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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-12-07, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer Lire La lecture en cadeau Vivre Un hiver en gougounes en Uruguay Angèle et le miracle pop belge M A G A Z I N E L E D E V O I R / / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 D É C E M B R E 2 0 1 9 L E D E V O I R / / L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 D É C E M B R E 2 0 1 9 C U L T U R E 23 La lecture en cadeau Douze pages pour combler les lecteurs autour de nous.24 25 28 29 33 34 Grand angle patrimoine Maya Ombasic Grand angle Lolita Marie Hélène Poitras Louis Cornellier Entrevue Julia Deck 6 Grand angle Angèle et le miracle pop belge qui fait vibrer la francophonie.45 7 8 18 19 22 36 Humour Odile Tremblay Les flâneurs Cinéma Danse Musique Arts visuels Écrans et grilles L I R E V I V R E 42 Voyage Un hiver en gougounes sur la façade atlantique de l\u2019Uruguay.45 46 48 49 50 53 Plein air Santé Resto Recette Vin Jardin Photo de la une du D : Thesupermat Wikimedia CC Illustration de la une Lire : Julia GR SOMMAIRE C U L T U R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR es soirées festives de prise de parole directe, en collaboration avec le Jamais Lu, semblent être devenues une véritable tradition de décembre au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Après Marc Séguin et sa Diseuse de bonne aventure, c\u2019est à son artiste en résidence, Émilie Monnet, que la compagnie de création a confié les rênes de son nouveau spectacle événementiel, Kiciweok.Lexique de 13 mots autochtones qui donnent un sens, joué deux seuls soirs.Au départ, le projet s\u2019est inspiré du 26 lettres.Abécédaire des mots en perte de sens d\u2019Olivier Choinière, présenté en 2014.Sauf qu\u2019un abécédaire était exclu, vu le nombre fluctuant de lettres contenues dans les alphabets selon les langues autochtones.Et la diversité des idiomes chez les Premières Nations.D\u2019où l\u2019idée plutôt d\u2019un lexique, dans lequel 13 artistes viendront présenter chacun un mot significatif.La metteure en scène est manifestement fière de sa belle sélection d\u2019invités, un panorama éclectique en matière de types d\u2019artistes, de nations ou de générations représentés.On y entendra par exemple la poète innue Joséphine Bacon, l\u2019historien wendat Georges E.Sioui, et jusqu\u2019au réputé dramaturge cri, originaire du Manitoba, Tomson Highway (Les reines de la réserve).« Le mot choisi devient comme une porte d\u2019entrée pour pénétrer dans l\u2019univers de ces 13 artistes, explique Émilie Monnet.Ils partagent leurs réflexions par rapport à la langue, aux différences entre celles des Autochtones et le français.Ils parlent aussi d\u2019histoire, de transmission, de leur apprentissage de la langue autochtone, qui n\u2019est pas [nécessairement] leur langue maternelle.» Le nombre 13 s\u2019est imposé en raison de son importance dans plusieurs cultures autochtones, puisqu\u2019il fait référence au cycle lunaire.D\u2019autant plus que les représentations du spectacle coïncideront avec la treizième pleine lune de l\u2019année.Une période où « l\u2019on se prépare pour l\u2019hiver, donc on partage des connaissances, ce qui honore ceux qui sont passés avant nous, qui détiennent des savoirs ».La créatrice d\u2019Okinum voit un « beau lien » entre À la découverte des langues de chez nous Émilie Monnet conçoit un happening mettant en lumière des mots autochtones significatifs Kiciweok.Lexique de 13 mots autochtones qui donnent un sens Idéation et mise en scène : Émilie Monnet.Texte et interprétation : Joséphine Bacon, Nahka Bertrand, Catherine Boivin, Hannah Claus, Sylvia Cloutier, Marie-Andrée Gill, Tomson Highway, Alexandre Nequado, Mikon Niquay-Ottawa, Nancy Saunders, Georges E.Sioui, Roger Wylde et Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo.Coproduction : Jamais Lu, Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui et Onishka.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, les 11 et 12 décembre.ce contexte de transmission, qui passe souvent par la langue, et une prise de parole qu\u2019elle juge nécessaire.« Parce qu\u2019on ne les entend pas, les langues autochtones.En tout cas, pas beaucoup sur les scènes artistiques, mais dans la ville non plus.Je trouve qu\u2019on devrait les entendre davantage.» D\u2019autant que ces langues sont celles nées de notre territoire.Par exemple, l\u2019anishinaabemowin ou le kanien\u2019keha (mohawk), issues de la région montréalaise.« Je trouve que ça appauvrit tout le monde de ne pas baigner là-dedans.Et comme ces langues sont enracinées dans le territoire, on approfondit aussi notre rapport à celui-ci lorsqu\u2019on [apprend] des mots autochtones.» À ce titre, le spectacle comporte une part d\u2019hommage à la résistance de ces langues qui ont été mises à mal par des « politiques très radicales », à travers le pays ou par des systèmes d\u2019éducation provinciaux, estime Émilie Monnet.« En ce qui concerne l\u2019Histoire et les langues autochtones, il y a eu vraiment des stratégies d\u2019effacement et d\u2019éradication très violentes.» Il existe aujourd\u2019hui « tout un mou- C 3 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 vement », au sein des membres des Premières Nations, pour se réappropri- er leur langue.« C\u2019est de plus en plus accessible, avec les nouvelles technologies, les médias sociaux.Sur mon téléphone cellulaire, j\u2019ai trois applications pour apprendre l\u2019anishinaabemowin.Ça reste quand même assez limité parce que pour vraiment progresser dans une langue, je pense qu\u2019il faut être en immersion.Mais ce sont des outils qui nous permettent d\u2019apprendre plus de mots.» La cocréatrice du récent This Time It Will Be Different juge qu\u2019il reste du travail à faire pour revitaliser les langues autochtones, dont l\u2019état de santé varie cependant beaucoup selon les communautés, « même au sein d\u2019une seule nation ».« Le spectacle va témoigner aussi de cette réalité.» Émilie Monnet désire préserver la surprise quant à l\u2019identité des mots eux-mêmes.Les mots mis en vedette donnent ainsi accès à une vision du monde différente, propre à chacune des cultures.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Scène Mots secrets Émilie Monnet désire préserver la surprise quant à l\u2019identité des mots eux-mêmes.À l\u2019exception de celui choisi par Georges E.Sioui, parce qu\u2019il s\u2019agit du titre de son plus récent livre, Eatenonha.Un terme-concept pour nommer « le principe du féminin dans la démocratie ».Les mots mis en vedette donnent ainsi accès à une vision du monde différente, propre à chacune de ces cultures.« Par exemple, tandis que dans les règles grammaticales des langues latines, le masculin l\u2019emporte sur le féminin, il n\u2019y a pas de genre dans les langues autochtones.Et il y a des mots qu\u2019on ne peut pas traduire dans ces langues, et vice versa.Elles sont très descriptives, très imagées.» Le titre du spectacle, choisi par sa conceptrice en anishinaabemowin, en témoigne bien.En français, kiciweok se traduit par une périphrase : « ils / elles ont une voix forte et claire.Ça peut désigner une personne qui parle ou qui chante d\u2019une voix forte.» Certains artistes invités se sont intéressés à des mots qui sont en voie de disparition, parce qu\u2019ils nomment des objets devenus obsolètes « à cause des changements de la société ou de la technologie ».D\u2019autres à des mots qu\u2019on doit plutôt inventer.La metteure en scène compare Kiciweok à un jeu, « dans le processus comme dans le rapport avec les artistes ».Un happening au ton très festif, à l\u2019ambiance décontractée.La série de brèves adresses au public ou de performances sera ponctuée par les animations vidéo de l\u2019artiste visuelle Meky Ottawa, et par la trame sonore live de Moe Clark.« C\u2019est comme un cadeau qu\u2019on offre, un partage.Le spectacle va être ludique, spontané.Et on va y apprendre des choses.» L\u2019événement va peut-être aussi, espère Émilie Monnet, sensibiliser les spectateurs à l\u2019importance des langues autochtones, à la nécessité de les protéger et de s\u2019assurer qu\u2019elles sont présentes dans l\u2019espace.« Il est important que les gens prennent [conscience] que ce ne sont pas des langues en voie de disparition, qu\u2019elles sont vivantes.Et qu\u2019elles méritent d\u2019être aussi protégées que le français.» Testez votre connaissance de la langue française en trouvant les cinq erreurs insérées volontairement dans le texte ci-contre.Trouvez les 5 erreurs : Ce matin-là, on me surpris éminamment : Lucie, ma collègue et amie, était revenue de vacances plus tôt que ce qu\u2019elle avait annoncée.Ravie, je me jettai dans ses bras.Elle m\u2019avait tant manqué?! Aillant en tête cette touchante scène de retrouvailles, j\u2019étais sure de passer une belle journée.ÉPREUVE DE RÉVISION Épreuve no 36 Vérifiez vos hypothèses en consultant le corrigé détaillé dans la section Jeux.Une épreuve présentée par LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Humour 4 Dans les yeux de Michel Mpambara À l\u2019aube du gala Les Olivier, retour sur deux décennies d\u2019humour avec celui dont le premier spectacle naissait il y a vingt ans L\u2019humoriste Michel Mpambara fait un retour après 15 ans d\u2019absence.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Je trouve qu\u2019il y a trop de Blancs au Québec », laissait tomber Michel Mpambara dans son premier et seul spectacle.« Vous ne trouvez pas, vous ?Je sais que vous, vous êtes habitués à ça.Mais pour moi, c\u2019est pas facile\u2026 Quand j\u2019allume la télé, je vois des Blancs ; je vais à l\u2019épicerie, je vois des Blancs ; je viens ici [sur scène], je vois des Blancs.Même ma petite-amie est blanche.Je suis tanné.» Cela fera vingt ans en 2020 que ce spectacle à la fois caricatural et trop vrai, bienveillant et impitoyable, loufoque et grave prenait la route des salles de la province.Un spectacle au titre explosivement caustique, Y a trop de blanc au Québec, que son auteur dédouanait jadis en pointant l\u2019absence de « s » à la fin du mot blanc, et en prétextant que c\u2019est de la trop grande quantité de neige \u2014 blanche \u2014 dont il se plaignait.Le propos des monologues, lui, renvoyait pourtant la majorité blanche et francophone à sa propre hypocrisie et à sa vision tordue par les médias de l\u2019Afrique, bien que Mpam- bara y chantait aussi la quiétude prévalant au Québec.Vingt ans : l\u2019occasion était trop belle, à l\u2019aube du gala Les Olivier de dimanche soir, de dresser un bilan des deux dernières décennies en humour québécois avec celui qui, après un passage à vide, continue de participer à des soirées comiques et de donner des conférences sur la santé mentale, tout en planchant sur un second spectacle, « parce que contrairement au monde du sport, en humour, t\u2019es pas obligé d\u2019arrêter à 40 ans ».Pas encore assez d\u2019ouverture Alors, dis, Michel, trouves-tu toujours qu\u2019il y a trop de Blancs dans ta télé ?L\u2019écosystème du rire québécois est-il le berceau d\u2019une plus grande diversité ?« De un, je n\u2019ai plus de télé ! » répond du tac au tac un Mpambara surexcité qui, à 46 ans, passe d\u2019une idée à l\u2019autre avec la même frénétique intensité que dans sa prime vingtaine.« Mais c\u2019est sûr qu\u2019il y a plus ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture 5 son premier numéro d\u2019humour intitulé « Je suis raciste ».Il répondait ainsi au conseil d\u2019un professeur du Conservatoire d\u2019art dramatique de Québec qui lui avait lancé, après qu\u2019il y eut joué en audition une scène tirée d\u2019Hosanna de Michel Tremblay : « Les rô- les de Tremblay, c\u2019est fait pour les Tremblay, pas pour les Mpambara.Si tu veux jouer, tu dois toi-même t\u2019écrire quelque chose.» « Mais ce n\u2019était pas raciste comme remarque », précise Michel, qui rêve d\u2019ailleurs toujours d\u2019un jour revêtir le costume de Cléopâtre du travesti Hosanna.« Le prof, c\u2019était un Argentin, un immigrant, il m\u2019a dit la réalité, il me parlait de son expérience : \u201cT\u2019auras pas de chance au théâtre avec ton accent\u201d.» C\u2019est donc avec une perspective théâtrale que Michel Mpambara arrive à l\u2019humour, contrairement à la majorité des jeunes recrues actuelles du rire, biberonnées au stand-up à l\u2019américaine, où l\u2019interaction avec le public et un ratio gag par minute élevé priment parfois l\u2019élaboration d\u2019une dramaturgie ou d\u2019un réel discours.« J\u2019ai l\u2019impression que plus l\u2019humour appartient aux producteurs, plus ce qui compte, c\u2019est de simplement divertir les gens et let\u2019s make money, regrette Mpambara.Alors que moi, je ne veux plus être là que pour divertir, je ne veux pas faire juste des numéros qui amusent.Je veux aller là où ça fait mal.» Entre art et divertissement « Bon, je vais vous raconter comment je me suis intégré.Un soir, je voulais faire comme tout le monde ici, je voulais me suicider.C\u2019est tellement populaire au Québec, je me suis dit : \u201cIl doit y avoir quelque chose là, il faudrait bien que j\u2019essaye ça au moins une fois dans ma vie !\u201d » confiait \u2014 encore une fois ironiquement \u2014 Michel Mpambara dans Y a trop de blanc au Québec, un passage d\u2019une douloureuse noirceur, offert à une époque où le sensible sujet de la santé mentale appartenait encore aux tabous.De santé mentale il est désormais beaucoup question sur les scènes québécoises.C\u2019était là, dans le spectacle Noir de Mike Ward (nommé entre autres dans la catégorie du spectacle de l\u2019année aux Oliviers) et ce l\u2019est souvent au micro du What\u2019s up podcast de Jerr Allain (nommé dans la catégorie du podcast humoristique de l\u2019année).Ce qui réjouit évidemment Michel Mpambara, porte-parole de Bell cause pour la cause depuis 2011.« Le rire devrait servir à se distancier du drame.Ça me rappelle Wajdi Mouawad.Denise Bombardier lui demandait en entrevue [Michel imite le ton ampoulé de l\u2019animatrice] : \u201cQuelle est la différence entre l\u2019art et le divertissement ?\u201d Wajdi répondait : \u201cQuand tu vas à La Ronde [Michel se lève et imite, en poussant toutes sortes d\u2019onomatopées, un passager d\u2019une montagne russe], ça, c\u2019est du divertissement.Si tu vas voir un show et que ça te fait réfléchir par toi-même, après le show, ça, c\u2019est de l\u2019art.\u201d Et l\u2019humour est là, quelque part entre les deux.» de diversité ; tu me traiterais de fou si je répondais non.» Parmi les nommés du 21e gala Les Olivier, seuls deux artistes (Mehdi Bousaidan et Mariana Mazza) incarnent ce qu\u2019on pourrait appeler la diversité (au sens large), lui fait-on remarquer.« C\u2019est vrai qu\u2019il n\u2019y en a pas beaucoup, mais plein d\u2019humoristes [issus de l\u2019immigration, ou dont les parents le sont] prennent leur place sans attendre qu\u2019on la leur donne, et la business, même si elle n\u2019est pas plus gentille qu\u2019avant, comprend qu\u2019il y a de l\u2019argent à faire en s\u2019ouvrant davantage.» « Mais dire Y a trop de blanc au Québec, c\u2019était bien plus difficile à l\u2019époque que ce le serait maintenant », précise le vétéran, en se souvenant comment il n\u2019était pas rare qu\u2019au moment de déclarer ironiquement « Je suis raciste » au début de son spectacle, un membre du public réplique, sans ironie : « Moi aussi, je suis raciste ! » Les minorités audibles, elles, demeurent cependant rarissimes.« C\u2019est ce que j\u2019ai le plus apprécié quand j\u2019ai commencé : on m\u2019a accepté avec mon accent », confie le Rwandais de racines, ayant grandi au Burundi.Il a 17 ans lorsque sa famille s\u2019installe à Québec.« La gaffe que j\u2019ai faite, c\u2019est de ne pas aider mes amis noirs à entrer dans le milieu, même s\u2019ils étaient tous plus drôles que moi.On me disait : \u201cPourquoi tu mettrais en péril ta position en aidant les autres ?\u201d Quand j\u2019ai tourné dans Comment conquérir l\u2019Amérique en une nuit, Dany Laferrière [qui réalisait son premier film] me disait : \u201cAs-tu vu ?Le producteur est encore blanc, mais les acteurs sont noirs, le réalisateur est noir.\u201d Il faut s\u2019aider, parce qu\u2019il y a des gens dans le milieu qui pensent qu\u2019un seul Noir en humour au Québec, ce serait assez ! » Du théâtre à l\u2019humour C\u2019est dans un cours de théâtre à l\u2019Université Laval \u2014 Théâtre et provocation \u2014 que Michel Mpambara écrit Le triomphe après le revers pour Mike Ward ?La sympathie du public pour les déboires de Mike Ward lui per- mettra-t-elle de repartir du gala Les Olivier avec l\u2019Olivier de l\u2019année \u2014 un vote populaire \u2014 comme ce fut le cas en 2016, lorsqu\u2019un numéro qu\u2019il devait présenter avec Guy Nantel était torpillé à quelques jours de la soirée ?L\u2019humoriste, qui perdait la semaine dernière son appel dans l\u2019affaire l\u2019opposant à Jérémy Gabriel et à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, compte du moins parmi les favoris avec quatre mentions, à l\u2019instar de Julien Lacroix et Ma- rie-Lyne Joncas.Le sympathique (mais plutôt inoffensif) duo de Pierre Hébert et Philippe Laprise est de retour à l\u2019animation.À suivre dimanche sur les ondes de Radio-Canada, à 20 h.J\u2019ai toujours éprouvé de l\u2019admiration pour le chanteur, conteur et ethnologue autodidacte Michel Faubert.Notre société se transforme si vite.Elle perd la trace des générations passées sans se retourner pour voir de quel bois elles se chauffaient.Plusieurs artistes se laissent emporter sans bagages par le vertige planétaire.Pas lui.Depuis quarante ans, tirant du répertoire traditionnel québécois des chants (avec ou sans son groupe Les Charbonniers de l\u2019enfer), des légendes et des contes recueillis auprès des personnes âgées, il maintient le cap sur la mémoire.Cette tradition orale venue de la vieille France monarchiste, transformée au gré des cahots de la route sur notre continent nord-américain, est son chemin de ronde.À nous de le suivre ! Durant le temps des Fêtes, les folkloristes reprennent un peu de faveur populaire.C\u2019est la saison de la nostalgie par excellence, sous la neige et les sapins.Du coup, les traditions sortent du placard, vite remballées après usage pour un nouveau tour de calendrier.Reste que la littérature orale devrait être enseignée dans les écoles du Québec.On se targue de posséder une culture distincte sans chercher collectivement à connaître nos racines.Pourtant, la modernité n\u2019exclut pas le souvenir.Elle s\u2019en nourrit de façon inconsciente.Mais comment séduire les nouveaux arrivants avec une mémoire défaillante ?Comment persuader les enfants de demeurer dans le giron francophone en les coupant des ressorts poétiques de la transmission ?Regarder au loin, c\u2019est aussi éclairer les voies anciennes.Cette semaine, je suis allée, rue Saint-Dominique, au théâtre La Chapelle voir le spectacle solo de Michel Faubert a cappella, au beau titre Le chant du silence (à l\u2019affiche encore samedi).Il profitait de l\u2019occasion pour mettre en ligne ses premiers albums des années 1990 et de l\u2019an 2000, dont Maudite mémoire et L\u2019écho des bois.La mise en scène était minimalis- te pour mieux épouser l\u2019atmosphère feutrée des maisons hôtes des trésors vocaux du génie populaire, si menacés désormais.Sur scène, quelques numéros des chanteuses Gabrielle Bouthillier et Liette Re- mon faisaient écho aux siens.Tout de noir vêtu, Faubert chantait, contait, récitait des poèmes tout en remontant son parcours.Les cris d\u2019antan des femmes violentées Dans son Rigaud natal, il avait été mis à contribution un été, au cours des années 1970, avec un groupe d\u2019étudiants pour récolter des œuvres folkloriques orales chez les aînés de la région, ressortant de l\u2019expérience à jamais transformé.Surtout après sa rencontre avec la vieille Marie- Rose D\u2019amours, une amie de sa mère à moitié recluse, au répertoire immense qu\u2019elle entonnait dans sa cuisine entre trois plages de silence.La machine enregistreuse de Michel Faubert n\u2019aura pas laissé tarir sa source vive.Pas plus que celle d\u2019autres gardiens de la mémoire à travers le Québec et L\u2019Acadie.La cueillette ethnologique devint bientôt la quête de sa vie.Il allait se faire passeur aussi, et à pleine voix.Répondant au courant actuel des revendications féminines, plusieurs complaintes du spectacle de Faubert évoquent les malheurs de femmes torturées.Telle La fille du boulanger, violée et assassinée par trois cavaliers qui trouvent refuge chez ses parents, sans savoir où ils sont tombés.Ces meurtriers tendent à leurs hôtes l\u2019anneau d\u2019or de la fille en gage de remerciement, ce qui pousse le père à se faire justice.Faubert y voyait un écho au film de Bergman La source, inspiré d\u2019une légende suédoise du XVIe siècle, évoquant avec des variantes la même tragédie.Celle-ci avait traversé les siècles, les pays et les langues par le miracle de la tradition orale pour parvenir à travers Marie-Rose jusqu\u2019aux oreilles du folkloriste en herbe.Tragiques, aussi, les paroles des Anneaux de Marianson, ballade médiévale française recueillie par le père de l\u2019ethnologie québécoise, Marius Barbeau, dont Faubert aura imaginé la mélodie au cours d\u2019un rêve.Elle raconte le drame d\u2019une jeune mariée accusée à tort de trahison par son mari revenu de guerre, qui la tue brutalement avec son enfant nouveau-né, avant de découvrir sa méprise et de se maudire lui-même.Fermant les yeux, l\u2019autre soir, je me suis laissé remuer par les beaux chants issus des siècles, des continents, des fermes, des bois et des tavernes, vivaces si longtemps chez nous et remplacés parfois par beaucoup de bruit.La mort violente rôdait sans masque sur ces récits de transmission, avec sa charge d\u2019enseignements, de pièges à éviter dans la conduite des passions humaines.Car de précieuses leçons de vie se collent au répertoire de la nuit des temps.Soulever avec Faubert le couvercle du coffre à souvenirs, c\u2019est découvrir des mises en garde qui éclairent autant qu\u2019hier les esprits d\u2019aujourd\u2019hui.Faubert, l\u2019éclaireur des voies anciennes ODILE TREMBLAY LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Musique 6 diamant par la Société nationale de l\u2019édition phonographique (SNEP) en France pour 500 000 exemplaires vendus.Il y a deux semaines, le rap- peur (et frère d\u2019Angèle) Roméo Elvis a quant à lui vu son premier album Chocolat, paru l\u2019été dernier, auréolé d\u2019une certification platine (100 000 exemplaires).L\u2019année dernière, l\u2019album Ipséité du rappeur Damso se classait en 5e position des ventes en France, toutes langues confondues.Bien sûr, la Belgique contribue depuis des décennies aux succès de la musique francophone.Arno, Axelle Red, Maurane, Adamo, Stromae, pour ne nommer que les plus connus, ont tous connu le succès à l\u2019international.Une vague de rock belge formée par Ghinzu, Girls in Hawaii, Sharko (entre autres) a eu un certain succès en France il y a une dizaine d\u2019années.Ce qui rend la présente situation si unique, c\u2019est la quantité de musiciens qui y parviennent aujourd\u2019hui, tous en même temps et en suscitant beaucoup d\u2019intérêt médiatique.Journaliste et directrice artistique du média culturel français General Pop (et ex-InRock), Abigaïl Aïnouz estime que cet intérêt aurait un lien avec la différence d\u2019attitude entre les musiciens belges et français : leur potentiel, leur projet musical, « les Belges, ils y croient.Pour eux, tout est possible, ils avancent sans se mettre des bâtons dans les roues et ils ont un message à faire passer.J\u2019en parlais récemment avec Tawsen, un tout nouveau rappeur et chanteur belge.Il m\u2019expliquait que les rappeurs belges avaient une vision différente de leur métier par rapport aux Français et selon lui, ça avait un lien avec cet ego que les Belges n\u2019ont pas.Et c\u2019est vrai que grâce à ça, les Belges tiennent un discours très différent » qui leur permet de se démarquer de leurs confrères et consœurs de France.Le déclic L\u2019ego, ou encore l\u2019estime de soi expliqueraient en partie le succès belge.Une expression de cette « belgitu- de », néologisme popularisé par Jacques Brel qui traduit, avec cet humour et cette autodérision typiquement belge, une éternelle quête de sens identitaire.« En Belgique, nous n\u2019avons pas un sentiment de fierté nationale très fort, admet Maxime Lhussier.Parce que c\u2019est un petit pays pas très vieux, parce qu\u2019on a les deux langues, nous vivons dans une espèce d\u2019humilité ambiante.» Pendant longtemps, « on a toujours été considérés un peu comme le petit- cousin débile », rappelle Julien Fournier, directeur de Wallonie-Bruxelles Musiques, organisme dont la mission est d\u2019appuyer les musiciens et l\u2019industrie à se développer à l\u2019international.« Pendant toutes les années 1980, avec les blagues de Coluche, le Belge était celui à qui on donne une petite tape sur la tête en lui disant : \u201cAllez, va jouer\u2026\u201d C\u2019est la manière dont on était perçus en France » Un stigmate que les Belges ont porté d\u2019autant plus difficilement que l\u2019immortel Coluche imitait à la quasi- perfection l\u2019accent belge\u2026 Fournier estime que cette mauvaise image a commencé à changer lors de la sortie sur les écrans du faux documentaire C\u2019est arrivé près de chez vous des réalisateurs Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde, Palme d\u2019or du Festival de Cannes en 1994.« Une espèce de déclic s\u2019est alors fait dans l\u2019espace culturel français.Ils se sont dit : \u201cBen, dis donc, les Belges, ils font des trucs qui ne ressemblent pas à ce qu\u2019on fait, pourtant ils nous ressemblent\u201d.Nous sommes alors devenus un peu comme la lampe de poche éclairant les coins sombres de la créativité.À la suite de quoi, les médias français se sont intéressés à nous : chaque plateau de télé ou presque avait son Belge.» Ainsi, depuis cinq ans, l\u2019une des meilleures ambassadrices de la belgi- tude en France se nomme Charline Vanhoenacker, journaliste politique et humoriste appréciée notamment pour les chroniques qu\u2019elle livre à la matinale de France Inter et qui ont contribué à faire basculer l\u2019image du Belge, si bien que le quotidien Le Soir publiait en octobre dernier un texte intitulé « Pourquoi la belgitude est à la mode ?» En toute humilité Sur un plan plus musical, le succès de Stromae a évidemment eu l\u2019effet d\u2019un électrochoc sur la scène belge émer- gente, reconnaissent tous les acteurs de l\u2019industrie consultés.« Personne ne s\u2019attendait à son succès », rappelle Céline Magain, codirectrice du festival FrancoFaune.Cette proposition unique, « une chanson dance avec des textes noirs \u2014 et le buzz sur Internet, c\u2019est incroyable ce qu\u2019il a accompli.Il s\u2019est servi des réseaux sociaux pour se faire connaître.C\u2019est aussi ce qui a changé aujourd\u2019hui : sur le Web, les gens s\u2019en balancent que tu sois Belge, Français ou Canadien ».Et les nouveaux artistes belges font bon usage des réseaux sociaux.« Insta- gram n\u2019a pas de frontières, et c\u2019est d\u2019ailleurs sur ce réseau que le phénomène Angèle a commencé.» « Ce qui était très important dans ce que j\u2019appelle la construction de la psyché culturelle belge francophone, c\u2019est son succès mondial, explique Julien Fournier.Il a démontré qu\u2019on pouvait avoir ce succès en étant belge, de la fédération Wallonie-Bruxelles, et tout en restant humble, gentil et accessible.On a du mal à se ressentir comme des stars, ici, en Belgique francophone, parce qu\u2019on n\u2019a pas de star-système, alors qu\u2019il y en a un en Flandre, en Allemagne, en France\u2026 » C\u2019est peut-être cette absence de star-système qui fait que personne n\u2019attend vraiment les musiciens belges, suggère Maxime Lhussier.« On Angèle et le miracle pop belge Décomplexée, la musique belge fait vibrer la francophonie comme jamais, une invasion analysée et décortiquée GRAND ANGLE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR l se passe quelque chose au pays de Brel.En quelques années seulement, une nouvelle scène musicale a pris d\u2019assaut la francophonie avec une vigueur et une détermination inédites jusqu\u2019alors dans l\u2019histoire de la pop belge.Une véritable Belgian invasion menée par le rap de Damso, Hamza et Roméo Elvis et par la chanson pop d\u2019Angèle, tout récemment sacrée artiste féminine francophone de l\u2019année aux NRJ Music Awards.Vendredi au Centre Bell, celle-ci mettra le point d\u2019orgue à une année 2019 triomphale pour elle et ses collègues.Voici comment la scène musicale belge est devenue la plus vibrante de la francophonie.Imprésario et tourneur au sein de la boîte bruxelloise Odessa Maison d\u2019artistes, Maxime Lhussier est présentement à Rennes, dans le nord de la France, pour participer aux Rencontres Trans Musicales.Une dizaine de nouveaux artistes belges y sont programmés dans le volet découvertes Bars en Trans, où nous devinons que les dépisteurs de talents seront aux aguets.« Je l\u2019ai fortement ressenti avec [le collectif] Glauque : tout le business musical français n\u2019a jamais été aussi attentif à ce qui se passe en Belgique », observe Lhussier, qui compte une quinzaine d\u2019années de métier dans l\u2019industrie musicale.À pareille date l\u2019an dernier, le groupe namurois qui malaxe post-rock et hip-hop faisait ses débuts sur les petites scènes françaises et lançait une première chanson intitulée Robot.Six mois plus tard, l\u2019influent magasine Les InRock- uptibles déclarait : « Glauque est le groupe que le monde entier attendait.» « Du coup, ajoute Maxime Lhussier, il y a cette perception que la Belgique est un terreau d\u2019artistes avec des propositions atypiques, et ça captive le public français.» Captivé ?Les chiffres ne mentent pas, même en cette ère où les ventes d\u2019albums ont perdu de leur superbe.En septembre dernier, Brol, le premier album d\u2019Angèle, sacré album révélation de l\u2019année aux Victoires de la musique 2019, était certifié disque I LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 LES FLÂNEURS Le Pérou d\u2019antan Le coffre des merveilles s\u2019ouvre au musée Pointe-à-Callière à l\u2019exposition Les Incas\u2026 c\u2019est le Pérou, où 300 objets du patrimoine andin en or, en plumes, en textile, en poterie, en bois et autres matériaux ouvragés issus de grandes collections européennes se laissent admirer.S\u2019y trouve à l\u2019honneur non seulement l\u2019héritage sophistiqué de la culture inca, mais aussi celui des civilisations précédentes, tels les Chancays aux figurines et poupées funéraires aux yeux quadrangulaires, semblant sortis du Temple du soleil d\u2019Hergé.Entre bijoux et tapisseries en plumes d\u2019aras, l\u2019histoire du Pérou se raconte.ODILE TREMBLAY On n\u2019est pas des trous-de-cul C\u2019est un livre magnifique issu d\u2019une thèse, ce qui en soi est rare.C\u2019est aussi une grande injustice qui est réparée : l\u2019ouvrage de Marie Letellier On n\u2019est pas des trous-de-cul, initialement publié chez Parti pris, en 1971, sous la férule de Gérald Godin, nous revient enfin.Longtemps demeurée un secret d\u2019initiés, la plaquette que Jacques Fer- ron avait saluée comme un « roman déguisé » voit la chercheuse se greffer littéralement au quotidien d\u2019une famille du Centre-Sud de l\u2019époque.Une réédition signée Moult, accompagnée d\u2019images, d\u2019une postface inédite et d\u2019un entretien avec Letellier.RALPH ELAWANI Entrer dans la danse Le rappeur Maybe Watson, membre d\u2019Alaclair Ensemble, faisait paraître en octobre son 2e album solo, Enter the Dance.Il s\u2019agit de fort bonne musique, mais aussi du titre d\u2019une web- série accompagnant le disque.Pastiche des films de danse du début du millénaire, tout y est : des dialogues inspirants dégoulinants de clichés, des rivalités beaucoup trop vilaines pour l\u2019enjeu et, surtout, la rédemption d\u2019un héros déchu.Oui, tout est possible, comme le dit le personnage principal : « Si je crois en mes rêves, ils vont peut-être se réaliser, mais si je crois en moi, ils vont devenir réalité.» VALÉRIE DUHAIME Pas juste pour rire La série comique La fabuleuse Mme Maisel, d\u2019Amy Sherman-Palladi- no (Gilmore Girls), verbeuse mais cra- quante, sur une jeune mère de famille juive des beaux quartiers de New York à la fin des années 1950 qui se lance clandestinement dans une carrière d\u2019humoriste, a fait sensation lors de son dévoilement en 2017.La deuxième saison, qui exposait les tabous et les écueils de ce choix de carrière ardu pour une femme à cette époque, s\u2019est révélée moins réussie, mais la prémisse de la troisième saison, tout juste arrivée sur Prime Video, laisse espérer le meilleur.AMÉLIE GAUDREAU fait nos petites choses de notre côté sans se poser de questions.C\u2019est très \u201c do it yourself chez nous, en fait.De plus, on n\u2019a pas à traîner un si gros héritage culturel et c\u2019est ce qui rend notre musique intéressante : on puise nos inspirations dans tout ce qui nous entoure, culture anglo-saxonne, culture flamande, culture française, dans un élan très décomplexé.» Le mot est revenu dans toutes les conversations : le musicien belge est décomplexé.Abigaïl Aïnouz illustre : « Prenez deux artistes à la mode en ce moment, Clara Luciani et Angèle.Clara est très littéraire dans son écriture, elle bouquine et lit beaucoup, comme si elle avait besoin de ça pour cautionner ses textes, alors qu\u2019Angèle écrit des trucs qui la touchent énormément, parfois plus légèrement, mais aussi de manière grave et directe, comme dans Balance ton porc.Le Français est beaucoup plus complexé par rapport à ses textes, à cause de notre tradition de grands paroliers.» L\u2019attitude décomplexée et les propositions musicales décalées \u2014 en comparaison avec les productions françaises \u2014 séduisent.« Ils se sont aperçus que la musique belge décomplexée, avec en prime l\u2019originalité, méritait d\u2019être découverte, croit Lhussier.Et puis, ils en ont un peu marre de tout ce qui se fait chez eux, ces gens qui courent après le succès, alors que chez nous, on fait notre truc et on verra comment ça se passe ensuite.En France, je crois qu\u2019ils aiment cette attitude.» Pour longtemps encore ?« Le temps nous le dira, ajoute l\u2019imprésario.Cette attention de la France à notre endroit est peut-être une mode, mais c\u2019est surtout une occasion pour notre industrie de prendre sa place et de développer ses artistes.De nouvelles structures de développement et de nouvelles agences se créent [en Belgique], d\u2019autres se renforcent et se professionnalisent.Tous ces gens développent leur savoir-faire et leur connaissance du marché, et ça, j\u2019ai l\u2019impression que ça va perdurer, même quand la mode s\u2019essoufflera.Il nous restera une industrie musicale plus forte et capable de mieux développer ses artistes.» Vendredi au Centre Bell, Angèle mettra le point d\u2019orgue à une année 2019 triomphale pour elle et ses collègues.XAVIER LEOTY AGENCE FRANCE-PRESSE Culture 7 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 installé à Londres.Michael Apted était cependant déjà partie prenante de l\u2019entreprise en tant que re- cherchiste et, rôle fondamental, en tant que responsable de la sélection des enfants.« On nous avait mandatés, Gordon McDougall et moi, pour trouver ces quatorze enfants tester la pertinence.» Le but : proposer, à travers ce groupe hétérogène de gamins, un aperçu du futur, celui de l\u2019Angleterre de l\u2019an 2000.Furent retenus, en ordre alphabétique, Bruce Balden, Jackie Bassett, Symon Basterfield, Andrew Brack- field, John Brisby, Peter Davies, Su- qui constitueraient un échantillonnage socio-économique intéressant.Il n\u2019était alors pas du tout question de faire une série, vous savez.L\u2019idée derrière la production était de s\u2019inspirer du proverbe jésuite \u201c Montre-moi l\u2019enfant à sept ans et je te montrerai l\u2019homme \u201d et d\u2019en Neil Hughes fut notamment sélectionné, dans les années 1960, pour former un groupe hétérogène de gamins dans le but d\u2019élaborer un aperçu du futur de l\u2019Angleterre de l\u2019an 2000.SHIVER PRODUCTIONS ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR n 1964, l\u2019émission d\u2019affaires publiques britannique World in Action diffusa un documentaire intitulé Seven Up !.Sur fond de visite au zoo, quatorze filles et garçons de sept ans furent ainsi conviés à s\u2019ouvrir sur leurs aspirations, à se prononcer sur la notion de classes sociales\u2026 Or, le succès fut tel que l\u2019on produisit par la suite Seven Plus Seven, dans lequel les participants, alors âgés de quatorze ans, revinrent devant la caméra.Cinquante-six ans plus tard, 63 Up en ramène onze dans le neuvième chapitre d\u2019une série documentaire qui est devenue, pour le réalisateur Michael Apted, le projet d\u2019une vie.Pour mémoire, Seven Up ! avait à l\u2019époque été réalisé par Paul Almond, cinéaste montréalais alors Culture Cinéma 8 Au revoir les enfants Michael Apted, le maître d\u2019œuvre de la série documentaire Up, se confie sur ce qui est devenu le projet d\u2019une vie E POUR LA SUITE DU MONDE Un ?lm de Pierre Perrault et Michel Brault 8 DÉCEMBRE À 13 H | 10 $ SÉRIE QUÉBEC-CINÉ Précédé à 11 h par Julius et le Père Noël Ciné-Zoom | 3 ans et + Suivi à 16 h par Fondations Série l\u2019Art en vues présentée par le FIFA theatreoutremont.ca | 514 495-9944 MUSIQUE DES BALKANS Ana : Commedia dell\u2019arte Snezana : Running Thoughts R.Murray : Quatuor no 11 www.quatuormolinari.qc.ca 50 50 50 $ LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 9 san Davis, Charles Furneaux, Nicholas Hitchon, Neil Hughes, Lynn Johnson, Paul Kligerman, Suzanne Lusk et Tony Walker.