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Titre :
La revue acadienne
Éditeur :
  • Montréal :[Revue acadienne],1917-1918
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeurs :
  • Revue nationale ,
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien
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Références

La revue acadienne, 1917-07, Collections de BAnQ.

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[" & 1 205\u201d d A2/22- LA REVUE ACADIENNE PUBLICATION MENSUELLE PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE MOIS 1ère ANNÉE JUILLET 1917 No 7 Ll SOMMAIRE Des vocables Algonquins, etc.- - Hon.P.POIRIER Sentiments de reconnaissance - \u201c.E.-D.Aucoin Regret - - - - 1\u2019ABBE THELLIER DE PONCHEVILLE La Survivance francaise - - - HENRI BOURASSA Approbation de la fête Nationale des Acadiens - - - - (Mgr) M.-F.RICHARD \u201cPar chez nous\u201d, - - - - - - E.A.ABONNEMENT ANNUEL - - - $1.00 ci Bi DIRECTEUR: DR EDMOND-D.AUCOIN, - DÉLA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE MONTREAL.REDACTION ET ADMINISTRATION: 1918, RUE SAINT-DENIS, 1918 \" MONTREAL, TAA TINA AAAS ASAP NAS CASAS SAS OO PASS IMPRIMERIE DU JOURNAL # k tte HE A 4 L\u2019At op der, x 2 le eux I AS \u2014 Ou \u2014 = N + 7 LH rs \u2014 \u2014 FH \u2014_\u2014 rr Yo BY Oe ~~ \u2014 == \u2014 \u2014 == a x tr \"2 NANT NIN NI NF NIN NLNSNS NI NI NS NI == LÉ OT = au ik Vingt a 2 4 | nous permet A \u2014\\ 4 Les pers Yo i ne re- tournen 5 \u2014_\u2014 (4 À A 84 914 WN ==\" NF \\ Es =) = Fe f= LY Une att és) fêtes de lettres, \u2014 \u2014 = = = CET N AL \u2014 ä visite, cartes de es = =A » SS \u2014 | i= ae re, = \u2014 \u2014 Les ma ) = = = a le - ; i | _ er leurs circulai Pour le \u201cBIBLIO TH ?8 ls nous nous re MONIRE Les cito BAS [SVLPICE vereevcsaonaasoce sen 00e nas SA00N NAT 00S ny haute- ville doi do raetamsesicsansen nc ses natcan net eete de ofp Ae de eo ord\u2019.PJ RES I mme more qe Er } C HAS .CHAL IFOUR PROPRIETAIRE 17 6, rue Beaubien, Montréal MNOS ASN a NAS NN ESSONNE Or \u2019 Des vocables Algonquins, Caraibes, etc., qui sont entrés dans la langue.Par M.LE SENATEUR P.POIRIER.* (Lu à la séance de mai 1916).Les mots sauvages qui sont entrés dans le vocabulaire des Français d\u2019Amérique, Canadiens, Acadiens et Louisiannais, sont peu nombreux.On peut même aller jusqu\u2019à dire que la langue des aborigènes n\u2019a exercé aucune influence sur celles des européens.Ceci peut paraître étrange, quand on considère que la Grèce conquise et soumise, sut imposer la sienne aux Romains victorieux, et que les Francs, maîtres de la Gaule, laissèrent leur parler tudesque de l'autre côté des Vosges, pour prendre celui des Celtro-romains qu'ils avaient vaincus.À quoi faut-il attribuer le phénomène de ces conditions renversées ?Pourquoi rencontre-t-on si peu de mots hurons et algonquins dans le parler des Canadiens et si peu de mots abénaquis et micmacs dans le parler acadien ?L'absence presque totale de mariages entre les Europénes et les Américains n\u2019en donne pas toute l\u2019explication.Il faut en chercher la cause surtout dans l\u2019infériorité politique, sociale et humaine des aborigènes, au temps des grandes découvertes et des non moins grandes usurpations.Alexandre VI avait donné dans la limite de certaines latitudes, le territoire des infidéles d\u2019Amérique en apanage exclusif aux Espagnols et aux Portugais, sous peine d\u2019excommunication majeure contre tous ceux qui entreprendraient sur leurs droits.François ler, qui n\u2019avait, comme il dit, relevé aucune clause du testament d\u2019Adam qui autorisât ce partage, s\u2019était, nonobstant la bulle papale, et à l\u2019instar d\u2019autres princes chrétiens, rué à la curée.Aux yeux des \u2018\u2018conquistadores\u201d d\u2019Espagne, un infidèle était quelque chose comme un animal sauvage, ou un peu moins ;(1) aux yeux des Anglais, le détenteur d\u2019un sol dont il convenait de le déposséder, et, aux yeux des Français, un frère à convertir au chrétianisme, de qui l\u2019on commençait par prendre les domaines, sans même, comme le faisaient quelquefois * Mémoires de la Société Royale du Canada, Série III, Vol.X.(1) Vers le même temps, un paysan français qui tuait un faucon royal était pendu; un hobereau de noblesse qui assassinait un paysan s\u2019en tirait généralement én payant une amende de 12 sous parisis, et, le plus souvent, en ne payant rien du tout, s\u2019il était bien à la cour.La Revue Acadienne, Vol.1, numéro VII, 1917 ) 18 w i: + i - A: bh.3 Spe \u2014 104 \u2014 es Anglais, obtenir de force et de ruse son consentement au moyen de traités \u2018\u201c\u201cchiffons de papier.