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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-12-07, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 EN EAUX TROUBLES Buenos Aires dans les méandres de l\u2019injustice Au cœur de la capitale, la solidarité côtoie la misère sur les berges d\u2019un fleuve pollué B 4, 5 et 6 Buenos Aires, Argentine 1 BUENOS AIRES 2 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 2 Ce que ne dit pas le PISA J e n\u2019ai pas encore entièrement lu le dernier rapport du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l\u2019OCDE, mais je vais quand même en toucher un mot, très général.Comme on le sait, il met cette fois l\u2019accent sur la lecture, et il semble clair que les élèves canadiens, mais surtout québécois, ont extrêmement bien réussi \u2014 en lecture, objet principal de cette édition, mais aussi dans les deux autres domaines secondaires évalués, les sciences et les mathématiques.Voilà une nouvelle dont on doit se réjouir, même si, depuis 2000, l\u2019année du lancement du programme, nos résultats déclinent un peu en mathématiques et en sciences, et un peu plus en lecture.Mes remarques portent sur l\u2019interprétation de ces résultats et sur de possibles dangers qui nous guettent ce faisant.Il est d\u2019abord important que ces beaux résultats ne nous fassent pas oublier les grands défis que nous devons affronter en éducation.Parmi eux, notamment, les taux élevés de décrochage, toute la problématique de l\u2019identification et du traitement des troubles d\u2019apprentissage, la question de la formation des enseignants, l\u2019actuelle terrible pénurie qui frappe cette profession, sans oublier le caractère inéquitable de notre système scolaire, avec ces grandes inégalités qu\u2019on y trouve et qu\u2019il reproduit, voire accentue.Il faut ensuite regarder de plus près ces résultats, car derrière les bonnes nouvelles il y en a, hélas, de moins bonnes.Je pense en particulier, en lecture justement, à cet écart entre les sexes qui perdure : si 18 % des filles ont un rendement élevé en lecture, ils ne sont que 12 % des garçons à atteindre ce niveau.On doit aussi porter une grande attention à ces trop nombreux élèves qui ont une moindre, voire une faible maîtrise des compétences en lecture.Il faut enfin, et sans doute surtout, se rappeler ce que ne dit pas le PISA et ce que signifie ce qu\u2019il dit.Une enquête comme celle-là est a priori à l\u2019abri de sévères critiques méthodologiques, mais elle ne peut, par définition, que mesurer ce qu\u2019elle mesure.Sont ainsi ignorés des éléments qu\u2019on peut raisonnablement penser présents, importants et jouant un rôle causal dans ces résultats \u2014 comme le statut socioéconomique ou la prévalence du tutorat.Mais surtout, cette enquête mesure des compétences.En lecture, elle cherche à cerner la « maîtrise requise des compétences [\u2026] pour pouvoir saisir de nouvelles occasions d\u2019apprentissage et participer pleinement à la vie dans la société moderne ».Il y a là, depuis toujours, un vaste débat se déployant sur fond de rapports contestés entre savoirs et compétences.Pour apprécier les résultats du PISA, il est crucial de bien voir ce qu\u2019il met en évidence et qui n\u2019est pas, avec des nuances qui sont une bonne part du débat, le savoir ou le curriculum scolaire.Il pourra être utile de donner un exemple.Pour une des épreuves, les élèves lisent cette mise en situation : « Vous rendez visite à des membres de votre famille, qui se sont récemment installés dans une ferme pour élever des volailles.Vous demandez à votre tante : Comment as- tu appris à élever les volailles ?» Elle explique : « Nous avons parlé à de nombreux éleveurs de volailles.Et puis il existe un tas de ressources sur Internet.Par exemple, il y a un forum sur la santé des volailles que j\u2019aime consulter.Cela m\u2019a beaucoup aidée dernièrement, quand une de mes poules s\u2019est blessée à la patte.Je vais te montrer la discussion qu\u2019on a eue.» Sur le site en question, elle a écrit.« Bonjour à tous ! Est-ce que je peux donner de l\u2019aspirine à ma poule ?Elle a deux ans et je pense qu\u2019elle s\u2019est blessée à la patte.Je ne peux pas aller chez le vétérinaire avant lundi, et je n\u2019arrive pas à l\u2019avoir au téléphone.Elle a l\u2019air d\u2019avoir très mal.J\u2019aimerais lui donner quelque chose pour la soulager en attendant d\u2019aller chez le vétérinaire.Merci pour votre aide.» Des interventions suivent.Certaines répondent à la question posée ; d\u2019autres pas, et sont des interventions sur autre chose.On vous posera sur tout cela sept questions.Cinq sont à choix multiples : par exemple, il faut dire ce que voulait savoir votre parente ou indiquer les messages qui sont en rapport avec le sujet et ceux qui ne le sont pas.Deux questions demandent un court développement qui justifie votre réponse.Pour que l\u2019exercice soit réussi, il faut mobiliser des processus cognitifs, par exemple montrer qu\u2019on peut, en lisant un texte, rendre compte de son sens littéral, qu\u2019on est en mesure d\u2019intégrer des informations et de produire des inférences.Mais tout cela doit aussi, pour qu\u2019une éducation soit réussie, se faire avec et à propos de savoirs transmis dans un riche curriculum.On peut même penser que, sans lui, il devient difficile d\u2019exercer ces importants processus cognitifs dont parle le PISA, d\u2019exercer son esprit critique, d\u2019être autonome et pleinement citoyen.Le PISA le sait et a donc prévu des exercices de sens.Il fallait cette fois distinguer entre fait et opinion dans un texte portant sur un sujet peu familier.Les meilleurs pays en lecture ont cette fois des résultats pitoyables.Un élève sur sept, au Canada, y parvient.J\u2019en conclus qu\u2019on ne saurait faire, ici comme dans les autres pays, l\u2019économie d\u2019une réflexion sur notre curriculum à nous et ce qui le justifie.Ce qui m\u2019amène à une dernière remarque.Malgré les mérites qu\u2019on peut reconnaître au PISA, malgré sa volonté de comparer les systèmes d\u2019éducation, il faut résister à la tentation d\u2019en faire la boussole qui seule guiderait nos choix pédagogiques.Les perles de la semaine « Tout d\u2019abord, il est important de commencer au début.» « Les barrages hydroélectriques sans eau n\u2019existeraient pas.» « En fin de conte\u2026 » MANON CORNELLIER LE DEVOIR Eh non, les mots «pétrole», «pipeline» et « Trans Mountain » n\u2019apparaissent pas dans le discours du Trône du gouvernement Trudeau alors que l\u2019enjeu des changements climatiques, lui, a la part belle.Et alors ?Un discours du Trône est généralement un vague exposé des intentions du gouvernement et, quand il est fraîchement élu, un rappel avant tout du programme qui l\u2019a fait élire.Les libéraux sont toutefois minoritaires, alors on multiplie les bémols, les non-dits et les euphémismes.Leur but n\u2019était pas de plaire à tous, mais de laisser suffisamment place à l\u2019interprétation pour que les autres partis puissent y trouver des brèches par lesquelles, par la suite, faire valoir leurs positions.Le Bloc québécois en est venu à cette conclusion, comme l\u2019a expliqué son chef, Yves-François Blanchet.Il votera pour, pour mieux s\u2019affirmer au fil des projets et politiques que le gouvernement mettra en avant.Par cette décision, le BQ laisse bien sûr le champ libre aux autres partis désireux de s\u2019opposer.Sinon, n\u2019en doutez pas, ces derniers auraient été moins catégoriques.Aucun ne veut se retrouver en campagne électorale en ce moment.Comme le dit la chanson, a noté avec humour M.Blanchet, « tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir ».Les libéraux non plus, et le discours du Trône se devait, pour cela, d\u2019être exempt de ce qui aurait équivalu à des pilules empoisonnées pour les bloquistes, les néo- démocrates et les verts.Ces trois partis s\u2019opposent à l\u2019expansion du pipeline Trans Mountain, acheté à prix fort par Ottawa, et dénoncent le développement accru des sables bitumineux.Ils exigent plutôt des actions musclées contre les changements climatiques.M.Trudeau a donc dû ménager leurs susceptibilités, se montrer plus conciliant et multiplier ses appels à la collaboration.Mais ne nous leurrons pas, le silence du discours sur le pétrole et les pipelines n\u2019est que cosmétique.On en parle sans le dire, le gouvernement utilisant pratiquement les mêmes mots que les premiers ministres provinciaux à Toronto lundi.Il répète vouloir travailler avec «ardeur afin d\u2019acheminer les ressources canadiennes vers de nouveaux marchés».Cela n\u2019a évidemment pas suffi aux conservateurs, qui ont crié au déni face aux difficultés de l\u2019industrie pétrolière et des provinces de l\u2019Alberta et de la Saskatchewan.Une réaction prévisible, mais elle aussi marquée du sceau du déni.Ce n\u2019est pas parce que le gouvernement n\u2019en souffle mot qu\u2019il ne fait rien.Il a nommé deux émissaires, Chrystia Freeland et Jim Carr, pour tenter de rétablir les ponts avec l\u2019Ouest.(On verra à l\u2019usage si cela est fructueux.) Mots cachés Les silences nécessaires d\u2019un gouvernement jouant sa survie 17 septembre Élections fédérales Le premier ministre François Legault dévoile ses exigences aux chefs des partis fédéraux en marge de la campagne électorale canadienne.Il leur demande de s\u2019abstenir de contester la Loi sur la laïcité, les pleins pouvoirs en immigration, l\u2019assujettissement des entreprises de charte fédérale à la loi 101 et la création d\u2019une déclaration de revenus unique administrée par le Québec.25 septembre Mode de scrutin La CAQ s\u2019engage à instaurer un mode de scrutin mixte avec compensation régionale à temps pour les élections de 2026.Elle fixe toutefois deux conditions : l\u2019appui d\u2019au moins trois des quatre partis d\u2019opposition et celui de la population dans le cadre d\u2019un référendum qui coïncidera avec les élections générales de 2022.27 septembre Marche pour le climat Grande marche pour le climat en l\u2019absence de François Legault qui se fait représenter par son ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette.La rencontre entre le premier ministre québécois et la militante environnementaliste Greta Thunberg n\u2019aura pas lieu.5 octobre « Bonjour-Hi » Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin- Barrette, évoque la possibilité de légiférer pour contraindre les commerçants à saluer leur clientèle en français, au lieu d\u2019utiliser la formule « Bonjour- Hi».Il bat en retraite trois jours plus tard sur ordre du bureau du premier ministre.30 octobre Test des valeurs Le gouvernement caquiste dévoile les conditions d\u2019obtention de l\u2019attestation d\u2019apprentissage des valeurs démocratiques et des valeurs québécoises que tout immigrant économique souhaitant s\u2019établir au Québec devra avoir en main.Ces derniers devront désormais se soumettre à un test des valeurs avant d\u2019obtenir leur Certificat de sélection du Québec.7 novembre Coton ouaté La députée solidaire Catherine Dorion quitte le Salon bleu prématurément après y avoir pénétré vêtue d\u2019un coton ouaté.Elle s\u2019éclipse sous le regard des parlementaires qui menacent d\u2019en appeler à la présidence pour l\u2019expulser, au nom du décorum.Mme Dorion s\u2019était fait remarquer une semaine plus tôt avec une photo d\u2019Halloween prise en tailleur et talons hauts, assise sur le pupitre central du Salon rouge.Bilan de session à Québec NORMAND BAILLARGEON PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR, OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR, JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE L\u2019HEURE JUSTE DAVE NOËL À QUÉBEC LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 3 Plus concret encore, il y a un pipeline actuellement en construction.L\u2019expansion du pipeline Trans Mountain suit son cours au moment où vous lisez ces lignes.Le premier ministre al- bertain, Jason Kenney, l\u2019a reconnu lundi dernier à Toronto.Son combat électoral contre Justin Trudeau étant clos, il a souligné avec satisfaction que 2000 travailleurs y œuvraient et que lui-même avait confiance «que [le projet] se réalisera».Le lendemain, il se réjouissait du lancement à Edmonton d\u2019une nouvelle étape du projet de construction.« Bonne nouvelle », « un pas en avant important », a-t-il dit.Ce n\u2019est pas tout.Vendredi, moins de 24 heures après la lecture du discours du Trône, le gouvernement Trudeau a annoncé que la nouvelle tarification du carbone pour les grands émetteurs de gaz à effet de serre albertains, annoncée le 29 octobre par le gouvernement Kenney, répondait aux exigences fédérales pour ces émetteurs, du moins pour l\u2019année 2020.La province sera donc exemptée de cette portion de la taxe fédérale sur le carbone durant cette période, mais pas de celle sur les carburants.Au bout du compte, si des frictions fédérales-provinciales découlent de ce discours, elles ne seront pas une affaire albertaine.Toutes les provinces se sentiront concernées par l\u2019insistance du gouvernement Trudeau à 1er octobre Projet de loi 40 Présentation du projet de loi 40 qui doit entraîner la disparition des commissions scolaires qui seront remplacées par des centres de services.La législation prévoit l\u2019abolition des élections scolaires dans le réseau francophone.Les membres des conseils d\u2019administration des centres de services anglophones seront élus.2 octobre Presse écrite Le gouvernement Legault vient à la rescousse de la presse écrite au moyen de mesures d\u2019aide totalisant 50 millions de dollars, dont un nouveau crédit d\u2019impôt remboursable calculé sur les salaires des employés.Il laisse toutefois en plan les médias électroniques et les agences de presse.2 octobre Excuses François Legault présente ses excuses aux peuples autochtones au nom de l\u2019État québécois dans la foulée du rapport de la commission Viens sur la discrimination systémique envers les Premières Nations et les Inuits.7 novembre Dépenses 12 novembre PEQ Simon Jolin-Barrette présente ses excuses à la population pour le fiasco de sa réforme du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ).Cette dernière visait à restreindre l\u2019accès à ce programme offrant une voie expresse pour l\u2019obtention du certificat de sélection du Québec.2 décembre Élection partielle La CAQ remporte l\u2019élection partielle dans Jean-Talon qui était représentée par les libéraux depuis la création de cette circonscription de la haute-ville de Québec en 1965.