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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
samedi 1 septembre 2018
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2018, Collections de BAnQ.

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[" Reportage pages 34 à 39 Volume XXV, n?17 Montréal, 1er septembre 2018 au EM AW A EQTASS 3 OU QUESVOUS SOYEZ Partout au Québec, on livre gratuitement\u2019 / 4 x: \u201c a._ >.Ll h 3 -t * v Lo = - Tem Alam | au = -\u2014 ow ë.\"À \\ ro and vr - ls T= Ey ww, \u2014\u2014 E- _ 2 \u2014_ re -\u2014 w meme\" pre \u2014 = me, % _ \u201c_- \u2014\u2014\u2014\u2014 1 = rE TE see \u2014 5 a = a re EY Sth wr ry \u2014= -\u2014 \u2014 = .\u2014 - = a= -\u2014 = - a - 2 cme.wr alin -_ = A ah pe \u2014 me ee = \u2014 + + raies eam.= ; | a 2 z YH wel).RD wydagmpy bbl nih apy in EE L ESO all hide BE WE MF Smart Led Hi bat rd SAS babe BF \u201cpu pu pr \u201cpe cites fé wm pme FA, rp Heys pin CAFE TORREFIE A MONTREAL 514 321-4121 1 800 361-4121 oo rlvecdiait.cpl BROSSARD\"™ *La livraison gratuite s'applique pour les commandes de 10 livres de café et plus. Nom Norman Rickert | Camelot n° 34 | Âge 56 ans Points de vente Métro Outremont et Ville-Émard S i vous vous êtes arrêtés dernièrement au bistro Le Placard sur l\u2019avenue du Mont-Royal, vous avez pu admirer l\u2019exposition des œuvres de Norman Rickert, intitulée Perse-eaux-nage.Norman est un artiste-peintre autodidacte dont la tête foisonne d\u2019idées.Un peu trop, dirait son intervenante Gabrielle de L\u2019Itinéraire qui l\u2019aide à voir les avantages et les inconvénients des nombreux projets qu\u2019il souhaiterait entreprendre.Il l\u2019avoue lui-même en riant, il a tendance à s\u2019emballer rapidement et à s\u2019éparpiller\u2026 Norman a découvert L\u2019Itinéraire dans les années 1990 alors qu\u2019il était sans emploi.Il devient rapidement bon vendeur et commence à écrire pour le journal.Traducteur de formation, il réalise en quelque sorte son rêve de devenir journaliste et d\u2019œuvrer dans le monde des communications.Il effectue et rédige plusieurs entrevues avec des personnalités du monde artistique et scientifique.À l\u2019occasion, il traduit les textes de ses collègues anglophones qui souhaitent publier dans le journal.Norman a trois projets dans sa besace en ce moment dont un d\u2019envergure.Il rêve de parcourir le Canada, les États-Unis et même l\u2019Europe pour ensuite réaliser un documentaire sur les journaux de rue ailleurs dans le monde.Il veut aussi écrire et publier une bédé à saveur poétique et collaborer avec un autre camelot à l\u2019édition illustrée du recueil de ses textes.En ce moment, il travaille à une exposition qui se tiendra rue Marquette sur le Plateau.Il explore un nouveau medium, soit le crayon de couleur sur carton noir.Ses œuvres seront bientôt exposées dans les fenêtres d\u2019un immeuble.Toujours en ébullition, la tête de Norman foisonne d\u2019idées et de projets, disions-nous ! L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Norman Par Madeleine LaRoche Bénévole à la rédaction Photo : Milton Fernandes Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous  ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR : LUC DESJARDINS RÉDACTION Éditrice adjointe et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : CAMILLE TESTE Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe-participant : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste-participante : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, HÉLÈNE MAI, ARIANE CHASLE, MADELEINE LAROCHE, ANTOINE QUINTY-FALARDEAU, VALÉRIE SAVARD, LAËTITIA THÉLÈME Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE, SHANNON PÉCOURT Illustration de la une : PAULINE ROCHETTE ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : SYLVANA LLANOS Adjointe comptable \u2013 commis au dépot : MARCELA CHAVES Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenants psychosociaux : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE, GABRIELLE GODIN Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet volet autochtone : MÉLODIE GRENIER Intervenante de suivi \u2013 Café de la Maison ronde : MARIE-ANN CHAMBERLAND CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : ÉRIC WILLIAMS - Épargne placement Québec Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.E.N.C.R.L./ s.r.l Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Levasseur Warren Coaching Inc.JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.l ISABELLE RAYMOND - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire SIMON JACQUES - Représentant des camelots VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : GISÈLE BÉLANGER Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs?dans?la?rue.?Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?Centre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 Merci beaucoup à L\u2019Itinéraire d\u2019être un journal authentique et populaire ! J\u2019achète la revue au très sympathique camelot de l\u2019Université de Sherbrooke?près?du?métro?Longueuil.  J\u2019apprécie particulièrement les articles En toute liberté de Mathieu Thériault.?Ces?articles?respirent?la?fraîcheur?de?la?liberté?et?de?la?pensée?critique.?Contrairement?au?journal?populiste?de?Montréal?qui?fait?de?la?violence en comité contre les pauvres, les autochtones et les personnes en?général,?qui?souhaitent?un?monde?plus?juste?et?plus?équitable.  L\u2019Itinéraire me permet de rester connecté avec de vraies personnes humaines?et?dans?le?vrai?monde.  David,?sociologue 3 MOTS DE CAMELOTS Lynn?Champagne?9 Sylvain Pépin-Girard 9 France Lapointe 9 Manon Fortier 43 Serge?Trudel?43 Gilles?Bélanger?43 ÉCRIVEZ-NOUS  ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp  ! NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Norman ÉDITORIAL 7 Parlons argent Par Josée Panet-Raymond ROND-POINT INTERNATIONAL 8 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ 10 Jennifer Marchand sur la faune urbaine Par Laurent Soumis EN TOUTE LIBERTÉ 11 Le suicide social Par Mathieu Thériault DANS LA TÊTE DES CAMELOTS 24 CHRONIQUE 26 102 minutes qui ont changé l\u2019Amérique et le monde Par Saïd Farkouh SANS A 28 Pas de moi sans toit INFO CAMELOTS 32 Par Simon Jacques CARREFOUR 32 MOT DU RAPSIM 33 Élections : de la brique, du béton et de l\u2019intervention Par Alice Lepetit, organisatrice communautaire au RAPSIM HISTOIRES DE RUES 40 L\u2019avenue Letourneux / avenue Pierre- de Coubertin Par Geneviève Bertrand COMPTES À RENDRE 42 D\u2019où vient l\u2019argent ?Par Ianik Marcil, économiste indépendant DÉTENTE 44 À PROPOS DE L\u2019ARGENT.46 Par Marc Sénécal 12 WORLD PRESS PHOTO \u2022 Au Québec, les monnaies locales ont le vent en poupe Par Hatim Fassi-Fihri \u2022 Comprendre les cryptomonnaies Par Wilfried Devillers \u2022 Une?société?sans?argent?liquide?est-elle?souhaitable ?\u2022 La?fausse?monnaie?court?toujours?\u2022 Une?conversation?sur?l\u2019argent,?avec Alain Deneault Par Camille Teste La 13e édition du World Press Photo Montréal?sera?présentée?du?29?août?au?30?septembre?au?Marché?Bonsecours?dans le Vieux-Montréal.L\u2019événement présente?les?photos?gagnantes?de?la?plus?prestigieuse?compétition?professionnelle?au?monde.?En?2018,?4500?photographes?de?125?pays?ont?soumis?un?total?de?73 000?images.?Les?pages?qui?suivent?présentent?un?aperçu?des œuvres des lauréats.DOSSIER 34 Prix de vente 3 $ paie l\u2019impression + coûts de production 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les Où va l\u2019argent ?SOMMAIRE 1er septembre 2018 Volume XXV, no 17 Mots de lecteurs 514 597-0238, poste 228 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : CARTES-REPAS ABONNEMENT DONS DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 publicité MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : Taco autochtone Indian Taco Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 18 h Favoriser la mixité sociale et l\u2019empowerment des personnes autochtones vulnérables.L,unique Café autochtone à Montréal 2330 rue Ste-Catherine O.Square Cabot \u2022 Montréal, QC Open from Monday to Friday - 8am to 6pm Promoting social diversity and the empowerment of vulnerable Indigenous people.The only indigenous Café in Montréal 2330 Ste-Catherine Street West Cabot Square \u2022 Montréal, QC Partenaires \u2022 Partners 514 872-9465 itineraire.ca/cafe-maison-ronde 339 millions d\u2019Africains (surtout sub-sahariens) effectuent leurs transactions avec leur cellulaire, bien que la majorité n\u2019a pas de compte en banque.Jamais sans mon argent ! Qu\u2019il soit liquide, comptant, en papier, en pièces ou virtuel le monde ne pourrait se passer d\u2019argent.Bien sûr, certaines personnes ont déjà tenté l\u2019expérience, comme Gabriel Luneau Hachey, ce jeune homme de Val d\u2019Or qui, en 2015, a choisi un mode de vie basé uniquement sur l\u2019échange de services et qui s\u2019alimentait de ce qui lui tombait sous la main.On aurait bien aimé l\u2019interviewer, mais on a perdu sa trace depuis l\u2019an dernier.À moins d\u2019être un moine hindouiste qui vit uniquement d\u2019aumônes, peu de gens peuvent se permettre de vivre complètement sans argent.Même les personnes en situation d\u2019itinérance ont besoin de sous pour acheter des victuailles.Vivre avec moins d\u2019argent est une solution plus réalisable.Combien de gens ont largué leur grosse job payante, mais stressante, pour vivre plus simplement ?D\u2019ailleurs, on vous avait parlé dans notre édition précédente de décroissance et de gens qui ont choisi d\u2019opter pour la simplicité volontaire, soit une vie où l\u2019argent n\u2019était au centre de tout.Dans cette édition nous poursuivons notre exploration du monde - pas toujours merveilleux - de l\u2019argent.En souhaitant que vous en aurez\u2026 pour votre argent.On l\u2019engrange ou il nous coule entre les doigts.Il brûle le fond de nos poches, ou il constitue notre pactole.On le vénère ou on l\u2019accuse d\u2019être à la source de tous les maux.Chose certaine, l\u2019argent a un effet, ou une emprise sur la vie de pas mal tous les êtres humains.Dans ce numéro, on voit comment l\u2019argent a évolué depuis que les fintechs prennent davantage de place dans notre économie.Les espèces de nos jours sont de moins en moins sonnantes et trébuchantes.Au Canada, nous sommes parmi les sociétés où l\u2019utilisation de l\u2019argent liquide est en plus forte diminution.Fric virtuel Il y a aussi la Suède où l\u2019argent comptant est refusé dans un nombre croissant de commerces, au point où il n\u2019est utilisé que dans 2 % des transactions.Une nouvelle tendance dans ce pays scandinave : l\u2019implantation d\u2019une puce électronique dans la main pour déverrouiller sa porte, présenter son billet de train ou avoir accès à son gym.Un jour sans doute, on pourra payer du revers de la main ?En tout cas, on n\u2019aura plus à se demander où on a rangé notre argent, en plus de rendre bien difficile la perte ou le vol du portefeuille.Il faut noter que, en matière de paiements mobiles, c\u2019est l\u2019Afrique qui a une longueur d\u2019avance.Selon les derniers chiffres de la GMSA, le réseau mondial d\u2019opérateurs de téléphonie mobile, quelque Parlons argent.À propos de la une Pour ce numéro, nous avons voulu interpeller nos lecteurs sur la place de l\u2019argent dans nos vies.Valorisant quand on en a, angoissant quand on en manque mais toujours omniprésent, l\u2019argent est aujourd\u2019hui bien plus qu\u2019un simple outil d\u2019échange.Pour ce faire, nous avons confié notre couverture à Pauline Rochette, illustratrice de 27 ans basée en France.Zoom sur l\u2019artiste.Comment as-tu pensé la couverture ?PAULINE  Travailler à la commande c\u2019est parfois plus simple parce que cela empêche le vide existentiel de la page blanche, mais cela signifie aussi certaines contraintes.L\u2019argent est un vaste sujet, difficile à traiter.J\u2019ai déjà eu l\u2019occasion de travailler sur la question des cryptomonnaies avec Enzym [enzym.io], une application de social gaming avec laquelle je collabore, qui est basée sur la blockchain et dont les tokens du jeu sont basés sur une vraie cryptomonnaie.D\u2019une manière générale, je suis très intéressée par la révolution que la blockchain peut engendrer.Le partage de biens et de données en peer2peer sans tiers parti, c\u2019est un joli pied de nez au système capitaliste.Pour cette couverture, j\u2019ai aimé jouer avec la symbolique, et pour moi l\u2019incarnation du capitalisme c\u2019est bien le bonhomme du Monopoly, qui s\u2019appelle Rich Uncle Pennybags.J\u2019ai essayé de montrer que notre société était en mouvement, et que c\u2019était peut-être le moment de reconsidérer notre système économique.P H O T O   : ?C O U R T O I S I E 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 7 PAR JOSÉE PANET-RAYMOND RÉDACTRICE EN CHEF ÉDITORIAL I L L U S T R A T I O N   : ?P A U L I N E ?R O C H E T T E ÉTATS-UNIS | Le prochain défi d\u2019une famille réunifiée : l\u2019asile Maria Marroquin Perdomo et Abisai, son fils de 11 ans, ont été séparés durant un mois alors qu\u2019ils passaient la frontière américano-mexicaine.Une épreuve de plus pour cette famille arrivée du Honduras.Réunis au Texas, la mère et le fils n\u2019ont eu que peu de répit.De fait, la mère de famille doit maintenant convaincre les tribunaux américains qu\u2019elle a le droit de rester dans le pays.Ainsi, il va falloir démontrer au juge de l\u2019immigration qu\u2019elle a fui le Honduras pour l\u2019une des raisons énoncées dans les lois américaines sur l\u2019asile.En convainquant un agent d\u2019asile qu\u2019elle avait une raison « crédible » d\u2019avoir peur de rentrer chez elle, elle a déjà remporté une petite victoire.Pour y parvenir, elle a lui expliqué que dans son pays, deux policiers l\u2019avaient frappée au pistolet, envahi sa maison et tenté de lui extorquer de l\u2019argent.Mais même si elle a réussi ce premier test, la victoire est loin d\u2019être gagnée.La plupart des immigrants qui le réussissent ne parviennent pas à rester aux États-Unis.À ce titre, le taux de réussite des Honduriens est particulièrement faible.Entre 2007 et 2017, seul 16 % d\u2019entre eux ont reçu l\u2019asile ou trouvé une autre façon (légale) de rester.Depuis que Jeff Sessions a pris ses fonctions de procureur général, les acteurs du milieu s\u2019accordent pour dire que tout a été fait pour empêcher les personnes originaires d\u2019Amérique centrale de recevoir l\u2019asile.Selon M.Sessions, « le système d\u2019asile est utilisé de manière abusive au détriment de la primauté du droit, de politiques publiques saines et de la sécurité publique ».(IPS/Loren Elliott et Brian Thevenot) TRADUCTION :?CAMILLE?TESTE 8 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 ROND-POINT INTERNATIONAL L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau International des journaux de rue - INSP).Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?100?journaux?de?rue?dans?34?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de?journaux?de?rue.?Le?contenu?de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir?plus,?visitez?www.street-papers.org.PHOTOS :?REUTERS/LOREN?ELLIOTT LYNN CHAMPAGNE CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN FRANCE LAPOINTE CAMELOT MÉTRO CRÉMAZIE ET MONT-ROYAL / MENTANA 9 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS J\u2019aime les téléthons J\u2019ai toujours aimé regarder les télé- thons.Ça fait chaud au cœur, pendant une fin de semaine, de voir tous ces gens qui se mobilisent au profit d\u2019une cause.Pour moi, c\u2019est 48 heures de plaisir et d\u2019émotion.Il y a bien sûr les performances émouvantes des artistes, qui donnent de leur temps et de leur talent sans compter, mais les télé- thons, c\u2019est aussi l\u2019occasion d\u2019en apprendre plus sur les progrès de la médecine et sur tous les gens qui contribuent au mieux-être des autres : les chercheurs, les médecins, mais aussi les infirmières et tout le personnel de l\u2019ombre sans qui les soins ne pourraient être donnés.Mais surtout, c\u2019est touchant d\u2019en apprendre plus sur ce que vivent les enfants touchés par la maladie, de partager leurs peurs, leurs espoirs et leur courage.Ces témoignages, ainsi que ceux de leurs proches, rejoignent vraiment mes cordes sensibles.Il m\u2019est même déjà arrivé d\u2019apprendre par la télévision qu\u2019une ancienne connaissance vivait cette épreuve si difficile et vivait avec un enfant malade, à ma grande surprise.Ça nous fait réaliser à quel point tout le monde a ses drames secrets et que ce genre de choses n\u2019arrive pas qu\u2019aux autres.Le téléthon, c\u2019est aussi l\u2019occasion d\u2019assister à des petits miracles, ceux de la médecine autant que ceux de la volonté.Et s\u2019il y a quelque chose d\u2019encore plus émouvant pour moi qu\u2019un enfant malade, c\u2019est un enfant guéri.Le spectacle Cavalia Odysseo Je suis fière d\u2019avoir assisté à ce spectacle.Je remercie l\u2019équipe de Cavalia pour les billets de courtoisie.Je suis arrivée deux heures en avance pour être sûre de ne rien manquer.Mon expérience a été tellement belle.J\u2019y suis allée avec une autre camelot qui aime les chevaux, Diane.Elle est si passionnée par ces bêtes que je suis sûre que son expérience lui a apporté de beaux rêves.J\u2019ai acheté pour chacune de nous un porte-clés pour lui montrer que j\u2019ai apprécié qu\u2019elle soit là avec moi.Diane est une bonne amie.Je me suis habillée chic et on a pris des photos, mais pas du spectacle car c\u2019est interdit.L\u2019effort physique fourni par les artistes surdoués était exemplaire ce soir-là.Il y a eu beaucoup d\u2019acrobaties, même sur les chevaux, et des culbutes à l\u2019infini.Il y avait un jeune mâle qui faisait à sa tête, mais arrivait quand même à suivre le spectacle.Il sautait, il courait plus loin qu\u2019il était supposé d\u2019être, un vrai comique, il a volé le show.Ils ont descendu un carrousel du plafond et il y avait des gens qui faisaient « le drapeau » sur les poteaux.La scène s\u2019est terminée avec de l\u2019eau, des champelures arrosaient le sol.Le spectacle s\u2019est achevé par un très beau message aux gens de faire la paix et non la guerre.Je ne dévoilerai pas tout car je recommande à tous ceux qui aiment les chevaux d\u2019aller voir le spectacle.