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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2020-01-11, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / / L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J A N V I E R 2 0 2 0 Rentrée culturelle C U L T U R E 34 Entrevue Pauline Klein décortique l\u2019art de jouer des rôles socialement acceptables.35 36 38 39 40 Louis Hamelin Entrevue avec Nastassja Martin Critiques Louis Cornellier Critique croisée russe 2 Rentrée culturelle Votre guide pour survoler les plus belles offres de la saison en une quarantaine de pages à conserver.5 7 46 48 52 54 55 Odile Tremblay Les flâneurs Vitrines du disque Cinéma Les films à l\u2019affiche Les films à la télé Écrans et grilles télé L I R E V I V R E 58 Voyage À la découverte de Tahiti, Éden sur Terre, et de ses îles enchanteresses.60 62 64 67 68 69 Escapade Société Resto et recette Tendance Bière Vin Illustration de la une du D : Melanie Lambrick Photo de la une Lire : Pascal Ito Flammarion SOMMAIRE R E N T R É E C U L T U R E L L E LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 PANORAMA FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR l y a cette cinéaste d\u2019ici qui essaie de retrouver à L.A.cette autre réalisatrice.Il y a cette poète innue qu\u2019on suit durant une année.Il y a cette jeune femme qui tente de se remettre d\u2019un traumatisme aux ramifications insolites.Il y a aussi cette mère adoptive partie à la recherche de la mère biologique de sa fille, au Vietnam.Il y a, encore, cette adolescente dont le lourd secret exposera l\u2019hypocrisie d\u2019une communauté.Et cette autre adolescente dont la jeunesse est un champ de bataille.Il y a, enfin, cette athlète qui troque la discipline contre l\u2019excès\u2026 Elles sont nombreuses et diverses, les héroïnes qui feront vibrer le cinéma québécois au cours des prochains mois.En effet, nombre de cinéastes proposeront des œuvres portées par des protagonistes féminines mues par une quête de vérité, d\u2019elles-mêmes, d\u2019absolu\u2026 Promettant d\u2019être tour à tour ré- silientes, tourmentées, passionnées, volontaires, voire tout cela, elles seront au cœur de fictions \u2014 et d\u2019un documentaire \u2014 qu\u2019on a hâte de découvrir.Le bal de cette rentrée hivernale qui se clora aux beaux jours de l\u2019été s\u2019ouvrira avec L.A.Tea Time, de Sophie Bédard Marcotte (17 janvier).I L\u2019ère des héroïnes Un foisonnement de protagonistes résilientes, troublées, volontaires ou tout cela à la fois, débarque sur les écrans Dans 14 jours, 12 nuits, de Jean-Philippe Duval, la mère qu\u2019incarne Anne Dorval est motivée par un événement du passé, en l\u2019occurrence l\u2019adoption de sa fille, dont elle ira trouver les origines au Vietnam.LES FILMS SÉVILLE 3 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 La cinéaste tient, entre documentaire, essai et fiction, son propre rôle, soit celui d\u2019une jeune cinéaste qui effectue un voyage entre Montréal et Los Angeles avec, entre autres desseins, celui de rencontrer la réalisatrice Miranda July (Me and You and Everyone We Know).Pour mémoire, on doit à la jeune auteure le tout aussi personnel Claire l\u2019hiver.Autre périple que celui de Natasha Kanapé Fontaine dans le documentaire Nin e tepueian \u2014 Mon cri, de Santiago Bertolino (24 janvier).Dans ce portrait croqué pendant un an, la poète innue se trace un chemin « de renaissance et de guérison ».D\u2019ailleurs, c\u2019est exactement là ce à quoi aspire Valérie (Léane Labrèche- Dor) dans Le rire, de Martin Laroche (31 janvier).Survivante d\u2019une guerre aux accents de génocide, la jeune femme tente de se reconstruire au travail et en amour, mais l\u2019hier et l\u2019aujourd\u2019hui se brouillent entre horreur, sublime et absurde.De l\u2019auteur des Manèges humains et de Tadoussac.Dans 14 jours, 12 nuits, de Jean- Philippe Duval (4 mars), la mère qu\u2019incarne Anne Dorval est elle aussi motivée par un événement du passé, en l\u2019occurrence l\u2019adoption de sa fille, dont elle ira trouver les origines au Vietnam auprès d\u2019une mère biologique (Leanna Chea) à qui elle taira initialement son identité.Le passé, à nouveau, est la clef de voûte du drame qui couve dans Les nôtres, de Jeanne Leblanc (en mars).Émilie Bierre (Une colonie) est Maga- lie, gardienne d\u2019un secret qui mettra à mal les apparences jalousement maintenues par les habitants d\u2019une petite ville tissée serrée.Un retour attendu pour la cinéaste dont on avait adoré le premier long métrage, Isla Blanca, autre film bâti autour d\u2019une héroïne rongée par le non-dit.À l\u2019inverse, la parole, le verbe, devrait représenter une composante significative de La déesse des mouches à feu, adaptation très attendue par Anaïs Barbeau-Lavalette (Le ring, Inch\u2019Allah) du fabuleux roman de Geneviève Pettersen.On y est témoin des divers événements qui bouleversent, un peu, beaucoup, une adolescente (Kelly Depeault) lors de « l\u2019année noire de toutes les premières fois », comme le formule si bien la quatrième de couverture du roman (date à déterminer).Affres d\u2019abus en tous genres également pour Nadia Butterfly, de Pascal Plante (Les faux tatouages), ou la dérive momentanée d\u2019une athlète qui, privée des seuls repères qu\u2019elle ait connus après une retraite prématurée, plonge avec toute la force de sa détermination dans une longue fiesta débridée (date à déterminer).Sans oublier les gars On n\u2019est pas en reste du côté des messieurs, d\u2019autant que cela démarre au masculin pluriel dans L\u2019acrobate (en février), le nouveau film du trop rare Rodrigue Jean (Full Blast, L\u2019amour au temps de la guerre civile).Christophe, professionnel propret, entame dans l\u2019appartement encore inoccupé qu\u2019il vient d\u2019acheter une liaison avec Misha, un trapéziste russe à la jambe cassée.Ou quand le désir pur fait fi de toute raison.Mettant en vedette Rémy Girard, Julie Le Breton et Karelle Tremblay, Tu te souviendras de moi, d\u2019Éric Tessier (20 mars), d\u2019après la pièce du même nom de François Archambault, y va quant à lui d\u2019un émouvant paradoxe avec cet homme en train de tout oublier, mais qui se souvient pourtant d\u2019un épisode occulté de son passé.Le passé qui, décidément, est l\u2019un des motifs récurrents de la cuvée.À preuve, on le retrouve doublement dans Le club Vinland, de Benoît Pilon (17 avril), film campé dans les années 1940 où l\u2019on suit un groupe de garçons qui, à l\u2019initiative d\u2019un frère anticonformiste, entament des fouilles archéologiques sur ce qui aurait peut- être été le site d\u2019un campement viking.Deux gros canons Deux chroniques, mafieuse et familiale respectivement, figurent en outre sur le radar des sorties attendues.Mafia inc., de Podz (14 février), relate l\u2019éclatement d\u2019une organisation criminelle en deux factions ennemies : celle de la famille Gamache et celle de la famiglia Paternò, la première ayant historiquement toujours été au service de la seconde.Avec Marc-André Grondin, Sergio Castellitto, Mylène Mackay, Gilbert Sicotte.Le guide de la famille parfaite, de Ricardo Trogi (été), se posera à n\u2019en pas douter, dans un tout autre registre, comme la comédie estivale à voir avec son récit choral de parents surprotecteurs et d\u2019enfants qui étouffent sur fond de projection et de succès par procuration.Mafia inc., de Podz LES FILMS SÉVILLES Le rire, de Martin Laroche MAISON 4:3 Les nôtres, de Jeanne Leblanc MAISON 4:3 C inéma québécoi s Tu te souviendras de moi, d\u2019Éric Tessier FILMS OPALE Le club Vinland, de Benoît Pilon FILMS OPALE LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle C inéma améric ain 4 PANORAMA ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR nfin terminée \u2014 diront certains ! \u2014, la période des Fêtes ne fut pas si lucrative, malgré une offre en apparence alléchante, avec The Rise of Skywalker n\u2019ayant pas atteint les sommets stratosphériques espérés, et Cats, comédie musicale ratée pour laquelle dans les salles, parfois, il n\u2019y avait pas un chat.Les grands studios veulent tout oublier et ont déjà les yeux rivés sur la prochaine saison estivale, laissant une partie du champ libre aux productions indépendantes, et disons-le, à leurs fonds de tiroirs.Voilà qui accorde plus de place à certains films, dont les ambitions sont tout autant artistiques qu\u2019humanistes, défendus par des acteurs jamais encombrés d\u2019effets flamboyants ou tonitruants pour savoir briller.Peu importe les soubresauts géopolitiques, l\u2019année ne peut mal commencer en compagnie de la grande actrice Alfre Woodard, elle qui sait mieux que personne nous tirer les larmes aux yeux, et accomplir cela sans effort apparent.On aura l\u2019occasion de l\u2019apprécier à nouveau dans Clemency (17 janvier), de Chinonye Chukwu, plongée dans les couloirs de la mort, et ses répercussions sur ceux et celles qui doivent exécuter des condamnations finales.C\u2019est parfois le tribunal de l\u2019opinion publique qui semble le plus La pause hivernale Entre deux saisons de gros canons, les studios hollywoodiens font une petite sieste James Bond n\u2019a pas une minute à perdre dans No Time to Die, de Cary Joji Fukunaga.Et les nombreux admirateurs de Daniel Craig devront faire vite, car l\u2019acteur a décidé qu\u2019il est bien fini, le temps des smokings, des cigares et des martinis.UNIVERSAL PICTURES E Testez votre connaissance de la langue française en trouvant les cinq erreurs insérées volontairement dans le texte ci-contre.Trouvez les 5 erreurs : J\u2019en ai assez?! Avec toi, je navigue journellement entre les insultantes harangues et les blessants diatribes.Je ne m\u2019attends pas à de grandes éloges, mais doit-on nager imuablement dans la zizanie?Laisses-moi me retirer pour l\u2019instant, afin que je réfléchisse à notre différent.ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 41 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.Une épreuve présentée par R entr ée cultur elle 5 Enfin rompre la trop longue attente Benh Zeitlin a-t-il l\u2019ambition d\u2019imiter Terrence Malick, du moins celui du XXe siècle qui tournait un film par décennie ?En 2012, Beasts of the Southern Wild constituait un véritable événement, une œuvre magistrale sur l\u2019enfance, portée par une splendide fillette, Quvenzhané Wallis, qui n\u2019avait peur de rien, tout comme le réalisateur.Huit ans plus tard, les espoirs, malheureusement pour lui, sont démesurés, une trop longue attente faisait ainsi monter les enchères devant Wendy (28 février).Ce conte fantastique situé sur une île mystérieuse met une fois de plus la jeunesse en vedette, et parfois en émoi devant les pouvoirs de ce lieu, et les dangers qu\u2019il camoufle.Wendy, de Benh Zeitlin FOX SEARCHLIGHT impitoyable, surtout lorsqu\u2019il est guidé par la stupidité.Il est à souhaiter que les admirateurs d\u2019Harley Quinn (Margot Robbie), déjà triomphante dans Suicide Squad, sachent enfin ce qu\u2019est un agrégateur de contenu : à la sortie du film en 2016, ils exigeaient la fermeture du site Rotten Tomatoes, insatisfaits devant le faible pourcentage de bonnes critiques accordé Elisabeth Moss dans The Invisible Man, de Leigh Whannell UNIVERSAL PICTURES au film.Ils ont encore le temps de s\u2019informer avant la sortie de Birds of Prey, de Cathy Yan, le 7 février.Les héros distingués, bien habillés, et au suave accent british reviennent chercher la bagarre, et semer la zizanie, avec des méthodes familières et des formules éprouvées.On ne peut s\u2019attendre à moins de la part des Kingsman, un groupe d\u2019agents secrets souvent dysfonctionnels, mais d\u2019une élégance irréprochable, dans cette troisième aventure, The King\u2019s Man (14 février), de Matthew Vaughn, qui nous ramène aux origines de la bande, avec Ralph Fiennes comme guide.Autre agent britannique très spécial, et lui non plus pas très discret, James Bond n\u2019a pas une minute à perdre dans No Time to Die (8 avril), de Cary Joji Fukunaga.Et les nombreux admirateurs de Daniel Craig devront aussi faire vite, car l\u2019acteur a décidé qu\u2019il est bien fini le temps des smokings, des cigares et des martinis, laissant ainsi le soin à une autre star virile (ou à une actrice qui n\u2019a pas froid aux yeux ?) de reprendre les missions du célèbre 007.À une époque pas si lointaine, Matthew McConaughey aurait pu se retrouver sur les rangs des candidats potentiels, mais sous la gouverne du réalisateur Guy Ritchie, il saura mettre l\u2019Angleterre sens dessus dessous dans The Gentleman (24 janvier), entouré des meilleurs acteurs du royaume (Hugh Grant, Eddie Marsan, Colin Farrell), dont une des propriétaires de Downton Abbey, Michelle Dockery.L\u2019actrice, très identifiée à cette célèbre série télévisée, rêve sans doute de réussir le brillant passage effectué par Elisabeth Moss, qui a pris du galon depuis Mad Men.Et comme dans The Handmaid\u2019s Tale, la voilà de nouveau prisonnière d\u2019un univers à la fois lisse et sanguinaire dans The Invisible Man (28 février), de Leigh Whannell, tourné en Australie dans des régions qui sont aujourd\u2019hui la proie des flammes\u2026 Hollywood n\u2019a vraiment plus le monopole du cinéma catastrophe.Au début de la semaine, l\u2019inénarrable président Trump a brandi, avant de battre en retraite sous les huées, son désir de frapper 52 sites culturels iraniens si le pays entendait user de représailles pour venger l\u2019assassinat du général Qassem Soleimani, commandé par la Maison- Blanche.Son entourage, le Pentagone, l\u2019UNESCO ont eu raison de sa sottise en lui tapant sur les doigts.Il s\u2019agit d\u2019un crime de guerre et les États-Unis ont signé des conventions internationales en 1954, en réponse aux bombardements de villes historiques durant la Seconde Guerre mondiale, puis en 1972, afin de protéger les sites culturels lors des grands conflits.Que le locataire du Bureau ovale ait pu y songer jette l\u2019effroi.Rappelons qu\u2019en Iran, les vieilles villes perses d\u2019Ispahan et de Persé- polis comme le bazar de Tabriz, aux monuments architecturaux ornementés, sont, entre autres lieux d\u2019histoire, des trésors de l\u2019humanité d\u2019une valeur inestimable.Ces premières déclarations donnaient la mesure de l\u2019ignorance, du cynisme et de l\u2019inculture du président américain, si besoin était de s\u2019en convaincre encore.Pour l\u2019ensemble de son œuvre, les sénateurs républicains auraient intérêt à voter pour sa destitution afin de préserver l\u2019honneur de leur parti et la sécurité du pays, quitte à mariner un temps dans l\u2019opposition.Il fallait voir les mines effrayées de l\u2019état- major lors du discours sur l\u2019Iran de Trump mercredi dernier.Les républicains veulent-ils vraiment accompagner un pareil chef vers un second mandat ?Les menaces du président sur les lieux de culture rappelaient à quel point les sites patrimoniaux deviennent des cibles de choix à l\u2019heure où tout s\u2019envenime.Ce sont les régimes et les mouvements terroristes les plus barbares qui s\u2019en font les meilleurs champions.Raser pour mieux régner « Paris brûle-t-il ?» demandait au téléphone en 1944 Adolf Hitler au général von Choltitz, gouverneur militaire de Paris, au moment où la capitale française, déjà soulevée, allait tomber aux mains des résistants et des forces alliées.Les ponts étaient minés, comme les principaux monuments de la ville, mais le général francophile et prudent (l\u2019Allemagne perdait la guerre) refusa d\u2019obtempérer.L\u2019épisode avait été immortalisé dans le livre de Dominique Lapierre et Harry Collins, adapté à l\u2019écran par René Clément en 1966.Son titre Paris brûle-t-il ?devint la phrase symbolisant les catastrophes évitées de justesse dans le chaos des conflits sanglants.Celles-ci ne sont pas toujours esquivées, justement.La dernière grande guerre fut pour les deux camps un exercice de destruction massive de la mémoire.Le bombardement de la perle baroque de Dresde en Allemagne par les forces alliées en 1945 (reconstruite ensuite à l\u2019identique) n\u2019est pas l\u2019exploit dont les Britanniques impliqués se sont montrés les plus fiers.Churchill en rougissait.Mao, avec sa révolution culturelle de destruction iconique, tenta de couper les Chinois de leur héritage millénaire pour mieux les inféoder au régime communiste, sans oser pourtant détruire la cité impériale de Beijing.Sa main fut arrêtée par un sursaut de respect envers les plus précieux legs de l\u2019empire du Milieu.Trump fanfaronnait par stupidité et pour frapper les esprits avec ses menaces culturelles, mais comme tant d\u2019autres, il utilisait le patrimoine comme instrument de pouvoir terroriste et politique.« Ispahan brûle-t-il ?» On imagine ces mots sortis de la bouche du président des États-Unis, si personne autour de lui n\u2019avait su contrer ses vues.Elles sont limitées, pourtant, ses connaissances de la Perse ancienne.À sa question éventuelle ne s\u2019ajouterait même pas la charge de profanation sacrée.On n\u2019a pas oublié les menaces des talibans, qui jouaient avec les nerfs des Occidentaux affolés, bientôt mises à exécution, de faire exploser en Afghanistan les bouddhas géants de Bamiyan dans leurs niches creusées à flanc de montagne, ni la destruction des ruines gréco-romaines et babyloniennes de Palmyre en plein désert syrien sous les bons soins du groupe État islamique, ni le pilonnage du joyau architectural de Dubrovnik en Croatie par les forces serbes.Une façon de frapper le cœur et la pensée pour les annihiler.L\u2019impérialisme culturel des États- Unis, qui arrache de façon moins martiale les racines des autres peuples en les inondant de produits hollywoodiens formatés, n\u2019est pas si étranger à l\u2019attitude de Trump quant aux lieux de mémoire.Ce président ne voit pas pourquoi il devrait respecter l\u2019héritage des autres, quand le bulldozer américain rase si bien les particularismes étrangers par occupation de territoire.Sa mentalité primaire \u2014 il est plus inculte que ses prédécesseurs, même George W.Bush \u2014 prend appui sur l\u2019hégémonie planétaire de l\u2019Amérique.Mais celle- ci se fissure sans qu\u2019il l\u2019ait compris.Ispahan brûle-t-il ?ODILE TREMBLAY LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle C inéma étranger 6 des nouvelles de la Macédoine, et surtout du machisme qui plombe encore cette société, au moins avec un grand sourire.Approche opposée pour le cinéaste russe Kantemir Balagov dans Une grande fille (21 février), qui nous plonge à Leningrad pendant les tristes lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, privilégiant le point de vue des femmes.Des contrées beaucoup plus chaudes ne sont pas non plus à l\u2019abri de la tyrannie, et de la bêtise, souvent sans discrimination au sein des populations.C\u2019est ce que démontrent Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec dans Les hirondelles de Kaboul Soif de liberté S\u2019égarer dans d\u2019autres paysages et d\u2019autres univers pour aller bien au-delà de soi Elia Suleiman (au centre), depuis trop longtemps absent, revient devant la caméra dans C\u2019est ça le paradis ?.LE PACTE PANORAMA ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR ls sont si rares que leur présence sur nos écrans ressemble à un événement.Qu\u2019ils viennent de Russie ou des pays de l\u2019ancien bloc communiste, les films de ce coin du monde débarquent ici au compte-gouttes, portés, eux aussi, par un souffle de liberté.C\u2019est ce que l\u2019on voit dans Dieu existe, son nom est Petrunya (17 janvier), de Teona Strugar Mitevska, une comédie qui nous permet de prendre I B I L L E T S : T H E A T R E L A L I C O R N E .C O M LES FILLES ET LES GARÇONS 14 JANVIER AU 22 FÉVRIER 2020 TRADUCTION FANNY BRITT MISE EN SCÈNE DENIS BERNARD AVEC MARILYN CASTONGUAY DE DENNIS KELLY ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE MARIE-HÉLÈNE DUFORT DÉCOR OLIVIER LANDREVILLE COSTUME MÉRÉDITH CARON ÉCLAIRAGES JULIE BASSE MUSIQUE FANNY BLOOM LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 (17 janvier), une adaptation animée du roman de Yasmina Khadra sur l\u2019Afghanistan au temps des talibans et avant le 11-Septembre 2001.Papi- cha (31 janvier), de Mounia Meddour, nous emmène dans un autre pays qui a connu son lot de misère et d\u2019oppression, l\u2019Algérie des années 1990, où la religion fait également des ravages, subie par un groupe d\u2019adolescentes rêvant de liberté et de légèreté.Le sentiment d\u2019étouffement est aussi présent dans la campagne française, surtout au moment de la canicule, et plus encore lorsque débarque une belle amie d\u2019autrefois que la paysanne incarnée par Laetitia Casta ne semble pas avoir oubliée dans Le milieu de l\u2019horizon (7 février), de Delphine Leheri- cey.Les sévices sexuels destructeurs tiennent aussi le haut du pavé dans Les chatouilles, d\u2019Andréa Bescond et Éric Métayer, film dans lequel une jeune danseuse pourrait voir ses rêves se briser, comme tant d\u2019autres victimes d\u2019agressions longtemps cachées.Les deux cinéastes suivants incarnent parfaitement la liberté du créateur, celui qui signe des films reconnaissables entre tous, et dont chacun constitue un événement.Même s\u2019il peut sembler cruel qu\u2019ils soient à l\u2019affiche en même temps, soit le 27 mars, quel magnifique programme double que celui qui implique Elia Suleiman et Arnaud Desplechin.Le premier, depuis trop longtemps silencieux, nous revient avec une méditation sur le cinéma oscillant entre Paris et New York (et tournée en partie à Montréal), se plaçant devant la caméra dans C\u2019est ça le paradis ?Quant au réalisateur de Rois et reine et d\u2019Un conte de Noël, il reste fidèle à la ville de son enfance dans Roubaix, une lumière, mais s\u2019éloigne radicalement de son approche habituelle, invitant des flics et des paumés (dont l\u2019une incarnée par Léa Seydoux) à peupler un nouveau chapitre de son univers.La justice va aussi affronter des crapules dans le nouveau film du vétéran Marco Bellocchio, Le traître (7 février), une autre reconstitution de l\u2019éternel combat contre la mafia qui gangrène la péninsule italienne depuis des décennies, tenant ainsi tout un peuple en otage.Et pour plus de légèreté, allons voir celui dont la renommée internationale fut source de grande liberté, uniquement forcé à chanter les mêmes grands succès.Le documentariste Marc di Do- menico revient sur la vie et la carrière d\u2019un immense auteur-compositeur-in- terprète dans Aznavour.Le regard de Charles (3 avril), un baume pour ceux et celles qui pleurent encore son départ.Le cinéma britannique à l\u2019aube du Brexit Le Royaume-Uni, depuis longtemps un vaste laboratoire de l\u2019idéologie néolibérale, n\u2019est guère tendre envers ses cinéastes (souvent plus nombreux à Hollywood).À l\u2019heure du Brexit, vont- ils tous prendre la fuite ?Deux des prolifiques persistent et filment.Le premier, Ken Loach, avait annoncé sa retraite, mais les sujets d\u2019indignation ne manquent pas pour cet ardent défenseur du bien commun, décrivant une misère bien actuelle dans Sorry We Missed You (6 mars), celle de ces livreurs soumis à la tyrannie du chronomètre.Autre vision de la futilité des bonzes du capital à la manière d\u2019un faux documentaire, Greed (13 mars), de l\u2019hyperactif Michael Winterbot- tom, décrit les extravagances d\u2019un petit roi de l\u2019industrie de la mode.Son acteur fétiche, Steve Coogan, se prête au jeu du clinquant délirant.Dieu existe, son nom est Petrunya, de Teona Strugar Mitevska, est une comédie qui nous permet de prendre des nouvelles de la Macédoine.AZ FILMS R entr ée cultur elle 7 LES FLÂNEURS Le coup de poing des Misérables Avec des références au roman de Victor Hugo, Les misérables, premier long métrage du Français Ladj Ly, qui a reçu le Prix du jury au dernier Festival de Cannes, est l\u2019œuvre la plus forte à embrasser le thème depuis La haine, de Mathieu Kassovitz.Cela prenait un enfant des explosives banlieues multiethniques pour en brosser un portrait aussi brûlant et sans l\u2019ombre d\u2019un manichéisme.Humanité et fureur s\u2019affrontent dans la fosse de tous les dangers, avec une puissance de réalisation haletante et des acteurs criants de naturel.ODILE TREMBLAY Adler raconte Perriand Vingt ans déjà que l\u2019espace et la lumière pleurent l\u2019ultime battement de paupières de la designer, architecte et photographe française Charlotte Perriand.Au moment où la Fondation Louis Vuitton lui rend hommage avec une exposition titanesque dont Jacques Barsac cosigne le catalogue, Laure Adler dresse dans un beau livre agrémenté de 200 clichés, sobrement titré Charlotte Perriand, le portrait d\u2019une théoricienne des espaces ouverts « plus apte à construire la ville qu\u2019à élever un nourrisson ».Une contemporaine de Léger et de Picasso trop longtemps prise dans le brouillard de Le Corbusier.RALPH ELAWANI Watatatow ! C\u2019est ce qui vient en tête à l\u2019écoute de L\u2019effet secondaire, nouvelle fiction pour préados et ados, qui a heureusement très peu en commun avec la défunte quotidienne jeunesse portant ce titre onomatopée.Cette comédie dramatique tournée à la façon d\u2019une téléréalité surprend agréablement par son réalisme dans les situations typiques de l\u2019adolescence que vivent les personnages, pas trop caricaturaux, ses dialogues qui sonnent « vrais » et ses jeunes acteurs doués.À Radio-Canada, les vendredis, 17 h, et tous les épisodes sur Tou.tv Extra.AMÉLIE GAUDREAU La famille de l\u2019année Ça aura pris quatre saisons avant qu\u2019ils soient découverts du grand public, mais les membres de la famille Rose méritent d\u2019être célébrés pour ce qu\u2019ils sont : les protagonistes d\u2019une émission exceptionnellement charmante.La 6e et dernière saison de la comédie Schitt\u2019s Creek a débuté la semaine dernière sur les ondes de CBC (aussi sur CBC Gem) et les créateurs ont repris là où ils nous avaient laissés \u2014 dans un motel d\u2019une ville au nom loufoque acheté en blague par une famille jadis riche, maintenant ruinée, mais de plus en plus unie et toujours aussi hilarante.VALÉRIE DUHAIME LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Théâtre à Montréal 8 Alexia Bürger sera tout aussi prolifique.En sus du retour \u2014 sur la vaste scène de Jean-Duceppe, cette fois \u2014 de sa brillante pièce inspirée de la tragédie de Lac-Mégantic, Les Hardings, l\u2019artiste crée J\u2019ai cru vous voir à Espace Go.Un spectacle qu\u2019elle a tiré de la correspondance passionnelle, dans les années 1950, entre le peintre Paul-Émile Borduas et Rachel Laforest \u2014 incarnés ici par Jean-François Casabonne et Pascale Bussières.Alexia Bürger s\u2019est aussi alliée à Fanny Britt afin d\u2019écrire Lysis, pour le Théâtre du Nouveau Monde.Création dérivée du Lysistrata d\u2019Aristo- phane, ce spectacle choral à l\u2019imposante distribution (Mona Chokri en tête) raconte un mouvement féminin de « grève de la natalité », visant à mettre fin au règne destructeur du boys\u2019 club\u2026 Une mise en scène de Lorraine Pintal, qui monte aussi, dans le théâtre qu\u2019elle dirige, L\u2019avalée des avalés (en juin).Une adaptation intimiste du roman culte de Réjean Ducharme, bien accueillie lors de sa création en France.Cohabitation générationnelle Dans ce panorama de saison se côtoient metteuses en scène d\u2019expérience et créatrices ayant fait leur marque plus récemment.Dans le très attendu Sang (Usine C), la « vétérane » Brigitte Haentjens se mesure à nouveau au puissant auteur du 20 novembre, Lars Norén.Une tragédie contemporaine Des femmes au pouvoir Quelques metteuses en scène imposent une présence forte cette saison PANORAMA MARIE LABRECQUE LE DEVOIR urant la saison qui s\u2019amorce, une vingtaine de spectacles porteront la griffe d\u2019une femme à la mise en scène.Un poste clé où elles étaient traditionnellement sous-représentées.On est peut-être encore loin de la parité espérée par plusieurs, mais un coup d\u2019œil à la programmation hivernale permet en tout cas de mesurer l\u2019importance de la place prise par certaines créatrices, en quelques années seulement, sur les scènes montréalaises.C\u2019est Édith Patenaude qui mène le bal, avec trois rendez-vous scéniques.La metteuse en scène de 1984 dirige les nouvelles créations de Dany Boudreault (Corps célestes, au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui) et de Steve Gagnon (Les étés souterrains, un monologue porté par Guy- laine Tremblay, à La Licorne).Édith Patenaude hérite aussi d\u2019une grosse production sur un grand plateau \u2014 là où il y a encore de notables lacunes en matière d\u2019équité \u2014, avec Les sorcières de Salem au théâtre Deni- se-Pelletier.Un classique d\u2019Arthur Miller, adapté par l\u2019auteure Sarah Berthiaume, qui pose un regard empreint d\u2019une sensibilité contemporaine sur le rapport entre les personnages féminins et le pouvoir.L\u2019auteure et metteuse en scène D Émile Proulx-Cloutier et Anaïs Barbeau-Lavalette, le duo créatif derrière le beau Pôle Sud, offre un nouveau « documentaire scénique », Pas perdus.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR RÉJEAN DUCHARME LORRAINE PINTAL dès le 2 JUIN ANTON TCHEKHOV RENÉ RICHARD CYR dès le 3 MARS FANNY BRITT ET ALEXIA BÜRGER LORRAINE PINTAL dès le 21 AVRIL LA SAISON DU TNM SE POURSUIT \u2026 tnm.qc.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entrée culturelle Théâtr e à Montr éal 9 La metteuse en scène Édith Patenaude mène le bal avec trois rendez-vous scéniques cette saison.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Théâtre à Montréal 10 fondatrices de la compagnie Joe Jack et John, Catherine Bourgeois et Amélie Dumoulin.Violette sera créée à Espace libre.Pour le reste du menu, foisonnant, de cette saison, voici une sélection de choix déchirants.L\u2019auteure et metteuse en scène Alexia Bürger sera prolifique.En sus du retour \u2014 sur la vaste scène de Jean-Duceppe, cette fois \u2014 de sa brillante pièce inspirée de la tragédie de Lac-Mégantic, Les Hardings, l\u2019artiste crée J\u2019ai cru vous voir à Espace Go.Un spectacle qu\u2019elle a tiré de la correspondance passionnelle, dans les années 1950, entre le peintre Paul-Émile Borduas et Rachel Laforest \u2014 incarnés ici par Jean-François Casabonne et Pascale Bussières.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR renvoyant au mythe d\u2019Œdipe, avec un quatuor prometteur : Christine Beau- lieu, Sébastien Ricard, Alice Pascual et Émile Schneider.Au Quat\u2019Sous, Marie Brassard redonne une voix aux poétesses oubliées de la Beat Generation en créant Éclipse, élaborée avec ses quatre comédiennes.Martine Beaulne s\u2019attaque pour sa part à La maladie de la mort, de Marguerite Duras, un duo incarné ici par Paul Savoie et Sylvie Drapeau, au Prospero.Jeune directrice du théâtre Périscope, Marie-Hélène Gendreau porte sur les scènes montréalaises deux auteures trentenaires : Pascale Renaud-Hébert (Hope Town, à La Licorne) et la Britannique Lucy Kirkwood, chez Duceppe, avec Les enfants, qui s\u2019inspire de l\u2019accident nucléaire de Fukushima pour aborder des enjeux environnementaux.Avec L\u2019inframonde, à La Petite Licorne, Catherine Vidal fera elle aussi découvrir une dramaturge se mesurant à un sujet très actuel.L\u2019Américaine Jennifer Haley y traite des questions éthiques soulevées par la réalité virtuelle.Et c\u2019est justement une expérience virtuelle, pour une personne, à laquelle nous convient les SAISON 19-20 18 FÉV.- 7 MARS LE SIXIÈME SENS 21 JAN.- 8 FÉV.LE SCRIPTARIUM 2020 23 AVR.- 8 MAI ALTERINDIENS 31 MARS.- 18 AVR.LA NOUVELLE CRÉATION D\u2019OLIVIER CHOINIÈRE ZOÉ 5 - 29 FÉVRIER D\u2019ARTHUR MILLER M.E.S ÉDITH PATENAUDE TRADUCTION ET ADAPTATION SARAH BERTHIAUME LES SORCIÈRES DE SALEM 18 MARS - 15 AVRIL Partenaire de saison LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Pièces à surveiller Soifs Matériaux : l\u2019adaptation de la saga de Marie-Claire Blais par le Théâtre Ubu.Dès le 24 janvier, à Espace Go.Histoire populaire et sensationnelle : Gabriel Plante traite de transmission identitaire dans cette « farce » lauréate du prix Gratien-Gélinas 2016.Dès le 28 janvier, à Espace libre.Zoé : la création d\u2019Olivier Choinière orchestre un dialogue professeur-étudiante autour de questions fondamentales.Dès le 5 février, chez Denise-Pelletier.Becoming Chelsea : le « thriller existentiel » de Sébastien Harrisson s\u2019inspire de la militante trans Chelsea Manning et du thème très actuel de la protection des données.Dès le 25 février, au théâtre Prospero.Les 3 sœurs : René Richard Cyr dirige une belle distribution dans son premier Tchekhov.Dès le 3 mars, au TNM.Trip : Mathieu Quesnel s\u2019offre une virée dans les psychédéliques années 1960.Dès le 6 mars, à Espace libre.Qui parle ?: un happening réunissant six dramaturges autour du sujet de la prise de parole, avec de courtes histoires livrées par une distribution qui change chaque soir.Dès le 17 mars, à La Licorne.Atteintes à sa vie : Philippe Cyr s\u2019attaque à un texte kaléidoscopique, et inédit ici, du grand dramaturge anglais Martin Crimp.Dès le 24 mars, à l\u2019Usine C.Pas perdus : Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier, le duo créatif derrière le beau Pôle Sud, offre un nouveau « documentaire scénique ».Dès le 14 avril, au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Une conjuration : Alexis Martin et Daniel Brière campent les penseurs Georges Bataille et André Masson au moment où ils élaborent un pamphlet antifasciste.Dès le 14 avril, à Espace libre.À quelle heure on meurt ?: Frédéric Dubois fait revivre le fameux collage de textes ducharmiens avec Gilles Renaud et Louise Turcot.Dès le 14 avril, au Quat\u2019Sous.Fun Home.Album de famille : l\u2019adaptation musicale primée d\u2019un roman graphique célébré, le récit autobiographique d\u2019Alison Bechdel.Dès le 15 avril, chez Jean-Duceppe.Pacific Palisades : écrit par Guillaume Corbeil et dirigé par Florent Siaud, cet intrigant solo s\u2019inspire de la vie d\u2019un fabulateur.Avec Évelyne de la Chenelière.Dès le 21 avril, à la salle Jean-Claude-Germain.R entrée culturelle Théâtr e à Montr éal 11 opéra romantique de MICHEL TREMBLAY + ANDRÉ GAGNON mise en scène NORMAND CHOUINARD avec MARC HERVIEUX DOMINIQUE CÔTÉ Nadine Brière Nathalie Doummar Kathleen Fortin Noëlla Huet Laetitia Isambert Jérémie L\u2019Espérance Jean Maheux Frayne McCarthy Cécile Muhire Jean-François Poulin Isabeau Proulx Lemire Linda Sorgini Léa Weilbrenner Lebeau les musiciennes Carla Antoun Rosalie Asselin Esther Gonthier Marie-Eve Scarfone tnm.qc.ca DES SUPPLÉMENTAIRES JUSQU\u2019AU © J u l i e n F a u g è r e EN ÉCHO AU SPECTACLE\u2026 LES BEAUX Avec Marc Hervieux Animation : Lorraine Pintal Lundi 20 janvier de 14 h à 16 h sur la scène du TNM INFOS ET BILLETS BELLESSOIREES.UMONTREAL.CA UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Théâtre à Q uébec 12 PANORAMA SIMON LAMBERT COLLABORATEUR LE DEVOIR À QUÉBEC a saison théâtrale à Québec voit se succéder à la mise en scène de nombreux noms familiers.En ouverture au Trident, Maryse Lapierre pilotera la relecture des Plouffe, d\u2019après l\u2019œuvre de Roger Lemelin, dans une adaptation d\u2019Isabelle Hubert, tandis que c\u2019est Jean-Philippe Joubert qui a été retenu pour défendre ensuite le L\u2019expérience mise en avant À Québec, la saison théâtrale qui s\u2019ouvre fait la part belle aux metteurs en scène chevronnés L S u r l S u r l l a p h o p h o a p h o t o : t o : t o t R e n a u R e n a u R e n a d L a c d L a c L a e l l e - e l l e - e B o u r d B o u r d o n | o n | P h o t o P h o t o g r a p h g r a p h i e : i e S t é p h S t é p h a n e B a n e o u r g e u o i s LES PLOUFFE ROGER LEMELIN ADAPTATION ISABELLE HUBERT | MISE EN SCÈNE MARYSE LAPIERRE EN COPRODUCTION AVEC LE THÉÂTRE DENISE-PELLETIER DU 14 JANVIER AU 8 FÉVRIER 2020 DIRECTION ARTISTIQUE ANNE-MARIE OLIVIER LETRIDENT.COM | 418 643-8131 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Roméo et Juliette de Shakespeare ; il sera intéressant de voir la façon dont ils souhaitent relire chacun de ces classiques.Des textes plus récents seront aussi servis par des metteurs en scène chevronnés.C\u2019est le cas de l\u2019Eldorado du Français Laurent Gaudé : son récit de migrants en Méditerranée sera dirigé par Marie-Josée Bastien, qui signe également l\u2019adaptation de ce roman de 2006.Jocelyn Pelletier, quant à lui, portera Les mains d\u2019Edwige au moment de la naissance ; on surveillera le souffle que pourra apporter le bouillant metteur en scène à ce texte de Wajdi Mouawad.À La Bordée également, Olivier Normand a pour sa part été retenu pour piloter Rouge, un texte du dramaturge et scénariste états-unien John Logan (Sweeney Todd, Skyfall).Cette pièce, sur la vie du peintre Mark Rothko, risque par ailleurs d\u2019offrir un intéressant duel d\u2019acteurs (Michel Nadeau et Steven Lee Potvin).Si des hommes d\u2019expérience comme Robert Lepage et Kevin McCoy reprennent également du collier (voir encadré), la liste se prolonge avec Martin Genest et Alexandre Fecteau.Au Périscope, ils présenteront respectivement L\u2019écrit, un texte d\u2019Agnès Zacha- rie, et Tout inclus, texte de François Grisé et dramaturgie d\u2019Annabel Sou- tar ; le premier ranimera le souvenir d\u2019Hiroshima dans le bus jaune d\u2019Ubus théâtre, tandis que le second propose une incursion dans l\u2019univers méconnu des CHSLD.Et de jeunes pousses De son côté, Premier Acte poursuit dans sa promotion des nouvelles voix.Les noms moins connus de Samantha Clavet (Envies) et d\u2019Angélique Patterson (Tranche-cul) seront notamment mis en valeur, avec les mises en scène d\u2019À l\u2019affiche, de l\u2019États-Unienne Annie Baker (Pullitzer 2014), et de Food club, dont la jeune dramaturge signe également le texte.Entre autres titres retenus par la petite salle de l\u2019avenue de Salaberry, il faudra finalement surveiller la création de .ES \u2013 Chapitre 1 \u2013 Soi, mise en scène collective des Reines, dont le chantier présenté au dernier Carrefour exposait déjà une réflexion forte sur le pouvoir et la féminité.Prise 2 Plusieurs pièces montées dans les dernières années se voient offrir cet hiver une nouvelle présence à l\u2019affiche.C\u2019est le cas d\u2019Hypo, de Nicola-Frank Vachon : créée à Premier Acte en octobre 2017, la pièce sous forme de périple en Islande atterrira au Périscope fin février.Le directeur artistique Michel Nadeau \u2014 qui reprenait l\u2019hiver dernier Sauver des vies de Pascale Renaud-Hébert et, l\u2019hiver pré- cédent, Mme G de Maxime Beaure- gard-Martin \u2014 continue quant à lui d\u2019offrir une seconde vie à des créations ayant connu un beau succès dans une mesure limitée.Créée il y a deux ans à Premier Acte, Made in Beautiful (La Belle Province), d\u2019Olivier Arteau, reprend en avril, à La Bordée, sa folle lecture de la récente histoire du Québec.Le Diamant, qui reprenait déjà Les sept branches de la rivière ?ta et 887 à l\u2019automne, continue de son côté de revisiter le répertoire d\u2019Ex Machina fin mars avec Quills, née sur la scène du Trident il y a trois ans et dans laquelle Robert Lepage emprunte les traits du corrosif marquis de Sade.Le théâtre de la place D\u2019Youville offrira également un nouvel espace à Ailleurs et à Norge, de Kevin McCoy.Créés en 2011 et en 2015, ces deux premiers volets d\u2019un « triptyque migratoire » profiteront de la création du dernier volet, Le devisement du monde, pour reprendre l\u2019affiche en février.Jocelyn Pelletier portera à La Bordée Les mains d\u2019Edwige au moment de la naissance ; on surveillera le souffle que pourra apporter le bouillant metteur en scène à ce texte de Wajdi Mouawad.FRANCIS VACHON LE DEVOIR R entr ée culturelle Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous et d\u2019Infrarouge Création MARIE BRASSARD Pleins feux sur la parole de femmes radicales et indociles.Billetterie ?514 845-7277 QUATSOUS.COM en prévente É c l i p s e 21 JANVIER ?15 FÉVRIER 2020 Avec Larissa Corriveau, Laurence Dauphinais, Eve Duranceau et Johanne Haberlin Décor et costumes Antonin Sorel Lumières Sonoyo Nishikawa Conception sonore Alexander MacSween Maquillages et coiffures Angelo Barsetti Conception vidéo Karl Lemieux Intégration vidéo Guillaume Arseneault Assistance au décor Alex Hercule Desjardins Régie son Gabriel Filiatreault et Andréa Marsolais-Roy LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.| L\u2019exposition Momies égyptiennes est organisée par le British Museum, Londres, en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Elle a reçu l\u2019appui du ministère du Patrimoine canadien par le biais du Programme d\u2019indemnisation pour les expositions itinérantes au Canada.Momie de Tamout (détail), Troisième Période intermédiaire, début de la 22e dynastie, vers 900 AEC, EA 22939.© The Trustees of the British Museum | L\u2019exposition « Tant le moindre de mes atomes t\u2019appartient intimement » est organisée par le MBAM en collaboration avec Bruce Bailey.Paterson Ewen, Arbre à angle droit (détail), 1977.Prêt de la collection Bailey, Canada.