Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 janvier 2019, Janvier - Mars, Vol. 62, No 1
[" Hong Kong / Chine L\u2019histoire d\u2019une vocation Canada Pour un enracinement durable Dossier EXODE: déracinement, enracinement R E V U E D E S S O E U R S M I S S I O N N A I R E S D E L \u2019 I M M A C U L É E - C O N C E P T I O N PRÉCURSEUR LE VOL.62 , N O 1 | JANVIER \u2022 FÉVRIER \u2022 MARS 2019 | 5 .00 $ DEPUIS 1920 Pour semer la joie et l \u2019espoir! SOMMAIRE VOL.62, NO 1 | JANVIER \u2022 FÉVRIER \u2022 MARS 2019 Le PRÉCURSEUR INTENTIONS MISSIONNAIRES JANVIER Les jeunes à l\u2019école de Marie : Pour les jeunes, en particulier ceux d\u2019Amérique latine, afin qu\u2019à l\u2019exemple de Marie ils répondent à l\u2019appel du Seigneur pour communiquer au monde la Joie de l\u2019Évangile.FÉVRIER La traite des personnes : Pour l\u2019accueil généreux des victimes de la traite des personnes, de la prostitution forcée et de la violence.MARS Reconnaissance des droits des communautés chrétiennes : Pour les communautés chrétiennes, en particulier celles qui sont persécutées, afin qu\u2019elles sentent la proximité du Christ et que soient reconnus leurs droits.Messes offertes à vos intentions dans les pays suivants : (Janvier ) Canada (1) \u2022 (Février) Cuba (Mars) Philippines \u2022 (Avril) Haïti (Mai) Canada (2) \u2022 (Juin) Bolivie (Juillet) Malawi & Zambie (Août) Hong Kong & Taïwan (Septembre) Madagascar (Octobre) Pérou \u2022 (Novembre) Japon (Décembre) Canada (3) LE PRÉCURSEUR Revue missionnaire publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception Nos bureaux Presse Missionnaire MIC 120, place Juge-Desnoyers Laval (Québec) Canada H7G 1A4 Téléphone : (450) 663-6460 Télécopieur : (450) 972-1512 Courriel : leprecurseur@pressemic.org Sites Internet : www.pressemic.org www.soeurs-mic.qc.ca Directrice Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Adjointe à la direction Suzanne Lachapelle Agente de communication et de développement Audrey Charland Rédaction Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Claudette Bouchard, m.i.c.André Gadbois Équipe éditoriale André Gadbois Léonie Therrien, m.i.c.Audrey Charland Maurice Demers Éric Desautels Révision / Correction Suzanne Labelle, m.i.c.Suzanne Lachapelle, réviseure et traductrice Service aux abonnés Yolaine Lavoie, m.i.c.Lucy Virginia Hung, m.i.c.Michelle Paquette, m.i.c.Marcelle Paquet, m.i.c.Animation / Promotion Lucette Gilbert, m.i.c.Nicole Joly, m.i.c.Anita Perron, m.i.c.Comptabilité Elmire Allary, m.i.c.Conception graphi que Caron Communications graphiques Imprimerie Solisco Couverture Crédit : Shutterstock Abonnement (4 numéros) : Canada : 1 an - 15 $, 2 ans - 25 $ États-Unis : 1 an - 20 $ US À l\u2019étranger : 1 an - 25 $ CAN Unité : 5 $, frais d\u2019expédition en sus Abonnement numérique : 10 $ Membre de l\u2019Association des médias catholiques et œcuméniques (AMéCO) Ce magazine utilise la nouvelle orthographe Dépôts légaux Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0315-9671 Reçus aux fins de l\u2019impôt Enregistrement : NE 89346 9585 RR0001 Presse Missionnaire MIC Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.VIE SPIRITUELLE 4 Transmettre pour enraciner \u2013 André Gadbois CULTURES ET MISSION 6 Pour un enracinement durable \u2013 Éric Desautels 8 Des montagnes à la jungle (1re partie) \u2013 Audrey Charland JEUNES 10 Les fantaisies de Dieu dans la vie de Délia \u2013 Suzanne Labelle, m.i.c.DOSSIER : EXODE : DÉRACINEMENT, ENRACINEMENT 11 L\u2019histoire d\u2019une vocation \u2013 Rosa Yung, m.i.c.14 Des sociétés faites pour être tricotées serrées \u2013 Maurice Demers 16 Immigration et résilience \u2013 Suzanne Lachapelle À PROPOS DES MIC 18 Remerciements \u2013 Carmèneta Beauplan, m.i.c.19 Rayons d\u2019espérance \u2013 Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.20 La plume de Clara Lambert \u2013 Marie-Ève Bouchard 22 Mond\u2019Ami \u2013 Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Pour semer la joie et l \u2019espoir! ÉDITORIAL Quand je suis entrée dans ma communauté, je l\u2019ai choisie parce qu\u2019elle était canadienne ouverte sur la mission.La fondatrice, Délia Tétreault, originaire de Marieville, Québec, avait établi sa première maison à Montréal.En 1974, alors que j\u2019étais en Haïti, ce fut une surprise pour moi d\u2019entendre notre Supérieure générale, Sr Monique Préfontaine, faire valoir le caractère international de notre communauté.J\u2019étais étonnée.mais je vous assure que je ne regrette rien.Depuis, mon cœur s\u2019est épanoui à la dimension du monde.Quelle joie et quelle richesse de découvrir la beauté des différentes cultures ! Ne devrait-il pas en être autant dans notre monde d\u2019aujourd\u2019hui ?Que dire des bouleversements mondiaux et des millions de migrants cherchant refuge dans des pays d\u2019accueil et sollicitant l\u2019asile de nos cœurs.Latinos, Arabes ou Africains, qu\u2019importe ! Le Seigneur nous réserve de grandes surprises à leur contact.La communauté mondiale nous invite à nous ouvrir à la dimension d\u2019un cœur universel.Lors d\u2019une assemblée internationale dans notre communauté, après une célébration eucharistique, nous avons vécu la joie des retrouvailles.Des bras noirs enveloppant d\u2019affection des bras blancs et vice versa, des bras jaunes encerclant des bras noirs, la joie était au rendez-vous, ce qui a fait dire aux gens présents : Voyez comme elles s\u2019aiment.Et une ajouta : Et dire que des gens sont racistes, ils ne connaissent pas ce bonheur.Tout au cours de l\u2019année, nous voulons vous offrir des pistes de réflexion sur les changements sociaux qui nous dérangent.Souvent, nous nous sentons envahis par les nouveaux arrivants.Pourtant, en y réfléchissant bien, ne sont-ils pas plutôt venus nous donner un bon coup de main ?Partout, nous voyons des pancartes : NOUS EMBAUCHONS ! Nous avons besoin de main-d\u2019œuvre.Accordons- leur notre confiance et aidons-les à vivre leurs pertes de repères en favorisant un enracinement en profondeur grâce à deux piliers fondamentaux que sont la langue et l\u2019emploi.Dans ce numéro de la revue, nous vous suggérons d\u2019ouvrir votre cœur devant les défis quotidiens de la société actuelle.Nous souhaitons vous offrir le bonheur de la richesse de l\u2019internationalité.Toutefois, nous n\u2019avons pas à choisir, elle compte parmi les surprises de Dieu.LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?Surprises de Dieu 1 Transmettre, 9 auteurs, Gallimard Édito 2017, p.91.2 Idem, p.28.Comment habitons-nous NOTRE monde ?Que transmettons-nous à NOTRE monde ?Avons-nous le temps de sensibiliser nos enfants à l\u2019incontournable SOLIDARITÉ qui devrait NOUS animer ?Nous soucions- nous de l\u2019avenir de ce monde qui nous a été confié ?Les nombreux « naufrages » auxquels nous assistons présentement, autant proches de nous qu\u2019éloignés, nous dérangent-ils ?Sommes-nous tellement enracinés dans notre confort et nos succès que nous en oublions NOTRE monde ?Sommes-nous conscients et conscientes des déracinements provoqués de plus en plus par les vents, ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 TRANSMETTRE POUR ENRACINER André Gadbois IL EST OÙ LE BONHEUR, IL EST OÙ ?IL EST OÙ ?les eaux, les puissants de ce monde et les affronts généralisés imposés à la dignité humaine ?Des millions d\u2019êtres humains, incluant des milliers d\u2019enfants, étaient bien enracinés dans leur coin de pays, souvent heureux, épanouis.Présentement ils sont cruellement déracinés et violentés, obligés de QUAND ON TRANSMET, LA PATIENCE DU TRANSMETTEUR EST INDISPENSABLE POUR PERMETTRE À L\u2019AUTRE DE SE DÉVELOPPER À SON RYTHME.