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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-08-17, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 PERSPECTIVES Le travail inachevé, mais important de Lawrence Lande B 4 MONDE Jeffrey Epstein s\u2019est suicidé par pendaison, confirme l\u2019autopsie B 6 IDÉES Trudeau, les pieds dans le plat : une chronique de Konrad Yakabuski | B 9 L ÉTATS-UNIS La grande machination Le suicide de Jeffrey Epstein relance les suppositions et les théories du complot a plus brutale des réalités peut rejoindre la plus délirante des fictions.QAnon, mouvement complotiste pro-Trump né il y a deux ans sur le Web, accuse des élites corrompues de la gauche américaine (stars hollywoodiennes et politiciens démocrates entremêlés) d\u2019être impliquées dans un vaste réseau pédophile international.La mort du financier Jeffrey Epstein, samedi dernier, dans une prison de Manhattan, a évidemment fait surchauffer la nébuleuse de la conspiration et le monde de QAnon en particulier.Le mot-clic #EpsteinMurder est vite devenu viral cette semaine.Il faut dire que le réseau de rabattage de collégiennes que Jeffrey Epstein agressait sexuellement lui a fourni des centaines de victimes pendant des décennies.Il faut dire que la veille du suicide du tristement célèbre prisonnier, des dossiers judiciaires volumineux rendus publics par ordre de la cour confirmaient la force de ses contacts avec l\u2019upper high class mondiale.Il y est question de voyages ou de rencontres entre M.Epstein, Bill Clinton, Donald Trump et même le prince Andrew, fils de la reine Élisabeth II.Donald Trump lui-même a relayé un gazouillis disant que l\u2019ex-président Bill Clinton «avait des informations».Sous- entendant qu\u2019il avait à voir avec la mort du gênant personnage dans une des prisons réputées les plus sûres du pays.Même des commentateurs à la réputation irréprochable ont avoué que la coïncidence demeure très troublante.« Si nous vivions dans un univers de fantasme paranoïaque, je serais très méfiant sur le suicide d\u2019Epstein, et même sur le fait de savoir si c\u2019était réellement un suicide », a twitté le chroniqueur du New York Times Paul Krug- man, Prix Nobel d\u2019économie 2008.Et d\u2019ajouter : « Et vous savez quoi ?Le cas Jeffrey Epstein montre que nous vivons dans une sorte d\u2019univers de fantasme paranoïaque.» Vision du monde Il ne faut pas tout mélanger non plus, ni même des bouts.Au fond, encore une fois, les délires complotistes et les « fantasmes paranoïaques » en disent surtout très long sur la vision du monde des complotistes et des paranoïaques.« Je ne peux vraiment pas dire s\u2019il y a quelque chose dans ces théories.Mais il est en effet frappant de constater le nombre de personnes qui pensent qu\u2019il y a ou pourrait y avoir quelque chose », dit au Devoir le professeur Michael Butter en parlant de l\u2019étonnante tentation complotiste chez certains analystes pourtant réputés pour leur sérieux.M.Butter enseigne les études américaines à l\u2019Université de Tübingen en Allemagne.Il codirige le réseau international d\u2019analyses comparatives des théories du complot en Europe (conspiracytheories.eu).D\u2019ailleurs, au fond, honnêtement, qui n\u2019a pas un peu pensé complot au moins un brin en pensant à ce suicide en prison ?La théorie de la gaffe monumentale semble pourtant la plus simple et la plus juste.Les informations livrées depuis une semaine parlent de gardiens endormis qui n\u2019ont pas surveillé le prévenu, même s\u2019ils devaient le faire toutes les trente minutes.En plus, l\u2019établissement de Manhattan manque de personnel et les gardiens en poste effectuaient des heures supplémentaires la nuit du décès.Ce serait aussi bête et banal que ça.Le professeur Butter ajoute qu\u2019il y a de la reprise apparente dans cette troublante volonté d\u2019analystes réputés terre à terre à se laisser au moins un peu tenter par les rumeurs.Comme si effectivement il y avait anguille sous roche.Comme si effectivement les puissants nous cachaient des choses.« Nous avons vu cela auparavant avec le Russiagate, où une partie des médias libéraux semblait vraiment déçue qu\u2019il n\u2019y eût aucune preuve concluante pour un complot entre la campagne Trump et une puissance étrangère, note M.Butter.Il semble que, dans le climat de plus en plus polarisé de la politique américaine, même ceux qui ont généralement peu de chances de croire aux théories du complot sont attirés par STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le suicide du financier Jeffrey Epstein, samedi dernier, dans une prison de Manhattan, aux États-Unis, a fait surchauffer la nébuleuse de la conspiration et, en particulier, le monde de QAnon (sur la photo), un mouvement complotiste pro-Donald Trump né il y a deux ans sur le Web.MATT ROURKE ASSOCIATED PRESS elles tant que ces théories confirment leurs soupçons et leur aversion pour leurs adversaires politiques.» Un récit explicatif Un autre connaisseur de la mécanique narrative complotiste, le Belge Loïc Nicola, demande de distinguer le « drame humain » et le « récit explicatif » que certains se plaisent à produire et à plaquer sur ce drame, à partir des éléments épars dont ils disposent ou croient disposer.« Le récit (produit dans le flou et l\u2019incertain de l\u2019événement) tâche de mettre artificiellement en cohérence un certain nombre de faits (réels ou supposés) ; de leur donner du sens en faisant comme si ces faits étaient nécessairement liés entre eux de manière profonde, écrit au Devoir le docteur en argumentation et coauteur de l\u2019essai Les rhétoriques de la conspiration.On s\u2019aperçoit alors que le but est bien moins de rechercher la vérité du drame humain (et de rendre justice aux victimes) que de confirmer ce qui, dès l\u2019abord, ne fait (aux yeux de certains) aucun doute, à savoir : la complicité (fondée sur l\u2019essence et la nécessité) des hommes de pouvoir et des puissances de l\u2019argent autour de mœurs pédophiles.C\u2019est ici évidemment que la logique conspirationniste se met en mouvement.» Dans ce cas, au passage, elle combine divers éléments (les viols d\u2019adolescentes, le milliardaire ami des puissants, la mort louche\u2026) qui stimulent la machine interprétative cherchant des explications.La conclusion semble alors imparable: le suicide d\u2019Epstein est un leurre, une imposture, une tromperie.«Pour les tenants de l\u2019explication conspirationniste, les faits viennent confirmer l\u2019évidence du réseau pédophile; confirmer la collusion des puissances de l\u2019argent et des hommes de pouvoir; confirmer la vilenie des juifs et la corruption de leurs mœurs, dit encore Loïc Nicola.Il n\u2019y a, pour les amateurs de récits complotistes, qu\u2019à regarder les faits, de façon lucide, sans œillères, sans filtres, car les faits parlent d\u2019eux- mêmes\u2026 Or, justement, un fait ne parle pas.Au contraire, c\u2019est un lieu d\u2019interprétation et de discours.» Un nouveau monde ?Ce lieu a toujours existé et des rumeurs comme des théories du complot ont maculé les sociétés depuis des siècles et des siècles.Seulement, notre âge numérisé fournit d\u2019autres moyens de diffusion à cette rhétorique de la conspiration.« En bref, Internet facilite l\u2019émergence plus rapide des théories du complot et rend leur circulation beaucoup plus facile, dit le professeur Michael Butter.[Internet] a aussi, dans une certaine mesure, conduit à la tendance de remplacer les théories du complot pleinement développées par des rumeurs de complot.Mais dans ce cas, la mort d\u2019Epstein est généralement simplement ajoutée aux théories du complot qui existent depuis longtemps (à propos des Clinton ou de Trump).Cette modularisation est aussi typique et a commencé longtemps avant la montée du Web.» Loïc Nicola nuance aussi la particularité de la conspiration à l\u2019ère du Web.« En fait, les médias sociaux constituent surtout une \u201cchambre d\u2019écho\u201d, ils font caisse de résonance, ils viennent amplifier une matière discursive et explicative qui existe déjà.Ils ne créent pas le discours, ils assurent sa visibilité, sa commercia- lité, sa fluidité, écrit-il au Devoir.Au reste, force est de constater que l\u2019intérêt des médias sociaux se porte surtout sur des propos (récits, discours, explications) faciles et sensationnels, cognitivement abordables d\u2019un seul geste, proposant une vision dichotomique du monde.» Il remarque aussi qu\u2019au fond beaucoup de médias traditionnels fonctionnent exactement de la même manière.« Dès lors, il ne faut pas croire que les médias sociaux ont radicalement changé la donne, conclut-il.Notre époque n\u2019est pas fondamentalement différente de la précédente, tant s\u2019en faut.» Je ne peux vraiment pas dire s\u2019il y a quelque chose dans ces théories.Mais il est frappant de constater le nombre de personnes qui pensent qu\u2019il pourrait y avoir quelque chose.MICHAEL BUTTER » contrôle du programme politique, s\u2019assurant d\u2019une couverture médiatique abondante.« Il a su rapidement tirer bénéfice (de la coalition), puisqu\u2019il est en politique depuis 25 ans, alors que les autres (du M5S) sont arrivés hier », illustre Roberto Angrisani.Pendant que le M5S prônait le développement de programmes sociaux \u2014 dont les résultats ne sont visibles qu\u2019à long terme \u2014, Salvini misait plutôt sur la lutte contre l\u2019immigration clandestine.« Qu\u2019on le veuille ou non, c\u2019est une ligne d\u2019action qui est populaire dans beaucoup de pays européens », souligne Frédéric Mérand.Pendant les 14 mois qu\u2019aura duré la coalition, Salvini a ainsi réussi à faire voter deux décrets antimigrants.Le premier restreignant l\u2019accès à l\u2019emploi et aux programmes sociaux pour les migrants et facilitant leur expulsion ; le second criminalisant l\u2019aide apportée par les ONG aux migrants en mer.« C\u2019est après avoir réussi à faire adopter ce deuxième décret qu\u2019il a eu la force et l\u2019envie de renverser la table pour essayer d\u2019enclencher un processus électoral», et ainsi avoir les coudées franches, rend compte Roberto Angrisani.Un succès non garanti Mais son empressement n\u2019est pas garant de son succès.La première étape que Sal- vini doit franchir pour arriver à ses fins est de faire voter au Parlement une motion de défiance contre l\u2019exécutif.Un pari qui n\u2019est pas gagné d\u2019avance, puisque la Lega ne peut le faire seule.Convoqués d\u2019urgence en plein été, mardi, les sénateurs LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 2 P L\u2019île de l\u2019île Inishbofin fait face aux mêmes défis que d\u2019innombrables milieux insulaires, celui d\u2019assurer son avenir économique, son avenir tout court our se rendre jusque-là, il faut traverser le Connemara irlandais, semé de lacs et de rivières aux eaux tranquilles, au milieu de montagnes rondes et nues, tondues par les siècles et les moutons peinturlurés en rouge et en bleu.C\u2019est un taxi lituanien qui m\u2019y emmène depuis Dublin.Algis vit en Irlande depuis 12 ans avec sa famille.Il découvre le Connemara en même temps que moi.Pendant le trajet, il converse en russe avec des amis ukrainiens et en lituanien avec son père, tous établis en Irlande.C\u2019est dans un parfum d\u2019Europe de l\u2019Est que j\u2019arrive donc aux confins de l\u2019Europe de l\u2019Ouest, à Cleggan.Et que je fais la connaissance de Vincent Lennon qui, comme moi, s\u2019apprête à monter à bord du traversier pour Inishbofin.Inishbofin ?Une île menue, dix fois plus petite que notre île d\u2019Orléans, sur la côte occidentale de l\u2019Irlande, près de Galway.Où le Doonemore se targue d\u2019être l\u2019hôtel situé le plus à l\u2019ouest de l\u2019Europe.« Next step is America ! » clament les habitants d\u2019Inishbofin.Les bananes et les feuilles de céleri dépassent de ses sacs, sept sacs remplis à ras bord.« Un voisin qui a une voiture viendra m\u2019aider à apporter tout ça à la maison.» Vincent Lennon s\u2019en revient chez lui, sur l\u2019île, après avoir fait ses courses sur le continent.Le continent ?En l\u2019occurrence, l\u2019île d\u2019Irlande.La population d\u2019Inishbofin compte 1 50 habitants permanents.Mais 40 000 visiteurs y passent durant l\u2019été, une foule folle ! « De plus en plus, nos contemporains recherchent non seulement l\u2019île, explique Françoise Péron, universitaire brestoise, mais ce que j\u2019appellerai métaphoriquement l\u2019île de l\u2019île, plus authentique et exceptionnelle dans leur esprit.L\u2019île de Molène, par exemple, sur la côte bretonne, loue des abris sans électricité.Vivre à l\u2019unisson de la seule nature, voilà sur quoi elle mise pour attirer.C\u2019est le retour à la cabane ! » Se désintoxiquer de la société Je pense à l\u2019île Grosse Boule, sur la Côte-Nord, en face de Sept-Îles.On met une demi-heure en bateau pour l\u2019atteindre.Des yourtes y sont offertes en location, équipées de panneaux solaires et de propane.On se sent un peu héros d\u2019avoir bravé les éléments pour s\u2019y rendre, la mer souvent agitée, le vent cinglant.On a croisé des loups marins et, avec un peu de chance, des marsouins et des baleines.