« C\u2019était fascinant d\u2019écouter ces enfants, d\u2019avoir leurs perceptions de la société à un moment charnière.Il faut comprendre que dans les années 1960, l\u2019Angleterre a vécu de profonds bouleversements et ces enfants appartenaient à la première génération issue de ceux-ci.Leur perspective était unique, et influencée entre autres par leur environnement, leur milieu\u2026 Lorsqu\u2019il fut décidé, à partir de Seven Plus Seven, de développer un projet au long cours, c\u2019est-à-dire qui reviendrait tous les sept ans, on convint d\u2019une formule plus sobre et rigoureuse.Exit l\u2019action mise en scène (il y aura des exceptions), comme cela avait été le cas en réunissant les enfants au zoo.« Paul était reparti au Canada réaliser des œuvres de fiction [Isabel, The Act of the Heart], genre qui l\u2019intéressait davantage.On m\u2019a donc confié la réalisation de Seven Plus Seven et des documentaires subséquents.J\u2019ai d\u2019office négocié cet aspect-là, car ça me semblait primordial : puisque la série reposait sur la continuité, sur le fait de retrouver les mêmes participants tous les sept ans, autant maintenir une continuité derrière la caméra également.» Dimension émotionnelle Bien vite, la série Up transcenda son mandat initial et acquit une valeur sociologique inestimable en témoignant de manière ponctuelle de l\u2019évolution de la société britannique, des swinging sixties au psychodrame actuel du Brexit en passant par les fractures idéologiques de l\u2019ère Thatcher.De sept ans en sept ans reviennent des participants heureux ou éprouvés, pleins d\u2019espoir ou résignés\u2026 De sept ans en sept ans, Michael Apted renoue avec des personnes chaque fois plus âgées.Ils étaient hier enfants, ils ont à présent 63 ans.Ce constat vaut que l\u2019on s\u2019y attarde.D\u2019ailleurs, dans 63 Up, l\u2019une des participantes confie se sentir toujours nerveuse à l\u2019approche du prochain tournage, du prochain rendez-vous, chacun d\u2019eux marquant un jalon et devenant l\u2019occasion d\u2019un bilan.Et le réalisateur, partage-t-il cette nervosité ?« Absolument ! Il y a une dimension émotionnelle énorme qui s\u2019est construite au fil des années.Avant de commencer à tourner, je me demande quel niveau d\u2019émotion je peux encaisser, et quel niveau d\u2019émotion le public peut encaisser.Jusqu\u2019à quelle profondeur aller avec chacune et chacun ?« De tout ce que je sais de ce qui se passe alors dans leurs vies et qui s\u2019est passé dans l\u2019intervalle depuis la dernière fois, y a-t-il quelque chose que je dois laisser de côté, par pudeur, par respect ?Ce sont des considérations qui reviennent me hanter tous les sept ans.» Signe des temps, ce documentaire- ci est le premier où la mort s\u2019invite inopinément.Le réalisateur traite cette réalité douloureuse avec sobriété et humanité en donnant exceptionnellement la parole aux proches.Une manière pour Michael Apted de favoriser le processus de deuil, le sien autant que celui d\u2019un public fidélisé, surtout en Grande-Bretagne.« C\u2019est très dur\u2026 C\u2019est comme si j\u2019avais perdu un membre de ma famille.Ils font partie de ma vie, tous.» Quant à Jackie, il y en eut plusieurs pour prédire qu\u2019elle se retirerait après 49 Up, où on peut la voir s\u2019emporter \u2014 à raison \u2014 contre Michael Apted en lui reprochant de ne parler politique qu\u2019avec les hommes et de confiner les femmes à des sujets d\u2019ordre domestique.Non content d\u2019avoir fait son mea culpa en conservant ledit passage au montage, le réalisateur en intègre un extrait dans 63 Up lorsque Jackie commente aujourd\u2019hui : « Les gens me demandaient si j\u2019allais revenir, et je répondais que oui, évidemment ! J\u2019étais furieuse contre toi depuis des années, je t\u2019ai remis à ta place, et puis voilà ! Tu sais combien j\u2019adore ce projet, Michael ! » À cet égard, si les participants (tous blancs hormis Symon) viennent de milieux pauvres comme aisés, la faible représentation féminine \u2014 on ne compte que quatre femmes \u2014 constitue une erreur à laquelle Michael Apted aurait aimé pouvoir remédier.On veut bien le croire, les meilleurs films du volet fiction de son hétéroclite filmographie étant tous construits autour d\u2019héroïnes : Glenda Jackson protégeant un déserteur en le travestissant dans The Triple Echo, Vanessa Redgrave en Agatha Christie suicidaire dans Agatha, Sissy Spacek lauréate d\u2019un Oscar en Loretta Lynn dans La fille du mineur (Coal Miner\u2019s Daughter), Sigourney Weaver nommée en primatologue Diane Fossey dans Gorilles dans la brume (Gorillas in the Mist), Mary Elizabeth Mastrantonio en avocate déterminée dans Confrontation à la barre (Class Action), Madeleine Stowe en musicienne aveugle dans Les yeux de braise (Blink), Jodie Foster en femme élevée dans la nature dans Nell\u2026 Pour autant, lorsqu\u2019on s\u2019enquiert, comme lui-même auprès des participants dans 63 Up, s\u2019il nourrit quelque regret, Michael Apted est formel : « Non.Ça a été, et ça continue d\u2019être, une expérience humaine tellement riche, tellement originale et stimulante\u2026 Comment regretter quoi que ce soit ?» 63 Up prend l\u2019affiche le 13 décembre.Des moments poignants comme celui-là abondent dans ce qui s\u2019avère sans conteste le chapitre le plus doux-amer de la série.En effet, au- delà de tous ces rêves qui se sont réalisés ou non, ce qui trouble et émeut dans 63 Up, c\u2019est la perspective inéluctable de la conclusion autant de la série que de ces vies désormais familières.Qu\u2019on se le tienne pour dit toutefois : Michael Apted, 78 ans, a la ferme intention de réaliser 84 Up avant de célébrer son centenaire.Et pourquoi pas ?Qui a visionné la série, et on précise qu\u2019on peut apprécier 63 Up sans avoir vu un seul des autres documentaires, sait à quel point elle peut se révéler surprenante.Partir, revenir D\u2019un opus à l\u2019autre, il est par exemple arrivé qu\u2019un participant claque la porte pour mieux revenir trois films plus tard, comme Peter, victime d\u2019une cabale médiatique conservatrice après qu\u2019il eut tenu des propos an- ti-Thatcher dans 28 Up.Charles, lui, a cessé toute participation après 21 Up.Suzy, pour sa part, déclarait dans 56 Up avoir failli ne pas revenir et trouver la série « futile ».Elle a décliné l\u2019invitation pour 63 Up.Le réalisateur Michael Apted JIM SPELLMAN AGENCE FRANCE-PRESSE 418 641-6040 1 877 641-6040 514 842-2112 1 866 842-2112 VIOLONSDUROY.COM PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL LE MESSIE DE HANDEL PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC PRÉSENTÉ PAR 11 et 12 DÉCEMBRE 20 H PALAIS MONTCALM, QUÉBEC 13 DÉCEMBRE 19 H 30 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL BERNARD LABADIE chef MARIE-SOPHIE POLLAK soprano TIM MEAD contre-ténor AARON SHEEHAN ténor MATTHEW BROOK baryton-basse LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 10 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR D\u2019abord, une précision : inutile d\u2019être catholique ou d\u2019avoir la foi pour apprécier The Two Popes.Campé en 2012 sur fond de scandale financier au Saint-Siège, le nouveau film de Fernando Meirelles imagine une rencontre secrète entre le pape Benoît XVI et le cardinal Bergoglio.À ce stade, Bergoglio, second favori lors du conclave de 2005, ignore qu\u2019il deviendra bientôt le pape François.Et pour cause : c\u2019est avec la ferme intention de demander la permission de prendre sa retraite que le cardinal a fait le voyage depuis l\u2019Argentine.Or, Sa Sainteté ne le voit pas de cet œil.Entre le conservateur circonspect et le réformiste chaleureux, deux fortes personnalités, s\u2019amorce une suite de débats théologiques et idéologiques.Ces joutes verbales ayant pour théâtre, ici, un jardin luxuriant, là, la sacristie d\u2019une chapelle du Vatican, s\u2019avèrent d\u2019une telle vivacité, et parfois d\u2019un tel humour, que l\u2019on est d\u2019office captivé.Anthony McCarten, scénariste entre autres du film Les heures sombres (Darkest Hour), adapte ici sa propre pièce.Au départ, le pape Benoît XVI adopte une attitude prudente, voire méfiante vis-à-vis de son invité.Le cardinal Bergoglio, de son côté, manifeste un empressement et une ouverture aux antipodes de la réserve de son hôte.Au fil de ces entretiens échelonnés sur une période pourtant courte, la curiosité se transformera en quelque chose comme de l\u2019amitié, confidences mutuelles aidant.L\u2019évolution de la relation, la gradation des rapprochements de part et d\u2019autre, est là où The Two Popes réussit le mieux.Retour à la forme Là où le film se plante, c\u2019est dans les choix musicaux disparates (ce solo de saxophone !?).Pas toujours heureux non plus : ce recours accru à des flashbacks relatant le passé, de l\u2019aveu du principal intéressé, peu glorieux de Bergoglio sous la dictature entre 1976 et 1983, avec renouveau spirituel et soif de pénitence subséquents.La teneur dramatique de ces passages n\u2019est pas en cause : c\u2019est la manière dont ceux-ci sont insérés dans le récit qui coince.Ainsi, les retours en arrière commencent-ils à survenir après un assez long moment, freinant un flot narratif jusque-là complètement immersif.Et c\u2019est sans parler de ce parti pris un brin cliché du noir et blanc.Le procédé gagne en organi- cité (ou alors c\u2019est qu\u2019on s\u2019y habitue), mais pas en nécessité.La réalisation de Fernando Mei- relles, son mélange de dynamisme effréné et de grâce impromptue, constitue en revanche un atout de taille.Réalisateur de l\u2019excellent La constance du jardinier (The Constant Gardener), d\u2019après John Le Carré, et auparavant coréalisateur du marquant La cité de Dieu, Meirelles effectue ici un retour à la forme après les décevants L\u2019aveuglement (Blindness), d\u2019après José Saramago, et 360, d\u2019après La ronde d\u2019Arthur Schnitzler.Inquisitrice et prompte à scruter les visages des personnages afin d\u2019y déceler la moindre hésitation tue, le moindre doute refoulé, sa caméra participe d\u2019une mise en scène au mouvement d\u2019ensemble nerveux, mais étudié.Très expressif quant à l\u2019utilisation des échelles de plans, le montage de Fernando Stutz contribue à cette énergie ambiante venant, en quelque sorte, contrebalancer les possibles écueils d\u2019une proposition consistant essentiellement à suivre deux vieux messieurs qui discutent.Deux visions Entrent en scène Jonathan Pryce et Anthony Hopkins, grandioses dans ce face-à-face où s\u2019affrontent deux visions de l\u2019Église, de sa mission, de ses dérives et de ses fautes.Vedette jadis du chef-d\u2019œuvre Brazil, de Terry Gilliam, Pryce est un interprète remarquable qui a trop souvent été confiné à diverses variations du rôle Le pape récalcitrant Jonathan Pryce et Anthony Hopkins sont grandioses dans un face-à-face souvent captivant de méchant de service, de M.Dark dans La foire des ténèbres (Something Wicked this Way Comes) au Grand Moineau dans Le trône de fer (Game of Thrones), en passant par l\u2019antagoniste de 007 dans Demain ne meurt jamais (Tomorrow Never Dies).Son cardinal Bergoglio est le protagoniste véritable de The Two Popes, et c\u2019est un bonheur de le voir donner la pleine mesure de son talent.Anthony Hopkins n\u2019est pas en reste, cela va de soi.Évoluant dans une classe à part, l\u2019immense comédien livre ici l\u2019une de ses meilleures performances, ce qui n\u2019est pas peu dire.Au détour d\u2019un haussement de ton incontrôlable ou d\u2019un demi-sourire esquissé avant d\u2019avoir pu être réprimé, la vedette des films Le silence des agneaux (Silence of the Lambs) et Les vestiges du jour (Remains of the Day) insuffle au personnage d\u2019emblée froid et presque antipathique de Benoît XVI une humanité émouvante.Bref, un film à voir, qu\u2019importe que l\u2019on croie ou pas.The Two Popes (V.O.) 1/2 Drame de Fernando Meirelles.Avec Jonathan Pryce, Anthony Hopkins.États-Unis\u2013Angleterre\u2013Argentine\u2013 Italie, 2019, 126 minutes.Au Cinéma Dollar dès maintenant, puis sur Netflix dès le 20 décembre.Le cardinal Bergoglio de Jonathan Pryce est le protagoniste véritable de The Two Popes, et c\u2019est un bonheur de le voir donner la pleine mesure de son talent.Anthony Hopkins n\u2019est pas en reste, cela va de soi.Évoluant dans une classe à part, l\u2019immense comédien livre ici l\u2019une de ses meilleures performances, ce qui n\u2019est pas peu dire.NETFLIX LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 11 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Le film Vagues démarre, non sans à propos, sur une scène de balade en voiture avec l\u2019océan en arrière-plan.Au volant, le jeune Tyler est tout sourire.À ses côtés, Alexis rigole entre deux baisers volés.La musique, à l\u2019instar du soleil de la Floride, inonde l\u2019habitacle à l\u2019intérieur duquel la caméra virevolte avec virtuosité, offrant une proximité intense avec les amoureux.Or, dans cette musique justement, il est des notes plus graves, diffuses : sans trop savoir pourquoi, et en dépit de la félicité ambiante, on se surprend à craindre le pire.C\u2019est là une séquence d\u2019ouverture qui annonce brillamment la teneur d\u2019un film d\u2019une richesse visuelle et émotionnelle inouïe.Un film qui, au mitan, opère un basculement narratif audacieux en passant du point de vue de Tyler à celui d\u2019Emily, sa sœur cadette.Troisième long métrage de Trey Edward Shults, Vagues (V.O., s.-t.f.de Waves) s\u2019attarde ainsi d\u2019abord à Tyler Williams (hallucinant Kelvin Harrison Jr.), star de son école secondaire, entre autres grâce à son titre de champion au sein de l\u2019équipe de lutte.Bûcheur, passionné, follement épris d\u2019Alexis (Alexa Demie, qui en impose), il a devant lui un avenir souriant.Sauf que, dans la cossue résidence familiale, son père Ronald confond encouragements et abus : « Pour nous, être moins que parfaits n\u2019est pas permis », lance ce dernier.C\u2019est que les Williams sont noirs, et comme on le constatera lors d\u2019une scène ultérieure, la réussite ne protège en rien du racisme.À noter qu\u2019en entendant ces paroles terribles mais tristement justes du père, on songe à l\u2019excellent Luce, de Julius Onah, dans lequel ce constat d\u2019iniquité constitue un moteur narratif.Dans Vagues, c\u2019est plutôt l\u2019un des nombreux thèmes abordés, avec notamment ceux de la tyrannie de la mise en image de soi à l\u2019ère des réseaux sociaux, de la toxicomanie et, on l\u2019aura compris, de la masculinité toxique.D\u2019ailleurs, pendant un long moment, on enrage de voir le personnage d\u2019Emily relégué à la périphérie.À l\u2019évidence, elle n\u2019apparaît pas sur le radar de son père (comme le dit le personnage d\u2019Agnès Jaoui dans Un air de famille : « Je suis une fille : c\u2019est pas noté pareil »).Quant à Catherine, dont on découvre tardivement qu\u2019elle n\u2019est pas la mère, mais bien la belle-mère de la maisonnée, son rôle semble initialement consister à tempérer la relation entre Tyler et Ronald.Bref, on croit l\u2019auteur tombé dans le piège qu\u2019il dénonce.Changement de focalisation Mais voilà, lorsqu\u2019une tragédie dont on taira la teneur survient et que Shults arrime dès lors son regard à celui d\u2019Emily, le film change du tout au tout.En cela que cette jeune fille ne saurait être plus différente de son frère, lui énergique et emporté, elle posée et observatrice.On réalise vite combien Emily est hyperconsciente des maux qui rongent insidieusement sa famille (y compris les frustrations justifiées de sa belle- mère, femme qu\u2019on découvre enfin grâce à l\u2019attention que lui porte Emily).Ses conversations avec son nouveau petit ami, Luke, sont éloquentes, pas tant pour ce que dit Emily que pour ce qu\u2019elle laisse entendre.L\u2019évolution de cette relation est tout particulièrement prenante, surtout lors d\u2019un road trip impromptu où le talent immense de Taylor Russell devient patent : la gravité tranquille qu\u2019elle confère à Emily, à chaque regard, captive.Dans le rôle de Luke, Lucas Hedges confirme pour sa part ce que l\u2019on savait déjà depuis Manchester by the Sea, à savoir qu\u2019il est extrêmement doué.À ce propos, le fait que le second est blanc et que la première est noire n\u2019est jamais mentionné : ce n\u2019est pas un « enjeu », idem pour le couple que forment Tyler et Alexis, celle-ci étant d\u2019origine mexicaine.Fidèle à sa manière, le film rend cette diversité d\u2019autant plus inspirante qu\u2019aucune allusion n\u2019y est faite : elle est là, belle, réaliste, et jamais amoindrie par un cinéaste qui résiste au piège de l\u2019au- tocongratulation woke (pas de dialogues didactiques pour appuyer, insister ou surligner).Lame de fond Superbement écrit, le scénario de Shults, éclairé de son propre aveu par l\u2019apport des comédiens, dévoile une à une ses multiples couches et facettes, graduellement, sans forcer, par exemple quant à la mère biologique des protagonistes ou au passé de leur père qui, lui aussi, gagne en complexité : rien ni personne n\u2019est simplifié.Les détails émergent de-ci, de-là, naturellement, organiquement\u2026 Cela étant, le récit aurait pu être resserré davantage.Quoique, après la décharge subie en première partie, il est vrai que le changement de rythme soudain, en deuxième partie, nécessite un certain temps d\u2019acclimatation.On l\u2019a évoqué, la réalisation de Trey Edward Shults, remarqué à raison pour son original et terrifiant Lorsque tombe la nuit (It Comes at Night), est formidable.Elle agit comme une lame de fond qui happe le cinéphile, le soulève et l\u2019emporte : un mouvement ample, énergique et grisant qui, certes, ne laisse pas indemne, mais auquel on aurait tort de résister.Lame de fond Trey Edward Shults offre avec Vagues une chronique familiale d\u2019une richesse visuelle et émotionnelle inouïe Vagues (V.O., s.-t.f.de Waves) Drame de Trey Edward Shults.Avec Kelvin Harrison Jr., Taylor Russell, Sterling K.Brown, Renée Elise Goldsberry, Alexa Demie, Lucas Hedges.États-Unis, 2019, 135 minutes.Dans la cossue résidence familiale de Tyler, son père Ronald confond encouragements et abus : « Pour nous, être moins que parfaits n\u2019est pas permis », lance ce dernier.ENTRACT FILMS LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 12 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Leurs costumes affichent souvent une outrance aveuglante, arborant des personnages plus grands que nature, forts en gueule, le poing levé bien haut, avec parfois beaucoup de sang coulant sur le visage \u2014 vrai ou faux, selon la mise en scène, l\u2019humeur du moment et les maladresses de l\u2019adversaire.La lutte, sérieuse lors des compétitions olympiques et théâtrale quand le commerce s\u2019en empare, a connu son heure de gloire au Québec dans les enceintes sportives et à la télévision et a créé quelques vedettes.Dans Les derniers vilains, le documentariste Thomas Rinfret est allé à la rencontre de l\u2019ultime représentant d\u2019une dynastie un peu particulière, la famille Vachon.Elle fut dominée pendant des décennies par le fougueux Maurice, dit « Mad Dog », décédé le 21 novembre 2013 aux États-Unis.Ne reste plus maintenant que son frère cadet, Paul, surnommé « The Butcher » (certains lui ont proposé « The Pig »), bien vivant, l\u2019esprit toujours vif malgré une santé chancelante, un corps meurtri et quelques regrets, comme celui d\u2019avoir été un père absent pour ses sept enfants nés sur plusieurs continents.Sa présence impériale domine tout le film, son histoire personnelle s\u2019entremêlant à celle de cet univers où tous les coups sont permis, un monde plus près de celui des forains que de celui des athlètes et qui, comme la boxe, fut pour plusieurs un sésame pour fuir la misère.Celle des Vachon était typiquement canadienne-fran- çaise, avec un père policier à Montréal recyclé en agriculteur en Estrie, élevant ses treize enfants à la dure.Maurice, d\u2019une force incomparable et d\u2019une discipline spartiate, a ouvert la voie, forgeant un personnage « que tout le monde haïssait », selon Paul, mais donnant surtout le goût à son frère cadet d\u2019aller le rejoindre : moins pour se battre que pour voyager.Et c\u2019est également à un voyage dans le temps que nous convie Thomas Rinfret, optant pour le ton du conte (narré par la voix délicieusement rocailleuse de l\u2019acteur Roger Léger) pour refaire le fil d\u2019une vie d\u2019errances, d\u2019excès, de combats, et pas seulement devant une foule en délire.Entre ces moments plus littéraires où l\u2019on tourne les pages du récit imagé de Paul s\u2019ajoutent les nombreux chapitres d\u2019un clan qui dépasse largement les figures dominantes que furent Mad Dog et The Butcher.Pour ceux et celles que ce « sport » Sa vie est un conte Avec sa voix éraillée et son corps fragile, le lutteur Paul Vachon mène encore ses combats laisse indifférents, et qui n\u2019y ont pas succombé lorsque Télé-Métropole en avait fait une de ses émissions phares pendant les années 1970, la famille Va- chon a tout de même aligné différents exploits, aux Jeux olympiques comme au cinéma (Paul a tourné des films aussi loin qu\u2019en Australie et au Pakistan) en passant par l\u2019enregistrement de\u2026 45 tours ! Et elle a engendré une nouvelle génération de combattants.Leur sœur Vivianne, de son vrai nom Diane, a vite réussi à bâtir sa propre réputation et à se tailler une place dans ce monde que l\u2019on croyait jusque-là imperméable à toute forme de féminisme.L\u2019ascension impressionnante de cette tigresse blonde n\u2019avait rien à envier à celle de ses frères, mais son existence s\u2019est terminée de manière tragique, de même que celle de Gertrude, surnommée Luna, fille adoptive de Paul, dont le parcours fut jalonné par de sérieux problèmes de toxicomanie, qui fut emportée dans la mort trois ans avant son oncle Maurice.Ces quelques éléments biographiques se fraient un chemin parmi tant d\u2019autres, l\u2019histoire de Paul étant celle d\u2019un saltimbanque, une passion qu\u2019il partage avec sa (troisième) conjointe, toujours prête à ratisser les routes d\u2019Amérique du Nord et à entendre les mêmes histoires ! Les inconditionnels du clan Vachon vont se délecter, car ce héros étonnamment sensible sous l\u2019armure n\u2019est jamais avare d\u2019anecdotes que l\u2019on soupçonne parfois amplifiées avec les années, heureux d\u2019avoir à ses côtés un cinéaste attentif, respectueux, curieux du phénomène, mais jamais subjugué par les artifices.Contrairement à L\u2019homme qui tua Liberty Valance, de John Ford, Les derniers vilains imprime de belle façon la légende de Paul Vachon, mais présente aussi sa réalité, parfois triste, toujours digne.Les derniers vilains 1/2 Documentaire de Thomas Rinfret.Québec, 2019, 94 minutes.Paul « The Butcher » Vachon a l\u2019esprit toujours vif malgré une santé chancelante, un corps meurtri et quelques regrets.SPIRA FILMS LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Cinéma 13 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Alice vient de créer une fleur aux vertus extraordinaires.En effet, si cette nouvelle espèce nécessite un surcroît d\u2019attention, c\u2019est pour mieux récompenser ses éventuels propriétaires en sécrétant des effluves qui rendent heureux.Du moins était-ce le dessein d\u2019Alice.Seulement voilà, il appert que quiconque a été exposé au pollen de la plante change de personnalité, y perdant en émotions.C\u2019est le cas de Joe, le garçon d\u2019Alice.Coécrit et réalisé par Jessica Haus- ner, Little Joe (V.O.), qui est, soit dit en passant, le surnom de la fleur, emprunte à L\u2019invasion des profanateurs (Invasion of the Body Snatchers), au roman original autant qu\u2019à la kyrielle d\u2019adaptations cinématographiques.Dans cette variation-ci toutefois, les personnages ne sont pas remplacés par des doubles conçus par des cosses végétales extraterrestres : le film Little Joe est davantage cérébral que littéral (les plus cyniques pourront y voir un film d\u2019horreur destiné à un public n\u2019aimant pas le cinéma d\u2019horreur).Hélas, l\u2019intrigue éminemment prévisible a tôt fait de lasser.Non seulement les ficelles sont-elles grosses, mais les invraisemblances aussi.Qu\u2019Alice offre une plante à son fils pour qu\u2019il la garde dans sa chambre, en toute illégalité et avant que les tests d\u2019innocuité soient terminés, cela passe encore (quoique) : le ton du film suggère une réalité un brin décalée.Mais qu\u2019une collègue sorte une revue scientifique pour expliquer à Alice le fonctionnement des canaux olfactifs alors que cela fait partie des bases de leur discipline ?Ces informations sont clairement, et fort maladroitement, destinées au spectateur (soupirs).Entre autres exemples.De plus, puisqu\u2019on devine assez vite l\u2019issue de l\u2019histoire, le rythme mesuré finit par sembler léthargique.Réussite formelle Sur le plan technique, en revanche, Little Joe est une réussite : la réalisatrice se paie, comme on dit, un beau trip visuel.Dans des environnements souvent blancs ou neutres ressortent des accessoires aux coloris monochromes éclatants.Chirurgicale dans ses mouvements, la caméra de Hausner, lorsqu\u2019elle s\u2019immobilise, donne à voir une abondance de plans fixes.Le carré y constitue le motif prévalent, confinant les personnages à des boîtes symboliques, à l\u2019image de ces fourmis que le fils d\u2019Alice garde dans un vivarium.D\u2019ailleurs, le film opposant de manière intéressante Joe et Little Joe en tant que progéniture plurielle de la protagoniste, l\u2019exploration par la métaphore de la pression sociale exercée sur les femmes en matière de conciliation travail-famille était prometteuse.Or, ce riche potentiel reste inabouti.On décèle un certain humour noir salutaire \u2014 surtout si l\u2019on perçoit la fleur Little Joe comme une descendante d\u2019Audrey II, la plante qui sème rires et effroi dans le film culte La petite boutique des horreurs (Little Shop of Horrors).Au rayon de l\u2019interprétation, le jeu demeure distancié, en phase avec la dimension aseptisée de la proposition.Le corollaire de cela étant qu\u2019une fois « transformés », les personnages ne sont pas si différents.Mais justement, peut-être était-ce une façon de déplorer que l\u2019être humain est un organisme désormais tellement modifié qu\u2019un changement de plus ou de moins\u2026 Génétiquement modifié Cet exercice empruntant à L\u2019invasion des profanateurs s\u2019avère d\u2019abord un trip esthétique Little Joe (V.O.) 1/2 Drame de Jessica Hausner.Avec Emily Beecham, Ben Whishaw, Kerry Fox, Kit Connor.Autriche\u2013 Allemagne\u2013 Grande- Bretagne, 2019, 105 minutes.On décèle un certain humour noir salutaire.MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION opéra romantique de MICHEL TREMBLAY + ANDRÉ GAGNON mise en scène NORMAND CHOUINARD avec MARC HERVIEUX DOMINIQUE CÔTÉ 1 dès le 14 JAN tnm.qc.ca DÉJÀ DES UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 C ultur e Notr e s élection cinéma en s alle 14 Les nouveautés sont en rose Les Barbares de La Malbaie ?En route de La Malbaie vers Thunder Bay pour un championnat avec son cousin et idole Yves, une gloire déchue du hockey, JP, un adolescent rêvant de devenir agent, voit ses illusions voler en éclats.Non seulement cette comédie dramatique n\u2019est pas le film de hockey attendu, mais elle n\u2019est, par surcroît, pas à propos de qui l\u2019on croit.En effet, en plus de déconstruire l\u2019hégémonique figure de l\u2019underdog (celui qu\u2019on donne perdant mais qui brille dans l\u2019adversité) chère au film sportif, le film donne la primauté narrative à celui qui serait normalement le second violon.Il en découle un récit initiatique très drôle, très émouvant, et surtout merveilleusement joué.Faisant oublier la maigreur de son budget, Vincent Bi- ron (Prank), qui forge un réalisme légèrement caricaturé du meilleur effet, multiplie les bons flashs visuels.Implacable, et aussi doux-amer que brutal, le dénouement est un poème.Une fichue de belle surprise.François Lévesque Marriage Story (V.O., s.-t.f.) ?De ses propres déboires conjugaux avec l\u2019actrice Jennifer Jason Leigh, Noah Baumbach a tiré son film le plus beau.Or, en dépit d\u2019un côté «récit à clés» assez jouissif pour le cinéphile, le scénario transcende l\u2019anecdote et propose un double portrait d\u2019une humanité, d\u2019un humour et d\u2019une acuité infinis.En époux désireux de mettre un terme à leur union à l\u2019amiable mais en venant pourtant à s\u2019entredéchirer, Scarlett Johansson, qui incarne Nicole, une actrice connue, et Adam Driver, qui joue Charlie, un metteur en scène en vogue, livrent les performances de leurs carrières.À cet égard, Baum- bach non seulement ne ménage pas son alter ego, mais s\u2019avère particulièrement empathique dans son exploration des insatisfactions \u2014 justifiées \u2014 de Nicole.Entre des séquences d\u2019ouverture et de fermeture qui se font brillamment écho, se déploie une œuvre tour à tour drôle, poignante et, force est de le reconnaître, en tous points parfaite.Un grand film.François Lévesque Ford contre Ferrari (V.F.de Ford v Ferrari) ?Les amateurs de bagnoles en auront plein la vue, et les oreilles, tandis que ceux que cet univers indiffère\u2026 seront séduits tout autant.Avec sa feuille de route irréprochable, James Mangold (Walk the Line, 3:10 to Yuman, Logan) tient fermement le volant pour raconter cette histoire de rivalités entre deux grandes puissances de l\u2019automobile, Parasite (V.O., s.-t.f.) ?Un à un, les membres d\u2019une famille pauvre intègrent la domesticité d\u2019un riche foyer en dissimulant leur lien de parenté.Or, une découverte ahurissante vient un soir tout compromettre.Dans cette satire mordante, fertile en suspense, le lauréat de la Palme d\u2019or Bong Joon-ho poursuit son exploration du thème des classes sociales.Subvertissant l\u2019auguste formule Maîtres et valets (Upstairs, Downstairs), le cinéaste, qui décline à l\u2019infini le motif de l\u2019escalier dans ses compositions hyperprécises, substitue à la sentimentalité inhérente au genre une lucidité féroce.Plus que jamais, Bong Joon-ho fait montre d\u2019une virtuosité, on osera l\u2019hyperbole, orgas- mique dans une mise en scène à l\u2019image des protagonistes: d\u2019une aisance trompeuse rendue possible par un sens redoutable de la préméditation.Pas avare de surprises, l\u2019intrigue se révèle à terme aussi astucieuse que les protagonistes.Antihéros aux dents longues pour fable carnassière.François Lévesque mais surtout la relation orageuse entre deux hommes que tout sépare, sauf leur amitié et leur passion pour la course automobile.Quand l\u2019empire Ford décide de triompher aux 24 heures du Mans au milieu des années 1960, c\u2019est à un tandem bien étrange qu\u2019il confie la tâche, exécutée avec une dévotion qui frise l\u2019obsession.Et comptez sur deux acteurs de la trempe de Christian Bale et Matt Damon pour bien négocier les virages abrupts, la pédale au plancher, mais le cœur sur la main.André Lavoie grâce à la détermination du cinéaste Guillaume de Fontenay, aussi intrépide que son héros.Dans un style cru, épuré et frénétique, à l\u2019image de ce héros observé tel un oiseau en cage, Sympathie pour le diable décrit un moment charnière dans la trajectoire de ce témoin direct d\u2019une boucherie sans nom, n\u2019hésitant pas à toucher les cadavres et à défier la mort.Rien ne filtre, ou si peu, de ses motivations profondes ou sur les racines de ce conflit: il s\u2019agit d\u2019abord et avant de l\u2019illustration d\u2019un chapitre sanglant de l\u2019Histoire vu à travers le regard fiévreux d\u2019un journaliste pas comme les autres, incarné par Niels Schneider, d\u2019une dévotion et d\u2019une humilité totales.André Lavoie tion.La réalisation de Shults, dont la caméra virevolte avec virtuosité, est formidable.Elle agit comme une lame de fond qui happe le cinéphile, le soulève et l\u2019emporte: un mouvement ample, énergique et grisant qui, certes, ne laisse pas indemne, mais auquel on aurait tort de résister.François Lévesque À couteaux tirés (V.F.de Knives Out) ?Un célèbre auteur de romans policiers a «peut-être» été assassiné.Tandis que la famille de ce riche patriarche attend la lecture du testament, un détective privé enquête avec l\u2019aide de l\u2019infirmière du défunt.Pleine de rebondissements et se présentant comme un pastiche coloré des whodunit d\u2019Agatha Christie, cette comédie policière est à l\u2019image des trompe-l\u2019œil qui abondent dans la décoration du manoir où se déroule l\u2019essentiel de l\u2019action: un film qui en cache un autre.En l\u2019occurrence, une jouissive satire de l\u2019Amérique de Trump.Le film offre un formidable terrain de jeu à sa distribution bigarrée.Jamie Lee Curtis et Toni Collette s\u2019avèrent tout spécialement savoureuses.À l\u2019inverse, Daniel Craig force inutilement le trait.Enlevé, drôle et trépidant, À couteaux tirés marque pour Rian Johnson un heureux retour aux sources, lui dont le premier long métrage, Brick, était un autre exercice de style policier, dans le roman et le film noir celui-là.François Lévesque Sympathie pour le diable ?Il n\u2019était pas une star, mais en avait l\u2019étoffe, et parfois les mauvaises manières.Paul Marchand allait là où il ne fallait pas, correspondant de guerre rarement guidé par la neutralité.De son séjour à Sarajevo au début de l\u2019éclatement sanguinaire de l\u2019ex-Yougoslavie, il a tiré un récit transposé au cinéma Monos (V.O., s.-t.f.) ?Retranché au sommet d\u2019une montagne puis dans la jungle d\u2019un pays non identifié d\u2019Amérique latine, un groupe d\u2019adolescents armés est chargé par une mystérieuse organisation militaire de garder en otage une femme, «la Doctora».Comme pour amplifier le malaise lié à l\u2019âge tendre des protagonistes, ces derniers sont affublés de surnoms naïfs tels Bigfoot, Schtroumpf, Lady, Rambo, Loup, Boum-Boum\u2026 Outre une évidente (et assumée dans sa description de rituels inventés) parenté avec Sa Majesté des mouches, de William Golding, Monos emprunte à Kafka cette absurdité non seulement implacable, mais mortelle qui confère une bonne part de son impact au film.La mise en scène d\u2019Alejandro Landes s\u2019avère aussi précise que soignée, avec un travail sur le cadre, la composition particulièrement évocateur.Entre insolite, brutalité et poésie émerge une œuvre singulière et forte.Le candidat de la Colombie pour l\u2019Oscar du film international.François Lévesque Les derniers vilains ?1/2 Derrière ses artifices et ses outrances, la lutte est d\u2019abord une compétition sportive, mais aussi un véritable phénomène culturel.Au Québec, même ceux que la chose indiffère (vous pouvez m\u2019inclure dans ce groupe) connaissent la célèbre famille Vachon, tout particulièrement Maurice «Mad Dog» et Paul «The Butcher»: le premier n\u2019est plus de ce monde et le second repousse encore la mort, même affaibli.À travers la vie tumultueuse et extravagante de Paul, le cinéaste Thomas Rin- fret nous fait découvrir cet univers où le vrai et le faux se font la lutte, un monde de saltimbanques où certains ont connu la gloire, d\u2019autres la misère, parfois même un destin tragique.Ce clan en a vécu plusieurs, mais sur la route, dans les foires, ou les rassemblements d\u2019anciens lutteurs, celui qui s\u2019est surtout battu pour concrétiser ses rêves de grand voyageur apparaît ici en véritable héros de cinéma.Conteur exceptionnel, un brin mythomane, mais d\u2019une vulnérabilité émouvante capable de faire craquer les sceptiques.André Lavoie The Two Popes (V.O.) ?1/2 Sur fond de scandale financier au Saint- Siège, en 2012, se déroule une rencontre secrète, et fictive, entre le pape Be- Le voyage du prince ?1/2 Vingt ans après Le château des singes, Jean-François Laguionie revisite le thème de la peur de l\u2019étranger, et de la peur organisée, dans ce film teinté de poésie.Coréalisé avec Xavier Picard et coscénarisé par Anik Le Ray, son récit d\u2019aventures retrace l\u2019histoire du prince du titre, un singe âgé et allumé qui échoue sur le rivage d\u2019un pays inconnu.Les bêtes qu\u2019il y découvre ne parlent pas la même langue.Et pourtant, ne sont-ce pas ses semblables?Par son dessin rempli de finesse, le maître français de l\u2019animation propose une réflexion humaine sur l\u2019autre bercée par la musique originale de Christophe Héral.Faisant souvent sourire, son voyage est rempli de réflexions «songées» sans être plaquées, comme «Un philosophe, c\u2019est quelqu\u2019un qui ne fait rien, mais qui a réponse à tout».Un film comme une réponse à toute la morosité et à la grisaille.Natalia Wysocka Vagues (V.O., s.-t.f.de Waves) ?Un frère et une sœur composent de manière contrastée avec les maux qui rongent leur famille.Avant et après une tragédie, le film épouse le point de vue de l\u2019adolescent, puis celui de l\u2019adolescente.Superbement écrit, le scénario de Trey Edward Shults, éclairé de son propre aveu par l\u2019apport des comédiens, ne dévoile que très graduellement ses multiples couches et facettes: rien ni personne n\u2019est simplifié.Les thèmes et détails émergent naturellement, organiquement, et si le récit aurait pu être resserré, il reste qu\u2019après la décharge subie en première partie, le changement de rythme soudain, en seconde, nécessite un temps d\u2019acclimata- Waves, de Trey Edward Shults ENTRACT FILMS Culture La reine des neiges II (V.F.de Frozen II) ?1/2 Dans cette suite prévisible, mais aussi visuellement sublime que l\u2019original, où elles portent littéralement le pantalon, Elsa (Idina Menzel et ses vertigineuses vocalises) et Anna (Kristen Bell, moins tonitruante que la précédente) devront affronter 1001 dangers afin de sauver le royaume d\u2019Arendelle.Résolument féministe et environnementaliste, la suite de la somptueuse et libre adaptation du conte d\u2019Anderson séduit par sa magnifique imagerie d\u2019inspiration scandinave, ses moments de pure magie et la fluidité de son animation.Et les chansons dans tout ça?Hormis quelques tableaux musicaux longuets et peu inspirés (Lost in the Woods, repris par Weezer au générique de fin), on retiendra Show Yourself, où Menzel semble avoir mis une sourdine, et Into the Unknown (aussi interprétée par Panic! At the Disco), où cette dernière rivalise d\u2019intensité avec Aurora.Parents, considérez-vous comme avertis.Manon Dumais noît XVI et le cardinal Bergoglio.Entre le conservateur circonspect et le réformiste chaleureux, deux fortes personnalités, s\u2019amorce une suite de débats théologiques et idéologiques.Ces joutes verbales, campée ici dans un jardin luxuriant, là, dans la sacristie d\u2019une chapelle, s\u2019avèrent d\u2019une telle vivacité, et parfois d\u2019un tel humour, que l\u2019on est d\u2019office captivé.On regrette hélas certains choix musicaux incongrus (ce solo de saxophone!) ainsi qu\u2019un recours pas toujours harmonieux aux flashbacks, avec usage cliché du noir et blanc.Avec son mélange de dynamisme effréné et de grâce impromptue, la réalisation de Fernando Mei- relles constitue en revanche un atout de taille.Dans ce face-à-face où s\u2019affrontent des visions de l\u2019Église, Jonathan Pryce et Anthony Hopkins sont grandioses.