Élue avec 43 % des voix, Joëlle Boutin devient la 76e députée caquiste.Le point sur les activités de l\u2019Assemblée nationale en douze événements marquants Bulletin ministériel A lors que la CAQ vantait le modèle des garderies privées quand elle était dans l\u2019opposition, Mathieu La- combe (Famille) semble réellement croire aux CPE, même si le premier ministre Legault n\u2019en a que pour les maternelles 4 ans.Convertir les garderies privées non subventionnées en établissements subventionnés pour « faire le ménage » dans un réseau qui en a bien besoin est une bonne idée.A Dans sa révision du programme d\u2019assurance parentale, Jean Boulet (Travail, Emploi, Solidarité sociale) a fait la démonstration, dont certains de ses collègues pourraient s\u2019inspirer, qu\u2019un ministre peut se raviser quand il se rend compte qu\u2019il est dans l\u2019erreur sans que l\u2019opposition présente ce recul comme une défaite du gouvernement.La réforme de la Loi sur la santé et la sécurité du travail, qui date de 1979, devra toutefois attendre.A\u2013 La bonne tenue de l\u2019économie a encore une fois facilité la vie du ministre des Finances, Eric Girard, qui a pu présenter une mise à jour économique et financière généreuse, forcément bien accueillie.Dans la foulée du vol des données personnelles des 4,2 millions de membres de Desjardins, dont il semblait minimiser la gravité au départ, il a décidé d\u2019imposer des sanctions aux agences de crédit qui négligeraient de protéger leurs clients.B Sonia LeBel (Justice, Institutions démocratiques, Relations canadiennes) a rempli la promesse de la CAQ en déposant un projet de loi sur la réforme du mode de scrutin avant le 1er octobre, mais on attend toujours celui sur la protection des renseignements personnels.Plutôt effacée dans sa fonction de ministre responsable des Relations canadiennes.B Au terme d\u2019une démarche amorcée en 2012, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforêt, a conclu avec les municipalités un nouveau pacte fiscal qui permettra de diversifier leurs sources de revenus et d\u2019y ajouter 1,2 milliard d\u2019argent frais en cinq ans.B Certains ont fait des gorges chaudes de l\u2019investissement de 30 millions dans une entreprise française de fabrication de dirigeables industriels, mais on ne peut accuser Pierre Fitzgibbon (Économie) de se traîner les pieds ou de manquer d\u2019imagination.Il était tentant de soupçonner Québecor de vouloir faire avorter le projet de coopérative des employés de GCM, mais les menaces à peine voilées contre Desjardins étaient déplacées.B Marguerite Blais (Aînés) a finalement lancé son projet de Maisons des aînés, mais on se demande toujours où elle trouvera les préposés nécessaires.C\u2019est très bien de vouloir rénover les CHSLD, mais il est un peu agaçant de l\u2019entendre accuser les libéraux de les avoir négligés alors qu\u2019elle a été responsable des aînés dans le gouvernement Charest pendant cinq ans.B François Bonnardel (Transports) a finalement réussi à clore le dossier du taxi.Il a eu beau faire un grand ménage à la Société des traversiers, il semble toutefois impossible de mettre fin au cauchemar qu\u2019elle constitue depuis sa nomination.B\u2013 Pour reprendre son expression, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, travaille en « sous-marin », de sorte qu\u2019on ne connaît toujours pas les détails de la « perspective d\u2019entente » avec les médecins spécialistes qui permettra de diminuer leur rémunération de 500 millions, alors que la CAQ avait promis 1 milliard.Les plans stratégiques visant à améliorer la performance des différents ministres ont cependant fait surface.B\u2013 À partir du moment où le premier ministre Legault en a fait une affaire personnelle, Jean-François Roberge (Éducation) ne pouvait pas renoncer aux maternelles 4 ans, malgré les innombrables critiques et l\u2019explosion des coûts.Il a plutôt ralenti la cadence.L\u2019opposition au projet de loi sur la gouvernance scolaire serait moindre s\u2019il ne donnait pas l\u2019impression de vouloir mettre le réseau de l\u2019éducation à sa botte.B\u2013 Nadine Girault n\u2019est pas très flamboyante, mais sa nouvelle politique internationale a le mérite de voir l\u2019intérêt d\u2019attirer autant d\u2019étudiants étrangers que possible, alors que son collègue de l\u2019Immigration ne semblait pas en voir l\u2019utilité.Sans surprise, cette politique est centrée sur l\u2019économie de façon presque obsessionnelle, mais elle reconnaît aussi l\u2019importance de la diplomatie d\u2019influence.B\u2013 Geneviève Guilbault a le droit de haïr les péquistes et Montréal, mais elle a manqué de doigté en traitant ni plus ni moins d\u2019incompétents les attachés politiques dont elle voulait se débarrasser.Elle a appris qu\u2019il est plus facile de se faire applaudir au moment d\u2019une inondation que six mois plus tard.Les quelque 700 000 propriétaires d\u2019armes à feu qui refusent toujours de les inscrire au registre qu\u2019elle a mis en place il y a un an n\u2019ont pas été inquiétés.Elle a nommé une première femme à la tête de la SQ.B\u2013 Danielle McCann (Santé) n\u2019a pas encore réussi à conclure une entente sur un nouveau mode de rémunération avec les pharmaciens, qui est une condition essentielle à l\u2019élargissement de leurs pouvoirs médicaux sur lequel elle mise pour désengorger les urgences, où le temps d\u2019attente a encore augmenté depuis un an.Remplacer le paiement à l\u2019acte par la « capitation » est une excellente idée, mais le premier ministre a dû brandir la menace d\u2019une loi spéciale pour faire avancer les négociations avec les omnipraticiens.L\u2019opposition a rendu publique une lettre gênante dans laquelle elle vantait les mérites de la réforme de son prédécesseur libéral, Gaétan Barrette.B\u2013 La ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie D\u2019Amours, est sans doute bien intentionnée, mais les représentants des Premières Nations lui ont clairement fait savoir qu\u2019ils entendent discuter directement avec le premier ministre des suites à donner au rapport de la commission Viens.L\u2019absence de M.Legault à la rencontre au sommet de la mi-octobre en avait fait « un rendez-vous manqué ».C Benoit Charette (Environnement) a voulu ménager la chèvre et le chou en inventant un nouveau statut d\u2019« aire protégée à utilisation durable » pour l\u2019île d\u2019Anticosti.Réglementer la récupération des électroménagers est sans doute une bonne idée, mais la « consigne élargie », qu\u2019il comptait mettre en place cet automne, se fait toujours attendre.Accueilli en héros au dernier congrès de la CAQ, Dominic Champagne qualifie maintenant le gouvernement Le- gault de climatosceptique.C Jonatan Julien, dont le style rappelle les années 1950, a réussi à faire une unanimité rarement vue contre son projet de loi sur les trop- perçus d\u2019Hydro-Québec, qu\u2019il faudra adopter sous bâillon.On en arriverait presque à admirer son entêtement si les inconvénients n\u2019étaient pas aussi évidents.C\u2013 Nathalie Roy (Culture et Communications) s\u2019est vu retirer le dossier de la langue au profit de Simon Jolin- Barrette, jugé en principe plus efficace.En attendant la révision de la Loi sur le patrimoine culturel, les 30 millions annoncés jeudi ressemblent à la porte de l\u2019écurie qu\u2019on ferme quand le cheval est parti.C\u2013 Après avoir été sérieusement écorché l\u2019an dernier par le conflit d\u2019intérêts dans la recherche sur les pesticides dénoncé par le lanceur d\u2019alerte Louis Robert, le ministre de l\u2019Agriculture, André Lamontagne, s\u2019est encore retrouvé dans l\u2019embarras quand la vérificatrice générale a révélé une situation analogue chez les vétérinaires qui sont autorisés à prescrire et à vendre des antibiotiques.Le pauvre semblait encore tomber des nues.D L\u2019homme de confiance du premier ministre et héros de la laïcité, Simon Jolin-Barrette (Immigration, leader parlementaire), a subi un cuisant échec dans sa tentative de réforme du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ ).Comble de l\u2019humiliation, l\u2019opposition a profité d\u2019une autre bévue du gouvernement, à court de députés au Salon bleu, pour faire adopter une motion qui tournait le fer dans la plaie.Il ne fait rien pour inciter les partis d\u2019opposition à collaborer.E MICHEL DAVID Le ministre des Finances, Eric Girard, présente sa mise à jour économique qui prévoit une hausse des dépenses à 7,9 % pour l\u2019année en cours.Quelque 140 000 familles n\u2019auront plus à verser la contribution additionnelle pour les services de garde subventionnés.vouloir instaurer de nouveaux fonds pour la santé au lieu d\u2019augmenter le transfert existant, comme le lui ont encore demandé les premiers ministres provinciaux cette semaine.Il ne dit rien non plus de leur demande de modification de la Loi sur les évaluations environnementales (C-69) afin qu\u2019elle respecte le pouvoir des provinces d\u2019évaluer les projets relevant de leur compétence et du principe « un projet, une évaluation ».Pour l\u2019instant, le gouvernement se contente de dire qu\u2019il est ouvert à examiner les modalités de mise en œuvre de la loi.Justin Trudeau a insisté sur l\u2019environnement plutôt que sur le pétrole parce qu\u2019il en a fait beaucoup pour cette industrie, avec l\u2019achat du pipeline Trans Mountain en particulier, et que cela ne lui a rien donné.Au contraire, ces décisions lui ont fait perdre beaucoup de crédibilité auprès des Canadiens soucieux de l\u2019environnement.Ce sont eux qu\u2019il doit reconquérir pour espérer reprendre pied quand son gouvernement tombera.Entre-temps, il doit arriver à gouverner.Le leader parlementaire libéral Pablo Rodriguez a dit qu\u2019il négociera au cas par cas avec les partis d\u2019opposition l\u2019adoption des mesures gouvernementales.Le discours du Trône était un premier test, mais, dans les faits, le plus difficile reste à venir.Justin Trudeau a insisté sur l\u2019environnement plutôt que sur le pétrole parce qu\u2019il en a fait beaucoup pour cette industrie et que cela ne lui a rien donné LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 EN EAUX TROUBLES B 4 Un égout à ciel ouvert MAGDALINE BOUTROS À BUENOS AIRES LE DEVOIR Il s\u2019agit d\u2019un des pires cas de pollution industrielle du monde.Et un cas troublant d\u2019immobilisme politique.Des flots opaques et souvent nauséabonds du fleuve Matanza-Riachuelo s\u2019écoulent 200 ans de contamination.Une pollution nourrie par les centaines d\u2019industries établies sur ses berges, qui y déversent sans vergogne leurs déchets toxiques, et aggravée par l\u2019absence flagrante d\u2019égouts pour 2,2 millions de riverains, qui y rejettent, faute de mieux, leurs déchets organiques.Le Riachuelo, c\u2019est en fait un gigantesque égout à ciel ouvert, une catastrophe écologique qui s\u2019étire sur 64kilomètres au sud-ouest de Buenos Aires avant de déverser ses eaux souillées dans le Rio de la Plata, un estuaire dans lequel s\u2019abreuvent plus de trois millions de personnes.« C\u2019est donc par ce Plata boueux et rêvasseur / que les bateaux venus me faire une patrie / descendirent un jour, leurs coques de couleur / cahotant parmi les nuphars du courant gris ?» écrivait Jorge Luis Borges en 1965 dans son célèbre poème Fondation mythique de Buenos Aires.Comme si le Riachuelo avait toujours été pollué, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un état de fait, intrinsèquement lié à l\u2019histoire de la capitale argentine, sur lequel plus personne n\u2019avait d\u2019emprise.En fait, il faut remonter au moins deux siècles en arrière pour comprendre l\u2019origine de la dépravation du plus mal-aimé des fleuves argentins.À cette époque, les producteurs bovins, les abattoirs et les curtiembres \u2014 les tanneurs \u2014 s\u2019installèrent massivement le long des rives du Riachuelo.Les carcasses d\u2019animaux et les produits toxiques utilisés pour la fabrication du cuir étaient alors jetés, jour après jour, dans les eaux s\u2019écoulant tout juste à côté, à portée de main.Les années passèrent et les entreprises se diversifièrent.Avec toujours cette même constance, cette même vision du Riachuelo, d\u2019une tombe, d\u2019une efficacité à toute épreuve, pour faire disparaître les déchets, de toute nature et de tous formats.Aujourd\u2019hui, quelque 15 000 établissements industriels sont établis dans la cuenca, le bassin du Riachuelo, où résident cinq millions de personnes.Aux agriculteurs et aux curtiembres se sont greffées des entreprises pétrochimiques, métallurgiques, pharmacologiques, et bien d\u2019autres.Et le fleuve Matanza-Ria- chuelo s\u2019est hissé parmi les dix fleuves les plus pollués de la planète, selon un classement établi par le Blacksmith Institute et la Croix-Verte de Suisse.Décision historique Les niveaux de plomb, de zinc et de chrome qui s\u2019y trouvent sont 50 fois plus élevés que la limite permise en Argentine.Le Riachuelo, désormais dépourvu d\u2019oxygène et de vie aquatique, représente le plus grand risque environnemental pour la population de la grande région de Buenos Aires, a averti l\u2019ONU.La catastrophe est telle qu\u2019un groupe de voisins de la Villa inflammable (un bidonville) a intenté en 2004 une action en justice contre le gouvernement argentin, la province de Buenos Aires, le gouvernement de la ville autonome de Buenos Aires et 44 entreprises pour les dommages causés par la pollution du fleuve Matanza-Riachuelo.Dans sa décision rendue en 2008, la Cour suprême d\u2019Argentine reconnaissait la responsabilité des autorités gouvernementales et leur intimait de relo- caliser quelque 17 000 résidents parti- Le Riachuelo, fleuve de tous les contrastes Dans les villas, l\u2019injustice se noue à la solidarité C\u2019est l\u2019histoire de l\u2019un des fleuves les plus pollués de la planète.Un cours d\u2019eau, aux teintes brunâtres, qui serpente l\u2019une des plus belles villes d\u2019Amérique latine.C\u2019est l\u2019histoire de Buenos Aires, terre de contraste, d\u2019injustice, mais aussi de résilience et de solidarité.L\u2019histoire du Riachuelo, c\u2019est aussi celle de Claudia, Paola et Blasia, des femmes d\u2019une rare force, issues des villas, tenant tête à une classe politique qui détourne le regard et à la toute-puissance des industries.MAGDALINE BOUTROS À BUENOS AIRES LE DEVOIR D u haut des airs, la Villa 21-24 prend la forme d\u2019un cœur.Un antre où la pauvreté, la pollution, l\u2019injustice et la criminalité forment un nœud, insécable, sanglé par d\u2019innombrables années d\u2019immobilisme politique.Lové dans les méandres du Riachuelo \u2014 la partie la plus polluée du fleuve qui traverse Buenos Aires \u2014 ce bidonville a été bâti, brique après brique, sur un immense tas de déchets.Un dépotoir sur lequel vivent quelque 60 000 personnes, à seulement sept kilomètres de la Casa Rosada, le palais présidentiel argentin.