La revue des deux Frances : revue franco-canadienne, 1 décembre 1898, Décembre
[" FRANCE.Un franc ETRANGER.25 cents 2° ANNÉE ® Vol.15 \u2014 Décembre 1898 LA REVUE Deux FRANCES Revue Franco-Canadienne Le Numéro ) Directeur : Achille STEENS Sommaire Vicomte A.de Royer.Y a-t-il une noblesse francaise?.0ovenn 193 Paul Chauvet.cevve 5 A 7 27 6) ae gardée jar PA ancl 7% iy GA add a do A, z > Very, 0 7 lé + n TM = 1% Esprit > 12 25 Ho Tea Le ; 4 2 sa : = f= > Desert 2 > Fleur, ÿ Sc Verh Fe C2 7 485) = tec dla Five, RETR] sy, IG gs 7 =u a = a : UV ss = Vagp,, 3 = og = seu\u201d TH Se ning ettée = ÿ A ; 50° = \\J0 Chaimais x AE.ver - 9 2 dis Far VOL CA = a = Te, D 2) a 1 1 CA 2 OR hag) Pa =e Æ MN a Sri, $i fi 2 =- = rf == = \u2014Aornragnes M A de i 3 Tn Coding 1 SEP J Tetra 2 ,\u2018 = for) of at at Lim \u201cLe du y \u20ac dejuace , Iz 10 © 50 J 10 258 LA REVUE DES DEUX FRANCES Mais si l\u2019on prend la température moyenne nuit et jour pendant les saisons du printemps, d'été et d'automne, sur les rives, bien entendu, elle varie entre moins 15° et plus 30° et l'hiver vers le Pôle à moins 80°.La superficie est environ, de 35 millions de kilomètres carrés, soit un peu moins que la surface de l'Asie ou quatre fois celle de l\u2019Europe et soixante-dix fois celle de la France.Ce continent est un des plus vastes qui existe sur notre globe; il est isolé comme une ile immense et le centre se trouve être à l'endroit du Pôle lui-même.Les continents d'Afrique et d'Amérique en sont peu éloignés.Du côté du 180°, vers l'Australie, se trouve de nombreux chapelets d'îles indépendantes appelées les de la Basse Polynésie, ouPolynésie méridionale, très fertiles, qui sont de nature volcanique, habitées par les Malais et les Polynésiens qui se livrent à la chasse des animaux féroces, à la pêche du corail et à la recherche des métaux et pierres précieuses.Les endroits les plus sains sonl situés sur la côte Clarie, là terre d'Adélie jusqu'à la terre Victoria et au Mont Erèbe, volcan de 3.781 mètres qui vomit constamment du feu et éclaire la mer comme un phare gigantesque.Sur la terre d\u2019Adélie qui est couverte de forêts de pins, de savanes, etc., on trouve des fleuves et des rivières.La végétation y est active et les animaux y vivent très bien.Les chasseurs de bêtes sauvages à fourrures viennent très souvent planter leurs tentes en ces endroits et pendant la saison d'été ils s'enfoncent vers le Pôle, jusqu\u2019à une distance raisonnable.On trouve dans ces parages les métaux suivants : Or, argent, nickel, plomb, zinc, étain, fer, cuivre, puis du charbon, de l\u2019ardoise ct des pierres calcaires.Le bitume, l'asphalte, les huiles minérales (pétrole) se trouvent près de certains volcans.Le sol est extrêmement riche au point de vue des métaux et la densité du sol, à cet endroit, doit être considérable en moyenne car, en fouillant à une icertaine profondeur, ce ne sont que des métaux que l'on met à découvert.Toutes les montagnes contiennent ou du charbon ou des mi- LE POLE SUD EST DÉCOUVERT 259 néraux.Celles qui sont les plus riches, il est vrai, sont les moins accessibles parce que ce sont les montagnes qui forment la ceinture autour des volcans.Les animaux sauvages que l'on trouve dans ces parages sont les ours blanc et gris, les rennes, les renards bleus, les zibelines, l\u2019hermine, le chamois, l'argali (sorte de chamois plus petit), les oies sauvages, les mouettes, les poules d\u2019eau, les bruants, les loumes, les macareux, les canards sauvages, les castors, les phoques, les otaries, les pingouins, etc, etc\u2026 Cette région volcanique est en travail constant.La terre est souvent percée ou fendue ; dans certains endroits le sol s\u2019affaisse tandis que, dans d\u2019autres, au contraire il se boursoufle et des bosses très volumineuses apparaissent.Les tremblements de terre, néanmoins, sont rares ; cependant on entend souvent des grondements souterrains aussi forts que des coup de tonnerre.C\u2019est en quelque sorte la soupape du globe qui agit en cet endroit.A part les volcans, d\u2019autres éléments rendent ces contrées dangereuses et presque inaccessibles.D'abord les gaz asphyxiants, qui, sous forme de nuage ou brouillard (la vapeur d\u2019eau est assez lourde, ces vapeurs d\u2019eau contenant du soufre et du bitume), sortent des volcans ou des crevasses.Sur le continent, comme sur mer, on les rencontre assez fréquemment, leur chaleur concentrée fait fondre la neige, les glaces et dégèle la terre qui, à certains endroits, est plus dure que du granit.Sur mer, il y a à craindre les banquises de glace qui sont entraînées par les courants Humboldt et interpolaire.Les banquises sont aussi un grand danger.Les fonds bitu- miers, que les naturels appellent le mastic, sont presque a fleur d\u2019eau.À ces endroits, la température de l\u2019eau s\u2019élève beaucoup et si une barque passe au-dessus de ces fonds, elle se prend dans ces matières molles et collantes et se trouve prisonnière (il y a du goudron poisseux qui prend mieux que la glue), jusqu'à ce que l'affaissement de la matière entraine barque et pêcheur sous les eaux.Ces boursouflures sous-marines venant des volcans crèvent parfois et alors, il arrive qu\u2019une énorme 260 LA REVUE DES DEUX FRANCES quantité d'eau s'engouffre dans l'intérieur de cette poche qui a quelquefois des milliers de mètres cubes de volume et les gaz qui s'en échappent surnagent sur la mer.Malheur à ceux qui les rencontreraient sur leur chemin, ils seraient asphyxiés d'autant plus, que l\u2019épaisseur a quelquefois plusieurs mètres et qu\u2019ils se dilatent difficilement.I] faut tirer des coups de canon ou des coups de fusil pour en obtenir la disparition.Les pluies ne sont pas très fréquentes, mais la neige tombe presque toute l\u2019année vers le Pôle Sud, neuf mois sur douze.Mais la neige qui tombe au Pôle est dure ct ne ressemble en rien à ces flocons légers qui tombent dans les zones tempérées.L'air est très vif et très sec sur les montagnes, mais il est plus humides dans les plaines et les déserts.Dans ces immenses solitudes, où il n\u2019y a comme végétation des savanes, que la brousse, sorte de fougère sauvage, on trouve de vastes lacs salés qui sont unis comme un miroir et la glace transparente comme du cristal y est très dure.Lorsqu'un choc atteint un bloc, il se réduit instantanément en poudre blanche impalpable.Cette glace est impropre aux usages domestiques.À travers l\u2019épaisseur énorme de ces glaces transparentes on y aperçoit des animaux antédiluviens très bien conservés, à une certaine profondeur.On y voit d'immenses lézards ayant jusqu'à 20 mètres de longueur, des Plérodac- tyles, des végétaux qui n\u2019existent plus, d'énormes sapins ayant plus de 150 mètres de hauteur, de couleur entièrement noire ; des arbres ressemblant à des palmiers de dimension telle, qu\u2019on ne saurait s\u2019en faire idée, tant ils sont grands.Les eaux minérales, très élevées de température, jaillissent de certains endroits, au pied des montagnes.Les rivières, aussi, prennent leur source à la base des montagnes et ne sont naviguables qu\u2019une partie de l\u2019année seulement.L'hiver elles sont gelées ; il n\u2019y a que près des embouchures que le courant ne se solidifie pas.L\u2019aspect de certaines vallées ou plaines dans lesquelles il n'y a aucune végétation est fantastiquement triste, monotone, dé- LE POLE SUD EST DÉCOUVERT 261 désolé.Aussi loin que les yeux embrassent l'horizon c'est le vide, toujours le vide.Un ciel gris, quelquefois noir, quand il est chargé de neige et, au loin, les pics de glaces qui se dressent.Quand on voit cela, il semble que l\u2019on a devant soi le spectacle le plus triste de la désolation.Les aurores boréales les plus bizarres apparaissent étranges, aux yeux de l'explorateur.Elles produisent quelquefois une impression de terreur qu'on ne peut s'expliquer.Les formes, les couleurs, tout est grandiose et majestueux dans ces apparitions fantastiques.Sur le continent antarctique des montagnes atteignent 8.750 mètres d\u2019altitude.Dans ces montagnes nous avons vu des grottes d\u2019une étendue considérable.Plus on approche du Pôle, plus les grottes sont nombreuses et vastes en proportion et la température n\u2019est pas comparable à celle du dehors.Nous avons pu constater dans la grotte des Lions, qui a onze kilomètres de longueur, que la température y était de 34° au dessus de zéro alors que, dehors, l\u2019hiver commençait et marquait 48° au-dessous de zéro.De véritables rivières et cours d\u2019eau sillonnent cette cavité souterraine, cavité qui s\u2019est formée on ne sait comment.Ces montagnes sont des roches ; les eaux qui coulent de tous côtés sont pétrifiantes.Elles vont se jeter au dehors, dans un lac glacé qui doit communiquer avec des crevasses volcaniques.Dans certains endroits de la grotte l'air n'est plus respirable; il y à de l\u2019acide carbonique.On y retrouve aussi quantité d\u2019ossements d'animaux sauvages, d'ours, de rennes, et sur des pierres, qui font partie de la grotte même, des empreintes d\u2019animaux qui sont moulés et ont laissé la trace de leurs formes, animaux monstrueux qui n\u2019existent plus.Des ossements d\u2019hommes ayant deux mètres cinquante centimètres de hauteur.Nous avons trouvé vingt et quelques de ces squelettes ou des membres épars.Des armes de silex, des os travaillés, des haches, des masses, des couteaux, genre couteaux poignards, des arcs et des flèches de formes bizarres.Ces vestiges d\u2019un âge disparu sont bien curieux.Nous en 262 LA REVUE DES DEUX FRANCES avons dressé croquis et pris quelques spécimens, attendu qu'il était impossible de charrier toutes ces pièces intéressantes.Un cercuéil en granit ou sarcophage avec quelques seulp- tures rudimentaires, une table et des vases en pierre creusée ct taillée avec des outils grossiers, montrent que ces parages ont dû être habités ou visités par des humains des temps préhistoriques.Selon les Papous et les Malais, il circule plusieurs légendes sur ce cercueil.Selon l\u2019une de ces légendes, cette maïe en pierre n'aurait été qu'une caisse sacrée servant aux épreuves que les prêtres de l'époque faisaient subir auxesclaves soupçonnés de crime ou de faute grave.La victime était enfermée