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Titre :
La revue acadienne
Éditeur :
  • Montréal :[Revue acadienne],1917-1918
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Revue nationale ,
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien
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Références

La revue acadienne, 1917-09, Collections de BAnQ.

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[" S 905 AC 12 re | LA REVUE ACADIENNE PUBLICATION MENSUELLE PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS lère ANNÉE SEPTEMBRE 1917 No 9 SOMMAIRE Les Eudistes au Canada.- - - R.P.EM.GEORGES Les vocables Algonquins, etc.- - Hon.P.POIRIER A 1a baie Ste-Marie - - - - Un VOYAGEUR Partialité en histoire - - - AMEDEE-L.AUCOIN Une preuve de solidarité Nouveau-Brunswick \u201cPar chez nous\u201d - - - - - - E.-A.ABONNEMENT ANNUEL - - - $1.00 DIRECTEUR: DR EDMOND-D.AUCOIN, DE LA SOCIETE HISTORIQUE DE MONTREAL.REDACTION ET ADMINISTRATION: 19018, RUE SAINT-DENIS, 1918 MONTREAL Tos Collaborateurs Aved htréal.Auco ! ntréal ARSE] (7% Se ae ERP Aw ittawa Bours 6} ue ee, N.B BraUi A A) NS = \u2014 = == == = 2, N.E Boun ea _ I \u2014 \u2014_\u2014 \u2014 = , N.E Bu A 4Y f\u2014 po \u2014 _ J re ==) \u2014 % ca i Os | Sask CORM = rd AASATATAV EVA LAA?52 | EU Cor \u2014 y \\ if Ney fo A ÉÆ 3 N.E Dou ttawa GEOR; EET \u2014\\ R /) p N.E Gaun =H) 1684 ttawa GAU (il = 0 Wk 1914 ntréal HEBE = yp = TS ntréal LEGR ! et N = Si Lx Dé i ntréal LeBL2 \u2014=£ mes + \u2014 1h LeBL a = ee = \u2014 i { N.B +255.== fo N.E LeBa pa = a | MONE \u2014 | fi cat ntréal LH N.F MALG BI BLIOTHEQ ntréal MILLI À ntréal Port SAINT ~SVLPICE row ttawa Rob rerantanstencessore ose san és0 na 0000 ttawa Ricu Je ofp\" dede Minn SULTE tawa VILLER O/M.I; hommie dé Tettré ttawa Les Eudistes au Canada (NOTE) \u2014Qu\u2019on nous permette de citer en note ce qui originairement devait être l\u2019Avant Propos du travail dont nous commençons aujourd\u2019hui la publication dans la \u201cRevue Acadienne\u201d Ce travail était destiné à paraître sous forme de brochure.Le manus- ecrit original en disparut dans le désastreux incendie du collège de Bathurst x (Mars 1917), où il attendait le moment d\u2019être livré à l\u2019impression.Cette pénible circonstance après nous avoir mis dans la nécessité de reconstituer l\u2019original disparu, en retarde maintenant indéfiniment la publication.Nous sommes donc heureux d\u2019en offrir la primeur aux lecteurs de la \u2018Revue Acadienne\u201d.Les lignes suivantes lui serviront avantageusement d'introduction.Ce livre est un écho.L\u2019écho des fêtes jubilaires célébrées, l\u2019année dermère au college Ste-Anne.L'\u2019écho aussi des vingt cinq années d'apostolat que celles-c commémoraient avec tant de solennité.Puisse-t-il donc être un écho fidèle ! C\u2019est unique ambition de son auteur ; c\u2019est aussi son unique désir.Sa fidélité toutefois aura des limites : d\u2019où son titre \u201cA travers vingt cing années d\u2019 apostolat.\u201d Ces limites sont celles que lui imposent les circonstances \u2018de temps et de personnes au milieu desquelles 11 a été écrit : 11 sera donc, tout en restant véridique, forcément incomplet :non ista mea culpa.sed temporum, serions nous tentés de redire après Cicéron.; Ce livre, ou du moins un travail similaire, était réclamé de da- fférents côtés.Son téméraire auteur a peut-être été présomptueux en prêtant l\u2019oreille à l\u2019 \u201c\u2018exoriare aliquis\u201d prononcé tout haut, autour de lui, par les voix autorisées de ses supérieurs, et murmuré tout bas, par tous les amis de nos œuvres.Quoiqu'il en soit, il n'a pris la plume que pour obéir aux uns et être agréable aux autres :puisse sa bonne volonté lui valoir l'indulgence de tous ! Il ne lui reste maintenant qu\u2019un devoir bien agréable à remplir : celui de remercier de grand cœur tous ceux qui par leurs notes, leurs renseignements, leurs explications lui ont été d'un st grand Secours pour une œuvre toute de documentation comme la sienne.Celle-cu en tire toute sa valeur ; aussi n'est-il que juste d\u2019en attribuer le mérite à tous ses aimables collaborateurs bénéroles.Collège Ste-Anne, 18 janvier 1917.Aux premières vêpres de la fête de la Ste-Famzlle.Em.GEORGES, ptrec.jm.La Revue Acadienne, Vol.I, numéro.IX, 1917.RE > > yo ,2 » > A >, SD Psa ) > yy.> 1 \u2014 136 \u2014 À.travers vingt-cinq années d'apostolat LES EUDISTES AU CANADA.1896\u20141916 CHAPITRE LIMINAIRE.Coup d'œil d'ensemble.Les Eudistes et le Canada au XVIIe siècle ;\u2014 au XVIIIe siècle \u2014 Leur introduction définitive au XIXe : développements successifs.Ceux qui font l\u2019histoire et ceux qui entreprennent de l\u2019écrire ne sont pas dans la même situation : alors que d\u2019ordinaire, le plan mystérieux qu\u2019ils réalisent, sans trop le savoir, pour le compte de la Providence, échappe aux premiers, les seconds, mieux placés et tenant en mains le fil des événements, en saisissent sinon l\u2019ensemble au moins des détails précieux qui leur permettent d\u2019introduire dans leur ouvrage \u201cplus de lumière\u201d en y faisant à Dieu \u201cune place plus large\u201d (Barbey d\u2019Aurevilly).Il est assez facile de faire bénéficier de ce surcroît de lumière, cette histoire de vingt cinq années d\u2019apostolat dont nous offrons au public, le récit : le Canada et la Congrégation des Eudistes étaient encore, tous deux, au berceau, que, déjà, Dieu avait établi entre le saint fondateur de l\u2019Eglise canadienne et le pieux instituteur de notre société, des relations,dont le caractère providentiel s'impose à quiconque les considère attentivement.Les faits sont connus; ils valent bien qu\u2019on les rappelle au moins brièvement ; ne sont-ils pas le digne prélude du fécond apostolat, que deux siècles plus tard, la Congrégation de Jésus et Marie, définitivement établie sur la terre canadienne, devait y exercer.