« Comme les îles sont petites, on peut y refaire le monde, retourner aux origines », poursuit Françoise Péron.« On va s\u2019y désintoxiquer de la société.» Sac de couchage, lampe de poche, boîtes de tomates et pâtes, attirail des temps postmodernes ! Moustiques, ratons laveurs, mouffettes, mulots, on a hâte d\u2019arriver ! « Il y a là aussi un besoin d\u2019ancrage, dans un monde qui ne semble plus en avoir », dit la spécialiste.Retour sur le traversier avec Vincent.« Tous mes soucis restent sur le quai de Cleggan, confie-t-il.C\u2019est curieux, j\u2019accoste sur Inishbofin jamais tout à fait le même homme.» L\u2019arrivée est impressionnante.D\u2019abord, on passe un phare tout blanc sur le tout bleu.Ensuite, le château Cromwell au garde-à-vous devant l\u2019île.Il servit de prison aux prêtres catholiques de toute l\u2019Irlande après la Réforme menée par l\u2019Église d\u2019Angleterre à la fin du XVIe siècle.S\u2019offrent enfin de près collines verdoyantes, chemins étroits, murets de pierre, maisons disséminées.Vincent va porter ses victuailles chez lui.Il me donne rendez-vous au bar The Beach.Pour y parvenir, il faut grimper une longue côte qu\u2019emprunte, en même temps que moi, contenu par un chien obéissant, tout un troupeau de moutons encore et toujours peinturlurés de rouge, de bleu ; pas d\u2019Irlande sans moutons.Nous sommes bientôt attablés devant une 12 O\u2019Clock Mass (la messe de midi), la bière du cru.« Le grand-père de ma compagne était médecin sur Inishbofin.Et son père est né ici.Cette île fait partie de notre ADN.» Après 42 ans de travail en éducation à Dublin, Vincent y vit une retraite paisible.« Le silence ici, oh, le silence\u2026 » Celui du vent, des vagues, des moutons.Dans un océan sans limites Après la 12 O\u2019Clock Mass, je m\u2019arrête à une drôle de roulotte plantée devant la mer.Lorraine McClean, 50 ans, m\u2019y accueille.Artisane et commerçante, elle vit sur l\u2019île depuis 17 ans.Élevée en Angleterre, elle s\u2019est prise d\u2019amour pour Inishbofin, où elle venait travailler l\u2019été pendant ses études.La roulotte est sa boutique d\u2019artisanat.« Alors la vie ici ?» Elle éclate d\u2019un grand rire.« Des jours, je m\u2019enterrerais, d\u2019autres jours, c\u2019est le paradis.» Un peu comme la mer, des fois tourmentée, d\u2019autres fois miroir.« Pour vivre ici, il faut savoir se suffire à soi-même.Bien se connaître.Et consentir à une vie plutôt frugale.» Elle a décidé de s\u2019impliquer très activement pour faire vivre l\u2019île.Lorraine McClean a été élue à la présidence d\u2019un directorat au statut unique qui gère les lieux.Elle est en quelque sorte la mairesse d\u2019Inishbofin.Elle encourage de toutes les façons la venue d\u2019entrepreneurs et la création d\u2019emplois.« La laine des moutons d\u2019ici, par exemple, pourrait devenir une spécialité, un produit typique apprécié des Les îles fascinent les humains depuis toujours.En apparence simples, elles sont des concentrés de complexité, à la fois lieux de respiration et d\u2019enfermement.Elles demeurent mystérieuses pour les continentaux.Notre collaboratrice est allée à la rencontre des îles d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Septième de huit articles.MONIQUE DURAND COLLABORATRICE LE DEVOIR MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR La crise est complexe et les acteurs multiples.Dans la plénitude estivale, l\u2019Italie sursaute.Des alliances se font et se défont.Galvanisent les espoirs ou réveillent des peurs.Aujourd\u2019hui \u2014 tout comme hier et encore plus demain \u2014, un nom est sur toutes les lèvres : celui de Matteo Salvini.Dans un coup de dés retentissant, lancé en plein mois d\u2019août, l\u2019homme fort d\u2019Italie a accéléré la cadence pour prendre le contrôle plein et entier du pays.Galvanisé par les sondages qui le placent en tête des intentions de vote, celui qui était jusque-là ministre de l\u2019Intérieur a fait voler la coalition gouvernementale en éclats le 8 août.Un geste qui était attendu, mais pas de manière si imminente.« Ce qui se produit était dans les cartes depuis l\u2019élection qui a porté au pouvoir le gouvernement actuel », soutient Frédéric Mérand, directeur du Centre d\u2019études et de recherches internationales (CERIUM) de l\u2019Université de Montréal et professeur d\u2019études européennes à l\u2019Université Luiss à Rome.« Mais c\u2019est une surprise : personne ne s\u2019attendait à ce qu\u2019il le fasse au mois d\u2019août.» Et de surcroît avant même l\u2019adoption du budget italien \u2014 « ultra- déficitaire avec une dette publique qui est la deuxième plus importante d\u2019Europe » \u2014 ouvrant ainsi la voie à une période d\u2019instabilité économique.Depuis le 1er juin 2018, une alliance improbable \u2014 et certainement intenable à long terme \u2014 gouvernait le pays.Après s\u2019être prêtés au jeu des invectives, Luigi Di Maio, à la tête du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, son homologue de la Ligue (Lega), décidaient d\u2019unir leurs destinées politiques, le temps d\u2019une courte parenthèse dans l\u2019histoire politique italienne.En s\u2019installant dans les officines du pouvoir, le M5S \u2014 un mouvement anti- système prônant la démocratie participative directe \u2014 venait de remporter la joute électorale avec 32 % des voix, tandis que la Lega \u2014 parti d\u2019extrême droite \u2014 avait en poche 17 % des votes.Mais très rapidement, le ratio s\u2019est inversé : la Lega a doublé ses intentions de vote pendant que le soutien populaire au M5S fondait de moitié.Une inversion des forces en présence qui a été confirmée lors des élections européennes de mai dernier.La Lega remportait alors 34% des voix, devenant du coup la première force politique d\u2019Italie.Une ascension fulgurante La principale variable qui a transformé la donne le temps de ce mariage de raison: Matteo Salvini.«En très peu de temps, il est devenu l\u2019homme le plus puissant d\u2019Italie, le politicien incontournable.Et rien ne permet de prédire sa chute prochaine», relève Frédéric Mérand.Une ascension fulgurante, nourrie par une rhétorique populiste et propulsée par une présence de tous les instants sur les réseaux sociaux.« C\u2019est une stratégie de communication très agressive, très crue, mise en marche par un système qu\u2019on appelle La Bête (un algorithme qui analyse les commentaires sous les publications de Salvini permettant ainsi de cibler les thèmes les plus porteurs) et qui utilise le langage du peuple plutôt qu\u2019un langage institutionnel », analyse Roberto Angrisani, chercheur à la Chaire Jean- Monnet en intégration européenne de l\u2019Université Laval.À la tête du ministère de l\u2019Intérieur, celui qui est surnommé le « Capitaine » a du même souffle pris le EUROPE Le coup de dés de Matteo Salvini L\u2019homme fort d\u2019Italie veut des élections rapidement L\u2019arrivée est impressionnante.On passe un phare tout blanc.Puis s\u2019offrent de près collines verdoyantes, chemins étroits et murets de pierre.MONIQUE DURAND DÉSIR D\u2019ÎLE En très peu de temps, [Matteo Salvini] est devenu l\u2019homme le plus puissant d\u2019Italie, le politicien incontournable.Et rien ne permet de prédire sa chute prochaine.FRÉDÉRIC MÉRANF » LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 3 Penser le curriculum S i on examine les débats souvent virulents qui se déroulent depuis un siècle en éducation, on remarquera qu\u2019ils concernent bien souvent soit les méthodes à préconiser pour faire apprendre, soit la détermination de ce qu\u2019on doit ou devrait faire apprendre : le curriculum.Nos récents débats sur la réforme concernaient typiquement ces deux enjeux, souvent d\u2019ailleurs reliés l\u2019un à l\u2019autre.En ce qui concerne les méthodes, ma propre position est que des résultats de recherche empirique convergent désormais avec les données des sciences cognitives et fournissent des données probantes que nous ne pouvons ignorer.La réforme commettait cette impardonnable faute.Au moment où tous les élèves et tous les étudiants s\u2019apprêtent à suivre, dans leur divers cours, un certain curriculum, je voudrais cette fois rappeler quelques idées sur cet important sujet.Je commencerai par toucher un mot des débats le concernant avant de rappeler deux grands apports théoriques sur cette question.Le curriculum libéral comme tel L\u2019idéal appelé libéral, en éducation, définit celle-ci comme l\u2019acquisition par un sujet de savoirs retenus pour leur capacité formatrice de son esprit, pour leur contribution à son autonomie et pour le rôle qu\u2019ils jouent en cette qualité dans la préparation à la participation à la vie sociale, politique et économique.Une telle éducation rend présumément libre, d\u2019où son nom.Voici (il y en a d\u2019autres\u2026) quatre avenues par lesquelles, à des degrés variables, on a pu contester cet idéal.Sous le nom de théorie du capital humain, on a pu arguer que c\u2019est pour leur éventuelle rentabilité économique et non pour leur valeur intrinsèque que les savoirs devraient être retenus en éducation.Un regard même cursif sur l\u2019actualité en éducation fournira des exemples\u2026 Sous le nom d\u2019habitus, on a pu soutenir que les savoirs valorisés dans une éducation libérale et les moyens de les transmettre privilégient des manières de penser, de sentir, de valoriser que possèdent d\u2019emblée les membres des classes favorisées, qui se sentent donc chez eux à l\u2019école, tandis que les autres admettent que ce qui s\u2019y déroule n\u2019est pas pour eux.On a encore soutenu que le curriculum d\u2019une éducation libérale est tout entier traversé de graves biais idéologiques : il est sexiste, classiste, occidentalocentriste et reproduit ces biais dans un geste d\u2019exclusion de ce à quoi il reste aveugle.On a enfin, sous le nom de postmodernisme, invité à renoncer à ces grands idéaux normatifs (le vrai, le beau, le bien) fondant ultimement l\u2019idéal libéral et à reconnaître, dans un geste relativiste, que seule compte l\u2019efficacité pratique, la performativité.Ces idées, et d\u2019autres, sont présentes et peuvent en effet rendre plus difficile la défense d\u2019une vision libérale de l\u2019éducation.Mais je tiens à rappeler deux importantes contributions théoriques qui tentent de l\u2019assurer.Formes de savoir et culture générale La première a été proposée par un mathématicien et philosophe britannique appelé Paul H.Hirst.Il suggère, pour le dire très vite, que les êtres humains ont déployé diverses manières de connaître le monde et eux- mêmes, qu\u2019il appelle des formes de savoir.Chacune d\u2019elles est caractérisée par des concepts qui lui sont propres et par des manières particulières de les combiner et de valider les propositions qu\u2019on avance ainsi.Hirst affirme qu\u2019il existe les formes de savoir suivantes (que l\u2019on pourrait à leur tour subdiviser) : mathématiques, sciences physiques ; sciences humaines ; histoire ; religion ; littérature et beaux-arts ; philosophie.Une éducation libérale devrait donc en faire parcourir à chacun le plus vaste tour d\u2019horizon possible afin de développer son esprit.Hirst reconnaît que si une éducation libérale est habituellement menée à travers l\u2019étude directe des diverses branches des disciplines, il n\u2019est pas nécessaire qu\u2019il en soit toujours ainsi.Le capital culturel avec E.D.Hirsch Plus récemment, E.D.Hirsch a de son côté avancé que l\u2019on devrait et que l\u2019on peut parfaitement transmettre à chacun les connaissances composant ce qu\u2019il appelle le capital culturel, indispensable à une personne qui aspire à l\u2019autonomie et au citoyen.Il s\u2019agit d\u2019abord de définir ce capital, et Hirsch et ses collaborateurs ont justement soigneusement cerné ce que chaque petit Américain, au terme de son parcours scolaire, devrait avoir appris.Hirsch suggère aussi que le monde de l\u2019éducation a négligé et méconnu non seulement l\u2019importance de ces savoirs, mais aussi celle des savoirs préalables indispensables pour acquérir de nouveaux savoirs.Il propose donc, dans les écoles qu\u2019il a inspirées, des curriculums soigneusement élaborés et progressifs dans chaque discipline et pour chaque niveau.Je vous invite à consulter le site https://www.corek- nowledge.orgpour y trouver les contenus préconisés pour toutes les disciplines (arts, sciences, mathématiques, histoire et géographie, etc.) du préscolaire à la huitième année.Hirsch écrit, et je lui laisse volontiers le dernier mot : « L\u2019école publique d\u2019une démocratie doit permettre le plein épanouissement du potentiel de tous les élèves.Une carence de capital intellectuel chez un enfant ne constitue pas une donnée immuable que nos écoles ne pourraient changer, mais un défi qu\u2019elles peuvent surmonter en corrigeant leurs incohérences académiques.» La perle de la semaine est offerte par David Milot.