À la mémoire des sans-abri qui nous quittent Pourquoi nous avez-vous quitté si tôt ?Pourquoi des gens si bien que vous doivent partir là-haut ?Apprenez, et prenez plus soin de vous et des autres pour ne pas perdre la vie si tôt.Je vais essayer de vous aider de tout mon cœur pour éviter que cela vous arrive parce que ça me fait tellement mal quand vous nous quittez.Moi, je pleure tellement votre mort.Moi qui deviens bouleversé dans tous mes repères.Je suis devenu une personne qui peut pleurer une rivière de larmes.Je souffre de ne plus pouvoir leur parler et de ne plus les revoir, au moins pour une dernière fois.Aidez-moi à les garder le plus longtemps possible pour que l\u2019on apprenne le plus d\u2019eux, comme ils ou elles apprennent de nous.Lorsque j\u2019apprends qu\u2019un ou une itinérante meurt de froid, ou pire, par injection d\u2019héroïne dans un coin sombre, la douleur que la personne a ressentie vient m\u2019atteindre au plus profond de mon existence.Cela me tue beaucoup à l\u2019intérieur.Pourquoi la Vie s\u2019acharne-t-elle sur les plus faibles au lieu de s\u2019en prendre aux « bullies » qui, eux, mériteraient ce châtiment ?Désolé mais c\u2019est vrai.Moi, je n\u2019ai jamais aimé les gens avec un cœur de pierre.L\u2019important dans la vie, c\u2019est d\u2019apprendre à faire le bien.Aimez vos proches et surtout aidez ceux qui sont dans le grand besoin.Ils sont vos frères et sœurs de la rue. P H O T O ?: ?C O U R T O I S I E questions à Jennifer Marchand 4 50 ans qu\u2019on a des coyotes à Montréal.Nous sommes mandatés par la Ville pour le volet éducatif et sensibilisation sur la faune urbaine en général.Disons-le comme ça, Montréal, c\u2019est un hot spot ! Par exemple, c\u2019est un endroit privilégié où les oiseaux de proie vont s\u2019arrêter sur l\u2019 île pendant leur migration.On a une biodiversité incroyable.Il y une très grande diversité d\u2019insectes, de mammifères, d\u2019oiseaux, de reptiles, d\u2019amphibiens.Il y a vraiment beaucoup d\u2019espèces.Et les gens ne le soupçonnent pas.Y-a-t-il beaucoup d\u2019espèces en danger sur l\u2019île de Montréal ?Oui, il y a énormément d\u2019espèces qui sont en danger ou dont le statut est préoccupant.On peut parler, par exemple, de la tortue géographique, de certains types de couleuvres comme la couleuvre brune, de certains oiseaux qu\u2019on voit rarement ici et qui peuvent être en danger aussi dans d\u2019autres pays que le nôtre.En fait, il y a plusieurs espèces.On peut se targuer d\u2019être une ville très, très verte avec nos grands parcs et nos parcs-nature.Mais ce sont des espaces que l\u2019on doit continuer de protéger.Ce sont des aires de repos pour ces animaux-là.L\u2019été dernier, les médias ont fait tout un ramdam avec la présence de coyotes à Montréal.Aurions-nous oublié que nous ne sommes pas la seule espèce animale sur l\u2019île ?Jennifer Marchand, du Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE) nous rappelle quelques vérités de La Palice et quelques comportements appropriés.Les Montréalais ont-ils conscience de la richesse de la faune urbaine autour d\u2019eux ?On ne sait pas à quel point il y a des espèces qui vivent autour de nous, à Montréal.C\u2019est ça qui est surprenant.Le nombre de fois que les gens nous disent : Ayoye ! Je ne savais pas qu\u2019il y avait des cerfs de Virginie à Montréal.Ayoye ! Je ne savais pas qu\u2019il pouvait y avoir des taupes à Montréal.C\u2019est ça le phénomène le plus marquant avec les coyotes.Les gens ne le savaient pas.Ils croient que ça vient tout juste d\u2019arriver.Avec les médias qui en parlent constamment et qui font parfois un peu de sensationnalisme, on a l\u2019impression que les coyotes sont maintenant à tous les coins de rue, qu\u2019ils nous attendent et que nous sommes tous en danger.Or, ça fait pratiquement Quelles espèces avons-nous tendance à considérer comme nuisibles ?Les espèces qui sont plus proches de l\u2019être humain.Les espèces qui sont très mignonnes deviennent souvent problématiques.Pensons aux écureuils pour lesquels on a beaucoup de plaintes.Les gens les adorent et les trouvent mignons.C\u2019est pour ça qu\u2019ils les nourrissent.Alors, les écureuils n\u2019ont plus peur de l\u2019être humain.Ils s\u2019approchent et font des dégâts.Même chose avec le raton laveur.La mouffette, on n\u2019aime pas trop l\u2019avoir près de nous.Elle fait des dégâts sur nos terrains.Mais en même temps, elles nous aident en allant chercher les vers blancs qui détruisent notre gazon.Et il y aussi le coyote.Rappelons-nous que les espèces deviennent nuisibles, entre parenthèses, lorsqu\u2019elles sont trop habituées à nous.Elles trouvent un avantage à être proches de nous pour la nourriture.Alors, elles viennent trop proches et ça nous rend inconfortables.Elles entrent dans nos maisons, dans nos cours.Elles fouillent dans nos poubelles.Quelle est la meilleure attitude à adopter à leur endroit ?Ce sont des espèces sauvages et il faut les garder ainsi.Il y a de la règlementation municipale.J\u2019invite vos lecteurs à consulter le site de la Ville de Montréal.Disons simplement qu\u2019on ne peut pas nourrir des animaux sauvages de façon directe.Il faut aussi faire attention à la nourriture indirecte, c\u2019est-à-dire à la gestion de nos poubelles, à la gestion de nos déchets après un barbecue ou un pique-nique, à la nourriture que nous laissons à l\u2019extérieur pour nos animaux de compagnie.Tout ça attire ces espèces qui y voient un avantage et s\u2019installent toujours de plus en plus près de nous.C\u2019est ce qui cause de fâcheuses situations, comme celles des coyotes, que nous avons connues cet été.sur la faune urbaine 10 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 QUESTIONS D\u2019ACTUALITÉ PAR LAURENT SOUMIS P H O T O ?: ?J O H A N N A ?H E R B S T / F I C K R - C R E A T I V E ?C O M M O N S Au début du mois d\u2019août, on apprenait la mort tragique de Rick Genest, mieux connu sous le pseudonyme de Zombie Boy.Ce jeune homme tatoué sur plus de 90 % de son corps personnifiait un squelette humain et pouvait faire peur à voir.En 2011, il avait atteint une renommée mondiale lorsque Lady Gaga l\u2019avait engagé pour un de ses vidéoclips.On ne saura jamais vraiment s\u2019il s\u2019agit d\u2019un suicide ou d\u2019un fatal accident.D\u2019accord, c\u2019est un triste fait divers, mais on peut aussi y voir une sorte de métaphore sur notre condition collective.J\u2019ai toujours éprouvé une sorte de fascination pour les jeunes de la rue, souvent des punks, qui choisissent de se faire tatouer de façon vraiment ostentatoire, notamment au niveau du visage.Dans le cas de Zombie Boy, ses tattoos étaient le fruit de plusieurs années de travail et certains y voyaient une véritable œuvre d\u2019art.Pour preuve, depuis à son vidéoclip, il était devenu mannequin et était apparu dans plusieurs défilés et magazines de mode prestigieux.Au lieu de lui nuire, ses tatouages uniques au monde en avaient fait une célébrité.Un « destroy » au milieu du front Sauf que pour un Zombie Boy, il y en a des dizaines d\u2019autres qui optent, par exemple, pour se faire tatouer un « destroy » en plein milieu du front ou d\u2019autres motifs tribaux un peu partout sur le visage.Dans ces cas-là, je n\u2019ai jamais pu m\u2019empêcher d\u2019y voir une sorte de suicide social.Lorsque tu te fais dessiner des trucs dans ton cou ou ton visage, tes perspectives d\u2019emploi viennent de chuter drastiquement.Je veux dire, à part une boutique de tattoos, qui va vouloir t\u2019engager si tu as écrit « fuck the world » dans ta face?Et puis rendu à 70 ans, vas-tu encore aimer l\u2019image que va te renvoyer le miroir ?Pour moi, les jeunes de la rue qui se font tatouer au visage ou d\u2019une façon irréversible font un genre de statement, de profession de foi.Ils marquent ainsi leur rejet définitif et irréversible de la société et du système actuel.Ils affirment qu\u2019ils ont été exclus ou qu\u2019ils ont rejeté la société sans retour en arrière, ou peut-être un peu des deux.Zombie Boy aura été l\u2019exception qui confirme la règle, la confirmation aussi de l\u2019incroyable capacité de récupération du système spectaculaire capitaliste : même un jeune qui a traîné dans la rue pendant des années et qui est tatoué en zombie peut devenir une icône et une machine à imprimer du fric.Le suicide global Ces jeunes qui ont choisi de marquer à même leur visage leur rejet total de notre société et de notre mode de vie ne devraient pas pour autant s\u2019attirer mépris ou incompréhension.Dans les jours entourant la mort de Zombie Boy, on apprenait des nouvelles autrement plus inquiétantes qui, pourtant, ne font même plus réagir.Le 2 août dernier marquait la date où notre planète a consommé la totalité des ressources qu\u2019elle est capable de produire dans une année.Donc pratiquement cinq mois avant le renouvellement du calendrier.Dans les années 70, cette date se produisait autour du 21 décembre et maintenant elle survient chaque année toujours plus tôt.Heureusement que toute l\u2019humanité ne vit pas comme les Canadiens ou les Américains, car cette date arriverait quelque part en février ou en mars.Au rythme où l\u2019on consomme et gaspille aujourd\u2019hui, il faudrait 1,7 planète Terre pour combler nos besoins.À l\u2019heure actuelle, la NASA n\u2019a toujours pas trouvé ce 0,7 planète habitable qui nous manque.Le 6 août, un autre groupe de scientifiques nous annonçait que la terre risque de se transformer en véritable sauna d\u2019ici « quelques décennies ».Il est à peu près certain que les objectifs de l\u2019accord de Paris limitant le réchauffement à deux degrés ne seront pas respectés.On se dirige probablement vers une augmentation des températures de quatre à cinq degrés et une hausse des niveaux de la mer pouvant atteindre 60 cm d\u2019ici 2100.Dans ces conditions, la planète ne serait plus vivable que pour un milliard de personnes.On n\u2019ose trop imaginer le destin des quelque huit ou neuf milliards restants.Mais bien sûr, pas question de changer nos habitudes de vie.Dans « quelques décennies », je serai mort de toute façon.Comme Zombie Boy ou les jeunes de la rue, la terre a un « destroy » de tatoué dans le front.Sauf qu\u2019il semble que pour bien du monde, il reste encore plus facile de regarder à coté, d\u2019ignorer ce qui pourtant nous saute au visage.Le suicide social 11 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA PAR MATHIEU THÉRIAULT CAMELOT DE L\u2019ÉPÉE / BERNARD EN TOUTE LIBERTÉ Depuis quelques mois, dans les villes de Québec et de Montréal, il est possible de faire ses courses avec de nouvelles monnaies : le « Blé » et l\u2019« Îlot ».Ces deux monnaies, qu\u2019on échange au préalable contre des dollars canadiens, sont ce qu\u2019on appelle des monnaies locales complémentaires (MLC).Elles sont « locales » car leur usage se limite à un territoire.En l\u2019occurrence, le Blé ne peut être utilisé que dans la région de Québec.De son côté, l\u2019Îlot est réservé aux usagers du Grand Montréal.De surcroît, ces monnaies sont dites « complémentaires » dans la mesure où elles ne visent pas à se substituer au dollar canadien mais plutôt à fonctionner en parallèle.L\u2019objectif : encourager de nouvelles manières d\u2019échanger qui valoriseront l\u2019économie locale, favoriseront les circuits courts et encourageront l\u2019épanouissement de la vie communautaire.Le Blé québécois À Québec, le Blé est une initiative soutenue par l\u2019organisme à but non lucratif Monnaie locale complémentaire Québec.Le premier Blé a été imprimé et vendu en juin dernier au prix fixe d\u2019un dollar canadien.Depuis le lancement de ce qui est encore un projet pilote, 3000 Blés ont été mis en circulation.Aujourd\u2019hui, 16 commerces de Québec acceptent le Blé.C\u2019est par exemple le cas du magasin de vélos Bicycles Falardeau ou de l\u2019épicerie Alimentex, spécialisée en alimentation biologique.D\u2019autres commerces devraient bientôt suivre.« Il y a un engouement certain autour du Blé à Québec ces temps-ci, confie Pierre-Alexandre Caron, porte-parole de l\u2019organisme.Quand nous avons lancé le projet, seulement cinq commerces nous suivaient.» PAR HATIM FASSI-FIHRI Au Québec, les monnaies locales ont le vent en poupe Monnaies COLLABORATION SPÉCIALE ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 12 Une nouvelle monnaie pour les Montréalais Pour sa part, l\u2019Îlot montréalais est également vendu au prix fixe d\u2019un dollar.Mais contrairement au Blé, il a la particularité d\u2019être une monnaie « à gestion de compte numérique », comme le précise Claire-Marie Pechard, membre d\u2019Une Monnaie pour Montréal, l\u2019organisme à l\u2019origine de l\u2019initiative.« Concrètement, les usagers échangent leurs dollars contre des Îlots en ligne, explique-t-elle.Ensuite, ils se rendent chez un commerçant qui accepte les Îlots, vont sur leur compte numérique, sélectionnent le commerçant en question et procèdent à la transaction.» C\u2019est de cette manière qu\u2019il est par exemple possible d\u2019acheter et de vendre des livres en Îlots à la Librairie du Vieux- Bouc, située rue Masson.Lancé au mois de mars dernier, l\u2019Îlot a été initié dans le quartier de Rosemont.Aujourd\u2019hui, cinq commerçants et une soixantaine de particuliers utilisent la plateforme.Les sommes échangées sont encore assez réduites, puisqu\u2019elles s\u2019élèvent, en tout, à seulement 700 Îlots.Pourquoi des monnaies alternatives ?Alors, d\u2019où vient cet engouement soudain pour cet argent d\u2019un genre nouveau ?Après tout, selon les économistes, le dollar canadien est tout ce qu\u2019on peut attendre d\u2019une bonne monnaie.Il est accepté par tous, difficile à contrefaire et échangeable contre d\u2019autres devises.Le dollar peut aussi être emprunté, épargné et transféré.Il est également surveillé de près par une banque centrale, ce qui lui vaut la confiance de ceux qui l\u2019utilisent.Pourtant, de plus en plus de groupes citoyens reprochent au dollar d\u2019au- jourd\u2019hui d\u2019être avant tout un outil au service des banques, des entreprises et des puissants.En créant des modes d\u2019échange alternatifs, tels que les monnaies locales, ces groupes espèrent pousser les gens à se réap- proprier des outils et des pratiques que la plupart d\u2019entre nous ne questionnent jamais.« Les monnaies locales sont un moyen de pousser les gens à reprendre un peu de contrôle sur la monnaie, qui est un outil surtout utilisé aujourd\u2019hui par les grandes banques et par le système financier mondial à des fins d\u2019enrichissement », explique Jonathan Durand Folco, professeur à l\u2019École d\u2019innovation sociale de l\u2019Université Saint-Paul à Ottawa et auteur de l\u2019ouvrage À nous la ville ! Traité de municipalisme.Ce type d\u2019initiatives serait donc un moyen de provoquer le débat public et de pousser les usagers à réfléchir au potentiel d\u2019innovation de leur monnaie, c\u2019est-à-dire à la manière dont celle-ci pourrait devenir un outil de changement économique, social ou environnemental.« En demandant aux gens ce qu\u2019 ils aimeraient faire avec cette monnaie, on renforce leur capacité d\u2019agir sur un élément important de notre existence », continue M.Durand Folco.Aujourd\u2019hui, le Blé ou l\u2019Îlot sont encore trop jeunes pour que leur impact économique ou environnemental soit mesurable.Cependant, on ressent déjà leurs effets au niveau social.« Ça crée des liens, explique Claire-Marie Pechard.Savoir que votre commerçant en bas de la rue accepte l\u2019Îlot, ça permet de générer des débats économiques et politiques dans un endroit parfois impersonnel.» Le rôle des caisses populaires Pour mettre sur pied leurs projets, les organismes à la base de ces monnaies locales ont pu compter sur des partenariats avec les Caisses d\u2019économie solidaire Desjardins.Ainsi, les dollars avec lesquels les particuliers et les commerçants achètent ces deux monnaies locales sont déposés sur des comptes du Mouvement des caisses Desjardins.Selon Pierre-Alexandre Caron, l\u2019épargne engendrée par l\u2019achat de monnaie locale, si elle est bien placée, permet de décupler le pouvoir initial des dollars.« Le dollar échangé avec un Blé se retrouve à deux endroits à la fois, puisqu\u2019 il est autant dans les commerces sous forme de Blé qu\u2019à la Caisse d\u2019économie solidaire, montre-t-il.Cette dernière l\u2019utilise pour effectuer ses investissements solidaires.L\u2019épargne servira donc à accompagner des coopératives, des organismes communautaires et des projets porteurs pour la localité ».D\u2019ailleurs, l\u2019organisme Monnaie locale complémentaire Québec, dont M.Caron est le porte-parole, bénéficie lui-même du soutien des Caisses d\u2019économie solidaire Desjardins, qui lui ont accordé une subvention afin qu\u2019il puisse, par exemple, avoir de quoi imprimer ses billets de Blé.Ces subventions sont parfois nécessaires pour permettre aux organismes qui soutiennent les monnaies locales de fonctionner.Entièrement gérés par des bénévoles non rémunérés, les organismes derrière le Blé ou l\u2019Îlot concèdent que les sources de financement pour ce genre d\u2019initiatives sont limitées.