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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juin-Juillet 2013, Vol. 51, No. 8
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2013, Collections de BAnQ.

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[" QS Québec Science BarBecue Juin-juillet 2013 50 ANS ET TOUT SES VOLTS tous fous ?L\u2019INVASION MONDIALE MÉDUSES milliard par mois Économiser un L\u2019AUTO ÉLECTRIQUE LA PSYCHIATRIE REVUE ET CORRIGÉE Serge Bouchard : Pourquoi tant de laideur?Des souvenirs pour maigrir Les premiers instants du monde Grandiose flash-back! q u e b e c s c i e n c e .q c .c a 4 0 0 6 5 3 8 7 6,45$ E N K I O S Q U E J U S Q U \u2019 A U 2 5 J U I L L E T 2 0 1 3 Votre guide scientifique du barbecue! Comment réussir son steak La chimie de la cuisson Les vrais risques pour la santé À lire avant d\u2019allumer son gril POUR LE MEILLEUR ET SANS LE PIRE x\" À v.CR oN ve © A V.& 7 5 \"> 3 = Ê .a - % > En - etn = y z » = x Q.a pa ot + ol oA Fa xX = af 2 + 24 Yo «2 - By ~~ oO N gi wh + + < * vi 24 ¥ Vivez une EXPERIENCE VERTIGINEUSE au Planétarium Rio Tinto Alcan Un voyage réunissant art, science et émotion ESER EN Os BIL LETS LIG : L espace?espace 8 pour la vie montréal hiodome insectarium jardin botanique planétarium rio tinto alcan BE Montréal£éS Québec Canada © VIAU OJ 6G 4 Lu) espacepourlavie.ca Québec Science S EN COUVERTURE 17 Barbecue : pour le meilleur et sans le pire Votre premier guide scientifique du barbecue! À lire avant d\u2019allumer votre gril.Par Amélie Casgrain et Marine Corniou 22 La fabrique des fous Le philosophe Jean-Claude St-Onge dénonce avec fougue, dans un livre-choc, la collusion entre la bio-psychiatrie et l\u2019industrie pharma ceutique.Selon lui, derrière l\u2019épidémie des troubles de santé mentale se cache un business éhonté.Propos recueillis par Elias Levy 40 L\u2019assiette et la mémoire Pour améliorer nos comportements alimentaires, des chercheurs veulent nous inventer des souvenirs.Et ça pourrait bien marcher! Vous vous souvenez des effets gastriques de votre dernière poutine?Par Catherine Girard 34 22 40 SOMMAIRE 34 Le plein de volts ! L\u2019essence coûte près de un milliard de dollars par mois aux Québécois.La solution (très rentable) des experts : électrifier d\u2019urgence nos transports.Le point sur ce que tous les futurs usagers de la route devraient savoir.Par Joël Leblanc C O U V E R T U R E : F É / R Y A N B A L D E R A S / I S T O C K P H O T O L O U I S E B I L O D E A U JUIN-JUILLET 2013 VOLUME 51, NUMÉRO 8 LA RECHERCHE DANS LE RÉSEAU DE L\u2019UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Eau: richesse cachée Les sourciers du futur Un supplément réalisé en collaboration avec le réseau de l\u2019Université du Québec.+ A u c e n t r e 4 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Égologie! Le Canada, pays de moissons, de lacs et de pétrole, est-il devenu un modèle d\u2019égoïsme?En se retirant de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification \u2013 un traité peu connu qui a pourtant obtenu l\u2019adhésion unanime des États \u2013 Ottawa montre qu\u2019il est sur une autre planète.Laquelle?Billet Par Raymond Lemieux e are the world», chantions-nous avecMichael Jackson, Tina Turner, Bruce Springsteen, Bob Dylan.«We are the world», parce des millions de personnes allaient mourir de faim et de soif en Éthiopie.C\u2019était en 1985; la chanson relayait un SOS pour alerter l\u2019opinion publique sur un drame qui, malheureusement, s\u2019est ensuite répété au Darfour et au Sahel.Ces famines sont toutes des tragédies écologiques.Elles suivent habituellement de grandes sécheresses qui épuisent les paysages, les écosystèmes fragiles et les agricultures locales.Quelques années plus tard, au Sommet de la Terre, tenu à Rio de Janeiro au Brésil, en 1992, tous les pays ont convenu que la désertification et la dégradation des terres étaient deux des défis environnementaux de l\u2019humanité.«We are the world.» On connaissait la chanson; il fallait agir.Les discussions ont ainsi abouti à une entente qui a rallié tout le monde (mieux que le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques ou le Traité sur la biodi- versité).Cet accord, entériné par les 193 pays, s\u2019avère d\u2019ailleurs le seul instrument ayant force d\u2019obligation pour s\u2019attaquer au problème de la dégradation des terres arides.Mais voilà, contre toute attente, le Canada s\u2019est retiré de ce consensus.Il est maintenant le seul État sur Terre qui n\u2019endosse pas les principes de cette convention.Absurde?La désertification représente une sorte de catastrophe naturelle à long terme.Rien à voir avec un tsunami ou un séisme.Même l\u2019ancienne ministre fédérale responsable de l\u2019Agence de coopération et de développement international (ACDI), la conservatrice Josée Verner, a reconnu, il y a quelques années, que «l\u2019avenir de la Terre dépend de la lutte contre la désertification, essentielle pour répondre aux enjeux de développement durable».Les chercheurs attachés aux Nations unies estiment que ce problème est amplifié par le réchauffement climatique.On peut retenir que, en 2003, une augmentation de 3,6 °C de la température moyenne de la planète a fait chuter les rendements agricoles de 30% pour le maïs, de 21% pour le blé et de 25% pour les fruits.Les statisticiens peuvent aligner une pléiade de chiffres pour argumenter en faveur de la pertinence des initiatives de lutte contre la désertification, contre cette mort de la Terre qui fait perdre, chaque année, près de 5% de la valeur de la production agricole mondiale, soit l\u2019équivalent de 450 milliards de dollars.Dans un contexte où près de 870 millions de personnes souffrent de la faim, cela tient de l\u2019écocide.N\u2019est- ce pas assez pour se convaincre de faire plus qu\u2019une chanson?Surtout que la désertification n\u2019a rien d\u2019irréversible.C\u2019est encore ce que rappelle la Convention.On en sait d\u2019ailleurs quelque chose, puisque le Canada, par son aide publique au développement, a subventionné, en Afrique et dans d\u2019autres régions, un grand nombre d\u2019initiatives destinées à mettre en œuvre des solutions simples et économiques pour combattre la dégradation des terres.Planter des arbres, par exemple, puisqu\u2019ils fixent les sols, qu\u2019ils fournissent de l\u2019ombre aux cultures et qu\u2019ils retiennent l\u2019humidité si précieuse.Il fallait peut-être faire davantage, mais il y avait là une volonté d\u2019agir.Quelle mouche a donc piqué Ottawa?Qu\u2019est donc cette mesure de démission qui tombe \u2013 ô paradoxe! \u2013 en pleine Année internationale de la coopération dans le domaine de l\u2019eau?Surtout que l\u2019économie réalisée ne représente que 350 000 $, le prix de 500 m d\u2019asphalte! L\u2019égologie canadienne et ses soucis administratifs a-t-elle pris le dessus sur l\u2019écologie?On devrait songer à proclamer une Année internationale contre l\u2019absurdité.Et tant qu\u2019à y être, composer une chanson sur ce thème afin de venir en aide aux victimes de la bureaucratie.?QS «W A R T W O L F E / S C I E N C E P H O T O L I B R A R Y 10 Entrevue Les chimpanzés dépriment aussi.Par Dominique Forget 11 Forêts sous pression Les arbres font de la résistance.Mais ils ont de plus en plus de mal à encaisser les périodes de sécheresse.Nos conifères tireraient tout de même assez bien leurs «épines» du jeu.Par Amélie Casgrain EURÊKA! 15 Scanner sous tous les angles Une sorte de fusil laser permet de numériser des objets avec une précision sans égal pour les reproduire parfaitement.Par Joël Leblanc 4 BILLET Égologie! Par Raymond Lemieux 6 AU PIED DE LA LETTRE Votre courrier 44 SUIVEZ LE GUIDE Souvenirs d\u2019arcade Par Viviane Desbiens 47 AUJOURD\u2019HUI LE FUTUR Par Joël Leblanc 49 TOILE DE FOND Par Catherine Girard Rédacteur en chef Raymond Lemieux r.lemieux@quebecscience.qc.ca Reporter Marine Corniou Collaborateurs Serge Bouchard, Amélie Casgrain, Viviane Desbiens, Dominique Forget, Catherine Girard, Joël Leblanc, Elias Levy, Nicolas Mesly, Jean-Pierre Rogel Révision Hélène Matteau Correcteur-réviseur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Robert Baronet, Louise Bilodeau, Mario Cyr, Frefon, Aaron McConomy, Alexander Semenov Éditeur Pierre Sormany Administration et distribution Michèle Daoust Comptabilité Mimi Bensaid Chef, communications marketing Sandra Larochelle Chargée de projets marketing et partenariats Caroline Pou Attachée de Presse Stéphanie Couillard PUBLICITÉ Jean-François Litalien Tél.: 514 217-3005 jflitalien@velo.qc.ca Claudine Mailloux Tél.: 450 929-1921 514 909-4601 cmailloux@velo.qc.ca SITE INTERNET www.quebecscience.qc.ca Abonnements Canada : 1 an = 35 $ + taxes, États-Unis : 64 $, Outre-mer : 95 $ Parution : Mai 2013 (506e numéro) Service aux abonnés Pour vous abonner, vous réabonner ou offrir un abonnement-cadeau.www.quebecscience.qc.ca Pour notifier un changement d\u2019adresse.Pour nous aviser d\u2019un problème de livraison.changementqs@velo.qc.ca Service aux abonnés : 1251, rue Rachel Est, Montréal (Qc) H2J 2J9 Tél.: 514 521-8356 poste 504 ou 1 800 567-8356 poste 504 Impression Transcontinental Interweb Distribution Les Messageries de Presse Benjamin Québec Science est publié par Vélo Québec Éditions Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada : ISSN-0021-6127 Envoi Poste-Publications Convention no 40065387.© Copyright 2013 \u2013 La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d\u2019adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.La direction laisse aux au teurs l\u2019entière res pon sabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Qué bec Science ne sont pas retournés.Indexé dans Québec Science reçoit l\u2019aide finan cière du ministère du Développement économique, de l\u2019Innovation et de l\u2019Expor tation.Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d\u2019édition.La Revue Québec Science 1251, rue Rachel Est Montréal (Québec) H2J 2J9 514 521-8356 courrier@quebecscience.qc.ca Actualités et rubriques 28 Méduses, une invasion Ces monstres carnivores et venimeux peuplent les mers depuis 500 millions d\u2019années.Mais voilà que, à l\u2019heure des changements climatiques et de la surpêche commerciale, leur population explose.Par Nicolas Mesly 13 Jean-Pierre Rogel L\u2019orchestre de la nature 50 Serge Bouchard Pardon aux Boules Nos chroniqueurs Québec Science S 8 Grandiose flash-back! Les premiers instants du monde, comme si vous y aviez été.Par Marine Corniou Le bon usage des mots «À force de donner des noms sans rapport aux lieux, nous affaiblissons nos identités», écrivait notre chroniqueur Serge Bouchard dans le numéro de janvier-février 2013.Son texte a fait réagir Maude Létourneau- Baril, de Agodekamig Sagahigan, aussi appelé Duparquet.«Votre référence à Har - ri cana m\u2019a rappelé une découverte que j\u2019ai faite en lisant le livre On nous appelait les Sauvages de Dominique Rankin.Il y indique que la rivière Harricana ne s\u2019appelait pas ainsi, en algonquien.Cela serait dû à la mauvaise compréhension d\u2019un mot de la part des Blancs.[\u2026] Peut- être que notre recherche de noms amérindiens peut parfois s\u2019éloigner de la réalité autant que nos nouvelles appellations.Je donne un exemple bien concret: le lac d\u2019où je viens est aussi parfois appelé Akokekami, mot qui aurait deux significations: eaux suspendues ou eaux profondes.La plupart des recherches que j\u2019ai faites choisissent d\u2019associer akokekami à \u201ceaux profondes\u201d.Pourtant, quiconque est déjà allé sur ce lac sait que ses eaux sont tout sauf profondes.Alors, faire semblant de comprendre les noms amérindiens est-il mieux que de les ignorer?Je me le demande.» Malaise sémantique Selon Marc Boucher, de Laval, le fait de vouloir renommer «maladies cérébrales» les maladies mentales, comme le propose le psychologue Jean-Philippe Vaillancourt de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (Québec Science,mars 2013), est un exemple de «rectitude politique qui risque de nous éloigner de nos responsabilités».Car, précise M.Boucher, la maladie mentale relève plus d\u2019une inadéquation entre l\u2019individu et son environnement social que d\u2019une maladie purement biologique.«Biologiser la maladie mentale nous éloignera de ses causes profondes [\u2026] et de la nécessité d\u2019une vie affective saine comme rempart contre ces déséquilibres psychologiques.» Cet avis est d\u2019ailleurs partagé par plusieurs psychiatres, d\u2019autant que des études ont récemment démontré que le fait d\u2019insister sur la cause biologique des maladies mentales ne réduit pas la stigmatisation des personnes atteintes.Au contraire, cela renforcerait l\u2019idée que ces personnes sont incontrôlables et dangereuses.Au-delà des facteurs biologiques, les aspects psychologiques et sociaux de la maladie mentale restent donc une réalité.Monorail : des lecteurs sceptiques Le projet de monorail TrensQuébec entre Montréal et Québec (Québec Science, mars 2013) a suscité quelques critiques de la part de nos lecteurs même si, comme le souligne Denis Carrier, de Notre-Dame- du-Nord, «il s\u2019agit d\u2019un beau projet fait sur mesure pour le Québec».D\u2019abord, la puissance de 8 000 kW avancée par les promoteurs pour propulser une seule nacelle de 15 tonnes paraît «disproportionnée» à Jean Richard, de Montréal.Il précise que «la puissance totale maximale d\u2019une rame du TGV Atlantique de 485 tonnes est de 8 750 kW, soit à peine plus 6 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Québec Science est maintenant offert en édition numérique * Gratuit pour nos abonnés www.quebecscience.qc.ca/abonnez-vous * M I C H E L R O U L E A U Au pied de la lettre courrier@quebecscience.qc.ca L a huitième édition de notre prix du public «Découverte de l\u2019année/Québec Science» a connu un engouement sans égal.Le choix de nos lecteurs et de nos lectrices s\u2019est porté sur un petit moteur conçu par une équipe de jeunes ingénieurs de l\u2019Université de Sherbrooke.Cette découverte a recueilli 24,65% des votes.Bien que le diamètre du moteur fasse à peine celui d\u2019une rondelle de hockey, l\u2019invention pourrait permettre de construire des véhicules plus écologiques et plus efficaces.En outre, il leur confèrerait la puissance d\u2019une Ferrari, rien de moins! Cette réussite technologique est signée par une équipe composée des professeurs Jean-Sébastien Plante et Martin Brouillette, du département de génie mécanique de l\u2019Université de Sherbrooke, et de deux de leurs étudiants, Mathieu Picard et David Rancourt, qui font maintenant leur doctorat aux États-Unis.«Nous sommes parvenus à fabriquer une turbine à réaction d\u2019une grande puissance qui ne compte qu\u2019une seule pièce mobile», avaient- ils expliqué à notre journaliste Joël Leblanc dans notre dossier des Découvertes de l\u2019année 2012, publié en février dernier.Ce «ramjet rotatif», comme on le nomme, permet de brûler l\u2019hydrogène en n\u2019émettant pas de gaz polluants.On peut visionner la capsule produite par l\u2019équipe de Radio- Canada/Explora pour mieux en comprendre le fonctionnement.«L\u2019apport de chaque membre de cette petite équipe a fait toute la différence, autant du côté des étudiants que des professeurs.Cette recherche interdisciplinaire a permis le développement d\u2019un moteur fonctionnel malgré des moyens financiers limités», explique David Ran- court, actuellement doctorant en génie mécanique à la Georgia Institute of Technology.Le prix du public, une initiative de Québec Science, a été remis le mois dernier en présence des dignitaires universitaires et des médias de l\u2019Estrie.«Partout dans le monde, le public prend conscience des effets de la recherche universitaire sur l\u2019amélioration de sa qualité de vie», a déclaré Luce Samoisette, rectrice de l\u2019Université.Cette reconnaissance par les lecteurs de Québec Science le prouve abondamment.Avec ses défis démographiques, sociaux, professionnels et industriels, le Québec doit cultiver et gagner sa place dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019invention du ramjet rotatif démontre que nous avons la capacité de figurer parmi les meilleurs, quand nous nous en donnons les moyens.«Ce prix décerné par les lecteurs nous flatte et nous encourage à poursuivre le développement de technologies qui amélioreront notre qualité de vie, tout en respectant l\u2019environnement», a commenté Mathieu Picard, aujourd\u2019hui au Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis.Au classement des découvertes les plus populaires, nous avons, au deuxième rang avec 16,5% des votes, la mise au point d\u2019un nanos- calpel par des chercheurs de l\u2019École polytechnique de Montréal, tandis que le programme de dépistage du cancer de l\u2019ovaire, développé par des chercheurs de l\u2019Université McGill, a recueilli 14,3% des votes.Ce concours organisé par Québec Science est le seul au pays à faire appel au public pour la remise d\u2019un prix scientifique.?QS Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 7 qu\u2019une seule nacelle de TrensQuébec».Il doute qu\u2019une automotrice de seulement 15 tonnes puisse accommoder 65 passagers, et que le pneumatique soit un choix envisageable à des vitesses de 250 km/h.Jacques Laframboise, de Montréal, ajoute que la puissance de 8 000 kW est carrément «incompréhensible».Les dessins de Trens- Québec montrent 12 ou 16 mo teurs roues par véhicule.«Avec 16 moteurs, ce serait une puissance de 500 kW par roue, ce qui est invraisemblable; le moteur roue de Couture ayant été développé pour une limousine.» M.Laframboise estime que 50 kW par roue serait plus raisonnable, mais si l\u2019on dote une nacelle de 15 tonnes de 12 moteurs de 50 kW (soit une puissance totale de 600 kW), «le TrensQuébec aura une puissance massique de 40 kW/tonne, soit plus du double de celle du TGV Atlan - tique».L\u2019accélération serait probablement «décoiffante»\u2026 La discussion avec les auteurs du projet est ouverte! Cela nous permet de rectifier deux erreurs présentes dans l\u2019article.Selon les pro - moteurs du projet, la puissance totale de tous les moteurs électriques du monorail devrait atteindre 8 000 kW et non 8 000 W.Enfin, la masse d\u2019un wagon de TGV est d\u2019environ 34 tonnes, et non de 200 tonnes, comme mentionné dans l\u2019article.Oups! Dans notre numéro sur le Nord (Québec Science, avril 2013) nous ne donnions pas le bon prénom au propriétaire de Chantiers Chibougamau.Il s\u2019agit de M.Lucien Filion (et non Louis).Prix excellence Lyse-Daniels 2012-2013 Le magazine Québec Science a reçu en mars dernier, l\u2019un des prix d\u2019excellence Lyse-Daniels 2013 \u2013 volet national \u2013 décerné par l\u2019associa - tion Impératif français.L\u2019organisme de promotion de la langue française tenait ainsi à souligner les hauts standards journalistiques que pratique le magazine en l\u2019encourageant à poursuivre son travail auprès de ses fidèles lecteurs.L\u2019association note aussi la contribution de notre magazine à la diffusion de l\u2019information scientifique dans la langue de Molière, de Diderot et de Marie Curie.Les autres lauréats sont : Druide informatique (volet international), le Comité organisateur des festivités entourant le 175e anniversaire des Patriotes (volet national et Montréal), la scène des Brasseurs du temps (volet Ou- taouais) et l\u2019Assemblée communautaire fran- saskoise (volet canadien).De gauche à droite, la rectrice de l\u2019Université de Sherbrooke Luce Samoisette, le professeur Martin Brouillette, le rédacteur en chef de Québec Science, Raymond Lemieux, les doctorants Mathieu Picard et David Rancourt, ainsi que le responsable du projet, le professeur Jean-Sébastien Plante.La découverte de l\u2019année, le choix de nos lecteurs Ça roule pour quatre ingénieurs associés à l\u2019Université de Sherbrooke! La mise au point d\u2019un moteur avec une turbine bien particulière a gagné la faveur populaire.Leur invention a été couronnée découverte de l\u2019année par nos lecteurs. \u2019image ressemble à un tableau pointilliste un peu grossier mais, pour les cosmologistes du monde entier, c\u2019est un trésor de données.Il s\u2019agit en fait d\u2019une «photographie» quasi parfaite de l\u2019Univers tel qu\u2019il était il y a près de 14 milliards d\u2019années, juste après le big-bang.Dévoilée en grande pompe par l\u2019Agence spatiale européenne fin mars, cette mappemonde du ciel est de 20 à 30 fois plus détaillée que la carte précédente fournie par le satellite WMAP en 2003, et 1 000 fois plus que la première carte dressée par COBE en 1992! On doit ce chef-d\u2019œuvre au satellite européen Planck qui a scruté toute la voûte céleste en continu, pendant 15 mois, afin de cartographier en haute résolution le fond diffus cosmologique, aussi appelé « rayonnement fossile» .En d\u2019autres termes, il devait dénicher, derrière la lumière aveuglante des galaxies, la lueur résiduelle venue du premier flash lumineux de l\u2019Univers.Juste après le big-bang, notre Univers ressemble en effet à une soupe de parti - cules dense et chaude.Si dense, que la lumière ne parvient pas à y circuler; l\u2019opacité est totale.Mais à mesure qu\u2019il grandit, il se refroidit jusqu\u2019à atteindre, environ 380 000 ans après sa naissance, quelque 2 700 ºC.À cette température presque clémente au thermomètre des astrophy- siciens, les atomes commencent à se former, libérant d\u2019un coup les photons lu mi neux jusqu\u2019ici englués dans la «soupe».Depuis, l\u2019Univers poursuit son expansion.Et son rayonnement initial continue de se propager.Si bien que certains de ces photons originels nous parviennent aujourd\u2019hui, de toutes les directions du ciel, après un long voyage de 13,8 milliards d\u2019années.C\u2019est ce rayonnement fossile que la mission Planck a réussi à capter avec une précision inégalée.Ainsi, la carte obtenue éclaire d\u2019un jour nouveau les petites fluctuations du rayonnement fossile, qui en disent long sur la répartition de la matière au début de l\u2019Univers.« Les instruments ont détecté des variations de température de quelques millionièmes de degrés seulement, précise Marc-Antoine Miville-Deschênes, un chercheur québécois \u201cplanckien\u201d travaillant 8 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Actualités QS LE TOUR DE LA SCIENCE EN DEUX TEMPS, TROIS MOUVEMENTS Grandiose flash-back ! Les premiers instants du monde, comme si vous y aviez été.Par Marine Corniou L à l\u2019Institut d\u2019astrophysique spatiale de Paris.Les zones en bleu, légèrement plus froides, correspondent aux zones de matière qui étaient les plus denses.» Or, ces agrégats initiaux de matière ne sont rien d\u2019autre que les ancêtres des étoiles et des galaxies d\u2019aujourd\u2019hui.La bonne nouvelle?«Ces données attendues avec impatience confirment le modèle standard du big-bang», commente Olivier Hernandez, chercheur au département de physique de l\u2019Université de Montréal.Avec toutefois quelques ajustements : notre Univers aurait 80 millions d\u2019années de plus que ce qu\u2019on pensait, et la constante de Hubble, qui décrit la vitesse d\u2019expansion du cosmos, devrait être revue de 10% à la baisse.Pour autant, les résultats obtenus par le satellite ne permettent pas de répondre à toutes les interrogations des cosmolo- gistes, et certains mystères demeurent.