Le journal d'agriculture et d'horticulture, 1 juin 1899, jeudi 8 juin 1899
[" Ag AY { M D'HORTICULTURE:S VOL.2.No 23.8 JUIN 1899.ss.LE Journal d'Agriculture et d'Horticulture LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE AT D'HORTICULTURK est l\u2019organe officiel du Conseil d'Agriculture de la Province de Québec.il parait deux fois par mois, le 8 et le 22 de chaque mois, et s'occupe spécialement de tout œ quia a rapport À l\u2019agriculture, & l\u2019élevage des animaux, à l\u2019hortieul- ture, \u20ac outes communications destinées à être insérées dans les Colonnes de la matière À lire de ce journal devront être adressées au Directeur du Journal d\u2019 Agriculture et Horticulture, Québec.\u201d Pour conditions d\u2019Annonces.etc, s'adresser à LA OIE DE PUB.\u2018\u201c\u201cLA PATRIE\u201d 77, 79 & 81 Rue St-Jacques, Montreal.Abonnement : 81.00 par année, payable d'avance % TABLE DES MATIERES.Colonisation\u2014Une belle région a coloniser.529 7 1 530 Choses et autres \u2014 La ferme au mois de juin\u2014 Phosphate basique Thomas \u2014 Une industrie à remettre sur pied\u2014Culture des pommes de terre \u2014Silos ronds faits en douves \u2014 Avantages des bonnes chambres de maturation pour les fro- MAGES.000 222002 000u0e caua een e nn secs 0 ca 000 530 Notes météorologiques de l\u2019observatoire de Québec 532 Binage dusol.PTE 582 La betterave fourragère.\u2026.0 \u2026.\u2026.534 Petites notes.\u2026.\u2026.,1.000000 Len ee aus 536 Fabrication du sucre de lait (lactose)\u2014 Fabrication industrielle.c.oven iii cil eine 537 Boîte aux lettres\u2014La chaux dans le sol \u2014 Empioi du phosphate Thomas \u2014 Engrais phosphatés \u2014 Floriculture.200.-00000 Luca 0 00000000 6 540 Chronique commerciale \u2014 Le lin au point de vue agricole et commercial.oie 541 INDUSTRIE LAITIÈRE Le service du JOURNAL D\u2019AGRICULTURE aux membres de la société d\u2019industrie laitiére.D42 Le livre d\u2019or des fabricants.cc .543 La pureté de l\u2019eau et la valeur des produits laitiers 544 ANIMAUX DE LA FERME Médecine vétérinaire\u2014 Consultations \u2014 Paraplégie \u2014 Bronchite \u2014 Pneumo-entérite infectieuse \u2014 Démangeaisons.\u2026.0+2000 000000 000004 545 ARBORICULTURE ET HORTICULTURE Chenilles à tente.avsevesens0e cc ca 006 546 Multiplication du rosier\u2014Marcottage\u2014Greffage.546 ECONOMIE DOMESTIQUE La bonne ménagere.coo.vevocenn.548 Recettes utiles\u2014Le bois-pierre \u2014 Flacon lumineux \u2014 Vernis imperméable \u2014 Enduit pour grillages en fil de fer.+\u2026cu0ov00e ve vases 548 TRAVAUX ET RAPPORTS Concours de mérite agricole, 1898 \u2014 Rapport des juges.549 SOCIÉTÉS ET CERCLES Convention agricole de St Hyacinthe.,.eva 2 +0 210 500100 0000 COLONISATION Une belle réglon à coloniser Avantages offerts aux colons Une des plus belles régions à coloniser dans Ja Province de Québec est le comté de Bonaventure.Beaux bois, belles terres bien planches et sans roches, dans le voisinage de la Baie des Chaleurs ; traversée par le chemin de fer, cette partie de notre Province est destinée à un brillant avenir.Depuis un grand nombre d\u2019années, c\u2019était l\u2019idée des précédents gouvernements de la Province de faire traverser le comté de Bonaventure par un grand chemin central, pour favoriser la colonisation.Cette idée a été reprise par le gouvernement actuel et va être mise à exécution cet été, du moins dans la partie qui s\u2019étend entre Paspébiac et Port Daniel.Il y a dans cette région un grand nombre de lots du gouvernement à prendre pour la somme de $20 chacun.On offre de plus de l\u2019ouvrage de défrichement pendant une partie de l\u2019année à tous les colons sérieux et bien recommandés qui iront s\u2019y établir ; quand les colons ne travailleront pas sur leurs lots, on leur donnera du travail sur des lots voising 4 raison de $8 ou $10 par acre défriché par eux, soit dans la paroisse de Paspébiac, soit dans celle de Port Daniel.Il y a des routes pour aller voir les lots vacants.Le chemin de fer Intercolonial accorde des billets à bon marché aux colons de bonne foi et à tous ceux qui voudront aller visiter les terres de cette région.Pour cela et pour tous autres renseignements, on n\u2019a qu\u2019à s'adresser à M.l\u2019abbé Marquis, 46 rue Dalhousie, à Québec, à MM.Brisson et Carufel, agents de colonisation, 1546 0 530 LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HURTICULTURE rue Notre-Dame, à Montréal, à M.A.Bodard, à Paspébiac ou à M.le curé de Port Daniel.CONCOURS DE PRODUITS LAITIERS Avis Comme les années précédentes, il y aura, en été, cette année, plusieurs concours de produits laitiers organisés par le département de l\u2019Agriculture de Québec.L\u2019 honorable commissaire de l\u2019 Agriculture espère que les fabricants de beurre et de fromage enverront plus nombreux que jamais, leur adhésion à ces concours dont l\u2019importance et l\u2019utilité ont été démontiées par les résultats obtenus les années précédentes.Ceux qui désirent y prendre part sont priés d\u2019en faire la demande le plus tôt possible au département de l\u2019Agriculture à Québec.CONCOURS DE VACHES LAITIERES Plusieurs cultivateurs ont demandé dernièrement qui serait chargé, lors du concours de vaches laitières, de constater la richesse du lait des vaches mises au concours.En réponse à cette question nous devons dire que les associations agricoles qui organisent ces concours doivent, pour cette constatation de la richesse du lait, employer un expert.La chose pourrait être faite par les fabricants de beurre ou de \u2018fromage qui ont des appareils \u2018\u2018 Babcock.\u201d S\u2019il n\u2019y en a pas dans la localité, on pourra juger du mérite des vaches seulement par la quantité du lait produit, sans tenir compte de la qualité ; mais, autant que possible, nous invitons les associations agricoles à tenir compte de la richesse du lait.> CHOSES ET AUTRES La ferme au mois de juin.\u2014Pendant ce mois, on achève les semailles ; cette année, beaucoup de cultivateurs ont été retardés dans leurs semailles du mois de mai, parce que leurs terres n\u2019étaient pas prétes, et beaucoup de ces terres n\u2019étaient pas prêtes, parce qu\u2019on ne les avait pas préparées l\u2019automne dernier ; avec un climat comme le nôtre et une belle gaison aussi courte, c\u2019est l\u2019automne et non le printemps que l\u2019on doit labourer et préparer le sol ; ceux qui le savent et n\u2019en tiennent pas campte ne doivent s\u2019en prendre qu\u2019à eux-mêmes s'ils arrivent toujours trop tard pour semer au temps voulu.C\u2019est le temps de semer la navette pour les moutons et les porcs.On peut encore semer des navets et des choux de Siam.On transplante le tabac, les choux, les tomates etc.À cette époque, les animaux doivent être dans les pâturages.On a eusoin, auparavant, de divise: les pâturages en plusieurs clos que l\u2019on fait pacager successivement afin de mieux utiliser les herbages sans qu\u2019il y ait de gaspillage, et de permettre aux herbages de se refaire après chaque tonte.Quand on retire les animaux d\u2019un pâturage, il faut avoir soin d\u2019y étendre toute les bouses et de faucher les touffes de plantes que le bétail n\u2019a pas tondues.Ne manquez pas de procurer à vos animaux, dans les pâturages, surtout aux vaches laitières, de bons abris, arbres ombreux ou constructions en bois.Procurez-vous d\u2019avance tout ce qu\u2019il faut pour protéger vos champs de pommes de terre contre la maladie et les insectes, c\u2019est-à-dire du sulfate de cuivre (vitriol bleu), de la chaux, du vert de Paris, une pompe à sprayer, etc.En mélangeant le vert de Paris avec la bouillie bordelaise, vous faites d\u2019une pierre deux coups, car vous prévenez la maladie et vous détruisez la mouche À patates.Arrosez avec ce mélange les champs de pommes de terre une première fois vers la fin de juin, et la seconde fois vers le 15 juillet.Certains agronomes conseillent de pratiquer ce sprayage une fois avant la floraison des plantes de pommes de terre, et une ou deux fois après la floraison.Commencez avec la houe à cheval les garclages et binages des cultures sarclées qui sont assez avancées pour cela.Commencer à faucher vos prairies de trèfle aussitôt qu\u2019il est en fleur, si vous voulez obtenir du très bon foin de trèfle et vous assurer un magnifique regain à la fin de été.N\u2019en fauchez pas cependant trop à la fois et mettez-le en veillottes dès le premier jour.Nettoyez les fossés, les égoûts de la ferme, faites des composts.C\u2019est encore le temps de faire du drainage, de ramasser les pierres dans les champs et d\u2019en faire des clôtures.Nettoyez les étables, les écuries, les poulaillers ; désinfectez-les, g\u2019il y a lieu de le faire, et blanchis- sez-les à la chaux. LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULIURE 531 Phosphate basique Thomas.\u2014M.Paquet, cultivateur, de St-Nicolas, comté de Lévis, a importé de Liverpool, Angleterre, deux tonnes de scories de déphosphoration (Phosphate basique Thomas).Cet engrais phosphaté lui coûte $16.00 la tonne, y compris les frais de transport, d\u2019analyse et d\u2019assurance.D\u2019après l\u2019analyse (fournie avec la marchandise), ces scories de déphosphoration contiennent 18 pour cent d'acide phosphnrique.M.Paquet a fait cet achat en s\u2019adressant à la maison Geo.Jno.Nickson & Co., 25, rue Victoria, Liverpool, Angleterre.Afin de diminuer les frais de transport, etc., les cultivateurs d\u2019une même localité qui désireraient importer cet engrais pourraient très bien s\u2019entendre, se grouper, et en acheter à frais communs.Ils auraient ainsi à bon marché, pour leurs terres, un des meilleurs engrais phosphaté qui existent.Dans quels sols faut-il employer la phosphate basique Thomas ?\u2014 cette question, le Journal d\u2019 À- griculture pratique, de Paris, répond comme suit : \u2018* Les scories dedéphosphoration (phosphate Thomas) donnent de bons résultats dans tous les sols qui manquent d\u2019acide phosphorique ; mais c\u2019est rarticulièrement dans les terres riches en matières organiques, dans les prairies fourbeuses, par exemple, et aussi dans les terres fortes et compactes que leurs effets sont les plus remarquables, parce qu\u2019elles apportent à la fois, et sous forme très asei- milable, deux éléments utiles, la chaux et l'acide phosphorique.\u201d\u2019 Une industrie à remettre sur pied.\u2014Le sucre de betterave.\u2014L\u2019an dernier, la quantité de sucre importé au Canada, pour la consommation domestique a atteint 239,670,088 livrescoûtant $4,868,950.Si nous le voulions, toute cette comme pourrait rester au pays ; grice à nos progrès agricoles, il nous serait facile maintement de produire des betteraves riches en sucre, et d\u2019en produire assez pour alimenter l\u2019industrie sucrière qu\u2019il serait si avantageux de réintroduire dans notre province.Culture des pommes de terre.\u2014À retecir les conseils suivants donnés par le Rév.Frère An- tonis, sous-directeur de l\u2019Institut de Deauvais (France) : Pour que les tubercules puissent grossir, il faut qu\u2019ils aient de l\u2019espace, de l\u2019air et une terre abondamment fumée et parfaitement travaillée.Il ne faut jamais planter profondément.Il suffit que les tubercules soient recouverts de 2 à 21 pouces de terre légère.Ils lèvent ainsi plus aisément.Quand les tiges ont 4 à 8 pouces, on butte, en ramenant la terre autour de chaque touffe.La plante pousse alors avec vigueur ; les tubercules se forment ; ayant de l\u2019air, ils grossissent ; les tiges les abritent contre les ardeurs du soleil ; ils ne pourrissent pas ; le buttage les a soustraits à l\u2019humidité.L\u2019arrachage devient alors facile et on a des rendements surprenants.Inutile de dire que, dans le cours de la végétation.il faut détruire toutes les plantes parasites qui vivraient au détriment de la pomme de terre.La terre doit toujours être très meuble ; les binages et les sarclages ne seront donc pas épargnés ; ils entretiennent la fraîcheur nécessaire à la plante et servent aussi à la culture suivante.Insistons encore pour que les cultivateura n'emploient pas de tubercules trop petits, qui n\u2019ont pas les éléments nécessaires pour nourrir la plante dans ea première végétation, en attendant qu\u2019elle puisse profiter des engrais qu\u2019on lui a donnés.Silos ronds faits en douves.\u2014 D\u2019après un bulletin de l\u2019Université Cornell, les silos ronds faits en douves (comme un tonneau) seraient très avantageux au point de vue pratique et économique.Les silos ronds ne présentent pas de coins ou d\u2019angles qui peuvent s\u2019entr\u2019ouvir, laissent passer l\u2019air et s\u2019opposent à une compression régulière du fourrage ensilé.Le prix coûrant de ce genre de silo est peu élevé, et la construction facile.C\u2019est la forme qui demande le moins de matériaux pour obtenir la plus grande capacité.Ordinairement on serre et maintient les douves étanches au moyen de grands cercles extérieurs en fer se fermant avec des vis et boulons.Plusieurs cultivateurs ont même remplacé ces cercles de fer par de la bruche enroulée autour du eilo.Nous publierons prochainement un article avec gravures sur la construction de ces silos ronds.On en parle beaucoup aux Etats-Unis.Avantages des bonnes chambres de maturation pour les fromages.