« Je considère qu\u2019une monnaie locale est positive pour l\u2019économie, mais il n\u2019y a personne La Livre de Bristol est une MLC en format papier et électronique qui a été créée afin d\u2019améliorer l\u2019économie locale de la ville anglaise de Bristol.Le maire de la ville avait même accepté de recevoir l\u2019entièreté de son salaire en Livres de Bristol.Au Canada et dans le monde, il existerait, selon MLC Québec, environ 4000 monnaies locales et systèmes d\u2019échange parallèles.En voici quelques exemples : Le Demi circule depuis quelques temps en Gaspésie.Il s\u2019agit tout bonnement de billets ordinaires, mais qui ont été coupés en deux.Chaque partie vaut la moitié de la valeur initiale du billet et s\u2019échange localement dans la région.L\u2019Accorderie de Montréal est un réseau d\u2019échange de services où les membres mettent en banque des heures et pas de la monnaie.Les échanges de service se font ici en marge du système monétaire.Le Palmas, dans les favelas du nord du Brésil, est une monnaie locale et complémentaire au Réal brésilien.Cette monnaie est associée à un système de microcrédit déployé par la Banque Palmas.En 2008, l\u2019initiative a valu à cette institution de mi- crofinance solidaire le Prix des objectifs du millénaire pour le développement décerné par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 13 Aujourd\u2019hui, le critère principal qui permet à un commerce de se joindre ou non au projet de M.Caron est son caractère local.« Il faut que le lieu de décision de l\u2019entreprise soit local.De cette manière, on exclut de facto les multinationales.» Pour Jonathan Durand Folco, le choix des critères est un élément important à considérer dans le développement de ces initiatives.Selon lui, chaque organisme se confronte à un dilemme lors de la sélection de ces derniers.« Lorsqu\u2019on met beaucoup de critères à l\u2019utilisation de la monnaie, il y a des chances que ce soit uniquement certains commerces qui puissent adhérer.Or, s\u2019 il n\u2019y a pas un assez grand nombre d\u2019 individus ou de commerces l\u2019utilisant, son impact va être très limité, explique-t-il.À l\u2019 inverse, si on met moins de critères et qu\u2019on permet à n\u2019 importe quel type de commerces d\u2019utiliser la monnaie, cela peut réduire son effet transformateur.» Un réseau inclusif ?Comme beaucoup de nouveaux projets alternatifs, les monnaies locales complémentaires attirent surtout des personnes qui ont le temps de s\u2019intéresser à ces enjeux.Les organismes qui soutiennent ces projets ont conscience de la dimension parfois élitiste de ces initiatives.« On ne veut pas être une monnaie \u201c embourgeoisante \u201d, affirme Pierre-Alexandre Caron.On aimerait être le plus inclusif possible et élargir notre réseau de commerçants pour toucher plus de monde.» Pour ce qui est de l\u2019Îlot, qui fonctionne grâce à une plateforme numérique, l\u2019enjeu de l\u2019inclusivité concerne tous ceux qui n\u2019ont pas accès à cette technologie.« Tout le monde n\u2019est pas capable de s\u2019offrir un téléphone intelligent avec des données de connexion », concède Claire-Marie Pechard.Pour autant, pas question pour l\u2019Îlot montréalais de ne toucher que les populations connectées.L\u2019équipe travaille en ce moment même à faire évoluer la question.« On a eu l\u2019 idée de nous procurer des téléphones intelligents auprès d\u2019un organisme de réinsertion sociale qui en reconditionnent.Ainsi, on pourrait les laisser dans certains commerces afin que ceux qui en ont besoin puissent avoir accès à leur compte Îlot ».qui a nécessairement intérêt à payer pour ça.Il y a un phénomène de \u201c passager clandestin \u201d, déplore Pierre-Alexandre Caron.Par ailleurs, notre travail est difficilement \u201c monétisable \u201d.Il nous faut donc rechercher des subventions pour continuer à faire ce que l\u2019on fait ».Un modèle à mettre entre de bonnes mains Le fonctionnement des monnaies locales complémentaires n\u2019est pas sans soulever un certain nombre d\u2019interrogations.Comme les dollars échangés contre la monnaie locale sont mis en épargne, il semble nécessaire de rendre compte, avec transparence, de l\u2019utilisation qui est faite de cet argent placé.De fait, si les organismes en charge de ce type de projets voulaient faire du profit, ils pourraient, s\u2019ils le désiraient, effectuer des placements très juteux avec ces dollars épargnés et encourager des pratiques bancaires socialement injustes ou insoutenables sur le plan environnemental.Par ailleurs, les commerces participants pourraient simplement voir dans ce modèle un moyen bien commode de fidéliser et de retenir leur clientèle.On pourrait imaginer qu\u2019une chaîne de café internationale souscrive à ces initiatives pour faire en sorte que les usagers de ces monnaies locales fréquentent en priorité leurs cafés.Pierre-Alexandre Caron n\u2019ignore pas ces enjeux éthiques.« Un outil comme la monnaie locale pourrait être utilisé à des fins très mercantiles, concède-t-il.De fait, l\u2019 initiative pourrait avantager certaines entreprises sans nécessairement avoir une vocation sociale ou environnementale.C\u2019est un outil comme un autre et c\u2019est finalement dans la manière dont on l\u2019utilise que l\u2019on peut avoir un impact positif.» Claire-Marie Pechard va dans le même sens.« Vous pourriez avoir une monnaie locale pour payer des armes, reconnaît-elle, c\u2019est à nous de poser des critères pour accepter ou non un commerçant.» Une charte et des critères bien définis Pour se prémunir contre ce type de dérives, les deux organismes ont mis en place des chartes leur permettant de faire affaire avec des commerces et des partenaires financiers qui partagent les valeurs du projet.« C\u2019est important pour nous que les commerçants qui participent adhèrent à notre charte », explique Pierre-Alexandre Caron.L\u2019îlot montréalais accepté dans quelques commerces de Rosemont Les trois coupures du Blé québécois PHOTO :?COURTOISIE?L\u2019ÎLOT ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 14 d\u2019argent.Alors forcément cet or virtuel interroge, interpelle et fait un peu rêver.Vous avez dit « crypto » ?Bitcoin, Ripple, Zcash, il existe aujourd\u2019hui des centaines de monnaies cryptées, certaines valant seulement quelques sous, d\u2019autres plusieurs milliers de dollars.Si le bitcoin ne cesse de faire parler de lui depuis sa création en 2009, il est aujourd\u2019hui sérieusement concurrencé par d\u2019autres devises comme l\u2019Ether, qui connaît depuis début janvier une ascension spectaculaire dans le monde très spéculatif des crypto- monnaies.Parmi les acteurs majeurs on retrouve également Litecoin, IOTA ou encore Cardano.Ce qui différencie une monnaie cryptée d\u2019une monnaie traditionnelle c\u2019est d\u2019abord qu\u2019elle est entièrement virtuelle, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle ne possède pas de représentation physique.Impossible, donc, d\u2019avoir des pièces ou billets de cryptomonnaie.Attention toutefois, si elles sont virtuelles, les cryptomonnaies ne sont pas de simples monnaies électroniques.Selon la loi, les monnaies électroniques sont simplement des devises « classiques », comme le Cryptomonnaie, blockchain, bitcoin, si ces termes n\u2019évoquent chez vous qu\u2019une vague impression de déjà-vu, vous êtes à la bonne page.Pour ce numéro spécial sur l\u2019argent, on lève le voile sur les cryptomonnaies, ces devises virtuelles qui explosent depuis quelques années.Au travail, lors de soirées entre amis ou en lisant les nouvelles, les cryptomonnaies ont forcément déjà surgi dans vos conversations.Sauf que voilà, on a beau en avoir entendu parler, ça ne veut pas dire qu\u2019on en comprend l\u2019utilité et encore moins le fonctionnement.Pour le commun des mortels, les cryptomonnaies c\u2019est nouveau, c\u2019est virtuel mais ça reste très conceptuel.Décentralisées, indépendantes, elles sont pourtant passées en quelques années d\u2019obscures monnaies pour geeks à des devises très à la mode.Les « cryptos » attirent aujourd\u2019hui foule d\u2019investisseurs qui y voient une véritable aubaine.Au point que la valeur du bitcoin, la principale monnaie cryptée, a été multipliée par 23 en un an seulement.Depuis sa création en 2009 on parle même d\u2019une hausse de 250 000 %.Un bitcoin s\u2019échange aujourd\u2019hui à 10 574 dollars canadiens.Beaucoup Technologie Comprendre les cryptomonnaies PAR WILFRIED DEVILLERS - COLLABORATION SPÉCIALE 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 15 I L L U S T R A T I O N   : ?P A U L I N E ?R O C H E T T E dollar ou l\u2019euro, que l\u2019on utilise en ligne.Elles sont donc régulées par une autorité financière, contrairement au bitcoin, par exemple.En général, les cryptomonnaies ne sont d\u2019ailleurs pas reconnues par l\u2019État, sauf si l\u2019État en question se met à générer sa propre monnaie cryptée (voir encadré).Enfin, sa valeur est totalement spéculative.La règle de trois Pour être considérée comme une cryptomonnaie digne de ce nom, une devise virtuelle se doit de respecter trois conditions bien particulières.D\u2019abord, la monnaie en question doit être bilatérale, c\u2019est-à- dire que l\u2019on doit pouvoir l\u2019acheter avec une monnaie d\u2019État comme le dollar canadien, et vice-versa.Comme n\u2019importe quelle monnaie traditionnelle, elle peut bien entendu servir à effectuer des achats, des transactions financières ou du stockage de valeur.Il est donc possible d\u2019échanger ces actifs contre des biens et des services via des plate- formes d\u2019échange en ligne telles que Coinbase ou CEX.IO.Ensuite elle doit être distribuée.Accrochez-vous, c\u2019est ici que ça devient un peu compliqué.Contrairement au dollar, au yen ou à l\u2019euro, une cryptomonnaie n\u2019est pas émise ou régulée par une banque centrale.Elle est basée sur un réseau informatique décentralisé par lequel différentes personnes échangent directement entre elles, et où l\u2019information est répartie, enregistrée, stockée sur l\u2019ensemble de ce réseau plutôt que sur une base de données unique.Pour faire simple on peut dire qu\u2019elle n\u2019est pas dirigée par des humains mais par un logiciel libre de droits distribué sur des machines partout dans le monde.C\u2019est ce réseau décentralisé qui fait office de banque et c\u2019est elle seule qui gère toutes les transactions.Enfin, elle doit être sécurisée par un mécanisme de preuve de travail cryptographique.Comme cette banque « virtuelle » ne contient pas de coffre-fort blindé à la porte bien épaisse, il faut trouver un moyen de sécuriser tout le pactole qui transite sur son réseau.On parle tout de même d\u2019un marché de plus de 200 milliards $, toutes cryptode- vises réunies.Alors pour être sûr que les échanges d\u2019actifs entre deux personnes soient parfaitement sécurisés, les ordinateurs du réseau effectuent de nombreux calculs particulièrement longs et complexes.C\u2019est ce que l\u2019on appelle « la preuve de travail ».Elle garantit notamment que d\u2019éventuels braqueurs du net ne pourront pas créer de fausses transactions.Dans cette banque virtuelle, toutes les transactions effectuées sont enregistrées dans un immense registre qui grandit à chaque opération.C\u2019est la fameuse blockchain, ou chaîne de blocs.Le principe est un peu le même que celui d\u2019un livre dans lequel on rajouterait régulièrement de nouvelles pages (les blocs) sur lesquelles sont inscrites les dernières transactions.Ouvert et consultable par tout le monde sur internet (sur le site blockchain.com par exemple), ce registre contient des traces écrites mentionnant le montant de chaque transaction, une adresse de l\u2019émetteur et du destinataire, ainsi qu\u2019une empreinte cryptogra- phique.Et à moins d\u2019utiliser certaines monnaies voulues pour être sécurisées, telles que Dash ou Zcash, les transactions sont écrites en clair sur la blockchain.Comment ça fonctionne ?Alors, comment tout cela fonctionne-t-il ?Disons qu\u2019il vous prend soudain l\u2019envie d\u2019acheter un bitcoin.Pour réaliser une transaction à partir de votre ordinateur, il faut d\u2019abord accepter que celui-ci fasse partie du réseau bitcoin.Votre demande est ensuite transmise sous la forme d\u2019une trace écrite, qui va rejoindre un nœud du réseau constitué par l\u2019ordinateur d\u2019un individu que l\u2019on appelle un mineur.Son travail à lui est de construire un bloc (une nouvelle page dans le grand livre du réseau) composée de plusieurs transactions.La création de ces blocs permet de vérifier et de sécuriser la demande reçue pour qu\u2019elle continue son chemin dans le réseau.En échange de son travail, le mineur est rémunéré directement par le réseau.Afin de garantir la sécurité des transactions, un algorithme découpe et recompose les informations de la page précédente du registre (bloc) et en tire une ligne de caractères alphanumériques qu\u2019il intègre au nouveau bloc créé.C\u2019est un peu comme si chaque numéro de page contenait un résumé intégral de la page précédente, impossible donc de séparer une ligne sans que la page entière soit altérée.Une fois le bloc terminé, le mineur l\u2019envoie aux autres nœuds du réseau, qui confirment le nouveau bloc et l\u2019ajoutent à leur copie de la chaîne.C\u2019est à ce moment-là que le mineur doit lui aussi fournir une « proof of work » ou « preuve de travail », qui garantit qu\u2019il est digne de confiance et qu\u2019il fait son travail correctement.Pensé à l\u2019origine pour contrer les attaques de déni de service, ce système de techniques cryptographiques est à la base de toutes les activités de minage de la cryptomonnaie.Une aberration écologique ?Si monnaies virtuelles et blockchain font figures de véritables innovations et pourraient bien être à la base d\u2019une nouvelle révolution monétaire, un problème se pose et pas des moindres.Cette révolution, si elle a lieu, sera loin d\u2019être verte pour l\u2019environnement.De fait, faire tourner des cryptomonnaies demande une capacité de calcul telle que celle-ci induit une énorme consommation d\u2019énergie.Par exemple, pour réaliser une transaction en bitcoin, il faut autant d\u2019énergie qu\u2019une famille américaine en utilise pour vivre durant une semaine.Et plus le nombre de blocs augmente sur la chaîne, plus les besoins en énergie s\u2019accroissent.Avec la notoriété du bitcoin, les besoins d\u2019énergie du réseau augmentent à une vitesse étourdissante.Pour vous donner une idée, une seule transaction en bitcoin consomme environ 100 kilowattheures (Kwh).En comparaison un paiement similaire effectué avec une carte de crédit consomme 500 fois moins d\u2019électricité.Et la blockchain dans tout ça ?On l\u2019a vu, une fois que le bloc où est répertorié une transaction est terminé, il rejoint ensuite la chaîne de blocs où sont enregistrées toutes les transactions, à jamais.Issue du monde de la cryptographie, la chaîne de blocs n\u2019est toutefois pas uniquement rattachée à l\u2019univers de la finance, bien que ce soit pour le moment son application la plus répandue.Elle fait aussi figure de petite révolution dans nombre d\u2019autres domaines, dans la mesure où elle est un excellent outil pour sécuriser et archiver d\u2019immenses quantités de transactions.L\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) travaille par exemple au développement d\u2019une base de données fondée sur la blockchain, qui pourra garantir la traçabilité et l\u2019authenticité des médicaments fournis aux pays en développement.De son côté, IBM développe de nouveaux systèmes informatiques intégrant la blockchain.ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 16 Une arme géopolitique Estonie, Émirats arabes unis, Tunisie, les pays qui lancent leur cryptomonnaie se succèdent depuis 2015.Si les devises numériques se résument bien souvent à des coups de communication « tech friendly », elles éveillent chez certains des ambitions sociopolitiques.Que ce soit pour stimuler sa croissance, mieux contrôler les flux financiers ou pour affirmer sa souveraineté et lutter contre la suprématie financière américaine, de plus en plus de pays travaillent aujourd\u2019hui sur la question.Récemment, le Venezuela s\u2019est lui aussi engouffré dans la brèche avec sa cryptomonnaie « Petro », lancée en grande pompe en février 2018 dernier, notamment grâce à des fonds russes.L\u2019objectif de Nicolas Maduro et de son gouvernement : contourner les sanctions économiques internationales qui frappent le pays et passer outre sa devise officielle dont la valeur est en chute libre.CRYPTOMONNAIE PAR WILFRIED DEVILLERS Lutte contre la corruption, croissance et développement social Si l\u2019on prend le cas de la Chine, où de nombreuses personnes n\u2019ont pas encore accès aux banques traditionnelles, la généralisation d\u2019une technologie comme la blockchain permettrait de baisser les coûts de transaction et surtout d\u2019offrir des services financiers à des personnes qui en sont pour le moment exclus.Cela permettrait un regain de consommation, donc plus d\u2019échanges commerciaux et en somme plus de croissance.Enfin pour le Parti communiste chinois, une monnaie « transparente », infalsifiable et contrôlée permettrait de réduire la fraude et la contrefaçon.Des cryptos à moitié crypto La Russie et la Chine sont particulièrement critiques vis-à-vis du bitcoin.Pourquoi ?D\u2019abord parce que le caractère décentralisé de cette cryptomonnaie fait qu\u2019elle échappe totalement à leur contrôle.Une pilule dure à avaler pour deux pays qui pratiquent un fort contrôle des échanges financiers nationaux et internationaux.Face à cela, la Chine voudrait créer une cryptomonnaie intermédiaire dont la gestion centralisée permettrait de faire un pont entre le yuan (la devise nationale) et les monnaies cryptées avec pour résultat direct d\u2019obliger les acheteurs de cryptomonnaies classiques de passer par la case gouvernement.Même topo en Russie où le CryptoRuble ne sera pas miné comme le bitcoin ou le Ripple, mais distribué et tracé par le gouvernement comme une monnaie classique.En somme, adieu la transparence, la « liberté » et la décentralisation qui sont l\u2019essence même des cryptos et de la blockchain.Au Québec, les cryptos de la discorde Attirés par les faibles coûts de l\u2019énergie québécoise, de nombreux investisseurs spécialisés dans le minage des cryptomonnaies veulent développer leurs activités dans la province.Seulement voilà, les mines de cryptos, ces énormes « fermes » de serveurs destinées à faire tourner la blockchain, sont trop énergivores.Hydro-Québec croule sous la demande Hydro-Québec est aujourd\u2019hui submergée par le nombre de demandes du secteur des monnaies cryptées.Au point qu\u2019elle ne peut pas toutes les accepter sans prendre le risque de ne plus pouvoir desservir les autres secteurs.La société d\u2019État a déjà reçu près de 300 demandes pour un total de 15 000 mégawatts de puissance, des besoins en électricité tels qu\u2019ils pourraient accaparer près de 40 % de la capacité de production d\u2019Hydro-Québec.Face à cela, la société d\u2019État a décidé d\u2019imposer à ces nouveaux acteurs un tarif dissuasif de 15 cents au kilowattheure contre 5 auparavant.Par ailleurs, l\u2019entreprise voudrait limiter l\u2019énergie dédiée aux cryptomonnaies à 500 mégawatts.Une mine de cryptomonnaies ?Dans le monde des cryptomonnaies, pour faire tourner la banque, il faut des employés, les mineurs, mais aussi des milliers de machines qui réalisent des calculs à longueur de journée.Ces ordinateurs sont généralement regroupés dans d\u2019immenses centres de calculs que l\u2019on appelle les mines.Toutes ces mines, réparties un peu partout dans le monde (à plus de 80 % en Chine cela dit) se livrent aujourd\u2019hui une rude compétition et cherchent à tout prix à s\u2019installer dans un pays comme le Québec, où l\u2019électricité est bon marché.1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 17 En 2015, la Banque Nationale évoquait, devant la Commission des finances publiques, l\u2019idée de supprimer, à terme, le papier-monnaie.Il s\u2019agissait, selon ses représentants, d\u2019assurer une «  meilleure traçabilité des transactions, de lutter contre l\u2019évasion fiscale et de réduire les coûts de transactions ».Pour beaucoup, une telle démarche présente des risques pour la vie privée, en termes d\u2019inégalités entre riches et pauvres, mais aussi en défaveur des aînés.Alors, qu\u2019en est-il ?Réponse avec Jeanne Lazarus, sociologue au CNRS et Sciences Po.On en entend de plus en plus parler de sociétés sans argent liquide, ou « cashless societies », est-ce une tendance majeure de notre temps ?L\u2019unique exemple à l\u2019heure actuelle est celui de la Suède (voir encadré).De façon globale, les échanges en pièces et en billets représentent toujours 50 % des échanges dans les pays de l\u2019OCDE.Pour autant, si on se réfère aux montants cette fois et pas aux transactions, l\u2019argent liquide est bien plus minoritaire.Les paiements importants se font principalement par virements.Du reste, les choses évoluent.La Chine semble sur la voie de diminuer très largement les usages du cash, tant il est désormais possible d\u2019échanger de l\u2019argent partout sous forme électronique, en scannant des « QR code », dont disposent tous les vendeurs, y compris les vendeurs de rue.Qu\u2019est-ce qui motive les États à envisager de supprimer l\u2019argent liquide ?Tous les États n\u2019envisagent pas de supprimer l\u2019argent liquide, et ces évolutions ont lieu sans que cela ne soit forcément prémédité.Toutefois, pour les pays, l\u2019argent liquide impose une gestion parfois coûteuse : il faut bien sûr produire les pièces et les billets, les stocker, les remplacer lorsqu\u2019ils sont usagés et faire en sorte qu\u2019ils ne soient pas imités en innovant sans cesse pour devancer les faussaires.En outre, l\u2019argent liquide est bien plus difficile à suivre que l\u2019argent électronique : son usage n\u2019est pas toujours déclaré au fisc ou il peut servir dans des opérations malhonnêtes.Notons toutefois que l\u2019argent électronique n\u2019est pas par essence transparent, les crypto- monnaies le prouvent.D\u2019autres acteurs de l\u2019économie peuvent-ils bénéficier de cette tendance ?Les bénéficiaires de la diminution du cash sont les intermédiaires entre les personnes et leur argent, puisque si l\u2019argent transite élec- troniquement, il faut des infrastructures.Longtemps il s\u2019agissait uniquement des banques.Désormais fleurissent des « fintech » qui proposent des modalités d\u2019échange monétaire par internet.Cela peut être très bénéfique pour les usagers.Par exemple les transferts d\u2019argent entre pays sont désormais bien moins coûteux, grâce à la concurrence de multiples opérateurs dans ce secteur, Monnaies Une société sans argent liquide est-elle souhaitable ?ENTREVUE PAR CAMILLE TESTE ENTREVUE 1 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 18 I L L U S T R A T I O N   : ?R E D E E R ?( 1 2 3 R F ) auparavant limité aux banques et à quelques institutions financières qui en avaient le monopole et facturaient au prix fort.Toutefois, le risque de la suppression du cash est qu\u2019à terme on ne puisse plus échanger d\u2019argent sans « péage », puisqu\u2019on sera dépendant des intermédiaires.Qu\u2019en est-il des commerçants ?Les commerçants peuvent également en tirer bénéfice : la multiplication des solutions de paiement électronique leur permettra de ne plus être dépendants des grands opérateurs de carte bancaire qui facturent leurs services souvent assez chers.Par ailleurs, on peut aussi s\u2019attendre à ce que les clients soient plus consommateurs puisqu\u2019ils ne seront plus limités par l\u2019argent liquide qu\u2019ils auront dans la poche.C\u2019est le pari de boîtes de nuit ou de festivals de musique, qui créent des applications « cashless » et espèrent augmenter la recette de leurs buvettes.Mais ces expériences montrent aussi les limites du système : les terminaux tombent parfois en panne et au lieu de faire des bénéfices, les festivals se retrouvent perdants, la buvette devenant inutilisable.Quels sont, d\u2019après vous, les aspects positifs et les aspects négatifs d\u2019une société sans argent liquide ?Doit-on craindre, par exemple, une restriction des libertés individuelles ?La question, pour une sociologue, est de savoir comment on passe d\u2019une évolution qui semble uniquement pratique à des enjeux sociaux plus fondamentaux.Les aspects positifs sont à chercher du côté de la simplicité, éventuellement d\u2019une baisse des coûts pour certaines transactions.Les aspects négatifs sont de plusieurs ordres : d\u2019une part, je l\u2019ai dit, cela peut finir par coûter cher.Si la gestion de l\u2019argent liquide est coûteuse, celle des systèmes électroniques l\u2019est également.D\u2019autant plus qu\u2019ils se doivent d\u2019être extrêmement fiables, et que s\u2019ils ont du succès, ils doivent pouvoir absorber tous les utilisateurs.D\u2019autre part, un monde où tout est enregistré est effectivement un monde de surveillance.Mais un autre problème se pose : qu\u2019en est-il de ceux qui ne sont pas « connectés », peu intéressés par les nouvelles technologies comme certaines personnes âgées, ou bien extérieurs à la société ?Une société sans cash, c\u2019est une société dépendante des systèmes électroniques, mais qui nécessite aussi que ses utilisateurs soient conformes à ce qu\u2019attendent d\u2019eux les systèmes d\u2019enregistrement et de catégorisation, qui demandent que les identités, les adresses, les professions, les vies de chacun soient stables et compréhensibles.Mais comment faire si l\u2019on est « hors système » ?On peut penser simplement aux touristes, mais aussi aux migrants ou aux sans domicile fixe.L\u2019argent liquide ne crée pas cette exclusion dans l\u2019accès aux échanges, contrairement aux outils qui s\u2019appuient sur internet.C\u2019est le comble pour un outil qui est souvent présenté comme un lieu de liberté et d\u2019accès universel.D\u2019une manière générale, une société sans argent liquide vous paraît-elle souhaitable ?Le cas échéant, à quelles conditions ?La suppression complète du cash pose de réels problèmes, techniques mais aussi sociaux, puisqu\u2019elle exclut ceux qui ne peuvent entrer dans les systèmes.Donc, on le voit bien, une société sans argent liquide, qui serait bénéfique pour son caractère pratique, ne peut fonctionner que si elle ne l\u2019est pas entièrement et laisse de la place pour ceux qui veulent continuer à l\u2019utiliser, tout en ne les stigmatisant pas.\u2022 2/3 des Suédois estiment qu\u2019ils peuvent vivre sans argent liquide.En Suède, la proportion de paiement en argent comptant dans les commerces est tombée en 6 ans de 40 % à 15 %, équivalant maintenant à 2 % des échanges commerciaux.\u2022 De plus en plus de commerces refusent les billets et les pièces, ce qui est légal dans ce pays scandinave.\u2022 Il n\u2019est plus possible de payer les transports en commun en argent liquide.\u2022 D\u2019ici 2030, l\u2019argent liquide aura sans doute disparu en Suède, remplacé par des solutions comme la carte bancaire, le paiement par téléphone portable, les virements par internet, etc.En 2011, 42 % des transactions étaient effectuées en argent comptant au Canada.En 2016, ce chiffre est tombé à 31 %.L\u2019usage des cartes de débit et de crédit, lui, n\u2019a fait qu\u2019augmenter.Source : Paiements Canada Selon l\u2019entreprise Moneris, fournisseur de services bancaires, les paiements en espèces ne représenteront plus qu\u2019un dixième de toutes les transactions au Canada d\u2019ici 2030.1969.C\u2019est la date à laquelle le premier guichet automatique du Canada a été installé à Toronto.Il faut attendre 1972 pour que Montréal ait d\u2019un guichet similaire.Le cas de la Suède 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 19 Cet automne, un nouveau billet de 10 $ va entrer en circulation.Pour la Banque du Canada, l\u2019objectif est de lutter contre la production de faux billets.De couleur violette comme son prédécesseur, ce nouveau billet rend hommage à la femme d\u2019affaire noire Viola Desmond qui militait contre la ségrégation raciale en Nouvelle-Écosse, au début du 20e siècle.Il aura la particularité d\u2019être le premier billet sur lequel le visage de la personne représentée le sera à la verticale.Autre nouveauté, il sera doté d\u2019une plume d\u2019aigle agrémentée d\u2019un motif dont la couleur variera à l\u2019inclinaison du billet.Loin d\u2019être des caprices esthétiques, ces détails font partie d\u2019une stratégie visant à mettre en circulation le billet le plus difficile à reproduire.« L\u2019objectif, quand on produit une nouvelle série de billets, c\u2019est d\u2019avoir une longueur d\u2019avance sur les faussaires », explique Phuong Anh Ho Huu, directrice régionale à la Banque du Canada.Une seconde série en polymère Comme les dollars déjà en circulation, ce nouveau billet sera constitué d\u2019une seule pièce en polymère, incluant une zone transparente et quelques éléments métalliques.« Ce nouveau billet de 10 $ est le premier d\u2019une nouvelle série, qui fait suite à la série Frontières, mise sur le marché à partir de 2011 », souligne Phuong Anh Ho Huu.La série Frontières était la première à avoir été fabriquée en polymère.Elle avait pour vocation de remplacer complétement les séries précédentes.« L\u2019objectif était de remplacer la monnaie papier.Ainsi, à chaque fois que les instances financières se trouvaient en possession de monnaie papier, elle la retirait de la circulation et la remplaçait par sa version en polymère.Les billets en papier étaient ensuite détruits.» Pour cette nouvelle série, la stratégie est un peu différente : il ne s\u2019agira pas de détruire l\u2019actuelle série en polymère.« Ce serait dommage : les actuels billets de 10 $ ont déjà un très bon niveau de sécurité.» Ainsi, seuls les billets abîmés seront détruits ou remplacés.« Au début, l\u2019émission du billet sera très limitée, elle fonctionnera seulement à la demande.» Par ailleurs, la Banque du Canada n\u2019a pas l\u2019intention de lancer les cinq coupures dans un court laps de temps, comme c\u2019était l\u2019usage avant, mais plutôt de lancer un nouveau billet tous les deux ou trois ans.Une manière d\u2019intégrer des technologies au fur et à mesure, et donc de produire les billets les plus difficiles à reproduire.Des faussaires, quels faussaires ?Alors, qui sont ces faussaires qui obligent la Banque du Canada à déployer des trésors d\u2019ingéniosité ?« Il n\u2019y a pas un profil type, souligne Phuong Anh Ho Huu.Il y autant des faussaires du dimanche que de faussaires qui font partie du crime organisé.» En général, ces faussaires contrefont principalement les billets de 20 $.« Historiquement, c\u2019est le billet qui est le plus contrefait, car c\u2019est à peu près la moitié des billets en circulation, et c\u2019est la coupure qui est la plus retirée.» Leur stratégie est toujours la même : produire un billet de qualité suffisante pour qu\u2019il soit accepté une seule fois.La plupart du temps, les faussaires écoulent leur marchandise dans des commerces de proximité, tels que les dépanneurs.Ils le font souvent en période de pointe, dans des moments où l\u2019achalandage est important, de manière à ce que le caissier n\u2019ait pas le temps de vérifier.« L\u2019un des avantages, pour les faussaires, c\u2019est que les gens ne savent pas vraiment comment vérifier qu\u2019un billet est faux », affirme Phuong Anh Ho Huu.Pour lutter contre ce phénomène, la Banque du Canada encourage les commerçants et les particuliers à se former pour apprendre à repérer les faux.(Voir encadré) « C\u2019est important, car la Banque du Canada ne rembourse jamais un faux billet.Faire cela, ce serait encourager les faussaires », continue-t-elle.De leur côté, les forces de police s\u2019attachent à démanteler les gros réseaux.Les faussaires ponctuels, eux, sont plus difficiles à détecter.« Pour les arrêter, il faut avoir des preuves suffisantes.Par exemple, il faut démontrer qu\u2019 ils ont essayé d\u2019écouler un même billet dans plusieurs commerces.» Pour ce faire, les commerçants sont encouragés d\u2019appeler la police et de décrire l\u2019individu concerné, afin de souligner une éventuelle récurrence dans ses actions.Ces dernières années, le nombre de faux billets écoulés s\u2019élevait à 11 pour un million.Un chiffre bien inférieur à ce qu\u2019il était lorsque les billets étaient en papier.Pour lutter contre cette fausse monnaie, certains parient sur une société sans argent liquide.Phuong Anh Ho Huu a quelques doutes : « Ce n\u2019est pas ça qui empêchera d\u2019autres délits, comme la fraude fiscale\u2026 » Pour consultez les signes distinctifs du nouveau billet de 10 $, consultez : www.banqueducanada.ca/billets/10vertical PAR CAMILLE TESTE Pour repérer un faux, comparez le billet douteux avec un billet authentique, afin de chercher les différences.Pour vérifier les billets de la série Frontières, touchez la texture lisse et unique du billet.Il est fait d\u2019un seul morceau de polymère dont certaines parties sont transparentes.Touchez le billet pour sentir l\u2019encre en relief sur les gros chiffres, les épaules du grand portrait et les mots « Banque du Canada » et « Bank of Canada ».Regardez au verso du billet pour vous assurer que les images des portrait et édifice à reflets métalliques ont les mêmes couleurs et détails qu\u2019au recto.Examinez la bande transparente contenant un portrait et un édifice à reflets métalliques, le mot « Canada » qui est transparent et légèrement en relief, et les petits chiffres qui correspondent à la valeur du billet.Repérer un faux billet ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 20 La fausse monnaie court toujours On ne présente plus Alain Deneault.