«On s\u2019attendait à trouver des écarts, des indices sur d\u2019éventuels univers exotiques qui avaient été imaginés par la théorie des cordes notamment, mais il n\u2019y en a aucune trace», résume Marc-Antoine Miville- Deschênes.Le satellite n\u2019a encore pas dit son dernier mot, puisqu\u2019il reste 15 mois de relevés à analyser.Avis à ceux qui veulent plancher sur la question : les données de Planck sont accessibles au monde entier.?QS +Pour en savoir plus http ://public.planck.fr/ Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 9 LE VIH VAINCU PAR UN TRAITEMENT PRÉCOCE La nouvelle a fait grand bruit.Quatorze adultes ont été «fonctionnellement guéris» de leur infection au VIH, selon une récente étude de l\u2019Institut Pasteur à Paris.Un miracle?Non, plutôt l\u2019effet d\u2019un traitement antirétroviral administré plus rapidement que d\u2019ordinaire.Ces patients, qui ont découvert leur séropositivité il y a une quinzaine d\u2019années, ont en effet bénéficié d\u2019une thérapie dans les 10 semaines suivant leur contamination (ce qui n\u2019était le cas que de 2% des séropositifs à l\u2019époque).Ils ont suivi leur traitement pendant en moyenne trois ans, puis l\u2019ont arrêté pour des raisons personnelles.Or, plutôt que de voir leur état se dégrader, ils ont naturellement gardé le virus sous contrôle.Aujourd\u2019hui, 7 à 10 ans après l\u2019arrêt de leur thérapie, leur taux de virus dans le sang est toujours indétectable.Ces personnes n\u2019ont toutefois pas les mêmes caractéristiques génétiques que les «contrôleurs» naturels du VIH, qui résistent à l\u2019infection sans traitement (moins de 1% des personnes atteintes).Chez elles, c\u2019est bien le traitement précoce qui aurait permis de déclencher une résistance immunitaire durable.Les chercheurs estiment qu\u2019entre 5% et 15% des patients traités précocement pourraient ainsi réussir à dompter le virus.actualités Une précision inégalée.L\u2019œil du satellite Planck aura été plus perçant que celui de ses prédécesseurs COBE et WMAP.COBE WMAP Planck E S A / C O L L A B O R A T I O N P L A N C K Ne versez-vous pas dans l\u2019anthropomorphisme, en qualifiant les chimpanzés d\u2019anxieux ou de déprimés?C\u2019est le risque.Mais on n\u2019a pas de meilleure façon de décrire leur état.Depuis 2009, je mène des travaux d\u2019observation auprès de 10 chimpanzés à la retraite, hébergés dans un refuge aux Pays- Bas.Au début, ils manifestaient tous des comportements anormaux, qu\u2019on n\u2019observe jamais dans la nature.Certains s\u2019automutilaient, d\u2019autres se berçaient sans arrêt.Or, tous avaient vécu des épisodes traumatisants : une séparation d\u2019avec la mère à un très jeune âge, des prises de sang à répétition dans des laboratoires, etc.Les événements traumatisants et leurs conséquences chez les chimpanzés sont semblables à ce que l\u2019on peut observer chez certains humains.Vous suggérez donc de traiter les chimpanzés comme des humains?Pas tout à fait.La psychothérapie est évidemment hors de question.D\u2019ailleurs, les chimpanzés vivent en cage et il est souvent dangereux de les approcher.Mais on a apporté des changements à leur environnement, pour le rendre plus stimulant.Et à quelques- uns, on donne de la sertraline [NDLR: vendue au Canada sous la marque de commerce Zoloft].Ça semble bien fonctionner.Les chimpanzés qui reçoivent l\u2019antidépresseur s\u2019adonnent moins que les autres à des activités de mutilation.Mais je ne dis pas qu\u2019il faille prescrire des antidépresseurs à tous les chimpanzés de labo à la retraite.Bien que l\u2019on ne sache pas pourquoi, certains d\u2019entre eux, comme chez les humains, semblent plus résilients et ont mieux surmonté les traumatismes du passé.Avec le recul, croyez-vous qu\u2019il était vraiment nécessaire de recourir à des chimpanzés pour la recherche?C\u2019est très difficile de répondre à cette question.Certaines recherches ont permis la découverte de médicaments importants.D\u2019autres projets n\u2019étaient certainement pas utiles et sont allés trop loin.Mais les chercheurs, à l\u2019époque, n\u2019étaient probablement pas conscients comme nous le sommes aujourd\u2019hui de la vulnérabilité des animaux.Propos recueillis par Dominique Forget LEs chimpanzés déprimEnt aussi En janvier 2013, les National Institutes of Health, aux États-Unis, ont décidé de restreindre le plus possible l\u2019utilisation des singes pour la recherche et ont envoyé à la retraite les quelque 700 chim panzés qui se trouvaient toujours dans les laboratoires du pays.Habitués à vivre en captivité, souvent infectés par les virus du VIH ou de l\u2019hépatite, ces grands primates ne peuvent plus retourner dans la nature et sont condamnés à vivre dans des «foyers d\u2019accueil», comme on en trouve en Montérégie au sud de Montréal.Aux dires du psychiatre allemand Martin Brüne, de l\u2019université de la Ruhr à Bochum, plusieurs souffriraient de stress post-traumatique, et seraient anxieux ou déprimés.La solution?Les antidépresseurs, évidemment! Acceptable?Le chercheur explique.10 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 LES MALPOLIS SE POLARISENT Les internautes qui lisent des nouvelles scientifiques sur la Toile sont influencés tout autant par les commentaires sur les articles que par les articles eux-mêmes.Des chercheurs états-uniens l\u2019ont constaté, après avoir demandé à 1 183 volontaires de lire un texte à propos du nano-argent, dans lequel on faisait état des promesses et des risques potentiels de ces nanoparticules.Des commentaires, supposément envoyés par des internautes mais en réalité écrits par l\u2019équipe de recherche, lui étaient joints.La moitié des participants ont pu lire des opinions, favorables ou non, rédigées sur un ton cordial.La seconde moitié a lu des commentaires grossiers, du genre «Si vous ne saisissez pas les risques de cette technologie, vous êtes idiot» ou «Il faut être imbécile pour ne pas comprendre le potentiel des nanos».Le nombre, l\u2019orientation (pour ou contre) ainsi que la longueur des commentaires s\u2019équivalaient de part et d\u2019autre.Le constat: les internautes qui ont lu les commentaires polis sont restés sur leur position (qui avait été évaluée avant l\u2019expérience).Ceux qui ont lu les propos irrespectueux, en revanche, se sont polarisés.Qu\u2019ils aient été opposés ou favorables aux nanos, au départ, ils étaient devenus plus radicaux.E n t r e v u e A N D E R S G A D E L A W R E N C E M I G D A L E / S P L ure, la vie des arbres, aujourd\u2019hui! Plus il fait chaud, plus ils pompent l\u2019air, au point d\u2019avoir des embolies, c\u2019est-à-dire des obstructions de leur système vasculaire les rendant encore plus vulnérables à la sécheresse.Des 220 espèces d\u2019arbres auscultées dans toutes les forêts du monde par une équipe internationale de chercheurs, 70% sont à la limite de leur capacité à réparer ces embolies.«Cette étude est très intéressante», dit Sylvie de Blois, professeure à l\u2019école d\u2019environnement de l\u2019Université McGill.D\u2019après ses recherches sur la modélisation de l\u2019impact des changements climatiques sur la répartition des forêts québécoises, on comprend qu\u2019il y a de bonnes chances que notre paysage se modifie.«On peut s\u2019attendre à des stress climatiques importants pour plusieurs espèces et, avec le réchauffement des températures, à un déplacement vers le nord des conditions propices à la croissance des arbres d\u2019ici», indique la chercheuse.L\u2019étude en question a été publiée en novembre 2012 dans la revue Nature.Elle a été menée par une équipe formée d\u2019experts de partout sur la planète, qui appuie ces prédictions grâce à des données recueillies dans la plupart des régions géographiques mondiales, dont l\u2019Amérique du Nord.Les chercheurs ont démontré qu\u2019il y a convergence chez les espèces végétales vers une stratégie de résistance à la sécheresse, peu importe qu\u2019elles poussent en région aride ou humide.On mesure un tel phénomène au moyen de la tension hydraulique, cette force qui, Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 11 actualités Les arbres font de la résistance.Mais ils ont de plus en plus de mal à encaisser les périodes de sécheresse.Nos conifères tireraient tout de même assez bien leurs «épines» du jeu.Par Amélie Casgrain Forêts sous pression D Notre érable : champion de l\u2019adaptation?Pour certaines espèces, la restauration passive des embolies se fait lorsqu\u2019il y a absence complète de transpiration (donc de feuilles) et que le sol est à pleine saturation d\u2019eau \u2013 au printemps, en d\u2019autres mots.La sève est alors mise sous pression, augmentant la tension jusqu\u2019à la résorption complète de l\u2019embolie.L\u2019érable à sucre est le champion incontesté de cette méthode de restauration des lésions causées par le gel hivernal, ce qui permet la récolte de sa sève et, conséquemment, la production de sirop.R O N T E C H 2 0 0 0 / I S T O C K P H O T O grâce à l\u2019évaporation au niveau des feuilles, fait monter la sève dans le système vasculaire de l\u2019arbre.Lorsqu\u2019il manque d\u2019eau dans le sol, les stomates \u2013 les pores des feuilles \u2013 se referment afin de diminuer la transpiration et ainsi maintenir la tension.De cette manière, la tension entre les racines et les feuilles augmente.Il peut alors se produire un phénomène de cavitation par lequel l\u2019eau se vaporise dans le système circulatoire, y créant des bulles d\u2019air ou embolies.Celles-ci obstruent la circulation, limitant la capacité de trans - port de la sève.Les embolies se forment couramment lorsque l\u2019eau du sol est inaccessible, par exemple durant les périodes estivales sèches ou lors des gels hivernaux.Les arbres ont toutefois développé des mécanismes pour réparer ces lésions afin d\u2019éviter une restriction de la circulation de la sève.L\u2019étude internationale démontre que les gymnospermes, la famille d\u2019arbres dont font partie nos épinettes et autres résineux, sont plus résistantes que les angiospermes (les arbres à fleurs).Mais parmi les espèces analysées, seulement 58% de ces dernières peuvent fonctionner normalement avec une circulation réduite imputable aux embolies, alors que ce nombre grimpe à 94% chez les conifères.Cependant, les forêts pourraient ne pas avoir le temps de s\u2019adapter au réchauffement climatique actuel.«On doit sérieusement étudier leur capacité à le faire», dit Sylvie de Blois.Cela implique qu\u2019il faille surveiller la forêt de très près pour pouvoir la gérer en conséquence.On parle même maintenant de «migration assistée», c\u2019est-à-dire d\u2019aider la forêt à s\u2019établir vers des zones plus au nord, désormais plus favorables à sa croissance.?QS L\u2019auteure, Amélie Casgrain, compte parmi les lauréats du prix Fernand-Seguin 2012.Elle a produit cet article dans le cadre du stage qu\u2019elle a fait à Québec Science en mars dernier.12 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 actualités EN BATEAU, SOUS LA MONTAGNE Le gouvernement de la Norvège a donné le feu vert à la construction d\u2019un tunnel pour bateaux, le plus important du monde.D\u2019une longueur de 1,7 km, la galerie navigable fera 23 m de largeur et 33 m de hauteur.Elle permettra aux navires pouvant atteindre 16 000 tonneaux de jauge brute, qu\u2019ils transportent des marchandises ou des passagers, de traverser en toute sécurité sous la péninsule de Stad, dans le sud-ouest du pays.Le coût du projet est estimé à 1,5 milliard de couronnes, soit environ 267 millions de dollars.Les ingénieurs géologues ont déjà commencé à cartographier le territoire, pour s\u2019assurer que le fond des fjords pourra supporter l\u2019énorme structure de gneiss.La construction proprement dite devrait s\u2019amorcer au plus tôt en 2018 et durer 4 ans.mot De science Ressusciter les espèces animales éteintes?Cet invraisemblable projet pourrait se réaliser d\u2019ici 5 à 10 ans, si on laisse faire certains biologistes qui étudient la possibilité de ramener à la vie le mammouth ou le dodo.Iraient-ils jusqu\u2019à les réintroduire dans la nature?Cette «dé-extinction» dont ils parlent est-elle souhaitable?Quid du bien-être de ces futures bêtes de foire?Aux plans écologique, environnemental ou éthique, le débat ne s\u2019éteindra pas de sitôt.En tout cas, on a le mot pour en discuter.Dé-extinction Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 13 u bord de notre petit lac des Cantons-de-l\u2019Est, juin est le mois du concert des batraciens.Même si nous avons aussi des grenouilles vertes, c\u2019est surtout le fameux «ouaouaron» que nous entendons, celui que les savants nomment Lithobates castebeianus.Dès la nuit tombée, le pourtour du lac résonne des coassements.Une grenouille ose un premier appel, une congénère lui répond, tapie au fond de sa cachette sur la berge.Puis encore une autre un peu plus loin\u2026 Le concert est lancé.Il gagne en intensité, puis il s\u2019établit sur un rythme assez régulier d\u2019appels et de réponses, jusque tard dans la nuit.Le chant est grave et rauque; il se présente en séries de cinq ou six meuglements, qui valent à l\u2019espèce le surnom de grenouille mugissante ou grenouille- taureau, bullfrog.Il me semble que ce sont des mâles dominants qui donnent le ton; les autres leur répliquent sur une note plus haute ou plus basse, puis parfois se taisent brusquement ou, au contraire, coassent en continu, sans jamais fléchir.Ces chants de gorge sonores et répétitifs agacent certains de mes voisins.Moi, j\u2019y vois un des grands événements de la belle saison.Chaque fois, à proximité des grenouilles qui s\u2019époumonent pour se trouver des partenaires ou revendiquer un territoire, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019assister à un rituel primitif très puissant qui ranime le lac et tout un petit peuple animal : les poissons qui croisent sous la surface de l\u2019eau, les oiseaux blottis dans leur nid, les insectes qui, déjà à cette époque de l\u2019année, bruissent dans l\u2019air.Fugitives et silencieuses, des chauve-souris sillonnent parfois les abords du chalet ces nuits-là, et je les imagine fonçant sur les insectes avec un cri de victoire.Pure facétie de ma part, car elles ne crient pas, mais je leur attribue ces sons qu\u2019on m\u2019a présentés sur des enregistrements comme venant de chauve-souris en chasse : de légers sifflements en cascade, des séries de «tsui- tsui» aigus et feutrés.Écouter et décrire les sons de la nature est une des tâches les plus difficiles qui soient.Beaucoup de gens s\u2019y intéressent, mais peu s\u2019y connaissent vraiment, même parmi les naturalistes.De plus, rares sont les chercheurs en bioacoustique à se pencher sur la question.Pourtant, les techniques d\u2019enregistrement ont progressé et on sait aujourd\u2019hui traiter les pistes sonores complexes.Seuls les ornithologues et, dans une moindre mesure, les biologistes qui analysent le chant des baleines se sont lancés dans cette voie, mais seulement afin d\u2019étudier des espèces individuellement.Ce n\u2019est que depuis les années 1970 qu\u2019on s\u2019intéresse à l\u2019orchestre de la nature en tant que tel, aux paysages sonores des écosystèmes et à leur évolution.On parle ici de géophonie, c\u2019est-à- dire de l\u2019ensemble des sons émis par les organismes vivants.L\u2019inventeur du terme est Bernie Krause, un chercheur des États-Unis, qui a commencé sa vivant Les carnets du Par Jean-Pierre Rogel A L\u2019orchestre de la nature   L\u2019environnement est une musique.Hélas il est de plus en plus difficile de l\u2019entendre. carrière comme musicien populaire (il a joué notamment avec les Doors et avec George Harrison) et qui fut auteur de trames sonores de films, avant de décrocher tardivement un doctorat en bioacoustique.À 74 ans, Krause a publié, l\u2019an dernier, un fascinant livre de réflexion sur sa carrière et sur les sons naturels qu\u2019il a enregistrés.La traduction vient de sortir en librairie, sous le titre Le grand orchestre animal, aux éditions Flammarion.L\u2019éditeur, qui aime les phrases-chocs, nous avertit d\u2019emblée, sur le bandeau de couverture, que «50% des sons de la nature ont disparu en 50 ans» .Ce n\u2019est pas tout à fait ce que prétend Krause, mais il reste que son message central est sombre.«J\u2019ai enregistré plus de 15 000 sons d\u2019espèces animales et plus de 4 500 heures d\u2019ambiance naturelle, écrit-il.Près de 50% des habitats figurant dans mes archives sont désormais si gravement dégradés, si ce n\u2019est biophoniquement silencieux, que beaucoup de ces paysages sonores, naguère si riches, ne peuvent plus être entendus que dans cette collection.» En noyant les sons naturels subtils et complexes de la nature sous notre bruit, affirme-t-il, nous perturbons ou même détruisons la nature elle-même.Les riches paysages sonores des lieux sauvages africains ou indonésiens que Krause a enregistrés il y a quelques décennies n\u2019existent pratiquement plus.On y entendait chaque espèce à sa place exacte, avec sa fréquence, sa mélodie ou sa figure rythmique particulières, dans un orchestre parfaitement ordonné.Selon Krause, cette expérience auditive a laissé une impression profonde dans notre cerveau primitif.Si bien que, selon lui, la musique aurait pour origine les systèmes de communication sonores des animaux sauvages.Une idée originale, mais probablement indémontrable.J\u2019aime mieux sa conclusion : pour lutter contre la mise à mal du grand orchestre de la nature, nous devons d\u2019abord cesser de penser que nous «améliorons» la nature, puis faire silence, écouter et nous mettre au diapason du grand orchestre animal.?QS 14 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 actualités LE GÈNE DES APPARENCES C\u2019est une mutation génétique qui confère à 80 des 350 races de pigeons leur crête ébouriffée, formée de plumes poussant à l\u2019envers.C\u2019est en complétant le séquençage du génome du pigeon biset que les chercheurs de l\u2019université de l\u2019Utah ont fait cette constatation.Avec ses quelque 17 300 gènes, le génome du pigeon biset est l\u2019un des rares génomes d\u2019oiseau à avoir été décodé.Fait surprenant, la mutation génétique identifiée pourrait être en cause dans le développement de la maladie d\u2019Alzheimer et dans le cancer de la prostate chez l\u2019homme, soutient le chercheur principal, Michael Shapiro.Notre oiseau si commun détiendrait-il la clé qui permettrait de trouver un remède à ces affections?VICTOIRE CONTRE LE LONGICORNE! L\u2019éradication d\u2019une espèce est parfois synonyme de victoire pour les biologistes.C\u2019est le cas pour le longicorne asiatique, un coléoptère originaire de Chine et ravageur de feuillus, qui vient d\u2019être éliminé du Canada.Cette espèce avait été observée pour la première fois à Toronto en 2003.Puisque ce petit insecte n\u2019a aucun prédateur au pays, près de 30 000 arbres ont dû être coupés pour stopper sa propagation, qui n\u2019a donc pas, heureusement, atteint le Québec.Mais les forêts ne sont pas tranquilles pour autant.Depuis 2002, un autre coléoptère venu d\u2019Asie, l\u2019agrile du frêne, a tué plus de 20 millions d\u2019arbres en Amérique du Nord.Présent à Montréal depuis 2011, l\u2019agrile menace 20% des arbres de rue.F R E F O N eurêka! ILS CHERCHENT, ILS TROUVENT, ILS INNOVENT e chevalier de Lévis a dû être pas mal surpris.En juin 2011, sa statue, une œuvre de Louis- Philippe Hébert qui orne la façade du parlement de Québec, a reçu la visite de techniciens équipés d\u2019ordi - nateurs et de pistolets laser, semblables à des séchoirs à cheveux.qui l\u2019ont bala - yée de jets de lumière sans la toucher.Ils sont repartis avec, sur leur disque dur, un moulage numérique très détaillé de l\u2019œuvre.«Nous avons fait la même chose avec la fontaine de Tourny sur la colline parlementaire.Notre technologie permet de scanner en quelques minutes n\u2019importe quel objet tridimensionnel», dit Marco St-Pierre, ingénieur chez Creaform, la compagnie qui a mis sur le marché ce nouvel appareil que s\u2019arrachent les chaînes de montage de la planète.Là où l\u2019invention de Creaform se démarque, c\u2019est que l\u2019objet à scanner devient son propre point de référence.Auparavant, numériser un objet en trois dimensions nécessitait des précautions.«Et cela exigeait une lourde table de marbre équipée d\u2019un scanner relié à un point précis par un bras articulé, explique Marco St-Pierre.Ce n\u2019était pas ce qu\u2019on appelle une technologie portative!» «En fait, continue Stéphane Auclair, lui aussi ingénieur chez Creaform, nous appliquons simplement de petits autocollants ronds réfléchissants sur l\u2019objet à numériser et notre HandyScan utilise ces points comme système de référence.Il suffit qu\u2019il y en ait toujours deux ou trois dans son champ de vision pour qu\u2019il sache constam- Scanner sous tous les angles Une sorte de fusil laser permet de numériser des objets avec une précision sans égal pour les reproduire parfaitement.Par Joël Leblanc L Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 15 Les ingénieurs Stéphane Auclair (à gauche) et Marco St-Pierre : ils révolutionnent l\u2019industrie du 3DL O U I S E B I L O D E A U ment sur quelle partie de l\u2019objet il se trouve.» Si l\u2019objet bouge, les pastilles de référence bougent avec lui ! Dans la salle d\u2019essai, au sous-sol des bureaux de Creaform à Lévis, une statuette attend, sur une stèle, d\u2019être numérisée.Le «pistolet » bien en main, le technicien appuie sur le bouton.On croirait qu\u2019il peint au fusil.Doté de deux caméras agissant comme nos yeux et d\u2019un petit laser qui projette une croix rouge, son «pistolet» reconnaît la surface de l\u2019objet et mesure précisément ses dimensions.Sur l\u2019écran du portable auquel il est branché, la statuette apparaît graduellement, à mesure que le laser la balaie.«Nous pouvons obtenir des performances encore plus poussées, continue Stéphane Auclair en présentant une espèce de globe sur lequel on reconnaît la configuration à deux caméras.La grosse coque qui englobe l\u2019appareil porte elle-même de nombreuses pastilles réfléchissantes.C\u2019est le MetraScan.Jumelé à une autre paire de caméras fixes sur trépied, il peut fournir des mesures exactes à quelques dizaines de microns près.» Déjà, les grands de l\u2019automobile comme BMW, Toyota, Volkswagen, Chrysler, Rolls-Royce et Renault ont équipé leurs chaînes de montage de ces appareils, histoire de s\u2019assurer de la qualité des carrosseries et autres composantes à leur sortie de l\u2019usine.Liberté de mouvement, rapidité, facilité d\u2019utilisation et grande exactitude ont séduit les fabricants.«La technologie sert aussi en aérospatiale, poursuit Marco St-Pierre, pour contrôler la qualité des pièces de moteur et de fuselage, ou dans l\u2019industrie pétrolière et gazière pour vérifier l\u2019état des pipelines.Le nombre des débouchés est presque infini.» Le GO!Scan, une version plus simple de l\u2019invention, lancée à l\u2019automne 2012, est le petit dernier de la gamme de produits de Creaform.Son laser est remplacé par une simple lumière blanche et il est tout indiqué dans le domaine de la santé et des mesures corporelles.«Pour fabriquer une prothèse, par exemple, il faut d\u2019abord faire un moulage, normalement en plâtre ou en polymère, du membre à remplacer.explique Marco St-Pierre.Avec notre appareil, il suffit de quelques secondes pour scanner le patient et obtenir un moulage numérique dans l\u2019ordinateur.L\u2019espace de stockage s\u2019en trouve pas mal réduit.Et le scanner lui-même tient dans une petite mallette.» Quant au chevalier, avant d\u2019être duc et maréchal, François Gaston de Lévis, il peut désormais se sentir doublement fier.Puisque le scan de sa statue a permis (à peu de frais) d\u2019en faire une réplique en 3D qu\u2019on peut désormais admirer aussi dans sa bonne ville de Lévis.?QS 16 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 eurêka! 5mois.C\u2019est l\u2019âge auquel les nourrissons montrent des signes de conscience semblables à ceux des adultes.De quoi s\u2019agit-il?Lorsqu\u2019on détecte quelque chose (une image ou un mouvement, par exemple), notre cerveau génère 2 types de signaux: un premier signal systématique et un second, plus tardif, qui apparaît dans le cortex préfrontal uniquement si l\u2019image ou l\u2019objet est resté dans notre champ de vision assez longtemps pour qu\u2019on en prenne conscience.Ce deuxième pic, qualifié d\u2019onde lente tardive, survient environ 300millisecondes après la disparition de l\u2019image.C\u2019est une sorte de «marqueur» de conscience.En mesurant l\u2019activité cérébrale de 80 nourrissons âgés de 5, 12 ou 15mois, à qui ils présentaient furtivement une photo de visage, les chercheurs du CNRS, à Paris, ont réussi à détecter cette signature de conscience, qui était toutefois 3 fois moins rapide que chez les adultes.Selon l\u2019étude, la conscience pourrait même se «voir» chez des bébés de 2mois.