© Mary Alison Handford.Photo Joseph Hartman | L\u2019exposition Volte-face est organisée par le MBAM en collaboration avec Carol et David Appel.Rachel Harrison, Le voyage du Beagle (détail), 2007.Collection de Carol et David Appel.Avec l\u2019aimable concours de l\u2019artiste et de Greene Naftali, New York | L\u2019exposition Obsession est organisée par le Musée Gardiner, Toronto, en partenariat e Kasshiki e e e s.), CAMBODGE, tête de Bouddha, vers 1200.MBAM, achat; Murik, PAPOUASIE- brag HM6 Goalie Face Guard, 1971.MBAM, collection Liliane et David M.Stewart, don de Cooper tankagle ou deangle, avant 1930.MBAM, achat, don de F.Cleveland Morgan.Photos MBAM À VOIR CET HIVER AU MUSÉE « TANT LE MOINDRE DE MES ATOMES T\u2019APPARTIENT INTIMEMENT » Œuvres choisies de la collection Bailey Jusqu\u2019au 29 mars MOMIES ÉGYPTIENNES En co l laborat ion avec P R É S E N T É PA R VOLTE-FACE Photographies de Cindy Sherman, Laurie Simmons et Rachel Harrison, de la collection de Carol et David Appel Jusqu\u2019au 29 mars LES ARTS DU TOUT MONDE AILE STÉPHAN CRÉTIER ET STÉPHANY MAILLERY NOUVEAU ! OBSESSION La collection de céramiques japonaises de sir William Van Horne Jusqu\u2019au 1er mars EN P ROLO NGA TION JUSQ U\u2019AU 29 M ARS MBAM_DEVOIR_RENTREE_CULT_JANV2020_1PP.indd 1 20-01-08 10:46 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entrée culturelle Théâtr e jeunes publics 15 ENTREVUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Le chorégraphe Pierre-Paul Savoie aime conjuguer différentes approches et offrir aux spectateurs des créations ouvertes, libres et qui décloisonnent les frontières.Avec Le trésor, cinquième spectacle qu\u2019il crée pour les enfants, Savoie unit notamment la chanson du répertoire québécois, la musique, la danse, la marionnette, le jeu d\u2019ombres et les illustrations de Manon Gauthier.Le trésor, c\u2019est l\u2019histoire de deux enfants et de leur chat qui, coincés à la maison par un jour de pluie, vont s\u2019inventer mille et une merveilles.Cette plongée au cœur de l\u2019enfance et de l\u2019imaginaire a permis à Pierre- Paul Savoie d\u2019aller encore plus loin dans le mariage des disciplines.Joint au téléphone, alors que le spectacle est encore en plein montage, le chorégraphe raconte qu\u2019il travaille pour une première fois avec une illustratrice qui a été, dit-il, le point de départ de l\u2019inspiration.« Lorsque j\u2019ai regardé le travail de Manon Gauthier, je venais de perdre un chat.Il y a une de ses images qui m\u2019a particulièrement frappé.On y voit un petit félin placé dans les bras d\u2019un enfant, presque de la même manière que le mien, au moment de l\u2019euthanasie.Son travail correspondait tout à fait à mon univers, à ce que je voulais faire.Naïf, mais en même temps plein d\u2019humanité, de sensibilité.» Si l\u2019enfance, et tout ce qu\u2019elle comporte de pureté, d\u2019inventivité, reste le thème central de ce Trésor, chacun saura, selon Pierre-Paul Savoie, se l\u2019approprier différemment, l\u2019interpréter à sa façon.« Le trésor, ça peut être la richesse de notre patrimoine, ça peut être l\u2019amour des animaux, la relation avec l\u2019animal, l\u2019imagination des enfants, l\u2019enfance\u2026 J\u2019aime que les gens trouvent leur propre façon de le voir, de le comprendre.Tout est là et la réponse est multiple.» Éveiller les petits à la chanson d\u2019ici L\u2019illustration participe à cette création \u2014 elle est même partie intégrante de la mise en scène \u2014, à laquelle Pierre-Paul Savoie offre une voie d\u2019accès supplémentaire pour faire connaître la chanson du répertoire québécois aux enfants.« Dans les derniers projets réalisés, j\u2019ai notamment travaillé avec les textes de Jacques Prévert et, là, je me suis retourné vers ce qui se fait ici, vers la chanson principalement pour enfants.» Ainsi, Le trésor va permettre de découvrir quelques classiques de Léveillée, Vigneault, Leclerc, La Bolduc, sur lesquelles Alexis Dumais et Alexandre Désilets créent des musiques originales.S\u2019ajoutent à cela des textes inédits signés Lise Vaillancourt.« J\u2019aurais pu offrir seulement des chansons du répertoire, mais je voulais vraiment qu\u2019on mélange l\u2019actuel et l\u2019ancien.En créer de nouvelles, en fait, parce que des enfants, il y en aura toujours, alors on peut offrir ce genre de beau cadeau », conclut le chorégraphe.Incontournables hivernaux En plus de la 16e édition des Coups de théâtre prévue du 14 au 24 mai, nous ne manquerons pas le festival de la Rencontre Théâtre Ados, qui aura lieu du 6 avril au 2 mai.La programmation fourmille de perles incontournables, notamment Trois petites sœurs, Par tes yeux, Le poids des fourmis, mais aussi Splendide jeunesse, une création du Projet MÛ, et Tricyckle, spectacle visuel copro- duit par Les sages fous et le Nordland Visual Theatre de Norvège.Toujours pour les ados, on souligne la troisième édition du Scriptarium qui revient en mai à la salle Fred-Barry.Le théâtre Les Gros Becs accueille notamment L\u2019Iliade, produit par Terre des hommes et le Théâtre Denise-Pel- letier.Les tout-petits ne seront pas en reste, notamment avec Depuis la grève, spectacle sans paroles et tout en sensibilité sur le thème de l\u2019attente.À cela s\u2019ajoute le fameux festival Petits bonheurs en mai.Enfin, la Maison Théâtre sera notamment l\u2019hôte du Problème avec la rose, un spectacle pour les 6-12 ans présenté à la fin février.À vos théâtres ! À chacun son trésor Dans un tout nouveau spectacle, Pierre-Paul Savoie s\u2019amuse à faire danser les disciplines Le trésor Direction artistique et chorégraphie : Pierre-Paul Savoie.Musique originale : Alexandre Désilets et Alexis Dumais.Une production de PPS Danse, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, du 4 au 7 mars.Pierre-Paul Savoie (à gauche), tête d\u2019affiche de la rentrée en théâtre jeunesse pour sa pièce Le trésor, ici en répétition VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Service traiteur sur place 14 AVRIL AU 9 MAI 2020 A n d r é M a s s o n , « A c é p h a l e » , 1 9 3 6 © S u c c e s s i o n A n d r é M a s s o n / S O C A N ( 2 0 1 9 ) UNE CONJURATION Le NTE présente SAISON THÉÂTRALE 19-20 ALEXIS MARTIN DANIEL BRIÈRE DANIEL BRIÈRE MARILYN CASTONGUAY et ALEXIS MARTIN NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Écrans québécois 16 Des premières alléchantes en ligne La diffusion sur les plateformes autres que la télévision traditionnelle prend de l\u2019ampleur dans l\u2019écosystème québécois.Il faudra être abonné, ou très patient\u2026 PANORAMA AMÉLIE GAUDREAU a progression des Tou.tv, Club Illico et autres Noovo, ces plateformes des gros joueurs de la télévision québécoise, n\u2019a pas été aussi fulgurante que celle des géants du visionnement en continu tels Netflix, Hulu et autres Prime Video.Mais à force, celles-ci occupent désormais une place prépondérante dans les habitudes d\u2019écoute des téléspectateurs.Les chaînes affichent maintenant leurs cotes d\u2019écoute en comptabilisant les enregistrements numériques et les nombreux visionnements sur leur plateforme respective, et réservent à ces dernières leurs primeurs.C\u2019est le cas pour à peu près toutes les nouvelles fictions les plus attendues des grands réseaux cet hiver, à l\u2019exception notable du thriller médical Épidémie, qui a commencé cette semaine à TVA.L Dans C\u2019est comme ça que je t\u2019aime, les auteurs François Létourneau et Jean-François Rivard naviguent dans le Québec effervescent de 1974 en banlieue de la Vieille Capitale.TOU.TV L\u2019action de la comédie La maison bleue se passe dans un Québec contemporain qui serait devenu indépendant à la suite d\u2019une victoire du Oui au référendum de 1995.TOU.TV Couples dangereux et uchronie d\u2019ici Les propositions qui intriguent le plus sont sans conteste les deux « gros morceaux » offerts sur l\u2019Extra de Tou.tv au cours des prochains mois.Le duo François Létourneau et Jean- François Rivard, qui a bousculé quelques téléspectateurs et en a ravi plusieurs avec ses séries très originales Les invincibles et Série noire, se tourne cette fois vers le passé pour raconter des histoires conjugales qui s\u2019annoncent (du moins sur papier) aussi abracadabrantes, sinon plus que dans ses projets antérieurs.Dans C\u2019est comme ça que je t\u2019aime, les auteurs nous emmènent dans le Québec effervescent de 1974 en banlieue de la Vieille Capitale, où l\u2019on suivra la trajectoire singulière de deux couples de banlieusards au bord de l\u2019explosion, qui se tourneront vers le crime plutôt que le divorce pour trouver leur salut, ou quelque chose comme ça.Disponible tout en bloc à la mi-mars.De mémoire de téléphile, aucune série « uchronique » d\u2019importance LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée culturelle n\u2019a été produite au Québec.Ce ne sera plus le cas avec la comédie La maison bleue, dont l\u2019action se passe dans un Québec contemporain qui serait devenu indépendant à la suite d\u2019une victoire du Oui au référendum de 1995.Cette histoire de « science- fiction » politique créée par Ricardo Trogi, Louis Morrissette, François Avard et Daniel Savoie (le créateur et personnificateur de Patrice Lemieux, ce personnage de hockeyeur pas trop futé\u2026) suivra le quatrième président de la République québécoise, Jacques Hamelin (Guy Nadon), et son entourage, au moment où celui-ci est aux prises avec un problème de taille : bien des Québécois souhaitent retourner dans le giron canadien\u2026 On pourra voir le résultat le 13 février.Vies compliquées Le Club Illico n\u2019est pas en reste avec deux nouveautés qui feront probablement mouche.La série de romans jeunesse épistolaires La vie compliquée de Léa Olivier et leur version en bandes dessinées connaît un succès phénoménal auprès des jeunes lecteurs, au Québec mais aussi en France, depuis ses débuts en 2012.Voilà que l\u2019adaptation télé des deux premiers tomes de cette saga un brin autobiographique de Catherine Girard-Audet débarque sur la plateforme de Vidéo- tron sous les bons soins de Rachel Cardillo (Les Argonautes, Tactik) à la scénarisation et de Martin Cadotte (La malédiction de Jonathan Plourde, Mehdi et Val) à la réalisation.Laurence Deschênes, remarquée dans O\u2019, et qu\u2019on remarquera sans doute dans l\u2019adaptation cinématographique de La déesse des mouches à feu, occupe le rôle-titre.Les douze épisodes seront disponibles le 20 février.Le tandem « vétéran » de la télé d\u2019ici, Anne Boyer et Michel D\u2019Astous (L\u2019heure bleue, Yamaska, Nos étés, Les poupées russes), laisse de côté la série au long cours en proposant la mini- série Mon fils, qui raconte comment est bouleversée l\u2019existence d\u2019un jeune homme à qui tout semblait sourire et celle de ses proches quand se développent les symptômes de la schizophrénie.Antoine L\u2019Écuyer (C\u2019est pas moi, je le jure !, Corbo) et Élise Guilbault incarnent le duo mère-fils au centre des six épisodes de ce drame réalisé par Mariloup Wolfe.Disponible le 12 mars.Et en vrac\u2026 Cet hiver télévisuel, qui s\u2019étend jusqu\u2019au désert de la fin du printemps, verra la première série originale de Séries+ depuis son réengagement dans la production de contenus québécois, Le Phénix, une comédie dramatique sur la route avec Guylaine Tremblay et Josée Deschênes (au printemps).On pourra également découvrir une autre série produite en anglais et diffusée simultanément dans les deux langues officielles à des chaînes de Bell Media, le drame médical Transplant, qui suit un urgento- logue syrien qui s\u2019installe au Canada et mettant en vedette Laurence Le- boeuf.À Vrak et à CTV au printemps.Au rayon des séries Web, on a très hâte de zieuter Amours d\u2019occasion (Tou.tv, le 29 janvier) d\u2019Évangéline Kabuya, des histoires de cœur sises dans le quartier du roman phare de Gabrielle Roy.On attend également avec intérêt l\u2019adaptation par Éric Pic- coli (Écrivain public) du roman coup- de-poing d\u2019Anaïs Barbeau-Lavalette, Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface (Tou.tv, en mai), regards d\u2019enfants qui vieillissent trop vite dans un milieu qui ne leur fait pas de cadeau.Le pilote dévoilé l\u2019an dernier laisse espérer le meilleur.Quelques-uns des projets Web qui trouveront leur place sur la plateforme d\u2019UNIS titillent notre curiosité.C\u2019est le cas des Fleuristes (le 15 avril) de Maxime Pouliot, le récit d\u2019apprentissage et d\u2019ambitions d\u2019un marchand de fleurs d\u2019origine maghrébine qui se cherche une relève, et de La loi c\u2019est la loi (le 14 mai), première expérience scénaris- tique du comédien Émile Schneider, qui interprète également un des deux policiers vedettes d\u2019une nouvelle escouade révolutionnaire, qui considère tout un chacun comme suspect dans un Montréal rongé par le vice.Le tandem « vétéran » de la télé d\u2019ici, Anne Boyer et Michel D\u2019Astous, laisse de côté la série au long cours en proposant la minisérie Mon fils, avec Antoine L\u2019Écuyer et Élise Guilbault.CLUB ILLICO une production du CENTRE DU THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI LES HARDINGS 15 janv.15 fév.2020 LES ENFANTS 26 fév.28 mars 2020 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Écrans étranger s 18 de franchise.Cette série d\u2019animation, diffusée par Netflix, plonge dans l\u2019univers des dinosaures qui semble pour l\u2019éternité inépuisable.Toujours dans la lignée des séries dérivées, on note la présence d\u2019un titre (également annoncé sur Netflix) qui attise la curiosité autant qu\u2019il inquiète.À savoir Ratched.Cette série sera consacrée, eh oui, à l\u2019infirmière de One Flew Over the Cuckoo\u2019s Nest, du roman de Ken Kesey.C\u2019est Sarah Paulson qui revêtira pour l\u2019occasion l\u2019uniforme de la despotique Nurse Ratched.Un rôle rendu célèbre grâce à la performance oscarisée de Louise Fletcher dans l\u2019adaptation cinématographique de Mi- los Forman parue en 1975.Sarah Paul- son semble être un bon choix pour relever le défi : en 2017, elle a remporté cinq prix majeurs pour son rôle dans The People v.O.J.Simpson.Notamment un Emmy, un SAG Award et un Golden Globe.N\u2019empêche.L\u2019idée d\u2019une série entière consacrée à cette antihé- roïne sent un peu la panne créative.On espère se tromper.Toujours sur le sujet des acteurs renommés et moult fois récompensés, soulignons que Hugh Laurie revient sous peu dans un rôle de premier plan au petit écran.Celui qui s\u2019est illustré de 2004 à 2012 sur les ondes de Fox dans le mémorable drame médical Doctor House (et qui est également, pour la petite histoire, un musicien de blues) tiendra la vedette de Avenue 5.Cette comédie de science- fiction spatiale débute le 19 janvier à HBO.Le tout est créé par la bande de Veep \u2014 et nul autre que Will Smith se retrouve dans le poste de producteur.En matière de science-fiction doublée d\u2019un projet dérivé, mentionnons maintenant le fort attendu Star Trek : Picard, disponible le 23 janvier sur CBS All Access et Crave.Le fait que Patrick Stewart reprenne son personnage mythique crée d\u2019immenses espoirs pour cette émission.Au rayon des suites, impossible de passer à côté de Marvel, spécialiste en la matière.Cette année, les fidèles auront droit à une prolongation de la franchise Avengers avec The Falcon and the Winter Soldier.L\u2019action de cette minisérie est située après celle du dernier film en date, soit Avengers : Endgame, paru l\u2019an dernier.L\u2019œuvre sera offerte sur le géant Disney+, qui continue, par ailleurs, de rapatrier ses produits autrefois diffusés par Netflix.Et qui proposera également, au cours de l\u2019année, un autre volet de la franchise Marvel, soit WandaVision.On y suivra les péripéties de ces deux Avengers, encore, que sont Vision et Scarlett Witch, incarnés pour l\u2019occasion par Paul Betta- ny et Elizabeth Olsen.Au rayon horreur et climat de peur (signe des temps ?), le maître Stephen King se verra adapté deux fois, la première dans The Outsider.Diffusé dès le 12 janvier à HBO et à Crave, ce thriller aux accents surnaturels sera notamment porté par le brillant acteur australien Ben Mendelsohn.L\u2019univers de King sera également à l\u2019honneur dans The Stand à CBS.Cette série tournée à Vancouver s\u2019intéresse à la propagation d\u2019un virus mystérieux et meurtrier (comme dans L\u2019épidémie).Notons que The Stand a déjà vu le jour une première fois en 1994, en tant que minisérie en quatre parties portée par Gary Sinise et Molly Ringwald.La date de cette nouvelle mouture n\u2019a pas encore été annoncée.Enchaînant du côté des adaptations littéraires, précisons que The Plot Against America débutera le 16 mars à HBO.Inspirée par le roman du même titre de Philip Roth, cette minisérie est marquée d\u2019un sceau presque inné de qualité.En effet, elle est cocréée et co- Dystopies, suites et science-fiction Les séries américaines semblent faire écho au climat anxiogène actuel \u2014 et se heurter à un certain manque d\u2019idées En matière de science-fiction doublée d\u2019un projet dérivé, mentionnons maintenant le fort attendu Star Trek : Picard, disponible le 23 janvier sur CBS All Access et Crave.Le fait que Patrick Stewart reprenne son personnage mythique crée d\u2019immenses espoirs pour cette émission.TRAE PATTON CBS PANORAMA NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR epuis quelques années, plusieurs taxent le cinéma hollywoodien de lésiner en matière de créativité.Et de compenser en étirant la sauce de succès confirmés.Le petit écran ne semble pas échapper à cette tendance.Et l\u2019un des services de webdiffusion les plus populaires du moment, Disney+, suit la vague.L\u2019un des titres très attendus de l\u2019année se trouve justement à être Monsters at Work.Une œuvre dérivée du film d\u2019animation Monsters inc, de Pete Docker, paru en 2001, et produit par Pixar.Dans le cadre de cette production originale du géant du divertissement, les vétérans Billy Crystal et John Goodman redonneront de la voix.Et reprendront leurs rôles.Le premier, celui du petit cyclope vert et le second, de la grande bête bleue et velue.L\u2019histoire recommence six mois après la fin du film.La date de sortie n\u2019a pas été annoncée.La date n\u2019a pas non plus été annoncée pour Jurassic World : Camp Cretaceous, un autre produit dérivé D LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entrée culturelle Écrans étr anger s 19 Distribution étoilée La théorie voulant que la télévision soit le nouveau cinéma semble faire un nombre grandissant d\u2019adeptes.De grands noms de la réalisation, comme du jeu, passent de plus en plus, le temps d\u2019un projet ou de plusieurs, au petit écran.La dernière star en date : Al Pacino, qui tiendra le rôle-titre dans Hunters.Présentée à Prime Video dès le 21 février, cette œuvre aux accents dramatiques délirants a pour décor le New York des années 1970.La prémisse ?Une bande de « chasseurs » découvrent que plusieurs ex-officiers nazis vivent aux États-Unis et planifient d\u2019instaurer le quatrième Reich.Avec Jordan Peele, le réalisateur de Get Out, dans l\u2019équipe de production, on peut s\u2019attendre à de l\u2019excellente télévision.Même chose pour Self Made : Inspired by the Life of Madam C.J.Walker, une minisérie biographique inspirée de la vraie dame du titre, incarnée ici par l\u2019oscarisée Octavia Spencer.Le drame s\u2019intéresse à l\u2019existence mouvementée de cette entrepreneuse devenue millionnaire grâce à sa ligne de produits capillaires pour les femmes afro-américaines.Produite par Netflix, Self Made sera mise en ligne le 20 mars.écrite par David Simon et Ed Burns, le duo qui nous a donné le cultissime The Wire et la sous-estimée Generation Kill.Et puisqu\u2019il est question d\u2019œuvres cultes, HBO a confirmé avoir mis en branle le « prequel » comme on dit, ou plutôt l\u2019antépisode de Game of Thrones.Intitulé House of the Dragon, cette production (dont l\u2019action se déroule trente ans avant les faits présentés dans le Trône de fer) est entourée du plus grand mystère.Autre gros canon : la 10e saison de The Walking Dead reprend également en février à AMC, en plus d\u2019offrir un nouveau spin-off, dont l\u2019action se situe dix ans après l\u2019original, plus tard au printemps.Et pour finir, un autre mystère qui a, lui, été éclairci : la suite du Mandalorian sera diffusée sur Disney+ à l\u2019automne.Cette adorable machine à vendre des toutous qu\u2019est « Bébé Yoda » ne disparaîtra pas si rapidement.La date n\u2019a pas été annoncée pour Jurassic World : Camp Cretaceous.Cette série d\u2019animation, diffusée par Netflix, plonge dans l\u2019univers des dinosaures qui semble pour l\u2019éternité inépuisable.NETFLIX \u2026une vraie apparition dans un univers classique C.Huss, Le Devoir Un programme à la hauteur de son génie ! Œuvres de Scarlatti, Medtner, Ravel, Liszt 19 janvier 2020, 14h30 Maison symphonique RETOUR TRÈS ATTENDU LUCAS DEBARGUE Phénoménal pianiste Présenté par 514 842-2112 / 1 866 842-2112 28 janvier \u2014 15 février 2020 Usine C Texte Lars Norén Traduction René Zahnd Mise en scène Brigitte Haentjens Interprétation Christine Beaulieu Alice Pascual Sébastien Ricard Émile Schneider LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 PANORAMA ENORA RIVIÈRE COLLABORATRICE LE DEVOIR Il est parfois délicat de trouver sa place comme spectateur en regard de la multiplicité et de la diversité des propositions chorégraphiques actuelles.La danse actuelle, pour ne pas pas dire contemporaine, agit en effet sur bien des fronts.Oui, nous proposons ici le vocable danse actuelle car la confusion entre la danse contemporaine comme genre et la danse contemporaine comme périodisation est devenue presque inextricable.Pourtant, différents genres cohabitent bel et bien.Encore faudrait-il prendre le temps de se redemander de quoi ils sont porteurs, si tant est que cela intéresse encore quiconque ?Car, les instances institutionnelles, elles, poursuivent leur obsession de catégoriser les pratiques de danses, ne serait-ce que pour mieux les contrôler.On ne sera donc pas le moindrement étonnés de voir sur nos scènes de danse cet hiver une pléthore de propositions aussi riches que variées attiser les curiosités comme autant de tentatives d\u2019art et de possibilités d\u2019entrer en relation avec qui souhaiterait en faire l\u2019expérience.On sera notamment, et de façon non exhaustive, attentifs aux explorations hybrides au sein des programmes doubles à Tangente qui affichent tant de singularités thématiques ou d\u2019axes de recherche que d\u2019artistes qu\u2019il serait réducteur de les rassembler sous une même problématique centrale.Retenons-en quand même un certain nombre, soit les programmes doubles que signent Bettina Szabo + Alexandre Morin et Jonathan Goulet, Philippe Meunier et Ian Yaworski + Stacey Désilier, Jane-Alison McKinney + Geneviève Smith-Courtois ou encore Sébastien Provencher et Mathieu Leroux.On ne le dit pas assez souvent, mais l\u2019art de la danse, par le simple et radical fait de traiter du corps et de sa relation aux autres, s\u2019avère une affaire bien plus politique qu\u2019on oserait le penser.Il sera intéressant de voir comment les chorégraphes Alexandra « Spi- cey » Landé à l\u2019Agora avec In-Ward et Virginie Brunelle à Danse Danse avec Les corps avalés traiteront, chacune à leur manière, des relations de pouvoir et de groupe.Ce que l\u2019on ne dit pas non plus assez souvent, c\u2019est que l\u2019art de la danse peine à être mis au même rang que les autres arts, sur le plan de la reconnaissance sociale, économique et politique.Tant qu\u2019à devoir évoluer dans la précarité, autant s\u2019autoriser à revenir régulièrement à des choses essentielles.D\u2019où la manifestation d\u2019un goût, d\u2019un désir pour des questions d\u2019humanité, d\u2019histoire, de mémoire, d\u2019émotion et de sensorialité dont témoigne le projet One Kind Favor de Karla Etienne, Radwan Ghazi Moumneh et George Stamos au MAI, de même que le solo Pour sortir au jour d\u2019Olivier Dubois et Les appuis imaginés que signe Jean-Sébastien Lourdais en complicité avec l\u2019interprète Catherine La- londe et la dramaturge Marie-Stéphane Ledoux, tous deux à l\u2019Agora.On note R entr ée cultur elle Dans e 2 0 Désirs de mémoire, d\u2019exploration et de sensorialité Quelques pistes pour s\u2019y retrouver dans une saison chorégraphique infatigable pour réchauffer l\u2019hiver usine-c.com PARTENAIRE PRINCIPAL Forfait Liberté 4 billets au choix pour 99$ À déguster en solo, en duo,ou entre ami.e.s Brigitte Haentjens + Lars Norén Jaha Koo Rodrigo Portella + Michel Marc Bouchard Jérôme Richer + Martin Bellemare Philippe Cyr + Martin Crimp Philippe Boutin + Étienne Lepage Plus que deux semaines pour en pro?ter ! B r i g i t t e H a e n t j e n s , S a n g d e L a r s N o r é n © A n g e l o B a r s e t t i LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 un même élan à Danse Danse avec le Winterreise de José Navas et Seulement toi d\u2019Anne Plamondon.Certes, l\u2019art de la danse, dans sa vastitude et la délicatesse de sa circonscription, ne fait pas l\u2019économie de son lot de codifications, de raccourcis, de fainéantises, voire de dangers intellectuels, sous couvert justement d\u2019être une affaire de corps qui se passerait de mots et d\u2019espaces réflexifs.Il n\u2019en reste pas moins que l\u2019art chorégraphique (à distinguer du divertissement chorégraphique) cherche sans cesse à décloisonner les pratiques, les langages, les pensées et à travailler sur des questions politiques et sociales (inhérentes à sa pratique) telles qu\u2019on lui demande bien trop souvent d\u2019être un outil, un vecteur, une fonction de résolution.Que l\u2019on ne s\u2019y méprenne pas, les artistes ne sont pas là pour résoudre les problèmes d\u2019une société, mais bien pour dialoguer, partager du sensible et ne pas oublier que nous sommes en vie.Le retour des pratiques régulières intergénérationnelles de Sarah Dell\u2019Ava à l\u2019Agora, ouvertes à tous les amateurs et amatrices du mouvement dansé, participe précisément de cet appétit.Une belle manière d\u2019affiner également sa pratique de spectateur par la pratique.Enfin, il semble y avoir également des rendez-vous importants, comme des anniversaires à ne pas manquer, avec notamment la création de Promesses par Louise Bédard à l\u2019Agora, qui marque les trente ans de la compagnie.Soulignons aussi le retour de la pièce bODY_rEMIX/les_vARIA- TIONS_gOLDBERG de Marie Choui- nard, qui fête ses quinze ans de création avec, en prime, un assemblage de 24 miniatures dansées, Radical Vitality, solos et duos,au travers duquel la chorégraphe propose un ensemble de trois courtes créations originales ainsi que de fragments d\u2019œuvres devenus autonomes sur lesquels elle pose un regard neuf, tous deux à Danse Danse.L\u2019hiver sera éminemment riche d\u2019expériences chorégraphiques, alors à vos agendas ! Beethoven sur pointes L\u2019année 2020 marque le 250e anniversaire de naissance du génial compositeur et pianiste allemand, dont la musique lancera la saison hivernale des Grands Ballets canadiens.Danser Beethoven mettra en lumière le travail de l\u2019Américain Garrett Smith et du regretté chorégraphe allemand Uwe Scholz.On surveillera aussi Luna, fruit d\u2019une réflexion croisant humanité, grâce et compassion qui mettra en avant le travail chorégraphique du Montréalais d\u2019adoption Andrew Skeels, de la Vancouvéroise Lesley Tel- ford et de la première danseuse des GBC, Vanesa Garcia Ribala Montoya.In-Ward, d\u2019Alexandra « Spicey » Landé, traitera des relations de pouvoir et de groupe.MELIKADEZ R entrée cultur elle Dans e 21 theatreoutremont.ca | 514 495-9944 FLORENCE K SALOMÉ LECLERC MARC DÉRY 30 AVRIL 21 FÉVRIER 4 AVRIL THIS DUET THAT WE'VE ALREADY DOMINIQUE FILS-AIMÉ DONE (SO MANY TIMES) | 20 FÉVRIER 28 MARS MADAME CATHERINE PRÉPARE SA CLASSE DE TROISIÈME POUR L'IRRÉMÉDIABLE | 25 MARS HIVER 20 PLUS DE 50 SPECTACLES, CONCERTS ET PROJECTIONS Tous les lundis l\u2019Outremont fait son cinéma.Les Dimanches en famille, une pause culturelle pour tous ! LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Cla ssique 22 PANORAMA CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR a saison amènera l\u2019Orchestre symphonique de Montréal au concert final du mandat de Kent Nagano, alors qu\u2019il conduira la 2e Symphonie de Mahler les 2, 3 et 4 juin à la Maison symphonique de Montréal.Mais avant, le maestro, qui restera présent cet été, organisera également, dès cette semaine, un grand festival Schubert et nous réservera en février la création d\u2019un Concerto pour orgue de Pascal Dusapin.Évidemment, l\u2019intérêt à l\u2019OSM est aussi la phase finale de la recherche du nouveau chef.La course semble relancée depuis qu\u2019Alain Altinoglu, en signant à Francfort et à Bruxelles, début décembre, nous a échappé.Reviennent, pour un deuxième test, Lionel Bringuier (14 mars) et Jérémie Rhorer (20 mai) et se rappellent à notre bon souvenir Juanjo Mena et Vasi- ly Petrenko.Parmi les chefs sur le radar, James Gaffigan et, surtout, Louis Langrée, le 17 mars.Notons enfin une visite prestigieuse, celle de Valery Gergiev, le 4 mars, dans une œuvre inattendue : la 9e Symphonie de Bruckner.Une année Beethoven À l\u2019Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin propose un superbe couplage de la 5e Symphonie de Jacques Hétu et de la Messe en ut de Mozart le 7 février et accueillera Nicholas Angelich dans Rachmaninov les 22 et 23 mai.Parmi les chefs invités, nous guetterons la venue de Han-Na Chang dirigeant la 10e Symphonie de Chostakovitch en février et Elim Chan dans la 4e de Schumann en avril.Toutes deux accompagneront un grand concerto de Beethoven : Benjamin Beilman jouera le Concerto pour violon et Nicholas Angelich L\u2019empereur.I Musici aussi accueillera deux très grands solistes dans Beethoven : Va- dim Gluzman pour le Concerto pour violon (17 mars) et Jean-Efflam Ba- vouzet dans le 4e Concerto (21 mai).Boris Brott conclura la saison de l\u2019Or- L\u2019adieu à Kent Nagano Ce semestre musical sera le dernier du maestro à l\u2019OSM L chestre classique de Montréal avec la Neuvième Symphonie.Vous l\u2019avez deviné : 2020 est une année Beethoven ! La salle Bourgie s\u2019y adonne massivement, avec une intégrale des Sonates pour piano par Louis Lortie, une intégrale des Quatuors à cordes répartie entre plusieurs ensembles et l\u2019intégrale des Symphonies jouées au piano dans les transcriptions de Liszt.Louis Lortie donnera en février puis en avril la moitié de son intégrale, qui s\u2019achèvera en octobre et novembre.Par contre, l\u2019intégrale des Quatuors sera présentée en un bloc de six concerts du 30 janvier au 2 février par les quatuors Escher, Brenta- no, Rolston et Danois.L\u2019offre cham- briste sera complétée en mars par trois concerts de trios, juste après la fin de l\u2019intégrale des sonates de Mozart par Christian Blackshaw (11 et 12 mars).La salle Bourgie hébergera les Violons du Roy, qui recevront Maurice Steger (14 février) et l\u2019écrivaine Hélène Dorion (20 mars), avec une création de Simon Bertrand.Les Violons présenteront leur gros projet, la réunion des deux Requiem de Duruflé et Fauré sous la direction de Bernard Labadie, le 4 avril à la Maison symphonique.Toujours à Bourgie, Arion sera dirigé par Alexis Kossenko en janvier, Hank Knox en février et Boris Begelman en mai.Si l\u2019on se fie à l\u2019entrevue donnée au Devoir par François-Xavier Roth, Kossenko est le nouvel homme fort de La Grande Écurie et de la Chambre du Roy, ensemble orphelin depuis la mort de son fondateur, Jean-Claude Malgoire.Solistes et voix Aux nombreux solistes de la salle Bourgie il faut ajouter la venue de Lang Lang à la Maison symphonique pour les Variations Goldberg (29 mai), les invités du Ladies\u2019 Morning, notamment les quatuors Elias (en février) et Pavel Haas (en mars), un récital de James Ehnes (26 avril) et, surtout, la venue du pianiste Pavel Kolesnikov (5 avril).Pro Musica et l\u2019OSM accueillent Rudolf Buchbinder (6 février), Daniil Trifonov (23 février) et Gérald Finley (20 mars).Bertrand Chamayou est également l\u2019hôte de Pro Musica le 8 mars, dans sa série Beethoven, à la salle Pierre-Mercure.Un autre Français, Lucas Debar- gue, est à ne pas manquer le 19 janvier à la Maison symphonique.Sur le plan vocal, l\u2019Opéra de Mon- Le chef Kent Nagano conduira son concert final avec la 2e Symphonie de Mahler à la Maison symphonique de Montréal.ANTOINE SAITO OSM Dix dates à retenir 19 janvier Récital Lucas Debargue 6 février Récital Rudolf Buchbinder 7 février Yannick Nézet-Séguin dirige Hétu et Mozart 14 mars Le vaisseau fantôme de François Girard au cinéma 20 mars Récital Gérald Finley, Jean-Yves Thibaudet 4 avril Requiem de Fauré et Duruflé.Bernard Labadie 5 avril Récital Pavel Kolesnikov 22 et 23 mai Yannick Nézet-Séguin et Nicholas Angelich 29 mai Lang Lang joue les Variations Goldberg 2 au 4 juin Kent Nagano, concert final LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 tréal ose un grand opéra du XXIe siècle, Written on Skin de George Benjamin (janvier) et propose en mai une Flûte enchantée animée par Suzanne Andrade et Paul Barritt, désormais mise en scène par Barrie Kosky, qui en avait commandé le concept.Les spectacles estudiantins seront, à l\u2019Université de Montréal, La vie parisienne d\u2019Offenbach en février et, à McGill, Street Scene de Weill en février et Acis et Galatée de Händel en mars.Quant aux retransmissions du Met au cinéma, on ne manquera pas Wozzeck avec Yannick Nézet-Séguin au- jourd\u2019hui, Porgy and Bess le 1er février et le Vaisseau fantôme de François Girard le 14 mars.Plus discret, mais important : le projet Charpentier de Clavecin en concert, qui proposera La descente d\u2019Orphée aux enfers sous la direction de Luc Beauséjour le 1er mai à la salle Bourgie.Quelques jours auparavant, le 25 avril, les Boréades présenteront à Saint-Jean-Baptiste les quatre Messes brèves de Bach.Quant à Caprice, l\u2019ensemble de Matthias Maute reprendra Motezuma, une reconstruction vival- dienne, le 4 février.Le Nouvel Ensemble moderne créera le 26 avril au Gésu Silences !, la 10e symphonie de Tim Brady, composée pour 4 guitares électriques, 4 chœurs, 4 chefs et 15 instruments.La Société de musique contemporaine du Québec poursuit son année hommage à Katia Makdissi-Warren et lui ajoutera le 2 mai des œuvres d\u2019Alcides Lan- za.Quant à l\u2019ECM+, il rendra, le 24 janvier au Conservatoire, un hommage collectif à Gilles Tremblay.Enfin, le Concours musical international de Montréal, Piano 2020, aura lieu dans la première moitié de mai.Comme l\u2019édition violon avait pâti de se tenir la même année et en même temps que le Reine Élisabeth et le Tchaïkovski et que 2020 est l\u2019année du Concours Chopin, ce petit décalage n\u2019est pas un mal.Dix rendez-vous classiques à Québec 22 janvier Le sacre du printemps par l\u2019OSQ et les Violons du Roy réunis au Grand Théâtre de Québec 13 février Banquet baroque avec Maurice Steger et les Violons du Roy, à 14 h et à 20 h 26 février Le Club musical accueille le grand pianiste russe Daniil Trifonov en récital au Palais Montcalm avec, notamment, L\u2019art de la fugue de Bach 27 février Nareh Arghamanyan et Fabien Gabel jouent le 2e Concerto de Brahms à l\u2019OSQ 14 mars Le Quatuor Pavel Haas et le pianiste Boris Giltburg sont au Palais Montcalm pour le Club musical avec les Quintettes de Chostakovitch et Dvorák (op.81) 29 mars Fabien Gabel et l\u2019OSQ programment les Concertos nos 2 et 4 de Beethoven avec Louis Lortie en soliste 2 et 3 avril Bernard Labadie dirige les Requiem de Fauré et de Duruflé au Palais Montcalm avec la Chapelle de Québec et les Violons du Roy 16 mai Première de La chauve- souris de Johann Strauss sous la direction de Jean-Marie Zeitouni, avec Dominique Côté, Marie-Ève Munger et Magali Simard-Galdes à l\u2019Opéra de Québec.Mise en scène : Alain Gauthier.Reprises les 19, 21 et 23 mai 20 mai Gala-bénéfice des Violons du Roy avec Charles Richard-Hamelin et Jonathan Cohen (concert redonné deux fois le 21 mai) 27 mai Concert de clôture de la saison de l\u2019Orchestre symphonique de Québec avec L\u2019enfant et les sortilèges de Ravel et une première partie française érudite et originale R entr ée culturelle 418 694-9656 - 870, av.De Salaberry, Québec Billets et abonnements en vente sur premieracte.ca ENCORE 5 PIÈCES À DÉCOUVRIR! 19 20 Compagnie de théâtre 25 février - 14 mars 2020 Théâtre Prospero Texte Sébastien Harrisson Mise en scène Eric Jean Avec Mustapha Aramis, Stéphane Brulotte, Marie-Pier Labrecque et Sébastien René En codiffusion avec Le Groupe de la Veillée theatreprospero.com Billetterie | 514-526-6582 Becoming Chelsea Une ?ction inspirée de l\u2019a?aire Chelsea Manning et de Wikileaks © P h o t o e t m a q u i l l a g e | A n g e l o B a r s e t t i LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Spectacle 24 Il n\u2019y a pourtant pas plus significatif changement dans le paysage.Les 49 % de Live Nation, les 51 % d\u2019Evenko, ça change la donne.Comment ?On nous promet que les gros noms de la planète pop viendront nous faire risette, et que le temps du one-Canadian-date-only (à Toronto) est révolu.Les tournées majeures passeront désormais par Montréal et Québec, nous assure-t-on.Encore faudra-t-il y mettre le prix.Dans l\u2019empire Live Nation, il y a aussi Ticketmaster : le géant exerce ainsi un quasi-monopole sur la billetterie.L\u2019observateur Market Watch citait il y a quelques jours Michael Rapino, grand patron de Live Nation, pour qui on est loin d\u2019avoir atteint le plafond.La première saison de l\u2019empire Live Nation-Evenko Pendant que les riches s\u2019enrichissent, les autres se débrouillent : nos artistes se trouvent des lieux à leur mesure Rien de notable en janvier.Dans le calendrier du site d\u2019Evenko, c\u2019est le 1er février au MTelus que ça démarre : on y verra Rex Orange County.CINDY ORD AGENCE FRANCE-PRESSE Luc De Larochellière et Andrea Lindsay seront à la Cinquième Salle de la Place des Arts.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR PANORAMA SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR ien de notable en janvier.Dans le calendrier du site d\u2019Evenko, c\u2019est le 1er février au MTelus que ça démarre : on y verra Rex Orange County.Ce n\u2019est pas le signal de la déferlante pour autant : il y aura bien Metronomy au même ex-Métropolis, et des supplémentaires de Céline Dion au Centre Bell, et The Beaches au Corona, mais on ne peut pas dire que l\u2019alliance entre Evenko et Live Nation secoue l\u2019industrie du spectacle.Pas encore.R R entr ée culturelle La bonne idée colorée de Monique Giroux Carte blanche, c\u2019est vieux comme le monde du spectacle.Mais « carte blanche colorée » ?Fallait Monique Giroux pour y penser.Voici comment elle présente la chose : « Le concept ?Chaque artiste coloriste aura quelques défis à relever.Faire découvrir un créateur émergent.S\u2019entourer d\u2019un artiste ami ou aimé et d\u2019un proche, connu ou pas.Présenter un titre sur 33 tours qui aura marqué sa vie.Ressortir un grand moment des archives de notre chanson.Cette soirée promet aussi des chansons de son répertoire, une chanson-jalousie, des duos, des découvertes, de la poésie, de l\u2019émotion, de l\u2019étonnement.» Émile Proulx-Cloutier, Catherine Major, Samian, Daniel Boucher, Marie-Élaine Thibert et Beyries ont dit oui.Nous aussi.Bien au contraire : le consommateur bénéficierait d\u2019une véritable « aubaine ».Mine de rien, précisons que le dernier quart de siècle a vu le prix moyen du billet bondir de\u2026 250 % ! Affaire d\u2019offre et de demande, comme toujours : les forfaits VIP, incluant la rencontre avec l\u2019artiste et l\u2019accès privilégié à l\u2019avant-scène, font florès.Comme dans le reste du monde, l\u2019écart se creuse entre les riches et les autres.Il y a un Osheaga des confortables et un Osheaga des sardines à l\u2019huile.À quoi s\u2019attendre, donc ?