L'itinéraire, 1 janvier 2019, vendredi 1 mars 2019
[" Volume XXVI, n?05 Montréal, 1er mars 2019 AED N 3r = Voyez OFFERT EN EXCLUSIVITÉ SUR votre horaire et votre bus Site Web et mobile @ © Appl ications en temps réel stm.info Transit Chrono MOUVEMENT COLLECTIF ce, S tm @sus Québec58 (Canada Nom Frédérick Daigle | Camelot n° 1683 | Âge 29 ans Point de vente Métro Longueuil R ÉSILIENCE : capacité à se ressaisir, à s\u2019adapter, à vivre ainsi qu\u2019à se développer positivement en dépit de circonstances défavorables, de chocs émotionnels et d\u2019épreuves.Un terme galvaudé qui prend cependant tout son sens quand Frédérick se raconte.Réaliste, intelligent et persévérant, il déploie courage et force depuis sa tendre enfance malgré un parcours jalonné d\u2019épreuves.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que Fred a du ressort.Si Frédérick vend L\u2019Itinéraire depuis trois ans, c\u2019est grâce à Richard, son père biologique, lui aussi camelot.Il l\u2019a connu il y a six ans sans l\u2019avoir jamais cherché puisqu\u2019il ignorait son existence.Une révélation qui le laisse dubitatif; son défunt beau-père est et sera toujours son vrai père : un homme aimant qui l\u2019a toujours soutenu.Frédérick a du mal à s\u2019habituer à l\u2019idée que sa mère et son « vrai » père forment à nouveau un couple puisqu\u2019ils se sont séparés à sa naissance, alors qu\u2019ils avaient des problèmes de toxicomanie.Pour Frédérick, l\u2019école est synonyme de torture.Il a un trouble d\u2019apprentissage qui n\u2019a jamais été diagnostiqué.On l\u2019a souvent humilié à cause de son retard scolaire.À 13 ans, complètement démotivé, il décroche.Il est alors bénévole pendant trois ans pour un organisme qui vient en aide aux itinérants.Il fait la cuisine et distribue des denrées aux sans-abri.Une expérience marquante, formatrice et surtout valorisante.À 16 ans, il tente un retour sur les bancs d\u2019école à l\u2019éducation des adultes.Ce retour aux études ne fera que raviver ses blessures d\u2019enfant.Persévérant, il surmonte ce nouvel échec en s\u2019engageant dans un stage de six mois supervisé et rémunéré par Entreprise-jeunesse.Il apprend à monter des meubles.Un stage au terme duquel il aura la possibilité de décrocher un emploi.Après moult démarches, il comprendra que sans son diplôme de 5e secondaire, ce ne sera pas une sinécure que de trouver un job.Mais Fred a du ressort\u2026 En attendant de trouver un emploi stable, L\u2019Itinéraire lui donne le goût de se lever le matin.À 29 ans, il se sent apprécié de ses clients du métro Longueuil et s\u2019accomplit à travers son métier de camelot qui lui donne confiance en lui.Frédérick et sa blonde Joanie, future pâtissière, ont des projets d\u2019avenir.D\u2019abord emménager dans un logement plus grand puis fonder une famille.Résilience.Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Photo : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : JASON PARÉ Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, ÉLIE MADOYAN, HÉLÈNE MAI, AGATHE ROUX-LAFAY Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT, SYLVIE POIRIER Illustration de la une : MILTON FERNANDES ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, ISABELLE LACHARITÉ Responsable du Café : PIERRE TOUGAS, DOMINIC GUIMOND Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinérairee Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.VINCENT LEMELIN - Société de transport de Montréal (STM) FRANCK BÉZIAUD - Banque Nationale ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelots RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère du Patrimoine canadien.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre?produit?que?le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222 Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de- Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux- être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Bravo pour votre magazine que j\u2019achète fidèlement?tous?les?mois?de?Jo?Redwitch?au?métro?McGill.?J\u2019y?ai?découvert?un?article?récemment qui parlait de l\u2019émission M\u2019entends-tu?à Télé-Québec, ça a piqué ma curiosité et maintenant?je?suis?déjà?un?fan?de?cette?émission.grâce à vous! Merci, et continuez votre excellent travail ! Dominic Roy 3 MOTS DE CAMELOTS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! 22 camelots ont participé à cette édition Jacques?Elyzé 9 Mario?Alberto?Reyes?Zamora?9 France Lapointe 9 Dans la tête des camelots 24 Gilles Bélanger 42 Cécile Crevier 42 Bill?Economou 42 Par Yvon Massicotte Par Geneviève Bertrand Par Camille Teste Fred ÉDITORIAL 7 Moi Homme, toi Femme.?Par?Josée?Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 8 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 10 L\u2019Hon.Louise Arbour sur le Pacte de Marrakech Par Laurent Soumis EN TOUTE LIBERTÉ 11 Mes trois coups de cœur Par Mathieu Thériault BD 27 Par?Isabelle?Raymond DES GENS D\u2019EXCEPTION 28 Émilie Gamelin Par?Mario?Alberto?Reyes?Zamora COMPTES À RENDRE 31 L\u2019arbitraire de la philanthropie Par Ianik Marcil, économiste indépendant TÉMOIGNAGE 32 La vie sans neige Par?Jo?Redwitch CULTURE 39 Art adapté Par Linda Pelletier C\u2019T\u2019ENCORE DRÔLE 43 Entre dinosaures, vikings et toreros ! Par Colin Boudrias-Fortin DÉTENTE 44 À PROPOS 46 de l\u2019hiver Par Saïd Farkouh DOSSIER Exposition 12 35 Message Facebook Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les Le?8?mars?étant?la?Journée?internationale?des?femmes,?c\u2019est?un?moment?privilégié?pour?nous?interroger?sur?la?place?des?femmes?dans nos sociétés.Mais si l\u2019égalité hommes- femmes?progresse,?et?si,?dans?un?contexte?post #MoiAussi, la parole se libère, certains s\u2019inquiètent d\u2019une « masculinité en crise ».L\u2019homme ne trouverait plus sa place dans la société,?encore?moins?dans?le?couple.?La?femme,?de son côté, serait devenue trop exigeante envers son homologue masculin.Alors la masculinité est-elle vraiment en crise ?Nous avons plongé dans la culture rap, très populaire chez les jeunes, pour comprendre quels?modèles?masculins?et?féminins?leur?sont proposés à travers elle.Présentée au Musée Armand- Frappier de Laval, l\u2019exposition Nous et les autres?nous?invite?à?réfléchir?sur?les?mécanismes?cognitifs?qui?nous conduisent \u2013 souvent malgré nous?\u2013?à?faire?preuve?de?préjugés,?de?discrimination, voire de racisme.Mots de lecteurs SOMMAIRE 1er mars 2019 Volume XXVI, no 05 On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez?notre?magazine.?Eh?bien,?écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement. MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : publicité En 2019, le rôle des hommes et des femmes n\u2019aura jamais été aussi diversifié.La catégorisation des êtres humains en fonction de leur sexe s\u2019est complètement éclatée, dans la mesure où l\u2019orientation sexuelle ou le genre que se donne une personne définit qui, il ou elle, est.Fini \u2013 ou presque \u2013 le temps où le modèle masculin était figé dans un carcan qui ne souffrait aucune dissidence.T\u2019étais un homme ou tu ne l\u2019étais pas.Et puis, une femme, ça connaissait sa place\u2026 Dans notre numéro du 1er mars, nous abordons traditionnellement des enjeux entourant le 8 mars, Journée internationale de la femme.L\u2019an dernier, on a amplement parlé du phénomène #MoiAussi, #MeToo.Depuis, beaucoup d\u2019eau a coulé sous les ponts.La société ne tolère plus les comportements inappropriés, voire criminels, sur lesquels elle a trop longtemps fermé les yeux.Les Gilbert Rozon, Éric Salvail, Harvey Weinstein, et plus récemment, des journalistes français, membres du groupe Facebook Ligue du LOL, sont tombés en disgrâce et ont perdu l\u2019influence qui leur donnait l\u2019impression d\u2019impunité.Le cyberharcèlement ou le harcèlement IRL (in real life/dans la vraie vie) et l\u2019agression sexuelle parce qu\u2019on est puissant et au-dessus de la mêlée, ça ne passe plus.Et c\u2019est un bon pas en avant ! Mais il serait naïf de croire que ce genre de comportement va cesser pour de bon.Il y aura toujours des hommes (et oui, des femmes aussi) qui se croient tout permis.Et, malheureusement, il en restera qui s\u2019en tireront avec une tape sur les doigts.Un homme, c\u2019t\u2019un homme ! Un homme, ça demeure encore un homme, même s\u2019il est féministe, rose, qui pleure quand il a de la peine, qui change les couches du bébé et passe la balayeuse.D\u2019ailleurs un petit sondage maison auprès de nos lectrices le confirme.Plusieurs d\u2019entre elles s\u2019expriment dans nos pages sur les notions de féminisme au masculin, d\u2019engagement et de liberté dans le couple.Mais est-ce que la masculinité de l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui est mise en danger par l\u2019affirmation des femmes ?Selon moi, ceux qui prétendent que oui se servent de cet énoncé comme excuse.Incapables de s\u2019adapter aux changements du rôle des femmes dans la société, ou plutôt réfractaires à cette réalité, ils jettent le blâme sur ces féministes « émasculatrices ».C\u2019est cette « crise de la masculinité » dont on entend parler depuis des années qu\u2019explore notre journaliste Camille Teste.