Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 2019-11-30, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LE DEVOIR À HONG KONG PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES Qui doit gouverner les écoles ?La chronique de Normand Baillargeon | B 5 PERSPECTIVES Le Winnie idéologue, la chronique de Michel David B 3 MONDE Pardon, la chronique d\u2019Élisabeth Vallet B 8 LE DEVOIR DE PHILO À la défense de la liberté d\u2019expression des idiots | B 9 Hong Kong, l\u2019art de s\u2019engager La créativité dans la rue pour soutenir la protestation prodémocratie STÉPHANE BAILLARGEON À HONG KONG LE DEVOIR l ou elle ne s\u2019appelle pas Kai Lan Egg.Ce nom de souris, comme on disait autrefois nom de plume, signe certaines des plus fortes œu- vres engagées produites depuis des mois pour soutenir le mouvement prodémocratie de Hong Kong.Ses créations numériques sont diffusées en ligne.Libre ensuite à tout le monde de les relayer, y compris en les imprimant.Une des plus célèbres affichettes de Kai Lan Egg se retrouve un peu partout en ville.Elle montre une manifestante filiforme, portant casque, masque à gaz et parapluie.Son justaucorps s\u2019orne d\u2019une multitude d\u2019images dans le style des mangas.Toutes sont symboliquement surchargées : des policiers à la matraque, de généreux secouristes, quelques marques de commerce à boycotter et même un cochon subversif.À chaque époque sa mécanique expressive.À chaque artiste selon les moyens de son temps.Les maoïstes reproduisaient leurs tracts sur des duplicateurs Gestetner.Les opposants à la dictature de Pékin, en place depuis 70 ans, plus puissante que jamais, dessinent leurs slogans à la tablette graphique et s\u2019échangent leurs images par téléphone mobile.Une autre œuvre signée Kai Lan Egg montre des noyés flottant entre deux eaux avec cette légende: «Popo will pay for their crimes».Popo, c\u2019est la police.La criminalité évoquée fait référence à une jeune protestataire retrouvée noyée dans la baie de Hong Kong.D\u2019innombrables graffitis dirigent la hargne contre «da popo».Les équipes de nettoyage effacent le matin ce que les doigts nerveux barbouillent le soir sur les murs, les vitrines et même l\u2019asphalte.Un mouvement capital Les tentatives de révolte précédentes ont aussi généré ici de fortes images engagées.On pourrait oser un parallèle avec les manifestations des carrés rouges au Québec en 2012, qui ont aussi généré une abondante production artistique : vidéos, affiches, performances, manifs thématiques et même un défilé de nudistes.Abby Cheng, conservatrice de l\u2019art contemporain au Musée d\u2019art asiatique de San Francisco, a déclaré que la nouvelle révolte en cours à Hong Kong a engendré « le phénomène culturel le plus important des dix dernières années», la créativité originale et significative s\u2019affirmant partout depuis des mois.«La planète devrait prêter attention à ce qui se passe, a-t-elle dit à Artnet.com.Sinon, le monde va passer à côté de quelque chose d\u2019une importance critique.» La force de frappe esthétique s\u2019avère difficile à manquer.Des millions de Hongkongais en colère ont à nouveau choisi de tous porter du noir.Le gouvernement a ridiculement décrété un interdit d\u2019importation pour les vêtements de cette couleur.Les opposants vont aussi aux manifs sous des parapluies, pour repousser les gaz lacrymogènes.Les effets visuels sont toujours surpuissants.Le mouvement démocratique fait flèche de tout bambou.Le slang cantonnais de la ville est utilisé sur les réseaux pour brouiller les pistes des espions chinois parlant le mandarin.Les slogans forgés pourraient rendre jaloux Don Draper : « Cinq demandes, pas une de moins », dit le principal mot STÉPHANE BAILLARGEON À HONG KONG LE DEVOIR L\u2019art et l\u2019argent avancent en cordée depuis des millénaires.Il est donc tout à fait compréhensible que Hong Kong, éponge à fric, soit devenue un centre capital du marché de l\u2019art.Ce serait en fait le troisième marché du monde après ceux de Londres et de New York.Par contre, les affaires et les troubles sociopolitiques ne font pas très bon ménage.L\u2019effort des dernières années pour transformer Hong Kong en métropole culturelle mondiale a donc été miné par la crise des derniers mois.La cité est officiellement en récession et ses industries culturelles battent de l\u2019aile.Les annulations de spectacles se multiplient, notamment dans le très ambitieux district culturel de West Kowloon en développement, avec près de 4 milliards de dollars canadiens, autour de 17 projets de salles pour les arts de la scène et de musées.La direction du centre a décliné la demande d\u2019entrevue du Devoir.La visite d\u2019une petite dizaine de galeries ces derniers jours a confirmé l\u2019effet repoussoir.À tout coup, peu importe l\u2019heure, il n\u2019y avait jamais personne dans les salles d\u2019exposition.« Les touristes manquent, dit Katy, employée de la galerie Karin Weber de la rue Aberdeen.Les Hongkongais qui ont de l\u2019argent dépensent moins.Il faut être de bonne humeur pour s\u2019acheter une œuvre d\u2019art.» Un message positif La tenue de la foire annuelle Art Basel Hong Kong n\u2019est pas assurée en mars.Par contre, la HK Art Week se termine ce week-end, le 30 novembre, avec la présentation d\u2019un symposium international sur le thème du retour aux fondamentaux (« restructurer le futur »).Une cinquantaine d\u2019expositions et d\u2019activités ont été présentées toute la semaine par les galeries participantes.« Nous avons demandé aux membres s\u2019ils souhaitaient annuler leur participation et plus de 90 % ont voulu continuer, pour lancer un message positif », dit Fabio Rossi, président de l\u2019association hongkongaise des galeries d\u2019art moderne ou contemporain, rencontré dans sa galerie du sud de l\u2019île centrale.Le regroupement compte 51 membres.« Je suis dans ce business depuis assez longtemps pour savoir qu\u2019il vit des cycles.J\u2019ai ouvert ma première galerie au moment de la première guerre du Golfe et le marché mondial de l\u2019art avait été affecté pendant des mois.» En octobre, une foire hongkongaise spécialisée en art traditionnel a été perturbée par des blocages du métro, mais 90 % des collectionneurs sont revenus Un marché touché par les troubles « Il faut être de bonne humeur pour s\u2019acheter une œuvre d\u2019art » I En haut : une des plus célèbres affichettes de Kai Lan Egg se retrouve un peu partout en ville.Elle montre une manifestante filiforme, portant casque, masque à gaz et parapluie.À gauche : Les affiches sont diffusées en ligne, imprimées et placardées partout.Les autorités les arrachent au fur et à mesure.PHOTOS STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR VOIR PAGE B 6 : MARCHÉ VOIR PAGE B 6 : ART ENGAGÉ LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 2 Bienvenue en politique, monsieur Guilbeault ! Le nouveau ministre du Patrimoine canadien aura droit à un véritable baptême du feu dès la rentrée parlementaire.En janvier 2020, il recevra le très attendu rapport du groupe d\u2019experts qu\u2019Ottawa avait mandaté en juin dernier pour préparer le cadre législatif de la réforme promise des lois canadiennes sur les télécommunications et la radiodiffusion.De l\u2019avis général, ce sera du costaud, et du complexe.Au cœur de ce rapport, il y aura l\u2019épineuse question des géants du Web : comment les faire contribuer à la « production, la distribution et la découverte du contenu canadien » ?En juin dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, qui a passé deux décennies à prôner qu\u2019il fallait laisser Internet se développer sans contraintes réglementaires, changeait son fusil d\u2019épaule et recommandait au gouvernement de modifier en profondeur le système actuel.Justin Trudeau a autrement promis en campagne électorale que les profits que les plateformes étrangères font au Canada seront imposés à hauteur de 3 % dès cette année.Les libéraux entendent aussi appliquer la TPS sur les produits intangibles, comme ceux qu\u2019offre Netflix, mais ils n\u2019ont pas précisé d\u2019échéancier.Dans les deux cas, le ministère des Finances sera aux commandes du dossier.Par ailleurs, Steven Guilbeault aura un autre dossier chaud à gérer dans les prochaines semaines : achever la révision de la Loi sur le droit d\u2019auteur, dont la dernière version, adoptée en 2012, a signalé des reculs importants pour les ayants droit.Le travail sur cette question est bien avancé : le Comité permanent de l\u2019Industrie et le Comité permanent du Patrimoine canadien ont chacun remis des rapports détaillés dans les derniers mois.Dernier dossier important : celui de l\u2019aide aux médias écrits.Ottawa a adopté un plan de 595 millions de dollars, comprenant un crédit d\u2019impôt remboursable de 25 % sur la masse salariale, mais doit encore préciser les critères d\u2019admission à un volet qui concerne la philanthropie.Guillaume Bourgault-Côté PATRIMOINE Steven Guilbeault Cinq ministres en première ligne à Ottawa Décidément, chaque nouveau mandat de Justin Trudeau aura été marqué par l\u2019obligation de légiférer rapidement sur l\u2019aide médicale à mourir.Après le scrutin de 2015, les troupes libérales avaient dû adopter dans l\u2019urgence une loi légalisant la pratique, pressés qu\u2019ils étaient par le sursis de 12 mois \u2014 qui se terminait en février, mais qui a finalement été prolongé \u2014 accordé par la Cour suprême.Cette fois, ils ont jusqu\u2019à la mi- mars pour réécrire leur loi, dont le critère de mort raisonnablement prévisible a été invalidé cet automne par la Cour supérieure du Québec.La nouvelle ministre de la Santé, Patty Hajdu, a reconnu lors de son assermentation que ce sera là « une de [s] es premières tâches.» Elle pourrait aussi décider, par la même occasion, de se pencher sur l\u2019accès à l\u2019aide médicale à mourir pour les mineurs et sur les directives anticipées (permettant à des personnes se sachant atteintes d\u2019une maladie dégénérative de réclamer l\u2019aide à mourir en prévision du moment où elles ne seront plus en mesure de le faire).Mais ce ne sera pas la seule tâche délicate qui attend la nouvelle ministre.Mme Hajdu devra aussi aller de l\u2019avant avec l\u2019instauration du régime d\u2019assurance médicaments « universel » et « national » promis par les libéraux et que réclament à hauts cris les troupes néodémocrates.La mission nécessitera de négocier avec les provinces, qui en assumeront une partie des frais.Déjà, le Québec, qui dispose de son propre régime mixte privé-public, rappelle qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un champ de compétence provinciale.D\u2019autres négociations (et frictions ?) fédéral-provincial sont à prévoir si Ottawa entend aller de l\u2019avant avec sa promesse d\u2019instaurer des « normes nationales claires » pour l\u2019accès aux services de santé mentale.Hélène Buzzetti SANTÉ Patty Hajdu Le nouveau ministre de l\u2019Environnement, Jonathan Wilkinson, hérite d\u2019un portefeuille hautement périlleux dans un contexte de profondes divisions régionales exacerbées par la lutte contre les changements climatiques.Il devra non seulement défendre la taxe fédérale sur le carbone qui continue d\u2019être contestée devant les tribunaux, mais il pourrait aussi avoir à annoncer, au cours de ce nouveau mandat, ce qu\u2019il en adviendra à moyen terme.Pour l\u2019instant, on sait seulement que la taxe atteindra 50 $ la tonne d\u2019équivalent CO2 en 2022.Mais après ?Le Directeur parlementaire du budget a calculé qu\u2019en l\u2019absence d\u2019autres mesures de lutte contre les changements climatiques, la taxe devrait atteindre 102 $ la tonne d\u2019ici 2030 pour permettre au Canada d\u2019atteindre sa cible de réduction de gaz à effet de serre (GES).La prédecesseure de M.Wilkinson, Catherine McKenna, avait rejeté ce chiffre, mais indiqué en campagne que toute hausse éventuelle devrait au préalable faire l\u2019objet de négociations avec les provinces.Les libéraux ont aussi promis de placer le Canada sur une ambitieuse trajectoire climatique qui doit conduire le pays à la carboneutralité en 2050.Cet objectif implique que le gouvernement devra déposer un projet de loi fixant des cibles quinquennales contraignantes de réduction de GES et les accompagner chaque fois d\u2019un plan pour les atteindre.M.Wilkinson devra également procéder à la bonification des incitatifs pour l\u2019achat de véhicules électriques, notamment une remise allant jusqu\u2019à 2000 $ pour l\u2019achat de véhicules d\u2019occasion, ainsi que l\u2019installation de 5000 bornes de recharge le long de l\u2019autoroute transcanadienne.Il devra de plus mettre en place les incitatifs promis pour favoriser les rénovations écoénergétiques (évaluation gratuite et prêt sans intérêt de 40 000 $) et l\u2019achat de maisons certifiées zéro émission (subvention de 5000 $).Enfin, le ministre pilotera la lutte \u2014 encore embryonnaire \u2014 contre le plastique à usage unique et présidera à la plantation de deux milliards d\u2019arbres d\u2019ici 10 ans.Hélène Buzzetti ENVIRONNEMENT Jonathan Wilkinson Un test d\u2019unité pour les provinces font consensus.Le premier ministre manitobain, Brian Pallister, en revanche, n\u2019a réussi qu\u2019à braquer son homologue québécois, François Legault, en lançant sa campagne contre la loi sur la laïcité de l\u2019État dans les journaux québécois.Et que dire de leur homologue albertain, Jason Kenney, qui joue la ligne dure depuis des mois.Bref, on pourrait se crêper le chignon.Mais si la liste des priorités de chacun varie, il y a de véritables points de convergence.Du côté de Québec, on cite: financement de la santé, respect des compétences provinciales, développement économique et lutte contre le protectionnisme américain, augmentation de l\u2019immigration économique, commerce in- terprovincial.La réunion de Toronto, c\u2019est à prévoir, va confirmer les consensus les plus solides et les plus anciens, comme celui pour une augmentation annuelle de 5,2% du Transfert canadien en matière de santé et celui sur le droit de retrait sans condition, et avec pleine compensation, d\u2019un éventuel programme canadien d\u2019assurance médicaments.Le principe du respect des compétences provinciales par Ottawa ne suscite L\u2019HEURE JUSTE Les premiers ministres des provinces et des territoires avaient prévu se retrouver, une fois les élections passées, pour peaufiner leur stratégie face au nouveau gouvernement fédéral.Ils ne pouvaient pas prévoir que le chef libéral, Justin Trudeau, se retrouverait à la tête d\u2019un gouvernement minoritaire, face à un pays divisé et, par conséquent, plus attentif.Lundi, à Toronto, les leaders provinciaux vont tenter d\u2019évaluer cette nouvelle donne.Le statut minoritaire du gouvernement Trudeau pourrait faire croire à un rapport de force en faveur des provinces, mais encore faut-il que ces dernières s\u2019entendent.Le premier ministre ontarien, Doug Ford, y tient et insiste sur la nécessité de se concentrer sur les dossiers qui MANON CORNELLIER LE DEVOIR Le premier ministre manitobain, Brian Pallister, a braqué son homologue québécois, François Legault, en lançant une campagne contre la Loi sur la laïcité de l\u2019État dans les journaux québécois.