Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 15 janvier 2019
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (24)

Références

L'itinéraire, 2019, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Volume XXVI, n?02 Montréal, 15 janvier 2019 Au moment où les températures chutaient sous la barre du zéro, un don des plus attendus arrivait à L\u2019Itinéraire : 150 manteaux d\u2019hiver neufs et bien chauds destinés aux camelots ont été livrés à la fin novembre 2018.Et à la plus grande fierté de ceux et celles qui les portent depuis, c\u2019est le logo de L\u2019Itinéraire brodé sur le devant et le derrière des manteaux qui en font des pièces de vêtements vraiment distinctives.Les grands responsables de cette donation de manteaux sont Éric Lépine et Éric Lamontagne qui ont mené une campagne de levée de fonds acharnée afin de récolter les montants nécessaires pour faire l\u2019acquisition de ces vêtements d\u2019hiver.L\u2019équipe tient donc à les remercier de même que Jean-Pierre Riopel de Sport Campus à Verdun qui a permis l\u2019acquisition des manteaux au prix coûtant.Un grand merci également à Dan Thiffault de l\u2019entreprise DTM Media, pour le travail de broderie de qualité ! Des manteaux qui font la fierté des camelots ! les 2 eric et leurs amis Nom Réjean Poitras | Camelot n° 509 | Âge 71 ans Point de vente Marché Jean-Talon R éjean a 71 ans.Il a choisi d\u2019être un retraité actif.En plus de lui donner une raison de se lever le matin, son job de camelot lui permet de voir du monde et d\u2019arrondir sa pension.Le jour de l\u2019entrevue, Réjean n\u2019avait pas la tête ni le cœur à notre rencontre.Compréhensible, il devait se trouver un nouveau chez-soi très rapidement avant l\u2019arrivée de l\u2019hiver.Après avoir vécu à la même adresse, dans le quartier Rosemont, pendant 18 ans, il s\u2019est fait évincer par son propriétaire qui disait vouloir loger son fils.Réjean a bien réussi à se trouver un petit appartement, mais celui-ci s\u2019est avéré insalubre.De plus, les travaux promis et nécessaires n\u2019ont pas été faits ou sinon, bâclés.Il a vécu une foule de problèmes depuis son aménagement en février dernier.Il a bien sûr fait appel à la Régie du logement, mais les délais déraisonnables pour se faire entendre (un an à 18 mois) l\u2019ont amené à « casser » son bail.Comble de malheur, il s\u2019est fait arnaquer de 3000 $ par un « ami » qui devait se servir de cette somme comme mise de fond pour l\u2019achat d\u2019un duplex et le prendre comme locataire.L\u2019ami en question s\u2019est poussé avec les économies de Réjean qui ne l\u2019a jamais revu\u2026 Réjean sent sa situation critique et vit beaucoup d\u2019anxiété.Avec raison.Natif de l\u2019Épiphanie de parents fermiers, Réjean est le cadet d\u2019une famille de six enfants.Venu faire ses études universitaires en administration, il vit dans la métropole depuis maintenant 50 ans.Il a œuvré dans l\u2019assurance puis au gouvernement, à la Société d\u2019assurance automobile et à la Société des alcools, entre autres.Récemment, il a travaillé comme préposé au service de garde de la Commission scolaire de Montréal auprès d\u2019enfants autistes.Une expérience qu\u2019il qualifie d\u2019enrichissante.Réjean est posté au marché Jean-Talon depuis quelques années.Même s\u2019il apprécie toujours le contact avec ses clients, il trouve la vente de L\u2019Itinéraire plus ardue.Le marché est de moins en moins accessible en voiture et de plus en plus fréquenté par des touristes qui ne connaissent pas le magazine.Des visiteurs d\u2019un jour qui ne s\u2019intéressent ni à lui, ni au magazine.Pénible, ce sentiment d\u2019être invisible aux yeux des gens.Il réussit à se faire une carapace pour préserver son estime de soi.Et il continue parce qu\u2019il a le sentiment de jouer un rôle dans la société et que demeurer actif le garde bien vivant malgré les aléas et l\u2019infortune.Parce que L\u2019Itinéraire est une cause noble.Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Photos : Milton Fernandes L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire. DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : JASON PARÉ Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe-participant : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETTI, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, HÉLÈNE MAI Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT, SYLVIE POIRIER Illustration de la une : JIPI PERREAULT ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, ISABELLE LACHARITÉ Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.VINCENT LEMELIN - Société de transport de Montréal (STM) ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERRAULT - Réprésentant des camelot RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux- être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère du Patrimoine canadien.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout?autre?produit?que?le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222 Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de- Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Par Jean-Claude Nault By Kim Kyung-Hoon and Malcolm Foster Par Geneviève Bertrand Hier au Complexe Desjardins, j\u2019ai eu le bonheur de parler avec l\u2019un de vos camelots, M.Jacques Élizé.Il nous a récité deux poèmes.J\u2019ai bien aimé mon expérience, c\u2019a été un beau petit moment de pause?réflexion.?Continuez?votre?bon?travail?à?L\u2019Itinéraire.?Ces?femmes?et?ces?hommes?que?vous?aidez?nous?permettent?de?réfléchir.?Permettons-nous?de?prendre?quelques?minutes?poétiques et d\u2019ouverture, c\u2019est bon pour notre cœur.Vos camelots nous?font?réfléchir?à?ce?qui?est?important?dans?notre?société.Suzanne Levesque, Montréal  On aime ça vous lire ! Quand on vous croise dans la rue, vous nous dites souvent que vous aimez votre camelot, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.3 MOTS DE CAMELOTS Linda Pelletier 9 Jean-Claude Nault 9 Benoît Chartier 9 Dans la tête des camelots 24 Yves Grégoire 30 Manon Fortier 30 Jacques Élyzé 30 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Réjean ÉCRIVEZ-NOUS  ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp  ! ÉDITORIAL 7 Faut bien que ça serve à quelque chose de vieillir ! Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 8 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 10 Serge Petitclerc sur la hausse de l\u2019aide sociale Par Laurent Soumis CHRONIQUE 11 L\u2019amour sur un piédestal Par Maxime Plamondon MOT DU RAPSIM 12 Qui aura un chez soi ?Par Pierre Gaudreau - Directeur du RAPSIM TRADITION 22 Le culte des ancêtres au Vietnam Par Tuan Trieu-Hoang COMPTES À RENDRE 29 Ça coûte cher bien manger Par Ianik Marcil - Économiste indépendant LIVRES 37 Quand la clique nous manipule Par Luc Desjardins RECENSION 38 À la recherche de onze jours perdus Par Josée Cardinal DES GENS D\u2019EXCEPTION 40 Le Père Pops, le pouvoir de la foi Par?Mostapha?Lotfi C\u2019T\u2019ENCORE DRÔLE 43 À quoi bon demander ?Par Simon Jacques DÉTENTE 44 À PROPOS 46 Jokes de Papa 26 13 21 camelots ont participé à cette édition POLITIQUE MUNICIPALE Par Camille Teste INSP DOSSIER BANDE DESSINÉ 31 34 Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les SOMMAIRE 15 janvier 2019 Volume XXVI, no 02 Mots de lecteurs Laval?et?précarité :?deux?mots?qu\u2019on?n\u2019est pas porté à associer.La troisième ville du Québec jouit certes d\u2019une relative prospérité.Les taux de chômage et?d\u2019aide?sociale?sont?bien?inférieurs?à?ceux de Montréal.Entrevue Marc Demers Oui, la pauvreté et l\u2019itinérance existent à Laval Afin?de?lancer?un?message?d\u2019espoir?aux?personnes?qui?souffrent,?comme?lui,?de?dépression et d\u2019anxiété, le bédéiste Jipi Perreault a imaginé un monde où une super-héroïne angoissée combat une nazie dans le Québec des années 1950.La Rose du ciel Une BD imprégnée de féminisme et de patriotisme Une conversation sur l\u2019âge Nous avons discuté avec Michèle Sirois et François Grisé qui, à travers leurs engagements?respectifs,?l\u2019une?comme?animatrice d\u2019une émission destinée aux 50 ans et plus, l\u2019autre comme auteur d\u2019une pièce de théâtre portant sur la prise en charge du vieillissement, sont des ambassadeurs du sujet.In a nursing home in Tokyo, robots are taking?over.?Artificial?intelligence?lead?exercise classes, guide residents through the?therapy?sessions?and?provide?comfort?and?friendship.?Ageing Japan: Robots\u2019 role in future of elder care itineraire.ca MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : Avez-vous hâte de vieillir ?Moi non plus.Du moins, pas dans les conditions actuelles au Québec ! Comprenez-moi bien.Quand je parle de vieux, ce sont ceux qui ont au-delà des 70 ans.Et encore, parce que de nos jours, « 70 is the new 50 »\u2026 Quand on regarde bien les choses, vieillir c\u2019est un privilège.Un privilège d\u2019avoir accumulé une vie remplie d\u2019expériences, d\u2019apprentissages, de relations, de rencontres enrichissantes, d\u2019événements marquants, voire historiques.C\u2019est d\u2019avoir surmonté des épreuves et survécu à des drames, des peines et des malheurs.C\u2019est d\u2019avoir vu grandir des enfants et de les voir voler de leurs propres ailes.C\u2019est d\u2019avoir le bonheur de les voir devenir parents à leur tour.Bon, je ne suis pas en train de vous écrire une carte Hallmark, là.Mais il n\u2019en reste pas moins que vieillir a ses bons côtés.Si jeunesse savait En opposition aux jeunes, qui, bien qu\u2019ils sont en plein dans la belle effervescence des amours passions, dans la découverte du monde et les défis professionnels, qu\u2019ils ont le sentiment d\u2019être éternels, ils vivent souvent l\u2019envers de ces expériences.L\u2019angoisse de la performance, l\u2019anxiété de la perception des autres (surtout à l\u2019ère des médias sociaux) sont, pour la plupart, des passages douloureux de la vingtaine, de la trentaine, voire de la quarantaine.Rendus septuagénaires les vieux, en général, s\u2019en foutent de ce que les autres pensent de leur apparence.Ils n\u2019ont plus la pression du rendement au travail.Ils n\u2019ont pas le stress de courir à droite et à gauche pour faire leurs preuves.L\u2019expérience qu\u2019ils ont accumulée leur fait sauver du temps, puisqu\u2019ils connaissent le chemin.Ça vaut quand même quelque chose ! Et pourtant trop de personnes plus jeunes ne tiennent pas compte de cette expérience et de cette sagesse amassées au fil des ans.C\u2019est comme si, parce qu\u2019on a des rides, qu\u2019on est voûté, qu\u2019on a la démarche ralentie et la mémoire parfois défaillante, on n\u2019est plus digne d\u2019intérêt, voire de respect.Je me souviens d\u2019avoir eu une conversation très intéressante avec une dame d\u2019environ 75 ans à un souper auquel assistaient des gens beaucoup moins âgés qu\u2019elle.Alors que les plus jeunes s\u2019adressaient à la vieille dame avec des propos convenus et superficiels, elle et moi avons jasé comme si nous étions deux amies, sans égard aux années qui nous séparaient.Plus tard, sa fille m\u2019a répété à quel point elle avait été contente de notre conversation.Contente que quelqu\u2019un s\u2019intéresse à elle et tienne compte de son intelligence.Eh bien ça devrait aller de soi ! Si on avait été en Afrique, en Asie ou dans un pays où l\u2019on respecte et vénère les aînés, cette personne aurait occupé une place toute aussi importante à la table, sinon plus.Mais en Occident, malheureusement, ce n\u2019est pas toujours le cas.D\u2019anciens jeunes Bien sûr, il y a plein de gens qui ont du respect pour les personnes âgées et ne les traitent pas comme de vieux enfants.Mais il est quand même désolant de voir certaines personnes s\u2019adresser aux vieux comme s\u2019ils étaient légèrement débiles.Par exemple certaines préposées dans les maisons de retraite qui utilisent à peu près le même ton et langage qu\u2019on utilise dans une garderie : « Allez Madame Tremblay, venez-vous en avec nous, là, on va jouer une BELLE PARTIE DE BINGO ! » Que la vie me préserve de me rendre là ! Alors qu\u2019est-ce qu\u2019il faudrait pour bien vieillir ?D\u2019abord et avant tout : la santé ! Le mieux, c\u2019est de demeurer actifs, de bien manger, de s\u2019épanouir culturellement et sur le plan affectif, d\u2019avoir des amis, des amours et je le répète : être en santé.Mais ça, on n\u2019a pas toujours le contrôle sur la vie, n\u2019est-ce pas ?Et puis, aussi très important : se sentir utile, avoir une raison de se lever le matin.Dans ce numéro, nous entretenons une conversation sur le vieillissement, l\u2019une que nous souhaitons poursuivre.N\u2019oubliez jamais : les vieux\u2026 ce sont d\u2019anciens jeunes.On va tous passer par là.Faut bien que ça serve à quelque chose de vieillir ! 7 itineraire.ca 15 janvier 2019 PAR JOSÉE PANET-RAYMOND ÉDITRICE ADJOINTE ET RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL DANEMARK | Une loi anti sans-abri Une loi qui interdit aux sans-abri de dormir dans la rue a été adoptée par le gouvernement danois en mars.Depuis, la police a le pouvoir d\u2019infliger des « interdictions de zone » aux personnes surprises en train de dormir, invoquant le fait qu\u2019elles ont établi « un camp ayant créé de l\u2019insécurité ».Deux vendeurs du journal de rue Hus Forbi ont eu le malheur d\u2019expérimenter cette loi en octobre.Ils dormaient dans une rue piétonne du centre de Copenhague quand ils ont été dérangés par la police, qui leur a infligé une amende de 1000 couronnes danoises.Outre l\u2019amende, les sans- abri subissant un tel traitement sont également soumis au bannissement temporaire de la ville, et ce pendant trois mois.« Les personnes concernées peuvent se rendre dans une auberge ou un refuge, elles peuvent faire des courses, aller chez un médecin ou une infirmière, travailler ou suivre un traitement pour toxicomanie ou alcool, mais elles ne sont pas autorisées à rester dans la rue ou à se promener sans but précis dans la ville », explique la juriste Maja Løvbjerg Hansen.Cette loi a remporté l\u2019adhésion d\u2019une vaste majorité du parlement danois.Selon plusieurs d\u2019entre eux, les personnes ciblées par cette loi sont les sans- abri originaires de pays étrangers, et non de la population danoise de rue.Questionné sur la situation, le premier ministre danois, Lars Løkke Rasmussen a répondu : « Lorsque nous avons adopté des règles interdisant la mendicité et la création de camps, c\u2019était à l\u2019été 2017.L\u2019Europe faisait l\u2019objet d\u2019un afflux de personnes, pour la plupart d\u2019origine rom, il fallait agir ».Toutefois, selon Mme Løvbjerg Hansen, les sans-abri de tous horizons sont durement frappés par l\u2019interdiction de zone.« Cette loi touche même plus durement la communauté danoise des sans-abri que les sans-abri sans affiliation à la ville », déplore-t-elle.Par Poul Struve Nielsen / Hus Forbi / INSP.ngo PHOTO :?METTE?KRAMER?KRISTENSEN ROND-POINT INTERNATIONAL 8 itineraire.ca 15 janvier 2019 Manifestation contre la loi à Copenhague TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 34 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS LINDA PELLETIER CAMELOT MARCHÉ MAISONNEUVE BENOÎT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Vieillir c\u2019est vivre J\u2019aurai 59 ans au printemps prochain.Plus le temps passe, plus ça va vite et plus je me sens vieux.Je sens que mon corps est fatigué et c\u2019est plus difficile de bouger.Je suis moins fort qu\u2019avant.Ce qui me fait peur, c\u2019est d\u2019être obligé de marcher avec une canne ou pire, d\u2019être obligé de me déplacer en chaise roulante.Je me demande ce que je ferais de mes journées si je ne pouvais plus conduire ma camionnette.Je vois encore très clair, mais je m\u2019aperçois que ma vision diminue un peu et surtout que mes réflexes ne sont pas aussi aiguisés qu\u2019avant, même quand je roule à vélo.Par contre, dans ma jeunesse à l\u2019école, j\u2019avais de la misère à me concentrer et à retenir les leçons.Maintenant, on dirait que mon cerveau s\u2019est développé et j\u2019ai plus de mémoire.En écrivant des articles pour L\u2019Itinéraire, je dois trouver les sujets et les développer.