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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-09-04, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 199 / LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès .B4 Économie .B5 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Bilan des finances publiques à la veille des élections 2019 A 8 MONDE Au Royaume-Uni, Boris Johnson perd sa majorité B 1 ACTUALITÉS Le journaliste Pierre Nadeau emporté par la maladie | A 5 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.MARCO BÉLAIR-CIRINO À SALABERRY-DE-VALLEYFIELD LE DEVOIR L\u2019état-major du Parti québécois recentre son action politique sur « la fondation d\u2019un pays, non pas sur la gestion ordinaire d\u2019une province ».« Le temps de l\u2019éparpillement est terminé », pro- met-il dans une nouvelle « Déclaration de principes » dans laquelle il a sé- quencé l\u2019ADN du « nouveau PQ ».Dans ce document de trois pages, dont Le Devoir a obtenu copie, le PQ appelle les indépendantistes, mais aussi les nationalistes de tout poil à se joindre à son « mouvement » pourvu qu\u2019ils souscrivent à quatre « valeurs fondamentales», c\u2019est-à-dire la liberté, la justice et l\u2019équité, le nationalisme ainsi que la protection de l\u2019environnement.« La pérennité du français est [le] défi permanent [du Québec], auquel s\u2019ajoutent, à présent, des écueils qui dépassent largement ses frontières : la crise clima- Le PQ remet le projet de pays à l\u2019avant-scène Les sacs de sable installés ce printemps par l\u2019armée n\u2019ont pas eu le temps d\u2019être enlevés qu\u2019un résident de l\u2019île Bigras, à Laval, doit composer avec l\u2019arrivée des travailleurs du REM à quelques pas de son terrain.À la fin des travaux, la maison de Mario Mordente se trouvera à quelque 20 pieds du nouveau pont qui accueillera le train léger.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Un résident de l\u2019île Bigras à Laval, qui voit le Réseau express métropolitain (REM) se construire pratiquement dans son salon, s\u2019est vu offrir des rideaux phoniques et un casque d\u2019écoute alors qu\u2019il supplie le gouvernement de l\u2019exproprier pour mettre fin à son calvaire.C\u2019est que les nuisances liées aux travaux du REM s\u2019ajoutent aux désagréments des inondations du printemps, qui ont obligé les autorités à utiliser son terrain pour construire la digue qui a épargné les maisons des autres habitants.« Ma maison n\u2019a plus de valeur.Je vais être à 22 pieds du nouveau pont, dans une zone inondable, personne ne va vouloir venir s\u2019installer ici », se désole Mario Mordente alors qu\u2019il fait faire le tour du propriétaire au Devoir.Son terrain \u2014 encore parsemé des sacs de sable utilisés par l\u2019armée pour ériger une digue \u2014 se trouve au- jourd\u2019hui aux premières loges des travaux de construction du nouveau pont qui accueillera une des deux voies du futur train léger.Il a été délimité au millimètre près, puisqu\u2019il frôle l\u2019emprise ferroviaire qui appartient à la CDPQ Infra, filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec.Le train de banlieue passe déjà à proximité de la résidence de M.Mor- dente, mais non seulement le pont actuel est plus loin que celui sur lequel circulera le REM, les passages sont aussi moins fréquents : on prévoit des passages toutes les cinq à quinze minutes.« J\u2019habite ici depuis 1967, c\u2019était la maison de mes parents.En 2012, j\u2019ai obtenu un permis pour l\u2019agrandir, mais si j\u2019avais su que le REM s\u2019en venait dans mon salon, croyez-moi, je n\u2019aurais pas agrandi », dit M.Mordente.Depuis plusieurs semaines, de 7 h à 15 h, jusqu\u2019à une cinquantaine de camions défilent devant sa résidence et se garent devant son entrée en attendant d\u2019aller vider leur bac de pierres dans la rivière pour y construire une jetée.TRANSPORTS Le REM, ce voisin indésirable Mario Mordente demande à l\u2019État de mettre un terme à son calvaire en rachetant sa propriété de l\u2019île Bigras, à Laval tique menace sa société, l\u2019accroissement des inégalités divise sa population et la baisse de confiance envers la démocratie mine l\u2019engagement citoyen.Pour relever ces défis, la nation québécoise doit puiser dans ce qui la distingue pour agir, de concert avec les autres nations du monde.Elle doit se saisir de tous les pouvoirs nécessaires à son émancipation », peut-on lire.« Bâtir des consensus » La « coalition indépendantiste » entend désormais, autant que faire se peut, se tenir à l\u2019écart des débats qui sèment ou attisent la division au sein de la population québécoise.« [L\u2019action politique du PQ] aura pour objectifs de susciter l\u2019adhésion et l\u2019engagement, et de bâtir des consensus en valorisant le débat et la diversité des points de vue », suggère l\u2019exécutif du PQ dans la « Déclaration de principes ».« Ultimement, le but est d\u2019en arriver à des décisions rassembleuses et courageuses qui s\u2019appuient sur les connaissances scientifiques », ajoute-t-il près d\u2019un an après la victoire électorale de la Coalition avenir Québec.Les prochains chefs du PQ devront se reconnaître autant dans cette nouvelle approche que dans ces nouvelles valeurs sacro-saintes de liberté, de justice et d\u2019équité, de nationalisme ainsi que de protection de l\u2019environnement, si les membres adoptent la « Déclaration de principes » dans sa forme actuelle à Trois-Rivières les 9 et 10 novembre prochain, fait remarquer l\u2019un des auteurs dans un échange avec Le Devoir.La direction du PQ reconnaît avoir fait preuve d\u2019un « manque de cohérence » dans la présentation de ses « propositions » au fil des dernières années.Elle admet également avoir échoué à rendre le projet de pays \u2014 une « terre de paix, de liberté, d\u2019égalité et de prospérité » \u2014 concret.ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR SANTÉ La médecine combat mieux le cancer Le nombre de cas augmente, mais le taux de mortalité diminue VOIR PAGE A 2 : SOUVERAINETÉ VOIR PAGE A 4 : REM VOIR PAGE A 4 : CANCER Malgré le nombre croissant de diagnostics de cancer, le taux de mortalité liée à cette maladie a diminué d\u2019environ 28 % au pays depuis 1988.Le cancer reste toutefois la première cause des décès vu que près d\u2019un Canadien sur quatre y succombera.C\u2019est du moins ce que révèle le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2019 publié mercredi et dont le Devoir a obtenu copie.Le document, produit par la Société canadienne du cancer en collaboration avec Statistique Canada et l\u2019Agence de la santé publique du Canada, s\u2019appuie sur les plus récentes données sur le sujet pour dresser un portrait de la maladie au pays et émettre des projections sur le nombre de diagnostics de cancers et de décès qui lui sont attribuables pour l\u2019année 2019.On estime ainsi que cette année « à chaque heure de chaque jour, environ 25 personnes recevront un diagnostic de cancer et environ 9 personnes seront emportées par la maladie.» Autrement dit, 220 400 Canadiens recevront un diagnostic de cancer en 2019, dont 113 000 hommes et 107 400 femmes.À titre de comparaison, on comptait 89 200 nouveaux cas de cancer en 1984.La Société canadienne du cancer évalue aussi que 82 100 Canadiens seront emportés par une des formes Le cancer du poumon reste le plus meurtrier, étant responsable de 26 % des décès par cancer au Canada ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 L\u2019indépendance remise au goût du jour SOUVERAINETÉ SUITE DE LA PAGE A 1 MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019interdiction de cultiver des plants de cannabis à domicile au Québec est inconstitutionnelle, a tranché une magistrate de la Cour supérieure.La juge Ma- non Lavoie a invalidé cette interdiction mardi, estimant que le gouvernement québécois avait outrepassé sa compétence en prohibant ce que le gouvernement fédéral venait de permettre.Elle a ainsi donné raison à Janick Murray-Hall qui contestait deux articles de la Loi encadrant le cannabis devant les tribunaux.Cette législation avait été adoptée par l\u2019Assemblée nationale en juin 2018, soit quelques mois avant la légalisation.La loi fédérale autorise la production d\u2019un maximum de quatre plants de cannabis par domicile.« Ça envoie le message au gouvernement du Québec que lorsqu\u2019on a légalisé certains actes au fédéral, il n\u2019est pas possible de revenir les interdire par en arrière », a expliqué son avocat, Julien Fortier.Dans une décision d\u2019une vingtaine de pages, la juge Lavoie annule les articles 5 et 10 de cette loi.Le premier interdit « d\u2019avoir en sa possession une plante de cannabis », le deuxième interdit « la culture de cannabis à des fins personnelles ».Les deux articles étaient assortis d\u2019amendes de 250 $ à 750 $ pour une première infraction.Elle note que « la réglementation des drogues, des médicaments et des produits dangereux a de tout temps relevé du domaine du droit criminel.» « [\u2026] bien que la compétence provinciale en matière de santé et de sécurité de la population soit vaste, elle n\u2019est pas illimitée, écrit-elle.Le provincial doit respecter la compétence fédérale en matière criminelle.» «Les provinces peuvent alors adopter des mesures législatives et réglementaires qui couvrent les aspects provinciaux de la décriminalisation, poursuit- elle plus loin.Toutefois, cela ne saurait inclure une prohibition générale.» Sans interdire de façon absolue la culture de cannabis à domicile, le Québec aurait donc pu l\u2019encadrer pour des raisons de santé publique ou de sécurité, fait-elle remarquer.Âge légal ?Il est difficile de mesurer l\u2019impact de ce jugement sur le projet de loi 2 du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, qui vise à hausser l\u2019âge de consommation du cannabis de 18 à 21 ans.Son attachée de presse a indiqué que le gouvernement prenait acte du jugement et qu\u2019il était trop tôt pour se prononcer.« C\u2019est sûr que ça donne un avertissement au gouvernement, mais ça ne veut pas dire qu\u2019à partir de ce moment- ci des interdictions ne seront plus légales, a nuancé M.Fortier.Par exemple sur l\u2019âge légal, c\u2019est une question un petit peu différente dans le sens où le gouvernement réglemente déjà l\u2019âge légal pour un paquet de produits.» « Le gouvernement Legault devra nous montrer comment il peut corriger ça, a réagi le député péquiste, Sylvain Gaudreault.S\u2019il est vraiment autonomiste et nationaliste, c\u2019est à lui de nous montrer comment il va faire pour contrer cette décision de la Cour supérieure et de la loi fédérale.» La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) presse le gouvernement de porter le jugement en appel.« Ce n\u2019est pas parce qu\u2019une juge a décidé que c\u2019était possible et c\u2019était dans le droit de quelqu\u2019un de cultiver à domicile qu\u2019il n\u2019y aura pas énormément de problèmes, a réagi le directeur des affaires publiques de la COR- PIQ, Hans Brouillette.Donc, on doit empêcher ces problèmes-là de survenir.» Le gouvernement prendra le temps d\u2019analyser le jugement avant de décider s\u2019il fera appel ou non, a indiqué le directeur de cabinet de la procureure générale, Sonia LeBel.