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Titre :
Almanach des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Canada et des États-Unis pour l'année ...
Éditeur :
  • Montréal :J.B. Rolland & Fils, , libraires-éditeurs,[1883?]-[1884?]
Contenu spécifique :
1885
Genre spécifique :
  • Publications en série
Fréquence :
une fois par année
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Almanach des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Canada et des États-Unis pour l'année ..., 1885, Collections de BAnQ.

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LD VF SLY BIBLIOTHEQVE : ; - \u2014 ; T,SVLP ICE MONIRFAL LS 1 LS of oe Poe oe À LGA RE EE TE à ~~ .0 cs rate = 2 ys.\u2014.= a marie tam a et \\ WO ge COD KK A Vecsaces ss \u2014 erat TP or ne === Fa AN NES GS ENED SES RSS ENS DE 643 FT 2\u2014 Ay TOES) 0 Q ) pv -% nt A N ex = fl ! A 3 Socvres Sanvr-feax-Barr MI : humbles mortels: « Mes frères, dans vos cœurs, il va descendre encore, « Et sera votre phare au milieu des dangers.\u201c* Partez, et ces rayons, comme ceux de l'aurore, \u2018 Dissiperont la nuit sur les bords étrangers.« Allez porter la croix sur la rive lointaine \u201c Qui vient de s\u2019élever sur les mers d'Occident ; « De l\u2019empire du monde elle est la souveraine, « Qu\u2019à ses pieds se prosterne un nouveau continent ! \u201c Loin de vous ces projets de grandeur chimérique \u201c Et ce rêve de l\u2019or, le tourment des humains: « Descendants des croisés, allez en Amérique, \u201c Avec une âme pure, avec de blanches mains ; «\u201c Annoncez de Jésus la divine parole, \u201c Et soyez comme lui des messagers d\u2019amour ; « Devant vous, de Satan se brisera l\u2019idole, \u201c Et le règne du Christ enfin aura son jour!\u201d Ainsi parla longtemps le pasteur vénérable.Mais l\u2019heure du départ va bientôt retentir: Déjà l\u2019ancre esl levée, et le vent favorable Enfle la voile blanche : a bord! il faut partir, À quelques jours de là, comme des hirondelles Qui rasent en volant la surface des eaux, - Les trois voiles glissaient, comme trois sœurs jumelles, Sur des flots jusqu\u2019alors ignorés des vaisseaux.A.B.ROUTHIER, | | 4e Char.\u2014LA PREMIÈRE MAISON CONSTRUITE EN CANADA.\u2014(Confié à la paroisse Saint-Henri.) | MON FOYER.Du foyer je suis le monarque Les chenels bornent mes Etats; Moi seul je dirige la barque.Est-il de pareils potentats ?_ Sans aucune ambition vaine, :omme le doux roi d\u2019Yvetot, J'ai sous les yeux tout mon domaine, Deux fois plus grand que mon sabot. CHAMPLAIN 99 J'ai pour ministres les pincettes, Ma pelle de fer, mon soufilet : Et pour soldats les allumettes Au turban rouge ou violet.~~ Mes courriers sont les étincelles.Je ne puis contenir leur feu, Pour l'élan ce sont des modèles ; Mais, hélas ! que ça dure peu ! Mon océan, c\u2019est ma bouillotte.Ses ondes en sécurité Dans leurs vapeurs bercent ma flotte, Ma flotte.de feuilles de thé.> Ma potence est la crémaillère Menaçante et montrant les dents ; Mais, bon prince, je n\u2019y pends guère Que la marmite aux larges flancs.La bûche, qui se tord dans P\u2019âtre, Me chante des airs langoureux De sa langue de gaz bleuâtre, Qui lèche le pourtour ligneux.C\u2019est mon opéra.Nul vacarme De sons plus ou moins assortis ; Malgré tout j\u2019y trouve du charme, Presque autant qu\u2019aux voix des Pattis.L\u2019intrépide et fier Alexandre Mit en pièces vingt nations ; Bien moins dévastateur, en cendre Je ne réduis que mes tisons.{ NARZALLE JOBERT.5e Char.\u2014CHAMPLAIN.\u2014{Confié à la paroisse Sainte-Brigide.) Ce char rappellera la fondation de Québec.Ce sera une forteresse ambulante.e CHAMPLAIN.Les passages suivants extraits du magnifique discours prononcé par S.G.Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, à la grande fète de Québec (24 juin 1880), sont, croyons-nous, le plus bel éloge de l\u2019immortel Champlain.Parlant de la vocation du peuple canadien, le brillant orateur, après avoir payé à Christophe Colomb et à Cartier un éloquent tribut de reconnaissance, s'exprime amsi : , 100 CHAMPLAIN « Mais comment ce peuple nouveau réalisera-t-il, sous une forme sociale, l\u2019alliance avec Dieu ?\u201c Le Seigneur qui donne à qui il veut son esprit de prévoyance et de sag»sse, choisit un homme dont le cœur est ouvert aux grandes découvertes et aux entreprises hardies.La Saintonge est Ja patrie de ce sage, de ce héros, de ce chrétien, digne de ce nom \u2018glorieux.Ame ardente et pleine de foi, noble cœur prompt à d'exécution des entreprises les plus difficites, à quelle œuvre, dans le domaine de l\u2019histoire de la découverte de l\u2019Amérique, son nom ne se trouve-t-il pas mêlé ?\u201c Pour s'exercer aux grandes choses qui doivent immortaliser son nom, il visite les îles Canaries, la Guadeloupe, Saint-Domingue et Cuba ; 11 pénètre jusqu\u2019à la capitale du Mexique et Portobello, alors le grand entrepôt de l'Amérique du Sud et de l\u2019Amérique centrale.C'est à Portobello que l\u2019illustre navigateur conçoit l\u2019idée de relier par un canal l\u2019Océan Atlantique et l\u2019Océan Pacitique._ \u201cSon projet de faire de la côte de l'Atlantique la base de la puissance française dans le Nouveau-Monde ; dl\u2019opinion émise à la fin du seizième siècle de percer l\u2019Isthme de Panama, vous disent assez l'intelligence de ses observations, la largeur de ses vues, l'audace de ses entreprises.\u2018\u201c Jetant sur I'avenir un regard de prophétique sagesse, confiant dans le secours d\u2019en haut, il décide M.de Monts \u201c Je saller loger \u201c dans le fleuve Saint-Laurent, à cent trente lieues de son embou- \u201c chure.\u201d C\u2019est là, au cœur du pays qu'il veut créer une France nouvelle.\u201c Heureux celui qui, au début d\u2019un si grand ouvrage, suit la droiture de son cœur! Ileureux celui qui, \u201c metiant le salut d\u2019une âme au-dessus de la conquête d'un empire,\u201d proclame hautement \u201c\u201c que les rois ne doivent désirer étendre leur domination sur les peuples idolâtres que pour les soumettre à Jésus-Christ.\u201d © \u201cQuel est donc le nom de cet homme de g°nie qui apparait au berceau de la colonie française, dont l\u2019œuvre, forte et durable, resplendit de la gloire la plus pure?Son nom s'échappe de toutes vos lèvres, il est gravé dans vos cœurs reconnaissants.Nommer Samuel de Champlain, c\u2019est nommer la foi, le courage, le zèle, la sagesse : c'est nommer le père de notre pays, le fondateur de Québec, le plus grand homme d\u2019état de notre patrie, \u2018\u201c Suivez, par la pensée, le noble Champlain, explorant et étudiant tout le vasle pays dont il veut enrichir le.royaume de France ; voyez avec quel coup d\u2019œil sûr il fixe le chef-lieu de sa colonie naissante sur la pointe de Québec, \u201c sur ce superbe promontoire, au bord d\u2019un fleuve majestueux et profond, au milieu des principales tribus de la grande famille algonquine ! \u201d\u2019 \u201c Contre l'ennemi commun, le féroce Iroquois, il fait alliance avec les principales nations qui habitent les environs de Québec, Jes terres de l\u2019Acadie, les bassins du Saguenay et du Saint-Maurice, les rives de l'Ollawa et du lac Huron; il explore les pays de l'Ouest, et trente ans avant l'arrivée de M.de Maisonneuve il désigne lé site de la florissante ville dé Moniréal.[ im 4 gle 1: qu | ja | des pi pr Di i ler (2 gas J - 7 ; i 0 i { iN hat So dor ia Dot Jos Ve (i qe M.DE MAISONNEUVE 101 « Homme de guerre, Champlain commande 'armée de ges alliés, livre bataille aux Iroquois, non pour leur imposer la loi de l\u2019Evan- gile, mais pour assurer aux nations amies le droit et la liberté de recevoir le baptême.Sur le champ de bataille du lac Champlain, il affermit, il scelle de nouveau, en présence des tribus alliées, I'alliance de la religion et de la patrie.« Chrétien, comme Charlemagne et saint Louis, il veut que la religion occupe dans la nouvelle patrie la première place, parce que seule, par son influence salutaire elle peut donner à un peuple naissant des assises durables.Dès 1615, il amène avec lui les premiers missionnaires: les pères récollets Denis Jamay, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron, et le frère Pacifique Duplessis.« Quittez votre belle patrie, premiers apôtres du Canada ; venez prêcher l\u2019Evangile et éclairer les peuples qui marchent dans les ténèbres de ia nuit ; venez par le Saint Sacrifice, faire couler sur ce sol, encore infidèle, le sang de la Sainte Victime.En tête s\u2019avancent les humbles disciples de saint François d\u2019Assise et à leur suite les généreux enfants de Loyola.« Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de ceux qui \u201c annoncent la paix! O Sion! on entendra la voix de tes senti- « nelles elles s\u2019écrieront toutes ensemble, elles éclateront en canti- « ques de louanges, parce qu\u2019elles verront de leurs yeux le moment \u201c où le Seigneur convertira Sion.O déserts! retentissez d\u2019allé- « gresse; tous ensemble éclatez en cantignes de louanges: le « Seigneur a racheté son peuple par la force de son bras.\u201d(/saîe, LIT) Vous le voyez, les premières pages de notre histoire proclament hautement que la mission du peuple canadien-frangais est l\u2019extension du règne de Dieu et la conversion des nations sauvages qui dormaient dans la nuit de l\u2019intidélité.\u201cCe grand fait est lumineux comme le soleil qui embrase et illumine de ses rayons la ville de Québec.Dès le berceau de notre patrie, l\u2019action de Dieu apparaît éclatante et admirable, et les efforts de l\u2019enfer pour détruire l\u2019œuvre de Dieu en feront mieux comprendre la merveilleuse grandeur.« La religion préside à l\u2019œuvre, la bénit, la dirige par la foi de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain, par le zèle de ses missionnaires, par la pureté des vierges, par le dévouement héroïque de ses enfants.La voie est préparée à celui qui vient au nom du Seigneur pour consacrer et consolider l\u2019œuvre commencée : .« Benediclus qui venil in nomine Domini.