L'itinéraire, 1 janvier 2017, mercredi 1 février 2017
[" LnieKnaiimafa De&Jotmmtx, ç< cka/igmt & mmck 4^r'' Volume XXIV, n\" 03 Montréal, 1er février 2017 www.itineraire.ca DOSSIER Médias communautaires et alternatifs Se réapproprier l'espace public ?TEMOIGNAGE Vivre et laisser vivre Par France Lapointe DOCUMENTAIRE L'érotisme et le vieil âge Fernand Dansereau ¦ ¦\t.inc.,,, r-p.-> * ¦P** '* Programmation officielle du 375e Une ville qui n'a pas froid aux yeux, ça se fête.Du 6 janvier au 11 mars 2017 À coup d'activités ludiques, extrêmes, compétitives ou farfelues, cette année, retombez amoureux de l'hiver.Igloofest Vieux-Port de Montréal Encore plus cette année! Découvrez le Village et la Glissoire Nordik.JEU-DIM 12 JANVIER AU 19 FÉVRIER i + .Barbegazi îlot Clark au Quartier des spectacles Un parcours à obstacles complètement fou dans une ambiance festive.VEN-DIM 6-8 ET 13-15 JANVIER SAM-DIM 4-5 FÉVRIER Motoneige MTL Xtrem Square Phillips Des démonstrations de sauts acrobatiques de motoneige en pleine ville.Téléchargez l'application 375MTL 37Smtl.com | #375MTL Canada Québec S S Montréal^ 8280 3266 Bell bmoQ BOMBARDIER ^\tJe.dLvtt-'fca*.¦ Desjardins iGff\tcqSpokajioiv QUÉBEC CLARID GE ÉBECpR 'H me u i Nom Maxine Timperiey | Camelot n° 72 I Âge 44 ans Point de vente Marché Maisonneuve ^ 2 Lorsque Maxine Timperiey, « numéro de camelot 72 », parle, elle vous regarde droit dans les yeux, sans ciller et sans sourciller.D\u2019un ton lent et calme, presque enfantin, elle raconte ses anecdotes d\u2019enfance et les épreuves de sa vie, quelle ponctue de petits rires et de grands sourires.Elle a la vente dans le sang, depuis son plus jeune âge.« Quand f étais petite, mon oncle vivait à Gatineau, à côté d\u2019un terrain de golf.Une montagne de balles se retrouvait sur son terrain, je les ramassais, me plaçais près du terrain puis je lançais aux golfeurs : \"3 balles pour une piastre!\u2019\u2019, puis ils en achetaient.je me faisais entre 10$ et 15$ dans la journée ! » Solliciteuse de carte de crédit, vendeuse pour la Baie d\u2019Hudson, vendeuse dans un restaurant fast-food, elle décide finalement de se diriger vers l\u2019enseignement des langues française, anglaise et espagnole.Son baccalauréat en poche, direction l\u2019Espagne où Maxine passe deux années avant d\u2019être rapatriée d\u2019urgence au Canada, dans une situation de détresse.« j\u2019ai rencontré des gens malsains, des personnes qui me voulaient du mal, qui voulaient me nuire, raconte-t-elle.Ça m'a traumatisée, j\u2019ai sauté une coche.» Une fois de retour, elle reçoit un diagnostic de schizophrénie puis est hospitalisée.Maxine découvre L\u2019Itinéraire, y travaille de manière on and off.Avec son baccalauréat, deux certificats et une formation comme enseignante au primaire et au secondaire, elle essaie de revenir sur le marché du travail.« Et là, je me suis rendu compte que j\u2019étais nulle côté discipline avec les enfants, explique-t-elle, j\u2019ai dû quitter parce que j\u2019étais incapable de faire ma job.» « Une job qui ne me stresse pas » Elle retourne faire ce qu\u2019elle sait faire de mieux : vendre.« j\u2019ai été vendeuse toute ma vie, cèst quelque chose que j\u2019aime, ce nèst pas compliqué, ce n'esr pas stressant.Cèst important pour mcfi de faire une job qui ne me stresse pas.Parce que le stress et le traumatisme mont amené à la maladie », raconte-t-elle.Maxine est alors revenue à L\u2019Itinéraire, elle vend le magazine au ' marché Maisonneuve.«Au lieu de faire une job plus payante, mais qui me rend malade, j\u2019aime mieux faire une job moins payante, sans stress.» Aujourd\u2019hui, elle affirme sans gêne qu\u2019elle est réjouie par cette situation.« L\u2019Itinéraire me rend heureuse : Monsieur Paul, qui s\u2019occupe de la cuisine du café de L\u2019Itinéraire, me prépare à coût minime mes ripas vegan quotidiens, je sors de chezknoi au lieu d\u2019être enfermée entre qAtrè murs puis de penser à mes problèrms.je ris avec mes clients, je peux éciwe dans le journal et m'exprimer, je suis comblée ! » La dignité retrouvée, la jeuw^J femme a aussi pu renouer avec ses proches.« je me suis acheté une table de cuisine avec quatre chaises, j'ai décidé d\u2019inviter ma famille.C\u2019était la première fois que je les accueillais chez moi ! » Son prochain projet ?Suivre um cours de langue arabe à l\u2019Université de Montréal, langue dont ellq apprécie la mélodie et la sonorité.Larrondissement de Ville-Marie reconnaît Par Pierre de Montvalon, bénévole à la rédaction Photo : Alexandra Guellil l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L'Itinéraire. NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ 1 À Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Le magazine bimensuel est produit par l'équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L'Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d'économie sociale et des programmes d'insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des Femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d'itinérance, d'isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L'organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l'autonomie Fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L'Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s'en sortir.Merci à tous ! La direction de L'Itinéraire tient à rappeler quelle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue, Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le Pont pas pour L'itinéraire, Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, cheF du développement social par courriel à : c.e.lavery@itineraire.ca ou par téléphone au : 514 597-0238 poste 222.Nous reconnaissons l'appui Financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien, Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur cesite Web) ne reFlètent pas Forcément celles du ministère du Patrimoine canadien, Canada ISSN-l -481 -3572 n\" de charité : 13648 4219 RR0001 ) PARTENAIRES MAJEURS lui\tvme-iviarie Canada Québec SS Montréal# Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'île-de-Montréal pour leur contribution Financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.QUEBECOR ) PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS m Desjardins\tRECETTES J\tCaisse populaire\tft nnx*1 du Mont-Royal\tPUTlj\tH^upperkut\t#\\t£\tÆÊ& imprime emploi LIWFE5STOM RESPONSABLE\tMontré^ IÇîîf Desjardins\tCAFÉ L.' Caisse du Quartier-Latin de Montréal\tRROSSARD\u201c\u201c\t\t\u2022stm\tRESAC\tL Q L Vfll ài\\ ifGER W» o.W-w~t\tÇr Canada-Vie\tFondation du Grand Montréal\t\tf\tI\tfoodïUw! vV Carmand Normand HMtATltifl\t L'Itinéraire EST MEMBRE DE insp AgECQ j^APSrM faim J& RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LECAFÉ L'ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone 514 597-0238 Télécopieur 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca mmi DIRECTEURCÉNÉRAL: LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYM0ND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA CUELLIL Chargé de l'accompagnement des participants : SIMON P0SNIC Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Responsable de la création numérique : MACALIE PAQUET Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Collaborateur ilANIKMARCLL Webmestre bénévole JUAN CARLOS JIMENEZ Adjoints à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRI0N, LOUISE BRUNET, SARAH DÉRY, HÉLÈNE MAI, PIERRE DE M0NTVAL0N, JENNIFER PIT0SCIA, LAETITIA THÉLÈME, ÉLIANE TH IVIERCE, CHANTALVANASSE Révision des épreuves : PAUL ARSENAULT, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE Photo de la une : MARIO ALBERTO REYES ZAM0RS | Camelot - France Lapointe ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Adjointe administrative NANCYTRÉPANIER Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE DEVELOPPEMENT SOCIAL Chefdu développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial JEAN-FRANÇOIS M0RIN-R0BERGE Intervenante psychosociale : SOFIA SHLIK0V Responsable du Café PIERRE T0UGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : GUY LARIVIÈRE - Glasford InternationalCanada Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernsts Young S.R.L/S.E.N.C.R.L Vice-président JEAN-PAUL LEBEL- Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : ALEXANDRE PÉL0QUIN - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSON NETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire PIERRE SAINT-AMOUR - Camelotée L\u2019Itinéraire ISABELLE M0NETTE - Fondaction CSN KATHERINE NAUD - Perspectives Jeunesse CATALIN CARACAS ¦ Ranger Design Représentant des camelots: YVON MASSICOTTE - Camelotée L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE 1514 848-7000 Directeur général ROBERTRENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur: TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication N\"40910015, ^d'enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K2H9 Québécor est Fière de soutenir l\u2019action sociale de L'/tinéraireen contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.A\tMIXTE SfjJ FSC vrww.Fsc.org\tPapier issu de sources responsables \tFSC* C011825 4 ITINERAIRE.CA | 1er Février 2017 Maxine w 1 MOTS DE CAMELOTS Sylvain Pépin Girard.29 Annie Lambert.29 Jo Redwitch.29 Réal Lambert.42 Maxine Timperley.42 Yves Manseau.42 \t \tSEMAINE \tINTERNATIONALE DES CAMELOTS \tDes journaux qui changent le monde \u2022\tVivre et laisser vivre Par France Lapointe \u2022\tStreet Roots Camelots de l'ouest, camelot de l'est Par James Rice \u2022\tLa feuille de Trèfle Contre l'itinérance en Suisse Par Mostapha Lotfi \t\u2022 Des médias pour se réapproprier l'espace public ?