À Ottawa, le bureau du ministre de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a réitéré que « la culture personnelle aidera à déplacer le marché illégal et à prévenir la cri- minalisation inutile de Canadiens respectueux des lois.» JUSTICE L\u2019interdiction de faire pousser du pot à domicile invalidée Le Québec doit respecter la compétence fédérale en matière criminelle ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Depuis juin, pas moins de 183 municipalités ont demandé à être exemptées au moins en partie des zones d\u2019intervention spéciales (ZIS) et le gouvernement continue de recevoir des demandes.Les villes qui voulaient se soustraire aux règles avaient jusqu\u2019au 19 août pour faire de nouvelles demandes au gouvernement.Selon le ministère des Affaires municipales, au total, 183 municipalités, 7 MRC et 5 arrondissements ont demandé des exemptions cet été sur les 813 ciblées au départ, soit plus d\u2019une sur cinq.Or le ministère accepte toujours de nouvelles demandes d\u2019exemption, a confirmé l\u2019attachée de presse de la ministre Andrée Laforest mardi.Plus tôt dans la journée, la mairesse d\u2019une municipalité avait signalé au Devoir qu\u2019on lui avait donné jusqu\u2019au 9 septembre pour formuler de nouvelles requêtes.Deux mois après les inondations d\u2019avril, le gouvernement Legault a créé en juin les ZIS pour freiner les constructions dans les zones à risque.Il s\u2019agissait, disait-on, d\u2019une mesure transitoire en attendant une refonte plus ambitieuse de l\u2019aménagement du territoire.Les ZIS ciblaient les constructions inondées en 2017 ou en 2019 ainsi que celles situées dans des zones inondables 0-20 ans.Or, rapidement, de nombreux élus se sont plaints de ces nouvelles règles, ce qui a amené le gouvernement à modifier sa carte des zones inondables à cinq reprises.Ainsi, depuis juin, plus d\u2019une centaine d\u2019exemptions aux ZIS ont déjà été autorisées dans au moins 69 municipalités et d\u2019autres pourraient s\u2019ajouter en septembre.Des élus mécontents Les MRC du Témiscamingue et d\u2019Abi- tibi-Ouest font partie des demandeurs dont les dossiers n\u2019ont pas encore été traités.« Ici, ce sont des barrages qui gèrent nos cours d\u2019eau [\u2026] C\u2019est jamais la nature qui va nous affecter, c\u2019est la gestion des barrages », affirme le préfet de la MRC d\u2019Abibiti-Ouest, Jaclin Bégin, qui souhaite exclure de la zone des secteurs dans les environs de La Sarre, notamment.« Le gouvernement devrait plutôt s\u2019entendre avec ceux qui gèrent les barrages.» Du côté de la MRC du Témisca- mingue, la préfète Claire Bolduc abonde dans ce sens.« Les lacs autour desquels on a mis les ZIS sont des lacs- réservoirs, dit-elle.Ce sont les gestionnaires de barrages qui règlent l\u2019eau.» Pour assujettir une résidence aux contraintes de la ZIS, deux critères s\u2019appliquent: avoir été victime des inondations de 2017 ou de 2019 ou être située dans une zone 0-20 ans.Or Mme Bolduc affirme que ce n\u2019est pas le cas des résidences visées par la ZIS sur son territoire.«Ce n\u2019est pas un phénomène naturel, c\u2019est une gestion humaine qui est en cause.» À l\u2019exception de ces MRC, la plupart des demandes d\u2019exemption venaient des régions de la Mauricie, de Montréal, de l\u2019Outaouais, de Laval, de La- naudière, des Laurentides, de la Mon- térégie et du Centre-du-Québec.Une municipalité sur cinq a demandé son retrait des zones inondables Ottawa permet la culture d\u2019un maximum de quatre plants de cannabis par résidence.Québec, en désaccord avec le gouvernement central, avait carrément prohibé la culture de pot dans les maisons privées.JUAN MONINO GETTY IMAGES Notre destin, c\u2019est de dire aux Québécois que de passer de statut de locataire à celui de propriétaire offre non seulement une liberté de choix, mais une liberté qui nous permet vraiment de réaliser nos projets à nous, sans quémander.PASCAL BÉRUBÉ » Le parti entend permettre aux membres, mais aussi aux sympathisants du PQ de participer à la relance du parti, notamment en choisissant un nouveau ou une nouvelle chef en 2020 Elle entend remédier à la situation.Le PQ insistera sur le fait que l\u2019indépendance permettra au Québec « de tirer profit de tous les outils que lui procure sa langue comme vecteur de réussite, de rayonnement et d\u2019intégration», «de contrôler pleinement son territoire afin d\u2019être exemplaire dans la lutte contre les changements climatiques, en se tournant définitivement vers une économie verte, prospère et ambitieuse dont tous les Québécois tireront bénéfice », « d\u2019exercer le plein contrôle sur les finances et les leviers économiques de son État et, ainsi, de créer davantage de richesse et de mieux la répartir »\u2026 En résumé, « de décider de ce qui est bon pour lui, simplement ».La « Déclaration de principes » « va repréciser pour bien des gens pourquoi on fait de la politique », a dit le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, lors d\u2019un « 5 à 7 » dans la circonscription de Beauharnois, mardi.« Notre destin, ce n\u2019est pas de prendre le pouvoir pour le garder pour nous-mêmes.Notre destin, c\u2019est de dire aux Québécois que de passer de statut de locataire à celui de propriétaire offre non seulement une liberté de choix, mais une liberté qui nous permet vraiment de réaliser nos projets à nous, sans quémander.Le destin du Québec, c\u2019est pas de quémander à Ottawa », a-t-il déclaré aux sympathisants rassemblés dans la DEZ Taverne urbaine.La présidente du PQ, Gabrielle Le- mieux, dévoilera la nouvelle « Déclaration de principes » ainsi que les nouveaux statuts du PQ, lors d\u2019une conférence de presse à Salaberry-de-Valley- field mercredi.Elle sera accompagnée de la présidente du Comité national des jeunes du PQ, Frédérique Saint- Jean, ainsi que de M.Bérubé.Le parti entend permettre aux membres, mais aussi aux sympathisants du PQ de participer à la relance du parti, notamment en choisissant un nouveau ou une nouvelle chef en 2020.« Nous devons nous donner un nouveau départ comme parti politique.Ce nouveau départ doit se caractériser à la fois par notre fonctionnement, mais aussi dans notre identité et la manière dont nous la présentons», plaide l\u2019exécutif du parti.« C\u2019est une proposition qu\u2019on met au jeu », a résumé M.Bérubé.En effet, les membres seront appelés à adopter ces deux documents « importants » à l\u2019occasion d\u2019un congrès extraordinaire à Trois-Rivières les 9 et 10 novembre prochain.L\u2019adoption des nouveaux statuts n\u2019est pas chose faite, a constaté Le Devoir.Permettre aux sympathisants du PQ et non pas seulement aux membres de se prononcer sur le successeur de Jean- François Lisée, c\u2019est « une cochonnerie », a tonné le vice-président du comité exécutif du PQ de la circonscription de Beauharnois, mardi.Les neuf élus du PQ sont rassemblés à Salaberry-de-Valleyfield cette semaine afin de se préparer en prévision de la reprise des travaux à l\u2019Assemblée nationale.La position du PQ dans le débat sur l\u2019avenir des commissions scolaires sera notamment discutée.« Tout ce qui favorise la réussite scolaire, on va l\u2019appuyer », s\u2019est contenté de dire M.Bérubé à la veille de l\u2019ouverture du caucus présessionnel. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 ÉLECTIONS 2019 Même heure, même poste\u2026 L e titre du Toronto Star avait de quoi attirer l\u2019attention lundi matin : « Fini le traitement de faveur » (No more free rides) pour les géants du Web, au dire du ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez.Voilà qui sonnait comme de la musique aux oreilles de quiconque s\u2019inquiète de l\u2019avenir de nos industries culturelles.Après tout, cela fait quatre ans que le gouvernement Trudeau écarte toute possibilité de forcer les plateformes numériques étrangères à percevoir les taxes de vente sur leurs services de diffusion en ligne ou à contribuer à la production de contenu canadien.Il s\u2019y refusait afin de ne pas alourdir le fardeau fiscal de la classe moyenne, prétendait-il.Et surtout parce qu\u2019il l\u2019avait promis en 2015.À entendre M.Rodriguez, le vent serait en train de tourner.« Quiconque bénéficie [du marché culturel canadien] devrait y contribuer, y compris les gros joueurs du Web », a-t-il confié au Star, avant d\u2019ajouter que tous les acteurs devaient être traités de la même manière.Le hic est qu\u2019il n\u2019est pas le premier ministre à le dire, ni le premier à ne rien proposer de concret pour y parvenir, sauf attendre un énième rapport.La prédécesseure de M.Rodriguez, Mélanie Joly, tenait des propos similaires en juin 2018.« Pour nous, ce n\u2019est pas compliqué.Tu fais partie du système, tu contribues.Pas de passe-droit », disait-elle dans la foulée de l\u2019annonce de la création d\u2019un groupe d\u2019examen de la législation en matière de radiodiffusion et de télécommunications.Son rapport n\u2019est cependant attendu qu\u2019en janvier 2020, soit après les élections, ce qui sert maintenant de prétexte au ministre Rodriguez pour ne pas trop se mouiller.Ce rapport est crucial, mais le Canada est déjà bien en retard sur d\u2019autres pays qui, eux, n\u2019ont pas craint de taxer les entreprises du genre Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA).Le ministre Rodriguez reconnaît lui-même que les Européens ont plusieurs longueurs d\u2019avance, y compris en matière de législation du droit d\u2019auteur.