\u201d 6° Char.\u2014 MAISONNEUVE.\u2014(Confié à la paroisse Saint-Vincent-de- Paul.) Magnifique apothéose de l\u2019illustre fondateur de Montréal.M pe MAISONNEUVE ET LA FONDATION DE MONTRÉAL.Nous lisons dans la Vie de Mile Mance que le pieux M.de la Dau- versière, prévenu de faveurs divines toutes particulieres, cougul le 102 M.DE MAISONNEUVE dessein de l\u2019établissement de Montréal des Farmée 1631.Aprés avoir fondé à la Flèche la confrérie de la Sainte-Famille, noyau de l'institut des hospitalières de Ssint-J oseph, établi par lui plus tard, et qui devait avoir une si grande infiuence sur l\u2019avenir de la nouvelle colonie, il communiqua son projet au P.Chauveau, son directeur, qui l\u2019encouragea et lui dit de s\u2019en ouvrir au baron de Fan- camp, gentilhomme d\u2019une grande vertu, celui-ci, aussitôt que M.de la Dauversière lui eut fait part de ce dessein, s\u2019offrit avec joie et de grand cœur pour coopérer à cette œuvre.Après un voyage fait à Paris dans l\u2019intérêt de son entrepris?et \u2018durant lequel, étant à Notre-Dame, il eut une vision de la sainte Famille où il reçut de merveilleuses lumières, M.de la Dauversière se rendit à Meudon, là il fit cette rencontre de M.Olier marquée par des circonstances qu\u2019il regarda comme miraculeuses.\u201c Alors ces deux grands serviteurs de Dieu, qui ne se connaissaient par aucune voie naturelle, qui ne s\u2019étaient jhmais vus et n'avaient point oui parler I'un de l\u2019autre, pousses par une sorte d'inspiration coururent s\u2019embrasser comme deux amis qui se retrouveraient après une longue séparation.\u201c Ils se yetèrent au cou l\u2019un de l\u2019autre, dit M.de Bretonvilliers, avec des tendresses et une cordialité si grandes, qu\u2019il leur semblait n'être qu\u2019un même cœur.\u201d Ils se saluèrent mutuellement par leur nom, ainsi que Nous le lisons de saint Paul et de saint Antoine.M.Olier f=lici'a M.de la Dauversière du sujet de son voyage, et lui mettaut entre les mains un rouleau d\u2019environ cent louis d\u2019or, lui dit ces paroles : \u201c Monsieur, je veux être de la partie.Je sais votre dessein, je vais le recommander à Dieu au saint autel.\u201d Il célébra ensuite: à sainte messe, où communia M.de la Dan versière ; et après leur action de grâces ils se retirèrent dans le parc du château, où ils: s'entretinrent durant trois heures des desseins qu\u2019ils avaient formés: l\u2019un et l\u2019autre pour procurer la gloire de Dieu dans Pile de Montréal.Ils parlèrent de cette île comme s\u2019ils y eussent demeuré plusieurs années ; car tous deux avaient reçu de Dieu les memes.vues et se proposaient d\u2019employer les mêmes moyens.\u201d (1) Leur confiance dans la réussite du projet était telle que quoiqu\u2019ils n\u2019eussent aucun droit dans l\u2019île de Montréal, il envoyèrent à Québec dès 1640, de concert avec M.de Fancamp, un chargement de provisions, denrées et outils, destinés à la future colonie.Peu après, M.Olier forma une association sous le nom de Soci\u201cé de Notre-Dame de Montréal, composée, à l\u2019origine, d\u2019une dizaine de membres seulement, en y com prenant les promoteurs de l\u2019entreprise.Cette pieuse compagnie, dont le but était l\u2019intérêt de la religion et la propagation de la foi parmi les tribus barbares qui habitaient le Canada, résolut de faire le printemps suivant (1641) un premier embarquement de colons.Après avoir obtenu de M.de Lauzon, la cession de l\u2019ile de Montréal, les associés ne songèrent plus qu\u2019à trouver un chef digne et d\u2019une valeur éprouvée pour conduire à bonne fin l\u2019œuvre naissante.(1) Vie de MIle Mance et histoire de D Hôtel-Dieu de Villemarie.Villemarie 1854, dairod, p.xxx, ° M.DE MAISONNEUVE 103 « Ce fut alors que M, de la Dauversière fit la rencontre de l\u2019homme destiné pour être à la tête de la nouvelle colonie : c'était Paul de Chaumedey, sieur de Maisonneuve, gentilhomme champenois, exercé de longue main au métier des armes, et doué de toutes les qualités les plus propres à former un gouverneur de place accompli.Dès l\u2019âge de treize ans il avait donné les premières preuves de son courage, dans la guerre de Hollande ; et 11 avait su conserver son cœur pur parmi les hérétiques et les libertins au milieu desquels il vivait.Dans une profession aussi dissipante que l\u2019est celle des armes, la crainte de Dieu le tint toujours éloigné des compagnies qui auraient pu être funestes à sa vertu ; et il apprit à piacer du luth, afin de pouvoir demeurer seul lorsqu'il ne trouvait pas de société qui pût lui être profitable.Enfin le désir de demeurer toujours fidèle à Dieu, et de fuir les écueils si nombreux qu'un jeune militaire rencontre dans le monde lui inspira la pensée d\u2019aller servir Dieu dans sa profession, en quelque pays très éloigné où il tût à l\u2019abri de toutes les occasions de péché.Un jour, étant à Paris chez un avocat de ses amis, tout occupé de ces pensées, il met Ja main sur un livre qu'il trouve là par hasard.C\u2019éait une des Relations du Canada que les pères jésuites publiaient tous les ans, Il y voit qu\u2019il était parlé du P.Lallemant, revenu depuis quelque temps à Paris.Il pense en lui-même qu\u2019il trouverait peut-être en Canada quelque emploi où il pût s\u2019occuper selon sa profession, et servir Dieu dans une entière séparation du monde.Lä-dessus il Va se présenter à ce père, et lui ouvre entièrement son cœur.\u201d (1) Dans le même temps, M.de la Dauversière étant allé trouver le P.Ch.Lallemant lui faisait part de l\u2019embarras des associés concernant l\u2019homme que l\u2019ôn devait charger de la conduite de l\u2019entreprise, le père lui dit : \u201c Je sais un brave gentilhomme champenois, nommé M.de Maisonneuve, lequel serait bien, peut-être, votre fait et commission.\u201d \u2018 Comprenant le désir qu'il avait de le connaitre, il lui indiqua l\u2019auberge où logeait M.de Maisonneuve, afin qu\u2019il pût le sonder avant de lui faire aucune proposition.Dans cette vue, M.de la Dauversière va se loger dans la même auberge, comme s\u2019il n\u2019eût eu d\u2019autre dessein que d\u2019y avoir un gîte et d\u2019y prendre ses repas.Sachant que M.de Maisonneuve était là présent dans la compagnie, il se met à parler de l\u2019affaire de Montréai qui était sur le tapis, afin de lui donner lieu d\u2019entrer lui-même en conversation sur cette matière.Ce moyen eut tout le succès qu\u2019il en attendait.M.de Maisonneuve ne se contente pas de lui adresser plus de questions que ne lui en font tous les autres ensemble il va le trouver ensuite en particulier, lui fait part du désir qu\u2019il a de s'éloigner des occasions de dissipation, pour servir Dieu plus parfaitement, et s'offre à lui s\u2019il le juge utile à ce dessein.\u201c Je n'ai ajouta-t-il, aucune vue d\u2019intérêt : Je puis par mon revenu me suffire à moi-même ; et j\u2019emploierai de grand cœur ma bourse et ma vie, dans cette noble entreprise, sans ambitionner d\u2019autre honneur que d\u2019y servir Dieu et le roi dans la profsssion des armes.\u201d Il serait (1) Vie de Mlle Mance et histoire de P Hôtel-Dieu de Villemaris.Vilemarie 1854, Introd.p.XXXVI, 104 M.DE MAISONNEUVE difficile d\u2019exprimer la joie et la reconnaissance dont fut pénétré M.de la Dauversière en entendant ce discours, Il reçut M.de Maison- neuve comme un présent que la divine Providence faisait à la compagnie, et comme un gage assuré du succès.Les associés ne rendirent pas de moins vives actions de grâces à Dieu, qui venait ainsi à leur aide dans leur plus pressant besoin, et leur satisfaction sembla n\u2019avoir plus de bornes \u2018lorsqu\u2019ils eurent connu par eux- mêmes la vertu, le caractère, le mérite, et toutes les belles qualités de M.de Maisonneuve.| \u201c Un bienfait de la Providence si inespéré leur montrant visiblement que Dieu était vraiment l\u2019auteur de leur entreprise, ils ne songèrent plus qu\u2019à faire une levée d\u2019hommes forts et vigoureux pour les envoyer en Canada, au printemps de l\u2019année suivante, 1641.\u201d (1) 1 Les associés, en vertu du pouvoir que leur avait donné le roi, ayant nommé M de Maisonneuve, gouverneur de Montréal, ce dernier après avoir terminé ses préparati's, quitta en effet La Rochell+ pour le Canada au printemps de 1641, il arriva à Québec le 20 aoûl.Un certain nombre de ses gens partis de Dieppe quelques semaines avant, et Mlle Mance, qui s\u2019éiait embarquée en même temps que lui, mais sur Un autre navire dont la traversée avait élé beaucoup plus heureuse,étaient déjà dans cette ville.Là, plusieurs personnes haut placées voyant avec envie l\u2019établissement -d\u2019une colonie indépendante de leur autorité, firent à M.de Maisonneuve un accueil assez peu sympathique, elles réussirent miême à faire entrer M.de Montmagny, gouverneur de la N ouvelle-France, dans leurs vues.Celui-ct essaya de dissuader M.de Maisonneuve de son entreprise en lui représentant les dangers auxquels lui et ses hommes allaient être -exposés et le peu de défense qu\u2019ils pourraient opposer à la férocité toujours croissante des Iroquois ; que d\u2019ailleurs, la saison était trop avancée pour songer à se rendre à Montréal cette année-là, il lui offrit même, pour l\u2019établissement de sa colonie, l\u2019ile d\u2019Orléans.| M.de Maisonneuve ne se laissa pas intimider, il répondit à M.de Montmagny que la compagnie qui l\u2019envoyait avait déterminé qu'il devait se rendre à Montréal, et qu\u2019il était de son honneur d\u2019y aller pour y commencer sa colonie, dussent tous les arbres de celle ile se changer en autant d\u2019Iroquois.Que puisque la saison était trop avancée, il se contenterait, pour cette année-là, d\u2019aller reconnaître le poste avec ses meilleurs hommes afin de voir où il pourrait se fixer le printemps suivant.M.de Montmagny gagné par tant de loyauté ne s\u2019opposa plus à ce dessein, il voulut mème accompagner M.de Maisonneuve dans ce voyage de reconnaissance, tous deux partirent de Québec au commencement d'octobre et ils arrivèrent à Montréal le 14 du même mois.Le lendemain ils prirent possession de l\u2019île au nom de la Société ; ces formalités remplies iis fixèrent le lieu le plus convenable pour l\u2019habitation des colons l\u2019année suivante et retournèrent à Québec.