+, | Le Bienheureux Jean Eudes et le Vénérable de Montmorency Laval, premier évéque de Québec, étaient Normands tous les deux ; de communes amitiés les mirent de bonne heure en rapport l\u2019un avec l\u2019autre.On sait la pieuse influence exercée par le P.Eudes sur la société naissante des \u201cBons Amis\u201d, instituée et présidée par M.Boudon, le futur archidiacre d\u2019Evreux.Or précisément, François de Montmorency, plus connu alors sous le nom d\u2019abbé de Montigny, fréquentait cette société dont il était l\u2019un des membres les plus fervents. \u2014 137 \u2014 Plus tard, une fois prêtre, à la suite des difficultés que suscita le projet de sa nomination au vicariat apostolique du Tonkin, François de Laval alla s\u2019enfermer à Caen, près de M.de Bernières, dans la solitude de l\u2019Ermitage.\u201cC\u2019est là surtout qu\u2019il connut le P.Eudes, admira son zèle et sa sainteté, se lia avec lui d\u2019une étroite et respectueuse amitié ; là qu\u2019il puisa, dans ses entretiens et dans ceux de M.de Bernières, sa vénération pour la sœur Marie des Vallées ; là qu\u2019il développa et renouvela sa tendre dévotion pour les S.S.Cœurs\u201d (Boulay: Vie du B.J.Eudes: Tome III p.158).Serait-il téméraire de supposer que les deux amis durent se rencontrer aussi aux réunions de la fameuse Compagnie du \u2018St Sacrement, laquelle avait à Caen une filiale, dont M.de Bernières avait été le promoteur ?Quoiqu'il en soit de cette supposition, des circonstances ménagées par la Providence qui voulait par eux, faire un jour, de grandes choses, devait, à plusieurs reprises, rapprocher ces deux nobles cœurs, si bien faits pour se comprendre et s'aimer.C\u2019est ainsi que, à son arrivée à Québec, Mgr de Laval trouva une âme d\u2019élite qui dut souvent lui rappeler le souvenir du P.Eudes : je veux parler de la célèbre Catherine de St-Augustin, religieuse de l\u2019Hotel Dieu, l\u2019une des gloires de la Nouvelle France, au XVIIe siècle.Le P.Eudes avait rencontré celle-ci, pendant la fameuse mission qu\u2019il prêcha en 1643, à St-Sauveur le Vicomte : elle n\u2019avait alors que onze ans et donnait déjà des signes d'une éminente perfection.Le P.Eudes lui prédit sa vocation religieuse et le P.Raguenau, qui rapporte ce fait, ajoute \u2018que ce fut sans doute par l'entremise de Marie des Vallées, à qui on l'avait recommandée.\u201d \u201cTI est difficile, remarque à ce sujet le P.Hudon S.J.de qui nous empruntons ces détails, de ne pas voir encore l\u2019acton de Vénérable \u201cdans le triple vœu que Mademioselle de Longpré fit en son particulier, \u201cà cette époque : de prendre la Ste Vierge pour sa mère, de ne jamars \u201ccommettre aucun péché mortel, et de vivre en perpétuelle chasteté ; \u201cc\u2019est bien ce que professait le tiers-ordre que le V.P.Eudes Inshtua \u201cpeu après\u201d (Hudon : Vie de la Mère Marguerite de St-Augustin page 14.) L'année suivante, 1644, Catherine de Longpré, qui reçut en religion le nom de Catherine de St-Augustin, suivait à Bayeux, chez les Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, sa sœur ainée que le souffle de la grâce poussait, elle aussi, vers la vie religieuse ; \u2014 138 \u2014 c\u2019est de 12 que, en 1648, elle partit pour l\u2019Hotel Dieu de Québec, où, en 1659, Mgr de Laval devait la rejoindre.Des documents contemporains nous permettent de retracer la sainte liaison qui s\u2019établit aussitôt entre ces deux âmes d\u2019élite : \u201cJ'ai entendu de Mgr motre prélat, écrivait, le 17 septembre 1670, \u2018la vénérable Mère Marie de l\u2019Incarnation, supérieure des Ursu- \u201clines de Québec, j'ai entendu de Mgr notre prélat, que cette bonne \u201cMere, (Catherine de St Augustin) était l\u2019âme la plus sainte qu\u2019il \u201ceut connue.\u201d \u201cIl en pouvait parler en connaissance de cause, \u201cajoute-t-elle, car c'est lui qui la dirigeait.\u201d (Lettres de la Mère \u201cMarie de l\u2019Incarnation : Lettre CCIX.Edition Richandeau) On comprendra mieux, après ce rapide exposé des relations qui unirent deux des plus éminents rerscnnages des premiers temps de la colonisation francaise au Canada, au Bienheureux Jean Fudes, que la chère dévotien, dont celui-ci s\u2019était constitué l\u2019ardent et infatigable apôtre, ait été accueillie, dans la Nouvelle France, avec une ferveur toujours croissante ; aucun autre pays ne partage avec le Canada français, l\u2019honneur d\u2019avoir été consacré, dès sa naissance, pour ainsi dire, aux Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.Depuis longtemps déjà, nous l\u2019avons vu, le vicaire aposto- ligue de la Nouvelle France était gagné à cette aimable dévotion ; en 1662, lors de son premier voyage en France, il signa, à Paris, le 23 décembre, une approbation du livre que le P.Fudes avait composé pour répandre la dévotion au Saint Cœur de Marie, et qui contenait l\u2019office et la messe du 8 février.Le bon Dieu lui réservait la joie de voir, avant de mourir, s'établir à Québec, les deux fêtes que son saint ami avait instituées en l'honneur des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.Le branle en fut donné par les Hospitalières de l\u2019Hotel Dieu, qui avaient appris de la Mère Catherine de Saint-Augustin, à honorer le Saint Cœur de Marie.Au lendemain de cette \u201cgrande journée\u201d que le catholicisme compte dans les fastes militaires du Nouveau Monde, quand\u2019 Phipps dut honteusement lever le siège de Québec (1690), c\u2019est au P.Eudes que, après en avoir obtenu l'autorisation de leur évêque, ces bonnes religieuses empruntèrent l'hymne d'action de grâces qui monta vers Marie en reconnaissance du bienfait dont elle venait de combler son peuple menacé dans sa foi et dans son existence.