> > Tout compte fait La fontaine de Tourny à Québec, soumise au scanner 3D.C R E A F O R M S O F I E G E L S K O V Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 17 uand il s\u2019agit de vanter le gril, Steven Raichlen ne mâche pas ses mots.«Tout le monde est passionné par le barbecue.Il y a une connexion émotionnelle entre le feu, l\u2019homme et la cuisson», affirme le célèbre spécialiste états-unien de la grillade en plein air, auteur de La bible du barbecue.Il suffit d\u2019ailleurs d\u2019ouvrir ses fenêtres en été, de humer les effluves de saucisses ou de brochettes pour raviver l\u2019amour ancestral que l\u2019on voue au barbecue.D\u2019où cela vient-il?«Quand on dit goût, on se limite souvent aux papilles gustatives, mais il y a aussi le nez, observe François Chartier, sommelier et auteur du fameux Papilles et molécules.Si on ajoute tant d\u2019épices et de condiments à un steak tartare, c\u2019est parce que la viande crue, ça ne goûte rien!» Si on sait que les arômes définissent eux aussi le goût de ce que nous consommons, on comprend mieux pourquoi le barbecue nous allèche tant.La cuisson sur le gril est associée au développement d\u2019une signature aromatique très caractéristique, causée par la réaction de Votre premier guide scientifique du barbecue ! À lire avant d\u2019allumer son gril.Par Amélie Casgrain et Marine Corniou BARBECUE POUR LE MEILLEUR ET SANS LE PIRE O C E A N / C O R B I S Maillard.Bien connue des cuisiniers, cette réaction survient lorsque les protéines soumises à la chaleur «fusionnent» avec les sucres.Comme la viande est riche en protéines variées, elle offre une diversité de substrats pour la réaction de Maillard.Il en résulte une multitude de nouveaux composés (jusqu\u2019à 600 dans le bœuf!), qui enrichissent et complexifient les saveurs et les arômes, en particulier en surface.La chaleur du barbecue entraîne, par exemple, la création d\u2019une molécule nommée gaïacol, qui donne le goût de toast; l\u2019apparition des pyrazines, qui donnent un goût rôti; ou le maltol, qui donne un goût de caramel.C\u2019est aussi cette réaction qui dote les grillades de leur couleur brune.«La façon de cuire constitue un élément important dans le développement des saveurs et de la coloration», spécifie Varoujan Yaylayan, professeur en chimie des aliments à l\u2019Université McGill à Montréal.«La réaction de Maillard n\u2019a lieu que si la surface est déshydratée; sans évaporation d\u2019eau, pas de réaction, pas de coloration et les saveurs ne se complexifient pas.» Voilà qui explique la différence de goût entre les légumes bouillis et ceux qu\u2019on a sautés! Enfin, savez-vous que les arômes se développent quand l\u2019apparence de l\u2019aliment se modifie?«Il faut donc arrêter la cuisson au moment où la coloration apparaît si on veut en conserver toute la saveur, puisque les molécules aromatiques sont volatiles», souligne le scientifique.es cuistots ont d\u2019ailleurs tout intérêt à préférer le «medium saignant», car plus le temps de cuisson est long et plus la température est élevée, plus il y a formation de molécules toxiques.Il est exact que faire griller les aliments, les viandes surtout, entraîne la formation de composés cancérigènes.Deux des principales familles de ces composés apparaissent lorsqu\u2019on cuisine au barbecue.Ce sont d\u2019abord les amines hétérocycliques (AHC) qui représentent la plus grande source d\u2019inquiétude, puisqu\u2019elles sont les plus abondantes.Tout comme les composés aromatiques, ces AHC sont issues de la réaction de Maillard et se forment à haute température.Plus on fait carboniser sa viande, plus on en crée (jusqu\u2019à 17 sortes cancérigènes!).Il faut aussi tenir compte des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) qui proviennent surtout de la fumée dégagée par les gouttes de gras qui tombent sur les braises ou, pire, du contact direct du steak avec les flammes.Alors, la cuisine au barbecue présente- t-elle, ou non, des dangers pour la santé?Devrions-nous abandonner ce plaisir estival?Au cours des 15 dernières années, des études menées sur des rats dans plusieurs universités (États-Unis, Japon, Canada) ont démontré que la consommation des AHC peut favoriser le développement de certains types de cancer, dont ceux de la prostate, du côlon et du sein.Ces substances sont dites «mutagènes», c\u2019est-à- dire qu\u2019elles peuvent causer des mutations, ou altérations nocives, de l\u2019ADN au cœur des cellules.Cependant, les études dont elles ont fait l\u2019objet sont difficilement transposables à l\u2019humain, car les cher - 18 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 LES AROMATES, DES CONTREPOISONS Faire mariner ses viandes dans une préparation bien aromatisée avant de les cuire serait une très bonne idée santé.En effet, les propriétés de certaines épices, herbes et autres composés riches en polyphénols s\u2019avèrent étonnantes.«Durant la réaction de Maillard, ces composés antioxydants empêchent la formation des amines hétérocycliques (AHC) cancérigènes», explique J.Scott Smith, professeur en chimie des aliments à l\u2019université d\u2019État du Kansas, aux État-Unis.Ses recherches ont démontré que l\u2019ajout d\u2019herbes de la famille des lamiacées (dont la menthe, le thym, le romarin, la sauge et le basilic) à la marinade des viandes permet d\u2019inhiber la formation des AHC de 30% à 95%! Tremper la viande plusieurs heures dans le vin et la bière avant cuisson aurait les mêmes effets, selon une étude portugaise parue en 2008.«Si on ajoute tant d\u2019épices et de condiments à un steak tartare, c\u2019est parce que la viande crue, ça ne goûte rien!» L I S A T H O R N B E R G T O N Y M C C O N N E L L / S P L DIVERSES MÉTHODES DE CUISSON AU BARBECUE SELON UN MAÎTRE DU GRIL 1.LA CUISSON DIRECTE.Sur un gril au-dessus des braises ou du feu, à des températures élevées (de 230 °C à 340 °C).Cette méthode est la plus usuelle pour la majorité d\u2019entre nous.2.LE MODE INDIRECT.C\u2019est la méthode de prédilection du sud des États-Unis.Il s\u2019agit d\u2019un rôtissage lent, à basse température (de 160 °C à 180 °C) pendant de longues heures.Indirect, parce que la viande ne se trouve pas au-dessus de la source de chaleur mais du côté opposé du gril.La sauce et les produits à saveur de barbecue sont cuisinés suivant cette méthode.3.LE FUMAGE.C\u2019est une variante du mode indirect, qui requiert des températures ne dépassant pas les 120 °C.L\u2019ajout de copeaux de bois au feu permet d\u2019obtenir les saveurs qui lui sont caractéristiques, puisque les composés aromatiques se dégageant du bois qui brûle sont absorbés par les aliments.La fumée et la chaleur induisent une certaine déshydratation, favorisant la coloration et l\u2019aromatisation de l\u2019aliment.On peut aussi fumer à froid, en éloignant l\u2019aliment de la source de chaleur.Il ne cuira pas, mais absorbera tout de même les arômes de la fumée.4.LA GRILLADE SUR LA BRAISE.Qu\u2019il s\u2019agisse de pommes de terre ou de poisson emballé dans des feuilles de bananier, on dépose l\u2019aliment directement dans les braises.«C\u2019est ce que j\u2019appelle la cuisson de l\u2019homme des cavernes», dit Steven Raichlen.Les conseils de Steven Raichlen sont suivis par des milliers d\u2019amateurs de barbecue. cheurs y évaluent l\u2019effet d\u2019énormes doses d\u2019AHC (qui équivaudraient par exemple, pour une personne, à 275 kg de steak par jour!).«On a prouvé que ces composés sont toxiques et cancérigènes.Mais dans la réalité, les concentrations obte - nues lors de la cuisson d\u2019un repas restent minimes», assure le chimiste Varoujan Yaylayan.es scientifiques se sont aussi penchés sur l\u2019association entre la quantité de viande ingérée, le mode de cuisson utilisé et le taux de développement de certaines affections, telles les maladies cardio - vasculaires ou le cancer.Selon une synthèse de 21 études parue en 2009, le fait de consommer de la viande rouge bien cuite augmente indubitablement le risque de développer certains cancers, en particulier les cancers colorectaux, du sein et de la prostate.Une vaste recherche de l\u2019Institut National du Cancer, aux États-Unis, a quant à elle démontré que les personnes qui préfèrent manger de la viande cuite à point ou très cuite auraient trois fois plus de cancers de l\u2019estomac que ceux qui la dégustent saignante.Mais comme toujours, c\u2019est la dose qui fait le poison.Qu\u2019elle soit grillée ou bouillie, il est désormais prouvé que, en matière de viande rouge, la modération a meilleur goût! Ainsi, une récente étude de la Harvard School of Public Health, menée sur 120 000 personnes suivies pendant près de 30 ans, est sans appel : manger une portion de viande rouge par jour aug - mente la mortalité de 13%.Selon les chercheurs, au terme de ce suivi, environ 8% des décès prématurés auraient pu être évités si les participants s\u2019étaient limités à moins de 42 g par jour de viande rouge.La modération est aussi de mise quant à la température et à la durée de cuisson, qui influent beaucoup sur la production des AHC et HAP.À ce sujet, Steven Raich- len suggère l\u2019adoption de pratiques permettant de réduire à la fois la température et le temps de cuisson.Par exemple, faire bouillir les saucisses ou décongeler les viandes (voire les passer au micro-onde) avant de les griller.Et comme la concentration de composés toxiques augmente en flèche quand la flamme effleure les aliments, bien nettoyer la grille avant chaque utilisation et récupérer gras et jus dans une lèchefrite.«Si vraiment le gril était nuisible, nous ne serions pas ici pour en parler ! ironise Steven Raichlen.Et il y a une différence entre griller et brûler ! ?QS +Pour en savoir plus Papilles et molécules , François Chartier, Éditions La Presse, 2010, 216 p.La bible du barbecue, Steven Raichlen, Éditions de l\u2019Homme.2009, 620 p.20 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 «Les personnes qui préfèrent manger de la viande cuite à point ou très cuite auraient trois fois plus de cancers de l\u2019estomac que ceux qui la dégustent saignante.» COMME L\u2019HOMME DES CAVERNES La découverte de quelques foyers et de bouts d\u2019os brûlés datant d\u2019environ un million d\u2019années indique que c\u2019est probablement à cette époque que Homo erectus, premier hominidé à avoir maitrisé le feu, a commencé à faire cuire sa nourriture.Il s\u2019en est suivi un véritable bond en avant pour l\u2019espèce! D\u2019abord, sur les plans physique et intellectuel, car les aliments cuits se mastiquent plus aisément, donc l\u2019absorption des nutriments s\u2019en trouve facilitée.On observe d\u2019ailleurs une réduction quant à la taille de la mâchoire et de celle des dents, ainsi qu\u2019un développement de la boîte crânienne et du cerveau chez les hominidés de cette époque par rapport à leurs prédécesseurs.Et puis, sur le plan social, les individus ont commencé à se rassembler autour du feu qui offre une protection contre les éléments.Les repas, devenus communautaires, stimulent l\u2019évolution du langage, de la communication et de l\u2019organisation sociale.«Le barbecue a presque engendré la civilisation», résume Steven Raichlen.HISTOIRE D\u2019UN MOT Qu\u2019on l\u2019appelle tandoor (en Inde), gogigui (en Corée) ou barbie (en Australie), le barbecue s\u2019utilise partout sur la planète.Le mot français vient d\u2019ailleurs de l\u2019espagnol barbacoa, lui-même dérivé d\u2019un mot emprunté aux peuples arawaks des Antilles.Quand les Espagnols y ont débarqué au XVIe siècle, les Autochtones de l\u2019endroit utilisaient des claies de bois, ou barabikuu, pour y cuire et sécher les aliments.Les grillades étaient déjà populaires en Europe, mais les nouveaux arrivants ont rapidement adopté la version plein air des peuples du Nouveau Monde.N A T U R A L H I S T O R Y M U S E U M , L O N D O N / S P L pu er - \u2014 A \u2014\u2014 Cami) OCACATACAIA AUX ORIGINES ¢.\\ I io oo w \u2014 \u2014 em - tax \u2014 = its \u2014 -\u2014 2 - == \u2014 pl - tly \u2014 vs = = \u2014\u2014\u2014\u2014l ee nll \u2014 = - Sh = \u2014 -= alia hie WT Te cE Co .we: i I.\u2014 mg ve - ayy.= \u2014\" - 0e _ ta + - yg - Pe z \u2014 PL redid tg, = | iE atm pps a fe \u201c> \u2014m- + pr = 7 _ \u2014 ap & Fa ce de, ft, - eg - -._ \u2014_r\u2014 \u2014 Sr i SA rem 4 Yo - y Poles \u2014y em A = ag.\u2014 \u2014 afi > r=) i Ip can \u2014 Pala _\u2014 # i JE I Pa, Zea?\" p- \u2014 re Ay \u201c% - 7 GE wipe ur mé, ~~ a pr = » as \u2014 srl = a\" + ou.EE il a £ ~ pay = EEF & tem à.> cad Ou (es * = ea ro GE FJ Py 2 \u201cof , Car \u2014 J BoE MOET Za] FEE eh CURIEUX DE NATURE LA FABRIQUE DES \u2019après vous, nous assistons, impavides, aux États-Unis, au Canada et au Québec, à la propagation fulgurante d\u2019une épidémie de supposées maladies mentales.En 60 ans, le nombre des troubles mentaux répertoriés dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux \u2013 mieux connu sous son acronyme anglais DSM \u2013, est passé de 60 à plus de 400.Aux États-Unis, la consommation de psychotropes a augmenté de 4 800% au cours des 26 dernières années ! Au Canada, en 2010, les agents psychothérapeutiques figuraient au deuxième rang des médicaments les plus prescrits avec 64,8 mil lions d\u2019ordonnances, soit environ 2 ordonnances par Canadien, alors que, au début des années 1980, les psychotropes n\u2019apparaissaient pas sur la liste des 15 premières catégories de médicaments prescrits.Le Québec n\u2019a pas échappé à cette tendance.Un tiers des prescriptions d\u2019antidépresseurs au Canada sont faites par des psychiatres et des médecins québécois.En 2010, 13 millions d\u2019ordonnances ont été délivrées au Québec.Un Québécois sur sept est sorti du bureau de son médecin avec une prescription d\u2019antidépresseur.C\u2019est effarant ! Sur quoi vous fondez-vous pour affirmer que cette prolifération des maladies mentales est largement soutenue par l\u2019industrie pharmaceutique?Je m\u2019appuie sur quantité de données et sur des sources crédibles.Par exemple, aux États-Unis, les psychiatres dominent la liste «J\u2019ai écrit ce livre pour que nous réagissions en tant que société responsable tandis qu\u2019il est encore temps.Car au rythme où progresse cette terrible épidémie de troubles mentaux, nous deviendrons bientôt officiellement tous fous!» Dans un réquisitoire cinglant, solidement documenté \u2013 Tous fous?L\u2019influence de l\u2019industrie pharmaceutique sur la psychiatrie (Éditions Écosociété, 2013) \u2013, le philosophe et chercheur en socioéconomique, Jean-Claude St-Onge, s\u2019élève contre les thèses défendues par la bio-psychiatrie, «un grand leurre forgé de toutes pièces par l\u2019industrie pharmaceutique», selon lesquelles la détresse psychologique résulterait d\u2019un déséquilibre chimique dans le cerveau et non de facteurs exogènes environnementaux.«On ne comprend pas véritablement la maladie mentale, affirme-t-il.De plus en plus de psychiatres se rendent compte que les médicaments qu\u2019ils prescrivent ne sont pas efficaces et entraînent beaucoup d\u2019effets indésirables.Or, cette prescription massive d\u2019antidépresseurs et d\u2019antipsychotiques aux effets sous-estimés, et parfois dévastateurs, est l\u2019une des résultantes pernicieuses de la collusion consternante entre l\u2019industrie pharmaceutique et le monde de la psychiatrie.» Le philosophe Jean-Claude St-Onge dénonce avec fougue, dans un livre-choc, la collusion entre la bio-psychiatrie et l\u2019industrie pharma ceutique.Selon lui, derrière l\u2019épidémie des troubles de santé mentale se cache un business éhonté.D 22 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 FOUS des médecins ayant reçu des fonds de l\u2019industrie pharmaceutique.Environ 68% des membres du Groupe de travail sur le DSM qui viennent de publier une nouvelle version du manuel, le DSM-5, entretiennent des liens financiers étroits avec l\u2019industrie pharmaceutique, comme aussi 90% des auteurs des guides pratiques de la American Psychiatric Association (APA) pour le trai - tement de la schizophrénie, de la dépression majeure et de la bipolarité.Aux États-Unis et au Canada, les grandes compagnies pharmaceutiques sont très généreuses avec les principaux acteurs du domaine de la santé mentale, ceux qui établissent les grandes directives que suivent scrupuleusement les psy chiatres en matière de traitement des maladies mentales.Ces leaders d\u2019opinion siègent dans des comités scientifiques de l\u2019industrie, reçoivent de sa part de géné - reuses subventions de recherche, sont embauchés par les grandes compagnies pharmaceutiques comme conférenciers et pour donner à leurs collègues psychiatres des cours de formation médicale continue.C\u2019est un secret de polichinelle : les conflits d\u2019intérêts en psychiatrie sont plus qu\u2019évidents.Ils se reflètent dans le processus de préparation du nouveau DSM ou dans les conclusions d\u2019études scientifiques évaluant un nouvel antidépresseur.N\u2019est-ce pas un peu simpliste de réduire le monde de la psychiatrie à une sordide entreprise financière?L\u2019industrie pharmaceutique est une véritable mine d\u2019or.L\u2019augmentation foudroyante d\u2019ordonnances, en particulier de psychotropes, explique pourquoi cette industrie s\u2019est la plupart du temps maintenue en première position en ce qui a trait à la rentabilité.Je cite dans mon livre des données très éloquentes qui corro - borent cette assertion.Entre 1995 et 2006, la rentabilité des grands groupes pharmaceutiques était 3,6 fois plus élevée que la moyenne des 500 plus grandes compagnies figurant sur la liste du magazine financier états-unien Fortune.Ne nous leurrons pas! L\u2019exploitation éhontée du mal-être est extrêmement lucrative pour les compagnies pharmaceutiques qui sont prêtes à tout pour satisfaire l\u2019appétit insatiable de leurs actionnaires.Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 23 Le DSM Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (également désigné par le sigle DSM, abréviation de l\u2019anglais Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), publié par la American Psychiatric Association (APA), est un manuel de référence qui classifie et catégorise des critères diagnostiques et des recherches statistiques de troubles mentaux spécifiques.A A R O N M c C O N O M Y / C O L A G E N E .C O M Vous déplorez vivement que la bio-psychiatrie médicalise la détresse humaine.Beaucoup de gens souffrent.Est-ce que ça veut dire que leur cerveau est cassé, déséquilibré?D\u2019après les thèses ardemment défendues par les hérauts de la bio-psychiatrie, la souffrance psychologique résulterait d\u2019un déséquilibre chimique dans le cerveau, sans égard au contexte social et personnel des patients.La médicalisation outrancière de la détresse soulève des questions fondamentales qu\u2019on ne peut pas éluder.Les usagers des services en santé mentale ne sont pas des bénéficiaires, des clients ou des fous, mais des êtres humains.L\u2019éminent psychiatre états-unien Allen Frances, qui a dirigé les travaux de rédaction du DSM- IV et qui vient de publier à ce sujet un livre très critique [NDLR: Une traduction française de ce livre \u2013 Saving normal.aux éditionsWilliam Borrow \u2013 est bientôt prévue], a déclaré sans ambages : «La détresse quotidienne transformée en trouble mental représente la réalisation d\u2019un rêve pour le puissant marketing des sociétés pharmaceutiques, d\u2019Internet et des organi - sations de patients, ce qui a engendré de fausses épidémies, de nouvelles modes en matière de diagnostics psychiatriques.» Des études ont clairement démontré que 27 ans après la publication du DSM-III, entre 20% et 40% des diagnostics inscrits dans ce manuel étaient faux, parce que les symptômes décrits n\u2019étaient que des réactions normales aux difficultés de l\u2019existence et non des troubles mentaux.Le nombre de diagnostics de maladies mentales qu\u2019on trouve dans le DSM ne cesse d\u2019augmenter.Une personne en deuil souffrirait de «dépression majeure» si elle n\u2019arrive pas à surmonter son chagrin après deux semaines; une personne très timide serait atteinte de «phobie sociale»; un enfant qui conteste les règles imposées par sa famille est rapidement diagnostiqué comme souffrant de «trouble oppositionnel avec provocation»\u2026 Dans la dernière mouture du DSM, on a ajouté un nouveau trouble mental : le «trouble neurocognitif mineur», diagnostiqué chez des personnes âgées qui ont tendance à oublier des choses.Or, c\u2019est tout à fait normal; les trous de mémoire sont une caractéristique inéluctable de la vieillesse! Le DSM jouerait donc un rôle déterminant dans le champ de la maladie mentale?Absolument.Ce manuel définit qui est sain d\u2019esprit et qui est fou.Il est utilisé partout dans le monde par les psychiatres, les psychologues, les avocats qui espèrent innocenter leurs clients en plaidant la maladie mentale, les parents qui exigent la prestation de services pédagogiques particuliers pour leurs enfants, les compagnies d\u2019assurance pour justifier le rembour sement de certains traitements médicaux, etc.Un diagnostic de maladie mentale peut faire en sorte que vous perdiez vos enfants lors d\u2019un divorce ou que vous ayez de la difficulté à trouver un emploi.Recevoir un tel diagnostic, c\u2019est extrêmement stigmatisant.Selon vous, l\u2019une des grandes lacunes du DSM est sa propension à uniformiser les différents types de dépression.C\u2019est vrai.Jusqu\u2019en 1980, on identifiait deux types de dépression : la dépression endogène, pas grave, caractérisée par un état de mélancolie, et la dépression exogène, une forme de dépression réactionnaire développée à la suite d\u2019un événement très éprouvant \u2013 décès, perte d\u2019emploi, violence conjugale, etc.Depuis, on a décidé, dans le DSM, de regrouper ces deux types de dépression sous «dépression majeure».Jusqu\u2019en 1980, avant la sortie des inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS) comme le Prozac ou le Paxil, on prescrivait rarement des antidépresseurs de première génération, parce qu\u2019ils pouvaient entraîner beaucoup d\u2019effets indésirables, et même causer la mort.À cette époque, la dépression n\u2019était pas considérée comme un trouble mental grave, les gens atteints s\u2019en remettaient naturellement.En regroupant toutes les formes de dépression, graves ou pas, sous 24 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 \u201c La jeunesse est un eldorado pour l\u2019industrie pharmaceutique.En 2009, au Canada, près de 700 000 ordonnances de neuroleptiques ont été prescrites à des enfants de moins de 13 ans. Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 25 unmême parapluie, tout lemonde devenait admissible à un traitement médica - menteux.On a découvert tardivement que les ISRS sont aussi dangereux, et peut- être même plus que certains antidé - presseurs de première génération.Ils peuvent entraîner de l\u2019anxiété, des pensées suicidaires, du diabète, un AVC ou une atrophie du cerveau.Aux États-Unis, au Canada et en Europe, les autorités chargées de l\u2019inspection des médicaments ont émis un sérieux avertissement contre les effets délétères des ISRS.Vous affirmez dans votre livre que la majorité des essais cliniques sont tendancieux.Moins de 15% des données tirées des essais cliniques qui guident les décisions des professionnels de la santé mentale sont fiables.Cette conclusion, émanant de l\u2019examen de plus de 96 000 essais cliniques, met en lumière l\u2019insuffisance des découvertes qui fondent les recommandations des médecins.Il y a une trentaine d\u2019années, les essais cliniques étaient menés par des chercheurs indépendants qui contrôlaient tous les tenants et aboutissants.Au- jourd\u2019hui, les essais sont confiés à des entreprises à but lucratif et à des firmes de recherche clinique (les Contract Research Organisations) sollicitées par l\u2019industrie pharmaceutique.Ces tests cliniques sont réalisés à plusieurs endroits à la fois et les médecins qui les font n\u2019ont pas accès à l\u2019ensemble des données.Pour obtenir de nouveaux contrats et faire échec à la concurrence, il est tentant pour ces firmes privées de ne rapporter que les résultats positifs, quitte à «tordre» les données, supprimer les résultats gênants ou camoufler les indices qui trahissent la toxicité d\u2019un médicament.Je donne dans mon livre une douzaine de raisons qui remettent en question la fiabilité de nombreux essais cliniques.Par exemple, le manque de représentativité des patients sélectionnés; la suppression et l\u2019omission des résultats insatisfaisants; l\u2019évaluation intéressée des résultats.La hausse de l\u2019utilisation de psychotropes chez les enfants, dites-vous, est particulièrement alarmante.La jeunesse est un eldorado pour l\u2019industrie pharmaceutique.En 2009, au Canada, près de 700 000 ordonnances de neuroleptiques ont été prescrites à des enfants de moins de 13 ans.Entre 2005 et 2009, la prescription de neuroleptiques a été multipliée par 2,5 chez les 19 ans et moins; et elle a plus que doublé chez les 12 ans et moins.Au cours de la même période, le nombre d\u2019ordonnances de nouveaux antidépresseurs pour les jeunes a bondi de 44%, passant de 360 200 à 518 230.Aux États-Unis, en 1950, le nombre d\u2019enfants ayant reçu un diagnostic de trouble mental était d\u2019environ 7 500.En 2008, ce nombre dépassait les 8 millions! Toujours aux États-Unis, les diagnostics de bipolarité chez les enfants ont été multipliés par 40 entre 1994 et 2003, passant de 20 000 à 800 000.Chez les bénéficiaires d\u2019une assurance privée, 1 enfant entre 2 et 5 ans sur 70 consomme un psychotrope.Ce taux est quatre fois plus élevé chez les pauvres, bénéficiaires du régime gouvernemental Medicaid qui rembourse les médicaments, mais très rarement les consultations et la psychothérapie.Autrement dit, la psychothérapie pour les nantis et les médicaments pour les pauvres.C\u2019est pathétique! Qu\u2019en est-il des diagnostics de trouble déficitaire de l\u2019attention (TDAH) chez les enfants?Au Canada, en 2009, 2,9 millions d\u2019ordonnances pour le TDAH ont été prescrites, une augmentation de 55% en 4 ans.Le Groupe de travail du DSM-IV a réduit le nombre des symptômes à identifier avant d\u2019établir un diagnostic de TDAH.En faisant cela, les spécialistes du DSM s\u2019attendaient à un accroissement du nombre de diagnostics de 15% chez les enfants.Il a été de 200%! Un enfant recevra un diagnostic de TDAH s\u2019il présente 6 symptômes d\u2019hyperactivité et d\u2019impulsivité sur 13; et 6 symptômes d\u2019inattention sur 9.Les adultes doivent présenter seulement quatre symptômes dans chaque catégorie.Les diagnostics de TDAH sont fondés sur des impressions subjectives, à partir de questionnaires tout aussi subjectifs, basés sur les listes de symptômes établies par le DSM.En Allemagne, dans trois cas sur quatre, les symptômes décrits par le médecin ne correspondent même pas aux critères du TDAH.Ainsi, un garçon affichant des symptômes d\u2019agitation motrice, de manque de concentration et d\u2019impulsivité, même s\u2019il ne présente pas l\u2019ensemble des critères du TDAH, sera décrit comme tel.Les filles y échappent mieux, car les thérapeutes se fient davantage à l\u2019intuition pour établir leur diagnostic.Des études récentes ont d\u2019ailleurs démontré que les thérapeutes masculins sont plus susceptibles de poser un diagnostic de TDAH que leurs homologues Bar des sciences L\u2019événement aura lieu mardi le 4 juin 2013, de 17 h 30 à 19 h Au bistrot l\u2019Barouf 4171, rue Saint-Denis à Montréal L\u2019entrée est gratuite, mais il est préférable de réserver en appelant au 514 521-8356 poste 418.Pour plus d\u2019information, consultez la page Facebook de Québec Science.SOMMES- NOUS TOUS FOUS ?QS Québec Science La toute nouvelle édition du DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, n\u2019a jamais compté autant de pathologies avec des seuils aussi bas pour la prise en charge de ces maladies.Faut-il y voir le progrès des sciences neuropsychiatriques ou l\u2019érosion graduelle de la normalité de la pensée?Y a-t-il des risques de surdiagnostic et surmédicalisation?Les psychothérapies classiques peuvent-elles encore rivaliser avec le développement des thérapies chimiques?À Montréal Un bar des Science Radio-Canada Québec Science organisé en collaboration avec le Consulat général de France à Québec féminins.Rien ne le prouve encore, mais à mon avis, la situation en ce qui a trait aux diagnostics erronés de TDAH est encore pire au Québec.Par ailleurs, des études \u2013 que je cite dans mon livre \u2013 ont démontré que, après une période de trois à six ans, les médicaments que prennent des enfants pour atténuer le TDAH ne sont plus efficaces.Ainsi, les psychosti- mulants n\u2019améliorent pas leur état.Quelles solutions proposez-vous pour contrer ce que vous appelez la «médicalisation débridée» des patients censés souffrir de troubles mentaux?Je suis très préoccupé par l\u2019état de notre système de santé.Une des raisons pour lesquelles il est aujourd\u2019hui «dans le rouge», c\u2019est le prix de plus en plus exorbitant des médicaments qui grugent 20% du budget de la santé du Québec.En plus de leurs effets secondaires très nocifs, les nouveaux antidépresseurs coûtent 100 fois plus cher que les antidépresseurs de première génération.On ruine ainsi les budgets de la santé publique.Nos gouvernements sont complices de cette sinistre farce.C\u2019est ahurissant! Comme solution aux antidépresseurs, je ne propose pas la panacée.Mais je pense qu\u2019on devrait étudier les approches qui ont fait leurs preuves dans plusieurs pays comme aux États- Unis, au Royaume-Uni et en Finlande.D\u2019abord, la psychothérapie; ensuite, l\u2019activité physique \u2013 pour traiter une dépression légère ou modérée \u2013 ou l\u2019aro- mathérapie.Aux États-Unis, des patients ayant eu recours à cette dernière pendant six mois ont pu abandonner les neuroleptiques et ils ont réduit de moitié leur consommation d\u2019antidépresseurs.Enfin, la thérapie cognitivo-comportementale a prouvé qu\u2019elle pouvait diminuer de moitié le taux de rechute d\u2019un patient.Au Royaume-Uni, les psychothérapies sont remboursées par l\u2019actuel gouvernement qui ne se distingue pourtant pas par son progressisme.Au Québec, le rapport du Commissaire à la santé, paru en novembre 2012, propose de rembourser les psychothérapies.C\u2019est une excellente idée, qu\u2019il serait temps de mettre en pratique avant qu\u2019on nous accole à tous l\u2019étiquette de fou! ?QS Propos recueillis par Elias Levy +Pour en savoir plus http ://bibliobs.nouvelobs.com/en-partenariat-avec- books/20130329.OBS6215/allen-frances-la- psychiatrie-est-en-derapage-incontrole.html 26 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Le Centre des technologies de l\u2019eau, affilié au Cégep de Saint-Laurent, se démarque comme étant le seul centre de transfert de technologie dédié à l\u2019assainissement de l\u2019eau et à la gestion écologique de la ressource à l\u2019intérieur du réseau des centres collégiaux de transfert de technologie du Québec (CCTT).MICHELINE POULIN, ing Directrice générale mpoulin@cteau.com | 514.747.2782 poste 2 BUREAUX ADMINISTRATIFS 696, avenue Sainte-Croix, Montréal (Québec) H4L 3Y2 Téléphone: 514.747.2782 LABORATOIRE 2999, rue de l\u2019Île Charron, Longueuil (Québec) J4G 1R6 Téléphone: 450.646.7143 WWW.CTEAU.COM Développement d\u2019une nouvelle technologie d\u2019élimination du chrome hexavalent présent dans les effluents d\u2019industries de placage Évaluation de la contamination d\u2019effluents d\u2019un laboratoire de photographies et proposition de shémas de traitement adéquats Optimisation d\u2019un procédé de traitement biologique d\u2019effluents miniers Réalisation de plus d\u2019une trentaine d\u2019audit d\u2019usage de l\u2019eau (hôpitaux, écoles, CHSLD, centre de formation, édifices administratifs, casinos, hôtels) ASSAINISSEMENT ET DE L\u2019EAU GESTION L\u2019EAU POTABLE LES BOUES ET LES LIXIVIATS LES EAUX USÉES MUNICIPALES ET INDUSTRIELLES E X E M P L E S D \u2019 A P P L I C A T I O N C A T I O N O P P E S X E E X E M P L E S D \u2019 A P P L I \u201c On devrait étudier d\u2019autres approches comme la psychothérapie et l\u2019activité physique pour traiter une dépression légère ou modérée. LA RECHERCHE DANS LE RÉSEAU DE L\u2019UNIVERSITÉ DU QUÉBEC OR BLEU On pourrait s\u2019étonner de découvrir que le mot «rivalité» est emprunté au mot latin rivalis associé à «rivière».Les riverains sont, en effet, dans plusieurs régions du monde, en concurrence lorsqu\u2019ils tirent leur eau d\u2019un même fleuve.Il est de mise de le rappeler en cette Année internationale de la coopération dans le domaine de l\u2019eau, qui a été décrétée par les Nations unies.Les situations conflictuelles que l\u2019on retrouve dans plusieurs régions du monde au sujet de l\u2019utilisation de l\u2019eau (en Afrique sahélienne et au Moyen-Orient, notamment) ne souffrent certes pas la comparaison avec le Québec.Il est quand même étonnant de constater que l\u2019abondance d\u2019eau potable dont on profite nous a longtemps empêché d'en mesurer l'importance.Un demi-million de lacs et près de 4 500 rivières couvrent quelque 10 % du territoire.Malheureusement, l\u2019usage sans vergogne et inconsidéré de la ressource \u2013 surtout dans le sud \u2013 en a altéré la qualité.Au point où, dans les années 1980, on a dû construire de nombreuses usines d'assainissement et d'épuration.Aujourd'hui, saisit-on mieux la complexité qu'implique la gestion de l'or bleu?Il y a encore du travail à abattre, comprend-on en lisant ce dossier.Les chercheurs viennent d'ailleurs tout juste d'entreprendre la réalisation d'un inventaire de nos ressources hydriques \u2013 en étudiant autant les bassins versants que les nappes d'eau souterraines longtemps négligées \u2013 tout en évaluant leur qualité.Il était temps, pourrait-on penser! Chose certaine, cela pourrait changer notre façon d\u2019en faire la gestion.Et nous permettrait de l'inscrire adéquatement dans une stratégie de développement durable.La rédaction II Éditorial Ce dossier est inséré dans le numéro de juin-juillet 2013 du magazine Québec Science.Il a été financé par l\u2019Université du Québec et produit par le magazine Québec Science.Comité éditorial : Auclair, Marie (UQAM) Bédard, Claude (ÉTS) Bégin, Yves (INRS) Charest, Josée (INRS) Cormier, François (UQAR) Gauthier, Josée (ENAP) Gilbert, Claude (UQAC) Lamiot, Éric (TÉLUQ) Leclerc, André (UQAC) Lehoux, Jean-François (UQ) Lemieux, Raymond Mercier, David-H.(UQ) Pinsonnault, Pierre (UQTR) Reuillard, Valérie (UQ) Coordination : Raymond Lemieux et Valérie Reuillard Rédaction : Amélie Casgrain, Gilles Drouin, Noémie Larouche, Olivier Rey, Binh An Vu Van Graphisme : François Émond Révision : Hélène Matteau Correction-révision : Luc Asselin Bibliothèque nationale du Canada : ISSN-0021-6127 I L L U S T R A T I O N D E L A P A G E C O U V E R T U R E : S T E V E A D A M S 3 LES SOURCIERS DU FUTUR Regroupés au sein du programme PACES, les experts en ressource hydrique du réseau de l\u2019Université du Québec s\u2019affairent à dresser un véritable atlas de nos eaux souterraines.7 LE QUÉBEC EN EAUX TROUBLES Le réchauffement du climat modifiera nécessairement la gestion de nos ressources hydriques.Serons-nous prêts à temps?9 GESTION PARTAGÉE Entrevue avec Annie Chaloux, chercheuse boursière à la Chaire de recherche du Canada en économie politique internationale et comparée (CREPIC).10 NOUVEAUX POLLUANTS, NOUVELLES STRATÉGIES La pollution a changé de visage, ces dernières années; les techniques d'assainissement doivent être mieux adaptées.Encore faut-il comprendre l'impact des nouveaux contaminants.12 GLACIERS EN VOIE D\u2019EXTINCTION Ça se passe en Amérique latine.Comme un peu partout sur Terre.L\u2019eau des glaciers se raréfie ! Le professeur Michel Baraër est allé y voir de plus près.Sommaire La recherche dans le réseau de es 14 000 résidants d\u2019Amos en Abitibi sont fiers de leur eau, une eau souterraine puisée à même l\u2019esker Saint-Mathieu- Berry, à environ 7,5 km au sud-ouest de la ville.Et ils y tiennent ! Quand une entreprise s\u2019est pointée pour la mettre en bouteille à la fin des années 1990, ils ont posé une question : la nappe phréatique pouvait-elle soutenir une ponction industrielle tout en continuant à assurer leur approvisionnement en eau potable?La réponse a soulagé tout le monde.L\u2019étude menée à l\u2019époque par une équipe de l\u2019Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), en collaboration avec l\u2019Institut national de la recherche scientifique \u2013 Centre Eau Terre et Environnement (INRS-ETE), a démontré que, si l\u2019embouteillage représentait entre 8% et 9% de la recharge annuelle de la nappe, la ville d\u2019Amos accaparait environ 25% de cette même recharge, pour un total d\u2019un peu plus du tiers du « réapprovisionnement » naturel en eau de cette nappe phréatique.À ce rythme, il y III Regroupés au sein du programme PACES, les experts en ressource hydrique du réseau de l\u2019Université du Québec s\u2019affairent à dresser un véritable atlas de nos eaux souterraines.LES SOURCIERS DU FUTUR Vincent Cloutier, professeur en hydrogéologie, et Magalie Roy, technologue en géomatique, GRES-UQAT; Simon Nadeau, professionnel de recherche, GRES-UQAT L e l\u2019Université du Québec L\u2019eau K A R I N E B E L Z I L E aura de l\u2019eau tant que la pluie et la neige seront au rendez-vous ! Amos n\u2019est pas la seule municipalité québécoise à compter sur son sous-sol pour étancher sa soif.Trois- Rivières et Saguenay y puisent aussi une partie importante de leur eau potable.Dans l\u2019ensemble du Québec, c\u2019est 25% de la population qui dépend de ces nappes aquifères.Environ la moitié recourt aux installations municipales, le reste aux puits individuels privés.«Au Québec, dit l\u2019hydrogéologue Marie Larocque, professeure à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), il y a de l\u2019eau souterraine à peu près partout, sauf dans les argiles des basses-terres du Saint-Laurent.Un propriétaire de chalet qui fore un puits aura donc des chances d\u2019en trouver.» Encore faut-il qu\u2019elle soit de bonne qualité et en quantité suffisante.Un Québécois sur quatre dépend de cette eau dont on sait pourtant peu de choses.Comment est-elle répartie sur le territoire?Quelle est sa qualité?Est-elle IV Un programme mobilisateur La mise en place du Programme d\u2019acquisition de connaissances sur les eaux souterraines (PACES) a permis aux chercheurs de se regrouper et de se rapprocher des divers acteurs du monde municipal.Une véritable expertise québécoise en hydrogéologie, la science qui étudie le cheminement de l\u2019eau dans le sol, s\u2019organise maintenant autour du Réseau québécois sur les eaux souterraines (RQES).Le RQES rassemble les spécialistes du Groupe de recherche interuniversitaire sur les eaux souterraines (GRIES) et les utilisateurs d\u2019eau souterraine comme les municipalités régionales de comté (MRC), les entreprises, ainsi que des ministères et des organismes de gestion des bassins versants.«Je donne le crédit aux chercheurs qui se sont spontanément regroupés afin d\u2019établir des critères de base pour tous les projets», reconnaît Normand Boulianne, responsable du PACES au ministère du Développement durable, Environnement, Faune et Parcs (MDDEFP).Il faut comprendre que les recherches menées grâce au PACES donnent un portrait global.À partir de cette information, les gestionnaires locaux et régionaux pourront approfondir les études, puis mettre de l\u2019avant des projets d\u2019aménagement du territoire adéquats.C\u2019est le genre de données qui éclaireraient sans doute le différend opposant la ville de Gaspé à la société Pétrolia au sujet de l\u2019exploitation du pétrole aux environs de la municipalité.L\u2019hydrogéologue René Lefebvre: « Il n\u2019y aura pas d\u2019autres endroits dans le monde qui pourront compter sur la base de connaissances que nous posséderons bientôt.» La carte de la couverture territoriale des recherches menées par le Réseau québécois sur les eaux souterraines.La recherche dans le réseau de renouvelée à un rythme suffisant?Quelles sont les activités humaines et industrielles qui la menacent?«Bien qu\u2019on ait mené des études au cours des dernières décennies, fait remarquer l\u2019hydrogéologue René Lefebvre, professeur à l\u2019INRS-ETE et l\u2019un des pionniers de la recherche sur les eaux souterraines au Québec, les données sur le sujet demeurent partielles et incomplètes.» Elles sont éparpillées çà et là.Elles sont aussi parfois dépassées, compte tenu de l\u2019évolution des techniques de cartographie et d\u2019analyse des eaux.Le Programme d\u2019acquisition de connaissances des eaux souterraines (PACES), lancé en 2009 par le gouvernement du Québec dans la foulée de la Politique nationale de l\u2019eau, devrait remédier à ces lacunes.Son objectif : identifier les problèmes spécifiques qui devront requérir l\u2019attention des scientifiques comme des gouvernements.Pour le moment, le programme comporte 13 projets de recherche régionaux, dont 11 sont sous la supervision directe de chercheurs du réseau de l\u2019Université du Québec.Forages, relevés sismiques, prélèvements et analyse de l\u2019eau des puits existants, études de l\u2019écoulement de l\u2019eau et analyse des sols permettront aux hydrogéologues, géomorphologues, géographes et autres spécialistes des sciences de la Terre de brosser, d\u2019ici 2015, un portrait des eaux souterraines d\u2019environ 75% du territoire habité du Québec, aussi bien dans sa globalité qu\u2019à l\u2019échelle régionale.«Que je sache, mentionne René Lefebvre, il n\u2019y aura pas d\u2019autres endroits dans le monde qui pourront compter sur la base de connaissances que nous posséderons une fois tous les projets terminés !» Les résultats préliminaires des recherches en cours indiquent que l\u2019abondance et la qualité des eaux souterraines sont généralement élevées dans les régions étudiées.«Nous n\u2019avons en effet mesuré que très peu de dépassements de normes relatives aux contaminants», mentionne Marie Larocque à propos des travaux menés par exemple dans le bassin de la rivière Bécancour.De son côté, René Lefebvre a été étonné de ne pas trouver de traces de contamination provenant de la production agricole en Mon- térégie.«Le drainage des terres fait en sorte que l\u2019eau de pluie percole rapidement et atteint le cours d\u2019eau qui, lui, encaisse la charge», explique-t-il.Il reste que les eaux souterraines du Québec demeurent inégalement réparties et leur qualité varie d\u2019un endroit à l\u2019autre.«En Abitibi-Témiscamingue, note Vincent Cloutier, de l\u2019Université du Québec en Abi- tibi-Témiscamingue, les eskers offrent une eau de très grande qualité qui ne requiert aucun traitement.Mais les eskers ne représentent ici que 5% du territoire.Et ce sont des milieux vulnérables.» Il y a bien sûr de l\u2019eau dans le roc fissuré, mais elle est plus rare et de qualité moindre.Une fois le bilan complété, les chercheurs pourront raffiner l\u2019analyse des eaux souterraines d\u2019un territoire donné en fonction des besoins d\u2019aménagement et, surtout, de la vulnérabilité de la nappe phréatique.Stéphane Campeau, de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières donne un exemple bien concret : «Certaines cultures en sols sablonneux requièrent beaucoup d\u2019engrais et de pesticides.Or ces sols, pauvres pour l\u2019agriculture, sont souvent riches en eaux souterraines.» Il faudra certainement faire des choix en conséquence.?Par Gilles Drouin V Puits privés: attention à la contamination bactériologique L\u2019équipe du géographe Stéphane Campeau, professeur à l\u2019Université du Québec à Trois- Rivières (UQTR), a mesuré la contamination bactériologique (Escherichia coli, entérocoques et coliformes) de 240 puits privés alimentant des résidences isolées dans la Mauricie.Les résultats inquiètent.Dans 40% des cas, l\u2019eau dépassait au moins une des normes bactériolo - giques.Quinze des puits contaminés affichaient une concentration en E.coli supérieure aux normes.Les causes sont multiples: puits mal situés ou mal protégés, présence d\u2019animaux domestiques à proximité et manque d\u2019entretien.Le gouvernement a pourtant édicté des règles concernant les puits privés.Les Mauriciens n\u2019étant probablement pas plus négligents que la moyenne des Québécois, il est permis de s\u2019interroger aussi sur la salubrité des puits privés ailleurs au Québec.L O U I S E B I L O D E A U e l\u2019Université du Québec L\u2019eau VI G R E S - U Q A T Un cycle lent Nous imaginons souvent les eaux souterraines comme des lacs cachés sous terre ou des rivières coulant subrepticement sous la surface.«En fait, explique l\u2019hydrogéologue Marie Larocque, professeure à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), les eaux souterraines suivent un grand cycle dont elles représentent la partie lente au cours de laquelle les précipitations s\u2019infiltrent dans le sol.Elles y cheminent pour rejoindre ultimement un cours d\u2019eau, subir les effets de l\u2019évapotranspiration et retomber sur le sol pour recommencer le cycle.» Une partie de cette eau est captée par des puits municipaux.Ces puits sont forés dans un sol granulaire (mélange de sable et de gravier comme les eskers de l\u2019Abitibi) ou dans un roc fissuré.Ce cycle est parfois très long, comme le démontre une étude menée par l\u2019hydrogéologue René Lefebvre de l\u2019Institut national de la recherche scientifique \u2013 Centre Eau Terre et Environnement (INRS-ETE).Dans une zone de 2 000 km2 de la Montérégie, la nappe phréatique contient les eaux résiduelles de la mer de Champlain, qui couvrait cette partie du Québec, il y a environ 10 000 ans! «Il s\u2019agit d\u2019une eau saumâtre, impropre à la consommation humaine», précise le chercheur.En effet, plus l\u2019eau chemine lentement et longuement sous terre, plus elle est susceptible de dissoudre divers minéraux.Cette contamination naturelle la rend alors peu intéressante pour la consommation humaine.D\u2019indésirables minéraux ?En Mauricie, le géographe Stéphane Cam- peau, professeur à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), s\u2019inquiète de la présence, à certains endroits, de fer et surtout de manganèse d\u2019origine naturelle dans l\u2019eau : « Il n\u2019y a pas de normes santé, mais certaines études associent le manganèse à des troubles cognitifs chez les enfants.» ?En Abitibi-Témiscamingue, l\u2019équipe de Vincent Cloutier a trouvé des indices de contamination naturelle à l\u2019arsenic des aquifères situés dans le roc fracturé.«Ce problème touche surtout les puits privés.Nous devrons approfondir cette question dans les années à venir.» ?Au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, l\u2019ingénieur géologue Alain Rouleau, professeur à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), a remarqué une teneur anormalement élevée en fluor, probablement causée par l\u2019abondance de granit noir (anorthosite).?Le géographe Thomas Buffin-Bélanger, professeur à l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR), commence un projet couvrant une bonne partie du Bas-Saint-Laurent, entre Trois-Pistoles et Matane.«Nous avons identifié la présence de sels dans des puits privés», dit-il.Dans cette région, la zone aquifère est connectée à des rivières, sans oublier la présence du Saint-Laurent et de ses eaux salées.