\t\u2022 Retour sur l'année 2016 dans les médias \t\u2022 Fact checking : Partagez-vous de vraies nouvelles ?\t\u2022 Droit de regard sur la vie privée Par Alexandra Guellil SOMMAIRE ÉDITORIAL.7 Une célébration des camelots du monde Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT.8 ROND-POINT INTERNATIONAL.9 INFO CAMELOTS.28 Par Yvon Massicotte CARREFOUR.28 DANS LA TÊTE DES CAMELOTS.30 COMPTES À RENDRE.32 Une révolution près de chez vous Par lanik Mardi, économiste indépendant INFO RAPSIM.33 Besoin d'un changement d'approche Par Alice Lepetit, organisatrice communautaire au RAPSIM POÉSIE.34 L'espoir d'une rose Par Rose DOCUMENTAIRE.35 L'érotisme et le vieil âge, de Fernand Dansereau Par Robert Ménard DOCUMENTAIRE.38 Le Chantier des possibles, d'Ève Lamont Par Jean-Guy Deslauriers VIE DE QUARTIER .40 LaSalle Par Marie Riopel DÉTENTE.44 À PROPOS DES MÉDIAS.46 Mc^1* LECTEURS Bonjour, C'est la première fois que j'achète L'itinéraire puis je voudrais vous dire qu'il est efficace et parfait.Car, je vous remercie pour vos efforts qui sont vraiment respectables.Je vais sûrement acheter les numéros suivants.Ali, un néo-québécois Rectificatif Les camelots sont des Dans l'édition du 15 janvier 2017, le dossier (pp 26 à 29) portant sur le salaire minimum à 15 $/h, les vox pop sont coiffés de la question : 15 $/h : On en vit ou on survit ?travailleurs autonomes.50% du prix de 4 La question originale posée par la journaliste et qui aurait dû être publiée était : « Quand on travaille à temps plein au salaire minimum *, est-ce qu'on vit ou on survit ?» La rédaction s'excuse pour tout inconvénient que cette erreur aurait pu causer aux répondants ainsi que pour la confusion quelle a pu engendrer auprès de nos lecteurs.vente du magazine leur revient.« * Salaire minimum de 10,75 $/h, en vigueur au moment de la rédaction de l'article, ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! La Rédaction se réserve le droit d'écourter certains commentaires. L\u2019appétit vient en donnant.itineraire.ca/fa ire-un-don Oui, j'appuie L'Itineraire DONS CARTES-REPAS ABONNEMENT Pour rejoindre notre service aux donateurs © 514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca JE FAIS UN DON DE: O 40$ O 50$ O 75 $ O 100$ ou JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J'offre_______cartes-repas à 6$ chacune =______________ TOTAL DE MA CONTRIBUTION : DONS + CARTES-REPAS JE VEUX M'ABONNER AU MAGAZINE : Je m'abonne pour une période de : 012 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 06 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) :_ Pour respecter l'écologie et réduire ses frais postaux, L'Itinéraire envoie le reçu d'impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Uili.NE RM Q/Üûxpei/ Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca N° de chante de l'organisme : 136434219 RROOOi IDENTIFICATION Nom :_________ O Mme OM.Prénom Adresse Ville :__ .Code postal :___I__L J__L Courriel Téléphone:!______) __________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire O Visa O MasterCard N°de la carte : I_I_I_I_I__I_I__I__I__I__I__I__I__I__I__I_I__I Expiration_____ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L'Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 Jiï Une célébration des camelots du monde y'iv* \"42 VÎT.EDITORIAL PAR JOSEE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF iÆJ | /,\t_j j\t \\i\t'\t-è\tJH-\tè tegf £»*i i i VU \\Èn-:\t3.fl\tir^J1\tr\tA f ¦i B H\tL sLâ 7 * f A À tout moment de la journée, il y a plus de 10 000 camelots qui vendent leurjournal de rue dans le monde.Qu'ils soient à Montréal, Vancouver, Hambourg, Manchester, Dallas ou Copenhague, ce sont au total 27 000 camelots qui ont pu gagner dignement un revenu en vendant près de 23,5 millions de journaux de rue à l'échelle mondiale, atteignant ainsi 5,8 millions de lecteurs.L'an dernier, ils ont gagné 41 millions $C.Mais au-delà des chiffres, il y a des personnes qui ont vécu une expérience marquante et transformante en devenant camelot pour un journal de rue.Tous les jours, nous sommes témoins de ces changements de vies.Combien de fois a-t-on entendu que « L\u2019Itinéraire a sauvé ma vie » ou encore « je ne sais pas où je serais si vous n\u2019aviez pas été là ».Tous les jours, nous sommes témoin de gens qui sortent de la rue pour enfin pouvoir dormir dans un lit bien à eux.De gens qui surmontent leurs dépendances à l\u2019alcool et aux drogues.Des gens qui renouent avec leur famille.Des gens qui sont fiers de travailler dignement plutôt que de mendier dans la rue.Ces gens, nos camelots, participent aussi collectivement à permettre à d\u2019autres comme eux de sortir de l\u2019ombre et de faire partie d\u2019un groupe qui se tient et qui s\u2019épaule.Ce qui nous rassemble Tous les jours, cela se vit aussi à l\u2019échelle planétaire.Grâce à l\u2019INSP, le réseau international des journaux de rue dont nous sommes membres, on peut lire des témoignages des autres camelots de la centaine de journaux publiés en 24 langues.Désormais, on se rapproche également davantage grâce à la technologie.Skype et internet ont ouvert grands les canaux de communications, comme vous pourrez le découvrir dans les pages de cette édition qui souligne en grand la Semaine internationale des camelots.Les entrevues vidéo entre notre James, et John de Portland, ainsi que celle entre Mostapha à Montréal et Olivier à Genève, mettent en lumière tout ce qui nous rassemble et nous ressemble.Car si les réalités sont parfois différentes aux Etats-Unis et en Europe, la pauvreté, la marginalisation et l\u2019itinérance n\u2019ont pas de frontières.L\u2019amour, le courage et la détermination non plus.Ces vendeurs de journaux de rue sont le visage de la résilience et de la volonté de s\u2019en sortir.Pour eux, cette semaine qui leur est dédiée est une occasion de faire reconnaître leur travail et leurs grandes et petites victoires quotidiennes.¦ International Network of Street Papers 1er Février 2017 | ITINERAIRE.CA 7 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL 4 questions à Henry Mintzberg Titulaire de la Chaire John-Cleghorn de Management à l'Université McGill, Henry Mintzberg est l'auteur de nombreux best-sellers sur la gestion, la structure des organisations et la planification stratégique.Dans son dernier livre, Rééquilibrer la société, il propose des solutions afin de trouver l'équilibre entre les trois piliers de la société : le public, le privé et le pluriel.O Pourquoi plaidez-vous, dans votre livre, pour un renouvellement radical au-delà de la gauche, de la droite et du centre ?Pour deux principales raisons : d\u2019abord parce que le système actuel ne fonctionne plus en raison de la confusion de plus en plus fréquente entre l\u2019extrême gauche et l\u2019extrême droite qui, dans un certain sens, ne sont pas si différentes.Par exemple, lors de la dernière élection américaine, les constats qu\u2019ils soient ceux de Donald Trump ou ceux de Bernie Sanders étaient les mêmes.Seules les solutions étaient différentes.Par contre, la plupart des Américains ou en tout cas un peu plus de 50 % d\u2019entre eux, qu\u2019ils s\u2019identifient aux politiques de droite ou de gauche, sont ensemble contre Donald Trump.Cela signifie que le système semble être en panne.Et souvent, on réalise qu\u2019entre les positions de la gauche et la droite, très peu de choses sont réellement différentes.Cette idée de distinction marche de moins en moins bien.0 A partir de quand cette distinction entre les courants politiques s\u2019est-elle estompée ?A mon avis, à partir du moment où le secteur privé est devenu plus puissant.Dans les années 1960, il n\u2019y avait pas de réelle fissure entre les citoyens dits de seconde zone et la classe moyenne.Aujourd\u2019hui, il ne s\u2019agit plus d\u2019être à gauche ou à droite, mais de redonner sa juste place aux trois piliers de la société : le public (le gouvernement), le privé (les entreprises) et le pluriel (ou le pilier collectif).Ce dernier regroupe toutes les associations qui ne sont la propriété ni de l\u2019Etat, ni des investisseurs privés.Elles peuvent appartenir à leurs membres comme n\u2019appartenir à personne.© Comment fait-on pour rééquilibrer ces trois piliers et leur redonner leur juste place ?Il faut, je pense, d\u2019abord être au courant de ce qui se passe.Nous avons énormément d\u2019actualité dans le secteur pluriel.De nombreuses organisations s\u2019occupent soit d\u2019économie sociale ou entreprennent des actions pour les plus démunis.De nombreuses choses se font aujourd\u2019hui, mais nous devons les connaître et se tenir informés.Ce n\u2019est qu\u2019à ce moment-là que l\u2019on se rendra compte que le secteur pluriel n\u2019est ni à gauche, ni à droite, mais qu\u2019il compose un tout.En somme, et comme je l\u2019écris dans le livre, une société réellement démocratique équilibre les besoins individuels, collectifs et communautaires pour y répondre correctement sans verser dans l\u2019excès.O Vous consacrez un passage dans votre livre aux actions que peut entreprendre le citoyen lambda.Si vous deviez citer un élément principal, quel serait-il ?Je crois que ce changement doit se passer essentiellement dans les communautés parce que c\u2019est quand les citoyens agissent ensemble que les changements opèrent.Il n\u2019y a qu\u2019à prendre l\u2019exemple de nombreux événements qui sont devenus aujourd\u2019hui historiques.La plupart des actions partaient de quelques personnes et ont déclenché de réels bouleversements dans plusieurs pays.Quand les citoyens deviennent au courant des problèmes, ils se positionnent.C\u2019est ce qu\u2019il s\u2019est passé avec l\u2019élection de Donald Trump ou le Brexit qui sont deux cas révélant une évidente frustration et une incapacité à savoir comment agir autrement que par un tel vote.Comme dit une expression anglaise, we hope for the best.Mais, il faut se rendre compte que les choses ne changeront pas si nous n\u2019agissons pas.