Le devoir, 25 novembre 2019, Cahier B
[" LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 / CAHIER B LE DEVOIR DE CITÉ Covoiturer pour se stationner B 5 MONDE Des heurts font six morts en Irak B 2 CULTURE Dans Vers d\u2019autres rives, Dany Laferrière se dessine une liberté B 7 MONDE La preuve par la démocratie \u2019une façon plus efficace que toutes les manifestations réunies, les Hongkon- gais viennent d\u2019opposer au Parti communiste chinois une leçon de ténacité démocratique.Dans l\u2019affrontement actuel à Hong Kong, où penche le cœur de la majorité des habitants de la péninsule semi-autonome?Le score écrasant des élections locales d\u2019hier répond clairement à cette question.Malgré les débordements violents des dernières semaines \u2014 et pas seulement ceux de la police \u2014, une claire majorité appuie le mouvement antitotalitaire qui refuse le destin promis à Hong Kong : devenir progressivement une région chinoise comme les autres, dans un empire implacable qui relève la tête depuis l\u2019arrivée, en 2013, du président Xi Jinping.En verrouillant le système pour l\u2019élection indirecte du chef de l\u2019exécutif par de grands électeurs (en majorité contrôlés par Pékin), et celui appliqué au Conseil législatif (mi- nommé, mi-élu), le Parti communiste chinois croyait s\u2019être prémuni contre les mauvaises surprises.On avait oublié les conseils de districts, les seuls élus au suffrage universel, sans entourloupettes arithmétiques ni limitation des candidatures.Malgré la multiplicité des étiquettes locales, l\u2019élection d\u2019hier a permis au « camp démocratique » de se présenter au vote de façon bien identifiée, et de transformer de facto un scrutin local \u2014 portant habituellement sur la voirie et les égouts \u2014 en référendum d\u2019autodétermination, à la grandeur de Hong Kong.Et ce, détail capital, sans incidents violents.Selon les résultats disponibles à l\u2019aube (heure locale), et portant sur la moitié des sièges, plus de 80 % sont allés au « camp démocratique », et moins de 15 % au « camp de l\u2019establishment ».Victoire certes accentuée par le scrutin uninominal à un tour, même si, en pourcentage, on peut supputer que la barre des 50 % a été franchie.Encore au printemps et à l\u2019été, il n\u2019était pas clair que ce mouvement \u2014 qui réclame un contrôle indépendant de la police, la liberté des candidatures et le suffrage universel pour tous les postes électifs \u2014 avait derrière lui une franche majorité de Hongkongais.Plus encore, les débordements violents de jeunes desperados masqués, dont ceux qui se sont réfugiés la semaine dernière sur deux campus, auraient pu avoir pour effet d\u2019éloigner du camp démocratique des personnes plus âgées, pour qui la loi et l\u2019ordre, ou la peur d\u2019une répression violente, passent avant les idéaux de liberté\u2026 Sans oublier les pro-Pékin ouverts et impénitents, minorité croissante à Hong Kong, avec l\u2019immigration massive venue du continent \u2014 drapeau chinois au vent \u2014 pour « noyer le poisson » démocratique.Eh bien non! Malgré les excès de son aile radicale, le mouvement conserve (et voit probablement augmenter) ses appuis populaires.Par exemple, il sera intéressant de voir si, en additionnant les votes clairement identifiés «pro-démocratie», on atteint les 60%, ce qui serait absolument considérable.On peut faire valoir que tout cela ne changera rien.Qu\u2019il ne s\u2019agit que de conseils locaux, sans pouvoir sur le destin général de Hong Kong.Et surtout, que le régime communiste va passer outre, peu impressionné par l\u2019expression démocratique d\u2019une volonté locale.On sait à quel point Xi Jinping est déterminé à écraser les particularités nationales ou régionales à la périphérie de l\u2019Empire : le monde connaît maintenant l\u2019étendue des atrocités contre les Ouïghours, d\u2019un niveau presque nazi.Mais ce vote historique aura permis de mesurer à quel point les Hongkongais sont attachés à leur liberté et déterminés à résister.À défaut de convertir la direction chinoise au vote libre, ce dont il n\u2019est évidemment pas question, l\u2019épisode du 24 novembre 2019 pourrait faire reculer des stratèges trop pressés, à Pékin, d\u2019en finir avec l\u2019exception hongkongaise.Il n\u2019est pas vrai que le Parti communiste a toutes les cartes dans ce jeu complexe.Qu\u2019il ne s\u2019agit que de temps avant que « tonton Xi », comme l\u2019appellent les Chinois obnubilés, ne siffle « la fin de la récréation » selon son bon vouloir.Les habitants de Hong Kong ont très bien joué les cartes qu\u2019ils ont encore en mains.Et il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une « récréation ».C\u2019est un face-à-face d\u2019une portée mondiale, dans la lutte entre démocratie et totalitarisme.François Brousseau est chroniqueur d\u2019information internationale à Ici Radio-Canada.FRANÇOIS BROUSSEAU Dix jours après une série de marées hautes, Venise a connu une nouvelle acqua alta dimanche matin avec un pic à 130 cm, loin des 187 cm historiques du 12 novembre qui avaient dévasté la ville.Une portion de viaduc autoroutier s\u2019est effondrée dans le nord de l\u2019Italie, en raison apparemment des intenses intempéries qui frappent la région, où une femme a trouvé la mort dans sa voiture emportée par une rivière en crue.Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à l\u2019appel du collectif « No Grandi Navi » (Non aux grands navires) pour dénoncer l\u2019inaction des autorités face aux calamités qui menacent ce joyau classé au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.MIGUEL MEDINA AGENCE FRANCE-PRESSE Les cieux s\u2019abattent une fois de plus sur Venise PETER HUTCHINSON CAMILLE CAMDESSUS À NEW YORK À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Le milliardaire et ex-maire de New York Michael Bloomberg s\u2019est lancé dimanche dans la course à la Maison- Blanche, relançant avec sa candidature la compétition déjà serrée pour l\u2019investiture démocrate.« Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l\u2019Amérique », a déclaré sur son site Internet l\u2019homme d\u2019affaires de 77 ans, qui avait ouvertement multiplié ces dernières semaines les préparatifs à son entrée en campagne.Son immense fortune acquise dans l\u2019information financière \u2014 quelque 50 milliards $US \u2014 fait de lui un prétendant apte à chambouler la course, encore très ouverte avec 18 candidats prêts à défier le président républicain en 2020.« Nous ne pouvons pas nous permettre quatre années supplémentaires d\u2019actions immorales et irréfléchies de la part de Donald Trump », a justifié M.Bloomberg dimanche.« Il représente une menace existentielle pour notre pays et nos valeurs.S\u2019il remporte un nouveau mandat, nous pourrions ne jamais nous en remettre», a ajouté le responsable à la tête de la métropole de New York de 2002 à 2013.Quatre septuagénaires en lice L\u2019entrée en piste de M.Bloomberg ne manquera pas de relancer les interrogations sur l\u2019âge avancé des candidats, avec désormais quatre septuagénaires en lice pour déloger Donald Trump, 73 ans.L\u2019ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, mène la course devant les progressistes Elizabeth Warren, 70 ans, et Bernie Sanders, 78 ans, avec le maire Pete Buttigieg, 37 ans, en quatrième position, selon les sondages nationaux.M.Bloomberg fait le calcul qu\u2019il peut percer entre Mme Warren et M.Sanders, jugés bien trop à gauche par une partie de l\u2019électorat démocrate, et M.Biden, affaibli par des interrogations sur son état physique et happé par l\u2019affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure en destitution.L\u2019entrée en course de M.Bloomberg n\u2019a pas suscité de réaction immédiate de Donald Trump qui s\u2019est contenté de retweeter des critiques de sympathisants républicains contre l\u2019ex-maire de New York.Le président américain avait réagi avec dédain à une possible candidature de Michael Bloomberg début novembre.« Le petit Michael échouera », avait-il assuré en référence à la taille du milliardaire, environ 1,70m.«Je pense qu\u2019il va en fait nuire à Biden», avait-il ajouté.Très actif dans la lutte contre les changements climatiques, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, Michael Bloomberg avait annoncé en mars qu\u2019il renonçait à se présenter pour, entre autres, ne pas saper les chances de M.Biden.Son revirement apparaîtrait donc comme un signal clair qu\u2019il doute sérieusement des chances de ce dernier.La couverture médiatique Sa candidature représente par ailleurs un casse-tête déontologique pour son agence de presse, qui a annoncé qu\u2019elle couvrirait la campagne de son patron, mais qu\u2019elle suspendait les éditoriaux non signés, qui reflétaient les opinions du milliardaire américain.Fondée en 1990, l\u2019agence Bloomberg News, c\u2019est 2400 journalistes, un fil d\u2019actualités, des magazines, une station de radio, des balados, une chaîne de télévision, et une couverture exhaustive de l\u2019actualité politique, avec notamment six journalistes affectés à la Maison-Blanche.«Aucun autre candidat à la présidentielle n\u2019a jamais possédé un organe de presse de cette taille», a indiqué le rédacteur en chef John Micklethwait dans une note, reconnaissant que cela «ne serait pas facile pour la rédaction».Questionnée sur la chaîne ABC, la conseillère de la Maison-Blanche Kel- lyanne Conway a jugé que l\u2019entrée de M.Bloomberg dans la course montrait que les candidats du camp démocrate sont « décevants ».Sur la même chaîne, la candidate démocrate Amy Klobuchar a estimé que les gens « veulent quelqu\u2019un de diffé- rent » : « Je ne suis pas sûre que la carte à jouer soit celle de \u201c j\u2019ai plus d\u2019argent que le type à la Maison-Blanche \u201d».Neuvième fortune mondiale d\u2019après Forbes, Mike Bloomberg a lancé dimanche une campagne de publicités télévisées de 31 millions de $US, un record jugé d\u2019avance antidémocratique par le candidat socialiste Bernie Sanders.