« Crise », dévoile-t-elle, qui ne date pas d\u2019hier.Même les Romains anciens déploraient que le « sexe infirme » prenait déjà trop de place\u2026 De nos jours, la femme prend-elle « trop de place » ?Par exemple, certains diront qu\u2019elle est surreprésentée en matière de réussite scolaire, au détriment des gars, que les hommes québécois ne draguent plus par peur du rejet, que la femme est privilégiée.Je vous invite à lire l\u2019entrevue très intéressante que Camille a réalisée avec l\u2019auteur québécois Francis Dupuis-Déri qui offre un point de vue éclairant sur la question.Enfin, en début de ce billet, je vous parle de catégorisation.Notre camelot Yvon Massicotte a écrit un texte sur sa visite au Musée Armand-Frappier de Laval où a lieu l\u2019exposition sur le racisme Nous et les autres.On y parle, entre autres, de catégorisation, un réflexe bien humain mais qui, souvent, mène à des généralisations, des stéréotypes et des préjugés.En tout cas, cette édition ne manque pas de matière à réflexion ! Moi toi .7 itineraire.ca 1er mars 2019 ÉDITORIAL PAR JOSÉE PANET-RAYMOND ÉDITRICE ADJOINTE ET RÉDACTRICE EN CHEF ALLEMAGNE | Apprendre de l\u2019échec Une Fuckup Night est une soirée où deux ou trois personnes parlent ouvertement pendant environ dix minutes d\u2019un échec passé.Ce faisant, elles rendent leurs erreurs publiques plutôt que de les dissimuler ou de les oublier.La personne qui raconte ses expériences peut les revivre sous un angle différent, tandis que ceux qui l\u2019écoutent peuvent tirer des leçons de ces erreurs - sans avoir à faire les mêmes.La toute première soirée Fuckup jamais organisée aurait eu lieu à Mexico, avant de se diffuser dans plus de 300 villes de 40 pays.Aleksandra Nagele organise des Fuckup Nights à Salzbourg depuis début 2018.Elle est heureuse que de tels événements changent l\u2019attitude des gens face à l\u2019échec : « Nous commettons tous des erreurs et, au lieu de rester silencieux, nous pouvons apprendre beaucoup en partageant nos expériences, dit-elle.Il me semble que notre valeur en tant qu\u2019être humain se mesure trop à la réussite.Cela commence à l\u2019école et continue au travail.La peur du mépris et de la dérision empêche beaucoup de gens d\u2019essayer quelque chose de nouveau.» (Aleksandra Nagele pour Apropos/INSP.ngo) ROND-POINT INTERNATIONAL TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE ITALIE | Des prototypes pour les sans abri Napoli 2035 est un petit organisme caritatif italien qui a créé un prototype de tente pliante en carton pour sans-abri.En ligne, le projet est devenu viral.Du Japon à l\u2019Irlande, des centaines d\u2019organismes se sont enquis de la tente, a annoncé Napoli 2035.Fabriquée à partir de carton et de plastiques recyclables, la tente imperméable se plie comme un accordéon dans un sac à dos portable, a déclaré Giuseppe D\u2019Alessandro son créateur, qui l\u2019a inventée au cours de ses études de design en 2017.Partout en Europe, de nombreux pays ont vu le nombre de personnes sans abri augmenter depuis la crise financière de 2007, en raison des mesures d\u2019austérité et de la hausse des prix du logement.On estime à 4,1 millions le nombre de personnes qui n\u2019ont pas de toit dans l\u2019Union européenne.(Umberto Bacchi / Reuters) PHOTO :?NAPOLI?2035 L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100?journaux?de?rue?dans?34?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo MARIO ALBERTO REYES ZAMORA PARTICIPANT FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL / MENTANA JACQUES ELYZÉ CAMELOT SAINTE-CATHERINE / SAINT-LAURENT L\u2019espace n\u2019est pas une poubelle Quand je pense à l\u2019exploration spatiale, plusieurs questions me viennent en tête.Avons-nous vraiment besoin de dépenser autant d\u2019argent pour effectuer toutes ces expéditions ?Ne devrions-nous pas nourrir, loger et donner accès à l\u2019eau potable à toutes les personnes vivant sur la planète avant de vouloir poser le pied sur Mars ?Nous savons que l\u2019humain pollue généralement les lieux où il vit.L\u2019espace autour de la Terre est rempli d\u2019objets de toutes sortes qui sont un réel danger pour les missions spatiales.Mais nous continuons quand même à y envoyer des satellites et autres objets.Les robots, sondes et télescopes deviendront des déchets une fois leur durée de vie atteinte.Notons que la NASA a recensé plusieurs centaines d\u2019objets sur la Lune que les astronautes ont laissés derrière eux pour un total de plus de 187 tonnes de matériel ! On y trouve, entre autres, des modules, des réflecteurs, des étages de fusées, des sondes, mais aussi trois jeeps lunaires, quatre Rover.Bien sûr la recherche de nouvelles technologies peut apporter une certaine évolution mais est-ce vraiment du progrès ?Les téléphones intelligents et les GPS sont quelques exemples d\u2019inventions issues de l\u2019exploration spatiale.Certaines personnes développent la « nomophobie », c\u2019est-à-dire l\u2019incapacité de se séparer de son cellulaire sans ressentir du stress ou de l\u2019angoisse.Le GPS utilisé systématiquement peut même faire perdre le sens de l\u2019orientation aux utilisateurs.Malgré le fait que je sois épaté par les exploits de ces expéditions, je suis d\u2019avis que nous devrions en priorité préserver la planète Terre et ses ressources pour la survie de tous les êtres vivants.Ma rencontre avec L\u2019Itinéraire Comment j\u2019ai connu L\u2019Itinéraire?Je passais sur la rue Ontario près d\u2019Amherst, je me suis arrêté en pensant que c\u2019était un petit resto.C\u2019était inscrit dans la vitrine : « Café L\u2019Itinéraire ».J\u2019ai vu une demoiselle assise derrière un pupitre qui faisait face à la porte d\u2019entrée.\u2014 « Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous ?» \u2014 « Un café s\u2019il-vous-plaît.» Je me suis assis à une petite table.Il n\u2019y en avait que deux ou trois.J\u2019ai vu des gens qui entraient et sortaient avec des revues alors j\u2019ai posé la question : « Ce n\u2019est pas juste un café ?» On m\u2019a répondu : « Non ! C\u2019est un organisme communautaire, qu\u2019on appelle L\u2019Itinéraire.» On m\u2019a expliqué la procédure.J\u2019ai tenté l\u2019expérience.J\u2019ai acheté des journaux pour aller les vendre.Les jours et les mois ont passé.On a déménagé au coin de Sainte-Catherine et De Lorimier.Petit à petit tout s\u2019est modernisé dans de nouveaux grands locaux.Le personnel a graduellement changé, comme la distribution du magazine, l\u2019administration, la gestion.La communauté des « camelots », comme on nous surnomme, s\u2019est agrandie avec le temps.Pour beaucoup d\u2019entre nous, être camelot nous a aidés à régler certains problèmes.On s\u2019est rendu compte que cet organisme-là avait aussi pour mandat la réinsertion sociale.Oui grâce à L\u2019Itinéraire, nous sommes actuellement heureux.De fil en aiguille, le magazine a développé une nouvelle image.C\u2019est sûr qu\u2019au début l\u2019organisme avait la réputation d\u2019un milieu partiellement précaire, mais avec le temps tout a changé, c\u2019est devenu un milieu thérapeutique pour nous.On a des ateliers d\u2019écriture, de peinture, de musique.Pour réussir, il faut croire.Merci mon dieu de me garder en harmonie avec la vie.Je ne suis pas venu au monde pour gagner ma vie, mais LA vie.MOTS DE CAMELOTS Le bonheur Le bonheur, c\u2019est pas fait pour tout le monde ! Y\u2019en a qui l\u2019ont facile, y\u2019en a d\u2019autres qui l\u2019ont pas.Si on pouvait deviner notre avenir à long terme, percevoir la chance comme une diseuse de bonne aventure, on saurait ce qui va nous arriver.Par exemple : rencontrer l\u2019âme-sœur au bon moment, à la bonne place, ou savoir quand la chance va nous permettre de gagner un bon montant pour sortir de notre misère et de notre souffrance.Dans notre tête, parfois notre subconscient nous parle.Il nous dit d\u2019aller rencontrer du bon monde, il faut l\u2019écouter.Des fois il me dit un numéro pour la loterie, je ne le prends pas et il sort après ! Je me gruge les doigts, et je viens en beau joual vert ! Parfois j\u2019ai trouvé des portefeuilles que j\u2019ai rendus aux personnes.Faire du bien aux autres, ça fait du bien.