\u2014Dans le rapport de la Station du Wisconsin (1897) par MM.S.M.Babcock et H.L.Russel sur \"influence de la température sur 532 la maturation du fromage, nous trouvons les remarques suivantes : \u2018* La valeur commerciale du fromage mûri dans une chambre de maturation froide fut évalué par un expert à 73 cents la livre ; la valeur du fromage mûri à la température normale fut À peu près la même, tandis que le fromage müûri à une température élevée avait une mauvaise saveur et ne valait pas plus de 3 ou 4 cents la livre.La haute température avait produit une altération dans la saveur et dans la texture, tandis que le fromage mari à 55° et au-dessous était invariablement bon et entièrement privé de toute saveur amère.\u2019\u2019 Les auteurs de cette étude tirent les conclusions pratiques suivantes : ¢\u2018 Ici, dans le Wisconsin, les chambres de maturation, presque sans exception, atteignent en été une température incompatible avec une bonne maturation, et comme la construction de chambres de maturation et d\u2019emmagasinage est coûteuse, il serait avantageux qu\u2019un certain groupe de fromageries envoient mûrir leur fromage dans des stations centrales de maturation, où l\u2019on serait sûr de rencontrer les conditions voulues pour obtenir de bons produits.\u2019\u2019 \u2014 -\u2014\u2014m - NOTES METEOROLOGIQUES DE L\u2019OBSERVATOIRE DE QUEBEC MAI 1898 1899 Température moyenne.| 53°6 52°5 \u201c maxima .| 79°5 79°0 6 minima.29°0 31°6 36 2.4 Pluie en pouces.\u2026\u2026.Mai a été beau et très sec.La plus grande partie de la pluie est tombée durant les derniers jours du mois, et la quantité totale est de # de pouce de moins que la moyenne.\u2014 BINAGE DU SOL Nécessité de l\u2019humidité dans le sol cultivé.\u2014De tous les problèmes en face desquels se trouve continuellement le cultivateur qui veut obtenir du succès en agriculture, l\u2019un des plus importants est certainement celui de la conservation de l\u2019humidité dans le sol.Pour bien comprendre cette importance, il est bon de remarquer que la croissance des plantes n\u2019est rendue possible que par la La plante présence de l\u2019eau dans la terre arable.LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE se nourrit dans la terre par ses racines.Ces racines- sont en contact constant avec les particules dont: le sol est composé et empruntent à ces particules les principes fertilisants qu\u2019elles possèdent.Mais, pour que ces principes fertilisants puissent servir: à la nourriture et à la croissanea de la plante, il faut qu\u2019ils soient devenus assimilables.Or, c\u2019est l\u2019eau, avec laquelle ces principes là viennent en contact, qui les dissout et permet à la plante de se les approprier.Les racines de la plante aspirent l\u2019eau contenant ces principes en solution, eau qui, une fois qu\u2019elle est ainsi aspirée prend le nom de- sève et, en circulant à travers les tissus de la plante, lui cède ses principes et s\u2019évapore finalement par les feuilles.Quantité d\u2019eau nécessaire à la croissance des plantes.\u2014Si l\u2019on considère que l\u2019eau du sol ne contient des principes fertilisants qu\u2019en très faible quantité ; que les plantes renferment de l\u2019eau en une quantité variant de soixante pour cent, pour certaines d\u2019entre elles, jusqu\u2019à quatre-vingt-dix ou quatre-vingt-quinze pour d\u2019aures, et que cette eau des plantes circule et s'évapore continuellement, on ne sera pas surpris qu\u2019il en faille une énorme quantité pour subvenir à leurs besoins.Des expériences ont montré qu\u2019une tonne de matière réelle de blé d\u2019Inde glacé (flint) nécessite une circulation de 233 tonnes d\u2019eau à travers les plantes qui la produisent et qu\u2019une tonne de patates ou pommes de terre (matière sèche) exige une circulation de 422 tonnes d\u2019eau.Ces deux exemples suffisent pour démontrer toute l\u2019importance que présente pour le cultivateur la conservation de l\u2019humidité du sol qui porte ses récoltes.Moyens de conserver l\u2019humidité dans le sol.\u2014 Divers moyens sont à notre portée pour conserver cette humidité.Je vais les énumérer ici, pour mémoire, me réservant de ne parler, dans les bornes limitées de cet article, que d\u2019un seul en détail.Ces divers moyens sont le labour, le défoncement, le hersage, le paillage, le roulage et le binage.C\u2019est ce dernier dont nous allons nous occuper pendant quelques instants.Qu'est-ce que le binage ?\u2014\u2018\u2018 Le binage est une opération qui a pour objet d\u2019émietter et d\u2019ameublir la surface du sol tassé ou durcie par la sécheresse (Sagnier).\u201d\u201d Je tiens à parler surtout de ce moyen de conserver l\u2019humidité du sol plutôt que des autres, parce que c\u2019est celui qui, tout en étant le plus facile à mettre en pratique, semble cependant être le moins bien compris et le moins pra- \u2018tiqué, du moins tel qu\u2019il devrait l\u2019être, par un .grand nombre de nos cultivateurs.Phénomènes qui accompagnent et suivent l\u2019ensemencement du sol.\u2014Si l\u2019on examine ce qui se passe dans un sol ordinaire, à texture moyenne, au moment où l\u2019on exécute le labour, quand la terre -est bien prête, au printemps, on constate que ce -sol contient une bonne quantité d'humidité.Les fines particules du sol sont toutes réunies ensemble par cette humidité qui les enveloppe, les entoure, dissout leurs principes fertilisants et les fournit ensuite aux racines des plantes qui l\u2019aspirent.Quand le labour, le hersage, l\u2019ensemencement, un nouveau hersage et le roulage sont tous exécutés, voyons un- peu ce qui arrive.Pour bien nous rendre compte de tout, examinons bien tous les phénomènes qui accompagnent le développement de la petite plante.Le sol a été ameubli, émietté, par le labour, à une plus ou moins grande profondeur, suivant que ce dernier a été plus ou moins profond.Puis la herse a nivelé le sol et a préparé le lit de la semence.Celle-ci y a été déposée, a été recouverte par un second hersage.Ensuite la surface du sol a été raffermie par le roulage, qui a rendu plus intime le contact de la graine avec les particules du sol, en assurant ainsi la germina- \u2018tion, et qui maintient au-dessous de la surface une température plus chaude qu\u2019à l\u2019extérieur.La plante se trouve donc à avoir l\u2019humidité, l\u2019air et la chaleur nécessaires À la germination.Mais, à ce moment, commence à se développer un phénomène non interrompu d\u2019évaroration de cette humidité si nécessaire à la plante, phénomène dû à ce qu\u2019on appelle en physique la capillarité.Qu'est-ce que c\u2019est que la capillarité >\u2014La capillarité, au point de vue qui nous occupe, est un phénomène \u2018\u2018qui produit l\u2019imbibition des corps poreux (tels que les particules du sol) mis, par leur surface, en contact avec un liquide qui les mouille et qui fait, par exemple, monter l\u2019huile dans nos mèches de lampe\u2014 Marié Davy).\u201d\u201d Les fines particules du £ol étant en contact avec l\u2019eau, celle-ci a une tendance à toujours les maintenir humides.Si celles de ces particules qui sont exposées directement à l\u2019air, à la surface, se dessèchent, tout de suite l\u2019eau remorte à la surface par capillarité, continue à maintenir humide les particules qui tendent toujours à se dessécher, et c\u2019est là ce qu\u2019on appelle le phénomène de l\u2019évaporation.Mauvaises conséquences de trop d\u2019évaporation.\u2014 Il est évident que si le cultivateur laisse trop faire LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET HORTICULTURE 533 cette évaporation, il n\u2019y aura bientôt p'us dans le gol, surtout en temps de sécheresse où l\u2019évaporation est bien plus considérable, assez d\u2019eau pour subvenir au besoin des plantes.L\u2019ameublissement du sol a activé le phénomène de la capillarité, le roulage en établissant un contact intérieur entre les particules de la surface du sol et celles d\u2019au- dessous, l'a développé encore plus, et, de fait, partout où le cheval a mis ses pieds en tirant le rouleau, on voit que l\u2019humidité est beaucoup plus apparente qu'ailleurs.Moyens d'empêcher l\u2019évaporation \u2014Qu\u2019y a-t-il À faire pour arrêter cette évaporation ?Briser la connexion qui existe entre les molécules ou particules du sol de la surface et celles d\u2019au-dessous, afin d\u2019interrompre l'attraction capillaire.Dans les petits champs ou les jardins on arrive à cela par le paillage, c'est-à-dire par l\u2019application en couverture d\u2019une couche de paille hachée ou de débris végétaux grossiers quelconques, ayant pet de liaison entre eux.Mais ce n\u2019est pas pratique dans de grands jardins, des vergers ou de grands champs.C\u2019est alors que le binage vient à notre secours, Effets du binage.\u2014Briser la croûte durcie qui s\u2019est formée sur le sol par l\u2019évaporation, détruire par là le contact intime des particules du sol à Ja surface avec celles d\u2019au-dessous et interrompre de cette façon le développement du phénomène de la capillarité, voilà quel est l\u2019effet du binage.La surface binée constitue ainsi un véritable paillagé, qui, lui, pourra devenir très sec, très divisé, très granuleux, mais qui empêchera certainement l\u2019évaporation et épargnera au cultivateur, dans les jardins surtout, les nombreux copieux arrosements qui, sans lui, deviennent indispensables, dans les temps de sécheresse.Profondeur du binage.\u2014Le binage doit être fait plus ou moins profondément, suivant la nature des plantes cultivées, mais, on peut dire que, en règle générale, une surface binée à trois pouces de profondeur est suffisante pour la plupart des plantes sarclées.Comment se pratique le binage.\u2014On pratique le binage, dans les jardins, au râteau, à la houe à main, munie d\u2019un manche (gratte), ou à la houe à mancherons, aussi à main, qui est presque toujours en même temps une sarcleuse, mais munie de dents spéciales supplémentaires pour le binage.Dans les champs, on se sert de la sarcleuge à cheval, munie, elle aussi, de dents spéciales pou, 534 LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE le binage, de cultivateurs de diverses formes, de herses, etc., etc.Quand doit-on biner ?\u2014Le binage doit être pratiqué en tout temps, excepté sur un sol mouillé, par une température très humide et en un temps de pluie, surtout après les gros orages d'été, alors que la terre a été battue et durcie par l'eau du ciel.Il est très important de biner aussitôt que le sol peut se travailler facilement.D\u2019après tout ce qui vient d'être dit des avantages du binage, surtout en t-mps de sécheresse, les personnes qui ne croient devoir se servir de la houe ou gratte que lorsqu\u2019il y a dés mauvaises herbes à sarcler doivent comprendre qu\u2019elles sont dans l'erreur et qu\u2019il faut, au contraire, biner assez souvent pour que les mauvaises herbes n\u2019apparaissent presque pas dans leurs cultures.J.C.CHAPAIS.\u2014 LA BETTERAVE FOURRAGERE.La betterave fourragère est appelée à jouer un rôle de plus en plus important en Canada, pour la nourriture du bétail durant l'hiver.Elle constitue un aliment frais qui favorise la lactation, s\u2019il est donné en proportion convenable dans la ration.Les espèces les plus avantageuses À cultiver dans la province sont : La Jaune Géante demi-longue (Giant Yellow Intermediate).Le Globe Jaune Champion (Champion Yellow Globe), Le Poteau de Barrière (Gates Post).La Rouge Longue Mammouth (Mammoth Long Red).La betterave demande un sol riche, de consistance moyenne, plutôt un peu compact, c'est-à- dire une bonne terre franche, propre au blé.Il faut aussi que cette terre soit profonde pour que les racines puissent croître à l\u2019aise.Les terrains calcaires et siliceux ne gardent pas suffisamment l'humidité et, généralement, n\u2019ont pas assez de profondeur pour que la betterave y végète bien.Comme elle exige de nombreuses façons d\u2019entretien durant la période de végétation, elle peut ouvrir la rotation, à condition qu\u2019on lui donne un gol riche et ameubli ; toutes les plantes de la ferme peuvent venir après elle : blé, orge, avoine, lin, etc., etc.; Le fumier de ferme convient à la betterave, mais il doit être hien fait.Les engrais minéraux, surtout potassiques et phosphatés, lui sont très utiles.Le semis doit s\u2019effectuer le plus tôt possible, en mai, dès que la terre est égouttée.A la Ferme Expérimentale d\u2019Ottawa, il a été fait, en 1897, deux séries de semailles dans des conditions identiques, mais à des dates différentes, le 8 mai et le 21 mai, et les racines ont été toutes arrachées le 13 tégulièrement le premier semis a donné octobre.I & ae Gi at EM Betterave fourragère \u201c Rouge Longue Mammouth.