The Quebec gazette = La gazette de Québec, 2 juin 1840, mardi 2 juin 1840
[" - mere mate NR CA wt - No No.5555.] UNE IMPRIMERIE A LONDRES, EN 1839.at\u2014 Nous sommes en décembre ; le temps est triste et cru (1), comme nous le disons si bien en Angleterre: La blanche lueur du gaz ne s\u2019est pas encore effacée.Sortez avec moi; quittez les douceurs de votre couche nocturne, aventurez- vous dans Ces rues tristes, désertes, stériles à l'œil, innocentes encore; elles vous offrent une nouveauté d'intérêt assez piquant et digne de vos regards.La double rangée des maisons reste dans l'ombre, les cheminées dessinent vaguement sur le fond gris du ciel leurs profils fantastiques.Les rues étincelient và et là ; humides de pluie, elles font rayonner, sous Îa clarté des becs de gaz, leurs écritenux gigantesques, leurs bornes inotillées et leurs pavés glissants, Des temples lunsineux s'entrouvent à tous ler carrefours ; 1a s'élèvent, sur des gardins superposés, les autels de celte divinité poputnire; vous voyez resplendir les petites tonnes cerclées de cuivre numératéus, étiquetées, bien polies, seuls objets qui attirent maintenant voire attention ; quatre heures plus tard, vous passerez devant elles sans les apercevoir.\u2018Fout se tait Les pius beaux quurtiers sont déserts.| À quelques coins de rues stationnent les cabriolets et les flacr-s, équipages et coursiers, immobiles comme les che vaux de bronze de nos places publiques: plus loin, Une sy- bille.assise et accoudée prés de sou urne bouillante ; et debout, à cdié d'elle, l\u2019offisier de police (2), enveloppé de sa grosse redingote, et remarquable par son baudrier qui brille aux yeux, combat, au moven d\u2019one tasse de thé où d'un verre de gin, mê'é de sucre et d'eau chaude, les bumides vapeurs de la matinée.; Montons en voiture.Tout dort d\u2019un sommeil aussi profond que celui de la tombe ; tout, excepté cet Irlandais qui s\u2019avance d'un pus lourd, la pioche sur l\u2019épaule ; ce menur- sier, la scie sous le bras ; ce garçon de boutique, qui a roulé son tablier pour marcher plus à son aise; et Ces trois ou quatre ouvriers en blouse, qui enfoncent leurs mains daus leurs poches pour les garantir du froid : atomes imperceptibles, seuls indi es de vie, au milieu d\u2019une masse énorme de créatures humaines Dans ces séputeres de pierre et de brique un million er demi de vos semblables sont endormis.Mais avancez.B:entôt !« vie sv ranîme : chaque minute éveille un atome, secou.un sommeil et peut-être détruit un bonheur.La geande ville renaît par degrés; vous attet- gnez le vieux pont des Moines noirs (3); !e soteil, pâle en- care, éclaire mille figures nralinales qu' s'offrent à vous dans toutes les directions ; Ouvrters qui se rendent à 'eur ouvrage.à droite.à gauche, se croisant dans tous les sens; tous marchant droit devant eux, hâtés d'arriver, craignant de perire un instant du jour, un fragment de l'heure, un morceau de pain.; Je veux fixer votre attention sur une senle des rsces diverses qui vont opérer cetie laborieuse alchumie du travail et de 'a patience, Ce sont les imprimeurs.Instruments du mouvement intellectuel, propagateurs actifs de la science, ils se tiennent sur la lisière des deux royaumes, sut les limites des deux domaines du l\u2019esprit et du corps.+ osu, démarche, tournure, physionomie, touten eux trahit cette existence mixte qui n\u2019est pas sans orgueil ni meme sans vanité, Je les regarde commu les plus intéressants et les plus originaux de ces hommes que toutes les sociêrés ont jusqu t- ci voués au labeur physique ; esclaves Chez les anciens, libres parmi nons, hélas! d'une liberté souvent aussi musérable que la servitude des temp.antiques.Vici un groupe d'ouvriers imprimeurs qui se dirigent vers l'établissement de MM.Clowes, un des plus Importants de tonte l'Angleterre.Suivons-les descendons de cabriviet et entrons avec eux dans leur empire inconnu.Les bâtiments consacrés à l'exploitation de MM.Clowes.imprimeurs de la Quarterly Review.occupentsur lune des rives de la \u2018Famise, dans le comté de Surtey.entreles ponts de Waterloo et des Moines: Noirs, tout l\u2019espace compris eutre Prnce-Street et Duke-Stect.Un y entre par une ruelle dont la pente est assez rapide, et qui conduit à UNE cour fortétroite.