© Shutterstock « Donner, recevoir, redonner à notre tour est vraiment au cœur de la transmission et au cœur de notre dignité, de notre humanité et de notre intelligence d\u2019être humain, quand nous nous en servons bien.Qu\u2019est-ce que je veux donner aujourd\u2019hui ?Qu\u2019est-ce que je veux redonner ?»2 Transmetteurs conscients ou inconscients, nous sommes observés : parlent notre sourire, notre regard, notre ton, notre générosité, notre main ouverte, notre patience, nos mots.Nos attitudes parlent, encouragent ou découragent et ont des répercussions autant sur les enfants que sur les adultes.Se transmettent le courage et son contraire, le respect et son contraire, la vérité et son contraire, l\u2019honnêteté et son contraire, l\u2019amour et son contraire.S\u2019enracinent lentement dans les cœurs ces valeurs capables de fournir réponse à la question du chantre déjà cité : « Il est où le bonheur, il est où ?Il est où ?».« C\u2019est tellement facile de donner, de donner comme un arbre donne de l\u2019ombre de toute sa grandeur ! Mais comme c\u2019est difficile de donner sans humilier, comme un frère qui ne fait que son devoir, qui partage avec ses frères ce qui leur appartient à eux aussi.» (Dom Helder Camara \u2013 extrait de Transmettre) Il est peut-être là le bonheur ! m tout abandonner et de chercher racine ailleurs, loin de leur bonheur.Me montent du fond du cœur ces paroles actuelles du chanteur et auteur Christophe Mae : « Il est où le bonheur, il est où ?Il est où ?».L\u2019être humain n\u2019est pas un arbre que je peux déraciner comme je veux parce qu\u2019il projette de l\u2019ombre sur mon jardin et le « planter » ailleurs sans me soucier de son avenir.Mon prochain n\u2019est ni mon serviteur ni ma servante, encore moins mon cobaye ou un obstacle sur les chemins menant à ma gloire.Tout être humain est un TRANSMETTEUR qui devrait accompagner les autres humains qui l\u2019entourent afin de protéger et de faire grandir la Vie de chacun et chacune.« TRANSMETTRE, ce n\u2019est pas imposer nos vues à l\u2019autre, mais c\u2019est le révéler à lui-même, l\u2019éveiller, le faire grandir dans ce qu\u2019il a de meilleur.»1 « Il est où le bonheur, il est où ?».LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?V I E S P I R I T U E L L E 1 Des réfugiés attendent pour recevoir de l\u2019aide.Crédit : Shutterstock 1 \u2019intégration des immigrants fait fréquemment les manchettes.En fait, cette question suscite des débats depuis des décennies.La réussite d\u2019une intégration dépend grandement du développement d\u2019un sentiment particulier des individus par rapport à la collectivité.Pour reprendre la philosophe française Simone Weil : « L\u2019enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l\u2019âme humaine.C\u2019est un des plus difficiles à définir.Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l\u2019existence d\u2019une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d\u2019avenir »1.L\u2019enracinement s\u2019abreuve de l\u2019héritage et des projets de la collectivité.LES FAMILLES JUIVES Parfois, l\u2019enracinement se fait dans des conditions hostiles.L\u2019arrivée de différents cultes au Canada a toujours suscité des préjugés et des réticences face à l\u2019Autre qui représente l\u2019étranger.Au début de l\u2019histoire de la Nouvelle-France, les immigrants de confession juive ont d\u2019abord été interdits de séjour.Après s\u2019être déracinées de l\u2019Europe, des familles juives sont finalement acceptées en 1759 et s\u2019installent à Trois-Rivières (les Hart), à Saint-Denis (les Jacob) et à Montréal (les Lévy).Au fil du temps, des membres de ces familles ont réussi à s\u2019intégrer et certains sont même devenus des acteurs importants du développement de ces villes.LA VAGUE HINDOUISTE De même, les premiers immigrants hindouistes arrivés dans l\u2019Ouest canadien au début du XIXe siècle ont aussi été confrontés à la peur de l\u2019étranger.Les journaux de l\u2019époque évoquent une véritable « invasion hindouiste ».Pourtant, par solidarité et par désir de participer au développement des communautés locales, ces immigrants ont progressivement été acceptés et se sont enracinés dans la société.?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 Éric Desautels L brève histoire de l\u2019accueil des nouveaux arrivants POUR UN ENRACINEMENT DURABLE : PHOTO 1 Sr Michelle Paquette enseigne le français à un couple sud-américain.Crédit : M.-P.Sanfaçon D\u2019ailleurs, que faut-il pour s\u2019installer durablement à des milliers de kilomètres de chez soi ?Il faut d\u2019abord un effort collectif de la société d\u2019accueil et la mise en place d\u2019organisations assurant un milieu favorable à l\u2019épanouissement des personnes.Si les conditions sont parfois ardues, la solidarité, les liens sociaux et la cohésion des groupes permettent un enracinement profond et durable.Traditionnellement, la famille, la religion, la paroisse et la langue ont joué ce rôle dans la société québécoise.Aujourd\u2019hui, la langue et l\u2019emploi sont les deux piliers sur lesquels repose l\u2019enracinement.Néanmoins, l\u2019attachement au milieu paroissial ou communautaire et les services qui y sont offerts créent des conditions propices.Ces dernières se solidifient au fur et à mesure que la pensée individuelle s\u2019intègre à la pensée collective.Aujourd\u2019hui, même si l\u2019organisation paroissiale a perdu sa force d\u2019antan, certains organismes d\u2019entraide locaux sont souvent le premier lieu de contact avec les nouveaux arrivants.Pensons à la Société Saint-Vincent-de-Paul, au Centre Afrika, à PROMIS ou encore au centre d\u2019hébergement temporaire Le Pont mis sur pied par le diocèse de Montréal pour accueillir les demandeurs d\u2019asile en 2017 2.PROGRAMME DE PARRAINAGE Au fil des ans, les missionnaires ont été appelés à créer un terrain favorable à l\u2019accueil de nouveaux arrivants.L\u2019une des images les plus frappantes est le rôle joué par des religieux et des religieuses dans l\u2019intégration « des réfugiés de la mer » entre 1979 et 1981.Le ministre de l\u2019époque, Jacques Couture, a favorisé l\u2019intégration de ces réfugiés à l\u2019aide d\u2019un programme de parrainage avec des citoyens.Des missionnaires ont aussi été actifs dans le cas des réfugiés vietnamiens.Ce programme de parrainage a été grandement soutenu par la population québécoise qui se classait deuxième à l\u2019échelle mondiale dans l\u2019accueil des réfugiés de la mer : « Au-delà de mille groupes de parrainage se constituent, dans toutes les régions du Québec, et des centaines d\u2019organismes publics et privés participent aux efforts »3.Ce projet offrait des repères culturels à des personnes qui cherchaient à s\u2019enraciner et à s\u2019adapter à une nouvelle culture.UN LOGEMENT POUR DIX PERSONNES Après 20 ans en mission, sœur Marie-Anne Rompré m.i.c.a aidé une famille vietnamienne à s\u2019intégrer à son retour au pays en 1980.Ses amis lui avaient dit qu\u2019elle s\u2019attaquait à un problème insoluble lorsqu\u2019elle voulut trouver un logement pour dix personnes à Montréal4.Elle a toutefois pu compter sur le soutien de sa paroisse, le curé assurant même les coûts de déménagement de la famille.Comme elle apprécia alors cette vie paroissiale montréalaise ancrée dans la solidarité et l\u2019entraide ! L\u2019histoire nous renseigne donc sur la force d\u2019une collectivité qui s\u2019unit et qui est solidaire envers les nouveaux arrivants.Récemment, les communautés religieuses canadiennes ont d\u2019ailleurs répondu présentes à l\u2019accueil des réfugiés syriens5.Voilà peut-être, au XXIe siècle, le sens donné à l\u2019action missionnaire au Québec, c\u2019est-à-dire créer une richesse collective à partir de valeurs de solidarité, de justice et d\u2019entraide favorisant l\u2019enracinement des nouveaux arrivants au Québec.m 1 Simone Weil.1949.L\u2019enracinement.Prélude à une déclaration des devoirs envers l\u2019être humain.Paris.Gallimard.2 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1065079/centre-accueil-demandeurs-asile-presbytere- paroisse-notre-dame-des-victoires-eglise-catholique-montreal.3 Louise Robic.1987.