À voir, que l\u2019on croie ou pas.François Lévesque Little Joe (V.O.) ?1/2 Après avoir créé une fleur censée libérer des effluves qui rendent heureux, une scientifique découvre que quiconque est exposé au pollen change de personnalité.Cette variation plus cérébrale que littérale d\u2019Invasion of the Body Snatchers est une réussite esthétique et technique, mais une déception sur le plan narratif: prévisible, l\u2019intrigue a tôt fait de lasser avec ses grosses ficelles, ses invraisemblances et ses dialogues explicatifs maladroits.Et puisqu\u2019on devine vite l\u2019issue, le rythme mesuré finit par sembler léthargique.Le film opposant de manière intéressante le fils et la plante en tant que progéniture plurielle de la protagoniste, l\u2019exploration par la métaphore de la pression sociale exercée sur les femmes en matière de conciliation travail-famille était prometteuse.Or, ce potentiel reste inabouti.On décèle un certain humour noir salutaire, et le jeu distancié est en phase avec la dimension aseptisée du film.François Lévesque Réservoir ?La sphère de l\u2019intime et l\u2019immensité du paysage se côtoient dans ces retrouvailles entre deux jeunes hommes que tout sépare, sauf les liens du sang et un rapport problématique avec le reste du monde.Forcés de reprendre contact à la suite du décès de leur père, ces frères ni amis ni ennemis filent vers le réservoir Gouin, en Haute-Mauricie, sur une embarcation qui constitue l\u2019aspect le plus spectaculaire de cette histoire de traumatismes enfouis, de deuils non résolus et de réconciliations laborieuses.La mécanique narrative prend du temps à dévoiler ses véritables enjeux dramatiques.Malgré des moyens modestes, Kim St-Pierre a su tirer profit d\u2019une nature luxuriante, d\u2019une embarcation aux contours étonnants \u2014 un personnage en soi \u2014 et de deux acteurs, Maxime Dumontier et Jean-Si- mon Leduc, jouant en complémentarité des partitions différentes, avec la même intensité.André Lavoie Varda par Agnès ?1/2 Après une carrière prolifique et multidisciplinaire (photographie, cinéma, installations), Agnès Varda avait amplement droit à sa part d\u2019honneurs et de bilans.Dans une forme moins fantaisiste que Les plages d\u2019Agnès, la réalisatrice de Sans toi ni loi et Les glaneurs et la glaneuse s\u2019offre une série de causeries devant public et propose un itinéraire très personnel à travers ses œuvres.Quelques collaborateurs s\u2019invitent dans la conversation, dont Sandrine Bonnaire, mais la grand- mère de la Nouvelle Vague française s\u2019exprime le plus souvent seule, généreuse et enthousiaste devant des publics qui boivent ses paroles.Les grands admirateurs de sa démarche atypique n\u2019apprendront rien de nouveau, mais tous peuvent profiter de la grâce, de la désinvolture et de la belle insolence de cette dame à la caméra qui ne reculait devant aucun défi.André Lavoie Bonjour, voisin ?Hommage à feu Fred Rogers, vedette du petit écran auprès des tout-petits, salut au métier de journaliste, Bonjour, voisin, de Marielle Heller (The Diary of a Teenage Girl), donne à Tom Hanks un de ses grands rôles.Il incarne avec brio, tout en ambiguïté, l\u2019animateur de la célèbre émission Mister Rogers\u2019 Neighborhood.D\u2019un judicieux réalisme, notamment en ce qui concerne la fantaisie des décors et des accessoires du- dit programme, cette fiction revient sur un fait véridique: le reportage d\u2019un journaliste du magazine Esquire censé dresser le portrait de Fred Rogers.La rencontre, qui ne manque pas de tensions, donne l\u2019ascendant à la vedette télé.Et transforme radicalement le journaliste, ce dont témoignera son récit, publié en 1998.Jérôme Delgado LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Découvrez Pas de doute, ça bouge au Salon des métiers d\u2019art du Québec.Son nouveau directeur général, Julien Silvestre, est en poste depuis\u2026 six semaines?! «?Nous avons amorcé une phase de transition et de renouvellement, qui culminera avec le déménagement du Salon au Palais des congrès de Montréal en 2020.Mais, comme les visiteurs pourront le constater, l\u2019édition 2019 témoigne déjà d\u2019une évolution significative.C\u2019est une étape très stimulante, qui donne un bon aperçu de ce qui est à venir.?» L\u2019événement annuel, qui en est à sa 64e édition, a toujours été axé sur l\u2019aspect shopping.Il l\u2019est toujours \u2013 avec plus de 300 artisans \u2013, mais l\u2019expérience kiosque est complétée par une toute nouvelle programmation à saveur culturelle.«?Pour faire rayonner plus largement les métiers d\u2019art, nous avons créé des espaces et des événements misant sur les rencontres et les découvertes, poursuit Julien Silvestre.Entre autres, les artisans pourront se raconter à travers nos nouveaux Workshops ainsi que dans des conférences.Des écoles-ateliers en métiers d\u2019art seront présentes pour faire découvrir leurs formations au grand public et nous mettrons en scène un grand débat interactif sur la question numérique.Le dénominateur commun?L\u2019interaction humaine, entre créateurs et visiteurs.?» Envie d\u2019en savoir plus?Quelques initiatives qui valent le détour.Les Workshops?: rendez-vous avec la créativité Le Conseil des métiers d\u2019art du Québec (CMAQ) organise, pour la première fois cette année, huit rencontres créatives où les artisans parlent de leur démarche artistique et lèvent le voile sur les secrets de leur savoir-faire.Ces ateliers gratuits, qui se veulent un lieu de discussion, sont ouverts à tous, qu\u2019ils soient passionnés ou néophytes.Bis est une section qui regroupe des contenus produits pour des annonceurs.La rédaction du Devoir n\u2019a pas été impliquée dans la production de ces contenus.Avec son approche locale, éthique et durable, le Salon des métiers d\u2019art du Québec est plus actuel que jamais.Il se réinvente avec une programmation culturelle axée sur l\u2019échange et le partage d\u2019expériences, et il accueille une toute nouvelle génération d\u2019artisans-exposants.PA R L\u2019 ÉQ U I P E B I S L E D E VO I R SALON DES MÉTIERS D\u2019ART DU QUÉBEC Un vent de renouveau Le SMAQathon?: un lab créatif pour échanger Comment les métiers d\u2019art peuvent-il tirer parti du virage numérique?Le CMAQ lance le débat en grande première avec un atelier de création mettant en scène de petits comités de quatre à six personnes issues du milieu culturel québécois.En mode collaboratif, chaque groupe présente ses pistes de solutions au public, qui pourra voter pour son argumentaire favori.Visites VIP sur l\u2019art du slow living En accord avec les valeurs du Salon, le mouvement slow célèbre l\u2019art de vivre dans le présent, en prenant le temps de savourer chaque moment.Ces visites, guidées tantôt par le porte-parole Christian Bégin, tantôt par le designer Jean-Claude Poitras, deux ardents défenseurs de cette philosophie de vie, démontrent comment les artisans du Salon s\u2019inscrivent dans cette tendance en misant sur le savoir-faire, la qualité et l\u2019authenticité, à contre-courant de la productivité à tout prix.Deux espaces signés Jean-Claude Poitras À l\u2019espace Arts de la table, le designer multidisciplinaire se prête à un exercice inspirant qui ancre les réalisations des artisans dans la réalité du quotidien.Il habille une zone cuisine \u2013 le cœur de nos maisons \u2013 d\u2019objets exclusivement affiliés aux métiers d\u2019art?: linge de table, céramique, verre (et plus?!) en jouant avec les textures, les couleurs, les contrastes.À l\u2019espace Relève, Jean-Claude Poitras joue encore une fois le rôle de curateur, cette fois-ci en en faisant rayonner le travail des artisans de demain, formés dans différentes écoles des métiers d\u2019art.Beaucoup de nouveautés attendent donc les visiteurs à l\u2019édition 2019 du Salon des métiers d\u2019art du Québec, qui se déroule du 6 au 22 décembre, à la Place Bonaventure.À noter?: il y aura un roulement d\u2019exposants entre la première et la deuxième semaine de l\u2019événement.Information sur la programmation?: metiersdart.ca.Le Salon accueille des artisans de l\u2019extérieur du Québec comme l\u2019artiste verrier Brad Turner, qui est originaire de la Colombie-Britannique.C\u2019est au Salon des métiers d\u2019art du Québec que se réunissent les plus grands artisans de chez nous! Présenté chaque année en décembre, le Salon est un événement incontournable pour dénicher des œuvres uniques et reconnues métiers d\u2019art.C\u2019est une occasion unique de rencontrer plus de 300 artisans-créateurs du Québec, de découvrir leurs nouvelles œuvres, de voir et de toucher le talent et la créativité de chez nous.C\u2019est la rencontre entre l\u2019artiste et son public.Préparez votre escapade grâce au Guide du visiteur, du plan du Salon et de toute autre information utile. LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 PART OEM signe r r ma oquin ier de 6 AU 22 DÉCEMBRE / 300 ARTISANS / PLACE BONAVENTURE / GRATUIT Ceci est plus qu\u2019un sac CONTENU PARTENAIRE Par ici la relève ! Julien Silvestre nous fait découvrir trois marques montantes, posées entre tradition et modernité.Asha «?Artiste du verre, Ashley Ouimet produit des pièces de très grande qualité, mais qui demeurent toujours très accessibles.Elle met le verre au service de matières naturelles en créant des bijoux renfermant des végétaux, des vivariums pour les plantes, ainsi que des assiettes et des récipients destinés à la gastronomie.Dans cet esprit, notre porte-parole Christian Bégin a demandé au chef Baptiste Peupion, du Fairmont Le Reine Elizabeth, de créer un plat inédit pour mettre ses pièces uniques en valeur.Cette association de deux formes d\u2019art, qui allie beauté gustative et beauté visuelle, est fondée sur les mêmes valeurs : le savoir-faire et la production locale, car le chef s\u2019approvisionne chez des fournisseurs d\u2019ici.?» La création culinaire de Baptiste Peupion peut être dégustée du 6 au 22 décembre au Marché des saveurs.Partoem «?La créatrice Madeleine Beaulieu est arrivée à renouveler l\u2019art ancestral de la maroquinerie d\u2019une manière remarquable avec Partoem.Elle travaille le cuir de façon tout à fait unique, avec des pliages sans colle rappelant l\u2019origami, et elle utilise très peu de quincaillerie, qu\u2019elle fabrique d\u2019ailleurs elle-même.Ses sacs et ses accessoires se démarquent de tout ce qui se fait ailleurs.?» Atelier HotelMotel «?HotelMotel, un atelier en plein essor, crée des accessoires de cuir très tendance, dont la fabrication se fait entièrement à la main, dans le respect du mouvement slow fashion.Les designers Niki Jessup et Corinne Bourget, qui travaillent côte à côte dans leur studio du Mile-End, démontrent qu\u2019on peut produire des sneakers de très grande qualité à l\u2019échelle locale, ce qui peut paraître étonnant.On s\u2019attend plutôt à ce que ce genre de produit soit fabriqué par une grande compagnie?!?» LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Danse 18 grossesse a énormément hypothéqué ma condition physique.C\u2019est comme si j\u2019avais un nouveau corps qu\u2019il me fallait réentraîner.C\u2019est aussi le moment où j\u2019ai eu mes 40 ans et, que tu le veuilles ou non, c\u2019est comme si tu arrivais à la moitié de quelque chose, un tournant se passe.J\u2019avais envie de voir ce qu\u2019il restait de toutes ces années de danse depuis l\u2019âge de mes trois ans, voir où était rendu l\u2019élan de mon enfance, le plaisir et la joie de bouger, la sensation de pleine liberté dans le mouvement, et en même temps, je voyais bien qu\u2019il m\u2019était impossible de retourner à la manière de danser que j\u2019avais laissée.» D\u2019où la nécessité de changer de perspective, de se proposer d\u2019autres cadres et d\u2019aller dans l\u2019espace public, et ce, paradoxalement, pour plonger dans l\u2019intime.Habiter sa mémoire est le premier projet que Caroline Laurin-Beaucage pense pour l\u2019extérieur.Pendant quatre heures (durée commune d\u2019une répétition en danse), elle expose au regard des autres son processus de recherche avec tout ce qu\u2019il contient de moments de grâce, d\u2019abandon, de désespoir, de confrontation aux conditions météorologiques, d\u2019absence du public.« Je sais que c\u2019est le projet le plus important que j\u2019ai réalisé, dans le sens où cela m\u2019a profondément touchée dans mon engagement envers ce que je fais.Ça m\u2019a reconnectée à la base de l\u2019humanité, à une certaine bonté, à une ouverture, à un désir de communiquer, bien au-delà de danser des mémoires précises.J\u2019ai fait des rencontres bouleversantes.Habiter sa mémoire est une proposition difficile physiquement et psychologiquement.Ça m\u2019a apporté une grande force mentale.Improviser dans l\u2019espace public, tu ne peux pas le faire à peu près.Non, tu le fais au complet.» Pour autant, l\u2019espace public permet- il de plonger dans l\u2019intime au complet ?Plonger dans les épaisseurs des intimités La chorégraphe Caroline Laurin-Beaucage propose une forme solo après une longue et riche série de performances en extérieur La chorégraphe Caroline Laurin-Beaucage en répétition du spectacle Frontera + Intérieurs au Studio 303 VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Oui et non.Et c\u2019est notamment ce qui ramènera Caroline Laurin- Beaucage dans l\u2019espace théâtral.Au fur et à mesure du temps passé en extérieur, elle remarque à quel point le fait d\u2019être une femme dans l\u2019espace public rend vulnérable et crée des comportements sur lesquels elle n\u2019a pas de prise, notamment la volonté de ne pas être trop envahissante et de rester accessible.En réaction à cela, des stratégies de protection se sont mises en place alors même que le défi était de ne pas en avoir.Par ailleurs, le cumul des performances commençait à produire de la saturation, un désintérêt quant au matériel de danse généré.Ces différents paramètres ont poussé la chorégraphe à revenir dans le théâtre pour se défaire de cette pellicule et inventer d\u2019autres systèmes de mouvements.À partir de là démarre le processus d\u2019Intérieurs, en collaboration étroite avec Ginelle Chagnon, où il s\u2019agira de travailler sur la mémoire de la mémoire, sur les traces d\u2019Habiter sa mémoire, non pas pour les transposer sur scène, mais pour en faire un potentiel de création de mouvements, de moteurs de gestes.La recherche de corps « Les structures d\u2019improvisation sont très écrites, mais je suis toujours en train de renouveler la recherche de corps.Chaque jour, avec Ginelle, on retravaille, on redéfinit, on peaufine.Le fait de travailler sur les mémoires dont la nature est fuyante me pousse à être précise sur les images et les sensations dans lesquelles je suis en train de travailler : la pluie, les os de mon grand-père etc.Je suis dans des états de corps qui glissent dans une écriture qui se compose dans le moment.C\u2019est vraiment l\u2019idée d\u2019aller visiter l\u2019appartement de quelqu\u2019un où chaque tableau serait une pièce qui donnerait à voir autant une vieille relique qu\u2019un choix de tapisserie ! Je souhaite que le public puisse se laisser aller à un voyage et j\u2019espère que cela fera écho à sa propre humanité.» Dans Intérieurs, il y a aussi des images vidéo et du son, mais au même titre que pour le mouvement, il ne s\u2019agit pas d\u2019apporter stricto sensu sur scène ce qui a été collecté pendant Habiter sa mémoire.Toutes les photos prises des spectateurs et tout ce qu\u2019a elle-même enregistré la chorégraphe quotidiennement comme récit sonore avant, pendant et après les quatre heures de performance sont exposés au sein de l\u2019installation Marquer le temps (à la salle d\u2019exposition de la Place des Arts jusqu\u2019au 3 janvier).Trois projets interdépendants, mais totalement autonomes dans leur mode de réception.Une belle occasion de plonger dans les plis créatifs, mémoriels et intimes de l\u2019artiste.Intérieurs Chorégraphie et interprétation : Caroline Laurin-Beaucage.Dramaturgie : Ginelle Chagnon.À la Cinquième Salle de la Place des Arts, 20 h, du 11 au 14 décembre.ENTREVUE ENORA RIVIÈRE COLLABORATRICE LE DEVOIR vant Intérieurs, il y a eu Habiter sa mémoire, une performance solo de quatre heures dans l\u2019espace public, au sein d\u2019un cube sans cloisons, dont les couches d\u2019expériences ont servi de tremplin à Caroline Laurin-Beaucage pour créer une autre œuvre à venir.Habiter sa mémoire est un immense défi que l\u2019interprète à l\u2019intérieur de la chorégraphe se lance à elle-même, car la performance, au départ prévue pour cinq occurrences, s\u2019est en réalité produite 33 fois.Qu\u2019est-ce qui a motivé ce défi chez la chorégraphe qui a surtout pratiqué le duo jusqu\u2019ici ?« Au moment où j\u2019ai démarré Habiter sa mémoire, je venais d\u2019avoir mon deuxième enfant et cette dernière A LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Disque 19 Près de dix ans après leur première collaboration en studio, Phil Elvirum (Mount Eerie) et Julie Doiron se retrouvent, mais tant d\u2019eau a coulé sous les ponts depuis\u2026 Si la spontanéité et le sentiment d\u2019intimité caractérisent à nouveau ce Lost Wisdom pt.2, les émotions au cœur de ces chansons sont autrement plus accablantes, Elvi- rum écrivant à nouveau à propos du deuil de son épouse et d\u2019une brève liaison qui a suivi son décès, toujours sur ce ton confessionnel et fragile.Sur le Lost Wisdom d\u2019il y a dix ans perco- lait la complicité nouvelle de deux âmes qui se reconnaissaient mutuellement ; aujourd\u2019hui, Julie Doiron, lumineuse, apparaît comme une bouée de sauvetage pour Elvirum, une béquille sur laquelle il s\u2019appuie pour venir à bout de ses textes réalistes et de ses douleurs vives, étalées sur des arrangements folk parfois agrémentés de piano et de guitare électrique.Lost Wisdom pt.2 s\u2019écoute comme une autre suite du puissant et touchant A Crow Looked at Me d\u2019il y a deux ans, comme la trajectoire d\u2019un homme toujours bouleversé et bouleversant.Philippe Renaud Lost Wisdom pt.2 Mount Eerie & Julie Doiron, P.W.Elverum & Sun FOLK Avec cet ambitieux Portrait, un éléphant de 97 minutes où figurent trois pièces inédites et 22 titres réinterprétés avec un ensemble de collaborateurs, Yann Tiersen ne résume pas tout à fait sa carrière ; il livre pour ainsi dire un nouvel album \u2014 ces relectures sont d\u2019ailleurs, pour lui, des versions définitives.Comme le musicien français a versé autant dans le rock que dans le piano minimaliste et l\u2019expérimental, Portrait est très ample : on se replonge dans La valse des monstres (1995) autant que dans All (2019).La navigation est une constellation de surprises : parfois, seuls le rythme et l\u2019interprétation varient (Rue des Cascades), ou alors les ajouts sont discrets, comme sur Prad, déchirée par une guitare électrique.Mais certaines pièces sont transfigurées, comme la grave Sur le fil, jouée dans un violon incroyablement torturé.Les inédits, eux, sont corrects, à l\u2019exception de l\u2019incantation écologiste Thinking Like a Mountain, en spoken word, qui transporte.Alors, tout cela ?Dense, haletant, appréciable, mais un peu suffocant.Geneviève Tremblay Portrait Yann Tiersen, Mute RÉTROSPECTIVE L\u2019étiquette Costume Records (Flore Laurentienne, Valry Vaughn, Qualité Motel) nous offre de la fraîcheur en ce début d\u2019hiver : Boy Blonde, duo constitué de Vincent Turcotte et d\u2019Alex Doucet, présente cinq nouvelles compositions s\u2019ajoutant aux deux simples parus plus tôt cette année.Projet naissant et prometteur, Boy Blonde offre une pop d\u2019ambiance plus britannique d\u2019inspiration que française malgré cette manière de chanter posément et sans accent qui sied bien aux tons de guitares new wave / post-punk.Sur les plus charnelles \u2014 on pense à la belle Tant de tanks \u2014, les synthés, la batterie aux sonorités électroniques nous transportent doucement dans le lyrisme des années 1980, comme une version allégée, plus contenue aussi sur le plan de l\u2019écriture laissant beaucoup de place aux textes, de ce que nous présentait Bernhari.Bashung, Étienne Daho et Beach House nous viennent en tête en découvrant Des loisirs, un EP annonçant de belles choses pour 2020.Philippe Renaud Des Loisirs (EP) 1/2 Boy Blonde, Costume Records POP Il a le mérite d\u2019être clair, Julien (ce bête jeu de mots vous est offert gracieusement) : ce disque de duos s\u2019intitule Duos.Qui plus est, notre transparent chanteur ne se la joue pas grégaire, pas même complice.Pas une seule photo bras dessus bras dessous.Pas de familiarité factice.À la dernière page du livret, Juju remercie tout le monde et puis voilà.Les duos, on le sait, on le saura, c\u2019est pour racler un max d\u2019euros, et pourquoi pas ?On ne jugera point du degré de proximité de chacun avec le vieillissant beau gosse : c\u2019est sans importance.Le cher Paul-Alain Leclerc chante sans effort ses immortelles, et n\u2019importe qui ferait l\u2019affaire pour le pairage.Cette voix se mêle mal, de toute façon.Ça ne colle vraiment pas avec les garçons (Pagny, Cabrel, Caloge- ro, tous corps étrangers sauf l\u2019étrange Philippe Katerine), et c\u2019est toujours charmant avec les filles (épatante Zaz, poignante Sandrine Kiberlain, élégante Carla Bruni).Êtes-vous surpris ?Julien non plus.Sylvain Cormier Duos Julien Clerc et invités, Si on chantait / Parlophone / Warner DUO Monsieur Mono chez Piccolo ?Ça pourrait être un album pour enfants des années 1960, avec ce titre.Ce l\u2019est un peu.Pour anciens enfants plus que jamais vulnérables, sans carapace qui tienne, sans autre défense que l\u2019expression vive de la douleur.L\u2019album d\u2019un gars tout seul qui sait s\u2019entourer : non, ce n\u2019est pas un contresens.C\u2019est la logique même de la survie.La tristesse, la peine sont les trésors des cœurs esseulés (nombreux dans le fameux club du sergent Poivre), et elles méritent en cela tous les égards.C\u2019est pourquoi, avec le même Quatuor Eska et la même Salomé Leclerc au chant et à la batterie qu\u2019au spectacle du Petit Outremont en 2018, Éric Goulet a offert à son Monsieur Mono, à sa voix, à son piano et à ses chansons les plus terriblement belles le studio Piccolo.Pour honorer ses sentiments.Pour l\u2019éternité du geste.Pour la prise de son de Ghislain-Luc Lavigne.Pour mieux pleurer la mer Morte.Un cadeau, en quelque sorte.Pour lui autant que pour nous.Sylvain Cormier Les sessions Piccolo Monsieur Mono, indépendant RÉENREGISTREMENT Voici un vrai bijou qui tombe à pic comme cadeau pour tous les amateurs d\u2019art lyrique.Un Faust de Gounod publié par le Palazzetto Bru Zane et dirigé par Christophe Rousset n\u2019est forcément pas comme les autres.Mais le décapage est encore plus spectaculaire qu\u2019on le penserait puis- qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une version princeps du célèbre opéra, avec ses dialogues parlés, et non de la version recomposée de 1869, avec récitatifs.Il y a également des changements notables dans la partition musicale.Un fascinant livre en accompagnement nous explique tout et nous permet de resituer le Faust original dans son courant musical.Instruments originaux et chœur flamand préparé par le Québécois Martin Robidoux encadrent une distribution emmenée par la nouvelle vedette de l\u2019opéra, le miraculeux ténor Benjamin Bernheim en Faust, qui côtoie Véronique Gens et Andrew Foster-Williams dont les profils vocaux ont été choisis en fonction de ce que l\u2019on sait de ceux des créateurs des rôles.C\u2019est un Faust comme vous ne l\u2019avez jamais entendu.Christophe Huss Faust (version 1859) Charles Gounod, Palazzetto Bru Zane, 3 CD, BZ 1037 CLASSIQUE Quiconque a vu Lucy Dacus en spectacle cette année aura entendu sur scène l\u2019un ou l\u2019autre des sept morceaux de 2019, sortis au compte- gouttes depuis janvier et finalement rassemblés le mois dernier.Dans l\u2019idée de sortir du canevas rigide d\u2019un album, la musicienne américaine s\u2019est inspirée de sept fêtes (officielles ou non) pour les explorer en satellite, c\u2019est-à-dire sans tout leur clinquant.La méthode Dacus fait encore bel effet : des phrases simples et claires comme des gifles, une voix de basse ronde et mesurée, des accords vifs et serrés comme un tricot.Si ses quatre reprises \u2014 dont La vie en rose d\u2019Édith Piaf et In the Air Tonight de Phil Collins \u2014 ont certes une ligne de guitare électrique aiguisée, Lucy Dacus marque bien davantage avec ses trois pièces inédites, qui racontent la solitude de l\u2019après- fête (Fool\u2019s Gold), le poids de l\u2019héritage féminin (My Mother and I) et la culpabilité inhérente au statut de citoyen américain (Forever Half Mast).Quoi qu\u2019elle fasse, vraiment, Lucy Dacus n\u2019est pas de son jeune âge.Geneviève Tremblay 2019 1/2 Lucy Dacus, Matador INDIE ROCK Jusqu\u2019où peut aller l\u2019interprétation sans virer à la complète trahison ?Il faut ici trancher sur la proposition la plus osée jamais tentée dans les Vêpres de Monteverdi.Mais trois critères dominent : la sincérité absolue, l\u2019absence de compromis sur la qualité artistique et le pouvoir de conviction, voire de fascination, qui se dégage.Si vous vous souvenez de Venise millénaire de Jordi Savall, vous savez à quel point Venise a été un carrefour des cultures méditerranéennes et orientales.On retrouve cela ici avec des faux-bourdons (sortes de litanies) rappelant le chant corse, des mélismes orientali- sants et un instrumentarium foisonnant en cuivres.Les Vêpres de la Vierge sortent de la basilique Saint- Marc et gagnent les rues en une sorte de rituel sacré marial, entre procession et feu d\u2019artifice sonore.Il ne s\u2019agit pas de retrouver des racines, mais de recréer quelque chose de neuf, quitte à chanter deux fois le même texte, juste pour exulter avec ses tripes.Le pari était risqué, le résultat est renversant.Christophe Huss Claudio Monteverdi Vespro 1/2 La Tempête, Simon-Pierre Bestion, Alpha, 2 CD, 552 CLASSIQUE LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 ÉCLAIRAGE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven n\u2019est pas encore amorcé que trois nouvelles intégrales des fameuses neuf symphonies se font concurrence pour séduire les discophiles.Que peut-on encore apporter aujourd\u2019hui en matière d\u2019interprétation beethovénienne et que nous enseignent ces démarches ?L\u2019année 2020 est un cap délicat, car si chaque décennie semble en quête de « son » intégrale Beethoven emblématique, les deux dernières ont été foisonnantes.Si le sujet mérite d\u2019être reconsidéré, c\u2019est que deux des nouvelles intégrales nous arrivent de Vienne, avec Philippe Jordan et l\u2019Orchestre symphonique de Vienne et Andris Nelsons et le Philharmonique, ces derniers choisis par Deutsche Grammophon comme porte-drapeaux de son année Beethoven.Le troisième larron est Adam Fischer, à la tête de l\u2019Orchestre de chambre danois sous l\u2019étiquette Naxos.Frère d\u2019Ivan Fischer, Adam est également très actif à Vienne, où il est l\u2019un des chefs favoris de l\u2019Opéra d\u2019État.Un terrain balisé Il est loin, le temps où, pour ne pas trop se compliquer la vie, quand on achetait une intégrale Beethoven, on choisissait Karajan-Berlin.Ce n\u2019est pas que sa démarche (surtout dans l\u2019intégrale de 1977) soit « périmée », mais le disque compact a multiplié les options.Il a opposé des intégrales symphoniques classiques (Karajan, Böhm, Abba- do, Wand et d\u2019autres), celles sur instruments anciens (Gardiner, Brüggen) et celles avec orchestres de chambre élargis et style « historiquement informé » (Harnoncourt).En 2012, à l\u2019occasion de la parution, notamment, du coffret de Riccardo Chailly, nous avions déjà brossé un état des lieux.Au cours des dix dernières années, les deux grands chefs de notre temps, Mariss Jansons (BR Klas- sik) et Riccardo Chailly (Decca), à Munich et à Leipzig, ont incarné deux approches similaires, soit en appliquant à l\u2019orchestre traditionnel des connaissances stylistiques grandissantes.Dans ce créneau, Chailly, Jansons et le Finlandais Osmo Vänskä (BIS) sont désormais des choix prioritaires.Ils représentent, en ce qui a trait aux orchestres symphoniques traditionnels, le reflet esthétique de notre temps : un Beethoven racé et nerveux, virtuose, transparent mais coloré.Si l\u2019on considère le bilan des vingt dernières années, trois chefs se sont démarqués de manière déterminante de cette ligne dominante.Daniel Ba- renboïm, dans sa première intégrale en 2000 chez Warner, renouait avec un « grand style », plus pondéré, hérité de Wilhelm Furtwängler, le prédécesseur de Karajan à Berlin et à Vienne.Il n\u2019a jamais retrouvé ensuite l\u2019état de grâce de cette intégrale exceptionnelle.Paavo Järvi et la Deutsche Kam- merphilharmonie (RCA), un orchestre de chambre, ont incarné la ligne la plus physique.Il émane de leur parcours une jubilation contagieuse d\u2019en découdre avec Beethoven.Enfin, le sage nonagénaire Herbert Blomstedt (Accentus) était venu nous surprendre en 2017 à Leipzig sur les terres de Riccardo Chailly, mais en décrispant l\u2019atmosphère.Après tant de tension, Beethoven se mettait parfois à sourire.La catastrophe tranquille S\u2019il nous paraît important de faire le point aujourd\u2019hui, c\u2019est parce que nous sommes à la veille de l\u2019année Beethoven 2020 et parce qu\u2019une intégrale des symphonies de Beethoven chez Deutsche Grammophon ou du Philharmonique de Vienne, c\u2019est forcément un événement.Avec le coffret Andris Nelsons, les deux sont combinés.Le profil esthétique le plus limpide est cependant celui offert par Adam Fischer dans la nouvelle intégrale Naxos.Ce label a un bel historique bee- thovénien puisqu\u2019il a produit la plus intéressante intégrale « traditionnelle » avec orchestre de chambre, réalisée à Budapest par Béla Drahos.Ce dernier, sans prétention musicologique, avait incarné il y a 25 ans un chaleureux Beethoven à taille humaine.La démarche d\u2019Adam Fischer est très différente.Également à la tête d\u2019un orchestre de chambre, il simule sur des instruments modernes le jeu d\u2019un ensemble sur instruments anciens.Grosso modo, nous naviguons dans la même obédience que Paavo Järvi, mais avec un bouchon poussé beaucoup plus loin.À l\u2019aspect tonique des phrasés s\u2019ajoute un travail sur les sonorités souvent très émaciées, parfois surprenantes (du « sul ponticello » chez Beethoven !).Quand on voit que pour la 9e Symphonie a été convoqué un contre-té- nor, on se dit qu\u2019il y a peut-être un peu de m\u2019as-tu-vu dans ce zèle.Cela dit, Adam Fischer a des idées à revendre et son intégrale est toujours Culture Classique 20 Peut-on encore redécouvrir les symphonies de Beethoven ?Trois nouvelles intégrales se font concurrence pour séduire les discophiles Les concerts de la semaine Le Messie.Bernard Labadie dirige le Messie de Händel.Ce n\u2019est pas une nouveauté, mais c\u2019est symbolique, car il coïncide avec quelques anniversaires : le 25e du premier Messie des Violons du Roy à Montréal, le 10e de leur premier à New York et le 5e du seul donné sans leur fondateur.En 2014, juste avant Le Messie, Trevor Pinnock annonçait au public les premières nouvelles positives de l\u2019état de santé de Bernard La- badie qui combattait un cancer.L\u2019émotion sera donc intense à Québec et à Montréal cette semaine.Au Palais Montcalm de Québec, les mercredi 11 et jeudi 12 décembre à 20 h.À la Maison symphonique de Montréal, le jeudi 13 décembre à 19 h 30.Tallis Scholars.Le célèbre ensemble vocal anglais se consacrera à la muse en musique de mêmes textes par différents compositeurs : Salve Regina, Ave Maria, Miserere et Magnificat seront juxtaposés dans diverses configurations.À la salle Bourgie, le mardi 10 décembre à 19 h 30.Le chef Andris Nelsons (au centre) à Leipzig, en Allemagne, en 2018 JAN WOITAS AGENCE FRANCE-PRESSE Les neuf symphonies 1/2 Andris Nelsons, Orchestre philharmonique de Vienne.DG 5 CD et 1 Blu-ray audio 483 7071.Les neuf symphonies Philippe Jordan, Orchestre symphonique de Vienne.Wiener Symphoniker.5 CD WS 018 Les neuf symphonies 1/2 Adam Fischer, Orchestre de chambre danois.Naxos.5 CD 8.505 251 (parution le 13 décembre). LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Classique 21 passionnante.Paavo Järvi suffit largement à nos besoins, mais les explorateurs trouveront ici de quoi dresser l\u2019oreille.Si l\u2019interprétation beethovénienne est un miroir de notre époque, Adam Fischer, à sa manière, incarne le pendant de ces films hollywoodiens dans lesquels chaque minute nous vaut son lot d\u2019accidents, d\u2019explosions et d\u2019images fortes.La culture de l\u2019événement permanent signifie aussi la perte de la vision à long terme, la primauté de l\u2019instant sur l\u2019architecture.Claudio Abbado ou Mariss Jan- sons, élèves du Viennois Hans Swa- rowsky, ce chef et pédagogue dont nous vous parlions samedi dernier, étaient à bonne école pour savoir ce qu\u2019était une forme symphonique, une gradation, une structure, un phrasé, une arche.De ce point de vue là, l\u2019intégrale d\u2019Andris Nelsons, Philharmonique de Vienne ou pas, est une catastrophe tranquille en forme d\u2019iceberg.En apparence, tout va bien.Mais sur le fond, la débandade intellectuelle est quasi complète.La problématique peut se synthétiser dans le 2e mouvement de la 1re Symphonie, qui ne va nulle part : il n\u2019est pas dirigé, pas phrasé, pas balancé, pas architecturé.On comparera Nelsons à Claudio Abbado avec le même orchestre pour se rendre compte d\u2019un fossé culturel et musical qui laisse pantois.Alors, oui, Nelsons a des idées, mais elles se plaquent sur la musique pour attirer momentanément l\u2019attention, comme lorsqu\u2019il bouscule le 3e mouvement de cette même symphonie (on écoutera ici Blomstedt).De manière générale, les arches dramatiques, les architectures, la culture des phrases et des formes ont disparu.On se rend compte que le Philharmonique de Vienne, au radar, n\u2019apporte aucune plus-value dans cette mosaïque de « petits événements ponctuels », héritage esthétique de Simon Rattle, ce chef qui aime apporter un élément distinctif à tel ou tel passage.Dans la salle d\u2019en face, au Kon- zerthaus de Vienne, Philippe Jordan, plus inégal (décevantes Héroïque et Cinquième), allège la pâte du Symphonique de Vienne au point de perdre notablement en poids dramatique.Ce Beethoven décoratif a un peu plus le sens de la forme que celui de Nelsons, mais le coffret n\u2019a aucune incidence discographique comparativement à Chailly, Jansons et Vänskä d\u2019un côté, et à Barenboïm I, Järvi et Blomstedt II de l\u2019autre.Pour les intégrales désormais « historiques » (d\u2019avant 2000), notre trio est Günter Wand (RCA), George Szell (Sony) et Karajan 1977 (DG).Riccardo Chailly, Mariss Jansons et le Finlandais Osmo Vänskä (BIS) sont désormais des choix prioritaires.Ils représentent, en ce qui a trait aux orchestres symphoniques traditionnels, le reflet esthétique de notre temps : un Beethoven racé et nerveux, virtuose, transparent mais coloré. LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 C ultur e Art s visuels 22 À Joliette, mis à part Source (2019), « véritable geyser en verre » placé dans un coin face aux passants de la rue, les œuvres sont prises dans le trafic.C\u2019est particulièrement le cas des pourtant emblématiques Récifs, dans lesquels on trébuche, ou presque.On se serait attendu à ce que le MAJ, pour cette première expo musé- ale en plus de dix ans \u2014 voire plus si on ne tient pas compte de la discrète Chute en 2008 au Musée des beaux- arts du Canada \u2014, fasse un véritable événement.On a plutôt l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une expo de galerie toute sage, par ailleurs similaire à plusieurs égards à celle que Division, l\u2019enseigne qui défend Coutu, présentait à Montréal en 2015.L\u2019exposition du MAJ réunit huit corpus d\u2019œuvres.PAUL LITHERLAND CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEU LE DEVOIR À JOLIETTE La « petite » salle que le Musée d\u2019art de Joliette (MAJ) a réservée à Patrick Coutu pour sa première grande exposition dans un musée manque justement de ça : de grandeur.Ou d\u2019envergure.L\u2019artiste, qui pratique la sculpture depuis vingt ans, méritait mieux.Patrick Coutu est apparu sur la scène avec des œuvres plus proches de l\u2019installation que du moulage ou de la taille.Dès 2002, le Musée national des beaux-arts du Québec lui donnait sa première expo muséale, qui s\u2019est avérée, avec le temps, être la dernière d\u2019une période marquée par l\u2019accumulation d\u2019objets et de matériaux usinés.Depuis, Coutu s\u2019est engagé dans une voie où les techniques plus classiques de la sculpture ont pris le dessus.Ses procédés restent cependant actuels et l\u2019artiste permet volontiers aux accidents et au hasard de s\u2019exprimer.Avec comme résultat que même si la signature est reconnaissable, elle varie d\u2019une fois à l\u2019autre.L\u2019expo au MAJ, intitulée L\u2019attraction du paysage, réunit huit corpus d\u2019œuvres, dont la moitié est représentée par plus d\u2019un exemple.La diversité du travail se note dans la présence du bronze, du plâtre ou du laiton, mais aussi dans celle du verre, du coton et de l\u2019encre sur papier.Les choix de la commissaire Charlotte Lalou Rousseau, qui couvrent une décennie de création (2010-2019), pointent la capacité de l\u2019artiste à se renouveler sans pour autant perdre en cohérence.La nature et la science, plus particulièrement les mathématiques, sont la source d\u2019inspiration de l\u2019artiste qui s\u2019attelle, avec succès, à représenter des phénomènes propres aux deux univers.Dans son travail, le microscopique et le macroscopique s\u2019interpellent sans cesse.Que des petits modules cubiques dessinent, une fois assemblés et moulés, la vie sous-marine (la série Récifs, 2015) ou que des schémas mathématiques donnent des tissages tirés du métier Jacquard, machine mécanique du XIXe siècle (la série Flottés, 2015), il y a toujours chez lui une invitation à observer un tout dans ses moindres détails.Patrick Coutu ne fait pas dans le militantisme environnemental, mais ses œuvres tendent néanmoins à nous rappeler la beauté complexe de la nature, ainsi que sa potentielle fragilité.Il est aussi question des effets du temps et de l\u2019inévitable mutation des choses, malgré les apparences.Comme la paroi rocheuse du Témis- couata, à l\u2019origine de l\u2019œuvre Roche- mère (2019).Comme le revers exposé des tissages Flottés, allusion à des bois usés par l\u2019eau.Pas de rétrospective Il aurait été intéressant de voir le chemin parcouru par Patrick Coutu depuis ses premières représentations paysagères, il y a de cela quinze ans.De cette époque où une galerie de renom venait de le recruter, l\u2019espace public au pied de la Place Ville-Ma- rie garde un bel exemple : Sculpture pour la place Mgr-Charbonneau montre à la fois une ville et ses roches sédimentaires.Depuis, l\u2019attrait du paysage s\u2019exprime chez Coutu de manière moins littérale et narrative, davantage allusive, notamment par le biais d\u2019illusions nées sous la répétition de motifs.Si L\u2019attraction du paysage ne prétend pas être une rétrospective, elle n\u2019en demeure pas moins un genre de best of qui, dans une salle relativement restreinte, limite l\u2019expérience de chaque proposition.Souvent monumental, le travail de Patrick Coutu, qu\u2019il soit en deux ou trois dimensions, a besoin de se déployer dans l\u2019espace.Une «attraction du paysage» trop sage Le sculpteur Patrick Coutu marie sa fascination pour la nature et les maths Des thèmes aussi universels que personnels, comme l\u2019enracinement et l\u2019appartenance, sont au cœur de la photographie de Jinyoung Kim.La diplômée et professeure de l\u2019Université Concordia vient de recevoir le prix Lynne-Cohen, une récompense attribuée par la fondation du même nom et par le Musée national des beaux-arts du Québec.Depuis ses images autour d\u2019une scénographie d\u2019objets sur le toit d\u2019une maison (Objects on the Rooftop, 2014), l\u2019artiste porte un regard critique sur la construction identitaire.Sa manière, simple et poétique, a pris une tournure plus politique, à l\u2019instar des photos qu\u2019elle expose actuellement dans une manifestation de groupe.Elle y dénonce le développement d\u2019un quartier de Séoul créant paradoxalement de l\u2019incertitude et de l\u2019instabilité.Jérôme Delgado SUR LE RADAR La lauréate du prix Lynne-Cohen expose Sindang area 9, Ginkgo Tree, (détail), Jinyoung Kim, 2014 JINYOUNG KIM Structures of Power À la galerie Patrick Mikhail, jusqu\u2019au 4 janvier.Patrick Coutu L\u2019attraction du paysage Commissaire : Charlotte Lalou Rousseau.Au Musée d\u2019art de Joliette, jusqu\u2019au 5 janvier 2020. L E D E V O I R // L E S S A M E D I 7 E T D I M A N C H E 8 D É C E M B R E 2 0 1 9 LI RE Lolita La mécanique du scandale LA LECTURE EN CADEAU peut poser certains défis sur le plan légal.