« Le gouvernement nous traite comme si on était des choses ».Les mots sont durs, implacables.En sillonnant les rues de la villa (prononcez « vicha »), Blasia Guachiré Alarcón, une citoyenne devenue au fil du temps et des injustices une leader sociale, ne manque pas une occasion de pourfendre le gouvernement.« On n\u2019a plus aucune dignité ici.Et le gouvernement n\u2019y fait absolument rien.» Longtemps oubliés et ignorés, les résidents de cette villa, la plus grande de la capitale, s\u2019entassent dans des maisons de fortune sur des terres hautement polluées, au vu et au su de tous.Pourtant, en 2008, dans une décision historique qui a fait école depuis dans le droit environnemental, la Cour suprême argentine sommait le gouvernement de reloger quelque 17 000 résidents des villas \u2014 dont tous ceux de Villa Inflamable \u2014 en raison des risques que le fleuve, immensément contaminé, pose pour la santé des riverains.Mais, 11 ans plus tard, seulement 5000 d\u2019entre eux ont été relogés.Et les villas, dans lesquelles des familles à faible revenu, des immigrants et des exclus de tout acabit se serrent dans un improbable mélange d\u2019insécurité et de solidarité, ont continué à croître.Au point où les autorités ont aujourd\u2019hui perdu le compte du nombre exact de personnes devant être déplacées.Le fleuve, un égout « Mes enfants ont du plomb dans le sang, des problèmes cutanés.Ma fille de 17 ans est malade du cœur », s\u2019emporte devant les journalistes du Devoir Maria Nestor Mendez.Depuis deux ans, ils sont six à habiter dans une petite pièce faisant environ 5 mètres sur 4 mètres, à un jet de pierre du Riachuelo.« On veut partir n\u2019importe où, dans n\u2019importe quel appartement.Mais personne ne m\u2019écoute.» La pluie transperce le toit de tôle.Les rats cohabitent avec les adultes et les enfants, entassés sur deux lits posés directement sur le plancher de terre.Un baril rempli d\u2019eau permet de se rafraîchir.Un rideau fait office de porte.Et un seau, de toilette.Une odeur d\u2019ammoniac flotte dans la pièce, où les rires des enfants déchirent tout misérabilisme.« Lorsque le seau est plein, je le vide dans le Riachuelo », explique Maria.Car l\u2019égout, c\u2019est le Riachuelo.Ici comme dans les autres villas, qui ne sont pas raccordées aux infrastructures municipales.Les pancartes « Ne jetez pas vos déchets » disposées le long du fleuve n\u2019y changent rien.Les berges sont noires, nauséabondes.Des amoncellements de bouteilles de plastique, d\u2019emballages de toutes sortes, de couches, de pneus, s\u2019y accumulent.Et c\u2019est sans compter la pollution industrielle, nourrie par des centaines d\u2019industries établies le long du Riachuelo (voir texte du haut).Loin du paysage de carte postale, le fleuve qui enlace la Villa 21-24 n\u2019est en rien bucolique.En fait, il faut s\u2019en éloigner le plus possible.Les risques pour la santé sont bien réels, ont été documentés, encore et encore, et sont connus des autorités.Les problèmes de peau, allergies et infections pulmonaires sont légion.Sans oublier les taux élevés de plomb décelés dans le sang des enfants.Pôle pétrochimique « Mariela ! Mariela ! », crie Paola, depuis la rue.La grande porte rouge, marquée d\u2019un 41 tracé à la main, s\u2019ouvre dans un grincement.De la cour intérieure, où des vêtements étendus flottent au vent, surgissent timidement deux enfants entourant leur maman.« Dites-moi, comment va la vie à Villa Inflamable ?», risquons-nous.« Todo bien », répond Mariela Maricel Amara, d\u2019un ton assuré.« C\u2019est mon quartier, je veux rester ici.» Les rues sont calmes, désertes en ce milieu de journée, dans ce bidonville situé à une quinzaine de minutes du centre de Buenos Aires.La chaleur et l\u2019humidité commencent à emplir le quartier, secoué quelques minutes plus tôt par une pluie drue.Au loin, une cheminée industrielle crache du feu.Une lumière qui rappelle, jour et nuit, aux 2000 familles qui ont fait de cette villa leur chez-soi qu\u2019elles sont cerclées, cernées, par un pôle pétrochimique.Au fil des ans, des raffineries et des industries y ont grugé des terres, près du fleuve Riachuelo, à quelques pas du lotissement informel, dans un laisser- faire absolu.Villa Inflamable (qui tient son nom d\u2019un navire qui a brûlé il y a plusieurs années sur ses côtes), c\u2019est aussi un lieu emblématique, là où la cause Mendoza \u2014 par laquelle la Cour suprême sommait les autorités de dépolluer le Ria- chuelo et de reloger les résidents les plus à risque \u2014 a pris naissance.Mais plus de 10 ans plus tard, tous les résidents de Villa Inflamable, ou presque, sont encore là.Pire encore, non seulement la villa, mais aussi le parc industriel (où se trouvent Shell, Petrobras et YPF, entre autres), n\u2019ont cessé d\u2019enfler.L\u2019eau, la terre, l\u2019air sont saturés de polluants.Par moments, des cendres et de la suie tombent comme une pluie fine sur les maisons, les voitures.Mais, 8 7 4 5 6 3 Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir. LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 EN EAUX TROUBLES B 5 culièrement à risque, établis dans des villas (seulement 5000 ont été déplacés à ce jour).« Il était clair à ce moment que la seule façon d\u2019avoir une approche intégrale pour arrêter la pollution était de réunir toutes les juridictions \u2014 municipales, provinciales, fédérales \u2014 autour d\u2019une même table, sous la même autorité », explique au Devoir Romina Pico- lotti, qui était, à l\u2019époque, ministre de l\u2019Environnement de l\u2019Argentine.ACU- MAR, l\u2019Autorité du bassin du Matanza- Riachuelo, fut alors créée.Un plan d\u2019assainissement du bassin a été soumis et un système d\u2019audiences publiques a été mis en place pour superviser le processus.De l\u2019inédit, sur toute la ligne.Des inspections déficientes « On a nettoyé tout le miroir d\u2019eau [l\u2019eau peu profonde] du fleuve.On a sorti une quantité phénoménale d\u2019épaves de bateaux, de voitures et de réfrigérateurs », indique Diego Medi- naceli, directeur de la planification, de la coordination et de la modernisation d\u2019ACUMAR.Mais les contaminants, eux, ont été laissés là.« La navigation est interdite sur le fleuve, donc les sédiments ne bougent pas.On choisit donc de laisser les produits chimiques dans le lit de la rivière.» Quant à l\u2019afflux de produits toxiques, il est loin d\u2019avoir cessé.En cas de déversement illégal, ACU- MAR a le pouvoir de fermer les entreprises délinquantes et de délivrer des constats d\u2019infraction (Coca-Cola et les laboratoires Roemmers ont notamment été pris en défaut).Depuis 2010, l\u2019agence dit avoir répertorié 1090 cas ayant mené à la fermeture, totale ou partielle, d\u2019établissements.Mais tous les intervenants interrogés s\u2019entendent pour dire que ce n\u2019est pas suffisant.Que les entreprises ne font que payer les amendes sans changer leurs pratiques.Qu\u2019il n\u2019y a pas suffisamment d\u2019inspecteurs (actuellement, ils sont 32).Et qu\u2019il suffit de graisser les bonnes pattes pour continuer d\u2019agir impunément.Depuis sa création il y a 11 ans, ACU- MAR a englouti près de 2 milliards de dollars.Huit directeurs se sont succédé à sa tête, dont plusieurs ont quitté l\u2019organisme sous des soupçons de corruption.Pendant ce temps, les riverains continuent de gaver le Riachuelo de leurs déchets.Tous les matins en semaine, un bateau d\u2019ACUMAR navigue sur le Ria- chuelo pour ramasser les ordures qui y ont été jetées depuis la veille.La collecte est saisissante, jour après jour.Des frigos, des pneus, une quantité phénoménale de plastique en tout genre, des couches.Quatorze filets, postés en des lieux stratégiques sur le Riachuelo, récoltent, eux aussi, les déchets qui voguent à la surface de l\u2019eau.Annuellement, ce sont quelque 45 000 tonnes d\u2019ordures qui sont extirpées du fleuve.Et c\u2019est sans compter ces tuyaux, visibles sur les berges du Riachuelo, qui déversent directement les déchets organiques des riverains dans le fleuve.L\u2019odeur est infecte, les flots sont complètement noirs.Le problème \u2014 tout le monde nous le répétera durant notre séjour à Buenos Aires \u2014, ce sont les cloacas, les égouts, inexistants en de trop nombreux endroits.Pour remédier à la situation, la Banque mondiale a investi 1,6 milliard de dollars pour construire le Sistema Ma- tanza-Riachuelo, un immense égout collecteur de 30 km de long qui permettra de connecter 1,5 million d\u2019habitants supplémentaires aux infrastructures sanitaires.Il s\u2019agit du plus grand projet d\u2019assainissement financé par la Banque mondiale en Amérique latine.L\u2019entrée en fonction du Sistema Riachuelo, plusieurs fois reportée, devrait se faire en 2022.Une source d\u2019espoir discrète, mais bien présente, qui pourra peut-être faire fléchir l\u2019histoire de ce Plata boueux, si cher à Borges, pour qu\u2019il reprenne un jour ses airs rêvasseurs.contrairement aux résidents qui habitent près des méandres du Riachuelo dans la Villa 21-24, la plupart des habitants de Villa Inflamable ne veulent pas partir.Des lagunes verdâtres «Je suis ici depuis que je suis petite et je vais bien», assure Mariela, mère de cinq enfants.«Il n\u2019est pas question qu\u2019on s\u2019en aille.On était ici avant que les industries s\u2019installent », abonde Claudia Noemi Espinola, une leader sociale de Villa Inflamable qui, aux côtés de Paola Alejandra Borzacchino, nous accompagne dans notre visite.La pollution est souvent invisible.Mais ici, comme dans la Villa 21-24, le paysage suinte la contamination.Des camions-citernes défilent en permanence devant l\u2019entrée de la villa, les cheminées distillant leur fumée tapissent le ciel et des tuyaux de gaz quittent le complexe industriel pour disparaître sous les rues de la villa.Des lagunes, qui absorbaient jadis le trop-plein d\u2019eau suivant les pluies, ont été remblayées par les entreprises, avides de nouvelles terres pour y ériger leurs installations.D\u2019autres lagunes, verdâtres, gorgées de pollution, qui parsèment le bidonville, débordent abondamment lors de journées de grandes pluies et envahissent les maisons.«On ne va jamais s\u2019en aller», insiste Claudia, qui a pris en main la lutte des voisins (l\u2019appellation de tous les habitants du quartier).Parce qu\u2019ici, c\u2019est aussi là où elles ont bâti leurs maisons, élevé leurs enfants et forgé leurs souvenirs.« La Cour a pris cette décision sans mettre en place des mécanismes pour entendre la population.Elle a décidé que les voisins de la villa devaient être déplacés, mais sans leur demander quels étaient leurs projets de vie », explique Felipe Mesel, avocat en droits de la personne pour l\u2019Association civile pour l\u2019égalité et la justice (ACIJ), qui accompagne les résidents de Villa Inflamable dans leur combat politique et judiciaire.« Nous sommes confrontés à un paradoxe parce que ce sont les entreprises qui polluent, mais ce sont les résidents qui doivent partir.» Et avec les années qui ont filé sans que rien n\u2019ait changé, les résidents de Villa Inflamable en sont venus à relativiser les impacts que la pollution a sur leur santé, souligne-t-il.Ils demandent aujourd\u2019hui au gouvernement de dépolluer les lieux pour qu\u2019ils puissent demeurer sur place, mais dans des conditions de vie décentes.Inondations récurrentes Et les besoins sont là, criants.Près de la grande porte rouge, les enfants nous regardent avec curiosité.Mariela nous fait entrer chez elle après nous avoir accueillis par une bise chaleureuse.«Faites attention au muret», nous prévient-elle.Dans le cadre de porte, une barrière d\u2019une quinzaine de centimètres a été érigée pour bloquer les inondations récurrentes.Tout a été surélevé dans la cuisine.Même le frigo est monté sur pattes.Des marques des récentes montées d\u2019eau ont laissé des traces indélébiles sur les murs.«Je suis la première a être inondée et la dernière à voir l\u2019eau partir.» Des photos des enfants trônent sur la bibliothèque ; de la peinture bleue s\u2019effrite des murs.Mariela s\u2019inquiète de l\u2019humidité, de la pollution que ses enfants respirent.« J\u2019ai demandé à la municipalité de m\u2019aider à monter le plancher, mais j\u2019attends depuis des années.Quatre de mes cinq enfants ont des problèmes neurologiques.» « Personne ne fait rien, s\u2019impatiente Claudia, dans la cuisine.Ni ACUMAR (l\u2019agence gouvernementale créée pour dépolluer le Riachuelo), ni le gouvernement.Ils viennent nous voir avant les élections, ils font un grand show et, ensuite, ils disparaissent.» Paola s\u2019exaspère.« Il faut nous faire entendre.Il faut bloquer une rue de la villa », tonne-t-elle.Car ici, comme ailleurs en Argentine, c\u2019est en bloquant les rues qu\u2019on interpelle le gouvernement.« Si on ne se fait pas voir et entendre, rien ne va changer.» Une affaire de femmes En marchant dans la succession étourdissante de maisons de briques et de tôle de la Villa 21-24, dont les numéros d\u2019immeuble sont tracés à la main et qui sont flanquées de fenêtres barricadées et d\u2019étages supplémentaires construits à mesure que les nouveaux arrivants affluaient dans le quartier, nous remarquons les têtes qui se retournent sans arrêt.