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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-12-30, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 296 / LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Neige, grésil et déplacements difficiles en vue A 3 Un homme a été accusé dimanche relativement à l\u2019attaque perpétrée samedi soir, près de New York, contre des membres d\u2019une communauté juive lors d\u2019une fête religieuse.L\u2019événement a été qualifié par les politiciens de « terrorisme intérieur » et d\u2019« acte antisémite ».VOIR PAGE B 2 STEPHANIE KEITH GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Terrorisme intérieur CLAUDE LÉVESQUE COLLABORATEUR À BELFAST LE DEVOIR La « frontière dure » entre la république d\u2019Irlande et les six comtés « loyalistes » du nord de l\u2019île a disparu il y a plus de vingt-cinq ans, mais une autre démarcation, immatérielle mais tout à fait réelle, risque d\u2019être tracée au milieu de la mer d\u2019Irlande dans un an.Pendant ce temps, un mur de plusieurs kilomètres de long sépare toujours le quartier de Falls de celui de Shankill à Belfast, la capitale de l\u2019Irlande du Nord, même si les catholiques et les protestants (aujourd\u2019hui on dit plutôt les nationalistes et les unionistes) ne se tirent plus dessus comme à l\u2019époque des Troubles.La crainte des Européens, des Irlandais et d\u2019une bonne partie des Britanniques a toujours été que le Brexit, qui devient inéluctable avec l\u2019élection, triomphale disons-le, de Boris Johnson le jeudi 12 décembre ne ravive les tensions entre les deux communautés en Irlande du Nord.Le danger serait particulièrement grand si la libre circulation entre les deux parties de l\u2019île était entravée mais, fort heureusement, le dernier accord conclu entre Londres et l\u2019Union européenne (UE) exclut tout retour à une frontière dure.Il reste aux députés nouvellement élus au Parlement de Westminster à le ratifier.La députation sortante n\u2019a pas eu le temps de le faire parce que M.Johnson a déclenché sans trop crier gare des élections anticipées.« Le Brexit ne me fait pas peur.Rétablir la frontière avec la république ?Ils n\u2019oseront jamais », croit le guide du Coiste Irish Political Tour, un ancien militant de l\u2019IRA (l\u2019Armée républicaine irlandaise) qui a passé huit ans et demi dans la prison de Maze après avoir été « interrogé » par les autorités britanniques à bord du HMS Maidstone.Ce navire de guerre avait été amarré dans le port de Belfast et transformé en centre de détention temporaire au début de cette guerre civile qui a sévi de 1968 à 1998 et qu\u2019officiellement on appelle The Troubles.Evanne, une jeune étudiante native de la république d\u2019Irlande, fait chaque semaine le trajet entre Dublin et Belfast parce qu\u2019elle étudie dans cette dernière ville.Le Brexit l\u2019inquiète.«On ne sait jamais ce qui peut arriver», dit-elle.Les habitants des deux entités traversent régulièrement la frontière aujourd\u2019hui invisible et imperceptible.En fait, depuis les années 1920, la circulation des personnes n\u2019a jamais été difficile (sauf pendant les LE DEVOIR EN IRLANDE DU NORD Des murs et des frontières Le Brexit risque de raviver les tensions entre les deux communautés nord-irlandaises ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR e 23 juillet 1983, à plus de 12 000 mètres au-dessus de l\u2019immensité forestière ontarienne, le système d\u2019avertissement d\u2019un Boeing 767 d\u2019Air Canada s\u2019active : la pression dans une pompe à essence est anormalement basse.À la stupéfaction de l\u2019équipage, le kérosène vient à manquer quelques instants plus tard.Le pilote parvient à faire planer l\u2019appareil jusqu\u2019à la base militaire désaffectée de Gimli, au Manitoba, et à s\u2019y poser.Glissant au sol sans train d\u2019atterrissage, l\u2019avion s\u2019arrête au bout de la piste.Tout le monde est indemne.VOIR PAGE A 2 : MÈTRE L Mètre chez nous Le passage du système impérial d\u2019unités au système international, entamé il y a 50 ans au Canada, n\u2019est toujours pas terminé En janvier 1970, le Canada amorçait sa conversion du système impérial d\u2019unités au système international avec la publication d\u2019un livre blanc par le ministère de l\u2019Industrie et du Commerce.Cinquante ans plus tard, du chemin reste à parcourir, qu\u2019on mesure les progrès en pouces ou en centimètres\u2026 VOIR PAGE A 2 : IRLANDE ACTUALITÉS Fin de parcours pour les calèches dans le Vieux-Montréal A 4 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 Rectificatif Le texte de Caroline Montpetit intitulé « Affaire Matzneff : Pivot évoque un changement d\u2019époque » et publié dans notre édition de samedi en page A3 indiquait à tort que l\u2019âge du consentement légal était de 14 ans au Canada.Il est plutôt de 16 ans.Un consentement peut être accordé à partir de 14 ans s\u2019il y a moins de cinq ans et un jour d\u2019écart entre les partenaires, et à partir de 12 ans s\u2019il y a moins de deux ans et un jour d\u2019écart entre eux.Un changement inachevé L\u2019incident, que l\u2019histoire a retenu comme celle du « planeur de Gimli », découle d\u2019une erreur de calcul.Des techniciens avaient fait le plein en considérant la masse d\u2019un litre de kérosène en livres plutôt qu\u2019en kilogrammes.En conséquence, l\u2019équipe croyait que le réservoir contenait 20 400 kg de carburant au décollage de l\u2019appareil, à Ottawa, mais ne s\u2019y trouvaient en réalité que 9144 kg.Cette anecdote illustre les pires périls pouvant découler de la coexistence de deux systèmes d\u2019unités.Cinquante ans après que le pays eut amorcé le grand virage, le pied et la livre ont disparu des documents officiels, mais demeurent présents dans l\u2019usage courant.La pratique ne bat en retraite qu\u2019un seizième de pouce à la fois.Et pourtant, les décideurs politiques ne manquaient pas d\u2019enthousiasme au moment de la mise en marche de la transition.« Le gouvernement est d\u2019avis que l\u2019adoption du système de mesures métriques devient inévitable, voire souhaitable, au Canada », lit-on dans le Livre blanc sur la conversion au système métrique au Canada, daté de janvier 1970.On écrit que l\u2019immobilisme serait « contraire aux intérêts industriels et commerciaux » du pays.Si ce sont d\u2019abord des intellectuels et des technologues qui militent pour l\u2019adoption du système international, les gouvernements libéraux de Lester B.Pearson et Pierre Elliott Trudeau vont vite reprendre le refrain comme outil de cohésion nationale \u2014 notamment pour distinguer le Canada des États-Unis \u2014, explique l\u2019historien Go- defroy Desrosiers-Lauzon, qui a consacré un article à la question.« Dans le contexte canadien des années 1960 et 1970, [la conversion et la refonte des systèmes d\u2019unités] s\u2019inscrivent dans le programme de modernisation économique et de diversification du commerce international que tente un État fédéral stimulé par un nationalisme renouvelé », écrit M.Desrosiers- Lauzon dans la revue Scientia Canaden- sis.Les autorités croient que le mètre, le kilogramme et leurs consorts permettront plus facilement au Canada d\u2019exporter ses ressources et produits vers d\u2019autres pays que les États-Unis.Elles pensent aussi que, tôt ou tard, les voisins du sud finiront par faire le virage.Attachement culturel Ces considérations économiques oubliaient toutefois de prendre en compte l\u2019attachement culturel aux unités de mesure.Il faut voir la transition de la même manière qu\u2019un passage plus ou moins forcé vers une nouvelle langue commune, soulève M.Desro- siers-Lauzon en entrevue.« Un système de mesure, c\u2019est un langage, une façon d\u2019entrer en relation avec les autres », dit le professeur associé d\u2019histoire à l\u2019UQAM.Même si le système international comporte des avantages intrinsèques \u2014 en premier lieu, qu\u2019il soit construit sur une base décimale et, en second lieu, que ses unités soient reliées entre elles \u2014, il fallait prévoir des résistances au changement, souligne-t-il.Ainsi, deux générations après le début de la conversion, on mesure encore la température des piscines en degrés Fahrenheit.On bâtit encore les maisons avec des deux-par-quatre.Et à l\u2019épicerie Poivre et Sel, dans le quartier Rosemont à Montréal \u2014 comme dans presque tous les marchés d\u2019alimentation de la province \u2014, on affiche toujours les prix à la livre en plus gros caractères qu\u2019au kilo.« On a beaucoup de gens âgés qui viennent ici, dit Lise, derrière le comptoir de charcuteries.Ils sont mêlés avec les kilos et les grammes, donc d\u2019avoir les prix à la livre, ça les réconforte.» Quand ils commandent de la charcuterie ou du fromage, la moitié des clients parlent en livres, l\u2019autre moitié en grammes.La conversion serait néanmoins en marche: les jeunes s\u2019expriment très rarement en mesures impériales, selon Lise.La dame dans la soixantaine se rappelle bien le changement des balances dans les années 1980.Cette mesure faisait suite au double étiquetage des produits destinés au commerce de détail (1971), à la conversion des données météorologiques (1975) et au remplacement des panneaux routiers (1977).À l\u2019époque, cette série de moyens pris par Ottawa suscite le mécontentement chez les conservateurs.En 1979, quand Joe Clark arrive au pouvoir après 16ans de règne libéral, son gouvernement retarde indéfiniment la conversion des balances.Le programme reprendra en 1981 avec le retour de Trudeau comme premier ministre, avant que les conservateurs y mettent de nouveau la hache en 1984.Dans le Canada anglais, les opposants à la conversion l\u2019associaient à une supposée domination francophone à Ottawa.Un député conservateur des Prairies rappelle même que c\u2019est Napoléon qui a répandu le système métrique en Europe, avant d\u2019ajouter, à l\u2019endroit de Trudeau: «Nous avons maintenant notre Napoléon en Amérique du Nord.» Ces «cheap shots» n\u2019étaient que des arguments « faciles et superficiels », estime Godefroy Desrosiers-Lauzon.«La métrification était un combat d\u2019arrière- garde.Ce qui dérangeait les conservateurs, c\u2019était avant tout la politique énergétique et la supervision de l\u2019investissement », avance-t-il.