La revue acadienne, 1 janvier 1918, Janvier
[" LA REVUE ACADIENNE Publication Historique et Littéraire PARAISSANT TOUS LES DEUX MOIS 2ème ANNÉE JANVIER ET FÉVRIER 1918 No 1 SOMMAIRE Vers des jours meilleurs - - LA REVUE ACADIENNE A toi, salut (poésie) - - - - HENRI CORBIERE À travers vingt-cinq années d\u2019apostolat R.P.Em.GEORGES Ballade Acadienne - - EMERY DU TERROIR Un parrain de malheur - RACONTEUR Les vocables algonquins, etc.Hon.P.POIRIER Des paroles et des actes - + ow \u201cPar chez nous\u201d - E.A.ABONNEMENT ANNUEL - - DIRECTEUR: DR EDMOND-D.AUCOIN, DE LA SOCIETE HISTORIQUE DE MONTREAL.REDACTION ET ADMINISTRATION: 1018, RUE SAINT-DENIS, 1918 MONTREAL UO ANA SOC a Ar is gate RENSEIGNEMENTS À cause de l\u2019augmentation considérable du papier et par là des frais d\u2019impression, la Revue acadienne ne paraîtra qu\u2019à tous les deux mois, pendant la guerre, en livraison de vingt pages.Si toutefois, pendant l\u2019année, les sources de revenu augmentent, nous donnerons vingt pages à chaque mois sans augmentation du prix d'abonnement.Un bon moyen de faire grandir notre jeune Revue, serait d\u2019engager nos amis à se procurer la série complète de l\u2019année dernière qui forme un joli volume de deux cents pages et qui est en vente aux bureaux du Directeur à un dollar ($1.00).Les nouveaux abonnés désirerons sans doute posséder le ler volume.Ne retardez pas; dans un mois vous ne pourrez peut-être pas .vous le procurer.Nous sommes heureux d\u2019annoncer que le tirage du $10.00 en or a couvert, ou à peu près, le déficit de l\u2019année 1917.Vous serez avec nous pour dire que c\u2019est un grand succès.Nous offrons nos meilleurs sentiments de reconnaissance à tous ceux qui nous ont encouragé de leurs bonnes paroles, de leur plume et de leur argent.Nous formons des vœux pour qu\u2019un plus grand nombre de nos abonnés nous gratifient de leurs écrits dans le cours de l'année.Parlez-nous de vos ambitions, de vos organisations, enfin de tout ce qui peut intéresser les lecteurs de la Relue et l\u2019Acadie vous sera reconnaissante. \u2014 1 \u2014 Vers des jours meilleurs \u201d On peut être au printemps de la vie et marcher \u201csur le bord de la tombe\u2019.Telle a été la leqon apprise, pendant des jours d\u2019apparente faiblesse.Je viens d\u2019apprendre qu\u2019on peut avoir pleuré \u2018\u2018sur le bord de la tombe\u201d pour enfin marcher vers des jours meilleurs.Mon cri d\u2019agonie a touché les cœurs de pères, et nombreux me sont arrivés les témoignages de sympathies, accompagnés d'\u2019ardents désirs de voir survivre \u2018unique revue acadienne.Ma plainte a semblé tellement désespérée qu\u2019un grand nombre de mes abonnés me croient passée à \u2018un nouveau séjour.Rassurez-vous mes chers lecteurs, j'ai du sang breton dans les veines, et non dépourvue de caractère, je veux vivre des jours meilleurs.* Comme les petites sœurs d\u2019Évangéline, je suis un peu fière de moi-même et sans songer d\u2019être parfaite, je suis sensible aux critiques de mes compatriotes.Mon berceau est la province de Québec, je n'en suis pas moins la vraie revue acadienne.Mon idéal est d\u2019élever les esprits vers des sphères créatrices d'énergie intellectuelle.Ceci n\u2019est pas à dédaigner.J'ai le défaut de faire passer la religion avant les banalités de la vie ordinaire.Mais.avec la Mère de Jésus pour patronne, peut-on agir autrement ?C\u2019est elle qui peut nous faire vivre des jours meilleurs.Et puis, mes collaborateurs sont presque tous des prêtres.Quel mal y voyez-vous?Ce sont les prêtres qui ont sauvegardé la langue du peuple acadien, en conservant sa foi; ce sont eux qui ont inscrit les noms de mes ancêtres dans les vieux registres paroissiaux et qui, avec mes arrières grands-pères, ont vécu l\u2019âge d\u2019or que je veux raconter.Il est tout naturel que ce soient les prêtres qui se sentent le plus de courage à continuer ce travail d\u2019une origine si lointaine, en consultant les vieux manuscrits, pour en donner connaissance à la génération présente.T'âchons donc de nous montrer, au moins reconnaissants envers ces âmes si brûlantes de vie à l\u2019endroit des choses ancestrales.Quant à moi, fasse le ciel que je garde toujours les bonnes grâces du clergé acadien! c\u2019est la pensée qui hante mon esprit en désirant vivre des jours meilleurs.Vol.II, No.1.La REVUE acadienne. NCA a RN STE SES SE EN A SI AEA AMAR LA EE 9 A TOI, SALUT Au grand tribun Canadien : Henri Bourassa O fils heureux de ta belle patrie ! Ô toi, Fier chevalier de la justice divine, Prêcheur de la liberté sainte\u2014et de la Foi, La foule toujours vers toi s\u2019aväance et s'incline.De ton souffle puissant, et magique et sacré Tu clames le rappel au souvenir des êtres Morts, tous en héros, et qui furent tes ancêtres.O tribun glorieux en tous lieux vénéré ! Aux mânes de ces preux, vengeur impitoyable, Tu fis le doux serment, par tes fils respecté, De défendre ta langue, o lutteur indompté ! Sonne, sonne encor le combat implacable ; Rallie à toi sans trève, o fidèle gardien ! Porte toujours bien haut l\u2019étandard canadien.Henri CORBIERE Sèvres, France.a 11 janver 1918 Monsieur le Directeur, Je vous envoie ci-inclus un mandat postal de 5.09, dont un dollar pour le renouvellement de mon abonnement à la Revue Acadienne, la balance pour A vous aider à couvrir le déficit de l\u2019année dernière.- Puissiez-vous recevoir assez d\u2019encouragement pour vous permettre de 8 continuer votre oeuvre si patriotique.Avec mes meilleurs souhaits de prospérité et de bonheur pour la nou- 3 Yelle année, 2 Je demeure Votre tout dévoué D.ptre. 0 \u2014 3 \u2014 À travers vingt-cinq années d\u2019apostolat LES EUDISTES AU CANADA 1890\u20141916 CHAPITRE PREMIER Les Eudistes et les œuvres de formation sacerdotale.Ste-Anne de Church Point.(suite) Recueillant, des mains des Oratoriens, le glorieux étendard que, pour des raisons qu'il ne nous appartient pas de juger, ceux-ci avaient laissé tomber, le B.Jean Eudes résolut de le relever, de le déployer à nouveau et d'abriter, sous ses plis, une jeune phalange qu\u2019il exercerait lui-même au combat, et qu\u2019il mènerait ensuite au terme si ardemment désiré: l\u2019œuvre de la réforme et de l'éducation du clergé, par l'institution des Séminaires.C'est dans ce but qu\u2019il quitta l\u2019Oratoire de Jésus et qu'il établit la Congrégation de Jésus et Marie.Il y travaillait depuis longtemps déjà: dans les dernières années de son séjour à l\u2019Oratoire, l\u2019obéissance l'avait appelé à St-Magloire, dont les célèbres conférences étaient suivies par un grand nombre d\u2019ecclésiastiques.De plus, dans toutes ses missions, il avait coutume de réunir les prétres des lieux circonvoisins pour les entretenir de la grandeur et de la sublimité \u2018de leur vocation, comme aussi, des obligations et de la sainteté qu\u2019elle réclame.Mais, le saint apôtre se rendait parfaitement compte de l'inutilité de ses efforts, tout le temps que la formation des clercs ne recevrait pas les soins spéciaux qu\u2019elle exige.Et c\u2019est pourquoi il assigna à sa société, comme fin première et principale, l\u2019éducation du clergé dans les Séminaires.