ÉTATS-UNIS Michael Bloomberg dans la course à la Maison-Blanche Bloomberg News couvrira la campagne de son patron, mais l\u2019agence ne publiera pas d\u2019éditoriaux non signés D B 2 MONDE LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 E N B R E F Retour dans la rue après l\u2019arrestation de cinq jeunes Libanais BEYROUTH \u2014 Plus d\u2019un mois après le début de la protestation contre l\u2019ensemble de la classe dirigeante du Liban, jugée corrompue et incompétente, de nouvelles manifestations ont eu lieu dimanche à Beyrouth, à Tyr et à Tripoli.Cinq jeunes Libanais, dont trois mineurs, accusés d\u2019avoir déchiré des affiches du parti fondé par le président Michel Aoun, ont été brièvement arrêtés samedi soir, a rapporté le Comité des avocats pour la défense des manifestants.Les forces de sécurité les ont relâchés peu après minuit.Tard dimanche, des manifestants ont bloqué les grands axes routiers du pays et ont appelé à une journée de grève pour lundi, afin de protester contre l\u2019absence de progrès dans la formation d\u2019un nouveau gouvernement.Agence France-Presse Human Rights Watch expulsée d\u2019Israël JÉRUSALEM \u2014 Israël est en voie de devenir la première démocratie à expulser un chercheur de Human Rights Watch, a déploré dimanche le directeur de l\u2019ONG, Kenneth Roth, condamnant l\u2019expulsion prévue lundi de son patron pour Israël et les Territoires palestiniens.Omar Shakir, un citoyen américain, a épuisé tous ses recours pour annuler son expulsion, justifiée, selon Israël, par une nouvelle loi interdisant l\u2019accès au pays à des étrangers accusés de soutenir la campagne de boycottage de l\u2019État hébreu.« Ce qu\u2019Israël entend faire en m\u2019expulsant est exactement ce que la Syrie, l\u2019Égypte et Bahreïn, ont fait avec moi auparavant », a regretté M.Shakir, citant aussi le Venezuela, la Corée du Nord et Cuba parmi d\u2019autres ayant expulsé un membre d\u2019Human Rights Watch.Agence France-Presse Les Boliviens retourneront aux urnes LA PAZ \u2014 La présidente par intérim de la Bolivie a promulgué dimanche une loi convoquant de nouvelles élections présidentielles et législatives censées pacifier le pays et tourner la page de la présidence d\u2019Evo Morales.«Nous avons reçu un mandat pour organiser des élections propres, justes et transparentes.Nous vous garantissons que nous allons y arriver», a déclaré Mme Añez après avoir signé la loi au palais du gouvernement à La Paz.Le texte annule le scrutin du 20 octobre \u2014 que M.Morales disait avoir remporté \u2014 et interdit à toute personne ayant exercé deux mandats électifs de suite de se présenter à un troisième, fermant ainsi la porte à une nouvelle candidature d\u2019Evo Morales, en exil au Mexique.Agence France-Presse Des manifestants se sont réunis devant l\u2019ambassade américaine dimanche.ANWAR AMRO AGENCE FRANCE-PRESSE AGENCE FRANCE-PRESSE À TÉHÉRAN L\u2019Iran a promis dimanche de punir sévèrement les « mercenaires » arrêtés dans le cadre de la vague de contestation et de violences ayant secoué le pays après une forte hausse de l\u2019essence.La République islamique dit avoir ramené le calme après plusieurs jours de troubles ayant éclaté le 15 novembre, quelques heures après cette annonce surprise de la hausse du prix à la pompe.L\u2019accès à l\u2019Internet mondial, qui avait été coupé par les autorités dès le 16 novembre au soir dans l\u2019ensemble du pays, n\u2019avait toujours pas été rétabli à son niveau d\u2019avant la crise dimanche.Citant des responsables de la police, l\u2019agence Fars, proche des ultraconser- vateurs, a affirmé dimanche que « 180 meneurs des récentes émeutes ont été identifiés et arrêtés ».«Nous avons arrêté tous les larbins et les mercenaires et ils ont avoué clairement qu\u2019ils avaient agi au service de l\u2019Amérique, des Monafeghin et d\u2019autres», a déclaré le contre-amiral Ali Fa- davi, commandant en chef adjoint des Gardiens de la Révolution, l\u2019armée idéologique de la République islamique, lors d\u2019une conférence de presse à Téhéran.« Monafeghin » (« Hypocrites » en farsi) est le terme par lequel les responsables de la République islamique qualifient habituellement les Moudjahi- dines du peuple iranien (MEK), groupe d\u2019opposition en exil responsable de nombreux attentats en Iran au cours de la décennie 1980 et qualifié de secte « terroriste » par Téhéran.« Notre réponse sera certainement proportionnelle à leur brutalité », a également prévenu M.Fadavi, faisant allusion aux États-Unis.Nombre incertain d\u2019arrestations « Nous les avons tous arrêtés et, si Dieu le veut, l\u2019Autorité judiciaire les condamnera au maximum », a encore déclaré l\u2019amiral Fadavi, en marge d\u2019une réunion du Bassidj, corps de volontaires islamistes pouvant agir comme supplétifs des forces de l\u2019ordre.BASSEM AL-RIKABY À NASSIRIYA AGENCE FRANCE-PRESSE Six manifestants ont été tués dimanche dans le sud de l\u2019Irak, où la désobéissance civile s\u2019amplifie face à un pouvoir toujours intransigeant envers la plus importante contestation de l\u2019histoire récente du pays.Au premier jour de la semaine en Irak, une nouvelle fois, c\u2019est une annonce gouvernementale qui a suscité un regain de mobilisation.Le ministère de l\u2019Éducation avait décrété que les cours devaient reprendre après près de deux mois de manifestations ayant fait près de 350 morts et un mois sans école dans de nombreuses villes du Sud.Mais rien n\u2019y a fait pour les protestataires, qui réclament une refonte du système politique et un renouvellement complet d\u2019une classe dirigeante jugée corrompue, incompétente et loyale au grand voisin iranien qu\u2019ils accusent de tirer les ficelles chez eux.« Les menaces des dirigeants ne nous font pas peur.Ils peuvent réduire les salaires, tous nos salaires réunis ne pèsent rien face à une goutte de sang de tous ceux qui sont tombés en manifestant », s\u2019emporte Salem Hassan, à Amara.Routes et école fermées « On ne peut pas rester silencieux face à la barbarie des dirigeants et au temps qu\u2019ils prennent pour satisfaire nos revendications ».À l\u2019heure de la rentrée, dimanche matin à Nassiriya \u2014 où trois manifestants ont été tués dans des affrontements avec les forces de l\u2019ordre, de sources médicales \u2014, aucune école n\u2019avait ouvert et la plupart des administrations étaient fermées, de même qu\u2019à Hilla, Diwaniya, Najaf, Kout, Amara et Bassora, ont constaté des correspondants de l\u2019AFP.En outre, à Nassiriya, foyer historique de révolte, les manifestants coupaient les cinq ponts enjambant l\u2019Eu- phrate qui la traverse, ainsi que les accès à la compagnie publique du pétrole et un champ pétrolier proche.Dans la province pétrolière de Bas- sora \u2014 où trois manifestants ont été tués selon la Commission gouvernementale des droits de la personne \u2014, les principaux axes routiers étaient également coupés, malgré des tentatives de dispersions à balles réelles, selon un correspondant de l\u2019AFP, dont la route menant au port d\u2019Oum Qasr, vital pour les importations et ouvert jusqu\u2019ici.Des heurts ont également éclaté dans la nuit dans la ville sainte chiite de Kerbala.Là, des manifestants ont affirmé à l\u2019AFP que les forces de l\u2019ordre jetaient « des cocktails Molotov sur des maisons» qui ont été en partie incendiées et ont « tiré à balles réelles après minuit ».Les protestataires répondent avec ces mêmes bouteilles enflammées.L\u2019un d\u2019eux, visage caché par un foulard noir, a affirmé se mobiliser pour « une demande simple: la chute du gouvernement corrompu», dans l\u2019un des pays les plus riches en pétrole du monde.« Prêt à rester 10 ans » Depuis le 1er octobre, les Irakiens sont dans la rue pour le premier mouvement social spontané depuis l\u2019invasion américaine qui a renversé en 2003 le dictateur Saddam Hussein.Leur principal point de ralliement est la place Tahrir de Bagdad, occupée jour et nuit, et voisine de ponts et de rues commerçantes devenus champ de bataille au cœur de la deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe.Là, dix manifestants ont été tués ces trois derniers jours.« On ne bougera pas d\u2019ici », prévenait de nouveau dimanche un manifestant sur Tahrir.