femme ; il les touche, il les place et les déplace : frêles choses qui avaient une âme et qui semblent maintenant froides, sans vie, comme exhumées d\u2019un cercueil, colliers dont elle entourait son cou charmant, bracelets qui enserraient ses fins poignets, la chaîne d\u2019or que Pierre lui avait donnée, la rivière de diamants de sa mère, et puis voici le peigne d\u2019écaille tombé de ses cheveux et qu\u2019elle n\u2019a pas pris le temps de ramasser, les amusantes babouches tunisiennes dans lesquelles, le matin, elle enfilait ses pieds nus ; le kimono de soie pâle, brodé d\u2019ibis et de chrysanthèmes, dont elle s\u2019enveloppait au lever.L\u2019officier, pris entre deux courants divers : son orgueil et son amour, voudrait les baiser ou les détruire.Il ne se résout ni à l\u2019un, ni à l\u2019autre et reste muet, pensif, dans cette pièce dont la vue pour lui est aussi cruelle que celle d\u2019une chambre funéraire.XVI Dans le train omnibus, vraie brouette qui la menait vers Auray, où elle espérait rattraper l\u2019express se dirigeant sur Brest, Mme Villard-Lebreuil, peletonnée dans un coin du wagon mal éclairé, essayait de justifier par les meilleures raisons du monde la précipitation de sa fuite.« Pierre ne m\u2019aime plus ! Il ne m\u2019a jamais aimée.Je sens bien que je lui suis à charge.Il a profité d\u2019une innocente plaisanterie pour me mettre dans mon tort en essayant de me prouver que c\u2019était lui le bafoué, le dupe, et moi la coupable ! Jamais on ne m\u2019avait traitée avec cette rigueur ! Qu\u2019ai-je fait de mal, cependant ?Mon Dieu, que je suis malheureuse ! Papa ! mon cher papa ! » C\u2019était vers ce père adoré, son unique refuge, que Nany courait.La présence de sa belle-mère au manoir ne laissait pas que de la contrarier un peu, mais elle savait M.d\u2019Avricourt prêt à toutes les indulgences, et elle entrevoyait en lui le secours inespéré dont elle sentait impérieusement le besoin.Partie à l\u2019aventure, sans savoir au juste quand et comment elle parviendrait à destination, Nany apprit à Auray qu\u2019elle avait deux mortelles heures à passer en gare et qu\u2019elle ne serait pas rendue à Quimper avant trois heures du matin.Bien que ce fût l\u2019été, la nuit était froide.Elle frissonna sous son manteau de drap léger et se rendit compte que, n\u2019ayant rien pris depuis le déjeuner de midi, elle souffrait de la faim.Elle n\u2019avait jamais voyagé seule.Devant la porte du buffet, elle hésita, n\u2019osant pénétrer dans le hall étincelant de lumière où s\u2019agitaient les voyageurs.Enfin, elle se décida et se faufilant très vite, s\u2019assit à une petite table au fond de la salle.A la table voisine, un voyageur qui mangeait tranquillement releva la tête en entendant cette voix timide, et son regard s\u2019arrêta avec une secrète complaisance sur le jeune visage emu.Au même instant, Nany remarquait aussi l\u2019étranger.Il était très Montréal, avril 1951 49 brun, avec de beaux traits réguliers et calmes, des yeux bleus un peu durs qui avaient l\u2019air de profonds saphirs enchâssés sous l\u2019orbite ; à sa main droite brillait une chevalière ; il était très simplement vêtu de bleu marine, avec la rosette de la Légion d\u2019honneur à sa boutonnière.De toute sa personne émanait un charme aristocratique de vieille race.Nany pensa naïvement : « On dirait un roi ! » Et à la dérobée, en avalant son potage, elle lui jeta plus d\u2019un coup d\u2019oeil.Il lui parut tout à coup que l\u2019inconnu n\u2019en était pas un pour elle.Où avait-elle déjà vu ces yeux aux lueurs de pierre précieuse, ce menton volontaire ?.Elle chercha et ne trouva point.D\u2019ailleurs, elle n\u2019eut pas le temps de s\u2019appesantir davantage sur ce sujet.Un gros homme commun, suant, soufflant, aux allures de commis voyageur, enveloppé d\u2019un pare-poussière en alpaga gris, le canotier sur l\u2019occiput, une sacoche en bandoulière, s\u2019installait sans façon devant la jeune femme et, ayant d\u2019une voix de stentor commandé son menu, se mit en devoir d\u2019entamer la conversation.Gênée, choquée, Nany ne répondait rien.\u2014 Voyons, ma petite demoiselle, faut pas être farouche comme ça quand on voyage.Vous allez à Paris ?Pas de réponse.\u2014 Ce serait bien gentil de faire la route de compagnie.Pour commencer, vous allez accepter de goûter à ce vin blanc.Nany jette un regard désespéré autour d\u2019elle.Tout danse devant ses yeux: l\u2019argenterie, les cristaux de la table, la cage en verre de la caissière avec les compotiers chargés de fruits, les bouteilles de toutes tailles, aux étiquettes bariolées.Le gros homme s\u2019est rapproché d\u2019une façon inquiétante au-dessus de la petite table ; son masque gras, luisant, va presque toucher le vi- sage de Nany qui, toute pâle, se lève brusquement, prête à appeler au secours.De sa place, le voyageur brun n\u2019a rien perdu de la scène, et, au moment où Nany se levait, il s\u2019est levé lui-même, prêt à la défendre.Un seul mot, très bas, mais très net : \u2014 Goujat ! Un seul regard, mais si méprisant, si menaçant, que le rustre, vaincu, baisse le nez dans son assiette et se tient coi.\u2014 Me ferez l'honneur, Mademoiselle, de me permettre de vous accompagner jusqu\u2019à votre wagon ?Elle ne sait plus ce qu\u2019elle fait.Elle prend le bras que lui offre respectueusement cet homme dont elle ignore le nom, mais qui lui inspire une absolue confiance, et elle se laisse guider par lui.Deux trains viennent de se croiser.Le quai est noir de monde ; dans les compartiments éclairés, on aperçoit des gens qui ont l\u2019air satisfaits ou qui dorment ; sur le quai, des familles se cherchent, s\u2019appellent ; des matelots ivres chantent à tue-tête ; comme Nany serait affreusement perdue dans ce tohu-bohu sans le bras solide sur lequel elle s\u2019appuie ! \u2014 Je vais à Quimper ! répond-elle à l\u2019interrogation de son voisin qui lui demande dans quel train il doit la faire monter.\u2014 Alors, il vous reste encore du temps.Son charitable acolyte l\u2019a conduite dans la salle d\u2019attente des premières.En une minute, il l\u2019a installée dans le meilleur fauteuil de la compagnie.Il s\u2019éclipse, puis revient quelques instants après, avec des sandwiches, des gâteaux, du raisin ; et, comme elle essaye de protester : \u2014 Vous n\u2019avez pas fini votre dîner, grâce à ce malotru, mademoiselle ; il est bien juste que vous preniez quelque réconfort avant de repartir.POUR LA REFRANCISATION DE L'HOTELLERIE QUEBECOISE fillicil jgj ¦ ¦*?Tss&zz On se rappelle l'Exposition de l'Hôtellerie, à l'intention de l'industrie hôtelière du Québec et du grand public, tenue à Montréal en janvier dernier.Réalisée par le ministère provincial de l'Industrie et du Commerce, sous la direction de Me Paul Gouin, et avec la collaboration des écoles spécialisées et diverses associations québécoises, cette exposition d'une conception tout à fait neuve, a remporté un énorme succès.A nos hôteliers, aubergistes, restaurateurs à s'inspirer maintenant des projets qu'on leur propose, des thèmes qu'on leur donne, pour refranciser vraiment, dans l'intérêt même de leur entreprise, le visage de la province de Québec.Photo Armour Landry.Elle le remercie de sa voix redevenue vibrante.Maintenant, elle se sent tout à fait rassurée et en confiance avec cet étranger.Il l\u2019appelle « Mademoiselle », et elle ne l\u2019a pas détrompé ; d\u2019ailleurs, lui-même ne s\u2019est pas présenté.Est-ce un oubli de sa part ou une volontaire omission ?Sans doute juge-t-il inutile de dire son nom à une personne que, selon toute vraisemblance, il ne reverra jamais.De bon appétit, Nany mange les excellentes provisions.Délicatement, son protecteur improvisé s\u2019est éloigné et lit son journal à l\u2019autre bout de la salle, sans avoir l\u2019air de la connaître ; pourtant, elle devine qu\u2019à la moindre alerte il bondirait près d\u2019elle.Elle a fini son lunch improvisé.Un employé pénètre dans le hall et, à moitié endormi, crie : \u2014 Les voyageurs pour Lorient, Quimper et Brest, en voiture ! \u2014 Mon train ! s\u2019écrie Nany, soudain debout.Souriant dans sa barbe joyeuse, le monsieur brun s\u2019est rapproché.\u2014 C\u2019est aussi le mien, dit-il simplement.Et, avec l\u2019habileté acquise par une longue expérience, il découvre immédiatement le plus confortable compartiment dont il ouvre la portière et aide Nany à y monter.Elle n\u2019a pas pris de bagages, juste ce petit sac à bijoux, vide de ses écrins, et qui contient les seuls souvenirs dont elle n\u2019ait pas voulu se séparer.Que va-t-elle faire à Kerlaz ?Combien de temps y resteia-t-elle ?Quels sont, à cette heure, les sentiments de son mari ?Autant de choses douloureuses et compliquées auxquelles il faut bien songer ! Elle ne dort pas.D\u2019un oeil morne, elle voit dans la nuit noire les lumières qui annoncent le passage des villes.De temps en temps, le train s\u2019arrête ; un employé crie un nom de station que personne ne comprend, puis le convoi repart.Enfin, c\u2019est Quimper ; elle guette l\u2019arrêt avec une peur irraisonnée de le manquer, mais son compagnon de voyage veillait ; sans mot dire, il ouvre la portière.Avant de descendre, elle lui tend la main.\u2014 Monsieur, je ne sais comment vous remercier de toute votre bonté pour moi.\u2014 C\u2019était bien peu de chose, je n\u2019ai fait que mon devoir ; je vous en prie, Mademoiselle, ne me remerciez pas ! Elle disparaît sur le quai, lui remonte dans son compartiment ; il n\u2019a pas dit jusqu\u2019où il poursuivait son voyage.Us ignorent tout l'un de l\u2019autre, et cependant leur pensée, bien souvent, se reportera avec quelque émotion vers ces moments qu\u2019ils ont passés ensemble.Nany a gagné la sortie.Pas un chat.Pas une voiture.Comme la route est longue ! Nany se l\u2019imaginait bien plus courte.Il est vrai qu\u2019elle ne l\u2019a guère parcourue qu\u2019au galop de ses chevaux ou à la vitesse folle de la petite « Citro » Ne passera-t-il donc personne susceptible de l\u2019amener à Kerlaz ?Ses petits pieds las lui semblent ne pas avancer, elle a faim et, toute glacée quelques minutes auparavant, est en nage maintenant.Enfin, voici la maison du garde ; Nany se hâte dans la large allée bien ratissée qui borde les vertes pelouses aux corbeilles de fleurs éclatantes.Elle aperçoit le manoir dont les fenêtres s\u2019ouvrent au soleil levant.Sur la terrasse, il y a deux personnes : son père, puis une jeune femme en déshabillé rose.Ils ne voient pas Nany, à laquelle ils tournent le dos, et devisent garment, assis à une petite table qui porte un plateau chargé du déjeuner matinal.Nany court maintenant.La voici tout lotis 1rs jours \u2014 toute lu journée Ayez unè Coiffure de I -m Portez la nouvelle et moderne RÉSILLE C5«2, !pp I p$r TOMATES EN \u201cROSES Pelez et faites refroidir des tomates fermes.Amollissez légèrement avec du lait du fromage à la crème Philadelphia.Formez 2 rangées de pétales sur chaque tomate en pressant des cuillerées a thé rases de fromage sur le côté de la tomate, abaissant la cuiller d\u2019un mou vement tournant.Parsemez de jaune d\u2019oeuf cuit dur, passé dans un tamis, le centre de chaque rose.Servez sur verdure avec Sauce Vinaigrette Miracle ou Kraft.Fallu l'eMoL SAUCE VINAIGRETTE MIRACLE.Si vous aimez le goût d'ail et d'oignon\u2014-juste ce petit goût qui fait la différence\u2014vous apprécierez la vinaigrette Miracle.C'est une sauce piquante du type clair \u2014 une vinaigrette bien française dont vous ferez vos délices.