dans ce coffre.Le couvercle sur lequel étaient placées les idoles du culte était refermé sur le patient qui était obligé de rester ainsi, immobile, et sans prendre de nourriture, un certain nombre de jours.Pendant ce temps, les prêtres officiaient et interrogeaient l\u2019accusé qui ne devait pas s'endormir pour avoir la vie sauve.Ils offraient des victimes à leurs dieux.Lorsque le temps voulu était écoulé, ce temps variait suivant la nature des délits, les prêtres faisaient enlever le couvercle et si, alors, le patient pouvait se lever, sans aucun aide, et sortir de son lieu de supplice, il était reconnu innocent; mais sil était trouvé mort ou s\u2019il ne lui était pas possible de sortir du lieu sans aide, il était proclamé coupable.Dans ce dernier cas on lui donnait des aliments pour lui rendre la santé, car le long jeûne auquel il avail été soumis, par force, l'avait beaucoup affaibli.Les prètres attendaient ensuite une fête des dieux, pour immoler leur victime qui devait, au préalable, subir la torture.Une foule de légendes absurdes et barbares se racoutent encore parmi ces hommes dont les ancêtres furent anthropophages.Nous avons recueilli une foule de ces histoires dont quelques-unes font frémir et dont d'autres sont burlesques.Elles trouveront place dans le grand travail sur le Continent antarctique et la découverte du Pôle Sud qui est en préparation, et qui aura plus de douze à quinze cents pages.Dans un petit lac intérieur de ces grottes immenses on a trouvé des flèches et un plat en granit qui ont dû y séjourner pendant bien des siècles.Il y avait trois centimètres environ de LE POLE SUD EST DÉCOUVERT 263 matière calcaire sur ces objets.Un squelette de rhinolophe, sorte de chauve souris, grosse comme un pigeon, était dans le même état.Enfin des cailloux de silex qui étaient fendus en deux et où il y avait l'empreinte de grenouilles et d'animaux qui n'existent plus par ici, ni sur le continent antarctique ni aux îles de Polinésie.Le charbon et l\u2019ardoise se trouvent dans quelques plaines, presque à fleur du sol, au pied de certaines montagnes.Il suffit de fouiller à quelques pieds de profondeur pour trouver ces richesses minières.Du côté de la terre de la Trinité existe une vaste plaine (voir la carte) dans laquelle on trouve du phosphate de chaux, de l'apatite, de l\u2019amiante, de la plombagine.Le vaste continent polaire appartient, en grande partie, à la période de cristallisation, ainsi que l\u2019indiquent les rochers plutoniques que l'on trouve dans les montagnes.Entre celles-ci, d'immenses plaines, très plates, d\u2019étendue considérable.Certaines montagnes très élevées sont recouvertes en grande partie de pins, qui sont d\u2019une hauteur prodigieuse.Quelques-unes de ces forêts qui ne sont pas très éloignées du rivage, sont presque inextricables et les brousses qui garnissent l'intérieur ne laissent de passage, qu\u2019en traçant des sentiers à la hache.Quelques Patagons et Polynésiens Gui ont fouillé certaines contrées ont affirmé qu\u2019il existe dans la vallée des Turquoises des diamants très gros.Près du volcan du Mont Thabor, 8.437 mètres, on trouve une source de pétrole, dont on se sert pour faire des feux, avec des sarments de broussailles et du bitume provenant des coulées de lave.Lorsque l'on est décidé à camper, on bâtit une demeure, à la base d\u2019une colline, autant que possible, avec des blocs de lave et on séjourne jusqu'à ce que la température devienne moins rigoureuse ou lorsque les neiges cessent de tomber.Non seulement la température glaciale est nuisible à l'explorateur, mais les tempêtes, le vent glacé qui vient vous fouetter, en vous cinglant avec les poussières qu\u2019il entraine et qui sontcomposées de sel et de sable, fend l\u2019épiderme malgré le soin que l'on a de 204 LA REVUE DES DEUX FRANCES s'envelopper, et cet air surchargé de poudre saline, mauvaise à respirer, fait parfois cracher le sang.En 1865, lorsque par suite des températures rigoureuses, l'expédition fut obligée de rebrousser chemin, mon père et le médecin songèrent à essayer les appareils qu\u2019ils avaient inventés et fait construire exprès, pour élever la température de l\u2019air destiné à la respiration, ces appareils étaient placés à l\u2019intérieur des falots et réunis à la prise d'air du capuchon au moyen d\u2019un tube en caoutchouc.Les hommes s'en servirent, mais ils trouvaient le procédé mal commode, le tube gênait leurs mouvements et ils se plaignaient de maux de tête.Au fur et à mesure que l\u2019on approche du Pôle, vaste région qui est criblée de volcans sous pression, l'atmosphère diminue dans des proportions énormes et, à un tel point, que lorsque la température atteint 50° au-dessous de zéro les jambes et les bras semblent lourds et une mollesse, un engourdissement vous envahissent, l\u2019envie du sommeil vous hante constamment et il faut sur-Ie-champ réagir, se frictionner avec de l'alcool et en absorber avec modération.C'est.à cet endroit que les appareils enregistreurs ont marqué l\u2019hiver 80 et même 81° au-dessous de zéro.Pendant cette rigoureuse saison, nous étions campés dans les cavernes ayant une température de 30\" à 34° au-dessus de zéro, avec nos conserves et tout notre attirail d\u2019hivernage.Lorsque l\u2019on est sur le\u2018grand volcan, le mont Hercule, et qu'il est découvert, on y respire difficilement.Sa hauteur est de 9.127 mètres, son diamètre est de plus de 13 kilomètres.C\u2019est lui le plus grand et le plus haut du monde.Mais le plus extraordinaire c'est que la lave gluante qui en sort en quantité et dont on ne peut se faire une idée, roule en pente à une grande distance sur les bords du précipice dont on sent la vapeur vous brûler le visage et, lorsque la lave marchante s\u2019est rejointe au centre, comme si elle tournait dans un cirque, en se rapprochant sans cesse du centre, l\u2019orifice de cette bouche infernale n'est plus visible, la neige et les torrents de glace fondue qui ruissellent de tous les côtés, par suite du contact avec les laves brûlantes, viennent alors former un lac immense sur ce fond improvisé.Un gigantesque bloc de glace se forme rapi- LE POLE SUD EST DÉCOUVERT 265 dement en attendant qu\u2019une nouvelle explosion expulse ce bouchon phénoménal qui sert de couvercle au cratère du volcan.Tout à coup un bruit effrayant se fait entendre, terrible, formidable, le fréle obstacle est brisé en millions de morceaux et projeté à une hauteur difficile à déterminer, pour retomber sous forme de pluie avec les cendres, la boue, les minerais fondus, la lave, le bitume, etc.Ce volcan a fait irruption de 1873 à 1875 sept fois et de 1875à 1878 deux fois.Il n\u2019y a rien de régulier entre chaque intervalle d\u2019éruption à un autre.Les phénomènes qui se produisent pour le grand Volcan, se renouvellent presque semblables pour les autres qui forment ceinture tout autour du grand.[ls sont au nombre de 23, petits et grands.À côté du grand Volcan central, on remarque, avec le lac des Ifs, deux torrents, les deux Wilna, qui se jettent dans ce lac et vont ensuite s\u2019engoutfrer en passant sous des rochers, dans le cratère du grand Volcan, par une brèche qui n\u2019est plus qu\u2019à 7.546 mètres d'altitude.Certains lacs de glaces atteignent 350 mètres de profondeur et c'est là, que l\u2019on y distingue, à travers ces épaisseurs, les corps d'animaux antédiluviens très bien conservés: des mammouths, des crocodiles et une infinité d\u2019autres animaux de dimensions géantes.Quant l\u2019amiante, dont j'ai parlé plus haut, qui est très blanc, on l'y trouve par blocs de plusieurs mètres cubes ; on s\u2019en sert pour tisser des cordages.Près de la ceinture de ces volcans, la houille et l\u2019ardoise de couleur violette apparaissent à fleur de sol ; quelquefois le feu prend dans cette houille, qui s'enflamme avec beaucoup de facilité, principalement à la suite d\u2019éruptions volcaniques produisant d'immenses incendies qui durent des semaines.Une projection de flamme ou fusée s\u2019élève vers le ciel et atteint parfois 40 mètres de hauteur.La couleur de ce feu n\u2019est pas très vive, elle est bleuâtre.Celui-ci se propage, s'étend, atteint la brousse qui brûle sur des centaines de kilomètres.Des racines de cette brousse qui s\u2019enfoncent à plusieurs mètres de profon- 1° DÉCEMBRE 1898 17 266 LA HEVUE DES DEUX FRANCES deur en terre, les naturels extraient une sorte d\u2019alcool un peu amère.La sève de ces plantes sauvages est très huileuse.Benjamin| Gadobert Paris, Novembre 1898.(A suivre).En MA FILLEULE AGÉE DE TRENTE-NEUF MOIS Tu ne veux pas voir ton parrain, Tu ne veux pas que je me nomme ; Pour moi tu n'as qu\u2019un seul refrain : « Il est trop barbu, le menomme ! » Attends : bientôt tes yeux ravis Pétilleront à mon approche.Dans ce monde on change d'avis : J'ai des étrennes plein ma poche.Tiens ! plus d'effroi ni de courroux, Tu rouvres tes petits poings roses.Ne croyons plus aux loups-garoux, Ça nous donne des airs moroses, « Je veux l'aimer, le bon maissieu.» Ainsi soit-il! La paix est faite.Avec toi, jamais de milieu La pomme adoucit l'imparfaite.Ce n\u2019est la barbe ni le ton Qui si fort agaçaient Julie; Elle s'accroche à mon menton Pour terminer la comédie.« Ne t'en va pas toujours, toujours !.» Coquine, ça s'adresse aux pommes! Quand viendra l'âge des amours, Tu n\u2019auras pas peur des menommes.Benjamin Sulte. Notre ami, le docteur Damien Masson, est parti pour le Canada, il v à déjà quelques jours.Le docteur Masson est un des rares médecins canadiens qui aient suivi des cours complets de l'Université Française.Nous ne savons pas encore où notre compatriote s'élablira, mais qu'il veuille agréer nos souhaits les meilleurs, caril a tout ce qu'il faut pour réussir.x * Canadiens et Américains, inscrits durant le mois de novembre, aux bureaux de la Revue des Deux Frances : J.S.Sanfold, New-York ; Grand-Hotel Mme J.8.Sanfold, New-York; Grand-Hotel.M.J.Edge, Toronto; Hotel Terminus.M.L.Menier, Montréal; 5, Place Saint-Sulpice.M.E.L.Smith, Chicago; 35, avenue de l\u2019Opéra.Mme.E L.Smith, Chicago; 35, avenue de l'Opéra.Mlle Régina Smith, Chicago ; 35, avenue de l'Opéra.kk Dans une petite note parue dans notre dernier numéro et parlant de Mlle Berthiaume, il s'est glissé quelques erreurs que nous rectifions en publiant de nouveau, corrigée, la même petite note : 268 LA REVUE DES DEUX FRANCES « Mlle Helmina Berthiaume, après un long séjour à Lourdes, et quelques jours passés à Paris, s\u2019en retourne au Canada.