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Titre :
La revue acadienne
Éditeur :
  • Montréal :[Revue acadienne],1917-1918
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Revue nationale ,
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien
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La revue acadienne, 1917-08, Collections de BAnQ.

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[" 905 K\u20ac 12 Le LA REVUE ACADIENNE PUBLICATION MENSUELLE PARAISSANT LE 20 DBE CHAQUE MOIS lére ANNEE AOUT 1917 No 8 SOMMAIRE Evangéline, (poésie) - - - - PH.-F.BOURGEOIS Au berceau d\u2019Evangéline - - -° - - C.L\u2019Histoire acadienne - - - - EMILE MILLER La cloche de Louisbourg, (poésie) - NEREE BAUCHEMIN La vieille cloche de Louisbourg - GERARD MALCHELOSSE Des vocables Algonquins, etc.- - Hon.P.POIRIER \u2018\u2018Par chez nous\u201d - - - - - - E.-A.ABONNEMENT ANNUEL - - - $1.00 DIRECTEUR: DR EDMOND-D.AUCOIN, DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE MONTRÉAL.REDACTION ET ADMINISTRATION: 1918, RUE SAINT-DENIS, 1918 MONTREAL HR IHos Collaborateurs intréal.HEBE] LEGRY{ re intréal.mtréal.», N.B.2 LeBa] == | i= (== WA mtréal.3 Mord b BIBLIOTHEQVE \u2018Ç es vind SAINTSSVLPICE moses N pntréal Porrn RoBig JT Ee oe\" Nttawa.Rich : | .FN - axcocnene ges unes Ye t J Jp | Minn.SULTH ttawa.TT gy VILLENEUVE, (Rév.Pére) R., O.M.I., homme de lettres, - Ottawa.LeBL.pttawa. Evangéline Pieuse Evangéline ! au ciel tu les contemples Les enfants de Grand-Pré, les bannis d\u2019autrefois S\u2019assemblant aujourd\u2019hui, dans les murs de leurs temples Pour célébrer leur fête, à l\u2019ombre de la croix.Non comme au temps jadis, mais joyeux, l\u2019âme gaie, Tu les vois traversant les ondes de la baie Passer près de Grand-Pré, cingler le Blomédon.Ils arrivent d\u2019au loin, l\u2019espoir dans leur poitrine Pour voir les vieux foyers, réimprimer leur nom Au sol d\u2019Evangéline.Au jour du grand exode, ils étaient seize mille, Ils se sont décuplés depuis un siècle et tiers : La paix règne aujourd\u2019hui, l\u2019Anglais n\u2019est plus hostile.Nous avons enterré, pardonné volontiers Les torts d\u2019un autre siècle ; et remplis d\u2019énergie \u2019 Nous avons fait surgir la seconde patrie Qui grandit et prospère ! Ah ! c\u2019est que rien n\u2019abat Le courage acadien ! C\u2019est que rien n\u2019extermine Ceux qui se sont voués à payer le rachat Du sol d\u2019Evangéline.Au temple du Seigneur, commencera la fête, Car nous avons gardé la piété des.vieux jours : Rien n\u2019a pu la ravir, l\u2019exil ni la conquête.Au sein de la tourmente, elle obtint les secours Qui calmèrent nos cœurs.Oh! superbe héritage, Tu brilles à nos fronts.Oui ! nous tenons au cœur Le respect des aïeux et la sainte doctrine Transmise à leurs enfants, dans toute sa ferveur.La foi d\u2019Evangéline ! Plus de pleurs ni de deuils, ni de longues alarmes ; Ces heures ne sont plus, nous vivons dans la paix.Sans épier le soldat, ni craindre les-gendarmes, Nous pouvons réunir demain notre congrès Délibérer ensemble et dire à notre race Qu'elle doit s'élever et prendre enfin sa place Au rang qui lui est dû.Nos institutions Notre langue et nos droits, legs de notre origine Nous serons garantis par nos conventions Au so! d\u2019Evangéline ! Et toi, belle martyre, enfant de l\u2019Acadie Que l\u2019exil transplanta dans un monde étranger, Tu souris aujourd\u2019hui dans la sainte patrie ! \u2014Ce n\u2019est donc plus, dis-tu, mon peuple naufragé Disséminé partout aux quatre vents du monde Ce sont les descendants de la race féconde Qui sut se relever.Ce sont les Gabriels Echappés de l\u2019exil, de antique ruine Qui viennent visiter en ces jours solennels Le sol d\u2019Evangéline.Ph.-F.BOURGEOIS, ptre.La Revue Acadienne, Vol.I, numéro.VIII, 1917 PPO SE TEREX RK RS 1 se Le A IN 4 \u20ac A \u2014 120 \u2014 \u2018Au berceau d'Evangéline PREMIERE ECOLE ET PREMIER ECOLIER.Les premières familles qui émigrèrent en Acadie furent amenées en 1632 par le vice-roi Razilly.Madame de Poutrincourt avait bien rejoint son mari à Port-Royal, avec ses enfants, en 1617, mais ils restèrent à peine quelques mois.Au moment où ils se préparaient à y retourner, en 1615, Poutrincourt fut appelé à commander la milice royale que Louis XIII opposait au prince de Conti.Le premier seigneur de la Nouvelle-France tomba bravement, on le \u2018sait, au siège de Méry-sur-Seine.Les Français qui restaient groupés autour de son fils Biencourt étaient célibataires ou ne contractaient que des alliances plus ou moins régulières avec les squaws du pays.C\u2019est l'honneur du chevalier Isaac de Razilly d\u2019avoir fourni à la colonie le fondement nécessaire et stable des premiers foyers.Au nombre des premiers colons se trouvait un nommé Pierre Martin, accompagné de sa femme Catherine Vigneau, et d\u2019un jeune garçon répondant au nom de Pierre, comme le père.Peu après leur installation en Acadie, il naquit aux époux un second fils qui fut nommé Matthieu.Matthieu Martin est le premier enfant né en Acadie de parents fiançais : il est donc le premier