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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-08-14, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 182 / LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Une barrière aux suicides sur le pont Samuel- De Champlain | A 8 ÉCONOMIE Trump relâche la pression dans le conflit commercial avec la Chine | B 5 CULTURE Placido Domingo au cœur d\u2019un présumé scandale sexuel B 8 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.SANDRINE VIEIRA ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Face à la pénurie criante d\u2019enseignants qui frappe le Nunavik, laissant des élèves sans professeurs pendant des jours sinon des semaines, les partis d\u2019opposition pressent le gouvernement Legault de mettre sur pied une cellule de crise pour redresser la situation.À la lumière des informations publiées dans Le Devoir lundi, démontrant que des élèves inuits sont renvoyés à la maison faute de maîtres et que 84 postes seront vacants à la rentrée à la Commission scolaire Kativik, des représentants des partis d\u2019opposition jugent que la situation commande des actions immédiates.« On sait tous que le Nunavik connaît des difficultés énormes, mais l\u2019éducation c\u2019est la base de tout pour donner l\u2019égalité des chances aux jeunes.Que ÉDUCATION L\u2019opposition réclame un plan d\u2019action pour le Nunavik MONDE Quelle sortie de crise possible à Hong Kong ?| B 1 DOMINIC TARDIF LE DEVOIR u\u2019est-ce qu\u2019être punk ?Question éternellement insoluble à laquelle l\u2019on répondra la plupart du temps en employant des mots comme indocilité, insolence ou authenticité.Mais être punk, vous dira CJ Ramone, c\u2019est parfois refuser de se joindre à une des formations métal les plus adulées au monde, et refuser du même coup le gros chèque qui vient avec, afin de prendre soin de sa progéniture.Être punk, autrement dit, c\u2019est savoir faire des sacrifices.Explications.Selon ce que veut la légende, Metallica aurait proposé, au début de ce millénaire, à CJ Ramone \u2014 Christopher Ward selon son passeport \u2014 d\u2019occuper le poste de bassiste au sein de leur tonitruante brigade.Problème: le gamin du candidat venait tout juste de recevoir un diagnostic d\u2019autisme.«Ça apparaît très dramatique comme histoire, et ça a été une réflexion difficile à mener, jusqu\u2019à ce que je réalise que ni l\u2019argent, et encore moins la gloire, ne seraient capables de compenser pour mon absence», se rappelle le père aujourd\u2019hui âgé de 53 ans.«Les enfants autistes ont besoin d\u2019une vie très stable, et si j\u2019avais été en tournée, je n\u2019aurais pas pu lui offrir ça.» Après avoir parcouru la planète de 1989 à 1996 au sein des Ramones, fausse famille dysfonctionnelle qui écrira à partir de 1974 quelques-unes des pages les importantes de la genèse du punk, CJ abandonne son patronyme d\u2019emprunt et devient opérateur de chariot élévateur dans une quincaillerie Home Depot, puis ingénieur en machines fixes.Un bon emploi syndiqué grâce auquel il toucherait bientôt, blague-t-il, ses premières prestations de retraite si, au tournant de la décennie 2010, sa seconde épouse ne lui avait pas enjoint de dépoussiérer sa basse.Les innombrables documentaires consacrés aux Ramones, souvent articulés autour des querelles les ayant minés, appelait le contre-discours d\u2019une simple célébration de leur catalogue, un exercice auquel CJ Ramone se livre toujours avec joie sur scène.Il avait aussi plusieurs chansons à écrire, si l\u2019on se fie aux quatre albums parus sous le nom CJ Ramone depuis 2012.Et son fils, lui?Le paternel ne sera jamais aussi ému, au cours de notre entrevue, qu\u2019en parlant de Liam, 21 ans, presque l\u2019âge qu\u2019il avait lui (23 ans) au moment de chausser les mythiques espadrilles Converse indissociables des créateurs de Blitzkrieg Bop, I Wanna Be Sedated et Pet Semetary.« Liam est allé au collège, il travaille présentement dans la cuisine d\u2019un restaurant, il danse la salsa tous les jeudis soir et il se cherche désespérément une blonde ! [Il rigole d\u2019un rire très attendri.] Je ne dis pas qu\u2019il mène la vie normale d\u2019un garçon de son âge parce que j\u2019ai choisi une vie ordinaire plutôt que de jouer avec Metallica, mais je ne crois pas qu\u2019on aurait mis toutes les chances de son côté si j\u2019avais accepté.» « Je ne sais pas si quelqu\u2019un tient des statistiques là-dessus », lance CJ Ramone, « mais je suis probablement le gars qui a perdu le plus de gens parmi les membres de ses MUSIQUE Le punk tel que redéfini par CJ Ramone CJ Ramone donnera un spectacle à Montréal le 14 août.GENE FRAWLEY VOIR PAGE A 2 : NUNAVIK Q Si tout ça se passait dans le Sud, il y aurait déjà un plan d\u2019urgence VÉRONIQUE HIVON » VOIR PAGE A 4 : PUNK ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 Problème récurrent NUNAVIK SUITE DE LA PAGE A 1 va-t-on faire à court terme pour s\u2019assurer que des enfants ne sont pas laissés à eux-mêmes et qu\u2019il n\u2019y ait pas deux poids deux mesures au Québec ?» a fait valoir mardi Véronique Hivon, critique en matière d\u2019éducation pour le Parti québécois et députée de Joliette.Une situation connue Déjà à l\u2019automne 2018, un rapport de la Protectrice du citoyen avait dressé un portrait accablant de l\u2019accès à l\u2019éducation au Nunavik, et avancé plusieurs solutions pour y remédier.Or, plusieurs de ces recommandations sont restées lettre morte, affirme Mme Hivon, qui dénonce l\u2019indifférence généralisée qui règne à l\u2019égard de ce que vivent les élèves vivant au nord du 55e parallèle.« On n\u2019a rien fait là-dessus ces derniers mois.Ça dure, dans l\u2019indifférence.Si tout ça se passait dans le Sud, il y aurait déjà un plan d\u2019urgence », déplore la députée.Dans son rapport, la Protectrice du citoyen constatait à l\u2019époque qu\u2019en moyenne 8 classes de 45 minutes sont annulées chaque jour dans chacune des 17 écoles du Nunavik.Des propos recueillis cette semaine auprès d\u2019enseignants locaux par Le Devoir confirment que des classes sont parfois privées de maîtres pendant plusieurs semaines.Mardi à Québec, le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, n\u2019a pas souhaité accorder d\u2019entrevue au Devoir à ce sujet.Son cabinet a fait savoir par écrit que le ministre avait été saisi des enjeux de recrutement au Nunavik, mais n\u2019a pas donné plus de détails précis sur les solutions envisagées.« Il est nécessaire de valoriser davantage la profession enseignante et d\u2019améliorer les conditions de travail afin d\u2019attirer et de retenir davantage de talents dans la profession.Il s\u2019agit d\u2019une grande priorité du ministre Roberge.» Justement en tournée au Nunavik pour y rencontrer les leaders autochtones, la co-cheffe de Québec Solidaire, Manon Massé, s\u2019est dite indignée de cette situation.« L\u2019éducation, c\u2019est quand même un service essentiel.Le gouvernement a répété que c\u2019était sa priorité.Il a devant lui un défi qu\u2019il doit absolument rele- LIA LÉVESQUE LA PRESSE CANADIENNE SANTÉ PUBLIQUE Le plan d\u2019Ottawa de lutte contre l\u2019itinérance décrié par des groupes d\u2019aide M.Gaudreau souligne que l\u2019itiné- rance chez les jeunes, par exemple, n\u2019est pas nécessairement chronique.Celle des femmes diffère également de celle des hommes.L\u2019organisme L\u2019Avenue, qui vient en aide aux jeunes de 18 à 29 ans, explique qu\u2019il a pu développer ses services grâce aux fonds fédéraux qui jusqu\u2019ici lui laissaient une bonne souplesse.« Au niveau de notre ressource d\u2019hébergement, on a environ 1000 demandes par année pour une capacité d\u2019accueil de 81 personnes », a rapporté en entrevue son directeur François Villemure.L\u2019Avenue offre des places en hébergement pour un maximum de six mois, avec un accompagnement qui permet aux jeunes de s\u2019insérer socialement : retour à l\u2019école, trouver un logement, un revenu.Il s\u2019agit parfois d\u2019un jeune qui sort d\u2019un centre jeunesse.Des données enregistrées De plus, ces groupes déplorent le fait qu\u2019un système de collecte de données nécessitera d\u2019informatiser des renseignements personnels sur les personnes itinérantes qui ont recours aux ressources.« Des personnes disent qu\u2019elles ne viendront plus dans les ressources si leurs données personnelles sont enregistrées», a rapporté Laury Bacro, coordonnatrice du RSIQ.La politique fédérale Vers un chez-soi prône effectivement « une approche axée sur les résultats » et un « système d\u2019information sur les personnes et les familles sans abri ».Cela doit permettre de colliger des données qui seront utiles à « plusieurs fournisseurs de services de la même communauté », ex- plique-t-on dans la politique.Et ce sont les objectifs de cette politique que devra respecter la future entente Canada- Québec.ver », a-t-elle déclaré.« Ce n\u2019est pas juste à faire monter des gens du Sud [qu\u2019on réglera le problème].Il faut augmenter le nombre d\u2019enseignants autochtones.La commission scolaire peut innover si on lui en donne les moyens», a-t-elle insisté, étant d\u2019avis que les solutions devront être trouvées de pair avec les communautés locales.Une position qu\u2019endosse le critique libéral en matière d\u2019Affaires autochtones, David Birnbaum, qui juge que les remèdes à cette crise ne pourront être déconnectés de la réalité autochtone.« Imposer nos propres solutions, et faire copie conforme de ce qui se passe dans d\u2019autres régions, ça ne fonctionne pas », affirme le député de D\u2019Arcy-McGee.Les taux de décrochage vertigineux (85 %), le haut taux de suicide chez les jeunes Inuits et la pénurie grave de logements commandent des actions taillées sur mesure pour et par ces communautés, dit-il.« Faut-il bonifier les incitatifs pour que les jeunes profs soient prêts à y aller ?Faut-il faire plus pour épauler les enseignants inuits et issus de toute autre communauté ?» Les primes d\u2019attraction et de rétention pour les enseignants au Nunavik ont été mises en place en 2000- 2002.Si elles ont eu un effet certain à l\u2019époque, leur impact est de moins en moins évident, estime le président de l\u2019Association des employés du Nord québécois (AENQ) Larry Imbeault.Ce dernier souhaiterait voir ces primes bonifiées et intégrées à la convention collective.Adapter le système scolaire Selon Nicolas Bertrand, auteur de l\u2019essai sur l\u2019éducation au Nunavik Une école à la dérive, qui a été suppléant dans la région de 2010 à 2012, l\u2019un des problèmes de l\u2019école au Nunavik, «c\u2019est qu\u2019elle n\u2019a pas encore fait ses preuves ou démontré qu\u2019elle était un véritable outil d\u2019éducation du peuple inuit.» L\u2019auteur croit qu\u2019une réforme s\u2019impose.