| (1) Vie de Mile Mance et histoire de IP Hétel-Diew de Villemarie.Villemarie 1854, (ntrod.p.Xxxviu, TEE =\" SN > DÉVOUEMENT DE DOLLARD 105 M.de Maisonneuve et ceux qui l\u2019accompagnaient reçurent durant l\u2019hiver, l\u2019hospitalité de M.de Puizeaux, riche particulier, qui, instruit des pieux sentiments dont les associés de Montréal étaient animés, voulut se joindre à la compagnie et offrit à M.d+ Maisonneuve les deux belles maisons qu\u2019il possèdait à Sainte- Foye, ainsi que ses meubles et ses bestiaux pour son usage et celui de ses colons.M.de Maisonneuve accepta sous la réserve d'une ratification de ces arrangements par la Société de Montréal.L'hiver se passa en travaux de toutes sortes pour l\u2019installation de la colonie.Enfin le 8 mai 1642 la petite flotte de M.de Maisonneuve mit à la voile pour Montréal où elle arriva le 18.On débarqua à Peadroit connu sous le nom de Pointe-à-Callières.En mettant pied à terre M.de Maisonneuve et ses colons se jetèrent à genoux et rendirent à Dieu des actions de grâces pour l\u2019heureuse issue de leur voyage, Mlle Mance et Mme de la Peltrie préparèrent un autel et le P.Vimond, supérieur des Jésuites, célébra la première messe qui fut jamais dite sur l\u2019ile; le saint sacrement resia exposé tout le jour.La colonie fit de rapides progrès malgré les attaques qu\u2019elle eut à subir de la part des Iroquois, M.de Maisonneuve retourna en France en 1653 et amena à Montréal de nombreux colons.Durant tout le temps de son gouvernement il donna Pexemple de la plus grande fermelé unie a la douceur et à la justice.Telle est, en peu de mots, l\u2019origine de I'établissement de Montréal et la part glorieuse qui revient à M.de Maisonneuve.\u2014 SESEt\u2014 7e Char.\u2014DOLLARD ET SES COMPAGNONS.\u2014(Confié à la paroisse du Côleau-Saint-Louis.) DÉVOUEMENT DE DOLLARD ET DE SES COMPAGNONS.\u201c Au printemps de 1660, les Iroquois firent contre le Canada le plus grand effort dont ils fussent capables.Leur plan était de surprendre et de détruire Québec d\u2019abord, puis d\u2019achever la ruine de la domination française en se rabattant sur les Trois-Rivières et Montréal.Douze cents guerriers devaient marcher ensemble pour exécuter ce grand projet.La nouvelle d\u2019une invasion aussi formidable jeta le Canada dans l\u2019effroi et la consternation parce qu\u2019on manquait de soldats pour se défendre.Heureusement l\u2019héroïsme de Dollard sauva la colonie.C\u2019était un jeune homme, plein de bravoure, el qui n\u2019avait quitté la France que dans le dessein de se distinguer par de nobles exploits.Seize autres jeunes gens de Montréal s\u2019unirent à lui, décidés à mourir pour le salut de leurs frères.Ils se préparèrent à la mort.Chacun fit son testament ; tous se confessèrent, communièrent et promirent, au pied des autels, de combattre et de mourir ensemble.Six Algonquins et trente Hurons commandés par le brave Anahotaha, obtinrent la permission de partager leurs périls et leur gloire.Vers la fn , 106 LES DÉCOUVREURS CANADIENS d\u2019avril, les dix-sept héros de Montréal, dirent un éternel adieu à leurs parents et à leurs amis, et marchèrent à la rencontre de l\u2019armée iroquoise.Ils remontèrent l\u2019Outaouais, et s\u2019arrétèrent au-dessous du saut de la Chaudière, dans un petit fort de pieux.C\u2019est là qu\u2019ils périrent pour sauver leur pays.Deux cents Onnontagués les attaquèrent, et, pendant sept jours, ils s\u2019épuisèrent en efforts inutiles pour forcer la faible enceinte palissadée.Mais cinq cents autres Iroquois arrivèrent à leur secours.Dès lors la lutte fut d\u2019un acharnement extrême.Malgré le froid, la.soif, l\u2019insomnie, la lassitude, les Français opposaient un courage indomptable aux assauts répétés nuit et jour.Les ennemis, à demi découragés, étaient sur le point de lever le siège lorsque la désertion d\u2019une trentaine de Hurons vint leur rendre courage, et le fort fut em- vorté par un suprême effort.Anahotaha trouva une lin digne de lui.Invité à se rendre par un de ses parents passé à l\u2019ennemi : \u201c J'ai donné ma parole aux Français, répondit le chef barbare, je mourrai avec eux ;\u201d et il mourut.La lutte avait duré dix jours ; lous les Francais étaient tombés ; mais leur mort sauvait la patrie.\u2019 L'abbé L.O.GAUTHIER.(Hist.du Canada) 8¢ Char.\u2014LES DECOUVREURS CANADIENS.\u2014(Confié à la paroisse Saint-Jean-Bapliste.) On y verra des personnages représentant les célèbres pionniers canadiens, à leur tète Lassalle, Eberville, la Vérendrye et autres.Les DÉCOUVREURS CANADIENS-FRANÇAIS.Nous empruntons au magnifique ouvrage de M.Joseph Tassé, les Canadiens de l\u2019Ouest, les lignes suivantes extraites de l\u2019Iniro- duclion : « Les Canadiens-Français ont été les pionniers de ce continent.Les premiers ils l\u2019ont parcouru en tous sens alors qu\u2019il n\u2019était qu\u2019une immense solitude, encore dans sa primitive et sauvage beauté.| i Les premiers ils ont pénétré dans les régions glacées du pôle ; les premiers ils ont traversé les Montagnes-Rocheuses ; les premiers ils ont foulé les sables du désert américain et les plaines fertiles qui bordent le golfe du Mexique : leur esprit d\u2019aventures les a portés si loin, qu\u2019il n\u2019est peut-être pas un ravin de l\u2019Ouest qui n\u2019ait été visité par ces explorateurs intrépides.- Les premiers parmi les hommes civilisés ils ont donné des noms aux lacs, aux fleuves, aux montagnes et aux différents lieux qu\u2019ils ont visités, baptisant ainsi une vaste portion du continent ; et ces noms, quoique parfois on leur en ait substitué d\u2019autres moins appropriés, rappelleront toujours que cette terre d\u2019Amérique fut tout d\u2019abord une terre française.: L'apparition des Canadiens-Français dans l\u2019Ouest remonte à CF mi TR 8 £2) LES DÉCOUVREURS CANADIENS 107 plus de deux siècles, Quelques milliers de colons à peine étaient groupés sur les bords du Saint-Laurent, et déjà notre nom était connu et respecté jusqu\u2019aux confins de la région des grands lacs.Nos missionnaires, emportés par une sainte ardeur, allaient évangéliser les infidèles, sous la hutte glacée de I Esquimau, comme sous la loge des habitants primitifs de l\u2019extrême Ouest, plantant le drapeau de la foi à côté de celui des fleurs de lys, et se conciliant l\u2019amitié des peuplades les plus farouches.Poussés par la passion de la gloire, nos découvreurs agrandissaient le royaume de la Nouvelle-France, en s\u2019emparant de vastes pays, aujourd\u2019hui les plus brillantes étoiles du drapeau américain, et le futur grenier du Canada.Nos soldats allaient dompter les peuplades qui ne voulaient pas reconnaitre le sceptre du Grand Roi, ou bien combattre lès Anglais, qui voyaient d\u2019un œil envieux l\u2019étendue des conquêtes de leur ennemi séculaire.D\u2019un autre côté, nos traiteurs et nos coureurs des bois, \u2014dont Nicolas Perrot, du Lhut et Nicollet sont les types les plus accom- plis\u2014attirés dans la solitude parl\u2019amour du gain ou des aventures, profitaient de leur influence sur les indigènes, pour raffermir le dévouement de ces derniers à la cause française.Des nobles même portèrent leur épée dans la forêt et y luissèrent des rejetons de leur race.Ainsi, parmi nos Métis de l\u2019extrême Nord, nous comptons encore des le Camarade de Mandeville, des de Saint-Georges, de Laporte, de Saint-Luc, de Chaumont-Racette, de Lépinais, de Charlais, ete, etc.Les Jésuites se sont particulièrement fait remarquer dans cette œuvre de civilisation chrétienne, et l\u2019écrivain américain Bancroft a pu dire avec raison, que l\u2019histoire de leurs travaux est liée à l\u2019origine de toutes les villes célèbres de l\u2019Amérique française, et qu\u2019on ne pouvait doubler un cap nouveau ni découvrir une rivière sans que l\u2019expédition n\u2019eût à sa tête un Jésuite.Les PP.Raimbault et Jogues s\u2019aventurèrent jusque sur les bords du lac Supérieur, dès 1641 ; ; le P.Allouez établit la mission de Chegoimegouan ou la Pointe, en 1665, et le célèbre P.Marquette fonda celle du Sault Sainte-Marie trois ans plus tard.En 1673, ce dernier découvrait avec Louis Joliet le fleuve Mississipi, puis La Salle complétait leur tâche hardie en donnant à la France ce beau pays de la Louisiane, qu'elle n\u2019a pas su mieux conserver que ses autres possessions américaines.Ces immortelles découvertes accomplies, la France comprenant d\u2019abord l\u2019importance des contrees dont elle venait de s'emparer, jetait les bases de plusieurs forts, destinés à former une chaine de communication entre les deux extrémités de ce nouvel empire, la Louisiane et la Nouvelle-Krance.Le poste de Détroit fut établi le premier, en 1685; la ville ne fut réellement fondée par M.de Lamothe-Cadillac qu\u2019en 1701 ; puis vinrent le fort de Miamis, le fort Saint-Joseph, Chicago, le fort Crèvecœur sur l\u2019Illinois, le fort de Chartres sur le Mississipi, le fort Presqu\u2019ile, le fort Machault, le fort de la rivière aux Bœufs, le 108 LES DECOUVREURS CANADIENS fort Duquesne sur Ohio, Michillimakinac, la baie des Puants et quelques autres Ces postes comme tous les autres établissements français, au reste, avaient été admirablement choisis au point de vue commercial et militaire, et sur leurs ruines s\u2019élèvent aujourd'hui queliues- unes des plus florissantes villes des Etats-Unis, entre autres, Suint Louis, Chicago, Détroit, Pittsburgh et Péoria.Le génie de nos explorateurs s\u2019était porté bien plus au nord encore, Dès 1656, Jean Bourdon avait pénétré au fond de la baie d\u2019Hudson et pris possession de ses rivages au nom de Louis XIV.Cet acte souleva des réclamations de la part des Anglais, qui prétendaient avoir des droits antérieurs sur cette baie, et il s\u2019en suivit des luttes acharnées, pour la