L'itinéraire, 1 janvier 2017, mercredi 15 novembre 2017
[" Volume XXIV, n?22 Montréal, 15 novembre 2017 a b o n n e m e n t s a u S\u2019ATTAQUE AUX CLASSIQUES LA Du 28 novembre au 9 décembre 2017 DE SHAKESPEARE À MICHEL TREMBLAY.VIVEZ 10 SOIRÉES D\u2019IMPROVISATION AUTOUR DE GRANDS AUTEURS ET DE LEUR ŒUVRE.Informations : lni.ca / Billetterie : espacelibre.qc.ca LNI17-007_AfficheClassiqueitinerairePAGEPage_V1.indd 1 2017-10-05 1:47 PM Nom Antoine Desrochers | Camelot n° 1262 | Âge 55 ans Point de vente Épicerie Métro Saint-Hubert /Boucher A ntoine vient de L\u2019Épiphanie, une petite ville de Lanaudière.Il est le sixième d\u2019une famille de huit enfants.Marié à 18 ans, il a travaillé durant quelques années comme monteur de meubles, au tout début des opérations de la compagnie Meubles Concordia.« Nous n\u2019étions que quelques employés.Je pouvais faire le travail de tout le monde.Mais personne ne pouvait faire le mien.» En 1984, son divorce a marqué un point de rupture dans une carrière bien engagée d\u2019un employé modèle.« J\u2019ai fait une grosse dépression et je suis tombé dans l\u2019enfer de la drogue et de l\u2019alcool.» Cet épisode sombre a duré deux ans avant qu\u2019il ne commence à s\u2019en sortir.« Je n\u2019étais pas un vrai itinérant.J\u2019étais plutôt sans domicile fixe.Je vivais chez la famille ou chez des amis sans être dans la rue.» Il a fallu s\u2019éloigner de la ville, loin dans la campagne, « pour fuir les tentations et les pushers ».Il a finalement rencontré une autre femme avec cinq enfants dont il a pris soin.« Je remplaçais leur père qui ne valait pas grand-chose.Peut- être que je ne valais pas grand- chose, moi non plus, mais je les aimais et j\u2019en ai pris soin.» Un peu plus tard, Antoine a eu des problèmes de santé et a dû être hospitalisé.Avec les absences, « la vie a fait qu\u2019on s\u2019est perdu de vue ».Aujourd\u2019hui, il parle de son évolution avec une certaine fierté.Il a cessé de consommer de l\u2019alcool il y a dix ans.Depuis presque deux ans, il a décidé de dire adieu aux drogues dures.Par l\u2019entremise d\u2019un ami, il a entendu parler de L\u2019Itinéraire et y a vu une occasion de gagner un revenu d\u2019appoint.« Au début, je n\u2019étais pas sérieux.J\u2019arrivais à mon point de vente et après trois quarts d\u2019heure, je trouvais déjà le temps long.Maintenant, ça fait cinq mois que je m\u2019y suis mis sérieusement.» Et ça marche.« Ça me sort de l\u2019 isolement.J\u2019aime bien le public.Et je trouve ça facile de dire bonjour et bonne journée.» Antoine est reconnaissant envers sa clientèle.D\u2019autant que certains clients lui offrent quelques fois des petits boulots.« Je voudrais être capable de m\u2019acheter un ordinateur pour aller sur internet et faire des recherches sur les choses qui m\u2019 intéressent.» « Je veux remercier personnellement tous ceux qui me rendent mon sourire et mon bonjour.Je veux dire merci de m\u2019encourager.» L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Antoine Par Laurent Soumis, chargé de l\u2019accompagnement des participants Photo : Alexandra Guellil Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! ISSN -1481-3572 Numéro de charité? :?13648?4219?RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec Nous?reconnaissons?l\u2019appui?financier?du?gouvernement?du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication?(ou?sur?ce?site?Web)?ne?reflètent?pas?forcément?celles du ministère du Patrimoine canadien.L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill NOS PARTENAIRES ESSENTIELS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, RUE SAINTE-CATHERINE EST Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca DIRECTEUR GÉNÉRAL : LUC DESJARDINS RÉDACTION Chef du secteur magazine et rédactrice en chef : JOSÉE PANET-RAYMOND Journaliste, responsable société : ALEXANDRA GUELLIL Chargé de l\u2019accompagnement des participants : LAURENT SOUMIS Responsable de la formation des participants : KARINE BÉNÉZET Responsable de la création visuelle : MILTON FERNANDES Gestionnaire de communauté : ALEXANDRE DUGUAY Photographe : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA Journaliste affectée à la version numérique : GENEVIÈVE BERTRAND Collaborateur : IANIK MARCIL Webmestre bénévole : JUAN CARLOS JIMENEZ Bénévoles à la rédaction : CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, JUSTINE CLÉMENT, HÉLÈNE MAI, ANTOINE QUINTY-FALARDEAU, VALÉRIE SAVARD Bénévoles à la révision : PAUL ARSENAULT, ARIANE CHASLE, MICHÈLE DETEIX, LUCIE LAPORTE, Image de la une : MILTON FERNANDES (ILLUSTRATION : ?, PHOTOS EN FILIGRANE : MARIO ALBERTO REYES ZAMORA) ADMINISTRATION Responsable de la comptabilité : ANYA SANCHEZ Responsable du financement : DOMINIQUE RACINE Adjointe administrative : NANCY TRÉPANIER DÉVELOPPEMENT SOCIAL Chef du développement social : CHARLES-ÉRIC LAVERY Intervenant psychosocial : JEAN-FRANÇOIS MORIN-ROBERGE Responsable du Café : PIERRE TOUGAS Responsable de la distribution : MÉLODIE ÉTHIER Chargée de projet Café de la Maison ronde : MÉLODIE GRENIER CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : ÉRIC WILLIAMS - Novatech Médical Trésorier : GRÉGOIRE PILON - Ernst & Young S.R.L./S.E.N.C.R.L.Vice-président : JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire Secrétaire : KATHERINE NAUD - CIUSSS Centre-Sud de Montréal Administrateurs : YVES LEVASSEUR - Virage Coaching JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg, sencrl, srl RICHARD CHABOT - Camelot de L\u2019Itinéraire JO REDWITCH - Camelot de L\u2019Itinéraire GABRIEL BISSONNETTE - Camelot de L\u2019Itinéraire YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 Conseillère : RENÉE LARIVIÈRE (450-541-1294) renee.lariviere18@gmail.com GESTION DE L\u2019IMPRESSION TVA PUBLICATIONS INC.DIVISION ÉDITIONS SUR MESURE | 514 848-7000 Directeur général : ROBERT RENAUD Chef des communications graphiques : DIANE GIGNAC Chargée de projets : MARILYN FORTIN Imprimeur : TRANSCONTINENTAL Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Québecor est fière de soutenir l\u2019action sociale de L\u2019Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas?responsable?des?gestes?des?vendeurs?dans?la?rue.?Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le?journal?ou?sollicitent?des?dons,?ils?ne?le?font?pas?pour?L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez?sans?hésiter?avec?Charles-Éric?Lavery,?chef?du?développement?social?par?courriel?à? : c.e.lavery@itineraire.ca ou?par?téléphone?au? :?514 597-0238 poste 222.PARTENAIRES MAJEURS PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous?tenons?à?remercier?le?ministère?de?la?Santé?et?des?Services?sociaux?de?même?que?le?Centre?intégré?universitaire?de?santé?et?de?services?sociaux?du?Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal?pour?leur?contribution?financière?permettant?ainsi?la?poursuite?de?notre?mandat.4 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 3 12 MOTS DE CAMELOTS Yves Manseau 11 Jean-Guy Deslauriers 11 Franck Lambert 11 Mostapha?Lotfi?43 Manon Fortier 43 Gilles?Bélanger?43 ÉCRIVEZ-NOUS ! COURRIER@ITINERAIRE.CA Des lettres courtes et signées, svp ! ÉDITORIAL 7 Un enjeu social plus qu\u2019une question de sécurité Par Stéphane Berthomet, rédacteur en chef invité ROND-POINT 8 4 questions à Alexa Conradi Par Alexandra Guellil RÉGIONS 9 Comment se vit l\u2019itinérance à Dolbeau-Mistassini ?Par Chelsie Savard, intervenante Centre l\u2019ArrimAge ROND-POINT INTERNATIONAL 10 COMPTES À RENDRE 20 Les jeunes contre les vieux Par Ianik Marcil, économiste indépendant MOT DU RAPSIM 21 Travailler dans l\u2019ombre Par Amélie Panneton, organisatrice communautaire au RAPSIM SANTÉ 22 Comment sont testés les produits cosmétiques ?Par?Jo?Redwitch INTERNATIONAL NEWS 30 Reform as resistance By?Adam?Sennott?-?Real?Change CARREFOUR 32 LITTÉRATURE 34 Salon du livre - plus qu\u2019un centre d\u2019achat Avec Josée Cardinal ÉCRITURE 37 Fanny Britt, une auteure engagée Avec Marc Sénécal LIRE & VOIR 39 La police en histoires Par Stéphane Berthomet VIE DE QUARTIER 40 Frontière entre Saint-Michel et Sault-au-Récollet Par?Robert?Ménard?BD 42 Par?Isabelle?Raymond DÉTENTE 44 À PROPOS DE LA SÉCURITÉ 46 Par Diane Curadeau Antoine Page 8 Une?erreur?de?formulation?a?été?faite?dans?notre?édition?du?15?octobre?2017,?en?page?8?dans?l\u2019entrevue?avec?Bernard?St-Jacques.?En?réponse?à?la?question?2,?il?aurait?fallu?lire :?« Ce qui est positif, c\u2019est qu\u2019il y a eu une reconnaissance, que l\u2019on n\u2019a jamais eu autant d\u2019élus municipaux à s\u2019entendre sur une telle mesure.On a quand même rejoint 18 élus à travers le territoire qui se sont réunis, qui ne se sont pas obstinés et qui ont quand même réussi à s\u2019entendre sans trop de filtres ».?De?plus,?le?directeur?général?de?la?Clinique?Droits?Devant précise que lorsqu\u2019il parle de l\u2019application, notamment dans?la?question?4,?il?s\u2019agit?de?celle?de?la?réglementation?et?non?de?l\u2019ensemble?des?mesures.?L\u2019exemple?de?la?STM?fait?donc?référence?au?fait?que?l\u2019on?peut?certes?changer?les?règlements,?mais?aussi?que l\u2019on peut travailler à l\u2019application de ces derniers, travailler à une alternative au recours des contraventions en allant à la rencontre?des?citoyens?qui?sont?des?plaignants?potentiels?et?par?la?sensibilisation.Toutes nos excuses au concerné pour ces erreurs.Pages 14-15 Une erreur s\u2019est produite en pages?14-15?de?notre?édition?du?15?octobre?2017,?le?nom?exact de l\u2019intervenante cité est Mme Kuyken Kerstin et non Mme Kerstin Kuyken comme mentionné.Toutes nos excuses.DOSSIER SPÉCIAL POLICE \u2022 Quelle?police?voulons-nous ?Par Stéphane Berthomet, rédacteur en chef invité \u2022 Les quatre types de corps de police \u2022 Services de police Une?image?populaire?complexe?\u2022 Métier de policier - Jeune désillusionné \u2022 Comment?les?policiers?sont-ils?formés?ENTREVUE?\u2022 La?police?de?Fady?Dagher?Par Alexandra Guellil De plus en plus de Québécois hésitent à confier?leur?enfant?au?système?scolaire?public?ou privé.L\u2019Itinéraire?fait?le?point?sur?la?non-scolarisation qu\u2019on appelle aussi unschooling.Notre camelot-rédacteur explique comment?Québec?s\u2019apprête?à?épingler?ceux?qui?s\u2019adonnent?à?cette?forme?particulière?d\u2019école buissonnière.Il discute aussi avec deux chercheurs universitaires qui se sont penchés sur la question.Par Mostapha Lotfi UNSCHOOLING 26 ERRATUM Les camelots sont des travailleurs autonomes.50 % du prix de vente du magazine leur revient.SOMMAIRE 15 novembre 2017 Volume XXIV, no 22 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : __l__l__ - __l__l__ Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Pour rejoindre notre service aux donateurs : 514 597-0238, poste 240 dominique.racine@itineraire.ca Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site www.itineraire.ca No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : \u2022 DONS \u2022 CARTES-REPAS \u2022 ABONNEMENT Oui, j\u2019appuie L\u2019Itinéraire : publicité la mort de Patrick Limoges, un passant mortellement atteint par une balle tirée lors d\u2019une intervention policière, « d\u2019incroyable malchance ».Mais en devenant de plus en plus encadré et organisé autour de techniques destinées à garder la maitrise de la situation le modèle d\u2019intervention des corps policiers semble s\u2019être insidieusement éloigné de son objectif premier qui était de résoudre une situation conflictuelle sans que le policier ni qu\u2019un citoyen ne soient blessés.En créant un modèle d\u2019intervention basé sur un rapport de force de plus en plus direct, on prend ainsi le risque de placer le policier dans la position de privilégier sa sécurité et celle de ses collègues au détriment de celle du citoyen.Or, l\u2019objectif d\u2019une intervention policière n\u2019est pas de créer une source de danger pour le citoyen, mais de le protéger aussi de lui-même si besoin\u2026 Et, dans la mesure du possible, même s\u2019il représente une source de danger potentiel.Dans le domaine des enquêtes criminelles, les techniques d\u2019interrogatoire sont essentiellement axées sur les moyens d\u2019obtenir des aveux et les techniques d\u2019enquêtes qui conduisent les policiers à participer ou organiser des actes répréhensibles pour obtenir des mises en cause de certains suspects posent aussi des questions sur la finalité de l\u2019action policière.La méthode d\u2019investigation dite Mr.Big, destinée à gagner la confiance d\u2019un suspect par la création d\u2019un réseau criminel fictif, pousse loin les limites de ce qu\u2019un corps policier peut légalement faire tout en respectant le lien de confiance minimal entre les citoyens et le système de justice.S\u2019interroger sur le rôle autant que les techniques Les moyens mis en œuvre au quotidien par les différents corps policiers du pays ne sont que la partie émergée de l\u2019iceberg policier.Ils en sont la part visible et matérielle et nous ramènent à cette question centrale : jusqu\u2019où un policier doit-il considérer un suspect ou un manifestant comme un ennemi de l\u2019intérieur ?C\u2019est en répondant à cette question bien plus large et plus complexe que celle de telle ou telle méthode policière que nous pourrions faire le choix du modèle de police que nous souhaitons voir demeurer au sein de nos sociétés.L\u2019activité des corps policiers et l\u2019application de la loi ne cesseront jamais de diviser juristes, sociologues, défenseurs des droits et libertés et citoyens qui ont eu un jour affaire à la police.Pour certains même, dans l\u2019idéal, l\u2019existence de la police ne devrait pas être nécessaire.Je crois cependant que, que ce soit dans l\u2019exercice des missions de sécurité publique ou pour les enquêtes criminelles, nous aurons toujours besoin de la police.Mais de quelle police ?Il y a quelques mois, j\u2019ai été frappé par la simplicité et la justesse d\u2019une citation de la professeure Ana Muniz de l\u2019université de Californie à Irvine, qui résumait cette interrogation en une phrase : « L\u2019armée est supposée défendre le territoire contre des ennemis extérieurs, ce qui n\u2019est pas la mission de la police qui, elle, n\u2019est pas supposée voir la population comme un ennemi extérieur ».J\u2019ajouterai que la police n\u2019est pas non plus supposée voir les citoyens comme un potentiel ennemi intérieur.On touche ici, il me semble, au cœur de la question que l\u2019on ne se pose pas assez souvent au sujet de l\u2019activité des corps policiers, que l\u2019on interroge plus sur des questions de recrutement, de moyens ou de structures qu\u2019au niveau de la philosophie même de l\u2019action policière.Les principes qui sous-tendent la méthode Dans le domaine de la sécurité publique, j\u2019ai constaté en analysant les interventions policières qui avaient mal tourné, comme celles impliquant Mario Hamel et Patrick Limoges, Sammy Yatim, Pierre Coriolan, ou encore Alain Magloire pour ne nommer que celles-là, que c\u2019était le modèle même de l\u2019intervention policière qui conduisait, dans des circonstances exceptionnelles certes, mais gravissimes, à ce que la situation se termine de façon mortelle pour des citoyens.Dans la plupart des cas de citoyens tués par la police, les policiers ont suivi les procédures et ont appliqué ce qui leur a été enseigné à l\u2019école de police.Le modèle d\u2019emploi de la force a été respecté, disent les experts lors des enquêtes qui ont suivi certains de ces décès.Et je me souviens encore du titre d\u2019un journal qui qualifiait Rôle de la police Un enjeu social plus qu\u2019une question de sécurité * Stéphane Berthomet est spécialiste des affaires policières et auteur du livre « Enquête sur la police » 7 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?C H R I S T I N N E ?M U S C H I / R E U T E R S - I N S P PAR STÉPHANE BERTHOMET RÉDACTEUR EN CHEF INVITÉ ÉDITORIAL P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A questions à Alexa Conradi 4 leur expérience avec la violence sexuelle.Le même exercice s\u2019est d\u2019ailleurs récemment reproduit pour l\u2019affaire Weinstein avec le mot-clic #metoo ou #moiaussi, en français.On a pu voir avec ces exercices que les femmes subissaient encore des violences alors que la société préfère le déni.En observant nos institutions, on peut constater un silence et une banalisation de cette culture.Il y a donc un problème systémique et cela tombe dans nos angles morts parce que c\u2019est douloureux de voir à quel point nos relations sont marquées par la violence.De plus, il y a des intérêts à maintenir le système en place.En second lieu, j\u2019ai été confrontée au rapport du Québec avec l\u2019islam, les femmes voilées et la religiosité.Il y a un racisme anti-musulman qui s\u2019est exprimé à travers la peur du retour du religieux, sans que nous fassions toujours les distinctions nécessaires entre l\u2019époque de la Grande Noirceur et celle d\u2019aujourd\u2019hui avec le foulard.Il y a encore de nombreux préjugés et de l\u2019intolérance vis-à-vis de l\u2019islam qui sont liés à une méconnaissance.Notre façon de parler de ces religions est ultra-émotive et cela mène à des controverses incroyables.Pour quelle raison la question des droits des femmes est-elle omniprésente dès que l\u2019on se questionne sur la société québécoise ?Les femmes ont connu ici une grande oppression.Le changement est arrivé de haute lutte.La peur de perdre des acquis est très forte dans la mesure où, comme le disait Simone de Beauvoir, « il suffira d\u2019une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question ».Le Québec avec ses politiques d\u2019austérité ne fait qu\u2019empiéter sur les gains faits depuis quarante ans.En parallèle, en raison du statut de peuple colonisé/ colonisateur, il y a une tendance, lorsque Féministe engagée, Alexa Conradi signe un essai coup-de-poing sur ces sujets qui font détourner le regard.L\u2019ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec s\u2019est aussi fait connaître en raison de son engagement envers Québec solidaire et ses prises de position dans le milieu communautaire et social.Dès les premières pages, vous affirmez que « le Québec aime beaucoup ses lunettes roses » parce qu\u2019elles lui permettent « de valoriser son image de société égalitaire, accueillante, juste et non violente ».Quels sont les exemples dans l\u2019actualité qui expliquent votre position ?L\u2019Assemblée nationale a jugé l\u2019égalité une valeur centrale du Québec au point de l\u2019inscrire dans le préambule de la Charte des droits et libertés.Néanmoins, cette profession de foi envers l\u2019égalité ne s\u2019est pas traduite par la reconnaissance des inégalités qui persistent.Qu\u2019il s\u2019agisse des salaires ou du harcèlement sexuel en milieu de travail, la situation des femmes stagne sans que cela ne se traduise par un réel engagement.Pour comprendre l\u2019inaction gouvernementale, malgré cette affirmation, il faut se rappeler le contexte.Il y a eu mobilisation sociale et politique pour dire qu\u2019il fallait défendre l\u2019égalité contre l\u2019immigration, jugée souvent porteuse de valeurs rétrogrades.L\u2019appui à l\u2019égalité est une opération défensive qui permettait au gouvernement de ne rien faire sur le plan de l\u2019égalité, tout en stigmatisant les immigrants.On a instrumentalisé le féminisme pour créer un « nous » et un « eux ».Vous dites vouloir comprendre les tensions qui ont jalonné votre parcours.De quelles tensions parlez-vous ?En premier lieu, je parlerai de la culture du viol.Pourquoi est-ce si difficile de reconnaître que nous sommes face à un phénomène social de grande ampleur ?Avec l\u2019affaire Ghomeshi et dans la foulée du mouvement #agressionnondenoncée, plusieurs ont pris le risque de faire connaître l\u2019insécurité nous prend, à identifier des boucs émissaires étrangers.Depuis la crise des accommodements raisonnables, le traitement que les immigrants réserveraient aux femmes est au cœur du débat public.On voit cette tendance dans d\u2019autres pays.Il faut défendre nos femmes des étrangers (injustement) vus comme des barbares.Ainsi, on se met en mode défensif.C\u2019est donc souvent autour de la question des droits des femmes que le débat sur l\u2019immigration se fait.Ces débats ne sont pas sans rappeler la tendance occidentale à vouloir « sauver les femmes ».Cette attitude s\u2019inscrit dans les rapports coloniaux entre, par exemple, la France et le monde arabe.Présenter le féminisme comme un cadeau de l\u2019Occident efface les mouvements féministes arabes et autres en plus de nous placer dans un rapport de supériorité.Comment expliquez-vous ce déni dès que l\u2019on parle de certains sujets au Québec ?Il y a des dénis qui appartiennent à toute société, comme à tout humain.On n\u2019a pas envie de voir ce qui est inconfortable.On a généralement tendance à favoriser la recherche du confort, c\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle on veut que la vie ordinaire prenne le dessus sur les grands débats.Examiner où se situent les injustices peut rendre inconfortable parce que cela renvoie au rôle que l\u2019on y joue.À côté de cela, il y a toute cette insécurité identitaire propre à la société québécoise, un sujet que j\u2019aborde dans ce livre avec tendresse et esprit critique.Avec ce livre, je cherche à dire qu\u2019il faut qu\u2019on prenne notre courage à deux mains et qu\u2019on se questionne autrement : à la place de réagir constamment à l\u2019inconfort, il faut le comprendre, le regarder.