\u2018Pour immortaliser la victoire, dont nous sommes redevables \u201ca la Reine du Ciel, écrit Mgr de St-Valier, dans le mandement - \u2014 139 \u2014 \u201ccélèbre, où il fait droit à la reguète des Hospitalières, après avoir \u201cvu et examiné l\u2019office du Saint Cœur de Marie, composé par le \u201cP.Eudes, dont la mémoire est en bénédiction, nous permettons.\u2018de chanter l\u2019un et l\u2019autre les ler juillet.Deux ans plus tard, en 1700, les Ursulines de Québec célébraient publiquement la fête du Cœur de Jésus : la messe dont on se servit pour la circonstance est, pour une bonne moitié au moins, empruntée à celle du P.Eudes.La vive amitié que Mgr de Laval avait vouée au P.Eudes, il la reporta, après la mort de celui-ci, sur sa famille religieuse.Nous en avons une preuve bien touchante dans l\u2019union spirituelle qu'il projeta d\u2019établir entre le Séminaire de Québec et la Congrégation de Jésus et Marie.Voici en quels termes 1l s\u2019en exprime dans une lettre qu\u2019il adressa en 1681, au successeur du P.Eudes, le P.Blouet de Camilly, à l\u2019occasion de l'hommage que celui-ci lui avait fait du livre du Bienheureux sur le \u2018Cœur Admirable\u201d.\u201cJ\u2019ai reçu le livre que vous m\u2019avez envoyé du Cœur de la \u2018\u2019Krès Sainte Vierge, comme une marque de votre affection.\u2018C\u2019est un présent qui m\u2019est fort agréable, tant à raison du sujet \u201cqui y est traité, que de la personne qui l\u2019a composé, dont nous \u2018honorons la mémoire.J'espère que ce Cœur admirable dont \u201cle propre est d\u2019unir en soi tous les cœurs, sera le lien des \u2018\u2018nôtres d\u2019une manière particulière, et notre séminaire n'aura pas \u201cde plus grande joie que de se voir uni à votre Congrégation, qui \u201cest toute à Jésus et à Marie, que nous faisons profession d\u2019honorer \u2018sous le titre de la Ste Famille, à qui nous avons dédié ce séminaire.\u201cEt comme en vertu de cette union, vous participerez à tout le \u201cbien qui s\u2019y fait, nous attendons de votre Congrégation, la même -\u201c\u201cgrâce et que vous n\u2019oublierez pas de prier pour cette église naissante \u201cqu\u2019il a plu à Notre Seigneur de nous confier, afin qu'elle aille \u2018toujours croissant jusque dans sa perfection.C\u2019est ce que j'a- \u2018\u2018ttends de vous, vous assurant que je suis in Christo.\u201c Ÿ François, évêque de Québec\u201d Monseigneur de Laval et la Mère Catherine de St-Augustin n'étaient pas les seuls amis et admirateurs que le P.Eudes comptait alors parmi les fondateurs de la Nouvelle colonie.On conserve deux lettres fort significatives à ce sujet, qui lui furent adressées, vers la même époque, par un pieux Jésuite, bien connu pour ses longues années d\u2019évangélisation parmi les peuplades huronnes : le vé- \u2014 140 \u2014 néré P.Chaumonot.Dans la première de ces lettres, datée du 14 octobre 1660, le zélé missionnaire suppliait le P.Eudes de lui communiquer quelque chose de son amour pour la Très Sainte Vierge.\u201c.Oserais-je vous demander pour l\u2019amour de Marie, Mère \u2018Vierge, que vous aimez tant, de me procurer l'avantage d\u2019être \u201cadmis comme le dernier de vos conserviteurs, ou si vous aimez \u201cmieux, comme le plus petit de vos cadets, à l\u2019adoption de cette \u2018Mère de Miséricorde.Si vous mourez avant moi, auriez-vous la \u2018bonté de me résigner ou laisser en héritage, autant qu\u2019il sera en \u201cvotre pouvoir, une partie de la dévotion que vous avez pour Elle, \u201cafin que vous continuiez, même après votre mort, de l\u2019honorer \u201csur terre en ma personne.etc.\u201d On devine quelle dût être la réponse du Bienheureux par l'accusé de réception que lui en fit, le 27 septembre 1661, 1e P.Chau- monot, alors à Montréal, où l\u2019avait envoyé Monseigneur de Laval.\u201cMon Révérend Père,\u201d \u201cQuand le plus grand monarque m\u2019aurait adopté pour son \u201cfils, dans le but de lui succéder dans tous ses Etats, je n\u2019aurais pas \u2018eu la millième partie de joie que j'ai reçue de la promesse que \u201cvotre Révérence me fait de me résigner tout ce que le bon Jésus \u201cvous a donné de dévotion, de vénération et de zèle pour la gloire \u201cde sa très aimable et admirable Mère.Unde hoc mihi, lazaro \u2018\u201cmendicanti ?Unde hoc mihirustico et terrae filio ?sinon de l\u2019im- \u201c\u2018mense bonté de cette Mère de miséricorde, qui se plait à faire \u2018les plus grandes faveurs aux plus indignes\u201d.etc.C\u2019est ainsi que les saints savent s'aimer en Dieu et pour Dieu : I'égoisme desséchant qui ravage si souvent nes cœurs, nous empêche de goûter les ardents transports qui animent les leurs ; ne leur refusons pas au moins, si nous ne nous sentons pas le courage de les imiter, le tribut de notre plus profonde admiration.R.P.Em.GEORGES, ptre c.jm.(à continuer.) In Memoriam L'Acadie vient de perdre un de ses grands patriotes dans la personne de l'honorable A.-D.Richard de Dorchester N.B.L'honorable M.Richard avait fait ses études aux Collèges St-Joseph et St-Dunstan et pendant sa longue carrière politique il a rendu d\u2019appréciables services à son pays.LA REDACTION \u2014 141 \u2014 Les vocables Algonquins, etc.