« Ça suffit, il faut qu\u2019ils se décollent de leurs sièges ! Et nous, on est prêts à rester dix ans ici », renchérit un autre.Les protestataires réclament des emplois pour les jeunes \u2014 dont un sur quatre La contestation fait six morts en Irak Les tentatives de dispersion à balles réelles ne découragent pas les manifestants L\u2019Iran promet de punir les «mercenaires» Les Gardiens de la Révolution ont déclaré avoir arrêté toutes les personnes liées à la vague de contestation AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON WASHINGTON Le secrétaire à la Défense veut la démission du chef de la marine Le cas du Navy Seal gracié par Donald Trump est au cœur du conflit Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a demandé la démission du chef de la marine, Richard Spencer, après un désaccord concernant l\u2019exclusion d\u2019un soldat d\u2019élite qui avait été gracié par le président Donald Trump, a annoncé dimanche le Pentagone.Mark Esper « a demandé la démission du secrétaire à la Navy, Richard Spencer, après avoir perdu confiance en lui concernant son manque de sincérité sur des conversations avec la Maison-Blanche dans le traitement du cas du Navy Seal Eddie Gallagher », a indiqué le Pentagone dans un communiqué.M.Esper est « profondément troublé par ce comportement », ajoutait le communiqué.Edward Gallagher, membre des Navy Seals, une unité d\u2019élite de la marine américaine, avait été jugé pour crimes de guerre dans une affaire très suivie aux États-Unis.Il avait été déclaré le 2 juillet non coupable du meurtre d\u2019un prisonnier en Irak en 2017 et acquitté de deux tentatives de meurtre sur des civils irakiens.Gallagher avait en revanche été déclaré coupable d\u2019avoir posé à côté du corps du jeune homme tué en compagnie d\u2019autres soldats, une photo de nature à « porter préjudice aux forces armées », d\u2019après l\u2019acte d\u2019accusation.Il avait en conséquence été dégradé d\u2019un rang, une sanction qui réduisait sa solde et sa retraite.Un accord avec la présidence Le 15 novembre, Donald Trump avait annulé la décision de la Navy de l\u2019exclure de ses rangs en raison de cette condamnation.Le département de la Défense a accusé le secrétaire à la Marine, Richard Spencer, d\u2019avoir proposé en cachette à la Maison-Blanche un arrangement aux termes duquel, si la présidence n\u2019interférait pas avec les procédures entreprises contre Gallagher, le militaire prendrait sa retraite sans être expulsé des Navy Seals.Richard Spencer n\u2019aurait pas communiqué sa proposition avec le secrétaire à la Défense, Mark Esper.La marine avait lancé une procédure interne qui pouvait aboutir au retrait, à Edward Gallagher et à trois autres membres de la même unité, de l\u2019insigne distinctif des Navy Seals, le Trident, une sanction équivalant à une exclusion pure et simple des Seals.Mais l\u2019intervention de Donald Trump, commandant en chef des forces armées américaines, avait compromis le processus.M.Trump avait déclaré jeudi sur Twitter : « La Navy n\u2019enlèvera PAS l\u2019insigne du Trident au combattant et Navy Seal Edward Gallagher.» Edward Gallagher a été déclaré coupable d\u2019avoir posé à côté du corps d\u2019un prisonnier en compagnie d\u2019autres soldats, une photo de nature à « porter préjudice aux forces armées » LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 B 3 MONDE E N B R E F L\u2019armée défendra les infrastructures du Chili SANTIAGO \u2014 Le président chilien, Sebastian Piñera, a annoncé dimanche son intention de faire voter une loi qui permettra de mobiliser l\u2019armée pour protéger « les infrastructures essentielles [du pays], y compris les services publics essentiels et l\u2019infrastructure de police », sans avoir recours à l\u2019état d\u2019urgence.La constitution chilienne stipule que les forces armées n\u2019ont pas de compétence en matière d\u2019ordre public et de sécurité intérieure, ce qui incombe à la police.Face à une fronde sociale, M.Piñera avait décrété le 18 octobre l\u2019état d\u2019urgence, qui a perduré pendant 9 jours, mesure qui donne aux forces armées le contrôle sur la sécurité de la population et la protection de l\u2019espace public.Agence France-Presse Un écrasement d\u2019avion fait 29 morts en République démocratique du Congo GOMA \u2014 Au moins 29 personnes sont mortes dimanche matin en République démocratique du Congo dans l\u2019accident d\u2019un petit avion de ligne, qui s\u2019est écrasé deux minutes après son décollage sur deux maisons d\u2019un quartier populaire de Goma.« À ce stade, 29 corps ont été retrouvés dans les décombres », a annoncé dans la soirée le gouvernement provincial de la province du Nord-Kivu.Cette même source indique qu\u2019il y a un survivant parmi les 19 personnes qui se trouvaient à bord de l\u2019avion de la compagnie privée Busy Bee, et il a été hospitalisé avec 16 autres blessés.« A priori, c\u2019est un problème technique », a déclaré un technicien de la compagnie envoyé sur les lieux, cité par le site d\u2019information actualité.cd.Agence France-Presse Klaus Iohannis réélu en Roumanie BUCAREST \u2014 Le libéral Klaus Iohannis a remporté dimanche un second mandat présidentiel en Roumanie, infligeant à la gauche une défaite historique qui marque la volonté des électeurs de défendre l\u2019État de droit et la lutte contre la corruption.Selon des résultats portant sur le dépouillement de 95 % des bureaux de vote, le chef d\u2019État sortant a recueilli un peu plus de 63 % des voix, tandis que les sociaux-démocrates essuient leur échec électoral le plus cuisant depuis la chute du régime communiste il y a trente ans.Viorica Dancila, la dirigeante du Parti social-démocrate totaliserait près de 37 % des voix.Elle a dirigé le gouvernement pendant près de deux ans avant d\u2019être renversée en octobre par le Parlement.Agence France-Presse Klaus Iohannis DANIEL MIHAILESCU AGENCE FRANCE-PRESSE MAURICIO RABUFFETTI À MONTEVIDEO AGENCE FRANCE-PRESSE Le tribunal électoral uruguayen a annoncé dimanche soir que le résultat du second tour de la présidentielle était trop serré et qu\u2019il attendrait un nouveau décompte pour se prononcer « d\u2019ici à vendredi », a annoncé l\u2019institution à l\u2019AFP.« Le tribunal ne va pas annoncer de vainqueur ce soir », a déclaré le président de l\u2019institution, José Arocena.Avec plus de 98,5 % de bulletins dépouillés, la différence de quelque 30 000 voix entre Luis Lacalle Pou (centre droit) et Daniel Martínez (gauche) est inférieure au nombre de bulletins litigieux.La victoire de Luis Lacalle Pou mettrait fin à 15 ans de gouvernements de gauche dans ce pays.Dans des résultats publiés plus tôt en soirée, l\u2019ex-sénateur du Parti national de 46 ans, héritier d\u2019une dynastie politique uruguayenne, avait recueilli 49,4% des voix, contre 46,4% pour Daniel Martí- nez, ancien maire de Montevideo et représentant du parti au pouvoir, le Frente Amplio (FA, Front élargi, gauche).L\u2019heure n\u2019était pas encore à la célébration, ni au QG de M.Lacalle Pou ni parmi le public agglutiné devant une tribune géante montée sur une avenue de la capitale.De son côté, le camp de M.Martínez n\u2019avait pas reconnu sa défaite en début de soirée.Le nouveau président, qui succédera à Tabaré Vázquez, prendra ses fonctions en mars pour cinq ans.M.Vázquez a assuré que l\u2019Uruguay respecterait « toutes les étapes constitutionnelles et légales », en faisant allusion aux crises qui secouent plusieurs pays de la région.«Aujourd\u2019hui, nous pouvons choisir, que l\u2019on gagne ou que l\u2019on perde.C\u2019est un droit et un devoir, et vu l\u2019état de la région, tout le monde n\u2019a pas cette possibilité.Il faut savoir l\u2019apprécier», déclare Juan Pablo Abella, 40 ans, venu voter avec sa compagne et leur fils de 9 ans.«On est nés tous les deux sous la dictature» militaire dans les années 1970, souligne-t-il.«On veut que le Frente Amplio gagne, car on sent qu\u2019avec la gauche, nos droits sont garantis », dit-il, mais « quoi qu\u2019il arrive, il faudra l\u2019accepter, car nous voulons la démocratie avant tout, c\u2019est ce qu\u2019on explique à notre fils ».Au premier tour, M.Lacalle Pou était arrivé deuxième derrière M.Martínez, ingénieur franco-uruguayen de 62 ans.Mais il a ensuite mis en place une coalition avec les autres prétendants battus, allant de la droite aux sociaux-démocrates, lui permettant de caracoler en tête des sondages.« Un exemple de démocratie » Alors que plusieurs pays latino-américains connaissent des crises politiques et sociales majeures, « l\u2019Uruguay continue d\u2019être cité comme un exemple de démocratie qui fonctionne dans la région, tout en rejetant les issues populistes extrémistes », souligne Paul Webster Hare, ex-ambassadeur britannique qui a été en poste à Cuba et au Venezuela, et désormais professeur à l\u2019Université de Boston.Pour Diego Lujan, politologue de l\u2019Université de la République, la plus grande d\u2019Uruguay, ce second tour s\u2019apparentait à un référendum pour ou contre la gauche.« Quand il y a un parti qui est au gouvernement depuis trois mandats, avec la majorité au Parlement et qui peut appliquer son programme, les résultats sont de la responsabilité de ce parti », explique-t-il.Lors des dernières élections, en 2014, l\u2019économie était en croissance et le programme était incarné par Tabaré Váz- quez, premier président de gauche de l\u2019Uruguay (2005-2010) et un des dirigeants historiques du Frente Amplio.M.Vázquez avait battu M.Lacalle Pou, fils de l\u2019ancien président Luis Alberto Lacalle (1990-1995) et candidat pour la première fois.La coalition de gauche avait alors « des réussites à mettre à son actif », mais « ce troisième gouvernement du FA a peu de succès à faire valoir », relève M.Lujan.En 15 ans, la coalition au pouvoir a notamment approuvé l\u2019avortement (2012), le mariage homosexuel (2013) et a été pionnière dans la légalisation du cannabis (2013).URUGUAY Deuxième tour de la présidentielle serré Une victoire de Luis Lacalle Pou face à Daniel Martínez mettrait fin à 15 ans de gouvernements de gauche Dans la province pétrolière de Bassora, les principaux axes routiers étaient coupés, dont une route menant au port d\u2019Oum Qasr.HUSSEIN FALEH AGENCE FRANCE- PRESSE Le nombre total des personnes arrêtées pour leur participation à la contestation reste difficile à déterminer.Mardi, le Haut Commissariat de l\u2019ONU aux droits de l\u2019homme avait parlé de « plus de 1000 » arrestations.Les autorités iraniennes ont fait état de cinq décès, mais Amnesty International estime que plus de 100 contestataires auraient été tués.L\u2019ONU a dit craindre « des dizaines » de morts.Revenant sur les troubles, au cours desquels des stations-service, des commissariats, des mosquées et des bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, le général Salar Abnoosh, haut responsable du Bassidj, les avait qualifiés jeudi de « véritable guerre mondiale contre le système » politique de la République islamique.Il avait accusé une «coalition du mal» composée de « sionistes, de l\u2019Amérique et de l\u2019Arabie saoudite » d\u2019avoir été à l\u2019origine de la « sédition ».Des responsables des Gardiens ont ajouté les «services de renseignement » britanniques et français à cette liste.L\u2019essence est extrêmement subventionnée en Iran et le gouvernement a indiqué que les recettes provenant de la hausse du prix à la pompe seraient intégralement reversées sous forme de subsides aux 18 millions de ménages les moins favorisés.Selon le général Abnoosh, la coupure d\u2019Internet a permis aux autorités de « perturber » les plans des ennemis de l\u2019Iran.