« Les archontes sont tirés au sort et ont un mandat annuel de dix ans.» Bref, ils avaient tout leur temps\u2026 NORMAND BAILLARGEON continentaux.» Cet été, une nouveauté qui la réjouit : on a ouvert une petite librairie sur l\u2019île.Inishbofin fait face aux mêmes défis que d\u2019innombrables milieux insulaires du globe, celui d\u2019assurer son avenir économique, son avenir tout court.Arrêter l\u2019hémorragie des « locaux » vers le continent, attirer de nouveaux résidents, empêcher la dévitalisation.Tout y est plus compliqué et plus coûteux : dépendance du climat, frais de transport élevés, biens et services lointains.Et la saison touristique est si courte.Surpeuplées l\u2019été, les îles retombent en léthargie aux grandes marées d\u2019automne.Tout le monde est parti.Les insulaires doivent se retrouver, se recentrer, réapprivoiser silence et solitude.Lorraine a deux chats.« C\u2019est ma famille.» Et des oiseaux, tout autour de chez elle.« Souvent, j\u2019éteins la radio pour les entendre chanter.» « J\u2019ai longtemps pensé que j\u2019étais devenue moi-même une île.Mais je me suis rendu compte que, même vivant un peu comme une ermite, j\u2019avais besoin des autres, de mes voisins, de mes amis.» « Je suis consciente de ne pas être dans la norme, poursuit-elle, d\u2019être un peu anormale à vrai dire.Mais cette vie me convient.» Se voit-elle vieillir sur Inishbofin ?«Non.Je rêve d\u2019une toute petite maison que j\u2019habiterais en Espagne, où il fait chaud.Entourée de voisins qui prendraient soin de moi, et moi, d\u2019eux.» Quand elle en a marre de son île trop étroite, Lorraine va marcher sur les collines après sa journée.« Ça me remet d\u2019aplomb.» Elle voit le soleil tomber dans un océan sans limites.Les entraves en elle se défont.L\u2019Irlande gît là-bas dans le contre-jour, tandis que l\u2019île de l\u2019île est encore éclaboussée de lumière.Pas d\u2019Irlande sans moutons ! En bas : le château Cromwell au garde-à-vous devant l\u2019île.Il servit de prison à la fin du XVIe siècle.VINCENT LENNON/MONIQUE DURAND du M5S ont tissé une nouvelle alliance cette fois avec ceux du Parti démocrate (PD) \u2014 au centre gauche de l\u2019échiquier politique \u2014 pour voter contre la motion présentée par Salvini.Le prochain chapitre de cette crise à l\u2019issue incertaine s\u2019ouvrira mardi lorsque le premier ministre Giuseppe Conte s\u2019adressera aux parlementaires.« Il aura la possibilité de s\u2019exprimer et d\u2019expliquer les termes de la crise actuelle », explique Roberto Angrisani.Plusieurs options se dérouleront alors : un renversement du gouvernement, suivi du déclenchement d\u2019élections, la formation d\u2019une nouvelle coalition gouvernementale ou la mise en place d\u2019un gouvernement technocratique.Dans l\u2019éventualité où aucune alliance n\u2019émergerait, les parlementaires pourraient décider de mettre en place un gouvernement apolitique, composé de technocrates, ce qui permettrait d\u2019éviter un enlisement du pays dans une crise économique et budgétaire.Mais déjà, le rapprochement entre le M5S et le PD laisse croire qu\u2019une nouvelle majorité de rechange pourrait être à portée de main.« Le M5S aurait tout intérêt à le faire, puisque le parti est impopulaire, donc il perdrait beaucoup de sièges si des élections étaient déclenchées, estime Frédéric Mérand.Mais la stratégie du PD n\u2019est pas claire : est-ce qu\u2019ils préfèrent des élections ou tenter le coup avec le M5S ?» Un brouillard dans lequel se mêle l\u2019ombre de l\u2019ancien premier ministre Matteo Renzi, qui semble placer ses cartes pour reprendre les rênes du PD.« Il se positionne comme la solution de remplacement à Salvini et pourrait transformer cette bataille en un combat de coqs entre les deux Matteo », suggère le chercheur.Si des élections étaient déclenchées, les sondages laissent croire que Matteo Salvini pourrait gagner son pari en se hissant à la tête d\u2019un gouvernement d\u2019extrême droite.Une majorité serait à portée de main si la Lega s\u2019alliait à la formation Fratelli d\u2019Italia (extrême droite) de Giorgia Meloni et/ou avec le parti Forza Italia (droite) de Silvio Berlusconi.« C\u2019est très inquiétant, laisse tomber Roberto Angrisani.L\u2019Italie est un laboratoire des conséquences et des ravages de l\u2019avancée du populisme.[\u2026] Tous les totalitarismes en Europe ont accédé au pouvoir par la voie légale.» Si des élections étaient déclenchées, les sondages laissent croire que Matteo Salvini pourrait gagner son pari en se hissant à la tête d\u2019un gouvernement d\u2019extrême droite ALBERTO PIZZOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Pour vivre ici, il faut savoir se suffire à soi-même.Bien se connaître.Et consentir à une vie plutôt frugale.LORRAINE MCCLEAN » LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 4 E Une histoire inachevée Dispersés aux États-Unis, une centaine de documents majeurs rassemblés par Lawrence Lande, dans sa quête pour réhabiliter John Law, ont finalement été rapatriés au Québec, où ils profitent maintenant à des chercheurs n arrivant au salon du livre ancien de New York, ce samedi d\u2019avril 2001, Denis St-Martin s\u2019est promis de ne pas trop dépenser.Quelques heures plus tard, il repartira pourtant délesté de plusieurs milliers de dollars, avec une pièce unique qui marquera le début d\u2019une aventure un peu folle.Pour l\u2019heure, cet entrepreneur paysagiste de Sorel-Tracy, collectionneur passionné par l\u2019histoire du Québec, flâne d\u2019un kiosque à l\u2019autre pour s\u2019imprégner de l\u2019odeur du vieux papier qu\u2019il affectionne tant.Les belles reliures d\u2019un vendeur de l\u2019État de New York attirent ses pas, et sa main ne tarde pas à feuilleter le classeur de présentation, qui regorge de vieux manuscrits, rangés par nom d\u2019auteur.À la lettre L, un papier de Jacques de La Place, un jésuite parti sur le même bateau que Jeanne Mance, retient l\u2019attention de Denis St-Martin.À la lettre M, sa main se met à trembler au contact d\u2019une missive de Marie Morin, la première religieuse née au Canada, en 1649.Mais rien de comparable avec l\u2019extase provoquée par la prochaine : un contrat signé par le fondateur de Montréal, Paul de Cho- medey de Maisonneuve.Denis St-Martin est très surpris de trouver un tel document du mauvais côté de la frontière.«J\u2019ai bien senti qu\u2019il y avait un filon majeur pour moi.J\u2019ai quitté le kiosque pour reprendre mes esprits et j\u2019ai immédiatement téléphoné à la seule personne capable de me renseigner: Alfred Van Peteghem», se remémore Denis St- Martin.Les deux hommes, qui ont sympathisé dans une vente aux enchères, ont tissé une relation de confiance.Persuadé que le document provient d\u2019un vol aux archives du Québec, Denis St-Martin commence à le décrire à son interlocuteur.« Alfred m\u2019a tout de suite interrompu et m\u2019en a fait lecture comme s\u2019il l\u2019avait sous les yeux.Je me suis dit, soit il a un pouvoir de divination, soit il connaît très bien ce document, qui du coup doit avoir beaucoup de valeur ! » raconte en souriant Denis St-Martin.La réplique finale d\u2019Alfred Van Peteghem résonne encore dans l\u2019esprit du collectionneur : « Prends-le sur-le-champ ou c\u2019est moi qui le fais ! » Denis St-Martin fait l\u2019acquisition de cette pièce très coûteuse et s\u2019empresse, de retour à Montréal, de questionner Alfred Van Peteghem sur l\u2019origine de cette lettre.L\u2019érudit belge, lassé de sa relation avec des collectionneurs très riches et un peu blasés, s\u2019est pris d\u2019affection pour Denis St-Martin, un passionné aux origines modestes.C\u2019est dans ce climat qu\u2019il retrace, pour lui, l\u2019épopée de Lawrence Lande pour réhabiliter John Law.La relation entre Alfred Van Peteghem et le concessionnaire automobile a mal fini, car les deux hommes ne partageaient plus la même vision.En outre, pour une raison obscure, McGill n\u2019a pas pu, ou n\u2019a pas voulu, acquérir les manuscrits.« C\u2019est ce qui a conduit la famille de Lawrence Lande, qui vivait aux États- Unis, à tout transférer là-bas.Monnayer les manuscrits dans un pays où il y a de nombreux collectionneurs fortunés est plus facile.Lawrence Lande était alors âgé.Il a sans doute laissé les choses filer », relate Denis St-Martin.Retour au Québec Tous les manuscrits ont ainsi été dispersés et seule la volonté de Denis St- Martin, combinée aux connaissances d\u2019Alfred Van Peteghem, a permis de réunir à nouveau une centaine de pièces majeures, en plus de quinze ans.Pour éviter qu\u2019un jour les documents puissent à nouveau quitter le Québec, le musée Pointe-à-Callière en a acheté une partie à Denis St-Martin.Éric Major, le responsable de la médiathèque du musée, se réjouit de l\u2019opération : « Nous constituons et protégeons un fonds d\u2019étude majeur pour les premiers temps de Montréal, car de nombreux documents concernent notre ville et son développement ! » La boulimie de Lawrence Lande, qui l\u2019a conduit à acquérir des documents tous azimuts sur la Nouvelle-France, va en fait servir à éclairer l\u2019histoire de Ville-Marie.« Désormais, des étudiants et des chercheurs peuvent consulter la collection que nous avons réunie à la média- thèque », dit Éric Major.La théorie de Lawrence Lande, qui pensait que le système de Law aurait offert la prospérité à l\u2019Amérique française et l\u2019aurait ainsi préservée des Anglais, semble en revanche un peu délaissée.Pourtant, lorsque l\u2019on interroge Catherine Desbarats, spécialiste de l\u2019économie de la Nouvelle-France à l\u2019Université McGill, ce postulat éveille à nouveau l\u2019intérêt.« Sa vision était trop simpliste, mais Lawrence Lande n\u2019avait pas complètement tort.Si la dette publique de la France avait été mieux financée, le destin des colonies d\u2019Amérique eût été différent.John Law a été très novateur pour régler le problème, mais sa révolution économique manquait d\u2019assise politique pour fonctionner », explique Catherine Desbarats.La question de la dette et de ses enjeux publics est donc centrale.La chercheuse étudie justement la monnaie de carte.En Nouvelle-France, les autorités émettaient des promesses de paiement en inscrivant une somme au dos d\u2019une carte à jouer, pour rémunérer par exemple les fonctionnaires et les soldats.«J\u2019ai justement besoin de consulter les catalogues de la collection Lande, car je suis sûre qu\u2019ils contiennent des informations éclairantes pour mon étude», raconte Catherine Desbarats.Même son de cloche à l\u2019Université de Montréal, où Thomas Wien travaille notamment sur les relations de la Nou- velle-France avec l\u2019Europe.« On est toujours reconnaissants quand une personne investit autant d\u2019argent pour réunir des documents que l\u2019on peut étudier », souligne le professeur.Pour Wien, il est par exemple essentiel de consulter les traces écrites laissées par les commerçants présents dans les colonies.Les décisions de la métropole ne sont pas suffisantes pour comprendre le sort d\u2019un territoire.« Jusqu\u2019à un certain point, c\u2019est le marché qui décide.Les Antilles, mieux situées, attiraient davantage les investisseurs à l\u2019époque de Law.Par la suite, en Louisiane, ce sont surtout les esclaves africains achetés par les colons qui, bien malgré eux, ont assuré le développement du territoire », analyse le professeur.En achetant toutes ces lettres qui dévoilent la réalité du terrain, Lawrence Lande avait donc vu juste.Loin d\u2019avoir réussi à réhabiliter John Law, le collectionneur a tout de même permis de préserver des pièces fragiles, dont on peut retrouver le contenu dans ses six catalogues.Catherine Desbarats lance d\u2019ailleurs, sous forme de promesse : « Sans suivre toutes les lubies de Lawrence Lande, nous allons tout de même grandement profiter de son travail dans les prochaines années ! » Lawrence Lande, concessionnaire automobile de Montréal et grand collectionneur, s\u2019est passionné pour John Law, économiste né au XVIIe siècle et père du capitalisme moderne, tombé en disgrâce.Troisième et dernière partie de cette enquête historique sur la trace de deux personnages exceptionnels.SYLVAIN LUMBROSO COLLABORATEUR LE DEVOIR La théorie de Lawrence Lande, qui pensait que le système de l\u2019économiste John Law aurait offert la prospérité à l\u2019Amérique française et l\u2019aurait ainsi préservée des Anglais, semble un peu délaissée de nos jours.PIERRE-NICOLAS RIOU Loin d\u2019avoir réussi à réhabiliter John Law, le collectionneur Lawrence Lande a tout de même permis de préserver des pièces fragiles, dont on peut retrouver le contenu dans ses six catalogues È LE MYST RE JOHN LAW LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 PERSPECTIVES B 5 P CENTRAFRIQUE « Je me bats pour la justice, mais aussi contre l\u2019injustice » L\u2019avocat québécois Stéphane Bourgon a défendu un chef de milice centrafricain traduit devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l\u2019humanité rès de 10 000 kilomètres séparent Re- pentigny de Bangui, en Centrafrique.Et pourtant, Stéphane Bourgon, ce natif de la Rive-Nord de Montréal, s\u2019est retrouvé à défendre « Rambo », un chef de milice centrafricain, à la Cour pénale internationale (CPI).