À un fossé qui deviendra gouffre : à quelques artistes la manne (Elton John qui vient redire adieu, The Lumineers, Miranda Lambert, Harry Styles), aux autres les miettes.La solution de la Cinquième Salle Quels autres ?Les artistes d\u2019ici, qui feront ce qu\u2019ils pourront.Quel sera le lieu le plus occupé cette saison ?Je vous le donne en mille : la Cinquième Salle de la Place des Arts.Question de dimension, de rentabilité, c\u2019est de plus en plus le bon plan.Autant pour un Jean-Pierre Ferland que pour le tandem Lindsay-De Larochellière, autant pour la série des « Cartes blanches colorées par\u2026 » (voir encadré) que pour le très gagnant trio Marie Denise Pelletier-Marie Carmen-Joe Bocan (Pour une histoire d\u2019un soir), autant pour une Brigitte Boisjoli qu\u2019une Lynda Lemay, c\u2019est un risque bien calculé.Seul un Robert Charlebois (qui reprend son formidable Robert en CharleboisScope), une Lara Fabian ou un Patrice Michaud en mode symphonique se permettront Wilfrid-Pelletier.Autrement, c\u2019est le règne de la débrouillardise et de la proposition originale : aller voir un Pierre Lapointe à L\u2019Usine C, une Eli Rose à L\u2019Astral ou célébrer les 50 ans de la Nuit de la poésie avec Bori à L\u2019Outremont, voire se présenter en coton ouaté au Club Dix30 pour Bleu Jeans Bleu, voilà de l\u2019événementiel à prix raisonnable.Première montréalaise ou lancement-spectacle ?Et les bonnes vieilles « premières mon- tréalaises » dans tout ça ?Certaines et Des supplémentaires de Céline Dion sont prévues au Centre Bell.JACQUES NADEAU LE DEVOIR certains s\u2019y prêtent encore, même si la mode est \u2014 par la force des choses ! \u2014 au spectacle-lancement.Matt Holubowski aura droit au MTelus, Alexandra Stréliski, Rufus Wainwright et Fred Pellerin s\u2019offriront Maisonneuve, Salomé Leclerc, Florence K et le duo Saratoga seront bien servis à l\u2019Outremont, Pomme ira à La Tulipe, Geoffroy se rabattra sur le Corona, Elliott Maginot se contentera du Ministère, Joseph Edgar présentera ses « tounes à part » au Verre Bouteille.Chacun son antre idoine, chacun sa solution, comprend-on.Pour Half Moon Run, c\u2019est à L\u2019Olympia que ça se passera.La Maison symphonique accueillera Bruno Pelletier, un hommage à Plamondon et Agnès Obel.Paul Piché célébrera la fin de la célébration de ses 40 ans de carrière à la Place Bell de Laval.Les Blasters feront leur bon bruit au Petit Campus.Et le Gesù conviendra tout autant à Émile Proulx-Cloutier qu\u2019à\u2026 Shirley Théroux.Comme on disait chez nous, à chacun sa chacune.LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 SAISON THÉÂTRALE 19-20 DÉCOUVREZ LE NOUVEL ESPACE LIBRE HISTOIRE POPULAIRE ET SENSATIONNELLE Du 28 janvier au 8 février 2020 BOW\u2019T TRAIL RETROSPEK Du 13 au 22 février 2020 GENDERF*CKER Du 26 au 29 février 2020 TRIP Du 6 au 21 mars 2020 OBAABERIMA Du 24 au 28 mars 2020 UNE CONJURATION Du 14 avril au 9 mai 2020 LA CARTOMANCIE DU TERRITOIRE Du 12 au 23 mai 2020 VIOLETTE Du 13 mai au 7 juin 2020 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entrée cultur elle disque, et aussi le mini album du groupe Little Misty, dont le guitariste François Jalbert a joué avec Matt.C\u2019est toujours un peu lié.Andy Shauf, The Franklin Electric ne sont pas loin non plus de ce terrain de jeu.Et puis il y a les aventuriers, les explorateurs.Il y en a dans toutes les familles.Florence K tentera le coup en français pour la première fois, sur des textes de Moran et de David Gou- dreault, entre autres.Boîte aux lettres, le Hay Babies qui s\u2019en vient à la fin de mars, promet une expérience de voyage dans le temps, à travers la fiction d\u2019une correspondance retrouvée : un trip psych-pop assumé jusque dans la confection par Julie Aubé d\u2019un véritable kaléidoscope vestimentaire.Et s\u2019il y a bel et bien une famille Dany Placard, c\u2019est dans la pleine indépendance de son garage que son douzième (!) album a été soudé et carrossé.Ça s\u2019intitule J\u2019connais rien à l\u2019astronomie.Pour la tenue de route, pas de souci.On verra s\u2019il y a de la place sur la banquette pour la visite.Au tour de la famille à Louis-Jean La chanson d\u2019ici est affaire de parentés, d\u2019amitiés et de survenants.Cet hiver comme les autres.PANORAMA SYLVAIN CORMIER Il y a toutes sortes de familles dans notre monde collé serré de la chanson.C\u2019était vrai au temps des Bozos, au temps d\u2019Harmonium et de Beau Dommage, ça se vérifie encore au- jourd\u2019hui : les familles ont fait des petits.Il y a les compagnies de disques, la famille Grosse Boîte, la famille Au- diogram\u2026 Il y a les relationnistes : la famille de Sonia Cesaratto, de Junior Bombardier, d\u2019Élisabeth Roy, etc.Et il y a des familles qui se forment autour d\u2019un artiste.Autour d\u2019un Fred Fortin, la famille du Lac.Autour de Pierre Lapointe, une famille où il y a autant une Ariane Moffatt qu\u2019un Philippe B.Et il y a les cousines et cousins de Louis-Jean Cormier.Ce n\u2019est pas en cela un hasard si les deux parutions majeures de la saison proviennent de cette famille-là.C\u2019est son tour.Ça se côtoie, dans la parenté.Les tournées correspondent plus ou moins, les moments de création aussi, les sorties sont forcément rapprochées.Ainsi obtiendrons-nous fin janvier Des feux pour voir, le quatrième album de Marie-Pierre Arthur, où il est notamment question de\u2026 famille.Oui, Louis-Jean Cormier y a contribué.C\u2019est en mars qu\u2019arrivera le disque nouveau dudit Louis-Jean.Un album piano plutôt qu\u2019un album guitare, avec des chansons créées à Los Ange- les : il faut parfois s\u2019éloigner de la famille pour mieux l\u2019apprécier, et le besoin de repenser l\u2019appartenance à la grande famille des humains est plus que jamais criant.Au-delà des réseaux sociaux, comprend-on en écoutant l\u2019extrait intitulé Je me moi, il faut aller vers les gens.Physiquement.Alliés et aventuriers Il y a bien sûr tout un tas d\u2019autres propositions : des familles élargies, en quelque sorte.Ainsi un Joseph Marchand et une Émilie Proulx, dont l\u2019esprit de famille est très inclusif, participent-ils au nouvel album de Maude Audet (intitulé Tu ne mourras pas).Pareil du côté d\u2019un Matt Holubowski : il y aura son nouveau Le flot qui submerge C\u2019est le problème des platefor- mes d\u2019écoute en flux continu : trop de débit, la plomberie fuit de partout.On cherche son air.Bien sûr qu\u2019on a nos préférés, qu\u2019on ne laissera pas passer Tami Neilson et son Chicka Boom ! Pardi qu\u2019on s\u2019accrochera au nouveau James Taylor, un florilège de reprises élégantes (American Standard)\u2026 Mais sinon, simple échantillonnage, entre Selena Gomez, les Drive-By Truckers, Little Big Town, les Pet Shop Boys, Green Day, Tame Impala, Grimes, Basia Bulat, Weezer et\u2026 The Monkees, on a cette sensation de surnager dans une mer de radeaux à la dérive.Et ça déborde sur chaque embarcation, et les algorithmes nous noient dans ce que nous aimons déjà.Bonne plongée à tous, et gare aux otites. Disque L\u2019auteur-compositeur-interprète Louis-Jean Cormier dans son studio à Montréal VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LA VIE PARISIENNE Jeudi 27, vendredi 28 et samedi 29 février 19 h 30 Atelier d\u2019opéra et orchestre de l\u2019UdeM Robin Wheeler, direction Jean-François Rivest, direction Alain Gauthier, mise en scène OFFENBACH La vie parisienne TOTALEMENT ROMANTIQUE Samedi 4 avril 19 h 30 Orchestre de l\u2019UdeM Jean-François Rivest, direction BEETHOVEN Symphonie no 3, « Eroica » (2e mouvement) R.STRAUSS Metamorphosen Sérénade pour vents Der Rosenkavalier, suite Le BIG BAND reçoit le tromboniste ELLIOT MASON Mercredi 8 avril 19 h 30 Big Band de l\u2019UdeM Ron Di Lauro, direction « Elliot est un tromboniste incroyable ! Son jeu témoigne d\u2019une aisance et d\u2019une virtuosité indicibles.» Wynton Marsalis 19\u201320 FACULTÉ DE MUSIQUE § Université de Montréal Salle Claude-Champagne Billets en vente maintenant ! 514 343-6427 musique.umontreal.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 FACE-À-FACE © Fabrice Gaëtan danse-cite.org Une coproduction Danse-Cité - Pétrus.CRÉATION + MISE EN SCÈNE Jérémie Niel CHORÉGRAPHIE Catherine Gaudet INTERPRÉTATION Louise Bédard & Félix-Antoine Boutin 15 > 25 avril 2020 \u2013 20 h La Chapelle Scènes Contemporaines PANORAMA PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019année qui vient de se terminer a porté une nouvelle génération de musiciens africains et issus de sa diaspora au-devant de la scène pop.Si 2020 en musiques métissées démarre doucement, elle démarre toutefois avec une promesse : cette tendance n\u2019est pas près de s\u2019essouffler.À preuve, pas moins de sept de ces musiciens ont été invités à performer au tout-puissant festival Coachella au mois d\u2019avril.Parmi ces heureux représentants des musiques héritées d\u2019Afrique, quelques-uns dont on attend impatiemment un album.À commencer par la révélation jamaïcaine Koffee, entendue à Osheaga l\u2019été dernier \u2014 aucune date n\u2019a encore été confirmée pour la sortie de son premier disque, annoncé en novembre par l\u2019infectieux single W, un duo enregistré avec le rappeur Gunna.Le Nigérian Seun Kuti et son orchestre Egypt 80 seront aussi de la grande kermesse musicale califor- nienne, parions que cela annonce un nouvel album et sa visite au Québec.D\u2019autres invités ?La sensation franco-malienne Aya Nakamura, authentique star de la pop en Europe, sera à Coachella, tout comme la New-Yorkaise d\u2019origine portoricaine Princess Nokia, le chanteur et rap- peur Zambien Sampha the Great et le DJ sud-africain Black Coffee.Chez nous, c\u2019est justement grâce à un festival que ces musiques reviennent en haut de l\u2019affiche : Lux Magna, festival multidisciplinaire se déroulant à Montréal du 22 au 26 janvier, propose LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Musiques métiss ées 2 8 quelques soirées au goût d\u2019Afrique, des Antilles et d\u2019Amérique latine, débutant le 22 janvier avec les rythmes de Sarahmée et des membres de Nomadic Massive (à la Sala Rossa).Le 16 janvier, l\u2019auteur-compositeur- interprète torontois d\u2019origine cubaine Alex Cuba viendra présenter au Petit Campus le répertoire de son plus récent album, Sublime, paru en septembre dernier.La venue de l\u2019acteur, réalisateur, musicien et satiriste iranien Mehran Modiri au théâtre Maisonneu- ve le 19 janvier prochain revêtira évidemment un caractère particulier en raison des vives tensions entre son pays et le gouvernement Trump.Le 25, le DJ jamaïcain Foota Hype sera en haut de l\u2019affiche de la soirée Passa Passa The Rebirth au Caribbean Food Factory (5311, De Maison- neuve Ouest).Certes, la saison s\u2019annonce chiche en visites chez nous d\u2019artistes caribéens, mais on comptera quand même sur celles du groupe reggae Morgan Heritage (7 février, L\u2019Astral) et de la grande Judy Mowatt le 9 février au Belmont, boulevard Saint-Laurent.Le Festival Nuits d\u2019Afrique a une poignée d\u2019événements à son calendrier, à commencer par l\u2019auteur-compo- siteur-interprète d\u2019origine malienne EMDE (Mamoutou Dembélé), au Ba- lattou le 6 février \u2014 son blues du désert lui a permis de remporter le concours Syli d\u2019Or en 2019.Le 15, place au rap métissé de Guinée avec le programme double de Degg J Force 3 et Mohamed Django Camara (au National).La superbe Fatoumata Diawara reviendra au National le 23 février, puis le 29, Samy Ben Redjeb, fondateur du Un hiver comme une promesse Les nouvelles musiques du continent africain poursuivront leur conquête de la pop dansante du Nigeria, occupera la scène du Théâtre Olympia le 21.À l\u2019approche du printemps, Le Vent du Nord fera équipe avec l\u2019ensemble folk écossais Breabach le temps d\u2019une soirée au théâtre Maisonneuve, le 18 avril.Toujours au Maisonneuve, deux autres groupes de musique traditionnelle écossaise, Talisk et RURA, seront à l\u2019honneur, cette fois le 22 avril.label de rééditions Analog Africa, trimbalera sa fine sélection musicale au Ministère.À l\u2019affiche en mars, deux concerts parmi les plus attendus de la saison : le bluesman du Sahel Mdou Moctar revient en ville le 17 à la Sala Rossa (en première partie : Avec le soleil sortant de sa bouche), puis Davido, superstar de la nouvelle scène pop La révélation jamaïcaine Koffee, entendue à Osheaga l\u2019été dernier PROMISED LAND RECORDINGS 3 SÉRIE DES PREMIÈRES 09 JAN.2020 SÉRIE MONTRÉALAISE 10-11-12 JAN.2020 CHEF INVITÉ ALEXIS KOSSENKO Une présentation de 514-355-1825 ARIONBAROQUE.COM Mozart L\u2019OMBRE DE LA RÉVOLUTION LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entrée cultur elle Jaz z 29 de l\u2019afrobeat nigérian s\u2019il n\u2019y aurait pas encore de la substance.Il a offert un prometteur EP en mars 2019, et un premier album complet devrait voir le jour d\u2019ici la fonte des neiges, sur le label Brownswood.Ensuite, la harpiste londonienne (d\u2019origine belge) Nala Sinephro, révélée au sein du collectif Steam Down et qui lancera cette année son premier album \u2014 le quotidien The Guardian l\u2019a rangée parmi les cinquante nouveaux musiciens à surveiller en 2020.Chez nous, le compositeur et batteur Frédéric Hébert lancera avec son quintette un premier album, L\u2019aube, au Café Résonance (5175A, avenue du Parc) le 16 janvier prochain.Six mois après la sortie de son premier album I\u2019ve Got Just About Everything, la chanteuse montréalaise Laura Anglade et son quintette retourneront à l\u2019Upstair\u2019s le 17 janvier, puis au Dièze Onze, rue Saint-Denis, le 31 à l\u2019affiche du Tavern Tour \u2014 elle partagera la scène avec le projet Coltrane, The Lost Album du quartet de Yannick Rieu.Le Festival de jazz de Montréal Stimulante proposition qu\u2019Anticos- ti \u2013 Suite instrumentale pour 10 musiciens, une composition de Jean St-Onge exécutée par le Quatuor Molinari et le Quasar quatuor de saxophones le 12 février, au Lion d\u2019Or ; idem pour le lancement de Supernova 4, le nouvel album du super-groupe constitué de Félix Stüssi, Jean Derome, Pierre Tanguay et Normand Guilbeault, présenté devant public le 28 février, au Dièze Onze.En mars, on reverra le compositeur et pianiste Martin Roussel, accompagné par la compositrice et chanteuse MJ Cyr, avec le projet Pixel au Gésu le 18, le même soir que le concert de Dweezil Zappa (Hot Rats Live !) au Corona.Le 23 mars, le Festival international de jazz de Montréal présentera à L\u2019Astral le concert de l\u2019acteur et chanteur Leslie Odom Jr., une des stars du succès Hamilton.Le 27, la compositrice et trompettiste Rachel Therrien lancera son nouvel album, Vena, avec un concert au Dièze Onze.PANORAMA PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR a rentrée jazz de 2020 sera marquée par un incontournable coup d\u2019œil dans le rétroviseur : le cinquantième anniversaire de la parution de l\u2019album révolutionnaire Bitches Brew, de Miles Davis, un monument jazz fusion où les techniques de studio avant-gardistes donnaient vie à la vision musicale jazz, funk, rock, latine et psychédélique du trompettiste.Parue le 30 mars 1970, l\u2019œuvre a aiguillé le jazz vers de nouvelles avenues ; c\u2019est aussi ce que l\u2019on souhaite au jazz à venir.Nouveaux expérimentalistes Pour l\u2019heure, Columbia n\u2019a pas encore annoncé de nouvelle réédition de l\u2019album (un coffret de six CD avait été produit lors du 40e anniversaire), mais l\u2019événement ne manquera pas d\u2019être souligné à l\u2019aulne des passionnantes expérimentations d\u2019une nouvelle génération d\u2019expéri- mentalistes du jazz issus des fertiles scènes californienne \u2014 pensons au compositeur et bassiste Thundercat, en concert le 19 mars au Corona \u2014 et londonienne, comme le saxophoniste Shabaka Hutchings (The Comet is Coming, Sons of Kemet), de qui on attend un album en duo avec le DJ et compositeur martiniquais DJ Noss.De la Grande-Bretagne, retenons également deux noms.D\u2019abord KOKOROKO, explosif septet qui retourne voir aux frontières du jazz et Un œil devant, l\u2019autre dans le rétroviseur L\u2019hiver annonce le 50e anniversaire de la parution du révolutionnaire album Bitches Brew, de Miles Davis Le compositeur et bassiste Thundercat sera en concert le 19 mars au Corona.VIVIEN KILLILEA AGENCE FRANCE-PRESSE L 418 641-6040 1 877 641-6040 514 842-2112 1 866 842-2112 VIOLONSDUROY.COM PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL REQUIEM PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC PRÉSENTÉ PAR 2 et 3 AVRIL 20 H PALAIS MONTCALM, QUÉBEC 4 AVRIL 19 H 30 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BERNARD LABADIE chef LYDIA TEUSCHER soprano JULIE BOULIANNE mezzo-soprano JEAN-FRANÇOIS LAPOINTE baryton DE FAURÉ ET DE DURUFLÉ LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Humour 30 PANORAMA DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Rachid Badouri Pas d\u2019imitation de Michael Jackson (ça vieillit mal de toute façon) ni de mise en scène trop élaborée.Avec Les fleurs du tapis, son troisième spectacle, Rachid Badouri laisse au vestiaire tous les artifices sur lesquels reposaient jusqu\u2019ici ses effets comiques et se confie, sur le mode tabouret-mi- cro-verre d\u2019eau, au sujet d\u2019une crise de la quarantaine dont il émerge avec un ego moins costaud et une nouvelle conscience politique.Première médiatique le 19 février à L\u2019Olympia.Les Zapartistes Les tournées d\u2019adieu de groupes légendaires sont certes toujours à prendre avec un grain de sel (voir Mötley Crüe), mais Les Zapartistes étant ces parangons d\u2019intégrité que l\u2019on connaît, il est peu probable que leurs au revoir ne constituent qu\u2019un vil moyen de passer à la banque.Le collectif à géométrie variable, qui a ressuscité à lui seul l\u2019humour engagé au Québec il y a près de vingt ans, range cravates et perruques après À soir, on meurt !.Les 28 et 29 mai au Club Soda.Florence Foresti En dépit de la mode, la théâtrale Florence Foresti refuse de faire « son Américaine » et d\u2019adopter, à l\u2019instar Dix occasions de rire cet hiver et ce printemps Survol d\u2019une saison comique marquée par quelques adieux et quelques retours attendus Avec Les fleurs du tapis, son troisième spectacle, Rachid Badouri laisse au vestiaire tous les artifices sur lesquels reposaient jusqu\u2019ici ses effets comiques.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR de plusieurs de ses collègues français, les codes du stand-up états-unien.Épilogue, le premier seule-en-scène qu\u2019elle présente au Québec en plus de huit ans, évoque en outre le mouvement #MoiAussi, sujet incontournable pour la vétérane, dont Gilbert Rozon a été le producteur pendant une décennie.Les 9 et 10 avril à L\u2019Olympia.Olivier Martineau Sorte de croisement entre Pierre Légaré et Roméo Pérusse, Olivier Martineau LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 compte parmi les rares humoristes sachant conjuguer le philosophique et le salace.Son deuxième tour de piste, Parfa, promet non pas la perfection, mais un procès mordant de tout ce qui ne l\u2019est pas en ce bas monde (vaste programme, donc).Les 4 et 5 février au Monument-National.Sam Breton Découverte de l\u2019année du plus récent gala Les Olivier, Sam Breton appartient à cette longue lignée d\u2019humoristes québécois ancrant leur art dans l\u2019anecdote bien racontée.On fait sa connaissance en assistant à Au pic pis à pelle, le 22 janvier au Gesù.Arnaud Soly Virtuose de la flûte à nez, sorcier du jeu de mots douteux, éblouissant ré- inventeur de ritournelles publicitaires, Arnaud Soly est sans doute l\u2019humoriste le plus imaginatif de sa génération.Le fantaisiste, célèbre grâce aux doux délires qu\u2019il sème sur les réseaux sociaux, récoltera nos likes en personne grâce à Stand-up, son premier spectacle mis en scène par Fabien Cloutier.Le 7 avril au Club Soda.Samia Orosemane « On peut se moquer avec bienveillance et avec amour », déclarait Samia Orosemane en entrevue à France 24 en 2018, une ambition trop rare au sein du merveilleux monde de l\u2019humour.La Franco-Tunisienne revient déjà à Montréal après un passage cet automne et rameute plusieurs camarades pour un grand happening comique au Club Soda le 26 janvier.Michel Barrette Fier de près de quarante ans de carrière (minimum !), Michel Barrette prend la route (à bord d\u2019une voiture de collection, évidemment) pour une douzième et dernière fois avec L\u2019humour de ma vie.L\u2019ultime virée provinciale du conteur au long cours s\u2019arrête au Gesù le 6 février.Guillaume Pineault Le chemin qui mène jusqu\u2019à soi est parfois tortueux, Guillaume Pineault le sait mieux que quiconque.Détour, le premier spectacle de celui qui s\u2019était brillamment signalé en première partie de Phil Roy, raconte (entre autres) sa décennie d\u2019études en ergothérapie et en ostéopathie ayant précédé son arrivée au micro.Le 28 février au Gesù.Dr.Mobilo Aquafest Bien que la programmation entière de la cinquième édition du festival d\u2019humour alternatif n\u2019ait pas encore été révélée, la rencontre au sommet entre la formation musicale Jesuslesfilles et Les Denis Dro- let, lors d\u2019un gala animé par l\u2019immortel duo Sèxe illégal, met déjà en joie notre cœur de rockeur.Virginie Fortin et Eddy King tiendront aussi la barre de leur gala respectif.Rendez-vous dans le Mile-End du 1er au 16 mai. LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Jeu vidéo 32 PANORAMA OLIVIER SYLVESTRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Le printemps n\u2019est habituellement pas la période la plus active en sorties dans le monde du jeu vidéo.Les grands studios profitent plutôt d\u2019octobre et de novembre pour libérer leurs navires amiraux, espérant qu\u2019ils se retrouveront sous le sapin en décembre.Reste que la saison qui nous attend sera curieusement bien remplie : plusieurs plus petits joueurs, dont un québécois, profiteront de la saison morte pour lancer quelques très gros pavés dans la mare ludique.Croisons les doigts pour qu\u2019ils fassent des vagues.Cuvée québécoise C\u2019est le jeu d\u2019expédition Journey to the Savage Planet de la toute nouvelle maison montréalaise Typhoon Studios qui ouvrira le bal ce 28 janvier.Dévoilé l\u2019année dernière en fanfare aux Game Awards, le jeu s\u2019annonce comme une réponse teintée d\u2019humour noir au No Man\u2019s Sky d\u2019Hello Games publié en 2016.On y prend la place d\u2019un employé d\u2019une firme d\u2019exploration spatiale Chacun apportera son propre style de jeu.Legion sera offert sur PC, Play- Station 4 et Xbox One.Les grands attendus Enfin viendront nos deux plus grosses productions.Le 16 avril arrivera le déjà très attendu jeu de rôle de CD Projekt Red, Cyberpunk 2077.Le studio polonais qui nous a donné la série fantastique The Witcher revient cette fois avec une autre dystopie de science-fiction dans laquelle on prendra la place d\u2019un mercenaire amélioré cy- bernétiquement à la recherche d\u2019un implant qui octroie l\u2019immortalité à celui qui le porte.Point bonus : on y verra Keanu Reeves.Offert pour Xbox One, PlayStation 4 et PC.Pour sa part, le studio américain Naughty Dog nous présentera ce 29 mai la deuxième partie de son jeu de zombies à très gros budget The Last of Us.Quatre ans plus tard, on devra survivre (encore une fois) à la fin du monde avec les protagonistes du premier chapitre, Joel et Ellie.On s\u2019en doute, les humains y seront plus dangereux que les morts- vivants.The Last of Us : Part II sera offert sur PlayStation 4 uniquement.L\u2019indépendant qui nous démange Attendu d\u2019ici l\u2019été, le jeu de survie The Red Lantern, du studio indépendant Timberline Studio, nous permettra de refaire notre vie en Alaska comme dresseuse de chiens de traîneaux.On imagine que tout ne se déroulera pas comme prévu.Magnifiquement illustré et mettant en avant une jouabilité itérative, le jeu sera offert pour Xbox One, PC et Nintendo Switch.Celui remis à plus tard D\u2019abord prévu pour le 25 février, le jeu d\u2019action Gods & Monsters, conçu chez Ubisoft à Québec, a été reporté sine die.Avec une superproduction monopolisant près de 300 personnes à Québec et 300 autres dans le monde, l\u2019équipe qui a donné Assassin\u2019s Creed : Odyssey nous enverra en pleine mythologie grecque avec pour mission d\u2019en sauver les déités\u2026 rien de moins.Le jeu sera offert sur PlayStation 4, Xbox One, PC et Nintendo Switch.laissé à lui-même sur une planète inconnue.Édité par 505 Games, il sera disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC en exclusivité sur la plate- forme d\u2019Epic Games.Aider son prochain Après huit ans d\u2019attente depuis le dernier opus, Nintendo nous livrera enfin son jeu de simulation Animal Crossing : New Horizons ce 20 mars.Cette fois sur une île pas si déserte que ça, on pourra de nouveau contribuer à bâtir une petite communauté paisible ; pêcher, s\u2019occuper du jardin, aider nos voisins\u2026 et payer nos dettes.Le tout entouré d\u2019animaux surré- els et adorables.Ce ne sera offert que sur Nintendo Switch.Besoin d\u2019un peu moins de tranquillité ?Watch Dogs : Legion, du studio d\u2019Ubisoft à Toronto, sortira lui aussi en mars.Dans le troisième volet de la série d\u2019anticipation, on mènera une guérilla contre une GA- FAM qui a pris le contrôle total de Londres.On devra recruter nos révolutionnaires parmi le melting pot anglais : joueur de rugby, policier désabusé, grand-mère pirate informatique\u2026 Des pavés géants lancés dans la mare Le calendrier des sorties sera curieusement bien rempli ce printemps Ci-dessus : le jeu Red Lantern de Timberline Studio.En haut : Journey to the Savage Planet du concepteur québécois Typhoon Studios.505 GAMES / TIMBERLINE L E D E V O I R // L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J A N V I E R 2 0 2 0 LI RE Nastassja Martin Une anthropologue dans la gueule de l\u2019ours Pauline Klein L\u2019art de jouer des rôles acceptables LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 « Pour moi, être italienne se résume au fait de parler et d\u2019écrire la langue italienne », lance avec peut-être un brin de provocation, dans ses Chroniques du hasard, Elena Ferrante, qui ajoute qu\u2019elle digère mal la pizza, ne parle pas fort et ne gesticule pas en parlant.Dans 51 chroniques, parues toutes les semaines dans le quotidien britannique The Guardian en 2018, la romancière italienne dont l\u2019identité n\u2019a jamais été révélée, qui n\u2019a jamais d\u2019ailleurs accordé d\u2019entrevue en face- à-face à un journaliste, auteure de la tétralogie à succès de L\u2019amie prodigieuse (Gallimard, 2014 à 2018), aborde la vie, l\u2019écriture, la réalité féminine.À la demande expresse de l\u2019écrivai- ne, les thèmes de ces « inventions occasionnelles » (selon le titre original) devaient lui être soumis par la rédaction.Ferrante y disserte sur l\u2019usage du point d\u2019exclamation, le mensonge, l\u2019adaptation télévisuelle de ses romans, la pratique du journal intime, le plaisir coupable de la cigarette, en passant par les premières fois, l\u2019insomnie ou la maternité.Livrées avec les magnifiques illustrations d\u2019Andrea Ucini qui accompagnaient ces chroniques sur papier journal, Elena Ferrante y exprime son allergie aux inégalités et son parti pris ouvertement féministe, elle qui n\u2019arrive pas, raconte-t-elle, à dire du mal d\u2019une autre femme, « même si celle- ci m\u2019a outrageusement offensée ».Ailleurs, l\u2019écrivaine, qui « n\u2019arrive pas à tracer une ligne de séparation entre histoires vraies et histoires fic- tionnelles », nous explique que, pour elle, toute forme d\u2019écriture comporte nécessairement une part de fiction.Y compris, on l\u2019imagine, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019écrire dans le Guardian.Des réflexions brèves et parfois convenues qui feront surtout le bonheur de ses lecteurs les plus fidèles.Christian Desmeules Lire 34 Elena Ferrante se raconte En 2018, l\u2019écrivaine italienne signait 51 chroniques dans le quotidien britannique The Guardian Chroniques du hasard 1/2 Elena Ferrante, traduit de l\u2019italien par Elsa Damien, illustrations d\u2019Andrea Ucini, Gallimard, Paris, 2019, 176 pages ENTREVUE PHILIPPE COUTURE COLLABORATEUR LE DEVOIR À PARIS encontrez Camille.Elle est une figurante de sa propre vie.Elle part vivre à New York ; elle écrit des romans ; elle va bientôt se marier.Et pourtant, elle semble parfaitement détachée de ces grandioses projets auxquels elle prend part sans réellement les habiter.On pourrait la croire cynique ou paresseuse.Elle est en réalité très douée pour jouer le jeu de la vie sociale tout en restant fidèle à son insouciance originelle.Ou alors est-elle une révoltée qui, comme Meursault, résiste en silence aux injonctions sociales ?« Elle est tout ça à la fois », dit Pauline Klein, auteure de La figurante, petit roman à l\u2019humour caustique et aux phrases acérées qui expose tout doucement les multiples mascarades de nos quotidiens.Chez Camille, ces camouflages touchent les aspects les plus fondamentaux de sa vie.Pauline Klein se pose ainsi en philosophe, scrutant l\u2019existence d\u2019une Occidentale moyenne pour oser en remettre en question tous les principaux moteurs.« Trouver l\u2019amour, trouver un travail où on s\u2019épanouit, faire des enfants, respecter les règles, pourquoi le faisons-nous ?Est-ce vraiment ce que nous voulons ?Moi, en tout cas, j\u2019ai tendance à ne pas croire à la véracité des vies que les gens se construisent.J\u2019ai de l\u2019admiration pour tous ces projets chez les gens que je rencontre, mais, la plupart du temps, ils me rendent également sceptique ! » « J\u2019avais toujours eu l\u2019intuition exacte de la manière dont il fallait se déguiser et se comporter », écrit Camille.Le roman est parsemé d\u2019énoncés lucides du même genre, écrits d\u2019une plume lapidaire, formant sans le vouloir une sorte d\u2019étude des masques sociaux que chacun porte et des multiples identités empruntées par les uns et les autres dans nos vies remplies de mondanités.Au fil de la lecture, on pense tantôt à Bourdieu, tantôt à Erving Goffman.Pauline Klein pose un regard amusé sur des interactions sociales truffées de petits mensonges, de convenances et de jeux de pouvoir.Ici, pas de morale : l\u2019écrivaine prend plutôt plaisir, L\u2019art de jouer des rôles socialement acceptables La figurante, de Pauline Klein, est un petit roman à l\u2019humour caustique et aux phrases acérées qui expose les multiples mascarades de nos quotidiens R LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Je me souviens de mon désappointement à la lecture de La philosophie dans le boudoir du « divin marquis », qui figurait au programme d\u2019un cours, j\u2019ai oublié si c\u2019était au cégep ou à l\u2019université.Ce que je lisais était cruel, sordide, rabaissant et, comble de la déception pour le jeune homme que j\u2019étais, même pas excitant.Je n\u2019étais sans doute pas très doué pour le sadisme, ni même pour la philosophie.Salué par la classe intellectuelle française de Breton à Foucault, Sade n\u2019était-il pas le « grand libérateur du désir » ?Au XXe siècle, la recherche de ces grands libérateurs était devenue une spécialité de ladite classe intellectuelle.Staline et Khrouchtchev pour Sartre et, pour les Sollers et autres « telquélistes », Mao.À l\u2019ombre de quelque Grand Timonier, la liberté était une théorie comme une autre.Et Pol Pot, au Cambodge, ne sortait pas d\u2019une boîte de Cracker Jacks.Il avait fait ses classes à Paris.L\u2019affaire Matzneff ressemble au dernier soubresaut d\u2019une époque où la vie, celle des anonymes, des fragiles, des « insignifiants » au sens propre, devait se plier à la puissance et à la grandeur de l\u2019esprit.Elle semble bien terminée, la période de l\u2019histoire qui aura vu une avant-garde artistique et littéraire éclairée chanter, à confortable distance, les louanges des artisans du Goulag et des millions de morts de la Révolution culturelle.Vraiment ?Pour nous en convaincre, suivons J.M.G.Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008, dans ce que son éditeur qualifie d\u2019« aventure poétique » dans l\u2019ancien empire du Milieu (Quinze causeries en Chine, Galli- mard, 2019).La Chine, Le Clézio connaît bien.Non seulement la pensée et la culture chinoises de Confucius à Mo Yan en passant par Lao She paraissent n\u2019avoir aucun secret pour lui, mais ses propres livres y sont traduits et étudiés.Il a, bref, des amis là-bas.Dont un certain Xu Jun, traducteur de son Procès-verbal, qui tient à nous assurer, en avant- propos de ce recueil de textes d\u2019allocutions et de conférences étalées sur une quinzaine d\u2019années (la dernière date de 2017), que son ami J.M.G.« est un homme épris de justice et d\u2019humanisme.Dans ses œuvres, il critique inlassablement le colonialisme et y réfléchit de façon approfondie.Dans nos échanges, maintes fois il a condamné l\u2019invasion de la Chine par le Japon ».Le Prix Nobel 2008 ne serait rien de moins, d\u2019insister monsieur Jun, qu\u2019un « être rempli d\u2019amour universel ».Or, au fil des pages, on comprend assez rapidement que le colonialisme que dénonce l\u2019écrivain français forme un concept historiquement bien cloisonné : si la dénonciation des crimes japonais y est récurrente et que la mise en accusation de la civilisation occidentale paraît aller de soi, rien, en revanche, sur l\u2019invasion et l\u2019annexion du Tibet par le géant chinois.Dans une conférence prononcée au Salon du livre de Shanghai portant sur les droits de la personne et le rôle de l\u2019écrivain dans la cité, ses références, s\u2019arrêtant aux Camus, Malraux, Beauvoir et Yourcenar, sont aussi datées que son curieux épouvantail japonais.Il n\u2019y est évidemment pas question de Liao Yiwu, écrivain chinois emprisonné pendant quatre ans pour avoir dénoncé le massacre de la place Tian\u2019anmen, puis harcelé par le régime et qui, au moment même où Le Clézio instruit son public chinois de la littérature engagée des Sartre et compagnie, vient de traverser clandestinement la frontière pour se réfugier en Allemagne.À l\u2019Université de Nankin, où il est professeur invité à l\u2019hiver 2017, Le Clézio peut-il vraiment ignorer que dans la prison de cette même ville croupit depuis douze ans l\u2019auteur Yang Tongyan, autre critique des massacres de Tian\u2019anmen ?Sujet certes délicat à aborder avec des hôtes si aimables, mais\u2026 C\u2019est une chose de ménager le gouvernement du pays qui vous offre une tribune et vous invite à vous régaler aux frais de la nomenklatura littéraire locale, c\u2019en est une autre d\u2019encenser sa culture millénaire dans un délire de formules creuses qui finit par ressembler à une variété sophistiquée de propagande : « [\u2026] la diffusion des œuvres littéraires [est] importante.Ce sont elles qui nous permettent de comprendre l\u2019autre, non seulement de le tolérer dans ses particularités, mais de l\u2019aimer et de l\u2019inviter dans nos cœurs.La Chine donne aujourd\u2019hui l\u2019exemple de cette recherche.» Vous avez bien lu.La Chine adore les particularismes, et c\u2019est sans doute pourquoi, en 2011, tandis que le Nobel pérore au Salon du livre, un jeune écrivain ouïghour, Nurme- met Yasin, peut crever en taule sous les mêmes cieux, emprisonné pour le seul crime d\u2019avoir écrit une nouvelle à la première personne dont le héros, un pigeon sauvage, préfère se suicider plutôt que de vivre en captivité.Incitation au séparatisme, ont décrété les autorités de ce haut lieu de « l\u2019interculturel », ce « modèle nouveau d\u2019humanisme », qu\u2019est la Chine de Jean-Ma- rie-Gustave Le Clézio.Un innocent en Chine LOUIS HAMELIN comme son personnage, à ces incessantes mises en scène de soi.« Nous vivons tous une dualité entre la voix qui voudrait réellement parler en nous et celle qui parle à notre place dans les situations sociales », résume-t-elle.Mais faut-il craindre cette propension de l\u2019humain à bien paraître ?Camille, elle, en fait plutôt le moteur de sa vie, cultivant les décalages entre son apathie réelle et les apparences de réussite qu\u2019elle atteint dans sa vie sociale.« Je ne pense pas que ces masques nous rendent vraiment heureux en général, dit Pauline Klein.Mais je pense qu\u2019ils sont utiles à nos vies en tant que créatures fondamentalement sociables et qu\u2019ils peuvent être un vrai délice, constituant parfois un jeu délectable, presque sexuel, presque autoérotique.Il y a d\u2019ailleurs beaucoup de ces jeux de figuration dans les pornos, où les partenaires s\u2019amusent à être le plombier et la cliente.C\u2019est très caricatural, mais pas du tout désagréable.» La métaphore pornographique reviendra souvent au cours de notre conversation, où il sera aussi question de sexe \u2014 jamais épargné par Pauline Klein, qui y voit aussi de nombreuses injonctions à paraître.Rares sont les sexualités causant un réel abandon du corps et de l\u2019esprit, pense-t-elle.Dans La figurante, Camille compare même sa sexualité aux impératifs du monde du travail, où chacun respecte sa position et se soumet à une incessante série de contraintes.« J\u2019ai l\u2019impression que même une vie sexuelle épanouie est misérable, commente l\u2019auteure.Il y a un décalage profond entre ce qu\u2019on raconte de nos sexualités et ce qu\u2019elles ont de réellement épanouissant.Il y a peut-être une forme de tension entre le social et le pulsionnel qui empêche le bon sexe d\u2019advenir.» L\u2019identité, à quoi bon ?C\u2019est la grande question que pose ce roman.Pour Camille, l\u2019identité ne serait pas utile, et même, elle ne nous préoccuperait pas vraiment fondamentalement.« Je pense, pour ma part, que c\u2019est utile de se choisir une identité pour frayer avec le monde social.Mais Camille se demande si elle peut y renoncer.Car, au fond, l\u2019identité n\u2019a pas grand-chose de viscéral, elle est le produit du monde social et elle ne raconte pas nécessairement qui nous sommes vraiment.On peut se passer d\u2019elle si on choisit une vie solitaire.Certains le font.» L\u2019identité, par ailleurs, correspond- elle vraiment à nos choix de vie et aux apparences que nous cultivons ?En parallèle de sa carrière d\u2019écrivaine, Pauline Klein est par exemple rédactrice- conceptrice dans le milieu de la mode (notamment collaboratrice de Natacha Ramsay-Levi à la Maison Chloé).« Voyez comme je colle parfaitement aux clichés de ce milieu, fait-el- le remarquer en riant.Je suis une caricature de la Parisienne à la mode.Je suis faussement non coquette comme une Parisienne, faussement désinvolte comme une Parisienne ; je parle comme une Parisienne.Plus jeune, je suis allée vivre trois ans à New York pour des raisons absurdes, pour faire comme tout le monde.Est-ce vraiment moi, tout ça ?Souvent j\u2019en doute.» Au milieu des mensonges et des impostures, il n\u2019y a peut-être que le couple qui échappe au regard perçant de Pauline Klein et à qui elle concède une part de vérité.Camille et Elias, celui qu\u2019elle choisira finalement d\u2019épouser, semblent en tout cas capables d\u2019honnêteté l\u2019un envers l\u2019autre.« La petite cellule qu\u2019ils forment à deux leur sert aussi de véritable refuge, dit Pauline Klein.C\u2019est un refuge hyper agréable, où ils peuvent se révéler réellement devant un témoin privilégié qu\u2019ils ont choisi.Se dire la vérité, s\u2019offusquer ensemble du reste du monde, voilà les joies du couple.» Court silence.Pauline Klein poursuit, nuance, affine.« Je suis toutefois consciente que le couple constitue aussi une arrogance, dans le fait de se croire meilleur que les autres ou de croire qu\u2019on ne va pas tomber dans les mêmes pièges.Et ça, c\u2019est une vraie mascarade.» Décidément ! Pauline Klein PASCAL ITO FLAMMARION La figurante Pauline Klein, Flammarion, Paris, 2020, 208 pages 35 Lire Nous vivons tous une dualité entre la voix qui voudrait réellement parler en nous et celle qui parle à notre place dans les situations sociales PAULINE KLEIN » LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 La vie n\u2019est-elle qu\u2019une grosse blague, pour ne pas dire une grosse joke, dont nous serions les victimes ?C\u2019est en tout cas ce que laisse entendre Stephen Thomas dans C\u2019est une farce, un recueil de micro-nouvelles n\u2019ayant pas beaucoup en commun, contrairement à ce que son titre suggère, avec ces compilations d'« histoires d\u2019un gars » que faisait jadis paraître Gilles Latulippe.Il aurait fallu pour ça que le regretté pape du burlesque ait des ambitions plus oulipiennes.Alors, si C\u2019est une farce ne contient pas de blagues, que contient-il ?Voici l\u2019un des livres les plus étranges de l\u2019automne dernier, dont les courts textes (parfois moins d\u2019une page) conjuguent l\u2019hyper-spécifique et l\u2019hy- per-flou, et au cœur desquels les phrases ne semblent pas toujours d\u2019emblée entretenir de liens évidents entre elles.Résultat : on sait à la fois précisément où l\u2019on se trouve et pas du tout, on étouffe et on flotte, on rit jaune (un peu) et on sourcille (beaucoup).Le principal procédé comique de l\u2019écrivain torontois \u2014 si l\u2019on peut parler de procédé comique \u2014 tient ainsi sans doute à cette façon de garnir ses premières phrases de promesses narratives dont il se détournera à la première occasion.Mais ce jeu de cache-cache \u2014 où est donc passé le texte que je croyais lire ?\u2014 ne serait que parfaitement stérile si Thomas ne l\u2019employait pas afin de mettre en lumière l\u2019irrésolution des identités qui, aime-t-on croire, nous définissent, ainsi que la frontière plus mince qu\u2019on ne l\u2019imagine séparant nos certitudes de nos incertitudes.Nos existences sont à ce point composées de fiction qu\u2019il suffit peut- être de leur en emprunter un peu afin de calfeutrer les trous qui parsèment ces brèves tragicomédies pour homme ou femme vague.