* En vue d\u2019adapter harmonieusement sa Congrégation au lut que, par elle, il se proposait d'atteindre, le Bienheureux ne crut pas devoir imposer à ses membres, d'autres vœux sclennels que ceux du baptême et du Sacerdoce.Il était persuadé, en effet que \u201cmieux que les religieux, des prêtres trouvant dans la seule dignité dont ils sont revêtus, la raison et le moyen de s\u2019élever .* Le Bienheureux donne a ses fils, comme fin secondaire, les missions parmi le peuple chrétien.Cette fin est subordonnée à la première.i ic 4 fe LA I.Bs Rs Ut pt ne 3 A i i i Hé ï i i: 9 | i i À A I pi i NOM \u2014 4 _\u2014_ à la plus éminente perfection, étaient à même d'inspirer aux ordinands une haute idée du Sacerdoce et de la sainteté qui lui convient.\u201d Non content de délimiter de la façon la plus précise, la fin de sa Congrégation, le P.Fudes fait converger vers elle, toutes les prescriptions de cet admirable code qu'il donne à ses fils sous le nom de \u201cConstitutions de la Congrégation de Jésus et de Marie.\u201d Voulant faire de ceux-ci des modèles, autant que des éducateurs du clergé, il les soumet à une discipline régulière des plus fortes.\u201cJe ne connais pas, disait le Cardinal Pitra, de Règle qui pousse «à une plus grande abnégation et à une vie plus sacerdotale.\u201d Les Eudistes sont restés fidèles à leur vocation pendant tout le XVIIe et le XVIIIe siècle; ils ont la gloire d\u2019avoir formé cet héroïque clergé de Rennes et de la Normandie, si justement apprécié avant la Révolution et qui le fut mieux encore aux jours de l\u2019épreuve.\u2018 Malheureusement, les circonstances ne leur permirent pas, au lendemain de la tourmente révolutionnaire, de rentrer dans leurs séminaires pour y reprendre l\u2019œuvre de leurs pères.Au moment où leur société se relevait péniblement de ses ruines, la France avait un extrême besoin de maisons d\u2019éducation chrétienne, et ainsi furent-ils insensiblement amenés à prendre la direction de collèges fort importants, sans doute, à tous égards, mais moins directement en rapport avec leur vocation première.Les établissements à l'étranger furent le moyen providentie! choisi par Dieu pour la leur faire retrouver.Le \u2019K.-H.Fère LeDoré le constate expressément dans le rapport quinguennal qu\u2019il présenta en 1912, à la Congrégation des Réguliers: \u201cEn même temps, écrit- \u201cil, le Sacré-Cœur et le B.Jean Eudes redressaient les voies que \u201cnous suivions depuis le rétablissement de la Scciété en 1826.S'ils \u2018avaient laissé les sectaires fermer par la force, nes Collèges de \u201cFrance, c\u2019était pour nous ramener sur les censeils du St-Siège, \u201cet, par l\u2019appel des Évêques, vers notre œuvre principale, qui est \u201cla formation du Clergé.\u201d Cette remarque est également vraie de nes œuvres des deux Amériques.Former des prêtres, telle est bien la pensée qui a présidé à la fondation de nos plus importantes maisons du Canada.Les faits et les documents abondent sur ce point.\u2014 \u2014 \u2014 _\u2014_\" FR \u2014 \u201cUne œuvre de même genre (que celle de l\u2019Amérique du Sud) écrivait le 25 avril 1893, le T.-H.Père LeDoré, ne devait \u201cpas tarder à réclamer notre concours dans l'Amérique du Nord.\u201cIT s'agissait d'aller faire germer des vocations sacerdotales au \u201cmilieu d\u2019une population chrétienne et sans ressources.Aussi \u201cà l'appel de Sa Grandeur Mgr O\u2019Brien, archevêque de Halifax, \u2018Pères ont été envoyés en 1890, et d\u2019autres les années suivantes.\u201cpour établir (à Church Point) un collège, où sans négliger les \u2018cours cemmerciaux, on s'efforcerait surtout, par des études \u2018classiques, de procurer aux Acadiens le moyen de se préparer \u201cau Sacerdoce.\u201d Ie 'I'-H.Pére insiste sur cette méme idée, dans un autre de ses rapports quinguennaux, celui de 1904: \u201cAussi l'un de nos \u201cbuts est-il de leur procurer (aux Acadiens) des prêtres de leur \u2018langue et de leur nationalité, et de leur conserver au milieu des \u2018populations anglaises et protestantes qui les englobent, comme \u201csauvegarde de leur foi, leur langue et leurs traditions françaises.\u201d Cette grande et noble ambition, on va la retrouver à travers tous les faits qui en forment la trame, à toutes les pages de l\u2019histoire des maisons de Church Point, de Halifax et de Caraquet: elle en a été le sublime idéal, entrevu et poursuivi sans relâche, au milieu des plus pénibles épreuves, et sa réalisation restera la gloire et l'unique récompense de ces trois œuvres qui lui doivent leur existence et leur développement.C\u2019est la raiscn qui ncus les fait grouper sous ce titre unique \u201cd\u2019Ocuvres de formation sacerdotale.\u201d STE-ANNE DÉ CHURCH POINT J'ai racenté, dans le chapitre précédent, les préliminaires de la fondation de Church Point: 11 ne nous reste plus qu\u2019à aller v retrouver les PP.Blanche et Morin, où nous les.avons laissés, entre les mains des RR.PP.Gay et Parker.Le premier de ces deux prêtres est déjà connu du lecteur, c\u2019est à lui que revient le mérite de la fondation de cette maison de Ste-Anne, appelée à faire tant de bien, au sein de la population acadienne;le premier il en a eu l\u2019idée, et son abnégation a permis de la rendre réalisable; dès l\u2019arrivée des Pères, il s\u2019effaça devant eux, leur abandonnant la direction de cette paroisse de Ste-Marie, où il devait laisser derrière lui un inéffaçable souvenir.Nous le rencontrerons de nouveau sur notre route, au jour de l\u2019épreuve, fidèle jusqu\u2019au bout à l\u2019œuvre dont il fut vraiment le père. HE \u2014 \u2014 Le nom du Père Parker est inséparable de celui du P.Gay; Ce jeune prêtre plein d\u2019enthousiasme et d'activité, avait épousé avec beaucoup d\u2019ardeur la cause acadienne et le\u2019 Père Gay, avec qui il était lié par la plus étroite amitié, n'eut pas d\u2019auxiliaire plus dévoué dans l'exécution de ses projets; tour a tour, en effet, il se fit quêteur, organisa des réunions et put ainsi recueillir l\u2019argent nécessaire aux premières dépenses; de plus, ce fut lui véritablement qui intéressa la population au collège naissant.A peine arrivés à Church Point les PP.Blanche et Morin se mirent immédiatement à la besogne, de tout cœur; et certes il en fallait pour oser aborder une pareille entreprise: bâtir un collège, tandis qu\u2019on n\u2019avait devant soi qu\u2019un presbytère humble et modeste qu\u2019on manquait de ressources, qu'on se trouvait perdu au sein d\u2019une silencieuse solitude, sur les bords d\u2019une baie toujours déserte! N'importe | Dès le premier moment les deux Pères comprirent qu\u2019ils pouvaient compter sans mesure et sur la Providence et sur la bonne volonté de la population qui