suprématie des deux nations, dans cette contrée reculée du Nouveau-Monde.Ces combats sont me- morables à juste titre, n\u2019auraient-ils à nous rappeler que les deux glorieuses expéditions organisées par d\u2019Iberville\u2014le Jran Bart canadien\u2014contre les Anglais, et qui furent couronnées d\u2019un éclatant succès.Ces découvertes ne suffisaient pas pourtant à l\u2019ambition dévorante de nos explorateurs.Il leur tardait de soulever le voile qui enveloppait encore une vaste partie du continent, el (\u2019atteinilre les bords de l\u2019Océan Pacifique, pour contempler enfin cette mer de l'Ouest, cette mer Vermeille, qu\u2019ils ne pouvaient entrevoir qu'en imagination, et qui devait leur ouvrir les portes des Indes et de la Chine.Pierre Gauthier de Varennes, sieur de la Vérendrye, se chargea de cette difficile entreprise, avec quatre de ses fils, un neveu, M.de la Jemmerays, et le P.Jésuite Messager.Il leur fallait pénétrer à travers (les pays inconnus, habités par des peuplades redoutables, où ils seraient exposés à mille hasards : à périr par la faim, par le froid, dans les rapides des rivières, \u2014qu\u2019il leur faudrait descendre dans de frêles pirogues,\u2014sinon par la flèche du sauvage.Nim- porte, il y allait de l\u2019intérêt de la France et de leur gloire : c'était assez pour stimuler leur zèle et leur faire braver tous les périls.Dans deux voyages au Nord-Ouest, M.de la Vérendrye découvrit toute la région entre les Montagnes-Rocheuses et les lacs Supérieur et Winnipeg.ainsi que le haut Missouri.En 1748, il avait att-int la grande vallée de la Saskatchouan, qu'il appelle Poskoiac.Ce fut aussi à cette époque que furent découverts les lacs Ouini- pigon, Manitoba, Dauphin, Bourbon et Travere, et que furent établis les forts du Grand-Rapide, Du Pas, de Nippéouing et de la Corne.\u201c Ces expéditions furent fatales à deux des fils de M.de la Véren- drye, à son neveu et au P.Arnaud ; elles valurent à M.de la Ve- rendrye lui-même plusieurs graves blagsures, l\u2019accablèrent de dettes ainsi que sa famille, sans être suffisamment appréciées par les autorités françaises.De nos jours encore elles sont fort me- connues, et si les noms des découvreurs du Mississipi sont entourés à juste titre de l\u2019auréole de la gloire, on laisse trop dans l\u2019ombre les Varennes de la Vérendrye, qui méritent tout autant Sm pil di Jie el + += = LEVIS 109 qu\u2019eux Padmiration de Ja postérité.On n\u2019a pas même songé à rattacher leur souvenir à quelque poste important de l'Ouest, dans un temps, où bien des noms obscurs sont donnés aux localités des contrées, dont ils furent les premiers et hardis explorateurs.Quand saura-t-on réparer cet acte d\u2019ingratitude nationale ?\u201c La France possédait alors pr-sque toute l\u2019Amérique du Nord Ses domaines couvraient une superficie de plus de trois cent mille lieues carrées, s\u2019étendant d\u2019un océan à l\u2019autre, et de la baie d\u2019Hudson au golfe du Mexique.Ils étaient sitlornés par plusieurs des plus grands fleuves du monde : le Mississipi, le Missouri, l\u2019Ohio, le Saint-Laurent, et baignés par des lacs d\u2019une immense étendue, tels que les lacs Erie, Ontario, Huron, Michigan et Supérieur.\u201c 8i I'on ajoute que cette contrée est doues des ressources naturelles les plus diverses, et qu\u2019elle est déjà habitée par une population de plusieurs milliers d'âmes, on peut imaginer la perte incalculable que fit notre ancienne mère-patrie en ne prenant pas les moyens de conserver ces quelques arpents de neige, dans lesquels elle aurait pu se tailler un empire d\u2019une inépuisable richesse, une France d\u2019outre-mer, qui eût perpélué ses traditions et imprim® le sceau de son génie sur ce continent.\u201d 9° Char.\u2014LÉvis.\u2014(Confié à la paroisse de la Côte-Saint-Paul.) Le brave général est représenté au moment où, indigné du refus par le géneral Amherst, des honneurs de la guerre pour les troupes françaises, il veut, retiré sur l\u2019ile Sainte-Hélène, se défendre jusqu\u2019à la mort; empêché par M.de Vaudreuil, il brise son épée et brûle ses drapeaux plutôt que de les rendre aux Anglais.LEVIS.(1) Le marquis de Montcalm, désigné pour remplacer en Amérique le baron Dieskau, tombé entre les mains des Anglais, partit de Brest dans les premiers jours d\u2019avril de l\u2019année 1756 et arriva à Québec le 13 mai suivant; il était accompagné de plusieurs officiers de distinction, au nombre desquels se trouvait le chevalier François de Lévis, brigadier général, depuis duc et maréchal de France.¢¢ C\u2019était, dit Montcalm daus son rapport, un très habile homme, d\u2019un ton très militaire et qui sait prendre un parti; il est infatigable, courageux et d\u2019une bonne routine militaire.\u201d\u201d Le chevalier de Lévis \u2018était, par commission royale, chargé de remplacer Montcalm en cas de mort.En arrivant en Canada, Montcalm ne perdit pas de temps, il visita d\u2019abord ses troupes, sur différents points, afin de voir à l\u2019organisation générale et à la discipline.(1) Ces notes ont été puisées en partie dans l\u2019ouvrage du P.Martin.De Montcalm es Canada.Touraai, 1867. 110 | LEVIS Le mauvais état dans lequel se trouvait alors le camp de Carillon, poste qui paraissait le plus menacé, occupa ensuite l'attention du général qui y fit faire d\u2019importantes améliorations.M.de Vaudreuil, gouverneur du pays, afin de diviser les forces des Anglais, avait résolu de faire une attaque sur Chouaguen ou Oswego, fort menaçant, construit par les Anglais, en temps de paix et malgré les protestations de la cour de France, sur le territoire des Iroquois.Montcalm envoya done M.de Lévis, avec 3,000 hommes, à Carillon ; il s\u2019y rendit lui-même peu après il fit avec le chevalier deux longues courses dans les bois et les montagnes des environs, afin de reconnaître cette contrée, et laissa à son compagnon le soin de pousser plus ayant et d'étudier le chemin du fort Georges et celui ui conduisait au pays des Agniers.Pendant trois jours entiers, M.de Lévis, bivouaquant dans les bois, parcourut tous ces endroits.« M.de Montcalm, écrivant au ministre de France, lui disait à ce sujet : \u2018 Je ne crois pas qu\u2019il y ait beaucoup d'officiers supérieurs en Europe qui soient dans le cas de faire de pareilles courses à pied.Je ne saurais, Monseigneur, vous dire trop de bien de lui.\u201d Après avoir donné ses ordres à M.de Lévis, le marquis de Montcalm laissa Carillon, descendit à Montréal pour recevoir les instructions de M.de Vaudreuil, et il se mit en route pour Choua guen ; le 14 août le fort capitulait, entraîuant pour l'Angletèrre \u201cune perte de quinze millions.Les hostilités furent alors suspendues de part et d'autre, et du côté des Français ainsi que de celui des Anglais, l'hiver de 1756- 57 s\u2019écoula en préparatifs pour la campagne suivante.; Le 29 juillet 1757 lors de l\u2019expédition contre le fort Georges, M.de Lévis fut envoyé avec l\u2019avant-garde composée de 2,800 hommes à la baie de Ganaouské, à quatre lieues de ce fort, lieu fixé pour le premier rendez vous, bientôt il fût suivi par le reste de l\u2019armée.On se dirigea vers la place et le 3 août l\u2019armée débarquait au lieu qui avait été choisi.La garnison anglaise se rendit six jours après.Ayant fait raser ce fort, Montcalm rentra à Carillon avec son armée, un Ze Deum fût chanté dans le camp - même.Il laissa un puissant détachement dans cette dernière place et, le 28 août, retourna à Montréal avec ses troupes.| À cette époque, la colonie, en proie aux dilapidations de Bigot et de ses créatures qui abusaient de la confiance et de la faiblesse de M.de Vaudreuil, était menacée d\u2019une affreuse disette ; déjà on ne payait plus les troupes en argent de France, mais en papier de la colonie.À ces maux vinrent se joindre les malades contagieuses qui firent beaucoup de victimes.La ration des troupes diminuée, en septembre, à Montréal, fût encore réduite dans le mois de décembre, et les soldats furent contraints de se nourrir de chair de cheval, ce qui excita des murmures et donna lieu à des actes d'in subordination.M.de Lévis, par ses paroles et la fermeté de son LÉVIS 111 attitude, sut maintenir dans le devoir ceux qui tentaient de s\u2019en écarter.Malgré l\u2019opposition de Montcalm, qui ne voulait pas diviser ses forces, de Lévis fut envoyé par M.de Vaudreuil, au printemps de 1758 avec un fort détachement, au milieu des cantons Iroquois afin de les rallier à la France.A cette époque le plan formidable d\u2019invasion du Canada, conçu par Pitt, avait mis sur pied, du côté de Carillon seulement, près de 8,000 hommes, auxquels se joignaient sans cesse de nouveaux renforts, sous les ordres d\u2019Aber- cromby.Montcalm, rendu dans le fort de Carillon depuis le 30 juin, voyant le peu de forces qu\u2019il avait à opposer aux Anglais, et reconnaissant la gravité de la situation, fit instruire le gouverneur général de cet état de choses, lui demandant des secours, et surtout le retour de l\u2019officier qui avait toute sa confiance, M.de Lévis.M.de Vaudreuil lui envoya 400 soldats et quelques Canadiens, lui promettant qu\u2019il en recevrait encore 1,200 et beaucoup de sauvages, il lui annonçait aussi que l\u2019expédition du chevalier de Lévis, contre les Iroquois, était contremandée et que cet officier lrait le rejoindre sans retard.En effet, il arriva le 8 juillet.On sait quel fut le résultat de cette glorieuse journée de Carillon où 3,800 hommes repoussèrent durant six heures les assauts répétés de l\u2019armée anglaise forte de 15,000 soldats, lui infligeant chaque fois des pertes énormes.Le brave chevalier de Lévis, qui commandait l'aile droite de l\u2019armée, avait sous lui les Canadiens, au nombre de 472.Durant l\u2019action, il fit, avec ces derniers, une sortie qui contribua pour une bonne part au succès du combat : il attaqua avec une telle impétuosité, dans cette sortie, la colonne ennemie qui faisait face à son retranchement, qu\u2019il la força d\u2019obliquer vers le centre et de faire resserrer ainsi les autres colonnes en masses compactes, au milieu desquelles la mousqueterie des Francais fit de terribles ravages.Après cette victoire, Montcalm, ayant le chevalier de Lévis avec lui, passa dans les rangs des soldats pour les féliciter et les remercier.Le 9 le général écrivit au gouverneur : \u201c\u2018 Les Canadiens nous ont fait regretter de n\u2019en avoir pas eu un plus grand nombre, M.le chevalier de Lévis s'en loue beaucoup.