âctéàwc MiciMiei SAUCE VINAIGRETTE KRAFT.C'est la sauce vinaigrette la plus populaire jamais préparée ! Une sauce d'une consistance crémeuse et merveilleusement assaisonnée.Elle possède une saveur moelleuse \u2014assez piquante pour les adultes et assez douce pour les enfants.SAUCES VINAIGRETTES par KRAFT près de ce couple heureux ; d\u2019un bond, elle s\u2019élance : \u2014 Papa ! papa ! crie-t-elle, riant et pleurant à la fois.Stupéfait, le comte s\u2019est retourné, incrédule.Il avait reconnu la voix de sa fille avant de l\u2019avoir vue, et n\u2019en croit pas ses yeux.Elle s\u2019est abattue, toute secouée de sanglots, sur sa poitrine, et, la tête cachée sur son épaule, elle lui souffle en un sanglot : \u2014 Papa.je vais te dire.je suis très malheureuse !.XVII C\u2019est le soir.Nany a repris sa chambre de jeune fille et s\u2019endort d\u2019un bon sommeil de bébé, dans son lit laqué blanc, sous ses rideaux de tulle.Comme ce cher asile est pur et tranquille ! Il lui semblait, dans ce nid douillet, retrouver son âme d\u2019enfant avec tous ses souvenirs d'autrefois! A peine sa tête douloureuse et lasse s\u2019est-elle posée sur l\u2019oreiller, que les plus doux rêves viennent s\u2019emparer de son cerveau enfiévré, et elle connaît enfin les délices du bienheureux apaisement.En bas, sur la terrasse que le clair de lune illumine, le comte a rejoint sa femme.Celle-ci, fidèle à l\u2019observance d\u2019un décorum qu\u2019elle a toujours respecté, est en toilette du soir.Une robe bleu paon, en soie lamée, de forme vague comme il convient, enveloppe sa taille imposante dont la ligne s\u2019épaissit, mais elle sait conserver, malgré ce désavantage momentané une grâce majestueuse qui lui est un charme de plus.Elle possède toujours ce blanc visage régulier, aux yeux profonds, ces yeux dont le regard froid de jadis s\u2019est animé, et dans lequel Charles d\u2019Avricourt peut lire tout l\u2019amour qu\u2019il a su y appeler ! Sur la mâle figure du comte qui, le matin même, semblait refléter le plus parfait contentement, se lit l\u2019obsession d\u2019un noir souci.Son front est traversé d\u2019une ride profonde qu\u2019y a creusée le cauchemar de la catastrophe entrevue.Sabine le remarque, et son doigt fin caresse légèrement ce front préoccupé.\u2014 Ma chère amie, il faut que je vous parle, déclare le comte d\u2019un ton décidé.\u2014 Je suis toute prête à vous écouter ; voulez-vous que nous rentrions ?\u2014 C\u2019est préférable, je ne me soucie pas d\u2019être entendu par d'autres que vous.Les voici dans le fumoir, gai et tiède home où la main d\u2019une femme artiste et intelligente se retrouve dans mille détails.Il y a des fleurs à foison dans tous les coins et un grand piano à queue, qui n\u2019y était pas jadis, occupe une place de choix.C\u2019est la pièce de prédilection de la châtelaine et elle l\u2019a choisie ainsi parce que son mari y passe la majeure partie de son temps.Elle jette une écharpe de gaze sur ses épaules, s\u2019installe commodément dans un fauteuil ; son mari s\u2019assied en face d\u2019elle, puis, immédiatement, entre dans le coeur de son sujet : \u2014 Vous doutez-vous, Sabine, pourquoi Nany est revenue ?\u2014 Je ne sais, mon ami, mais j\u2019ai peur d\u2019en trop bien deviner le motif.\u2014 J\u2019aurais voulu croire à une insignifiante querelle d\u2019amoureux, et je vous avoue que j\u2019espérais bien ou voir Pierre arriver dès aujourd\u2019hui, ou recevoir un télégramme de lui.Ce silence me paraît de mauvais augure.\u2014 A moi aussi.Qu\u2019y a-t-il eu exactement entre eux ?-Eh bien! à vrai dire, le dissentiment, d\u2019après ce que Nany m\u2019a rapporté remonterait à plusieurs mois déjà, presque aussitôt après leur mariage.Ma fille, sous des dehors émancipés, cache une très grande sensibilité ; je crains que Pierre n\u2019ait, non pas su la comprendre \u2014 elle est trop peu compliquée pour qu'on la traite comme un sphinx indéchiffrable \u2014 mais surtout pas su la prendre.Habitué à manier des chevaux difficiles, a-t-il voulu trop vite lui faire sentir le mors ?.Je le redoute.Nany m\u2019a confié qu\u2019au début de leur union, il ne risquait aucune observation, mais que, très vite, il s\u2019était départi de la mansuétude qu\u2019il lui avait d\u2019abord témoignée, et que tout était prétexte à des reproches continuels.Le fossé qui les séparait s\u2019est creusé petit à petit, insensiblement.Toutefois, une harmonie relative régnait encore dans le ménage, lorsqu\u2019une stupide aventure a déclenché la rupture.Et sans omettre un détail, fidèlement, M.d\u2019Avricourt retraça l\u2019histoire du fourrier, que Nany, loyale, sincère avant tout, lui avait dépeinte sans s\u2019accuser ni se défendre.\u2014 Mais c\u2019est inadmissible ! déclara la comtesse, il n\u2019y a pas là de quoi fouetter un chat ! \u2014 C\u2019est aussi mon avis.Pierre, paraît-il, ne l\u2019a pas jugé ainsi, puisqu\u2019il a pris la chose au tragique, accusant Nany de le déconsidérer aux yeux de ses camarades, l\u2019accablant de son mépris, de son ressentiment, si bien que, pour couper court à cette scène pénible, affolée, n\u2019ayant personne près de qui se réfugier, ma fille s\u2019est enfuie.\u2014 Elle aurait dû rester.En fuyant ainsi, elle aggravait son cas.\u2014 Je le sais, et je le lui ai dit.Elle ignorait, naturellement, les conséquences de son acte au point de vue juridique, et elle donnerait beau jeu à son mari contre elle, mais je veux croire que tout n'est pas perdu et que Pierre va revenir chercher la rebelle.\u2014 Le mal n\u2019est pas, certes, sans remède.C\u2019est à votre gendre, plus âgé.plus sérieux, mieux au courant de la vie, qu\u2019il appartiendrait de pardonner à une enfant énervée, désorientée, qu; s\u2019est tournée d\u2019instinct vers son protecteur naturel.\u2014 Eh oui ! Si Pierre ne vient pas demain matin, je lui téléphonerai.\u2014 N\u2019en faites rien.Nous ignorons\" son état d\u2019âme et, s\u2019il est en colère, nous risquerions d\u2019aggraver son courroux.\u2014 Alors ?.que faire ?.que tenter ?.Cette situation ne pourra s\u2019éterniser ! M.d\u2019Avricourt s\u2019était levé et marchait à grands pas de long en large.Quand il revint vers Sabine, il la vit pâle d\u2019émotion, le visage bouleversé.\u2014 Qu\u2019avez-vous, ma chérie ?.interrogea-t-il, inquiet ; vous êtes souffrante ?\u2014 Oh ! Charles, dit-elle en se couvrant le visage de ses mains, je me sens envahie par le remords.N\u2019est-ce pas ma faute si aujourd\u2019hui votre enfant est malheureuse ! C\u2019est moi qui, dans mon fol égoïsme, ai mis la condition de son mariage ou de son éloignement à notre union.Sans moi elle serait restée heureuse, choyée, sous le toit paternel, elle n\u2019aurait rien connu des amères tristesses qui l'abreuvent à cette heure, elle aurait choisi sans précipitation ni contrainte le compagnon de sa vie, et elle l\u2019eût peut-être rencontré mieux assorti, moins sévère, plus épris !.Charles, je suis bien coupable ! J\u2019ai séparé de vous cette enfant, je lui ai pris son bonheur, et je ne puis rien lui rendre, hélas ! -\u2014Sabine, mon amie, je vous en conjure, calmez-vous.Non, vous n\u2019êtes pas aussi coupablê que vous voulez bien le dire.Nany aimait son cousin et ne l\u2019a épousé que pour cette unique raison, je vçus le jure.Si j\u2019ai, le premier, fait des ouvertures à Pierre, c\u2019est que je craignais que la fortune de ma fille fût un obstacle entre eux, car je connaissais les idées de mon neveu sur ce ' pbint.J\u2019avais toujours pensé qu\u2019ils formeraient tous deux un couple charmant, et je n\u2019en reviens pas que l\u2019avenir ne m\u2019ait pas donné raison.Quelque chose m\u2019é- Montréal, avril 1951 51 chappe, que je ne puis définir.Je n\u2019excuse ni accable Nany, je la plains tout simplement et je serais très disposé à absoudre mon gendre, s\u2019il manifestait une contrition sincère.Est-ce une incompatibilité d\u2019humeur qui a amené la mésentente ?.Peut-être ! Dans tous les cas, ma chère Sabine, vous en êtes bien innocente.Mme d\u2019Avricourt hocha la tête, incrédule : \u2014 Vous êtes généreux de me l\u2019affirmer, ami, mais ma conscience n\u2019est pas rassurée ! Aussi bien, puisque j'ai fait le mal, il m appartient de le réparer.Si demain Pierre n\u2019a pas paru, j\u2019irai le trouver à Pontivy ; là nous aurons une explication, et je vous promets qu\u2019en moi votre fille n\u2019aura pas d\u2019avocat plus dévoué à sa cause.\u2014 Oh! que vous êtes bonne, et que je reconnais là votre grand coeur ! Mais, ma chérie, je ne puis accepter que vous assumiez pareille fatigue, le voyage, les émotions, dans votre état ! Je vous accompagnerai.Je me porte très bien, et vous me donnerez la limousine pour accomplir le trajet ; j\u2019éviterai ainsi des arrêts interminables qui seraient plus odieux que tout le reste.Mais vous ne viendrez pas avec moi, mon ami ; je vous connais ! A la moindre anicroche, vous vous emporteriez contre votre gendre, vous casseriez les vitres et vous diriez des choses que vous regretteriez plus tard ! Laissez-moi seule ; si le ciel m\u2019écoute, je vaincrai cet adversaire qui n\u2019est peut-être pas bien redoutable ! \u2014 Chère aimée ! Dans une muette extase, ils se sentaient l\u2019un à l\u2019autre, si parfaitement unis que tout l\u2019univers leur eût semblé petit en face de leur grand amour.