leur offrait l'hospitalité: ni l\u2019une ni l\u2019autre ne devait leur faire défaut.Les premiers mois furent consacrés tout entiers à la préparation des futurs travaux de construction: étude du terrain, mesurage sur place, assemblées de paroisse et, à l\u2019automne, creusage des fondations; le tout mené si rondement qu\u2019on pouvait, dès lors, espérer l\u2019érection du Collège Ste-Anne pour le printemps suivant., Disons, une fois pour toutes, que dans ces travaux, comme dans tous ceux qui devaient suivre, les habitants de la Baie Ste- Marie se montrèrent d\u2019une générosité inépuisable.Le 12 novembre 1890, Sa Grandeur Mgr O\u2019Brien signait ce qu\u2019on pouvait appeler l'acte de naissance de la nouvelle maison.Par cet acte Sa Grandeur \u2018donnait à la Congrégation de Jésus et \u201cde Marie, dite des Eudistes, la charge des missions de Church \u201cPoint et de Saulnierville, avec leurs presbytères, revenus, casuels, \u201cusufruits des terres appartenant à ces missions, et Fille prescri- \u201cvait d\u2019y ériger \u201cune académie pour les garçons,\u201d leur permettant \u201cde la diriger selon leurs méthodes, et les autorisait à établir à \u201cChurch Point, quand ils le voudraient, une résidence de mission- \u201cnaires, un noviciat, un scolasticat, et de suivre en tout leurs \u201crégles et leurs Constitutions.\u201d Par un bref du 5 juin 1891, son Eminence le Cardinal Verga, a Préfet de la Congrégation des Évêques et Réguliers, daignait ra- 2 tifier ce qui avait été fait.; \u2014 \u2014 yf \u2014 Dès le premier hiver que les Pères passèrent a Ste-Marie, il y eut, au presbytère, un rudiment de collège ; avec l\u2019aide d\u2019un instituteur du pays, le bon Monsieur Soucy, vers la Toussaint, ils ouvrirent des classes qu\u2019une vingtaine de jeunes gens fréquentèrent fidèlement jusqu\u2019à la fin de l'année.Bien plus, un cours d'adultes, pour une dizaine d'hommes, se fit régulièrement tous les soirs pendant ces premiers mois.C\u2019étaient vraiment les temps héroiques: tant d\u2019humble dévouement creusait, bien profond, le sillon que l'épreuve allait bientôt féconder.Le 21 novembre de cette même année, les premiers renforts commencèrent à arriver de France, dans la personne d'un jeune novice de la Congrégation, M.Jules Lanos, et du cher frère Henri, de sainte mémoire.Rien de bien saillant ne marqua ces premiers mois: à peine une petite course apcstolique à la Salmon, où le P.Morin alla prêcher les Quarantes Heures, et c\u2019est tout; le reste du temps fut entièrement employé à l\u2019œuvre de l\u2019éducation, au ministère paroissial, aux travaux de construction.Ceux-ci furent poussés avec la plus grande activité.Un pique-nique, resté célèbre dans les annales du pays, qui eut lieu à Ste-Marie le 14 et 15 août, y réunit tous les Français de la Baie.I.es journaux du temps en parlent comme d'un grand événement, et s\u2019il faut en croire leurs descriptions enthousiastes, les pique-niques d'aujourd'hui seraient en baisse sur ceux d\u2019alors.Quoiqu\u2019il en soit, les 2,000 piastres que celui-ci rapporta vinrent à propos, aider le P.Blanche à faire face aux dettes les plus criardes.Le personnel, tout en restant très restreint, se compléta peu à peu: au mois d'août le P.Ozanne était arrivé de France ; le I.Maquin le rejoignit le mois suivant accompagné de quatre religieuses de Paramé qui venaient assurer le service matériel de la maison.Mentionnons encore, parmi les ouvriers de la première heure, le P.Bourgeois, dont les diverses aptitudes en matière d'enseignement devaient être, pour l\u2019œuvre naissante, d\u2019un grand secours, et surtout un novice d\u2019un dévouement à toute épreuve et d\u2019un grand savoir faire: le futur Père P.Chiasson.* Deux autres professeurs laïques complétaient les cadres du corps enseignant.Le {4 novembre avait lieu la bénédiction et l'inauguration du Collège Ste-Anne : Mgr O\u2019Brien, accompagné de son vicaire * Aujourd'hui sa Grandeur Mgr de Lydda.Re BASSE \u2014{\u2014\" 8 \u2014 général, Mgr Murphy, avait tenu a présider lui-méme cette cérémonie: c'était de la part de Sa Grandeur, un précieux encouragement donné à sou jeune protégé., Le Collège \u2014j'allais écrire le Séminaire\u2014Ste-Anne désormais était fondé: le R.P.Dagnaud en faisait la remarque dans le discours qu\u2019il prononça pour le 25e anniversaire du Collège: \u2018les premiers élèves qui arrivèrent seront les premiers prêtres qui sortiront du Collège, que, dès ce moment là on aurait pu appeler du nom de Séminaire Ste-Anne: il sera en effet, jusqu\u2019au bout, une pépinière sacerdotale.\u201d Chose surprenante: dès sa première année, la nouvelle maison d'éducation put avoir sa classe de Belles Lettres ct quelques autres classes du Cours Classique; ce fait s'explique par la présence à Ste-Anne de plusieurs jeunes gens qui avaient déjà commencé leurs études classiques à St-Joseph de Memrancook: parmi ceux-ci, je relève les noms du Père Désiré Comeau, le curé actuel d\u2019I/1 Brook, et de son cousin Sa Grandeur Mgr LeBlanc, évêque de St-Jean; tous deux formèrent, à eux seuls, la première classe de Belles Lettres du Collège Ste-Anne.On imagine aisément ce que dût être cette première année.Une maison d\u2019éducation ne s'improvise pas: or à Ste-Anne, tout était improvisé: improvisé le personnel, formé qu'il était en majeure partie, de professeurs de grand talent, sans aucun doute, mais absolument étrangers au pays, dont ils ne connaissaient ni les coutumes ni les mœurs, ni les traditions; improvisé aussi le programme des études, qui se ressentait nécessairement de la hâte avec laquelle il avait été conçu; improvisée encore la discipline, dont le moindre défaut était de ne pas tenir suffisamment compte des exigences d\u2019une situation entièrement différente de celle de nos collèges de france.Que daus de pareilles conditions, on se soit heurté à des tâtonnements, à des hésitations sans nombre, il ne pouvait en être autrement.Malgré tout, l'année fut bonne au delà de tout ce qu\u2019on pouvait espérer.Aux vacances suivantes, de très précieuses recrues vinrent s\u2019adjoindre au renfort reçu de France l\u2019année précédente.Inclinons nous, tout d\u2019abord, avec respect, devant une figure lumineuse qui apparaît alors, pour la première fois, dans l\u2019histoire de Ste-Anne : celle du vénéré Père Cochet.C'\u2019était un saint, dans toute la force du mot; les saints canonisés n\u2019ont pas de biographie plus édifiante que celle de cet humble prêtre qui, après avoir formé plus de \u2014 9 \u2014 dix générations d'Eudistes, au noviciat de Rerlois, vint, avec une abnégation admirable, un oubli de soi sans borne, remplir ici les modestes et obscures fonctions de surveillant d\u2019étude et de dortoir.Le P.Braud, alors jeune scolastique, très brillant déjà, suivit cle quelques jours, le Père Cochet au Canada: il allait compléter ses études de théologie, sous la conduite de ce dernier, tout en faisant, au Collège, sa part de besogne.C\u2019était bien des hommes de la trempe des nouveaux venus que réclamait la situation; les temps critiques étaient loin d'être passés: pendant bien des années encore, l\u2019œuvre naissante allait avoir à se débattre contre les difficultés de tout genre: \u2018Notre chapelle du Collège est misérable, écrit le P.Cochet, dans une lettre \u201cqu\u2019il adresse à ses sœurs, à son arrivée au Canada; c'est une \u201csimple salle nue ! Que je voudrais pouvoir l\u2019orner un peu.La \u201cpauvreté est ici très réelle.