Énigmatique exercice de narration poético-probabiliste, C\u2019est une farce contient un texte en trois actes (« Le lapin en métal scintillant ») racontant l\u2019histoire d\u2019un animal prisonnier de ses émotions, qui entreprend de dresser la liste de ses forces et de ses faiblesses.Il ne s\u2019agit pas \u2014 on vous le jure \u2014 du passage le plus insolite de ce livre.Dominic Tardif Lire 36 La vie, cette grosse joke C\u2019est une farce Stephen Thomas, traduit de l\u2019anglais par Alexandre Soublière, Tête première, Montréal, 2019, 180 pages sée animiste, elle dit de cette rencontre qu\u2019elle lui a permis d\u2019atteindre « un espace liminaire entre l\u2019humain et le non- humain », ou de faire la « rencontre de l\u2019entre-deux-mondes ».L\u2019animisme, qui reconnaît à toute entité vivante un même « fond commun animé », ou, si vous préférez, une même « âme », a été la seule manière pour Nastassja Martin de L\u2019anthropologue française Nastassja Martin, spécialiste des peuples autochtones du Grand Nord et passionnée par la pensée animiste BRETELLE ENTREVUE PHILIPPE COUTURE LE DEVOIR À PARIS C\u2019était un après-midi d\u2019août 2015 dans les montages du Kamchatka, dans le sud-est de la Russie, au milieu de glaciers recouverts de cendres volcaniques.En quelques secondes, Nastassja Martin a eu la tête engloutie par la gueule d\u2019un ours, avalée par l\u2019obscurité et par l\u2019haleine fétide de l\u2019animal, puis la jambe lacérée de puissants coups de griffes.Une attaque, dirions-nous.Or, l\u2019anthropologue française en parle plutôt comme d\u2019une « rencontre ».Spécialiste des peuples autochtones du Grand Nord et passionnée par la pen- Une anthropologue dans la gueule de l\u2019ours Attaquée par un ours en Russie, Nastassja Martin en tire Croire aux fauves, un récit qui repense notre rapport au vivant Croire aux fauves Nastassja Martin, Éditions Gallimard, Paris, 2019, 152 pages LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 survivre au choc.À l\u2019hôpital, où l\u2019on a réparé son visage partiellement broyé par les crocs, et plus tard sur la chaise du psy, qui a recueilli son flot de paroles, ni la médecine traditionnelle ni la psychologie moderne n\u2019ont su donner un sens à l\u2019événement.« Ce que dit entre autres mon livre, c\u2019est qu\u2019il m\u2019a fallu accepter de ne pas trouver d\u2019espace pour gérer le choc de cette rencontre avec le non- humain, qui est totalement hors cadre.Mais surtout, ce moment avec l\u2019ours a confirmé en moi la conviction que l\u2019humain doit se reconnecter avec le reste du monde vivant pour repenser toutes ses catégories et ses concepts.En Occident, nous avons trop longtemps érigé notre savoir et notre pensée en en excluant notre rapport avec les milieux de vie et avec le monde animal.» Une crise écologique « L\u2019anthropologie va bientôt devoir se recentrer autour de questions reliées à la nature et à l\u2019animalité, affirme Nas- tassja Martin.On ne peut plus penser l\u2019humain sans penser son inscription dans le milieu de vie qu\u2019il habite.» Si la chercheuse en est persuadée depuis sa rencontre avec l\u2019ours, il lui faut remonter à une autre expérience transformatrice, en Alaska il y a quelques années, pour trouver les fondements de cette conviction, qui prend autant racine dans un dialogue avec les populations autochtones que dans le constat d\u2019un effondrement écologique imminent.En travaillant dès 2011 auprès des Gwich\u2019ins, une population de chas- seurs-cueilleurs vivant dans le nord- est de l\u2019Alaska (et en partie au Yukon), Nastassja Martin pensait étudier l\u2019animisme et s\u2019intéresser à ses rituels.Mais, comme elle l\u2019expose dans son précédent ouvrage, Les âmes sauvages, elle a plutôt été saisie par un monde menacé de disparition, où la crise environnementale fait fondre les glaces et changer les comportements des animaux, et où un certain colonialisme contemporain impose sa modernité là où on lui résistait.« Les Gwich\u2019ins disent que \u201cle sens commun ne fait plus sens\u201d, autrement dit que le savoir traditionnel gwich\u2019in ne permet plus de penser le monde tel qu\u2019il est.Je pense qu\u2019on peut faire le même constat de la pensée occidentale », avance Nastassja Martin.Comment ces Gwich\u2019ins trouvent- ils les ressources pour continuer à se relier à un monde en déliquescence ?Pour la chercheuse, c\u2019est encore l\u2019animisme qui fournit des réponses.« Devant la question concrète des changements climatiques, l\u2019animisme, au lieu de disparaître, se voit restauré et réactualisé, explique Nastass- ja Martin.Parce qu\u2019aujourd\u2019hui, tout comme dans les mythes et les récits animistes qui décrivent de nombreux phénomènes d\u2019hybridation, des espèces telles que les ours polaires et les grizzlys s\u2019interfécondent en Alaska.Ces animaux montrent ainsi aux humains qu\u2019ils sont bien dotés d\u2019une intériorité et d\u2019une intentionnalité, qu\u2019ils font des choix pour s\u2019adapter aux changements.» CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Il aurait fallu vous parler bien avant aujourd\u2019hui du plus récent, et très beau, recueil de Pierre Nepveu, paru en septembre dernier.Heureusement, nous répétons-nous en cherchant les excuses, que le sujet qui en anime les pages \u2014 l\u2019amour \u2014 sait résister au temps.L\u2019amour est une ressource renouvelable dans L\u2019espace caressé par ta voix, dont la seconde partie célèbre l\u2019être aimé au sens plus classique, mais dont la première est animée par un tandem destinateur-destinataire beaucoup moins usité.C\u2019est ainsi non pas à sa conjointe, mais à sa petite-fille Lily, que s\u2019adresse d\u2019emblée Pierre Nepveu, sur un ton où l\u2019émerveillement se dispute à l\u2019inquiétude, et la tendresse à l\u2019angoisse.À quelle époque folle l\u2019aban- donnera-t-il ?se demande l\u2019homme qui se projette en 2034, « ce siècle d\u2019abrasifs et d\u2019herbes calcinées », lui désormais absent alors que celle qui est née en 2016 arrive à ses 18 ans.La plupart du temps, la lumineuse insouciance de l\u2019enfant parvient néanmoins à apaiser ses tourments, et contraint le poète à épurer sa langue, à modérer ses effets, à dire simplement son éblouissement : « marcher allègrement dans le couloir de l\u2019hôtel / te suffisait à mesurer temps et espace, / tu étais le bonheur ambulant.» Aimer devient ainsi la possibilité sans cesse renouvelée de tout voir à travers le regard de quelqu\u2019un d\u2019autre, et rien ne sait mieux réenchanter la vie usée que les yeux d\u2019une bambine découvrant peu à peu ce qui l\u2019entoure.C\u2019est de ce miracle qu\u2019est le langage, dont il aurait pu croire connaître tous les secrets, que s\u2019émeut comme pour la première fois le septuagénaire en observant les apprentissages de la petite : « et ta lucidité se sépare de toi pour briller / sur la table où reposent les quartiers d\u2019orange / que tu mordilles en écoutant les bruits / venus de l\u2019ailleurs, du monde plus que jamais / étranger, car tu arrives dans ta vérité, / cette morsure de parler pour mieux voir ».37 Lire Pierre Nepveu et les femmes de sa vie Dans L\u2019espace caressé par ta voix, le poète écrit à son amoureuse et à sa petite-fille L\u2019espace caressé par ta voix 1/2 Pierre Nepveu, Éditions du Noroît, Montréal, 2019, 120 pages Discrète sagesse Bien qu\u2019il se défende d\u2019avoir écrit des poèmes d\u2019amour (« des sursauts seulement dans la chair du temps »), c\u2019est pourtant bel et bien cette grande tradition qu\u2019embrasse le professeur émérite à l\u2019Université de Montréal et biographe de Gaston Miron dans la seconde partie de L\u2019espace caressé par ta voix.Un homme raconte, dans la suite qui ferme ce diptyque, la rédemption qu\u2019aura rendue possible celle avec qui il partage nuits, fêtes et saisons : « et j\u2019ai jeté à tes pieds mes vieilles chemises élimées / et mes phrases anémiques qui recomposaient sans fin / le long récit d\u2019un passé d\u2019ivresses rares / qui tenait pour vaine ma prolixité dans le siècle.» Certes, cette posture a quelque chose d\u2019au moins un peu suranné, et certains vers relèvent ici d\u2019un érotisme maladroit (« mes doigts de langueur qui fouillent ta fourrure »).Mais la femme aimée n\u2019est pas chez Nepveu cet objet que d\u2019autres posaient jadis bêtement sur un piédestal pour mieux la faire taire, plutôt cette compagne dont les mots permettent de trouver « des phrases neuves qui reformulent l\u2019impossible ».Il y a dans ces poèmes comme un refus de laisser la violence du monde l\u2019emporter.Il y a dans ces poèmes la discrète sagesse d\u2019un homme sachant que l\u2019espérance n\u2019existe que dans le lent et long dialogue d\u2019aimer.L\u2019amour est une ressource renouvelable dans le livre de Pierre Nepveu, dont la seconde partie célèbre l\u2019être aimé au sens plus classique, mais dont la première est animée par un tandem destinateur- destinataire beaucoup moins usité.KARINE PRÉVOST-NEPVEU D\u2019où l\u2019importance, dans le moment d\u2019instabilité écologique actuel, de maintenir le dialogue avec les non- humains (notons que Martin utilise peu les mots « animaux » et « nature », qui tendent à dissocier l\u2019homme de son environnement).Chez les animistes, la chasse, le rêve et le rituel sont les trois canaux à travers lesquels cette communication peut se produire.Dans le Kamchatka russe, où elle partageait la vie d\u2019une famille évène ayant repris un mode de vie entièrement traditionnel en forêt, elle a expérimenté dans la gueule de l\u2019ours ce qu\u2019elle décrit comme étant rien de moins qu\u2019une quatrième forme de dialogue avec le vivant.« Moi qui suis toute façonnée de mon bagage d\u2019Occidentale, j\u2019ai pu entrer en contact avec d\u2019autres façons de voir le monde.Depuis cette rencontre avec l\u2019ours, je suis perméable à d\u2019autres cosmologies.» Est-elle pour autant devenue une « mietka », mi-femme, mi-ours, comme le prétendent ses amis du peuple évène ?Pas vraiment, assure-t-elle.« Dans la tradition évène, les mietka sont connectées avec le reste du monde vivant, notamment par le biais des rêves, et elles peuvent jouer un rôle d\u2019intermédiaire.Mais, je ne suis qu\u2019une femme occidentale et je pense que mon rôle est davantage de continuer à traduire ce genre de pensée, éclairante dans un contexte environnemental changeant, pour mes contemporains en France et ailleurs dans le monde.Je pense même que cette façon de voir le monde peut être utile pour réduire l\u2019écoanxiété ! » Nastassja Martin veut être une passeuse.Le faire par le biais d\u2019un récit aux éditions Gallimard, plutôt que par un essai scientifique au sein d\u2019une maison d\u2019édition universitaire, s\u2019est imposé tout naturellement.Flirtant avec le romanesque autant qu\u2019avec la réflexion anthropologique, elle brise joyeusement les codes.« Un académicien doit trouver des manières inventives de restituer son travail pour la société civile.Il faut passer par le récit, par l\u2019art, par la forme filmique, par les émissions de radio.Il faut pluraliser les formes et notre époque le permet merveilleusement.Pour moi, c\u2019est un engagement politique essentiel.» L\u2019anthropologie va bientôt devoir se recentrer autour de questions reliées à la nature et à l\u2019animalité.On ne peut plus penser l\u2019humain sans penser son inscription dans le milieu de vie qu\u2019il habite.NASTASSJA MARTIN » LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Depuis près de 40 ans, Haruki Mura- kami écrit des romans et gagne sa vie comme romancier.Il est aujourd\u2019hui, à 70 ans, l\u2019un des écrivains japonais les plus lus dans le monde.Tout en étant en même temps peut-être le moins japonais des écrivains japonais \u2014 certains lui en ont longtemps fait le reproche.Il se raconte et nous ouvre les portes de sa chambre d\u2019écriture dans Profession romancier, un essai dans lequel il aborde de manière très personnelle sa relation à la littérature et à l\u2019écriture, lui qui n\u2019avait jamais eu le projet de devenir écrivain.« C\u2019est un travail extrêmement coûteux en temps, ennuyeux au possible », avoue-t-il, qui lui donne parfois le sentiment d\u2019être tout seul au fond d\u2019un puits.Avec le style dépouillé et transparent qui le caractérise, il raconte comment il a trouvé sa voix.Alors qu\u2019il gérait un petit bar de jazz à Tokyo à la fin des années 1970, il avait écrit à temps perdu son premier roman directement en anglais sur une machine à écrire occidentale \u2014 son anglais sommaire d\u2019amateur des Beatles \u2014 avant de tout « retraduire » lui-même par la suite en japonais.C\u2019est ainsi que des Chroniques de l\u2019oiseau à ressort aux trois tomes de l\u2019éléphantesque 1Q84, en passant par Kafka sur le rivage, l\u2019écrivain de la solitude et de l\u2019incommunicabilité a su tracer son chemin.Enchaînant conseils timides et souvenirs, considérations intéressantes sur son rapport à la critique ou sa méthode de travail, l\u2019écrivain japonais y distille un certain nombre d\u2019évidences et de lapalissades.Parfois, au contraire, il surprend : « À mon avis, écrire des romans n\u2019est pas une entreprise vers laquelle se tournent les gens intelligents », raconte celui qui, bon an mal an, pond ses dix pages manuscrites par jour.Christian Desmeules CRITIQUE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR Un mariage américain : le titre est lourd de sens.Car ce n\u2019est pas que l\u2019histoire d\u2019une union, américaine de surcroît.C\u2019est celle des États-Unis d\u2019aujour- d\u2019hui.De « L\u2019AmériKKKe », comme l\u2019écrit un personnage.Là où posséder une Mercedes quand on est un homme noir signifie subir des arrestations routinières fréquentes.« Apparemment, la marque de bagnole plus la couleur de peau, ça ne peut signifier qu\u2019une chose : dealer.» Là où l\u2019incarcération causée par une erreur judiciaire, et propulsée par le racisme, ne soulève pas l\u2019indignation, à peine un vague haussement d\u2019épaules collectif.Vous avez été condamné pour un crime que vous n\u2019avez pas commis ?Ah.Dommage.L\u2019homme au cœur de ce quatrième roman de Tayari Jones est, quant à lui, accusé injustement de viol.Au moment de l\u2019agression, il se trouve pourtant avec son épouse.Il dort à ses côtés, juste là.Mais la plaignante est catégorique.Le coupable, c\u2019est lui.Le jury prendra le parti de la victime (d\u2019un autre).Lui prendra douze ans.Après cinq, il sera libre de partir.Mais vers quoi ?L\u2019une des plus grandes forces de ce roman, qui a remporté le Women\u2019s Prize 2019, est précisément la façon dont l\u2019écrivaine dépeint le traitement réservé à ceux qui subissent de telles incarcérations.Pas de pardon, pas de compensation, pas d\u2019attentions.Voici vos affaires, voici la sortie, et pas de pleurnichage.Une fois à l\u2019extérieur, l\u2019outrage commis à l\u2019égard de cet honnête travailleur ne vaut même pas un entrefi- Lire 38 Écrivain japonais au travail Haruki Murakami parle métier et écriture Profession romancier Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita, Belfond, Paris, 2019, 208 pages Un mariage américain 1/2 Tayari Jones, traduit de l\u2019anglais par Karine Lalechère, Plon, Paris, 2019, 432 pages Sans justice, sans amour Tayari Jones décortique avec adresse Un mariage américain et un système défaillant let dans le journal.Personne ne semble l\u2019attendre.Dans un soudain accès de colère, il lancera d\u2019ailleurs à un ancien ami : « Tout le monde est d\u2019un calme qui me rend fou, comme si ce n\u2019était qu\u2019un petit accrochage.C\u2019est ma vie, connard.Ma vie ! » Chaque chapitre est présenté du point de vue d\u2019un membre du couple originel, auquel se greffera après un moment une troisième voix, transformant la dynamique en triangle amoureux.Les multiples lettres que s\u2019échangent les époux tandis que l\u2019homme attend sa libération offrent un accès à leur intériorité.À leur passé.Aux jours qui s\u2019écoulent.Aux succès multipliés que connaît la femme artiste pendant que lui croupit dans sa cellule.Dans leurs missives, ils font d\u2019abord preuve de tendresse.Puis de ressentiment, d\u2019accusations sourdes.Parfois, seulement parfois, le détenu laisse entrevoir un découragement total.« J\u2019ai besoin de toi pour ne pas oublier l\u2019homme que j\u2019étais, pour ne pas devenir un taulard noir de plus.Je suis conscient que j\u2019ai besoin, besoin, besoin, et qu\u2019à force, le fossé se creuse entre nous.» Enfermement Salué par Oprah Winfrey et encensé par Barack Obama, ce drame aux accents romantiques a principalement pour décor la ville natale de l\u2019écrivai- ne, soit Atlanta et ses « effleure- ciel ».Les dialogues sont concis et habiles, les situations tangibles et vivantes, malgré une pirouette narrative quelque peu forcée.À savoir que le personnage se retrouve dans la même cellule que son père biologique, qu\u2019il n\u2019a jamais connu.Tayari Jones excelle toutefois dans ces images qui apparaissent sporadiquement (« Je tombai à genoux comme un immeuble en démolition.» « Je m\u2019offrais tel un manteau sur une flaque de boue.») Tout comme dans les descriptions.De l\u2019amour qui ne survit pas aux grands bouleversements.De tout ce temps dérobé par un système qui jamais ne s\u2019excuse.En ce sens, l\u2019exergue signé Claudia Rankine est particulièrement bien choisi : « Ce qui vous arrive ne vous appartient pas, ne vous concerne qu\u2019à moitié.Ce n\u2019est pas à vous.Pas uniquement à vous.» Le roman de Tayari Jones n\u2019est pas que l\u2019histoire d\u2019une union, américaine de surcroît.C\u2019est celle des États-Unis d\u2019aujourd\u2019hui.NINA SUBIN Salué par Oprah Winfrey et encensé par Barack Obama, ce drame aux accents romantiques a principalement pour décor la ville natale de l\u2019écrivaine, soit Atlanta et ses « effleure-ciel » LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020Lire L\u2019histoire a plusieurs vertus, dont celle de nous permettre de relativiser notre regard sur le présent.Le système d\u2019éducation québécois actuel, par exemple, nous déçoit souvent.Les élèves ne maîtrisent pas suffisamment la langue et décrochent trop; les enseignants quant à eux, ne brillent pas toujours par leur culture générale.Notre désappointement nous porte parfois à croire que ça allait mieux avant.Était-ce vraiment le cas ?La lecture d\u2019Une histoire de la formation des maîtres au Québec (Septentrion, 2019, 232 pages), « une œuvre savante, mais accessible à bien des lecteurs curieux de notre histoire », note Guy Rocher dans la postface de l\u2019ouvrage, nous force à conclure que non.En 1770, peut-on y lire, « l\u2019éducation se trouve dans un état lamentable ».En 1840, les choses ne se sont pas améliorées.Plus de cent ans plus tard, alors que le système est nettement mieux organisé, le frère Untel affirme que « les enseignants ne savent rien et ils le savent mal ».Leur formation, écrit-il, est trop courte et axée sur les trucs du métier, alors que « les intuitions pédagogiques les plus valables s\u2019enracinent dans l\u2019excellence des connaissances académiques ».Que faut-il en conclure ?Que rien ne change en éducation et que ça va toujours mal ?Ou plutôt que, puisque nous faisons somme toute mieux qu\u2019avant à plusieurs égards, nous vivons dans la lumière, alors que nos ancêtres vivaient dans les ténèbres ?Michel Allard, Paul Aubin, Félix Bouvier et Rachel Desrosiers, les historiens et pédagogues qui signent Une histoire de la formation des maîtres au Québec, ont trop d\u2019expérience et de lucidité pour proposer des conclusions aussi primaires.Docteur en histoire, Allard, par exemple, a enseigné au primaire, au secondaire, à l\u2019école normale et à l\u2019UQAM.Docteure en sciences de l\u2019éducation, Desrosiers a enseigné à l\u2019école normale dès 1950 et à l\u2019université ensuite.Non seulement ces gens-là connaissent l\u2019histoire dont ils parlent, mais ils l\u2019ont en partie vécue.Ils ne jugent ni le passé ni le présent ; ils nous les font découvrir et comprendre.Le développement d\u2019une nation est proportionnel à la situation de son système d\u2019éducation, et le contenu de celui-ci dépend en bonne partie de la qualité de ceux qui l\u2019animent, c\u2019est-à-dire les enseignants.Par conséquent, faire l\u2019histoire de la formation des maîtres au Québec revient à faire l\u2019histoire de l\u2019évolution sociale et intellectuelle de la nation.« Jusqu\u2019au milieu du XIXe siècle, écrit Desrosiers, l\u2019accès à la profession enseignante fut, dans les faits, pas ou peu réglementé.Toute personne pouvant lire, écrire et compter et faisant preuve de beaucoup d\u2019abnégation, par vocation ou par nécessité, pouvait devenir enseignante ou enseignant.» La première école ouvre peut-être en 1635, mais les deux siècles qui suivent demeurent un relatif désert scolaire.En 1840, le système commence à s\u2019organiser \u2014 écoles publiques, imposition d\u2019examens pour obtenir le brevet d\u2019enseignement \u2014 avec des résultats rapides.« D\u2019après des statistiques de 1850, note surprenam- ment Michel Allard, il n\u2019y a au Bas- Canada qu\u2019une personne sur treize qui ne sait pas lire, tandis qu\u2019en France il y en a une sur onze.» Savoir lire un peu ne suffit pas, évidemment, surtout pour les enseignants.En 1856, on crée le Conseil de l\u2019instruction publique et on fonde les premières écoles normales à Québec et à Montréal.Les filles devront attendre 1899 pour pouvoir fréquenter un établissement du genre.C\u2019est le début de la grande aventure des sciences de l\u2019éducation, encore considérées comme un art à cette époque.Nos débats actuels en la matière ne datent pas d\u2019hier.Dès la création des écoles normales, explique Allard, on se demande « quelle part [on doit] accorder à la formation dite pédagogique versus la formation disciplinaire ».Jusqu\u2019en 1954, la seconde occupe la place d\u2019honneur dans la formation des maîtres, mais elle est ensuite reléguée à la marge, ce qui fera sortir le frère Untel de ses gonds.Les débats sur les méthodes pédagogiques sont tout aussi anciens.En 1901, un traité prône la pédagogie de la découverte et l\u2019équivalent des fameuses compétences transversales.En 1916, l\u2019abbé Ross, directeur de l\u2019école normale de Rimouski, défend le rôle actif de l\u2019élève et la nécessité, pour les enseignants, de connaître la psychologie de l\u2019enfant.La pédagogie dite nouvelle mise en avant par les réformateurs contemporains a donc plus de cent ans ! En 1968, pour assurer une formation des maîtres uniforme et de qualité, on ferme les écoles normales et on transfère leur mission aux universités, particulièrement au nouveau réseau de l\u2019Université du Québec.Fait-on mieux ou pire que nos ancêtres ?À l\u2019école de l\u2019histoire, nous apprenons que, comme eux, nous faisons ce que nous pouvons, en poursuivant les mêmes débats.Des profs à l\u2019école LOUIS CORNELLIER LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 CRITIQUE CROISÉE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR En Russie, à l\u2019évidence, près de 30 ans après la dissolution de l\u2019Union soviétique, le passé ne passe pas toujours.C\u2019est ce qu\u2019explore brillamment Ser- gueï Lebedev avec Les hommes d\u2019août, son troisième roman traduit en français (après La limite de l\u2019oubli et L\u2019année de la comète, Verdier, 2014 et 2016), dans lequel il emprunte une fois encore les chemins de l\u2019enquête et de la chronique familiale afin d\u2019ausculter le complexe passé russe.En 1991, après la mort de sa grand- mère née en 1903, le narrateur met la main sur le journal intime qu\u2019elle avait tenu pendant la Seconde Guerre mondiale.Il y découvre un passé familial encore plus flou qu\u2019il ne l\u2019aurait cru, notamment en ce qui concerne l\u2019identité de son grand-père, très vite disparu, dont il essaiera de retrouver la trace en zigzaguant à travers les lambeaux de l\u2019URSS.Ce sera sa petite entreprise.Des gens feront appel à lui pour retrouver la trace d\u2019un parent disparu, il devient l\u2019homme capable de ramener des êtres de l\u2019autre monde.Mais avec ce chapelet de morts violentes, de trahisons impardonnables et de compromissions, il va aussi déterrer une « masse de malédictions posthumes ».Bienvenue dans l\u2019univers marécageux des années 1990 post-soviéti- ques.Une période particulièrement difficile, des années de Far-West qui correspondent grosso modo aux années Eltsine, alors qu\u2019il était plus facile que jamais de graisser des pattes depuis que l\u2019argent était devenu la seule idéologie.C\u2019est le règne de l\u2019entre-deux, du danger tous azimuts, où le pouvoir et les criminels se sont échangé les rôles au gré du vent.« Au sein de cet univers, écrit le narrateur de Lebedev, l\u2019URSS existait toujours : une somme de destins brisés, de déportations ayant changé le cours de l\u2019existence pour des peuples entiers, de frontières tracées avec du sang, de biens confisqués et donnés à d\u2019autres ; une somme inimaginable d\u2019injustices réciproques, d\u2019autant plus terrifiantes que les rôles changeaient, chacun pouvant être à la fois criminel et victime.» De la dissolution de l\u2019URSS (26 décembre 1991) à l\u2019arrivée au pouvoir de Poutine (31 décembre 1999), d\u2019une banlieue de Moscou à un désert du Kazakhstan, en passant par un ancien goulag de Sibérie, Sergueï Lebedev nous entraîne dans un fascinant voyage à travers le temps et l\u2019espace.Sergueï Lebedev, né en 1981, multiplie les passages puissants, offrant sans dichotomie ce qui semble être une lecture subtile et profonde du passé soviétique, tout en ouvrant une timide mais réelle fenêtre sur le présent de la Russie.Les hommes d\u2019août est le roman de la désillusion d\u2019une génération qui avait cru, un trop bref instant, être délivrée de l\u2019héritage soviétique.La mémoire gelée Le passé qui passe mal, on peut aussi décider de le noyer.C\u2019est ce qui arrive dans Le froid.Roman en trois actes avec entractes, d\u2019Andreï Guelassimov, auteur de plusieurs romans traduits en français, dont La soif (Actes Sud, 2004), où un jeune soldat russe entreprend de boire « à mort » après être revenu défiguré de son service militaire en Tchétchénie.Faites connaissance avec le zapoï, une pratique extrême qui consiste à boire de l\u2019alcool jusqu\u2019à l\u2019inconscience ou pendant plusieurs jours, jusqu\u2019à l\u2019oubli complet.Au risque de se retrouver parfois très loin de chez soi\u2026 On en trouve un exemple plus léger dans le film-culte soviétique L\u2019ironie du sort, d\u2019Eldar Riazanov, sorti en 1975 \u2014 une bande sonore sublime et un classique des fêtes de fin d\u2019année en Russie \u2014, alors que le protagoniste se retrouve par erreur dans un avion pour Leningrad (au- jourd\u2019hui Saint-Pétersbourg).Dans Le froid, Filippov, célèbre metteur en scène de théâtre moscovi- te de 42 ans, doit se rendre seul à Paris pour un contrat.Mais parce qu\u2019il a besoin des lumières du scénographe avec qui il travaille habituellement et qu\u2019il souhaite se faire pardonner de ne pas l\u2019emmener, il décide de faire un crochet vers la ville du Nord où celui-ci se trouve.Une ville glacée dont ils sont tous les deux originaires.Sans même avoir dégrisé de sa cuite de la veille, bouteille de grappa à la main dans l\u2019avion, la mémoire défaillante, il s\u2019enfonce dans un tunnel Les hommes d\u2019août Sergueï Lebedev, traduit du russe par Luba Jurgenson, Verdier, Paris, 2019, 320 pages Le froid 1/2 Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, Actes Sud, Arles, 2019, 336 pages Lire Fiction 40 Les passés recomposés de la Russie Sergueï Lebedev et Andreï Guelassimov explorent à leur façon la mémoire et l\u2019oubli Arrivé dans cette ville jamais nommée, au milieu du chemin de sa vie, l\u2019homme est accueilli par des températures qui frôlent déjà, fin octobre, les moins 40 degrés Celsius et par une panne du chauffage central municipal.On est peut-être à Iakoutsk, que l\u2019on décrit souvent comme « la ville la plus froide du monde », traversée d\u2019un réseau de tuyaux d\u2019eau chaude branchés à une centrale thermique à gaz qui réchauffe ses 350 000 habitants.Pour beaucoup de gens, c\u2019est la définition même de l\u2019enfer.Ça l\u2019est en tout cas pour Tom Waits, que cite Guelassimov en exergue de son roman : « Who\u2019d ever tought that Hell would be so cold ?» Pas non plus pour le démon qui lui apparaît épisodiquement et qui lui sert de bonne ou de mauvaise conscience, c\u2019est selon.Et pour Filippov, contre la toute-puissance du matérialisme, « seul le vide est à même de remplir parfaitement l\u2019âme humaine ».Dans ce roman parfois un peu long, on est à la fois un peu chez Dante (sa visite guidée de l\u2019enfer, son Styx glacial), un peu chez Boulgakov.Mais on est toujours en Russie, cela ne fait aucun doute.de brume froide.Vodka infâme, « blend » quelconque, cognac sans nom, piquette : les alcools se suivent et se mêlent au défilé des souvenirs qui surgissent sans jamais avoir été invités.Filippov a de la suite dans les idées : « Pour moi, l\u2019ivrognerie est l\u2019ultime forme de sincérité.Je n\u2019en ai plus d\u2019autres.» Une silhouette à travers la fenêtre givrée d\u2019un bus à Saint-Pétersbourg KIRILL KUDRYAVTSEV AGENCE FRANCE-PRESSE Près de 30 ans après la dissolution de l\u2019Union soviétique, le passé ne passe pas toujours.C\u2019est ce qu\u2019explore Lebedev.Le passé qui passe mal, on peut aussi décider de le noyer.C\u2019est ce qui arrive dans le roman de Guelassimov. LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R E N T R É E C U L T U R E L L E 4 1 Cir que PANORAMA CAROLINE MONTPETIT C\u2019est un mélange de cultures et un mélange de genres.Le spectacle Unik- kaaqtuat, qui signifie en inuktitut « Histoire des temps anciens », présenté au Centre national des arts, a été conçu en collaboration par Les 7 Doigts, la compagnie de cirque Art- cirq et les productions Taqqut.La production prend sa source dans les mythes inuits fondateurs à une époque où, dit-on, « la vie ne connaissait pas la mort », « les jours n\u2019avaient pas de nuits », et où « les Inuits n\u2019avaient pas encore rencontré les Européens ».« Le Nord est vaste.Plusieurs autres versions de ces vieilles histoires ont circulé dans le territoire à travers le temps.Certaines sont encore fortes et vivantes dans nos vies et dans nos esprits, mais certaines sont sur le point d\u2019être oubliées.Il s\u2019agit d\u2019une autre tentative de garder ces histoires vivantes », expliquent les codirecteurs artistiques d\u2019Unikkaaqtuat.Le spectacle, qui traverse les disciplines, regroupe des acteurs, des musiciens et des acrobates, inuits et non inuits, de Montréal, du Nunavut et du Nu- navik.La compagnie de cirque Art- cirq est basée à Igloolik, au Nunavut, tandis que les productions Taqqut sont installées à Iqaluit.Unikkaaqtuat, présenté jusqu\u2019au 12 janvier, regroupe, dit-on, une nouvelle génération de conteurs du Nord.La vidéo est une création de Germaine Arnaktauyok.Les codirecteurs artistiques du spectacle sont Patrick Leonard, des 7 Doigts, Terence Uyarak, Neil Christopher, Guillaume Itukssarjuat Saladin, Alex Arnatsiaq et Germaine Arnaktauyok.Au Québec, à la Tohu, le spectacle Halka, par le Groupe acrobatique de Tanger, prend l\u2019affiche à partir du 19 janvier jusqu\u2019au 9 février.Au Maroc, la halka est considérée comme « un art qui existe depuis la nuit des temps.Elle correspond « au cercle formé par la foule autour d\u2019un spectacle forain ».Les 14 artistes invités utiliseront également différents objets de la tradition nord-africaine.Du 12 au 14 mars, le tournoi de l\u2019Improcirque reprend l\u2019affiche.Seize artistes circassiens se joindront à quatre comédiens pour s\u2019affronter dans une compétition dont l\u2019issue sera entre les mains du public.Les 21 et 22 mars, la troupe espagnole Vaivén Circo présente à la Tohu Esencial, un spectacle inspiré du jeu pour enfants l\u2019Arc-en-ciel, de Waldorf, composé de piliers et d\u2019arcs.Cinq artistes exploiteront les possibilités de ce jeu à l\u2019architecture changeante, pouvant passer en quelques secondes de l\u2019harmonie au chaos.Du 8 au 13 avril, c\u2019est à un spectacle muet, et à un « éloge de la lenteur » que nous convie la troupe Les Foutoukours avec Glob, qui met en scène un duo mêlant acrobaties, clown et théâtre.En avril, le Cirque du Soleil monte son chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal pour présenter son nouveau spectacle, mis en scène par Es Devlin, dont le nom n\u2019a pas encore été dévoilé.On promet une chorégraphie et des acrobaties de haut niveau et un univers visuel surprenant.Enfin, du 28 avril au 3 mai, la troupe allemande Familie Flöz propose Hotel Paradiso, à la Tohu, alliant comédie physique et théâtre masqué.L\u2019union fait la force Le spectacle Unikkaaqtuat, présenté au Centre national des arts, réunit des Inuits et des non-Inuits Mené par Les 7 Doigts de Montréal, Artcirq d\u2019Igloolik et Taqqut Productions d\u2019Iqaluit, Unikkaaqtuat est une production multidisciplinaire majeure qui combine les arts du cirque, la musique, le théâtre et les projections vidéo.SÉBASTIEN LOZÉ LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle Mus ées 42 PANORAMA NICOLAS MAVRIKAKI COLLABORATEUR LE DEVOIR Lame de fond ou mode passagère ?Cela semble être une remise en question profonde des normes esthétiques, de la doxa\u2026 Qu\u2019en est-il vraiment ?Cet hiver et ce printemps, nous verrons bien où ira cette tendance des musées qui s\u2019ouvrent de plus en plus à ce que l\u2019on considérait il n\u2019y a pas si longtemps comme des arts mineurs, primitifs ou simplement non occidentaux qu\u2019il fallait exposer dans des musées d\u2019ethnographie.Les musées se posent par conséquent la question de la représentation dans les œuvres d\u2019art elles-mêmes des minorités marginalisées ou persécutées.Le Musée national des beaux-arts du Québec sera bien impliqué dans ce débat et mettra en valeur, dès le 26 mars, la sculpture de Manasie Ak- paliapik dans Univers inuit.Cette exposition permettra de voir une quarantaine de sculptures de cet artiste originaire du village d\u2019Ikpiar- juk, un travail qui ne sera pas sans évoquer les symbolistes du XIXe siècle.Frida Kahlo et Diego Rivera \u2014 artistes mexicains déjà reconnus \u2014 seront eux aussi au MNBAQ dès le 13 février.Leurs œuvres permettront de discuter du modernisme mexicain méconnu d\u2019une vingtaine de peintres, dont Carlos Orozco Romero, María Izquierdo, David Alfaro Siqueiros\u2026 Regard sur les Rohingyas Il faudra aussi surveiller Errance sans retour, événement qui, dès le 30 janvier, posera un regard sur la communauté de réfugiés rohingyas, exposition qui contiendra entre autres des dessins d\u2019enfants.Avec des œuvres d\u2019Olivier Higgins, Mélanie Carrier, Renaud Philippe ainsi que Karine Giboulo.Le Musée des beaux-arts de Montréal poursuit lui aussi sa réflexion sur la représentation de l\u2019autre, amorcée avec son exposition sur Picasso en 2018 ou à travers la réinstal- Ici comme ailleurs Les musées d\u2019art réfléchissent à la place de la diversité dans le milieu lation récente de sa collection permanente dans les Arts du tout-monde.Nous pourrons y voir le solo de Manuel Mathieu, artiste d\u2019origine haïtienne à partir du 2 mai.La question de la place des « autres » en art se posera aussi grâce à la présentation de photos de la célèbre photographe Diane Arbus qui s\u2019est intéressée aux gens du cirque, aux travestis, aux marginaux dans la société, aux freaks\u2026 Une formidable occasion de revoir ce travail fabuleux.Dès le 6 juin.Mais auparavant, dès le 21 avril, Yehouda Chaki, artiste né en Grèce en 1938 et dont toute la famille est morte dans le camp d\u2019Auschwitz, présentera l\u2019installation Mi Makir qui traitera de l\u2019Holocauste.Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal vient de débuter Love is the Message, the Message is Death, une pièce vidéo immersive d\u2019Arthur Jafa.Pour Jafa, artiste né en 1960 au Mississippi, il faut « réaliser un cinéma noir qui ait la puissance, la beauté et le détachement de la musique noire ».Il s\u2019agit d\u2019une œuvre troublante, un montage visuel montrant l\u2019histoire et les expériences qu\u2019ont vécues les Afro-Américains, ce qui comprend aussi la reprise d\u2019images où on voit Diane Arbus, Teenage Couple on Hudson Street, N.Y.C., 1963 (détail) ART GALLERY OF ONTARIO.GIFT OF ROBIN AND DAVID YOUNG, 2016.ESTATE OF DIANE ARBUS 2016/934. LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée culturelle des Noirs se faisant agresser, et ce, même par la police.Jusqu\u2019au 3 mars.Au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, se poursuivent l\u2019exposition Hanran sur la photographie japonaise contemporaine (jusqu\u2019au 22 mars) ainsi que l\u2019événement Àba- dakone/ Feu continuel / Continuous Fire (jusqu\u2019au 5 avril), suite de l\u2019événement de Sakahàn (2013), titre qui en algonquin veut dire « allumer un feu ».Nous voici en 2020 avec une nouvelle sélection de créations d\u2019artistes indigènes du monde entier\u2026 Mais la représentation de l\u2019autre, ce sera aussi les Beautés monstrueuses dans l\u2019estampe et le dessin anciens européens entre 1450 et 1700.Avec des œuvres de Dürer, Callot, Mantegna, Goltzius\u2026 Jusqu\u2019au 29 mars.Ailleurs en région Deux expositions ayant pour commissaire Anne-Marie St-Jean Aubre sont à surveiller.Il faudra se rendre au Musée d\u2019art de Joliette pour voir ainsi comment le corps féminin est traité dans Images rémanentes, du 1er février au 17 mai.Avec des photographies, des sculptures et des céramiques de Maude Bernier Chabot, Brie Ruais, Elizabeth Zvonar.Au Musée régional de Ri- mouski, St-Jean Aubre, en collaboration avec Ève De Garie-Lamanque, présente des œuvres de Jin-me Yoon réalisées sur plus de trente ans.Cette artiste nous aide à prendre conscience de la façon dont notre idée de la photo et de la vidéo tend à immobiliser l\u2019identité des gens ainsi captés.Ici ailleurs d\u2019autres spectres sera présentée du 20 février au 31 mai.Au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, se poursuit \u2014 jusqu\u2019au 9 février \u2014 Nous sommes tous des brigands, exposition de Karen Tam qui s\u2019interroge sur la perception de la culture chinoise par le monde occidental.Suivra entre autres une présentation de l\u2019œuvre d\u2019Anna Wong (1930- 2013) et de son périple entre la Chine et le Canada.Du 20 février au 17 mai.À l\u2019Agnes Etherington Art Centre à Kingston en Ontario, l\u2019exposition Inuuqatikka: My Dear Relations portera sur Arnait Video Productions, collectif de création de films réalisés par des femmes inuites, actif depuis 1991.Avec, entre autres, des œuvres de Madeline Ivalu, Susan Avingaq, Lucy Tulugarjuk et Marie-Hélène Cousineau.Du 11 janvier au 12 avril.La révolution par la couleur L\u2019impressionnisme et son rapport nouveau à la couleur furent le point de départ d\u2019une multitude de courants artistiques, du pointillisme au fauvisme, des nabis aux symbolistes\u2026 Une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal prendra l\u2019année 1884 et le premier Salon des indépendants \u2014 sans jury et sans récompenses \u2014 comme point de départ à cette floraison de l\u2019héritage impressionniste.C\u2019est le commissaire invité Gilles Genty et la conservatrice Mary-Dailey Desmarais qui nous inviteront à cette exposition intitulée Paris au temps du postimpression- nisme.Signac et les Indépendants.Genty n\u2019est pas un inconnu pour le public montréalais puisqu\u2019il était de l\u2019aventure de la superbe exposition L\u2019Europe symboliste qui fut présentée en 1995 en ce même musée.Dès le 28 mars.Paul Signac (1863-1935), Juan-les-Pins.Soir, 1914, huile sur toile, 73 x 92 cm.Collection particulière.MAURICE AESCHIMAN S A L L E B O U R G I E Concerto Italiano Mardi 14 janvier \u2022 19 h 30 Rinaldo Alessandrini, clavecin et direction Œuvres de MARCELLO et LEO, VIVALDI, HANDEL, PORPORA, CORELLI, A.SCARLATTI Rinaldo Alessandrini, clavecin Mercredi 15 janvier \u2022 19 h 30 Œuvres de J.S.BACH, BÖHM, BUXTEHUDE, COUPERIN, FRESCOBALDI et FROBERGER Janvier baroque À la cour des Gonzague Ensemble Profeti della Quinta Mercredi 22 janvier \u2022 19 h 30 MONTEVERDI Madrigaux S.ROSSI Psaumes hébraïques et madrigaux Theatre of Early Music Intégrale des cantates de Bach \u2022 An 6 Dimanche 26 janvier \u2022 14 h 30 Daniel Taylor, voix et direction Musiciens de l\u2019OSM Trouvailles baroques Vendredi 24 janvier \u2022 18 h 30 Œuvres de J.S.BACH et MARCELLO, GRAUPNER et ZELENKA F E S T I V A L B E E T H O V E N 2 0 2 0 Danish String Quartet Jeudi 30 janvier \u2022 19 h 30 Quatuor Brentano Vendredi 31 janvier \u2022 19 h 30 Samedi 1er février \u2022 20 h Quatuor Escher Samedi 1er février \u2022 14 h 30 Dimanche 2 février \u2022 19 h 30 Quatuor Rolston Dimanche 2 février \u2022 14 h 30 Intégrale des Quatuors à cordes de Beethoven Une immersion totale dans un corpus qui a bouleversé l\u2019histoire de la musique.Présenté par SALLE BO U R G I E .C A LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée cultur elle G aleries et centres d\u2019arti stes 44 femmes, céramistes et artisanes textiles.Ensemble, elles poursuivent la marche.Elles sont si fortes que leurs jupes prennent la forme de montagnes.Leur énergie est telle qu\u2019elle fait bouger le paysage, en apparence immuable.» When the Mountains Move, première exposition individuelle d\u2019Amanda Ruiz Méndez, artiste mexicaine basée à Montréal, aura une saveur, on s\u2019en doute, politique.Ses photos, vidéos et installations, explique-t-elle par cour- riel, agissent comme « modèles de Paolo Almario, mon/ton, 2014, Galerie Sans Nom, Moncton PAOLO ALMARIO Lands II, d\u2019Amanda Ruiz AMANDA RUIZ Contes et combats latino-américains L\u2019hiver sera marqué par trois expositions qui rendront compte des liens entre l\u2019art d\u2019ici et l\u2019Amérique latine PANORAMA JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR e Plateau-Mont-Royal, par le biais de trois centres d\u2019artistes, prendra cet hiver une forte teinte latino-américaine.Et fortement féminine.