¦ Essai Rééquilibrer la société Henry Mintzberg Éditions Somme toute 2016, 152 pages RÉËQUIL Pti=w LA $OClET TO, 8 ITINERAIRE.CA | 1er Février 2017 PHOTO: MAURI Cl O BUSTAMANTE ALLEMAGNE | Faire face au froid à Hambourg Lorsque l\u2019hiver s\u2019est mis à mordre à Hambourg, l\u2019équipe de Hinz & Kunzt a marché, durant une semaine, un kilomètre dans les chaussures de six personnes qui ne sont pas des étrangers à l\u2019itinérance.Le magazine de rue a mis en lumière comment Dieter, le couple Bonnie et Clyde, et les amis Marek, Krystztof et Papa survivent à leur dure réalité et restent concentrés sur un avenir meilleur.Après 30 années consécutives à vivre dans la rue, le camelot du Hinz & Kunzt Dieter, 64 ans, dit : « je ne veux pas d\u2019appartement, je me sens juste libre, indépendant ».Quant aux amis Marek, Krystztof et Papa, ils se souviennent des mots durs des passants qui criaient : « Trouvez-vous une job!» «Hey!, je travaille au moins 14 heures par jour», explique Krzysztof.« Les gens ne savent pas ce que c\u2019est que de passer toute la journée debout et de ne pas avoir un appartement et un lit.» (Hinz&Kunzt) W if W ROND-POINT INTERNATIONAL MACÉDOINE | Un cri à l\u2019aide pour les enfants handicapés ! La Macédoine peine à suivre les autres pays en matière de soutien social.Mimoza et Emilija sont toutes les deux mères d\u2019enfants atteints de déficience intellectuelle.Elles espèrent qu\u2019en publiant leur livre, Life Worth Living, elles pourront forcer l\u2019amélioration du système macédonien et recevoir de l\u2019aide tant attendue.Ilina, la fille de Mimoza, est trisomique.« Au cours des premiers mois, j\u2019avais des sentiments ambivalents, dit la mère, j\u2019étais incapable de créer de lien émotif avec mon enfant et je m\u2019en voulais énormément.Dans ces moments difficiles, discuter avec d'autres parents éprouvant une douleur semblable à la mienne a été d\u2019une grande importance.» Selon Emilija, dans les pays développés, il y a davantage de ressources disponibles pour les familles d\u2019enfants vivant avec une déficience qui les aident à s\u2019intégrer dans la société.« Bien que le système ne puisse effacer notre douleur, il peut faciliter notre parcours.Cèst pourquoi le gouvernement macédonien doit en faire davantage pour s'assurer de respecter les droits de ma fille à l\u2019intégration et à l\u2019inclusion.» (Lice v Lice) L'Itineraire est membre du International Network of Street Papers {Reseau International des Journaux de Rue - INSP) Le réseau apporte son soutien à près de 120 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez www.street-papers.org 1er Lévrier 2017 | ITINERAIRE.CA RADUC ONS : GbNbV bVb dLR RAND b bM Lb PAN b -RAYMOND ÉTATS-UNI! | Un ménage qui dérange Le Denver Voice a suivi le récent « nettoyage » des trottoirs du centre-ville par la police.Cette opération a provoqué une onde de protestation chez les sans-abri, qui craignaient perdre leurs tentes et leurs biens.« Nous avons l\u2019impression qu\u2019ils s\u2019emparent de notre espace, de notre maison et qu\u2019ils nous traitent comme si nous n\u2019étions pas des êtres humains, a lancé Joshua Griffin, un des protestants.» Les policiers et les équipes de nettoyage, armés de balais et de sacs à ordures, ont été accueillis en novembre par un groupe de SDF outrés et frustrés.Les officiers avaient reçu l\u2019ordre de débarrasser les trottoirs de vélos, de fauteuils roulants et de paniers remplis d\u2019objets personnels.L\u2019atmosphère était tendue tout au long de la journée « je suis en sécurité ici, s\u2019est exclamé Shannon Wolf, qui vit à cet endroit depuis février, c\u2019est là où se trouve ma famille de rue.» (Denver Voice) International Network of Street Papers ['occasion de la Semaine internationale des camelots !qui se tient du 6 au 12 février, L'Itinéraire vous propose un dossier spécial en lien avec les médias, le métier de camelot et une réflexion plus globale concernant certains aspects du journalisme et des médias.Cette semaine est l\u2019occasion de rendre hommage annuellement à un peu plus de 10 000 camelots qui travaillent pour plusieurs journaux de rue à travers le monde.Des hommes et des femmes vivent dans plus de 35 pays et qui utilisent leur journal de rue comme un moyen de sortir d\u2019une situation de pauvreté et d\u2019itinérance.Découvrez à travers nos pages entrevues avec des camelots d\u2019autres journaux de rue réalisées par nos participants, mais aussi des tranches Ide vie qui redonnent espoir.Ils et elles partagent des moments de vie liés à la vente d\u2019un magazine et à ce [que leur procure leur rencontre dans la rue avec vous.International Network of Street papers pjroôisfl ilbi J fflwÊ'tfer '( Découvrez le contenu complémentaire sur itineraire.ca/extra ill tiM'Ww, Vivre et laisser vivre ¦ 1 TEMOIGNAGE PAR FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL/ MENTANA r -J J / Travailler pour un journal de rue, c'est difficile : on est tout le temps debout, il faut faire la promotion du journal, se faire connaître, parleravec les gens, mais ça vaut la peine.On reçoit des commentaires positifs des clients qui nous encouragent, nous confient des choses personnelles et nous demandent des conseils.Ça fait 20 ans que je suis camelot pour L\u2019itinéraire, et j\u2019ai beaucoup appris : à être patiente, à travailler aux quatre saisons.L\u2019hiver est la période la plus difficile pour travailler dehors.J\u2019ai gagné un savoir-faire : vendre, écrire des articles, parler de la société, de l\u2019environnement, de la planète, de la pauvreté et de l\u2019itinérance.L\u2019itinéraire m\u2019a permis de me faire des contacts, ça me valorise parce que je me sens seule parfois.Ce n\u2019est pas toujours facile, mais ça me permet de rencontrer des gens.Il y a certains collègues avec qui je m\u2019entends bien, ça me donne un endroit pour jaser un peu.Je viens à L\u2019itinéraire pour voir du monde, pour la reconnaissance et le respect entre collègues.Une femme dans un milieu d\u2019hommes Ce n\u2019est pas toujours facile de se lier d\u2019amitié avec les autres camelots, certains ont des caractères difficiles, ils ont leurs problèmes.D\u2019autres ont des dépendances à l\u2019alcool ou à la drogue, donc il faut être délicat parce qu\u2019un regard ou un petit geste peut déranger.L\u2019ambiance peut parfois être assez individualiste, et je ne sais pas toujours quoi dire aux autres.Il y en a qui me racontent leurs problèmes personnels, mais j\u2019ai parfois du mal à en faire autant et je ne me sens pas toujours écoutée.Même s\u2019il y a d\u2019autres femmes, ça reste un milieu de gars.Par le passé, j\u2019ai même déjà eu peur de venir ici.C\u2019est un environnement délicat, ça te pompe ton énergie, et des fois ça me rend triste : il y a des journées sombres qui ne me permettent pas de dialoguer.C\u2019est quand même important qu\u2019entre camelots, on sache se parler de nos histoires personnelles et qu\u2019on sache être dignes de confiance, qu\u2019on puisse garder des secrets.Il ne faut pas profiter des autres.Avant, quand un camelot me demandait de lui prêter de l\u2019argent, je n\u2019arrivais pas à dire non, et je ne revoyais jamais mon argent.Maintenant, j\u2019arrive à m\u2019imposer plus facilement, je fais ma petite affaire et je laisse les autres tranquilles.Il faut dire que l\u2019ambiance a changé ces dernières années à L\u2019Itinéraire.Il y a moins de conflits, les gens sont plus respectueux et plus avenants et on trouve plus facilement sa place.Défendre son territoire C\u2019est aussi très important de respecter les territoires de vente des autres.Avant, ça arrivait souvent qu\u2019une personne qui quête me demande de lui laisser mon espace.Ça a même déjà créé des conflits : je suis allée en cour contre un mendiant parce qu\u2019il me harcelait et m\u2019intimidait pour avoir mon spot.Il m\u2019arrosait, m\u2019insultait, manipulait la police, et j\u2019ai fini par réussir à m\u2019en débarrasser quand son chien m\u2019a mordue.Donc, mon expérience de camelot m\u2019a appris à mettre mon poing sur la table et à me faire respecter.Maintenant, quand j\u2019arrive à mon spot, s\u2019il n\u2019est pas libre, les gars de la rue me cèdent la place, et j\u2019en suis fière.Ce que j\u2019aime c\u2019est qu\u2019il y a toujours des gens qui viennent me défendre.Je vends le magazine au même endroit depuis 20 ans, alors les employés de la SAQ et les clients me connaissent bien.Du plaisir quand même.J\u2019aimerais dire que tout est positif, que la vie est belle, parler de bonheur, mais la vie ce n\u2019est pas fait pour tout le monde, et le bonheur non plus.J\u2019aimerais que la vie soit comme la chanson d\u2019Edith Piaf, La vie en rose, ou celle de Boule Noire, Aimes-tu la vie comme moi ?C\u2019est d\u2019ailleurs la chanson que j\u2019ai chantée au party de Noël, pour le talent show de L\u2019itinéraire au Lion D\u2019or.Malgré les difficultés, si je suis restée pendant 20 ans à L\u2019itinéraire, c\u2019est que chaque année j\u2019en tire du bon temps et du plaisir.Et aujourd\u2019hui, je peux dire que tout ça m\u2019a rendue plus forte.Je ne me laisse plus faire, je ne me laisse plus dominer.Je veux la garder ma place, car je me suis battue pour ! ¦ 1er Février 2017 | ITINERAIRE.CA 7 1 {Street Roots - L'Itinéraire Camelot de l'ouest, camelot de l'est Ktass ENTRETIEN PAR JAMES RICE CAMELOT DE LORIMIER / VIGER John Brown 'T'T Si l'itinérance connaît bien des environnements, elle est également une Facette partagée de la vie de John et de James.D'un bout à l'autre de l'Amérique du Nord, ces deux camelots ont eu l'occasion virtuelle d'échanger en anglais, de se soutenir et de découvrir un pan analogue de leur vie.L'occasion également d'une rencontre entre deux journaux de rue : L\u2019Itinéraire et Street Roots (Portland, Oregon).Je voyais souvent des gens avec des pancartes sur lesquelles était écrit : Will work for food quand je traversais les Etats-Unis.