\u201d Même aveu et même constatation pénible, dans une lettre à l\u2019un des bienfaiteurs du noviciat: \u201cA \u201ctous ces titres, l\u2019on m\u2019a confié le soin de la chapelle.Or notre \u201cchapelle est d\u2019une nudité déplorable.Les sœurs la tiennent très \u201cpropre; c\u2019est beaucoup, mais c\u2019est tout aussi.Un autel des plus \u201csimples, surmonté d\u2019une statue de Ste-Anne, et deux chandeliers, \u201cun harmonium, rien de plus.Ni chemin de croix, ni statues, ni \u201cvitraux.Le Père Supérieur gémit comme moi, de cet état de \u201cchoses: \u2018\u2018Mais c\u2019est impossible d\u2019y remédier maintenant, me dit- \u2018j1, nous commençons.Je n'ai pas de ressources.\u201d Et de fait, la \u201cpauvreté religieuse n\u2019est pas un mot ici.\u201d Pour qu\u2019un prêtre mortifié comme l\u2019était le P.Cochet, ait ressenti si vivement la gêne de la pauvreté, il fallait qu'elle fut poussée bien loin.D\u2019autres souffrances, et celles-ci les atteignant plus profondément, étaient réservées aux premiers Pères de Ste-Anne; sans doute rencontrèrent-ils parmi les auxiliaires que, dans leur embarras, ils furent obligés d'aller chercher un peu partout, bien des collaborateurs édifiants et dévoués.J'en ai déjà nommé quelques uns; qu\u2019on me permette de mentionner encore, avec reconnaissance, les noms de MM.Daly Hogan, Alphonse Benoît, Placide Gaudet, Connolly, et de bien d\u2019autres.Mais pourquoi faut-il qu'on n\u2019en puisse dire autant de tous ceux qui figuraient dans le personnel du Collège ?J'ai surpris, sur les lèvres des contemporains des événements auxquels je fais allusion en ce moment, l'aveu de la vive blessure que leur causait l\u2019humiliation de voir certains de J i i.Bt 20 Ai. EARNER LSI I a \u2014 10 \u2014 leurs auxiliaires abuser de ce nom d\u2019Eudiste qu\u2019ils s\u2019attribuaient sans sourciller, et auquel ils étaient loin de faire honneur.Je passe rapidement sur toutes ces ombres qui entourent le berceau du Collège Ste-Anne; elles font du reste, mieux ressortir les vertus parfois héroïques de ses fondateurs.Inutile, aussi, d\u2019insister sur les campagnes de presse qui, dans certains milieux \u2014 au début dans le Szss:bao Press et vers 1895 dans le Free Press\u2014 furent dirigées contre la nouvelle institution; seuls leurs auteurs en sortirent diminués; les cinglantes réponses qu\u2019ils s\u2019attirèrent achevèrent de les discréditer et ils rentrèrent pour toujours dans leur obscurité: ils n\u2019auraient jamais dû en sortir ! Tout cela, dans les desseins de Dieu, avait sa raison d\u2019être: c'était l\u2019épreuve qui sanctifiait ceux qu\u2019elle atteignait, en même temps qu\u2019elle assurait la fécondité de leur œuvre.J'ai eu la bonne fortune de retrouver une lettre que le P.Cochet écrivait à l\u2019un de ses confrères, le 10 octobre 1893; on me saura certainement gré d\u2019en citer de larges extraits: les nombreux détails qu\u2019elle renferme, ne pourront qu\u2019intéresser le lecteur ; c\u2019est tout un chapitre de la vie intime du Collège qui nous y est révélé.\u201cPour nous, le grand événement de l\u2019année a été la visite de notre T.H.Père Général.Nous l\u2019attendions avec une grande impatience.Dans les conditions nouvelles où nous nous trouvions, nous éprouvions le besoin de trouver en lui conseil et encouragement pour mener à bonne fin les œuvres dont nous sommes chargés.Nos espérances ne furent point déçues.À la fin du mois de juin, sont venues nos vacances et un repos bien nécessaire ici comme partout après les travaux de l\u2019année scolaire.Plusieurs confrères ont su utiliser leurs loisirs pour se perfectionner dans l\u2019étude de la langue anglaise absolument indispensable si cn veur faire face à toutes les exigences de la situation.Il est tel d\u2019entre eux qui a consacré à ce travail huit heures chaque jour pendant deux mois.Les autres, selon leur attrait ont su se créet des occupations utiles et agréables en même temps.Pour tous nos vacances ont été ce qu'elles devaient être: une bonne préparation aux labeurs d\u2019une nouvelle qnnée.Du 22 au 23 août nous avons fait notre Retraite Annuelle.Comme les trois apôtres priviligiés nous avons gravi, avec Notre Seigneur, la montagne de Ja Transfiguration, et, plus heureux qu\u2019eux nous v sommes restés une semaine entière, car le Père prédicateur nr \u2014 11 \u2014 a rattaché toutes ses instructions à ce sujet si consolant, leur donnant ainsi une suite, une unité qui trop souvent fait défaut dans les Retraites.Malheureusement, les Pères Lebastard et Mérel n\u2019étaient point encore arrivés; mais, sur un désir de notre évêque, plusieurs prêtres français du diocèse étaient venus se joindre à nous, et ont aussi suivi nos exercices avec une édifiante régularité.\u201cQuelques jours.après la Retraite, dès le commencement de septembre, a eu lieu la rentrée des classes et depuis plus d'un mois déjà notre établissement a repris sa physionomie ordinaire.Vous en donner une idée n\u2019est pas chose facile, car il ne ressemble à aucune de nos maisons de France.C\u2019est un collège, avec pouvoir de conférer les grades littéraires, scientifiques et commerciaux.Un collège dont la bonne organisation matérielle, due à l'énergique activité du P.Blanche, l'emporte de beaucoup déjà sur plusieurs maisons fondées depuis longtemps, et qui serait en état de satisfaire les exigences des familles les plus difficiles de l\u2019rance.C\u2019est un petit séminaire; car parmi nos élèves, nous voyons les germes de \u2018plusieurs vocations sacerdotales que nous cultivons avec soin.C\u2019est un Grand Séminaire, puisque néuf ecclésiastiques s\u2019y préparent au Sacerdoce.Je pourrais même dire c\u2019est le Grand Séminaire, car il n\u2019en existe d\u2019autre ni dans le diocèse de Halifax, ni dans celui d\u2019Antigonish, ni dans aucun autre de la province.Il faut donc que ces abbés trouvent chez nous une formation sacerdotale complète.Aussi ont-ils des cours réguliers de philosophie, de théologie, de chant, de cérémonies, etc, conférence hebdomadaire, promenade particulière, avec récitation de l'office et du chapelet comme dans notre scolasticat de la Roche du Theil.Rien n\u2019a été épargné, car notre plus vif désir est de former ici des prêtres indigènes.N\u2019est-ce pas l\u2019état normal de l\u2019Église Catholique ?.toute nation qui veut recueillir dans leur plénitude les fruits de notre sainte religion ne doit-elle pas trouver des prêtres dans son sein?Or, par un phénomène étrange et peut-être sans exemple dans les annales de l\u2019Église, ce peuple Acadien, qui a eu ses martyrs, n'a jamais eu ses prêtres.Mais, voici ce me semble, l'aurore de jours meilleurs: deux jeunes Acadiens, nos élèves, ont revêtu la soutane, et donnent les plus belles espérances.Peut-être même bientôt au milieu de ce peuple de héros, le bon Dieu suscitera-t-il aussi quelques vocations pour notre société.