À travers un tel processus, il y a un potentiel de transformation sociale et une possibilité de liberté pour tous à la clé.Mais, en faisant semblant que tout est beau dans le meilleur des mondes, que le racisme systémique ou les inégalités sociales n\u2019existent pas, on participe à une certaine crispation qui ne ferait que nourrir les inquiétudes pour l\u2019avenir.Essai Les angles morts Perspectives sur le Québec actuel Alexa Conradi Éditions du remue-ménage 2017, 230 pages 8 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 ROND-POINT PAR ALEXANDRA GUELLIL avoir un suivi avec un intervenant pendant un an.En contrepartie, elle pourra bénéficier d\u2019une aide financière pour du mobilier, de l\u2019épicerie et le loyer.Certains utilisent cette opportunité pour se sortir de ce gouffre tandis que d\u2019autres retourneront dans ce milieu, parce que c\u2019est tout ce qu\u2019ils connaissent.Belle réussite Bien entendu, des réussites il y en a ! C\u2019est le cas de Michel Lavoie, un homme avec qui j\u2019ai eu la chance de travailler au tout début du programme.Il témoigne : « C\u2019est le 20 novembre 2015 que j\u2019ai fait ma première rencontre avec Chelsie.C\u2019est ma travailleuse de rue qui m\u2019avait référé à l\u2019Arri- mAge.Cette rencontre-là, ç\u2019a été comme une claque dans la face.À ce moment-là, j\u2019étais tout mélangé.J\u2019avais l\u2019 impression que le ciel venait de me tomber sur la tête, dit Michel.Il faut dire que ça faisait déjà un bout que ça n\u2019allait pas bien, mais c\u2019est là que j\u2019ai enfin réalisé dans quoi je m\u2019étais enfoncé.» Les dernières années se résumaient à des mauvaises fréquentations, des relations amoureuses malsaines, des congédiements, des problèmes d\u2019agressivité, une consommation élevée d\u2019alcool, des problèmes de jeux, du squattage etc.« Je ne prenais plus rien au sérieux, ma vie n\u2019avait plus de sens.Je m\u2019étais déjà présenté à l\u2019Arri- mAge, mais j\u2019étais tellement dans le déni, que je n\u2019ai jamais osé franchir la porte », avoue-t-il.Michel était convaincu qu\u2019il pouvait s\u2019en sortir seul.C\u2019est suite à une chicane avec la mère de ses enfants, qui a appelé la police, qu\u2019il a décidé de prendre sa vie en main.« Là, j\u2019en avais réellement assez.Au fil des rencontres, j\u2019apprenais à accepter les choix que j\u2019avais faits, que c\u2019était un jour nouveau et que je pouvais enfin me construire un avenir.» Très vite, les choses se sont placées, Michel a eu son appartement en janvier 2016 et en février il débutait ses démarches pour réintégrer le marché du travail.« Aujourd\u2019hui, j\u2019ai un travail de livreur que j\u2019aime, je vois l\u2019 impact positif que mon rétablissement a eu sur mon entourage, je suis confiant des choix que je fais et je sais vivre avec mes petits démons du passé.Ce n\u2019est pas facile demander de l\u2019aide, mais c\u2019est certainement le plus beau cadeau que j\u2019ai pu me faire ! » Si des gens comme Michel s\u2019en sont sortis, d\u2019autres sont retournés en situation d\u2019itinérance.Cependant, je crois que le service a pu leur apporter de petites réussites qu\u2019ils sauront, un jour ou l\u2019autre, utiliser à bon escient.L\u2019itinérance à Dolbeau-Mistassini se vit très différemment des grands centres comme Québec, Montréal et même Saguenay.On parle d\u2019une itinérance cachée et encore méconnue.Bien des habitants de la place sont encore surpris que des gens vivent de cette façon ici.La moyenne d\u2019âge des personnes vivant en situation d\u2019itinérance est d\u2019environ 35 ans et touche autant d\u2019hommes que de femmes.Il est rare de voir des gens mendier dans les rues ou dormir dans les parcs, par ici.Vous verrez plutôt des appartements ou des maisons de chambres surpeuplés, des gens vivre dans des roulottes cachées au fond des bois une partie de l\u2019année, des gens qui iront d\u2019un appartement à l\u2019autre en échange de faveurs, etc.Comme la région possède un seul hébergement en itinérance et peu de logements sociaux, ceux-ci doivent se débrouiller du mieux qu\u2019ils peuvent pour passer leurs nuits à l\u2019abri.En été, le camping peut être une option, mais en plein hiver, sans réseau social et sans le sou, il ne reste que bien peu de choix.Dans un milieu aussi petit que le nôtre, tout le monde se connaît et les chances de vouloir repartir à zéro sont rares.Souvent, des propriétaires se sont déjà forgé une opinion selon des ouï-dire sans laisser à la personne l\u2019opportunité de se rattraper, ce qui désavantage énormément les participants dans leur processus de rétablissement.Vaut mieux prévenir D\u2019où l\u2019intérêt d\u2019avoir un service pour prévenir l\u2019itinérance dans la région tel qu\u2019APPART+.Le CSM l\u2019ArrimAge regroupe un ensemble très complet de services (centre de jour, intégration au travail, pair aidant, soutien au logement, etc.).Les personnes que je vois dans mon bureau sont de jeunes adultes, souvent judiciarisés, toxicomanes, ayant des problèmes de santé mentale, qui arrivent à un point tournant de leur vie.Vivant cette situation depuis un certain temps, ils décident enfin qu\u2019ils en ont assez et viennent chercher du support pour s\u2019en sortir.Le programme APPART+ vise à prévenir et mettre un terme à l\u2019iti- nérance.Pour y adhérer, la personne doit, sur une base volontaire, Dolbeau-Mistassini Comment se vit l\u2019itinérance à Dolbeau-Mistassini ?PAR CHELSIE SAVARD \u2013 INTERVENANTE AU CENTRE DE SANTÉ MENTALE L\u2019ARRIMAGE ET RESPONSABLE DU SERVICE APPART + P H O T O S : ?B A R B A R A ?B O U C H A R D 9 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA RÉGIONS Chelsie Savard, intervenante avec Michel Lavoie, un usager de l\u2019ArrimAge L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau?International?des?Journaux?de?Rue?-?INSP).?Le?réseau?apporte?son?soutien?à?près?de?120?journaux?de?rue?dans?35?pays?sur?six?continents.?Plus?de?250?000?sans-abri?ont?vu?leur?vie?changer?grâce?à?la?vente?de?journaux?de?rue.?Le?contenu?de?ces?pages?nous?a?été?relayé?par?nos?collègues?à?travers?le?monde.?Pour?en?savoir?plus,?visitez?www.street-papers.org.TRADUCTION :?LA?RÉDACTION PÉROU | Y-a-t-il un médecin \u2026 à 3000 mètres d\u2019altitude ?Si vous trouvez difficile d\u2019obtenir un rendez-vous chez le médecin, imaginez ce que c\u2019est pour les habitants de Porcón dans la région de Cajamarca au Pérou.Les gens de ce village isolé, accroché en flanc de montagne à très haute altitude vivent avec la crainte de ne pas pouvoir être soignés en cas de maladie.De temps en temps, un groupe de bénévoles, qui se rend en autobus aussi loin que la route le permet, doit grimper les deux kilomètres restants à pied sur un chemin tortueux, où les faux pas ne pardonnent pas, pour offrir des soins de santé de base.À Porcón, un taux élevé d\u2019hypertension et de surpoids inquiète.Beaucoup souffrent de diabète sans le savoir et ignorent tout des méthodes de prévention.Si dans les villes, 89,1% des naissances sont assistées par des professionnels, dans les régions rurales, seules 42,9 % le sont, entraînant un taux élevé de mortalité infantile, soit près de la moitié de plus que celui des villes.La pauvreté, la sédentarité et l\u2019obésité dont souffrent 42 % des habitants sont les causes des principales maladies.(Inter Press Service / INSP.ngo) THAÏLANDE | Des adieux au « roi du peuple » Un an après sa mort, des milliers de Thaïlandais ont rendu hommage à leur roi Bhumibol Adulyadej, dont le culte est cadré par les forces militaires au pouvoir.Respecté et aimé par son peuple, ce roi aura aidé à façonner cette nation d\u2019Asie du Sud-Est.Des centaines de milliers de personnes étaient au rendez-vous près du Grand Palais de Bangkok, gardé par 78 000 policiers.Si le Premier ministre Prayuth Chan-Ocha a annoncé que des élections nationales se tiendront l\u2019année prochaine, il a tout de même rappelé les politiciens et partis politiques à l\u2019ordre en précisant que « le mois d\u2019octobre [était] une période triste ».Selon un analyste thaïlandais, le roi représentait à bien des égards la Thaïlande.Sa mort laisse donc un « énorme vide » dans l\u2019esprit des Thaïlandais.Le roi Bhumibol Adulyadej sera remplacé par son fils, le roi Maha Vajiralongkorn, ou Rama X.(Reuters/INSP) MEXIQUE | Seuls et sans rien Après le tremblement de terre dévastateur au Mexique, des milliers de Mexicains se demandent s\u2019ils pourront reconstruire leurs maisons et leurs vies.Les débris sont tout ce qui leur reste à la suite du séisme qui a frappé Mexico en septembre.Au moins 369 personnes sont mortes dans le tremblement de terre de magnitude 7,1 qui a frappé le centre du pays, causant plus de ravages dans la capitale que celui de 1985 qui avait tué des milliers de personnes.Certaines maisons ont simplement été rasées par le mouvement tectonique.On estime les dommages à plusieurs milliards de dollars.« J\u2019ai tout perdu », a déclaré Ana Maria Hernandez, 37 ans, une travailleuse du sexe que les secouristes ont dégagé des décombres à Jojutla de Juarez, dans l\u2019État de Morelos.Réfugiée chez un parent, elle espère que les maisons détruites seront finalement reconstruites.Mais l\u2019incertitude subsiste.Avec ses murs arrachés et son contenu éparpillé à l\u2019extérieur, la maison de Maria Guzman, une femme de 70 ans à San Jose Platanar dans l\u2019État de Puebla, a été complètement ruinée par le séisme, la forçant à se réfugier dans un abri.« La chose la plus précieuse que j\u2019ai récupérée est la photo de mon jour de mariage », a-t-elle déclaré.( Reuters / INSP.ngo ) P H O T O ? : ?A N D R E A ?V A L E - I P S P H O T O ? : ?E D G A R D ?G A R R I D O - R E U T E R S P H O T O ? : ?A T H I T ?P E R A W O N G M E T H A - R E U T E R S 10 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA ROND-POINT INTERNATIONAL JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PROMENADE MASSON YVES MANSEAU CAMELOT SAINT-JÉRÔME 11 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS Mon journal personnel Extrait de mon journal, mardi le 2 octobre 2017, 5 h 52, Saint-Jérôme.Un beau matin.Pas très inspiré, mais je ressens la vie se débattre en moi.Ça se bouscule, hier, aujourd\u2019hui, demain.Regrets, bonnes intentions, visions, expectations, craintes.Bon, chu content d\u2019être en vie, une grande respiration, pis on plonge.Tiens, je vais mettre ma vieille reguingotte de jardinier puis je vais arroser à la Place de la solidarité.On n\u2019a jamais vu une sécheresse pareille en octobre, à l\u2019automne les plantes ont besoin de beaucoup d\u2019eau afin de renforcer leurs racines avant l\u2019hiver.C\u2019est ce qui me semble prioritaire pour aujourd\u2019hui.En plus je vais sentir les plantes jouir une fois qu\u2019elles vont baigner dans l\u2019eau, j\u2019adore cela.C\u2019est déjà la joie de me lever avec le goût, l\u2019énergie et la disponibilité d\u2019aller prendre soin de ce jardin à un moment justement aride de ma semaine.Une façon de prendre aussi soin de mon jardin intérieur.C\u2019est le fun la retraite, faire ce qu\u2019on veut, comme on veut, quand on veut, tandis qu\u2019on peut.Allez-hop ! J\u2019y vais et « je frappe dans la vie à grands coups d\u2019amour, toujours vivant », comme disait mon ami Gerry Boulet.Ah oui ! Après je ferai des mots de camelots pour L\u2019Itinéraire.La patronne nous dit qu\u2019ils en ont toujours besoin.À l\u2019œuvre ! L\u2019incipit Voilà de quoi meubler mes nuits blanches.Fort heureusement je n\u2019ai pas à subir les agressions constantes et irritantes de cette bébelle qui constamment, et avec insistance, nous rappelle le temps qui passe, qui fige parfois au tic-tac près.Ça fait du bruit pis ça m\u2019énerve.L\u2019essentiel pour moi, par ces soirs d\u2019insomnie, c\u2019est d\u2019être installé confortablement dans mon lit douillet avec un bon livre.Je ne veux pas faire l\u2019effort de choisir.Je laisse le hasard faire son œuvre.Je me laisse choisir.Les premières pages vont être déterminantes.Les premiers mots encore plus.Je ne vais certainement pas m\u2019obliger à indulger les 50 premières pages d\u2019un quelconque bouquin avant de me sentir escroqué.L\u2019incipit prend tout son sens.Attiser ma curiosité, combler mon vide sinueux.L\u2019incipit doit posséder cette force de frappe, ce pouvoir de séduction, cette capacité dès ses premiers mots de m\u2019accrocher à ma lecture.Je ne supporterai jamais le calvaire d\u2019une mauvaise entrée en la matière.C\u2019est pire que la provocation d\u2019une horloge coucou.Il n\u2019existe malheureusement aucune garantie contre le vagabondage.L\u2019écrivain se doit d\u2019être à la hauteur de mes attentes.J\u2019peux très facilement trébucher en cours de lecture et me retrouver prisonnier de tous ces mots sans avenir, enfoui sous une tonne de lettres.Avec un peu de chance, il y aura des « T » sur lesquels me hisser et fuir la médiocrité.Assoiffé du contraire, j\u2019applique l\u2019incipit à toutes les sauces.Personne n\u2019a à subir les conversations inutiles, les mauvaises partitions.L\u2019incipit demeure une force, un pouvoir d\u2019attraction, un rapport de partage.Pas une insulte à mon intégrité.P.S.Mon client Gilles a inspiré ce billet.Aider à se perdre C\u2019est incompréhensible.Et pourtant, j\u2019ai une tête sur les épaules.Mais certaines situations me dépassent largement.Surtout quand les côtés humain et affectif s\u2019en mêlent.Toute mon âme et tout mon être se trouvent grandement affectés.J\u2019ai tenté d\u2019aider quelqu\u2019un.Et j\u2019ai très peur de couler avec cela.Je tente d\u2019aider une fille toxicomane.J\u2019ignorais totalement l\u2019ampleur de la situation.Je la connaissais un peu, sans trop savoir dans quoi je m\u2019embarquais.J\u2019ai appris et compris très vite son mode de vie démentiel.De la manipulation afin de poursuivre son rythme de vie.C\u2019est sa consommation qui importe.J\u2019ai résisté quelques temps lorsqu\u2019elle tentait de me rejoindre par téléphone malgré les conditions de la cour.J\u2019ai accepté ensuite d\u2019être en contact malgré cela.Je me suis dit qu\u2019elle avait plus besoin qu\u2019on lui tende la main et que très peu de gens l\u2019ont fait.Je constatais qu\u2019elle a un « bon fond ».Je fais donc mon possible dans les circonstances.Je fais de mon mieux pour qu\u2019elle se sorte de sa situation.Plus le temps passe, plus je constate la profondeur de sa réalité.Je dois quand même reconnaître mon côté de dépendant affectif.Je continue malgré tout de l\u2019aider selon mes capacités.Sauf que cela me demande beaucoup d\u2019énergie et de temps.Je réalise aussi qu\u2019elle continue son rythme de vie sans vraiment se décider à s\u2019en sortir.Je suis fatigué de tendre la main alors que rien n\u2019avance.Je trouve dommage qu\u2019une personne continue ainsi à se détruire.Surtout quand on tente de l\u2019aider et d\u2019essayer de l\u2019encourager pour se sortir de cet enfer.C\u2019est certain que si j\u2019avais touché aux drogues, je ne serais pas mieux moi-même.J\u2019espère qu\u2019elle s\u2019en sortira un jour avant qu\u2019il ne soit vraiment trop tard.FRANCK LAMBERT CAMELOT MONT-ROYAL / SAINT-LAURENT ET MÉTRO FRONTENAC Après les différents événements qui ont mis à mal l\u2019image de plusieurs corps policiers au Québec, nombreux sont ceux et celles qui s\u2019interrogent sur ce qu\u2019il faudrait faire pour améliorer la qualité des services offerts par les corps policiers au pays.Cette question n\u2019a rien de spécifique au Québec ni même au Canada.Elle est aussi en première ligne des préoccupations de nombreux autres pays aux prises avec de graves problèmes de criminalité ou qui font face à la menace du terrorisme.Beaucoup pensent qu\u2019il s\u2019agit avant tout d\u2019une question de moyens qui passe surtout par la mise en place de nouvelles structures ou de services plus adaptés, comme la police de quartier ou « police de proximité » comme on l\u2019appelle en France.Il est en effet assez logique de penser que plus les policiers disposent de moyens légaux et matériels, plus ils sont à même de bien remplir leur mission.Mais quelle est cette mission ?Selon le site du SPVM, les trois valeurs fondamentales du service sont : le respect, l\u2019intégrité et l\u2019engagement. Si l\u2019engagement de l\u2019immense majorité des policiers et policières dans ce métier aussi difficile moralement que physiquement est incontestable, les récents événements nous ont cependant démontré que la notion d\u2019intégrité est indiscutablement un point à améliorer.Reste le respect, celui des règles pro- cédurales et des règles d\u2019emploi de la force, mais peut-être surtout le respect quotidien des citoyens qui ne doivent pas être vus par les policiers comme des « ennemis de l\u2019intérieur ».C\u2019est un travail qui ne peut être mené en surface, comme en témoigne ce dossier.On y aborde d\u2019ailleurs les différentes facettes de ce que devront surmonter les corps policiers qui veulent faire face aux enjeux incroyablement complexes des années à venir pour être, rester ou devenir les acteurs bienveillants de la noble et très ambitieuse devise « Protéger et servir ».spécialiste des affaires policières et auteur du livre « Enquête sur la police » Stéphane Berthomet Rédacteur en chef invité Les de police types de corps Gendarmerie royale du Canada (GRC) Les corps de police autochtones Les corps de police municipaux (CPM) Sûreté du Québec (SQ) 13 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA Source : Ministère de la Sécurité publique La Gendarmerie royale du Canada (GRC) relève de Sécurité publique Canada.Elle assure des services sur trois territoires et huit provinces (hors Québec et Ontario), 190 municipalités, 65 collectivités autochtones et les aéroports nationaux et internationaux.Mission sur la scène internationale : sélection, formation et déploiement de policiers canadiens aux missions de paix.Maintenir un réseau d\u2019agents de liaison dans le monde.Rôles : Lutte contre le crime organisé, lutte contre le terrorisme et les actes criminels liés au trafic de drogues, lutte contre les crimes économiques, lutte contre les délits portant atteinte à l\u2019intégrité des frontières nationales.Protection des personnalités de marque, y compris le premier ministre et les dignitaires étrangers.Les corps de police autochtones sont généralement constitués sur des ententes tripartites entre un conseil de bande et les gouvernements du Québec et du Canada.Les communautés autochtones sont desservies par des corps de police tels que le stipulent les articles 90 à 102 de la Loi sur la police.S\u2019il y a 55 communautés autochtones au Québec, seules 51 d\u2019entre elles sont visées par des ententes sur la prestation des services policiers.Mission : Maintenir la paix, l\u2019ordre et la sécurité publique sur le territoire sur lequel ils ont juridiction, prévenir et réprimer le crime ainsi que les infractions aux lois et aux règlements applicables sur ce territoire et en rechercher les auteurs.Assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, veiller à la sauvegarde des droits et libertés, respecter les victimes, être attentif et apporter du soutien à la communauté.Les corps de police municipaux (CPM) (ex : SPVM, SPAL, SPL ou SPVQ) relèvent des autorités municipales.L\u2019organisation et l\u2019effectif minimal sont préalablement approuvés par le ministre de la Sécurité publique.Mission : maintenir la paix, l\u2019ordre et la sécurité publique, prévenir et réprimer le crime et les infractions aux lois et aux règlements municipaux, rechercher les auteurs de crimes et d\u2019infractions.La Sûreté du Québec (SQ) assume un rôle complémentaire auprès de la police municipale et des corps de police autochtones sur l\u2019ensemble du territoire national et des municipalités qu\u2019elle dessert.Elle agit sous l\u2019autorité du ministre de la Sécurité publique.Au Québec, chaque municipalité est desservie par un corps de police municipal ou par la Sûreté du Québec.Mission : maintenir la paix et l\u2019ordre public, la préservation de la vie, la sécurité et les droits fondamentaux des personnes ainsi que la protection de leurs biens.Peut coordonner des opérations policières d\u2019envergure, contribue à l\u2019intégrité des institutions étatiques et assure la sécurité des réseaux de transports relevant du Québec. Qu\u2019elle soit jugée positive ou négative, l\u2019efficacité des services de police est souvent remise en question à chaque bavure et acte manqué.Alexandre Popovic collectionne les demandes d\u2019accès à l\u2019information auprès des différents services de police.Le militant est engagé sur les questions de profilage social et racial et de brutalité policière.Cet intérêt remonte à sa première arrestation lors d\u2019une manifestation en 1995, quand il a perdu le droit de manifester après cinq jours de détention.« J\u2019ai brisé la condition et je me suis fait arrêter plusieurs fois.C\u2019est comme cela qu\u2019est né le Collectif opposé à la violence policière où j\u2019ai travaillé pendant dix ans avant de faire une pause en 2005.» Trois ans après, Alexandre Popovic est touché par la mort de Freddy Villanueva, un jeune homme de Montréal-Nord sans antécédents judiciaires abattu lors d\u2019une intervention policière, et s\u2019engage pour aider les proches en créant la Coalition contre la répression et les abus policiers.L\u2019engagement citoyen de l\u2019homme semble motivé par le besoin de justice.S\u2019ajoutent les cas de Mario Hamel et Alain Magloire qui mettent le projecteur sur les actions à poser avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale.« La formation RIC (réponses en intervention de crise), s\u2019est inspirée du modèle de Mansfield.C\u2019est vrai qu\u2019après leur mise en place, le nombre de personnes en crise blessées ou tuées par la police a chuté drasti- quement », admet-il en jugeant tout de même le retard de Montréal comparé aux autres villes d\u2019Amérique du Nord.M.Popovic dénonce les étiquettes que certains services de police apposent sur d\u2019autres personnes.