\u201d une récolte un quart plus forte que le =econd.Cette expérience démontre l\u2019avantage de semer de bonne heure.Si la terre est un peu forte et a produit une céréale l\u2019année précédente, déchaumage immédiat après la récolte de la céréale\u2014labour profond 4 l\u2019automne\u2014au printemps, hersage énergique LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTUER 535 suivi d\u2019un roulage de façon à faire une couche à semis ferme, Si la terre est légère, le labour se fera seulement au printemps.On sèmera tonjours en lignes espacées de 24 à 26 pouces.Dans chaque rang, on écartera de 9 à 10 pouces.On doit semer, autant que possibl, quand le sol est frais.Le fruit de la betterave est une capsule renfermant généralement trois graines Comme on sème le plus souvent la capsule elle-même dont l\u2019enveloppe est dure et épaisse, il en résulte que la germination s\u2019opère lentement Pour l\u2019activer, il est bon d\u2019enfermer les capsules dans une poche que l\u2019on plonge dans de l\u2019eau tiède durant 36 heures.Après ce laps de temps, on retire la poche du liquide et on la suspend avec les capsules qu\u2019elle renferme dans une place à 65 ou 70 degrés Fahr., jusqu\u2019à ce que les germes apparaissent sous forme d\u2019un petit point sur le côté des capsules.On mélange la semence avec du sable fin pour faciliter l\u2019épandage et le semis s\u2019opère avec le semoir à cheval.A défaut, on a recours au semoir à brouette, ou l'on sème à la main ; dans ces deux derniers cas, on aura eu soin de tracer les lignes avec le rayonneur.Si le semoir n\u2019a pas recouvert la graine, on emploiera, pour cet objet, une herse légère pourvue d\u2019épines et on roulera ensuite afin de coller la graine à la terre.Quand le sol est mince ou humide, semez sur sillons.Dans ce cas, la fumure est épandue au printemps seulement.Voici comment on doit opérer : Les sillons seront faits avec la charrue à double versoir à la distance indiquée plus haut de 24 à 26 pouces, et on épandra le fumier au fond des sillons à raison de 15 à 18 tonnes à l\u2019arpent comme quantité moyenne.Fendre ensuite les espaces entre les sillons en rejetant la terre à droits et à gauche sur la fumure.On forme ainsi de nouveaux ados au-dessus de l\u2019engrais.C\u2019est sur le sommet de ces ados que se fait le semis après qu\u2019on a eu soin de rouler légèrement les crêtes pour aplanir un peu et affermir le sol.Quand on a employé de la graine trempée, les jeunes plantes sortent de terre une semaine au plus après l\u2019ensemencement.Le premier sarclage se fait à la main ; il s'exécute quand les feuilles ont environ deux pouces.On recommence la même opération à peu près tous les quinze jours avec la houe à cheval entre les lignes et à la gratte entre les pieds dans chaque raag.On continue ainsi tant que le cheval peut passer sans détériorer les feuilles.Au moment du premier hersage fait avec la houe à cheval, on \u2018claircit.Il faut choisir le moment où la terre n\u2019est pas trop sèche, afin que l\u2019on puisse arracher facilement les plantes à éliminer, sans endommager les autres.On a soin de conserver les pieds les plus sains et les plus vigoureux.Il n\u2019est pas utile de renchausser la betterave fourragère.La betterave doit être récoltée le plus tard possible avant les premiers froids.car tant qu\u2019elle végète pendant la première année.elle accumule, dans sa racine, les principes destinés à produire Paanée suivante un rapide développement des flenrs et de- fruits.Il est donc naturel d\u2019attendre pour opérer l\u2019arrachage que la plante ait entassé dans la chair de la racine la plus grande quantité d'éléments nutritifs.L\u2019arrachage se fera de préférence par un temus chaud cet sec, Il s\u2019effectue soit avec l'arrache- betteraves, soit à la charrue ou à la fourche, soit même à la main.Si le so! a été maintenu dans un état convenable d'ameublissement pendant la végétation, l'arrachage à la main est facile ; on aura goin de tirer la racine bien verticalement et non en inclinant sur le côté.Aussitôt après extraction, il faut supprimer les feuilles : c\u2019est le décolletage.Il consiste à couper la partie herbacés à ras du collet en prenant soin de ne pas attaquer la partie charnue.Quelques agronomes disent qu\u2019il vaut mieux arracher les feuilles de betteraves plutôt que de les conper.Les racines seront laissées sur le champ le temps nécessaire pour qu\u2019elles sèchent extérieurement, ce qui assurera mieux la conservation en cave, Il est bon durant le temps ou elles resteront ainsi exposées de les recouvrir le soir avec les feuill-s qui en ont été détachées au décolletage, car si la plante résiste assez bien au froid tant qu\u2019elle est en terre, elle souffrirait gravemen: de la gelée la plus légère, lorsqu'elle git sur le champ après l\u2019arrachage.Dans la cave, les betteraves doivent être mises en tas ne dépassant pas quatre pieds d'épaisseur.Si la cave était absolument dépourvae d'humidité, on recouvrirait les racines d'un peu de terre pour éviter qu\u2019elles ne se déssèchent.La betterave se conserve facilement et longtemps.Il est donc sage de la réserver pour la faire con- 530 sommer après les autres racines.Une autre raison meilleure encore doit amener le cultivateur à servir la betterave aux animaux seulement dans la seconde partie de l\u2019hiver, c\u2019est que cette racine est, en réalité, plus nourrissante en janvier et février qu\u2019en automne.Des analyses soigneusement conduites à l\u2019Université de Cambridge pendant l\u2019hiver 1896-1897, ont en effet démontré qu\u2019à l\u2019automne l\u2019azote contenue dans la racine s\u2019y trouve principalement sous forme de nitrates n\u2019ayant aucun mérite nutritif ; en janvier, au contraire, partie de ces nitrates a été transformée en amides, et surtout les albuminoïdes et les peptones qui ont une haute valeur nutritive ont été augmentés.Dans les terres propices bien ameublies et convenablement engraissées, la récolte de betteraves peut atteindre, si les conditions atmosphériques ont été favorables, quarante mille livres par arpent.Une maladie sérieuse de la betterave est la pourriture.Elle est due & un champignon qui attaque d\u2019abord les pétioles des feuilles centrales ; cer feuilles jaunissent, s\u2019affaissent et meurent.A ce moment, il est déjà trop tard pour combattre le mal, car le poison a gagné les fibres du collet d\u2019où il descend au cœur de la racine et pourrit la pulpe.Si en juin, l\u2019aspect maladif des feuilles ou, plus exactement, celui des pétioles des feuilles centrales accuse l'invasion du redoutable parasite, il faut avoir recours aux eclutions cupriques, telles que la bouillie bordelaise composée comme suit : 6 lbs.de couperose bleue et 4 lbs.de chaux dans 45 gallons d\u2019eau.PETITES NOTES En Agriculture, comme en toute autre chose, on n\u2019a rien sans peine.Aide-'oi, le Ciel t'aidera.\u2018* Nous l'avons bien souvent répété, avec tous les amis de l\u2019agriculture, le plus lourd fardeau porté par notre population rurale est le fardeau des mauvais chemins.La création de bonnes routes est donc une œu- vre qui s\u2019impose à la plus vive sollicitude des pouvoirs publics et l\u2019expérience a démontré que, jusqu\u2019ici, l\u2019initiative municipale a été relativement impuissante à faire progresser cette œuvre d\u2019une manière encourageante.Il est donc sage et opportun que l\u2019autorité centrale en prenne la direction.L\u2019action du gouvernement semble être appréciée LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HURTIOULTUKK dans les campagnes et les machines à chemins ge multiplient un peu partout.Ils sont rares les comtés où l\u2019on ne compte pas plusieurs machines à terrasser, et même un ou deux concaseeurs à pierres pour macadam.Le mouvement est commencé.I! s\u2019agit d'augmenter son importance et son efficacité.L\u2019impulsion officielle aura pour effet de stimuler les influences locales et, avant peu d\u2019années, le pays sera prêt à accepter un régime de voirie beaucoup plus parfait que celui établi par notre Code municipal.\u201d\u2019\u2014(Le Pionnier.) +x Supposons que tous les comtés de la province décident de ne pas faire d\u2019expositions d\u2019ici à trois ou cinq ans et qu\u2019on reporte à l\u2019œuvre des routes publiques les sommes qui auraient été dépensées pour ces expositions, nous sommes convaincus que la face de la province changerait, nous aurions de belles communications, d\u2019excellentes routes, les meilleures probablement de tout le pays, et, par là, de nouveaux moyens de progrès et de développements.Nous demandons de nouveau aux eociétés d\u2019agriculture d\u2019étudier attentivement cette question et nous sommes certains qu\u2019elles seront fatalement amenées aux mêmes conclusions que nous.\u2014(La Patrie.) x F4 Un syndicat puissant est à s\u2019organiser à Toronto pour l\u2019exploitation de la tourbe qui serait convertie en tapis, couvertes, corde, papier à envelopper, etc.C\u2019est le sénateur Cox qui en est l\u2019organisateur.Il existe déjà à Vienne une fabrique de ce genre.Aujourd\u2019hui, le papier à envelopper fait avec de la pulpe coûte $60 la tonne ; fait avec de la tourbe, il ne coûtera que de douze à quinze pia-tres la tonne.Hs Comme on le sait, on empêche avec succès les corbeaux et corneilles de dévaster les champs nouvellement ensemencés en blé-d\u2019Inde ou autres grains, en trempant le grain dans une décoction de goudron (coaltar).Un agronome français, M.Barbotin, emploie avec le même succès un mélange humecté de suie de cheminée et de superphosphate de chaux ; ce remède préventif a en même temps l\u2019avantage d\u2019apporter à la jeune plante un engrais appréciable. Une terre contenant naturellement 2000 lbs d\u2019acide phosphorique à l\u2019arpent est considérée\u2019 comme peu fertile par elle même.Cependant, dans cette même terre, un apport de 35 lbs geule- ment d'acide phosphorique sous forme de superphosphate de chaux (soluble) suflit pour avgmen- ter beaucoup le rendement de cette même terre.C\u2019est là un fait qui démontre l\u2019utilité de l\u2019emploi des engrais artificiels.#¥% Suivant M.Vilmorin, agronome bien connu, quand on fait les semailles en lignes avec un hon semoir, la proportion des grains qui germent est preeque double de celle que l\u2019on constate dans les blés semés à la volée.L\u2019économie qu\u2019offre ainsi l\u2019emploi du sex oir n\u2019ert pas toujours assez connue.Fx Parmi les produits que l\u2019on peut retirer du lait écrémé, on parle beaucoup en ce moment de la lactite, sorte d\u2019ivoire artificiel, que l\u2019on fabrique avec de la caséine.Le lait écrémé est d\u2019abord cosgulé par un réactif chimique ou bien avec de la présure ordinaire.Le caillé obtenu est lavé, additionné de diverses substances, égoutté, puis pressé fortement sous une presse hydraulique.On achève par une dessication lente à l\u2019air.La lactite peut être travaillée au tour, scié, etc.On en fabrique des boutons et autres petits objets; mais c\u2019est surtout son emploi comme corps isolant pour appareils électriques qui lui réserve le plus brillant avenir, surtout si ce nouveau produit parvient À remplacer l\u2019ébonite.Aux Etats-Unis il y a déjà, croyons-nous, une ou deux manufactures de ce nouveau produit.* x Si vous voulez faire cet été du bon ensilage pour l\u2019hivernement de votre bétail l\u2019hiver prochain, ayez avant tout un bon silo parfaitement étanche et solidement construit.De l\u2019ensilage bien fait et bien fermenté c\u2019est excellent, mais ils sont rares les cultivateurs qui en ont.> di; > \u2014 -\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014-\u2014\u2014 FABRICATION DU SUCRE DE LAIT (LACTOSE) IV.\u2014Fabrication industrielle Pour fabriquer le lactose en grand, il faut néces- rairement employer des appareils perfectionnés, avec la vapeur pour moyen de chauflage, et alors cette industrie, de secondaire qu\u2019elle était quand LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE 537 il s'agissait simplement de tirer le meilleur parti d\u2019un déchet dans la fromagerie elle-même, devient réellement une industrie spéciale, et elle exige, dans ce cas, une mise de fonds assez considérable pour les constructions et les machineries.L\u2019établissement de ces grandes installations, d\u2019ailleurs, présento nombre d\u2019inconvénients, surtout en ce qu\u2019il faut pour les alimenter et les faire fonctionner avec profit, réunir dans l\u2019ueine le petit- lait d\u2019un certain nombre de fromageries, six, huit ou dix.Or, si nombreuses que soient les fromageries dans la province, il çerait probablement difficile d\u2019en grouper un nombre suffisant pour alimenter l\u2019usine centrale sans encourir des frais de transpoit onéreux.De plus, le petit lait se gâte très vite et devient par là impropre en peu de temps à l'extraction du lactose, et cet inconvénient est d\u2019autant plus sérieux que le travail se fait, pour la plus grande partie, pendant la saison chaude.Il est vrai que cette dernière difficulté pourrait être tournée en neutralisant, à la fromagerie, le petit-lait qui devrait être expédié à l\u2019usine centrale, par une addition de chaux ou de craie.Quoiqu\u2019il en soit, je vais passer en revue les appareils et les opérations qui concernent cette fabrication en grand, en supposant que nous ayons à traiter le petit-lait de dix fromageries fourniseant ensemble en moyenne par jour 60,000 livres de petit lait provenant de 75,000 livres de lait pur.Les appareils essentiels sont les chaudières à déféquer, les presses-filtres, les chaudières à évaporer dans le vide et les turbines ou centrifuges.Il faut y ajouter le four à chaux pour la fabrication simultanée de la chaux et de l\u2019acide carbonique employés dans la défécation ou purification du petit-lait.$ 1.