(A continuer) R.P.Em.GEORGES, c.j.m. RODSS ES \u2014 12 \u2014 Ballade acadienne Sous le beau ciel de l'Acadie Vivait jadis un peuple heureux Aux clairs échos de chants joyeux ; Leur sort était digne d'envie.Mais ce temps de douce plaisance A fui comme neige en avril, Où donc est-i11?Où donc est-il ?Ils en gardèrent souvenance, Ces preux chassés de leurs \u2018foyers, Des beaux jours qui s\u2019en sont allés.Pour les vainqueurs de notre France, Au loin banni, peuple martyr ! C\u2019est pour sa foi qu'il va souffrir, En Dieu puise-t-il endurance.Le fieur-de-lys a déchéance Et ce pauvre peuple en éxil Où ira-t-i1?Où 1ra-t-il >.En ce malheur, ce deuil immense Corsolez-vous, braves, priez, Les mauvais jours vont s'oublier.Sous le beau ciel de l\u2019Acadie Vit aujourd'hui un peupie heureux, Fort de la foi de ses aïeux, Puisant son courage en Marie.Son drapeau\u2014celui de la France \u2014 Avec sa langue est son trésor, L'Etoile d'or! L\u2019Étoile d\u2019or Pour nous est signe d'espérance ; Acadiens, chantez ! Chantez ! Les mauvais jours s\u2019en sont allés ! Emery du TERROIR.| Un Parrain de malheur I C\u2019était dans les grandes chaleurs de l\u2019été.J'avais justement deux semaines de congé devant moi, et je résolus d\u2019en profiter pour aller passer quelques jours à Manchester, voir un ancien ami d'enfance que je n\u2019avais pas vu depuis des années.Mon ami éprouva une grande joie en me voyant.Il était heureux de me faire connaître sa femme, ses enfants, qu\u2019il me nomma les uns après les autres avec une orgueilleuse satisfaction.fin voyant cet ami, cependant, je fus frappé du grand changement qui s\u2019était opéré en sa personne.Lui, que j'avais connu si gai, qui aimait tant à rire, il était tout autre à présent.J\u2019attribuai cela à ses nombreuses occupations, aux soucis de pourvoir aux soins de sa famille, car, comme je l'ai dit, il était père de plusieurs enfants, tous encore trop jeunes pour pouvoir lui venir en aide.Il avait bien, par-ci, par-là, quelques exclamations joyeuses et des velléités de rire, mais pour retomber l\u2019instant d\u2019après dans un mutisme déconcertant.A la fin, je crus, en badinant, lui faire une petite remarque, en lui faisant entendre qu'il avait beaucoup perdu de sa gaieté d\u2019autrefois.Je crois que notre amitié de vieille date, m\u2019autorisait jusqu\u2019à un certain point à lui demander avec beaucoup d\u2019égards les raisons qui avaient pu amener ce changement.Je n\u2019aurais pas aimé voir mon vieil ami malheureux.\u2014Je wai rien, commenga-t-il par me dire, si ce n\u2019est que le travail journalier ct assidu me rend las et fatigué.Le milieu où je travaille, aussi, a une certaine influence sur moi.Et puis, ajouta-t-il, le souci de l\u2019avenir de mes enfants doit y être pour beaucoup, car je pense toujours revoir, un jour ou l\u2019autre, la terre du Canada.Et à propos de soucis de famille, reprit-il, après une pause que je ne voulais pas interrompre, j'ai une petite histoire à te conter qui pourra peut-être t'intéresser.Mon ami commença alors le récit suivant, dont je puis vous assurer l\u2019authenticité, puisqu\u2019il me fut donné de vérifier moi-même en dernier lieu.Mais laissons parler mon ami.\u2014\u2014 Depuis que j'ai quitté le Canada, dit-il, pour venir aux États-Unis, j'ai toujours demeuré à Manchester.A l\u2019époque où commence le fait dont je veux t'entretenir, j'avais pour voisin de porte une brave famille d\u2019Acadiens, dont le chef avait pour nom Jean C.Dans les environs on l\u2019appelait tout simplement le père Jean.C\u2019était un homme qui dépassait la soixantaine, bon vieux, grand ct robuste pour son âge.Presque chaque soir, nous faisions la veillée ensemble.Le père Jean était d\u2019une jovialité remarquable ; d'ordinaire, il aimait à rire.Souvent j'avais remarqué sur sa figure une nuance de tristesse, un malaise passager, cela surtout lorsqu\u2019on en venait à parler des petits enfants.Les beaux jours du printemps étaient revenus remplacer les jours sombres et froids de l\u2019hiver.Les rivières et les lacs étaient de nouveau débarrasés de leurs épaisses couches de glace.Les bourgeons partout verdissaient aux arbres.Dans ma maison aussi, on goûtait la joie du renouveau.Quoique déjà le père de six enfants, un septième n\u2019était pas de trop.C\u2019était un garçon.Le soir de cet heureux jour arrivé, rien de plus pressé pour moi que d'aller demander le père Jean de bien vouloir servir de parrain à l\u2019enfant.Malgré que parmi nous ce soit un honneur d\u2019être demandé pour être parrain, le père Jean refusa, à ma grande surprise. \u2014 14 \u2014 T l\u2019insistai tellement, toutefois, qu\u2019à la fin, il ne put refuser plus longtemps, mais il me dit : \u2018\u201cJ\u2019accepte.mais ton enfant ne vivra pas au-delà de deux ans car je suis un parrain de malheur.Tous mes filleuls sont morts.Je t\u2019avertis: pas de reproches de toi plus tard.\u201d Tu sais, ajouta mon ami, que je suis incrédule à l\u2019extrême sur cette question que l\u2019on nomme superstition de nos vieux.Ce n\u2019est pas cela qui me préocupe le plus.Pourtant c\u2019est singulier tout de même ce qui m\u2019est arrivé.Mon enfant est mort à treize mois.La mort d\u2019un enfant, cela arrive communément dans les familles nombreuses.Pour d\u2019autres cela ne serait qu\u2019une chose très ordinaire.Pour moi, vu que c\u2019est le seul que j'ai perdu, je ne puis m'empêcher d\u2019y penser souvent.Dans le temps, je n'ai pas porté grande attention aux paroles quasi prophétique du père Jean, mais depuis que la mort est venue poser son aile sur cet enfant que je chérissais entre tous, je ne puis m\u2019empêcher d\u2019y revenir.A mesure que mon ami avançait dans son récit, l\u2019air chagrin remarqué sur sa figure s\u2019accentuait davantage.Les traits de son visage portaient l\u2019empreinte de la vraie tristesse, et disaient amplement combien la perte de cet enfant l\u2019avait affecté.Moi-même, en l\u2019écoutant, je ne pouvais m'empêcher d\u2019éprouver cette sorte d\u2019oppression que l\u2019on ressent, dit-on, quand un malheur passe près de nous.\u2014Ft, dis-je, ne t\u2019es-tu jamais informé au père Jean de ce qui le faisait parler ainsi?Il devait y avoir une cause, puisqu\u2019il avait une raison de refuser d\u2019être parrain.\u2014 Non, me répondit-il.Je n\u2019avais pas porté attention à ces paroles dans le temps, et à l\u2019époque de la mort de mon enfant, le père Jean, qui avait éprouvé différents malheurs avait quitté Manchester depuis longtemps.Il était parti sans nous dire où il allait.