(Suite) GATTE : ; Ce mot, le seul en usage parmi les Acadiens pour désigner l\u2019alose, est-il d\u2019origine scandinave ou indienne ?Jacques-Cartier, ler Voyage, nous dit que morue dans le language des Sauvages de la Baie-des-Chaleurs s'appelle Gadagoursère.Le radical gada correspond bien à gatte, le d et le ?se permutant en français dans un grand nombre de mots.Mais gatte peut aussi venir de jatte, en bas latin gabata, en passant par le picard, voire par le normand.En dehors de l\u2019Acadie, je ne trouve nulle part le mot gatte employée pour alose.Roberval dans son voyage au Canada, 1542, emploie le mot alose, dans la liste du poisson qu'il dresse (p.94) ; Champlain, et Dierreville (p.59) disent également aloze.Le nom scientifique du caplan est gadus minutus: petite gade ou gatte.Les principales espèces de la famille des gades sont la morue, le merlan et la barbotte ou gade-lotte.Etymologiquement, gade et gatte c\u2019est tout un.Pourquoi les savants désignent-ils sous le nom de clupea me- diocris la gatte de la baie de Fundy, supérieure, peut-être, en saveur à toute autre alose connue ?Le qualificatif mediocre pourrait tout au plus s'appliquer à la gatte de la Baie-des-Chaleurs et du Golfe Saint-Laurent.Gop : Pingouin commun, l\u2019alca des savants.Origine inconnue.GOURGANE : Fève ordinaire.Dans la marine française, ce sont des fèves sèches, dont il est fait une assez grande consommation.Ce mot d\u2019origine inconnue me semble venir de l\u2019Amérique, où la culture de la patate, du maïs, de la fève, était connue et pratiquée aux temps des premières découvertes.Dans la province de Québec gourgane se dit aussi pour bajoue fumée.HAMAC : Ce vocable peut se réclamer d\u2019une double origine.Comme terme de marine, signifiant un lit fait d\u2019une toile tendue et suspendue on pourrait, presque a priorz, lui attribuer un radical basque. NOTH \u2014 142 \u2014 Mais ce mot existait également chez les aborigénes d\u2019 Amérique, avec la signification de filet suspendu entre deux arbres et servant également de lit.Colomb, dans la relation qu\u2019il nous a laissée de son premier voyage, rapporte qu\u2019un \u2018grand nombre de, sauvages se rendirent à son vaisseau pour y faire échange de leton et de hamacas, ou filet sur lesquels ils dorment.\u201d - Le phénomène de cette coincidence est pour le moins curieux.HACMATAK: Mot universellement employé par les Anglais des provinces maritimes pour désigner le larix americana, ou juniper wood.\u2014Les Acadiens disent plutot du violon.HADEC: Aigrefin ou égrefin, aussi aiglefin.Sorte de morue désignée dans la langue des savants par le mot melanogranus aeglefinus.En ancien français, hadot ou hadou.Les pêcheurs d\u2019Ecosse en ont fait haddie d\u2019ot le finn que l\u2019on nous sert à déjeuner, dans les hotels américains et canadiens.Nous avons pris le mot directement des Anglais; mais le radical pourrait bien être indien.Aux savants à éclaircir.Une légende s'attache à ce poisson, l\u2019un des plus excellents des eaux de l\u2019Atlantique.Les pécheurs disent que les mouchetures noires qu\u2019ils portent sont l\u2019empreinte qui lui fut imprimée par le pouce et le doigt de saint Pierre, lorsque l'apôtre tira de sa gueule la pièce de monnaie qui servit à payer le tribut.Jolie légende: mais le hadec ne se rencontre que dans les eaux de l\u2019Atlantique.Coincidence assez curieuse: halec, en latin, désigne un poisson salé, dont on ne connait pas exactement la nature.(A continuer) P.POIRIER Au plus fort des chaleurs de l\u2019été, qu\u2019il est bon de faire un tour sur les plages de la baie Sainte-Marie ! Comme il est facile de comprendre pourquoi des exilés, fatigués des persécuteurs en terre étrangère, aspirant au repos parfait, se sont arrêtés là ! La forêt les entourait de toutes parts; elle leur donnait le bois de leurs maisons, l\u2019aliment de leurs feux.La plage rocheuse n\u2019attirait pas les vaisseaux étrangers, et les sapins cachaient les humbles demeures aux flibustiers voisins. \u2014 143 \u2014 Là enfin, ils ont pu dormir en paix, sur le soir de leur vie, ces chers exilés acadiens; en rêvant des fermes prospères et de la vallée fertile, à coté de la mer berceuse.Quel changement depuis lors ! Des prairies, des champs nouveaux s\u2019ouvrent chaque année aux besoins grandissants ; la forêt a reculé; les pointes rocailleuses ont perdu leur tapis de mousse et se sont couverts de fleurs; les quais nombreux retentissent du bruit des haches et des marteaux.Jamais les Acadiens n\u2019ont bâti à la fois tant de jolis navires.C\u2019est qu\u2019ils se sont souvenus que leurs ancêtres étaient en grande partie des artisans de la Saintonge, et qu\u2019ils ont reçu de leurs pères un talent naturel pour toutes les constructions en bois.Des sociétés se sont formées, c\u2019est un progrès.Peut-être en voyant s'élever et prospérer des sociétés de beurreries, sous l'impulsion énergique de leurs pasteurs, les Acadiens ont-ils oublié leur défiance instinctive et leur individualisme français! Se grouper, s'associer, voilà les bases de ce renouveau, de ce progrès matériel où ils sont entrés bien timidement; l\u2019association des intelligences et des cœurs suivra, et leur donnera l'impression de vivre une vie spécialement française dans la nation canadienne! Pourquoi faut-il que les partis politiques essaient là encore de diviser quand on ne devrait songer qu\u2019à la petite patrie! Le journal, la revue patriote indépendante aurait vite fait de fondre ces âmes, de leur inculquer le respect d\u2019un passé si glorieux