Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 15 novembre 2018
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (24)

Références

L'itinéraire, 2018, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Le français bien vivant Pour l\u2019amour du français Volume XXV, n?22 Montréal, 15 novembre 2018 Venezuela\u2019s Surname Is Diaspora PARCE QUE CHAQUE MOIS C'EST NON = rd Nn Sindhu RizGLE [ AVEC OPUS A LANNEE © Paiements automatiques mensuels © Une carte toujours prête a utiliser © Désabonnement facile en tout temps stm.info/1mois Certaines conditions s'appliquent MOBILITE ce, Québec MONTREAL S tm ARIM Nom Alain Lepage | Camelot n° 1402 | Âge 48 ans Point de vente Saint-Joseph / Chambly - Épicerie Métro A lain Lepage a bourlingué.Né en Alberta à l\u2019hôpital de Rivière-la-Paix, une ville où se trouve une communauté francophone, il vivra dans les valises de ses parents qui se promèneront de Marie-Reine à Hinton et Edmonton.Sa vie n\u2019a pas été de tout repos.À 48 ans, il se connait mieux que jamais, fort des expériences qu\u2019il a vécues.Les bonnes comme les plus douloureuses.Aîné de sa fratrie, il s\u2019est senti très jeune responsable des autres.Il a même tenu le rôle d\u2019aidant naturel auprès de sa mère qui a connu des épisodes de maladie mentale.La famille devra même déménager au Québec afin qu\u2019elle puisse recevoir des soins adéquats dans les années 1970.La famille finira par s\u2019établir à Drummonville.Mais bientôt rien ne va plus et les trois garçons seront placés dans trois familles d\u2019accueil.Alain a été victime de maltraitance et de violence de la part des autres enfants placés dans la maison où on l\u2019a confié.En 1975, la famille retourne en Alberta.Alain fera ses études primaires et secondaires en français à Edmonton.Entre temps, ses parents divorcent.Alain est un travailleur, il a suivi différentes formations et exercé « 56 métiers ».Il apprend surtout en expérimentant, en pratiquant.Il a le souci de l\u2019« ouvrage bien fait ».Héritage de sa mère, excellente couturière et aussi de son grand-père, arti- san-ébéniste, tient-il à préciser.Il est venu s\u2019installer à Montréal il y a six ans dans l\u2019espoir de briser son pattern d\u2019accepter n\u2019importe quel job à n\u2019importe quel prix, car plusieurs des emplois à statut précaire qu\u2019il a occupés, et le stress qui vient souvent avec, l\u2019ont fragilisé.Il a fait plusieurs burn-out.Alain aime le vrai, l\u2019authentique.Exécuté avec fierté et honnêteté.Il est devenu camelot à L\u2019Itinéraire pour arrondir ses fins de mois bien sûr, mais aussi parce que L\u2019Itinéraire lui donne la latitude et la liberté de travailler à son rythme pendant qu\u2019il étudie le taï chi et le qi gong, art et gymnastique qui lui permettent de réapprivoiser son corps et de retrouver la paix et l\u2019harmonie.Si Alain veut bien travailler dans l\u2019humilité, il ne veut plus avoir à travailler dans l\u2019humiliation.Alain a une compagne depuis six ans et un logement d\u2019une pièce et demie décent.Il arrive à payer ses dettes qui lui causaient tant de soucis et d\u2019anxiété dans le passé.L\u2019Itinéraire lui a permis d\u2019ouvrir des portes sur un avenir plus prometteur.Il découvre enfin le pouvoir sur soi.Et puis, il redécouvre la joie de cheminer et de se « sentir dans ses bottines » et non à côté.Il souhaite dorénavant vivre le moment présent, se rendre disponible pour le partager.Il a pour objectif de devenir mentor de taï chi et de qi gong et d\u2019aller plus loin sur son itinéraire, celui qu\u2019il a choisi de tracer.L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Alain Par Madeleine LaRoche ?Bénévole à la rédaction Photos : Milton Fernandes DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe-participant : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARTINE BOUCHARD-PIGEON, MARIE BRION, MADELEINE LAROCHE, HÉLÈNE MAI Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT Photo de la une : COURTOISIE ZACHARY RICHARD ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, GABRIELLE GODIN Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux- être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent?pas?forcément?celles?du?ministère du Patrimoine canadien.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout?autre?produit?que?le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222 CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : ÉRIC WILLIAMS - Banque Nationale Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.l ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat. Juste vous dire que j'ai particulièrement et grandement apprécié la visite de la galerie d'art souterraine (édition du 15 octobre).Je me déplace en voiture et très occasionnellement en métro.Cependant, il y a des stations où je n'ai jamais mis les pieds.D'avoir l'occasion de voir toutes ces œuvres m'a enchantée.Je vais garder précieusement ce numéro.Habituellement, je le laisse dans un endroit où je sais qu'il est rarissime.Merci et?félicitations?pour?votre?beau?travail?d'équipe?!?Félicitations?à?Gisèle?(camelot?#?60)?(Provigo,?10e Avenue) qui se donne la peine de nous adresser un petit mot que j'ai toujours hâte de lire quand, à l'occasion, je vais au Provigo.Marie-France Primeau 3 MOTS DE CAMELOTS Jean-Claude Nault 9 Maxime Plamondon 9 Maxime Valcourt 9 Gilles Bélanger 42 Alain Sicard 42 Jacques Élyzé 42 ÉCRIVEZ-NOUS  ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp  ! NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Alain ÉDITORIAL 7 Respect ! Par?Josée?Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 8 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 10 Sur la vidéosurveillance Par Laurent Soumis CHRONIQUE 11 L\u2019ombre du passé Par?Saïd?Farkouh DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 28 CHRONIQUE 30 Réussir sa vie Par?Francis?Hillman MOT DU RAPSIM 31 Valérie Plante et l\u2019itinérance : la table est bien mise  Pierre Gaudreau - Directeur du RAPSIM INSP 32 Venezuela\u2019s Surname Is Diaspora By Humberto Márquez COMPTES À RENDRE 36 Consommateurs et travailleurs, unissez-vous ! Par?Ianik?Marcil,?économiste indépendant CARREFOUR 37 La Nuit des sans-abri 2018 FANZINES 37 Le livre libéré ! Avec la collaboration de Josée Cardinal BD 42 Par Siou DÉTENTE 44 À PROPOS DE LA LANGUE.46 Par Sylvain Pépin-Girard 13 Entrevue avec Marie-Philippe Bouchard La femme qui a la francophonie canadienne à cœur \u2022 Qui?sont?les?francophones?du?Canada?\u2022 Le?français?aux États-Unis Par Camille Teste En français s.v.p.! Portraits de personnes provenant d\u2019horizons?différents,?et?qui?ont?en?commun?la?fierté?d\u2019être?francophones.