« Il y a un esprit de corps qui catalogue trop souvent à tort des personnes jugées soit anti-police ou carré-rouge si on se souvient du printemps érable », estime le militant.Il explique qu\u2019avec l\u2019état actuel de la société, soit « un milieu urbain où les voisins ne se connaissent pas entre eux », les services de police sont nécessaires.Et si nécessité il y a, « il faut trouver d\u2019autres approches, rétablir le débat sur des sujets comme l\u2019armement des policiers patrouilleurs ou l\u2019aide apportée aux familles des victimes tuées par des policiers », conclut-il en avançant que souvent, elles ne sont pas considérées comme telles.Rôle punitif prédominant Bernard Dagenais est très peu étonné par la vision négative à l\u2019égard des services de police.Professeur de relations publiques à l\u2019Université Laval, M.Dagenais s\u2019est intéressé de près au cas de l\u2019ex-policier de Sainte-Foy Serge Lefebvre, tristement célèbre pour avoir tué deux policiers de la SQ après avoir été pris en flagrant délit de vol.C\u2019était en 1985, à Québec.« Cet événement est l\u2019une des clés qui m\u2019a mené écrire À la recherche d\u2019une image institutionnelle positive pour la police », se souvient le chercheur.M.Dagenais a alors constaté que les volets d\u2019aide et les interventions positives ressortaient très peu dans la littérature et les rapports de police.« Le policier est souvent présenté dans une forme punitive et non pas dans l\u2019ensemble des tâches qu\u2019 il exerce », soutient-il.Il estime que la valeur hiérarchique propre à la fois aux policiers et aux militaires, fait que cette culture, est difficilement modifiable.Cela s\u2019expliquerait notamment par le rôle punitif attribué aux services de police par l\u2019État, « rôle intimement lié à la question du droit de tuer, blesser ou malmener », les policiers traineront toujours derrière eux une image peu flatteuse, voire négative.« À la question de savoir comment les policiers doivent interagir avec les personnes ayant des problèmes de santé mentale, on parle souvent de formation.Or, la triste réalité, c\u2019est que le policier n\u2019est ni plus ni moins outillé sur le phénomène que les autres partenaires, les politiciens ou l\u2019ensemble de la population », appuie le professeur.L\u2019autre point à analyser concerne la mise à l\u2019honneur du travail positif du policier.Partant du constat que les bavures font davantage les manchettes que les belles histoires, le professeur souligne que les policiers ont souvent été le bras séculaire des valeurs dominantes du moment.« On prête au policier un rôle bien souvent idéalisé et, dès qu\u2019 il y a un écart, ça prend le dessus sur l\u2019 image populaire et institutionnelle que l\u2019on a de l\u2019ensemble de la profession », ajoute M.Dagenais.Les policiers auraient aussi beaucoup servi les intérêts politiques.« Il faut se questionner sur les raisons pour lesquelles on change de chef de police lorsqu\u2019on change de gouvernement.» Il cite en exemple des abus auprès des étudiants dénoncés lors du printemps érable ou même lors de la Crise d\u2019octobre, moments clés où l\u2019image des policiers semble avoir pris un coup, en raison de la ligne à suivre qu\u2019ils avaient et qui n\u2019était, ni plus ni moins, « dictée par celle des politiques ».Loin de blâmer les policiers ou les médias, Bernard Dagenais explique enfin que tout l\u2019intérêt de la question de l\u2019image institutionnelle se situe au niveau des outils utilisés par la culture des corps de métiers concernés qui meublent un certain équilibre dans la société.Services de police Une image populaire complexe PAR ALEXANDRA GUELLIL 14 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O : ?P O L I C E O U P S Y , ?T É L É - Q U É B E C ?DÉCRYPTAGE PAR ALEXANDRA GUELLIL techniques policières.Dans ce programme d\u2019une durée moyenne de trois ans, environ 90 heures sont consacrées aux clientèles dites marginalisées, à la compréhension du phénomène de l\u2019exclusion sociale, des stéréotypes, des préjugés et à l\u2019intervention policière en situation de crise.Vient ensuite la formation offerte par l\u2019ENPQ comportant environ 485 heures, dont une trentaine spécifiques aux interventions policières auprès de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.Ancien policier du SPVM et instructeur à l\u2019ENPQ, Martin Destrempes explique que les formations liées aux interventions en santé mentale sont d\u2019abord effectuées en ligne, « pour remettre à jour les connaissances acquises au cégep » avant la tenue d\u2019un séminaire où sont expliqués « les problèmes de communication possibles et les techniques de désescalade avec les différentes clientèles ».Sans avoir d\u2019expérience, les futurs policiers sont généralement « ouverts, avec peu de préjugés » ce qui leur permet de comprendre ces mises en situation.Après la théorie, les ateliers pratiques.« Parmi les documents de référence que nous utilisons, il y a le modèle national de l\u2019emploi de la force, un tableau répertoriant les différentes composantes des interventions policières utilisées.Le premier des volets se réfère à l\u2019usage et à la pratique de la communication pour justement minimiser l\u2019emploi de la force et éviter de se rendre dans les autres options.On dit aux étudiants que 90 % à 95 % des interventions policières devraient se régler par la communication », atteste M.Destrempes.Mises en situation S\u2019ajoute à cela la mise en situation avec des personnes vulnérables, deux aspirants policiers et un instructeur où l\u2019on observe les habiletés communicationnelles du futur policier.Le tout suivi d\u2019un feedback.« On revient avec eux sur les situations qu\u2019 ils ont vécues avec l\u2019appui d\u2019organismes et de personnes ressources du milieu », ajoute le formateur.Ces activités s\u2019élaborent grâce à la rétroaction d\u2019événements qui sont déjà survenus ou des recommandations issues d\u2019enquêtes Les morts de Pierre Coriolan, Jimmy Cloutier, Mario Hamel, Alain Magloire et Farshad Mohammadi ont remis au-devant de la scène la question de la formation des policiers.Tous sont décédés après une intervention policière.Si certains d\u2019entre eux étaient sans-abri, tous étaient en détresse psychologique.Quand il a été publié en février 2016, le rapport d\u2019enquête du coroner concernant l\u2019intervention policière auprès d\u2019Alain Magloire a brisé un tabou.« L\u2019 intervention [a été] correcte, mais sans plus (\u2026) [et a révélé] deux carences importantes, soit la mauvaise communication entre les policiers et Alain Magloire et l\u2019absence de taser ou autres armes dites intermédiaires sur les lieux où les policiers en avaient besoin.» Une révision de la formation des policiers au niveau collégial et à l\u2019École nationale de police de Québec (ENPQ) avait aussi été suggérée par le coroner, notamment parce que « la mauvaise communication entre les policiers, tout particulièrement envers M.Magloire [découlait] directement de la formation donnée à ses policiers, notamment à la capacité de travailler efficacement sous un stress intense et, aussi, de l\u2019absence d\u2019une bonne formation pour faire face aux personnes atteintes de troubles mentaux ».Durée moyenne de cette intervention : deux minutes.Interrogé par nos soins en avril 2016, le psychiatre Olivier Farmer soulignait l\u2019importance des efforts effectués par les services de police, notamment avec la formation des policiers RIC (réponse en intervention policière) créée en 2012.On retiendra ses propos de l\u2019époque : « il existerait un certain fatalisme non justifié quant à la santé mentale et l\u2019 itinérance étant donné l\u2019existence des services ».Intervenir autrement Avec son documentaire Police ou psy, diffusé en août dernier, Claire Lamarche a montré l\u2019importance de comprendre le nouvel univers auquel sont quotidiennement confrontés les policiers.L\u2019intervention psychosociale est désormais une partie intégrante de leur travail.Rappelons qu\u2019avant d\u2019être admis à l\u2019ENPQ, les futurs policiers ont obtenu une formation de 1665 heures au cégep avec un DEC en Comment les policiers sont-ils formés ?15 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?P O L I C E O U P S Y , ?T É L É - Q U É B E C ?SANTÉ MENTALE publiées par le coroner en plus des conclusions des recherches du centre de recherche intégré à l\u2019école.Tout cela, « dans le but de bonifier les enseignements ».À la question de savoir si l\u2019ensemble de ces acquis permettront d\u2019éviter que des personnes vulnérables ne survivent pas à des interventions policières, M.Destrempes insiste sur le fait que son rôle est de « préparer les policiers aux meilleures pratiques policières en les mettant dans des situations de stress intense, pour leur donner d\u2019autres pistes de solution ».Il ajoute que « des personnes peuvent confronter volontairement les policiers parce qu\u2019il s\u2019agit, pour eux, de la solution ».Et, dans la plupart des cas, « l\u2019individu [l\u2019aurait] malheureusement provoqué ».En somme, si les formateurs transmettent aux étudiants des clés pour une intervention respectant « les meilleures pratiques policières », il se pourrait que d\u2019autres événements « tournent mal, parce que c\u2019est ce que recherchaient certains individus pour qui l\u2019intervention par la force était la seule solution ».Selon la chercheuse Annie Gendron, du Centre de recherche et de développement stratégique de l\u2019ENPQ, « chaque année au Québec, de trois à quatre individus sont atteints mortellement par des tirs policiers, des données comparables à celles des autres provinces canadiennes ».Notons toutefois que cette donnée ne correspond pas toujours avec celles recensées par les groupes alternatifs de défense des citoyens ainsi que certains témoignages et rapports d\u2019enquête, dénonçant notamment des pratiques policières jugées abusives.37 000 appels chaque année Dans son rapport annuel de 2015, le SPVM notait que 200 demandes de soutien et références ont été effectuées par l\u2019équipe mobile de référence et l\u2019intervention en itinérance (ÉMRII), tandis qu\u2019on estimait à 1570 le nombre d\u2019interventions à Montréal effectuées par l\u2019équipe de soutien aux urgences psychosociales (ESUP).Il faut rappeler que la même année, 169 policiers (sur 3127 au total) ont pu être formés en réponse en intervention de crise (RIC).Aussi, le nombre d\u2019appels relatifs à une personne en crise ou mentalement perturbée au 9-1-1 était pour sa part chiffré à 33 000.Autre donnée : entre le mois d\u2019août 2015 et juillet 2016, 1667 interventions ont été effectuées par l\u2019équipe d\u2019ESUP.Pour l\u2019année 2016, le SPVM dénombrait 180 policiers formés en RIC.Coordonnateur de l\u2019équipe ESUP et des agents RIC, Antonino Petrotta soutient que la stratégie d\u2019intervention fonctionne notamment en raison de l\u2019augmentation des demandes volontaires de transport à l\u2019hôpital et, de facto, de la diminution de l\u2019usage de la Loi sur la protection des personnes dont l\u2019état mental représente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, appelée aussi la Loi P-38.Pour M.Petrotta, malgré certains événements dramatiques, les binômes entre intervenants issus des milieux sanitaires, communautaires et les policiers ont fait leurs preuves depuis leur création.« Je remarque qu\u2019 il y a beaucoup plus de personnes dans la rue et sur le terrain qui ont ces types de besoins ».Une affirmation qui valide quelque part le fait que Montréal est souvent décrite comme un hôpital à ciel ouvert.« On dénombre environ 37 000 appels au 9-1-1 chaque année, cela donne lieu à un peu plus de 1600 interventions de l\u2019équipe ESUP », étaye M.Petrotta.Acheter du temps L\u2019analyse du déroulement d\u2019une intervention ne devrait cependant pas se conjuguer sans prendre en compte le temps qui lui est alloué.« Quand on intervient en équipe ESUP, cela peut durer de 30 minutes à 3 heures, dépendamment de la situation.Dès qu\u2019on arrive, il faut établir le lien, vérifier si nous connaissons la personne, discuter avec elle afin de comprendre son problème et y trouver une réponse adéquate », décrit le coordonnateur.Chaque jour, en neuf heures de travail, un policier ESUP peut effectuer entre trois à six interventions.Ces données varient en fonction des saisons de l\u2019année, puisque l\u2019automne et le début de l\u2019hiver sont des périodes décrites comme étant très chargées pendant lesquelles ils peuvent effectuer au minimum quatre interventions par jour.« En vingt ans, j\u2019ai vu une grande différence dans les interventions policières.Honnêtement, mon organisation m\u2019 impressionne dans cette approche qu\u2019elle suit », confie M.Petrotta.L\u2019ensemble des intervenants a tenu à souligner l\u2019ouverture des organisations policières et des établissements de formation.« Il ne faut pas oublier que les policiers sont sur la sellette dans ce type d\u2019 interventions qui sont immédiates.Notre marge de manœuvre réelle est infiniment petite.Les services comme ESUP ne font qu\u2019acheter du temps », conclut M.Petrotta.Toutefois, en comparant la majorité des interventions policières qui se sont soldées par la mort des personnes en détresse psychologique, certaines interrogations persistent.Dans l\u2019affaire de Pierre Coriolan, abattu en juin dernier alors qu\u2019il se trouvait chez lui, dans un immeuble géré par la Fédération des OSBL d\u2019habitation de Montréal (FOHM), l\u2019absence des équipes formées en intervention de crise a été notamment déplorée par Claudine Laurin, directrice de la FOHM, alors interrogée en juillet dernier par Le Devoir.En consultant le site du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), la seule note liée à sa mort confirmait son identité et la mise en place d\u2019un examen des circonstances de l\u2019événement.P H O T O : ?A L E X A N D R A ?G U E L L I L publicité Si vous avez répondu « vrai » à toutes ces questions, vous êtes probablement candidat(e) pour un projet de recherche au CHUM sur la prise en charge accélérée de l\u2019hépatite C Compensation: 20 $ par visite Chercheur responsable: Dre Valérie Martel-Laferrière Contactez-nous pour plus de renseignements au 514-890-8000 # 26588 Vous avez l\u2019hépatite C ?Vous ne savez pas si vous pouvez avoir accès à un traitement ?Vous vous êtes injecté au moins une fois dans la dernière année ?HÉPATITE C 16 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 Antonino Petrotta « Juste le fait de parler à la personne et de la convaincre qu\u2019elle a besoin de soins, en partant, c\u2019est un succès » PAR ALEXANDRA GUELLIL tranche.Si j\u2019avais continué, je crois que j\u2019aurais manqué d\u2019 intégrité personnelle, il y aurait eu trop de conflits avec la personne que je suis dans la vraie vie.C\u2019est comme si tu perdais une petite partie de toi-même pour la remplacer par une petite partie de l\u2019organisation », explique-t-il.Le jeune homme aurait aimé questionner l\u2019organisation policière sur certaines façons d\u2019agir.« Je comprends l\u2019aspect légal de chaque sujet, mais cela correspond uniquement à des individus qui sont capables de vivre avec cette vision des choses au quotidien », pense- t-il.Des personnalités comme son meilleur ami qui a continué sa formation.« J\u2019avais l\u2019 impression que tout était dans les apparences et cela correspond peu à ma réalité ».Effet néfaste de groupe Son année d\u2019études comportait des cours de communication, criminologie, psychologie, droit, éthique et déontologie.« On nous a appris les six piliers d\u2019éthique avec un diagramme et les actions et réactions que l\u2019on devait avoir pour ne pas mettre sa vie en danger.En entendant d\u2019autres étudiants et les professeurs, j\u2019ai eu un feeling que ce n\u2019était pas un métier pour moi, dans le sens où soit tu fais partie du groupe, soit tu n\u2019en fais tout simplement pas partie.C\u2019est ça la culture policière, soit t\u2019es in, soit t\u2019es juste out !» Emmanuel ne se souvient pas d\u2019épisodes concrets qui peuvent illustrer son malaise avec l\u2019effet de groupe et le sentiment de solidarité omniprésent.Par contre, il soutient que « cette solidarité entre partenaires, jugée comme une fraternité » peut parfois altérer le jugement et l\u2019esprit critique que devrait avoir tout membre d\u2019une organisation.« Un professeur m\u2019avait raconté qu\u2019un policier avait causé un accident pendant une ride avec son coéquipier.Ce dernier lui avait demandé de ne pas raconter la vraie version de l\u2019histoire.Le coéquipier a préféré dire la vérité et s\u2019est fait boycotter au poste.Si en cours, on t\u2019apprend à toujours respecter la loi, la culture interne peut être pesante au quotidien », illustre Emmanuel.À 22 ans, le jeune homme étudie aujourd\u2019hui dans le domaine de la biochimie.S\u2019il ne regrette pas avoir étudié quelques aspects de la profession de policier pendant cette année de formation, il est formel : ce type de métier ne convient pas à toutes les personnalités.« Cela ne signifie pas que c\u2019est une mauvaise formation ou que les policiers sont tous mauvais, ça veut juste dire qu\u2019 il est important de virer de bord si on sent que cela ne nous correspond pas », conclut-il.Emmanuel D.* est originaire du Nouveau-Brunswick.Ancien étudiant en techniques des services de police de la Cité collégiale, d\u2019Ottawa, il revient sur son année d\u2019études et les raisons qui l\u2019ont mené à abandonner sa formation.Son diplôme d\u2019études secondaires en poche, Emmanuel D.est parti à Ottawa, séduit par le discours des formateurs de la Cité collégiale d\u2019Ottawa qu\u2019il a rencontrés lors d\u2019une activité de recrutement.« Avec mon meilleur ami, on avait décidé d\u2019y aller ensemble.Je crois que faire partie un jour de la police était quelque chose qui a toujours été dans ma tête », se souvient-il.« Quand ils sont venus nous présenter la profession et le programme d\u2019études, ça n\u2019a pas pris grand-chose puisque l\u2019 intérêt était présent.Ce qui a joué un peu plus dans la balance, c\u2019est que je n\u2019étais pas seul à y aller.» À peine quelques semaines après, le jeune homme et son meilleur ami se sont mis en route pour la Capitale nationale du Canada.Le premier mois, le jeune homme a été impressionné de constater que « c\u2019était le cours qui comptait le plus d\u2019étudiants chaque année ».À la Cité collégiale, il pouvait lui arriver de travailler avec ceux qui suivaient un cours pour devenir pompier ou ambulancier.Mais, graduellement, le jeune homme a perdu de l\u2019intérêt en découvrant le métier et en imaginant sa vie future en tant que policier.« Je m\u2019attendais vraiment à ce que l\u2019on voit dans les films, aider le monde et travailler pour le bien commun.Beaucoup de mes professeurs enseignaient à temps partiel et étaient encore sur le terrain.Lorsqu\u2019 ils nous parlaient de leur quotidien, cela faisait vraiment croire que c\u2019était une vie d\u2019action », décrit-il.Perdre une partie de soi-même Quand Emmanuel s\u2019est rendu compte de la rigidité de la vie policière, il a viré de bord.Dans un de ses cours, il se souvient avoir parlé de la légalisation de la marijuana.Si son opinion actuelle en tant que citoyen est nuancée, il soutient qu\u2019en faisant partie d\u2019une force policière, « il aurait fallu être clairement contre la légalisation de la marijuana, peu importe ce que l\u2019on fait dans sa vie privée, parce qu\u2019 il s\u2019agit légalement d\u2019une drogue dangereuse ».Emmanuel avait besoin d\u2019apprendre un métier lui permettant d\u2019être lui-même, de garder un esprit critique et d\u2019avoir de réels débats sur n\u2019importe quel sujet de société.« Si tu aspires à être un futur policier, il n\u2019y a pas de débat possible.C\u2019est toujours la Loi qui Métier de policier Jeune désillusionné * Nom d\u2019emprunt 17 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA P H O T O : ?B L A I R ?G A B L E ?- ?R E U T E R S / I N S P TÉMOIGNAGE Son bureau porte le sceau des traditions orientales.Au coin droit des divans, des verres à thé marocains sont disposés aux côtés des traditionnelles tasses à café.Les murs, eux, sont ornés de mémos et réflexions réservés à son équipe de travail.Par ce décor atypique, Fady Dagher prouve qu\u2019un changement organisationnel commence par un changement de raisonnement.Directeur du Service de police de Longueuil, M.Dagher a cumulé vingt-cinq années de travail pour le SPVM.Décomplexé et franc, le Québécois d\u2019origines libanaise et ivoirienne nous confie sa vision du métier de policier.L\u2019actualité amène à se questionner sur ladite « culture policière » et l\u2019aspect déontologique de la profession.