«À long terme, précise-t-il, nous devrons étudier comment l\u2019aquifère pourrait être affecté par une intrusion d\u2019eau de mer.» Esker Un esker est une formation issue de l\u2019ère glaciaire qui prend la forme d\u2019un long cordon sinueux.Ce «tunnel» est en réalité l\u2019amas de sable et de gravier d\u2019une rivière formée, sous le glacier, par l\u2019eau de la fonte.L\u2019esker Saint-Mathieu-Berry, en Abitibi, est large de 1 km à 5 km, épais de 25 m à 45 m et long de 120 km.Nappe aquifère Il s\u2019agit d\u2019une masse d\u2019eau obtenue à la suite de l\u2019infiltration des eaux de pluie dans le sous-sol et contenue dans une roche perméable, poreuse ou fissurée, elle- même appelée aquifère.Nappe phréatique C\u2019est une masse d\u2019eau contenue dans l\u2019aquifère de surface, donc peu profonde et accessible par forage.Le mot est tiré du grec phrear, qui signifie puits.Roc fissuré ou fracturé L\u2019eau souterraine se trouve non seulement dans le sol, mais aussi dans le roc.Mais pour qu\u2019elle s\u2019infiltre dans le roc, il faut des fissures (comme dans le béton des fondations d\u2019une maison).Plus le roc est fissuré, plus l\u2019eau s\u2019infiltre.Si ces fissures sont reliées entre elles (formant ainsi un réseau), il est plus facile d\u2019y pomper l\u2019eau.LEXIQUE Sondage La recherche dans le réseau de VII Juillet 2012.Rosemère, Deux-Montagnes, Sainte- Marthe-sur-le-Lac, comme d\u2019autres municipalités qui puisent leur eau dans la rivière des Mille Îles, doivent interdire l\u2019arrosage des pelouses.C\u2019est que le débit du cours d\u2019eau qui sépare Laval des Laurentides n\u2019est plus que de 30m3/s à 50m3/s, loin de la moyenne de 160 m3/s.Le phénomène n\u2019est pas nouveau.Le niveau exceptionnellement bas (l\u2019étiage) est même devenu fréquent en été depuis quelques années, avec un seuil critique de 13 m3/s en 2001! Les changements climatiques sont bien entendu montrés du doigt.D\u2019autant que cette anémie hydrolo - gique accompagne les années les plus chaudes jamais enregistrées au pays.Pourtant, le Québec ne semble pas craindre la pénurie.Avec ses centaines de milliers de lacs, ses milliers de rivières et son fleuve géant, il représente, à lui seul, 3% de l\u2019eau douce renouvelable dans le monde.Cette manne qui sourd de partout s\u2019utilise dans la province en quantités astronomiques.Ne serait-ce que pour assurer la capacité de production de 43 000 mégawatts des barrages d\u2019Hydro-Québec.Nos colossales ressources hydriques pourraient- elles donc être mises à mal par le réchauffement de la planète?L\u2019équilibre hydrologique actuel pourrait être au moins fortement perturbé.« Il faut d\u2019abord se rendre compte que, au Québec, les modèles et les scénarios climatiques ne prévoient pas qu\u2019il va faire plus chaud, mais plutôt qu\u2019il va faire moins froid, nuance François Brissette, professeur- chercheur à l\u2019École de technologie supérieure de l\u2019Université du Québec à Montréal et spécialiste de l\u2019hy dro lo gie et des changements climatiques.Autrement dit, l\u2019aug- LE QUÉBEC EN EAUX TROUBLES Le réchauffement du climat modifiera nécessairement la gestion de nos ressources hydriques.Serons-nous prêts à temps?R Y A N R E M I O R Z / L A P R E S S E C A N A D I E N N E Le régime hydrique du Québec pourrait être mis à mal par les changements climatiques.Déjà, les crues d\u2019été des rivières du sud ont augmenté de 20% depuis 15 ans.Sécheresses et crues soudaines se succéderont.e l\u2019Université du Québec L\u2019eau mentation des températures se fera sentir plutôt en hiver qu\u2019en été.» «Tous ces modèles et scénarios aboutissent à une centaine d\u2019avenirs possibles, estime Richard Turcotte, ingénieur du Centre d\u2019expertise hydrique du Québec et coordonnateur du programme sur les ressources hydriques du consortium Ouranos*.Ces projections orientent l\u2019hydrologie du Québec dans deux directions générales, selon qu\u2019on se trouve au nord ou au sud de la province.» «Pour le nord, précise François Brissette, les modèles mènent systématiquement vers un apport d\u2019eau supérieur à ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui.En revanche, pour le sud du Québec, les tendances sont à 50% pour une baisse minime et à 50% pour une hausse relativement faible.» Alors, pas de quoi fouetter un chat, le réchauffement chez nous?Le vrai problème réside moins dans la quantité des précipitations attendues que dans la forme qu\u2019elles prendront.Les infrastructures hydrologiques ont été conçues pour faire face aux variations naturelles actuelles, connues depuis que l\u2019on fait des relevés météorologiques des années sèches et des années plus humides.Mais les changements climatiques apporteront un lot de variations supplémentaires aux conséquences encore incertaines.Davantage de précipitations dans le nord, cela ne sous-entend pas qu\u2019elles seront réparties uniformément tout au long de l\u2019année.Idem pour le surplus ou le manque qui pourrait affecter le sud.«Paradoxalement, dans le nord, alors qu\u2019il est prévu plus d\u2019eau, les gestionnaires de barrages pourraient devoir réduire le niveau maximal des lacs artificiels, donne comme exemple François Brissette.Car ils devront se prémunir contre les crues soudaines provoquées par des épisodes pluvieux plus intenses en été.» Dans le sud, les mêmes précipitations diluviennes pourraient entraîner des inondations et des débordements d\u2019égouts plus fréquents, comme cela s\u2019est produit récemment plusieurs fois à Montréal.Depuis les 15 dernières années, les crues d\u2019été et d\u2019automne des rivières du sud du Québec ont augmenté de 20%.Durant la même période, on note également des étiages plus longs et plus sévères; aussi, des crues printanières moins importantes.Cela préfigure peut- être le climat hivernal de demain : périodes généralisées de redoux pouvant induire une diminution du couvert neigeux et, à terme, la disparition des crues de printemps et une saturation moins importante des nappes phréatiques.Le tout associé à une évapotranspiration plus importante en été, donc à des étiages encore plus bas.On comprend que le manque d\u2019eau dans certaines rivières n\u2019affecterait pas que les pelouses.«Une partie du traitement des eaux usées repose sur la dilution des polluants résiduels dans l\u2019eau des rivières, note François Brissette.Un débit trop faible implique une augmentation de la concentration des polluants.» Avec des conséquences sur la santé encore inconnues et le fait que les stations d\u2019eau potable peineraient à traiter ces eaux saturées.Qui dit étiage plus bas dit également prises d\u2019eau risquant de se tarir.Les autorités sont-elles prêtes à faire face aux changements annoncés?Pour les décideurs et les gestionnaires, la tâche est ardue.Il est en effet difficile de savoir s\u2019il faut renforcer le traitement des eaux usées à tel endroit ou prévoir des mesures contre les inondations VIII D R E W H A D L E Y / I S T O C K P H O T O Depuis les 15 dernières années, les crues d\u2019été et d\u2019automne ont augmenté de 20 % pour les rivières du sud du Québec.La recherche dans le réseau de à tel autre.Les signes mesurés ces dernières années ne sont pas, pour lemoment, statistiquement significatifs.Ils indiquent des tendances, mais les scientifiques ne peuvent pas encore les qualifier de preuves.Les élus hésitent donc à engager des budgets nécessaires pour remédier à des situations qui ne surviendront peut-être pas\u2026 «Ainsi, plusieurs nouveaux ouvrages ne tiennent absolument pas compte des changements climatiques, déplore François Brissette.Les infrastructures construites aujourd\u2019hui verront le prochain centenaire; pourtant, la grande majorité sont conçues selon les données des 50 dernières années, qui ne tiennent pas compte du réchauffement.» «Le dossier de l\u2019adaptation aux changements climatiques vient à peine de s\u2019ouvrir, confirme Richard Turcotte.Quelques pas ont été faits, mais très peu de choses ont été réalisées.La réflexion est toutefois nécessaire.Sinon, dans certains domaines, quand les changements climatiques vont nous rattraper, nous ne serons pas prêts.» Dans l\u2019attente de données plus précises, les gestionnaires optent souvent pour la politique du «sans regret».Si une infrastructure est prévue ou modifiée, elle l\u2019est en vue d\u2019améliorer le service, changements climatiques ou pas.Lors du remplacement d\u2019une conduite d\u2019égout, par exemple, rien n\u2019empêche d\u2019enfouir d\u2019ores et déjà un boyau plus large.Même si le réchauffement planétaire ne provoquait pas davantage de pluies torrentielles, le nouvel égout offrirait toujours un service plus efficace.Pour François Brissette, la réflexion sur les infrastructures ne doit cependant pas monopoliser l\u2019attention.«Par exemple, en matière d\u2019inon - dations, on pourrait déjà progresser en appliquant la législation en vigueur qui empêche l\u2019implantation de projets immobiliers dans des plaines inondables !» De petites mesures pourraient aussi avoir des effets très positifs.Ainsi, actuellement, la plupart des gouttières des bâtiments déversent les eaux de pluie directement dans le réseau d\u2019égout.Si on les laissait plutôt s\u2019écouler dans les terrains, on aiderait à rétablir le rôle de filtration naturelle des sols.François Brissette craint toutefois que les choses n\u2019aillent pas assez vite.«L\u2019adaptation se fera au fur et à mesure des changements climatiques.Malheureusement, elle risque aussi de s\u2019imposer à nous par la force des choses si des crises majeures surviennent.» ?Par Olivier Rey * Le consortium Ouranos travaille sur la climatologie régionale et l\u2019adaptation aux changements climatiques dans des domaines comme l\u2019environnement nordique, les ressources énergétiques, l\u2019agriculture, les ressources hydriques, etc.IX Chercheuse à la Chaire de recherche du Canada en économie politique internationale et comparée (CREPIC), Annie Chaloux, étudiante au doctorat à l\u2019École nationale d\u2019administration publique, rappelle à quel point les Grands Lacs et le Saint-Laurent constituent un casse-tête législatif pour le continent.GESTION PARTAGÉE Le Canada et les États-Unis partagent la plus importante réserve d\u2019eau douce du monde : les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent.Quels en sont les enjeux?Ce bassin renferme 20% de l\u2019eau douce de la planète.Quelque 40 millions de personnes y vivent et s\u2019y abreuvent.Les enjeux de commerce et de navigation sont également substantiels; on estime à 225 000 le nombre d\u2019emplois liés à la voie maritime.Les sols fertiles du bassin sont aussi prisés par les agriculteurs qui recourent au plan d\u2019eau pour l\u2019irrigation des cultures.Des millions de per sonnes et de mul tiples usages et inté rêts.De que l le façon les États se parta- gent-ils la gestion de cette ressource transfrontalière?Le premier traité remonte à 1909.C\u2019est le Traité sur les eaux limitrophes qui visait à assurer la qualité de l\u2019eau.Or, cette entente ne concernait que les cours d\u2019eau qui traversent la frontière.À partir des années 1970, on s\u2019est rendu compte que la pollution \u2013 les pluies acides, par exemple \u2013 ne se limite pas à un territoire.Ce sont les débuts de la gestion de l\u2019eau par bassin versant.En 1985, le Québec, l\u2019Ontario et les huit États concernés ratifiaient une charte qui jetait les bases de cette nouvelle coopération.Il s\u2019agissait toutefois seulement d\u2019une entente de bonne foi, puisque les États de l\u2019Union n\u2019ont pas le droit de signer de contrat contraignant avec un autre gou ver - nement.Les États fédérés ont donc dû trouver un moyen pour contourner le problème.Lequel?En 2005, ils ont adopté ce qu\u2019on appelle un double accord.Le premier volet comporte une loi régionale, entérinée par le congrès des États-Unis, et ne lie que les États de l\u2019Union entre eux.Le second, calqué sur le premier, inclut l\u2019Ontario et le Québec, les deux autres membres du bassin versant.Il s\u2019agit d\u2019une entente de bonne foi, mais les deux provinces ont adopté des lois sur l\u2019eau, en 2007 et en 2009 respectivement.De quel pouvoir dispose le Québec pour préserver sa réserve d\u2019eau potable?Dans la Constitution canadienne, la juridiction environnementale n\u2019a jamais été attribuée.Ainsi, le provincial et le fédéral se partagent la gestion de l\u2019eau, à travers d\u2019autres juridictions : la santé publique et les ressources naturelles au Québec, la navigation et les pêcheries au Canada.Cela dit, la province est de plus en plus favorisée, parce que l\u2019approche de gouvernance à paliers multiples est devenue pratique courante.Selon vous, le Québec parvient-il à tirer son épingle du jeu?Quand le Québec conclut une entente internationale, cette dernière n\u2019a pas de force contraignante, il n\u2019est donc pas tenu de la mettre en œuvre.Mon travail consiste à déterminer dans quelle mesure il tient ses promesses.Dans le cas de la gestion du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, il a bien fait.Est-ce que c\u2019est suffisant?Disons que nous allons dans la bonne direction ! ?Propos recueillis par Noémie Larouche e l\u2019Université du Québec L\u2019eau >TROUVER LES MOLÉCULES COUPABLES Parmi les milliers de substances chimiques synthétiques qui composent nos produits domestiques et cosmétiques, certaines dérèglent dangereusement nos systèmes hormonaux.Mais lesquelles, au juste?C\u2019est un casse-tête à 100 000 morceaux pour les scientifiques.Daniel Cyr a vu de ses yeux des poissons mâles du fleuve Saint-Laurent développer des œufs, signe troublant de leur féminisation.Pour ce toxicologue, professeur titulaire au Centre INRS-Institut Armand-Frappier, il ne fait aucun doute que certaines substances chimiques synthétiques disséminées dans l\u2019environnement perturbent la régulation hormonale chez l\u2019humain et détraquent ses organes reproducteurs.Elles se substitueraient à ses hormones et s\u2019immisceraient dans ses systèmes régulateurs.À la TÉLUQ, Lise Parent, professeure de l\u2019Unité de formation et de recherche Science et technologie, s\u2019intéresse elle aussi à ces perturbateurs endocriniens depuis longtemps.Elle a même créé un site Web, Sabotage hormonal, pour mettre en garde la population : «On les mesure dans notre sang; les maladies hormonales sont en croissance.» Comme Lise Parent et Daniel Cyr, beaucoup de scientifiques accusent des composants de produits d\u2019usage courant comme les détergents, les cosmétiques, les emballages, les médicaments, etc.Et de plus en plus, leur inquiétude est doublée d\u2019impatience devant la lenteur de la recherche.Parmi les milliers de molécules créées par l\u2019humain, lesquelles faut-il bannir?Car elles ne sont pas toutes à diaboliser.À quelles doses sont-elles nocives?Les chercheurs ont beau éplucher la littérature scientifique, dans la majorité des cas, ils n\u2019y trouvent pas les réponses qui forceraient une modification des lois.Dans son rapport sur le sujet publié en février, l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) en appelle à davantage de recherche : « Il y a un manque important de connaissances sur les liens entre l\u2019exposition aux perturbateurs endocriniens et les maladies hormonales.» L\u2019OMS souligne aussi que ces perturbateurs semblent associés au déclin mondial de la fertilité masculine, à l\u2019augmentation des malformations génitales, aux allergies, aux maladies auto-immunes, aux cancers hormonaux (sein, ovaires, prostate), aux troubles de l\u2019attention, à l\u2019obésité, etc.Plus précisément, ce qui fait défaut aux scientifiques, ce sont des liens causaux, la preuve irréfutable que telle dose de contaminant cause tel cancer ou tel trouble.S\u2019ils n\u2019y sont pas parvenus jusqu\u2019à présent, c\u2019est que les déclencheurs d\u2019une maladie sont trop nombreux.«Chaque personne est touchée d\u2019une manière unique», explique Cathy Vaillancourt, professeure et chercheuse en grossesse et toxicologie à l\u2019Institut Armand-Frappier.«La génétique de chaque individu interfère, aussi», ajoute Daniel Cyr.Et puis les chercheurs en connaissent très peu sur les interactions entre molécules.«C\u2019est l\u2019effet cocktail.Une molécule peut rendre une autre plus nocive, ou au contraire la neutraliser», explique Lise Parent.Il faut dire que la science des perturbateurs endocriniens est encore jeune, elle remonte aux années 1990.Mais partout dans le monde, et particulièrement en Europe, des projets s\u2019organisent.Depuis deux ou trois ans, de vastes études épidémiologiques sont en marche.Elles suivent des dizaines \u2013 voire des centaines \u2013 de milliers de sujets qui donnent régulièrement à la science un peu de sang et d\u2019urine, et répondent à des questionnaires.Au Canada, l\u2019Étude mère-enfant sur les composés chimiques de l\u2019environnement (MIREC) vise à mesurer les taux d\u2019exposition aux produits chimiques de 2 000 femmes enceintes puis de leurs bébés dans 10 villes canadiennes.C\u2019est bien.Mais ce n\u2019est pas assez, selon Cathy Vaillancourt : «Cette étude comprend d\u2019impor tantes lacunes.L\u2019échantillon est insuffisant et trop peu de ressources sont allouées à l\u2019analyse des données.» Pour Daniel Cyr, les suivis épidémiologiques de ce genre ne suffisent pas.Il travaille donc in vitro sur des cultures de cellules humaines, ou sur des animaux, pour étudier la fertilité masculine : « Il faut com - prendre les mécanis - mes moléculaires par lesquels agissent ces perturbateurs, puis identifier des marqueurs.Par exemple, un contaminant pour rait causer l\u2019absence d\u2019une protéine ayant un rôle dans la fertilité de l\u2019éja- culat d\u2019un animal.» X S T E V E A D A M S NOUVEAUX POLLUANTS, NOUVELLES STRATÉGIES La pollution a changé de visage, ces dernières années; les techniques d'assainissement doivent être mieux adaptées.Encore faut-il comprendre l'impact des nouveaux contaminants.La recherche dans le réseau de Selon cette même stratégie, Cathy Vaillancourt récolte et analyse le placenta de femmes habitant la Rive-Sud de Montréal.Là, comme pratiquement partout ailleurs, on observe une contamination causée par des centaines de substances chimiques.«Nous avons découvert que, même s\u2019ils étaient en très petites quantités, même en deçà des normes canadiennes, le plomb, le DDT et le manganèse perturbaient le transport du calcium et de l\u2019oxygène vers le bébé.» Sur les cellules placentaires in vitro, elle note aussi un déran - gement de la production d\u2019hormones et une dégradation du cortisol, l\u2019hormone du stress.Il a fallu attendre la publication de centaines d\u2019études comme celles-là, représentant plus de deux décennies de recherche, avant que le gouvernement canadien ajoute le bisphénol A sur sa liste de composants toxiques et le bannisse des produits pour bébé.C\u2019était en 2010 et le Canada était le premier pays au monde à le faire.«C\u2019est un début, mais il en reste dans nos épiceries et dans notre sang, rappelle Lise Parent.Les environnementalistes ont poussé un soupir de soulagement, mais le bisphénol A n\u2019est qu\u2019une substance parmi des milliers d\u2019autres.» Et les deux chercheurs de déplorer le manque de coopération, d\u2019infrastructures et de moyens financiers pour soutenir la recherche environnementale au Canada.>DE L\u2019OZONE POUR PURIFIER LE FLEUVE La station d\u2019épuration de la ville de Montréal se dote d\u2019une nouvelle installation de pointe : le plus grand système de traitement par ozo- nation du monde.A novulants, antidépresseurs, anti-inflammatoires, drogues, produits ignifuges, détergents et autres résidus de la vie moderne se déversent quotidiennement dans le fleuve Saint-Laurent.Près de l\u2019île aux Vaches, à la pointe est de l\u2019île de Montréal, la station d\u2019épuration nettoie la moitié des eaux usées du Québec.Mais elle n\u2019a pas été conçue pour retenir ces nouveaux contaminants.« Il y a 30 ans, au moment de la construction de l\u2019usine, la priorité était de retirer les coliformes fécaux, les matières solides et le phosphore.Nous voulions cesser de déverser les eaux usées directement dans le fleuve», explique Richard Fontaine, directeur de l\u2019épuration des eaux usées du Service de l\u2019eau de la ville de Montréal.«Pour le reste, les gens croyaient que le Saint-Laurent était suffi - samment vaste pour diluer les contaminants», précise Robert Hausler, chercheur à l\u2019École de technologie supérieure et directeur de la Station expérimentale des procédés-pilotes en environnement.Heureusement, c\u2019est peut-être la fin de cette époque.En 2008, Montréal annonçait l\u2019ajout, en 2015, d\u2019une nouvelle installation de traitement, capable de nous débarrasser d\u2019une grande partie de ces nouveaux contaminants.Avec un investissement de 200 millions de dollars, Montréal sera la première ville à se doter d\u2019un système de traitement par ozonation de cette ampleur : «Ce sera la plus grosse unité d\u2019ozonation du monde.Cette technologie sert déjà régulièrement pour décontaminer l\u2019eau potable, mais elle est jeune dans le traitement des eaux usées», affirme Richard Fontaine.«L\u2019objectif premier était d\u2019installer un système de désin - fection pour éliminer les virus et les bactéries, explique Robert Hausler qui a supervisé les essais menés à l\u2019usine de Montréal.Nous avons voulu en profiter pour évaluer l\u2019élimination des nouveaux contaminants.» Les chercheurs de l\u2019Institut national de la recherche scientifique, de l\u2019École de technologie supérieure et d\u2019Environnement Canada ont alors comparé les deux traitements les plus prometteurs : par rayons ultraviolets et par ozonation.Ils installent à l\u2019usine même des systèmes-pilotes de traitement des eaux.Dans des bassins, ils testent la survie de poissons, de moules, de plantes et d\u2019autres espèces du fleuve en les élevant dans de l\u2019eau traitée par les deux techniques.Le résultat est que, à coût comparable, l\u2019ozonation l\u2019em - porte haut la main.«Partout dans le monde, les gens tenaient pour acquis que les traitements aux UV étaient moins chers et plus efficaces.Toutefois c\u2019est en incluant les perturbateurs endocriniens et autres contaminants dans nos études que l\u2019on y voit un vrai avantage», explique Robert Hausler.Le système d\u2019ozonation permettrait d\u2019éliminer plus de 80% des molécules médicamenteuses.«La technologie intéresse de plus en plus de gens sur la planète, affirme Robert Hausler.Tous les regards seront tournés vers Montréal qui fera figure de pionnière grâce à son usine et ses laboratoires afférents.» ?Par Binh An Vu Van XI A L E X A N D E R K A R P O V e l\u2019Université du Québec L\u2019eau En 2015, Montréal se dotera de la plus grosse unité d\u2019ozonation du monde. XII L ac Parón, Pérou, été 2008.Ça grogne chez les villageois.Ils se sont concertés pour empêcher la compagnie états-unienne Duke Energy d\u2019accé - der au lac glaciaire.Cette compagnie abuserait de son eau durant la saison sèche afin d\u2019alimenter un barrage hydroélectrique en aval.Il ne reste alors plus qu\u2019un lac à demi rempli d\u2019une eau boueuse pour subvenir aux besoins de la communauté.Au Pérou, l\u2019eau des glaciers fournit 72% de l\u2019énergie électrique et la majeure partie de l\u2019eau potable.En plus, elle soutient une industrie agricole en plein essor, implantée en région semi-désertique.Les faits sont indéniables : la croissance économique entraîne une demande grandissante en eau.Or, malgré l\u2019accélération de la fonte des glaciers, la précieuse ressource, elle, se raréfie.Le phénomène intéresse Michel Baraër, professeur au département de génie de la construction à l\u2019École de technologie supérieure de Montréal.Le recul des glaciers est un phénomène mondial et bien documenté.Or, vu la dépendance envers l\u2019eau glaciaire des Péruviens, les répercussions pourraient s\u2019avérer désastreuses et les conflits, tel celui du lac Parón, de plus en plus fréquents.Baraër sonne l\u2019alarme : «Les conséquences sont inévitables et déjà présentes; il faut donc s\u2019adapter au plus vite.Il faut mobiliser les acteurs et les préparer à partager la ressource.» Dans la région d\u2019Ancash, dans la Cordillera Blanca, les glaciers ont perdu entre 20% et 30% de leur superficie depuis les années 1970.Ce dégel précoce a une influence considérable sur le débit du fleuve Santa, qui prend sa source dans la cordillère.