\u2019 Fait curieux et apparemment unique dans la chronique de l\u2019évolution des langues : ni le français, ni l\u2019anglais, n\u2019ont de leur côté non plus, exercé d'influence, ni laissé de traces perceptibles dans le parler des aborigènes soumis à leur domination.La langue des \u2018vainqueurs et celle des vaincus sont venus en contact, sans jamais déteindre l\u2019une sur l\u2019autre, sans jamais pratiquer d\u2019échange, sans jamais se mêler.Les ondes ont coulé parallèlement, ou en un sens opposé, sans se confondre.Ondes troubles comme celles du Meschacébé, du côté français, parce qu\u2019elles charriaient encore les débris des -langues latine, celtique, et tudesque, dont elles avaient été confusérrent formées ; ondes limpides et toutes chargées d\u2019étincelles de vie, du côté de I'algonquin, parcequ\u2019elles étaient plus rapprochées de leur source divine, le Verbe qui créa la lumière.Il est maintenant à la connaissance des linguistes que le parler algonquin, que nous affections de mépriser, est 'un des plus merveilleux qui soient au monde.Sa puissance d\u2019agglutination jointe à la mobilité de ses verbes, dont la conjugaison\u2018semble illimitée, (1) en fait un organisme vivant qui se suffit à lui-même, grâce à sa force créatrice.Au substantif s\u2019ajoutent les formes du dimunitif, du dubitatif, du détérioratif, du Iccatif, de l\u2019augmentatif, etc.Le verbe huron a des flexions, des modes, des états, des mouvements, des repos, des distinctions, des nuances, insoupçennées des langues savantes qui se parlent aujourd\u2019hui, et inconnue aux langues classiques de l\u2019antiquité.Le duel, par exemple, dont il ne reste plus que des fragments dans le grec, ÿ suit tous les temps et modes du verbe ; il existe même là où on ne le retrouve plus en sanscrit.La consonne et la voyelle retrouvent leur raison d\u2019être, la première représentant l\u2019idée abstraite, la seconde le fait concrêt.De leur combinaison, comme de l'union de deux hypostasz, sort un concept notiveau, procédant, et distinct en même temps, de l\u2019un et de l\u2019autre.Au lieu du masculin, du féminin et du neutre, illogiquement confondus dans les langues où ces trois genres existent, c\u2019est l\u2019animé et I'inanimé, en abénaquis.La pensée se réfléte dans le verbe, pal.(1) Rand dit quelque part qu\u2019il a trouvé jusqu\u2019à mille modifications à la forme d\u2019un seul verbe micmac.coe a eee \u2014 105 \u2014 pable, si l\u2019on peut dire, et agissante, comme une image se meut sur un écran de vues animées.C\u2019est, au propre comme au figuré, une langue vivante, .Comment, par exemple, expliquer que cette langue, qui n\u2019a pas Ge littérature écrite, s\u2019éléve dans les harangues de ses ambassadeurs, imparfaitement traduites, à des hauteurs que n\u2019atteignent pas toujours les tribuns de Rome et d\u2019Cttawa ?C'est gue le \u201cbeau langage\u2019 chez les Abénaquis et les autres tribus algonquines était, à sa manière, l\u2019objet d\u2019une culture peut- étre égale a celle que I'cn trouvait dans les écoles d\u2019Athènes et d\u2019Alexandrie.Il y avait des vocables propres aux diverses conditions, é'evées, basses ou moyennes, de la vie.Les ferrmes et les enfants n'avaient pas licence de faire usage de certaines expressions nobles, réservées aux chefs et aux guerriers.Les indigènes du Canada et de l'Acadie, au temps de Champlain, professaient pour leur langue le respect au\u2019avaient les Hébreux pour l\u2019Arcke d\u2019Alliance.Or, qu\u2019est-il resté dans le vccabulaire français de cette langue qui paraît être antérieure à l\u2019indo-européen, dont le grec, le latin, l\u2019allemand, le slave et le celtique, sent sorties ?Quelques mots usuels, réputés bas, la plupart ; mais rien se rapportant aux conceptions de l\u2019âÂme et de l\u2019esprit.Essayons de dresser une liste, qui sera nécessairement in- ccmplète, des mots sauvages de toutes tribus, qui sent entrés, non pas seulement dans le vocabulaire acadien, mais aussi dans celui des Canadiens et même des Français de France.ABENAKIS : Tribu de la famille des Algonquins.\u201cCe nom vient de Abana ki, terre du Levant, nom que les Algonquins donnaient au rays des Canibas et des autres sauvages de l\u2019Acadie.De là, les Français appelèrent ces Sauvages \u2018\u201cAbenaquois\u201d, ce qui veut dire : ceux de la terre du Levant.Ce nom désigna, d\u2019abord, tous les Sauvages de I\u2019Acadie, mais plus tard, il fut plus particulièrement donné à ceux de la rivière Kénébec, parce que c\u2019était le pays des Canibas, ancêtres des Abénakis du Canada.\u201d La Vérité, Québec.; Le radical semble être wâbon, lumière,\u201d blanckeur, et àki, pays, contrée terre ; d\u2019où wâbon-àki.Acajou : Bois rougeâtre employé dans l\u2019ébénisterie.C\u2019est le Swictenis mahogani de \"Amérique du Sud.Les Acadiens disent plutôt ma EPA SEE NE MSA EE NEEDS PS 1 PSE SEE EC EMMA SAISIR A A ASS \u2014 106 \u2014 hogané, mot formé de l'anglais, mahogany, et tiré d\u2019un radical sauvage.ALGONQUIN : Grande tribu indienne amie des Français.D\u2019après Hewitt le radical de ce mot serait algoomeaking : à l\u2019endroit où l\u2019on harponne l\u2019anguille, le poisscn.ALPACA : \u201cNom vulgaire d\u2019un ruminant sans cornes (auchenia paco), qui habite l\u2019Amérique du Sud.\u201d Littré.ALPAGA : \u201cFtoffe de laine faite avec le poil de alpaca\u201d Littré.Les Aacadiens et les Canadiens aprellent cette étoffe alpaca.ANANAS : Fruit délicieux, appelé nanas par les Péruviens.Le premier écrivain francais qui en fasse mention est, je crois, André Thevenet, un moine, qui écrivait en 1555.C\u2019est le pine-apple des Anglais, le ananassa sativa des botanistes.Ceux que nous servons à table nous viennent de la Floride et des Antilles.ARAGAN : \u2018Panier d\u2019écorce de bouleau solidement liée, à l\u2019usage des cuisiniéres.