Ça apporte du bonheur.Après le monde a confiance en toi, ça apporte du positif.Aider des personnes en détresse ou malades, des fois ça sauve des vies.J\u2019ai déjà trouvé un animal et je l\u2019ai redonné à son maître.Il a apprécié, il m\u2019a remerciée et il ne m\u2019oubliera pas dans ses prières.Il tenait beaucoup à son chien.« Tous pour un et un pour tous » : c\u2019est ma devise. P H O T O : ?W O R L D ?E C O N O M I C ?F O R U M ?/ R E M Y ?S T E I N E G G E R questions à L\u2019Hon.Louise Arbour 3 pouvaient pas continuer sans avoir un framework, un guide.Le Pacte n\u2019est pas un traité, ce n\u2019est pas une convention, ce n\u2019est pas un document juridique de nature contraignante.Ça n\u2019oblige personne à quoi que ce soit sur le plan juridique.C\u2019est une entente, non seulement sur les bonnes pratiques, mais un effort pour aller dans des directions communes.Ça n\u2019oblige personne, mais ça donne de très bonnes indications sur la façon dont on devrait procéder.Quelles sont les grandes lignes du Pacte ?Le Pacte comprend 23 objectifs qui s\u2019appliquent, avec différents degrés d\u2019intensité, aux situations très différentes dans le monde.Le premier objectif est d\u2019abord de recueillir de meilleures informations.C\u2019est un dossier trop souvent discuté sur des bases anecdotiques, sur des stéréotypes.L\u2019un des premiers objectifs est donc de comprendre de quoi on parle.Un exemple : les gens confondent tout le temps les réfugiés et les migrants.Les réfugiés \u2013 il y en a 25 millions à travers le monde \u2013 sont des gens qui fuient la persécution, qui fuient des pays en guerre et qui n\u2019ont plus la protection de leur gouvernement.Par contre les migrants \u2013 il y en a 258 millions \u2013 sont des gens qui vivent depuis au moins un an dans un pays autre que le pays de leur origine.Les motivations de ces 258 millions de personnes sont très variées.Il y a des gens qui ont le luxe d\u2019aller En décembre dernier, 152 pays membres de l\u2019ONU ont adopté le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.Sous la pression américaine, 12 pays se sont abstenus et cinq ont voté contre, dont les États-Unis.Le président Donald Trump et le chef conservateur canadien, Andrew Scheer, prétendent que le Pacte consacre l\u2019abandon des souverainetés nationales.Ce n\u2019est pas l\u2019avis de Louise Arbour, mandataire du secrétaire général de l\u2019ONU sur les migrations.Ancienne juge à la Cour suprême du Canada de 1999 à 2004, Mme Arbour a été procureure en chef au Tribunal pénal international pour l\u2019ex-Yougoslavie et le Rwanda (1996-1999).Elle a été Haut- commissaire aux droits de l\u2019homme de l\u2019ONU de 2004 à 2008.Durant deux ans, vous avez été « l\u2019âme » des négociations qui ont mené au Pacte de Marrakech.Malgré la défection de certains États, êtes-vous satisfaite du résultat ?Dans le contexte politique actuel, je suis très satisfaite.Dans le contexte d\u2019enjeux internationaux, comme la migration et la mouvance humaine à travers les frontières, le fait de ne pas voir tout le monde réuni dans un consensus est toujours un peu décevant.Cela aurait été plus qu\u2019ambitieux d\u2019espérer que tout le monde se rallie.Tout a commencé avec la crise européenne en 2015.Les Européens se sont tournés vers les Nations Unies pour dire qu\u2019ils ne s\u2019établir ailleurs.Ils sont une infime minorité.Il y en a d\u2019autres qui partent à l\u2019étranger pour étudier, qui rencontrent quelqu\u2019un et qui veulent s\u2019établir ailleurs.Et, soyons réalistes, il y a aussi beaucoup de gens très pauvres qui essayent de donner une meilleure vie à leurs enfants.Le Pacte dit ensuite qu\u2019il faut protéger les droits des migrants, combattre le racisme et la xénophobie.Le Pacte reconnaît aussi que les États sont souverains et qu\u2019ils ont le droit de décider qui entrera dans leur pays, à quelle condition et pour combien de temps.Le Pacte s\u2019adresse également à la migration irrégulière, aux gens qui se trouvent à l\u2019extérieur de leur pays dans une situation d\u2019irrégularité.Le Pacte parle aussi du volet humanitaire pour avoir une meilleure réponse de solidarité envers les personnes extrêmement vulnérables, souvent aux mains des passeurs et des trafiquants.Enfin, il parle du volet économique, de l\u2019intérêt des pays alors que l\u2019Occident est en décroissance démographique et que d\u2019autres parties du monde sont en période de grande croissance.Toutes ces pratiques sont énumérées dans le Pacte.La question des migrants s\u2019invite déjà en campagne électorale.Andrew Scheer prétend que le Pacte aura « une influence sur le système d\u2019immigration » et que « les bureaucrates étrangers viendront dire au Canada comment gérer ses frontières ».Vous n\u2019êtes résolument pas de cet avis ?Oui, et surtout sur la deuxième partie.De dire que ça peut influencer le Canada ?Je l\u2019espère ! J\u2019espère qu\u2019un pays comme le Canada a l\u2019intention de s\u2019ouvrir aux grandes questions mondiales.Ce serait assez désappointant si le Canada n\u2019avait aucune intention de s\u2019ouvrir à cette conversation.Mais pour la deuxième partie\u2026.De suggérer et de prétendre que des fonctionnaires étrangers vont venir dire au Canada comment gérer les questions d\u2019immigration, ça, c\u2019est du pur délire ! Le Pacte est explicite : l\u2019immigration relève de la souveraineté des États.Juridiquement, c\u2019est une question qui relève exclusivement de la souveraineté des États.Mais de par sa nature, c\u2019est une question qui relève aussi de l\u2019interdépendance des États.Avoir une politique d\u2019immigration qui est sabotée par ces voisins, ça n\u2019a pas beaucoup de chances de réussir.C\u2019est un domaine dans lequel, comme dans les changements climatiques, la coopération internationale est la voie du succès pour la mise en œuvre de politiques nationales, quelles qu\u2019elles soient.sur le Pacte de Marrakech Envoyée spéciale du secrétaire général de l\u2019ONU 1er mars 2019 itineraire.ca 10 PAR LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ Histoire de varier un peu les plaisirs, cette chronique prendra une pause du commentaire social ou politique pour vous emmener du côté de la découverte littéraire.Il s\u2019agit en fait de quelques-uns de mes plus grands coups de cœur à vie et même si les livres dont il sera question ici ne sont pas exactement des nouveautés, il est fort possible que vous n\u2019en ayez jamais entendu parler.Avec l\u2019hiver qui n\u2019en finit plus de finir, c\u2019est l\u2019occasion de se mettre au chaud avec un bon bouquin.Jorge Semprun, L\u2019Algarabie Et si de Gaulle était mort en mai 68 et que les fameux événements étaient allés jusqu\u2019au bout, entraînant la France dans une nouvelle révolution ?C\u2019est le scénario de départ de ce roman dont l\u2019action se situe au milieu des années 1970.Après avoir emporté presque toute la France, le territoire conquis par les révolutionnaires a fondu comme peau de chagrin