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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 15 février 2020
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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Références

L'itinéraire, 2020, Collections de BAnQ.

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[" Volume XXVII, n?04 Montréal, 15 février 2020 Le plaisir de jouer un bad guy The Big Issue Australia vendors' account of bush ires Page 33 La Ville de Montréal présente le bilan de la deuxième année du Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018?2020.L\u2019année 2019 a été riche en réalisations et en ajouts de services qui nous permettront de mieux prévenir et de lutter plus efficacement contre l\u2019itinérance dans la métropole.Le bilan que dresse l\u2019administration de la mairesse Valérie Plante est très positif.Le Plan d\u2019action montréalais en itinérance permet à la Ville de structurer son action et ses contributions.Il est coordonné par le Service de la diversité et de l\u2019inclusion sociale (SDIS), avec la contribution des diférents services municipaux et para-municipaux, ainsi que des arrondissements.Des dizaines d\u2019organismes communautaires, les autres paliers de gouvernement et le réseau de la santé et des services sociaux participent à la prévention et à la lutte contre l\u2019itinérance.La communauté est aussi directement impliquée dans la mise en œuvre du plan d\u2019action municipal.Voici les principales réalisations de 2019 : Axe 1 : Intervention dans l\u2019espace public Intervention \u2013 Ain de soutenir les personnes sans- abri et favoriser la cohabitation sociale, une quinzaine de projets d\u2019intervention dans l\u2019espace public ont été inancés.Portraits locaux \u2013 Sur l\u2019ensemble du territoire, environ 300 personnes de diférents organismes ont été mobilisées pour mener à bien la démarche des portraits locaux, qui visent à mieux connaître les enjeux locaux en itinérance.Cet exercice se terminera en juin 2020.Forum sur la cohabitation sociale \u2013 Ain de tracer les grandes lignes des actions à poser pour favoriser la cohabitation sociale en lien avec l\u2019itinérance, un forum réunissant plus d\u2019une centaine d\u2019expertes et d\u2019experts a été organisé en novembre 2019.Un guide municipal de principes jalonnant la cohabitation sociale sera produit ultérieurement.Formation \u2013 Neuf formations ont été ofertes aux employés municipaux et paramunicipaux ain de mieux les outiller pour répondre aux besoins et aux enjeux des personnes en situation d\u2019itinérance.Axe 2 : Espaces d\u2019accueil Mesures hivernales \u2013 En collaboration avec le CIUSSS du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal et des organismes communautaires, les services oferts en hiver ont été boniiés avec, notamment, deux fois plus de lits de débordement, trois navettes et trois haltes-chaleurs, et ce, en tenant compte des besoins spéciiques aux femmes et aux personnes transsexuelles.Centre de jour Résilience Montréal \u2013 Un soutien technique et inancier a été ofert aux organismes pour ouvrir un centre de jour destiné aux personnes en situation d\u2019iti- nérance issues des communautés autochtones dans le secteur du square Cabot.Portrait et soutien des services d'hébergement d'urgence (SHU) \u2013 Ain de connaître la situation des services d'hébergement d'urgence et favoriser leur développement, un portrait a été réalisé et du soutien inancier leur a été accordé.Axe 3 : Logement Logement social et communautaire - Plus de 60 % de la cible de 950 logements pour personnes en situation d\u2019iti- nérance est déjà en cours de développement ou de réalisation.Les projets sont déployés dans huit arrondissements.Projets innovants \u2013 Un appui de 2,3 M$ a été accordé à l\u2019Anonyme pour son projet de maison de chambres à bas seuil d'accessibilité dans l\u2019arrondissement de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve.Axe 4 : Inclusion sociale Consultations \u2013 Plus de 200 personnes de la rue ont été consultées dans le cadre des portraits locaux en itinérance.Insertion \u2013 Une quinzaine de projets d\u2019insertion ont été soutenus à Montréal.Financement Contributions \u2013 Plus de 2,96 M$ ont été versés à près de 60 projets en itinérance par le Service de la diversité et de l\u2019inclusion sociale (SDIS) de la Ville de Montréal.Partenariats Bureau de gouvernance en itinérance \u2013 Une entente avec le ministère de la Santé et des Services sociaux a été signée pour la création du Fonds Rélexe Montréal en itinérance (FRMI), doté d\u2019un montant initial de 5,45 M$.Ce fonds permet de inancer des projets en itinérance, notamment pour les personnes atteintes de dépendance, les femmes et les Autochtones en situation d\u2019itinérance.Il permet également de inancer du soutien communautaire en logement social.Bilan de la deuxième année du Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018?2020 Des actions qui mobilisent PUBLIREPORTAGE \u2022 SERVICE DE LA DIVERSITÉ ET DE L\u2019INCLUSION SOCIALE, VILLE DE MONTRÉAL Camelot n° 343 \u2022 Âge 70 ans Point de vente Métro Place-des-Arts L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.J acques est né dans le petit village de Rivière-au-Renard en Gaspésie.Sa mère, alors âgée de 16 ans, est allée accoucher à Montréal et y a fait sa vie.Il n\u2019a pas connu son père : « Mon père\u2026 Supposément, il était un homme bien occupé.J\u2019ai été un incident de parcours ».Durant ses cinq premières années, il vit dans un orphelinat.« La travailleuse sociale me regardait et elle pleurait.On mangeait du gruau.Je me souviens de visages\u2026 de mauvais visages ».Après quelques tentatives d\u2019adoption, il se retrouve, heureux et aimé, sur la petite terre de ses grands-parents du côté maternel.Les souvenirs jaillissent.« Ma grand-mère s\u2019occupait beaucoup de moi.Je me souviens des soirées à écouter la radio à lampe, les Noëls où on allait en carriole à la messe de minuit\u2026 et tante Lucia, la sœur de ma grand-mère qui était si bonne vivante ».Le temps venu de se trouver un métier, le garagiste de la station Fina qui pensionnait chez ses grands-parents le convainc d\u2019entreprendre un cours en mécanique.Après avoir travaillé pendant quelque temps comme pompiste, Jacques décide de tenter sa chance à Montréal.Quoique de santé fragile, il roule sa bosse en faisant plusieurs métiers en mécanique automobile, en restauration et en conciergerie jusqu\u2019à ce qu\u2019il fasse son cours d\u2019infirmier auxiliaire à l\u2019hôpital Saint-Charles-Borromée.Il pratiquera ce métier durant plusieurs années.Pour contrer l\u2019isolement, Jacques découvre, par hasard, le café situé jadis au coin de la rue Ontario et celle maintenant nommée Atateken.« J\u2019étais pas bien, en état dépressif.En quelque part est-ce qu\u2019on peut se poser la question si ça remonte à l\u2019enfance ?L\u2019abandon\u2026 Je suis tombé dans l\u2019alcool.Je ne mangeais pas\u2026 et je buvais » dit-il, morose.Il fait maintenant partie des anciens de L\u2019Itinéraire.Il aborde la vente du magazine comme un métier de relations publiques en fier ambassadeur.« Je le fais pour l\u2019organisme.Je ne suis pas un gros vendeur mais je parle de l\u2019organisme et j\u2019aime écrire.On m\u2019appelle l\u2019entrepreneur.Quand je parle de l\u2019organisme, je parle de moi.» L\u2019entretien se termine ainsi.Par Anita Barsetti ?Bénévole à la rédaction Milton Fernandes Jacques Élizé J'entendais parler dans le monde D'un bien joli et gentil pays Je ne savais pas que tout ce monde Parlait de la belle Gaspésie Ah qu\u2019elle est belle ma province Et qu\u2019il fait bon de voyager J\u2019ai vu des vallées et des plaines Aussi la mer à haute marée\u2026 « Ma belle Gaspésie » de Marcel Martel RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques DIANE GIGNAC Chargée de projets GISÈLE BÉLANGER Imprimeur TRANSCONTINENTAL Québecor est ière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous reconnaissons l\u2019appui inancier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne relètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution inancière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en di culté et ofert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes ain de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Je tenais à remercier les camelots qui ont semé ma route de ces journaux remplis de trésors ! Lorsque j'habitais Villeray, Simon, le vendeur du métro Jarry, a vraiment marqué ma vie.Jusqu'alors, je lisais le journal comme n'importe quel autre média, mais en rencontrant Simon, j'ai pu voir l'importance de la vision des gens derrière les textes.Merci, Simon, de nos jasettes et de ton amitié.Même si j'ai déménagé, je pense souvent à toi et aux ringolos au ketchup ! Merci aussi à Mostapha, mon nouveau vendeur avec qui j'ai des conversations si édiiantes ! Myriam Landreville NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste, responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste accompagnateur JASON PARÉ Journaliste, formation des participants MILTON FERNANDES Création visuelle MARIA BERNABÉ Infographiste ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur JUAN CARLOS JIMENEZ Webmestre bénévole CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, DANIELA ARANIBAR, NORMAND SAINT-HILAIRE ET MICHEL JULIEN Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE ET LAURE PAYER Bénévoles à la révision Photo de la une BRYAN ADAMS ADMINISTRATION SYLVANA LLANOS Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement social ISABELLE LACHARITÉ Intervenante psychosociale PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projet \u2013 Distribution ELLA MARTINDALE Coordonnatrice du Café de la Maison ronde CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale Administrateurs MIVILLE TREMBLAY SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit ALEXANDRE VERDUN - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca On sent que le vent commence à tourner en matière de santé mentale.Bien que le sujet soit encore trop souvent tabou, on en parle de plus en plus ouvertement.Et c\u2019est une très bonne chose.Il y en a encore pour qui la dépression, l\u2019anxiété et autres troubles de santé mentale sont honteux et signes de faiblesse.Mais il y a des voix de plus en plus nombreuses, fortes et influentes qui viennent invalider cette perception.Parmi ces voix, nous faisons entendre celle du juge en chef de la Cour suprême, qui est venu à L\u2019Itinéraire s\u2019entretenir avec notre journaliste Alexandra Guellil.Il faut dire que cette visite du juge Richard Wagner a été pour nous une belle marque de respect et nous lui en sommes reconnaissants.Et puis, ce n\u2019est pas tous les jours que l\u2019on accueille une personne de cette envergure, accompagnée d\u2019un agent de la GRC de surcroît, dans nos locaux ! Lors de l\u2019entrevue, le haut magistrat a tenu à briser les tabous, en signifiant, notamment, son appui à son collègue le juge Clément Gascon, dont la disparition temporaire avait fait les manchettes en mai dernier.Souffrant de dépression et d\u2019anxiété, le juge Gascon a été soutenu par ses pairs, qui l\u2019ont encouragé à parler publiquement de sa condition.Ce qui ressort de cette entrevue très intéressante, c\u2019est que la maladie mentale n\u2019empêche pas de mener une brillante carrière, ni d\u2019être un membre à part entière de la société, voire de contribuer à son avancement.Ces troubles, tout le monde peut les vivre à des fréquences et à des degrés variables au cours de sa vie.La fatigue, le manque de lumière pendant les mois d\u2019hiver, les coups durs de la vie.Qui, parmi nous, à un moment donné ou un autre n\u2019a pas piqué du nez, fait un burn-out ou est carrément tombé dans la dépression et même songé au suicide ?Qui, parmi nous n'est pas affecté personnellement, de près ou de loin, par la bipolarité, la schizophrénie ou le syndrome post-traumatique débilitant, pour ne nommer que ces maladies ?Jusqu\u2019à assez récemment, ces affectations tombaient dans la catégorie de « fou », « débile », « malade mental ».Ce sont des termes qui ne passent plus.On a évolué et c\u2019est tant mieux.Par ailleurs, vous remarquerez que, dans nos pages, plusieurs de nos camelots et participants témoignent des effets de la maladie mentale dans leur vie.Beaucoup d\u2019entre eux ont trouvé une stabilité et un mieux-être, grâce au milieu de vie à L\u2019Itinéraire.Ici, ils retrouvent aide et compréhension et il y a une absence totale de jugement.Ça devrait être la norme dans tous les milieux de travail, non ?Et finalement, je tiens à saluer tous les artistes, gens d\u2019affaires, journalistes, animatrices, travailleurs, pères et mères de familles qui sont « sortis du placard » pour témoigner de leur troubles de santé mentales.Ce faisant, vous déstigmatisez la maladie mentale et aidez ceux qui souffrent et se croient seuls.15 février 2020 Volume XXVII, no 04 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Parlons-en donc\u2026 3 Zoom sur Jacques 9 Antoine Desrochers 9 Gilles Bélanger 9 Maxine Timperley 42 Cindy Rose 42 Maxime Valcourt 42 Mélanie Noël Mots de camelots 22 camelots ont participé à cette éditio n 36 26 3 À la une Jean-Claude Nault 8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Le recul du français dans le Grand Montréal Jason Paré 11  Tranche de vie La folie du vélo Alain Sicard 20  Comptes à rendre Le feu de foyer Ianik Marcil 22  Culture Les murales de Laurent Gascon Benoît Chartier 24  Dans la tête des camelots Quel est ton film québecois préféré ?26  Santé mentale Le juge Wagner brise les tabous Alexandra Guellil 32  Témoignage Passage obligé Isabelle Raymond 33  INSP Australian bush fires The Big Issue Australia 36  Entrevue Léonie Daignault-Leclerc Roger Perreault 40 ?L\u2019itinéraire de Roxanne et David Big Sur souffre du tourisme 43 ?C\u2019t\u2019encore drôle Comme se casser une jambe Marc-André Piette 44 ?Détente MAFIA INC Le plaisir de jouer un bad guy Marc-André Grondin 15 février 2020 Volume XXVII, no 04 Après L\u2019affaire Dumont, Marc-André Grondin collabore à nouveau avec le réalisateur Podz sur son plus récent film : MAFIA INC.Une belle occasion pour le comédien de 35 ans de jouer les bad guys.L\u2019Itinéraire a profité de la sortie du film sur le grand écran pour s\u2019entretenir avec ce jeune homme plus que sympathique.12 Pologne Holocauste : des biens difficiles à récupérer Après 75 ans, les survivants de l\u2019Holocauste ont encore de la difficulté à récupérer leurs biens en Pologne.Ces derniers ont été saisis par les occupants nazis puis conservés par les dirigeants communistes d\u2019après-guerre.