Ça me faisait penser au tiers-monde à l\u2019intérieur d\u2019un pays riche.A cette époque, je me disais qu\u2019il devait quand même y avoir de l\u2019entraide.Mon impression s\u2019est confirmée en discutant avec John, cet ancien sans-abri de Portland, en Oregon.Là-bas, l\u2019itinérance est un vrai problème pour lequel il n\u2019y a pas beaucoup de soutien gouvernemental.Mais comme je le pensais, les gens se serrent les coudes et les communautés religieuses aident beaucoup.Peut-être justement parce qu\u2019il y a peu d\u2019aides sociales.Ici aussi il y a de la solidarité, mais les gens se disent : « 0.-/C., t\u2019as ton chèque du BS alors tu peux te débrouiller ».Là-bas, ce n\u2019est pas si évident que ça ! Pouvoir discuter avec John a été très sympathique.Il semble être une personne respectueuse, humaine et vraie.C\u2019est ce qu\u2019il projette et ça a été facile de parler avec lui.Il a compris ma situation, le fait d\u2019être parfois mal vu, de se sentir isolé quand on est à la rue.De mon côté, c\u2019est ce que je vis ces temps-ci et c\u2019est difficile.John, lui, se débrouille bien.Il a trouvé un logement, par hasard, en vendant son journal.Ça prouve que Street Roots l\u2019a beaucoup aidé.J\u2019étais content pour lui de le voir si heureux d\u2019avoir une place.Quand je le regarde aller, je me dis que ça me ferait du bien à moi aussi d\u2019avoir un logement.John et moi avons la même vision de l\u2019itinérance.Quand on est comme John était, malpropre, à la rue.on est mis à part.Nous autres, on voit bien que les gens nous regardent parfois d\u2019un mauvais œil.Quand j\u2019avais un logement, moi aussi je regardais les itinérants avec un œil rempli de préjugés.Mais il me semble que la considération est un droit.Non ?12 ITINERAIRE.CA | 1er Février 2017 James : L\u2019Itinéraire est un magazine publié deux fois par mois.Il aide les camelots et les personnes en situation d\u2019itinérance à se réinsérer socialement.Les camelots achètent le magazine 1,50 $ et le revendent 3 $.Il sert aussi à éduquer et à faire prendre conscience aux gens de la réalité de l\u2019itinérance à Montréal et informe sur d\u2019autres sujets sociaux, culturels, etc.Au moins 50 % de nos publications est rédigé par des camelots.Pour ma part, c\u2019est la première fois que je fais une entrevue.Je suis camelot depuis environ 10 ans, mais je ne me suis jamais vraiment impliqué.Alors, lorsque l\u2019on m\u2019a proposé de faire cette entrevue, j\u2019ai trouvé ça intéressant et je me suis dit : oui, pourquoi pas ! Je suis content de m\u2019impliquer et de pouvoir parler à des vendeurs pas seulement de Montréal, mais d\u2019autres lieux dans le monde.John : Street Roots est un journal de 16 pages incluant de la publicité, des écrits artistiques comme des poèmes, etc.Notre ligne éditoriale est assez progressiste, mais certains de nos vendeurs ne sont pas toujours d\u2019accord avec.Nous avons une super équipe et aussi une salle de rédaction.J\u2019ai eu, il y a quelques semaines, une entrevue IPHOTO : STREET ROOTS PHOTO : ALEXANDRA GUELLIL James Rice avec le maire de Portland à propos des dernières élections.Ça fait très plaisir d\u2019avoir sa photo dans le journal où il y est noté : entrevue réalisée par John.Il y a deux ans, on a décidé de publier le journal Street Roots chaque semaine.Les ventes sont excellentes.Un nouveau journal tous les vendredis, ça fonctionne vraiment bien ! Nous avons aussi un guide qui informe les gens sur les organismes d\u2019aide, là où tu peux manger, là où tu peux t\u2019abriter.Ça a beaucoup de succès.Le journal, nous l\u2019achetons 0,25 $US et le revendons 1 $US.Donc 0.75 $US par transaction et ça marche bien.Je vends entre 150 à 200 journaux par semaine.Ça me permet de louer une chambre dans une maison.Je suis vraiment reconnaissant de tout ça.James : Comment vit-on l\u2019itinérance à Portland ?John : Généralement, le temps n\u2019est pas trop mauvais.Ce n\u2019est pas si froid, mais il pleut d\u2019octobre à juin.Il y a beaucoup de sans-abri à Portland et je suis reconnaissant de ne plus faire partie de ce nombre aujourd\u2019hui.James : J\u2019ai voyagé à Vancouver et il y a beaucoup de pluie là-bas.C\u2019est vraiment humide.Ce n\u2019est pas comme ici, ni aussi froid, mais c\u2019est tout aussi difficile de gérer la vie dehors.Actuellement, je suis sans-abri, c\u2019est dur.Heureusement, j\u2019ai deux excellents sacs de couchage et une fois qu\u2019ils ont emmagasiné ma chaleur, ça va.Le plus dur, c\u2019est d\u2019en sortir le matin.John : A Portland, nous n\u2019avons pas assez d\u2019endroits avec des lits d\u2019appoint.Les lieux pour dormir ne sont pas vraiment bons, mais au milieu de l\u2019hiver, c\u2019est mieux que de dormir devant la porte des boutiques.Nous avons la sécurité sociale, quelques programmes sociaux, et des maisons subventionnées.Je connais beaucoup de gens qui y sont logés à des prix vraiment raisonnables.Mais il y a plus de demandes que d\u2019offres.C\u2019est en moyenne cinq demandes pour un logement.C\u2019est certain qu\u2019il y a des années d\u2019attente sur les listes.Par contre, ici, personne ne meurt de faim.Il y a beaucoup d\u2019organismes qui distribuent de la nourriture.Moi-même je suis en surpoids.James : J\u2019ai entendu parler de Dignity village à Portland.Est-ce une place où tu peux construire ta cabane ?John : C\u2019est comme des communautés de tentes.Je ne sais pas combien de générations de gens pauvres résident ici.Dignity village est là depuis 15 ou 20 ans.Il y a au moins deux générations sur » Street Roots Fondation : 1999 Ville : Portland, Oregon Statut : Organisation à but non lucratif.Fréquence de publication : hebdomadaire depuis le 2 janvier 2015 Ventes mensuelles : Environ 35 0 00 journaux Nombres de camelots : Environ 500 vendeurs distribuent le journal au cours d\u2019une année, dont 160 vendeurs actifs.Directeur exécutif : Israël Bayer Rédactrice en chef : Joanne Zuhl Directeur du programme des camelots : Cole Merkel Mission : Street Roots est un hebdomadaire qui offre des nouvelles et commentaires approfondis sur des enjeux d\u2019importance dont la justice sociale et l\u2019économie dans la communauté.Street Roots est une plate-forme qui permet aux personnes en situation d\u2019itinérance de prendre part au dialogue politique et social, en comblant les divisions culturelles et sociales et en offrant une meilleure compréhension de ces enjeux.Valeurs et axes d\u2019actions : Autonomisation, estime de soi et construction individuelle des personnes en situation d\u2019itinérance.A travers le journal : Information et sensibilisation du grand public, justice sociale pour tous, inclusion sociale, coalition des différentes ressources.Faits saillants et initiatives 2015 - Street Roots passe d\u2019un bimensuel à un journal hebdomadaire 2011 - Street Roots dessert 350 personnes souffrant d\u2019itinérance et de pauvreté.2010 - Street Roots rejoint la Society of Professional Journalists.2009 - Street Roots lance The Rose City, un guide de 104 pages qui recense toutes les ressources et services de la région de Portland à l\u2019intention des personnes sans-abri et vivant dans la pauvreté.2006 - Street Roots adhère à l\u2019International Network of Street Papers (INSP).1er Février 2017 | ITINERAIRE.CA 13 place.Mais moi je ne vois pas ça d\u2019un bon œil parce que je compare ça aux favelas du Brésil.James : Ici, à Montréal, je ne connais pas d\u2019endroit comme ça.Nous avons plutôt des chambres qu\u2019on paye entre 400 $ et 500 $ par mois.Par contre, nous avons l\u2019aide sociale.C\u2019est environ 600 $ par mois.