« Mlle Berthiaume, qui était venue aussi l\u2019an dernier, reviendra l\u2019an prochain encore, nous I'espérons.» * * x M.Jos.Dupuy est actuellement en Algérie dont il trouve le climat merveilleusement Leau.Dans une récente lettre écrite à un ami, il annonçait, comme probable, un pèlérinage en terre sainte.M.Dupuy voyage en compagnie de l'éminent Père Emilius, le très sympathique ami des Canadiens.Nous souhaitons à M.Dupuy une excellente santé et un prompt retour parmi ses compatriotes de Paris.* x x Le docteur Edouard Plamondon, attaché à la célèbre clinique du professeur Abadie, vient de faire, avec succès, deux très difficiles opérations, sous la direction de son très distingué professeur.Le docteur Plamondon étudie, ici, les maladies des yeux, du nez, des oreilles et de la gorge, et il fait aussi de la chirurgie générale.C'est lui qui, l\u2019an dernier, remportait, à Montréal, le prix de chirurgie offert par le professeur sir William Hingston.Et il continue, à Paris, son brillant labeur.Amoureux de son art, tout son plaisir est de chercher à le mieux connaître.Ces méde- cins-là sont toujours utiles à leur pays.* % * Nous reviendrons, très au long, dans notre prochain numéro de la Revue, sur la question de l\u2019Exposition Canadienne à Paris en 1900.Nous croyons savoir que notre voix a été entendue en haut lizu, et qu\u2019il est décidé que nous aurons, comme commissaire spécial du Canada à l'Exposition de Paris, un Canadien-français qui saura faire honneur à son pays.Nous devons attendre que sa nomination soit officielle avant CHRONIQUE DES DEUX FRANCES 269 d'en parler plus au long et de dire tout le plaisir qu\u2019elle nous cause.Notre race obtient justice, et tous les patriotes en.seront heureux.Nous avons reçu la très jolie lettre suivante du Révérend Père Maumus, en réponse à l\u2019article publié sur son livre, dans notre numéro de novembre dernier : « Cher monsieur, « Je vous remercie bien sincèrement de l\u2019article bienveillant que vous avez eu la bonté de consacrer à mon dernier livre : Les Catholiques et la Liberté politique.Je suis heureux, toutes les fois qu\u2019une occasion se présente, de voir se propager des idées que je crois justes, et qui, à mon avis, sont le salut pour l\u2019avenir de l'Eglise.« Travaillons sans relâche à répandre, parmi les catholiques, la juste notion des vrais besoins de l\u2019Eglise ; efforçons-nous de les arracher au passé et de les tourner vers l'avenir.« Veuillez agréer, cher monsieur, l\u2019assurance de mes sentiments les plus dévoués.« F.H.Vincent Macmos.» * * + Le dernier courrier nousapprend que M.Frédéric Villeneuve, avocat et directeur du vaillant journal français, l'Ouest Canadien, vient d\u2019être élu député de Saint-Albert (Territoires du Nord-Ouest) par une immense majorité.Notre distingué confrère est de taille à tenir haut et ferme le drapeau de la race Française dans le parlement des Territoires du Nord Ouest Canadien.Souventes fois, il aura à lutter.Mais les compatriotes qui l\u2019ont choisi savaient ce qu'ils faisaient.Et ils ont fait montre d'autant d\u2019esprit que de patriotisme.La Revue des Deux Frances est heureuse de le saluer de ses bravos.C\u2019est au journaliste, au cœur si français, à qui nous serrons la main, par dessus l'Atlantique, avec la Joie la plus fraternelle.R.B. MÉTAMORPHOSE Quand Jeanne Courcelles avait rencontré pour la première fois Pierre Daslin, elle avait été charmée et enthousiasmée par l'accent très simple et très profond avec lequel il récitait ses vers.C\u2019était dans un grand salon.Le talent et la situation familiale de Pierre l\u2019amenaient là ; le souvenir du colonel Cour- celles permettaient à sa veuve et à sa fille de se trouver encore dans ces milieux, contrastant avec leur gène.Elle était très romanesque, ayant rêvé beaucoup entre les lignes des livres qu\u2019il fallait lire pour les brevets; toute une teinte de littérature, fausse parce qu'elle ne reposait sur rien de vécu, avait pénétré son existence, revêtant toutes les formes, depuis le journal fermé d\u2019une petite serrure à clef, où l\u2019on trouvait des descriptions d'imagination, des impressions de jeune fille, jusqu\u2019aux longues lettres de seize pages, serrées, pleines de confidences, de songeries confuses, envoyées aux amies; lui, tout à son art, révant de la compagne de rêve, aux lèvres douces, aux pensers capables de comprendre les siens.Par une suite de circonstances imprévues, par leurs rencontres fréquentes dans les mêmes salons, ils purent se connaître mieux, se confier peu à peu leurs pensées, leurs volontés; lui, ses volontés de gloire, elle, ses désirs de bonheur, disparus depuis la mort du colonel \u2014 tous deux leur amour qui naissait, grandissait.Et un juur vint, où, leur passion faite de littérature, d\u2019amour enfiévré de célébrité, les ayant fait s'aimer en silence, ils résolurent de fuir le monde, dès après leur mariage, tout l\u2019un à l\u2019autre, en envoyant seulement de temps à autre un souvenir à cette société qu\u2019ils abandonnaient, en lui jetant comme un défi une œuvre puissante et fière, éclose au milieu de leur bonheur caché. MÉTAMORPHOSE 271 Lg LY La fortune de Pierre Daslin lui permeltait de tenter la réalisation de ses désirs.Ils partirent loin de Paris, vers les lacs bleus de la Suisse, dans la volupté sensuelle de la blancheur des glaciers, des ciels bleus comme les lacs, où ils se réflétaient parmi l'étincellement de ces teintes, chaudes à la chair et au cœur.Ils louèrent, au milieu du calme, à Lugano, une villa très blanche et très close, brodée d\u2019un feston de roses, s\u2019entrelaçant aux grilles dorées.Et c\u2019étaient des joies enfantines pour Jeanne de se promener parmi ces pièces où leur bonkeur allait vivre, d\u2019y rester extasiée pendant qu'ils visitaient la maison pour la première fois.Déjà son organisation de femme voyait la place des meubles, de ces meubles chéris et luxueux, comme elle en avait vu dans les descriptions de roman ; elle songeait aux petites pièces blanches, meublées et tendues d'étoffes, fraiches comme la fraîcheur de leur amour, nuancées comme leurs sentiments.Et les poésies vagues qui avaient flotté autour de ses rèves de jeune fille se précisaient et, confiante dans le talent de son mari, elle voyait là le bonheur parfait, et plus que jamais elle révait la gloire.« Oh! mon Pierre, comme nous serons bien ici.», dit-elle.Elle se jeta à son cou, sans souci de la vieille Italienne qui les guidait à travers la propriété.Et le baiser de sa chair frissonna aux lèvres de Pierre, plein de tendresse.Tout un mélange confus de sentiments s'enchevétrait en sa pensée, et son ambition, son désir de gloire grandissaient encore pour le poète qui était autant son amant que son mari et se résumait dans ce baiser qui effleurait et mordait à la fois.Dès qu'ils furent installés, ils se sentirent pris au charme de ce cadre ; ils sentirent en eux comme une harmonie nouvelle chantant en l'accord de cette nature, ils sentaient que des impressions de vie se lieraient aux impressions de leur volupté; etune joie leur vint des œuvres qui naîtraient dans cet isolement.Les journées se partagèrent ainsi d\u2019abord, entre ce souci d'art qui marquait leurs moindres sensations et leur amour qui 272 ILA REVUE DES DEUX FRANCES fleurissait dans le printemps du lac.Jeanne poussait son mari à travailler dans le charme de leur pièce.Et parfois Pierre ayant écrit une scène murmurait des vers, tombés en mélodie, égrénés comme un filet d\u2019eau claire, d\u2019une eau de source coulant harmonieusement entre des doigts très blancs.Les désirs du triomphe qui restaient leur seule attache avec le monde, les poursuivait dans le calme de leur boudoir, dans cette pièce où toute leur vie se concentrait, au milieu des bibelots plus aimés, parmi des délicatesses morales et matérielles.Les soirs, sous l\u2019abat-jour jaune creusant des sillons de lumière dorée dans l\u2019ombre intime, Pierre travaillait et cadençait chaque scène.Et puis devant les crépuscules de printemps, où sur l'horizon pâli montaient les premières étoiles, plus brillantes dans leur isolement, ils restaient silencieusement accoudés au balcon, dans le frôlement de leur chair, qui unissait leurs pensées.Et les mots semblaient se joindre d'eux-mêmes, jaillis de l\u2019extase très chère, de cette extase qu\u2019ils avaient d\u2019abord voulu facticement et qui, peu à peu, devenait plus forte qu\u2019eux, les saisissait, les affolait et rendait puissants les marivaudages qui fussent venus sans art et sans amour.* * x e La pièce fut écrite dans cetle joie des yeux et des cœurs.Les paysages s\u2019étaient mirés dans les vers, et les sentiments de ceux qui passaient dans ces scènes étaient graves et profonds.Il semblait que Pierre avait oublié tout cet amour convenu dont la vie de Paris l'avait entouré, il semblait que ces poèmes murmurés en des clairs de lune shakespeariens étaient tombés d\u2019un songe.Ces heureux ne s\u2019en apercevaient pas\u2026 Ils ne savaient plus que leur amour, et la fièvre de cet amour murmurée en des poèmes extasiés.Sûrs de la gloire, ils voulurent envoyer la pièce à Paris.Mais Jeanne s'élonnait elle-même.Aucune de ces ivresses glorieuses qu'elle avait connues ne la tentait plus.La pièce à Paris parut étrange.On épilogua beaucoup sur le cas de ce pauvre Pierre Daslin qui « valait mieux que cela », qui « s\u2019éteignait » dans l'éloignement du centre intellectuel.Mais lorsqu'elle leur revint, en plein été, sous le charme de la petite maison, perdue au milieu des iris à longue tige et des MÉTAMORPHOSE .