À quoi cela vous fait penser lorsqu\u2019on vous en parle ?Il y a d\u2019abord l\u2019image du combattant qui me vient en tête, du type Law and Order.Une vision en noir et blanc au lieu qu\u2019elle soit grise, c\u2019est-à- dire nuancée.Il fut un temps où la « culture policière » était un terme très technique, lié aux interventions policières.De plus en plus, malgré une certaine résistance, on se dirige vers une police à « zone grise » où tout est un peu plus complexe qu\u2019avant.Une des clés de compréhension concerne la formation des policiers.Je crois qu\u2019il y a beaucoup de choses à revoir sur le recrutement des futurs policiers et policières au cégep et à l\u2019École nationale de police.Il faut aussi s\u2019intéresser à ce qui se passe durant la formation et pendant l\u2019année d\u2019intégration.Il y a un ensemble d\u2019étapes qu\u2019il faut absolument réévaluer.Une autre clé de compréhension concerne la culture de masse de l\u2019organisation.Lorsque le policier sort de l\u2019école, il doit se mouler à cette culture de groupe.C\u2019est d\u2019ailleurs à ce moment-là que la camaraderie et la confrérie deviennent extrêmement importantes.Comment cette importance se développe-t-elle ?Lorsque vous vivez des événements particuliers lors de votre shift de travail, il y a une notion de survie qui devient extrêmement importante.Ce sentiment de camaraderie nait entre partenaires et cela fait en sorte qu\u2019ils deviennent soudés, comme des frères et des sœurs.C\u2019est donc ces événements vécus pendant le travail qui font en sorte que notre vie dépend du partenaire, de la confrérie ou du groupe.Selon la vision populaire, le policier peut être perçu comme un justicier.On présente souvent un nouvel uniforme, avec une musique digne d\u2019un film d\u2019action.Que pensez-vous de cette association ?Je dois dire que je ne m\u2019y retrouve pas quand je constate que ce métier rime souvent juste avec l\u2019action, attraper les voleurs ou les meurtriers.Je serais curieux de lire les statistiques de 2017 concernant les vols qualifiés à main armée dans une banque versus ceux relatifs aux personnes en détresse psychologique, qui ont besoin d\u2019aide, qui vivent de la violence conjugale ou qui sont victimes de harcèlement et d\u2019agressions sexuelles.Les données concernant la maltraitance des aînés sont très préoccupantes.Tout cela englobe facilement 40 % de notre travail.Si un policier est engagé sur la musique du combattant en se prenant pour le justicier du crime, il se retrouvera sans doute dans la partie répressive de ce travail qui sera toujours nécessaire et présente, mais, il faudra de plus en plus qu\u2019il intègre toute la partie psychosociale.Nous sommes les premiers répondants.Nous devons être capables d\u2019intervenir dans toutes les situations complexes de détresse humaine.Votre vision est la preuve qu\u2019un changement de culture a débuté\u2026 C\u2019est un changement de culture majeur.Honnêtement, je n\u2019arrive pas à cerner un autre maillon faible, si ce n\u2019est cette vision-ci du métier.Je ne suis pas dans la mentalité de l\u2019accusateur, je suis dans les faits et je ne peux plus me permettre de voir des policiers qui interviennent à la manière Law and Order.Ça nous prend beaucoup plus de jugement, de réflexion et de collaboration avec les partenaires parce qu\u2019il faut rappeler que même si nous sommes policiers, nous ne pouvons pas tout faire.Ne pensez-vous pas que les interventions policières sont trop fondées sur la gestion de risque en faveur des policiers au détriment d\u2019une personne en crise ?La notion de « la sécurité du policier avant » est importante et doit le rester.Je dois protéger mon policier en premier, avant qui que ce soit.Une fois qu\u2019il est protégé, il pourra vous sauver la vie.On entre dans une zone de grande vulnérabilité lorsque le policier n\u2019est plus protégé.Un policier sur le terrain n\u2019a que quelques secondes pour intervenir tandis que les juges et les comités ont des années pour juger une personne.La police de Fady Dagher PAR ALEXANDRA GUELLIL En débutant comme policier, je n\u2019avais pas vraiment le parcours atypique.Je n\u2019ai pas rêvé d\u2019être policier.C\u2019est un patrouilleur qui m\u2019a fait aimer ce métier 18 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A ENTREVUE Encore aujourd\u2019hui, dans un poste de quartier, il peut arriver que l\u2019on pose la question des origines et croyances religieuses aux plaignants, notamment lors d\u2019un cas de crime haineux.Dans certains rapports de police, on écrit encore le mot « race ».Or, nous faisons tous partie d\u2019une seule race, la race humaine.Il n\u2019y a pas de « race » noire ou arabe, il y a des communautés culturelles ou des couleurs de peau.Il y a des gestes symboliques que nous devons poser en tant que service de police.Il faut avoir le courage de remettre en question l\u2019utilisation de ce mot dans les rapports.C\u2019est une bataille à mener et si j\u2019arrive à la gagner, cela frappera l\u2019imaginaire collectif ! Peut-il arriver que la notion de communautés soit un élément primordial à recenser ?Oui, dans des cas de crimes d\u2019honneur, c\u2019est-à-dire des crimes perpétrés en réaction à un comportement perçu comme ayant apporté le déshonneur à une famille ou à une communauté.Demander les origines ou la religion d\u2019une personne dans ces cas précis permet parfois de trouver « un sens » à ces crimes.Par contre, lorsqu\u2019un policier pose de telles questions à une personne qui a grillé un feu rouge, on risque de stigmatiser une communauté.Certaines vidéos ont fait le buzz.On y voyait des parents afro-amé- ricains expliquant à leurs enfants comment réagir avec la police pour éviter de se faire tuer.S\u2019il est vrai que ce sont des contextes différents, pensez-vous que nous arriverons à de tels rapports ici ?Pourquoi parlez-vous au futur ?Je suis convaincu que des parents des minorités culturelles éduquent déjà leurs enfants à réagir s\u2019ils se font arrêter par la police.C\u2019est une pensée triste et alarmante.Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, je suis convaincu que c\u2019est ce qui se passe dans les maisons.Vous savez, j\u2019ai déjà été victime de profilage.Aujourd\u2019hui, lorsque je passe la douane par exemple, je fais tout pour fitter dans le décor.Alors, imaginez la réalité d\u2019un jeune montréalais issu des communautés ! Je crois que cette réalité nous démontre le cratère qu\u2019il y a parfois entre la société et certaines communautés.Attention, lorsqu\u2019on parle de profilage, on l\u2019associe trop rapidement aux services de police, mais je vois plus large : louer un appartement, chercher un emploi.Toutes ces situations qui font que des personnes s\u2019ajustent pour entrer dans le moule.Malgré toutes ces failles, vous aimez ce métier.La dernière question est donc introspective : quelle police voulez-vous ?Une police beaucoup plus intégrée à sa communauté.Une police qui comprend le quotidien des citoyens qu\u2019elle sert, qui prend le temps de descendre de son véhicule, qui va dans les parcs, dans les écoles s\u2019as- soir avec les jeunes.En vingt-cinq ans de carrière, je n\u2019ai jamais vu un policier intéressé à sa communauté qui n\u2019a pas fait preuve de bonté.J\u2019ai accepté ce nouveau mandat parce que je souhaite apporter ce changement.En dessous de l\u2019uniforme, il y a un humain avec un cœur et il faut mettre cette approche en valeur.C\u2019est ce qui fera toute la différence.Dans certains cas, il s\u2019agit d\u2019une fraction seconde si on se souvient de l\u2019histoire d\u2019Alain Magloire.Oui, mais bien avant lui, il y a eu le cas de Mario Hamel en 2011.À cette époque, j\u2019étais d\u2019ailleurs un des responsables de la santé mentale au SPVM.C\u2019est cet épisode qui a mené à la création de l\u2019équipe de soutien aux urgences psychosociales (ESUP) et de l\u2019unité RIC (réponse en intervention de crise).Pour nous, c\u2019était important de développer ces habiletés auprès des policiers.Ce qu\u2019on ne dit que très rarement dans les médias qui ne sont pas là au quotidien, c\u2019est que les policiers RIC ont évité des coups de feu et sauvé plusieurs vies.Est-ce que cela signifie que plus de policiers seront formés à intervenir dans ces situations ?Ça prend une volonté gouvernementale.Il faut que les directeurs de police et que le ministère de la Sécurité publique en fasse une priorité.Je crois qu\u2019il y a encore du travail à faire pour changer de culture.Lorsque j\u2019étais responsable d\u2019un poste de quartier à Saint-Michel, cela m\u2019a pris entre cinq à sept ans pour observer des changements.On dirait qu\u2019il y a une mentalité du policier-combattant qui ne peut pas totalement disparaître, comme s\u2019il fallait la garder coûte que coûte.D\u2019un autre côté, je ne peux pas en vouloir aux policiers qui n\u2019ont jamais été formés à intervenir dans ce genre de situation.Quand je faisais les formations avec RIC, plusieurs policiers m\u2019ont témoigné leur appréciation.Ils m\u2019ont aussi dit combien cela leur a permis de mieux intervenir sur le terrain auprès des personnes vulnérables.Je considère donc que les dirigeants des services de police devraient former plus de policiers dans ces types d\u2019interventions.Vous avez longtemps travaillé sur la question du profilage social et racial.Certains services de police ont été invités à réviser l\u2019ensemble de leurs pratiques en la matière.L\u2019institution policière est-elle prête à y réfléchir et à agir concrètement ?Elle a reconnu qu\u2019il y avait du profilage social et racial et c\u2019est déjà un premier pas.Il y a une certaine naïveté sur l\u2019impact du profilage sur les citoyens et on dirait que la prise de conscience profonde n\u2019est pas encore là.Si une amélioration est à souligner, on dirait que cela nous prendra une imposition pour avancer.Comme en Ontario où chaque intervention policière est répertoriée en fonction de l\u2019origine de la personne concernée.Personnellement, j\u2019ai un peu de difficultés avec cette façon de se renseigner sur les origines des citoyens.Dans mon cas, je suis Canadien et cette question m\u2019obligerait à répondre de mes origines en me ramenant à chaque fois à l\u2019endroit d\u2019où je viens, comme si je n\u2019avais jamais été admis ou accepté, comme si j\u2019étais un Canadien de deuxième ou troisième zone.Je crois qu\u2019il faut trouver une autre manière de recenser le profilage.Aussi, cela devrait passer par une firme de recherches ou des universitaires plutôt que par l\u2019interne.À cela, il faudrait ajouter un travail de prévention et de formation sur le profilage.« Si on doit se rendre à une imposition pour recenser le profilage lors des interventions policières, alors faisons-le.Toutefois, j\u2019aimerais l\u2019éviter pour limiter la stigmatisation. » 19 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA PHOTO :?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA Les jeunes contre les vieux mais aussi leur endettement, une fois la maison payée et les enfants partis.Cela dit, il existe, dans chacune des deux générations, de très grandes disparités économiques.Par exemple, la moitié des milléniaux ont un faible revenu (moins de 15 000 $ par année), rien de surprenant.Par contre, les plus vieux ne sont pas tous de riches rentiers : près d\u2019un baby-boomer sur cinq est dans la même situation et environ la moitié d\u2019entre eux gagnent moins de 35 000 $ par année (il s\u2019agit ici des revenus bruts totaux).À l\u2019inverse, 10 % des Canadiens gagnants plus de 100 000 $ par année.ont moins de 35 ans ! Procès d\u2019une génération Les jeunes seraient-ils moins économes aujourd\u2019hui que par le passé ?Non, c\u2019est plutôt l\u2019inverse.Des années 1970 au début des années 2000, les 28-34 ans possédaient un actif en moyenne assez stable, autour de 60 000 $.En 2012, le portrait change radicalement, leur actif explose à plus de 90 000 $ (ces données en dollars constants, c\u2019est-à-dire comparables en tenant compte de l\u2019inflation).Les millé- niaux épargnent donc davantage et s\u2019endettent largement moins que les générations précédentes, derniers boomers inclus.Faire le procès d\u2019une génération masque ainsi les profondes disparités socio-économiques en leur sein.En ce sens, les conflits intergénérationnels détournent le regard de problèmes et de luttes beaucoup plus fondamentaux.Les inégalités et la précarité économiques de nos semblables devraient nous préoccuper bien davantage que ces pseudo-divisions.Il y a des riches et des puissants parmi les baby-boomers autant que parmi les milléniaux ou les X.Le fait que cette richesse et cette puissance se passent de génération en génération, voilà ce qu\u2019il ne faudrait pas oublier.C\u2019est un thème récurrent qu\u2019on entend autant dans les médias que dans les soupers de famille.Les baby-boomers auraient tout eu et les milléniaux voudraient tout avoir ; entre les deux, les X appartiendraient à une génération sacrifiée et endettée.Les jeunes qui blâment les vieux, les vieux qui se découragent des jeunes, c\u2019est une histoire vieille comme le monde.Il y a 2500 ans, Platon fustigeait la paresse et la luxure de la jeunesse et dans la Bible, Job autant que Jésus se révoltent contre les vieux qui ont détourné la religion à leur profit en oubliant le message de Dieu.Au Québec, les baby-boomers jouent très souvent le rôle de boucs émissaires pour nos problèmes actuels.On reconnaît leur rôle dans l\u2019édification de l\u2019État social et dans la Révolution tranquille tout en les accusant d\u2019avoir largement profité de la prospérité des années 1960 et 1970 et d\u2019avoir par la suite détruit le filet social, de léguer un Québec endetté et de bénéficier de retraites dorées.De leurs côtés, les milléniaux seraient plus ou moins des têtes brûlées, peu fiables en emploi et n\u2019épargneraient pas.Le portrait réel est passablement plus complexe, bien évidemment.Ces deux générations comptent pour chacune environ le quart de la population québécoise, selon la définition précise qu\u2019on en donne.Autrement dit, il y a environ 25% de la population qui entre ou est sur le point d\u2019entrer de plain-pied dans la vie professionnelle active (les 18-35 ans) et un autre 25% (les 55-70 ans) qui est sur le point d\u2019en sortir ou est à la retraite.Il va dans le cours des choses que les plus jeunes bénéficient d\u2019un revenu moindre et s\u2019endettent, aux études puis au début de leur vie professionnelle.À l\u2019opposé, il est également normal que les plus vieux voient leurs revenus diminués à la retraite, 20 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 PAR IANIK MARCIL ÉCONOMISTE INDÉPENDANT COMPTES À RENDRE P H O T O : ?M A I T R E E ?L A I P I T A K S I N ?( 1 2 3 R F ) Les centres de jour de Montréal Travailler dans l\u2019ombre plusieurs années passées en situation d\u2019itinérance, l\u2019accueil et le soutien qui leur sont réservés contribuent à améliorer leur qualité de vie.Et les femmes?Parmi les vingt-sept ressources recensées dans le portrait, seules deux d\u2019entre elles sont réservées aux femmes.Considérant que la plupart des centres de jour sont caractérisés par l\u2019exiguïté de leurs installations, il n\u2019est pas surprenant que les ressources mixtes, accessibles à la fois aux hommes et aux femmes, soient peu fréquentées par la population féminine.En effet, les femmes ont tendance à éviter les espaces à forte promiscuité, qu\u2019elles perçoivent comme moins sécuritaires.La fréquentation des deux centres de jours réservés aux femmes a donc connu une augmentation significative dans les dernières années, entraînant de façon récurrente des situations de débordement.À Montréal, on estime que les femmes constituent entre 20 % et 25 % de la population en situation d\u2019itinérance.De toute évidence, les ressources actuellement en place ne suffisent pas à leur offrir l\u2019espace sécuritaire et le soutien individualisé dont elles ont besoin.Il y a longtemps que le milieu communautaire met de l\u2019avant que pour prévenir et réduire l\u2019itinérance vécue par les femmes, il faut des actions spécifiques, il faut analyser les enjeux différemment.En 2017, plusieurs voix ont porté haut et fort ce message : pensons à la Déclaration sur l\u2019itinérance des femmes de la Table des groupes de femmes de Montréal, l\u2019avis du Conseil des Montréalaises « Voir l\u2019invisible », la recherche en cours « Rendre visible l\u2019itinérance au féminin » et l\u2019adoption d\u2019un Plan d\u2019action régional sur l\u2019itinérance des femmes à Montréal.Au cœur du problème se trouve l\u2019invisibilité de l\u2019itinérance des femmes, son caractère « caché ».Espaces ouverts, les centres de jour facilitent l\u2019accès à de multiples services : aide alimentaire, douches, information et référencement, activités de loisirs, accompagnement dans des démarches de réinsertion sociale.Bien que chaque ressource ait une philosophie d\u2019intervention qui lui est propre, on retrouve dans chacune la même volonté d\u2019accueillir les populations les plus marginalisées.Il s\u2019agit ainsi de lieux sécuritaires qui offrent à la fois répit et ancrage communautaire aux personnes qui les fréquentent.Multiples formes de soutien On recense vingt-sept centres de jour à Montréal.Bien que la plupart soient situés dans l\u2019arrondissement Ville-Marie, les besoins débordent largement le centre-ville : on compte aussi ce type de ressources dans des quartiers comme Côte-des-Neiges, Griffintown et le Plateau-Mont-Royal.Peu importe leur situation géographique, les centres de jour ont en commun une offre de services variée, qui s\u2019adapte constamment aux besoins fluctuants des populations en situation d\u2019itinérance ou à risque de l\u2019être.Au-delà de l\u2019aide matérielle, nécessaire, mais ponctuelle, ces ressources cherchent à offrir un accompagnement qui respecte le rythme des personnes rejointes.Elles jouent aussi un rôle essentiel en matière de prévention de l\u2019itinérance : offrant un espace de socialisation qui permet de briser l\u2019isolement, elles facilitent le maintien en logement.Que les personnes rejointes aient un appartement, mais vivent dans la précarité, ou qu\u2019elles aient récemment intégré un logement après Sous-sols d\u2019église en manque de lumière, locaux exigus, bâtiments vétustes : les centres de jour ne bénéficient pas tous d\u2019installations enviables.Mais si les rénovations sont coûteuses, la relocalisation entraîne elle aussi son lot de complications.À ce titre, l\u2019exemple de l\u2019organisme The Open Door/La Porte Ouverte est parlant : locataire d\u2019une église qui a récemment changé de propriétaire, le centre de jour se voit aujourd\u2019hui forcé de déménager.L\u2019organisme se heurte aussi au phénomène du « pas dans ma cour », certainEs citoyenNEs et éluEs s\u2019opposant fortement à la venue du centre de jour dans leur quartier.Offrant un accueil presque inconditionnel aux populations marginalisées, The Open Door/La Porte Ouverte est fréquenté par des personnes qui ont peu accès aux autres ressources, dont une forte proportion d\u2019Inuits et de membres des Premières Nations.Les défis de la relocalisation 21 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA MOT DU RAPSIM PAR AMÉLIE PANNETON ORGANISATRICE COMMUNAUTAIRE AU RAPSIM P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Atelier de couture Comment sont testés les produits cosmétiques ?De plus en plus de personnes à statut précaire acceptent de participer à des essais cliniques pour boucler leur fin de mois.Parmi ces études, plusieurs portent sur des produits cosmétiques.L\u2019Itinéraire a voulu comprendre comment fonctionne cette industrie.Selon une ingénieure en biotechnologie, Marie-Laure Oula, directrice du laboratoire chez Evalulab, Montréal est le lieu par excellence pour tester des produits de soins de la peau.Pour deux raisons.La première est la diversité ethnique de la ville puisque plusieurs types de peau sont présents.La deuxième est le climat marqué par un hiver très froid et sec et un été chaud et humide.Cela permet de tester des produits de soin du visage sous différentes températures.Evalulab, une organisation de recherche contractuelle (CRO) propose en trois langues (français, anglais et espagnol) des études cliniques standardisées et personnalisées permettant d\u2019évaluer la sécurité, la tolérance, l\u2019efficacité et la préférence des consommateurs envers des produits testés.Marie-Laure Oula a bien voulu répondre à nos questions.Vous êtes diplômée de l\u2019École de biologie industrielle (ÉBI) en France.Vous êtes aussi spécialisée en recherche et toxicologie.Quelles sont les règles d\u2019éthique qui encadrent vos essais cliniques ?Nous suivons les règlements de Santé Canada en matière de conduite des essais.Nous travaillons aussi avec un comité d\u2019éthique indépendant.Ce comité a pour principale fonction de s\u2019assurer que nous respectons les droits et la sécurité des participants.Tous les produits contiennent des ingrédients autorisés au Canada.Avant qu\u2019ils donnent leur consentement, on explique aux participants la liste des ingrédients, la procédure du test, et les risques potentiels.Ils peuvent se retirer en tout temps.Quelles compagnies font appel à vos services ?Nos clients sont principalement canadiens et américains, mais aussi européens.Nous maintenons une relation de confiance avec eux.Nous nous tenons informés des innovations dans le domaine en voyageant beaucoup dans le monde lors des salons professionnels, pour des conférences scientifiques ou pour rencontrer directement les fabricants de produits.Les fabricants de produits de soins sont très intéressés par l\u2019hiver québécois, notamment pour l\u2019évaluation de l\u2019efficacité des produits hydratants ou pour les lèvres gercées.En fait, ils ont comme perception que « ce qui fonctionne à moins 20 degrés à Montréal va fonctionner à 0 degré à New York ».Est-ce que toutes les compagnies de produits cosmétiques et de soins de la peau sont obligées de faire des tests cliniques ?En fait, au Canada, les compagnies ne sont pas obligées de tester leurs produits par le biais d\u2019études cliniques tant qu\u2019ils respectent les autres règlements fixés par Santé Canada, que les ingrédients utilisés sont autorisés au pays et que les indications « marketing » restent limitées.Santé Canada n\u2019exige pas de tests obligatoires, mais il encourage les fabricants à faire des tests.Cependant, dès qu\u2019un fabricant revendique l\u2019efficacité d\u2019un produit (par exemple, en écrivant sur l\u2019étiquette « améliore l\u2019apparence des rides de 50 % »), la compagnie doit disposer d\u2019une étude qui supporte cette prétention.Qu\u2019arrive-t-il lorsqu\u2019un client vous présente un nouveau produit ?Lorsque qu\u2019un client souhaite réaliser une étude, nous réunissons notre équipe, composée de biologistes, de chimistes et de spécialistes en essais cliniques, afin de recommander un protocole permettant de démontrer les effets potentiels du produit testé.Nous établissons les paramètres à mesurer en fonction du type de produit (par exemple, l\u2019hydratation de la peau, la fermeté, l\u2019apparence des rides, l\u2019apparence des taches pigmentaires, la tolérance) et de la durée optimale de l\u2019étude.Des études permettent aussi de mesurer l\u2019appréciation du produit, de sa couleur, de son odeur, de sa texture.Avant de tester, nous nous assurons toujours de la sécurité du produit.Tous les tests doivent avoir été faits au préalable.Quel est le rôle exact d\u2019Evalulab ?Je considère que nous avons un rôle de conseil et de support pour le marketing des compagnies.Nous sommes un laboratoire indépendant.Nous approchons les fabricants, peu importe leur taille ou leur réputation, pour leur expliquer qu\u2019ils n\u2019ont aucune obligation de faire 22 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O : ?T A T I A N A ?D I V I N A ?