« L\u2019expérience québécoise », Les Cahiers de Droit, vol.28, numéro 3, p.580.4 Sœur Marie-Anne Rompré m.i.c., « Engagées à l\u2019accueil des réfugiés.à Montréal », Le Précurseur, vol.31, numéro 2, mars-avril 1980, p.56.5 https://www.crc-canada.org/des-communautes- religieuses-sengagent-pour-venir-en-aide-aux-refugies-syriens/.LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?C U L T U R E S E T M I S S I O N 1 DES MONTAGNES À LA JUNGLE : LE PÉROU (1re partie) PHOTOS : 1 Cajamarca 2 Audrey parmi les élèves du collège MIC Crédits : MIC 27 JUIN : ARRIVÉE À LIMA Après une courte escale dans la véritable « serre » de l\u2019aéroport de Panama, j\u2019atterris à Lima en début de soirée.Je savais pertinemment que de l\u2019autre côté de l\u2019équateur nous étions en plein hiver, mais j\u2019ai eu un petit blues en constatant qu\u2019il faisait déjà sombre.Le ciel était comme voilé en permanence d\u2019une brume quasi-opaque d\u2019un blanc argenté.Cet horizon immense, sans contraste, me mystifia lorsqu\u2019une fois rendue à la maison de Napo, je me rendis compte que les plafonds si hauts du hall d\u2019entrée n\u2019étaient en effet qu\u2019une portion du ciel du jardin intérieur.28 JUIN : À LA RENCONTRE DES ÉLÈVES DU COLLÈGE À l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur, la température frôle les 18°C.Le pourcentage d\u2019humidité élevé fait que le froid me transperce jusqu\u2019aux os.Pourtant, j\u2019observe les 300 enfants fréquentant le collège, tous en survêtement bleu royal, qui ne semblent guère se soucier de ce petit désagrément.Certains, plus frileux, portent gants et bonnets, mais les retirent rapidement après quelques passes au soccer.J\u2019accompagne Sœur Rosario qui, chaque matin, se fait un devoir de saluer garçons et filles passant le seuil de l\u2019école.Elle en profite pour prendre des nouvelles de la famille, de la paroisse, du quartier.La cour se vide peu à peu au son de la cloche.Nous attendons que les professeurs aient commencé leur classe avant d\u2019entamer notre tournée.J\u2019avais préparé un diaporama afin d\u2019expliquer brièvement qui je suis, mon cheminement, ainsi que mon rôle au sein de la communauté MIC.Malgré la barrière de la langue, frustrante à plusieurs égards, la curiosité des jeunes prend le dessus.Les gestes pallient les limites de mon vocabulaire.Voilà que les questions fusent de toutes parts ! Je suis fort étonnée par l\u2019enthousiasme fébrile et fier de leurs réponses lorsque je demande, naïvement, ce que je dois absolument gouter comme plats typiques.Une très longue liste que je ne pus malheureusement pas épuiser en deux semaines ! ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 Voici une sélection d\u2019anecdotes, réflexions et commentaires tirés du journal de voyage que j\u2019ai rédigé durant mon séjour au Pérou.J\u2019espère que ces quelques passages et photographies sauront vous donner un bon aperçu de mes péripéties dans ce pays d\u2019Amérique du Sud, où quelques régions sont desservies par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée- Conception depuis 1960.Audrey Charland 1 29 JUIN : EN ROUTE VERS CAJAMARCA Je me réveille en me sentant un tantinet brouillon tandis que l\u2019avion touche la piste d\u2019atterrissage.Il est probable que cela soit seulement une rébellion de mon corps contre le manque de sommeil et les effets d\u2019un antiémétique avalé avant le décollage.C\u2019est la première fois que je débarquerai directement à 2700 mètres d\u2019altitude ! Néanmoins, Cajamarca n\u2019est pas notre destination finale.Nous avons encore trois heures et demie d\u2019autobus à faire avant d\u2019arriver à la maison des MIC.La journée étant jeune, Sœur Rosario propose, dans un premier temps, une halte et la visite de cette ville riche d\u2019une histoire foisonnante de rebondissements.Nous avons alors l\u2019occasion de basculer dans le passé et de retracer, par le biais de récits et d\u2019objets, les tribulations de la colonisation espagnole au contact du peuple inca.Je pouvais ressentir, imprégnée dans la pierre ocre des ruines, la souffrance de cette civilisation ancestrale.30 JUIN : DÉBUT DES FESTIVITÉS À CAUDAY Sous un soleil de plomb, nous voyons une vingtaine d\u2019hommes s\u2019échiner à une tâche tout à fait particulière en cette journée inauguratrice du mois dédié à la Virgen del Carmen.J\u2019observe l\u2019étonnant défilé dans les rues de la petite municipalité de Cauday en direction de la place publique.Un peu plus loin, des mains robustes et rugueuses maintiennent solidement cordages et tronçons de bois.Des hommes remorquent, grâce à l\u2019unique puissance de leurs corps, un immense tronc d\u2019arbre peint en blanc.Ces vaillants semblent regaillardis par la mélodie triomphante de la fanfare suivant leurs pas, quelques-uns puisant leur force dans une rasade de bière.Ils guettaient avec impatience la fin de la messe.C\u2019est à ce moment que le vrai travail commença.Après la procession de la Vierge, magnifiquement installée sur un promontoire embaumant les fleurs sauvages, les hommes s\u2019attelèrent à la délicate tâche d\u2019ériger le mât face à l\u2019église.Une dame, un large sourire aux lèvres, portait sur ses bras tendus, de manière solennelle, l\u2019impressionnant drapeau que le curé avait béni d\u2019une généreuse aspersion d\u2019eau.L\u2019étendard fut minutieusement noué à une extrémité du tronc, hissé grâce à des installations aussi ingénieuses que bancales.Quelle euphorie ai-je ressentie dans l\u2019assistance lorsque l\u2019emblème du Pérou se mit à flotter gracieusement dans toute sa splendeur, plus près du ciel que de la terre ! 