et si triste, l'amour du présent si plein de promesses, avec le désir de faire mieux encore.L'argent n\u2019a jamais été si abondant sur la côte; que signifie la vie chère quand la terre et la mer, la nature et l\u2019industrie, offrent au prix de si peu d'efforts, les choses essentielles à la vie! La conscription, si elle est appliquée, donnera-t-elle à l\u2019Acadie, l\u2019orgueil légitime de montrer ce que peuvent faire en régiments distincts, ses soldats dispersés dans les troupes anglaises! Elle affirmerait sans nul doute, que les Français de la Nouvelle-Ecosse n\u2019ont pas dégénéré.La conscription des Etats-Unis a déjà donné l\u2019heureux résultat de faire revenir au pays des familles volontairement exilées.La guerre aura donc rendu des âmes pour celles qui se sont sacrifiées.On ne peut sans tristesse constater que ces milliers d\u2019Acadiens qui vivent aux Etats-Unis auraient suffi depuis longtemps a transformer le pays et d\u2019y faire pencher la balänce en faveur de l'élément français.Espérons que de grands industriels apparaîtront, qui retiendront au pays cette masse flottante ou plutôt que l\u2019amour de la terre natale renaîtra au cœur de ces déracinés qui vont user sans profit leur \u2014 144 \u2014 jeunesse et leur santé dans les usines américaines.En attendant ce jour, lointain peut-être, travaillons à donner à cette masse le ferment qui la fera bouillonner, travaillons par le journal, les sociétés et les revues.Un groupe d\u2019anciens élèves du collège Ste-Anne a déjà soulevé la masse Montréalaise avec une audace digne des grands succès.Il faudrait infuser par toute l\u2019Acadie cette sève généreuse, cette confiance en l\u2019avenir.Lisez donc vos journaux et vos revues, Acadiens, écoutez la grande voix qui vous sonne la marche en avant.Les Canadiens vous tendent la main, serrez-là, on n\u2019est jamais trop fort contre les persécuteurs.Quand vous serez un groupe conscient de sa dignité, à juste titre fier de son passé, on s'honorera d\u2019être de vos amis, mais votre passé, il faudrait l\u2019apprendre par cœur, c\u2019est le mot, et à genoux, et pour l'apprendre il faut encourager de vos souscriptions, ceux qui ont dans l\u2019âme la flamme de savoir et le souci de leur mission.Courage et persévérence, et l\u2019Acadie connaîtra de nouveau les beaux jours où ses navires fendaient les flots de la baie de Fundy, où ses colons découpaient sur la forêt vierge un des plus beaux domaines de la France au-delà de l\u2019Océan.UN VOYAGEUR.Partialité en histoire Des différents genres de composition en prose, le genre historique est sans contredit celui qui a été l\u2019objet des plus sévères critiques.En plus des défauts de composition, comme le style, la correction, la clarté et la concision qui sont communs à tous les autres genres, l\u2019histoire a eu à subir des défauts moraux, parmi lesquels le plus commun, le plus grave et le plus injuste est la partialité.La partialité est la vérité déguisée ou cachée.En d\u2019autres termes c\u2019est le défaut par lequel l\u2019historien connaissant la vérité n\u2019a pas le courage ni la volonté de l\u2019avouer.En face de deux partis ou de deux natiohs en guerre par exemple, il favorise l'un au détriment de l'autre.Il semble faire fi des droits de la vérité qui est pourtant la qualité essentielle et première de l\u2019histoire: aussi ne se soucie-t-il très peu de l\u2019importance des faits qui vont à l\u2019encontre de ses opinions.Cette injustice est vieille comme l\u2019histoire elle-même et nombre d\u2019historiens, même parmi les plus célèbres, y ont péché.Les recherches historiques comme l\u2019expérience, souvent révélatrice \u2014 145 \u2014 des secrets les plus cachés, nous ont démontré, depuis longtemps déjà, que le nombre d\u2019historiens auxquels nous pouvons attribuer la qualité d\u2019impartialité ou de probité d\u2019une manière absolue et complète, est malheureusement bien minime, si minime qu'il y en a très peu que nous puissions lire avec une entière conflance.sk * + La partialité trouve ses victimes quelquefois parmi ceux chez qui, certaines qualités, propres a découvrir la vérité font défauts.Une imagination trop développée, une sensibilité trop vive ou une étude trop peu approfondie des faits antérieurs conduisent plusieurs historiens dans l\u2019erreur.Alors ils ne sont pas toujours conscients des fautes qu\u2019ils commettent, mais faut-il pour cela les exhonorer de tout blâme ?Non, car l\u2019insuffisance d\u2019étude dans les recherches et la critique des faits, comme l\u2019imprudence et la légèreté, même en matières historiques, doit être condamnée.Mais en général, les plus à craindre, les plus à détester et les plus à décrier ne sont pas ces derniers.Non, ce sont les préjudiciés, les malicieux, les fanatiques et ceux qui n'ont ni le courage ni la volonté de dire la vérité quand ils la connaissent.Ce sont certes, les plus coupables et bien peu d\u2019entre eux ont pu résister à la tentation de favoriser leurs amis au détriment de leurs adversaires.Ils deviennent experts en inventions.Sans scrupule aucun, ils taisent le bien qu\u2019il y a, qu\u2019il y aurait à dire sur leurs adversaires ou bien s'ils en parlent, ils ont soin de ne pas trop s\u2019étendre.Précaution avant tout n\u2019est- ce pas quand il faut cacher la vérité! Ils insistent plutôt sur le mal qu'ont commis ou n\u2019ont pas commis leurs ennemis, n\u2019oubliant jamais d\u2019en exagérer la gravité car il faut appuyer et exagérer pour convaincre.S\u2019agit-il au contraire de leur compatriotes, de leurs amis ou de leur parti ils n\u2019en