- 273 roses, il y eul à peine un moment de stupeur, une contraction de visage, disant la désillusion.Car celle qu\u2019avait tant rêvé la gloire pour son mari,pour son Pierre souriait\u2026 Elle voyait dans ce sourire les œuvres désormais écrites pour eux seuls.Et son amour plus fort que tout, laissant voltiger des baisers très frèles sur le visage de l\u2019aimé, dit dans le crépuscule qui tombait : « Viens, nous jouerons nous-mêmes nos pièces d'amour sous le regard des étoiles.Le monde nous ignore ; nous ne pouvons plus le comprendre.» Georges Grappe.Paris, 21 novembre 1893.VENT D'AUTOMNE A M.le Vicomte A.de Royer.J'étais à ma fenêtre, et j'entendais siffler Une forte tempête.Elle faisait voler La feuille jaunissante ; et pâle sous sa plainte, J'écoutais frissonner l'éternelle complainte.J'aime cette démence, épouvante du soir, Qui déchaîne en courant avec un désespoir Tous les sanglots des morts, s'il est une survie.Ses funèbres accents me rappellent la vie Aux heures de blasphème où l\u2019on voudrait mourir, A force de douter, à force de souffrir.Räle qui viens trembler les nuits mystérieuses Et qui sembles jaillir de leurs entraves creuses, Tu me frôles.L'angoisse envahit tous mes sens, Et je vis et je meurs de ce que je ressens.O vent froid, à vent triste et bien-aimé d'automne, En transports éperdus que ta grande voix tonne ; Pénètre enfin partout où sont des profondeurs : Dans les bois, se chauffant aux dernières ardeurs Du-soleil, tout au fond des ravins noirs, sur l'onde, Et dans le creux des cœurs où la passion gronde ! Noelle Herblay. CONSOLATION (DIALOGUE).A mon ami, M.le Dr A, A Bernard.ARMAND Pére petit, écoute Armand, veux-tu?Tu me disais que nous allions voir mère, Que son esprit, tout de blanc revêtu, Allait venir ; reste encor, petit père ; Écoute Armand, veux-tu?Mère chérie était pour moi si bonne Qu'elle viendra bercer encor son fils ; Dis-lui qu\u2019Armand sur ses genoux l\u2019ordonne, Qu'il veut la voir au seuil du Paradis ; Vois-tu, mère est si bonne! Si tu savais, je ne fais que pleurer.Père, oh, dis-lui que mon cœur se désole, Que dans ses bras je voudrais soupirer.Au ciel, la nuit, souvent Armand s\u2019envole ; Je ne fais que pleurer.LE PERE Armand, mon fils, tu me déchires l\u2019âme.Mon cœur mourant se perd dans la funèbre lame Dont le flot a broyé mon fidèle trésor\u2026 Quand donc vers le ciel bleu prendrai-je mon essor ?Mon Dieu, d\u2019un seul effort de votre main jalouse, Vous lanciez dans Ja tombe une mère, une épouse.Depuis que son trépas nous couvre de douleurs, Les yeux de cet enfant n\u2019ont connu que des pleurs. [£9 -1 o CONSOLATION Le jour, la nuit, toujours il appelle sa mère ; Ses sanglots troublent seuls sa couche solitaire ; Il la demande en vain aux échos du tombeau, L\u2019écho reste muet autour de son berceau! Il parcourt, sanglotant, la chambre funéraire, Et toujours le silence accueille sa prière.La mort retient sa mère au sein de son cercueil Et ne lui laisse plus que l\u2019angoisse du deuil ; Sa main, l'enveloppant de ses voiles funèbres, Le plonge sans pitié dans l'horreur des ténèbres D'une nuit sans espoir.Mère, ton fils martyr Se flétrit dans mes bras à ton seul souvenir; Mère, son cœur s'éteint, son jeune âge succombe, Mon amour ne peut plus l'arracher à la tombe.Dieu, ne m\u2019accablez pas, n\u2019enlevez pas mon fils.Mère, laisse un instant les sublimes Parvis, Viens rendre à notre enfant la suave tendresse Dont tu berçais jadis sa première caresse.Laisse là ton linceul et viens me secourir ; Je ne veux pas le voir se faner et mourir! ARMAND Ne pleure plus sur la tombe de mère ; Bon papa, vois, Armand t'aime toujours.Petit Jésus, écoute sa priére.Père, avec toi je viendrais tous les jours Sur la tombe de mère.Et puis, bien vrai, je ne veux plus mourir, Je ne veux plus, plus jamais te déplaire.Sur tes genoux Armand viendra dormir ; Mère viendra sourire à pauvre père, Je ne veux plus mourir.À la maison je serai toujours sage, Père chéri, bonne maman n\u2019est plus Mais dans mon cœur j'ai gardé son image, Écoute-moi, viens prier doux Jésus Je serais toujours sage. 276 LA REVUE DES DEUX FRANCES LE PERE O Dieu puissant, enfin soulageant mes douleurs, Mon enfant m'est rendu pour essuyer mes pleurs.Votre bonté, guidant sa sublime innocence, Me préche la grandeur de votre Providence.Mère, jette un regard sur ce fidèle cœur, Du sein de ton tombeau veille sur sa candeur; Veille sur son sommeil, rends ses nuits moins amères, Redonne-lui la vie, écoute ses prières, Car, vois-tu, cet enfant, c'est le seul souvenir Qui me reste de toi; du Ciel viens le bénir.Mère, rappelle-toi quand, penchés sur sa couche, Nous cueillions les baisers de sa divine bouche.Sans jamais nous lasser nous admirions son front, Nous unissions nos cœurs dans un amour profond Et, scrutant l'avenir, dans un songe vivace Nous voyions notre fils éblouissant de grâce Apporter l'allégresse à notre doux séjour.O Dieu, n\u2019éteignez pas ce rève de l\u2019amour.ARMAND Ne pleure plus, tu me fais de la peine ; Père chéri, laisse Armand t\u2019embrasser\u2026 Sur cette tombe, où ton amour m\u2019amène, O mère, viens encore me caresser\u2026 Ne me fais pas de peine.O doux Jésus, je te donne mon cœur ; Viens essuyer les pleurs de pauvre père ; Pour lui, Jésus, rends mon amour vainqueur.Au Paradis, va dire à tendre mère Que j'ai donné mon cœur.J.-H.Legault.Saint Henri de Montréal, 15 Nov.1898. ETATS-UNIS M.Ferdinand W.Peck, de Chicago, a été nommé Commissaire général en date du 22 juillet dernier pour représenter les Etats-Unis à l'Exposition de Paris en 1900.Le Bill autorisant la nomination est ainsi conçu : « Le Président, avec les pouvoirs que lui en donnera le Sénat, nommera uu Commissaire général pour représenter les Etats-Unis à l'Exposition qui doit avoir lieu à Paris en 1900.Agissant sous la direction générale du Président, le commissaire général aura charge de réglementer et trancher toutes questions se rapportant à la dite exposition.Il contrôlera les dépenses, surveillera les installations, et ses efforts tendront à donner le plus d'éclat possible à cette fête du travail.En outre d'un secrétaire chargé de la partie financière et des rapports entre les deux gouvernements, le Président nommera un adjoint (qui prendra le titre de sous-commissaire général) au cominissaire général; ceci, dans le cas où un empêchement quelconque \u2014 absence momentanée, maladie ou mort, \u2014 mettrait le commissaire général dans l'impossibilité de continuer ses fonctions.Le Président nommera aussi douze commissaires qui seront mis à la disposition du commissaire général afin d'assurer les services de l'exposition.Le Commissaire général engagera en outre tels experts et tel membre qu'il croira devoir employer dans chacun des groupes représentés à la dite exposition.IL sera alloué $ 8.070 par an au commissaire général, $ 6.000 au sous-commis- saire général et # 4.C00 au secrétaire.Ces fonctionnaires sont nommés pour unc durée de trois ans.Les dépenses autorisées pour l'installation de l'exposition sont fixées à 278 LA REVUE DES DEUX FRANCES $ 650.000.à laquelle somme il sera ajouté 85.000 pour le traitement des employés des Etats-Unis et de Paris.D'autre part le ministre de l\u2019Agriculture est autorisé de préparer l'exposition des produits agricoles des Etats-Unis inclusivement avec ceux mentionnés dans les groupes 7-8 et 10 du plan général de l\u2019Exposition.Cette exposition sera également sous la direction du commissaire général et les crédits en sont portés à ÿ 75.000 non compris dans les § 650.000 dont il est parlé plus haut.Il sera établi, par les soins du Commissaire général, un rapport de l'exposition «qui sera imprimé en anglais, en français et en allemand.Les employés et les fonctionnaires des douanes favoriseront par toutes voies ct moyens, dès à présent, le transit des objets en destination de l'exposition de Paris, et, l'exposition finie, ils prendront le même soin pour assurer le retour des dits objets à leur pays d'origine.Après l'exposition, il sera dressé un rapport documentaire avec les résultats acquis; l'importance de ce trava,l est limité à six volumes in-8, contenant un maximum de 1.000 pages chacun.Sur les crédits destinés à la participation des Etats-Unis à l'Exposition de Paris, $ 200.000 sont dès à présent mis à la disposition du commissaire général, afin de pousser activement les premiers travaux d'installation ; sur cette somme le ministre de l\u2019Agriculture est autori:é à prélever $ 20.000 pour préparer l'exposition agricole.» Trois commissaires ont été nommés directement par le président Mac-Kinley, ce sont l'Hon.Ferdinand W.Peck, Commissaire Général; l'Hon.B.D.Woodward, Commissaire Général adjoint, et le major Fred Brackett, secrétaire général.Les deux premiers sont en ce moment à Paris; le troisième.le major Brackett, est resté à \u2018Chicago.Ainsi que nous l'avons dit dans notre dernier numéro, M.Peck a choisi comme directeur des affaires M.Paul Blackmar, qui fut surintendant des collections à l\u2019exposition de Chicago, et il s'est assuré le précieux concours d'un savant remarquable, M.J.V.Skiff, directeur des mines et de la métallurgie.Les bureaux de la Commission sont luxueusement établis à deux pas du terrain de l'Exposition.Ses premiers efforts ont eu ce premier résultat de faire augmenter de 25.000 pieds carrés l'espace accordé à l'exposition particulière des États-Unis, espace primitivement fixé à 150.000 pieds.Si la Commission peut obtenir le terrain nécessaire, ce qu\u2019elle n'espère pas, elle fera reproduire un des palais de l'Exposition de Chicago et sacrifiera 200.000 dollars à ces travaux.D'autre part, elle a fait une demande à M.Navarre, président du Conseil municipal de Paris, pour qu'il lui soit accordé un emplacement dans la ville afin d'y ériger une statue monumentale du général La Fayette.