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 3 Le Winnie idéologue E xcédé par la lutte acharnée de l\u2019ancien premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, contre l\u2019accord du lac Meech, qu\u2019il a finalement réussi à saboter avec la bénédiction de Jean Chrétien, Robert Bourassa l\u2019avait baptisé « le Newfie idéologue ».Le même qualificatif vient à l\u2019esprit en voyant le combat que l\u2019actuel premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, mène contre la Loi sur la laïcité de l\u2019État.Il est vrai que ses collègues de l\u2019Ontario, Doug Ford, et de l\u2019Alberta, Jason Kenney, l\u2019ont aussi dénoncée.Dans son cas, cela prend cependant l\u2019allure d\u2019une véritable croisade, comme en témoigne la publicité que son gouvernement a fait paraître jeudi dans Le Devoir pour inviter ceux qui s\u2019estiment victimes de la loi 21 à déménager dans la province des Jets, des Blue Bombers et de Winnie l\u2019ourson, où ils seront « accueillis et mis à l\u2019honneur, quelles que soient leur religion et leur culture ».C\u2019est un euphémisme de dire que le Québec ne jouit pas d\u2019une grande estime au Canada anglais, où il est perçu comme l\u2019enfant gâté de la fédération, jamais satisfait de tout ce que le reste du pays fait pour lui être agréable.Dans l\u2019Ouest, le leader du Wexit, Peter Downing, le qualifie de « province-providence raciste et ingrate » dont il dit voir hâte de se séparer.L\u2019Alberta lui reproche son opposition à la construction d\u2019un pipeline malgré les milliards qu\u2019il reçoit au titre de la péréquation.Terre-Neuve n\u2019a jamais digéré le contrat conclu en 1969, qui garantit à Hydro-Québec l\u2019exclusivité de l\u2019électricité produite à Churchill Falls, achetée à un prix dérisoire et revendue avec un profit substantiel.Dans le cas du Manitoba, qui reçoit aussi de la péréquation, ça n\u2019a jamais été une question d\u2019argent, si on excepte la chicane sur l\u2019entretien des F-18 au milieu des années 1980.C\u2019est plutôt la « société distincte » qui semble toujours faire problème.Avant que Clyde Wells ne plante le dernier clou dans le cercueil de l\u2019accord du lac Meech, la fronde s\u2019était développée au Manitoba.Malgré tous ses efforts, Robert Bourassa avait été incapable de rallier l\u2019irascible cheffe de l\u2019opposition libérale, Sharon Carstairs, très échaudée par l\u2019utilisation de la clause dérogatoire pour maintenir la règle de l\u2019unilinguisme français dans l\u2019affichage commercial, à l\u2019encontre d\u2019un jugement de la Cour suprême.Par la suite, le premier ministre conservateur, Gary Filmon, avait laissé Elijah Harper bloquer l\u2019adoption de l\u2019accord par le Parlement manitobain, alors qu\u2019il aurait pu utiliser une procédure d\u2019exception.M.Pallister souffre apparemment de cette même allergie à la différence québécoise, qui semble incurable.Dans son esprit, la loi 21 constitue un « enjeu canadien » qui justifie son intervention, alors que pour la grande majorité des Québécois et pour tous les partis représentés à l\u2019Assemblée nationale, y compris ceux qui s\u2019opposent à la loi, il s\u2019agit d\u2019un enjeu strictement québécois.Le débat porte plutôt sur l\u2019opportunité de mettre la loi à l\u2019abri des tribunaux en utilisant la clause dérogatoire.Il est difficile de prévoir jusqu\u2019où irait la réaction des Québécois si la loi devait finalement être invalidée par la Cour suprême.On peut déjà prévoir une vague de mécontentement si son application est suspendue par la Cour appel en attendant un jugement sur le fond de la loi, comme on le craint à Québec.Enfermé dans sa vision trudeauiste du fédéralisme, Clyde Wells avait-il entrevu les conséquences qu\u2019aurait le rejet de l\u2019accord du lac Meech ?Ceux qui sacralisent la Charte des droits et veulent imposer leur vision multiculturaliste from coast to coast, comme le fait M.Pallister, ne mesurent peut- être pas le ressentiment qu\u2019ils créent et que les souverai- nistes ne demandent qu\u2019à exploiter.À quelques jours de la réunion du Conseil de la fédération, à Toronto, où il souhaiterait que les provinces s\u2019unissent dans leurs récriminations contre le gouvernement Trudeau, le premier ministre Legault n\u2019avait pas intérêt à jeter de l\u2019huile sur le feu, mais il était impossible de laisser passer une telle provocation.Le gouvernement manitobain aurait été mieux avisé de consacrer les 20 000 $ investis dans cette publicité à l\u2019amélioration des services en français dans sa province, a-t-il répliqué.On peut difficilement lui donner tort.Certes, après des décennies de lutte acharnée, le français est de nouveau enseigné dans les écoles, mais vivre en français au Manitoba n\u2019en demeure pas moins un combat quotidien.En juin 2016, le gouvernement Pallister a fait adopter la Loi sur l\u2019appui à l\u2019épanouissement de la francophonie manito- baine, mais ses effets concrets ne sont pas évidents.En octobre 2017, il a aboli le poste de sous-ministre adjoint responsable du Bureau de l\u2019Éducation en français sans avoir consulté la communauté franco-manitobaine.En mars 2019, la majorité des postes permanents du service de traduction ont également été abolis.Bien sûr, il ne faut pas se mêler des affaires des autres.Il va de soi que la loi 21 n\u2019est pas à l\u2019ordre du jour de la réunion du Conseil de la fédération, mais M.Legault devrait peut-être profiter des conversations informelles qu\u2019il aura avec ses homologues provinciaux pour les sensibiliser au danger de jouer avec le feu.MICHEL DAVID De gros travaux parlementaires attendent Guilbeault, Wilkinson, Hajdu, Rodriguez et Qualtrough Après avoir été whip du gouvernement (2017-2018), puis ministre du Patrimoine canadien à la fin du dernier mandat, Pablo Rodriguez hérite d\u2019une tâche colossale dans cette 43e législature : comme leader parlementaire du gouvernement, ce sera beaucoup à lui de faire fonctionner ce Parlement minoritaire.« On peut s\u2019attendre à tout en ce moment, disait vendredi un stratège libéral.On va voir à l\u2019usage le niveau de collaboration des autres partis.Mais la tâche va être délicate pour le leader, mais aussi pour tous les ministres : sur chaque projet de loi, on va devoir travailler en amont pour aller chercher des appuis.» Les libéraux pensent toutefois être « capables de trouver au moins un partenaire pour tous les projets.Après, il y a des jeux politiques ou de marchandage qui vont se faire.Mais on croit que le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique seront là ».Les efforts de réseautage et d\u2019échange devront aussi se faire autour des comités parlementaires (qui étudient les projets de loi), car les quatre partis d\u2019opposition seront là aussi majoritaires.« Ce sera le travail du leader de coordonner tout ça pour s\u2019assurer qu\u2019un projet de loi ne se retrouve pas bloqué dans le système », dit-on.Organisateur expérimenté, M.Rodriguez a passé ses sept premières années à Ottawa à observer des gouvernements minoritaires (sous Paul Martin et Stephen Harper) : il connaît théoriquement la dynamique.« Il peut passer à l\u2019attaque quand il le faut, mais aussi ne pas mettre d\u2019huile sur le feu, estime notre source.Il a une bonne capacité à écouter les gens et à essayer de voir les avenues de compromis.» Ce sont là des atouts qui lui seront aussi utiles dans l\u2019autre volet de son mandat : lieutenant politique de Justin Trudeau pour le Québec, province où les libéraux ont perdu cinq sièges en octobre\u2026 et où le Bloc québécois est redevenu un acteur incontournable.Guillaume Bourgault-Côté LEADER PARLEMENTAIRE Pablo Rodriguez Carla Qualtrough prendra la relève de Jean-Yves Duclos à l\u2019Emploi et au Développement de la main-d\u2019œuvre pour faire avancer le programme social du gouvernement de Justin Trudeau et elle aura beaucoup de pain sur la planche.En effet, tout comme en 2015, le Parti libéral a multiplié les promesses en la matière.Certaines devraient être plutôt simples à mettre en place.C\u2019est le cas, par exemple, de la bonification de 15% de l\u2019Allocation canadienne pour enfants (ACE) destinée aux bambins de moins d\u2019un an.La mesure ne devrait pas susciter d\u2019opposition: l\u2019ACE est une des grandes réalisations du gouvernement Trudeau, Statistique Canada ayant conclu qu\u2019elle était en grande partie responsable de la sortie de 300 000 enfants de la pauvreté.Le prolongement de 15 à 26 semaines du congé maladie auquel ont droit les travailleurs contribuant au programme d\u2019as- surance-emploi devrait lui aussi se faire sans trop d\u2019embûches, tout comme l\u2019ajout de 15 semaines au congé pour les parents qui adoptent.Les choses pourraient se compliquer lorsque Mme Qual- trough s\u2019attellera à l\u2019instauration du congé familial payé garanti promis en campagne.Il s\u2019agirait d\u2019un « revenu garanti » pendant la première année de l\u2019enfant pour les parents qui ne sont pas admissibles à l\u2019assurance parentale actuelle ou qui ne s\u2019y sont pas qualifiés parce qu\u2019ils étaient entre deux emplois ou n\u2019avaient pas accumulé assez d\u2019heures de travail au moment de l\u2019arrivée de bébé.La ministre devra aussi entamer des discussions avec ses homologues provinciaux pour réaliser la promesse libérale de créer jusqu\u2019à 250 000 places en service de garde avant et après l\u2019école, dont au moins 10 % avec des heures prolongées, et de diminuer de 10 % le coût des places dans l\u2019ensemble du pays.Il faudra attendre la publication des lettres de mandat pour savoir si c\u2019est aussi Mme Qualtrough qui sera responsable de la bonification de 10 % de la Sécurité de vieillesse pour les aînés de 75 ans ou plus et de la création d\u2019une prestation d\u2019assurance carrière destinée aux travailleurs ayant œuvré au moins cinq ans au sein d\u2019une entreprise qui ferme ses portes.Hélène Buzzetti EMPLOI Carla Qualtrough aucune dissidence.Mais si le Québec l\u2019a toujours défendu avec rigueur, d\u2019autres provinces ont souvent, par le passé, cédé du terrain en échange de fonds fédéraux.Cette différence a même mené, dans l\u2019Accord sur la santé de 2004, à la reconnaissance explicite du traitement asymétrique du Québec.Mais il n\u2019y a pas que les domaines où Ottawa veut dépenser de l\u2019argent qui soulèvent des questions en matière de respect des compétences.En matière d\u2019environnement, toutes les provinces veulent qu\u2019on reconnaisse leur processus d\u2019évaluation environnementale plutôt que de le subordonner à celui d\u2019Ottawa.Pour cette raison, plusieurs, dont le Québec, contestent la nouvelle loi fédérale (C-69).Toutefois, certaines le font aussi pour pouvoir imposer des examens moins mordants, alors que le Québec veut plutôt éliminer les dédoublements sans atténuer la rigueur des évaluations.Le consensus a donc ici ses limites.En ce qui concerne le fédéralisme fiscal, tous ne tiennent pas le même langage.Depuis des mois, l\u2019Alberta et la Saskatchewan militent pour une révision de la formule de péréquation, malgré l\u2019opposition du Québec, du Manitoba et d\u2019autres provinces.Le consensus des provinces, l\u2019été dernier, était d\u2019une autre nature.Il tournait autour d\u2019un examen des transferts fédéraux permettant de faire face à un ralentissement économique.On visait en fait un autre programme fédéral moins connu, celui de « stabilisation fiscale ».Le Québec appuie d\u2019ailleurs sa révision, rappelait le ministre des Finances, Éric Girard, dans une lettre adressée aux gens de l\u2019Ouest et publiée dans le Financial Post la semaine dernière.Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, semble s\u2019en être souvenu jeudi au moment de rencontrer la presse.Il ne parlait plus de discuter d\u2019amendements à la formule de péréquation, mais de changements à ce programme de stabilisation.Si tel est le cas, voilà désamorcée une sérieuse pomme de discorde qui aurait pu faire dérailler la rencontre de lundi.Les premiers ministres provinciaux peuvent, quand ils le veulent, parler d\u2019une seule voix.Ils y sont arrivés en juillet dernier lors de la rencontre annuelle du Conseil de la fédération, à Saskatoon.Mais pour cela, ils ont dû éviter certains sujets délicats dans leur communiqué final, comme celui des pipelines.En s\u2019en tenant à ce qui les unissait, ils ont pu interpeller en chœur les chefs des cinq principaux partis fédéraux sur une série d\u2019enjeux bien précis.Trois partis ont répondu, le Parti libéral, le Parti conservateur et le Parti vert.Les réponses libérales reprenaient essentiellement les engagements de la plateforme électorale, ce qui a évidemment laissé les premiers ministres sur leur faim, mais leur a donné des munitions pour relancer le nouveau gouvernement.Dans leur réplique, les libéraux ne se sont pas engagés à tenir chaque année une conférence des premiers ministres, mais au bureau du premier ministre Trudeau, on affirme qu\u2019une rencontre aura lieu en 2020, sans toutefois confirmer le moment ni l\u2019endroit.Certains s\u2019attendent à ce que ce soit au cours des prochains mois.Pour les provinces, ce sera le temps d\u2019exiger de vraies réponses, mais pour les obtenir, elles devront peser ensemble de tout leur poids.Six semaines après des élections qui ont redessiné la carte politique canadienne, les travaux parlementaires reprendront jeudi à Ottawa.La lecture du discours du Trône permettra de mieux cerner les priorités du gouvernement de Justin Trudeau.Mais, déjà, cinq ministres savent qu\u2019ils seront au cœur de l\u2019action et de l\u2019actualité : coup d\u2019œil sur ce qui les attend.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 4 EN EAUX TROUBLES Venise Venise est-elle condamnée ?ALEXANDRE SHIELDS À VENISE LE DEVOIR Je vous offrirais bien un café, mais notre machine est brisée depuis l\u2019aqua alta du 12 novembre.Elle était au rez-de-chaussée et elle s\u2019est retrouvée sous l\u2019eau, comme beaucoup de choses ici », laisse tomber Andrea Zanoni, élu démocrate de l\u2019opposition au sein du conseil régional de Venise.Le siège du conseil, situé sur la rive du grand canal, principale voie de circulation de la ville, est véritablement au niveau de l\u2019eau, avec une vue imprenable sur la magnifique basilique Santa Maria della Salute.Les élus s\u2019y rendent d\u2019ailleurs en bateau et l\u2019immeuble possède son propre quai.Mais les bureaux du gouvernement de la région vénitienne, qui offrent un coup d\u2019œil impressionnant aux visiteurs, sont aussi très vulnérables aux fortes marées, comme celles qui ont provoqué d\u2019importantes inondations dans la Sérénissime au cours des dernières semaines.Le soir du 12 novembre dernier, lors de la marée historique qui a inondé plus de 80 % de Venise, le conseil était réuni dans la salle du rez-de-chaussée, lorsque l\u2019alarme prévenant les Vénitiens d\u2019une forte marée a retenti.Peu de temps après, la salle de réunion a été envahie par les eaux, explique M.Za- noni.« Nous avions entendu l\u2019alarme d\u2019inondations, mais on ne savait absolument pas que la marée serait aussi forte.C\u2019était la première fois que le conseil régional, qui occupe ses bureaux de Venise depuis plus de 50 ans, était inondé.Et le plus ironique, c\u2019est que le conseil venait de rejeter nos propositions budgétaires environnementales pour le financement de la plantation d\u2019arbres à Venise et le développement d\u2019énergies renouvelables pour le secteur des transports.» Cette situation est malheureusement très «symbolique» de ce qui est train de survenir à Venise, ajoute l\u2019élu du Partito Democratico.Il faut dire que la ville, bâtie en partie sur des fondations soutenues par des pilotis à partir du VIe siècle, fait face à une « tempête parfaite » qui risque de provoquer sa disparition au cours des prochaines décennies.Construite sur un sol fragile, Venise s\u2019enfonce un peu plus chaque année, notamment en raison du pompage intensif des eaux souterraines qui a été fait pendant des décennies par le secteur industriel situé tout près, à Mar- ghera.En même temps, la ville située à moins d\u2019un mètre du niveau de la mer est touchée par la montée du niveau des eaux, un phénomène qui est appelé à s\u2019aggraver au cours des prochaines décennies, selon les prévisions scientifiques du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat.« Je ne sais pas si Venise pourra résister à cette combinaison de facteurs », insiste Andrea Zanoni.Protection détruite Qui plus est, les autorités régionales n\u2019ont jamais fait le nécessaire pour préserver la lagune de Venise, immense zone tampon qui protégeait historiquement Venise contre l\u2019effet des marées venues de la mer Adriatique.Plus de 80 % des marais de la lagune ont disparu, déplore Jane Da Mosto, directrice de l\u2019organisme We Are Here Venice, qui fait la promotion de la protection de l\u2019environnement de la région.« Oui, le MOSE est essentiel pour pouvoir bloquer l\u2019entrée de l\u2019eau dans la lagune, mais ce n\u2019est pas tout.Il faut restaurer les marais de la lagune, qui aidaient à réduire le niveau d\u2019eau à Venise et qui ont été détruits.Nous avons détruit les protections naturelles de la ville.» Le MOSE (acronyme de Modulo sperimentale elettromeccanico, ou « Module expérimental électromécanique ») est un projet gigantesque de construction de 78 digues installées aux trois entrées de la lagune de Venise.En cas de marée de plus de 1,10 mètre, les digues en question doivent normalement être relevées pour fermer l\u2019entrée de la lagune et ainsi protéger Venise.Mais le projet, lancé en 2003, n\u2019est toujours pas terminé, malgré des investissements qui dépassent déjà les neuf milliards de dollars.Andrea Zanoni ne croit absolument pas au MOSE, présenté par les autorités politiques comme la solution pour éviter les fortes inondations du cœur historique de la ville.« Les prévisions de montée des eaux nous indiquent clairement que la ville va disparaître sous l\u2019eau, avec ou sans le MOSE.L\u2019eau va simplement passer à côté, pardessus l\u2019île Pellestrina, située dans la portion sud de la lagune », fait-il valoir.Plusieurs Vénitiens doutent aussi de l\u2019efficacité du MOSE, un projet marqué par des scandales de détournement de fonds publics.Camilla Bertolini, étudiante au doctorat à l\u2019Université Ca\u2019 Foscari et spécialiste de l\u2019écosystème de la lagune, se demande aussi quels seront les conséquences environnementales à long terme de ce projet.Elle rappelle aussi que la lagune, qui a généralement une profondeur d\u2019à peine quelques mètres, a été draguée pour permettre aux pétroliers de se rendre au port de Marghera, ce qui facilite la venue d\u2019eau salée de la mer Adriatique vers Venise.Mme Bertolini, Jane Da Mosto et l\u2019architecte vénitien Piero Vespignani estiment tous que, dans les circonstances actuelles, la meilleure police d\u2019assurance climatique pour la ville réside dans des « solutions naturelles », dont la régénération de l\u2019écosystème de la lagune.« On ne peut pas changer l\u2019environnement et les dynamiques des systèmes naturels sans en payer le prix, mais nous pouvons changer nos façons de faire », résume Mme Da Mosto.Pour le moment, les autorités politiques ne semblent toutefois pas comprendre l\u2019importance de mettre très rapidement en place des mesures pour préparer Venise à faire face aux conséquences de la crise climatique.« Venise n\u2019est absolument pas prête à faire face aux impacts des changements climatiques.Je suis très inquiet pour les années à venir », souligne Andrea Zenoni.Une inquiétude partagée par plusieurs citoyens rencontrés par Le Devoir à Venise.« Oui, j\u2019ai peur que la ville disparaisse et que nous devenions des réfugiés climatiques.Si Venise disparaît un jour, où allons-nous vivre ?Mais il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites pour éviter cela, comme la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, le développement de mesures d\u2019adaptation pour les infrastructures.On ne peut pas simplement laisser Venise disparaître sous les eaux.Cette ville est d\u2019ailleurs un exemple frappant de ce qui s\u2019en vient et si nous ne faisons rien pour cette ville, peut-être que ce sera la preuve que nous ne méritons pas de vivre sur cette planète», explique Jane Da Mosto, mariée à un Vénitien dont la famille habite la Sérénissime depuis plus de 1000 ans.Elle appelle toutefois à une réflexion plus globale, à l\u2019heure où « l\u2019urgence climatique » menace des populations entières dans plusieurs régions du monde.« Il faut aussi se demander ce que nous devons sauver.Est-ce que les fonds qui pourraient servir à sauver Venise devraient être utilisés pour aider des réfugiés forcés de quitter leur pays en raison des impacts des changements climatiques ?Est-ce que Venise est vraiment plus importante que la survie des réfugiés ?C\u2019est une question à laquelle il est impossible de répondre.Mais il faut se la poser.» « À Venise, les inondations qui frappent et dégradent cette ville inscrite au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO sont devenues une occasion de photos à partager sur les réseaux sociaux, comme ici sur la célèbre place Saint-Marc, avec sa magnifique basilique située juste à côté du palais des Doges.PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL J\u2019ai peur que la ville disparaisse et que nous devenions des réfugiés climatiques JANE DA MOSTO » On ne peut pas changer les dynamiques des systèmes naturels sans en payer le prix JANE DA MOSTO » Il faut restaurer les marais de la lagune, qui aidaient à réduire le niveau d\u2019eau à Venise et qui ont été détruits.Nous avons détruit les protections naturelles de la ville.JANE DA MOSTO » Nous avions entendu l\u2019alarme d\u2019inondations, mais on ne savait pas que la marée serait aussi forte.C\u2019était la première fois que le conseil régional, qui occupe ses bureaux de Venise depuis plus de 50 ans, était inondé.ANDREA ZANONI » LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 5 Qui doit gouverner les écoles ?U n des grands sujets de l\u2019heure en éducation, et il est chaudement débattu, a pour nom PL 40.Il s\u2019agit de ce projet de loi qui vise principalement à modifier la Loi sur l\u2019instruction publique relativement à l\u2019organisation et à la gouvernance scolaires.Concrètement, une fois adoptée, cette loi conduirait à l\u2019abolition des commissions scolaires telles que nous les connaissons et à la mise en place d\u2019une nouvelle structure pour accomplir leur travail.Depuis très longtemps déjà, la CAQ a annoncé son intention d\u2019abolir les commissions scolaires et PL 40 n\u2019a donc surpris personne qui suit ne serait-ce qu\u2019un peu le monde de l\u2019éducation.(Je passe sous silence ici le cas particulier des commissions scolaires anglophones.) Mais que sont ces instances ?Les commissions scolaires Ces commissions scolaires (on en compte 71\u2026) datent du XIXe siècle et sont donc de très anciennes composantes de l\u2019administration de notre système scolaire.La commission Parent les a maintenues.Il leur revient, pour le dire vite, d\u2019organiser et d\u2019assurer la distribution des services éducatifs dans les écoles et centres d\u2019éducation ou de formation de leur territoire.Elles sont appuyées en cela par 11 directions régionales.Leurs commissaires sont, depuis 1973, élus au suffrage universel.Et c\u2019est ici qu\u2019on trouve une des principales critiques qu\u2019on leur adresse.Les critiques Les commissions scolaires souffrent en effet, indéniablement, d\u2019un grand déficit démocratique.Ces élections n\u2019intéressent que très peu de gens, des commissaires sont élus par acclamation et les taux de participation aux élections scolaires sont faméliques.D\u2019autres critiques portent sur ce manque de lien, d\u2019impact, de relation réelle et riche entre l\u2019école, ce qui s\u2019y vit et s\u2019y pratique concrètement, et les commissions scolaires, jugées être de lourdes structures administratives coupées de la réalité de la classe.On reproche d\u2019ailleurs à celles-ci, en ce sens, des dépenses de fonds publics difficilement justifiables.Quoi qu\u2019il en soit, les structures qu\u2019on mettra à leur place devront démontrer qu\u2019elles peuvent échapper à ces critiques, qu\u2019elles seront, elles, représentatives du milieu qu\u2019elles doivent servir, en contact avec lui, efficientes et moins coûteuses.C\u2019est, entre autres, tout cela qui est en ce moment débattu et ce que propose la CAQ inquiète plus d\u2019un intervenant.À propos de la délicate question de la représentativité, j\u2019avais, il y a quelques années, interrogé sur la question le professeur Jean-Pierre Proulx, qui connaît très bien le sujet.Il suggérait de remplacer l\u2019élection au suffrage universel par un collège électoral formé de personnes qui détiennent déjà un mandat public et qui ont un intérêt certain, voire un accès direct à l\u2019éducation primaire et secondaire, à la formation des adultes ou à la formation professionnelle.Ce pourrait être, disait-il, des parents, des professionnels de l\u2019éducation, des membres des conseils d\u2019établissement, des conseillers municipaux, des administrateurs des services sociaux et des cégeps.