\u2014 Défécation ct carbonntation.La purification du petit-lait se fait comme celle du jus dans les fabriques de sucre de betterave, par le traitement à la chaux et la précipitation de cette chaux par un courant d\u2019acide carbonique.La fig.5 montre les détails intérieurs et extérieurs de la chaudière employée.À l\u2019intérieur, un serpentin S, à vapeur, dans lequel celle-ci venant par le tube H, est introduite à l\u2019aide de la soupape V, et un tube T, dont la surface est criblée de trous pour la distribution du gaz acide carbonique dans la masse du liquide.Le gaz arrive par le robinet R.La branche 6 538 LE JOURNAL D\u2019AGRIOULTURE ET D\u2019HORTICULTURE sert à introduire un jet de vapeur dans le tube T pour chasser les obstructions qui pourraient boucher les trous.Le tube mince à deux branches u a est percé de trous qui permettent de lancer un jet de vapeur sur le liquide pour en calmer l\u2019effervescence pendant l\u2019injection de l'acide carbonique.Le gaz acide carbonique est produit dans un four à chaux spécial fermé ; il est pompé et refoulé vers la chaudière par une pompe à gaz aspirante et foulante.5 Soh Si a TN lL = A on \u2019 A Ni M Hs Ï Fig.5\u2014Chaudière à déféquer et carbonater.On introduit, je suppose, 200 gallons ou 2,000 livres de petit-lait dans la chaudière, et on commence à chauffer, puis on amène un lait de chaux contenant 20 livres de chaux hydratée en poudre que l\u2019on verse dans le petit-lait, et on brasse énergiquement avec un rable jusqu\u2019à ce que la température soit arrivée à 80 ou 35 degrés centigrades.La chaux décompose certains sels et elle précipite les matières étrangères, mais en même temps elle se combine avec le sucre.C\u2019est pour dégager celui-ci qu\u2019on lance un courant d\u2019acide carbonique après avoir fermé le robinet à vapeur V.Le gaz s\u2019empare de la chaux combinée avec le sucre et la précipite à l\u2019état de carbonate de chaux.Quand toute la chaux est précipitée, ce que l\u2019on reconnaît en puisant avec une cuiller un peu de liquide qui dépose rapidement et devient clair, on arrête le gaz et on ouvre un instant le robinet à vapeur V pour chasser l\u2019excès de gaz carbonique, et on évacue la chaudière.Pour employer la dose convenable de chaux qui est de un pour cent de petit-lait, il n\u2019est pas nécessaire d\u2019employer la balance.Il suftit de préparer un lait de chaux tamisé pesant 10° à l\u2019aréomètre Baumé et d\u2019en employer 20 gallons.A cette densité, en effet, le lait de chaux contient une livre de chaux hydratée sèche par gallon.8 2.\u2014 Filtration.Le petit-lait déféqué et carbonaté est séparé des impuretés par une filtration forcée dans des presses-filtres, fig.6.Le presse-filtre est un assemblage de plateaux mobiles formés d\u2019un cadre en fonte garni de deux plaques de tôle criblées de trous sur toute la surface et sur lesquelles on fixe des toiles serrées spéciales.Au milieu du plateau se trouve une ouverture circulaire d\u2019un pouce de diamètre environ, formant tuyau d\u2019un bout à l\u2019autre de l\u2019ap- ré ni T A ag Fig.6.\u2014Presse-filtre.pareil quand les vingt ou trente cadres sont assemblés et fortement serrés à l\u2019aide d\u2019une vis vue à droite entre les deux plateaux extrêmes, lesquels sont pleins.L\u2019appareil est rendu absolument étanche par des joints en caoutchouc vulcanisé fixés entre les cadres.Au bas de chaque cadre, il y à un robinet pour l\u2019écoulement du liquide filtré.Sur la partie gauche de la gravure on voit un aju- tage qui correspond à la succession des trous placés au milieu des cadres.C\u2019est par là que le liquide trouble, foulé par une pornpe, est chassé avec force dans le presse-filtre pour passer entre les toiles des cadres successifs qui retiennent les impuretés et laissent passer le liquide clair qui s\u2019écoule par les robinets du bas des cadres.Lorsque tous les espaces entre les toiles sont remplis de matières solides, ce qui est indiqué par le refus, on lance dans l\u2019appareil un jet de vapeur qui chasse le liquide qui imprègne encore les amas d\u2019impuretés, puis on démonte le presse-filtre pour le nettoyer en enlevant les espèces de tourteaux assez solides qui se sont formés entre les toiles.$ 3.\u2014 Evaporation et cuite.L\u2019évaporation et la cuite se font dans des appareils fermés dans lesquels on entretient le vide au moyen d\u2019un condensateur de vapeur et d\u2019une pompe à air.Avec cette disposition, on obtient LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HURTICULTURBE 539 une évaporation rapide et économique à une température relativement très basse, 50° ou 60° centigrades (122° ou 140° F ), au lieu de 105° à 110° C.(221° a 230° F.), avec les chaudières à air libre.La fig.7 donnera une idée de ces appareils a évaporer et à cuire dans le vide, dont il existe d\u2019ailleurs un grand nombre de modèles.Fig.7.\u2014Appareil à cuire dans le vide.A, chaudière chauffée par deux serpentins correspondant aux robinets M, M\u2019 ; C, tube se rendant dans une colonne à condensation où les vapeurs produites par l\u2019évaporation sont condensées par une injection d\u2019eau froide ; il communique aussi avec la pompe à air, destinée à entretenir le vide dans la chaudière ; I, robinets pour aspirer le li quide et l\u2019introduire dans la chaudière ; à, soupape pour introduire l\u2019air quand l\u2019opération est terminée ; O, roue pour ouvrir la soupape d\u2019évacuation ; P, nochère pour recevoir la décharge et la\u2018conduire à sa destination.Le petit-lait amené à l\u2019état de sirop d\u2019une densité de 15° à 18° Baumé est filtré de nouveau dans un filtre à charbon d\u2019os ou dans un presse- filtre, puis il est cuit jusqu\u2019à ce qu\u2019il présente l\u2019aspect d\u2019une masse pâteuse cristalline.La masse cuite est évacuée par la nochére P et conduite dans un bac d\u2019où elle passera aux turbines, après avoir été désagrégée dans une espèce de moulin approprié.§ 4.\u2014 Turbinage.J'ai décrit le type de la turbine dans le JOURNAL du 8 avril, page 444, en parlant de la fécule ; je crois inutile de revenir là-dessus.Lorsque la charge de la turbine est égouttée et desséchée, on purifie le sucre par un clairçage.ES Cette opération consiste à mettre dans le tambour de la turbine en mouvement une quantité plus ou moins grande, indiquée par la pratique, d\u2019une dissolution concentrée de sucre de lait pur qu\u2019on appelle claire.Cette dissolution étant saturée, ne peut plus dissoudre de lactose, mais elle peut dissoudre d'autres substances, par exemple les sels qui resteraient engagés avec le sucre.Elle traverse donc la masse de sucre collée contre la paroi du tambour et la débarrasse des substances étrangéres.On obtient ainsi directement le lactose pur sans qu\u2019il y ait lieu de le soumettre au raffinage.$ 5.\u2014Rafinage du sucre de lait.Toutes réserves gardées au sujet de la différence de solubilité que j'ai signalée dans mon premier article, JOURNAL du 8 mai, le raffinage du lactose ne diffère pas de celui du sucre de canne et de betterave.Le sucre est dissout et clarifié avec de l\u2019albumine (sang de bœuf ou blanc d\u2019œuf) et du charbon d'os en poudre, ou bien on le traite par la chaux et l\u2019acide carbonique comme il a été dit dans le paragraphe précédent ; puis, dans un cas ou dans l\u2019autre, le sirop est purifié en passant dans le presse-filtre.Nous admettons que le sucre brut est le produit de la fabrication élémentaire pratiquée dans les fromageries.Ce sucre est généralement très coloré.Pour le décolorer, on le filtrera sur un filtre à charbon d\u2019os en graine, ou bien on emploie une injection de gaz acide sulfureux lors de la cuite, ou bien encore on pratique les deux moyens.La filtration sur le charbon d\u2019os présente le douhle avantage de décolorer et d\u2019ahsorber une quantité assez notable des sels qui se trouvent avec le sucre de lait dans le sirop, mais d\u2019un autre côté il occasionne une dépense assez grande et un encombrement mal commode.Remarques.Le sirop d\u2019égout provenant du turbinage, dans Ja fabrication ou dans le raffinage, peut être traité pour en retirer une nouvelle quantité de sucre.On a soin de recueillir À part le sirop donné par le clairçage, lequel est plus pur que celui qui provient du premier turbinage.Les sels qui existent dans le petit-lait et qui passent pour la plus grande partie dans les sirops avec le sucre, sont reportés comme suit en moyenne, pour cent de sels. LE JOURNAL D'AGRICULTURE KT D\u2019HORTICULTURE Chlorure de potassium .50 Chlorure de sodium .10 Phosphate de potasse 21 Phosphate de chaux .14 Phosphate de magnésie .à 100 Le phosphate de potasse est décomposé à la défécation et la potasse est mise en liberté.Les autres phosphates sont précipités, et il reste en dissolution avec le sucre les chlorures et la potasse, soit 70 pour cent, ou sur les 0,65 que contient le petit-lait, 0,455, un peu moins du dixième du sucre.Ces sels étant beaucoup plus solubles que le sucre, demeurent pour la plus grande partie dans le sirop d\u2019égout ou eau mère après la cristallisation, et le clairçage achève d\u2019en débarrasser le sucre au turbinage.Il est pratiquement admis que, sur les 5 pour cent de lactose que contient en moyenne le petit- lait, on ne peut en retirer que 2, 5 à 3, en sorte qu\u2019il s\u2019en perd de 40 à 50 pour cent dans les procédés de fabrication.* x Dans la fabrication élémentaire en fromagerie, l\u2019emploi du blanc d\u2019Espagne ou de la chaux n\u2019est absolument nécessaire que si le petit-lait est devenu acide, ce que l\u2019on reconnait en y plongeant un morceau de papier bleu de tournesol.Je pense que toutes les fromageries ont ce papier réactif dans leur petit laboratoire usuel.Au reste, s\u2019il est nécessaire, je donnerai une autre fois la maniére de s\u2019en procurer économiquement.Oct.Cuisser.BOITE AUX LETTRES La chaux dans le sol.\u2014Je vous envoie trois échantillons de terre ; je crois qu\u2019ils sont pauvres en chaux.Voudriez-vous m\u2019indiquer la proportion de chaux qu\u2019ils contiennent ?-\u2014H.H., Ile-aux- Noix.Réponse.\u2014Ces trois échantillons ne contiennent pas de chaux ; le No 3 en contient seulement une trace.Votre terre a besoin d\u2019un chaulage généreux, pratiqué à l\u2019automne, ou de bonne heure au printemps.Si vous aviez de la marne dans vos environs, je vous conseillerais d\u2019en profiter largement.Emploi du phosphate Thomas.\u2014Je voudrais avoir des renseignements pour me servir du phosphate Thomas.Je veux en employer pour la culture du tabac et sur la prsirie.\u2014P.G., St Damien de Brandon.Réponse.\u2014 Veuillez relire ce que le JOURNAL a publié précédemment sur l\u2019emploi de cet engrais.L\u2019application du phosphate Thomas se fait ordinairement en automne, mais on peut encore utilement l\u2019enfouir au printemps avec une forte here.Pour la prairie, on épand le phosphate Thomas après la première coupe du foin.Pour le {abac, épandez le plus tôt possible, avant la plantation, puis enterrez a la herze, Engrais phosphaté.\u2014Voudriez-vous me dire combien il faudrait d\u2019acide phosphorique par arpent de terre?Quel prix cela coûte-t-i1?Où l\u2019acheter ?De quelle manière s\u2019en servir?J\u2019ai du terrain bas (d\u2019alluvion) et le grain verse toujours.Je crois (d\u2019après ce que j'ai lu) que c\u2019est dû au manque d\u2019acide phosphorique.Un mot de réponse m\u2019obligera beaucoup.\u2014H.L., St Barthélemi (station).Réponse.\u2014L\u2019acide phosphorique n\u2019est jamais employé commie engrais à l\u2019état d\u2019acide libre ; on ne le trouve dans le commerce des engrais que combiné à la chaux ou à une autre base (soude, potasse) sous forme de phosphate de chaux, phosphate Thomas, superphosphate de chaux, ete.Pour la manière d\u2019employer leg engrais phosphatés, veuillez relire ce que le JOURNAL a déjà publié.Le superphosphate de chaux simple (fahriqué à Capelton, près Sherbrooke) qui est en vente chez les principaux marchands grainiers de Montréal, Québec, etc., et également chez les principaux marchands de la campagne, contient environ 10 pour cent d\u2019acide phosphorique ; on l\u2019emploie au printemps avant de semer, à raieon d\u2019environ 300 à 400 lbs.par arpent ; pour cela, on le répand à la volée, puis on l\u2019enterre à la herse.Je crois qu\u2019il vous serait utile si votre sol n\u2019est pas acide et est suffisamment riche en chaux.Mais si votre terre est pauvre en chaux et plus ou moins acide, il faudrait employer le phosphate Thomas (dont nous parlons dans une autre colonne) que je vous conseille d\u2019appliquer l\u2019automne prochain.Dans tous les cas, vous avez raison de vouloir enrichir votre terre en acide phosphorique.Floriculture \u2014Très amateur de fleurs.je lis avec beaucoup d'intérêt vos excellents articles.Vous me rendrirz un bien grand service si, dans un de vos prochains Nos, vous vouliez bien me donner des indications détaillées sur le Camellia et le Ficus élastica.Tous les ans j'en achète pour assez bien d\u2019argent et ja ne puis parvenir \u2018à les conserver ; cependant, j'ai bien soin de leur donner beaucoup de chaleur et de les tenir toujours en appartement.\u2014J.H.J.D., St Laurent, Montréal.Réponse.