\u201d ¢8i cette journée, disait-il eucore, peut me procurer quelque gloire, je la partage avec MM.de Lévis et de Bourlamaque.\u201d roi, ayant appris ce \u2018brillant exploit, accorda de nombreuses récompenses.Le marquis de Vaudreuil eut la grande croix de Saint-Louis; le marquis de Montcalm fut fait lieutenant-général ; de Lévis, maréchal de camp : beaucoup d\u2019officiers obtinrent de l\u2019avancement et des gratifications.Cependant, malgré leurs échecs, les Anglais n\u2019en continuaient pas moins leurs préparatifs d\u2019invasion pour l\u2019anuée suivante, déjà ouisbourg et Frontenac étaient entre leurs mui.s.Le 24 mai 1759 une partie de la flotte anglaise était au Bic, a 60 lieues de Québec.En apprenant cette nouvelle, Montcalm fit venir immédiatement M.de Lévis de Montréal, avec les troupes 112 LÉVIS cantonnées dans les campagnes.Le 18 juin, la flotte anglaise, composée de 40 gros navires et d\u2019un grand nombre d'autres transports, paraissait devant Québec et s\u2019abritait en arrière de la Pointe- Lévis.| | Le 12 juillet le bombardement de Québec commença.Nous ne pouvons retracer ici les incidents de ce siége mémorable ; mentionnons seulement, à la gloire de Lévis, la brillante victoire du Saut Montmorency, où les assiégeauts perdirent 600 de leurs meilleurs soldats Peu après cette victoire, quoique Montcalm combattit cette mesure qui lé privait de son plus habile officier, de Lévis fût envoyé par le gouverneur pour surveiller la frontière du Sud qu\u2019on disait menacée par l'ennemi.Revenu à Montréal, il apprit la fatale nouvelle de la mort de Montcalm, et la défaite des troupes dans les Plaines d'Abraham, il se rendit incontinent à Québec pour prendre le commandement.Arrivé à Jacques-Cartier, il rencontra l\u2019armée qui retraitait, il blâma cette retraite et il dirigea de nouveau, à marches forcées, les troupes vers Québec ; croyant l\u2019ennemi encore devant la ville, il fit prévenir M.de Kamezay, qui y commandait, de persister encore quelques jours.Il arriva malheureusement trop tard, Ramezay avait capitulé le 18, la veille de l\u2019arrivée de Lévis.Celui-ci fut donc forcé de revenir sur ses pas et de disperser ses troupes pour l'hiver, après avoir fortifié quelques postes en haut de Québec.L'hiver était à peine écoulé, le fleuve chargé de glace n\u2019était presque pas pratiquable pour la navigation et déjà l\u2019infatigable général se remettait en campagne pour tenter de reprendre Québec.Îl arriva sur le plateau, devant la ville, le 28 avril 1760.Après avoir, par une tactique habile gagné sur Murray la victoire de Sainte-Foye, le général fit l\u2019investissement de la place, le 11 mai les premières batteries purent ouvrir le feu, le manque de munitions ne permettait pas de tirer plus de vingt coups par vingt-quatre heures pour chaque pièce, tandis que les assiégés répondaient par le feu biert nourri de soixante canons.Le 15 mai, deux vaisseaux anglais arrivèrent devant le port de Québec, ils étaient suivis d\u2019une dizaine d\u2019autres.De Lévis vit que sa position n\u2019était plus tenable ; pour ne pas s\u2019exposer à se voir coupé dans sa retraite, par l\u2019ennemi, il leva le siège dans la nuit du 16 et descendit à Montréal, déterminé à résister là, jusqu'à la fin.Les Anglais, commandés par Murray, rie tardèrent pas à se po.ter sur cette ville au nombre de 3,500.Déjà Amherst, venant du haut du fleuve, avait pénétré dans l\u2019île, à Lachine, à la tête de 18.500 hommes.La ville de Montréal, mal protégée, ne pouvait offrir qu\u2019une faible résistance, M.de Vaudreuil voyant cela, voulut se ménager une capitulation honorable.Presque tous les articles de cette capitulation furent accordés, Amherst refusa cepen- .\" Ki 0! He à de LA JOURNÉE DE CHATEAUGUAY.| 113 dant aux troupes les honneurs de la guerre, et aux Canadiens la neutralité.« Profondément blessé de ces refus, que de loyaux militaires né font jamais à la valeur, le général de Lévis voulut se retirer à l\u2019île Sainte-Hélène pour s\u2019y défendre jusqu\u2019à la mort; mais ayant reçu ordre de se soumettre, il brisa son épée plutôt que de la rendre.Puis il protesta par écrit contre le traitement fait à l\u2019armée et vou- lat rester étranger a la\u2019 capitulation.Les officiers suivirent son exemple et plusieurs régiments brûlèrent leurs drapeaux plutôt que de les voir servir au triomphe de leurs ennemis.\u2018¢ Le chevalier de Levis fut recu en France comme un homme qui avait bien mérité de la patrie.Par considération pour lui, le roi d'Angleterre leva la défense qui lui était faite de servir le reste de la guerre.Il fut fait lieutenant-général en 1761, gouverneur d'Artois en 1780, maréchal de France en 1783, duc en 1784, Il mourut en 1787, âgé de soixante-huit ans.\u201d \u2018Ç wl NEE Maro 10e Char.\u2014SALABERRY, LE HÉROS DE CHATEAUGUAY.\u2014(Confié à la paroisse Saint-Joseph.) Splendide char militaire rappelant ce glorieux fait d\u2019armes.LA JOURNÉE DE CHATEAUGUAY.L\u2019armée du Nord, commandée par Hampton, était restée immobile la plus grande partie de l\u2019été.En juillet, le colonel anglais Murray avait faitirruption, à la tête de mille hommes, jusque dans son voisinage.Parti de l\u2019Ile-aux-Noix sur une petite flottille, il était entré dans le lac Champlain, avait brûlé les casernes, les arsenaux et les édifices publics de Plattsburg, de Burlington, de Champlain, de Swanton, et était revenu sans accident.Au mois de septembre, Hampton voulut s\u2019ébranler, mais il fut arrêté sur la route d\u2019Acadie par le colonel de Salaberry, chargé de I'y attendre avec six cents hommes, Après plusieurs escarmouches, n \u2018osant risquer une action générale dans les bois, les Américains se\u2019 nor- tèrent à Four-Corners, vers la naissance de la rivière Chateauguay, où M.de Salaberry surprit leur camp dans une reconnaissance qu\u2019il fit avec deux cents voltigeurs et cent cinquante sauvages abénaquis, et le jeta un moment dans une confusion extréme.\u2019 Hampton se décida à agir plus sérieusement, afin d\u2019 opérer sa jonction avec le général Wilkinson, sur lé Saint-Laurent.Le chemin de la frontière au village d'Acadië avait été rendu impraticable par des \u2018abalis défensifs.Pour éviter ces obstacles et en mème temps se rapprocher davantage du corps auquel il devait se joindre, Hampton prit une autre route; il descendit le long du Châteauguay.Mais on avait prévu son \u2018Aessein ; cette route avait été embarrassée comme l\u2019autre, et un corps de troupes s\u2019y tenait prêt à s'opposer à la réunion des deux armées ennemies, Ala première nouvelle de leur marche, le général Prevost avait 114 LA JOURNÉE DE CHATEAUGUAY\" laissé le commandement des forces du Haut-Canada au baron de Rottenburg, et était redescendu à Montréal pour faire tête à l\u2019orage de ce côté.A son appel, une partie de la milice de ce district se réunit sous ses ordres à Caughnaouaga, et le reste se disposa à voler au secours des points menacés.Le 21 octobre, l\u2019avant-garde d\u2019Hamplon repoussa les postes avancés des Anglais sur la route de Piper, à dix lieues au-dessus de l\u2019église de Châteauguay.Aussitôt le major Henri, de la milice de Beauharnois, en fit informer le général Watteville, qui avait le commandement des troupes entre la frontière et Caughnaouaga ; et les capitaines Lévesque et Dcbartzch se porterent en avant avec leurs compagnies et deux cents miliciens de Beauharnois.Ces deux officiers furent rejoints, le lendemain matin, par le colouel Salaberry avec ses voltigeurs et une compagnie de milice.Sala- berry prit la direction de tous ces corps, et remonta la rive gauche du Châteauguay jusqu\u2019à la tête d\u2019un bois peu pénétrable ; il y avait en cet endroit une excellente position défensive, le terrain étant coupé de ravins profonds.Il y établit quatre lignes d\u2019abalis, les trois premières à deux cents verges l\u2019une de l\u2019autre, et la quatrième, à un demi-mille plus bas devant un gué.Toute la journée fut employée à fortifier ces lignes, dont la première avait la forme d\u2019un augle allongé, sur la droite de la route, et suivait les sinuosités d\u2019un ravin.Pour marcher sur cette position, l\u2019ennemi avait à traverser un pays inhabité et à s\u2019éloigner de ses vivres, tandis que les troupes chargées de la défendre étaient pourvues de tout ce qu\u2019il fallait, et se trouvaient fortement appuyées par le régiment de Watteville, qui occupait en deca de la forêt une seconds ligne de défense.La rive droite du Châteauguay était couverte d\u2019un bois épais.Il y fut mis un fort piquet pour defendre l\u2019approche du gué.Sala- berry fit ensuite détruire tous les ponts à une lieue et demie en amont, et renverser tous les arbres entre la rivière eu un marais situé au delà de la plaine qui était devant lui, afin d\u2019empêcher le passage de l\u2019artillerie dont il savait l\u2019ennemi pourvu.Les travaux exécutés permettaient de lutter contre des forces bien supérieures.On n\u2019avait que trois cents Canadiens et quelques Ecossais et sauvages à opposer sur ce point aux sept mille Américains qui arrivaient avec Hampton.Mais 13 colonel Salaberry était un officier expérimenté et doué d\u2019un courage à toute épreuve.Entré (très jeune dans l\u2019armée, il avait servi onze ans sous le général Prescott aux Antilles ; il avait assisté au fameux siège du fort Mathilde dans l\u2019ile de la Guadeloupe (1794) ; et quoiqu\u2019il fut à peine âgé de seize ans à cette époque, il avait été chargé de couvrir l\u2019évacuation de la place ; il avait commandé aussi avec distinction