et se limite à une zone d\u2019utopie populaire (ZUP) sur une bonne partie de Paris, sorte de commune du 20e siècle.Toute l\u2019action sur près de 600 pages se passe dans les dernières 24 heures d\u2019un immigrant espagnol proche des anarchistes.La ZUP se retrouve déchirée par les conflits entre les différentes factions (anars, maos, communistes, féministes), sans parler des tensions créées par le crime organisé ou les renseignements généraux, en plus de ces hordes de touristes qui descendent des bus pour voir en vrai à quoi ressemble « la société idéale » en action.Mais l\u2019œuvre est loin de se limiter à la politique, tellement il y a de niveaux d\u2019histoires différents à l\u2019intérieur du récit principal.L\u2019auteur s\u2019amuse avec le lecteur en changeant constamment de style de narration et on est souvent emporté par des parenthèses ou des apartés qui durent sur plusieurs pages.Ainsi, le personnage cherche à conquérir son autonomie vis-à-vis l\u2019auteur, qui le nargue en lui rappelant qui est le vrai patron dans ce bouquin et qui décide du parcours de sa vie.Le roman est rempli d\u2019humour et de finesse.On sent autant un désir d\u2019autocritique concernant tous ces intellectuels qui ont embrassé un peu trop naïvement le communisme qu\u2019un hommage sincère à la commune de Paris, la guerre civile espagnole, Mai 68 et autres événements qui sont passés tout près de changer le cours de l\u2019Histoire.Jose Saramago, L\u2019Aveuglement Écrivain portugais et prix Nobel, Saramago nous livre avec L\u2019Aveuglement un roman très dur, où toutes les personnes de la société sont frappées par une épidémie de cécité.Tour à tour, les gens deviennent aveugles.Craignant une contagion, le gouvernement décide d\u2019enfermer les malades dans des bases gardées par l\u2019armée.Une seule femme ne sera pas atteinte par le mystérieux mal et c\u2019est à travers ses yeux qu\u2019on découvre comment la vie se réorganise à l\u2019intérieur de l\u2019une de ces bases.On constate alors à quel point toute notre civilisation ne tient pas à grand-chose, alors que différents groupes sont en lutte pour le contrôle de la nourriture, des ressources et du pouvoir.Puis, les gens finissent par sortir au fur et à mesure que les soldats qui devaient maintenir l\u2019ordre deviennent aveugles à leur tour.La société cesse alors complètement de fonctionner et s\u2019enfonce dans le chaos.Adapté au cinéma, le livre est bien évidemment supérieur et nous offre une troublante réflexion qui nous rappelle qu\u2019on aurait tort de prendre pour acquise la relative paix sociale dans laquelle nous vivons.Henri Lamoureux, L\u2019Affrontement Ce roman québécois de 1979 aurait malheureusement pu être écrit n\u2019importe où et n\u2019importe quand.Dans une usine d\u2019acier, un ouvrier meurt à la suite d\u2019un accident de travail.Révoltés par cette tragédie et des années d\u2019exploitation et de mauvaises conditions, les travailleurs déclenchent une grève sauvage.C\u2019est l\u2019éternel affrontement, la lutte des classes entre travail et capital.Aux antipodes de ces trop nombreux livres où l\u2019auteur se vautre dans l\u2019auto-contemplation d\u2019un désespoir réel ou fantasmé, on explore ici la mécanique de la grève, ses impacts au quotidien tant pour les grévistes que pour leurs proches.Les dynamiques de pouvoir, les rapports sociaux, le rôle parfois fort équivoque des syndicats : ce livre se lit tout seul et nous offre du coup un super cour de sociologie.En espérant que ces suggestions puissent vous inspirer et vous donner le goût de savourer un bon bouquin ! Mes trois coups de cœur itineraire.ca 1er mars 2019 11 PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD EN TOUTE LIBERTÉ PRE a gere + SN TE A a rt QC a 2 Q 0 14 er Sf x a § Vv \u2014 ve \u2014 Q ® ha Nt 2 Ve Le 8 mars étant la Journée internationale des femmes, c\u2019est un moment privilégié pour nous interroger sur la place des femmes dans nos sociétés.Mais si l\u2019égalité hommes-femmes progresse, et si, dans un contexte post #MoiAussi, la parole se libère, certains s\u2019inquiètent d\u2019une « masculinité en crise ».L\u2019homme ne trouverait plus sa place dans la société, encore moins dans le couple.La femme, de son côté, serait devenue trop exigeante envers son homologue masculin.Alors la masculinité est-elle vraiment en crise ?Pour le savoir, nous avons discuté avec Francis Dupuis-Déri, auteur de La Crise de la masculinité - Autopsie d\u2019un mythe tenace.De leurs côtés, qu\u2019attendent vraiment les femmes de leurs homologues masculins ?Vaste question, qui nécessiterait sans doute une étude sociologique poussée.Plus modestement, nous avons décidé de profiter de l\u2019occasion pour ouvrir nos pages à plusieurs de nos lectrices en leur demandant de nous parler de leur vision de l\u2019homme et du couple.* Enfin, nous avons plongé dans la culture rap, très populaire chez les jeunes, pour comprendre quels modèles masculins et féminins leur sont proposés à travers elle.* Nous avons cherché à présenter, à travers ces témoignages, une relative diversité ethnique, économique, culturelle et d\u2019âge.Par ailleurs, les prénoms ont été changés. PAR CAMILLE TESTE Le 23 avril 2018, Alek Minassian, 25 ans, tuait dix personnes à Toronto, dont huit femmes, dans une attaque à la voiture bélier.La veille sur Facebook, il avait annoncé sa volonté de commettre un acte misogyne, s\u2019ajoutant à une longue liste de crimes perpétrés contre les femmes du fait de leur sexe, au Canada comme ailleurs.Célibataire involontaire (membre des « incels »), Alek Minassian était un masculiniste revendiqué.Comme tant d\u2019autres, il reprochait aux femmes, et en particulier aux féministes, d\u2019être les vraies privilégiées du système, conséquence de quoi les hommes auraient plongé dans une crise de la masculinité sans précédent.Pour Francis Dupuis-Déri, politologue, enseignant en science politique à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) et auteur de La Crise de la masculinité - Autopsie d\u2019un mythe tenace (Éditions du remue-ménage, 2018), cette crise de la masculinité est une chimère, un discours à déconstruire.Selon vous, l\u2019idée qu\u2019il y aurait une « crise de la masculinité » est avant tout un discours.Oui, dans mon livre, j\u2019ai tenté de montrer que ce n\u2019est pas une réalité tangible, mais bien un discours, qui laisse entendre que les hommes souffrent d\u2019une féminisation croissante de la société.En fait, j\u2019y propose un contre-discours et j\u2019essaye de démontrer que cette rhétorique masculiniste déforme la réalité et n\u2019est qu\u2019un ramassis de clichés et de stéréotypes.Quels sont les arguments qu\u2019avancent les masculinistes pour démontrer leurs théories ?On l\u2019a vu avec des groupes comme les « incels », il y a par exemple l\u2019idée selon laquelle les hommes ne sauraient plus ou ne pourraient plus draguer, du fait de l\u2019influence de femmes castratrices sur la société.Un autre argument allant dans le sens d\u2019une domination latente des femmes est la question de la garde des enfants : dans un divorce, celles-ci obtiendraient la garde et toucheraient une pension alimentaire dans la majorité des cas, ce qui reviendrait à dire qu\u2019elles tiennent les rênes de l\u2019institution familiale.Une autre injustice identifiée par certains masculinistes, est la question des violences physiques et sexuelles.Oui, selon plusieurs, les femmes tenteraient de détruire les hommes avec de fausses allégations.Pour démontrer que les femmes ont systématiquement recours à ces fausses allégations, ils montrent notamment que le taux de condamnation des hommes dans des procès pour violence conjugale est inférieur au taux de plainte.Sauf qu\u2019ils oublient que dans n\u2019importe quel processus judiciaire, il y a moins de personnes jugées coupables à la fin qu\u2019il n\u2019y a eu de plaintes.De fait, ça peut être très difficile de prouver des violences, notamment sexuelles.Ce n\u2019est pas parce que vous n\u2019êtes pas reconnu coupable qu\u2019il n\u2019y a pas eu de gestes répréhensibles.Sauf que pour les masculinistes, les