« Mon exposition est comme un conte d\u2019espoir.On y suit des femmes zapatistes dans leur longue marche.Elles rencontrent d\u2019autres L LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 R entr ée culturelle réhabilitation de corps assoupis par la peur et la violence ».Pendant qu\u2019Amanda Ruiz Méndez évoquera à Articule la lutte des femmes au sein d\u2019un mouvement basé dans le sud du Mexique, pas tellement loin de là, au centre Optica, la commissaire Nuria Carton de Gram- mont réunira une imposante délégation d\u2019artistes originaires d\u2019Amérique latine \u2014 sept femmes.L\u2019exposition Un, dos, tres por mí y mis compañeras propose de rendre compte de la place que la « performance latino-québécoise » a prise à Montréal depuis les années 1990.Le corps, outil d\u2019expression « La performance, commente-t-elle par écrit, a [permis à ces femmes] d\u2019intégrer le milieu artistique local.Les ressources étant limitées, le corps est devenu leur principal outil d\u2019expression.Mais il leur a aussi servi autant à se redéfinir qu\u2019à poursuivre la lutte politique entamée sous d\u2019autres régimes.» Le groupe inclut les Claudia Bernal, Constanza Camelo, Helena Martin Franco et Giorgia Volpe, actives depuis vingt ans.Ainsi que Christine Brault, qui a développé une « pratique transfrontalière Nord-Sud ».« L\u2019art latino-québécois ne se définit pas seulement par une nationalité, croit la commissaire d\u2019origine mexicaine.Il fait référence à la mobilité des récits, à l\u2019histoire migratoire du continent.» Un projet éclat Il existerait un art latino-américain du Québec, voire du Canada ou d\u2019Amérique du Nord.Qui s\u2019inscrirait dans la mouvance planétaire postcoloniale et « décoloniale », selon Nuria Carton de Grammont.Et si l\u2019on prend au pied de la lettre l\u2019intitulé de la troisième expo, présentée à Oboro, on n\u2019a qu\u2019à suivre La recette pour « faire de l\u2019art latino-américain au Canada ».Les commissaires Analays Álvarez Hernández et Daymi Coll Padilla, l\u2019une Montréalaise, l\u2019autre Torontoi- se, ont retenu le travail de six artistes (trois femmes, trois hommes).Elles ont conçu un projet éclaté, en sculpture, peinture, art relationnel ou vidéo.Notion problématique « La notion d\u2019art latino-américain reste problématique, admet Ana- lays Álvarez Hernández lors d\u2019un entretien épistolaire, surtout lorsqu\u2019on tente de la transposer en dehors de ses frontières traditionnelles.Je penche vers une nouvelle terminologie qui rendra compte du contexte canadien.Ces artistes partagent un héritage commun et le sentiment [qu\u2019]un fil invisible les relie.» L\u2019expo sera portée par l\u2019imaginaire propre à la réalité de chacun des protagonistes.Les œuvres, qui parleront de survie au cancer, de technologie analogique ou de néolibéralisme, relèveront, comme le suggère la commissaire, de la « dynamique trans », celle qui traverse nations, cultures, savoirs\u2026 Dix rendez-vous à ne pas manquer L\u2019inauguration attendue de la galerie Bradley-Ertaskiran, née de la fusion des galeries Parisian Laundry et Antoine Ertaskiran.Rendez-vous dans l\u2019ancienne buanderie (pour une expo de groupe) et dans son bunker (pour un solo de Nicolas Grenier), dès le 23 janvier.Au lac des possibles d\u2019Ève K.Tremblay à la galerie Patrick Mikhail.Cette première expo dans une galerie marchande en huit ans pour la photographe survient deux ans après qu\u2019elle se fut initiée à la céramique, à la peinture et au dessin.Dès maintenant.Imprimé | Intimité | Collection de Collectif Blanc à la galerie UQO.La « plateforme curatoriale » versée dans l\u2019édition imprimée Collectif Blanc proposera à Ga- tineau une bibliothèque immersive.Éditeurs, designers, auteurs, ainsi que quatre artistes, sont mis à contribution.Dès le 15 janvier.L\u2019école d\u2019aviation de Diane Landry au centre L\u2019œil de poisson.Les 24 parapluies si envoûtants, si musicaux, si humains reprennent leur envol au Mois Multi de Québec.À voir et à revoir, ce chef-d\u2019œuvre d\u2019art cinétique créé en 2000 lors de la Biennale de Montréal.Dès le 5 février.Maison modèle II au centre Clark.Membre de la famille Clark depuis toujours, Mathieu Beausé- jour sera l\u2019artisan de la deuxième version de cette exposition-bé- néfice nouvelle formule.L\u2019exercice consiste en une sorte de salle d\u2019exposition déguisée en maison privée.Dès le 26 février.Ce qui n\u2019est plus pas encore, expo post-apocalypse à la galerie Leonard et Bina Ellen.En février.These Rooms of Earth and Stones, œuvres de Michel Boulanger et de Katja Davar sur le thème environnemental à la Galerie de l\u2019UQAM.En février.Mathieu Latulippe, Un bureau de vente peu commun sera installé au centre Skol.En mars.David Tomas, expo posthume de l\u2019artiste décédé en 2019.Au centre Dazibao, en avril.Manuel Mathieu, première apparition du peintre en galerie privée.Chez Hugues Charbonneau, en avril.819 752-9912 | JPLVICTOJAZZ.COM 12 SPECTACLES EN SALLE VOLET COMPÉTITION ACTIVITÉS GRATUITES LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca Abonnement étudiant (26 ans) : 80 $ Billet régulier : 50 $ Billet étudiant : 20 $ Non-remboursable / Taxes incluses 128e saison Abonnement complet : 300 $ 555, rue Sherbrooke Ouest SALLE POLLACK 26 avril 2020 JAMES EHNES Violon Découvrez la saison 2019-2020 15 SEPT.CHRISTIAN BLACKSHAW piano 6 OCT.QUATUOR HERMÈS cordes 27 OCT.VICTOR JULIEN-LAFERRIÈRE violoncelle 17 NOV.AMERICAN STRING QUARTET cordes avec CYNTHIA PHELPS alto 8 DÉC.HYEYOON PARK violon et BENJAMIN GROSVENOR piano Photo : Benjamin Ealovega 2 FÉV.MONTROSE TRIO piano et cordes 23 FÉV.ELIAS STRING QUARTET cordes 15 MARS PAVEL HAAS QUARTET cordes avec BORIS GILTBURG piano 5 AVRIL PAVEL KOLESNIKOV piano 26 AVRIL JAMES EHNES violon prixOpus.qc.ca Découvrez les finalistes 19 janvier 2020 \u2014 15 h Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal Suivez Marc Hervieux, chanteur et animateur d\u2019ICI Musique, en direct sur la page Facebook du CQM, en entrevue avec les lauréats.GALA LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Culture Disque 46 Après un fulgurant disque couplant les Concertos nos 1, 2 et 4, Louis Lortie complète avec brio son intégrale des concertos pour piano de Saint-Saëns dans l\u2019une des premières parutions de 2020.Il est important de souligner d\u2019emblée l\u2019unité esthétique avec le volume 1, dont on retrouve les mêmes atouts de beauté du réglage du piano et de qualité de la captation sonore.Ces seuls points forts suffisaient en 2019 à démarquer Lortie de son concurrent d\u2019alors, Bertrand Chamayou.Entre-temps est arrivé Alexandre Kantorow (BIS), avec la même prétention de chambouler la discographie, dominée par Jeanne-Marie Darré pour les versions historiques, Stephen Hough et Jean-Philippe Collard pour les modernes.L\u2019extraordinaire Concerto « L\u2019Égyptien » (no 5) confirme que dans les deux cas nous sommes au sommet.Mais Lortie ne cède rien.Hautement inspiré, il rivalise avec Kantorow et surpasse même le vainqueur du Concours Tchaïkovski dans la magie sonore de l\u2019Andante (plage 7).Pari gagné : c\u2019est l\u2019intégrale de référence.Et haut la main ! Christophe Huss Camille Saint-Saëns Louis Lortie, BBC Philharmonic, Edward Gardner, Chandos, CHAN 20038 CLASSIQUE La première belle surprise québécoise de l\u2019année : après un EP et un album dans la langue de The Seeds, le quatuor de la capitale offre huit nouvelles chansons toutes en français et réalisées par l\u2019excellent Guillaume Chiasson (Ponctuation, Bon Enfant), lequel rehausse les motifs de guitare par une réalisation riche, colorée et chaleureuse.Hérauts d\u2019un rock garage psychédélique, Double Date with Death atteint l\u2019équilibre entre une énergie quasi punk et des mélodies sucrées.En témoignent quelques perles telle que Fluorescent, le jeu sans relâche du batteur Mathieu Poirier frayant un chemin à la voix claire et directe du guitariste Vincent Khouni.Même lorsque le groupe joue plus férocement, comme sur l\u2019instrumentale Copier-coller et sur Jeu funiculaire, l\u2019objectif demeure clairement de nous réveiller plutôt que de nous assommer.Concerts-lancements chez les disquaires La Table tournante de Terrebonne (17 janvier), L\u2019Oblique de Montréal (le 18) et Le Knock-Out de Québec (le 19).Philippe Renaud L\u2019au-delà 1/2 Double Date with Death, Ressurection Records ROCK Parmi les nombreux disques éminents de l\u2019automne, il nous faut présenter ce disque qui couple en version intégrale les deux œuvres emblématiques de Manuel de Falla enregistrées à l\u2019occasion du centenaire de la création du Tricorne, les prestations vocales étant assurées par la mezzo Carmen Romeu dans cette partition et par la cantaora Marina Heredia dans El amor brujo.Comme la Symphonie fantastique de Berlioz par François- Xavier Roth, dont elle est l\u2019exact pendant, la version découpée au scalpel de Pablo Heras-Casado s\u2019inscrit parfaitement dans la lignée de ces interprétations dégrossies reposant sur de nouveaux volumes, une légère sécheresse, des couleurs plus découpées et une transparence inédite.Devront donc éviter cette nouveauté tous ceux qui recherchent des sonorités rondes d\u2019un grand orchestre symphonique (la discographie est déjà riche, y compris d\u2019une belle version Dutoit).Elle sera appréciée par ceux qui privilégient les atmosphères, le contenu narratif, la carrure fermement dessinée et les envolées irrésistibles.Christophe Huss Manuel de Falla 1/2 Mahler Chamber Orchestra, Pablo Heras-Casado, Harmonia Mundi, 902 271 CLASSIQUE « Mon amour tu sais / la vie est un long fleuve de merde », scandait Ventre de biche, alias Luca Retraite, sur son premier disque, Viens mourir, en 2015 \u2014 bonjour les réjouissances.Le ton est donné : le punk à claviers marseillais est le poète pathétique du laid et du médiocre.Sur III, son nihilisme examine la banalité du quotidien, le malaise social, l\u2019enchaînement pourri des années de boulot, la misère intellectuelle.Et l\u2019absurde.« C\u2019est la fête / c\u2019est quand que ça s\u2019arrête ?» (La fête) Toute tentative d\u2019associer une quelconque idée politique à l\u2019ensemble paraît vaine ; il faut simplement se laisser avaler par la déconfiture et la répétition métallique, cheap et psychotronique des machines.La voix se fait acerbe, impérative, monocorde, et en même temps est traversée d\u2019une étrange fragilité.Abandonnons toute espérance, c\u2019est si réconfortant.À prescrire, oui, mais avec parcimonie quand même : dix chansons auraient suffi (plutôt que treize).Sophie Chartier III 1/2 Ventre de biche, Teenage Menopause SYNTH-PUNK 2020 sera-t-elle enfin l\u2019année où le grime \u2014 le rap vernaculaire de la Gran- de-Bretagne \u2014 percera véritablement le marché nord-américain ?Après les louables efforts des dernières années du vétéran Wiley, c\u2019est maintenant le tour de la nouvelle star du genre de forcer la serrure.Heavy Is the Head, second disque du polyvalent Stormzy (qui a sollicité davantage de compositeurs américains), arrondit les angles pointus du style, ces contretemps haletants qui caractérisent le grime anglais, en l\u2019entraînant du côté de la pop (Own It, avec Ed Sheeran et Burna Boy), de l\u2019afrobeat contemporain, du R&B/soul/gospel (One Second avec H.E.R., la belle et étonnante Crown) et du rap à l\u2019américaine.Comprendre : il rend ici le grime plus accessible en ralentissant sa cadence caractéristique, rendant ainsi sa précise prosodie héritée du dancehall jamaïcain plus compréhensible.Du grime certes édulcoré, farci de bonnes idées, mais perdant en intensité.Le concert prévu au Théâtre Corona le 31 mai prochain annonçant déjà complet, parions qu\u2019on lui trouvera une salle plus grande.Philippe Renaud Heavy Is the Head 1/2 Stormzy, Atlantic GRIME Ces gros plans des regards.Ces gueules : Gabin, Delon, Ventura.Cette lenteur dans le déroulement.Les répliques au compte-gouttes.Le suspense intenable, l\u2019issue inexorable.Le vétéran réalisateur Henri Verneuil se la jouait Leone, c\u2019est évident : le film célébré de 1969 n\u2019est jamais qu\u2019une variante mafie- use d\u2019histoire de western-spaghetti, avec trahison, traque et tutti quanti.Ce que la trame sonore de Morrico- ne souligne magistralement.L\u2019instrumentation est parfois plus pop, selon les scènes, mais le thème principal est sans doute le plus mémorable du grand Ennio hors du Far West extrême de l\u2019immense Sergio : les quelques notes en boucle, portées par une armée de violons au lyrisme exacerbé, élèvent au rang de tragédie ce qui ne serait qu\u2019un autre règlement de comptes entre pégriots.La bombarde est de retour, la guitare acoustique au grand galop également : c\u2019est jouissif, et la restauration est impeccable.Qu\u2019on ait vu ou pas le film.Sylvain Cormier Le clan des Siciliens B.O.du film de Morricone, Universal, vinyle en importation RÉÉDITION Ce sont les Liverbirds sur la pochette, avec leurs cerfs-volants : oisillons de Liverpool prêts à s\u2019envoler, com- prend-on.Fantasme de monsieur le producteur.Il aurait été plus juste de les voir sur scène, avec guitares et batterie.Écoutez-les là-dessus, jouer et chanter Long Tall Shorty : c\u2019est pas du chiqué.L\u2019histoire du Mersey Beat n\u2019a retenu que les Beatles, Searchers, Swinging Blue Jeans et autres groupes de garçons à la « chevelure de filles » : c\u2019est injuste, les 25 titres ici rassemblés le clament haut et fort.Groupes vocaux, interprètes, musiciennes, elles étaient nombreuses, coolissimes et performantes.Beryl Marsden la formidable, les Vernons Girls plus que dégourdies, toutes ont du caractère et du chien.Il en fallait pour se rendre jusqu\u2019à la scène de la Cavern.Jeannie and The Big Guys, Glenda Collins, Samantha Jones et même la pas si gentille Cilla Black (qui assène A Shot of Rhythm and Blues) vous terrasseront.Sylvain Cormier She Came from Liverpool ! Artistes divers, Ace Records COMPILATION Georgia, c\u2019est l\u2019auteure-compositrice- interprète anglaise Georgia Barnes (fille de Neil du duo dub-électronique Leftfield !), et Seeking Thrills est son second disque, qui arrive cinq ans après Georgia.Et c\u2019est bon partout, sur les plans de l\u2019écriture pop, des orchestrations électroniques \u2014 comme avec New Order à l\u2019époque, elles sont très influencées par les sons du techno de Detroit et du house de Chicago \u2014 et de la réalisation détaillée.Pensons à une version plus joviale des Écossais CHVRCHES (la comparaison saute aux oreilles sur 24 Hours, notamment), musicalement plus diversifiée aussi, alors que Barnes touche à la bass music (caverneuse Mellow, duo avec la MC Shygirl) ou à des rythmiques s\u2019approchant davantage de celles du hip-hop, comme sur Ray Guns qui, elle, lui attirera à nouveau des comparaisons avec M.I.A.La musicienne maîtrise l\u2019art de la chanson brève et efficace et des refrains qui nous habitent dès la première écoute, sans toutefois dériver vers la pop à numéros.À se mettre dans les oreilles pour illuminer les jours gris de janvier.Philippe Renaud Seeking Thrills Georgia, Domino POP LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 F r i d a K a h l o , A u t o p o r t r a i t a u x s i n g e s ( d é t a i l ) , 1 9 4 3 .H u i l e s u r t o i l e , 8 1 , 5 x 6 3 c m .L a c o l l e c t i o n J a c q u e s e t N a t a s h a G e l m a n d \u2019 a r t m e x i c a i n d u 2 0 e s i è c l e e t l a V e r g e l F o u n d a t i o n Une exposition organisée par la Vergel Foundation et Mondo Mostre en collaboration avec l\u2019Instituto Nacional de Bellas Artes y Literatura (INBAL) du Mexique.ET LE MODERNISME MEXICAIN 13 FÉVRIER \u2013 18 MAI 2020 LA COLLECTION JACQUES ET NATASHA GELMAN PRÉSENTÉE PAR Après 40 ans, plus de 3 300 représentations et environ 3 millions de spectateurs, le phénomène Broue devient UNE EXPOSITION.mcq.org Avec la collaboration présente LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Culture Cinéma 48 qui pour moi constitue un exemple à suivre.Prendre le thé avec elle, c\u2019était un flash spontané\u2026 » Démarche intuitive S\u2019ensuivit une discussion avec la complice Isabelle Stachtchenko, qui passa à terme autant de temps devant que derrière la caméra.« Elle a tout de suite embarqué.Par la suite, le film est devenu une recherche sur la liberté en création.J\u2019étais cela dit bien consciente que la liberté, c\u2019est un thème usé\u2026 » Afin d\u2019éviter de sombrer dans les clichés, et consciente également que le genre du road movie auquel elle s\u2019attelait peut être tout aussi jalonné de lieux communs, Sophie Bédard Marcotte se référa à une autre idole cinéaste : Chantal Akerman (Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, Les rendez-vous d\u2019Anna, Là-bas).« Elle disait qu\u2019il faut \u201créfléchir au cinéma autrement\u201d .En ce qui me concerne, ç\u2019a beaucoup passé par une démarche intuitive qui s\u2019est traduite par une accumulation de couches de sens : oui il y a le road trip, il y a également une dimension récit initiatique\u2026 » Et il y a toutes ces références au Magicien d\u2019Oz, d\u2019un renvoi précoce à la fameuse route de briques aux apparitions successives, sur la route, d\u2019un épouvantail, d\u2019un homme de fer et d\u2019un lion, sans oublier ce petit chien (Toto ?), à la fin\u2026 « Les parallèles avec Le magicien d\u2019Oz se sont très tôt imposés : le côté \u201c quête d\u2019une chose élusive , qui dans mon cas est Miranda July.Cela, en sachant que c\u2019était un prétexte.Parce que, pour moi, c\u2019était une évidence : que je la rencontre ou non, ce n\u2019était pas vraiment le sujet.» Une lecture en valant une autre, on pourrait avancer à ce propos que dans le film, Miranda July est un peu à Sophie Bédard Marcotte et à Isabelle Stachtchenko ce que Godot est à Vladimir et à Estragon dans la pièce de Samuel Beckett.Quoi qu\u2019il en soit, à mesure que le film progresse, les accents de réalisme magique s\u2019accentuent, mais revêtant toujours une facture artisanale assumée, en phase avec le ton particulier de la proposition.« Les procédés de mise à distance m\u2019intéressaient.Je voulais consciemment montrer à l\u2019image l\u2019acte cinématographique, montrer la mise en scène en cours.Ça me permettait notamment d\u2019avoir une autodérision par rapport à notre réalité de cinéastes, au Québec, qui implique de faire des miracles avec peu de moyens.Je voulais m\u2019attarder aux situations cocasses que ça peut engendrer, tout en rendant hommage à cette débrouillardise et à cette imagination qu\u2019on cultive ici.Lorsqu\u2019on débarque à Hollywood, le contraste n\u2019est que plus saisissant.Et drôle.» Akerman, bis Parlant d\u2019hommage, s\u2019il en est un, vibrant, que rend L.A.Tea Time, c\u2019est à Chantal Akerman, pour revenir à elle.Grâce à un montage audio ingénieux et au développement de motifs visuels récurrents, Sophie Bédard Marcotte parvient à intégrer la parole de la défunte cinéaste qu\u2019elle élève symboliquement, lors d\u2019une traversée du désert celle-là bien réelle, à un statut divin.Le passage s\u2019avère à la fois cocasse et poignant.« Pour écrire mon film, j\u2019ai eu la chance d\u2019effectuer une résidence de création à New York.Les jours et les nuits que j\u2019ai passées à étudier toutes, TOUTES les entrevues que Chantal Akerman a accordées\u2026 Constater l\u2019évolution de sa pensée au gré des époques, c\u2019était émouvant, doux-amer.Ça a été enrichissant mais lourd ; l\u2019écouter parler de toutes sortes de choses parfois pas très joyeuses\u2026 La fin de sa vie a été difficile, mais son regard sur le cinéma est demeuré inspirant.En fait, c\u2019est dès l\u2019instant que j\u2019ai pensé à elle que tout à coup, mon projet s\u2019est mis à m\u2019obséder.» Ou lorsque par-delà la mort et les années, la réflexion de l\u2019une alimente la passion de l\u2019autre.« C\u2019était bouleversant comme exercice, surtout quand on sait qu\u2019elle s\u2019est enlevé la vie.Et puis l\u2019écouter, ça me confrontait à notre fragilité individuelle dans un monde fragile lui aussi\u2026 C\u2019est devenu un des enjeux du film, avec ces deux allusions à la situation au Moyen-Orient et au fait que tout peut basculer n\u2019importe quand.» Les récentes manchettes confèrent une dimension quasi prophétique aux- dits passages.« De façon plus\u2026 fondamentale, les mots de cette immense, immense cinéaste résonnaient en moi ; résonnent\u2026 Dans le film, je me demande au fond comment je peux faire ce que j\u2019ai envie de faire.Et plus on se rapproche de la destination, ou plutôt, plus on s\u2019éloigne du spleen et de la grisaille, plus la liberté formelle devient apparente à l\u2019image.» Plus le souvenir de Claire l\u2019hiver s\u2019estompe derrière, et plus ça évolue et se transforme, devant.D\u2019où cette assertion, d\u2019emblée, de L.A.Tea Time comme d\u2019un film de la continuité et au-delà.À cet égard, fidèle à ce qui est désormais son modus operandi artistique, Sophie Bédard Marcotte suppute à voix haute, dans ce film-ci, sur ce que pourrait être le suivant.« Je suis en train de l\u2019écrire, et ce sera bel et bien ça », confirme-t-elle.De quoi s\u2019agit-il ?Et cette invitation envoyée à Miranda July, aboutit-elle ?Il faudra aller voir L.A.Tea Time pour le savoir ! Comme cinéphile, c\u2019est en l\u2019occurrence un cadeau à se faire.L.A.Tea Time prend l\u2019affiche le 17 janvier En attendant Miranda Sophie Bédard Marcotte revient sur son cinéma tout personnel et sur ses idoles réalisatrices « Le projet de L.A.Tea Time est né en pleine postproduction de Claire l\u2019hiver, au détour de toutes ces remises en question par lesquelles je suis passée », explique la cinéaste Sophie Bédard Marcotte.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR ne jeune cinéaste québécoise vient de terminer un film et se questionne sur la suite, entre autres sur cette nécessité, pour l\u2019heure, de gagner sa vie ailleurs qu\u2019en cinéma.Elle songe à l\u2019un de ses modèles, la réalisatrice américaine Miranda July, qui semble capable de subsister en créant de manière indépendante et sans contrainte.Naît alors l\u2019idée folle d\u2019aller la voir à Los Angeles.La « jeune cinéaste », c\u2019est Sophie Bédard Marcotte, qui dans son second long métrage L.A.Tea Time, tient son propre rôle, entre documentaire et autofiction.Cela, dans la continuité, puis au-delà, de son précédent Claire l\u2019hiver.« Le projet de L.A.Tea Time est né en pleine postproduction de Claire l\u2019hiver, au détour de toutes ces remises en question par lesquelles je suis passée », explique Sophie Bédard Marcotte lors d\u2019un entretien à chaud, tout juste après la projection de son film.Pour mémoire, Claire l\u2019hiver relatait la déprime existentielle\u2026 d\u2019une jeune cinéaste.En cela, L.A.Tea Time démarre un peu où se termine son prédécesseur, avec ce plan splendide de la cinéaste et de sa complice directrice photo Isabelle Stachtchenko cheminant au loin, sur une étendue enneigée, le bruit du vent évoquant presque celui de l\u2019océan.Plus tard, en un écho à cette image d\u2019ouverture, on reverra les deux amies cheminer dans un désert de sable blanc.D\u2019ailleurs, Sophie Bédard Marcotte joue astucieusement, tout du long, de rappels visuels non seulement entre les scènes, mais entre ses deux films.Mais avant d\u2019en arriver là, il y eut donc « toutes ces remises en question » à gérer.Or, belle ironie, c\u2019est par l\u2019entremise d\u2019une question supplémentaire que l\u2019illumination vint.« À un moment donné, je me suis demandé : qu\u2019est-ce que les cinéastes que j\u2019aime feraient à ma place ?» Qu\u2019est-ce que Miranda July (You and Me and Everyone We Know, The Future) ferait à la place de Sophie Bédard Marcotte ?Pourquoi ne pas aller lui poser la question, voire lui demander conseil par rapport à sa carrière ?Direction : Los Angeles ! « J\u2019ai commencé à réfléchir à la liberté qui se dégage de son cinéma, et U LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Culture Cinéma 49 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Le souvenir de Do the Right Thing, de Spike Lee, nous revient en mémoire devant Les misérables, de Ladj Ly : même soleil de plomb, mêmes gamins hyperactifs et insolents, même nécessité de vivre sur les trottoirs pour fuir des appartements étouffants, et surtout même rapport problématique avec toute forme d\u2019autorité.Et si plusieurs se plaisent à le comparer à une version actualisée du célèbre film de Mathieu Kassovitz, La haine, Les misérables n\u2019affiche pas autant d\u2019ambitions esthétiques, même s\u2019il s\u2019agit d\u2019une œuvre portée par une caméra nerveuse, un montage parfois frénétique et une luminosité qui contraste avec la noirceur du propos.Ce n\u2019est pas non plus un hasard si le fils du cinéaste, Al-Hassan Ly, reprend en quelque sorte la posture que Ladj Ly tenait 15 ans plus tôt, et dans la même cité, Montfermeil, où il a grandi : celle de l\u2019observateur attentif, caméra numérique à la main, des bavures policières.À la différence qu\u2019au- jourd\u2019hui, nous sommes à l\u2019heure des drones, ce qui nous vaut des images magnifiques.Or, les trois policiers qui seront plus tard les vedettes involontaires d\u2019une vidéo compromettante ignorent tout de cette présence aérienne, car ils en ont déjà plein les bras.Dans une stratégie narrative semblable à celle adoptée par Maïwenn dans Polisse, l\u2019arrivée d\u2019un corps étranger dans un milieu plutôt fermé force des explications aussi vitales pour la recrue que pour les spectateurs.Stéphane (Damien Bonnard), policier de province muté en région parisienne, aborde avec nervosité sa première journée avec ses coéquipiers, Chris (Alexis Manenti), une grande gueule au comportement sanguin, et Gwada (Djibril Zonga), originaire de cette ville dont Victo Hugo s\u2019est inspiré pour son célèbre roman qui donne son titre au film.Lendemain de victoire pour l\u2019équipe de France à la Coupe du monde, l\u2019euphorie rassembleuse, soulignée au début du film avec un regard de documentariste, s\u2019estompe rapidement pour laisser place aux magouilles quotidiennes, aux rivalités entre divers gangs et associations : certains vendent de la drogue, d\u2019autres, les principes du Coran.Dans ce désert de béton sans piscine publique et encore moins de lieux climatisés, l\u2019arrivée d\u2019un cirque devient non pas une fête, mais la bougie d\u2019allumage d\u2019une guerre de tranchées, d\u2019abord avec le vol d\u2019un lionceau par le petit Issa (Issa Perica), ce qui provoque la colère des forains et oblige les trois policiers à faire des recherches expéditives pour retrouver le coupable et l\u2019animal.Cette chasse à l\u2019homme tourne mal, accentuée par une suite de faux pas que les représentants des forces de l\u2019ordre paieront très cher.Toujours triste et blême, son HLM Sous la chaleur et sous haute tension, 24 heures explosives dans la banlieue parisienne Entre les séquences aériennes et une caméra au ras des pâquerettes, Les misérables présente une faune bigarrée, aux différences raciales et culturelles très prononcées, chacun protégeant jalousement son territoire, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un modeste restaurant ou d\u2019un étal de marché.Mais au final, ils semblent tous subir la même misère endémique, et cela inclut ces policiers dont la vie personnelle n\u2019est que brièvement évoquée, mais suffisamment pour savoir qu\u2019elle n\u2019est guère moins triste que celle des gens qu\u2019ils ont la responsabilité de protéger.Ou plutôt de surveiller, avec le plus souvent la peur au ventre.Sans verser dans l\u2019angélisme, Ladj Ly ne cherche pas à dépeindre ce microcosme de manière négative ou misérabiliste, multipliant les figures pittoresques, les accents colorés et les vêtements qui le sont parfois tout autant.Mais derrière cette façade de type « black-blanc-beur » couve une tension extrême, des frustrations sociales qui suintent autant des rues sans arbres, des ascenseurs en panne que des cages d\u2019escalier délabrées.C\u2019est dans ce théâtre de la pauvreté compartimentée, tout en hauteur et bien en retrait des beaux quartiers que Les misérables témoigne avec éloquence d\u2019une révolution inachevée.Et d\u2019une autre à venir, explosive, qui semble déjà dépasser les limites de Montfermeil.Les misérables Drame social de Ladj Ly.Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djibril Zonga, Issa Perica.France, 2019, 102 minutes.Les misérables présente une faune bigarrée, aux différences raciales et culturelles très prononcées, chacun protégeant jalousement son territoire.TVA FILMS VIAU espacepourlavie.ca OLIVIER GRUNEWALD ET BERNADETTE GILBERTAS PLANÉTARIUM RIO TINTO ALCAN P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O P H O T O O O O T O P H O T O P H O H O P H O : O L : O L : O L : O : O I V I E R I V I E R V I E R V G R U N U L D E W A L D E W A L D D LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Une caméra nerveuse.Une rumeur urbaine.Un jeune homme qui marche à pas pressés\u2026 Ou qui fuit ?On ne plonge pas tant dans le film de Nadav Lapid qu\u2019on y perd pied.Synonymes met en scène Yoav, ex-soldat israélien qui, dans sa volonté de tourner le dos à sa mère patrie, renonce à l\u2019hébreu et tente de devenir Français pour se rendre compte que, par-delà les apparences, une nationalité en vaut peut-être une autre.D\u2019où le titre.Librement inspiré par sa propre arrivée à Paris, ce film profondément idiosyncrasique a valu à son auteur l\u2019Ours d\u2019or à la Berlinale.On l\u2019évoquait, l\u2019ouverture de Synonymes déstabilise et, si la technique se calme dès lors que le protagoniste s\u2019installe dans un appartement vacant, la suite n\u2019en emprunte pas moins des voies tour à tour elliptiques et détournées rendant le périple ardu pour le cinéphile.Ardu, oui, mais gratifiant également.Yoav ne reste pas seul dans sa galère longtemps, car voici qu\u2019arrive un couple de voisins bien intentionnés : Émile et Caroline.C\u2019est surtout avec le premier que se liera le jeune immigrant.Entre eux naîtra en effet une complicité spontanée, que le cinéaste se plaît à infuser d\u2019ambiguïté.Il résulte, en ce qui concerne la seconde, un personnage quelque peu embryonnaire, y compris lorsque Caroline devient l\u2019exutoire de cette tension homoérotique inassouvie.Entre autres éléments saillants d\u2019un scénario tellement chargé d\u2019allusions et de sens cachés qu\u2019un seul visionnement ne suffit pas : une dénonciation par l\u2019absurde du culte de la figure macho-militariste au cœur de cette culture israélienne que rejette le héros, ainsi qu\u2019une satire oblique du Paris bobo où ce dernier a atterri.Au sujet du récit d\u2019ailleurs, sa nature aussi dense que fragmentée confine presque au domaine du cryptique.Oui, cela peut s\u2019avérer frustrant, mais Lapid ne sombre jamais dans la complaisance ou la préciosité : énigmatique, la proposition effeuille ses secrets une couche à la fois tout en se gardant de trop en dévoiler.À terme, on reste avec certains passages, comme celui où Yoav, impatient de maîtriser le français, déambule en énumérant mots et expressions disparates qui prennent alors valeur d\u2019incantation.Et il y a cette promenade nocturne, en amont, déterminante, lors de laquelle Émile demande à son protégé ce qu\u2019il compte faire : « Je ne sais pas.Être Français », de répondre Yoav.Hallucinant Tom Mercier Morcelé donc, et ce, à l\u2019instar de la mémoire assaillie de souvenirs violents de Yoav, le flot narratif se fait volontiers flot de pensées.Tourmenté, voire hanté, Yoav est certes dans une démarche consciente de rejet d\u2019Israël, mais ses pérégrinations françaises rendent compte d\u2019un emportement qui n\u2019est souvent que pur instinct.Une fascinante dichotomie que le nouveau venu Tom Mercier, en alter ego du cinéaste, incarne avec un brio confondant.Mutique une seconde puis exalté la suivante, l\u2019acteur porte le film.Mieux, il s\u2019en fait une seconde peau : c\u2019est à ce point-là que l\u2019interprète fusionne avec la caméra de Nadav Lapid.C\u2019est impétueux, brusque, mais ça se pose parfois le temps de contempler, de méditer, une parole, une motivation\u2026 Furieusement cinétique, Synonymes charrie dans son sillage force émoi et réflexion.Culture Cinéma 50 Cruelle ironie Le protagoniste du film de Nadav Lapid troque une nationalité contre une autre sans y gagner au change Synonymes Drame de Nadav Lapid.Avec Tom Mercier, Quentin Dolmaire, Louise Chevillotte.France\u2013Israël, 2019, 122 minutes.Le nouveau venu Tom Mercier, en alter ego du cinéaste, incarne avec un brio confondant la fascinante dichotomie du personnage.SBS DISTRIBUTION CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Dimanche dernier, la victoire aux Golden Globes de 1917 comme meilleur drame devant The Irishman et Marriage Story, voire Joker, a créé la surprise.Le film ne prenant officiellement l\u2019affiche que vendredi après une sortie très limitée à Noël pour fins d\u2019admissibilité, il était difficile de se prononcer sur les mérites de ce lauréat du champ gauche.Or, maintenant qu\u2019on l\u2019a vu, peut-on dire qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un choix justifié ?En un mot, oui : 1917 constitue un vainqueur tout à fait défendable\u2026 à défaut d\u2019être celui qu\u2019on espérait \u2014 mais de telles nuances et doléances ne sont-elles pas le lot de la plupart des remises de prix ?Quoi qu\u2019il en soit, 1917 (V.F.), ou la mission périlleuse de deux soldats anglais, Tom et Will, chargés de passer les lignes ennemies pour prévenir un bataillon du piège qui les attend, était précédé d\u2019échos favorables.En fait, le film a suscité l\u2019intérêt dès qu\u2019il fut révélé que l\u2019action serait présentée en une seule séquence ininterrompue.Et puis, avec Sam Mendes à la réalisation, il y avait de quoi espérer du beau et du bon, le cinéaste ayant démontré son aisance à allier action trépidante, brio formel et souffle narratif dans ce qui constitue pour plusieurs le James Bond le plus accompli, Skyfall (que les nostalgiques revoient Au service secret de Sa Majesté pour se convaincre de ce que cet autre favori n\u2019a pas très bien vieilli).Passé l\u2019ouverture hallucinante campée durant la fête des Morts au Mexique, son Spectre pâlissait d\u2019ailleurs, en comparaison\u2026 D\u2019où peut-être pour le réalisateur de Beauté américaine (American Beauty) et La voie de perdition (Road to Perdition) ce retour à un projet lancé par lui, par opposition aux commandes de prestige que représentent les deux opus 007.Nécessaire humanité Sans prétendre être une histoire vraie, 1917 s\u2019inspire des récits de la Grande La séquence héroïque Le réalisateur de Skyfall recrée la Première Guerre mondiale au moyen d\u2019une séquence en continu George MacKay incarne Schofield dans 1917.UNIVERSAL LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Guerre que le grand-père de Sam Mendes lui racontait, enfant.Le film, qu\u2019il a coécrit avec Krysty Wilson- Cairns (Penny Dreadful), est dédié à sa mémoire.Ceci expliquant certainement cela, Mendes ne s\u2019avère jamais si obnubilé par son tour de force technique qu\u2019il en oublierait d\u2019insuffler une nécessaire humanité à son film.Il est pour le compte quelques passages poignants, ceux-ci émergeant volontiers lors de rares silences : Will (fabuleux George MacKay) qui ne parvient pas à terminer sa phrase au sujet de sa famille, par exemple.Car les moments d\u2019accalmie sonore sont peu nombreux, avec toujours en arrière-plan cette rumeur guerrière qui couve ou qui explose\u2026 Et il y a la musique de Thomas Newman, collaborateur assidu du cinéaste, qui épouse la teneur dramatique de l\u2019instant, tantôt spectrale, tantôt rugissante.Elle est au diapason de la mise en scène de Mendes, qui rend palpitant le parcours des protagonistes, notamment en fusionnant les principes de course à obstacles et de course contre la montre : à chaque jalon son péril, son atmosphère, sa tension.Entre autres épisodes saisissant : cette fuite dans les décombres d\u2019une ville en ruines, avec pour tout éclairage les lueurs intermittentes de déflagrations dans le ciel nocturne.Charge viscérale On demeure pas mal tout du long assis sur le bout de sa chaise, investi, captivé.Le corollaire de cela est qu\u2019on arrive au dénouement gonflé à bloc, prêt à une libération cathartique qui ne se produit qu\u2019à moitié, Mendes ne réussissant pas tout à fait à livrer une finale à la hauteur.La charge viscérale qui a précédé est d\u2019une telle puissance\u2026 À cet égard, on ne saurait trop insister sur la contribution fondamentale du directeur photo Roger Deakins, géant parmi les géants, complice de longue date de Mendes, mais aussi des frères Coen et de Denis Villeneuve.Son travail ici est en tout point remarquable, que ce soit pour forger une ambiance d\u2019aube bucolique, de matinée blafarde ou de crépuscule sinistre.Un mot, en terminant, pour préciser que 1917 n\u2019est pas à proprement parler constitué d\u2019un unique plan-séquence, en cela que l\u2019illusion de continuité est parachevée de-ci de-là grâce à la magie du numérique.L\u2019effet n\u2019en est pas moins confondant, et passé les premières minutes où l\u2019on cherche d\u2019instinct les traces de couture, on se laisse emporter par le torrent visuel.En un seul plan, ou presque Sam Mendes n\u2019est pas le premier cinéaste à se mesurer au défi de l\u2019action en continu.Par le passé, d\u2019autres s\u2019y sont frottés.Parmi ceux qui, comme lui, ont choisi de simuler ladite continuité en usant de diverses techniques, on signalera d\u2019abord le précurseur Alfred Hitchcock (Rope, 1948), puis Gustavo Hernández (La casa muda, 2010), Alejandro Gonzales Iñárritu (Birdman, 2014), ou encore Laszlo Nemes (Le fils de Saul, 2015).Mais il y a aussi ceux qui ont réussi l\u2019exploit d\u2019un film vraiment fait d\u2019un seul plan-séquence, comme Mike Figgis (Timecode, 2000), Alexandre Sokourov (L\u2019arche russe, 2002) et, au Québec, Podz (King Dave, 2016).La Première Guerre mondiale au cinéma Force est de le constater, la Première Guerre mondiale, contrecoups immédiats inclus, est beaucoup moins revisitée par le cinéma de fiction que la Seconde.Palmarès.La grande illusion, de Jean Renoir, France, 1937 Les sentiers de la gloire (Paths of Glory), de Stanley Kubrick, États-Unis, 1957 Laurence d\u2019Arabie (Lawrence of Arabia), de David Lean, Grande-Bretagne, 1962 La vie et rien d\u2019autre, de Bertrand Tavernier, France, 1989 Gallipoli, de Peter Weir, Australie, 1981.Ex æquo : La chambre des officiers, de François Dupeyron, France, 2001 1917 (V.O.et V.F.) Drame de guerre de Sam Mendes.Avec George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, Andrew Scott, Richard Madden, Claire Duburcq, Colin Firth, Benedict Cumberbatch.Grande-Bretagne\u2013 États-Unis, 2019, 119 minutes.Culture DES CONCERTS Ce soir-là, pour la St-Valentin.de la musique d\u2019Aznavour, Piaf, Streisand et plusieurs autres.Un grand récital de piano consacré aux grands chefs-d\u2019oeuvre de.FRÉDÉRIC CHOPIN sous les Chandelles Info : (514) 774-9148 // www.concertchandelle.com Samedi 28 mars à 20h Église St- Eugénie à St-Hyacinthe Samedi 1er mai 20h À l\u2019église St-Frédéric à Drummondville avec la pianiste Alejandra Cifuentes Diaz Vendredi 14 février à 20h Église Ste-Béatrice à Laval Samedi 15 février à 20h Église St-Denis (Face au Métro Laurier) avec le quatuor à cordes AMBITUS UNE PREMIÈRE EN VERSION CINÉ CONCERT Le film original en HD sur écran géant avec grand orchestre et surtitres français Musique James Horner Chef John Jesensky 8 février 19h30 \u2013 9 février 14h \u2013 Salle Wilfrid-Pelletier Billeterie 514 842-2112 Titanic Live est une production de Avex Classics International Orchestre FILMharmonique \u2013 Les Petits Chanteurs du Mont-Royal Clara Sanabras soliste vocal \u2013 Eric Rigler pipes et sif?ets LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 C ultur e Notre s élection cinéma en s alle 52 Les nouveautés sont en rose Marriage Story (V.O., s.-t.f.) ?De ses propres déboires conjugaux avec l\u2019actrice Jennifer Jason Leigh, Noah Baumbach a tiré son film le plus beau.Or, en dépit d\u2019un côté «récit à clés» assez jouissif pour le cinéphile, le scénario transcende l\u2019anecdote et propose un double portrait d\u2019une humanité, d\u2019un humour et d\u2019une acuité infinis.En époux désireux de mettre un terme à leur union à l\u2019amiable mais en venant pourtant à s\u2019entredéchirer, Scarlett Johansson, qui incarne Nicole, une actrice connue, et Adam Driver, qui joue Charlie, un metteur en scène en vogue, livrent les performances de leurs carrières.