une compagnie de grenadiers dans l\u2019expédition de la Martinique en 1795.Dans celle de l\u2019ile de Walcheren, en Hollande (1809), il était aide-de-camp du général Rottenburg, et fut placé dans les postes avancés pendant toute la durée du siège de Flessingue.Revenu en Canada comme officier de l\u2019état-major de Rottenburg peu de temps avant lu guerre avec les Etats-Unis, il ea ni.Pret en en ld To ed - - LA JOURNEE DE CHATEAUGUAY.115 avait été choisi par sir George Prevost pour lever un corps de, voltigeurs canadiens, ce qu\u2019il avait fait avec un plein succès.Ce beau corps, organisé et discipliné en peu de temps, se signala par des succès constants sur l\u2019ennemi, qui excitèrent l\u2019émulation des autres milices.Le 26 octobre au matin, le général Hampton divisa son armée en deux corps.Le premier, composé de cavalerie et d'infanterie, se présenta dans la plaine pour attaquer de front la position des Canadiens sur la rive gauche de la rivière.Le second corps, formé de quinze cents hommes sous le colonel Purdy, fut chargé d'opérer par la rive droite, de manière à tourner cette position après avoir franchi le gué dont nous avons parlé tout à l\u2019heure.Deux compagnies de voltigeurs, commandées par les capitaines Duchesnay, une compagnie de fencibles canadiens, capitaine Ferguson, avec quelques miliciens et sauvages, défendaient le front de bataille de Salaberry, en avant des abatis, qui s\u2019appuyaient à la rivière.Trois autres compagnies, avec les Ecossais, se tenaient dans les ligues, derrière les abatis.Hampton poussa en avant une forte colonne d\u2019infanterie, à la tête de laquelle marchait un officier de haute stature, qui se détacha et cria en français aux voltigeurs : \u201cBraves Canadiens, rendezvous ; nous ne voulons.pas vous faire de mal!\u201d Pour réponse il recut un coup de fusil qui le coucha par terre.Ce fut le signal du combat.Les trompettes sonnèrent et la fusillade s\u2019engagea sur toute la ligne.Comme elie se prolongeait sans aucun résultat, le général américain changea ses dispositions pour essayer de percer la ligne anglaise par des charges vigoureuses.Il concentra ses forces et se mit à altaquer tantôt le centre des Canadiens, tantôt une aile et tantôt l\u2019autre.Partout repoussé, il quitia enfin le champ de bataille.Le bruit du combat avait attiré l\u2019attention de la division du colonel Purdy, qui était entrée dans le bois, de l\u2019autre côté de la rivière, et qui s\u2019y élait égarée.Aussitôt qu\u2019elle se fut reconnue, elle marcha aux détachements postés en avant du gué, et les fit reculer d\u2019abord devant la trop grande supériorité de son feu.C\u2019était au moment où la fusillade sur la rive nord avait presque cessé par la retraite d\u2019Hampton.Salaberry, voyant que l\u2019action à sa gauche devenait sérieuse, alla se mettre à la tête des troupes placées en potence le long de la rivière, et dirigea de la voix les mouvements de celles qui étaient au delà.Il fit faire dans le moment sur le flanc de la colonne ennemie nn feu si vif, qu\u2019il la contraignit de retraiter avec précipitation.Telle était l\u2019ardeur de ses gens, qu\u2019on vit des voltigeurs traverser la rivière à la nage sous Jes balles, pour aller forcer des Américains à se rendre prisonniers.Hampton, dont toutes les mesures étaient dérangées et qui croyait les Canadiens beaucoup plus nombreux qu\u2019ils ne l\u2019étaient, prit alors la résolution d\u2019abandonner la lutte.Ainsi trois à quatre cents hommes à peine en avaient vaincu sept mille après un combat opiniâtre de quatre heures.Le général Prévost, acçompagnè du TE gre 116 L\u2019INDUSTRIE.général Watteville, arriva vers la fin de l\u2019action ; il complimenta Canadiens sur leur courage, et leur commandant sur ses dispositions judicieuses, \u2019 A | | | F.X.Garneau (Hist.du Canada), a 11e Char \u2014L\u2019INpusTRIE.\u2014 (Confié à la paroisse Saint-Jacques.) Représentait une figure allégorique de l\u2019Industrie entourée des attributs des sciences, arts et métiers qui font la prospérité de notre pays.L\u2019INDUSTRIE, Au sein de nos luttes civiles, Dans ce peuple inquiet, justement alarmé, En dehors de l'intrigue où végètent les villes, Un noyau d\u2019hommes s\u2019est formé.Ce sont des travailleurs de qui l\u2019intelligence Ouvre des horizons sur un monde nouveau : Les partis sont déchus !\u2014le droit et la puissance Sont l\u2019industrie et son drapeau ! Un jour se lève sur nos têtes, Il renferme pour nous des instants solennels.Les gloires du vassé, les sanglantes conquêtes N\u2019ont plus d\u2019adeptes ni d\u2019autels, C\u2019est à nos ateliers, c\u2019est au marteau sonore Qu'il nous faut demander le prix de nos exploits, Et nous donner la main pour triompher encore Par la plus belle de nos lois | Aimons-la donc cette Patrie.En créant sur son sol un pouvoir respecté ; En donmant à nos fils l\u2019amour de l\u2019industrie, Ce.genre de la liberté! Que sans chercher l\u2019éclat d\u2019honneurs imaginaires, Ils fuient des parchemins le contact dangereux ; Qu\u2019honnêtes ouvriers, dans leurs modestes sphères, Ils soient les simples, les heureux ! Enfants, à chacun sa carrière ! La nôtre a ses dangers comme elle a ses vertus, Dans cet apostolat, dont notre âme est si fière, Les travailleurs sont les élus ! Pour défendre nos droits sachez bien les connaître, Vous sauverez le peuple en restant son soutien, Le siècle, qui flétrit et l\u2019esclave et le maître, Ponne la gloire au citoyen. Do esi rte ù 1.UbGER DUVERNAY.117 I] est une heure dans la vie Où l\u2019on reçoit, enfin, le prix de nos efforts, D\u2019un repos mérité notre tâche est suivie : La paresse a trop de remords.Nos pères ont toujours retrempé leur audace Aux sources du travail et de l\u2019adversité : Le Castor doit rester au blason de leur race.Ah! flétrissons l\u2019oisiveté ! Réveillez l\u2019ardeur admirable, Qui fut, aux jours d\u2019épreuve, un garant d\u2019avenir, Alors que, nous liguant sous les feuilles d\u2019érable, Il failait combattre ou mourir.Le danger, renaissant sous des formes nouvelles, Attire la valeur sur un terrain nouveau.Mais vous marcherez forts si vous restez fidèles A l\u2019industrie.à son drapeau ! + BENJAMIN SULTE.cxtemmetneu ~ 12e Char.\u2014DuverNaY.\u2014(Confié à la paroisse Notre-Dame.) Véritable monument élevé à la mémoire du vénéré fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste.LUDGER DUVERNAY.Ludger Duvernay, le fondateur de la société Saint-Jean-Baptiste, descendait d\u2019une famille française établie depuis longtemps dans le pays.Son grand-père était notaire royal et son père, cuitivateur.Sa mère était alliée à la famille distinguée des la Morandière.Il naquit à Verchères, le 22 janvier 1799.Après avoir reçu la petite instruction qu\u2019on donnait alors dans les écoles élémentaires, il vint à Montréal en juin 1813, et entra comme apprenti dans l\u2019établissement de M.Ch.B.Pasteur, qui publiait alors le Speclaieur.I se livra au travail avec ardeur et entreprit de se faire un chemin dans une carrière bien ingrate au- jourd\u2019hui, mais qui alors était presque inaccessible.Après quatre ans d\u2019apprentissage, M.Duvernay allait, en 1817, fonder aux Trois-Rivières un journal qu\u2019il appelait la Gazette des Trois-Rivières et qu\u2019il parvint à soutenir jusqu\u2019en 1822.En 1823, il publia le Constitutionnel.Le 14 février de la même année il épousa mademoiselle Marie- Reine Harnois, de la Rivière-du-Loup.En 1826, il établit dans la ville des Trois-Rivières le journal l\u2019Argus, et en 1827, il vint se fixer à Montréal et se joignit à ua des plus grands patriotes et des hommes les plus remarquabies de l\u2019époque, l\u2019honorable A.N.Morin, pour fonder la Minerve.A partir de cette époque, le nom de M.Duvernay est inscrit sue toutes les pages de l\u2019histoire émouvante de nos luttes politiques, 118 LEDGER DUVERNAY Emprisnthiné troïs fois nonr avoir eu le conrage d> nnblier dane gon journal des articles énerguiu s à adress de- bnreaucrit -, sa popularité devint très considérable et il ne s\u2019en servt que pour faire triompher la cause de ses compatriotes.Il fut l\u2019un des chefs du parti populaire, l\u2019un des patriotes les plus estimés et les plus estimables de cette époque.Sa générosité et sa libéralité, quoiqu\u2019il fut pauvre, son dévouement pour ses amis et pour son pays, le rendaient cher au peuple.Elu membre de la chambre, pour le comté de Lachenaie, en 1837, il était obligé, quelques mois après, de s\u2019expatrier pour échapper à l\u2019emprisonnement.I! se réfugia à Burlington où il fonda, en 1839, le Patriote.Il revint en Canada en 1842, et rétablit la Minerve qu\u2019il continua de publier jusqu\u2019en 1852, dans l'intérêt des idées libérales, telles qu\u2019entendues par l\u2019école de sir L.H.Lafontaine.Il mourut le 28 novembre 1852, au milieu des regrets de toute la population canadienne qui n\u2019avait cessé de le regarder comme l\u2019un de ses compatriotes les plus distingués, les plus estimables et\u2019les plus utiles à la patrie.Le deuil fut universel et les funérailles du défunt dépassèrent en solennité tout ce qui s'était vu encore à Montréal.L\u2019une de ses plus belles actions est d\u2019avoir fondé cette société Saint-Jean-Bapliste qui a toujours affirmé, d\u2019une manière si éclatante, en des jours glorieux, son importance natidnale.Avec quelle satisfaction il doit contempler aujourd\u2019hui de sa tombe les résultats admirables de son œuvre ! (1) C\u2019est en 1833 que M.Duvernay jeta les fondements de cette noble société et la Saint-Jean-Baptiste fut célébrée, pour la première fois, l\u2019année suivante.C\u2019est lui qui eut la belle pensée de donner à la société, le nom méme que nos ennemis nous donnaient par dérision.C\u2019est lui, aussi, qui choisit la feuille d'érable comme notre emblême national.La société Saint-Jean-Baptiste ne doit pas oublier en ce beau jour son illustre fondateur ; sa première pensée, ses hommages les plus sincères, doivent être pour lui.