- ** CANADA Rien encore n\u2019a été décidé pour la participation de la Puissance à l\u2019Exposition de 1900.11 serait désirable pourtant que le gouvernement canadien n'attendit pas que tous les emplacements destinés aux pavillons des puissances étrangères soient distribués, car il courrait fort le risque de n\u2019avoir qu'un espace très réduit et peu apte à une manifestation imposante.Il faut que l'Exposition soit l\u2019occasion d'un rapprochement politique et commercial entre nos deux pays.Nous renou - velons donc le vœu précédemment émis par nous que le choix du Gouvernement se porte sur un Canadien Français pour occuper le poste de Commissaire du Canada à l'Exposition de 1900. ÉCHOS DE PARIS 279 \u2014 La province de Québec a pris les devants sur le gouvernement fédéral.Nous avons sous les yeux la circulaire adressée par le Surintendant de l\u2019Instruction Publique, M.Boucher de Labruère, à toutes les maisons d'éducation et aux écoles publiques de la Province, au sujet de leur participation à l'exposition scolaire de Paris.Cet appel a le double mérite d'être concis, et d'arriver à son heure.Mais à côté des productions scolaires des élèves que M.de Labruère sollicite, il doit y avoir un travail, établi par ses soins, exposant l'organisation pédagogique complète du corps enseignant de la Province.Ainsi seulement, nous pourrons nous rendre compte de ce qu'il a de défectueux et de bon dans son ensemble, et en tirer des conclusions sur ce qu\u2019il y aurait à réformer pour le grand bien de l'instruction publique dans la Province. Les Livres La philosophie sociale du XVIII: siècle et la Révolution, par A.EsPI- NAS.1 vol.in-8°.7 fr.50 (F.Alcan, éditeur).\u2014 M.Espinas est l\u2019un des maîtres les plus écoutés de la Sorbonne.C'est un savant patient et timide qui a su allier, dans son enseignement, la clarté de l'esprit français à la profondeur et au scrupule de l'érudition germaniques.Elevé dans le culte des idées générales et des formes traditionnelles de l'ancienne philosophie, il a quitté les sentiers encore battus par ses confréres pour se mettre à l'école de la vie et des faits.Il est à la Sorbonne, professeur d'Economie sociale, L'objet de cette science est défini avec soin dans le livre que nous présentons.11 s'agit d'étudier « les moyens par lesquels les maux qui résultent pour l'homme de l'organisation des sociétés peuvent être conjurés.Tout homme est exposé à la douleur ; mais on croit que s\u2019il est des souffrances aux quelles la société ne peut rien, la plupart des autres trouvent leur cause directe ou indirecte dans quelque vice de sa structure ou de son fonctionnement, et on estime quelle est responsable de celles-ci, puisqu'elle pouvait \u2014 ce semble \u2014 éviter ou corriger ces défectuosité.La suppression du mal social, voilà le problème essentiel de l'Economie sociale » On conçoit dès lors combien il s'impose à la vieille société européenne, profondément bouleversée par la résistance du capital et les revendications du travail, dans laquelle l'équilibre de ces deux puissances s'établit si péniblement et à travers tant de secousses et d'agitations.Pourtant l'Economie sociale n\u2019a pas seulement pour objet la répartition des richesses.M.Espinas en élargit l\u2019horizon en montrant que le problème social est surtout politique et moral.« Que peut l\u2019Etat pour atténuer les souffrances des hommes et particulièrement celles'qui sont imputables à la misère ?Une organisation sociale est-elle possible qui assure à tous ses membres l\u2019égalité non seulement des droits mais des jouissauces ?L'Etat doit-il avant tout rendre heureux tous les individus qui le composent et s'il n\u2019y réussit pas, abdiquer, dispa- raitre ?» Tel est le problème de l'Economie sociale, au point de vue politique.Le voici, au point de vue moral : « Qu'est-ce que le bonheur?Et dès que l'homme échappe à l\u2019étreinte de la misère, le bonheur est-il pour lui une affaire de budget ou une affaire d\u2019opinion.Chimère ou réalité ! » M.Espinas répond avec fermeté à toutes ces questions qu'il a fait sortir de son sujet.En lisant ses premiers chapitres sur la politique nationale et la politique humanitaire, fort étudiés et d\u2019une tenue souvent éloquente, ou se persuade de l\u2019actualité de l\u2019Economie sociale et de la difficulté du problème social.On s'éclaire sur des sujets qui courent dans toutes les conversations et qu'on aborde pourtant le plus souvent sans documents et sans réflexion.L'Economie sociale, par définition, enveloppe ce qu'on appelle le socialisme.Celui-ci essaye en effet une théorie du bonheur commun, mais par des moyens caractéristiques qui peuvent aller jusqu'à la mise en commun des biens et des instruments de travail.Aussi M.Espinas recherche-t-il dans son livre les ori gines du socialisme en Europe et les crises dont il a été le symptôme et la cause.ll s'est affirmé notamment à cinq époques distinctes : 1° à la fin des cités LES LIVRES 281 grecques; 2° à la fin de l'Empire romain; 3° à la Renaissance, en Angleterre et en Allemagne; 4° à la Révolution française ; 5° en 1848.M.Espinas présente notamment une interprétation nouvelle et fort intéressante des théories sociales de la Révolution française.Il semblerait, en effet, qu'elle fut un mouvement individualiste, une exaltation de l'individu au détriment de l'Etat.Elle devait y aboutir du moins, par l'influence des théories de Rousseau, qui vantaient un peu confusément les droits de la personne, le devoir, la valeur de la conscience, en un mot tout ce qu\u2019il y a d'humanité en chacun de nous Mais par une conséquence assez naturelle, toutes les personnes ainsi exaltées devenaient égales en droits et en devoirs.Et dès lors la philosophie individualiste s'achevant en une philosophie égalitaire impliquait une théorie collectiviste du rôle de l\u2019Etat en matière de propriété.Cette théorie se réalisa dans les faits suivants : la mise en commun des propriétés reconnues par le droit antérieur, grâce à la confiscation et à l'emprunt forcé à la guerre faite aux corporation et a la féodalité possédantes, puis a tous les riches; la proclamation, dès 1790, du droit illimité à l'assistance publique de tous les nécessitenx, suivie de l'organisation d'ateliers nationaux par la Constituante et d\u2019une vaste entreprise d'aiimentation publique commencée par le gouvernement révolutionnaire.Or, ce sont là des œuvres essentiellement socialistes.Le tout est étudié avec le plus grand souci du fait; nulle conclusion qui ne soit solidement appuyée sur des documents; nulle affirmation qui dépasse ses preuves.Il me semblait, en lisant son livre, entendre encore l\u2019éminent professeur faisant son cours à la Sorbonne, interrogeant ses élèves, leur faisant part de ses doutes, de ses hésilations, de la minutie de ses recherches et donnant l'un des meilleurs exemples qui soient, l'honnêteté et d'éruditions scientifiques.Je songeais que son patient labeur pour créer la science de la vie sociale était de ceux qui « mieux que les revendications amères et hautaines, les haines de classe, les polémiques envenimées » pouvaient amener le régime d'harmonie qu'on nous annonce.Et je souhailais encore que, par lui et pour lui, dans une certaine mesure, se réalisät ce vœu qui termine son premier chapitre : « Les plus doux, les plus aimants, les plus pacifiques l\u2019emporteront.» Le Mauvais Désir, roman par LUCIEN MUHLFELD.1 vol.grand in-18.8 fr.50.Chez Ollendorif.\u2014 Prenez le fameux type de Bartholo, dansle Barbier de Séville, donnez-lui à loisir de belles manières, de la tenue, quelques idées, de la jeunesse, mettez-le en mouvement dans un cadre bien moderne, et vous aurez le personnage principal du Mauvais Désir, Florent Cauzel.Ceci n\u2019est point une critique, et deviendra un éloge quand nous aurons dit qu'avec un sentiment, vieux comme l'amour et comme le monde : la jalousie, M.Mulhlfeld a su édifier, d'analyses en analyses et d'incidents en événements, un roman très parisien.Aussi bien le Mauvais Désir n\u2019est pas tout à fait la jalousie qui ne va pas sans l'amour et qui est l'inquiétude tour à tour aiguë ou latente de perdre ou de n\u2019avoir pas à soi seul l\u2019objet aimé.Florent Cauzel n'aime pas Renée Aubert.Envoyé par le ministre dont il est l\u2019attaché, jusqu'au Maroc, il songe sans retard à se débarrasser de sa maitresse, et par quelle lettre habilement soignée où les mots en velours cachent le désir de se reprendre ! [I revient sur son premier mouvement, la fait venir pour les adieux.Mais songez à ce premier mouvement qui est le vrai, celui du cœur, du sentiment spontané, le mouvement d\u2019avant la réflexion.Le mauvais désir est surtout fait de vanité et de crainte du ridicule, c\u2019est-à- dire des plus mauvais éléments de l'amour-propre.1l est la joie non dénuée de prétention d'avoir une femme à soi, devant les amis et qui trouvera en public l\u2019occasion de quelques câlineries opportunes.Il est aussi et surtout la crainte 1° DÉCEMBRE 1898 18 282 LA REVUE DES DEUX FRANUES d'être dupé devant le monde, les yeux qui épient les sourires et les regards, les oreilles qui guettent les conversations, l\u2019homme tout entier, dans son autique désir de possession exclusive, et qu'\u2019irrite l'inquiétude toujours inapaisée de savoir si l\u2019on partage avec lui la proie qu\u2019il s'est dévolue.Elle est très humaine, l'analyse de M.Muhlfeld.Et nous serions bien tentés de lui donner une portée assez générale.Ce sont toutes ces mauvaises choses-là qui entrent dans l\u2019amour des hommes, avant le cœur et surtout l'abandon de soi- même.Ou plutôt l\u2019amour passe vite et c'est le mauvais désir qui le remplace.Ecoutons la confession de Florent : « Un autre désir a germé, cruel et triste.Il a poussé comme un ver qui ronge un fruit dans son cœur.ll a corrompu.Par lui toute tendresse est étouffée.En moi, de ce que j'ai pris pour l\u2019amour, il ne reste que l'angois-e.« J'appelai jalousie ce bas désir.J'en ressentais l'opprobre, je dissimulais.Quand j'avouai par lâcheté, tu ne me méprisas point, tu t'enorgueillis de ma peine, tu fus fière de ma passion qui suscitait la douleur.Aveugle, tu ne voyais pas que l'amour était mort et que la haine veillait ! « Seule, elle triomphe.Ta jeunesse, ton éclat, ta beauté, ta gloire, ton souffle, tout ce qui peut être aimé dans ton être, je languis de ne pouvoir t'en dépouiller.« Voilà la jalousie, voilà l'envie diabolique, voilà le mauvais désir.On ne possède jamais assez quand on ne possède pas tout, quand on ne possède pas la vie ! « Grand Dieu, je comprends.On commence par désirer d'amour et puis on de mort.