disent que du bien.Ils consentent parfois à leur attribuer certaines fautes, mais ils n\u2019oublient pas de fournir de faux motifs pour les excuser et les blanchir au besoin.Ces déguiseurs de la vérité nous les rencontrons partout: chez tous les peuples et depuis le règne de l\u2019histoire, les siècles ont eu à lutter contre leur influence néfaste.Nous les rencontrons partout disons-nous, oui, car tenant à étaler leur science trompeuse ou à défendre les erreurs dont ils sont les auteurs, quand ils se voient critiquer, ils exercent leurs mauvaises plumes dans les journaux, revues, annales, chroniques et jusque dans les romans même. 2 RE \u2014 146 \u2014 Pour dénicher ces mauvaises plumes point n\u2019est besoin d'aller au-delà des mers et parcourir les pays étrangers, car nous, Acadiens, nous avons dans le récit de notre propre histoire, l\u2019exemple bien fondé de ce que peut inventer un historien partial et préjudicié.En effet, de tous les historiens de langue anglaise qui ont écrit sur notre compte, quelques-uns seulement ont eu le courage de dire la vérité, de défendre notre cause, de condamné les auteurs du crime de 1755.Le premier de ces hommes, a l'esprit éclairé, au cœur noble, à la conscience droite et amoureux \u2018 de la vérité est M.T.Haliburton.Nous n\u2019avons pas ici à faire l'éloge de cet historien imminent, mais notons que nous avons pour lui le plus grand estime et la plus grande des reconnaissances.Il est regrettable que nous ne puissions témoigner les mêmes gages de reconnaissance à tous les historiens de même nationalité, mais en tout esprit de justice il faut donner à chacun ce qui lui appartient.Sauf Haliburton donc, et quelques disciples, tel P.Smith et Savary, tous ont chercher à cacher la vérité en ce qui nous concerne.En théorie, tous n\u2019approuvent pas la conduite des Lawrence \u2018et des Winslow, mais en pratique ils se font leur avocat et, d\u2019un ton qui brave tout scrupule et qui les mènent à une hardiesse éfrontée, ils nous les présentent innocents et victimes de faux jugements.Ces auteurs du crime de 1755, d\u2019après leur récits, ont été les instruments fidèles du roi.L'initiative de cette déportation odieuse et sans parallèle dans l\u2019histoire des peuples aurait été prise en Angleterre.O ironie et mensonge! Pourquoi ne pas avouer que par le traité d'Utrecht et par un décret postérieur de la reine Anne les Acadiens étaient libre de rester chez eux à l\u2019état de neutres, avec le droit explicite de vendre leur biens et d\u2019aller ailleurs s\u2019il le désiraient?En dépit de ce décret formel, Winslow dans l\u2019église de Grand-Pré, ose proclamer aux Acadiens faits prisonniers, ces mots: \u2018J'ai reçu de son Excellence le gouverneur Lawrence les instructions du roi, que j'ai entre les mains.C\u2019est par ses ordres que je vous déclare et que je vous fait tous prisonniers du roi Cette pièce d\u2019éloquence perfide était l\u2019œuvre de Lawrence et de ses complices encouragés par le gouverneur Shirley de Massachusetts.Devant un petit peuple paisible et ignorant, peuple qu'on avait dépouillé de tout arme et de tout moyen de défense, il était facile de cacher la vérité.de poser en innocents 147 \u2014 et de proclamer qu\u2019on obéissait aux ordres du roi.Dans ces circonstances, il fallait être diplomate dans l\u2019exécution d\u2019un complot qui est passé pour le plus imfâme que l'histoire connaisse.De cette même diplomatie la plupart des historiens anglais y ont recours pour nier que leurs ancêtres fussent coupables du malheur que les Acadiens ont subi.Dans leur chapitre sur les causes de l\u2019expulsion, ils s'étendent très peu.Calkin et James Hannay, pour n\u2019en citer que deux, sont d\u2019une brièveté remarquable.Pour eux, Lawrence et ses complices sont innocents du crime dont on les accuse.Les preuves qu\u2019ils donnent reflètent ou l'ignorance des faits, ce qui est impardonnable, ou bien ce qui est plus évident, leur esprit de parti et leur haine pour tout ce qui est français et Catholique.Ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019a avoué que la cause principale de l'expulsion des Acadiens ait été la convoitise des colons Anglo-Americains.Pourtant ils n\u2019avaient qu\u2019à ouvrir la collection des documents officiels de la Nouvelle-Fcosse, pour en trouver la preuve.Mais la vérité,s\u2019ils la connaissaient, peut-être devait-elle faire trop mal, à leur cœur d\u2019Anglais et à leur esprit de British Fair play, pour la faire connaître?Leur sympathie pour leur pays d'origine était-t-elle qu\u2019ils ne pouvaient risquer de flétrir le caractère et la droiture de la nation anglaise.Il ne faut donc pas trop s\u2019étonner de leur conduite.La vérité devait-elle rester longtemps emprisonnée ?non, car cachée injustement, aucun obstacle ne peut l'empêcher de se faire jour.La droiture doit toujours l'emporter sur la perfidie.La vérité sur notre compte, nous a été révélée grace aux travaux assidus, et aux recherches constantes des Abbé Casgrain, des Rameau, des Richard, des Piorier et des Gaudet.Libres de tout préjugé, de tout esprit de parti et d\u2019intérét personnel, ils nous ont montré, à l\u2019aide des documents trouvés et fouillés jusque dans les archives de Paris et de Londres, la vérité complète, et fait voir tout l\u2019odieux d\u2019une histoire impartiale.Mais le vérité ne plait pas toujours.C\u2019est pourquoi certains critiques ont voulu défendre les historiens partiaux.Plusieurs, ont eu l'audace de dire que la tâche de toujours révéler la vérité complète, surtout quand cette vérité est de nature à flétrir la