\u201d\u201d N.E.Dionne.APICHIMON : Mot qu\u2019on trouve dans Rageot \u201cAvec un apichimon de 8 Castors ;\u201d (A.D.1691), et aussi dans Bougainville.Equipement d\u2019hiver consistant en peaux, raquettes, traf- neau, collier de portage, mitaines, etc.D\u2019après Jacques Viger (1810 Grabat, morceau d\u2019étoffe, etc.Mot tiré de la langue des Outaouias; inconnu dans les provinces maritimes.ATOCA : Canneberge, airelle à baies, macrocarpus oxycoccus.Atoca ou attaca est un mot incas introduit dans la langue, je crois, par Chateaubriand.Ce mot n\u2019est pas connu en Acadie, ni le mot airelle à baie : c\u2019est pomme-de-pré que nous disons.L'atocatrer est l\u2019arbuste qui produit l\u2019atoca.ACHIGAN : Le small black bass des Anglais, le micropterus des naturalistes.C\u2019est un poisson d\u2019eau douce.Celui de l\u2019océan, le macropierus sal- moides, je crois, est appelé bar par les Acadiens.ee Eee \u2014 107 \u2014 BAYDARQUE : Embarcation des Esquimaux, \u2018\u2018faite de peaux de veaux marins réunis par.des coutures plates, exécutés avec des nerfs de ces animaux.\u201d (Bonnefoux et Paris, Dict.) Elles sont percées de trous où s\u2019ajuste le pêcheur, ficelé lui- même à la barque, devenue ainsi insubmersible.On s'en sert pour toutes chasses et pêches, même celle de la baleine.Le baydarque me paraît être un autre mot pour désigner le kayac des Esquimaux.BABICHE : \u2018\u201cLanière très étroite, taillée dans un cuir ordinaire, ou la peau d\u2019anguille, et destiné à faire une couture grossière.\u201d L\u2019Abbé H.R.Casgrain.\u201cLes Sauvages disent : sisibab, une corde ; sisibabish, une petite corde.L'accent est sur la syllabe bab, et nos trappeurs ont laissé tomber les protoniques.\u201d Père R.P.Z.Lacasse, O.M.I.Mot en usage dans le pays de Québec.IL\u2019 Escarbot, dans son Histoire de la Nouvelle-France, parle de l\u2019ababich.BATISCAN : Nom d\u2019une rivière du pays de Quétec.Mot tiré de la langue algonquine.Est devenu un juron euphémique dans la bouche des Cana- diens-Français : M\u2019en aller?Batiscan! On ne me déloge pas de cette façon.P.Lemay, Picounoc le Maudit.BOUCANE, BOUCANER, BOUCANERIE 2 Beucane : Synonime de fumée ; la boucane m'\u2019étouffe ; faire de la boucane pour chasser les maringouins.Boucaner a déplacé, en Acadie, et remplacé à toutes fins Jumer et enfumer ; nous disons boucaner de la viande ; du poisson boucané.L'Académie n\u2019admet pas encore boucane ; mais elle a boucan, boucaner et boucanier.De boucaniers, fornabs dont la mer des Antilles fut longtemps infestée, les Anglais ont fait buccanneers.Aux vocables reçus à l\u2019Académie, les grands dictionnaires ajoutent boucanage et boucanière, mots inconnus en Acadie, aussi bien que boucan.(A suivre) Ll dan Ton \u2014 108 \u2014 Sentiments de reconnaissance Allocution prononcée à la Soirée de Grand-Pré le 30 mai dernier par le docteur Edmond-D.Aucoin.Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs.\u201cQu\u2019il fait bon d\u2019être Aacadien en pareilles circonstances\u201d s\u2019écriait un témoin des fêtes grandioses du sacre de Mgr Le-Blanc, premier évéque acadien.Je ne saurais trouver de plus douces paroles pour vous communiquer les sentiments évoqués dans mon âme au récit si fidèle des mœurs et coutumes acadiennes, donné avec tant de beauté littéraire par notre distingué conférencier : M.l\u2019abbé Lionel Groulx.Ces paroles dénotent chez moi des sentiments d\u2019 orgueil ou de fierté nationale, d'ailleurs bien légitimes, et peut-être m\u2019inspire- ront-elles des expressions à peu près convenables pour accomplir la tâche que j'ai assumée : celle de rendre aux Canadiens-français, en général, et à la Société Saint-Jean-Baptiste en particulier pour son noble geste, les hommages du peuple acadien.Si pendant des années, les deux peuples français d'Amérique, je les nomme ainsi, ont vécu séparément, s\u2019ignorant l\u2019un l\u2019autre, à un tel point de se croire hais réciproquement, les temps sont changés depuis quelques décades, et aujourd\u2019hui, grâce aux relations gui deviennent de plus en plus intimes, dire d\u2019un Acadien qu\u2019il appartient à une race inférieure, c\u2019est faire bouillir le sang dans les veines du Canadien-français.Quand on connaît les circonstances, plutôt quand cn connait son histoire, il est facile de s\u2019expliguer ccmment les Canadiers cnt eu des idées erronnées au sujet de leurs frères d\u2019Acadie.Les Acadiens eux-mêmes, de la génération qui a remplacé celle si cruellement éprouvée par le Grand Dérangement, les Acadiens eux-mêmes, dis-je, accusaient leurs pères d\u2019avoir trahi l\u2019Angleterre après avoir déshonoré la France.Mgr Plessis, d\u2019illustre mémoire, dans son journal de ses visites pastorales en 1815 et 1816, écrivait, après avoir été informé par plusieurs octogénaires induits eux-mêmes en erreur par leurs ennemis, que les Acadiens avaient servi d\u2019espions à une expédition canadienne, et que l\u2019Angleterre s\u2019était vue forcée de sévir sur ces mauvais sujets. \u2014 109 \u2014 Les Acadiens qui faisaient de tels récits étaient peu instruits, et eussent-ils été mieux renseignés, ils n\u2019auraient eu accès à aucune archive publique pour prouver leurs assertions.On était encore dans le vague au sujet des vraies causes de l\u2019expulsion des Acadiens, quand un homme de lettres célèbre, de la province de Québec, au cœur sympathique aux misères humaines, ayant puisé dans l\u2019histoire impartiale de M.Haliburton, et de celle de M.Rameaux, donna au publicen 1884 un volume des plus touchants intitulé : Jacques et Marie.J'ai nommé M.Napoléon Bourassa, père de notre orateur moderne, M.H.Bourassa.