Acadien.Et comme il fréquenta les écoles de son temps, il peut à bon droit être regardé comme le doyen des écôliers de l\u2019Acadie.Dans le recensement de 1671, Matthieu Martin, alors âgé de 36 ans, est porté comme tisserand.Ce métier honnête et paisible était son plus sûr gagne-pain.: Matthieu pourtant avait d\u2019autres ressources, et il savait manier autre chose que la navette, puisqu'il fut chargé souvent des intérêts financiers des traiteurs européens, ce qui n\u2019allait pas sans des opérations complexes et de multiples écritures.Matthieu était actif et intelligent, et, de plus, il avait eu des maîtres qui, de bonne heure, avaient déposé en son esprit la base des connaissances utiles: \u2018Tout en apprenant son métier de tisserant, dit Rameau, il (Martin) sut acquérir à l\u2019école des Pères Récollets (lisez Capucins) (1) une certaine instruction rudimentaire.\u201d * *, .Les Capucins, en effet, furent les premiers maîtres d\u2019école des Acadiens.En s\u2019embarquant à Sainte-Anne-d\u2019Auray, en 1632, ils (1) Cette confusion entre deux familles religieuses distinctes est l\u2019une des quelques erreurs qui déparent un peu l'ouvrage, d\u2019ailleurs si érudit et si conciencieux de Rameau de Saint-Père: Une Colonie féodole en Amérique.ee a eee \u2014 121 \u2014 emportaient, du Père Joseph du Tremblay, Préfet Général des Missions; des ordres précis et formels concèrnant l'instruction des enfants, tant francais que sauvages.Les missionnaires n'attendirent point les constructions définitives pour enseigner aux petits Micmacs les rudiments de la foi chrétienne et aux petits Français les éléments des lettres ainsi que le catéchisme.Dès 1634, le gouverneur Ra- zilly, dans un mémoire adressé à Rickelieu, mentionnait favorablement les Capucins \u2018lesquels, dit-il, nous ont si bien conduits que, par la grâce de Dieu, le vice ne règne point en cette habitation; et depuis que j\u2019y suis, je n\u2019ai pas trouvé lieu de châtiment : la charité et l\u2019amitié y Sont sans contrainte.ils (les Sauvages) se soumettaient à toutes les lois divines et humaines qu\u2019on voulait leur imposer, reconnaissant Sa Majesté Trés-Chrétienne pour le Roi.\u201d Il n\u2019est pas fait mention expresse d\u2019école dans ce document.Si les ambitions et les projets purent être hardis, dès la première heure, l\u2019exécution, subordonnée aux ressources du moment, eut à s'inspirer d\u2019une sage prudence.Voici comme je me figure les pre-\u2018 mières opérations de la naissante Académie, soit à Port-Royal, soit à la Hève, que les premiers missionnaires appelaient Port Sainte- Marie.çÇ Non loin de la modeste habitation en pièces équarries, à l\u2019orée du bois, le missionnaire est assis sur un banc de sapin.Derrière, c\u2019est la forêt où le chant varié des oiseaux se marie au bruit sec de la hacke.En face, les eaux de l\u2019Atlantique jouent sur la anolle grève de la baie ou remontent à grande allure la rivière du Dauphin.Autour de la Robe Brune, une douzaine de têtes cuivrées font effort pour être attentives.D'un geste large et plusieurs fois répété, le maître trace sur lui, lentement un grand signe de croix.Les yeux pétillants suivent les mouvements que, l\u2019une après l'autre, les petites mains vont s\u2019essayer à reproduire.Parfois il faudra que le Père dirige lui-même les bras trop inhabiles des élèves.On parle du Grand Esprit qui, lui, ne veut point de mal aux Sauvages\u2014 comme le Manitou de leurs Pères\u2014 qui envoie au contraire, à leur avantage, le caribou dans la forêt, le castor dans les rivières, et, dans le Grand lac salé, le poisson qui rôtira à la flamme du wigwam.Une autre fois, c\u2019est le tour des petits Français.Même décor et même théâtre.S\u2019il pleut ou s\u2019il fait froid, on ira s'asseoir sur le banc de la rustique chapelle ou le plancher de la maison.Dans le langage de leur mère, les enfants des colons éccutent la doctrine, les dogmes si consolants de la religion dont la connaissance sera leur RT 1 + 1 \\ Re x 2 ity Lu Ni IN iH À Y.QI , \u2014 122 \u2014 plus sûr capital en ce monde si plein d\u2019inconnu.Une image, un jeton pieux récompenseront les plus attentifs et les plus savants.Après la leçon de catéchisme, on installe un grand tableau où des leçons graduées initieront les jeunes élèves aux mystères de l\u2019alphabet, de la lecture et des quatre règles.On s\u2019exercera ensuite au chant, liturgiques ou populaires, qui, le dimanche suivant, entre les murs de la petite église, uniront les voix et les cœurs et réjouiront les anges.x Fx Ce n'est pas toujours le prêtre qui donne ces leçons.Les missionnaires doivent se multiplier, en quelque sorte, pour répondre à tous les besoins.Quelquefois, appelés au Icin de plusieurs côtés à la fois, ils laissent la mission sans prêtre pour quelques jours.Mais l'instruction des enfants n\u2019est pas délaissée pour cela.Pour rappeler au missionnaire absent, il y a les frères convers, ces précieux auxiliaires qui joindront aux occupations quotidiennes de leur charge £ les fonctions de catéchistes et de maîtres d'école.Ils