\u2022 Katherine Levac \u2022 Janelle?Wookey \u2022 Marcia Enman Par Geneviève Bertrand DOSSIER Pour l\u2019amour du français Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les SOMMAIRE 15 novembre 2018 Volume XXV, no 22 Mots de lecteurs 23 camelots ont participé à cette édition 514 597-0238, poste 228 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : CARTES-REPAS ABONNEMENT DONS DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : malgré leur situation minoritaire et l\u2019opposition de certains élus et groupes qui refusent de reconnaître cette réalité dans leur province.Depuis la fondation du Canada, et encore aujourd\u2019hui, les francophones ont contribué à forger notre culture et notre identité.Pour n\u2019en nommer que quelques-uns : Antonine Maillet, Daniel Lavoie, Chantal Hébert, Herménégilde Chiasson, Claude Julien, Roméo LeBlanc, Damien Robitaille, Véronic DiCaire, Katherine Levac, sans oublier Louis Riel et Gabrielle Roy.Derrière eux ou à leurs côtés, de nombreux talents émergeants de la francophonie canadienne tiennent à perpétuer la langue par l\u2019art, l\u2019action politique, le sport, la littérature, etc.Se souvenir On l\u2019oublie trop souvent, mais les francophones ne l\u2019ont pas toujours eu facile.Et bien que les temps aient changé et qu\u2019il y a une plus grande ouverture envers la langue française que dans le passé, les francophones hors Québec doivent encore se battre pour faire reconnaître leur langue, leur culture et leurs droits.Une chose que l\u2019on tient peut-être pour acquise au Québec.Je vous laisse avec cette anecdote : « Speak white ! » Je n\u2019avais pas compris sur le coup.J\u2019étais adolescente.Je n\u2019avais pas lu le poème du même titre de Michelle Lalonde en 1968 et ne savais pas à ce moment-là qu\u2019Henri Bourassa avait reçu cette invective raciste de députés anglophones à la Chambre des communes en 1889.Quant au policier qui m\u2019avait bêtement répondu « speak white » à ma demande de direction dans les rues d\u2019Ottawa j\u2019avais bien compris qu\u2019il ne voulait pas que je m\u2019adresse à lui en français.Cette réplique choquante est restée gravée dans ma mémoire depuis toutes ces années.C\u2019est en quelque sorte ce qui a attisé la flamme de mon amour de la langue et de la fierté de mon identité francophone.J\u2019ai grandi dans un milieu franco-ontarien.Alors qu\u2019une grande partie de mes camarades de classes ont tourné le dos au français, d\u2019autres ont fait de la défense de leur francophonie une célébration et un combat quotidien.Puis, je suis revenue à mon Montréal natal quelques années après l\u2019entrée en vigueur de la Loi 101.J\u2019ai alors compris que rien n\u2019est acquis.Demandez-le à nos voisins Lefebvre, Paquin, Tremblay, Kerouac de la Nouvelle-Angleterre, qui n\u2019ont plus de français que le patronyme.Denise Bombardier ne le sait pas, mais elle nous a donné un sacré coup de pouce pour faire parler de l\u2019édition que vous tenez entre vos mains.Alors que nous avions terminé la rédaction du dossier Francos et fiers de l\u2019être !, la journa- liste-auteure a déclaré à Tout le monde en parle, le 21 octobre dernier : « À travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu.Il en reste encore un peu en Ontario.Au Manitoba, j'y suis allée encore au mois de janvier chez les Métis, là.On ne parle plus le français. » Parce que hors du Québec point de salut ?Détrompez-vous, Mme Bombardier ! Il existe partout au Canada des communautés francophones dynamiques et extrêmement fières de vivre en français.Évidemment, la déclaration a suscité une levée de boucliers un peu partout au Canada français.Perçus comme méprisants, les propos de la journaliste-auteure ont attiré les foudres de plusieurs groupes et associations francophones.Et avec raison.Plutôt que de minimiser la présence francophone, pourquoi ne pas s\u2019informer sur sa réalité ?Plutôt que de balayer du revers de la main un segment important de la population qui se fait gardien de la langue française d\u2019un bout à l\u2019autre du pays, pourquoi ne pas saluer ces gens pour leur détermination et créer des ponts avec eux ?Plus d\u2019un million de Franco-canadiens Juste pour vous dire qu\u2019en Ontario seulement, on dénombre un peu plus de 570 000 Francos.Dans les provinces maritimes on en trouve plus de 280 000.Au Manitoba, 40 000 personnes ont le français comme langue maternelle, tout comme des milliers d\u2019autres dans les Prairies, l\u2019Ouest et le Nord canadiens.Soit au total 1 075 000 excluant les 6 380 000 francophones Québécois, selon le recensement de 2016.Parmi ce million et quelque de francophones, il y a les combattants qui s\u2019assurent de préserver et protéger leur langue, leur culture et leur héritage.Il y a une foule d\u2019artistes provenant du reste du Canada et du sud de la frontière qui sont les porteurs de cet héritage francophone.Parmi les plus ardents défenseurs, Zachary Richard garde le français cajun en vie et le fait rayonner bien au-delà de sa Louisiane natale.Vous pourrez lire tout l\u2019amour qu\u2019il a pour sa langue et sa culture dans nos pages.D\u2019autres, connus et moins connus, nous entretiennent de leur volonté de continuer de vivre et de travailler en français.Et cela Éditorial Respect ! 15 novembre 2018 | ITINERAIRE.CA 7 PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF HONGRIE | Les sans-abri bannis de la rue Une nouvelle loi interdisant aux sans-abri de dormir dans les rues de Hongrie est entrée en vigueur en octobre, suscitant des critiques de la part de groupes de défense des droits humains qui la qualifient d\u2019inhumaine.La loi, qui fait suite à un amendement constitutionnel approuvé en juin, autorise la police à ordonner aux sans-abri de s\u2019installer dans des refuges.S\u2019ils désobéissent trois fois dans un délai de 90 jours, la police peut les arrêter et détruire leurs effets personnels.Le gouvernement d\u2019extrême droite du premier ministre Viktor Orban a déclaré que la nouvelle loi visait à fournir des conditions de vie convenables à ces personnes.Mais Gabor Ivanyi, qui dirige des refuges de 600 lits à Budapest, a déclaré que le gouvernement n\u2019avait pas su engager un dialogue approprié avec les organisations caritatives.« Cette loi a pour but d\u2019effrayer les sans-abri pour les inciter à fuir les rues, a déclaré Ivanyi.Ces derniers ont peur et ne savent pas quoi faire maintenant.» Pour le moment, les sans-abri ont pratiquement disparu des passages souterrains du centre de Budapest, où ils convergent d\u2019habitude.(Andrei Makhovsky Reuters / INSP.ngo) MONDE | Le véritable coût d\u2019un repas Dans le riche Nord, par exemple dans l\u2019État de New York aux États-Unis, un repas de base, comme une soupe avec du riz, des lentilles et un peu de pain, préparé chez soi, ne coûte que 0,6 % du revenu quotidien moyen, soit 1,20 $ US.En revanche, dans certaines régions en développement du monde, l\u2019accès à des produits simples n\u2019est pas toujours aussi facile.Au Soudan du Sud, le rapport repas-revenu est 300 fois supérieur à celui des pays industrialisés.C\u2019est comme si un New-Yorkais devait débourser près de 348,36 $ US pour avoir le privilège de cuisiner et de manger cette assiette de nourriture.Le problème ne touche pas que le sud du Soudan.En général, plus les pays sont pauvres ou instables, plus l\u2019alimentation est difficile d\u2019accès.Ce coût a de nombreuses causes : un climat extrême, des catastrophes naturelles, la fragilité des récoltes ou une mauvaise gouvernance peuvent tout endommager, voire briser les chaînes d\u2019approvisionnement et les marchés de l\u2019agriculture.(Herve Verhoosel Inter Press Service / INSP.ngo) TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE 8 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2018 ROND-POINT INTERNATIONAL L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International?des?journaux?de?rue - INSP).Le réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 34 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo PHOTO :?BERNADETT?SZABO?