« Il faut penser à un autre modèle d\u2019éducation pour que les Inuits aient l\u2019impression que c\u2019est leur école et qu\u2019ils en sont les véritables maîtres.Tant que ça n\u2019arrivera pas, on a beau faire plein d\u2019affaires, je ne pense pas que ça va changer.» Même si l\u2019école tente de préserver la langue et la culture inuites, M.Bertrand note que les savoirs enseignés aux Inuits n\u2019encouragent pas la fréquentation scolaire.« Étant donné cette méfiance envers l\u2019école, il y a l\u2019absentéisme, le peu de collaboration entre la communauté et l\u2019école et ça donne l\u2019impression, à tort ou à raison, que ce qui est enseigné à l\u2019école, ce n\u2019est pas très pertinent pour les jeunes Inuits.» E N B R E F SNC-Lavalin : le rapport McLellan retenu jusqu\u2019au dépôt du rapport Dion Justin Trudeau dit avoir reçu un « excellent » rapport de l\u2019ancienne ministre libérale Anne McLellan autour de l\u2019affaire SNC-Lavalin.Mais le premier ministre a déclaré que ce rapport ne serait pas rendu public tant que le commissaire fédéral à l\u2019éthique n\u2019aura pas publié son propre rapport sur cette affaire explosive qui a secoué le gouvernement libéral l\u2019hiver dernier.Le bureau du commissaire à l\u2019éthique Mario Dion ne commentera pas l\u2019évolution de l\u2019enquête en cours, mais des responsables libéraux s\u2019attendent à ce que ce rapport soit publié au début du mois de septembre, au moment même où la campagne électorale passera à la vitesse grand V.Le scrutin fédéral doit avoir lieu le lundi 21 octobre.La Presse canadienne L\u2019acquittement de Dennis Oland ne sera pas porté en appel Le Service des poursuites pénales du Canada ne fera pas appel de l\u2019acquittement, le mois dernier, de Dennis Oland, qui avait été accusé du meurtre au deuxième degré de son père multimillionnaire, Richard Oland, au Nouveau-Brunswick.Dennis Oland avait d\u2019abord été accusé du meurtre et avait passé près d\u2019un an en prison après avoir été condamné par un jury en 2015 lors d\u2019un premier procès.Ce verdict avait été infirmé en appel en 2016 et un nouveau procès avait été ordonné.Dans sa décision, le juge Terrence Morrison, de la Cour du Banc de la Reine provinciale, a déclaré que les procureurs n\u2019avaient pas réussi à prouver hors de tout doute la culpabilité de M.Oland.La Presse canadienne Protection de la baleine noire : deux navires de la garde côtière mis à l\u2019amende Transports Canada a mis à l\u2019amende deux navires de la Garde côtière canadienne qui auraient enfreint les limites de vitesse dans le golfe du Saint-Lau- rent, où le transport maritime a notamment été pointé du doigt pour la mort de baleines appartenant à une espèce en voie de disparition.Au total, six navires ont écopé de sanctions en raison d\u2019incidents qui se seraient produits avant le rétablissement des limites de vitesse habituelles, plus tôt ce mois-ci, lorsque le gouvernement a découvert que ses nouvelles limites avaient pour effet d\u2019augmenter le trafic maritime autour d\u2019emplacements fréquentés par les baleines noires.Au moins huit baleines noires sont mortes dans les eaux canadiennes depuis le mois de juin seulement, le pire bilan depuis 2017.La Presse canadienne La Protectrice du citoyen avait constaté en 2018 qu\u2019en moyenne 8 classes de 45 minutes sont annulées chaque jour dans chacune des 17 écoles du Nunavik.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Des groupes d\u2019aide aux personnes itinérantes s\u2019inquiètent des objectifs de la nouvelle politique fédérale pour leur porter assistance.Ils craignent qu\u2019elle leur enlève la possibilité d\u2019adapter leur approche selon leur clientèle, par exemple en ciblant trop l\u2019itinérance chronique aux dépens des autres formes d\u2019itinérance.La politique fédérale, intitulée Vers un chez-soi, prévoit 2,2 milliards sur 10 ans pour l\u2019ensemble du pays.Avec la Stratégie nationale sur le logement, elle vise à réduire l\u2019itinérance chronique de moitié à l\u2019échelle du pays d\u2019ici l\u2019exercice 2027-2028.Le Réseau de solidarité itinérance du Québec (RSIQ) et le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) ont rencontré la presse, mardi, pour expliquer leurs craintes à ce sujet, alors que l\u2019entente Canada-Québec en itinérance doit être signée prochainement.Ces groupes ont plaidé pour que les communautés puissent conserver leur spécificité \u2014 par exemple mettre l\u2019accent sur l\u2019itinérance des femmes, l\u2019iti- nérance des jeunes ou la prévention de l\u2019itinérance.Or, « Vers un chez-soi » met trop l\u2019accent sur l\u2019itinérance chronique, selon eux.Ils veulent plutôt garder leur approche plus globale.« On est content qu\u2019il y ait des fonds accrus du gouvernement du Canada pour la lutte contre l\u2019itinérance.Cependant, qu\u2019on dise qu\u2019on veut réduire l\u2019iti- nérance chronique de moitié, on trouve que c\u2019est un bel objectif, mais si les fonds suivent cet objectif-là majoritairement ou uniquement ou principalement, on va manquer le bateau », a opiné Pierre Gaudreau, directeur du RAPSIM.Maxime Bernier conteste la décision de la Commission des débats Maxime Bernier conteste la méthodologie sur laquelle s\u2019est basée la Commission des débats des chefs pour remettre en question sa participation aux débats d\u2019octobre.Dans une lettre envoyée au commissaire David Johnston, le chef du Parti populaire du Canada (PPC) estime que la Commission interprète « de manière erronée » l\u2019un des critères de participation.Le PPC demande à la Commission de tenir compte du fait que le parti « représente une tendance ou un mouvement politique contemporain », du nombre de ses membres et des fonds recueillis.Le chef du PPC estime également que la Commission a omis de s\u2019attarder à « la présence et à la visibilité du parti ou de son chef, ou les deux, dans les médias à l\u2019échelle nationale ».Le Devoir La prochaine politique fédérale est trop axée sur l\u2019itinérance chronique au détriment des autres formes d\u2019itinérance, affirment des organismes d\u2019aide.PEDRO RUIZ LE DEVOIR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 JOANNA SMITH À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Les libéraux et les conservateurs sont à égalité lorsqu\u2019il s\u2019agit de déterminer à quel point les coffres de leurs campagnes locales sont garnis en vue des prochaines élections fédérales, ce qui marque un changement avec les dernières élections, alors que la puissante machine bleue avait dominé la scène.Les conservateurs se sont vantés d\u2019avoir battu les libéraux en matière de financement à l\u2019échelle nationale, mais une analyse approfondie de La Presse canadienne révèle une course plus serrée entre les équipes rouges et bleues de candidats frappant aux portes dans les quartiers du pays.Les rapports financiers annuels pour 2018 des associations de circonscription, que continue de recevoir Élections Canada, montrent que les circonscriptions conservatrices ont terminé l\u2019année dernière avec un actif net combiné d\u2019environ 24,2 millions de dollars.Les libéraux suivaient non loin derrière avec un actif net d\u2019environ 21 millions, réparti dans l\u2019ensemble du pays.Les conservateurs et les libéraux dominent également la liste des 20 associations les plus riches du pays.L\u2019écart relativement faible entre les conservateurs et les libéraux marque un changement par rapport aux dernières élections fédérales.Les associations de circonscription conservatrices avaient terminé l\u2019année 2014 avec un actif net de plus de 19 millions, soit plus du double des 8 millions amassés par les associations de circonscription libérales.Les néodémocrates loin derrière Le NPD, pour sa part, récolte une lointaine troisième place, ses associations de circonscription ayant déclaré environ 3,8 millions d\u2019actif net en 2018.Aucune de ses associations de circonscription ne figure parmi les 100 plus riches du pays.Les verts disposaient d\u2019environ 735 000 $, mais seulement environ la moitié de leurs associations de circonscription ont transmis leurs rapports jusqu\u2019à présent.Un parti présentant une liste complète de candidats sera autorisé à dépenser environ 28 millions lors de la prochaine campagne électorale, ainsi qu\u2019une moyenne d\u2019environ 110 000 $ par candidat, selon la circonscription.Contrairement à 2015, les nouvelles lois électorales prévoient que le plafond n\u2019augmentera pas avec la durée de la campagne.Rapports financiers Les rapports financiers de 2018, qui constituent les dernières données disponibles, suggèrent que les conservateurs et les libéraux seront bien équipés pour atteindre la limite de dépenses avant les élections du 21 octobre, mais que le NPD et les verts devront intensifier leurs efforts de financement.Les rapports financiers indiquent également que les associations de circonscription libérales ont récolté environ 8,5 millions en contributions l\u2019an dernier, contre environ 4,7 millions pour les conservateurs.Les associations de circonscription du NPD ont reçu environ 1,2 million de contributions l\u2019an dernier.« Les militants libéraux ont travaillé avec Justin Trudeau au cours des dernières années pour développer une base de financement qui sera compétitive au niveau local avec le parti conservateur pour la première fois depuis une génération », a déclaré Brae- den Caley, un porte-parole du Parti libéral du Canada.Cory Hann, un porte-parole du Parti conservateur du Canada, a pour sa part affirmé qu\u2019il se serait attendu à de meilleurs résultats financiers d\u2019un parti au pouvoir.À l\u2019échelle nationale, les conservateurs ont recueilli environ 24,2 millions de dollars auprès de 104 000 donateurs en 2018.Les libéraux ont recueilli 15,9 millions de dollars auprès de 66 000 personnes.