1er JUILLET : LE TEMPS DE LA CATÉCHÈSE À TRABACAL Nous faisons une escale à Trabacal, une petite ville lovée au creux d\u2019une vallée, les hautes cimes des montagnes environnantes surplombant la place centrale.Les habitations au toit de tôle et aux murs de terre tassée n\u2019offrent pratiquement aucun point d\u2019ombre.Le soleil fait ressortir le dénuement du paysage et la pauvreté des quartiers.Pourtant, Sœur Carmen réussit à créer un climat favorable en plaçant deux bancs de bois face à face.L\u2019arrivée de la Jeep avait déjà informé les enfants que le cours de catéchèse allait très bientôt commencer.Cette journée-là, néanmoins, le groupe fut très restreint.Les festivités en hommage à la Vierge avaient fait de ces familles des nomades, voyageant de village en village afin de partager leur joie avec les croyants des communautés avoisinantes.Trois ou quatre marmots tenaient le phare, animés d\u2019une foi nouvelle et légère.Ils apprivoisaient peu à peu les rituels, le vocabulaire, les paraboles.Lorsque l\u2019attention commençait à faire défaut, Sœur Carmen agitait les mains en pliant tantôt le pouce, tantôt l\u2019index, inventant une comptine simple et récoltant des applaudissements pour sa performance.Après avoir bien ri, les enfants reprenaient en chœur sans hésiter, la Bible sur leurs genoux.2 JUILLET : UNE ÉTRANGE MARCHANDISE « Madame, votre valise suinte.», bredouille l\u2019agent de contrôle des bagages à main de l\u2019aéroport de Cajamarca.Je m\u2019aperçois alors que les cous des voyageurs se tendent en notre direction.m Suite dans le prochain numéro.LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?C U L T U R E S E T M I S S I O N 2 ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 Suzanne Labelle, m.i.c.out fantaisiste que Dieu puisse se permettre d\u2019être en dotant les saints de talents particuliers, il se plait à les munir du « gros bon sens » dont ils auront besoin, surtout s\u2019ils sont appelés à faire école.Voyons ce qu\u2019il en est chez Délia Tétreault, accueillant dans son projet missionnaire des jeunes filles éprises d\u2019idéal, mais peut-être pas encore toutes en possession de l\u2019équilibre souhaitable chez des personnes appelées à aller vivre dans d\u2019autres cultures, en pays étrangers.Responsable d\u2019un Institut naissant où, à son époque, on accueillait même des aspirantes qui n\u2019avaient pas atteint leur majorité, Délia avait à corriger leur zèle parfois intempestif s\u2019il était alimenté par une ascèse faisant fi de leur santé.Aussi surveillait-elle de très près leur alimentation, la voulant saine, simple et suffisamment abondante.Pas question pour elle et ses filles de se rendre malades et par la suite peu utiles pour une mission où on acceptait à l\u2019avance d\u2019aller vivre « même sous les climats les plus meurtriers ».À l\u2019appui, dans sa correspondance, des réflexions qu\u2019on ne peut qu\u2019approuver de sa part.Ménagez votre santé comme vous ménageriez la mienne.La machine humaine ne se remplace pas comme une machine à coudre.(11-04-10), écrit- elle à une supérieure locale.Qu\u2019est-ce à dire ?Si vous voulez pouvoir toutes travailler beaucoup et longtemps, il faut en prendre les moyens; bien dormir et vous bien nourrir.(26-02-1928) Donc, concrètement : N\u2019épargnez pas pour la nourriture (1917), et même, au besoin, en plus d\u2019une alimentation soutenante, ayez un bon tonique (25-04-1925).Parlant de tonique, elle s\u2019y connait dans le domaine psychosomatique, dirait-on : La joie est un des meilleurs toniques (27-02-1929), fait-elle remarquer, et partant : Cultivez la sainte joie, c\u2019est un si grand facteur de la santé (25-7-1931).Oui, la santé est importante, mais la vie est si courte, T LES FANTAISIES DE DIEU DANS LA VIE DE DÉLIA Les fantaisies de ieu dans la vie de Délia pense-t-elle sans doute lorsqu\u2019elle s\u2019exclame, ayant à peine passé la cinquantaine : Qu\u2019il nous reste peu de temps à servir Dieu (1917) ! Aussi considère-t-elle que puisqu\u2019elles collaborent au Règne de Dieu comme semeuses de la bonne nouvelle à la suite du Christ, ses filles tout comme elle-même n\u2019ont pas de temps à perdre.Mais elle les prévient que tout en travaillant avec ardeur, elles doivent éviter les excès.Elle leur conseille donc de se ménager du temps de repos.Ensuite, leur promet-elle, vous ferez plus et mieux (1909).Quant à celles qui seraient tentées d\u2019empiéter sur leur sommeil, elle les rassure : Faites ce que vous pouvez pendant le jour et Notre-Seigneur pendant la nuit fera le reste (19-5-1910).Il peut bien se payer une telle fantaisie sans fatigue, Lui pour qui mille ans sont comme un jour ! m PHOTO : Sr Délia Tétreault avec les élèves de l\u2019école apostolique.Crédit : Archives MIC LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?D O S S I E R ée à Hong Kong, je suis la dixième d\u2019une famille de douze enfants : cinq garçons et sept filles.Après ma naissance, ma mère fut frappée de paralysie et traitée par un médecin chinois.Par conséquent, j\u2019ai absorbé les médicaments présents dans le lait maternel.J\u2019ai manqué de nourriture et mon système immunitaire étant affaibli, j\u2019ai attrapé la variole.Mes parents ne m\u2019ont pas envoyée à l\u2019hôpital; ils ont bien pris soin de moi à la maison.J\u2019ai retrouvé la santé, mais j\u2019ai toujours été la plus petite et la plus frêle de la famille.Mes parents étaient très attachés au bouddhisme.Cette doctrine nous a été transmise de génération en génération.Toutefois, j\u2019ignore encore pourquoi on m\u2019a envoyée dans une école catholique.J\u2019avais six ans quand j\u2019ai commencé Rosa Yung m.i.c.à entendre parler de Dieu.J\u2019ai étudié avec les sœurs canossiennes pendant sept ans, c\u2019est là que j\u2019ai appris à prier et à connaitre Dieu.Je me rendais souvent seule à la chapelle pour regarder les statues et les vitraux.Le soir, je m\u2019agenouillais et disais quelques mots à Jésus.Malheureusement, la Deuxième Guerre mondiale a éclaté et j\u2019ai dû interrompre mes études.L\u2019armée japonaise a occupé Hong Kong de 1941 à 1945.Les membres de ma famille ont été éparpillés.Je suis partie vers le nord, dans la province de Canton.Une fois là-bas, j\u2019ai rencontré par hasard mes deux frères et ma belle-sœur.Nous étions près du front et pas du tout en sécurité.Des bombes éclataient partout et je priais pour que nos vies soient épargnées.Dieu merci, mes prières ont toujours été entendues.Nous avons vécu dans la peur pendant plus d\u2019un an.L\u2019HISTOIRE d\u2019une vocation N Après un début difficile dans la vie, le destin de Rosa Yung aurait pu basculer.Mais forte de ses convictions, Rosa persista contre vents et marées et devint celle qu\u2019elle voulait être.La plus petite de la famille certes, mais celle avec la plus grande influence.1 Un jour, l\u2019aide que nous recevions de la Grande- Bretagne cessa.Ma famille décida d\u2019aller à Macao où j\u2019y ai poursuivi mes études et continué d\u2019apprendre le catéchisme.J\u2019ai patienté neuf ans avant de devenir officiellement catholique, car mon père ne voulait pas me donner son consentement.En 1954, à 25 ans, je me suis fait baptiser.J\u2019étais la première chrétienne de la famille.Mon père n\u2019approuvait pas, mais respectait ma décision.Il rappelait toujours à ma mère de préparer quelque chose de spécial pour moi les jours de jeûne.Son amour et sa sollicitude me touchaient beaucoup.Cette même année, ma mère est tombée gravement malade et on m\u2019a demandé de prendre soin d\u2019elle.J\u2019acceptai ce défi et assistai à un véritable miracle : la conversion de ma mère au catholicisme six mois avant de mourir.Elle a pu être enterrée selon le rite catholique.Je ne cacherai pas le fait que nous avons eu des discussions houleuses et même des disputes avant sa mort à cause de nos différents points de vue.Mais, je n\u2019osais pas trop émettre mon opinion, car j\u2019étais récemment convertie et presque la benjamine de la