(2) < pr 12e et dernier Char.\u2014 SAINT JEAN-BAPTISTE.\u2014 (Confié à la paroisse du Sacré-Cœur.) (1) M.Benjamin Sulte, imitant le célebre Enfin Malherbe vint, de Boileau, a dit avec beaucoup d\u2019esprit : | \u201c Enfin Duvernay vint ! Son instinct admirable Réunit la Saint-Jean sous la feuille d*érable.L\u2019industrleux castor tressaillit dans les bois.De clocher en clocher chanta le coq gaulois : « Nos insiitutions, notre langue et nos lois ! ** (2) Cette notice est extraite du petit volume publié en 1874 sous le titre de Sodus mir des 24 juin 1874 \u2014 pau rm ~\u2014\u2014\u2014\u2014 + \u2014 FÊTE NATIONALE.FÊTE NATIONALE.Jour de Saint-Jean-Baptiste, ô fête glorieuse ! Tu portes avec toi la trace 1ailieuse De nos vieux souvenirs français ; Rappelant à nos cœurs les vertus de nos pères, Tu montres, rayonnant de feux et de lumières, Leur gloire et leurs nobles bienfaits.Douce et fraîche oasis, par le Seigneur donnée, Tu vois les Canadiens revenir chaque annee, A l\u2019ombre de tes verts rameaux, S\u2019abreuver à longs traits à ta source chérie, \u2018En chantant à la fois l\u2019hymne de la patrie, Et les grands noms de ses héros.Il est sur le sol d\u2019Amérique Un doux pays aimé des cieux, Où la nature magnifique Prodigue ses dons merveilleux.Ce sol, fécondé par la France Qui régna sur ses bords fleuris, - C\u2019est notre amour, notre espérance, Canadiens, c\u2019est notre pays.Pour conserver cet héritage Que nous ont légué nos aieux, Malgré les vents, malgré l\u2019orage, Soyons toujours unis comme eux.Marchons sur leur brillante trace, De leurs vertus suivons la loi, Ne souffrons pas que rien efface Et notre langue et notre foi.O de l\u2019union fraternelle Jour triomphant et radieux, Ah ! puisse ta flamme immorteile Remplir notre cœur de ses feux : Oui, puisse cette union sainte, Qui fit nos ancètres si grands, Garder toujours de toute atteinte L\u2019avenir de leurs descendants.Les vieux chênes de la montagne Ou combattirent nos aieux ; Le sol de la verte campagne Où coula leur sang généreux ; Le flot qui chante à la prairie La splendeur de leurs noms bénis La grande voix de la patrie, Tout nous redit : Soyez unis, 120 ; FÊTE NATIONALE.O Canadiens-Français, dans ce jour sôlennel Marchons donc fièrement sous la vieille bannière Qui vit de Carillon le combat immortel.Nous sommes les enfants de la race guerrière Qui fait briller partout son nom resplendissant, En martyrs, en héros race toujours féconde, Elle tire aujourd\u2019hui ce glaive étincelant Dont les larges rayons illuminent le monde.Entendez-vous au loin sous les murs de Sforza, Retentir dans les airs l\u2019hymne de la victoire ?Voyez-vous ces héros, vainqueurs de Magenta, Se couronner encor des palmes de la gloire Aux champs de Marignan, illustrés par Bayard ?Soyons fiers aujourd\u2019hui du beau nom de nos pères, Soyons fiers de marcher sous leur vieil étendard, Car ces guerriers vainqueurs, ces héros sont nos frères.OCTAVE CRÉMAZIR.LES ANCETRES.Nos pères ont travaillé pour nous dans le temps et dans l\u2019éternité.Ils ont, au ciel et sur la terre, tracé le sillon de nos voies, et nous rencontrons, en y marchant, les plantes fécondes ou les plantes amères qui y sont semées pour nous, Nous sommes héritiers de la grâce comme héritiers du sang, quoique à des titres divers, et ce qu\u2019ont été nos ancêtres pour nous, nous le serons à notie tour pour les générations qui sortiront de la nôtre.Nous leur lèguerons un trésor de bien ou de mal, qui leur applanira le chemin du ciel, -ou le leur rendra plus diflicile et plus strict.LACORDAIRE. NOCES D'OR SAINT-JEAN-BAPTISTE A MONTRÉAL EN 1884.(1) LA JOURNEE DU 24 JUIN.Dès la veille du 24 la ville était encombrée d'étrangers venus de tous les points du Canada et de l'Amérique pour assister à nos fêtes.Chaque convoi de chemin de fer et chaque bateau à vapeur apportait à tout instant son contingent.Toutes les rues de la ville, mais surtout celles que devait parcourir la procession étaient richement pavoisées et décorées de drapeaux de toutes les nationalités, mais surtout du drapeau français qui dominait partout, de tentures aux couleurs variées, de verdure, d'inscriptions, etc; on mettait partout la dernière main aux ares de triomphe qui sélevaient à chaque pas dans nos rues et qui émerveillaient déjà nos visiteurs.Bref, Montréal était en liesse,et l\u2019on pouvait dès ce jour prévoir le succès de notre démonstration nationale.LA MESSE, Le 74 au matin le temps était menaçant, et chacun craignait pour le succès de la journée.L'ouverture des fêtes devait se faire par la célébration d\u2019une messe solennelle sur les terrains de l\u2019Exposition, au pied du Mont-Royal, mais il avait été annoncé qu\u2019en cas de mauvais temps, cette messe serait célébrée à Notre-Dame.A l\u2019heure fixée, c\u2019est-à-dire à neuf heures, la pluie tombait à torrents et il n\u2019y avait pas à espérer de changement dans la température.En un instant, la vaste basilique de Notre-Dame se trouva remplie de fidèles, maisau moment où les cérémonies allaient commencer la pluie cessa toul à coup, le temps se remit au beau,et il fut annoncé du haut de la chaire de Notre-Dame que Sa Grandeur Mgr de Montréal consentait à remettre la messe à onze heures, sur les terrains de l\u2019Exposition.La foule se porta alors vers le village Saint-Jean-Baptiste, et à l'heure indiquée 6,000 personnes au moins se trouvaient sur le terrain.(1) Ces extraits sont empruntés au compte rendu officiel des fêtes de 1884, publié par M.P.Ph.Charette, sous ce titre : Noces d\u2019or de la Saint- Fean-Baptiste, 1834- 1884.Montréal 1884.Voir au dos de la couverture du préscat Almanach, 122 NOCES D'OR DE LA SAINT-iEAN-BAPTISTE.La messe fut c'ébrée rar Sa Grand ur Ver Fabre, évêque de Montr a! Sa Grandeur - tail assistés par Messieurs les abies Stanislas Tranchemontagne #4 Eugène Leclerc.| Un chœur composé de 400 chantres, aidés d\u2019un puissant orchestre fourni par le corps de musique de l\u2019'Harmonie, a chanté durant la messe, plusieurs morceaux de chant sacré.Des salves d\u2019artillerie annoncèrent à ia foule le moment de l\u2019Élévation.Moment solennel et imposant, impossible à décrire.Tous ces fronts courbés vers la terre ; la nation toute entière représentée par ses membres les plus éminents agenauillée au pied de l\u2019autel ; ce vénérable pontife, entouré de ce clergé patriotique à qui nous sommes redevables de la conservation de tout c qui nous est cher, offrant au ciel des prières pour le salut de la nation ; la voix puissante du canon tonnant au milieu du silence le plus solennel, faisait de cette scène la plus imposante et la plus sublime possible : aussi n\u2019entreprendrons-nous pas de la décrire.A l\u2019issue de la messe, M.l\u2019abbé Rouleau, curé de la paroisse Saint-Charles, prononça une éloquente allocution.LE MONUMENT NATIONAL (1), Immédiatement après Ja procession, le 25, eut lieu la bénédiction et la pose de la pierre angulaire du monument national que Ja société a décidé d\u2019élever à l\u2019encoignure des rues Gosford et Craig, en face du Champ de Mars.Dès 1882, l\u2019idée de la construction d\u2019un édifice national, était émise par MM.D.Duvernay et Leblanc.A leur initiative, une compagnie à fonds social se forma et obtint de la législature provinciale une charte d\u2019incorporation.Les choses en restèrent là jusqu\u2019à ce que l\u2019association décidât cette année, de remettre le projet à flot et de le mener à bonne fin.Un comité spécial fut chargé de choisir un site et d\u2019en faire l\u2019acquisition, et, après rapport fait, il fut résolu d\u2019acheter la magnifique propriété située à l\u2019angle des rues Craig et Gosford.C\u2019est là qu\u2019eut lieu l\u2019imposante cérémonie de la bénédiction de la première pierre.Sa Grandeur Mgr l\u2019évêque de Montréal présida lui-même à la cérémonie, et après la récitation des prières dictées par la liturgie en pareil cas, des discours de circonstance furent prononcés par M.l'abbé Lévesque, P.S.S., dont les Canadiens-Français pleurent encore la perte ; l\u2019honorable M.Alexandre Lacoste, M.L.O.David et M.A.E.Poirier, lesquels avaient été spécialement invités pour cette occasion.(x) Voici les noms des messieurs qui composent le comité du Monument national: M M.Hon.T.J.J.Loranger, président, Jacques Grenier, M.l\u2019abbé Deschamps, D S.S.Lows Allard, Frangois Benoit, Guillaume Boivin, Jérémie Perrault, L, O, avid.\u2014 \u2014 \u2014 ee.cas \u2014, NOCES D'OR DE LA SAINT-JEAN-BAPTISTE.123 LE BANQUET NATIONAL.Le banquet qui a eu lieu le 27 au soir au Windsor, a été le plus brillant qui ait encore été donné à Montréal.La grande salle à diner de l\u2019hôtel était littéralement romplie, 500 convives environ s\u2019etant donné rendez-vous à ces agapes fraternelles.Le corps de musique du 65e avait été chargé de la partie musicale et nous n\u2019avons pas besoin de dire ici, que, comme toujours, il s\u2019en est acquitté à merveille.Le fauteuil présidentiel était occupé par le président de la Saint- Jean-Baptiste, l\u2019hon.T.J.J.Lorapger.Après que tous eurent fait diment honneur au menu, le président proposa la santé de la Reine et du Gouverneur général.Ces deux santés furent bues avec enthousiasme, la musique jouant « Dieu sauve la Reine,\u201d et \u201c SI.Patricks Day.\u201d La santé de Son Honneur le lieutenant-gouverneur Robitaille fut accueillie par desapplaudissements prolongés,la musique jouant la Marseillaise.Son Honneur, en répondant, remercia sincèrement et cordialement les convives de l\u2019accueil qui lui avait été fait.Il félicita les Canadiens-Français de Montreal du zèle qu'ils avaient déployé en organisant cette démonstration.Il espérait que tous vivront encore assez longtemps pour voir un grand nombre de fètes semblables.M.Louis Fréchette proposa alors la santé de la France et M.C.O.Perrault, vice-consul de France, y répondit.Voici les autres toasts proposés durant le banquet : Les Etais-Unis ; le Clergé, le Jour que nous céiébrons, le Canada, la Province de Quebec, les Acadiens et les Canadiens des Etats-Unis, la Presse, les Dames.LE CONGRES NATIONAL.Le Congrès national qui avait été convoqué pour discuter les grandes questions nationales qui peuvent affecter les intérèts des Canadiens-Français tint sa première séance dans la salle académique du collège Sainte-Marie, le 24 juin, à 8 heures du soir.L\u2019hon.M.Chauveau ouvrit les séances du Congrès par un discours remarquable.Le sujet de discussion à cette première séance du Congrès était « Nos intérêts religieux et moraux.