« Ils y travaillent depuis très longtemps.Pour eux, c\u2019est la fin d\u2019un marathon.Nous commençons tout juste notre sprint, mais nous avançons aussi vite que nous le pouvons », a-t-il dit.Aussi vite qu\u2019ils le peuvent ?Si c\u2019est ce qu\u2019il appelle bouger vite, on est en droit d\u2019être inquiet.L\u2019examen nécessaire des lois actuelles ne justifie pas de rester les bras croisés en attendant.L\u2019absence d\u2019engagements fermes et concrets, alors qu\u2019il y a urgence au dire même du ministre, est d\u2019autant moins justifié que le gouvernement a en main mémoires, études et rapports.Deux se démarquent du lot : celui du comité du patrimoine, appuyé par tous les membres libéraux et publié il y a plus de deux ans (juin 2017), et celui du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), publié en juin 2018.Les deux préconisaient des changements en profondeur, par exemple obliger les diffuseurs numériques, y compris étrangers, à contribuer financièrement à l\u2019écosystème culturel canadien.Ils insistaient aussi pour que les Netflix et consorts soient soumis aux mêmes régimes que leurs concurrents d\u2019ici.Le CRTC disait bien que l\u2019approche actuelle ou la déréglementation n\u2019étaient pas des options, qu\u2019il fallait un nouveau cadre et qu\u2019il le fallait plus tôt que tard.Personne ne proposait d\u2019entente à la pièce comme celle conclue avec Netflix en septembre 2017, avec ses investissements de 500 millions sur cinq ans dans la production canadienne, mais sans obligation de production en français ni de perception de taxe de vente.La levée de boucliers qui a suivi, en particulier au Québec, a mis la ministre Joly sur la sellette au point où elle a fini par présenter cette entente comme une solution de transition.Les libéraux pourront dire qu\u2019ils ont tenu leur promesse de ne pas imposer la « taxe Netflix », mais en évoquant la fin du « traitement de faveur » et des « passe-droits », les deux ministres ont reconnu que c\u2019est ce que leur gouvernement a offert aux géants du Web pendant quatre ans.Mais à trop ménager les GAFA, le gouvernement a fini par ne plus avoir de dents pour les obliger à agir.Les élections approchent et, à part quelques mesures de transparence en matière de publicité électorale, il n\u2019a pas obtenu d\u2019eux la collaboration qu\u2019il espérait pour contrer l\u2019ingérence étrangère.La ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, s\u2019en désolait en avril dernier, mais malgré l\u2019urgence, elle avouait à son tour manquer de temps pour légiférer avant les élections\u2026 Mais après ?Il revient aux libéraux de démontrer que la procrastination face aux GAFA ne reprendra pas ses droits.Quant aux conservateurs, on se demande s\u2019ils entendent faire quelque chose puisqu\u2019ils se sont dissociés du comité du patrimoine en disant que le temps était venu « d\u2019accepter et d\u2019embrasser cette nouvelle ère et d\u2019abandonner ces efforts futiles de recourir à la réglementation gouvernementale, à la fiscalité et aux subventions pour maintenir le paysage médiatique dans l\u2019état où il était dans les années 1960 ».MANON CORNELLIER MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR À une semaine du déclenchement possible de la campagne électorale, le Nouveau Parti démocratique n\u2019a toujours que la moitié de ses candidats en lice.Et de l\u2019aveu même du parti, c\u2019est à cause des objectifs stricts qu\u2019il s\u2019est fixés pour recruter des candidats issus de la diversité qu\u2019il n\u2019arrive pas à suivre la cadence.Tout indique que Justin Trudeau déclenchera la campagne fédérale dimanche prochain ou le suivant.Or, le Nouveau Parti démocratique ne compte à ce jour que 180 candidats sur les 338 circonscriptions au pays (29 au Québec, sur un total de 78 circonscriptions).À titre comparatif, le Parti conservateur a été le premier à confirmer ses 338 candidats mardi, tandis que le Parti libéral en compte 265 pour l\u2019instant (61 au Québec), le Parti vert, 274 (63 au Québec) et le Bloc québécois, 52.Les néodémocrates citent leur «processus démocratique» d\u2019investiture pour expliquer leur retard.Celui-ci indique notamment que chaque association de circonscription du NPD a maintenant l\u2019obligation \u2014 plutôt que l\u2019objectif \u2014 d\u2019offrir au moins un candidat à l\u2019investiture qui soit une femme, issu de la communauté LGBT ou encore d\u2019une minorité culturelle.Si une association de circonscription en est incapable, elle doit prouver au NPD qu\u2019elle a fait des «efforts sérieux» pour essayer d\u2019en recruter \u2014 en précisant les personnes contactées et les démarches entreprises.« On a fixé des objectifs plus élevés à nos standards, en matière de diversité de candidats », explique le porte-parole du parti Guillaume Francœur.Le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, reconnaît que ce nouveau critère ralentit le processus de recrutement, mais il le défend.« Comme parti de gauche et parti progressiste, on sait que si on ne fait pas d\u2019efforts, on va se retrouver avec un paquet de gars blancs de 45 ans.Or la recherche de candidats provenant des minorités et de femmes demande beaucoup plus de temps.» M.Boulerice reconnaît en outre que le NPD n\u2019a pas embauché suffisamment d\u2019employés en amont, le printemps dernier, afin de prévoir le temps nécessaire pour éplucher les dossiers de candidature.Le chef adjoint assure que le parti a corrigé le tir et que « les choses vont vraiment s\u2019accélérer ».Deux désistements Ces retards dans l\u2019approbation de candidatures ont cependant mené au moins deux aspirants candidats néodémocrates à tirer leur révérence.Le leader syndicaliste Sid Ryan a renoncé à briguer l\u2019investiture du NPD à Oshawa, tandis que Ja- net-Lynne Durnford a fait de même dans Simcoe-Nord, également en Ontario.Dans une publication Facebook, Mme Durnford déplore ne plus être en mesure, à seulement quelques semaines du vote, de mener une « campagne efficace » puisqu\u2019à défaut d\u2019être confirmée candidate néodémocrate, elle n\u2019a toujours ni équipe de campagne, ni activités de financement, ni même de pancartes électorales.Une critique réitérée par le président de l\u2019association néodémocrate de Simcoe- Nord, Don Brundage.«On n\u2019a personne à présenter aux électeurs», déplore-t-il en entrevue auDevoir.Et son association locale n\u2019a pas l\u2019intention de se charger de remédier à la situation.«Ça ne sert plus à rien de soumettre une candidature, parce que le processus d\u2019approbation prendrait trop de temps.C\u2019est sur leurs épaules, dit-il au sujet du NPD.Ils ont créé ce chaos; c\u2019est à eux de le régler.» Sid Ryan dénonce lui aussi le fait que son dossier de candidature a mis beaucoup trop de temps à être épluché par le parti.«Je ne m\u2019oppose pas au processus du NPD qui recherche une diversité, c\u2019est positif.Mon reproche, c\u2019est que tout le monde devrait être traité équitablement», fait valoir M.Ryan, qui estime que le parti a tenté de lui nuire personnellement en retardant l\u2019approbation de sa candidature alors que la date de l\u2019assemblée d\u2019investiture approchait à grands pas.Le désistement de M.Ryan et de Mme Durnford n\u2019est pas passé inaperçu dans les rangs néodémocrates.« Je respecte la nécessité de s\u2019assurer d\u2019avoir des candidats solides et crédibles, mais c\u2019est totalement inacceptable », a dénoncé l\u2019ex-député et candidat Svend Robinson sur Twitter, en référence au traitement trop long des dossiers.Joint par Le Devoir mardi, il n\u2019a pas voulu faire de plus amples commentaires.Le NPD affiche un retard dans son recrutement partout au pays.Au Nou- veau-Brunswick, il ne compte encore aucun candidat confirmé.D\u2019ailleurs, mardi, 14 anciens candidats provinciaux du NPD ont claqué la porte du parti pour donner leur appui au Parti vert, justifiant leur geste notamment par cette absence de candidats au scrutin fédéral du mois prochain.Avec Hélène Buzzetti La diversité, une barrière au recrutement ?Le NPD peine à constituer son équipe en raison de ses objectifs stricts MARIE-ANDRÉE CHOUINARD RÉDACTRICE EN CHEF LE DEVOIR Les partis politiques qui se lanceront dans la course électorale sont déjà sur les blocs de départ, même si le déclenchement « officiel » n\u2019a pas encore été sonné.Qu\u2019à cela ne tienne, nous aussi ! Voici notre plan de match électoral.Les lecteurs du Devoir sont éclairés.Nous souhaitons en faire des électeurs éclairés.Sur l\u2019ensemble de nos plate- formes, tous les jours une section électorale reprendra l\u2019essentiel de la journée : de l\u2019ensemble des promesses, enjeux et joutes quotidiennes, nos journalistes tireront la matière la plus pertinente.Nous inscrirons à notre menu des vérifications de faits lorsque certaines affirmations ou propositions vaudront la peine d\u2019être mesurées à l\u2019aune d\u2019un indice de vérité.À l\u2019expertise de nos courriéristes parlementaires et reporters politiques s\u2019ajoute celle de journalistes spécialistes qui, en environnement, en santé ou en économie, permettront de creuser certains des enjeux sur lesquels se jouera la campagne.Après un séjour de trois ans à l\u2019éditorial, notre collègue Manon Cornel- lier retourne à ses anciennes amours, et signera désormais une chronique politique fédérale tous les mercredis, de même qu\u2019une analyse approfondie en Perspectives le samedi.Konrad Yaka- buski signe toujours sa chronique politique dans l\u2019édition de la fin de semaine.Les électeurs veulent comprendre quel bilan tirer du gouvernement sortant \u2014 nous avons démarré une série de ces bilans lundi et ils se poursuivront toute la semaine \u2014, démêler le vrai du faux dans l\u2019ensemble des promesses, comprendre de quel bois se chauffent les chefs, savoir où se joueront les luttes électorales les plus serrées.Nous nous Le plan de match électoral du Devoir Couvertures quotidiennes, résumés de la journée, vidéos, chroniques et analyses seront au menu Le chef du NPD, Jagmeet Singh, s'est adressé aux médias en compagnie de militants néodémocrates, lundi à Toronto.CHRISTOPHER KATSAROV LA PRESSE CANADIENNE Mais à trop ménager les GAFA, le gouvernement a fini par ne plus avoir de dents pour les obliger à agir.Les élections approchent et, à part quelques mesures de transparence en matière de publicité électorale, il n\u2019a pas obtenu d\u2019eux la collaboration qu\u2019il espérait pour contrer l\u2019ingérence étrangère.engageons à vous aider à comprendre tout cela, non seulement en couvrant les sorties quotidiennes de l\u2019ensemble des chefs, mais aussi en partant à la rencontre des électeurs, et en sillonnant certaines circonscriptions.Les adeptes du résumé de la journée qui consultent notre Courrier du soir retrouveront dans l\u2019infolettre quotidienne un rendez-vous électoral qui résumera l\u2019essentiel.Sur nos plateformes numériques, nous renouons avec Espace citoyen, une capsule vidéo répondant à la question d\u2019un électeur.En vidéo, nous proposerons des formats résumant les moments forts de la couverture quotidienne.Dans notre édition du samedi, nous misons toujours sur la mise en perspective et les dossiers de fond pour permettre de mieux comprendre les finesses de la bataille électorale.Enfin, Le Devoir fait partie du Partenariat canadien pour la production des débats dévoilé par la Commission aux débats des chefs, aux côtés de Radio- Canada, La Presse et L\u2019actualité.Notre journaliste Hélène Buzzetti participera au débat français dans la deuxième semaine d\u2019octobre.À l\u2019expertise de nos courriéristes parlementaires et reporters politiques s\u2019ajoute celle de journalistes spécialistes qui creuseront des enjeux sur lesquels se jouera la campagne LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 4 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR S\u2019il avait su que son duplex du Plateau- Mont-Royal se trouvait sur un ancien dépotoir, jamais Pascal Cormier ne l\u2019aurait acheté ni rénové.Au premier jour d\u2019audience de la cause qui oppose un groupe de propriétaires à la Ville de Montréal au palais de justice de Montréal, Pascal Cormier a soutenu mardi que sa demeure n\u2019avait plus aucune valeur compte tenu de la contamination des sols et des émanations de biogaz détectées dans son sous-sol.Q u a n d Pa s c a l C o r m i e r et s a conjointe ont décidé de devenir propriétaires en 2002, ils ont hésité entre plusieurs propriétés avant d\u2019arrêter leur choix sur un duplex de la rue Sherbrooke, en mauvais état certes, mais propice à d\u2019importantes rénovations qu\u2019ils étaient prêts à entreprendre.En novembre 2015, un reportage de l\u2019émission La Facture leur apprend toutefois que le secteur, qui englobe le parc Baldwin, a autrefois accueilli un dépotoir \u2014 entre 1907 et 1924 \u2014 et que des résidences ont par la suite été construites sur le site.Des expertises ont démontré que le sol contient des contaminants.