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019adoption du système international s\u2019inscrit tout à fait dans une logique de construction nationale canadienne.Comme le bilinguisme et les politiques économiques nationalistes, écrit l\u2019historien, «la conversion du système métrique est un demi-succès, ou un échec relatif, c\u2019est selon».MÈTRE SUITE DE LA PAGE A 1 Les risques du Brexit Troubles), mais les marchandises, elles, ont été soumises à des tarifs douaniers jusqu\u2019à la création du marché unique européen en 1993.De nombreux Irlandais possèdent deux passeports, un républicain et un autre britannique.Des autobus relient Dublin et Belfast presque toutes les heures, et les trains en font presque autant.Le problème en Irlande du Nord ne se situe probablement pas sur ce plan; du moins, c\u2019est ce qu\u2019on espère.On considère plutôt à Londres que, si cette dernière continue à faire du commerce avec un pays de l\u2019UE (la république au Sud) après le Brexit, il faudra exercer un contrôle et imposer des tarifs douaniers sur les marchandises destinées au reste du Royaume-Uni.« Le problème vient des unionistes qui s\u2019inquiètent de la possibilité très réelle de voir apparaître une frontière en mer d\u2019Irlande entre la partie nord de l\u2019île [même si elle cessera officiellement de faire partie de l\u2019UE] et le reste du Royaume-Uni, remarque Kevin Hanratty, directeur du Human Rights Consortium à Belfast.Récemment, des leaders de cette mouvance ont tenu un grand rassemblement à l\u2019Ulster Hall, une salle de spectacle importante de Belfast, et ils ont exprimé très clairement leurs craintes.» Sans aller jusqu\u2019à redouter un retour à la violence des années les plus sombres de la deuxième moitié du XXe siècle, M.Hanratty croit que des tensions pourraient se faire jour et qu\u2019elles viendraient surtout de la part des unio- nistes purs et durs.Teresa May avait dû s\u2019allier à un parti unioniste, le DUP (Democratic Unionist Party), après avoir perdu sa majorité parlementaire en 2017, et Boris Johnson n\u2019a jamais officiellement mis fin à cet accord.Avec cette possibilité que l\u2019Irlande du Nord soit bientôt séparée du Royaume-Uni par l\u2019imposition de tarifs douaniers, nombreux sont les unionistes qui crient à la trahison.Stress post-traumatique Comme plusieurs de ses compagnons d\u2019infortune, le guide du Coiste Irish Political Tour, qui aime à se faire appeler « Rocky », souffre de stress post- traumatique et dit faire des cauchemars presque toutes les nuits.Il n\u2019est pas tendre à l\u2019endroit de ses anciens geôliers, mais il ne souhaite pas qu\u2019on replonge dans la violence.D\u2019ailleurs, la démographie pourrait bien se charger de rendre inéluctable la réunification de l\u2019Irlande pour laquelle il s\u2019est battu, à plus ou moins brève échéance.Même si le Parlement local de Stor- mont est paralysé depuis trois ans, les antagonismes ne sont pas trop palpables aujourd\u2019hui à Belfast.Sauf si on se promène le long de Falls Road, l\u2019artère qui traverse le quartier catholique, ou de Shankill Road, celle qui traverse le quartier protestant.Deux secteurs économiquement défavorisés qui semblent se regarder en chiens de faïence.Le message véhiculé par les nombreuses murales consiste à blâmer l\u2019autre camp pour la sale guerre qui a fait en tout 3600 morts et des milliers de blessés.Le conflit a aussi été marqué par des grèves de la faim, qui ont été fatales pour certains prisonniers, dont le célèbre Bobby Sands, mort à 27 ans en 1981.Dès la fin des années soixante, les autorités britanniques ont commencé à élever des murs afin de séparer les communautés rivales dans certains secteurs clés.Un de ces « murs de la paix », construit à mi-chemin entre Falls Road et Shankill Road, fait plusieurs kilomètres de long.Cette structure imposante et austère, qui comporte des barrières généralement ouvertes pendant la journée, est également couverte de murales et de graffitis, dont les messages sont beaucoup moins belliqueux et revendicateurs que ceux qu\u2019on aperçoit le long des deux artères susmentionnées.Aux élections du jeudi 12 décembre, le DUP a perdu deux sièges, le Sinn Féin, principal parti nationaliste, s\u2019est maintenu, le SDLP (Social Democratic Labour Party), un parti favorable à la réunification mais plus modéré que le Sinn Féin, en a gagné deux, et Alliance, une formation résolument centriste, a aussi fait élire deux de ses candidats au Parlement de Westminster.Aujourd\u2019hui, plusieurs anciens combattants des Troubles conseillent à leurs cadets de ne pas suivre leur exemple.Ces derniers ne sont d\u2019ailleurs pas particulièrement désireux de le faire, surtout quand ils s\u2019identifient aux deux communautés.C\u2019est le cas de Phil, qui travaille dans l\u2019hôtellerie.Il a voté pour le parti centriste Alliance.Il ajoute que l\u2019argent arrange souvent les choses.Il se dit très attaché à l\u2019Irlande, mais craint que, si les choses se gâtent, un nouvel exode de ses compatriotes puisse se produire.Les deux parties de l\u2019Irlande ont connu plusieurs bonnes années, du moins jusqu\u2019à la crise de 2008.La république a même été surnommée le « tigre celtique » pendant un certain temps.Cela se voit dans le nombre incroyable d\u2019édifices ultramodernes qui ont poussé le long du fleuve Liffey, à Dublin.Belfast et l\u2019Irlande du Nord ne sont pas tout à fait en reste.Les touristes y sont assez nombreux, attirés, entre autres, par le musée consacré au Titanic, par les décors de la série Game of Thrones et par la créativité légendaire des musiciens de la région.IRLANDE SUITE DE LA PAGE A 1 E N B R E F Un recours collectif contre LifeLabs ?Une demande de recours collectif a été déposée contre la société de services médicaux LifeLabs victime d\u2019un vol de données touchant jusqu\u2019à 15 millions de ses clients.Dans une déclaration remise le 27 décembre à la Cour supérieure de l\u2019Ontario, les avocats Peter Waldmann et Andrew Stein reprochent à Lifelabs d\u2019avoir fait preuve de négligence.Les pirates informatiques avaient obtenu les renseignements sur un nombre inconnu des 15 millions de clients canadiens de LifeLabs, y compris leur numéro d\u2019assurance maladie, leur nom, leur adresse courriel, leurs identifiants, leurs mots de passe, leur date de naissance et des résultats de tests de laboratoire.La Presse canadienne Décès de Jeremy H.Reitman Le président du conseil et chef de la direction de Reitmans, Jeremy H.Reit- man, est décédé, a annoncé la chaîne montréalaise de vêtements pour femmes, dimanche.Le petit-fils des fondateurs de la chaîne canadienne de vêtements pour femmes occupait toujours ses fonctions au moment de son décès.Son frère, Stephen F.Reitman, est quant à lui président et chef de l\u2019exploitation de Reitmans.L\u2019entreprise créée en 1926 par Herman et Sarah Reitman possède 587 magasins à travers le pays.Ceux-ci incluent les bannières Reitmans, RW&CO, les magasins pour tailles fortes Penningtons et Addition Elle, ainsi que les boutiques de vêtements destinés aux femmes enceintes Thyme Maternité.Le Devoir COLE BURSTON LA PRESSE CANADIENNE Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir.Les sept unités de base du système international Masse : kilogramme (kg) Temps : seconde (s) Longueur : mètre (m) Température : kelvin (K), duquel découle le degré Celsius (°C) Intensité électrique : ampère (A) Quantité de matière : mole (mol) Intensité lumineuse : candela (cd) Quelques unités du système impérial Masse : livre, once Longueur : pied, pouce Température : Fahrenheit Volume : gallon Vitesse : miles par heure Surface : acre Un système de mesure, c\u2019est un langage, une façon d\u2019entrer en relation avec les autres GODEFROY DESROSIERS-LAUZON » Des «murs de paix» séparent les quartiers catholiques et protestants à Belfast.CLAUDE LÉVESQUE LE DEVOIR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Du grésil, puis de la neige mettront un terme à l\u2019année météo.Dimanche, une intense dépression se dirigeait vers le Québec et l\u2019Ontario.Des météorologues prévoyaient qu\u2019elle compliquera les déplacements routiers, piétonniers et aériens lors des journées de lundi et de mardi.La tempête doit atteindre le sud- ouest du Québec en mi-journée, lundi.Elle apportera d\u2019abord des précipitations de grésil sur l\u2019Outaouais, les Lau- rentides, la grande région de Montréal et une partie de la Montérégie, qui feront place à de la neige à partir du début de la soirée.« Il y aura probablement aussi un peu pluie verglaçante mêlée à tout ça au courant de la journée de lundi, explique Amélie Bertrand, météorologue d\u2019Environnement Canada.On s\u2019attend à une accumulation de 2 à 4 mm de glace.Il faut prévoir des routes et des trottoirs glissants dans l\u2019extrême sud du Québec.» Les précipitations neigeuses dans le sud-ouest de la province se poursuivront mardi, veille du Nouvel An.Au total, une quinzaine de centimètres pourraient s\u2019accumuler au sol.La Mau- ricie et les régions plus à l\u2019est, quant à elles, recevront seulement de la neige.« Il n\u2019y a pas de mélange prévu de ce côté-là, mais plutôt une bonne bordée de neige combinée avec de forts vents ; donc de la poudrerie à plusieurs endroits », dit Mme Bertrand.Des retards anticipés Dimanche, des transporteurs aériens, dont Air Canada et WestJet, proposaient à certains de leurs clients dont le vol pourrait être perturbé par les mauvaises conditions météorologiques de modifier leur réservation sans frais.Les avis visent surtout les vols prévus lundi.Chez Air Canada, les titulaires de billets pour un vol en partance ou à destination d\u2019une douzaine de villes au Ca- CAROLINE PLANTE À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre François Legault se plaît à dire qu\u2019il tiendra toutes ses promesses électorales.Mais qu\u2019en est- il vraiment ?Un examen attentif démontre que ce n\u2019est pas toujours le cas.La promesse : Ouvrir 5000 classes de maternelles 4 ans partout au Québec au coût de 120 000 $ par classe.La réalité: Le projet de loi 5 permettant le déploiement de la maternelle 4 ans universelle a bel et bien été adopté en octobre.Cependant, le gouvernement ne parle plus d\u2019ouvrir 5000 classes, mais bien 2600 classes.Et il ne s\u2019agit plus de débourser 120 000 $ en moyenne pour chaque classe, mais bien 800 000 $, soit six fois ce qui a été promis en campagne électorale.Le coût total de la construction est donc passé de 153 millions de dollars à plus d\u2019un milliard.François Legault s\u2019est défendu en disant qu\u2019il est difficile de faire des prévisions.Plus tard, il a tout de même admis qu\u2019à titre d\u2019ex-ministre