« Vaste censure » Les États-Unis, dont le président, Donald Trump, a accusé Téhéran d\u2019avoir coupé Internet pour que le peuple « ne puisse pas parler de l\u2019énorme violence qui se passe dans le pays », ont annoncé vendredi avoir pris des sanctions contre le ministre des Télécommunications iranien, Mohammad Ja- vad Azari Jahromi, pour « son rôle dans la vaste censure d\u2019Internet » en Iran.Les autorités ont commencé à rétablir progressivement l\u2019accès à Internet à partir de jeudi.La connexion pour les lignes fixes domestiques est revenue samedi après-midi à Téhéran, selon des journalistes de l\u2019AFP, mais l\u2019accès à l\u2019Internet mobile était encore loin d\u2019être rétabli dimanche en fin d\u2019après-midi.Selon l\u2019ONG NetBlocks, qui surveille la liberté d\u2019accès à Internet, la connexion via ligne fixe restait coupée « dans plusieurs régions » d\u2019Iran.En temps normal, l\u2019accès à Internet est largement filtré ou restreint par les autorités : à l\u2019exception d\u2019Instagram et WhatsApp, les grands réseaux sociaux internationaux comme Facebook, Twitter ou Telegram ne sont accessibles qu\u2019en utilisant un « réseau privé virtuel » (VPN).est au chômage \u2014 et une amélioration des conditions de vie des 20% de la population qui vivent sous le seuil de pauvreté.Face à eux, le pouvoir, qui a un temps été ébranlé mais a depuis resserré les rangs, ne propose que des réformes à la marge : une nouvelle loi électorale qui peine à voir le jour au Parlement et un remaniement ministériel partiel annoncé depuis des semaines mais qui pourrait n\u2019être qu\u2019une façon de se débarrasser de certains sans changer la face du pouvoir, selon les experts.Le premier ministre, Adel Abdel Mahdi, a indiqué que la priorité était désormais le vote du budget 2020.Reposant quasi totalement sur l\u2019argent du pétrole, ce budget est depuis des années le principal garant de la paix sociale dans un pays rongé par le clientélisme.Mais avec déjà un tiers des 111 milliards de dollars de budget 2019 consacré aux salaires des fonctionnaires, les économistes assurent que celui de 2020 devrait exploser, car le gouvernement a annoncé des milliers d\u2019embauches pour tenter d\u2019endiguer la contestation \u2014 sans toutefois lancer les réformes nécessaires pour développer un secteur privé quasi inexistant en Irak.Selon l\u2019ONG NetBlocks, qui surveille la liberté d\u2019accès à Internet, la connexion via ligne fixe restait coupée « dans plusieurs régions » d\u2019Iran Les partisans du Frente Amplio attendaient les résultats officiels avec inquiétude.EITAN ABRAMOVICH AGENCE FRANCE-PRESSE B 4 SPORTS LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 LA PRESSE CANADIENNE À VANCOUVER Pour en finir avec les entraîneurs abusifs Des athlètes universitaires canadiens veulent la disparition des techniques associées à la « vieille école » Andrew Harris (photo) a récolté 162 verges, dont 127 au sol, et les Blue Bombers de Winnipeg ont gagné la Coupe Grey pour la première fois depuis 1990, dimanche à Calgary, battant les Tiger-Cats de Hamilton par la marque de 33-12.Il s\u2019agit de leur 11e titre au total, obtenu cette fois contre un club qui a dominé la Ligue canadienne de football avec une fiche de 15-3 en saison régulière.Le compte rendu complet est à lire sur nos plateformes numériques.NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Les Blue Bombers couronnés après 29 ans d\u2019attente LA PRESSE CANADIENNE À MADRID Rafael Nadal a mis fin aux rêves du Canada de remporter la Coupe Davis pour la première fois de son histoire après avoir vaincu Denis Shapovalov 6- 3, 7-6 (7) lors du deuxième match de simple, dimanche à Madrid.Au terme d\u2019une deuxième manche de haute qualité du début à la fin, qui a duré 1 h 21 minutes, Nadal est parvenu à procurer à son pays le sixième titre de son histoire \u2014 un premier depuis 2011 \u2014 lorsque Shapovalov a retourné la balle dans le filet à sa troisième balle de match.Quelques instants plus tôt, lors de ce même bris d\u2019égalité, Shapovalov avait réussi à sauver deux balles de match consécutives \u2014 la première au service de Nadal \u2014 grâce à deux coups droits gagnants en parallèle.Shapovalov a ensuite eu une occasion de forcer la tenue d\u2019une troisième manche, mais Nadal a sauvé cette balle de manche avec, à son tour, un coup gagnant.La première manche n\u2019a pas offert du jeu aussi serré, Nadal ne concédant que trois points à son service.Après avoir laissé filer une balle de bris au deuxième jeu et une autre au quatrième, l\u2019Espagnol a réussi à sa troisième tentative à la suite d\u2019une erreur de Shapovalov, pour se donner une avance de 4-2.La victoire de Nadal contre le Canadien de 20 ans est venue concrétiser un balayage des deux matchs de simple de la journée.En après-midi, Roberto Bautista Agut avait donné à l\u2019Espagne une avance de 1-0 grâce à une victoire de 7-6 (3), 6-3 contre le Québécois Félix Auger-Aliassime.Shapovalov espérait forcer la tenue d\u2019un double décisif auquel il devait participer en compagnie de Vasek Pos- pisil, une révélation du Canada tout au long de la dernière semaine.« Je sens que nous sommes venus de loin et que nous avons beaucoup accompli en tant qu\u2019équipe et à titre de nation, a déclaré Shapovalov.Nous sommes hyper fiers.C\u2019est difficile de perdre en finale, ça fait mal.Mais je suis très fier de tout le monde.Nous avons donné notre 120 % chaque jour.C\u2019est incroyable de voir comment nous avons été capables de nous en sortir.» Le Canadien espérait aussi répéter son fabuleux exploit d\u2019août 2017, alors qu\u2019il avait éveillé l\u2019univers tennis avec une spectaculaire victoire de 3-6, 6-4, 7-6 (4) contre Nadal dans le cadre de la Coupe Rogers au stade Uniprix.Moins d\u2019un an plus tard, sur la terre battue de Rome, Nadal avait facilement battu Shapovalov 6-4, 6-1.Nadal a conclu la semaine avec huit victoires en simple en autant de sorties, et n\u2019a fait face qu\u2019à trois balles de bris durant tout le tournoi, dont une contre Shapovalov lors du sixième jeu de la deuxième manche.Le Canada avait atteint la finale de la Coupe Davis pour la première fois de son histoire grâce à une victoire contre la Russie samedi.Le Canada avait d\u2019abord terminé au premier rang du groupe F, devant l\u2019Italie et les États- Unis, et a battu l\u2019Australie en quarts de finale jeudi, tout ça sans le vétéran Mi- los Raonic.Quant à Auger-Aliassime, il avait été laissé de côté jusqu\u2019à la journée de dimanche.Deux manches contrastantes Après une première manche des plus corsées, Bautista Agut a profité des nombreuses erreurs directes d\u2019Auger- Aliassime pour se bâtir une avance de 3-0 lors de la deuxième manche.Auger-Aliassime s\u2019est ramené dans la manche en brisant le service de l\u2019Espagnol lors du cinquième jeu.Le Canadien de 19 ans a cependant concédé les quatre points à son service lors du jeu suivant pour redonner un bris d\u2019avance à Bautista Agut.L\u2019Espagnol a mis fin au match à son service lorsque Auger-Aliassime a expédié un revers en croisé hors limites.« Il n\u2019y a qu\u2019une chose à faire sur ce court : se présenter et tout donner.Au- jourd\u2019hui, j\u2019ai joué grâce à l\u2019effort de mes coéquipiers durant la semaine », a déclaré Bautista Agut, qui avait dû s\u2019absenter du tournoi, plus tôt cette semaine, à la suite du décès de son père.À sa première sortie en près de six semaines, Auger-Aliassime s\u2019est montré incisif lors de la manche initiale en gagnant 24 des 29 points lors de ses six premières tentatives à son service.Le jeune Québécois a toutefois commis deux erreurs directes consécutives lors des huitième et neuvième points du bris d\u2019égalité, à son service, permettant à l\u2019Espagnol de se donner une avance de 6-3.Bautista Agut a bouclé la première manche en 54 minutes à la suite d\u2019une autre erreur directe d\u2019Au- ger-Aliassime au coup droit.La décision de faire jouer Auger- Aliassime lors du premier match de la finale a été annoncée environ une heure avant le début de l\u2019affrontement.TENNIS Le Canada chute en finale L\u2019Espagne de Rafael Nadal le prive d\u2019un premier titre en Coupe Davis L\u2019équipe canadienne, de gauche à droite: le capitaine, Frank Dancevic, et ses joueurs, Denis Shapovalov, Félix Auger-Aliassime, Brayden Schnur et Vasek Pospisil JAVIER SORIANO AGENCE FRANCE-PRESSE Des voix s\u2019élèvent partout à travers le Canada pour dénoncer les comportements abusifs d\u2019entraîneurs sportifs en milieu universitaire.Des athlètes dénoncent des techniques d\u2019entraînement associées à la soi-disant « la vieille école » qui, selon les experts, sont excessives et déplacées.Meredith Goldhawk a eu la piqûre du hockey dès l\u2019âge de six ans.Mais la jeune femme dans la vingtaine se dit incapable d\u2019enfiler à nouveau ses patins depuis le harcèlement et l\u2019intimidation qu\u2019elle a subis de la part d\u2019une entraîneuse de l\u2019Université de Windsor, en Ontario.Six joueuses de hockey, dont Mme Goldhawk, ont déposé une plainte en février dernier contre l\u2019entraîneuse Deanna Iwanicka.Elles allèguent que Mme Iwanicka les a humiliées