À 47 ans, le philosophe québécois, aujourd\u2019hui directeur de programme au Collège international de philosophie (Paris), est l\u2019auteur de nombreux ouvrages critiques à l\u2019encontre du système capitaliste, dont le controversé Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique, publié en 2008 par les Éditions Écosociété.En 2018, il revient avec une réflexion sur la place de l\u2019argent dans nos vies et présente un recueil de textes du penseur Georg Simmel intitulé L\u2019argent dans la culture moderne.L\u2019occasion d\u2019échanger avec lui sur le sujet.Vous avez commencé vos recherches en vous intéressant à La philosophie de l\u2019argent, de Georg Simmel (1900).Pourquoi cet intérêt à l\u2019argent ?J\u2019ai entrepris mes recherches doctorales en me penchant sur différentes interprétations du pouvoir en Occident, m\u2019intéressant par exemple à l\u2019idéologie, au spectacle, aux médias ou encore au capital.Philosophie Une conversation sur l\u2019argent, avec Alain Deneault ENTREVUE PAR CAMILLE TESTE ENTREVUE 2 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 21 I L L U S T R A T I O N   : ?P A U L I N E ?R O C H E T T E L\u2019argent dans ce qu\u2019il a de symbolique et fantasmatique m\u2019a inter- pelé sur un plan conceptuel, et ce, davantage dans son acception allemande.En allemand, « l\u2019argent » se dit « das Geld » et renvoie à la notion de valeur et non à un minerai, comme c\u2019est le cas en français.Cette référence à la valeur confère à la chose une dimension philosophique que des Allemands comme Simmel ont cherché à approfondir.Vous parlez par exemple de l\u2019argent comme d\u2019une « chose triviale dans nos poches », de quelque chose « qu\u2019on cherche à obtenir, qui suscite envie », mais aussi « qui implique la survie », et vous parlez aussi de l\u2019argent comme « symbole de valeur ».Pourriez-vous m\u2019en dire plus sur le caractère multidimensionnel de l\u2019argent ?Dans sa forme non pervertie, l\u2019argent reste seulement une médiatisation permettant de mettre en relation tout ce qu\u2019on valorise, tout ce à quoi on confère de la valeur.En allemand, il signifie littéralement le valant, puisque le nom « Geld » découle du participe présent du verbe valoir.Il permet donc de penser la mise en relation d\u2019objets tout à fait différents \u2013 du foin, une paire de pantalons, un exemplaire des œuvres de Shakespeare\u2026 \u2013 en fonction d\u2019une conception générale de leur valeur, et non seulement particulière.Mettant tout en relation et permettant donc tout à la fois la comparabilité, la compatibilité et la comptabilité de biens très différents entre eux, il passe, pour ainsi dire, pour notre plus vieil ordinateur.Les problèmes commencent lorsque, dans une culture, on considère que l\u2019argent lui-même consigne la valeur des choses plutôt que de simplement la médiatiser, la traduire, l\u2019indiquer\u2026 Derrière l\u2019argent et la monnaie, il y a l\u2019idée d\u2019une convention.Une « bonne monnaie », selon les économistes, c\u2019est une monnaie qui inspire confiance.Vous parlez même d\u2019un « régime de croyance », qu\u2019entendez-vous par là ?Simmel ne s\u2019intéresse pas à l\u2019argent du point de vue de ce qu\u2019en disent les économistes.La chose est postulée très clairement dans son introduction et je reste pour ma part le plus possible fidèle à cette approche.L\u2019argent, l\u2019économie, la pensée de formes diverses de circulations (des énergies, des symboles et des signes, des artefacts\u2026) excèdent largement les modèles très souvent intéressés que des économistes ont développés au profit d\u2019une classe sociale possédante.De ce point de vue, l\u2019argent sourit à Simmel lorsqu\u2019il permet de réaliser l\u2019économie d\u2019opérations psychiques, matérielles et symboliques qui, de par leur lourdeur ou leur complexité, entraveraient la marche des choses.Il donne l\u2019exemple historique de groupes œcuméniques qui ont pu arriver à certaines fins en constituant des fonds au profit d\u2019actions ciblées, indépendamment des différends théologiques fondamentaux entre leurs membres.Vous parlez de l\u2019argent comme d\u2019un « méta moyen », que voulez- vous dire ?Le succès de l\u2019argent a concouru à la perversion dont il a fait l\u2019objet.De simple moyen qu\u2019il fut pour mettre en relation des choses et lever les obstacles ou la distance qui nous sépare de biens convoités, l\u2019argent est devenu un moyen de prédilection, le moyen de tous les moyens.L\u2019argent a cessé d\u2019être seulement ce par quoi on parvient aux biens rares que l\u2019on désire, pour s\u2019ériger telle une fin en soi.Il s\u2019est agi socialement ensuite de disposer par lui de ce moyen capable entre tous de faire accéder ses titulaires à ce que l\u2019on convoite.On l\u2019a donc vu devenir l\u2019objet même de toutes les stratégies.De même, vous associez argent et pouvoir, quel lien tissez-vous entre ces deux notions ?L\u2019argent à son stade accumulé, c\u2019est-à-dire comme pouvoir d\u2019investissement et de contrôle, celui que cherchent à atteindre les puissants dans l\u2019organisation capitaliste, devient un moyen hors pair de manipulation.Puisqu\u2019il passe désormais comme indispensable dans notre culture, quiconque en détient en surplus dans notre régime peut obtenir mille et une faveurs de ceux qui cherchent à en disposer quelque peu.Cela s\u2019appelle le salariat, la corruption, la contribution au budget d\u2019un journal par l\u2019achat de publicité, des virements à une caisse noire d\u2019un parti politique\u2026 Disposer d\u2019argent accumulé suppose avoir un ascendant sur ceux \u2013 une majorité \u2013 qui en quémandent ou estiment n\u2019en avoir pas suffisamment.Vous avez déclaré que l\u2019argent nous rend malades.Vous parlez du « cynique », du « blasé », du « cupide », du « dilapidateur ».Que voulez-vous dire par là ?Cette culture de l\u2019argent entraîne en effet une série de pathologies que Simmel a esquissées dans son court essai Psychologie de l\u2019argent et détaillées dans Philosophie de l\u2019argent, en accointance avec la psychanalyse naissante à son époque.On devient blasé, ou exalté, ou crispé, à tout devoir penser par le prisme de l\u2019argent, comme notre civilisation nous incite à le faire.Aujourd\u2019hui, on parle d\u2019argent roi.Comment décririez-vous cette omniprésence de l\u2019argent ?Sauriez-vous dire à quel moment, dans l\u2019histoire, l\u2019argent est devenu central ?Dans la modernité, on a d\u2019abord surtout requis l\u2019argent dans le commerce extérieur, puis il s\u2019est étendu à toute l\u2019organisation sociale et la gestion individuelle.Pour y arriver, ceux qu\u2019on tient pour les figures classiques des sciences économiques ont postulé la nécessité de réduire tout enjeu économique aux seuls aspects perméables à la pensée comptable.François Quesnay écrivait à la fin du 18e siècle : « La politique économique est donc désormais assujettie au calcul ; car on ne saurait appeler trop de témoins à l\u2019épreuve de la vérité, trop d\u2019adeptes à l\u2019 instruction, aux sciences de démonstration.Les calculs sont à la science économique ce que les os sont au corps humain.» Le moraliste Adam Smith a pour sa part cherché à distinguer le travail « productif », qui se laissait comprendre dans les opérations rentables du capital, du travail brutalement déprécié comme « non productif ».Et Thomas-Robert Malthus a aussi défini la « richesse » comme étant strictement du ressort de ce qui se laisse mesurer.Quel a été l\u2019impact de ce mode de pensée sur notre société ?Les arts, les us, l\u2019entregent et l\u2019échange de bons procédés, la culture du soin (care), de même que les conditions rendant possibles des plaisirs charnels ou l\u2019émotion contemplative se voyaient par les économistes exclus de la définition de la richesse.Cela a pavé la voie à l\u2019essor de l\u2019argent comme référent maître.Un camelot de L\u2019Itinéraire me disait l\u2019autre jour « être pauvre n\u2019est pas un défaut », en constatant que notre société ne s\u2019est pas débarrassée du discours qui consiste à accuser les pauvres (notamment les itinérants) d\u2019être responsables de leur condition.D\u2019un autre ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 22 côté, j\u2019ai l\u2019impression que la peur de la précarité occupe beaucoup d\u2019entre nous, sans doute plus qu\u2019avant.Comme si la misère nous guettait tous.Comment expliquer ce rapport à la pauvreté ?La classe moyenne n\u2019a pas de discours propre à elle-même, pas plus qu\u2019elle ne revendique des modes d\u2019organisation qui la concernent particulièrement, puisqu\u2019elle est formée strictement de prolétaires avec de l\u2019argent, des prolétaires qui se savent riches par hasard, car ils ne contrôlent pas les modalités générales expliquant leur enrichissement.Il s\u2019agit pour ses membres de se comporter en riches tout en craignant de dégringoler dans la pauvreté de leurs ancêtres.Surtout, elle croit le discours idéologique ambiant voulant qu\u2019on soit tous individuellement responsables de sa position dans la hiérarchie sociale ; elle se rend coupable de ce qu\u2019elle subit, en ostracisant les pauvres auxquels elle risque tant de ressembler.Ici au Canada, il ne faut pas être aveugle pour voir qu\u2019il y a des dysfonctionnements de plus en plus forts, en termes d\u2019écologie, de justice sociale ou d\u2019aliénation.Tout le monde sent que quelque chose ne tourne pas rond.Mais changer ce système est-il possible ?Après tout, on continue à voter en majorité pour des partis favorables au capital, comme le Parti Libéral, et pour des gens qui viennent du monde de l\u2019argent, comme Emmanuel Macron ou Alexandre Taillefer.On peut vraiment se demander ce que les gens leur trouvent, à ces hommes d\u2019affaires de peu de culture\u2026 Où va-t-on diantre chercher l\u2019idée que des manœuvriers si brutaux, si simplistes, si fats soient à même d\u2019appréhender la vie sociale dans sa complexité ?Ces gens ne se distinguent des autres que du fait d\u2019avoir su accumuler du capital comme gestionnaires d\u2019entreprises.Or, la critique de l\u2019économie politique nous fait pourtant comprendre que le processus d\u2019accumulation du capital est le moment de l\u2019histoire des entreprises qui s\u2019apparente le plus à des crimes, à des délits, ou encore à des conjonctures favorables\u2026 Qu\u2019on fasse l\u2019exercice et qu\u2019on se demande en vertu de quel comportement « édifiant » un tel s\u2019est enrichi dans le transport, l\u2019autre dans le pétrole, le suivant dans la pharmacologie, etc.On verra apparaître toutes les perversions et les coups fourrés dans lesquels ont donné ceux qui cherchent ensuite à redorer leur blason dans les galas qu\u2019ils organisent entre eux ou dans les publireportages qu\u2019ils commandent eux-mêmes sur leur compte.Vous avez confié, dans un entretien à Radio-Canada, qu\u2019en tant que philosophe, vous vous intéressiez à un sujet non pas par intérêt personnel, mais parce que vous perceviez un manque.Selon vous, y a-t-il un manque de recherches sur l\u2019argent, la monnaie, les échanges marchands, l\u2019économie ?On ne comprendra pas l\u2019économie si on n\u2019ôte pas à la corporation des économistes le monopole théorique qu\u2019elle revendique sur ces questions.On ne la comprendra pas davantage si on s\u2019en remet seulement, pour bien paraître dans les conversations, aux références vaseuses de l\u2019étymologie grecque autour de la « maison » et de ses normes.Le mot économie est riche sémantiquement et a été utilisé dans maintes disciplines.Mon travail au Collège international de philosophie consiste précisément à reconsidérer tous ces usages négligés, marginalisés ou oubliés, dans le domaine des sciences naturelles, de la théologie, de la métapsychologie ou de l\u2019esthétique, par exemple.Dans notre dossier, nous nous intéressons aux cryptomonnaies, aux monnaies locales\u2026 Bref, à différentes manières d\u2019échanger.En fait, notre idée était de réfléchir, avec les lecteurs, à la place que nous voulons laisser à l\u2019argent dans notre société et à l\u2019impact que nous voulions avoir sur lui.Quelle est votre position à ce sujet ?Il ne faudrait pas confondre la monnaie locale et les devises électroniques.La question de la cryptomonnaie concentre toute la confusion de notre temps, puisqu\u2019il s\u2019agit souvent de célébrer en elle la création d\u2019un argent étalonné sur le gaspillage énergétique (la coûteuse connexion illimitée à des serveurs\u2026), au prétexte qu\u2019elle n\u2019est régulée par aucun État.C\u2019est laisser entendre que les États, fussent-ils libéraux et d\u2019origine bourgeoise, seraient aujourd\u2019hui le mal, alors qu\u2019il y a très longtemps déjà qu\u2019ils ont perdu la main face à des institutions bancaires toutes puissantes, que plus aucune instance publique n\u2019est à même aujourd\u2019hui de contrôler\u2026 Pensez-vous qu\u2019il est possible, pour les citoyens, de reprendre la main sur leur économie, d\u2019en refaire un outil à leur service ?Nous reprendrons la maîtrise de notre économie lorsque nous cesserons de la subordonner à l\u2019impératif du profit des entreprises et organisations financières.Le capitalisme prévoit qu\u2019une activité est pertinente seulement si elle convient aux détenteurs de capitaux, aux investisseurs.On s\u2019appropriera l\u2019économie lorsqu\u2019on la remettra au service du vivant, eu égard à des finalités sensibles et réfléchies.1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 23 « Nous reprendrons la maîtrise de notre économie lorsque nous cesserons de la subordonner à l\u2019impératif du profit des entreprises et organisations financières.» P H O T O   : ?Y V E S ?R E N A U D Dépenser ruine la santé Certaines personnes dépensent en drogue, en boisson, au jeu ; les joueurs gaspillent beaucoup.C\u2019est mauvais pour la santé et ils n\u2019ont souvent plus du tout d\u2019argent les deuxièmes jours du mois.Des fois, je gaspille moi aussi : j\u2019achète des cigares.Mais ça se produit moins qu\u2019avant parce que j\u2019essaye d\u2019arrêter de fumer en prenant du Champix.Et puis, j\u2019ai des amis qui voulaient que je change ma télé contre un écran plat.À quoi ça sert ?J\u2019en ai déjà une qui m\u2019a été donnée et qui fonctionne bien.DENIS-KLÉON BOURGEOIS CAMELOT RUES BEAUBIEN / CHRISTOPHE COLOMB Pas d\u2019argent à dépenser Moi, là où je gaspille le plus mon argent c\u2019est dans mes cigarettes.Ça me coûte cher en tabarnak.Je gaspille aussi en bière, sinon, je ne suis pas un grand dépensier.Par exemple, je ne vais jamais dans les grands magasins.Évidemment, ce n\u2019est pas parce que ça ne me tente pas, c\u2019est plutôt parce que je n\u2019ai pas l\u2019argent pour dépenser.MARIO SAINT-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Inutiles pour certains, utiles pour d\u2019autres Je suis certain qu\u2019on gaspille trop d\u2019argent et que le gouvernement l\u2019utilise mal.Mais parfois, certaines dépenses peuvent paraître inutiles pour certains et être utiles pour d\u2019autres comme refaire un parc et y mettre des installations de loisirs.Pour moi, c\u2019est en quelque sorte du bon gaspillage.Je n\u2019ai pas besoin de me préoccuper de tout ça.Je n\u2019achète que des choses dont j\u2019ai vraiment besoin et j\u2019essaye vraiment de faire attention à ça.ALAIN PERRIER CAMELOT D\u2019IBERVILLE / NOTRE-DAME France : Des cheminots protestent contre le gaspillage d\u2019argent .Haïti : démission du premier ministre pour cause de gaspillage d\u2019argent.Montréal : des milliards gaspillés pour rien, etc.Différents médias titrent à travers le monde le gaspillage d\u2019argent public.Et nous, comment gaspillons-nous ?ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 24 DANS LA TÊTE DES CAMELOTS Gaspillage du gouvernement Je pense que le gouvernement est celui qui dépense le plus d\u2019argent à la mauvaise place.On a besoin de logements sociaux.Je trouve qu\u2019on a trop de terrains vagues qui finissent par être occupés par des condos ! Je pense aussi qu\u2019on gaspille notre argent à cause des cartes de crédit.C\u2019est une dette ! Quand j\u2019ai commandé ma première carte de crédit, ma dette a augmenté après avoir magasiné inutilement.Je me suis vite fait avoir par la surprise des intérêts.Parfois même, ce sont les gens qui ont les plus modestes revenus qui dépensent le plus dans des choses inutiles.La raison est sûrement pour bien paraître face à la société.JEAN-CLAUDE NAULT MÉTRO GUY-CONCORDIA Investir là où il le faut Les gens gaspillent, c\u2019est sûr.Par exemple, on ne peut pas dire qu\u2019acheter des vêtements soit inutile, mais parfois c\u2019est trop et souvent, on n\u2019en a pas besoin.Mais à part acheter des vêtements et de la nourriture, est-ce que le reste est nécessaire ?Quant au gouvernement, je pense qu\u2019avant de couper dans le secteur infirmier, il ferait mieux de couper dans les gestionnaires ! Au lieu de ça, c\u2019est l\u2019essentiel qui y passe pendant que d\u2019autres sont payés à faire la moitié de leur job.Ce qui m\u2019écœure, ce sont les contrats pour refaire les routes avec des matières de mauvaise qualité, alors qu\u2019il suffirait d\u2019investir un peu plus, pour du durable.FRANCK LAMBERT CAMELOT MÉTRO FRONTENAC Réparer plutôt que de racheter Il y a plein de choses inutiles qui ne servent à rien et que l\u2019on achète quand même.Comme les objets en plastique qui cassent facilement.Portant il suffirait de les réparer avec du tape.Pourquoi ne le fait-on pas ?Parce que c\u2019est bien plus facile d\u2019aller en acheter un nouveau plutôt que de prendre le temps de réparer.On dépense alors de l\u2019argent inutilement.Moi, je gaspille mon argent dans les machines à sous.Parfois, je gagne, parfois je jette mon argent par les fenêtres.RICHARD TOUZIN CAMELOT MÉTRO PLACE-DES-ARTS Des extra, mais pas d\u2019inutilités Je n\u2019ai pas tellement les moyens de me payer des inutilités.Des extra oui, mais pas d\u2019inutilités.Par exemple, la boisson, les cigarettes, un restaurant.Ça agrémente la vie.Est-ce que c\u2019est nécessaire ?Non ! Agréable ?Oui ! Il y a des gens qui sont millionnaires, mais ça donne quoi d\u2019avoir 12 voitures dans le stationnement ou un bateau de 100 pieds pour le prendre une fois par année et aller à peu près nulle part ?Ça donne quoi aux gouvernements d\u2019acheter des armes qui pourraient détruire 100 fois la planète, en sachant qu\u2019ils ne s\u2019en serviront jamais ?Le but est soi-disant pour garder la paix mondiale, mais la raison ne serait-elle pas plutôt que ça profite aux amis ?CLAUDE LYRETTE CAMELOT MÉTRO SHERBROOKE Le jeu Oui, malheureusement je dépense beaucoup inutilement.Surtout dans le jeu.Mais depuis six mois, j\u2019essaye de me retenir et ça fait un mois que je ne dépense plus.Le jeu, c\u2019est une dépendance, comme la drogue.C\u2019est vraiment difficile de s\u2019arrêter.Sinon, je ne dépense pas vraiment inutilement.J\u2019achète ce dont j\u2019ai besoin : nourriture, vêtements, la recherche d\u2019emploi.Si j\u2019avais plus d\u2019argent, j\u2019aimerais voyager et me rendre au Costa Rica.Mais même si j\u2019en avais, je pense que je ferais autant attention qu\u2019aujourd\u2019hui à mes dépenses.ALAIN TREMBLAY CAMELOT PLACE VALOIS I L L U S T R A T I O N   : ?S A R A W U T ?S A M A N S U P ?