ÉLECTIONS Le PLC dispose d\u2019autant d\u2019argent que le PC MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Ottawa doit bouger pour assouplir le programme de travailleurs étrangers temporaires afin que les restaurateurs puissent embaucher le personnel dont ils ont besoin.C\u2019est ce qu\u2019a indiqué le ministre québécois de l\u2019Immigration, Simon Jolin-Barrette, mardi après avoir entendu le cri du cœur de l\u2019Association Restauration Québec (ARQ) en commission parlementaire.« On est en discussion avec le fédéral depuis quelques mois déjà, mais il faut que le fédéral amène plus de souplesse à ce niveau-là parce que c\u2019est au bénéfice des employeurs et au bénéfice des restaurateurs ; aussi, parce que c\u2019est important que dans l\u2019ensemble des régions du Québec, on puisse combler la pénurie de main-d\u2019œuvre.» L\u2019ARQ \u2014 qui compte 5500 membres \u2014 a plaidé pour une hausse du nombre de travailleurs étrangers lors de la deuxième journée de consultations publiques sur les seuils d\u2019immigration proposés par le gouvernement caquiste.Son président, Vincent Arsenault, a indiqué au ministre qu\u2019en 2018, près de 14 000 postes étaient à pourvoir dans la restauration au Québec.Les restaurants ont besoin de pourvoir des milliers de postes d\u2019aides-cuisiniers, de plongeurs, de cuisiniers et de serveurs, sans quoi ils doivent limiter leurs heures d\u2019ouverture.« L\u2019immigration est un outil indéniable pouvant atténuer la pénurie actuelle de main-d\u2019œuvre, a-t-il déclaré.Recourir aux travailleurs étrangers, autant temporaires que permanents, est essentiel pour maintenir nos activités, notamment dans les régions.C\u2019est pourquoi l\u2019ARQ lance aujourd\u2019hui un véritable cri d\u2019alarme afin que des mesures concrètes soient mises en place.» Québec demande à Ottawa de lui permettre de faire seul l\u2019étude d\u2019impact sur le marché du travail et d\u2019en réduire la durée pour accélérer le processus.Le gouvernement caquiste veut également pouvoir augmenter le nombre de travailleurs étrangers par entreprise et allonger la durée de leurs contrats de travail d\u2019un an à deux ans.Au cabinet du ministre fédéral de l\u2019Immigration, Ahmed Hussen, on indique que les négociations se poursuivent.Pas de racisme ?Le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, a rejeté la notion Les restaurateurs en faveur d\u2019une hausse du nombre de travailleurs étrangers Ottawa doit élargir le programme de main-d\u2019œuvre étrangère temporaire, dit Jolin-Barrette MYLÈNE CRÊTE CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La création d\u2019un poste de commissaire à la langue française est un «premier signal» que le gouvernement de François Legault s\u2019en préoccupe, selon le député du Parti québécois (PQ), Joël Arseneau.Une source au sein de la garde rapprochée du premier ministre a confirmé mardi que le gouvernement caquiste songe à se doter d\u2019un chien de garde pour défendre le français et ainsi rouvrir la loi 101.La création d\u2019un tel poste, qui relèverait de l\u2019Assemblée nationale, est présentement à l\u2019étude.« Ce n\u2019est pas une panacée, mais c\u2019est un début d\u2019ouverture, a réagi M.Arse- neau.L\u2019été a fait du bien à Nathalie Roy et au gouvernement.On s\u2019en réjouit ! » En entrevue au Devoiren décembre, la ministre responsable de la Langue française estimait qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu de rouvrir la loi 101.Elle comptait toutefois l\u2019appliquer avec davantage de fermeté.« Je travaille sur différentes stratégies pour promouvoir et valoriser cette langue QUÉBEC Un nouveau poste de commissaire à la langue française à l\u2019étude française qui constitue notre identité et notre fierté », a indiqué Mme Roy sur le réseau social Twitter mardi, sans en révéler davantage.L\u2019idée d\u2019un commissaire à langue française avait été suggérée en 2016 par la députée caquiste Claire Samson dans son rapport sur la francisation des immigrants.Celle-ci notait que l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) était en situation de conflit d\u2019intérêts puisqu\u2019il « est chargé tout à la fois d\u2019appliquer la loi 101, de juger de son application et de recevoir les plaintes.» La CAQ en avait fait une promesse électorale l\u2019automne dernier à laquelle il n\u2019avait pas encore donné suite.Les députés caquistes avaient toutefois appuyé une motion déposée le 17 avril par M.Arseneau, qui exigeait un poste de commissaire pour «recevoir les plaintes du public et présenter des recommandations pour assurer le statut du français comme langue commune au Québec.» La motion avait été adoptée à l\u2019unanimité par les 110 députés présents à l\u2019Assemblée nationale ce jour-là.Or, le député péquiste estime que le gouvernement ne devrait pas s\u2019arrêter à la création d\u2019un poste de commissaire à la langue française.«Pensez, par exemple, à l\u2019application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés », a-t-il signalé.Le gouvernement caquiste pourrait tirer d\u2019autres inspirations du projet de loi 14 sur lequel avait planché le gouvernement minoritaire de Pauline Marois en 2013, selon lui.« Il y avait la langue de travail, oui, mais il y avait aussi la langue de l\u2019éducation, a rappelé M.Arseneau.La possibilité pour les étudiants francophones de s\u2019inscrire au cégep anglophone.On a eu ce débat-là, on pourrait le ramener, en rediscuter.» « On avait manqué le bateau avec le projet de loi 14, alors c\u2019est sans doute l\u2019occasion de rouvrir le débat sur la loi 101 puisque ce débat n\u2019a pas été rouvert depuis très longtemps, a affirmé à son tour le président du Mouvement Québec français (MQF), Maxime Laporte.Or, je pense que les préoccupations des Québécois sont là quant à l\u2019avenir de la langue française.» Partenaires pour un Québec français, une coalition de neuf syndicats et organismes dont fait partie le MQF, avait réclamé en avril la création d\u2019un poste de commissaire à la langue française nommé par l\u2019Assemblée nationale.« Si François Legault est sérieux dans sa volonté de passer à l\u2019action, il doit aller plus loin et mieux protéger le français en milieu de travail, a réagi le député solidaire Sol Zanetti.Tant qu\u2019à rouvrir la Charte, il faut en profiter pour renforcer la Loi 101 en élargissant sa portée aux entreprises employant 10 personnes et plus.» La députée libérale Christine St-Pierre a émis un doute sur la création d\u2019une nouvelle structure administrative, alors que l\u2019OQLF fait déjà le travail.Elle veut en savoir davantage avant de juger du bien- fondé de la création d\u2019un nouveau poste de commissaire à la langue française.de racisme systémique dont seraient victimes certains immigrants au Québec.Les entreprises ont tellement besoin de travailleurs qu\u2019il n\u2019est pas dans leur intérêt de rejeter des candidats sur la simple base de leurs origines, selon lui.«Je ne crois pas que les employeurs au- jourd\u2019hui, dans le contexte qu\u2019on vit, font preuve de racisme en général, a-t-il affirmé en entrevue au Devoir.«?Est-ce qu\u2019un employeur, comme un individu, peut avoir des craintes, fait une sélection, etc.?Je crois que oui, ça peut arriver, effectivement, mais au- jourd\u2019hui on est dans un domaine de rareté.Il ne faut pas importer les histoires du passé lorsqu\u2019on était en surplus de main-d\u2019œuvre.» Une représentante de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes avait indiqué que des immigrants devaient changer leur nom sur leur curriculum vitae pour pouvoir obtenir une entrevue d\u2019embauche et que ce genre de cas survenait à répétition.Le regroupement craint qu\u2019une immigration axée uniquement sur les besoins économiques favorise la venue de nouveaux arrivants homogènes.Avec La Presse canadienne Les restaurants ont besoin de pourvoir des milliers de postes, sans quoi ils doivent limiter leurs heures d\u2019ouverture, a affirmé mardi le président de l\u2019Association Restauration Québec.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019été a fait du bien à Nathalie Roy et au gouvernement.On s\u2019en réjouit ! JOËL ARSENEAU » LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 4 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Que la consigne des bouteilles vides soit étendue ou non, le Québec devrait augmenter son prix, a plaidé une experte mardi devant les parlementaires qui étudient les enjeux du recyclage.« Le taux de retour dépend vraiment du taux de consigne.La consigne monte et le taux monte », a fait valoir Clarissa Morawski, de la firme européenne en environnement Loop Consulting.Au Québec, le prix de revient d\u2019un contenant oscille entre 5 cents pour les canettes de boissons gazeuses et 20 cents pour les gros contenants de bière.Madame Morawski, une Québécoise d\u2019origine, croit que la consigne de base devrait passer au minimum à 10 cents.En Oregon, le passage de 5 à 10 cents a fait bondir le taux de retour de 59 à 90 % en deux ans, a-t-elle signalé.Rappelons que depuis lundi la commission des transports tient une consultation pour savoir notamment si la consigne devrait être étendue aux bouteilles de vin et autres contenants de verre.Au Québec, le taux de récupération du verre pour les petites bouteilles à consigne de dix cents est de 72 %, il est de 25 % pour les boissons gazeuses (consigne de 5 cents) et de 51 % pour les gros formats standards (20 cents).En s\u2019appuyant sur différentes expériences dans le monde, Mme Morawski affirme que la consigne est « un incontournable ».« Il faut faire plus que collecter la matière : il faut la réutiliser plusieurs fois », a-t-elle dit.Suivant son modèle, il appartient aux détaillants de récupérer les contenants vides, mais ce sont l\u2019industrie et les importateurs de boisson qui doivent financer la consigne.Lundi, Recyc-Québec avait aussi recommandé qu\u2019on hausse le prix de la consigne dans son mémoire, sans préciser de montant toutefois.Beaucoup d\u2019opposition L\u2019élargissement de la consigne est toutefois loin de faire l\u2019unanimité.Lundi, les épiciers et dépanneurs ont pressé le gouvernement de ne pas aller dans cette direction, en soulignant que la ENVIRONNEMENT L\u2019effet positif d\u2019une consigne plus généreuse L\u2019Oregon a fait passer de 59% à 90% le taux de récupération du verre en faisant doubler le taux du dépôt ISTOCK Si Songs of Innocence (2014) de U2 demeurera pour toujours l\u2019album regrettablement versé sans consentement dans les ordinateurs de plus de 500 millions d\u2019abonnés d\u2019iTunes, il faudrait tout de même en rescaper une chanson magnifiquement intitulée The Miracle (of Joey Ramone), du nom du plus doux des Ramones, emporté à 49 ans par un lymphome alors qu\u2019il avait encore tant de choses à dire et de refrains à sublimer grâce à sa voix de crooner de ruelle.Comment CJ Ramone décrirait-il le miracle qu\u2019était Joey Ramone ?