Ça me force à observer ce qui se passe autour de moi pour pouvoir en parler.Malgré tout ce qui m\u2019est arrivé dans la vie, après avoir travaillé fort et au froid, j\u2019aurais pensé que mon corps serait plus magané qu\u2019il ne l\u2019est.Je consomme régulièrement des produits de santé naturelle et je marche tous les jours.Sans ça, je suis convaincu que je serais plus vieux que mes 59 ans.Un jour, je me reposerai pour l\u2019éternité.Mille excuses ! J\u2019aimerais offrir mes plus sincères excuses à tous mes clients, car vous devez vous armer de patience et de gentillesse envers moi quand je viens vous offrir mon Itinéraire deux ou trois fois en l\u2019espace de cinq minutes.Même quand vous venez tout juste de m\u2019acheter ma revue, si je vous revois ailleurs, je vais vous l\u2019offrir encore.Ce n\u2019est pas du harcèlement, c\u2019est que je prends 16 pilules pour ma santé mentale par jour et évidemment ça cause des effets secondaires.Je suis une très bonne vendeuse mais j\u2019ai ce gros défaut de ne pas reconnaître les clients.Je ne me souviens pas si telle personne m\u2019achète L\u2019 itinéraire ou non.Je reconnais les clients qui vont au marché Maisonneuve chaque jour, sauf que je ne me souviens pas s\u2019ils achètent L\u2019 itinéraire ou pas.C\u2019est très embêtant pour moi, et parfois ça donne lieu à des situations cocasses.Une fois, une dame m\u2019a demandé : « Mademoiselle, avez-vous des problèmes de vision ?» Alors je lui ai dit ce que je viens de vous écrire plus haut et la dame m\u2019a répondu très gentiment qu\u2019elle s\u2019en souviendrait.Maintenant demandez-moi de vous dire qui est cette dame ?Je ne la reconnaîtrais pas.C\u2019est affligeant.Aussi, il y a un monsieur qui me donne toujours 10 $ quand il m\u2019achète mon Itinéraire et il me semble que je devrais le reconnaître ce monsieur-là qui est si généreux.Même pas.Alors encore une fois, merci beaucoup chers clients de votre patience et de votre compréhension.J\u2019adore travailler au marché Maisonneuve justement grâce à votre bonté.L\u2019Itinéraire et moi Chaque année ma grand-mère m\u2019emmenait voir le père Noël à la place Alexis Nihon pour que je demande ce que je voulais pour Noël.Au troisième étage il y avait un hélicoptère qui montait quand on mettait de l\u2019argent.Je me rappelle aussi du Miracle Mart de cette place qui est aujourd\u2019hui un Canadian Tire.Je passais par là quand j\u2019avais rendez-vous à l\u2019Hôpital de Montréal pour enfants car j\u2019avais des problèmes aux jambes.J\u2019aimais bien l\u2019escalier roulant à l\u2019entrée.Aujourd\u2019hui l\u2019hôpital est démoli.C\u2019est une partie de mon enfance qui a disparu, comme l\u2019ancien Forum qui est devenu un cinéma.J\u2019allais y voir des matchs de hockey et des spectacles, par exemple, les Ice Capades.J\u2019ai déjà été, enfant, au Complexe Desjardins avec mon école pour voir une émission de variété qui s\u2019appelait Allô bobo.Dans le complexe il y avait un petit train miniature de Via Rail qui faisait le tour dans les corridors en bas.J\u2019allais aussi au Stade olympique avec ma grand-mère voir le Salon national de l\u2019habitation.J\u2019y ai vu le cirque d\u2019As- térix et Obélix.Ma grand-mère m\u2019a sorti souvent, elle m\u2019a fait visiter beaucoup d\u2019endroits.L\u2019été, j\u2019allais à La Ronde.Je me souviens d\u2019une roulotte où il y avait des marionnettes qui jouaient des instruments et qui chantaient.Je me rappelle d\u2019un gros gorille qui jouait du piano.J\u2019ai aussi été voir Pierre Marcotte qui jouait dans Les Tannants, un talk-show.Ces souvenirs resteront gravés dans ma mémoire.MOTS DE CAMELOTS P H O T O ?  : ?C O U R T O I S I E questions à Serge Petitclerc 4 de personnes particulièrement pauvres : celles qui ont des contraintes sévères à l\u2019emploi sur une longue période.Bien sûr, ces gens doivent être soutenus et méritent de meilleures conditions de vie.Là-dessus, tout le monde s\u2019entend.Mais les autres ?C\u2019est là que le bât blesse.Qu\u2019arrive-t-il aux autres personnes assistées sociales, aux étudiants, aux personnes âgées et aux personnes au salaire minimum qui en arrachent ?Les assistés sociaux aptes au travail sont-ils laissés pour compte ?Pour l\u2019essentiel, le gouvernement suit le plan des libéraux et le rapport de son comité d\u2019experts sur le revenu minimum garanti.Il a décidé d\u2019effectuer un petit rattrapage pour les personnes assistées sociales jugées sans contrainte à l\u2019emploi.Cela leur permettra d\u2019atteindre un revenu équivalent à 55 % de la Mesure du panier de consommation (MPC), mais seulement en 2021.En 2018, on a donné 15 $ de plus par mois.Cette année, comme pour les trois prochaines années, on ajoute 10 $ de plus.Il y a deux semaines, on est donc passé de 648 $ à près de 669 $ par mois, si on se fie au calculateur du ministère des Finances.Avant, les personnes sans contrainte avaient le droit de gagner 200 $ par mois sans voir leur prestation coupée.Mais ceux qui avaient des contraintes sévères ne pouvaient gagner que 100 $.Depuis le 1er janvier 2019, les prestataires de l\u2019aide sociale reçoivent des prestations bonifiées.Légèrement, pour la plupart; un peu plus, pour ceux qui présentent des contraintes sévères à l\u2019emploi.« C\u2019est un pas important vers une société plus égale, plus juste et plus humaine », a fait valoir le nouveau ministre responsable, Jean Boulet.« Déjà prévues par les libéraux, ces quelques améliorations restent nettement insuffisantes », soutient de son côté Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.L\u2019organisme, qui regroupe 35 organisations citoyennes, n\u2019est pas convaincu que la lutte à la pauvreté soit une priorité du nouveau gouvernement caquiste.Quoique modeste et ciblée, l\u2019augmentation des prestations n\u2019est-elle pas un pas dans la bonne direction ?Lorsqu\u2019on discute de lutte à la pauvreté, c\u2019est toujours le même problème.On y va de façon partielle en s\u2019occupant d\u2019une catégorie « x » de personnes.Notre Collectif privilégie plutôt une loi citoyenne pour éliminer la pauvreté.Le Québec doit agir sur tous les plans et ne doit pas y aller à la pièce.L\u2019annonce du gouvernement reprend le plan d\u2019action des libéraux lancé en décembre 2017.Il vise une seule catégorie Maintenant, elles auront droit de garder 200 $.Elles pourront aussi recevoir un don de toute nature de 100 $ par mois.Ceci dit, on reste encore dans la misère.Est-il exact que les nouveaux assistés sociaux n\u2019auront pas droit à la même bonification ?Selon la durée de la présence sur l\u2019aide sociale, les gens auront une bonification différente.Ceux qui ont été sur l\u2019aide sociale cinq ans et demi durant les six dernières années recevront un montant supplémentaire de 72 $.Si la personne l\u2019a été avec une contrainte sévère durant une moins longue période, elle ne recevra que 10 $, en plus des indexations.À terme, le gouvernement avance que cela profitera à 84 000 personnes.Mais on reste dans la même logique d\u2019employabilité.Si ça fait longtemps, tu auras plus.Mais si tu fais ta première demande d\u2019aide sociale, on va t\u2019envoyer dans un programme d\u2019emploi sous la menace de pénalités financières.On a accentué cette logique-là.On presse toujours le citron.Croyez-vous que la lutte à la pauvreté préoccupe le nouveau gouvernement ?On verra, pour reprendre les mots de M.Legault.(Rires) Honnêtement, on est content que le nouveau gouvernement ait adopté ce projet de règlement.C\u2019était quelque chose prévu par l\u2019ancien gouvernement, mais le nouveau aurait pu ne pas le faire.Ça, c\u2019est une bonne nouvelle.Avant Noël, le ministre Boulet a annoncé que la lutte à la pauvreté serait quelque chose d\u2019important pour lui et pour son gouvernement.On peut voir ça comme un geste positif.Mais on ne peut pas dire que la lutte à la pauvreté a été très discutée durant la campagne électorale.Ce n\u2019est pas la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui a amené ça sur le plancher.Dans l\u2019opposition, la CAQ ne nous a pas impressionnés par son intérêt pour la pauvreté.Lorsque le gouvernement libéral a déposé son plan de lutte à la pauvreté, la CAQ a été le seul des trois partis d\u2019opposition à ne pas avoir réagi.Il semble que ce soit quelque chose qui est en dehors de son radar.Maintenant qu\u2019elle est au pouvoir, elle n\u2019a pas le choix de s\u2019en préoccuper.On va donc juger à long terme.En attendant, on donne la chance au coureur.sur la hausse de l\u2019aide sociale du Collectif pour un Québec sans pauvreté 15 janvier 2019 itineraire.ca 10 PAR LAURENT SOUMIS QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ L\u2019amour sur un piédestal Tu étais grand, les cheveux blancs, les yeux noirs.Tu avais ce calme parfois apaisant, parfois déconcertant.Chaque seconde passée avec toi était un paradoxe empreint de poésie.Pour moi, tu étais plus que parfait.Tu n\u2019avais absolument rien à voir avec ces icônes à la beauté criarde.Ta tendresse et ta douceur étaient plutôt comme une lettre intime adressée à mon être dans cette simplicité au cœur de ton élégance.Charmé, je suis devenu ivre de chaque parcelle de ton être.Tu étais à la fois muse et mélodie parfaite.Mes journées étaient teintes de la chaleur de nos fous rires passés.Je me suis vendu volontiers dans cette cage dorée où les clichés à l\u2019eau de rose dansent et chantent pour embrouiller l\u2019inévitable éphémère.J\u2019étais prêt à tout pour que tu me voies.Mais tu étais si loin, niché là-haut sur le piédestal où je t\u2019ai déposé.Jamais je n\u2019aurais souillé cet amour par un acte charnel et ainsi laisser la lourdeur du présent briser la danse volatile de mon amour imaginaire.Le temps n\u2019avançait plus au rythme des jours; plutôt à celui des secondes qui nous séparaient.Avant même ton arrivée, je ressentais la colère de ton départ.J\u2019ai voulu me défaire de mes couleurs : ainsi assez gris et tout-petit, j\u2019aurais pu me dissimuler dans ton ombre pour ne pas te quitter.Je ne dormais plus face à cette hantise de devoir te partager.Notre lien si unique deviendrait-il banal et impersonnel si ton amour devait s\u2019égarer dans la masse ?Je suis devenu paranoïaque à la pensée de ce jour où, dans tes yeux, je revivrais ce sentiment glacial de n\u2019être qu\u2019un étranger.Notre amour était devenu mon bien le plus précieux ; j\u2019étais prêt à tout pour le défendre.Je l\u2019ai secrètement enfoui dans une forteresse de silence, sachant que chacun de mes mots était trop niais pour dessiner son œuvre.Quand tu es parti, j\u2019aurais voulu te dire au revoir mais jamais je n\u2019ai eu le courage de laisser ce mot franchir le bout de mes lèvres sachant qu\u2019à lui seul, il pourrait t\u2019effacer, ne laissant que l\u2019immense vide de ton absence où, frigorifié, je m\u2019époumone à hurler ton nom comme un toxicomane, les veines assoiffées, chérissant cette douleur comme ma seule arme pour déjouer l\u2019oubli qui, tel le plus déloyal des oiseaux-charognards, veut s\u2019envoler avec le peu qu\u2019il me reste de toi.itineraire.ca 15 janvier 2019 11 PAR MAXIME PLAMONDON CAMELOT CHRONIQUE Au 1er avril prochain, le soutien qu\u2019apporte le gouvernement fédéral à la lutte à l\u2019itinérance depuis 2002 se déploiera dans le cadre d\u2019un nouveau programme, nommé Vers un chez soi, qui vise à réduire l\u2019itinérance chronique de moitié au cours des 10 prochaines années.Ottawa a annoncé pour ce programme des fonds qui seront doublés par rapport à ce qu\u2019ils étaient sous les conservateurs.Or, il reste à préciser quelles populations bénéficieront de cette aide et quelles actions seront soutenues.Les inquiétudes sont grandes.D\u2019autant plus que ce même gouvernement a initié la tenue de dénombrements de l\u2019itinérance, dont les résultats seront connus fin janvier pour Montréal, et que ces exercices mettent l\u2019accent sur une partie seulement des populations en situation d\u2019itiné- rance, celles que l\u2019on voit dans la rue et dans les ressources.Ce serait donc sur ces données que serait orientée l\u2019aide fédérale ?Il ne le faut pas ! Car alors de nombreuses personnes en situation d\u2019itinérance cachée mais bien réelle, perdraient les interventions qui permettent de les rejoindre.La prévention est essentielle Pour réduire l\u2019itinérance, il est nécessaire d\u2019offrir des réponses variées aux personnes selon leurs différentes situations, mais il est tout aussi essentiel de travailler pour prévenir que de nouvelles personnes ne se retrouvent à la rue et qu\u2019au final ceux et celles qui s\u2019en sortent ne soient remplacés.Le ministre Jean-Yves Duclos reconnaît que pour arriver aux objectifs de réduction de l\u2019itinérance, il faut agir en amont.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que visent les nouvelles stratégies fédérales sur le logement et sur la pauvreté.La stratégie d\u2019Ottawa en itinérance doit elle aussi permettre de soutenir la prévention.Des actions nécessaires qui portent Depuis 2002, le gouvernement fédéral a apporté une aide à des interventions diversifiées pour contrer l\u2019itinérance.Un travail essentiel d\u2019accompagnement, de suivi, de soutien, de référence, de défense des droits, a ainsi été appuyé dans une cinquantaine d\u2019organismes à Montréal.De ce fait, des hommes et des femmes de tout âge ont pu être aidés dans leurs démarches en fonction de leurs besoins.Ottawa a également apporté une aide complémentaire au programme québécois AccèsLogis qui permet le développement de logements sociaux.En itinérance, cela a permis l\u2019ajout, en 17 ans, de plus de 1300 logements sociaux avec soutien communautaire, construits par des refuges pour hommes, des hébergements pour femmes, des Auberges du cœur pour jeunes en difficulté, des ressources pour toxicomanes et d\u2019autres organismes.Alors que les coûts de réalisation de ce type de projets ne cessent d\u2019augmenter, l\u2019aide fédérale demeure encore essentielle pour la réalisation de nouveaux logements.Les fonds fédéraux ont aussi apporté un appui indispensable à des organismes pour leur permettre d\u2019améliorer leurs installations, que l\u2019on pense à L\u2019Itinéraire il y a 12 ans ou plus récemment à CACTUS, Dîners St-Louis, Le Sac à dos et The Open Door.D\u2019autres besoins pressants de relocalisation existent, tels ceux de la Clinique Droits Devant et de la Maison Benoit Labre dans le sud-ouest, pour qui Vers un chez soi doit aussi trouver son sens.Des fonds accrus rapidement ! Depuis 2016, le gouvernement Trudeau a rétabli une approche globale dans les fonds additionnels qu\u2019il a attribués à la lutte à l\u2019iti- nérance.Il doit poursuive dans cette voie avec les fonds accrus qu\u2019il a annoncé pour les 10 prochaines années dans Vers un chez soi.De concert avec le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec, le RAPSIM demande que les crédits de ce programme soient augmentés à 50 M $ par année au Québec, tant pour accroitre l\u2019action dans les 12 villes où se déploient actuellement les fonds fédéraux, que pour la développer dans d\u2019autres villes où les besoins sont clairs, telles Val-d\u2019Or.Une entente Canada-Québec est actuellement en négociation pour baliser l\u2019affectation des fonds de Vers un chez soi au Québec.Il est urgent que celle-ci soit signée et permette des investissements dans la diversité des actions nécessaires pour contrer l\u2019iti- nérance, parce qu\u2019il faut Éviter la rue et en sortir, comme se nomme la Politique nationale de lutte à l\u2019itinérance et Parce que la rue a différents visages, comme s\u2019intitule le Plan d\u2019action montréalais en itinérance.Qui aura un chez soi ?PIERRE GAUDREAU - DIRECTEUR DU RAPSIM 15 janvier 2019 itineraire.ca 12 P H O T O   : ?A L E X I S ?A U B I N MOT DU RAPSIM CHRONIQUE PAYÉE Dans le monde, entre 2000 et 2050, la proportion des plus de 60 ans va passer de 11 % à 22 %.En 2050, cette tranche de la population représentera plus de deux milliards de personnes.Mais vieillir longtemps ne veut pas forcément dire bien vieillir et aujourd\u2019hui, force est de constater que nos vieux ne coulent pas tous des jours heureux.Alors, sommes-nous prêts à avoir une conversation collective sur le vieillissement ?D\u2019ailleurs, comment est-il perçu, et vécu, ce vieillissement ?Pour le savoir, nous avons discuté avec Michèle Sirois et François Grisé qui, à travers leurs engagements respectifs, l\u2019une comme animatrice d\u2019une émission destinée aux 50 ans et plus, l\u2019autre comme auteur d\u2019une pièce de théâtre portant sur la prise en charge du vieillissement, sont des ambassadeurs du sujet.Parlons du vieillissement I L L U S T R A T I O N   : ?J I P I ?P E R R E A U L T P H O T O ?  : ?M A X I M E ?C Ô T É Infirmière, clown thérapeutique mais aussi comédienne, et animatrice, Michèle Sirois, 60 ans, est une femme engagée.Auteure de l\u2019ouvrage Vieillir en santé, c\u2019est possible !