Ça aide à payer une chambre.John : Avez-vous de bons services sociaux disponibles au Canada ?James: Oui, les services sociaux sont bons, mais parfois, obtenir quelque chose prend du temps.J\u2019ai fait des démarches pour avoir un logement il y a huit mois environ et je devais passer deux entretiens.Mais j\u2019ai raté les rendez-vous.J\u2019espère être bientôt capable de bénéficier de cette aide.Tu peux avoir des aides financières substantielles pour te loger, mais ça aussi ça prend du temps.En attendant, il y a beaucoup de lieux à Montréal où tu peux aller dormir tous les soirs comme des refuges, quand il fait vraiment trop froid dehors.James : Le gouvernement aide-t-il les itinérants à Portland ?John II y a surtout des dons.Ils viennent, pour bon nombre d\u2019entre eux, de communautés religieuses.Elles nous aident beaucoup.Et elles n\u2019essayent pas de te convertir, mais juste de t\u2019aider.Je suis très reconnaissant envers ces gens-là.D\u2019ailleurs, il y a beaucoup de fidèles qui nous achètent des journaux.Ils t\u2019aident à organiser ta journée.Parce que ce qui est très difficile dans le fait d\u2019être itinérant, c\u2019est de garder une routine.Je vois des itinérants qui dorment encore à midi.It touches me ! Ils sont en dehors d\u2019un rythme de vie alors qu\u2019ils ont juste besoin d\u2019en retrouver un.James : Ce que je comprends c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui tu as une routine, une stabilité de vie qui t\u2019aide beaucoup.John : Oui et c\u2019est ce qui m\u2019a permis de sortir de la rue et de pouvoir vendre le journal.Je rencontre une centaine de personnes par jour et c\u2019est toujours très agréable.Ils prennent le temps de parler, de faire des blagues.En plus, j\u2019ai plein d\u2019opportunités à travers ça.Parfois, des personnes me proposent de garder leur maison pendant leur absence.J\u2019arrose les plantes, je ramasse leur courrier, je peux même cuisiner chez eux.C\u2019est aussi en vendant le journal que j\u2019ai rencontré mon propriétaire.Il m\u2019a demandé si j\u2019avais les moyens de payer un faible loyer.Je lui ai répondu que je le pouvais grâce aux ventes du journal.Mon propriétaire a juste fait ce geste basé sur la confiance.It\u2019s liberating ! James : Je comprends.C\u2019est difficile de se sentir laissé-pour-compte, repoussé par la société.C\u2019est vraiment dur et ça peut mener à la dépression.Surtout si tu te sens comme un parasite, que tu te fais regarder comme si tu n\u2019étais pas un être humain.John : Et ça fait du bien de se sentir propre, de pouvoir dormir au chaud comme tout le monde.Je me rappelle quand je dormais devant un magasin de vélo.Je me levais tôt pour ne pas que les gens me voient.Je transportais toutes sortes de cossins.A cette époque, on ne me laissait pas entrer dans les boutiques, même si j\u2019avais assez d\u2019argent pour me payer un hamburger.Je suis tellement heureux aujourd\u2019hui que tout cela soit derrière moi.J\u2019ai juste gardé mon vieux chariot en souvenir, rangé dans le placard de ma chambre.James : Ça doit faire du bien à l\u2019estime de soi.A 52 ans, je commence à penser que je suis trop vieux pour dormir dehors moi aussi.James : Comment Street Roots participe-t-il à changer les perceptions des gens face à l\u2019itinérance ?John : Nous, les vendeurs, sommes les ambassadeurs de notre journal.On donne une image positive qui aide à changer le regard des gens.Street Roots nous aide à gérer nos problèmes de drogue, de consommation.La communauté de Street Roots et des itinérants est une bonne communauté.Il y a beaucoup d\u2019hospitalité et de soutien.Il y a beaucoup de solidarité, c\u2019est comme une grande famille.Et mes clients, my people, and I call them my people, they are great! m MjiiJftLiil I ijmiii mm i \\it ÜT» , \t Street Roots is Love PAR JOSÉE PANET-RAYMOND tlfOOlf v ËKATRE.CA Street Roots est un journal progressiste tout ce qu'il y a de plus crédible et propose à ses lecteurs des reportages bien Fouillés et approfondis sur les grandes questions sociales.Qu\u2019il s\u2019agisse de mettre au jour les abus financiers dans les programmes de logement sociaux, de dénoncer l\u2019exploitation des prisonniers dans le système carcéral ou encore de sensibiliser la population sur la mort d\u2019itinérants en hiver, Street Roots offre une couverture des grands enjeux qui n\u2019a rien à envier aux médias de masse de cet Etat de la côte ouest américaine.La publication occupe une place respectable dans l\u2019espace médiatique de l\u2019Oregon.Si bien que le journal s\u2019est mérité des accolades des organes de presse mainstream.Récipiendaire de plusieurs prix octroyés par la Society of Professional Journalists en plus de l\u2019association des journaux de rue de l\u2019Amérique de Nord, le journal, tout comme L\u2019Itinéraire, a comme mission première d\u2019être un outil pour soutenir les personnes marginalisées et itinérantes.Il y a deux ans, le journal a relevé l\u2019immense défi de devenir un hebdomadaire.Défi, car l\u2019équipe rédactionnelle se compose de seulement trois personnes à temps plein, assistées par des stagiaires, camelots et bénévoles.Au total, Street Roots compte une dizaine d\u2019employés réguliers.Cole Merkel est chef du programme de vente des camelots.Il supervise, organise et voit au bon fonctionnement de la distribution et vente du journal.Travailleur infatigable et ayant la mission de l\u2019organisme tatouée sur le cœur, il s\u2019est mérité en 2016 le prix Skidmore, une distinction provenant d\u2019un des grands médias de Portland, qui récompense l\u2019engagement de travailleurs d\u2019organismes sans but lucratif de moins de 36 ans.« Cèsf une immense validation de notre travail », dit Cole Merkel.Un travail qu\u2019il décrit comme « a labor of love ».Un labeur d\u2019amour.« Basically, Street Roots is Love », résume-t-il.Catalyseur de changement En effet, dans une ville qui compte un taux important d\u2019itinérance, il faut un avoir un profil particulier pour travailler avec des gens ayant diverses problématiques de santé mentale, d\u2019itinérance, de toxicomanie.Mais selon lui, le seul critère pour faire partie de la famille Street Roots, c\u2019est le respect.« Du moment où les vendeurs se conduisent bien et s'entendent avec leur entourage, alors ils peuvent travailler avec nous.» Par ailleurs, Cole Merkel indique que le journal « est un endroit où nous pouvons aider les gens à effectuer des changements profonds dans leur vie.Ce n\u2019est pas un milieu facile comme vous le savez bien, et parfois même traumatisant, mais quand on voit comment les gens peuvent changer et interagir positivement dans leur communauté, eh bien tout ça fait en sorte que notre travail a un sens.» Street Roots est aussi un organisme qui défend les droits des laissés-pour-compte et déploie des actions en lien avec l\u2019itinérance et le logement tant à Portland qu\u2019à l\u2019échelle du pays.¦ Cole Merkel La feuille de Trèfle - L'Itinéraire Contre l'itinérance en Suisse Renato et Olivier RENCONTRE PAR MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTROS ÉDOUARD MONTPETIT ET CÔTE-DES-NEIGES\t \t, W|\tf\til | \t^ 1\tî r\t\u2014m r ¦' \t\tjdBFT\tî 1\t\u2014 VfflDr / *7 p \t\t prjrr\tK\t2\t 1\tfit i {/J\t* t 1 % '\tm_-1 i-LJ WA\t\t \t\t \t\t Chocolat, montres, itinérance, devinez l'intrus ! Il n'y en avance d\u2019ailleurs que « la pauvreté en Suisse existe.Il y a à peu près a pas.Pauvreté et compagnie ont droit de cité dans ces 10 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté et la cantons suisses qui Fascinaient déjà, il y des siècles de cela, un pauvreté n\u2019est pas toujours visible car il y a une tradition de ne pasl\u2019af-Rousseau épris de justice sociale.Mais il avait tort.Le paradis ficher, contrairement à d\u2019autres pays.Des gens ayant des droits [aides terrestre n'est pas de ce monde et n'a point d'avatar suisse, sociales] ne les réclament pas.» Plus encore, la Suisse possède un visage méconnu, garni de La Suisse est, depuis des siècles, une terre d\u2019asile pour les défaillances et de préjugés.La pauvreté suisse existe.\topprimés de tous bords.« Cette tradition a favorisé l\u2019afflux de requé- rants et les bénéficiaires du statut de migrants, ce qui augmente l\u2019ef-Olivier Darcet est là pour le confirmer.Tant de gens, trop fiers, le fectif des gens dans le besoin.» Cela explique en partie l\u2019existence dissimulent.Olivier est courageux et assumé.La précarité, il l\u2019a d\u2019une pauvreté dans un pays connu pour sa richesse.Enfin, la libre goûtée, l\u2019a combattue et est sur le point de la vaincre.Renato circulation facilite l\u2019entrée en Suisse des ressortissants européens.Corvini, lui, l\u2019a frôlée et la combat à sa façon.Pour cela, les deux Et, bien qu\u2019« ils considèrent [la Suisse] comme un Eldorado, Ils n\u2019y hommes disposent d\u2019un outil : La feuille de Trèfle.Ils sont fiers de trouvent pas grand-chose, pas plus que les Suisses eux-mêmes », leur bijou comme nous le sommes d\u2019ailleurs du nôtre, L\u2019Itinéraire.précise Renato.h- 3 Portraits de camelots suisses\tOlivier Darcet : la joie de vivre d\u2019un camelot suisse C\u2019est un paradoxe, mais la fragilité sociale existe en Suisse.La Olivier respire le dynamisme et la vivacité.Il est le type d\u2019interviewé Confédération suisse est connue pour sa richesse, mais comme dit qui n\u2019a pas froid aux yeux.Il devient l\u2019intervieweur, l\u2019arrosé qui prend Olivier, vendeur genevois : « Genève n\u2019est pas la Suisse.» Première d\u2019assaut l\u2019arroseur.Olivier est vendeur du journal de rue La feuille constatation, nous sommes face à des Suisses, hétérogènes socia- de Trèfle, ne l\u2019oublions pas.Il a eu ces difficultés qui nous tracassent lement.Franck Na, bénévole pour le journal La feuille de Trèfle, tous et qui nous ont menés un jour à proposer un journal au bord de p/l me ITINERAIRE.CA | Février 2017 PHOTO : MIVILLE TREMBLAY la rue.Ces difficultés, il les assume, les perçoit comme une source d\u2019inspiration pour se reprendre en main et opérer un changement au sein de sa société.Il est aussi fier de la production des textes, un aspect très important de son travail et de celui des autres vendeurs de « la feuille suisse ».Comme vendeur, Olivier a un point fort : son sourire.Ce sourire qui a l\u2019effet d\u2019un baume pour toute âme affligée, celui qui enjolive le cœur et l\u2019esprit des passants, à qui la vie ne sourit pas toujours.De plus, La feuille de Trèfle, grâce à son prix fixé à la discrétion du client, induit une autre façon de vendre, plus humaine.Lors de la transaction entre le vendeur et l\u2019acheteur, un échange qui semble égalitaire s\u2019opère.Les sept vies de Renato Corvini Renato Corvini est