/?REUTERS P H O T O S   : ?N A C H O ?D O C E ?/ ?R E U T E R S Des gens font la queue pour bénéficier de l\u2019aide alimentaire fournie par le Programme alimentaire mondial des Nations Unies à Raqqa, en Syrie, 2018 Une femme sans-abri gît dans la rue à Budapest, en Hongrie, 2018. MAXIME PLAMONDON CAMELOT JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CHAMP-DE-MARS MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT MOTS DE CAMELOTS La machine est usée À travailler dehors par tous les temps depuis maintenant 21 ans, je réalise que j\u2019ai moins de forces qu\u2019avant.Mon corps faiblit et j\u2019attrape souvent des bronchites, même si je ne fume pas la cigarette.Je pense que la pollution y est aussi pour quelque chose.J\u2019en suis rendu à me demander si je vais pouvoir endurer encore un autre hiver à travailler comme ça.Heureusement, je fais beaucoup de marche pour me dégourdir, mais j\u2019ai quand même mal aux genoux, aux pieds et au dos.J\u2019essaie de me trouver un médecin de famille, mais je n\u2019ai pas encore réussi.Je pense que j\u2019aurais besoin d\u2019un bon check-up complet.Je prends des produits naturels pour renforcer mon système immunitaire, mes os et mes articulations.Mais il arrive que je sois obligé de prendre des Tylenol pour soulager la douleur.Des fois, je me dis que je devrais arrêter de vendre L\u2019Itinéraire parce que c\u2019est trop difficile, mais c\u2019est comme une drogue.J\u2019aime rencontrer mes clients et ça me fait du bien quand ils me disent qu\u2019ils sont contents de me revoir.C\u2019est ce qui fait que je continue.Mes clients m\u2019encouragent, donc il ne faut pas que je me décourage.Apprends-moi Toi, la mère que je me raconte avant de me fermer les yeux la nuit, tu es ce fantôme dont je m\u2019épuise à rechercher la chaleur.Apprends-moi que l\u2019amour en vaut encore la peine.Quand la vie me rejette, laisse-moi me réfugier dans ton regard où je serai toujours le plus beau.Vois en moi l\u2019enfant apeuré lorsque je jappe comme un chien.Ne me laisse pas échapper mon destin.S\u2019il-te-plaît, sois la seule que le temps ne pourra jamais égarer.Toi, la mère que je n\u2019aurai jamais fini de pleurer.Convainc-moi que j\u2019en vaux la peine.Ne me laisse pas douter de ton amour même quand je te hais.Sois ma terre de repos lorsque j\u2019apprends à voler de mes propres ailes.S\u2019il-te-plaît, apprends-moi, apprends-moi tout.Je veux sentir ton héritage dans chaque parcelle de mon être.Fais-toi des cheveux blancs lorsque je chevauche mes idées folles et sois déjà là à m\u2019attendre les bras ouverts quand je retrouve la raison.Je passe ma vie à essayer de te construire avec chaque petit bout de réconfort qu\u2019on me tend sur mon chemin.Toi la mère que je n\u2019aurai jamais fini d\u2019espérer, dis-moi que dans une autre vie, tu m\u2019attends.La cigogne ne m\u2019a jamais déposé dans tes bras, mais rien ne pourra jamais m\u2019empêcher de rêver à toi.Peut-être, quand je n\u2019aurai plus assez de larmes pour te pleurer, je deviendrai un homme, un homme qui ne veut plus redevenir un petit garçon pour être bercé par ton illusion.Les camelots ont besoin de vous Depuis un an, j\u2019ai réalisé que des gens passent devant moi en m\u2019ignorant.Pourtant, je ne suis pas un quêteux, ni un vendeur de crayons sans permis.Je suis camelot de L\u2019Itinéraire, donc je suis un travailleur autonome qui passe de longues heures à expliquer ce qu\u2019est L\u2019Itinéraire.La vente du magazine, c\u2019est mon gagne-pain.Les camelots sont des personnes qui ont vécu des situations difficiles et qui ont trouvé le moyen de se reprendre en main et de s\u2019en sortir.En plus de vendre le magazine, plusieurs camelots écrivent des articles.Ils ne demandent pas la charité.Ils veulent gagner leur vie honorablement.J\u2019aimerais que les gens prennent le temps de se mettre dans la peau d\u2019un camelot qui, chaque jour et pendant des heures, se tient debout et essaye de vendre le magazine aux passants.C\u2019est loin d\u2019être facile, mais pourtant il fait l\u2019effort.Vous qui lisez ces lignes, vous comprenez déjà la mission de L\u2019Itinéraire.Puis-je vous demander de partager mon message avec les membres de votre famille, avec vos amis et vos collègues afin de les sensibiliser à la cause de notre organisme et de ses membres.Nous vous en serons reconnaissants. P H O T O ?: ?M A R C ?R O B I T A I L L E questions à Me Louis-Philippe Lampron 4 se justifie ?Cela se définit toujours au cas par cas.Ce qui importe, ce sont les détails du système technique qui permet de capter les images.Est-ce que ce sont des caméras qui permettent d\u2019identifier les gens ?Est-ce que les images serviront à un logiciel qui compte seulement les individus sans permettre de les identifier ?Si cela va plus loin, par exemple si on fait des rapprochements avec des métadonnées, ce sera nettement plus intrusif.C\u2019est difficile de répondre à la question lorsqu\u2019on n\u2019a pas tous les détails.Aurait-on pu opter pour une alternative plus circonscrite ?Encore une fois, la question se pose : qu\u2019est-ce qu\u2019on va faire avec les images ?C\u2019est une chose d\u2019installer une caméra avec pour objectif de compter le nombre de festivaliers.C\u2019est clair qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019une installation permanente.C\u2019est un dispositif qui devrait pouvoir être allumé et fermé.Si on veut savoir combien il y a de festivaliers à un moment précis, on allume et on laisse la machine faire son travail.S\u2019il s\u2019agit d\u2019un système permanent, il y a une rupture entre l\u2019objectif annoncé et le type de système qu\u2019on met en place.C\u2019est un élément qui doit être pris en considération.Montréal vient d\u2019annoncer l\u2019achat de 730 caméras de surveillance, dont 315 seront déployées dans le Quartier des spectacles pour la gestion des foules.À l\u2019intention notamment, des municipalités et de leur corps de police, la Commission d\u2019accès à l\u2019information servait, en 2004, la mise en garde suivante  : « L\u2019utilisation de la vidéo- surveillance représente une forme d\u2019intrusion des pouvoirs publics dans la vie des citoyens ».Bref, on n\u2019installe pas des caméras comme on accroche des boules de Noël.