« Ce sont des journalistes étrangers, il faut leur montrer comment on vit », répète Blasia.Le soir de notre visite, une réunion de voisins se tiendra à 18 h pour faire le point sur les discussions avec les autorités.« Nous avons des droits ; nous devons nous faire entendre.» Ici aussi, des maisons sont régulièrement inondées par les eaux polluées du Riachuelo.Des appartements construits par le gouvernement demeurent inoccupés pour des raisons administratives malgré l\u2019urgence de la situation.Des femmes s\u2019arrêtent au passage de Bla- sia, font le point sur leur situation.Parce qu\u2019ici, comme à Villa Inflamable, tenir tête au gouvernement, c\u2019est souvent une histoire de femmes.« Ce sont les femmes qui sont au front, et les hommes suivent derrière, illustre Bla- sia.Mais quand on a du succès avec nos demandes, croyez-moi, ils réapparaissent subitement.» Des appartements tout neufs Il y a cinq mois, Martha Medina, qui habitait près des méandres du Riachuelo, PHOTOS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR En B1 1 Des enfants jouent dans une rue emplie d'eau de Villa Inflamable.2 À mesure que de nouveaux arrivants affluent dans la Villa 21-24, des étages supplémentaires sont bâtis sur les maisons de briques et de taule.3 Près du Riachuelo, des cartoneros recyclent tout ce qu'ils trouvent dans les rues de Buenos Aires.4 Un terrain où jouaient des enfants de Villa Inflamable a été récupéré par des industries du pôle pétrochimique.5 Gâteau à la main, une mère traverse les rues cahoteuses de la Villa 21-24.6 Une voiture calcinée devant les nouveaux appartements construits par le gouvernement à proximité de la Villa 21-24.7 La maison de Mariela Maricel Amara se fait régulièrement inonder par les eaux verdâtres des lagunes de Villa Inflamable.8 Erikson presse le pas avec sa brouette pour aller chercher ses bidons d\u2019eau, comme le font les résidents de Villa Inflamable tous les soirs, à six heures.Dans une décision rendue en 2008, la Cour suprême d\u2019Argentine intimait aux autorités gouvernementales de reloger quelque 17 000 résidents particulièrement à risque, établis dans des villas.Seulement 5000 ont été déplacés à ce jour.Ce sont les femmes qui sont au front, et les hommes suivent derrière.Mais quand on a du succès avec nos demandes, croyez-moi, ils réapparaissent subitement BLASIA GUACHIRÉ ALARCÓN » VOIR PAGE B 6 : RIACHUELO EN EAUX TROUBLES B 6 Une lueur parmi les déchets RIACHUELO SUITE DE LA PAGE B 6 a déménagé avec son mari et ses deux enfants dans un des immeubles d\u2019habitation construits par le gouvernement dans la Villa 21-24.De grands édifices blancs, protégés par des barbelés.Situés à quelques dizaines de mètres seulement des maisons de fortune, les lieux semblent futuristes.Par la blancheur des murs, par le dépouillement des pièces.« On a dû tout jeter en quittant notre maison.Elle était régulièrement inondée et l\u2019humidité était incrustée partout », explique Martha, presque gênée.Car les nouveaux meubles tardent à arriver.Et il faut maintenant se faire à un appartement plutôt qu\u2019à une maison.Mais le Riachuelo est maintenant plus loin.« Ne croyez pas que c\u2019est grâce au gouvernement qu\u2019ils ont eu cet appartement ; c\u2019est grâce au combat des voisins », tonne, tout juste derrière, Blasia, intraitable dans sa lutte pour améliorer les conditions de vie dans la villa.Les changements arrivent donc, mais au compte-gouttes.Un par un.Dans plusieurs rues de la villa, des travaux sont lancés pour raccorder les maisons à un système d\u2019égouts et d\u2019approvisionnement en eau potable.Enfin, souffle-t-on.Dans cette lutte de David contre Goliath, un nom est sur toutes les lèvres : celui du père Toto.Un homme, dont on apercevra furtivement la silhouette, parcourant les rues de la Villa 21-24 sur son vélo, à la recherche de cœurs à panser et d\u2019espoirs à porter.« Le père Toto, c\u2019est le seul qui nous aide », martèle Nestor Nuñez, sous les bruits de morceaux de tôle qui se fendent et de boîtes de carton qui se font éventrer.Avec plusieurs autres, l\u2019homme au chapeau de cow-boy recycle, sur une butte près du Riachuelo, le contenu des poubelles trouvées en ville pour ensuite le revendre.Dans ce refuge de cartoneros, tous ont une dépendance, que ce soit à l\u2019alcool ou à la drogue.« C\u2019est ici qu\u2019on dort, qu\u2019on consomme et qu\u2019on travaille.On est tous très solidaires.Mais on se fait constamment harceler par la police.» Et lorsque la situation dégénère, c\u2019est le père Toto qui les sort de prison.Une douce lueur sur cette montagne de déchets.Pas d\u2019égouts, pas d\u2019eau potable À Villa Inflamable, 11 ans après la décision de la Cour suprême, il n\u2019y a toujours ni égouts ni eau potable.Les inondations se font plus nombreuses depuis le remblaiement des lagunes.Et le gouvernement a perdu le compte du nombre d\u2019entreprises s\u2019étant établies le long du Riachuelo.Les voisins qui le souhaitent peuvent demander de déménager dans un autre quartier, situé non loin.« Mais c\u2019est aussi pollué là-bas qu\u2019ici », vocifère Paola.C\u2019est tout de même le choix qu\u2019a fait Maria del Pilar Saenz, alias Perla, âgée de 79 ans, qui vit près d\u2019une lagune verdâtre jonchée de déchets.« Personne ne devrait vivre ici.Mes poumons sont affectés.On ne fait que mourir ici », souffle-t-elle, les yeux pétillants derrière ses lunettes rouges.Six heures approche.Les résidents se font plus nombreux dans les rues, parfois asphaltées, parfois terreuses, de la villa.Les pas se pressent.Six heures, c\u2019est l\u2019heure de la distribution quotidienne de bidons d\u2019eau par ACUMAR dans 12 points de chute du lotissement.Un rituel sans cesse rejoué, depuis 11 ans.Erikson vient ramasser trois bouteilles avec une brouette.Le pas est énergique.De jeunes filles, qu\u2019il entraîne, l\u2019attendent au terrain de soccer un peu plus loin.La pluie recommence à tomber sur la villa.Des enfants sortent dans les rues, allument des pétards et jouent en vélo dans les flaques d\u2019eau.Les rires résonnent.La vie est ancrée bien profondément dans cette cité bâtie par des générations d\u2019immigrants.Il est maintenant temps de partir, nous dit-on.À l\u2019arrivée du couchant, la criminalité reprend ses aises dans cette cité où s\u2019entrecroisent les discriminations sociale, environnementale et raciale.Une villa où des femmes infatigables mènent à bout de bras cette lutte, aussi interminable semble-t-elle, pour faire reconnaître leurs droits, sous le crachat des cheminées industrielles et devant le cortège des camions-citernes.PHOTOS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR 9 Depuis deux ans, Maria Nestor Mendez et sa famille sont six à habiter dans une petite pièce faisant environ 5 mètres sur 4 mètres, à un jet de pierre du Riachuelo.10 Des enfants jouent dans la rue avec des pétards, prenant un chien par surprise.LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 IMPACTMONTREAL.COM CARTE-CADEAU AUSSI DISPONIBLE! PARTENAIRES FONDATEURS * Taxes en sus.En quantité limitée.1ER MATCH ligue des champions STADE OLYMPIQUE FORFAIT 3 MATCHS À PARTIR DE 79$* 1ER MATCH à domicile STADE SAPUTO MATCH D\u2019OUVERTURE MLS samedi 29 février 2020 15H | STADE OLYMPIQUE Personne ne devrait vivre ici.Mes poumons sont affectés.On ne fait que mourir ici.MARIA DEL PILAR SAENZ »10 9 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à POLY CRÉATIONS INC., de vous présenter au greffe civil du district de Longueuil situé au 1111, boulevard Jacques-Cartier Est à Longueuil, dans les 10 jours afin de recevoir le certificat de défaut qui y a été laissé à votre attention et qui porte le numéro de cause 505-02-046915-199.Le présent avis est publié à la demande de Michel Gaucher, huissier de justice suivant le rapport de démarche de Sylvain Trudel, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier le certificat de défaut et lettre.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Repentigny, ce 5 décembre 2019 Michel Gaucher, Huissier de justice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que suite au décès de Robert SUNENBLICK, en son vivant domicilié au 1520, avenue du Docteur- Penfield, appartement 32, Montréal, Québec, H3G 1B9, survenu le 17 février 2018, un inventaire des biens du défunt a été déposé et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Suzanne HOTTE, notaire, sise au 7077, rue Beaubien Est, bureau 201, à Montréal, (QC), H1M 2Y2.Fait ce 5 décembre 2019, par Me Suzanne HOTTE, notaire.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE C.c.Q.art.795 Prenez avis que Madeleine Waszczuk, en son vivant domiciliée au 2480, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (arrondissement de Côte-des-neiges-Notre- Dame-de-Grâce), Québec, H3T 1B1, est décédée à Côte-Saint-Luc, le 6 mars 2019.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, au bureau de Gendron Carpentier, s.e.n.c.r.l., notaires fiscalistes, situé au 615, boulevard René-Léves- que Ouest, bureau 300, Montréal, Québec, H3B 1P5.Donné ce 5 décembre 2019.Danielle Waszczuk Zaïkoff, liquidatrice Avis de clôture d'inventaire (Art.795, al.2 CCQ) Prenez avis que Peter John LINGEN, en son vivant domicilié au Centre d'hébergement du Manoir-de-l'Âge- d'Or, 3430, rue Jeanne- Mance, Montréal, Québec, H2X 2J9, est décédé le 1er février 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés au bureau de Sandra Büchele, notaire, 30-8025, rue de Normanville, Montréal, Québec, H2R 2V5.Donné ce 5 décembre 2019.Sandra Büchele, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est donné, suite au décès le 18 octobre 2019 d'Henri-Paul AUBIN, domicilié au 1030 Lionel- Daunais, appartement 105, ville de Boucherville, Qc J4B 0L4, qu'un inventaire de ses biens a été dressé le 21 novembre 2019 conformément à la loi, et peut être consulté par les intéressés, chez Me Michel BIBEAU, au 620 De Mortagne, Boucherville, Qc J4B 8N7.Michel BIBEAU, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès d'Alain Lortie, en son vivant domicilié au 2055, avenue Northcliffe, Montréal, province de Québec, H4A 3L5, survenu le 24 juillet 2019, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral devant Me Denise Cour- temanche, notaire, le 3 décembre 2019, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés au 5064 avenue du Parc, Montréal, Québec, H2V 4G1.Donné ce 7 décembre 2019.Diane Pelchat, liquidateur Dans l\u2019affaire de la faillite : Avis est par les présentes donné que la faillite de : 9328-7035 Québec inc.(Endorphine Yoga) Situé au : 20-7485, boul Grande- Allée, Brossard, Québec.J4Z 0M8 est survenue le 05-12-2019 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 19-12-2019 à 10:00 Au bureau du syndic au : 200-2360, boul Marie-Victorin Est, Longueuil, Québec.J4G 1B5 Jean Fortin, Syndics autorisés en insolvabilité Tél.450-442-3260 JeanFortin.com avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3452 | Télec.: 514-985-3340 TOMBÉES \u2013 PÉRIODE DES FÊTES AVIS LÉGAUX ET D\u2019APPELS D\u2019OFFRES Le Devoir ne sera pas publié les 25 et 26 décembre 2019 ainsi que les 1er et 2 janvier 2020 Réservation vendredi 20 décembre pour parutions du 23-24-27 décembre.Réservation lundi 23 décembre pour parutions du 27-28-30 décembre.Réservation vendredi 27 décembre pour parutions du 31 décembre et 3 janvier.Réservation vendredi 30 décembre pour parution du 4 janvier.AVIS LÉGAUX AVIS DE CERTIFICATION ET PROPOSITION DE RÈGLEMENT DU RECOURS COLLECTIF RELATIF AUX TITRES DE NAMASTE Veuillez lire attentivement le présent avis, car il pourrait avoir une incidence sur vos droits.Le présent avis s\u2019adresse à toutes les personnes et entités, à l\u2019exception de certaines personnes associées aux défendeurs, qui ont acquis des titres de Namaste Technologies, Inc.(«Namaste») à compter du 29 novembre 2017, qui sont ou ont été cotées à la Bourse de Toronto au Canada («TSX»), ou à la Bourse de Francfort en Allemagne («FSE») entre le 29 novembre 2017 et le 3 février 2019 (la « période du recours »), et détenaient tout ou partie de ces titres à la clôture du marché le 3 octobre 2018, le 15 octobre 2018 ou le 3 février 2019 (collectivement , le « groupe » ou les « membres du groupe »).OBJET DE CET AVIS : Un recours collectif intenté au nom de membres du groupe a été réglé et certi?é aux ?ns de règlement, sous réserve de l\u2019approbation de la Cour.Cet avis fournit aux membres du groupe des informations sur la certi?cation et le règlement ainsi que sur leur droit de participer à la procédure d\u2019approbation du règlement (y compris le droit de chaque membre du groupe présumé de s\u2019opposer au règlement, de s\u2019exclure, et d\u2019assister à l\u2019audience d\u2019approbation du règlement (« audience d\u2019approbation »)).LE RECOURS : Le 19 octobre 2018, un recours collectif a été intenté au nom d\u2019investisseurs qui ont acheté des titres de Namaste cotés à la Bourse de Toronto (TSX) ou à la Bourse de Francfort (FSE) au cours de la période du recours, contre Namaste et son ancien Directeur Général et son Directeur des opérations auprès de la Cour supérieure de l\u2019Ontario : Ronald Tarrant c.Namaste Technologies, Inc.et al.18-CV-78184 (le « Recours »).Le demandeur allègue que les défendeurs ont présenté de fausses déclarations concernant les activités, les opérations et les ?nances de Namaste en omettant des documents essentiels, des documents et déclarations non essentiels et des faits importants au sujet du désinvestissement par Namaste de Dollinger Enterprises US, Inc.Les parties sont parvenues à une proposition de règlement du litige sous réserve de l\u2019approbation de la Cour.La proposition ne constitue pas une reconnaissance de responsabilité de la part des défendeurs.Les conditions du règlement proposé sont décrites ci-dessous.LES TERMES DU RÈGLEMENT PROPOSÉ : Namaste versera la somme de 2,15 millions USD (le « montant de règlement »), à titre de règlement complet et dé?nitif de toutes les réclamations à l\u2019encontre des Défendeurs dans le cadre du recours.Le « montant net du règlement » qui désigne le montant moins les frais et honoraires d\u2019avocat, les frais d\u2019administration, et les taxes sera distribué au groupe sur une base proportionnelle, s\u2019il est approuvé par la Cour.L\u2019accord de règlement peut être consulté à : http://www.morgantico.com/namaste-technologies/, http://www.namastesecuritiesclassaction.com/, ou à la section Relations investisseurs du site http://www.namastetechnologies.com/.Si le règlement est approuvé, un autre avis contenant des instructions sur la manière dont les membres du groupe peuvent déposer un formulaire de réclamation a?n de participer à la distribution proportionnelle du montant de règlement net ainsi que la date limite du dépôt sera publié.En vertu du règlement, si ce dernier est approuvé par la cour, les défendeurs seront intégralement et dé- ?nitivement libérés de toutes allégations qui ont été portées ou qui auraient pu être portées dans le cadre du recours par les membres du groupe (à l\u2019exception de tout membre du groupe présumé qui décide de se retirer du recours) et l\u2019action sera sera rejetée.CERTIFICATION : La certi?cation est une étape procédurale qui dé?nit les modalités du litige et les problèmes communs à résoudre, permettant de poursuivre le litige au nom du groupe.Le recours a été certi?