À 85 ans, Lea Evron ne possède que ses souvenirs de la fabrique de fourrures et du triplex que possédait sa famille avant la Seconde Guerre mondiale à Zywiec, une petite ville située au sud de la Pologne.Lorsque la plupart des siens ont été assassinés pendant l\u2019Holocauste, on a informé sa mère et elle qu\u2019elles ne pouvaient vivre que dans les quartiers des femmes de chambre de ce qui était pourtant leur immeuble.Lea Evron n\u2019est pas la seule dans ce cas.Plusieurs milliers de Juifs sont concernés par ce problème de restitution de biens.L\u2019autre élément qui complique encore plus le processus est qu\u2019aux dires de certains survivants, les actes de propriété auraient été détruits pendant l\u2019Holocauste.Rappelons que la Pologne est le seul pays européen à ne pas avoir légiféré sur le sujet : le parti polonais au pouvoir, Droit et Justice, soutenu par des groupes d\u2019extrême droite, a d\u2019ailleurs rejeté la demande de précisions des règles de restitution, et ce, malgré les pressions des États-Unis.(Reuters /INSP) Ouganda La musique, un langage de résistance Des études sur le déplacement forcé des populations ont montré que la musique faisait partie des moyens de communication adoptés par les populations pour dénoncer leurs conditions de vie dans les camps.En Ouganda, la musique a été un outil vital pour de nombreux survivants d\u2019un glissement de terrain qui ont été relocalisés dans un camp de fortune.La musique a joué un double rôle : elle a diverti tout en transmettant des messages importants et dotés de sensibilité sur le quotidien de ces populations.Ainsi, lorsque les femmes de la Baduda Women\u2019s Association, présente dans le camp, ont interprété la chanson Obu Bulamu Bweesi Khuli Nabwo ( C'est la vie que nous avons ), leur objectif était de dédramatiser les problèmes de vol ou leurs difficultés qui les affectaient négativement.Les paroles traduisaient donc la médiocrité des services de santé et les conditions insalubres de vie des déplacés tout en dénonçant la corruption des services de police, le manque de nourriture et les difficultés de communication qui ne se font généralement qu\u2019en anglais et kiswahili.(The Conversation/INSP) K A C P E R P E M P E L | R E U T E R S J A M E S A K E N A | R E U T E R S Traduction Alexandra Guellil L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo. MAXINE TIMPERLEY CAMELOT MÉTRO JOLIETTE ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE METRO \u2014 SAINT-HUBERT / BOUCHER GILLES BÉLANGER CAMELOT JEANNE-MANCE / RENÉ-LÉVESQUE Le pont Je me promenais dans la prairie, je ne savais pas trop où je m\u2019en allais, mais j\u2019étais parti faire une balade en pleine nature.Cela faisait quand même un bon bout de temps que je marchais lorsque j\u2019ai été confronté à un obstacle qu\u2019on pourrait qualifier de taille.Il s\u2019agissait d\u2019une rivière ou plutôt d\u2019un torrent que je ne pouvais traverser ni à la nage ni en essayant de sauter par-dessus.Je me suis dit : « Comment faire pour aller de l\u2019autre côté ?».Mon but était de traverser.Je me suis dit que si je construisais un radeau, il serait emporté par le courant.De toute façon, je n\u2019avais aucun outil pour couper un arbre et en plus, il n\u2019y en avait pas de mon côté.Voyant cela, j\u2019ai décidé de suivre le cours d\u2019eau jusqu\u2019à un passage accessible.En cours de route, j\u2019ai aperçu au loin un vieillard assis sur une pierre.Je me suis approché de lui et je lui ai demandé.« Comment puis-je faire pour aller de l\u2019autre côté de ce torrent ?».Et lui de me répondre : « Mais mon cher ami, vous n\u2019avez qu\u2019à prendre le pont qui est situé à moins d\u2019un demi-kilomètre ».J\u2019ai remercié le vieil homme et me dirigeant dans la direction qu\u2019il m\u2019a indiquée, j\u2019ai enfin vu le pont.Je suis arrivé au niveau du pont et il ne me restait plus qu\u2019à le traverser.Parfois dans la vie, il est plus facile de demander son chemin que d\u2019essayer de trouver une solution à un problème qui nous semble insurmontable.Lorsqu\u2019on a un projet ou un but dans la vie, il ne faut pas hésiter à demander de l\u2019aide pour y arriver, car la solution est parfois beaucoup plus simple qu\u2019on le croit.Si vous aimez ce genre d\u2019histoires, j\u2019en écrirai encore ! À la prochaine.Bien à vous.Bonne journée ! Bonne Saint-Valentin J\u2019avais 18 ans quand je suis tombé en amour pour la première fois.J\u2019avais connu une belle personne qui m\u2019attirait beaucoup.On s\u2019est rencontrés dans un restaurant.Elle me trouvait de son goût.Elle me trouvait gentil et moi aussi je la trouvais gentille.Aux premières rencontres, c\u2019était difficile de se connaître.Après on a commencé à être en amour-amitié.Ça a été touchant et agréable.On a vécu de bons moments.Ensuite on s\u2019est quittés.On est parti chacun de notre côté.Ça s\u2019est bien passé.Dans mon cœur, j\u2019ai gardé son souvenir, je l\u2019aimais toujours.Je suis resté célibataire depuis ce temps.Pour moi l\u2019amour présentement c\u2019est une rencontre, on jase et l\u2019amour vient dans mon cœur avec le regard.L\u2019amour, ça peut être une belle aventure, une bonne communication.En cette belle journée de la fête des amoureux, vous pouvez offrir un petit quelque chose aux gens que vous aimez, et garder dans votre cœur ce beau sentiment.Appréciez les bons moments ensemble, ça vous donnera de la joie et de la bonne humeur.Merci, L\u2019Itinéraire ! J\u2019adore vendre le magazine L\u2019Itinéraire.J\u2019ai réalisé toute jeune que je suis douée pour la vente.Lorsqu\u2019on allait à la plage en famille, je demandais aux gens de me donner leurs canettes de liqueur que j\u2019allais échanger pour des sous.Je me rappelle avoir acheté une paire des sandales chinoises avec cet argent.J\u2019avais un oncle qui habitait en Outaouais et dont la propriété était située à côté d\u2019un terrain de golf.Lorsque les balles atterrissaient sur son terrain, je les ramassais et les revendais aux golfeurs : trois pour un dollar.J\u2019ai aussi fait la promotion des cartes de crédit dans la ville de Québec ; je sollicitais les gens et j\u2019arrivais à recueillir 30 formulaires d\u2019adhésion par jour, à 3 $ chacun, ce qui me rapportait près de 100 $ la journée.J\u2019ai travaillé longtemps à La Baie d\u2019Hudson au centre-ville de Montréal, principalement comme conseillère à la vente dans le département des articles de cuisine.Des clients écrivaient des lettres d\u2019appréciation de mon service au département des ressources humaines.J\u2019étais fière de travailler pour cette compagnie canadienne.La vente de L\u2019Itinéraire me permet d\u2019exploiter mon talent de vendeuse et de gagner des sous pour arrondir les fins de mois.De plus, je suis ma propre patronne et je décide de mon horaire.Je suis incapable de travailler le matin, donc je travaille l\u2019après-midi et le soir, ce qui me convient mieux.Je remercie tous mes clients.J\u2019adore socialiser avec eux.Ils me font sourire et m\u2019apportent la joie de vivre.Vive L\u2019Itinéraire ! Frédéric Lacroix chroniqueur pour L\u2019aut\u2019journal « Il y a beaucoup de défaitisme dans l\u2019air.Quand tu parles aux gens, il y en a beaucoup qui ont capitulé, qui pensent que c\u2019est foutu », constate Frédéric Lacroix, chroniqueur pour L\u2019aut\u2019journal sur la question linguistique au Québec.Malgré tout, le chroniqueur croit qu\u2019on peut influer sur la situation.La première chose à faire ?En parler ouvertement.Partisan de la « puissance de la vérité », l\u2019ingénieur de formation observe un décalage entre le discours qui se veut rassurant des institutions officielles comme Statistique Canada et l'Office québécois de la langue française, et ce que les gens sentent et vivent sur le terrain.Dans ses articles, Frédéric Lacroix traite souvent de « West- Islandisation », une formule trouvée par le rédacteur en chef de L\u2019aut\u2019 journal, Pierre Dubuc, afin de décrire l\u2019anglicisation du Grand Montréal.Un phénomène que le politologue Pierre Serré a d'ailleurs mis en évidence dans le livre Deux poids, deux mesures.L\u2019 impact du vote des non-francophones au Québec (2002, VLB éditeur).« Il explique que dans les comtés où le pourcentage de francophones baissait en bas de 80 %, l\u2019alternance politique cessait », affirme M.Lacroix.Se basant sur les résultats des élections québécoises des précédentes décennies, le politologue s\u2019est aperçu qu\u2019étant donné que les francophones divisent leurs votes entre plusieurs partis, et que les non-francophones votent massivement pour le même parti (le PLQ), ces derniers agissent comme une minorité de blocage et décident du reste des élections.« On dirait qu\u2019 il y a un tabou autour de ça, mais c\u2019est un phénomène qui me semble grave, car il en va de la qualité de notre vie démocratique », s\u2019inquiète le chroniqueur, d\u2019autant plus que selon les projections de Statistique Canada, il n\u2019y aura plus que 69 % de francophones dans la région métropolitaine de Montréal en 2036, ce qui représente la moitié des comtés du Québec.Une anglicisation aux frais des contribuables Frédéric Lacroix considère que les institutions publiques jouent un rôle clé dans l\u2019anglicisation de Montréal, car les institutions anglophones sont surdimensionnées et surfinancées par rapport à la taille de leur communauté.Si les places au préscolaire, primaire et secondaire suivent le poids démographique de cette minorité (autour de 9,6 %), puisqu\u2019elles sont assujetties à la Charte de la langue française, le réseau collégial anglophone récupère autour de 19 % des places au Québec, ce qui est deux fois plus que son poids démographique.« La situation empire dans le monde universitaire, ajoute M.Lacroix.Les universités anglophones récupèrent à peu près le quart du financement.» Ainsi, il considère que le réseau des universités francophones est sous-fi- nancé, ce qui les rend moins compétitives et moins attrayantes.« C\u2019est un mode de financement qui est hérité du passé et qui n\u2019a jamais été corrigé.Ça perpétue une injustice historique et jamais personne n\u2019a eu le courage de la corriger », conclut-il.Dans le domaine de la santé Frédéric Lacroix précise que la situation n\u2019est pas plus rose dans le domaine de la santé.Lors de la construction des méga hôpitaux, les anglophones ont eu 50 % du budget et cela, bien qu\u2019ils représentaient à l\u2019époque moins de 20 % de la population montréalaise.Il y a eu une tentative de faire un seul méga hôpital, mais selon M.Lacroix, « McGill ne voulait rien savoir de participer à une institution commune, parce qu\u2019 ils ont le plus gros hôpital universitaire au Québec, le plus gros centre de recherche.Il y a une espèce de division linguistique à Montréal où McGill fait la recherche, rayonne internationalement, a du prestige, tandis que le CHUM traite des patients.» Et ça, c\u2019est sans compter les deux hôpitaux pédiatriques à Montréal : le Montreal Children\u2019s et Sainte-Justine.Dans ce cas également, le projet de fusionner les deux institutions a déraillé : « [Les anglophones] veulent garder le contrôle de leurs institutions, car \u2014 pour reprendre les propos de Robert Laplante \u2014 elles servent de foyer de reproduction, explique M.Lacroix.Ce sont ces institutions qui permettent à la communauté anglophone de grossir leurs rangs.Et tout ça, aux frais des contribuables québécois ».Pour Frédéric Lacroix, si l\u2019on souhaite ralentir l\u2019anglicisation de Montréal, il faut donc un financement plus équitable des institutions, mais aussi sélectionner davantage d\u2019immigrants francophones et francotropes, puisque « ce sont eux qui s\u2019 intègrent le mieux au Québec français ».Le recul du français dans le Grand Montréal Jason Paré À 9 ans, j\u2019ai eu mon premier « bécyk », rouge vif avec deux petites roues d\u2019appoint.Cette bicyclette me procurait un sentiment de liberté incroyable.Plus tard, j\u2019ai eu une bicyclette que je modifiais sans cesse : guidons « mustang », guidons « cornes de bouc », siège « banane », etc.À cette époque, je commençais à peindre mon vélo.Cela m\u2019a valu d\u2019ailleurs une sévère réprimande de ma mère pour avoir, par la même occasion, aspergé de peinture sa laveuse.Ensuite, j\u2019ai suivi un cours de sécurité à bicyclette.Le moniteur m\u2019a inscrit à ma première course aux Jeux du Québec.Ça y est, j\u2019avais la piqûre ! Le Club cycliste vendait des bicyclettes de course à 100 $ chacune.Je me débrouillais bien en compétition et je gagnais souvent.En Abitibi, une course cycliste attire des compétiteurs de partout en Amérique du Nord et même d\u2019Europe.À une occasion, j\u2019ai vu une bicyclette portant la signature Faliero Masi.Je me suis dit : « Un jour, moi aussi j\u2019aurai ma signature sur des bicyclettes de ma conception ».Une étincelle s\u2019est allumée Giuseppe Marinoni, un Italien qui a épousé une Québécoise, est le premier à avoir fabriqué des bicyclettes de qualité au Québec.Quand je l\u2019ai vu allumer sa torche à souder, l\u2019étincelle de la construction de bicyclettes s\u2019est allumée au maximum.Autour de moi, on disait que je n\u2019y arriverais jamais, qu\u2019il fallait être italien, français ou anglais, mais j\u2019étais déterminé à réaliser mon rêve.Je suis finalement devenu le premier Québécois de souche à fabriquer des vélos.J\u2019ai appris mon métier d\u2019abord en Oregon chez Bruce Gordon un maître ayant une approche très « techno ».Je suis aussi allé au Minnesota pour apprendre avec un maître-artisan, Cecil Behringer.De retour au Québec, j\u2019ai ramassé un peu d\u2019argent en travaillant pour un fabricant des vélos.J\u2019ai loué un local à Sherbrooke et débuté la fabrication de bicyclettes originales et sur mesure.L\u2019aventure de Cycles Sikar venait de commencer.30 ans d\u2019entreprises et d\u2019épreuves Dès le début, trois stagiaires se sont inscrits dans le but de fabriquer leur propre bicyclette adaptée à leur morphologie.Après avoir déménagé dans un atelier de la rue Bridge à Montréal, ma blonde a placé une pancarte annonçant mes services et c\u2019est là que les affaires ont vraiment démarré.Je fabriquais entre 30 et 50 bicyclettes par année.Autour de moi, il y avait ceux que j\u2019appelais les « graviteurs », qui voulaient modifier leur bicyclette selon leurs besoins : pour transporter des panneaux de 4\u2019\u2019 x 8\u2019\u2019, ajouter un porte-bébé, etc.J\u2019ai aussi construit 12 structures de chars allégoriques.Mon atelier était ouvert à tous ceux qui voulaient y travailler.Sur une période de 30 ans, j\u2019ai ouvert puis fermé environ huit ateliers, au gré de mes dépressions, sans savoir de quelle maladie j\u2019étais affligé.Incapable de travailler, sans savoir ce qui m\u2019arrivait, je perdais ma source de revenu et je perdais de vue mon but dans la vie.