À ne pas prendre à la légère, conseille Me Louis-Philippe Lampron, spécialiste des droits et libertés de la personne.Est-ce une intrusion justifiable dans la vie privée ?Vous posez la question dans les bons termes.Au-delà des dispositions légales qui permettent aux organismes de recueillir de l\u2019information sur les citoyens, il y a les droits des personnes dont celui à la vie privée.L\u2019installation d\u2019une caméra de surveillance qui permet de capter l\u2019image d\u2019une personne et de l\u2019identifier, c\u2019est clairement une atteinte à la vie privée.Est-ce que cela Une compagnie privée, Panavidéo, captera et gèrera le stockage des images qui seront mises à la disposition de chercheurs de l\u2019Université McGill.N\u2019y-a-t-il pas ici communication de renseignements personnels à des tiers ?Il est possible qu\u2019il y ait une atteinte à la vie privée si les caméras permettent d\u2019identifier les gens.Par définition, c\u2019est un risque important pour le droit à la vie privée.Maintenant, dans le détail, les chercheurs de l\u2019université doivent s\u2019assurer de protéger ce droit.Si le mécanisme ne permet pas d\u2019identifier les festivaliers, mais permet d\u2019évaluer la taille de la foule, il y moyen de respecter le droit des festivaliers.Là où c\u2019est inquiétant \u2013 et vous faites bien de vous y intéresser \u2013 c\u2019est que c\u2019est toujours là un cheval de Troie.On annonce l\u2019installation de caméras pour la sécurité, mais lorsqu\u2019on examine le mécanisme, on se rend compte qu\u2019on est capable de collecter des informations très intrusives.Le mécanisme ne viole pas nécessairement les chartes, mais il faut s\u2019assurer de protéger le droit à la vie privée des gens dans les espaces publics si on ne veut pas tomber dans une société de surveillance.Et c\u2019est la responsabilité de la Ville d\u2019en faire la démonstration ?Absolument.Dans un contexte comme celui-là, il y a des questions légitimes qui se posent sur le droit à la vie privée.C\u2019est le raisonnement propre aux Chartes.Si vous voulez porter atteinte au droit à la vie privée ou à n\u2019importe quel droit fondamental - on reconnaît qu\u2019il est possible de le faire dans une société libre et démocratique - c\u2019est la responsabilité de l\u2019institution qui est responsable de la restriction aux droits fondamentaux de démontrer que cela se justifie dans une société libre et démocratique.Sur la vidéosurveillance Professeur titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval 10 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2018 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ PAR LAURENT SOUMIS d\u2019une même pièce.Sans moi, tu n\u2019aurais jamais réalisé quoi que ce soit d\u2019 important.» L\u2019ombre et la lumière Elle poursuivit : « Si tu regardes les tableaux des grands maîtres de la peinture, tu comprendras l\u2019 importance de l\u2019ombre et de la lumière.Sans ces deux éléments, la peinture serait absolument sans valeur.» J\u2019ai répondu, étonné : « De quoi parlez-vous, ombre ?Prétendez- vous que vous avez créé mon identité et mon visage, et que sans vous, je n\u2019aurais ni caractère ni personnalité ?» Elle expliqua : « Oui, c\u2019est moi qui t\u2019ai fait.Sans les échecs et les difficultés de ton passé, tu n\u2019aurais rien accompli qui ait de la valeur.Les contrastes entre ombre et lumière, entre noir et blanc, entre les composantes de l\u2019âme humaine, dont le bien et le mal, le bonheur et le malheur, ce sont les choses qui ont fait ce que tu es.Donc, sans la noirceur de l\u2019encre, tu serais une page blanche vide au lieu d\u2019être un livre que les autres peuvent lire.» Le moment présent Alors, qu\u2019est-ce que vous attendez de moi maintenant ?Elle répondit d\u2019une voix douce : « Tu devrais te réconcilier avec moi et m\u2019accueillir comme je suis.Je te conseille d\u2019accepter le passé avec tous ses aspects négatifs et positifs, les avantages et les inconvénients, les pertes et les tragédies, avec toutes les décisions que tu as prises, correctes ou incorrectes, car tu ne peux rien y changer.» « Pour ton bien, tu devrais vivre le moment présent, puis demain et après-demain.Le passé sera pour toi une école qu\u2019on appelle \u201c école de la vie \u2019\u2019, où tu as appris des leçons que tu as déjà payées chèrement, à même ton propre compte.À partir de maintenant, ta vision devient de plus en plus large, tu peux sortir de toi-même et embrasser l\u2019univers.» Je l\u2019ai remerciée pour ses précieux conseils et j\u2019ai essayé de lui serrer la main, mais je n\u2019ai rien touché.Je me suis rappelé que c\u2019était juste une ombre.Nous sommes deux, mon ombre et moi ; mais en même temps nous somme un.Elle marche souvent devant ou derrière moi.Elle sort de mes pieds, parfois haute comme un géant, d\u2019autres fois très petite comme un nain dont je ne peux ni voir ni sentir la présence.De temps en temps, elle disparaît dans le noir, puis elle réapparaît soudainement dans la nuit, sur les murs, dans la rue et sur les trottoirs.Je la vois, oblique à mon côté, puis elle disparaît collée à mes pieds en silence.Elle se glisse lentement derrière moi.Je ne sais pas pourquoi elle apparaît et disparaît.Je sens parfois qu\u2019elle est une partie de moi, ou plutôt qu\u2019elle est moi.Des fois, j\u2019ai envie de la séparer de moi, de la balayer comme si elle n\u2019avait jamais existé.À d\u2019autres moments, je ressens de la haine envers elle ; je voudrais la voir disparaître de ma vie pour toujours, qu\u2019elle me laisse tranquille et qu\u2019elle ne revienne jamais.Sur le mur de ma chambre Une nuit, je l\u2019ai vue sur le mur de ma chambre.Elle était si haute que sa tête atteignait le plafond.J\u2019ai surmonté ma grande peur et j\u2019ai voulu la confronter afin de savoir quelles étaient ses intentions et ce qu\u2019elle attendait de moi.Je lui ai dit avec défiance : « Qui êtes-vous ?Que voulez-vous de moi ?Pourquoi me suivez-vous ?» Elle imita ma voix en utilisant mes mots et répondit : « Je suis ton ombre.Je suis la partie sombre de toi-même.Je suis le passé que tu ne veux pas voir, que tu veux peut-être oublier : tes pertes, tes erreurs, tes échecs, tes caprices, tes ratés et tes rêves qui ne se sont pas réalisés.» J\u2019ai répondu en me moquant d\u2019elle : « Tu n\u2019es que mon ombre.Je suis à l\u2019origine de toi et c\u2019est moi qui t\u2019ai faite.Je suis ton Créateur.» Elle répliqua sur un ton moqueur : « Tu ne sais pas à quel point tu as profité de mon existence.Sans moi, tu n\u2019aurais pas l\u2019expérience de la vie, ta vie n\u2019aurait aucun sens.L\u2019ombre et la lumière sont les deux faces L\u2019ombre du passé PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY CHRONIQUE 11 15 novembre 2018 | ITINERAIRE.CA P H O T O ?  : ?N I C O L A S ?C U I S I N I E R ?( 1 2 3 R F ) D\u2019un bout à l\u2019autre du pays, partez à la rencontre des musiciens de demain.Samedi 20h Balade Aussi disponible sur unis.ca Créée il y a quatre ans, la chaîne de télévision Unis, qui appartient au consortium de TV5 Québec Canada, veut toucher toutes les communautés francophones du pays.Pour en savoir plus, nous avons rencontré Marie-Philippe Bouchard, qui dirige le groupe depuis 2016, après 30 ans passés à Radio-Canada.Comment est né le projet Unis TV ?Unis TV est née à la suite d\u2019une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui avait décidé de soutenir la création d\u2019une chaîne consacrée à la réalité des francophones au Canada.De fait, c\u2019était une des lacunes du système de radiodiffusion : on voyait très peu les francophones vivant en situation minoritaire, c\u2019est- à-dire hors Québec.Donc, l\u2019existence de cette chaîne découle directement d\u2019une volonté politique de faire évoluer cette situation.Quel rôle a joué le consortium TV5 Québec Canada, à qui appartient Unis TV ?TV5 diffusait déjà du contenu canadien sur sa chaîne de diversité francophone, mais celle-ci s\u2019adressait principalement à l\u2019international.Donc, il y avait une logique à proposer quelque chose au CRTC.Nous n\u2019étions pas les seuls à proposer un projet, mais c\u2019est le nôtre qui a été choisi.Marie-Philippe Bouchard ENTREVUE PAR CAMILLE TESTE PHOTOS :?COURTOISIE?UNIS?TV La femme qui a la francophonie canadienne à cœur D\u2019autres chaînes francophones sont déjà implantées hors Québec.Pourquoi le CRTC a-t-il jugé que cela ne suffisait pas ?Effectivement, les francophones ont accès aux services de Radio- Canada, qui est présent partout à travers ses services locaux.Cependant, sur le plan national, les émissions produites de manière locale ne sont pas nécessairement vues ailleurs.D\u2019autre part, il y a des chaînes comme RDI qui assurent une circulation de l\u2019information quotidienne.Mais sur le plan culturel, sur le plan social, sur le plan de l\u2019humour, ou encore des programmes jeunesse, il n\u2019y avait pas de chaîne francophone permettant à tous de profiter de la diversité créative et des différents accents des francophones du Canada.Lorsque vous êtes arrivée en poste, qu\u2019avez-vous découvert sur cette francophonie canadienne ?Dans mon parcours, il y a 30 ans de service public.J\u2019ai travaillé à Radio-Canada en information, donc j\u2019avais déjà une conscience aiguë de la réalité de chacune des régions.Par contre, je n\u2019avais pas pris la mesure de la vitalité des communautés francophones.