jugements des tribunaux traduisent une réalité sociale.est-elle un mythe ?14 1er mars 2019 itineraire.ca La crise de la ENTREVUE Parmi les arguments employés par le discours sur la « crise de la masculinité », il y a aussi le problème du taux de suicide des hommes, plus élevé que celui des femmes.Oui, pour les masculinistes, cet écart serait lié à la crise de la masculinité.Pourtant, il y a plusieurs arguments qui permettent de déconstruire cette idée.Par exemple, à la fin du 19e siècle, le sociologue Emile Durkheim montrait qu\u2019en France, le taux de suicide des hommes était déjà quatre fois plus élevé que celui des femmes.Or, difficile de dire que la société française d\u2019alors était une société féminisée.Autre argument avancé par le discours de la « crise de la masculinité », la question du décrochage scolaire.Oui, là encore, celui-ci est plus important chez les hommes que chez les femmes.Dans le discours masculiniste, on considère que c\u2019est la faute de l\u2019école, qui serait trop féminisée et dans laquelle on ne trouverait pas assez de modèles masculins.En fait, quand on regarde les chiffres, on constate que la variable la plus influente sur les résultats scolaires, ce n\u2019est pas le sexe mais la réalité socio-économique.Ainsi, certaines études montrent que les différences de résultats scolaires entre les sexes sont à peu près nulles dans les communautés où les conditions matérielles ou financières sont très bonnes.En revanche, les différences de taux de décrochage scolaire s\u2019aggravent dans les communautés moins aisées.L\u2019une des façons d\u2019expliquer ce phénomène, c\u2019est de démontrer que dans ces milieux-là, les garçons décrochent plus de l\u2019école, certes, mais pour se trouver un emploi relativement bien payé et nécessitant peu de diplômes.Un jeune homme va par exemple décider de quitter l\u2019école pour accéder à des emplois dans le milieu de la construction.Une fille, elle, ne pourra pas vraiment accéder à ce genre d\u2019emplois, ce milieu étant encore très ségrégé et majoritairement réservé aux hommes.À niveau de diplomation égale, celle-ci aurait accès à des emplois beaucoup moins bien payés, comme caissière ou coiffeuse.Stratégiquement, il est donc moins attirant pour une femme de décrocher à ce moment-là.« La virilité de mon partenaire n\u2019est pas vraiment importante à mes yeux, ça n\u2019a pas du tout déterminé mon choix de partenaire de vie.D\u2019ailleurs, nous on fait souvent des blagues sur la masculinité toxique, on s\u2019amuse avec la notion de virilité. » Léa, 29 ans « Je crois qu\u2019il est à la fois nécessaire de respecter la relation que l\u2019homme entretient avec sa virilité, mais en même temps, il faut déconstruire certains aspects et codes qui pourraient être problématiques pour l\u2019harmonie du couple. » Danielle, 28 ans « Moi j\u2019aime les hommes virils, un peu bad boy, mais pas tout le temps. Ah ! ce qu\u2019on peut être difficiles nous les femmes ! » Marie, 65 ans Dans le cas du décrochage scolaire comme dans le cas du taux de suicide, les théories masculinistes prétendent améliorer la situation en revalorisant la masculinité traditionnelle.Oui, sauf qu\u2019en fait, revaloriser la masculinité traditionnelle constituerait plutôt un facteur de risque.Dans le cas du suicide, la possession d\u2019armes à feu, la rétention des émotions, le fait de ne pas être encouragé à demander de l\u2019aide \u2013 trois éléments valorisés dans une perspective traditionnelle de la masculinité \u2013 sont des facteurs qui favorisent le passage à l\u2019acte.En ce qui concerne les résultats scolaires, des études montrent que plus vous adhérez à une masculinité traditionnelle, plus vous êtes à risque, parce qu\u2019un vrai garçon ne lit pas, il se bagarre, il est turbulent, il joue au hockey plutôt que d\u2019étudier, etc.Comment en êtes-vous venu, en tant qu\u2019homme, à travailler sur ce sujet ?Dès la fin des années 1980, j\u2019ai commencé à me pencher sur ce discours.C\u2019est un discours qui m\u2019énerve car je considère qu\u2019en tant qu\u2019hommes, on est bien plus privilégiés que les femmes dans nos sociétés.Dans les faits, ce sont les hommes qui sont encore, le plus souvent, à la tête des États, des banques, des syndicats, des partis politiques, des associations étudiantes, des associations religieuses, des universités, des organisations criminelles, dans les conseils d\u2019administration, etc.Et puis, encore aujourd\u2019hui, à diplôme égal et travail égal, les salaires des hommes sont plus élevés que ceux des femmes.Par ailleurs, les hommes ont bien moins souvent peur d\u2019être victimes de violences de la part de l\u2019autre sexe.Donc on est loin d\u2019une égalité entre les deux sexes, ce qui rend scandaleux le discours qui consiste à dire qu\u2019il y a une crise de la masculinité due aux femmes.Évidemment, je ne dis pas que les hommes ne vivent pas de problèmes de santé, de crises existentielles, de troubles physiques, mentaux, ou même économiques.De même, je ne dis pas que c\u2019est toujours facile d\u2019être un homme : les hommes se retrouvent parfois surreprésentés dans certaines cohortes, comme c\u2019est le cas pour l\u2019itinérance.Mais ils ne sont pas dans ces situations à cause d\u2019un complot féministe.« Pour moi, le féminisme doit avoir une place majeure dans le couple.Lui et moi devons être féministes, concevoir notre vie de famille sur cette notion, ainsi que l\u2019éducation de nos enfants, garçons comme filles.Les charges doivent être divisées en deux, équitablement ; le salaire reste quelque chose de personnel, mais l\u2019investissement financier dans la vie de couple ou de famille doit être paritaire. » Danielle, 28 ans « J\u2019ai un problème avec le féminisme qui revendique un combat contre l\u2019homme.Moi, je ne vois jamais cela comme un combat contre lui mais un combat pour moi-même, pour nous et nos futurs enfants. D\u2019ailleurs, je ne cherche pas forcément à ce que mon homme soit complétement au fait de notions féministes telles que la charge mentale ou bien qu\u2019il comprenne complétement mon expérience de femme.Il ne la comprendra jamais vraiment, tout comme je ne comprendrai jamais totalement ce que c\u2019est d\u2019être un homme.En revanche, pas question qu\u2019il me laisse toutes les tâches ingrates : je veux qu\u2019il partage le fardeau qui repose sur notre couple dans son quotidien.Car ça diminue les disputes et ça nous laisse plus de temps pour nous aimer.Donc comme ça c\u2019est le couple qui gagne.» Louise, 27 ans « Le féminisme, on en parle très souvent dans notre couple.Mon copain est féministe.On vient tous les deux de sociétés traditionnellement patriarcales, il est Portugais et je suis d\u2019origine libanaise, donc on aborde beaucoup la question de la place laissée aux femmes dans la société. » Léa, 29 ans Justement, vous avancez dans votre livre que ce discours sur une prétendue « crise de la masculinité » remonte, en Occident, à au moins 500 ans.Oui, j\u2019ai procédé à un retour historique sur ce discours et j\u2019ai été étonné de constater qu\u2019il y avait déjà une rhétorique masculiniste au 16e siècle, à la sortie du Moyen-Âge.En fait, pendant 500 ans, l\u2019Europe, et plus généralement l\u2019Occident, ont été traversés par ces discours en permanence, parfois dans des moments de crise économique ou de révolution, mais pas toujours.Vous montrez aussi qu\u2019aujourd\u2019hui ces discours sur la crise de la masculinité sont tenus un peu partout sur la planète.Oui, sur les 20 dernières années, on observe que des hommes se disent en crise partout dans le monde.On l\u2019observe en Occident donc, mais aussi en Russie, en Amérique latine, chez les Wolofs, en Afrique sub-saharienne, chez les protestants, chez les catholiques, chez les musulmans, chez les juifs, en Corée, en Chine, au Japon, au Maghreb, etc.Bref, quel que soit le régime politique, économique ou juridique, peu importe la manière dont est pensée la place de la famille, que ce soit dans une monarchie, un régime parlementaire, un régime socialiste d\u2019État ou tout autre système, l\u2019homme peut se considérer en crise.Alors, comment l\u2019expliquer ?Dans la mesure où je constate qu\u2019il y a des discours sur la crise de la masculinité dans des contextes où il n\u2019y a pas de débat sur le fait que les féministes ne contrôlent pas du tout le pays ou les institutions, je crois qu\u2019on peut avancer que ce discours est vraiment un discours idéologique et rhétorique qui a au moins deux fonctions principales.D\u2019abord, c\u2019est un discours qui a pour fonction d\u2019attirer l\u2019attention et l\u2019empathie vers les hommes.D\u2019autre part, il est aussi là pour délégitimer les combats des femmes, et présenter comme une menace les femmes qui ne restent pas à leur place ou veulent déroger aux places qu\u2019on veut les voir respecter.En fait, il s\u2019agit d\u2019un discours de réaffirmation des différences fondamentales entre les sexes et de réaffirmation de la suprématie masculine : un homme, pour ne pas être en crise, devrait avoir le droit à un certain nombre de choses, dont une sexualité affirmée, des conjointes obéissantes qui ne divorcent pas, ils devraient garder le contrôle sur les enfants, ils devraient avoir les emplois qu\u2019ils veulent et non pas se les faire voler par les femmes, etc.