de l\u2019Éducation, il savait depuis longtemps qu\u2019une classe au Québec coûtait en moyenne 800 000 $.La promesse: Retrancher 1 milliard de dollars par année de la rémunération des médecins spécialistes.La réalité: Le gouvernement Legault a conclu une entente avec les médecins spécialistes, mais on est loin du milliard par année.Il prévoit une ponction de 1,6 milliard sur quatre ans dans leur enveloppe de rémunération.Cet argent sera réinvesti dans la médecine spécialisée, au bénéfice des Québécois, s\u2019est réjouie la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francœur.Elle a cité la création d\u2019un nouvel Institut de la pertinence comme étant le « cœur » de l\u2019entente.Cet institut, composé de membres du gouvernement et de la FMSQ, sera chargé de gérer la somme de 1,6 milliard.Il pourra décider notamment d\u2019ajouter du personnel infirmier dans les blocs opératoires.Il sera également appelé à éliminer des actes jugés non pertinents et à abolir des primes.Il est par conséquent loin d\u2019être acquis que les médecins spécialistes verront leurs honoraires baisser.POLITIQUE La CAQ face à ses promesses Le parti de François Legault n\u2019a pas toujours respecté les engagements qu\u2019il avait pris pendant la campagne de 2018 La promesse : Tenir les prochaines élections générales en 2022 avec un nouveau mode de scrutin.La réalité: En 2022, les Québécois devront plutôt indiquer par référendum s\u2019ils souhaitent changer de mode de scrutin, contrairement à ce qu\u2019avait promis François Legault.Le projet de loi 39, présenté cet automne par la ministre de la Justice, Sonia LeBel, propose de renoncer au mode de scrutin actuel uninominal à un tour pour le remplacer par un mode de scrutin proportionnel mixte avec compensation régionale.Partout où un tel référendum a été tenu dans d\u2019autres provinces canadiennes (en Ontario, en Colombie-Britannique et à l\u2019Île-du-Prince-Édouard), le statu quo a prévalu.Pour justifier la volte-face de son gouvernement, M.Legault a admis qu\u2019il avait « sous-estimé l\u2019ampleur et la complexité des changements que cela implique ».La promesse: Rembourser aux Québécois 1,5 milliard de dollars en trop- perçus d\u2019Hydro-Québec.La réalité : Bien qu\u2019elle ne l\u2019ait jamais inscrit clairement dans son programme électoral, la CAQ avait martelé dans l\u2019opposition qu\u2019il fallait rembourser aux Québécois 1,5 milliard en trop-perçus.Une fois arrivée au pouvoir, elle n\u2019en a rien fait.Cédant à la pression, le gouvernement caquiste s\u2019est finalement résigné à déposer un projet de loi en juin qui, prétendait-il, allait permettre ce remboursement.La pièce législative, qui tout à coup incluait un affaiblissement de la Régie de l\u2019énergie, a été démolie par les experts et les partis d\u2019opposition.Selon eux, non seulement les Québécois ne seront pas remboursés pour la totalité de la somme, mais ils souffriront à l\u2019avenir d\u2019augmentations de tarifs d\u2019électricité.Le projet de loi a été adopté sous bâillon en décembre.La promesse : Accorder le même nombre de semaines de congés parentaux aux familles adoptantes et biologiques.La réalité: Le ministre du Travail, Jean Boulet, a déposé en novembre un projet de loi bonifiant le Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP).Or, il n\u2019a pas respecté la promesse électorale de la CAQ d\u2019augmenter à 55 le nombre de semaines de prestations pour les parents adoptants «pour qu\u2019ils bénéficient des mêmes avantages que les parents biologiques».En vertu du projet de loi, les familles adoptantes auraient plutôt droit à 42 semaines, et à un maximum de 52 semaines lors d\u2019adoptions hors Québec.Talonné par la députée péquiste Véronique Hivon, ainsi que par la Fédération des parents adoptants du Québec, le ministre s\u2019est ravisé et a finalement accepté d\u2019offrir aux familles adoptantes des congés supplémentaires, mais à l\u2019extérieur du RQAP.Il n\u2019a toutefois pas précisé comment il entendait y arriver.nada et dans le Nord-Est américain \u2014 dont Montréal, New York et Ottawa \u2014 pourraient changer les dates de leur voyage sans pénalité, en fonction des disponibilités.WestJet a publié un avertissement similaire en expliquant qu\u2019elle avait « facilité les démarches » pour ses clients concernés voulant modifier ou annuler leur réservation.« Nous encourageons tous les clients voyageant à destination ou en provenance des aéroports touchés par le système météorologique à vérifier le statut de leur vol avant de partir pour l\u2019aéroport », recommande la porte-parole Lauren Stewart.Le voyagiste Sunwing a pour sa part indiqué qu\u2019il prévoyait des retards en raison de « facteurs incontrôlables susceptibles d\u2019avoir une incidence sur les activités aéroportuaires », mais qu\u2019il était très rare qu\u2019il en vienne à annuler des vols.Air Transat n\u2019avait pas répondu au Devoirau moment où ces lignes étaient écrites.« C\u2019est sûr que le système dépressionnaire risque d\u2019entraîner des retards de vols, si ce n\u2019est pas des annulations, parce que lundi ça va être glacé un peu partout » dans le sud-ouest du Québec, note la météorologue Amélie Bertrand.Air chaud, air froid Le cœur du système météo, généré par la rencontre d\u2019air froid provenant de l\u2019Arctique et d\u2019air chaud du golfe du Mexique, se trouvait dimanche après- midi au-dessus du Minnesota.Dans certaines régions du Dakota du Nord, du Dakota du Sud et du Nebraska, la dépression a laissé dans son sillage plus de 30 centimètres de neige au sol.L\u2019Ontario est également sur la trajectoire du système météorologique.Dans le sud de la province, on attendait de 10 à 15 mm de pluie verglaçante entre dimanche soir et lundi après-midi.Environnement Canada avertissait de risques considérables de pannes d\u2019électricité généralisées.MÉTÉO Des déplacements compliqués à prévoir Une dépression qui atteindra lundi le Québec et l\u2019Ontario apportera des précipitations de grésil et de neige Lundi, la grande région de Montréal devrait recevoir du grésil en mi-journée, puis de la neige en soirée.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Pour justifier la volte-face de son gouvernement sur une réforme du scrutin, François Legault a admis qu\u2019il avait initialement « sous-estimé l\u2019ampleur et la complexité des changements que cela implique » On s\u2019attend à une accumulation de 2 à 4 mm de glace.Il faut prévoir des routes et des trottoirs glissants dans l\u2019extrême sud du Québec.AMÉLIE BERTRAND » LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 MORGAN LOWRIE LA PRESSE CANADIENNE Bientôt, les battements des sabots de King, Maximus, Marilyn, Maya et les autres chevaux de trait qui résident dans une étable vieillissante du quartier Grif- fintown ne se feront plus entendre.Le 31 décembre, ils tireront leur calèche pour la dernière fois à travers les chantiers de construction et les nouvelles tours d\u2019appartements qui ont surgi comme des champignons, se frayant un chemin vers les rues pavées du Vieux-Montréal.À partir du 1er janvier, la Ville interdira les visites guidées en calèches traînées par des chevaux, faisant valoir des préoccupations croissantes pour le bien-être animal et une série d\u2019incidents qui ont suscité une vague d\u2019indignation et d\u2019inquiétude de la part des résidents.Les points de vue divergent concernant cette décision de mettre fin aux activités des calèches dans le Vieux- Montréal.Pour certains, il s\u2019agit d\u2019une victoire pour les droits des chevaux qui souffrent depuis longtemps, et pour d\u2019autres, il s\u2019agit de la perte tragique d\u2019une partie du patrimoine de la ville.Nathalie Matte, qui a travaillé comme cochère pendant 11 ans, fait partie du deuxième groupe.Les chevaux « sont ce qui fait la magie du Vieux-Montréal, ce ne sont pas les lumières », a déclaré la femme de 52 ans lors d\u2019une récente journée portes ouvertes aux écuries de Griffintown, tandis qu\u2019elle installait le harnais de K.O., un hongre alezan.Mme Matte, qui a été captivée par les chevaux lorsqu\u2019elle occupait un autre emploi dans le Vieux-Montréal, nie avec véhémence que les animaux de ce secteur d\u2019activités soient maltraités.« Il pèse 2000 livres, j\u2019en pèse 90 », a lancé la quinquagénaire en tapotant K.O., qui arborait un chapeau haut de forme perché au sommet de sa bride.« S\u2019il ne voulait pas sortir, je ne pourrais pas l\u2019obliger.» Faciliter la transition Mais pour les opposants à l\u2019industrie, y compris l\u2019administration municipale actuelle, les calèches tirées par Fin de parcours pour les calèches dans le Vieux-Montréal À partir du 1er janvier, la Ville interdira les visites en calèches traînées par des chevaux MICHEL SABA LA PRESSE CANADIENNE Il est minuit moins une pour les propriétaires de chiens et de chats à Montréal et à Laval.Le micropuçage et la stérilisation de leur animal seront obligatoires dès le 1er janvier, sauf à quelques exceptions.L\u2019implantation d\u2019une micropuce permet d\u2019identifier un animal perdu et de le signaler rapidement à son propriétaire.De plus, ce dispositif ne se perd pas et accompagne l\u2019animal toute sa vie, contrairement aux médailles.Il s\u2019agit d\u2019une capsule \u2014 de la taille d\u2019un grain de riz \u2014 insérée sous la peau de l\u2019animal qui contient une puce informatique comportant un numéro de série associé dans un système informatique aux coordonnées du propriétaire.« Les vétérinaires ont accès aux données du dossier instantanément, évitant ainsi de surcharger les refuges et de procéder à des euthanasies évitables », note la Ville de Montréal sur son site Web.La micropuce permet de mettre fin beaucoup plus rapidement au grand stress que vivent les gens qui ont perdu leur compagnon, a souligné Anita Ka- puscinska, une porte-parole de la SPCA de Montréal en entrevue avec La Presse canadienne.Selon l\u2019Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ), le mi- cropuçage coûte environ 70 $ dans une clinique vétérinaire.Il est de 45 $ à la SPCA de Montréal et le prix est généralement encore plus faible lorsque les municipalités organisent des cliniques de micropuçage.Stérilisation Avec la stérilisation, la Ville de Montréal vise d\u2019abord à contrôler le nombre d\u2019animaux errants et à limiter les portées indésirables pouvant mener à la surpopulation des refuges et à l\u2019euthanasie.L\u2019opération, qui est pratiquée sous anesthésie générale par un vétérinaire, empêche l\u2019animal de se reproduire.Celui-ci peut généralement être ramené au domicile le jour même ou le lendemain.La pratique comporte également d\u2019autres bienfaits, notamment la prévention de tumeurs et d\u2019infections, la diminution de la tendance aux fugues en période de reproduction ainsi qu\u2019une réduction des miaulements excessifs des chattes.