« Toutes ces institutions, disait M.Proulx, participent, à un titre ou l\u2019autre, à la mission de l\u2019école ou partagent des missions communes avec elle.Ce système favoriserait donc un véritable dialogue politique.Au surplus, il serait infiniment plus économique que le régime actuel, qui tourne à vide.» Une idée à méditer Mais je veux encore pointer ici une autre idée qui me semble mériter notre attention.Parmi les nombreux mémoires déposés lors des discussions sur le PL 40, celui de la Ligue pour l\u2019action civique m\u2019a en effet particulièrement interpellé.La Ligue plaide pour le maintien d\u2019une gouvernance locale en éducation et suggère, entre autres, pour ce faire qu\u2019on distingue deux types de tâches devant être accomplies pour la gestion de l\u2019éducation sur un territoire.Les premières sont distinctement d\u2019ordre éducatif et pédagogique : elles concernent le curriculum, les relations avec les enseignants, l\u2019offre de conseillers pédagogiques, et ainsi de suite.Mais les deuxièmes concernent plutôt des choses comme la gestion des infrastructures, le transport scolaire, les services alimentaires.Les premières tâches, suggère laLigue, et elles seules, reviendraient aux nouvelles structures qu\u2019on mettra en place, qui se concentreraient ainsi sur ce qui doit les concerner ; les deuxièmes incomberaient aux municipalités, qui ont déjà largement en place ce qu\u2019il faut pour les prendre en charge.La ligue argue ceci qui mérite sérieuse réflexion : « Historiquement, au Québec, les services scolaires et les services municipaux se sont développés en parallèle ; cela a donné lieu à quelques absurdités, notamment en raison du manque de dialogue qui a souvent caractérisé les relations entre ces deux paliers de gouvernance.Pour empêcher que cela ne se reproduise, la Ligue propose tout simplement d\u2019intégrer la gestion du parc immobilier, du transport et des services alimentaires au mandat des municipalités.L\u2019argent viendrait de la même source (impôts et taxes foncières), les besoins seraient les mêmes, mais les silos seraient éclatés et le développement de nos écoles ne constituerait plus une préoccupation périphérique pour nos municipalités, mais bien une priorité.» La perle de la semaine Un élève écrit : « Le mariage est effet mer et ne dure parfois pas très longtemps.» C\u2019est vague, mais il y a une certaine poésie là-dedans\u2026 NORMAND BAILLARGEON Les Vénitiens ont appris à vivre au rythme des inondations, même les jours de grands événements, comme un mariage.Cependant, la ville se vide de ses habitants, qui fuient aussi les hordes de touristes, et la population décline depuis des décennies.78 C\u2019est le nombre de digues qui doivent être installées aux trois entrées de la lagune de Venise, dans le cadre du MOSE (« Module expérimental électromécanique ») Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.9 milliards C\u2019est le montant déboursé depuis 2003 pour implanter le MOSE, mais le gigantesque projet n\u2019est toujours pas terminé. AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Monsieur André ROY, en son vivant résidant au 150, rue du Boisé, Saint- Georges, Québec, G5Y 5C2, est décédé le vingt avril deux mille dix-neuf (20 avril 2019).Un inventaire de ses biens a été dressé le 21 novembre 2019 par les liquidatrices conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Monia Doyon, notaire, au 17 105, boulevard Lacroix, Saint- Georges (Québec), G5Y 8G9.Me Monia Doyon, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Avis dans un journal : C.c.Q., art.795, al.2) Prenez avis que Assunta D'Angelo, en son vivant domiciliée au 7470, rue Terbois, Saint-Léonard, Québec, H1S 2M4, est décédée à Saint-Léonard, le 29 mars 2019.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Marie-Eve Brown, notaire, située au 370, chemin Chambly, bureau 400, Longueuil (Québec) J4H 3Z6.SIGNÉ à Longueuil ce 28 novembre 2019 Me MARIE-EVE BROWN notaire Appel d\u2019offres VILLE DE MONTRÉAL ARRONDISSEMENT DE MONTRÉAL-NORD DIRECTION DE LA PERFORMANCE, DU GREFFE ET DES SERVICES ADMINISTRATIFS APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC No : 1065 ABAISSEMENT DU MUR DE SOUTÈNEMENT DERRIÈRE LA MAISON BRIGNON-DIT-LAPIER- RE, MONTRÉAL-NORD.L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 29 novembre 2019 est reportée au 5 décembre 2019 à onze heures (11h), à la Mairie de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord.À Montréal, Arrondissement de Montréal-Nord Ce 30 novembre 2019 La secrétaire d\u2019arrondissement Marie-Marthe Papineau, avocate AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135,136 et 137 C.P.C.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER : Avis donné à 9311-1045 QUÉBEC INC.de vous présenter au greffe de la COUR DU QUÉBEC du district judiciaire de- MONTRÉAL situé au 1 RUE NOTRE-DAME EST À MONTRÉAL, dans les 30 jours a?n de recevoir la DEMANDE DE LA DEMANDE- RESSE OUR REJET DU POURVOI EN RÉTRACTATION DE JUGEMENT DE LA DÉFENDERESSE, DÉCLARATION ASSERMENTÉE, LISTE DES PIÈCES ET AVIS DE PRÉSENTATION laissée à votre attention dans la cause numéro 500-22- 234352-162.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Montréal, le 26 NOVEMBRE 2019 Isabelle Gagné, huissier de justice AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135,136 et 137 C.P.C.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER : Avis donné à OLEKSIY SEN de vous présenter au greffe de la COUR DU QUÉBEC du district judiciaire de MONTRÉAL situé au 1 RUE NOTRE- DAME EST À MONTRÉAL, dans les 30 jours a?n de recevoir la DEMANDE INTRODUCTIVE D\u2019INSTANCE, AVIS D\u2019ASSIGNATION DE LA PARTIE DÉFENDERESSE ET LISTE DES PIÈCES laissée à votre attention dans la cause numéro 500-22- 259161-191.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Montréal, le 26 NOVEMBRE 2019 Isabelle Gagné, huissier de justice LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 PERSPECTIVES B 6 et ont acheté.« Les passionnés d\u2019art sont très dévoués », dit M.Rossi, tout en avouant qu\u2019il se déplace maintenant un peu plus souvent vers les collectionneurs.Il arrive de Dubaï.Rossi & Rossi, fondée par la mère et le fils, se spécialisait dans l\u2019art traditionnel de l\u2019Himalaya avant de bifurquer vers la production contemporaine.Installée d\u2019abord à Londres, la galerie a sa permanence à Hong Kong depuis 1987 Le galeriste explique que Hong Kong représente une place de rêve pour un marchand d\u2019art, une zone franche sans taxes d\u2019import ou d\u2019export, sans tracas ni contrôle administratifs, attirant normalement plus de 60 millions de touristes par année, dont de riches clients.L\u2019art et le commerce qui avancent en cordée ont aussi besoin de liberté pour s\u2019épanouir.Cette liberté que demandent et veulent faire progresser les Hongkongais dans la rue.Il serait donc normal que les marchands appuient les protestataires demandant plus de liberté, plus de démocratie ?« Je ne peux pas parler pour les autres membres, répond l\u2019homme de l\u2019art.Pour ma part, je peux dire qu\u2019il ne faut pas oublier que Hong Kong est et demeure la ville chinoise la plus libre.La presse y est libre.Le système judiciaire y est indépendant.Nous vivons dans un régime de droit.Il ne faut pas oublier cela.Je pense aussi qu\u2019en ce moment les problèmes urgents à régler sont des problèmes sociaux.Les inégalités deviennent insupportables dans le monde, d\u2019où les révoltes partout.Hong Kong est immensément riche, mais elle a négligé de s\u2019attaquer à certains de ses problèmes majeurs.» d\u2019ordre en référence à la quintuple exigence des protestations, dont celle d\u2019avoir des élections libres.Une autre phrase omniprésente martèle en chinois et en anglais : « Libérez Hong Kong, une révolution de notre temps ! » Un bataillon esthétique Les estimations parlent de 200 designers montés au créneau dans la lutte contre l\u2019ultrapouvoir central de Pékin.Ces révoltés du graphisme se concertent sur le réseau Telegram, trouvent des thèmes et des « concepts » ensuite traduits de manière visuelle et subversive.Leur matériel sert aussi à diffuser de l\u2019information sur les manifestations à venir, avec des détails précis sur les lieux de rendez-vous.Plusieurs tentatives d\u2019obtenir des entrevues en ligne sont restées sans réponse.« Les artistes restent anonymes et on comprend pourquoi », explique Ashley Yue.On ne sait souvent rien d\u2019eux, mais leurs œuvres se répandent très rapidement en ville et ils servent à solidifier et à encourager le mouvement.La jeune Ashley Yue, diplômée en cultural studies de McGill en 2015, est originaire de Hong Kong, où elle s\u2019est réinstallée comme guide touristique.Les temps sont durs.La protestation, qu\u2019elle appuie entièrement, lui a siphonné ses clients.Elle-même était de la toute première marche le 9 juin, puis le 16 avec deux millions de personnes.Elle a donné rendez-vous au Devoir dans un minuscule café.Elle boycotte Starbucks, comme beaucoup, à cause des commentaires anti-manifs d\u2019un dirigeant de la chaîne.Les verres du sympathique endroit branché, sur l\u2019île centrale, sont à l\u2019effigie d\u2019un des petits cochons prodé- mocratie.On est donc en train jaune, couleur du ralliement des protestataires.Mme Yue ouvre son sac et en sort des papiers engagés qu\u2019elle collectionne.Elle ouvre son téléphone et retrouve les œu- vres marquantes de son best-ofambulant.Une vidéo très impressionnante montre un chœur masqué et une formation classique interprétant l\u2019hymne Glory to Hong Kong composé par Thomas dgx yhl, autre pseudo.Le chant dénonce la répression, demande le respect des droits et libertés.La captation a été visionnée 1,5 million de fois sur YouTube en une semaine en septembre.L\u2019hymne de 2019 est constamment repris dans les rassemblements.Le détournement de certaines images demande un peu de connaissances icono- logiques et culturelles.La consigne sécuritaire «Mind the gap» (attention à l\u2019écart) devient «Mind the thug» (attention au voyou), en référence aux affrontements brutaux de la station de métro Yuen Long.Un idéogramme en trompe-l\u2019œil dit, quand il est lu dans un sens et dans l\u2019autre : « Continuez ! » Une carte de bingo ridiculise les formules de la langue de bois de la dirigeante Carie Lam pour ne pas céder aux demandes du peuple.L\u2019origami devient une arme de propagande.Une collecte de fonds a permis de créer une Lady Liberty de Hong Kong, pastiche de la statue new-yorkaise portant un parapluie au lieu d\u2019une torche.La sculpture a été détruite par des vandales.Ashley Yue s\u2019attarde sur le recours au Lennon Wall, mémorial éphémère né d\u2019abord en Tchécoslovaquie en 1988, au moment du décès du Beatle John Lennon.Le premier mur hongkongais d\u2019expressions spontanées est apparu pendant la Révolution des parapluies en 2014.Il en a poussé d\u2019autres depuis juin.Le plus couru, le plus aimé, celui de la station de métro Tai Po, a été démantelé par la police en début de semaine.La propagande fonctionne dans les deux sens.Des artistes-liges, à la solde du gouvernement, contre-attaquent avec leur propre matériel.Là encore, il faut bien l\u2019avouer, on est assez loin de l\u2019agit-prop ou du réalisme socialiste.Les affiches présentant les manifestants comme des enfants gâtés ou défendant la police dans ses droits imitent aussi les bandes dessinées asiatiques.L\u2019image d\u2019un célèbre petit cochonnet (Pig McDull) a aussi été détournée par les autorités, mais sans le consentement de son créateur, bel et bien connu celui-là.Guérilla artistique ART ENGAGÉ SUITE DE LA PAGE B 1 Liberté d\u2019expression MARCHÉ SUITE DE LA PAGE B 1 Il ne faut pas oublier que Hong Kong est et demeure la ville chinoise la plus libre FABIO ROSSI » Ces reportages ont été financés grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat- Le Devoir.Le parapluie, utilisé par les manifestants pour se protéger du gaz lacrymogène, a donné son nom à la révolution de 2014.L\u2019accessoire reste en 2019 le symbole du mouvement prodémocratie.L\u2019image collée sur la vitrine d\u2019un commerce évoque le jeu vidéo Yellow Umbrella créé en 2014 où des manifestants tiennent coûte que coûte la barricade contre des assaillants policiers.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 NÉGOCIATION NATIONALE DES PROFS Au nom des profs, elle réclame : La FSE-CSQ, la voix des profs! De meilleurs salaires; Des classes plus équilibrées; Un ; Une réduction de la précarité.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Après avoir perdu la bénédiction du grand guide chiite du pays, le premier ministre de l\u2019Irak a décidé de quitter ses fonctions.Ce dernier en a fait l\u2019annonce vendredi au terme d\u2019une semaine violente durant laquelle des dizaines de manifestants ont perdu la vie.Les protestataires, qui exigent un renversement de la classe politique entière, pourraient toutefois rester sur leur faim.Sur la place Tahrir de Bagdad, les manifestants se sont mis à danser à l\u2019annonce du départ d\u2019Adel Abdel Mahdi, selon des journalistes sur place.Toutefois, la bonne humeur s\u2019est rapidement évaporée.« Nous ne quitterons pas Tahrir tant que tous les corrompus ne seront pas partis », a expliqué l\u2019un des manifestants.