«Je me bats pour la justice, mais aussi contre l\u2019injustice,» explique l\u2019avocat, qui a commencé sa carrière de plaideur et cri- minaliste au sein des Forces armées canadiennes, avant de rejoindre LaHaye en 1998.«Si la défense fait une erreur, ça peut mener à la condamnation d\u2019un innocent, et ça, c\u2019est grave.Toute ma carrière est basée sur le fait qu\u2019une personne innocente ne doit pas être punie.À La Haye, c\u2019est très difficile en raison de la gravité objective des crimes, des regards toujours tournés vers les accusés, qui ont souvent mauvaise réputation dans les médias.» Le chef de milice, Alfred Yekatom Rombhot de son vrai nom, est le premier Centrafricain extradé à LaHaye pour son implication dans les événements de 2013- 2014.À la suite de la prise du pouvoir par la coalition Séléka, il aurait dirigé une milice «anti-Balaka» d\u2019environ 3000 personnes qui auraient commis des actes de violence à l\u2019encontre des musulmans du sud de Bangui.« Massacres » «Il a fait des massacres dans toute la population.Enfants, femmes enceintes, vieillards.Même nos habits, nos maisons, notre bétail ont disparu», raconte le chef d\u2019un quartier où la milice aurait sévi.L\u2019homme de 66 ans, qui préfère rester anonyme, contient sa colère lorsqu\u2019il parle de son fils tué.«La vie humaine n\u2019a pas de prix.Si ceux qui ont commis des actes horribles ne sont pas condamnés, même si on nous donne un milliard, plus rien n\u2019aura de sens, ni la vie ni la justice.» Rombhot siégeait comme député à l\u2019Assemblée nationale jusqu\u2019à ce qu\u2019il y dégaine un fusil le 29 octobre 2018.La CPI a déposé un mandat d\u2019arrêt contre lui une dizaine de jours plus tard.C\u2019est dans ce contexte que Stéphane Bourgon a été conseil principal à la défense de ce chef de milice depuis 10 mois.Aucune accusation n\u2019a été déposée jusqu\u2019à présent, alors qu\u2019il est déjà en prison.Un délai « très étrange par rapport aux critères en vigueur au Canada », selon Me Bourgon.L\u2019avocat dénonce un manque de moyens et d\u2019accès aux informations pour la défense, imputables, selon lui, au motif de création de la Cour : « C\u2019est une justice qui devient une justice d\u2019exception.Une des causes principales, c\u2019est qu\u2019elle a été créée avec le thème principal de \u201c vaincre l\u2019impunité \u201d.Si on parle de vaincre l\u2019impunité, c\u2019est comme si, au point de départ, la personne était coupable.Ça chemine dans les procédures et dans la façon d\u2019administrer la justice devant la Cour pénale internationale.» La détention de Rombhot et d\u2019un autre anti-Balaka donne à une partie de la population centrafricaine une impression de partialité de la part de la CPI.Notamment parce qu\u2019en Centrafrique, des chefs ou membres éminents des Séléka (la coalition de groupes armés opposés aux anti-Balaka) siègent au gouvernement depuis les accords de paix de Khartoum.« Si on arrivait à faire une justice locale pour juger des gens des deux côtés, ça permettrait au pays de se relever et de garder sa souveraineté plutôt que de la transférer à La Haye, analyse M.Bourgon.Il n\u2019y a que de rares procès, d\u2019une telle envergure et d\u2019un tel degré politique, qui ne pourraient pas avoir lieu à Bangui.» Des millions pour peu ?Rombhot et Ngaïssona, les deux détenus de la CPI, restent de « petits poissons », selon l\u2019avocat.Il remet en question le besoin d\u2019investir des millions et de passer cinq ans sur leurs procès à La Haye.« Regardez le nombre de dossiers instruits depuis les débuts de la Cour, et comparez avec le budget donné depuis les débuts », souligne Me Bourgon.Avec un budget pour 2018 de 219 millions de dollars et seulement onze enquêtes en cours, la CPI est critiquée par de nombreux États membres.L\u2019un des points de litige : sur les neuf pays où se déroulent des enquêtes, huit sont sur le continent africain (la Géorgie fait note d\u2019exception), ce qui a valu à la Cour d\u2019être targuée de néocolonialisme.Face à ces critiques, l\u2019avocat québécois prend ses précautions pour naviguer dans ce milieu interculturel: «Pour un avocat blanc qui représente un Centrafricain, il est essentiel d\u2019avoir un minimum de connaissances sur le pays.Certaines peuvent être acquises par la littérature, d\u2019autres non.C\u2019est pour cela que je travaille avec des équipes mixtes, et que j\u2019essaie d\u2019avoir toujours un représentant du pays de l\u2019accusé.» Malgré tout, le Canada, avec son «très bon système de justice», apporte selon lui une contribution notoire à la justice internationale.De plus, les membres du Barreau du Québec ont l\u2019habitude d\u2019un système mixte, et maîtrisent la common law comme le droit civil «de nature continentale» à la base de la justice appliquée à La Haye.Le bilinguisme est un autre atout dans une cour en anglais, mais où une partie des accusés et témoins sont francophones.Me Bourgon vient de laisser le dossier de M.Yekatom Rombhot pour se concentrer sur la procédure d\u2019appel du dossier de Bosco Ntaganda, un Congolais.C\u2019est la Québécoise Me Mylène Dimitri qui le remplace.S\u2019il entend poursuivre son travail sans relâche contre l\u2019injustice, on sent toutefois qu\u2019il a perdu quelques illusions en chemin.« Il y a quelques années, j\u2019aurais dit que la justice, c\u2019est l\u2019élément clé, la base sur laquelle on peut reconstruire.Aujourd\u2019hui, vu mon expérience, je regarde le mélange entre le politique et la justice, la façon dont elle est administrée aujourd\u2019hui, et je ne suis plus certain que la justice soit la clé pour le retour à la paix et la réconciliation des États déchirés.» ADRIENNE SURPRENANT COLLABORATRICE LE DEVOIR Le chef de milice centrafricain Alfred Yekatom Rombhot aurait dirigé, en 2013-2014, un groupe d\u2019environ 3000 personnes qui auraient commis des actes de violence à l\u2019encontre des musulmans du sud de Bangui, capitale de la République centrafricaine.Sur la photo, une victime présumée de Rombhot, dans les bureaux de la Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique à Bangui.ADRIENNE SURPRENANT Toute ma carrière est basée sur le fait qu\u2019une personne innocente ne doit pas être punie.À La Haye, c\u2019est très difficile en raison de la gravité objective des crimes, des regards toujours tournés vers les accusés, qui ont souvent mauvaise réputation dans les médias STÉPHANE BOURGON » B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 CONDOS PARIS CENTRE Près métro et 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s\u2019était montré intéressé par l\u2019achat de l\u2019immense territoire autonome danois.La veille, le quotidien économique The Wall Street Journal avait écrit que le président américain, magnat de l\u2019immobilier avant de se lancer en politique, s\u2019était « montré à plusieurs reprises intéressé par l\u2019achat » de ce territoire, qui compte quelque 56 000 habitants, et en avait parlé à ses conseillers à la Maison- Blanche.Le président s\u2019est notamment renseigné sur les ressources naturelles et l\u2019importance géopolitique de la région, selon le journal.« Le Groenland est riche en ressources précieuses [\u2026].Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre » le territoire, a rétorqué vendredi le ministère groenlandais des Affaires étrangères sur Twitter.À Kulusuk, un village de chasseurs et de pêcheurs peuplé de moins de 300 habitants dans le sud- ouest de l\u2019île, les habitants rencontrés par l\u2019AFP ne croient pas au projet de Donald Trump : « Ça n\u2019arrivera jamais ! » Non, le Groenland n\u2019est pas à vendre assure Jakob Ipsen, le propriétaire de l\u2019un des deux hébergements que compte la bourgade.« Les gens prennent ça comme une grosse blague.Ils ont déjà essayé en 1867, puis pendant la Deuxième Guerre mondiale, et rien ne s\u2019est produit.Ça ne risque certainement pas de se reproduire », assure-t-il.Le Groenland était une colonie danoise jusqu\u2019en 1953, date à laquelle il est entré dans la « Communauté du Royaume » danois.En 1979, l\u2019île a obtenu le statut de «territoire autonome», mais son économie dépend toujours fortement des subsides versés par Copenhague.Joint vendredi par l\u2019agence, le cabinet de la première ministre Mette Fre- deriksen, à Copenhague, n\u2019a pas souhaité faire de commentaires dans l\u2019immédiat.« Ce doit être un poisson d\u2019avril», a de son côté gazouillé l\u2019ancien chef du gouvernement danois Lars Løkke Rasmussen (Parti libéral).La base militaire la plus septentrionale des États-Unis \u2014 la base aérienne de Thulé \u2014 se situe toujours sur l\u2019île.« C\u2019est la position militaire du Groenland » qui attirerait le président américain, estime Jakob Ipsen.Le Groenland est une gigantesque île arctique riche notamment en pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc et plomb.JONATHAN NACKSTRAND AGENCE FRANCE-PRESSE Les résultats de l\u2019autopsie du financier américain Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule de prison samedi dernier, ont confirmé vendredi qu\u2019il s\u2019était suicidé par pendaison, levant une des grandes interrogations suscitées par ce qui est devenu un scandale national.Après « un examen méticuleux de toutes les informations, y compris les résultats complets de l\u2019autopsie », la médecin légiste en chef de New York a confirmé, dans un bref communiqué, qu\u2019il était mort par « suicide », d\u2019une « pendaison ».Des responsables anonymes cités par le New York Times ont indiqué que le multimillionnaire, accusé d\u2019avoir organisé un vaste réseau d\u2019exploitation sexuelle de jeunes filles âgées parfois de 14 ans seulement, aurait apparemment utilisé ses draps pour se donner la mort.Le suicide de cet homme de 66 ans, alors qu\u2019il était détenu à la prison fédérale de Manhattan, l\u2019une des plus sûres du pays, a suscité un torrent d\u2019interrogations et de théories du complot.Bien que les autorités aient annoncé dès samedi qu\u2019il s\u2019était apparemment suicidé, beaucoup insinuaient qu\u2019il aurait été assassiné pour protéger les nombreuses personnalités et hommes de pouvoir qu\u2019il avait fréquentés, du prince Andrew à Bill Clinton.La confirmation d\u2019un suicide est pourtant loin de lever toutes les interrogations sur la façon dont ce détenu, parmi les plus en vue du pays, a pu se donner la mort.Le secrétaire d\u2019État à la Justice, William Barr, avait annoncé samedi l\u2019ouverture de deux enquêtes.Il a dès mardi évoqué de « graves » dysfonctionnements dans cette prison réputée particulièrement sûre.Il ne les a pas détaillés, mais le directeur de l\u2019établissement a été muté et les deux gardiens chargés de surveiller M.Epstein dans la nuit de vendredi à samedi ont été suspendus.Des responsables pénitentiaires cités par le New York Times ont affirmé que les surveillants avaient dormi environ trois heures, alors qu\u2019ils étaient censés effectuer des rondes toutes les demi-heures, alimentant les soupçons sur de possibles complicités au sein de la prison.En attendant des avancées de l\u2019enquête, les actions au civil demandant réparation à ses héritiers et à ses complices présumés se multiplient.Après une première plainte mercredi, enregistrée au tribunal d\u2019État de New York par une victime présumée déjà connue des médias, Jennifer Araoz, une autre a été déposée devant le tribunal fédéral de New York pour exploitation sexuelle, réclamant 100 millions de dollars de dommages et intérêts. B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 JEROME TAYLOR À HONG KONG AGENCE FRANCE-PRESSE Le mouvement prodémocratie hong- kongais aborde un week-end crucial pour sa crédibilité, au cours duquel il va à nouveau tenter de rassembler les foules après avoir été critiqué pour les violences survenues mardi à l\u2019aéroport, sur fond de menace d\u2019intervention chinoise.L\u2019ancienne colonie britannique vit depuis début juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations quasi quotidiennes.Il s\u2019agit du plus grand défi posé à la souveraineté de Pékin sur sa région semi-autonome et le gouvernement central a musclé son discours, assimilant au «terrorisme» les actions les plus violentes du mouvement.Les médias publics chinois ont diffusé des images de militaires et de blindés massés à Shenzhen, ville voisine de Hong Kong.Washington a mis en garde la Chine contre une intervention qui, aux yeux des experts, serait pour Pékin désastreuse pour son image et aurait des répercussions économiques.Vendredi soir, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans un parc de la ville pour une veillée destinée à appeler les pays étrangers à adopter des sanctions contre les responsables du gouvernement.