À un moment donné, ma blonde de l\u2019époque m\u2019a conduit à l\u2019urgence psychiatrique où l\u2019on m\u2019a diagnostiqué comme bipolaire.Par la suite, j\u2019ai déménagé mon atelier dans une pièce de mon appartement.Manipuler des torches à souder et des outils de fabrication de vélos dans un 5 1/2, ce n\u2019était pas une bonne idée ! Je me suis lancé dans des petits boulots qui me laissaient insatisfait.Depuis presque deux ans, je suis aide-cuisinier à L\u2019Itinéraire, ce qui est pour moi une nouvelle passion.J\u2019adore préparer les assiettes et servir les repas aux camelots.Ce qui me manque le plus, c\u2019est le contact avec les cyclistes.Je travaille à la formation d\u2019une coopérative cycliste pour partager un petit atelier de construction.La folie du vélo 11 itineraire.ca 15 février 2020 TRANCHE DE VIE ALAIN SICARD AIDE-CUISINIER Depuis le 14 février, le public québécois est invité à voir MAFIA INC , un ilm de gangsters qui se passe à Montréal, dans les années 1990.Deuxième collaboration avec Podz après L\u2019afaire Dumont en 2012, Marc-André Grondin n\u2019y joue pas le rôle du bon gars, au contraire.Ce qui ne nous empêche pas de nous attacher au personnage.Tout un déi, comme nous l\u2019explique le comédien de 35 ans.C I N D Y B O Y C E Camelot métro Champs-de-Mars par Jean-Claude Nault Le plaisir de jouer un bad guy Afin de pouvoir incarner adéquatement le rôle de Vince, as-tu besoin de trouver des justifications aux gestes immoraux de ton personnage ?Oui et non.Je pense qu\u2019il faut aimer son personnage, il faut y croire, mais il ne faut pas nécessairement être d\u2019accord avec tout ce qu\u2019il fait.Il faut comprendre pourquoi il le fait.Je suis fan de documentaires et il y a une série que je regardais par hasard quand on faisait la préparation du film qui s\u2019appelle I Am a Killer sur Netflix.Il y a un cas par épisode.Ce sont des gens qui sont dans le couloir de la mort pour des crimes qu\u2019ils ont commis.Y\u2019en a qui sont vraiment des psychopathes, mais d\u2019autres qui ont pogné une mauvaise chire dans leur vie et qui ont commis un acte, un meurtre, un soir.Y\u2019a toujours quelque chose qui revient dans toutes ces entrevues : c\u2019est des gens qui viennent d\u2019une famille difficile, qui ont eu un père absent, une mère qui a des problèmes de consommation.Ils ont eu beaucoup d\u2019abus dans leur vie.Ça n\u2019excuse absolument pas ce qu\u2019ils ont fait, mais j\u2019ai beaucoup d\u2019empathie pour les gens qui sont le résultat de leur milieu familial.La vie, c\u2019est une loterie.Tu tombes dans telle famille, dans tel pays, dans telle époque et ce n\u2019est pas tout le monde qui se fait donner des outils pour pouvoir bien évoluer dans la société qui est vraiment tough.Alors pour Vince dans MAFIA INC, je trouvais intéressant qu\u2019on vienne à comprendre à travers le flashback, d\u2019où il vient et pourquoi il est comme ça.Il a eu une enfance qui n\u2019était pas évidente et il a manqué de certaines choses.Éventuellement, les « méchants », la mafia, lui ont ouvert les bras et lui ont donné ce dont il avait besoin.Si ses parents lui avaient ouvert les bras, il n\u2019aurait sûrement pas commis ces crimes.J\u2019ai fait quelques personnages qui ont soit commis des meurtres ou des trucs comme ça, mais aussi des gens qui ont été faussement accusés, et j\u2019ai beaucoup d\u2019empathie pour le milieu du crime et le milieu carcéral.Parce que je trouve qu\u2019il y a une réhabilitation possible et il faut juste avoir de l\u2019humanité, de l\u2019empathie et de l\u2019écoute pour essayer de comprendre la personne.C\u2019est facile de dire : « T\u2019as tué quelqu\u2019un, t\u2019es une mauvaise personne ».Mais, pourquoi t\u2019as tué cette personne ?Qu\u2019est-ce qui a fait en sorte que t\u2019es devenu comme ça ?Ça me touche beaucoup et il y a ça dans MAFIA INC.Alors, même si je ne justifiais pas ses actes, je pouvais au moins comprendre le mécanisme qui a fait en sorte qu\u2019il s\u2019est retrouvé à faire ça.C\u2019est la deuxième fois que tu travailles avec Podz.Qu\u2019est-ce que tu apprécies chez ce cinéaste et comment se passe votre collaboration ?C\u2019est un vrai cinéphile.Un vrai artiste de cinéma.Il a une vision hyper intéressante.Il a un rythme dans la façon qu\u2019il tourne et surtout, il fait un casting qui est souvent atypique.Dans MAFIA INC, entre autres, il y a beaucoup de gens qu\u2019on n\u2019a jamais vus ou qui jouent pour la première fois.Podz va caster du monde ben intéressant, ben différent, puis souvent il va faire des contre-casting.Quand il m\u2019avait casté dans L\u2019affaire Dumont, je ne ressemblais pas au personnage.On n\u2019aurait pas pensé à moi normalement pour jouer ce rôle, mais lui, il s\u2019en foutait.Il disait : « Je sais que t\u2019es capable d\u2019emmener quelque chose.Je sais que t\u2019es capable de faire le personnage.On te déguisera s\u2019 il le faut ».C\u2019est rare qu\u2019on a la chance de faire ça.Ça permet de faire des projets super intéressants, avec des personnages qui sont riches, qu\u2019on peut vraiment construire et qui sont vraiment différents de ce qu\u2019on est dans la vie réelle.Au Québec, on n\u2019a pas une culture de rôles de composition.On te donne des lignes et puis on te dit : « Dis-les dans tes mots, il faut que ça sonne vrai ».Mais là, Podz te donne des partitions qui sont complètement différentes de ce que t\u2019es.Ça te permet vraiment de t\u2019abandonner, puis d\u2019essayer des affaires vraiment pétées.Dans L\u2019affaire Dumont, on a trouvé un ton qui était vraiment décalé.On s\u2019est inspiré du gars sur qui l\u2019histoire était basée pour vraiment se taper un trip de jeu.C\u2019est rare qu\u2019on a la chance de faire ça.Les réalisateurs ont souvent peur.Tu veux un bum, on va te trouver quelqu\u2019un qui a l\u2019air d\u2019un bum.Tu veux un beau gars, tu vas trouver un beau gars.Podz, souvent, il casse ça.Il va chercher quelqu\u2019un de ben différent et c\u2019est vraiment tripant.C\u2019est un beau cadeau pour un acteur.Ton personnage est directement responsable de la mort de plusieurs enfants.Comment as-tu réagi lorsque tu as lu cette scène qui se trouve au tout début du film ?En fait, quand je l\u2019ai lue, on ne le savait pas dès le départ.Ç\u2019a été réarrangé au montage.Avant, on l\u2019apprenait plus tard dans la deuxième moitié du film.On s\u2019en doutait un peu, mais c\u2019était bâti différemment.C\u2019est fou, mais je trouve ça hot.(rires) Je trouve que ça donne une dimension vraiment intéressante au personnage.On commence le film en présentant le personnage comme un fou qui commet un acte horrible.Le défi, c\u2019était de faire en sorte qu\u2019au fil du film, le public s\u2019attache à lui quand même, l\u2019aime quand même, prend pour lui.Et ça, c\u2019est un ostie de défi quand tu te fais dire que le gars tue 16 enfants, mais qu\u2019il faut qu\u2019on l\u2019aime quand même .Ça, évidemment, c\u2019était sur papier.Il fallait juste pas trop faire de fausses notes.Ce sera probablement la seule fois dans ma vie que je vais jouer quelqu\u2019un qui a tué 16 enfants, donc il fallait en profiter.14 15 février 2020 itineraire.ca Il n\u2019y a pas vraiment de bons ou de héros dans MAFIA INC .Tous les personnages principaux sont plutôt du mauvais côté de la clôture.Vince se fait d\u2019ailleurs trahir par tout le monde.Crois-tu que c\u2019est un pari risqué, que ce parti pris risque de déplaire à une partie du public ?C\u2019est sûr que ce n\u2019est pas les bons contre les méchants.C\u2019est juste des méchants et on essaie à l\u2019intérieur de ça de faire une gradation de ce qui est pire ou pas.Je trouve que Podz a bien réussi à dresser un portrait d\u2019un milieu sans le glorifier.Moi, je ne pense pas que quelqu\u2019un va sortir de regarder MAFIA INC et qu\u2019il va dire : « Ostie que c\u2019est cool d\u2019être dans mafia ! » Absolument pas, mais malgré tout, tu peux quand même trouver cool le parrain, tu peux quand même trouver cool Vince, tu peux quand même trouver cool tout ce milieu sans le glorifier.Il y a beaucoup de films de mafieux qu ont été faits, puis qui rendent ça vraiment cool.Scarface, c\u2019est comme : « Ostie que j\u2019ai envie d\u2019avoir une montagne de poudre, pis des gros guns ! » Dans MAFIA INC, ce n\u2019est pas ça.Il y a un état de violence du début à la fin, de tension, de trahison qui fait en sorte que tu n\u2019aimes pas ce milieu-là.T\u2019es intéressé, t\u2019es curieux parce que ce sont des gens qui ont leurs propres lois, leur propre système de justice, qui se croient tout permis, et qui se permettent tout aussi, mais y\u2019ont pas la vérité absolue.Je trouve que Podz a bien réussi à faire ça.« Je pense qu\u2019il faut aimer son personnage, il faut y croire, mais il ne faut pas nécessairement être d\u2019accord avec tout ce qu\u2019il fait.Il faut comprendre pourquoi il le fait.» B E R T R A N D C A L M E A U Marc-André Grondin avec le réalisateur Podz Lorsque ton personnage demande au parrain de travailler pour lui, est-ce qu\u2019il se cherche en fait une nouvelle famille, un père adoptif en quelque sorte ?Totalement.Je pense que l'on comprend bien que Vincent cherche à plaire à ses parents, cherche une famille, cherche à être épaulé dans la vie.Il ne réussit pas à l\u2019avoir avec sa famille, donc il va vers ceux qui peuvent lui donner ça.Je pense qu\u2019il est aussi attiré par le glamour de tout ça et par l\u2019argent rapide et facile.J\u2019ai beaucoup l\u2019impression que Vincent et Zachary dans C.R.A.Z.Y.ont un peu la même quête.Ils cherchent l\u2019amour de leur père, ils cherchent une famille, à se faire accepter, à se faire aimer.C\u2019est juste qu\u2019il y en a un qui gère ça un petit mieux que l\u2019autre.C\u2019est un peu la même prémisse : l\u2019amour familial, puis l\u2019acceptation.Puisque Vincent est un délinquant, sa mère le met à la porte de la maison familiale et refuse de le voir.Crois-tu qu\u2019elle a aggravé les choses en faisant ça ?Totalement.D\u2019un autre côté, j\u2019ai l\u2019impression que la responsabilité tombe beaucoup sur les épaules du père.Il y a un moment où Vincent veut revenir à la maison.Il en a besoin parce qu\u2019il vient de se rendre compte qu\u2019il est allé trop loin et il a juste besoin d\u2019amour.Tsé, quand il vient voir son père, si ce dernier l\u2019avait laissé entrer, il ne se serait pas retrouvé dans la mafia.Le père aurait pu dire : « Oui, je vais parler à ta mère ».En plus, la mère est en fin de vie, elle aurait pu passer par-dessus bien des affaires et aurait dû juste accueilli son fils.Donc, c\u2019est sûr que les parents ont participé, ont créé, l\u2019ont poussé vers un milieu où il n\u2019aurait jamais dû se retrouver.Il vient quand même d\u2019une bonne famille, il a des bons parents, mais des fois, l\u2019émotion prend le dessus.B E R T R A N D C A L M E A U Marc-André Grondin et Mylène Mackay qui incarne sa sœur dans le film MAFIA INC 16 15 février 2020 itineraire.ca « J\u2019ai beaucoup l\u2019impression que Vincent et Zachary dans C.R.A.Z.Y.ont un peu la même quête.Ils cherchent l\u2019amour de leur père, ils cherchent une famille, à se faire accepter, à se faire aimer.» BERTRAND CALMEAU MAFIA INC fait référence à un drame qui a eu lieu dans les années 1990 lorsque le jeune Daniel Desrochers a été tué accidentellement lors de l\u2019explosion d\u2019un véhicule piégé.Il aurait le même âge que vous aujourd\u2019hui.As-tu souvenir de cette tragédie ?Oui, je m\u2019en souviens, mais je ne savais pas qu\u2019il avait le même âge que moi à l'époque.J\u2019étais en 5e ou 6e année.Je me souviens de la tension.Je viens de Pointe-aux-Trembles, ce n\u2019est pas Hochelag, mais je me souviens que tout le monde en parlait.Tout le monde avait un peu peur.Surtout juste après.Il y avait aussi un bus carcéral qui avait été braqué et du monde avait été tiré.C\u2019était arrivé à Pointe-aux-Trembles.Les gens étaient sortis dans la rue après, avaient fait des manifestations, ce qui avait forcé le gouvernement à prendre des décisions pour changer la loi.Dans MAFIA INC, il y a vraiment un mélange entre la réalité et la fiction.Lorsqu\u2019on présente le film, les gens nous demandent ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas vrai.Un aspect qui est vrai, c\u2019est que la police a pendant des années blanchi de l\u2019argent pour la mafia.Elle a monté un gros dossier et a arrêté tout le monde.Puis après, elle a payé les frais de l\u2019opération avec l\u2019argent de la mafia et elle a même fait un profit de genre deux millions.C\u2019est quand même débile ! Le meurtre des enfants, ce n\u2019est pas vrai, mais en même temps, cette forme de transport de drogues a déjà existé.Sergio Castellitto qui incarne le chef de la piégé dans MAFIA INC son cash dans des paradis fiscaux, mais en même temps, on a tous des Samsung et des iPhone et on commande tous sur Amazon.Il y a quand même une hypocrisie là-dedans.Le milieu au Québec n\u2019arrête pas de dire qu\u2019il faut se battre contre Netflix au lieu de s\u2019en inspirer et revoir notre façon de produire et d\u2019essayer de proposer une offre différente à une autre génération qui va chercher son divertissement ailleurs.De toute façon, quand Netflix est venu il y a un peu plus d\u2019un an recevoir des pitch de projets, toutes les boîtes de productions étaient là.Après, ils se réunissent publiquement et ils disent qu\u2019il faut se battre contre Netflix, mais ils seraient les premiers contents d\u2019avoir de l\u2019argent.Netflix a tout de même des budgets intéressants, surtout pour ici.Quand on a présenté MAFIA INC à Palm Springs, le public américain demandait le nombre de jours de tournage et n'en revenait pas qu\u2019on ait réussi à faire ça en 35 jours.Et quand on leur disait qu\u2019on avait 8 millions de budget, ils n\u2019en revenaient pas non plus.Ils étaient sûrs qu\u2019on avait genre 20 millions ou 25 millions pour faire ça.Aux États-Unis, 25 millions, c\u2019est le budget d\u2019un film indépendant.Netflix devrait sortir le film ce printemps et il y aura des versions traduites qui vont être disponibles.Pour la version anglaise, ce sont les acteurs du film qui ont fait leur propre doublage, des acteurs québécois avec l\u2019accent québécois.Je trouve que c\u2019est une belle marque de respect de la part de Netflix de ne pas diluer la culture québécoise.Donc, même si tu ne veux pas regarder le film avec des sous-titres, tu peux écouter la version doublée en anglais tout en gardant l\u2019essence québécoise avec notre accent, avec notre musicalité.Je leur lève mon chapeau pour ça.En plus de la série Fragile qui a reçu de très bonnes critiques, tu vas paraître prochainement dans le film Jusqu\u2019au déclin qui devrait sortir sur Netflix ce printemps.Lorsque le projet a été annoncé, le réalisateur Patrice Laliberté et son équipe ont surtout dû répondre à des critiques, puisque c\u2019est une production Netflix.Que penses-tu de cette polémique ?Je trouve qu\u2019on devrait se réjouir que Netflix investisse de l\u2019argent dans la culture québécoise, surtout en donnant la chance à un jeune réalisateur et à une jeune boîte de production qui en sont à leur premier long métrage, un film de genre en plus.Ce film n\u2019aurait jamais été financé par la SODEC et Téléfilm, parce qu\u2019il n\u2019entre pas dans leurs de critères.J\u2019espère par contre que ce n\u2019est pas le seul film que Netflix va financer au Québec.Au Québec, on a un microcosme en télé et en cinéma.On est fermé sur nous-mêmes depuis longtemps.On vit à l\u2019extérieur du Canada et on a notre propre star-system.Les gros joueurs ont un peu carte blanche depuis longtemps.Même si la SODEC et Téléfilm essayent de diversifier un peu, c\u2019est quasiment tout le temps le même monde qui a le cash.Je ne suis pas surpris que les gros joueurs ne soient pas contents de l\u2019arrivée de Netflix, parce que ça vient brouiller les cartes un peu et ça vient insécu- riser beaucoup de boîtes de productions.C\u2019est sûr, je ne suis pas d\u2019accord qu\u2019une méga corporation ne paie pas d\u2019impôts et mette C I N D Y B O Y C E 18 15 février 2020 itineraire.ca extraordinaires.Je suis très reconnaissant.Depuis quelques années, je travaille beaucoup moins.Je fais peut-être un projet par année, mais ce sont de beaux projets.Avant ce film., je n\u2019ai pas travaillé pendant un an et demi.C\u2019était rough, c\u2019était tough, mais en même temps, j\u2019ai fait MAFIA INC et c\u2019est un beau projet.Je ne peux pas me plaindre.Je préfère faire un film extraordinaire chaque année et demie qu\u2019en faire quatre par année que je n\u2019aime pas vraiment.Je sais que j\u2019ai eu ben de la chance et je sais que c\u2019est dû à C.R.A.Z.Y.