é aux ?ns de règlement pour le compte des membres du groupe (dé?nis ci-dessus) qui ont acheté des titres Namaste cotés à la TSX ou à la FSE au cours de la période du recours (dé?nie ci-dessus).L\u2019AUDIENCE D\u2019APPROBATION : La Cour sera invitée à approuver le règlement proposé ainsi que les honoraires d\u2019avocats, les débours, les dépenses et les taxes lors d\u2019une audience qui se tiendra le 2 mars 2020 à 10h00 au palais de justice du 161 rue Elgin, à Ottawa (Ontario).Les membres du groupe qui ne s\u2019opposent pas au règlement proposé ne sont pas tenus de se présenter à l\u2019audience ni d\u2019entreprendre quelconque action indiquant leur souhait de participer au règlement proposé.Les membres du groupe qui s\u2019opposent au règlement proposé peuvent faire entendre leur opposition en déposant une objection (voir « Objections » ci-dessous).Les membres du groupe présumés qui ne s\u2019opposent pas au règlement proposé mais ne souhaitent pas y participer ou présenter leurs réclamations peuvent choisir de ne pas participer au règlement proposé (voir « Retrait » ci-dessous).Les membres du groupe qui jugent souhaitable ou nécessaire de demander conseil à leurs avocats peuvent le faire à leurs propres frais.Les membres du groupe peuvent assister à l\u2019audience d\u2019approbation, qu\u2019ils présentent ou non une objection.La Cour peut autoriser les membres du groupe à participer à l\u2019audience d\u2019approbation, qu\u2019ils présentent ou non une objection.Les membres du groupe qui souhaitent qu\u2019un avocat s\u2019exprime en leur nom lors de l\u2019audience d\u2019approbation peuvent faire appel à un avocat à leurs propres frais.OBJECTIONS : Lors de l\u2019audience d\u2019approbation, la cour examinera toute objection des membres du groupe au règlement proposé, si les objections sont présentées par écrit, par courrier affranchi, par courriel ou par fax à : Paul Battaglia, Trilogy Class Action Services, 117 Queen Street, CP 1000, Niagara-on-the-Lake, Ontario, L0S 1J0, Courriel: objection@trilogyclassactions.ca, Numéro sans frais : 1 877-400-1211, fax : 416-342- 1761, à l\u2019attention de : Recours collectif Namaste.Une objection écrite peut être soumise en anglais ou en français et doit inclure les informations suivantes : a) Le nom complet de l\u2019opposant, son adresse postale actuelle, son numéro de téléphone, son numéro de fax et son adresse courriel (le cas échéant) ; b) Le nombre de titres achetés au cours, et détenus à la clôture, de la période du recours ; c) Un bref exposé de la nature et des motifs de l\u2019objection ; et d) Si l\u2019opposant a l\u2019intention de se présenter à l\u2019audience en personne ou par l\u2019intermédiaire de son avocat.Si l\u2019avocat se présente, le nom, adresse, numéro de téléphone, numéro de fax et adresse courriel de ce dernier.L\u2019objection doit être reçue au plus tard le vendredi 21 février 2020 à 17h00, heure normale de l\u2019Est.RETRAIT : Les membres du recours qui souhaiteraient poursuivre une action individuelle ou ne souhaitent pas être liés par l\u2019issue du recours collectif, DOIVENT SE RETIRER du recours.Si vous souhaitez vous retirer du recours, vous devez faire parvenir un FORMULAIRE DE RETRAIT indiquant que vous choisissez de vous exclure du recours collectif Namaste.Le formulaire de retrait est disponible à l\u2019adresse http://www.morgantico.com/namaste-technologies/ et http://www.namastesecuritiesclassaction.com/, ou en appelant Morganti & Co., PC au (647) 344-1900.Les membres du recours qui souhaitent s\u2019exclure du retour collectif doivent faire parvenir le formulaire de retrait complété par courrier affranchi, par courriel ou par fax à : Paul Battaglia, Trilogy Class Action Services, 117 Queen Street, CP 1000, Niagara-on-the-Lake, Ontario, L0S 1J0, Courriel : objection@ trilogyclassactions.ca, numéro sans frais : 1 877-400-1211, Fax : 416-342-1761, à l\u2019attention de : Recours collectif Namaste.Le formulaire de retrait doit être reçu au plus tard le vendredi 21 février 2020 à 17h00, heure normale de l\u2019Est.Le membre du recours qui NE se retire PAS du recours collectif sera lié par les termes du règlement, si celui-ci est approuvé par la Cour, et ne sera plus autorisé à introduire une action individuelle.Si vous souhaitez introduire d\u2019autres actions contre les défendeurs relativement aux questions en litige dans le cadre du recours collectif, vous devez vous renseigner auprès de votre avocat.Si vous ne vous excluez pas du recours collectif, toutes vos réclamations relatives au présent litige seront déterminées par le résultat obtenu dans le cadre du recours collectif, par règlement ou par jugement.HONORAIRES D\u2019AVOCATS, DÉBOURSEMENTS ET TAXES : Les avocats des membres du groupe demanderont à la Cour d\u2019approuver des honoraires s\u2019élevant à trente (30) pour cent de 2 150 000 USD, plus les débours, et taxes.Cette demande d\u2019honoraires est conforme à la convention d\u2019honoraires qui a été conclue entre l\u2019avocat du groupe et le représentant des demandeurs au début du litige.Comme il est usuel, l\u2019avocat du groupe a mené l\u2019action sur la base d\u2019honoraires conditionnels.Les avocats du groupe n\u2019ont pas été rémunérés et ont réglé tous les frais du litige.L\u2019approbation du règlement n\u2019est pas conditionnée à approbation des honoraires d\u2019avocat du groupe.Le règlement peut être approuvé même si les honoraires des avocats du groupe demandés ne le sont pas.QUESTIONS : Les questions pour les avocats des membres du groupe peuvent être adressées à : Ian Literovich Morganti & Co., P.C.21 St.Clair Ave.East, Suite 1102 Toronto, ON M4T 1L9 Téléphone : (647) 344 1900 x9 Fax : (416) 352-7638 Courriel : iliterovich@morgantilegal.com INTERPRETATION : En cas de divergence entre les dispositions du présent avis et l\u2019accord de règlement, les termes de l\u2019accord de règlement prévalent.Cet avis a été approuvé par la Cour.Les questions relatives à cet avis NE doivent PAS être adressées à la Cour.B 7 MONDE Le site de Pensacola est utilisé par la marine américaine pour des programmes d\u2019entraînement destinés aux militaires de pays alliés comme l\u2019Arabie saoudite.GLENN SIRCY / US NAVY / AGENCE FRANCE-PRESSE LEILA MACOR À MIAMI LEO MOUREN À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE ÉTATS-UNIS Un Saoudien fait trois morts dans une base militaire L\u2019assaillant était en formation militaire aux États-Unis « neutralisé » par deux agents qui ont été blessés dans l\u2019échange de coups de feu, a indiqué le shérif Morgan.« Parcourir la scène de crime était comme être sur le tournage d\u2019un film [\u2026], on ne s\u2019attend pas à ce que quelque chose comme ça arrive chez nous », a-t-il ajouté lors d\u2019une conférence de presse.« Une centaine de véhicules des forces de l\u2019ordre se sont probablement rués sur place », a décrit au journal local Pensacola News Journal un témoin travaillant à la base, Jeff Bergosh.Environ 16 000 soldats sont hébergés à la base de Pensacola, où sont également employés plus de 7000 civils.Des patrouilles aériennes acrobatiques, comme les Blue Angels, y sont stationnées.Le site est utilisé par la marine américaine pour des programmes d\u2019entraînement destinés aux militaires de pays alliés.Cette fusillade intervient deux jours après qu\u2019un marin américain a tué deux personnes par balle et en a blessé une troisième sur le chantier naval de la base militaire de Pearl Harbor, à Hawaï, avant de se suicider.Le tireur, un marin de 22 ans en uniforme, avait ouvert le feu avec son arme de service, un fusil M4, avant de retourner son arme de poing contre lui.Ses motifs ne sont, pour l\u2019instant, également pas connus.Plusieurs bases militaires américaines ont été endeuillées ces dernières années par des soldats pris de coups de folie meurtriers.En septembre 2013, un ancien marin, Aaron Alexis, avait tué 12 personnes dans une enceinte de la marine à Washington, avant d\u2019être abattu par des militaires.Et en novembre 2009, un psychiatre militaire d\u2019origine palestinienne avait tué 13 personnes et en avait blessé 32 dans la base militaire de Fort Hood au Texas, avant d\u2019être blessé et maîtrisé.Des centaines de militaires saoudiens suivent chaque année des formations au sein des forces armées américaines, illustration des liens forts qui unissent Washington et Riyad.Je pense qu\u2019il va y avoir beaucoup de réponses à apporter sur le fait que cet individu, un étranger, membre de l\u2019armée de l\u2019air saoudienne, s\u2019entraînait sur notre sol et a commis cela RON DESANTIS » Un membre de l\u2019armée de l\u2019air saoudienne, en formation militaire aux États-Unis, a ouvert le feu vendredi dans une base aéronavale de Floride, faisant trois morts avant d\u2019être tué par la police.L\u2019assaillant, qui pourrait être un pilote ou un technicien aéronautique, a perpétré son attaque muni d\u2019une arme de poing.Le roi Salmane d\u2019Arabie saoudite a appelé Donald Trump pour lui transmettre ses condoléances aux proches des victimes, a gazouillé le président américain.Selon M.Trump, le souverain saoudien a dénoncé une attaque « barbare » ne reflétant aucunement les sentiments de son peuple vis-à-vis des Américains.Les enquêteurs essayaient de déterminer si cette attaque relevait du terrorisme.La plupart des auteurs des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis étaient saoudiens.« Je pense qu\u2019il va y avoir beaucoup de réponses à apporter sur le fait que cet individu, un étranger, membre de l\u2019armée de l\u2019air saoudienne, s\u2019entraînait sur notre sol et a commis cela », a déclaré le gouverneur de Floride, Ron DeSantis.Le gouvernement saoudien « se retrouve redevable d\u2019une dette ici, étant donné qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un de ses ressortissants », a-t-il ajouté.La fusillade a eu lieu dans une des salles de cours de la base de Pensacola, a indiqué David Morgan, le shérif du comté d\u2019Escambia, sans préciser l\u2019identité ou le mobile du tireur.«Vous ne pouvez pas apporter d\u2019arme sur la base à moins d\u2019être membre des forces de sécurité », a indiqué de son côté le commandant Timothy Kinsella.Le bilan provisoire de l\u2019attaque de vendredi est de trois tués et sept blessés, sans compter l\u2019assaillant.Le tireur a été LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 B 8 MONDE PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com LIBRAIRIE Bonheur d'Occasion achète livres de qualités en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com VOTRE ORDINATEUR 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devait aussi participer l\u2019acteur espagnol Javier Bardem, des pancartes clamaient «Sans planète, pas de futur », « Politiques, la Terre se meurt», «Ce sommet est une farce» ou encore «Le capitalisme tue la planète».Entourée d\u2019une nuée de sympathisants et de journalistes, l\u2019adolescente de 16 ans, devenue l\u2019égérie de la défense de la planète depuis qu\u2019elle a lancé en août 2018 des « grèves de l\u2019école pour le climat », a été contrainte d\u2019abandonner le cortège au bout d\u2019une heure car elle ne parvenait plus à avancer.« La police dit que je ne peux pas continuer comme ça [\u2026] Je suis désolée [\u2026] Il y a des raisons de sécurité, il y a trop de journalistes et de gens », a-t-elle expliqué avant de monter dans une voiture.« Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps », car « des gens souffrent ou meurent en raison de l\u2019urgence climatique », a martelé Greta Thunberg devant la presse avant le début de la manifestation.« La crise climatique est toujours ignorée par les gens au pouvoir.Ce n\u2019est pas une solution durable que des jeunes manquent l\u2019école » pour protester, « nous CLIMAT À Madrid, la rue met la pression sur la COP25 AMAL BELALLOUFI À ALGER AGENCE FRANCE-PRESSE Une foule immense a défilé à Alger contre le pouvoir lors du dernier vendredi avant la présidentielle du 12 décembre, rejetant massivement ce scrutin que le régime persiste à vouloir organiser.La mobilisation, impossible à évaluer précisément faute, notamment, de comptage officiel, semblait comparable à celle du 1er novembre \u2014 65e anniversaire du début de la guerre d\u2019indépendance \u2014 et à celles des plus grandes manifestations de mars, avril et mai.À Alger, les manifestants ont tapé des mains, criant à l\u2019unisson «Makach [pas de] vote » et « État civil et non militaire », selon une journaliste de l\u2019AFP.Le long cortège s\u2019est dispersé dans le calme en fin d\u2019après-midi.Après avoir obtenu en avril la démission d\u2019Abdelaziz Bouteflika, président pendant 20 ans, le mouvement populaire de contestation qui agite l\u2019Algérie depuis le 22 février réclame désormais le démantèlement du « système », au pouvoir depuis l\u2019indépendance en 1962.Ce mouvement (« Hirak ») considère que la présidentielle ne vise qu\u2019à permettre au pouvoir de se régénérer.