(Appl.) Ce roman, d\u2019un style alerte, en plus d\u2019exciter la sympathie des Canadiens pour le peuple martyre, eut l\u2019heureux effet de toucher la curiosité des chercheurs et c\u2019est quelques années plus tard en 1888 que M.l\u2019abbé Casgrain venait faire briller des rayons de lumière sur le sujet avec son \u2018pèlerinage aux pays d\u2019Evangéline.\u201d Les noms de M.Napoléon Bourassa et de l\u2019abbé Casgrain sont à jamais gravés dans le cœur des Acadiens.M.l\u2019abbé Cas- grain ne s\u2019est pas contenté de ce premier volume sur l\u2019Acadie, il a scruté les manuscrits jusqu\u2019à y perdre l\u2019usage de ses yeux, Ces deux grandes figures de l\u2019histoire de la littérature cana- dienne-française sont disparues ; elles nous ont laissé deux dignes descendants, dont l\u2019un est un rameau du même tronc, M.H.Bourassa, l'autre un membre de la même famille sacerdotale, M.l\u2019abbé Lionel Groulx.Les premiers nous ont enseigné notre histoire, les seconds veulent en plus nous l\u2019a faire aimer.(Appl.) Oui, ces deux grands talents méritent notre reconnaissance pour leur appui à notre cause, mais aussi méritent-ils notre admiration pour leur lutte en faveur de l\u2019action française en Amérique en générale, car quelque soit le coin de terre où respirent des êtres français, depuis les rives de l\u2019Acadie jusqu\u2019à l\u2019extrême ouest du Canada, et depuis le Saint-Laurent jusqu\u2019à la Nouvelle Angleterre, ces deux vaillants lutteurs ne cessent de prêcher de tout côté l\u2019amcur au patrimoine des aïeux.{ Je m'en voudrais, en parlant des principaux bienfaiteurs de la cause acadienne de ne pas assccier à ces deux noms, celui si doux de M.Guy Vanier.Mais que dis-je ! C\u2019est tout un peuple qu\u2019il me faut remercier.Si aujourd\u2019hui, vous nous faites l\u2019honneur d\u2019aller puiser des leçons de patriotisme et de grandeur d\u2019âme, aux foyers des anciens Acadiens, laissez-moi vous dire que d\u2019un autre côté, nous des pro- VA I RS te CAN \u2014 110 \u2014 vinces-maritimes, nous suivons la marche rapide des progrès matériels et intellectuels de la province de Québec.C\u2019est pour imiter les Canadiens-français qu\u2019en 1903, nous organisions la société mutuelle l\u2019Assomption, c\u2019est à l\u2019instar de nos voisins de Québec, qu\u2019à tous les ans nous célébrons notre fête nationale le 15 d\u2019aôut et que des congrès pédagogiques ont leurs assises annuellement.C\u2019est aussi à l\u2019exemple des bons journaux comme le Devoir que l\u2019Evangéline, journal national des Acadiens prêche l'union des forces acadiennes et le retour à la terre.Et c\u2019est pour suivre la trace du grand nombre de revues de tous genres dans cette province, que vient de naître la Revue Acadienne qui veut \u201cnous raconter l\u2019histoire des aïeux et les nobles ambitions de la génération présente.\u201d Tout ceci est l\u2019effet de l\u2019enseignement doriné par nos collèges classiques et notre Séminaire, car le grand nombre des hommes d\u2019actions de chez nous sont des membres du clergé.On nous parle souvent des dispositions religieuses du peuple acadien.Il est difficile de se trouver en pays plus religieux qu\u2019en celui du Canada, puisque M.l\u2019abbé l\u2019Archevêque, Canadien-français actuellement curé dans une paroisse du Nouveau Brunswick a écrit il y a quelques années; \u2018le voyageur de l\u2019Intercolonial Railway n\u2019a qu\u2019à nommer les gares échelonnées entre St-Philippe (?) et St- Alexis ( ?) pour réciter les litanies des Saints\u201d.Les Acadiens n\u2019ont pu jusqu'ici, afficher ainsi leur croyance, mais sachez bien que leurs sentiments religieux n\u2019ont sont pas moins profondément enracinés dans leurs cœurs.Ce petit incident entre mille autres vous le prouvera : j'étais arrivé un jour aux Iles de la Madeleine, qui font partie de la Province de Québec et qui sont peuplées d\u2019Acadiens, pour organiser la société l\u2019Assomption.J\u2019en étais à ma première visite chez un marchand du Hâvre Aubert où je faisais de la propagande en faveur de notre société l\u2019Assomption, lorsque une vieille dame dans les quatre-vingts ans, après avoir entendu le mot d\u2019Assomption à plusieurs reprises se lève et m\u2019offre une pièce de vingt-cinq sous en ajoutant : \u2018\u2019T'enez vous ferez prier pour vos pauvres malades.\u201d Peut-être m\u2019avait elle pris pour un auméônier d\u2019une asile de la terre ferme.(Rires) La société l'Assomption, toute l\u2019Acadie ne jure que par ces mots.Réunis scus la bannière de Marie notre patronne, nos jeunes gens poursuivent le travail que la jeunesse d\u2019ici accomplit dans les rangs de l\u2019A.C.J.C., de la Saint-Jean-Baptiste, des Artisans et de Tee ee ep EES \u2014 111 \u2014 plusieurs autres, et c\u2019est ce qui explique le peu d'empressement chez plusieurs a s\u2019affilier à l\u2019A.C.J.C.C\u2019est ainsi que chaque succursale se transforme tantôt en bibliothèque paroissiale, tantôt en cercle littéraire et quand le besoin s\u2019en fait sentir en une vraie communauté d\u2019idées pour le bien général de la petite patrie, tel : l'érection du monument de Grand-Pré.Cette société ressemble de beaucoup à celle des Artisans C.