« J\u2019ai envie de te répondre d\u2019abord que ça a été un miracle que d\u2019avoir pu être ami avec Joey.Joey est un exemple pour le monde entier : voici un jeune homme qui souffrait de sérieux problèmes de santé mentale [des troubles obsessionnels compulsifs], un jeune homme maladivement timide, malaisé physiquement, qui avait des habiletés très limitées, et qui aurait probablement vécu une vie recluse, si ce n\u2019était de la musique.C\u2019est un miracle qu\u2019il soit parvenu à vaincre cette adversité-là, et c\u2019est en offrant au monde ce qu\u2019il avait de plus beau à offrir \u2014 ses chansons, sa voix \u2014 qu\u2019il est parvenu à accomplir son rêve d\u2019être accepté et aimé.» Le miracle de Joey Ramone Puisque le temps nous est compté PUNK SUITE DE LA PAGE A 1 anciens groupes.» Il offrait, en 2012, Three Angels à la mémoire de ses grands frères \u2014 Joey et Johnny \u2014 qui l\u2019avaient accueilli au sein des Ramones, ainsi qu\u2019à celle de Dee Dee, à qui il a succédé, tous les trois morts entre l\u2019âge de 49 et 55 ans.Parmi le clan Ramones, seuls les batteurs Marky et Richie sont aussi toujours de ce monde.« Can\u2019t write another sad, sad song / \u2018Bout a friend gone home to the Lord » (Je ne peux pas écrire une autre chanson triste au sujet d\u2019un ami parti rejoindre le Seigneur), annonce au- jourd\u2019hui CJ sur Rock On, dernière pièce étonnamment lumineuse de son plus récent album The Holy Spell, dédiée, elle, à Steve Soto, un autre pote musicien fauché trop tôt, en 2018.C\u2019est donc dire que CJ Ramone commence à s\u2019y connaître en matière de deuil.Et c\u2019est beaucoup la raison pour laquelle, trente ans après avoir intégré les rangs de la fratrie fictive dont le logo orne encore des t-shirts partout sur le globe, il entend cesser d\u2019avaler de l\u2019asphalte en 2020.Des disques ?Il y en aura encore, et des spectacles occasionnels également, mais s\u2019entasser dans une vannette afin de rallier les salles plus ou moins décaties du continent ?Le vétéran (du punk comme de la marine américaine) n\u2019en peut plus.Il criera ainsi ses derniers « one, two, three, four », à Montréal, ce soir.« J\u2019ai perdu un lot disproportionné de gens au cours des quinze dernières années.Chaque fois que quelqu\u2019un meurt, ça me rappelle que si je veux accomplir quelque chose, comme traverser les États-Unis à moto ou devenir un meilleur tatoueur, il faut que je m\u2019y mette assez vite, parce que je n\u2019ai qu\u2019une quantité donnée de journées devant moi.» S\u2019éloigner de la laideur The Holy Spell, quatrième album signé CJ Ramone paru en mai, est d\u2019ailleurs truffé de clins d\u2019œil à son propre vieillissement, à son coco de moins en moins garni et à sa barbe digne de papa Noël.Une saine et réjouissante autodé- rision témoignant d\u2019un désir de d\u2019abord et avant tout divertir, malgré toutes les raisons de gueuler que fournit notre époque aux punks, jeunes ou vieux.Une tirade incendiaire sur Trump ?Pas trop son genre.« J\u2019ai toujours pensé que c\u2019était ma job d\u2019aider les gens à oublier ce qui les embête au quotidien.Tout ce que font les artistes de nos jours, c\u2019est de sans cesse nous rappeler toute la merde qu\u2019il y a dans le monde.Ils disent se battre pour du changement, d\u2019accord, mais j\u2019ai toujours pensé que ma job à moi, ce n\u2019est pas de rappeler aux gens ce qui fait qu\u2019ils sont différents des autres, mais plutôt de leur rappeler que nous sommes tous liés par notre humanité commune.C\u2019est pour ça que je refuse de parler de politique : ma job, c\u2019est de nous éloigner momentanément de toute cette laideur et de nous rappeler ce qu\u2019il y a de beau.» CJ Ramone Le 14 août à 21h à l\u2019Escogriffe consigne de bière constituait déjà pour eux un fardeau.Les dépanneurs reçoivent certes une prime de 2 cents pour chaque bouteille consignée, mais elle n\u2019a pas été révisée depuis 1984 « et ne permet plus de rentabiliser cette opération », plaidait l\u2019Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec.Mardi, l\u2019Association des restaurateurs est à son tour venue s\u2019y opposer, invoquant un « lot considérable de problèmes opérationnels », dont la prolifération des mouches drosophiles dans les bouteilles vides et la menace que représentent ces petites bêtes pour ses standards d\u2019hygiène.« Tout le monde a la volonté de faire mieux sauf qu\u2019il y a des coûts assez importants qui sont rattachés à ça.Puis je pense qu\u2019il faut faciliter le travail des restaurateurs », a fait valoir Vincent Arsenault, président du conseil de l\u2019Association et lui-même restaurateur à Montréal.Tout en préconisant qu\u2019on continue de miser sur la collecte sélective, le groupe a toutefois dû reconnaître qu\u2019il y avait du travail à faire sur ce plan.« On est limités dans ce qu\u2019on peut faire récupérer par les bacs de la Ville », a déclaré M.Arsenault.Dans certaines villes comme Brossard, les industries, commerces et institutions (ICI) n\u2019ont d\u2019ailleurs aucun service et doivent payer des tiers de leur poche pour s\u2019en occuper.Dans d\u2019autres municipalités, les restaurants sont desservis, mais seulement pour un volume limité.Et encore, cela dépend des matériaux.Ainsi, la MRC de la Vallée-de-l\u2019Or en Abitibi récupère le verre en provenance des commerces et restaurants, mais pas le plastique ; Trois-Rivières recycle seulement les pellicules d\u2019emballage et Montréal n\u2019accepte pratiquement rien.La Gaspésie La consultation a aussi été marquée par le passage de leaders gaspésiens également opposés à la consigne des bouteilles de vin.« Ce n\u2019est pas un problème de collecte qu\u2019on a, il faut travailler sur les débouchés ! » a soutenu la directrice de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMR), Nathalie Drapeau.Dans cette région, un projet pilote a permis de récupérer 100 % des résidus de verre recueillis grâce à la collecte sélective, et ce, en répondant à des besoins locaux, ont-ils expliqué.Sur place, il est transformé en verre granulé qui est réutilisé et vendu à des municipalités pour faire des aménagements paysagers, des remblais et de l\u2019abrasif.« Si on implante la consigne ici, c\u2019est sûr qu\u2019il va y avoir un doublon », a fait valoir le préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, Daniel Côté.La RITMR récupérerait alors moins de verre, ce qui rendrait son verre granulé plus cher à produire et moins rentable, ont-ils avancé.Un autre lobby, celui des restaurateurs, s\u2019oppose à l\u2019élargissement de la consigne sur les bouteilles de vin, entre autres J\u2019ai toujours pensé que c\u2019était ma job d\u2019aider les gens à oublier ce qui les embête au quotidien CJ RAMONE » LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 5 ALICE RITCHIE AGENCE FRANCE-PRESSE À PLYMOUTH, AU ROYAUME-UNI n an après avoir lancé un mouvement de grève de l\u2019école qui l\u2019a érigée en icône de la lutte en faveur du climat, Greta Thunberg juge son message de plus en plus entendu, mais l\u2019action encore trop faible.« Le débat est en train de changer.J\u2019ai l\u2019impression que son urgence devient plus manifeste, les gens commencent à être plus conscients, lentement », dit- elle à l\u2019AFP lors d\u2019un entretien la veille d\u2019un voyage de deux semaines en voilier en direction de New York, aux États-Unis, où elle assistera au sommet mondial de l\u2019ONU sur le climat.Mais elle attend encore des actions : « Quand on regarde la situation dans son ensemble, il ne se passe presque rien de positif », estime-t-elle.Il y a un an, en août dernier, Greta Thunberg avait entamé seule devant le Parlement suédois sa première « grève de l\u2019école pour le climat ».Son action a donné naissance à un mouvement mondial, baptisé Fridays for Future.Elle a depuis rencontré des décideurs politiques et chefs d\u2019entreprise de différents pays, mais s\u2019est aussi attiré des critiques.En France, des élus l\u2019ont même traitée de « gourou apocalyptique ».« Comme une menace » Pour cette adolescente déterminée, dont les longues tresses la font paraître plus jeune que son âge, ces commentaires négatifs prouvent surtout que son discours pèse.« Je [les] ignore parce que c\u2019est aussi un bon signe qu\u2019ils essaient de nous faire taire, cela signifie que nous avons un impact et qu\u2019ils nous voient comme une menace », explique-t-elle.Mercredi, c\u2019est depuis l\u2019Angleterre qu\u2019elle larguera les amarres pour New York.La Suédoise a en effet refusé de prendre l\u2019avion.Elle naviguera à bord d\u2019un voilier de 18 mètres, le Malizia II, piloté par l\u2019Allemand Boris Herrmann et le fondateur monégasque de l\u2019équipe Malizia, Pierre Casiraghi.Son père Svante Thunberg et le réalisateur Nathan Grossman seront aussi du voyage.Les installations du voilier sont basiques \u2014 un seau pour toilettes, pas de cuisine.Des panneaux solaires et des turbines sous-marines permettent de naviguer sans émission de carbone.« Cela montre bien à quel point il est impossible de vivre de manière durable aujourd\u2019hui : c\u2019est absurde de devoir traverser l\u2019océan Atlantique comme ça, pour arriver à destination sans émissions », s\u2019indigne Greta CLIMAT Greta Thunberg largue les amarres « Les gens commencent à être plus conscients », dit la jeune militante à la veille de son départ en voilier pour New York AGENCE FRANCE-PRESSE À GENÈVE Les cas de rougeole dans le monde ont quasiment été multipliés par trois depuis janvier par rapport à la même période de l\u2019an dernier, a annoncé mardi l\u2019OMS.Les chiffres publiés par l\u2019Organisation mondiale de la santé montrent que, du 1er janvier au 31 juillet, 364 808 cas ont été enregistrés, contre 129 239 l\u2019an dernier à la même période.Il s\u2019agit des chiffres « les plus élevés » jamais enregistrés depuis 2006, a déclaré un porte-parole de l\u2019OMS, Christian Lindmeier, lors d\u2019un point de presse à Genève.Le plus grand nombre de cas a été observé en République démocratique du Congo, à Madagascar et en Ukraine.