Ça fait 15 ans et on m\u2019en parle encore toutes les semaines.Je préfère qu\u2019on me parle d\u2019un gros succès qui a touché les gens qu\u2019un film que tout le monde a haï, qu\u2019on ait trouvé poche et qu\u2019on me dise : « Heille, c\u2019est-tu toé qui as joué dans c\u2019te film poche-là ! ».C\u2019est quand même une belle chance d\u2019être associé à un projet comme celui-là et de voir que tout le monde qui en a fait partie a eu de belles carrières.Bon, Michel Côté était déjà ben connu.(rires) Pour tout le monde, à part Michel Côté, ç\u2019a changé leur vie ! Quel regard portes-tu sur ta carrière depuis l\u2019énorme succès de C.R.A.Z.Y.?Je n\u2019ai jamais aspiré à quoi que ce soit.J\u2019ai commencé à trois ans à faire des films et de la télé et j\u2019ai tout le temps eu du plaisir à faire ça.J\u2019ai toujours voulu que ça continue, mais je n\u2019ai jamais vu ma carrière comme étant un escalier à monter et qu\u2019il fallait que je franchisse des étapes.Suite à C.R.A.Z.Y., le film m\u2019a apporté tellement d\u2019offres et ça m\u2019a amené à travailler en Europe et à gagner des prix, à gagner un César.Je n\u2019ai jamais pensé faire ça.Je viens de Pointe- aux-Trembles, je n\u2019ai jamais fait d\u2019accent français avant que je me retrouve là-bas.Ils m\u2019ont donné un film, pis j\u2019ai fait : « Oui oui, je pense que je peux faire l\u2019accent.» Moi, je dis tout le temps que j\u2019ai été très chanceux.J\u2019aimerais que ça continue, de continuer à vivre de ça, mais même si ma carrière s'arrêtait demain matin, j\u2019ai accompli plus que je pensais et j\u2019ai vécu des affaires extraordinaires.J\u2019ai voyagé, j\u2019ai travaillé avec des comédiens, des réalisateurs, des artistes « J\u2019aimerais que ça continue, de continuer à vivre de ça, mais même si ma carrière s'arrêtait demain matin, j\u2019ai accompli plus que je pensais et j\u2019ai vécu des afaires extraordinaires.» C I N D Y B O Y C E Au centre de ma maison, ou presque, se trouve un poêle à combustion lente.Je crois qu\u2019il n\u2019y a pas plus grand plaisir de la vie quotidienne que d\u2019avoir un bon feu qui crépite chez-soi.Si le désir m\u2019en prenait, je pourrais chauffer toute la maison uniquement avec le foyer.Mais ça serait de l\u2019ouvrage, puisqu\u2019il faut alimenter le feu en continu.En mode combustion lente, c\u2019est environ aux quatre heures qu\u2019il est nécessaire d\u2019y ajouter des bûches, ce qui veut dire qu\u2019il faut se lever au beau milieu de la nuit pour le faire, au risque d\u2019avoir froid au bout du nez le matin venu.Ça ne serait pas un grand effort, mais cela nécessite tout de même une vigilance en continu.On ne peut pas quitter la maison toute la journée par grands froids sans risquer de se retrouver avec des tuyaux gelés.J\u2019ai l\u2019impression que l\u2019on oublie trop souvent tout ce que nous apporte le « confort de la vie moderne », comme on dit.L\u2019eau courante, le frigo, la cuisinière électrique, l\u2019électricité à la demande, l\u2019équipement de chauffage qui se règle au demi-degré près.On a tendance à être fasciné par les nouvelles technologies, mais on prend pour acquis celles un peu plus anciennes, qui font partie de notre quotidien le plus banal.La fée électricité En 1937, le peintre français Raoul Dufy présente une peinture aux dimensions monumentale à l\u2019Exposition universelle qui se tient cette année-là à Paris, dont le titre est La fée électricité.Cette œuvre magnifique \u2013 je vous souhaite d\u2019avoir la chance de visiter le Musée d\u2019art moderne à Paris, où elle se trouve \u2013 avait été commandée à Dufy par la Compagnie parisienne de distribution d\u2019électricité.Elle devait viser à « mettre en valeur le rôle de l'électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique ».Dans les années 1930 et 1940, l\u2019électrification des ménages était une priorité de la plupart des gouvernements occidentaux, particulièrement en milieu rural.Des impératifs de productivité économique se cachaient derrière les discours ventant le progrès ou le « rôle social » de l\u2019électricité.Être branché au réseau électrique permettait aux agriculteurs et aux familles de se dégager de la contrainte quotidienne du feu dans l\u2019âtre, des lampes à l\u2019huile et autres désagréments hérités du 19e siècle.Au Québec, Duplessis, d\u2019ailleurs, en avait fait un enjeu électoral à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.La « fée électricité » allait, effectivement, transformer de manière durable notre vie quotidienne.Retrouver le temps lent Il fait froid ?On « monte le chauffage » d\u2019un simple ajustement au thermostat.Si on chauffe au bois, on doit nettoyer l\u2019âtre de ses cendres, enfiler bottes et mentaux pour aller chercher des bûches à l\u2019extérieur, installer le bois d\u2019allumage, allumer le feu et patienter avant que la chaleur se diffuse.Ça ne sont pas des tâches colossales, bien sûr, mais elles donnent un sens à la durée, au temps lent.De plus, elles sont « physiques », nos sens rappellent à notre corps que chauffer la maison n\u2019est pas quelque chose d\u2019abstrait.Quand je fais un feu, je m\u2019amuse parfois à compter les anneaux de croissance sur une des bûches, question de connaître l\u2019âge de l\u2019arbre.Certains ont 40 ans; des arbres qui chauffent la maison familiale que j\u2019habite désormais étaient des arbrisseaux naissants au moment où mes parents l\u2019ont construite.Ça aussi, ça donne un sens au temps qui passe.La nature a mis la moitié d\u2019une vie humaine pour chauffer quelques heures seulement la maison qu\u2019ont bâtie mes parents lorsque j\u2019avais moi même que 10 ans.Les « anciennes » manières de faire nous ramènent au concret de la vie matérielle.Je ne dis pas qu\u2019on doive retourner au 19e siècle, mais ces petits gestes nous font prendre conscience de toutes les facilités de la vie moderne.Le feu de foyer ÉCONOMISTE INDÉPENDANT 20 15 février 2020 itineraire.ca François-Antoine Bourque ?Organisateur communautaire au RAPSIM Cette politique a permis de reconnaître que la lutte à l\u2019itiné- rance peut seulement être eicace si l\u2019on agit sur plusieurs axes, en aval et en amont.Elle visait à faire de l\u2019itinérance une priorité nationale et elle interpelle même plus de 10 ministères ! Fort de 110 organismes membres Le regroupement compte à ce jour 110  organismes qui travaillent auprès des personnes en situation d\u2019itinérance ou à risque de l\u2019être  : ressources d\u2019hébergement, centres de jour et de soir, logements sociaux avec soutien communautaire, ressources actives en travail de rue et de milieu, en santé mentale, en toxicomanie, en insertion socioprofessionnelle ou en aide alimentaire.Ainsi en 2020, le RAPSIM compte plus de membres qu\u2019il n\u2019en a jamais eu, ce qui démontre à la fois l\u2019ampleur de l\u2019itinérance, mais aussi la mobilisation pour la contrer.Le travail du RAPSIM et de ses membres se concrétise en avancées importantes, et ce, sur plusieurs fronts.Pensons notamment à la mise en place de sites d\u2019injection supervisée (SIS) et au développement de plusieurs unités de logements sociaux avec soutien communautaire.Alors que les besoins demeurent importants et en croissance, les réponses apportées par nos membres pour prévenir et lutter contre l\u2019itiné- rance sont à mettre en évidence puisque ce sont eux qui interviennent souvent en première ligne.Si le phénomène de l\u2019iti- nérance continue de croître malgré les actions déployées par le Réseau depuis 45 ans, force est de constater que les investissements publics sont hélas encore insuisants.Le 13 février a été l\u2019occasion pour une centaine d\u2019intervenant.e.s et de partenaires qui ont à cœur les personnes en situation d\u2019itinérance de se rencontrer dans le cadre d\u2019un forum pour célébrer les 45  années d\u2019existence du RAPSIM.Ce forum a permis d\u2019aborder une foule d\u2019enjeux tels que les diférentes trajectoires d\u2019itinérance, l\u2019hébergement d\u2019urgence, la réduction des méfaits et le soutien communautaire en logement social.Un brin d\u2019histoire Le RAPSIM a été créé en 1974 par un groupe d\u2019intervenant.e.s du monde communautaire et de personnes issues des services sociaux.Ces personnes cherchaient à donner une voix aux personnes en situation d\u2019iti- nérance, à faire reconnaître leurs besoins et à interpeller les gouvernements.De il en aiguille, le RAPSIM est passé de réseau d\u2019échange à groupe de défense collective des droits, se positionnant régulièrement sur des enjeux d\u2019actualité.Dans ses premières années, le RAPSIM a travaillé sur des dossiers comme la question des maisons de chambres, la judi- ciarisation, la législation sur l\u2019ébriété publique et l\u2019aide de dernier recours.Les interventions du RAPSIM ont amené les décideurs à revoir leur déini- tion de l\u2019itinérance, n\u2019y voyant pas uniquement une absence de logement, mais bien une problématique complexe aux dimensions et ramiications multiples.Le RAPSIM a défendu pendant plusieurs années l\u2019importance et l\u2019urgence d\u2019adopter une politique nationale en itinérance par le gouvernement du Québec.C\u2019est en 2014 que fut adoptée la Politique nationale en itinérance  : Ensemble, pour éviter la rue et en sortir.Le RAPSIM fête ses 45 ans 15 février 2020 Chronique payée Laurent Gascon est un artiste montréalais né en 1949.Je l\u2019ai rencontré au milieu de l\u2019été 2019, il m\u2019a encouragé en achetant L\u2019Itinéraire au IGA de la Place Frontenac et il m\u2019a également encouragé à écrire.J\u2019ai aussi eu la chance de voir l\u2019artiste travailler sur sa dernière œuvre qui se trouve sur un mur de la Maison de la culture Janine-Sutto, sur la rue Frontenac.Vous pouvez voir la photo de cette œuvre ci-haut.Par contre, cette photo n\u2019égale pas la beauté de l\u2019œuvre que vous pourrez seulement apprécier à sa juste valeur en la voyant en personne.J A S O N P A R É 22 15 février 2020 itineraire.ca Camelot métro Côte-Vertu & IGA promenades Ontario par Benoît Chartier Laurent Gascon Les murales de La santé visuelle dans Hochelaga Les œuvres de Laurent Gascon sont inusitées, gigantesques et merveilleuses.Son art embellit le paysage d\u2019Hochelaga, nous sortant de la monotonie de la brique pure et dure.Il nous égaye avec son art subtil et attrayant qui nourrit l\u2019esprit.Dans les termes de Laurent Gascon, c\u2019est ce qu\u2019il appelle la « santé visuelle » dans une entrevue donnée à Radio-Canada en 2017.Pendant cette entrevue, Laurent Gascon a expliqué ce concept ainsi : « Ici, c\u2019est un quartier défavorisé et ça rend les gens heureux de voir que la Ville investit de l\u2019argent pour ce que j\u2019appelle \u201cla santé visuelle\u201d, parce que ce sont des gens qui n\u2019ont pas accès à l\u2019art du tout et l\u2019art, c\u2019est quelque chose qui nourrit l\u2019esprit aussi.Alors, si ça peut éveiller leur désir d\u2019aller visiter des galeries ou des musées.» Ça vaut la peine de se déplacer pour voir les mosaïques de l\u2019artiste, car sur internet on ne peut pas juger de la beauté de cet art subtil.Celui de Laurent Gascon est un art vivant, constamment en mouvement.Visuellement, il y a plusieurs facteurs qui font en sorte qu\u2019un observateur aguerri peut expérimenter une même œuvre de M.Gascon de différentes façons.Par exemple, selon l\u2019heure de la journée, la luminosité des journées ensoleillées ou même des journées sombres donnera un air diffé- rent à chaque œuvre.En hiver, le reflet du soleil sur la neige fait ressortir les couleurs vives de chacune des pièces de céramique.Ce phénomène est d\u2019autant plus intéressant, car les murales de l\u2019artiste ne sont pas illuminées par de l\u2019éclairage artificiel.Il est donc mieux de les voir le jour.En plus d\u2019être merveilleuses, ces œuvres sont accessibles à tous.Les gens peuvent aller les voir intentionnellement, mais plusieurs pourront aussi les découvrir en prenant une marche de santé, ou bien en se déplaçant sur la rue Ontario.Je vous encourage à aller les voir et en profiter pleinement.N\u2019oubliez pas, c\u2019est gratuit ! L\u2019artiste a commencé à faire des mosaïques aux alentours des années 1980-1990.Par contre, celui-ci était déjà connu pour ses toiles dans les années 1970.Il est le fondateur de l\u2019organisme Escouade de la muralité, un atelier pour descendre les arts dans la rue.Il a trouvé une façon de faire de l\u2019art de rue pour la rue.Ses œuvres sont réalisées en partenariat avec la Société de promotion des arts gigantesques (S.P.A.G.), située dans le sous-sol du Bain Mathieu.C\u2019est dans cet organisme de la rue Ontario que Laurent Gascon travaille à la préparation de ses mosaïques.L\u2019artiste demeure depuis longtemps en République dominicaine, mais revient de temps à autre pour réaliser ses œuvres.Ses œuvres uniques sont exposées tout le long de l\u2019est de la rue Ontario.Il y en a à peu près une dizaine.Dans ces dernières, il rend hommage à des artistes tels qu\u2019Yvon Deschamps, La Bolduc, Pauline Julien, Robert Gravel, Plume Latraverse, Marjo, Paul Buissonneau, Gilles Vigneault, Raymond Lévesque et Vittorio.La mosaïque de Vittorio est la première murale que Laurent Gascon a réalisée à Montréal en 2009, pour faire hommage à son ami et artiste affichiste Vittorio Fiorucci après l\u2019avoir perdu en 2008.Chaque mosaïque comprend des milliers de pièces de céramique, chacune coupée au millimètre près, dans la forme désirée.Plus précisément, chaque mosaïque peut contenir environ entre 3500 à 10 000 pièces.La murale d\u2019Yvon Deschamps, contenant près de 4000 pièces de céramique, a pris un peu moins de deux mois à être finalisée.