\u2014C'est bien dommage, dis-je, car je sentais qu\u2019il y avait là\u2019dessous quelque tradition, comme seuls nos vieux parents savaient nous en raconter, et j'aurais bien aimé rencontrer celui-là.II Le lendemain, qui était un dimanche, levé de bonne heure, je me promenais seul dans la rue, tout en exhalant dans l\u2019air des bouffées d\u2019une cigarette que j'avais allumée.Le temps était lourd et chaud.De gros nuages apparaissaient À de temps à autre, et semblaient raréfier l\u2019air que j'aurais tant aimé respirer.Depuis peu on avait construit une ligne de tramways qui reliait Manchester à Suncook, petite ville voisine, distance de dix milles tout au plus.Voilà bien le temps d\u2019aller voir S.me dis-je, et tout de suite je pensai à mon ami.Je rentrai à la maison, et j\u2019eus bientôt fait de lui proposer le voyage, qu\u2019il accepta avec empressement.x Après avoir déjeuné à la hâte, et assisté à une première basse-messe, nous étions prêts à partir.Je ne m'\u2019arrêterai pas à décrire le paysage que nous traversûmes.Le trajet se fit assez gaiement, et mon ami et moi nous doutions bien peu de la petite surprise qui nous attendait à Suncook.En effet, en descendant du tramway, le premier homme que nous rencontrâûmes fut Jean C., l\u2019ancien voisin de mon ami, à Manchester, le parrain de malheur enfin, celui que nous A aimions tant à rencontrer.x de revoir son ancien voisin, le père Jean nous invita à nous rendre chez lui, distance de quelques pas seulement.Il va sans dire que nous acceptames l\u2019invitation avec empressement.Pour moi, je me promettais bien d\u2019avoir le mot de l\u2019énigme des étranges paroles du père Jean, racontées par mon vieil ami.Les premiers moments de surprise passés, et après avoir témoigné sa joie | \u2014 15 \u2014 La réception à la maison [ut des plus chaleureuses.On s\u2019empressa autour de mon vieil ami, puis l\u2019on commença à l'informer de sa santé, de sa femme ct de ses petits enfants.Quelques années s\u2019étaient écoulées depuis la séparation.La mère dit : \u201cCombien avez-vous d'enfants?Quel âge aurait notre filleul ?\u201d Je me réjouissais déjà, car c'était justement le sujet désiré que l\u2019on abordait.A l\u2019écart, observant ce qui se passait, Je crus à ses mots voir une ombre passer sur la figure du vieux.Mon ami répondit: \u201cLa famille est bien, mais elle a diminué d\u2019un, \u2018ar le petit, votre filleul, est mort voilà bientôt trois ans.\u2014Je m'en doutais, ou plutôt j'en étais sûr, dit le père Jean.C'était écrit et cela devait arriver ainsi, acheva-t-il d\u2019un air tout à fait convaincu.Alors croyant le moment arrivé, je m\u2019avancai vers le groupe, et faisant l'étonné, je m\u2019adressai au père Jean : \u2014Alons, père, lui dis-je, qui peut vous faire parler ainsi ?\u2014 C\u2019est vrai, me répondit-il, vous ne savez pas que je porte malheur aux enfants quand je suis leur parrain.\u2014Fh, lui dis-je encore, mon ami n\u2019est pas le seul qui ait éprouvé ce malheur, on voit cela tous les jours.\u2014I,e parrain est pour quelque chose là-dedans, me répondit-il encore d\u2019un air contrarié.Ma mère, continua-t-il, en me mettant au courant de ce qui était arrivé À mon parrain, m\u2019avait pourtant bien averti de ne pas accepter d\u2019être parrain pour aucune considération, car, avait-elle ajouté, tous tes filleuls mourront avant d\u2019avoir atteint l\u2019âge de deux ans.J'étais jeune alors, je ne pouvais saisir toute la justesse de cette recommandation.Ce n\u2019est qu\u2019en vieillissant que j'ai fini par constater que ma mère avait dit vrai.Puis, s'adressant à mon ami : \u2018Je vous avais dit de ne pas m\u2019avoir pour parrain.Vous m'avez forcé, j'ai été faible, j'ai accepté et votre enfant est mort.\u201d En parlant ainsi, le pauvre vieux souffrait, car les larmes qu\u2019il voulait retenir roulaient sur ses joues ridées, et nous disaient combien le vieillard était malheureux en pensant à tout celà.\u2014Étrange ! étrange ! tout de même, murmura-t-il.Cinq fois j'ai été parrain, et cinq petites Victimes innocentes dorment aujourd\u2019hui dans le cimetière.Étrange ! ces cinq petites victimes sont mortes avant d\u2019avoir atteint leur deuxième année.\u2014 Allons, allons, lui dit mon ami, il ne faut pas vous chagriner à ce point.Vous n\u2019êtes pour rien dans tout celà.C\u2019est Dieu qui arrange tout, et c\u2019est T,ui qui l\u2019à voulu ainsi.\u2014 Mais, Monsieur, hasardais-je de nouveau, quelle raison avait votre mère de vous parler ainsi, et pourquoi vos filleuls devaient-ils mourir avant deux ans, plutôt qu\u2019après ?\u2014 Jeune homme, me répondit-il, en me montrant des signes évidents d\u2019impatience, jeune homme, c\u2019est parce que mon parrain, dans un acte de désespoir, trancha le fil de ses jours, par la mort la plus violente et la plus honteuse, la pendaison, et parce que moi, alors je n'avais pas deux ans.Il y avait tant de conviction dans ses paroles, et tant de chagrin pour la mort de son dernier filleul, que mon ami et moi ne savions que penser.N\u2019importe, je savais ce que je voulais savoir, et après avoir parlé encore quelques instants avec cet intéressant vieillard, je fis savoir à mon ami que je voulais m\u2019en retourner.Après avoir pris congé du père Jean et de sa famille, nous prime le tramway pour revenir à Manchester.J'étais satisfait, ma journée n\u2019était pas perdue.RACONTEUR \u2014 16 \u2014 Les vocables Algonquins, etc.(Suite) PIROGUE : Petite embarcation, sans voile, faite d'un tronc d\u2019arbre, pin ou tremble, creusé avec une herminette, une gouge et un fer rougi.les grandes pirogues sont faites de deux troncs d\u2019arbres, creusés séparément, puis ajustés et assujettis ensemble.Ce mot est tiré de la langue caraïbe.PTARMIGAN : Logopus albus ou mutus.Oiseau appartenant à la famille des perdrix, très abondant au Labrador.On a essayé, sans y réussir, il me semble, à rattacher ce mot au radical celtiquetàr- machan.Il me paraît plutôt d\u2019origine sauvage.QUILIOU : ,( - .4 « Du sauvage Azntou, le grand aigle royal.Mot en usage parmi les coureurs-de-bois canadiens.era QUININE : Alcaloïde végétal extrait du quinquina.Mot péruvien.QUINCAJOU, OU KINCAJOU : .\u201cGenre de mammiféres plantigrades, ayant une scule espèce, le potos caudivolvulis\u2014, et qui habite l\u2019Amérique équitoriale.\u201d Littré.QUIN QUINA : S'est dit aussi guina.La Fontaine a dit quin.C\u2019est le nom d'une feuille et d\u2019une décoction fébrifuge, fournie par le cinchona.Ce mot péruvien signifie écorce par excellence.SACAKONA : Brouhaha, l\u2019abbé H.R.Casgrain.Ce mot indien correspond à ouarouari, onomatopée indienne en usage en Acadic.SACAQUA : Huées, vacarme, cris.Mot algonquin selon M.Binjamin Sulte, passé dans le parler des trifluviens canadiens.SACHEM : Vieux chef indien, dans Chateaubriand (Réné).C\u2019est le Sagamos des Souriquois\u2014Abénaquis.SAGAMITE Bouillie indienne faite avec du blé-d\u2019Inde.Mot apparemment d'origine abénaquise; kijagamités : gam, eau et tés, feu.Il y a le lac Sagamité, dans la province de Québec. i 5 { ! | { ; j \u2014 17 \u2014 SAGAMOS : Chef souriquois; sachem.Ce mot se trouve dans Lescarbot; J.