-F.avec cette clause spéciale de la caisse scolaire.Elke est la première que je sache à avoir inauguré une bourse scolaire au dépend de laquelle plus de 60 jeunes gens sont tenus au collège pour y compléter un cours classique.C\u2019est un excellent moyen, inspiré par la Providence, de faire instruire les jeunes Acadiens qui n\u2019ont jmais connus les loisirs de la fortune.Après un admirable fonctionnement de cette société, chez les hommes, nos grands chefs se sont rappelés ces belles paroles de M.Fontaine: \u201cQuand la France médite quelque chose de grand et de durable, elle a toujours trouvé quelques femmes pour l\u2019encourager et la réconforter.\u201d C\u2019est, cette fois, pour imiter les actions de notre mère Patrie que les femmes acadiennes s\u2019enrôlent aujourd\u2019hui avec les mêmes droits que les hommes, sous la bannière de I\u2019Assomption pour réchauffer les cœurs généreux et rendre plus puissant le bouclier de la défense nationale.Passons maintenant du général au particulier et disons un mot de la petite colonie acadienne de Montréal.Nous n\u2019en connaissons pas encore le nombre exact, les uns disent 200 familles, les autres 300 et au-delà.Quel qu\u2019en soit le nombre, il est certain que nous formons un joli groupe et malgré notre éloignement de la petite patrie, c\u2019e nest pas trop nous vanter de dire que nous ne sommes pas moins patriotes que nos fréres des provinces maritimes.Ici ccmme ailleurs, les Acadiens vivaient voisins dans la métropole, sans-se connaitre lorsqu\u2019en 1911 un jeune étudiant de Laval, épris de nostalgie du pays natal fonda une succursale de la société 1\u2019Asscmption, a laquelle il donna le ncm d\u2019abbé Casgrain, vous savez en quel honneur, avec l\u2019abbé Richard, curé de Verdun commechamplain.Etc'\u2019est depuis cette date que réunis sous le même étendard nous nous efforçons, par nos œuvres de proclamer au grand jour la survivance acadienne. Nous tenons des assemblées mensuelles et à chaque réunion nous recrutons de nouvelles adhérences.C\u2019est sur l'inspiration d\u2019un de nos membres, M.J.-M.Richard, aidés des succursales sœurs que nous avons payé un lit à l'hôpital Canadien de Paris.À tous les ans comme vous le savez nous faisons un euchre au bénéfice de quelques bonnes œuvres, le dernier pour la reconstruction du collège de Caraquet.À chaque année aussi le bon curé de Verdun, qui aime à se dire Acadien, nous ouvre grandes les portes de son église et de son presbytère pour nous faire célébrer la fête nationale.Et aussi comme nos compatriotes de là-bas, nous aimons nos femmes et nos fiancées et nous voulons les réunir pour nous seconder dans notre bon combat; c\u2019est dimanche prochain que nous installons une succursale de dames acadiennes à Montréal et comme j'ai mon mot à dire dans cette affaire ayant été nommé organisateur officiel pour la circonstance, je dois faire mon possible pour faire baptiser cette nouvelle succursale du nom de Jacques et Marie.* Comme autrefois les deux grands hommes de lettres canadiens dont elles rappellent les souvenirs combattaient pour Dieu et la patrie, ainsi ces deux succursales sceurs travailleront pour perpétuer la mémoire des braves descendants francais.Mais je devais dire un simple merci; mes quelques remarques prennent déjà les proportions d\u2019un discours.Honneur, donc, à la Société Saint-Jean-Baptiste, et à son digne président.Mille remerciements aux deux orateurs distingués et à l\u2019auditoire; et nos cœurs aux Canadiens-français.REGRET 27 avril 1917 Monsieur, Je puis enfin dépouiller mon volumineux courrier, dans le train qui m\u2019emmène aux États.J\u2019y trouve votre demande d'un article pour la revue Acadienne.Malgré la vive joie que j'aurais à donner à vos compatriotes cette marque de ma sympathie, le manque de loisirs ne me permettra pas, d\u2019ici bien longtemps, d\u2019accéder à votre désir.Veuillez m\u2019excuser de si mal répondre à votre espoir et agréez, monsieur, l\u2019assurance de mes sentiments respectueux.L'abbé THELLIER de PONCHEVILLE.* Le nom de Jacques et Marie, a été adopté à l\u2019unanimité, et c\u2019est par ces mots que Pon désigne la sucursale des femmes acadiennes de Montréal.: : \u2014 113 \u2014 La Survivance francaise Compte-rendu du discours de M.Henri Bourassa à la Soirée de Grand-Pré par M.Louis Dupire.Le directeur du Devoir est accueilli par de longues salves d\u2019applaudissements qui ne se calment un peu que pour reprendre avec une vigueur plus grande.Il lui faut attendre quelques minutes pour pouvoir enfin prendre la parole \u2014 C\u2019est ici une soirée de famille, dit-il en débutant.J'y suis, pour ma part, non pas à titre d'homme public diversement apprécié (rires et applaudissements), mais à titre de frère presaue jumeau de Jacques et Marie.Puis, il évoque quelques souvenirs du foyer familial, où l\u2019on discutait aux côtés de son père, l\u2019auteur du roman acadien, l\u2019avenir de notre nationalité, quelques souvenirs également de son propre pèlerinage au pays de Grand-Pré.De tous ces scuvenirs s\u2019est faite chez lui la conviction toujours plus nette de la nécessité d\u2019étudier notre histoire, de nous efforcer d\u2019en comprendre toutes les salutaires leçors afin de lier le passé au présent et de prolonger dans l\u2019avenir l\u2019action féconde de notre race.