( 1 2 3 R F ) 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 25 Chaque année, les Américains se souviennent de l\u2019attentat contre les tours jumelles de 110 étages du World Trade Center de New York, le 11 septembre 2001, un attentat qui a coûté la vie à 3000 personnes, incluant 343 pompiers.Les victimes ont été de toutes nationalités et religions.Elles sont mortes sous les décombres ou ont brûlé quand les tours ont été frappées par des terroristes et se sont finalement effondrées sur leurs occupants et les gens autour d\u2019eux.Beaucoup sont morts à cause de l\u2019inhalation de fumée, de la combustion ou de l\u2019explosion.Ce jour-là, il y a 17 ans, le géant américain, avec toute sa force et sa supériorité, ses flottes, ses bombes nucléaires, ses services de renseignement et ses espions, a reçu une puissante gifle qui lui a fait perdre sa conscience pendant un certain temps.Il n\u2019était pas habitué à être giflé par un petit nain dans sa propre maison.Il s\u2019est habitué à être lui-même l\u2019attaquant, celui qui domine, dicte et ordonne aux autres de se soumettre à ses exigences.Il était préparé à toute attaque possible de ses puissants ennemis tels que la Russie et la Chine.Tous ses satellites surveillaient les mouvements de ses ennemis et même de ses amis.Des avions, des sous-marins et des bases militaires sur toute la planète étaient prêts en quelques secondes à frapper toutes les cibles possibles sur toute la surface de la terre.Une première tour Ce jour-là, à 8h46, alors que les gens travaillaient dans leurs bureaux, un avion de 76 passagers avec un équipage de 11 personnes et cinq terroristes s\u2019est écrasé sur la tour nord du World Trade Center et a enflammé l\u2019édifice.La panique était débordante.C\u2019était un feu horrible, une explosion puissante comme une lourde bombe tombant du ciel.Cela n\u2019a pas permis à quiconque de savoir ce qui se passait à ce moment-là.L\u2019épaisse fumée noire et les flammes au sommet de la tour commençaient à devenir incontrôlables; 200 personnes se sont jetées par les hautes fenêtres, tombant vers une mort certaine pour échapper à la mort brûlante.Les pompiers ont été appelés pour évacuer les personnes piégées à l\u2019intérieur, mais quelques minutes après la frappe, la tour s\u2019est effondrée, provoquant un épais nuage de poussière et un son L\u2019attaque sur le World Trade Center  102 minutes qui ont changé l\u2019Amérique et le monde 26 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 P H O T O ?: ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S PAR SAÏD FARKOUH CAMELOT MÉTRO MONTMORENCY CHRONIQUE Augmentation de plus de 300 % du nombre de bénéficiaires, logements subventionnés, allocations, référencements, etc.Soutien au logement Réalisation de déclarations d\u2019impôts gratuitement et services d\u2019impôts disponibles à l\u2019année, à moindre coût Soutien en gestion financière L\u2019organisme offre de nombreuses services pour répondre aux besoins des participants Accompagnement en gestion de budget Demandes à l\u2019aide juridique, délits mineurs, constats d\u2019infractions, travaux communautaires compensatoires Soutien à la déjudiciarisation publicité comme un tremblement de terre, tuant tout le monde, y compris les pompiers à l\u2019intérieur ou à proximité du bâtiment.Cette scène désastreuse a été retransmise par toutes les télévisions internationales, des caméras diffusant l\u2019horreur.Cela ressemblait à une scène de film terrifiant qui n\u2019appartenait pas à la réalité.Et une autre À 9 h 03, un autre avion de passagers a heurté la deuxième tour sud avec 51 passagers à bord, neuf membres d\u2019équipage et cinq terroristes.Avant qu\u2019elle ne soit évacuée, la seconde tour s\u2019est effondrée dans les fortes flammes et une épaisse fumée noire, quelques minutes plus tard.À 9 h 37, a eu lieu la troisième attaque.Un avion, avec 53 passagers et six membres d\u2019équipage ainsi que cinq terroristes à bord, s\u2019est écrasé sur le Pentagone, à Arlington, en Virginie, tuant 100 personnes et causant des dommages partiels au bâtiment.À 10 h 03, un avion avec 33 passagers, sept membres d\u2019équipage et quatre terroristes, s\u2019est écrasé dans un champ de Shanksville, en Pennsylvanie, alors que des passagers tentaient de vaincre les terroristes qui avaient l\u2019intention d\u2019attaquer la Maison Blanche.Le gouverneur de New York a déclaré qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une attaque terroriste sur les deux tours, puis le président George W.Bush a annoncé lui-même devant les caméras que l\u2019attaque était faite par le groupe terroriste Al-Qaïda, dirigé par Oussama Ben Laden.Il a recommandé aux Américains de ne pas aller au travail mais de rester à la maison à moins que ce ne soit absolument nécessaire.Bush a essayé de cacher sa nervosité et a ensuite annoncé qu\u2019un groupe de 19 terroristes islamistes avaient saisi quatre avions presque au même moment, le même jour.Des groupes de quatre à cinq personnes dans chaque avion ont occupé le poste de pilotage, puis piloté les avions pour frapper les cibles délibérément.Leur quatrième objectif était la Maison Blanche, manœuvre qui a échoué à cause d\u2019une bagarre entre les passagers et les terroristes, qui a conduit à la chute de l\u2019avion avant son arrivée à la Maison Blanche.L\u2019Amérique se réveille Ces attaques ont montré que la réalité des États-Unis n\u2019était pas protégée de l\u2019intérieur contre les opérations terroristes.L\u2019agence de renseignement américaine, la CIA, a annoncé plusieurs jours plus tard que 15 des terroristes étaient originaires de l\u2019Arabie Saoudite.Certains d\u2019entre eux ont été formés dans des écoles privées d\u2019aviation aux États-Unis sur ce type d\u2019avion.D\u2019autres avaient la citoyenneté américaine.Mais au jeu de la politique, l\u2019hypocrisie a joué un grand rôle car les relations entre les États-Unis et l\u2019Arabie Saoudite n\u2019ont pas été affectées compte tenu des intérêts communs des deux pays qui sont plus importants que les valeurs humaines.Une semaine plus tard, le président Bush déclarait au monde qu\u2019il détruirait tous les pays qui parrainent le terrorisme (l\u2019Afghanistan, l\u2019Irak, la Syrie et l\u2019Iran), même si aucun terroriste ne provenait de ces quatre pays.Il exigeait que Ben Laden soit capturé mort ou vif.Les Américains et le monde étaient encore choqués par les scènes de destruction à New York, et après de nombreuses déclarations et menaces de hauts fonctionnaires, les Américains ont regardé avec suspicion toute personne traversant la frontière avec une origine arabe ou un nom arabe, même si elle avait la citoyenneté canadienne et peu importe sa religion.Or, les Arabes ne sont pas tous musulmans, les musulmans ne sont pas tous Arabes et les musulmans ne sont pas tous des terroristes.Des guerres qui n\u2019en finissent plus Les voyages et l\u2019entrée aux États-Unis, même à partir du Canada, sont devenus un inconvénient majeur pour les gens.Beaucoup ont cessé de voyager jusqu\u2019à ce que les conditions changent.Bush a commencé sa campagne en frappant l\u2019Afghanistan, puis il a commencé à se préparer à frapper l\u2019Irak.Mais l\u2019Europe, en particulier la France dirigée par le président Chirac, n\u2019était pas du tout enthousiaste aux désirs de Bush.Bush a critiqué l\u2019Europe et la France.Sa fameuse phrase, « qui n\u2019est pas avec nous est contre nous », a conduit à plus de tension avec la France.À la fin de sa présidence, Bush a déclaré que sa campagne contre l\u2019Afghanistan et l\u2019Irak a donné des résultats et que le monde est devenu plus sécuritaire, mais la plupart des Américains ont vu le contraire.Barack Obama a continué le travail de Bush en Syrie, mais sans impliquer les armées terrestres.Il a utilisé l\u2019aviation militaire et la flotte en mer, exploitant les conséquences de la guerre en Irak et les craintes des pays du Golfe qui ont peur de l\u2019expansion iranienne dans la région.Huit ans de guerre en Syrie ont causé un demi-million de morts, plus de 10 millions de Syriens déplacés à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur de la Syrie, des destructions massives.Les guerres de Bush n\u2019ont pas apporté la sécurité aux Américains mais ont coûté au trésor américain des milliards de dollars, affaiblissant leur économie et minant leur crédibilité dans le monde.Elles n\u2019ont apporté que tragédies et dévastations aux peuples d\u2019Irak et de Syrie ainsi que de la région du Moyen-Orient.27 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA Sans A Pas de moi sans toit À peine née, Marlène est abandonnée par ses parents.Pauvre, dévorée par la peur d\u2019être seule, elle connaît, très jeune, des crises qui lui feront voir toutes les couleurs des cliniques psy.Aujourd\u2019hui, après les foyers et les nuits d\u2019errance, la jeune dame se repose, revit doucement, et « hallucine » d\u2019avoir si furieusement envie de vivre.Marlène Hiygen vit dans un petit deux pièces situé près de la porte de Saint-Ouen.Elle a 45 ans, mais en fait 20 de moins.Dans la cuisine et dans son salon, qui lui sert surtout de chambre, s\u2019entassent des cartons qui débordent.Vêtements, papiers griffonnés, dessins, journaux, vêtements à nouveau\u2026 Plus de quatre ans après sa rencontre avec Un chez-soi d\u2019abord (une association qui propose un logement aux personnes souffrant de troubles psychologiques) et son installation ici, dans le 17e arrondissement de Paris, on pourrait croire que Marlène est, encore, sur le départ.Mais il n\u2019en est rien.Après plus de 40 ans de déroutes, Marlène s\u2019installe enfin, doucement.Et puis, maintenant, avec Pilule, sa coloc-chat, elle ne pourrait plus aller bien loin.« Elle compte sur moi, comme je compte sur elle.» Pour se présenter, Marlène dit comme on récite : « Je suis née à Nanterre, dans un bidonville, en 1972.On est huit enfants.» La suite : des bribes.Il y a ce qu\u2019on lui a raconté, ce dont elle est « sûre », et puis des rêves, des images, dont elle ne sait pas trop s\u2019ils disent vrai, ou faux.Comme cette fois où tous ses livres ont été balancés du haut du balcon de madame Masson.« En fait ça c\u2019est un rêve, mais je le vois encore tellement vrai », dit-elle.Madame Masson, c\u2019est une vieille dame de Saint-Lô, veuve et mère d\u2019un enfant mort-né, chez qui Marlène atterrit avec son grand frère Franck lorsqu\u2019elle a deux ans et demi.« Pauvres et alcooliques », ses parents ont été déchus de leur parentalité le jour où, voyant deux bébés seuls dans une voiture, une voisine avait appelé la police.« Légalement ils pouvaient plus rien.» Quand sa mère décède, l\u2019acte de décès parle d\u2019une « femme célibataire sans enfant ».Drôle d\u2019état après huit accouchements.Elle se passe les mains sur le visage, sous le nez, frotte ses yeux, entortille ses doigts entre eux et lâche un « mmmm, ouais, on les a pas aidés, ils n\u2019ont pas eu de chance ».Série noire L\u2019histoire de Marlène se raconte par étapes : une succession de fugues, de fuites, de séparations.Séparée de ses parents à sept mois, elle cherchera leur nom dans le générique de « Rémi sans famille » jusqu\u2019à tomber dingue amoureuse de Fabrice Josso, l\u2019acteur; séparée des premières familles d\u2019accueil où elle est placée, tantôt parce qu\u2019ils étaient alcooliques, tantôt parce qu\u2019ils étaient dépressifs ; et séparée de Madame Masson aussi, après que son frère Franck ait été « placé en prison, euh non pardon, en pension » parce que madame Masson avait TEXTE ALICE BABIN ?PHOTOGRAPHIES BENJAMIN GIRETTE Sans A est un média d\u2019impact français, qui a pour vocation de rendre visibles les invisibles.Sans A signifie Sans-Abri, Sans Attention, Sans Argent, mais Avec Histoire, Avec Humour, Avec Espoir.Ces invisibles sont des personnes ordinaires aux histoires extraordinaires, que ce web magazine souhaite faire connaître.Nous leur ouvrons nos pages pour que ces histoires voyagent au-delà des frontières françaises.28 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 galérer, à ne pas trop savoir où dormir.Dans le bus ou dans la rue, il lui arrive d\u2019avoir l\u2019impression que des gens l\u2019espionnent dans sa tête, la jugent, la surprennent dans ses idées.Elle tente de synthétiser: « J\u2019étais effrayée au fond de moi ».Quand elle parle, d\u2019une petite voix hésitante et les yeux un peu ahuris, ça fuse et ça déborde, comme les cartons tout autour.Métro, boulot, hosto Marlène se souvient du nom de tous ses médecins-psychiatres, ainsi que tous les hôpitaux dans lesquels elle est passée.Montsouris, Henry Ey, Sainte-Anne, Perray-Vaucluze, Dr Saint-Marc, Dr Richard, Dr Rahioui\u2026 Surprise par mon étonnement, elle répondra simplement : « Bah, c\u2019est normal de se souvenir, c\u2019est ma vie quoi ».Le sourire fatigué, mais rassuré, elle repense au docteur Saint-Marc, le premier à qui elle a parlé : « Elle m\u2019a fait l\u2019enfer celle-là, mais elle m\u2019a sauvé la tronche ».Pour gagner plein d\u2019argent, « être riche et aider sa famille », Marlène rêvait d\u2019être « une star du théâtre ».Mais le docteur a choisi plus simple, en trouvé dans son sac de cours un sachet de coke (qu\u2019elle avalait).« À ce moment-là, ça a été trop pour elle.Elle m\u2019a dit : \u201c Marlène c\u2019est fini.Tu ne reviendras pas \u201d.» Elle s\u2019arrête et avoue : « Je lui ai fait la vie dure.Mais elle aussi ».Marlène explique qu\u2019elle a toujours cru que madame Masson lui avait jeté un « mauvais sort ».Celui de ne jamais rencontrer d\u2019homme, d\u2019amoureux.« C\u2019est le grand rêve de ma vie, de trouver l\u2019amour.Mais jamais rien ».À 14 ans, direction un premier foyer, à Rennes, un deuxième, dans les Yvelines, encore un autre à Chevilly Larue puis un dernier, à Villiers-sur-Marne.Avant les hôpitaux.Marlène a 16 ans lorsqu\u2019elle parle pour la première fois de ses « crises » et de ses « délires » à un psychiatre.Des crises de peur, de panique, de paranoïa, qui se multipliaient avec les drogues qu\u2019elle prenait.Des crises qu\u2019elle explique aujourd\u2019hui par le « désespoir, le manque d\u2019amour ».Pendant ces moments qu\u2019elle qualifie de « sordides », Marlène ne mange plus, a peur de tout le monde, se sent seule, a besoin de faire l\u2019amour comme jamais « et même avec des mecs qui se foutent d\u2019elle ».C\u2019est l\u2019époque des nuits d\u2019errance à 29 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA lui conseillant de toquer aux portes des restos, pour être serveuse.Elle commence à « L\u2019hippo », le très grand qui est à Montparnasse, et fait des horaires de nuit.Là, elle gagne de l\u2019argent mais impossible d\u2019économiser.Elle dépense tout en came, cadeaux, aide à ses frères et sœurs qu\u2019elle revoit de temps en temps.« J\u2019étais comme une gosse, j\u2019avais aucune valeur de rien, j\u2019comptais pas\u2026 Mes comptes, c\u2019étaient Beyrouth ».Il y a quatre ans, elle sera même placée sous curatelle.« C\u2019est horrible ce truc, ton argent t\u2019appartient pas.Mais ça t\u2019apprend à gérer.» Elle raconte qu\u2019à l\u2019époque, elle arrive souvent au boulot en pleurant, mais repart « en dansant, tellement j\u2019aimais ça ».« Je me rendais compte qu\u2019 il n\u2019y avait pas que moi.Qu\u2019 il y avait tout un monde qui existait ».Après les bistrots, Marlène fait « tout un tas de p\u2019tits boulots », tout le temps.Vendeuse de chaussures, caissière au Super, bibliothécaire\u2026 « Je me dis que si je suis pas morte aujourd\u2019hui, c\u2019est parce que j\u2019ai travaillé ».Faut dire que c\u2019est vrai, au-delà de ses tentatives de suicide, au-delà d\u2019avoir regretté que sa mère n\u2019ait pas avorté, Marlène aurait vraiment pu y passer.Comme Sylvie, sa meilleure amie, qui lui fait avoir les yeux mouillés quand elle en parle.D\u2019ailleurs, elle nous dit qu\u2019aujourd\u2019hui, pour Sans A_ et pour les photos, elle a ressorti un vieux tee-shirt qui lui appartenait, à Sylvie.« On rigolait bien, c\u2019était bon enfant.Enfin c\u2019était glauque\u2026 Mais c\u2019était bon enfant aussi.» Elle s\u2019entoure avec ses bras pour serrer Sylvie contre son cœur.« Maintenant elle est là ».La fureur de vivre Abasourdie, comme surprise d\u2019être encore là, la vie, Marlène elle- même ne se l\u2019explique pas.Croire que malgré tout, elle maîtrisait le truc.Quand le pire était passé, hop, Marlène appelait les secours et fonçait à l\u2019hosto.Comme un enfant qui court dans les bras de son papa.Elle se souvient des pompiers qui viennent la chercher dans une cave où elle s\u2019était enfermée en pleine « crise », justement, des docs d\u2019Henri Ey qui « étaient vachement géniaux » et des dimanches matins déserts à parcourir Paris pour aller dans la seule structure ouverte, Sainte-Anne, alors que le monde dormait.« Sainte-Anne le dimanche matin, ça c\u2019était quelque chose\u2026 L\u2019ambiance et tout\u2026 C\u2019était rigolo », dit-elle.Et puis elle se souvient de Jean-Marc, avec qui elle fumait « du cannabis » dans les toilettes.Elle se marre.« Il n\u2019avait pas de dents et il écrivait tout le temps mais en traits, pas avec des lettres ».Croire aussi, finalement, qu\u2019elle avait peut-être envie de vivre, Marlène.Et alors là, silence.Elle se tortille les doigts, comme d\u2019hab, et lance, de sa petite voix: « Ouais, c\u2019est vrai, peut-être que j\u2019avais envie de vivre ».En fouillant un peu dans son fourbi, on apprend qu\u2019aujourd\u2019hui, Marlène a un nom de scène.Ses dessins, les textes qu\u2019elle écrit, sont signés Malène Favelas.Malène pour copier la prononciation des enfants, et Favelas « pac\u2019que bon, ça m\u2019va bien quoi ».Comme dans un studio d\u2019ado, son bazar est truffé de notes, de poésies, de collages.On sent que ça bouillonne, qu\u2019avec tout ça dans ses bagages, elle s\u2019envoie la balle et cherche du sens.Là, sur un dossier, une phrase de Sartre : J\u2019étais un enfant, ce monstre qu\u2019ils fabriquaient avec leurs regrets.