«Tout ce qui est stérilisation n\u2019amène que des avantages pour les chats et les chiens dans notre société», a tranché Dr Michel Pepin, le porte-parole de l\u2019AMVQ.À Montréal, les lapins devront également être stérilisés.L\u2019AMVQ estime que la stérilisation d\u2019un chat devrait coûter en moyenne entre 219$ et 289$.La facture devrait grimper dans une fourchette de 328$ à 367$ pour les chiots.La SPCA de Montréal offre des services de stérilisation à moindre coût aux personnes à faible revenu, mais refuse d\u2019en dévoiler publiquement les prix.ANIMAUX DE COMPAGNIE Micropuces et stérilisation obligatoires à Laval et à Montréal Les propriétaires de chiens et de chats devront se conformer d\u2019ici mercredi aux nouvelles règles La stérilisation n\u2019est pas obligatoire sous certaines conditions lorsque la pratique est contre-indiquée par un vétérinaire, lorsque le chien ou le chat est utilisé pour la reproduction et lorsque le chien est âgé de moins de six mois.La majorité des 1000 chiens et des 5000 chats accueillis par la SPCA de Montréal ne sont pas stérilisés ni mi- cropucés à leur arrivée.L\u2019organisme croit que l\u2019obligation de ces pratiques va grandement contribuer à diminuer le nombre d\u2019animaux euthanasiés.L\u2019amende minimale pour tout propriétaire ne s\u2019étant pas conformé à la réglementation a été fixée à 300 $ à Montréal et à 100 $ à Laval.Le micropuçage avait d\u2019abord été rendu obligatoire à Laval dès le 1er janvier 2019, mais la Ville a reporté la date butoir après avoir « entendu les préoccupations des Lavallois » qui demandaient plus de temps pour se conformer à la réglementation.des chevaux appartiennent au passé de la ville.« Avec les vagues de chaleur en été, le changement climatique, le froid extrême en hiver, les travaux et le nombre de véhicules sur la route, nous avons une sérieuse préoccupation [pour] la sécurité des animaux », a affirmé récemment le conseiller Sterling Downey aux journalistes à l\u2019hôtel de ville.Il a souligné un certain nombre d\u2019incidents ayant impliqué des chevaux au cours des dernières années et qui ont été captés sur vidéo, notamment une collision entre un cheval et une voiture, ainsi qu\u2019un cheval gisant au sol après avoir glissé sur une grille métallique.En 2018, un cheval s\u2019est affaissé durant une visite guidée et est mort.M.Downey a tenu à dire que l\u2019administration de Valérie Plante avait fait tout son possible pour faciliter la transition, notamment en donnant un préavis d\u2019un an aux acteurs de l\u2019industrie.La Ville a travaillé avec Emploi- Québec pour aider les cochers à trouver un autre travail et a proposé de verser aux propriétaires 1000 $ par cheval en vue de la mise à la retraite des animaux.À la mi-décembre, un seul propriétaire avait profité de l\u2019indemnisation \u2014 un signe, croit M.Downey, que les chevaux sont encore utilisés dans d\u2019autres secteurs qui pourraient mieux leur convenir.« Nous sommes convaincus d\u2019avoir pris la bonne décision et d\u2019avoir fait les démarches appropriées, a déclaré M.Downey aux journalistes.Nous avons été plus que respectueux.Nous avons essayé de tout faire ce qui était nécessaire, en tenant compte du fait que cela a un impact sur la vie et les moyens de subsistance des gens.» Mais de nombreux cochers et propriétaires de calèches, dont certains ont investi des dizaines de milliers de dollars dans leur entreprise, disent qu\u2019ils risquent de tout perdre et ne savent pas comment se retirer d\u2019un secteur où beaucoup d\u2019entre eux travaillent depuis des décennies.Injonction refusée Luc Desparois, qui dirige le plus grand regroupement de calèches de Montréal et qui travaille à l\u2019écurie de Griffin- town, n\u2019entend pas baisser les bras face à la Ville.Le 16 décembre, un groupe de propriétaires et lui ont déposé une injonction dans une dernière tentative de renverser l\u2019interdiction, arguant que les cochers ont le droit de gagner leur vie.Dans les documents déposés en cour, ils ont fait valoir que les cochers subiraient de graves dommages financiers en raison de la perte de revenus et devraient s\u2019endetter pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs animaux.Le juge Michel A.Pinsonnault, de la Cour supérieure du Québec, a rejeté leur demande, estimant que les cochers n\u2019avaient pas démontré qu\u2019une injonction d\u2019urgence était nécessaire, et que la requête avait été présentée beaucoup trop tard dans le processus.Le juge a tout de même affirmé que l\u2019affaire portée par le groupe valait la peine d\u2019être entendue sur le fond.Dans une entrevue à l\u2019écurie avant la demande d\u2019injonction, M.Despa- rois a décrit l\u2019interdiction comme un geste « politique », généré selon lui par un petit groupe de militants et de politiciens désireux de libérer de précieuses terres pour le développement immobilier.Il soutient que ses chevaux sont bien traités et qu\u2019il a les dossiers vétérinaires pour le prouver.Son écurie, une scierie reconvertie, sans enclos, n\u2019est peut- être pas luxueuse, mais elle est sécuritaire, insiste-t-il.Il soutient que, pendant des années, la Ville a refusé de simples demandes pour améliorer les choses, y compris l\u2019installation de poteaux pour attacher les chevaux dans les rues du Vieux- Montréal pour la sécurité des animaux et des piétons.M.Desparois attribue également à la Ville la responsabilité de l\u2019incident du cheval ayant glissé sur la grille métallique, déplorant que les cochers ne soient pas informés des travaux routiers.Des cochers ont tenté de couvrir les grilles avec des tapis en caoutchouc, mais ceux-ci ont été aussitôt retirés, a-t-il indiqué.Pour l\u2019instant, M.Desparois ne veut pas spéculer sur ce qu\u2019il fera après l\u2019entrée en vigueur de l\u2019interdiction, refusant d\u2019accepter la fin de l\u2019industrie.« Je ne veux pas abandonner, parce que c\u2019est un tas de mensonges », a-t-il répété.La cochère Nathalie Matte, revenant avec son cheval K.Overs une étable de Griffintown GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE L\u2019amende minimale pour tout propriétaire ne s\u2019étant pas conformé à la réglementation a été fixée à 300 $ à Montréal et à 100 $ à Laval SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 « Mars est comme un livre ouvert, les archives du passé perdu de notre planète Terre » D es profondeurs de la Terre à Mars en passant par la ceinture d\u2019astéroïdes, la géologue et plané- tologue Violaine Sautter explore la mémoire de notre planète et du système solaire.Médaillée de bronze et d\u2019argent du CNRS, cette spécialiste des roches martiennes analyse entre autres les données recueillies par le robot de la NASA Curiosity.Ces observations venues de loin lui servent à remonter le temps géologique de notre planète et à en savoir plus sur ses premiers instants, dont les traces ont aujourd\u2019hui disparu de la surface.Comment passe-t-on de la géologie terrestre à la géologie extraterrestre ?J\u2019étudiais déjà les profondeurs terrestres et notamment les diamants, et en arrivant au Muséum d\u2019histoire naturelle, on m\u2019a proposé de travailler sur les météorites : le Muséum possède l\u2019une des plus importantes collections de météorites du monde.Cette richesse ne tient pas aux moyens, mais à la durée : nous collectons des pierres depuis la Révolution française.Dès qu\u2019un Français trouve une pierre un peu curieuse, il l\u2019apporte ici.Surtout les pierres tombées du ciel ! Il y a plus de deux siècles d\u2019accumulation.D\u2019où viennent ces météorites ?Elles proviennent essentiellement de la ceinture d\u2019astéroïdes entre Mars et Jupiter.Jupiter est si massive qu\u2019elle a empêché l\u2019apparition d\u2019une nouvelle planète.Et au lieu de cette planète manquante, il y a un amas d\u2019astéroïdes datant de la formation du système solaire.Ce sont de petits corps célestes de quelques centimètres à plusieurs kilomètres faits de roche, de métal et de glace qui ne cessent de s\u2019entrechoquer.C\u2019est ce qui provoque les pluies de météores et constitue à terme 80 % des météorites trouvées à la surface de la Terre.On peut y lire l\u2019histoire ancienne de notre système solaire.Quelle histoire révèlent ces astéroïdes ?Ils renseignent sur la façon dont on passe des poussières du disque de débris autour du jeune soleil aux planètes.Ces poussières, ces « moutons cosmiques », s\u2019agglomèrent et, à force de s\u2019entrechoquer, finissent par constituer des astéroïdes, des embryons de planète qui vont grossir.Seuls les plus gros d\u2019entre eux accèdent au statut de planète, comme Mercure, Vénus, la Terre ou Mars, où la chaleur accumulée a été tellement grande qu\u2019elles ont fini par se comporter comme de gros chaudrons, des hauts-fourneaux.Les éléments les plus denses sont allés au cœur et ont constitué un noyau métallique, et les plus légers ont flotté autour, puis constitué le manteau silicaté.Le manteau de la Terre est constitué à 80 % d\u2019olivine, un silicate de magnésium, plus connu des amateurs de pierres précieuses sous le nom de « péridot ».La coquille de la Terre, sur laquelle nous vivons, possède une diversité minéralogique incroyable : près de 4500 espèces de minéraux différents.Cette diversité n\u2019existe nulle part ailleurs dans le système solaire.La Terre est donc l\u2019aboutissement de cette histoire\u2026 Oui, c\u2019est la fin de la chaîne.Et notre travail de planétologue s\u2019apparente à celui du psychanalyste ou de l\u2019archéologue.Nous devons décrypter cette histoire accumulative.Nous sommes devant un état final et nous devons remonter à l\u2019état initial.C\u2019est pour cette raison que je m\u2019intéresse aux profondeurs de la Terre.Parce que regarder La planétologue Violaine Sautter remonte aux origines de notre planète en étudiant les pierres tombées du ciel que sont les météorites.Et compare son métier à celui d\u2019un psychanalyste : décrypter l\u2019histoire accumulative de la Terre, qui ne cesse d\u2019évoluer.CATHERINE CALVET ERWAN CARIO LIBÉRATION lité fait pour partie de ces roches continentales