( 1 2 3 R F ) SANTÉ PAR JO REDWITCH CAMELOT MÉTRO MCGILL / CENTRE EATON ET PROMENADE DE LA CATHÉDRALE Quelle est la durée des tests ?Combien sont-ils rémunérés ?La durée des tests est très variable en fonction du produit à tester.Elle peut varier de quelques jours à quelques mois.La rémunération dépend de la durée de l\u2019étude, du type de produits à tester et du nombre de visites.La rémunération moyenne avoisine une centaine de dollars.Faites-vous parfois d\u2019autres tests sur les contenants ?Pour les tests courants, nous demandons à que les contenants soient les plus neutres possibles.Il nous arrive aussi de tester le contenant au lieu du contenu.Nous demandons aux participants ce qu\u2019ils pensent de l\u2019odeur, de la couleur et de l\u2019efficacité.Les compagnies nous soumettent des emballages différents avec des produits identiques.On évalue donc la perception du produit en fonction de son emballage.C\u2019est un détail important lors de l\u2019achat.Pensez-vous qu\u2019un plus beau contenant peut influencer le client en magasin ?Oui, il est certain que l\u2019apparence du contenant influence.La perception est un facteur important mais la marque aussi.Cependant, je constate que les consommateurs démontrent de plus en plus d\u2019intérêt pour le type d\u2019ingrédients, la nature des ingrédients et l\u2019efficacité démontrée du produit.Les gens sont de plus en plus avides d\u2019informations.des tests cliniques, mais que nous pouvons les aider de plusieurs manières.Parfois, nous aidons les compagnies à choisir le meilleur produit entre plusieurs formules.En tant que support au marketing, on peut les aider à mettre un chiffre sur l\u2019effet d\u2019un produit et ainsi ajouter de la valeur au produit.On pense qu\u2019avec des ingrédients équivalents, une cliente potentielle sera plus tentée d\u2019acheter une crème qui porte la mention « réduit l\u2019apparence des rides de 40 % » plutôt que celle avec la simple mention « crème anti-âge ».Les produits qui sont l\u2019objet d\u2019essais ont-ils été testés sur des animaux ?Les règlements en Europe et en Amérique du Nord interdisent depuis longtemps les tests sur les animaux, autant pour les ingrédients que pour les produits finis.Il reste un seul test qui est effectué sur un œuf de poule fécondé qui remplace un test effectué auparavant sur les lapins.On peut croire que ce test disparaîtra bientôt, compte tenu de l\u2019évolution de la règlementation.Vous faites des études avec des gros patchs dans le dos.À quoi servent ces tests ?Est-ce que c\u2019est dangereux ?Il s\u2019agit du test HRIPT (Human Repeat Insult Patch Test).Ce test est fait à l\u2019aide d\u2019un patch ou pansement sur lequel on applique les produits à tester et que l\u2019on colle au niveau du dos des participants de façon répétée durant plusieurs semaines.On mesure ainsi le potentiel d\u2019irritation, de sensibilisation et d\u2019allergie de contact des produits lorsqu\u2019appliqués sur la peau.Ce test est effectué sous la supervision d\u2019un dermatologue.Les réactions des participants sont observées et les patchs sont recollés toutes les 48 heures.En cas de réaction, nous arrêtons l\u2019application du produit.Les participants peuvent nous contacter en cas d\u2019inconfort ou de doute sur une réaction.Ils peuvent nous joindre 24 heures par jour, 7 jours par semaine.Une équipe de médecins est disponible en cas de problème.Les participants travaillent sur une base volontaire.Ils peuvent arrêter le test en tout temps.À partir de quel âge peut-on participer à une étude ?Pour la plupart des tests, l\u2019âge minimum requis est 18 ans.Cependant, pour certaines études spécifiques, nous pouvons recruter des personnes de 14 ans, comme pour des études sur l\u2019acné.Il n\u2019y a pas de limite d\u2019âge pour participer aux tests.Mais la personne doit être en mesure de se rendre au laboratoire pour venir chercher le produit à tester.Quels sont les avantages pour les personnes qui participent aux études ?Participer aux études cliniques permet aux participants d\u2019apprendre à connaître leur type de peau, de découvrir le type de produits qui leur convient le mieux et de tester des nouveaux produits.Cela leur permet aussi d\u2019économiser sur l\u2019achat de leurs produits réguliers.En plus de pouvoir garder les produits testés, les participants reçoivent une compensation monétaire.Quel est le profil des participants aux études cliniques ?Notre groupe de participants est très diversifié.Nous avons des hommes et des femmes de toutes les ethnies, entre 18 et 80 ans.Les personnes proviennent de tous les milieux et habitent Montréal et la région.Certains sont des amateurs de produits cosmétiques ; d\u2019autres des étudiants, des personnes à la recherche d\u2019un complément de revenu, des nouveaux arrivants ou des retraités.SCFP-Québec SCFP-Québec scfp.qc.ca @SCFPQuebec SE SYNDIQUER C\u2019EST S\u2019AIDER publicité 23 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA « Une cliente potentielle sera plus tentée d\u2019acheter une crème qui porte la mention « réduit l\u2019apparence des rides?de?40?%?» plutôt que celle avec la simple mention « crème?anti-âge » P H O T O : ?J O ?R E D W I T C H Marie-Laure Oula Vous sentez-vous en sécurité ?Veiller sur soi Si j\u2019avais peur de travailler dans le métro, ou dans la rue, je ne vendrais pas L\u2019Itinéraire.Ça fait 20 ans que je travaille en face de la Place des Arts et je n\u2019ai jamais eu de problème.Il faut dire que j\u2019ai travaillé dans la sécurité pendant presque 20 ans, alors je sais me défendre tout seul.Par contre, je ne trouve pas que Montréal soit une ville sécuritaire.Rien que cet après-midi, j\u2019ai failli me faire renverser par une automobiliste.Il y a quelques semaines aussi, un chauffeur ne s\u2019est arrêté que deux secondes à un stop.Encore une fois, je me suis presque fait renverser.Malheureusement, il y a des fous partout et mettre plus de polices ne changerait pas grand-chose.RICHARD TOUZIN CAMELOT MÉTRO PLACE DES ARTS Une méfiance permanente Je ne me sens pas souvent en sécurité dans les rues.J\u2019ai toujours peur d\u2019être au mauvais endroit au mauvais moment.Un peu comme Daniel Desrochers, l\u2019enfant de 11 ans mort dans une explosion de véhicule, due à un règlement de compte.Alors quand je vois des gangs au coin d\u2019une ruelle, je me méfie.Même quand je vais vendre le magazine.Je le sais-tu si quelqu\u2019un ne va pas essayer de me poignarder ?Malgré la présence de la police, je suis méfiant.Dans la rue, le métro, à bicycle\u2026 Puis, les médias, les informations, augmentent mon sentiment d\u2019insécurité.JEAN-CLAUDE NAULT CAMELOT MÉTRO CONCORDIA Une sécurité relative Point de vue physique, je me sens en sécurité.Je n\u2019ai jamais eu non plus de difficulté avec la police.Certains m\u2019achètent même L\u2019Itinéraire.Puis, ceux qui sont dans le métro agissent de façon diligente envers les camelots ou les itinérants.Ils apprennent à s\u2019ajuster à cette réalité.Ça ne doit pas être donné à tout le monde d\u2019interagir avec ce public.Sans la police, ce serait l\u2019anarchie totale.La société n\u2019est pas assez évoluée pour se passer de garde- fous.C\u2019est une triste réalité, mais bon\u2026 Par contre, savoir que seulement deux personnes (Donald Trump et Kim Jong-un) peuvent changer ma vie du jour au lendemain m\u2019insécurise.Si ça pète, c\u2019est toute la planète qui sera dans la merde.RICHARD CHABOT CAMELOT MÉTRO BERRI-UQAM La métropole de Montréal se classe au 13e rang des 15 villes canadiennes en matière de sentiment de sécurité, selon un sondage de Mainstreet/Postmedia, repris par TVA en août dernier.Une bonne occasion pour nos camelots de partager leur opinion sur la sécurité dans leur milieu de vie.24 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O ?: ?A L I C E P H O T O ?( 1 2 3 R F ) Les cadets, la police\u2026 Je m\u2019entends bien avec les gens donc je n\u2019ai jamais de problèmes.Puis je sais me défendre.J\u2019ai fait du karaté et du judo alors celui qui m\u2019attaquerait ne serait pas chanceux.La présence des cadets sur Laurier, où je travaille, est rassurante.La police passe aussi l\u2019été.Je me dis qu\u2019en cas de problème, ils seront là.Ici, on les voit ; rien qu\u2019à la SPVM, il y a environ 6000 policiers.Montréal est une ville assez sécuritaire.Je suis resté à d\u2019autres places qui l\u2019étaient moins.Puis tout dépend aussi de ton environnement.Il y a des places rough, et d\u2019autres sans trop de troubles, comme là où je travaille.Tu te sens en sécurité aussi en fonction des gens qui t\u2019entourent.RÉAL LAMBERT CAMELOT LAURIER / LANAUDIÈRE Faire attention en vieillissant Je me sens en sécurité généralement.Je vais à des places où bien des gens n\u2019osent pas se rendre.Mais, à 60 ans, j\u2019évite quand même de travailler à la noirceur et de me promener dans les ruelles peu éclairées.Et les voitures de police qui tournent la nuit ne me rassurent pas plus, parce qu\u2019en général, ils arrivent pour ramasser les morceaux.Avant d\u2019être à L\u2019Itinéraire, je ramassais des canettes toute la nuit, du dimanche au lundi.Maintenant, il y a de la chicane pour le ramassage et les gens se battent pour revendiquer leur secteur.BENOÎT CHARTIER CAMELOT IGA PLACE BERCY En général, j\u2019ai confiance Je suis une personne qui se sent en sécurité.Par contre, je me souviens d\u2019un ennui que j\u2019ai eu dans la rue avec un homme.Je m\u2019en suis sortie toute seule, mais j\u2019aurais aimé que la police soit présente.Je n\u2019ai pas peur dans les rues.J\u2019ai une bonne confiance en moi, en mes réflexes, puis je suis une personne croyante alors je ne vis pas avec l\u2019idée de rencontrer des problèmes.Puis, s\u2019il m\u2019arrive quelque chose et que quelqu\u2019un vient m\u2019aider, tant mieux.Par contre, certaines personnes cherchent à mal faire, alors plus de surveillance serait appréciée.GISÈLE NADEAU CAMELOT MÉTRO FABRE Des rues sécuritaires Je me suis déjà fait casser le nez, j\u2019ai une plaque de métal dans la mâchoire\u2026 Tout ça m\u2019est arrivé dans la rue, en vendant le magazine.Des histoires de jalousie, de rue, il y a plusieurs années.Mais en général, Montréal est une ville sécuritaire.Seulement, il faut faire attention aux personnes sous l\u2019effet de la consommation et aux gangs de rue.Aujourd\u2019hui, les rues sont plus sécuritaires.Et sur Saint-Denis, dans le Quartier Latin, il y a plus d\u2019agents de sécurité engagés pour tasser ceux qui sont agressifs.JEAN-PAUL LEBEL CAMELOT MÉTRO BERRI-UQAM Ne pas chercher les bobos Se sentir en sécurité pour moi, ça signifie ne pas avoir de problèmes ; ça ne sert à rien de chercher les bobos là où il n\u2019y en a pas.Je connais Montréal au complet.Il n\u2019y a aucune place où je ne me sens pas en sécurité.Puis, je trouve qu\u2019il y a bien assez de polices dans les rues.Des fois, ils sont utiles, des fois non.Et si aujourd\u2019hui, je n\u2019ai plus de soucis avec la police, ce n\u2019est pas grâce à eux que je me sens en sécurité.Je ne connais personne qui ne se sent pas en sécurité à Montréal.C\u2019est une ville qui l\u2019a toujours été.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Plus en sécurité à la campagne Je ne me sens pas en sécurité à Montréal.Il y a du monde dangereux.J\u2019ai vu un gars crisser une claque pour rien à quelqu\u2019un il n\u2019y a pas si longtemps.Puis, il y a les automobilistes.Les gens sont tellement dans leur bulle qu\u2019ils ne regardent même pas quand ils conduisent.Je me suis déjà fait frapper sur la rue Panet.La ville ce n\u2019est pas sécuritaire.Dans mon village, en Gaspésie, nos portes étaient tout le temps débarrées.Ici, à Montréal, n\u2019importe qui peut entrer chez toi si tu n\u2019as pas cinq verrous pour barrer ta porte.Personne ne fait confiance à personne ici.Je suis rendu comme ça moi aussi.JOSEPH-CLERMONT MATHURIN CAMELOT ÉPICERIE MÉTRO SAINTE-CATHERINE/DORION 25 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA Unschooling Apprendre sans l\u2019école Chaque matin, plus d\u2019un million d\u2019enfants québécois prennent le chemin de l\u2019école.Mais quelques centaines de familles optent pour ce qu\u2019on appelle la « non-scolarisation », le unschooling comme on dit en anglais.Leurs enfants ne vont pas à l\u2019école; ils ne suivent aucun programme académique; ils ne sont soumis à aucune discipline d\u2019enseignement.L\u2019Itinéraire a voulu faire le point sur un phénomène en pleine croissance.La Loi québécoise sur l\u2019instruction publique impute aux parents la responsabilité d\u2019assurer la fréquentation scolaire de leur enfant entre l\u2019âge de six à 16 ans.Toutefois, la loi permet certaines exceptions où on peut scolariser l\u2019enfant dans un milieu autre que l\u2019école.« Il faut une entente avec la commission scolaire et fournir un portfolio montrant les travaux faits par l\u2019élève et comment il suit le programme de l\u2019école », explique Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de l\u2019Éducation du Québec.Mais dans le cas de manquement des parents, il n\u2019existe à ce jour aucun moyen simple et efficace pour imposer la fréquentation scolaire de l\u2019enfant.La Loi sur la protection de la jeunesse ne considère pas le défaut de fréquentation comme de la négligence sérieuse.Selon le Ministère, 1928 élèves étaient scolarisés à la maison tout en étant inscrits au registre d\u2019une commission scolaire durant l\u2019année 2015-2016.Toutefois, le Ministère avoue ne disposer d\u2019aucune donnée quant aux méthodes pédagogiques employées par les parents.Dans ce cas, la nature de la non-scolarisation peut dépendre de la teneur de l\u2019entente entre la commission scolaire et les parents.À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le porte-parole Alain Perron estime à 46 le nombre d\u2019enfants qui ne fréquentaient pas l\u2019école l\u2019année dernière.En général, ces enfants avaient une déficience ou un trouble d\u2019apprentissage et/ou de comportement.Le responsable assure que la CSDM mène des évaluations continues de ces enfants.Grosso modo, on peut dire que les enfants réussissent.Parfois, il y a bien quelques signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), mais les autorités invoquent la confidentialité des dossiers pour refuser de donner quelques détails sur la fréquence de ces signalements.Déposé par le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, le projet de loi 144 (qui devrait être adopté avant les Fêtes) viendra changer les choses.« Ce projet de loi s\u2019 inscrit dans une démarche élargie d\u2019 intervention notamment auprès des jeunes qui reçoivent un enseignement à la maison, explique-t-on.Son objectif principal est de favoriser un continuum dans le cadre d\u2019une approche intégrale visant le respect de l\u2019obligation de fréquentation scolaire.C\u2019est également de donner les chances égales de réussir à tous les Québécois, peu importe leur religion ou le mode d\u2019enseignement.» Ce projet de loi vise donc l\u2019inclusion et l\u2019équité envers une partie de la population qui n\u2019est pas scolarisée.Il propose « une révision du cadre juridique et réglementaire en matière d\u2019enseignement à la maison » et la création « d\u2019une table de concertation nationale sur l\u2019enseignement à la maison ».Désormais, tout manquement à la scolarisation pourra être assimilé à une négligence parentale.Dans les faits, la pratique clandestine de la « non-scolarisation » frôle l\u2019illégalité.Les enfants concernés sont invisibles.Or, avec sa nouvelle loi, Québec pourra croiser les données compilées par les commissions scolaires avec celles détenues par la Régie de l\u2019assurance-maladie du Québec (RAMQ).Du coup, les services sociaux et sanitaires n\u2019auront aucun mal à identifier les familles déviantes.On pourra prouver l\u2019existence physique de ces enfants qui passent, pour l\u2019instant, sous les radars.Les cas sont plus fréquents qu\u2019on pense.Ainsi, L\u2019Itinéraire n\u2019a eu aucun mal à rencontrer la mère de deux fillettes qui ont été scolarisées à la maison.La mère, qui a requis l\u2019anonymat, n\u2019avait aucune formation en éducation.Elle avait opté pour cette solution, voulue par ces filles, parce qu\u2019elle vivait dans un milieu scolaire défavorisé.La dame a fait le pari qu\u2019en réussissant à apprendre aux enfants des tâches de base, elle pourrait aussi les éduquer et les instruire.Selon elle, l\u2019éducation à domicile comporte assurément des défis.Les rapports avec les commissions scolaires ne sont pas toujours faciles.Il faut être disponible à temps plein et assumer toutes les dépenses.« Autant pour moi que pour les enfants, l\u2019expérience a été plus positive, dit-elle.Nous avons eu plus de temps en famille et les filles ont eu plus de temps pour explorer de nouvelles choses et pour jouer dehors.Elles sont maintenant beaucoup plus responsables, autonomes et débrouillardes dans leurs apprentissages.» NDRL Avec la collaboration de Myriam L.Québec va croiser les banques de données des commissions scolaires avec celles de l\u2019assurance- maladie pour identifier les enfants qui échappent à la scolarisation 26 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O : ?N I N A ?P O D L E S N Y A K ?( 1 2 3 R F ) ÉDUCATION PAR MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONPETIT PAR MOSTAPHA LOTFI - CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONPETIT Mme Gaudreau aborde la dynamique de cette tendance en affirmant que « le mouvement grandit au Québec aussi.Il y a de plus en plus d\u2019enfants inscrits (dans les commissions scolaires) comme suivant l\u2019école à la maison, soit une forme d\u2019apprentissage en famille.» D\u2019un autre côté, l\u2019orthopédagogue s\u2019est penchée sur une facette souvent négligée de l\u2019 unschooling : les principaux intéressés.« On entend souvent les parents qui choisissent l\u2019unschooling pour leurs propres raisons, leurs propres motivations.On n\u2019entend pas la voix de ceux qui l\u2019ont vécu.» Pour comprendre davantage ce phénomène, Joëlle Gaudreau a interviewé six personnes.Elle en a retenu cinq pour publication.Certains témoignages sont édifiants comme celui de cette enseignante autodidacte.Au départ, elle ne voulait pas faire vivre l\u2019expérience à son fils, mais finalement elle a choisi la non-scolarisation pour d\u2019autres raisons.Dans un autre cas, le jeune, qui n\u2019avait pas été scolarisé, souhaitait étudier l\u2019ingénierie, une formation des plus formelles du secteur universitaire.« Les enfants qui ont été dans le système scolaire sont dans un train, a-t-il raconté à la chercheuse.Ils vont beaucoup plus rapidement.Mais moi, j\u2019ai toujours eu le choix de choisir mon chemin, de bifurquer là où je voulais.Réintégrer le système formel reste un défi.» Nouvelle loi Au Québec, une nouvelle loi viendra sous peu resserrer les conditions de l\u2019éducation à la maison.Les différents intervenants au sein du système éducatif québécois ont-ils les moyens et les compétences requis pour répondre à cette situation ?Joëlle Gaudreau n\u2019y croit pas.« Qui va assurer l\u2019accueil de ces familles ?Est-ce que les gens sont d\u2019accord dans les commissions scolaires ?Est-ce que les intervenants sont formés pour jouer ce rôle ?La réponse est non.Il faut faire des formations et bonifier les meilleures pratiques actuelles au sein des commissions scolaires avant d\u2019 imposer une inscription obligatoire suivie des mesures de la Direction de la protection de la jeunesse.» Joëlle Gaudreau cite une vaste étude américaine qui s\u2019est intéressée au parcours de 75 personnes.Au final, 72 personnes étaient satisfaites de leur expérience; trois autres, plutôt critiques.Les premiers estiment que l\u2019unschooling avait des avantages comme la responsabilisation, l\u2019auto-détermination, et l\u2019approfondissement des liens familiaux.De leur côté, les sceptiques évoquent les préjugés et les interrogations de l\u2019entourage, le repli sur soi et le risque de sectarisme.Pour l\u2019avenir, Joëlle Gaudreau estime que la tendance va se développer et que l\u2019unschooling va se démystifier.