« C\u2019est dans leur matérialité que ces livres-là trouvaient une bonne partie de leur force de frappe », plaide celui qui a consacré sa thèse de doctorat à la « performativité des dispositifs typographiques du livre de poésie de contre-culture québécoise ».En 2017 et 2018, les Écrits des Forges rassemblait sous une même couverture plusieurs recueils de Josée Yvon (Pages intimes de ma peau) et de Denis Vanier (Onction extrême), sans en reproduire la facture graphique.« On a écrasé la dimension visuelle de ces livres-là, regrette Dulude.Si on change la typo, qu\u2019on enlève les images, on commence à être loin du projet d\u2019origine.» Dégager des angles morts Difficile et vaste chantier que celui de la remise en valeur du patrimoine littéraire québécois, mais essentiel Parce que les livres ne devraient pas avoir de date de péremption Réflexion sur les efforts déployés par le milieu québécois de l\u2019édition afin de mettre en valeur son patrimoine La réédition d\u2018œuvres telle que Travesties-kamikaze, truffées d\u2019images pillées, souvent utilisées à l\u2019époque sans l\u2019autorisation des ayants droit, peut poser certains défis sur le plan légal.PHOTOS LES HERBES ROUGES Images tirées du livre Travesties-kamikaze GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR es littéraires ont beau être capables de foi, plus personne ne l\u2019espérait, cette réédition du roman Travesties- kamikaze, de Josée Yvon, annoncée chaque saison depuis plus ou moins une éternité par Les Herbes rouges.Et voilà qu\u2019atterrissait en librairie le 26 novembre la réédition tant attendue ! « Ça nous arrive quand on y croit », chantait Mario Pelchat, mais, de toute évidence, ça nous arrive aussi quand on n\u2019y croit plus.Sanctifiée au cours des dernières années par toute une nouvelle génération d\u2019auteurs et d\u2019autrices qui la citent et s\u2019en inspirent, Josée Yvon (1950-1994) compte parmi les plus influentes inspiratrices d\u2019une jeune poésie québécoise qui reconnaît dans son appel à la vérité pure et dure, et dans son subversif rapport aux genres (littéraires comme sexuels), une sorte de prophète en froc de cuir.Et pourtant, une partie de son œuvre demeure introuvable.Pourquoi la résurrection de Travesties- kamikaze (1980) aura-t-elle été si longue ?Fidèles à leurs habitudes, Les Herbes rouges se font circonspectes quant aux raisons qui pourraient expliquer une telle attente.« Ça prend du temps, refaire le livre de la façon la plus respectueuse possible », explique la directrice adjointe de la maison, Roxane Desjardins.Ponctué de collages d\u2019images arrachées aux journaux et de photos de l\u2019artiste Susan Meiselas, le roman par poèmes enracine son portrait kaléidoscopique, tendre et rugueux, d\u2019un Montréal de la marge dans un foisonnement de choix visuels et typographiques étonnants, voire choquants, effectivement reproduits ici avec grand soin.« Ce n\u2019est pas qu\u2019une suite de mots, Travesties-kamikaze, il y a des jeux d\u2019interlignes, différentes typos, une photo qui apparaît au milieu du texte, et tout ça, ce n\u2019est pas accidentel », rappelle Roxane Desjardins.La correction de quelques erreurs de ponctuation et l\u2019ajout d\u2019une pagination constituent les rares différences entre cette nouvelle édition et l\u2019originale.Sans commenter ce cas précis, l\u2019éditeur, poète et critique Sébastien Dulude souligne que la réédition de pareilles œuvres, truffées d\u2019images pillées, souvent utilisées à l\u2019époque sans l\u2019autorisation des ayants droit, L LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Lir e L a lecture en c adeau 24 Être polyglotte, c\u2019est une amplification de l\u2019être, une multiplication de soi, un avantage existentiel qui tente de court-circuiter l\u2019épineux chemin vers l\u2019autre.Tous les polyglottes le confirmeront.Mais être polyglotte durant la Seconde Guerre mondiale, c\u2019était parfois courir la chance d\u2019être envoyé ailleurs que dans un four crématoire.C\u2019est précisément ce qui sauva des ténèbres l\u2019un des derniers survivants des camps, l\u2019écrivain slovène centenaire Boris Pahor, qui ne cessa, depuis les horreurs des camps qu\u2019il a fréquentés à Struthof, Dachau, Dora, Bergen-Belsen et la nécropole des morts à Natzweiler, de dénoncer le fascisme et de prêcher pour une Europe plurielle aux langues et aux identités multiples.Le médecin en chef du camp, lorsqu\u2019il s\u2019était rendu compte que le prisonnier au petit doigt cassé parlait plusieurs langues slaves, en plus de l\u2019italien, du slovène et de l\u2019allemand, lui confia la tâche de traducteur et d\u2019ordonnateur médical.Faute de médicaments et de nourriture, c\u2019est avec la polyphonie des mots que Boris avait tenté de rendre les derniers instants de ses compagnons un peu plus humains.C\u2019est tout ce qu\u2019il pouvait faire pour eux.Depuis plus d\u2019un demi-siècle, il n\u2019a cessé d\u2019écrire pour les arracher à l\u2019oubli.Or à lire, à écouter et à regarder « cet homme qui a trop vu » (d\u2019après le titre du magnifique documentaire d\u2019Alan Yentob sur Boris Pahor), il semble que ni l\u2019Europe ni le monde n\u2019ont vraiment appris à diversifier le réel dans une optique pluraliste.Face à la souffrance, au non-sens et à la déshumanisation, l\u2019écrivain slovène raconte sensiblement la même horreur que tous les survivants.Mais Pahor dénonce et accuse les livres d\u2019histoire de ne pas être suffisamment polyphoniques.C\u2019est peut-être là qu\u2019être polyglotte aide à se faire entendre : raconter d\u2019autres récits non pas dans le but d\u2019effacer l\u2019impensable qui y figure déjà, mais surtout d\u2019ajouter tous les autres chapitres dont on parle peu.Les Juifs se faisaient exterminer par millions dans des camps allemands, mais parallèlement à ces camps, il y avait des camps pour des résistants au fascisme que la grande Histoire a peu retenus.Au lieu d\u2019une étoile jaune, Boris et ses compagnons portaient des triangles rouges qui symbolisaient les prisonniers politiques.Natzweiler, premier camp de concentration trouvé par les troupes occidentales, tombe vite dans l\u2019oubli même si la torture, les exécutions et les expériences médicales y ont eu lieu et que le camp, relativement petit, était pourtant l\u2019un des plus meurtriers.Il fallait d\u2019abord gagner la guerre et parler des camps après la libération.Très rapidement, Auschwitz et Bergen-Belsen allaient envoyer Natzweiler aux oubliettes.Mais quelle est cette faculté humaine de compartimenter le vécu en braquant les projecteurs sur une seule réalité ?La réponse se trouve dans le percutant et nécessaire li- vre-hommage que le Vieux Continent vient de lui consacrer : Et si c\u2019était à refaire Chemins de Boris Pahor (PGDR éditeur, Paris 2019).Dans ces entretiens urgents et brûlants d\u2019actualité entrepris et dirigés par l\u2019homme de lettres Guy Fontaine, l\u2019indomptable et inclassable écrivain de Trieste se livre comme jamais, notamment lorsqu\u2019il se souvient comment, dans un petit village en Alsace, lors d\u2019une longue procession de prisonniers de 600 habits rayés dont il fait partie, deux fillettes annihilent leur existence et « marchent sur le trottoir comme s\u2019il n\u2019y avait autour d\u2019elles que la neige dans une atmosphère paisible et ensoleillée ».Si les sens des prisonniers n\u2019étaient pas annihilés par l\u2019odeur de la chair brûlée, ils auraient pu eux aussi se croire dans un tableau de Brueghel.Zoomer sur le détail pour ne pas voir la totalité du tableau, comme cette maison de vacances réquisitionnée pour le commandant du camp et sa jeune famille qui embellissaient les fleurs du jardin avec les cendres du crématoire\u2026 À 106 ans, Boris Pahor, le plus ancien survivant connu des camps de concentration, ne cesse de nous interpeller pour dire que l\u2019Europe, quoi qu\u2019elle dise, n\u2019a pas fait son devoir de mémoire, notamment parce qu\u2019elle est devenue spécialiste des parties au lieu de la vaste mais sans doute angoissante totalité.Peu d\u2019entre nous ont entendu parler du camp Dora dirigé par Wernher von Braun (oui, le même qui plus tard allait diriger le projet de la NASA de descente de l\u2019homme sur la Lune), mais si c\u2019était à refaire, Boris aurait fait la même chose : lutter contre le fascisme italien et allemand, quitte à être emprisonné pour ses postures politiques.Si le silence des pantoufles est parfois pire que le bruit des bottes, Boris Pahor a dignement lutté contre les silences de son époque.À la suggestion de ce dernier, il faudrait peut- être revenir à l\u2019antique cri d\u2019Antigone pour n\u2019entendre que les lois du cœur, peut-être l\u2019unique voix capable de percer les murs de l\u2019indifférence.Si c\u2019était à refaire MAYA OMBASIC Choix de poèmes (pas trop longs) Michel Garneau, L\u2019Oie de Cravan, Montréal, 2019, 424 pages afin qu\u2019un plus grand nombre d\u2019œuvres puissent pénétrer l\u2019enceinte des cégeps et des universités (où les œuvres absentes des librairies ne peuvent être enseignées), ainsi qu\u2019afin de dégager les angles morts de l\u2019histoire littéraire telle qu\u2019on la raconte habituellement.Avec sa collection Inauditus, qui sort de l\u2019anonymat des livres obscurs parus entre 1900 et 1960, Moult Éditions montre qu\u2019il existait, au cœur du Québec de la Grande Noirceur, des penseurs aussi, sinon plus iconoclastes que les auteurs actuels de la maison, comme Raymond Goulet, dont le roman L\u2019âne de Carpizan (1957) raconte la transformation d\u2019un évêque en\u2026 femme ! La mordante maison consacrait par ailleurs en 2014 un coffret à l\u2019irrécupérable poète contre-culturel Jean Leduc (Crazy brocoli), et lance ces jours-ci une nouvelle édition d\u2019On n\u2019est pas des trous-de-cul, ouvrage culte de Marie Letellier, quelque part entre l\u2019anthropologie et la littérature, paru chez Parti pris en 1971.Si les voies de la mémoire collective sont impénétrables, il apparaît néanmoins évident que l\u2019œuvre de qui aimait cultiver les ennemis (Leduc), ou de qui n\u2019a signé qu\u2019un seul livre (Letellier), risque davantage l\u2019oubli.Une œuvre a évidemment de meilleures chances de connaître une nouvelle vie si un de ses légataires \u2014 réels ou spirituels \u2014 en prend soin.C\u2019est une des filles du défunt poète Louis Geoffroy qui proposait aux Éditions Rodrigol de rééditer Graffiti, un paquet de cartes poétiques publié en 1968 aux très artisanales Éditions de l\u2019Obscène Nyctalope \u2014 fondées par Geoffroy \u2014 dont Rodrigol sont certainement des héritières.« Les poèmes du jeu de cartes n\u2019avaient pas été repris dans son anthologie [Le saint rouge et la pécheresse, 1991, l\u2019Hexagone] et il y a quelque chose de fort pour moi dans l\u2019idée de rendre accessible un texte inconnu, 50 ans après sa parution », confie le cofondateur de Rodrigol, Pascal-An- gelo Fioramore.« On était là, à notre table de cuisine, à monter les paquets à la main, comme lui les avait montés sur sa table de cuisine.» Dissoudre le temps La conception d\u2019une anthologie présente parfois l\u2019occasion de créer une nouvelle œuvre à partir d\u2019une œuvre déjà existante.Michel Garneau élaborait ainsi lui-même, de A à Z, son Choix de poèmes (pas trop longs), récemment lancé par l\u2019Oie de Cravan.En refusant la chronologie, « parce que je trouve plus riche d\u2019y aller / par couleurs / couleurs d\u2019émotions », et en intercalant de nouveaux poèmes entre les anciens, c\u2019est un peu comme si le poète refusait de devenir pièce de musée.« Michel a construit avec ce livre un labyrinthe qui lui ressemble », illustre l\u2019éditeur Benoît Chaput, pour qui il était plus que temps que cette poésie « d\u2019amour vorace de la vie » retrouve son espace en librairies, alors que les Poésies complètes de Michel Garneau, publiées par Guérin en 1988, sont depuis longtemps épuisées.« Choisir l\u2019ordre des poèmes, c\u2019était pour Michel comme écrire un nouveau poème.Michel dissout le temps dans ce livre, c\u2019est lui qui parle au présent, même à travers ses plus vieux poèmes.» Le travail de réédition, ou de revalorisation d\u2019une œuvre, peut aussi devenir un précieux moyen de résister à cet insidieux présentisme dont souffre un milieu littéraire toujours prompt à s\u2019emballer pour la patente flambant neuve.« Dans notre système, on fait une très grande place aux nouveautés et aux premiers livres, et une beaucoup moins grande place aux livres d\u2019auteurs qui poursuivent une œuvre, ou aux livres qu\u2019on réédite », observe Roxane Desjardins des Herbes rouges, en évoquant à la fois les librairies, les médias et les établissements d\u2019enseignement.« On essaie de remettre nos rééditions dans l\u2019actualité, mais c\u2019est très difficile, et c\u2019est dommage, parce que je pense que les livres ne passent pas date.» Travesties- kamikaze Josée Yvon, Les Herbes rouges, Montréal, 2019, 152 pages On n\u2019est pas des trous-de-cul Marie Letellier, Moult éditions, Montréal, 2019, 224 pages Le travail de réédition, ou de revalorisation d\u2019une œuvre, peut aussi devenir un précieux moyen de résister à cet insidieux présentisme dont souffre un milieu littéraire toujours prompt à s\u2019emballer pour la patente flambant neuve LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 2 5 Lire L a lectur e en c adeau CRITIQUE CROISÉE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Pour souligner les 50 ans de la mort de Jean Giono (1895-1970), écrivain multiple et prolifique, humaniste et pacifiste, épris de la nature, rien de mieux qu\u2019un voyage entre l\u2019ombre et la lumière.Au-delà des clichés sur le fils de Manosque, des films de Marcel Pagnol au Hussard sur le toit.C\u2019est ce que nous propose Giono, catalogue d\u2019une exposition présentée au Mucem jusqu\u2019au 17 février 2020 \u2014 le Musée des civilisations de l\u2019Europe et de la Méditerranée, à Marseille, en France.Un récit visuel et littéraire à travers la vie et l\u2019œuvre de l\u2019écrivain, où passent manuscrits, archives familiales et administratives, reportages photographiques, presse, carnets de travail et scénarios annotés de son écriture tirée au cordeau.Autant d\u2019artefacts qui viennent dialoguer avec les textes de quelques auteurs contemporains qui y expriment leur admiration et leur attachement aux œuvres de Giono, écrivain qui interroge comme personne la place de l\u2019homme dans le monde.Ainsi, parmi les contributeurs de ce Giono, sous la direction d\u2019Emma- nuelle Lambert, commissaire de l\u2019ex- Giono, entre l\u2019ombre et la lumière Deux regards sur l\u2019auteur de L\u2019homme qui plantait des arbres L'écrivain français Jean Giono est photographié sur le tournage d'un de ses films en 1970.TREMELLAT AGENCE FRANCE-PRESSE Giono Collectif, Gallimard, Paris, 2019, 320 pages Le chant du monde 1/2 Jacques Ferrandez, Gallimard, Paris, 2019, 162 pages position présentée au Mucem et au- teure d\u2019un récent Giono, furioso (Stock, prix Femina Essai 2019), on retrouvera les écrivains J.M.G.Le Clézio, Philippe Claudel, Sylvie Germain et Sylvain Prudhomme (Par les routes, prix Femina).Même s\u2019il existe, il est vrai, un Giono « solaire », lumineux et lyrique, nourri par les paysages de son Sud, ce vétéran du conflit de 1914- 1918, traumatisé par la guerre, par les tranchées, les morts, la barbarie, a trouvé dans cette expérience radicale la source de son pacifisme.De quoi nourrir son attitude pendant l\u2019Occupation.La liste noire « Je préfère être un Allemand vivant qu\u2019un Français mort », a-t-il écrit, une phrase que plusieurs ne lui ont jamais pardonnée.Il sera d\u2019ailleurs arrêté en septembre 1944, pour une œuvre de fiction publiée dans un journal antisémite et un reportage sur lui dans un magazine nazi.Même si pendant la guerre, on le sait, il avait caché des juifs et des résistants.Inscrit après-guerre sur la liste noire du Comité national des écrivains, Giono ajoutera un peu plus d\u2019ombre à sa palette.Le bédéiste et illustrateur Jacques Ferrandez (auteur des Carnets d\u2019Orient en dix volumes), après avoir mis en bande dessinée Madame Bovary et L\u2019étranger, s\u2019offre Le chant du monde, roman de 1934 qui appartient à la première veine de l\u2019œuvre de Giono \u2014 où la nature plutôt que l\u2019homme en occupe le centre.L\u2019odeur presque vivante des pins, le bruit de la sève qui coule au printemps, le goût de l\u2019eau : il y a dans le roman tout un lyrisme naturaliste que les dessins de Ferrandez rendent avec difficulté.La mission était peut-être même impossible.Et chez Le Clézio, on le comprend bien, l\u2019œuvre de Giono résonne avec éclat : « Son combat est celui d\u2019un homme qui croit de toutes ses forces en la nature, et qui l\u2019oppose au monde moderne, non pas parce que le monde est moderne, mais parce qu\u2019il est inhumain.» LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Lir e L a lecture en c adeau 26 Les adeptes de Game of Thrones peuvent se montrer insatiables et les séries dérivées de la franchise ne sont pas attendues avant fin 2020, peut- être plus tard.Qu\u2019à cela ne tienne, HBO ne les laissera pas attendre les mains vides.Pour souligner la fin de la série originale, quatre livres officiels alourdiront les étagères déjà remplies des plus fervents d\u2019entre eux.Ces volumineux ouvrages s\u2019attardent sur le travail des artistes ayant participé à la création du vaste et riche univers.Game of Thrones.Les costumes est un superbe objet de collection coécrit par la costumière Michele Clapton et l\u2019autrice Gina McIntyre.Dès les premières pages, il est indéniable que cette créatrice de talent s\u2019est dévouée à la conception de tous les morceaux, puisant son inspiration dans des évé- nements et des faits historiques.De ce fait, chacune de ses décisions s\u2019ancre dans la réalité et s\u2019en retrouve d\u2019autant plus crédible.Les étoffes, les teintures, les bijoux, les méthodes de fabrication : rien n\u2019est laissé au hasard et la richesse qui en découle force l\u2019admiration.L\u2019intérêt de Game of Thrones se situe dans les manigances, les changements d\u2019allégeance des personnages et les aspirations des plus fourbes.Les choix minutieux effectués par Michele Clapton et son équipe reflètent cette enlevante dynamique et assurent la cohérence d\u2019une importante série telle que celle-ci.Certains costumes emblématiques se déclinent sur plusieurs pages, permettant de bien saisir l\u2019étendue du travail de création et de recherche requis avant d\u2019arriver à l\u2019écran.Quelques-uns bénéficient même de pages que l\u2019on peut dévoiler à la manière d\u2019une affiche.À ces nombreuses photographies s\u2019ajoutent les aquarelles de la costumière, dans une mise en page sobre et simple.Quelques erreurs se dissimulent dans les courts textes accompagnant les magnifiques photos, dont certains sont parfois redondants.Une lecture fort agréable qui, pour tout dire, s\u2019est faite en revoyant quelques épisodes-clés de la série.Cédric Gagnon Game of Thrones Les costumes 1/2 Michele Clapton et Gina McIntyre, Hors collection, Paris, 2019, 328 pages Aux nombreuses photographies s\u2019ajoutent les aquarelles de la costumière, dans une mise en page sobre et simple Pour refléter l\u2019esprit des années 1980 qui teinte Stranger Things, ce beau livre est volontairement amoché.Une étiquette collée sur la couverture nous rassure toutefois : « État correct.» Et c\u2019est vrai qu\u2019il est « correct », juste correct, ce compte rendu des coulisses de la production à succès de Netflix.Malheureusement, et malgré les chouettes photos, le tout se lit tour à tour comme une notice Wikipédia, un dossier de presse ou un texte d\u2019exposé oral.« Bonjour.Aujourd\u2019hui, je vais vous parler de Stranger Things.Stranger Things est une télésérie des frères Duffer.Les frères Duffer aiment Steven Spielberg.Les films de Steven Spielberg ont beaucoup inspiré les frères Duffer.» En effet, les répétitions incessantes se révèlent étourdissantes.Et les multiples déclinaisons d\u2019un même mot, lassantes.Réalisateur, réalisé, réalisation, réalisèrent.On réalise de notre côté que ce bouquin signé Gina McIntyre sert un peu de pub camouflée pour le webdiffu- seur.On peut lire notamment que le Stranger Things Dans l\u2019envers du décor 1/2 Gina McIntyre, Mana Books, Paris, 2019, 226 pages « L \u2019 É g l i s e , s o u s s a f o r m e i n s t i t u t i o n n e l l e , n \u2019 a p a s é t é v o u l u e p a r J é s u s .E l l e d o i t t o u t r e p e n s e r , t o u t r e f o n d e r s i e l l e v e u t ê t r e ?d è l e à s o n f o n d a t e u r .» NO UVE AUT É L\u2019actualité du jour, choisie et résumée pour vous Le Courrier du soir Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdusoir LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 27 Du cousu main pour Game of Thrones Un superbe objet de collection par la costumière Michele Clapton et l\u2019autrice Gina McIntyre Un beau livre réalisé à moitié Dans l\u2019envers du décor de Stranger Things, les choses sont étrangement ternes Lire L a lectur e en c adeau jeune Caleb McLaughlin, qui incarne le marrant Lucas, a autrefois joué sur Broadway.« Mais cela n\u2019était rien comparé au fait d\u2019être sélectionné pour une fiction de Netflix.» À ce point ?Autre point : pour tous les frissons et toutes les grandes émotions contenus dans l\u2019œuvre originale, son récit imprimé est drôlement fade.La scène du premier épisode dans laquelle le petit Will est enlevé par le vil Demogorgon nous est résumée ainsi : « Et brusquement, sans un bruit, l\u2019enfant\u2026 disparaît.» Dommage, ces points de suspension, car un univers aussi riche aurait dû inspirer une écriture rythmée, énergique.Pourtant, ce livre au look « album de finissants » est sagement scolaire.Voyez un peu : Winona Ryder est « une professionnelle aussi renommée que chevronnée ».Les frères Duffer ont « un style unique ».Et le personnage de Karen Wheeler aime les plats Tupperware.Précision : « Elle les utilise pour les restes.» (Karen est une originale.) Décidément, le contenant est plus attrayant que le contenu.Natalia Wysocka Il est « correct », juste correct, ce compte rendu des coulisses de la production à succès de Netflix Pour Bertrand Gervais, professeur au Département d\u2019études littéraires de l\u2019UQAM, Lolita est avant tout une figure, une projection imaginaire.« En ce sens, ce qui est fascinant est la mise en scène de sa création et la manière dont les gens vont la transformer en personnage.» Gervais note ainsi que, peu de temps après la parution du livre, cette figure s\u2019est vue investie, reconstruite.Néanmoins, le processus avait débuté bien en amont.En 1953, alors qu\u2019il s\u2019escrimait à l\u2019écriture, Nabokov confiait à son ami Edmund Wilson que son livre « finira sans doute par être publié par une maison louche avec un nom onirico-viennois ».Prédiction avérée : Maurice Giro- dias, éditeur chez Olympia Press (Tropique du Cancer, Histoire d\u2019O), finira en effet par faire paraître le livre en France, en 1955, convaincu que l\u2019auteur et le narrateur sont la même personne\u2026 au grand dam de Nabokov.Cette mécanique deviendra scandale, puisque « tout le monde partira avec Lolita et oubliera le processus qui mène jusqu\u2019à elle », croit Gervais, qui effectue un rapprochement entre les figures insaisissables et les papillons prisés par l\u2019écrivain-lépidoptérophile.« Il y a l\u2019idée de la transitivité à l\u2019œuvre : A = B, B = C, donc on imagine que A = C.Ce faisant, les gens ne conservent que Lolita, parce qu\u2019ils se mettent dans la peau d\u2019Humbert Humbert.» Tel est pris qui croyait prendre.Mais s\u2019il n\u2019y avait que cela\u2026 De la ventriloquie L\u2019écrivain français Christophe Tison est de ces individus dont « l\u2019enfance, semblable à celle de Lolita, fut volée par un adulte ».Journal de L.(La Goutte d\u2019or, 2019), le nouveau livre de l\u2019auteur du troublant Il m\u2019aimait (2004), se veut « le journal intime d\u2019un personnage de fiction ».Lolita, en l\u2019occurrence.Tison aborde ici l\u2019œuvre de Nabokov à rebrousse-poil.La confession n\u2019est pas celle d\u2019un pédéraste maniéré et verbomoteur justifiant un meurtre, mais bien celui de Dolores Haze, qui consigne ses états d\u2019âme d\u2019août 1947 à septembre 1952.Elle y dénonce les « mensonges » d\u2019Humbert Humbert et la manipulation qui va pousser ce dernier à assassiner un rival, par jalousie, comme Lolita, la mécanique du scandale Qu\u2019obtient-on en replaçant Lolita devant Nabokov ?Une scène du film Lolita, de Stanley Kubrick, avec Sue Lyon (1960-1962) WARNER BROS.ENTERTAINMENT GRAND ANGLE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR eux livres publiés récemment s\u2019intéressent au controversé roman de Vladimir Nabokov, tout en s\u2019éloignant de l\u2019obsession morbide de son narrateur, Humbert Humbert, pour recentrer le tout sur Dolores « Lolita » Haze.Bien qu\u2019en voulant littéralement « sauver » Lolita, les deux œuvres se prennent au piège de Nabokov et de la littérature ; elles éclairent néanmoins certaines zones d\u2019ombre dont l\u2019écrivain a toujours nié la pertinence.En décembre 2011, le romancier et critique Martin Amis notait que « des dix-neuf œuvres de fiction [de Nabokov], pas moins de six tournent autour de la sexualité des filles préadolescentes ».Admirateur de ce dernier, Amis n\u2019y voyait qu\u2019une considération esthétique.D Aussi maniaque que le livre de Nabokov dans sa minutie, la recherche de Sarah Weinman est un exemple édifiant de journalisme d\u2019enquête LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Lir e L a lecture en c adeau 2 8 Le patron de tricot n\u2019est pas si complexe, mais les mailles sont nombreuses et savamment entremêlées.Ici, le mal est lent, c\u2019est un petit rongeur sévissant en silence.Mörk et surtout Nátt, malgré leur intrigue molle, ont capturé quelque chose de l\u2019air du temps.Romans modernes donc, où il est question de solitude, d\u2019embourgeoisement, des traces laissées au pays par la crise financière de 2008, mais aussi d\u2019un mal noir et vicieux gangrenant la littérature policière : la violence faite aux femmes.Dans ces romans, elle apparaît \u2014 inévitable, impossible à cacher bien que tue \u2014, implose, s\u2019impose, rampe et revient, comme ce soleil englué sous les particules de cendre volcanique noircissant l\u2019air de la capitale.Dans Nátt, les personnages féminins ne meurent pas tous, mais ils sont moins bien dessinés que les autres, souvent plus archétypaux : jeunes femmes candides et séquestrées ; précieuses coquettes soucieuses de leur mise en scène ; violées et impuissantes, évanouies puis sauvées comme Blanche-Neige ; perdant certains privilèges sans le savoir pendant qu\u2019elles montent un reportage ; sinon froides, impitoyables et calculatrices\u2026 On pensait lire un roman sur la notion de responsabilité, sur le poids de la culpabilité puis voilà que dans les tiroirs des meubles de toutes les pièces, au détour des chapitres, se révèlent tout à coup, des corps de femmes mortes ou à l\u2019agonie.L\u2019une d\u2019elles parviendra à libérer la parole d\u2019une autre, mais elles n\u2019auront pas la satisfaction de se venger elles-mêmes.Comme le roman, le polar est un miroir de notre monde, reflet d\u2019une société où les cadavres féminins s\u2019empilent : tueries de nos sœurs autochtones, meurtres des ouvrières des maquiladoras à Ciudad Juárez au Mexique, féminicides dont on parle en France ces jours-ci (« elle le quitte, il la tue »), attentat antifé- ministe perpétré contre 14 femmes à Polytechnique dont on souligne les 30 ans, leurs ombres lumineuses braquées dans le ciel de Montréal pour ne rien oublier\u2026 Le polar ne peut pas aller plus vite que le monde qu\u2019il dépeint, mais il devra faire entrer un trait de lumière, quelques femmes vivantes, et déposer un peu de pouvoir entre leurs mains.Connelly l\u2019a osé récemment avec Renée Ballard, sa nouvelle enquêteuse.Comme au cinéma, il faudra peut- être penser un équivalent du test de Bechdel pour développer de nouveaux réflexes et entreprendre de mieux représenter celles qui ont libéré leur voix et veulent la faire entendre.Qui sait, assisterions-nous à un renouvellement intéressant des schèmes et des intrigues, molles ou pas, aux abords du cercle arctique, des pics rocheux sud- africains ou des plages californiennes.Luminothérapie C\u2019est une habitude qui me suit depuis le cégep ; comme d\u2019autres font des mots croisés, des sudokus ou jouent à Candy Crush, moi je dévore des polars.C\u2019est plus fort que moi, je lis bien autre chose aussi, mais je reviens toujours aux romans policiers.J\u2019en lis des énervants qui me donnent presque la fièvre (Deon Meyer et ses histoires «thrillantes» dans les bas- fonds du Cap en Afrique du Sud), j\u2019en lis des très noirs où l\u2019on s\u2019enfarge sur des cadavres aux sourires cyniques fendus jusqu\u2019aux oreilles à l\u2019aide d\u2019un objet tranchant (bonjour, M.Connelly), je reviens de temps en temps aux récits misanthropes et magnétiques de Patricia Highsmith \u2014 celle qui m\u2019a fait aimer le genre.Cet automne, j\u2019en lis aussi des mous, dans la veine du « cosy mystery », où le meurtre, à défaut d\u2019être « confortable », devient plus acceptable et cathartique pour le lecteur.Moins de violence, d\u2019effusion de sang, de sexe et d\u2019amoralité : moins de cauchemars pour ceux et celles qui lisent avant d\u2019aller au lit.Actuellement dans le top 10 des meilleures ventes en France, l\u2019Islandais Ragnar Jónasson, inconnu en 2016, a su s\u2019imposer dans le polar soft en quelques romans : Snjór (neige), Mörk (frontière), Nátt (nuit) et Sótt (fièvre).Né en 1976, cet adorateur d\u2019Agatha Christie \u2014 il a traduit 14 de ses romans \u2014, avocat et professeur de droit à l\u2019Université de Reykjavik, met en scène Siglufjörður, minuscule village de pêcheurs de harengs au nord de l\u2019Islande, entre mer, montagne et fjord, où l\u2019air arctique est vivifiant, mais la crise de claustrophobie jamais loin.En été, la nuit lumineuse brûle le sommeil par les deux bouts alors qu\u2019en hiver, le froid et la nuit font un et se déposent sur le village et ses habitants comme un édredon duveteux se muant en une étouffante chape de plomb.Au petit poste de police du village, Ari Thór, jeune enquêteur pas du coin, entame sa carrière après de brèves études en théologie.Raide, sec, jaloux maladif, mangeant du poisson cru pour se faire plaisir, il n\u2019est pas attachant, et son point de vue se perd dans une multitude de perspectives.Jónasson n\u2019est pas un écrivain de l\u2019ellipse haletante, de la chute coup-de-poing, ni un maître de l\u2019anticipation.Il multiplie les points de vue jusqu\u2019à nous étourdir, et c\u2019est ainsi qu\u2019il nous sème, tricotant lentement la laine de mouton islandais.MARIE HÉLÈNE POITRAS dans le bouquin de Nabokov.Mais la relation de la fillette au bourreau est tout sauf simple (« Hum n\u2019est pas un vrai méchant, je veux dire, pas comme dans les films.»).On cherche de ce fait ce qu\u2019il y a dans le Journal de L.que l\u2019on ne retrouve pas dans Lolita.La réponse, assez évidente, devrait être : la voix de Dolores Haze.Mais voilà : comment retrouve-t-on la voix d\u2019une construction fantasmagorique \u2014 qui plus est d\u2019une construction qui est le fruit de la pensée d\u2019un dégénéré ?Le livre, délibérément bourré de « fautes de style, de goût ou [\u2026] [faisant preuve d\u2019un] manque cruel de syntaxe ou de vocabulaire », ne nous le montre qu\u2019à moitié, se révélant enchaîné au texte de Nabokov, dont la mécanique perverse coince l\u2019entreprise.En croyant digérer le personnage, Tison s\u2019empoisonne, se pique au fuseau de la littérature, le même qui provoque le vertigineux constat de Cormac McCarthy qui sert d\u2019épigraphe au Journal : « The ugly fact is books are made out of books » [l\u2019affreux fait, c\u2019est que les livres sont faits de livres].Fait réel Avec Lolita, la véritable histoire (2019), Sarah Weinman poursuit quant à elle les travaux de quelques prédécesseurs, notamment le journaliste Peter Welding et l\u2019historien de la littérature russe Alexander Dolinin, qui ont tous deux noté un élément flagrant dans le récit de Nabokov, lequel tient en une petite phrase, dont la plupart des lecteurs semblent avoir oublié l\u2019existence : « N\u2019avais-je pas fait par hasard à Dolly ce que Frank La Salle, un garagiste quinquagénaire, avait fait en 1948 à une fillette de onze ans, Sally Horner ?» Cette « histoire ridicule », dans les mots de Humbert, est celle d\u2019une jeune fille de 11 ans qui fut kidnappée et violée durant deux ans.Pour Wein- man : « Ce que Humbert Humbert a fait à Dolores Haze est en fait exactement ce que Frank La Salle a fait en 1948 à Sally Horner.» En espérant démontrer qu\u2019il s\u2019est « avéré que la structure narrative de ce roman est davantage ancrée sur le déroulement d\u2019un crime authentique que Nabokov n\u2019a jamais voulu admettre », Wein- man ramène Lolita dans le réel\u2026 pour le meilleur et pour le pire.Aussi maniaque que le livre de Nabokov dans sa minutie, la recherche de Sarah Weinman, fruit d\u2019un travail de quatre ans, est un exemple édifiant de journalisme d\u2019enquête.Rarement, néanmoins, aura-t-on autant sorti la littérature d\u2019elle-même.Et là réside le danger de son approche, à la fois pour le mythe du génie créateur (ce qui est une bonne chose), mais aussi pour la nature inachevée et insaisissable de la littérature (une moins bonne chose).Si Christophe Tison a utilisé le matériau littéraire pour tenter d\u2019aller plus loin et restituer un semblant de parole à Lolita, l\u2019exercice de Wein- man vise un objectif inverse : mettre en avant la réalité.Mais en remettant sous le nez de Nabokov certains faits dont il a toujours nié l\u2019importance, Weinman utilise elle-même la littérature, en empruntant les codes du true crime dans ce qu\u2019il a de meilleur\u2026 et de pire.Ce que révèle cette enquête, de manière détournée, c\u2019est que durant les instants où Nabokov s\u2019amusait avec ses papillons imaginaires, une petite fille souffrait réellement.Ce moment est celui où le lecteur doit faire un choix, perversement déchiré par un discours schizoïde : d\u2019un côté, on sait pertinemment que Nabokov a utilisé plusieurs faits réels pour faire avancer son récit qui stagnait depuis des années ; de l\u2019autre, on sait aussi que celui-ci ne table pas sur l\u2019exploitation en soi (mais bien sur l\u2019obsession morbide) comme ressort narratif.Aux crimes répugnants de Frank La Salle, on ne pourra jamais évidemment opposer celui de fixer le sens d\u2019une œuvre littéraire en la relayant à la réalité.La confession écrite par Humbert Humbert est au détriment de Lolita, on le comprend facilement.Mais ce que le livre de Weinman glisse dans son enquête, c\u2019est que cette confession est au profit de Nabokov, et ce faisant, au profit d\u2019Humbert Humbert (« A est à B ce que B est à C », comme disait l\u2019autre).C\u2019est un peu ce que l\u2019écrivaine et critique Nelly Kaprièlian expliquait récemment, sur France Inter, en soulignant le « procès insidieux » intenté à Nabokov.Comme si l\u2019écriture de ce dernier était tellement élégante qu\u2019elle avait caché la vérité, la sordidité des actes, alors que ce n\u2019était pas du tout le propos.