réputation de ses compatriotes, est impossible à l\u2019historien même impartial.Il semble, d\u2019après eux, que ce soit naturel et bien ex- (1) Il faut toutefois se rappeler que ces documents ont été inaccessibles aux chercheurs pendant plusieurs années après l'épisode de 1755.L\u2019AUTEUR.je û i i Ki i ji \u2014 148 \u2014 cusable pour lui d\u2019omettre ou de cacher un fait qui, révélé, nuirait à l'intégrité de sa nation ou de son parti.Prétention hasardeuse que nous ne pouvons ni ne devons admettre car depuis quand, la vérité a-t-elle cesser de revendiquer ses droits?Depuis quand doit- elle céder sa place au menscnge ?N\u2019est-elle pas la règle suprême de l\u2019histoire?Oui, et elle seule est acceptable aux yeux de ceux gui l'aime et qui ont le courage et la volonté de la dire.Elle seule est acceptable aux yeux de ceux qui foulent aux pieds les préjugés de race, de la langue et de la religion, pour obéir à la voix d\u2019une conscience droite et éclairée qui, elle veut la vérité en tout et toujours, et qui aussi condamne tout désir illégitime de la cacher ou de la fausser.Imbu de l\u2019esprit de justice et libre de tout préjugé, peut- on voir d\u2019un.œil indifférent la liberté violée, le droit foulé aux pieds et le crime triomphant ?Non! Et alors pas d\u2019excuse à ceux qui se masauent et se pariurent.Pas de pardon pour ceux qui, par intérêt personnel ou par mauvaise intention, négligent de faire connaître la vérité sous toutes ses formes.« La volonté de dire la vérité ne se trouve dans l'historien qu\u2019avec l'impartialité.Quelques historiens, comme Rucien et Fé- nelon exigeaient que pour être impartial, l'historien ne fût d\u2019aucun temps ni d\u2019aucun pays.Loin de nous cette idée.Nous ne voulons pas que l'historien soit un étranger, sans patrie, sans autel et d\u2019aucun parti, car des récits compcsés dans de pareilles dispositions, sans principes et sans convictions approfondies ne pourraient avoir ni de vie, ni de couleur.Il faut laisser l'historien être de sa nation et de son temps.Qu'il aime sa patrie et son parti, mais que ses sympathies pour son pays ne l\u2019'empêchent pas de soutenir le parti de la justice qui est de tout les temps et de tous les lieux.Qu\u2019il rende aux ennemis de son pays toute la justice qu\u2019ils méritent, qu\u2019il blâme et même flértisse au besoin les fautes de ses compatriotes ou de ses amis.Qu\u2019il se dégage surtout de tout préjugé contre la religion, car c\u2019est en particulier quand il s\u2019agit des questions religieuses qu\u2019il faut de la prudence de l'esprit de jüûstice et de droiture.Qu'il se garde enfin d\u2019écouter ses sympathies et ses ressentiments, car alors l'imagination devient trop facilement maîtresse de l\u2019intelligence.Encore une fois, l\u2019histoire n\u2019est pas et ne doit pas être une création de l'imagination, mais œuvre de critique et de saine raison.Amédée-L.AUCOIN. I \u2014 149 \u2014 Une preuve de solidarité Montréal, le 20 aofit 1917 LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL Chers Messieurs, È Les Acadiens de Montréal, réunis à Verdun pour célébrer ; leur féte nationale, vous tendent une main fraternelle dans votre combat pour l\u2019action française au Canada.LE COMITE Rév.J.-A.Richard, Chapelain i E.-L.Aucoin, président : (Signé) E.-D.Aucoin, sec.-archiviste Aimable réponse Extrait du livre des minutes du Conseil général de la Société Saint-Jean- Baptiste, séance du 10 septembre 1917.\u201c Il est unanimement résolu que notre Société exprime aux Acadiens de Montréal, la satisfaction qu\u2019elle éprouve à constater que les deux peuples français de ce pays ont de communes aspirations, et qu\u2019elle adresse des vœux de prospérité à nos compatriotes des provinces maritimes et à leurs représentants parmi nous.\u2019 Certifié authentique LE CHEF DU SECRETARIAT.A Emille Miller Eo Nouveau-Brunswick | _ ; CREDITS VOTES A IAGRICULTURE 1917.i Gouvernement civil.0 000 a LL eee a LL $ 6,058.00 5 Allocations aux sociétés.\u2026.\u2026.2222000 LL ALL LL LL LAN 18,000.00 i Fabrique de beurre et fromage.EL eee Le .500.00 \\ k Encouragement 4 'élevage a l\u2019 industrie laitière LL LL 6,500.00 5 Sociétés d\u2019éleveurs des provinces maritimes.200.00 x Encouragement a 'élevage des volailles.1,500.00 Ee: Encouragement a horticulture.2,500.00 pe Concours de récoltes sur pied et exposition de semence.4,000.00 = Ecole de laiterie provinciale.Ce 600.00 Extermination du cul-brun.2,911.62 E Concasseur de pierre a chaux et énergie motrice.500.00 Primes aux minoteries.aa a ALL 2,000.00 A Primes aux dragues de vase pour engrais chimique.Ce 500.00 E EXpOSItions.LL Le aa e ae ee ALL 5,000.00 4 Commission de colonisation desfermes.1,500.00 À Augmentation de la production.5,000.00 R Achat desemence.0.0 La 30,000.00 Ee *Encouragement a I'élevage des volailles.500.00 fe *Primesaux moulins a blé.LL LL 1,000.00 Frais de voyage, imprévus, divers et assurance.5,250.00 Total.$94,019.97 E *Estimés supplémentaires.\u2018 5 >, 3233, Togo, ra 00 seas 2, © ee © 53 30 >, 9 ?