publiquement, leur a lancé des injures et a expulsé certaines athlètes sans raison valable.L\u2019université a fait faire une enquête, dont elle a refusé de dévoiler les conclusions complètes.Les plaignantes disent n\u2019avoir reçu qu\u2019un résumé de quatre pages, qui ne tient pas compte de toutes leurs allégations et qui affirme que leurs démarches n\u2019étaient pas fondées.Mme Iwanicka dirige toujours l\u2019équipe de hockey féminine de l\u2019université, qui a refusé de commenter.Aux yeux de Margery Holman, une professeure à la retraite ayant aidé les joueuses à porter plainte, les établissements d\u2019enseignement postsecondaire manquent de courage.Elle souligne que les entraîneurs tiennent parfois l\u2019avenir des athlètes entre leurs mains, car ils déterminent notamment qui joue et qui réchauffe le banc, ce qui influe sur l\u2019obtention de bourses et d\u2019autres occasions.Du côté de l\u2019Université de Leth- bridge, en Alberta, une enquête a conclu en juillet 2018 que l\u2019entraîneuse de hockey féminin Michelle Janus avait enfreint la politique de l\u2019établissement en matière de harcèlement.L\u2019université lui a demandé de se soumettre à un suivi psychologique et à une formation.L\u2019élaboration d\u2019un code de conduite pour entraîneurs a également été mise en branle.Quatre des plaignantes ont tout de même intenté une poursuite contre Michelle Janus, contre l\u2019université et contre son responsable des activités sportives, Ken McInnes, réclamant plus d\u2019un million de dollars en dommages et intérêts.Aucune de ces allégations n\u2019a subi l\u2019épreuve des tribunaux et Michelle Janus a quitté son poste en janvier dernier.Dans une autre affaire du genre, l\u2019Université de Victoria, en Colombie- Britannique, a conclu pas plus tard que la semaine dernière une procédure d\u2019appel après que trois athlètes et un entraîneur adjoint eurent porté plainte contre le responsable de l\u2019équipe d\u2019aviron féminine, Barney Williams, pour violences verbales et harcèlement.La médaillée d\u2019or en aviron aux Jeux du Commonwealth et professeure à l\u2019Université Royal Roads Jennifer Wa- linga s\u2019est intéressée à la question de ces entraîneurs qui privilégient une approche pour le moins musclée.Ses recherches ont démontré que le fait d\u2019humilier ou de négliger les athlètes conduit généralement à de moins bonnes performances sportives.Face au mouvement pour en finir avec ce style d\u2019entraînement, le gouvernement fédéral a lancé une série d\u2019initiatives, dont la mise en place d\u2019une nouvelle politique pour les organisations sportives nationales, et le financement du Centre de règlement des différends sportifs du Canada pour la création d\u2019une unité d\u2019enquête et d\u2019une ligne téléphonique confidentielle sans frais.La hockeyeuse Meredith Goldhawk se dit incapable d\u2019enfiler à nouveau ses patins depuis le harcèlement et l\u2019intimidation qu\u2019elle a subis de la part d\u2019une entraîneuse de l\u2019Université de Windsor 6 C\u2019est le nombre de victoires pour l\u2019Espagne en Coupe Davis (2000, 2004, 2008, 2009, 2011 et 2019).Rafael Nadal a participé à quatre de ces campagnes. LE DEVOIR DE CITÉ B 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 «TRANSPORT Covoiturer pour pouvoir se stationner Un projet-pilote pour inciter au covoiturage et réduire la congestion routière sera lancé à Montréal C\u2019est le stationnement qui crée la congestion routière.» L\u2019affirmation est surprenante, même un peu déconcertante.Mais lorsqu\u2019on y pense, l\u2019idée n\u2019est pas du tout saugrenue.Si on ne peut plus se stationner, il n\u2019y a plus d\u2019intérêt à prendre la voiture.Mais si on ajoute une variante et que l\u2019on obtient le droit de se stationner si on prend d\u2019autres passagers à bord, il y a fort à parier que plus d\u2019un automobiliste se découvrira un intérêt marqué pour le covoiturage.C\u2019est l\u2019idée à la base du projet-pilote qui prendra son envol dans les prochains jours dans l\u2019arrondissement Ro- semont\u2013La Petite-Patrie à Montréal.« Pour la première fois dans le monde, une application de covoiturage sera couplée à une solution de stationnement », dit son instigateur, Marc-An- toine Ducas, président de Netlift, une entreprise québécoise qui œuvre dans le transport planifié.L\u2019incitatif pour covoiturer ne sera donc plus un remboursement kilométrique, c\u2019est-à-dire une somme reçue sur la base de la distance parcourue \u2014 un incitatif qui n\u2019est pas suffisamment persuasif, estime Marc-Antoine Ducas \u2014, mais plutôt l\u2019obtention d\u2019un droit de stationner son véhicule.Banc d\u2019essai Le concept sera testé auprès d\u2019employés travaillant à l\u2019Institut de cardiologie de Montréal (ICM), situé à l\u2019intersection des rues Bélanger et Viau.« C\u2019est l\u2019entreprise hôte qui nous fournit le banc d\u2019essai », explique l\u2019entrepreneur.Des caméras de lecture de plaques d\u2019immatriculation, situées à l\u2019entrée du stationnement de l\u2019institution, laisseront entrer ceux et celles qui auront covoituré en utilisant l\u2019application de Netlift, une plateforme qui permet de créer des jumelages entre des conducteurs et des passagers.« C\u2019est simple, si vous êtes seul dans votre voiture, la porte ne s\u2019ouvrira pas », illustre Marc-Antoine Ducas.Les traces GPS laissées par les membres de Netlift serviront à s\u2019assurer qu\u2019il y a bien eu covoiturage.L\u2019idée sera poussée encore plus loin grâce à la participation de la Ville de Montréal : les employés de l\u2019ICM qui auront covoituré auront accès à des espaces de stationnement situés sur la voie publique réservés aux résidents (par vignettes).De la même manière que les utilisateurs de Communauto ou de Car2Go peuvent se garer dans les espaces sur rue réservés aux résidents.Deux caméras, juchées sur une voiture d\u2019agent de stationnement, liront les plaques d\u2019immatriculation pour lier les données, en temps réel, à celles de Netlift.La nécessité fait souvent la vertu.L\u2019idée de l\u2019ICM de faire appel à Net- lift est née d\u2019une amputation du parc de stationnement du centre hospitalier ; une centaine de places situées dans la cour d\u2019une école située à proximité ne pourront plus être utilisées par les employés.« Ç\u2019a été un déclencheur, indique Mélanie La Couture, présidente-di- rectrice générale de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal.Tout comme un mouvement d\u2019employés à l\u2019interne qui souhaitaient que l\u2019on mette en place davantage de solutions de mobilité durable.» Sur les 2000 employés que compte le centre hospitalier, environ la moitié se rend au travail en voiture.Quelque 500 places de stationnement sont disponibles dans le parc de stationnement de l\u2019ICM, lorsquecelui-ci est plein, les employés se garent dans les rues avoisinantes.Désormais, dix places de ce stationnement et un peu moins d\u2019une dizaine de cases dans la rue seront réservées à ceux et celles qui covoitureront.Les employés qui voudront participer au projet-pilote devront débourser 60 $ pour obtenir une vignette, mais l\u2019employeur leur remboursera cette somme en totalité.« Pour l\u2019instant, ça ne leur coûtera rien, mais à terme, il va falloir qu\u2019ils prennent deux passagers [et non seulement un] pour avoir la vignette gratuite », explique Mélanie La Couture, qui précise avoir voulu s\u2019assurer que la somme déboursée soit en deçà du prix d\u2019un abonnement au transport collectif.« Je veux que mes employés soient contents de venir travailler », ajoute-t- elle.Car aujourd\u2019hui, la mobilité est devenue un enjeu de ressources humaines, un facteur de rétention des employés ou encore d\u2019attraction de nouveaux talents.Pour que le projet-pilote soit couronné de succès, il faudra avant toute chose qu\u2019il soit efficace pour les employés de l\u2019ICM.Ceux-ci travaillent à des horaires très variables, et certains doivent prolonger leur quart de travail à la dernière minute, ce qui nuit à la prévisibilité des déplacements.« On va pouvoir tester une foule de paramètres avec l\u2019ICM, comme la vitesse à laquelle les gens répondent à un match, la garantie de service que les gens fournissent, combien de fois par mois des utilisateurs se laissent tomber », énumère le fondateur de Netlift, qui rappelle que l\u2019entreprise s\u2019engage à payer le taxi à un utilisateur qui voit son déplacement annulé à la dernière minute.Une vitrine technologique Netlift fait appel aux caméras de l\u2019entreprise québécoise Genetec pour mener à bien le projet-pilote.Celles-ci sont déjà utilisées, par exemple, par les agents du Service de police de la Ville de Montréal et par les villes de Gati- neau, de Milwaukee, de Chicago et de Sacramento pour gérer leur stationnement sur rue.Le succès du projet-pilote ne se mesurera pas au nombre d\u2019usagers, mais plutôt par la démonstration de l\u2019efficacité de cette « quincaillerie numérique », fait valoir Marc-Antoine Ducas.Le ministère québécois de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation épaule financièrement le projet, grâce à une aide de 350 000 $ versée par son Programme innovation, qui offre des mesures d\u2019appui à des projets de démonstration et de vitrine technologique.« C\u2019est important de partir petit.C\u2019est l\u2019idée derrière qui est grande », a fait valoir en point de presse vendredi à Montréal le député de Bourget, Richard Campeau, adjoint parlementaire du ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.Dès le lancement du projet, le député caquiste a évoqué une exportation du concept à l\u2019international.Selon Marc-Antoine Ducas, l\u2019appétit est vraiment là.