\u201d Sa Grandeur Mgr Fabre, évêque de Montréal, Sa Grandeur Mgr Laflèche,évèque des Trois- Rivières, M.l'abbé Colin, supérieur du Séminaire de Saint-Sul- pice, et M.Charles de Lorimier, avocat de Montréal, prirent part à cette discussion.[ DEUXIÈME SÉANCE.« Les intérêts nationaux et sociaux des Canadiens-Français en Canada et aux Etats-Unis,\u201d était la question à discuter à la deux- 124 NOCES D'OR DE LA SAINT-JEAN-BAPTISTE.ième séance du Congrès national.Cinq orateurs y prirent la parole : l\u2019honorable M.Honoré Mercier, membre de l\u2019Assemblée législative de la province de Quélæc, l\u2019honorable M.Joseph Royal, membre de la Chambre des communes pour le Manitoba ; M.B.A.T.de Montigny, recorder pour la ville de Montréal, l\u2019honorable M.F.X.A.Trudel, sénateur, l\u2019honorable juge A.B.Routhier.TROISIÈME SÉANCE.La troisième séance du Congrès national était consacrée aux Acadiens et Canadiens émigrés.On y a discuté un projet d\u2019organisation de toutes les sociétés Saint-Jean-Baptiste en une société générale.Ont pris la parole à cette séance : l\u2019honorable M.T.J.J.Loran- ger, M.Pascal Poirier, M.l\u2019abbé Bauër, M.Aubry, M.l\u2019abbé Lévesque, M.le Dr Mitivier, de Holyoke, Mass., et M.le Dr Ar- chambault, de Woonsocket R.I.| QUATRIEME SEANCE.La quatrième séance du Congrès national était consacrée à la colonisation, à l\u2019émigration, au repatriement et à l\u2019agriculture.Des oraiteurs invités, M.le curé Labelle, M.l\u2019abbé Lévesaue.MA.T.Bernier et M.Horace Archambault, prirent la parole.CINQUIÈME SÉANCE.La cinquième séance était consacrée aux intérêts littéraires et artistiques.Nous y avons assisté à un tournoi hittéraire, en prose et en vers, que nos lecteurs goûterant, nous n\u2019en doutons pas, avec autant de plaisir que ceux qui ont eu la bonne fortune d\u2019y ètra présents.Nous avons, d\u2019abord, deux pièces de vers, l\u2019une par M.J.A.Poisson, et l\u2019autre par M.Remi Tremblay ; puis un essai par M.Alphonse Lusignan et un autre par l\u2019honorable M.le juge Baby.LE MÉNAGE.Le ménage est plus que l\u2019ordre matériel et l\u2019économie de la maison : il résume en lui les mœurs, les coutumes, le gouvernement, la vie morale de la famille ; il traduit tout un ideal pratique de religion, de sagesse, de prudence, d\u2019union, de concorde, pour soi, pour ses enfants, ses serviteurs et subordonnés.Ra iE \\ = es + .HJ : LE CINQUANTENAIR.int > CANTATE Lue par l\u2019auteur au Congrès national, séance du 28 juin AL Francais du Canada, que votre voix s'apprête A chanter ce beau jour: Nous venons aujourd\u2019hui de cette belle fête Acclamer le retour, ly I, | i L'aube naît et déjà la vaste multitude, Serrée en rangs épais, Défile, respirant la douce quiétude, Le bonheur et la paix, se .à Vous qui du ciel voyez cette masse profonde, \" .Ancétres vénéres, Ti Dites ; ces rejetons d\u2019une race féconde, pi Sont-ils dégénérés ?3 Voyez leur front altier, leur figure sereine, Voyez ces étendards _ Flotter au gré des vents sur cette vague humaine Où plongent vos regards ! , Dans l\u2019espace éthéré, flottent les pâles ombres, à De ces hommes de fer, morts aux champs de l\u2019honneur : il Ils viennent, du futur perçant les voiles sombres F Découvrir à leur fils une ère de bonheur.Ils viennent apporter à la grande revue Les touchants souvenirs d\u2019un passé glorieux Quand la sainte espérance expose à notre vue A côté du présent l\u2019avenir radieux, LE CINQUANTENAIRE, Nous regardons, ravis, le présent qui s\u2019efface, L'avenir qui s\u2019avance et le passé qui fuit, Ces mobiies jalons que le Temps dans l\u2019espace Transforme en s\u2019éloignant sur la route qu\u2019il suit, Ces trois termes fatals, le Canadien les aime: Il fut, il est encore, il veut être toujours Digne de ces aïeux et digne de lui-même, Fidèle au Canada, son pays, ses amours, Sur un nuage d\u2019or, dans la voûte azurée, Le génie immortel du Canada français Chante et fait retentir de sa voix assurée Les ais du firmament.Ecoutons ses couplets Je suis soldat, voyageur, censitaire, Hardi marin, paisible laboureur, Coureur de bois, défricheur, mandataire, Homme d\u2019Etat, artiste, découvreur.Est-il besoin que je me sacrifie ?Sans hésiter j\u2019affronte le trépas.La nation que je personnifie -.Est du sang des héros ; elle ne mourra pas, Pour conserver ma multiple existence, Il m\u2019a fallu guerroyer constamment, Abandonné, sans la moindre assistance Contre Albion jai lutté vaillamment.A Sainte-Foy, pour la Frauce, ma mère Je triomphal dans un supréme effort, On me vendit ! Ma douleur fut amère, Mais, en dépit de tous, je suis devenu fort Sous le drapeau de la vieille Angleterre J\u2019ai par deux fois chassé l\u2019envahisseur.Bravant l\u2019orgueil d\u2019un pouvoir arbitraire, J'ai dû, plus tard, combattre l\u2019oppresseur, On a pendu de sublimes rebelles, Nobles martyrs dont l\u2019œuvre restera.Le coq gaulois a retrouvé ses ailes, Je suis libre et jamais l\u2019on ne m\u2019asservirg. pr LE CINQUANTENAIRE.127 De mon bras musculaire, Je frappe rudement Le chêne séculaire Qui s\u2019abat lourdement.Sur l\u2019élément perfide, Dompiant les flots rétifs, Je saute le rapide Sans toucher aux récifs.On me voit au portage, A l\u2019usine, au moulin, Au chantier, sur la cage, Ou fouillant le ravin, Du flanc de la moritagne J\u2019extrais l\u2019or précieux, Durs travaux qu\u2019accompagne Toujours mon chant joyeux.De mon bras musculaire, Je frappe rudement, Le chêne séculaire Qui s\u2019abat lourdement, Sur l\u2019élément perfide, Domptant les flots rétifs, Je saute le rapide Sans toucher aux récifs.Apôtre, allant porter la semence féconde, Chasseur, s'aventurant dans la forêt profonde, Nocher, sillonnant les cours d\u2019eau, Le Canadien-Français poursuit ses destinées ; Il est, des nalions sur ses pas entrainées, Le guide et le porte-flambeau.On l\u2019a vu traverser, dans ses courses lointaines, Les fl \u2018uves, les grands lacs, les Jllons et les plaines.Escalader le pic géant \\\\ Marcher da Groënland a golfe du Met ue, Ds rivages fleuris que baigne l\u2019Atldntique /, YW Jusqu\u2019aux bords du Grand-Océan.\u2018\u20ac, f.a.{ os , v.C\u2019est lui qui, le premier parcourût \u2018Amérique.\" Sur tout le continent, là gens hogs Lt Redit les noms de nos trappeurs, .to Civilisation, tu nous dois tes conquêtes 21\u20ac En marchant tu nous dis*Francs-Canadieng, vous êtes M&s pionniers es mes peu Late \u2018a Veep yo \\Réae TREMBLAY, SR Librairie J.B.Rolland et Fils, à Montréal LE PLUS POPULAIRE DES ROMANS CANADIENS UNE DE PERDUE DEUX DE TROUVÉES PAR G.DE BOUCHERVILLE 2 volumes in-12.$1.00 Le drame commence en 1836, à la Nouvelle-Orléans.Le héros principal est le capitaine Pierre de Saint-Luc.Des misérables veulent faire perdre au capitaine Pierre, un héritage que vient de lui laisser son oncle, Alphonse Meunier, mais grâce à deux serviteurs dévoués, de Saint-Luc, qui était tombé dans un guet- apens dressé par ses ennemis, et qui se trouvait par conséquent entre leurs mains, réussit à s\u2019échapper.En lisant la confession que lui a laissée Alphonse Meunier, Pierre de Saint-Luc apprend que celui qu\u2019il avait toujours considéré comme son oncle est son père véritable.\u201cTa mère vit encore, lui dit Alphonse Meunier dans sa confession, elle demeure au Canada.\u201d | Après avoir rendu les derniers devoirs à son père, de Saint-Luc vient au Canada, où il se livre à des recherches continuelles pour retrouver sa mère.Il réussit enfin à la voir, mais elle est sur son lit de mort.Elle lui laisse en mourant la sauvegarde de ses deux jeunes filles, sœurs de Pierre de Saint-Luc et enfants d\u2019Alphonse Meunier.LOTERIE NATIONALE DE COLONISATION (Fondée sous l\u2019autorité de l\u2019acte de Québec, 32 Vicl, ch.3\u20ac) M.le curÉ LapeLLE, Directeur ;\u2014S.E.LErEsvrE, Secrétaire ; C.H.A.Gurmonn, Agent général.0300.00 VALEUR | GROS MOT UN IMME@RLE D'UNE VALEUR DE $10,000.00 7 \\ Q ES LOTS, me $50, Need 190 dures lots.A Oe PRIX DU BILLET.- - - $1.00 Un estompte de 5 pour, cent est dccardé sur 10 billets, 10 pour cent sub 50 billets et, | our cent sur 190 billets.Pour plus amples informations, voir 16 dep clus ou s'adresser au bureau 17, PLAGE D\u2019ARMES, MONTREAL, 7 \u2018+.ON DEMANDE, bps \u201cgbus-aceNTs, \u2018 / + \u2018 ar » .\u20ac \u2019 5 ( : .f .( Jo Pro a rrr\u201d w - Bibliothèque Canadienne-Française.TOUS CES OUVRAGES SONT EN VENTE A LA LIBRAIRIE J.B.ROLLAND & FILS, A la brunante, contes et récits.\u2014Les blessures de la vie, par Faucher de Saint-Maurice.In-12.sasssonus sacn00 sauces vocves $1.00 Almanach agricole, commercial et historique, pour 1885 (19e année) .\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026.coerce reves A raonce dC.Almanach des Familles, pour 1885 (8e année) .5 \u20ac, Almanah ecclésiastique du Canada, pour 1885 (2e année) l5 c.Antoinette de Mirecourt, ou mariage secret et chagrins caches, roman caradien, par Mme Leprohon, traduit de l'anglais.In-V2.\u2026oco covous sonsoonse conanorse sowseus à c+ \u2014g -\u2014 1 es , 2 2 :- as Pa \u2018> cr Ty ta +4 a \\ pe PE a a SE pe RIRE - SE __ ie I.py Po PR Bs RE ay de; ap \u2014 mue \u2014 ES _ pr rm : pra D me te at LE es Pa CN 0 hh LIE IC 4 bod LAN WA a STN oe EP ee _ 0] a \"eo ~ 5 ha - LI bd A ee 0.Vs LA ra re cr avi R = ME GENS AF te - = p is = 2 A > webs er Ts Te oe dits Alte ag gles as fl > \u2014 = rete ses x caen Se 3 2 vais és > x E Ce { oo ê .\\ LP WRI Ere) aa LY EAGER WEES FSCS NR By et "]
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