« Je comprends! L'ancêtre des cavernes m'a légué le désir sanglant; Pour s\u2019attester sa puissance, il semait la vie et il répandait la mort.Les voluptés sont égales qu'offre le sexe et le sang.Elles sont animales, elles sont humaines\u2026 « Et si l'amant est triste après le baiser, c\u2019est que tu respires encore, que tu ris, que tu es belle, et qu'il ne t'a pris dans l\u2019étreinte, ni ta grâce, ni ta joie, ni ta vie.» Ces remarques sont d'une psychologie sûre.11 y a plus que l'étude et la mise en scène d'un sentiment dans le livre de M.Muhlfeld.Il y a la recherche de sa genèse et de ses origines.C'est du roman, de la vie arrangée et grossie ; mais c'est aussi savant et vrai.Pour compléter le livre, l'auteur a trouvé des scènes mouvementées et d\u2019un modernisme aigu.Tel, cet entretien de Renée Aubert, divorcée, qui demande à son avocat, s\u2019il est plus moral que son ami devienne amant que mari.« Oui, reprend l\u2019avocat, parce que je ne considère pus vous, mais l'autre.1l est plus correct qu\u2019il vive de son travail que de la fortune de votre mari.Notre sociélé très complaisante ne fait justement commencer l'immoralité que là ou les alfaires de cœur se compliquent de profits d'argent.Voilà pourquoi, malgré le paradoxe apparent, il est plus moral d'être votre amant que votre mari.» On ne peut renverser d'une touche plus élégante et plus vive la facade de notre vie contemporaine, découvrir tous les faux raisonnements par lesquels se croient en sûreté et chaudement garanties toutes les faiblesses.Ressouvenirs, par EMILE DUBUISSUN.Sillé-le-Guillaume.| fr.50.Imprimerie Deslandes.\u2014 Ce nom Sillé-le-Guillaume » sur la couverture des « Ressouvenirs » dont le format et les caractéres font songer à quelque manuel d\u2019apiculture, évoque à ma pensée une calme petite ville de province.Et dans ce décor, tandis que le soleil passant librement par-dessus les maisons d'un étage, étale son jour éblouissant au large des places désertes et des rues somnolentes, \u2014 daus un retrait, loin du soleil, j'imagine un personnage administratif, notaire ou greffier, qui délaisse à de certains jours les paperasses professionnelles pour revivre, sans LES LIVRES 283 autre public que lui-mème, les heures inépuisées de ses vingt ans.Je ne voudrais pas que l'évocation de ce personnage, nécessairement un peu mir, fit tort a M.Dubuisson, ct j'entends, au contraire, lui faire un mérite de l'imagination qu'il me suggère.Son petit recueil me rappelle d'autres petits livres écrits dans de lointaines provinces par des hommes qui n'étaient pas des littérateurs professionnels et qui donnent la volupté rare, si appréciée par Sainte-Beuve, de retrouver sous les lignes écrites, sans qu\u2019elle soit fardée d'aucun artifice, l'image sincère d'une vie.L'inspiration de ces Ressouvenirs s'attarde à l'écart des exercices auxquels s'applique l'école contemporaine, en des sujets que le courant poétique a dépassés et qu'il laisse dansun abandon mélancolique dont le charme à la douceur des choses toujours jolies et plus jolies d'être surannées.C'est le Printemps, la Chanson des Brises et des Fleurs, le Souvenir de Murger, la Rencontre et ces tendresses discrètes, ces douceurs voilées pour I' « Aimée » qui sans nul doute n'aima pas et qui les ignore.Si j'ai le cœur meurlri pour avoir trop pleuré, Trouvant la destinée à certains jours méchante, Que votre voix aimée, insoucieuse, chante ; Puisqu\u2019elle vibre en moi, ce chant, je l\u2019entendrai.Le baiser qu'on échange adoucit les adieux, Et le simple ruban, ceignant des fleurs fanées Que l\u2019on conserve au fond de quelque meuble vieux Suffit pour alléger la chaîne des années O doux anges du soirqu'on invoque tout bas.Les idées de l\u2019auteur sur les Femmes, sur la Nature, sur Dieu, sans en être plus fausses reculent dans le passé.Ce n'est pas que M.Dubuisson se soit enfermé dans les formules d'une école abolie.S'il semble avoir surtout fréquenté les poètes du temps de Lamartine et s\u2019il apparaît bien qu\u2019il ignore tout des dernières nouveautés poétiques, il n\u2019est pas, certainement, sans avoir pratiqué l'école Parnassienne.Si cette indécision trop accentuée parfois dans la forme poétique nuit à la ferme unité d\u2019une personnalité qui s'aide trop des découvertes étrangères, elle m\u2019est une garantie de sincérité.À condition de subordonner sa pensée à la direction d\u2019un système et, par suite, «le sacrifier beaucoup de soi-même, il est facile, avec un médiocre talent, de donner l'illusion de l'unité.M.Dubuis- son a préféré traduire dans leur sincérité intégrale les émotions successives dont il était affecté et pour répondre à des impressions diverses, selon le jour et l\u2019heure, adopter des modes d'expressions divers.Et si lorsque l'inspiration l\u2019apparentait plus particulièrement à tel ancètre poétique, il a trop modestement laissé voir sa filiation, nous aimons la naïveté d'un aveu qui nous ouvre unc vue plus franche sur la réalité de ses impressions poétiques.Sa Fleur, roman, par FELICIEN CHAMPSAUR, 3 fr.5U, chez Fasquelle.\u2014 Une jeune fille très instruite sur toutes choses et sur d\u2019autres encore, se monte la tite, le cœur et un peu les sens pour le romancier féministe à la mode.Elle l\u2019aper- coit dans une loge, à la première d\u2019une pièce, la Faute de l'Homme, où il triomphe bruyamment en rejetant sur le mari ou l'amant toutes les faiblesses de la femme.Une correspondance s'engage dont la poste restante, habituel stratagème dés amoureux discrets, fait tous les frais.De part et d'autres, les lettres deviennent plus pressantes.Et dans Jes sivnnes, la jeune fille laisse aller tout son cœur, tout son rêve, toute l'illusion de son âme.Un beau jour, la famille apprend tout.Visite du père au romancier qui refuse le mariage par égoïsme.Visite de la jeune fille qui veut poursuivre son aventure et se donner quand même, sans conditions, épouse ou maitresse.Nouveau refus du romancier, tou- 284 LA REVUE DES DEUX FRANCES jours par égoïsme.Et cela finit ainsi, sans secousses, sur l\u2019envers d\u2019un rêve de jeune fille, tandis qu\u2019il semble à la pauvre petite, enfin rentrée à la maison, que quelqu'un, dans l'ombre de sa chambre « souriait méphistophéliquement et lui murmurait à l'oreille, doucement sceptique et consolateur : « \u2014 Tu n'as que vingt ans, Suzanne.Ce sont les premières peines de l'amour et de la vie.Tu te marieras, puis tu divorceras peut-être, console-toi.Si tu savais combien de jeunes filles, sous les voiles de vierge et les fleurs d'oranger, le jour de leur mariage, sont, plus ou moins, pareilles à toi?Sèche tes yeux et regarde dans ton miroir comme tu es belle, toute neuve, toute blanche encore malgré les taches d'encre que ton expérience a déjà effacées.La vie est devant toi, 0 femme de demain, la vie.» Dénoument d\u2019une banalité un peu triste mais bien vraie, en lequel s'achèvent la plupart des plus vives amours, et des étapes marquées de la vie qui n\u2019est jamais ni si bonne ni si mauvaise qu\u2019on pense, rosée vite séchée des larmes, oubli qui vient au cœur comme aux yeux le sommeil.Mais, derrière cette psychologie un peu générale il y a, dans le livre de M.Champsaur.deux types bien actuels et solidement étudiés : l'homme, écrivain, politique ou épicier qui n'aime pas parce qu'il n\u2019a pas le temps d'aimer, dès qu\u2019il est fasciné par le but à atteindre et qu\u2019il s'est durci a la lutte quotidienne; la jeune fille moderne dont l'innocence est de façade et qui, sous les à-coups du livré, du théâtre, de la conversation, sent éclore en elle le besoin de l'amour, de l'émancipation, de la liberté, le dit, comme elle peut, en enfant ignorante et naturellement habile, parce qu'elle sera femme, au premier venu, dès l'occasion offerte.Pudeur naturelle qui vient du cœur, et hardiesse péniblement voulue qui vient de la tête, besoin de se donner et pourtant besoin d'être aimée pour rien, pour le plaisir et de se créer l'élu, et de choisir à son aise, fleur dont elles s'embellissent et qu\u2019elles trouvent lourde pourtant, que de contradictions, de rêves indécis, d'agitations et de retenues dans ces cervelles et ces cœurs d'oiseau que sont les jeunes filles de nos civilisations avancées.Où sont les anciennes mœurs, et les utiles conseils, au milieu des larmes, de la mère à la future épousée?Et comme on comprend bien que Montvédre, féministe à la mode, adulé des femmes, en plaisantant « craigne pour sa tête », quand on lui offre pour femme, celle qui spontanément et pendant six mois de lettres amoureuses, effeuillait chaque jour pour lui un peu de sa fleur! Comme tout cela est triste quand on se reprend des phrases câlines, et des descriptions un peu trop savamment voluptueuses de M.Champsaur.L'égoïsme des hommes est féroce sans doute, mais combien servi par tout ce qu'il y a d'inintelligibilité et d'illogisme naturel irréfléchi, incompris, inconscient même dans une âme féminine.Et il s\u2019agit d'une jeune fille, d'une vierge.Que sera-ce, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une femme, épouse ou muitresse, qui a pris contact avec une âme d'homme, en a saisi, par le menu, les faiblesses et les violences alternatives ! Nous le savons et d'autres avant M.Champsaur nous l\u2019on dit.Dès que la dame veut bien descendre du piédestal ou suppliant le désir de l'homme s\u2019en va la trouver, elle prend décidément conscience de sa force, Elle devient la maitresse de l'homme à la condition de rester la maitresse d'elle-même.Rarement elle se donne entièrement, même quand l'homme s'oublie à ses pieds, ou du moins elle se ressaisit vite.Elle sait les manèges, les coquetteries, les tristesses dont il faut jouer pour tenir à son insu, bien incapable d'agir celui qui se croit victorieux.Emportée dans le mouvement du désir satisfait, elle le dirige à son gré vers ses idées de derrière la tête.Elle est la cervelle d'oiseau qui semble rêver très vaguement et qui veut, le pastel rose qui parait sourire en son cadre de dentelles et qui commande.C\u2019est la poupée voluptueuse et fragile qui sait entrainer l\u2019homme dans le frou-frou parfumé de ses jupes et qui, très doci- LES LIVRES 285 lement et trés souvent, malgré toute sa cuirasse d'égoïsme et ses beaux gestes forts, fait glisser sous son pied mignon toute la tête du vainqueur : sa pensée et sa volonté.Il est peut-être utile de se reprendre après la savante et agréable littérature de M.Champsaur et des psychologues féministes contemporains.Car ce n'est point avec la littérature qu'on refera notre vie moderne, si c'est par elle qu\u2019on la connait.Le badinage en amour, ignorance.ruse, égoïsme, désespoir parmi de fugitives caresses est une des choses les plus attrayantes qui soient à lire.Sa Fleur en est une garantie nouvelle.Mais ce n\u2019est point l'idéal.L'amour serait peut-être une chose moins douloureuse ou meilleure, quelqueftis, s'il était débarrassé chez l\u2019homme de son armature d'égoïsme et chez la femme de son arsenal de coquetterie sentimentale.Médée, drame lyrique, en trois actes, par M.CATULLE MENDES, représenté au théâtre de la Renaissance.