« On ne parle pas d\u2019une JUSTICE Montréal poursuivie pour négligence Des citoyens ont acquis des immeubles, ignorant qu\u2019ils avaient été construits sur un ancien dépotoir Réduire le risque à la source CANCER SUITE DE LA PAGE A 1 de cette maladie dans l\u2019année.53 % d\u2019entre eux seront des hommes.Il y a une trentaine d\u2019années, en 1988, 50 700 personnes sont décédées des suites d\u2019un cancer.Sur plus d\u2019une centaine de types différents de la maladie, les cancers du sein, du poumon, de la prostate et le cancer colorectal compteront pour près de la moitié (48 %) des nouveaux cas diagnostiqués en 2019.Les plus meurtriers sont toutefois celui du poumon, responsable du quart (26 %) de tous les décès par cancer au Canada, suivi par le cancer colorectal (12 %) et celui du pancréas (6 %).Malgré ce sombre portrait de la situation, le porte-parole de la Société canadienne du cancer, André Beau- lieu, juge qu\u2019« il y a beaucoup d\u2019éléments positifs dans ce nouveau rapport » et qu\u2019il faut garder espoir plutôt que de se décourager par ces chiffres à rallonge.Car si le nombre de diagnostics et de décès par cancer a augmenté année après année, c\u2019est surtout en raison de l\u2019augmentation et du vieillissement global de la population canadienne, fait-il remarquer.Près de 90 % des cas de cancer sont effectivement détectés chez les personnes âgées de plus de 50 ans.En réalité, le taux de mortalité par cancer a, lui, diminué de 28 % \u2014 précisément de 35 % chez les hommes et de 20 % chez les femmes \u2014 depuis 1988.Et ce, grâce à la prévention, aux méthodes de dépistage, à la détection précoce et à l\u2019amélioration des traitements dans les dernières années, souligne le rapport.« Ça laisse penser que le cancer va de plus en plus devenir une maladie chronique.Des gens vont vivre avec tout en ayant des traitements sur le long terme », note M.Beaulieu.Les ravages du tabac Il se dit même ravi de voir que pour la première fois les diagnostics de cancers du poumon et les décès qui y sont associés, ont commencé à diminuer chez les Canadiennes.« Ça fait une trentaine d\u2019années que ça diminuait chez les hommes qui ont, pour plusieurs, arrêté de fumer dans les années 1960, quand on a commencé à faire le lien entre le tabac et le cancer.Mais les femmes ont continué jusque dans les années 1980.On commence donc seulement à voir l\u2019effet de leur arrêt du tabac dans les statistiques », explique-t-il.Une preuve que les campagnes de prévention et les politiques de lutte contre le tabac fonctionnent, d\u2019après lui.Il encourage d\u2019ailleurs le gouvernement du Canada, mais aussi celui du Québec, à continuer d\u2019y investir du temps et de l\u2019argent.« Une récente étude a démontré que le tabac est responsable d\u2019au moins les trois quarts des cancers du poumon, insiste M.Beaulieu.Si on élimine la source du problème, la cigarette donc, on constatera moins de décès ».Car ce type de cancer reste difficile à dépister et à traiter, rappelle-t-il.C\u2019est donc en amont qu\u2019il faut agir.D\u2019après la Société canadienne du cancer, le cancer du poumon n\u2019est pas le seul qui pourrait être évité par l\u2019adoption de saines habitudes de vie.Si les chercheurs n\u2019ont pas encore trouvé de causes précises à l\u2019apparition de certains cancers, d\u2019autres sont inévitablement liés à l\u2019obésité, la sédentarité, le cholestérol et le diabète par exemple.« Avec un meilleur mode de vie, on pourrait prévenir 4 cancers sur 10, c\u2019est 40 % de tous les cancers », insiste M.Beaulieu.Pas d\u2019expropriation prévue dans le secteur REM SUITE DE LA PAGE A 1 « J\u2019ai un petit garçon de deux ans.Lorsqu\u2019ils vident la pierre, c\u2019est comme un tremblement de terre.Imaginez la peur qu\u2019il ressent chaque fois », raconte le père de famille.Désormais, il mène son enfant à la garderie dès l\u2019ouverture pour lui éviter les bruyants travaux.« La paix de notre chez-nous, on ne l\u2019a plus et je ne sais même pas si on va pouvoir la retrouver un jour », laisse-t-il tomber.Exaspéré, M.Mordente a fait parvenir plusieurs vidéos montrant l\u2019ampleur du dérangement.Dans une lettre, NouveLR, la société responsable de l\u2019ingénierie et de la construction du REM, lui offre l\u2019installation de rideaux phoniques ou deux paires de casques d\u2019écoute.« Disons que je trouve ça un peu insultant », confie-t-il.Une mesure qualifiée de créative par les responsables du REM, qui assurent tenir compte des réalités des riverains.Expropriation Le résident s\u2019explique mal d\u2019avoir échappé à une expropriation.« Il me semble qu\u2019il doit y avoir une norme minimale de distance entre une résidence et un pont ferroviaire », fait-il valoir.En 2016, le terrain de M.Mordente figurait d\u2019ailleurs sur la liste des terrains devant potentiellement être expropriés.« Après évaluation, nous avons conclu que nous n\u2019avions pas besoin de ce terrain pour réaliser nos travaux », explique Virginie Cousineau, directrice des affaires publiques du REM.« La loi sur l\u2019expropriation est très stricte.En ce moment, nous réalisons nos travaux sur notre terrain.On a 100 % les pieds dans notre entreprise », ajoute-t-elle.Mme Cousineau rappelle également que c\u2019est le ministère des Transports qui est responsable des expropriations.Appelé à commenter la situation sur l\u2019île Bigras, le ministère confirme qu\u2019à l\u2019heure actuelle, aucun lot n\u2019est visé par un processus d\u2019acquisition à des fins gouvernementales.«Le ministère n\u2019est pas en mesure de discuter de données personnalisées et confidentielles», souligne Sarah Bensa- doun, porte-parole du ministère des Transports du Québec.L\u2019homme espère pouvoir quitter cette île de l\u2019archipel des Îles-Laval, où se trouvent quelque 250 résidences, puisqu\u2019en plus de cohabiter avec un nouveau voisin bruyant, M.Mordente réside maintenant dans une zone d\u2019intervention spéciale (ZIS).En juin dernier, Québec a annoncé un décret qui interdit désormais de construire, de reconstruire ou de réparer un immeuble situé dans les ZIS, qui englobent des secteurs inondables 0-20 ans.D\u2019ailleurs, c\u2019est en face de chez M.Mor- dente que le premier ministre François Legault a tenu un point de presse lors des inondations du printemps.« On ne veut pas qu\u2019à répétition les contribuables paient pour les inondations.Il faut ajuster nos programmes, mais il faut aussi être lucide.Si c\u2019est nécessaire de forcer les gens à déménager, il faudra le faire », avait fait valoir le premier ministre.Le Comité citoyen Laval-les-Îles (CCLLI) tente d\u2019appuyer M.Mordente dans sa démarche, puisque c\u2019est derrière son terrain que, lors des inondations de 2017 et de 2019, des digues ont été construites.« Le premier ministre est venu sur place et a dit qu\u2019on cherche à implanter des solutions pour les futures inondations.Le terrain de M.Mordente est un endroit névralgique.La digue temporaire a permis d\u2019épargner des dégâts à des dizaines de résidents.Il me semble qu\u2019on devrait avoir une approche plus humaine et enlever un peu de poids sur les épaules d\u2019un citoyen qui, en plus, est prêt à déménager », mentionne Ka- tia Sénécal, présidente du CCLLI.Ni le cabinet du ministre des Transports ni celui des Affaires municipales n\u2019ont souhaité commenter le dossier.« Avant le REM et les inondations, mon terrain était évalué à 425 000 $ dans les pires cas.Je me demande ce que représente ce montant sur un projet de plus de 6 milliards », dit M.Mordente.« On ne peut malheureusement pas commencer à acheter des terrains excédentaires», répond Mme Cousineau.Données Société canadienne du cancer Infographie Le Devoir 0 5 10 15 20 25 % 25 % 13,5 10,9 6,7 5,7 Glande thyroïde Utérus Colorectal Poumon et bronches Sein Distribution en pourcentage des nouveaux cas de cancer projetés chez les femmes en 2019 Données Société canadienne du cancer Infographie Le Devoir 0 5 10 15 20 25 % 20,3 % 13,2 12,9 8,1 5 Lymphome non hodgkinien Vessie Colorectal Poumon et bronches Prostate Distribution en pourcentage des nouveaux cas de cancer projetés chez les hommes en 2019 contamination sur 2 mètres de profondeur, mais bien 11 mètres », a expliqué Pascal Cormier à la Cour lors de son témoignage.Des détecteurs installés dans sa maison ont même révélé la présence de biogaz, a-t-il affirmé.Pascal Cormier fait partie des 14 propriétaires du secteur qui ont intenté une poursuite contre la Ville.Ils réclament des indemnités pour dommages à la Ville qu\u2019ils accusent d\u2019avoir omis d\u2019aviser les résidents des risques que ces sols contaminés représentaient et dont elle connaissait pourtant l\u2019existence.En 1994, un rapport du Service des travaux publics avait conclu à la présence de bio- gaz dans le secteur du parc Baldwin et avait recommandé divers travaux pour mesurer la présence de méthane autour des habitations.« Si j\u2019avais eu cette information, je n\u2019aurais pas acheté ça», a expliqué M.Cormier.Le couple a aussi investi plus de 180000$ en rénovations au fil des ans et jamais la Ville ne l\u2019a avisé de la contamination des sols lors des demandes de permis, a indiqué Pascal Cormier.Rappelons que depuis 2006, la culture de légumes et de fruits été interdite par la Ville au jardin communautaire Baldwin en raison des métaux lourds détectés dans les récoltes.Le couple et leurs enfants n\u2019habitent plus dans cette demeure.Devant le tribunal, Pascal Cormier a invoqué des enjeux de santé et la présence de bio- gaz.« Je voulais sortir la famille de là », a-t-il dit.Il est toutefois demeuré propriétaire du duplex, estimant qu\u2019il n\u2019était pas avantageux de le vendre dans ces conditions puisqu\u2019il devrait aviser tout acheteur potentiel de la contamination des sols.Il loue maintenant son immeuble, a-t-il dit sans entrer dans les détails.Pascal Cormier réclame 810 000 $ à la Ville à titre de dommages pécuniaires, moraux et punitifs.Dans sa déclaration d\u2019ouverture, l\u2019avocat de la Ville, Me Olivier Nadon, a fait valoir que sa cliente n\u2019était pas propriétaire du site lorsqu\u2019il y a eu un dépotoir.Selon lui, rien ne prouve qu\u2019il y a eu migration des biogaz à l\u2019intérieur des demeures.À cet égard, la Ville fera entendre les témoignages de représentants de la Direction de la santé publique et de ses services.Quant à la valeur des immeubles, Me Nadon est d\u2019avis qu\u2019il est faux de dire qu\u2019elle est nulle.Les propriétaires n\u2019ont aucune obligation légale de décontaminer les terrains, a-t-il affirmé.De plus, des immeubles ont été vendus dans le secteur depuis 4 ans, dont une maison qui a trouvé preneur pour 1,9 million de dollars, a-t-il signalé.La Ville soutient aussi n\u2019avoir jamais caché d\u2019informations au public puisque le rapport de 1994 sur la présence d\u2019un dépotoir était disponible pour quiconque faisait une demande d\u2019accès à l\u2019information.