famille.Toutefois, avec la grâce de Dieu, tout se déroula sans accroc.Quelques mois plus tard, j\u2019entendis cette parole de Dieu qui frappa mon imagination : La moisson est grande, mais il y a peu d\u2019ouvriers (Mt 9 : 37).Ces mots me trottaient sans cesse dans la tête et je me sentais appelée à devenir ouvrière.On me conseilla donc de contacter un prêtre afin de bénéficier de conseils spirituels.Ce dernier me recommanda une congrégation religieuse.J\u2019y demandai mon admission.Une fois la date de mon entrée au noviciat fixée, j\u2019annonçai à mon père que j\u2019étais prête à devenir religieuse.Il demeura sans voix et pleura.Il essaya par tous les moyens de me dissuader.Il écrivit même une lettre à la Supérieure générale lui demandant de refuser ma candidature.Elle me dit que les faits exposés dans la lettre l\u2019empêchaient de m\u2019accepter.J\u2019étais sous le choc.Je racontai toute l\u2019histoire à mon conseiller spirituel.Il m\u2019invita à continuer de prier et à demander l\u2019aide du Saint-Esprit.Comme je n\u2019avais plus d\u2019emploi, ma sœur qui était propriétaire d\u2019une garderie me demanda si je pouvais lui donner un coup de main comme gardienne d\u2019enfants.Ce que je fis pendant quelques mois.J\u2019entendais toujours très clairement l\u2019appel de Dieu.Mon conseiller spirituel trouvait que ma foi était solide et bien ancrée, alors il me présenta les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Après le premier entretien, sœur Marie-Célina, en charge des novices, m\u2019invita joyeusement dans la congrégation.Elle fixa immédiatement la date de mon entrée officielle : le 15 juillet 1958.Cette date marque le début de ma nouvelle vie avec les MIC.Bien qu\u2019il était difficile pour mon père de me voir partir, il ne pouvait plus m\u2019empêcher de joindre la congrégation.J\u2019appris qu\u2019un noviciat allait ouvrir à Hong Kong.En attendant, je décidai de perfectionner mon anglais et mon français.Les membres de ma famille étaient en colère et me critiquaient.Mon frère me menaça en exigeant que je rentre à la maison.Je me tournai vers Dieu : Mon Dieu, est-ce que ça veut dire que tu as un autre plan pour moi ?Dis-moi quel chemin je dois prendre exactement et quelle est ta volonté, car je suis complètement perdue.Je me rendis auprès de sœur Marie-Célina et lui racontai mon infortune.Elle présenta immédiatement mon dossier à la Supérieure générale ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 E X O D E : D É R A C I N E M E N T , E N R A C I N E M E N T 2 du Canada.Au bout de deux mois, j\u2019obtins une réponse : j\u2019étais acceptée au noviciat de Baguio, aux Philippines.Je quittai donc Hong Kong en mai 1960 en pleine nuit.Un typhon très puissant de force dix faisait rage et il était extrêmement périlleux de traverser la mer de Chine méridionale.Dieu merci, j\u2019arrivai à bon port à Manille après une traversée stressante de 36 heures.Je suivis une formation de trois ans aux Philippines et perfectionnai encore mon anglais.Après avoir prononcé mes vœux, on me demanda de retourner à Hong Kong, car mon père avait atteint l\u2019âge de 80 ans.Il était très content de me voir.Il a aussi invité les sœurs MIC à partager un repas à la maison.Lors de mon séjour à Hong Kong, j\u2019ai rendu maints services communautaires et j\u2019ai travaillé à l\u2019ouverture du noviciat sur la rue Waterloo.À partir de septembre 1966, j\u2019ai travaillé douze ans à l\u2019hôpital chinois de Montréal comme travailleuse sociale, interprète, technicienne aux archives médicales et agente de pastorale.Ce n\u2019était pas toujours facile.J\u2019ai dû m\u2019adapter à la nourriture, à la météo, à la langue, à la mentalité, mais la grâce de Dieu m\u2019a toujours accompagnée.J\u2019aimais bien m\u2019occuper des personnes âgées et de tous ces Chinois, esseulés et malades, très loin de leur patrie et qui, en plus, faisaient face à la barrière de la langue.Vers la fin de l\u2019année 1978, je suis retournée à Hong Kong et, en 1981, on m\u2019a demandé de me rendre à Taïwan pour un petit bout de temps qui devint 30 ans ! De novembre 1994 à 2003, j\u2019étais agente de pastorale au Cardinal Tien Hospital de Taïwan.J\u2019aimais bien travailler avec mes collègues à cet endroit, les interactions avec le personnel et les patients étaient très enrichissantes.Quelle est ma plus grande joie ?C\u2019est la conversion de mon père au catholicisme à l\u2019âge de 93 ans.Il est décédé deux ans plus tard et je crois qu\u2019il a reçu sa récompense éternelle.Je dois aussi mentionner que dix membres de ma famille se sont aussi convertis à la foi catholique.C\u2019est plus que je n\u2019aurais jamais osé espérer.Après avoir consacré plus de 60 ans de ma vie à Dieu, je sens toujours son amour inconditionnel de même que sa miséricorde, sa bienveillance et sa protection.Je sens sa présence et mes prières sont toujours entendues.Je le loue et lui rends grâce quotidiennement, car il a fait de grandes choses pour moi et les membres de ma famille.m PHOTOS : 1 Sr Rosa Yung à l\u2019hôpital chinois de Montréal 2 Son baptême 3 Des membres de sa famille 4 Sr Magdalena Leung, Sr Rosa Yung et Sr Colette Leclerc / Crédits : MIC LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?D O S S I E R 3 4 DES SOCIÉTÉS FAITES POUR ÊTRE TRICOTÉES SERRÉES L\u2019histoire des réfugiés chiliens au Québec lu avec plus de 5300 voix d\u2019avance dans la circonscription de Laurier- Dorion aux élections provinciales de 2018, le député Andrés Fontecilla, est un bel exemple d\u2019intégration d\u2019un immigrant chilien à la société québécoise.Ayant fui avec sa famille la dictature du général Augusto Pinochet en 1981, M.Fontecilla s\u2019installe au Québec à l\u2019adolescence et devient ainsi un enfant de la loi 101.Il travaille par la suite dans son quartier de Laurier-Dorion pour des organismes luttant contre la pauvreté.Pendant près de 15 ans, il agit comme coordonnateur du Conseil communautaire Solidarités Villeray.M.Fontecilla n\u2019est pas le premier immigrant chilien à s\u2019être engagé en politique.Dans les années 1990, Osvaldo Núñez a été député du Bloc québécois dans la circonscription fédérale de Bourassa.Ce dernier avait milité, au Chili, au sein du Mouvement d\u2019action populaire unitaire (MAPU) au début des années 1970.Il travaillait alors pour le gouvernement de Salvador Allende avant d\u2019être congédié lors du coup d\u2019État du 11 septembre 1973.Il a fui son pays cinq mois plus tard pour venir au Québec.Depuis 1853, des missionnaires canadiennes- françaises, en l\u2019occurrence les Sœurs de la Providence, travaillaient au Chili et s\u2019occupaient d\u2019orphelinats, créant ainsi un lien avec le Québec.Ce lien missionnaire s\u2019intensifia au lendemain de la Deuxième Guerre mond i a l e .L \u2019ob l a t Maurice Veillette expliquait qu\u2019après le congrès panaméricain de l\u2019Action catholique qui a lieu au Chili, en 1945, la vitalité de la JOC canadienne (Jeunesse ouvrière chrétienne) frappa le cardinal José Maria Caro Rodriguez, archevêque de Santiago, qui demanda l\u2019aide d\u2019un oblat canadien pour travailler à la direction de l\u2019Action catholique chilienne.Le père Albert Sanschagrin [.] fut désigné pour cette mission spéciale.Peu de temps après, [.] le cardinal Caro Rodriguez ainsi que [l\u2019] évêque d\u2019Iquique sollicitaient des oblats pour leurs