d\u2019affinité granitique.Mars, c\u2019est un livre ouvert, comme des archives sur le passé perdu de notre planète.Car sur Terre, la restructuration est permanente.La planète a 4,5 milliards d\u2019années, mais seuls 2 % ou 3 % de sa surface ont plus de 3 milliards d\u2019années.Alors que c\u2019est le cas pour tout l\u2019hémisphère Sud de Mars.Qu\u2019en est-il de la recherche de trace de vie sur Mars ?Mars est dans la zone habitable.C\u2019est la seule autre planète dans le système solaire qui soit à la bonne distance pour qu\u2019il y ait de l\u2019eau liquide.Il y en a eu quand il y avait de l\u2019atmosphère, qui a disparu avec la disparition de son champ magnétique.On recherche donc des molécules qui seraient les pré- curseures du vivant.Les conditions nécessaires pour que la vie se développe sur Mars ont existé.Est-ce qu\u2019elles ont été suffisantes ?Pour qu\u2019il y ait de la vie, il faut qu\u2019il y ait de l\u2019eau, donc la bonne température, des sources d\u2019énergie il faut qu\u2019il y ait du carbone.Il y a eu du carbone sur Mars.Mais pour que ce simple élément évolue vers des molécules organiques, à la base du vivant, il y a tout un cheminement.Le problème, c\u2019est que Mars est irradiée par les UV depuis trois milliards d\u2019années.On trouve à sa surface des perchlorates hautement explosifs qui nettoient tout.Cette recherche n\u2019est pas simple, mais on la continue, car 60 % des territoires de Mars ont l\u2019âge des terrains qui, sur Terre, étaient contemporains de l\u2019apparition du vivant.Y a-t-il un intérêt à envoyer des humains sur Mars ?De mon point de vue, aucun.Tout est compliqué pour y aller : les six mois de voyage, la promiscuité des voyageurs, les contraintes du décollage, les radiations cosmiques et solaires, de 60 à 100 fois ce qui est autorisé dans une centrale nucléaire, la nécessité de tout recycler, l\u2019arrivée sur le sol martien, le retour de la gravité après six mois en apesanteur, les conditions sur la planète en matière de radiations, de nourriture, d\u2019oxygène, de température, etc.Ce n\u2019est pas techniquement impossible, ces difficultés se surmontent.La seule plus-value scientifique à y aller serait la rapidité : les robots sont lents, Curiosity n\u2019a fait que 20 kilomètres en sept ans.Mais l\u2019homme sur Mars, c\u2019est avant tout une vision de colonisation qui me dérange, parce qu\u2019on veut y aller dans l\u2019idée qu\u2019un jour on aura foutu en l\u2019air tout ce qu\u2019on trouve ici.Je préfère un autre message : on va sur Mars pour comprendre qui on est, dans la pluralité des mondes, sur une planète fragile et rare, qu\u2019il s\u2019agit de préserver.Q&R matière même du plancher des océans.Je me suis mise à les étudier et à y trouver plein de choses.Quand la mission Curiosity est partie pour analyser les roches à la surface de Mars, on avait besoin d\u2019une géologue capable d\u2019avoir une expertise sur les roches martiennes.C\u2019est comme ça que « je suis allée sur Mars ».Mais j\u2019y suis allée en sachant bien qu\u2019il n\u2019y a pas cette diversité qu\u2019on trouve sur Terre.Il n\u2019y a ni biosphère, donc pas de grande oxygénation liée à l\u2019apparition du vivant, ni tectonique des plaques.C\u2019est donc beaucoup plus simple.Qu\u2019a-t-on finalement trouvé sur Mars ?On s\u2019attendait à ne voir que des basaltes, et on a aussi trouvé des roches granitiques.La géodiversité sur Mars est donc un peu plus compliquée qu\u2019on ne le pensait.Croire qu\u2019on va trouver de nouveaux minerais en allant sur d\u2019autres planètes est illusoire.Quand on se souvient des astronautes qui sont allés sur la Lune, on pense souvent à la phrase sur « un grand pas pour l\u2019humanité », mais je préfère cette autre phrase : « On croyait découvrir la Lune, on a découvert la Terre.» Sur Mars, c\u2019est la même chose.On croyait découvrir Mars et en fait, on découvre la Terre dans ses premiers instants.Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de déconvoluer, de remonter dans le temps, soit en explorant à l\u2019intérieur de la planète, soit en regardant les planètes autour qui sont dans un état plus primitif.Ces missions ne sont pas de l\u2019ordre de la conquête, elles permettent juste de mieux comprendre.Il faut prendre de la hauteur pour savoir ce qu\u2019on est et d\u2019où on vient.Qu\u2019avez-vous appris de Mars ?C\u2019est une planète double, dichotomique.Au nord, c\u2019est une plaine basaltique extrêmement profonde, et au sud, ce sont des hauts plateaux de plus de 4000 mètres d\u2019altitude.La Terre, entre les continents, les reliefs émergés en hauteur et les bassins des océans, est une espèce de mosaïque, à cause de la tectonique des plaques.Mon pari, ça a été de dire que, comme sur Terre, les parties hautes pourraient être moins denses que les parties basses.Curiosity a finalement atterri au fond d\u2019un cratère, et les parois de ce cratère sont de véritables coupes géologiques.À côté du robot, nous avons découvert, tout au début de la mission il y a près de sept ans, le débouché d\u2019un torrent fossile.Et quand on a regardé les gros galets que le torrent avait échantillonnés, on a trouvé plein de cailloux blancs, acides comme le granit.On se demande maintenant si l\u2019hémisphère Sud de Mars n\u2019est pas en réa- profond, c\u2019est regarder ancien.En plongeant dans les profondeurs, je retrouve des éléments qui n\u2019ont pas été touchés par des événements récents, géologiquement parlant.Comme l\u2019apparition de l\u2019eau liquide, puis de la vie.Il existe une « vie minérale » bien antérieure, bien avant la grande oxygénation qui a provoqué un foisonnement de nouvelles espèces minérales en surface.On pense souvent à la Terre comme berceau du vivant, mais elle est aussi unique sur le plan de sa minéralité\u2026 Oui.Les gens pensent que l\u2019univers minéral est un univers figé.Or c\u2019est un univers qui se transforme, et ces transformations nous racontent quelque chose sur les conditions ambiantes, sur l\u2019évolution de la pression, de la température, sur les grands mouvements tectoniques qui ont modelé le visage de la Terre au cours des temps géologiques.Le minéral est un traceur sur une échelle de temps très longue.Lorsqu\u2019on est dans un TGV [train à grande vitesse], les voitures nous semblent à l\u2019arrêt.L\u2019être humain, c\u2019est un TGV, il va très vite et il voit la Terre à l\u2019arrêt.La Terre ne cesse pourtant d\u2019évoluer.Finalement, la surface dissimule, efface des informations qu\u2019on ne trouve plus qu\u2019en profondeur.Cette complexité de la « coquille » cache des origines primitives qui sont « enterrées ».La Terre ne fait que 6400 kilomètres de rayon, et je travaille sur la surface minérale martienne située à plus de 45 millions de kilomètres de nous.Nous explorons plus facilement l\u2019espace que les entrailles de notre planète.La pression nous empêche de descendre à plus de 10 kilomètres : notre capacité maximum de forage, soit à peine une égratignure, la croûte terrestre faisant elle- même plusieurs dizaines de kilomètres d\u2019épaisseur.Le voyage au centre de la Terre de Jules Verne reste une aventure impossible.Y a-t-il une continuité entre la minéralogie extraterrestre et la recherche sur les minéraux terriens ?La continuité existe.La première partie de ma carrière portait sur l\u2019intérieur de la Terre.Et au tournant des années 2000, on a voulu que la France participe à un programme de retour d\u2019échantillons de Mars.On ne l\u2019a toujours pas réalisé.Il faudra sans doute attendre l\u2019horizon 2030.En attendant, Curiosity nous envoie beaucoup d\u2019informations, que nous pouvons recouper avec nos recherches sur les météorites dites martiennes du Muséum.J\u2019ai d\u2019abord repéré qu\u2019elles contenaient du basalte, roche très abondante à la surface de la Terre puisqu\u2019elle constitue la Image satellite d\u2019un cratère prise en 2015 dans la région Sirenum Fossae de la planète Mars NASA / UNIVERSITÉ DE L\u2019ARISONA VIA AGENCE FRANCE-PRESSE Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est de déconvoluer, de remonter dans le temps, soit en explorant à l\u2019intérieur de la planète, soit en regardant les planètes autour qui sont dans un état plus primitif.Ces missions ne sont pas de l\u2019ordre de la conquête, elles permettent juste de mieux comprendre.VIOLAINE SAUTTER » LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin n peu plus d\u2019un an après son élection, la popularité de François Legault et de son gouvernement ne se dément pas.Le premier ministre se targue d\u2019avoir stimulé la fierté des Québécois, dont une majorité semble apprécier sa façon de gouverner, malgré les bavures, ainsi que sa volonté de défendre leurs aspirations nationales.Selon un sondage Léger-Le Devoir publié la semaine dernière, plus de 60 % des répondants ont une bonne opinion de François Legault et il se retrouve aussi, à 37 points, au deuxième rang pour le « score d\u2019appréciation », fait de la différence entre les pourcentages de bonne opinion et de mauvaise opinion, tout juste derrière l\u2019ancienne vedette de la télévision Marguerite Blais, la ministre responsable des Aînés.N\u2019en déplaise aux millénariaux et aux tenants du mouvement d\u2019origine néo-zélandaise OK boomer, il semble que les « mononcles » et les « matantes » ont toujours la cote.Il y a évidemment de notables exceptions, dont Gaétan Barrette, qui jouit d\u2019une grande notoriété, mais sur le score duquel il serait plus charitable de ne pas revenir.Le bureau du premier ministre a aussi pris le pouls de la population, et les indicateurs sont au beau fixe.Le taux de satisfaction envers le gouvernement, à plus de 60 %, soit trois francophones sur quatre, est toujours aussi élevé, et les deux tiers des répondants croient que le Québec va dans la bonne direction.Il faut dire que, depuis la victoire d\u2019octobre 2018, le gouvernement Le- gault s\u2019est attelé à remplir scrupuleusement les promesses électorales de la Coalition avenir Québec dans lesquelles ne figurent pas l\u2019amincissement de l\u2019État et les coupes dans les services publics qu\u2019avait programmés le Parti libéral de Jean Charest et l\u2019austérité, dont n\u2019avait pas soufflé mot en campagne électorale son successeur, Philippe Couillard, mais qui fut sa marque de commerce.Il n\u2019y a pas de mouvement « Je n\u2019ai jamais voté pour ça » contre le gouvernement caquiste.On lui sait gré de ne pas préparer en catimini un assaut néolibéral sur l\u2019État québécois.Ainsi, le gouvernement caquiste fut sans grande surprise en 2019, mettant en œuvre son programme électoral et devançant certaines de ses promesses d\u2019ordre financier.Il n\u2019y a que pour la réforme du mode de scrutin qu\u2019il a décidé d\u2019atermoyer, en la rendant conditionnelle à un référendum positif.