\u2014 Charles.Nany a peut-être du chagrin.Si nous montions l\u2019embrasser avant qu\u2019elle ne s\u2019endorme ?.Le comte accepta cette proposition qui répondait à son désir, et tous les deux montèrent l\u2019escalier à pas de loup.Sans bruit, la jeune femme tourna le bouton de cristal de la porte.Nany, le visage noyé dans ses longs cheveux, dormait paisiblement.Elle avait dû se réveiller et pleurer, car des larmes brillaient encore sur sa joue.Dans le même geste tendre, M.d\u2019Avricourt et sa femme se penchèrent au-dessus de la dormeuse et baisèrent son front, Elle ne se réveilla pas.Alors, sans bruit, ils s\u2019éloignèrent, la laissant au bienheureux apaisement du sommeil et de l'oubli.XXIII Pour quelle raison le lieutenant Villard-Lebreuil, si bien décidé pourtant, la veille encore, à courir à la poursuite de la fugitive, était-il demeuré dans sa garnison sans donner signe de vie à ceux qui l\u2019attendaient anxieusement.C\u2019est que, parti dès le matin à la recherche de son colonel, la fatalité fit qu\u2019il rencontra précisément dans la rue la dernière personne qu\u2019il eût dû y voir.De cette rencontre, qu\u2019il n\u2019avait pas escomptée, jaillit le brusque revirement qui allait s\u2019opérer dans son esprit.Encore tout absorbé par ses intimes pensées, Pierre arpentait à pas pressés la rue Nationale, lorsqu\u2019il heurta involontairement une femme en grand deuil, dont un voile de crêpe épais cachait le visage.Poliment, quoique distrait, il ébaucha un geste d\u2019excuse : \u2014 Mille pardons, Madame.\u2014 Monsieur Villard-Lebreuil ! Cette voix !.il l\u2019eût reconnue entre toutes ! Un choc violent fit tressaillir le lieutenant.\u2014 Marie.Mademoiselle de Lorres ! Et, à cet instant où son coeur demeurait si bouleversé par tant d\u2019émotions diverses, tout le passé revécut à la mémoire de l\u2019officier.Il oublia le motif impérieux qui l\u2019amenait chez son chef et ne songea plus qu\u2019à interroger cette passante en laquelle il venait de retrouver son amour d\u2019antan.\u2014 En deuil, Mademoiselle.est-ce qu\u2019un malheur ?.\u2014 Mon père ! dit-elle simplement de sa voix prenante.Elle releva son voile.Elle conservait toujours le même visage énigmatique et attirant, à peine changé, et l\u2019habile comédienne qu\u2019elle était, sut amener dans ses beaux yeux, des larmes que le chagrin n\u2019y faisait pas monter.Pierre, très ému, lui serra les mains, puis, marchant à côté d\u2019elle sur le trottoir, n\u2019osant la questionner, attendit qu\u2019elle parlât davantage.\u2014 Cela a été affreux ! poursuivit-elle, si inattendu ! Mon père a succombé à une angine de poitrine.« Quels jours tragiques j\u2019ai vécus, mon cher ami, dans ce petit appartement de la rue d\u2019Assas, à Paris, où il venait de prendre sa retraite, où nous étions à peine installés ! Comme on se sent seul et perdu, loin de tous les siens ! J\u2019ai cru mourir de désespoir.Heureusement pour moi, Mme Hénin d\u2019Angères, la femme de votre colonel, qui fut une amie de pension de ma mère, vint me voir la semaine dernière et voulut à tout prix m\u2019arracher à cette atmosphère de tristesse, d\u2019abandon, qui m\u2019était si funeste ! J\u2019ai accepté l\u2019invitation qu\u2019elle m\u2019a faite de venir la rejoindre à Pontivy, et m\u2019y voici depuis hier.J\u2019allais à la gare m'occuper de mes bagages, lorsque je vous ai rencontré.Je ne m\u2019attendais pas à vous revoir.L\u2019on m\u2019avait assuré que vous étiez nommé instructeur à Saumur.\u2014 Ma demande n\u2019a pas encore été classée ; d\u2019ailleurs, je prépare l\u2019Ecole de guerre.\u2014 Tous mes compliments.Je vais vous quitter, car l\u2019heure me presse ; cependant, je serais bien désireuse de vous revoir, afin de causer avec vous du bon vieux temps.Voulez-vous venir cet après-midi, ou plutôt, ce soir à cinq heures, chez Mme Hénin d\u2019Angères ?.A cinq heures !.Pierre avait prévu son arrivée à Quimper précisément pour cette heure-là ! Fallait-il confier à Marie-Aimée que des raisons d\u2019ordre majeur l\u2019invitaient à s\u2019éloigner de sa garnison ?.\u2014\tC\u2019est que.balbutia-t-il, gêné, je ne suis pas libre de mon temps, je devais partir et.Il n\u2019osa avouer qu\u2019il se rendait justement chez son chef pour demander une permission.La situation s\u2019embrouillait.« Je partirai plus tard, peu importe », se dit-il in petto.Puis, tout haut : \u2014\tSoit, à ce soir, Mademoiselle ; j\u2019irai vous présenter mes devoirs, ainsi qu\u2019à Mme Hénin d'Angères.La belle l\u2019enveloppa d\u2019un de ces longs regards émus qu\u2019il admirait jadis, leur trouvant tant de charme, et le laissa sous une impression très complexe.Etait-il satisfait ou mécontent de l\u2019avoir retrouvée ?.Il eût été bien en peine de le dire.Le lieutenant était de ces hommes qui éprouvent une horreur instinctive à s\u2019analyser et qui, imaginatifs, sensibles, subissent sans les discuter tous les états d\u2019âme.Au lieu de se rendre chez son colonel, Pierre se dirigea vers le quartier de cavalerie.Le souvenir de Nany le harcelait bien encore, mais déjà s\u2019y mêlait la vision de Marie-Aimée de Lorres.Facilement apitoyé, parce qu\u2019une très grande bonté native dirigeait ses actes, l\u2019officier songeait à la triste destinée de cette jeune fille qui restait seule dans la vie après avoir été tant adulée.Qu\u2019allait-elle faire ?Quelles étaient ses ressources ?.Elle se chargea d\u2019y répondre en personne, un peu plus tard, sans qu\u2019il eût même besoin de l\u2019interroger, lorsqu\u2019il su^it de deux mains.(es vôtre s.pour poser le magnifique revêtement ^ mural qui imite la tuile de céramique, se nettoie comme elle \u2014 mais est.beaucoup plus économique que la tuile! «'«Pût! ' , © VTJ© « .a © .«.\u2022 glM ® c*jMeu>c Aoutle/ru - yyuje et» CfaLneà e/a mjÆcm CANADIAN INDUSTRIES LIMITED \u2022 Montréal Montréal, avril 1951 61 » 3 au Maroc.Malheureusement, cet appartement n\u2019était pas vide ; nous avons dû le subir tel quel, c\u2019est-à-dire meublé, et pas à notre goût, je vous assure ! Enfin il me faut faire contre mauvaise fortune bon coeur.Je me cogne dans tous les angles, j\u2019accroche tous les bibelots, et quand je veux entrer dans la cuisine, l\u2019ordonnance est obligée d\u2019en sortir pour me laisser la place ! Notre fumoir a l\u2019air d\u2019un décor de théâtre en carton peint.On le transforme en « dining-room » avec une prestesse qui tient de la magie, et il redevient « studio » de Monsieur mon époux avec la même rapide ingéniosité.C\u2019est bien modeste comme organisa- 1 tion, jugerez-vous ?Je dépense pourtant un argent fou.J\u2019ai beau acheter chez Potin des petits plats tout préparés qui me semblent bon marché, au bout \\ de quinze jours c\u2019est un désastre : je n\u2019ai plus le sou ! Votre frère est venu nous voir dans notre nid à rats, et, très aimablement, nous a invités à aller dîner chez lui.Nous y étions hier.Vraiment, votre maison est superbe, Sabine, mais elle est bien imposante ! Elle a l\u2019air d\u2019une grande dame du temps passé à laquelle, malgré soi, on ferait volontiers la révérence.he menu était excellent ; j\u2019ai noté, en particulier, une glace panachée fraise et chantilly absolument épatante.Bon ! voilà un mot d\u2019argot ! et comme mon mari, vous ne les aimez guère ! Enfin, tant p:s, permettez que je ne recommence pas ma lettre à cause de cela ! Baudouin \u2014 M.de Ponty, veux-je dire \u2014 a, sur ma prière, consenti à nous faire un peu de musique.J\u2019étais aux anges ! et j\u2019ai pleuré de toutes mes forces en écoutant le « Cygne », de Saint-Saëns, et le « Concerto russe », de halo.Pierre m\u2019a dit que j\u2019étais une sotte et que je me tenais très mal dans le monde.C\u2019est curieux ! Votre frère, lui, prétend que c\u2019est, pour un artiste, une joie très précieuse que d'émouvoir à ce point son auditoire.Comme les avis diffèrent, parfois, sur le même sujet, n\u2019est-ce pas ?Vous, ma chère Sabine, le ciel vous a comblée dans vos voeux, et bientôt il y aura le bébé.Je suis jalouse de vous, vous le savez bien, mais je vous aime tout de même beaucoup, et je vous embrasse tendrement, ainsi que papa.N AN Y.P.-S.\u2014 Pierre vient de rentrer et me charge de ses hommages pour vous.Il m\u2019a apporté un grand sac de chocolat de | chez Foucher.C\u2019est bien gentil à lui, \\ n\u2019est-ce pas ?Quand il veut, il est un amour ! La lecture de cette missive mettait Mme d\u2019Avricourt au courant de tous les petits événements de l\u2019existence de sa belle-fille.Elle fut tour à tour attendrie, égayée, puis préoccupée, et cet- j te dernière impression, la moins agréable à coup sûr, devait ce jour-là dominer toutes les autres.Son mari, la rejoignant dans le parc, la trouva distrai-16 : \u2014\tVous n etes pas a ce que je vous raconte, ma chérie ; me trouveriez-vous ennuyeux, par hasard ?Elle lui sourit affectueusement : \u2014\tSi cela était, je ne serais pas assez impolie pour répondre par l\u2019affirmative à une question aussi indiscrète ! Non, [ ami, vous n\u2019êtes jamais ennuyeux, et vous le savez bien ! Seulement, je me sens un peu lasse aujourd\u2019hui, je pense que l\u2019événement approche ; puis je me | dis qu\u2019il y a en ce monde des êtres pour lesquels tout marche toujours tout droit, et d\u2019autres qui, au contraire, arrivent au bonheur par des voies détournées, semées d\u2019embûches.\u2014\tVous aimez les énigmes, ma chère amie ?\u2014\tNon.Je voudrais simplement voir tout le monde heureux autour de moi, parce que je suis très heureuse moi-même, et je déplore qu\u2019il y ait tant de malentendus réels ou insoupçonnés chez ceux que j\u2019aime !_.Pourquoi faut-il qu\u2019il y en ait qui souffrent à cause d\u2019autres qui ne s'en douteront jamais-que certaines femmes viennent trop tard dans la vie de certains hommes ?\u2014\tEst-ce pour moi que vous parlez ?\u2014\tCertes, non! Ne cherchez pas à comprendre, mon ami, et pardonnez à votre femme si elle divague un peu.Mme d\u2019Avricourt ne jugeait pas utile de faire part à son mari des craintes qui venaient l\u2019assaillir.D\u2019ailleurs, la fin de la journée devait lui réserver des préoccupations autre- ment impérieuses : le bébé annonçait son arrivée un peu plus tôt qu\u2019on ne le prévoyait, et il fut bientôt avéré que sa naissance n\u2019était plus qu\u2019une question d\u2019heures.Effectivement, le lendemain de ce jour, Nany recevait un télégramme dont les mots, lorsqu\u2019elle les lut à haute voix, semblèrent résonner comme une fanfare triomphante : C\u2019est un superbe fils.\u2014 Avricourt.Ce que le message taisait, c\u2019étaient les heures lentes et lourdes d\u2019anxieuse attente, les craintes mortelles, les appréhensions sans nom qui avaient pré- cédé la naissance de ce petit être si passionnément désiré.M.d\u2019Avricourt avait vécu deux jours affreux, puis tout s\u2019effaçait, tout s\u2019oubliait devant la jubilation du moment.Sabine était hors de danger après une pénible alerte ; et.lorsque Pierre et Nany arrivèrent à Kerlaz, ils y trouvèrent une radieuse jeune mère, tenant dans ses bras un splendide enfant.Nany s\u2019était écroulée au pied du lit de Mme d\u2019Avricourt, riant et pleurant à la fois.Elle dévorait des yeux le beau bébé auquel elle n\u2019osait toucher ; puis, lorsqu'elle eut obtenu la permis- odess. 