\u2014 Parmi la bruyante cohue du boulevard, les fiacres automobiles et les orchestres de tziganes, on vient de nous faire revivre, à la Renaissance, l\u2019une des plus sombres légendes que nous ait léguées la Grèce antique.C'est l'histoire de Médée, célèbre magicienne, fille d'un roi de la Colchide qui s'enfuit avec Jason, chef des Argonautes, lorsque, grâce à ses artifices, il se fut rendu maître de la toison d'or, et qui, abandonnée par le mème Jason, se vengea en égorgeant les enfants qu\u2019elle avait eus de lui.Il est à remarquer que le sujet de Médée à tenté uniquement parmi les dramaturges les raisonneurs et les grandi-loquents, Euripide, Sénèque, Corneille \u2014 le Corneille d'avant le Cid \u2014 et ce lyrique qui ne déteste pas les gageures poétiques, M.Catulle Mendès.C'est qu'il est par lui-même d'une vérité si paradoxale, il emporte si loin au-delà des mesures jusqu'où la chétive sensibilité du public veut suivre les passions, qu\u2019il faut, pour l'entreprendre, plus de logique forcenée que de goût et, pour le traiter, plus d'emphase lyrique que de juslesse.C'est ici la plus tragique expression du drame passionnel dont le facteur unique et double est la jalousie.La jalousie Jde l'homme, Shakespeare nous l\u2019a montrée dans Othello, brutale et irréfléchie, fureur aveugle mais pétrie de douleur.Un autre aspect vient d'être présenté par M.Muhlfeld où l'amour n'a pour ainsi dire point de part, où domine l\u2019obsession d\u2019une trahision humiliante pour le maitre plutôt que douloureuse pour l'amant.La jalousie de la femme est autre : dégagée de toute préoccupation étrangère à soi-même, elle n\u2019est pas la crainte du ridicule, elle n\u2019est plus l'amour, elle ne sent pas sa douleur, Elle est la jalousie.Aussi, absolue dans son vouloir, clairvoyante et rigoureuse dans ses réalisations, elle développe jusqu\u2019en leurs plus effroyables conséquences avec une exaltation froide et un emportement lucide l\u2019impitoyable logique de sa vengeance.Telle est Médée.Jason, c\u2019est l'aventurier superbe, l'homme du destin, aveugle à tout ce qui n'est pas l'heure présente, indilférent, de toute nécessité, à tout ce qui n\u2019est pas Jason, non par égoisme vulgaire, mais parce qu'il a conscience d\u2019une destinée où les hommes et les femmes sont des moyens et qu'il accomplit sans la prévoir et sans la connaître.M.Catulle Mendès l'a bien compris, qui nous le montre sans émotion, sans colère même devant les reproches de Médée.Sensible a la douleur de l'amante ou furieux devant ses invectives, il balancerait entre le ridicule et l'odieux.Non.Il a perdu tout souvenir de l'heure qui n\u2019est plus, étonné presque que Médée s'en souvienne : et les jeunes filles corinthiennes le trouvent sublime.Sous son casque où le jour à l'air D'une victoire qui se pose.Envers un tel personnage, la jalousie de Médée est plus qu'une passion 286 LA REVUE DES DEUX FRANCES humaine.C'est la révolte de l'instrument qui s'obstine et qui veut enrayer le char de la Fatalité.C'est la lutte de la Femme contre le Destin.Dans ces conditions la sublime horreur de ses crimes et dans la logique de sa destinée ; et point n'était besoin, pour l'expliquer, d'inventer, comme l'a fait M.Catulle Mendès, une nouvelle et dernière trahison de Jason.misérable et timide concession à l\u2019indigente sensibilité du public.Un autre reproche que je ferai à M.Catulle Mendès, c'est d\u2019avoir voulu faire une tragédie antique et d'avoir réussi un drame lyrique.Or, le lyrisme est-il le mode d'expression qu'appelle la jalousie ?Je ne le crois pas A chaque instant, la simplicité du langage grec qu\u2019affecte M.Catulle Mendès \u2014 cette simplicité fluide où l'expression, au lieu de vêtir et d\u2019emprisonner le sentiment, le laisse apparaitre vivant et nu \u2014 se crirtallise en des vers dont la perfection plastique à l'éclat rutilant des gemmes ou la froideur impeccable du marbre.Cette préoccupation de lyrisme plastique s'accuse dans des indications ou M.Catulle Mendès prévoit, avec le scrupule d'un ordonnateur de tableaux vivants, l\u2019ordonnance du décor et l'attitude des figurants.Cette conception est-elle une concession à la personnalité de Madame Sarah Berohard ; faut-il y voir le souci de mettre en valeur la voix d'or et le geste hiératique de la grande artiste qui a trouvé dans le personnage de Médée une de ses meilleures créations! J'aime mieux penser que M.Catulle Mendès a cédé à son tempérament qui est d\u2019un poète plutôt que d'un auteur tragique.Il n\u2019est pas donné à tout le monde de gâter un sujet par la trop grande perfection des vers et la Médée de M.Catulle Mendès qui est, en plusieurs endroits, un magnifique drame poétique et demeure d'un bout à l'autre un splendide poème dramatique, PAUL BASTIEN.NOUVELLE PUBLICATION.\u2014 On annonce dans le monde de l'escrime que, pour faire suite à son remarquable ouvrage : Les salles d\u2019armes d\u2019aujourd\u2019hui, paru à la librairie Dentu, M.IIENRY DE GOUDOURVILLE Met la dernière main à un volume intitulé : Escrimeurs el maitres contemporains.Cette nouvelle publication, illustrée d'une cenfaine de groupes pris dans les premières salles d'armes du monde entier, sera en outre enrichie d\u2019une centaine de portraits de nos meilleurs escrimeurs, suivis de leur biographie.- L'ouvrage est, dès à présent, Irès avancé cependant les documents ne cessent encore d'arriver à l'auteur, 17, rue d\u2019Hauteville.D'après l'importance de ces documents et les soins qu\u2019apporte l'auteur au choix de ses sujets, cette publication se présente comme assurée d\u2019un gros succès, Vient de paraître : En moisson, mélodie facile de Paul Vidal sur un poème de M.Marc Legrand (chez Leduc).++ Nous avons reçu pour la Bibliothèque de la Revue : Les jeunes gens du Nouveau Testament, 1 vol., par le R.P.J.M.LAMBERT.\u2014 Librairie Victor Lecoffre, 0, rue Bonaparte, Paris.Ce volume de 400 pages est au prix de 2 francs seulement.\u2014 La préface est signée par Mgr HENRI CHAPON., * ok Saint Ignace de Loyola, 1 vol., prix 2 francs, par HENRi Jory.\u2014 Librairie Victor Lecoffre, 90, rue Bonaparte, Paris.sx Saint Étienne, roi de Hongrie, 1 vol., prix 2 francs, par E.Horn.\u2014 Librairie «Victor Lecoffre, 90, rue Bonaparte, Paris. LES LIVRES 287 #4 Médée, 1 vol., prix 3 fr.50, par CaTULLE MENDES.\u2014 Librairie Fasquelle, 11, rue de Grenelle, Paris.Voir la Critique des Livres., x Sa Fleur, 1 vol., 3 fr.50, par FELICIEN CHAMPSAUR.\u2014 Librairie Fasquelle, 11, rue de Grenelle, Paris.Voir également la Critique des Livres.Fx La Guerre des Iroquois, 1 vol., par BENJAMIN SULTE.\u2014 Librairie J.Durie et fils, Ottawa, Canada.#4 La Mère Marie de l'Incarnation, 1 vol., par BENJAMIN SULTE.\u2014 Librairie J.Durie et fils, Ottawa, Canada.+ #'# Pierre Boucher et son livre, 1 vol, par BENJAMIN SULTE.\u2014 Librairie J.Durie et fils, Ottawa, Canada.+ EI 3 Le golfe Saint-Laurent, 1 vol., par BENJAMIN SULTE.\u2014 Librairie J.Durie et fils, Ottawa, Canada.#4 La Langue fränçaise en Canada, 1 vol., par BENJAMIN SULTE.\u2014 Librairie Pierre Georges Roy, Lévis P.Q.Canada.Nous dirons dans une étude spéciale tout le bien que nous pensons des livres de notre distingué collaborateur, M.Benjamin Sulte.xt AVIS À partir du mois de Janvier, notre collaborateur et ami, Georges Grappe, vice- président de l'Union progressiste de la Jeunesse Catholique, sera chargé de faire le compte rendu des Revues.L'Argus. Spectacles OPERA.\u2014 8 h.«/».\u2014 Don Juan \u2014 Lohengrin \u2014 Faust.FRANÇAIS.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Struensée.\u2014 Hernani.OPÉRA-COMIQUE.\u2014 Les Dragons de Vil- lars.ODEON.\u2014 8 h.«/».\u2014 Colinette.RENAISSANCE.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Médée.VAUDEVILLE.\u2014 8 h.1/4, \u2014 Le Calice.GYMNASE.\u2014 8 h.1/2, \u2014 L'Amorceur.TH.DES NATIONS.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Cham- pionnet.VARIÉTÉS.\u2014 Les petites Barnett.GAITE.\u2014 8 h.1/2.\u2014 La fille de Mme Angot.PALAIS-ROYAL.\u2014 1 h.«/».\u2014 Place aux femmes.PORTE-ST-MARTIN.\u2014 8 h.1/4.\u2014 Cyrano de Bergerac.AMBIGU-COMIQUE.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Papa la Vertu.FOLIES-DRAMATIQUES.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Les 4 filles Aymon, TH.CLUNY.\u2014 8 h.1/4.\u2014 Charmant Séjour.TH.ANTOINE.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Judith Renau- din.LES BOUFFES PARISIENS.\u2014 8 h.1/4.\u2014 Le Scleil de minuit.NOUVEAU THEATRE.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Nini Tremplin \u2014 Aux courses.DEJAZET.\u2014 8 h.1/2.\u2014 A qui I'Enfant.OLYMPIA.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Emilienne d\u2019Alençon, etc.LA SCALA.\u2014 Yvette Guilbert \u2014 Polin, etc.LES CAPUCINES.\u2014 9 h.«/».\u2014 La Vrille \u2014 Odette Dulac.LES FOLIES-BERGÈRES.\u2014 8 h.1/2.\u2014 L'enlèvement des Sabines.TRIANON.\u2014 L\u2019Arlicle 7.CASINO DE PARIS.\u2014 Madame Malbrouck, ete.ELDORADO.\u2014 Paulus \u2014 La Casserole.LE NOUVEAU CIRQUE.\u2014 8 h.1/4.\u2014 Dans la Montagne, etc.LA ROULOTTE.\u2014 9 h.1/4.\u2014 Comédie Nouvelle.CIRQUE D'HIVER.\u2014 8 h.1/2.\u2014 Miss Scheffer \u2014 Au Texas, etc.TH, POMPADOUR.\u2014 9 h.»/».Duos d'Amour.MOULIN ROUGE.\u2014 Tous les soirs, à 8 h.1/2.\u2014 Concert-Bal.LA CIGALE.\u2014 8 h.1/2, \u2014 Pour qui votait- on?CINEMATOGRAPHE.\u2014 Le voyage au Japon.BULLIER.\u2014 Tous les jeudis, bal masqué.MUSEE GREVIN.\u2014 Le drame de Bicétre, ete, ete.JARDIN D'ACCLIMATATION.