« Moi, je suis contente que ce soit une option davantage connue.Il y en a qui sont malheureux à l\u2019école.Je souhaite qu\u2019on améliore l\u2019école.Mais je veux que pour les enfants qui ne fonctionnent pas bien à l\u2019école, l\u2019unschooling soit une option.» Joëlle Gaudreau est orthopédagogue et doctorante en administration et fondement à l\u2019Université de Montréal.Elle travaille également à l\u2019école primaire alternative de Verdun-LaSalle.Dans une entrevue accordée à L\u2019Itinéraire, elle explique que l\u2019école alternative pose des défis en raison de la grande diversité des établissements scolaires.La non-scolarisation reste encore insaisissable car c\u2019est un phénomène invisible.Dans la pratique, nul ne peut dire s\u2019il s\u2019agit réellement de home schooling ou de unschooling, deux approches très différentes.D\u2019entrée de jeu, pour accorder à la non-scolarisation une référence théorique, la doctorante situe l\u2019amorce du mouvement unschooling dans les années 70 aux États-Unis.Elle rappelle que c\u2019est le pédagogue américain John Caldwell Holt qui a inventé le vocable.Dans son livre Growing Without Schooling, ce pédagogue s\u2019est inspiré de la marque 7UP, qu\u2019on a commercialisé comme de l\u2019uncola, pour établir un lien entre schooling et unschooling.Joëlle Gaudreau mentionne aussi Thierry Pardo et sa terminologie.Ce dernier préfère « l\u2019éco-éducation » à la « non-scolarisation ».Certes, elle adhère à la vision du pédagogue qui perçoit la non-sco- larisation comme un terme négatif.Néanmoins, elle trouve que l\u2019éco-éducation n\u2019offre pas une précision et une réponse, notamment quant aux programmes et aux méthodes adoptées.Joëlle Gaudreau « La non-scolarisation doit rester une option » P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Notre camelot-rédacteur et Joëlle Gaudreau Thierry Pardo Ses deux fils n\u2019ont jamais fréquenté l\u2019école Thierry Pardo est un chaud partisan et praticien de la non-sco- larisation.Ces deux fils n\u2019ont jamais fréquenté l\u2019école.Docteur en sciences de l\u2019éducation et chercheur associé au Centre de recherche en éducation de l\u2019Université du Québec à Montréal, il est l\u2019auteur de l\u2019ouvrage, Une éducation sans école, paru chez Écosociété.L\u2019Itinéraire l\u2019a rencontré.Thierry Pardo est un homme aux deux CV.L\u2019un académique, l\u2019autre moins.Le plus reluisant consiste en un parcours qui se conclut par un doctorat en sciences de l\u2019éducation.L\u2019autre, moins académique, est truffé d\u2019expériences peu communes : la galère, la manche, les refuges d\u2019urgence.M.Pardo n\u2019a pas été loin de la précarité et de la marginalisation.Pour ainsi dire, sortir de l\u2019ordinaire est devenu pour lui une seconde nature.La rencontre avec l\u2019école alternative et par extension avec la non-sco- larisation s\u2019est faite grâce à une recherche sur les classes vertes.Thierry Pardo y a découvert que « les enfants en liberté sont plus heureux ».Cela comptera quand il s\u2019agira de l\u2019éducation de ses deux fils âgés maintenant de 11 et 7 ans et demi.Jusqu\u2019à maintenant, ces enfants n\u2019ont jamais été à l\u2019école.Le père de famille prône une liberté totale et une responsabilisa- tion des enfants vis-à-vis de ce qu\u2019ils aimeraient apprendre.Une journée pas comme les autres D\u2019abord, « il n\u2019y a pas de journée-type, c\u2019est ça le secret ».On apprend sur le tas et selon les circonstances.Le matin commence toujours par une petite discussion : alors qu\u2019est-ce qu\u2019on apprend aujourd\u2019hui ?Le pédagogue donne un exemple pertinent.Lors de ces récents mouvements qui visaient à occuper les grandes places publiques en Occident, un de ses fils lui a demandé de quoi il s\u2019agissait.Pour le savoir, le père lui a proposé de préparer un thermos et des collations et d\u2019aller rejoindre les manifestants.La suite a été surprenante.Les enfants en apprirent davantage que tout ce qu\u2019on pouvait espérer sur\u2026 le système capitaliste, les coupures dans les budgets, les rapports nord-sud.Pourtant, la question épineuse à propos de la non-scolarisation consiste dans le droit de regard que se donnent les autorités responsables de l\u2019instruction publique.D\u2019un revers de la main, M.Pardo rejette les allégations sur les défaillances présumées chez les enfants non-sco- larisés.« On commence à parler de carences, à partir du moment où on commence à comparer.» Selon lui, l\u2019idée même de comparaison est à proscrire, car chaque enfant est unique, chaque enfant a son propre rythme d\u2019apprentissage.Pardo ne trouve que des avantages pour cette voie alternative.Grâce aux initiatives de leurs parents, les enfants non scolarisés socialisent et il y a une diversité, une multiplicité de particularités.Les enfants ne se comparent pas entre eux.Cela contraste avec la classe régulière où « les enfants ont le même âge; ils sont classés selon la date de fabrication ».Cela comporte en soi les ingrédients de la comparaison et de la concurrence.Dans le but d\u2019attribuer à la non-scolarisation un fondement théorique, Thierry Pardo replonge dans l\u2019histoire, en tirant profit d\u2019une culture immense.Il évoque deux écoles de pensée diamétralement opposées dans leur conception de l\u2019enfant.Développée dans le milieu monastique, l\u2019ancienne école croyait que « le diable va chercher l\u2019enfant dans le ventre de sa mère ».L\u2019enfant serait alors la source de tous les péchés.L\u2019éducation serait donc une forme d\u2019exorcisation et de protection de cet être malheureux.Plus récente, l\u2019autre école estime l\u2019enfant « parfait à la naissance mais perverti par la société ».Les deux théories s\u2019accordent sur l\u2019isolement de l\u2019enfant : l\u2019école devient « un hors-sol, dans l\u2019espace ».M.Pardo prône une rupture avec les deux écoles.Pour lui, c\u2019est une aberration, l\u2019enfant vit dans le confinement et après on lui demande de réintégrer la société à l\u2019âge adulte.Il perçoit la non-scolarisation comme un tremplin pour la socialisation et la découverte du monde.Mais alors une question d\u2019ordre philosophique s\u2019impose : si on peut se permettre de récuser l\u2019école, par quel droit les parents s\u2019accaparent des prérogatives éducatives ?Thierry Pardo revient d\u2019abord sur la réification de l\u2019éducation scolaire qu\u2019il définit « comme le moment où effectivement on a fait de l\u2019éducation une chose.L\u2019éducation comme la séduction, c\u2019est très difficilement quantifiable et évaluable.C\u2019est un phénomène de la vie.» L\u2019école a chosifié l\u2019éducation à la manière dont l\u2019industrialisation a quantifié le travail.À propos du rôle incontournable des parents, il s\u2019agit d\u2019une loi de la nature chez tous les mammifères.Les grands s\u2019occupent des petits et leur transmettent le savoir-faire indispensable pour survivre.Cette loi précède la culture et la civilisation.La nature, généreuse et prévoyante, a mis en place, « le système le plus performant d\u2019apprentissage, le jeu.Il n\u2019y a rien de plus puissant que le jeu.Dans le jeu, il y a l\u2019enthousiasme, l\u2019envie, les règles.» PAR MOSTAPHA LOTFI - CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONPETIT Dans les classes régulières, les enfants sont classés selon leur date de fabrication 28 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Zoom sur un partenaire qui fait la différence?Action Centre-Ville En face des Habitations Jeanne-Mance se trouve bien plus qu\u2019un organisme venant en aide aux personnes de 50 ans et plus.Véritable milieu de vie où plus de 43 communautés culturelles se côtoient, Action Centre-Ville a au cœur de sa mission l\u2019entraide et la solidarité.Parmi la panoplie d\u2019activités et de services offerts, le programme De la sécurité alimentaire à l\u2019implication citoyenne, que l\u2019on pourrait illustrer par apprendre à se connaitre par le ventre, sensibilise les usagers aux bienfaits d\u2019une saine alimentation tout en les incitant au dialogue.Que ce soit grâce aux activités de chef d\u2019un jour, aux ateliers de cuisine ou encore aux activités de partage d\u2019une culture par l\u2019entremise d\u2019un plat, la nourriture réconforte et rassemble.Soyez les premiers informés Abonnez-vous à l\u2019infolettre de Ville-Marie : ville.montreal.qc.ca/villemarie \u2022 \u2022 1 7 - D S - 1 8 4 COUP DE CHAPEAU Collectivement, nous travaillons à favoriser la sécurité alimentaire ?LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU CENTRE DE NOS PRIORITÉS acv-montreal.com BY ADAM SENNOTT Reform as resistance Racial hatred and white supremacy has seen a surge of support in recent months, bolstered by the Trump administration\u2019s tolerant attitude towards neo-Nazi marches and violence.While some groups look to fight fire with fire, Daryl Davis instead seeks out Klu Klux Klan members to attempt to lead them on to a path of reconciliation and redemption.Daryl Davis wasn\u2019t surprised when he saw White nationalists carrying tiki torches through the streets of Charlottesville, Virginia.Davis, a Black musician and author, personally knew some of the people who were marching.He said the removal of a statue of Confederate Gen.Robert E.Lee, which supposedly spurred the protests, \u201chad nothing to do with why they were there.\u201d \u201cThey were there for one reason and one reason only,\u201d Davis said.\u201cThey were there to incite the first steps of a race war.\u201d Davis is an expert on White supremacists, specifically because he knows so many of them.He has spent nearly 30 years befriending members of the Ku Klux Klan, and convincing them to turn their backs on an organisation the Southern Poverty Law Center calls \u201cthe most infamous \u2014 and oldest \u2014 of American hate groups.\u201d Davis, who said about 40 to 60 members have left the group directly because of the friendship they developed with him, also works with Scott Shepherd, a reformed former grand dragon for the Invisible Empire: Knights of the Ku Klux Klan in Tennessee.In his work, Davis sheds light on White supremacist organisations and those who join them.Despite their efforts, Davis and Shepherd say White supremacist groups are using the rhetoric of President Donald Trump and his administration as a foothold to further their agenda, all while trying to legitimize racism in the public eye.Protesting the removal of Confederate statues gave them perfect cover, Davis said.\u201cAnytime you\u2019re going to have a gathering on public property \u2014 especially if it\u2019s a protest, march or a rally, or maybe you\u2019re going to sell lemonade and hot dogs \u2014 you must have a permit.You cannot go to the city and put down on the application, \u2019I want to start a race war,\u2019\u201d Davis said.\u201cSo, they put down that they are the descendants of their great, great, great ancestors, who fought in the Confederacy, and they want to preserve the heritage of the Confederacy, and they want to protest the removal of the Robert E.Lee statue.\u201d \u201cIt\u2019s more of a dangerous thing now than it was when it was just the Klansmen in the robes and hoods,\u201d Shepherd said.\u201cThey\u2019ve reached the point where they feel like their views are accepted by a lot of people in this country.\u201d Like Davis, Shepherd said that White supremacy groups are trying to dilute their image in order to appear legitimate and accepted by the general population.Despite efforts to mainstream their image, Shepherd said behind the scenes White supremacists are using racial slurs and support having Black people separated from White people or even sent back to Africa.\u201cIn the background, they\u2019re talking about race wars and arming themselves,\u201d Shepherd said.\u201cThey\u2019re really preparing for a violent confrontation.\u201d Shepherd said that the Klan is meticulous when it commits acts of terror.He said an inner circle plans and executes acts \u2014 violence, cross burnings or other violence.Those outside the inner circle don\u2019t even know who they are, preventing law enforcement from penetrating to find the organizers.The Klan also promotes a lone-wolf system, where supremacists will commit acts of violence on their own, Shepherd said.30 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O ? : ?C O U R T E S Y ?O F ?R E A L ?C H A N G E INTERNATIONAL NEWS inviting me to Klan rallies,\u201d Davis said.\u201cSo I\u2019d go to these Klan rallies and watch them light up this big cross on fire and parade around [and] all that stuff.\u201d As their relationship grew, Davis said Kelly \u201crealized that he\u2019d been wrong, and he quit the Klan.\u201d Then, Davis said, he gave him his robe and hood.Davis documented their relationship in his book \u201cKlan-destine Relationships: A Black Man\u2019s Odyssey in the Ku Klux Klan.\u201d From there Kelly went on to meet other members of the Klan and make similar bonds, which culminated in his documentary, \u201cAn Accidental Courtesy,\u201d in which Shepherd appeared.Shepherd said he has been working to make amends for his actions.In March 2013, the Klan was planning to hold a rally in Memphis, and Shepherd reached out to the imperial wizard who organized the event and asked him not to come, according to Fox19.Shepherd said the Klan leader was not happy to hear from him.\u201cThe voicemail was very angry, the language was like bathroom graffiti,\u201d Shepherd told the station.\u201cThey blocked their numbers, so it\u2019s a typical cowardly behavior to hide their numbers and hide behind their masks.\u201d Still, he warned residents not to attend.\u201cDon\u2019t show up, always take it seriously.They\u2019re dangerous people.They\u2019re dangerous because of their anger,\u201d Shepherd said at the time.He also speaks to classrooms about the dangers of the KKK and other groups.\u201cThat\u2019s basically what my mission is,\u201d Shepherd said.\u201cTo try to prevent these young people from being sucked into that stuff.\u201d In January, Shepherd and Davis participated in a panel at the King Center in Atlanta, Georgia.As he sat next to Martin Luther King Jr.\u2019s youngest daughter, Bernice, Shepherd apologized for all of the terrible things he\u2019d done.\u201cIn my past I did a lot of terrible things, I said a lot of terrible things, I said a lot of terrible things about Dr.Martin Luther King,\u201d Shepherd said to the audience.\u201cOf course, I had no idea what I was talking about, learned it from other people.\u201cBut there\u2019s no excuse, I did it anyway,\u201d Shepherd said.\u201cAnd I extend my apology to everyone.\u201d King described his words as \u201credeeming.\u201d \u201cWhat my father sacrificed his life for is what brought this possibility into being,\u201d King said.Davis said that at that moment, he realised his efforts were helping Dr.King\u2019s dream come true.\u201cWe have come a long ways,\u201d Davis said.\u201cBut still have a long ways to go.\u201d Shepherd said he remembers the 1981 murder of Michael Donald, a 19-year-old Black man who was murdered by two Klansmen, according to NPR.The Southern Poverty Law Center later sued the United Klans of America on behalf of Donald\u2019s mother.A $7 million judgment bankrupted the organization and forced it to close.At the time, Shepherd was a member.Shepherd quit the White supremacy groups he was involved with in 1990 and said he takes \u201cfull responsibility\u201d for everything he did.Shepherd is unique among Davis\u2019 friends in that he had already left his life as a White supremacist when they met.Most others have not.Davis said he first became interested in meeting members of the Klan when he was 32.He wanted to know how people could hate someone they knew nothing about.He started by having his secretary set up an interview with Roger Kelly, the grand dragon and eventual imperial wizard for the state of Maryland, Davis said.The secretary did not tell Kelly that he was meeting with a Black man.Kelly and his bodyguard were stunned when they arrived at a hotel room for their meeting, Davis said.\u201cThey were thinking either they got the wrong room number, knocked on the wrong door or [that] this was an ambush,\u201d Davis said.At the beginning of the interview, Davis said whenever he would reach for his Bible to refute one of Kelly\u2019s religious arguments or for a new cassette to record the interview, the bodyguard would reach for his gun.Eventually everyone began to relax when Davis said he heard a \u201cstrange noise.\u201d Davis said he jumped up from his chair and was ready to leap across the table and tackle Kelly and the bodyguard.\u201cI perceived it to be an ominous, threatening kind of noise,\u201d Davis said.When Davis jumped up from his seat, Kelly\u2019s bodyguard reached for his gun, and the three of them stood there staring at each other, not sure exactly what had happened, Davis said.It turned out the noise came from a soda can that had cascaded against melting ice inside a bucket in the hotel room, Davis said.\u201cWe all began laughing at how ignorant we all were,\u201d Davis said.It was \u201ca teaching moment,\u201d Davis said.\u201cIgnorance breeds fear.\u201d When the interview ended they agreed to stay in touch, Davis said.\u201cI began calling him and inviting him to my gigs,\u201d Davis said.\u201cAnd he would go, and he would bring his bodyguard.\u201d Then Davis said he started inviting him to his house, and over time Kelly started coming without his bodyguard.After Kelly was promoted to imperial wizard, Davis said he started getting invited to his house to see Kelly\u2019s \u201cKlan den.\u201d \u201cHe began En tant que membre de l\u2019INSP, nous avons accès à de nombreux reportages de qualité provenant du réseau de journaux de rue partout au monde.Nous avons choisi de reproduire parmi les meilleurs, dans leur langue d\u2019origine, une fois par mois.Dans cet article du journal de rue Real Change, de Seattle, Washington, l\u2019auteur relate comment Daryl Davis, un musicien noir mène un combat à grand coup d\u2019amitié pour convaincre des suprémacistes blancs de quitter les rangs du Klu Klux Klan.Davis désormais peut compter sur un allié crédible dans sa croisade contre la haine raciale: un ancien grand dragon du KKK.En raison de la longueur de ce texte, nous l\u2019avons raccourci, sans que cela n\u2019en affecte l\u2019essence.L\u2019article intégral se trouve dans la version numérique au: itineraire.ca 31 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA Courtesy of Real Change / INSP.ngo Daryl Davis and Scott Shepherd La Nuit des sans-abri Construire des ponts pour détruire les préjugés Le 20 octobre dernier, L\u2019Itinéraire a participé activement à l\u2019organisation de la 28e édition de la Nuit des sans-abri.L\u2019événement mobilisateur, qui se tient annuellement un peu partout au Québec a été lancé à Montréal par une marche solidaire qui s\u2019est déroulée depuis le Square Phillips jusqu\u2019au Square Cabot.Là une foule d\u2019organismes intervenant en itinérance avaient leurs kiosques, à l\u2019instar de L\u2019Itinéraire qui a distribué gratuitement café et madeleines à la bannique à notre Café autochtone de la maison ronde.La soirée, très animée a réuni les gens de la rue, le public et les organismes dans une atmosphère de fête, agrémentée par de nombreuses prestations musicales et artistiques, jusqu\u2019aux petites heures.32 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA CARREFOUR P H O T O S : ?M A R I O ?A L B E R T O ?R E Y E S ?Z A M O R A Jusqu\u2019au 18 novembre, 25 délégués communautaires de différents pays se réuniront sous un chapiteau Place Émilie- Gamelin, dans le cadre de la première rencontre sur l\u2019Art et l\u2019itinérance.Organisée par l\u2019organisme international With One Voice, elle se déroule dans le cadre de Pas d\u2019Radis Fiscaux : l\u2019État d\u2019Urgence, un événement interdisciplinaire d\u2019éradication des inégalités, tenu par l\u2019ATSA.With One Voice vise le renforcement du secteur de l\u2019art dans le milieu de l\u2019itinérance.En 2016, il a parcouru une partie du globe, de Londres aux États-Unis en passant par le Canada, à la rencontre d\u2019intervenants et d\u2019artistes engagés auprès de publics marginalisés.Aujourd\u2019hui, ils se réunissent au Parc Émilie-Gamelin dans le cadre de la rencontre sur l\u2019Art et l\u2019itinérance avec la volonté de répondre ensemble à l\u2019urgence du financement et de la reconnaissance de la pratique artistique par les personnes en situation d\u2019itinérance.