« Notre problème, ce n\u2019est pas le premier ministre ; on veut que tous les partis dégagent ! » a lancé un autre insurgé à Diwaniya, à 200 km au sud de la capitale.Chômage, corruption et pénuries ont fait descendre les Irakiens dans les rues ces deux derniers mois.Pour sortir le pays de son marasme, ils préconisent de faire table rase des autorités politiques et religieuses, qui se partagent le pouvoir de façon sectaire depuis l\u2019invasion américaine.La démission du premier ministre entré en exercice en octobre 2018 marque ainsi un nouveau développement dans un Irak à feu et à sang, et plus largement dans un Moyen-Orient en ébullition.En octobre, le premier ministre Saad Hariri du Liban a quitté son siège, chassé par un mouvement pacifique réclamant un pays moins sectaire, moins corrompu et plus égalitaire.Le peuple iranien exprime pour sa part sa colère la plus vive depuis des années après une forte hausse du prix de l\u2019essence, qui alourdit encore davantage le fardeau économique pesant sur ses épaules.En Irak, le bilan onusien des manifestations amorcées en octobre est monté vendredi à 354 morts et à plus de 8000 blessés.Il s\u2019agit principalement de jeunes hommes, parfois même d\u2019adolescents, généralement non armés.« Le véritable bilan est probablement plus élevé », note le Haut- Commissariat des Nations Unies aux droits de l\u2019homme.Dans son sermon de vendredi, l\u2019ayatollah Ali Al-Sistani, figure généralement apolitique et très respectée du chiisme irakien, a retiré sa confiance envers le premier ministre, Abdel Mahdi, lui-même de confession chiite.Il a demandé au Parlement de considérer les options se présentant à lui afin d\u2019éviter que le pays s\u2019enfonce un peu plus dans le « chaos ».Le principal intéressé n\u2019a pas attendu la réplique des élus pour lui-même annoncer qu\u2019il leur présenterait sa démission.Le soulèvement en cours en Irak, le plus « intense » de l\u2019ère post-Saddam Hussein, est inédit, « car il oblige à laisser tomber les prismes confessionnels ou ethniques qui sont toujours convoqués dès qu\u2019on parle de l\u2019Irak », expliquait plus tôt ce mois-ci la chercheuse Loulouwa al-Rachid en entrevue à Me- diapart.Le conflit actuel s\u2019articule sur des bases strictement socio-économiques, ajoutait la spécialiste de l\u2019Irak rattachée jusqu\u2019à récemment au Cen- IRAK Le premier ministre démissionne tre Carnegie pour le Moyen-Orient.Ce sont majoritairement des manifestants chiites qui emplissent les rues de Bagdad et du sud du pays.Et ce sont eux qui ont incendié le consulat de l\u2019Iran \u2014 un pays officiellement chiite \u2014 dans la ville sainte de Najaf, mercredi soir.La foule assemblée autour des flammes criait « Dehors, l\u2019Iran ! » et brûlait des drapeaux du pays, à qui les insurgés reprochent une ingérence dans les affaires irakiennes.Le lendemain de l\u2019incendie, Bagdad a dépêché des commandements militaires dans le Sud, notamment à Nas- siriya, où des dizaines de manifestants ont péri sous les tirs des forces de l\u2019ordre.Les troupes ont ensuite été rappelées dans le chaos, tandis qu\u2019Amnesty International a incité les capitales du monde à agir, car « le bain de sang doit cesser ».Par voie de communiqué, Ottawa a « vivement » condamné la hausse des violences en Irak, jeudi.« Nous exhortons toutes les parties concernées à faire preuve de retenue et à s\u2019abstenir de recourir à la violence », peut-on lire dans la déclaration officielle.Les violences mortelles se sont malgré tout poursuivies vendredi.La police a tué 15 manifestants à Nassiriya et un autre à Bagdad.À Najaf, des témoins et des médecins ont rapporté que des hommes habillés en civil ont tiré sur des protestataires, faisant cinq morts.La suite Le Parlement pourrait accepter la démission de M.Abdel Mahdi lors d\u2019une réunion convoquée en urgence dimanche.Le président, Barham Salih, devra par la suite choisir un nouveau premier ministre \u2014 une tâche qui pourrait se révéler complexe.Il y a un an, Adel Abdel Mahdi avait accédé à ce poste car il représentait un compromis acceptable pour les deux coalitions couronnées lors des législatives du mois de mai.Économiste de formation, l\u2019homme de 77 ans avait auparavant occupé de nombreux postes dans les hautes sphères de l\u2019État avant de diriger ce gouvernement qu\u2019il souhaitait technocrate.Avec l\u2019Agence France-Presse La démission du premier ministre entré en exercice en octobre 2018, ici en pantin lors d\u2019une manifestation, marque un nouveau développement dans un Irak à feu et à sang.KHALID MOHAMMED ARCHIVES ASSOCIATED PRESS n ce matin de juillet 2012, trois hommes juchés sur une motocyclette roulent lentement dans la zone de vignobles au nord de Kandahar.En surplomb, dominant les maisons en pisé, le premier lieutenant Lorance, qui a récemment pris la place du commandant du peloton, blessé.Il n\u2019a pas d\u2019expérience au combat, mais ses hommes craignent déjà son discours vindicatif.Alors que la motocyclette est à près de 200 mètres, il ordonne aux soldats de tirer.La moto s\u2019arrête, les hommes descendent, regardent autour d\u2019eux.Lo- rance ordonne alors un tir létal.Deux des motocyclistes sont tués.La fouille des cadavres révélera qu\u2019ils étaient armés\u2026 d\u2019une paire de ciseaux et de concombres.Le premier lieutenant tentera de dissimuler la réalité en rapportant que les cadavres n\u2019ont pu être fouillés, ce que les hommes de son peloton démentiront, lors du procès un an plus tard.Lorance condamné à 19 ans de prison en cour martiale pour crime de guerre, sa cause devient très vite celle de l\u2019extrême droite et des médias conservateurs.Pour eux, le criminel de guerre est un héros, broyé par les rouages des bien- pensants du fameux «deep state».À sa sortie de prison, Clint Lorance fera d\u2019ailleurs sa première apparition médiatique \u2014 le 18 novembre dernier \u2014 sur le plateau de Sean Hannity, à Fox News.Or, c\u2019est cet homme, ainsi que deux autres soldats déployés en Afghanistan \u2014 le major Matthew Golsteyn des forces spéciales, dont le procès devait avoir lieu en février prochain pour meurtre, et Edward Gallagher des Navy Seals, condamné pour avoir désacralisé le cadavre d\u2019un détenu \u2014, que le président a choisi de gracier.Contre l\u2019avis de la hiérarchie militaire.Le président a la Constitution de son côté : le pouvoir de faire grâce est sien.Il pouvait gracier un criminel de guerre de la même manière qu\u2019il a gracié Joe Arpaio \u2014 ce shérif qui a régné en tyran sur le comté de Maricopa en Arizona.Bien sûr, le recours au droit de grâce a toujours soulevé des controverses.Il a parfois été utile à la restauration de l\u2019union nationale, à la suite de la Révolte du whisky aux débuts de la République, ou encore après la guerre civile, pour les sudistes, voire dans le cas de l\u2019amnistie prononcée par Jimmy Carter à l\u2019égard des objecteurs de conscience de la guerre du Vietnam.D\u2019autres ont été particulièrement polémiques : comme la grâce inconditionnelle accordée à Nixon par le président Johnson, ou celles prononcées par George H.W.Bush à l\u2019endroit de Caspar Weinberger, d\u2019Elliott Abrams ou de Robert McFarlane \u2014 artisans du scandale Iran-Contra qui avait entaché l\u2019administration Reagan.Ce droit régalien doit être un pouvoir exceptionnel, un recours pour faire le bon là où le droit, trop rigide, ne le peut pas \u2014 comme commuer une peine disproportionnée en raison de mécanismes juridiques qui dissocient la peine de l\u2019infraction.Il arrive pourtant que ce pouvoir soit détourné de son sens : le respect du droit ne donne pas forcément de la droiture à une décision.Or, les trois pardons accordés par le président Trump touchent trois inculpés ou condamnés pour crimes de guerre et s\u2019appuient sur un tweet présidentiel: «On entraîne nos gars pour en faire des machines à tuer et ensuite on leur fait un procès quand ils tuent.» Une justification lourde de conséquences.D\u2019abord sur la politique étrangère, car la décision de qualifier les soldats de «machines à tuer» et le doute qu\u2019elle induit sur leur justiciabilité fragilisent un peu plus le lien de confiance avec les États susceptibles d\u2019accueillir des troupes américaines.Ensuite, pour les soldats déployés, car les règles d\u2019engagement sont soudainement moins nettes, le président envoyant le message que si l\u2019on est de son bord, les chances d\u2019absolution croissent.Enfin, pour la chaîne de commandement du Pentagone qui est remise en cause, ce qui vient fausser la relation civilo-militaire\u2026 et pose des points de suspension sur la gestion future d\u2019une crise majeure impliquant la défense des États-Unis.Cette décision s\u2019inscrit dans une compréhension trumpienne du monde.Un univers où l\u2019armée, le service de protection des frontières et la justice deviennent les instruments personnels du président (plutôt que les champs d\u2019action du pouvoir exécutif )\u2026 Où la politique étrangère permet de subordonner une aide financière au salissage d\u2019un opposant politique.Où le mépris des règles constitutionnelles permet de s\u2019opposer aux assignations à comparaître et aux mandats d\u2019amener délivrés par le Congrès.Or, ce sont ces règles constitutionnelles que les Cours fédérales tiennent pour l\u2019instant à bout de bras, imposant que les retours de taxes du président soient divulgués, que l\u2019exécutif se soumette aux requêtes du Congrès, que la séparation des pouvoirs soit respectée.Ce que le président conteste.Encore.Encore.Et encore.Ce qu\u2019il fera sans doute jusqu\u2019en Cour suprême\u2026 Mais en l\u2019occurrence, personne ne s\u2019insurge parce que le président s\u2019est essuyé avec la nappe, ou parce qu\u2019il a porté un complet beige.Les normes en cause définissent la nature de la République.Elles représentent l\u2019État de droit.Ce n\u2019est donc pas un simple pardon\u2026 LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 B 8 MONDE PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS A AHUNTSIC Métro Sauvé Rue Fleury est, près Christophe-Colomb.6 1/2, 3 ch.fermées dans beau grand loft, r.d.c.Poss.de bureaux pour professionnels.À louer ou à partager.514 522-9986 CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER Encan Dimanche 1er décembre à 10h.Tableaux de renommée et antiquités (450) 796-2886 www.encangelineau.com LIBRAIRIE Bonheur d'Occasion achète livres de qualités en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com EMPAQUETEUR BILINGUE Jour, temps plein, permanent, 13,75 $ / heure.38 heures / semaine Envoyez c.v.: charles@generalimports.ca 303 ANTIQUITÉS 307 LIVRES ET DISQUES 450 EMPLOIS DIVERS VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.20 ans d'experience.Service à domicile.514 573-7039 Julien COACH PERSONNEL Objectifs à atteindre ?Envoyez texto : 438 874-6000 Je vous rappelle.Patrick 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 529 OFFRE DE SERVICES PROFESSIONNELS Pardon E ÉLISABETH VALLET MARTINE PAUWELS À LONDRES AGENCE FRANCE-PRESSE Un homme porteur d\u2019un engin explosif factice a tué deux personnes à coups de couteau vendredi à London Bridge, avant d\u2019être abattu par la police, dans une attaque « terroriste » qui a chamboulé la campagne électorale à moins de deux semaines des législatives du 12 décembre.L\u2019assaillant a été identifié comme étant Usman Khan, 28 ans, un ex-prisonnier condamné pour terrorisme, a annoncé samedi (vendredi soir au Québec) le chef de l\u2019antiterrorisme britannique, Neil Basu.« Cet individu était connu des autorités, ayant été condamné en 2012 pour des infractions terroristes.Il a été remis en liberté conditionnelle en décembre 2018 », a indiqué le responsable policier dans un communiqué, précisant qu\u2019une perquisition était en cours dans un lieu du comté de Staffordshire, dans le centre de l\u2019Angleterre.Selon des médias britanniques, il portait un bracelet électronique, après avoir bénéficié d\u2019une remise en liberté conditionnelle à la suite d\u2019une condamnation pour terrorisme.Le journal The Times, citant des sources gouvernementales, a précisé qu\u2019il participait vendredi à une conférence organisée par l\u2019Université de Cambridge sur la réhabilitation des prisonniers dans le Fishmonger\u2019s Hall, un bâtiment à l\u2019extrémité nord de London Bridge, où l\u2019attaque a commencé, d\u2019après la police.Trois personnes ont aussi été blessées dans cette attaque survenue à l\u2019endroit même où un attentat s\u2019était déroulé en 2017, a indiqué la cheffe de Scotland Yard, Cressida Dick, devant la presse.« Nous travaillons aussi sans relâche pour comprendre ce qui s\u2019est passé et si d\u2019autres personnes sont impliquées », a-t-elle ajouté, précisant que la présence policière dans les rues serait renforcée dans les prochains jours.Selon le chef du service public de santé britannique, Simon Stevens, une personne se trouve dans un état « critique mais stable », une autre dans « un état stable » et une troisième a subi des « blessures moins graves ».La police a indiqué avoir été appelée à 13 h 58 (heure locale) pour une attaque au couteau près de London Bridge, un pont et une importante gare du centre de la capitale britannique.L\u2019assaillant a été abattu par les forces de l\u2019ordre cinq minutes plus tard, selon la police, qui a qualifié l\u2019attaque de « terroriste ».Des « héros » Plusieurs passants ont été salués en «héros» par la police et des responsables politiques pour s\u2019être rués sur l\u2019assaillant et s\u2019être battus avec lui, selon des vidéos enregistrées par des témoins et diffusées sur les réseaux sociaux.« On a fait tout ce qu\u2019on pouvait pour essayer de lui arracher son couteau afin qu\u2019il ne blesse personne d\u2019autre », a expliqué à la BBC Stevie Hurst, un guide touristique figurant parmi ceux qui sont intervenus.Un homme en particulier était salué sur les réseaux sociaux.Dans plusieurs vidéos concordantes circulant sur Twitter, on le voit sortir de la mêlée un couteau à la main, criant à d\u2019autres témoins de reculer.