« Le couple de maintenant n\u2019est plus le même qu\u2019à mon époque ou à celle de mes parents.Les jeunes sont plus à l\u2019aise avec le célibat aussi, même si ça peut changer en vieillissant.En tout cas, je ne crois pas que le mariage soit nécessaire. Je crois qu\u2019on peut être engagé sincèrement sans se marier.En plus, c\u2019est beaucoup plus économique.Moi, je me suis mariée par besoin de faciliter la venue de mon mari étranger.Sinon, je ne me serais jamais mariée.Je n\u2019ai jamais voulu d\u2019enfants non plus, et heureusement j\u2019ai rencontré des hommes qui n\u2019en voulaient pas.Je ne sais pas comment les femmes qui travaillent y arrivent.Toute jeune, je savais que je n\u2019aurais pas d\u2019enfants, je ne comprends toujours pas l\u2019engouement des femmes à ce sujet.Aujourd\u2019hui je suis divorcée et j\u2019avoue que maintenant, je ne voudrais plus avoir quelqu\u2019un 24 heures sur 24 avec moi. Après un divorce, la solitude est très agréable, j\u2019ai repris le contrôle total de mon horaire, de mes choix de vie.Je ne me vois vraiment pas avec un nouveau conjoint. » Marie, 65 ans « Je crois qu\u2019être en couple est essentiel pour se développer soi-même une fois qu\u2019on a fait un bon chemin et qu\u2019on a appris à se connaître soi.Sinon on finit par stagner.À travers le couple, on se trouve devant un miroir, on apprend à se connaître d\u2019une autre manière et à faire des compromis parfois difficiles.C\u2019est un vrai test pour une personne qui se croit accomplie.Je pense aussi que l\u2019engagement est vraiment à la hauteur de celui qui le fait.Moi je suis une fille qui se commet et qui va jusqu\u2019au bout, donc si je décide de passer mes prochaines années avec quelqu\u2019un, de le considérer, de prendre sur mon temps pour lui faire plaisir, ça ne sera pas pour passer le temps.Je pouvais être seule mais j\u2019ai choisi d\u2019être bien accompagnée. » Louise, 27 ans 17 itineraire.ca 1er mars 2019 Au Québec, on entend souvent dire que la masculinité serait en crise du fait d\u2019un supposé matriarcat ou parce que les hommes québécois francophones se trouveraient du côté des dominés.Oui, sauf qu\u2019au Canada anglophone les hommes se disent aussi en crise pour d\u2019autres raisons.Quant à ce matriarcat, dans les faits, il n\u2019a jamais vraiment existé.C\u2019est un discours qui a une dimension prétendument historique, dans la mesure où il prend sa source dans l\u2019histoire de l\u2019homme bucheron qui partait en forêt pendant six mois pendant que sa femme tenait la maison.Mais l\u2019explication anthropologique est absurde : ces prétendues matriarches ne s\u2019en trouvaient pas au pouvoir pour autant puisqu\u2019elles étaient dans des villages où le maire, le chef de police, le directeur de la banque ou le curé étaient des hommes.La terre était possédée par des hommes, ceux-ci avaient le contrôle sur leur compte en banque, etc.En fait, ce qui est pratique, avec le discours masculiniste, c\u2019est qu\u2019il a réponse à tout : avec cette rhétorique, on peut prouver tout et son contraire.Par exemple, en France, l\u2019écrivain Eric Zemmour (Le Premier Sexe, 2006, éditions Denoël) va coupler son analyse masculiniste avec une analyse raciste et souligner que les hommes français sont en crise, et qu\u2019ils ne peuvent plus protéger leurs femmes contre les immigrants arabes qui eux, sont encore, pour l\u2019auteur, dans une conception virile de la masculinité.D\u2019autres vont plutôt dire que non, les hommes arabes sont aussi en crise, et que c\u2019est d\u2019ailleurs ça qui aurait mené aux révolutions arabes et même aux attentats du 11 septembre ! Ici, l\u2019argumentaire repose notamment sur le fait que le chômage dans le monde arabe empêcherait les hommes de se marier, donc d\u2019avoir des relations sexuelles, et que cette frustration les conduirait à se révolter.« Je ne suis pas sûre de croire aux relations libres.Dans les années 1970, je me souviens avoir rencontré des gens qui avaient entre 20 et 40 ans et qui pratiquaient le couple libre, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils s\u2019autorisaient mutuellement des aventures sexuelles avec d\u2019autres partenaires.En paroles, c\u2019était concevable, mais lors du passage à l\u2019acte, ça leur semblait moins facile car le désir de l\u2019un n\u2019était pas forcément en accord avec ce que vivait l\u2019autre à ce moment-là.La non-exclusivité, ça nécessite d\u2019apprendre à communiquer, et surtout de se connaître : tant qu\u2019on se cherche, ça peut faire des dégâts. » Isabelle, 59 ans « Moi, je suis en couple avec un homme que j\u2019ai rencontré sur internet.Au bout de plusieurs mois de relation, nous avons acheté un condo ensemble, et là j\u2019ai pris peur.J\u2019étais bisexuelle et j\u2019avais l\u2019impression que je devais effacer la partie de moi qui aimait les femmes.J\u2019étais très mal et j\u2019ai fini par lui en parler.Finalement, il a été très ouvert à l\u2019idée que j\u2019ai aussi une femme dans ma vie.Mais je ne mélange pas les choses.Je vis avec lui et si je la vois elle, c\u2019est sans lui.Peu à peu, nous avons aussi décidé d\u2019être fidèles de cœur, mais libres de faire ce que nous voulons avec nos corps.Ça n\u2019a pas entaché notre amour, bien au contraire.» Katia, 38 ans « Je pense qu\u2019avoir un complice de vie c\u2019est intéressant comme concept.Vieillir avec quelqu\u2019un, c\u2019est quand même quelque chose de beau et de rassurant.Nous on est un couple exclusif, mais je peux très bien nous voir être un couple ouvert.Du moment qu\u2019il y a des règles, et que chacun établit ses limites.De plus en plus de personnes sont confortables avec ça.Je crois qu\u2019en général, les couples ouverts qui fonctionnent communiquent beaucoup plus que les autres, notamment sur leurs désirs, donc ça peut être sain, au final. » Léa, 29 ans 18 1er mars 2019 itineraire.ca Essai La Crise de la masculinité.Autopsie d\u2019un mythe tenace Francis Dupuis-Déri Éditions du remue-ménage 2018, 320 pages Vous dites enfin que le discours porté par les mascu- linistes trace une ligne très distincte entre hommes et femmes.Oui, les masculinistes ont une définition semi-précise, mais clairement sexiste, de ce que doivent être des vrais hommes et des vraies femmes.L\u2019homme c\u2019est l\u2019action, l\u2019agressivité, la violence, la conquête, la raison et l\u2019autonomie.La femme c\u2019est l\u2019empathie, le collectif, la communication, l\u2019émotion, la douceur, la passivté et l\u2019égalité.Bien sûr, je ne nie pas que dans nos sociétés il y ait une socialisation différente selon les sexes, mais il me semble que toutes ces valeurs-là sont des valeurs avant tout humaines, en principe ça devrait être chacun d\u2019entre nous.On a tous le potentiel d\u2019être ambitieux et doux, agressif et égalitaire, empathique et compétitif, etc.Selon moi, c\u2019est absurde de penser que si certaines valeurs supposément féminines ont plus d\u2019influence, alors cela signifie que nous traversons une crise.C\u2019est absurde de penser qu\u2019il faut préserver une identité masculine pure qui nous viendrait de la chasse au mammouth.En fait c\u2019est une pensée très analogue au suprématisme blanc, qui considère que tout contact avec des non-Blancs est quelque chose de toxique et de pathologique, qui mènerait à la dégénérescence de la race.Déjà à Rome en 195 av.J.