Ça, c\u2019est quelque chose que j\u2019ai découvert en me promenant dans tout le Canada dans le cadre de mes fonctions à Unis.Pourriez-vous nous en dire plus sur cette vitalité ?De Montréal, on peut avoir l\u2019impression que les communautés francophones s\u2019éteignent tranquillement, que les générations avancent et que les francophones de souche sont moins nombreux qu\u2019il y a 100 ans.Mais la réalité c\u2019est que l\u2019immigration francophone qui se déroule partout au Canada joue un rôle très important.De fait, de nouveaux profils francophones arrivent, notamment à travers les universités, et s\u2019associent à la minorité francophone déjà présente.En résulte un dynamisme, une ingéniosité, une créativité pour lesquels j\u2019ai un respect renouvelé.Concrètement, comment se manifeste ce dynamisme ?Je crois qu\u2019il est important de comprendre que les communautés francophones ne sont pas actives que sur le plan culturel.Elles sont aussi actives à travers l\u2019éducation, les services de santé, etc.Il y a une vie en français qui est signe de santé.S\u2019il n\u2019y avait qu\u2019une vivacité culturelle, ça pourrait être signe de nostalgie.Or, ces communautés ne sont pas nostalgiques.Pour vous donner un exemple, lorsque nous avons lancé Unis, nous diffusions beaucoup de vieilles séries canadiennes.Mais le comité citoyen que nous avons formé pour nous épauler nous a vite fait comprendre qu\u2019il fallait trouver un équilibre pour ne pas donner à la francophonie canadienne une image passéiste.De fait, ce serait trahir sa réalité que de lui donner une image poussiéreuse.Aujourd\u2019hui, nous avons un positionnement très clair.Nous voulons dresser un portrait de la francophonie très moderne.Ainsi, si nous diffusons des vielles émissions, il faut qu\u2019elles aient marqué leur temps, brisé des tabous ou joué un rôle politique.Bref, il faut qu\u2019elles aient un sens dans la continuité culturelle francophone.Comment se passe l\u2019implantation d\u2019Unis TV au Canada ?L\u2019un des plaisirs de travailler pour Unis c\u2019est que sa création répond à un vrai besoin : celui de développer la capacité de production audiovisuelle hors Québec, mais aussi dans les régions du Québec, en dehors de Montréal.Il y a un accueil extrêmement enthousiaste de la part des producteurs et des créateurs de contenu implantés dans ces zones-là.L\u2019accueil du public est aussi très positif, même s\u2019il faut faire un travail patient pour le conquérir.Unis TV est disponible sur le service de base, mais on n\u2019est pas forcément mis en évidence dans les premières chaînes de l\u2019abonnement.En conséquence, on doit développer notre présence sur le terrain pour nous faire connaître ou fidéliser notre auditoire.Par exemple, nous sommes régulièrement partenaires de festivals ou de diverses manifestions fréquentés par les communautés francophones du Canada.Preuve que cela fonctionne, nous avons reçu énormément d\u2019appui des citoyens lorsque nous avons dû faire une demande de renouvellement de licence de distribution l\u2019année dernière.Ça nous permet de comprendre que les gens sont déjà très attachés.14 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2018 Deux amis.Dix villes.Quarante camions-restaurants.Sel et Diesel offre une incursion dans l\u2019univers des camions-restaurants, communément appelés food trucks.En plus de découvrir le meilleur de l\u2019offre alimentaire, l\u2019émission s\u2019attarde aux coulisses de cette industrie en pleine effervescence.Les deux animateurs explorent la cuisine de rue de dix grandes villes canadiennes.Quinze artistes de la francophonie canadienne provenant des quatre coins du pays présentent la région où ils habitent, travaillent et jouent.Mêlant histoires, rencontres, souvenirs et prestations musicales, cette série nous offre un regard privilégié et intimiste sur les musiciens et musiciennes de chez nous, toutes couleurs confondues.(Far West productions - Alberta) disponible sur tou.tv extra (Machine Gum - Ontario) diffusion les mercredis  21 h 30 à Unis TV Sel et diesel Balade Produisez-vous des contenus en interne ?Très peu : nous travaillons surtout avec des producteurs indépendants.Les seuls contenus que nous produisons à l\u2019interne sont des contenus numériques destinés à notre plateforme web.À quels genres de contenus accordez-vous la priorité sur votre chaîne ?Nous proposons des contenus familiaux, des contenus musicaux, de la comédie, de l\u2019art dramatique, de l\u2019humour, du documentaire, et des émissions qui nous permettent de traiter de l\u2019actualité des francophones en situation minoritaire.Par ailleurs, nous sommes très fiers de proposer des contenus jeunesse.C\u2019est fondamental pour nous puisque c\u2019est une manière de créer des liens avec un auditoire qui va ensuite grandir et garder contact avec ce contenu francophone.En outre, le fait de pouvoir produire du contenu jeunesse hors Québec, au Manitoba par exemple, est très important parce que c\u2019est une manière de diffuser d\u2019autres accents.Comment définiriez-vous vos auditeurs ?Nous avons un public relativement jeune.Nos auditeurs ont 41 ans en moyenne, alors que l\u2019auditoire moyen de la télévision se situe autour de 52 ans.D\u2019une manière générale, on s\u2019adresse aux familles.L\u2019idée est d\u2019alimenter l\u2019imaginaire et l\u2019espace culturel de ceux qui veulent vivre en français.Avez-vous également pour ambition de faire du journalisme local ?Notre mandat n\u2019est pas de produire des nouvelles locales, mais en même temps je crois que nous participons à l\u2019éveil d\u2019une conscience interrégionale dans la mesure où nos contenus couvrent toutes sortes de réalités de terrain.En faisant cela, par exemple à travers nos émissions culturelles, nous épaulons des médias tels que Radio-Canada, à qui le public demande beaucoup en tant que diffuseur public.C\u2019est une façon de l\u2019épauler sur une partie de son mandat, ce qui pourrait peut-être lui permettre de se concentrer un peu plus sur l\u2019information locale.