«Quand les glaciers fondent, explique le professeur, le flot des rivières augmente d\u2019abord jusqu\u2019à atteindre son débit maximal, ou pic d\u2019eau.Il s\u2019ensuit alors un déclin qui se poursuit jusqu\u2019à la disparition des glaciers alimentant lacs et rivières.» Jusqu\u2019à récemment, on croyait que le pic d\u2019eau du fleuve Santa serait atteint d\u2019ici 30 à 40 ans.Erreur ! L\u2019équipe internationale, dont fait partie Michel Baraër, a plutôt démontré que celui-ci est d\u2019ores et déjà passé.Grâce à la modélisation de données, tant historiques que récentes, les chercheurs ont établi que le débit du fleuve en saison sèche a considérablement diminué au cours des dernières décennies; jusqu\u2019à 30% à certains endroits.Ce qui se passe dans la Cordillera Blanca pourrait bien se répéter ailleurs; la Bolivie, l\u2019Inde et le Pakistan, entre autres, exploitent tous l\u2019eau glaciaire.Le problème est donc mondial.La fonte accélérée des glaciers aura bientôt un impact sur la qualité et la quantité d\u2019eau disponible dans plusieurs régions.?Par Amélie Casgrain GLACIERS EN VOIE D\u2019EXTINCTION Ça se passe en Amérique latine.Comme un peu partout sur Terre.L\u2019eau des glaciers se raréfie! Le professeur Michel Baraër est allé y voir de plus près.La recherche dans le réseau L\u2019eau Vu dans le monde Le plaisir d\u2019explorer, le besoin de comprendre ABONNEZ-VOUS ! quebecscience.qc.ca/abonnement PROCUREZ-VOUS ÉGALEMENT les autres magazines publiés par Vélo Québec Éditions M A I / J U I N 2 0 1 3 | 6 , 4 5 $ NUTRITION LA SURCHARGE EN GLYCOGÈNE ENTRAÎNEMENT QUELQUES FAUSSES IDÉES GERVAIS RIOUX COUREUR ET PAPA DES ARGON 18 IRONMAN MONT-TREMBLANT Histoire vécue dans la tête et dans les jambes DESTINATIONS Les Laurentides en vélo de montagne Le Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean entre fjord et lac La route de la Yamaska LES ROIS DES PAVÉS Specialized Roubaix S-Works SL4 Trek Domane 5.2 CYCLOTOURISME JE N\u2019AI PLUS PEUR DE VOYAGER À VÉLO en prime Le guide des activi tés de l\u2019été 5 ÉCHAPPÉES EN FAMILLE À VÉLO EXPLOREZ VOTRE NATURE GUIDE D\u2019ACHAT DE VÉLOS DE MONTAGNE [ ] 25 TENDANCES 25 ANS QUI PARLENT DE NOUS, DE NOS CHOIX DE SOCIÉTÉ.ET DE NOS CONTRADICTIONS KAYAK-CAMPING Vacances actives sur plans d\u2019eau calmes HYPER_ACTIF j LE TABATA ARRIVE EN VILLE ! j COURIR ET GARDER LE SOURIRE 25 PRIX À GAGNER DEVENEZ REPORTER POUR GÉO PLEIN AIR p.29 | | pays sauvage LA CONQUÊTE DU NORD EST UNE AVENTURE CONJOINTE.CAR SI EXPLORATEURS, COUREURS DES BOIS, NATURALISTES ET COMMERÇANTS BLANCS ONT PARCOURU LES GRANDS ESPACES DU NORD, CE SONT LES PEUPLES AUTOCHTONES \u2014 INUITS, CRIS, INNUS ET NASKAPIS \u2014 QUI LEUR EN ONT LIVRÉ LES SECRETS.34% DE RÉDUCTION * * * 46% DE RÉDUCTION 1 AN : 35 $ | 2 ANS : 63 $ | 3 ANS : 86 $ sauvage Une grande histoire pour les pays d\u2019en haut Vignes et Vikings.Pêche et chasse.La route des Français.Plus au nord.Missions.| TERRES NEUVES * Prix avant taxes Aussi disponible en édition numérique .s i a m a j a r e s e l e n n e i r ù o t E .e s n i t i a r u a r u e l i u q s e g a v u a s s e n g i v e d e c n a d n o b a \u2019 l t s e C\u2019 r.o d a r b a L u d t e d r o N - e t ô C a l e d l a r o t t i l e l t n e r o l p x e s r a k k a r d s t n a n n o i s s e r p m i s r u e l à e c â r g e u q i r é m A n e s u n e v r a p s e v a n i d n a c s s r u e t a g i v a n s e D l h ê t L t i S f l d s e l s n a d e u q s u j t n e r u t n e v a \u2019 s s i a g u t r o P t e s n o t e r B , s e u q s a B s.e n n o s r e p 0 0 0 3 1 à e é m i t s e t s e e u q o p é e t t e c e d r o d a r b a L u d t e s i o c é b é u q d r o N u d n o ti a l u p o p a L ?s e n o t h c o t u A s e l c e v a x u a i c r e m m o c s t c a t n o c s r e i m e r p s e l i l b a t é i s s u a s l i - t n e i a r u A .d n a l n i V : n o i g é r a l e d m o n e l é r i p s e t ô c s e L .d r o b e d l a n r u o j n o s s n a d n o i t p i r c s e d a l t i a f n e l i t e d r o N - e t ô C a l e d g n o l e l e u g i v a n n i a l p m a h C e d l e u m a S , r u o t n o s À .e i s A \u2019 l s r e v e g a s s a p n u t n a h c r e h c n e d r o N - e t ô C - e s s a B a l a r r u o c r a p r u e t a r o l p x e \u2019 L .e u q i t n a l t A \u2019 l r e s r e v a r t t n e m m o c r e ti r a C s e u q c a J à é u q i d n i t n e i a r u a , e p o r u E n e s é r t n e r s i o f e n u , s r u e h c ê p s e C .e c a e p n e e r G t e é t i c i r t c e l é \u2019 l t n a v a t i a t é \u2019 C s.e p m a l s e l r e t n e m i l a .c e b é u Q u a r i l b a t é \u2019 s t n a n e v s i a ç n a r F s e l r a p s u ç r e p a e u q i r é m A \u2019 d s e g a s y a p s r e i m e r p s e l c n o d t n o r e s d r o N u d s e s u e l l i a c o r t e s e é l e t n e d È e l c Q i s e I X 0 4 5 1 - 0 0 5 1 3 0 6 1 A T T A A A T V A A V L E R U T T U L L T U C C U T U U T T T I T T T S S T N / / I K U L A I S A N A U J A I M U Q R I e s e l i u h \u2019 l t n o d s a g u l é b t e s e n i e l a b r e s s a h c r u o p e u q i s n i a , n a t é fl e l t e e u r o m a r e c p r u o p n e r u a - n a e o g u x u a e à t r p u o r g n u r a p s i l l i e u c c a n e i b s è r t s a p t n o s e n y r e v o c s Di e r i v a n n o s t e n o s d u H y r n e H , e h c ê p m e \u2019 n l I su n n I s e l t e s i a ç n a r F s e l c e v a s e r t n o c n e r s e s i a v u a m e d r e t i v é r u o p e l è l l a r a p e 5 5 u d à l e d - u a r e s s a p e d t n e s s i s i o h c s e m a J s a m o h T s i u p n o s d u H y r n e H s i a l g n a s r u e t a r o l p x e s e L .e c n a r F - e l l e v u o N a l e d e i r é h p i r é p n e t n a v i v e l p u e p n u t n e m e l p m i s e n g i s é d n o i s s e r p x e \u2019 l , e v i t a r o j é p e r t ê \u2019 d n i o L .» s n o i t a N s e t ti e P s e d s n e g « t n e l l e p p a s l i \u2019 u q , s i r C s e d t n e r t n o c n e r s l I .n a e J t- n i a S c a l u d d r o n u a » e l l e i c i f f o « e s i a ç n a r f n o ti i d é p x e e r è i m e r p a l t n e s i u d n o c n o l b a D e d u a l C t e s e t t e l l i u r D l e i r b a G s e r è p s e L .k i v i j u v I \u2019 d s n o r i v n e x u a t n e i v r u s n o i t a c r e t l a e n U .s t i u n I \u2019 d e 3 1 3 6 1 - 0 1 6 1 2 4 6 1 1 e c n e i c S c e b é u Q 3 1 0 2 i a M ~ l i r v A 41% TION DE RÉDUC S S R U O C N O C 7 N A 5 2 4 - 6 4 .p 6 , 4 5 $ | M A I / J U I N 2 0 1 3 Méduses une invasion Les méduses sont-elles en train d'envahir les mers du globe?A L E X A N D E R S E M E N O V s Ces monstres carnivores et venimeux peuplent les mers depuis 500 millions d\u2019années.Mais voilà que, à l\u2019heure des changements climatiques et de la surpêche commerciale, leur population explose.Par Nicolas Mesly Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 29 epuis 36 ans, beau temps mauvais temps, Mario Déraspe, de Gros-Cap aux Îles-de- la-Madeleine, sillonne le golfe Saint-Laurent à bord de son bateau, le Maxime DII.Et depuis quelques années, le long des côtes, le pêcheur fend une mer de plus en plus chargée d\u2019assiettes gélatineuses, d\u2019un bleu violet et garnies de «petits fils qui pendent à la traîne».Surtout au milieu de l\u2019été, lorsque l\u2019eau est plus chaude.Ces petites masses se prennent dans ses filets et ses casiers de homard.«Je déteste ça!» dit le marin qui les rejette à la mer.À l\u2019autre bout du monde, les pêcheurs japonais sont moins chanceux.Ils attrapent dans leurs filets des méduses géantes, de la taille d\u2019un lutteur de sumo, qui prolifèrent aussi de façon alarmante.En 2009, en - traînés par le poids de leurs prises, au moins deux petits bateaux de pêche ont sombré.Même le fleuron de la marine états-unienne, le porte-avions ultramo derne USS Ronald Reagan, a eu maille à partir avec les méduses.En 2006, le navire a été cloué au port de Brisbane, en Australie, après que de l\u2019eau de mer chargée de gélatine bleue a été siphonnée dans le système de refroidissement de ses puissants moteurs.Un peu partout sur la planète, dans les mers arctiques ou tropicales, on s\u2019inquiète du foisonnement des méduses.Une étude menée à l\u2019université de Colombie-Britannique, publiée en mai 2012, a démontré une augmentation du nombre de méduses dans 62% des régions analysées incluant l\u2019Asie de l'est, la mer Noire, la Méditerranée, Hawaii, l'Antarctique et la côte est des États-Unis.Les changements climatiques sont-ils en cause?«La hausse de la température de l\u2019eau a certainement été un élément déclencheur de cette invasion», dit Daniel Pauly, professeur au département des pêches de l\u2019université de Colombie-Britannique.Et puis, la raréfaction de leurs ennemis naturels, comme le poisson-lune ou la tortue luth \u2013 dotés d\u2019un estomac d\u2019acier capable de digérer les méduses \u2013, a favorisé leur prolifération.30 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 D La méduse à crinière de lion M A R I O C Y R / P L O N G E E A L P H A .C O M elon l\u2019un des rares experts mondiaux en la matière, le biologiste marin Rob Con - don, environ 2 000 espèces de méduses, dont 10% peuvent s\u2019attaquer aux baigneurs, ont été découvertes à ce jour.Cet Australien d\u2019origine travaille depuis les années 2000 au Dauphin Island Sea Lab, en Alabama, aux États-Unis.En 2010, il a fondé l\u2019organisation Jellywatch qui regroupe un réseau de scientifiques du monde entier et fait appel aux observations du public.L\u2019inventaire de ces étranges créatures, af- firme-t-il, est loin d\u2019être complet.La plupart des observations qu\u2019il a recueillies ont été réalisées au cours des 20 dernières années dans les abysses, grâce à des sous- marins robots munis de caméras.Dans l\u2019obscurité des profondeurs, explique-t-il, «certaines méduses produisent leur propre électricité pour se défendre, attirer des proies ou bien trouver un congénère pour se reproduire».«On connaît encore très peu de choses sur les méduses», résume Francis McNi- coll, biologiste à l\u2019emploi de l\u2019Aquarium duQuébec.Ces êtres gélatineux, composés d\u2019eau à 95%, peuplent les mers depuis environ 500 millions d\u2019années.Ils ne possèdent ni pattes, ni yeux, ni cerveau.En revanche, ils possèdent des organes sensoriels complexes, appelés rhopalies, qui sont à l\u2019origine de leur sens de l\u2019équilibre, de leur luminescence et de leur odorat.Les rhopalies jouent aussi un rôle dans l\u2019initialisation nerveuse du mouvement.Les méduses s\u2019orientent à coups de gracieuses pulsions, tête en bas ou tête en haut, par rapport à la lumière.Elles peuvent se déplacer ainsi à la verticale sur une distance de plusieurs centaines de mètres.Les méduses sont des chasseuses pas - sives, poursuit Francis McNicoll.Elles capturent leurs proies grâce aux longs tentacules qui traînent sous leur ombrelle.L\u2019ombrelle \u2013 ou parapluie \u2013 est tout à fait inoffensive.Mais les tentacules, eux, recèlent des milliers de cellules munies d\u2019un petit dard empoisonné.Dès qu\u2019une victime effleure un tentacule, la cellule explose et libère le dard comme un harpon.«Étant donné qu\u2019elles ne peuvent pas nager pour atteindre leurs proies, elles disposent d\u2019un puissant venin, mortel chez certaines espèces», explique le biologiste.Les méduses sont de très grandes carnivores.Elles dévorent du zooplancton, des poissons, de petits crustacés et même d\u2019autres méduses.«Mais la plupart ne peuvent pas nager.Elles suivent donc les courants.C\u2019est pour cette raison qu\u2019elles aboutissent accidentellement sur les plages», dit le biologiste.On en sait quelque chose, aux Îles-de- la-Madeleine.Car il arrive qu\u2019elles échouent en grand nombre sur le littoral.Ce sont des méduses à crinière de lion, Cyanea ca- pillata.Marcher sur le corps mou d\u2019une méduse échouée n\u2019est pas une sensation très agréable.Et la crainte des douloureuses piqûres de ces créatures translucides n\u2019a rien pour inciter à la baignade.«Heureusement, nous avons 300 km de plage.Si Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 31 CyRo le robot La méduse inspire aussi les ingénieurs militaires.Financés par la marine états-unienne, des étudiants du Virginia Tech College of Engineering ont mis récemment au point un robot méduse baptisé CyRo.Muni de huit bras mécaniques et d\u2019une ombrelle de gelée synthétique de 1,50 m de largeur, ce drone flasque est propulsé par une pile.Nageant au milieu de milliers de vraies méduses, CyRo se révèlera un espion discret pour observer les côtes ou les océans.Mais il pourra aussi avoir des applications civiles, comme l\u2019observation de déversements pétroliers.S La minuscule méduse irukandji, que l\u2019on trouve près des côtes australiennes, peut provoquer des douleurs insupportables.A M A N D A L O M A N / V I R G I N I A T E C H 32 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 un endroit est infesté, les vacanciers peuvent aller ailleurs», dit Yves Martinet, directeur du comité de la zone d\u2019intervention prioritaire (ZIP) des Îles-de-la-Madeleine.«Me suis-je fait piquer par des méduses?Plusieurs fois!» rigole Mario Cyr.Ce ca- méraman plongeur madelinot filme et photographie la faune marine dans tous les océans du monde.Joint à sa résidence de Grande-Entrée, il indique que, dans le pire des cas, la piqûre d\u2019une «crinière de lion» brûle comme une cigarette.«Faut pas s\u2019affoler.Le remède est à portée de la main, à moins d\u2019être allergique.Il suffit de se frotter avec du sable et de l\u2019eau de mer pour atténuer la démangeaison.» Si la méduse à crinière de lion est petite aux «Îles», la même espèce peut présenter, en Arctique, une ombrelle de 2 m de diamètre et des tentacules de 60 m de longueur.Cela dit, la taille d\u2019une méduse n\u2019a rien à voir avec sa dangerosité.En Australie, le venin d\u2019une «méduse-boîte»Chironex fleckeri, peut tuer un homme en trois minutes.Ce qui en fait l\u2019animal le plus venimeux de la planète.Que l\u2019on se rassure, aucune des cinq espèces de méduses répertoriées au Québec n\u2019est dangereuse.Il y en même une qui se prélasse dans nos lacs! «On pense qu\u2019elle a été introduite au Québec dans les années 1950 avec des plantes aquatiques en provenance de Chine, pour décorer les étangs», dit Béatrix Beisner, professeure en écologie aquatique à l\u2019UQAM.La scientifique a repéré cette méduse \u2013 Craspe - dacusta sowerbii \u2013 en 2007 au lac Croche, situé dans les Laurentides.Elle soupçonne sa présence dans de nombreux autres plans d\u2019eau douce.La bestiole inoffensive a la taille d\u2019une capsule de bouteille de bière et on ne l\u2019aperçoit qu\u2019en automne, après un été caniculaire.Les méduses n\u2019ont pas fini d\u2019étonner.La découverte, dans les années 1960, par deux chercheurs états-uniens et un japonais, d\u2019une protéine fluorescente verte sécrétée par l\u2019Æquoria victoria, leur a valu le prix Nobel de chimie en 2008.Utilisée comme marqueur d\u2019ADN, cette protéine permet entre autres, de suivre la pro gression et le mécanisme des cellules cancéreuses ou de la maladie d\u2019Alzheimer.Et que dire de cette petite «méduse immortelle» découverte dans les années 1990 en Méditerranée, Turri- topsis nutricula?Lorsqu\u2019elle vieillit où qu\u2019elle se blesse, elle se régénère entièrement, un peu comme la queue d\u2019un lézard peut repousser.Aurait-elle donc le secret de la vie éternelle?QS Demain, des sushis?Daniel Pauly, du département des pêches de l\u2019université de Colombie-Britannique, croit bien que l\u2019humanité devra, d\u2019ici 2050, remplacer le thon rouge des sushis par de la méduse.Une douzaine d\u2019espèces seraient propres à la consommation humaine.Séchées et salées, elles seraient même un aliment santé, puisque exemptes de cholestérol.Selon l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019agriculture et l\u2019alimentation, il s\u2019en récolte officiellement entre 200 000 et 500 000 tonnes par année.Les Chinois, les Japonais et plusieurs peuples asiatiques en sont friands.La Chine, surtout, possède une véritable industrie de pêche et de transformation de la méduse.Mais il existe aussi de petites flottes commerciales en Floride et en Australie.Dans les années 1980, une compagnie de Colombie-Britannique s\u2019est lancée dans l\u2019aventure, mais l\u2019espèce de méduse pêchée n\u2019a pas fait fureur auprès des gastronomes.Un cycle perturbé Le professeur Paul del Giorgio, spécialiste en bio-géochimie à l\u2019Université du Québec à Montréal et membre de l\u2019équipe internationale du spécialiste Rob Condon, croit qu\u2019il est urgent de s\u2019intéresser aux méduses, car elles perturbent dangereusement le cycle de carbone des écosystèmes marins et de la biochimie des océans.Elles le font de deux façons.D\u2019abord, en interférant dans la chaîne alimentaire, car elles sont de féroces concurrentes des mangeurs de zooplancton, dont les poissons consommés par les humains.Ensuite, parce que, à leur mort, seules certaines bactéries sont capables de digérer leur masse gélatineuse.Or, ces bactéries se servent du carbone de méduse pour respirer, émettant donc du dioxyde de carbone! On comprend alors quels graves dérèglements peut causer une population de méduses en croissance.+Pour en savoir plus sur les méduses Le site de Jellywatch : www.jellywatch.org Aquarium du Québec : www.sepaq.com/ct/paq/index.dot?language_id=1 Réseau de suivi de la biodiversité aquatique : www.rsba.ca/autres/index.php Réseau d\u2019observation des mammifères marins : www.romm.ca Événement à suivre : 4th International Jellyfish Bloom Symposium, du 5 au 7 juin 2013, au Japon = 39 & a L Labo a {Ay .2 \"CI ap] 2 = RRRO OR Générer de nouvelles connaissances par la recherche Un généreux programme de bourses unique au pays offrant » 15 000 S par année sur deux ans a la maitrise 2 19 000 S par année sur trois ans \\ au doctorat Sélection fondée sur l'excellence du dossier académique Dates limites des inscriptions 1°\" mars 15 septembre Elora Midavaine Etudiante a la maitrise en physiologie | la bourse de la Faculté de médecine et des sciences .11e \\ + i.C4: > a - tes ae JIT YY \u2018 MT TOR CELUI Go #05 a Xe Fpropulservers Une carriere promettetdsoys, UNIVERSITE DE Bd SHERBROOKE USherbrooke.ca/medecine/bourses 34 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 le plein de v n milliard de dollars par mois! C\u2019est le montant que le Québec perd au profit des pays producteurs de pétrole.Pour Robert Laplante, directeur de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), la situation est inacceptable.Selon lui, il est vraiment temps que ça change : «Notre balance commerciale est négative, et c\u2019est dû aux transports.Depuis trois ans, nos importations dépassent nos exportations, essentiellement à cause du pétrole destiné à nos véhicules.Avec la flambée des prix, l\u2019argent sort massivement de la province pour enrichir les pays producteurs, alors qu\u2019on aurait ici toute l\u2019électricité nécessaire pour assurer l\u2019essentiel de nos déplacements.» Les choses semblent vouloir changer.En 2012, on a vendu 2 222 voitures électriques au Canada, dont 1 128 d\u2019entre elles sont immatriculées au Québec.Plus de la moitié! Aurions-nous enfin amorcé l\u2019électrification des transports?Cette année, le Salon de l\u2019auto de Québec a dû regrouper les véhicules «branchables» dans une même section, tellement l\u2019offre était importante.À cette occasion, l\u2019Association canadienne des automobilistes (CAA) offrait gratuitement des essais routiers.Depuis la Toyota Prius jusqu\u2019à la luxueuse Tesla Roadster, en passant par la Chevrolet Volt et la Nissan LEAF, c\u2019est une vingtaine de modèles électriques que le marché québécois propose aux consommateurs en 2013.Le principal argument des vendeurs, c\u2019est l\u2019économie potentielle.Ça tombe bien, la motivation principale des ache - teurs, bien avant l\u2019équilibre de notre balance commerciale, c\u2019est la rentabilité ! «Énergétiquement parlant, elle est cinq fois plus efficace que la voiture à essence», avance Pierre Langlois, physicien et grand spécialiste québécois de l\u2019électrification des transports.Une voiture à essence n\u2019utilise qu\u2019entre 13% et 15% de l\u2019énergie fournie par son carburant pour avancer.En effet, elle en perd 66% en chaleur; 10% parce que le moteur continue de tourner à l\u2019arrêt; 6% dans la transmission entre le moteur et les roues; et 4% dans les cycles de freinage et d\u2019accélération.«La voiture électrique, continue-t-il, ne subit pratiquement aucune perte thermi - Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 35 e volts ! U L\u2019essence coûte près de un milliard de dollars par mois aux Québécois.La solution (très rentable) des experts: électrifier d\u2019urgence nos transports.Le point sur ce que tous ces futurs usagers de la route devraient savoir.Par Joël Leblanc Le physicien Pierre Langlois : une voiture à essence n\u2019utilise qu\u2019entre 13% et 15% de l\u2019énergie fournie par son carburant pour avancer.L O U I S E B I L O D E A U que, sonmoteur ne consomme rien quand elle est arrêtée et elle récupère une partie de l\u2019énergie du véhicule au freinage en rechargeant ses batteries.Alors que, pour parcourir 100 km, une voiture familiale à essence dépense l\u2019équivalent de 87 kWh, la même en version électrique n\u2019a besoin que de 17 kWh.» Au tarif résidentiel d\u2019à peu près 7 ¢ le kilowattheure au Québec, il en coûte donc 1,19 $ pour parcourir 100 km en voiture électrique, par rapport à environ 10 $ pour la voiture à essence! Sans compter que certains frais d\u2019entretien \u2013 comme les changements d\u2019huile, entre autres \u2013 disparaissent et que la mécanique simplifiée nécessite moins de changements de pièces.Il faut dire que la voiture électrique est un peu plus abordable chez nous grâce aux incitatifs du programme Roulez électrique du gouvernement québécois, le plus généreux au pays.Les rabais peuvent atteindre 8 000 $ pour l\u2019achat du véhicule et 1 000 $ pour l\u2019installation de la borne de recharge de 240 V à la maison.Tellement alléchant que l\u2019engouement a pris le gouvernement de court.Alors qu\u2019il avait prévu consacrer 4 millions de dollars à ce programme pour toute l\u2019année, il avait déjà dû y allouer 6 millions au 31 août 2012.«Il faut penser aussi que 1 100 entreprises d\u2019ici sont spécialisées dans le domaine des composantes destinées aux véhicules électriques», poursuit Robert Laplante.Une grappe technologique qui profitera grandement de l\u2019essor des transports électriques et qui enrichira encore le Québec.oilà qui est plein de promesses.Sauf qu\u2019il reste à régler la question de l\u2019autonomie! Alors qu\u2019une voiture standard peut couvrir 600 km avec un plein et que les stations-services pullulent, le monde des batteries a à ce chapitre encore tout à prouver.En ce moment, les batteries les plus efficaces sont celles au lithium-ion.Elles connaissent un engouement depuis la fin des années 1980 avec les téléphones cellulaires et les ordinateurs portables.Comparées aux batteries classiques au plomb, lesquelles équipent toujours nos voitures à essence, ces batteries de nouvelle génération peuvent stocker, à poids égal, jusqu\u2019à sept fois plus d\u2019énergie.Leur efficacité \u2013 c\u2019est-à-dire le pourcentage 36 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 V Transport collectif : le virage électrique «Énergiquement parlant, elle est cinq fois plus efficace que la voiture à essence.» À Québec, les huit petits Écolobus électriques font parler d\u2019eux, mais pas pour les bonnes raisons.Il faut dire que certains d\u2019entre eux ont pris feu à la suite d\u2019une surchauffe des batteries et que, même si on assure que le problème a été résolu, de fréquents pépins les ramènent au garage un peu plus souvent que les autres véhicules du Réseau de transport de la Capitale (RTC).Le froid et l\u2019humidité de la ville seraient en cause, mais aussi les rues en pente raide.Les transports électriques, c\u2019est aussi une technologie jeune et pas toujours au point.Parlez-en à Régis Labeaume, le maire de Québec, qui qualifie l\u2019acquisition des Écolobus de «grave erreur» de l\u2019adminis - tration précédente.On ne l\u2019y reprendra pas de sitôt: oui aux autobus électriques, mais quand la technologie sera fiable! Il en faudra plus pour décourager les administrateurs des réseaux de transport en commun.La Société de transport de Montréal (STM) a déjà affirmé sa volonté de n\u2019acheter que des véhicules entièrement électriques dès 2025.D\u2019ici là, la transition sera assurée par un nombre accru de véhicules hybrides et de moins en moins d\u2019autobus au diesel.Dès cet été, elle mettra d\u2019ailleurs en fonction sept midibus entièrement électriques.Les véhicules, de dimensions intermédiaires entre le minibus et l\u2019autobus conventionnel, desserviront les rues du Vieux- Montréal et du Vieux-Port.La STM évalue aussi la possibilité d\u2019équiper la ville de trolleybus, ces véhicules électriques qui tirent leur courant de fils aériens auxquels ils sont reliés par des perches.Ailleurs aussi, les projets bourgeonnent: la Société de transport de l\u2019Outaouais teste en ce moment un autobus électrique dans les rues de Gatineau; des idées de tramway éclosent à Québec et à Lévis; des liens ferroviaires électriques sont planifiés entre Montréal et la Rive-Sud, comme entre l\u2019aéroport Montréal- Trudeau et le centre-ville; et des projets d\u2019électrification des trains de banlieue sont déjà sur la table.Laval a annoncé son rêve de tramway aérien et il y a bien sûr le projet de monorail électrique entre Montréal et Québec.Laval a déjà une longueur d\u2019avance.Par un matin frisquet de février, sur la grande piste ovale du centre d\u2019essai et de recherche PMG à Blainville, M.Clermont est tout sourire.Assis au volant du premier autobus électrique de la Société de transport de Laval (STL), il est l\u2019un des deux chauffeurs choisis pour mener les tests.Les «passagers» sont, pour l\u2019occasion, des sacs de sable dont le poids total équivaut à la moyenne quotidienne qu\u2019a à transporter ce type de véhicule.