À gouche est la Caisse, à droite sont la fonderie, les machines à vapeur et les magasins de papier ; en face l'atelier des compositeurs et correcteurs d'épreuves.MM.Clowes.comme MM.Didota Paris.ont réuni dans un même crntre toutes les branches principales ou acces- svires de i'art typographique.Nous pénétrerons d avord dans le sanctuaire où les types, disposés par des mains habt- les et rapides, Forment ce que l'on appelle la composttion.Elle occupe cinq grandes salles distribuées en deux étages, et dont la p:us vaste a deux cents pieds de longueur.Si vous y entrez le matin avant l'arrivée des compositeurs, vous découvrez à droite ot à gauche soixante pupitres au-s\u201d élevés, mais beaucoup plus larges que les pupitres d'un orchestre; leur forme diffère aussi ; quatre pieds les supportent, et le plan oblique de leur table supérieure est divisé en une multitude de compartiments où dorment les caractères.éléments du livre même que vous purcourez aujour- d'hui.Cesout lescasses (4).Persunne n\u2019est encore venu ; pas un bruit, pas un mouvement, excepté le te-tac monotone de celie pendule, appniernt aux ouvriers ; pendule de cuivre, pompeusement oruve, fidèle compagnon d'un éternel labeur, et dont ia voix exacte teur dit que les heures coulent, que ies shellings naissent peu à peu, que l'heure du diner approche, que celle de la liberté va sonner.Sur le mur qui fait Face À la rangée de fenêtres, vous lisez le réglemcnt d'aprés 1 qui! chaque ouvrier contribue pour deux shellings par semaine, et chaque enfant pour un shelling, au fonds commun de secours pour les membres de l'atelier ; cette pancarte fixe la somme qui revient à l\u2019auvrier malade, et auss! ( observation consolante ) celle qui défraiera leurs funérailles; cinq livres sterling pour l\u2019homme fait; deux Livres dix pence pour enfant.A un pied au dessus du parquet, un lvyau.chauffé par la vapeur, immense serpent de fonte, qui parcon:! l'établissement tout entier et l'enveloppe de ses replis, leng: de trois quarts de mille.sans éciat, sans prétention, sans ornements, reçoit, pendant les muis rigoureux de l'année, plus de benédictions seciétes et des témoignages d\u2019admiration plus sincères que les sculptures de nos palais.; .Vous jetez sur Ces casses cauettes, et qui paraissent se ressembler toutes, un coup-d\u2019œil distrait et inattentif.Vous avez tort : chacune d'elles mérite une observation détaillée.Les casses s'élèvent à hauteur d'homme, ce qui prouve que l\u2019ouvrier travaille debout ; le tablier, jeté sur la Casse.el qui ne prend que la ceinture du compositeur, vous dit que la liberté des mouvements et la -ouplesse des bras lui sont indispensables.L'ouvrier négligent laisse sa copie trainer sur sa Casse, au risque de ne plus la retrouver le Jendemain; le bon ouvrier lu fixe avec soin dans le peut cadre de bois fixé sur un des coins du pupitre, et destiné à cet usage.; Autour de la place occupée par l\u2019apprenti, les nombreux cadavres des caractères semés par son inexpérience.vous révèlent la maladresse d'une main inhabile encore.Ilya des ouvriers d'une taille plus élevés ou plus perle, qui font exhausser où diminuer les supports de leurs casses ; d'autres qui se procurent des tabourets achetés de leurs deniers ; ceux-ci en bois pour les plus stuiques, ceux-là rembourés pout les plus sensuels ; l\u2019udminisiarion n'encourage point ces raffinements, ITop favorables à l'oisiveté.Chaque petit domaine, consacré aux membres de la république, s'est empreint d'une physionomie spéciale; ici une caricature, ia une sentence, plus loin ua portrait, ailleurs un sermon.Chaque compartir ent a ses alfiches, Wm ing muets des in.-clinstions du propriétaire.; \u2018Jel s'adonne aux beaux arte, tel autre à la théologie ; vous adwmirez ict le nez roman et le profil militaire de lord Wellmgten, et un peu plus loin queique physionomie feminine, accompaguée de stonces snacréuntiques.IrOp \u20acXx- pressives pour que je perde mon temps à les commenter Pendant que ces études vous obsorbent, et que la lumière de l'aube vous side à déchiffrer ces Inscriptions moutrmenta- les, voici venir deux ou trois enfants en blouse, courunnés de la mirre de papier adoptée par cette profes-ion, artnés de balaiset d'un scesu Lis ne sont pas encore diables(S) .mais ile le seront.Le
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