«Je ne vais pas voter et, le 8 décembre, je ferme boutique », ont scandé des protestataires, relayant un appel à la grève générale à partir de dimanche, diffusé sur les réseaux sociaux.Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d\u2019état-major de l\u2019armée, aux manettes depuis le départ de M.Bouteflika, s\u2019est exprimé pour la première fois un vendredi depuis le début du « Hirak » dans une allocution diffusée en bandeau par les télévisions, dans laquelle il a qualifié la présidentielle d\u2019« échéance cruciale et importante » qui sera « une fête électorale ».Malgré une « répression » qui, selon les organisations de défense des droits de la personne Amnesty International et Human Rights Watch, s\u2019est « intensifiée » à l\u2019approche du scrutin, avec des « arrestations arbitraires » et des condamnations, la contestation a montré vendredi qu\u2019elle restait massivement mobilisée.«Comment voter quand ceux qui ont instauré la fraude sont encore au pouvoir ?», s\u2019est insurgé Hassan Bouchair, un retraité, pour qui le vote « est joué d\u2019avance ».Le général Gaïd Salah comme le président par intérim Abdel- kader Bensalah et le premier ministre Nourredine Bedoui sont d\u2019anciens hié- rarques de l\u2019appareil du président déchu.Et pour les contestataires, les cinq candidats à la présidentielle sont tous des «enfants du système».Aucun sondage public n\u2019est disponible en Algérie pour évaluer la possible participation au scrutin, mais l\u2019abstention, longtemps vue comme l\u2019unique voie de contestation, était forte lors des précédentes élections.Pour tenter de convaincre que les choses ont changé, après des décennies de présidents choisis par l\u2019armée et de fraudes électorales, les prétendants ont pour la première fois participé dans la soirée à trois heures d\u2019un débat télévisé inédit.Ils se sont efforcés de défendre leurs programmes, mais en restant largement sur des généralités dans un format très contrôlé.ALGÉRIE Marée humaine à Alger pour le dernier vendredi avant la présidentielle aimerions des actions de la part des gens au pouvoir ».« Le changement climatique nous touche tous, nous, mais aussi les générations futures.Il faut en prendre conscience, le monde va vers sa fin », a déclaré à l\u2019AFP Paula Sánchez, une Madrilène de 16 ans.Une autre marche était prévue simultanément à Santiago du Chili, où devait se tenir la COP25 avant que le pays ne renonce à l\u2019accueillir en raison d\u2019un mouvement social sans précé- dent et ne soit remplacé au pied levé par l\u2019Espagne.« 2019 a été sans aucun doute l\u2019année du réveil climatique », selon Pablo Chamorro, porte-parole de la manifestation, en référence aux manifestations monstres des jeunes pour le climat ou à l\u2019émergence du mouvement de désobéissance civile non violente Extinction Rebellion.« Les discours ne suffisent plus, il faut des actions concrètes », a martelé Es- tefania Gonzalez, militante chilienne et porte-parole de Société civile pour l\u2019action climatique (SCAC), plate- forme regroupant plus de 150 associations chiliennes et internationales.Les quelque 200 signataires de l\u2019Accord de Paris, qui visait à limiter le réchauffement de la planète à +2 °C, voire à +1,5 °C, et dont les objectifs semblent de plus en plus inatteignables, sont réunis depuis lundi pour deux semaines à Madrid, pressés de toutes parts de fixer des objectifs plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.Mais alors que le mercure a déjà gagné 1 °C par rapport à l\u2019ère préindustrielle, amplifiant les catastrophes climatiques, cette réunion, dont le slogan est « Time for action », risque de décevoir les attentes.La manifestation madrilène a rassemblé 15 000 personnes selon la préfecture, et 500 000 selon Greta Thunberg.GABRIEL BOUYS AGENCE FRANCE-PRESSE B 9 LE DEVOIR D\u2019HISTOIRE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 « diable de Saint-Hyacinthe ».Se distinguant par les idées progressistes qu\u2019il défend \u2014 il fait notamment preuve d\u2019un anticléricalisme virulent et est en faveur du droit de vote des femmes \u2014, Bouchard porte bien des chapeaux.Né à Saint-Hyacinthe en 1881, il abandonne ses études en droit pour se tourner vers le journalisme, d\u2019abord à Montréal, où il écrit pour des quotidiens libéraux comme La Presse et La Patrie, ensuite dans sa ville natale, où il devient propriétaire du journal libéral local, L\u2019Union de Saint-Hyacinthe.Bouchard se lance également en politique municipale, devenant échevin de Saint-Hyacinthe en 1905, puis maire en 1917.C\u2019est un poste qu\u2019il occupera de manière presque ininterrompue jusqu\u2019en 1944.C\u2019est notamment à ce titre qu\u2019il contribue à la création de l\u2019UMQ en 1919.Il en sera le deuxième vice-président de 1919 à 1927, puis secrétaire-trésorier de 1927 à 1937.Mais ce n\u2019est pas tout : Bouchard s\u2019engage également dans le Parti libéral du Québec dès 1904 et sera élu député de Saint-Hyacinthe en 1912, poste qu\u2019il occupera également jusqu\u2019en 1944 (sauf entre 1919 et 1923).Maire, député, secrétaire-tré- sorier, cet acteur politique hyperactif servira de courroie de transmission essentielle entre le monde municipal et le gouvernement québécois, allant jusqu\u2019à occuper simultanément, et pendant une assez brève période, les postes de représentant de l\u2019UMQ à Québec et de ministre des Affaires municipales en 1935.Commission Lapointe Loin d\u2019être simplement l\u2019agent du gouvernement québécois au sein de cette association municipale, Bou- chard y défend avec vigueur l\u2019autonomie du monde municipal dans toute une série de dossiers, adoptant des positions qui ne plaisent pas toujours à ses collègues députés.Un de ces dossiers est la municipalisation de l\u2019hydroélectricité.Depuis le début du XXe siècle, nombreuses sont les municipalités québécoises qui, confrontées aux monopoles d\u2019entreprises comme la Montreal Light Heat&Power (MLH&P), sont parvenues à municipaliser la production et la distribution de l\u2019électricité.Si on a récemment souligné le 75e anniversaire de la création d\u2019Hy- dro-Québec en 1944, il faut rappeler qu\u2019avant d\u2019entreprendre cette première nationalisation partielle de l\u2019hydroélectricité, la tentation a été grande d\u2019emprunter une autre voie, celle de la municipalisation.C\u2019est en 1932 que l\u2019UMQ et Bou- chard se lancent dans cette bataille.Cette année-là, La Prairie demande l\u2019aide de l\u2019Union dans ses démêlés avec la puissante MLH & P.L\u2019UMQ acceptera de l\u2019aider et décidera de former toute une section consacrée à cette question, accusant avec raison les entreprises de chercher à « faire disparaître de notre province les systèmes électriques exploités par les municipalités ».Bouchard en prend la tête et ne perd pas de temps.Il multiplie les conférences sur le sujet, multiplie les interventions dans les médias et auprès de ses collègues du gouvernement du Québec.Toute cette activité n\u2019est pas étrangère à la création d\u2019une commission d\u2019enquête québécoise sur le sujet en 1934.Dirigée par l\u2019influent député fédéral libéral Ernest Lapointe, elle doit se pencher sur l\u2019opportunité d\u2019une étatisation \u2014 municipale ou provinciale \u2014 du secteur de l\u2019hydroélectri- cité.Bouchard y interviendra interminablement, ayant parlé au fil de ses interventions près de 18 heures en s\u2019appuyant sur un document de plus de mille pages.Il ira jusqu\u2019à s\u2019offrir comme «bouche-trou» lorsqu\u2019un autre témoin doit annuler son intervention le 15novembre 1934.Il va de soi que Bou- chard est un partisan de la municipalisation, critiquant sévèrement au passage son propre gouvernement qui a laissé les entreprises abuser de leur position de monopole aux dépens des municipalités et des contribuables.Municipalisation On connaît la suite : les recommandations de la commission, qui vont dans le sens d\u2019une étatisation de l\u2019hydroélectricité, seront ignorées par le gouvernement Duplessis et, lorsque le moment viendra d\u2019intervenir dans l\u2019ensemble du secteur, c\u2019est un gouvernement québécois en expansion qui s\u2019imposera.Mais il est clair qu\u2019une municipalisation de l\u2019électricité à la grandeur du Québec dans les années 1930 aurait considérablement changé la donne pour les « créatures des provinces » québécoises.L\u2019UMQ poursuivra après la Seconde Guerre mondiale ses efforts pour mieux positionner le monde municipal face à l\u2019État québécois.Par exemple en proposant la création d\u2019un État-providence « par le bas » au gouvernement Duplessis dans le cadre des travaux de la commission Tremblay au milieu des années 1950, ou encore en lançant une commission d\u2019enquête sur la question municipale en 1986 sous la présidence de Jacques Parizeau.Quant à l\u2019infatigable Bouchard, rappelons pour la petite histoire qu\u2019il sera, brièvement certes, le premier président d\u2019Hydro-Québec en 1944.servir d\u2019écoles de la démocratie pour les habitants de la colonie, Londres se méfie d\u2019institutions locales qui pourraient se retourner contre l\u2019empire, comme ce fut le cas dans les treize colonies américaines.Le régime mis en place en 1855 est donc conçu d\u2019abord et avant tout comme un outil de contrôle du territoire dont le caractère démocratique est réduit à l\u2019essentiel.Pour citer le chercheur Engin Isin, on crée alors des villes sans citoyens.Ces municipalités, grandes et petites, de comté et de paroisse, urbaines et rurales, sont largement laissées à elles-mêmes par le Québec dans les décennies qui suivent sa création en 1867.Il faut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que l\u2019État québécois décide de les encadrer de plus près.Entre-temps, elles se sont essentiellement chargées de la modernisation de leur territoire et du développement de leur économie.La création d\u2019un département des Affaires municipales en 1918 met fin à ce laisser- faire.Québec surveillera de plus près ces municipalités dont certaines, il est vrai, peinent à suivre le rythme rapide de l\u2019urbanisation et de l\u2019industrialisation de leur territoire.Courroie de transmission C\u2019est l\u2019année suivante, le 15 décembre 1919, dans le cadre d\u2019une réunion de plus de 400 délégués assemblés à l\u2019hôtel de ville de Montréal, que l\u2019on crée l\u2019UMQ.Son mandat sera, notamment, de défendre les intérêts de ses membres face au gouvernement québécois.Un des cofondateurs de l\u2019organisation incarnera plus que nul autre les rapports complexes qui se développent entre l\u2019Union et le gouvernement québécois : Télesphore-Da- mien Bouchard, que son biographe, Frank Guttman, surnommera le AUTONOMIE MUNICIPALE Le « diable de Saint-Hyacinthe » Maire, député, secrétaire-trésorier, Télesphore-Damien Bouchard, acteur politique hyperactif, a servi de courroie de transmission essentielle entre le monde municipal et le gouvernement québécois Créatures des provinces » : c\u2019est le triste qualificatif que l\u2019on accole depuis des lustres aux municipalités canadiennes pour décrire leur absence d\u2019autonomie politique dans l\u2019ordre constitutionnel créé en 1867.Ces dernières années, l\u2019actualité est venue nous rappeler à plusieurs reprises quelles sont certaines des conséquences de ce développement incomplet d\u2019une véritable démocratie locale, mettant du même coup en relief le rôle plus grand que le gouvernement municipal pourrait jouer dans les affaires de la cité.On pensera, par exemple, à la vulnérabilité juridique de ces municipalités qui ont voulu bloquer l\u2019exploration gazière sur leur territoire ; ou encore, à l\u2019opposé, à la facilité avec laquelle certaines autres se sont pliées aux pressions de promoteurs immobiliers intéressés par des terrains sur lesquels se trouvaient des bâtiments patrimoniaux «encombrants».Plus récemment, le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault a de nouveau soulevé la complexe question du statut de la métropole montréalaise au sein de la société québécoise.Le 100e anniversaire de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) nous donne l\u2019occasion de réfléchir à ces problèmes et aux avenues qui pourraient permettre au gouvernement municipal de déployer tout son potentiel, notamment en nous intéressant au rôle central que joua l\u2019homme politique Télesphore-Da- mien Bouchard dans la création et les premières décennies de l\u2019Union.Des villes sans citoyens Le régime municipal québécois est antérieur à la confédération canadienne.Créé en 1855 par l\u2019Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada, cet ordre de gouvernement local fait partie de ces recommandations du rapport Durham que le gouvernement britannique choisit initialement d\u2019ignorer.Alors que Durham espère, un peu comme le pensait Alexis de Tocqueville, que les municipalités pourront Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d\u2019histoire le défi de décrypter un thème d\u2019actualité à partir d\u2019une comparaison avec un événement ou un personnage historique.Harold Bérubé Université de Sherbrooke « ILLUSTRATION TIFFET Pour proposer un texte ou pour faire des commentaires et des suggestions, écrivez à Dave Noël à dnoel@ledevoir.com LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin uand un journaliste a demandé, vendredi, au premier ministre François Legault quelle note il donnait à son gouvernement au terme de la session d\u2019automne, ce dernier avait une réponse toute prête : « Jean-Talon ».La victoire dans cette forteresse libérale, où la candidate de la Coalition avenir Québec, Joëlle Boutin, a obtenu 43 % des voix, est venue dissiper toutes les appréhensions concernant les possibles contrecoups du fiasco du Programme de l\u2019expérience québécoise (PEQ) mené tambour battant par son jeune ministre à tout faire, Simon Jolin-Barrette, responsable, entre autres choses, de l\u2019Immigration.Cette bévue n\u2019a eu aucun effet significatif sur l\u2019appréciation du gouvernement caquiste, en dehors d\u2019un léger recul dans un sondage, que vient en quelque sorte