s\u2019en acquittent parfois avec des résultats surprenants.L\u2019un d'eux, frère Flzéar de Saint-Florentin, animé d\u2019un grand zèle et possédant bien la langue indigène, fut l\u2019instrument d\u2019un grand nombre de conversions.Lorsque le jeune Martin fut en âge de fréquenter les écoles, les choses étaient déjà sur un bon pied à Port-Royal! Quarante familles nouvelles étaient venues en 1640, d\u2019autres avaient suivi, tandis que les religieux voyaient aussi grossir leur nombre.On avait construit en conséquence.L'église n\u2019était point riche, mais grande et massive, faite de bonne charpente.Tout près du fort, sur ces champs communs qu\u2019en réservait aux utilités publiques, il y avait, non pas une, mais deux écoles ou séminaires, formant une corporation légale.L'administration financière était aux mains d\u2019un curateur, et la direction était confiée aux missionnaires.Dans l\u2019une des écoles, les Capucins devaient entretenir et élever trente petits Sauvages, ils instruisaient aussi les enfants des colons, dont quelques- uns à titre de pensionnaires, tandis que les autres, la leçon terminée, descendaient le chemin du cap et retcurnaient 3 leur famille.Dans l\u2019autre séminaire, une noble et digne femme, madame de Brice, élevait les jeunes filles de la colonie, y compris celles du gouverneur, dans les principes de la religion et les usages de France, et dirigeait les petites sauvagesses vers la civilisation et le baptême.Le dimanche, tout ce monde se rendait à l\u2019église, suivant une manœuvre quasi-militaire : NEE iil da ES EERE i a \u2014 123 \u2014 \u201cLe seigneur arrivait de son côté, sortant du manoir avec sa femme ainsi que ses nombreux enfants, dont l\u2019aîné, Joseph, avait quatorze ans en 1650 ; et les Capucins, qui au nombre de douze te- \u2018 naient le séminaire des Sauvages formaient cortège.Avec leur trente pensionnaires, et avec les enfants du pays qu\u2019ils tenaient en l\u2019école, ils arrivaient en rang prendre place en l\u2019église.\u201d (1) * Fg Revenons à Matthieu Martin.Ses aptitudes, avons-nous dit, étaient variées.Pourtant ses inclinations le portait à l'existence paisible du cultivateur.Dans les excursions qu'il fit à diverses reprises, comme mandataire des trafiquants de peaux, il remarqua, au fond du bassin des Mines, une anse encore inhabité qui lui parut Ja base possible d\u2019une excellente exploitation agricole.Entre temps il faisait son apprentissage de colon.Dès 1671, tout en vivant de son métier, il gardait 4 bêtes à cornes, 3 moutons ; en 1679, conjointement avec son père, il achetait du sieur Le Borgne de Belle Isle une partie de la seigneurie de Port-Royal, autrefois exploitée par d\u2019Aunay.Il la fit valoir vingt ans durant tout en jetant des yeux d\u2019envie vers la seigneurie projetée.Qui appuya ces ambitions ?Je ne sais.Mais un matin le modeste censitaire de la veille se lève seigneur authentique.Au nom du Roi, le marquis de Denonville, gouverneur de Québec, concédait à Matthieu Martin \u201cà titre de fief, seigneur et justice, avec droit de traite, de chasse et de pêche,\u201d le bien dit Qué-Cobequid.Le fief avait 4 lieues de front sur la baie des Mines et deux lieues de profondeur.L'acte d\u2019investiture constate que le sieur Matthieu Martin appartient à l\u2019une des plus anciennes familles d\u2019Acadie, y étant le premier-né.C\u2019est même à ce dernier titre, vraisemblablement, que le ci-devant vilain dut sa seigneurie et ses titres de noblesse.Car la particule suivit les privilèges et l\u2019ancien artisan devint le \u201csieur Martin, seigneur de Saint-Matthieu,\u201d ou, pour le citer lui-même, \u2018le tisserand par le grâce de Dieu devint gentilhomme par la bonté du Roi.\u201d Ce gentilhomme fut le modèle des seigneurs terriens.Sous le couvert de ses privilèges, il eût pu, cemme tant d\u2019autres, installer au milieu de ses terres l\u2019un de ces cabarets sauvages, source de profits aussi faciles que peu honnêtes.Il n\u2019en fit rien.Comme les fondateurs de Port-Royal, il se consacra\u2014c\u2019était, d\u2019ailleurs, une condition expresse de son titre\u2014au défrichement et au peuplement de (1) Rameau, citant le Père Ignace de Senlie. hi 13 + FR TE i i $ ER EEE IT ES SES \u2014 124 \u2014 la seigneurie.La chose n\u2019alla pas sans obstacles parmi lesquels les menées des rivaux mécontents ne furent pas les moindres.Au bout de dix ans, le nouveau seigneur n\u2019avait encore que trois censitaires.En 1714, on comptait à Cobequid 23 familles et 175 âmes.A cette date, le gentilhomme avait 79 ans, vivant dans son rustique manoir, au milieu de ses censitaires.Il voulut y mourir, fidèle jusqu\u2019au bout à cette terre qu\u2019il avait tant aimée.Il s\u2019y éteignit en effet, vénéré de tous, laissant à la colonie un noble et salutaire exemple.