*, elle est aussi le visage d\u2019Ère Libre, depuis 2017.Diffusée sur MAtv, l\u2019émission s\u2019adresse aux plus de 50 ans.Une exception dans le paysage audiovisuel québécois.Comment est née Ère Libre, l\u2019émission que vous animez ?Je me suis toujours intéressée au vieillissement.J\u2019ai été infirmière et, en parallèle de mes études au Conservatoire d\u2019art dramatique, j\u2019ai travaillé comme préposée auprès des personnes âgées.Plus tard, j\u2019ai fait une formation de clown thérapeutique, travaillant notamment auprès d\u2019un public d\u2019aînés.J\u2019ai aussi écrit un livre sur le sujet.C\u2019est donc un thème que je n\u2019ai jamais perdu de vue.PAR CAMILLE TESTE « Tout le monde veut vivre longtemps, mais personne ne veut vieillir. » Michèle Sirois Une conversation sur l\u2019âge CONVERSATION * Un ouvrage réalisé avec Sylvie Belleville, Publications du Québec, 2017 Il y a quelques années, j\u2019ai également collaboré avec le médecin gériatre David Lussier afin d\u2019imaginer une émission sur la santé des personnes âgées.Nous avons tenté de la proposer à plusieurs producteurs importants du Québec, mais on nous répondait invariablement qu\u2019un show qui parle des vieux, ça ne marcherait pas.Pourtant, nous étions convaincus qu\u2019il y avait de la place pour un tel programme.En parallèle, la FADOQ - Région île de Montréal a proposé une idée similaire à MAtv, une chaîne qui accueille des projets citoyens.Comme j\u2019avais déjà eu l\u2019occasion de faire des chroniques sur la santé des aînés dans une autre émission de MAtv, j\u2019ai été appelée pour auditionner en tant qu\u2019animatrice.C\u2019est ainsi que le programme est né, en 2017.Aujourd\u2019hui, c\u2019est la seule émission du Québec qui s\u2019adresse à un public d\u2019aînés.D\u2019après vous, cette émission répondait-elle à un besoin ?Il faut croire, car il s\u2019agit du programme de MAtv qui a la meilleure cote d\u2019écoute ! Ça a vraiment été une surprise pour nous.Mais en même temps, c\u2019est logique.Les aînés sont nombreux à déplorer de ne pas se sentir représentés à la télévision.Quel est le format de l\u2019émission ?D\u2019abord, nous avons une chronique qui porte sur les services ou programmes (sportifs, culturels, etc.) destinés aux aînés.Ensuite, nous avons toujours une table ronde, précédée d\u2019un vox pop réalisé dans la rue.Ce segment rassemble des experts et des personnes concernées par le sujet.La discussion peut porter sur des questions très variées : l\u2019aide médicale à mourir, le démon du midi, la réalité des proches aidants, le divorce après 60 ans, les femmes âgées dans les médias, la sexualité des aînés, etc.Nous poursuivons avec une entrevue en tête-à-tête avec un aîné inspirant.Cet invité peut être connu ou inconnu, mais nous essayons de donner de la visibilité à des personnes « vraiment » âgées, et pas seulement à des gens de 50 ou 60 ans.Aujourd\u2019hui, après 50 ans, c\u2019est une nouvelle vie qui commence : il y a beaucoup de situations diverses.En fin d\u2019émission, nous proposons également une section santé, sous l\u2019angle de l\u2019empowerment, en essayant d\u2019éviter tout misérabilisme.Bien sûr, l\u2019idée n\u2019est pas de mettre des lunettes roses, mais plutôt de dire : « OK, on est plusieurs à avoir des problèmes liés à notre âge, qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire concrètement ?» D\u2019une manière générale, je crois qu\u2019il y a trois mots qui favorisent le bien vieillir : il faut s\u2019avoir s\u2019adapter avec humour et tendresse.C\u2019est cette bienveillance et cette légèreté que nous essayons de promouvoir dans l\u2019émission.Vous êtes aussi comédienne, l\u2019âge a-t-il eu un impact sur votre carrière ?Oui, bien sûr.À partir de 40 ans, on a moins de rôles.Mais je crois que les choses changent : on commence à voir des rôles de femmes plus âgées.Du côté des animatrices, on voit également les choses évoluer.Il y a 25 ans, Michèle Viroly, qui était lectrice de nouvelles, a été tassée à cause de son âge.Aujourd\u2019hui, je ne pense pas qu\u2019on oserait faire la même chose avec Anne-Marie Dussault, Céline Galipeau ou Sophie Thibault.Néanmoins, ces métiers restent difficiles, en particulier pour les femmes, car ce sont des métiers d\u2019image.Quand tu vieillis, tu renvoies une image qui évoque la mort, et ça ne marche pas trop à l\u2019écran.Justement, est-ce que c\u2019est facile de se voir changer ?Certains trouvent cela très difficile.Moi j\u2019aime trop ça me voir à l\u2019écran (rires).J\u2019adore faire mon travail, j\u2019aime animer, écrire, faire l\u2019actrice, donner des conférences.Alors, bien sûr, j\u2019ai pris du poids, mais je pense que c\u2019est un bel apprentissage d\u2019arriver à s\u2019aimer comme ça.Après, si j\u2019étais vraiment à l\u2019aise à 100 %, je garderais mes cheveux blancs.Mais je ne suis pas encore prête.Même si pour mon émission, je pense qu\u2019on pourrait difficilement me le reprocher.Âgisme L\u2019âgisme, qui correspond aux stéréotypes et faits de discrimination à l\u2019égard des personnes âgées, serait la forme de préjugé social la plus tolérée au Canada.Au pays, 79 % des personnes interrogées considèrent que les personnes âgées sont moins importantes que les autres générations.Source Rapport de Revera et Fédération internationale sur le viellissement (FIV), 2012.« Je crois qu\u2019il y a trois mots qui favorisent le bien vieillir : il faut s\u2019avoir s\u2019adapter avec humour et tendresse. » 15 itineraire.ca 15 janvier 2019 Dans votre émission justement, vous abordez la question de l\u2019âgisme, c\u2019est-à-dire l\u2019ensemble des préjugés et discriminations qui touchent les personnes âgées.Diriez-vous qu\u2019il y a de l\u2019âgisme dans les médias ?Oui, notamment quand les médias présentent le vieillissement uniquement sous l\u2019angle de la souffrance, de la misère, des mauvaises nouvelles.Par exemple, on va parler des CHSLD ou d\u2019une personne âgée qui a provoqué un accident de voiture.On voit aussi l\u2019extrême inverse, notamment en publicité, où les personnes âgées représentées ressemblent à des mannequins sans aucune douleur.Ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on vieillit comme ça.Avec Ère Libre, on essaye de montrer une image plus subtile de ce que sont les personnes âgées.Que pensez-vous de l\u2019argument qui consiste à dire que les personnes âgées ne devraient plus voter ?C\u2019est l\u2019idée la plus âgiste au monde ! C\u2019est une façon commode de dire : « Si tu ne penses pas comme moi, je te tasse ».Peut-être qu\u2019une partie des personnes âgées sont plus conservatrices, mais il faut l\u2019accepter : elles font encore partie de la société ! On reproche souvent aux personnes âgées d\u2019être un peu fermées, mais ce n\u2019est pas très inclusif de vouloir empêcher les gens de voter quand ils n\u2019ont pas les mêmes idées.Cette déresponsabilisation des aînés peut prendre d\u2019autres formes.Par exemple, beaucoup se plaignent d\u2019être infantilisés.Oui, ça arrive souvent.Je dirais qu\u2019il y a deux sortes d\u2019infantilisation.D\u2019abord, il y a une infantilisation qui survient comme un réflexe inconscient, lorsqu\u2019on a face à soi une personne qui nous semble fragile et vulnérable.Or, si vous n\u2019en ressentez pas le besoin, c\u2019est désagréable que quelqu\u2019un vous dise [sur un ton niais] : « Avez-vous besoin d\u2019aide, êtes-vous bien installé, vous voulez un petit café, ne bougez pas je vais y aller ».D\u2019autre part, il y a aussi une infantilisation qui consiste à prendre l\u2019autre de haut, à lui dire quoi faire et comment faire.On ressent cela parfois dans les services de santé.On voit aussi ce comportement dans certains milieux professionnels, où les plus jeunes peuvent parfois lever les yeux au ciel face à certaines inaptitudes de leurs aînés.C\u2019est peut-être une façon de dire à l\u2019autre : « Je suis meilleur que toi ».Dans le même ordre d\u2019idées, beaucoup dénoncent le préjugé qui consiste à croire qu\u2019un aîné a forcément des difficultés cognitives.Qu\u2019en pensez-vous ?C\u2019est vrai que pour la plupart des gens, vieillir veut dire être moins intelligent, moins alerte, moins au courant des choses.C\u2019est un préjugé encore plus réel aujourd\u2019hui dans la mesure où le monde et la technologie ont évolué très rapidement, créant souvent une distance importante entre les générations connectées et les autres.Alors, c\u2019est vrai qu\u2019il y a un âge où l\u2019on voit moins bien, où l\u2019on entend moins bien, où l\u2019on est parfois moins concentré, où l\u2019on peut avoir besoin de pauses pour mieux assimiler l\u2019information.Mais si on n\u2019a pas de maladie cognitive, l\u2019intelligence demeure.Elle s\u2019accompagne simplement d\u2019une lenteur.Et encore, pas pour tout le monde.Or, on manque clairement de tolérance vis-à-vis de cette lenteur-là : elle nous fait peur.Pourtant on se dirige tous vers elle.En fait, j\u2019ai parfois l\u2019impression que tout le monde veut vivre longtemps mais que personne ne veut vieillir ! D\u2019ailleurs, je remarque que cette vision âgiste touche les vieux eux-mêmes.On va souvent voir des gens de 60 ans sévères avec des gens de 70 ans, et ainsi de suite.Ça m\u2019arrive à moi aussi, et pourtant, c\u2019est mon domaine ! (Rires) Alors selon vous, à quel âge sommes-nous vieux ?Si vous demandez à des jeunes, ils vous répondront sans doute qu\u2019on est vieux à 50 ou 60 ans.Mais quand vous demandez à des gens de 50 ans et plus, ils vous répondent qu\u2019on a l\u2019âge de son cœur : plus on avance, plus le chiffre est accessoire.Du reste, c\u2019est sûr qu\u2019il y a des facteurs qui poussent à se sentir vieux, tels que la perte d\u2019un conjoint ou d\u2019amis, les douleurs chroniques, etc.En fait, je crois que la vieillesse arrive au moment où l\u2019on a l\u2019impression de ne plus avoir de pouvoir sur sa vie, de ne plus être capable de se réaliser ou de ne plus avoir d\u2019espace pour transmettre ce que l\u2019on sait.Quel conseil donneriez-vous à ceux qui veulent favoriser l\u2019inclusion des personnes âgées ?En tant que jeunes, quand vous regardez une personne âgée, rappelez-vous qu\u2019elle a été jeune elle aussi, qu\u2019elle a été passionnée, qu\u2019elle a fait l\u2019amour cul par-dessus tête dans les escaliers car elle n\u2019avait pas le temps de se rendre en haut.Aujourd\u2019hui, elle a juste plus d\u2019expérience, et cette expérience s\u2019accompagne parfois d\u2019une certaine lenteur.Sexualité Dans la cinquantaine, 4 couples sur 5 ont des relations sexuelles.Dans la soixantaine, c\u2019est 2 couples sur 3.À partir de 70 ans, c\u2019est 1 couple sur 2.Au Québec, on estime que 3 % à 4 % des personnes victimes d\u2019agression sexuelle sont des aînés.Au Québec, les cas d\u2019ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) sont en hausse chez les aînés.Entre 2002 et 2011, les cas de chlamydia chez les personnes de 60 ans et plus ont triplé.Sources Vous croyez tout savoir sur le sexe (J.Bertrand, M.Dorais, éditions libre expression) ; The American Journal of Emergency Medicine ; Agence de la santé publique du Québec ; Canadian Journal of Aging.16 15 janvier 2019 itineraire.ca P H O T O ?  : ?J O N A T H A N ?M A L E N F A N T En 2014, François Grisé, comédien et artiste multidisciplinaire, s\u2019est lancé un défi : raconter au public la réalité du vieillissement.Pour ce faire, il est parti passer deux mois dans une résidence pour personnes âgées, à Val-d\u2019Or.Presque cinq ans plus tard, il finalise une pièce de théâtre intitulée Tout inclus*, qui sera présentée à partir de l\u2019automne 2019.Rencontre avec un artiste qui, à 47 ans, veut lever un tabou contemporain.En deux mots, que raconte la pièce que vous écrivez ?C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme dans la mi-quarantaine qui prend conscience qu\u2019ultimement, il va mourir.Cela le pousse à recréer des liens avec ses parents avant qu\u2019eux-mêmes ne s\u2019en aillent.Or, ses parents vivent dans une résidence de personnes âgées.C\u2019est lui qui les a placés dans cette résidence, mais il réalise qu\u2019il n\u2019a pas vraiment compris tout ce que cela impliquait.Alors, pour tenter de mieux comprendre cette réalité, il va aller vivre dans un établissement similaire durant deux mois.PAR CAMILLE TESTE Monter sur scène pour raconter François Grisé la réalité de nos aînés ENTREVUE Tout inclus est une production de Porte Parole et Un et un font mille.Texte et idéation François Grisé Mise en scène Alexandre Fecteau Dramaturgie Annabel Soutar Raconter la réalité du vieillissement sur scène, c\u2019est un défi ! Oui, c\u2019est complexe.C\u2019est pour cela que la pièce va durer plus de trois heures et évoluera sans doute au cours du temps.Sur scène deux acteurs, Marie-Ginette Guay et Luc Proulx, vont jouer à la fois le rôle des parents et celui d\u2019autres personnes âgées.De mon côté, je vais jouer le rôle du fils.Il s\u2019agit d\u2019une œuvre un peu autobiographique puisque dans la réalité, mes propres parents vivent dans ce type d\u2019établissement, ce qui suscite chez moi de nombreuses interrogations.Pour écrire cette pièce de théâtre, vous avez réellement expérimenté ce que vit le personnage.Oui, en 2014, j\u2019ai décidé d\u2019aller passer un mois, puis un autre mois, à la résidence des Jardins du Patrimoine de Val-d\u2019Or.Cette résidence n\u2019était pas mon premier choix, puisqu\u2019à l\u2019origine je voulais me rendre dans celle de mes parents.Malheureusement, la direction de cet établissement ne m\u2019a pas donné son accord.Finalement c\u2019était plutôt une bonne chose, car mon expérience n\u2019aurait pas été la même en leur présence.Elle aurait sans doute été plus intime, plus personnelle, mais aussi moins proche de la réalité des personnes concernées.De fait, à Val-d\u2019Or, j\u2019ai intégré un monde complétement nouveau, habité par des inconnus.Donc, j\u2019ai vécu une expérience assez similaire à ce que vit une personne âgée lorsqu\u2019elle se retrouve parachutée dans un tel univers.Vous insistez beaucoup sur la dimension documentaire de votre travail.Effectivement, Tout inclus est une pièce de théâtre documentaire.Cela veut dire que, contrairement à une pièce de fiction, elle trouve sa source dans des faits réels, dans une enquête.Cette démarche nécessite une distance.C\u2019est pour cela que j\u2019avais besoin d\u2019une sorte de recul vis-à-vis des personnes rencontrées.Peut-on dire que le théâtre documentaire se rapproche du travail journalistique ?Il y a une volonté évidente de parler du réel, de fournir un travail quasi-journalistique.Par exemple, j\u2019ai réalisé de nombreuses entrevues avec les résidents des Jardins du Patrimoine.J\u2019ai aussi rencontré des spécialistes du vieillissement de toutes sortes - des gériatres, des psychiatres, des philosophes \u2013 afin d\u2019avoir une image qui correspond le plus possible à la réalité.Logement En 2010, 96,6 % des Québécois de 65 ans et plus vivaient chez eux ou en résidences pour aînés.3,4 % d\u2019entre eux étaient hébergés dans un établissement de type CHSLD.Avec un taux d\u2019attraction de 18,4 %, les Québécois sont plus attirés par les résidences pour aînés que le reste des Canadiens (9,1 %).Au Québec, le prix moyen d\u2019une chambre individuelle incluant un repas est de 1527 $ par mois, un montant bien inférieur au reste du Canada.En Ontario, le prix moyen est de 2978 $.Au Québec, 17 % de la population des 15 ans et plus se déclarent proches aidants d\u2019ainés.Cela signifie qu\u2019au cours des 12 mois précédents l\u2019étude, ils ont apporté des soins à domicile à une personne aînée, sans rémunération.