contredire un autre sondage présentant François Le- gault comme celui qui, parmi tous ses homologues des autres provinces, jouit du plus grand pourcentage d\u2019appui de sa population, et de loin.Comme de l\u2019eau sur le dos d\u2019un canard.Il faut dire que, devant les caquistes, figurent deux partis amochés et sans chef dont l\u2019incertaine reconstruction attendra.Quant à Québec solidaire, les résultats décevants que le parti a obtenus dans Jean-Talon sont venus tempérer un enthousiasme bon enfant quelque peu prématuré.Devant la faiblesse de ses adversaires, les seuls ennuis qu\u2019éprouve le gouvernement Legault, il se les inflige.Appelons ça se tirer dans le pied ou s\u2019au- topeluredebananiser, comme le disait Parizeau.Quand on fait des erreurs, on les corrige, s\u2019est targué François Legault.Certes, le ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a rapidement corrigé sa gaffe, assez incompréhensible, dirons- nous, d\u2019avoir bonifié l\u2019assurance parentale pour les parents biologiques en laissant de côté les parents adoptants.Il s\u2019en est somme toute fort bien tiré.Mais ce fut beaucoup plus laborieux dans le cas des restrictions annoncées au PEQ, auxquelles un ministre rigide s\u2019est accroché avant de retraiter et qui a conduit François Legault, avant qu\u2019il ne renvoie son ministre à la planche à dessin, à dérailler en dénonçant l\u2019avidité des recteurs d\u2019université et l\u2019appétit que manifeste le milieu des affaires pour le cheap labor.Cet épisode, qui trahit l\u2019amateurisme du gouvernement, a éclipsé ce qui devait être pour lui le point d\u2019orgue de la session : la mise à jour économique et financière présentée par le ministre des Finances, Eric Girard.Le gouvernement caquiste devançait ses promesses électorales de « remettre de l\u2019argent dans les poches des Québécois », grâce à la bonification complète de l\u2019allocation famille et l\u2019abolition de la contribution additionnelle pour les services de garde.On ne peut donc pas dire que le faux pas du PEQ fut sans conséquence.Une des explications de ces déconvenues tient à la précipitation manifestée par le nouveau gouvernement.Aux côtés du premier ministre et du ministre Jolin-Barrette lors du bilan de session, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a reconnu que la première année au pouvoir lui avait enseigné qu\u2019« on ne peut pas aller aussi vite qu\u2019on voudrait ».Quant à Simon Jolin-Barrette, il a appris à la dure « l\u2019importance de bien consulter ».Un autre aspect où il y a place à l\u2019amélioration, ce sont les travaux parlementaires.Il y deux semaines, le président de l\u2019Assemblée nationale, François Paradis, a failli perdre le contrôle de la Chambre et il a fallu une rencontre avec les leaders parlementaires pour en venir à un modus vivendi dont on ne sait s\u2019il persistera.Le gouvernement se plaint que l\u2019étude des projets de loi ne progresse pas et que l\u2019opposition officielle fait de l\u2019obstruction systématique.Il est vrai que le nouveau leader parlementaire libéral, Marc Tanguay, qui a remplacé le conciliant Sébastien Proulx, peut se montrer acerbe et vindicatif.Mais le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, ne donne pas sa place.Tant à Québec solidaire qu\u2019au Parti québécois, on déplore son arrogance et sa rigidité.Or, le leader du gouvernement, qui règne en maître sur l\u2019organisation des travaux parlementaires, doit aussi se montrer capable de compromis et faire donnant donnant plutôt que d\u2019écraser l\u2019adversaire.François Legault estime qu\u2019il dispose d\u2019« une équipe de rêve ».Laissons- lui son appréciation.Mais, comme il rappelle lui-même, il n\u2019y a que Marguerite Blais et lui qui possèdent une expérience ministérielle.Personne n\u2019a la science infuse et il se peut que comme ministre ou leader parlementaire \u2014 c\u2019est un métier en soi \u2014, on ait encore des croûtes à manger.Dans cette optique, il ne serait pas surprenant que le gouvernement caquiste améliore son exécution lors de la prochaine session.Olivier Gamelin Professeur de littérature au collégial Cher étudiant, Malheureusement, la session achève.Depuis quinze semaines, nous arpentons ensemble les méandres de la littérature.Demain, déjà, tu tourneras la dernière page.Malheureusement, car pour la majorité de tes collègues, ces pages auront été les seules pages littéraires lues durant leur parcours scolaire.Pour d\u2019autres, la littérature ne fera jamais plus partie de leur vie.Jamais.Pour la plupart, j\u2019en ai peur.Pour toi, peut- être\u2026 Demain, on te remettra un diplôme.Le tien.Tu l\u2019auras mérité.Un papier comme la promesse laminée d\u2019un avenir meilleur.Tu deviendras technicien en imagerie médicale, en éducation spécialisée, en santé animale, en loisir ou autre.Tu arpenteras le chemin de la vie professionnelle ou universitaire, persuadé d\u2019en posséder les outils.Mais il faut que tu saches que sur ce chemin, désormais, les œuvres littéraires seront rares comme des merles blancs.Voire inexistantes.Pourtant\u2026 Au cours des quinze dernières semaines, tu as suivi l\u2019ultime cours de littérature au collégial.Soixante heures imposées.Inéluctables.J\u2019ai tenté de te montrer, au pis, comment dompter la bête, fouetter l\u2019épreuve uniforme de français nécessaire à ta réussite.Obligatoire à ta diplomation.Je me suis surtout employé à te convaincre, au mieux, que la littérature ne doit pas s\u2019arrêter là, c\u2019est- à-dire aux portes de ta formation scolaire.Là, au seuil de ta vie professionnelle.Là, à l\u2019orée de ton adulterie.Au contraire, c\u2019est maintenant, plus que jamais, que la littérature doit occuper une place privilégiée dans ton existence.Au menu des quinze dernières semaines : des lectures prescrites, le plan de cours, des syllabus, les compétences à atteindre, inhérentes au devis ministériel.Sous tous ces chambranles, tu as dénoncé, toi aussi, le racisme révélé par Natasha Kanapé Fontaine.Tu as choisi, toi aussi, tu t\u2019es engagé à la suite de La femme qui fuit de Bar- beau-Lavalette.Tu as applaudi, toi aussi, je me souviens, le mariage métissé de Jean Désy.Ta nordicité Claude Béland et l\u2019Université Laval Bien qu\u2019elle soit l\u2019une des plus anciennes universités d\u2019Amérique, l\u2019Université Laval a été la dernière à se doter d\u2019un vrai conseil d\u2019administration comportant une forte proportion de représentants de la société.Ce n\u2019est, en effet, qu\u2019en 1991 qu\u2019elle a fait modifier sa charte en ce sens par l\u2019Assemblée nationale du Québec.Dans les divers témoignages rendus à Claude Béland dans les médias depuis la triste annonce de son décès, je n\u2019en ai pas lu qui soulignaient le fait qu\u2019il a été choisi comme premier président de ce nouveau conseil.Pourtant, ce choix éclaire le personnage.Il convient de rappeler que ce changement à la charte n\u2019est pas passé comme une lettre à la poste au sein de la communauté lavalloise.Il s\u2019en trouvait plusieurs, notamment parmi les professeurs, qui craignaient que l\u2019Université ne s\u2019aliène ainsi et ne se livre en quelque sorte aux gens d\u2019affaires.Pour contrer cette perception et donner le vrai sens du changement majeur envisagé, il fallait que la personne choisie pour présider ce nouveau conseil soit quelqu\u2019un à l\u2019idéal élevé, aux valeurs incontestables et aux préoccupations sociales nettement accusées.Lettre d\u2019un prof de littérature à son étudiant LIBRE OPINION LETTRES BILAN DE LA CAQ La science infuse Q ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu tion professionnelle ?Qui apaisera ton quotidien anxiogène ?Une catastrophe, te dis-je, car sans la littérature, la poésie, sans cette part de ton identité qui s\u2019enracine plus profondément que la plante de tes pieds, sans cette part existentielle de toi-même, tu ne trouveras plus de territoire où t\u2019épanouir.Exister.Découvrir.T\u2019exprimer.Te rebeller.Construire.Autant de verbes synonymes du nom «curiosité».Quinze petites semaines\u2026 Est-ce suffisant ?Je l\u2019espère\u2026 mais j\u2019en doute.J\u2019ai confiance en toi, mais je doute.Je t\u2019aime, mon cher, voilà pourquoi je doute.Je doute, car je crains que la vie t\u2019emporte dans son torrent et qu\u2019elle ne te laisse qu\u2019un vague souvenir littéraire.Un prof théâtral, une classe interactive, un roman survolé en vitesse à quatre heures du matin.Je doute aussi, mon cher, de moi- même.De mon pouvoir d\u2019influence.De persuasion.Je doute d\u2019avoir réussi cette grande chose, cette chose vitale que toi seul peux réaliser : ouvrir un livre que personne ne t\u2019aura imposé.Littéraires salutations.de décembre.Ton autochtonie ignorée jusqu\u2019alors.Miroir J\u2019ai tenté, cher étudiant, de te convaincre, oui, que la littérature est le miroir de ce que tu es.Qu\u2019elle éclaire, oui, tes zones d\u2019ombre, qu\u2019elle embrase, oui, tes joies de dentellière.Que la littérature est la voie ultime pour t\u2019atteindre toi-même, toi en toi, mais également toi en l\u2019Autre et la voix de l\u2019Autre en toi.Que la littérature délimite les frontières ou fait exploser les ponts.Ai-je réussi mon pari ?Je ne sais pas\u2026 Pourtant\u2026 Pourtant, mon échec serait une catastrophe.Un naufrage collectif.Si, demain, la littérature ne se range plus dans la bibliothèque de ta vie, comment comprendras-tu qui tu es ?Qui je suis ?Ce que nos grands-parents ont été ?Ce que vit l\u2019Autre à l\u2019autre bout de sa réserve ou de l\u2019Afrique, ce qui nous anime tous et toutes, ici et maintenant ?Par quelle lunette observeras-tu l\u2019humanité qui se déploie au-delà de ton diplôme ?Quelle fenêtre ouvriras-tu pour aérer ta claustra- Face à une telle négligence criminelle, aucune accusation n\u2019a été portée et il était déplorable de lire la conclusion du coroner : « Il semble qu\u2019une combinaison tragique d\u2019événements a amené Mme Vad- nais à être simplement au mauvais endroit au mauvais moment.» Jusqu\u2019à maintenant, la cible de culpabilité s\u2019est concentrée sur l\u2019animal.De toute évidence, on ne regarde pas le bon bout de la laisse.Il est vrai que le pitbull est surre- présenté dans les attaques de chiens avec blessures graves, mais il existe plusieurs races de chiens à potentiel dangereux.Par ailleurs, des chiens en apparence inoffensifs peuvent devenir dangereux dans certaines circonstances et ça ne prend pas un gros chien pour blesser un enfant.Du point de vue médical, il est bien établi que les morsures de chien peuvent causer des plaies débilitantes et laissent trop souvent des séquelles permanentes au niveau physique, esthétique et même psychologique.Pour protéger le public des dangers réels, tant sur le plan médical que sur le plan juridique, il faut criminaliser les morsures de chien avec déclaration obligatoire.Il ne doit pas y avoir de compromis en ce qui a trait à la responsabilité.Le propriétaire est le maître et le seul responsable.Léon Dontigny Le 6 décembre 2019 Le choix s\u2019est porté naturellement sur Claude Béland, bien qu\u2019il ne fût pas un diplômé de Laval.Sa nomination eut l\u2019heur de calmer bien des appréhensions et de faire accepter le changement structurel important qui se mettait en place.Peu de temps après son entrée en fonction, fidèle à lui-même, Claude Béland a demandé qu\u2019on tienne une journée de consultations auprès de divers représentants du milieu social afin d\u2019harmoniser la planification de l\u2019Université avec les besoins de la société, journée qui s\u2019avéra très fructueuse.Et, pendant quelques années, Claude Béland a présidé le conseil avec compétence et dévouement et a rendu un grand service à l\u2019Université Laval qui a, à son égard, une dette de reconnaissance indéniable.Michel Gervais, O.C., O.Q., Ph.D., ex-recteur de l\u2019Université Laval Le 6 décembre 2019 Le bon bout de la laisse Il faut se rappeler que les démarches de réglementation des divers ordres de gouvernement quant aux morsures de chiens ont été déclenchées par un événement des plus morbides: la mort atroce d\u2019une dame attaquée sauvagement par un pitbull dont le propriétaire était irresponsable et récidiviste.ROBERT DUTRISAC J\u2019ai tenté, cher étudiant, de te convaincre, oui, que la littérature est le miroir de ce que tu es.Qu\u2019elle éclaire, oui, tes zones d\u2019ombre, qu\u2019elle embrase, oui, tes joies de dentellière.Que la littérature est la voie ultime pour t\u2019atteindre toi-même, toi en toi, mais également toi en l\u2019Autre et la voix de l\u2019Autre en toi.Que la littérature délimite les frontières ou fait exploser les ponts. B 11 LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Alliés de circonstances L e suspense n\u2019aura duré que quelques minutes.Peu après que la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, eut livré le discours du Trône jeudi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a fait savoir que les 32 députés de sa formation voteraient pour la feuille de route du gouvernement libéral minoritaire du premier ministre Justin Trudeau.Il faut préciser que M.Blanchet se devait de trouver le moindre prétexte pour appuyer ce discours.Les néodémo- crates ayant été balayés de la carte électorale au Québec, sauf pour le député Alexandre Boulerice dans Rosemont, le Bloc n\u2019aura pas la partie aussi facile aux prochaines élections que lors de la campagne menant au scrutin du 21 octobre, surtout si les conservateurs se retrouvent encore avec un chef provenant de l\u2019extérieur du Québec.La prochaine fois, le Bloc sera la cible de toutes les attaques en provenance des troupes libérales.M.Blanchet a donc tout intérêt à se donner autant de temps que possible pour préparer la bataille, en commençant par regarnir les coffres de sa formation, qui sont à sec.De toute façon, les électeurs québécois n\u2019auraient pas pardonné au Bloc si M.Blanchet les avait plongés dans une campagne électorale précipitée.Alors que le NPD de Jag- meet Singh aurait davantage à perdre en appuyant le discours du Trône, le Bloc n\u2019aurait rien à gagner en s\u2019y opposant.