«Certains des gars qui étaient sur [l\u2019assaillant] étaient d\u2019ex-prisonniers et ils se trouvaient tous au Fishmonger\u2019s Hall», selon Jamie Bakhit, un agent d\u2019entretien de 24 ans cité par PA, qui a dit s\u2019être entretenu avec un des intervenants.LONDRES Deux morts dans une attaque « terroriste » au couteau L\u2019assaillant de London Bridge était connu des services de sécurité et lié à des « groupes terroristes islamistes », selon une source sécuritaire.FRANK AUGSTEIN ASSOCIATED PRESS Trois personnes ont aussi été blessées, dont une est dans un état critique B 9 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 L À la défense de la liberté d\u2019expression des idiots Pour John Stuart Mill, même les opinions fausses peuvent contribuer à la découverte de la vérité e samedi 9 novembre dernier, le célèbre commentateur sportif Don Cherry accusait en direct les immigrants canadiens de venir au pays profiter de ses bienfaits sans honorer la mémoire de ses vétérans en se procurant le coquelicot rituel.Deux jours plus tard, l\u2019employeur de Don Cherry, Sportsnet, le congédiait en affirmant que ses commentaires étaient « discriminatoires et offensants ».John Stuart Mill (1806-1873), éminent philosophe britannique et auteur de l\u2019ouvrage De la liberté, aurait-il approuvé cette décision ?Si l\u2019on dispose de peu d\u2019indices pour savoir s\u2019il aurait apprécié les analyses sportives colorées de l\u2019ancien entraîneur des Bruins de Boston, on peut toutefois penser qu\u2019il en aurait long à dire sur son congédiement et sur l\u2019importance de la liberté d\u2019expression dans nos sociétés.Notons tout d\u2019abord qu\u2019il semble clair que Sportsnet, en tant que diffuseur privé, avait tout à fait le droit de congédier son animateur vedette.La question qui aurait intéressé Mill est tout autre : notre société se trouve-t-elle mieux maintenant que Don Cherry a été poussé à la retraite ?Voulons-nous vivre dans un monde où l\u2019on peut être renvoyé et privé de tribune pour avoir exprimé une opinion, aussi indigne soit-elle ?Il est à parier que Mill, sans approuver les propos de Cherry, aurait néanmoins plaidé en sa faveur au nom de la liberté d\u2019expression.L\u2019argument de la vérité Pour Mill, une société devrait mettre en place une liberté d\u2019expression presque totale afin que la vérité émerge du choc des idées dans le débat public.En effet, en tant qu\u2019êtres humains faillibles et imparfaits, nous ne pouvons supposer que nos croyances constituent des vérités absolues: nous devons au contraire faire preuve d\u2019ouverture et tolérer une grande diversité d\u2019opinions divergentes.Devant un discours qui nous choque et nous apparaît absurde, nous devons résister à la tentation de vouloir l\u2019étouffer ou l\u2019exclure : nous devons plutôt l\u2019écouter et le confronter à d\u2019autres discours.Ainsi, une société qui encourage le choc entre les idées contradictoires est bien mieux placée pour progresser vers la vérité, ou du moins vers un plus haut degré de certitude.Il faut donc laisser libre cours à une sorte de « libre marché des idées », à une compétition libre et ouverte entre théories rivales, dont les meilleures finiront par sortir victorieuses.En effet, même les opinions fausses peuvent contribuer à la découverte de la vérité, notamment parce qu\u2019elles serviront d\u2019adversaires utiles aux bonnes théories.Mill considère que, si une théorie n\u2019est pas régulièrement discutée et mise à l\u2019épreuve par des opinions rivales, elle perdra de sa vigueur et deviendra un «dogme mort», une sorte de superstition orthodoxe dont on a oublié la justification.Pour que nos théories soient des « vérités vivantes», il faut qu\u2019elles soient confrontées à d\u2019autres.Dans le cas de Don Cherry, même si l\u2019on est en désaccord avec l\u2019accusation qu\u2019il porte envers les immigrants canadiens, on peut penser qu\u2019un discours comme le sien peut contribuer à des débats sociaux importants.Plutôt que de tenter de le faire taire, il faudrait plutôt lui répondre, dirait Mill, et ainsi saisir l\u2019occasion de démontrer que les idées égalitaristes sont tout simplement meilleures et plus justes que les propos dégradants de Cherry.Au contraire, si ces idéaux ne sont jamais confrontés et remis en question, il est à craindre qu\u2019ils deviennent des dogmes morts, et ainsi qu\u2019ils perdent toute leur vigueur intellectuelle.On peut douter de certains aspects de cet argument de Mill.Notamment, on peut faire remarquer qu\u2019il semble idéaliser ou surestimer la capacité de raisonnement humain, c\u2019est-à-dire qu\u2019il suppose qu\u2019en raison de nos facultés rationnelles, la vérité émergera forcément, tôt ou tard, de la libre concurrence entre les idées.Or, nous ne manquons pas de données historiques et empiriques pour tempérer cet optimisme.On peut également penser que les inégalités qui traversent encore notre société vont perturber le bon fonctionnement du marché des idées.Il est facile d\u2019affirmer que, plutôt que de le censurer, il aurait fallu répondre à Don Cherry, mais existe-t-il beaucoup de chroniqueurs issus de l\u2019immigration ayant la même tribune, la même capacité d\u2019influence que Cherry ?Plus généralement, on constate qu\u2019il est ardu de produire un contre-discours et d\u2019entamer un débat équitable lorsque certains discours sont si dominants dans le débat public, au point d\u2019étouffer les voix divergentes.Autrement dit, la parole ne fait pas que libérer : elle opprime, écrase et étouffe également.Si Mill a bien sûr de bonnes raisons de croire qu\u2019il faut la protéger, il ne semble pas voir que cette parole peut également devenir le bras armé de la fameuse tyrannie de la majorité qu\u2019il souhaitait éviter à tout prix.Le principe du tort Toutefois, l\u2019argument de la vérité n\u2019est pas le seul que Mill pourrait employer pour défendre le coach.Le philosophe a également élaboré un principe célèbre, qu\u2019on nommera plus tard le principe du tort, qui s\u2019énonce comme suit : « La seule raison légitime que puisse avoir une société pour user de la force contre un de ses membres est de l\u2019empêcher de nuire aux autres.» Si ce principe peut nous sembler au- jourd\u2019hui évident, il était proprement révolutionnaire à l\u2019époque de Mill : il affirmait en effet que des croyances hérétiques, des préférences sexuelles hors normes ou, bien sûr, l\u2019expression d\u2019opinions choquantes ne constituent pas des raisons légitimes pour restreindre la liberté de quelqu\u2019un.Ce principe s\u2019accorde donc avec l\u2019importance accordée par Mill à la liberté d\u2019expression : pour lui, il n\u2019est légitime de censurer un discours que lorsqu\u2019il appelle directement à nuire ou à attaquer autrui.Selon l\u2019esprit de ce principe, Mill aurait-il affirmé que Cherry ne devait pas être puni pour ses propos puisqu\u2019il n\u2019a en quelque sorte fait de mal à personne ?Il n\u2019a certainement pas encouragé quiconque à s\u2019en prendre physiquement aux immigrants canadiens.Il serait donc injustifiable de le punir pour le seul crime d\u2019avoir exprimé son opinion.Il faut à ce stade préciser qu\u2019il n\u2019est pas clair qu\u2019on a réellement atteint à la liberté d\u2019expression de Don Cherry en le forçant à démissionner.On peut affirmer que son employeur lui a plutôt simplement retiré le privilège que constituait sa tribune.Mais au-delà de cela, la question cruciale repose sur la définition du tort.Lorsque Mill affirme qu\u2019on peut restreindre la liberté de quelqu\u2019un pour l\u2019empêcher de nuire aux autres, de leur causer du tort, qu\u2019entend-il par là ?Bien heureusement pour des générations d\u2019interprètes de Mill, ce dernier n\u2019a jamais réellement donné de réponse précise et définitive à cette question.Il se contente de parler d\u2019actions « portant préjudice aux intérêts d\u2019autrui ».Cette importante ambiguïté permet de remettre en cause l\u2019utilisation du principe du tort pour défendre Don Cherry.Ce dernier n\u2019a certes pas appelé au meurtre de quiconque, mais ses propos étaient-ils pour autant inoffensifs?À la lumière de tout ce que l\u2019on sait aujourd\u2019hui sur les dommages causés par les discours stig- matisants et les stéréotypes qui y sont associés, rien n\u2019est moins sûr.Les effets profondément délétères de ces discours dégradants sur l\u2019estime de soi et le bien-être psychologique de leurs victimes sont en effet bien documentés.Lorsque Cherry fustige le manque de patriotisme de « you, people », il renforce un stéréotype pernicieux et déjà bien en vogue, soit celui qui considère les immigrants comme des opportunistes ingrats, de faux patriotes, venus au Canada profiter de ses bienfaits tout en crachant sur sa culture et son histoire.Ces stéréotypes, une fois promus et renforcés par des figures d\u2019autorité comme Cherry, vont vraisemblablement nuire aux intérêts des personnes immigrantes, rendre leur vie plus difficile et l\u2019environnement social plus hostile envers elles.En effet, de telles accusations injustifiées peuvent constituer de véritables attaques à la dignité des immigrants et remettre en question leur statut de « vrais Canadiens », et donc de citoyens à part entière.Difficile ainsi d\u2019affirmer hors de tout doute que Don Cherry n\u2019a nui à personne avec ses propos.Enfin, Mill aurait-il laissé Don Cherry en ondes?Il est plausible de penser que oui, mais nous avons vu que ses arguments, quelque peu remaniés et éclairés par nos connaissances actuelles, peuvent appuyer la décision contraire avec autant de force.Cela témoigne donc de la grande pertinence que conservent ses écrits aujourd\u2019hui, mais aussi de la complexité des débats entourant la liberté d\u2019expression et les discours stigmatisants.Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.François Toutée Détenteur d\u2019une maîtrise en philosophie de l\u2019UQAM L\u2019argument de la vérité n\u2019est pas le seul que John Stuart Mill, éminent philosophe britannique et auteur, pourrait employer pour défendre le coach aux vestons colorés.Le philosophe a également élaboré un principe célèbre, qu\u2019on nommera plus tard le principe du tort.ILLUSTRATION TIFFET François Toutée Des suggestions ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo, rendez-vous sur notre site Web. LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin la fois « précurseur et prudent ».C\u2019est ainsi que se qualifie le Québec en matière d\u2019aide médicale à mourir, selon les auteurs du rapport sur L\u2019aide médicale à mourir pour les personnes en situation d\u2019inaptitude, dévoilé vendredi par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.Il est vrai que depuis les premiers pas sages et mesurés de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité (2012) jusqu\u2019à cette promesse formulée par le gouvernement de François Legault de mener une consultation publique visant à élargir la portée de la loi, le Québec aura été quasi exemplaire, il faut bien le noter.Rares sont les chapitres de la vie parlementaire et politique où l\u2019on sent que la partisanerie ne colore ni les travaux, ni non plus les réflexions et les décisions.C\u2019est bel et bien cette étiquette noble d\u2019apolitiques qu\u2019on peut accoler aux débats passés et actuels entourant l\u2019aide médicale à mourir (AMM), qui demeurent sans teinte partisane au gré des gouvernements qui passent.Que la classe politique soit remerciée de comprendre très simplement, mais aussi très bellement qu\u2019en matière de vie ou de mort, les codes habituels de la joute ne tiennent pas.Les experts dont le rapport fort attendu a été diffusé hier ont travaillé pendant un an et demi pour documenter une des questions les plus épineuses rattachées au délicat dossier de l\u2019AMM : comment composer avec le désir de mourir de personnes atteintes de maladies qui les placeront en situation d\u2019inaptitude?La loi actuelle sur les soins de fin de vie ne permet pas à des personnes atteintes de maladies qui les rendront mentalement inaptes \u2014 l\u2019alzheimer, d\u2019autres formes de démence ou des maladies associées à des pertes cognitives importantes, par exemple \u2014 de recourir à l\u2019AMM, car le cadre légal actuel exige qu\u2019un demandeur de l\u2019AMM soit en mesure de donner un consentement libre et éclairé du moment de la demande jusqu\u2019à l\u2019administration du soin de fin de vie.Le rapport ouvre la porte à un élargissement de l\u2019accès en cas d\u2019inaptitude : le patient devrait conserver son droit à l\u2019AMM même s\u2019il devient inapte entre le moment de la demande et celui de l\u2019administration de l\u2019aide ; le patient atteint d\u2019une maladie grave et incurable devrait pouvoir rédiger sa demande d\u2019AMM lorsqu\u2019il est encore en mesure de le faire ; le patient devrait choisir un tiers chargé d\u2019enclencher le traitement de la demande d\u2019AMM au moment opportun, en cas d\u2019inaptitude.Comme le souligne le rapport, ces recommandations se fraient un chemin tortueux entre le droit à l\u2019autodétermination, la compassion et la prudence.Dans les hôpitaux, certains médecins qui administrent les soins de fin de vie ont observé que des patients ayant formulé la demande et craignant de perdre la lucidité requise jusqu\u2019à la toute fin renoncent à se faire administrer des médications trop fortes et souffrent en silence, juste pour être certains de ne pas passer à côté de leur fin.Ces seuls cas d\u2019espèce devraient convaincre qu\u2019il faut améliorer la loi, si subtile et complexe sera la rédaction des termes de sa nouvelle version.Ce n\u2019est pas un hasard si la question de l\u2019inaptitude refait ainsi surface et fait l\u2019objet d\u2019une telle attention.Elle inquiète les Québécois, qui, dans une forte majorité et par sondage, ont exprimé au printemps dernier leur appui à un élargissement de l\u2019accès à l\u2019AMM pour les personnes susceptibles de ne plus pouvoir donner un consentement éclairé dans les derniers moments de leur vie.