« .l\u2019art, c\u2019est quelque chose qui nourrit l\u2019esprit aussi.» Fête sous haute surveillance Le Party de Pierre Falardeau.Ça se passe dans une prison et ça permet de voir comment ça se passe en dedans.Je l\u2019ai vu à la télévision la première fois.J\u2019ai bien aimé la scène où la chanteuse country Lou Babin interprète Le cœur est un oiseau de Richard Desjardins.DENIS BOURGEOIS CAMELOT JEAN-TALON / CHRISTOPHE-COLOMB Un gros cave La franchise Elvis Gratton.Je trouve ça drôle.Ce n\u2019est pas un humour trop dégradant.C\u2019est un humour qui passe bien et il n\u2019y a pas de temps morts.Le personnage est suffisamment coloré pour être intéressant à regarder.Ce que je trouve drôle, c\u2019est que c\u2019est un gros cave qui est à l\u2019argent.Par contre, le discours politique des films ne m\u2019atteint pas vraiment.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE METRO, SAINT-HUBERT / BOUCHER Comédie de fesses Deux femmes en or avec Louise Turcot et Monique Mercure.Ç\u2019a fait évoluer le Québec sexuellement.Il fallait avoir du front tout le tour de la tête pour faire ce genre de film.C\u2019était tabou à l\u2019époque.BENOIT CHARTIER CAMELOT MÉTRO CÔTE-VERTU ET IGA PROMENADE ONTARIO M I K E S I M O N | U N S P L A S H Les ravages de la guerre Les Plouffe.Il y avait Juliette Huot qui jouait dedans.Ça parlait de la guerre et tout ça.Je trouve ça triste lorsque Juliette perd son fils à la guerre.DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE Bonjour/Hi Bon Cop, Bad Cop, parce que c\u2019est un film qui projette ce qu\u2019est vraiment le Québec.On est une société bilingue, on est ouvert et on est drôle.Je n\u2019ai pas vu la suite encore.J\u2019aime beaucoup Patrick Huard, entre autres pour son rôle dans Taxi 0-22.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ET PRÉPOSÉE À LA CUISINE Pompiers en alerte Cité en feu avec Henry Fonda.Ce n\u2019est pas un film québécois, mais il a été tourné à Montréal.Il y a pas mal d\u2019action et j\u2019ai aimé ça parce qu\u2019il y a beaucoup de pompiers.ANDRÉ-GUY CHARRON CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR Bon voyage ! J\u2019ai mon voyage ! C\u2019est une comédie d\u2019action avec Dominique Michel, Régis et René Simard.J\u2019ai aimé les aventures qu\u2019ils vivent pendant leur voyage.Y\u2019a la roulotte qui décroche de la voiture à un moment donné.Les Simard étaient très jeunes à l\u2019époque.CÉCILE CREVIER CAMELOT MÉTRO L\u2019ASSOMPTION préféré ?Quel est ton film québécois 25 itineraire.ca 15 février 2020 Santé me LAFOREST SABOURIN/ DROITS D'AUTEUR CSC par Alexandra Guellil té mentale Le juge en chef Wagner brise les tabous C\u2019est la première fois qu\u2019un haut magistrat vient à L\u2019Itinéraire.Cela est d'autant plus intéressant si on souligne que l\u2019accès à la justice est un enjeu primordial pour les personnes marginalisées, comme nos camelots.En novembre 2019, le juge en chef de la Cour Suprême du Canada, Richard Wagner, nous a accordé une entrevue, quelques heures avant le grand banquet célébrant les dix ans d\u2019existence de Juripop, une clinique juridique favorisant l\u2019accès à la justice.Nous avons discuté, avec l\u2019un des trois Québécois siégeant à la plus haute cour du pays, de l\u2019importance de briser les tabous en santé mentale, d\u2019itinérance, d\u2019inégalités sociales et d\u2019accessibilité à la justice. Un juge siégeant à la Cour suprême du Canada sous traitement peut-il honorer son mandat ?Absolument! On est aujourd\u2019hui dans une période où la médecine a bien évolué et où les remèdes et procédés font en sorte que les personnes ayant ce type de problèmes fonctionnent très bien en société, lorsqu\u2019ils sont contrôlés.Dans le cas du juge Gascon, il devait recevoir une médication plus ajustée à ses symptômes.Je tiens à dire qu\u2019il a été l\u2019un de nos meilleurs juges au pays.Il a contribué et contribue encore à l\u2019évolution de la société.Doit-on dire publiquement qu\u2019un juge est sous médication ou consulte un psychologue, avant qu\u2019une cause ne lui soit confiée ?Je crois qu\u2019il faut tout de même faire attention avec cela parce qu\u2019on touche quand même au domaine de la vie privée des personnes, en situation d\u2019autorité ou non, professionnels du droit ou non.Si aucun préjudice n\u2019est causé à autrui, je ne vois pas la nécessité de dévoiler nos conditions médicales.S\u2019il n\u2019y a aucun impact sur nos agissements comme tels, nos décisions ou nos comportements, cela doit rester du domaine privé.Votre réponse aurait-elle été la même si on parlait de problème de dépendances aux drogues, à l\u2019alcool ou aux jeux ?Oui, ces dépendances sont avant tout des maladies et comme toutes maladies, les personnes concernées doivent avoir accès à des soins.Je considère que beaucoup de personnes peuvent subir les contrecoups d\u2019une intoxication.Je crois que toute la question est de pouvoir l\u2019identifier comme une maladie et d\u2019aider la personne, si elle le veut bien.Avez-vous dans le cadre de vos fonctions actuelles ou antérieures eu des moments d'anxiété ?Je ne me suis jamais retrouvé, et heureusement, pour le moment en tout cas, et on va toucher du bois, dans une situation où j\u2019étais dans l\u2019impossibilité d\u2019accomplir mes fonctions comme il se doit.Mais, il faut se protéger.En parler ouvertement est la première étape de la guérison.Vous savez, tout le monde peut ressentir un stress énorme.Je n\u2019ai jamais eu évidemment à consulter pour un problème de cet ordre-là, mais il est arrivé des périodes où en tant que juge de la Cour supérieure, Cour d\u2019appel, Cour suprême ou comme avocat, où je me sentais très fatigué, très susceptible.Cela était dû au volume d\u2019affaires à traiter ou à l\u2019importance d\u2019une cause.On peut être très anxieux, sans pour autant que cela nous empêche de fonctionner.Dans ces moments-là, il faut se dire qu\u2019on doit retrouver un équilibre.Quand j\u2019ai beaucoup de travail et que je ressens du stress, quand beaucoup d\u2019éléments dans ma vie personnelle et professionnelle m\u2019assaillent, j\u2019essaye d\u2019en parler et de faire beaucoup d\u2019exercice physique.C\u2019est ce qui me permet de retrouver l\u2019équilibre.En mai 2019, lorsque le juge Clément Gascon a été retrouvé, que s\u2019est-il passé dans votre bureau ?En discutant, nous avons pris la décision de tirer quelques bénéfices de la situation dans la mesure où l\u2019on pouvait aider des personnes.Le juge Gascon a eu beaucoup de courage, notamment en raison de sa crise de panique qui était survenue dans les semaines précédentes de l\u2019évènement, causant forcément beaucoup d\u2019inquiétudes dans la communauté.Il a conclu lui-même qu\u2019avec de telles circonstances, il fallait révéler publiquement qu\u2019il souffrait de dépression depuis plusieurs années.Cela ne l\u2019a pas empêché de devenir juge à la Cour suprême du Canada.Les problèmes de santé mentale sont malheureusement tabous dans certains milieux et probablement de façon plus aigüe dans le milieu juridique et judiciaire.Les professionnels hésitent souvent à les reconnaître par peur d\u2019être mal vus et il y a beaucoup de préjugés.On souhaitait donc, avec le juge Gascon, apporter un certain bénéfice à toutes ces personnes qui hésitent à en parler, mais qui devraient le faire et obtenir des soins.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a un problème de santé mentale qu\u2019on ne peut pas réussir dans la vie et qu\u2019on ne peut pas contribuer à la société.Comment cela a-t-il été perçu entre les murs de la plus haute cour du pays ?La réaction des collègues a été à peu près la même que la mienne c\u2019est-à-dire très positive.C\u2019était notre collègue qui avait besoin d\u2019aide.On devait l\u2019aider, on devait réfléchir à ce que l\u2019on pouvait faire pour l\u2019appuyer.Est-ce que cela aurait été la même chose il y a 25 ans ?Je ne sais pas, je n\u2019étais pas là.Mais c\u2019est la réaction que nous avons tous eue, et je pense qu\u2019elle est correcte, et que l\u2019on devrait l\u2019encourager le plus possible.Les gens pensent que parce qu\u2019on est des professionnels du droit, des avocats ou des juges, qu\u2019on est à l\u2019abri de ce type de problèmes de santé mentale, mais ce n\u2019est pas vrai : tout le monde est pareil, quel que soit son rang social.On est tous vulnérables, on est tous susceptibles de connaître ce type de problèmes et c\u2019est pour cela qu\u2019on doit tous avoir accès aux mêmes soins.En 2019, le juge Clément Gascon a admis publiquement soufrir d\u2019anxiété et de dépression.Au mois de mai le magistrat a disparu pendant plusieurs heures.Publiquement encouragé par le juge en chef Wagner, le juge Gascon a invité tous ceux qui devaient composer avec cette problématique, quel que soit leur statut social, à briser le silence.RAPPEL DES FAITS Quelles sont les causes où vous vous sentiez plus vulnérable ?On est tous des êtres humains et il y a, par définition, des situations qui nous affectent plus que d\u2019autres, en fonction de nos valeurs et de notre éducation.Dans le domaine juridique, certaines situations frappent l\u2019imaginaire et sont très difficiles à constater en matière criminelle, entre autres lors des crimes contre la personne, des meurtres ou même des fraudes.J\u2019ai été très secoué de voir l\u2019impact qu\u2019une fraude pouvait avoir sur un individu dans l\u2019affaire Norbourg.C\u2019était une affaire d\u2019une grande violence morale.Ces types de causes viennent « Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a un problème de santé mentale qu\u2019on ne peut pas réussir dans la vie et qu\u2019on ne peut pas contribuer à la société.» nous chercher comme individu.Mais, heureusement que l\u2019on ressent des émotions ! Si on était des robots sans sentiment, je ne pense pas que l\u2019on aurait une justice adéquate.La justice doit comprendre aussi le fait qu\u2019un(e) juge utilise son éducation, ses sentiments, ses connaissances quand il/elle rend sa décision.J\u2019ai toujours prétendu qu\u2019on apprécie la valeur d\u2019une société par la façon dont on traite les plus vulnérables et plus démunis qu\u2019ils soient délinquants, accusés ou victimes.LAFOREST SABOURIN/ DROITS D'AUTEUR CSC itineraire.ca 15 février 2020 29 Pourquoi les juristes peuvent-ils être sous pression ?La profession de juriste, et c\u2019est encore plus vrai pour les avocats qui plaident pour autrui, est faite pour des personnes qui se nourrissent de conflits.Si l\u2019on va en Cour, c\u2019est parce qu\u2019il y a un conflit.Cela engendre bien évidemment un certain niveau de stress.Le juriste ou l\u2019avocat a beaucoup de pression sur les épaules pour accomplir sa mission et faire respecter, défendre ou faire valoir les droits de ses clients.On se sent responsable pour quelqu\u2019un d\u2019autre.Il y a parfois des intérêts financiers ou patrimoniaux en jeu et c\u2019est nous qui devons les défendre ou les faire valoir.Certaines personnes peuvent absorber, traiter ou s\u2019ajuster avec ce niveau de pression alors que d\u2019autres ont plus de difficultés.Que pensez-vous de notre société quant à son traitement des plus vulnérables ?Si on se compare avec d\u2019autres sociétés, on peut facilement se consoler.Mais on a encore beaucoup de travail pour éradiquer les inégalités.On a un bon système de justice, avec une magistrature bien formée et éduquée, mais encore faut-il qu\u2019on puisse l\u2019utiliser ! Trop de personnes n\u2019ont y ont pas accès, soit parce qu\u2019elles ignorent leurs droits et ne peuvent les faire valoir, soit à cause des coûts ou des délais.En termes de lois, on est en avance sur plusieurs plans, le Code de procédure civile du Québec a évolué depuis les années soixante, il est moins rigide, favorise la médiation ou autres modes alternatifs et un juge a plus de latitude.Oui, il est vrai qu\u2019on est plus conscients qu\u2019avant, mais le travail est continuel.Les tribunaux sont-ils à jour sur les problèmes de santé mentale ?Ils composent avec plus d\u2019informations sur le sujet qu\u2019auparavant : les experts viennent témoigner et le juge cherche à en savoir plus.Les connaissances scientifiques sont plus portées à l\u2019attention des juges et tribunaux de telle sorte qu\u2019ils peuvent décider s\u2019ils ont affaire à un véritable délinquant, qui pourra bénéficier peut-être de certains programmes de réhabilitation, ou à une personne qui a besoin de soins.Et dans le second cas, le juge n\u2019hésite pas.