* *, Tel fut le premier des Acadiens.Il fait honneur à son sang et au milieu où il vécut.Et puisqu'il fut écolier, j'ajoute qu\u2019il honore ses maîtres.Les hommes de sa trempe furent nombreux en Acadie, c\u2019est pour cela que l\u2019arbuste, dépouillé jadis et même déraciné, pousse aujourd\u2019hui de si vigoureux rameaux.Je doute que le sieur de Saint-Matthieu, dans ses plus beaux rêves, ait entrevu les réalités qui éclataient au grand jour, lors des récentes fêtes de Mem- ramcook.Il y a loin, certes, des humbles murs\u2014depuis longtemps disparus-\u2014où se passèrent ses heures d\u2019éccle aux splendeurs universitaires du collège Saint-Joseph ! Pourtant, l\u2019Acadie, fidèle au passé, n'oublie pas son berceau.Ses beaux collèges de Saint-Joseph, de Sainte-Anne et du Sacré-Cœur, et ses florissantes académies projettent leur éclat sur.les modestes écoles du début.Et lorsque les maîtres d\u2019aujourd\u2019hui cherchent dans l\u2019histoire la trace de leur devanciers, ils doivent remonter aux Capucins du séminaire de Port- Royal.* C.L' Fhistoire acadienne Les nations qui n\u2019ont pas d\u2019histoire, ou mieux.qui ont un passé coupable cherchent naturellement à l\u2019oublier et voudraient même l\u2019effacer; mais nous qui avons une histoire glorieuse, nous remontons à ses sources avec orgueil.Mgr Langevin.La conférence que M.l\u2019abbé Groulx prononçait au Monument nahonal, dans la soirée du 80 mai, au profit de l\u2019œuvre de Grand-Pré, vent d\u2019être mise en brochure sous le titre d\u2019Histoire acadienne.Le sympathique professeur qui honore la chaire d'histoire de notre université a raconté, dans ces pages empreintes d\u2019une parfaite maîtrise de son art et d\u2019un vif sentiment de la patrie, l'épisode caractéristique de toute la vie du peuple acadien : le drame de sa sauvage dispersion.* Cet article, écrit par un Capucin d\u2019Ottawa il y a quelque temps et qui nous arrive d\u2019un ami, d\u2019Espagne, répond admirablement à la note de la Direction, page 72 du numéro 5 de la revue.em mete Gus - à \u2014 125 \u2014 C'est de l\u2019église de Grand-Pré que tant d\u2019Acadiens partirent pour l'exil.Or, le site vient d'en être cédé aux descendants des banmis de 1755, qui se proposent d'y ériger un sanctuaire commémorahf.Et la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal a voulu éditer cette conférence d\u2019abord pour rendre hommage au talent du conférencier.D'autres motifs ont cependant induit notre grande société nationale à faire lire ces pages d\u2019histoire qui valent bien d'être apprises.C\u2019est avant tout la leçon de fidélité que comporte le passé acadien.Puis ce sont les raisons d\u2019espérer en nous-mêmes que l\u2019on puise dans la situation actuelle de la nationahté acadienne.Cette leçon de fidélité nous permet de nous rendre compte que st l\u2019Acadien a triomphé de ses malheurs, c'est parce qu\u2019il n\u2019a jamais signé de capitulation morale, et que l'attachement à sa foi, à sa langue, à son sol, fut plus fort que les malheurs qui en ont fait pourtant le peuple martyr du nouveau-monde.En supprimant les victimes, le spoha- teur croyait avoir caché son forfait.Tout semblait fini avec elles.Mars l'attrait d\u2019une vie créatrice de beaux foyers, gardienne jalouse des robustes traditions perpétuées par la langue et la foi des ancêtres, eut cette miraculeuse puissance de ramener un peuple des portes du tombeau.La force qu\u2019il puisait d\u2019un passé de vertus domestiques lui a donc permis de survivre à ses anfortunes.Et des motifs d\u2019espérer.Cent soixante-deux ans après l\u2019inhu- maïne dispersion du peuple qui devait disparaître, croyait-on, dans les flots de l'Atlantique et dans le flot anglo-saxon de l'Amérique, il y a plus que jamais des Acadiens.Ils opèrent depuis un bon demi-siècle leur renaissance sociale.Elle se traduit par l'expansion agricole et la fondation de collèges classiques.Les Acadiens ont donc voulu se rendre maîtres du sol et se donner une classe dirigeante.Sans être la majorité dans la province où ils se trouvent cependant en plus grand nombre, et sans compier encore de considérables fortunes, leur vitalité éclate et ils affermissent leur situation d\u2019après un plan concerté.On peut dire qu\u2019ils ont véritablement reconstitué leur nattonalté.A nous de race française et de foi catholique, \u2014l\u2019une va mal sans l\u2019autre \u2014l n'est pas permis d'ignorer une histoire qui présente des leçons probantes et des motifs d'espérer comme ceux que nous offre celle de ce peuple frère.Il faut qu'elle se connaisse mieux, la famille fran- ¢aise de trois milhons d'individus qui occupe le coin de ce continent.Cela permettra de renforcer l'imbrisable chaîne de foyers où se rt une même foi, où résonnent les mêmes syllabes, et qui va depuis Memram- cook jusqu'au cœur de l\u2019Ontarto.Emile MILLER. \u2014 126 \u2014 La Cloche de Louisbourg Cette vieille cloche d\u2019église Qu\u2019une gloire en larmes encor Blasonne, brode et fleurdelise, Rutile à nos yeux comme l\u2019or.On lit le nom de la marraine, En traits fleuronnés, sur l\u2019airain, Un nom de sainte, un nom de reine, Et puis le prénom du parrain \u201c C\u2019est une pieuse relique : On peut la baiser à genoux ; Elle est française et catholique Comme les cloches de chez nous.