diocèses respectifs 1.Les oblats seront, par la suite, très actifs dans les zones les plus pauvres du Chili.De nombreuses autres communautés missionnaires du Québec viendront les rejoindre.Plusieurs de ces missionnaires, à l\u2019instar de l\u2019oblat Guy Boulanger, ont été affectés par le coup d\u2019État.Certains ont dû quitter le Chili tandis que d\u2019autres, comme la religieuse Clotilde Bertrand et les membres de Comité Québec-Chili, ont aidé des Chiliens à se réfugier au Québec.Le professeur retraité du département d\u2019histoire de l\u2019UQÀM, José del Pozo, lui-même un immigrant chilien est un bel exemple d\u2019intégration.Il a écrit le livre Les Chiliens au Québec.Immigrants et réfugiés, de 1955 à nos jours qui fait part de cette expérience ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 Maurice Demers E X O D E : D É R A C I N E M E N T , E N R A C I N E M E N T Le député Andrés Fontecilla É de migration et d\u2019intégration.Il écrit : La décision de quitter le pays était bien sûr étroitement liée au sentiment de menace qui planait sur les anciens partisans d\u2019Allende.Mais tous ne partirent pas immédiatement après le coup d\u2019État.Certains prirent leur décision après avoir subi la répression, mais non sans avoir essayé de refaire leur vie ou de mener certaines actions de résistance [.] Ce sentiment était alimenté par l\u2019ampleur de la répression, qui dépassait ce que les gens avaient imaginé : la mort du président Allende le jour même du coup d\u2019État, le bombardement du palais de La Moneda, siège du gouvernement, l\u2019interdiction des partis politiques, la fermeture de tous les médias favorables à l\u2019Unité populaire et de plusieurs facultés et universités, les arrestations massives, les perquisitions violentes (allanamientos), l\u2019instauration d\u2019un couvre-feu (toque de queda) de 22 heures à 6 heures et la proclamation de l\u2019état de guerre .2 C\u2019est une population traumatisée qui s\u2019est réfugiée au Québec.Néanmoins, ces expatriés, une fois arrivés au pays d\u2019accueil, ont pu trouver des syndicats, des groupes communautaires et des communautés religieuses qui étaient au courant de leur situation au Chili.Des sociétés faites pour être tricotées serrées a déclaré Ricardo Peñafiel, professeur à l\u2019UQÀM, lors d\u2019un évènement rappelant l\u2019immigration chilienne au Québec, organisé par le Comité des droits humains en Amérique latine l\u2019année dernière.Ces contacts ont probablement facilité l\u2019intégration, car plusieurs ont travaillé avec des syndicats québécois, à l\u2019instar d\u2019Osvaldo Núñez, ou avec des groupes communautaires, comme Andrés Fontecilla.Toutefois, les raisons de venir au Québec étaient multiples.Des 6500 Chiliens qui ont émigré au Québec, 37,7 % sont arrivés au Québec avant 1986, 34,6 % au cours des années 1986 à 1995, 18,6 % de 1996 à 2005, alors que 9,2 % ont immigré durant la période la plus récente (2006 à 2011) , apprend-on dans une étude québécoise de 20113.Les gens ayant immigré après la dictature avaient probablement des motivations plus semblables aux autres immigrants latino-américains qui ne fuient pas une répression.m 1 Maurice Veillette, o.m.i, « Un bon coup du Cardinal Caro ! », L\u2019Apostolat, avril 1959, p.8.2 José del Pozo, Les Chiliens au Québec.Immigrants et réfugiés, de 1955 à nos jours, Montréal, Boréal, 2009.3 Gouvernement du Québec, « Portrait statistique de la population d\u2019origine ethnique chilienne au Québec en 2011 », 2014, http:// www.quebecinterculturel.gouv.qc.ca/publications/fr/diversite- ethnoculturelle/com-chilienne-2011.pdf.LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?D O S S I E R Crédit : Archives du Comité pour les droits humains de l\u2019Amérique latine Sr Lucille a œuvré en Afrique pendant plus de 20 ans.À son retour au pays, elle avait envie de s\u2019engager à nouveau.Elle avait déjà été en contact avec des MIC qui offraient leur aide aux immigrants.Sr Lucille se dit alors qu\u2019elle aimerait faire ce genre de travail.Après avoir visité quelques établissements, elle se présenta chez PROMIS et l\u2019accueil qu\u2019elle y reçut fut si positif qu\u2019elle décida de choisir cet organisme.Je me suis sentie très chaleureusement accueillie.On était prêt à m\u2019accepter même si ce n\u2019était que pour très peu de temps par semaine.Je me suis dit que je venais de trouver ma cause.?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 Immigration et résilience Des boat people aux Syriens, chaque vague d\u2019immigration correspond à un chapitre dramatique de l\u2019histoire humaine : guerre, cataclysme naturel, violence sociale ou politique, intolérance.Sr Lucille Lasalle connait bien ces bouleversements, car elle a travaillé pour PROMIS, un organisme qui aide les nouveaux arrivants et les réfugiés dans leurs démarches d\u2019intégration.On ne quitte pas son pays, sa famille et son environnement de gaité de cœur, on y est souvent contraint pour sauver sa vie.On part pour survivre.Suzanne Lachapelle E X O D E : D É R A C I N E M E N T , E N R A C I N E M E N T © Shutterstock De fil en aiguille, Sr Lucille est amenée à aider de nouveaux arrivants.Comme Ralia1, une jeune Africaine de 29 ans, arrivée seule au pays avec sa fille de trois ans et demi.Son mari Idriss, détenu comme prisonnier politique, n\u2019avait pu partir avec elle.Ayant subi elle-même une grave agression avant de quitter son pays, Ralia ne se laisse pas abattre.Sur les conseils de Sr Lucille, elle épluche les journaux et se met à la recherche d\u2019un travail dans le but de faire venir son mari et son fils de sept ans qui a été confié à sa grand-mère.La chance lui sourit.Ralia trouve un travail comme aide-ménagère chez une dame très généreuse qui lui offre entre autres des meubles.Débrouillarde et sachant se faire apprécier par son employeur, elle accepte de s\u2019occuper des plantes dans les appartements de personnes parties en voyage, ce qui augmente un peu ses revenus.Le temps passe et Ralia met toujours de l\u2019argent de côté dans l\u2019espoir de faire venir son mari et son fils.Demeurant en contact avec sa famille en Afrique, elle apprend que son mari serait sorti de prison, mais elle est toujours sans nouvelles de lui.Un beau jour, elle est étonnée de recevoir une carte d\u2019anniversaire d\u2019Idriss.Après tant de mois sans nouvelles, c\u2019est un peu surprenant.Quelque temps plus tard, elle apprend qu\u2019il est effectivement sorti de prison, mais que des amis l\u2019ont aidé à se rendre dans un autre pays d\u2019Afrique pour le faire hospitaliser afin qu\u2019il se rétablisse de toutes ses années de détention.C\u2019est pour cette raison qu\u2019il ne donnait pas de nouvelles.Aujourd\u2019hui, le couple est réunifié avec leurs enfants.Malgré les soins prodigués, Idriss n\u2019a pas pu récupérer à 100 %, mais il demeure combattif.Lors de la visite du concierge de l\u2019immeuble venu régler un problème d\u2019évier bouché, Idriss lui mentionne qu\u2019il serait intéressé à faire ce travail et lui propose de l\u2019aider.Le concierge tout heureux accepte cette offre du nouvel arrivé.Idriss a donc su s\u2019adapter aux situations et faire preuve de résilience.Ce parcours se termine bien, mais il y a plusieurs cas où l\u2019intégration est beaucoup plus difficile.Les gens ont vécu des traumatismes et ont besoin de soins spécialisés.Sr