62 La Revue Populaire Toute maman avisée sait que bébé a besoin de ce que la viande fournit > ¦ ¦ .donnez des Viandes Swift\u2019s pour Bébés tous les jours! Votre bébé grandit vite et son poids doublera ou triplera au cours de sa première année ! Pour cela, les médecins disent qu\u2019un bébé a besoin de beaucoup de protéines complètes tous les jours.Un bébé a également besoin de vitamines B pour être en bonne santé et avoir bon appétit.Il lui faut aussi du fer tous les jours.Bébé obtient tout cela dans les Viandes Swift\u2019s pour Bébés.C\u2019est pourquoi ces viandes sont parmi les meilleurs aliments protecteurs que votre bébé puisse manger! Des essais concernant l\u2019alimentation révèlent que les bébés à qui l\u2019on donne des Viandes Swift\u2019s pour Bébés tous les jours développent une plus grande résistance aux rhumes, germes et infections! Exigez Swift\u2019s\u2014les seules Viandes 100% pour Bébés et Enfants.Vous en trouverez une bonne variété\u2014 prêtes à servir pour environ la moitié du prix des Viandes préparées chez soi! Meatsf Babies Toutes les déclarations concernant ialimentation qui sont contenues dans cette annonce ont l'approbation du Comité des Aliments et de la Nutrition de T Association Médicale Américaine.«TsifiiiV SWIFT .prépare, au Canada, les seules viandes 100% pour Bébés sion de le prendre, elle s\u2019en empara avec un empressement quasi farouche, couvrant de baisers les joues rondes et roses, le petit crâne sur lequel folâtrait un brun duvet, les menottes potelées, si douces ! Nany exultait.\u2014 Mon frère ! dit-elle soudain, très grave et comme recueillie, avec une vibration inattendue dans la voix.Le jeune Joël du Laz d\u2019Avricourt promettait de devenir un robuste gaillard.Il possédait déjà de solides poumons, dont il essayait la résistance avec un fâcheux esprit de continuité que sa marraine persistait à trouver agréable.Le baptême devait avoir lieu le lendemain.au manoir.On attendait Baudouin pour le soir même ; il arriva à l\u2019heure indiquée et manifesta envers son filleul une admiration enthousiaste.C\u2019était chose amusante que de voir le bébé passer des grands bras de son père dans ceux du marin, puis de Nany, et d\u2019entendre les réflexions diverses suggérées par l\u2019esprit de chacun : \u2014 Trésor adoré ! qu\u2019il est beau ! soupirait Nany, en baisant les petites mains ; il te ressemble, papa, mais il a les yeux de sa mère.\u2014 Il a une vraie caboche des gars de Cornouailles, disait fièrement M.d\u2019Avricourt.\u2014 Plutôt une tête grecque ! corrigeait Baudouin.Seul, Pierre ne paraissait pas partager l\u2019ivresse de l\u2019entourage.Sa femme remarqua l\u2019indifférence qu\u2019il affectait à l\u2019endroit du petit Joël et, le regardant d\u2019un air de reproche : \u2014 N\u2019aimerais-tu pas les enfants, par hasard ?.lui demanda-t-elle à un moment où ils se trouvèrent seuls tous les deux.\u2014 J\u2019aimerais les miens, si j\u2019en avais, répondit sèchement le cavalier ; ceux des autres ne m\u2019intéressent pas ! Nany était devenue assez fine observatrice pour ne pas pressentir la sourde amertume et le regret jaloux cachés sous cette boutade.Le caractère nerveux.facilement irritable de Pierre, formait un contraste frappant avec la constante bonne humeur de Baudouin.Il émanait de toute sa personne un te! charme de bonté et d'intelligence, que Nany, rêveuse, se demandait souvent : « Pourquoi ne s\u2019est-il pas marié ?.Il eût rendu une femme si heureuse !-.» Même, elle posa nettement la question à Sabine, trois ou quatre jours après le baptême.Elles étaient toutes les deux seules dans la chambre de Mme d\u2019Avricourt, avec le bébé.La garde se reposait ; le trio masculin était parti pour chasser de grand matin et ne devait rentrer que le soir.La comtesse ne put s\u2019empêcher de sourire : \u2014\tC\u2019est sans doute, petite curieuse, parce que vraisemblablement, mon frère n\u2019a jamais rencontré la femme qui lui eût convenu ! \u2014 Et, maintenant, le temps est passé.\u2014 Pourquoi donc ?\u2014 Dame ! il n\u2019est plus jeune ! \u2014 Un homme n\u2019est pas vieux à trente-six ans, petite Nany ! \u2014 Moi, je trouve! Mais, enfin, il a dû se forger un idéal.Je vois très bien d\u2019ici ce qu\u2019il lui fallait Une femme de votre taille, Sabine, majestueuse, aristocratique.\u2014 Votre type est banal, Nany! Mon frère n\u2019a jamais aimé ces modèles de convention.\u2014\tJe croyais que c\u2019était là le goût des hommes.Pierre apprécie fort le genre gravure de modes et les femmes fatales.\u2014 Enfant ! Il vous a pourtant choisie.\u2014\tEt je n\u2019ai rien de classique, allez-vous dire ?.Mais, voyez-vous, Sabine, je vais faire une grande confidence : je ne suis pas sûre que Pierre m\u2019ait librement choisie, et je me suis demandé souvent si on ne lui avait pas imposé ce mariage, ou bien s\u2019il ne s\u2019y était pas décidé par dépit ou par pitié.Une légère rougeur envahit les joues et le front de Mme d\u2019Avricourt.Ce que lui confiait Nany de ses doutes, de ses craintes, répondait si exactement et si cruellement aux reproches qu\u2019elle s\u2019était faits à elle-même ! Elle voulut toutefois rassurer sa petite belle-fille.\u2014 Vous cherchez midi à quatorze heures, ma chère enfant.A quoi bon remuer les cendres du passé ?Croyez-moi, Nany, il est plus doux de donner du bonheur que d'en recevoir ; vous serez satisfaite vous-même, lorsque votre mari sera heureux par vous ! \u2014 Vous me l\u2019avez dit, en effet.Tout me paraîtrait facile, si j\u2019étais certaine de l\u2019amour de Pierre ! \u2014 Il vous aime ! Vous êtes trop jeune, et je vous en félicite, pour avoir vu autour de vous les diverses formes de l\u2019amour, qui peut être tour à tour orage, tempête, ouragan, ou bien ciel limpide, horizon calme, paix ineffable.Il y a sur terre des êtres qui se chérissent ardemment et qui se torturent nuit et jour sans trêve, d autres que l\u2019on croit invulnérables et qui dérobent sous un masque glacial d\u2019impassibilité un volcan de tendresse ! Lesquels sont les plus favorisés du sort ?.\u2014 Mais, Sabine \u2014 et Nany, hésitante, osait à peine continuer -\u2014 le partage n\u2019est pas égal.Je n\u2019ai jamais aimé un homme autre que mon mari, et lui.\u2014.A sans doute aimé d\u2019autres femmes ?C\u2019est ce que vous craignez, n\u2019est-ce pas ?.Ma pauvre petite, le contraire serait bien étonnant.Je vous le répète ma chère Nany, ne retournez pas sans cesse en arrière.L\u2019avenir pour vous sera meilleur, tout s\u2019arrangera entre Pierre et vous.\u2014 Nous serons très heureux, nous aurons beaucoup d\u2019enfants ! Hélas ! Sabine, s\u2019écria Nany, dépitée, cela ne vient pas vite ! Enfin, vous m\u2019avez fait du bien ! avoua-t-elle, un bien énorme ! Ce qu\u2019elle n'avait pu dire, car elle était la discrétion même, c\u2019était précisément la hantise qui l\u2019obsédait ces derniers jours, de cette femme aimée par son mari avant elle et, peut-être, après elle.De l\u2019aveu sciemment écarté, du secret généreusement ignoré, il ne subsistait pas moins quelquefois un doute qu\u2019elle refoulait avec l\u2019énergie de son âme très droite.A certaines heures, elle eût désiré savoir la vérité ; mais, ayant accordé au pécheur repentant l absolution sans conditions, elle s\u2019interdisait maintenant de le questionner sur ce sujet.Aussi, les conseils de Sabine, en l\u2019expérience de laquelle elle croyait aveuglément, devaient-ils calmer l\u2019inquiétude de son coeur.XXIV N incident inattendu ramena bientôt au manoir, qu\u2019ils venaient de quitter, le lieutenant Villard-Lebreuil et sa femme.Pierre, un matin, alors qu\u2019il procédait à l\u2019examen d\u2019équitation d\u2019un jeune officier, reçut de son cheval un violent coup de tête dans le bras droit.Ce fut assez grave pour déterminer non pas une fracture, mais une foulure sérieuse, froisser les muscles intéressés et nécessiter un repos absolu du membre endommagé.Il ne fallait pas songer à s\u2019enterrer pendant les vingt jours de convalescence dans le « nid à rats » de l\u2019avenue de Tourville.Le vieux Kerlaz ouvrait ses portes toutes grandes au jeune ménage ; ses aimables parents lui tendaient les bras ; il repartit donc tambour battant pour la Bretagne, et Nany, excitée, ravie, ne se tenait plus d\u2019aise à l'idée de revoir le bébé.Tous se retrouvèrent avec une joie évidente.Baudouin, qui avait projeté de passer une partie de l\u2019hiver chez sa Montréal, avril 1951 63 Votre peau deux fois plus propre.deux fois plus belle! Un Fabuleux Traitement doublement nettoyant.Il entre dans le Rituel de Base Elizabeth Arden.En quelques minutes, la peau est douce comme du satin et d\u2019une propreté immaculée ! Ardena Cleansing Cream, 1.50 à 8.00 Se liquéfie instantanément en huiles pénétrantes et adoucissantes ; s\u2019infiltre dans les pores pour les nettoyer comme par enchantement.S\u2019applique avec un tampon imprégné de Ardena Skin Lotion.Ardena Skin Lotion, 1.25 à 11.50 A base d\u2019infusions d\u2019herbes, stimulantes et rafraîchissantes.La combinaison crème et lotion nettoie et tonifie admirablement l\u2019épiderme.En dernier lieu, assouplissez avec Ardena Velva Cream, 1.50 et 4.25 DANS TOUS LES CHICS MAGASINS soeur, ne se crut pas dans l\u2019obligation de s\u2019éclipser à cause des Villard-Le-breuil, Kerlaz étant, Dieu merci, assez vaste pour loger tout un escadron, et la vie en commun fut organisée, sans retard, de confortable et familiale façon.Le matin, Nany, garde-malade aussi attentive qu\u2019inexpérimentée, faisait à son mari d\u2019impressionnants massages, répandant libéralement une énorme quantité d\u2019huile camphrée.Il lui arriva même un jour de se tromper et de l\u2019inonder d huile de foie de morue, ce qui provoqua une tempête de récriminations de sa part, d\u2019hilarité du côté des assistants.Puis, les « hommes », comme disait Nany, s\u2019en allaient vers leurs distractions habituelles : les chevaux, la pêche, la chasse ou la promenade.Pierre, quelquefois, ne pouvant faire de sport, accompagnait son beau-père en voiture ou à pied.Les dames demeuraient au logis où les retenait Joël.Nany n\u2019était pas la moins empressée à revenir auprès de son frère, qui croissait en beauté et en poids.Elle disait ces deux mot, «mon frère», cent fois le jour, rien que pour le plaisir de les répéter.Les soirées, passées au fumoir, devant l\u2019immense feu de hêtre flamboyant dans la cheminée à hotte, était le meilleur moment de la journée.Un soir où Pierre et son tuteur étaient allés dans la bibliothèque rechercher une vieille carte au sujet de laquelle ils discutaient courtoisement depuis le matin, Nany demeura seule entre sa belle-mère et Baudouin.Sabine, se I disant un peu lasse, s\u2019étendit sur sa I chaise longue.N\u2019ayant plus son accompagnatrice habituelle, le marin se mit lui-même au piano et, distraitement d\u2019abord, puis avec une virtuosité plus accentuée, commença à jouer.