À l\u2019extérieur du Québec, le NPD doit renforcer son image progressiste au moment où le Parti vert s\u2019apprête à se choisir un nouveau chef.M.Blanchet ne pouvait pas prendre le risque que le NPD vote contre le discours du Trône en même temps que lui.Mais est-ce que son appui hâtif au discours du Trône veut pour autant dire, comme le prétendait cette semaine l\u2019ancien conseiller de Stephen Harper, Dimitri Soudas, que le Bloc « est devenu un parti fédéraliste » ?Bien que personne ne puisse douter des convictions souverainistes personnelles de M.Blanchet, il n\u2019en demeure pas moins que c\u2019est lui, parmi tous les chefs de l\u2019opposition, qui a adopté le ton le plus conciliant envers le gouvernement Trudeau dans la foulée du discours de jeudi.Non seulement a-t-il dit voir dans « le libellé de ce discours des avenues qui me permettent de faire des gains », mais M.Blanchet semblait sincèrement ravi de son contenu.Il est vrai que la promesse du gouvernement Trudeau de dédommager dès maintenant les producteurs laitiers pour les pertes potentielles qu\u2019ils éprouveraient lors de l\u2019entrée en vigueur du nouvel accord de libre-échange nord-américain peut constituer « un gain » aux yeux de M.Blanchet.Mais il doit nous prendre pour des imbéciles en essayant de nous faire croire que la promesse du gouvernement de travailler avec « ardeur afin d\u2019acheminer les ressources canadiennes vers de nouveaux marchés » ne signale pas son intention de procéder au plus vite à l\u2019expansion de l\u2019oléoduc Trans Mountain.En fait, tandis que M.Trudeau voudrait faire de la lutte contre les changements climatiques sa priorité absolue, il risque de se trouver aussi coincé entre ces deux objectifs que durant son premier mandat.Il ne peut pas se dire ouvert aux assouplissements dans l\u2019application de la loi C-69 sur les évaluations environnementales des grands projets, et en même temps promettre de « fixer l\u2019objectif d\u2019atteindre la cible de zéro émission nette d\u2019ici 2050 ».L\u2019atteinte de cet objectif nécessiterait des mesures sans précédent et ne saurait être compatible avec l\u2019accroissement de la production pétrolière provenant des sables bitumineux que Trans Mountain faciliterait.Toutefois, le vrai risque qui guette le gouvernement n\u2019a rien à voir avec son incapacité à respecter ses promesses en matière d\u2019environnement tout en aidant le secteur pétrolier à sortir de son marasme actuel.C\u2019est plutôt un contexte économique mondial pour le moins inquiétant qui risque de bouleverser son ordre du jour.La plupart des économistes prévoient un ralentissement économique en 2020 et 2021.Mais, pour l\u2019instant, ils ne voient pas de récession à l\u2019horizon.Tout risque de basculer cependant si la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine s\u2019accélère au lieu de s\u2019atténuer.Or, tout indique que le ministre des Finances Bill Moreau a l\u2019intention d\u2019ouvrir les vannes lors du dépôt d\u2019une mise à jour économique dans les prochaines semaines, en commençant par une baisse d\u2019impôts pour la classe moyenne.Alors que le gouvernement devrait jouer de prudence dans le contexte économique actuel, ses instincts politiques le pousseront à faire le contraire.Si la récession frappe, le gouvernement Trudeau risque donc de se retrouver dans de beaux draps.Et le discours du Trône prendra vite le bord.Patrice Garant Professeur émérite de droit public, Université Laval En observant la cabale orchestrée par l\u2019historien Frédéric Bastien contre la juge en chef Nicole Duval Hesler, à laquelle se sont joints des journalistes patentés et des constitutionnalistes vedettes, je n\u2019ai pu que songer à la fable de La Fontaine Les animaux malades de la peste : « À ces mots, on cria haro sur le baudet ! » On reproche à la juge de violer un principe constitutionnel fondamental, celui de l\u2019impartialité judiciaire.Or que dit notre droit public sur la question ?Dans ce droit canadien et québécois, les juges bénéficient d\u2019une forte présomption d\u2019impartialité.La jurisprudence est très claire sur ce sujet.Ainsi l\u2019énonçait la Cour suprême en 2003 : « [l]\u2019impartialité est la qualité fondamentale des juges et l\u2019attribut central de la fonction judiciaire.[\u2026] Elle est la clé de notre processus judiciaire et son existence doit être présumée.[\u2026] Cette présomption d\u2019impartialité a une importance considérable, et le droit ne devrait pas imprudemment évoquer la possibilité de partialité du juge.» La Cour d\u2019appel, en 2016, en rajoute : « La conduite examinée doit engendrer une crainte raisonnable de partialité, c\u2019est-à-dire une crainte logique et sérieuse.» Partialité Certains ont écrit que le juge doit éviter même l\u2019apparence de partialité.Or, dans le cas des juges, le critère pour obtenir une récusation ou une condamnation n\u2019est pas la simple apparence.Selon la Cour d\u2019appel, « le fardeau de prouver la partialité d\u2019un juge est très élevé » ; une allégation de la sorte « ne doit pas être faite à la légère puisqu\u2019elle va au cœur du système judiciaire ».Une autre cour d\u2019appel écrivait : « les motifs qui sous-tendent la crainte de partialité doivent être d\u2019une gravité telle qu\u2019ils réfutent la forte présomption que le ou la juge respectera son serment d\u2019office et [tranchera] le litige équitablement à la lumière de ses circonstances propres ».Avec ce niveau d\u2019exigence, il nous semble que l\u2019idée d\u2019apparence ne correspond plus au critère approprié pour les juges, même si on voit cette notion apparaître dans certains arrêts.Quant au comportement des juges qui pourraient donner lieu à une crainte raisonnable de partialité, la jurisprudence distingue les événements antérieurs au procès et les attitudes ou comportements en l\u2019instance.Il faut que ce que l\u2019on reproche au juge soit nettement caractérisé.Ainsi, la Cour suprême a considéré que le juge Binnie n\u2019avait pas à se récuser, dans un litige concernant les Autochtones, parce qu\u2019antérieurement, à titre de sous-mi- nistre associé, il avait traité d\u2019affaires autochtones.Implication La juge Duval Hesler s\u2019est dans le passé intéressée au multiculturalisme, ce qui ne peut lui être reproché parce que la Constitution de 1982 même en traite spécialement, même si c\u2019est peu populaire au Québec [\u2026].La juge a accepté une invitation d\u2019une association de juristes juifs qui se sont prononcés contre la Loi sur la laïcité ; or on ignore ce qu\u2019elle s\u2019apprêtait à leur dire ; on ne peut présumer qu\u2019elle est d\u2019accord avec cette association.Depuis quelques décennies, on encourage les juges à participer aux activités de la société civile pour savoir ce qui s\u2019y passe, plutôt que de rester cloîtrés dans leurs palais.Certains ont mentionné le fait que la Cour d\u2019appel a dans le passé mandaté des cabinets d\u2019avocats qui ne sont pas favorables à la loi 21.Certes, la juge en chef est solidaire de cette décision de la Cour, mais la jurisprudence de la Cour suprême a rejeté la théorie de la contamination.Par ailleurs, les cabinets en cause ont une éthique professionnelle, sous l\u2019œil vigilant du Barreau.Au cours d\u2019un procès, la Cour d\u2019appel a souligné que le rôle proactif du juge est souhaitable : « le juge se devait d\u2019intervenir.Le juge sphinx d\u2019antan est disparu ; aujourd\u2019hui le juge doit s\u2019impliquer, poser des questions, souligner les lacunes dans la preuve, se soucier des témoins ».Allergies aux signes religieux En l\u2019espèce, la juge est intervenue à quelques reprises, comme elle a le droit de le faire pour clarifier le dossier.Elle semble s\u2019inquiéter du fait que certains Québécois auraient « des allergies visuelles aux signes religieux ».Question extrêmement pertinente dans le contexte dans lequel nous vivons au Québec depuis quelques années ! Depuis la commission Bouchard- Taylor, de nombreux partisans de la laïcité intégrale ont revendiqué la disparition non seulement de la prière au conseil municipal, mais des signes religieux de toutes sortes, qu\u2019il s\u2019agisse de vêtements, de crucifix.Certains ont réclamé l\u2019abolition du cours Éthique et culture religieuse, des privilèges fiscaux accordés aux institutions religieuses, voire des subventions au patrimoine religieux.Des parents montréalais ont même demandé que leurs enfants soient transférés d\u2019école pour ne pas qu\u2019ils soient exposés à la vue d\u2019une enseignante musulmane voilée\u2026 C\u2019est un secret de Polichinelle que bon nombre de Québécois ont, depuis la Révolution tranquille, une allergie galopante à tout ce qui est religieux.Ce n\u2019est pas une maladie, c\u2019est un fait.Que séance tenante la juge ait mentionné l\u2019article 28 de la Constitution (égalité entre les sexes) ne devrait surprendre personne, puisque les premières personnes qui seront affectées par la loi 21 seront manifestement les musulmanes voilées.À ce stade du processus judiciaire, la Cour d\u2019appel doit se demander si l\u2019intérêt public justifie ou non la suspension momentanée de l\u2019application de la loi.La Cour a à se demander si le juge Yer- geau de la Cour supérieure a mal appliqué la règle.Ayant lu sur la question des milliers d\u2019arrêts, je suis convaincu, en appliquant les critères retenus par la jurisprudence, que la juge en chef n\u2019a pas violé le principe d\u2019impartialité judiciaire.Je vois donc mal pourquoi elle devrait se récuser ou encore en quoi elle aurait commis une faute déontologique susceptible de sanction par le Conseil de la magistrature.Elle aura, avec les deux autres juges du quorum, à juger selon la preuve et le droit.LAÏCITÉ Haro sur la juge en chef Nicole Duval Hesler n\u2019a pas violé le principe d\u2019impartialité judiciaire Jade Bourdages Professeure à l\u2019École de travail social de l\u2019Université du Québec à Montréal Nicolas Sallée Professeur au Département de sociologie de l\u2019Université de Montréal La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse poursuivait ses audiences cette semaine.Celles-ci ont essentiellement été consacrées aux témoignages des directions de la protection de la jeunesse de différentes régions du Québec, qui ont notamment plaidé pour une école de formation qui prendrait pour modèle celle de Nicolet dont bénéficient les corps de police.Cette proposition laisse entendre que les problèmes rencontrés par les centres jeunesse viendraient d\u2019abord de la formation des intervenants.Si cette question de la formation mérite d\u2019être posée, nous doutons cependant que l\u2019uniformisation de celle-ci \u2014 sous la forme d\u2019une « école » \u2014 réponde à la nécessité de multiplier les regards, les points de vue et les savoirs sur une institution qui doit d\u2019abord, et avant tout, accepter l\u2019ouverture d\u2019une conversation collective sur son histoire, ses transformations et ses manières de faire.Ensemble d\u2019acteurs Cette conversation devrait s\u2019ouvrir, selon nous, à trois ensembles d\u2019acteurs que l\u2019on entend encore trop peu.D\u2019abord, les acteurs de la recherche en sciences sociales, qu\u2019ils soient historiens, sociologues, juristes, polito- logues ou géographes, susceptibles de nourrir des réflexions sur la jeunesse et sur les manières dont elle est traitée, au-delà d\u2019un discours expert sur la réadaptation qui, quoique nécessaire, risque toujours de refermer le dialogue au nom d\u2019une vérité incontestable.Ensuite, les intervenants de terrain, qu\u2019ils soient éducateurs ou gestionnaires et qui, malgré les contraintes de l\u2019action, ne cessent de réfléchir et de remettre en question leurs propres manières de faire, dans l\u2019espace encore trop invisible des bureaux de suivi et des services de placement.Enfin, les jeunes eux-mêmes et leur famille, qui à force de côtoyer l\u2019institution développent à son propos une diversité de savoirs qui seraient susceptibles de bousculer bien des certitudes.Symboliquement, la semaine qui s\u2019est écoulée a ainsi été marquée par la sortie \u2014 aussi incisive que décisive \u2014 de la présidente de la Commission, Régine Laurent, exigeant, face à la sous-ministre adjointe du ministère de la Santé et des Services sociaux, que l\u2019on entende enfin les intervenants et les acteurs de terrain, empêchés jusqu\u2019à maintenant de parler ouvertement.Permettons-nous de dire que cette culture du silence ne fait pas qu\u2019entraver l\u2019enquête en cours.Elle risque aussi, et plus fondamentalement, d\u2019enliser le débat public dans des discours institutionnels qui nourrissent l\u2019auto- justification du système et des pratiques qui y sont valorisées et plébiscitées au détriment d\u2019un renouvellement nécessaire des regards et des paroles.Le fait que certains acteurs clés s\u2019imposent le silence, que d\u2019autres ne soient pas même admis comme interlocuteurs légitimes, restreint en effet de manière concrète les possibilités d\u2019ouvrir une conversation collective, seule à même de nourrir une réflexion politique ambitieuse sur le traitement de la jeunesse au Québec.Le risque est alors grand de passer à côté de l\u2019opportunité d\u2019investir collectivement cet espace \u2014 encore fragile \u2014 de discussion autour d\u2019enjeux qui nous concernent toutes et tous.Pour une conversation collective sur la protection de la jeunesse KONRAD YAKABUSKI Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, ne pouvait pas prendre le risque que le NPD vote contre le discours du Trône en même temps que lui Depuis quelques décennies, on encourage les juges à participer aux activités de la société civile pour savoir ce qui s\u2019y passe, plutôt que de rester cloîtrés dans leurs palais Les jeunes eux-mêmes et leur famille, à force de côtoyer l\u2019institution de la DPJ, développent à son propos une diversité de savoirs qui seraient susceptibles de bousculer bien des certitudes. LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2019 B 12 PETITES ANNONCES realta.ca | 514 789 2889 courtier immobilier agréé ÉQUIPE FRANÇOIS BISSONNETTE S U R R E N D E Z - V O U S c o n t a c t e z - n o u s ! 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