« Nous sommes accablés tous les jours, mais pas écrasés [\u2026] Nos espoirs de justice et de liberté ne disparaîtront jamais », a déclaré dans un message vidéo diffusé à la foule Brian Leung, un militant qui a fui Hong Kong après avoir participé en juin à l\u2019occupation du parlement local.Le quotidien nationaliste anglophone Global Times a assuré vendredi qu\u2019une éventuelle intervention armée à Hong Kong ne serait pas une répétition du carnage commis en juin 1989 à Tian\u2019anmen par les militaires, sujet tabou dans le pays.Dimanche, jour J Les manifestants prévoient pour dimanche un grand rassemblement qui se veut « rationnel, non violent », afin de montrer que la mobilisation demeure populaire malgré les violences qui ont émaillé la fin de l\u2019action à l\u2019aéroport.Après des journées dans le hall des arrivées à sensibiliser pacifiquement les personnes atterrissant à Hong Kong, la mobilisation a pris un tour conflictuel mardi quand des manifestants ont empêché des voyageurs en partance d\u2019embarquer, puis agressé deux hommes accusés d\u2019être des espions de Pékin.Ces images ont considérablement entamé l\u2019image d\u2019un mouvement qui avait su se rendre très populaire et ne s\u2019en était jusqu\u2019alors pris qu\u2019aux forces de l\u2019ordre et aux institutions.L\u2019appareil de propagande chinois a sauté sur l\u2019occasion, les médias publics se déchaînant sur la violence des manifestants.L\u2019appel à manifester dimanche a été lancé par le Front civil des droits de l\u2019homme, organisation non violente à l\u2019origine des manifestations géantes de juin et de juillet.« La marche de dimanche devrait encore rassembler un HONG KONG Fin de semaine cruciale pour le mouvement prodémocratie AGENCE FRANCE-PRESSE À NEW YORK Le Conseil de sécurité de l\u2019ONU a entamé vendredi une réunion à huis clos très attendue sur la situation au Cachemire indien, où des heurts ont opposé des centaines de manifestants à la police, Donald Trump appelant de son côté l\u2019Inde et le Pakistan au dialogue.Le président américain a lancé cet appel après s\u2019être entretenu au téléphone avec le premier ministre pakistanais Imran Khan en amont de cette réunion à l\u2019ONU, la première depuis des décennies ayant trait à cette région montagneuse très majoritairement peuplée de musulmans pour laquelle l\u2019Inde et le Pakistan se sont déjà livré deux guerres.« Le président [Trump] a rappelé l\u2019importance pour l\u2019Inde et le Pakistan de réduire les tensions à propos [de l\u2019État] du Jammu-et-Cachemire par l\u2019intermédiaire d\u2019un dialogue bilatéral », a annoncé la Maison-Blanche.Imran Khan a quant à lui « exposé en détail le point de vue du Pakistan au président Trump », les deux dirigeants ayant décidé qu\u2019« ils resteraient en contact constant », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi.Sur la défensive, l\u2019Inde a dénoncé des ingérences de la communauté internationale dans ce dossier : « Nous n\u2019avons pas besoin que des fouineurs internationaux viennent nous dire comment agir.Nous sommes un pays de plus d\u2019un milliard d\u2019habitants », s\u2019est insurgé l\u2019ambassadeur d\u2019Inde aux Nations unies, Syed Akbaruddin.Des déclarations conformes à la position traditionnelle de New Delhi, qui s\u2019oppose aux discussions à l\u2019ONU sur le Cachemire, considérant qu\u2019il s\u2019agit de ses affaires intérieures.Autre facteur contribuant à la tension, l\u2019Inde a laissé entendre vendredi qu\u2019elle pourrait remettre en cause sa doctrine de non-recours en premier à l\u2019arme nucléaire, dans un contexte de tensions accrues avec le Pakistan.« L\u2019Inde a strictement adhéré à cette doctrine.Ce qui se produira à l\u2019avenir dépend des circonstances », a averti le ministre indien de la Défense, Rajnath Le Cachemire fait craindre un nouveau conflit entre l\u2019Inde et le Pakistan Vendredi soir, des milliers de manifestants se sont rassemblés pour appeler les pays étrangers à adopter des sanctions contre le gouvernement.MANAN VATSYAYANA AGENCE FRANCE-PRESSE Singh.Mercredi, Imran Khan avait affirmé que son armée était « prête » à « donner une réponse ferme » aux forces indiennes si elles décidaient d\u2019intervenir dans la partie du Cachemire contrôlée par le Pakistan.Sur place, des affrontements ont eu lieu vendredi à Srinagar, la capitale du Cachemire indien, où ont été assouplies certaines restrictions imposées à la circulation.Des centaines de manifestants ont affronté la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène et de projectiles de petit calibre pour les disperser, selon un journaliste de l\u2019AFP.Les manifestants tentaient de défiler sur l\u2019artère principale, jetant des pierres sur la police tout en se protégeant avec des boucliers improvisés, tandis qu\u2019un drone survolait la zone.« Nous essayons de briser le siège et de nous rendre dans le centre-ville, mais la police recourt à la force pour nous en empêcher », a expliqué à l\u2019AFP un manifestant.Le mouvement ne cessera pas « tant que nous n\u2019aurons pas obtenu une indépendance complète de l\u2019Inde », a averti un autre protestataire.Rashida Tlaib BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Nouvelles pressions sur le Japon pour sa chasse à la baleine GENÈVE \u2014 Le Japon a assuré vendredi ne plus chasser de rorquals boréals, une baleine classée « en danger », dans les eaux internationales, mais s\u2019est vu accuser de violer un traité en autorisant la vente d\u2019anciens stocks de viande de cette espèce.Ce cétacé a été la cible principale des captures « scientifiques » japonaises depuis le début des années 2000.En octobre 2018, le Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d\u2019extinction a déclaré que le Japon chassait illégalement dans les eaux internationales le rorqual boréal.Selon les défenseurs de la nature, 1500 tonnes de chair de baleine provenant de 131 rorquals boréals tués en 2018 ont été commercialisées au Japon.Agence France-Presse Washington lance un mandat pour saisir le Grace 1 WASHINGTON \u2014 Les États-Unis ont annoncé vendredi avoir lancé un mandat pour saisir le pétrolier iranien Grace 1 arraisonné à Gibraltar, au lendemain d\u2019une décision de justice de ce territoire britannique de laisser repartir ce tanker, immobilisé début juillet.Le ministère américain de la Justice accuse, dans un communiqué, le navire iranien de «servir à un trafic \u201cillicite\u201d vers la Syrie, orchestré par le corps des Gardiens de la révolution islamique», un groupe placé par Washington sur sa liste noire des organisations terroristes étrangères.Le tanker transportant 2,1 millions de barils de pétrole avait été libéré par les autorités de Gibraltar, notamment grâce à une promesse écrite de Téhéran sur le fait qu\u2019il n\u2019irait pas en Syrie.Une garantie que Téhéran a démentie vendredi.«La destination du pétrolier n\u2019était pas la Syrie [\u2026] et même si c\u2019était le cas, cela n\u2019est l\u2019affaire de personne», a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi.Agence France-Presse EN BREF million de personnes», a déclaré sur Facebook la députée prodémocratie Claudia Mo.Mais le risque de nouvelles échauffourées est réel.D\u2019autres manifestants ont appelé à des rassemblements samedi à Hung Hom et To Kwa Wan, quartiers du front de mer prisés des touristes venant de Chine continentale.Ces deux manifestations n\u2019ont pas été autorisées.Et si la police a donné son feu vert au rassemblement de dimanche dans un grand parc de l\u2019île, elle a interdit aux manifestants de défiler dans la rue.Ce genre d\u2019interdiction a presque systématiquement été ignoré par les manifestants ces dernières semaines et les marches ont donné lieu à des heurts avec les forces de l\u2019ordre.Les autorités justifient ces interdictions par les violences de plus en plus récurrentes lors des cortèges, les manifestants s\u2019en prenant aux commissariats.Pékin serre la vis à toute entreprise soupçonnée de sympathie pour le mouvement prodémocratie, à l\u2019instar de la compagnie aérienne Cathay Pacific dont le directeur général, Rupert Hogg, a démissionné vendredi.Les grandes fortunes de Hong Kong ont également été invitées à s\u2019aligner sur la position gouvernementale, et certains ont ainsi appelé la fin des manifestations.En vertu du principe « Un pays, deux systèmes » qui avait présidé à la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine, jusqu\u2019en 2047.Mais les manifestants considèrent que Pékin respecte de moins en moins ces libertés uniques.Rashida Tlaib n\u2019ira pas en Cisjordanie JÉRUSALEM \u2014 La seule élue américaine d\u2019origine palestinienne, Ras- hida Tlaib, a renoncé vendredi à rendre visite à sa grand-mère en Cisjordanie occupée, à cause des «conditions oppressives» imposées par Israël.À la suite d\u2019appels du président américain, Donald Trump, Israël avait annoncé jeudi avoir interdit la visite de Mme Tlaib et d\u2019une autre élue américaine, Il- han Omar, en raison de leur soutien au mouvement de boycottage.Mais dans la nuit, Rashida Tlaib a écrit aux autorités israéliennes s\u2019engageant «à respecter toutes les restrictions et à ne pas faire la promotion du boycottage d\u2019Israël durant [sa] visite».Vendredi, le ministre israélien de l\u2019Intérieur a accédé à cette demande, sans toutefois détailler les conditions imposées à l\u2019élue américaine.Mais l\u2019élue a finalement refusé l\u2019offre des autorités israéliennes, écrivant sur Twitter: «Ces conditions oppressives allaient à l\u2019encontre de tout ce en quoi je croyais: combattre le racisme, l\u2019oppression et l\u2019injustice.» Agence France-Presse Nous n\u2019avons pas besoin que des fouineurs internationaux viennent nous dire comment agir SYED AKBARUDDIN » Les autorités justifient les interdictions de manifestations par les violences de plus en plus récurrentes lors des cortèges LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin ans la liste de plus en plus touffue de ces aspirants politiciens ou politiques élus espérant restreindre le droit des femmes à l\u2019avortement, il faut ajouter deux candidats du Parti populaire de Maxime Bernier, qui ont imaginé un projet de loi criminalisant les interruptions de grossesse au-delà de la 24e semaine.Les chances réelles d\u2019élection de Laura-Lynn Thompson et de Paul Mitchell, deux Albertains, sont bien minces, ce qui discrédite d\u2019emblée la vie future du- dit projet de loi, mais ne justifie pas qu\u2019on l\u2019ignore.Leur idée est soutenue par une trentaine d\u2019autres candidats du Parti populaire, dont deux Québécois.Elle cible les avortements pratiqués au 3e trimestre (une quantité négligeable), et prévoit une peine maximale de cinq ans de prison pour une femme prise en faute, excluant trois contextes particuliers : santé de la mère compromise, grossesse provoquée par un viol, fœtus atteint d\u2019une malformation létale.Dans l\u2019esprit des géniteurs de ce projet, voici le premier pas d\u2019une route menant à l\u2019abolition complète de l\u2019avortement.Cibler le 3e trimestre de grossesse d\u2019abord, terreau de controverse éthique et même médicale ; et viser l\u2019abolition ensuite.À notre journaliste Hélène Buzzetti, le candidat Mitchell confie espérer un « terrain d\u2019entente » qui inclurait les pro- choix.Le candidat québécois Patrick St-Onge, tenant de cette idée, croit que ça pourrait « progresser vers autre chose » ensuite.L\u2019allumette dans la poudrière, la voilà.Cette manière insidieuse d\u2019ouvrir une petite porte, souvent sans emprunter le portail officiel, mais en se faufilant par l\u2019entrée de service, sans le moindre carton d\u2019invitation.Sur cette question brûlante, voilà la signature officielle du cercle conservateur depuis des lustres.Le chef du Parti populaire, Maxime Bernier, laisse le choix à ses candidats de piloter toute initiative restreignant le droit à l\u2019avortement, mais ça n\u2019est pas une position officielle du parti \u2014 M.Bernier a même déjà voté pour la protection du droit à l\u2019avortement dans le passé.Clairement affiché pro-vie, le chef conservateur, Andrew Sheer, adopte le même code de conduite politique : pas de position officielle, pas de volonté claire de remettre en question la décriminalisation de l\u2019avortement gagnée de haute lutte par les femmes en 1988.Mais le champ est libre pour proposer sous forme d\u2019initiative privée toute formule destinée à ébranler un socle.C\u2019est la loi de la persistance.La politique de la ténacité.Le règne de la répétition.Ailleurs, à commencer par la cour des voisins américains, on est retombé dans la criminalisation de l\u2019avortement en s\u2019enfargeant dans l\u2019anecdotique d\u2019abord, pour bien s\u2019ancrer dans les réformes législatives ensuite.L\u2019Alabama a voté ce printemps la loi anti-avortement la plus restrictive des États-Unis (criminalisation quasi totale, et même dans les cas d\u2019inceste et de viol) et c\u2019est un cas semblable à l\u2019affaire Chantal Daigle c.Jean- Guy Tremblay qui a provoqué une escalade menant à la criminalisation : une poursuite judiciaire intentée contre l\u2019Alabama Center for Reproductive Alternatives par un père (Ryan Magers) outré que sa petite amie se soit fait avorter après six semaines de grossesse.Lorsque les conservateurs de Stephen Harper étaient au pouvoir, l\u2019énergie avec laquelle certains députés se sont adonnés au dépôt de projets de loi privés visant \u2014 souvent par la bande \u2014 le droit à l\u2019avortement avait de quoi étonner, voire inquiéter.Il y eut C-510 sur l\u2019interdiction de contraindre une femme enceinte à interrompre sa grossesse.C-484, qui visait la protection juridique des femmes enceintes et des « enfants non encore nés victimes d\u2019actes criminels ».C-537, sur la protection des médecins participant à des actes médicaux contraires à leur religion ou à leurs croyances.C-338 visant l\u2019interdiction des avortements après 20 semaines de grossesse.Et C-543, sur les mauvais traitements infligés aux femmes enceintes.Aux États-Unis, la coalition politico-religieuse qui se démène pour bafouer la liberté de choix a fait d\u2019immenses gains : dans 28 États américains, des projets de loi visant à restreindre l\u2019accès à l\u2019avortement ont vu le jour.Au Canada, des lobbys pro-vie espèrent faire élire des candidats visant la criminalisation de l\u2019avortement, abriant leur lutte d\u2019un drapé tout noble nommé droits de la personne.Ce n\u2019est pas sans raison que l\u2019on doit s\u2019astreindre à un devoir de précaution et de prudence.Car elle existe bel et bien, cette frange politique rêvant du jour où les esprits seront mûrs pour un retour à la criminalisation.