\u2014 Nous regrettons que l\u2019abondance ac- tuelie des matières ne nous permette pas de répondre immédiatement au désir de notre correspondant ; nous nous efforcerons de lui donner le plus tôt possible les renseignements demandés.0e > CHRONIQUE COMMERCIALE Le lin au point de vue agricole et commercial.On me permettra sans doute, une petite incursion encyclopédique sur ce sujet de plus en plus à l\u2019ordre du jour.La botanique fait descendre le lin de la famille des caryophyllées, ou plantes herbacées à iuflorescence d\u2019œillet, et le désigne comme le type des linées ou linacées, L\u2019espèce la plus importante, la seule à considérer ici, est le lin usuel, linum usitatissimum, en usage dans les arts mécaniques.C\u2019est une plante annuelle, originaire du grand plateau de la haute Asie.Sa racine est assez menue, peu fibreuse.Sa \u2018tige est grêle, creuse et cylindrique, et branchue vers le sommet ; elle s\u2019élève droite à une hauteur variant de 21 à 40 pouces, quelquefois plus, et est garnie de feuilles étroites et pointues, disposées alternativement sur toute sa longueur.Le lin réussit mieux sur les lieux élevés et les scôteaux que dans les pays plats.La propreté du terrain est une condition indispensable de la réus- gite.Plus on a mis de soin à le préparer, moins le sarclage est dispendieux dans la suite.Le sarclage est un des soins les plus importants, car la plante doit être entièrement délivrée des mauvaises herbes qui pourraient l\u2019inquiéter dans sa végétation.Dans les pays d\u2019Europe, où la culture du lin a été portée au plus haut degré de perfectionnement, on le rarcle trois ou quatre semaines apres qu'il a été remé, lorsque la tige a à peine deux pouces de hauteur.Une nombreuse rangée de femmes et d\u2019enfants, qui ont quitté leurs souliers pour ne pas meurtrir la plante naissante, enlèvent toutes les herbes à la main, et donnent au terrain une légère culture à l\u2019aide d\u2019une petite houe.L\u2019opération se renouvelle au bout de huit jours, et aussi \u2018souvent qu\u2019il est nécessaire.LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE 541 Le terrain étant bien labouré et fumé, on peut semer le lin aussitôt que les gelées ne sont plus à craindre.Les auteurs varient d\u2019opinion sur la nature du terroir oui convient à cette culture ; les uns disent que le lin se complait dans une terre profonde, friable, plutôt légère que compacte, et riche en humus ; les autres font une distinction, recommandant les terres argileuses, fermes et humides pour la fibre plus usitée, ajoutant que les terres graveleuees et légères donnent en réalité du lin plus fin, mais en plus petite quantité et d\u2019une moins grande hauteur, et dont la graine dégénère dès la deuxième année.Du temps de Pline, le lin passait pour appauvrir le sol, et l\u2019on a longtemps recommandé de ne pas le cultiver plus d\u2019une fois dans un bail de neuf années.Aujourd\u2019hui, les agriculteurs d\u2019Amérique sont d\u2019avis que cette culture n\u2019enlève au sol aucun des éléments propres à la croissance du blé, Il parait que, de préférence, on doit semer le lin après une récolte de trèfle.Les lins sont classés suivant leur couleur en lin blanc ou gris, et suivant leur grosseur en lin tétard, lin grand, lin moyen et lin de fin.Le lin blanc est généralement le plus estimé et est d\u2019autant meilleur que sa nuance ge rapproche le plus du blanc argenté ; cette variété comprend les nuances jaunes blondes.Le lin gris, qui vient ensuite, comprend les différentes nuances de gris depuis la plus foncée jusqu\u2019au gris le plus argenté ; ce lin est plus souple, plus soyeux et plus fin, mais moins nerveux que le précédent.Le lin de fin est composé du premier choix fait dans le lin ramé ou grand lin dont la culture est très restreinte ; on réunit les brins les plus blancs, les plus longs et les plus fins ; il compose, par con- séquer.t, la classe la plus parfaite.Le lin moyen est le second choix parmi les lins ramés et la première qualité de lin gris ; cette sorte, blanche ou grise, s'emploie encore pour les beaux fils.Le lin tét:rd est la dernière qualité composée de lins gris et blancs : il s\u2019emploie pour les toiles communes.L\u2019odeur des lins est un caractère essentiel pour constater qu\u2019ils sont dans un bon état de conservation.ll faut que cette odeur suit franche, sans indiquer d'échauffure ni de moisissure.C'est toujours un indice certain pour les personnes expérimentées.Pour amener le lin à l\u2019état de filasse, il faut luj 512 LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE faire subir deux opérations : le rouissage, et le teillage ou broyage, qui sont les préparations agricoles proprement dites.Pour avoir une filasse de bonne qualité, on arrache le lin aussitôt que les graines sont formées dans les capsules ; on diminue l\u2019adhérence À la partie ligneuse de la tige, connue sous le nom de chénevotte, soit en faisant macérer les plantes dans l\u2019eau, soit en les exposant sur un pré à l\u2019influence atmosphérique.On donne le nom de filasse aux filaments lorsqu\u2019ils se présentent souples et déliés, débarrassés de la matière gommo-résineuse qui les réunit et de la partie solide qui les enveloppe.Le rouissage a pour but de dissoudre la partie gommo-résineuse, et de détacher de leur écorce les fibres centrales de la tige, afin de faciliter leur séparation, qui a lieu par le travail subséquent du broyage.Avant d\u2019être mis à rouir, le lin doit être trié, d\u2019après la longueur, la grosseur et les qua'ités de sa tige, et d\u2019après son état de maturité : plus la plante est mûre, plus le rouissage doit durer.Le séjour prolongé dans l\u2019eau d'une substance gommeuse, sous l\u2019influence d\u2019une température convenable, provoque une certaine fermentation qui fait dissoudre la matière gommeuse et fendiller la chénevotte dans tous les sens Ces effets se manifestent bientôt par la teinte jaunâtre et l\u2019altération de la limpidité de l\u2019eau.La température ayant de l\u2019influence sur toutes les réactions analogues à celles du rouiseage.on conçoit que sa durée varie avec celle ci ; de cinq à huit jours sont moyennement nécessaires pour que l\u2019effet ait lieu dans une eau stagnante.Quant au broyage, qui complète la préparation agricole du lin, il se pratiquait autrefois dans nos campagnes d\u2019une manière isolée sur chaque ferme.Aujourd\u2019hui, ce travail s\u2019éxécute avec plus de perfection et de vitesse à la machine, dans des établissements spéciaux qui recueillent le lin sur les fermes mêmes.J\u2019ai largement mis à contribution les dictionnaires d\u2019arts et métiers pour recueillir les données qui précèdent, et vais maintenant me permettre de consulter les statistiques du commerce à l\u2019article du lin.Les Etats-Unis achètent tous les ans une valeur de 12 à 13 millions de piastres en lin, chanvre et jute, plus 27 millions de piastres en articles dérivés de ces sources.L\u2019Angleterre importe pour plus de 3 millions de piastres de- lin et filasse, et ses achats augmentent d'année en année ; elle n\u2019en exporte qu\u2019une faible quantité ($ 186,000 en 1895) à l\u2019état brut ; le gros de ses importations va aux filatures, qui vendent au monde entier.Naturellement, il faut une fibre supérieure pour ces grands marchés, et si l\u2019on veut y trouver un marché, il sera nécessaire d\u2019apporter à la culture et au rouissage autant de précautions qu\u2019on en a mis pour placer notre industrie laitière sur un bon pied.Les gens expérimentés disent même qu\u2019il vaudrait mieux ne pas s\u2019embarquer dans cette culture si elle doit être routinière et mal raisonnée.Jusqu\u2019ici, le Canada exporte aux Etats-Unis à peine pour $200,000 par année de lin et chanvre au naturel ; il est méme en dette, car il importe du méme pays le méme produit pour une valeur de plus de $300,000.Nos toiles de chanvre nous viennent de Grande-Bretagne, d\u2019où nous importons une valeur de $1,500,000 par année en tapis et nattes de chanvre et jute, damas de lin, coton et lin, blanchi, écru ou teint, mouchoirs, essuie- mains, toiles écrues ou blanchies, toile de lin, canevas, toile ouvrée et damassée, jute en pièce, fil de chanvre, chanvre naturel, etc.De Suisse, de Japon, d\u2019Allemagne, de France et de Belgique, nous achetons pour une dizaine de mille piastres de chacun de ces pays en produits de filasse.Quant à la graine et à l\u2019huile de lin, voici les grandes lignes du commerce qui nous intéresse.L\u2019Angleterre importe annuellement pour $3,500,- 000 de graine de lin et chanvre, et en exporte une valeur d\u2019environ $200,000.L\u2019importation de graine de lin américaine au Canada va en diminuant ; nous vendons pour une cinquantaine de mille piastres de la nôtre aux Etats-Unis.Nous importons $300,000 d'huile de graine de lin, et n'en exportons pas.Ces quelques données permettront sans doute aux lecteurs du JOURNAL de se faire une idée des possibilités et des perspectives de la culture du bon lin au Canada.Urric BARTHE.SECTION RÉSERVÉE a La SOCIÉTÉ D'INDUSTRIE LAITIÈRE LE SERVICE DU JOURNAL D\u2019AGRICULTURE AUX MEMBRES DE LA SOCIETE D\u2019INDUSTRIE LAITIERE.Avec le prochain numéro du JourNAL (22 juin 1899) finira l'abonnement annuel des membres de la Société d\u2019industrie laitière qui ont payé leur souscription ($1.00) pour l\u2019année 1898.Ceux Poy Jef Jd mem LR LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE qui ont envoyé leur souscription pour 1899 recevront le JOURNAL pendant un an à partir du ler juillet prochain, sans interruption.Mais il y a quelques centaines de retardataires qui se plaindront encore cette année comme de coutume que le service du JOURNAL leur est supprimé à partir du ler juillet ; c\u2019est la règle et ils n\u2019auront À s\u2019en prendre qu\u2019à leur négligence.A l\u2019heure actuelle, où nous transmettons au Département d\u2019agriculture la liste des souscripteurs à la société d\u2019industrie laitière pour 1899, nous avons le regret de constater que, des mille membres que compte annuellement la société, 444 seulement ont eu la précaution de renouveler leur abonnement, conformément aux avis que nous avons déjà donnés précédemment.Comme il nous est impossible de considérer les retardataires comme meinbres de la société, tant qu\u2019ils n\u2019ont pas renouvelé leur souscription, nous prions tous ceux qui sont en retard de réserver bon accueil à la réclamation que nous allons leur transmettre individuellement par la poste.Le rapport de la société pour 1899 est prêt et va être distribué dans le courant du mois.Les membres anciens de la société savent tous les renseignements utiles qu\u2019ils trouvent dans ce rapport ; ils auraient tort de se priver des services qu\u2019ils peuvent en retirer au cours de la saison de fabrication.Qu\u2019ils se hâtent donc de se mettre en règle avec la société : et que nous n\u2019entendions plus cette année, la sempiternelle plainte : *\u2018 Je ne veux pas payer; je n\u2019ai rien reçu.\u201d On ne peut rien rece oir de la société tant qu\u2019on ne s'est pas mis en règle avec elle Donnant donnant; payez, et vous serez sûrs de jouir de tous les avantages de la société.Le livre d\u2019or des fabricants.Chaque printemps, la société d\u2019industrie laitière reçoit, tant des fabricants que des propriétaires de fabriques, des demandes et des offres d\u2019engagement; elle rend ainsi service à un grand nombre de personnes en quête soit d\u2019ouvrage, soit d\u2019employés ; mais ce service pourrait être considérablement amélioré et rendu beaucoup plus effectif, sans grands frais et avec fort peu de trouble pour les intéressés.La plupart des demandes et offres d\u2019emploi nécessitent actuellement une assez longue correspondance, qui entraine des retards fâcheux pour tout le monde, et auxquels on mettrait fin pour jamais, si les propriétaires d\u2019une part et les fabricants de l\u2019autre voulaient bien fournir au secrétaire de la société des renseignements plus détaillés sur leurs besoins ou leurs exigences.On éviterait de la sorte de mettre en rapports des personnes qui ne peuvent aucunement s\u2019entendre, l\u2019offre et la demande n\u2019ayant entre elles aucun rapport.C\u2019est pourquoi la Société d\u2019industrie laitière, toujours soucieuse de l\u2019intérêt de; ses membres, va créer une sorte de livre d\u2019or des fabricants de la province, en ouvrant dans ses archives une fiche à chacun des fabricants affiliés à la société.Cette fiche comportera : Son adresse d\u2019été et d\u2019hiver ; Son âge ; Le nombre d\u2019années d'expérience comme apprenti, comme chef de fabrique ; Le nombre d\u2019années d\u2019expérience comme fabricant de beurre ; Le nombre d'années d\u2019expérience comme fabricant de fromage ; Le nombre de cours suivis à l\u2019école de laiterie de St Hyacinthe ; Les prix remportés dans les concours provinciaux, dans les expositions provinciales et autres ; Enfin le salaire désiré, et les références possédées.Comma contrepartie à ce livre d\u2019or des fabricants, la société se propose de tenir aussi une liste des fabriques affiliées à la société, dans laquelle seront inscrits: Le nom de famille du propriétaire et ses prénoms : Son adresse et celle de sa fabrique ; La nature de la fabrique, sa situation ; La quantité de lait moyenne reçue durant la