(Arplaudissements).Permettez-moi, continue-t-il, de vous redire, sinon le texte du moins la substance des réflexions qu\u2019inspirait à l\u2019auteur de Jacques et Marie le spectacle de ces luttes \u2014N'\u2019allons pas y puiser, disait- il, une pensée de haine, mais une ferme résolution d\u2019action et de constance.(Applaudissements).Et lions, ce soir, au souvenir de nos frères acadiens celui de la troisième France qu\u2019élaborent, par-delà la ligne 45ième, les divers groupes franco-américains.En ce scir où nous célébrens la survivance du plus petit et du plus noble de nos groupes, l\u2019occasion est excellente de nous demander par quelle méthode, avec quel objet, les divers groupes français du Canada, des Etats-Unis et de l\u2019Eurore doivent se connaître et s\u2019entendre.Avouons-le hautement: la province de Quétec a commis envers les groupes français de l\u2019Acadie, des Etats-Unis et des provinces de l\u2019Ouest, les mêmes erreurs et l\u2019oubli même que nous reprcchons à la France envers nous.Et rappelons-nous cue, si la France reste à jamais le foyer intellectuel et moral qui éclatera tous les groupes français du monde, la leçon de trois siècles démontre que la province de Québec reste le principal, pour ne pas dire le seul point d'appui, de toute lutte pour la civilisation françeise en Amérique. erty ch tn = care pe sa pr conan BARRIS ; i oN ie EE \u2014 114 \u2014 A la France, dont nous sommes fiers, dont nous admirons l\u2019héroïsme immortel, demandons le rayonnement de sa haute civilisation; mais rappelons-nous qu\u2019à nous de Quékec incombent le droit et le devoir, pour humbles et modestes que soient nos ressources d'apporter tout notre effort au maintien sur le sol d\u2019Amérique de la civilisation française, telle que l\u2019ont pu modifier le sol, les conditions politiques, l\u2019éloignement du foyer ancestral.\u2018 Nous avons parfois reproché aux Acadiens leur particularisme: c\u2019était une erreur.Ils ont fait, avec leurs méthodes, une lutte que nous n\u2019aurions pu faire, Que chaque groupe accepte résolument les conditions que la Providence lui a faites et accomplisse sa mission particulière.Que les Franco-Américains, comme les Acadiens et nous soient, du point de vue politique, résolument du pays auquel ils appartiennent.x Fx Pour nous, enfonçons dans la terre canadienne des racines de plus en plus profondes, cramponnons-nous au sol, afin d\u2019être en de- _meure de crier à tout venant : Nous sommes ici chez nous ! (Longues acclamations).Les Acadiens étaient chez eux aussi.Mais ils avaient commis l'erreur d\u2019être, en même temps que des idéalistes supérieurs, des hommes trop pratiques.Ils avaient trop de belles terres, de trop beaux bestiaux.On vous a dit l\u2019effroyable déportation, l\u2019infernale machination.la plus tragique peut-être qui ait jamais été tentée contre un peuple: les familles dispersées, jetées aux quatre coins du continent nord-américain.Cette race disséminée, disloquée, réduite en poussière, pourrait-on dire, a cependant trouvé le moyen de se ramasser elle-même, de se refaire une patrie\u2014et sans jamais songer à voler personne (Applaudissements).La grande leçon de l\u2019Acadie, c\u2019est celle de la survivance, de la force féconde du droit et de la justice (Longues acclamations.) Revenant aux conditions de l'alliance entre les groupes français, l\u2019orateur dit qu\u2019il importe d\u2019abord de bien comprendre et de bien définir leurs devoirs respectifs, afin qu\u2019il n\u2019y ait entre eux ni malentendu ni querelle.Il rend hommage à l\u2019héroïsme de la France d'Europe, dont le devoir essentiel est la défense de son sol et de sa vie.Il dit que, politiquement, les Franco-Américains se doivent aux Etats-Unis, comme le devoir des Canadiens est de défendre le Canada.(Longues acclamations). \u2014 115 \u2014 Ceci dit, et très nettement les Français du monde entier ont le devoir de communier dans un même idéal et de défendre, par tous les moyens d'action légitime, par tous ceux qui s'accordent avec leurs devoirs envers leurs patries respectives, le patrimoine intellectuel et moral qui leur est commun (Applaudissements).Il me serait facile de faire bouillir votre vieux sang français, en irritant ce soir de trop légitimes souffrances.Je n\u2019ai pas le goût, de cette popularite facile.Je préfère vous demander de voir, dans l\u2019Anglais, un excellent exemple à admirer et à imiter.On a dit que l\u2019Angleterre fut grande surtout par la force des armes et la science politique.Ce n\u2019est pas là le secret de sa grandeur essentielle.Ce secret réside dans l\u2019admirable esprit de corps des Anglais, dans leur merveilleux amour de la race, dans cet instinct de solidarité si puissant que les Anglais n\u2019ont même pas besoin de l\u2019invoquer pour agir d'accord.Sachons reconnaître les grandes qualités des Anglais; sachons les imiter dans ce qu\u2019ils ont de bon pour grandir comme eux\u2014pour leur tenir tête au besoin.(Applaudissements).