(Chiffres de 2012).Dans 87 % des cas, le proche aidant ne cohabite pas avec l\u2019aîné.Sources Vérificateur général du Québec ; SCHL (2016) ; L\u2019Appui.PHOTOS? :?COURTOISIE De même, lorsque je travaille sur la partie de la pièce qui touche à mon expérience personnelle, Annabel Soutar, qui est chargée de la dramaturgie, s\u2019assure que j\u2019ai vraiment vécu ce qui est relaté dans tel ou tel passage.Pour autant, il y a aussi une part de subjectivité et de création.Il nous arrive d\u2019inventer quelques éléments, quand cela permet d\u2019apporter de la cohérence à la pièce et de faire des liens entre les scènes.Et puis, comme au cinéma, on fait du montage.Par exemple, j\u2019avais 850 pages de verbatim, récoltées à travers les entrevues audio et vidéo que j\u2019ai faites.Pour les transformer en pièce de théâtre, j\u2019ai dû réduire pour n\u2019en garder que l\u2019essence.Concrètement, comment s\u2019est déroulée votre expérience à Val-d\u2019Or ?La première fois que je suis allé passer un mois dans cette maison, c\u2019était en juillet 2014.J\u2019avais 43 ans.On m\u2019avait alloué une chambre au sous-sol, et je vivais la même vie que les autres résidents.Je dormais là-bas, je mangeais là-bas, je participais à certaines activités, je jouais aux cartes avec eux.Les dix premiers jours se sont faits de manière relativement informelle.Je ne cachais pas les raisons de ma présence : j\u2019étais là pour mieux comprendre leur réalité.Mais je ne parlais pas encore de la pièce en tant que telle dans la mesure où je ne savais pas encore ce que j\u2019allais faire de cette expérience.Au bout d\u2019un certain temps, j\u2019ai commencé à réaliser des entrevues audio et vidéo avec les résidents.Je posais six ou sept questions pour chaque entrevue.En tout, j\u2019ai rencontré une trentaine de personnes.Vous dites que c\u2019est cette enquête qui vous a permis de tromper l\u2019ennui.Oui, l\u2019une de mes découvertes, c\u2019est que dans une maison de personnes âgées, il n\u2019y a presque rien à faire.C\u2019est vendu comme un avantage : on dit aux gens qu\u2019enfin, ils n\u2019auront plus à se faire à manger ou à faire le ménage.Mais, dans la réalité, c\u2019est très difficile à vivre au quotidien.Alors comment les gens occupent-ils leurs journées ?La télévision est une activité centrale.Il y a aussi des activités ponctuelles comme du bingo.Centenaires Aujourd\u2019hui, le Québec compte environ 1600 centenaires, dont plus de 90 % de femmes.Le nombre de centenaires devraient atteindre un pic vers 2060.Si le progrès dans la prise en charge de la mortalité se poursuit, près de 20 % des Québécois nés en 2016 pourraient être centenaires.Aujourd\u2019hui, 1 centenaire sur 2 est en bonne santé physique et mentale.Reste à savoir si longévité et bonheur vont de pair.Sources Institut de la statistique du Québec, 2017 ; Institut Douglas.Néanmoins, j\u2019ai été surpris de voir que les gens ne socialisent pas tant que cela.Un peu pendant les repas, bien sûr, mais en dehors, ils passent beaucoup de temps dans leurs appartements respectifs.Ensuite, les résidents ont des façons de passer le temps qui dépendent de leur niveau d\u2019autonomie.Certains sont malades, donc moins mobiles, quand d\u2019autres prennent encore leur voiture pour aller faire des courses.Mais d\u2019une manière générale, j\u2019ai observé que les résidents ne savent pas trop quoi faire avec le temps dont ils disposent.19 itineraire.ca 15 janvier 2019 D\u2019après-vous, pourquoi cette dame n\u2019a pas eu d\u2019autres choix ?Je crois qu\u2019il y a plusieurs raisons.D\u2019abord, Val-d\u2019Or, ce n\u2019est pas Montréal, il y a peut-être moins de solutions d\u2019hébergement et de prises en charge des personnes âgées.Ensuite, il me semble que c\u2019est une question d\u2019époque.Dans 30 ou 40 ans, il y a fort à parier qu\u2019on aura inventé de nouvelles solutions pour les personnes âgées, comme des services à domicile, de la nourriture livrée, etc.De toute façon, on ne va pas avoir le choix : en un siècle, l\u2019espérance de vie à presque doublé.C\u2019est la première fois de toute l\u2019histoire de l\u2019humanité qu\u2019il y a autant de personnes âgées si vieilles dans nos sociétés.C\u2019est une situation inédite qui nous oblige à avoir une conversation collective sur le vieillissement et à chercher des solutions.Selon vous, qu\u2019est-ce qui est prioritaire dans la manière dont nous traitons nos aînés ?Ma plus grande découverte de toute cette recherche, c\u2019est que tout ce qui change vraiment la réalité des humains qui vivent une vieillesse qui se prolonge, c\u2019est la présence et l\u2019échange.L\u2019argent a un impact évidemment, mais ce qui fait vraiment la différence, c\u2019est l\u2019existence de liens amicaux, familiaux ou, plus généralement, humains.Or, conserver ce lien-là n\u2019a rien d\u2019évident dans une société aux valeurs individualistes, où chacun est poussé à s\u2019arranger tout seul et à chercher des services ailleurs que dans le cocon familial ou amical.Et puis, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019en ce moment, la valeur de quelqu\u2019un a tendance à se calculer à sa capacité à être opérationnel.Si tu contribues activement à la société, on te considère.Sinon, pourquoi fairait-on attention à toi ?Résultat, on a des aînés qui se sentent exclus et dont on ne valorise plus beaucoup l\u2019expérience de vie.C\u2019est dommage, car après tout, la gravité leur est passée sur le corps beaucoup plus longtemps que nous autres.On peut sans doute apprendre de cela ! Est-ce que ce désœuvrement est quelque chose que les résidents parvenaient à verbaliser, lorsque vous étiez à Val-d\u2019Or ?Oui, certains m\u2019ont avoué être conscients de vivre dans un nouvel espace-temps.Plusieurs fois, on m\u2019a dit des choses comme : « J\u2019ai tellement peu à vivre ».C\u2019est ce phénomène qui m\u2019a conduit à appeler la pièce Tout inclus.Je voulais montrer qu\u2019il y a un mensonge derrière ce concept de résidences où l\u2019on est libéré de toute obligation ménagère.On vend cela comme quelque chose de merveilleux, mais en fait la plupart des résidents le vivent très durement.Comment ces personnes percevaient-ils votre présence ?Au départ, ils ne comprenaient pas trop ce que je faisais là, à mon âge ! Certains ont même cru que j\u2019étais un inspecteur du gouvernement car je prenais des notes (rires).Mais une fois qu\u2019ils ont mieux compris, ils ont été très ouverts et beaucoup ont eu envie de me raconter leur histoire.Justement, parlez-nous des personnes qui vous ont le plus marqué.J\u2019ai fait plusieurs belles rencontres.Par exemple, il y avait Darquise, une femme qui, après y avoir vécu pendant 50 ans, a quitté la maison que son mari avait construite « du solage aux poignées de portes ».C\u2019était une femme forte et passionnée, qui enseignait encore l\u2019artisanat, et qui fut l\u2019une des premières à venir me voir pour me raconter sa vie.Il y avait aussi Gisèle qui, à 87 ans, était un incroyable exemple de résilience.Active, enseignant l\u2019aquaforme, elle s\u2019arrangeait malgré la peine d\u2019avoir perdu son mari et malgré la solitude.Parmi les gens qui m\u2019ont beaucoup touché, il y avait aussi M.Caron.Quand je l\u2019ai rencontré, il avait 92 ans.Il avait vécu le débarquement en Normandie et avait clairement un message à me faire passer.Sa phrase, que je répète souvent depuis, c\u2019était : « Il faut faire face à la musique ».Ce qu\u2019il voulait dire, c\u2019est qu\u2019il ne faut pas se mentir, il faut faire face aux choses avec lucidité.Lui avait conscience que perdre sa femme après 62 ans de vie commune n\u2019avait rien d\u2019agréable, mais en même temps il ne cessait de ce rappeler qu\u2019il était privilégié d\u2019être toujours en vie et de pouvoir habiter dans un établissement aussi confortable.Diriez-vous que les personnes vivant dans ces résidences sont heureuses ?Difficile à dire.Je dirais qu\u2019elles s\u2019arrangent comme elles peuvent.À ce titre, je me souviens d\u2019une autre résidente, Mme Neault, qui m\u2019a raconté qu\u2019à son arrivée, elle allait pleurer discrètement dans la chapelle pour éviter que son mari ne la voie.Un jour, elle m\u2019a expliqué : « Ce n\u2019est pas un choix de vivre ici, c\u2019est une décision.Je n\u2019ai pas pu choisir entre deux choses, j\u2019ai dû le faire, mais j\u2019ai décidé d\u2019être heureuse avec cette vie-là.» Ce genre de propos m\u2019a conduit à me demander si moi aussi j\u2019allais devoir m\u2019arranger avec cette vie-là, ou si je pouvais trouver d\u2019autres solutions.20 15 janvier 2019 itineraire.ca Diriez-vous que cet isolement des aînés est un phénomène nord-américain ?En tout cas c\u2019est un phénomène principalement blanc.J\u2019ai rencontré un gériatre qui m\u2019a dit : « Je parie que dans toutes les maisons pour personnes âgées que tu as visitées, il n\u2019y avait pas de personnes issues des communautés culturelles ! » Et il avait raison : contrairement à plusieurs communautés culturelles pour lesquelles la prise en charge des parents va de soi, la culture majoritaire ici ne conçoit plus les choses ainsi.Observer cette différence de fond doit nous pousser à remettre notre réalité et nos valeurs en perspective.Si vous aviez pu, auriez-vous gardé vos parents chez vous ?C\u2019est une réflexion que j\u2019ai eue avec eux.Je leur ai demandé : « Si je pouvais vous accueillir, resteriez-vous avec moi ?» Ce à quoi ils m\u2019ont répondu : « Es-tu fucking malade ?» (Rires).C\u2019est ça le genre de société qu\u2019on a créée : une société où, si les parents ont besoin de soins, ils n\u2019iront sans doute pas les chercher auprès de leurs enfants car ils ne veulent pas être un poids pour eux.Comment avez-vous réagi à cela ?Je dois dire que ça m\u2019a soulagé, car c\u2019est vrai que les vieux, c\u2019est du trouble.Mais ça m\u2019a aussi surpris, je me serais attendu à ce qu\u2019ils envisagent cela comme une possibilité.D\u2019une manière générale, quel impact a eu ce travail de recherche sur vous ?J\u2019ai écrit cette pièce pour faire réfléchir les gens, pour faire comprendre au public que nous allons tous devenir vieux, et qu\u2019il faut faire face à la musique ! D\u2019une façon plus personnelle, je sais maintenant que, quand mes parents vont mourir, je ne serai pas à côté de la tombe à me dire : « Oh mon dieu, j\u2019aurais dû faire quelque chose pour eux, je ne les connais pas, je ne leur ai jamais dit que les aimais ».Ça ne veut pas dire que je juge ceux qui ne le font pas, tous les parents ne sont pas faciles.Mais pour moi c\u2019était une façon de m\u2019engager auprès d\u2019eux, de faire ma part.En fait, c\u2019est ça le message que je veux voir ressortir de la pièce : la seule chose qui change vraiment quelque chose au vieillissement, c\u2019est l\u2019amour.Or, cet amour-là ne s\u2019invente pas et ne s\u2019achète pas.Et ça, c\u2019est révolutionnaire.Le secret du bonheur Une étude réalisée sur 75 ans par l\u2019université Harvard \u2013 la plus longue étude jamais réalisée sur la question \u2013 a démontré que : Les relations familiales, amicales et au sein de sa communauté sont excellentes pour le bien-être moral mais aussi pour une bonne santé physique.Les personnes isolées sont moins heureuses, leur état de santé physique et leurs capacités cognitives déclinent plus vite.Elles meurent plus jeunes.La qualité des relations prévaut sur la quantité.Ainsi, la santé des participants à l\u2019étude qui ont vécu une situation de conflit prolongé est moins bonne que ceux qui ont réussi à se soustraire à ce conflit, en communiquant leur colère, ou\u2026 en divorçant ! Une relation sécurisante, où l\u2019on fait confiance à l\u2019autre, favoriserait aussi la bonne santé physique et cognitive ! Sources \u201cWhat makes a good life?\u201d Ted Talk, Robert Waldinger, 4e directeur de cette étude, 2015. Le culte des ancêtres au Vietnam Au Vietnam, le culte des ancêtres est une coutume populaire ; ce n\u2019est pas une religion.Il fait partie des traditions de mon pays, comme le Têt, le Nouvel An vietnamien, dont j\u2019aurai l\u2019occasion de vous parler une autre fois.L\u2019objectif du culte des ancêtres est de commémorer les défunts.On le retrouve également en Chine, au Japon et en Corée.Les Vietnamiens ont une devise : « Lorsque vous mangez un fruit, pensez à celui qui a planté l\u2019arbre ».Il y a deux religions principales au Vietnam, la religion catholique et le bouddhisme.C\u2019est plutôt dans les familles de croyance bouddhiste que ce culte se retrouve.Les bouddhistes croient en la réincarnation, ainsi le culte est très relié à cette philosophie.Les Vietnamiens croient aux morts Alors que les Occidentaux parlent de la mort, les Vietnamiens croient aux morts.Nous avons la conviction que les âmes des morts font encore partie de notre monde et errent parmi nous.Les célébrations associées au culte des ancêtres aident les âmes des défunts à se réincarner.L\u2019anniversaire de la mort de ton aïeul, appelée Giô en vietnamien, est une journée très occupée et festive.On commémore nos grands-parents, nos aïeuls, nos bisaïeuls et parfois même nos trisaïeuls.Tous les membres de la famille doivent être présents et mettre la main à la pâte.Ma grand-mère se levait vers 4 h 30 du matin pour préparer des plats traditionnels pour toute la journée.On s\u2019habillait en costumes du pays et la maison était d\u2019une propreté impeccable afin d\u2019accueillir les autres membres de la famille, le « clan ».PHOTO :?PHAITOON?(123RF) PAR TUAN TRIEU-HOANG CAMELOT MÉTRO HENRI-BOURASSA TRADITION L\u2019autel ancestral En cette journée de commémoration, on brûle des faux billets de banque, des fausses maisons et des faux vêtements comme offrandes aux défunts dans l\u2019au-delà.Chaque famille possède un autel ancestral où sont déposés les portraits des disparus, de l\u2019encens, du riz et des fruits.Parfois on dépose également de la véritable nourriture en offrande.Un grand soin est apporté pour les disposer et l\u2019autel est décoré de façon colorée.Le but de ces offrandes est de plaire aux aïeuls ; les Vietnamiens croient que les âmes des morts errent encore dans la maison.L\u2019autel est la manifestation physique de cette présence.Des autels sont parfois aussi érigés dans les commerces pour que nos ascendants veillent à la prospérité de l\u2019entreprise familiale.Nous profitons de la journée pour partager les histoires de nos ancêtres pour ne pas oublier d\u2019où nous venons.Vient alors le temps du cérémonial de la prière aux défunts.Chaque membre de la famille, en costume traditionnel si possible, s\u2019approche de l\u2019autel, encens à la main, et se prosterne.On prie nos aïeuls.En vietnamien, on utilise le mot « cung ».Ce mot difficile à traduire signifie une prière pendant laquelle on rend hommage au défunt, tout en demandant santé, protection, prospérité, etc.Cette cérémonie est charnière dans la journée.C\u2019est à ce moment que l\u2019on parle directement à l\u2019âme des morts.Il s\u2019agit d\u2019une cérémonie très élaborée composée de chants, de louanges, de prières et de mantras.C\u2019est une sorte de pont entre notre monde et celui de nos ancêtres dans l\u2019au-delà.Nous pouvons la réaliser soit à la maison, soit dans une pagode bouddhiste.Nous pouvons confier leur âme à Bouddha.Une place particulière Le vocabulaire que nous utilisons pour parler aux membres de la famille change.Par respect pour le chef de famille, la mère ou dame doit être appelée épouse du chef de famille.Si les personnes ont un titre particulier, on peut l\u2019utiliser cette journée-là.Chaque membre de la famille a un rôle à jouer dans la famille qui lui est particulier.De mon vivant, j\u2019ai connu ma mère, ma grand-mère et la mère de ma grand-mère, une dame plus que centenaire qui en était à la fin de ses jours.Ainsi, pendant plusieurs années après sa mort, la famille lui a réservé une place particulière sur l\u2019autel ancestral.Sa photo en noir et blanc était parmi les bâtons d\u2019encens et les offrandes.Ma bisaïeule n\u2019était plus là.Cependant, vu sa présence sur l\u2019autel ancestral, on avait la conviction que son âme était encore parmi nous.23 itineraire.ca 15 janvier 2019 Mixité intergénérationnelle Je ne me sens pas vieille, mais j\u2019aimerais être amie avec des personnes à la retraite.D\u2019ici cinq ans, ils représenteront 2,5 millions d\u2019habitants au Québec.Je souhaite étudier en loisir et mon objectif est de mixer les personnes âgées avec les jeunes et les enfants.Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019espaces pour la mixité intergénérationnelle dans notre société.Avec le loisir, on peut rejoindre un peu tout le monde.C\u2019est aussi une belle alternative au marché de l\u2019emploi.Tu peux produire des biens et des services dans le plaisir, tels que des savons, du lait végétal, de la nourriture.On peut aussi faire de la rénovation, de l\u2019horticulture, de l\u2019éducation\u2026 MAÏTÉ CUNDARI CAMELOT VILLENEUVE / SAINT-LAURENT Comme on entend à la télé C\u2019est vrai que plus le temps avance, plus on vieillit.Notre corps devient plus faible et notre vision n\u2019est pas pareille.Nos pensées deviennent différentes.On pense plus à la mort.Quand on est jeune, on ne pense pas à ça, on n\u2019a pas le temps.J\u2019ai davantage mal aux muscles.Je ne fais pas d\u2019exercice, ça n\u2019aide pas.Pour les personnes âgées, il y a du monde qui les respecte, mais il y en a d\u2019autres qui en abusent et les maltraitent.Comme on entend à la télé, ils ne leur donnent qu\u2019un bain par semaine.On les néglige.On devrait jouer aux cartes avec elles ou seulement être présents.Il faut aussi les écouter.SYLVAIN PÉPIN ENTRETIEN MÉNAGER P H O T O   : ?R A W P I X E L ?