dernière saison ; La quantité de beurre ou de fromage fabriquée ; Le salaire offert ; les conditions de l\u2019engagement et tels autres renseignements que les propriétaires jugeront utiles de donner, tels que le mode de répartition adopté, etc.La Société d\u2019industrie laitière va envoyer des blancs à remplir aux fabricants et aux propriétaires dont elle a l\u2019adresse ; tous ceux qui ne les recevraient pas dans le courant du mois de juin, sont invités à en faire la demande par carte postale au secrétaire de la société, M.E.Castel, à St Hyacinthe.Il va sans dire, que pour jouir des avantages attachée à ce service d\u2019information, à ce bureau de placement, il est essentiel de faire partie de la société.Un beaucoup trop grand nombre de gen s\u2019imaginent pouvoir jouir gratis 544 LE JOURNAL D'AGRICULTURE ET D'HORTICULTURE des avantages de la société.Une société qui fournirait ainsi gratis au public ses avantages propres se ruinerait elle-même.Amis de l\u2019industrie laitière, prenez-en bonne note.FE.CASTEL.LA PURETE DE L'EAU ET LA VALEUR DES PRODUITS LAITIERS \u2018On entend dire que le fromage anglais n\u2019est plus si bon qu\u2019autrefois, et maintes fois on m\u2019a demandé si je pouvais expliquer ce fait.Je crois que oui.Nous avons adopté depuis quelques années un système d\u2019égout qui a infecté tous les \"cours d'eau de notre contrée, et j'ai clairement démontré comment cette infection du cours d\u2019eau par l\u2019égout remonte du cours d\u2019eau à la vache, et de la vache au lait.Puissent les colonies entendre la leçon et éviter que leurs cours d\u2019eau soient contaminés comme ceux de la mére-patrie,\u201d\u2019 Ainsi s'exprimait au cinquième congrès du Royal Colonial Institute, l\u2019éminent professeur Lloyd.Ce cri d\u2019alarme a-t-il été partout entendu?ce sage coneeil pris en considération ?Ne se dégin- téresse-t-on pas beaucoup trop, en beaucoup d\u2019autres endroits, de cette question fondamentale en hygiène comme en laiterie, de la pureté de l\u2019eau, base de l\u2019indispensable propreté, de cette propreté minutieuse qui est une demi-vertu, seule barrière à opposer aux invasions microbiennes, et contre la nécessité de laquelle personne n\u2019oserait protester, même en lui donnant parfois en pratique les plus outrageux accrocs.Est-ce donc une chose si difficile que d\u2019avoir une eau pure et saine ?Mon Dieu, non ! La Providence n\u2019est point une maiâtre ; elle n\u2019empoisonne pas la boisson qu\u2019elle nous offre ; elle ne dénature pas les présents qu\u2019elle nous fait pour les 1endre dangereux ; l\u2019eau qu\u2019elle nous donne, elle nous la donne pure et saine, et telle elle resterait si avec une impardonnable négligence, une folle incurie, nous ne l\u2019infections, nous ne l\u2019empoisonnions nous-mêmes.Si encore on se bornait à souiller les cours d\u2019eau, comme le déplore le Prof.Lloyd, en y envoyant par l\u2019égout les résidus des villes, des usines, des fabriques, des habitations isolées, de la vie individuelle, le sol nous garderait une réserve d\u2019eau pure accumulée en ces nappes souterraines qui alimentent les sources naturelles et les puits creusés de main d\u2019homme.Mais ces nappes souterraines, ces sources, ces puits, combien souvent ne sont-ils pas contaminés aussi avec la même insousiance que les cours d\u2019eau, et avec les mêmes périls?C\u2019est le mécanisme de cette contamination souvent inconsciente, ses causes, et les moyens de l\u2019éviter que je voudrais exposer ici le plus brièvement possible.Lorsqu\u2019un liquide est répandu sur le sol, il le pénètre peu à peu et, gagnant les couches profondes, atteint les nappes souterraines qui alimentent les puits et les sources.Si le sol est homogène, il se produit une filtration ; les éléments solides (poussières, microbes), sont arrêtés, et les éléments en dissolution passent seuls dans le sous- gol en subissant des modifications plus ou moins profondes.Si, le sol étant homogène, la surface en est remuée de temps en temps, s\u2019il est cultivé et que le liquide ne lui azrive pas en trop grande quantité, les poussières organiques et les microbes sont détruits, et les éléments solubles subissent le maximum de modification : il y a épuration.Mais si au contraire le sol est fissuré, il n\u2019y a plus de filtration et les éléments solides, comme les éléments liquides, sont entraînés sans modification.Les fissures du sol et du sous-sol peuvent passer inaperçues ; il peut s\u2019en produire à tout instant ; elles peuvent s\u2019étendre très loin horizontalement et un foyer d\u2019infection peut ainsi contaminer des puits situés à une grande distance.La nappe souterraine, d\u2019autre part, n\u2019est pas circonscrite à un puits en particulier, et la contamination peut gagner de proche en proche tous les puits alimentés par la même nappe.Outre les sels solubles entraînés ainsi dans les nappes souterraines, et qui peuvent devenir nuisibles lorsqu\u2019ils sont dans une eau en trop grande abondance, il est une série d\u2019êtres infiniment petits que l\u2019on a dénommés microbes et auxquels on attribue généralement à l\u2019heure actuelle les maladies épidémiques.Or les microbes se trouvent en grande quantité dans les excréments de l\u2019homme et des animaux, même en état de santé, et surtout dans leurs produits morbides : vomissements, mucosités, suppurations ainsi que dans les linges et objets ayant servi à les recueillir et à les absorber.Toute eau ayant été en contact avec ces matières ou objets peut par suite se charger de microbes, les entraîner dans les nappes souterraines et en rendre l\u2019eau dangereuse pour la santé.Dès lors il faut éviter que l\u2019eau ayant été en contact avec des matières dangereuses ou des objets contaminés soit répandue sur le sol dans de as pi D 4 A Bh be A a ek CL d LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE mauvaiges conditions : # en résulte la nécessité de prendre des précautions particulidres pour les fumiers, le sol des étables, écuries et porcheries, les cabinets d\u2019aisance, les eaux de lavage ménagères ou industrielles, les matières et objets contaminés.Ces précautions, faut-il les imposer par des mesures législatives ?C'est ce qu\u2019a pensé, parmi les colonies anglaises auxquelles s\u2019adressait le Prof.Lloyd, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande, qui, dans l\u2019Acte de la Laiterie de 1898, et en vue de la protection de cette industrie, édicte des dispositions très détaillées et des peines très sévères pour leur infraction.Mais trop souvent les lois sont longues et difficiles à mettre debout, plus difficiles et plus longues encore à mettre en application et à faire exécuter.Ne vaut-il donc pas mieux au contraire compter sur l\u2019initiative privée, faire appel aux gens éclairés pour prêcher d\u2019exemple et obtenir par la persuasion des réformes gi désirables ?Cela paraît d\u2019autant plus possible que loin d\u2019étre onéreuses, ces réformes joignent à leurs avantages hygiéniques des avantages d'ordre économique que nous nous proposons de faire ressortir, en indiquant ce qu\u2019il faut éviter et ce qu'il faut faire pour conserver aux nappes souterraines, aux sources et aux puits qu\u2019elles alimentent leur pureté originelle.H.Piuier.ANIMAUX DE LA FERME MEDECINE VETERINAIRE Consultations Paraplégie.\u2014J ai une vache qui est malade depuis trois jours.J\u2019avais mis mes animaux dehors une journée, puis je les avais rentrés le ecir ; je les ai fait gortirla deuxième fois le lendemain, et, vers midi, j'ai trouvé la vache en question couchée et incapable de marcher ni de se tenir debout.Elle semble avoir les pattes de derrière paralysées et, lorsqu\u2019on la lève, elle ne cherche qu\u2019à s\u2019arc- bouter ; lorequ\u2019on lui redresse les pattes dans leur position naturelle, le bas des pattes lui plie et elle semble n\u2019avoir aucune force dans cette partie.Elle a tremblé pendant environ une journée et demie dans le flanc et en arrière des pattes de devant ; en la réchauffant, cela a cessé, et maintenant elle ne tremble plus.Cette vache est ma 545 meilleure laitière ; elle est assez grasse et est vélée depuis 5 remaines ; sa santé parait assez bonne ; elle mange bien, a l'œil clair et fait souvent des efforts pour se lever, mais, tout ce qu\u2019elle peut faire, c\u2019est de se lever le devant sur les genoux, puis elle retombe.Est-ce curable?De quoi souf- fre-t-elle, et que faire?\u2014J.A.B., St-Joseph, Beauce.Réponse : Paraplégie.\u2014 Cette maladie est caractérisée par une faiblesse du train postérieur chez la vache qui fait que, des fois, l'animal ne peut se relever.Cette maladie arrive lentement et dure quelquefois assez longteraps, de 40 à 50 jours, quand le traitement est bon, mais assez souvent l\u2019animal ne se relève jamais.Traitement.\u2014 Le plus important du traitement est l\u2019administration d\u2019une bonne nourriture ; les frictions à l\u2019essence de térébenthine faites deux fois par jour sur le train postérieur, celà jusqu\u2019à ce que la peau commence à être crevassée, et renouveler le traitement aussitôt que cet organe a repris son état ordinaire.On peut aussi, de temps en temps, donner 5 grammes de poudre de Noix Vomique, soiret matin, dans son manger.Bronchite.\u2014J\u2019ai une jument de 13 ans qui a commencé à tousser il y a au-delà d\u2019un an, et depuis quelque temps je m\u2019aperçois qu\u2019elle a la respiration génée.J\u2019ai aussi un cheval de 6 ans et une jument de 5 ans qui commencent à toueser comme la première.Veuillez me dire quelle peut en être la cause, et quel remède employer pour faire cesser cette maladie ?\u2014Un abonné.Réponse : Bronchite.\u2014Je pense que vos chevaux souffrent de bronchite.Cette maladie est très commune chez le cheval et déprécie de beaucoup sa valeur.Au début de la maladie, le cheval ne paraît pas malade, mange bien et paraît dispos au travail, mais avec le temps, la toux augmente, la respiration devient plus accélérée, et finalement, la maladie se termine par la pousse (souffle.) Traitement.\u2014 Cette maladie est incurable, mais, cependant, elle peut se soulager ; donnez des aliments notritifs, peu de foin, beaucoup d\u2019avoine, le tout de bonne qualité.Tenez l\u2019animal dans un local bien aéré, mais pas trop froid et entourez-le de bonnes couvertures.Donnez un peu de mélasse, du goudron, mais le meilleur traitement est la prescription suivante : Acide arsénieux.2 fois par jour pendant 10 jours ; suspendre en 10 grains I i 546 suite le traitement pendant 5 jours et continuer de la sorte pendant 5 à 6 semaines.Pneumo-entérite infectieuse chez les porcs.\u2014J\u2019ai des jeunes porcs de deux mois qui sont morts après quelques jours de maladie.Le choléra les a pris une quinzaine de jours après le sevrage.Plusieurs de mes voisins en ont perdu de la même manière.Voudriez-vous m'indiquer un traitement à suivre ?\u2014J.H.L., Terrebonne.Réponse.\u2014Vos pores souffrent de pneuwmo-entérite infectieuse.C\u2019est une maladie contagieuse et très grave.Lorsque vous constatez la maladie dans la porcherie, n\u2019hésitez pas de les livrer a la boucherie et de désinfecter les lieux avec soin.Cette maladie fait des ravages considérables, ici, au Canada, et occasionne des pertes énormes À ceux qui s\u2019occu- de l\u2019exploitation de la race porcine.Comme traitement, je n\u2019en connais ancun qui soit efficace, si ce n\u2019est l\u2019inoculation préventive qui se pratique avec un très grand succès en certains pays de l\u2019Europe, mais, qui malheureusement, ne se pratique pas ici.Démangaison.\u2014 Erratum.\u2014Une erreur s\u2019est glissée dans l\u2019article \u2018Démangeaison\u2019\u2019 publié dans le No du 22 mai dernier, page 519; au sujet du traitement à suivre, on doit lire $ dragmes d\u2019aloès au lieu de 18.JoEN D.DUcCHENE.Médecin vétérinaire.ARBORICULTURE ET HORTICULTURE SAUVONS NOS ARBRES Nous attirons l\u2019attention de nos lecteurs sur la circulaire suivante que vient de publier Mr.J.Fletcher, entomolngiste des Fermes Expérimentales du Canada.CHENILLES A TENTE Ottawa, mai 1899.Monsieur, Les deux printemps passés, les chenilles À tente ont fait un dommage considérable aux arbres forestiers, fruitiers et d\u2019ornement, en les dépouillant de leurs feuilles.Ceux qui ont essayé d\u2019apphi- quer des remèdes s\u2019y sont en général pris trop tard.J'apprends que ces chenilles détruisent LE JOURNAL AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURES maintenant les feuilles des arbres du district de Montréal.Voulez-vous me permettre d\u2019insister auprès de vos lecteurs sur la nécessité qu\u2019il y a pour eux à combattre ces chenilles SANS AUCUN RETARD, S'ils veulent sauver le feuillage et le fruit de leurs arbres ?Rembne\u2014Le remède consiste à appliquer sur le feuillage des arbres, à l\u2019aide d\u2019une pompe-pulvé- risateur, le mélange suivant : Vert de Paris, 1 once.Chaux vive, 1 once.Fau, 10 gallons.Il y a deux espèces de ces chenilles à tente.L\u2019une d\u2019elles file une tente blanche très apparente, dans laquelle toute la colonie se réunit chaque soir et à certaines heures du jour ; l\u2019autre ne fait point de tente, les colonies se réunissent seulement en masses sur les branches.Dans le cas de la première, on peut couper les rameaux portant les tentes et écraser les colonies sous les.pieds.Il est de très grande importance de s'occuper sans retard de la destruction de ces chenilles, non seulement pour les propriétaires d\u2019arbres, mais pour tous ceux qui ont à souffrir des désagréments causés par ces chenilles qui pululent partout, comme ça été le cas l\u2019année dernière et l\u2019année précédente.Votre obéissant serviteur, J.FLETCHER.Entomologiste de I\u2019 Etat.