-C., Caton l\u2019Ancien réagissait à la mobilisation de Romaines contre la loi leur interdisant de conduire des chars et de porter des vêtements colorés.Il affirmait que les « femmes sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l\u2019intérieur même de nos foyers, qu\u2019elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public ».À Rome pourtant, les femmes étaient juridiquement qualifiées de « sexe infirme » et elles étaient soumises au « règne du père » Extrait de l\u2019ouvrage La masculinité en crise dans la Rome Antique ? Clin d\u2019œil au mansplaining, ou mecxplicage, notion féministe qui décrit la manière condescendante qu\u2019ont certains hommes d\u2019expliquer des choses simples aux femmes, ce blogue est tenu par un homme qui veut parler\u2026 aux hommes ! Sa spécialité : réfléchir à tous ces contextes où les hommes, et une certaine masculinité, peuvent être problématiques.À découvrir sur lemecxpliqueur.wordpress.com Le blogue Le Mecxpliqueur Tous les quinze jours, Thomas Messias analyse des faits d\u2019actualité et des œuvres culturelles à travers la lentille de la masculinité.Séduction, paternité, corps, amitié : tout y passe.Un format proposé par le webzine Slate Mansplaining par thomas messias Victoire Tuaillon est féministe.Elle ne s\u2019en cache pas et a décidé d\u2019aborder toutes les questions féministes qui lui passent par la tête avec des hommes.Chercheurs, artistes, journalistes, hommes de la société civile, tous sont conviés dans son studio pour parler d\u2019eux-mêmes à cœur ouvert.Un format disponible sur Binge.audio Le balado Les Couilles sur la table Une bande de garçons qui abordent la question des rapports hommes- femmes, c\u2019est la promesse du balado « Les Gentilshommes.» Accompagnés par une amie différente à chaque épisode, ils discutent moins comme des experts que comme des témoins actifs d\u2019une société en mouvement.Un format également disponible sur Binge.audio Le balado Les Gentilshommes pour Dans un contexte post #MoiAussi, les relations hommes-femmes, mais aussi la place des hommes dans nos sociétés, n\u2019ont jamais autant fait parler d\u2019elles.Zoom sur quatre formats qui parlent des hommes à tous ceux qui veulent les comprendre.formats web Venu au monde il y a 40 ans, le rap a non seulement révolutionné la façon de s\u2019exprimer, mais il a aussi donné naissance à une nouvelle culture qui est devenue très populaire chez les jeunes.En lien avec le thème du présent numéro, nous nous sommes intéressés aux modèles masculins et féminins proposés par les rappeurs et les rappeuses, d\u2019hier à aujourd\u2019hui.Au début, cette musique plutôt légère abordait des thèmes comme la fête, la drague et l\u2019amour.L\u2019auteur du premier gros succès en rap, Rapper\u2019s Delight du groupe Sugarhill Gang, affirme qu\u2019il voulait juste avoir un rendez-vous avec une fille.Mais en se développant, le rap a ouvert une fenêtre sur la réalité dans les ghettos, donnant une voix aux sans-voix.Ainsi, certains rappeurs abordent des sujets provocateurs ayant pour vocation de transmettre des messages à la société.Au Québec, on retrouve des rappeurs engagés tels que Webster, qui est antiraciste, ou bien Samian, qui parle de la réalité des communautés autochtones.Le groupe Loco Locass, quant à lui, est antilibéral et indépendantiste.« En revanche, je ne crois pas que les rappeurs engagés soient majoritaires dans le rap », observe Samuel Daigle- Garneau, rédacteur en chef et gestionnaire des médias sociaux pour HHQc.com, un site web spécialisé en hip-hop, fondé en 2003.MUSIQUE PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE Le hip-hop dans tous ses états PHOTO? :?SØREN?ASTRUP?JØRGENSEN?(UNSPLASH) est virils, on est décrédibilisés.Il faut qu\u2019on montre qu\u2019 il y a des filles autour de nous pour écarter le soupçon d\u2019homosexualité.» Une réalité qui s\u2019applique différemment au Québec.« C\u2019est sûr que quand on se base sur une étude qui a été faite à l\u2019étranger, il faut prendre en compte le contexte social.Ici, l\u2019homophobie est de moins en moins présente.À ses débuts, Koriass tenait des propos homophobes, mais il s\u2019est depuis rétracté après avoir été critiqué par plusieurs médias, révèle M.Daigle-Garneau.Ça l\u2019a choqué et il a évolué en changeant ses paroles.» Des changements qu\u2019on a pu également observer chez les rappeurs américains.« Bien qu\u2019 il ait déjà écrit des paroles contre les gais, Eminem a fait un statement en chantant la chanson « Stan » avec Elton John pour affirmer qu\u2019 il n\u2019était pas homophobe.Ils sont devenus deux grands amis depuis, précise-t-il.Par ailleurs, aujourd\u2019hui, les rappeurs fittent moins dans les standards des genres : les hommes vont porter des vêtements moins genrés, ils vont porter du rose.Mais ceux qui s\u2019essayent à cela sont quand même critiqués, car la culture reste quand même très masculine.Aussi lorsqu\u2019 ils portent des pantalons trop serrés, la communauté va se demander s\u2019 ils sont homosexuels parce qu\u2019 ils s\u2019habillent de manière efféminée.» Le rap au féminin Pour ce qui est des jeunes filles, l\u2019image que nous renvoie souvent le hip-hop est celle de groupies peu vêtues qui dansent sensuellement dans les clips.« Je ne pense pas que ce stéréotype domine, d\u2019ailleurs ça n\u2019a jamais dominé au Québec.Il y en a déjà eu, mais ça a été vivement critiqué par les rappeurs, explique M.Daigle-Garneau.En revanche, il y a du sexisme, c\u2019est sûr à 100 %.Cela explique peut-être le manque de femmes dans le hip-hop.C\u2019est un milieu très masculin.On est plus sévère envers les femmes qu\u2019envers les hommes de façon générale.Et ça se voit dans le rap aussi.» Pour M.Daigle-Garneau, les femmes sont de moins en moins sexualisées dans les clips.« Je pense que les rappeurs veulent véhiculer une vraie image de la femme, et non une image de danseuse ou de femme-objet.Mais ça existe encore, bien sûr.Ce n\u2019est toutefois pas vrai que le rap est plus misogyne que les autres styles musicaux.» Marie Sonnette, sociologue française à l\u2019Université d\u2019Angers, spécialiste du rap, hip-hop et cultures populaires, abonde dans ce Modèles de masculinité Parmi les éléments qui caractérisent le rap dans l\u2019imaginaire collectif, c\u2019est son rapport avec la masculinité : on a souvent l\u2019impression que les rappeurs doivent afficher une masculinité forte et une sexualité virile, voire dominatrice.Est-ce aussi le cas au Québec ?« Le rap c\u2019est populaire, mais ça reste quand même une contre-culture underground au Québec, souligne Samuel Daigle-Garneau.Je ne pourrais pas dire si les hommes sont aussi virils qu\u2019avant.Comme la société évolue, ils évoluent avec elle, à l\u2019 instar des artistes gravitant dans d\u2019autres genres musicaux.» Les chanteurs de rap sont particulièrement populaires chez les jeunes garçons qui cherchent à les imiter, explique-t-il.« Je pense notamment à Explicit, qui est un label de rap associé à Souldia.C\u2019est un gars tough et qui a eu la vie assez dure.Il a vécu une partie de sa vie dans la criminalité et il est tatoué de la tête aux pieds.Il est fréquent de voir des jeunes qui veulent lui ressembler.» Samuel Daigle-Garneau évoque également Loud, un autre artiste très en vue.