À ce travail de longue haleine et de persuasion qui s\u2019opère chez ces tenaces, il faut répondre avec une solidité sans faille : non, les droits reproductifs des femmes ne sont pas à brader.Dr Réjean Thomas Président-directeur général de la clinique l\u2019Actuel Pendant le festival de Fierté Montréal, la Direction de la santé publique a signalé que le nombre de nouveaux cas de VIH parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d\u2019autres hommes (HARSAH) avait diminué de 35 % en un an dans la région de Montréal.Nous n\u2019avons jamais été si proches de mettre un terme à l\u2019épidémie du VIH.En une trentaine d\u2019années, le traitement de ce virus a connu des avancées thérapeutiques exceptionnelles, sans égal dans l\u2019histoire médicale.Avec le temps, on associe de plus en plus le VIH à une maladie chronique.Au Canada, l\u2019espérance de vie des personnes vivant avec le VIH est proche de celle des personnes sé- ronégatives.La charge virale indé- tectable grâce à un traitement an- tirétroviral adéquat empêche la transmission du virus et la prophylaxie pré-exposition (PrEP) permet de réduire considérablement les risques de transmission (95 %).Autant de facteurs qui contribuent à la diminution des nouveaux cas.Ni ici ni ailleurs la bataille n\u2019est gagnée pour autant, si on veut éradiquer le VIH d\u2019ici 2030, tel que le préconise l\u2019ONUSIDA qui, par ailleurs et de façon inquiétante, a prédit des rebonds potentiels de l\u2019épidémie si les pays donateurs ne renforcent pas leur soutien.Les progrès sont fragiles et se mesurent sur le long terme.Il serait pour la première fois question que le Canada n\u2019augmente pas son financement au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.Cet organisme est pourtant fondamental pour lutter contre ces trois maladies, que l\u2019on peut prévenir.Entre vous et moi\u2026 Malgré un manque flagrant de main-d\u2019œuvre ici, le ministre Jo- lin-Barrette persistera-t-il et si- gnera-t-il ?On ne perd rien pour attendre.Ramener à la baisse l\u2019immigration au Québec est d\u2019un illogisme consommé.D\u2019ailleurs, la CAQ et le ministre de l\u2019Immigration sont en train de se le faire rappeler, cette semaine, entre autres, par ses alliés naturels comme la Fédération des chambres de commerce du Québec.C\u2019est un des groupes qui l\u2019a prévenu, pourtant, lors de la dernière campagne électorale.Ce groupe avait même avancé que ce n\u2019était pas 52 000 immigrants qu\u2019il faudrait accueillir, comme pour 2018, mais 60 000, au moins.Maintenant, on parle de 78 000 pour combler les besoins de main- d\u2019œuvre et empêcher la stagnation du développement économique du Québec.Non! Pour de pures raisons électoralistes, les caquistes ont promis au peuple une baisse de 20% des immigrants.Et suffisamment d\u2019électeurs, dont une grande partie s\u2019abreuve à TVA et au Journal de Québec, sont tombés sous les charmes du contradictoire François Legault et de son impétueux ministre Jolin-Barrette.Monsieur Legault, qui ne se gêne pas pour se dire mal à l\u2019aise de recevoir autant de péréquation d\u2019Ottawa, en disant Le Canada doit garder son leadership dans la lutte contre le sida LIBRE OPINION LETTRES AVORTEMENT L\u2019allumette dans la poudrière D ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu 24 ans contractent encore le VIH chaque jour.En Afrique subsaha- rienne, elles sont deux fois plus à risque que les hommes.Le Fonds mondial investit dans plus de 100 pays dans des programmes menés par des experts locaux.Il s\u2019agit d\u2019une organisation de santé globale qui se distingue par son efficacité.On estime que 27 millions de vies ont été sauvées depuis sa création en 2002.En établissant des partenariats avec les gouvernements, la société civile, les institutions techniques, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies, le Fonds mondial favorise l\u2019innovation, mais aussi les économies d\u2019échelle.L\u2019organisme estime qu\u2019il doit recueillir 15% de plus que lors du dernier cycle de financement pour éviter que ces maladies ne connaissent une nouvelle recrudescence.Cette année, les pays qui s\u2019étaient engagés à contribuer au Fonds ont tous promis d\u2019augmenter leur soutien.Depuis toujours, le Canada a augmenté sa participation d\u2019au moins 20 % à chaque cycle de financement, y compris à Montréal en 2016 sous le leadership du premier ministre Trudeau.Au minimum, cette augmentation doit demeurer identique pour ne pas risquer de mettre en péril les progrès réalisés à ce jour, car tout permet de croire à l\u2019éradication du sida, au Canada et partout dans le monde.Même si elle ne fait plus la une des journaux, l\u2019épidémie du sida demeure un des défis les plus considérables auxquels le monde a dû faire face en peu de temps.Au début des années 2000, plus de 4700 personnes mouraient chaque jour de causes liées au sida sur la planète.Aujourd\u2019hui, c\u2019est moins de la moitié, soit 2100 personnes.Même si ce nombre montre les progrès accomplis, il demeure le signe flagrant du chemin qu\u2019il reste à parcourir.En 2018, 38 millions de personnes (plus que la population canadienne) vivaient avec le VIH, dont 40 % (15 millions) n\u2019avaient pas accès aux antirétroviraux.Les défis ne s\u2019arrêtent pas là.Il faut rappeler les risques élevés parmi des groupes vulnérables, notamment les HARSAH et les utilisateurs de drogue par injection.Près de 1000 femmes âgées de 15 à MARIE-ANDRÉE CHOUINARD breuses tracasseries pour les consommateurs et les commerçants.Par ailleurs, la très grande majorité des gens utilisent le bac de recyclage au Québec.Il est important de noter aussi que le but de ce recyclage n\u2019est pas d\u2019obtenir des bouteilles intactes pour une réutilisation comme telle, mais bien d\u2019obtenir du verre non contaminé par d\u2019autres substances du bac de récupération.Les bouteilles de vin sont toutes un peu différentes selon les producteurs, et nous n\u2019allons pas envoyer à Bordeaux ou au Chili les différents formats récupérés ! Une solution simple serait de faire un peu comme la compagnie Nespresso, qui permet à ses clients de mettre ses capsules de café vides dans un sac spécial que l\u2019on dépose dans le bac de recyclage.(La compagnie permet aussi de faire cela par la poste, sans frais !) Arrivé au centre de tri, le sac est séparé du reste et ainsi son contenu n\u2019est pas contaminé.Il serait possible de faire la même chose avec les bouteilles de vin, que l\u2019on mettrait alors dans un sac identifiable à déposer dans le bac de récupération.Peu importe que les bouteilles se cassent lors du transport, elles ne seront pas contaminées et pourront donc être recyclées.Cette solution permettrait d\u2019utiliser efficacement l\u2019infrastructure de recyclage qui existe au Québec sans tous les tracas de la consigne.Christian Dufour Lévis, le 14 août 2019 miser sur un développement économique fort pour le Québec.Une économie forte pour nous libérer, enfin, de la réception d\u2019un chèque annuel chiffré en milliards que les sophistes, les désinformés et les ignorants comparent à du BS.Au fond, comme n\u2019importe quel chef qui tient à tout prix au pouvoir, ce que cherche Legault, c\u2019est un autre mandat de quatre ans.Pour cela, quoi de mieux que le clientélisme électoral.Après le dossier de l\u2019immigration, où il pourrait faire des concessions au grand capital québécois, il va s\u2019attaquer au tant attendu dossier de la réforme du mode de scrutin : aussi une promesse électorale phare de la CAQ.Même si à peu près tout le monde la veut, cette réforme, je subodore que le gouvernement caquiste prépare une stratégie pour ne pas qu\u2019elle soit effective en 2022.Car son adoption risquerait de remettre en cause sa réélection.Après tout, le grand frère à Ottawa n\u2019a-t-il pas montré l\u2019exemple en revenant, de façon éhontée, sur une promesse électorale.Marcel Lapointe Jonquière, le 14 août 2019 Bien recycler les bouteilles de vin L\u2019idée d\u2019une consigne pour les bouteilles de vin fait son chemin grâce à ses bonnes intentions.La solution d\u2019imposer une consigne implique par contre de nom- Au début des années 2000, plus de 4700 personnes mouraient chaque jour de causes liées au sida sur la planète.Aujourd\u2019hui, c\u2019est moins de la moitié, soit 2100 personnes. B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.KONRAD YAKABUSKI Trudeau met (encore) les pieds dans le plat S i on devait brosser un portrait du premier ministre, Justin Trudeau, uniquement à partir des informations fournies dans le rapport du commissaire à l\u2019éthique, Mario Dion, sur l\u2019affaire SNC-Lavalin, ce serait celui d\u2019un chef de gouvernement qui ne se préoccupe pas trop des détails.Lorsqu\u2019il donne un ordre à son personnel comme celui de «trouver une solution qui protège les intérêts commerciaux de SNC-Lavalin au Canada», il ne veut pas qu\u2019on le dérange avec des mises à jour tout au long du processus.Comme il l\u2019avait dit à M.Dion, ses gens «n\u2019ont pas la liberté absolue de prendre des décisions importantes de façon unilatérale, mais une fois qu\u2019ils ont une bonne idée de la direction que souhaite prendre M.Trudeau sur une affaire, ils sont chargés de la gestion quotidienne d\u2019un dossier donné.» Il devient ainsi d\u2019autant plus facile pour M.Trudeau de se distancer des errances éthiques de son personnel lorsque celles-ci reviennent le hanter.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019ont prétendu les avocats de M.Trudeau en faisant valoir à M.Dion que « même si le personnel ministériel de M.Trudeau et le greffier du Conseil privé agissent au nom du premier ministre lorsqu\u2019ils s\u2019adressent à d\u2019autres ministres ou à leurs représentants, M.Trudeau ne saurait être tenu responsable des actes de membres de son personnel puisque [\u2026] la responsabilité au sens de la loi est personnelle et repose sur l\u2019intention subjective ».En d\u2019autres mots, si ça tourne au vinaigre, ce n\u2019est pas de sa faute.La réaction de M.Trudeau qui a suivi le dépôt du rapport de M.Dion cette semaine fut très révélatrice à cet égard.Le commissaire à l\u2019éthique n\u2019a pas mâché ses mots en déclarant que le premier ministre «s\u2019est prévalu de sa position d\u2019autorité sur [l\u2019ancienne procureure générale Jody] Wilson-Raybould pour tenter d\u2019influencer sa décision concernant l\u2019infirmation de la décision de la directrice des poursuites pénales, laquelle avait conclu qu\u2019elle n\u2019inviterait pas SNC-Lavalin à entamer des négociations en vue de conclure un accord de réparation».M.Trudeau a ainsi violé la Loi sur les conflits d\u2019intérêts en privilégiant les intérêts privés de la firme montréalaise d\u2019ingénierie au détriment de l\u2019indépendance du système juridique.Les conclusions de M.Dion étaient à ce point graves \u2014 d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit de la deuxième fois en seulement trois ans que M.Trudeau aurait violé la Loi sur les conflits d\u2019intérêts \u2014 que le premier ministre se devait d\u2019y répondre avec un peu d\u2019humilité au moins.Or, il n\u2019en fut rien.« Je ne vais pas m\u2019excuser d\u2019avoir été là pour défendre les emplois des Canadiens, c\u2019est ma job en tant que premier ministre », a dit M.Trudeau, en ajoutant : « Je ne suis pas d\u2019accord avec les conclusions du commissaire à l\u2019éthique mais j\u2019accepte son rapport et je respecte son travail, je prends l\u2019entière responsabilité.» La stratégie libérale à la suite du dépôt du rapport de M.Dion semble consister à en minimiser le contenu, voire à discréditer le commissaire lui-même.