+ > + \u2014\u2014\u2014-\u2014\u2014 MULTIPLICATION DU ROSIER Marcottage (Suite) Le marcottage du rosier n\u2019offre aucune difficulté.Il consiste simplement à coucher quelques ramifications qui partent très près de la surface du sol et à les enterrer sur une partie de leur longueur dans une petite rigole creusée à la main et profonde de quelques lignes ; l\u2019extrémité en est relevée et fixée à un léger tuteur.Pour favoriser l\u2019enracinement, il est toujours bon, même quelquefois indispensable chez certaines espèces, de pratiquer une incision longitudinale de quelques lignes de longueur et allant jusqu\u2019à la moelle, sur la partie enterrée ; on coupe cette première incision par un autre transversale et de même profondeur.Cette opération a pour effet de faire développer un bourrelet sur toute la longueur de la plaie et de hâter l\u2019apparition des jeunes racines.On peut remplacer les incisions par un ligatu- rage fait au-dessous d\u2019un œil ; l\u2019effet se traduit également par un bourrelet et l\u2019apparition plus prompte des racines.La même chose a lieu quand on enlève un anneau d\u2019écorce : les matières élaborées dans les feuilles de l\u2019extrémité sont arrêtées dans leur marche vera les racines ; elles forment de même un bourrelet et développent un nouvel appareil radiculaire.Le marcottage se fait à deux époques de l\u2019année : Au printemps, avec des pousses formées l\u2019année précédente ; et vers le milieu de l\u2019été, avec des rameaux mi-aoûtés de l\u2019année même.Dans les deux Un exemple de Marcottage.cas, la reprise est certaine si l\u2019on a soin de bien affermir la terre sur la partie enterrée et si l\u2019on entretient le sol dans une fraîcheur constante par des arrosements donnés à propos.Au mois d\u2019octobre, on sèvra les jeunes plantes et on les met en pots ou on les plante en pépinière.Il y aurait tout avantage cependant à ne les détacher des plantes mères qu\u2019au printemps suivant, quitte à les bien abriter contre les gelées par l\u2019un ou l\u2019autre des moyens que nous avons indiqués plus haut.Greffage Le greffage est bien le procédé qui mérite le mieux le nom de mode de multiplication.Car avec lui on parvient à obtenir, en très-peu de temps et avec une seule plante même, un grand nombre de pieds.Deux genres de greffage sont employés chez le tosier : le greffage en fente et le greffage en écusson.Avant d\u2019aborder l\u2019étude de chacun de ces modes en particulier, nous devons tout d\u2019abord dire un mot des sujets qu'il faut prendre de préférence.LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET L\u2019HUKTICULTURE 547 Deux espèces de rosier sont employés à cette fia : le rosier des Chiens ou Eglantier et le rosier Mannetti.Le premier est très vigoureux, très rustique et prospère dans presque tous les sols; seulement, il présente l\u2019inconvénient d'émettre un- grand nombre de drageone.Lorsqu\u2019on adopte la forme en buisson, on doit autant que possible préférer une espèce qui ne drageonne que peu ou pas du tout : Le rosier Mannetti, sera choisi pour sujet.Toutefois, si le sol était de mauvaise qualité, il y aurait encore lieu d\u2019employer l\u2019Eglantier, car il résistera là où le Mannetti ne ferait que languir.Lorsqu\u2019on veut former des boules sur tige, l\u2019Eglantier doit encore avoir la préférence, à cause de sa grande vigueur et de sa plus grande rusticité ; cultivé de la sorte, les drageons qu\u2019il émettra seront beaucoup moins nombreux.La greffe en fente se pratique au commencement du printemps ; on l\u2019emploie le plus souvent à la culture en buisson bien qu\u2019on puisse aussi l\u2019adopter pour la forme en boule sur tige.L\u2019écussonnage se fait à œil poussant et à œil dormant.Dans le premier cas, les yeux greffés sur le sujet se développent la même année et donnent des pousses plus ou moins fortes.Seulement, surtout si ce genre d\u2019écussonnage a été fait relativement tard, ces pouces ne s\u2019aoûtent pas bien et sont exposées à geler pendant l\u2019hiver.Il se pratique avec des yeux choisis sur les parties de pousses qui ont déjà pris une certaine consistance.On insère un œil, ou plusieurs yeux, de façon qu\u2019ils soient opposés ou à une distance variable ; et l\u2019on.se borne à enlever, pendant le cours de la saison, Greffe en fente rimple.toutes les pousses autres que celles qui proviennent des yeux greffés.Dans l\u2019écussonnage à œil dormant, les yeux implantés ne font que se souder au sujet pendant l\u2019année de l\u2019implantation, et ils ne se développent qu\u2019au printemps suivant.Autant que possible, on doit préferrer ce dernier mode. 348 Il faut pratiquer l\u2019écussonnage i ceil dormant à une époque telle que l\u2019écusson ne fasse que se souder ; car s\u2019il se développe la pousse qui en provient ne s\u2019aoûte pas et est détruite par l\u2019hiver.C'est de fin juillet au 15 septembre qu\u2019il se fait.Suivant que l\u2019année est sèche ou humide, ou que les sujets sont faibles ou très vigoureux, on avance ou on retarde l'opération.Ainsi, par exemple, si l\u2019année était très humide et qu\u2019on pratiquât le greffage vers le milieu de juillet, la végétation se prolongeant très tardivement, les yeux se développeraient et les pousses qu\u2019ils auraient données s\u2019anéantiraient pendant les gelées.Inversément, si les sujets étaient très faibles ou la saison très * Greffe en écusson, O, sujet incisé.-L, sujet écussonné.M, sujet écussonné, ligaturé.sèche, et qu\u2019on ne fit l\u2019écussonnage que vers le 20 septembre, par exemple, la soudure ne pourrait plus s\u2019opérer.On devra donc voir quel est le moment le plus favorable pour arriver à de bons résultats ; c\u2019est une affaire d\u2019appréciation, et, encore une fois, le greffeur aura égard à la vigueur du sujet et à l'humidité de la saison.Au printemps, les yeux se développent ; on enlève les ramifications superflues du sujet, et l\u2019on continue à ébourgeonner tout l\u2019été.Si les écussons n\u2019étaient pas repris, on pourrait conserver la pousse la plus forte et la plus inférieure, sur laquelle on renouvellerait l\u2019opération pendant l\u2019été suivant.G.DE WAMPE.ÉCONOMIE DOMESTIQUE LA BONNE MENAGERE Les qualités de la bonne ménagère sont : l\u2019activité, l\u2019ordre, la propreté, l\u2019économie, la vigilance.\u2014Ajoutons que l\u2019un de ses premiers devoirs est de former ses enfants à la pratique des mêmes vertus.LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE La bonne ménagère aura de l'ordre.\u2014Avoir de l\u2019ordre, c\u2019est mettre chaque chose à sa place et faire chaque chose en son temps.La propreté sera le souci constant de la bonne ménagère.Elle doit chercher à la faire régner partout : dans les personnes d\u2019abord ; dans les vêtements ensuite ; dans la tenue de la maison où les parquets doivent être balayés et souvent lavés à grande eau, et les meubles débarraseés de la poussière qui les envahit ; dans les environs de la ferme enfin, et spécialement dans la cour d\u2019où elle fera proscrire les fosses à purin qui risquent d\u2019être des foyers d'infection, et les amoncellements de détritus.\u2014Une maison propre est bien près d\u2019être, par ce seul fait, une maison gae.Retenu par un intérieur agréable, le chef de la maison sera moins tenté d\u2019aller chercher au dehors des distractions toujours coûteuses et souvent démoralisatrices.L\u2019 économie est un des principaux éléments de la prospérité d\u2019une ferme.Elle consiste 4 n\u2019user des choses qu\u2019à propos.Mieux que personne, la fermière chargée des dépenses courantes est à même de pratiquer l\u2019économie.Celle-ci ne doit d\u2019ailleurs jamais dégénérer en avarice.La borne ménagère voudra former ses enfants, et surtout ses filles, à la pratique de toutes ces vertus.Elle les initiera jeunes encore aux travaux du ménage ; elle se fera accompagner par elles à la laiterie et au jardin ; elle leur apprendra à coudre pour entretenir le linge de.famille ou augmenter les trousseaux de la maison ; bref, par ses leçons et surtout par son exemple de tous les instants, elle s\u2019efforcera de faire d\u2019elles ce qu\u2019elle est elle- même: une vaillante et bonne fermière.(Extrait du \u2018\u201c Petit Manuel d\u2019 Agriculture Elémen- taire à l\u2019usage des écoles rurales de filles par une société d\u2019agriculteurs, Lyon, France.\u201d ) RECETTES UTILES.Le bois-pierre.\u2014On peut faire du bois-pierre en mélangeant bien la sciure de bois, produit encombrant les scieries, avec de la magnésie en poudre et du chlorure de magnésium dans la proportion de deux contre un.On humecte ensuite le mélange avec un arrosoir, et la pâte obtenue peut se mouler de toutes sortes de façons ; elle se solidifie à l\u2019air et fournit des matériaux durs et peu inflammables qui peuvent rendre des services, notamment comme revé- tements. LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE 548 Flacon lumineux.\u2014( Lampe de nuit économique).\u2014On prend un flacon de verre blanc, on le remplit à moitié d'huile d\u2019olive et on y dépose un petit morceau de phosphore, puis on ferme le flacon au moyen d\u2019un bouchon.Ce flacon peut très bien faire l\u2019office d\u2019une lampe de nuit ; on augmentera la lumière en enlevant pour un instant le bouchon pour donner accès à l\u2019air.Cette veilleuse de nuit peut durer toute une année : quand les matières sont épuisées, on n\u2019a qu\u2019à les renouveller.Vernis impénétrable.Gutta-percha, 1 livre.Paraffine, .4 livre.Mélanger et appliquer à chaud, égaliser ec suite au fer chaud.Ce vernis sert à réparer les cuvettes dont le vernis est détruit.Il est inattaquable aux acides.(Cosmos.) Enduit pour les grillages en fil de fer.\u2014Comment retarder, sinon empêcher, la destruction, par les intempéries, des grillages en fil de fer ?nous a-t-on demandé.Voici : Essence de térébenthine 1 lb.Essence de lavande 6 onces.Camphre 5 onces.I] convient de faire dissoudre le camphre dans l\u2019essence de lavande, puis d\u2019ajouter l'essence de térébenthine.(Cosmos).TRAVAUX ET RAPPORTS CONCOURS DE MERITE AGRICOLE, 1898 Rapport des Juges No 16.M.ADELME CoTÉ.La ferme de M.Adelme Côté, de St Barthélemi, que nous avons visitée le 27 août, contient 104 arpents de terre labourable de 1ère qualité.Ce sont, en partie, des terres d\u2019alluvion presque inépuisables.Cependant, elles demandent un soin particulier aujourd\u2019hui.La culture du foin a longtemps fait la richesse de toute cette région, mais M.Côté a été un des premiers à entreprendre courageusement l\u2019industrie laitière et à suivre les changements du marché et de exportation.Nous l\u2019en félicitons.Sa jolie résidence, sise sur une éminence et entourée de beaux arbres, est des plus confortables et des plus charmantes.De nombreuses bâtisses toutes bien adaptées et en bon ordre.Le bétail est bon et la bagse-cour la plus considérable que nous ayons vue cette année.Dans l\u2019état des cultures, nous remarquons 4 arpents de patates, 4 arpent de blé-d\u2019Inde et 6 arpents de tabac.M.Côté vit fort à l\u2019aise au milieu d\u2019une aimable famille.C\u2019est un *\u2018gentleman farmer\u2019 qui encourage les sociétés d\u2019agriculture, les cercles agricoles, et tous les moyens d\u2019avaneement et de progrès.Nous lui accordons 85.40 points, ce qui lui donne droit à la médaille d\u2019argent et au diplôme de très grand mérite.No.17.MONSIEUR ALBERT BRIEN.La propriété de M.Albert Brien, de St-Paul l\u2019Ermite, contient 135 arpents de terrain dont 120 labourables.Le mérite de M.Brien est surtout remarquable par les améliorations foncières.Beaucoup de clôtures de pierre.Nous y voyons aussi 26 arpents de drainage aussi en pierre, des ponts solidement construits, etc.M.Brien n\u2019a plus qu\u2019à compléter son travail et, avant peu, l\u2019ordre parfait sera partout sur la propriété.M Brien est un cultivateur distingué et le digne président du cercle agricole.Les travaux domestiques exécutés par madame Brien sont tout à fait dignes de remarques.Nous accordons 85.35 pointe.Médaille d\u2019argent.No.18.M.JaMEs CUTHBERTSON.Nous avons visité la propriété de M.James Cuthbertson, du Portage-du Fort, le 11 juillet.Systéme de culture : D\u2019abord, plantes sarcléee, ensuite blé, puis prairies avec couverture d\u2019engrais au besoin, enfin, pâturages.Les divisions sont assez commodes et les clôtures passablement bonnes.Peu de mauvaises herbes.Nous accordons 11 points sur 15 pour le bétail.L\u2019état des cultures comprend 7 arpents de blé, 1 arp.d\u2019orge, 21 arps d\u2019avoine, 2 arps pour graine de mil, 4 arp.de lin, 6 arp de très belles fèves bien cultivées, + arp.de navets, } arp.de carottes, 1 arp.de patates, 1} arp.de blé-d\u2019Inde. Dô0 LE JOUKNAL D\u2019AURICULTURE KT D\u2019HORTICULTU ti F 25 arpents de prairies et 15 en