À cela, Pascal Cormier, a fait valoir qu\u2019en 2002, au moment de l\u2019achat de sa propriété, il n\u2019avait aucune raison de croire que le terrain qu\u2019il convoitait se trouvait sur un ancien site d\u2019enfouissement.Les audiences devant le juge Yves Poirier, qui doivent s\u2019échelonner sur 13 jours, se poursuivront mercredi.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Pascal Cormier reproche à la Ville de Montréal de n\u2019avoir pas informé ses citoyens de la contamination des terrains dans le secteur qui englobe le parc Baldwin.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 ACTUALITÉS A 5 L\u2019Université de Montréal et de ses diplômés inspirants La Faculté des arts et des sciences de l\u2019Université de Montréal célèbre la réussite de diplômés qui participent de façon exemplaire à l\u2019avancement de la société.Source d\u2019inspiration pour nos finissants, les personnalités suivantes ont été honorées au cours des cérémonies de collation des grades 2019.Toutes nos félicitations ! Marie-Josée Boivin, M.Sc.Gestion \u2013 HEC Montréal, 1996 B.Sc., Relations industrielles, 1994 Vice-présidente, Ressources humaines \u2013 Développement organisationnel, Bell Canada L.Jacques Moulins, M.Sc.Sciences appliquées \u2013 Polytechnique Montréal, 1984 B.Sc., Sciences biologiques, 1978 Directeur général (retraité), Environnement et restauration des sites, Glencore Jean-Pierre Charland, Ph.D.Chimie, 1984 Gestionnaire à la division de la recherche sur la qualité de l\u2019air, Environnement et changement climatique Canada Sébastien Fortin, Ph.D.Chimie, 2000 Conseiller principal R&D, groupe Bauxite et Alumine, Centre de R&D Arvida, Rio Tinto Aluminium Luc Rabouin, M.Sc.Science politique, 2006 Entrepreneur social et directeur du développement stratégique, Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins Hugo Larochelle, Ph.D.Informatique, 2009 Responsable de l\u2019équipe Google Brain à Montréal et membre du Mila - Institut québécois d\u2019intelligence artificielle fas.umontreal.ca Une initiative de la Faculté des arts et des sciences, avec la collaboration du Réseau des diplômés et des donateurs.Des employés en grève, mardi JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEÏLA JOLIN-DAHEL LE DEVOIR Le journaliste Pierre Nadeau est décédé mardi, des suites d\u2019une longue maladie.Il était âgé de 82 ans.Sa fille Pascale Nadeau, journaliste et chef d\u2019antenne à Radio-Canada, a confirmé la triste nouvelle sur son compte Twitter.«Le cœur brisé, je vous annonce que ce matin, tout doucement, dans mes bras, est décédé mon courageux, résilient et combatif père, Pierre Nadeau.Je te souhaite le plus beau des voyages.Je t\u2019[aime]», a-t-elle écrit.M.Nadeau avait dévoilé publiquement qu\u2019il souffrait de la maladie de Parkinson à l\u2019émission de Christiane Charette en 2008.Il avait raconté qu\u2019à son retour d\u2019un tournage en Cisjordanie, il avait découvert que « quelque chose ne tournait pas tout à fait rond ».Pluie d\u2019hommages De nombreuses personnalités publiques québécoises ont rendu hommage à Pierre Nadeau et offert leurs condoléances à ses proches.Beaucoup de journalistes et chroniqueurs issus de différents médias ont également souligné l\u2019impressionnante carrière du journaliste et louangé sa rigueur.L\u2019ex-journaliste et ex-éditorialiste au Devoir Serge Truffaut a travaillé avec Pierre Nadeau à la fin des années 1970, alors qu\u2019il était documentaliste et re- MÉDIAS Concert d\u2019éloges pour Pierre Nadeau Le pionnier du journalisme québécois s\u2019est éteint à 82 ans cherchiste en économie à Radio-Ca- nada.En entrevue au Devoir, il dit se souvenir d\u2019un homme « d\u2019une grande courtoisie ».« Ils n\u2019étaient pas tous comme ça », ajoute-t-il en riant.M.Truffaut explique que Pierre Na- deau lui a appris « le souci du détail ».« Le jeune couillon que j\u2019étais apprenait beaucoup », résume-t-il.Le journaliste à la retraite Gilles Gou- geon a fait parvenir une lettre au Devoir, dans laquelle il écrit que Pierre Nadeau « a survolé le métier en n\u2019hésitant jamais à fondre sur les proies qu\u2019il identifiait comme adversaires de la vérité ».Il ajoute que son ancien collègue de l\u2019émission d\u2019information jeunesse Bonjour dimanche était un homme « courageux, résilient, colérique, flamboyant, généreux, honnête ».Le premier ministre du Québec, François Legault, a dit sur Twitter apprendre avec tristesse « le décès d\u2019un grand du journalisme québécois ».Les chefs des trois partis d\u2019opposition ont également souligné la carrière de Pierre Nadeau et offert leurs condoléances à ses proches, tout comme plusieurs ministres et députés des partis d\u2019opposition.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a quant à elle qualifié Pierre Na- deau de «grand reporter montréalais» et de «pionnier de la télé francophone».Une longue carrière de journaliste Pierre Nadeau est né en 1936 à Montréal.Il a fait ses débuts à la station de radio CJBR de Rimouski.Il s\u2019est ensuite envolé pour Paris afin d\u2019exercer le métier de reporter pour l\u2019Office de radio- diffusion-télévision française (ORTF).À la fin des années 1950, il revient au Québec et Radio-Canada lui confie l\u2019animation de l\u2019émission de télévision Caméra, dès 1962.Trois ans plus tard, la chaîne publique le nomme correspondant à Paris.Au cours de sa carrière de plus de 25 ans à Radio-Canada, Pierre Nadeau sera à la barre d\u2019émissions telles que Le 60, Pierre Nadeau rencontre et le segment d\u2019affaires publiques Le Point au téléjournal.Comme reporter pour la société d\u2019État, il a également couvert des événements marquants dans le monde.Au début des années 1980, Pierre Nadeau est embauché par la chaîne TVA.Il y a coproduit et animé des émissions de variétés et présenté la série historique judiciaire Les grands procès.Le journaliste est ensuite revenu à Radio-Canada, pour animer l\u2019émission Enjeux.Au cours de sa carrière journalistique, Pierre Nadeau a reçu de nombreux prix pour souligner l\u2019excellence de son travail.Il est fait chevalier de l\u2019Ordre national du Québec en 1992, puis reçoit le titre d\u2019officier de l\u2019Ordre du Canada en 2009.Ayant remporté un total de six trophées Gémeaux, il reçoit en 2001 le Grand Prix Gémeaux de l\u2019Académie de la télévision et du cinéma.L\u2019année suivante, Pierre Na- deau figure parmi la sélection des 50 personnalités les plus célèbres des 50 premières années de la télévision du Canada, une liste dressée par le Festival de Banff.Ses collègues journalistes lui décernent ensuite en 2008 le prix Judith-Jasmin pour souligner l\u2019ensemble de sa carrière.Avec La Presse canadienne Au cours de sa carrière de plus de 25 ans à Radio-Canada, Pierre Nadeau a été à la barre d\u2019émissions telles que Le 60, Pierre Nadeau rencontre et le segment d\u2019affaires publiques Le Point au téléjournal.CHANTAL KEYSER ARCHIVES LE DEVOIR Université de l\u2019Ontario français: Mélanie Joly présente un protocole d\u2019entente TORONTO \u2014 La ministre fédérale de la Francophonie, Mélanie Joly, a présenté un protocole d\u2019entente qui jette les bases d\u2019une collaboration entre les gouvernements de l\u2019Ontario et du Canada pour financer les coûts du projet d\u2019Université de l\u2019Ontario français (UOF).Le document, obtenu par La Presse canadienne, note que le fédéral n\u2019a pas encore reçu de « proposition officielle approuvée par l\u2019Ontario » pour la mise en œuvre de l\u2019UOF, mais que les négociations sur le financement seront entamées une fois qu\u2019elle aura été reçue.Ottawa est prêt à s\u2019engager à financer 50 % du coût total du projet et les quatre premières années du fonctionnement de l\u2019université.Il est attendu que l\u2019Ontario prenne le relais pour les quatre années suivantes.Le coût total du projet est estimé à 126 millions.La Presse canadienne Les employés de soutien de l\u2019UQAM de nouveau en grève mercredi Les quelque 1800 employés de soutien syndiqués de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) mèneront mercredi une deuxième journée de grève consécutive, en cette semaine de rentrée universitaire.Le Syndicat des employés de l\u2019UQAM (SEUQAM) avait affirmé que la première journée de la session automnale n\u2019aurait pas lieu mardi, mais, selon la direction, les activités d\u2019enseignement et de recherche ont quand même eu lieu.Cependant, en raison de la grève, certains services sont au ralenti ou fermés.Les employés de soutien de l\u2019UQAM, membres du Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ, sont sans convention collective depuis le 31 mai 2017.Il s\u2019agit d\u2019employés d\u2019entretien, de techniciens, de professionnels, d\u2019employés de bureau et de métiers.La question des salaires est au cœur du litige.La Presse canadienne EN BREF Pierre Nadeau a notamment été fait chevalier de l\u2019Ordre national du Québec et officier de l\u2019Ordre du Canada pour l\u2019excellence de sa carrière de journaliste LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e promoteur d\u2019Énergie Saguenay, GNL Québec, aura fort à faire pour prouver que ce projet d\u2019exportation de gaz naturel liquéfié, se déployant dans une zone d\u2019habitat des bélugas, n\u2019affectera pas cette espèce en péril.C\u2019est que les activités d\u2019Énergie Saguenay hausseraient considérablement le trafic maritime dans la rivière Saguenay.Avec le terminal de la minière Arianne Phosphate, un projet déjà approuvé par les autorités fédérales, ce trafic triplerait au cours des prochaines années, passant de 450 à 1300 transits par an.Le hic, c\u2019est que les méthaniers de 300 mètres de long, dont le port d\u2019attache serait à Saguenay, traverseraient une zone désignée par un décret du gouvernement fédéral « habitat essentiel » du béluga en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).Un programme de rétablissement de l\u2019espèce, qui se guide aux sons et qui est donc menacée par la pollution sonore associée au trafic maritime, prévoit la réduction du bruit dans cette zone critique.L\u2019embouchure du Saguenay et une partie de l\u2019estuaire du Saint-Laurent où navigueront les méthaniers sont aussi des aires d\u2019alimentation pour le rorqual bleu, une autre espèce en voie de disparition.Geste conséquent, l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACEE), sous la pression de groupes environnementaux qui s\u2019appuyaient sur un précédent, celui du projet Trans Mountain, a inclus dans son examen du projet Énergie Saguenay les répercussions du transport maritime.Dans sa demande d\u2019information, produite fin août, dont Le Devoir faisait état mardi, l\u2019ACEE estime que le promoteur, dans la volumineuse étude d\u2019impact qu\u2019il a soumise, n\u2019a pas pris en compte les effets de l\u2019accroissement du trafic maritime dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent ainsi que dans la rivière Saguenay qui, selon les scientifiques de Pêches et Océans Canada, est fréquentée par les femelles bélugas et leurs veaux, « un segment particulièrement vulnérable de la population ».L\u2019ACEE juge aussi que GNL Québec n\u2019a pas fait ses devoirs en omettant de fournir une analyse valable d\u2019autres sites sur le Saint-Laurent qui pourraient accueillir son terminal méthanier.Pêches et Océans Canada est d\u2019avis que le projet ne répond pas à une exigence de la LEP, soit que toutes les solutions de rechange susceptibles de minimiser les conséquences négatives de l\u2019activité pour l\u2019espèce soient envisagées et la meilleure solution retenue.Le promoteur n\u2019a considéré aucun site situé en aval du Saguenay hors de l\u2019habitat essentiel du béluga et des aires d\u2019alimentation intensive du rorqual bleu, constate-t-on.Or, GNL Québec n\u2019a aucune intention de déplacer son terminal.On fait valoir que Saguenay lui offre un port en eau profonde accessible à l\u2019année, des infrastructures existantes et la proximité des lignes d\u2019Hy- dro-Québec alimentant l\u2019usine qui est appelée à consommer autant d\u2019électricité qu\u2019une aluminerie.Le promoteur a indiqué qu\u2019il proposera des mesures pour atténuer les risques pour les deux espèces menacées, notamment par l\u2019emploi de méthaniers à la fine pointe et plus silencieux, méthaniers qui ne sont pas encore développés, par ailleurs.