À Madagascar, « le nombre de cas a cependant considérablement diminué au cours des derniers mois » à la suite des campagnes nationales de vaccination d\u2019urgence contre la rougeole, a relevé l\u2019OMS.Les États-Unis ont, eux, enregistré leur plus grand nombre de cas de rougeole depuis 25 ans.Dans la région européenne, les chiffres ont doublé, avec près de 90 000 cas signalés cette année : ce chiffre dépasse largement celui enregistré pour l\u2019ensemble de l\u2019année 2018 Hausse des cas de rougeole dans le monde Greta Thunberg dans le port de Plymouth, au Royaume-Uni, d\u2019où elle doit partir ce mercredi pour une traversée de l\u2019Atlantique en voilier.BEN STANSALL AGENCE FRANCE-PRESSE (84 462).Dans les autres régions, l\u2019OMS a enregistré une explosion des cas en Afrique, presque multipliés par 10, une augmentation de 230 % dans le Pacifique occidental, et de 50 % en Méditerranée orientale.L\u2019Asie du Sud-Est et la région des Amériques dans son ensemble ont chacune enregistré une diminution de 15 % des cas.Cependant, l\u2019OMS estime que moins d\u2019un cas sur dix est signalé dans le monde, ce qui signifie que l\u2019ampleur de l\u2019épidémie est bien plus importante que les statistiques officielles.La rougeole est l\u2019une des maladies les plus contagieuses au monde, et les décès sont le plus souvent dus à des complications.Il n\u2019existe pas de traitement curatif, mais elle peut être prévenue par deux doses d\u2019un vaccin « sûr et très efficace », selon l\u2019OMS.Les épidémies de rougeole les plus importantes surviennent dans des pays où la couverture vaccinale contre la rougeole est faible.Dans les pays o c c i d e n t a u x , l e s « a n t i - v a x » s\u2019appuient sur une publication de 1998 liant le vaccin contre la rougeole et l\u2019autisme.L\u2019OMS a balayé à plusieurs reprises ces critiques et il a été établi que l\u2019auteur de la publication, le Britannique Andrew Wakefield, avait falsifié ses résultats.Thunberg.« Mais je veux saisir cette chance puisque je suis l\u2019une des rares personnes au monde à pouvoir le faire ».Une fois aux États-Unis, elle n\u2019a pas l\u2019intention de rencontrer le président américain Donald Trump.« Je ne peux rien dire qu\u2019il n\u2019a pas déjà entendu », justifie-t-elle.« Faire pression » En un an, Greta Thunberg a pris la parole au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, lors de la 24e conférence de l\u2019ONU sur le climat en Pologne, a fait la une des plus grands journaux et magazines internationaux, du Time Magazine à Vogue.Elle a également reçu plusieurs prix et a été citée pour le Nobel de la paix 2019.Elle regarde d\u2019un œil sceptique les invitations qu\u2019elle reçoit.« Beaucoup de gens y voient une occasion de blanchir leur nom, en quelque sorte, en nous invitant nous, les grévistes de l\u2019école », dit-elle.Mais « j\u2019accepte d\u2019y aller car cela a réellement un impact ».Pour elle, le moment le plus fort de l\u2019année passée a été de voir des enfants du monde entier rejoindre son mouvement de grève.« Faire partie d\u2019un mouvement si grand et si fort, le mouvement des Fridays for Future, juste de voir tous ces enfants, tous ces jeunes à travers le monde, ces millions de jeunes qui sont en train de se soulever\u2026 », confie-t-elle.À New York, elle compte participer à des manifestations pour le climat.Elle a ensuite prévu de voyager au Canada et au Mexique, avant de se rendre à la COP25 au Chili en décembre.Objectifs : s\u2019assurer « que la crise climatique est prise au sérieux et que les gens commencent vraiment à comprendre », et ainsi « créer un mouvement d\u2019opinion mondial, pour que les gens se rassemblent et fassent pression sur les dirigeants ».Greta Thunberg n\u2019aime pas parler d\u2019elle, se qualifiant de simple activiste, mais elle reconnaît le poids particulier de la prise de parole des enfants.« Nous disons les choses comme elles sont, on se moque d\u2019être polis », af- firme-t-elle.Une parole brute qui fait « se sentir très coupables » les adultes.U LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin La pauvreté, cette prison Je sais, je sais\u2026 ce n\u2019est pas du tout un titre vendeur.Qui a envie d\u2019entendre parler de pauvreté en plein été ?La pauvreté, c\u2019est au mois de décembre qu\u2019on en parle, à l\u2019arrivée du temps des Fêtes, animé par cette factice générosité, quelques bons sentiments, saupoudrés d\u2019un peu de culpabilité.Le reste du temps, au diable les pauvres ! « Ils ont juste à s\u2019prendre en main ! », nous diront certains.Pfft ! On ira prendre un café ensemble, crétin, je te raconterai\u2026 Mais nous autres, les pauvres, on nous fuit comme la peste, une simple bande de perdants, de minables losers\u2026 Car évidemment, dans ce quasi-pays, comme ailleurs dans le monde, on aime d\u2019abord les gens « riches et célèbres », ces présumés « gagnants » pis les maudites vedettes.Et nous autres, on n\u2019a ni l\u2019un ni l\u2019autre, ni richesse, ni célébrité, ni rien.Nous sommes essentiellement des êtres anonymes, des individus invisibles, et en plus, plusieurs d\u2019entre nous ne sommes ni sur ce ridicule « livre à faces » ni sur les réseaux sociaux, alors imaginez comment on n\u2019est rien.Est-il possible d\u2019exister, comme être humain, dans une société qui parle pourtant d\u2019intégration, d\u2019accueil de l\u2019autre, si l\u2019on est invisible?Le mépris, chers amis, le mépris, c\u2019est pire que tout.Le mépris LETTRES ÉDUCATION AU NUNAVIK Non-ingérence ou indifférence ?quelques semaines du début des classes, Kativik Ilisar- niliriniq, la commission scolaire du Nunavik, cherche encore 84 volontaires pour des postes d\u2019enseignants.Bon an mal an, une dizaine de titulaires de classe manquent à l\u2019appel sur un lot d\u2019une centaine, ce qui laisse des classes vides pendant des mois entiers.Cette grave pénurie à l\u2019embauche est assortie d\u2019un fort taux d\u2019absentéisme du personnel : en moyenne 8 cours de 45 minutes sont annulés pour chaque jour de classe, dans chaque école, car les professeurs n\u2019y sont pas.Chaque fois qu\u2019une classe est vide, des élèves sont forcés de faire l\u2019école buissonnière : oui, les suppléants eux aussi se font discrets.Mais comment peut-on tolérer de tels manquements ?Non seulement ils mettent à mal la réussite scolaire des enfants, mais ils viennent fragiliser le socle de l\u2019avenir d\u2019un peuple, soit l\u2019éducation, passeport crucial pour l\u2019épanouissement des peuples autochtones.On ne peut pas dire que c\u2019est faute de connaissances.Les rapports accablants faisant état du faible niveau de scolarisation chez les Premières Nations s\u2019accumulent, tant au niveau mondial que national.Plusieurs commissions ont fait état autant de l\u2019importance de l\u2019éducation pour contrer le désenchantement de certains peuples que des nombreux obstacles qui s\u2019ajoutent sur la route des élèves autochtones : plus susceptibles que les autres d\u2019être mal logés, mal nourris, fatigués d\u2019évoluer dans un environnement peu favorable à la fréquentation scolaire, toutes conditions menant hélas à l\u2019abandon scolaire \u2014 le taux de décrochage est de 85,7 % au Nunavik.La situation critique de Kativik Ilisarniliriniq dévoilée par Le Devoir mardi a précisément fait l\u2019objet d\u2019un rapport spécial du Protecteur du citoyen publié en octobre dernier.Le Protecteur a enquêté au nord du 55e parallèle, dans cette commission scolaire créée en 1978 dans la foulée de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois pour administrer les 17 écoles primaires et secondaires et les 5 centres d\u2019éducation des adultes du Nuna- vik.Les plaintes ayant déclenché l\u2019examen portaient sur la qualité de l\u2019éducation, la fréquentation scolaire, le recrutement, la rétention et le taux d\u2019absentéisme du personnel enseignant.En accord avec le caractère distinct des communautés du Nord, le fonctionnement et le programme éducatif sont distincts de ceux du « Sud » : l\u2019inuktitut est la seule langue d\u2019enseignement de la maternelle à la fin de la deuxième année du primaire et la culture inuit imprègne le curriculum.Toutes conditions qui appellent à grands cris la présence d\u2019enseignants eux-mêmes issus de la culture inuit pour prodiguer et transmettre leur savoir, et surtout contribuer à rehausser les taux de réussite (les taux de sortie sans diplôme sont quatre fois plus élevés au Nunavik qu\u2019ailleurs au Québec).Mais alors qu\u2019une masse critique de Nunavimmiuts serait essentielle pour plus de stabilité, ceux-ci se font rares : ils composent à peine 38 % du personnel enseignant.Si la pénurie d\u2019enseignants court sur toutes les lèvres des gestionnaires de l\u2019éducation par les temps qui courent, partout au Québec, on peut sans grand mal imaginer les défis additionnels que cela peut revêtir au Nord, où les conditions d\u2019exercice ne sont pas les plus faciles, ne serait-ce qu\u2019en raison de l\u2019isolement.Des ressources et des plans d\u2019action ont bel et bien été mis en place au fil des ans, avec des actions prometteuses.L\u2019Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et l\u2019Université McGill offrent des formations destinées tant au personnel non autochtone qu\u2019aux autochtones intéressés par l\u2019enseignement.Mais il semble que des pans de l\u2019essentiel ont été oubliés.Québec ne compile pas des données indispensables sur le système d\u2019éducation au Nunavik \u2014 les bulletins sont encore remplis manuellement et l\u2019absence de technologie adéquate empêche la tenue de dossiers numériques pour les élèves.Des logements manquent pour accueillir le personnel \u2014 et des logements manquent tout court, car, parmi les facteurs expliquant les causes de l\u2019absentéisme chez les enfants, on note le fait que certaines familles doivent s\u2019entasser dans des espaces si exigus qu\u2019on doit prendre des « tours » pour dormir.Le calendrier scolaire n\u2019a pas été adapté au caractère distinct de la vie dans le Nord : là-bas, on aimerait l\u2019école à l\u2019année, avec des pauses pour les périodes de chasse et de pêche.Les besoins particuliers et urgents du Nunavik appellent une action politique immédiate et forte.Il ne faudrait pas que, sur la route du respect de l\u2019autonomie des peuples autochtones, bien sûr essentiel, on glisse en douce vers la non-ingérence.Sous celle-ci, se camoufle parfois une insidieuse indifférence.À ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Jean Royer: de se dire, à cœur joie\u2026 Les pages du quotidien Le Devoir nous informent de la disparition de l\u2019écrivain, essayiste et poète, Jean Royer .Ancien directeur des pages culturelles au quotidien Le Devoir, je lui dois ma première publication, lors du décès de la poétesse Françoise Bujold, originaire de Bonaventure.Pour lors, il avait retenu le titre de Françoise et le mien : À mourir de soleil.On était alors rue du Saint-Sacrement.Or, ce beau texte du 24 janvier 1981 fut repris au printemps 2019 dans les pages de la revue Main dans la Main : [Petits Frères].Allez en paix, grand artisan des lettres: au pays des prophètes, où les bons mots ont encore valeur curative.Et merci de votre soutien indéfectible, comme passeur d\u2019idées, à la littérature d\u2019ici, que vous avez si bellement courtisée.Les rayonnages de la Grande Bibliothèque en témoignent éloquemment, via l\u2019indicible Dépôt Légal.Quelle richesse! Que conclure: à cœur joie de se dire, comme dans la chanson porteuse: la langue de chez nous.De vous, pour nous: Je me souviens! Gilbert Lévesque Montréal, le 11 août 2019 du peuple, de nous.Le mépris, le dédain, le dégoût, l\u2019isolement qui s\u2019ensuit, je vous le dis, ça vous ronge l\u2019âme, le corps, l\u2019esprit, l\u2019intérieur au grand complet\u2026 et je ne vous parle pas de logement.Car il y a bel et bien une crise du logement à Montréal, quoi qu\u2019en disent certains politiciens ; alors pas moyen de bouger, de sortir de ton trou, de déménager.Tu dois (encore) prendre ton mal en patience, endurer\u2026 Pendant ce temps, je vous ferais remarquer que nombre de locaux commerciaux sont vides à Montréal.Il doit bien y avoir moyen de moyenner, de créer, de transformer ça en jolis lofts abordables.Vous êtes allés en vacances quelque part, cet été ?En France ?Au chalet dans le Nord ?En Italie ?Super, je suis vraiment contente pour vous.Profitez-en.La dolce vita, faut la prendre quand elle passe, on y rêve nous aussi\u2026 On est restés ici, nous autres, les pauvres, pendant les soi-disant vacances, plusieurs d\u2019entre nous profitant de l\u2019air climatisé des espaces publics\u2026 «Oh wow, belles vacances de losers !» vous me direz?J\u2019en conviens.Pour ma défense, je rêvais de plage, d\u2019un bord de lac, pas d\u2019une maudite fontaine dans le milieu du centre commercial\u2026 Mais que voulez-vous ?Tout ce qu\u2019il nous reste, nous autres, les pauvres, c\u2019est l\u2019imagination.Elle est gratuite, en plus.Einstein lui-même disait que «l\u2019imagination est plus importante que l\u2019intelligence».Mets-en, Albert.Surtout quand tu rêves toi Texte collectif Le gouvernement Legault a récemment annoncé deux gigantesques projets de construction et de rénovation : un appel d\u2019offres de 1 milliard de dollars pour construire 30 maisons des aînés de façon accélérée et un budget de 1,7 milliard de dollars pour des projets de modernisation des écoles du Québec.Peut-on imaginer que la conception de ce genre de projets, destinés à assurer la sécurité et le bien-être de nos aînés et de nos enfants, soit basée sur une approche du plus bas prix semblable à celle qui a guidé la construction du pont Champlain en 1957 ?Bien qu\u2019aujourd\u2019hui ce ne soit pas le cas, il semble que le gouvernement ait toujours cette idée en tête, même en 2019.Il y a un an, le 27 juin 2018, l\u2019ancien gouvernement avait proposé une révision du mode d\u2019octroi des contrats publics de services d\u2019architecture et d\u2019ingénierie pour les deux plus grands donneurs d\u2019ouvrage du Québec : le ministère des Transports et la Société québécoise des infrastructures.La proposition avait soulevé de vives inquiétudes, car toutes les nouvelles formules proposées conduisaient, invariablement, à favoriser le plus bas soumissionnaire.Constatant le problème, l\u2019ancien ministre responsable, Robert Poëti, avait lui-même retiré le projet de règlement, en août 2018, et mis en place un groupe de travail réunissant de hauts fonctionnaires du Conseil du trésor, des donneurs d\u2019ouvrage publics ainsi que les représentants de l\u2019industrie afin de revoir les modes d\u2019octroi.Les travaux se sont poursuivis après les élections générales d\u2019octobre 2018, mais aucune rencontre n\u2019a été tenue depuis le 6 décembre dernier.Depuis, le contenu d\u2019une étude d\u2019experts indépendants a confirmé que la méthode du raport qualité-prix suggérée par le gouvernement favorisait le plus bas soumissionnaire de manière presque systématique.Cette étude n\u2019a malheureusement pas réussi à réanimer le comité de travail ni à faire réagir les mandarins du gouvernement, ce qui devrait inquiéter l\u2019actuel ministre responsable, Christian Dubé.Le seul geste récent du Conseil du trésor sur cette question a été la sélection d\u2019une firme comptable pour juger de la « perception » de certains acteurs de l\u2019industrie sur les modes d\u2019octroi proposés.Il n\u2019est nullement question de sécurité, de qualité ou de pérennité des infrastructures, facteurs étroitement liés à la conception.L\u2019exemple le plus éloquent est celui de l\u2019ancien pont Champlain, qu\u2019il faudra bientôt déconstruire après une courte Contrats publics d\u2019architecture et d\u2019ingénierie : le gouvernement doit tirer des leçons du passé LIBRE OPINION vie et combien de travaux de réparation, sachant que les mauvaises décisions qui ont mené à sa construction étaient directement guidées par la recherche du plus bas prix.On sait maintenant que, sur les 29 variantes étudiées à l\u2019époque, celle retenue était tout simplement la moins chère, avec le désolant résultat que l\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Nous souhaitons mettre en lumière l\u2019importance de baser la sélection des professionnels sur la qualité et non sur le plus bas prix.Les bénéfices sont nombreux : meilleure planification et prise en compte des concepts de développement durable, incitation à l\u2019innovation, respect plus rigoureux des échéanciers et des budgets, et réduction des litiges.Les mandats d\u2019architecture et d\u2019ingénierie confiés au plus bas soumissionnaire sont incompatibles avec l\u2019optimisation de la conception et de la durée de vie des ouvrages.Maintenant que s\u2019amorcent d\u2019importants chantiers, il importe de tirer des leçons du passé et de faire preuve de vision.Est-il possible, une fois pour toutes, de mettre de côté les formules qui favorisent le plus bas soumissionnaire afin d\u2019assurer la qualité de nos infrastructures pour les générations actuelles et futures ?Ce texte est cosigné par plus d\u2019une vingtaine d\u2019experts du monde des affaires et de l\u2019architecture.La liste complète est disponible sur nos plateformes numériques.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD aussi de prendre une pause, ne serait-ce que quelques jours, de t\u2019évader de cette prison qu\u2019est la pauvreté, dans mon Québec riche et prospère.Misère, maudite misère\u2026 Sylvie Marchand, artiste militante Le 11 août 2019 Il n\u2019est nullement question de sécurité, de qualité ou de pérennité des infrastructures, facteurs étroitement liés à la conception A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau Adjoints Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directrice artistique Claire Dazat Directeur de la production Christian Goulet Steve Foster Président sortant de la Chambre de commerce LGBT du Québec Julie-Maude Beauchesne Candidate au doctorat en science politique de l\u2019Université de Montréal Le 10 août dernier, Le Devoir publiait une lettre d\u2019opinion intitulée « Legault n\u2019est pas le bienvenu au défilé de la fierté ».Un texte dont plusieurs aspects méritent d\u2019être remis en question.Nous allons réagir ici aux plus importants d\u2019entre eux.Dans leur prise de position contre la venue du premier ministre au défilé de Fierté Montréal, les auteurs affirment, entre autres: «Depuis 2015, lui [Legault] et son parti [la CAQ] bloquent les avancées dans la reconnaissance légale des adultes et enfants trans citoyens [projet de loi 103], des personnes trans non binaires et des personnes trans non citoyennes.Autrement dit, M.Legault et son parti entravent l\u2019égalité juridique d\u2019un pan de la communauté LGBT et, par ce fait même, contribuent à sa marginalisation.» Rappelons que c\u2019est sous le ministre de la Justice Bertrand St-Arnaud que la loi 35 (octroyant des droits aux personnes trans adultes citoyennes) a été adoptée en 2013.Quant au règlement d\u2019application de la loi 35, il fut mis en place par la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, en 2015.Madame Vallée a aussi fait adopter la loi 103 (venant donner des droits aux personnes trans mineures citoyennes) et son règlement en 2016.Toujours en 2015, le Centre contre l\u2019oppression des genres a décidé de poursuivre le gouvernement du Québec afin de faire invalider des articles du Code civil envers les personnes trans et non binaires, incluant ceux visant les personnes immigrantes et réfugiées.Dans le cas des lois 35 et 103, il est faux de dire que la CAQ a bloqué les avancées concernant les droits des personnes trans.Les deux lois ayant été adoptées à l\u2019unanimité par les élus et élues sur place.D\u2019ailleurs, les interventions de Michelyne C.St-Laurent et de Simon Jolin-Barrette, tous deux de la CAQ, témoignent du contraire.En ce qui concerne la plainte, elle fut déposée sous le gouvernement libéral.La CAQ doit aujourd\u2019hui y donner suite.Le fait de judiciariser une cause force souvent le gouvernement à attendre la fin des procédures.Une situation que