À cet égard, Baum- bach non seulement ne ménage pas son alter ego, mais s\u2019avère particulièrement empathique dans son exploration des insatisfactions \u2014 justifiées \u2014 de Nicole.Entre des séquences d\u2019ouverture et de fermeture qui se font brillamment écho, se déploie une œuvre tour à tour drôle, poignante et, force est de le reconnaître, en tous points parfaite.Un grand film.François Lévesque Antigone ?Sacré meilleur film canadien au TIFF, choix du Canada à l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère, Antigone de Sophie Deraspe est une émouvante et dynamique adaptation contemporaine de la tragédie de Sophocle et de la pièce d\u2019Anouilh.Cette œuvre sur l\u2019intransigeance d\u2019une jeune Québécoise, ici issue de l\u2019immigration, est portée par la lumineuse prestation de Na- héma Ricci, au profil androgyne.Son esthétique est collée à des codes cinématographiques plus classiquement nord-américains que les films précédents de la cinéaste des Signes vitaux.Par-delà quelques facilités, Antigone remporte brillamment son pari d\u2019ancrer l\u2019héroïne dans les débats de désobéissance civile actuels au nom d\u2019idéaux qui décoiffent et inspirent nos sociétés.Odile Tremblay La voie de la justice (V.F.de Just Mercy) ?1/2 Le célèbre avocat Atticus, du non moins célèbre roman de Harper Lee, To Kill a Mockingbird, et tel qu\u2019il est incarné au cinéma par Gregory Peck, a depuis longtemps de la relève.Le dernier en date, Bryan Stevenson, n\u2019est pas un personnage de fiction.Il défend depuis trente ans les Afro-Américains, spécialement ceux faussement accusés et abandonnés dans le couloir de la mort.Inspiré par ses mémoires, Destin Daniel Cretton revisite les débuts de son combat en Alabama au milieu des années 1980, portrait lisse et édifiant de l\u2019émergence de ce héros des 1917 (V.O.et V.F.) ?Dans 1917, Sam Mendes recrée la Première Guerre mondiale au moyen d\u2019une seule séquence fluide, l\u2019illusion de continuité étant parachevée de-ci de-là grâce à la magie du numérique.L\u2019effet est confondant et complètement immersif.On y suit deux soldats chargés de livrer un message capital en passant à travers les lignes ennemies.Fictif, le récit s\u2019inspire des histoires du grand-père du réalisateur de Skyfall.D\u2019où sans doute l\u2019humanité qui prévaut par-delà le tour de force technique.La charge viscérale étant d\u2019une telle puissance, la finale n\u2019est pas tout à fait à la hauteur.Il n\u2019empêche, on demeure captivé, investi.D\u2019ailleurs, chapeau bas aux interprètes ainsi qu\u2019à la direction photo de Roger Deakins, qui forge, ici une ambiance d\u2019aube bucolique, là de matinée blafarde, plus loin de crépuscule sinistre.Cela, au sein d\u2019un même torrent visuel auquel on s\u2019abandonne de bon gré.François Lévesque Uncut Gems (V.O., s.-t.f.) ?Howie évolue dans le quartier des diamantaires de New York avec le bagout d\u2019un homme parfaitement en contrôle.Mais voilà, derrière cette façade en toc, Howie croule sous les dettes.Son va- tout?La vente d\u2019une opale importée en douce, qui fera sa fortune ou sa perte.Très vite, on flaire le genre de dénouement que les frères Safdie ont en réserve tant la prémisse donne tous les signes avant-coureurs d\u2019une descente aux enfers.Loin de nuire, cette certitude engendre une tension sourde qui étreint le cinéphile et ne le lâche plus.D\u2019une minutie hallucinante, la peinture de milieu contribue à l\u2019effet immersif alors qu\u2019on plonge à la suite du protagoniste qu\u2019Adam Sandler incarne avec un brio hors du commun.À terme, peut-être un soupçon de curiosité morbide est-il nécessaire pour apprécier à sa juste mesure ce spectacle d\u2019un déclin inéluctable.Le cas échéant, Uncut Gems n\u2019aura aucune peine à convaincre de la pertinence de son titre.François Lévesque La vie invisible d\u2019Eurídice Gusmão (V.F.de A Vida Invi- sivel de Eurídice Gusmão) ?Le cinéaste brésilien Karim Aïnouz n\u2019a pas la renommée de Pedro Almo- dóvar, mais il possède lui aussi cet art de mettre en valeur de splendides personnages féminins.Dans cette adaptation du roman de Martha Batalha, il recrée les années 1950 au cœur des beautés de Rio.Deux sœurs, en apparence très différentes, sont unies par une passion dévorante pour la liberté: Eurídice (Carol Duarte) croit que le piano sera son passeport, et Guida (Julia Stockler) rêve du grand amour au bras d\u2019un marin grec.L\u2019époque, leur famille, cette société machiste, personne ne leur fera de cadeaux.Elles seront séparées sans doute pour toujours, mais unies par une affection inébranlable.Un portrait aux doux accents mélodramatiques, d\u2019une éblouissante beauté visuelle, et défendu par deux grandes actrices capables de nous convaincre de leur complicité pleine et entière.André Lavoie Les quatre filles du docteur March (V.F.de Little Women) ?1/2 Moult fois adapté au cinéma et à la télé, le roman de Louisa May Alcott subit une cure de jeunesse entre les mains bienveillantes de Greta Gerwig (Lady Bird), qui en tire une relecture lumineuse.Alternant entre le présent et le passé, la réalisatrice trace le destin des quatre sœurs \u2014 Jo (fougueuse Saoirse Ronan), Meg (fraîche Emma Watson), Beth (effacée Eliza Scanlen) et Amy (incandescente Florence Pugh) \u2014 en soulignant, pas toujours subtilement, les difficultés d\u2019être une femme dans l\u2019Amérique de la guerre de Sécession.Au-delà de la joliesse des images, elle esquisse un parallèle entre le récit et la vie de Louisa May Alcott en grappillant dans ses autres romans et sa correspondance.Ce faisant, Gerwig restreint l\u2019aspect bons sentiments de l\u2019œuvre et fait résonner une voix de femme revendiquant son autonomie et son indépendance.Manon dumais Les misérables ?Jean Valjean et Gavroche auraient bien du mal à reconnaître Montfer- meil, ce lieu devenu mythique grâce au roman de Victor Hugo Les misérables, aujourd\u2019hui une cité HLM en banlieue parisienne où habite une France métissée et marginalisée.Largement inspirée des expériences passées et présentes du cinéaste, qui habite toujours là, cette plongée dans le quotidien survolté de trois policiers s\u2019étale sur 24 heures, créant une tension qui culmine en un gigantesque chaos.Des interprètes chevronnés se mêlent à de nombreux jeunes comédiens amateurs qui incarnent avec Synonymes ?Une caméra nerveuse.Une rumeur urbaine.Un jeune homme qui marche à pas pressés\u2026 ou qui fuit ?On ne plonge pas tant dans le film de Nadav Lapid qu\u2019on y perd pied, avec son protagoniste Yoav, ex-sol- dat israélien n\u2019essayant rien de moins de renaître Français.Or, une nationalité en vaut parfois une autre, d\u2019où le titre.Morcelé, à l\u2019instar de de la psyché de Yoav, le flot narratif se fait volontiers flot de pensées.Yoav est certes dans une démarche consciente de rejet d\u2019Israël, mais ses pérégrinations parisiennes rendent compte d\u2019un emportement qui n\u2019est souvent que pur instinct : fascinante dichotomie que le nouveau venu Tom Mercier, en alter ego du cinéaste qui fait œuvre en partie autobiographique, incarne avec un brio confondant.C\u2019est impétueux, brusque, mais ça se pose parfois le temps de contempler, de méditer, une parole, une motivation\u2026 Furieusement cinétique, Synonymes charrie dans son sillage force émoi et réflexion.François Lévesque film.Or, on se retrouve avec l\u2019un des meilleurs de la série.François Lévesque est connue pour avoir été abondamment couverte.Or, l\u2019intérêt du film, qui use habilement des codes de la docufiction, du drame et de la satire, ne réside pas dans l\u2019issue, mais dans la radiographie impitoyable de la machine à broyer les femmes mise en place par le p.-d.g.déchu.Aidées de maquillages prosthétiques élaborés, les douées Nicole Kidman (Gretchen Carlson) et Charlize Theron (Megyn Kelly) entraînent le public dans les dédales toxiques de l\u2019entreprise.En complément de trio : Margot Robbie, excellente dans le rôle fictif d\u2019une recrue qui déchante (scène difficile mais nécessaire).L\u2019alternance de points de vue permet trois perspectives distinctes : celle d\u2019une vedette jugée en déclin, celle d\u2019une vedette au faîte de sa popularité, et celle d\u2019une aspirante vedette.À chacune son type de pression.Aussi enrageant que captivant.François Lévesque énergie et dévotion les vicissitudes de cette commune.Entre les prises de vue aériennes et une caméra à l\u2019épaule souvent nerveuse, Ladj Ly observe de l\u2019intérieur un univers qui craque de toutes parts, qui croule sous la chaleur et qui voit son avenir obstrué par des tours en décrépitude.Un portrait social percutant, mais aussi plein d\u2019humanité.André Lavoie Star Wars, épisode IX.L\u2019ascension de Skywalker (V.F.de Star Wars, Episode IX: The Rise of Skywalker) ?Dans une galaxie lointaine, très lointaine\u2026 Ah et puis on s\u2019en fout: depuis le temps, on sait comment ça commence.Ce qu\u2019on veut savoir, c\u2019est comment ça finit.Une tâche quasi insurmontable que celle de clore à satisfaction l\u2019immensément populaire saga créée en 1977.Trois trilogies et quelques chapitres assez moyens plus tard, J.J.Abrams réussit à boucler toutes les boucles ET à réparer les gaffes du précédent opus.À cet égard, la regrettée Carrie Fisher, si marquante en Leia, a droit à une sortie de scène empreinte du respect dû à son rang.Ce, dans le cadre de l\u2019un des plus ingénieux, et émouvant, retournements du film.L\u2019action ne s\u2019essouffle guère, et si la finale s\u2019étire, on sent un réel désir de dire adieu convenablement.Les effets spéciaux sont spectaculaires, à l\u2019instar des décors et panoramas.Les interprètes sont très investis\u2026 Bref, on espérait un bon Scandale (V.F.de Bombshell) ?La chute de Roger Ailes, parti en disgrâce de Fox News dans la foulée d\u2019un scandale de harcèlement sexuel, LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 53 Cultur e Notr e s élection cinéma en s alle Merci pour tout ?1/2 Un an que Marianne et Christine Cyr ne se sont pas parlé.Depuis le Noël Le chant des noms (V.F.de The Song of Names) ?1/2 En adaptant le roman de Norman Le- brecht sur un violoniste virtuose fuyant sa famille adoptive londonienne après que les siens eurent été emportés par la Shoah, le Québécois François Girard (Le violon rouge, Hochelaga) livre un film parfois en panne d\u2019émotion, mais marqué par une exceptionnelle scène phare qui donne son titre au film.Avec une forte distribution, entre autres Tim Roth et Clive Owen en amis d\u2019enfance réunis 35 ans plus tard, le cinéaste garde la bride sur ses acteurs et sa réalisation classique manque de pulsion vive, par-delà ses grands moments.Odile Tremblay précédent, en l\u2019occurrence.Or, au décès de leur père absent, les deux sœurs sont forcées de se revoir.Déjà compliquées par les volontés du défunt souhaitant qu\u2019on disperse ses cendres aux Îles-de-la-Madeleine, les choses s\u2019embrouillent davantage lorsque les deux Montréalaises découvrent des liasses de billets dans le congélateur paternel.Réalisé avec un dynamisme contagieux par Louise Ar- chambault, écrit avec une verve savoureuse par Isabelle Langlois et porté par des Julie Perreault et Maga- lie Lépine-Blondeau très complices, ce road movie comique offre des rires à profusion tout en ménageant de jolis moments d\u2019émotion.Contrairement aux héroïnes, on sait pas mal d\u2019entrée de jeu où tout cela s\u2019en va.Mais justement, la raison d\u2019être d\u2019un road movie n\u2019est-elle pas le voyage plutôt que la destination?Un beau divertissement de saison.François Lévesque Sous pression (V.F.de Underwater) ?1/2 Une base sous-marine isolée par un bris, une poignée de survivants, puis le constat terrible qu\u2019une créature hostile rôde: on connaît la formule du thriller aquatique, la même que son équivalent spatial avec alors vaisseau ou station spatiale comme décor.Et pour peu que ce soit bien fait, on ne demande pas mieux que de se prêter au jeu.Or, encore faut-il que le suspense et l\u2019horreur, principaux éléments justifiant qu\u2019on ferme les yeux sur les grosses ficelles narratives souvent inhérentes à ce type de propositions, soient au rendez-vous.On cherchera en vain l\u2019un et l\u2019autre ici.En lieu et place: une laborieuse et répétitive marche sur un plancher océanique enténébré d\u2019un point A à un point B, avec en guise de tension de rares sursauts.Frénétiques, la réalisation et le montage rendent plusieurs séquences d\u2019attaques carrément illisibles.Ah et, indistinctes la plupart du temps, les bi- bittes s\u2019avèrent peu mémorables lorsqu\u2019on les voit.François Lévesque Chaakapesh le film ?C\u2019était le projet de Kent Nagano depuis son arrivée au Canada, à la tête de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, que de visiter le Grand Nord du Québec.Ce rêve est finalement devenu réalité à deux reprises.Chaaka- pesh, documentaire tourné par Roger Frappier et Justin Kingsley, suit l\u2019orchestre dans sa dernière tournée effectuée au Nunavik, à l\u2019automne 2018.Pour l\u2019occasion, l\u2019OSM a commandé un livret d\u2019opéra à l\u2019auteur cri Thomson Highway, sur une musique du compositeur de musique classique contemporaine Matthew Ricketts.En plus de suivre l\u2019orchestre dans son expérience du Grand Nord, les documentaristes ont longuement interrogé les créateurs de l\u2019opéra, plusieurs musiciens, ainsi que les récitants autochtones qui ont livré le livret de Thomson Highway, respectivement en cri, en innu et en inuktitut.En ressort un film pour public averti, auquel on pardonnera certaines longueurs, pour souligner l\u2019originalité de l\u2019expérience.Caroline Montpetit droits civils chargé d\u2019innocenter un homme victime d\u2019une justice expéditive, et ouvertement raciste.Michael B.Jordan, d\u2019une assurance tranquille en jeune idéaliste, fait face à Jamie Foxx, tout à fait remarquable en faux coupable.Un cinéma qui flatte notre bonne conscience, et nous rassure sur notre humanité.André Lavoie son style si ambitieux à un propos solide.Inspiré d\u2019un fait vécu, le film tourne autour de Franz Jägerstätter, un fermier autrichien, bon catholique et père de famille qui a payé cher son refus de s\u2019enrôler comme soldat nazi.Si le choix de tourner en anglais enlève de la crédibilité au résultat, les raccords de plans contribuent à illustrer la rupture de cette vie si heureuse et simple, devenue complexe et tragique.Scènes d\u2019une grande beauté et de violence se succèdent.Jérôme Delgado Une vie cachée (V.F.de A Hidden Life) ?1/2 Envoûtant dès les premiers plans, tragique et tendu comme un suspens, A Hidden Life ramène le Terrence Malick de The Tree of Life, Palme d\u2019or en 2011, et de The Thin Red Line (1998).Dans ce récit campé sur fond de Deuxième Guerre mondiale, mais sans champs de bataille, le réalisateur réussit à marier En collaboration avec Une exposition réalisée par Pointe-à-Callière en partenariat avec le Musée Art & Histoire de Bruxelles.POINTE-À-CALLIÈRE PARTICIPEZ AU TISSAGE INTERACTIF © C a r o l i n e T h i b a u l t DÈS MAINTENANT pacmusee.qc.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Culture Écrans 54 SAMEDI ILS SE MARIÈRENT ET EURENT BEAUCOUP D\u2019ENFANTS (4) Fr.2004.Comédie dramatique d\u2019Yvan Attal avec Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat.- Une jeune femme trompée par son mari se prend à rêver d\u2019une autre vie après avoir croisé le regard d\u2019un bel inconnu.ARTV 12h DE ROUILLE ET D\u2019OS (3) Fr.2012.Drame de Jacques Audiard avec Matthias Schoe- naerts, Marion Cotillard, Armand Verdure.- Une relation se tisse entre une jeune femme amputée des jambes et un père célibataire fruste et fauché, qui tente de se sortir de sa condition en participant à des combats à mains nus.ARTV 14h DRÔLE DE MONDE (4) (Funny People), É.-U.2009.Comédie dramatique de Judd Apatow avec Adam Sandler, Seth Rogen, Leslie Mann.- Un comique populaire, riche et arrogant engage un jeune humoriste ambitieux pour le soutenir après avoir découvert qu\u2019il est atteint d\u2019une grave maladie.MAX 15h30 RIO 2 (4) É.-U.2014.Film d\u2019animation de Carlos Saldanha.- Alors qu\u2019ils se croyaient les seuls de leur espèce, un perroquet, sa compagne et leurs trois rejetons décident de rejoindre leurs semblables, découverts en Amazonie.V 15h45 JUMPER.FRANCHIR LE TEMPS (5) (Jumper), É.-U.2008.Science-fiction de Doug Liman avec Hayden Christensen, Jamie Bell, Rachel Bilson.- Un jeune homme capable de se téléporter est pourchassé par des agents d\u2019élite chargés d\u2019éliminer au fil des siècles ceux de son espèce.TVA 16h15 ARTHUR ET LES MINIMOYS (5) (Arthur and the Invisibles), Fr.2006.Comédie fantaisiste de Luc Besson avec Freddie Highmore, Mia Farrow.- Pour aider sa grand-mère, un garçon part à la recherche d\u2019un trésor que son grand-père aurait caché sur leur propriété, dans un univers microscopique.TQ 18h HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT.2E PARTIE (3) (Harry Potter and the Deathly Hallows : Part 2), É.-U.2011.Drame fantastique de David Yates avec Daniel Radcliffe, Ralph Fiennes, Emma Watson.- Pendant qu\u2019un jeune sorcier recherche dans son école trois objets contenant des parcelles de l\u2019âme d\u2019un mage diabolique, ce dernier prépare avec ses troupes un assaut pour le capturer.V 18h TITANIC (3) É.-U.1997.Drame sentimental de James Cameron avec Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Billy Zane.- Une dame de 101 ans raconte l\u2019aventure amoureuse qu\u2019elle a vécue à bord du Titanic en 1912.TVA 18h30 BONJOUR LES VACANCES (5) (National Lampoon\u2019s Vacation), É.-U.1983.Comédie de Harold Ramis avec Chevy Chase, Beverly d\u2019Angelo, Anthony Michael Hall.- Les tribulations d\u2019une famille de Chicago en route pour la Californie.MAX 18h30 LA DUCHESSE (4) (The Duchess), G.-B.2008.Drame historique de Saul Dibb avec Keira Knightley, Ralph Fiennes, Hayley Atwell.- Au XVIIIe siècle en Angleterre, la vie tumultueuse de Geor- giana Spencer, épouse du Duc de Devonshire.ARTV 20h LA COLÈRE DES TITANS (5) (Wrath of the Titans), É.-U.2012.Drame fantastique de Jonathan Liebesman avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes.- Le demi-dieu Persée vole au secours de son père Zeus, fait prisonnier par son frère Hadès, qui s\u2019apprête à libérer le Titan Cronos des entrailles de l\u2019enfer.MAX 20h30 LE WOLVERINE (4) (The Wolverine), É.-U.2013.Science-fiction de James Mangold avec Hugh Jackman, Tao Okamoto, Rila Fukushima.- Un mutant misanthrope aux griffes d\u2019acier se fait proposer un marché inattendu par un milliardaire japonais mourant dont il avait autrefois sauvé la vie.V 20h45 7 SŒURS (5) (What Happened to Monday), G.-B.2017.Science-fiction de Tommy Wirkola avec Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe.- Dans un futur où le contrôle des naissances est régimenté, sept jumelles identiques rusent avec le système.TFO 21h WIMBLEDON (4) É.-U.2004.Comédie sentimentale de Richard Loncraine avec Paul Bettany, Kirsten Dunst, Sam Neill.- Lors de son tournoi d\u2019adieu, un joueur de tennis sur le déclin se remet à gagner lorsqu\u2019il s\u2019éprend d\u2019une jeune consœur américaine.ELLE 21h LE MAÎTRE (2) (The Master), É.-U.2012.Drame de Paul Thomas Anderson avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams.- Un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale alcoolique et violent rencontre le leader d\u2019un mouvement spirituel naissant.TQ 22h LE DERNIER SAMOURAÏ (4) (The Last Samurai), É.-U.2003.Drame de guerre d\u2019Edward Zwick avec Tom Cruise, Ken Watanabe, Koyuki.- En 1876, un capitaine américain venu entraîner les troupes de l\u2019empereur japonais est fait prisonnier par un samouraï rebelle dont il épouse la cause.TVA 22h45 ILS SE MARIÈRENT ET EURENT BEAUCOUP D\u2019ENFANTS Voir samedi, 12h.ARTV 23h LA DANSEUSE Voir dimanche, 21h.TFO 23h31 \u201971 (3) G.-B.2013.Drame de guerre de Yann Demange avec Jack O\u2019Connell, Sam Reid, Paul Anderson.- En 1971, dans Belfast déchirée par la guerre civile, un jeune soldat anglais, perdu, blessé et abandonné par les siens, s\u2019efforce de survivre en territoire ennemi.RC 0h30 7 SŒURS Voir samedi, 21h.TFO 1h31 LA CONJURATION 2 (4) (The Conjuring 2), É.-U.2016.Drame d\u2019horreur de James Wan avec Madison Wolfe, Vera Farmiga, Patrick Wilson.- En 1977, un démonologue américain et son épouse médium aident une Londonienne célibataire, dont la fille cadette semble possédée par un esprit malin.TVA 1h45 DIMANCHE BARRIÈRES (3) (Fences), É.-U.2016.Drame de Denzel Washington avec Denzel Washington, Viola Davis, Mykelti Williamson.- Dans les années 1950 à Pittsburgh, un éboueur noir, qui a toujours rêvé d\u2019être une vedette de baseball professionnel, déverse son amertume sur ses proches.TVA 10h ARTHUR ET LES MINIMOYS Voir samedi, 18h.TQ 12h GOOD MORNING, VIETNAM (4) É.-U.1987.Comédie dramatique de Barry Levinson avec Robin Williams, Forest Whitaker, Tung Thanh Tran.- Au Vietnam en 1965, un caporal américain devient le disc-jockey volubile et spirituel d\u2019une émission de radio matinale diffusée par l\u2019armée.Z 14h LES APPRENTIS CHAMPIONS (5) (Cool Runnings), É.-U.1993.Comédie dramatique de Jon Turteltaub avec Leon, Doug E.Doug, Malik Yoba.- Les difficultés qu\u2019a dû surmonter la première équipe jamaïcaine de bobsleigh pour se rendre aux Jeux Olympiques de Calgary en 1988.V 14h UNE VIE DE BESTIOLE (3) (A Bug\u2019s Life), É.-U.1998.Film d\u2019animation de John Lasseter.- Une fourmi fait appel à une troupe de bestioles acrobates pour défendre sa colonie contre des sauterelles.RC 15h LE SMOKING (5) (The Tuxedo), É.-U.2002.Comédie fantaisiste de Kevin Donovan avec Jackie Chan, Jennifer Love Hewitt, Jason Isaacs.- Un simple chauffeur se transforme en super agent secret lorsqu\u2019il revêt un smoking rempli de gadgets lui permettant d\u2019accomplir d\u2019étonnants exploits.MAX 15h30 LE RETOUR DE NOUNOU MCPHEE (4) (Nanny McPhee Returns), G.-B.2010.Comédie fantaisiste de Susanna White avec Emma Thompson, Maggie Gyllenhaal, Rhys Ifans.- Durant la Deuxième Guerre mondiale, une gouvernante hideuse aux pouvoirs magiques tente de discipliner les enfants et neveux d\u2019une fermière sans nouvelles de son mari au front.TVA 15h45 THE TOWN (4) É.-U.2010.Drame policier de Ben Affleck avec Ben Affleck, Rebecca Hall, Jeremy Renner.- À Boston, un cambrioleur noue, sous une fausse identité, une relation amoureuse avec la gérante de la banque qu\u2019il a braquée quelques jours plus tôt avec ses complices.MAX 17h30 LES GARDIENS DE LA GALAXIE (4) (Guardians of the Galaxy), É.-U.2014.Science-fiction de James Gunn avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Benicio Del Toro.- Pourchassé par un fanatique qui menace l\u2019univers, un aventurier de l\u2019espace obtient l\u2019aide de quatre confrères extraterrestres.V 18h LES DERNIERS VILAINS (4) (Mad Dog & The Butcher \u2013 Les derniers vilains), Can.2019.Documentaire de Thomas Rinfret.- À 80 ans passés, Paul «The Butcher» Vachon retrace l\u2019époque glorieuse où lui et son grand frère «Mad Dog» régnaient en maîtres dans le milieu de la lutte professionnelle.TQ 20h UNE JEUNE FILLE (4) Can.2013.Drame psychologique de Catherine Martin avec Ariane Legault, Sébastien Ricard, Marie-Ève Bertrand.- Une intimité inattendue se tisse entre une adolescente montréalaise en fugue et le fermier gaspésien qui l\u2019accueille chez lui.ARTV 20h DRÔLE DE MONDE Voir samedi, 15h30.MAX 20h INTERSTELLAIRE (3) (Interstellar), É.-U.2014.Science-fiction de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Wes Bentley.- Après avoir traversé un trou de ver près de Saturne, des astronautes recherchent une planète habitable pour l\u2019espèce humaine, dont les jours sur la Terre sont comptés.V 20h30 TROIS ÉTRANGERS IDENTIQUES (4) (Three Identical Strangers), É.-U.2018.Documentaire de Tim Wardle.- En 1980, trois New-Yorkais de 19 ans découvrent par hasard qu\u2019ils sont des triplés identiques ayant été séparés peu après leur naissance.CD 21h LA DANSEUSE (4) Fr.2016.Drame biographique de Stéphanie Di Giusto avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry.- La carrière de la danseuse Loïe Fuller, Franco-Américaine qui a connu la gloire au tournant du XXe siècle.TFO 21h LES GAMINS (4) Fr.2012.Comédie sentimentale d\u2019Anthony Marciano avec Max Boublil, Alain Chabat, Mélanie Bernier.- Un aspirant musicien est entraîné dans une folle virée par son futur beau-père, un quinquagénaire qui a quitté son épouse pour vivre ses rêves d\u2019adolescent.TQ 22h DE ROUILLE ET D\u2019OS Voir samedi, 14h.ARTV 23h L\u2019ÉCRIVAIN FANTÔME (3) (The Ghost Writer), Fr.2010.Thriller de Roman Polanski avec Ewan McGregor, Olivia Williams, Pierce Brosnan.- Un écrivain fantôme qui rédige les mémoires de l\u2019ex-premier ministre britannique met sa vie en péril après avoir découvert des secrets troublants sur le passé du politicien.RC 23h05 LES MISÉRABLES (4) G.-B.2012.Drame musical de Tom Hooper avec Hugh Jack- man, Russell Crowe, Eddie Redmayne.- Persécuté par un policier tenace, un ancien forçat, devenu propriétaire d\u2019usine sous une fausse identité, adopte la fillette d\u2019une de ses ex-employées morte dans la misère.TVA 23h30 MARIA CHAPDELAINE Voir lundi, 21h.TFO 23h31 LES VOIX (5) (The Voices), É.-U.2013.Comédie fantaisiste de Marjane Satrapi avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick.- Amoureux d\u2019une collègue, un ouvrier schizophrène cesse de prendre ses médicaments et, dans un accès de folie, provoque sa mort.RC 1h13 LA DANSEUSE Voir dimanche, 21h.TFO 1h30 LUNDI ICI ET MAINTENANT (3) (The Spectacular Now), É.-U.2012.Comédie dramatique de James Ponsoldt avec Miles Teller, Shailene Woodley, Brie Larson.- Grâce à sa rencontre avec une jeune fille réservée, un adolescent fêtard et insouciant apprend à mieux se connaître.VIE 13h OPÉRATION SWORDFISH (5) (Swordfish), É.-U.2001.Thriller de Dominic Sena avec John Travolta, Hugh Jackman, Halle Berry.- Un jeune pirate de l\u2019informatique se compromet dans une dangereuse escroquerie montée par un criminel mégalomane.MAX 21h MARIA CHAPDELAINE (4) Fr.1934.Drame de Julien Duvivier avec Madeleine Renaud, Jean Gabin, Jean-Pierre Aumont.- Installée avec sa famille sur une terre en friche dans la région du lac Saint-Jean, une jeune femme est courtisée par un bûcheron, un fermier et un citadin venu du Massachusetts.TFO 21h BERTHE MORISOT (4) Fr.2012.Drame historique de Caroline Champetier avec Marine Delterme, Alice Butaud, Malik Zidi.- En 1865, une fille de préfet tourne le dos à son destin tout tracé et devient, sous l\u2019impulsion d\u2019Édouard Manet, la première peintre impressionniste.TFO 23h29 STARDUST: LE MYSTÈRE DE L\u2019ÉTOILE (4) (Stardust), É.-U.2007.Drame fantastique de Matthew Vaughn avec Charlie Cox, Claire Danes, Michelle Pfeiffer.- Un jeune homme se rend dans un royaume enchanté pour retrouver une étoile filante qui a pris la forme d\u2019une ravissante jeune femme.TVA 0h35 MARIA CHAPDELAINE Voir lundi, 21h.TFO 1h30 MARDI TROIS ÉTRANGERS IDENTIQUES Voir dimanche, 21h.CD 10h COMBINAISON GAGNANTE (5) (Lucky Numbers), É.-U.2000.Comédie de Nora Ephron avec John Travolta, Tim Roth, Lisa Kudrow.- Un présentateur météo vedette en difficulté financière entreprend de trafiquer le tirage télévisé de la loterie.VIE 13h LES DERNIERS VILAINS Voir dimanche, 20h.TQ 14h BERTHE MORISOT (4) Fr.2012.Drame historique de Caroline Champetier avec Marine Delterme, Alice Butaud, Malik Zidi.- En 1865, une fille de préfet tourne le dos à son destin tout tracé et devient, sous l\u2019impulsion d\u2019Édouard Manet, la première peintre impressionniste.TFO 21h INGRID PERD LE NORD (4) (Ingrid Goes West), É.-U.2017.Comédie dramatique de Matt Spicer avec Aubrey Plaza, Elizabeth Olsen, O\u2019Shea Jackson Jr.- Obnubilée par les réseaux sociaux, une déséquilibrée s\u2019installe à Los Angeles où elle espère nouer des liens avec une célébrité d\u2019Instagram.TFO 23h29 BERTHE MORISOT Voir mardi, 21h.TFO 1h31 MERCREDI À BOUT PORTANT (5) (Beyond the Reach), É.-U.2015.Thriller de Jean-Baptiste Leonetti avec Jeremy Irvine, Michael Douglas, Hanna Man- gan Lawrence.- Sans eau ni vêtements pour se protéger du soleil, un guide de chasse est condamné à mourir dans le désert de Mojave par son client milliardaire, qui a abattu par erreur un vieil ermite.TVA 13h INGRID PERD LE NORD (4) (Ingrid Goes West), É.-U.2017.Comédie dramatique de Matt Spicer avec Aubrey Plaza, Elizabeth Olsen, O\u2019Shea Jackson Jr.- Obnubilée par les réseaux sociaux, une déséquilibrée s\u2019installe à Los Angeles où elle espère nouer des liens avec une célébrité d\u2019Instagram.TFO 21h01 NOS FEMMES (5) Fr.2015.Comédie de Richard Berry avec Richard Berry, Daniel Auteuil, Thierry Lhermitte.- Après avoir étranglé sa femme qu\u2019il soupçonnait d\u2019infidélité, un coiffeur demande à ses deux meilleurs amis de lui fournir un alibi.TFO 23h30 VOUS DESCENDEZ?(5) (A Long Way Down), G.-B.2013.Comédie dramatique de Pascal Chaumeil avec Pierce Brosnan, Toni Collette, Imogen Poots.- À Londres, quatre hommes et femmes suicidaires, qui se sont rencontrés le 31 décembre au soir sur le toit d\u2019un immeuble, s\u2019engagent à ne pas attenter à leur vie avant la Saint-Valentin.TVA 0h35 INGRID PERD LE NORD Voir mercredi, 21h.TFO 1h31 JEUDI NOS FEMMES (5) Fr.2015.Comédie de Richard Berry avec Richard Berry, Daniel Auteuil, Thierry Lhermitte.- Après avoir étranglé sa femme qu\u2019il soupçonnait d\u2019infidélité, un coiffeur demande à ses deux meilleurs amis de lui fournir un alibi.TFO 21h01 LA DUCHESSE Voir samedi, 20h.ARTV 23h LES SŒURS BRONTË (4) Fr.1979.Drame biographique de André Téchiné avec Isabelle Adjani, Marie-France Pisier, Isabelle Huppert.- Les trois filles d\u2019un pasteur s\u2019adonnent à des travaux littéraires et encouragent leur frère dans ses efforts artistiques.TFO 23h30 EMPRISE SUR LA VILLE (5) (Broken City), É.-U.2013.Thriller de Allen Hughes avec Mark Wahlberg, Russell Crowe, Catherine Zeta-Jones.- Un ancien policier devenu détective privé à la suite d\u2019une faute professionnelle est engagé par le maire de New York pour suivre son épouse.TVA 23h35 NOS FEMMES Voir jeudi, 21h01.TFO 1h30 RIDDICK (5) É.-U.2013.Science-fiction de David Twohy avec Vin Diesel, Karl Urban, Matt Nable.- Échoué sur une planète infestée de monstres sanguinaires, un détenu en cavale lance un signal de détresse capté par deux bandes rivales de chasseurs de primes.TVA 1h35 VENDREDI LES SŒURS BRONTË (4) Fr.1979.Drame biographique d\u2019André Téchiné avec Isabelle Adjani, Marie-France Pisier, Isabelle Huppert.- Les trois filles d\u2019un pasteur s\u2019adonnent à des travaux littéraires et encouragent leur frère dans ses efforts artistiques.TFO 21h REVANCHE (5) (Revenge), É.-U.1989.Drame de mœurs de Tony Scott avec Kevin Costner, Anthony Quinn, Madeleine Stowe.- Après avoir découvert que sa femme le trompe avec un jeune pilote, un riche propriétaire mexicain exerce une dure vengeance contre eux.MAX 22h WIMBLEDON Voir samedi, 21h.ELLE 23h UNE JEUNE FILLE Voir dimanche, 20h.RC 23h05 MADAME BOVARY (4) Fr.1991.Drame de mœurs de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert, Jean-François Balmer, Christophe Malavoy.- La jeune épouse d\u2019un médecin de province tente de déjouer son ennui en s\u2019engageant dans diverses aventures galantes.TFO 23h31 LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE (4) Fr.2008.Comédie dramatique de Rémi Bezançon avec Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Marc-André Grondin.- La vie des membres d\u2019une famille de classe moyenne, en cinq moments importants répartis entre 1988 et 2000.RC 0h30 MAELSTROM (4) Can.2000.Drame psychologique de Denis Villeneuve avec Marie-Josée Croze, Jean-Nicolas Verreault, Stéphanie Morgenstern.- Après avoir tué un homme avec sa voiture sans s\u2019arrêter, une jeune femme rongée par la culpabilité rencontre le fils de la victime.TQ 0h30 LA VENGEANCE DANS LE SANG (5) (Dying of the Light), É.-U.2014.Drame d\u2019espionnage de Paul Schrader avec Nicolas Cage, Anton Yelchin, Alexander Karim.- Souffrant de démence précoce, un ex-agent de la CIA reprend du service pour traquer son tortionnaire de jadis, un terroriste islamiste atteint d\u2019une grave maladie du sang.TVA 0h35 LES SŒURS BRONTË Voir vendredi, 21h.TFO 1h30h LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Culture Écrans 55 L\u2019appartement Club Illico, dès jeudi SUR VOS ÉCRANS \u2013 DES ENTRAÎNEURS BIEN DIFFÉRENTS On rencontre dans le documentaire Ali Nestor et les Princes de la rue quelques jeunes qui ont trouvé refuge dans le gym-école pas banal du boxeur Ali Nestor.RADIO-CANADA AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Réussir autrement On associe à raison le boxeur et entraîneur montréalais Ali Nestor à la classe politique puisque plusieurs politiciens s\u2019entraînent avec lui.L\u2019ex-maire de Montréal Denis Coderre a fondu comme neige au soleil sous ses conseils, Justin Trudeau lui a fait confiance pour le préparer pour son illustre combat contre Patrick Brazeau, l\u2019ancienne mairesse d\u2019arrondissement Anie Samson a trouvé le bonheur dans son gymnase, tout comme l\u2019ancien ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel.Ces trois derniers se retrouvent dans le documentaire de Joël Bertomeu, qui dresse le portrait de Nestor, mais surtout de l\u2019organisme qu\u2019il a mis sur pied pour aider des jeunes qui flirtent avec la délinquance et le crime, ou qui ont flirté avec ceux-ci, à travers la pratique de la boxe et des arts martiaux, ayant lui- même été pas tellement sage dans sa jeunesse.On rencontre dans ce film quelques jeunes qui ont trouvé refuge dans son gym-école pas banal.L\u2019ensemble est fort intéressant et souvent très émouvant, mais on aurait aimé en savoir un peu plus sur la façon dont se conjuguent l\u2019entraînement physique et le parcours scolaire, et sur les résultats de cette démarche singulière.Énigmatique entraîneur On retrouve également un entraîneur sportif au cœur de cette minisérie inspirée du roman du même titre de Stephen King, mais son destin (fictif) est très différent de celui de M.Nestor\u2026 Terry Maitland (Jason Bateman), qui entraîne les jeunes garçons d\u2019une équipe de baseball dans une petite ville anonyme, est accusé du viol et du meurtre d\u2019un joueur de 11 ans.Les Doc humanité : Ali Nestor et les Princes de la rue Radio-Canada, samedi, 22 h 30 échantillons d\u2019ADN prouvent qu\u2019il serait le coupable, mais des preuves vidéo montrent pour leur part qu\u2019il était ailleurs au moment du crime.La minisérie, à mi-chemin entre le polar et le drame d\u2019horreur aux relents fantastiques, suit l\u2019enquête sinueuse menée par le détective Anderson (Ben Mendelsohn) pour élucider ce crime horrible, qui prend une tournure étrange.Les premiers épisodes de la série, réalisée en partie par Jason Bateman et scénarisée (aussi en partie) par l\u2019écrivain Dennis Lehane, donnent le goût de connaître son dénouement rapidement.À moins d\u2019avoir lu le roman\u2026 Pignon sur rue La première incursion de la platefor- me numérique de Vidéotron du côté de la téléréalité documentaire rappellera aux adolescents des années 1990 quelques souvenirs télévisuels très lointains.C\u2019est que la prémisse ressemble à s\u2019y méprendre au premier concept de téléréalité qui a fait son apparition à la télé québécoise durant cette décennie : la série Pignon sur rue, diffusée à Télé-Québec de 1995 à 1999, dans laquelle on suivait le quotidien de jeunes adultes issus de différentes régions du Québec qui cohabitaient dans un grand appartement montréalais.Dans L\u2019appartement, une production créée et réalisée par Simon Sachel (Un zoo pas comme les autres), on suivra les aventures de cinq jeunes adultes eux aussi originaires de régions québécoises qui se retrouvent ensemble dans un logement du Plateau Mont-Royal.Même concept, mais époque différente.Les aventures de ces jeunes pousses urbaines seront sans doute un peu différentes de celles des cohortes de Pignon sur rue.Quoique\u2026 The Outsider HBO et Crave, dimanche, 21 h ; V.O., s.-t.f.à Super Écran, dimanche, 21 h et en version française, mercredi, 21 h Le visionnement en continu L\u2019acteur comique Kumail Nanjiani et sa conjointe Emily V.Gordon avaient causé (l\u2019agréable) surprise avec leur comédie romantique racontant leur histoire d\u2019amour sur fond de différences culturelles et religieuses dans The Big Sick en 2017.On espère donc beaucoup de cette nouvelle série d\u2019anthologie à laquelle ils collaborent, qui raconte sur le ton de la fiction huit histoires bien vraies d\u2019immigrants aux États- Unis qui ont été relatées dans une série d\u2019articles d\u2019Epic Magazine.Little America AppleTv+, dès vendredi Le Courrier des écrans Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands Inscrivez-vous?: www.ledevoir.com/infolettres 25 janvier au 8 mars TROUSSE MYSTIQUE Marie-Claude Bouthillier - Isa Carrillo Alex Coma - Héctor Jiménez Castillo Marigold Santos - Jennifer Murphy OMSK Social Club Commissaire : Anaïs Castro Vernissage : Dimanche 26 janvier, 14 h 14 mars au 19 avril MATIÈRE, MASSE et POUSSIÈRE David Armstrong Six \u2013 Leyla Majeri Stefan Sollenius \u2013 Thea Yabut Commissaire : Manel Benchabane Vernissage : Dimanche 15 mars, 14 h Entrée libre 176, ch.du Bord-du-Lac, Lakeshore Rd.INFO : 514 630-1254 / www.pointe-claire.ca Jeudi 27 février, 19 h Kusama - In?nity Réalisatrice : Heather Lenz (En anglais) Jeudi 26 mars, 19 h Anthropocène : L\u2019Époque humaine Réalisateurs : Jennifer Baichwal, Nicholas de Pencier, Edward Burtynsky (En anglais) Jeudi 23 avril, 19 h Mur Murs Réalisatrice : Agnès Varda (En français) Jeudi 21 mai, 19 h Angry Inuk Réalisatrice : Alethea Arnaquq-Baril (En anglais) * Toutes les activités sont suivies par une période de questions bilingue * DÉMYSTIFIER L\u2019ART LA SÉRIE CINÉ-ART Joignez-vous à nous pour un café et des brioches à la Galerie Mercredi 5 février, 10 h Anaïs Castro (En anglais) Mercredi 18 mars, 10 h David Armstrong Six (En anglais) Mercredi 15 avril, 10 h Archie Fineberg (En anglais) Mercredi 29 avril, 10 h David Garneau (En anglais) LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 01/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Le dernier soir / La trail Carte blanche / Anas Hassouna Le Téléjournal Ali et les princes TVA TVA nouvelles TITANIC (1997) avec Leonardo DiCaprio, Billy Zane, Kate Winslet.22h15 TVANou.22h45 LE DERNIER SAMO.TQ Kung Fu Panda: Les secrets des Cinq Cyclones 19h45 Grizzy Cette année-là Belle et Bum LE MAÎTRE (2012) Philip Seymour Hoffman.V HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT: 2IÈME PARTIE (2011) 20h45 LE WOLVERINE (2013) avec Will Yun Lee, Tao Okamoto, Hugh Jackman.ICI RDI Le Téléjournal Découverte Le National Les grands reportages Le Téléjournal La Facture Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Coups de coeur / La Compagnie Créole, Pierre Perret Voisins/ Voisins Voisins/ Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Enchères Hélico tout terrain / La rentrée Catastrophes en mer Fabien Cloutier: Assume Pilotes Boss enchères Paranormal CANAL VIE Comme chien et chat Conseils Mères à boutte Maman médium / Oui, j'y crois! Les cheaps On se marie Mise à nu / Les seins Quintuplées RDS 16h30 LNF Football (D) Sports 30 Blitz /20h15 LNF Football - Championnat de Division (D) HISTORIA Transmission Transmission Humanité en péril! Humanité en péril! / Trou noir Nos ancêtres les extraterrestres Nos ancêtres les extraterrestres Pawn Stars ICI ARTV Blanche Tout simplement country LA DUCHESSE (2008) avec Ralph Fiennes, Keira Knightley.La folle aventure des Durrell Cinéma EXPLORA À la poursuite de l'or Jago: Une vie sous l'eau La Semaine verte Titanoboa: Le serpent géant Pharmachien Z Diesel Brothers (v.f.) Chasseurs d'ouragans Péril en haute mer BOMBER (1982) avec Jerry Calà, Bud Spencer.En rodage sav-media Question santé Inflammatoires 36.9° / Migraine de folie Inventer le ciel Recherch Conf du Savoir Conf du Savoir Grand chapitre TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Flip Métiers/ On fête Océania 20h50 ONFR+ 7 SOEURS (2017) avec Glenn Close, Noomi Rapace.23h05 Réalisa.Planète Matière grise Grands Mythes La quête des vents The Believers / La maison De Grey Street Pourquoi nous détestent-ils?CBC CBCNews Hockey Central LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Sénateurs d'Ottawa (D) Hockey / Edmonton vs Calgary (D) CTV 16h30 LNF Football - Championnat de Division (D) LNF Football - Championnat de Division (D) CTV National GBL Global News Global National BorderSecur Security Ransom Private Eyes Mary Kills People Global News ABC 16h30 To Be Announced TBA The Conners The Conners The Goldbergs The Goldbergs 20/20 News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight The NFL Today Football - Championnat de la division AFC (D) News PBS (33) Time Goes By Appearances Hold Still Open Miss Fisher's Murder Mysteries Doc Martin / Faith Shakespeare Hathaway Austin City UNIS Le p'tit cabaret Trait d'humour Partie 1 de 2 Le punch Balade Chars Chars À plein gaz À plein gaz Watatatow HBO1 17h45 Very Ralph 19h40 BUZZ (2019) Buzz Bissinger.21h15 Daniel Sloss: X 22h50 Ballers 23h20 Ballers TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Sénateurs d'Ottawa (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 TVA sp.23h15 Hockey SAMEDI 01/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Pharmachien Tout le monde en parle Le Téléjournal Sports/ Infoman Cinéma TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) La Magie des Stars Célébration 2020 / Louis-Jean Cormier TVA nouvelles Les as de L.A.TQ Point doc / Rire et pleurer Deux hommes en or Les derniers vilains M'entends-tu?LES GAMINS (2013) Alain Chabat.V LES GARDIENS DE LA GALAXIE (2014) avec Vin Diesel, Chris Pratt.INTERSTELLAIRE (2014) avec Anne Hathaway, Jessica Chastain, Matthew McConaughey.ICI RDI Le Téléjournal Enquête Le National La Semaine verte Le Téléjournal Céline Galipeau Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Les Princes Journal/ L\u2019invité CANAL D Pleine tempête Bras de fer Mayday / Descente mortelle Douanes Douanes Docu-D / Trois étrangers identiques Structures CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Les naufragés de l'amour La vie avec des quintuplées Dre Boutons / Kystes en folie M.DEEDS (2001) Adam Sandler.RDS 16h30 LNF Football (D) NFL 100 NFL 100 NFL 100 Sports 30 Sports 30 HISTORIA Nos ancêtres les extraterrestres Profession: brocanteur Fièvre encans Fièvre encans Les pas de Les pas de Sortons danser! L'acier et feu ICI ARTV La table de Kim La revue culturelle de 2019 UNE JEUNE FILLE (2013) Sébastien Ricard.Mr Bean La guerre des mondes Cinéma EXPLORA Concevoir l'impossible Gros labo Cobaye Pharmachien Planète techno Jeu science Jeu science Découverte Artisans Z Galas Juste pour rire 2018 Synvain rénove La vie après Coups cochon Roast Battle Déroute Déroute Surnaturel / Le plein d'âme Nature sauv.sav-media 17h55 Chapitre Biblioth/ Histoire Histoire/ Nerds Décor/ Érudit Grand chapitre 20h50 Biblioth Lexique Question santé Inflammatoires Couple nerds Grand chapitre TFO Les sapiens Les sapiens Les sapiens 19h35 Sapiens Les sapiens Métiers/ On fête LA DANSEUSE (2013) Aleska Diamond.22h55 Réalisa.23h20 ONFR+ Planète 17h30 L'abbé La fin des Ottomans Matière grise Grands Mythes Général Ishiwara Un samouraï au Vatican CBC Endlings Endlings FindMeParis FindMeParis High Arctic Haulers The Fifth Estate CBC News: The National CBCNews CTV 16h30 LNF Football (D) The Big Bang God Friended Me / BFF All Rise The Rookie CTV National GBL Global News Global National BorderSecur Security Kids Say the Darndest Things NCIS: Los Angeles NCIS: New Orleans Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Kids Say the Darndest Things Shark Tank Shark Tank News CBS 15h00 Football Weekend News 60 Minutes God Friended Me / BFF NCIS: Los Angeles Madam Secretary News PBS (33) Great British Baking / Cake A Place to Call Home Masterpiece Classic Masterpiece Classic / Sanditon Masterpiece Classic / Sanditon Midwife UNIS Pas plus bêtes Fous animaux Les Newbies Les Parent Les Parent La galère File d'attente Captive Fontaine/ Jade HBO1 17h40 Lindsey Vonn: Final 19h15 THE APOLLO (2019) avec Patti LaBelle, Jamie Foxx.The Outsider / Fish in a Barrel The Outsider / Roanoke Cinéma TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Panthers de la Floride (D) RAW Le TVA sports WTA Tennis DIMANCHE 01/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Lâcher prise Une autre histoire Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal En tout cas L'échappée / Départs Fugueuse la suite / Tête brulée TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût Point doc Zone franche Entends 22h40 Entends Dans médias V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire Maître du chantier La semaine des 4 Julie La grande évasion Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Des biscuits à toute heure Reliques saint Pierr Apocalypse Le jour où.Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Douanes Douanes Structures / La ruée vers l'or Phénomènes vus / Le train nazi La frontière États-Unis-Mexique Alaska: La ruée CANAL VIE Vendre ou rénover?Quoi ton plan?Les cheaps Conseils Mères à boutte Dre Boutons Comme chien et chat Vendre ou rén.RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Flames de Calgary c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Sortons danser! La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Le mystère de l'or confédéré FantomWorks ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Tout simplement country Amy Winehouse La librairie francophone 5 degrés / George Belliveau EXPLORA Le refuge de l'espoir Incroyables crocs Vivre loin du monde / Australie Reconstruire l'histoire O5: 5 continents à la nage Silicon Valley Z En rodage Talk show Top Gear Diesel Brothers (v.f.) Pitbulls et prisonniers / Évasion Arrow / Le canari égaré Dexter sav-media Histoire/ Nerds Décor/ Gardiste Monde sans 19h55 Kick t Couple nerds Encore plus Génie d'ici Génie d'ici L'ère robots L'ère robots Couple nerds TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens MARIA CHAPDELAINE (1934) 22h15 ONFR+ Mallette/ ONFR+ Cinéma Planète Passage à l'acte! Campus mortel Le chant des ondes Face au feu Envers paradis CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud Murdoch Mysteries Coroner / Borders CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Bob Hearts America's Got Talent: The Champions The Good Doctor / Fractured CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Nurses Prodigal Son / Silent Night Bull / Labor Days Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelor The Good Doctor / Fractured News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Bob Hearts All Rise Bull / Labor Days News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Frontline / America's Great Divide: Obama to Trump Partie 1 de 2 Amanpour UNIS Pense vite! Chez nous Pas plus bêtes Chef mission Ma vie made in Canada Chercheurs d'or Yukonnais Frères, fusils, festins Coeur Yukon HBO1 Well Groomed Enthusiasm Veep My Favorite Shapes The New Pope The Outsider / Fish in a Barrel The Outsider TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Bruins de Boston c.Flyers de Philadelphie (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey LUNDI CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Comment ne pas se réjouir lorsqu\u2019un roman de Jane Austen prend vie à l\u2019écran ?Si Orgueil et préjugés a connu de beaux jours grâce à la série avec Colin Firth en M.Darcy, qu\u2019Emma a hérité des traits gracieux de Gwyneth Paltrow et qu\u2019Emma Thompson et Kate Winslet ont brillé dans la peau des sœurs Dash- wood dans Raison et sentiments, cette version en huit épisodes de Sanditon que propose le scénariste Andrew Davies (Le journal de Bridget Jones) risque de laisser de glace les janeites purs et durs.Et pourtant, il n\u2019en est pas à sa première adaptation d\u2019une œuvre de Jane Austen : c\u2019est lui qui a écrit le scénario de la série nommée plus haut ! Ayant évacué dans le premier épisode les 50 pages de ce roman inachevé, Davies a imaginé la suite des aventures sentimentales et professionnelles de la raisonnable Charlotte Heywood (Rose Williams), de l\u2019ambitieux M.Parker (Kris Marshall) et son ténébreux frère Sidney (Theo James), de l\u2019imbuvable lady Denham (Anne Reid) et des autres personnages, tous plus antipathiques ou inintéressants les uns que les autres.Tranchant avec les six autres romans en raison de son humour et de ses personnages caricaturaux, ce récit campé dans une station balnéaire fictive du Sussex aurait-il dû rester dans les tiroirs de Jane Austen ?C\u2019est la triste impression que l\u2019on ressent devant cette conventionnelle, terne et rigide télésérie.Tout au plus nous rap- pelle-t-elle l\u2019esprit progressiste \u2014 notamment à travers le personnage de Miss Lambe (Crystal Clarke), riche héritière métisse victime de racisme \u2014 de la romancière décédée 20 ans avant l\u2019ère victorienne.Pour inconditionnels seulement.Et encore\u2026 Culture Écrans 56 Jane Austen à la plage Sanditon, roman inachevé, fait l\u2019objet d\u2019une décevante série Sanditon PBS, samedi, 20 h PBS Lors de sa sortie l\u2019an dernier, la première saison de cette comédie adolescente britannique a séduit la critique et le public grâce à ses personnages habilement construits et attachants et à son mélange ingénieux de situations parfois burlesques, parfois réalistes, mais toujours pertinentes, qui mettaient en lumière la sexualité des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui et la difficulté de parler sérieusement d\u2019un tel sujet.On retrouve donc le jeune Otis (Asa Butterfield), nouvellement amoureux et toujours « thérapeute sexuel » clandestin au sein de son école secondaire, qui est en proie à une épidémie de chlamydia\u2026 Il aura beaucoup de pain sur la planche.À NE PAS MANQUER Éducation sexuelle (V.F.de Sex Education) saison 2 Netflix, dès vendredi Conseils pratiques LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Culture Écrans 57 01/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Toute la vie 5e rang Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur L'Académie Malaises L'heure bleue Épidémie / La menace invisible TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Moi j'mange National Geographic House of Cards / L'affontement Poldark Cette année-là V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire Total Knock Out La semaine des 4 Julie NCIS: Los Angeles Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Nordik / Canada: Yellowknife Dans la tête de./ Un rescapé Classe à part / L'adaptation Kepler(s) / Au bord de l'abîme Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Bras de fer Pleine tempête Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Course mortelle Catastrophes en mer Prison CANAL VIE Vendre ou rénover?Ma maison Couple en Holmes / Diviser pour régner Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Mini-maisons Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Le mystère de l'or confédéré Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Montagnards ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Quelle famille! Blanche Blanche La folle aventure des Durrell La guerre EXPLORA Animo Les Poilus Incroyables poissons Pharmachien Pharmachien Cigarette électro Artisans du changement Naissance Z En rodage Talk show Péril en haute mer Partie 2 de 2 Knightfall (v.f.) / IV Surnaturel / Absence Six / Elle s'appelle Esther Dexter sav-media CORIM Variées Inflammatoires Inflammatoires 36.9° / Migraine de folie Question santé Question santé 36.9° 36.9°/ Nature Revenir les TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens BERTHE MORISOT (2012) Marine Delterme.Empreint Cinéma Planète Faites entrer l'accusé Grands Mythes La vie secrète des Atolls Le mystère du dauphin rose Henry Lee Lucas Supernature CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud Kim's 22 Minutes Schitt's Creek Catastrophe CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Conners The Resident / Best Laid Plans This Is Us Emergence / Applied Sciences CTV National GBL Global National Global News FBI: Most Wanted / Defender NCIS FBI New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Jeopardy! All Time Mixed-ish Black-ish Emergence / Applied Sciences News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS FBI FBI: Most Wanted / Defender News PBS (33) PBS NewsHour Profile Crossroads Finding Your Roots Frontline / America's Great Divide: Obama to Trump Amanpour UNIS Pense vite! File d'attente Les Parent Les Parent La galère Captive Ciné tout court Balade HBO1 17h15 INDIAN HORSE (2017) Enthusiasm Veep 20h05 Adnan Syed 21h20 The Case Against Adnan Syed The New Pope TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Devils du New Jersey c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LNH Hockey MARDI 01/15 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cerebrum Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) Autiste, bientôt Animania / Élise Guilbault À communiquer TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Point doc / L'interrogatoire Les francs-tireurs SOS sages-femmes De garde 24/7 V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire Phil s'invite Phil s'invite La semaine des 4 Julie SEAL Team: Coeur et courage Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir autrement Dataland Tabous et interdits / Mexique Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Boss enchères Pilotes Alaska: La ruée vers l'or Tanked (v.f.) Hélico tout terrain Craindre voisin CANAL VIE Vendre ou rénover?Comme chien et chat Naufragés de l'amour / Pompei Mini-maisons Duel à la Couple en Ma maison Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Humanité ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Moi et l'autre Toutankhamon Toutankhamon Toutankhamon Toutankhamon EXPLORA Poissons monstres Incroyables araignées Concevoir l'impossible Gros labo Cobaye Champions de tous les temps Jeu science Z En rodage Talk show Constructions / Le Panjandrum Chasseurs d'ouragans La vie après Déroute Nature sauvage Dexter sav-media Maîtres 18h50 Art Civilisations 19h50 Lexique Musée Kebec/ Gardiste Juifs/ Musu.21h50 Lexique Inventer le ciel 22h50 Art Maîtres TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens INGRID PERD LE NORD (2017) Aubrey Plaza.LaMeill/ ONFR+ 23h10 Évasion Planète 17h30 La quête The Believers / La maison De Grey Street Passage à l'acte! La star du lycée Faites entrer l'accusé CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud Burden of Truth Fortunate Son CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Goldbergs Flirty Dancing Criminal Minds Stumptown CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Undercover Boss Modern Family Single Parents S.W.A.T./ Bad Cop Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Stumptown News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Undercover Boss Criminal Minds S.W.A.T./ Bad Cop News PBS (33) PBS NewsHour Feast-Making Rural Delivery Nature Nova / Jupiter Expedition With Steve Backshall Amanpour UNIS Pense vite! Chef mission Le p'tit cabaret / Marilou Morin Trait d'humour Les Newbies Le punch Herménégilde Chiasson La galère HBO1 17h00 RobinWilliamsComeIns Enthusiasm 19h35 Veep 20h10 Adnan Syed 21h20 The Case Against Adnan Syed 22h25 The Outsider TVA Sports 17h00 JiC Le top LNH Avant-match LNH Hockey / Flyers de Philadelphie c.Blues de St.Louis (D) D.Morissette 23h15 RAW MERCREDI 01/16 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois / Martin Matte Enquête Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or Le bon docteur Partie 1 de 2 J.E.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Mc$ween De garde 24/7 Dans les médias Zone franche Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Avec mon ex Rire et délire L'amour est dans le pré La semaine des 4 Julie Chicago Police Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Classe à part / L'adaptation Victimes: leur vie a basculé L'enquête de ma vie Chérif / En pleine tempête Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Les derniers secrets d'Égypte Jeunes pour prison / Brandon Paranormal sur le vif Gardiennes de prison au Texas Claude n'est CANAL VIE Vendre ou rénover?La vie avec des quintuplées Mamans, gérantes d'estrade Maman médium Les cheaps On se marie Vendre ou rén.RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Flyers de Philadelphie (D) L'antichambre (D) 24CH Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu FantomWorks FantomWorks Le combat des super voitures des années 1980 Profession ICI ARTV 17h30 L'appel L'appel du coeur Partie 2 de 2 Quelle famille! Tout simplement country Blanche Blanche LA DUCHESSE EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Nos voisines les araignées Artisans du changement Pharmachien Pharmachien Incroyables crocs Incr.poisson Z En rodage Talk show La vie après Célèbréchec Synvain rénove Drôlescience Coups cochon Roast Battle Galas Juste pour rire 2018 Dexter sav-media 17h30 Savoir Inflammatoires Inventer le ciel 19h50 Art Génie d'ici Après/ Après Archi branchés Archi branchés Génie d'ici Génie d'ici Inventer le ciel TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Flip Métiers/ On fête Boum, canon Les sapiens NOS FEMMES (2015) Daniel Auteil.22h40 Réalisa.Rideau/ Failles Planète Le chant des ondes À la poursuite du diamant bleu Champs de bataille Blue World Mangoustes CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.FamilyFeud BackTimeWinter / The 1950s The Detectives / Out of Lies CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Young Sheldon The Big Bang Criminal Minds Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight The Unicorn GoodPlace Will & Grace Carol's 2nd Act Evil / 100 Days Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners The Conners The Last Days of Richard Pryor News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon The Unicorn Mom Carol's 2nd Act Evil / 100 Days News PBS (33) PBS NewsHour Made Here Made Here Made Here / Henry David Thoreau: Surveyor of the Soul Amanpour UNIS Pense vite! Goût du pays Fous animaux Chez nous Chars À plein gaz Frères, fusils, festins Au coeur du Yukon Guides HBO1 17h00 Rolling Stone Enthusiasm Veep Three Days of Terror 21h05 Leaving Neverland Partie 1 de 2 23h10 SexCity TVA Sports 17h00 JiC WTA Tennis - Adelaide International Demi-finale (D) Le top LNH Dave Morissette en direct Le TVA sports LCH Hockey JEUDI 01/17 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Prière de ne pas / Paul Daraîche Guillemets Magnifiques Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / Général Shiro TVA nouvelles 22h35 LA DERNIÈRE CHAS.TQ Le 422 Moi j'mange Cette année-là Un chef à la cabane Deux hommes en or Entends 22h40 Entends Le 422 V Souper parfait Souper parfait L'arbitre Huissiers Huissiers Code 111 Code 111 Sang cervelle Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Décrypteurs Le National Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Le Monde de Jamy Nordik / Canada: Yellowknife Des bateaux et des hommes Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Fabien Cloutier: Assume La frontière États-Unis-Mexique Craindre son voisin Les derniers secrets d'Égypte Billions (v.f.) CANAL VIE Vendre ou rénover?Duel à la Quoi ton plan?Vendre ou rénover au Québec Naufragés de l'amour / Pompei Conseils Mères à boutte Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Faites vos jeux SkateCan Patinage artistique - Championnats Nationaux (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA 17h00 Super voitures Les montagnards Les montagnards Conquérants Chopper Transmission Transmission Malédiction ICI ARTV Moi et l'autre Quelle famille! Dre Grey, leçons d'anatomie La table de Kim / Virginie Fortin C'est juste de la TV Esprit critique Sherlock EXPLORA La faune canadienne / L'été Planète techno Pharmachien Naissance continent / La vie La vérité sur l'alcool SOS équipage en détresse SOS équipage Z En rodage Talk show Diesel Brothers (v.f.) Top Gear Constructions / Le Panjandrum Pitbulls et prisonniers / Évasion Dexter sav-media Inflammatoires Arrêt monde 180 jours Recherch Grand chapitre 20h50 Biblioth CORIM Couple nerds Monde sans Recherch Grand chapitre TFO Les sapiens S.O.S.!/ Maxi Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Les sapiens LES SOEURS BRONTË (1979) Isabelle Huppert.Cinéma Planète La vie secrète des Atolls Le mystère du dauphin rose Face au feu L'envers du paradis Matière grise CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.marketplace Can't Ask That Nature of Things / Pass the Salt CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Almost Family / Alone AF Magnum P.I.Blue Bloods / Handcuffs CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 Nurses BorderSecur BorderSecur Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Fresh Off-Boat 20/20 Local 22 News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Hawaii Five-0 Magnum P.I.Blue Bloods / Handcuffs News PBS (33) PBS NewsHour Outdoor Vermont Week Wash.Week John Sebastian Presents: Folk Rewind Rick Steves' Amanpour UNIS Watatatow Watatatow Les intrépides Les intrépides Le Loup-garou Le Loup-garou Fais-moi peur! Fais-moi peur! Le punch Trait d'humour Partie 1 de 2 HBO1 16h55 Rolling Stone 18h55 Curb 19h25 Veep 19h55 Leaving Neverland Partie 2 de 2 Real Time With Bill Maher Strike Back TVA Sports 17h00 JiC Top des tops Avant-match LNH Hockey / Lightning de Tampa Bay c.Winnipeg Jets (D) Dave Morissette en direct VENDREDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR La comédie dramatique de Florence Longpré, Pascale Renaud-Hébert et Nicolas Michon a frappé fort lors de sa mise en ligne en décembre 2018.Cette incursion, à la fois rude et tendre, drôle et tragique, mais jamais trop caricaturale dans l\u2019univers de trois jeunes femmes issues d\u2019un milieu défavorisé qui peinent à se faire réellement entendre a surpris et saisi le public comme la critique.La suite, qui rattrape Ada, Fabiola et Carolane deux ans après les événe- ments tragiques qui ont conclu la première saison, s\u2019annonce encore plus réussie.C\u2019est du moins le constat qu\u2019il est possible de tirer au vu des quatre premiers épisodes.Les auteurs ont eu la bonne idée de consacrer à chacune de leurs héroïnes un épisode complet qui détaille la situation dans laquelle elles se retrouvent après le crime d\u2019Ada, qui a mené à l\u2019éclatement de leur cellule amicale, qui semblait pourtant à l\u2019épreuve de tout.Ce choix scé- naristique, jumelé aux thèmes pas très joyeux qui sont abordés dans ces épisodes, dote l\u2019ensemble d\u2019une charge dramatique encore plus intense, heureusement entrecoupée de moments plus lumineux, légers et rigolos qui ont fait la marque de cette série.On retrouve donc les personnages toujours incarnés à la perfection par Ève Landry, Mélissa Bédard et Florence Longpré avec bonheur et une certaine appréhension quant à leur avenir et à celui de leur amitié mise à mal.Leurs chansons, sérieuses ou drôles, les aideront à traverser les épreuves sur leur chemin.TÉLÉ-QUÉBEC Lumineuses retrouvailles La deuxième saison de M\u2019entends-tu ?s\u2019annonce encore meilleure que la première M\u2019entends-tu ?saison 2 Télé-Québec, les trois premiers épisodes diffusés en rafale, lundi, dès 22 h, et tous les épisodes de la saison mis en ligne le même jour sur telequebec.tv V I V R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Il n\u2019y a que des églises et des épiceries », me dit Pascal Bailly, à la barre de Fare Pea Iti, l\u2019une des rares pensions familiales de l\u2019île.Taha\u2019a cache surtout dans son lagon un fabuleux trésor : un jardin de corail aux mille et une couleurs, qui n\u2019a pas encore trop souffert du réchauffement climatique.Équipés d\u2019un masque et d\u2019un tuba, les adeptes de randonnée palmée se laissent porter par le courant entre deux îlots de sable corallien (les fameux motus) pour mieux admirer les bancs de poissons chirurgiens-bagnards et de poissons- anges nains au jaune citron éclatant.Coup de foudre de Marlon Brando Du côté de Tetiaroa, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Tahiti, la nature étale toutes ses merveilles sous nos yeux ébahis.Longtemps considéré comme un lieu sacré réservé aux escapades de la famille royale Pomare, l\u2019atoll de 12 motus et son lagon cristallin ont fait chavirer le cœur de Marlon Brando.En plein tournage du film Les révoltés du Bounty (1962), l\u2019acteur a craqué pour cette beauté sauvage aux eaux bleu turquoise, comme pour sa partenaire à l\u2019écran, Tarita Tériipaia, native de Bora Bora, qu\u2019il a fini par épouser.Dans la foulée, l\u2019interprète du colonel renégat d\u2019Apocalypse Now (1979) a fait de Tetiaroa son havre de paix.Après avoir racheté l\u2019atoll en 1966 à la fille d\u2019un dentiste anglais, l\u2019acteur oscarisé a passé de nombreuses nuits à dormir à la belle étoile, sur le sable fin, en rêvant de créer un paradis écoresponsable au milieu du Pacifique.Dix ans jour pour jour après la mort de Brando, ce rêve s\u2019est concrétisé sous la forme d\u2019un luxueux complexe touristique qui porte le nom de l\u2019acteur et qui veille à préserver la nature immaculée de Tetiaroa et sa riche biodiversité.Inauguré en 2014 par Richard H.Bailey, à la tête du plus gros groupe hôtelier de Polynésie française, le Brando fonctionne à l\u2019énergie renouvelable grâce à des panneaux solaires et à un ingénieux système de climatisation qui pompe de l\u2019eau froide le long de la paroi récifale.À l\u2019écart des fastueuses villas réservées à une clientèle « haut de gamme », dont Leonardo DiCaprio et Barack Obama, qui a écrit les premiers chapitres de ses mémoires à Tetiaroa, un modeste bâtiment accueille des chercheurs du monde entier.Au sein de ce centre environnemental, certains collectent des données sur le crabe de cocotier, menacé de disparition, d\u2019autres sur les requins à pointes noires qui s\u2019ébattent dans le lagon.Le biologiste français Hervé Bossin a, de son côté, transformé Tetiaroa en laboratoire à ciel ouvert pour développer une technique de stérilisation du moustique tigre vecteur de nombreux virus meurtriers.L\u2019avenir de la planète pourrait bien ainsi se jouer sur ce « minuscule morceau de rêve », comme l\u2019appelait Marlon Brando.Malik Cocherel était l\u2019invité de French Bee et de Tahiti Tourisme.goûter à l\u2019authenticité d\u2019un mode de vie polynésien préservé, mieux vaut mettre le cap sur les îles voisines.Dans l\u2019archipel des îles Sous-le- Vent, Taha\u2019a est réputée pour sa vanille, qui fait le bonheur des grands chefs étoilés, tel Guy Savoy, prêt à payer plus de 1000 $ pour un kilo de cet « or noir » tahitien.C\u2019est aussi sur cette petite île que Joe Dassin a posé ses valises au début des années 1970.Tombé sous le charme envoûtant de Taha\u2019a, l\u2019artiste qui chantait l\u2019hiver québécois dans sa chanson Dans les yeux d\u2019Émilie s\u2019est offert une propriété dans ce petit coin de Polynésie française où l\u2019on jouit, encore aujourd\u2019hui, des plaisirs simples de la vie.Le bonheur est dans le lagon Uniquement accessible par bateau depuis l\u2019aéroport de Raiatea, Taha\u2019a vit au rythme tranquille de ses 5000 et quelques habitants.Les touristes s\u2019y font très discrets.« Ici, la plupart des gens vivent de la pêche artisanale et de la perlicultu- re, pas du tourisme.On n\u2019a pas de café, pas de bar, pas de boîte de nuit.touristique, l\u2019île aux huit sommets volcaniques a malgré tout conservé un caractère sauvage, à l\u2019image de la majestueuse baie d\u2019Opunohu.Le temps semble s\u2019être figé dans cette rade où l\u2019équipage du HMS Bounty a mouillé l\u2019ancre pour récolter les fruits de l\u2019arbre à pain, juste avant de vivre l\u2019une des plus célèbres mutineries de l\u2019histoire.Au fond de la baie, une route sinueuse conduit au belvédère, point de départ de plusieurs sentiers de randonnée.La vue sur le mont Rotui, qui se dresse entre la baie d\u2019Opunohu et la baie de Cook, y est spectaculaire.En contrebas, les champs d\u2019ananas s\u2019étendent à perte de vue.« À Bora Bora, ils font pousser des touristes.À Moorea, on fait pousser des ananas », commente mon guide, Maui, au milieu d\u2019un océan de verdure.De loin, l\u2019île la plus célèbre de Po- lynésie, la « perle du Pacifique » Bora Bora, a fait de ses plages de sable blanc et de ses fameuses cabanes sur pilotis son fonds de commerce.L\u2019endroit idéal pour se la couler douce sur le lagon dans un joli « décor de carte postale », comme on dit.Mais pour LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Voyage 59 Éden sur Terre À la découverte de Tahiti et de ses îles enchanteresses Sur l'île de Taha\u2019a, les gousses de vanille s'arrachent à prix d\u2019or.Page de gauche : le lagon de Moorea.PHOTOS MALIK COCHEREL REPORTAGE MALIK COCHEREL COLLABORATEUR LE DEVOIR À TAHITI l y a du nouveau dans le « ciel sans hiver » si cher à Paul Gauguin.Si la Polyné- sie française a toujours privilégié le tourisme haut de gamme, l\u2019arrivée d\u2019un nouveau joueur sur le marché aérien, French Bee, a quelque peu changé la donne.En plus de rendre le bout du monde plus accessible (à raison de trois vols hebdomadaires entre Paris- Orly, San Francisco et Papeete), la compagnie française à bas coût a permis d\u2019attirer de nouveaux voyageurs au Fenua, l\u2019autre nom donné à Tahiti et aux îles avoisinantes.Le paradis à prix réduit Les portes de l\u2019Éden s\u2019ouvrent désormais au commun des mortels.Plus besoin de prévoir un budget faramineux, pouvant couvrir le coût d\u2019un séjour dans un luxueux cinq étoiles, pour se transporter dans un écrin de rêve.Depuis le lancement de French Bee, les petites pensions de famille polynésienne ne se sont d\u2019ailleurs jamais aussi bien portées.Souvent considérée comme une simple étape de passage, en raison de son aéroport international, Tahiti a aussi profité de cette nouvelle manne touristique.En dépensant moins pour son billet d\u2019avion, on a plus d\u2019argent, et de temps, pour découvrir la Polynésie française.À commencer par sa plus grande île.Si l\u2019urbanisation galopante de Tahiti a quelque peu écorné le mythe du paradis terrestre entretenu par les toiles de Gauguin, on peut encore se perdre dans des paysages verdoyants de toute beauté, à condition de s\u2019éloigner de la capitale, Papeete, et de s\u2019enfoncer dans l\u2019intérieur montagneux de l\u2019île.Nichée au cœur d\u2019une végétation luxuriante, la mythique grotte de Ma- raa abrite un petit lac où les marcheurs en quête de fraîcheur viennent tremper leurs pieds.À une heure de route de Papeete, les cascades jumelles de Vaihi, dans la commune de Faaone, sont réputées pour leurs vertus énergisantes.Chaque premier samedi du mois, les Tahitiens viennent se ressourcer et se purifier au pied de ces chutes.Les amateurs de sensations fortes poursuivent leur route jusqu\u2019au village de Teahupoo, sur la côte sud de l\u2019île, où une vague monstrueuse, pouvant atteindre jusqu\u2019à huit mètres de haut, vient se fracasser sur le récif.Les révoltés du Bounty À seulement 30 minutes de bateau de Papeete, Moorea fait figure d\u2019étape incontournable.Facile d\u2019accès et très I LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Vivre Escapade 60 du kilomètre 544 de la route de la Baie-James jusqu\u2019au réservoir de tête : Caniapiscau.Plus récemment, la route du Nord a relié la ville de Chibougamau au kilomètre 275.Puis, comme le trait de la route de la Baie- James a été tiré à environ 100 km de la mer intérieure, les communautés cries côtières de Waskaganish, East- main et Wemindji ont finalement été raccordées à la route principale.Tourisme et road trip Déjà quelques milliers de touristes parcourent annuellement l\u2019aller-retour sur la route de la Baie-James jusqu\u2019à Radisson, essentiellement pour visiter les grands barrages sur la rivière La Grande.Certains se hasardent jusqu\u2019à Chisasibi pour jeter un regard curieux et rapide, sans plus.Pour ma part, j\u2019avais en tête de réaliser un véritable road trip en véhicule récréatif (VR) de 12 jours et de vivre une expérience de plein air (vélo, kayak, rando), en parcourant une boucle au départ du Lac-Saint-Jean (La Doré) vers Chibougamau et Lebel- sur-Quévillon par la 113.De là, un chemin forestier de 115 km (R-1005) nous amène à Matagami en évitant un long détour.Ensuite : Matagami à Radisson avec un regard sur la route Transtaïga.Je souhaitais visiter quelques communautés cries avant d\u2019amorcer le retour par la route du Nord.Au total : 3000 km au compteur, dont 1000 de route de gravier.La route de la Baie-James Chibougamau, au départ de cette grande tournée, constitue le point de service incontournable où faire ses provisions et vérifier le bon état de la mécanique.Non loin de Chapais, la communauté crie d\u2019Oujé-Bougoumou donne le ton à ce qu\u2019on peut voir dans les villages autochtones d\u2019Eeyou Istchee Baie-James.C\u2019est à Matagami que se trouve la borne du kilomètre 0 de la route de la Baie-James.Les Écogîtes du lac Matagami (km 27) proposent l\u2019hébergement tout confort en yourte et chalet sur la rive du lac tandis que le magnifique Camping Matagami (km 38) jouit d\u2019une large plage de sable blond.Au long des 620 km de la route, on croise plusieurs haltes de pique-nique, belvédères, rampes de mise à l\u2019eau et haltes de camping dotées de tables et de toilettes.On peut utiliser gratuitement ces espaces de campement (contribution volontaire suggérée).Six cabines téléphoniques sont réparties sur le trajet.Ne comptez pas sur votre téléphone sur la route, mais il captera un signal dans tous les villages.À mi-parcours, au km 381, on croise le seul relais routier avec essence et services.Dans ce genre de voyage, il ne faut jamais rater une occasion de faire le plein.Depuis quelques années, la route de la Baie-James était en piteux état.Des travaux majeurs ont heureusement été réalisés l\u2019an dernier, ce qui a considérablement amélioré la situation.Au long de la route Plusieurs conducteurs franchissent la route de la Baie-James en une journée, mais l\u2019avantage de voyager en véhicule récréatif, c\u2019est qu\u2019on peut prendre son temps.Ce dont je ne me suis pas privé.Comment enjamber de grandes rivières mythiques comme les Broadback, Rupert, Eastmain et autres, sans s\u2019arrêter pour les admirer ?Les haltes sur la rivière Rupert ou les lacs Yasinski et Vieux-Fort sont particulièrement agréables.J\u2019ai apprécié les campements des haltes Rupert et du lac Duncan qui permettent la randonnée et le kayak ou le canot dans des conditions exceptionnelles.Jusqu\u2019au bout de notre monde\u2026 Parcourir le territoire de la Baie-James en véhicule récréatif afin d\u2019y découvrir ses barrages et ses paysages Depuis quelques années, la route de la Baie-James était en piteux état.Des travaux majeurs ont été réalisés l\u2019an dernier, ce qui a considérablement amélioré la situation.PHOTOS YVES OUELLET REPORTAGE YVES OUELLET COLLABORATEUR LE DEVOIR À EEYOU ISTCHEE BAIE-JAMES l\u2019heure où de plus en plus de voyageurs se sentent une âme d\u2019aventurier, la recherche du road trip le plus inédit les amène à se tourner vers le reste des Amériques alors que, chez nous, au Québec, les routes les plus isolées du continent peuvent nous mener aux confins de notre monde.Il s\u2019agit d\u2019un territoire grand comme l\u2019Allemagne.Eeyou Istchee Baie-James promet l\u2019aventure et le risque à la mesure de chacun, le dépaysement, l\u2019émerveillement et la découverte d\u2019univers culturels totalement méconnus.Projet Baie-James Ce que l\u2019on a appelé le « territoire de la Baie-James » s\u2019est ouvert au monde avec les grands projets hydroélectriques des années 1970.On y a alors construit en un temps record une route nordique de 620 km reliant Mata- gami à Radisson, puis allant jusqu\u2019au village cri de Fort-George (Chisasibi).À cela s\u2019est ajoutée la route Transtaïga, À LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 À savoir Informations touristiques : Tourisme Baie-James 1 888 748-8140 / decrochezcommejamais.com Tourisme Eeyou Istchee : 1 888 268-2682 / info@creetourism.com Réservations pour croisière et forfaits : Voyages Eeyou Istchee Baie-James 1 855 745-3888 / voyageseibj.com Essence : Dans toutes les localités et aux points stratégiques sur toutes les routes.Visite des centrales d\u2019Hydro-Québec : hydroquebec.com/visitez Chisasibi Tourism : Edward Bearskin 819 855-2878 poste 12 / 873 365-0312 / edwardbearskin@chisasibi.ca Meilleure période de l\u2019année : août Jerry Rupert : 819 527-6063 / longpointeyoutourism@gmail.com Waskaganish Culture & Tourism : Stacy Bear 819 895-2250 / waskaganish.ca Jerry Rupert accueille les voyageurs désireux de découvrir la culture crie.61 Vivre Escapade Radisson Une fois à Radisson, la tournée des gigantesques installations hydroélectriques s\u2019impose naturellement.Les visites guidées des centrales LG1 et de l\u2019aménagement Robert-Bourassa (LG2) sont offertes par Hydro-Québec et s\u2019avèrent captivantes.Elles permettent d\u2019entrer à l\u2019intérieur des centrales souterraines et de voir une turbine en action.Puis d\u2019admirer le réservoir, les barrages et l\u2019impressionnant évacuateur qualifié à juste titre d\u2019escalier de géant.Radisson abrite aussi une intéressante boutique d\u2019artisanat des Premières Nations, un hôtel, un restaurant et un magnifique camping.Chisasibi On profite d\u2019une route de 84 km entièrement asphaltée pour se rendre dans la communauté crie de Chisasibi (4000 habitants) où deux chemins mènent aux rives de la Baie-James, dont un juste sous le 54e parallèle.Le nouvel hôtel répond aux critères de qualité les plus élevés, et son petit musée recèle de superbes pièces.Le très sympathique pourvoyeur Jerry Rupert accueille dans ses petits chalets rustiques, au bord de la baie James, les voyageurs désireux de connaître et de partager le mode de vie traditionnel des Cris.Il lève ses filets pour y recueillir les truites qu\u2019il fait griller sur le feu et adore emmener ses invités marcher dans la taïga.Il faut aussi faire la traversée de quelques minutes pour visiter l\u2019île de Fort-George, ancien poste de traite de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson fondé en 1803 et village que les Cris ont quitté après 1980, craignant l\u2019érosion de l\u2019île sablonneuse.Wemindji\u2013Waskaganish À partir de l\u2019été prochain, les voyageurs qui se rendront à Wemindji pourront s\u2019embarquer pour une éco- croisière sur la baie James.Il s\u2019agit de la seule véritable occasion d\u2019explorer le gigantesque golfe qui prolonge la baie d\u2019Hudson au sud.Quant à Waskaganish, autrefois Rupert House, il s\u2019agit du premier poste de traite sur la baie James, créé par Radisson et Des Groseilliers à la fin du XVIIe siècle.Avec un peu de chance, on peut y vivre des expériences inoubliables suggérées par la responsable du bureau de tourisme local, Stacy Bear.Après avoir assisté aux étapes de la pêche et du fumage du poisson, j\u2019ai savouré avec délice le produit final sous la grande tente communautaire.Les routes du bout du monde La route Transtaïga est réservée aux aventuriers qui ne doutent ni d\u2019eux ni de leur véhicule.Il s\u2019agit de l\u2019expérience routière suprême au Québec, sur la route la plus isolée d\u2019Amérique du Nord.Je m\u2019y suis arrêté dans un campement sublime aux abords de la rivière Sakami.Un coucher de soleil flamboyant a clos cette journée.Le retour par la route du Nord est rendu pénible par la présence de nombreuses fosses de sable.La pause dans le superbe village de Nemaska s\u2019avère très intéressante, et le campement dans un petit parc sur la plage du lac Champion est un des plus beaux qui se puissent.Voilà donc à quoi ressemble un road trip à la Baie-James, sans la moindre crevaison et sans bris mécanique à mon vieux VR 1992. LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 « Plus écoutées mortes que vivantes » ; « Elle le quitte, il la tue » ; « Des réformes avant qu\u2019on soit mortes » ; « Aurore, 34 ans, étranglée par son conjoint, 130e féminicide ».« Est-ce une voiture de police ?» demande une jeune femme en écoutant attentivement les bruits de la ville.Fausse alerte.Les militantes continuent de coller frénétiquement leurs messages chocs sur les murs en cette nuit pluvieuse de décembre.Leur objectif : braquer les projecteurs sur les femmes tuées par leur conjoint, leur ex-conjoint ou un prétendant.En 2019, au moins 149 Françaises ont été tuées par un proche, selon le collectif Féminicides par compagnon ou ex.« Avec les collages, en allant directement dans la rue, dans le quotidien des gens, ça permet de sensibiliser tout le monde, même les gens qui n\u2019ont pas envie de voir cette réalité », explique Camille Lextray, une étudiante en communications de 23 ans qui fait partie des quelque 500 « colleuses » de Paris.« De se dire, l\u2019État ne fait rien, la police ne fait rien, la justice ne fait rien\u2026 Nous, on va être le relais pour la parole des victimes et on va porter leurs voix pour que ces morts s\u2019arrêtent.» Les centaines de « colleuses » françaises ne sont pas les seules à porter leur colère dans l\u2019espace public.En octobre, des militantes Femen maquillées en mortes-vivantes ont défilé pour dénoncer les féminicides.Entre 50 000 et 100 000 personnes ont envahi les rues de Paris le 23 novembre pour dire La mobilisation des Françaises contre les féminicides À Paris, elles sont de plus en plus nombreuses à dénoncer haut et fort la violence envers les femmes Vivre Société 62 REPORTAGE MIRIANE DEMERS-LEMAY COLLABORATRICE LE DEVOIR À PARIS ne femme plaque des feuilles de papier sur le mur, une deuxième applique une épaisse couche de colle, une troisième repasse sur le tout avec un pinceau.Des mots, puis des phrases se forment sur les murs de Paris.U LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 stop aux féminicides.Quelques jours plus tard, une centaine de femmes ont participé, face à la tour Eiffel, à un flash mob mondial pour dénoncer les violences faites aux femmes.Les féminicides se sont aussi taillé une place dans les médias français en 2019, notamment grâce aux publications du collectif Féminicides par compagnon ou ex, qui publie les circonstances de la mort de toute nouvelle victime sur Facebook et qui a gagné en visibilité avec le mouvement #NousToutes.« Avant, le gouvernement publiait un chiffre tous les six mois, et on n\u2019en parlait qu\u2019une fois ou deux pendant l\u2019année », observe l\u2019une des quatre membres du collectif ayant demandé l\u2019anonymat pour raison de sécurité, le collectif ayant déjà reçu des menaces.