\u2014 Comment ! il a donc tous les talents chuchota Nany, émerveillée, à l\u2019oreille de Mme d\u2019Avricourt.Celle-ci fit un simple signe d\u2019acquiescement.Baudouin, préludant par quelques accords, arrêta subitement ses essais et entama le début de la poignante Sonate au clair de lune, de Beethoven.Avec quels accents pathétiques il devait, ce soir-là, interpréter l'immortel chef-d\u2019oeuvre ! Comme toutes les sensations du coeur et de l\u2019amour humain revivaient tour à tour sous ses doigts ! Ivresse, délire, joie sans mélange, puis tourment affreux, doute crucifiant, sanglots étouffés, désespoir fou !.et enfin l\u2019apaisement divin, le calme bienheureux.Alors, sans transition, comme obéissant à un véhément désir, sous une impulsion irrésistible, le marin, aussitôt après la finale de la Sonate, se mit à chanter.Il avait une belle voix grave, profonde, au timbre singulièrement émouvant.Et ce qu\u2019il chanta, les vers plutôt qu\u2019il mit en musique, parce qu\u2019il en improvisa sur l\u2019heure la mélodie, ce fut ce vieux Sonnet d\u2019Arvers qui restera éternellement jeune tant qu\u2019il y aura ici-bas des coeurs faits pour aimer et pour souffrir.Ma vie a son secret, mon âme a son [ mystère.] Ainsi, j\u2019aurai passé près d\u2019elle ina-[ perçu,] Toujours à ses côtés et pourtant soli-[ taire.] A l\u2019austère devoir pieusement fidèle, Elle dira, lisant ces vers tout remplis [ d\u2019elle : ] « Quelle est donc cette femme ?» et [ ne comprendra pas.] Une intense émotion faisait vibrer sa voix.Lorsqu\u2019il eut fini, Sabine jeta vers son frère un étrange regard dans lequel il y avait du doute, de la stu- peur, m des d\u2019une infinie compassion.Ses beaux yeux aux lueurs de pierre précieuse s\u2019embuèrent de lourdes larmes, et elle dut faire sur elle-même un effort violent afin de recouvrer tout son calme.Elle y parvint et put dire d\u2019un ton posé : \u2014 C\u2019était très bien, Baudouin, vous nous avez fait très grand plaisir.J'aime ; beaucoup ce sonnet d\u2019Arvers.\u2014 Et vous, Madame ?interrogea M.de Ponty.\u2014 Oh ! moi, j\u2019adore votre Clair de lune, et je ne me doutais pas que vous j chantiez aussi bien !\u201e.Mais je ne puis pas comme Sabine, je ne trouve pas que ces vers soient très justes.Cette fem- | me.en somme.elle était un peu niaise.Voyons ! on sent bien, quand on est aime, il me semble !.On doit toujours s\u2019apercevoir de ces choses-là, et elle | faisait preuve de bien peu de perspicacité en ne comprenant pas l\u2019amour de j son infortuné soupirant !.Il y eut un silence que Baudouin rom- | pit en feignant de s\u2019absorber dans le relèvement des bûches qui venaient de ! s\u2019effondrer entre les landiers de fer ¦ forgé.Sabine fut prise d\u2019un petit accès de toux, et Nany, un peu déconfite, ju- | gea que son essai de psychologie n\u2019avait pas rencontré tous le succès qu\u2019il eût mérité.Deux heures plus tard, chacun regagnait sa chambre.Mais dès qu\u2019il supposa tout le monde endormi, sans bruit, M.de Ponty redescendit l\u2019escalier et, | passant par la terrasse, se rendit dans le jardin.À quoi songeait-il ?.à sa jeunesse qui s\u2019enfuyait sans que son coeur eût parlé, ce coeur qui allait parler trop tard et qu\u2019il devait forcer au silence ?A ce terrible fantôme de la solitude qui nous hante tous, hommes ou femmes, devant l\u2019amer regret du passé aboli et la tristesse d\u2019un avenir sans amour et , sans joie ?.A ce qui aurait pu être.à ce qui n\u2019avait pas été ?.S\u2019être muré jalousement dans sa tour d\u2019ivoire, avoir écarté de sa vie les ennuis, les soucis, se croire invulnérable, j et faiblir au moment où on s'y attend le moins.La cigarette s\u2019éteignait, Baudouin la ' jeta à terre et l\u2019écrasa d\u2019un coup de talon, comme il eût voulu écraser son rêve.Le manoir dressait sa silhouette imposante dans la nuit étoilée.Avec j un inexprimable déchirement, le marin regarda longuement une fenêtre au pre- I mier étage.\u2014 Il faut partir.» Je partirai ! dit-il soudain avec une fermeté qui n\u2019excluait pas le désespoir.XXV llons, dépêchez-vous ! Vous, n\u2019êtes jamais prêts à l\u2019heure ! 1 Ce que c\u2019est long, les hommes, à mettre à la voile ! Pourtant il faut que M.de Ponty, pour la dernière fois, fasse une pêche miraculeuse ! Nany, joyeuse, chaussée de bottes solides, la taille serrée dans un paletot de cuir, recevait des mains du chauffeur des lignes, des hameçons, des nasses et s\u2019affairait devant l\u2019auto.Il faisait à peine jour.Un voile de brume s\u2019étendait, épais, glacé, mais les enragés pêcheurs n\u2019en avaient cure.\u2014 Cela va se lever ! déclara Nany I avec une grande assurance.La veille, ils avaient été en bande, à vingt kilomètres de là, tendre des filets sur un étang avoisinant un rendez-vous de chasse délaissé depuis plusieurs années par M.d\u2019Avricourt, et ils devaient aller les relever dans la matinée, car M.de Ponty comptait quitter j Kerlaz le surlendemain.Nany aimait à la folie ces parties de pêche pour lesquelles on s\u2019équipe en brigands et d\u2019où l\u2019on revient sale, mouillé, plein de terre et de vase ! A Paris, cette vie en plein air lui man- Votre âge restera votre secret! La rajeunissante Perfection (ream Cette crème phénoménale estompe rides, plissements et tous les outrages de l\u2019âge ! Ses huiles nourrissantes, extrêmement riches, remplacent les huiles naturelles qu\u2019on perd avec les années.Persistez à employer Perfection Cream et votre peau connaîtra une seconde jeunesse.4.00 Notre Rituel de Base Nettoyez.avec Ardena Cleansing Cream, 1.50 à 8.00 Rafraîchissez .avec Ardena Skin Lotion, 1.25 à 11.50 Assouplissez .avec Perfection Cream, 4.00 à 12.50 DANS TOUS LES CHICS MAGASINS 64 La Revue Populaire Rapide! elle fait bouillir assez d\u2019eau en 2'/2 minutes pour infuser 4 tasses de thé : BOUILLOIRE ELECTRIC general \u2022 ^ Voici ce qui rend la bouilloire électrique si rapide L'élément Cal rod G-E étant totalement immergé .l'eau bénéficie de toute la chaleur .sans perte d'électricité.La bouilloire G-E offre la façon la plus rapide de faire bouillir de l\u2019eau à la maison, au bureau ou à la campagne.C\u2019est un économiseur de temps qui saura prouver son utilité maintes fois par jour car elle donne rapidement de l\u2019eau bouillante .pour infuser le thé et le café, laver la vaisselle, se raser ou chauffer le biberon du bébé.Ne peut surchauffer .s\u2019arrête automatiquement si l\u2019eau s\u2019évapore.Contenance 4 chopines.Prix sujet à changer sans avis CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED Siège social : Toronto \u2014 Bureaux de ventes d'un Océan à l'autre quait terriblement ! Comme ni son mari, ni Baudouin n\u2019apparaissaient, elle alla les poursuivre dans leur dernier retranchement, c\u2019est-à-dire, en l\u2019occurrence, dans la salle à manger où ils finissaient d\u2019avaler leur troisième tasse de café et s\u2019apprêtaient à allumer leur pipe ; la jeune femme les avait déjà vus, elle ne put s\u2019empêcher, toutefois, de leur rire au nez tant leur accoutrement était réussi : \u2014 Vous êtes faits comme des voleurs ! dit-elle gaiement, désignant du doigt les vieux chapeaux de drap piqué enfoncés en éteignoir, les vestes ou peau de phoque râpée et blanchie aux coutures, les culottes de grosse toile cachou.\u2014 Te figures-tu avoir, toi-même, un air très « rue de la Paix », rétorqua | Pierre, vexé.\u2014 Je me moque pas mal de la rue j de la Paix ! Grâce au ciel, je n\u2019y suis pas, et je me préfère en « Kerlaz » bon teint ! fit-elle avec un retour de son j espièglerie de jadis, et, se regardant dans la glace, elle adressa un cérémonieux salut à son aimable image.Enfin, tout parvient à être logé dans la « Citro » : paniers, filets, victuailles, car les voyageurs comptent faire partie complète et ne rentrer qu\u2019à la tombée de la nuit.Nany se met au volant, l\u2019auto démarre, et la voici lancée sur la route déserte.Pierre s\u2019est assis dans le fond de la voiture entre le « pic-nic basket » et un paquet de couvertures ; M.de Ponty a pris place à côté de la jeune femme.Le jour s\u2019est levé, l\u2019heure est exquise de fraîcheur pure et de calme profond.C\u2019est une vraie griserie de fendre le large et d\u2019aller vite, vite, sur le lacet onduleux de la route, entre les haies de chênes qui la bordent, et Ton va si vite, en effet, que la distance est bientôt franchie.La jeune chauffeuse stoppe savamment devant la maison et descend de sa voiture, rose, fraîche, animée.Kerliver, abandonné depuis une dizaine d\u2019années par le comte d\u2019Avricourt parce que ses environs immédiats ne sont plus giboyeux, est une petite construction sans prétention, couverte de chaume, que le temps a verdie, et haute seulement d\u2019un étage.On s\u2019en servait jadis comme d\u2019abri pendant les chasses ; maintenant, on ne le fréquente plus que Tété pour la pêche, car un très bel étang poissonneux est situé non loin de là.Nany, d\u2019un oeil d\u2019expert géomètre, inspecte la bâtisse qui lui semble en mauvais état.\u2014 On voit que mon père avait d\u2019autres chats à fouetter, cet été, que de s\u2019occuper de ses propriétés, dit-elle en riant.Il faudra que je lui dise de venir voir sa cambuse.