À ce titre, dans son journal, Vera Nabokov (qui voyait en Dolores Haze un personnage remarquable) constatait de manière troublante à quel point la réception du roman constituait un signe que la culture américaine allait corrompre le sens de celui-ci et passer à côté de la vision nabokovienne.C\u2019est paradoxalement ce que Sarah Weinman a réussi à prouver, tout en rappelant d\u2019un autre côté le drame oublié de Sally Horner.Quel salaud, tout de même, que ce chasseur de papillons\u2026 Journal de L.(1947-1952) Christophe Tison, La Goutte d\u2019or, Paris, 2019, 300 pages Lolita, la véritable histoire L\u2019affaire qui a inspiré le chef-d\u2019œuvre de Nabokov Sarah Weinman, Seuil, Paris, 2019, 316 pages LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 29 Lire L a lectur e en c adeau CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Quand il ne raconte pas les histoires tordues d\u2019un bourlingueur éborgné (McCash), Caryl Férey semble carburer aux pays déchirés par les luttes fratricides.Comme s\u2019il trouvait là un terreau fertile, défini par les tensions extrêmes et l\u2019horreur à répétition qui caractérisent les guerres civiles.Après avoir situé l\u2019action de ses romans en Afrique du Sud (Zulu), en Argentine (Mapuche) et au Chili (Condor), voilà donc qu\u2019il plante son nouveau récit en Colombie.Plus précisément au moment où les FARC ont déposé les armes et que s\u2019amorce la réconciliation nationale.Vases à fleurs et autres horreurs Tout se construit d\u2019abord autour d\u2019un personnage étrange : Lautaro Ba- gader, chef de la police de Bogotá.Bagader est un dur ; il a combattu les guérilleros et les narcotrafiquants qui finançaient leurs opérations.Sa famille est proche du pouvoir et son père, le Procureur général, joue un rôle-clé dans les négociations devant mener aux premières élections libres depuis plus de 50 ans.À l\u2019heure où s\u2019amorcent les discussions, Bagader est en agréable compagnie lorsqu\u2019un coup de fil le rappelle à la réalité.Arrivé sur les chapeaux de roues près d\u2019un parc du centre-ville, l\u2019ancien membre des forces spéciales se retrouve devant une scène de crime abominable : un « vase à fleurs » \u2014 un tronc humain éviscéré dans lequel les quatre membres de la victime sont fichés.Au-delà de l\u2019horreur, cette « installation » fait directement référence à la guerre civile, plus précisément à la période dite La Violencia.Le cadavre est un acte de provocation.Mais on apprend bien vite que ce type d\u2019horreur est redevenue monnaie courante dans tout le pays et que la police arrive de moins en moins à cacher la sanguinolente réalité qui peut compromettre le processus de paix.Depuis l\u2019amorce des négociations, les « vases à fleurs » et autres horreurs se multiplient ; Bagader doit mener la lutte partout en même temps contre ceux qui refusent de déposer les armes.Comme si la situation n\u2019était pas déjà complexe, une deuxième trame se mêle au récit : celle du frère disparu de Bagader, Angel, enlevé par les rebelles 15 ans plus tôt et qui, lui, est à la recherche de sa fille, prisonnière des guérilleros.Leurs quêtes parallèles se rejoindront dans la jungle alors que les deux frères découvriront l\u2019ampleur du complot.Et, pour Lautaro du moins, celui qui se cachait derrière l\u2019horreur.Rajoutez à tout cela une ou deux histoires-d\u2019amour-auxquelles-on-veut- bien-croire-mais\u2026 Rajoutez aussi une véritable formation accélérée sur la Colombie et les conflits qui la déchirent depuis presque un siècle, le tout porté par une écriture parfois lumineuse, parfois gore mais toujours sans compromis, directe, fascinante.Lire du Caryl Férey, ce n\u2019est pas de tout repos, mais les choses qu\u2019il a à dire, et la façon dont il les dit, sont essentielles.Paz 1/2 Caryl Férey, Gallimard \u2013 Série Noire, Paris, 2019, 536 pages Après avoir situé l\u2019action de ses romans en Afrique du Sud, en Argentine et au Chili, voilà donc que Caryl Férey plante son nouveau récit en Colombie.ELLIOTT VERDIER AGENCE FRANCE-PRESSE CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR En 1516, Thomas More, alors homme politique au service du roi Henri VIII, écrit Utopia, ouvrage dans lequel il fait le portrait d\u2019une société égalitaire, idéalisée, exempte d\u2019or, tout le contraire de l\u2019Angleterre et des régimes absolutistes qui pullulent en Occident à cette époque.Le graphiste français Simon Bailly reprend le titre original de More dans un album graphique tout juste paru aux Éditions L\u2019Agrume.Sans retracer les faits saillants de la vie de l\u2019homme politique, jouant de fiction et d\u2019idéal, Bailly privilégie dans Utopia tout le côté frondeur et libre de More.La bonne entente qui prévaut entre le roi et son protégé règne jusqu\u2019à ce que le monarque « commande à son écrivain un nouveau texte de loi.Il veut augmenter les taxes pour se construire un deuxième château ».Thomas rentre chez lui et rédige plutôt un édit satirique dans lequel il décrie les volontés du roi.Forcé à l\u2019exil, il voyage jusqu\u2019à Utopia, île « où les princes et les paysans dînent à la même table [\u2026] Où chacun travaille pour nourrir la bouche de l\u2019autre.Où l\u2019or et l\u2019argent n\u2019ont aucune valeur ».Le discours du monarque traverse le temps avec un désolant réalisme.Toujours d\u2019actualité quelque 400 ans plus tard, le fossé entre les puissants et les démunis participe encore de la fabrication du monde.Bien que le litige et le destin de More présentés dans l\u2019album relèvent de la fiction \u2014 l\u2019Histoire raconte plutôt que More sera décapité pour avoir refusé de reconnaître le divorce du roi et l\u2019indépendance de l\u2019Église d\u2019Angleterre \u2014, Bailly permet à tout le moins à ses lecteurs de découvrir et de mettre en question les régimes politiques totalitaires, les inégalités et de réfléchir à des solutions.Alternant entre la narration et les dialogues, le texte, relativement bref, plonge le lecteur dans l\u2019action, évite les descriptions, tout en offrant un portrait vif, riche et légèrement poétique de cette île rêvée.Jouer d\u2019humour et de clins d\u2019œil Si le texte permet au lecteur de prendre le pouls de la lutte menée pour l\u2019égalité, l\u2019illustration qui domine l\u2019album entretient une relation de complémentarité avec les mots et cligne de l\u2019œil au lecteur averti.Constitué essentiellement de doubles pages, l\u2019album offre des plans d\u2019ensemble sur le sujet et invite le lecteur à fouiller le décor, où pullulent en effet les détails.L\u2019humour de Bailly et les œillades lancées aux grands illustrateurs participent de cette dynamique.Rappelant parfois les lignes d\u2019Hergé, franches, pures, dans lesquelles se perçoit le mouvement, le style de l\u2019artiste nous donne à percevoir ou à imaginer ici le petit Milou, là le duo Dupont et Du- pond en gardes du roi.Astérix, Obé- lix, Idéfix et Assurancetourix apparaissent par ailleurs à la table d\u2019un des banquets organisés sur l\u2019île.Ce côté humoristique se double d\u2019une aura poétique perceptible notamment dans cette pluie d\u2019or lancée par les habitants d\u2019Utopia sur une flotte ennemie venue en conquérante.Alliant rigueur, histoire et humour, l\u2019album Utopia ouvre la voie à tous les possibles et surtout laisse place à une vision optimiste de l\u2019humanité.Sait-on jamais\u2026 Utopia 1/2 Simon Bailly, Éditions L\u2019Agrume, Paris, 2019, 88 pages Pour un monde meilleur Inspiré de l\u2019humaniste Thomas More, Simon Bailly livre un premier album en solitaire Constitué essentiellement de doubles pages, l\u2019album offre des plans d\u2019ensemble sur le sujet et invite le lecteur à fouiller le décor, où pullulent en effet les détails.SIMON BAILLY LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Lir e La paix du diable Une histoire terrible, sans espoir presque, sur fond d\u2019horreurs à répétition L a lecture en c adeau 30 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR À sa manière, le livre est monstrueux.Comme une bête à deux têtes, un bunyip, une méduse, un croquemitaine.Quelque chose qui avale le sujet et le lecteur.Avec son Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale, immense réservoir d\u2019anecdotes, de réflexions et de citations, le Français Charles Dantzig récidive et s\u2019offre un grand vide- poches qui risque de combler \u2014 et parfois même de choquer \u2014 tout amateur de littérature.Poète, romancier, essayiste, éditeur chez Grasset (où il s\u2019occupe notamment de Dany Laferrière), dandy sans complexes, cet érudit aux tendances un rien graphomanes nous avait déjà montré de quel bois il se chauffait avec son Dictionnaire égoïste de la littérature française (Grasset, 2005, prix Décembre).Le principe du dictionnaire « égoïste » façon Dantzig est sans ambiguïtés : l\u2019auteur n\u2019y parle que de ce qui l\u2019intéresse ou de ce qui le touche \u2014 que ce soit en bien ou en mal.On n\u2019y compte pas, par conséquent, les déclarations d\u2019amour, les déboulonnages de statues littéraires, les analyses express et les saillies trempées dans le vitriol.Mais à tout coup, ou presque, l\u2019écrivain de 58 ans met son sens de la formule affûté au service de la chose écrite.Parfois péremptoire, souvent admiratif, Dantzig embrasse l\u2019exercice avec une subjectivité parfaitement assumée \u2014 tout comme son homosexualité \u2014, et les lecteurs pourront avaler ce livre de 1246 pages du début (Aaa) à la fin (Zorro), ou bien y grappiller selon leur appétit.Œuvres, personnages, auteurs, concepts, listes un peu folles, Dantzig lit tout, a tout lu \u2014 plume à la main.Les notices nous promènent partout, entre les « librairies », la « fiction », le « point d\u2019exclamation », chez Tchekhov et les tombes d\u2019écrivains, en passant par Ovi- de et Obama, Lady Macbeth, les « livres où rien ne se passe » ou même Lolita de Nabokov, « un des best-sellers d\u2019écrivain littéraire les plus mal écrits qui soient ».Sur la Grèce ?« Quand on va en Grèce, on se dit que la Grèce n\u2019est plus la Grèce et ça n\u2019a aucune importance.Mille ans de popes aux ongles noirs n\u2019ont pas effacé Eschyle, Apelle, Socrate.» Lucide, Dantzig devine que même en 2019, dans le monde entier, « Staline a plus d\u2019admirateurs que Mandelstam de lecteurs ».En parlant des « Ayants droit », il nous rappelle que « les plus grands ennemis des écrivains morts sont leurs familles ».La bouffonnerie ?« Une bouffonnerie et un moyen de ne pas aborder un sujet qui gêne.Gombrowicz en a été le stéréotype après Céline.Gombrowicz bouffonne sur les homosexuels pour cacher sa honte d\u2019en être un, Céline bouffonne sur la guerre pour faire croire qu\u2019il plaisantait lorsqu\u2019il demandait l\u2019extermination des Juifs.» Ce fou de littérature va même jusqu\u2019à évoquer le chanteur Pete Doher- ty, qu\u2019il voit comme « le continuateur de Jules Laforgue au XXIe siècle ».Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale 1/2 Charles Dantzig, Grasset, Paris, 2019, 1246 pages L\u2019esprit encyclopédique de Charles Dantzig L\u2019écrivain récidive avec un monumental Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale Le principe du dictionnaire « égoïste » façon Dantzig est sans ambiguïtés : l\u2019auteur n\u2019y parle que de ce qui l\u2019intéresse ou de ce qui le touche \u2014 que ce soit en bien ou en mal.JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE offre toutes ses félicitations à GILLES JOBIDON, lauréat du Prix des cinq continents 2019.© L é o P a g e t PRIX DES CINQ CONTINENTS DE LA FRANCOPHONIE 2019 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Lire LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Vue de Montréal, Toronto apparaît souvent comme une métropole « ennuyeuse, grise et trop sage ».Ces mots reflètent un préjugé tenace que l\u2019animateur québécois Jean-Michel Dufaux rappelle avant de le dissiper dans son guide 300 raisons d\u2019aimer Toronto.Si New York incarne le melting- pot assimilateur états-unien, dans le multiculturel Toronto, en changeant de quartier, on change de pays.Par rapport à Montréal et à Québec, à New York et à Boston, Toronto est une ville récente que l\u2019histoire n\u2019a pas encore ralentie.L\u2019idée québécoise de convergence culturelle semble impossible dans cette mosaïque de nations où le rêve de l\u2019harmonie n\u2019est cependant pas exclu.Dufaux y voit une ville « ouverte », « inclusive », « à construire », où, avoue-t-il, il a « toujours eu l\u2019impression qu\u2019on pouvait se réinventer ».Il résume : « La ville de tous les possibles.» Son guide, maniable, doté de plans, regorge de photos en couleurs.Il évoque les facettes de l\u2019étonnante évolution des lieux, qui firent d\u2019abord partie, aussi incroyable que cela paraisse, de la Nouvelle-France ! Au fort Rouillé, poste de traite des fourrures avec les Amérindiens, construit par les Français en 1750, succède la petite ville de York qui, fondée en 1793, après la Conquête, par les Britanniques, devient en 1796 la capitale du Haut-Canada (le futur Ontario).Lorsqu\u2019éclate en 1812 la guerre nord-américaine entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, York ne compte que 700 habitants.À partir de 1834, la ville s\u2019appellera Toronto, nom dérivé d\u2019un mot iroquois qui signifie « là où il y a des arbres dans l\u2019eau », en référence aux grilles à poisson employées pour la pêche.Toronto a longtemps eu la réputation d\u2019être rigoriste à cause de ses origines anglo-protestantes.Dufaux montre à quel point la ville est aujourd\u2019hui cosmopolite et ultramoderne.Même Kensington Market, quartier ancien, est devenu, selon Dufaux, très multi- culturel et accueille « une communauté bigarrée, bohème et artistique ».Se trouvent dans la ville des œuvres importantes de grands architectes contemporains, I.M.Pei, Mies van der Rohe, Frank Gehry.Dufaux attire notre attention sur les lignes futuristes de la Faculté de pharmacie Lesly Dan de l\u2019Université de Toronto.Elles ne sont pas si loin de la fameuse Yonge Street qui, d\u2019aspect plus conventionnel, traverse la métropole et a la réputation d\u2019être « la plus longue rue au monde ».Au centre-ville, à l\u2019ombre de la vertigineuse Tour CN et de la puissance commerciale et financière de Toronto qui a supplanté Montréal comme métropole du Canada, se trouve le cœur du prestigieux TIFF, le festival du cinéma de Toronto.Le cosmopolitisme joue parfois des tours à Toronto.En honorant par une promenade la grande urbaniste américaine Jane Jacobs (1916-2006), la Ville, encore un peu conservatrice, semblait oublier que l\u2019intellectuelle favorisait l\u2019indépendance du Québec\u2026 300 raisons d\u2019aimer Toronto Jean-Michel Dufaux, Éditions de l\u2019Homme, Montréal, 2019, 288 pages Jean-Michel Dufaux voit en Toronto une ville « ouverte », « inclusive », « à construire », où, avoue-t-il, il a « toujours eu l\u2019impression qu\u2019on pouvait se réinventer ».MARK BLINCH LA PRESSE CANADIENNE Des yeux d\u2019azur, une gueule d\u2019ange, une aura de mystère : voilà en quelques mots Alain Delon.Icône du cinéma français adulée par les uns pour ses rôles mémorables chez Clément (Les félins), Visconti (Le guépard) et Melville (Le samouraï), conspuée par les autres pour ses idées d\u2019extrême droite, l\u2019homme s\u2019exprimant à la troisième personne ne laisse personne indifférent.Après s\u2019être plongée dans les filmographies de Romy Schneider, qui fut le premier grand amour de Delon et sa partenaire dans La piscine, et de Catherine Deneuve, avec qui il partagea l\u2019écran dans Un flic, Isabelle Giorda- no se penche sur les 80 films de l\u2019acteur, producteur et réalisateur qui recevait en mai, malgré la controverse, une Palme d\u2019honneur à Cannes.D\u2019une plume soignée, avec un habile mélange de tact, de respect et d\u2019admiration, l\u2019autrice trace un portrait nuancé d\u2019un loup solitaire qui avait du flair pour choisir ses rôles, parvenant presque à le rendre aimable, sans omettre pour autant sa fin de carrière pas toujours reluisante.Manon Dumais Alain Delon.Film par film Isabelle Giordano, Gallimard, Paris, 2019, 240 pages CINÉMA FRANÇAIS Sur la couverture jaune Kill Bill, il est inscrit en lettres de sang la mention « Non officiel et non autorisé ».Belle façon d\u2019appâter le lecteur friand de potins scabreux\u2026 ou désirant en savoir davantage sur ce qui se tramait chez Miramax, boîte de production des frères Weinstein.Ou, encore, croyant que l\u2019auteur allait lever le voile sur la relation toxique entre Quentin Tarantino et Uma Thurman sur le plateau de Kill Bll vol.2.Que nenni ! À peine le critique de cinéma anglais Ian Nathan mentionne-t-il Harvey Weinstein, qu\u2019il surnomme le « méchant frère », et pas un mot sur le comportement abusif du surdoué cinéaste.Tout au plus survole-t-il sagement sa carrière en soulignant les difficultés rencontrées à ses débuts, mentionnant à la volée ses thèmes récurrents, analysant sommairement ses personnages et résumant longuement ses films.En résulte un bel objet aux photos bizarrement sélectionnées qui n\u2019apprendra pas grand-chose aux admirateurs de l\u2019enfant terrible du cinéma américain.Manon Dumais Quentin Tarantino La filmographie intégrale du réalisateur culte Ian Nathan, Gallimard, Paris, 2019, 175 pages CINÉMA AMÉRICAIN Le Britannique Dean Stockton, alias D*Face, est l\u2019un des artistes de rue les plus en vogue \u2014 ce qui se traduit par des murales de 40 mètres de haut, des collaborations avec Christina Aguilera et Blink-182 et près de 230 000 abonnés Instagram.Mauvais élève reconverti au design graphique, Stockton est aussi le produit des sous-cultures du skateboard, du punk rock et du hip-hop.À cela s\u2019ajoute une influence pop art (Roy Lichtenstein) aussi subtile qu\u2019un comédien en automobile sur une piste cyclable.Très tôt lié à Shepard Fairey (l\u2019homme derrière les campagnes Obey Giant), D*Face s\u2019est fait un nom grâce à sa pratique renvoyant à la formule de Rocky Balboa : « Mon ring, c\u2019est la rue.» N\u2019empêche que, parfois, on finit par entrer au musée et même s\u2019étendre entre deux couvertures, question de bien « structurer l\u2019histoire de l\u2019art », comme le rappelait la revue Perspective dans un numéro spécial portant sur la monographie d\u2019artiste.Deuxième ouvrage du genre consacré au créateur londonien, D*Face.La monographie est le fruit d\u2019une collaboration entre les Éditions Albin Michel et la galerie Itinerrance \u2014 haut lieu de l\u2019art urbain parisien.Préfacé par Shepard Fairey et offert dans un coffret transparent sérigraphié à l\u2019image de deux murales réalisées en 2018 et en 2019, ce livre bilingue du « roi des stickers » ambitionne de faire découvrir les nouvelles créations de l\u2019homme, tout en montrant les coulisses de celles-ci.Pari réussi : le bro art de D*Face impressionne par son format, capte l\u2019œil grâce à des références populaires et n\u2019offre comme questionnement que des aspects techniques (comment êtes-vous monté si haut ?aviez-vous le vertige ?).On ne saurait dire si c\u2019est le commencement d\u2019une sensibilité ou bien la fin d\u2019une autre.Un bel objet qui accompagnera un appartement décoré d\u2019affiches de Pulp Fiction, des Beatles et de Picasso.Ralph Elawani D*Face La monographie 1/2 Dean Stockton, Albin Michel, Paris, 2019, 240 pages Lir e 32 Toronto, ville réinventée Le journaliste Jean-Michel Dufaux dresse un portrait enthousiaste de la métropole du Canada Oh, c\u2019est haut\u2026 Dean Stockton, alias D*Face, dévoile les coulisses de son art L a lecture en c adeau LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 33 Lire L a lectur e en c adeau Lors de son passage à l\u2019émission Tout le monde en parle le 24 novembre dernier, le romancier américain Bret Easton Ellis s\u2019étonnait qu\u2019on lui pose des questions sur Donald Trump.« Pourquoi vous intéressez- vous à cet homme ?» semblait sous-entendre l\u2019écrivain controversé.Critique de l\u2019hystérie engendrée par l\u2019élection de Trump, Bret Eas- ton Ellis n\u2019est pas un partisan de l\u2019olibrius, mais il déplore le vent de panique entretenu par les adversaires de ce dernier.Il s\u2019étonne donc encore plus de retrouver cet affolement à l\u2019extérieur des États-Unis.Il y a, selon lui, mieux à faire que de s\u2019occuper de ce gars.Dans une perspective québécoise, je lui donne en partie raison.On peut considérer, en effet, que la fascination qu\u2019exerce la figure de Trump sur nous s\u2019explique par une attitude de colonisés.On suit la politique américaine parce qu\u2019on la trouve plus spectaculaire et plus intéressante que la nôtre, comme on écoute plus de films américains que de films québécois pour les mêmes raisons.Trump, évidemment, par sa personnalité, exacerbe le phénomène.Bien des Québécois en savent plus sur lui et sur ses frasques que sur Trudeau et Legault.La politique- spectacle atteint des sommets d\u2019insignifiance quand les citoyens d\u2019un pays choisissent de suivre le spectacle d\u2019un pays étranger sur lequel ils n\u2019ont aucune prise.Il y a toutefois une contrepartie à cette argumentation.On ne peut pas, en effet, vivre à côté d\u2019un éléphant sans se préoccuper de ses mouvements.Que cela nous plaise ou non, l\u2019influence américaine sur le monde, sur le Canada et sur le Québec est forte.Aussi, connaître la nature de la bête peut être considéré comme un devoir de citoyen.L\u2019économie québécoise, par exemple, n\u2019est pas à l\u2019abri des décisions intempestives du président américain, et on sait, de plus, que les tendances populaires au sud de notre frontière, en tous domaines, ne tardent jamais à pointer leur nez ici.Dans ces conditions, il n\u2019est pas mauvais de savoir à quoi s\u2019en tenir.Des affaires et du cinéma L\u2019émission radiophonique Aujourd\u2019hui l\u2019histoire, diffusée sur ICI Première et animée par l\u2019excellent Jacques Beauchamp, fait souvent œuvre utile en ce sens.Modèle de vulgarisation historique vivante, cette émission, agréable et instructive, traite de sujets québécois et étrangers.Les Éditions du Septentrion ont eu la bonne idée de lui consacrer une nouvelle collection dont les deux premiers titres portent justement sur des thèmes états-uniens.Dans Les grandes affaires politiques américaines, la politologue Ka- rine Prémont présente avec clarté et vigueur huit événements qui ont marqué l\u2019histoire récente du pays.Son style allie la précision factuelle à la fluidité narrative.Lire ses textes est aussi agréable et captivant que regarder une télésérie historique, avec, en prime, le sceau de la rigueur.En une vingtaine de pages, chaque fois, Prémont transforme en récits très éclairants des dossiers complexes, comme les Pentagon Papers, le Watergate, le scandale Iran- Contra ainsi que les affaires Anita Hill et Monica Lewinsky.Dans ses textes sur les assassinats des frères John F.et Robert F.Kennedy, elle fait ressortir le caractère légendaire de la politique américaine.Bien des gens, note-t-elle, affirment avoir vu l\u2019assassinat du président Kennedy, en 1963, en direct à la télévision.Or, les images n\u2019ont été télédiffusées que douze ans plus tard ! En 1964, ajoute-t-elle, 64 % des Américains disaient avoir voté pour Kennedy, « alors qu\u2019il avait été élu par une très faible marge en 1960 ».La mémoire, on le constate une fois de plus, n\u2019est pas l\u2019histoire.Dans Le cinéma américain, la critique Helen Faradji se penche sur certains films cultes \u2014 Citizen Kane, Le Parrain, La guerre des étoiles, Indiana Jones \u2014 et sur certaines grandes figures \u2014 Fred Astaire, Marilyn Monroe, les frères Coen et Tarantino.Bien que je n\u2019aime presque aucun des films dont elle parle, à part Fargo, peut-être, et encore, j\u2019ai néanmoins dévoré ce petit livre.Docteure en cinéma, Faradji maîtrise son sujet \u2014 ses considérations techniques sur les films sont passionnantes \u2014, a le sens de l\u2019image \u2014 « le style de Fred Astaire, c\u2019est un peu comme celui de Roger Federer au tennis : une impression d\u2019élégance et de facilité », écrit-elle \u2014 et du récit explicatif.Même quand elle défend le cinéma de Tarantino, que je trouve vulgaire et insignifiant, Faradji parvient à m\u2019intéresser, ce qui est un exploit.Je continue de croire, comme l\u2019ex-critique Paul Toutant, que ce cinéaste « n\u2019a pas grand-chose à dire, à part pow pow boum boum », mais ce qu\u2019en dit Faradji me fait réfléchir.On peut penser, comme moi, qu\u2019il y a trop de films américains au Québec \u2014 une part de marché d\u2019environ 80 %, bon an, mal an \u2014 et qu\u2019il y a trop de Trump.Ce n\u2019est pas une raison pour ne pas s\u2019y intéresser intelligemment.Histoires américaines LOUIS CORNELLIER CRITIQUE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le projet d\u2019un Quartier des spectacles au centre-ville de Montréal a été lancé en 2002.Les investissements dans les infrastructures culturelles du secteur dépassent déjà le demi-milliard, dont la moitié pour la seule salle de l\u2019OSM.La place des Festivals trône au centre avec ses qualités et ses défauts.Elle sert bien l\u2019objectif d\u2019accueillir les grands rendez-vous festifs.Elle ne charme pas particulièrement, avec ses lampadaires aéroportuaires et le manque flagrant de verdure dans cette mer minérale où la voiture est encore reine.La piste cyclable sur pavés a été conçue par quelqu\u2019un qui n\u2019a pas beaucoup pédalé.On attend toujours l\u2019œuvre d\u2019art publique majeure promise au centre du développement.Et pourquoi diable avoir construit la Maison symphonique sans audace (pour la coquille) dans ce recoin ?Est-ce le modèle à suivre ?Franchement, non.Ou pas tout à fait.Voilà donc ce qui arrive quand on laisse des géants de l\u2019industrie privée du spectacle orienter l\u2019aménagement d\u2019un espace public.Cette erreur est urbaine et l\u2019on peut lui pardonner ses défauts, même majeurs.On les comprend encore mieux en lisant Bâtir et habiter de Richard Sennett, célèbre pour son ouvrage prémonitoire Les tyrannies de l\u2019intimité, écrit 40 ans avant le triomphe de Facebook, Instagram ou TikTok.L\u2019essai sur la ville complète une trilogie sur l\u2019homo faber commencée par Ce que fait la main (2010) et Ensemble (2014).Le sous-titre donne la clé de lecture du nouvel ouvrage touffu : « Pour une éthique de la ville ».Sennett déploie sur plus de 400 pages l\u2019idée centrale qu\u2019une agglomération urbaine ne se ramène pas seulement à ses rues et à ses bâtiments : elle témoigne aussi d\u2019une manière d\u2019être au monde, de vivre, de s\u2019y côtoyer.La ville est le lieu de l\u2019être humain et de l\u2019humanité.L\u2019analyse reprend d\u2019ailleurs une distinction de Jacques Le Goff entre la ville et la cité, la première désignant le bâti, la seconde étant synonyme d\u2019un style de vie, des sentiments propres aux habitants.« À New York, par exemple, les embouteillages dans les tunnels mal conçus font partie de la ville, alors que la course folle de l\u2019aube qui conduit tant de New- Yorkais vers ces tunnels fait partie de la cité », écrit l\u2019urbanisme américain, maintenant installé à Londres.Sennett montre comment, au XIXe siècle, les urbanistes ont tenté de réconcilier les deux notions.Frederick Law Olmsted (1822-1903), celui de Central Park à New York et du parc du Mont-Royal, a réussi à réunir la ville et la cité, à créer des espaces urbains qui soient encore des lieux d\u2019échange et de convivialité.Tout le contraire de ce que l\u2019on voit pousser partout, des villes-champignons des banlieues américaines ou québécoises aux mégalopoles chinoises où l\u2019on occupe l\u2019espace sans l\u2019habiter.Des villes sans cités éthiques, quoi.L\u2019analyse des deux pôles interreliés oscille sans cesse entre la théorie et la pratique.Sennett saoule par ses références tirées de la philosophie, de l\u2019histoire, de la littérature.En quelques pages, il peut citer Arendt, Balzac, Heidegger, Newton et Rilke.En même temps, il ne jargonne pas et il sait tirer mille et un exemples de sa pratique comme du vaste monde pour éclairer ses positions en faveur d\u2019une ville ouverte, comme on dit société ouverte.Richard Sennett souhaite l\u2019ouverture d\u2019esprit des habitants et l\u2019ouverture de la forme construite qu\u2019ils habitent pour favoriser la sociabilité, la rencontre de l\u2019autre, une éthique de la ville.Qui dit mieux ?Bâtir et habiter Pour une éthique de la ville Richard Sennett, Albin Michel, Paris, 2019, 407 pages Ce que la ville veut dire Richard Sennett sur la manière de bâtir et d\u2019habiter le monde Son Central Park et ses embouteillages dans les tunnels font le charme de New York.JOHN MOORE AGENCE FRANCE-PRESSE LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Lir e L a lecture en c adeau 34 Charles et Eva et à les pousser à un drôle de crime dont le chat du voisin sera la pauvre victime.« En achetant dans un écoquartier, on a l\u2019impression de se singulariser, analyse Julia Deck.Mais ça n\u2019existe plus, la singularité : toutes les tendances par lesquelles on essaie de se distinguer sont rapidement récupérées et perverties par les promoteurs de nos jours, et répliquées à grande échelle en se prétendant authentiques.Je pense que non seulement on y perd la singularité des villes, mais que, par extension, on y abandonne la singularité des individus.» Banlieue et vivre-ensemble Dans l\u2019imaginaire français, rares sont les représentations de la banlieue qui dérogent de l\u2019image violente des quartiers défavorisés de la couronne parisienne qui ont été mis à feu et à sang en 2005.Or, l\u2019étalement urbain a aussi engendré en France l\u2019apparition de banlieues cossues ou de quartiers très excentrés où vit paisiblement la classe moyenne dans un mouvement d\u2019embourgeoisement galopant, comme à Sainte-Julie ou à Charlesbourg.Ce sont eux que Julia Deck met en scène, grossissant le trait sur les nouvelles volontés de vivre-en- semble de cette classe sociale qui rêve de toits verts et de retour à la terre.« C\u2019est à la fois un microcosme de vie rurale et une reproduction de tout ce qui n\u2019avait pas fonctionné dans l\u2019idéal hippie de la vie en commune dans les années 1970, précise l\u2019autri- ce.C\u2019est fascinant de constater que ce genre de communautés fait un retour, sous d\u2019autres appellations, dans différentes formes de communautarisme bobo.Il s\u2019agit de rester entre nous, sur des territoires embourgeoisés et en apparence pacifiés, au cœur ou autour des grandes villes.Ça me rend dingue, surtout parce que ce retour à la communauté se fait de façon technocratique, avec un habillage marketing, sous l\u2019appellation du \u201cvivre-ensemble\u201d et du \u201cdéveloppement durable\u201d.Un vocabulaire imposé d\u2019en haut, souvent dénué de sens, mais que, étrangement, les gens s\u2019approprient vraiment, sans les remettre en question.» Pour Eva, Charles et leurs voisins, cet idéal va vite crouler sous un amoncellement d\u2019hypocrisie, d\u2019adultères, de commérages et de jalousie.« Quand vous placez des êtres humains sous l\u2019injonction être heureux ensemble 24 heures sur 24, ça va nécessairement craqueler.Les résidents de mon écoquartier imaginaire sentent le devoir de montrer qu\u2019ils sont heureux dans le paradis artificiel qu\u2019ils se sont créé.Mais comme tout est transparent dans cet environnement, il sera impossible de masquer ou de contenir le moment où ça explose.» À partir de là, Julia Deck s\u2019amuse avec les codes du roman policier, diffusant une sourde ambiance de criminalité et de suspicion généralisée.Dérivant de ces codes et les traficotant subrepticement, elle construit une intrigue ciselée et jongle avec de plus en plus de suspense et de retournements de situation.Avec Julia Deck, la narration est toujours très tendue.Propriété privée, le roman en forme de comédie sociale écologiste Le fantasme d\u2019une vie vertueuse dans un écoquartier sophistiqué tourne au cauchemar dans le roman de Julia Deck Propriété privée Julia Deck, Éditions de Minuit, Paris, 2019, 347 pages « Quand vous placez des êtres humains sous l\u2019injonction d\u2019être heureux ensemble 24 heures sur 24, ça va nécessairement craqueler », dit l\u2019écrivaine française.JEAN LUC BERTINI ENTREVUE PHILIPPE COUTURE COLLABORATEUR LE DEVOIR À PARIS e nos jours, nous rêvons tous de panneaux solaires, de matériaux durables, d\u2019intérieurs mini- malistes et de jardins peuplés d\u2019arbres bourgeonnants.Dans Propriété privée, quatrième roman incisif et ciselé, l\u2019écrivaine française Julia Deck s\u2019inspire de cette nouvelle passion de l\u2019immobilier durable pour imaginer la dégringolade sociale et intime d\u2019un couple de bobos parisiens dont les illusions et le conformisme mèneront à sa perte.Entre comédie sociale et suspense raffiné, ce roman expose l\u2019échec d\u2019une utopie écologiste et collectiviste, pointant subtilement les incapacités humaines à soigner la terre et à vivre harmonieusement les uns les autres.Jamais un mot ne dépasse dans cette œuvre à l\u2019écriture minimaliste et souvent purement factuelle, à l\u2019image de l\u2019idéal architectural fonctionnel embrassé par les protagonistes.« Je critique l\u2019obsession de l\u2019accès à la propriété, qui me semble être devenu le seul horizon pour beaucoup de gens, mais je suis tout à fait comme eux, adepte d\u2019un urbanisme efficace et de constructions architecturales en béton lisse, aux lignes pures et harmonieuses », résume Julia Deck dans un élan d\u2019autodérision.Elle se garde bien de juger ses personnages, Eva et Charles, qui forment un couple névrosé et décalé, à la fois totalement dysfonctionnel et paradoxalement complètement paisible.« J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019en France, depuis 10 ans, on ne parle plus que d\u2019immobilier, poursuit-elle.Dans les badinages du quotidien, tout de suite après la météo vient l\u2019immobilier.Il y a une frénésie d\u2019acheter.Mais parfois je m\u2019inquiète : ce rêve légitime d\u2019être chez soi dans sa maison est-il devenu le seul horizon possible ?Ne pouvons- nous que rêver d\u2019un intérieur et d\u2019un idéal domestique ?Ça soulève des questions problématiques sur notre incapacité à rêver d\u2019autre chose, à imaginer des projets de société, à cultiver de vraies utopies.Je le dis en essayant de ne pas sonner moralisatrice \u2014 ce sont des questions que je m\u2019adresse au fond à moi-même.» Avec ce rêve vient aussi un conformisme de plus en plus écrasant, qui finira par anéantir les ambitions de LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 35 Art s vi suels CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR La route demeure un motif de prédilection dans la création et le road trip un mode de captation encore emprunté par les artistes qui en renouvellent sans cesse la formule.La production de Marie-Christiane Mathieu s\u2019inscrit dans cette veine depuis 2012, alors que des raisons professionnelles et personnelles lui font régulièrement prendre la route, que ce soit entre Montréal et Québec, ou en direction de New York, mais aussi sur la 132 et la Transcanadienne.Ce mode de vie a carrément orienté la pratique de l\u2019artiste dans une nouvelle direction que permet de saisir l\u2019actuelle exposition, la première en solo à Montréal depuis 2011.Il est heureux de la retrouver.Mathieu a transformé un camion en atelier afin de concilier sa mobilité accrue avec la poursuite d\u2019une production artistique qui conserve de ses travaux antérieurs l\u2019attrait pour les dispositifs de vision et les phénomènes optiques.Elle a cependant en partie délaissé les outils numériques qu\u2019elle faisait siens auparavant au profit du plus simple appareil qu\u2019est le sténopé, aménagé à même le camion utilisé pour ses déplacements.C\u2019est avec cette chambre noire de fortune qu\u2019elle a produit les photos exposées, des vues de paysages aux abords des routes parcourues et de terrains de camping qui laissent deviner le voisinage de roulottes ou du géant américain de la grande distribution qui les accueille sur ses stationnements.Les kilomètres parcourus ont également permis de capter des ondes radio, des vidéos ainsi que d\u2019autres images, des données dépassant le présent corpus qui, lui, est ciblé autour de la traversée du Canada que l\u2019artiste a faite en duo avec l\u2019artiste Geneviève Gasse.Fascination Les tirages sont présentés dans une installation qui se déploie sur une surface de bois dont le format est à l\u2019image des panneaux publicitaires rencontrés sur la route.Plus qu\u2019un simple support d\u2019exposition, la paroi esquisse dans l\u2019espace une trajectoire, évocatrice de la route, qui structure aussi deux faces qui séparent, d\u2019un côté, les photos et, de l\u2019autre, des artefacts et des reliques témoignant du parcours et de son organisation quotidienne.Quelques vêtements et plusieurs cartes de campings ou de parcs esquissent par exemple le territoire de cette aventure à la finalité imprécise.Dos à dos, les faces de l\u2019installation reprennent la frontière séparant l\u2019habitacle du paysage, l\u2019intérieur depuis lequel la capture des traces fut sécrétée de l\u2019extérieur observé.Pris à l\u2019aveugle par le dispositif dont le caractère primitif est particulièrement révélé dans une des images présentées, les paysages n\u2019ont rien à voir avec l\u2019imagerie des territoires désormais ratissés par Google et les techniques de géolocalisation.Tout au contraire.Les procédés choisis pour rendre compte de l\u2019expérience de ce road trip insufflent un aspect artisanal qui, sans être nostalgique, redonne au voyage et à la production d\u2019images leur pouvoir de fascination d\u2019antan, laissé quasi intact malgré les bouleversements connus, en matière principalement de technologies.Malgré cette impression d\u2019être ancrée dans un autre âge technologique, l\u2019exposition fait entendre les tensions de mondes et de générations distincts qui se rencontrent.En partie autobiographique, ce road trip mène à des récits pluriels qui embrouillent finalement les pistes.Aux photos et aux artefacts présentés s\u2019ajoute un livre d\u2019artiste qui intègre un texte de fiction de Simon Harel, autre complice.Son personnage masculin chérit les bootlegs sur cassette des Grateful Dead, alors qu\u2019il est convoyé avec d\u2019autres ouvriers vers les mines pour y travailler.Les sites industriels sont comme la bande magnétique, en voie d\u2019être supplantés, épuisés, faute d\u2019être soignés.Tout en réactivant le mythe du road trip, cette expo fait donc la critique fascinée des transformations profondes qui façonnent nos rapports au paysage, dans les loisirs comme le travail.C U L T U R E Dans les arcanes du road trip Depuis 2012, Marie-Christiane Mathieu fait du camion son atelier Toujours plus à l\u2019ouest De Marie- Christiane Mathieu, avec la collaboration de Geneviève Gasse et Simon Harel.