certains sont en droit de déplorer.Il est bon de mentionner aussi que la CAQ, par l\u2019entremise de la ministre de la Justice Sonia Lebel, a confirmé son engagement à poursuivre l\u2019application du Plan d\u2019action de lutte contre l\u2019ho- mophobie et la transphobie 2016-2021, en plus d\u2019avoir rehaussé le financement à la mission d\u2019organismes de défense des droits LGBT+, sans compter le financement par projet accordé par différents ministères aux organismes LGBT+.La CAQ poursuit ainsi ce que les libéraux et le PQ ont fait avant elle.Une autre erreur d\u2019interprétation veut « qu\u2019à première vue, sa participation ainsi que sa promesse d\u2019accorder 1,6 million de dollars à Fierté Montréal laissent croire que le premier ministre soutient les communautés LGBT ».Le financement de Fierté Montréal provient de programmes normés de ministères, dont celui du Tourisme.Avec ces subventions viennent aussi l\u2019obligation de reddition de comptes et le dépôt des états financiers audités.Le financement n\u2019a donc rien à voir avec « une promesse », mais bel et bien avec un processus balisé.En ce qui concerne les reproches formulés à l\u2019égard de Fierté Montréal, dont ceux envers Jean-Sébastien Bou- dreault, « le discours soi-disant apolitique de ce dernier a déjà été critiqué par le passé », cela n\u2019est pas nouveau.Rappelons que c\u2019était aussi vrai à l\u2019époque de Divers/Cité.Depuis des années, nombre de gens critiquent différents aspects de l\u2019organisation des manifestations de la fierté.Que ce soit le discours, le défilé, la commercialisation de l\u2019événement, la présence des politiciens et politiciennes « qui en retirent des avantages politiques ».Bref, tout y passe ! Et ce, malgré les rajustements apportés au fil du temps.Bien entendu, tous ne pourront être satisfaits.Cependant, il nous apparaît important que Fierté Montréal demeure inclusif et, surtout, que l\u2019organisme ait un discours dépourvu de partisanerie.Ne serait-ce pas plutôt le rôle des organismes LGBTQ+ et des participants et participantes de passer leurs messages et leurs revendications, s\u2019ils le souhaitent, lors du défilé ?En terminant, si les droits que nous avons acquis l\u2019ont été grâce au travail de longue haleine des militants, militantes et organismes, il ne faut pas oublier que c\u2019est également grâce au soutien d\u2019un nombre croissant d\u2019élus et d\u2019élues, au fil des ans, que nous avons pu y parvenir.Il nous semble que tous les politiciens et politiciennes sont en droit de participer au défilé de Fierté Montréal, peu importe nos affinités politiques personnelles envers eux et peu importe s\u2019ils y ont été invités ou non.Accueillir des politiciens et politiciennes lors de nos événements est toujours une très bonne occasion de les sensibiliser à nos réalités collectives actuelles et du chemin qu\u2019il nous reste à faire pour atteindre la pleine égalité sociale.C\u2019est par le dialogue avec les élus et élues que nous avons obtenu les gains des dernières années et non pas par une politique de la porte fermée.Et il ne faudrait surtout pas perdre de vue l\u2019importance du message lancé par leur présence auprès de la population.Et, soyons honnêtes, au Québec et au Canada, nous sommes privilégiés de pouvoir compter sur leur présence, ce qui n\u2019est pas le cas dans bien des pays dans le monde.Soyez les bienvenus au défilé de Fierté Montréal Antoine Ross Trempe Éditeur Les récentes tueries de masse aux États- Unis ont de nouveau fait ressurgir les interminables guéguerres politiques entre clans rivaux.À gauche, on se désespère que la droite pointe la maladie mentale comme unique cause explicative de ces attaques.À droite, on sourcille devant toute explication sociopolitique, comme le racisme systémique ou la radicalisation.Il est désolant de voir que ces tragédies, au lieu de susciter une réflexion sérieuse, donnent lieu à ces enfantillages et à une guerre d\u2019insultes dont le but est non pas de comprendre, mais de marquer des points.Le problème, c\u2019est que la politique et la recherche de la vérité sont antinomiques.Cette opposition entre la rhétorique politique et la quête de la vérité est connue des philosophes depuis Platon.À partir de cet éclairage, on comprend mieux que les bruits qui sortent de la bouche des politiciens n\u2019ont pas pour objectif d\u2019analyser la situation ou de relever les causes profondes, mais de plaire à une base militante ou aux riches donateurs et, bref, de compter des buts émotifs dans l\u2019arène politique.Quand Donald Trump et ses acolytes disent que les tueries sont l\u2019œuvre d\u2019individus «dérangés » ou « fous », il ne s\u2019agit pas d\u2019un diagnostic.Il s\u2019agit d\u2019une manœuvre politique pour éviter de parler des deux sujets qui desserviraient l\u2019actuel locataire de la Maison-Blanche : le contrôle des armes et sa responsabilité dans la montée des tensions raciales aux États-Unis.Pendant ce temps, à gauche, on voit des gens écrire que toute explication psychologique est automatiquement un signe d\u2019appartenance à la «droite populiste».On ne connaît pas encore les motivations précises des tueurs d\u2019El Paso et de Dayton, mais on sait que la radicalisation est vraisemblablement en cause dans au moins l\u2019un des cas.Ce qu\u2019on appelle la radicalisation idéologique est un phénomène psychologique digne d\u2019intérêt et un objet d\u2019étude parfaitement légitime ; de dire qu\u2019il n\u2019y a aucune explication psychologique est simplement absurde.Mais la radicalisation est un phénomène complexe qui n\u2019implique pas nécessairement un diagnostic de santé mentale, tel que défini par la psychiatrie moderne.On sait, par exemple, que les gens qui adhèrent à des groupes de suprémacistes blancs ou des groupes sectaires religieux sont transformés en profondeur par ces expériences.On parle de reprogramma- tion: l\u2019idéologie néonazie (ou religieuse) vient chambouler les valeurs de la personne en reconfigurant son rapport aux autres, à l\u2019autorité, son sentiment de justice et d\u2019injustice, sa place dans le monde, son identité, etc.Ces nouveaux programmes agissent ainsi comme des malwares \u2014 ou antiprogrammes \u2014 qui court-circuitent les programmes «normaux» des nouveaux adeptes.Voilà pourquoi il est plus facile de convertir les enfants ou les adolescents et pourquoi les groupes sectaires ont tendance à déraciner et à isoler les adeptes: pour que ceux- ci ne soient en contact qu\u2019avec la seule trame narrative de l\u2019idéologie.Cet isolement peut être physique, mais il est au- jourd\u2019hui aussi virtuel: alors que Jim Jones avait choisi le Guyana dans les années 1970 pour installer sa secte, les idéologues d\u2019aujourd\u2019hui choisissent 8chan et le vase clos du Dark Web.Les causes de ces radicalisations et les raisons expliquant que certaines personnes y sont plus vulnérables demeurent multiples et complexes : sentiment d\u2019infériorité, d\u2019injustice devant un monde qu\u2019on ne comprend plus, incapacité de se projeter dans le temps, haine de soi, ressentiment professionnel ou amoureux, dépression, etc.L\u2019idéologie violente vient alors fournir toutes les « réponses » et identifier tous les « coupables » pour transmuer la haine de soi-même en haine de l\u2019autre.Ajoutons à cela l\u2019accessibilité \u2014 absolument criminelle \u2014 aux armes à feu, et ce n\u2019est qu\u2019une question de temps avant que l\u2019irréparable se reproduise.L\u2019augmentation récente des tueries de masse est aussi fortement corrélée avec les nouvelles technologies qui agissent comme un mégaphone pour des gens idéologiquement vulnérables.On ne peut qu\u2019applaudir la décision de plusieurs médias de ne plus nommer les tueurs, de ne plus parler de leur modus operandi ni de leur histoire personnelle.En attendant un meilleur contrôle des armes à feu et la fermeture des canaux de recrutement du Dark Web, c\u2019est la meilleure prophylaxie pour retirer l\u2019un des principaux incitatifs de ces passages à l\u2019acte : celui de mourir célèbre en inscrivant son nom dans le grand livre sanglant de l\u2019infamie.Il ne reste plus qu\u2019à espérer qu\u2019en ces temps de crise, une véritable réflexion sur les causes et les solutions ne sera pas, une fois encore, enterrée par la cacophonie des déclarations d\u2019allégeance et des règlements de compte provoquée par ceux qui font de la petite politique leur gagne-pain.Comment les tueries de masse servent la polarisation politique Crime(s) d\u2019honneur U ne jeune femme de Québec a été transformée en torche humaine, vendredi dernier, après que l\u2019homme de qui elle a divorcé en mars, Frej Haj Messaoud, l\u2019eut vraisemblablement allumée comme un flambeau.La scène ne sentait pas seulement l\u2019essence, mais la vengeance à plein nez.Sans surprise, les réseaux sociaux se sont enflammés à leur tour en dénonçant un « crime d\u2019honneur ».Le fantôme de la famille Shafia, ce couple d\u2019origine afghane qui a noyé ses trois filles et une première épouse dans les eaux du canal Rideau en 2009, planait comme un vautour au-dessus du drame.L\u2019assaut, subi en pleine rue devant les deux jeunes enfants de la victime, a quelque chose de parfaitement révoltant, c\u2019est vrai.Rappelant les attaques à l\u2019acide, particulièrement répandues dans certains pays d\u2019Asie et également au Royaume-Uni, c\u2019est la punition par défiguration qui est particulièrement abjecte ici.C\u2019est ce calcul issu de la nuit des temps, reposant sur les stéréotypes les plus tenaces, voulant qu\u2019une femme n\u2019ait qu\u2019une corde à son arc : sa beauté.Si on lui enlève sa capacité de séduire, on lui enlève tout.Tu ne veux pas de moi ?Alors tu n\u2019auras personne, tu ne seras rien.C\u2019est l\u2019idée qu\u2019un homme peut réduire une femme à un tas de cendres, tout en la condamnant à vivre, qui est intolérable.Seulement, il ne faudrait pas croire que ces crimes d\u2019honneur, ces gestes misogynes et revanchards à souhait, sont strictement l\u2019affaire des étrangers \u2014 notamment musulmans.On parle beaucoup des tueries de masse à l\u2019heure actuelle, un crime dont les pays riches détiennent un quasi- monopole.Le Washington Post publiait d\u2019ailleurs en fin de semaine, sur 12 pages, le nom de toutes