« Depuis que Loud est populaire, on remarque plein de petits Loud partout.Ce rappeur n\u2019a pas vraiment un style vestimentaire particulier, mais avec sa popularité, les jeunes aiment son look et veulent lui ressembler.» Rap et homophobie Alice Aterianus-Owanga est anthropologue à l\u2019Université de Lausanne et spécialiste des musiques populaires.Elle a notamment écrit un livre sur le rap au Gabon (Le rap, ça vient d\u2019 ici ! Musiques, pouvoir et identités dans le Gabon contemporain, publié en 2017 aux éditions de la Maison des sciences de l\u2019homme) où elle y aborde la masculinité et l\u2019hétérosexisme.Lors du festival Paris hip-hop en 2017, dans lequel se trouvait la conférence Rap et genre : de la domination à la transgression*, Mme Aterianus-Owanga expliquait que : « La question de la revendication de la masculinité et d\u2019une masculinité virile s\u2019est imposée très rapidement dans mes recherches : parce qu\u2019elle était omniprésente dans les discussions entre rappeurs, où la consommation sexuelle des femmes est mise en avant perpétuellement ; dans les textes de rap qui contiennent fort souvent un discours homophobe et hétérosexiste.Dans les entretiens, les rappeurs m\u2019expliquaient que si on ne montre pas qu\u2019on 22 1er mars 2019 itineraire.ca PHOTO? :?MICHAEL?AFONSO?(UNSPLASH) sens.« La visibilisation de l\u2019 inégalité genrée de l\u2019occupation des places est bien supérieure lorsqu\u2019 il s\u2019agit du rap, de la même manière que le machisme des paroles est davantage critiqué chez les rappeurs que chez les chanteurs de variétés, pourtant loin d\u2019être exempt de paroles objectivant le corps des femmes », estimait-elle lors du festival Paris hip-hop en 2017*.Que ce soit au Québec ou en France, il y a très peu de rappeuses.Entre 1990 et 2004, elles ne représentaient que 5 % de l\u2019industrie française.« Au Québec, la situation s\u2019est même détériorée.Si on regarde au début des années 1980 jusqu\u2019au début des années 1990, il y avait plus de femmes dans le rap.Mais la culture du rap à cette époque était très peu documentée.Il y avait toute une génération de femmes qui rappaient.En revanche, depuis les années 1990 je ne pourrais pas nommer dix rappeuses avec du talent, c\u2019est faible ! », indique M.Daigle-Garneau.Cependant, selon M.Daigle-Garneau, le manque de représentativité féminine ne touche pas seulement le milieu du rap.« Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on doit forcer la parité.Si on regarde les festivals, il y a 75 % d\u2019hommes qui y jouent.» D\u2019un autre côté, au cours des dernières années, il y a certains groupes de rap exclusivement féminins qui sont apparus au Québec, dont Bad Nylon.« Ce n\u2019est pas un groupe particulièrement bon, mais il a eu une importante visibilité dans les médias, parce que c\u2019est un groupe de femmes et c\u2019est rare.Les gens s\u2019 intéressent maintenant au rap féminin ; c\u2019est devenu un sous-genre.Il y a aussi du rap féministe, dont Donzelle fait partie », poursuit-il.Ce qu\u2019il manque, c\u2019est qu\u2019une rappeuse québécoise atteigne le même niveau de popularité que Loud.« Mais Loud c\u2019est une classe à part, il n\u2019y a pas de rappeur plus populaire que lui en ce moment [au Québec].C\u2019est devenu une popstar et il fait partie de la culture mainstream maintenant.C\u2019est le plus grand rappeur que le Québec ait connu.S\u2019 il y avait une Loud au féminin, là on pourrait parler de modèle », conclut M.Daigle-Garneau.* Rap et genre : de la domination à la transgression.Retour sur une table ronde du festival Paris hip-hop 2017.EMINEM PHOTO:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS Avec les yeux du cœur Moi, c\u2019est Gerry Boulet.C\u2019était un bon chanteur et c\u2019était un Québécois.En plus, je l\u2019ai déjà vu en personne : il est resté dans un bloc de mon oncle.C\u2019était quelqu\u2019un de franc.Quand il avait de quoi à dire, il le disait.J\u2019aimais aussi ses cheveux : c\u2019est pour ça que j\u2019ai les cheveux longs.(rires) Quand il est mort, ça m\u2019a fait de la peine.C\u2019était un grand homme.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Le Robin des bois des temps modernes Je suis mon propre modèle.(rires) En fait, quand j\u2019étais jeune, je regardais la télé en noir et blanc et il y avait un acteur anglais que j\u2019aimais beaucoup qui jouait le rôle d\u2019un agent secret : Simon Templar, dit le Saint.Roger Moore de son vrai nom.C\u2019était mon émission préférée.Mon frère et moi prenions ça au sérieux.Sinon, j\u2019aime beaucoup Diane Dufresne, Francis Cabrel et Clémence DesRochers.JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT/SAINTE-CATHERINE Qu\u2019est-ce qu\u2019elle a ma gueule ?C\u2019est un chanteur : Éric Lapointe.Quand il raconte ses moments difficiles dans ses chansons, ça ressemble beaucoup à ce que je vis.C\u2019est comme si j\u2019avais sa vie à lui.Je me reconnais dans ses paroles.J\u2019aime son style, son côté rock n\u2019 roll : chemise et jeans serrés, ses chaînes et ses bijoux.L\u2019une de mes chansons favorites de Lapointe, c\u2019est sa reprise de Johnny Hallyday : Ma gueule.SÉBASTIEN LAURIN CAMELOT ONTARIO/CHAMPLAIN Parle-moi d\u2019une qui a été un DANS LA TÊTE DES CAMELOTS Vite sur ses patins C\u2019est pas une personne connue.C\u2019est une intervenante psychosociale qui travaille à la Maison Jacqueline, une ressource pour les femmes en difficulté.Elle a déjà travaillé à L\u2019Itinéraire.C\u2019est une ex-toxicomane qui est retournée à l\u2019école.J\u2019aimerais ça faire ça moi avec.Pis, elle est super bonne.Elle opère et elle est vite sur ses patins.SYLVIE DESJARDINS CAMELOT ONTARIO/CHAMPLAIN Aide et amour C\u2019est mon oncle.J\u2019ai déjà écrit sur lui et j\u2019ai gagné le prix Jean-Pierre Lizotte pour ce texte.Il est mon modèle parce que lui a vécu sa vie selon ce principe : aimez tout le monde et aidez votre prochain, peu importe ses origines, son métier et ses idées.Avant tout parce que ce sont des humains.Un principe de la chrétienté.Je l\u2019applique aussi, mais c\u2019est difficile.SAÏD FARKOUH MÉTRO MONTMORENCY Son humanité Jésus Christ.La raison pourquoi c\u2019est mon modèle \u2014 même si je l\u2019ai jamais vu et qu\u2019il est mort \u2014 c\u2019est que je peux m\u2019adresser à lui quand ça va mal.Je crois qu\u2019il peut me soutenir, m\u2019écouter et m\u2019aider.Son amour remplit ma solitude.Ça fait 30 ans que je suis chrétien protestant.Le passage de la Bible qui m\u2019a le plus marqué, c\u2019est quand il pleure la mort de son ami Lazare.C\u2019est le plus court des versets de la Bible, mais cela démontre hors de tout doute son humanité.GILLES LEBLANC AIDE AUX CUISINES La senteur du bois C\u2019est mon père qui est décédé.Sa valeur principale, c\u2019était qu\u2019il était travaillant.Il était menuisier-charpen- tier.J\u2019aimais beaucoup la senteur du bois, mais il n\u2019a jamais voulu que je fasse le même métier.Il disait que c\u2019était trop dur.Il est mort d\u2019un cancer généralisé.C\u2019était l\u2019un des meilleurs menuisiers de la ville de Montréal.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Une bonne éducation Je pourrais parler de ma mère.C\u2019était une grande travail- lante.Elle était esthéticienne.Elle avait deux salons d\u2019esthétique.Elle vendait aussi des produits.C\u2019est un modèle pour moi, car je lui ressemble.Je suis moi aussi un travaillant.Ça fait 21 ans que je suis à L\u2019Itinéraire.Quand il fait frette, elle me dit de me reposer, mais je lui réponds que je suis assez fort encore.J\u2019ai reçu une bonne éducation.Je suis le deuxième de trois enfants et j\u2019étais son favori.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE pour toi Montréal 3 Montréal invite les temmes à prendre icinement leur place lhcerch n m abe las x mu rie cour] bolssHabei SE ke part TET Ty I becs mit A au Ea can om r NN onTHrEae Hide eee mr id id Gr LE red rims kaka by Lm.in [dol ye rant min du ie = fim Lnrdedlon riba psi ra pala IR = Fu Ea pu hye Iii HM HOE bie À Heard o IB.H bax piu i mea Dw 3a Hania ra 1Taign LH Cord UF BG rE ont Tet unl 1.1E lu MELE Ins ETE BEA En serbuaci pe 1-1 EEE odd EE FRG Te ranas BH- dd Jo pms Hr D Om EL A oe TEL Ju IEE hai LI JN Liar drm Cu TE EL edo Cd Ju | EE um lx bin pata HE ODA | Most ru drcaHiu he 13 1 Yai kl Een So par dra 0 uns à hace v H- CF NE ut x L- a hc Aad Leur Jud and in HH dH Ll PE THIN ILE : li dlr FE | 17 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