« Il dit que tout contact avec la procureure générale était inapproprié », a martelé mercredi M.Trudeau.Or, nulle part dans son rapport M.Dion ne l\u2019affirme.Le commissaire s\u2019est penché scrupuleusement sur la doctrine Shawcross, doctrine portant le nom du procureur général britannique Hartley Shawcross, et qui règle les relations entre un procureur général et les autres membres du gouvernement dans le système de Westminster.Le baron Shawcross avait résumé cette doctrine en 1951 en précisant qu\u2019un procureur général peut bel et bien consulter ses collègues au conseil des ministres sur un dossier en particulier, mais ces derniers ne peuvent jamais lui dire quelle devrait être sa décision.Or, a écrit M.Dion, « les nombreuses interventions, auprès de Mme Wilson-Raybould, du premier ministre, de membres haut placés de son personnel ministériel et de hauts fonctionnaires ayant pour but de trouver une solution, et ce, en dépit du refus de la procureure générale d\u2019intervenir [dans le dossier SNC-Lavalin], me portent à conclure que ces agissements revenaient à lui indiquer une voie à suivre motivée politiquement.» M.Trudeau savait ou devait savoir qu\u2019il jouait avec le feu en insistant, lui-même et par l\u2019entremise de son personnel, pour que Mme Wilson-Raybould réexamine sa décision de ne pas infirmer le refus de la directrice des poursuites pénales.La pression exercée par le bureau du premier ministre a continué pendant plusieurs semaines, même si l\u2019ancienne procureure générale avait à plusieurs reprises demandé qu\u2019elle cesse.Bien sûr, pour beaucoup de Canadiens, c\u2019est du grec.Mais pour tous ceux qui cherchent à savoir comment notre premier ministre conçoit son rôle et exerce son pouvoir, M.Dion vient de livrer toute une réponse.Al Hassania Khouiyi Finissante à la maîtrise en communication sociale à l\u2019UQTR, ancienne infirmière clinicienne et détentrice d\u2019un baccalauréat (licence) en biologie médicale La flambée d\u2019Ebola de 2014 a soulevé plusieurs problématiques quant à la lutte contre les épidémies en Afrique.Mais au lieu de mettre l\u2019accent sur ces multiples défis, nous avons plutôt lu des fresques apocalyptiques où les pays atteints sont décrits en endroits où rampe la pauvreté, où la santé périt.Promiscuité, rituels barbares, méfiance contre les autorités médicales et l\u2019aide humanitaire, et j\u2019en passe.Il est à croire que, dans ce coin du monde, les gens font tout pour tomber malades et mordre la main qui leur tend une aide si généreuse.Les malades sont non seulement ingrats, mais ils attaquent les infrastructures sanitaires où des volontaires risquent leur vie pour en sauver d\u2019autres.Hélas, très rares sont les écrits qui ont expliqué le pourquoi de cette réalité.Nous parlons ici d\u2019une zone du monde où les rites et les coutumes sont incrustés dans la vie de tous les jours.Une zone du monde qui croit encore au châtiment divin et aux miracles.Une zone où les rituels d\u2019enterrement acquièrent une importance primordiale, sinon l\u2019âme va errer à jamais dans ce vaste univers.Une zone du monde où les guérisseurs sont consultés plutôt que les médecins, et où les plantes sont préférées aux vaccins.Une zone du monde où l\u2019on préfère mourir chez soi plutôt que sur un lit d\u2019hôpital.Enfin, une zone du monde où l\u2019on traîne encore les séquelles d\u2019une colonisation usurpatrice, et où le Nord apporte plus de mal que de bien aux yeux de la population locale.[\u2026] Je dresse simplement un tableau global sans lequel la compréhension de la lutte contre Ebola s\u2019avère incomplète.Comment voulez-vous qu\u2019une personne se lave les mains plusieurs fois par jour si elle peine à boire à sa soif?Comment voulez-vous qu\u2019une personne ne touche pas à la dépouille d\u2019un père ou d\u2019un fils alors que l\u2019enterrement est un devoir familial?Comment voulez-vous qu\u2019une personne se fasse soigner dans un hôpital alors que son voisin, ami, ou membre de la famille est mort dans cet hôpital?Finalement, comment voulez-vous qu\u2019une personne fasse confiance à une équipe soignante qui l\u2019approche enveloppée dans une combinaison d\u2019astronaute et qui refuse de la toucher?S\u2019il y a une leçon que nous devions retenir de l\u2019épidémie de 2014, c\u2019est qu\u2019il est candide de penser que nous pouvons lutter contre de telles épidémies sans le soutien et l\u2019engagement absolu de la population touchée.Cet engagement passe avant tout par la compréhension de leur réalité.Malheureusement, dans le feu de l\u2019action, les formations sur la dimension socioculturelle de la maladie sont rares, voire absentes pour les travailleurs humanitaires ou les équipes sanitaires.Plusieurs se posent la question sur la difficulté de la lutte, alors qu\u2019un vaccin existe déjà.Le vaccin n\u2019est pas la solution, c\u2019est un moyen qui reste pour le moment limité.Il faut comprendre qu\u2019il s\u2019agit, à l\u2019heure actuelle, d\u2019une vaccination «en ceinture», c\u2019est-à-dire une vaccination qui suit l\u2019épidémie à la trace.Dès qu\u2019il y a un cas déclaré, l\u2019équipe de vaccination cible les individus exposés à un risque accru d\u2019infection en raison de leurs liens avec un cas confirmé Ebola.C\u2019est ce qui est appelé, dans le jargon des épidémiologistes, les contacts et les contacts des contacts.La vaccination en ceinture ne correspond pas à une zone géographique, elle recense le réseau social d\u2019un cas confirmé, ce qui nous ramène à la question de confiance soignant-soigné.Selon l\u2019OMS, la lutte passe aussi par l\u2019isolement des malades pour prévenir une poursuite de la propagation à domicile, [\u2026] et par l\u2019inhumation des morts dans des conditions sûres.Encore une fois, ceci n\u2019est possible que si les Africains sont considérés comme des alliés de la lutte, et non seulement des victimes qui doivent attendre l\u2019aide du Nord.[\u2026] S\u2019il y a une morale qui devait être pensée après la crise sanitaire de 2014, c\u2019est comment former les Africains, comment les outiller pour qu\u2019ils soient des acteurs partenaires de la lutte contre les prochaines flambées.Il est aisé de pointer les doigts vers les failles de la lutte, l\u2019OMS qui a déclaré tardivement l\u2019urgence de santé internationale, les gouvernements africains qui n\u2019ont pas su contenir les dérapages de la population et qui n\u2019ont pas su protéger l\u2019aide humanitaire, l\u2019aide internationale qui a fait preuve d\u2019avarice\u2026 mais pouvons-nous pour une fois concentrer nos ressources sur la compréhension des causes plutôt que sur la recherche des coupables?Plus que jamais, l\u2019inclusion de la population locale constitue l\u2019avenir de la lutte contre les épidémies.L\u2019Organisation mondiale de la santé, Médecins sans frontières, les chercheurs en sciences humaines et sociales et les épidémiolo- gistes ont du pain sur la planche pour former les populations à haut risque et les préparer à prendre part activement à la lutte.Que cette indispensable collaboration échoue, et nous aurions de sérieuses raisons d\u2019assister à des épidémies dont la lutte sera de plus en plus difficile.EBOLA Et si les Africains prenaient soin des Africains ?Sarah Gagnon-Turcotte Conseillère en stratégie et innovation ayant occupé plusieurs postes de conseillère politique à la Ville de Montréal Montréal est un des principaux centres mondiaux de l\u2019intelligence artificielle (IA).Notre talent et notre inventivité nous ont permis de tirer notre épingle du jeu dans cette industrie qui définira le futur.Montréal se positionne d\u2019ailleurs comme un huboù l\u2019IA est mise au service du bien commun avec des initiatives de portée internationale, comme la Déclaration de Montréal, la plateforme AI Commons ou encore l\u2019Institut d\u2019éthique IA de Montréal.Il est donc préoccupant de constater l\u2019apathie de l\u2019administration montréalaise devant la possibilité que le Service de police de Montréal (SPVM) utilise en secret des technologies de reconnaissance faciale en dépit des risques pour la vie privée qu\u2019elles soulèvent.Cette technologie fonctionne de manière à permettre la comparaison de photos de suspects potentiels avec une base de données composée de photos d\u2019arrestation.Mais quelles sont ces données utilisées pour procéder à une reconnaissance faciale?Cela peut-être n\u2019importe quelle image d\u2019un suspect.Une image filmée par une caméra de surveillance sur le lieu d\u2019un crime, par exemple, mais aussi une photographie tirée du réseau social favori d\u2019un suspect.Qui eût cru que vos photos Facebook pourraient un jour aider à vous incriminer.Pire encore, une étude de l\u2019Université Georgetown aux États-Unis a recensé des problèmes majeurs dans la façon dont les policiers utilisent les systèmes de reconnaissance faciale.Ils ont répertorié des pratiques telles que la comparaison de sketchs dessinés ou encore de photos de personnalités connues afin d\u2019identifier un suspect.Afin d\u2019accroître le nombre de correspondances, il arrivait même que les policiers manipulent les images avec des logiciels graphiques, allant jusqu\u2019à modifier la forme de la bouche ou des yeux.À New York, des enfants aussi jeunes que 11 ans ont été fichés par le service de police en dépit des risques élevés de fausses correspondances pour les visages jeunes.On pourrait croire que la reconnaissance faciale, popularisée par les télé- séries policières comme CSI, permet d\u2019identifier un suspect en quelques secondes.En fait, cette technologie est plutôt reconnue pour son très faible niveau de fiabilité, en particulier pour les personnes racisées.Testée par l\u2019American Civil Liberties Union, la technologie Rekognition, développée par Amazon et utilisée par plusieurs corps de police dans le monde, a faussement identifié 28 membres du Congrès américain comme étant des criminels.À Londres, des demandes d\u2019informations effectuées auprès de son service de police par le journal The Indepen- dant ont révélé que la technologie qu\u2019ils utilisent identifiait faussement des individus comme étant des criminels dans 96% des cas.Les risques de fausses accusations laissent planer une crise pour notre système judiciaire déjà surchargé.À Montréal, nous sommes dans l\u2019inconnu.En octobre 2018, la Ville de Montréal faisait l\u2019acquisition de 730 caméras de vidéosurveillance, dont 415 étaient destinées au SPVM.Néanmoins, le SPVM refuse de «confirmer» ou d\u2019«infirmer» s\u2019il utilise une telle technologie.Même nos représentants municipaux sont maintenus dans l\u2019ignorance.Nous savons pourtant que cette technologie est employée depuis plus d\u2019un an à Toronto et que la Sûreté du Québec a déjà publié un avis d\u2019intérêt pour ce même type de technologie.Malgré ces signaux alarmants, l\u2019administration montréalaise semble peu encline à réglementer cette technologie.Il n\u2019existe actuellement aucun garde-fou démocratique pour encadrer son utilisation ni de règle sur la façon d\u2019utiliser les données.Quand des technologies de surveillance à grande échelle sont déployées en secret et sans reddition de comptes auprès du public, on ne peut s\u2019attendre qu\u2019à des dérapages.C\u2019est pourquoi je salue l\u2019initiative du conseiller municipal indépendant Marvin Rotrand et du conseiller de l\u2019opposition officielle Ensemble Montréal Abdel- haq Sari.Ils proposent que notre métropole, à l\u2019instar d\u2019autres villes comme San Francisco, Cambridge ou Oakland, adopte un moratoire sur l\u2019utilisation des technologies de reconnaissance faciale, le temps qu\u2019un comité d\u2019experts externes se penche sur la façon de les encadrer.Une motion sera débattue au conseil municipal les 19 et 20août prochains à ce sujet.Son adoption signifierait que notre administration municipale compte se porter garante du respect du droit à la vie privée de tous les résidents montréalais.Mais j\u2019irais encore plus loin ; il est plus que temps que la Ville de Montréal, épicentre de la révolution de l\u2019IA, se dote d\u2019un comité permanent pour réfléchir à la gouvernance future de la ville intelligente.Nombreuses sont les questions technologiques qui méritent des délibérations réfléchies et ouvertes.La reconnaissance faciale n\u2019est que la plus pressante.Pour un moratoire sur la reconnaissance faciale La stratégie libérale à la suite du dépôt du rapport de M. Dion semble consister à en minimiser le contenu, voire à discréditer le commissaire lui-même « Comment voulez-vous qu\u2019une personne fasse confiance à une équipe soignante qui l\u2019approche enveloppée dans une combinaison d\u2019astronaute ?» demande l\u2019auteure.KENZO TRIBOUILLARD AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2019 B 10 PETITES ANNONCES | | P R OJ E T C H I C 514 953 9808 mariesicotte.com COURTIER IMMOBILIER MARIE SICOTTE | O R O LAC BROME BROMONT LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Au Sommet, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com R E G R O U P E M E N T I M M O B I L I E R D E P T I G E R E S négociable.