coordinateur du journal La feuille de Trèfle.Le destin a des secrets qui sont les siens, mais il aurait décidé que Renato soit un homme des médias.Des médias qu\u2019il a côtoyés pour le meilleur et pour le pire.Le meilleur, ou son aisance relative pour les affaires et l\u2019entrepreneuriat.Le pire, c\u2019est la galère après la faillite et pour certains, la descente aux enfers.Mais pas pour Renato.Pour lui, la déchéance fût de courte durée.Certes, un peu superstitieux, il croit en sa belle étoile, mais sans pour autant dissimuler ses forces.Car Renato est un homme multidisciplinaire.Tel un magicien, il fait sortir plusieurs lapins de son chapeau professionnel dans les domaines de la communication ou de la sécurité.Hélas, les temps et les exigences changent et le cercle vicieux recommence.Chômage, Hospice général (institution genevoise d\u2019action sociale), itinérance.Une fois de plus, la main du destin intervient pour remettre Renato sur la voie des médias, mais de rue cette fois.A présent, c\u2019est une clique d\u2019indigents qui seront les siens.En réalité, il n\u2019a jamais fait partie de la famille des itinérants puisqu\u2019il n\u2019a que frôlé la rue.Par contre, il est si dévoué à leur cause qu\u2019il ne regrette pas ce destin si singulier.L'Itinéraire et La feuille de Trèfle Le magazine L\u2019Itinéraire et sa consœur La feuille de Trèfle ont à peu près le même âge, une vingtaine d\u2019années.La publication montréalaise constitue le moteur d\u2019un organisme qui offre plusieurs services.La genevoise est l\u2019une des activités d\u2019un organisme nommé Carrefour-Rue, « un tronc dont les services sont des branches.»\t» imm fix™- -TOJ La feuille de Trèfle Fondation : 1993 Ville : Genève, Suisse Nombres de vendeurs : Une quinzaine Coordinateur du journal : Renato Corvini Président de Carrefour-Rue : Noël Constant Structure administrative : La feuille de Trèfle est l\u2019une des activités de l\u2019association privée d\u2019action sociale, Carrefour-Rue.Ce dernier propose des solutions de rechange aux réponses traditionnelles ou officielles, luttant contre l\u2019exclusion en créant des lieux d\u2019accueil pour répondre aux besoins des personnes sans ressources sans-abri, en leur offrant accompagnement, repas, hébergement et activités.Fréquence de publication : Six numéros par an.Dont un numéro spécial en novembre sous forme de calendrier.Valeurs et axes d\u2019actions : En donnant la parole aux « gens en rade », La feuille de Trèfle a pour objectif de lutter contre l\u2019exclusion.Sa vente à la criée dans les rues de Genève procure quelques ressources à des personnes démunies car l\u2019argent gagné (prix à bien plaire) revient au vendeur sauf 1 franc suisse, rétrocédé pour les frais d\u2019impression.L'itinérance en Suisse ; - .PHOTO : FRANÇOIS HIRSCHI ^ SB IL\t4g \t \t \t \t Sb\tWtÊH K\t m\tfl r\t Les deux journaux sont distribués par des vendeurs en butte à des préjugés intenses de la part d\u2019une partie de la population ayant peur de regarder la pauvreté en face.Mais en Suisse s\u2019ajoute la concurrence.La genevoise devrait entrer en compétition avec un autre journal de rue franco-suisse.La mendicité est un autre défi pour les vendeurs.« Quand on est en train de vendre un journal et qu\u2019à côté, quelqu\u2019un vend un autre journal, et qu\u2019à côté, quelqu\u2019un fait la manche, ça pose problème », explique Olivier, un peu perplexe.Malgré leurs différences, les deux journaux de rue s\u2019accordent sur le rôle du vendeur et son implication dans la rédaction.D\u2019ailleurs, il s\u2019agit de l\u2019essence même de l\u2019effort journalistique des deux revues.La montréalaise et la genevoise ne s\u2019orientent pas pour autant vers la même direction.La feuille de Trèfle se veut modeste et cherche à se pérenniser tandis que L\u2019Itinéraire est ambitieux et cherche à étendre ses activités.Elle ne se contente pas non plus d\u2019une nette amélioration quantitative.D\u2019ailleurs, sa qualité a connu un essor important.Les deux consœurs se différencient aussi par leur taille.L\u2019Itinéraire a environ deux cents vendeurs.La genevoise, une quinzaine.Le magazine montréalais est en quête d\u2019un niveau professionnel tandis que La feuille de Trèfle conserve sa signature artisanale et non-professionnelle.Toutefois, les deux publications s\u2019affichent comme plateformes d\u2019expression pour les sans-voix.Collaboration québeco-helvète Une collaboration future serait-elle envisageable?Oui, Renato en est convaincu.Elle est déjà en marche.Des textes sont déjà échangés et cette rencontre par Skype est elle-même une forme de coopération.Cet échange entre les deux journaux de rue a été l\u2019occasion d\u2019en apprendre davantage sur deux expériences qui s\u2019entrecroisent tout en nuances.Primo, la pauvreté et l\u2019exclusion concernent toutes les sociétés, les préjugés et les stigmatisations aussi.Secundo, l\u2019Etat social qu\u2019est la Suisse a ses limites et ne peut pas répondre à tous les besoins.Mais la sublime leçon que l\u2019on peut tirer de nos expériences respectives, c\u2019est que la rue n\u2019est pas une fatalité et que l\u2019enthousiasme dont font preuve des individus comme Olivier et Renato peut aider à s\u2019en sortir, à percevoir sa part de bonheur.¦ Mostapha Lotfi 18 ITINERAIRE.CA | 1er Février 2017 PHOTOS : MAGALIE PAQUET tJfttitNin ïtinr L'Itinéraire, c est aussi de la formation en rédaction.Merci de nous aider à poursuivre notre engagement envers la société.itineraire.ca/faire-un-don Ê E Médias communautaires et alternatifs\t§d Se réapproprier l'espace public i\t4\t\t\t \t\tv\t I-ic\t\t\t *\t|x\t\t PAR ALEXANDRA GUELLIL Les journaux de rue, les médias alternatifs et communautaires ont quelques éléments en commun : l'envie de (re)donner la parole à ceux et celles qui l'ont peu voire pas du tout et traiter des problématiques souvent orientées et liées à un idéal social.Avec sa forme et son contenu, la presse communautaire et alternative est souvent jugée différente des médias de masse.« Ces médias militants participent à la production et à la diffusion de contre-discours qui appellent au changement et à la mobilisation », précise-t-on dans une recherche* portant sur l\u2019éducation aux médias et l\u2019activisme médiatique.De plus, «/es processus d\u2019appropriation, de résistance et d\u2019expérimentation propres à l'éducation aux médias s\u2019insèrent au cœur des pratiques militantes touchant aux médias dans une perspective de lutte sociale et de résistance sur deux fronts : les espaces médiatiques et les espaces de gouvernance ».Normand Landry est l\u2019un des auteurs de ce document de même que professeur à la Téluq et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humains.Interrogé sur l\u2019importance de ces médias au Québec et au Canada, il explique que si historiquement ils ont toujours existé, ce qui a changé depuis quelques années est « la multiplication des opportunités à faible coût qui permettent de produire des médias alternatifs alors qu'au-paravant, il fallait avoir accès aux imprimeries lorsqu\u2019il s\u2019agissait de Citations d'un chapitreà paraître en 2017 écrit par Landry, N., Brunette, A.& Pitote, A.«L'éducation aux médias et activisme médiatique: espaces de lutte et de résistance.» Da ns Bonenfa nt, M., Du mais, F., & Trépan ier-Jobin, G.Les cahiers du Gerse, vot.12.Québec: Presses de L'Université du Québec.médias papier».Ce qu\u2019il définit comme « une démocratisation de l\u2019accès à la production médiatique alternative » permet « d chaque individu ayant un certain nombre d\u2019appareils informatiques de se dire médias alternatifs ».S\u2019informer autrement ?Ces nouvelles possibilités créent un bruit médiatique beaucoup plus répandu qu\u2019auparavant.« // y a des centaines de millions de pages web, de blogues ou autres regroupements de toutes les sortes.La question nést donc plus dans la production et la distribution des médias, mais bien plus dans leur capacité de se faire entendre, de se faire voir alors que le bruit ambiant est très fort », insiste M.Landry.S\u2019ils sont nombreux à exister, notamment sur la toile, peut-on voir en ces médias des moyens de pression sur l\u2019opinion publique allant même jusqu\u2019à concurrencer les médias traditionnels ?Selon le professeur, cela peut dépendre de ce que l\u2019on entend par moyen de pression puisque « la population continue de s\u2019informer auprès des sources médiatiques traditionnelles, bien que les manières de le faire sont en changement rapide, notamment avec la consultation plus importante des réseaux sociaux avec nos communautés d\u2019amis qui nous informent directement ».A ce sujet, une étude sur la consommation de la télévision des Québécois, publiée en mai 2016 par Infopresse, mentionne que bien que l\u2019écoute de contenu vidéo pouvait aujourd\u2019hui se réaliser par l\u2019entremise de plusieurs plateformes, «/es Canadiens [privilégiaient] encore la méthode traditionnelle.[L\u2019année dernière], ils [passaient] ainsi en moyenne 18,9 heures par semaine devant la 20 ITINERAIRE.CA | 1er Février 2017 Ne pas confondre Pour Normand Landry, il est nécessaire de faire la distinction entre les médias communautaires, alternatifs et citoyens.Leurs différences sont souvent liées à la gestion des objectifs fondamentaux défendus par le média.UN MÉDIA COMMUNAUTAIRE est généralement opéré par une communauté avec un mode de gestion horizontale et participative.Au Québec, il est en partie financé par les fonds publics donc par les fonds de la commu- télévision ».La même étude précise que « les Québécois ont regardé [33,67 heures] de télévision par semaine en 2015 contre 33,91 heures par semaine en 2014 ».M.Landry dit cependant douter de la capacité des médias communautaires et alternatifs à concurrencer ceux qui sont plus traditionnels.