Ça moisit, ça pourrit, et ça sent les champignons.Un de ces quatre matins, si on n\u2019y prenait garde, { la baraque tomberait par terre ! Empressée, avec l\u2019aide de Baudouin, elle sort les provisions, les pose sur la table, se réservant de mettre le couvert lorsque la pêche sera terminée.Pierre profite de l\u2019inaction forcée dans laquelle le laisse l\u2019invalidité de son bras, pour ne pas porter de fardeau, et, ayant déniché un magazine vieux de deux ans, abandonné là, s\u2019en saisit et le parcourt avec autant d\u2019intérêt que s\u2019il datait de la veille.Kerliver ne comporte qu\u2019une installation rudimentaire.Au rez-de-chaussée : une salle, une cuisine, un cellier.Au premier : trois chambres, puis au-dessus : un grenier à foin.Le lieu est très désert ; un peu plus loin, à cent mètres environ, il y a une ferme où Nany allait boire du lait caillé et manger des crêpes.Elle veut revoir ses anciens amis, le père et la mère Le Bolloch, tenanciers du comte d\u2019Avricourt, et elle est très déçue de ne rencontrer que la vieille aïeule sourde, paralysée, qui, somnolant dans son lit clos, est confiée à la garde d\u2019une luronne de huit ans, la petite Soizic.Celle-ci déclare d\u2019un ton important que c\u2019est jour de foire à Pont-l\u2019Abbé, et que toute la maisonnée, décampée depuis l\u2019aube, ne rentrera que le soir.Les voici tous trois rendus auprès de l\u2019étang sur lequel se balance le bateau qui leur a servi la veille lorsqu\u2019ils sont venus tendre les nets.Comme un vieux loup de mer, Nany godille, tandis que Pierre, momentanément manchot, se contente d\u2019attraper d\u2019une seule main le poisson frétillant entre les mailles.La pêche est médiocre, mais le temps est beau, un peu froid.Ce clair matin de fin d\u2019automne est tout poésie et sérénité.De temps en temps passe une sarcelle, une macreuse que Baudouin vise et qui s\u2019enfuit avec un froufrou d\u2019ailes.Que cette tranquillité est douce ! Nany est heureuse.Elle se sent joyeuse, enivrée de jeunesse, d\u2019entrain, resplendissante de santé et dans une atmosphère favorable entre ces deux hommes dont elle partage les jeux et les risques.A un moment donné où le bateau penche de façon inquiétante, Baudouin retient la jeune femme par le bras.Elle rit, car elle ignore la peur.\u2014 Si je me noyais, vous jetteriez-vous à l\u2019eau pour me rattraper ?demande-t-elle malicieusement.\u2014 A l\u2019eau ! dans le feu ! dit-il, très sérieux.\u2014 Souhaitons que je n\u2019y tombe jamais ! Pierre, tu connais le problème posé un jour à la perspicacité des lecteurs d\u2019un certain journal dont j\u2019ai oublié le nom : deux personnes également chères sont exposées à un danger immédiat, laquelle sauverez-vous la première ?\u2014 Quelle sottise ! assura Pierre dédaigneux ; il n\u2019y a que dans les livres qu\u2019on rencontre pareil dilemme ! Et il continua de serrer dans les paniers d\u2019osier les perches et les tanches aux écailles d\u2019argent.En revenant vers Kerliver, le trio flâne, muse, escaladant les haies, passant un gué que des pluies récentes ont grossi ; toutefois Nany paraît un peu moins allègre qu\u2019à l\u2019aller.Pierre lui en demande la raison avec une touchante sollicitude : \u2014 C\u2019est trop bête ! déclare la jeune femme, moi qui ne suis jamais malade, je me sens la tête lourde et endolorie.\u2014 Tu t\u2019es levée trop tôt, et nous nous étions couchés trop tard la nuit dernière après ce bridge qui n\u2019en finissait pas, observe son mari, non sans raison.\u2014 Cela se peut ; dans tous les cas, c\u2019est bien mal tombé, mais ça va se passer en déjeunant.J\u2019avais peut-être faim sans le savoir ! Nany souffrante ! c\u2019est une chose si extraordinaire qu\u2019on ne la prend pas très au sérieux.D\u2019ailleurs, sitôt arrivés dans la maison, elle s\u2019affaire, se démène, mettant le couvert et dressant sur la table un beau homard en Belle-Vue, triomphe du maître-coq de Kerlaz, un poulet à la gelée et un pâté de perdreau ; des pommes, des oranges dans un compotier, puis des biscuits et de la confiture.Tout est prêt.Le grand air a creusé l\u2019appétit d°s convives.C\u2019est très amusant de faire ainsi la dînette sans domestique derrière soi.Nany recommande de ménager la vaisselle et prétend, pour donner l\u2019exemple, tout manger dans la même assiette.Cependant, malgré l\u2019entrain qu\u2019elle affecte, elle se sent mal en train.Elle a froid, ne peut se réchauffer, puis son dîner ne passe pas.\u2014 Ce homard est très lourd, et tu en as abusé ! constate Pierre avec assez de justesse.Prends un bon verre de chartreuse, cela va te retaper ! Elle obéit avec d\u2019autant plus d\u2019empressement qu\u2019elle adore la chartreu- Montréal, avril 1951 65 se.mais le résultat est désastreux ! Sa migraine augmente d\u2019intensité et, pour comble de malheur, elle éprouve la désagréable sensation de se trouver sur un bateau par un jour de tangage.\u2014 Décidément, il n\u2019y a pas à tortiller, je suis patraque ! Mais je ne veux pas, mes amis, être un empêchement à vos projets ! Retournez à l\u2019étang et lais-sez-moi ici.J\u2019ai dû prendre froid sans m\u2019en apercevoir ; je vais allumer un bon feu pour me sécher et j\u2019irai m\u2019étendre là-haut sur un lit.Si je puis dormir, je suis guérie ! Dès que vous serez revenus, nous partirons.Pierre et Baudouin protestent qu\u2019ils ne veulent pas la laisser seule, mais elle leur interdit d\u2019y songer.Qu\u2019a-t-elle à redouter dans ce pays tranquille ?.La solitude ?.les voleurs ?.La ferme est tout près ! D\u2019ailleurs, si elle se sent mieux, elle ira à leur rencontre.Ils conviennent ensemble d\u2019un même chemin à prendre pour ne point se manquer, et ils se séparent.Malgré toute la diligence apportée à relever les filets et à rassembler leurs engins de pêche, il s\u2019écoula bien deux heures entre le moment où les deux hommes quittèrent le rendez-vous de chasse et celui où ils prirent la route du retour.De leur mieux ils se hâtaient, s\u2019entretenaient à bâtons rompus de choses et d\u2019autres, lorsque, au détour d\u2019un sentier, le même cri d\u2019angoisse s\u2019échappa de leur poitrine : au-dessus du petit bosquet qui dérobait Kerliver à leur vue, s\u2019élevait un lourd panache de fumée grise d\u2019où sortaient des étincelles ! \u2014 Le feu ! Ils se mirent à courir.C\u2019était bien, en effet, le sinistre dans toute son hor-heur qui s\u2019offrait à leurs yeux épouvantés ! Des flammes léchaient déjà par la base la façade de la maison, tandis que le toit commençait à flamber pour tout de bon : \u2014 Nany ! où es-tu, Nany !.Pierre l\u2019appelle désespérément.Qu\u2019est-elle devenue ?Endormie sans doute dans cette chambre du premier étage où elle sera montée pour se reposer ! \u2014 Nany ! crie le lieutenant de plus en plus fort.Réponds-moi, je t\u2019en conjure ! Hélas ! elle l\u2019a dit souvent pour se plaisanter elle-même : quand elle dort, un obus tomberait à ses pieds sans qu\u2019elle l\u2019entendît ! La même solution se présente à l\u2019esprit affolé des sauveteurs : « Une échelle ! » Courir à la ferme, en réclamer une à Soizic qui, réveillée en sursaut auprès de la paralytique, ne comprend rien, pleure, puis finit par indiquer où se trouve l\u2019objet demandé dont Baudouin se saisit et qu\u2019il rapporte.Il n\u2019y a plus que ce moyen.L\u2019échelle peu solide, hélas ! est appuyée sur le devant de la maison qui demeure un peu protégé ; l\u2019air devient irrespirable.Comment Nany ne sent-elle rien de cette fumée ?.Serait-elle déjà asphyxiée ?.Chaque minute que l\u2019on perd est une chance de moins de la sauver ! Pierre s\u2019élance sur le premier barreau de l\u2019échelle, se tenant de sa main valide, mais Baudouin l\u2019a devancé et l\u2019arrête : \u2014 Votre bras ! dit-il d\u2019une voix sourde, vous ne pourrez jamais emporter votre femme ! \u2014 Qu\u2019importe ! Je la sauverai, répond Pierre fiévreusement, ou bien nous mourrons tous les deux ! \u2014 C\u2019est, en effet, vous exposer tous les deux à la mort, alors qu\u2019il vous serait beaucoup plus simple de vivre ! Laisez-moi monter à votre place ! \u2014 Non.Vous risquez votre vie ; moi, c\u2019est mon devoir ! Quel duel entre ces hommes ! Quel effort Baudouin doit s\u2019imposer pour ne pas trahir son secret si jalousement celé, et s\u2019écrier : « Ce que vous allez faire par devoir, laissez-moi l\u2019accomplir par amour !.Soit ! je risque mon existence, mais il me serait infiniment plus doux de mourir pour elle que de vivre sans elle !.» Moment pathétique où il sent toute son âme défaillir.Trêve de discours, il faut agir, et vite ! \u2014 Pierre, vous serez incapable d\u2019effectuer ce sauvetage avec un seul bras ! Inutile de vous entêter.Tenez l'échelle, tenez-la ferme ! Et avant que Pierre ait eu le temps de s\u2019interposer, M.de Ponty retrouve toute son agilité de marin pour gravir les barreaux tant soit peu vermoulus.Un coup de coude énergique dans le carreau de la fenêtre qui se brise avec fracas, un bond de panthère dans la chambre déjà emplie de fumée, où Nany, étendue toute habillée sur le lit, semble dormir paisiblement, insouciante de la catastrophe amenée par son imprudence.Dort-elle ?Est-elle évanouie ?.Baudouin n\u2019a pas le temps de s\u2019en assurer.Il s\u2019empare de ce corps inanimé, il remonte par la fenêtre, mais ses pas, plus prudents, sont alourdis du fardeau qu\u2019il porte avec précaution.Autour de lui, c\u2019est une atmosphère d\u2019enfer : de la fumée noire, épaisse, qui prend à la gorge, des flammèches qui s\u2019abattent de toutes parts, un pan de mur qui s\u2019effondre, des plâtras qui volent.Un à un, il descend les échelons.Allons, il n\u2019en reste plus que la moitié.Le visage hagard, les vêtements noircis, les cheveux roussis, car il vient de recevoir un morceau de chaume enflammé sur la tête, Pierre, nerveusement, retient l\u2019échelle.Ses mains agrippées aux montants mal équarris, se crispent si fort que les paumes saignent.Il n\u2019en a cure.Angoisse mortelle ! Epouvante sans nom ! Il aperçoit le corps de Nany et n\u2019ose clamer son tourment : \u2014 Vit-elle ?Il ne voit pas encore son visage, couvert peut-être déjà des ombres de la mort.Mais une telle chose ne serait pas possible ! Nany vivra ! elle vivra pour qu\u2019il puisse par tant d\u2019amour lui faire encore aimer la vie ! Comme, à cette heure tragique, il se repent de l\u2019avoir fait souffrir, d\u2019avoir perdu, par sa faute, tant de beaux jours qui ne reviendront jamais ! \u2014 Ma pauvre Nany ! appelle-t-il dans un rauque sanglot.Instinctivement, il tend les bras pour recevoir pieusement le précieux fardeau qu\u2019un autre porte comme si, pour lui aussi, c\u2019était le bien suprême.Ce simple geste va les perdre.L\u2019échelle, insuffisamment maintenue, tombe de côté, les entraînant tous les trois dans sa chute, tandis qu\u2019au même instant une partie du toit s\u2019écroulant les couvre de ses décombres.Vos Lèvres, Séduisantes et Fraîches, SANS BÂTON DE ROUGE MARIE MCDONALD, la jolie vedette de \"Hit Parade of 1951\", un Film Republic.Et Ces Ravissantes Couleurs Ne Déteignent Jamais Dites \u201cAdieu\u201d à votre bâton de rouge et contemplez vos lèvres, plus