Être à l\u2019écoute de la population est certes un des mots d\u2019ordre du gouvernement.La réforme de l\u2019immigration, qui passe par de meilleurs services de francisation, correspond à une préoccupation de l\u2019électorat.Malgré la controverse qu\u2019elle suscite, la Loi sur la laïcité se veut, elle aussi, une réponse au vœu de la majorité, ce que François Legault a répété sans expliquer plus avant pourquoi l\u2019interdiction des signes religieux pour les employés de l\u2019État en position d\u2019autorité serait souhaitable.Ce ne sont toutefois pas les sujets de prédilection du chef caquiste, lui qui ramène souvent tous les enjeux à son obsession économique.Certains taxeront de populiste ce respect de François Legault pour la volonté populaire, c\u2019est-à-dire la volonté de la majorité, ainsi que le nationalisme décomplexé qu\u2019il incarne.Or comme l\u2019explique le politologue Frédéric Boily, dans son livre La Coalition avenir Québec.Une idéologie à la recherche du pouvoir (publié tout juste avant les dernières élections québécoises), la CAQ ne pratique ni l\u2019une ni l\u2019autre des formes de populisme qui ont cours.La première de ces formes, le populisme protestataire, s\u2019en prend aux élites en place et cherche à détruire l\u2019ordre établi par les progressistes, comme Trump l\u2019incarne aux États-Unis.L\u2019autre courant, c\u2019est celui du populisme identitaire, ou « national-populisme » \u2014 Trump s\u2019y abreuve également \u2014, qui fustige non seulement les élites, mais aussi les « autres » en dénonçant l\u2019immigration.Il n\u2019y a aucun parti au Québec, y compris la CAQ , qui s\u2019oppose à l\u2019immigration ou qui prône le démantèlement des politiques sociales-démocrates québécoises.Mais il y a une limite à gouverner en fonction de promesses électorales, conçues pour plaire et se faire élire.Et on ne peut pas toujours se fier à la boussole de l\u2019opinion publique.Comme l\u2019a énoncé Richelieu, la politique est l\u2019art de rendre possible le nécessaire.Et ce qui est nécessaire n\u2019est pas toujours populaire, ou même évoqué dans des enquêtes d\u2019opinion.Que ce soit à la santé, à la protection de la jeunesse, en éducation ou sur le plan économique, le gouvernement caquiste devra accomplir en 2020 des tâches dont les résultats ne seront pas aussi visibles, du moins à court terme, qu\u2019une hausse de l\u2019allocation famille ou l\u2019abolition de la contribution additionnelle sur les tarifs des services de garde.Et c\u2019est sans parler de la nécessaire et inlassable défense des intérêts du Québec au sein de la fédération.Jenny Langevin L\u2019hiver au Québec : saison des bourrasques, des glaçons, des blizzards, de la poudrerie, des épinettes lourdes de cette neige collante qui fait la joie des enfants.Le Québec, c\u2019est l\u2019hiver.Quelques arpents de neige, écrivait Voltaire le dédain dans l\u2019âme.Pourtant, l\u2019hiver ici, pour peu que l\u2019on s\u2019y fasse, est une saison qui élève l\u2019âme.Le crépitement du feu marque les secondes qui s\u2019écoulent.Au coin d\u2019un poêle en fonte bien pesant et chaud, on s\u2019éveille, café en mains, grillant du pain pour déjeuner.On se raconte des histoires.On lit un roman, puis on s\u2019endort le soir venu.On attend que la nuit tombe, cette nuit feutrée unique que nous offrent les tempêtes généreuses.L\u2019hiver, au Québec, c\u2019est loin de la ville qu\u2019on le vit le mieux.Loin des soucis, des embouteillages, du déneigement, du stationnement ardu, de l\u2019impatience, du calcium et de la gadoue.La ville contemporaine semble être une invention adaptée au désert plus qu\u2019à tout autre endroit.Las Vegas comme archétype.Le temps n\u2019y change jamais.Le relief est plat.Le soleil brille, et la prévisibilité de sa présence est ennuyeuse.L\u2019occupation humaine est dense, organisée, efficace, rationnelle.Tout cela ne colle pas, ici.Ici, c\u2019est l\u2019espace, la topographie variée, accidentée, le climat changeant.La ville est une nécessité du monde contemporain, mais pas une fin.Ici, c\u2019est le village qui est la forme urbaine ultime.Le village comme système solaire.Les maisons et commerces locaux gravitant autour de l\u2019hôtel de ville, de l\u2019école, du bureau de poste et du clocher.Le Matzneff, Pivot, et Bombardier « La littérature passait avant la morale » dans les années 1970 et 1980, alors que « la morale passe avant la littérature » aujourd\u2019hui.Cette déclaration de Bernard Pivot à l\u2019occasion de l\u2019événement Matzneff ne me semble pas particulièrement transcendante.Elle oublie une dimension fondamentale qui valait aussi dans les années 70 et 80 : cette dimension, c\u2019est celle des droits, celle de la justice.Et son malheureux corollaire, le non- respect de ces mêmes droits des plus faibles, des plus vulnérables, les enfants.Qu\u2019on en ait fait des livres ne rend pas moins innocents des gestes qui ont fait mal et qui continuent de faire mal aux personnes vulnérables qui en sont victimes.Aujourd\u2019hui encore, fin 2019, Bernard Pivot se limite à opposer littérature et morale, sans faire allusion à cette dimension de la justice bafouée, quand il dit : « Nous sommes plus ou moins les produits intellectuels et moraux d\u2019un pays et, surtout, d\u2019une époque.» Pourtant, déjà en 1990, sur le plateau de l\u2019animateur Pivot, Denise Bombardier l\u2019avait rappelé de façon fracassante à l\u2019auteur du livre Les moins de seize ans.Puis, dans ce pays des droits de l\u2019homme et, tout particulièrement, dans ce milieu littéraire français, ce fut « silence radio ».Mon pays, c\u2019est l\u2019hiver LIBRE OPINION LETTRES FRANÇOIS LEGAULT Popularité, quand tu nous tiens U ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu tableaux noirs de l\u2019école, eux, se souviennent et rappellent aux vivants la présence et l\u2019héritage des morts.C\u2019est dans cette permanence du village que vibre tragiquement la vie, et c\u2019est dans la ouate poudreuse de l\u2019hiver qui se dépose dans la cour de la petite école que s\u2019apaisent les âmes agitées.Elles s\u2019y apaisent et évitent ainsi de se perdre.Elles survivent au tragique grâce à la continuité que lui offrent les balises que sont ces édifices autour desquels se bâtissent et s\u2019organisent les villages.Le village est une maison lumineuse qui abrite l\u2019âme du Québec de l\u2019obscurité d\u2019un crépuscule hâtif.Le peuple québécois est un peuple qui sait survivre, on le sait.Il a survécu comme l\u2019habitant survit à l\u2019hiver.Au coin du feu, en famille, dans la chaleur d\u2019une maison où le thé est toujours prêt à être versé, où les cartes n\u2019attendent que d\u2019être brassées une nouvelle fois pour chasser la nuit, où l\u2019on naît, vit et meurt le temps venu.Il a survécu parce qu\u2019il a su voir le blizzard passer et rester à l\u2019abri.Rester à l\u2019abri, c\u2019est rester vivant.L\u2019hiver au chaud nous aide à comprendre le Québec, et à voir en son refus de se perdre la plus grande poésie politique de notre temps.village entouré de champs, de montagnes ou de forêt.Au village, l\u2019hiver est bon.Voilà pourquoi il me semble être le pinacle de notre évolution collective ; parce que l\u2019hiver n\u2019y est pas seulement tolérable, il y est beau.Pendant que la grande ville s\u2019enorgueillit de ses commerces semblables à ceux des autres grandes villes, de ses tours plus hautes et nombreuses que là-bas, de ses lumières qui jamais ne s\u2019éteignent, pendant que s\u2019y biffent tous les particularismes qui font d\u2019un territoire un pays, le village, lui, impassible, conserve.Il ne fige rien, car tout y vit, tout y vibre plus qu\u2019ailleurs.On y meurt bien sûr beaucoup, de nos jours.Beaucoup de vieux yeux gris s\u2019y ferment pour l\u2019éternité, emportant dans la tombe des manières de dire, de comprendre et de faire qui, se raréfiant, deviennent de plus en plus précieuses.Et sonne le tocsin, et marche la lente procession du temps qui fuit.En ville, on remplace plus facilement ce qui s\u2019envole.La vie tourbillonne, et le tumulte ne laisse pas place au lancinant sentiment du deuil.Mais au village, on oublie moins.La permanence y a encore sa place.Les bancs de l\u2019église, les marches du bureau de poste, les L\u2019hiver, au Québec, c\u2019est loin de la ville qu\u2019on le vit le mieux.Loin des soucis, des embouteillages, du déneigement, du stationnement ardu, de l\u2019impatience, du calcium et de la gadoue.Jusqu\u2019à ce qu\u2019une victime dénonce ces faits dans l\u2019actualité.Normand Breault Le 28 décembre 2019 ROBERT DUTRISAC Être députée en 2020 Pourquoi écrire sur le rôle de députée ?Quand mes concitoyens m\u2019interpellent pour commenter une nouvelle ou me dire ce qu\u2019ils pensent de moi, de nous et de la politique en général, c\u2019est très souvent pour me dire à quel point ils et elles apprécient mon engagement, et celui de plusieurs collègues, dans des actions trans- partisanes, en rapport surtout avec les violences sexuelles ou conjugales, la santé mentale et avec la protection de la jeunesse.Ces citoyens sont heureux de constater que des députés se préoccupent de ces enjeux et travaillent ensemble pour l\u2019atteinte du bien commun.Ces commentaires sont tellement fréquents qu\u2019ils nous obligent à y réfléchir plus profondément.Les gens aiment voir différents partis politiques se rapprocher, et donner l\u2019image d\u2019un Québec qui peut s\u2019entendre au-delà d\u2019une partisa- nerie parfois bébête et mesquine.