À la tête de Norbourg, une entreprise de gestion de fonds de placement, Vincent Lacroix a fraudé 9200 personnes qui lui avaient conié leurs avoirs.En 2009, l'homme a plaidé coupable à 51 chefs d'accusation et a été condamné à 18 ans de prison.RAPPEL DES FAITS KAI RESCHKE | PIXABAY Beaucoup de personnes itinérantes commettent un délit pour passer l\u2019hiver en centre de détention, les services et centres d\u2019hébergement étant débordés.Que pensez-vous de cette réalité ?Je la trouve désolante, mais dans un sens, je comprends qu\u2019on puisse souhaiter un minimum de confort pendant la période la plus difficile de l\u2019année.Je trouve néanmoins malheureux qu\u2019on soit obligé d\u2019utiliser le système.Sans être un expert du domaine, je dois l\u2019avouer, pour inverser la donne, je crois que cela prend plusieurs étapes.C\u2019est difficile de mettre le doigt sur la solution ultime qui règlerait ce problème.Je reste néanmoins persuadé que le dialogue, l\u2019information et l\u2019accompagnement sont la clé.Quand on pense à l\u2019itinérance cachée et à d\u2019autres phénomènes comme les fémini- cides, qui sont de plus en plus nombreux au Québec, je m\u2019interroge sérieusement : dénonce-t-on suffisamment ces situations-là ?Les juges ne peuvent intervenir que lorsqu\u2019ils sont appelés à le faire, mais les élus ont aussi leur part de responsabilités.Un juge ne fait pas de politique.Quand on parle de tous ces phénomènes, on a de quoi être choqué : on est soi-disant une société riche, paisible et développée, mais dans une telle société, tout cela ne devrait pas exister.Point à la ligne ! Un juge rend-il toujours des décisions justes ?Il y a plusieurs façons de corriger les injustices.Lorsque le dossier nous arrive, on doit rendre une décision.On ne peut pas intervenir en amont, en prévention.Tant et aussi longtemps qu\u2019il n\u2019y a pas de dossier présenté, un juge ne peut pas intervenir.Prenons le cas de la cause Ewert contre la Reine.En ce qui me concerne, c\u2019était une injustice qui pouvait être modifiée par une décision judiciaire.Je crois que les juges aujourd\u2019hui sont plus conscientisés sur l\u2019impact de leurs décisions.Ce n\u2019est plus vrai qu\u2019ils se tiennents uniquement derrière leur bureau.Certains juges se sont déjà rendus en prison, en Centre de détention ou de soins pour comprendre les impacts de leur décision.Et cela peut les aider.Il y a réellement un souci de rendre la bonne décision, ce qui provoque justement beaucoup de stress et de pression.Quand on s\u2019en fout, il n\u2019y a ni pression ni stress ! Que devrait-on changer à l\u2019aide juridique ?C\u2019est une question de priorités et de ressources.Les gouvernements n\u2019ont pas des moyens illimités.D\u2019un autre côté, investir dans la justice est fondamental pour la démocratie.Elle a été pendant longtemps le parent pauvre de la société canadienne et de la plupart des sociétés soi-disant démocratiques.En 2020, il y a des personnes qui sont encore trop riches pour en bénéficier et trop pauvres pour s\u2019en passer.Cette question peut être réglée simplement en augmentant les seuils limites.Doit-on juger autrement les personnes marginalisées ?Nous devons être capables de moduler nos décisions en fonction du profil des personnes qui se présentent devant nous.Quand on parle d\u2019itinérance, on ne peut malheureusement passer outre les problèmes de santé mentale ou d\u2019accessibilité aux soins.Vous le savez comme moi : il y a des personnes itinérantes qui ont des doctorats ! La plupart sont du beau monde qui a eu une malchance dans la vie.Alors quand vient le temps de décider de leur sort, il est important de prendre cela en compte.« J'ai toujours prétendu qu'on apprécie la valeur d'une société par la façon dont on traite les plus vulnérables et plus démunis qu'ils soient délinquants, accusés ou victimes.» M.Ewert est un détenu fédéral qui s\u2019identiie comme métis.Il purgeait deux peines concurrentes d\u2019emprisonnement à perpétuité pour meurtre et tentative de meurtre.Puisque certains des outils utilisés pour prendre des décisions à son sujet avaient été créés surtout pour des non-Autochtones, M.Ewert a soutenu qu\u2019ils généraient des résultats moins exacts à l\u2019endroit des Autochtones.Il soutenait que les outils utilisés à l\u2019égard des délinquants autochtones n\u2019avaient pas prouvé leur eicacité.La Cour fédérale a donné raison à M.Ewert, mais cette décision a été inirmée par la Cour d\u2019appel fédérale.En 2018, la Cour suprême a jugé que les autorités carcérales doivent démontrer que les outils psychologiques et statistiques qu\u2019elles utilisent pour prendre des décisions à l\u2019égard des détenus autochtones sont eicaces pour eux.RAPPEL DES FAITS 31 itineraire.ca 15 février 2020 Depuis le mois de juin, j\u2019occupe un nouvel emploi comme agente de sécurité.C\u2019est une job sur appel et je travaille à des événements spéciaux à l\u2019extérieur, comme à l\u2019intérieur.Puisqu\u2019il y a beaucoup moins de contrats l\u2019hiver, j\u2019ai recommencé à vendre L\u2019Itinéraire et à rédiger des articles.Les deux emplois que j\u2019occupe sont très différents l\u2019un de l\u2019autre.Contrairement aux démarches d\u2019emplois que j\u2019ai faites il y a quelques années, ça ne m\u2019a pas pris de temps avant d\u2019avoir une job en sécurité privée : moins de trois semaines.Entre-temps, j\u2019avais eu plusieurs entrevues d\u2019embauche.La dernière que j\u2019ai faite, c\u2019était en groupe et on faisait des mises en situation.Une chance que j\u2019ai fait de l\u2019improvisation avec mes collègues camelots, parce que j\u2019aurais été plus gênée.Immédiatement après l\u2019entrevue, j\u2019ai su que j\u2019étais engagée et deux jours après, je pouvais aller chercher mon uniforme.J\u2019étais tellement contente, au retour, je suis tombée sur la même conductrice d\u2019autobus que j\u2019ai eu pour mon allée et on s\u2019est reconnues.Je lui ai dit fièrement « Yes ! J\u2019ai eu la job ! ».J\u2019ai presque dansé dans le bus.Elle m\u2019a félicitée.Ce que j\u2019aime de ce milieu de travail, c\u2019est qu\u2019ils n\u2019ont pas peur de donner une première chance.Tout le monde qui a la formation adéquate, peu importe leur âge, origine, culture, orientation ou identité sexuelle, a autant de chance d\u2019être engagé.Nouvelle équipe, nouvel environnement J\u2019étais quand même assez nerveuse lors de mon premier contrat, je ne connaissais personne.Mais, vu que L\u2019Itinéraire m\u2019a aidé à développer mon côté social, j\u2019ai malgré tout bravé mes craintes en allant vers les autres.Plusieurs employés étaient nouveaux, ça aide à briser la glace.J\u2019ai rencontré des personnes formidables.J\u2019aime autant mes collègues de la sécurité que ma gang de camelots.J\u2019ai eu beaucoup de bons conseils d\u2019agents plus chevronnés, et des anecdotes intéressantes qui peuvent m\u2019aider si jamais je vis la même situation.La seule chose que j\u2019ai trouvée plus difficile, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019endroit pour faire du social quand on ne travaille pas, comme n\u2019importe quel autre emploi, contrairement à L\u2019Itinéraire où on a le Café.En couvrant plusieurs événements et festivités, je découvre un environnement inconnu à chaque fois.Au début, ça me donnait l\u2019impression de commencer un nouvel emploi d\u2019un contrat à l\u2019autre, car j\u2019avais aussi différentes tâches à faire.Ma job de sécurité est la meilleure école qui soit, j\u2019ai appris beaucoup plus qu\u2019à ma formation.L\u2019hiver, il peut y avoir des événe- ments extérieurs, même s\u2019il fait froid.Mon travail de camelot m\u2019a aidée à être plus endurante à la basse température, je pense que j\u2019aurais eu plus de difficulté à affronter le froid pour les contrats hivernaux sans cela.De travailleuse autonome à salariée Pendant mes quatre ans à L\u2019Itinéraire, je n\u2019avais pas de patron.Je décidais si j\u2019allais vendre le magazine ou pas.Une fois sur mon spot de vente, si j\u2019étais tannée après deux heures, je pouvais partir chez moi.Maintenant, je ne dois en aucun cas quitter mon poste sans permission du superviseur.Je n\u2019ai pas du tout de problème avec ça.Même si je dois être plusieurs heures debout, le contact humain fait passer le temps plus rapidement.Comme lorsque je dois faire des fouilles, je ne vois pas le temps passer, puisque ça m\u2019occupe.Mais ce n\u2019est pas ma tâche préférée, je ne suis pas quelqu\u2019un d\u2019intrusif.Ce que je trouvais étrange au début, c\u2019était de se faire dire quoi faire par les superviseurs, chefs d\u2019équipe et même les collègues.Mais c\u2019est normal, puisqu\u2019on est une équipe.Les superviseurs que j\u2019ai eu l\u2019occasion de rencontrer sont très gentils, ils ne nous prennent pas de haut et sont surtout là pour nous diriger, nous épauler en cas de pépins et s\u2019assurer que les opérations se passent bien.Ils ne jouent pas au boss.Pour être agent de sécurité, il ne faut pas avoir de problème avec l\u2019autorité.L\u2019hiver, ça me permet de jumeler deux emplois que j\u2019aime, celui d\u2019agente de sécurité et celui de camelot-rédactrice.En attendant d\u2019avoir un contrat plus stable et permanent.Passage obligé 32 15 février 2020 itineraire.ca TÉMOIGNAGE ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO JOLICOEUR An injured kangaroo with a joey in its pouch, limps through burnt bushland Cobargo, Australia January 9, 2020.TRACEY NEARMY | REUTERS Tous les 15 du mois, nous publions du contenu original INSP.Membre du réseau international des journaux de rue, The Big Issue Australia a récemment publié les témoignages de camelots qui ont vécu de près les feux qui ont ravagé une grande partie du pays, laissant dans leur sillage meurtrier destruction et désolation.Deux d'entre eux se racontent. ESPACE SCIENCES Trevor has sold The Big Issue Australia since 2005.He lives in the Blue Mountains, New South Wales, with his wife Ellen \u2013 who he met while selling the magazine.I live in Mount Victoria, in the Blue Mountains in New South Wales (NSW).There is a place here called Mount York Road, which is only 800 metres away [from our house].We had bushires there six years ago, and it\u2019s hit the same area again, closed the highway and impacted on Katoomba and Blackheath \u2013 some people were evacuated.We had everything ready, just in case we were told to evacuate straight away \u2013 photos, our personal papers and a small bag of clothes.And my wife took them to a friend\u2019s place for safe keeping, so she looked after them for a number of days.I felt apprehensive, we didn\u2019t know what to expect.Especially the Saturday before Christmas \u2013 the winds were so ierce and towards the end of the day, the whole daylight situation changed and it became very dark.We were inside the house watching all these embers, the smoke was just so dark.And I thought, \u201cOh no, don\u2019t tell me we\u2019re going to cop it, too.\u201d It was very hot, it was easily over 40 degrees Celsius.We are on the southern side of Mount Victoria and the ires were coming from the north.The ire was like a complete wall, I can\u2019t describe it any other way, right across the northern side of Mount Victoria.We were terriied.I just couldn\u2019t believe the column of grey smoke right across the sky.We were on tenterhooks for about three or four days.We listened to the radio, and looked at the TV and internet for information, like the Rural Fire Service, that tells us what sort of area the ires are in at the moment.We\u2019re always at the ready in case we have to take of.We\u2019ve been putting up with this for the last month.We had the house closed up, but everything got inside the house, smoke was able to creep in.There was smoke for weeks.In the last couple of days, we have had a bit of a reprieve from the smoke, because the weather\u2019s coming back again.We\u2019re still apprehensive \u2013 the ires are still going.We had a lightning storm last night \u2013 it can start new ires.We won\u2019t be settled until the ires are gone.Over the last week, I\u2019ve noticed the birds a bit more, which is wonderful.The black cockatoos, which we haven\u2019t seen for ages.Ellen saw a lyrebird in the next-door neighbour\u2019s veranda the other day.They\u2019re coming back in, away from the ire zones.In the community here, everyone\u2019s concerned.Where I sell The Big Issue in Katoomba, everyone\u2019s waiting for a wet couple of weeks to come along.[The bushires] have impacted on tourism, there\u2019s hardly anyone around.The smoke was getting in your eyes and your lungs.We\u2019re concerned about the water levels here in NSW, and the drought, it\u2019s really afecting us.The price of food is starting to go up again.This is by far the worst bushire season we\u2019ve ever had.I\u2019ve been on this earth 63 years, and I\u2019ve never seen anything like it.My sister lives in Omeo, about six hours away in Victoria, and they were surrounded by ire there as well.  We\u2019ve still got another month of summer to get through.P E T E R H O L C R O F T Trevor Courtesy of The Big Issue Australia / INSP.ngo Australia Big Issue Australia vendors on the bushfires ravaging their country As ires continue to burn a path through the Australian bush, claiming lives and homes and displacing communities, two Big Issue Australia vendors give irst-hand accounts of the impact of the devastation.Ron sells The Big Issue in Adelaide.I\u2019ve got two young people from New South Wales who got caught up in the bushires staying with my wife Katie and me.Esther is 16 and Belinda is 21.It\u2019s only them and their father.They lost their house in the ires just after Christmas and now they are homeless.That\u2019s why I\u2019m helping them.One of them also sufers from bad asthma.They are friends of a friend who asked if we could take them in as he didn\u2019t have room for the girls and their dad.I said, \u201cNo worries, they need all the help they can get.\u201d They were lown to Adelaide from New South Wales by a charitable organisation.We\u2019ve had them for about a week.They\u2019ve lost just about everything but at least they are alive, that\u2019s the main thing.They were on a farm in Douglas Park, and lost two horses and three dogs\u2026 They\u2019re holding up okay \u2013 they are seeing a counsellor at Royal Adelaide Hospital.They\u2019re going to stay with Katie and I for a while.They want to stay in South Australia now, so the Salvation Army is going to try and ind them accommodation.I\u2019ve said to them they can stay with us until they ind something.I also have my granddaughter, who is six, living with us.She loves it and they love her so there\u2019s ive of us.It\u2019s a bit cramped but we all get along.Plus, the 16-year-old has headphones for her music, so there\u2019s no loud music being played ! We\u2019ve opened our home to them because they are worse of than we are.If I can help someone in a crisis like this, I will.My wife thinks the same way.What goes around comes around, I say.It\u2019s the same when people buy The Big Issue, they give a little bit and get a lot back in life.I\u2019m not religious but I believe life goes like that.Esther and Belinda are very grateful they have somewhere to stay.By Big Issue Australia vendors N A T R O G E R S Ron 35 itineraire.ca 15 janvier 2020 Camelot à la distribution L'industrie de la m et la prote par Roger Perreault J A S O N P A R É L\u2019écolo de la gang Son livre, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, débute de façon plutôt fracassante.Ses premiers mots : « J\u2019ai reçu un coup de pelle en pleine face » quand une amie lui fait prendre conscience de ses habitudes de consommation vestimentaire.Elle a toujours été l\u2019écolo de la gang, celle qui chicanait tout le monde quand ils prenaient leur voiture pour parcourir deux kilomètres, qui les blâmait pour ne pas recycler le petit cylindre de carton de papier de toilette.Comme l\u2019écologie a toujours fait partie de ses valeurs depuis qu\u2019elle était toute petite, elle prenait conscience de la contradiction entre son discours et ses pratiques.