attrayantes que jamais, grâce à cette riche couleur de votre choix, une couleur plus pure et plus vibrante que toutes celles des bâtons de rouge, parce que sans graisse.Aujourd\u2019hui, en effet, mon Liquid Liptone ne contient ni graisse, ni cire, ni pâte.Liquid Liptone, comme vous aurez vite fait de le constater, conférera à vos lèvres un si beau coloris qu\u2019il en est presque trop beau ! Vos Lèvres Ne Laisseront Nulle Trace, Ni Sur Lui, Ni Sur Rien Dites-vous bien que votre Liquid Liptone ne marque ni ses lèvres, ni votre serviette ou votre tasse à thé ! Il adhère à vos lèvres et un seul maquillage au Liquid Liptone suffit ordinairement pour toute la journée ou la soirée.Frais Et Doux, Il Rend Vos Levres Lisses Et Veloutées De fait, vous ne sentez pas du tout la présence de votre Liquid Liptone qui ne laisse aucun goût sur vos lèvres.C\u2019est à votre insu qu\u2019il les protège contre le vent et les gerçures et les garde ainsj douces et satinées.XXVI Combien de temps devaient-ils rester ainsi, impuissants, inanimés ?.Ils ne le surent jamais.Des minutes, lentes comme des siècles, s\u2019écoulèrent avant que la pauvre petite Soizic, à demi morte d\u2019effroi, eût pu surmonter son émotion et courir à la ferme la plus voisine chercher du secours.Dans son affolement, elle s\u2019expliquait mal, , coupant par des gestes incohérents son discours confus, et se dépitant de ce que ses interlocuteurs ne la comprissent pas mieux.Mais la lumière se faisant jour enfin dans le cerveau des braves paysans, ils suivirent la petite fille qui reprenait déjà vers Kerliver sa course échevelée.Cet élan fut contagieux.Prenant leurs sabots à la main, hommes, femmes, marmots se mirent à courir eux aussi et furent bien vite rendus sur le lieu du sinistre.Une petite pluie fine, venue du sud-ouest, commença de tomber drue, ATTENDEZ-VOUS À UNE RÉVÉLATION ! Vous serez tout heureuse d\u2019avoir choisi l\u2019une des 12 jolies teintes de Liquid Liptone non graisseux et de consulter ensuite votre miroir.De plus, dès que vous aurez la preuve que votre maquillage ne se déteint sur rien du tout, vous admettrez, j\u2019en suis convaincue, que le Liquid Liptone est la plus importante découverte du genre, dans le domaine des cosmétiques.Vous en serez émerveillée ! Commandez Liquid Liptone chez votre marchand.S\u2019il en manque, il s\u2019en procurera volontiers pour vous.Pour le plus important baiser de votre vie Advertised Iir American Medical Association publications.et CHEEKTONE .Une merveilleuse préparation qui donne à vos joues un joli coloris naturel \u2014 n\u2019ayant rien d\u2019artificiel.Ce coloris se maintient toute la journée.Produits de Beauté PRINCESS PAT Fabriqué au Canada par GORDON GORDON.LTD., 489 RUE KING WEST.TORONTO.ONTARIO 66 La Revue Populaire SECR11 d'uitf Meilleure Cuisson! SERVEZ-VOUS DE WEAR-EVER USTENSILES EN ALUMINIUM DE QUALITÉ ÉPROUVÉE PRÉFÉRÉS AU CANADA DEPUIS PLUS DE 50 ANS Vous pouvez commencer aujourd\u2019hui à servir de meilleurs repas à votre famille ! Employez l\u2019Aluminium WEAR-EVER de qualité éprouvée .chauffe plus rapidement que les autres métaux .permet aux aliments de cuire plus vite, plus régulièrement .à feu doux.Et WEAR-EVER, sûr et sanitaire, protège la pureté, la couleur, et le goût de vos aliments.VOU8 raffolerez de toutes les caractéristiques supplémentaires de cette superbe Pocheuse WEAR-EVER.Poignées Cool-Grip! Couvercle en Dôme Arrosant Automatiquement ce qui Cuit! Grille et Tasses pour Aliments Pochés! Voyez cette extraordinaire Pocheuse WEAR-EVER chez votre marchand, aujourd\u2019hui même.VENDU DANS LES PRINCIPALES QUINCAILLERIES ET LES GRANDS MAGASINS WEAR-EVER ALUMINUM GOODS LTD.MONTRÉAL\t.\tTORONTO\t.\tWINNIPEG M-514F VANCOUVER mm Voici te lirv Gin cteyuaCité ùtCMKfxviajtte Fournisseurs attitrés de Sa Majesté Georges VI Tan queray, Gordon &Co.Ltd.Goidorîs rapide da dufriéntetfie TANQUERAY, GORDON & CO.LTD.les plus grands distillateurs au monde F54E noyant le brasier ; le vent s\u2019apaisa comme par enchantement, mais n\u2019était-il pas trop tard pour tenter de sauver les victimes ?Devant l\u2019aspect navrant du pavillon ruiné, démoli, cendre et charbon à la fois, les femmes poussèrent une exclamation de douloureuse stupeur : \u2014 Jesus! Ma doué! C\u2019est-y possible ! Et elles se signèrent dévotement.\u2014 Où sont les maîtres, dans tout ça ?interrogea le vieux père Fanche en se grattant la tête sous son béret, d\u2019un air plein d\u2019angoisse.Un chien, qui accompagnait la petite troupe, se mit à hurler furieusement devant un tas de plâtras et de chaume à demi consumé, d\u2019où, presque aussitôt, sortirent des gémissements plaintifs.C\u2019était bien là, en effet, que les trois victimes, unies dans un même supplice, gisaient lamentablement.Le fils aîné du père Fanche, qui avait fait la guerre en qualité de sapeur du génie, prit d\u2019instinct la direction des opérations, et, placide, sans peur comme sans embarras, se fit en peu de mots obéir de ses camarades.Le premier corps que l\u2019on retira fut celui de Pierre, tombé vraisemblablement le dernier, et qui était évanoui.Une large blessure à la tempe gauche, provoquée par la chute de l\u2019échelle et d\u2019où le sang sortait en abondance, le rend méconnaissable.Les gémissements redoublent d\u2019intensité, et les sauveteurs se rendent bientôt compte que celle qui les pousse n\u2019est autre que Nany, sortant d\u2019une longue syncope.Au prix de mille précautions, ils mettent enfin à jour le corps de la jeune femme, étendu sur celui de son sauveur.Celui-ci n\u2019a pas desserré son étreinte, et ses bras crispés autour du précieux fardeau, ont atténué la force du choc.Il a fait à Nany un rempart de son corps ; des trois, elle est la moins atteinte.Mais lui, dans quel état le retrouve-t-on ! Pâle, exsangue, ses beaux traits calmes déjà figés, semble-t-il, dans l\u2019auguste majesté de la mort ! \u2014 Celui-là, il a son compte, sûr ! observe le fils du père Fanche.Péniblement, il parvient à dénouer les doigts raidis qui n\u2019ont pas laissé échapper leur proie, sépare les corps, et puis, c\u2019est, entre les ruines de ce qui fut Kerliver et la ferme voisine, un lugubre va-et-vient, une mélancolique procession.Et lorsque l\u2019auto de M.d\u2019Avricourt, qu\u2019accompagnaient Sabine et le médecin, stoppa, après une folle randonnée, devant la porte de la ferme, le comte crut mourir de chagrin en voyant étendus dans les lits clos les corps de ceux qu\u2019ils avaient vus partir le matin même si pleins de jeunesse et de santé.Muette d\u2019horreur et d\u2019angoisse, Mme d\u2019Avricourt s\u2019était dirigée instinctivement vers la couche où son frère reposait, inanimé.Elle contemplait avec douleur et baisait le mâle visage, si blême sous la poussière qui le recouvrait, et, tout à coup, elle éclata en sanglots : \u2014 Oh ! docteur ! supplia-t-elle, dites-moi, de grâce, qu\u2019il ne mourra pas ! Elle rejoignit son mari au chevet de Nany, qui se plaignait comme un tout petit enfant.Le rouge de la fièvre montait à ses joues et, peu à peu, une exaltation, sans cesse grandissante, s\u2019emparait d\u2019elle : \u2014 Pierre ! Où est Pierre ?Je veux mon Pierre ! Je veux mon mari ! criait-elle.Le pauvre mari, bien mal en point, lui aussi, n\u2019entendait pas ce déchirant appel, il ne sortait pas de son évanouissement.Le docteur ne savait où donner la tête.Sabine, en un suprême effort, maîtrisant sa douleur, fut bien vite à côté de lui.\u2014 Si je puis vous aider, docteur, dit-elle d\u2019une voix frémissante, usez de de moi ! \u2014 Certes, Madame, vous pouvez m\u2019être d\u2019un puissant secours, et je vous remercie.Il est essentiel que je fasse d\u2019urgence un premier examen pour s assurer si les blessés peuvent être transportés ou non.M.d\u2019Avricourt, incapable d\u2019agir, avait perdu tout sang-froid et se faisait répéter dix fois, vingt fois de suite, le récit du drame par les fermiers, qui en étaient eux-mêmes réduits aux hypothèses en ce qui concernait les causes de l\u2019incendie.Rapidement, Sabine s\u2019improvisa l\u2019aide dévouée, intelligente du médecin.Celui-ci se mit en devoir de dévêtir Pierre, dont la blessure l\u2019inquiétait.Il palpait, auscultait, percutait.\u2014 Je ne crois pas qu\u2019il y ait rien de cassé, conclut-il.Cet évanouissement est dû à une forte commotion, et surtout à cette blessure au front, d\u2019où le sang aura coulé en abondance.Veuillez, Madame, faire respirer des sels à notre patient, puis nettoyer soigneusement la plaie avant d\u2019y poser un pansement de fortune.Il ne faut pas le laisser plus longtemps à découvert.Pendant que Sabine s\u2019occupait de Pierre, le docteur, se penchant sur Nany, l\u2019examina longuement.Le résultat de son observation fut rassurant : la jeune femme n\u2019avait que des contusions bénignes, quelques brûlures superficielles, plus étendues que profondes, et souffrait surtout d\u2019un rude ébranlement nerveux.Restait Baudouin, et, là, le diagnostic fut plus réservé, car l\u2019état était plus grave.état probable de choc traumatique, qu\u2019indiquait nettement la pâleur du blessé, sa respiration lente et l\u2019anéantissement dans lequel il se trouvait.Le praticien aurait bien voulu épargner à Sabine le spectacle des plaies qu\u2019il allait découvrir, mais elle restait là, anxieuse, les yeux rivés sur les siens, implorant une réponse qui vint pénible, embarrassée : \u2014 Restez auprès de votre belle-fille, Madame, je vais panser moi-même M.de Ponty.Je désirerais avoir l\u2019opinion d\u2019un confrère, car je juge préférable de laisser le blessé ici jusqu\u2019à demain.Les autres sont transportables et peuvent l\u2019être sans danger.Pour lui, je voudrais éviter toute secousse inutile.\u2014 Ne me cachez pas la vérité, doc-teur, je serai forte ! Vous redoutez une catastrophe ?\u2014 Mais non, Madame, je ne sais pas trop que vous dire.peut-être des lésions internes.\u2014 Et vous allez l\u2019abandonner?.Moi, je resterai ! S\u2019il meurt, mon pauvre frère, je ne l\u2019aurai, du moins, pas quitté ! \u2014 Je vous jure que je ne crois pas le danger imminent.Retournez au manoir.M.d\u2019Avricourt va aviser un de mes confrères de Quimper, le docteur Vainer, si possible, de faire diligence afin de se rendre dans le plus bref délai auprès de nos patients et de venir ensuite examiner M.de Ponty, que je garderai en l\u2019attendant.\u2014 C\u2019est donc que vous le jugez perdu ?\u2014 Pas le moins du monde.N\u2019exagérons rien, chère Madame, je vous assure que vous pouvez regagner votre demeure.