Énergie Saguenay, ou GNL Québec, ne serait pas propriétaire des navires mais pourrait imposer leurs spécifications à leurs clients en vertu de contrats à long terme, a-t-on expliqué.Est-ce réaliste ?On peut en douter.Pour l\u2019heure, nous voyons mal comment le gouvernement fédéral, au terme de son évaluation environnementale, respecterait sa propre loi sur les espèces en péril s\u2019il donnait son aval au projet.En clair, il est difficile de concevoir que les activités de ce terminal méthanier ne contribueraient pas à la détérioration de l\u2019habitat essentiel du béluga.Qui plus est, il ne s\u2019agit pas seulement de maintenir le niveau de bruit actuel, mais de réduire cette pollution sonore, si néfaste pour l\u2019espèce.C\u2019est l\u2019engagement d\u2019Ottawa.Il ne faut pas compter sur le gouvernement caquiste pour rappeler à Ottawa ses responsabilités.Déjà, le premier ministre, François Legault, a pris fait et cause pour ce projet qui, a-t-il soutenu en reprenant les affirmations du promoteur, ferait diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES), non pas au Québec, bien entendu, mais à l\u2019étranger, en permettant le remplacement du charbon ou du mazout par le gaz naturel.Or, selon l\u2019ACEE, le promoteur n\u2019a pas fait la démonstration que ce serait le cas.Salivant devant des perspectives de développement économique, le gouvernement Legault se soucie comme d\u2019une guigne du sort des bélugas, tout en fermant les yeux sur la production de GES associée à Énergie Saguenay.En matière de protection de l\u2019environnement et de la bio- diversité, il n\u2019a malheureusement pas démontré qu\u2019il était sérieux.Cathy Tétreault Directrice générale du Centre Cyber-aide Avec la rentrée scolaire est revenue dans l\u2019actualité la question fort pertinente de la présence du cellulaire dans les classes.À la lumière de ce que l\u2019on observe sur le terrain depuis plusieurs années, le Centre Cyber-aide en vient à la conclusion qu\u2019il est préférable, pour le bien de nos jeunes, de nos enfants, de bannir les cellulaires en classe.La mesure peut paraître radicale, mais elle a plutôt l\u2019indéniable avantage d\u2019offrir une ligne directrice aussi claire que facile à suivre pour l\u2019ensemble des milieux.D\u2019abord, cela donnera le temps aux écoles de réfléchir pour concevoir un mode d\u2019emploi offrant un encadrement spécifique aux cellulaires, tout en évacuant le flou inextricable qui prévaut pour le moment.En effet, il n\u2019est pas rare de trouver, au sein de la même école, une classe où on permet l\u2019utilisation du cellulaire (même pour une utilisation ludique comme l\u2019écoute de musique pendant les travaux scolaires), alors que sa voisine ne le permet carrément pas.On comprend aisément la confusion qui peut alors régner chez les élèves et le personnel scolaire\u2026 de même que chez les parents ! Il n\u2019y a pas de ligne claire ! Ensuite, si l\u2019on s\u2019entend rapidement sur le potentiel pédagogique du cellulaire en classe, on ne peut glisser sous le tapis les désavantages et les risques qui l\u2019accompagnent : risques pour la santé (les yeux, la posture, la qualité du sommeil, la cyberdépendance, etc.), la sécurité (utilisation des données, piratage, etc.), la sexualité (les comportements) et les problèmes de cyberintimidation (situations conflictuelles, etc.).On ne peut faire semblant d\u2019oublier ces Merci M.Proulx Monsieur Sébastien Proulx Député Assemblée nationale du Québec C\u2019est avec regret que j\u2019apprends que vous quittez vos fonctions de député à l\u2019Assemblée nationale.Enseignante de carrière et grand-mère de deux enfants éduqués à domicile, j\u2019ai pu observer, entre autres, votre façon de traiter ce dossier délicat et controversé de l\u2019éducation à domicile.Au cours des deux années de travaux sur le sujet, d\u2019abord pour l\u2019adoption de la loi, puis pour la conception du règlement concernant son application, vous avez traité les différents intervenants avec grand respect et avez porté une attention soutenue aux projets et aux besoins des familles concernées.Vous avez tenu compte des travaux des chercheurs sur la question tout en vous souciant de la nécessité d\u2019encadrer cette pratique marginale.Vous avez finalement présenté aux parents habituellement inquiets un projet prometteur et audacieux qui plaçait le Québec à l\u2019avant-garde en la matière avec une nouvelle approche tout à la fois ouverte et exigeante à laquelle des familles autrefois récalcitrantes ont accepté d\u2019inscrire 3500 enfants.Je vous remercie pour la façon respectueuse avec laquelle vous avez traité ce dossier et pour les résultats encourageants et prometteurs qu\u2019annonçait votre approche.Malheureusement, ces efforts ont été annihilés par des décisions récentes, prises sans analyse ni écoute et qui jettent dans le désarroi les familles à besoins particuliers qui s\u2019investissent corps et âme dans le projet éducatif de leurs enfants.Nous retiendrons votre approche respectueuse pour laquelle nous vous resterons reconnaissant(e)s.Ce n\u2019est pas seulement votre conception de l\u2019éducation que nous perdons, mais également quelqu\u2019un d\u2019attentif, com- LIBRE OPINION LETTRES GAZ LIQUÉFIÉ À SAGUENAY Un site problématique ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu risques potentiels, d\u2019autant plus que la science et le savoir actuel n\u2019ont même pas encore fait le tour de la question ! De plus, on ne peut faire l\u2019impasse sur les conseils des pédiatres qui recommandent une utilisation quotidienne limitée des écrans.Cette limite est fondamentale pour assurer le bien-être de l\u2019enfant, pour sa santé, pour son équilibre.S\u2019il fallait que chaque journée en classe signifie huit heures passées devant l\u2019écran\u2026 comment feront les parents pour que leurs enfants retrouvent l\u2019équilibre ?C\u2019est pourquoi il serait judicieux de s\u2019inspirer de l\u2019Ontario et de la France à ce propos et bannir la présence des cellulaires en classe.En revanche, si le Québec venait à adopter une telle loi, je recommanderais de ne pas appliquer de sanctions contre les élèves qui ne sont pas en mesure de respecter les consignes.Il faudrait d\u2019abord évaluer les besoins comblés par cette utilisation des écrans, afin de réagir de manière appropriée à la situation.Le forum sur la dépendance aux écrans annoncé par le gouvernement ne pourra mieux tomber : il faut saisir cette occasion pour aborder la question du cellulaire en classe, ce qui doit inclure l\u2019analyse des avantages et désavantages de cet outil technologique afin d\u2019en réaliser un portrait juste qui permettra, par la suite, de prendre les bonnes décisions.Et pour les parents qui pourraient déplorer la mise à l\u2019écart du cellulaire parce que cela compliquerait les communications avec leur enfant : rappelons-leur simplement qu\u2019il y a d\u2019excellents secrétariats en mesure de passer leurs messages\u2026 Penser au bien-être de nos jeunes en bannissant les cellulaires en classe ROBERT DUTRISAC L Salut Pierre ! Certains disent qu\u2019on a perdu un « monument » du journalisme.Pierre Nadeau refuserait cette étiquette, car un monument, c\u2019est un socle immobile.Pierre était plutôt un aigle.Il a survolé le métier en n\u2019hésitant jamais à fondre sur les proies qu\u2019il identifiait comme adversaires de la vérité.Courageux, résilient, colérique, flamboyant, généreux, honnête, voilà ce qu\u2019il était.Nous nous sommes connus en mars 1959.Lui, animateur, et moi jeune journaliste de l\u2019émission d\u2019information jeunesse Bonjour Dimanche.Et depuis soixante ans, nous ne nous sommes jamais perdus de vue.Nous avons été complices à Télémag, à Radio- Québec et au Point.Nous perdons un communicateur exceptionnel.Il a tracé la voie à de nombreuses personnes que le journalisme et l\u2019animation intéressaient.Je perds un ami, un homme de liberté et de vérité.Salut Pierre ! Et merci.Gilles Gougeon, journaliste Montréal, le 3 septembre 2019 Un exit plutôt qu\u2019un Brexit ! Boris Johnson veut à tout prix un Brexit, sans accord ou avec accord.Je crois que nous verrons bientôt plutôt un « exit » de ce trublion, émule de Donald Trump ! Il semble de plus en plus évident que le Royaume-Uni se dirige vers des élections générales.Le scénario le plus plausible est alors que les conservateurs seront battus et que le parti Labour, avec peut-être des appuis de tiers partis, forment le nouveau gouvernement ; celui-ci serait opposé au départ du Royaume-Uni de l\u2019UE, ce qui correspondrait au vœu nettement majoritaire de la population.Les Britanniques ont pu constater après trois ans de folie post-référendaire qu\u2019il valait mieux rester dans l\u2019Union européenne.Toute cette saga est en grande partie due à l\u2019incompétence de la classe politique du pays.Il faut bien le constater : les Winston Churchill ne courent pas hélas les rues en terre d\u2019Albion.Michel Lebel Entrelacs, le 3 septembre 2019 pétent et dévoué pour le bien- être de ses concitoyen(ne)s.Nous vous souhaitons la meilleure des chances dans votre nouvelle orientation et gardons espoir de vous revoir un jour au service de la chose publique.Monique Guy Le 1er septembre 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.FRANCINE PELLETIER Sauvage (en effet) M algré ce qu\u2019en dit la célèbre maison Dior, « the new parfum » Sauvage n\u2019est pas vraiment nouveau.Une version américanisée d\u2019un vieux classique, Eau sauvage, grand parfum pour homme depuis 1966, la dernière trouvaille de la parfumerie Dior \u2014 « croisant la fraîcheur de la nuit » et « l\u2019air brûlant du désert », le tout illustré par la physionomie enténébrée de Johnny Depp \u2014 est une eau de toilette pour hommes farouches qui est sur le marché depuis au moins quatre ans.Ce qui est nouveau, c\u2019est la controverse qui a finalement poussé la célèbre maison a retirer la plus récente publicité faite pour Sauvage, toujours incarnée par l\u2019acteur que l\u2019on connaît.Poussant l\u2019inspiration du Far West un cran plus loin, délaissant le bison, utilisé en 2015, pour le danseur sioux \u2014 on connaît l\u2019engouement des Français pour ce type de folklore américain \u2014 la pub a rapidement été accusée de sombrer dans l\u2019appropriation culturelle.On voit pourquoi.