« Parce qu\u2019elle me parle cette phrase, je m\u2019identifie.» Le monstre, ça serait elle, à cause « des gens cléments comme pas cléments qui m\u2019ont construite, et déconstruite ».Là-bas, collé sur le buffet, un sticker de la Fédération anarchiste : Qui sème la misère, récolte la colère.30 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 Et dans sa tête, encore, des souvenirs qui arrivent.« En stage de remise à niveau au TLP Dejazet (ex-théâtre Libertaire de Paris), j\u2019ai rencontré Léo Ferré.Ouais.Sur son lit d\u2019hôpital, quand j\u2019suis allée l\u2019voir, il m\u2019a dit, ma chérie, l\u2019anarchie c\u2019est l\u2019extrême solitude.Et il mourait quelques jours après.» Voilà.C\u2019est la vie complètement dingue de Marlène, aka Malène Favelas, qui s\u2019inquiète, en ce moment, de dormir vraiment beaucoup.Le soir, sans dîner, elle va se coucher à 20h30, jusqu\u2019au matin.Mais pas d\u2019une traite.Car Marlène a un drôle de rituel : elle a jeté son dévolu sur Bruno Ruiz, un artiste (chanteur et écrivain) qui publie un billet quotidien qu\u2019elle lit chaque soir, « à 00:02 », avant de se rendormir.C\u2019est sûr, Marlène est crevée.À la fin de notre entretien, elle nous dit qu\u2019assez parlé, qu\u2019elle n\u2019en peut plus.Mais quand même, il faut le dire : Un chez-soi d\u2019abord a fait des merveilles.À défaut d\u2019avoir trouvé l\u2019amour, l\u2019asso a aidé la jeune dame à trouver un boulot (hôtesse au siège d\u2019un laboratoire) dans lequel elle est « super heureuse » et où ses collègues « sont super géniaux ».Niveau sous, aujourd\u2019hui, en plus de l\u2019AAH (l\u2019allocation aux adultes handicapés), Marlène gagne un SMIC* et elle y fait gaffe.« Pour subvenir aux besoin de Pilule, j\u2019veux pas qu\u2019elle manque ».Bientôt la curatelle prendra fin et Marlène pourra se prendre un appartement, avoir un bail à son nom.Bien souvent, elle dira : « tout a changé depuis que j\u2019suis ici.C\u2019est hallucinant ».Hallucinant, parce que pendant toutes ces années, Marlène avait oublié ce que c\u2019était que de se poser, d\u2019avoir un toit, un vrai, à elle.Prudente, elle prévient quand même : « Je ne ferme pas complètement la porte.Ça peut revenir ».* Salaire minimum interprofessionnel de croissance.Taux horaire minimal des salariés de plus de 18 ans en France.31 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA Y fa chaud ! De la visite inattendue Hommage à l\u2019un de nos camelots Cela fait 35 ans que je vis au Québec et je n\u2019ai jamais eu autant chaud.Au point où ma chevelure en a payé la facture.Cinq années à pousser, cinq minutes à couper.Un été caniculaire avec une humidité étouffante, imaginez nos Camelots ! Souvent en plein soleil sur leur lieu de vente, avec le dossard noir de L\u2019Itinéraire par-dessus leurs vêtements.Je précise également que l\u2019été représente pour nous, les Camelots, la pire période de l\u2019année au niveau des ventes.Notre clientèle se disperse pour les vacances, les écoles, cégeps et universités sont en pause, l\u2019affluence dans le métro diminue énormément, etc.C\u2019est sans compter que, en gougounes et en maillot de bain, les gens ne veulent pas nécessairement trainer un magazine.J\u2019en profite donc pour vous demander d\u2019être particulièrement gentils avec votre Camelot.Un sourire, un encouragement, une bouteille d\u2019eau ou un p\u2019tit pourboire font énormément de bien en cette période difficile.À la demande générale, l\u2019activité de balle-molle reviendra en septembre.C\u2019est une belle occasion pour nous de se rencontrer dans un autre contexte que le quotidien des Camelots.J\u2019annonce d\u2019ailleurs mon intention de frapper un circuit ! Vous saurez lors du prochain Info Camelot si j\u2019ai tenu parole.J\u2019essaierai d\u2019y inclure une photo.Vous pouvez toujours me contacter par courriel pour toute question.À la r\u2019voyure ! Quelle ne fut pas notre surprise en croisant, au Café de L\u2019Itinéraire, nulle autre que l\u2019ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, le mois dernier.« Ça faisait longtemps que je me promettais de venir à L\u2019Itinéraire acheter des cartes-repas pour pouvoir les distribuer à des gens dans le besoin », a-t-elle dit pour expliquer sa visite impromptue.Merci pour votre générosité, Mme Marois ! En effet, la carte-repas solidaire est une excellente solution de rechange à la mendicité.Les récipiendaires peuvent les échanger dans l\u2019un des restos populaires à Montréal, à Longueuil et à Granby pour obtenir un repas complet, en plus d\u2019avoir accès à de l\u2019aide ponctuelle.Pour ce qui est du Café de L\u2019Itinéraire, il est réservé aux camelots et participants seulement.Aussi, vous pouvez vous les procurer en nos locaux au 2103, rue Sainte-Catherine (3e étage) ou les acheter en ligne.Vous avez l\u2019option de nous en confier la distribution à nos camelots ou en dispenser comme bon vous semble.La carte repas solidaire se vend 6 $.Nous avons été attristés d\u2019apprendre le décès d\u2019un de nos camelots, survenu le 2 août dernier.Robert Lalonde a été emporté par le cancer à l\u2019âge de 60 ans, après de longs mois de lutte contre la maladie.Robert était un camelot atypique.Il avait un emploi et n\u2019était pas en situation de précarité.S\u2019il vendait le magazine, c\u2019était simplement parce qu\u2019il aimait L\u2019Itinéraire, appuyait la cause et appréciait le contact avec les gens.On le distinguait bien sur son spot de vente au métro Cartier à Laval, lui qui scandait le contenu de l\u2019édition à la manière des camelots d\u2019antan.Un homme affable, il avait le cœur sur la main.On ne compte plus les fois où il arrivait à L\u2019Itinéraire avec des dons de vêtements, de denrées ou encore d\u2019argent recueilli auprès de ses collègues de travail.Nous offrons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses nombreux amis.Bon voyage dans la lumière, Robert.1957 2018 32 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 INFO CAMELOTS PAR SIMON JACQUES REPRÉSENTANT DES CAMELOTS P H O T O ?  : ?M I L T O N ?F E R N A N D E S CARREFOUR P H O T O   : ?A R C H I V E S ?L ' I T I N É R A I R E representant.camelot@itineraire.ca P H O T O   : ?A L E X A N D R E ?D U G U A Y Après des années d\u2019austérité qui ont creusé les inégalités sociales et renforcé l\u2019exclusion des personnes les plus démunies, cette année pré-électorale a été marquée par quelques annonces d\u2019apparence plus généreuses.Mais ces dernières ne suffisent pas à réparer les pots cassés des dernières années.Que ce soit en matière de lutte à la pauvreté ou de logement social, les besoins sont loin d\u2019être comblés et les attentes face au prochain gouvernement du Québec demeurent élevées.Des investissements nécessaires en logement social Si l\u2019itinérance n\u2019est pas qu\u2019un problème de logement, c\u2019est toujours un problème de logement.C\u2019est pourquoi le RAPSIM défend le développement d\u2019une diversité de réponses en logement pour les personnes en situation ou à risque d\u2019itinérance.Parmi elles, le logement social avec soutien communautaire constitue une voie d\u2019accès privilégiée à un toit, non seulement accessible financièrement mais également sécuritaire et salubre, contrairement à de nombreux logements du parc privé.Surtout, les logements sociaux constituent des milieux de vie permettant de briser l\u2019isolement grâce au soutien communautaire qui y est offert.Après avoir réduit de moitié le nombre d\u2019unités programmées pour le logement social durant deux années consécutives, le gouvernement est revenu en 2017 au même niveau que les années précédentes, soit une cible de 3000 nouvelles unités par an, dont 10% (300 unités) pour les personnes itinérantes.Ces cibles apportent des réponses essentielles mais demeurent insuffisantes pour faire face à l\u2019ensemble des besoins, incluant prévenir et réduire l\u2019itinérance.Depuis 2016, le programme AccèsLogis, de financement du logement social au Québec, est en cours de révision.Il est essentiel que cette révision permette de développer davantage de logements sociaux et de mieux financer les projets.Ces demandes seront d\u2019ailleurs au cœur des revendications portées lors de la grande marche pour le droit au logement organisée par le FRAPRU (Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain) du 2 au 29 septembre prochain.Cette marche qui partira d\u2019Ottawa pour se rendre à Québec en passant par Montréal sera l\u2019occasion de mettre de l\u2019avant une diversité d\u2019enjeux touchant l\u2019accès au logement et d\u2019interpeller les deux paliers de gouvernement sur l\u2019insuffisance des investissements dans le logement social.Des besoins importants en intervention Au-delà de la brique et du béton, c\u2019est le financement de l\u2019intervention qui constitue un besoin urgent dans les projets destinés aux personnes itinérantes.Financé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, le soutien communautaire en logement social permet d\u2019offrir un accompagnement individuel et collectif aux locataires et d\u2019animer l\u2019ensemble du milieu de vie.Reconnue comme une pratique essentielle pour lutter contre l\u2019itinérance et assurer la stabilité résidentielle de personnes ayant connu la rue, cette pratique est sous-financée depuis plusieurs années.Sur ce plan, Québec doit assurer un financement systématique et adéquat du soutien aux locataires dans les projets de logements sociaux.Des opportunités à saisir du côté d\u2019Ottawa Ottawa annonçait en novembre dernier un retour des investissements fédéraux dans le logement, dont des fonds pour le logement social et communautaire.Québec, comme l\u2019ensemble des provinces, négociera la part des investissements qui lui seront transférés dans le cadre de cette Stratégie nationale en logement.Il est essentiel que Québec saisisse cette opportunité pour renforcer ses propres investissements dans le logement social, incluant ceux destinés aux personnes ayant connu la rue.La nouvelle Stratégie canadienne de lutte à l\u2019itinérance (SCLI) représente un autre levier de financement pour des projets de logements sociaux destinés aux personnes sans-abri.Québec doit s\u2019assurer que les fonds prévus puissent permettre le financement de logements sociaux.Élections : de la brique, du béton et de l\u2019intervention PAR ALICE LEPETIT - ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM \u2022 Des budgets accrus pour le développement du logement social (financer davantage d\u2019unités et indexer les budgets aux coûts réels de construction) \u2022 Un financement systématique du soutien communautaire dans tous les projets de logements sociaux qui le nécessitent \u2022 S\u2019assurer que les stratégies fédérales en logement et itinérance permettent de financer le logement social Élections provinciales : Principales demandes du RAPSIM en matière de logement 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA P H O T O   : ?C L A U D E ?M A J E A U MOT DU RAPSIM CHRONIQUE?PAYÉE 33 La 13e édition du World Press Photo Montréal sera présentée du 29 août au 30 septembre au Marché Bonsecours dans le Vieux-Montréal.L\u2019événement présente les photos gagnantes de la plus prestigieuse compétition professionnelle au monde.En 2018, 4500 photographes de 125 pays ont soumis un total de 73 000 images.Les pages qui suivent présentent un aperçu des œuvres des lauréats.REPORTAGES - Le 1er octobre 2017, une femme reçoit de l\u2019aide pour sortir d\u2019un bateau lors de son arrivée à Shah Porir Dwip, près de Cox\u2019s Bazar, au Bangladesh.AMI VITALE National Geographic (États- Unis) Les guerriers qui craignaient les éléphants aujourd\u2019hui les protègent, NATURE \u2013 PREMIER PRIX REPORTAGES - Le octobre 2016, Mary Lengees, l\u2019une des premières femmes à exercer le métier de garde au Reteti Elephant Sanctuary, au Kenya, caresse Suyian, premier résident du sanctuaire.JASPER DOEST (Pays-Bas) Plus rien de sacré, NATURE - DEUXIÈME PRIX REPORTAGES - Le 7 août 2017 - Des macaques, l\u2019un d\u2019eux portant un masque de Donald Trump, donnent un spectacle devant les clients de la taverne Utsunomiya Kayabukia, au nord de Tokyo.ANNA BOYIAZIS (États-Unis) Liberté retrouvée dans l\u2019eau, PROTAGONISTES DE L\u2019ACTUALITÉ \u2013 DEUXIÈME PRIX REPORTAGES - Le 17 novembre 2016, la maître-nageuse Siti, 24 ans aide une jeune femme à flotter dans l\u2019océan, près du village de Nungwi, dans l\u2019archipel de Zanzibar.COUVERTURE ARRIÈRE ANNA BOYIAZIS (États-Unis) Liberté retrouvée dans l\u2019eau, PROTAGONISTES DE L\u2019ACTUALITÉ \u2013 DEUXIÈME PRIX REPORTAGES - Le 25 octobre 2016, les élèves de l\u2019école primaire de Kijini, dans l\u2019archipel de Zanzibar, apprennent à nager et à pratiquer le secourisme.RONALDO SCHEMIDT Agence France-Presse (Venezuela) Crise au Venezuela, PREMIER PRIX PHOTOS ISOLÉES - Le 3 mai 2017, José Víctor Salazar Balza, 28 ans prend feu lors d\u2019affrontements violents avec la police anti-émeute, pendant une manifestation contre le président Nicolás Maduro, à Caracas.IVOR PRICKETT The New York Times (Irlande) La bataille de Mossoul : jeune garçon pris en charge par les soldats des forces spéciales irakiennes, INFORMATIONS GÉNÉRALES - PREMIER PRIX REPORTAGES - Le 12 juillet 2017, des soldats ISF soignent un jeune garçon qu\u2019ils soupçonnent d\u2019avoir été utilisé comme bouclier humain par un militant en fuite.KEVIN FRAYER Getty Images (Canada) Réfugiés rohingyas fuyant vers le Bangladesh pour échapper au nettoyage ethnique, INFORMATIONS GÉNÉRALES - DEUXIÈME PRIX Partenaire média ab re \u20ac a _ Ÿ PL CP $- xy It C \\\\ ; | or =e 4 ; \u2018 pr D i) { | | | \u2018 à bh p\u2014 > ; d I} fi à) / \u2019 ', Yr | pl L.x= ! | YX, i x V ¢ » += i.! \u2019 cl a a w ve \\ E > AFD y v | ] ; 1.8 2 IN bo / ) y Ji a, ' | Al 1, 12 af a Tyr Sebi = à i i) Gy # A fs #\\ i pe 4) on A afl Lp ÿ + » IN 4 É À \u20ac ~\u2014 i \u2018.4 F4 | des A 2 Py rs { i M A | A \u2014\" À A = $3 d° i 4 us J oN ¥' ry * ri | Ÿ < 2 j f hi » } : en\" oS ; 1 au | ts 3 og hy As Ma 4 | y» > ~~ Ne 4e \u2018x ; y.| À 3% J os À {.à y Poe i Ig ia je ; AT Ah os op qi + WN peal PR} 4 4 À | To * \" %, ; LA \\ v \u2018| | \u201c% x.% > a = gr ed Ay sh + à fr = Yd a.- 9 Ih pt À Ty Leu À 4 us v ; 3 i i 9 (a b ét =\" re Fy oa 1 ll NY =.=, 2 IB ve NN / mA 4, ,) a = ais ACTE 5 Von af as ?PR eS Li 3 5 ES es Ly te i #w r Ca er pr 5 pe\" ré 7 mr\u201d 4 \u2014\u2014 © \u2014 © PEL aiap (J » a ~ r - / Je nN c ; i» Ww FE / Yi « % \u20ac « vu Jie > 7 ré À.y J nN ¢ 7.vad 5 ) &/ 2e A?sure &\\ - 74 1 44 1 $+\u2019 148 A -\u2014\u2014\u2014 >» NA : S& 7 lo & - Fy.NT Les visiteurs de la 13e édition du World Press Photo Montréal (WPPM) ont droit cette année à une exposition parallèle de photographies réalisées par des jeunes de la rue.Au cours des derniers mois, une trentaine de jeunes de l\u2019organisme Dans la rue ont participé à des ateliers photographiques animés par le photographe Alexandre Lepage.La commissaire du WPPM, Alejandra Ariza, a accepté d\u2019exposer une trentaine de photos parmi les 3000 prises par les jeunes.« Il n\u2019y avait pas de thématique particulière, explique l\u2019intervenante de Dans la rue, Monica Mandujano, responsable de la Salle d\u2019art du centre de jour.Nous leurs avons laissé carte blanche.» Certaines photos ont été prises en studio; d\u2019autres, en extérieur, notamment sur la rue Ontario.Le résultat montre la façon dont les jeunes se perçoivent eux-mêmes et comment ils perçoivent le monde.L\u2019organisme Dans la rue œuvre auprès de la clientèle jeunesse aux prises avec une problématique d\u2019itinérance ou en situation précaire.Connu d\u2019abord pour sa Roulotte, l\u2019organisme exploite aussi un abri d\u2019urgence, « le Bunker », qui héberge chaque soir des jeunes de 12 à 21 ans, un centre de jour et des appartements supervisés.Fondé par le regretté Emmett John « Pops », Dans la rue vient aussi en aide aux jeunes qui deviennent parents.VUES DE LA RUE 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA 39 PHOTO?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS Histoires de rues HISTOIRES DE RUES L\u2019avenue Letourneux / avenue Pierre-de-Coubertin Non ce n\u2019est pas L\u2019étourneau ou Létourneux, mais bien l\u2019avenue Letourneux sans accent.Cette artère du quartier Hochelaga- Maisonneuve a été baptisée ainsi en mémoire de Charles-Henri Letourneux, propriétaire, avec son frère Jean-Théophile, du terrain traversé par cette rue.Letourneux, une ancienne prestigieuse Alors marchand spécialisé dans l\u2019importation et le commerce de gros d\u2019articles de quincaillerie, Charles-Henri Letourneux fonde la maison Letourneux & Co.Avant la création de la ville de Maisonneuve, les frères Letour- neux, en compagnie d\u2019un marchand, d\u2019épiciers et d\u2019un quincaillier vont acheter plusieurs lots de terre entre 1873 et 1883.La rue Letourneux deviendra vite une importante artère de la première phase du développement de Maisonneuve.C\u2019est à l\u2019angle de cette avenue et de Notre-Dame la municipalité construira son premier hôtel de ville.Après son inauguration en 1912, la ville décidera d\u2019y construire la caserne Letourneux en 1915.Cet édifice héberge depuis 2015 le centre d\u2019entraînement du club de soccer de l\u2019Impact de Montréal.Histoires de rues PAR GENEVIÈVE BERTRAND JOURNALISTE-PARTICIPANTE PHOTOS :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA 40 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 PHOTOS?