« Tous croient en l\u2019art comme forme de résilience et veulent apprendre des uns et des autres avec pour objectif final la création d\u2019un réseau international d\u2019échange de savoirs autour de leur pratique », souligne Annie Roy, cofondatrice de l\u2019ATSA.Une rencontre croisée Si l\u2019événement ressemble de prime abord à un meeting fermé de professionnels, la programmation accorde une place importante au public.Les occasions de découvrir, rencontrer et de se sensibiliser à la question de l\u2019art et de l\u2019itinérance seront ouvertes à tous à travers différentes activités gratuites.Comme le souligne Annie Roy, « cet événement facilite la reconnaissance par les politiques et le public des institutions qui travaillent auprès de personnes marginalisées.Un public qui, lui-même ne sait pas toujours que l\u2019art lui est accessible et est créateur de lien social.Tout le monde pourra alors se familiariser avec le rôle de l\u2019art dans nos vies ».Cette rencontre, plongée dans la réalité montréalaise, est également une opportunité pour les délégués de visiter des lieux comme l\u2019Accueil Bonneau, qui utilisent des processus créatifs favorables à l\u2019empowerment et au bon sentiment d\u2019estime de soi auprès de leurs participants.L\u2019événement plus largement Il y a 20 ans, l\u2019ATSA établissait l\u2019un de ses premiers contacts avec le milieu de l\u2019itinérance par l\u2019organisation de La banque à bas, une œuvre publique réalisée à partir de cuisinières assemblées devant le Musée d\u2019arts contemporain de Montréal, qui distribuait des bas chauds pour l\u2019hiver et dénonçait plusieurs pratiques financières.Un enjeu qui reste d\u2019actualité puisque 20 ans plus tard, c\u2019est pour ce même combat contre les iniquités sociales que l\u2019ATSA se retrouve Place Émilie-Gamelin, haut lieu symbolique de l\u2019itinérance.Par ailleurs, si l\u2019ATSA ne fait pas d\u2019art direct avec les personnes en situation précaire, l\u2019organisation de Pas d\u2019Radis Fiscaux leur apparait comme une œuvre en soi.Une manière d\u2019interpeller la population en étalant sur la place publique des enjeux sociaux sous la forme d\u2019interventions, d\u2019installations et de performances mises en scène.L\u2019organisme souligne une fois de plus le lien entre fuites de capitaux et précarité.Et comme l\u2019exprime Annie Roy, « notre rapport à l\u2019 itinérance est organique et le public marginalisé est de loin le plus représentatif de l\u2019 impact de la fuite des capitaux de nos pays ».Un impact, qui, par ailleurs, nuit également à d\u2019autres sphères sociétales telles que l\u2019éducation.Quand l\u2019Art passe à l\u2019action Rencontre entre l\u2019art et l\u2019itinérance Pas d\u2019Radis Fiscaux : l\u2019État d\u2019Urgence.Quand l\u2019Art passe à l\u2019Action (L\u2019ATSA) \u2022 16 au 19 novembre, Parc Émilie-Gamelin « Mettre des sujets de société bien visibles sur la place publique permet d\u2019interpeller les politiques » Annie Roy P H O T O : ?J E A N - F R A N Ç O I S ?L A M O U R E U X 33 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA Cet article a été rédigé dans le cadre d\u2019un partenariat entre L\u2019Itinéraire et l\u2019ATSA. Pour sa 40e édition, le Salon du livre s\u2019installe au Palais des congrès de Montréal du 15 au 20 novembre.Un événement créateur de rêves, de plaisirs intellectuels, mais aussi de débats et d\u2019engagement citoyen.Une programmation riche que Josée Cardinal, ancienne libraire et amoureuses des mots, a accepté de décortiquer pour nous, sur une journée, celle du 18 novembre.En fonction de ses goûts, elle nous présente un extrait de la réflexion qui a abouti à sa journée idéale au Salon.Un exercice plus ardu qu\u2019il n\u2019y parait.L\u2019ESPACE CARREFOUR Karine 10 h, Les 400 Coups.De A à Z, rendre hommage à sa ville ou son coin de pays ! Josée Oh ! Dommage\u2026 Le matin, je n\u2019existe pas.Mais j\u2019adore Les 400 coups ! Ils ont réussi à briser la barrière entre la lecture jeunesse et celle pour adulte.Lire un livre jeunesse est aussi une belle manière d\u2019apprendre d\u2019un sujet que l\u2019on connaît peu.C\u2019est bien de valeur que ce ne soit pas plus tard.En plus, le sujet m\u2019inspire énormément, ça me rappelle mon entrevue avec Jeanne Painchaud.Josée poursuit la lecture du programme à voix basse.Josée Incroyable ! C\u2019est justement la présentation de son livre.Quelle belle surprise ! Alors j\u2019irai peut-être, rien que pour le plaisir de la voir.(J\u2019ai juste à ne pas me coucher de la nuit) Karine 12 h, Venez tester vos connaissances littéraires avec le jeu 30 arpents de pièges.Tu connais ce jeu ?Josée Oui, je l\u2019ai et je l\u2019adore.Je suis une fanatique des jeux de société.L\u2019événement est à midi en plus.Karine Midi, c\u2019est une heure acceptable pour commercer la journée ?Josée Oui, c\u2019est encore tôt, mais c\u2019est envisageable\u2026 » Karine 17 h, Le territoire dans les veines.Naomi Fontaine, Jean- François Létourneau et Simon Harel font raisonner ces voix qui incarnent la lutte et l\u2019espoir des peuples autochtones.Devine qui est l\u2019animateur ?Jonathan Lamy, le poète multidisciplinaire ! Josée Jonathan Lamy, waouh ! Aucune hésitation ! Et quel beau titre ! Karine La Guerre humanitaire : guerres menées au nom de la charité.Un monde obsédé par la misère des autres.Josée Je n\u2019en reviens pas ! Le salon est vraiment ouvert sur l\u2019actualité.Ça nous prend ces lieux où l\u2019on peut penser.C\u2019est important ! Certains se demandent : à quoi sert la philosophie ?Moi je pense que tous les politiciens devraient être philosophes.Salon du livre Plus qu\u2019un centre d\u2019achat « Beaucoup de gens pensent que le Salon du livre est une foire commerciale ; qu\u2019il s\u2019agit de payer pour entrer dans un \u201c centre d\u2019achat \u201d.Cette critique est récurrente, seulement, au Salon, on ne trouve pas que des kiosques.Il y a des animations et des rencontres.Pour ma part, lorsque je lis un livre et que je ne comprends pas l\u2019un de ses passages, je rêve de pouvoir me le faire expliquer par son auteur.Une opportunité qui ne se présente pas souvent.Le Salon du livre nous offre ce privilège. » Josée Cardinal 34 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O ?: ?W I K I P E D I A ?C R E A T I V E ?C O M M O N S LITTÉRATURE AVEC JOSÉE CARDINAL DISTRIBUTRICE L\u2019ESPACE GRANDE PLACE Karine « 10 h, ZEP Dessine ! L\u2019auteur de la série Titeuf dessinera en direct en fonction de mots et d\u2019expressions proposés.Josée (Oh ! ZEP ! Je l\u2019aime tellement !) Titeuf ! C\u2019est irrévérencieux, mais c\u2019est un personnage qui me fait littéralement fondre.Je le trouve satisfaisant autant sur le plan de la raison que des émotions.Je l\u2019ai découvert grâce à mon filleul, en lui achetant des livres.Karine 12 h, Septentrion présente : du document au livre.Josée Ça, ça m\u2019intéresse ! Tout ce qui est adaptation d\u2019un medium à un autre me passionne ! Qu\u2019est-ce qu\u2019une œuvre gagne, qu\u2019est-ce qu\u2019elle perd quand elle est adaptée ?Par contre, ce qui est proposé est trop académique.Je préfère être stimulée sur un autre plan.Mais je n\u2019en reviens pas de la qualité et de l\u2019originalité des sujets.» L\u2019ESPACE PLACE CONFORT TD Karine « 10 h 30, Second album jeunesse de Benoit Dutrizac : Meuh c\u2019est à qui ces grosses fesses- là ?Josée Ce journaliste, je l\u2019aime beaucoup.Je sais qu\u2019il est critiqué.On me regardait bizarrement dans mon entourage lorsque j\u2019écoutais son émission au 98.5 FM.Mais j\u2019aime beaucoup son esprit caustique.J\u2019ai aussi lu l\u2019un de ses romans policiers.Je l\u2019ai abandonné très rapidement parce que je trouvais ses jeux de mots lourds, malhabiles\u2026 Mais là, c\u2019est un livre jeunesse.Je serais curieuse de lire l\u2019un de ces ouvrages, savoir comment il adapte son discours, son langage, ses images\u2026 pour les jeunes.Est-il capable de conserver son ironie ?Karine 14 h 30, Québec Amérique présente un entretien avec Danielle Laurin et Catherine Mavrikakis.Pour l\u2019écriture de son nouveau roman, elle s\u2019est soumise à un exercice d\u2019écriture, imposé par son éditrice.Josée Ça m\u2019intéresse beaucoup parce que je participe moi-même à des ateliers d\u2019écriture, alors assister à l\u2019un d\u2019eux, mené par des professionnelles, pourrait être plaisant.Je n\u2019ai jamais lu cet auteure, mais je l\u2019ai entendue plusieurs fois en entrevues et c\u2019est une femme qui me plaît.» ESPACE AGORA Karine « 10 h 45, Parfum d\u2019encre présente : pour profiter de l\u2019hiver qui s\u2019en vi\u2026 Josée (Je déteste l\u2019hiver !) Je ne veux rien savoir de ça ! Vois-tu, quand je décortique un programme d\u2019événement, je reste d\u2019abord en surface.Étant une personne irrésolue, qui a du mal à prendre des décisions, je m\u2019accroche à ce qui me rebute et qui m\u2019aide donc à faire un tri.Aussi, le plus important est que je vais au Salon du livre avant tout pour le plaisir.Alors j\u2019aurais tendance à choisir des évènements autour de la fiction, du roman, du théâtre et de la poésie.Karine 11 h 15, les Éditions XYZ présentent : L\u2019école du terrain, un roman de Jonathan Pedneault teinté du thème de la filiation père-fils.Josée Les Éditions XYZ est une maison d\u2019édition que j\u2019a-do-re ! En plus, c\u2019est un roman qu\u2019elle présente.C\u2019est parfait ! C\u2019est le genre littéraire que je lis le plus.Karine 13 h L\u2019art, influence ou reflet de la société ?Des auteurs d\u2019essais portant sur différentes formes de créations participent à une table ronde sur le rôle de l\u2019art dans la société.Josée Oh ! Bah Là ! Je ne pourrais pas refuser ça ! Ce sujet est tellement important ! Plaisir pas plaisir, je m\u2019en fous\u2026 Puis ca me donnera des arguments lorsque quelqu\u2019un me dira : \u201c l\u2019art c\u2019est de la foutaise, ça ne sert à rien.\u201d Karine 13 h 45, Une enfance en région.Entrevue avec l\u2019auteur du roman On n\u2019entend plus jouer les enfants.Josée Moi, je suis très Montréalocentrique, mais j\u2019ai également conscience que Montréal n\u2019est pas le Québec et qu\u2019il ne peut pas vivre sans les régions.L\u2019inverse est peut-être aussi vrai d\u2019ailleurs.Je pense que l\u2019on se complète et que c\u2019est nous affaiblir que de mener des guéguerres comme celle entre Montréal et Québec.Karine 14 h 15, Renoncer aux utopies ?Josée (Encore faut-il en avoir) C\u2019est très important les utopies et je commence à comprendre leur valeur.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on a un rêve que l\u2019on peut le réaliser, mais sans eux, on resterait figé.Ce serait intéressant pour moi de savoir comment passer de l\u2019utopie à la concrétisation.Karine 15 h 15, L\u2019Action nationale.[\u2026] On tentera de répondre à la question à quoi sert une revue dans le combat politique et c\u2019est quoi l\u2019engagement aujourd\u2019hui ?Josée Ça c\u2019est une revue, mais elle me faire peur.Je trouve qu\u2019elle a une odeur rance.En même temps, je ne suis pas une penseuse, j\u2019ai besoin de réponse et de m\u2019abreuver à des sources diversifiées.Alors c\u2019est peut-être une opportunité pour moi de développer mes opinions.Les questions sont pertinentes et je me dis que c\u2019est important de donner une chose à des gens avec qui je n\u2019ai pas forcément d\u2019affinité.Karine 19 h, Rencontre intime avec Amélie Prévost et ses Corps flottants\u2026 Invitation intime dans son processus de création poétique qui l\u2019a fait passer de l\u2019écriture scénique à l\u2019imprimé.Josée Ça peut être mon style.Puis j\u2019aime beaucoup la combinaison image et littérature.Ça fait aussi très spectacle.Une belle façon de finir la visite.».10 h 30 Second album jeunesse de Benoit Dutrizac : Meuh c\u2019est à qui ces grosses fesses- là ?11 h 15 Les Éditions XYZ présentent : L\u2019école du terrain, un roman de Jonathan Pedneault 12 h Venez tester vos connaissances littéraires avec le jeu 30 arpents de pièges.13 h L\u2019art, influence ou reflet de la société ?14 h 30 Québec Amérique présente un entretien avec Danielle Laurin et Catherine Mavrikakis.15 h 15 L\u2019Action nationale.À quoi sert une revue dans le combat politique ?C\u2019est quoi l\u2019engagement aujourd\u2019hui ?17 h Le territoire dans les veines, de Jean-François Létourneau 19 h Rencontre intime avec Amélie Prévost et ses Corps flottants.Programme du samedi 18 novembre 35 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA Parce que le Salon du livre regorge d\u2019auteurs talentueux, nous avons fait le choix de vous présenter Fanny Britt, une écrivaine engagée pour la défense du droit d\u2019expression.C\u2019est par Face Time la veille de son départ pour Vancouver que nous l\u2019avons rencontrée.Romancière, dramaturge, traductrice, cette écrivaine se raconte comme auteure et porte-parole de la 18e édition de Livre comme l\u2019air, un projet de solidarité envers les écrivains emprisonnés à travers le monde et en défense de la liberté d\u2019expression.C\u2019est avec une conscience aigüe de son privilège, celui de pouvoir s\u2019exprimer librement dans son pays, que Fanny Britt honorera ce projet présenté au Salon du livre.C\u2019est à la fois avec engouement et surprise que Fanny Britt a accueilli la proposition d\u2019être porte-parole de Livre comme l\u2019air, auteure qui ne qualifie pas son écriture d\u2019« hyper-engagée ».Mais sans aucun doute, sa conception de la liberté d\u2019expression et de l\u2019acte d\u2019écrire s\u2019harmonise avec la raison d\u2019être de Livre comme l\u2019air.« Les auteurs emprisonnés dans le monde me rappellent à quel point j\u2019ai le privilège de m\u2019exprimer librement dans mon pays, explique-t-elle avec émotion.L\u2019écriture est P H O T O : ?J U L I E ?A R T A C H O Fanny Britt Une auteure engagée un acte engagé en soi ; écrire c\u2019est dire notre société, être témoin de notre époque.Il faut alors être lucide et ne pas détourner le regard des réalités de ceux qui sont moins privilégiés que nous.» Livre comme l\u2019air est pour cette artiste l\u2019expression d\u2019une profonde indignation que plusieurs écrivains libres manifestent par des dédicaces de livres adressées à des « prisonniers d\u2019opinion ».C\u2019est également « une mise en contact entre les lecteurs, le grand public et la réalité de ces prisonniers emprisonnés à cause de leurs écrits, de leurs prises de position », précise-t-elle.Comme René-Daniel Dubois, Joséphine Bacon ou encore Kim Thuy les années précédentes, Fanny Britt est jumelée à l\u2019un de ces auteurs bâillonnés : Liu Xia.Veuve de Liu Xiabo (prix Nobel de la paix, décédé il y a quelques mois après avoir été emprisonné et maltraité) cette femme « auteure, poète et activiste chinoise, est réduite au silence et assignée à résidence depuis 2010, nous explique Fanny Britt pour qui la liberté d\u2019expression est avant tout garante du bien-être d\u2019une société par le dialogue et le débat constructif.« Je souhaiterais que les régimes en place n\u2019aient pas le droit ni la possibilité de refuser à la population de se prononcer sur leurs décisions.Je pense que si l\u2019on n\u2019est pas dans le dialogue, on n\u2019est pas dans la civilisation.» Une liberté malmenée La liberté d\u2019expression semble un droit fragile au contour difficile à cerner.Garantie dans plusieurs pays où les auteurs ne portent le poids d\u2019aucune pression idéologique ou politique, la liberté d\u2019expression n\u2019engendre pas pour autant que de parfaites situations.L\u2019auteure illustre son propos avec l\u2019exemple des suprémacistes blancs aux États-Unis qui, sous couvert de la liberté d\u2019expression démontrent un grand racisme.« Un détournement de ce droit qui, dans ce cas précis, est plus un appel à la liberté de haine et de violence qu\u2019à celle de l\u2019expression », déplore Fanny Britt.Quant au Canada, elle ne le juge pas non plus comme un parfait modèle, mais plutôt comme un pays dans lequel il manque de « vrais débats » de société.À sa hauteur, Fanny Britt tente d\u2019entretenir le meilleur usage possible de la liberté d\u2019expression et de son impact social.Comment ?En usant de son privilège, explique-t-elle, « celui d\u2019avoir une tribune, de l\u2019espace médiatique, pouvoir prendre la parole à la radio ou à travers des livres.Se battre constamment pour donner la parole aux gens qui sont marginalisées, et ce de manière beaucoup plus importante parce qu\u2019 ils n\u2019ont pas ce pouvoir.» « J\u2019écris de la fiction.Mais à travers elle, je peux laisser parler des personnages qui vivent des situations d\u2019abus, de marginalisation, de discrimination.Pas de manière didactique, mais pour susciter la discussion.» Une belle manière d\u2019engager ce débat qu\u2019elle revendique tant auprès des adultes que des adolescents.Un public d\u2019ailleurs pour lequel elle vient d\u2019achever une pièce en collaboration avec le Théâtre Denise-Pelletier et à travers laquelle elle a particulièrement apprécié « les discussions fortes sur les rapports de force, les dynamiques de pouvoirs, la discrimination.Une façon d\u2019amener les débats sur la place publique.» « Pour nous, les gens privilégiés, l\u2019une de nos jobs est de laisser les autres parler. » La liberté d\u2019expression est à mon sens le droit de communiquer mon opinion en toute confiance et en n\u2019ayant aucune crainte des représailles, soit de la part d\u2019autres citoyens, soit de la part des institutions gouvernementales.Je suis heureux de pouvoir vivre dans un pays où j\u2019ai le droit de m\u2019exprimer verbalement et par écrit.La liberté d\u2019expression est indispensable dans le monde pour permettre aux populations de recevoir des informations dans le but de se faire une opinion éclairée sur un sujet donné.Il est important de laisser la pleine liberté aux écrivains et membres de la presse écrite parce que sans celle-ci, il serait impossible d\u2019avoir une société épanouie.Une société qui met des bâtons dans les roues de ses citoyens et les rend captifs est inacceptable.On a tous entendu l\u2019expression « les paroles s\u2019envolent mais les écrits restent ».Si la liberté d\u2019expression était seulement orale, il n\u2019y aurait pas de documentation qui resterait disponible au fil des ans.Seulement, pour pouvoir se forger une opinion intelligente, il faut avoir des références ; de là l\u2019importance de l\u2019écrit.Plusieurs médiums d\u2019expression sont disponibles pour diffuser de l\u2019information et des opinions : livres (romans, essais, etc.), télévision, radio, journaux, conférences et l\u2019Internet.Une société qui dispose de plus d\u2019outils et de connaissances peut faire face aux défis qui surviennent.On peut alors prendre des décisions, établir des plans pour passer à l\u2019action et ainsi améliorer la qualité de vie de la collectivité.Malheureusement, il y a beaucoup trop de pays qui ne bénéficient pas de cette liberté.Nous n\u2019avons qu\u2019à penser à la Corée du Nord, à beaucoup de pays du Moyen-Orient et aussi au plus populeux des pays, la Chine.On espère toujours que des organismes, comme Reporters sans frontières et les nombreux intervenants qui profitent de cette liberté de presse, sauront sensibiliser le monde entier à cette question.Merci de m\u2019avoir permis d\u2019écrire ce papier librement.S\u2019informer sans craintes MARC SÉNÉCAL 37 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA ÉCRITURE AVEC MARC SÉNÉCAL CAMELOT SAQ ATWATER OPINION À VENDRE DÈS NOVEMBRE 2017 À VENDRE DÈS NOVEMBRE 2017 La police en histoires On connait Jean Claude Bernheim, criminologue acquis à la défense des droits et libertés individuelles.Dans ce livre très documenté, il relate méticuleusement les éléments de l\u2019enquête policière et du procès qui ont conduit dans un premier temps à la condamnation de deux jeunes gens pour le meurtre d\u2019une jeune fille, une sentence que l\u2019auteur considère entachée de nombreuses irrégularités.Cet ouvrage qui s\u2019appuie sur une importante recherche réussit le pari d\u2019exposer sans détour au public les rouages complexes d\u2019une erreur judiciaire.Bien que parfois compliqué à suivre, ce récit est passionnant.L\u2019enquête bouleversante de l\u2019enquêteur Sarah Linden est en tête de ma liste de séries policières qui comprend un bon nombre de productions québécoises comme l\u2019hyper réaliste District 31 (même si je n\u2019ai pas pu suivre le rythme de diffusion), l\u2019intrigante Blue Moon (surtout pour le jeu remarquable de Karine Vanasse) et l\u2019impressionnante Victor Lessard dont la réalisation a été pour moi un signe évident du renouveau des séries policières au Québec.L\u2019incroyable enquête sur le meurtre de la sœur Cathy Cesnik.Le stupéfiant documentaire sur un milliardaire possible tueur en série.La plus connue et controversée des séries.La bible ! Il n\u2019y a pas d\u2019autre mot pour ce livre qui recense tous les personnages principaux des romans policiers et d\u2019espionnage.Au milieu de près de 3000 descriptions on redécouvre le caractère de l\u2019irascible inspecteur Harry Bosch de Connelly, on apprend que la mère de James Bond était Suisse et l\u2019espion plutôt dépressif et on retrouve le portrait de notre Victor Lessard Québécois « sensible et hautement moral », dont les aventures ont été récemment portées à l\u2019écran par son auteur Martin Michaud.Un livre indispensable pour tous ceux et celles qui se passionnent pour la littérature policière.Ceux qui tentent de revisiter la célèbre et tortueuse « affaire Coffin » se lancent dans une entreprise périlleuse.Pour preuve, la sortie de cet ouvrage vaudra, entre autres, à son auteur deux articles dans Le Devoir, l\u2019un critiquant le travail de Me Clément Fortin et le second louant la rigueur de son ouvrage.Comme si, dans cette affaire qui divise encore les esprits, il était impossible de trouver les arguments pour mettre définitivement tout le monde d\u2019accord sur ce dossier.