À titre personnel, était-il important de vous engager dans un projet destiné aux francophones ?Absolument.Moi j\u2019ai grandi avec le sentiment que j\u2019avais une responsabilité par rapport à la protection de la langue française.D\u2019une manière générale, j\u2019ai une personnalité qui aime les croisades.Je n\u2019aurais pas fait toute ma carrière dans le service public si je n\u2019avais pas été profondément animée par la liberté d\u2019expression.Pour moi, cette liberté d\u2019expression se traduit, entre autres, par le fait de donner aux citoyens les outils pour qu\u2019ils puissent s\u2019informer, s\u2019exprimer et échanger.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des choses que me plaît le plus dans le fait d\u2019avoir à faire progresser TV5 et Unis TV.Ces chaînes sont, par définition, un lieu de rencontre des accents et des sensibilités francophones.De quoi êtes-vous particulièrement fière ?Dans les faits, notre travail a donné un véhicule à de nombreuses personnes pour s\u2019exprimer, au Canada, mais aussi bien au-delà du pays.Il y a de nombreuses productions réalisées pour Unis TV qui ont trouvé naturellement leur place sur TV5 Monde.En d\u2019autres termes, des histoires du Manitoba, de l\u2019Acadie ou d\u2019ailleurs ont tout à coup été diffusées et entendues à travers le monde.Ça a été une très belle surprise.Selon-vous, qu\u2019est-ce qui pourrait arriver de pire à la francophonie canadienne ?Je crois que le pire qui puisse nous arriver, c\u2019est l\u2019apathie.Mais je suis optimiste.Je pense que même au Québec, où on a gagné en sécurité linguistique grâce à plusieurs politiques publiques.Nous ne sommes pas dans un état d\u2019apathie.Culturellement, il ne faudrait pas que nous nous sentions trop confortables.L\u2019inconfort est la mère de beaucoup de créativité et de combativité.C\u2019est ce qui fait qu\u2019une culture est vibrante.Aujourd\u2019hui par exemple, dans le secteur audiovisuel, la Norvège, qui est un tout petit pays avec une langue bien à elle, parvient à exporter de nombreux concepts originaux.C\u2019est une façon de transporter un petit peu du génie et de la culture des Norvégiens.Or, je me dis qu\u2019il n\u2019y a pas de raisons, avec tous les talents que nous avons ici, que nous ne puissions pas faire la même chose.Ce rayonnement est-il un moyen de préserver ou de redy- namiser une fierté francophone au Canada, en particulier chez les jeunes ?Ce que j\u2019observe chez les jeunes, c\u2019est qu\u2019ils sont très animés par des causes, et en même temps, ils ne se sentent pas limités par les frontières.Or, le français est une langue qui est largement parlée à travers le monde, donc je pense qu\u2019elle permet très bien de partager ses idées avec des gens de partout dans le monde.Nous avons une série qui s\u2019appelle « Les fermiers », qui est un peu le symbole de ce phénomène.Cette série documentaire met en scène Jean-Martin Fortier, un spécialiste de l\u2019agriculture biologique reconnu mondialement.Il accueille des jeunes originaires de nombreux pays dans le monde pour travailler en français sur sa ferme et se former à l\u2019agriculture biologique, afin de pouvoir démarrer leur propre exploitation biologique ensuite.D\u2019une manière générale, je crois qu\u2019il faut identifier ce qui préoccupe chaque génération, comprendre comment ils pensent et comment ils construisent leur identité pour avancer avec eux.Comment devenir adulte aborde à la fois les petites et les grandes questions des ados : les sorties entre amis et les crush, mais aussi les rêves et les ambitions, le dialogue avec les parents et l\u2019affirmation de l\u2019orientation sexuelle.Entre les amis, les coming out, les parents, les amours, les petites et les grandes peines, Janelle, Mia-Lee, Danis et Max sont confrontés à tout un cocktail d\u2019émotions.(Wookey Films - Manitoba) diffusion les mercredis 21 h à Unis TV Comment devenir adulte À la fin du 19e siècle, 40 000 personnes migrent vers les champs aurifères de la région, ce qui amène le gouvernement canadien à créer officiellement le territoire du Yukon en 1898. Une nouvelle société émerge et les francophones y jouent un rôle actif.Ingénieurs, enseignants, prospecteurs, aventuriers et gens d\u2019affaires contribuent au dynamisme du territoire.En 2007, le gouvernement territorial a proclamé le 15 mai Journée de la francophonie yukonnaise.Aujourd\u2019hui les francophones (langue maternelle) sont environ 1800.Dans les territoires du Nord-Ouest, les personnes donc la langue maternelle est le français sont aujourd\u2019hui un peu plus de 1360.Certains descendent des guides, traiteurs, commis et interprètes francophones qui participaient au commerce des fourrures aux 18e et 19e siècles.Avec 72 000 francophones (langue maternelle), dont de nombreuses personnes issues de l\u2019immigration récente, la Colombie-Britannique est la province où l\u2019on compte le plus haut pourcentage de francophones nés à l\u2019extérieur du Canada.Les premiers francophones à s\u2019être installés ici sont des voyageurs canadiens-français (18e siècle).Au 20e siècle, le dynamisme industriel attire également de nombreux Québécois.La Fédération canadienne-française de Colombie- Britannique (FCFCB) est créée en 1945 dans un contexte de lutte pour la survie du français.Les Franco-Colombiens ont accès à un programme d\u2019éducation en français depuis 1977.En Alberta, les francophones (langue maternelle) sont environ 87 000.Au 18e siècle, c\u2019est le français qui régnait au Fort Edmonton, construit par la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson.Un siècle plus tard, le français est devenu une langue secondaire.Un réseau d\u2019écoles françaises s\u2019est néanmoins développé avec l\u2019aide de l\u2019Église.Avec l\u2019influx de francophones provenant des autres provinces et de l\u2019immigration, les institutions francophones prolifèrent en Alberta et à certains endroits c\u2019est l\u2019immigration qui a créé la communauté et les services en français.La présence française dans l\u2019Ouest canadien remonte au 18e siècle.Fondée par les Métis, la colonie de la Rivière-Rouge se consolide au début du 19e siècle pour devenir l\u2019un des principaux foyers de la vie française dans l\u2019Ouest.Cette colonie devient la province du Manitoba en 1870.L\u2019Acte du Manitoba reconnaît la dualité linguistique et culturelle de la nouvelle province, mais après 1870, les francophones métis et canadiens deviennent rapidement minoritaires.Cependant, plusieurs associations et institutions ont été créées au cours des années.Les francophones sont encore 46 000 (langue maternelle).Vers 1750, les Français explorent la Saskatchewan.Ils y expérimentent la culture du blé, une récolte qui fera la renommée de la province au 20e siècle.L\u2019arrivée des premiers représentants de l\u2019Église catholique en 1818 donne naissance à des missions permanentes.À la fin du 19e siècle, des francophones de diverses souches créent des communautés dans le sud de la province.Au cours des premières décennies du 20e siècle, Les Fransaskois voient leur droit à l\u2019éducation en français sévèrement limité et se dotent d\u2019institutions pour survivre.Ils sont eviron 17 750 aujourd\u2019hui.Territoire du Yukon Territoires du Nord-Ouest Colombie-Britannique Alberta Manitoba Saskatchewan 1,6 % 2,2 % 1,6 % 3,7 % 3,3 % 5,1 % francophones Seule province bilingue du Canada (depuis 1969), le Nouveau-Brunswick est notamment occupé par des descendants d\u2019Acadiens déportés vers 1755.De culture francophone très dynamique, cette province accueille de nombreux festivals francophones et possède diverses institutions et médias de langue française.Les francophones de langue maternelle sont plus de 238 900.La communauté francophone de l\u2019Ontario est relativement dynamique et représente tout de même 570 000 personnes.En 2015-2016, les Franco-Ontariens ont célébré 400 ans de présence française dans la province.Parmi les pionniers francophones à s\u2019être installés ici, on trouve des missionnaires jésuites arrivés vers 1630, des immigrants issus du Bas-Québec (19e siècle) et des francophones attirés par l\u2019exploitation minière et l\u2019industrie forestière (19e et 20e siècles).