« We are the land » (Nous sommes la terre), dit la voix de Depp au bout d\u2019une minute de prises de vues absolument époustouflantes, dont celles du guerrier sioux se désâmant avec toute la pompe de jadis.« The new Sauvage.The parfum Dior\u2026 », dit finalement la voix ténébreuse.S\u2019il y a un endroit où la notion de rapt culturel prend tout son sens, c\u2019est bien dans ces opulentes productions publicitaires qui n\u2019hésitent pas à détourner tout ce qui bouge \u2014 de la chute du mur de Berlin à la fonte des icebergs \u2014 pour mieux vendre une salade.L\u2019utilisation du mot sauvage, dans un tel contexte, laisse évidemment à désirer, mais c\u2019est surtout l\u2019utilisation de références autochtones dans une vaste entreprise de marketing qui est ici intolérable.C\u2019est le détournement de sens qui saute à la gorge, le fait de juxtaposer quelque chose qui a une signification profonde, la culture autochtone, à quelque chose qui en n\u2019a pas : acheter ou pas du parfum.À cette enseigne, la palme de l\u2019escroquerie publicitaire revient à Pepsi qui, en 2017, mettait en scène la top modèle et star de télé-réalité Kendall Jenner réussissant l\u2019improbable : la seyante jeune femme parvient à instaurer l\u2019harmonie entre une marée bruyante de manifestants multiethniques et un mur de policiers antiémeute majoritairement blancs.Comment ?En offrant, au plus mignon d\u2019entre eux, une canette de boisson gazeuse.« Si seulement Papa avait su le pouvoir de #Pepsi », ironisa sur les réseaux sociaux la fille de Martin Luther King, montrant son père se faisant malmener par un policier blanc.L\u2019appropriation culturelle, souvent décriée à tort lors de véritables spectacles artistiques, mérite d\u2019être davantage dénoncée là où le bât blesse, au sein de l\u2019industrie publicitaire.Autre chose qui mériterait d\u2019être pointée du doigt et qui est encore trop peu critiquée à mon avis : l\u2019utilisation de vedettes en publicité.Pourquoi donc faut-il Johnny Depp ou Catherine Deneuve pour vendre des produits Dior ?Martin Matte pour vendre des Honda, Mari- pier Morin des Buick et Mariloup Wolfe des Chevrolet ?Johnny Hallyday, Robert de Niro, Madonna, David Beck- ham, George Clooney, Nicole Kidman, Juliette Binoche\u2026 Depuis les années 1990, la liste de grands noms jouant le jeu des grandes marques ne fait que s\u2019allonger.Déception amère à chaque fois.Pourquoi les individus souvent les mieux payés de la planète ont-ils besoin d\u2019encaisser une (autre) petite fortune, souvent à ne rien faire ?À tendre tout simplement la joue ou à fixer pesamment l\u2019horizon.Johnny Depp, un immense acteur, ne joue pas dans le clip de Dior, il respire à peine.Bon, d\u2019accord, certains affirment que l\u2019homme est fauché.Mais comment un homme qui qualifie Hollywood de « sale cirque ignoble » ne voit-il pas, et tous ces célèbres collègues avec lui, qu\u2019il y a un prix à payer à vendre son âme pour de la pacotille ?Aider des grands commerçants à faire encore plus d\u2019argent en vendant des produits dont personne n\u2019a réellement besoin.Est-ce là un enjeu le moindrement important ?Il y a quelque chose de triste à voir des gens qu\u2019on admire momifiés de la sorte, mis en boîte de leur propre accord.Comme le dit le titre d\u2019un essai de la regrettée Toni Morrison, repris dans un récent New Yorker Magazine, « The Work You Do, The Person You Are », le travail que vous faites n\u2019est pas étranger à la personne que vous êtes.Je tiens à le souligner à un moment où les critiques envers la jeune environnementaliste Greta Thunberg sévissent.Maxime Bernier, le dernier en ligne, y est allé d\u2019un commentaire particulièrement acide cette semaine, parlant de l\u2019adolescente comme étant « mentalement instable ».Bizarre, non, qu\u2019on critique durement une jeune fille dévouée à une cause fondamentale alors que devant des vedettes qui se marchandisent elles-mêmes on ne trouve rien à redire ?Au moment où l\u2019on se parle, le monde dans lequel on vit continue à récompenser le commerce, le gros argent et le vedettariat avant toute chose.Mais, à juger du sort de la dernière publicité Dior, ça ne saurait durer.Patrick Moreau Rédacteur en chef de la revue Argument La décision d\u2019une compagnie d\u2019affichage privée de retirer de ses panneaux des affiches de soutien à Maxime Ber- nier et à son nouveau parti, alors que celles-ci ne contrevenaient en rien aux lois qui encadrent la liberté d\u2019expression au Canada, a de quoi inquiéter.Quel que soit en effet le bout par lequel on veut bien le prendre, le slogan «Dites NON à l\u2019immigration de masse!», qui apparaissait sur les affiches en question à côté du visage de Maxime Bernier, ne saurait être considéré comme outrepassant les limites légitimes imposées à cette liberté que sont la diffamation, les appels à commettre des actes criminels et le «discours haineux».Jusqu\u2019à preuve du contraire, la gestion de l\u2019immigration relève encore dans nos démocraties des questions politiques dont tout un chacun peut discuter librement et dont, a fortiori, les candidats à l\u2019élection fédérale ont le droit de débattre, qu\u2019ils veuillent réduire, augmenter ou maintenir le nombre d\u2019immigrants que le Canada accueille annuellement.Plus fondamentalement, il n\u2019y a pas et il ne doit pas y avoir de tabous ni d\u2019idées interdites en politique, du moins tant qu\u2019aucun chef de parti ne réclame ou ne s\u2019arroge le pouvoir de bafouer les droits fondamentaux de ses concitoyens ou encore ne menace explicitement les institutions sur lesquelles est fondé le régime démocratique.Je n\u2019irai pas jusqu\u2019à dire, comme le principal intéressé, que le chef du nouveau Parti populaire a été victime de la « meute gauchiste totalitaire » (car ce serait céder à l\u2019hystérisation du discours politique que je dénonce plus bas).En revanche, parler de censure à propos de cette affaire me semble parfaitement justifié, même si certains estimeront sans doute qu\u2019il n\u2019est nullement question ici de censure, puisque l\u2019interdit ne provient pas de l\u2019État.Une telle distinction entre censure étatique et censure privée apparaît cependant spécieuse.Pour s\u2019en convaincre, il suffit de considérer la situation pitoyable où se trouverait la liberté d\u2019expression dans n\u2019importe quel pays où l\u2019État promulguerait à son sujet des lois extrêmement libérales, tandis que tous les médias, les réseaux sociaux, les institutions et les compagnies privées appliqueraient une censure multiforme et sans faille, tout en sanctionnant éventuellement les récalcitrants (parmi leurs usagers ou leurs employés) qui refuseraient de se plier à toutes ces limitations plus ou moins informelles de leur droit d\u2019exprimer leurs idées.Bien sûr, on n\u2019en est pas encore là au Canada, mais il n\u2019en reste pas moins que l\u2019on assiste actuellement à une sérieuse érosion de la liberté d\u2019expression, qui s\u2019accompagne, au sein même de l\u2019opinion publique ou du moins dans ses franges les plus militantes ou politisées, d\u2019une intolérance de plus en plus grande pour les opinions divergentes, d\u2019un manque de respect flagrant à l\u2019égard de tous ceux qui apparaissent aux uns ou aux autres comme des adversaires politiques, ainsi que d\u2019une profonde inaptitude à participer à un débat civilisé dans lequel on échange des arguments plutôt que des insultes.Or, la tolérance, un respect minimal à l\u2019égard d\u2019un adversaire politique que l\u2019on ne doit en aucun cas transformer en ennemi et l\u2019aptitude à débattre sereinement des différentes options qui s\u2019offrent pour gouverner le pays sont des piliers de tout régime démocratique.Défendre la liberté d\u2019expression Dans cette affaire de censure d\u2019une affiche, la question n\u2019est donc pas de savoir si M.Bernier et ses partisans ont raison ou tort.À ce propos, on peut d\u2019ailleurs souligner que censurer des opinions qui déplaisent est toujours un très mauvais calcul.Loin de les faire disparaître, la censure accrédite en réalité les idées qu\u2019elle prétend interdire.Elle conforte, autrement dit, ce qu\u2019on a beau jeu ensuite de dénoncer sous le nom de populisme.Si on n\u2019est pas d\u2019accord avec de telles idées à propos de l\u2019immigration ou d\u2019autre chose, il est donc bien préférable de les convoquer dans un débat public et d\u2019essayer de les contredire en les soumettant à une contre-argumentation.Le problème en question ne provient pas non plus du fait que des gens réclament que l\u2019on réprime la liberté d\u2019expression d\u2019autrui.Ce genre de demandes d\u2019interdits émanant de groupes religieux ou politiques ont toujours existé.Et il ne résulte pas, enfin, de ce qu\u2019une compagnie privée cède aux injonctions d\u2019inter- nautes excités parce qu\u2019elle craint d\u2019entacher son image de marque ou de faire un peu moins de profit.Non, le véritable problème auquel nous sommes actuellement confrontés, c\u2019est que cette liberté d\u2019expression fron- talement menacée ne trouve pas de défenseurs parmi les responsables politiques au pouvoir (dont ce serait clairement le devoir), tout comme elle en trouve bien peu parmi les intellectuels, les universitaires, les éditorialistes, les journalistes, etc., qui devraient pourtant \u2014 ne serait-ce que professionnellement \u2014 lui être particulièrement attachés.C\u2019est bien regrettable, sans compter que ce n\u2019est pas le signe d\u2019une démocratie en santé.C\u2019est pourquoi je finirai sur cette citation stimulante de Noam Chomsky (que je dois au dernier livre dirigé par Normand Baillargeon, Liberté surveillée), dont le caractère d\u2019évidence lance un défi pertinent à tous les défenseurs de la liberté: «Si vous n\u2019êtes pas en faveur de la liberté d\u2019expression pour les idées que vous détestez, vous n\u2019êtes pas du tout en faveur de la liberté d\u2019expression.» POLITIQUE FÉDÉRALE Un acte de censure est un acte de censure Réjean Bergeron Professeur de philosophie au Cégep Gérald-Godin Le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, M.Jean-François Roberge, veut « moderniser » la formation générale offerte dans les cégeps, mais aussi rendre celle-ci plus « attrayante », pour ne pas dire aguichante.De quoi parle-t-on au juste?De la matière enseignée ou bien des méthodes pédagogiques utilisées pour transmettre ce contenu?Probablement des deux à la fois! Moderniser un dialogue de Platon, une méditation de Descartes, un discours de Jean-Jacques Rousseau, un texte de Flaubert, de Zola ou de Réjean Ducharme consisterait, en fait, à vouloir rendre ces grandes œuvres à la mode, à les adapter à notre époque dans tout ce qu\u2019elle a de plus insignifiant, en somme, à faire faire le trottoir à cette grande dame qu\u2019est la Culture dans le but d\u2019attirer et de satisfaire un certain type de clients-étudiants qui accepteraient, non pas de se laisser séduire par elle, mais de la consommer en s\u2019amusant à l\u2019aide d\u2019une panoplie d\u2019écrans et d\u2019applications numériques qu\u2019on s\u2019empresserait de leur mettre entre les mains.Car, comme le disent les réformateurs et technopédagogues de ce monde, l\u2019éducation de demain se doit de compter sur la ludification des apprentissages\u2026 Ainsi, moderniser les contenus de la culture générale consisterait à se mettre au niveau de l\u2019étudiant, à lui donner ce qu\u2019il veut bien recevoir, à lui parler de ce qu\u2019il s\u2019imagine déjà « connaître », de ce qui l\u2019intéresse ici et maintenant à partir de son horizon personnel qui, à cet âge, est nécessairement assez limité.