\u2014\tAvec une pareille angoisse dans le coeur ! Mille fois non ! Mon mari va ramener ses enfants à Kerlaz, je resterai ici.M.d\u2019Avricourt se rapprocha de sa femme : \u2014\tEt Joël, ma chère Sabine, qu\u2019en faites-vous ?.demanda-t-il avec une douceur mêlée de crainte.Joël ! Baudouin ! Le fils ! Le frère ! Entre les deux, lequel choisir ?Elle [ Lire la suite page 68 ] Montréal, avril 1151 67 I m, v> i « ai a U Le sedan 4 portières Styleline de luxe1 une voiture merveilleuse toujours prête à vous rendre service, à alléger vos tâches.4/ Vr CHEVROLET 1951 LA NOUVELLE ST- CCrnVM-CrcLc poti/u (x>s eswj Tournez la clef et le couvercle s\u2019ouvre de lui-même .vous le levez sur le bout du doigt.Il est équilibré, voyez-vous .il reste ouvert, sans danger.Si la malle est spacieuse .il faut dire que la voiture l\u2019est également.Six personnes voyagent confortablement dans la Chevrolet.SC denude si ^-cAz, à CcnuixÙAJL Elle est construite avec le souci de la sûreté .cette nouvelle Chevrolet.La carrosserie Fisher est tout acier I La visibilité panoramique vous permet de tout voir! Les freins Jumbo agissent à la moindre application du pied.Vous conduisez avec confiance et assurance.Dans la circulation, vous guidez tout sim-|\tplement votre Chevrolet PowerGlidet .vous arrêtez, repartez et filez .sans enlever les mains du volant.Pas de vitesses à changer! Pas de pédale d\u2019embrayage! Pas de bonds subits! C\u2019est la douceur et la facilité mêmes! f L'ensemble de commande PowerGlide et de moteur de 105 CV est facultatif à coût additionnel sur les modèles de luxe.La plus grande et la meilleure voiture à bas prix du Canada! £cz crème à appliquer avant le bal.Ne s\u2019enlève ni ne se retouche.Un essai vous convaincra.Blanc, Chair, \u2014 Rachel, Sun-Tan.SIROP GRAY gomme d\u2019épinette rouge Soulagera l'inflammation et la sécheresse de la gorge.Fumeurs, ora-'«teurs.acteurs constamment qu'il lubrifie et assouplit les cordes vocales.LES EMPLATRES LARIVIÈRE aident à soulager les maux et douleurs musculaires Exigez-les chez votre pharmacien.anti-dérapants CATS PAW Talons et semelles cle caoutchouc LU NtlLlIUKS fXBRIQUtS' Montréal, avril 1951 77 Josette, et Miss Mabel se garda bien de provoquer une rencontre.Elle viendrait, lorsqu\u2019elle le jugerait bon, dit-elle aux deux jeunes gens inquiets, car ne devait-elle pas rester libre de les mettre au courant de cette visite ou de la leur cacher \u2014 selon son impulsion ?Vers la fin de la journée, alors que Virgil feuilletait distraitement des magazines de son pays, et que René Boy, assis au piano, jouait de langoureux « blues » dans le louable effort d\u2019occuper son esprit autrement que par la contemplation de Miss Mabel, un coup discret fut frappé à la porte.Le trio sursauta et Miss Mabel cria un joyeux « come in ».Josette parut.Une Josette avec des yeux plus noirs et plus émouvants encore à force d\u2019être profonds.Elle ferma la porte, avança de quelques pas dans la pièce, et s\u2019immobilisa, se tenant toute droite.Elle les regarda gravement.\u2014\tIl faut que vous sachiez, leur dit-elle tranquillement, que Félipe est venu me voir hier au soir.Il n\u2019a pas l\u2019intention de m\u2019épouser.Il ne l\u2019a jamais eue.Il a même trouvé mon idée très drôle \u2014 ajouta-t-elle avec un bout de voix navrée mais en essayant de sourire.Il m\u2019a proposé.Elle hésita tandis qu\u2019une soudaine rougeur colorait ses joues, mais elle enchaîna bravement : .\u2014 autre chose, quelque chose que je ne pouvais pas accepter.Je me suis trompée sur lui.Mais je ne souffre pas car je ne l\u2019aime plus, conclut-elle simplement.J\u2019ai décidé de rentrer à la maison à la fin du mois et de demander pardon à mes parents.S\u2019adressant à René Boy elle ajouta : \u2014\tVoulez-vous expliquer à Miss Mabel et à.Virgil.Je crois qu\u2019ils n\u2019ont pas tout compris.Ce qui fut fait.Alors Virgil se leva, et l\u2019oeil mauvais, s\u2019adressant directement à Josette : \u2014\tVoulez-vous que je lui casse la figure maintenant ?Josette sourit et répondit doucement : \u2014\tVraiment, il n\u2019en vaut pas la peine.Oublions tout cela, s\u2019il vous plaît, et n\u2019en parlons plus.Miss Mabel poussa un retentissant « hurrah » et embrassa Josette avec sa fougue coutumière \u2014 puis il fut décidé à l\u2019unanimité, de célébrer comme se devait cet événement.Josette fut la reine de la fête que ses amis improvisèrent à la hâte, téléphonant à ceux de leurs camarades qu\u2019ils pouvaient atteindre au dernier moment.La « Mamie », de son côté, ravie de la tournure des choses et de sentir renaître la gaieté du jeune groupe, se distingua.Après avoir préparé son fameux grog dont l\u2019arome subtil faisait penser à toutes les épices du Sud, elle en offrit à la ronde.Il eut, ainsi que le large sourire de la négresse, un succès énorme \u2014 de même que certaines crêpes qu\u2019elle passa ensuite, arrosées d\u2019un ingénieux sirop d\u2019érable \u2014 toujours à la mode d\u2019Atlanta, (Géorgie).Enfin, elle leur chanta ses vieilles chansons de la plantation que Miss Mabel et son fiancé reprenaient en choeur avec elle.Pour clore la soirée, on dansa un magnifique «Virginia Reel », danse populaire dans les Etats du Sud, et à laquelle la « Mamie » prit part avec la fougue et le dynamisme propre aux nègres lorsqu\u2019ils s\u2019échauffent.Or, « Liza » \u2014 pour être sûre de réussir son grog, ne s\u2019était pas fait faute de le goûter.La fête terminée et ses invités partis, Miss Mabel déclara solennellement que jusqu\u2019au départ de Josette ce ne serait plus qu\u2019une suite ininterrompue de divertissements et de réjouissances de toutes sortes.Cette déclaration fut accueillie avec enthousiasme.René Boy constata gravement qu\u2019il leur restait encore 15 jours pleins.Pendant cette période l\u2019atelier résonna de rires et de chansons.Adulée, fêtée, choyée, Josette ressemblait à une petite fille ivre de bonheur.Virgil lui apprit à danser et à chanter deux chansons de son pays.Sa voix d\u2019un timbre doux, nostalgique, les enchantèrent.Miss Mabel voulut lui offrir une exquise robe d\u2019un rose à peine rosé tant il était pâle et qu\u2019elle portait le soir.\u2014 Elle lui seyait à merveille \u2014 si bien que René Boy affirma que l\u2019on ne reconnaissait plus la « petite mo-ricaude » austère et sombre des débuts.Pas davantage d\u2019ailleurs que Josette ne se reconnaissait elle-même.La vie, cette coulée de jours uniformément gris jusque là \u2014 pour elle \u2014 cela pouvait donc être aussi cette chose nuancée et parfois même éclatante qui ressemblait plutôt à un rêve ?Un rêve qu\u2019elle craignait à chaque instant de voir se dissiper.Mais Miss Mabel la morigénait doucement lorsqu\u2019elle lui confiait cette crainte.Pourquoi s\u2019obstiner à croire, lui disait-elle, que la vie signifiait fatalement l\u2019ennui, la tristesse, la monotonie ?« il ne fallait pas blâmer la vie, affirmait-elle, c\u2019est nous qui la rendons ce qu\u2019elle est ! Alors, petit Josette, n\u2019est-ce pas ?» finissait-elle avec son persuasif sourire.Josette l\u2019embrassait et reprenait confiance.Dès l\u2019avant-veille de son départ, « les quatre » réunis à l\u2019heure du dîner, semblaient mornes et distraits \u2014 sauf Miss Mabel, dont le rayonnement persistait.René Boy, la regardant, se disait lugubrement, que bientôt il lui faudrait à son tour la quitter, reprendre ses occupations, songer à son avenir, tandis que Miss Mabel et Virgil, une fois mariés, vogueraient vers l\u2019Amérique.Virgil, lui, présentait un aspect inex-pliquablement sinistre et même les radieux sourires de sa fiancée ne parvenaient pas à le dérider.Pour ce qui était de Josette elle demeurait si obstinément silencieuse, que René Boy, malgré son propre tourment, l\u2019observant à la dérobée, se pencha vers Miss Mabel et lui chuchota en anglais qu\u2019à son avis la jeune fille n\u2019était pas guérie de son sacré Félipe.Virgil, qui écoutait d\u2019un air de plus en plus sombre, se leva brusquement, se rasseyant de même en marmonnant quelque chose qui ressemblait de très près à un juron dans sa langue maternelle, tandis que Miss Mabel, haussant ses jolies épaules, annonça soudainement qu\u2019elle avait quelque chose à leur dire, quelque chose de sérieux.Sa manière décidée, son air grave, presque sévère, les impressionna.\u2014 Voilà ! commença-t-elle, aussitôt, et please, ne m\u2019interrompez pas.Je trouve vous tous « stupid » et pas très.« courageous » ! Ici elle fit une courte pause et poursuivit : \u2014 Virgil aime Josette, (Virgil, déconcerté, voulut protester, mais.Miss Mabel lui fit doucement un signe de silence et continua paisiblement : ) Josette aime Virgil, (Josette rougit et se cacha le visage dans les mains) Miss Mabel aime.René Boy, et.elle croit finit-elle taquine, que René Boy.aime Miss Mabel ! C\u2019est tout ce que j\u2019avais à vous dire, conclut-elle et son clair sourire illumina de nouveau son visage Les deux jeunes gens la contemplaient si émus, qu\u2019ils en restaient figés sur leurs chaises.Ce que voyant, Miss Mabel dit encore : \u2014 Virgil, dear.et elle indiqua Josette qui n\u2019osait plus découvrir son visage.Alors, d\u2019un bond, Virgil fut aux côtés MAINTENANT vous Pouvez Obtenir ASPIRIN dans le FORMAT y ¦*mm* ENFANTS Ces comprimés permettent de donner aux enfant* les doses prescrites; ils contiennent la moitié de la quantité d'Aspirin format pour adultes.Incolores et sans saveur, ils ne peuvent pas être confondus avec des bonbons.Vous pouvez les em-Pl oyer en toute confiance.Le fait que le seul ingrédient actif de l\u2019Aspirin a été employé\u2014depuis des années\u2014par des millions de gens normaux, sans aucun effet nuisible, montre combien son action est douce et sûre.Et puisque le nouvel Aspirin Format pour Enfants est doux et sûr, vous pouvez le donner en toute confiance à vos enfants.30 comprimés pour 29c dans toutes les pharmacies.NOUVEL ASPIRIN FORMAT POUR ENTANTS M.D.AU CAN.Les Jumping-Jacks sont créés spécialement pour faciliter les premiers pas d\u2019un enfant.Le talon arrondi, droit sur toute sa largeur, aide le petit pied à se tenir droit.Leur forme mocassin donne beaucoup d\u2019aise aux orteils.La semelle d\u2019une seule pièce, qui se prolonge derrière le talon, fournit au pied un appui au point précis où il en a besoin.Dans tous les bons magasins .$3-95 Faites tenir en équilibre un carnet d\u2019allumettes de papier .laissez-le tomber en avant.Notez camme il roule sur lui-même sans vasciller.C\u2019est là le principe fondamental du talon à angle droit, unique en son genre.(?nectfi
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.