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS PHOTO?:?WIKIPEDIA?CREATIVE?COMMONS Ce qui est surprenant de cette avenue peu prestigieuse aujourd\u2019hui, c\u2019est qu\u2019une célèbre chanteuse y a habité de 1934 à 1938, Mary Travers (La Bolduc), au 1462.Elle a également été l\u2019une des plus célèbres patientes de l\u2019institut Radium (situé dans l\u2019actuelle bibliothèque Maisonneuve) à avoir bénéficié à Montréal des premiers traitements contre le cancer par radiation.Une murale à son effigie réalisée par l\u2019artiste Laurent Lorenzo Gascon peut être admirée sur le mur de la Maison de la culture Maisonneuve.Une rue houblonnée Depuis 2012, les amateurs de bières, de vins et produits du terroir peuvent se rassasier à la boutique de microbrasseries québécoises, Le Bièrologue.En 2016, la boutique franchit le cap des 2000 bières différentes proposées en boutique.Les affaires allant plutôt bien, les propriétaires David Deschênes et Suzie Laframboise ont inauguré l\u2019année dernière une nouvelle section de vins d\u2019ici, Le Vinologue, hébergé sous le même toit.Fernand Gignac \u2022 La Bolduc n\u2019est pas la seule de la chanson québécoise à avoir trouvé pignon sur rue.Le chanteur Fernand Gignac aménage également sur cette rue au 2272, en 1934, à l\u2019âge de 5 ans.En 2012, un petit parc a été inauguré en son honneur à la suite de son décès en 2006.L\u2019aménagement de ce parc, situé au 2123 de l\u2019avenue Letourneux, comporte plusieurs rosiers, une référence à son succès Don- nez-moi des roses.Une rue épicée Comme le disait le botaniste Jean-Marie Pelt à Radio-Canada en 2002 : « à l\u2019époque, avoir des épices, c\u2019était comme avoir aujourd\u2019hui du pétrole.C\u2019était la richesse ».À l\u2019angle de l\u2019avenue Letourneux et de la rue Rouen se trouve une petite manufacture d\u2019épices locale.En nous promenant sur le trottoir adjacent, nous pouvons humer une agréable odeur aromatisée.C\u2019est ici que se trouve Épices de Cru, d\u2019Ethné et de Philippe de Vienne, les marchands d\u2019épices bien connus du marché Jean-Talon.Ces propriétaires et importateurs parcourent les quatre coins de la planète en quête de saveurs exceptionnelles et de mélanges authentiques.Depuis 30 ans, ce couple veut recréer les plats qu\u2019ils ont goûtés au fil de leurs voyages.Leur aventure de saveurs est devenue leur métier.Philippe et Ethné ont même leur propre émission, Chasseurs d\u2019épices, sur tou.tv Bon à savoir 41 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA Rue Letourneux Date de création : 1890 Ancien nom : avenue Lecours Origine du nom : Charles-Henri Letourneux Longueur : environ 2 km Arrondissement : Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Orientation : nord-sud Délimitation : du nord de la voie ferrée du port de Montréal jusqu\u2019à Notre-Dame et du tournebride (rond-point) jusqu\u2019à Pierre-de-Coubertin Avenue Pierre-de Coubertin Date de création : 1975 Ancien nom : rue Boyce Origine du nom : l\u2019éducateur français Pierre de Coubertin Longueur : environ 7 km Arrondissement : Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Orientation : est-ouest Délimitation : rue de la Bourbonnière à l\u2019ouest et avenue George V à l\u2019est.Repérez-vous ! D\u2019où vient l\u2019argent ?Contrairement à la plupart des choses de la vie \u2013 « automobiles, maîtresses, cancer  » \u2013, écrivait le célèbre économiste John Kenneth Galbraith, l\u2019argent est « aussi important pour ceux qui en ont que pour ceux qui n\u2019en ont pas ».L\u2019argent, qu\u2019on en ait pas suffisamment ou qu\u2019on soit très riche nous touche tous, tous les jours.Très peu d\u2019activités humaines ne font pas intervenir, de près ou de loin, une transaction monétaire.Si l\u2019argent est à ce point familier pour une écrasante proportion des humains, il est paradoxalement pour beaucoup d\u2019entre nous un objet mystérieux, qui nourrit autant la folie spéculative, la guerre, le crime, des conflits interpersonnels souvent violents et des fantasmes les plus délirants.De plus, son existence même semble bien mystérieuse pour le commun des mortels.Comment est créée cette monnaie ?Pas de mystère ! On qualifie la monnaie telle que nous la connaissons aujourd\u2019hui de « scripturale » \u2013 mot qui nous vient du latin scriptura, écriture.L\u2019argent moderne n\u2019est essentiellement qu\u2019une écriture comptable.Lorsque votre employeur effectue un virement pour déposer votre paye dans votre compte de banque, la seule chose qui se passe est une double « écriture », électroniquement.Le montant est soustrait du compte de banque de votre employeur et additionné au vôtre.Aucun lingot d\u2019or ni même de billets de banques ne sont échangés entre les deux succursales bancaires.Si vous encaissez un chèque, la même chose se produit, à la seule différence qu\u2019un bout de papier donne l\u2019instruction aux deux établissements financiers d\u2019effectuer cette double écriture.Maintenant, d\u2019où vient tout cet argent?Votre employeur a des fonds disponibles parce qu\u2019il a vendu des biens ou des services à ses clients.Ceux-ci ont pu les acheter parce qu\u2019eux-mêmes ont effectué des ventes, et ainsi de suite.À vouloir remonter la chaîne ainsi pour trouver l\u2019origine de l\u2019argent, ça donne le tournis.Mais c\u2019est prendre le mauvais chemin.En plus d\u2019être scripturale, notre monnaie est essentiellement la contrepartie d\u2019une dette.L\u2019argent « naît » lorsqu\u2019un individu, une entreprise ou une institution s\u2019endette.En réalité, vous le faites probablement presque tous les jours, en utilisant votre carte de crédit, par exemple.Avant d\u2019entrer dans un commerce, il existe au pays une quantité de monnaie donnée, appelée « masse monétaire ».Vous réglez avec votre carte un achat de 20 $, le compte de banque du commerçant est immédiatement crédité de ce montant.Vous avez, littéralement, créé 20 $ et ajouté ce montant à la masse monétaire canadienne.Il n\u2019y a donc pas de mystère.L\u2019argent que nous utilisons tous les jours est le simple résultat d\u2019une série de dettes contractées, dont une portion est quotidiennement remboursée, ce qui « détruit » une partie de la masse monétaire.Une question de foi Comment fait tout ce système de dettes pour tenir debout ?Si tout le monde remboursait ses dettes en même temps, il s\u2019effondrerait.Ça n\u2019arrivera pas, parce que nous avons besoin de l\u2019argent pour continuer à fonctionner dans la vie de tous les jours.Mais pourquoi utilisons-nous cette chose qui n\u2019a aucune valeur en elle-même et qui ne repose que sur une série d\u2019écritures comptabilisant des dettes ?Parce que nous avons confiance que ça fonctionne, et que ça va continuer de fonctionner.En plus d\u2019être scripturale, notre monnaie est dite « fiduciaire », autre mot dérivé du latin, fides dans ce cas, c\u2019est-à-dire foi.Si nous acceptons que notre paye soit déposée dans notre compte de banque, c\u2019est que nous avons confiance que demain nous pourrons utiliser une partie de ces fonds pour payer notre épicerie \u2013 et que l\u2019épicier acceptera ces billets ou cette carte de plastique pour nous vendre ses marchandises.Nous y accordons tellement de confiance que nous accumulons précieusement ces étranges choses en vue de notre retraite, qui, selon notre âge, pourraient nous servir que dans plusieurs décennies.L\u2019argent n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un immense château de carte que nous imaginons solide comme la pierre des vrais châteaux.Mais c\u2019est parce que nous l\u2019imaginons ainsi qu\u2019il tient, et continue de tenir.À la fois solide et fragile, comme toutes les relations humaines et sociales.42 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O ?  : ?N U V O L A N E V I C A T A ?( 1 2 3 R F ) MANON FORTIER CAMELOT MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND ET VILLAGE CHAMPLAIN GILLES BÉLANGER CAMELOT COMPLEXE GUY-FAVREAU SERGE TRUDEL CAMELOT METRO MORGAN / SAINTE-CATHERINE 43 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Le café des cœurs Je la vis, assise, les yeux rougis de malheur Lui pris la main, la mis sur mon cœur Elle la retira : « Non ! Ne me fais pas mal », dit-elle Je la regardai, belle comme elle est Silencieux, sérieux, je l\u2019admirai « Tu es belle, jolie princesse », lui dis-je Elle se leva, me fixa de peur Je lui lançai un regard d\u2019amour Pour faire fuir sa néfaste peur Elle ne veut pas de ces lendemains de toujours Petite reine, je ne veux que ton bonheur L\u2019aurai-je bien un jour ?Quel beau matin Cette naissance d\u2019un jour nouveau Mon cœur en est ravi tout haut Oui ! Une fée l\u2019a pris avec elle Cette déesse d\u2019amour éternel Elle est toute belle, ma reine Sa voix douce me murmure tendrement des « Je t\u2019aime » Sa peau tendre que je caresse avec amour Elle envahit mes pas de tous les jours Sa jeune tête blottie sur moi Elle me lance son regard plein d\u2019amour Me serre langoureusement dans ses bras Là nous formulons un serment d\u2019éternité chaque jour Quel beau matin ! Nouvel amour de flamme En quittant cette pétasse d\u2019ennui La vie m\u2019a fait connaître un ange Cette déesse de beauté qui fait mon envie Belle comme pas une sur terre Envoûtant mon cœur à plaire Elle me regarde tendrement Bel amour de mon être de tout temps C\u2019est toi que j\u2019aime plus que tout Viens, entre dans ma vie Le sport à son meilleur J\u2019adore le baseball, le football et le hockey.Dans la Ligue américaine de baseball, les Astros de Houston et les Red Sox de Boston sont les équipes que j\u2019ai choisies.Je les aime car elles ont déjà gagné la série mondiale.Ils ont des bons joueurs vedettes, des bons lanceurs.J\u2019aime les regarder à la télévision.Certains joueurs ont quitté ces équipes et sont revenus ensuite dans leur première équipe.Le Match des étoiles \u2013 quand la Ligue nationale joue contre la Ligue américaine \u2013 a eu lieu récemment.Cette année, c\u2019est la Ligue américaine qui a gagné (8 à 6).Quand j\u2019étais tout jeune, à 20 ans, j\u2019ai commencé à jouer au baseball et au softball.On jouait chaque soir au parc Lafontaine.J\u2019avais du plaisir à jouer contre des équipes différentes.Ça me faisait connaître d\u2019autres personnes.Des fois on gagnait, des fois on perdait.Je jouais aussi dans une cour d\u2019école avec des amis.Après on retournait chez nous, et le lendemain on revenait jouer.Pour moi c\u2019était la plus grande joie.J\u2019aime aussi regarder le football à la télévision.Mes équipes préférées sont les Alouettes de Montréal et les Stampeders de Calgary.En parlant de Calgary, je pense à une de nos lectrices qui habite là-bas et je la salue.Pour le hockey, mes meilleures équipes sont les Penguins de Pittsburg et les Canadiens de Montréal.On souhaite que les Canadiens soient meilleurs cette année pour que leurs fans aient du plaisir s\u2019ils gagnent plus souvent et s\u2019ils font les séries.Ayez beaucoup de plaisir à regarder le sport à son meilleur ! La belle et Le Goliath Je suis allée à la Ronde cet été.Ils prennent des photos dans les manèges que l\u2019on peut acheter à la sortie.Quand j\u2019ai quitté les lieux, j\u2019ai croisé un chauffeur que je vois souvent à mon point de vente.Il est parti à rire de bon cœur quand je lui ai montré ma photo prise dans le manège Le Goliath.En la voyant, il m\u2019a dit : « Où est-ce qu\u2019 ils sont, tes cheveux ?» Il riait encore plus en continuant de la tenir.Il a fini par me dire qu\u2019il y a des photos qui déforment.Il m\u2019a suggéré de laisser faire cette photo-là en faisant un geste de la main.Je voyais qu\u2019il n\u2019en revenait pas d\u2019à quel point elle était drôle.Quand j\u2019ai vu la photo pour la première fois j\u2019étais crampée de rire ! J\u2019ai même hésité avant de l\u2019acheter.J\u2019ai demandé à la dame du Goliath à quelle heure je pouvais venir la prendre.J\u2019y suis retournée tout de suite et je suis remontée dans Le Goliath pour espérer en prendre une meilleure.Un coup que j\u2019ai terminé mon tour de manège, je suis immédiatement allé voir ma seconde photo.J\u2019avais fait un beau sourire, j\u2019ai montré mes dents, mais malgré tout, elle était pareille.J\u2019ai un œil fermé, les cheveux dans les airs, le visage tendu par l\u2019accélération et j\u2019ai l\u2019air 18 ans plus vieille que dans la réalité. joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Métallurgiste.2.Fonctionnaires de l\u2019O.N.U.3.Divinité du foyer.- Mesure itinéraire.4.Vu.- Relatif à un complexe célèbre.5.Puits.- Élimais.6.Éduques.- Actinium.7.Colère.- Posée.8.Arbres.9.Orignal.- Plante.10.Éprouves.- Costaud.verticalement 1.Inviter.2.Qui a rapport à un commencement.3.Solide.- Docteurs de la loi musulmane.4.Aire de vent.- Lien.- Années.5.Rigolé.- Saule.6.Rivière d\u2019Afrique centrale.- Rivière de Suisse.7.Radon.- Chaperons.8.Roche.- Arbre.9.Id est.- Pascal.- Oeuvre dramatique.10.Nazi.- Deux.- Fleur.11.Que tu blessasses.12.Irlande.- Cérium.- Ruisseau.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Enzyme Préposition Terminaison de verbe Salir Erbium Affichent Élime Dissimuler Expérimenterais Échalasser Agrandiras Inflammations Ennuiera Qui produit un effet Colère Cinquante- trois Expert Lentilles Foncer Relatif à l\u2019anus Principe odorant Fleur Champion Lésés Le étranger Écrivaine étasunienne argon Volcan italien Consanguines Cassé Cassé Enzyme Préposition Terminaison de verbe Salir Erbium Affichent Élime Dissimuler Expérimenterais Échalasser Agrandiras Inflammations Ennuiera Qui produit un effet Colère Cinquante- trois Expert Lentilles Foncer Relatif à l\u2019anus Principe odorant Fleur Champion Lésés Le étranger Écrivaine étasunienne argon Volcan italien Consanguines Réponses du 1er SEPT 2018 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 M T P C S O E R A S E A N A L E S R P O T E N A E R S N I N I L I I E R L A T S E R P O E R N A T E I R E E U S T O I T S E S L A S E S R A U T T E R U E R S I D E R U R G I S T E O N U S I E N N E S R L A R E L E L I L U O E D I P I E N I G U E S U S A I S C U L T I V E S A C I R E E G M I S E T A M A R I N I E R S E L A N N E F L I E R R E S S E N S O S S U Réponses du 01 SEPT 2018 À v s plumes ! 44 ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 DÉTENTE 15 août 2018 G A L I M A F R E E S A P A N A G E O N S O B O N R I T S T U S A G I T E R A I S S E R E E R I R I M E R D E R P E R E S R A I E S Z O N E R A I N A S E S S T A S E E R R U D C L N S E P A R E R A I E N T Réponses du 15 AOUT 2018 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Mesure Attacher Gymnases Suries Trépassé Pays-Bas Conducteur de bardots Avalent Groupera deux à deux Économiseraient Mollusque Cardinal Éclaterait Glace Classification des huiles D\u2019un verbe joyeux Note Principe odorant Énerver Foyer Premier-né Caesium Flot Baie Iridium Notre-Dame Prairie Champion Erbium Mesure Attacher Gymnases Suries Trépassé Pays-Bas Conducteur de bardots Avalent Groupera deux à deux Économiseraient Mollusque Cardinal Éclaterait Glace Classification des huiles D\u2019un verbe joyeux Note Principe odorant Énerver Foyer Premier-né Caesium Flot Baie Iridium Notre-Dame Prairie Champion Erbium Réponses du 15 AOUT 2018 Mettre à x 9,75 y 0,75 Mettre à x 7,5708 y 4,0145 M L P P T S R E S S E R N I D A R E E R N D P I R O E N S A S E N A S E R I I L E R E P T E A R I T G E L E C S A P L U I D N E N U M R E A L E G M I E N R A Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Confirmé Grille numéro : 64227 3 1 5 3 5 9 7 2 5 3 6 9 3 7 4 1 5 8 8 1 7 2 8 9 8 4 1 9 9 8 1 2 9 4 8 6 3 7 2 1 5 3 1 6 5 2 8 4 7 9 7 2 5 4 1 9 6 3 8 5 6 9 2 8 3 7 4 1 4 7 2 9 6 1 5 8 3 8 3 1 7 5 4 9 6 2 1 5 7 3 4 2 8 9 6 2 8 4 1 9 6 3 5 7 6 9 3 8 7 5 1 2 4 Grille Jeu Sudoku Confirmé à imprimer du mardi 03 avril 2018 06:00:02 1 / 1 15 août 2018 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 45 1er septembre 2018 | ITINERAIRE.CA publicité SCFP-Québec SCFP-Québec scfp.qc.ca @SCFPQuebec SE SYNDIQUER C\u2019EST S\u2019AIDER SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Facile Grille numéro : 64138 2 3 1 9 5 6 4 7 3 8 7 8 4 1 9 2 4 7 5 6 9 2 8 4 1 1 4 6 2 7 8 3 9 8 6 4 2 3 1 9 5 8 7 6 4 9 5 4 2 7 6 3 1 8 6 7 8 3 4 1 9 5 2 1 9 3 6 8 2 4 7 5 7 6 5 4 9 3 2 8 1 8 4 2 5 1 7 6 9 3 5 1 9 7 3 4 8 2 6 4 2 7 8 6 5 1 3 9 3 8 6 1 2 9 5 4 7 Grille Sudoku Facile à imprimer du jeudi 29 mars 2018 18:00:01 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Il n\u2019y a qu\u2019une catégorie de gens qui pensent plus à l\u2019argent que les riches, ce sont les pauvres.Oscar Wilde Je vis tellement au-dessus de mes moyens que nous menons, eux et moi, une existence complètement séparée.Oscar Wilde Le dédain de l\u2019argent est fréquent, surtout chez ceux qui n\u2019en ont pas.Georges Courteline Le banquier est quelqu\u2019un qui vous prête son parapluie lorsque le soleil brille et vous le retire aussitôt qu\u2019il pleut.Mark Twain L\u2019argent n\u2019est que la fausse monnaie du bonheur.Les frères Goncourt L\u2019argent ne fait pas le bonheur, et c\u2019est absolument vrai, mais, c\u2019est une chose bougrement agréable à posséder dans un foyer.Groucho Marx Si vous voulez savoir la valeur de l\u2019argent, essayez donc d\u2019en emprunter.Benjamin Franklin Voulez-vous compter vos amis ?Empruntez-leur de l\u2019argent.Alexandre Dumas fils ITINERAIRE.CA | 1er septembre 2018 46 À PROPOS DE.PAR MARC SÉNÉCAL CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL ILLUSTRATION :?PAULINE?ROCHETTE ÉTUDIANTS OBTENEZ VOTRE CARTE OPUS AVEC PHOTO EN LIGNE Université de Montréal Concordia McGill ÉTS AU STUDIO PHOTO Horaires et info : stm.info/opusetudiants EN TOURNÉE UQAM Polytechnique Montréal École secondaire Louis-Riel Nouveau © Anna Boyiazis, États-Unis Liberté retrouvée dans l\u2019eau EXPOSITION 2018 Marché Bonsecours 325, rue de la Commune Est Vieux-Montréal Métro Champ-de-Mars Dim.au mer.: 10 h à 22 h Jeu.au sam.: 10 h à minuit wppmtl.ca #wppmtl Du 29 août au 30 septembre 2018 WPP2018_pageitineraire-v2_HR.pdf 1 18-07-13 15:31 "]
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