« J\u2019ai aimé l\u2019école parce qu\u2019elle n\u2019a jamais répondu à mes attentes », affirme Fanny Capel dans son essai Qui a eu cette idée folle un jour de casser l\u2019école?En effet, les cours de la formation générale offerts au cégep ont ou devraient avoir pour but de permettre aux élèves et aux étudiants de sortir de leur tribu, de décrocher de leur vision simpliste et naïve du monde, de s\u2019élever, de prendre leur envol, d\u2019atteindre des sommets dont ils n\u2019ont jamais même imaginé l\u2019existence.Telle devrait être la mission de l\u2019éducation : surprendre l\u2019étudiant, le décentrer de son petit moi, lui faire découvrir des univers insoupçonnés à l\u2019aide desquels, à coup de travail et de discipline, il pourra devenir, non pas ce qu\u2019il est déjà par nature, mais ce qu\u2019il n\u2019est pas encore et deviendra grâce à cette grande culture nourricière.Diplômer à tout prix! Mais je ne suis pas naïf.Je sais bien que si le ministre de l\u2019Éducation ainsi que le président de la Fédération des cé- geps parlent en ce moment sur toutes les tribunes de culture générale, de cours de français et de philosophie, c\u2019est parce qu\u2019ils ont un seul objectif en tête : augmenter les taux de diploma- tion au cégep dans le but de satisfaire les employeurs qui crient famine mais aussi d\u2019atteindre leurs objectifs comptables.Car il s\u2019avère que ces cours sont trop difficiles à leurs yeux, entraînent un certain taux d\u2019échec, empêchent les étudiants « d\u2019atteindre l\u2019excellence », pour reprendre le langage tellement convenu et empreint d\u2019hypocrisie des technocrates.Toutefois, ce qu\u2019on s\u2019entête à ne pas comprendre, c\u2019est que si certains étudiants éprouvent de la difficulté avec les cours de français et de philosophie au collège, ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils ont des problèmes particuliers avec ces matières, mais plutôt parce qu\u2019ils ont de la difficulté à lire et à écrire, que leur vocabulaire est anémique et leur culture générale plus que minimaliste.Tout ceci regroupé explique pourquoi une bonne partie d\u2019entre eux ont tant de difficulté à comprendre et par le fait même à apprécier tout texte qui sort le moins du monde de leur quotidien.Ainsi, au lieu de vouloir encore et toujours niveler par le bas pour répondre à la saveur du jour, j\u2019inviterais le ministre à regarder dans son rétroviseur afin de véritablement mettre le doigt sur ce qu\u2019il conviendrait d\u2019améliorer au niveau de l\u2019enseignement primaire et secondaire s\u2019il a vraiment à cœur la réussite des étudiants dans nos cégeps.Évidemment, cela demande du temps, de la distance et du courage, des denrées qui se font de plus en plus rares dans un monde qui carbure à la vitesse, aux résultats à court terme et à la facilité.ÉDUCATION La culture qui fait le trottoir Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE ÉLECTIONS 2019 A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.BILAN FINANCES PUBLIQUES Sacrée classe moyenne ! Les électeurs seront conviés aux urnes le 21 octobre prochain pour trancher une question somme toute assez simple : les libéraux méritent- ils de prolonger leur passage aux commandes du Canada ?En cette veille électorale, Le Devoir propose un bilan en sept volets du mandat occupé de Justin Trudeau.Aujourd\u2019hui : les finances publiques.LEDEVOIR // LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE 2019 Des chômeurs aux fonctionnaires Les libéraux ont beaucoup transformé le régime d\u2019assurance-emploi.Ils ont d\u2019abord annulé la réforme du précé- dent gouvernement.Celle-ci forçait les chômeurs à accepter un emploi situé jusqu\u2019à une heure de route de chez eux et offrant un salaire jusqu\u2019à 30 % moindre que le précédent, et exigeait des personnes nouvellement arrivées Les libéraux ont aussi joué au Robin des bois.Ils ont ramené de 10 000 $ à 5500 $ le plafond annuel de contribution à un CELI en plaidant que seuls les plus riches avaient les moyens de verser une telle somme dans un compte où les intérêts s\u2019accumulent à l\u2019abri de l\u2019impôt.Ils ont modifié la grille fiscale pour abaisser le taux d\u2019imposition \u2014 de 22 % à 20,5 % \u2014 des revenus compris entre 45 000 $ et 90 000 $ et augmenté en contrepartie de 29 % à 33 % celui des revenus dépassant 200 000 $.Contrairement à ce qui avait été promis en campagne électorale, ce changement ne s\u2019est pas fait à coût nul.Il fait perdre au Trésor 1,2 milliard de dollars par an.Le gouvernement s\u2019est aussi attaqué à une faille du régime fiscal permettant aux professionnels de s\u2019incorporer et de payer beaucoup moins d\u2019impôt que les salariés touchant un revenu équivalent, notamment en répartissant leurs revenus d\u2019entreprise entre les membres de leur famille et en utilisant leur société privée comme un super-REER.Devant le tollé suscité par cette mesure, les libéraux ont assoupli leur réforme, qui permet quand même encore à Ottawa de collecter 850 millions de dollars de plus annuellement.Pour faire passer la pilule, ils ont cependant accordé aux PME la baisse d\u2019impôt \u2014 de 10,5 % à 9 % \u2014 promise par les conservateurs, mais qu\u2019eux n\u2019avaient au départ pas l\u2019intention d\u2019honorer.ou de retour sur le marché du travail à accumuler plus d\u2019heures que les autres pour se qualifier aux prestations.M.Trudeau a aussi réduit de moitié la période de carence pendant laquelle un chômeur ne reçoit pas de prestation, à une semaine.Le coût de ces changements a été épongé par une diminution moindre que prévu des cotisations au régime.Les libéraux ont aussi assoupli les congés de compassion et les congés parentaux.Un aidant naturel n\u2019a plus à prouver que son proche n\u2019a que six mois à vivre pour se qualifier aux prestations.Le congé de six mois (prolongé sous les libéraux, mais à l\u2019initiative des conservateurs) peut maintenant être réparti en petits blocs au cours d\u2019une période de 12 mois.Le congé parental d\u2019un an, lui, peut être étalé sur 18 mois.Les retraités ne sont pas en reste.Les libéraux ont bonifié le Régime de pensions du Canada pour faire en sorte que les bénéficiaires touchent à leur retraite 33 % plutôt que 25 % de leurs gains admissibles, dont le plafond est appelé lui aussi à augmenter.Ils ont également annulé la hausse de 65 à 67 ans de l\u2019âge d\u2019admissibilité à la Sécurité de la vieillesse.Les libéraux ont rétabli le crédit d\u2019impôt de 15 % pour les épargnes placées dans des fonds de travailleurs.Ils ont bonifié le financement de CBC / Ra- dio-Canada de 675 millions de dollars sur cinq ans et ont promis un crédit d\u2019impôt pour les médias au coût de 595 millions.En bon premier ministre «féministe» qu\u2019il clame être, Justin Trudeau a fait adopter la première loi sur l\u2019équité salariale obligeant les employeurs fédéraux à traquer et à enrayer toute iniquité entre les sexes.Les fonctionnaires fédéraux, eux, sont toujours aux prises avec le cauchemar du système de paye Phénix commandé par le pré- cédent gouvernement, mais mis en service par les libéraux.Ottawa s\u2019est engagé à le remplacer.HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L a « classe moyenne » et « ceux qui travaillent fort pour en faire partie », combien de fois Justin Trudeau et ses ministres les ont- ils évoquée au cours des quatre dernières années ?Des dizaines, des centaines de milliers de fois ?Impossible de calculer tellement la formule a été répétée jusqu\u2019à la caricature.Car cette classe moyenne a servi aux libéraux de justification pour leur mandat placé sous le signe de la dépense.Des dépenses, il y en a eu avec l\u2019équipe de Justin Trudeau.Le solde budgétaire en témoigne.Les libéraux avaient promis en 2015 des déficits «modestes» de moins de 10 milliards de dollars par année et un retour à l\u2019encre noire en 2019- 2020, pour un ajout total de 25 milliards de dollars à la dette.Mais dès leur premier budget, cette promesse a été remisée.Non seulement les déficits enregistrés pendant le mandat libéral totaliseront (en mars 2020) le triple, à 73 milliards, mais les libéraux n\u2019offrent plus aucun horizon de retour aux surplus.Le dernier budget déposé en mars anticipe des soldes négatifs pour les quatre années d\u2019un éventuel prochain mandat majoritaire.Sous les libéraux, les dépenses du gouvernement canadien ont donc beaucoup augmenté.Elles ont bondi de 25 % par rapport à la dernière année budgé- tée par les conservateurs, tandis que les revenus ont crû de 17 %.L\u2019économie canadienne roule pourtant à plein régime.Le taux de chômage est descendu à 5,4 % en mai, un creux historique qui n\u2019avait jamais été atteint depuis 1976, date à laquelle le gouvernement a commencé à colliger des données comparables.Le taux de chômage était de 6,8 % au déclenchement des élections de 2015.Robin des bois Les libéraux estiment que ces bons résultats économiques découlent de leurs interventions, en premier lieu leurs investissements massifs dans les infrastructures.Ils ont fait doubler, de 65 à 125 milliards, les sommes destinées aux infrastructures sur 10 ans.(Ils ont même bonifié la cagnotte, en étalant 33 milliards supplémentaires sur 12 ans.) La Banque de l\u2019infrastructure du Canada (BIC) a vu le jour afin de financer des projets considérés comme plus risqués qui généreront à terme des revenus.Cette entité, destinée à stimuler l\u2019investissement privé en offrant une mise de départ, est dotée d\u2019un budget de 15 milliards de dollars.La BIC a jusqu\u2019à présent financé quatre projets (dont le REM de Montréal et le GO train de Toronto) et signé des protocoles d\u2019entente pour trois autres, pour un total de 3,4 milliards engagés.Les libéraux imputent aussi le succès économique canadien à leur refonte de l\u2019aide aux familles et de la grille fiscale.Comme promis, ils ont aboli les diverses prestations existantes pour créer l\u2019Allocation canadienne pour enfants, une prestation unique plus généreuse, non imposable et modulée en fonction du revenu familial.Au total, ce sont 4 milliards de plus par année qui sont versés aux parents, une bonification de 22 %.Statistique Canada a calculé que 278 000 enfants de moins vivaient sous le seuil de la pauvreté, en grande partie grâce à cette allocation."]
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