« Ici, c\u2019est le laboratoire et là-bas [aux États-Unis et en Europe], ce sera le développement commercial.» MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR L\u2019administration de Valérie Plante veut faire de Montréal un laboratoire d\u2019innovation pour la mobilité durable.« Pour ça, on se doit de tester de nouvelles initiatives qui ont un effet direct sur la réduction des émissions de GES et sur l\u2019amélioration des conditions de mobilité pour l\u2019ensemble des citoyens », a souligné vendredi, lors du lancement du projet- pilote, Éric Alan Caldwell, membre du comité exécutif.Celui qui est responsable de l\u2019urbanisme et de la mobilité à la Ville de Montréal a fait valoir que « la meilleure condition d\u2019acceptabilité est que les citoyens riverains voient cette nouvelle initiative comme une bonification de leur environnement ».Chaque nouvel élan vers le covoitu- rage a le potentiel de retirer des voitures des routes, a-t-il rappelé.Marc-Antoine Ducas estime que les villes ont un levier particulier à ce niveau.« Ce sont les villes et les employeurs qui détiennent la clé de la lutte contre les changements climatiques, car ce sont ces organisations qui disposent des leviers et des pouvoirs en matière de stationnement.» Si le projet-pilote est couronné de succès, Éric Alan Caldwell ne ferme pas la porte à son application ailleurs dans la ville.« On voit l\u2019immense potentiel des places vides [dans les voitures] pour réduire le nombre d\u2019autos sur les routes.» Montréal, un laboratoire d\u2019innovation Les deux caméras installées sur cette voiture d\u2019agent de stationnement permettront de lire les plaques d\u2019immatriculation pour lier les données, en temps réel, à celles de l\u2019application de covoiturage Netlift.Sur la photo, Stéphane Kaiser, directeur général de la division AutoVu de Genetec, et Marc-Antoine Ducas, président de Netlift.MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Ce sont les villes et les employeurs qui détiennent la clé de la lutte contre les changements climatiques, car ce sont ces organisations qui disposent des leviers et des pouvoirs en matière de stationnement MARC-ANTOINE DUCAS » ÉTHIQUE ET RELIGIONS B 6 LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 MOTS CROISÉS SUDOKU CATHERINE MARCIANO À HIROSHIMA AGENCE FRANCE-PRESSE Le pape François a qualifié dimanche de « crime » l\u2019usage de l\u2019atome à des fins militaires et a démonté la logique de la dissuasion nucléaire, durant des visites à Nagasaki puis à Hiroshima, villes japonaises martyres de la bombe atomique.« L\u2019utilisation de l\u2019énergie atomique à des fins militaires est aujourd\u2019hui plus que jamais un crime, non seulement contre l\u2019homme et sa dignité, mais aussi contre toute possibilité d\u2019avenir dans notre maison commune », a déclaré François dans un message prononcé au Mémorial de la paix de Hiroshima, non loin du lieu où avait été larguée la bombe américaine le 6 août 1945.Il avait plus tôt dans la journée rejeté à Nagasaki, frappée trois jours plus tard par une deuxième bombe A, la doctrine selon laquelle posséder l\u2019arme nucléaire pour dissuader les attaques est le moyen de garantir la paix.Une « fausse sécurité » qui envenime au contraire les relations entre les peuples, avait-il lancé dans cette ville de l\u2019île de Kyushu, dans le sud-ouest du Japon, où ses propos ont résonné devant des survivants du bombardement, dans lequel ont péri au moins 74 000 personnes.« La véritable paix ne peut être qu\u2019une paix désarmée », a-t-il plus tard martelé dans son discours à Hiroshima, où au moins 140 000 personnes périrent le matin de l\u2019attaque et dans les mois qui suivirent.« Vivre, mourir en humain » « La possession d\u2019armes nucléaires est immorale », a-t-il ajouté, sortant du texte prévu pour son discours.L\u2019horreur de la guerre et des armes, un cri récurrent de l\u2019Argentin Jorge Ber- goglio, s\u2019inscrit dans la continuité des papes qui l\u2019ont précédé.Mais un rejet clair de la théorie de la dissuasion nucléaire constitue une rupture avec le passé.Devant l\u2019ONU en 1982, Jean-Paul II avait défini cette doctrine comme un mal nécessaire « dans les conditions actuelles ».Le pape s\u2019est aussi insurgé dimanche contre toute la filière de l\u2019armement : « La fabrication, la modernisation, l\u2019entretien et la vente d\u2019armes toujours plus destructrices sont un outrage continuel qui crie vers le ciel.» PAPE FRANÇOIS L\u2019arme nucléaire est « un crime » En visite au Japon, le souverain pontife a dénoncé la « fausse sécurité » qu\u2019apporte la possession de ces armes « immorales » Le pape François a rencontré dimanche des survivants du bombardement atomique d\u2019août 1945.VINCENZO PINTO AGENCE FRANCE-PRESSE Il a rencontré des survivants de la bombe, appelés hibakusha au Japon, et rendu hommage à « la force et la dignité » de ceux qui ont supporté dans leur corps « les souffrances les plus atroces » et « dans leur esprit, les germes de la mort ».« Ma mère et ma sœur aînée ont été tuées, carbonisées.Même si vous surviviez, vous ne pouviez plus vivre comme des humains ni mourir comme des humains [\u2026].C\u2019est toute l\u2019horreur des armes nucléaires », avait expliqué à la presse Sakue Shimohira, âgée de 85 ans, qui a remis au pape une gerbe de fleurs blanches à Nagasaki, devant le principal monument du parc de la Paix, lieu central de l\u2019impact de la bombe atomique.À Hiroshima, de nombreux rescapés sont montés sur le podium.François les a salués un à un et a pris dans ses bras une femme en pleurs.Dans un message lu pour lui devant le pape, Koji Hosokawa, qui avait 17 ans en 1945, a évoqué les « préjugés » qui isolent les victimes irradiées.« Je pense que tout le monde devrait avoir conscience du fait que les bombes atomiques ont été larguées non pas sur Hiroshima et Nagasaki, mais sur l\u2019humanité tout entière », a écrit ce survivant.Une messe de 35 000 personnes « Ce pays a connu comme peu le niveau de destruction dont l\u2019être humain est capable », a dit François dans son homélie au cours d\u2019une messe en plein air célébrée devant 35 000 personnes dans un stade de baseball de Nagasaki.Le Japon, doté d\u2019une Constitution pacifiste dictée par l\u2019occupant américain après la Seconde Guerre mondiale, s\u2019est par ailleurs donné en 1967 pour principes de « ne pas produire, détenir ou introduire sur son territoire d\u2019armes nucléaires ».Reste que le pays dépend du parapluie nucléaire américain pour sa sécurité.François, qui avait décollé pour Tokyo dimanche soir, rencontrera dans la capitale lundi des victimes du séisme de magnitude 9 survenu au large du nord- est du Japon et du tsunami, qui a tué quelque 18 500 personnes le 11 mars 2011, une catastrophe naturelle suivie par le désastre nucléaire de Fukushima.À peine 440 000 Japonais sont catholiques, sur une population totale de 126 millions d\u2019habitants.Tout le monde devrait avoir conscience du fait que les bombes atomiques ont été larguées non pas sur Hiroshima et Nagasaki, mais sur l\u2019humanité tout entière KOJI HOSOKAWA » B 7 CULTURE ÀLATÉLÉ CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Discussions Une autre histoire Ruptures Le Téléjournal Sports express /23h05 On va se le dire TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas Boomerang L'échappée / Papa, où t'es?Mont tétons TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque 23h35 Deux filles le matin TQ Passe-Partout Clovis Génial! Ça vaut le coût Point doc Zone franche Like-moi! Mc$ween Dans les médias / Kim Thúy Génial! V Souper parfait Occupation D Avec mon ex Rire et délire Mets-y le Mets-y le L'Open Mic Occupation D Whiskey Cavalier Souper parfait NVL Moment V ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National Le National 24/60 TV5 17h50 Champi.Journal FR Cornichon, l'agité du bocal La guerre des trônes Apocalypse Staline Charles catholique TV5 le journal Journal Afrique Commence D Douanes Douanes Enchères Tour de Force Les pires erreurs d'ingénierie Les dossiers de la NASA À la recherche de.Alaska: La ruée vers l'or Affaires famille VIE Premier flip Soupers Quoi ton plan?Les gratteux On efface et on recommence Mariage à l'aveugle Une garderie Un safari Big Love (v.f.) Cinéma MAX Dr House / Tout seul Le mentaliste / Carte blanche Un million de petites choses MUSE (2018) avec Antonio Cupo, Erin Cahill.Bones / Qui a tué ce cher Hank?Petites choses VRAK Max et Livia Code G.Les Kennedy: Après Camelot La Disparition Sirène / Le refuge Légendes Urbaines / Arnaques Young Sheldon Code G.Hors d'ondes RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Blue Jackets de Columbus (D) L'antichambre (D) Sports 30 Hors-jeu 2.0 HockeyQc.ca Patinage Art.HISTORIA La malédiction d'Oak Island Compagnons d'armes Le mystère de l'or / Cap au Sud La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island FantomWorks ICI ARTV 17h30 Histoires Les belles histoires Pour l'amour du country Casse-Noisette 5 degrés Pour emporter / Yoshua Bengio EXPLORA Le refuge de l'espoir Thaïlande / Îles et plages du sud Vivre loin du monde Reconstruire l'histoire Sauvetage Sauvetage Aux origines de l'histoire Aliens: Premier SÉRIES+ NCIS: Nouvelle-Orléans Élémentaire Les enquêtes du NCIS NCIS: Nouvelle-Orléans NCIS: Los Angeles Élémentaire Queen of South Z Remorquage Week-end Science Garage d'élite Américars: Rapides et musclés Belle cubaine Garage Arrow / Le tueur de Star City Dexter / Ces choses-là South Park sav-media 17h50 Le ciel 18h40 Inventer le ciel Après/ Après Archi branchés Encore plus Couple nerds Inflammatoires Question santé Couple nerds Grand chapitre Biblioth/ Histoire Maîtres ÉVASION Direction la mer Le Voyageur assoiffé Super fleuves / Le Mississippi Hotel Hell À vos risques périls / Baltimore Avec ou sans cash / Asunción Vivre sous zéro TFO Les sapiens Maxi/ Maxi Top!