« On voulait sensibiliser l\u2019opinion, montrer qu\u2019en France, on est moins en sécurité dans les maisons que dans la rue.» « Aujourd\u2019hui, on a la chance d\u2019avoir l\u2019association #NousToutes », renchérit Lucien Douib.« Ça fait en sorte que les gens prennent conscience de ce fléau, et se disent : encore une, encore une.» L\u2019une de ces victimes était sa propre fille, Julie.Julie avait déménagé en Corse pour fuir son ex-conjoint, duquel elle avait reçu des menaces de mort.Elle avait porté plainte à plusieurs reprises à la police, mais ses plaintes ont été classées sans suite.Le 3 mars 2019, elle a été assassinée à l\u2019âge de 34 ans, laissant ses deux jeunes enfants orphelins de mère.« Ils n\u2019ont pas pris au sérieux les menaces de mort.Deux jours avant sa mort, elle a dit : \u201cFaudra-t-il que je sois morte pour qu\u2019ils réagissent ?\u201d » dit le père en deuil qui s\u2019investit, depuis, dans la lutte contre les féminicides.« On se pose des questions : si on l\u2019avait écoutée, est-ce qu\u2019elle serait encore là ?» se demande Lucien Douib, en colère contre le meurtrier de sa fille, mais aussi contre les autorités qui n\u2019ont pas su la protéger.« Mon souhait, c\u2019est que toutes les femmes aillent dans un commissariat, soient entendues et protégées, et que toutes les femmes qui sont victimes aient la force d\u2019insister, de porter plainte, de ne pas avoir honte », dit- il.« Qu\u2019elles prennent la force de le crier.» Changements demandés Culture patriarcale et banalisation des violences sexuelles, manque de places d\u2019hébergement, manque d\u2019éducation, manque de suivi des plaintes et impunité des agresseurs : les militantes montrent du doigt une panoplie de problématiques ayant un rôle à jouer dans les violences à l\u2019égard des femmes.Devant le mécontentement populaire, le gouvernement a d\u2019ailleurs déclenché un Grenelle des violences conjugales \u2014 des consultations de près de trois mois avec des associations, des experts et des professionnels.Une série de mesures ont été promises, comme la création de 1000 places d\u2019hébergement d\u2019urgence, l\u2019élargissement des plages horaires pour un numéro d\u2019appel d\u2019urgence et le suivi psychologique des auteurs de violences.Mais ces mesures sont insuffisantes selon plusieurs militantes.Dans les médias, Caroline de Haas, une figure de proue du mouvement féministe en France, a souligné l\u2019absence d\u2019augmentation significative d\u2019investissements publics et l\u2019absence de mesures pour prévenir les violences en amont.« Le Grenelle, pour nous, c\u2019est de la com\u2019, du tape-à-l\u2019œil, c\u2019est de renforcer un système qui existait déjà », juge sans détour la membre du collectif Féminicides par compagnon ou ex.Selon Frédérique Martz, directrice générale de Women Safe \u2013 Institut en santé génésique, l\u2019approche complète pour lutter contre ces violences doit être repensée.Cette dernière évoque l\u2019organisation en vase clos des systèmes médicaux, sociaux et judiciaires, ainsi que l\u2019esprit de concurrence existant entre les diverses organisations d\u2019aide aux victimes en raison du manque de fonds disponibles.« C\u2019est une culture à instaurer, la culture du \u201ctravailler- ensemble\u201d », croit-elle.Si les actions politiques déçoivent certaines personnes, les Françaises s\u2019éveillent.Et elles rugissent.« On ne peut pas traiter le problème si on ne le connaît pas.On est dans la phase de la prise de conscience », estime la membre anonyme de Féminicides par compagnon ou ex.« Et après, il va falloir agir.» Les militantes collent frénétiquement leurs messages chocs sur les murs.Leur objectif : braquer les projecteurs sur les femmes tuées par leur conjoint, leur ex-conjoint ou un prétendant.PHOTOS MIRIANE DEMERS-LEMAY 63 Vivre Société Le Courrier des écrans Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands Inscrivez-vous?: www.ledevoir.com/infolettres Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Vivre Resto 64 CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Tatakis, sashimis, gyozas et autres yakitoris abondent en ville, et si les chefs japonais sont assez rares chez nous, on a quand même droit à une ribambelle de petites adresses d\u2019inspiration nipponne plutôt sympathiques.Lorsque l\u2019assiette est bonne, le client normal et la cliente pas trop snob semblent se soucier comme de leur première poutine de qui est en cuisine.Je dis ça même si le soir de mon passage chez ce sautillant Hanz?, M.Issei (prononcez « icé sann ») Hi- daka, natif d\u2019Osaka, était en cuisine.La semaine précédente, le père Noël m\u2019avait soufflé à l\u2019oreille de passer sans tarder faire un tour sur la rue Saint-Nicolas, où se trouve cet izaka- ya (équivalent japonais approximatif des bistrots à la française).Mission accomplie et, si vous aimez les ambiances chaleureuses et la cuisine japonaise détendue, je vous recommande la maison.Hanz?, un excellent izakaya dans le Vieux-Montréal L\u2019assurance de passer une soirée japonisante et distrayante en partageant de belles petites assiettes Qu\u2019arrive-t-il lorsqu\u2019on offre à un studio de grand talent comme Respawn Entertainment (Titanfall, Apex Legends) de produire un jeu solo \u2014 une rareté dans l\u2019écosystème actuel \u2014, avec l\u2019une des franchises les plus populaires de la planète ?La réponse se trouve dans le jeu d\u2019action un peu inclassable Star Wars Jedi : Fallen Order.On y prend la place de Cal Ke- stis, un jeune Padawan ayant échappé de peu à la grande purge se déroulant dans l\u2019épisode III de la saga Star Wars, La revanche des Sith.Notre mission consiste à reformer l\u2019Ordre des Jedi afin de mener une rébellion contre l\u2019Empire.Le jeu se déroulant au milieu d\u2019une saga qu\u2019on connaît déjà, on ne divulgâchera rien en vous disant qu\u2019on ne réussira pas cette mission.Toutefois, le voyage menant à cette défaite vaut le coup de s\u2019y attarder.Fallen Order est une ode au sabre laser.Lorsqu\u2019Obi-Wan Kenobi nous le présente pour la première fois dans le film Un nouvel espoir, il décrit l\u2019arme comme « élégante, maniable », une « arme provenant d\u2019une époque plus civilisée » à traiter avec respect.Concevoir un jeu autour du sabre laser comporte des risques : elle découpe en morceaux et peut même servir à réfléchir les tirs de blasters.Respawn a donc puisé dans le meilleur de ce qui a été fait ailleurs : Metroid Prime, Uncharted, Tomb Raider\u2026 et même Dark Souls.C\u2019est que pour réaliser pleinement le fantasme de devenir un chevalier Jedi, Respawn a dû produire l\u2019un des jeux grand public les plus difficiles qu\u2019on ait essayés jusqu\u2019à maintenant.Un mode « facile » est tout de même offert, pour ceux qui souhaiteraient profiter de l\u2019histoire sans trop de problèmes.On recommandera cependant l\u2019un des deux modes plus difficiles afin de vivre pleinement l\u2019expérience.Que la Force soit avec vous.Olivier Sylvestre LE JEU DE LA SEMAINE Star Wars Jedi : Fallen Order Développé par Respawn Entertainment et édité par Electronic Arts.Offert pour Xbox One, PlayStation 4 et PC.Reformer l\u2019Ordre des Jedi RESPAWN ENTERTAINMENT Hanz?n\u2019est pas un izakaya comme les autres.Hanz?est marqué par le film Kill Bill, et l\u2019âme du samouraï Hattori Hanz?flotte dans l\u2019air.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Si vous aimez les ambiances chaleureuses et la cuisine japonaise détendue, je vous recommande la maison. LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 65 Vivre Recette Hanz?n\u2019est pas un izakaya comme les autres.Hanz?est très marqué par le film Kill Bill, et l\u2019âme du samouraï Hattori Hanz?(1541-1596) flotte ici dans l\u2019air.Sabres japonais aux murs et diverses décorations évoquent soit le film soit l\u2019empire du Soleil-Levant.Le menu propose ce que l\u2019on trouve dans un izakaya de qualité.À quatre, nous avons eu le plaisir de tester une bonne dizaine de plats méritant, à une ou deux exceptions près, des soupirs de satisfaction et même quelques applaudissements.Ces gyozas, par exemple, constituaient un plat parfait pour mettre dans l\u2019ambiance.Dans une inhabituelle pâte ayant pris le noir de l\u2019encre de seiche, le mélange de porc, crevette, champignon noir était bien dosé et le mélange de yuzu kosh?et d\u2019huile de chili dynamisait parfaitement le plat.La jeune fille au service avait suggéré la salade Hanz?, mâche, très fines tranches de kumquat confit, un peu d\u2019oignon vidalia, quelques quartiers d\u2019orange, une bien bonne idée.Si bonne en fait qu\u2019à peine le premier bol grappillé, on a en commandé un second qui subit le même sort, nettoyé jusqu\u2019à la dernière goûte de cette vinaigrette au yuzu appuyée d\u2019un peu de piment de Cayenne.Ici encore, un équilibre parfait entre la douceur de la salade et de l\u2019oignon et le ressort de l\u2019assaisonnement.Son autre suggestion « Hamachi sashimi » remporte le même succès.Une assiette très simple, cinq fines tranches de thon à queue jaune sur un fond d\u2019huile de sésame relevé au ponzu avec ses évocations d\u2019agrumes.Déposés en touches délicates, un petit tronçon de raisin et une câpre à la truffe complètent joliment le tout.J\u2019ai eu à peine le temps de prendre cette photo qui m\u2019émeut aujourd\u2019hui.Deux autres plats valent vraiment le détour : Kinoko et Okinawan taco rice.Le premier est un savoureux mélange de champignons et de grains de maïs en tempura et en pop-corn relevé au togarashi, dans une sauce très légère et un fond de beurre ponzu.Le second est un clin d\u2019œil à la présence des soldats américains sur l\u2019île d\u2019Okinawa.Ici, le chef propose de déguster le mélange de bœuf haché, fromage texmex, salade et riz \u2014 auquel il ajoute un peu de chorizo, de curry japonais et d\u2019épices « jerk » \u2014 dans des feuilles d\u2019algues nori séchées plutôt que dans les traditionnelles galettes de maïs.Un plat divertissant et délicieux.Ni les côtes courtes de bœuf épicées ni les « Brisket de bœuf, aïoli au miso et karashi, pikliz » n\u2019ont soulevé l\u2019enthousiasme de la tablée.Ceci n\u2019ayant toutefois pas empêché les deux assiettes de repartir en cuisine scrupuleusement nettoyées.Alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des plats emblématiques des izakayas, la version de r?men de la maison manque selon moi d\u2019intérêt, bouillon, nouilles et autres éléments, surtout le bouillon.Comme le reste du repas est vraiment réussi, on n\u2019en tiendra pas rigueur.Ici encore, il s\u2019agit de mon opinion, qui vaut ce qu\u2019elle vaut.Au moment du dessert, on est soulagés d\u2019être rassasiés et même un peu plus.En effet, ni le « Cheesecake au camembert, dulce de leche au miso » ni le « Brownie au chocolat » (oh vraiment, au chocolat ! ?) ne suscitent l\u2019intérêt.Par contre, tout au long de notre séjour, Yuri Koshiyama-Chia et ses collègues ont géré la salle avec beaucoup de talent, sourire et prévenance étant de rigueur quelle que soit la taille de la tablée.En début de soirée, la belle grande salle est plutôt calme ; vers 21 h, arrivée de plusieurs vagues de jeunes gens ; tout le monde a l\u2019air affamé et assoiffé.Ces divers joyeux groupes ont eu droit aux mêmes égards que la nôtre ou celle, voisine, occupée par le célèbre François L., ex-Monsieur Touilleurs, et une amie.En fond sonore, même 50 Cent, pourtant plutôt connu pour le volume de ses interprétations, était domestiqué.Une bien belle soirée en vérité.Hanz?1/2 $$ 417, rue Saint-Nicolas, 514 543-6400.Ouvert le midi du mercredi au samedi et, en soirée, du mardi au samedi.Un souper pour deux aura coûté 75,64 $ avant taxes et service.En plus d\u2019une efficacité et d\u2019un entregent remarquables, Mme Koshiyama-Chia possède une connaissance remarquable de la carte des sakés, une des très belles en ville.Si vous êtes amateurs et que vous cédiez à ses arguments, le repas vous coûtera bien sûr pas mal plus.Une suggestion du chef Michael Tozzi Pour le pudding anglais 1/2 tasse (125 ml) de beurre à la température ambiante 1 tasse (250 ml) de cassonade à l\u2019ancienne 2 œufs entiers Le zeste de 1 orange râpé 1 tasse (250 ml) de dattes dénoyautées coupées en dés 1 tasse (250 ml) de pommes pelées et coupées en dés 2 tasses (500 ml) de farine tout usage 1 c.à thé (5 ml) de poudre à pâte 1/2 c.à thé (2,5 ml) de sel 1/2 c.à thé (2,5 ml) de noix de muscade râpée 1/2 c.à thé (2,5 ml) de cannelle moulue Pour la sauce au bourbon 1/2 tasse (125 ml) de beurre à la température ambiante 1/2 tasse (125 ml) de cassonade 1/2 tasse (125 ml) de crème à 35 % 2 c.à soupe (30 ml) de bourbon Préparation Dans un grand bol, à l\u2019aide d\u2019un batteur électrique, battre le beurre et la cassonade.Ajouter les œufs, un à la fois, en mélangeant après chaque addition.Ajouter le zeste d\u2019orange, les fruits et bien mélanger à l\u2019aide d\u2019une cuillère de bois.Dans un autre bol, mélanger les ingrédients secs et les ajouter aux ingrédients liquides.Verser dans un moule à cheminée d\u2019une contenance de 1,5 litre préalablement beurré, en pressant la pâte pour enlever les bulles d\u2019air qu\u2019il pourrait y avoir.Couvrir de papier ciré beurré et déposer le moule dans une casserole remplie aux trois quarts d\u2019eau bouillante.Couvrir la casserole et cuire à feu doux, à petits frémissements, pendant 3 heures.Servir chaud, accompagné de sauce au bourbon et, si désiré, de crème montée.Pour la sauce, dans une petite casserole, faire fondre le beurre à feu moyen.Ajouter la cassonade et mélanger à l\u2019aide d\u2019un fouet.Ajouter le bourbon et bien mélanger.Ajouter la crème et porter à ébullition.Mijoter 5 minutes à feu doux à découvert.Réserver au chaud.Servir avec le pudding anglais.Michael Tozzi est chef au restaurant Dandy, 244, rue Saint-Jacques dans le Vieux-Montréal.LA RECETTE DE LA SEMAINE Pudding anglais, sauce au bourbon MICHAEL TOZZI Le menu propose ce que l\u2019on trouve dans un izakaya de qualité.À quatre, nous avons eu le plaisir de tester une bonne dizaine de plats méritant, à une ou deux exceptions près, des soupirs de satisfaction et même quelques applaudissements. LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 BON VOYAGE ÉLUE Meilleure agence spécialisée au Québec AGENCE SPÉCIALISTE DU MAROC BIENVENUE AU MAROC dans toute sa richesse culturelle et avec ses paysages à couper le souf?e.\u2022 Vivez l\u2019expérience marocaine avec un chauffeur guide privé pour deux personnes \u2022 Voyage en petit groupe de 12 personnes maximum \u2022 Pays très sécuritaire \u2022 Cadeau avec réservation Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 PRÉSENTATION SPÉCIALE SUR NOS DÉPARTS 2020 Deux présentations 19 janvier 2020 Première 10h | Deuxième 14h Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Présentations- Conférences circuits saisons 2020 Présentées par des Spécialistes Hôtel Ruby Foo`s , 7655 Blv Décarie Salle Shanghaï A Salle Shanghaï B Permis du Québec Dimanche 12 janvier 3081, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : HÔTEL UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 12 JANVIER 2020 LA TURQUIE PEUPLES & CIVILISATIONS Départs : 19 mai & 15 septembre 2020 POLOGNE MÉMOIRE DE L'EUROPE Départs : 17 mai & 30 août 2020 JAPON À L\u2019AUTOMNE SYMBIOSE DE LA BEAUTÉ ET DE LA MODERNITÉ Du 11 au 30 octobre 2020 ALLEMAGNE Départs : 6 octobre & 10 octobre 2020 KENYA & TANZANIE Du 15 novembre au 4 décembre 2020 VIETNAM & CAMBODGE CROISIÈRE AU FIL DU MÉKONG Départs : 13 novembre 2020 & 5 février 2021 10h30 10h30 12h45 12h45 14h30 14h30 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT Communiquez avec le département de publicité 514 985-3399 publicité@ledevoir.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 67 Vivre Tendance ENTREVUE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR Créé en 2010 par Heini Zachariassen et Theis Søndergaard à Copenhague, Vivino vise à faciliter l\u2019achat d\u2019une bouteille de vin sans être pris de sueurs froides à l\u2019idée d\u2019être incapable de départager un bon bordeaux d\u2019un mauvais.Le duo de Danois n\u2019a du reste jamais caché que c\u2019est son manque de connaissances en matière de vin qui l\u2019a poussé à développer cette application.Comment ça fonctionne ?Vous prenez l\u2019étiquette d\u2019un vin en photo.L\u2019application numérise l\u2019image en question et, en quelques secondes, elle trouve la fiche du produit correspondant.Puis, elle affiche la note moyenne sur 5 accordée par ceux qui ont (théoriquement) dégusté ledit vin.À noter : n\u2019importe qui peut écrire ses commentaires et tous les avis sont traités sur le même pied, que le dégustateur possède une cave immense ou qu\u2019il vienne tout juste de boire le premier rouge de sa vie.On peut imaginer toutefois que, si la cote qui s\u2019affiche sur votre téléphone est de 2,1, vous risquez de déposer la bouteille et de continuer à parcourir les rayons jusqu\u2019au moment où vous tomberez sur un produit coté 4,2.réponse et de corriger des énormités, ça serait mieux ! » Les secrets des étiquettes peuvent en effet être déroutants pour un novice.Et il arrive, sur Vivino, de tomber sur des descriptions erronées.C\u2019est là que le bât peut blesser, explique la sommelière Élyse Lambert.« Un chianti, un chianti Classico et un chianti Classico Riserva, c\u2019est trois patentes différente, dit-elle pour illustrer son propos.Est-ce que le consommateur sur Vivino identifie le bon produit ?» Autre aspect, en apparence tout simple mais capital selon la master sommelière : les goûts de chacun.« Si vous n\u2019aimez pas le sangiovese et que vous avez dégusté un chianti, ça se pourrait que votre note soit biaisée par votre préférence personnelle.» Élyse Lambert n\u2019est cependant pas contre l\u2019existence de cette application.« Pour le commun des mortels, [Vivino] est une plateforme intéressante qui permet d\u2019avoir une vision globale de l\u2019appréciation d\u2019un produit.Mais ça reste une évaluation très large.» Sans trop de surprise, la spécialiste n\u2019utilise pas cet outil.« J\u2019ai des amis dégustateurs et sommeliers qui sont mes Vivino à moi.» C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019elle recommande aux abonnés de l\u2019application : de trouver leurs propres références en matière de vin, de privilégier le facteur humain.Nos goûts d\u2019abord Le sommelier et enseignant Nick Hamilton abonde dans ce sens.En matière d\u2019applications, celui qui a fondé la firme de consultation Les Conseillers du vin en 1987 utilise davantage Wine Searcher, dans le but de connaître les prix sur le marché.Cette dernière appli met en avant les notes des critiques professionnels (Decanter, Wine Enthusiast).Les étoiles accordées par les utilisateurs lambda sont présentées séparément.Vivino ?Il n\u2019est pas contre.Mais, comme Élyse Lambert, il indique que les goûts personnels sont primordiaux.Le meilleur exemple, selon lui ?« Les vins de Barolo et de Barbaresco, dans le Piémont, faits avec du nebbiolo, répond-il.Ce cépage a une acidité assez prononcée, des tanins fermes, une certaine rusticité et une finale parfois amère et astringente.Si vous n\u2019aimez pas les vins acides amers et astringents, abste- nez-vous d\u2019y goûter, même si le vin est coté 5 étoiles ! » Bien entendu, les accords mets et vins sont essentiels lorsque vient le moment de faire son choix.Une épice, un ingrédient, une sauce, une cuisson même peuvent tout changer.Sur Vivino, l\u2019option « Accords » est pour le moins simplifiée.Les desserts se divisent ainsi en « fruités » et « sucrés ».Les fromages, en « bleu », « chèvre » et « pâte molle ».Les mets végétariens sont tous regroupés sous l\u2019onglet\u2026 « Végétarien ».« Les clients me demandent souvent \u201cun bon vin blanc dans telle fourchette de prix\u201d.Je leur demande toujours en retour si c\u2019est pour aller avec un repas.Puis ce qu\u2019ils aiment.Même si un vin représente théoriquement l\u2019accord parfait, si le client déteste ce cépage, par exemple, mieux vaut l\u2019éviter », explique Mathieu Baghdjian.Employé à la SAQ depuis huit ans, le caissier-vendeur guide souvent les clients, entre autres, de la succursale Monkland et de la SAQ Sélection rue Saint-Jacques, dans leurs choix.Un aspect de son travail qu\u2019il adore.Vivino ?Il ne l\u2019utilise pas.Et il estime que la plupart des amateurs de vin préfèrent de loin le contact humain.Notamment pour les éclairer lorsqu\u2019ils ont mémorisé un nom farfelu pour un produit donné.Exemple en or : un « bourgogne aligator » plutôt que bourgogne aligoté.« L\u2019une des premières choses qu\u2019on nous demande c\u2019est : \u201cY avez-vous goûté ?\u201d Si la réponse est non, certains ne veulent rien savoir.» Mathieu Baghdjian remarque que les Québécois se fient davantage aux produits présentés à Salut bonjour ou dans diverses chroniques qu\u2019aux notes « décernées par 198 anonymes sur une appli ».Son mantra ?« Ce n\u2019est pas parce qu\u2019un vin est populaire que vous allez l\u2019aimer.» Montrez-moi ce que vous buvez et je vous montrerai, non pas qui vous êtes, mais ce que vous aimerez boire.Vivino dans le vent L\u2019application fête sa décennie de création.Raison pour célébrer \u2014 ou non \u2014 cet outil de démocratisation du vin ?Selon certains producteurs cotés sur Vivino, le manque de connaissances des utilisateurs de ce genre d\u2019application peut avoir des conséquences négatives.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR La démocratisation du vin Il faut croire que Vivino a répondu à un réel besoin.Aujourd\u2019hui, la compagnie a déménagé son siège social dans ce royaume du vin qu\u2019est la Californie et l\u2019application compte 41,2 millions d\u2019utilisateurs pour 11,6 millions de vins recensés.Mais le vin recensé, justement, a-t- il été décanté suffisamment avant sa dégustation ?A-t-il été servi à la température appropriée ?La personne qui le commente connaît-elle les vins nature ?S\u2019attendait-elle à un vin plus sucré en buvant ce vin sec ?Selon certains producteurs cotés sur Vivino, le manque de connaissances des utilisateurs de ce genre d\u2019application peut avoir des conséquences négatives.Sur la page Facebook de l\u2019application, on trouve par exemple un commentaire d\u2019Olivier Chaumont, gérant des champagnes qui portent son patronyme.Ce dernier se dit déçu par le traitement réservé à ses cuvées sur Vivino.« Tout un chacun peut associer des vins à mon domaine, sans vérification possible.Je me retrouve, en tant que producteur de champagne, avec des notes de vins blancs mâconnais (contre lesquels je n\u2019ai pas d\u2019a priori par ailleurs).Afficher les avis des gens, c\u2019est bien, permettre aux producteurs d\u2019avoir un droit de LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 BILLET PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Depuis quelques années, une nouvelle génération de brasseurs artisanaux transforme le visage de la scène brassi- cole bruxelloise.Pour notre dernier texte sur le sujet, voici un survol des nouvelles adresses en commençant par la plus créative des jeunes brasseries de Bruxelles, Nanobrasserie L\u2019Ermitage.Le boulot qu\u2019occupait Nacim Menu dans le milieu du cinéma l\u2019a mené à séjourner pendant cinq mois à Montréal il y a quelques années.« J\u2019étais déjà brasseur amateur avec mes actuels associés, mais nous n\u2019avions pas le projet d\u2019ouvrir une brasserie, racon- te-t-il.En partant pour Montréal, je me disais : \u201cComment vais-je faire là-bas pour la bière, ça va être la déprime\u2026\u201d En fait, c\u2019est tout le contraire qui s\u2019est passé : quand je suis revenu en Belgique, les bières canadiennes me manquaient ! J\u2019ai vécu à Montréal une sorte d\u2019épiphanie.» Une expérience qui l\u2019a poussé à convaincre ses amis de démarrer une entreprise brassicole.Par un heureux concours de circonstances, ils ont déniché ce local dans le quartier Anderlecht, à un coin de rue de la brasserie Cantillon.« Une ancienne usine à cigarettes \u2014 on reste dans le vice », raconte Nacim Menu en rigolant.La Nanobrasserie L\u2019Ermitage a ouvert ses portes à l\u2019automne 2017, accueillant sa clientèle avec ses NEIPA (franchement réussies), ses stouts créatifs, ses saisons réinventées et des collaborations stimulantes.Lors de notre visite en octobre dernier, on servait au bar la Petite Patrie, une délicieuse pilsner d\u2019inspiration tchèque brassée en collaboration avec Olivier Dupras, de L\u2019Isle de Garde, dans le quartier Rosemont ! Le décor tranche radicalement avec celui des bons vieux cafés bruxellois, les brasseurs ayant conservé le cachet industriel, avec du mobilier de bois bricolé et une terrasse dans la cour avant faite de vieilles palettes.Pour le look autant que pour le menu, on s\u2019y sent davantage à Burlington qu\u2019à Bruxelles.« On avait envie de faire quelque chose de diffé- rent de ce que font les brasseries traditionnelles, explique Menu.De manière générale, la plupart de nos bières sont d\u2019influence nord-américaine plutôt que belge.» La clientèle découvre ces bières d\u2019ailleurs et apprécie.« La génération de nos parents est généralement plus frileuse vis-à-vis des bières amères, mais les plus jeunes sont enthousiastes par rapport à nos recettes.» Si bien que les brasseurs ont inauguré en décembre dernier un café dans le quartier Saint-Gilles, plus au sud, où on peut boire et manger.La Nanobrasserie L\u2019Ermitage est une formidable addition à la scène brassicole bruxelloise, « en pleine explosion », estime Nacim Menu.« Plusieurs facteurs expliquent cela : la nouvelle vague de brasseries partout dans le monde qui a fini par arriver doucement chez nous, d\u2019abord durant la première décennie des années 2000 \u2014 le nombre de brasseries à Bruxelles a doublé en l\u2019espace de deux ou trois ans ! Ensuite, je pense que cet engouement est fortement lié à l\u2019époque dans laquelle on vit.Les gens sont plus sensibles à l\u2019idée de consommer des produits locaux : ils veulent boire local, manger local, acheter des produits locaux.Il y a une demande pour ce genre de produits, et indirectement pour les bières artisanales.» La scène du Nouveau Monde Fondée par un Bruxellois, Olivier de Brauwere, et un Breton, Sébastien Morvan, l\u2019entreprise Brussels Beer Project (BBP) a ouvert ses portes il y a six ans avec une idée jusqu\u2019alors inédite, voire hérétique, dans la capitale belge.« Notre modèle d\u2019affaires est un peu particulier puisqu\u2019on a démarré sans brasserie », explique Antoine Dubois, premier brasseur à avoir rejoint le duo qui s\u2019est lancé grâce à du financement participatif et avec un slogan (en anglais) visant à donner un coup de pied dans la tradition brassicole belge : « Leave the abbaye, join the playground ».Ainsi, la majeure partie de la production de BBP \u2014 ses bières régulières, telles que la juteuse Delta IPA et la Jungle Joy, une double à la mangue et au fruit de la passion \u2014 est confiée en sous-traitance ; les bières saisonnières et les expérimentations sont produites dans sa petite salle de brassage de la rue Antoine Dansaert, à un jet de pierres du canal de Bruxelles, non loin de la place Sainte-Catherine.L\u2019entreprise, qui soigne son image avec ses étiquettes colorées et épurées, dispose d\u2019un salon de dégustation où on peut se procurer ses plus récentes créations.Le jour de notre visite, elle lançait justement la Tough Cookie, une recette inspirée des « pastry stout » américaines, fabriquée avec les speculoos de la célèbre Maison Dandoy de Bruxelles.« On a découvert la scène brassico- le du Nouveau Monde, ces brasseries artisanales américaines qui, pendant longtemps, se sont inspirées de la tradition belge avant de s\u2019en libérer », explique Dubois, qui dit vouloir lui aussi s\u2019éloigner de cette tradition « tout à fait respectable », insiste-t-il.« On peut faire les choses autrement ; nous, on avait envie de s\u2019inspirer des brasseurs artisanaux américains tout en s\u2019en différenciant, notamment grâce au crowdfunding.» L\u2019idée de bâtir une communauté autour de BBP motive également ses fondateurs : « On est très ouverts au feedback ; on veut que les gens s\u2019approprient nos produits.» Et pour ce faire, ils invitent par exemple le public à choisir leurs nouvelles recettes.« Je pense que, lorsqu\u2019on entreprend ce genre de démarche, on assume le fait de donner un coup de pied au cul de la scène brassicole belge parce que c\u2019est important de \u201cchallenger\u201d le milieu », dit Dubois, qui croit que l\u2019arrivée de BBP a pu être mal perçue par certains, mais qu\u2019elle a été saluée par des consommateurs avides de nouveauté.La manœuvre, un savant mélange de marketing bien ficelé et de recettes originales, semble porter ses fruits : Brussels Beer Project a récemment ouvert une succursale dans le quartier Pigalle, à Paris \u2014 au 1, rue de Bruxelles ! On boit à Laeken ! L\u2019inauguration, à la mi-octobre, de la microbrasserie La Source Beer Co.confirme la commune de Laeken, au nord-ouest du centre historique de Bruxelles, comme la nouvelle destination des amateurs de bières artisanales.Il s\u2019agit de la troisième microbrasserie à s\u2019installer là, dans la rue Dieudonné Lefèvre, au nord du parc Tour & Taxis.Brasserie En Stoemelings fut la première à investir le quartier en 2014 ; elle propose des « bières traditionnelles [belges] avec une twist », telle cette solide « triple de soif » à 7 % d\u2019alcool par volume baptisée Curieuse Neus.Sa voisine punk No Science a ouvert ses portes en 2016, affichant une préférence pour toutes les déclinaisons de l\u2019India pale ale, comme leur Noisy Pale Ale, une IPA belge à 6 % d\u2019alcool par volume parfumée aux houblons Challenger et Mosaic.Les trois microbrasseries se visitent dans un rayon de 100 mètres.Vivre Bière 68 Les nouvelles bières bruxelloises Zoom sur quelques adresses qui « challengent » le milieu brassicole belge Depuis quelques années, une nouvelle génération de brasseurs artisanaux transforme le visage de la scène brassicole bruxelloise.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 69 Vivre Vin LES VINS DE LA SEMAINE (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans © devrait séjourner en carafe Moins de 16 $ 1/2 Clos La Coutale 2017, Cahors, Sud-Ouest, France (15,15 $ \u2013 00857177) Cette cuvée de Philippe Bernède coule depuis des lustres sa vie paresseuse comme si elle épousait les contours sinueux du Lot en son berceau de fleuve tranquille.Le fruité y a du coulant et de la souplesse, avec ce côté friand culminant sur une sève qui semble vouloir étirer le temps.Servir frais sur une saucisse de Morteau.(5) La surprise 1/2 Rufia Vinho Tinto 2017, Portugal (24,15 $ \u2013 14273499) L\u2019homme derrière cet assemblage de jaen, de rufete et de touriga nacional se nomme João Eduardo Novais Malheiro Tavares de Pina.Bon, un peu long comme nom, mais diable qu\u2019on s\u2019en fout, car ce rouge bien sec est un hymne au farniente et à la rigolade en raison de son exceptionnelle légèreté et digestibilité.Voilà, c\u2019est dit.(5) Le blanc Monologo 2018, Vinho Verde, Portugal (18,15 $ \u2013 14296666) Une lectrice s\u2019offusquait récemment de la disponibilité des vins cités dans cette chronique.Je n\u2019ai aucun contrôle sur la SAQ.Toutefois, avec cet arinto bien sec, vertical, expressif et fort original, je vous propose aussi, pour la même notation, cet Alvarhino 2018 Muros Antigos (22,25 $ \u2013 11612555).Une belle signature.(5) Le rouge Gamay Le bois Jacou 2018, Jean-François Mérieau, Touraine, Loire, France (21,50 $ \u2013 12572858) Ce gamay se donne des airs de cabernet franc tant il s\u2019étoffe au passage d\u2019une redingote fruitée particulièrement serrée.Or la souplesse du tissu le trahit aussitôt et vous jase gamay sans détour pour mieux vous inviter à plus de festivités encore.Un petit bijou d\u2019été ensoleillé au cœur d\u2019un hiver 2020 ensommeillé.(5) Le bio 1/2 Chardonnay Cono Sur 2018, Chili (15,85 $ \u2013 13728885) Voilà un blanc sec qui vous accroche un bel ananas frais et bien mûr à la place du soleil dans votre coin de ciel bleu tant l\u2019intensité du fruité et l\u2019exotisme d\u2019ensemble se savourent mutuellement.Avec ce qu\u2019il faut toutefois de retenue pour éviter la caricature.Expression, rondeur, densité et vivacité sur la finale.(5) BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019année « vinvin » n\u2019en sera qu\u2019une de plus pour boire du vin.Mais quelle année tout de même ! Êtes-vous toujours partant ?Mieux, ressentez-vous toujours cette palpitation intime qui grise et attise en vous l\u2019esprit de découverte à la vue, au nez et à la bouche du beau vin, comme s\u2019il s\u2019agissait de votre tout premier rendez-vous galant ?Inutile de poursuivre si l\u2019étincelle n\u2019y est pas.Le vin n\u2019a pas de temps à perdre avec quiconque lui préfère le jus de tomate.Même avec une branche de céleri pour lui donner de l\u2019esprit.C\u2019est bien pourquoi ce début d\u2019année 2020 permet d\u2019y aller avec quelques trucs et conseils d\u2019usage, histoire de maximiser l\u2019expérience du vin tout en se débarrassant d\u2019habitudes parfois douteuses.Comme, par exemple, boire votre Cheval Blanc 2009 un chouïa bouchonné, mais c\u2019est-du- Cheval-Blanc-2009-alors-pas-ques- tion-de-le-vider-dans-l\u2019évier, ou encore partager avec un abruti un vin vraiment quelconque dans l\u2019espoir de réhabilité à la fois l\u2019un et l\u2019autre.De quoi vous dégoûter de boire du vin.Du moins avant 2021.Voici 15 idées pratiques pas piquées des hannetons, sans toutefois vous faire la leçon.Il y a tout de même des limites au snobisme, surtout en matière de vin ! 1.N\u2019achetez pas un prix mais un vin.Surtout un vin que vous aimez.Vous viendrait-il à l\u2019idée de fréquenter quelqu\u2019un que vous n\u2019aimez pas ?C\u2019est long, 750 millilitres à boire, surtout si l\u2019amertume domine ! 2.Faites le ménage côté verrerie en vous débarrassant de verres disparates et dysfonctionnels.Optez plutôt pour une série unique, de bonne qualité et polyvalente, où votre nez pourra plonger sans pour autant s\u2019y mouiller.C\u2019est nettement plus classe.Et puis, vous viendrait-il à l\u2019idée de vous habiller comme la chienne à Jacques ?Habillez de même votre vin du verre le plus beau ! 3.Pas besoin de boire votre vin comme si vous étiez dans la cave du vigneron, à une température de 12 degrés Celsius à vous geler le popotin.Assurez-vous par contre de servir plus frais que trop chaud.Vous serez toujours gagnant dans le temps.4.Vous avez peut-être une mémoire encyclopédique, mais prendre quelques notes de dégustation permet de coucher sur papier ses impressions avec plus de nuances et de subtilité.Tout en les notant dans l\u2019absolu ! 5.Vous achetez de façon compulsive pour mieux jouer au jeu « Qui a la cave à vins la plus grosse » ?Vous risquez de vous retrouver la queue entre les jambes en arpentant des allées de cimetière si vous ne faites pas gaffe.Le temps joue ici contre vous.6.N\u2019intellectualisez pas le vin, vivez- le ! Sans toutefois en abuser.Quand vous ne faites plus la différence entre un pinot noir et un zinfandel, c\u2019est que, de deux choses l\u2019une, vous avez trop bu ou vous ne devriez pas être membre d\u2019un jury à l\u2019international.7.Dégustez par paire.Deux chardonnays de deux régions ou de deux pays ; deux cabernets, l\u2019un des vieux pays, l\u2019autre du Nouveau Monde, etc.À la fois instructif et amusant.8.Démarrez votre club de vin.Vous y gagnerez en fraternité et en échanges tout en fractionnant les coûts.Il n\u2019y a pas de petites économies ! 9.Votre première impression de dégustation, à l\u2019image d\u2019une rencontre, est souvent la meilleure.Ayez confiance et foncez ! 10.La carafe, tout comme le soleil en hiver au Québec, n\u2019est pas qu\u2019une simple décoration.N\u2019hésitez pas à brasser la cage de vos vins jeunes, surtout s\u2019ils sont coiffés d\u2019une capsule à vis.11.Offrez un vin québécois en cadeau (à vous-même !), pas par nationalisme mais par conviction.Et bon goût ! 12.Contournez les boutiques hors taxes aux aéroports : même Séraphin ne s\u2019y laisserait pas berner ! 13.Vivez une expérience vin.Cours, séminaires et autres rencontres permettent de saisir quelques astuces et techniques de dégustation sans trop d\u2019efforts, sinon celui de recracher le pinard en question.14.Vous voulez vous initier au b.a.-ba du vin ?Misez sur le livre Vive le vin ! de Karyne Duplessis Piché (Éditions La Presse).15.Évitez d\u2019acheter votre vin au hasard.Discuter avec un conseiller en vin ou lisez cette chronique pour mieux cerner vos goûts.Le hasard a parfois un goût de piquette ! Millésime « vinvin » Commencez l\u2019année en toute confiance ! Ce début d\u2019année 2020 permet d\u2019y aller avec quelques trucs et conseils d\u2019usage, histoire de maximiser l\u2019expérience du vin tout en se débarrassant d\u2019habitudes parfois douteuses.JEAN AUBRY LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 Vivr e Mot s de t êt e 70 SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 71 Vivre Mots de tête GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 485 Horizontalement I.Incompétence.II.Nullard.Tort.III.Ci.Egéen.Ter.IV.Otton.Nomade.V.Neume.Tu.Sus.VI.Détestées.Li.VII.Utile.Abel.VIII.If.Rê.Abo.IX.Tôle.Toronto.X.Exaspération.Verticalement 1.Inconduite.2.Nuitée.Fox.3.Cl.Tutu.La.4.Oléomètres.5.Magnésie.6.Pré.Tl.Té.7.Edentée.Or.8.Noue.Ara.9.Et.Sabot.10.Notas.Boni.11.Crédule.To.12.Etrésillon.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 486 1.Douteuses petites manœuvres.2.Mentionne un passage douteux dans le texte.Met à la porte.3.Ouvertes de jour comme de nuit.4.Bien montée.Tous les associés dans l\u2019affaire.5.Pose question.Donnent belle allure aux belles.6.Invisibles et dangereux.Comme des passages protégés.7.Dans le vent.Grande école.8.Plat de Provence.Lettres de crédit.D\u2019un auxiliaire.9.Estragon et génépi.10.Plume italienne.Protègent les secrets.11.Invoqué contre la peste.Marque de passage.12.Découpât dans le temps.I.Attaché à la maison du roi.II.Point de rencontres animales.Accord de la France d\u2019en bas.III.Dans le livre mais pas sur la couverture.Papa du bâtisseur de la grande arche.IV.Petit point dans l\u2019eau.Toile populaire.V.Tout ce qu\u2019elle fait est extraordinaire.A terminé sa course en Egypte.VI.Composés chimiques.Assure la réunion.VII.Bâtisseur de la grande arche.Ouvre le choix.Découpage du signe.VIII.Herbacé parasite.Belle manière.IX.Préposition.A fini ses jours à Lesbos.Cours du Maroc.X.Fissent monter la tension.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Quand j\u2019ai les yeux fermés, c\u2019est par mon ventre que je suis avalée, c\u2019est dans mon ventre que j\u2019étouffe.\u2014 Réjean Ducharme MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE CHROME CHÔME HOME DÔME DOGME JEUX 104 111 111 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.111 1.Entraîner 2.Discours 3.Vin blanc 4.Quitter 5.Carré griffé 6.Début d\u2019été révolutionnaire 7.Académicien 8.Fouiller 9.Parfois il tourne 10.Chat anglais \u2022 GASPACHO \u2022 CHOUCHOU \u2022 HOUBLON \u2022 LONGUE \u2022 GUÉRIDON \u2022 DONC \u2022 ONC \u2022 ONCLE \u2022 CLÉBARD \u2022 ARDEUR BAYE CIME S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R CORRIGÉ J\u2019en ai assez?! Avec toi, je navigue journellement entre les insultantes harangues et les blessants diatribes.Je ne m\u2019attends pas à de grandes éloges, mais doit-on nager imuablement dans la zizanie?Laisses-moi me retirer pour l\u2019instant, afin que je réfléchisse à notre différent.blessantes, et non *blessants \u2014 adj.blessant au fém. plur.(accord : diatribes).Qui offense dans son honneur, sa dignité.Attention : le nom diatribe (« critique acerbe ») est féminin.grands, et non *grandes \u2014 adj.grand au masc. plur.(accord : éloges).Attention : le nom éloge (« discours qui a pour but de louanger quelqu\u2019un ou quelque chose ») est masculin.immuablement, et non *imuablement \u2014 adv.Toujours, continuellement.laisse, et non *laisses \u2014 v.laisser, impér. prés., 2e sing.(sujet sous-entendu : tu).À l\u2019impératif, à la 2e personne du singulier, les verbes en \u2013er ne prennent un s que devant les pronoms en et y (ex. : laisses-en, mais laisse-les).différend, et non *différent \u2014 n. m.Mésentente entre deux personnes.À ne pas confondre avec l\u2019adjectif différent (« qui n\u2019est pas pareil ») ou le déterminant différents (« divers »).Remarque \u2014 Le mot harangue désigne un discours solennel public et, par extension, tout discours réprobateur et ennuyeux.© 2019 Druide informatique inc.Tous droits réservés.Épreuve de révision Antidote | no 41 LE DEVOIR // LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 JANVIER 2020 J E U X D E S O C I É T É P L U S G R A N D S Q U E N A T U R E U N E E X P O S I T I O N D E J O U E T S En collaboration avec Présentée par JUSQU\u2019AU 8 MARS JEAN-CLAUDE POITRAS MODE ET INSPIRATIONS EXPOSITION JUSQU\u2019AU 26 AVRIL L\u2019exposition est une réalisation conjointe du Musée McCord et du Musée de la civilisation."]
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