> 02 39°7 #0 95 5337 9 La » ee) no , ?2 33 > fer?» > © 5 He > a >> 20?3 38\u201d 9557 35?5° + 3550 73% ay 500 > 3 D > 31 > > 23 35 >, D > > J 1°\" > 3?a 9 ar vu ?; on ?» ; Pi, 2 6 4600 ® 23 5, 0 22 292% > 23 » a 93 2°29 9859 eo 3 #8 23 > 8,2 8° Le) yor 20 >> 330535 > > >> ; Cr den ws Fors Fos nS me re \u201cPar chez nous\u201d Toute l\u2019Acadie est dans la joie.Dans quelques jours, un second de ses fils, le R.P.Patrice Chiasson, Fudiste, recevra l\u2019onction sacrée qui le rangera parmi les princes de l\u2019Rglise.Le nouveau prélat portera le titre d\u2019évêque de Lydda et devra succéder à feu Mgr Gustave Blanche.Mgr Chiasson, trempé par la rude tâche de professorat et de superiorat pendant des années au collège Ste-Anne de la baie Ste-Marie, était l\u2019homme tout désigné à la noble mission de vicaire apostolique du Golfe St-Laurent.Les Acadiens, qui ont fécondé la vigne du Seigneur de leurs sueurs et leur sang, continuent à recevoir du ciel la récompense de leur attachement à la foi des aïeux.; \u201c Au lendemain des fêtes du sacre qui s\u2019annoncent grandioses, un ombre de tristesse va voiler les cœurs des Acadiens, car ils ne pdurront garder au milieu d\u2019eux, celui qui leur aura procuré tant de joie.Cet ombre sera bientôt dissipé, cependant, à la pensée que le champs d\u2019action du nouvel évêque acadien, n\u2019est pas complètement à l\u2019étranger, puisqu'il sera compris dans la sympathique province de Québec, où vivent dans un parfait accord, Acadiens et Canadiens- français.La Revue acadienne profite de l\u2019occasion pour offrir à la Congrégation de Jésus et Marie son faible appui dans l\u2019œuvre de saine éducation qui a déjà porté de nombreux fruits, et dont nous commençons avec ce numéro de la Revue le fidèle récit venu de la plume féconde du R.P.Georges.A Monseigneur Chiasson, nous lui offrons nos meilleurse prières et lui demandons d\u2019implorer le ciel pour sa Congrégation, pour ses ouailles, pour ses compatriotes et pour toutes les œuvres d\u2019évangélisation sur le sol de la vieille Acadie.0 Quelques Acadiens ont émis le projet de faire construire, à nos dépens, un autel de la Sainte Vierge dans la crypte de la nouvelle basélique à l\u2019Oratoire St-Joseph (Côte des neiges, Montréal.) L\u2019idée est des plus heureuses et mérite toute notre attention.De même que le Canadien se trouvera à l\u2019aise dans la chapelle commémorative de Gæand-Pré, pour avoir largement contribué à sa construction, ainsi le voyageur acadien de passage à Montréal, devra se sentir chez lui en ce lieu de pèlerinage national.Vous entendrez parler plus longuement de ce noble projet dans un court délai.0 Pour se renseigner sur la question acadienne, il n\u2019est pas suffisant de recevoir lés journaux français des provinces maritimes et la Revue acadienne, il faut de plus être abonné au \u2018Devoir\u2019 de Montréal.Depuis quelques années il est rare qu\u2019une semaine se passe sans nous donner d\u2019intéressants articles sur le pays d\u2019Evangéline.0 Les Acadiens de I'lle du Prince-Edouard, tenaient les 23 et 24 aoiit dernier leur vingt-cinquième congrès des instituteurs et institutrices.Les hauts dignitaires du clergé y ont étudié avec la classe enseignante, les meilleures méthodes à suivre, pour perpétuer dans les écoles et les foyers la langue des beaux génies de la France.0 La soirée, dite du Réveil Acadien au bénéfice de notre Revue, aura lieu le 16 octobre, au Monument National sous les auspices de la Société Saint- Jean-Baptiste.Le public de Montréal va se délecter à la praole si éloquente du R.P.Dagnand, qui a daigné accepter de nous parler de ses souvenirs d\u2019un long séjour sur les rives de la baie Ste-Marie.M.Guy Vanier qui lui aussi est allé fouler de ses pieds le pays quasi-légendaire des provinces maritimes, nous dira ce soir- là, de quelle manière ce groupe français peut seconder les mouvements d'action française de la province de Québec.N\u2019oublions pas que le digne président de cette société M.Victor Morin fera connaître ses sentiments si sympathiques à la cause acadienne.La Société St-Jean-Baptiste se crée par là même l\u2019ange protecteur de la Revue acadienne.Les billets sont en vente aux prix de 75, 50, 35 et 25 sous chez Granger Frères, chez Ed.Archambault, chez presque tous les membres de la Société l\u2019Assomption et au bureau de la Revue.Ea HE a eo ï Le Pays d'Evangeline | DOCTEUR E-D, AUCOIN Préface par M.C.HEBERT et Introduction par M.B.SULTE A vendre chez l\u2019auteur 1918, rue Saint-Denis et dans les principales librairies de Montréal.Prix du volume - - - 30 sous franco Librairie Ducharme TELEPHONE, MAIN 7031 Vieux livres et manuscrits achetés et vendus à des prix raisonnable.Pour tout travail canadien dont les éditions sont épuisées veuillez nous écrire ou nous rendre visite à notre nouvelle adresse : G.DUCHARME Nos 36 ET 36a RUE NOTRE-DAME OUEST, (Au-dessus de la Librairie J.-A.Derome) MONTREAL.Heures de bureau: 9 a I[5 a.m.et 15 à 5 p.m.\\ Messieurs de la haute-ville, Montréal Faites faire vos travaux d\u2019impression a I'imprimerie du journal IF: NORD Satisfaction garantie.176, rue Beaubien TEL.ST-LOUIS 1298 Maintenant que l\u2019été tire à sa fin, venez vous procurer vos habits d\u2019automne.Malgré l\u2019augmentation du coût des marchandises, nos prix sont toujours les mêmes.JOSEPH COURVILLE, ENG.Tailleur, agent du \u201cSEMI-READY\u201d NOUS TENONS LA MERCERIE Habits pressés et réparés.COMPLETE Coiffures d\u2019enfants, une spécialité.: POUR HOMMES 381, RUE BEAUBIEN CONSULTATIONS TEL.S.-L.6085 Tél.St-Louis 3732 2 à 4 P.M.7 à 9 P.M.Docteur C.-E.Gaudet À.Cadieux EX-INTERNE DES HOPITAUX NOTRE-DAME ET ST-PAUL MALADIE DES ENFANTS 2491, rue Mance Montréal 281, rue Chambord, Montreal ANGLE BERNARD Angle Mont-Royal Manufacturier Dentaire Venez en foule, vous en retiendrez quelque chose.Monument National Soirée du Réveil Acadien 16 octobre 1917 SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIETE ST-J EAN-BAPTISTE Le mardi, Sont au programme; MM.Victor Morin, le R.P.Dagnaud, Fudiste, M.Guy Vanier et et le Dr E.-D.Aucoin.:-: 1-5 iar ie "]
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