+ #4 S'il n\u2019y avait eu dans ce pays tant de lâcheté, d\u2019avachissement, de tromperie, je suis de ceux qui croient que la ccexistence sur ce sol des Anglais et des Français aurait été:une excellente chose pour les deux groupes.Le jour où nous aurons repris pleine conscience de nous-mêmes, où fiers et dignes, nous nous tiendrons debout devant les Anglais, prêts à leur tendre une main loyale, prêts à coopérer avec eux pour la grandeur de la patrie commune, respectueux de nous-mêmes et d\u2019autrui, mais exigeant pareillement pour nous le respect d'autrui, à partir de ce moment,\u2014à partir de ce moment seulement \u2014règnera chez nous l'union, la vraie liberté (Applaudissements).Si nous voulons reprendre le terrain que nous avons perdus par notre faute, par notre légèreté, par notre faiblesse, par notre provincialisme, par notre esprit de parti, sachons nous extérioriser.Sachons mesurer l\u2019étendue de nos droits et de nos devoirs et apporter aux minorités canadiennes, à tous les groupes français d\u2019Amérique, l\u2019appui que nous leur devons.Là comme toujours qui donne s\u2019enrichit (Applaudissements).Si un souffle de fierté passe aujourd\u2019hui sur notre race et secoue notre apathie, c\u2019est qu\u2019enfin nous avons tendu aux Franco- Ontariens une main que nous n\u2019avions pas su donner aux autres minorités persécutées (Applaudissements). \u2014 116 \u2014 L'initiative prise par la Société St-Jean-Baptiste est grande et touchante par scn cbjet immédiat, par le pieux désir d\u2019ériger à Grand-Pré un sanctuaire ccrr mémoratif; mais elle est plus grande et plus féccnde encore rar sa valeur emblématique.Elle témoigne oue ncus avons enfn pris conscience de ros droits et de nes devoirs, que nous scmmes un reuple ma\u2019eur et que nous savens regarder au-cela des frontières de notre province (Applaudissements).Nous re cherchors pas dans l\u2019évocation de ces souvenirs un ferment ce haine mais une leçon de courage et d'énergie, la leçon du coude à coude et de la constance (Applaudissements).*% *, De quoi demain sera-t-il fait ?Que sortira-t-il de cette effroyable mélée oti chancellent les trénes ?Cui sera demain la me- narchie anglaise ?ON serons nous nous-mémes ?Sous la tempéte et dans l'incertitude du lendemrain, restens ce que nous étions et ce que nous scrrmwes: de f£déles su\u2018ets du Rei (Applaudisserrents).alors méme que tant des sens et certains de ses aviserrs méme paraissent conspirer sa rerte ; restcns ce are notre histoire nous a faits, restens de notre sol, Ce notre idéal; attachcns- nous à notre foi (Longs applaudissements).Gardcns le patrimoine béni constitué par les larmes de nos mères, le sang de ncs pères, les sueurs des paysans dont le nom mé- me a disparu, puisque le temps, dans nes vieux cimetières, a déjà abattu la croix de kois où s\u2019inscrivait leur ncm, modeste devant les hommes, mais si grand devant Dieu (Acclamaticns): gardons-le, ce patrimoine, au prix de tous les sacrifices.(Longues acclamations).Cardons-le, et l\u2019keure ne tardera pas où ceux-là même qui nous insultent aujourd'hui nous remercieront d\u2019avoir sauvegardé pour eux ccmme pour nous, l'élément le plus précieux qui nous permettra à tous de maitenir en Amérique une civilisation supérieure (Vifs applavdissements).Restons Canadiens, restons catholiques, sans fanatisme, sans fausse honte.Le catholicisme exclut le fanatisme; le patriotisme exclut l\u2019étroitesse d\u2019esprit.L\u2019un et l\u2019autre fortifient les âmes, les élèvent vers les sphères supérieures.Restons fidèles à nous-mêmes : une fois de plus nous serons les conservateurs de la nationalité canadienne, les plus efficaces mainteneurs de ce qu\u2019il y a de meilleur dans le patrimoine canadien tout entier \u2014le britannique comme le français.Une nouvelle ovation salue les dernières paroles de l\u2019orateur et la foule se disperse aux accents de l\u2019hymne national. \u2014 117 \u2014 APPROBATION DE NOTRE FETE NATIONALE PAR NN.SS.LES EVEQUES DES PROVINCES MARITIMES.A MONSEIGNEUR L'ARCHEVEQUE ET NOS SEIGNEURS LES EVEQUES DE LA PROVINCE ECCLESIASTIQUE D\u2019HALIFAX Mes Sergneurs, \u2014\u2014\u2014\u2014 A la convention nationale des Acadiens tenue à Mem- ramcook le 23 juillet 1881, la question d\u2019une fête nationale fut proposée à la considération d\u2019une commission spéciale et de la convention dont le résultat fut le choix de la fête de l\u2019Assomption de la Ste-Vierge comme fête patronale des Acadiens.Les motifs qui nous engagèrent à nous choisir une fête particulière, c\u2019est afin d\u2019encourager le peuple acadien à marcher dans les voies du véritable progrès et de le mainteir dans l\u2019esprit de Foi et dans l'attachement à la religion de ses pères.Or, il a semblé aux délégués de cette convention que nul choix ne serait aussi acceptable et aussi populaire que celui de la féte de I\u2019 Asscmption.Cette fête rappelle aux Acadiens leur commune origine et en même temps les fait entrer dans les vues des pères du premier concile d\u2019Halifax, qui à cette cccasion choisirent la Vierge Immaculée comme la patronne de cette Province Ecclésiastique dont nous formons partie.Ce choix étant fait, j\u2019eus l\u2019honneur de propcser une résolution à l\u2019ordre de soumettre humblement notre choix à Nos Seigneurs les Evêques pcur en recevoir l\u2019approbaticn et la bénédiction.Cette résolution ayant été adoptée à l\u2019unarimité, comme moteur de cette résolution, je profite de la réunion de Nes Seigneurs les Evêques dans cette partie de l\u2019Acadie qui porte le beau nom de Marie pour soumettre à vos pieds les vœux de vos enfants acadiens qui désirent mettre leurs intérêts nationaux et religieux sous le puissant patronage de Marie et s\u2019enrôler sous sa bannière maternelle.J'ai l'honneur d\u2019être de vos Grandeurs, Messeigneurs, Votre très humble et reconnaissant serviteur, M.