À la vitesse maximale de 65 km/h, l\u2019autobus fait une pause de 30 secondes tous les 300 m.«Comme c\u2019est un prototype construit sur mesure pour nous, on doit le tester rigoureu sement, explique l\u2019ingénieur Sylvain Gonthier, chef de la division entretien et ingénierie à la STL.Les tests dureront près de deux ans.» Dans l\u2019autobus, le panneau du fond est ouvert et des fils en sortent.Ils sont reliés aux ordinateurs qui analysent en continu le comportement du véhicule, mais surtout la performance de ses batteries.Antoine Malo, conseiller d\u2019énergie qu\u2019elle restituent effectivement suite à une recharge \u2013 est de 98%.Et elles peuvent subir jusqu\u2019à 5 500 décharges profondes, ce qui, à raison d\u2019une recharge par jour, leur assure une durée de vie de 15 ans.Les dispositifs actuels offrent une autonomie moyenne de 160 km pour la Ford Focus électrique (avec une batterie pouvant stocker 23 kWh d\u2019électricité); de 160 km aussi pour la Nissan LEAF (24 kWh); de 120 km pour la Mitsubishi i-MiEV (16 kWh); et de 65 km pour la Chevrolet Volt en mode purement électrique (16,5 kWh).Il existe aussi des batteries au nickel et au sel fondu (NaNiCl) qui proposent une bonne durabilité et dont l\u2019efficacité dépasse 90%.Toutefois, elles ne fonctionnent qu\u2019à une température de 300 °C.Elles doivent donc four - nir aussi l\u2019énergie pour se maintenir au chaud en tout temps, même à l\u2019arrêt.Elles sont plus avantageuses dans des véhicules qui roulent beaucoup, comme les autobus ou les camions.Le nouvel autobus électrique que teste en ce moment la Société de transport de Laval (STL) est équipé de 12 bat teries de ce type, cachées dans le plancher et sous les sièges.«Elles sont très bien isolées et leur chaleur ne se transmet pas à l\u2019habitacle », assure Antoine Malo de la STL.L\u2019autre contrainte des batteries, c\u2019est leur temps de recharge.Alors qu\u2019un plein d\u2019essence ne demande qu\u2019une dizaine de minutes, paiement inclus, recharger complètement la batterie d\u2019une voiture électrique nécessite au moins de 6 à 8 heures, si on est équipé d\u2019une borne de recharge de 240 V; mais de 11 à 16 heures si on la branche à une prise régulière de 120 V! La batterie la plus performante à cet égard contient du titanate de lithium.Une telle batterie de 35 kWh peut se recharger à 95% en seulement 10 minutes grâce à un gros chargeur spécial \u2013 mais très coûteux! \u2013 de 480 V et débitant 500 A.Des bornes de recharge à la maison, c\u2019est bien beau.Mais avec des voitures dont l\u2019autonomie est faible, les conducteurs ont besoin d\u2019être rassurés par la mise en service d\u2019un grand réseau de bornes de recharge.À ce sujet, les choses bougent vite depuis quelques mois.L\u2019an dernier, en partenariat avec quelques chaînes commerciales, Hydro- Québec a déployé le Circuit électrique, un réseau de bornes dans les principales agglomérations de la province.En un an, quelque 150 bornes ont été installées dans les parkings de restaurants, de magasins ou de centres commerciaux, ou directement dans la rue.Durant la même période, la compagnie AddÉnergie Technologies a aussi implanté son RéseauVER d\u2019environ 150 bornes sur le territoire québécois.«On vient d\u2019ailleurs de décrocher le deuxième appel d\u2019offres lancé par Hydro-Québec pour l\u2019implantation d\u2019une centaine de bornes supplémentaires», annonce Louis Tremblay, président et cofondateur de l\u2019entreprise.En tout, c\u2019est un minimum d\u2019environ 400 bor - nes qui permettront aux Québécois, d\u2019ici mars 2014, de rouler l\u2019esprit tranquille et de se ravitailler en chemin.Jusqu\u2019ici surtout concentrées à Montréal et à Québec, les bornes commencent à apparaître à Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke, La Malbaie, Témiscouata, technique à la STL, garde un œil attentif sur les colonnes de chiffres qui varient en continu : «Je peux voir en temps réel la charge résiduelle de chaque batterie, son taux de déchar - ge, sa recharge lors des freinages.On teste aussi le temps de recharge au garage.On doit savoir tout ça avant que l\u2019autobus prenne la route.» «Notre prototype est censé avoir une autonomie de 150 km à 200 km; on doit s\u2019en assurer, continue Sylvain Gonthier.Mais sur certains de nos trajets, il n\u2019est pas rare qu\u2019un autobus parcoure 400 km par jour.On devra donc affecter l\u2019autobus électrique à des trajets courts, comme les express aux heures de pointe.Le matin, après une recharge complète au garage, il pourra faire son trajet.On veut vérifier si, une fois ses batteries vides, une recharge partielle en après-midi sera suffisante pour assurer l\u2019heure de pointe de la fin de journée.» Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 37 Y V E S P R O V E N C H E R Montebello, Saint-Georges-de-Beauce, Victoriaville et Joliette.Mais une petite visite sur les sites web des réseaux de bornes montre que la majorité sont inutilisées la plupart du temps.On comprend qu\u2019une borne placée dans le parking d\u2019une université peut permettre une recharge complète : on y reste bien souvent plusieurs heures.Cependant, il en va autrement dans le stationnement d\u2019un magasin où on ne fait généralement qu\u2019une course rapide.Cela expliquerait le faible taux d\u2019utilisation des nouvelles bornes, plusieurs d\u2019entre elles se trouvant chez de petits commerçants.Mais on envisage d\u2019installer des bornes de recharge rapide (de 10 ou 20 minutes) le long des grands axes autoroutiers, ce qui pourrait suppléer aux problèmes d\u2019autonomie sur de longues distances.n déferlement de voitures électriques pourrait-il compliquer la tâche d\u2019Hydro-Québec?Aurions- nous assez d\u2019électricité pour répondre à la nouvelle demande?Chez Hydro-Québec, la question fait sourire.Le branchement de voitures sur le réseau électrique, un problème?Plutôt une bonne occasion! «Pour nous, une voiture électrique, c\u2019est simplement l\u2019équivalent d\u2019un chauffe-eau de plus, rassure Pierre-Luc Desgagné, directeur principal de la planification stratégique.Nos infrastructures actuelles pourraient supporter sans broncher l\u2019arrivée soudaine de 1 million de voitures électriques, soit l\u2019équivalent du quart du parc automobile actuel.Une centrale de taille moyenne, comme Eastmain-1, d\u2019une puissance de 507 MW, pourrait suffire à la demande que cela impliquerait.» Un nombre grandissant de ces automobiles pourrait même devenir un moyen intéressant de contourner certains problèmes de distribution! «Une voiture électrique est un moyen de transport pour celui qui l\u2019achète mais, en réalité, comme elle ne sert souvent qu\u2019à se véhiculer entre la maison et le travail, elle est généralement garée plutôt qu\u2019en marche, explique Martin Maier, ingénieur et professeur au Centre Énergie, Matériaux et Télécommunications de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS).À cause de sa grosse batterie, on peut donc la voir comme une unité auxiliaire de stockage d\u2019énergie.» Imaginez 200 000 voitures électriques, branchées au réseau pendant toute une nuit.Au matin, elles sont toutes rechar - gées.Pour Louis-André Patault, conseiller à la planification stratégique chez Hydro- Québec, voilà une belle réserve d\u2019énergie disponible.«Si on pouvait aller chercher 10% de cette énergie dans chaque batterie pour la réinjecter dans le réseau, on allégerait la pointe du matin en réduisant la demande sur les centrales électriques à ce moment.» Même chose le soir; au lieu d\u2019ouvrir les vannes des barrages, on puiserait un peu d\u2019énergie dans les batteries des autos garées.C\u2019est un moyen de mieux répartir la consommation sur 24 heures.Ce concept, c\u2019est celui de la Smart Grid, ou réseau intelligent, qui veut qu\u2019on prenne l\u2019énergie où elle se trouve plutôt que de solliciter constamment une seule source 38 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Jusqu\u2019ici surtout concentrées à Montréal et à Québec, les bornes commencent à apparaître à Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke, La Malbaie, Témiscouata, Montebello, Saint-Georges-de-Beauce, Victoriaville et Joliette.U «Une révolution dans l\u2019énergie, comme l\u2019a été Internet dans la communication.» C O T E S E B A S T I E N / I S T O C K P H O T O d\u2019approvisionnement.«C\u2019est une façon complètement nouvelle de distribuer l\u2019électricité, enchaîne Martin Maier, une révolution dans l\u2019énergie, comme l\u2019a été Internet dans la communication.On est passé d\u2019un système où l\u2019information arrivait d\u2019en haut et descendait vers les usagers (journaux, télé, etc.) à un système où tout le monde peut contribuer en injectant de l\u2019information dans le réseau.Dans un avenir proche où les gens pourront aussi être des producteurs d\u2019électricité (panneaux solaires, éoliennes, géothermie, etc.), la Smart Grid devient indispensable.C\u2019est le web de l\u2019énergie.» Déjà, Hydro-Québec, en association avec le gouvernement provincial et quelques industries, travaille au développement de bornes et de chargeurs bidirectionnels.«Il faut une borne, à la maison, qui permette de charger et décharger la voiture, explique Pierre-Luc Desgagné.Ce n\u2019est pas le cas des bornes standard.Dans quelques mois, une conductrice de la région de Montréal qui s\u2019est portée volontaire mènera des tests préliminaires.Un prototype de borne a été installé chez elle et, à certains moments, nous prélèverons et remettrons de l\u2019électricité dans la batterie de sa voiture et nous ferons un suivi régulier.» Dans son plan stratégique 2011-2020, le gouvernement du Québec vise un parc de 300 000 véhicules électriques en circulation.Et de 1,2 million pour 2030.Nous semblons être sur la bonne voie.?QS +Pour aller plus loin : Rouler sans pétrole, Pierre Langlois, Éditions MultiMondes, 2008, 312 p.Le plan d\u2019action 2011-2020 du Québec pour les véhicules électriques : http ://vehiculeselectriques.gouv.qc.ca/pdf/plan- action.pdf Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 39 Pourquoi l\u2019autonomie réduite de la voiture électrique inquiète-t-elle?Selon le physicien Pierre Lan- glois, 80% des kilomètres parcourus en voiture le sont dans des circuits courts, à proximité du domicile.«Ces kilomètres pourraient être électriques, même avec les batteries actuelles que certains considèrent de faible charge.» «Nous avons le \u201créflexe de la station-service\u201d, expose Pierre-Luc Desgagné, directeur principal de la planification stratégique pour Hydro-Québec.On quitte le domicile en planifiant des passages à la pompe.Mais avec la voiture électrique, on quitte la maison chaque matin avec une batterie pleine! Ceux qui s\u2019inquiètent de la faible autonomie de ces véhicules ne comptent pas avec cette nuance importante.» Il y a par contre des mentalités à changer.Il faut que les bornes restent accessibles.Un espace de stationnement équipé d\u2019une borne de recharge ne sert à rien s\u2019il est squatté par un véhicule à essence.Un peu comme pour les espaces réservés aux handicapés, il y a une éducation à faire et un civisme à développer.4 MAI 2013 Cégep de l\u2019Abitibi- Témiscamingue FINALE NATIONALE FeliciTATiONS Aux gAgNANTS! CONCOURS SCIENTIFIQUE INTERCOLLÉGIAL 21e édition scienceontourne.com Guillaume Normandeau, Antoine Savard et Frédéric Fafard Cégep de Granby Haute-Yamaska Le défi : changer nos habitudes Pour améliorer nos comportements alimentaires, des chercheurs veulent nous inventer des souvenirs.Et ça pourrait bien marcher ! Vous vous souvenez des effets gastriques de votre dernière poutine?Par Catherine Girard L\u2019assiette et la mémoire 40 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 u\u2019ont en commun l\u2019ancien premier ministre du Canada Paul Martin et la chanteuse acadienne Lisa Leblanc?Tout deux adorent le Kraft Dinner ! Pourtant, à l\u2019ère de la lutte contre la malbouffe, ce genre de produit a plutôt mauvaise presse.Sans doute les amateurs de KD \u2013 comme les Paul et Lisa de ce monde surnomment leur plat favori \u2013 voudraient- ils changer leurs habitudes alimentaires, mais ce n\u2019est pas facile.Une chercheuse états-unienne croit avoir trouvé le moyen de les aider.Psychologue et professeure à l\u2019université de Californie à Irvine, Elizabeth Loftus a en effet trouvé un truc pour inciter les gens à manger sainement: les faux souvenirs.Reconnue mondialement pour ses travaux sur la malléabilité de la mémoire et la fiabilité des souvenirs refoulés dans des cas d\u2019abus sexuel, elle assure qu\u2019il est possible d\u2019amener quelqu\u2019un à se souvenir d\u2019histoires qu\u2019elle invente de toutes pièces.«Il est très difficile de se rappeler précisément un événement passé, explique-t-elle.La mémoire est ainsi faite qu\u2019elle occulte les détails au profit de l\u2019idée et du sens général.On peut donc facilement implanter dans la mémoire d\u2019une personne de fausses informations en les confondant avec une expérience qu\u2019elle a réellement vécue.» C\u2019est en cherchant une façon d\u2019évaluer les conséquences des faux souvenirs sur le comportement humain qu\u2019Elizabeth Loftus s\u2019est intéressée au rapport à la nourriture.Au cours d\u2019une recherche, elle était parvenue à convaincre des participants qu\u2019ils avaient souffert, durant leur enfance, d\u2019une intoxication alimentaire après avoir mangé des cornichons à l\u2019aneth ou des œufs durs.Les sujets avaient ensuite déclaré qu\u2019ils préféreraient désormais refuser ces aliments si on leur en présentait.Emballée par ce résultat, Elizabeth Loftus a tout de suite eu l\u2019idée de répéter l\u2019expérience, cette fois avec de la malbouffe.Dans cette seconde étude, publiée par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, en 2005, 40%des participants ont non seulement cru qu\u2019ils avaient été incommodés, enfants, après avoir consommé de la crème glacée à la fraise, mais ils ont soutenu \u2013 et c\u2019était le plus important \u2013 ne plus avoir envie d\u2019en manger.Comment persuader des gens normaux que des cornichons, Q F É / B A L I C D A L I B O R / I S T O C K P H O T O Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 41 des œufs ou de la crème glacée les ont déjà rendus malades?«Il existe différentes techniques pour implanter de faux souvenirs, indique Daniel Bernstein, un collaborateur d\u2019Elizabeth Loftus, qui enseigne la psychologie à la Kwantlen Polytechnic University en Colombie-Britannique.Pour notre part, nous avons choisi d\u2019utiliser la fausse rétroaction.» Voici comme cela fonc tionne.Dans les deux études menées par Elizabeth Loftus, les participants ont d\u2019abord été invités à remplir différents questionnaires sur leur personnalité, leurs préférences en matière de nourriture et leur enfance.Une semaine plus tard, on les informait que leurs données avaient été soumises à un programme informatique très sophistiqué, lequel en avait tiré un profil personnalisé de leurs expériences alimentaires passées.«Le logiciel était en fait un leurre; il ne servait qu\u2019à accréditer l\u2019information aux yeux des sujets.En effet, plus la source d\u2019où émane le faux souvenir est digne de confiance, plus l\u2019implantation a des chances de réussir», précise Daniel Bernstein.Afin de rendre le profil bidon encore plus crédible, des affirmations hautement probables telles que «enfant, vous n\u2019aimiez pas les épinards» y étaient ajoutées.De la sorte, confortés dans leur croyance, les participants devenaient plus sensibles à l\u2019idée d\u2019avoir déjà mal réagi à certains aliments; ils étaient donc plus susceptibles de modifier par la suite leurs préférences.Mais les faux souvenirs n\u2019ont pas qu\u2019une influence sur les goûts, ils affectent aussi la conduite alimentaire.Ainsi, en utilisant sen siblement les mêmes techniques qu\u2019Eli - za beth Loftus et Daniel Bernstein, des chercheurs de l\u2019université de Windsor en Ontario ont fait croire à des gens qu\u2019ils avaient déjà été malades après avoir mangé du yogourt aux pêches périmé.Ensuite, ils les ont conviés à une prétendue recherche marketing, pour laquelle ils devaient fournir leur appréciation de différents yogourts et craquelins.«Ce test nous a permis de constater que non seulement l\u2019intérêt pour le yogourt à la pêche était nettement plus bas que dans le groupe témoin, mais aussi que la consommation de tous les types de yogourts était moins élevée», résume le professeur de psychologie Alan Scoboria, directeur de l\u2019équipe de recherche.Il faut ajouter que les faux souvenirs, à l\u2019étonnement des chercheurs, peuvent influencer les préférences en matière de nourriture jusqu\u2019à quatre mois après leur implantation.Pour Elizabeth Loftus, ces travaux revêtent une grande importance sur le plan de la santé publique.«Grâce aux faux souvenirs, affirme-t-elle, nous pourrions aider les gens à éviter la malbouffe, et ainsi combattre l\u2019obésité.» Bien sûr, ajoute la psychologue, avant qu\u2019une diète basée sur la manipulation de la mémoire puisse être offerte à la population, la science devra mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent les fausses croyances et les aversions alimentaires.La chercheuse et ses collaborateurs s\u2019expliquent mal, par exemple, pourquoi ils ne sont pas parvenus à implanter de faux souvenirs à propos des croustilles et des biscuits aux pépites de chocolat.«Peut-être parce que leur goût fait l\u2019unanimité», avance Elizabeth Loftus.Une autre question doit être clarifiée : celle des différences individuelles à l\u2019égard 42 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Grâce aux faux souvenirs, nous pourrions aider les gens à éviter les aliments malsains.Mais pour le moment, les chercheurs s\u2019expliquent mal pourquoi ils ne sont pas parvenus à implanter de faux souvenirs associés aux croustilles et aux biscuits avec pépites de chocolat.Elizabeth Loftus, psychologue à l\u2019université de Californie D R B I M A G E S / I S T O C K P H O T O U N I V E R S I T Y O F C A L I F O R N I A , I R V I N E des faux souvenirs.«Certaines personnes sont plus vulnérables, entre autres celles qui sont facilement distraites», insiste la psychologue.La neuropsychologue Nicole Caza, chercheuse au Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM) et l\u2019une des rares à étudier les faux souvenirs au Québec, ajoute que les personnes âgées sont elles aussi plus sensibles à ce genre de distorsion de la mémoire.Le principal obstacle à la fabrication de souvenirs pour changer le comportement alimentaire est toutefois d\u2019ordre éthique.«Je l\u2019admets, la manipulation de l\u2019esprit soulève certains problèmes moraux.Mais dans le cas qui nous occupe, il s\u2019agit d\u2019un moindre mal pour un grand bien», estime Elizabeth Loftus.D\u2019autres chercheurs ont cependant une opinion plus nuancée.Selon Alan Scoboria, il existe en effet un moyen de résoudre le dilemme entourant l\u2019implantation de souvenirs factices à des fins thérapeutiques.«Nous avons toujours pensé qu\u2019il était nécessaire de tromper les gens sur nos intentions pour que ce genre de procédure réussisse, explique-t-il.Tout comme nous étions convaincus que le fait de dévoiler à un patient qu\u2019il recevait un placebo en annulerait l\u2019effet.Or, d\u2019après une récente étude parue dans la revue scientifique en ligne PLOSOne, les placebos administrés en toute franchise se sont révélés tout aussi efficaces que les autres.» Le professeur Scoboria pense que cela vaudrait aussi pour la manipulation de la mémoire.Stephanie Fulton, chercheuse au département de nutrition de l\u2019Université de Montréal, ne croit pas, elle non plus, qu\u2019il faille mentir aux gens pour les aider à modifier leur conduite alimentaire : «Dire que la mémoire joue un grand rôle quand vient le temps de choisir notre nourriture, c\u2019est tout à fait juste.Dès notre plus jeune âge, nous établissons des liens entre aliments et souvenirs, agréables ou non.» Ce n\u2019est donc pas un hasard si la plupart des gens aiment le chocolat; en plus d\u2019être très apprécié par le cerveau, il est associé aux grandes occasions, aux fêtes et aux anniversaires.«Plutôt que d\u2019implanter de faux souvenirs en lien avec la nourriture, suggère la chercheuse, on pourrait en créer de véritables! Un exemple : au lieu de menacer un enfant de le priver de dessert s\u2019il ne mange pas ses légumes, pourquoi ne pas découper carottes, brocolis ou navets en formes amusantes?Il aura certainement plus de plaisir à en manger, et ce souvenir agréable le suivra jusqu\u2019à l\u2019âge adulte! ?QS Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 43 Le Lac, le Fjord, le Fleuve.une 20e édition tout de bleu ! Du 3 au 10 août, soyez au rendez-vous ! Prix avantageux avant le 16 juin Promotion En gang, on y gagne! .Événement tout confort : location de tente, 2 Festidouches, encadrement hors pair et bien plus\u2026 e q oule R D ue z l au du Québec.e ux plans d\u2019 d andio and à gr \u2019été.de gr ! e s www 14 5 5 o : Diane Dufr t Pho om c .s age y o v eloquebec v .e 506 t s 56, po 3 -8 7 56 \u2022 1 800 56 3 21-8 e t t an Mone v t Y sne e e «La mémoire joue un grand rôle quand vient le temps de choisir notre nourriture.Dès notre plus jeune âge, nous établissons des liens entre aliments et souvenirs, agréables ou non.» 44 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 a salle principale du Musée de la civilisation ressemble à une arcade.Sauf que, au lieu de se trouver dans un petit local sombre au fond d\u2019un centre commercial, on est dans une immense pièce blanche et lumineuse, aménagée de façon conviviale.Toutes les meilleures consoles de jeu, depuis l\u2019Atari jusqu\u2019à la XBox 360, y sont réunies.Si elles sont sous vitrine, les visiteurs s\u2019en donnent tout de même à cœur joie, manette d\u2019origine entre les mains, grâce à un simulateur informatique qui reproduit fidèlement l\u2019image sur l\u2019écran \u2013 parfois cathodique pour plus de vraisemblance.«Les consoles ne supporteraient pas les 500 000 à 600 000 visiteurs attendus lors de cette exposition», explique Monique Lippé, chargée de projet pour Une histoire de jeux vidéo.Ce sont 80 jeux et plus de 300 objets associés (pochettes, cassettes, affiches, etc.) qu\u2019on a regroupés selon un ordre chronologique dans cette exposition initialement présentée au Grand Palais de Paris.