\u2014 tous les jours \u2014 Coneert tous les diman- Ouvert ches. LE MADÈRE Le Madère dispute au Champagne la royauté des vins.Tous deux sont universellement connus, et l\u2019un et l'autre figurent sur les tables somptueuses.Sous I'étiquette suggestive de « Madère », des négociants peu scrupuleux livrent à la consommation des vins quelconques, qui déshonorent ce grand crû.Devant le danger, et pour sauvegarder la réputation de ce vin fameux, les principaux producteurs de l\u2019iLz pE Msoère se sont imposé de lourds sacrifices, afin de ne livrer au commerce que des vins d\u2019origine, purs et de premier ordre, et aussi pour reconstituer la production de cet incomparable vin, rare de plus en plus par suite des catastrophes climatériques survenues depuis plusieurs années.Parmi ces producteurs, la marque FUNCHAL : ILHA DA MADEIRA se place au premier rang.Dans les plantations vastes que FUNCHAL possède dans cette île merveilleuse, fleuron de l'Espagne, sur un sol d'une richesse inouïe, rien n'a été négligé pour que ce roi des vignobles restât toujours à la hauteur de sa réputation.Le MADEIRA possède, en principe, les qualités de pureté.et de délicatesse qui sont l'apanage des crûs fameux, et qui les mettent hors de pair.Le service d'exportation est fait en France avec toutes les garanties de sécurité possible, et l'agent général dans ce pays surveille attentivement les expéditions.Commandes et renseignements quelconques doivent être adressés à : M.Constant Enrert, 48, rue des Petits-Champs, Paris, Agent général pour la France.Le Madeira est adopté par le Grand Monde.Le Champagne est le vin sur lequel pèse la spéculation la plus lourde et la fraude la plus éhontée.Combien, parmi la quantité prodigieuse de bouteilles de champagne consommées en Europe, il y en a-t-il d'estimables ?La statistique seule suffirait à effrayer les consommateurs.Les marques renommées, qui ont porté la réputation de ce vin fameux aux quatre coins du monde, luttent, sans succomber encore, contre les fraudeurs.Mais que de peines, que de soins! G.LOUBET, pz Reims, rivalise avec les riches et anciennes marques parce qu\u2019il n\u2019a rien négligé pour égaler leur progrès, d'abord, et ensuite arriver à marcher de pair avec elles, en cultivant ct en donnant des soins attentifs à la récolte.Ses caves sont une merveille et son installation égale celle de ses redoutables concurrents.Le chiffre de vente est arrivé à un résultat énorme, dans lequel entre en grande partie l'Amérique, le Canada surtout où les vins français sont en très bonne faveur.Adresser les commandes : à M.CoxsTANT ENFFRT, agent général, 48, rue des Petits-Champs, Paris. Madame Joseph Garriépy Reçoit les derniers sacrements, les Médecins déclarent sa maladie incurable Les Pilules Rouges du Dr Coderre lui ont sauvé la vie, aujourd'hui elle est forte, heureuse et en bonne santé.La période la plus dangereuse dans l'existence d'une femme, c\u2019est quand le sang est appauvri ou vicié.Le système alors s'atfaiblit, l'énergie se perd, et les fonctions du corps qui, en état de santé, sont à peine remarquées, deviennent des occasions de souffrances et d'alarme.Les Pilules Rouges du D' Coderre sont reconnues être le meilleur remède pour purifier, enrichir le sang et renforcer les nerfs.Voilà le secret par lequel ce remède a obtenu de si merveilleux succès en guérissant là où toutes les autres médecines ont échoué.Pour vous prouver que ce que nous vous disons des Pilules Rouges du Dr Coderre est vrai, nous vous mettons sous les yeux le témoignage que nous envoie Mme Gariépy.Voici ce qu'elle dil : « Je suis née à Saint-Roch Richelieu, maintenant je demeure à Montréal.Depuis quatre ans j'ai souffert le martyre.J'avais des duulenrs si fortes dans l'estomac que j'étouffais.Une nuit, l'étouffement fut si fort que mon mari courut au médecin.Il me donna quelque chose pour me soulager, mais il déclara ne pouvoir me guérir.Je continuai à endurer des douleurs atroces.Je souffrais aussi d'une vilaine bronchite et de l'asthme, j\u2019étais d'une grande faiblesse.Il m'était impossible de me reposer un instant dans mon lit, j'étouffais « trop, j'étais là clouée sur une chaise, incapable « de me remuer.Le docteur continuait à me soigner, et pendant les deux dernières années, plusieurs autres médecins me soignèrent; mais « à la fin, ils m\u2019avouèrent que tout était fini, leur ; .« science était épuisée.Je me préparai à mourir, « je reçus tous les derniers sacrements.Un jour, une amie qui avait été guérie par les « Pilules Rouges du Dr Coderre vint me voir et me conseilla d'essayer ce remède.J'ai « suivi son conseil, et je dis en toute sincérité que si je suis en vie aujourd'hui, et jouis « d'une bonne santé, c'est grâce à ce puissant remède.Je fais mes lavages et tout mon « ouvrage sans fatigue.Je ne puis trop les recommander et en faire assez d\u2019éloges.Si « j'eusse connu ce bun remède plus tôt, je n\u2019aurais pas lant souffert et payé inutilement « tant de comptes de médecius et de remèdes.» Mme Jos.GAriéPY, N° 458, rue Maison- neuve, Montréal.Femmes qui souffrez, demandez, exigez, insistez pour avoir les Pilules Rouges du Dr Co- derre pour les femmes pâles et faibles, vous aurez alors celles qui guériseent toujours.Les Pilules Rouges du Dr Coderre guérissent infailliblement le beau mal, le mal de tête, les maux de reins, de côtés, font désenfler les mains, les jambes et les pieds, douleurs dans le bas-ventre, douleurs des maladies mensuelles, irrégularités, toutes les maladies du changement d'âge, leucorrhée, l'hystérie, douleurs dans l'estomac, manque d'énergie, fatigue après le moindre exercice, dos faible, vertige, étourdissements, bourdonnement dans les oreilles, dépression de l'esprit ou mélancolie; aux femmes pâles et faibles, les Pilules Rouges du Dr Coderre font du sang rouge, riche et pur, elles rendent les joues roses, les yeux terues luisants, l'appétit aux estomacs faibles, celles que la maladie rend de mauvaise humeur deviennent souriantes, les femames nerveuses qui ue peuvent dormir recouvrent le sommeil.Les Pilules Rouges du Dr Coderre sont surtout recommandées aux femmes enceintes, elles donnerout des forces à la mère et aideront à la formation de l'enfant.Nous n'exagérons rien, ce que nous vuus disons des Pilules Rouges du Dr Coderre est vrai, ne soyez pas surprises, elles sont pour les femmes c'est pourquoi elles guérissent toutes femmes.N'OUBLIEZ PAS que nous avons à votre disposition un médecin spécialiste des plus éminents pour les maladies des femmes.Nous vous invitons à lui écrire une description complète de votre maladie.Si vous le préférez, écrivez-nous pour un blanc de traitement.Il vous répondra confidentiellement et absolument pour rien.Il voudra de bons conseils, comment vous soigner et vous guérir.Ne retardez pas, car tous les jours votre maladie s'aggrave et devient plus difficile à guérir.Adressez comme suit : DÉPARTEMENT MÉDICAL, BoITE 2806, MONTRÉAL.EN GARDE contre les Pilules qu\u2019on vous offre à la douzaine, au cent ou à 1 fr.25 la boîte Ces pilules ne sont pas les véritables Pilules Rouges du Dr Coderre, ce sont des imitations.RerUsEZ-LES.Elles vous feront plus de mal que de bien, car un grand nombre de ces imitations contiennent de la strychnine, de la morphine et de l\u2019arsénic, et comme vous le savez ces drogues sont dangereuses.Si vous ne pouvez vous les procurer chez votre marchand ou si vous avez des doutes, cnvoyez-nous 2 fr.50 centimes en timbres-poste pour une boîte ou 12 fr.50 centimes pour six boîtes.Vous êtes certaine que vous recevrez par le retour de la malle les véritables Pilules Rouges du D\" Coderre.Nous les envoyons dans toutes les parties du pays et à l'étranger franc de port.Donnez-nous votre adresse bien complète afin d'éviter tout retard dans l'envoi.ADRESSEZ COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMÉRICAINE, Boire 2306, MONTRÉAL, CANADA.« 2 2 fg 2 2 2 2 = 2 = 2 MADAME Jus.GARIEPY. LA MODE PARISIENNE L'Administration de la REvue pe Deux FRANCES se charge de fournir les patrons sur demande.re = 1.Robe très habillée pour five c\u2019clock en satin Liberty.La jupe, de forme cloche, est garnie \u2018le petits ruchés de mousseline de soie.Corsage ajusté.La partie du haut, en satin brodé, est découpée en barrettes posées à clair sur la peau et rattachées à l'encolure sous un cel drapé en velours.Nœud de velours avec cœur de strass. lf E- \u2014\u2014 =e Da = = aS re Zr Hi ane vos ee 2 À Ç # RSS eu poet c= | | ps i e S NS SN = FSI ry Ni i) Ls à a À WR SS ANE 5 ES = S | A WN S AN = ® N RC À \u2014 a (3 2% ) \\ Ÿ A NS _ Fee eee a 2 A S { » I ; y SSS = os A £5 ew & = =: PA NN = Ë 5\u201d NS es ESR HN SN = se ESS = | NG A SS Es iE i \u2014 o ey y [= SS Nasty =a SSSS PS 3 ES SIN NY oo yr | | \u20ac 7 \u201c7 { \u2014 #5) LA MODE PARISIENNE y sage ajusté, croisé, décolleté sur une chemisette de soie;plissée en travers Manche tailleur 2.Robe de ville en covercoat.Jupe tailleur garnie d'un galon disposé en dents arrondies Cor- LA MODE PARISIENNE 3.Jacquette ajustée de forme nouvelle en drap uni vert vlive.Elle est coupée avec couture au milieu du dos ; la basque est pointue devant et dos, plus courte sur les hanches et toute à fait plate.Les devants sont un peu croisés, fermés par des olives et garnis de deux revers ronds bordés de deux rangs de galons ; un revers plus petit en astrakan est adapté sur le revers de drap Col évasé doublé de mème fourrure.Manche tailleur. LA MODE PARISIENNE 4.Costume tailleur en drap satin.Jupe en forme tout à fait collante du haut, ouverte au milieu du devant et découpée du bas sur tablier de drap blanc; la jupe encadrée de piqûres est fixée dans le bas par deux boutons de velours.Corsage ajusté formant l'habit derrière, découpé devant sur un gilet plat en drap brodé décolleté du haut sur un petit empiècement de velours, la basque en pointe s'ouvre à partir de la taille.La jupe et le corsage sont garnis de piqûres.Manche tailleur.Cravate de satin blanc.: LA MODE PARISIENNE [ Gi / / | 2» Ce =, SETA Le ve C7 & A KG ÉD f N | iN ) w /, À ÿ a N i di ÿ if [ ù a, ÿ } ÿ 5 \\ | ge iit, ji fi Ao Ÿ \\ i A ff M | | N > Hee 7 J I y YA À Far A Pi 7 ÿ Us FU \\ {| Viper A a h 2 17, CR a J Ÿ i Va Co iy Ip A 7 a SS 4 FE ny VX) fi] > 0 fh | 1e x Je OX i A XX Ne US x) oR y) 0 0, Ë Zn 4) 7 7 A fy! 1 1 C) = A hf PS (a XK SP NN M (KS Ses PUN h Ï y {XO
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.