/ Top! Amélie Boum, canon Les jumelles INGRID PERD LE NORD (2017) Aubrey Plaza.LeDéni/ Rideau Mamie/ ONFR+ SEPT JOURS (2008) Cinépop 16h15 LA MESSAGÈRE: L'HI.18h55 ENGRENAGE MORTEL (2009) 20h25 LE BAGARREUR DE RUE (1994) 22h10 BASEKETBALL (1998) avec Matt Stone, Yasmine Bleeth.Cinéma SÉcran Cinéma 18h45 LES ANIMAUX FANTASTIQUES: LES CRIMES DE GRINDELWALD (2018) HÔTEL MUMBAI (2019) avec Armie Hammer, Dev Patel.23h05 L'ÉPOUSE (2017) Glenn Close.Planète Femmes accusées L'enquête de ma vie Viol, la vie d'après Prisonniers Sous emprise Car Crash Enquête de vie MATV Pour un monde Mise à jour CityLife Métropolitique Mille visages Rendez-vous Le métro Des chemins Pour un monde Mise à jour CityLife Mille visages Sommes ville CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake Mysteries CBC News: The National CBCNews Stats of Life Coronation St.CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Conners Bob Hearts All Rise The Good Doctor / Incomplete CTV National News Montreal 0h05 Daily S.GBL Global National Global News E.T.Canada Neighborhood 9-1-1 / Fallout Prodigal Son / Pied-A-Terre Bull / The Flying Carpet Global News 23h35 The Late Show ABC News News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars / Finale The Good Doctor / Incomplete News 23h35 Jimmy Kimmel Live CBS Channel 3 News at 6:00 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood Bob Hearts All Rise Bull / The Flying Carpet News 23h35 The Late Show NBC 6pm News NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Voice / Live Top 11 Performances Bluff City Law / Perfect Day News 23h35 The Tonight Show PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow College Behind Bars College Behind Bars Amanpour and Company Business PBS (57) News Business PBS NewsHour Antiques Roadshow College Behind Bars College Behind Bars World News Amanpour and Company UNIS Cochon dingue Goût du pays Bouffe en cavale Tournée générale Les vieux copains Chars Eau fraîche Hooké Goût du pays Watatatow HBO1 18h20 THE LATE SHIFT (1995) Kathy Bates.My Favorite Shapes His Dark Materials / Armour Mrs.Fletcher Silicon Valley Watchmen Dark Materials AddikTV NERVE: VOYEUR OU JOUEUR?(2016) Emma Roberts.Suits: Les deux font la paire Chicago Fire / Resté soudés Il était une fois DC: Les légendes de demain Salvation TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Flames de Calgary c.Penguins de Pittsburgh (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Hockey / Calgary vs Pittsburgh 11/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit Notre choix ce soir Cohabitation heureuse Voilà un documentaire qui pourrait donner des idées à ceux qui auront pour tâche d\u2019ouvrir de nouveaux milieux de garde prochainement : on y dresse le portrait d\u2019une garderie implantée dans un CHSLD de la Rive-Sud près de Montréal, et ça fait des miracles pour tout le monde\u2026 Les vieux copains, UNIS, 21h L\u2019éducation qui libère Cette nouvelle série documentaire concoctée par le duo Ken Burns-Lynn Kovick tournée sur quatre ans suit le parcours patient mais inspirant de détenus de prisons de l\u2019État de New York qui poursuivent des études universitaires.Diffusée à raison de deux épisodes par soir.Suite demain même heure.College Behind Bars, PBS, dès 21h Amélie Gaudreau LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Liberté royale Hommage à quelques peintres haïtiens, clin d\u2019œil à ses années à Miami, Dany Laferrière s\u2019offre un nouveau livre tout dessiné ers d\u2019autres rives, le 31e livre que publie Dany Laferrière, est un hommage à la peinture primitive haïtienne et à quelques poètes triés sur le volet, créateurs dont il recopie les poèmes ou interprète à sa manière les toiles.Phi- lomé Obin, Robert Saint-Brice, Oswald Durand ou Carl Brouard.Mais c\u2019est aussi une ode colorée au mouvement et une source de chaleur à ne pas négliger en ce début d\u2019hiver, l\u2019auteur estimant être en voyage depuis son départ d\u2019Haïti en 1976.« C\u2019est un nouveau livre.Tout simplement.Sur les mêmes thèmes », ex- plique-t-il, calé dans un canapé dans le corridor bruyant d\u2019un hôtel, à deux pas du Salon du livre de Montréal.En une série de vignettes où l\u2019on retrouve son habituel sens de la formule, Dany Laferrière a composé cette fois un livre en trois temps : l\u2019enfance en Haïti et la nourriture, les peintres primitifs et les poètes haïtiens.En plus de souvenirs de ses années d\u2019écriture à Miami, où il a vécu une dizaine d\u2019années avec sa famille.Y coulant ce qu\u2019il appelle « la fondation » de son œuvre, Pays sans chapeau, L\u2019odeur du café, Le charme des après-midi sans fin.L\u2019Amérique, l\u2019enfance, les paysages.C\u2019était le temps, raconte-t-il, de la grande méditation.Quand tout s\u2019est mis en place.La plume et le pinceau « Je ne me prends pas pour un peintre ni pour un dessinateur, confie l\u2019écrivain de 66 ans.Pour moi, les dessins et les couleurs, c\u2019est un prolongement de l\u2019écrit.Un peu comme le font les enfants.Ils dessinent et ils écrivent, et souvent ils ne voient pas de différence entre les deux.Et puis j\u2019ai toujours parlé et j\u2019ai toujours écrit de manière imagée.Mais ça m\u2019a surtout permis de me reposer.C\u2019est ça qui était important à ce moment-là.Après le tremblement de terre [en Haïti en 2010], après l\u2019Académie, tout ça, ça m\u2019a permis de me reposer et de me concentrer ailleurs, sur quelque chose de neuf, quelque chose à apprendre.Et puis, c\u2019est toujours bon, apprendre à faire quelque chose de neuf.» Dans la continuité de son Autoportrait de Paris avec chat (Grasset, 2018), il revient aujourd\u2019hui avec un second livre dessiné (où il n\u2019y a que le code- barre qui ne soit pas entièrement tracé à la main).Grasset n\u2019ayant, semble-t- il, pas souhaité répéter l\u2019expérience, ou de critique d\u2019art.Et tout comme ces peintres rencontrés à l\u2019époque au Centre d\u2019art de Port-au-Prince ou dans les rues de la capitale haïtienne, qui lui parlaient surtout de survie et de la meilleure façon de vendre leurs toiles.« Ce ne sont pas des peintres, lâche-t-il.Ils font ça.J\u2019ai toujours cherché ça aussi, mais la littérature ne permet pas cet espace de liberté, alors qu\u2019un tableau est vendu et c\u2019est tout, avec un livre on doit convaincre beaucoup d\u2019intermédiaires avant d\u2019arriver au lecteur.C\u2019est plus difficile.» Mais qu\u2019il évoque sa grand-mère Da aux fourneaux, les mangues du jardin ou les chats qui disparaissaient sous la dent de quelques alcooliques du village, ou qu\u2019il recopie des poèmes, Dany Laferrière estime que ce livre, comme le précédent, ne sort pas du cadre de son imaginaire.« Pour moi, ce ne sont pas des curiosités.» Vers d\u2019autres rives Dany Laferrière, Boréal, Montréal, 2019, 112 pages En une série de vignettes où l\u2019on retrouve son habituel sens de la formule, Dany Laferrière a composé cette fois un livre en trois temps : l\u2019enfance en Haïti et la nourriture, les peintres primitifs et les poètes haïtiens.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR ce sont les éditions de l\u2019Aube en France qui ont publié ce petit livre, un peu passé sous le radar en avril dernier.Au Québec, Boréal reste fidèle à l\u2019aventure.Une fois encore, ce sont des dessins d\u2019enfants, pourra-t-on penser.Spontanés, sans aucune technique, un peu brouillons.Parfaitement conscient de ses limites, Dany Laferrière reconnaît n\u2019avoir jamais cherché à apprendre quoi que ce soit de manière technique.« Si je ne suis pas capable de faire un dessin, je ne le fais pas.Sinon, je cherche un moyen assez primitif, direct, assez élémentaire de le faire.Je ne pense pas que si je savais dessiner, j\u2019aurais fait un livre », commente l\u2019auteur et illustrateur.« J\u2019aurais pensé que ce n\u2019est pas assez.Et ça ne m\u2019intéresse pas, les amateurs.Pour moi, c\u2019est quelqu\u2019un qui sait faire quelque chose ou quelqu\u2019un qui ne sait pas faire.» « Alors que moi, poursuit-il, je n\u2019ai que la possibilité de la fantaisie.En ne sachant pas, tout ce qu\u2019il me reste, c\u2019est la fantaisie.Autrement, ça ne m\u2019aurait pas intéressé, j\u2019aurais continué à écrire seulement.Pourquoi aller faire moins bien quelque chose d\u2019autre ?Alors que l\u2019enjeu, ce n\u2019était pas de faire bien ou moins bien, mais c\u2019était de faire.» Tout simplement.« C\u2019est la liberté royale qui était la grande promesse de l\u2019art.Et que les enfants d\u2019ailleurs ont tout de suite compris », ajoute-t-il.Et c\u2019est de cette liberté qu\u2019il s\u2019autorise, qu\u2019il écrive, dessine ou qu\u2019il mélange les deux.« J\u2019avais commencé à dessiner et à écrire un peu à côté aussi.Mais brusquement, la question a été celle-ci : est- ce que je me donne la légitimité de faire ça ?Je me suis dit oui, vas-y, mon vieux.Et puis j\u2019ai fait.» S\u2019il raconte avoir souvent abordé la peinture dans ses livres, il ne l\u2019a toutefois jamais fait en termes de réflexion Je ne me prends pas pour un peintre ni pour un dessinateur.Pour moi, les dessins et les couleurs, c\u2019est un prolongement de l\u2019écrit.DANY LAFERRIÈRE » V B 8 CULTURE LEDEVOIR // LE LUNDI 25 NOVEMBRE 2019 ALEXIS RAYNAULT COLLABORATEUR LE DEVOIR Pour le 43e concert de son projet de présentation en concert de l\u2019intégrale des cantates de Johann Sebastian Bach, Arte Musica recevait La Chapelle Rhénane pour un unique concert en sol américain.Fondé en 2001 par le ténor et chef Benoît Haller, l\u2019ensemble strasbourgeois réunissait hier sur scène quatre solistes, dont Haller, et huit instrumentistes dans un programme de quatre cantates.Suivant la règle que s\u2019est imposée pour cette série, la directrice d\u2019Arte Musica, Isolde Lagacé, au moins une des œuvres \u2014 ici, Wohl dem, der sich auf seinen Gott, BWV 139 \u2014 correspondait au calen- CRITIQUE CLASSIQUE Inégales cantates Pour sa première visite en Amérique du Nord, La Chapelle Rhénane a présenté un concert marqué par des performances vocales inégales CHRISTOPHE HUSS À PHILADELPHIE LE DEVOIR Yannick Nézet-Séguin et l\u2019Orchestre Métropolitain mettaient, dimanche à Philadelphie, un point final à leur tournée aux États-Unis.Ce concert nous l\u2019avons vécu assis derrière les contrebasses, en face du chef, afin de témoigner d\u2019une expérience à laquelle Yannick Nézet-Séguin nous avait invités avant ses concerts à Carnegie Hall et, ici, au Kimmel Center : assister à la répétition d\u2019avant- concert.