Ça tombe bien parce que c\u2019est comme cela que je veux faire de la politique.Est-ce utopique, trop idéaliste, voire, improductif ?Certainement pas ! En discutant, on arrive à s\u2019entendre, à créer des projets, à trouver des solutions pour des problèmes sociaux, juridiques ou humanitaires.Quand je pense aux enjeux soulevés par toutes les violences faites aux femmes, aux aînés, aux enfants, aux personnes en situation de handicap, ou issues de la diversité ethnique ou sexuelle, il me semble essentiel de travailler ensemble et d\u2019avoir la volonté politique de trouver des solutions.Plus les initiatives transpartisanes émergent et portent leurs fruits, plus les citoyens sont satisfaits et en redemandent.Moi, j\u2019y crois.Je veux faire de la politique autrement.Nous n\u2019avons plus de temps à perdre, car il faut agir rapidement pour réduire toutes les formes de violences et d\u2019inégalités sociales.Les jeunes sont déprimés et inquiets, et de nombreux adultes crient au secours.Alors, on fait quoi?En cette ère de « dégagisme », de méchancetés dans les réseaux sociaux, d\u2019attaques brutales et misogynes, osons un savoir-vivre politique différent, fait de collaboration.La majorité des élus ne demandent que cela, et encore plus les citoyens et citoyennes.Pour la décennie qui s\u2019ouvre en 2020, je nous souhaite un vivre- ensemble politique plus humain, plus juste, qui répare les nombreuses fractures sociales au lieu de les creuser, et ce, dans un environnement québécois généreux et bienveillant, ouvert à tous et toutes.Nous en sommes capables ! À nous de le prouver ! Bonne année 2020 à tous les élus et à toutes les élues! Hélène David, députée de la circonscription Marguerite-Bourgeoys Le 29 décembre 2019 A 7 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.La naissance d\u2019une langue A lors que nous célébrons jusqu\u2019au 6 janvier une série de petits miracles (auxquels je ne crois pas), il me semble bon de réfléchir un peu à un autre « miracle » (véritable, celui- là) : la naissance d\u2019une langue ex nihilo.Je n\u2019irai pas jusqu\u2019à dire qu\u2019au commencement était le Verbe, mais il y avait certainement un Nom commun.S\u2019il faut en croire une étude de l\u2019Institut Max-Planck de Leipzig, trois chercheurs allemands ont observé le processus par lequel une nouvelle langue émerge.C\u2019est assez inédit, car le processus de genèse d\u2019une langue n\u2019est pas très bien compris.Il faut démêler le verbal du non-verbal, et y ajouter des considérations démographiques, sociologiques, économiques, politiques \u2014 alouette ! Or, nos trois mousquetaires de l\u2019anthropologie évolutive ont observé que des enfants d\u2019âge préscolaire peuvent faire émerger un langage très rapidement en moins de 30 minutes.En quelques heures, ils sont capables de formuler des concepts abstraits (comme d\u2019exprimer le néant ou une couleur) et même de développer une grammaire qui distingue l\u2019action de l\u2019actant.Le procédé des trois chercheurs est plutôt amusant.D\u2019abord, ils ont fait en sorte que des enfants jouant dans des pièces différentes interagissent par Skype.Puis, une fois le lien établi, ils ont coupé le son ! Pour maintenir le contact, les enfants se sont mis à développer rapidement les signes nécessaires pour se comprendre.Ce processus correspondrait, semble-t-il, à d\u2019autres observations selon lesquelles des sourds vont spontanément développer leurs propres conventions quand ils sont en présence d\u2019autres sourds qui n\u2019ont pas le même langage.Ça ressemblerait, en fait, au cas célèbre de la langue des signes nicaraguayenne, qui est apparu presque spontanément dans les années 1980.Mes petites expériences Cette étude m\u2019a rappelé deux expériences personnelles.Quand j\u2019ai adopté mes filles jumelles il y a 13 ans, celles-ci avaient trois ans et demi et parlaient créole.Ma femme et moi nous sommes aperçus après quelques semaines que les filles parlaient entre elles un « jargon de jumeaux », ce que les linguistes appellent une cryptophasie ou idioglossie.Le fait que 50 % des jumeaux tendent à développer leur propre langage, qui peut être parfois assez élaboré, tend à soutenir la thèse des deux chercheurs allemands.Mon autre expérience personnelle s\u2019est passée sur l\u2019île anglo-normande de Jersey dans le cadre de la recherche pour mon livre sur la langue française.J\u2019avais alors passé quelques jours chez des insulaires dont la langue principale était le jersiais, un des quatre dialectes du normand encore en usage.Le normand est proche du français, mais il y a des distinctions assez importantes.Ce qui s\u2019est passé entre nous, presque spontanément, c\u2019est que les Jersiais éliminaient spontanément les parties de leur langue qu\u2019ils savaient difficiles pour moi, et je faisais de même pour les parties du français les plus obscures.Bref, nous avons développé sans nous concerter une espèce de langue de communication, ce que les linguistes appellent une koinè (le mot vient du terme grec pour « commun »).L\u2019une des hypothèses les plus sérieuses sur l\u2019origine du français est que cette langue aurait d\u2019abord émergé comme koinè entre locuteurs des dialectes normands, picards, champenois et orléanais autour de Paris.Vers le XIIIe siècle, cette langue véhiculaire, désignée comme le françois, a commencé à devenir une langue dans laquelle on élève ses enfants.J\u2019ai déjà écrit que je ne m\u2019inquiète pas outre mesure que la moitié des 6000 langues du monde soient menacées.D\u2019abord, parce qu\u2019on ne sait pas trop combien de langues existent au juste.Certains linguistes disent 6000, d\u2019autres 7000.Aussi bien dire qu\u2019on ne sait pas trop au juste ce qui constitue une langue.Mon autre raison : toutes les langues vivent dangereusement \u2014 il y en a seulement environ 400 qui sont parlées par plus d\u2019un million de personnes.Selon les statistiques du site Ethnologue, 3 500 seraient parlées par moins de 10 000 personnes.Bref, selon le seul critère du nombre, la plupart des langues sont menacées.Celles qui ne le sont pas actuellement le seront bien un jour.L\u2019étude des chercheurs de Max-Planck ajoute un nouvel antidote à l\u2019alarmisme : il se crée chaque année des milliers, si ce n\u2019est des millions, de langues privées ou des argots plus ou moins évolués.Évidemment, dans 99,999 % des cas, les conditions ne sont jamais réunies pour que ces langues excèdent trois locuteurs.Mais dans certains cas, les planètes s\u2019alignent de telle sorte qu\u2019une de ces langues privées devient utile à un plus grand nombre, devenant du coup une nouvelle langue aussitôt menacée.Sur ce, je vous souhaite un bon vent pour la vingt-vingt.JEAN-BENOÎT NADEAU Il se crée chaque année des milliers, si ce n\u2019est des millions, de langues privées ou des argots [.].Évidemment, dans 99,999 % des cas, les conditions ne sont jamais réunies pour que ces langues excèdent trois locuteurs Aimé-Jules Bizimana Professeur agrégé à Université du Québec en Outaouais Informer a un prix.La mort de la journaliste Michelle Lang a constitué le plus lourd tribut du reportage de guerre canadien en Afghanistan.Couvrir la guerre comporte des risques que chaque journaliste connaît.Statistiques alarmantes de journalistes blessés ou tués à la clé, les médias forment maintenant leur personnel à travailler et à naviguer dans les zones hostiles, mais une fois sur le terrain, on n\u2019est jamais bien préparé au pire.Le 30 décembre 2009, lors d\u2019une journée ensoleillée, l\u2019explosion d\u2019une bombe artisanale a littéralement soufflé le blindé léger dans les airs en créant un cratère géant au milieu d\u2019une route que les militaires canadiens désignaient sous le nom de code MOLSON ICE.En un instant, l\u2019onde de choc de la déflagration a dévasté l\u2019intérieur du blindé de type LAV et a mis sens dessus dessous ses dix occupants, militaires et civils.Le bilan est lourd.En pleine conversation, la journaliste Michelle Lang subit l\u2019explosion de plein fouet et meurt sur le coup.Les sergents George Miok et Kirk Taylor, le caporal Zachery McCormack et le soldat Garrett Chid- ley sont également tués.Quatre autres soldats et Bushra Saeed, une analyste civile du ministère des Affaires étrangères, sont grièvement blessés.Lang revenait d\u2019une visite dans un village du district de Dand où elle avait accompagné un convoi de l\u2019Équipe de reconstruction provinciale basée à Kandahar.Les gilets pare-balles et les casques de protection des soldats, de la journaliste et de l\u2019analyste se sont avérés dérisoires par rapport à la force brutale de la bombe dissimulée sous terre.Couvrir la guerre La route empruntée par le convoi militaire de Michelle Lang était connue par l\u2019armée pour être propice à la dissimulation des engins explosifs artisanaux ou IED (Improvized Explosive Device).Avec la multiplication des attaques à partir de 2007, l\u2019armée canadienne et les forces de la coalition essayaient de surveiller les routes et les planteurs d\u2019explosifs.Les équipes de démineurs étaient constamment sollicitées pour détoner les charges débusquées.Seulement, le nombre de sites à inspecter était trop grand pour prévenir tous les attentats.Les patrouilles militaires et les convois devaient continuer à emprunter les routes infestées d\u2019IED.L\u2019armée canadienne croit que le convoi était observé et qu\u2019un guetteur avait reçu le signal que la patrouille avait quitté le district de Dand avant qu\u2019il n\u2019actionne un détonateur à distance au passage du blindé.En Afghanistan, les engins explosifs artisanaux ont causé la mort de la grande majorité des soldats canadiens tués au front.Correspondante du Calgary Herald, Michelle Lang séjournait à la tente des médias à Kandahar pour sa première accréditation comme journaliste intégrée (embedded) avec l\u2019armée canadienne pour le groupe Canwest News, qui est devenu par la suite Postmedia.C\u2019était sa première sortie en dehors de KAF, la base militaire de Kandahar.Jusque-là, il y avait eu d\u2019autres incidents impliquant des journalistes canadiens, dont le plus grave avait coûté une jambe au caméraman Charles Dubois et secoué Patrice Roy de Radio-Canada.Mellissa Fung de la CBC avait été kidnappée, violentée et séquestrée dans un trou pendant 28 jours par ses ravisseurs.Haut risque Après la mort de Lang, la conversation sur les risques du journalisme en temps de guerre était tout autre.La mort des soldats, l\u2019armée connaissait ; la mort d\u2019une journaliste, c\u2019était la première fois.C\u2019est le jeune officier d\u2019affaires publiques Yves Desbiens qui a ramassé les effets personnels de Lang sous les yeux de collègues atterrés.La cérémonie d\u2019adieu à Kandahar maintes fois couverte par les médias au son des cornemuses était cette fois-ci particulière.