Étudiante au cégep, elle explique que « Je dépensais énormément d\u2019argent dans le fast fashion, la mode rapide, tendance, cheap, pas cher.Dans ma tête, l\u2019 impact environnemental n\u2019était aucunement lié.Il y a 10 ans, le développement durable, ce n\u2019était vraiment pas à la mode.Je ne savais rien de tout ça ».Grotesque commerce polluant C\u2019est à l\u2019université, alors qu\u2019elle doit faire un travail sur un sujet de son choix, que tout débute.Elle décide de mener sa « petite enquête » sur les impacts environnementaux et sociaux de l\u2019industrie de la mode.Le moment était venu de se mettre à la page.Mais ce qu\u2019elle a découvert, dit-elle, l\u2019a choquée monstrueusement.Ce monde à l\u2019allure si glamour, elle le décrit aujourd\u2019hui comme un « grotesque commerce L\u2019environnement, l\u2019écologie, la protection des espèces, le développement durable et le plaisir sont des irréconciliables, croyez-vous ?Eh bien non, la designer Léonie Daignault-Leclerc en fait une brillante démonstration dans le livre Pour une garde-robe responsable.C\u2019est sans hésitation qu\u2019elle a répondu à L\u2019Itinéraire pour parler de son livre.Nous avons vu débarquer dans nos locaux une jeune femme de 28 ans, entrepreneure, déjà engagée dans l\u2019industrie de la mode durable, soucieuse de produire des vêtements écologiques, durables et éthiques.Son dynamisme et son enthousiasme, son initiative (à 12 ans, elle fabriquait déjà des vêtements pour ses amies et elle), sa fierté de parler de son ouvrage, de ses valeurs environnementales et sociales étaient manifestes.Après des études collégiales en design de mode, Léonie Daignault-Leclerc obtient un baccalauréat en commercialisation de la mode à l\u2019École supérieure de mode de Montréal.Pour en apprendre plus sur ce monde, elle quitte le Québec pour aller entreprendre une maîtrise des arts en mode avec une spécialisation en mode durable à l\u2019Université Ryerson de Toronto, seul endroit au Canada où un tel programme est offert.En 2015, malgré son jeune âge, elle lance la marque Gaia & Dubos (Gaïa est, chez les Grecs anciens, la déesse de la terre et la déesse mère).la mode rotection de l'environnement Entrevue avec Léonie Daignault-Leclerc JASON PARÉ illégalement pour tenter de subvenir à leurs besoins donc toujours dans la peur d\u2019être retournés dans leur pays d\u2019origine), aux économies que permettent le versement de salaires de misère, les heures de travail interminables imposées, des conditions de travail insalubres et non sécuritaires, des emplois précaires, l\u2019absence d\u2019avantages sociaux, des dirigeants souvent impitoyables dans leur recherche de productivité, l\u2019interdiction bien sûr de se syndiquer, et on en passe.Il faudrait nous interroger sur l\u2019influence que pourraient avoir nos choix de consommateurs sur l\u2019attitude de ces multinationales de l\u2019abus, pour qui, somme toute, seul le profit compte.Outre les manufacturiers, qui sont les responsables ?Ils sont nombreux, ajoute l\u2019auteure.Ce sont les marques de modes, les détaillants, les gouvernements qui ne légifèrent pas ou qui ferment les yeux sur des pratiques malhonnêtes ou tout simplement inhumaines, simplement pour le profit.Et c\u2019est nous- mêmes par notre incurie, nos pratiques de tout jeter alors que souvent, il s\u2019agit de biens qui pourraient facilement être réutilisés ou recyclés.polluant et inhumain.Il s\u2019agit d\u2019une industrie dont la seule préoccupation est de faire consommer le plus possible.Ce système, le fast fashion, fabrique des vêtements qui sont presque considérés comme jetables.Chaque fragment de cette industrie a une incidence horrible sur la planète et sur l\u2019humanité.J\u2019étais désemparée.Je me sentais trahie, trompée.Mais surtout, je me sentais responsable.» Cette réflexion l\u2019amène à une préoccupation écologique bien sûr, mais également à une préoccupation sociale.Elle écrit en prologue de son livre : « L\u2019 industrie de la mode rapide se dit soucieuse de démocratisation en faisant baisser les prix pour augmenter les ventes, mais à quel prix ?» En faisant fabriquer leurs collections à l\u2019étranger, ces entreprises sont en mesure de réduire les coûts tout en se déresponsabilisant des répercussions humaines et environnementales.Les conditions et le rythme effréné de surproduction et de surconsommation entraînent des impacts environnementaux et sociaux désastreux.La Terre n\u2019est tout simplement plus capable de supporter de telles quantités de production et de mises au rebut.C\u2019est ici, poursuit-elle « qu\u2019entre en ligne de compte le développement durable qui fait partie d\u2019un tout circulaire divisé en trois paliers : les personnes, la planète et le profit.» Conditions de travail immondes Mais pour atteindre un degré de compréhension adéquat des coûts humains qu\u2019entraînent toutes ces pratiques, il faut être informé.Il faut savoir qu\u2019environ une personne sur six, sur la planète, travaille de près ou de loin dans l\u2019industrie de la mode.Savoir que chaque jour, dans les usines des pays en développement, des femmes font face à des injustices immondes.Dans plusieurs de ces pays, on constate que les postes d\u2019ouvriers dans l\u2019industrie sont occupés par des femmes tandis que les hommes exercent les emplois situés au sommet de la hiérarchie.On embauche principalement de jeunes femmes en raison de leur vulnérabilité et de leur meilleur rendement.Une étude réalisée dans les usines de Dacca, au Bangladesh, démontre que moins de 8 % des employées sont âgées de plus de 30 ans.On les choisit célibataires et sans enfants, donc sans soutien.Sans enfant, elles sont plus disponibles, productives et dévouées à la tâche.Certains employeurs exigent que les employées signent un contrat qui stipule qu\u2019elles n\u2019auront pas d\u2019enfant.Certains vont même jusqu\u2019à ordonner qu\u2019elles prennent des contraceptifs oraux en présence de leur superviseur.Le sort des enfants n\u2019est guère plus enviable.Dans les pays en développement, de nombreuses manufactures textiles emploient des enfants en bas âge.L\u2019Ouzbékistan, reconnu pour sa culture du coton, exige qu\u2019à la saison des récoltes, chacun mette la main à la pâte.Le gouvernement va même jusqu\u2019à demander la fermeture des écoles pendant deux mois.Des enfants à peine âgés de neuf ans travaillent sans relâche et en général sans compensation financière afin de satisfaire les dirigeants ouzbeks et la demande mondiale en coton.Ces deux seuls énoncés sont suffisants pour remettre en question nos façons de consommer la mode.Bien sûr, certains objecteront que sans ces emplois, la vie de ces femmes et ces enfants serait probablement pire.Mais on devrait aussi réfléchir aux intérêts énormes qu\u2019ont les multinationales de la mode pour ces ressources que représentent les immigrants (souvent entrés « L\u2019industrie de la mode rapide se dit soucieuse de démocratisation en faisant baisser les prix pour augmenter les ventes, mais à quel prix ?» 38 15 février 2020 itineraire.ca Certiications et standards de produits éthiques envers les animaux ou véganes LA LISTE DE CONTRÔLE D\u2019UN ACHAT ÉTHIQUE ENVERS LES ANIMAUX OU VÉGANE 4 La marque dévoile-t-elle avec transparence sa chaîne d\u2019approvisionnement et les conditions d\u2019élevage ou d\u2019abattage des animaux ou des vers à soie ?5 S\u2019agit-il d\u2019un produit végane à impact environnemental réduit ?1 La fourrure provient-elle d\u2019un animal que l\u2019être humain mange ?2 La fourrure, le cuir ou le duvet provient-il de petits élevages ou de trappages éthiques ?3 La marque a-t-elle recours à des pratiques éthiques envers les animaux et les vers à soie ?Des actions à prendre Cette prise de conscience faite, que pouvons-nous faire, dans notre quotidien, pour limiter notre consommation, pour diminuer le gaspillage ?Tout au long des chapitres de son livre, Daignault- Leclerc donne des indices, fait ses recommandations et, forte de sa formation académique en design et en couture, présente une foule d\u2019informations utiles.Les sujets qu\u2019elle aborde touchent les domaines de la consommation éthique, le choix d\u2019opter pour des matériaux écologiques et, autant que possible, recyclables, de même que les matériaux éthiques envers les animaux ou végétaliens.Elle conseille où acheter, comment privilégier la qualité et finalement, comment agir de façon responsable.Elle suggère d\u2019opter pour des fibres naturelles, biologiques, recyclées, synthétiques, naturelles ou mixtes.Elle informe aussi sur les produits toxiques utilisés dans la fabrication, le lavage et la préparation des tissus et ceux qu\u2019on utilise personnellement pour l\u2019entretien de nos vêtements dont plusieurs sont carrément des produits dangereux pour l\u2019environnement\u2026 et pour nous-mêmes.Ce qui rend ces chapitres aussi informatifs qu\u2019intéressants est la mine de conseils de l\u2019auteure.On trouve, selon les chapitres, une présentation sur la certification et les standards à rechercher et sur des listes de contrôle pour les achats.Elle suggère même une liste de contrôle pour un achat local plutôt que sur des produits fabriqués à l\u2019étranger avec tous les coûts environnementaux qu\u2019ils engendrent, sur les achats de produits de seconde main ou en ligne, sur comment privilégier la qualité comme gage de durabilité.Plus loin, on trouvera pratiquement un cours de couture pour les observations à faire lors de nos achats et une liste de contrôle à cet effet.Léonie Daignault-Leclerc oriente aussi les lecteurs dans les choix des produits utilisés : les tissus, les cuirs, les fibres, les fourrures, le duvet et les plumes synthétiques, les végétaux, la laine et la soie, etc.Il est aussi intéressant de constater l\u2019importance qu\u2019elle accorde à la conservation des biens par le biais des clubs d\u2019échanges, des friperies, des dons entre parents et voisins, bref tout ce qui peut être réalisé pour limiter le gaspillage des ressources.Cet ouvrage rempli d\u2019informations et de formation sera très utile à tous.Aux parents pour leur bénéfice personnel, mais aussi pour les conseils qu\u2019ils pourront y trouver relativement à la préparation du départ des enfants du foyer pour les études, pour tous ceux qui voyagent ou simplement pour sa valeur environnementale.Léonie Daignault-Leclerc a d\u2019ailleurs déjà prononcé des conférences sur ces différentes thématiques et envisage de faire de la formation en ligne ou des séances d\u2019informations.Il s\u2019agit donc d\u2019un livre à mettre entre toutes les mains.Pour une garde-robe responsable Les Éditions La Presse \u2022 208 pages \u2022 2019 39 itineraire.ca 15 février 2020 En décembre dernier, on s\u2019est acheté des vélos usagés à San Francisco.Direction plein sud, nous avons roulé sur le célèbre Highway 1, qui longe la côte californienne.Nous avons traversé, sur le tronçon de la Paciic Coast Highway, la légendaire région du Big Sur, réputée être l\u2019une des plus belles au monde.Les montagnes de la chaîne de Santa Lucia, peuplées de séquoias géants, se jettent littéralement dans l\u2019eau bleue translucide de l\u2019océan Paciique.Un paysage idyllique que nous avons eu le temps de contempler sur nos vieilles bécanes.Moins glorieux sur le terrain Mais ce beau portrait s\u2019assombrit à cause d\u2019un léau qui prend de l\u2019ampleur partout dans le monde.Des magazines de voyage comme Fodor\u2019s ou Lonely Planet ont classé la région parmi les destinations à éviter en 2020 à cause de l\u2019impact négatif du tourisme.Le Big Sur voit passer près de 6 millions de touristes chaque année, autant que le parc national de Yellowstone, le plus visité aux États-Unis.Yellowstone possède au moins les infrastructures pour soutenir ce lot de visiteurs, ce qui n\u2019est pas le cas de Big Sur.Les locaux se plaignent du manque d\u2019installations sanitaires qui occasionne des amoncellements de déchets en bordure de route.Le traic est aussi problématique surtout en période estivale.Di cile de s\u2019imaginer des bouchons de circulation dans un endroit aussi isolé.Même en plein hiver, nous étions ébahis par le nombre de véhicules qui transitaient, ce qui est loin d\u2019être sécuritaire pour deux cyclistes ! D\u2019un point de vue environnemental, ce n\u2019est pas plus rayonnant.Les touristes en quête du parfait selie, piétinent et détruisent les espèces végétales du rivage en plus d\u2019en accélérer l\u2019érosion.Quant au Sanctuaire marin de la baie de Monterey, le plus vaste en Amérique du Nord, son précieux écosystème soufre du grand nombre de déchets qui inissent par l\u2019atteindre.yourwonder.land Nous sommes deux voyageurs, Roxanne Regimbald et David Sanchez, et nous avons entrepris un voyage engagé en réduisant au maximum notre empreinte carbone.Partis du Québec en avril 2019, nous parcourrons 50 000 km jusqu\u2019à la pointe sud du continent sud- américain à Ushuaia au cours des deux prochaines années.L\u2019auto-stop, la marche, le vélo, le transport collectif et même le bateau- stop, voilà nos moyens de locomotion.Nos objectifs : zéro-déchet, zéro-pollution, visiter et encourager les initiatives locales, équitables et environnementales et, bien sûr, aller à la rencontre de la solidarité humaine. Retour au Québec Après y avoir longuement réléchi, nous prenons une pause pour revenir au Québec après neuf mois de voyage.Des raisons personnelles ainsi que la fatigue mentale et physique nous ont convaincus qu\u2019une révision de notre projet s\u2019imposait.Merci de nous avoir suivis à travers les pages de L\u2019Itinéraire et jetez un œil à nos réseaux sociaux pour la suite des choses ! Les solutions Le tourisme étant la principale industrie de la région, les commerçants ne veulent pas perdre leur chifre d\u2019afaires, mais on réléchit à des solutions pour en réduire l\u2019impact.