\u2019 Ed Jadis, ses pures sonneries Ont mené les processions, \u2018 Les cortèges, les théories Des premières communions.; + \u20180 'N « i i ii Bien des fois, pendant la nuitée, Par les grands coups de vent d\u2019avril, Elle a signalé la jetée Aux pauvres pécheurs en péril.À présent, le soir, sur les vagues, Le marin, qui rode par Ia Croit ouir des carillons vagues Tinter l\u2019Ave Maris Stella.Elle fut bénite.Elle est ointe.Souvent, dans l\u2019antique beffroi, Aux Fêtes-Dieu, sa voix s\u2019est jointe Au canon des vaisseaux du Roy.Les boulets l\u2019ont égratignée, Mais ces balafres et ces chocs L\u2019ont à jamais damasquinée Comme l\u2019acier des vieux estocs.Oh ! c\u2019était le cœur de la France Qui battait à grands coups alors Dans la triomphale cadence Du grave bronze aux longs accords.O cloche, c\u2019est l\u2019écho, sonore, Des sombres âges glorieux, Qui soupire et sanglote encore vo Dans ton silence harmonieux.En nos cœurs tes branles magiques, Dolents et rêveurs, font vibrer Des souvenances nostalgiques Douces à nous faire pleurer.Nérée BEAUCHEMIN. \u2014 127 \u2014 La vieille cloche de Louisbourg A mon ami, Emile Coderre.Louisbourg fut, on le sait, une des plus importantes possessions des Français en Amérique.Le traité d\u2019Utrecht, par lequel la France céda à l'Angleterre la baie d'Hudson et le territoire adjacent la Nouvelle-Ecosse (Acadie) et Terreneuve, conservait le Cap-Breton à la mère-patrie.Les pêcheurs français, de Plaisance, par une clause du traité, devaient évacuer l\u2019îÎle de Terreneuve.Ils se fixèrent en groupes à l\u2019Isle-Royale, et y établirent plusieurs postes.Ia fondation de Louisbourg, auparavant appelé Port-aux- Anglais, date de 1713, et la construction du fort, de 1720.Agréablement situé à tous les points de vue, et propre à devenir une station navale de premier ordre, Louisbourg serait devenu une forteres- -se imprenable si Bjgot et ses complices avaient employé consciencieusement les trente millions fournis par le gouvernement français pour la construction des fortifications.Malheureusement, la mauvaise administration générale contribua à la perte de Louisbourg.Attaqué à l\u2019improviste par la forte escadre de Fepperel, en 1745, Louisbourg dût capituler le 17 juin, après un siège de quarante- neuf jours.Cependant, le traité d\u2019Aix-la-Chapelle, signé le 18 octobre 1748, restitua de nouveau l\u2019Isle-Rovale à la France, en échange de Madras.Après avoir traversé des temps d\u2019épreuves et subi des privations sans nombre, Louisbourg tomba définitivement, le 27 juillet 1758, aux mains des troupes anglaises, commandées par Amherst, Boscawen et Wolfe.Après la reddition de la place, la garnison française fut transportée en Angleterre, et le reste de la population, réduite de moitié, abandonna en partie Louisbourg dont toutes les maisons avaient été endommagées par un long et désastreux siège.Aujourd\u2019hui cette ancienne forteresse n\u2019est plus qu\u2019un amas de ruines que le temps a à peine conservées.La vieille église française de Louisbourg, appelée Ste-Claire, subit, malheureusement, les avaries de la canonnade, étant située à côté des bastions et de la citacelle.Ses deux clochers s\u2019étaient effondrés sous l'effort du bombardement.La cloche, par un heureux hasard, fut transportée, deux ans plus tard, à Halifax où elle servit pendant un demi-siècle, à un pasteur anglican, pour convoquer ses fidèles aux cérémonies de leur culte. \u2014 128 \u2014 En 1895, Françoise (Mme Robertine Barry), alors attachée à la rédaction Ide La Patrie, a Montréal, descendit a Halifax, apres avoir fait un touchant pélerinage patriotique aux ruines de Louisbourg, et apprit que la vieille cloche de la chapelle conventuelle était à vendre.Elle résolut aussitôt de acheter.La souscription publique qu\u2019elle organisa à cet effet, en janvier 1896, réussit plein ement pour permettre l\u2019achat de cette cloche qui fut expédiée à la métropole canadienne au mois de mars suivant.Elle LA CLOCHE DE LOUISBOURG est allée enrichir le musée du château de Ramzay, dont l\u2019inauguration officielle eut lieu au mois d\u2019avril 1896.Montréal peut donc se vanter de posséder aujourd\u2019hui une des plus anciennes reliques de la domination française en Amérique.Sur cette cloche acadienne est gravée une croix portant cette inscription: \u2018\u2018Bazin m\u2019a fait.\u201d Elle pesait trente livres, le battant compris.L'acte de son baptême en date du 19 février 1724, se trouve dans les régistres de l\u2019état civil de la paroisse de Louis- bourg, Isle-Royale, conservés aux archives coloniales de France.a eat \u2014 129 \u2014 Le parrain et la marraine de la dite cloche ont été \u2018\u2019le sieur et honorable homme Joseph Lartigue, marchand bourgeots du lieu et conseiller au Conseil Supérieur de Louisbourg, et Mademoiselle Marie-Jeanne Lamoureux de Rochefort, lesquels lui ont donné les noms de Marie-Joseph.| Voici la liste des souscripteurs qui ont contribué au rachat de la vieille cloche de Louisbourg : S.H.le maire de Montréal, M.le supérieur de St-Sulpice, les juges Baby, Taschereau, Jetté et Pagnuelo, A.Eleczkowski, Honoré Beaugrand, directeur de La Patrie, lieut-col.G.