( U N S P L A S H ) 24 15 janvier 2019 itineraire.ca DANS LA TÊTE DES CAMELOTS Un jour à la fois Je vais bientôt faire ma demande pour la carte de la FADOQ, mais je ne me sens pas vieux : j\u2019ai le cœur jeune.Même je dirais que je rajeunis, surtout quand je vois des belles femmes (rires).Elles me font de la façon, un sourire, parce que je suis un petit vieux.Je leur dis alors : « Bonjour/bonsoir, surtout gardez le sourire ! » Je prends ça un jour à la fois.Par contre, les jeunes sont moins éduqués.Ils respectent moins les vieux qu\u2019avant.BENOIT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY Pas si pire Je ne me sens pas nécessairement vieux, mais je commence à ressentir les effets de la vieillesse.Le matin, j\u2019ai plus de difficultés à me lever.J\u2019ai quelques fois des courbatures inhabituelles, mais je ne fais pas encore de l\u2019arthrite, alors ce n\u2019est pas si pire.Dans 20 ans, j\u2019espère être en meilleure position qu\u2019aujourd\u2019hui.Sinon, ça dépend du centre, mais je crois que les vieux sont bien traités.Généralement, les gens sont plus aimables avec les personnes âgées.Je vois souvent des gens céder leur place dans le métro.ANTOINE DESROCHERS CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINT-HUBERT/BOUCHER Reste actif Moi non, je ne me sens pas vieux.Tout se passe dans la tête.Reste actif.Rappelle-toi de ton enfance.Cela nous garde jeunes.Les personnes âgées sont respectées par ceux qui sont ouverts d\u2019esprit, tout dépend de ton éducation.On doit les respecter.Elles ont du vécu et elles ont des choses à nous apprendre.JACQUES ÉLIZÉ CAMELOT SAINT-LAURENT / SAINTE-CATHERINE Le côté positif Je me sens vieux physiquement, mais pas intérieurement.Ça fait partie de mon côté positif, tout en vivant un jour à la fois.C\u2019est sûr qu\u2019on vieillit, qu\u2019on approche de la mort et qu\u2019on a des peurs provoquées par la maladie ou les décès des gens autour de nous.Il y a aussi nos enfants qui grandissent, qui se marient, qui font des enfants.Ça aussi, ça nous fait vieillir.Avant, moi aussi la mort m\u2019inquiétait, mais plus maintenant.Je la vois plutôt comme le passage de l\u2019enfer (sur terre) au paradis.Quand tu es sur terre, tu as une mission à accomplir et quand tu meurs, elle est accomplie.MICHEL DUMONT CAMELOT MÉTRO JOLIETTE Ça magane ! Je me sens vieux du corps, mais jeune d\u2019esprit.Vieux du corps à cause de l\u2019âge et du vécu à l\u2019extérieur : passer des nuits à l\u2019humidité couché sur des cartons à moins 15 degrés, ça magane les articulations.Heureusement, je m\u2019en suis sorti avec L\u2019Itinéraire.C\u2019est d\u2019ailleurs la vente du journal qui me garde l\u2019esprit jeune.Je travaille pour recommencer à faire du bénévolat dans les centres pour personnes âgées.Quand j\u2019arrive et que je vois des étincelles dans leurs yeux, c\u2019est assez plaisant.C\u2019est mieux qu\u2019une paye ! ALAIN PERRIER CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Grand-maman dix fois Je ne me sens pas vieille : le monde ne me donne même pas mon âge.Il y en a qui disent que les personnes âgées sont maltraitées dans certaines places, mais elles sont généralement bien traitées.Mon père et ma mère ne sont jamais allés dans ce genre d\u2019endroit, parce qu\u2019ils sont décédés avant.Moi, je serais prête à y aller un jour, si mes enfants décident de m\u2019y envoyer.J\u2019ai cinq enfants et je suis grand-maman dix fois.DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE 25 itineraire.ca 15 janvier 2019 Vous sentez-vous ? In a nursing home in Tokyo, robots are taking over.Artificial intelligence lead exercise classes, guide residents through the therapy sessions and provide comfort and friendship.The Japanese government hope it will be a model for harnessing the country\u2019s robotics expertise to help cope with a rapidly aging population.Paro the furry seal cries softly while an elderly woman pets it.Pepper, a humanoid, waves while leading a group of senior citizens in exercises.The upright Tree guides a disabled man taking shaky steps, saying in a gentle feminine voice, \u201cright, left, well done!\u201d Robots have the run of Tokyo\u2019s Shin-tomi nursing home, which uses 20 different models to care for its residents.The Japanese government hopes it will be a model for harnessing the country\u2019s robotics expertise to help cope with a swelling elderly population and dwindling workforce.PHOTOS :?REUTERS/KIM?KYUNG-HOON Ageing Japan Tous les 15 du mois, nous publions du contenu original INSP.Au Japon, les robots ont fait leur entrée dans les centres pour personnes âgées.L\u2019intelligence artificielle anime des cours d\u2019exercices physiques, guide les résidents dans leurs sessions de thérapie et leur fournissent soutien et amitié.Pour le gouvernement nippon, l\u2019expertise poussée en robotique du pays pourrait servir de modèle pour composer avec sa population qui vieillit rapidement.Robots\u2019 role in future of elder care BY KIM KYUNG-HOON AND MALCOLM FOSTER A resident claps to call \u2019AIBO\u2019, a pet dog robot at Shin-tomi nursing home in Tokyo.A resident reads a book during a session with \u2019AIBO\u2019a pet dog robot and \u2019PARO\u2019 a robot seal. Allowing robots to help care for the elderly - a job typically seen as requiring a human touch - may be a jarring idea in the West.But many Japanese see them positively, largely because they are depicted in popular media as friendly and helpful.\"These robots are wonderful,\" said 84-year-old Kazuko Yamada after the exercise session with SoftBank Robotics Corp\u2019s Pepper, which can carry on scripted dialogues.\"More people live alone these days, and a robot can be a conversation partner for them.It will make life more fun.\" Plenty of obstacles may hinder a rapid proliferation of elder care robots: high costs, safety issues and doubts about how useful - and user-friendly - they will be.The Japanese government has been funding development of elder care robots to help fill a projected shortfall of 380,000 specialised workers by 2025.Despite steps by Japan to allow foreign workers in for elder care, obstacles to employment in the sector, including exams in Japanese, remain.As of the end of 2017, only 18 foreigners held nursing care visas, a new category created in 2016.But authorities and companies here are also eyeing a larger prize: a potentially lucrative export industry supplying robots to places such as Germany, China and Italy, which face similar demographic challenges now or in the near future.\"It\u2019s an opportunity for us,\" said Atsushi Yasuda, director of the robotic policy office at the Ministry of Economy, Trade and Industry or METI.\"Other countries will follow the same trend.\" More than 100 foreign groups have visited Shin-tomi the past year from countries including China, South Korea and the Netherlands.A few products are trickling out as exports: Panasonic Corp has started shipping its robotic bed, which transforms into a wheelchair, to Taiwan.Paro is used as a \"therapy animal\" in about 400 Danish senior homes.The global market for nursing care and disabled aid robots, made up of mostly Japanese manufacturers, is still tiny: just $19.2 million in 2016, according to the International Federation of Robotics.But METI estimates the domestic industry alone will grow to 400 billion yen ($3.8 billion) by 2035, when a third of Japan\u2019s population will be 65 or older.\"It\u2019s potentially a huge market,\" said George Leeson, director of the Oxford Institute of Population Ageing.\"Everyone is waking up to their ageing populations.Clearly robotics is part of that package to address those needs.\" To nurture the industry, the government is using a two-pronged approach.METI is promoting development, providing 4.7 billion yen ($45 million) in subsidies since 2015.The labour ministry is spearheading the spread of robots, and spent 5.2 billion yen ($50 million) to introduce them into 5,000 facilities nationwide in the year that ended last March.There is no government data about how many care facilities use robots.Government officials stress that robots will not replace human caregivers.27 15 janvier 2019 itineraire.ca \"They can assist with power, mobility and monitoring.They can\u2019t replace humans, but they can save time and labor,\" said METI\u2019s Yasuda.\"If workers have more time, they can do other tasks.\" Most of the devices look nothing like the popular image of a robot.By the government\u2019s definition, each has three components - sensors, a processor and a motor or apparatus.Panasonic used government aid to develop Resyone, a bed that splits in two, with one half transforming into a wheelchair.Cyberdyne Inc\u2019s HAL - short for Hybrid Assistive Limb - lumbar type is a powered back support that helps caregivers lift people.Those needing walking rehabilitation can grab hold of Tree, made by unlisted Reif Co, which crawls along the ground, showing where to place the next step and offering balance support.SoftBank\u2019s Pepper is used in about 500 Japanese elder care homes for games, exercise routines and rudimentary conversations.But some workers find Pepper difficult to set up, said Shohei Fujiwara, a manager at SoftBank Robotics, a unit of Internet conglomerate SoftBank Group Corp.They\u2019d like Pepper to respond to voice commands and move around independently - functions that SoftBank hopes to introduce this year, he said.Cute, furry and responsive, Paro reacts to touch, speech and light by moving its head, blinking its eyes and playing recordings of Canadian harp seal cries.\"When I first petted it, it moved in such a cute way.It really seemed like it was alive,\" giggled 79-year-old Saki Sakamoto, a Shin-tomi resident.\"Once I touched it, I couldn\u2019t let go.\" Paro took more than 10 years to develop and received about $20 million in government support, said its inventor, Takanori Shibata, chief research scientist at the National Institute of Advanced Industrial Science and Technology.About 5,000 are in use globally, including 3,000 in Japan.But Paro, like most robots, is expensive: 400,000 yen ($3,800) in Japan and about 5,000 euros in Europe.Panasonic\u2019s Resyone bed costs 900,000 yen ($8,600) and Cyberdyne\u2019s HAL lumbar exoskeleton costs 100,000 yen ($950) a month to rent.Most facilities using them, including Shin-tomi, have relied on local and central government subsidies to help cover the costs.Individuals can also use nursing care insurance to help cover approved products, but those numbers are tiny.And so far, the robots have not reduced Shin-tomi\u2019s personnel costs or working hours.\"We haven\u2019t gotten that far yet,\" said Kimiya Ishikawa, president and CEO of Silverwing Social Welfare Corp, which runs Shin-tomi.\"We brought them in mostly to improve the working environment, keep staffers from getting back injuries and make things safer.\" What they have done, he said, is boost the morale of both staff and residents.\"That\u2019s brought a peace of mind among the staff and the residents feel supported,\" he said.28 15 janvier 2019 itineraire.ca Residents follow moves made by humanoid robot \u2019Pepper\u2019 during an afternoon exercise routine at Shin- tomi nursing home in Tokyo. En décembre dernier, deux études sur l\u2019alimentation ont démontré combien elle est liée aux enjeux de pauvreté, même si on n\u2019a pas toujours fait ce lien dans les médias.La première nous apprend que les francophones du Québec ne « mangent pas mieux qu\u2019il y a 15 ans », c\u2019est-à-dire qu\u2019ils respectent très peu les recommandations du Guide alimentaire canadien.Les chercheurs nous donnent la note de 55 % d\u2019atteinte des objectifs du Guide.Nous sommes des cancres de la bonne alimentation, en somme.La seconde étude prévoit que le prix des aliments augmentera de 3,5 % l\u2019an prochain, ce qui représentera en moyenne une hausse de 400 $ du panier d\u2019épicerie par famille.Ce sont particulièrement les fruits et les légumes, en raison de sécheresses à prévoir aux États- Unis et au Mexique.Le prix du bœuf, du porc, du poulet et des poissons devrait cependant chuter.Derrière les chiffres, d\u2019autres chiffres Si nous sommes à ce point cancres de l\u2019alimentation, c\u2019est que nous ne mangeons pas assez de fruits et de légumes et trop de gras et de sucre.Dans les articles relatant la première étude, on se désolait que malgré des décennies de campagnes de sensibilisation, les tonnes de livres de recettes publiés, les succès phénoménaux des émissions culinaires, la situation ne s\u2019était pas améliorée.Pas besoin d\u2019un doctorat en économie pour comprendre pourquoi : ça coûte cher bien s\u2019alimenter, en général.Si vous êtes assez vieux pour faire l\u2019épicerie depuis 20 ans, vous le constatez semaine après semaine.Contrairement à d\u2019autres produits que vous consommez, le prix de votre panier coûte de plus en plus cher.Certains fruits et légumes, même produits au Québec, coûtent une fortune.D\u2019ailleurs, quand on fouille un peu les résultats de l\u2019étude, les statistiques sont frappantes.Les personnes qui gagnent moins de 30 000 $ par année consomment 3,7 portions de fruits et légumes, alors que les plus riches en consomment 4,8.La différence est énorme ! Il en va de même pour tous les « bons » aliments.L\u2019apport en calories est aussi en proportion du revenu : plus on est riche, plus on mange.Non seulement ça coûte cher de bien manger, mais ça coûte cher de manger à sa faim, tout simplement.D\u2019autant que le budget alimentaire représente en moyenne plus de 16 % des dépenses totales des ménages.Quand on est serré, la marge de manœuvre est bien mince.Des pistes de solution Si le prix des aliments influence grandement notre capacité à bien nous nourrir, il y a un autre facteur qui entre en jeu : notre capacité à cuisiner.Car bien s\u2019alimenter nécessite bien sûr d\u2019utiliser de bons ingrédients, mais aussi de savoir les apprêter.Je cuisine beaucoup et je n\u2019achète à peu près aucun aliment transformé.Ils ne sont généralement pas très bons pour la santé.Ça n\u2019est pas que je sois plus vertueux qu\u2019un autre, c\u2019est l\u2019éducation que j\u2019ai reçue de mes parents et j\u2019adore être aux chaudrons.C\u2019est un loisir et une détente pour moi.Cela me sidère de constater dans mon entourage à quel point nombre de gens ne savent pas cuisiner, et particulièrement sans recette précise.C\u2019est un savoir-faire qui s\u2019est perdu avec le temps.Il faudrait réintroduire des cours de cuisine obligatoires au secondaire, et pas que quelques heures, mais bien des cours intensifs.Il y a un autre « ingrédient » nécessaire à une bonne alimentation et c\u2019est le temps.Je travaille de la maison et je n\u2019ai pas d\u2019enfants.Je vous entends soupirer en me lisant, vous qui avez deux-trois enfants affamés à nourrir au retour du travail.Le temps est un luxe nécessaire pour bien cuisiner.Je n\u2019ai malheureusement pas la recette magique pour vous en trouver.