« Ce ne sont pas les mêmes moyens, les mêmes cibles, les mêmes stratégies et donc ce nêst pas la même force de frappe », vulgarise-t-il, rappelant qu\u2019ils font tout de même « un travail très important pour notre démocratie puisqu\u2019ils participent à donner une voix à des groupes d\u2019individus et à des idées qui sont autres même si elles demeurent marginales ».UN MÉDIA ALTERNATIF se distingue souvent d\u2019un média traditionnel par la nature de son contenu.Cet autre message plus en marge répond à une perspective plus dominante.Son mandat principal est d\u2019amener une nouvelle voix dans l\u2019espace public.De nombreux médias alternatifs défendent ainsi les intérêts de certains groupes de personnes sur la base de leurs orientations religieuses ou sexuelles, de leurs origines culturelles ou ethniques mais aussi de leurs positions politiques.Leurs modes de gestion sont ainsi variables allant de la méthode traditionnelle et hiérarchique à une méthode plus démocratique.UN MÉDIA CITOYEN est fondamentalement politiquement orienté.Il s\u2019agit d\u2019une forme de média alternatif dont le mandat est de soulever des enjeux de nature politique, de mobiliser, d\u2019informer et d\u2019éduquer.LES RÉSEAUX SOCIAUX, souvent appelés médias sociaux, sont avant tout des entreprises commerciales qui capitalisent sur le travail non rémunéré des utilisateurs.Un des grands paradoxes est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019outils créés pour servir de grands intérêts économiques, bien qu\u2019ils puissent favoriser de manière ponctuelle certaines causes sociales, mouvements alternatifs et mobilisations collectives.Il s\u2019agit donc d\u2019un territoire particulier puisque ce sont des plateformes qui visent avant tout à recueillir des données personnelles pour les revendre à des annonceurs afin de générer des bénéfices.Normand Landry Imputabilité médiatique Le recours aux médias communautaires et alternatifs est souvent légitimé par un manque de responsabilité des médias traditionnels dans leur couverture d\u2019un événement, autrement dit de leur imputabilité.« De la part des citoyens, l\u2019exigence d\u2019imputabilité se fait en particulier à partir des normes morales ou esthétiques et s\u2019attache surtout aux dommages matériels, moraux ou financiers que tel ou tel contenu médiatique a provoqué pour un individu ou un groupe de personnes : il faudrait donc corriger, et au besoin, punir », peut-on lire dans une recherche menée par les professeurs de l\u2019Université Laval, Renaud Carbasse, François Demers et Jean-Marc Fleury.« Mais les citoyens critiquent aussi les médias de manière plus générale en utilisant une définition plus large de l\u2019imputabilité, vue alors comme une exigence de reddition de compte en raison de la prétention des mêmes médias (et de leurs journalistes) à servir l\u2019intérêt public.» D\u2019où le recours aux médias émergents perçus comme « des solutions potentielles à la représentation de la vie sociale et politique livrée parles médias en place », ajoute-t-on.Cette étude s\u2019inspire notamment des recherches de Renaud Carbasse qui a analysé un peu plus de 19 projets médiatiques, créés entre 1996 et 2014, parmi lesquels trois magazines et un mensuel papier, une agence de journalisme de données reconverties au marketing de contenu et 15 sites internet.Et, certains des constats poussant vers la création de ces nouveaux médias journalistiques sont révélateurs de l\u2019industrie médiatique actuelle.Le chercheur révèle notamment que la plupart des acteurs, en plus d\u2019être souvent issus du milieu journalistique, ont été séduits par les promesses du numérique.Ils avaient de nombreuses préoccupations éthiques dont celle de « combler un manque de l\u2019offre médiatique sur des enjeux traditionnellement délaissés par les médias généralistes » et avaient certaines craintes quant au marché du travail journalistique québécois francophone.Ces principales raisons auraient donc été une motivation suffisante pour créer un nouveau média dit alternatif ou communautaire.Quant aux impacts bénéfiques de ces types de médias mais aussi et surtout de ceux qui ont une mission sociale, comme c\u2019est le cas pour les journaux de rue, ils sont pour Normand Landry, de plusieurs ordres : individuels, pour les bienfaits psychologiques et sociaux provoqués par l\u2019écriture d\u2019une histoire de vie ou d\u2019une opinion, communautaires, pour donner une voix à l\u2019ensemble du groupe aux prises avec des problématiques communes poussant vers une plus grande conscience collective ; et enfin sociétaux pour la contribution à l\u2019évolution des perspectives, au changement des opinions ou des attitudes.Ce dernier aspect permet en plus de recadrer la vision commune des personnes représentées par ces médias.ITINERAIRE.CA François Demers Reconstruire des lieux de communication De son côté, François Demers rappelle que le grand défi actuel pour ces supports est la dématérialisation, cést-à-dire « le transfert d\u2019un bon nombre de nos interactions sociales dans un univers discursif, décroché de la matérialité parce qu\u2019il passe essentiellement par le numérique.Un transfert qui permet une certaine déconnexion des contraintes et possibilités des rencontres physiques entre les individus par le processus de médiatisation ».Ce concept s\u2019illustre selon M.Demers, dans nos rapports communicationnels avec les autres, devenus à la fois plus légers et denses, car éloignés des frontières physiques et géographiques.« Un des défis actuels que l'on voit dans les entreprises médiatiques est le double mouvement de séparation les menant à s'agrandir et à desservir des territoires de plus en plus grands.A plus petite échelle, un appel à reconstruire des communications dématérialisées est lancé donnant une chance aux entreprises de plus petite taille et ancrées dans un territoire plus restreint.» C\u2019est donc cette dernière tendance qui est privilégiée dans le cas des journaux de rue, médias alternatifs et communautaires qui permettent «une rematérialisation qui impose l\u2019investissement personnel et la présence physique qui ne peut qu\u2019être limitée à un quartier, à une municipalité ou à une communauté Et, à travers ces limites naturelles, il y a des individus, comme des camelots ou les artisans qui produisent les contenus, qui deviennent les intermédiaires d\u2019une communication réelle, qu'elle soit verbale, ou non et permettront ainsi d\u2019entretenir des relations interpersonnelles », explique le chercheur en communication.Ancrée socialement et physiquement, la présence des personnes représentées par ces médias, souvent marginalisées, devient ainsi des témoins directs d\u2019une réalité sociale beaucoup plus diversifiée.« Les supports médiatiques qui parlent de leur réalité permettent ainsi de construire un \u201cnous\u201d de rencontre quotidienne nécessitant une implication allant au-delà du simple fait d\u2019utiliser son téléphone cellulaire par exemple », conclut M.Demers.¦ Un point d\u2019histoire Selon l\u2019historien Bernard Dansereau qui s\u2019est intéressé à l\u2019organisation des petits vendeurs de journaux à Montréal entre 1903 et 1917, le camelot fait partie de l\u2019imaginaire ouvrier.« Les éditions François Maspero, bien connues dans les années 1970, avaient fait du petit camelot l\u2019emblème de la maison » faisant de lui une sorte de « garant de la liberté de parole et d\u2019expression ».Son article publié en 2013 dans le bulletin d\u2019histoire politique rappelle notamment que la vente à la criée répondait à un besoin de distribution élargie des grands médias.Ce processus aurait été introduit dans les années 1860 pour la toute première fois par le quotidien The Witness.Il sera vite repris par de nombreux titres.A cette époque, dans de nombreuses familles ouvrières à faible revenu, les enfants devenaient camelots.Ce n\u2019est qu\u2019en 1895 que le Conseil central des métiers et du travail de Montréal adopte une résolution condamnant l\u2019emploi des fillettes à la vente des journaux dans les rues.Le travail des enfants fera ainsi l\u2019objet de nombreuses lois adoptées par le gouvernement québécois au XIXe siècle et au début du XXe siècle.Notons ici que le travail que représente la vente des journaux n\u2019est touché par aucune législation « puisque [qu'il] ne se fait ni en usine, ni en manufacture » et que généralement, il se faisait après les heures de classe.Le 19 mars 1903, les vendeurs de journaux se sont organisés en syndicat sous l\u2019initiative de Peter Murphy, connu pour avoir commencé à vendre des journaux dès l\u2019âge de six ans notamment près du bureau de poste situé sur la rue Saint-Jacques.Le syndicat a disparu en 1917 suite à une grève dont les enjeux et l\u2019origine ne semblent pas être connus.Cet épisode a marqué la fin de cette première organisation des vendeurs de journaux, précise-t-on dans l\u2019article.Et à Bernard Dansereau de conclure que « si aujourd\u2019hui, les camelots ne sont plus les jeunes du siècle dernier, le travail, lui, n\u2019a pas vieilli ».Source : L\u2019organisation des petits vendeurs de journaux à Montréal, 1903-1917 : comme quoi la jeunesse et la précarité de sont pas des obstacles infranchissables à la syndicalisation, Bernard Dansereau, publié en 2013.22 ITINERAIRE.CA | 1er Février 2017 MACE : EVGENY GROMOV (123RF) L'émotivité contre les Faits liS:- y iirA ENTREVUE ic©* ¦y.'