À la Maison de la culture du Plateau- Mont-Royal, 465, avenue du Mont-Royal Est, jusqu\u2019au 8 décembre.Vues de l'exposition Toujours plus à l'ouest MARIE-CHRISTIANE MATHIEU LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 36 L Word Generation Q Dimanche, Showtime et Crave, à 22 h mourir l\u2019une de ses héroïnes.Dana Fairbanks, la joueuse de tennis un peu gaffeuse adorée, s\u2019éteignait durant la troisième saison, laissant un vide cuisant dans ce groupe formé de femmes fortes.Parmi celles-ci, on trouvait Shane, une rockeuse incarnée par Kate Moennig, dont la coiffure est devenue aussi iconique que celle de Jennifer « Rachel » Aniston dans Friends.C\u2019est du reste entre amis que Chloé Robichaud prévoit de regarder le retour de la série culte, rebaptisée L Word : Generation Q (pour queer).Car là où certains pourraient voir un univers extrêmement luxueux rempli de jolies maisons, d\u2019autres ont trouvé un refuge.« Quand je pense à L Word, je pense à moi, dans le sous-sol de mes parents, en train d\u2019écouter les épisodes en cachette, et d\u2019y trouver un peu d\u2019espoir.» Son espoir pour cette nouvelle mouture ?« Que ce soit un peu plus réaliste, un peu moins glamour.Ou, je dirais, rich and famous, riche et célèbre ?» confie la réalisatrice de Sarah préfère la course.Malheureusement, nous devons la décevoir.La première fois que l\u2019on revoit Shane dans Generation Q, elle descend d\u2019un jet privé.« Oh mon Dieu ! Est-ce qu\u2019elle a la même coupe de cheveux ?» Oui.Et elle a une scène d\u2019amour torride avec une hôtesse de l\u2019air dans une cuisine de luxe.Chloé Robichaud s\u2019esclaffe.« Plus ça change, plus c\u2019est pareil.» Un monde de différences Les changements au fil des premières saisons ont néanmoins été nombreux.Principalement en ce qui a trait à la protagoniste par laquelle on entrait dans cet univers, la naïve Jenny qui Génération L Word, génération Q Dix ans après sa conclusion, The L Word revient.Retour sur cette série LGBTQ+ culte, et parfois critiquée.Lorsque la série a commencé, le mariage gai n\u2019était pas encore légalisé au Canada GRAND ANGLE NATALIA WYSOCKA LE DEVOIR évolutionnaire, The L Word ?Arrivée en 2004 à Showtime et s\u2019étant étendue sur cinq saisons, la série a mis en avant un groupe de personnages de femmes lesbiennes à une époque où ces dernières étaient quasi inexistantes au petit écran\u2026 ou alors au second plan.Avec ses plans de West Hollywood remplis d\u2019argent et de sexe, cette dramatique a bousculé les codes, parlant des amours de ces femmes, de leurs déceptions.Et puis, une décennie avant que Game of Thrones n\u2019élimine Ned Stark, brisant ainsi le cœur de téléspectateurs outrés que le plus gentil, le préféré, soit ainsi froidement décapité (bye Ned !), The L Word avait créé un choc en faisant R Jennifer Beals (Bette Porter), Katherine Moennig (Shane McCutcheon) et Leisha Hailey (Alice Pieszeckie) dans Let\u2019s Do It Again HILARY BRONWYN GAYLE SHOWTIME LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture meilleures représentations de la diversité sexuelle, croit Thomas Leblanc.« À l\u2019époque, nous n\u2019avions ni l\u2019éducation, ni le langage, ni le vocabulaire pour nommer certaines choses, ajoute celui qui anime, en compagnie de l\u2019humoriste Tranna Wintour, le ba- lado consacré aux enjeux LGBTQ+ Chosen Family.« Aujourd\u2019hui, on exige une certaine perfection de la télé, que tout soit réussi.Mais on devrait avoir droit à l\u2019erreur.Et puis, il faut faire la nuance entre une représentation ratée et une représentation volontairement violente.» S\u2019il compte regarder Generation Q, c\u2019est surtout pour l\u2019un des scénaristes, Thomas Page McBee, dont il est fan.« Je trouve sa réflexion sur la masculinité et les identités transgen- res vraiment intéressante.» Pas juste de la télé Les premiers épisodes de Generation Q que nous avons pu voir abordent un peu ces enjeux grâce à la présence, entre autres, de l\u2019acteur trans Leo Sheng.La question du mouvement Time\u2019s Up est également soulignée dès les premières minutes.Et la crise des opioïdes est présente à travers une richissime famille fictive qui évoque celle, véridique, des Sackler, le clan derrière la décriée entreprise Purdue Pharma.« De nos jours, la télé souhaite plaire davantage à l\u2019avant-garde qu\u2019à la madame dans son salon en Ohio, croit Thomas Leblanc.On n\u2019est plus dans le couple d\u2019hommes gais qui adopte un enfant.On est dans quelque chose de super-spécifique.J\u2019ai hâte de voir s\u2019il sera question de politique américaine, d\u2019immigration.J\u2019ai plein de questions.» Pour Chloé Robichaud, The L Word version 2004 a en effet permis de répondre à plein de questions.« Ça faisait du bien, se souvient-elle.J\u2019étais à une étape charnière de mon identité.Ça me faisait peur, ce sentiment de différence.Cette série m\u2019a aidée dans mon cheminement.» Des années plus tard, elle-même a créé la superwebsérie Féminin / Féminin, en compagnie de la productrice Florence Gagnon.Son souhait ?Présenter des personnages LGBTQ+ sous un angle plus réaliste que The L Word.Car il faut dire que la sexualité aussi y était dépeinte de façon très glamour.« Il y avait beaucoup de conquêtes, beaucoup de tromperies.Je trouvais que ça avait l\u2019air un peu intense, lance-t-elle en riant.Je me demandais si ce serait nécessairement comme ça.Mais j\u2019étais capable de faire la part des choses et de voir le côté fiction.» C\u2019est d\u2019ailleurs ce que Thomas Leblanc a aimé dans The L Word : son côté soap, feuilleton.« C\u2019est important de montrer la détresse et les difficultés de la communauté.Mais c\u2019est le fun aussi de montrer la vie de personnages queer riches et heureux.Des gens pour qui ça roule.» C\u2019est juste de la télé ?Non.« C\u2019est un média qui peut contribuer au changement, répond Chloé Robichaud.Ce n\u2019est pas négligeable, la force des images.» abandonnait son gentil copain pour tomber dans les bras d\u2019une femme pour la première fois, à savoir l\u2019incandescente Marina.Puis, au fil des épisodes, Jenny perdait les pédales.Jusqu\u2019à sa mort (son meurtre ?), l\u2019un des fils narratifs les plus alambiqués et les plus décriés de la série.« Hein, quoi ?Attends\u2026 Jenny est morte ?! » lance Thomas Leblanc lorsque l\u2019on mentionne ce détail.Oups.Pardon pour le divulgâcheur livré avec une décennie de retard.C\u2019est que Thomas n\u2019a pas visionné la dernière saison.La quatrième non plus.Fidèle de la première heure, l\u2019humoriste-chroniqueur radiophonique s\u2019en est tenu aux trois premières saisons.Il a bien fait.Ce sont les meilleures.Après, les choses ont légèrement commencé à déraper.Surtout pour ladite Jenny, incarnée par l\u2019actrice canadienne Mia Kirshner.« J\u2019étais gai, mais j\u2019avais vraiment des sentiments pour elle », dit Thomas en souriant.La tangente meurtre et mystère prise dans la dernière saison a toutefois déplu.Même la créatrice, Ilene Chaiken, a dit regretter de l\u2019avoir prise.Ce que beaucoup ont déploré également, c\u2019est la représentation que faisait la série des personnes trans.La façon dont la bisexualité était dépeinte aussi.Choses que l\u2019équipe, menée cette fois par la trentenaire Marja-Lewis Ryan, semble vouloir rectifier avec Generation Q.Rappelons ici que, lorsque la série a commencé, le mariage gai n\u2019était pas encore légalisé au Canada.« La société évolue et la télé aussi, remarque Chloé Robichaud.Je pense qu\u2019elles peuvent apprendre de leurs\u2026 on va dire erreurs, mais je ne sais pas si c\u2019est le mot, pour faire mieux.» Et tant mieux : « Les choses ont tellement changé dans les quinze dernières années.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai 30 ans et je vois des jeunes filles vivre leur homosexualité beaucoup plus librement que moi à leur âge.Il y a un monde de différence.» Un monde qui s\u2019applique à offrir de Quand je pense à L Word, je pense à moi, dans le sous-sol de mes parents, en train d\u2019écouter les épisodes en cachette, et d\u2019y trouver un peu d\u2019espoir CHLOÉ ROBICHAUD » P h o t o d e C h r i s L e e Chanteurs européens, danseurs de salon et ballet 1er janvier \u2022 14 h 30 514.842.2112 \u2022 salutetovienna.com/montreal Produit par Attila Glatz Concert Productions , chef d\u2019orchestre (Vienne) ENTRÉE LIBRE 176, ch.du Bord-du-Lac, Lakeshore Rd.INFO : 514 630-1254 / www.pointe-claire.ca QUE DISENT LES PLANTES Chromogenic Curmudgeons Joscelyn Gardner - Catherine Lescarbeau Amélie Proulx - Laura St.Pierre Marie-Eve Martel - Émilie Payeur Commissaire : Marie Perrault Vernissage : Dimanche 8 décembre, 14 h 7 DÉCEMBRE AU 19 JANVIER Démysti?er l\u2019art Mercredi 11 décembre, 10 h RENCONTRE AVEC MARIE PERRAULT (bilingue) C r é d i t : A m é l i e P r o u l x , M é t a p h o r e s m o r t e , 2 0 1 6 cours d\u2019art Bilingue \u2022 tous les âges \u2022 tous les niveaux Centre des arts visuels \u2022 École d\u2019art \u2022 Galerie McClure 350 avenue Victoria, Montreal Vendôme T 514-488-9558 www.centredesartsvisuels.ca \u2022 info@centredesartsvisuels.ca LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 38 SAMEDI MOI, TONYA (3) (I, Tonya), É.-U.2017.Drame biographique de Craig Gillespie avec Margot Robbie, Sebastian Stan, Allison Janney.- La carrière de la patineuse artistique Tonya Harding prend brutalement fin en 1994, quand les médias révèlent que son ex-mari a engagé des malfrats pour intimider sa rivale Nancy Kerrigan.ARTV 12h LA FOLIE DU TRAVAIL (5) (Office Space), É.-U.1999.Comédie satirique de Mike Judge avec Ron Livingston, Jennifer Aniston, Stephen Root.- Un programmeur devenu rebelle à la suite d\u2019une séance d\u2019hypnose s\u2019associe avec des collègues afin de détourner des fonds de leur employeur.Z 14h BALLE DE MATCH (3) (Match Point), G.-B.2005.Drame de mœurs de Woody Allen avec Jonathan Rhys Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer.- Un professeur de tennis d\u2019origine modeste, marié à la fille d\u2019un riche homme d\u2019affaires londonien, s\u2019engage dans une liaison passionnée avec une Américaine.ARTV 14h15 54 (V.F.) (5) (54), É.-U.1998.Drame de mœurs de Mark Christopher avec Ryan Phillippe, Mike Myers, Neve Campbell.- Les tribulations d\u2019un jeune barman d\u2019origine modeste qui travaille dans une discothèque new-yorkaise fréquentée par des célébrités.VRAK 15h TERMS OF ENDEARMENT (4) É.-U.1983.Drame psychologique de James L.Brooks avec Debra Winger, Shirley MacLaine, Jack Nicholson.- Les relations d\u2019une veuve avec sa fille au long d\u2019une trentaine d\u2019années.FOX (WUTV) 15h30 À TRAVERS L\u2019UNIVERS (3) (Across the Universe), É.-U.2007.Comédie musicale de Julie Taymor avec Jim Sturgess, Evan Rachel Wood, Joe Anderson.- Les tribulations sentimentales et politiques d\u2019un groupe de jeunes artistes marginaux à New York au cours des années 1960.MAX 17h30 LE MERVEILLEUX EMPORIUM DE M.MAGORIUM (5) (Mr.Magorium\u2019s Wonder Emporium), É.-U.2007.Comédie fantaisiste de Zach Helm avec Dustin Hoffman, Natalie Portman, Jason Bateman.- Lorsque le propriétaire d\u2019un magasin de jouets lègue ce dernier à sa jeune protégée, la magie de l\u2019endroit menace de disparaître.TQ 18h HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D\u2019AZKABAN (3) (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban), É.-U.2004.Drame fantastique d\u2019Alfonso Cuarón avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, David Thewlis.- Un jeune sorcier apprend qu\u2019un dangereux prisonnier en cavale chercherait à le tuer.V 18h SHAKESPEARE ET JULIETTE (3) (Shakespeare in Love), É.-U.1998.Comédie sentimentale de John Madden avec Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, Colin Firth.- À Londres en 1593, un dramaturge trouve l\u2019inspiration en tombant amoureux d\u2019une jeune noble promise à un lord.ARTV 20h L\u2019ÉTAT LIBRE DE JONES (4) (The Free State of Jones), É.-U.2016.Drame biographique de Gary Ross avec Matthew McConaughey, Gugu Mbatha-Raw, Mahershala Ali.- Durant la guerre de Sécession, un déserteur du Mississippi et des esclaves en fuite forment une milice pour combattre le surtaxage des petits fermiers et fonder un État égalitaire.MAX 20h AVENGERS.LE FILM (4) (The Avengers), É.-U.2012.Drame fantastique de Joss Whe- don avec Tom Hiddleston, Robert Downey Jr., Scarlett Johans- son.- Capitaine America, Iron Man, Hulk, Black Widow, Hawkeye et Thor s\u2019unissent pour empêcher Loki, le frère de ce dernier, de lâcher sur la planète une armée d\u2019extraterrestres.TVA 20h30 LE JOUR D\u2019APRÈS (5) (The Day After Tomorrow), É.-U.2004.Film catastrophe de Roland Emmerich avec Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Emmy Rossum.- Un dérèglement climatique entraîne en quelques jours une nouvelle ère glaciaire sur l\u2019hémisphère nord de la Terre.Z 21h UN DÉBUT PROMETTEUR (5) Bel.2015.Comédie dramatique d\u2019Emma Luchini avec Manu Payet, Veerle Baetens, Zacharie Chasseriaud.- De retour chez son père horticulteur, un écrivain désabusé et alcoolique s\u2019éprend d\u2019une pétillante joueuse de poker, dont son frère est également amoureux.TFO 21h01 LES LIAISONS DANGEREUSES (2) (Dangerous Liaisons), É.-U.1988.Drame de mœurs de Stephen Frears avec Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer.- Dans la France du XVIIIe siècle, deux aristocrates s\u2019emploient à séduire de jeunes gens vertueux, ce qui entraîne des conséquences tragiques.TQ 22h LE CERCLE.LE POUVOIR DE TOUT CHANGER (5) (The Circle), É.-U.2017.Thriller de James Ponsoldt avec Tom Hanks, Emma Watson, Karen Gillan.- Une employée d\u2019une firme de nouvelles technologies et réseaux sociaux accepte de participer à la mise à l\u2019essai d\u2019un nouveau système de surveillance planétaire.MAX 23h LA FOLIE DU TRAVAIL Voir samedi, 14h.Z 23h30 CARNETS D\u2019UN GRAND DÉTOUR Voir dimanche, 21h02.TFO 23h30 TED 2 (5) É.-U.2015.Comédie fantaisiste de Seth MacFarlane avec Mark Wahlberg, Jessica Barth, Amanda Seyfried.- Un ourson en peluche et sa jeune épouse recourent aux tribunaux pour faire valoir leur droit d\u2019adopter un enfant.TVA 0h ENSEMBLE À JAMAIS (4) (Ain\u2019t Them Bodies Saints), É.-U.2012.Drame de David Lowery avec Rooney Mara, Casey Affleck, Ben Foster.- Dans les années 1970 au Texas, un évadé de prison tente de renouer avec sa femme, qui a élevé seule leur fillette et tiré un trait sur leur passé de voleurs de banques.RC 0h30 MOI, TONYA Voir samedi, 12h.ARTV 0h30 UN DÉBUT PROMETTEUR Voir samedi, 21h01.TFO 1h30 DIMANCHE SI JE RESTE (5) (If I Stay), É.-U.2014.Drame sentimental de R.J.Cutler avec Chloë Grace Moretz, Jamie Blackley, Mireille Enos.- Dans le coma à la suite d\u2019un accident, une jeune violoncelliste, dont l\u2019esprit est conscient, doit décider si elle veut poursuivre sa vie avec son amoureux rocker ou se laisser mourir.TVA 10h LE MERVEILLEUX EMPORIUM DE M.MAGORIUM Voir samedi, 18h.TQ 12h TUEUR D\u2019ÉLITE (5) (Killer Elite), É.-U.2011.Thriller de Gary McKendry avec Jason Statham, Robert De Niro, Clive Owen.- En 1980, un tueur à gages à la retraite reprend du service pour secourir son mentor, pris en otage par un cheikh du sultanat d\u2019Oman qui veut venger la mort de trois de ses fils.Z 14h HISTOIRE DE JOUETS 2 (3) (Toy Story 2), É.-U.1999.Film d\u2019animation de John Lasseter.- Des jouets animés d\u2019une vie propre partent à la rescousse d\u2019un des leurs enlevé par un collectionneur cupide.RC 15h MÉCHANTS PATRONS (4) (Horrible Bosses), É.-U.2011.Comédie de Seth Gordon avec Jason Bateman, Jason Sudeikis, Charlie Day.- Trois amis, dont les patrons sont respectivement un manipulateur arrogant, une obsédée sexuelle d\u2019âge mur et un noceur incompétent, font un pacte pour les éliminer.MAX 15h30 POURQUOI LUI?(5) (Why Him?), É.-U.2016.Comédie sentimentale de John Hamburg avec Bryan Cranston, James Franco, Zoey Deutch.- Quelques jours avant Noël, un millionnaire du Web excentrique et vulgaire s\u2019emploie à convaincre un imprimeur collet monté et son épouse qu\u2019il est digne de marier leur fille.V 16h L\u2019ÉTOILE DE NOËL (5) (The Star), É.-U.2017.Film d\u2019animation de Timothy Reckart.- Un âne de Nazareth escorte jusqu\u2019à Bethléem le charpentier Joseph et son épouse enceinte Marie, pourchassés par un sbire du roi Hérode.TVA 16h15 JOURS DE TONNERRE (5) (Days of Thunder), É.-U.1990.Drame sportif de Tony Scott avec Tom Cruise, Robert Duvall, Nicole Kidman.- Un jeune homme doué pour la course automobile accède aux épreuves de championnat grâce aux judicieux conseils d\u2019un mécanicien.MAX 17h30 CAMP PAPILLON.UN ÉTÉ DE RÊVE (5) Can.2018.Documentaire de Guillaume Sylvestre.- Un camp de vacances québécois accueille chaque année 300 déficients intellectuels et handicapés, encadrés par une centaine de moniteurs âgés de 16 à 20 ans.CD 19h CHARLOTTE A DU FUN (4) Can.2018.Comédie dramatique de Sophie Lorain avec Marguerite Bouchard, Romane Denis, Rose Adam.- Humiliée par les garçons avec qui elle travaille, une adolescente décomplexée entraîne ses collègues féminines dans une grève du sexe.ARTV 20h CARNETS D\u2019UN GRAND DÉTOUR (4) Can.2011.Documentaire de Catherine Hébert.- Du Maroc jusqu\u2019au Mali, une cinéaste québécoise documente le long parcours pédestre d\u2019un lecteur public français.TFO 21h02 ANGES ET DÉMONS (4) (Angels & Demons), É.-U.2009.Thriller de Ron Howard avec Tom Hanks, Ayelet Zurer, Ewan McGregor.- Un symbo- logiste de Harvard tente d\u2019empêcher la mise à mort par une société secrète de quatre cardinaux pressentis pour succéder au défunt pape.MAX 21h30 LE BAISER DU BARBU (5) Can.2009.Comédie sentimentale d\u2019Yves Pelletier avec David Savard, Isabelle Blais, Ricardo Trogi.- En se faisant pousser une barbe, un acteur obtient du succès dans tout ce qu\u2019il entreprend, sauf qu\u2019il provoque une allergie chez sa compagne insécure.TQ 22h LA DANSEUSE Voir lundi, 21h01.TFO 23h30 LA VÉNUS À LA FOURRURE (3) Fr.2013.Drame de Roman Polanski avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner.- Dans un théâtre parisien défraîchi, un metteur en scène se laisse entraîner dans un périlleux jeu de rôles et de séduction par l\u2019actrice inconnue qu\u2019il passe en audition.RC 1h07 CARNETS D\u2019UN GRAND DÉTOUR Voir dimanche, 21h02.TFO 1h30 LUNDI LE LUTIN (4) (Elf), É.-U.2003.Comédie fantaisiste de Jon Favreau avec Will Ferrell, James Caan, Zooey Deschanel.- Un homme élevé par les lutins du père Noël quitte le pôle Nord pour retrouver son vrai père à New York.VIE 13h AVANT TOI (5) (Me Before You), É.-U.2016.Drame sentimental de Thea Sharrock avec Emilia Clarke, Sam Claflin, Matthew Lewis.- Une jeune femme originale s\u2019éprend d\u2019un châtelain paraplégique dont elle est l\u2019aide-soignante.TVA 19h30 HITCHCOCK (4) É.-U.2012.Drame historique de Sacha Gervasi avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson.- Pendant le tournage de Psycho, Alfred Hitchcock vit des moments tendus avec son épouse Alma Reville, qui participe en parallèle à l\u2019adaptation du nouveau livre d\u2019un ami scénariste.RC 20h LA DANSEUSE (4) Fr.2016.Drame biographique de Stéphanie Di Giusto avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry.- La carrière de la danseuse Loïe Fuller, Franco-Américaine qui a connu la gloire au tournant du XXe siècle.TFO 21h01 CLOCLO.LA LÉGENDE DE CLAUDE FRANÇOIS (5) (Cloclo), Fr.2012.Drame biographique de Florent-Emilio Siri avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini.- La vie du chanteur de variétés Claude François, mort à 39 ans à Paris alors qu\u2019il s\u2019apprêtait à percer le marché anglophone.TVA 0h35 LA DANSEUSE Voir lundi, 21h01.TFO 1h30 THE WITNESS (3) É.-U.2016.Documentaire de James Solomon.- Sa sœur ayant été tuée à New York en 1964, un vétéran du Vietnam vérifie l\u2019assertion d\u2019un journaliste à l\u2019époque voulant que 38 personnes aient été témoins du meurtre sans intervenir.PBS (WETK) 0h30 MARDI UNE HEURE DE TRANQUILLITÉ (5) Fr.2014.Comédie de Patrice Leconte avec Christian Clavier, Carole Bouquet, Valérie Bonneton.- Un dentiste se fait sans cesse déranger alors qu\u2019il tente d\u2019écouter tranquillement un disque de jazz rare qu\u2019il a déniché aux puces.TVA 13h LE CHÂTEAU DE VERRE (5) (The Glass Castle), É.-U.2017.Drame biographique de Destin Daniel Cretton avec Brie Larson, Woody Harrelson, Naomi Watts.- Fille d\u2019un rêveur alcoolique et d\u2019une peintre irresponsable, une chroniqueuse mondaine de New York se remémore son enfance miséreuse aux quatre coins des États-Unis.TVA 19h30 LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE Voir mercredi, 21h01.TFO 23h31 MERCREDI RETOUR CHEZ MA MÈRE (5) Fr.2016.Comédie d\u2019Éric Lavaine avec Josiane Balasko, Alexandra Lamy, Mathilde Seigner.- Alors que sa cadette, architecte au chômage, vient de s\u2019installer temporairement chez elle, une veuve convie ses deux autres enfants à un souper pour leur présenter son nouvel amoureux.TVA 13h LE MIRACLE DE LA 34E RUE (4) (Miracle on 34th Street), É.-U.1994.Conte de Les Mayfield avec Richard Attenborough, Elizabeth Perkins, Mara Wilson.- Un sympathique vieillard engagé pour personnifier le père Noël dans un grand magasin new-yorkais prétend être le véritable Santa Claus.VIE 13h LOVE & MERCY.LA VIE, LA PASSION ET LE GÉNIE DE BRIAN WILSON (3) (Love & Mercy), É.-U.2014.Drame biographique de Bill Pohlad avec Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks.- Dans les années 1980, l\u2019ex-Beach Boys Brian Wilson tente d\u2019échapper à l\u2019emprise de son psychiatre Eugene Landy, sous l\u2019impulsion de sa petite amie Melinda Ledbetter.TVA 19h30 LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE (4) Fr.1987.Comédie d\u2019Étienne Chatiliez avec Hélène Vincent, André Wilms, Benoît Magimel.- Intervertis à leur naissance par une infirmière, deux enfants ont été élevés dans des milieux diamétralement opposés à celui de leurs parents naturels.TFO 21h01 PARFUM DE LAVANDE Voir jeudi, 21h01.TFO 23h30 LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE Voir mercredi, 21h01.TFO 1h34 JEUDI MIRACLES DU PARADIS (5) (Miracles from Heaven), É.-U.2016.Drame de Patricia Riggen avec Jennifer Garner, Kylie Rogers, Martin Henderson.- Au grand bonheur de sa mère très croyante, qui avait perdu la foi, une fillette atteinte d\u2019une maladie digestive incurable est miraculeusement guérie à la suite d\u2019un étrange accident.TVA 20h PARFUM DE LAVANDE (4) (Ladies in Lavender), G.-B.2004.Comédie dramatique de Charles Dance avec Judi Dench, Maggie Smith, Daniel Brühl.- En 1936, dans un village côtier de l\u2019Angleterre, deux sœurs âgées accueillent chez elles un jeune naufragé polonais qui s\u2019avère être un violoniste prodige.TFO 21h01 JANE (4) É.-U.2017.Documentaire de Brett Morgen.- Jane Goodall commente des images tournées dans les années 1960 par son conjoint Hugo van Lawick, illustrant son travail de pionnière dans l\u2019étude du comportement des chimpanzés.CD 22h CHARLOTTE A DU FUN Voir dimanche, 20h.ARTV 23h PARIS, TEXAS Voir vendredi, 21h01.TFO 23h30 LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LES DEUX TOURS (2) (The Lord of the Rings : The Two Towers), É.-U.2002.Drame fantastique de Peter Jackson avec Elijah Wood, Sean Astin, Viggo Mortensen.- Des humains et des êtres fabuleux combattent les armées d\u2019un sinistre seigneur et d\u2019un sorcier qui convoitent un anneau magique.TVA 23h35 THE WITNESS Voir lundi, 0h30.PBS (WETK) 1h VENDREDI UN HOMME À LA HAUTEUR (5) Fr.2016.Comédie sentimentale de Laurent Tirard avec Virginie Efira, Jean Dujardin, Cédric Kahn.- Séparée de son mari et associé, une avocate amorce une relation sentimentale avec un architecte réputé, ayant la particularité de mesurer quatre pieds et demi.TVA 13h LES CROODS (4) (The Croods), É.-U.2013.Film d\u2019animation de Kirk De Micco.- Lorsque sa caverne est détruite par un tremblement de terre, une famille de l\u2019ère préhistorique entreprend un voyage périlleux vers un nouveau monde.TQ 18h BALLERINA (5) (Leap!), Fr.2016.Film d\u2019animation d\u2019Eric Summer.- Avec son ami espiègle, une fillette s\u2019enfuit de son orphelinat de Bretagne et se rend à Paris, où elle tente d\u2019être admise comme ballerine au sein de la troupe de l\u2019Opéra Garnier.RC 19h LE JOUR DES PATRIOTES (4) (Patriots Day), É.-U.2016.Drame de Peter Berg avec Mark Wahlberg, John Goodman, Kevin Bacon.- Les circonstances entourant l\u2019attentat terroriste du marathon de Boston en 2013 et la traque des poseurs de bombes, deux frères d\u2019origine tchétchène.TVA 19h MALÉDICTION AU CONNECTICUT (5) (The Haunting in Connecticut), É.-U.2009.Drame d\u2019horreur de Peter Cornwell avec Virginia Madsen, Kyle Gallner, Martin Donovan.- Ayant emménagé dans une demeure ayant jadis servi de salon funéraire, une famille dont l\u2019aîné combat un cancer est en butte à des manifestations surnaturelles.VRAK 20h LE DILEMME (4) (The Dilemma), É.-U.2011.Comédie dramatique de Ron Howard avec Vince Vaughn, Kevin James, Jennifer Connelly.- En voulant ménager les sentiments de son meilleur ami, trompé à son insu par son épouse, un homme d\u2019affaires s\u2019enlise dans une série de gaffes et de mensonges.MAX 20h PARIS, TEXAS (1) All.1984.Drame de Wim Wenders avec Harry Dean Stanton, Hunter Carson, Nastassja Kinski.- Après une longue errance, un homme regagne l\u2019affection de son jeune fils, élevé par son frère, puis se met à la recherche de son épouse.TFO 21h01 VALÉRIE (6) Can.1969.Mélodrame de Denis Héroux avec Danielle Ouimet, Guy Godin, Kim Wilcox.- Alors qu\u2019un peintre veuf s\u2019éprend d\u2019elle, une jeune femme entreprend de vendre ses charmes en tant que call-girl.ARTV 22h LE FEU DE LA DANSE (5) (Flashdance), É.-U.1983.Drame musical d\u2019Adrian Lyne avec Jennifer Beals, Michael Nouri, Sunny Johnson.- Une jeune fille de Pittsburgh, qui exerce le métier de soudeur, rêve de devenir ballerine.MAX 22h30 LES HUIT ENRAGÉS (4) (The Hateful Eight), É.-U.2015.Western de Quentin Tarantino avec Samuel L.Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh.- Durant un blizzard, quelques années après la guerre de Sécession, huit individus aux motifs douteux sont forcés de faire escale dans un refuge situé dans les montagnes du Wyoming.TVA 22h35 CHARLOTTE A DU FUN Voir dimanche, 20h.RC 23h05 LES DOORS (4) (The Doors), É.-U.1991.Drame biographique d\u2019Oliver Stone avec Val Kilmer, Meg Ryan, Kevin Dillon.- Évocation de la carrière et de la vie sentimentale du chanteur américain Jim Morrison.ARTV 0h LE DILEMME Voir vendredi, 20h.MAX 0h30 POPULAIRE (4) Fr.2012.Comédie de Régis Roinsard avec Déborah François, Romain Duris, Bérénice Bejo.- En 1958, une jeune femme se fait embaucher par un assureur de Lisieux qui, impressionné par sa vitesse dactylographique, veut faire d\u2019elle une championne de cette discipline.RC 0h34 PARIS, TEXAS Voir vendredi, 21h01.TFO 1h30 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 39 AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Télé-théâtre Radio-Canada ne produit plus de télé- théâtre depuis belle lurette, au grand désarroi de certains qui ont connu l\u2019âge d\u2019or de ce type de production.Si le théâtre ne va plus à la télé, le chemin inverse est toujours possible.C\u2019est ce qui se produit pour deux productions québécoises récentes : une « curiosité » et un « nouveau classique ».La pièce Bébés, jouée avec de véritables poupons (et leurs parents acteurs) sur la scène du Nouveau Théâtre expérimental au printemps dernier, poursuivait l\u2019étude de la notion de présence au théâtre entreprise avec le spectacle Animaux.La présence plus « forte » sur scène des enfants est on ne peut plus manifeste dans la captation télé de cette pièce grouillante de vie\u2026 Dans un tout autre registre, l\u2019enquête théâtrale menée et interprétée par l\u2019actrice Christine Beaulieu sur Hydro- Québec et l\u2019efficacité énergétique a fait le bonheur de milliers de spectateurs depuis sa création en 2016.Cette pièce documentaire a pris en longueur et en profondeur au fil des nouvelles séries de représentations, que les curieux pouvaient souvent suivre en direct sur Facebook ou en différé sous forme de baladodiffusion.Voilà quelques occasions de voir l\u2019intégrale MAMMOUTH 2019 Télé-Québec, vendredi, 20 h SUR VOS ÉCRANS \u2013 SUR SCÈNE, À LA TÉLÉ Le visionnement en continu Certains diront que le rire garde jeune.En regardant le comédien, fantaisiste, réalisateur et producteur Mel Brooks dans ce documentaire qui lui est consacré, on a tendance à le croire\u2026 Dans ce film réalisé par Alan Yentob, constitué de toute une série d\u2019entretiens plus ou moins sérieux que le créateur de The Producers lui a accordés sur une période de 40 ans, dont le dernier en 2017 à l\u2019âge vénérable de 91 ans, on découvre un artiste beaucoup plus complexe que ce que certains de ses films laissent transparaître, mais surtout un vieil homme espiègle, à l\u2019esprit vif et en très grande forme.Un film qui plaira aux admirateurs de Brooks, qui saura également séduire quelques néophytes\u2026 Mel Brooks Unwrapped HBO et Crave, vendredi, 21 h de cette œuvre d\u2019exception, qui fait réfléchir et rire (parfois jaune) sur la façon dont est gérée une de nos richesses collectives\u2026 Tout d\u2019un coup sur Tou.tv ou à Artv, ou découpée en demi-heures à ICI Radio-Canada.Même formule, nouvelle animatrice Le country a toujours trouvé sa niche à Radio-Canada et à sa chaîne « cousine » Artv, avec des émissions de variétés qui mettaient à l\u2019honneur cette musique fort populaire au Québec, mais aussi dans le reste du Canada.Il y eut au milieu des années 1990 Country centre-ville, coanimée à partir de Moncton par Renée Martel et Patrick Norman, puis à partir de 2002, Pour l\u2019amour du country, toujours animée par Patrick Norman et tournée au Nouveau-Brunswick, puis à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.L\u2019émission qui a roulé sa bosse durant 16 saisons a pris fin samedi dernier.Dans le même théâtre Alderney Bébés Tou.tv, dès dimanche, Radio-Canada, le 15 décembre, 22 h 35 et Artv, le 6 janvier, 20 h 30 J\u2019aime Hydro Tou.tv, dès lundi, Artv, le 16 décembre, 20 h 30 et Radio-Canada, du 23 au 27 décembre, 21 h 30 Landing, la grande vedette actuelle du country d\u2019ici, Guylaine Tanguay, reprend le flambeau avec cette nouvelle émission qui suit la recette gagnante de ses prédécesseures : beaucoup de musique et un peu de jasette.Gala populaire Outre la cérémonie qui récompense les comiques du Québec, les amateurs de galas en ont un autre particulièrement dynamique à se mettre sous la dent cette semaine : la troisième édition de MAMMOUTH, toujours animé par Pier-Luc Funk et Sarah-Jeanne Labrosse, qui permet au jeune public de Télé-Qué- bec de rendre hommage à des personnes, connues ou non, pour leurs gestes inspirants.Parmi les finalistes de cette année, on note la présence de Safia Nolin, de Dominic Champagne, de David St-Jacques et de Félix Auger-Aliassime.Tout simplement country Artv, samedi, 19 h S A L L E B O U R G I E 5 à 7 Jazz Quand décembre revient Jeudi 12 décembre \u2022 18 h TRIO JULIE LAMONTAGNE Une des pianistes québécoises les plus dynamiques interprète, avec ses musiciens, ses arrangements de pièces du populaire répertoire de Noël.Présenté par Intégrale des cantates de Bach \u2022 An 6 Samedi 21 décembre \u2022 14 h 30 Dimanche 22 décembre \u2022 14 h 30 ENSEMBLE CAPRICE Cantates de J.S.BACH pour Noël et le Nouvel An Le Temps des Fêtes à la salle Bourgie Cancionero de Uppsala Dimanche 15 décembre \u2022 14 h 30 LA NEF 4 chanteurs et 4 musiciens jouant sur instruments d'époque proposent leur interprétation de chants de Noël espagnols du XVIe siècle.SALLE BO U R G I E .C A LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 12/07 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie Le vrai nouveau monde La guerre des mondes Joanna Le Téléjournal La bataille de Nancy TVA TVA nouvelles LE RETOUR DE PAPA (2015) avec Mark Wahlberg, Will Ferrell.LES AVENGERS (2012) avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Robert Downey Jr.TQ LE MERVEILLEUX EMPORIUM DE M.MAGO.19h45 Chouette Cette année-là Belle et Bum LES LIAISONS DANGEREUSES (1988) V HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D'AZKABAN (2004) avec Emma Watson, Rupert Grint.UN MILLIER DE FLOCONS (2013) Candace Cameron Bure.Rire et délire ICI RDI Le Téléjournal Découverte Le National Les grands reportages Le Téléjournal La Facture Le Téléjournal Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 300 choeurs chantent les plus belles chansons de Michel Sardou 22h40 Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Éboueurs Les pires erreurs d'ingénierie Docu-D Galas ComédiHa! 2018 Festival Grand Rire Panique 401 CANAL VIE De taudis à logis Mères à boutte Mères à boutte Maison jackpot Ma maison Accros au look Accros au look Petits animaux en surpoids Mar.aveugle RDS Sports 30 Sports 30 HockeyQc.ca Hors-jeu 2.0 Max et Bruno Le magazine Boxe Jermall Charlo c.Dennis Hogan (D) HISTORIA Les pas de De père en fils Yukon Gold: L'or à tout prix Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Extraterrestres ICI ARTV Les filles de Caleb Tout simplement country SHAKESPEARE ET JULIETTE (1998) avec Gwyneth Paltrow, Joseph Fiennes.Le temps d'une paix EXPLORA Sauvetage Sauvetage Aux origines de l'histoire La Semaine verte Game Fever Outback Pharmachien Z Seuls et tout nus American Chopper (v.f.) Les Brown: génération Alaska LE JOUR D'APRÈS (2004) avec Dennis Quaid, Ian Holm, Jake Gyllenhaal.sav-media Archi branchés Inflammatoires Grand chapitre 19h50 Thèse Anxiété 20h50 Kick t Réparer nature 21h50 Muraille Japon 22h45 Nerds 23h10 Nerds TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Wapos Bay La grande soif UN DÉBUT PROMETTEUR (2015) Manu Payet.Cinéma/ ONFR+ 23h10 Rideau Planète Globe cooker Grands Mythes Trois villes Supernature / Bâtisseurs Histoires de fantômes USA, 100 ans d'automobile CBC CBCNews Hockey Central LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Blues de St.Louis (D) Hockey / Los Angeles vs Calgary (D) CTV CTV News Montreal W5 Mary's Kitchen Mary's Kitchen A ROSE FOR CHRISTMAS (2017) Rachel Boston.CTV National GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Home to Win / Brian With a Y Private Eyes / Aye Aye, Tonya Mary Kills People Global News ABC 15h30 Football College Football Scoreboard (D) NCAA Football - ACC Championship (D) News CBS 16h00 NCAA Football - SEC Championship (D) Ch.3 News Bull 48 Hours 48 Hours News PBS (33) Time Goes By Appearances Fawlty Towers 19h35 Still 20h05 Miss Fisher Doc Martin / Facta Non Verba Shakespeare Hathaway Austin City UNIS Le p'tit cabaret Trait d'humour / Neev / Neev Le punch Balade NOUS SOMMES GOLD (2018) Emmanuel Scwartz.Watatatow HBO1 16h00 Rock&Roll Hall Fame Enthusiasm Enthusiasm BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Richard Dawkins.Dan Soder: Son of a Gary Thrones TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Maple Leafs de Toronto c.Blues de St.Louis (D) Kevin Raphael Le TVA sports Hockey / Ott./Pha.SAMEDI 12/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte Les Olivier Gala Les Olivier Le Téléjournal Sports ex /22h35 Les Olivier TVA TVA nouvelles VLOG L'EXPÉRIENCE Messmer / Messmer P-A Méthot: Party 90 / Jean-Michel Anctil TVA nouvelles Michael Bublé: Noël à New York TQ Les francs-tireurs Y'a du monde à messe / Ève Christian Point doc / Yannick LE BAISER DU BARBU (2010) David Savard.V Cinéma Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double Occupation Double Afrique du Sud Occupation Double ICI RDI Le Téléjournal Enquête Le National La Semaine verte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Les grosses têtes / Les Grosses Têtes jouent le jeu 69 minutes sans chichis / Messmer Voisins/ Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Forces spéciales Camp Papillon, un été de rêve La double vie À la recherche de.Parker: Sa ruée vers l'or Dossiers NASA CANAL VIE Une garderie Un safari La famille Groulx Les 7 petits Johnston Les 9 visages de Jane Les gratteux Premier flip Taudis à logis RDS 16h00 LNF Football (D) Sports 30 Sport en liberté Blitz /20h15 LNF Football / Seahawks de Seattle c.Rams de Los Angeles (D) HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Nos ancêtres les extraterrestres JFK déclassifié Le mystère de l'or confédéré La malédiction d'Oak Island Armes ICI ARTV Pour emporter Allegro Ma Non Troppo CHARLOTTE A DU FUN (2018) Défier la magie Gala Les Olivier / L'après-gala Les Olivier EXPLORA Stupidité Stupidité Les trains de l'impossible Pharmachien Planète techno Sur les routes de la science Découverte Nature Z P.Lemieux Garage Ridicule Comédie Malades Talk show Galas ComédiHa! 