pâturages, plus un terrain voisin.Des arbres fruitiers, un très beau jardin et beaucoup de travail de laine, de lin et une jolie basse- cour complètent l\u2019exploitation et témoignent de l\u2019activité de toute la famille.M.Cuthbertson est un des nombreux cultivateurs qui: désireraient voir des inspecteurs de grains et graines de semences chez les grainetiers.Combien de pauvres cultivateurs ont vu leurs terres empestées de mauvaises herbes venues par leurs achats de graines.Nous recommandons aux cultivateurs de préparer eux-mêmes, autant que possible, leurs grains de semences et simplement échanger entre eux de temps en temps.On remarquera que les concurrents du comté de Pontiac cultivent beaucoup de blé.Nous accordons à M.Cuthbertson la médaille d\u2019argent.No.19.M, MrcHEL BOURASSA.La ferme entrée au concours par M.Bourassa.contient 60 arpents de superficie dont 10 arpents de pâturages permanents.Plus un magnifique jardin et un très bon verger.Le eystème de culture nous a semblé bon et le bétail de très bonne qualité, On en pourra juger par le fait que M.Bourassa a remporté quelques cents piastres de prix à l\u2019exposition régionale des Trois-Rivières, qui, soit dit en passant, a été cette année encore, admirable d\u2019ordre et de succès.Un bon silo y est d\u2019une économie notable.Quoique M.Bourassa ne se soit pas spécialement préparé pour concourir, nous avons trouvé de l\u2019ordre en général et les bâtisees bien adaptées au besoin de la ferme.C\u2019est une des propriétés les mieux cultivées de la région et M.Bourassa a beaucoup de mérite en donnant ainsi le bon exemple à son intéressante famille et à ses compatriotes.Nous avons accordé 85.25 points et un diplôme de très grand mérite.Médaille d\u2019argent.No.20.M.Louis Tuouin.Nous avons, le 21 juillet, fait la visite de la ferme de M.Louis Thouin, de Repentigny.M.Thouin est un homme de progrès, un homme qui veut l\u2019avancement de l\u2019agriculture, non seulement chez lui, mais qui travaille au bien général de sa paroisse.M.Thouin s\u2019est révélé un bon praticien dans l\u2019élevage du bétail canadien.Nous lui avons accordé 14 points sur 15.C\u2019est dire qu\u2019il arrive à la perfection.Nous désirons voir, chez la plupart des cultivateurs, plus de travail dans l\u2019amélioration du bétail, quelle que soit d\u2019ailleurs la race que l\u2019on a choisie.Si l\u2019on fait un relevé de ce que les vaches laitières donnent en moyenne de lait dans une localité, on trouve des paroisses où cette moyenne ne dépasse pas $ à 10 lbs par jour par vache, tandis que d\u2019autres paroisses en sont rendues à 20 et même 25 lbs en moyenne.Cela démontre l\u2019importance de l\u2019étude de l\u2019agriculture et les avantages d\u2019un peu d\u2019esprit d\u2019observation.M.Thouin a commencé sa carrière avec peu de ressources, cependant, avec beaucoup de prudence, aidé de sa digne compagne, il arrivera au plein succès.Nous accordons bien volontiers 85.20 points et un diplôme de très grand mérite.Médaille d\u2019argent.No.21.M.Pierre LAVALLÉE.La ferme de M.Pierre Lavallée est située à St- Norbert, comté de Berthier.Pour éviter les répétitons, nous nous contenterons de dire que chez M.Lavallée, on trouve ce qui doit infailliblement amener l\u2019aisance et le bonheur des familles.Ces excellentes qualités sont l\u2019ordre, la propreté, un grand amour du travail et une conduite régulière.M.Lavallée est un bon cultivateur dans le sens général de cette expression.Diplôme de très grand mérite.gent.Médaille d\u2019ar- No.22.M.EpwaArD GRAHAM.Le 9 juillet, nous avons visité la ferme de M.Edward Graham, secrétaire de la société d\u2019agriculture de Pontiac, à Elmside, Bristol.Cette magnifique propriété contient 150 arpents de terrain dont 20 en forêts.M.Graham tient une tête de bétail par 3 arpents de terre et enfouit tous les ans soit du trèfle, soit du sarrasin, pour améliorer le sol.C\u2019est dire que cette terre s\u2019enrichit au lieu de s\u2019épuiser.Les nombreuses occupations de M.Graham en dehors de la ferme l\u2019empêchent cependant d\u2019y mettre autant d\u2019ordre qu\u2019il le désirerait lui-même. LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE 551 Néanmoins, Ja moisson est superbe et on y voit très peu de mauvaises herbes.Médaille d\u2019argent.No.23.M.MATHIAs FERLAND.Nous avons, avec beaucoup d\u2019intérêt, visité la ferme de M.Mathias O.Ferland, de Berthierville, le 23 août.Disons de suite que M.Ferland est un spécialiste et que notre échelle de points ne peut convenir d\u2019une manière générale à son exploitation.M.Ferland est un des meilleurs cultivateurs que nous ayons visités.Suivent quelques détails : Sur 159 arpents de culture, nous remarquons 20 arpents de très beau tabac et 20 arpents de patates.M.Ferland hiverne d\u2019ordinaire 40 à 50 têtes de bétail et achète 250 à 300 charges de fumier à la ville de Berthier.L'ordre général est très bon.La comptabilité bonne et suivie depuis au-delà de 35 ans ! En 1862, cette propriété donnait £179.16.8 de revenus et £136.3.3.de dépenses pour la famille, ; ce qui montre un surplus de £43.13.5 ou en chiffres courant $132.00 de profits.La méme propriété donne, en 1895, $4,211.00 de revenus, c\u2019est-à-dire $3,491.00 de plus qu\u2019en 1862.C\u2019est extraordinaire, n\u2019est-ce pas ?Toute cette comptabilité mériterait d\u2019être publiée en entier et l\u2019on pourrait en déduire de très utiles leçons.On y verrait que les habitudes de jadis coûtaient moins cher que de nos jours.Nous offrons à M.Ferland nos bien sincères félicitations.Dip'ôme de très grand mérite.gent.Médaille d\u2019ar- REMARQUES Nous nous serions fait un agréable devoir de donner quelques notes sur chacun des 55 concurrents de cette année, si ce n\u2019était les répétitions sans nombre.Cependant, tous ont divers mérites et se feront nn devoir de continuer à concourir pour la médaille d\u2019argent au moins ! .Beaucoup de jeunes cultivateurs se distinguent déjà hautement.Nous serons heureux que les juges du mérite agricole leur décernent plus tard tout le mérite d\u2019une vie laborieuse et conforme à l\u2019avancement toujours grandissant de l\u2019agriculture perfectionnée.En attendant, nous leur souhaitons plein succès.) THOMAS DRYSDALE.Juges du Mérite Agricole.; JosepH DELAND.ARsSÈNE DENIS.Sainte-Rose, 30 septembre, 1898.SOCIÉTÉS ET CERCLES CONVENTION AGRICOLE DE ST-HYACINTHE (Suite) Industrie laitière.\u2014 Commerce du bacon.\u2014 Volailles pour l\u2019exportation.\u2014 Champs d\u2019 expériences.Voici maintenant les points principaux de l\u2019intéressante conférence prononcée par M.J.C.Cha- pais, assistant-commissaire de l\u2019industrie laitière, sur le commerce du bacon et des volailles, en vue de l\u2019exportation.\u2018\u2018 Me basant sur le fait que la concurrence est grande dans l\u2019industrie laitière, j'invite les cultivateurs pratiques à exercer des industries accessoires à l\u2019industrie laitière, qui leur permettront de rencontrer la baisse des prix.Deux de ces industries s'offrent aujourd\u2019hui aux cultivateurs canadiens.L\u2019élevage du cochon pour le bacon et l\u2019engraissement des volailles pour le marché anglais.Pour ce qui est de la viande de porc, l\u2019Angleterre, l\u2019an dernier, 1898, a importé pour $48,000, - 000 de bacon et environ $19,000,000 de jambons, soit $67,000,000 de viande de porc, contre 860, - 000,000 qu\u2019a coûté l\u2019importation en 1897, ce qui constitue une augmentation de $7,000,000 dans les importations de 1898.Cette forte augmentation montre combien est actif ce marché en Angleterre, et qu\u2019il vaut bien la peine; que nous, Canadiens, nous nous en occupions.A venir jusqu\u2019à présent, nous avons bien fait de l\u2019élevage du porc, mais à un seul point de vue : celui'de la production du porc très gras, qu\u2019on appelle lard de saloir.À venir jusqu\u2019à une dizaine d\u2019années, cette production de lard de saloir était payante.Nous avions commencé par améliorer notre grande race de cochons trotteurs du pays, par des importations de Berkshire, de Chester blancs et de Poland China, mais le marché, pour cette viande grasse, s\u2019est mis à nous manquer, progressivement 552 les demandes ont diminué, les prix ont baissé en conséquence, et l\u2019élevage du porcadiminué.Ontario, avant nous, s\u2019est ému de cet affaissement du marché aux cochons, et s\u2019est tourné du côté de l\u2019Angleterre pour y écouler ses produits de la race porcine sous forme de bacon et de jambon.En 1897, le Canada exportait de cette viande, pour $6,000,000, dont 5.6 sortait d\u2019Ontario.En 1898, les exportations sont montées à environ $8,000,000 On calcule que, cette année, cette exportation se montera probablement à $13,000,000, et que le nombre de cochons produits par Ontario, à part de ceux tués pour la consommation locale dans les fermes, dépassera 2,000,000.Je donne ces chiffres pour montrer ce que nous, de la province de Québec, pouvons faire dans cette ligne.Tous les économistes en industrie laitière s\u2019accordent à dire, et les cultivateurs pratiques le prouvent, que sur chaque ferme on devrait élever un cochon de 300 livres pour chaque vache gardée pour l\u2019industrie laitière.Or, nous avons environ 700,000 vaches laitières : nous avons donc une possibilité d\u2019atteindre, dès cette année, une production de 700,000 cochons, et pour tous ceux qui s\u2019y connaissent, ceci ne serait qu\u2019un minimum très facile à atteindre.Maintenant, laissons là les chiffres et occupons-nous un peu de la manière dont on doit s\u2019y prendre pour faire de la viande à bacon.D\u2019abord, l\u2019infusion du sang de nouvelles races de grands cochons anglais dans les races actuelles que nous avons est nécessaire.Ces races sont le grand Yorkshire amélioré et le Tamworth.Puis il y a une méthode économique qui permet de nourrir les cochons de manière à ce que leur viande ne revienne guère plus qu\u2019à $3 du cent.Avant de dire un mot de cette méthode, j\u2019insisterai sur trois points a observer scrupuleusement au point de vue général de l\u2019élevage du porc, quelle que soit sa destination.Le premier point, c\u2019est d\u2019éviter toute consanguinité de parenté envers les animaux reproducteurs, mâles et femelles ; le second c\u2019est de ne sevrer les jeunes cochons qu\u2019à l\u2019âge de 7 ou 8 semaines ; le troisième, qui peut paraître une antithèse faite à plaisir, c\u2019est de tenir les cochons proprement, de toutes manières, mais surtout, en leur procurant de l\u2019eau nette et courante, si possible, pendant la belle saison.Le premier point mentionné s\u2019impose comme question de bonne constitution et de bonne condition de croissance des animaux qu\u2019on élève ; le second et le troicième, comme question de santé pour l\u2019animal, et d\u2019économie pour le propriétaire.LE JOURNAL D\u2019AGRICULTURE ET D\u2019HORTICULTURE Maintenant, sans entrer dans le détail de la manière de produire le cochon à bacon, je dois dire qu\u2019elle est basée sur le pacage de trèfle, le lait écrémé ou le petit-lait de fromagerie et les racines fourragères, le grain n\u2019entrant dans la ration qu\u2019environ deux mois et demi avant la mort du cochon et cela seulement dans la proportion de deux livres de moulée par jour, la moulée de pois étant la meilleure comme donnant une fermeté et un goût spéciaux à la viande, fort recherchés par le palais des anglais.Je pose comme axiome que le blé-d\u2019Inde doit être banni de l\u2019alimentation du porc à bacon, ce grain étant cause de la production de ce produit abhorré des anglais que l\u2019on appelle le \u2018\u2018soft bacon\u2019 ou lard fondant.Je laisse là mon quadrupède pour m\u2019occuper un instant, avant de terminer, de ces bipèdes intéressants qu\u2019on appelle volailles, L\u2019an dernier, le commissaire de l\u2019agriculture et d\u2019industrie laitière de la Puissance, M.le professeur Robertson, est allé en Angleterre pour faire une étude à divers points de vue des avantages que peut nous offrir le marché anglais, pour nos produits agricoles, et il en est revenu convaincu que l\u2019engraissement des volailles pour l\u2019exportation en Angleterre doit être avantageux pour nous.Sur les instructions de l\u2019hon.ministre de l\u2019Agriculture, à Ottawa, il a organisé deux stations expérimentales d\u2019engraissement de volailles, ces volailles ont été exportées et vendues en Angleterre et voici un aperçu de toute l\u2019opération : On a acheté des poulets communs sur le marché au prix de 50c le couple.On les a tenus à l\u2019engrais pendant une période variant de trois à six semaines, selon leur état au moment de l\u2019achat.Ils ont consommé en moyenne pour 31c de nourriture, consistant en moulée d\u2019avoine, finement moulue, en lait écrémé et en un peu de suif dans la dernière période d\u2019engraissement.L\u2019empaquetage a coûté trois centins ; les frais d\u2019exportation et de vente ont été de 22 centins, mettant le coût de chaque couple à $1.06.Ces volailles se sont vendues 16c la livre et ont réalisé en moyenne $1.76 le couple, laiseant à l\u2019engrais- seur un profit de 70c.Ce premier essai est des plus encourageant et doit nous encourager a tenter la fortune de ce coté.(A suivre).3 "]
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