-C.Taché a écrit une légende intitulée: Le Sagamo du Kapshouk.SAGON : Ce mot qui signifie malpropre, salement habillé, c\u2019est-à-dire \u201csalop ou \u2018salope,\u2019 en dialecte acadien, pourrait venir du micmac.En tous cas, il désigne le plus souvent une fawaye (sauvagesse).SAGON : Sale, mal vêtu.Se dit des femmes.Je trouve dans Marot, IT, p.196 : Combien que sagon soit un mot, Et le nom d\u2019un petit marmot.Je n\u2019ai aucune preuve que ce mot scit d\u2019origine indienne, si ce n'est que les Acadiens l\u2019appliquent principalement aux Sau- vagesses.Il se rattache prokablement à sagcin, espèce particulière de singe.SAVANNE : Mot caraïbe, qui signifie un terrain bas où les arbres ne croissent pas.Les Américains en cnt fait Savannah.Pcur désigner le même terrain, nous employons le mot mocêque, qui vient des indigènes d\u2019Amérique également, mais de ceux de l\u2019Acadie, les Micmacs.ÉQUAVW : Sauvagesse, cu femme sauvage.Quoique employé par les romanciers ce mot n\u2019est pas encore entré dans les lexiques français.Il fait partie du vocabulaire anglais.Étant un mot iroquoi, Jes Acadiens ne le connaissent pas : ils emploient, comme synonyme, le mot rawayve, ou tewaïe.TABAC : Ce mot a été pris de la langue des naturels des Antilles.Il paraîtrait que la véritable feuille de tabac s'appelait coliba, et que c'est l'amadou, la tondre, avec laquelle on allumait, qui s\u2019appelait tobacco.Il peut se faire aussi que le mot soit simplement le nom de l\u2019île Tabago, aussi des Antilles.\u2019 TABAGANE : Espèce de traineau léger, à fend large et plat, dont le devant est relevé et reccurbé.Les Sauvages et les courcurs-de-bois s\u2019en servent pour transporter leurs effets, l'hiver, sur la neige et la glace.À la ville et au village, les jeunes gens s'amusent à glisser, SRL Doc nat \u2014 18 \u2014 du haut en bas des côtes, en tabagane, et cela constitue l\u2019un des amusements les plus en vogue, au Canada, l'hiver.TABAGIE : Endroit où l\u2019on fume, aussi appelé fumoir.Du radical tabac, TACAMAHAC : Espèce de peuplier, le populus balsamifera de Linnée.C\u2019est évidemment un nom sauvage.TAMARAK : Larix laricina (Du Roi).Épinette rouge, qu'il ne faut pas confondre avec le picea rubra.Les Acadiens l\u2019appellent violon.Dans la construction des navires et des bâtiments, la racine sert de coude pour rattacher solidement les pièces ensembles.TAMARU\u2014GUACU Mot brésilien entre dans la langue française, mais inconnu au Canada.C\u2019est une espèce de langouste très estimée.T APIOCA : Mot employé par les aborigènes de l'Amérique du Sud pour désigner la racine de manioc, dont ils faisaient un article de consommation, une sorte de potage.T ATOUER : Voici ce que l\u2019on trouve dans Littré\u2014\u201cLes Indiens de Tahiti, d\u2019après Cook, impriment sur leur corps des taches qu'ils appellent tatiow.Ce mot fur francisé dans le verbe tatouer.Il vient du tahitien \u2018aiau, prononcé tataou, qui signifie les marques ou dessins tracés sur la peau humaine; tafau dérive de a, qui signifie marque, dessin, empreinte.TAWEYE ou TATOUEIE : Femme sauvage, sauvagesse.Par extension, femme malpropre, nous disons aussi d\u2019une femme mal attéfiée : elle est habillée comme une taweye.A l\u2019occasion du mot ta-weye (ia étant, disons, le préfixe et weye le radical), faisons, à la suite de M.A.Berloin,\u2014auteur de la Parole Humaine, un Canadien-français tres honorablement connu dans le monde de la philologie, une incursion de haute fantaisie sur le domaine de la linguistique, et, d\u2019étape en étape, remontons, en survolant la tour de Babel, jusqu\u2019à notre première mère Eve.Eve, weye, c'est tout un : ce qui est la démonstration évidente que la langue parlée dans le paradis terrestre était le Micmac, à moins que ce ne fut l'anglais, qui arrive bon second avec wife.(A continuer) P.POIRIER = | ! j \u2014 19 \u2014 Des paroles et des actes le 18 janvier, 1918.Cher Monsieur, | Sous ce pli veuillez trouver $10.00 dont $2.00 pour mon abonnement et le livre de billets\u2014et le reste pour l\u2019œuvre de la Revue Acadienne, dont la douce plainte m\u2019a touché.CL Je vous souhaite, à vous et à la Revue, succès et prospérité.Votre tout dévoué, B.ptre.ce 17 janvier, 1918 Cher Monsieur, Sous ce pli $10.00 pour vos billets! mon abonnement a la Revue pour 1918, le reste pour vous aider a soutenir votre ceuvre si belle et si patriotique.Je forme des vœux pour la diffusion et le succès de votre, ou plutôt notre Revue.C\u2019est ce que devraient se dire tous les Acadiens et vous encourager ct faire vivre cette Revue qui nous est pourtant si nécessaire.Votre tout dévoué, L.ptre.le 14 janvier 1918.Monsieur le Docteur, J'ai le plaisir de vous envoyer $2.00 pour renouvellement de mon abonnement et celui de mon frére.et $3.00 pour le tirage au bénéfice de la Revue Acadienne.Agréez, Monsieur le Docteur, mes souhaits de bonne et heureuse année et l'assurance de mon entier dévouement.Votre humble serviteur, R.pire.le 17 janvier 1918.Monsieur le Docteur, Veuillez donc me compter du nombre de vos lecteurs et amis de la Revue Acadienne.Il y a longtemps que je négligeais de faire ce que je désirais faire pourtant.Acadien d\u2019adoption depuis bientôt 28 ans, je m'intéresse passionnément à tout ce qui regarde le cher peuple acadien.Aussi me faites-vous peine en parlant de mort et de tombeau pour la chère Revue que vous avez mise au jour il y a un an à peine ! Si jeune et déjà sur le bord de la tombe ! Non ! il faut qu\u2019elle vive ! Ce n\u2019est que d\u2019hier que j'ai entendu son gémissement qui ressemble à un cri d\u2019agonie, sans quoi j'aurais déjà fait diligence pour offrir à l\u2019auteur de ses jours mes condoléances et mes consolations.Courage, généreux Père ! Elle ne doit pas mourir cette noble fille que vous avez engendrée au prix de tant de sacrifices.Il faut qu\u2019elle vive ! Vous êtes père et vous êtes docteur: c\u2019est dire que vous disposez à la fois de la tendresse et de la science auprès d\u2019un petit Etre bien aimé dont vous avez à cœur de sauver l'existence malgré sa fragile constitution.Avec foi et amour, continuez à user de tous les spécifiques que votre cœur et votre science mettront à votre disposition.Faites encore appel à tous nos amis d\u2019Acadie et d\u2019ailleurs.J'ai trop confiance dans le cœur et l'esprit de la race française au pays pour croire qu\u2019on laisserait mourir cette noble enfant issue du plus pur sang du \u2018peuple martyr\u201d.Non ! encore une fois, elle ne doit pas mourir ! Commnie vous le demandez par sa voix, je vous envoie deux piastres (2.00) pour aider aux soins de