-A.Hughes, le sénateur L.-G.David, A.-L.de Martigny, le capt.L.-D.Vhartrand, C.Deroust, E.-J.Barbeau, Raymond Préfontaine, H.-B.Rainville, F.-X.Choquet, Godfroy Langlois, Dr.J.-A.Rodier Victor Ceoffrion, Husmer Lanctot, Henri Archambault, L.-J.Forget, Dr.J.-W.Mount, Edmond Hardy, Dr: L.;D.Dignault, A.Marcotte, T.Beaugrand, A.-A.Normandin, J.-M.-A.Denault, Amédée Boucharä, Raoul Rinfret, Thos.Brossoit, N.de Beaujeu, Henri Lecomte, J.-J.Barry, Jas.Cochrane, Gonzalve Désaulniers, Antoine Lafleur, Zéphirin Hébert, J.-R.Thibaudeau, Alphonse Racine, Achille Bergevin, Chas.Lan- glois, A.-A.Thibaudeau, 'échevin Dupré, J.Herdt, J.-A.Drouin, F.de Sales Bastien, Jos.Lamarche, Solomon Roy, G.Marsolais, Mme M.Honan, Dr.E.-P.Lachapelle, H.Lemieux, Roméo Pré- vost, Raoul Dandurand, J.-D.Leduc, le professeur Fortier, Olivier Faucher, J.-M.Fortier, C.-A.Géoffrion, J.Arnaud, R.Beullac, Françoise (Mme Robertine Barry).Gérard MALCHELOSSE, de la Société historique de Montréal.LA CORVEE ! Connaissez-vous une coutume des campagnes canadiennes qui soit plus pittoresque que celle-là, qui peint mieux l\u2019âÂme de nos gens ?Avant que nos chères traditions nationales soient disparues la Corvée vient d\u2019être décrite et racontée par la plume aidée du pinceau.Les littérateurs canadiens-français, répondant à l'invitation que leur adressait l\u2019an dernier la grande Société nationale du Canada-français, la Saint- Jean-Baptiste de Montréal, ont traité en seize contes les sujets les plus divers autour de la corvée : abattage de l\u2019orme, levage de la grange, plumage des oies, éplu- chette du blé-d\u2019Inde, charroyage de l\u2019érable, fenaison, renchaussement du cimetière piqûre de couvre-pieds, etc.Toutes les formes de corvées ont été abordées par les auteurs.Il faut lire ce livre admirable où revit l\u2019Âme de nos aïeux du Québec.La Corvée est un superve volume de 10\u201d x 614\u201d, de 240 pages, enrichi de plus de 30 gravures intercalées dans le texte.E.A.CEE \u2014 130 \u2014 i | Les vocables Algonquins, etc M _ Boucane, Boucaner, Boucanerie (suite) Furetière prétend que c\u2019est un mct caraibe.Ce qui porte à le croire, c\u2019est qu\u2019on le trouve dans Lescarbot, historiographe de Port-Royal d\u2019Acadie, qui écrit vers 1612 : \u201cLes Brésilliens\u2019\u2019 ont toujours sur le boucan (c\u2019est unè grille de bois assez haute bâtie sur quatre fourches) quelques venaison ou poisson, ou chair d\u2019homme.\u201d fi: Et ailleurs, parlant des Micmacs, il nous dit qu\u2019ils mangent \u201cdu 3 poisson boucané, c\u2019est-à-dire rôti.\u201d ; | Dierreville (p.84), qui parcourait l\u2019Acadie vers 1700, nous apprend qu\u2019on y fait boucaner le gibier pour le mieux conserver.: Cacao : : ] Sorte d\u2019amande, qui forme la base du chocolat.Mot d\u2019origine indienne., CACAOUI, Harelda glacialis : Canard sauvage, mot d\u2019origine abénaquise.Bien connu en Acadie et dans tout le bas du fleuve Saint-Laurent.Aussi Kacanouic et Kacarlic (Leach) espèce de canard sau- vage.\u201cLes chasseurs lui ont donné le nom de Kakawi à cause du cri qu'il fait entendre, lorsqu\u2019il se lève, (De Puggalon) CAIMAN : Crocodile de la Floride.Chateaubriand en fait mention dans son voyage d'Amérique.CAN AOUA : \u201cTerme dérisoire, ou de mépris, appliqué aux sauvages par les blancs.Ce mot était d\u2019un usage très répandu, au siècle dernier.io On disait aussi canaouache.Les Canouas vont t\u2019écorcher comme une anguille.a © De Gaspé, Anciens Canadiens, 11, 135.Sylva Clapin, Dic- ; zonnaure - C'anadien-Français.à CANISTO : i: Ce mot, courant dans le parler acadien, me parait d\u2019origine \u2018indienne.Le cantsto* ou canisteau est un soulier mou, c\u2019est-à-dire non 3 tanné, fait avec le jarret de la patte de derrière de l\u2019orignal, le poil A en dehors.Le genou de la bête correspond au talon de l\u2019omme.La différence entre un canisto et un soulier mou, c\u2019est que celui-ci n\u2019a pas de jambière.ny oe Ae as * Note de la Rédaction: Au Cap-Breton, on dit carisio. \u2014 131 \u2014 CANOT : Mot d'origine allemande, selon les uns, d\u2019origine sauvage, selon les autres.Brachet le fait venir de cane, qui viendrait lui- mêre de l\u2019a'lemand kakn, bateau.Tout est possible en étymologie.D\u2019un autre cêté, le grand chroniqueur espagnol, Pierre Martyr écrit : \u201cIlla in terram, suis lintribus, quas canoas, vocant, exude- runt.\u201d Colomb fait usage de ce mot dans la relation de ses voyages.Le canot acadien, communément apgelé cannot d\u2019écorce, ou canot sauvage, est un bateau léger et élégant, formé d\u2019un squelette en menues plarckettes de frêne recouvertes d\u2019écroces de bouleau, ou mashkour.A Canot se rattacke canotier, canoiage, cannotter.\u201cComme il (Pierre Gambie) retcurnait à la Caroline conduit dans un canoa (petit bateau tout d\u2019une pièce) par deux Sauvages.\u201d Lescarbot, Hist.de la Nouvelle-France, Vo.l p.88.\u201cLes Armcuchiquois \u2014\u2014\u2014, Virginiens, Floridiens, et Brésiliens font ure autre façon de canots (ou canoas).