Ça coûte cher bien manger 29 itineraire.ca 1er janvier 2019 ÉCONOMISTE INDÉPENDANT YVES GRÉGOIRE DISTRIBUTION MANON FORTIER CAMELOT MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND ET VILLAGE CHAMPLAIN JACQUES ÉLYZÉ CAMELOT Si vous hésitez à me déclarer votre amour\u2026 Avant de m\u2019allumer, vérifiez que vous êtes bien le prince charmant.Ne m\u2019ennuyez pas avec le match de foot ou de hockey.Laissez-moi « mariner » dans un bon bain chaud relaxant aussi longtemps que je le veux.Préférez la nourriture saine aux sucreries et au fast-food.Ma délicate constitution exige une alimentation de qualité.Respectez mon sommeil du matin : surtout pas de télé ni de conversation qui réveilleraient mon esprit.Mais vous pouvez quand même me demander s\u2019il y a du lait dans le frigo pour le café.Ne jamais me bousculer, me contrarier ou me contredire sinon c\u2019est garanti : porte close à prévoir.L\u2019hiver, les longues nuits sous la couette, les pulls moelleux, le café, les soirées au coin du feu, un bon film, des chaussettes douillettes, j\u2019aime bien.Et un bon banana split arrosé de chocolat noir de temps en temps.Je veux un bonjour, un bisou avec le café du matin.Des rires à profusion.Des jus 100 % purs.Je veux une caresse, un « dors bien, ma chérie », un regard tendre, et un « je t\u2019aime ».Quelqu\u2019un qui va m\u2019aider à rebondir et à oublier ce qui me tracasse.Je n\u2019aime pas la routine.Je suis une personne bien, mais plusieurs ne s\u2019en rendent pas compte puisque dans mon entourage se trouve souvent un « monsieur Jaloux » qui arrive si je rencontre l\u2019amour.Il y a aussi parfois aussi sa « sœur Hypocrite » qui me critique dans le dos.Il y a aussi « monsieur Destructeur » qui a besoin de se nourrir des épreuves des autres pour exister.Des êtres qu\u2019on croise pour notre plus grand malheur et qui cherchent à tuer l\u2019amour naissant.Mais je ne laisse pas les salauds me piétiner les sentiments et les émotions.Je les repère grâce à mon intuition et à mon vécu.J\u2019ai envie de plus de passion dans ma vie.Je veux vivre un amour sincère.Le futur incertain L\u2019itinérance commence parfois dans les écoles.Tu vois un élève songeur, une élève songeuse.Qu\u2019est-ce que l\u2019on doit faire ?N\u2019attendez-pas qu\u2019il ou elle vienne vous voir.Le rôle du professeur est de l\u2019inviter dans son bureau et de lui demander : « Qu\u2019est-ce qui ne va pas, raconte-moi tout ça.Ne te gêne pas.Sois à l\u2019aise, on est là pour comprendre.» Parmi les raisons qui peuvent aussi amener l\u2019élève dans une situation précaire, la plupart du temps c\u2019est l\u2019intimidation qui en est la cause, qu\u2019elle se vive à l\u2019école ou à la maison.On pourrait peut-être réunir parents, professeurs et élèves dans des ateliers éducatifs.Parler du respect, cela serait un bon sujet.D\u2019autres activités, comme par exemple les sports, le soccer, le hockey intérieur, le tennis, le ping-pong, la natation, et ainsi de suite, permettraient aux élèves de se défouler, de canaliser leurs émotions, d\u2019être mieux en contact entre eux.Les activités amènent à la fraternité.Le sport, c\u2019est thérapeutique.Heureusement qu\u2019il y a une période des Fêtes.On dirait que cela nous amène à faire des réflexions sur le sujet des relations entre les élèves.Les enfants sont à la maison et on a davantage de temps pour parler avec eux.Pourquoi attendre à cette période ?Cela pourrait se vivre toute l\u2019année.J\u2019espère, pour l\u2019année 2019, que tout cela s\u2019améliorera, tant sur le plan scolaire que familial.Cocaïne J\u2019ai commencé à renifler de la cocaïne un peu avant mes 25 ans.J\u2019en ai 57 aujourd\u2019hui.Au début cela était récréatif, cependant ça n\u2019a pas duré très longtemps.J\u2019ai une personnalité addictive, ce qui signifie que je deviens dépendant très rapidement.La dépendance à la cocaïne est davantage psychologique contrairement aux opiacés (opium, héroïne morphine) qui est aussi très physique.Lorsque vous voyez une personne qui est très nerveuse et agitée, elle est en manque.Moi j\u2019étais très nerveux et je déparlais, ce qui fait que je préférais consommer seul chez moi.J\u2019ai connu des cocaïnomanes qui louaient une chambre de motel pour consommer de la cocaïne.Pour un toxicomane, c\u2019est l\u2019envie de consommer qui mène sa vie.C\u2019est plus fort que tout, même la raison.J\u2019en sais quelque chose car je suis quelqu\u2019un de rationnel et je ne pouvais m\u2019empêcher de consommer.J\u2019ai fait trois thérapies fermées, une réadaptation, plusieurs suivis avant de réussir à cesser de consommer de la cocaïne.Il y a plus de neuf ans que j\u2019ai cessé de prendre de la cocaïne et j\u2019en suis très fier.Je me sens beaucoup mieux et surtout je n\u2019ai plus de « craving » (obsessions).MOTS DE CAMELOTS « Je ne le cache pas, je suis un enfant du bien-être social  : ma mère était veuve avec cinq enfants, confie le maire de Laval, Marc Demers, au cours d\u2019une entrevue exclusive à L\u2019Itinéraire.J\u2019ai donc une sensibilité aux gens qui sont vulnérables.Si je n\u2019avais pas eu l\u2019aide de la société, jamais je n\u2019aurais pu offrir à mes enfants la qualité de vie qu\u2019ils ont eue.Je pense qu\u2019il faut s\u2019entraider.On juge une société à la façon dont elle traite les gens les plus vulnérables.» Laval et précarité : deux mots qu\u2019on n\u2019est pas porté à associer.La troisième ville du Québec jouit certes d\u2019une relative prospérité.Les taux de chômage et d\u2019aide sociale sont bien inférieurs à ceux de Montréal.Ce qui ne signifie pas que la précarité n\u2019existe pas.En plus de son histoire familiale, le maire en a pour preuve : « Après avoir travaillé 30 ans comme policier dans les rues de la Ville, je peux vous dire que la pauvreté et l\u2019 itinérance existent à Laval.» Au moment de notre passage à l\u2019hôtel de ville de Laval, Marc Demers sortait d\u2019ailleurs d\u2019une rencontre avec la nouvelle ministre des Affaires municipales et de l\u2019Habitation, Andrée Laforest.« Je lui ai expliqué qu\u2019 il y a environ 50 000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté à Laval.Il y a plus de 1000 personnes sur les listes d\u2019attente pour avoir des logements abordables.» Même si à Laval, l\u2019itinérance se fait plus discrète.La précarité des personnes est concentrée dans certains quartiers.« Évidemment, il y a Pont-Viau, Laval-des-Rapides et Chomedey, explique-t-il.Mais il y a aussi Saint-François et Sainte-Rose où il y a une soupe populaire.J\u2019ai habité Pont-Viau longtemps.J\u2019ai patrouillé le PHOTO :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Entrevue avec le maire Marc Demers PAR JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS POLITIQUE MUNICIPALE Oui, la pauvreté et l\u2019itinérance existent à Laval coin longtemps comme policier et je connais bien mon territoire.J\u2019ai aussi fait beaucoup de bénévolat à Laval-des-Rapides, au Relais communautaire.Durant cinq ans, mon épouse a siégé à son conseil d\u2019administration.» Une époque révolue Sourire en coin, celui qui préside aux destinées de la Ville depuis cinq ans ne se prive pas d\u2019ailleurs du plaisir de souligner la différence d\u2019approche avec son sulfureux prédécesseur, Gilles Vaillancourt.« La pauvreté a été ignorée par les administrations précédentes, souligne-t-il.Cette époque est maintenant révolue.» « Avec les organismes communautaires, nous avons fait l\u2019 inventaire et posé des gestes concrets, assure-t-il.Mais il faut continuer; c\u2019est une bataille quotidienne.» Le maire est ainsi fier de son Unité d\u2019urgence sociale.« Sauf erreur, on est la seule grande ville qui a une unité d\u2019urgence sociale.Il y a des gens qui sont itinérants ou un peu perdus et qui ne savent pas à quelle porte cogner le soir ou la fin de semaine.L\u2019unité va en prendre soin pendant quelques jours et les référer au bon endroit.Une bonne partie de ces gens sont référés par les services de police qui les ont vus dans la rue en situation de précarité.» La Ville a aussi mis sur pied un service téléphonique 211.« Si vous êtes une personne dans un état de vulnérabilité, vous êtes désemparés, vous ne connaissez pas les réalités du territoire, vous avez besoin d\u2019un service, vous êtes une personne âgée, ou vous êtes une personne issue de l\u2019immigration et ne parlez pas français ou anglais, il y a quelqu\u2019un qui va vous répondre, qui va vous mettre en contact avec l\u2019un des 600 organismes communautaires sur le territoire.» La Ville compte d\u2019ailleurs sur un réseau d\u2019une soixantaine d\u2019interprètes.Pénurie de logements sociaux La Ville se félicite aussi de sa politique de développement social.« Nous sommes probablement la seule région administrative au Québec qui a développé une telle politique.Nous avons réuni les principaux joueurs : la Ville, le Centre intégré de santé et de service sociaux (CISSS), les deux commissions scolaires, et les organismes communautaires.On a fait un forum et on s\u2019est dit : on s\u2019engage collectivement à travailler tous ensemble sur les problèmes sociaux sur notre territoire.On a signé une entente.Chacune des parties doit fournir des gestes, des actions concrètes et accompagner ses partenaires.» Mais Laval manque toujours cruellement de logements sociaux.Deux chiffres : l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Laval gère à peine 2406 logements sociaux pour une population de 423 000 personnes.C\u2019est tout dire de l\u2019importance du projet de revitalisation en cours dans le secteur Val-Martin du quartier Chomedey.Au terme de la première phase, 357 unités de logement social seront bâties.Depuis juillet, 124 unités sont en cours de construction grâce à un investissement de 18,2 M $ des paliers supérieurs de gouvernement.« On va être capable de tripler le nombre de logements, explique le maire Demers.Ce seront des logements certifiés LEED et de belle qualité.Plus de la moitié seront en vente libre et l\u2019autre partie sera réservée pour du logement à prix abordable.On ne veut pas créer des ghettos.Les gens qui passent une mauvaise période dans leur vie pourront vivre dans un environnement favorable.» « Dans le projet Val-Martin, on va plus que tripler le nombre de logements qui existaient, dont 55 % étaient abandonnés, précise- t-il.Pour la seule phase 1, ce sera environ 80 M $ d\u2019investissements provenant des trois paliers de gouvernement.» Le statut de ville mandataire Depuis quelques années, Laval revendique le statut de ville mandataire.Pourquoi ?Chaque année, à peine 30 % à 40 % des 3,6 M $ versés annuellement à la Communauté métropolitaine (CMM) de Montréal pour la construction de logements sociaux revient sur l\u2019île Jésus.« Les gestes qui ont été posés par la Ville depuis quatre ans sont phénoménaux au niveau du développement social.Nous, ça fait trois ans qu\u2019on revendique le statut de mandataire pour pouvoir faire plus au niveau du logement social.» « On a aussi posé des gestes assez concrets, ajoute-t-il.Dans notre budget, on met 750 000 $ pour avoir des réserves monétaires afin d\u2019accompagner les différents projets de logements sociaux qui sont normalement préparés par des organismes communautaires.Et on donne une somme de 50 000 $ à L\u2019Aviron pour aider les gens qui sont sans logis.» Dans son budget 2019 déposé en décembre dernier, Laval a réservé 7,2 M $ pour son Programme d\u2019aide complémentaire au programme AccèsLogis (PACAL) et un montant supplémentaire d\u2019environ 3,3 M $ pour un total de 10,5 M $ de financement additionnel pour tous les projets de logements sociaux et communautaires lavallois.Un coup de pouce attendu Les ressources en hébergement pour les itinérants ne suffisent pas à répondre aux besoins lavallois, se plaint le Réseau des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIIL) qui compte huit organismes membres (voir encadré).Le ROIIL voudrait bien que la Ville accélère la cadence dans le cas notamment, des projets des Habitations L\u2019Envolée, de la Maison du peuple et de la Maison Marie-Marguerite pour femmes.Mais le maire ne souhaite pas commenter publiquement l\u2019évolution de ces trois projets.« Plusieurs projets nécessitent une participation financière des gouvernements supérieurs sur laquelle la Ville 32 15 janvier 2019 itineraire.ca 50 000 de la pauvreté À Laval personnes vivent sous le seuil n\u2019a aucune prise, explique M.Demers.Nous, on intervient en soutien.Lorsque les projets seront menés à terme, la Ville répondra \u201c présente \u201d.» Sans le dire, la Ville se met aussi à l\u2019abri des critiques.« Il est arrivé que Laval, comme d\u2019autres villes, investisse des sommes d\u2019argent ou cède des terrains et que finalement, pour toutes sortes de raisons, le projet ne se concrétise pas.Avant de céder, il y a donc des conditions préalables.Parce qu\u2019on gère de l\u2019argent public, je ne veux pas vous transférer 25 000 $ ou 50 000 $ et que le projet ne lève jamais.Après ça, les gens vont dire : on sait bien, Marc a donné ça à son chum.» Une présence discrète Certains organismes se plaignent de la présence de la Ville, jugée trop discrète, lors de la dernière Nuit des sans-abri.La conseillère du district Concorde-Bois-de-Boulogne et responsable du dossier à la Ville, Sandra Desmeules, était pourtant présente à la conférence de presse, souligne le maire.Et le conseiller de Laval-les-Îles et président de l\u2019Office municipal d\u2019habitation, Nicholas Borne, a participé lui-même à la marche.« J\u2019ai assisté à la marche à plusieurs occasions dans le passé, renchérit le maire.Je pense que je peux aisément prétendre être l\u2019un des maires les plus disponibles sur le terrain.» Investir dans les infrastructures Les organismes de lutte à l\u2019itinérance souhaitent un financement plus soutenu de Laval.Marc Demers explique pourquoi il ne peut pas financer le fonctionnement quotidien des organismes.« Il y a plusieurs programmes qui existent, dit-il.L\u2019an dernier, plus de 1,3 million $ ont été distribués à des projets en itinérance (par les pouvoirs supérieurs).Et ça va être la même chose en 2019.Mais pour ce qui est du développement social, on évite normalement de financer des budgets d\u2019opérations.Cela relève plus du ministère de la Santé et des Services sociaux.Nous, on va plutôt investir dans les infrastructures ou dans un budget de démarrage.On ne peut pas financer sur une base régulière.Ça relève du Ministère.» Laval pourrait-elle offrir des laissez-passer d\u2019autobus aux citoyens en situation de précarité, comme elle le fait pour ses citoyens plus âgés ?« On a évalué toute la notion du transport social, explique le maire.Avec les aînés, c\u2019est plus facile à gérer.Quand ils ont 65 ans, c\u2019est vérifiable.Pour les autres clientèles, les étudiants par exemple, ça varie et ça suppose des gros frais d\u2019administration et de contrôle.» « Ceci dit, oui, on offre notamment à l\u2019organisme Jeunes au travail dans Auteuil, un certain nombre de laissez-passer.Dans Saint- François, le service d\u2019autobus est défaillant.Alors vous appelez un taxi et vous payez le prix du transport en commun.Il y a des promotions qui sont faites par la Société de transport de Laval pour venir en aide, mais ce sont des programmes ponctuels.» Ressources à Laval Auberge du Cœur L\u2019Envolée Hébergement pour les 16 à 20 ans 450 628-0907 Carrefour Jeunesse-Emploi Insertion en emploi 450 967-2335 Centre d\u2019Implication Libre Réadaptation en santé mentale 450 668-1771 L\u2019Aviron Hébergement à court et moyen terme 450 933-6610 L\u2019En-Droit Défense en santé mentale 450 668-1058 L\u2019Îlot Service régional de crise Références et service de prévention au suicide 811 Oasis \u2013 Unité mobile d\u2019intervention Intervention de première ligne 450 967-0410 Un foyer pour toi Toxicomanie 450 663-0111 Ces ressources sont membres du Réseau des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIIL) NDLR Sur le territoire lavallois, L\u2019Itinéraire est distribué aux stations de métro Montmorency (par le camelot Saïd Farkouh) et Cartier (par le camelot Michel Dumont) 33 itineraire.ca 15 janvier 2019 1000 des logements sociaux personnes patientent sur la liste d\u2019attente Afin de lancer un message d\u2019espoir aux personnes qui souffrent, comme lui, de dépression et d\u2019anxiété, le bédéiste Jipi Perreault a imaginé un monde où une super-héroïne angoissée combat une nazie dans le Québec des années 1950.La Rose du ciel est une BD féministe où le personnage, Maria Richard, qui espère suivre les traces de son père en devenant pilote, livre une guerre impitoyable à la Baronne Noire, ancienne alliée du führer.Avec son réacteur dorsal, elle élabore une stratégie pour vaincre la domination nazie.Originaire de l\u2019Abitibi, Jipi Perreault a gradué en BD à l\u2019Université du Québec en Outaouais en 2009.C\u2019est en lisant une bande dessinée de Spider-Man alors qu\u2019il était enfant que la passion de Jipi a éclos.« C\u2019est un genre que je trouve extrêmement puissant et utile, car quand on fait une scène de dialogues entre deux personnes dans une pièce ou une poursuite avec une explosion, c\u2019est le même budget et c\u2019est le même temps de travail.De plus, je n\u2019ai besoin de personne pour approuver mon histoire », assure-t-il.À 31 ans, Jipi commence à récolter ce qu\u2019il a semé.« Ç\u2019a été le troisième meilleur lancement de la Librairie Z, alors je prends ça comme une bonne victoire ! », souligne-t-il.Bien que l\u2019auteur ait quelques publications à son actif, il s\u2019agit de la première fois qu\u2019un album cartonné en couleurs de cette envergure est pris en charge par un éditeur.« Ça me rend très fier, car c\u2019est le résultat de beaucoup de travail, qui s\u2019est étalé sur 11 mois », précise-t-il.PHOTO :?MÉLANIE?DUSSEAULT BANDE DESSINÉE PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE Une BD imprégnée de féminisme et de patriotisme Jipi Perreault Une question d\u2019adaptation Jipi est malvoyant.Bien qu\u2019assise tout près de lui, il me confie qu\u2019il voit mon visage avec le même niveau de détails que s\u2019il était situé à 20 pieds.« Toutes mes bandes dessinées sont faites par ordinateur, je peux zoomer autant que je veux avec autant de rétroaction que je veux ».Mais est-ce un handicap pour sa profession ?