«Nous entendons le cri du cœur de nombreux Québécois qui souffrent et qui réclament un élargissement », a rappelé la ministre de la Santé, dont la consultation publique se met en branle.Les Québécois savent-ils qu\u2019ils sont bénis des dieux?Ils seront à nouveau consultés sur cet enjeu d\u2019importance, et nul doute que ce débat permettra à la société de grandir encore un petit peu.André Rainville Président-directeur général, Association des firmes de génie-conseil \u2013 Québec (AFG) Le gouvernement du Québec a planifié de nombreux projets d\u2019infrastructures pour les prochaines années, dont les Maisons des aînés et les agrandissements ou constructions d\u2019écoles.Afin de relever ce défi, le gouvernement doit nécessairement mettre à contribution l\u2019ensemble des ingénieurs de l\u2019industrie de la construction au Québec pour concevoir et superviser tous les projets annoncés.Les gestes qu\u2019il posera aujourd\u2019hui se feront sentir dans les décennies à venir.La commande est colossale, mais ce travail permettra d\u2019améliorer la qualité de vie de milliers de citoyens, notamment parmi les plus vulnérables.Ce défi est d\u2019autant plus grand que nos ingénieurs doivent également assumer un rôle essentiel pour adapter nos infrastructures face à l\u2019urgence climatique.Le gouvernement souhaite donc un effort supplémentaire des ingénieurs pour livrer à temps et à un juste prix des projets d\u2019infrastructures qui répondront aux besoins actuels et futurs de la société.Les ingénieurs québécois sont prêts à se retrousser les manches pour relever le défi, comme ils l\u2019ont fait par le passé.Cependant, les conditions d\u2019exercice dans les contrats publics en découragent plus d\u2019un, à commencer par les taux horaires.En effet, les taux horaires payés aux ingénieurs consultants sont gelés depuis 2009.Qui, dans la population, accepterait de geler sa rémunération pendant 10 ans ?La situation devient de plus en plus difficile.Et ce n\u2019est pas tout.Non seulement les taux horaires n\u2019ont pas été indexés depuis une décennie complète, mais le gouvernement laisse planer depuis plus d\u2019un an la menace d\u2019octroyer les contrats d\u2019ingénierie au plus bas soumissionnaire, plutôt que de favoriser la qualité.En effet, un projet de règlement retiré au mois d\u2019août 2018, qui visait à introduire cette méthode contraire aux meilleures pratiques en ingénierie et décriée par l\u2019ensemble des intervenants, est toujours à l\u2019étude par le gouvernement.Les différentes formules envisagées dans ce projet de règlement mèneraient à la sélection quasi systématique du plus bas soumissionnaire.Or, en ingénierie, ce genre d\u2019approche conduit généralement à la production de plans et devis moins complets et sans optimisation, à des coûts de construction, d\u2019exploitation et d\u2019entretien plus élevés, à des « extras » plus nombreux et à plus de litiges.Sans parler des plus grands risques de collusion ou de corruption.Il serait beaucoup plus constructif de mettre en place des conditions favorables à la mobilisation de l\u2019industrie et de miser sur une collaboration renouvelée des secteurs public et privé pour la réalisation d\u2019infrastructures de qualité et durables.De nouveaux modes collabora- tifs ont fait leur apparition depuis quelques années et permettent de faire reposer la réussite des projets d\u2019infrastructures sur la collaboration de toutes les parties durant les phases de conception et de construction, pour une réalisation plus efficace.Il faut un engagement politique ferme du gouvernement afin de tourner définitivement la page sur une décennie marquée par la commission Charbonneau et de se consacrer pleinement à relever le défi de la mise à niveau de nos infrastructures en répondant aux impératifs des changements climatiques.C\u2019est une croisée des chemins que le Québec ne doit pas rater.« L\u2019affront » du Manitoba Les réactions à la publicité publiée jeudi dans Le Devoir et d\u2019autres médias québécois dévoilent un visage bien épidermique de la fragilité du Québec comme nation.À la une du Devoir, on parle d\u2019un affront! En éditorial, plutôt que de souligner l\u2019habileté de la publicité, on renvoie le Manitoba à son passé cruel envers les métis et Louis Riel, à la pauvreté de ses services en français, etc.Le PQ et la CAQ en profitent pour se faire du capital politique, comme, du bout des lèvres, QS.En cette province qui se complaît en victime alors que tant de créateurs et de groupes engagés le font rayonner dans le monde pour son dynamisme, c\u2019est à qui se présente le plus «nationaliste» en déviant du sujet (la discriminatoire loi 21) pour mieux attaquer le porteur de message et cette «horreur» canadienne qu\u2019est le multicultura- lisme.La frilosité et le repli identi- taire que masquent mal ces réactions démagogiques me confortent dans le fait qu\u2019heureusement, le Québec fait encore partie du Ca- Infrastructures : la croisée des chemins du gouvernement Legault LIBRE OPINION LETTRES AIDE MÉDICALE À MOURIR Le juste équilibre WARD C.GABRIEL Le triomphe de la rectitude À u tribunal de la rectitude politique, on achève bien la liberté d\u2019expression.C\u2019est la conclusion à tirer du jugement rendu par la Cour d\u2019appel dans le litige opposant l\u2019humoriste Mike Ward au chanteur Jérémy Gabriel.La Cour d\u2019appel confirme, à deux voix contre une, le jugement rendu par le Tribunal des droits de la personne.Ward est ainsi condamné à verser 35 000 $ en dommages à Gabriel pour s\u2019être moqué de lui dans un spectacle d\u2019humour noir, en ridiculisant le handicapé.Les paroles sinistres de Ward ont blessé l\u2019adolescent et sa famille, à n\u2019en point douter.Atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie qui provoque des déformations de la tête et de la surdité, le jeune Gabriel s\u2019est fait traiter «de lette» qui «chantait mal » avec « un subwoofer » sur la tête, entre autres blagues mesquines.Il y avait peut-être matière à une poursuite en diffamation contre Ward pour ses propos carnassiers, mais Gabriel et ses parents ont opté pour un recours en discrimination fondé sur le handicap.Ainsi, les paroles de Ward ont été assimilées à un acte de discrimination, privant Jérémy Gabriel de son droit à la dignité, l\u2019honneur et la réputation.Nous voilà bien engagés sur la pente savonneuse de la censure pour des motifs obliques de rectitude politique.Malgré toutes les précautions qu\u2019elle prend, la Cour d\u2019appel se fait l\u2019arbitre du bon goût en matière d\u2019humour, ce qui est contraire à tous les enseignements des tribunaux supérieurs dans les affaires de liberté d\u2019expression.Elle n\u2019a pas tenu compte du contexte dans lequel les propos ont été prononcés: un spectacle d\u2019humour noir, rempli d\u2019exagérations, dans lequel Ward varlopait une brochette de personnalités publiques dites «intouchables».Dans sa dissidence de 41 pages, la juge Manon Savard offre des arguments solides permettant d\u2019espérer que la Cour suprême se penchera sur le dossier (Mike Ward a déjà annoncé son intention d\u2019en appeler du jugement).Le droit à la liberté d\u2019expression n\u2019est pas absolu, c\u2019est bien vrai.Mais le droit à la dignité ne l\u2019est pas plus.Le sentiment d\u2019outrage et le chagrin des uns ne cautionnent pas la mise à l\u2019index des propos outranciers des autres.Cet exercice de pondération, entre le droit à la liberté d\u2019expression et le droit à la dignité, a été escamoté dans la cause opposant Mike Ward à Jérémy Gabriel.A ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD BRIAN MYLES nada, un pays bancal mais qui protège les droits et libertés avec une charte que l\u2019on ne foule pas aux pieds quand ça nous arrange, pour des raisons électorales.Un Québec indépendant avec ces leaders politiques?Je préfère encore le Canada et son «affront»\u2026 publicitaire! Jean-Yves Bernard Cap-Tourmente, le 29 novembre 2019 La loi actuelle sur les soins de fin de vie ne permet pas à des personnes atteintes de maladies qui les rendront mentalement inaptes \u2014 l\u2019alzheimer, d\u2019autres formes de démence ou des maladies associées à des pertes cognitives importantes, par exemple \u2014 de recourir à l\u2019AMM LA littérature Je suis ce qu\u2019on peut appeler une grande lectrice.Ma vie est ponctuée par mes découvertes littéraires.Je dois dire que, sans ces rencontres, mon âme s\u2019en trouverait appauvrie.Avec le temps et avec l\u2019âge, les grands classiques maintenant derrière moi, je constate que la parole des femmes en littérature me devient également de plus en plus essentielle.Bien que je ne sois pas une militante féministe et que je n\u2019analyse pas toujours mes choix à la lumière de ce paradigme, je constate qu\u2019imperceptiblement, je lis majoritairement des autrices.J\u2019ai donc été très surprise du dévoilement des primés des grands prix littéraires français 2019.Pour le Goncourt : un homme (Jean-Paul Dubois).Pour le Re- naudot : un homme (SylvainTes- son).Pour le Médicis : un homme (Luc Lang).Pour le Femina : un homme (Sylvain Prudhomme).Comment n\u2019avait-on pas pensé souligner le génie de mes autrices adorées ?Avais-je échappé à une quelconque explication ?Samedi dernier, dans Le Devoir, l\u2019éditorial de Mme Marie-Andrée Chouinard soulignait les inégalités en regard de l\u2019accès à l\u2019édition des autrices, qui semblent défavorisées face aux auteurs, chiffres à l\u2019appui (37% d\u2019édition chez les femmes contre 54% chez les hommes).Pourquoi ?Franchement, je ne comprends pas.D\u2019autant plus que, pour ce qui est du lectorat, les études démontrent que les femmes lisent davantage que les hommes\u2026 Les chiffres ne sont pas mon fort.Je préfère de loin les mots.Honorer les mots.Mais surtout ces brillantes et magistrales créatrices de LA littérature.Alors voici mes choix.Pour le Goncourt: Amélie Nothomb (Soif).Pour le Renaudot: Nastassja Martin (Croire aux fauves).Pour le Médicis: Gaëlle Josse (Une femme en contre-jour).Pour le Femina: Emmanuelle Favier (Virginia).Renée Laberge Québec, le 23 novembre 2019 B 11 LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 IDÉES Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Baptiste Barbe, Paul Cauchon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Anabelle Nicoud Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Les derniers jours d\u2019Andrew Scheer L es électeurs ne font généralement pas confiance aux chefs de parti qui font face à la contestation au sein même de leur propre formation.Si les militants ne sont pas prêts à se rallier derrière leur chef, comment ce dernier peut-il demander à toute une population de le suivre ?Voilà la fâcheuse situation dans laquelle se retrouve maintenant Andrew Scheer.Le chef conservateur essaie tout de même de s\u2019accrocher à son poste, au moins jusqu\u2019au congrès d\u2019avril prochain, où il doit se soumettre à un vote de confiance.Presque personne ne semble croire que M.Scheer pourrait passer à travers cette épreuve sans se faire humilier.Et dans l\u2019intervalle, les conservateurs risquent de dépenser toutes leurs énergies à essayer de limoger leur chef, au lieu de se concentrer sur la vraie bataille qui les attend.Avec les libéraux de Justin Trudeau réduits à une minorité à la Chambre des communes, la date des prochaines élections fédérales sera vraisemblablement décidée au moment qui leur sera opportun, aucun des partis de l\u2019opposition ne semblant pressé de retourner aux urnes dans l\u2019état actuel des forces.M.Scheer n\u2019est certes pas le premier chef de parti à connaître la grogne des militants après avoir subi une défaite électorale.Mais jamais n\u2019aura-t-on vu l\u2019opposition à un chef de parti en fonction s\u2019organiser en public si vite après les élections.Le nombre des conservateurs qui demandent ouvertement la démission de M.Scheer augmente de jour en jour.Cette semaine, un groupe mené par l\u2019ancien conseiller de Stephen Harper, Kory Teneycke, a créé un site Internet (en anglais) \u2014 www.conservativevictory.ca \u2014 qui vise à fédérer les forces anti-Scheer.