2017 Mais pourquoi?/ Jeux vidéo Barry sav-media Juifs/ Musu.18h55 Histoire Balado 19h50 Histoire De garde 24/7 20h45 Histoire Couple nerds Archi branchés Inflammatoires Kebec/ Art Balado TFO Benjamin/ Idée Petit ours Berenstain Maya l'abeille Citoyen monde Citoyen monde Carnets d'un grand détour Mallette ONFR+/ ONFR+ Planète Champs de bataille Globe cooker Trois villes Grands Mythes L'histoire dates Archives Quintet incestueux CBC 17h00 GET SANTA (2014) Frosty Frosty Returns COUNTRY CHRISTMAS ALBUM (2018) Hannah Barefoot.CBC News: The National CBCNews CTV 16h25 LNF Football (D) NFL on CTV God Friended Me / High Anxiety Shark Tank The Rookie / The Dark Side CTV National GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Kids Say the Darndest Things NCIS: Los Angeles / Answers Madam Secretary Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos AFV: America, This Is You! Kids Say the Darndest Things The Rookie / The Dark Side News CBS 16h25 LNF Football (D) 60 Minutes God Friended Me / High Anxiety NCIS: Los Angeles / Answers Madam Secretary PBS (33) The Great British Baking Show A Place to Call Home Il Volo: Ten Years The Highwaymen Live at Nassau Coliseum Wendell Castle UNIS Les fermiers Devenir adulte Monde Les Parent Les Parent Écrivain public Écrivain public Je suis trans Je suis trans 21 jours HBO1 Cinéma 18h25 Lindsey Vonn: The Final Season Enthusiasm Enthusiasm Watchmen 22h05 Silicon 22h35 Fletcher 23h05 Thrones TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Rangers de New York c.Golden Knights de Vegas (D) RAW Le TVA sports LNH Hockey DIMANCHE 12/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Discussions HITCHCOCK (V.F.) (2012) avec Helen Mirren, Anthony Hopkins.Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas AVANT TOI (2016) avec Sam Claflin, Janet McTeer, Emilia Clarke.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût Les Kennedy M'entends-tu?M'entends-tu?Like-moi! Mc$ween Dans médias V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Mets-y le Mets-y le L'Open Mic Occupation D Whiskey Cavalier Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les pâtes à tartiner La guerre des trônes Apocalypse Verdun Ils vont arrêter la bombe Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Éboueurs Les pires erreurs d'ingénierie Les dossiers de la NASA À la recherche de.Alaska: La ruée CANAL VIE Premier flip Soupers Quoi ton plan?Les gratteux Efface et recommence / Upton Mariage à l'aveugle Une garderie Un safari Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 LNH Hockey / Bruins de Boston c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA La malédiction d'Oak Island Compagnons d'armes Le mystère de l'or confédéré La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Malédiction ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Tout simplement country Angèle en quatre temps Quelle famille! 5 degrés EXPLORA Le refuge de l'espoir Nouvelle-Zélande sauvage Vivre loin du monde / Maroc Reconstruire l'histoire Sauvetage Sauvetage Origines Z Remorquage Dans l'net Science Garage d'élite Américars / Surprise surprise! Jobs de bras Garage Arrow / En formation Dexter sav-media 17h55 Juifs et Musulmans Après/ Après Katia Makdissi Question santé Question santé Couple nerds Inflammatoires Question santé Question santé Question santé TFO Les sapiens Maxi/ Maxi Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LA DANSEUSE (2013) avec Sophie Lynx, Aleska Diamond.PTango/ L\u2019assa Planète Femmes accusées L'enquête de ma vie Sur la piste de Van Gogh Out of the Cage Sous emprise Festivals CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.THE TRUTH ABOUT CHRISTMAS (2018) Kali Hawk.CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Conners Bob Hearts All Rise / Dripsy The Big Bang The Big Bang CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood Schooled NCIS: New Orleans NCIS: Los Angeles / False Flag Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Great Christmas Light Fight The Great Christmas Light Fight The Good Doctor / Claire News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Bob Hearts All Rise / Dripsy Bull / The Good One News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Rick Steves' The Story of Fascism in Europe UNIS Cochon dingue Goût du pays Bouffe en cavale Tournée générale Les cordes de la victoire Histoires de chars Hooké HBO1 17h45 Defiant 18h45 My True Brilliant Friend Enthusiasm Enthusiasm His Dark Materials Chernobyl 23h05 Thrones TVA Sports 17h00 JiC Dans le ring / David Lemieux c.Max Bursak Kevin Raphael Dave Morissette en direct Le TVA sports Ninja Warrior LUNDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Valérie, le premier film « de fesses » québécois, a célébré son demi-siècle l\u2019été dernier.Cet anniversaire est le fil conducteur de ce documentaire lancé par son actrice principale, Danielle Ouimet, qui est devenue le symbole, un peu timide, d\u2019une révolution morale et sexuelle alors déjà en cours au Québec.L\u2019animatrice et comédienne relate avec générosité les circonstances qui l\u2019ont menée à la tête de la distribution de ce long métrage (dont elle ignorait la nature coquine au début du tournage !) et se confie sur les conséquences, positives et négatives, que cette première expérience professionnelle de jeu a eues sur son existence, entre autres sur sa vie de famille.Elle fait part de ses réflexions sur l\u2019effet du film sur la société québécoise en compagnie d\u2019amis (Jean- Pierre Coallier), de collègues (Dominique Michel) et de personnalités publiques (Denise Bombardier), dont les commentaires ne font pas toujours avancer le propos du documentaire.Les interventions de certains artisans du film, dont le directeur photo et l\u2019un des scénaristes, s\u2019avèrent beaucoup plus intéressantes.On apprend ainsi que le réalisateur, Denis Héroux, envisageait d\u2019abord de faire un documentaire sur le milieu de la prostitution, mais a dû se raviser devant les dangers d\u2019une telle entreprise.Il a plutôt fabriqué un mélodrame à succès qui a « révolutionné » et décoincé l\u2019industrie cinématographique d\u2019ici\u2026 Culture Écrans 40 Les révolutions d\u2019un film et d\u2019une femme Danielle Ouimet revisite l\u2019œuvre qui a lancé sa carrière et réfléchit à son impact sur sa vie et sur le Québec de la Révolution tranquille Valérie et moi Artv, vendredi, 21 h et Radio-Canada, le 17 décembre, 21 h OLIVIER OUIMET Voici une rare occasion (essayez de le trouver en visionnement « légal » en ligne\u2026) de voir cette incursion en noir et blanc mais très nuancée dans la vie sexuelle des adolescentes d\u2019aujourd\u2019hui, à travers le destin un peu compliqué de Charlotte (Marguerite Bouchard).En peine d\u2019amour après que son copain de longue date lui a avoué son homosexualité, elle cherche à se « libérer » en couchant avec tous ses collègues masculins de Jouets dépôt, où elle travaille avec ses amies avant les Fêtes, puis prend une tangente complètement inverse.Sophie Lorain, la cinéaste, propose ici un film d\u2019ados moins prévisible et balisé que ce qu\u2019on leur sert habituellement, et c\u2019est tant mieux\u2026 À NE PAS MANQUER Charlotte a du fun Radio-Canada, vendredi, 23 h 05 et Artv, dimanche, 20 h.Également sur Tou.tv Extra.Trouver sa liberté LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Écrans 41 12/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Bonne fête ComediHa! Colombe sauvage Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas LE CHÂTEAU DE VERRE (2017) avec Woody Harrelson, Brie Larson.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Moi j'mange Les Kennedy M'entends-tu?M'entends-tu?Poldark Francs-tireurs V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire La trappe La trappe L'Open Mic Occupation D NCIS: Los Angeles Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Urgences Parque Patagonia Jeunesse arabe / Jordanie Kepler(s) / À l'âme en secret Journal/ C à dire CANAL D Célèbres et fauchés Docu-D Parker: Sa ruée vers l'or Panique sur la 401 Les pires prisons du monde Paranormal CANAL VIE Défi biscuits des Fêtes Ma maison Premier flip Vendre ou rénover Vancouver?Les héros de la réno Quoi ton plan?Les gratteux Big Love (v.f.) RDS 18h15 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Penguins de Pittsburgh (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante A$ de la brocante / Tic Tac Broc Profession ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Quelle famille! Les filles de Caleb Les filles de Caleb Le temps d'une paix EXPLORA Animo S'aime chien N-Z sauvage / Terre d'extrême Pharmachien Pharmachien Un monde sans microbes Nature en équilibre / Fundy Les maîtres Z Remorquage Dans l'net Les Brown / Coeur sauvage Knightfall (v.f.) Surnaturel / Kohonta American Chopper (v.f.) Dexter sav-media CORIM Archi branchés Inventer le ciel 19h55 Ingénieu Question santé Question santé Grand chapitre 21h50 Biblioth Maîtres peinture / Van Gogh Question santé TFO Les sapiens Motel Monstre Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LA SMALA (1984) ONFR+ 23h05 Mamie Planète Green Cops / Italie Sur la route de la soie Blue World Namibie Chasseurs d'aventures Trois villes Au fil du Gange CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.Still Standing JFL: Gags Winnipeg Comedy Festival CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Ellen's The Masked Singer The Voice Emergence / Where You Belong CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight ELF (2003) avec James Caan, Bob Newhart, Will Ferrell.NCIS / Silent Service Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Bless-Mess Mixed-ish Black-ish Emergence / Where You Belong News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight NCIS / What Child Is This?FBI / Most Wanted NCIS: New Orleans / Tick Tock News PBS (33) PBS NewsHour Seeing Canada Moments to Remember: My Music Frontline / The Pension Gamble Amanpour UNIS Cochon dingue Monde Les Parent Les Parent MATUSALEM II: LE DERNIER DES BEAUCHESNE (1997) Ciné tout court Trait d'humour HBO1 17h20 Mommy 18h45 Six New Ways to Die 19h55 Curb Enthusiasm Watchmen Watchmen Thrones TVA Sports 17h00 JiC Kevin Raphael SURVIVANTS DE L'OURAGAN (2009) Forest Whitaker.Dave Morissette en direct Le TVA sports Enduro Series MARDI 12/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé / Spéciale Noël / André Robitaille Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas LOVE & MERCY: LA VIE, LA PASSION ET LE GÉNIE DE BRIAN WILSON (2014) TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Format familial Les Kennedy / L'héritage M'entends-tu?M'entends-tu?SOS sages-femmes De garde 24/7 V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Ne jamais faire à la maison L'Open Mic Occupation D SEAL Team: Coeur et courage Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chacun son île / Ibiza Cellule de crise 22h25 13h15 Journal/ C à dire CANAL D Célèbres et fauchés Docu-D Alaska: La ruée vers l'or Affaires de familles Les pires erreurs d'ingénierie Mushers CANAL VIE Espaces Espaces Design V.I.P.Soupers Petits animaux en surpoids Mères à boutte Mères à boutte Les 9 visages de Jane / Ashley Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA A$ de la brocante / Tic Tac Broc Profession: brocanteur De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu L'acier et feu ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires / Un oubli Moi et l'autre Les pays d'en haut Les pays d'en haut Les pays d'en haut Les pays EXPLORA Ours polaire: opération survie Nouvelle-Zélande sauvage Stupidité Stupidité Gros labo Cobaye Les héros de l'espace Routes science Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nus Slobby Trésors tech Mais pourquoi?/ Fitness Maintenance Barry Dexter sav-media Anxiété 18h50 Gardiste Génie d'ici Archi branchés Question santé Question santé Inventer le ciel 21h50 Art Après/ Après Couple nerds Question santé TFO Les sapiens Métiers/ Métiers Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE Cinéma Cinéma Planète Supernature / Bâtisseurs Histoires de fantômes Femmes accusées Meurtre au drama club Green Cops / Tchad: Cameroun Trésors volés CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.The Great British Baking Show The Great British Baking Show CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Ellen's The Masked Singer Almost Family / Fertile AF Stumptown / Dex Education CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols Modern Family Single Parents S.W.A.T./ Monster Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Stumptown / Dex Education News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: Island of the Idols SEAL Team S.W.A.T./ Monster News PBS (33) PBS NewsHour Rural Delivery Outdoor Nature Nova / Bigger Than T.Rex SuperNature: Wild Flyers Amanpour UNIS Cochon dingue Louis la faune Les fermiers / La fin d'un cycle 21 jours Je suis trans Je suis trans Tournée générale Écrivain public HBO1 18h10 Liberty: Mother of Exiles 19h40 Curb 20h20 Curb Your Enthusiasm Moonlight Sonata Silicon Valley Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Bruins de Boston c.Capitals de Washington (D) Le top LNH D.Morissette 22h45 RAW MERCREDI 12/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 100 génies / Les gagnants Angèle en quatre temps Le Téléjournal Sports/ On va se TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Oeufs d'or MIRACLES DU PARADIS (2016) Jennifer Garner.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passe-Partout Cochon dingue Génial! Mc$ween De garde 24/7 M'entends-tu?M'entends-tu?M'entends-tu?M'entends-tu?di Stasio V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Les jeux fous d'Ellen L'Open Mic Occupation D Chicago Police / Bon débarras Souper parfait ICI RDI RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Jeunesse arabe / Jordanie Victimes: leur vie a basculé Urgences Chérif / Vengeance en ligne Journal/ C à dire CANAL D Festival Grand Rire Les dossiers de la NASA Les pires prisons du monde Paranormal sur le vif Docu-D / Jane CANAL VIE Mini-maisons sur mesure Paroles d'enfants Enfants sous surveillance Une garderie Un safari Premier flip Design V.I.P.Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° PGA Golf - Coupe des Présidents Jour 2 (D) HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu FantomWorks Transmission À fond Hors route / Un défi agricole Hors route ICI ARTV 17h30 Grantche Grantchester Moi et l'autre Tout simplement country Les filles de Caleb Les filles de Caleb Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Animaux des glaces Nature en équilibre / Waterton Pharmachien Pharmachien Nouvelle-Zélande sauvage N-Z sauvage Z Remorquage Dans l'net Ridicule Malades Galas ComédiHa! 2017 Talk show Comédie Tosh.0 P.Lemieux Dexter sav-media 17h30 Savoir Après/ Après Grand chapitre 19h50 Biblioth Question santé Question santé Après/ Après Anxiété 22h20 Gardiste L'histoire dira Question santé TFO Les sapiens Flip Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles PARFUM DE LAVANDE (2004) Judi Dench.AmourRo 23h10 P Tango Planète Sur la piste de Van Gogh Out of the Cage Les années 68, la décade glorieuse / La vague Blue World Namibie Chasseurs CBC CBCNews JFL: Gags Still Standing Coronation St.MIRACLE ON 34TH STREET (1947) Maureen O'Hara.CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Young Sheldon The Big Bang Ellen's Criminal Minds CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood The Unicorn Superstore Carol's 2nd Act Evil / 7 Swans a Singin' Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Olaf's Frozen Toy Story Baking Show / Cake Week Baking Show / Bread Week News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Young Sheldon The Unicorn Mom Carol's 2nd Act Evil / 7 Swans a Singin' News PBS (33) PBS NewsHour Made Here Made Here Sesame Street: 50 Years & Still Sunny! Yellowstone Symphony Amanpour UNIS Cochon dingue Hôpital vétérinaire Louis la faune Eau fraîche Oiseaux Hooké Goût du pays Bouffe en cavale Boucar Diouf HBO1 18h20 Moonlight Sonata 19h50 Curb Your Enthusiasm 20h25 Curb Watchmen Watchmen Thrones TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Bruins de Boston c.Lightning de Tampa Bay (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Le top LNH JEUDI 12/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy BALLERINA (2016) Véronic DiCaire: Autrement Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur LE JOUR DES PATRIOTES (2016) avec Michelle Monaghan, Mark Wahlberg.21h45 Vlog 15 TVA nouvelles 22h35 LES 8 ENRAGÉS (2015) TQ LES CROODS (2013) 19h50 Pingouin La soirée MAMMOUTH 2019 / Pier-Luc Funk Like-moi! M'entends-tu?M'entends-tu?M'entends-tu?V Souper parfait Rire et délire L'arbitre Huissiers Huissiers Pompiers Pompiers Heure limite / Réconciliations Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Décrypteurs Le National Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR On va s'aimer / Antoine Emmenez-moi.chez Gérard Jugnot dans le Var Cap Sud-Ouest Chacun son île / Ibiza Journal/ C à dire CANAL D Affaires de familles Douanes Douanes Jeunes pour prison / Ronald 60 jours en prison Crimes occultes Docu-D CANAL VIE Mères à boutte Mères à boutte Premier flip Design V.I.P.Les héros de la réno Efface et recommence / Upton Mères à boutte Mères à boutte Big Love (v.f.) RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° PGA Golf - Coupe des Présidents Jour 3 (D) HISTORIA Hors route / Un défi agricole Hors route: défi extrême Les montagnards Les montagnards Les pas de De père en fils Yukon Gold ICI ARTV Moi et l'autre Moi et l'autre Eaux turbulentes Pour emporter / Fred Pellerin Valérie et moi VALÉRIE (1968) Daniele Ouimet.EXPLORA Des îles Planète techno Pharmachien Les maîtres des éléments / Eau La bataille de Nancy Forces invisibles Forces Z Remorquage Dans l'net Garage Jobs de bras Les pires chauffards canadiens Américars / Surprise surprise! Infiltration Infiltration Dexter sav-media L'histoire dira Arrêt monde Inflammatoires Question santé Question santé Question santé CORIM Archi branchés Inventer le ciel 22h55 Ingénieu Question santé TFO Les sapiens Subito texto Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles PARIS, TEXAS (1984) avec Hunter Carson, Nastassja Kinski, Harry Dean Stanton.Planète Blue World Namibie Chasseurs d'aventures Sous emprise Archaic Festivals Globe cooker Grands Mythes Trois villes CBC CBCNews JFL: Gags Magic Skates Coronation St.A CHRISTMAS STORY (1983) Peter Billingsley.CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang L.A.'s Finest / Bad Girls Magnum P.I.Blue Bloods / Peter Fonda CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Hawaii Five-0 The Blacklist SEAL Team Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Am.Housewife Fresh Off-Boat 20/20 Local 22 News CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Hawaii Five-0 Magnum P.I.Blue Bloods / Peter Fonda News PBS (33) PBS NewsHour Outdoor Vermont Week Wash.Week Chef Marcus No Passport Required / Seattle A Chef's Life Holiday Special Amanpour UNIS Le p'tit cabaret Trait d'humour / Neev / Neev Le punch Balade NOUS SOMMES GOLD (2018) Emmanuel Scwartz.Watatatow HBO1 16h05 U2 Tour 18h35 Saudi Women Driving 19h35 Curb 20h10 Curb 20h50 Barry 21h20 Barry 21h50 Barry 22h25 Barry Thrones TVA Sports 17h00 JiC Le top LNH Avant-match LNH Hockey / Golden Knights de Vegas c.Stars de Dallas (D) Dave Morissette en direct VENDREDI CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Après la déception que fut la dernière série francophone hors Québec diffusée à Artv, la malheureusement un peu oubliable Conséquences, on pouvait craindre le résultat de cette minisérie policière située dans le nord de l\u2019Ontario.Le premier épisode (le seul que nous avons pu voir\u2026) de cette production aux accents « nordic noir », la première série télé scénarisée par Marie- Thé Morin, une figure importante du théâtre franco-ontarien des 40 dernières années, réalisée par Lyne Charle- bois, surprend agréablement, autant dans sa forme que dans son fond.On y suit le retour au bercail particulièrement éprouvant d\u2019une policière (Hélène Florent) encore traumatisée par une bavure policière aux conséquences dramatiques, qui reprend du service dans la petite ville minière du nord-est de l\u2019Ontario qu\u2019elle a depuis longtemps quittée avec son fils, aujourd\u2019hui ado.Dès son arrivée, elle se retrouve plongée dans l\u2019enquête sur le meurtre d\u2019une jeune femme autochtone, à laquelle elle n\u2019est pas complètement étrangère.Ce polar rappelle les séries scandinaves par son portrait social nuancé d\u2019une communauté minoritaire d\u2019une région-ressource en déclin, où les relations entre Blancs et Autochtones sont tendues, et par son exploration des enjeux moraux complexes auxquels font face ses personnages, et aussi par son esthétique dépouillée et sombre, habilement composée par Charlebois.La différence d\u2019accents des acteurs, qui dérangeait tant dans Conséquences, n\u2019agace que très rarement, grâce au niveau de jeu plus homogène de sa distribution plurielle.Alors pas de raison d\u2019hésiter à plonger dans cette enquête aux contours sociaux intéressants.Pourvu que la suite soit aussi réussie\u2026 Eaux turbulentes Artv, vendredi, 19 h Nordic noir en Francontarie Eaux turbulentes, un drame policier mettant en vedette Hélène Florent, surprend agréablement RADIO-CANADA V I V R E LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 et infinies, meublées de maisonnettes éparses.Ce sont les anciennes bicoques des chasseurs de phoques \u2014 activité hors la loi depuis 1991 \u2014 devenues des maisons de vacances familiales ou des dortoirs pour touristes, le statut de parc interdisant depuis 10 ans la construction d\u2019autres bâtiments sur le territoire.Côté ambiance, imaginez le quartier rebelle de Christiania, à Copenhague, au Danemark, en version balnéaire.Le drapeau local donne d\u2019ailleurs le ton : REPORTAGE CAROLYNE PARENT COLLABORATRICE LE DEVOIR À JOSÉ IGNACIO ans le bus qui file vers Cabo Polonio, un parc national situé plus près du Brésil que de Montevideo, la capitale de l\u2019Uruguay, un doute m\u2019assaille.« M\u2019enfin, cinq heures et demie de route pour aller crécher dans un dortoir sans eau courante ni électricité\u2026 Por qué ?» Oui, pourquoi, que je demande à mon voisin de siège, Yanou Jaouen, un jeune Français.« Moi, j\u2019y retourne pour vendre des empanadas sur la plage, mais aussi parce que j\u2019aime bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de bruit, pas de voitures, pas de portables, pas de banques et plein d\u2019étoiles, la nuit.C\u2019est génial, non ?» s\u2019exclame-t-il.C\u2019est surtout rare, amigo, et merci de me conforter dans mon choix de destination ! Sur un bout de côte oublié, le cap Polonio est liséré de plages sauvages Un hiver en gougounes en Uruguay Sur la façade atlantique de ce pays d\u2019Amérique du Sud, milliardaires et va-nu-pieds se croisent sur des plages fabuleuses qui se suivent, mais ne se ressemblent pas D LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 il est identique à l\u2019unifolié, à la différence qu\u2019une feuille de cannabis y remplace la feuille d\u2019érable.(En passant, s\u2019il est illégal pour un non-résident d\u2019acheter de la marijuana, ici vendue en pharmacie, il n\u2019est pas prohibé d\u2019en recevoir en cadeau.) À l\u2019instar des habitants de la « ville libre » danoise, les 70 résidents permanents de Cabo Polonio aspirent à un mode de vie alternatif.Ils se déplacent à pied ou à cheval, se contentent du filet d\u2019eau qu\u2019ils puisent dans la nappe phréatique et s\u2019éclairent à la chandelle.Pour le reste, ils s\u2019en remettent à l\u2019énergie solaire, aux génératrices et, pour les vivres, aux quelques commerces improvisés.Comme touriste, on baigne dans un environnement paisible, 100 % véga- ne peace and love.Les jours s\u2019égrènent lentement entre le surf, la balade dans les dunes de Playa Norte, l\u2019observation des phoques, des éléphants et des lions de mer, qui se prélassent sur les rochers à l\u2019extrémité du cap, et la grimpette jusqu\u2019au sommet du phare.Puis à l\u2019heure de l\u2019apéro, tout le monde rapplique au bar Lo de Da- ni.Non, il n\u2019y a pas le wifi, chez Da- ni, mais « il y a de la bière bien fraîche, qui facilite la communication » ! Le soir venu, on fait comme Ya- nou : on contemple avec ravissement la voûte céleste, idéalement du hamac de sa bicoque de bord de mer.Pour ma part, j\u2019en ai profité pour remercier ma bonne étoile de m\u2019avoir dégoté\u2026 un lit dans un dortoir.L\u2019argent des Argentins « À droite, voyez, on construit une tour Trump ! » me signale le chauffeur de taxi, comme s\u2019il voulait par là me signifier que Punta del Este était enfin « arrivée ».La plus populaire des stations balnéaires du pays n\u2019a pourtant nul besoin d\u2019une énième construction de béton.Aux antipodes géographique et « atmosphérique » du cap isolé, cette Pun- ta, ou péninsule, sépare physiquement l\u2019océan Atlantique du grand fleuve de la Plata.Ses premiers touristes sont arrivés d\u2019en face, d\u2019Argentine, via Montevideo et le río, avec l\u2019instauration du premier service de traversiers entre les deux pays, au début des années 1900.Et ils affluent toujours.L\u2019été (notre hiver), sa population se multiplie par 20 pour atteindre 200 000 personnes ! On y vient en famille pour barboter du côté de la plage Mansa, qui donne sur le fleuve, surfer sur les rouleaux de la plage « furieuse », la Brava, ou encore, pour visiter l\u2019ate- lier-musée du Gaudí de l\u2019Uruguay, Carlos Páez Vilaró.Artiste pluridisciplinaire, il a mis 40 ans à construire sa Casapueblo, un « gruyère » à terrasses posé en surplomb de la mer, qui abrite aujourd\u2019hui ses toiles et sculptures, ainsi qu\u2019un hôtel.Entre Punta del Este et Cabo Polo- nio, la côte est jalonnée de plusieurs jolies localités balnéaires, comme la Pedrera et la Paloma, mais la palme de la sophistication revient à José Ignacio.C\u2019est ici qu\u2019un jeune chef de la Pata- gonie argentine, Francis Mallmann, s\u2019est établi dans les années 1970.Deux décennies plus tard, il déménageait dans l\u2019arrière-pays, à Garzón, jugeant que José Ignacio était devenu un peu trop « glamour » à son goût.Voyage 43 Page de gauche : selon le rituel de Casapueblo, peu avant le coucher du soleil, l\u2019établissement diffuse un poème que l\u2019artiste prolifique Carlos Páez Vilaró a écrit et enregistré.Ci-contre : Cabo Polonio, pour l'océan et les étoiles.PHOTOS CAROLYNE PARENT LE DEVOIR Comme touriste, on baigne dans un environnement paisible, 100 % végane peace and love.Les jours s\u2019égrènent lentement entre le surf, la balade dans les dunes de Playa Norte, l\u2019observation des phoques, des éléphants et des lions de mer et la grimpette jusqu\u2019au sommet du phare. LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 C\u2019est du moins ce qu\u2019il confia à Vogue\u2026 En ouvrant à Garzón un restaurant, un hôtel et une maison d\u2019hôtes, le toqué n\u2019a pas moins injecté à son tour une bonne dose de glamour dans un bled par ailleurs poussiéreux\u2026 Depuis, des artistes du cru font de même avec leurs ateliers et galeries.Petit ranch dans la prairie Dans ce même arrière-pays, Alexander et Carrie Vik, un couple américa- no-norvégien aux racines uruguayennes, collectionneur d\u2019art et milliardaire, ont fait construire un petit ranch dans la prairie.C\u2019est l\u2019Estancia Vik, dessinée par l\u2019architecte uruguayen Marcelo Da- glio.On vient y jouer au gaucho, l\u2019établissement comptant une quarantaine de chevaux de randonnée et de polo.En bord de mer, à José Ignacio, le couple a également fait ériger deux hôtels-boutiques et un restaurant de plage.Pour chacun des hôtels, des artistes peintres et sculpteurs bien connus au pays, comme Marcel Legrand, José Trujillo, Carlos Musso et Pablo Atchugarry, ont créé les oeuvres qui meublent les espaces publics et privés.Dessiné par l\u2019architecte uruguayo-ca- nadien Carlos Ott, Playa Vik comprend un temple de verre et de titane proprement spectaculaire et six maisonnettes au toit végétalisé, le tout au bord de la plage.Au rez-de-chaussée de l\u2019édifice principal, Iceberg, la sculpture que feue l\u2019architecte Zaha Hadid a créée spécifiquement pour l\u2019établissement, attire tous les regards, placée comme elle l\u2019est devant une piscine qui se prend pour un tremplin.Attablée chez Santa Cruz, un bistrot mignon comme tout, je me dis que je serai sans doute la seule à quitter en bus le plus bobo des hameaux balnéaires du pays, mais peu importe : pour l\u2019instant, nous allons tous gougounes aux pieds ! Vivre Voyage 44 Carnet de route S\u2019envoler de Montréal vers Montevideo avec COPA via Panamá.C\u2019est la liaison aérienne la plus directe.Réserver un hébergement avant de se rendre à Cabo Polonio est une bonne idée si on souhaite y rester plus d\u2019un jour.En effet, la capacité d\u2019accueil du hameau est limitée et 3000 touristes y débarquent chaque jour entre décembre et mars.À José Ignacio, on jettera un coup d\u2019œil aux Vik Retreats.Manger chez Francis Mallmann, le « maître du feu », à Pueblo Garzón, est une expérience mémorable, et ça commence dès l\u2019entrée de pêches grillées et de fromage fermier (à 90 $) ! Se déplacer en autocar.Le réseau est étendu, les tarifs sont abordables et les véhicules sont ponctuels.Se renseigner ici, sur turismo.gub.uy En haut : à Cabo Polonio, on s\u2019active en grimpant au sommet du phare.Ci-contre : La Mano, une sculpture de Mario Irarrázabal, à Punta del Este.En bas : phoques, éléphants de mer et lions de mer se prélassent sur les rochers.PHOTOS CAROLYNE PARENT Sur un bout de côte oublié, le cap Polonio est liséré de plages sauvages et infinies, meublées de maisonnettes éparses.Ce sont les anciennes bicoques des chasseurs de phoques \u2014 activité hors la loi depuis 1991 \u2014 devenues des maisons de vacances familiales ou des dortoirs pour touristes. LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 REPORTAGE NATHALIE SCHNEIDER COLLABORATRICE LE DEVOIR Et si on s\u2019offrait l\u2019amour de l\u2019hiver en cadeau cette année ?Un forfait pour réapprendre à aimer la saison froide et la transmettre à ceux qu\u2019on aime ?En ces temps d\u2019urgence climatique, voilà une bonne idée : faire un geste symbolique et commencer l\u2019année avec de bonnes résolutions\u2026 pour soi et pour la planète ! Le tout dans le plaisir et l\u2019amusement.Pour bâtir son propre forfait, on peut consulter les Associations touristiques régionales (ATR), Tourisme Québec (Québec Original) entre autres sources précieuses.Voici quelques suggestions en guise de point de départ.Cantons-de-l\u2019Est : « refugez-vous ! » Vous n\u2019avez jamais dormi dans un refuge au sommet d\u2019une montagne avec, pour décor, une mer de montagnes au-dessous et un ciel étoilé au- dessus ?Voilà une chose à expérimenter sans délai.Un tout nouveau refuge est offert cette année au sommet du mont Saint-Joseph, dans le parc national du Mont-Mégantic, l\u2019un des plus beaux du réseau, surtout en hiver.Un ancien conteneur isolé et rénové, avec une large fenestration, est situé à mi-chemin de la boucle du Mont- Saint-Joseph (9,4 km) à 1045 m d\u2019altitude.En raquettes, ce sentier est un pur bonheur et garantit une qualité de neige irréprochable.À l\u2019intérieur du refuge, le grand luxe : lit, table, chaises et poêle à bois.(On apporte sa nourriture.) Comme il est orienté à l\u2019est, on n\u2019a même pas besoin de sortir pour contempler le lever du soleil.Infos pratiques : Tarif pour une nuit : 29,50 $ par adulte.Capacité : deux personnes.Un autre refuge, classique celui-là, est accessible dans le secteur Pimbina du parc national du Mont-Tremblant : le Lariou.sepaq.com.Laurentides : p\u2019tit Train, grosses roues On connaît bien ce parc linéaire, surtout pour le ski de fond dans la section Saint-Jérôme \u2013 Val-David (44 km) et dans le secteur de Tremblant (17 km).L\u2019été, l\u2019ancienne voie ferrée se convertit en piste cyclable le long de ses 234 km ! Ce qu\u2019on sait moins, c\u2019est que, dès cet hiver, on pourra rouler en fatbike dans les deux sens entre Saint- Jérôme et Val-David sur une piste damée et partagée avec marcheurs et joggeurs.Les pistes de ski de fond restent accessibles aux fondeurs, l\u2019une pour le pas de patin, l\u2019autre pour le classique (tracée).Outre le plaisir qu\u2019on aura à rouler dans cette partie des Pays d\u2019en haut, on appréciera tout autant les tables gastronomiques et autres auberges confortables qui complètent bigrement bien une fin de semaine.On peut louer un fatbike à Prévost (RST Sport), à Sainte-Adèle (Espresso Sport) ou à Val-David (Roc & Ride).Un joli forfait de deux jours à s\u2019offrir en famille.Infos pratiques : Le droit d\u2019accès est de 7 $ par jour (abonnement pour la saison : 40 $).À Val-David, l\u2019auberge du Baril roulant possède aussi une table du terroir et une micro- brasserie.Autres recommandations sur le parcours : la microbrasserie Shawbridge (Prévost) et la boulangerie Merci la vie (Piedmont).On peut se rendre dans plusieurs gares locales en train de banlieue avec son vélo.tittraindunord.com.Mauricie : igloo en gang Parole de scout : avec un sac de couchage d\u2019hiver (- 15 au moins), on n\u2019a pas froid dans un igloo.Et c\u2019est vraiment une expérience à vivre une fois dans sa vie, surtout avec des enfants ! Dans le coin de Trois-Rivières, Maï- kan Aventure invite à vivre l\u2019expérience dans un igloo d\u2019une capacité de 8 adultes.On peut se composer un forfait incluant plusieurs activités à pratiquer de jour : raquette dans un boisé, ski de fond sur piste tracée et escalade de glace sur une paroi de 15 m de haut.Un mur d\u2019escalade intérieure est également offert (23 m).Une bonne idée pour s\u2019amuser avec l\u2019hiver.sionnant, c\u2019est ça aussi, le plaisir de l\u2019hiver.La sympathique équipe de Vertigo Aventures, à Saint-Gabriel- de-Rimouski, propose des forfaits en trois temps (obligatoires) : du ski hors piste guidé dans la réserve faunique de Matane (mont Blanc) ou dans le parc national de la Gaspésie (lac Cas- capédia), une soirée festive et une nuit en yourte chauffée pour récupérer.La difficulté du terrain, les risques d\u2019avalanche et l\u2019isolement nécessitent l\u2019encadrement d\u2019un guide.Vertigo Aventures est une coopérative de solidarité dont les membres peuvent obtenir des crédits sur les forfaits.L\u2019invitation est lancée à tous pour devenir membre et profiter de ce fabuleux terrain de jeu.Infos pratiques : Chaque groupe ne doit pas excéder 12 personnes.Plusieurs autres secteurs sont accessibles.Tarif : 150 $ par jour et par personne tout inclus (il faut apporter sa nourriture).Si on veut opter pour le covoiturage, on consulte la page Facebook : Ski covoiturage.vertigo-aventures.com.4 5 Vivr e Plein air Joyeux plein air ! Cette année, pour Noël, on offre moins de bébelles et plus de moments à vivre en pleine nature Les parcs sur un plateau Un laissez-passer pour les parcs nationaux du Québec fait toujours plaisir.C\u2019est le cadeau parfait pour offrir du temps de qualité, qui incite à bouger ou à essayer des activités nouvelles.La Société des établissements de plein air du Québec offre deux options : une carte annuelle pour un seul parc (43,75 $ tarif adulte) ou une carte qui donne accès au réseau entier (79 $ tarif adulte).On peut aussi offrir un chèque-cadeau sur se- paq.com (minimum 20 $).Parcs Canada offre la carte d\u2019entrée Découverte qui donne accès à son réseau des parcs nationaux (67,70 $ par année) ou à un seul parc (39,20 $ tarif adulte pour une saison).Des tarifs famille sont aussi disponibles.Infos pratiques : l\u2019accès aux parcs nationaux du Québec est gratuit pour les 17 ans et moins.Dans le coin de Trois-Rivières, Maïkan Aventure propose de l\u2019escalade de glace.MAÏKAN AVENTURES Infos pratiques : Tarif pour une nuit dans l\u2019igloo : 20 $ par personne.Il faut compter environ 120 $ pour un forfait complet.On peut cuisiner sa propre nourriture dans la salle communautaire (et y passer la nuit si on est un frileux impénitent).maikan.ca.Gaspésie : vertiges contagieux Une belle poudreuse invitante, de magnifiques sous-bois avec de gros arbres matures, un dénivelé impres- En ces temps d\u2019urgence climatique, voilà une bonne idée : faire un geste symbolique et commencer l\u2019année avec de bonnes résolutions\u2026 pour soi et pour la planète LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Vivre Santé 46 Dernier titre du studio français Alt Shift, Crying Suns est bâti sur ce que le classique « rogue-like » interstellaire Faster Than Light (2012) de Subset Games avait déjà mis sur la table.On y prend la place d\u2019un des clones de l\u2019amiral impérial Ellys Idaho (l\u2019original étant décédé), chargé par une intelligence artificielle d\u2019enquêter sur une menace contre l\u2019Empire et son empereur.Direction, donc, la capitale ; on décongèle notre équipage, on démarre notre vaisseau de guerre et on part vers l\u2019inconnu.Et ce sera un voyage difficile.Traversant une série de systèmes solaires générés automatiquement, on fera des rencontres touchantes, on commandera des batailles navales dans l\u2019espace, on mènera des expéditions sur des planètes sauvages ou abandonnées ; le tout toujours en pleine lutte d\u2019attrition, contre les autres et avec nous-mê- me.Chaque opération a un coût.Reste à équilibrer les risques et les possibles récompenses.Exemple.Bref passage dans l\u2019hyperespace jusqu\u2019à la prochaine étoile.En son orbite, un vaisseau spatial civil diffuse un signal de détresse indéchiffrable.On envoie une équipe de commandos faire du repérage.Le chef du détachement revient.Le signal était plutôt un avertissement ; les radiations de l\u2019étoile, trop près, ont fait griller les systèmes du vaisseau en détresse.Tous à bord sont morts, y compris nos hommes.Sous le choc, notre officier part à la recherche de ce qu\u2019il y a de plus fort à boire sur notre destroyer.