À Terre-Neuve et Labrador, une colonie française prend racine dès 1660 à Plaisance (aujourd\u2019hui Placentia).En 1713, la colonie passe aux mains de la Grande-Bretagne, mais la France conserve des droits de pêche à l\u2019ouest et au nord de l\u2019île jusqu\u2019en 1904.Au cours du 19e siècle, des Français, des familles saint-pierraises et des Acadiens s\u2019installent sur la côte française.Ils sont environ 3000 aujourd\u2019hui.En 2011, le Nunavut comptait 640 personnes dont la langue maternelle est le français.Les premiers francophones à avoir peuplé la région, au 20e siècle, sont des équipages de baleiniers ou des marchands francophones.La Nouvelle-Écosse compte 33 350 personnes dont le français est la langue maternelle.Ils sont principalement descendants d\u2019Acadiens.Si les immigrants francophones qui arrivent aujourd\u2019hui au Canada viennent du monde entier (Caraïbes, Europe, Afrique), qu\u2019en est-il des premiers francophones à avoir peuplé chaque territoire ?Nouveau-Brunswick source Statistique Canada, recensement 2016 *Hors Québec Ontario Terre-Neuve et Labrador 21,4 % Total au Canada 4,5 % 32,4 % 3,7 % 1,8 % 3,3 % Nunavut Nouvelle-Écosse Qui sont les du Canada ?* Vivre et travailler en français, souvent dans un coin du pays où les francophones sont minoritaires, relève du défi.Mais il se trouve des hommes et des femmes qui ont à cœur de pérenniser leur langue et héritage.Établis depuis aussi longtemps que 400 ans, tant en Ontario que dans les Maritimes, les Prairies, et les provinces de l\u2019Ouest, des générations de francophones ont résisté à l\u2019assimilation et continuent de porter le flambeau.Si les plus jeunes parmi ces « valeureux gaulois » ont bénéficié des luttes de leurs prédécesseurs qui se sont battus pour pouvoir étudier, travailler, se divertir et parler leur langue, il faut saluer leur volonté de non seulement vivre en français, mais de faire rayonner leur culture au pays comme à l\u2019extérieur.Portraits de personnes provenant d\u2019horizons différents, et qui ont en commun la fierté d\u2019être francophones.PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE En français s.v.p.! À 29 ans, Katherine Levac s\u2019est taillé une place au firmament de l\u2019humour québécois.Récipiendaire du prix de la révélation de l\u2019année 2015 au gala Les Olivier, cette diplômée de l\u2019École nationale de l\u2019humour a su charmer le public avec son premier spectacle intitulé Velours.Avec elle, nous avons discuté de son héritage franco-ontarien.Dans ton spectacle, de quelle façon abordes-tu ta vie en Ontario ?C\u2019est un peu la trame de fond de mon spectacle.Si je parle de mon enfance ou de mon rapport à l\u2019éducation, forcément je vais parler de l\u2019Ontario car c\u2019est là que j\u2019ai été élevée et que j\u2019ai étudié.J\u2019ai aussi un numéro qui traite de la fragilité de la langue française en Ontario ; un combat que les gens vivent aussi au Québec.C\u2019est un numéro qui touche vraiment les gens.Parle-nous de ton personnage franco-ontarien Paidge Beaulieu qui t\u2019as fait connaître sur SNL Québec ?Pour ce personnage, je me suis inspirée d\u2019une fille que j\u2019ai connue au secondaire.Elle avait un drôle d\u2019accent, moi ça me faisait rire.Quand les gens l\u2019ont découvert au Québec, c\u2019était, pour beaucoup, la première fois qu\u2019ils entendaient l\u2019accent franco-ontarien à la télé.Au début, j\u2019avais peur que les Franco-Ontariens le prennent mal, mais au contraire le public a été très réceptif.On m\u2019a dit : « Enfin, quelqu\u2019un qui parle de nous ! » Quel est ton regard d\u2019Ontarienne sur les Québécois ?Moi j\u2019aime rire de tout le monde, j\u2019aime parler de traits culturels très québécois comme la carte soleil, le système d\u2019éducation ou le système de santé.J\u2019aborde aussi ma propre expérience, j\u2019évoque mon arrivée au Québec, avec ses bons et ses mauvais côtés.La protection de la langue française est-elle importante pour toi ?Bien sûr, j\u2019ai grandi en français et ce sont les valeurs que mes parents m\u2019ont transmises, surtout mon père.Peut-être que je le vois d\u2019un œil différent car justement, j\u2019arrive d\u2019une province où tout le monde n\u2019est pas engagé dans la préservation de la langue de la même manière.Par exemple, au primaire, mes amies n\u2019écoutaient pas la télé en français, ça ne faisait pas partie de leurs valeurs.C\u2019est peut-être pour cette raison que je suis consciente de la fragilité de notre langue, dont la survie dépend de quelques générations à peine.Veux-tu devenir un modèle pour les jeunes francophones hors Québec ?Oui j\u2019espère être un modèle de persévérance et de guts pour eux.C\u2019est sûr que ça demande du courage de déménager au Québec pour gagner ta vie dans ce domaine.Et puis il faut surmonter un complexe que plusieurs Franco-Ontariens ont, par rapport aux Québécois, qui est la qualité de la langue.Te considère-tu comme une ambassadrice du français ?Oui, forcément, car je gagne ma vie en français.J\u2019utilise cette langue pour faire passer mon message ; je l\u2019adore et je la chéris.J\u2019espère que je lui rends honneur à chaque fois que je suis sur scène.Katherine Levac Une Franco-Ontarienne qui rit de son coin de pays PHOTO :?MARIANNE?PLAISANCE 19 15 novembre 2018 | ITINERAIRE.CA Se faire lutter Se faire frapper par une auto Tooter d\u2019la horn Klaxonner Faire la grocery Faire l\u2019épicerie Il appartient sa maison Il est propriétaire de sa maison Quelques expressions franco-ontariennes « Nous avons des histoires importantes à raconter et nous sommes un peuple unique.Ces histoires peuvent intéresser tout le monde, peu importe la région du Canada.Je pense que c\u2019est important de faire valoir les francophones à l\u2019extérieur du Québec.Quand un francophone des Prairies vient au Québec, il se fait dire : \u201c on ne savait pas qu\u2019il en existait \u201d.Alors c\u2019est important pour nous de se faire connaître et de se faire entendre », affirme Janelle Wookey, documentariste.Au Manitoba, cette trentenaire se distingue comme productrice de films et fière ambassadrice de la culture franco-métisse.En 2008, elle connaît le succès avec le documentaire charnière Mémère métisse qui a été projeté lors de la cérémonie d\u2019ouverture du festival imagine- NATIVE Film à Toronto.Il a par la suite été diffusé sur Radio-Canada, CBC et APTN.Avec son frère Jérémie, elle cofonde, en 2013, la boîte Wookey Films et dont la spécialité est la production de documentaires reflétant les réalités des communautés autochtones et francophones.Plus récemment, ils ont créé la série Comment devenir adulte, diffusée sur les ondes de Unis TV et TV5, laquelle montre la réalité d\u2019adolescents francophones hors Québec.D\u2019où vous vient votre passion pour le documentaire ?