À lire donc, avant ou après avoir lu les livres de Jacques Hébert sur cette même affaire.Produit par un collectif d\u2019édition et malheureusement difficile à trouver en librairie, ce livre a attiré mon attention à cause de son auteur, Alexandre Popovic, militant connu pour ses positions très critiques vis-à-vis de la police.J\u2019avoue que c\u2019est un peu avec la crainte qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un brûlot anti-policier que j\u2019ai commencé à lire cet ouvrage, qui, s\u2019il est clairement orienté dans un sens très critique, n\u2019en est pas moins passionnant et très documenté sur les méthodes « clandestines » et donc souvent illégales mises en œuvre par certains corps policiers pour parvenir à leurs fins.Meurtriers sur mesure L\u2019énigme de Val d\u2019Or Jean Claude Bernheim \u2022 Presses du méridien, 2017 The Killing Netflix (2014) The Keepers Netflix (2017) The Jinx HBO (2015) Making a murderer Netflix (2015) Le Détectionnaire Norbert Spehner \u2022 Éditions À Lire, 2016 L\u2019affaire Coffin Une supercherie ?Clément Fortin \u2022 Wilson & Lafleur, 2007 Produire la menace Alexandre Popovic \u2022 Sabotart, 2017 Je ne saurais trop vous conseiller de voir ou revoir les films et séries documentaires qui ont fait mon année.39 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA PAR STÉPHANE BERTHOMET RÉDACTEUR EN CHEF INVITÉ LIRE & VOIR Dans les années 1970, j\u2019habitais chez mes parents.Parfois, j\u2019avais envie de tranquillité alors j\u2019allais me promener sur le boulevard Industriel.Cet axe s\u2019est développé à partir de la construction de l\u2019autoroute Métropolitaine dès 1960.De nombreuses industries se sont donc installées le long de cette voie, bordée d\u2019un chemin de fer.C\u2019est d\u2019ailleurs pour lui que je vous parle de ce lieu.Mon trip était de marcher sur les rails du chemin de fer qui le longent.On regarde l\u2019horizon et on se demande jusqu\u2019où ça va.Je trouve qu\u2019il y a de la poésie là-dedans.Je me voyais voyager à l\u2019instar des passagers clandestins.Il faut savoir que l\u2019inauguration du chemin de fer Canadien Pacifique en 1878 et le tramway électrique en 1892 ont fortement contribué à la croissance du quartier Saint-Michel.C\u2019est à cette même époque que la communauté italienne commence à s\u2019établir dans le quartier.Souvenir du boulevard industriel Durant mon adolescence, j\u2019habitais près de la carrière Miron.Je me souviens de la pollution qui en émanait.Ils faisaient sauter de la dynamite à midi, ça faisait travailler la maison pas mal ! La fumée remplissait le ciel et une odeur d\u2019œuf pourri, de soufre, l\u2019envahissait.Je ne me doutais pas, comme l\u2019a rapporté La Presse en 1984 depuis, que le béton de la gare Centrale, de l\u2019hôpital Sainte- Justine, de la voie maritime du Saint- Laurent, de la place Ville-Marie et du complexe Desjardins était issu de cette carrière.La carrière Miron est ensuite devenue un site d\u2019enfouissement des déchets, avant d\u2019être le Complexe environnemental Saint-Michel.La carrière Miron Frontière entre Saint-Michel et Sault-au-Récollet Je vais vous faire visiter le lieu où habitent mes rêves d\u2019enfance et la nostalgie des bons moments.De 10 à 19 ans, j\u2019ai vécu à la frontière des quartiers Saint-Michel et Sault-au- Récollet.Autrefois, la ville de Saint-Michel se développait sans réel plan urbain.Les résidences côtoient les ateliers, les entreprises.Vers la fin des années 50, le projet de construction de l\u2019autoroute Métropolitaine coupe le quartier en deux, au même titre qu\u2019une douzaine d\u2019autres.En 1968, la ville s\u2019annexe à Montréal, tandis qu\u2019elle connaît une décroissance importante de sa vitalité économique.Au nord de la frontière se trouve Sault-au-Récollet, une ancienne municipalité marquée par l\u2019histoire de Montréal depuis 1845 et lieu d\u2019accueil de la toute première messe de l\u2019île, le 24 juin 1615.Si Sault, en ancien français, désigne des rapides, Récollet est le nom du père missionnaire récollet Nicolas Viel, noyé en 1625 dans la rivière des Prairies après avoir chaviré.Il était alors accompagné d\u2019un jeune Français (et non un Autochtone selon la croyance populaire), surnommé à l\u2019époque Ahuntsic par les Hurons.Les parcs, les églises et les écoles se trouvent nombreux dans cette partie très résidentielle de Montréal.Les industries de mon quartier sont regroupées soit plus au sud, soit plus à l\u2019ouest d\u2019où je demeure.Qu\u2019il s\u2019agisse de mon âme de vagabond ou de mes goûts sédentaires, vous verrez qu\u2019à mon âge, au bout du compte, je n\u2019ai pas tellement changé.40 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 P H O T O ?: ?M E G A S T O C K E R ?( 1 2 3 R F ) PHOTO?:?ARCHIVES?DE?LA?VILLE?DE?MONTRÉAL VIE DE QUARTIER PAR ROBERT MÉNARD CAMELOT WELLINGTON / DE L\u2019ÉGLISE Non loin de l\u2019église Notre-Dame-de-Pompéi, il y a une petite colline où l\u2019on peut regarder un coucher de soleil, les feux d\u2019artifice des mariages et l\u2019hiver, skier avec les enfants.Le parc des Hirondelles s\u2019étend de la rue Sauvé à la rue Fleury.Contrairement au Complexe environnemental Saint-Michel, le parc des Hirondelles n\u2019est pas construit sur le site d\u2019une ancienne carrière, mais peut-être sur un ancien dépôt de surface.Rien d\u2019étonnant, car comme l\u2019expliquait Philippe Giasson, professeur à l\u2019UQAM et spécialiste des enjeux de décontamination des sols, dans un article du Journal des voisins en juin 2017, « tous les anciens quartiers industriels de Montréal sont constitués de remblais, c\u2019est-à-dire de différentes matières servant à niveler le terrain.Parfois, les remblais sont contaminés à plusieurs endroits ».Parc des Hirondelles L\u2019église Notre-Dame-de-Pompéi a été achevée en 1967, à mon arrivée dans le quartier.Sa forme surprenante et moderne m\u2019est donc très familière.Les nombreux mariages que j\u2019y ai vus en attendant l\u2019autobus, et les feux d\u2019artifice qui les accompagnent ont fait de cette église un endroit marquant pour moi.Son nom tire son origine d\u2019un miracle qu\u2019aurait réalisé la Vierge, en 1884, à Pompéi, en guérissant une jeune fille nommée Fortuna.Par ailleurs, l\u2019église accueille la communauté italienne du quartier, à laquelle appartenaient les premiers immigrants.Église Notre-Dame-de-Pompéi Le Complexe environnemental Saint-Michel est construit donc sur 40 millions de tonnes de déchets, toujours dans le sol.Aux dires du maire Coderre, ce parc se comparera néanmoins au parc du Mont-Royal puisqu\u2019il s\u2019étendra sur 153 hectares.Cette transformation portera le nom de Frédéric Back, en hommage au dessinateur du film L\u2019homme qui plantait des arbres.Le projet doit se terminer en 2023.Complexe environnemental Saint-Michel 41 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA PHOTO?:?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA PHOTO?:?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA PHOTO?:?MARIO?ALBERTO?REYES?ZAMORA P H O T O ?: ?G O O G L E BD PAR ISABELLE RAYMOND CAMELOT MÉTRO VERDUN Vivre le moment présent On doit profiter des bonnes choses comme elles viennent au jour le jour et avoir davantage la sensation que l\u2019avenir nous amènera de belles choses.Pour voir le bon côté de notre situation, il nous faut beaucoup de volonté, d\u2019amour et d\u2019amitié.Afin de composer avec les hauts et les bas de la vie, il faut intervenir positivement et doucement pour trouver beaucoup de solutions.On doit éviter les conflits pour développer sa confiance en soi-même et pour penser à son avenir avec un très grand et radieux sourire.Par exemple, lorsque les gens reviennent de vacances, ils sont pressés parce qu\u2019ils sont en retard et passent tout droit sans acheter le journal, c\u2019est normal.Le côté positif, c\u2019est qu\u2019ils reviennent avec un beau sourire aux lèvres à l\u2019heure du dîner ou un autre jour.À ce moment-là, on a le temps de se parler.Je leur demande comment ont été leurs vacances.Certains parlent avec moi cinq ou dix minutes et j\u2019en suis très fier.Ceux qui sont partis au mois de septembre ont eu un vrai été et sont revenus de bonne humeur.J\u2019étais très fier et très content de lire vos bons mots pour moi dans le Mot des lecteurs.J\u2019ai été surpris de votre intérêt et je vous remercie beaucoup de votre gentillesse.Yasmine est née Ma mère a eu 12 enfants.Elle a eu deux fois des jumeaux.Elle a arrêté de travailler à 72 ans.Toute sa vie, elle a travaillé dans les champs.Nous sommes six garçons et cinq filles.J\u2019omets un autre garçon.Ahmed, le puiné, qui est parti à l\u2019âge de trois ans.Il était un garçon d\u2019une grande beauté, astucieux et très intelligent.On m\u2019a raconté que mon père était fou de chagrin.Par expérience, je partage son désarroi et sa douleur.Un enfant de trois ans est déjà une entité humaine à part entière.Mohammed, l\u2019aîné, est parti un beau jour d\u2019avril de cette année.Ce malheureux a connu les passions de Jésus et les malédictions de Sisyphe combinées.Son existence a pris l\u2019air de l\u2019itinérance sans aide sociale, sans assurance-maladie, sans bien entendu les services.Les autres membres de la famille vivotent pêle-mêle sur trois continents.Jusqu\u2019à maintenant, maman a eu 13 petits-enfants.C\u2019est peu, toute mesure gardée.C\u2019est pour ainsi dire que la régénération n\u2019a pas été au rendez-vous, chez nous.Nous ne sommes pas des as de l\u2019organisation familiale ni des malthusiens convaincus.C\u2019est juste un malencontreux concours de circonstances qui a fait que nous avons eu si peu d\u2019enfants.Je suis le cadet des garçons.Mon frère qui me précède incarne la malchance.Il lui a fallu deux mariages et une rupture rocambolesque pour qu\u2019une cigogne se pointe à l\u2019horizon.Au moins cette fois, le volatile ne nous a pas déçu.Comme une grande gaillarde, Yasmine est arrivée sur notre planète un lundi de la mi-août dans un hôpital d\u2019Amsterdam.J\u2019en suis ému aux larmes, bien davantage que pour mes propres enfants.Ah ! Les enfants c\u2019est un plaisir unique d\u2019en avoir.Je peux imaginer la joie de son père.La vie m\u2019a appris qu\u2019avoir des enfants à un âge « avancé » n\u2019est pas chose facile.Pourtant, je suis confiant en l\u2019avenir.Certainement, les sourires de Yasmine vont embellir les vieux jours de mon frangin.Welkom Juffrouw Yasmine! Bienvenue Mademoiselle Yasmine ! Simple comme bonjour Quand on me parle du bonheur, cela m\u2019 inspire une composition que je veux partager avec vous.C\u2019est bon de décamper n\u2019importe où, à la force des bras.C\u2019est grandiose.C\u2019est bon de divulguer des mots charmants des petits riens du tout, mais qui en disent large.Le bonheur attire le regard et les sentiments de frustration face au bien-être d\u2019autrui, face à ses avantages.C\u2019est bon d\u2019observer dans sa vision un espoir formidable qui donne des sensations.C\u2019est bon ces petites émotions et le plaisir de trouver agréable.C\u2019est bon.C\u2019est sensationnel ce qu\u2019il a pour charmer sans parler de ce que je peux dire.C\u2019est bon de me dire, que tout ça, c\u2019est à moi pour de bon.C\u2019est bon d\u2019adorer le bonheur, n\u2019en cherchez pas la raison.C\u2019est bon, c\u2019est bon, c\u2019est bon.C\u2019est bon, bon, bon.Le bonheur, c\u2019est simple comme un bonjour à lancer en l\u2019air.Aujourd\u2019hui, je place une bulle de bonheur autour de moi et rien ne peut y entrer.Le docteur bonheur m\u2019a dit que le bonheur, nous n\u2019avons pas besoin de le chercher puisque le rire se trouve dans bien des bouches qui rient largement.Ça fait une des parties du bonheur.J\u2019aimerais que l\u2019univers renvoie tous mes Magnificat.GILLES BÉLANGER CAMELOT RENÉ-LÉVESQUE / JEANNE-MANCE MOSTAPHA LOTFI CAMELOT MÉTRO ÉDOUARD-MONPETIT MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET METRO HONORÉ-BEAUGRAND Dans l\u2019édition du 15 octobre dernier, nous avons malencontreusement publié ce Mot de camelot sous la signature d\u2019une tierce personne.Le mérite de ce texte revient en entier à son auteure, Manon Fortier.Nos excuses à la principale intéressée.E R R A T U M 43 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA MOTS DE CAMELOTS joseecardinala1@yahoo.ca Solutions dans le prochain numéro horizontalement 1.Signes typographiques.2.La cour de Louis XIV l\u2019était.3.Diffuser.- Samarium.4.Précis.- Composé de pieds de deux syllabes.5.Travailleur social.- Colorais.- Iridium.6.Do.- Année.- Aire de vent.7.Crochet monté sur un manche.- Comprima.8.Longueur occupée par des marchandises sur des rayonnages.- Mélodie.9.Trompa.- Voies.10.Ministre.- Corrigiez.verticalement 1.Hypothétique.2.Qui paraît aux six mois.3.Paré.- D\u2019une locution signifiant « sans en avoir conscience ».4.Existe.- Bisqua.5.Limita.6.Prendras connaissance.- Irlande.7.Docteurs musulmans.- Cours d\u2019eau.8.Article étranger.- Répétées.9.Sassée.- Mesure itinéraire chinoise.10.Titane.- Oiseau.11.Épongeriez.12.Mettre en terre.- Point d\u2019union équin.xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Répartition Appréciées Dirigée Comprends Garnira de planches Choux-fleurs Fibreuse Bovinés Enceinte Interjection signalant une autre occurence Pierre Chapeau Inflorescence femelle Se désole (se) Remplirai Mince Transporte À moi Période Consignes Cacha Nazi Louper Dieu Égyptien Ouellé Sélénium Répartition Appréciées Dirigée Comprends Garnira de planches Choux-fleurs Fibreuse Bovinés Enceinte Interjection signalant une autre occurence Pierre Chapeau Inflorescence femelle Se désole (se) Remplirai Mince Transporte À moi Période Consignes Cacha Nazi Louper Dieu Égyptien Ouellé Sélénium Réponses du 15 NOV 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 R F B G A M E R C I S S S E R E R B O U T E T E C E A L M E L S T R E A I T E N U R A O C N E S E L A M N E T E E H M A I T T E B O L V I A R E P R I O B L E 1er novembre 2017 E S P E R L U E T T E S V E R S A I L L A I S E E M E T T R E M S M N E T I A M B I Q U E T S R O S A I S I R U T A N S S E E E R I G N E S E R R A L I N E A I R E A I R L E S A R U E L L E S E L U F E S S I E Z Réponses du 15 NOV 2017 M A R M O R I S E R A S A B O U T E R C A G E D I C T E R L U T I N R E E R C R E E R A E S S E A H I R A I P A S O C I A L E R O S T U E L E Z E E R E I N E O R E P S E P R I S M E U T E S T E A T O S E S E V Réponses du 01 NOV 2017 xxxxxxx xxxxxx xxxxxx Fonça À toi Opéreraient Durillon Illusions Étoiles de mer Harmonieusement Galerie Maladie de l\u2019oeil Emprisonnement Blessera Calmer Tacticien Déshydraté Port Massif bulgare Psaume Durée Année Nombre Nickel Qu\u2019il palpât Astate Utilise Erbium Implora Pays américain Fonça À toi Opéreraient Durillon Illusions Étoiles de mer Harmonieusement Galerie Maladie de l\u2019oeil Emprisonnement Blessera Calmer Tacticien Déshydraté Port Massif bulgare Psaume Durée Année Nombre Nickel Qu\u2019il palpât Astate Utilise Erbium Implora Pays américain Réponses du 1ER NOV 2017 Mettre à x 9,75 y 0,75 C M L D N A T T A A T O N I U N I M S E E R R E T E M S P I A R D E U S A R I L A E R T S R A E T G E S E C A T U M T I E L R A A S S G A I R L G A U O C M E À vos crayons ! 44 ITINERAIRE.CA | 15 novembre 2017 DÉTENTE publicité SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Jeu Sudoku Expert Grille numéro : 57479 8 3 2 9 4 9 6 8 5 7 3 4 9 3 7 4 6 1 8 5 9 5 2 1 7 3 4 2 3 8 6 6 8 7 6 5 3 1 4 9 2 8 1 8 3 7 2 9 5 6 4 2 4 9 6 8 5 7 3 1 5 1 6 8 7 2 4 9 3 3 2 7 9 4 6 1 8 5 4 9 8 5 3 1 6 7 2 8 5 2 1 6 7 3 4 9 9 7 4 2 5 3 8 1 6 6 3 1 4 9 8 2 5 7 Grille Jeu Sudoku Expert à imprimer du vendredi 21 avril 2017 00:00:02 1 / 1 1er novembre 2017 JEU DE CHIFFRES JEU DES 7 DIFFÉRENCES 45 15 novembre 2017 | ITINERAIRE.CA SUDOKU http://www.lesudokugratuit.com Sudoku niveau : Sudoku Diabolique Grille numéro : 57574 6 7 1 5 8 2 9 5 3 8 2 4 9 3 6 6 2 8 9 3 5 7 8 1 7 6 5 3 1 4 2 9 1 7 4 8 3 6 9 2 7 1 5 5 6 1 3 4 7 2 9 8 2 7 9 1 8 5 6 3 4 8 1 2 4 5 9 3 7 6 6 4 7 2 3 1 8 5 9 9 3 5 7 6 8 4 2 1 7 2 4 9 1 6 5 8 3 1 5 6 8 7 3 9 4 2 3 9 8 5 2 4 1 6 7 Grille Sudoku Diabolique à imprimer du mercredi 26 avril 2017 00:00:02 1 / 1 Solution dans le prochain numéro Source : Éditions Goélette Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.JEU DE CHIFFRES Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! La solution dans le prochain numéro.J E U D E S 7 D I F F É R E N C E S Travailler au mieux-être collectif, c\u2019est central.Centralisons nos forces lacsq.org L\u2019Itinéraire - 3,687 po x 4,875 po, couleurs N\u2019oubliez?pas?que?les?enfants?ont?besoin?d\u2019amour?mais?aussi d\u2019autorité pour se sentir en sécurité.Lume La?pratique?de?la?générosité?envers?soi-même?valorise?la?stabilité, l\u2019équilibre et la sécurité intérieure et extérieure.Jacques Mailhot L\u2019argent?en?lui-même?n\u2019a?jamais?rendu?personne?heureux?mais il m\u2019a toujours donné un vrai sentiment de sécurité, ce?qui?a?renforcé?ma?capacité?à?être?heureuse.?Audrey Hepburn Si vous vous sentez en sécurité et que vous devez vous sentir spécial, le meilleur endroit où aller est quelque part étranger?où?les?gens?vous?traitent?comme?spécial?parce?que?vous?êtes?différent.?Kristin Scott Thomas La?famille?est?un?asile?et?un?abri,?un?petit?nid?où?l\u2019on?se?sent?en?sécurité,?protégé?et?aimé.?Maxalexis Il?n\u2019y?a?pas?de?liberté?indéfinie?sans?sécurité.Claude May Waia Némia Une crainte prévoyante et précoce est mère de toute sécurité.Edmund Burke La?ségrégation?existe?dans?nos?villes,?dans?nos?états,?dans l\u2019Union, produisant une marée montante de mécontentement qui menace la sécurité du pays.John Fitzgerald Kennedy L\u2019État?moderne?s\u2019est?construit?sur?le?fait?qu\u2019il?nous?donne?de?la?sécurité?en?échange?de?notre?obéissance.?Jacques Sémelin C\u2019est?très?important?«?la?disponibilité?».?Les?gens?qui?me?voient depuis toujours et qui sont de mon côté, ils se sentent en sécurité parce qu\u2019ils savent que je suis là, alors ils?m\u2019aiment?davantage.?Sonny LoSpecchio et Calogero \u2019C\u2019 Anello DE LA SÉCURITÉ P H O T O : ?P I T C H A Y A R A T ?C H O O T A I ?( 1 2 3 R F ) À PROPOS.PAR DIANE CURADEAU CAMELOT WELLINGTON/GORDON educalcool.qc.ca On parle beaucoup dans les médias de la popularité des boissons sucrées alcoolisées, et avec raison, puisqu\u2019elles représentent un véritable risque pour la santé.En effet, avec un taux d\u2019alcool de près de 12 %, une seule canette représente l\u2019équivalent de quatre verres de vin, de bière ou de spiritueux et peut contenir jusqu\u2019à 13 cuillères à thé de sucre.Ces boissons ont donc le potentiel de gâcher une soirée en moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour les boire.Des spécialistes de la santé sonnent l\u2019alarme après avoir dû traiter des jeunes hospitalisés pour cause de déshydratation extrême ou de coma éthylique.De par leur faible prix, leurs saveurs de fruits et leur emballage coloré, ces boissons, conçues principalement pour les jeunes adultes de 18 à 25 ans, attirent aussi les adolescents, une clientèle particulièrement vulnérable face à la consommation d\u2019alcool.La grande quantité de sucre présente dans ces boissons camoufle le goût et l\u2019effet de l\u2019alcool, ce qui amène souvent une consommation rapide, alors qu\u2019une seule canette contient déjà le maximum recommandé pour un homme en une journée et dépasse la limite conseillée aux femmes.Certaines de ces boissons contiennent aussi des excitants, tels que le guarana ou le café, ce qui en fait un mélange encore plus explosif.Sachant cela, si vous tenez absolument à en consommer, il serait assurément plus sage d\u2019être généreux et de partager avec vos amis ! Prendre un p\u2019tit coup.Vous passez au dépanneur avec des amis avant une soirée, qu\u2019achetez-vous ?a) Seulement un sac de croustilles, étant donné que vous êtes déjà passé à la SAQ acheter du vin avant.b) Quelques trucs à grignoter, une caisse de votre bière préférée et une bouteille d\u2019un vin quand même bon.c) De la bière, des boissons énergisantes et plusieurs canettes de boisson sucrée alcoolisée.Elles sont si peu chères ! Vous êtes prêts pour une soirée mémorable.à moins de vous évanouir avant la fin ! C\u2019est l\u2019anniversaire de 17 ans de votre petit frère.Comment préparez-vous la fête ?a) Vous planifiez une fête avec ses amis et préparez aussi plusieurs choix de cocktails sans alcool, question de plaire à tous.b) Vous prévoyez plusieurs boissons pour la fête.La plupart sont sans alcool, mais vous apportez aussi un peu de bière, vous disant qu\u2019ils sont tout de même mieux de boire sous votre supervision.c) Vous passez faire le plein de boisson sucrée alcoolisée avant de vous rendre à la fête et vous en servez même à ceux qui refusent de boire de l\u2019alcool ! C\u2019est tellement sucré qu\u2019ils n\u2019y voient que du feu ! Vous faites la fête et votre ami commence à se sentir fatigué.Que faites-vous ?a) Vous lui dites qu\u2019il n\u2019y a pas de problème s\u2019il veut rentrer maintenant, il y aura d\u2019autres fêtes ! b) Vous tentez de le convaincre de rester en lui offrant un café ou une boisson énergisante.Vous boudez un peu quand il refuse et décide de partir quand même.c) Pour le convaincre de rester, vous lui faites boire un mélange de boisson sucrée alcoolisée et de boisson énergisante en lui disant que ça va le « requinquer » comme il faut ! \u2022 Évitez les jeux à boire.Les jeux impliquant de l\u2019alcool incitent rarement à boire de façon raisonnable.Il est plus sage de les éviter et de se divertir autrement! \u2022 Connaissez vos limites.Rappelez-vous que les boissons sucrées alcoolisées camouflent tant le goût que l\u2019effet de l\u2019alcool.N\u2019attendez pas de perdre le contrôle ou de vous sentir fatigué avant d\u2019arrêter de boire.Pourquoi ne pas rentrer à la maison pour éviter que votre belle soirée ne se transforme en mauvais souvenir ?\u2022 Prenez votre temps.Vous avez toute la soirée, nul besoin de boire si vite.Laissez à votre corps le temps d\u2019absorber un peu ce que vous buvez.\u2022 Soyez sociable.Si vous envisagez de boire l\u2019une de ces boissons, évitez d\u2019être seul pour le faire.Si vous surestimez votre tolérance à l\u2019alcool, vous aurez de l\u2019aide à portée de la main.\u2022 Sachez réagir.Vous devez aider quelqu\u2019un ?Appelez le centre antipoison (1-800-463-5060) ou, si l\u2019incident survient pendant ses heures d\u2019ouverture, le CLSC le plus près.Faire la fête à tout prix Les conseils du pro Les boissons sucrées alcoolisées : P H O T O : D A R Y A P E T R E N K O ( 1 2 3 R F ) ÉDUC\u2019ALCOOL PARCE QUE CHAQUE MOIS C'EST NON = RANI REGLE ] AVEC OPUS À L'ANNÉE © Paiements automatiques mensuels © Une carte toujours prête à utiliser © Désabonnement facile en tout temps *Certaines conditions s'appliquent.stm.info/1mois MOBILITÉ 2 Québec d MONTRÉAL ARTM S tm "]
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