\u201cCar n\u2019ayant ni haches ni couteaux, ils brûlent un grand arbre bien droit par le pié, et le font tomber, püis prennent la longueur qu'ils désirent, et se servent de feu au lieu de scie, grattant le bois brulé avec des pierres, et pour le creusement du vaisseau, ils font encore de même.\u201d Idem, Tome 111, p.75.Cette dernière embarcation est plutôt la pirogue.De canct vient le mot canotée, ce qu\u2019un canot peut porter.CANAOUICHE ou CANAWISH : Mot tiré de la langue indienne et qui dans la bouche des cou- reurs-de-bois canadiens signifie camarade.' CARCAJOU : Blaireau du Labrador : ancles Labradorica.Chateaubriand le définit une espèce de tigre ou de grand chat.On dit aussi kinkajou.On en trouve une intéressante description dans l'Histoire Naturelle de Henri de Puyjalon.\u201cCe sont dit-il, les Sauvages qui l\u2019ont nommé Kar-ka-joo; mais ils le désignent le plus souvent sous le nom de qua-que-sut, \u2018\u201cle diable des bois.\u201d Cette épithéte lui conveint à tous égards.CARIBOU : renne du Canada.Il y a deux espèces de carzbou, le caribou des bois, tarandus rangifer (Gray) et le caribou des plaines, tarandus arctitus ; celui-ci Pepe tee \u2014 132 \u2014 beaucoup plus petit que l\u2019autre.Chateaubriand emploie ce mot dans le Genie du Christianisme, ce qui fait qu\u2019il a passé dans le dictionnaire de l\u2019Académie.CAZAGOT : \u2018Espèce de panier, attaché au dos, dans lequel la femme mon- tagnaise porte son enfant.Ce mot est entré dans les lettres canadiennes.Correspond a la nagane des Algonquins, mot en usage en Aca- die et en bas de Québec.CATAMARANE : Bac improvise.Le mot ne s\u2019est pas généralisé ; les Acadiens disent de préférence un gandeleau.CHICHIQUE : Corne remplie de pois, qui produit un bruit de crécelle, lorsqu\u2019on l\u2019agite.Ce mot d\u2019origine iroquoise, n\u2019est en usage que parmi les Canadiens.CEZAN : Mot apparemment d\u2019origine sauvage\u2014\u201c Dessus de souliers appelés, mocassins :\u201d j'ai taillé mon cézan de soulier trop petit.Peut-être y a-t-il des rapports entre cézan et mogasin\u201d.James Geddes, jr.CAYE : \u201cEn anglais key.Dans certaines parties des Indes occidentales, on donne le nom de cayes à des bancs dont le sommet est plat, assez étendu, peu éloigné du niveau de la mer, et qui sont formés de sable mou, de vase, de coraux ou de madrepores.\u201d (Dict.de Bonne- foux et \u2014Paris.) La caye correspond a la basse des eaux de I\u2019 Acadie.CHIBEN, CHIBEQUI : ; Topinambour.Ce mot semble venir de l\u2019algonquin.Fm- ployé surtout dans la Gaspésie.CHICHIQUOIS : Instrument de musique, espèce de crécelle\u2014\u2018\u201cCet instrument, fait de bois, de peau desséchée ou de corne, se compose d'un manche et d\u2019une portion creuse, remplie de petit osselets, de petits cailloux, ou de plomb à tirer.\u201d J.C.Taché.Paraît venir de chichigouane serpent à sonnettes.COLIBRI : Le plus petit et le plus joli des oiseaux.C\u2019est le nom que lui donnaient les Caraïbes.i FRERES FPE Cadel algal PE OC \u2014 133 \u2014 CONDOR : Le plus grand et le plus puissant des oiseaux.Son nom nous vient des Incas.DODICHE : \u201cEn sauvage, dodish ou todish, désigne toute espéce de jupons pour les enfants.C\u2019est un mot qu\u2019on entend cent fois par jour sous la tente.\u201d Mot inconnu à l\u2019est de Québec.Pére Lacasse, O.M.I.DORIE, DORE : \u2018Probablement d\u2019origine indienne ; nom donné dans les Indes occidentales et aux alentours de golfe du Mexique, au canot que l\u2019on fabrique tout simplement en creusant une grosse bûche.\u201d James Geddes, Jr.ESURGNIS : C\u2019est le wampun, autre sauvage, des Anglais.Grains de porcelaine dont les aborigènes faisaient des chapelets.Lors chascune dicelles donna audict cappitaine ung collier d'esurgny.Jacques Cartier, Bref récit p.44.FOUENE : Mot apparemment abénaquis en usage par les pêcheurs des rives du Saint-Laurent.Correspond à nigog, autre mot indien, employé universellement par les Acadiens.GASPEREAU OU CASPAREAU : Poisson migrateur, très semblable au hareng ordinaire.Les ichthyologistes\u2014puisqu\u2019il faut les appeler par leur nom\u2014lui donnent celui de clupea vernalis ou de clupea serrata.Les Anglais les appellent alewives ou allwives, et, quelquefois, comme nous, gaspa- reau.\u2019 Ce poisson remonte les riviéres aprés que le hareng, clupea harangus, a passé ; mais il précède invariablement la gatte, ou alose.Son habitat est l\u2019Atlantique.Des mouvées \u2014(bancs) considérables en ont été vues, cependant, en ces dernières années, dans le lac Ontario, sans que les savants puissent s\u2019expliquer ce phénomène L'allwives des Anglais me parait être l\u2019alose des Français, mal prononcé.\u2018Après la plie vient le gasparot.