« Quand un chef politique échoue, il démissionne, peut-on y lire.Andrew Scheer devrait immédiatement s\u2019écarter comme chef du Parti conservateur du Canada et se présenter dans une course comptant plusieurs candidats.C\u2019est ainsi que nous obtiendrons le meilleur résultat.» Les candidats conservateurs défaits au Québec le 21 octobre dernier ont pour leur part fait savoir à M.Scheer, lors d\u2019une rencontre lundi dernier à Montréal, qu\u2019ils le tiennent entièrement responsable du mauvais résultat électoral que leur parti a connu dans la province.La désaffection envers Justin Trudeau était suffisamment forte chez les électeurs pour que les conservateurs puissent envisager une percée au Québec.Hélas ! Les opinions personnelles de leur chef sur l\u2019avortement et le mariage gai sont pour beaucoup de Québécois symptomatiques d\u2019une étroitesse d\u2019esprit.M.Scheer a eu beau prétendre n\u2019avoir aucune intention de rouvrir le débat sur ces questions s\u2019il devenait premier ministre, le risque était très élevé qu\u2019il permette à la frange fondamentaliste de son caucus de le faire.Jeudi, M.Scheer s\u2019est présenté devant les caméras à Ottawa avec celle qu\u2019il venait de nommer cheffe adjointe de son parti, la députée ontarienne Leona Alleslev, une transfuge libérale qui ne s\u2019est jointe au Parti conservateur que l\u2019an dernier.Le choix de Mme Alleslev, au lieu d\u2019un loyaliste conservateur de longue date, pour ce poste hautement symbolique en dit long sur le mauvais jugement de M.Scheer.Ce dernier donne l\u2019impression d\u2019être de plus en plus isolé au sein de son propre caucus.Aucun autre député n\u2019était à ses côtés lors de cette annonce.M.Scheer risque de passer un mauvais quart d\u2019heure lorsque les travaux reprendront cette semaine à la Chambre des communes.Les libéraux savent qu\u2019ils font face à un chef de l\u2019opposition en sursis, qui lutte pour sa survie.Même s\u2019ils préfèrent que M.Scheer reste en place pour les prochaines élections, ils ne pourront pas se priver de miser sur sa faiblesse pour discréditer toutes ses critiques à l\u2019égard du gouvernement.Justin Trudeau n\u2019est peut-être pas aussi impitoyable envers ses adversaires en Chambre que son père l\u2019était envers les siens, mais il est difficile de voir comment l\u2019image de M.Scheer peut ressortir améliorée de la période des questions après sa pauvre performance durant les débats télévisés en campagne.Tout indique, donc, que nous sommes en train d\u2019assister aux derniers jours de M.Scheer comme chef conservateur.De mauvaises langues diront qu\u2019il s\u2019accroche à son poste uniquement afin de préserver ses privilèges \u2014 le chef de l\u2019opposition jouit d\u2019une indemnité annuelle de 85 500 $ en plus de son salaire de député de 178 900 $, ainsi que d\u2019une résidence officielle \u2014 aussi longtemps que possible.N\u2019ayant jamais exercé de profession à part celle de politicien \u2014 il a été élu député à 25 ans \u2014, M.Scheer a moins d\u2019options de carrière que la plupart de ses prédécesseurs.Malheureusement pour lui, il n\u2019existe aucun équivalent au Club des ex à la télévision anglaise de Radio-Canada.Réjean Thomas Président et fondateur, Clinique l\u2019Actuel Voilà plusieurs années qu\u2019à l\u2019occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH / SIDA, nous répétons que les moyens existent pour éradiquer le VIH.Comment se fait-il que nous ayons à récidiver le 1er décembre 2019 ?Quelles sont les barrières qui, dans les pays du Nord, freinent l\u2019éradication du VIH en limitant l\u2019accès au dépistage et au traitement ?Plusieurs stratégies simultanées peuvent contribuer à l\u2019éradication, mais malgré ces outils efficaces, il reste encore des obstacles à surmonter, certains que nous ne sommes pas parvenus à dissiper et d\u2019autres, plus récents, issus de la mouvance sociale et géopolitique.Les avancées scientifiques ont fait des progrès exceptionnels, mais il reste des zones d\u2019ombre.L\u2019éradication du VIH passe par la mise en place de deux types d\u2019interventions simultanées : 1) dépister toutes les personnes vivant avec le VIH, les mettre sous traitement pour rendre leur charge virale indétec- table et 2) prescrire la PrEP (prophylaxie pré-exposition) à toutes les personnes séronégatives à risque face au VIH, sachant que toute personne nouvellement infectée peut être candidate à la PrEP.À ces stratégies s\u2019ajoutent la lutte contre la stigmatisation et l\u2019utilisation du condom.Ces interventions sont-elles compatibles avec des obstacles tels que la mésestimation par les personnes concernées des risques encourus face au VIH, la crainte des médicaments (et de leurs effets secondaires), les difficultés d\u2019accès aux soins et aux services ?La stigmatisation associée à l\u2019orientation homosexuelle et au VIH \u2014 notamment dans certaines communautés culturelles \u2014 participe également à la réticence de consulter.Réduire les barrières d\u2019accès, c\u2019est, entre autres, assouplir les corridors de soins, rejoindre les personnes au lieu d\u2019attendre qu\u2019elles se dirigent vers les services de santé.La clef du succès, c\u2019est l\u2019étroite collaboration entre les milieux cliniques et les milieux communautaires.Les organismes communautaires font la différence, nous rappelle le thème de la Journée mondiale 2019.Stéréotypes Il faut, en parallèle, accroître les connaissances des individus, sensibiliser et former les professionnels de la santé à la PrEP, dont l\u2019efficacité varie entre 95 % et 99 %.Ces interventions sont sous-utilisées, y compris chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d\u2019autres hommes.Certains médecins sont mal à l\u2019aise de parler de sexualité avec leurs patients ou résistent à l\u2019idée d\u2019aborder le sujet avec ceux-ci par peur de les stigmatiser en laissant sous-entendre une promiscuité sexuelle, stéréotype véhiculé par l\u2019usage de la PrEP.Ces mêmes stéréotypes peuvent empêcher des personnes de demander la PrEP par crainte du jugement.Et, il faut malheureusement admettre que des médecins refusent de prescrire la PrEP comme d\u2019autres refusaient de prescrire la pilule contraceptive il y a quelques décennies.Au chapitre de la mouvance sociale, les dernières années ont vu l\u2019arrivée de migrants au statut précaire qui a soulevé de nouveaux obstacles dans la prise en charge.D\u2019une part, la santé (en particulier la prévention) peut ne pas figurer au rang des priorités de personnes dont l\u2019exigence minimale est de se nourrir.D\u2019autre part, le « système » de santé peut être perçu comme une oppression, une menace de renvoi dans le pays d\u2019origine.Finalement, le système de santé demeure inaccessible à quiconque dépourvu de couverture (Régie de l\u2019assurance maladie du Québec, Programme fédéral de santé intérimaire).Attardons-nous sur ces derniers cas.Comment prendre en charge une personne migrante vivant avec le VIH qui ne bénéficie d\u2019aucune couverture médicale ?Le système actuel ne permet ni de dépister ni d\u2019effectuer les tests nécessaires pour suivre l\u2019efficacité des traitements, qui, par ailleurs, ne sont pas accessibles aux personnes sans couverture.En collaboration avec le SIDEP+, des organismes communautaires et des programmes compassion- nels de compagnies pharmaceutiques, nous avons développé des corridors underground de prise en charge.Chaque cas, unique, représente une longue série d\u2019étapes laborieuses qui s\u2019ajoute à un passé tragique.Ce devrait être un incontournable que tous les membres d\u2019une société aient accès aux mêmes soins, quelle que soit leur couverture de santé.En 1920, Charles-Edward Winslow publiait cette définition de la santé publique dans Science : « La santé publique est la science et l\u2019art de prévenir les maladies [\u2026] par le moyen d\u2019une action collective concertée visant [\u2026] à organiser des services médicaux et infirmiers en vue du diagnostic précoce et du traitement préventif des maladies.» Cette vision s\u2019applique au contexte du VIH : dépister tôt, traiter tôt, prescrire la PrEP au plus grand nombre et prendre en charge les populations vulnérables.Il est regrettable que la prévention soit le parent pauvre de la santé globale.Le VIH peut être éliminé si l\u2019on prend les moyens de le faire.SANTÉ Nous avons les moyens d\u2019éradiquer le VIH Nadine Girault Ministre des Relations internationales et de la Francophonie Il y a plus d\u2019un an, le premier ministre, François Legault, m\u2019a fait l\u2019honneur de me confier le poste de ministre des Relations internationales et de la Francophonie.Du même souffle, il me confiait la responsabilité de faire le virage économique dans les représentations du Québec à l\u2019étranger.Voilà l\u2019esprit et l\u2019ambition qui s\u2019expriment dans la nouvelle vision internationale du gouvernement, Le Québec : fier et en affaires partout dans le monde ! Le but poursuivi : réduire et éliminer à terme l\u2019écart de richesse entre le Québec et les autres provinces du Canada afin d\u2019élever le niveau de vie des Québécoises et des Québécois.Le projet économique du gouvernement repose sur la croissance de la productivité et des investisseurs privés ; il nous faut attirer davantage d\u2019investisseurs étrangers et de main- d\u2019œuvre, et accroître les exportations.De même, l\u2019innovation québécoise sur les marchés internationaux et l\u2019appui aux établissements d\u2019enseignement et aux jeunes seront mis en avant.Le gouvernement s\u2019engage également à maintenir, voire à intensifier sa lutte contre les changements climatiques dans une perspective économique durable.Leviers économiques La nouvelle vision suggère aussi de miser davantage sur l\u2019ensemble de nos réseaux à l\u2019international pour renforcer l\u2019action économique de notre gouvernement.Pour ce faire, nous allons augmenter l\u2019action du Québec dans la Francophonie.Plusieurs moyens seront privilégiés, dont une promotion plus accrue de la culture et des artistes québécois.Nous allons aussi consolider le positionnement du Québec comme destination touristique de calibre mondial et bonifier notre politique d\u2019accueil des organisations internationales en l\u2019élargissant aux événements internationaux.Pour atteindre tous ces objectifs, le Québec s\u2019engage également à moderniser son action gouvernementale internationale.Nous fonctionnons depuis plus de 50 ans de la même façon, il faut s\u2019actualiser et mieux s\u2019équiper pour faire face aux défis économiques de l\u2019heure.Le gouvernement posera des gestes concrets en ce sens, d\u2019où notamment la création de la filière internationale d\u2019Investissement Québec.Toujours dans un objectif de mieux performer sur le plan économique, nous allons également mieux servir les régions et nos partenaires.Il faut être plus concret et pertinent aux yeux des Québécoises et des Québécois.Le réseau des représentations du Québec à l\u2019étranger doit devenir l\u2019outil par excellence en appui aux ambitions des citoyens et des partenaires qui souhaitent faire des affaires dans le monde.Ceux-ci doivent se sentir mieux appuyés.C\u2019est pourquoi les représentations du Québec à l\u2019étranger deviendront des carrefours économiques et culturels en appui aux villes, aux établissements d\u2019enseignement, aux artistes ou aux producteurs culturels, aux investisseurs et aux entrepreneurs.Voilà notre ambition.Cette nouvelle vision économique internationale est ambitieuse et sera profitable à l\u2019ensemble des Québécoises et des Québécois.Je suis très fière des travaux réalisés.Il s\u2019agit d\u2019une vision forte qui nous permettra de bâtir de nouveaux liens avec l\u2019étranger, des liens d\u2019affaires gagnant-gagnant.Le Québec sera fier et en affaires partout dans le monde ! Le Québec, fier et en affaires partout dans le monde KONRAD YAKABUSKI Le nombre des conservateurs qui demandent ouvertement la démission de M.Scheer augmente de jour en jour La stigmatisation associée à l\u2019orientation homosexuelle et au VIH \u2014 notamment dans certaines communautés culturelles \u2014 participe à la réticence de consulter.PEDRO RUIZ LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 30 NOVEMBRE ET DIMANCHE 1E R DÉCEMBRE 2019 B 12 PETITES ANNONCES R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R KNOWLTON DUNHAM LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Au Sommet, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com realta.ca | 514 789 2889 courtier immobilier agréé ÉQUIPE FRANÇOIS BISSONNETTE J\u2019ai fondé REALTA en janvier 2008 sur une promesse : faire du courtage immobilier de façon différente, résolument moderne.Pour nos clients.En faisant de la satisfaction de leurs exigences notre raison d\u2019être.C\u2019est notre image de marque et le fondement de notre succès.C\u2019est une question de valeurs.S U R R E N D E Z - V O U S c o n t a c t e z - n o u s ! 939 000 $ NO UVE AU TÉ L E C H R I S T O P H E - C O L O M B Jardin privé Stationnement Terrasse sur le toit 1 à 3 chambres De 345 000$ à 759 000$ 4 condos rénovés NO UVE AU TÉ NO UVE AU TÉ NO UVE AU TÉ V I S I T E S L I B R E S d i m a n c h e 1 4 h à 1 6 h PRES DE TIGE en chauffé garage Joli foyer cuisine, grande entrée Une village.du AITE ARF P INTIMITÉ 000$ 850 trésor! Un cèdre.de bardeaux vérandas.aménagé, rez-de-jardin bois, au traditionnel, style de maison portail, avec près acres, 3,68 de superbe Emplacement \u2013 965 2020?pour viticole région en agricole sentiers.ruisseau, joli un boisés, et champs de , atelier un classique, grange une creusée, agrandi 1842, CIRCA PIERRE EN AGE COTT 000$ domaine otre V acres 148 et , poulailler un piscine une rénové, et d i m a n c h e 1 4 h à 1 6 h V I S I T E S L I B R E S 748 Davaar Outremont c o n t a c t e z - n o u s ! S U R R E N D E Z - V O U S d i m a n c h e 1 4 h à 1 6 h V I S I T E S L I B R E S 80 Duchastel Outremont 2 595 000 $ c o n t a c t e z - n o u s ! S U R R E N D E Z - V O U S an Horne 1190-1194 V Outremont 3 095 000 $ errebone app.102 6680 rue de T Notre-Dame-de-Grâce 249 000 $ 544 Ville Marie Hochelaga-Maisonneuve 269 000 $ 650 Notre-Dame O app.804 ieux Montreal V 729 000 $ our annonc P oupement c egr e r er dans c Ale er ontact au z a Martine andr x ou 3313 514 985- oir v z@lede amartine om c .Le Courrier des écrans, une nouvelle infolettre pour les vrais amateurs de maïs soufflé.Inscrivez-vous?: ledevoir.com/courrierdesecrans "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.