-K ~EÆ ^ Dans les \u2019 24 heures entourant l'élection de Donald Trump, 2 841305 articles ont été publiés sur la planète .ft l;à PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRA GUELLIL Campagne électorale à la présidence américaine, attentat terroriste ou Fait divers, le bilan que dresse la Firme américaine InFluence Communication est loin d'être Flatteur.Entrevue et décryptage avec l'analyste des nouvelles, Gabriel Vignola.Quel bilan tirez-vous des nouvelles qui ont été les plus médiatisées en 2016 ?C\u2019est un bilan à l\u2019image de l\u2019année que nous avons eue.Quand on regarde les nouvelles qui ont été les plus importantes en 2016, on s\u2019aperçoit que l\u2019année a été marquée par les attentats terroristes, avec notamment ceux de Bruxelles qui, statistiquement, représentent la deuxième nouvelle la plus importante de l\u2019année, suivis de ceux de Nice.Et tout cela se révèle dans notre bilan.C\u2019est pourquoi vous concluez que la peur a dominé la sphère médiatique québécoise en 2016.Oui, en quelque sorte, parce que ce sont des nouvelles qui absorbent beaucoup d\u2019attention et pour les médias, c\u2019est bon pour les affaires.Il ne faut pas se leurrer.Si on analyse les nouvelles de l\u2019été dernier, nous avons beaucoup parlé des quatre « P » c\u2019est-à-dire de P.K.Subban, du débat sur les pitbulls, de Pokémon Go et de Pierre-Karl Péladeau.Et ces quatre principaux événements s\u2019ajoutaient à des Gabriel Vignola nouvelles portant sur des attentats terroristes.Elles ont donc reçu une attention sans doute un peu démesurée alors que dans certains cas, ils n\u2019étaient pas d\u2019une grande ampleur.Comment explique-t-on cette attention démesurée sur certaines nouvelles ?Cela peut être lié à plusieurs éléments allant de l\u2019effet de mode au milieu des affaires.Les pistes d\u2019explications possibles sont nombreuses.Selon le Oxford Dictionary, le mot de l\u2019année 2016 était « post-vérité ».Cela signifie que nous sommes dans une ère où ce qui est beaucoup mis de l\u2019avant dans les nouvelles est une information qui se joue au niveau de l\u2019émotivité plutôt que celui du factuel.Ce phéno-mène-là est entre autres lié au développement des médias sociaux qui privilégient un discours qui s\u2019articule au « je » ou au « tu ».On s\u2019exprime en tant qu\u2019individu et on s\u2019adresse généralement à quelqu\u2019un, et ce, même si cela se fait virtuellement.Dans les médias traditionnels, le discours s\u2019articule plus au « il(s) », donc s\u2019inscrit dans un modèle de relais d\u2019informations.Ainsi, les nouvelles qui ont tendance à être plus populaires sur les médias sociaux sont hébergées par des médias qui usent davantage du sentiment et moins de l\u2019intellect.Les médias traditionnels doivent donc travailler dans ce contexte précis.Il a souvent été question de comprendre le rôle des médias sociaux dans la propagation des fausses nouvelles et cela s\u2019est vu notamment lors de la dernière campagne présidentielle américaine.C\u2019est très difficile de démêler tous les nœuds qui s\u2019entremêlent autour des médias sociaux.On l\u2019a bien vu pendant la campagne américaine, jusqu\u2019à l\u2019attaque de Barack Obama contre Donald Trump.Pour rappel, ce dernier alors à la traîne dans les sondages, disait que l\u2019élection présidentielle du 8 novembre était truquée.Jusqu\u2019à ce moment-là, Facebook refusait de s\u2019identifier comme un média d\u2019information et renvoyait la responsabilité à ses utilisateurs.Depuis qu\u2019ils ont été vivement critiqués publiquement, ils ont pris certaines dispositions, notamment celles en lien avec l\u2019application d\u2019un filtre avant que l\u2019utilisateur ne puisse partager une nouvelle.Mais que ce soit d\u2019un côté ou de l\u2019autre, il y a des avantages et des inconvénients qui sont liés à la libre circulation de l\u2019information.Il faut donc attendre de voir comment cela va se passer avant de pouvoir tirer des conclusions.\t» 1er Février 2017 | ITINERAIRE.CA 23 Parmi les thèmes des nouvelles qui ont été les plus populaires l\u2019année dernière dans l\u2019actualité provinciale, on note ceux en lien avec le terrorisme et la guerre ainsi que la criminalité.Ceci au détriment d\u2019autres thèmes comme l\u2019incertitude économique.Quelles en sont les raisons ?C\u2019est certain que l\u2019actualité économique est beaucoup moins médiatisée au niveau provincial qu\u2019au niveau national.On voit directement les conséquences de cela lorsqu\u2019on regarde les statistiques du nombre de personnes étant en incertitude économique.Ce n\u2019est pas réellement surprenant de constater que ce thème a occupé moins de place dans les médias.Pour ce qui est de la criminalité, du terrorisme et de la guerre, cela s\u2019explique notamment parce que les autres secteurs de l\u2019actualité sont souvent moins bien couverts par les médias.Et qu\u2019en est-il des nouvelles concernant la pauvreté, l\u2019itinérance et les inégalités sociales ?Quand on analyse les grands thèmes traités par les médias traditionnels, qui sont au nombre de 25, on constate que la pauvreté est en 22e position.Cela signifie que les médias accordent très peu d\u2019importance à ce thème, soit un taux d\u2019occupation d\u2019environ 0,12 %.Et sur ce pourcentage, la majeure partie des nouvelles provient de grands événements comme la grande guignolée des médias.Mais ce n\u2019est pas le seul sujet qui est largement délaissé par les médias, il y a aussi tout ce qui concerne les aînés et les autochtones.Même les nouvelles insolites arrivent devant ces nouvelles.C\u2019est une situation plutôt désolante et qui se répète malheureusement d\u2019année en année.D\u2019ailleurs, le bilan révèle aussi que les femmes ont encore du mal à trouver leur place dans l\u2019actualité.Selon une étude que nous avons réalisée dans les grands quotidiens québécois, elles ne signeraient que 35 % des articles et seulement 21 % des nouvelles auraient une femme comme protagoniste.De nombreuses études montrent que les femmes sont plus susceptibles de connaître une situation de pauvreté ou d\u2019itinérance ainsi que d\u2019autres difficultés socio-économiques.Nos analyses révèlent entre autres que les femmes sont peu présentes dans les domaines pourtant les plus médiatisés au Québec, notamment le sport, les faits divers (ce qui pour ce point est tout à leur honneur), mais aussi l\u2019ensemble de la sphère politique.Notons cependant qu\u2019en raison des Jeux olympiques de Rio 2016, les performances de nos athlètes féminines leur ont permis de briller dans les médias.Quelles sont vos prévisions en termes d\u2019actualité pour 2017 ?Je pense que la vie politique américaine va continuer d\u2019attirer beaucoup l\u2019attention puisque Donald Trump vient d\u2019arriver au pouvoir.L\u2019instabilité et le sentiment de peur qui entourent l\u2019arrivée au pouvoir du nouveau président des Etats-Unis vont assurément faire en sorte qu\u2019il sera l\u2019objet de plusieurs nouvelles, notamment en raison de son programme politique qui dit tout et son contraire.C\u2019est donc difficile de savoir où il s\u2019en va concrètement.C\u2019est pourquoi les médias scrutent à la loupe le moindre discours et tweet pour comprendre ce qu\u2019il fera pendant sa présidence.Aussi, je pense que l\u2019on parlera beaucoup des conséquences des grands attentats qui ont eu lieu au cours des dernières années.Nous avons remarqué qu\u2019en 2016, l\u2019arrivée de la radicalisation en tant que concept a pris de plus en plus d\u2019espace dans les médias, notamment depuis les attentats que l\u2019Europe et les Etats-Unis ont connus.Si cet élément-là peut être assimilé à un bruit de fond, il continuera d\u2019être présent, peu importe s\u2019il y a de nouveaux attentats.¦ Top 10 des nouvelles les plus médiatisées au Québec sur une période de sept jours (2001-2016) B Tragédie a Lk Megamic\tJuillet 2013\t38.93% AttanlatïAPéf* ïîOrrflfltffeVM «iïüiIbw de uiwseï\thChïPmbnf zen S\t37.32 % Ptesfti*ml«4Lv AfnàflC Jita! Doneid Tnrnip devient le *5r Present dm Éuu-Unü\t2ÔH\t35.97% Attentat au journal EatJriqwe Charlie H abdo b Paiis\t2015\t25,67% Campagne électorale au Québec ; demies» ligne droite avant le ifocir du\tAnil .2014\t2414% scrutin\t\t Attentats à Brune Ile*\tMan T91 *\t23,92% Altérrtét à Ottawa MkhevJ Zéhaf-Bib«Hu tue « tupentë Néttan Cfthki «vint eTéw* éb«ui\tOcWJÜ ié\t23.53 % Troiwplewanii (*» l owe a Haü |\tJamtar mi b\t23,45% b.va rwrrwnti du 11 septembre 2001\tSoptarrtbw 2001\t21.11 % Eieciiont provlncnii« dt 2012 m lUtâlKft HU M« K:fK>lh\t\t19.55 % \t\t ES b Progression de la couverture des deun prmcîpauH candidats à La présidence des États-Unis de 2000 à 2016 Lorsque L'on compare la moyenne quotidien ne de mentions pour chaque jour de campagne, de La fin des conventions des partis jusqu'au jour du vote.\t\t Campagne de 2ÛC8 comparé* i celle de 2013\t*211B %\t*l,sl %\t-3,2$ % Campagne de 201 2 comparée A cslîe de 2016\t*257.79%\t\u201824433%\t W itmrv Jt/ Tnt/ cevnn^AA^ltMviA tAv b&Mo AiA pAibt/nÀb tn/ ii/ AiAcdAcvnA mumv evbtevchi/mi/nA Jt/ bi/ fiiMÀA U/ pAvA tymiAiM#/ InwufyAiA J)tA *vobtA HtMiA, AiA *vobtA ievnb *iijAiA Jt/ bt, cfaMAMiAaiA fôisty fôamsfy A/\u2019mvt/ tilevbv&n/ pAtbni/ Ai/ fpti,XA&nb Jt/ bt/ ch/MAtMÀA Ai/ vAeu/tA IttUtA chevnb&nb /Si/ mvjMA/jt/ bsAÂeuA Ai/ nrvwrv caAcvrv&n/ /Si'/t/n/ CtAbi/ \u2022nmÂii/, jt/ tt/ AiAnwnAiaÀA J) \u2019ÎAM/ bu Je
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