\u201d Dierreville, p.59.P.POIRIER (A continuer) Moy EE a a BE A CCE RRR PTE TT fi: \u2014 134 \u2014 \u201cPar chez nous\u201d Les échos de la célébration de la fête nationale des Acadiens nous arriven?de tous côtés pour s'associer à ceux des manifestations religieuses et patriotiques de nos compatriotes de la métropole, qui sont encore d\u2019une suave fraîcheur dans nos cerveaux.Plus que jamais, les deux groupes français au Canada se sont tendus des mains fraternelles, en évoquant les souvenirs d\u2019un passé glorieux, où tous deux ont su puiser un réconfortant espoir de survivance nationale.Trois délégués de la province de Québec, MM.Hervé Roch, avocat, Joseph Hurtubise et C.-E.Gravel sont allés fêter l\u2019Assomption à Tracadie, Nouveau- Brunswick, et si nous jugeons de leur réception, là-bas, d\u2019après les sympathiques paroles de M.Hervé Roch, l\u2019Acadie est encore la.\u2018\u201cloyale sentinelle\u201d des droits du français aux provinces maritimes.Les Acadiens de Montréal, eux aussi, ont célébré avec éclat, la fête patronale du peuple martyr.Cette fête était organisée par les succursales Abbé Casgrain et Jacques et Marie de la Société l\u2019Assomption.Plus de cent cinquante \u2018personnes, banniéres et drapeaux déployés, ont défilé dans les rues de Montréal pour se rendre à l\u2019église de Verdun où la messe fut célébrée par M.l\u2019abbé J.-A.Richard, curé.C\u2019est le R.P.Modeste Champoux, Eudiste, qui donna lé sermon de circonstance.Les membres des deux succursales ci-haut mentionnées, ont présenté deux riches cadeaux à leur dévoué chaplain, M.l\u2019abbé J.-A.Richard.La communion en corps a été un spectacle imposant.: : Le soir à huit heures, il y eut grande réunion patriotique sous la présidence de M.le docteur C.-E.Gaudet, à la salle de l\u2019Union St-Joseph de St-Henri, 1882, rue Notre-Dame ouest.Les personnes suivantes ont porté la parole : MM.les abbés J.-A.Richard et De la Garde de Nash Creek, N.B., MM.le docteur C.-E.Gaudet, D.-P.Cormier, J.-M.Richard; le docteur E.-D.Aucoin, Amédée-L.Aucoin, le notaire H.-H.Lippé, le, R.P.Modeste Champoux et EL.Aucoin.Un chœur de chant organisé par la succursale Jacques et Marie, exécuta un programme de chants nationaux des plus goûtés.' Des dépêches de fraternelles amitiés furent envoyées à Mgr.E.LeBlanc, à la société l\u2019Assomption, à la société St-Jean-Baptiste de Montréal, à l\u2019'A.C.J.Cet à la Garde Benoit XV.On trouvera un compte rendu détaillé de cette fête dans le Canada du 24 août.oO Les choses de l\u2019Acadie intéressent de plus en plus la jeunesse canadienne- francaise.Le R.P.Em.Georges, directeur du cercle Garcia Moreno, répondant à une gracieuse invitation, donnait dans l'après-midi du 19 août, au cercle Pie X de l'A.C.J.C., une conférence sur l\u2019Acadie.L\u2019auditoire ne ménagea pas les applaudissements aux paroles si sympathiques du champion de la cause acadienne à la Baie Sainte-Marie.O Nous attirons l\u2019attention de nos lecteurs sur la nouvelle brochure de M.l\u2019abbé Lionel Groulx : l\u2019Histoire acadienne, dont M.Émile Miller fait : avec tant d\u2019à propos, l\u2019appréciation dans ce numéro Tous les Assomptionnistes, pour ne pas dire tous les Acadiens, devraient se procurer cette plaquette qui se vend 11 sous franco aux bureaux de la revue.oO La Revue Acadienne est née pour vivre, et afin de lui permettre de réaliser cette légitime aspiration, son directeur donnera le 26 septembre prochain, une soirée musicale et littéraire au monument National, sous les auspices de la société St-Jean-Baptiste, de Montréal, A Le Pays d'Evangeline DOCTEUR ED.AUCOIN Préface par M.C.HEBERT et Introduction par M.B.SULTE A vendre chez l\u2019auteur 1918, rue Saint-Denis et dans les principales librairies de Montréal.Prix du volume - - - 30 sous franco Librairie Ducharme TELEPHONE, MAIN 7631 Vieux livres ei manuscrits achetés et vendus a des prix raisonnable.Pour tout travail canadien dont les éditions sont épuisées veuillez nous écrire ou nous rendre visite a notre nouvelle adresse: G.DUCHARME Nos 36 ET 36a RUE NOTRE-DAME QUEST, (Au-dessus de la Librairie J.-A.Derome) MONTREAL.Heures de bureau: 9 à IIL5 a.m.et 115 à 5 p.m.= Messieurs de la haute-ville, Montréal Faites faire vos travaux d\u2019impression à l'imprimerie du journal I.E NORD Satisfaction garantie.176, rue Beaubien TEL.ST-LOUIS 1298 Maintenant que l\u2019été tire à sa fin, venez vous procurer vos habits d\u2019automne.Malgré l\u2019augmentation du coût des marchandises, nos prix sont toujours les mêmes.JOSEPH COURVILLE, ENG.Tailleur, agent du \u2018\u201cSEMI-READY\u201d NOUS TENONS LA MERCERIR Habits pressés et réparés.COMPLETE Coiffures d\u2019enfants, une spécialité.POUR HOMMES 381, RUE BEAUBIEN CONSULTATIONS TEL.S.-L.6085 Tél.St-Louis 3732 2 à 4 P.M.7 à 9 P.M.Docteur C.-E.Gaudet \u2018A.Cadieux EX-INTERNE DES HOPITAUX M facturi D .NOTRE-DAME ET ST-PAUL anu acturier Dentaire MALADIE DES ENFANTS 2491, rue Mance Montréal 2317, rue Chambord, Montreal ANGLE BERNARD Angle Mont-Royal Téléphone, Est 5879.Il est une classe de la société qui considère - Monsieur Georges Poitras comme un artiste dans sa spécialité.Inutile de mentionner ses travaux d\u2019esthétique, messieurs les intéressés voudront bien se rappeler son adresse : IMMEUBLE DANDURAND Angle Saint-Denis et Sainte-Catherine MONTREAL "]
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