Lucille demeure philosophe et affirme qu\u2019il ne faut pas porter tout le malheur du monde sur ses épaules, sinon on n\u2019aura plus d\u2019énergie pour soutenir les autres.Elle leur offre son écoute et parfois de petits cadeaux.Lorsqu\u2019elle ne peut plus aider, Sr Lucille prie pour ses protégés et les confie à mère Délia.Parmi les plus belles marques de reconnaissance que Sr Lucille a reçues, voici ce qu\u2019une dame lui a déjà dit : Sr Lucille, vous nous aidez, mais en plus on dirait que vous nous aimez.Parfois, il suffit de peu pour rendre service.Prenons le cas de cette jeune mère russe arrivée avec deux jeunes enfants.Elle désespérait de ne pouvoir sortir de la maison parce qu\u2019elle n\u2019avait pas de poussette.Comment en effet, sortir avec deux bambins dans les bras ?Puis, un jour, Sr Lucille remarque qu\u2019il y a une succursale Saint-Vincent de Paul dans le voisinage.N\u2019hésitant pas une seconde, Sr Lucille entre et demande l\u2019article convoité : une poussette.Oui, il en reste une au sous-sol à 10 $.Les gens sont très reconnaissants et parmi les choses qu\u2019ils apprécient le plus dans leur pays d\u2019accueil c\u2019est la sécurité et la paix.Toutefois, la famille demeure leur priorité.Bien des personnes vont se priver de nourriture pour pouvoir acheter des cartes d\u2019appel afin de téléphoner aux membres de leur famille.En conclusion, les migrants quittent leur pays pour offrir une vie meilleure à leurs enfants.S\u2019ils s\u2019ennuient de leur famille, peu accepteraient de retourner au pays natal.Toutefois, il reste des efforts à faire pour découvrir les emplois disponibles ici et correspondant aux capacités des nouveaux arrivants.L\u2019intégration se fait avant tout par le travail et pour l\u2019instant, c\u2019est le point faible du processus.m 1 Les prénoms ont été changés.LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?D O S S I E R Sr Lucille Lasalle ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 À la suite de la parution de l\u2019article sur Haiti intitulé Dans le sillage de Délia (Le Précurseur, vol.60, no 1), je viens de lire que la construction de la maison du Postulat a reçu un montant en dollars canadiens.Vos dons serviront aux travaux déjà en cours.De tout coeur, et au nom des jeunes en formation, je veux vous remercier et vous dire toute ma gratitude pour votre esprit de partage.Votre soutien est et restera gravé dans mon coeur, dans notre coeur, pour les années à venir.Merci de collaborer à notre sécurité et à notre mission par votre générosité.Que le Seigneur vous rende votre sens du partage au centuple.Qu\u2019il répande sur chacun de vous ses bénédictions et vous accorde la prospérité.Soyez assurés de nos prières à vos intentions.S.Carmèneta Beauplan, m.i.c.Responsable des jeunes en formation au Postulat Les jeunes MIC en formation Maison du postulat REMERCIEMENTS PORT-AU-PRINCE, le 28 juin 2018 À : Sr Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Et à tous les bienfaiteurs qui ont répondu à notre demande LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 | ?À P R O P O S D E S M I C La joie de partager ensemble la préparation du repas lors d\u2019une session pour les formatrices venues en Haïti de tous les coins du monde.Vœux perpétuels de Sr Pham Thi Dieu Hien Maria, originaire du Vietnam.Jubilé d\u2019argent de Sr Emeldah Katongo, originaire de la Zambie, Afrique RAYONS D \u2019ESPÉRANCE REMERCIEMENTS Crédits photos : MIC Nous avons reproduit cet article avec l\u2019autorisation de L\u2019Éclat/Le Citoyen.Nous avons obtenu l\u2019autorisation de la journaliste Marie-Ève Bouchard.L\u2019article a paru dans L\u2019Éclat/Le Citoyen le 3 octobre 2018.?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 INSPIRÉE PAR MARGUERITE DURAND Clara avait le choix entre quatre personnalités qui ont marqué l\u2019histoire, soit Steffi Graf, Marguerite Durand, Marie Curie ou Sophie Scholl.Son choix s\u2019est arrêté sur Marguerite Durand.Comme je ne connaissais aucune d\u2019entre elles, j\u2019ai dû faire un peu de recherches, admet-elle.Le plus difficile, ç\u2019a été de trouver quel jour de sa vie serait le plus important, poursuit-elle.Le fait que Marguerite Durand ait été la fondatrice d\u2019un journal féministe a suffi pour l\u2019inspirer.Elle a fondé un journal où seules des femmes travaillaient.Il n\u2019y avait que le concierge de nuit qui est était un homme, souligne la jeune fille.C\u2019est donc le jour où Marguerite Durand a découvert le féminisme qui a mené à la création du journal La Fronde, que relate Clara dans un texte qui brille par ses structures de phrases et ses mots parfaitement choisis.Si le fait d\u2019écrire fréquemment en classe n\u2019a pas nui, Clara admet qu\u2019elle lit beaucoup.Mon père et ma mère ont relu mon texte et m\u2019ont un peu aidée.Puis, on l\u2019a envoyé par courriel vers la fin des classes, parce que par la poste, ça aurait été trop long, mentionne-t-elle.ALLER JUSQU\u2019AU BOUT En septembre, sa mère a reçu un courriel du magazine français indiquant que Clara était l\u2019une des dix gagnantes, ce qui lui a valu un abonnement d\u2019un an au magazine Julie.Ce n\u2019est pas tant le prix qui a de l\u2019importance aux yeux de la jeune fille que la fierté qu\u2019elle en ressent et ce qu\u2019elle a appris de l\u2019expérience.J\u2019ai déjà écrit quelques textes pour le plaisir, mais je ne les finissais jamais parce que je n\u2019avais pas de but.Là, avec une date limite, ça m\u2019a poussée à aller jusqu\u2019au bout, affirme-t-elle.Quant à savoir si elle écrira autre chose, fera carrière comme auteure ou journaliste ou participera à d\u2019autres concours d\u2019écriture, Clara n\u2019en sait rien.Mais ça m\u2019a appris à au moins tenter ma chance, philosophe-t-elle.m Il y a eu 324 textes, dont 19 hors de l\u2019Europe, qui ont été soumis au concours Mots d\u2019elles du magazine français Julie.Le texte soumis par la jeune Clara Lambert, élève de 6e année à l\u2019école Notre-Dame-de-Protection, s\u2019est distingué en figurant parmi les dix textes gagnants.C\u2019est aussi le seul retenu hors de l\u2019Europe.Clara Lambert est une lectrice assidue de Géo Ado, un magazine français pour les 10 à 15 ans.En feuilletant la revue, elle a pris connaissance du concours organisé par un autre magazine du groupe Milan Presse, soit la revue Julie.J\u2019ai lu les règlements et le thème du concours, qui s\u2019inspire d\u2019une rubrique de la revue écrite au « je ».On devait mettre une femme en vedette et raconter un jour important de sa vie , explique Clara Lambert.