« C\u2019est sûr qu\u2019un handicap c\u2019est une question d\u2019adaptation, peu importe le métier qu\u2019on fait.Forcément je ne m\u2019aide pas ; j\u2019ai eu un très mauvais conseiller en choix de carrière, on peut dire ça !, blague-t-il.Peu importe le chemin que je vais prendre, je sais que ça va être difficile, alors je dois choisir un chemin qui me passionne et la BD, c\u2019en est un.Le dessin c\u2019est aussi beaucoup une question d\u2019observation.Il y a des gens qui voient mieux que moi, mais qui sont moins capables d\u2019observer et de comprendre comment les choses fonctionnent et comment la lumière réagit sur eux.» Le féminisme en avant-plan Il est peut-être périlleux de se mettre dans la peau d\u2019une héroïne féminine alors qu\u2019on est un créateur masculin.Jipi abonde dans ce sens : « C\u2019est sûr que je ne peux pas avoir la même perspective qu\u2019une femme, j\u2019essaie d\u2019avoir le plus d\u2019empathie possible.J\u2019 imagine comment je réagirais dans une certaine situation.Au fur et à mesure que mes personnages évoluent, leur longévité influence leurs actions ».Mais pourquoi avoir fait du féminisme le thème principal du récit ?« Pourquoi pas ! C\u2019est un sujet qui me touche.L\u2019 injustice m\u2019offusque.» Anxiété québécoise Le bédéiste avoue avoir puisé dans l\u2019imaginaire québécois pour pondre son histoire.Plus le récit avance, plus on se rend compte que La Rose du ciel n\u2019incarne pas seulement la lutte des femmes, mais celle de tous les Canadiens français de l\u2019époque.« Maria Richard va crasher l\u2019avion de la Baronne Noire sur les Plaines d\u2019Abraham.C\u2019est super symbolique, car c\u2019est l\u2019endroit où une certaine anxiété québécoise a commencé, c\u2019est la source de ça, sauf que là ça se termine sur une victoire », raconte-t-il.Le nom de l\u2019héroïne se veut un clin d\u2019œil à Maurice Richard ; elle exprime un peu son esprit et son symbole.D\u2019ailleurs sur son dos, elle porte le numéro 09.C\u2019est précisément en effectuant un contrat pour Éléphant \u2013 Mémoire du cinéma québécois que Jipi a puisé des idées pour créer son récit.« J\u2019ai dû voir au moins 200 films québécois dans lesquels gravitait souvent un sentiment de rabaissement, d\u2019anxiété et d\u2019aliénation.Ce sont des thèmes récurrents dans la culture québécoise.Ça m\u2019a beaucoup marqué », ajoute-t-il.Vaincre la dépression Jipi a connu beaucoup d\u2019impasses dans sa vie.« J\u2019ai été deux ans sans emploi, ce sont mes parents qui m\u2019ont beaucoup épaulé.Je venais de finir une formation d\u2019animation 3D et personne n\u2019a voulu m\u2019embaucher ».L\u2019univers des jeux vidéo est très compétitif et contingenté, ce qui n\u2019a pas aidé.« J\u2019étais un peu désespéré, alors j\u2019ai donc tenté de travailler au bas de l\u2019échelle en tant que testeur de jeux vidéo », ressasse-t-il.Une initiative vouée à l\u2019échec.Accompagné par Horizon-Travail, un service de placement pour les personnes handicapées sur le marché de l\u2019emploi, il n\u2019a pas été plus favorisé\u2026 au contraire.« J\u2019ai passé une superbe entrevue [auprès d\u2019une entreprise de jeux vidéo], mais ils ne m\u2019ont « Je ne suis pas née pour vivre dans la peur.Je ne suis pas née pour laisser passer les injustices.Même si ça peut contrarier.J\u2019ai enfin compris d\u2019où venait mon fardeau.Je ne suis pas une pilote-née comme mon père.Mais je suis Maria Richard.Et je sais que je n\u2019abandonnerai pas.Des gens comptent sur moi.C\u2019est pour eux que je refuse de me faire dicter mon avenir.Je le dis haut et fort\u2026 Je ne suis pas née pour un petit pain.» Maria Richard, l\u2019héroïne de la BD 35 itineraire.ca 15 janvier 2019 BD La Rose du ciel Jipi Perreault Éditions Michel Quintin 2018, 88 pages pas pris, parce qu\u2019 ils craignaient que je les poursuive en justice pour discrimination s\u2019 ils me congédiaient.C\u2019est une chose qui m\u2019a rebuté beaucoup », spécifie-t-il.Après avoir dessiné des versions courtes et préliminaires de La Rose du ciel, Jipi a sombré dans la dépression.« J\u2019étais tout près de mettre fin à mes jours.Lorsque j\u2019ai émergé de ça, j\u2019ai découvert que je souffrais d\u2019anxiété.J\u2019ai eu envie de créer quelque chose là-dessus, sans faire comme la plupart des auteurs qui font un album sur leur dépression.Je me suis dit que j\u2019allais produire quelque chose de positif qui rejoint plus de gens.J\u2019ai donc intégré cette notion d\u2019anxiété dans le récit », affirme-t-il, résilient.Jipi a voulu lancer un message d\u2019espoir sur la notion d\u2019anxiété dans sa BD.Celle-ci est représentée par de nombreuses bulles noires dans le récit.À un certain point dans l\u2019album, on voit que Maria est complètement submergée, les phylactères viennent même lui saisir les bras.Elle est complètement ligotée par ses pensées anxieuses.« C\u2019était vraiment pour illustrer comment on se sent dans une telle situation, mais aussi pour dire qu\u2019il faut gagner de la perspective, qu\u2019on vaut mieux que ça.Arrêter de se rabaisser tout le temps par le climat qui nous entoure et par nos pensées anxieuses ; ça ne sert à rien et ça ne représente pas la réalité, car ces pensées sont souvent irrationnelles », explique le bédéiste.Son rêve L\u2019ambition ultime de Jipi serait bien évidemment de vivre de son art.Mais actuellement, il doit arrondir ses fins de mois en étant téléphoniste dans un centre d\u2019appels.« À court terme, j\u2019espère que mon album va me faire gagner de la notoriété.Mais il est peu probable que je fasse une percée dans le marché américain, car il y a beaucoup d\u2019appelés, mais peu d\u2019élus », se désole-t-il.La BD La Rose du ciel qui a reçu plusieurs bonnes critiques jusqu\u2019à maintenant est en vente depuis le 20 septembre 2018 aux Éditions Michel Quintin.Un radioroman de trois épisodes intitulé Sous le masque toxique est également accessible sur YouTube. Essai Quand la clique nous manipule : Printemps érable à Donald Trump Claude André Éditions Dialogue Nord-Sud 2018, 150 pages Je viens à peine de terminer la lecture de la préface, le 6 novembre vers 14 h lorsque mon fil Twitter se met à vibrer sans arrêt.C\u2019est l\u2019annonce du décès de Bernard Landry, un hasard qui m\u2019émeut : la préface est de lui.Dans cet ouvrage, Claude André décortique la manipulation du marketing politique.Sommes-nous manipulateurs ou manipulés ?Un brin cynique en entrée de jeu, l\u2019essai nous amène ensuite vers une réelle réflexion.Inspiré par le printemps érable de 2012, l\u2019auteur, sans vouloir verser dans les théories du complot, analyse l\u2019ensemble de la manipulation médiatique, des messages et de la campagne électorale de Jean Charest pendant la crise des « carrés rouges ».Les étudiants sont en grève, action noble de prise de parole, d\u2019échanges d\u2019idées, d\u2019avancement, nous sommes sympathiques à la démarche.Après que les leaders participent à des « émissions- spectacles » de télé, les messages changent.Les étudiants boycottent désormais leurs cours.La perception change, soudainement les étudiants sont gâtés, chialeux.Les stratégies marketing sous forme de storytelling des machines électorales qui attisent les peurs et modifient les idées sont examinées sous toutes leurs coutures.Tout y passe  : les clientèles ciblées allant des femmes et des enfants aux immigrants en passant par la droite, la gauche, le fédéralisme, le séparatisme, sans oublier la Charte des valeurs du PQ.«  Cet ouvrage ne s\u2019adresse pas uniquement aux personnes qui s\u2019intéressent à la sociologie, à l\u2019histoire, à la science politique, ou encore à l\u2019analyse du discours, mais bien à tous les électeurs qui subodorent la manipulation envahissante qui les entoure et la formation des arguments de vente dont nous font grand étalage nos politiciens, eux-mêmes prisonniers de ce marketing triomphant.  », indique dans sa préface le regretté Bernard Landry.La manipulation de l\u2019opinion publique ne date pas d\u2019hier.Dans cette ère des médias sociaux et des fake news, disons que nous avons affiné davantage les stratégies rapides.Les militants et les électeurs s\u2019y retrouvent de moins en moins.Continuons d\u2019en parler.Avec 150 pages de méditation.LIVRES LES CHOIX DE L\u2019ÉQUIPE Quand la clique nous manipule LUC DESJARDINS DIRECTEUR GÉNÉRAL Le choix de Du printemps érable à Donald Trump 37 itineraire.ca 15 janvier 2019 Roman Onze jours en septembre Kathleen Winter Les éditions du Boréal 2018, 376 pages Un sans-abri, Jimmy Blanchard, proclame être James Wolfe.Voir si une proposition aussi ésotérique saura me convaincre! Eh bien! Non seulement Mme Blanchard dissoudra mon scepticisme, mais elle me rendra le tandem Blanchard/Wolfe attachant.Décoder l\u2019alliance palingénésique de cet improbable duo sera aussi palpitant que résoudre l\u2019énigme d\u2019un polar.Dans sa troisième publication, Onze jours en septembre, l\u2019auteure canadienne d\u2019origine anglaise Kathleen Winter raconte donc l\u2019histoire d\u2019un itinérant montréalais qui, en plus de ressembler au célèbre vainqueur des plaines d\u2019Abraham, parle un langage que son sosie n\u2019aurait pas dédaigné.Elle prête même à son héros un caractère comparable à celui de Wolfe : tous les deux apprécient la philosophie autant que l\u2019art, ont une sensibilité rentrée, sont opiniâtres, nostalgiques et de haute moralité.D\u2019après Blanchard, Wolfe revient sur Terre pour récupérer les onze jours qu\u2019un saut en avant dans le temps, imposé par l\u2019adoption du calendrier grégorien en 1752, lui a fait perdre.Le général anglais accepte toujours mal ce télescopage, car durant cette période, il aurait séjourné à Paris pour y suivre des cours de danse, se serait gavé d\u2019art, inspiré des manières françaises et relevé de dix ans de guerre.Dès le début de sa deuxième visite au Québec commencent, pour lui et pour ses acolytes, une passionnante quête identitaire et d\u2019abracadabrantes péripéties.Ces événements entraînent une exploration fascinante du temps, dont les limites s\u2019estompent, dont la fluidité procure un cadre pour les expériences de Jimmy et de James dans lequel elles se déploient et se répondent aisément, selon une logique qui leur est propre.En adoptant cette dernière, l\u2019espace d\u2019une lecture, j\u2019ai mâtiné mon entendement d\u2019une parcelle de folie des plus rafraîchissantes.Une fatalité, la guerre ?Kathleen Winter recourt à un dispositif littéraire, dans cet ouvrage, qui lui permet d\u2019aborder de multiples thèmes.Elle m\u2019a poussée à cogiter, la dame, spécialement lorsqu\u2019elle analyse le phénomène de la guerre! Pacifiste, je me penche rarement sur cette problématique, pourtant, je ne contrerai jamais efficacement ce que je connais mal.Les considérations de Mme Winter à ce propos m\u2019ont éclairée, surtout quand elle met dans la bouche de Jimmy/ James : « Comment éviter de perdre mon humanité dans l\u2019extase de la guerre ?» Cette question, tous peuvent se la poser, même ceux dont les conflits ne sont qu\u2019intestins.Kathleen Winter sonde les ravages de la guerre dans la chair et l\u2019esprit de ses serviteurs.Elle dresse un portrait poignant de ceux qui se remettent mal de la barbarie à laquelle le champ de bataille astreint.Je suis captivée par l\u2019histoire et la politique québécoises.Mme Winter l\u2019est aussi, mais, en tant qu\u2019anglophone, elle jette un regard différent du mien sur ce qui a mené à la situation actuelle du pays.Grâce à son point de vue, j\u2019ai pu me glisser dans la peau d\u2019un ennemi de mes ancêtres.Un tel changement de paradigme m\u2019a extraite du schéma belliciste dans lequel j\u2019étais enfermée à mon insu.Sans se libérer en son for intérieur de tout concept 38 15 janvier 2019 itineraire.ca RECENSION PAR JOSÉE CARDINAL DISTRIBUTRICE À la recherche de onze jours perdus Kathleen Winter d\u2019affrontement violent, comment prôner la paix ?Si Mme Winter présente la Conquête d\u2019une façon qui m\u2019était étrangère avant, elle n\u2019omet pas d\u2019exposer les torts que la défaite de Montcalm a causés aux colons français.Elle construit ainsi un pont entre les deux solitudes fondatrices du pays que sera le Canada.Les rapprochements ne peuvent qu\u2019être salutaires dans l\u2019établissement d\u2019une cohabitation fructueuse.D\u2019ailleurs, ce roman aiderait les nouveaux arrivants à comprendre dans quelle trame s\u2019inscrira leur vie future.Progresse-t-on ?Quand James arrive initialement de ce côté de l\u2019Atlantique, il constate que les différences entre ses adversaires et lui sont moins prononcées que ne le prétendait son royal patron.Malgré cela et malgré le rêve qui l\u2019anime, bâtir en Amérique une société égalitaire, il accomplit consciencieusement son travail militaire.Lors de son voyage dans le Québec contemporain, il retrouve le « servage d\u2019antan ».Cela le désole terriblement.Le chagrine aussi la sévérité du verdict de l\u2019histoire à son endroit.Le statut de vétéran traumatisé de Jimmy et son errance permettent, quant à eux, de saisir dans toute son horreur la marginalisation dont sont victimes, dans une organisation utilitariste comme la nôtre, les individus fragilisés.En fusionnant le passé, le présent et les univers de sa faune, Kathleen Winter nous fait découvrir les origines de notre environnement quotidien et de notre mode de vie.A-t-on progressé, depuis le XVIIIe siècle ou depuis un certain onzième jour de septembre de triste mémoire ?Ce qu\u2019observe Wolfe aujourd\u2019hui, la communication virtuelle et l\u2019individualisme qu\u2019elle induit, la servilité envers les puissants, le pouvoir de l\u2019argent, les inégalités, l\u2019exclusion, l\u2019itinérance, incite à l\u2019autocritique.L\u2019incapacité de Blanchard à se réinsérer socialement émeut tellement que l\u2019on se sent concerné par son destin.Sur un plan clinique, Mme Winter scrute tous les aspects du cas de chacun des deux compères : psychologique, spirituel, sentimental, sexuel, professionnel.Elle accomplit même le tour de force de teinter le tout de fantaisie.L\u2019art et la science d\u2019être humain Dans son texte, Kathleen Winter aborde plusieurs autres sujets cruciaux.Ses idées sur l\u2019art ont spécialement retenu mon attention.Laissez-moi vous en livrer quelques-unes.La création, qui intervient même dans les réminiscences, révèle les ressources cachées de la vie.Sans musique, sans poésie, Wolfe n\u2019aurait pas survécu à la guerre.Pour un homme comme lui, qui exprime « ses émotions à travers la raison », l\u2019exutoire esthétique est essentiel.C\u2019est grâce à la parole de Gilles Vigneault qu\u2019il capte le mieux le Québec actuel.- L\u2019identification et la catharsis que l\u2019art permet résolvent bien des problèmes.Sophie, une femme qui accompagne Blanchard dans sa démarche thérapeutique, utilise la peinture animalière pour le guider.