cette chère et si frêle enfant.Cher Docteur, courage et confiance ! Vieil acadien d\u2019adoption, M.ptre. \u2014 90 \u2014 \u201cPar chez nous\u201d Sa Grandeur Monseigneur Patrice Chiasson continuera de s\u2019intéresser, d\u2019une manière directe à l\u2019instruction de la jeunesse, puisqu'il vient d\u2019être nommé inspecteur des écoles de sa préfecture, région qui s\u2019étend de la rivière Portneuf jusqu\u2019au Blanc-Sablon.O Un monsieur Montet, qui s\u2019est spécialisé depuis quelques années, dans les recherches de l\u2019histoire de la Louisiane, donnera prochainement, à la Soctété historique de Montréal, un travail ayant trait à l\u2019héroïne du poème de Longfellow.Il paraît que ce Monsieur possède des données historiques sur la généalogie d\u2019Évangéline et de son Gabriel.Nous avons déjà fait des démarches pour obtenir le manuscrit révélateur et nous avons la douce espérance de pouvoir l\u2019obtenir pour en donner connaissance à nos lecteurs.En attendant, Évangéline reste, pour nous, un personnage fictif, représentant le type de la jeune fille acadienne.0 La Société Historique de Montréal qui a pour but, comme son nom l\u2019indique, de favoriser l\u2019étude de l\u2019histoire, nomme, selon les besoins, des comités composés de membres jugés capables d\u2019élaborer tel ou tel programme à la satisfaction de la Société.Elle vient de nommer, entre autres, un comité dit de \u2018\u2019noms historiques\u201d à qui on pourra s\u2019adresser pour des noms dignes de survivre, en désignant des comtés, des municipalités, des villages, des rues, des immeubles.etc.L'histoire de l\u2019Acadie compte des noms glorieux; ils ne seront pas oubliés à l\u2019occasion, puisque le directeur de la Revue acadienne a l\u2019insigne honneur de faire partie de ce comité.7 0 Aux mines de Sydney, du côté sud du Cap-Breton, c\u2019est à New-Water- ford, que se trouve le groupe d\u2019Acadiens le plus considérable.Nous y+avons nommé des agents recruteurs (d'abonnements).0 Monsieur Benjamin Sulte nous apprend qu\u2019il a en main un manuscrit de six mille pages écolier (foolscap) sur sa ville natale: les Trois-Rivières.Loin d\u2019exiger un travail de cette haleine nous serions heureux de recevoir de chacun de nos collaborateurs, six pages (ou moins) de matrére sur les organisations industrielles, éducationnelles ou nationales de leur village ou paroisse respective.0 Le tome deuxième l\u2019Acadie, d\u2019après le manuscrit original de l\u2019œuvre d\u2019Édouard Richard, \u2018refondu, corrigé, annoté, mis au point des recherches les plus récentes\u201d, par Monsieur Henri D\u2019Arles, vient de sortir des presses de M.J.-A.Laflamme, Québec, pour le Canada et de celles de Marlier Publishing Co.Boston., pour les Etats.Ce volume, avec le premier, constitue une richesse pour la bibliothéque acadienne.Puisse le troisième volume ne pas tarder à venir compléter l\u2019héroïque travail que s\u2019est imposé le bienveillant Henri D'Arles ! Nos félicitations au célèbre annotateur.0 L'heureux gagnant de notre loterie au bénéfice de la Revue acudienne, est Monsieur L.-A.Saucy, gérant de la Banque Provinciale à Saint-Basile, Madawaska, N.-B, avec le numéro 28129.0 Nous saluons avec empressement, l\u2019ouverture d\u2019une librairie française, - par la compagnie du journal l\u2019Acadien, à Moncton N.-B.Cette compagnie se propose d\u2019organiser des cercles d\u2019études dans différentes régions de la province lesquels peuvent devenir plus tard, autant de bibliothèques paroissiales.E.A. ere rer _\u2014 NOS ABONNES POUR 1918 S.É.le CARDINAL BEGIN - - - - - - - - - Québec.S.G.Mgr CHiassoN - - - - - - - - - - - Côte Nord Mgr PH.BELLIVEAU, P.D.- - - - - - Grande Digue, N.B.Mgr S.-J.Dovcer, P.D.- - - - - - Grande Anse, N.B.M.Le Chanoine LAFLECHE - - Sainte-Anne de la Pérade, P.Q.École Normale JACQUES-CARTIER - - - - Montréal, P.Q.L\u2019abbé ARTHUR MELANSON - - - - - - - Balmoral, N.B.L\u2019abbé J.-A.RICHARD, - - - - - - - - - Verdun, P.Q.M.Le Notaire G.MARSOLAIS - - - - - - Montréal, P.Q.Le Cercle LAFRANCE- - - - - - - - - -St-Joseph, N.B.Collège STE-ANNE- - - - - - - - - Pointe de l\u2019Église, N.É Université du Collège Sr-Josgrx - - - - - - St-Joseph, N.B.1\u2019abbé D.RICHARD - - - - - - - - Minneapolis, Minn.M.Victor MORIN, notaire, - - - - - - - Montréal, P.Q.R.P.M.-J.MARSILLE, - - - - - - - - - Oak Park, III.L'abbé A.ALLARD, - - - - - - - Seven Mile Ridge, N.B.R.P.S.DESRANTEAU, - - - - - - - - St-Hyacinthe, P.Q.Séminaire du SACRE-Cœur, - - - - - - - Halifax, N.É.L'abbé M.-J.TRUDEL, - - - - - - - - New Castle, N.BI'abbé A.-E.MONBOURQUETTE, - - - - - - Arichat, N.E.R.P.RECTEUR, College des Jésuites, - - - - Edmonton, Alta.L\u2019abbé D.-F.LEGER, - - =~.- - - - - - - Côte d'Or, N.B.L'abbé THEOPHILE Hacnë# - - - - - - -\u2018Tracadie, N.B.L'abbé M.LEVASSEUR, - - - - - - - -»-TIracadie, N.B.M.Emig LEBLANC, - - - - - - =- - - Sandford, Maine.R.P.LEGRAND, - - - - - - - -+ Laval des Rapides, P.Q.R.P.A.MORIN, - - - - - - =~ - Pointe au Père, P.Q.L\u2019abbé ErnEsT ALBERT, - - - - - - - - Renous, N.B.Mile IRENE CormiEr, - - - - - - - - - Shédiac, N.B.1\u2019abbé EUGENE DE LA GARDE, - - - - - - Nash\u2019s Creek, N.B.L\u2019abbé D.-J.LEBLANC, - - - - - - - - - Shédiac, N.B.Mlle LoursE VILLENEUVE, - - - - Ste Agathe des Monts, P.Q.L'abbé ORIGENE GRENIER, - - - - - - - St-David, P.Q.M.ALEXANDRE-J.DoucEr,- - - - - - - - Moncton, NB.M.D.-D.DELAINEZ, - - - - - - - - - Montréal, P.Q.Dr FrEp RicHarD, - - - - - - - - - - Moncton, N.B.Sœurs de la CHARITE, - - - - - - - - - Bouctouche, N.B.(A suivre) NE OO ES ER ES OS EE EEE fra acy TEL.ST-LOUIS 1298 L\u2019hiver continue ses rigueurs, venez vous procurer des habits chauds et durables.Malgré l\u2019augmentation du coût des marchandises, nos prix sont toujours les mêmes.JOSEPH COURVILLE, ENG.3 Tailleur, agent du \u201cSEMI-READY\u201d NOUS TENONS LA MERCERIE Habits pressés et réparés.COMPLETE 3 Coiffures d\u2019enfants, une spécialité.POUR HOMMES i 381, RUE BEAUBIEN 3 CONSULTATIONS TEL.S.-L.6085 Tél.St-Louis 3732 Z à 4 P M.7 à 9 P.M, Docteur C.-E.Gaudet EX-INTERNE DES HOPITAUX NOTRE-DAME ET ST-PAUL MALADIE DES ENFANTS A.Cadieux Manufacturier Dentaire 2491, rue Mance Montréal 237, rue Chambord, Montreal ANGLE BERNARD Angle Mont-Royal oo.mL | ° e ° 9 ° oe eis Librairie Française de l\u2019Acadien Limitée MONCTON, N.B.La nouvelle librairie française de l\u2019Acadien Limitée, s\u2019efforce de procurer anx acheteurs les volumes les plus aptes à développer, chez nous, le goût de la bonne litérature française et principalement ceux qui ont trait à l\u2019histoire de l\u2019Acadie.On peut échanger les volumes en bon ordre après en avoir fait la lecture.Messieurs de la haute-ville, Montréal Faites faire vos travaux d'impression à l'imprimerie du journal ef ILE NORD ° \u201c SalistaËtion garantie 176, rue Beaubien f E'BLCTHÈQUE RATIONALE DU QUÉBEC mrt Sr PB +t Arr roma."]
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