« Jamais je ne me suis senti aussi libre avec vous qu\u2019à Carnegie Hall.» Cette phrase prononcée à Philadel- phie par Yannick Nézet-Séguin, lors de ce que l\u2019on nomme dans le métier un « raccord acoustique », résume bien le moment d\u2019exception vécu vendredi soir à New York.« Ai-je besoin de vous dire comment Carnegie était incroyable ?C\u2019était un pinacle.Faisons de celui-ci un plus grand pinacle encore.» C\u2019est dans ces mots que le chef avait accueilli ses musiciens dans la salle qui est la sienne depuis huit ans.Le prétexte de l\u2019acoustique Le Verizon Hall du Kimmel Center de Philadelphie a été construit par les mêmes acousticiens que la Maison symphonique.L\u2019espace est moins résonnant, mais très efficace.Alors que Carnegie Hall porte généreusement le son, cette salle est très instantanément réactive aux variations de nuances.Yan- nick Nézet-Séguin y sensibilise d\u2019emblée ses musiciens.Et ce sont ces moments de subtilités, le registre des pianissimos et les contrastes dynamiques qu\u2019il va creuser pendant le concert.L\u2019un des secrets du dépassement de soi dans les prestations de l\u2019orchestre en tournée se révèle être dans ces « raccords », qui, avec Yannick Nézet- Séguin, deviennent de véritables et très efficaces répétitions de 60 à 75 minutes.Elles construisent cette gradation de niveau à partir des expériences antérieures.Partout, l\u2019orchestre reste lui-même.« Quand on s\u2019ajuste pour une salle, il ne faut pas changer notre façon d\u2019être », dit le chef à ses musiciens, qui, la veille, ont assisté à un concert de l\u2019Orchestre de Philadelphie et pourraient avoir tendance à épaissir leur jeu pour égaler la démonstration de force de leurs collègues dans un éblouissant Oiseau de feu sous la direction du premier chef invité de l\u2019orchestre, le Français Stéphane Denève.Le défi du concert final, dimanche, était de surmonter la fatigue et, pour le chef, qui l\u2019avouait aux journalistes avant le concert, « d\u2019être tout sauf fatigué ».C\u2019est pour cela, afin de se reposer, qu\u2019il n\u2019a pas assisté à toute la soirée hier.Le psychologue Fin renard, Yannick Nézet-Séguin réserve aux spectateurs une surprise MUSIQUE CLASSIQUE Plonger au cœur de la magie à Philadelphie avant le concert.L\u2019annonce de bienvenue distillant les consignes de sécurité et les recommandations d\u2019éteindre son téléphone, c\u2019est lui qui l\u2019énonce au micro.La salle et les musiciens s\u2019esclaf- fent.D\u2019un coup, tout le monde est détendu.« Vous croyez vraiment que c\u2019était un truc psychologique ?» me demande mon voisin.Eh oui ! En une fraction de seconde, tout le monde a oublié Carnegie Hall et se retrouve dans la joie du moment.Face à Yannick Nézet-Séguin, on comprend certains éléments qui se perçoivent dans la salle.La rondeur du son est, au départ, une rondeur du geste.Dès la fin de la première phrase de l\u2019ouverture de La clémence de Titus, qui ouvre le concert, le geste dessine très précisément devant l\u2019orchestre la résonance que le chef souhaite donner à l\u2019extinction des sons.C\u2019est ainsi qu\u2019est sculptée la musique.Voir le concert derrière les musiciens permet de percevoir l\u2019importance du point d\u2019ancrage au cœur de l\u2019orchestre formé par la hautboïste Lise Beau- champ, la flûtiste Marie-Andrée Benny et le clarinettiste Simon Aldrich.Ils sont un pilier de l\u2019expressivité du groupe et un pôle que Yannick Nézet- Séguin cherche souvent du regard.Avec l\u2019avancée de la tournée et le creusement des détails, Bruckner est devenu plus suave.Le chef savoure davantage le 2e mouvement, qui perd un peu son allure de pérégrination schuber- tienne.Le sel interprétatif de cette 4eSymphonie est devenu la ferveur croissante qui a atteint son apogée dans le finale de Carnegie Hall.La particularité du concert de Philadelphie fut l\u2019aspect très pétillant et ciselé du scherzo.D\u2019ailleurs, avant de l\u2019entamer, Yannick Né- zet-Séguin se frottait les mains, comme pour présager d\u2019un bon moment.«Je ne prémédite plus rien», disait en rencontre de presse celui qui a repris la baguette après plusieurs années à pétrir la musique à mains nues.Le geste n\u2019a pas perdu en expressivité et a gagné en précision.Le finale de Carnegie Hall, moment de gloire de l\u2019histoire de l\u2019Orchestre Métropolitain, qui, selon le chef, «a progressé depuis la tournée européenne», était donc soumis à l\u2019inspiration de l\u2019instant et non à la préméditation.Nous avons plusieurs fois témoigné des valeurs qui mènent à cette manière très particulière de faire de la musique, manière partagée à Philadelphie, une autre équipe musicale qui a accueilli ses collègues montréalais avec une chaleur humaine très émouvante, le Konzert- meister de ce prestigieux orchestre se faisant même portier pour saluer individuellement chaque convive d\u2019un cocktail de bienvenue.Cet « esprit Yannick » qui irradiait dans les sourires partagés a été résumé par la mezzo soliste Joyce DiDonato à la fin de ce raccord acoustique qui n\u2019en était pas un : « Tout ce que j\u2019ai ressenti ici, lors de cette tournée, c\u2019était de l\u2019amour et de la joie.» Par-delà l\u2019Atlantique, il y a deux ans, Alexandre Tharaud avait eu les mêmes mots.Christophe Huss était l\u2019invité de l\u2019Orchestre Métropolitain lors de sa tournée aux États-Unis.L\u2019Orchestre Métropolitain aux États-Unis Concert 4.Mozart : trois extraits de «La clémence de Titus».Bruckner : «Symphonie no 4».Joyce DiDonato (mezzo-soprano), Yannick Nézet-Séguin (direction).Kimmel Center (Philadel- phie), dimanche 24 novembre 2019.Alors que Carnegie Hall porte généreusement le son, le Verizon Hall de Philadelphie est très instantanément réactif aux variations de nuances.Yannick Nézet-Séguin y sensibilise d\u2019emblée ses musiciens.Et ce sont ces moments de subtilités et les contrastes dynamiques qu\u2019il va creuser pendant le concert.PHOTOS FRANC?OIS GOUPIL L\u2019un des secrets du dépassement de soi dans les prestations de l\u2019orchestre en tournée se révèle être dans ces « raccords », qui, avec Yannick Nézet-Séguin, deviennent de véritables répétitions.drier liturgique.Nonobstant quelques beaux moments, les Strasbourgeois ont offert de ces œuvres des interprétations parfois fragiles.Fait plutôt rare, La Chapelle Rhénane est dirigée par un chanteur-chef, qui alterne entre ces rôles, chantant dimanche trois airs.Manquant de tonus et d\u2019aisance dans l\u2019aigu, Benoît Haller peine à rendre le caractère assuré, presque victorieux, de l\u2019air « Gott ist mein Freund » de la cantate BWV 139, qui évoque la confiance que procure, à travers les épreuves, la proximité avec Dieu.Diriger tout en chantant pose un défi de taille, puisque pareille tâche nécessite, pour faire face au public, de faire dos aux musiciens.Dans ces circonstances, on peut se questionner sur l\u2019utilité des gestes d\u2019Haller.L\u2019orchestre a par ailleurs éprouvé des problèmes de cohésion, les attaques se révélant bien souvent hésitantes et les articulations faisant l\u2019objet de dissensions, notamment dans l\u2019air « Man halte nur ein we- nig stille » de la cantate BWV 93.Trop de lyrisme tue le lyrisme De ce manque de direction résulte un certain ennui qu\u2019accentue une approche statique de l\u2019orchestration, la contrebasse doublant presque systématiquement le violoncelle dans le continuo.Ce choix nuit à la différenciation des sections et des numéros, bien qu\u2019il crée à l\u2019occasion des effets frappants dans les récitatifs.Plus aisément audible que dans les grands ensembles, l\u2019instrument y ajoute un coloris très expressif.De manière générale, les récitatifs auraient gagné à être abordés sur un ton moins éminemment lyrique, qui avait pour effet d\u2019en affaiblir le caractère d\u2019aparté et de confidence.S\u2019imposant difficilement face aux instruments en première partie de concert, les chanteurs ont par la suite pris de l\u2019assurance, jusqu\u2019à offrir une performance tout à fait convaincante de la cantate Es wartet alles auf dich (BWV 187), avec un impressionnant chœur initial et une très belle offrande de la soprano Hasnaa Bennani dans l\u2019air « Gott versorget alles Leben ».En dépit de certaines faiblesses, le concert aura permis au public mont- réalais de découvrir le travail de musiciens très actifs en Europe, et des œu- vres de grand intérêt.Pour ces raisons, on ne peut que célébrer l\u2019initiative d\u2019Arte Musica de les inviter.Intégrale des cantates de J.S.Bach / An 6 Johann Sebastian Bach: cantates BWV 139, 37, 93 et 187.La Chapelle Rhénane, Hasnaa Bennani (soprano), Léopold Gillotts-Laforge (contre-ténor), Benoît Haller (ténor et direction), Benoît Arnould (baryton).Salle Bourgie, dimanche 24 novembre 2019.Diriger tout en chantant pose un défi de taille, puisque pareille tâche nécessite, pour faire face au public, de faire dos aux musiciens "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.