« Je crois que l\u2019éducation et la sensibilisation sont capitales.Nous devons inculquer une meilleure appréciation de Big Sur aux gens qui voyagent ici », a expliqué Rick Aldinger, le gérant de l\u2019hôtel Big Sur River Inn, très engagé envers le tourisme durable du comté de Monterey.De plus, dit-il, « les diférents gouvernements ont la responsabilité de nous fournir les ressources nécessaires pour mettre les lois en application. ».Loin de vouloir donner des leçons parce que nous étions nous même des touristes, nous trouvons important de sensibiliser les voyageurs sur les enjeux auxquels on ne réléchit pas nécessairement en vacances.En dresser un portrait le plus idèle possible allait donc de soi dans cette chronique.Le Big Sur souffre du tourisme MAXIME VALCOURT CAMELOT AUX THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT CINDY ROSE PRÉPOSÉE À L\u2019ACCUEIL MÉLANIE NOËL CAMELOT MÉTRO VERDUN ET DOLLARAMA, RUE VERDUN / DESMARCHAIS Souvenirs de mon enfance Dernièrement, je regardais des photos dans l\u2019album familial.Photo 1 : Je me suis revu, mignon bébé, dans ma robe de baptême.Enfant, j\u2019ai été servant de messe.Aurais-je pu devenir prêtre ?Photo 2 : Vers l\u2019âge de cinq ans, je tiens un crayon à la main.En voyant cette image, je me suis demandé si je rêvais alors d\u2019être écrivain.Photo 3 : Ma première communion.Vêtu d\u2019un surplis blanc, une croix au cou.Je m\u2019en souviens comme d\u2019une étape importante de ma vie.Est-ce que je serai toujours un bon garçon ?Photo 4 : Des baguettes serrées dans mes petits poings, souriant comme toujours, je joue du xylophone.Plus tard, j\u2019ai suivi des cours de musique, de flûte et de batterie.J\u2019ai tellement tripé sur la musique, surtout québécoise.J\u2019aurais beaucoup aimé devenir musicien.Photo 5 : Dans mon uniforme de l\u2019école privée, cheveux bien coupés, je me tiens le dos droit.On me dirait prêt pour une vie formidable d\u2019homme rangé, professionnel, à la vie familiale exemplaire.Je repense à notre jolie maîtresse d\u2019école.Qu\u2019est-elle devenue ?L\u2019adolescence m\u2019a amené dans un autre chemin, mais je n\u2019ai pas de regrets.Je me suis débrouillé pour laisser une belle trace.Je me suis débarrassé de mes démons.J\u2019aime la vie ! Ma chirurgie bariatrique En mai 2017, j\u2019ai dû subir une chirurgie bariatrique.Cette chirurgie sert à faire perdre du poids pour des raisons de santé.Au début, j\u2019avais réussi à perdre 80 livres, mais peu à peu, j\u2019ai repris du poids.Par contre, je fais toujours des efforts pour en perdre.J\u2019essaie de continuer mon régime tel que prescrit par le médecin.Ce n\u2019est pas toujours facile pour moi de faire ce régime, car je dois me limiter dans mes portions.Le docteur m\u2019avait suggéré deux chirurgies bariatriques au début.Il m\u2019avait dit : « On va faire la première opération et peut-être la deuxième par la suite ».Moi, je voulais ces deux chirurgies afin de continuer à perdre du poids pour avoir une hystérectomie, car j\u2019ai un kyste sur l\u2019ovaire gauche de huit centimètres qui me provoque de la douleur quelquefois.Cette chirurgie permettrait que ce kyste soit enlevé.Par contre, pour l\u2019avoir je dois me rendre en dessous de 200 livres, car sinon je suis à risque de faire une embolie pulmonaire.Ce type de complication pourrait me coûter la vie, chose que je ne souhaite évidemment pas.Après deux ans, quand je suis retournée voir le médecin, il a refusé de faire une deuxième opération bariatrique.Cette situation est très frustrante pour moi.Il y a des jours où je suis découragée, mais je continuerai de me battre pour atteindre mon but.Reine au Saguenay Elle s\u2019était rendue dans un coin égaré, pour ne pas dire qu\u2019elle s\u2019était égarée elle-même, mais retrouva une guérison dans cet endroit réconfortant.Reine qui se sentait abandonnée si souvent, éprouvait à présent l\u2019empreinte de mère nature la berçant, une union entre elle et une divinité qu\u2019elle avait le privilège de regarder et ressentir.Magie ornée d\u2019étoiles, splendeur inespérée où l\u2019évolution des eaux découle devant nos yeux, le Saguenay était son nouveau refuge intérieur.Une petite île qu\u2019elle avait choisie de déposer au centre de son cœur.Reine était devenue une personne autre en plongeant corps entier dans ce parc, tel un baptême d\u2019un nouveau-né.Les sons étaient tout à coup plus clairs, la vue, une bénédiction.Les frissons parcouraient la chair de Reine à partir des cheveux, bras, en passant par ses fabuleux seins jusqu\u2019à ses cuisses.Ce qu\u2019elle découvrait était absolu.La rivière coulait l\u2019une dans l\u2019autre comme une famille de rivière.La chute d\u2019eau couleur neige, en plein mouvement le soir, qui donnait soudain l\u2019impression d\u2019avoir de l\u2019importance.Les rochers couleur tabac dissimulés par ce torrent expressif donnait une sensation de transe à Reine et la transformait, incapable de quitter des yeux ce miracle devant elle.Reine avait le sentiment d\u2019être cette eau pure qu\u2019elle regardait comme si chaque gouttelette faisait partie d\u2019elle et qu\u2019elle faisait partie de ces vagues, de ce courant.Cette chute violente représentait ses états d\u2019âmes et la rivière évoquait son flegme.Elle s\u2019y voyait tel un miroir dans la nuit. Vous êtes-vous déjà cassé une jambe ?Il semblerait que ça fait mal en tabarnik.Je me suis jamais cassé une jambe.J\u2019ai toutefois vu ma sœur se casser le fémur lors de notre première et seule journée de ski en famille.Elle avait l\u2019air d\u2019avoir mal en tabarnik.J\u2019ai eu un super bon prof en secondaire 1.Martin.C\u2019était le prof d\u2019enseignement religieux, mais il nous faisait écouter du Pink Floyd.Il nous a fait regarder Of Mice and Men et A Beautiful Mind.En secondaire un, ce prof-là nous a fait découvrir Dark Side of the Moon en plus de nous apprendre que les médicaments pour traiter la schizophrénie pouvaient causer des p\u2019tits problèmes d\u2019érection.Jusqu\u2019à ce jour, j\u2019ai toujours pas appris autant de choses en si peu de temps, à part peut-être dans mon cours de créativité à l\u2019UQAM où j\u2019ai appris qu\u2019une prof portant des verres fumés à l\u2019intérieur était incapable de voir que ses élèves se sont saoulés au lieu d\u2019aller « se perdre dans la ville pour s\u2019en imprégner ».Quoi qu\u2019il en soit, je m\u2019estime chanceux d\u2019avoir eu Martin en religion.Je dis peut-être n\u2019importe quoi, mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il est rare que des élèves de 13 ans se fassent parler de la maladie mentale avec autant de nuances.Je me souviens de ma feuille lignée avec trois colonnes : Schizophrénie, Bipolarité, Dépression.On devait écrire les symptômes, rattacher tel film avec telle maladie.On a un peu skippé le boute des aveugles avec la bouette pis les pains multipliés.On apprenait que c\u2019est pas « comme se casser une jambe ».Ça, je l\u2019ai entendu maintes et maintes fois plus tard, au sujet de la dépression.On s\u2019en remet, c\u2019est comme se casser une jambe.Ça part d\u2019une bonne intention, j\u2019en doute pas.C\u2019est comme une volonté de déstigmatiser, de dire que la dépression se traite.C\u2019est correct.Je suis certain que ça permet à certaines personnes qui souffrent toutes seules de se donner le boost pour aller cherche de l\u2019aide.Maaaiiiiis\u2026 Quand on me dit que la dépression c\u2019est comme la fois où les skis de ta sœur se sont pas détachés quand elle s\u2019est plantée sur une pente novice, j\u2019suis comme meh\u2026 Si ce l\u2019était, ç\u2019aurait été drôle que les porte-paroles et ambassadeurs du mal-être se cassent la jambe une fois par année.Pour la cause.« Salut, je suis Érick Rémy (EXEMPLE), et aujourd\u2019hui, pour vous montrer que la dépression, c\u2019est comme se casser une jambe, mon amie Sophie Lorain (EXEMPLE) va me décrisser le genou avec le Gémeaux qu\u2019elle a gagné pour son rôle dans Plan B ».POW !!! Ce qui se soigne comme une jambe cassée, c\u2019est une jambe cassée.La dépression est trop personnelle pour qu\u2019elle se soigne d\u2019une seule façon.Pour un alcoolique qui commence à être tanné de se lever le matin, des antidépresseurs qui augmentent sa tolérance à l\u2019alcool, c\u2019est pas tant un bon flash.Un jeune qui a développé une dépendance à la pornographie qui se ramasse dans un coin noir de sa tête parce qu\u2019il est pus capable de bander avec une « vraie personne » dans l\u2019intimité, des comprimés de citalopram qui lui pètent sa libido, c\u2019est pas malade non plus.OUI, OK, je conviens qu\u2019il demeure possible de se casser une jambe en étant alcoolique ou en regardant d\u2019la porn, ou encore de se casser la jambe en regardant de la porn parce que t\u2019es trop saoul, ou encore se saouler parce que tu viens de te casser la jambe en regardant de la porn.Mais c\u2019est pas ça mon point.Ah pis, en passant, j\u2019en ai pas de solutions ! J\u2019ai juste un malaise avec cette approche-là.Parce que oui, y\u2019en a pour qui c\u2019est salutaire de parler de leur santé mentale à plus de gens possible, mais y\u2019en a d\u2019autres qui veulent qu\u2019on leur crisse la paix avec ça.Y\u2019en a qui ont les moyens de se payer un psy à 115 piasses de l\u2019heure parce qu\u2019ils font des chroniques dans des radios privées sur la fois où ils avaient oublié le papier de toilette en camping.Y\u2019en a qui sont juste sur la RAMQ pis qui ont pas une ostie de cenne.Y\u2019en a qui sont porte-paroles pour dire qu\u2019y faut faire attention à sa santé mentale, qu\u2019on se met trop de pression avec le travail, pis qui relaxent dans leur chalet après leur grosse année.Pis y\u2019en a qui ont pas une ostie de cenne.Depuis le cours de Martin, où on apprenait l\u2019incidence de la vulnérabilité génétique, des antécédents familiaux et de la classe sociale sur la santé mentale, j\u2019me suis rendu à l\u2019évidence que pour se soigner, y faut pas un plâtre sur la jambe, y faut un salaire.Comme se casser une jambe 43 itineraire.ca 15 février 2020 MARC-ANDRÉ PIETTE AUTEUR horizontalement verticalement 1.Qui change un texte.2.Africain.- Titre anglais.3.Interjection enfantine.- Prêtresse d\u2019Héra.- Algue.4.Saison.- Larvé.5.Séismales.- Rivière suisse.6.Animal considéré comme ancêtre mythique.- Qu\u2019il tentât.7.Radon.- Langue népalaise.8.Vibrations.- Mêlées d\u2019un halogène.9.Petit.- Métaux.10.Saint.- Blessés.1.Soupe.2.Acclama.3.Ut.- Orient.- Déclamés.4.Trois.- Conduisent.5.Effleurâmes.6.Deux.- Aluminium.- Article espagnol.7.Séculaire.8.Charges d\u2019un âne.- Chandelles.9.Manganèse.- Bouture de champignon.10.Renard.- Possédés.11.Ignoble.- Interjection.- Éminence.12.Que j\u2019épuisasse.Solutions dans le prochain numéro Détachées Télégraphié Fronceraient Tarons Nymphes Freina Calme Recycleur Relative à la transpiration Outil tranchant Acidulé Cœur Post-scriptum Traverse Autochtone d\u2019Amérique Au Arbre Dieu solaire Guindé Pièce de serrure Rime Tasse Touffues Clair Article étranger Note Labourer Petit 2 8 5 6 1 5 1 3 4 2 7 1 7 5 8 2 8 1 6 4 9 1 7 4 3 5 6 2 3 8 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! Chapeau Cadette Vêtements Qu\u2019ils errassent Claire Plan Canon Africaine Discuter Pondérer Prince troyen Erbium Sélénium Se retirer Espion français Bredouillera Demeurent Cogne Enlevées Accompliront Court Appâtes Oiseau Métal Contestées C R C B E D S I T S E R S E N E E E I P E O E N A T T R I E S N A O N E N R A U E F E R O R S S E I R E S E T N T E D B A T T R E M O D R E E R A C R O A N D E 8 4 6 8 5 7 3 6 9 1 2 4 6 3 9 4 2 1 5 8 7 2 4 1 7 8 5 9 3 6 4 1 3 9 7 2 8 6 5 5 7 2 6 3 8 4 1 9 9 6 8 5 1 4 2 7 3 7 2 5 1 9 3 6 4 8 1 9 6 8 4 7 3 5 2 3 8 4 2 5 6 7 9 1 1er février 2020 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vériication de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019ofre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Bien emmitouflé dehors ou confortablement assis chez soi , quand le mercure descend, rien de mieux qu\u2019un bon café pour se réchauffer.M ARCHANT DE B O NHEUR , M ARCHANT DE CHALEUR ?! Situé en plein cœur du Village, à l\u2019angle des rues Sainte- Catherine E.et Panet, le parc de l\u2019Espoir, dédié à la mémoire des victimes du sida et de la lutte contre le VIH, sera réaménagé en 2020.Tout en s\u2019assurant que le parc conservera sa vocation, l\u2019arrondissement de Ville-Marie souhaite connaître l\u2019avis du public avant de finaliser les plans et d\u2019entamer les travaux.Depuis l\u2019été dernier, l\u2019administration municipale a entamé un processus de consultation et en décembre dernier, plus d\u2019une soixantaine de personnes se sont réunies au Centre St-Pierre pour discuter des propositions et valider les balises d\u2019aménagement sur lesquelles travaillent les architectes paysagistes.« Consulter l\u2019ensemble de la population est très important pour nous, a indiqué Robert Beaudry, conseiller municipal du district de Saint-Jacques et membre du comité exécutif de la Ville de Montréal.Le parc de l\u2019Espoir est plus qu\u2019un simple parc : c\u2019est un monument à la mémoire des victimes du sida.Il est le fruit d\u2019une lutte des personnes laissées pour compte par les pouvoirs publics de l\u2019époque.Il célèbre la mémoire, mais également la vie de ceux et celles qui poursuivent la lutte contre le VIH.Aujourd\u2019hui, nous sommes ouverts et nous appuyons la communauté.Notre objectif est de mettre en valeur ce lieu unique, de l\u2019agrandir, de l\u2019ouvrir sur la rue et à la population, sans mettre de côté les symboles puissants qui le distinguent.» La rencontre de décembre 2019 faisait suite à des consultations, entre autres, auprès de trois des quatre membres fondateurs du parc, Michael Hendricks, René LeBoeuf et Roger LeClerc, ainsi qu\u2019auprès de représentants de groupes communautaires tels que la TOMS (Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida) ou encore la SDC du Village.Les architectes paysagistes ont présenté pour fins de discussion deux propositions pour le projet de réaménagement du parc servant, entre autres, à améliorer l\u2019espace de rassemblement, à renforcer l\u2019aspect commémoratif et de recueillement, ainsi qu\u2019à augmenter le couvert végétal.« Les gens ont maintenant un mois pour donner leurs commentaires sur les concepts bonifiés, poursuit M.Beaudry.Nous souhaitons rejoindre le plus de monde que possible, autant les membres des communautés LGBTQ+, les résidents du Village, de l\u2019arrondissement de Ville-Marie, que ceux qui le fréquentent, afin de valider et d\u2019améliorer nos propositions.» Les travaux devraient débuter cet été pour être complétés à l\u2019automne.Pour consulter les plans d\u2019aménagement en ligne, pour faire des commentaires et donner votre avis, visitez le realisonsmtl.ca/parcdelespoir Agrandissement du parc de l\u2019Espoir Nuit Blanche 29 février VEILLONS JUSQU\u2019À L\u2019AUBE Métro ouvert toute la nuit au tarif habituel stm.info/sorties "]
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