- Les connaissances que l\u2019art diffuse préviennent bien des maux.Le discours de Mme Winter sur les sciences humaines recèle une myriade de questions pertinentes.Un idiome doit-il s\u2019adapter à toutes les mutations des objets qu\u2019il a pour tâche de nommer ?Que vaut un être humain ?Quels désirs une personne doit- elle sacrifier pour intégrer les rangs de la majorité silencieuse ?Qu\u2019est-ce que l\u2019abus de pouvoir ?Quand le privé est-il d\u2019intérêt public ?Toute recherche d\u2019avantages individuels nuit-elle au bien commun ?Où mène une soif démesurée de gloire ?Qu\u2019advient-il d\u2019une collectivité désolidarisée ?Quelles conséquences auront à plus ou moins long terme la vacuité de notre présent, notre indifférence face au passé, notre insouciance face à l\u2019avenir ?Réinventer Inspiré, iconoclaste, touffu, organique, ingénieux, nuancé, Onze jours en septembre multiplie et orchestre les registres avec maestria.Son auteure y incorpore des documents, dont plusieurs lettres de Wolfe, qui l\u2019alimentent judicieusement.Les liens entre la nature et l\u2019action qu\u2019elle y noue, les décors et les ambiances qu\u2019elle y installe donnent beaucoup de profondeur à l\u2019ensemble.Y a-t-il meilleure rampe de lancement vers la fable qu\u2019un récit gorgé de références crédibles ?Bref, cette œuvre tient en haleine, sauf vers la fin, quand deux ou trois redites en ralentissent le déroulement.Toujours élégante, la langue de Kathleen Winter produit des frictions lorsqu\u2019elle décrit des trivialités.Du coup, elle traduit bien les collisions en tout genre qui abondent dans ce bouquin.Elle comporte nombre de formules percutantes, dont : « se réfugier de soi-même » ; le « chant d\u2019oiseau » est un « parent sauvage de tout ce qu\u2019ont jamais écrit Haendel, Hotteterre, Mozart » ; un soldat est « un principe plus qu\u2019un individu ».Même si elle n\u2019emprunte jamais la voie de la linéarité, cette fiction, initiatique comme L\u2019Herbe du diable et la petite fumée, absurde comme La Petite Vie, aussi équivoque que J\u2019irai comme un cheval fou, mène à une chute qui consolide tout ce qui la précède.Coincés entre deux états, ni dans la vie, ni dans la mort, ses personnages prouvent sans prêchi-prêcha que se réinventer est salvateur.Après tout, imaginer, n\u2019est-ce pas donner la part belle à la dimension la plus féconde de la réalité ?39 itineraire.ca 15 janvier 2019 Le pouvoir de la foi Parfois, je suis estomaqué par l\u2019attitude de certains croyants : chercher le bonheur individuel ici-bas et au-delà sans aller vers son prochain.Je qualifie cela d\u2019un rapport pragmatique envers la religion et la spiritualité.Heureusement, il existe des croyants et des religieux qui s\u2019engagent dans leur communauté.Ils deviennent des vecteurs de changement.Emmett Johns (1928-2018), alias Pops, en était un.Par son dévouement, son amour, son érudition, il a démontré le pouvoir de la foi et le rôle de la religion auprès de toute l\u2019humanité, et non seulement auprès des coreligionnaires.Les efforts et les contributions de cet homme sont ancrés dans l\u2019histoire.Beaucoup de jeunes lui seront éternellement reconnaissants.La compassion comme passion Emmett Johns était issu d\u2019une famille irlandaise.Dans sa jeunesse, il rêvait d\u2019une carrière de missionnaire à l\u2019étranger.Toutefois, ses supérieurs ont jugé que la vie paroissiale lui convenait mieux.De plus, il était un érudit qui détenait deux baccalauréats.La carrière cléricale d\u2019Emmett Johns s\u2019est étalée sur 40 ans.Les tâches exercées avaient toujours une dimension humanitaire.Il était notamment l\u2019aumônier de L\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas.Il a aussi fondé une maison pour jeunes filles en détresse.Sur le plan personnel, il commença prématurément à souffrir de la maladie de Parkinson.Cette souffrance a été « bénigne » en quelque sorte.Elle lui a offert l\u2019opportunité de saisir le malheur humain, de s\u2019y associer et non de le contempler.En effet, il dut prendre sa préretraite et ce fut le début d\u2019une grande aventure, celle du « Bon Dieu dans la rue ».Une bouée de sauvetage pour les jeunes itinérants Tous les grands projets commencent par des idées simples ou parfois à partir d\u2019un moment de désespoir.C\u2019est dur pour un homme d\u2019action comme Pops de demeurer inerte et inutile.À tel point que le prêtre a pensé à mettre fin à ses jours.Fort heureusement, un prêtre torontois lui a montré la voie : se promener en ville en roulotte et offrir de l\u2019aide aux itinérants.Les grands hommes de l\u2019histoire n\u2019aspirent pas nécessairement aux distinctions et aux nominations.Ils travaillent dans l\u2019ombre et souvent à leur propre compte.Pops en était un.Il a emprunté quelques milliers de dollars pour acheter une roulotte et a commencé à sillonner les rues du centre-ville de Montréal.L\u2019aide offerte par la roulotte n\u2019est pas seulement matérielle, elle est surtout morale et affective.Pops engageait des discussions approfondies avec les jeunes et les appelaient à une remise en question, à une réorientation de leurs vies.Beaucoup de jeunes se disent chanceux d\u2019avoir rencontré le père Johns.40 15 janvier 2019 itineraire.ca DES GENS D\u2019EXCEPTION Le Père Pops PAR MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONTPETIT Pops par lui-même Emmett Johns n\u2019était pas seulement un homme d\u2019action.Il était aussi un communicateur efficace et sans prétention, dont le message était axé sur une problématique qui lui tenait à cœur : l\u2019iti- nérance chez les jeunes.Les débuts du Bon Dieu dans la rue n\u2019ont pas été faciles.Loin de là.Pops était anxieux.Il le disait sans ambages : « J\u2019étais parfois un peu effrayé de conduire la roulotte dans le centre-ville, la nuit », mais les résultats concrets réalisés auprès des jeunes lui donnèrent une espérance et une satisfaction.« Mon cœur est plein d\u2019espoir pour ces jeunes.Je sais très bien qu\u2019il y a des limites à ce que je peux faire et que je ne peux pas les sauver tous.Cependant quand je pense à Lise, à Johnny, à Daniel, à Holly et aux autres, je me rends compte qu\u2019après chaque nuit \u2013 même les pires nuits \u2013 un jour nouveau se lève et le matin est plein d\u2019espoir.»1 Dans sa tendre jeunesse, Pops n\u2019était pas un fervent croyant.Pourtant, la vocation lui fut insufflée par ces religieux qui « ont réussi à allumer une flamme dans mon cœur.Je voulais de l\u2019action dans ma vie.Je voulais devenir un prêtre, un prêtre missionnaire.»2 Néanmoins, sa vie ecclésiastique était trop monotone à son goût.Il comparait les prêches dominicaux à la tâche d\u2019un pompiste qui faisait le plein aux automobilistes un peu pressés.Lui aussi faisait le « plein » spirituel aux paroissiens.Il préférait une action quotidienne et continue.Pops gardait la tête sur les épaules et à ceux qui le vénéraient, il ripostait simplement qu\u2019« il n\u2019est qu\u2019un vieux prêtre qui déambule la nuit à la recherche de ses brebis perdues ».Un vrai père Le père Pops est devenu une figure familière pour les jeunes.À titre d\u2019exemple, ils appellent le refuge de l\u2019organisme Dans la rue : le « bunker ».Pour eux, la roulotte, le centre de jour et le refuge sont un autre chez eux ou leur unique chez eux.Ils ne tarissent pas d\u2019éloges au sujet d\u2019Emmett Johns.Nadine Labonté, devenue plus tard intervenante sociale, se rappelle : « Avec le temps, il est devenu pour moi un vrai père ».3 Son lien affectif avec Pops était si poussé qu\u2019elle l\u2019a choisi pour baptiser sa fille.Caroline Leblanc mentionne l\u2019importance qu\u2019il accordait à l\u2019estime de soi et au regain de confiance chez les jeunes : « il nous a appris à nous aimer ».3 Une attitude vitale pour ces jeunes en désamour avec leur corps et leur esprit.Pour d\u2019autres jeunes, il était un vrai sauveur et ils affirment qu\u2019ils ne seraient plus là s\u2019ils ne l\u2019avaient pas croisé.Une source d\u2019inspiration La contribution de Pops Johns est inspirante.Elle prouve qu\u2019une conception dynamique de la religion peut-être très utile à la société.Elle nous interpelle aussi à une réconciliation avec celle-ci.Malgré de nombreuses erreurs, il faut aussi reconnaître les bienfaits qu\u2019elle a apportés à la société.L\u2019expérience de Pops montre que l\u2019individu est capable de changer la société et d\u2019y laisser des empreintes indélébiles.Pops Johns a sa place dans le panthéon des grands, néanmoins sa mission est inachevée si un jeune, ne serait-ce qu\u2019un seul, demeure sans toit dans l\u2019une des sociétés les plus riches du monde.PHOTO :?DANS?LA?RUE 41 itineraire.ca 15 janvier 2019 1 « Père Emmett Johns \u201cPops\u201d », URL  : danslarue.org/a-propos-de-nous/ pere-emmett-johns-pops/, consulté le 4 décembre 2018 2 Feith, Joseph, «  \u2019He never let you down\u2019: Father Emmett \u2019Pops\u2019 Johns remembered at tribute  », Montreal Gazette, 18 janvier 2018.3 Rousseau, Marie-Lise, «  Emmett Johns «Pops»: les jeunes de la rue perdent leur «père»  », Le Devoir, 15 janvier 2018. ; en I vierslés, wbloned 04 41 5 y ik et tele à Ne a omme était mon p Cet homme était mon père \u201c e ne m\u2019en souviens plus Wn on père était cet homme 1 y a tellement de temps qu'il n\u2019est plus = 4 out un pan de sa vie | = ui est tombé dessus Lor: le mon père était en train de déniolr une vieille ratlonge de sa maison, un fit tornber un des murs.It disparut, dessous i \" 15 I\" Gaz D vi \\ =~ x LE In LY: STV SI d NL (ed ] à wl S 3 1 © i J or D A [i a dy ( Il y a de ces questions qu\u2019on pose sans vraiment s\u2019attendre à une réponse.Des questions qui sont devenues au fil du temps des formules de politesse.Par exemple quand je demande à quelqu\u2019un : « Ça va ?», je ne m\u2019attends pas à ce que la personne se désorganise psychologiquement et me réponde en pleurant : « Non ça ne va pas ! » Au téléphone : « Salut, est-ce que je te dérange ?» Il s\u2019avère que si la personne me dérangeait, je n\u2019aurais pas répondu ! Je n\u2019ai jamais entendu quelqu\u2019un dire : « Oui tu me déranges, bye ! » Personnellement j\u2019aime bien répondre : « Non, tu ne me dérange pas, je faisais mes préarrangements en sautant en parachute.» C\u2019est la même chose à la caisse du supermarché quand la caissière me demande : « Le même montant ?» Comme je ne possède pas de carte de guichet et que j\u2019effectue tous mes achats au comptant, la seule réponse qui me vient en tête est : « Peux-tu le faire moins cher ?» « Foussavédizwitan ?» Au moment d\u2019acheter des cigarettes, un tenancier de dépanneur m\u2019a déjà demandé, sérieusement : « Foussavédizwitan ?» Euh, non, je suis mineur et mon objectif est de faire fermer votre commerce ! Une de mes favorites demeure : « Est-ce que je peux te poser une question ?» De toute évidence, tu viens de le faire ! Une question pour savoir si tu peux me poser une question\u2026 Hum\u2026 laisse-moi me poser la question.J\u2019ai possédé une voiture durant quelques années et chaque fois qu\u2019un agent de la paix m\u2019interceptait, il me posait la même question : « Vous savez pourquoi je vous arrête ?» Ici la SEULE et UNIQUE réponse est : « Non.» Ne répondez jamais honnêtement! Des phrases telles que « D\u2019après moi t\u2019as été paresseux ce matin et tu as un quota à respecter ! » ou encore « Bien, ça dépend depuis combien de temps vous me suivez ! » ne sont pas à conseiller.« Jurez-vous de dire la vérité ?» Aussi au service à l\u2019auto, j\u2019entends souvent : « Est-ce que je peux prendre votre commande ?» Non ! « En fait je faisais juste un tour de voiture dans le fonds de votre stationnement ! » Le plus drôle est que j\u2019avais emprunté la voiture d\u2019un ami qui m\u2019avait demandé : « Est-ce que tu sais conduire ?» Ben non, je m\u2019en vais me tuer en essayant d\u2019impliquer le plus de gens possible ! Ou bien : « Mais bien sûr que je sais conduire, mais à quoi servent les pédales ! » Même chose en cour : « Jurez-vous de dire la vérité ?» Je n\u2019ai jamais entendu quelqu\u2019un répondre : « Non ! Je mentirai à la cour, ce qui constitue un outrage au tribunal et ainsi, vous pourrez m\u2019 inculper d\u2019un chef d\u2019accusation supplémentaire ! » J\u2019ai déjà assisté à une conférence qui avait débuté par : « Est-ce que tout le monde est là ?» Comme il est très difficile pour un absent de répondre, j\u2019aurais plutôt opté pour la formule : « Tous ceux qui ne sont pas là, levez la main ! » En terminant je dirais que ces questions ne sont pas inutiles, au moins elles nous font sourire.À quoi bon demander ?43 itineraire.ca 15 janvier 2019 PAR SIMON JACQUES DISTRIBUTION joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Formation d\u2019un sel.2.Inerte.- Esse.3.Imitas.- Prisons.4.Que j\u2019utilisasse.- À proximité.5.Permission.- Mamelle.6.Tout-terrain.- Lac de France.- Légumineuse.- Actinium.7.Argon.- Communs.8.Théâtre.- Versus.- Mouche.9.Cor.- Sélénium.- Planchette.10.Gauches.- Stère.verticalement 1.Concomitants.2.Qualifie une substance dont les propriétés varient selon la direction considérée.3.Brodai.- Pronom.4.Inapaisée.5.Divisions.6.Préfixe privatif.- Erbium.- Saint.7.Adjectif démonstratif.- Greffer.8.Sus.9.Ensemble des activités liées aux séjours des étrangers.10.Insectes.- Lettre grecque.11.Oiseaux.- Appuyé.12.Sortis.- Dialecte.- Orient.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Estimes Enrobées de chapelure Laize Apprêtaient Invoques Agacerais Principale Prenaient Rudesse Tissus Lié Habitants d\u2019une oasis Béryllium Répétera Activées Nasonne Drogue Dans la rose des vents Gaïa Canon Note Aghas Physicien français Soigner Rouspète Élargis Notre- Dame-de- Grâce Astate Estimes Enrobées de chapelure Laize Apprêtaient Invoques Agacerais Principale Prenaient Rudesse Tissus Lié Habitants d\u2019une oasis Béryllium Répétera Activées Nasonne Drogue Dans la rose des vents Gaïa Canon Note Aghas Physicien français Soigner Rouspète Élargis Notre- Dame-de- Grâce Astate Réponses du 15 JAN 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 H C P P T A T I E S E S N A S L I L E E B G A A S I T E E R R A A P N S R E V N E E L G E N U I S L D O A S E I N S P A R E E T E R A T N I E S A C P I A T L E S A L I F I C A T I O N I N A N I M E O U I E M I M A S T A U L E S U S A S S E P R E S L O I S I R P I S O T T O O E R S A C A R U N A N I M E S N O V S T S E T S E E P O I S E A I S S E N E S T R E S S T Réponses du 15 JAN 2019 1er janvier 2019 C O T I S E R A M E R E P A A L E P S E E S E T L A A I R E S U R E D I N A L E R I R E E R C R A R S E R E R A D I Q U A T E S S A I E S L I A A N I S E N S N E S T A E L T U B E N T E M E A S S I S T E Réponses du 1ER JAN 2018 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Sélénium Césium Voyageasse Abris Petite île Semblable Intemporelle Chaîne télé Récupérateur de bagnoles Cantonnées dans un domaine Balle de service Boucher Pulvérise Singe Libéreras Pronom Crues Suit tu Conjonction Luth Certain Mises dans un refuge Olé Ville d\u2019Allemagne Foula Laval, par exemple Interminable Débiterait Nombre Filet Sélénium Césium Voyageasse Abris Petite île Semblable Intemporelle Chaîne télé Récupérateur de bagnoles Cantonnées dans un domaine Balle de service Boucher Pulvérise Singe Libéreras Pronom Crues Suit tu Conjonction Luth Certain Mises dans un refuge Olé Ville d\u2019Allemagne Foula Laval, par exemple Interminable Débiterait Nombre Filet Réponses du 01 JAN 2019 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 S T A P S O E E S S E E L L E C S E D L I R E A S S E A T L A I D R A T I N L O N G N I A R P E S U R I M I E T G C A E L O L E E T A I L E R P E A V S I T E Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Expert Grille numéro : 67461 9 2 8 1 4 7 3 7 3 6 1 6 4 7 1 5 9 1 4 9 4 8 5 2 3 6 4 5 1 7 9 3 6 4 1 5 2 7 8 1 4 2 9 7 8 5 3 6 8 7 5 2 3 6 1 4 9 2 6 9 1 4 7 8 5 3 4 1 8 5 9 3 6 2 7 7 5 3 8 6 2 9 1 4 6 9 1 7 2 4 3 8 5 5 2 7 3 8 9 4 6 1 3 8 4 6 5 1 7 9 2 Grille Jeu Sudoku Expert à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 12:00:03 1 / 1 1er janvier 2019 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES publicité JEU DES 7 DIFFÉRENCES SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 67467 5 4 1 8 7 2 9 2 5 4 3 5 7 8 8 4 2 6 9 3 5 9 7 7 1 5 2 8 9 2 5 6 6 5 4 1 8 7 2 9 3 7 1 8 9 3 2 5 4 6 9 2 3 5 6 4 7 1 8 8 3 7 4 2 6 1 5 9 2 9 1 3 7 5 6 8 4 5 4 6 8 9 1 3 7 2 4 7 9 6 1 3 8 2 5 1 6 5 2 4 8 9 3 7 3 8 2 7 5 9 4 6 1 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du dimanche 16 septembre 2018 18:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Comment on appelle ça un mendiant qui quête avec deux chapeaux ?Réponse Une franchise.C\u2019est quoi le magazine préféré des Martiens ?Réponse L\u2019E.T.néraire.Que fait un camelot de L\u2019Itinéraire qui doit acheter des cadeaux de Noël ?Réponse Il magazine.Sais-tu c\u2019est quoi le nom de la comédie musicale des itinérants ?Réponse L\u2019Itinér-HAIR.Comment fait un vendeur de L\u2019Itinéraire pour arrêter la pluie ?Réponse Il came lot.Comment on appelle ça un camelot couvert de neige ?Réponse Un Yéti-nérant.On appelle ça comment un itinérant qui a le sens du rythme ?Réponse Un sans-abri tempo.Comment s\u2019appelle la quincaillerie de L\u2019Itinéraire ?Réponse Un Homeless Hardware.Comment on appelle ça un pauvre qui n\u2019a pas de favoris ?Réponse Un défavorisé Il y a quelques semaines, l\u2019équipe des Jokes de Papa nous rendait visite pour un tournage, auquel ont participé, entre autres, nos camelots Roger Perrault et Simon Jacques.Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas le concept du jeu, c\u2019est assez simple : deux équipes s\u2019affrontent à coup de blagues.À chaque fois que quelqu\u2019un rit, c\u2019est l\u2019équipe adverse qui remporte un point.Pour découvrir la vidéo, rendez-vous sur notre page Facebook ! D\u2019ici là, voici certaines de nos meilleures blagues.À PROPOS HD , \u201cI OFFERT EN EXCLUSIVITE SUR Voyez votre horaire (9 © et votre bus Site Web et mobile Applications en temps réel stm.info Transit Chrono MOUVEMENT COLLECTIF ce S tm @sus Québec58 (Canada educalcool.qc.ca/benefices POUR UN MEILLEUR CONTRÔLE DU POIDS BOIRE BIEN, C\u2019EST MIEUX "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.