«Le jeu c\u2019est un thème qui est dans l\u2019air du temps», affirme Mme Lippé.Le fait que la première géné ration d\u2019uti li sa teurs de jeux vidéo a main - tenant elle-même des enfants n\u2019est peut-être pas étran ger à l\u2019opportunité de l\u2019événement.D\u2019ailleurs, les visiteurs sont souvent des gens dans la trentaine accompagnés de leur progéniture.Et c\u2019est bien le but.L\u2019exposition est destinée à tout Souvenirs d\u2019arcade Le robot NES, de Nintendo.Cela vous rappelle-t-il quelque chose?L public.En plus des jeux, des objets exposés et des vignettes explicatives, des guides-animateurs apportent de l\u2019information supplémentaire et facilitent la circulation.On ne veut pas que ça bouchonne à Mario Kart\u2026 À l\u2019origine, dans les années 1950-1960, les jeux vidéo servaient surtout à démontrer les capacités des ordinateurs.Mais la miniaturisation des années 1970 a permis à l\u2019industrie de se développer en tant que divertissement.Les jeux vidéo ont évolué rapidement.Pong, ce jeu populaire dans les années 1970 où deux raquettes se renvoyaient une bal - le virtuelle sur un écran cathodique, a été remplacé au début des années 1980 par des jeux en couleur, dont le fameux Pac-Man.La décennie suivante a vu naître les consoles Nintendo \u2013 avec le célèbre plombier Mario \u2013 et SEGA.Puis, le pixel art des années 1990 a permis de créer des effets de profondeur.Aujourd\u2019hui, les images sont à haute définition et on a même ajouté la détection de mouvement avec la console Wii ou le périphérique Kinect.«De plus en plus, les musées font l\u2019acquisition d\u2019artéfacts de jeux vidéo, explique Monique Lippé, parce qu\u2019ils font partie de l\u2019histoire contemporaine.Le Musée de la civilisation en a acquis, comme le musée d\u2019art contemporain de New York.» Ainsi, au centre de l\u2019exposition Une histoire de jeux vidéo, on retrouve un espace incitant à réfléchir sur l\u2019impact de ces jeux.Des entrevues avec des entrepreneurs et des créateurs d\u2019ici (Beenox, Ubisoft, Frima, etc.), ainsi que des scientifiques qui étudient le phénomène, sont projetées sur des écrans.«Des conférences et des tables rondes seront aussi présentées en marge de l\u2019exposition, notamment pour comprendre les nouvelles tendances qui se dessinent dans ce monde avec Bruno Guglielmi- netti», dit Monique Lippé.Une exposition ludique, donc, mais aussi une réflexion sur l\u2019évolution technologique.?QS Une histoire de jeux vidéo, Musée de la civilisation, du 24 avril 2013 au 16 mars 2014.www.mcq.ca Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 45 ARTS PLASTIQUES Le Festival TransAmérique présente le documentaire Plastic Paradise, où la journaliste Angela Sun braque sa caméra sur l'«île de plastique», une plaque de déchets plus grande que le Texas, à la dérive dans l\u2019océan Pacifique.La projection sera suivie d\u2019une discussion avec un expert en environnement, sur les conséquences de la surconsommation de plastique.Agora Hydro-Québec du Cœur des sciences de l'UQAM, 31 mai 2013, 16h v.o.anglaise, s.-t.fr.Également au programme : Nella Tempesta, une troupe de danse qui refuse d'utiliser des décors, pour préserver l'environnement.On invite plutôt les spectateurs à apporter des couvertures pour créer des ornements 100 % originaux et 100 % écolos.Place des Arts, Cinquième Salle, 24 au 27 mai La chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin sera aussi du Festival.Déesse autoproclamée du recyclage, elle confectionne les vêtements de ses danseurs avec des rebuts.À voir dans le cadre du spectacle Beauty Remained.Monument national, 23 et 24 mai Pour infos : www.fta.qc.ca GRAND POISSON MENACÉ Prédateur redoutable, mais aussi espèce menacée, le requin est présenté sous toutes ses coutures au Centre des sciences de Montréal.Les mythes y sont mis au jour et des faits étonnants y sont relatés.Par exemple, il existe 350 espèces de requins; et vous courez 700 fois plus de risques de mourir dans un écrasement d\u2019avion que lors de l\u2019attaque d\u2019un squale.Des sujets comme la surpêche, le commerce d\u2019ailerons et la place importante qu\u2019occupe ce poisson dans l\u2019écosystème sont aussi abordés afin de sensibiliser le public.Requin: prédateur ou proie?, Centre des sciences de Montréal, du 11 avril au 15 septembre 2013 www.centredessciencesdemontreal.com GALA DE PAPILLONS DE NUIT Irrésistiblement attirés par les lumières installées pour l\u2019occasion, les papillons de nuit sont conviés au Centre d\u2019interprétation du Marais de la rivière aux Cerises de Magog pour présenter leurs plus beaux atours.Les visiteurs sont invités à ce spectacle en nature pour découvrir ces spécimens, les observer et apprendre à les identifier.Lunettes fumées, lampe de poche et chasse-moustiques sont nécessaires! Les belles de nuit, Centre d\u2019interprétation du Marais de Magog, le 21 juin 2013 de 21 h à 23 h www.maraisauxcerises.com LA MATIÈRE DE LA TECHNO Des jeux et des expériences scientifiques sont proposés au visiteur pour découvrir la structure de divers matériaux.L\u2019exposition Drôle de matière, créée par le Centre des sciences de l\u2019Ontario et présentée par la Materials Research Society, explore les matériaux ayant une importance technologique.Elle se penche également sur la recherche interdisciplinaire qui mène à leur mise au point.Drôle de matière, Musée du Fjord de La Baie, du 25 mai au 8 septembre 2013 www.museedufjord.com AU FIL DU FLEUVE En suivant le biologiste Yves Jean à bord du voilier Sarava!, Canal Savoir propose d\u2019explorer les richesses et les fragilités du Saint-Laurent au fil de six émissions, depuis les Îles-de-la-Madeleine jusqu\u2019à la baie des Chaleurs, en passant par Gaspé, Sept-Îles et Tadoussac.Cétacés, crustacés, pêche et mariculture, cette série documentaire propose une réflexion scientifique et sociale liée à la conservation et à l\u2019exploitation des ressources du fleuve.Dès le 23 mai 2013, les jeudis à 20 h www.canal.qc.ca/emission/10288 Out Run, un jeu d\u2019arcade populaire au Japon en 1986 46 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Numéro d\u2019été En amour, quels sont les plus dévergondés, les plus paresseux, les plus langoureux, les plus possessifs des animaux?Quelle est l\u2019origine du sexe dans le monde vivant?La monogamie serait-elle un comportement déviant?Québec Science vous propose, cet été, une incursion inusitée dans le monde de la séduction et de la reproduction animale.Sujet lubrique?Pas tant que ça! Pourquoi, en effet, l\u2019immense majorité des animaux ont-ils recours à un mode de reproduction compliqué alors que la reproduction asexuée, à laquelle s\u2019adonnent notamment les bactéries, est tellement plus efficace?On y apprend que la sexualité existe depuis 2 milliards d\u2019années, que les plantes aussi ont un sexe, que peu d\u2019espèces sont monogames et que le sexe ne sert pas qu\u2019à la reproduction dans plusieurs communautés animales.La nature comme vous n\u2019aurez jamais osé la voir! SPÉCIAL UN NUMÉRO QUI RÉVÈLE UNE NATURE PLUS LUBRIQUE QUE JAMAIS Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 47 Aujourd\u2019hui le Par Joël Leblanc Dessin ou sculpture?Moitié stylo et moitié pistolet à colle chaude, voici le 3Doodler, le premier crayon qui permet de dessiner en trois dimensions.L\u2019«encre» utilisée est en réalité une fine tige de plastique qui se liquéfie en passant entre les éléments chauffants de l\u2019appareil et qui fige rapidement une fois sortie.Avec un peu de pratique, on peut esquisser des formes tridimensionnelles selon l\u2019inspiration du moment et faire apparaître n\u2019importe quoi.Plus abordable que les imprimantes 3D, le 3Doodler est vendu entre 50 $ et 125 $.www.the3doodler.com/gallery Louis Braille jubilerait Le vieux rêve de Louis Braille pourrait bientôt devenir réalité.Le Blind Reader, un appareil du même format qu\u2019un téléphone intelligent, convertit en un instant n\u2019importe quel texte imprimé en braille.Il suffit de passer la face de la liseuse directement au-dessus du texte.Le dispositif détecte les lettres et actionne de petites pointes pour faire apparaître en relief les caractères braille.L\u2019appareil est encore à l\u2019étape du concept pour le moment.Les designers japonais qui l\u2019ont conçu sont à la recherche d\u2019un partenaire d\u2019affaires pour mettre au point un prototype.www.yankodesign.com/2013/03/19/braille- book-everything Décalco techno Gamins, on a tous arboré sur la peau ces petits tatouages temporaires qui nous amusaient pendant quelques jours.Dans un but plus médical qu\u2019esthétique, voici maintenant la puce électronique qu\u2019on appose sur sa peau à la manière d\u2019un décalque pour suivre en continu les signes vitaux.De la taille d\u2019un timbre-poste, le petit circuit imprimé peut rester deux semaines sur la peau avant de se décoller de lui-même.Il résiste à l\u2019eau et sa flexibilité lui permet de suivre tous les mouvements de l\u2019épiderme.Il mesure la température du corps, l\u2019hydratation, le rythme cardiaque, la pression sanguine, l\u2019activité cérébrale, etc.Les données peuvent être envoyées à votre téléphone cellulaire ou directement à votre médecin.Développé par MC10, une société de Cambridge au Massachusetts spécialisée dans l\u2019électronique flexible, mais pas encore commercialisé, le patch-docteur devrait à terme faciliter autant le suivi postopératoire que le monitorage des performances athlétiques.www.mc10inc.com futur 48 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 PASSEZ L\u2019ANNÉE AU GRAND AIR.et profitez d\u2019une réduction pouvant aller jusqu\u2019à 47% sur le prix en kiosque ABONNEZ-VOUS www.geopleinair.com/abonnement 1 an : 28 $ + taxes (28% de réduction) 2 ans : 45 $ + taxes (42% de réduction) 3 ans : 62 $ + taxes (47% de réduction) 40065387 E n k i o s q u e j u s q u \u2019 a u 2 0 j u i n 2 0 1 3 M A I _ J U I N 2 0 1 3 6 , 4 5 $ 5 ÉCHAPPÉES EN FAMILLE À VÉLO EXPLOREZ VOTRE NATURE 25 A N S CONCOURS GUIDE D\u2019ACHAT DE VÉLOS DE MONTAGNE [ ] 25 TENDANCES 25 ANS QUI PARLENT DE NOUS, DE NOS CHOIX DE SOCIÉTÉ.ET DE NOS CONTRADICTIONS KAYAK-CAMPING Vacances actives sur plans d\u2019eau calmes HYPER_ACTIF j LE TABATA ARRIVE EN VILLE ! j COURIR ET GARDER LE SOURIRE 25 PRIX À GAGNER DEVENEZ REPORTER POUR GÉO PLEIN AIR p.29 p.46-47 EN PRIME LE GUIDE DES ACTIVITÉS DE L\u2019ÉTÉ Avant d\u2019aller s\u2019asseoir à sa table pour découvrir la cuisine moléculaire spectaculaire de Sylvain Proulx, le client du Resto Loft Fibo se voit déjà offrir une entrée en matière tout aussi impressionnante.Jonathan et Frédéric, les barmen et hôtes préparent des boissons tout droit sorties de films de science-fiction.Une simple vodka-orange prend ici l\u2019allure d\u2019un tube laser avec des compartiments de toutes les couleurs et de la fumée qui s\u2019en échappe.Une mousse durcie à l\u2019azote liquide saupoudrée de billes de curaçao gélifiées invite à mordre dedans.La mousse croque sous la dent, les grains bleus explosent dans la bouche offrant déjà un mélange unique de saveurs.La paille permet ensuite d\u2019atteindre les différentes couches du cocktail, séparées par des disques de glace.Un autre cocktail, baptisé le « rocket », puise dans l\u2019imaginaire du voyage dans l\u2019espace et le temps.Ses trois étages bleu, blanc et rouge rappellent immédiatement les popsicles de l\u2019enfance et ô surprise, les goûts sont identiques aussi ; ramenant au dégustateur un flot d\u2019images tirées de ses souvenirs.Le client ébahi a la possibilité de s\u2019enivrer ainsi\u2026 les yeux et le goût avec de nombreuses autres boissons tout aussi hallucinantes.Et pendant qu\u2019il sirote son cocktail, les barmen lui révèlent les secrets de la confection des plats qu\u2019il va bientôt découvrir.Le spectacle ne fait que commencer\u2026 DES COCKTAILS ÉBOURIFFANTS Sylvain Proulx chef-propriétaire 215 Notre-Dame Ouest, Montréal www.fibo.ca 514 508-FIBO DANS LE PROCHAIN NUMÉRO, DÉCOUVREZ QUELQUES-UNS DES PRODUITS QUI PERMETTENT LA CONFECTION DE CETTE CUISINE HORS DU COMMUN.TOURNEVIS FIBO COSMO À L\u2019HIBISCUS ROCKET POPSICLE BLEU, BLANC, ROUGE ICEBERG SERVI À L\u2019ENVERS Juin ~ Juillet 2013 | Québec Science 49 P POUR POLITIQUE La science, une poursuite désintéressée de la vérité?Foutaise!, dit le physicien français Nicolas Witkowski, auteur de nombreux bouquins de science et de vulgarisation, dont Trop belles pour le Nobel.Dans son dernier ouvrage, Science infuse \u2013 Dictionnaire politiques des sciences, il étale au grand jour la puissance des lobbys, les intérêts financiers ou politiques qui influencent le cours des découvertes et leurs applications.De «abeille» à «ZZ» en passant par «changement climatique», «créationniste» ou «pétrole», l\u2019abécédaire jette un regard peu banal sur les moteurs du savoir et donne au lecteur des outils pour se réapproprier les débats de l\u2019heure.Science infuse \u2013 Dictionnaire politique des sciences, Nicolas Witkowski, Éditions Don Quichotte, 2013, 500 p.SOCIÉTÉ SAVANTE Dans la même veine, mais sous un angle plus sociologique, Yves Gingras, professeur au département d\u2019histoire de l\u2019UQAM, explore la manière dont les savoirs scientifiques se construisent, décortiquant les liens entre science et société dans un ouvrage de la collection Que sais-je?Sociologie des sciences, Yves Gingras, Presses Universitaires de France, 2013, 124 p.ARCHIDUSEICHES ET INTELLOPOULPES Ce titre de chapitre donne le ton du livre de la journaliste scientifique française Caroline Lepage.Bourré d\u2019humour et très documenté, truffé d\u2019anecdotes scientifiques, l\u2019ouvrage lève le voile en 150 questions sur les mystères du monde sous- marin.On y apprend par exemple que la baleine bleue prend 45 tonnes pendant sa grossesse; que, chez les seiches, les mâles ont coutume de se travestir en femelles; que certains poissons hibernent; et qu\u2019il existe des poux de baleine! À déguster cet été, les doigts de pied dans l\u2019océan\u2026 Les baleines ont-elles le mal de mer?, Caroline Lepage, Les Éditions de l\u2019Opportun, 2012, 190 p.DE L\u2019INFINIMENT PETIT À L\u2019IMMENSÉMENT GRAND En septième année, Cary Huang a été très impressionné par une vidéo qui comparait la taille de différentes cellules.Avec l\u2019aide de son frère jumeau, l\u2019adolescent états-unien a décidé de créer sa propre animation interactive, mais en incluant un éventail beaucoup plus large d\u2019échelles.Après un an et demi de dur labeur, Scale of the Universe voyait le jour.En déplaçant le curseur de la barre de défilement, le visiteur peut explorer et comparer plus de 100 objets appartenant à différents ordres de grandeur.Depuis la longueur de Planck, la plus petite unité mesurable, jusqu\u2019à l\u2019ensemble de l\u2019Univers, en passant par la largeur d\u2019une feuille de papier et l\u2019araignée de mer géante du Japon, chaque objet est accompagné d\u2019une description aussi informative qu\u2019humoristique.Disponible en français.http://htwins.net/scale2/ MON AMI TED Fondées dans les années 1980, les conférences TED (pour technology, entertainment et design) ont pour objectif de diffuser à large échelle les idées les plus novatrices dans des domaines aussi variés que la science, la politique ou les arts.Disponibles sur Internet, les exposés peuvent également être visionnés gratuitement sur iPhone, iPad ou même sur un appareil Android.L\u2019application TED donne ainsi accès à une bibliothèque contenant plus de 1 400 conférences (classées par mots clés, par thèmes et par langue), du nouveau contenu y étant ajouté chaque semaine.L\u2019application est offerte uniquement en anglais, mais certaines présentations sont sous-titrées en français.À télécharger sur iTunes ou Google Play.toile de fond SCIENTIFIQUES À VOTRE SERVICE Vous vous êtes déjà demandé si la pluie était toujours propre?Vous aimeriez savoir dans quel groupe alimentaire vous devez classer le chocolat?Vous voulez comprendre pourquoi la rotation de Vénus est à contresens?Pour obtenir des réponses, adressez-vous à un expert ! Sur son portail scientifique officiel, le gouvernement canadien vous offre en effet la possibilité de soumettre vos interrogations à un comité.Composée, entre autres, d\u2019ingénieurs, de biologistes, de mathématiciens et de psychologues, cette escouade vous répondra au meilleur de ses connaissances et dans les plus brefs délais.Pratique! www.science.gc.ca/Ressources_pedagogiques /Demandez-le_a_un_scientifique- WS10CA1F05-1_Fr.htm Appli Par Catherine Girard BL gue \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022\u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022\u2022 \u2022 \u2022 \u2022\u2022\u2022 \u2022\u2022\u2022 lieu L\u2019esprit du Une de mes récentes chroniques, portant sur le village Les Boules, a heurté la sensibilité de bien des gens.Ai-je été mal entendu?Peut-être.Ai-je mal exprimé ma pensée?Certainement.J\u2019écris ce texte pour présenter mes excuses.Surtout parce que j\u2019ai utilisé une figure de style maladroite, une sorte de métonymie qui, en nommant Les Boules plutôt que la grande région environnante, a exprimé la partie à la place du tout.Ce pays du Bas-Saint-Laurent, je l\u2019aime profondément.J\u2019y retourne même chaque été depuis des lunes.J\u2019aime aussi démesurément tous les pays du Québec.Partout où je vais, je ne me désole jamais de la nature ou du monde.Partout, c\u2019est le même problème : je désespère du bâti.Oubliez cette vaine opposition de «la région» et du «514».Je ne m\u2019associe nullement à ce modèle simpliste.Le pire bâti est à Montréal et bien mal informé qui voudrait m\u2019associer à l\u2019observateur urbain passant trop vite dans le décor comme s\u2019il n\u2019en faisait pas partie.Cependant, le désastre est là, il se retrouve de Lachine à Sept-Îles, comme il se présente à Matane.De Inukjuak à Saint-Armand, de Rouyn à La Tuque, en passant par Mont-Laurier, Roberval ou Chibou- gamau, nous sommes aux temps barbares de l\u2019architecture misérable et de l\u2019aménagement brouillon.Et encore, ce n\u2019est pas gentil pour les barbares! Nos paysages humains sont à repenser entièrement.Entre Shefferville et Laval, l\u2019espace laissé à la joie esthétique est mince.Mes éloges de l\u2019Abitibi ou mon amour de la Boréalie ne m\u2019empêchent pas de décrire les affres des dégâts humains en ces mondes remarquables.Je vis à Huberdeau, dans les Laurentides.Ce petit village est certes aimable et attachant, mais il n\u2019est pas beau.La forêt mixte qui l\u2019entoure est magnifique, les vallées glaciaires se faufilent dans le corps des collines cambriennes, la rivière Rouge, qui creuse son chemin dans le sable et les roches arrondies, est fabuleuse; nous sommes au paradis.Mais le sommes-nous vraiment?Vous seriez au beau milieu d\u2019Huberdeau que vous ne verriez jamais la rivière.Le village lui tourne le dos.La forêt est omniprésente, mais elle finit par être invisible, car personne n\u2019a ses arbres à cœur.La nature est profondément inspirante, mais qui s\u2019en inspire?Comment un village de forêt en est-il venu à être si peu forestier?Ici, on ne construit pas en bois.L\u2019architecture d\u2019ensemble n\u2019est pas une architecture et il n\u2019y a pas d\u2019ensemble.La Caisse populaire est une boîte carrée en briques pâles et en béton «drabe»; le bureau de poste, une boîte carrée en briques fédérales; l\u2019école, une boîte carrée en espèce de crépi andalou.Et je ne dis rien de l\u2019épicerie avec sa façade en céramique de Pompéi.On l\u2019aura compris, mon village est une catastrophe sur le plan des aménagements humains.Or, cet échec a une histoire qui se répète bien souvent à l\u2019échelle du pays.Cependant, nous avons à Huberdeau, comme dans bien des villages semblables, un comité pour l\u2019avenir, une vie culturelle, le souci collectif de nous refaire une beauté.Des jeunes ménages ont choisi de vivre ici, il y a des artistes, des irréductibles du «819» et combien de villageois qui croient qu\u2019il est possible de faire mieux.Ce mieux, nous le ferons ou pas; seul le temps pourra le dire.Ma dénonciation des «cours à scrap», des aménagements douteux, du laisser-aller général dans le domaine des paysages n\u2019est pas un acte de désamour, de désaveu ou d\u2019irrespect.Bien au contraire, c\u2019est une déclaration d\u2019espoir et une sorte de cri du cœur.Oui, je le répète, voilà où je formule mes excuses auprès des gens des Boules.Dans ma chronique maladroite, j\u2019ai trop tenu pour acquis la beauté des lieux, pour ne retenir que la mauvaise part de l\u2019histoire.Et vous avez raison, Stéphanie Pelletier, j\u2019ai surtout cédé à la tentation de jouer sur Les Boules, un toponyme de belle valeur.Il y a beaucoup de beaux villages au Québec.Souvent ce sont des survivances d\u2019avant le XXe siècle.La Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent ne sont pas en reste à ce chapitre.Considérant qu\u2019une faute avouée est à moitié pardonnée, je réclame la moitié de ce pardon.Car, en effet, je ne peux effacer ce que j\u2019ai écrit.J\u2019annonce quand même que, sur la liste de mes chroniques à venir, je ferai un grand éloge du Bic, là où mon père, mon grand-père et mes arrière-grands-pères \u2013 ainsi soit-il \u2013 ont besogné et grandi.Car voilà bien ce qu\u2019il nous reste, voilà bien ce qu\u2019il nous faut pour vivre encore et nous remettre à bâtir ce que partout, nous avons trop négligé.?QS Par Serge Bouchard 50 Québec Science | Juin ~ Juillet 2013 Pardon aux Boules Les routes du Québec entre la beauté et la laideur S T U D I O D U R U I S S E A U Note : un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des courtages, des commissions de suivi, des frais de gestion et d\u2019autres frais.Les ratios de frais de gestion varient d\u2019une année à l\u2019autre.Veuillez lire le prospectus avant d\u2019effectuer un placement.Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n\u2019est pas indicatif de leur rendement futur.Les Fonds FÉRIQUE sont distribués par Placements Banque Nationale inc, à titre de Placeur principal, et par Services d\u2019investissement FÉRIQUE.1-800-291-0337 Les Fonds FÉRIQUE : il y a un peu de génie là-dedans.UNE FORCE DE CHANGEMENT COLLECTIVE POUR RENDRE LE MONDE MEILLEUR.UNE AUTRE BONNE RAISON D\u2019INVESTIR DANS LES FONDS FÉRIQUE ! Les Fonds FÉRIQUE sont gouvernés par une Politique d\u2019investissement responsable régissant l\u2019exercice des droits de vote, ce qui leur permet d\u2019inciter activement les entreprises à mettre à niveau leurs codes de conduite en matière d\u2019environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance.Chaque dollar investi dans nos Fonds sert donc un double objectif : encourager les entreprises à adopter un comportement responsable, et protéger votre avoir à long terme.www.ferique.com/video Offerts aux ingénieurs et diplômés en génie, à leurs familles et à leurs entreprises.FÉRIQUE est signataire des Principes pour l\u2019Investissement Responsable, une initiative du Secrétaire général des Nations Unies, mise en place par le programme des Nations Unies pour l\u2019Environnement Initiative Financière (UNEP FI) et le Pacte Mondial des Nations Unies.Il s\u2019agit d\u2019un ensemble de six principes généraux de bonne conduite tournés vers l\u2019investissement responsable. Jean-Philippe Leduc-Gaudet, étudiant au baccalauréat en kinésiologie En étudiant l\u2019impact de la vitamine D et des différents types d\u2019exercices sur les caractéristiques musculaires et la mobilité des individus, Jean-Philippe contribue au développement de meilleures habitudes de vie.Véronique Gaudreault, étudiante à la maîtrise en biologie En analysant les répercussions de la malaria sur le système immunitaire, Véronique contribue à une meilleure compréhension de cette maladie.Ces recherches pourraient conduire au dévoilement d\u2019un protagoniste important, possiblement responsable de complications fatales liées à la malaria."]
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