-F.Richard, ptre.St.Bernard, Baie Ste-Marie, le 16 Septembre, 1881.La pétition ci-dessus est par la présente approuvée T Michl Hannan Abp.of Halifax.T J.Sweeney, Bp.of St.Jéhn, N.-B.T P.McIntyre Ev.de Charlottetcwn T J.Rogers Ev.de Chatham.7 J.Cameron, Ey.d\u2019Arichat.s.* 001 ?©.se RS CEE EEE RRC OOO Ce \u2014 118 \u2014 \u201cPar chez nous\u201d L\u2019honorable A.-E.Arsenault est officiellement entré à la charge de premier ministre de I'Ile du Prince Edouard.:Son expérience et ses bonnes dispositions vont lui permettre de rendre d\u2019imminents services à son pays.Longue vie et félicitations à Monsieur le Premier Ministre.\u2014o0 La rumeur court qu\u2019un Acadien de la congrégation des Eudistes, devra prochainement remplacer feu Mgr Gustave Blanche comme évêque du Labrador.Fasse le ciel que cette bénédiction soit accordée au peuple qui a gardé, à travers les âges, un si profond respect des ministres du Seigneur! LE VILLAGE ACTUEL DE GRAND-PRÉ, OÙ DOIT ÊTRE ÉRIGÉ UN MONUMENT COMMÉMOR ATIF.UNE ACADIENNE ERRANTE On trouve, dans le cahier de visite de Mgr Plessis, la note suivante : \u201cChose remarquable.J\u2019ai rencontré à Chétican, île du Cap-Breton, au mois de juillet 1812, Jeanne Dugast, âgée de 80 ans, veuve de Pierre Bois, lorsqu\u2019elle m'a dit être née à Louisbourg, avoir été de là à l\u2019Acadie, au lieu nommé le Grand- Pré, (Horton) puis être revenue au Cap-Breton, puis avoir demeurée à l\u2019isle Saint-Jean, ensuite à Remshic en Acadie, puis encore au Cap-Breton, de là encore à Remshic, de là à Ristigouche, de Ristigouche à Halifax, de là à Arichat, puis aux îles de la Madeleine, puis à Cascapédia, et de Cascapédia à Chétican, et ne s\u2019être jamais couchée sans souper.\u201d \u2018 0 La Revue Acadienne offre ses sincères sympathies à son dévoué collaborateur d\u2019Ottawa, M.D.-T.Robichaud qui a eu la douleur de perdre son vieux père tout dernièrement.E.À.- as a VIENT DE PARATTRE Le Pays d'Evangeline PAR LE DOCTEUR E.-D.AUCOIN Préface par M.C.HEBERT et Introduction par M.B.SULTE A vendre chez l\u2019auteur 1918, rue Saint-Denis et dans les principales librairies de Montréal.Prix du volume - - - 30 sous franco \u201cL\u201dEvangéline\u2019\u2019.\u2014Le journal national des Acadiens.Circulation 4,000.Indépendant des partis politiques.Le journal le plus répandu parmi la population acadienne des Provinces Maritimes.Les 200,000 Acadiens l\u2019appellent leur journal national.Journal hebdomadaire de 8 pages.Abonnement 81.00.\u2018\u201c\u2018L\u2019Evangéline\u2019\u2019, Moncton, N.-B.Champoux, R.P.Modeste \u2014La Vieille Maison.Excellente pièce de vers en deux parties; la première intitulée : \u2018\u201c\u2018corps du foyer,\u201d et la seconde: \u2018\u2018âme du foyer.\u201d Précédée d\u2019une introduction par M.Paul- Fmile Champoux, neveux de l\u2019auteur, et suivi d\u2019une chanson , maritime : la petite barcarolle dont la musique a été composée par le professeur Modeste Paul Champoux, oncle de l\u2019auteur, Des ateliers du Devoir Dugré, Alexandre, S.J.Vers les terres neuves.Pourquoi coloniser ?trop peu de producteurs.Ce qu\u2019on a fait.Ce qu\u2019on doit faire.Des terres pour tous les fils.I L\u2019argument National: Les pertes subies.Préparer l\u2019avenir, avec le nombre, l\u2019espèce.Trans- \u201c plantons nos surplus.Des colons sains.: IT Comment Coloniser?De la réclame! Journaux, tracts, affiches.Du recrutement.Un projet de transplantation.Au programme d\u2019éducation.- Aide aux colons.- Des chemins de fer.Autres moyens.Conclusion \u2014La part de chacun.De l\u2019imprimerie du Messager.Prix: 15 sous l\u2019exemplaire.+ \u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 Melanson, l\u2019abbé Arthur.\u2014Retour à la Terre.Le livre du jour; tout le monde veut Je lire, tout le monde veut l\u2019avoir.On peut se le procures chez l\u2019auteur : Balmoral, N.B.- - - 60 sous franco.Messieurs de la haute-ville, Mentréal Faite faire vos travaux d'impression à l'imprimerie du journal LES NOFHID Satisfaction garantie.[ - 176, rue Beaubien Cu VS pa PT REP LEE Te TEL.ST-LOUIS 1298 Avant de partir pour vos vacances, venez faire garnir votre sac de voyage : panama, sous-vêtements légers, patalon blanc, chemises, cravates, etc.| JOSEPH COURVILLE, ENG.Tailleur, agent du \u201cSEMI-READY\" NOUS TENONS LA MERCERIR Habits pressés et réparés.COMPLETE Coiffures d'enfants, une spécialité, POUR HOMMES 381, RUE BEAUBIEN CONSULTATIONS TEL.S.-L.6085 Tél.St-Louis 3732 il 2à 4 P.M, | 7à0P.M.Docteur C.-E.Gaudet A.Cadieux EX-INTERNE DES HOPITAUX ; | NOTRE-DAME ET ST-PAUL Manufacturier Dentaire 3 MALADIE DES ENFANTS | : 2491, rue Mance Montréal | 237, rue Chambord, Montreal | ANGLE BERNARD Angle Mont-Royal Tél.St-Louis 92 Lucien Lebrun ww 2787 Marchand et maitre de poste Coqueluchine Mandats, timbres et bons M éd icament de poste à vendre ici.guérissant la coqueluche en quel- ques jours, .franco, 75 sous Librairie, tabac et bonbons.i | Pharmacie Chevrier 2171, rue St-Denis, Montréal 350, rue Beaubien, Montréal Tél.St-Louis 3143.Goldsmith Bros.H.SABOURIN Smelting & Refining Co.IMPORTATEURS DE Fournisseur MATERIAUX DENTAIRES d'ameublements IMMEUBLE DANDURAND, MONTREAL Une visite est sollicitée.Chicago, New York, Toronto, Atlanta, Seatle 2541 St-Hubért, Près Beaubien M.Henri Beauchamp, gérant.COR EERE EE "]
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