\u2014 Marie-Ève Bouchard La plume de Clara Lambert se distingue en Europe 1 La jeune Clara Lambert de Rouyn-Noranda s\u2019est distinguée dans un concours organisé par un magazine français.Crédit : L\u2019Éclat/Le Citoyen \u2013 Marie-Ève Bouchard 1 Depuis déjà 5 ans, je suis journaliste au journal « Le Figaro ».Aujourd\u2019hui, le directeur du quotidien m\u2019a demandé un papier qui va changer ma vie.Je pars à l\u2019instant pour le congrès féministe international de Paris ! L\u2019article demandé est un papier humoristique, voire plutôt moqueur, sur ce fameux congrès qui a tant fait parler de lui ces derniers temps.Il a bruyamment été signalé au public par des chahuts d\u2019étudiants, des plaisanteries et même des obstructions malveillantes ! Je dois me dépêcher, la conférence d\u2019une féministe à laquelle je suis conviée commence bientôt ! Bon, je ne suis peut-être pas aussi excitée que je le laisse paraitre, mais j\u2019ai bien hâte de découvrir le féminisme.Pour l\u2019instant, je n\u2019en connais rien ! M\u2019y voici ! Je m\u2019arrête devant l\u2019hôtel des sociétés savantes.Wow ! Jamais je n\u2019y ai mis les pieds car, comme son nom l\u2019indique, il est plutôt pour les gens « savants ».En tant que journaliste, on ne peut guère dire que je le suis spécialement ! La conférencière est déjà à l\u2019avant.Je m\u2019informe et j\u2019apprends qu\u2019elle se nomme Maria Pognon, née Maria Rengnet.Le discours débute.Ses propos me font réfléchir sur l\u2019égalité entre les sexes.Je suis impressionnée par le bien-fondé et la vérité de ses propos.Je dois m\u2019avouer inspirée.Impossible d\u2019écrire un article humoristique sur le féminisme, le sujet est si sérieux ! Maria Pognon a réussi à me faire entrer dans le mouvement féministe, consistant à donner plus de droits aux femmes.C\u2019est vrai que nous n\u2019avons pas vraiment accès à d\u2019autres métiers qu\u2019enseignante ou femme à la maison, ce qui n\u2019est pas du tout un métier, puisque les mères qui le font ne sont guère payées.En plus, quand nous avons la chance d\u2019avoir un « vrai » travail, nous avons un salaire bien moindre que celui des hommes à emploi égal.Ça doit changer ! C\u2019est comme si le destin de toutes les femmes de la Terre reposait sur moi, une simple journaliste.Je veux m\u2019impliquer et montrer que les femmes peuvent en faire autant que les hommes ! Et si je créais un journal complètement réalisé par des femmes ?Je m\u2019y connais bien en journal, c\u2019est mon métier ! Et le mien, ou plutôt celui de toutes les humaines, aborderait même des sujets comme la politique ! Eh oui, les femmes s\u2019intéressent aux mêmes sujets que les hommes ! Et le nom du journal ?Pourquoi pas « La Fronde » ! Et pas d\u2019inquiétude, « La Fronde » en lancera, des roches, et à l\u2019humanité tout entière afin de changer l\u2019image des femmes du monde entier ! Jamais je ne vais écrire ce papier railleur pour « Le Figaro ».Au contraire, je remets ma démission.Maintenant, « La Fronde » sera plus qu\u2019un simple projet.On peut dire, tout de même, que l\u2019article que je devais remettre, malgré le fait qu\u2019il ne sera jamais écrit, aura eu une importance capitale dans ma vie et celle de « La Fronde ».Je veux à l\u2019instant ne m\u2019occuper que de mon projet.Plus rien ne peut m\u2019arrêter ! Ah, j\u2019y pense : je vais tout de suite voir Maria Pognon.Peut- être voudra-t-elle m\u2019aider ?Devinez quoi ! En plus de m\u2019aider, Maria s\u2019engage aussi à être journaliste pour « La Fronde ».Je rêve qu\u2019en déclarant la guerre aux abus, préjugés et lois arbitraires, nous favoriserons l\u2019égalité des droits et l\u2019union de toutes les femmes sans distinction de religion ou de race.Épilogue Marguerite Durand est pionnière du féminisme, plus précisément du journalisme féminin.Son journal, « La Fronde », aura à la fois permis aux femmes d\u2019avoir un travail aussi bien rémunéré que celui des hommes, d\u2019être admises à l\u2019École des Beaux- Arts, d\u2019assister aux débats parlementaires, de recevoir la Légion d\u2019honneur et même d\u2019être avocates ! Malheureusement, six ans après sa fondation, en 1897, «La Fronde » devient un supplément mensuel au journal « L\u2019Action » avant de disparaitre en 1905, à la suite de problèmes financiers.Le premier quotidien féministe d\u2019information générale, politique et culturelle au monde n\u2019aurait pu être ce qu\u2019il a été sans la fabuleuse Marguerite Durand.Clara Lambert, 8 avril 1896 Le jour où j\u2019ai découvert le féminisme Dans le cadre de la Journée internationale de la femme (8 mars), nous publions cet article écrit par une jeune fille s\u2019intéressant à la cause féministe. PHOTO : Élève malgache Crédit : MIC ette année, Mond\u2019Ami, Œuvre pontificale de l\u2019enfance missionnaire, fête son 175e anniversaire de fondation.Autrefois connue sous le nom de la Sainte-Enfance, cette œuvre éveille la conscience missionnaire des enfants à la charité et à la solidarité chrétienne.Mond\u2019Ami soutient annuellement des milliers de projets pour les enfants les plus pauvres du monde.La célébration de cet anniversaire est liée à l\u2019histoire de notre communauté.Notre fondatrice, Délia Tétreault, a toujours manifesté beaucoup d\u2019intérêt pour l\u2019œuvre de la Sainte Enfance et, en 1917, Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, lui confia le mandat de la relancer.À cette époque, les autres diocèses faisaient souvent appel aux Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée- Conception pour l\u2019animation missionnaire sous différentes formes.En 1919, Sr Délia écrivait à Mgr Guillaume Forbes, évêque de Joliette, en des termes qui manifestent son attachement à l\u2019œuvre missionnaire : Comme Votre Grandeur le pourra voir dans la petite notice que j\u2019inclus, l\u2019un des moyens d\u2019action par lesquels nous poursuivons notre but, la propagation de notre sainte foi, c\u2019est de travailler à la diffusion des deux œuvres similaires de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi.Depuis longtemps, Monseigneur, je souhaitais voir quelques-unes des nôtres se livrer à cet apostolat en votre diocèse si riche d\u2019esprit apostolique.Permettez-moi de vous en formuler aujourd\u2019hui la demande avec l\u2019espoir fondé de répondre par là même aux intentions de Notre Saint Père le Pape Benoît XV qui sollicite, à l\u2019heure présente, le concours du monde entier pour secourir les œuvres de missions en détresse.Les Sœurs de l\u2019Immaculée-Conception ont toujours été présentes au conseil d\u2019administration ou à la rédaction du journal de la Sainte-Enfance.Aujourd\u2019hui encore, elles continuent de collaborer de multiples façons à cette cause qui leur tient toujours à cœur.Dans les pays où nous sommes présentes, le travail missionnaire auprès des enfants constitue une grande part de nos activités surtout dans le domaine de l\u2019éducation.En Haïti, le TiMoun Mysionè est publié depuis 1985 et parcourt les écoles pour répandre l\u2019esprit missionnaire.Nous sommes donc très heureuses d\u2019offrir nos plus chaleureuses félicitations à toute l\u2019équipe dirigeante en ce 175e anniversaire ! m ?| LE PRÉCURSEUR | HIVER 2019 C\u2019est la fête à Mond\u2019Ami Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.C LE PRÉCURSEUR VOTRE MAGAZINE D\u2019ACTUALITÉ MISSIONNAIRE DEPUIS 1920 PUBLIÉ PAR LES SŒURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION www.pressemic.org ABONNEMENT NUMÉRIQUE 10 $ PAR AN IMPRIMÉ AU CANADA Elle a tous les âges, cette Femme Elle est la FEMME HUMANITÉ Ni prostrée, ni arrogante Ni courbée, ni debout.Elle repose sur la vie nourrie d\u2019expériences, de souffrances Injectée d\u2019espérance.Mains réunies, visage ouvert à l\u2019intériorité dans une réelle accessibilité Présence aux âges immortels venus d\u2019ailleurs Pleine d\u2019éternité Elle est la FEMME HUMANITÉ Elle vient des âges éternels.Son nom ?Don ?Pardon ?Bénédiction ?Son nom : ELLE LA FEMME, L\u2019HUMANITÉ Huguette Chapdelaine, m.i.c.PEINTURE : Artiste : Monique Saintonge PHOTO : M.-P.Sanfaçon, m.i.c."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.