les victimes américaines, 1196 en tout, de 1966 à 2019, démontrant à quel point le phénomène s\u2019amplifie.Or, il semblerait que bon nombre de ces meurtriers de masse ont, en plus de leur sexe (mâle) et du goût des armes, une autre caractéristique en commun : le ressentiment envers les femmes.La toute première tuerie américaine, à l\u2019Université du Texas en 1966, celle qui donne le coup d\u2019envoi à ce qui deviendra bientôt une réelle épidémie, a eu lieu après que le tueur eut tué sa femme et sa mère.La toute dernière, une attaque contre une mosquée en Norvège dimanche dernier, déjouée à la dernière minute par un fidèle, a quand même fait une victime : la demi-sœur du présumé tueur trouvée morte dans la maison familiale.Un ami du suspect dit que celui-ci était récemment devenu hostile envers les femmes et les immigrants.Et l\u2019homme qui a tué neuf personnes à Dayton, en Ohio, le 11 août dernier, le dernier en lice aux États-Unis, a également abattu sa sœur dans la mêlée.Connor Betts était connu pour avoir proféré des menaces envers les femmes.Dans plus de la moitié des 173 tueries qui ont eu lieu aux États-Unis entre 2009 et 2017, l\u2019année la plus mortelle à cet égard, une conjointe ou une membre de la famille immédiate faisaient partie des victimes.C\u2019est donc dire que Marc Lépine \u2014 qui n\u2019en voulait pas seulement aux femmes qui avaient pris sa place à l\u2019École polytechnique, mais aussi à sa mère et à sa sœur, a-t-on appris plus tard \u2014 n\u2019a rien inventé.Il a seulement attaché le grelot avant tout le monde.En s\u2019en prenant uniquement aux femmes, il a démontré le premier la parenté entre les tueries de masse et la misogynie.Plus d\u2019un millier de massacres plus tard, on comprend que Lé- pine n\u2019a pas choisi de cibler les femmes simplement pour mieux marquer son coup ou comme simples représailles envers le mouvement féministe de l\u2019époque.Si ces deux aspects ont sans doute fait partie de son calcul, la réalité est que les tueurs de masse sont par définition, tout comme les hommes qui cherchent à venger leur honneur, des hommes éconduits et en colère, des hommes narcissiques, imbus d\u2019eux-mêmes, convaincus de mériter mieux et d\u2019avoir été injustement traités.Ils cherchent à rétablir, sinon leur honneur, du moins leur statut d\u2019homme fort.Dans les deux cas, il s\u2019agit d\u2019une « masculinité toxique », d\u2019un machisme nauséabond qui cherche sans cesse des responsables pour ses propres malheurs, prêt à sacrifier des vies s\u2019il le faut.Et qui mieux que les femmes pour jouer les souffre-douleur ?Si les immigrants sont aujourd\u2019hui de plus en plus ci- blés, le contexte politique aidant, les femmes seront toujours dans la mire des tueurs de masse par leur situation stratégique.Il est toujours plus facile de s\u2019en prendre à quelque chose de proche que de loin ; de s\u2019en prendre au particulier plutôt qu\u2019au général.C\u2019est d\u2019ailleurs ce rapport trouble avec les femmes, la misogynie latente chez une majorité de ces individus, qui explique le mieux pourquoi la quasi-to- talité des tueries de masse est perpétrée par des hommes.Après que le mouvement #MoiAussi eut exposé l\u2019ampleur des sévices sexuels subis par des femmes, voici donc une autre démonstration de taille : les relations homme-femme, même dans les pays modernes et progressistes, ont bien des nœuds à défaire, bien des coins d\u2019ombre encore à éclairer.Non, les crimes d\u2019honneur ne sont pas toujours ceux que l\u2019on croit.Depuis des années, nombre de gens critiquent différents aspects des manifestations de la fierté.PAUL FAITH AGENCE FRANCE-PRESSE FRANCINE PELLETIER La réalité est que les tueurs de masse sont par définition, tout comme les hommes qui cherchent à venger leur honneur, des hommes éconduits et en colère, des hommes narcissiques, imbus d\u2019eux-mêmes, convaincus de mériter mieux et d\u2019avoir été injustement traités LEDEVOIR // LE MERCREDI 14 AOÛT 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS 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Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR PONT SAMUEL-DE CHAMPLAIN Une barrière aux gestes fatals Les dispositifs pour dissuader les personnes aux prises avec des idées suicidaires ont prouvé leur efficacité En plus de la barrière dissuasive, des caméras de surveillance et des téléphones d\u2019urgence ont été installés le long des 3,4 km de la piste multifonc- tionnelle pour permettre une intervention rapide en cas de besoin.Une mesure efficace Pour bien des gens, les crises suicidaires sont des épisodes de courte durée, s\u2019étirant sur quelques heures au plus, explique Stéphane Perron, médecin- conseil à l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).« Dans le contexte où ces crises sont temporaires et où les gens ont souvent une méthode bien précise en tête, si on leur retire l\u2019accès à ce moyen, souvent ils ne le feront pas et ils n\u2019auront plus cette idée-là », soutient-il.Dans un article publié en 2013 dans l\u2019American Journal of Public Health, le docteur Perron signalait qu\u2019une moyenne de 10 suicides par année survenait sur le pont Jacques-Cartier \u2014 doté d\u2019une piste multifonctionnelle et facilement accessible depuis le centre de la métropole \u2014 avant l\u2019installation de la barrière dissuasive en 2004.À cette époque, il n\u2019y avait que sur le pont Golden Gate de San Francisco que l\u2019on recensait plus de suicides de ce type dans le monde.Construite au coût de 1,3 million, la clôture de métal du pont Jacques- Cartier a permis de considérablement changer la donne, explique Stéphane Perron.« Des études ont été faites pour le Golden Gate à San Francisco et pour le pont Duke Ellington à Washington et ont démontré les mêmes résultats », ajoute Jérôme Gaudreault.Celui-ci révèle qu\u2019une étude menée auprès de survivants qui ont tenté de mettre fin à leurs jours sur le Golden Gate a permis d\u2019établir que cette méthode était la seule envisagée pour une majorité d\u2019entre eux.«Si le moyen n\u2019est pas accessible, c\u2019est suffisant pour que la personne change d\u2019avis, rebrousse chemin et demande de l\u2019aide.La personne peut changer d\u2019idée à la toute dernière minute, même à la toute dernière seconde.» Et les survivants du suicide disent souvent qu\u2019ils regrettent leur geste, souligne Stéphane Perron.Si vous avez besoin d\u2019aide, n\u2019hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide au 1 866 277-3553.Le taux de suicide en baisse Après avoir atteint des sommets à la fin des années 1990, le taux de suicide est en baisse dans la province depuis 2005.En 2016, le taux de suicide chez les hommes s\u2019établissait à 18,6 par 100 000 habitants (803 décès) ; il était de 35,8 par 100 000 habitants (1284 décès) en 1999.Chez les femmes, ce taux est passé de 9,1 par 100 000 habitants (336 décès) en 1999 à 5,7 pour 100 000 habitants (243 décès) en 2016.onstruire un pont pose immanquablement un enjeu de santé publique en matière de prévention du suicide.L\u2019idée d\u2019installer une barrière dissuasive sur le nouveau pont Samuel-De Champlain a été incluse dans le projet dès ses balbutiements.Ce type de barrières \u2014 construite sur la nouvelle porte d\u2019entrée de la ville de Montréal au coût de 10,5 millions de dollars \u2014 a clairement démontré son utilité sur d\u2019autres ponts accessibles aux piétons et aux cyclistes, comme le pont Jacques-Cartier.« On savait dès le départ que c\u2019était essentiel d\u2019installer une barrière dissuasive », souligne d\u2019entrée de jeu Guy Mailhot, ingénieur en chef du corridor du pont Samuel-De Champlain à Infrastructure Canada.Contrairement à l\u2019ancienne structure qui n\u2019était pas accessible aux piétons et aux cyclistes \u2014 et donc qui ne comportait pas un tel dispositif \u2014 le nouveau pont Champlain est doté d\u2019une piste multifonctionnelle, qui accueillera ses premiers usagers dès cet automne.« C\u2019était judicieux de prévoir la barrière le long de la piste dès la construction de l\u2019infrastructure », relève pour sa part Jérôme Gaudreault, directeur général de l\u2019Association québécoise de prévention du suicide (AQPS).« La restriction de l\u2019accès aux moyens, c\u2019est l\u2019une des méthodes les plus efficaces pour prévenir les suicides.» Ici comme ailleurs, ce type de dispositif a fait ses preuves.Depuis l\u2019érection de la barrière dissuasive sur le pont Jacques-Cartier en 2004, le nombre de suicides a diminué du tiers et rien ne démontre un déplacement des actes vers d\u2019autres lieux.L\u2019équipe d\u2019ingénieurs et d\u2019architectes qui a planché sur le design de la clôture du pont Champlain n\u2019a toutefois pas retenu le modèle de sa consœur.« Celle du pont Jacques-Cartier crée l\u2019effet d\u2019une cage, un effet qu\u2019on ne voulait pas recréer », explique Guy Mailhot.Plutôt que d\u2019être recourbée vers l\u2019intérieur, la clôture du pont Sa- muel-De Champlain est ainsi légèrement inclinée vers l\u2019extérieur.Les tiges verticales en acier inoxydable qui composent la clôture sont soutenues par des poteaux en acier galvanisé.Au niveau des quatre belvédères, les tiges verticales laissent place à des panneaux de plexiglas.« On voulait créer une barrière légère, avec un aspect aéré, tout en étant la plus efficace pour son potentiel dissuasif», souligne l\u2019ingénieur.Car le défi consistait ici à garantir la sécurité du public tout en préservant la vue sur le fleuve Saint-Laurent et le centre-ville de Montréal.« Il fallait trouver cet équilibre [\u2026] On voulait que la barrière s\u2019intègre au pont.» Au cours du processus d\u2019idéation, des maquettes grandeur nature ont été construites pour tester les différentes configurations possibles.Une première maquette en bois a été bâtie, puis une maquette en acier a été commandée.Le facteur d\u2019exposition au vent et l\u2019incidence de la clôture sur le comportement aérodynamique de la structure ont été étudiés.Une attention particulière a été portée aux équipements d\u2019entretien et d\u2019inspection du pont qui devront naviguer autour de ce dispositif \u2014 notamment pour observer ce qui se passe sous le tablier.C JACQUES NADEAU LE DEVOIR "]
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