À bord de Crying Suns, sombrement illustré par des « voxel » (des pixels 3D), on sent qu\u2019à chaque instant, la fin est proche.Et si elle arrive \u2014 peut-être aurons-nous manqué de jugement, ou peut-être aurons-nous eu les yeux plus grands que la panse \u2014, eh bien, on recommencera.Il reste encore amplement de clones de notre amiral.Olivier Sylvestre LE JEU DE LA SEMAINE Crying Suns Conçu par Alt Shift et édité par Humble Bundle.Offert pour ordinateurs Mac et Windows.Version pour iPad en développement.Compter plus d\u2019une dizaine d\u2019heures.Lutte d\u2019attrition ALT SHIFT REPORTAGE LAURIE NOREAU COLLABORATRICE LE DEVOIR Comment font-ils ?C\u2019est souvent la question qu\u2019on se pose lorsque des athlètes prennent part à des épreuves sportives quasi surhumaines.Rien ne semble les arrêter.Pourtant, il y a bel et bien une limite à ce que le corps humain peut endurer.Et ce frein passerait par\u2026 l\u2019estomac ! Ironman, ultra-trail de 160 kilomètres.Y a-t-il des limites humaines à ce que ces surhommes (et ces surfem- mes !) peuvent accomplir ?À les voir avaler les kilomètres dans des compétitions plus exigeantes les unes que les autres, la réponse semble négative.Parcourir des centaines de kilomètres pendant des semaines : voilà un exercice auquel se prêtent régulièrement des militaires.« Cela fait des années que de grands explorateurs faisaient des expéditions et des épreuves extrêmes, mais ce n\u2019était pas avec un objectif compétitif », rappelle Jonathan Tremblay, professeur à l\u2019École de kinésiologie et des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019Université de Montréal.« Les distances ne s\u2019allongent pas nécessairement.Elles se présentent maintenant sous forme de compétition.» À cela s\u2019ajoutent des courses encore plus longues, comme l\u2019Infinitus : une boucle totalisant 888 kilomètres dans les montagnes du Vermont.Un exploit réalisé par la Québécoise Hélène Dumais en 2018, qui est devenue la première femme à terminer l\u2019épreuve.« La tâche est immensément physique mais encore bien plus mentalement.À ce jour, je crois seulement avoir atteint 50 % de mes capacités », explique-t-elle.Parmi les plus exigeantes, il faut aussi compter la Race Across the USA, épreuve de course à pied de près de 5000 kilomètres à travers les États-Unis, soit l\u2019équivalent de 117 marathons enchaînés les uns à la suite des autres.La durée de l\u2019épreuve : quatre mois et demi\u2026 Des chercheurs ont d\u2019ailleurs suivi ces surhommes, curieux de savoir comment réagissent leur corps à un volume d\u2019entraînement aussi extrême.Et selon eux, ces athlètes semblent avoir atteint la limite nutritionnelle absolue de l\u2019être humain.En 24 heures, notre corps ne peut absorber qu\u2019une quantité limitée de nutriments.Cette capacité maximale a été fixée par les chercheurs à 2,5 fois l\u2019énergie dépensée par notre métabolisme au repos.En effet, même en étant complètement immobile pendant une journée, notre corps dé- Les limites du surhomme Le système digestif serait le principal frein aux compétitions de haut niveau Des chercheurs ont suivi des surhommes, curieux de savoir comment réagissent leur corps à un volume d\u2019entraînement extrême.MIKE ADAMS ASSOCIATED PRESS LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 pense de l\u2019énergie, équivalant au métabolisme de repos.Cependant, cette limite nutritionnelle ne concerne que les athlètes qui s\u2019attaquent à des épreuves s\u2019échelonnant sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.« Dans le cas d\u2019un marathon, les athlètes sont capables d\u2019aller au-delà de leur métabolisme de base de plus de 15 fois », nuance Claude Lajoie, professeur-chercheur au Laboratoire de technologies et d\u2019innovation pour la performance sportive de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Quand une dépense énergétique élevée se maintient pendant plusieurs jours, nos réserves deviennent des sources d\u2019énergie.Le sucre stocké dans nos muscles est brûlé, puis ce sont les muscles eux-mêmes qui le sont si les provisions en glucides sont épuisées.Il s\u2019ensuit une perte de poids.À partir de là, s\u2019ils ne ralentissent pas la cadence, c\u2019est l\u2019épuisement qui les guette.Hélène Dumais avalait chaque jour plus de 7000 calories et, malgré tout, elle enregistrait une perte de poids atteignant jusqu\u2019à une livre par jour.Les sportifs du dimanche peuvent courir l\u2019esprit tranquille : ils n\u2019atteindront pas cet état de dépréciation extrême.Un marathon reste une épreuve hautement exigeante, mais notre corps peut gérer cette dépense énergétique à très haute intensité pendant quelques heures.À condition bien sûr d\u2019avoir suffisamment de réserves pour fournir tout le carburant nécessaire.La « force du mental » Tous les athlètes font face à la douleur à un moment ou à un autre d\u2019une compétition sportive.Pratiquement la totalité d\u2019entre eux évoquent la fameuse force du mental pour expliquer leur acharnement à poursuivre malgré des souffrances physiques.Et ils n\u2019ont pas tort ! « Lorsque ça devient difficile, les athlètes avec une grande force mentale vont résister à cette envie de diminuer l\u2019intensité de l\u2019exercice », constate Benjamin Pageaux.De cette interaction entre psychologie et physiologie de l\u2019exercice, le professeur à l\u2019École de kinésiologie et des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019Université de Montréal a fait le cœur de ses travaux.Combiner entraînement du cerveau et entraînement physique pourrait s\u2019avérer la clé du succès pour les athlètes d\u2019élite.« Imaginez que vous faites du vélo en faisant des tâches complexes sur un ordinateur.Les effets seront plus bénéfiques que si vous faisiez uniquement un exercice physique », explique celui qui est aussi chercheur à l\u2019Institut de gériatrie de Montréal.« Cela requiert aussi une grande intelligence émotionnelle pour passer au travers d\u2019épreuves de ce genre alors que nous nous retrouvons seul, dans la nuit, au milieu de nulle part sous la pluie en train d\u2019affronter nos démons internes, le manque de sommeil et la progression de nos opposants », ajoute l\u2019athlète Hélène Dumais.Mais cette résistance à la fatigue mentale atteint elle aussi ses limites lorsque l\u2019épreuve se poursuit pendant des semaines.Encore là, malgré un entraînement militaire, notre système digestif reste le principal frein.« Quand bien même vous avez le meilleur état psychologique, si l\u2019énergie ne réussit pas à se rendre aux muscles, tout lâche !, lance Claude Lajoie.C\u2019est comme si on essayait d\u2019appuyer plus sur l\u2019accélérateur alors qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019essence dans l\u2019automobile.» Vivre En 24 heures, notre corps ne peut absorber qu\u2019une quantité limitée de nutriments.Cette capacité maximale a été fixée par les chercheurs à 2,5 fois l\u2019énergie dépensée par notre métabolisme au repos.LE DÉLICIEUX RÉSULTAT DE L\u2019ÉCONOMIE CIRCULAIRE DISTILLERIENOROI.COM À TABLE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3399 Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS Offrez une Aventure gastronomique au moulin à une heure de Québec ! \u2022 Sentiers et raquettes \u2022 Massothérapie \u2022 Ski de fond - 50 km de pistes L\u2019ISLET 1 877 245-2247 À une heure de Québec! www.aubergedesglacis.com auberge gourmande IDEES CADEAUX \u2013 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Vivre Resto 48 CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR À PIEDMONT Déjà, un établissement qui s\u2019appelle Merci la vie, ça donne le goût d\u2019être de bonne humeur.Ça rassure également sur la simplicité comme vertu mise en avant.Et, comme le dit mon ami François L., riche retraité qui avait accepté de m\u2019accompagner dans cette virée gastronomico-laurentien- ne, « ça crée un certain équilibre avec d\u2019autres enseignes, ailleurs en ville, qui sont d\u2019une éloquente vulgarité ».On est encore de meilleure humeur après avoir goûté la cuisine de cette maison, où l\u2019on fait beaucoup plus que boulanger.Il faut en effet lire le nom complet de ce Merci la vie, qui s\u2019appelle « Café-boulangerie » et où le mot « café » est aussi important que « boulangerie ».Jusqu\u2019à tout récemment, Merci la vie vivait très à l\u2019étroit dans une jolie maisonnette de Prévost.Très étroit voulant dire entre autres : clientèle frustrée de ne pas trouver de place, plus de pain, plus de viennoiserie et, avant même de se rendre à la porte de la jolie maisonnette, pas de place de stationnement.Boulanger là devait aussi relever d\u2019un périlleux exercice d\u2019équilibriste.Un jour, le boulanger, la boulangère et tous les petits mitrons en ont eu assez : faute de pouvoir agrandir la jolie maisonnette, ils ont pris la décision de s\u2019installer ailleurs.Si vous poussez un peu vers le nord sur la 117, vous quittez Prévost et entrez dans Piedmont.Sur la droite, un peu en contrebas, vous verrez une belle grande maison blanche, aux lignes épurées ; c\u2019est la nouvelle adresse de Merci la vie.À l\u2019extérieur, beaucoup de places de stationnement et ce que l\u2019on devine être une future grande terrasse et un grand potager ; à l\u2019intérieur, un comptoir où passer commande de pains et viennoiseries divins, une grande cuisine et de la place pour les ébats du boulanger.Une cinquantaine de places assises pour les clients, toutes occupées lors de notre passage un mardi midi gri- souillet.En arrière-plan, un mur vitré occupant tout le fond de salle et donnant sur la forêt et les montagnes.Dès l\u2019entrée, de la lumière, beaucoup, et de délicieux effluves apéritifs.Le menu de Merci la vie est assez succinct pour que les 18 ronds de poêle que l\u2019on aperçoit en cuisine ne soient jamais en surchauffe, mais assez généreux pour entrevoir un parfait rassasiement.On y trouve aussi Incontournable adresse croustillante dans les Basses-Laurentides À peine ouvert, le lumineux et délicieux nouveau café-boulangerie Merci la vie attire déjà les foules La nouvelle adresse de Merci la vie est une belle grande maison blanche, aux lignes épurées.On compte une cinquantaine de places assises et un mur vitré occupant tout le fond de salle et donnant sur la forêt et les montagnes laisse entrer la lumière, beaucoup.Sans oublier les délicieux effluves apéritifs.PHOTOS MERCI LA VIE LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 49 Vivre Recette quelques petites choses tendant à prouver que le patron et la patronne ont un vrai sens de l\u2019humour.Des intitulés comme « J\u2019ai peur de m\u2019aventurer\u2026 » (un ou deux œufs sur le plat avec rôties camping), « P\u2019tit déj de fille » (un œuf et accompagnements délicats) ou « P\u2019tit déj de gars » (deux œufs et accompagnements plus virils) prêtent forcément à sourire.Nos voisines de table en ont pleuré de rire.Quelqu\u2019un dans ce café-boulangerie a beaucoup de talent en cuisine, et certains des plats proposés ici pourraient très bien se trouver au menu d\u2019une grande maison.Certains ont même des qualités gastronomiques que l\u2019on aimerait trouver dans bien des établissements autrement prestigieux que ce « café-boulangerie » sur le bord de la 117.Comme quoi, le prestige\u2026 Goûtés pour vous : Risotto Bugs Bunny, Sandwich Kevlar Construction, Herbivore pour Panos et Gaufre multi-blés.Aucune erreur, choix d\u2019éléments éclairé, assemblages impeccables, degré de recherche intelligent et propice à la découverte d\u2019ingrédients peu communs.Le risotto n\u2019en porte que le nom, car point de riz dans cette très belle assiette, mais plutôt un mélange de kamut et de blé rouge.La cuisine agrémente ce mélange moelleux de carottes en très fines rondelles et en bâtonnets ainsi que d\u2019un peu d\u2019oignons.Lait de coco, citronnelle et gingembre apportent une série de saveurs réjouissantes.Pour couronner le tout, quelques pousses de coriandre aussi belles que bonnes.Le sandwich s\u2019appelle « Kevlar Construction » en hommage aux ouvriers qui se sont échinés pour mener à bien ce projet.Et c\u2019est tout un sandwich ; un pain plat, semblable à un nan, passé sur le gril, de belles tranches de capicollo, un peu de salsa po- blano et de mayonnaise relevée à la harissa afin de dynamiser le tout et, en plein centre de l\u2019assiette, un délicieux mélange de salades et d\u2019herbes, fines ou moins fines, qui complète parfaitement cette belle assiettée.Rendus là, nous aurions pu sortir de table, repus que nous étions.Le boulanger-cuisinier nous a envoyé deux plats pour nous achever : « Herbivore pour Panos » et « Gaufre mul- ti-blés ».Comme c\u2019était offert, par principe, je vous passerai les détails, mais vous dirai simplement qu\u2019à une prochaine visite chez Merci la vie, je commanderai ces deux plats sans hésitation.Et repartirai, les bras chargés de pains.Vraiment merci la vie ! Café-boulangerie Merci la vie $ 1/2 485, boulevard des Laurentides, Piedmont, 450 744-0525 Ouvert du mercredi au vendredi de 8 h à 18 h, ainsi que le samedi et le dimanche de 8 h à 17 h.Une douzaine de choix de plats gourmands pour la très modique somme moyenne de 11,25 $ ; si vous décidiez d\u2019y aller en groupe et que preniez toutes les irrésistibles propositions au menu, le repas vous coûterait 146,50 $, autrement dit une chanson pour 13 plats.Et les pains de la maison ! Comment vous dire ?Éblouissants ! Une suggestion de Béatrice Lavoie-Laberge et Jean-Sébastien Michel, d\u2019Alambika Cette semaine, Béatrice Lavoie- Laberge, chargée de projets événementiels, et Jean-Sébastien Michel, propriétaire de la boutique cocktail Alambika, photographe et grand amateur de cocktails, vous proposent une recette inspirée de la saison.Serions-nous déjà en décembre ?Eh oui ! Il est temps de sortir les atocas et tout le bataclan, pour le plaisir des petits et des grands.À propos de ces derniers (oui, ça, c\u2019est vous et moi !), voici un petit cocktail spécial des Fêtes dont vous nous direz des nouvelles.Ingrédients 1,5 oz de London Dry Gin (ici Gin Portage) 0,25 oz de Curaçao (ou autre liqueur d\u2019orange) 0,5 oz du Sirop Tonic Prosyro 0,5 oz de Shrub Canneberges et Sapin, Shrub & Co.(ou de sirop Canneberges & Sapin, KWE) 1 trait de Foamer Vegan Mrs.Better\u2019s Bitters (ou un blanc d\u2019œuf) Préparation Verser tous les ingrédients dans un shaker.Brasser vigoureusement et verser dans une coupette préalablement refroidie.Garniture Sapinage ou canneberges fraîches Boutique Alambika 6484, boul.Saint-Laurent, Montréal.www.alambika.ca LA RECETTE DE LA SEMAINE Atoca Tonic JEAN-SÉBASTIEN MICHEL Quelqu\u2019un dans ce café- boulangerie a beaucoup de talent en cuisine, et certains des plats proposés ici pourraient très bien se trouver au menu d\u2019une grande maison.Goûtés pour vous, de haut en bas : Risotto Bugs Bunny, Sandwich Kevlar Construction, Herbivore pour Panos et Gaufre multi-blés.Aucune erreur, choix d\u2019éléments éclairé, assemblages impeccables, degré de recherche intelligent et propice à la découverte d\u2019ingrédients peu communs.PHOTOS MERCI LA VIE LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Vivre Vin 50 BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Le rêve, fantasmé au-delà des derniers horizons possibles, mais aussi matérialisé grâce à un savoir-faire dont on est particulièrement fier.Bienvenue dans l\u2019univers des cuvées de prestige, paradis des bulles habillement mises en perles au collier de l\u2019extravagance assumée.Des cuvées dont s\u2019enorgueillissent les maisons champenoises, estampillant à même le passeport du luxe, du calme et de la volupté, une rareté (moins de 5 % de la production) inscrite en lettre d\u2019or sur leur carte de visite.Chaque grande maison de Champagne a la sienne.Une démarche qui en synthétise à la fois le style et l\u2019esprit sous le couvert d\u2019un doux délire délibérément orchestré.Quelques perles dégustées, le plus souvent autour d\u2019un repas de circonstance, car ces grands vins \u2014 le mot « vin » a ici son importance \u2014 s\u2019acoquinent souvent par leur sève aux plats qui savent les faire briller plus encore.Grande Sendrée Rosé 2010, Drappier (123,75 $ \u2013 13513294).Le vin est l\u2019homme et l\u2019homme, à l\u2019inverse, incarne le vin qu\u2019il élabore en le drapant de ses intentions, de sa personnalité, de sa générosité.Il se nomme ici Drappier, Michel Drappier.Et sa Grande Sen- drée est un poème sans doute adressé à cette femme qui, un jour, au détour, lui a laissé des papillons dans l\u2019estomac pour ne pas dire l\u2019inspiration nécessaire à son imaginaire.De son fief d\u2019Urville dans la Côte des Bars tout au sud, cette cuvée, où dominent des pinots noirs bien mûrs, sculpte une bouche nourrie et gourmande tout en étant exquise et raffinée.Un rosé de saignée (trois jours) avec un doigt de chardonnay et une liqueur de dosage mûrie sous bois, qui lui confère encore plus de sensualité.(5) Deutz Hommage à William Deutz 2010 (130 $ \u2013 13657992).Cette maison fondée en 1838 semble tout aussi à l\u2019aise à exalter le chardonnay que le pinot noir.Il y a de la brillance ici, doublée d\u2019une sève et d\u2019une vinosité qui n\u2019altèrent en rien la finesse, mais qui semblent au contraire la révéler et la maintenir avec une espèce de grâce insolente.Cette cuvée 100 % pinot noir en témoigne.Une bulle qui ne cache pas son jeu mais qui l\u2019expose avec une transparence aussi impudique qu\u2019elle transpose avec acuité le génie du terroir (ici les parcelles Meurtet et La Côte Glacière à Aÿ).Quelque sept années sur lattes ajoutent à sa profondeur, à sa longueur.Bref, plaira à l\u2019amateur qui aime le vin véritable, transcendé par une vinification inspirée et sans faille.À très bon prix ! (5) 1/2 Palmes D\u2019Or Brut 2006, Nicolas Feuillatte (135,75 $ \u2013 950410).Un millésimé de haut niveau à ce prix ?C\u2019est la proposition que vous font les milliers de vignerons aux quatre coins de la champagne, et plus particulièrement ceux qui bichonnent les grands crus du côté de la montagne de Reims (Verzy, Verzenay, Ambonnay, Aÿ\u2026) et de la Côte des Blancs (Chouilly, Cramant, Avize\u2026) en fournissant la maison, qui, elle, affinera cette cuvée gastronomique sur près d\u2019une décennie en cave.Chardonnays et pinots noirs satinent ici un palais aux saveurs luxueuses et princières, finement révélées par Cuvées de prestige champenoises Le meilleur des bulles mises en perles À grappiller pendant qu\u2019il en reste ! L\u2019appel des Sereines 2016, François Villard, Rhône, France (20 $ \u2013 12292670).Pas de doute qu\u2019à 20 $, l\u2019affaire mérite d\u2019être partagée ! Parce qu\u2019elle appelle les sens à la réjouissance et aux éclats de rire, au bonheur tout simple de goûter sans cependant trop abuser des belles choses.Sur ce dernier point, il faudra faire gaffe : cette syrah séduit et envoûte.Vous serez prévenu ! (5) Touraine Chenonceaux « Silex des Martinières » 2018, Domaine Bellevue, Loire, France (24,90 $ \u2013 14221728).Ce sauvignon a une sève si sentie qu\u2019elle semble soutenir à elle seule l\u2019ensemble en le structurant sans fléchir.Saisissant sauvignon sur toute la ligne ! L\u2019empreinte millésime se fait ici sentir en raison de la générosité et de la maturité du fruité, mais il y a ce « fond » de terroir que l\u2019on croque, avec cette impression de superposer au palais quelques épaisseurs minérales qui ajoutent à la tension, à la longueur.Une belle découverte ! (5+) © 1/2 Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3399 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 LES VINS DE LA SEMAINE (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans © devrait séjourner en carafe Moins de 16 $ Ribera de Aguiar 2016, Douro, Portugal, (15,70 $ \u2013 14131183) Vous en aurez bien évidemment pour votre argent ici avec ce rouge coloré, riche et substantiel, dont la puissance ainsi que la fraîcheur ne manquent pas de convaincre.À défaut de finesse, de profondeur et de complexité, l\u2019ensemble demeure tout de même une proposition honnête pour quelques plats rustiques et roboratifs.(5) © La surprise 1/2 Vézelay Domaine de la Cadette « La Chatelaine » 2018, Valentin Montanet, Bourgogne, France (32,25 $ \u2013 11094621) Plus beaunois que chablisien dans ce millésime visiblement de belle maturité, ce blanc sec de Vézelay séduit avant tout par la finesse de sa texture et l\u2019expression pure d\u2019un chardonnay qui fraie son chemin avec une liberté de ton et de mouvement d\u2019une grande sincérité.Finesse et puissance s\u2019associent ici pour le meilleur.(5+) © Le blanc 1/2 Castel Firmian Sauvignon blanc 2018, Mezzacorona, Trentino, Italie (16,80 $ \u2013 13910880) Hautement fréquentable que ce sauvignon blanc ruisselant de sapidité et de légèreté assumée.Le profil se veut aérien et bien sec, alors que la trame florale et fruitée s\u2019active autour d\u2019une acidité qui ne manque pas de tonus.Bref, un vin qui ne dédaignerait pas les huîtres en raison d\u2019une salinité fine et persistante.(5) Le rouge Château Lacaussade Saint-Martin « Trois Moulins » 2016, Blaye Côtes de Bordeaux, Bordeaux, France (20,40 $ \u2013 14146713) Mais c\u2019est que ça respire la santé, ce coloré et tonique Bordeaux rouge ! Je vous parie même qu\u2019il vous donnera la forme en raison de la générosité de son fruité, de la savoureuse charpente de ses tanins mûrs et de cet équilibre que lui confère un élevage judicieux en fût.Bref, de la vitamine, surtout sur l\u2019onglet grillé.(5) © Le bio Blés Blanco Joven 2018, Aranleon, Valencia, Espagne (13,95 $ \u2013 13792422) Ce blanc sec à base de macabeo et de sau- vignon blanc a de la gueule.Il a aussi une origine et une personnalité bien tranchées.La discrétion de ses arômes aux nuances de cédrat confit et de pomme précède une bouche précise et toute en rondeur, portée par une énergie naturelle qui pallie une acidité légèrement en retrait.(5) © le temps.Un champagne à maturité, prêt à boire.Quelques pépites de parmigiano reggiano ou un carré de veau au miel l\u2019anobliront plus encore.(5) Laurent-Perrier Cuvée Grand Siècle (199,25 $ \u2013 12545104).Taillé sur mesure pour l\u2019apéritif sans toutefois bouder quelques oursins ou noix de Saint-Jac- ques raffermies sous leur touche iodée, cette cuvée élaborée pour part à peu près égales de 11 des 17 grands crûs de chardonnay et de pinot noir a été imaginée le millésime même de ma naissance (1955) par Bernard de Nonancourt avec cette idée pas bête du tout d\u2019assembler « le meilleur du meilleur avec le meilleur ».Une recherche de l\u2019équilibre ultime à partir de trois millésimes réunis pour leurs complémentarités respectives.Avec pour résultat une sève tonique de bulles qui ne cède à la puissance que pour mieux tendre à la verticale une finesse aérienne et courtoise.Grand style ! (5+) 1/2 Dom Pérignon Brut 2008 (262 $ \u2013 280461).J\u2019écrivais ici même il y a La 163e édition Grande Cuvée de la maison Joseph Krug (fondée en 1843), pilotée par le chef de cave trapéziste virtuose Éric Lebel, est une anomalie dans le paysage des bulles.JEAN AUBRY quelques millésimes de cela : « Cette cuvée créée, pensée, préméditée, assemblée et constamment aiguillée par ce grand prêtre qu\u2019est Richard Geoffroy et par son collaborateur Vincent Chaperon (qui a cosigné avec Geoffroy ce 2008) relevait d\u2019une obsession, voire d\u2019une démarche jusqu\u2019au-boutiste, pour ne pas dire\u2026 jusqu\u2019au bouddhiste.En ce sens, Dom Pérignon, c\u2019est la pierre philosophale du vin.» Je persiste et signe.Il est à parier que Chaperon (42 ans) s\u2019amusera comme un enfant gâté avec cette belle matière issue des 1250 hectares (parmi 17 des 21 grands crus) pour accoucher des 6 millions de bouteilles de Dom Pérignon.Ce 2008, où chardonnay et pinot noir fusionnent à parts égales (inhabituel pour la maison), possède rondeur et profondeur, fougue, luminosité, densité et énergie.Pour ces 28 années consacrées à recréer physiquement et spirituellement l\u2019icône Dom Pérignon au fil des différents millésimes, je vous salue bien bas cher Richard Geoffroy.Et bienvenu dans le jardin des grandes bulles, Vincent Chaperon ! (5+) Veuve Clicquot La Grande Dame 2008 (276,50 $ \u2013 354779).Le solide mais fin fil conducteur du pinot noir (plus de 90 % de l\u2019assemblage) ponctue la trame serrée mais aussi satinée de cette élégante cuvée signée Dominique Demarville.L\u2019impression d\u2019un bourgogne rouge racé, ample et parfumé, enveloppé et puissant mais aussi « cousu » avec maîtrise, délicatesse et tension.Incontestablement un grand flacon de repas, au discours captivant, sans cesse changeant, d\u2019une rare intelligence.(5+) 1/2 Krug Grande Cuvée (313,75 $ \u2013 727453).La 163e édition Grande Cuvée de la maison Joseph Krug (fondée en 1843), pilotée par le chef de cave trapéziste virtuose Éric Lebel, est une anomalie dans le paysage des bulles, quelles qu\u2019elles soient ou d\u2019où qu\u2019elles proviennent.Nous sommes ici au niveau de l\u2019obsession pure, de la quadrature du cercle touchant sa propre finitude, de l\u2019équilibre des forces sans cesse contrebalancé par la grande toupie du temps.Vous en doutez ?Appro- chez-le par tous les sens et laissez cet assemblage de 183 vins issus de 12 millésimes inscrits dans la capsule-temps 1990-2007 faire jaillir en vous à la fois la profondeur du mystère et l\u2019illumination pure.Créé pour être savouré à son apogée (2019), cet assemblage de pinot noir (37 %), de chardonnay (32 %) et de pinot meunier (31 %) offre une richesse de sève d\u2019une profondeur inouïe, mais aussi un axe dynamique où la vinosité d\u2019ensemble (élevage en fût) se love et se superpose à l\u2019infini.Grande bouteille de table qui a bien encore 10 ans devant elle.Le chroniqueur remercie les agences promotionnelles pour leur soutien concernant les échantillons prévus à la dégustation.La semaine prochaine : une caisse panachée pour les festivités des douze meilleurs vins à moins de\u2026 25 $ ! 51 Vivre Vin LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com 3081, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : HÔTEL UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 DERNIÈRES PLACES SUR CE CIRCUIT L\u2019ITALIE, CE MUSÉE À CIEL OUVERT ! Du 22 septembre au 9 octobre 2020 ROUMANIE & BULGARIE SAISON DE LA CUEILLETTE DES ROSES Du 9 au 31 mai 2020 L\u2019AUTRE PÉROU, MÉCONNU ET SURPRENANT, HORS DES GRANDES ROUTES TOURISTIQUES Du 21 août au 10 septembre 2020 LA FRANCE, POITOU-CHARENTE-BRETAGNE-NORMANDIE Départs : 1er juin & 7 septembre 2020 LE PÉROU, AU ROYAUME LÉGENDAIRE DES FILS DU SOLEIL PROLONGATION À NAZCA ET PARACAS Du 12 au 28 avril 2020 NOUVELLE-ZÉLANDE & AUSTRALIE Du 20 février au 13 mars 2020 10h30 12h15 12h15 14h00 14h00 PLACES 6 (450) 984-2585 | www.experienceberberetours.com 210 Boulevard Jean Lema, local 202, Candiac, J5R 6E6 titulaire d\u2019un permis du Québec | # 702865 CIRCUIT : Amazigh et détente 25 février au 7 mars 2020 10 nuits / 11 jours 33 repas À la rencontre du peuple Berbère en formule presque tout inclus Voyages Symone Brouty Pour des voyages pas comme les autres ! 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Super Promo vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES Départs : tous les vendredis Pour le jour de l\u2019An : lundi 30 décembre * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV inclus.Prix valide pour tous les départs en 2019.Permis du Québec (702378).www.beltour.ca 514 336-0033 / 1 866 235-8687 Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides experts et circuits captivants.Si vous aimez les partys, le Jour de l\u2019An sur Times Square est unique et c\u2019est une tradition mondiale! La ville éclate de feux d\u2019arti?ces et le ciel est illuminé de couleurs.En décembre, les rues, les édi?ces et les vitrines des commerces sont ornés de décorations lumineuses qui donnent un cachet magique partout.205 $* NEW YORK À partir de Magique Nos conseillers en voyages vous proposeront des voyages au soleil sur mesure selon vos goûts pour vos prochaines vacances.LE SUD GROUPES EXCLUSIFS COSTA DEL SOL (Espagne) Du 15 au 30 mars 2020 HAWAÏ et ses Îles Du 14 au 30 mars 2020 LA TUNISIE Du 14 mars au 04 avril 2020 ACCOMPAGNÉ ET GUIDÉ PAR YVES PETIT ACCOMPAGNÉ PAR LISE ANDRÉ COUTURE ACCOMPAGNÉ PAR GABY LE FRANÇOIS Club Voyages Place St-Henri vous invite à une présentation le 10 décembre à 16?h?00 LA TUNISIE à la librairie LIVRESSE 2671 Notre-Dame Ouest S.V.P.confirmer votre présence au 514 376-5079 RADISSON 514 351-5814 450 581-8080 514 376-5079 PLACE SAINT-HENRI Croisière et circuit accompagn és par Mme Louise Drouin POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 LE NORD SAUVAGE DE L\u2019AUSTRALIE Départ garanti du 3 au 25 mai 2020 (23 jours) Le Kimberley Emblématique en croisière et circuit de Perth à Melbourne À bord du nouveau navire de grand luxe « Lapérouse » de la Compagnie du Ponant VOYAGE D\u2019EXCEPTION LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Culture Jardins 53 BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR Lors d\u2019une grande exposition horticole en novembre dernier, j\u2019ai eu un coup de cœur pour de jolis objets horticoles fabriqués par Vert Métal.Leur design est moderne, épuré et léger, et la combinaison métal et plantes aériennes, franchement réussie.Et même si vous n\u2019avez pas le pouce vert, ces filles de l\u2019air devraient vous résister, car elles demandent peu d\u2019entretien et de connaissances.Quelques mots d\u2019abord sur cette jeune entreprise familiale afin d\u2019en connaître l\u2019esprit.Vert Métal a été fondée en 2013 par Julie Bussières, biologiste et passionnée des végétaux, et son conjoint, Menelaos Stavrakellis, soudeur et concepteur de structures.Après avoir terminé sa maîtrise en écologie des tourbières et productions horticoles, Mme Bussières, travaillait comme professionnelle de recherche, ment en valeur les cornes d\u2019élan, certaines orchidées et certaines plantes au port retombant.Il est facile à réaliser soi-même : on y trouve une plaque de pin de 30 cm sur 24 cm, de la mousse de sphaigne pour couvrir les racines et un support en acier inoxydable pour la plante.Il ne reste plus qu\u2019à mettre le crochet au mur ! Vert Métal sera au Marché Etsy à la Nef dans le quartier Saint-Roch à Québec, les 14 et 15 décembre prochains.Vous pouvez également commander à partir du site Internet de l\u2019entreprise.Afin de diminuer au maximum le risque de gel, les plantes sont envoyées les jours où la température est plus douce dans des boîtes de styromousse recyclées.vertmetal.com Ce livre de grand format célèbre la beauté et la diversité de l\u2019univers des plantes.Illustré par des photos extraordinaires et des dizaines de dessins explicatifs, il invite à s\u2019initier à la botanique et à percer les mystères des plantes en répondant de manière claire et précise à maintes questions que l\u2019on se pose : Qu\u2019est-ce que la photosynthèse ?À quoi servent les feuilles ?Pourquoi les cactus ont-ils des épines ?Comment flottent les nénuphars ?Pourquoi certaines plantes sont-elles toxiques ?\u2026 Des racines aux tiges, des feuilles aux fleurs, des fruits aux graines, en passant par les plantes dans l\u2019art et les familles, rien n\u2019a été oublié et tout y est vulgarisé avec brio.Ce livre exceptionnel est le fruit d\u2019un collectif expérimenté et de l\u2019équipe des Jardins botaniques royaux de Kew en Angleterre.Un ouvrage à avoir dans sa bibliothèque, car en plus d\u2019être magnifique et éducatif, il est vendu à un prix abordable.Flora Un fascinant voyage au cœur du monde végétal Collectif, Éditions Multimondes, Montréal, 2019, 440 pages Autres idées de cadeau Les outils forgés à la main de la marque hollandaise De Wit ; les sécateurs Felco, une marque suisse reconnue, parce qu\u2019ils sont solides et ergonomiques ; un bel agrume, une gracieuse orchidée, une succulente étonnante, un mystérieux bonsaï, des semences singulières pour le potager, des livres de jardinage, de beaux cache-pots\u2026 Surnommés les filles de l\u2019air, les tillandsias poussent sur les arbres sans les parasiter.C\u2019est pourquoi le fait d\u2019être suspendus sans sol leur convient très bien.Ici, le tillandsia sur support rectangulaire.CHANTALE LECOURS mais les plantes lui manquaient, ainsi que la création.C\u2019est pourquoi, avec son amoureux, elle lance cette entreprise qui allie à merveille leurs connaissances et leur engouement pour l\u2019innovation et l\u2019esthétisme.Bien que Bussières et Stavrakellis créent des structures pour des aménagements extérieurs, des murs végétaux intérieurs et du sur-mesure, leurs petits objets, eux, font de parfaits cadeaux.La boule de Noël vivante en est un exemple.Aussi jolie dans le sapin que comme élément de décor, elle est composée de trois anneaux minces en acier inoxydable dans lesquels est inséré un tillandsia.Le duo de tillandsias, où les plantes se font écho, est également intéressant.L\u2019un est sur un support en acier de forme rectangulaire à poser sur un bureau et l\u2019autre est sur un anneau que l\u2019on suspend.Le rectangulaire se vend aussi individuellement.Afin d\u2019accueillir des tillandsias de plus grand format, pour ceux qui cherchent un cadeau plus volumineux, Julie Bus- sières a également créé une suspension formée de deux grands losanges.Pourquoi le choix des tillandsias est- il idéal pour cette présentation ?Surnommés les filles de l\u2019air, les tilland- sias poussent sur les arbres sans les parasiter.C\u2019est pourquoi être suspendus sans sol leur convient remarquablement.Dans la nature, leurs racines peu développées ont pour simple fonction de les ancrer.Ces plantes absorbent plutôt l\u2019eau par des poils, nommés trichomes, qui sont présents sur leurs feuilles.Pour l\u2019entretien, on doit donc plonger la plante une fois par semaine dans l\u2019eau tiède ou la vaporiser abondamment.Ces plantes, qui vivent dans le faîte des arbres dans la jungle, ont absolument besoin de lumière intense, sinon elles dépériront lentement.L\u2019ensemble pour monter verticalement des plantes épiphytes m\u2019a aussi beaucoup plu.Le concept est simple et intelligent, et il met magnifique- De jolis objets végétalisés pour Noël Des idées de cadeaux pour le jardinier amateur de design LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 Vivr e Mot s de t êt e 54 SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 55 Vivre Mots de tête GRILLE INTERMÉDIAIRE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 480 Horizontalement I.Déflagration.II.Errata.Cidre.III.Moi.Plate.Do.IV.Itou.Abandon.V.Dourine.Sens.VI.Elle.Tri.Cn.VII.Uo.Trésorier.VIII.Ignées.Debré.IX.Liera.Cane.X.Semestrielle.Verticalement 1.Demi-deuils.2.Erotologie.3.Frioul.Nem.4.La.Uretère.5.Atp.Réas.6.Galantes.7.Abers.Cr.8.Acta.Iodai.9.Tiens.René.10.Id.Décibel.11.Ordonner.12.Néons.Rêve.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 481 1.Maintient le gond en bonne place.2.Travaux sur le fil.3.Evite de se mouiller.4.Un peu trop salé.Argentin à la plume et au crayon pleins d\u2019humour.5.Ne va pas bien droit.6.Grand et remarquable.Grande réunion.7.Personnel.Belle Citroën.Nous met sur la bonne voie.8.Sert encore de mesure au jugement.A protégé Zeus et Athéna.9.Geste écologique.Passer au bloc.10.Couvriras de senteurs marines.Mis sur scène par BB.11.Grand informateur.Fin de partie.Enzyme.12.Pas bien claires.I.Met fin à un très long procès.II.Forme de rire.Reçoit et analyse les informations.III.Il faut y être pour être sûr de ne rien perdre.Douillettement préparé.IV.Un début de putréfaction.Trace du temps.Touché à l\u2019intérieur.V.Gonflés en cas de mauvaises rencontres.Examen de passage.VI.Ne pourra plus servir.En vain.En met plein la vue.VII.Renforce l\u2019accord.Brûlent avec intentions.VIII.Chambre froide.Doit être consommé pur de préférence.Fait tomber les rois et les reines.IX.Négation.Au palais pour la défense.X.Jeux d\u2019enfants.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE « La bande dessinée, c\u2019est comme le cinéma, même si c\u2019est un cinéma de pauvres.» \u2013 Hugo Pratt MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE LIÈGE PIÈGE PIGE PIRE POIRE JEUX 1130 1207 1207 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1207 1.Couvrir 2.Hésitant 3.Explication 4.Un grand film italien 5.Dans la boucle d\u2019une ceinture 6.Lucky Luke 7.D\u2019une autre époque, souhaitons-le 8.Caprice 9.Incessamment 10.Complet \u2022 FORMICA \u2022 ICARIENS \u2022 ENSEMENCER \u2022 CERCLE \u2022 CLENCHE \u2022 CHELEM \u2022 LEMMING \u2022 INGÉNU \u2022 ÉNURÉSIE \u2022 SIEUR BIEN PIE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R CORRIGÉ Ce matin-là, on me surpris éminamment : Lucie, ma collègue et amie, était revenue de vacances plus tôt que ce qu\u2019elle avait annoncée.Ravie, je me jettai dans ses bras.Elle m\u2019avait tant manqué?! Aillant en tête cette touchante scène de retrouvailles, j\u2019étais sure de passer une belle journée.surprit, et non *surpris \u2014 v.surprendre, passé simple, 3e sing.(sujet : on).Étonner quelqu\u2019un par une chose inattendue.À ne pas confondre avec le participe passé de ce verbe (ex. : il est surpris).éminemment, et non *éminamment \u2014 adv.À un très haut degré ; remarquablement.Cet adverbe se termine en \u2013emment, car l\u2019adjectif éminent se termine en \u2013ent.annoncé, et non *annoncée \u2014 part.passé de annoncer.Faire savoir.Le PP s\u2019accorde avec son COD qu\u2019 (mis pour ce, masc. sing.) placé devant.jetai, et non *jettai \u2014 v.jeter, passé simple, 1re sing.(sujet : je).La consonne double n\u2019est utilisée que si le e qui précède fait le son [è] (ex. : je jette, nous jetterons).Ayant, et non *Aillant \u2014 v.avoir au part.prés.À ne pas confondre avec le participe présent de ailler (« mettre de l\u2019ail »).Remarque \u2014 En graphie rectifiée, les flexions de l\u2019adjectif sûr s\u2019écrivent sans accent circonflexe : sure, surs, sures.© 2019 Druide informatique inc.Tous droits réservés.Épreuve de révision Antidote | no 36 LE DEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 "]
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