À 34 ans, à la veille de son mariage, Michelle Lang a été fauchée trop jeune.Le programme des médias intégrés qui a été mis en place par l\u2019armée canadienne en Afghanistan a accueilli des centaines de journalistes sur plusieurs années.Somme toute, il est surprenant qu\u2019il n\u2019y ait eu qu\u2019une seule journaliste tuée considérant le nombre de sorties opérationnelles effectuées en compagnie des soldats canadiens sur les routes dangereuses en permanence minées par les talibans.Le conflit afghan a quand même pris la vie de plusieurs autres journalistes étrangers, dont la photographe allemande Anja Niedringhaus, la correspondante de l\u2019agence AP qui avait été à un moment intégrée par l\u2019armée canadienne.Couvrir la guerre est un métier à haut risque.Les médias doivent préparer leurs journalistes à toute éventualité.La formation et la préparation peuvent atténuer les risques, mais ne peuvent pas les supprimer.La jeune Michelle Lang a eu le courage d\u2019aller raconter la guerre des soldats canadiens et a payé le sacrifice suprême au métier essentiel d\u2019informer.Même si aucune information ne vaut la vie d\u2019une journaliste, il y aura toujours un prix personnel et collectif à payer pour rapporter les nouvelles en zones de guerre.Trop jeune pour mourir La journaliste Michelle Lang est décédée en Afghanistan il y a 10 ans Mansoo Cho Professeur invité à l\u2019UQAM Sunhee Park Chercheuse invitée au Centre d\u2019études et de recherches de l\u2019Université de Montréal Lauréat 2019 de la Palme d\u2019or à Cannes, le film Parasite poursuit sur sa lancée avec une nomination aux Golden Globes et aux Oscar.Son réalisateur, Bong Joon-ho, est connu pour aborder des enjeux sociaux graves avec un style léger et divertissant.Son style bien à lui brille dans Parasite, dont l\u2019histoire tourne autour des Kim, une famille démunie (Ki-taek, le père, sa femme Chung-sook, et ses deux enfants, Ki- woo et Ki-jeong), et dans laquelle il fusionne fiction absolue et dure réalité pour former un tout quasi burlesque de drame familial et de thriller.Mais le pouvoir de Parasite réside avant tout dans sa représentation brutalement honnête et objective de la société coréenne d\u2019aujourd\u2019hui.Et malheureusement, il est difficile de ne pas penser que la popularité mondiale de ce film très coréen vient peut-être du fait que la réalité désespérée à laquelle sont confrontés ses personnages n\u2019est pas l\u2019apanage de la Corée.La Corée est l\u2019un des rares pays non occidentaux de l\u2019histoire contemporaine à être devenus à la fois une démocratie mature et une économie développée.Sa culture populaire, qui est désormais connue mondialement sous le nom de « K-culture », a atteint un nouveau pic grâce au boy band BTS.Il n\u2019est pas surprenant que des jeunes du monde entier souhaitent visiter la Corée.Ce qui les surprendra peut-être, toutefois, c\u2019est que selon une enquête récente, 75 % des jeunes Coréens disent souhaiter quitter la Corée pour aller vivre à l\u2019étranger.Heures de travail excessives, emplois instables, insécurité après la retraite, flambée des prix de l\u2019immobilier et manque d\u2019empathie pour les uns et les autres dans cette compétition acharnée, voilà ce qui définit à leurs yeux la société coréenne, qu\u2019ils surnomment sarcastiquement Hell Chosun.C\u2019est ce pays réservé aux diplômés de SKY \u2014 acronyme anglophone de l\u2019Université nationale de Séoul, de l\u2019Université de Corée et de l\u2019Université Yonsei, celle dont Ki-woo détient un faux certificat d\u2019inscription \u2014, qui sont les seuls à pouvoir atteindre les sommets, pendant que le reste est contraint de vivre dans le monde souterrain.Chosun, la dernière dynastie de Corée, était une société de classe strictement hiérarchique, un royaume féodal où les compétences ne voulaient rien dire et où le rang social faisait foi de tout.Le surnom Hell Chosun révèle aujourd\u2019hui sa hiérarchie sociale anachronique, où gravir les échelons n\u2019est que fantasme, peu importe vos efforts.Enfer Alors, comment sortir de cet enfer ?Ou comme se demande Ki-jeong, « alors, quel est le plan ?» Les réponses de Ki- taek ne peuvent être plus justes : la génération plus âgée n\u2019a ni de plan ni la capacité de rendre notre société meilleure ; c\u2019est à vous, les jeunes, de ferrailler pour sortir de cet enfer et aller sur des terrains plus élevés.Vous devez être plus capables que quiconque.Et ainsi commence la bataille de tous contre tous.Pour survivre, vous devez soit devenir un parasite, soit manger d\u2019autres humains tel un zombie, comme dans le film coréen de 2016 Train for Busan.Vous pouvez crier à l\u2019aide, mais au-delà de cet enfer, personne ne peut vous entendre.Et même si vous êtes entendu, vous ne pouvez être compris.Les derniers à se tenir debout peuvent penser qu\u2019ils ont réussi, mais malheureusement, leur seul destin est d\u2019échouer.Au creux de cet enfer, la bataille pour l\u2019évasion aveugle ceux qui s\u2019y trouvent.Tandis que Ki-taek et sa famille descendent du manoir sur la montagne, ils voient leur maison recouverte de matières fécales : c\u2019est leur enfer.L\u2019enfer est misérable et tragique, mais lorsque vous vous tenez à distance, comme Brecht le prescrivait et comme le fait Ki-woo en observant de loin à travers un télescope, il peut être assez ridicule pour vous faire rire.Comme Ki-woo, nous ne pouvons cesser de rire des médecins qui ne ressemblent pas à des médecins, et des policiers qui ne ressemblent pas à des policiers.Et la société coréenne est devenue une société ridicule pleine de dirigeants qui ne ressemblent pas à des dirigeants, y compris la présidente Park Geun-hye, déchue de son pouvoir en 2017.Bong Joon-ho est un réalisateur.Il ne lui revient pas de proposer un plan révolutionnaire pour réformer la société coréenne.Mais dans les derniers instants de Parasite, Ki-woo a un « plan ».Ou plutôt un rêve, irréaliste.Il ne sera plus un parasite, il deviendra le maître du manoir.Pris au piège sous terre, il anticipe le jour où les gens qui y sont emprisonnés pourront en sortir calmement, sans avoir à piétiner les autres, comme des êtres humains.« Mon fils, on dirait que vous avez un plan.» Bong et sa génération veillent sur les jeunes Coréens qui planifient leur évasion de l\u2019enfer.CINÉMA Parasite et la société coréenne : planifier son évasion de l\u2019enfer Michelle Lang, ici en 2009 à Kandahar, quelques semaines avant sa mort COLIN PERKEL LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE LUNDI 30 DÉCEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 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Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.2019 DANS L\u2019ŒIL DE RENAUD PHILIPPE Les photographes posent un regard très personnel sur l\u2019actualité.Nous leur avons demandé de choisir les meilleures photos de leur année.De rencontres intimistes en événements électrisants, voici leur sélection.Aujourd\u2019hui : Renaud Philippe.1 18 AOÛT.Des travailleurs agricoles latino-américains à la Fiesta des cultures de Saint-Rémi.La scène a été croquée à Saint-Rémi, mais elle aurait pu être prise à des milliers de kilomètres de là, au Mexique.Les travailleurs agricoles latinos sont si nombreux en Montérégie, qu\u2019un festival \u2014 la Fiesta des cultures \u2014 leur est consacré chaque été depuis 12 ans.Le temps d\u2019un week-end, les effluves de churros et de tacos s\u2019entremêlent aux tournois de soccer et de lutte mexicaine.« C\u2019est fascinant, tu es à Saint-Rémi dans tout ce qu\u2019il y a de plus québécois et, d\u2019un coup, tu te retrouves dans la culture latine.C\u2019est un super beau clash », souligne Renaud Philippe, qui aime particulièrement l\u2019énergie qui se dégage de cette photo.2 6 MARS.Un soldat canadien lors d\u2019un exercice militaire à Resolute Bay, au Nunavut.« Il y a quelque chose de complètement surréel dans cette photo.On dirait que l\u2019humain n\u2019a pas à être là », souligne Renaud Philippe.En mars dernier, le photographe s\u2019envolait pour le Nunavut afin d\u2019y suivre des soldats canadiens participant à un exercice militaire.Dans cette mer de froid et de glace, quelques tentes avaient été piquées en bordure de l\u2019île Devon, la plus grande au monde à être complètement inhabitée.Et puis surgit ce militaire, debout mais à l\u2019allure quasi inerte, ce qui rend la scène encore plus déconcertante.3 3 JUIN.Le musicien Bobi Wine, qui espère ravir la présidence de l\u2019Ouganda.La star de la pop ougandaise avait donné rendez-vous à Renaud Philippe, et au journaliste Jean-Baptiste Hervé, à 6 h du matin à Kamwokya, l\u2019un des plus grands bidonvilles de Kampala, la capitale de l\u2019Ouganda.« Il est arrivé avec deux heures et demie de retard et il m\u2019a dit qu\u2019il n\u2019avait que quelques minutes pour la photo », se souvient Renaud Philippe.Celui qui insuffle un vent de changement à la politique ougandaise s\u2019est alors assis sur cette chaise de bois \u2014 plantée au beau milieu d\u2019un abri de jardin \u2014, sur laquelle sont gravés les mots « Power to the people ».Quelques clics ont suffi.« J\u2019ai bien aimé la pose et le moment.» 4 6 NOVEMBRE.Une scène de famille à Villa Inflamable, un bidonville situé à proximité de Buenos Aires, en Argentine.À la tombée du jour, une fillette enjambe un muret érigé pour protéger sa maison des inondations récurrentes à Villa Inflamable.« Les humains sont beaux sur cette image », mentionne Renaud Philippe.Pour capter avec acuité la vie qui fleurit dans ce bidonville érigé sur des terres hautement contaminées, le photographe s\u2019est incrusté pendant plusieurs heures chez des familles.« Je voulais me faire oublier.» Les couleurs, la lumière, la légèreté du mouvement de la fillette enveloppent cette scène du quotidien d\u2019un esthétisme qui captive le regard.5 30 AVRIL.Des gens attendent pour obtenir des denrées dans une banque alimentaire à Québec.La banque alimentaire Bouchée généreuse est située tout juste en face du nouveau Centre Vidéotron, à Québec, et à 200 mètres de chez Renaud Philippe.« Je fais beaucoup de reportages à l\u2019international, mais il faut aussi poser le regard sur ce qui se passe juste ici, près de chez nous », souligne le photographe.Au milieu d\u2019un impressionnant bric-à-brac, des centaines de personnes attendent pour obtenir des denrées à petits prix.« Il y avait une chaleur et une ambiance très sympathique qui s\u2019en dégageaient.» Texte de Magdaline Boutros C\u2019est fascinant, tu es à Saint- Rémi dans tout ce qu\u2019il y a de plus québécois et, d\u2019un coup, tu te retrouves dans la culture latine.C\u2019est un super beau clash.RENAUD PHILIPPE » 1 2 3 4 5 "]
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