$, 000 000 3 foyers, son quartier d\u2019invités, et plus.Garage triple, 79 acres.impressionnante par ses vastes espaces habitables, ses cinq de Knowlton, 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glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Appel d\u2019offres public Le Réseau de transport métropolitain (« exo ») demande des soumissions pour les biens ou services, ou l\u2019exécution des travaux, suivants : Aménagement d\u2019un quai supplémentaire d\u2019autobus au terminus de Sainte-Julie Numéro : 1001887 Les documents et conditions de la présente demande sont diffusés par le site internet du système électronique d\u2019appel d\u2019offres, à l\u2019adresse : www.seao.ca Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 9 SEPTEMBRE 2019 à 10 h 30, heure légale.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Exo ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Avis donné à Montréal, Québec, par : Dominique Lemay Directeur exécutif \u2013 Exploitation RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN Appel d\u2019offres public Le Réseau de transport métropolitain (« exo ») demande des soumissions pour les biens ou services, ou l\u2019exécution des travaux, suivants : Services d\u2019arpentages, études géotechniques et caractérisations environnementales Numéro : 1002026 Les documents et conditions de la présente demande sont diffusés par le site internet du système électronique d\u2019appel d\u2019offres, à l\u2019adresse : www.seao.ca Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 9 SEPTEMBRE 2019 à 11 h 00, heure légale.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Exo ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Avis donné à Montréal, Québec, par : Dominique Lemay Directeur exécutif \u2013 Exploitation AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : Numéro de dossier PASQUALINO CERSOSIMO dernière adresse connue au 104-3 boul.Chambery, Blainville (Québec) J7H 1S6 SM ÉVÈNEMENTS SPÉCIAUX INC.dernière adresse connue au 412 rang St-Jean, Oka (Québec) J0N 1E0 VIRGINIE LOUIS-SEIZE dernière adresse connue au 4 Place de Grenville en Haut, Grenville-sur-la-Rouge (Québec) J0V 1B0 9161-4396 QUÉBEC INC.f.a.s.n.Les Entreprises Doménik-sigouin dernière adresse connue au 13900 rang Saint-Dominique, Mirabel (Québec) J7N 1T6 JIMMY THEARD dernière adresse connue au 11834 de Meulles, Montréal (Québec) H4J 2E5 9263-8659 QUÉBEC INC.dernière adresse connue au 11834 de Meulles, Montréal (Québec) H4J 2E5 GROUPE EXTERMINATION dernière adresse connue au 55 Chemin de la Grande Côte, Boisbriand (Québec) J7G 1C8 RENOVERT PLUS dernière adresse connue au 56 Montée Robert, Saint- Basil-le-Grand (Québec) J3N 1M5 YVON VACHON dernière adresse connue au 70A Bleriot, Lachute (Québec) 700-32-702739-192 700-32-702745-199 700-32-702748-193 700-32-035031-192 700-32-702618-198 700-32-702618-198 700-32-702810-191 700-32-702888-197 700-32-702689-199 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Terrebonne situé au 25 rue de Martigny Ouest, St-Jérôme, Québec, J7Y 4Z1 dans les 30 jours a?n de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis des options qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendue le 14 août 2019 par le gref?er dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Saint-Jérôme, le 14 août 2019 François Langelin, Gref?er-adjoint de la Cour du Québec La Municipalité de Pointe-des-Cascades désire obtenir, de la part du prestataire de services, une soumission par appel d\u2019offres public pour la construction d\u2019un réservoir d\u2019eau potable et pour modi?cations à la distribution d\u2019eau.La Municipalité ne s\u2019engage pas à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DURÉE DE LA SOUMISSION Seules les soumissions reçues à l\u2019hôtel de ville de la Municipalité de Pointe-des-Cascades au 105, chemin du Fleuve, Pointe-des-Cascades (Québec) J0P 1M0 avant 10 h 00 le mardi 3 septembre 2019 seront considérées.Les soumissions seront ouvertes à 10 h 01 le mardi 3 septembre 2019 à l\u2019adresse de l\u2019hôtel de ville susmentionnée.DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS Aucun renseignement oral obtenu relativement au devis n\u2019engage la responsabilité de la municipalité, de leurs représentants, mandataires ou employés.Les soumissionnaires peuvent se procurer les documents d\u2019appel d\u2019offres et obtenir les renseignements pertinents en s\u2019adressant à SEAO : www.seao.ca La Municipalité n\u2019encoure aucune responsabilité du fait que les avis écrits ou documents quelconques véhiculés par système électronique soient incomplets ou comportent quelque erreur ou omission que ce soit.En conséquence, tout soumissionnaire doit s\u2019assurer, avant de soumissionner, d\u2019obtenir tous les documents reliés à cet appel d\u2019offres.L\u2019analyse des soumissions sera effectuée conformément au document d\u2019appel d\u2019offres.Pointe-des-Cascades, ce 15 août 2019 Éric Lachapelle, Directeur général et secrétaire-trésorier APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC 2019-004-TP (PR18-81) Construction d\u2019un réservoir d\u2019eau potable et modi?cations à la distribution d\u2019eau, Pointe-des-Cascades Description : Lot commun no 4915849 et lot exclusif no 4915852 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 4760C The Boulevard, Westmount, Québec Propriétaire : Encarnacion OBANA, Lina CHALOUB et Julia HARTMANN-KARSENTI No de matricule : 9538-82-3716-6-002-0001 Description : Lot no 1580817 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 1 Avenue Claremont, Westmount, Québec Propriétaire : Coralie-Catherine GERVAIS et Manuel Olivier GERVAIS No de matricule : 9637-26-1842-9-000-0000 Description : Lot no 1580847 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 79 Avenue Chesterfield, Westmount, Québec Propriétaire : Nicholas KAULBACH et Veronica OSBORN No de matricule : 9637-35-9543-6-000-0000 Description : Lot no 1580974 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 390 Avenue Prince-Albert, Westmount, Québec Propriétaire : Argyle Crescent Homes Inc.No de matricule : 9637-65-7260-6-000-0000 Description : Lot no 1581359 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 463 \u2013 465 Avenue Victoria, Westmount, Québec Propriétaire : Evi K.HO et Evia YEW No de matricule : 9637-67-0085-0-000-0000 Description : Lot no 1581222 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 319 Avenue Prince-Albert, Westmount, Québec Propriétaire : Sohrab SAIDI-GARAKANI No de matricule : 9637-84-5799-6-000-0000 Description : Lot no 1582997 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 200 Chemin Edgehill, Westmount, Québec Propriétaire : Salim FATTAL No de matricule : 9638-15-0469-3-000-0000 Description : Lot no 1582929 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 628 Avenue Murray Hill, Westmount, Québec Propriétaire : Robyn LONDON No de matricule : 9638-34-5510-0-000-0000 Description : Lot no 1583138 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : Avenue Forden, ARR 65, Westmount, Québec Propriétaire : Jeremy KAPLAN No de matricule : 9638-75-1381-3-000-0000 Description : Lot no 1583980 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 3641 The Boulevard, Westmount, Québec Propriétaire : Yanghua JIANG et Zhaoling HU No de matricule : 9638-78-2829-4-000-0000 Description : Lot no 1583810 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 9 Avenue Hudson, Westmount, Québec Propriétaire : Tram Thi VO No de matricule : 9638-97-4725-2-000-0000 Description : Lot no 1583808 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 14 Avenue Hudson, Westmount, Québec Propriétaire : 9350-2342 Quebec Inc.No de matricule : 9638-97-6018-0-000-0000 Description : Lot commun no 2626564 et lot exclusif no 2744535 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 4410 Chemin de la Côte-des-Neiges, Suite 402, Westmount, Québec Propriétaire : Christopher MACDONALD et Tracie Wai Yin WONG No de matricule : 9639-44-7768-9-001-0008 Description : Lot no 1584105 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 10 Avenue Sunnyside, Westmount, Québec Propriétaire : Reza TEHRANI No de matricule : 9639-70-4807-3-000-0000 Description : Lot no 1582803 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 4547 Rue Sherbrooke Ouest, Westmount, Québec Propriétaire : Chaya DRUMMER et Eliazer KLEIN No de matricule : 9738-01-2407-9-000-0000 Description : Lot no 1584181 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 17 Chemin Anwoth, Westmount, Québec Propriétaire : Lynne Andrea GOLDBERG No de matricule : 9738-26-2720-2-000-0000 Description : Lot no 1584729 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 499 Avenue Mount Pleasant, Westmount, Québec Propriétaire : Maria-Athena PARADISSIS No de matricule : 9738-39-0892-4-000-0000 Description : Lot no 1584305 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 396 avenue Olivier, Westmount, Québec Propriétaire : Yaer OLIEL, Gracia MIMRAN et Gabriel OLIEL No de matricule : 9738-55-3279-7-000-0000 Description : Lot no 4143123 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 4024 \u2013 4032 Rue Sainte-Catherine Ouest, Westmount, Québec Propriétaire : Fiducie Familiale Tehrani No de matricule : 9838-17-3514-5-000-0000 Description : Lot no 4143195 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal Adresse de l\u2019immeuble : 4034, boulevard Dorchester Ouest, Westmount, Québec Propriétaire : Tooraj DEHNAVI et Pariza KARGARAN No de matricule : 9838-25-3095-8-000-0000 VENTE D\u2019IMMEUBLES POUR DÉFAUT DE PAIEMENT DES TAXES AVIS PUBLIC est donné, que lors de sa séance ordinaire tenue le 5 août 2019, le conseil municipal de la Ville de Westmount a ordonné au greffier de la Ville, ou dans son absence au greffier adjoint de vendre à l'enchère publique les immeubles décrits ci-après conformément à la Loi sur les cités et villes.Cette vente aura lieu le mercredi 25 septembre 2019, à 10 h, dans la salle du conseil de l'hôtel de ville, situé au 4333, rue Sherbrooke Ouest à Westmount.Un immeuble sera exclu de la vente si les taxes, les intérêts et les frais sont payés avant le moment prévu pour la vente.Le prix d'adjudication de ces immeubles sera payable immédiatement, en argent comptant, par chèque visé ou par traite bancaire fait à l\u2019ordre de la Ville de Westmount.Ces immeubles seront vendus avec, et sujet à, toutes les servitudes, actives et passives, apparentes ou occultes, les affectant ou pouvant les affecter, ainsi qu\u2019à toutes déclarations de copropriété pouvant les affecter.DESCRIPTION DES IMMEUBLES : DONNÉ à Westmount, le 17 août 2019.Andrew Brownstein, Greffier adjoint de la Ville Ville de Westmount Avis public de notification (Art.135, 136 & 137 C.p.c.) Avis est donné à SEE CHUN LEE et RYAN GIG MUN LEE de vous présenter au greffe du palais de justice du district de Montréal situé au 1, rue Notre-Dame Est, Montréal dans les 30 jours afin de recevoir la présente Application to Institute Proceedings, Summons, exhibits P-1 to P-4, qui y a été laissé à votre attention dans le dossier 500-22-256936-199.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Karl Desjardins- Paradis, huissier, qui a tenté de vous signifier ledit document.Il ne sera pas publié de nouveau.Saint-Eustache, le 13 août 2019 Karl Desjardins-Paradis, huissier de justice Avis public de notification (Art.135, 136 & 137 C.p.c.) Avis est donné à 9206-5721 Québec Inc.et G.S.Global Development Ont.Inc.de vous présenter au greffe du palais de justice de Montréal situé au 1, rue Notre-Dame Est, Montréal afin de recevoir la présente Originating application for exteinction of servitude and cancellation of a registration in the land register and exibits P-1 to p-24, qui y a été laissé à votre attention dans le dossier 500-17-109044-191 Vous devez répondre à cette demande présentable le 18 septembre 2019 sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.La présent avis est publié à la demande de Karl Desjardins- Paradis, huissier, qui a tenté de vous signifier ledit document.Il ne sera pas publié de nouveau.Saint-Eustache, le 15 août 2019 Karl Desjardins-Paradis, huissier de justice Avis public de notification (Art.135, 136 & 137 C.p.c.) Avis est donné à Construction Moretti et fils Inc.de vous présenter au greffe du palais de justice du district de Saint- Jérôme, situé au 25 rue de Martigny O, Saint-Jérôme, dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation, qui y a été laissé à votre attention dans le dossier 700-22-041207-191 Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez payer les frais de justice.La présent avis est publié à la demande de Marie-Pier De- mers, huissier, qui a tenté de vous signifier ledit document.Il ne sera pas publié de nouveau.Saint-Eustache, le 15 août 2019 Marie-Pier Demers, huissier de justice POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 16 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 16 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Le meilleur de l\u2019information, dans votre boîte courriel.LES COURRIERS DU DEVOIR LeDevoir.com/infolettres "]
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