Ça remonte à mon enfance, mon frère et moi faisions des petites vidéos avec la caméra familiale, mettant en vedette Simba, notre bichon frisé.C\u2019est une passion commune qui nous est restée.On a même entamé des études là-dedans.Et maintenant nous travaillons professionnellement dans ce domaine.Aussi, les documentaires de Michael Moore, tels que Bowling for Columbine nous ont inspirés alors que nous n\u2019avions que 13 ou 14 ans.Mais notre plus grande inspiration est vraiment notre communauté francophone, ici, au Manitoba.C\u2019est une communauté dynamique qui a beaucoup d\u2019histoires, grâce auxquelles nous avons raconté ses victoires.Ça nous a propulsés dans nos carrières.Que raconte Mémère métisse qui a marqué le début de votre carrière ?Le documentaire raconte comment j\u2019ai tenté de convaincre ma grand-mère d\u2019accepter qu\u2019elle était métisse.C\u2019est mon frère qui nous a suivies avec la caméra pendant quatre mois.Au début, ma grand-mère était vraiment réticente d\u2019en parler.Elle a caché son héritage métis pendant 60 ans parce qu\u2019elle en avait honte.Dans ce temps-là, les gens avaient des gros préjugés ; les Métis étaient jugés paresseux, pauvres et ivrognes.Mais finalement, il y a eu une acceptation de son identité.J\u2019en suis fière ! Elle ne nous avait jamais dit que la famille était métisse.Mes cousins et moi avons fait des recherches et nous avons découvert que nous l\u2019étions aussi.Mes parents ont toujours évité de l\u2019avouer.C\u2019était un peu un choc de l\u2019apprendre, mais on avait toujours un certain feeling en dedans de nous.La culture franco-manitobaine est beaucoup ancrée dans la culture métisse.Alors ce n\u2019était pas un changement dans notre identité.C\u2019était vraiment cool de savoir qu\u2019on était connectés à l\u2019histoire du Manitoba, à Louis Riel* et aux Métis qui ont joué un grand rôle dans notre identité.Y a-t-il une renaissance de la fierté métisse ?Oui, une grande renaissance depuis les 20 dernières années.Il y a une immense hausse des personnes qui s\u2019identifient comme Métis.Nous avons changé l\u2019histoire un peu.Quand ma mère était à l\u2019école, elle a appris que Louis Riel était un traître, alors qu\u2019aujourd\u2019hui les jeunes apprennent qu\u2019il est un héros.Ce changement-là a eu un impact, mais aussi des changements sociaux à l\u2019égard des peuples autochtones, la façon dont ils sont perçus.Les gens s\u2019intéressent à leur héritage.Après avoir découvert qu\u2019on avait des souches métisses, en tant que maman, papa et famille, mais aussi à titre de documentaristes, nous participons à notre communauté à travers notre travail.Où se situent les francophones dans cette renaissance ?Les trois-quarts des francophones au Manitoba sont Métis.Les deux communautés sont très liées.Quel est votre but en racontant ces histoires ?Nous nous sommes donné le mandat créatif de bâtir des ponts entre des communautés qui ne communiquent pas assez souvent ensemble.Nous voulons aussi étendre une compréhension plus approfondie des enjeux et de créer de l\u2019empathie l\u2019un envers l\u2019autre.Nous avons différents styles de documentaires, sérieux, moins sérieux, drôles, moins drôles.Mais le but reste toujours le même, créer des liens entre les peuples.* NDLR Louis Riel était le chef du peuple métis dans les Prairies canadiennes et fondateur du Manitoba.Janelle Wookey Une Franco-Métisse produit des documentaires percutants PHOTO :?WOOKEY?FILMS 20 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2018 Y saudit ! Eh maudit ! \u2022 T\u2019as fait un shittycoup ! T\u2019as fait un mauvais coup T\u2019as-tu déjà vu un outfit pareil ?As-tu déjà vu un accoutrement pareil ?Quelques expressions franco-manitobaines À la tête du seul journal francophone de l\u2019Île-du-Prince-Édouard se trouve une femme qui s\u2019est démarquée par son attachement et son dévouement à la langue française.À l\u2019emploi de La Voix acadienne depuis 40 ans, Marcia Enman est très impliquée dans sa communauté.Entrevue avec cette directrice générale qui en a long à dire sur son rôle dans la nation acadienne.Vous dirigez un journal francophone dans une province majoritairement anglophone.La protection de la langue française est-elle importante pour vous ?Je viens de fêter mon 40e anniversaire à La Voix acadienne.Je peux dire que le journal a une mission, sinon je ne serais pas ici.La Voix acadienne a pour objectif le rayonnement de la francophonie et je crois qu\u2019il a une incidence directe sur l\u2019avenir des lecteurs.Nous sommes le seul moyen de communication écrit francophone et un outil essentiel au maintien et à la préservation de la culture et de la langue françaises.Nous sommes une petite équipe et nous travaillons fort pour être représentatifs de nos valeurs culturelles.Je pense que nous sommes en quelque sorte un porte-parole pour la communauté.Combien de lecteurs avez-vous ?Cela représente quel pourcentage par rapport à la population de la province ?Nous avons 1100 abonnés parmi une population acadienne francophone de 5000 à 6000 citoyens.Mais il faut comprendre que dans ces 1100 foyers, il y a plus d\u2019un lecteur, donc finalement nous touchons bien plus qu\u2019un millier de personnes.Par ailleurs, la majeure partie de nos abonnés ont plus de 50 ans.Sentez-vous un attachement de ces lecteurs à la francophonie ?Absolument ! Nos abonnés nous lisent, nous avons également des abonnements dans les écoles.Les jeunes ont accès à notre journal.Nous avons un site web et une page Facebook assez achalandée.Je pense que cela représente bien les Acadiens de l\u2019Île-du-Prince- Édouard, même si la population est vieillissante.Quel est le défi principal auquel est confrontée la population ?L\u2019un des défis c\u2019est l\u2019éducation francophone.Par exemple, dans les années 1990, des parents de notre communauté se sont rendus à la Cour suprême du Canada pour défendre le droit à l\u2019éducation en français.C\u2019est ce qui a fait naître une école dans la région de Summerside.Pendant longtemps, on avait juste une école française à l\u2019Île-du-Prince-Édouard.Maintenant on a six centres scolaires communautaires.Cependant, au cours des dernières décennies, on a perdu des générations de francophones car on n\u2019avait pas d\u2019écoles françaises.De nos jours, on compte une vingtaine d\u2019organismes qui font la promotion du français à l\u2019Île-du-Prince-Édouard.Vous êtes aussi mairesse-adjointe au conseil municipal.Parvenez-vous à promouvoir la francophonie ?Au conseil municipal, il y a des anglophones et des francophones, et on se fait un devoir de ne pas parler juste en anglais.J\u2019essaie d\u2019attirer le bilinguisme.Pour moi c\u2019est important qu\u2019on donne le ton.À l\u2019Île-du-Prince-Édouard, on a des petites victoires.L\u2019affichage sur les routes, par exemple, se fait maintenant en anglais et en français.PHOTO :?COURTOISIE?MARCIA?ENMAN Marcia Enman Une femme de tête à l\u2019Île-du-Prince-Édouard 21 15 novembre 2018 | ITINERAIRE.CA Bénaise Heureux, content Bouchure Clôture Capot Manteau Fourbir Laver le plancher Foudillouse Frileuse Quelques expressions de l\u2019Île-du-Prince-Édouard Épârer Épandre, disperser Hardes Linges Métines Remèdes Ricasseuse Qui rit facilement -X du eu f } Gr]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.